23 octobre 2017

 

 

Premiers de cordée

Dimanche soir, monsieur Emmanuel Macron, notre président de la République a parlé des riches et de toute personne ayant réussie qui seraient des « premiers de cordée ». Il s'agirait de ne pas les jalouser, et ceux-ci seraient chargés d'entraîner tous les autres à leur suite. Les plus précaires, les plus faibles, les plus pauvres seraient donc inspirés de faire comme eux pour réussir. Chaque SDF se devrait en gros de fonder sa « start up » pour sortir de la rue en résumé. C'est le fantasme du « self made man » à l'américaine parti de rien pour arriver au pinacle de la société.

La méritocratie serait donc encore efficiente ?...

Monsieur Macron oublie ou feint d'oublier, on ne sait pas trop, que si les riches et les enfants de riches réussissent, c'est principalement pour deux raison : l'argent de leur famille, les réseaux dont elle dispose, sa capacité à les mettre en œuvre. Le reste est de la bonne blague : « Aide toi le ciel t'aidera ! » et toutes ces belles formules ne sont que des fables. Ne fonctionne dans notre société que le clientélisme le plus amoral, le plus abject, et ce à tous les niveaux et dans tous les camps politiques. Personne n'en a l'exclusive.

Tout le monde aura un exemple en tête. Tout cela se fait sur le dos du bon peuple qui étonnamment en redemande persuadé qu'il pourra lui aussi faire partie un jour des plus favorisés. C'est d'ailleurs la principale raison du succès de « En Marche » le mouvement de Emmanuel Macron...

...Ses promoteurs ont joué là-dessus, faisant miroiter aux adhérents leur adoption immédiate dans les milieux favorisés d'un « click » en échange de leur soumission.

Alors oui, parfois, bien sûr, on distingue une ou deux exception notables, aussitôt montées en épingle et désignées comme exemples à suivre. Les plus favorisés cooptent un type ou une fille méritants dans leurs larbins et séides, quelqu'un le plus souvent le plus docile possible, le plus obséquieux, et en font un des leurs. Ainsi ils peuvent vanter les mérites du système, faire des « gorges chaudes » de « l'ascenseur social » qui est dans les faits complètement bloqué. Cela fait sourire quand on nous parle de ces classes « gadget » de « Sciences po » ou autres dont de toutes façons les élèves seront toujours suspects de favoritisme.

Bien entendu, cela ne veut pas dire qu'un élève de milieu très bourgeois que l'on trouve dans les classes préparatoires ou dans les « Grandes écoles » ne travaille pas. Bien au contraire. Je ne nie absolument pas le mérite qu'ils ont à donner beaucoup d'eux-mêmes. Mais leur réussite est faussée dés le départ, leur ascension est biaisée. Ils auront beaucoup plus de cartes en main que les autres, seront sur des rails depuis le départ. Et souvent dés l'enfance on leur fait comprendre qu'ils sont destinés à tel ou tel poste.

Les moins brillants trouvent une place dans le culturel ou dans la presse...

Un fils de général, de grand personnage, ça fait toujours son petit effet dans la plupart des journaux de droite, ça excuse bien des choses...

Cela peut même leur permettre de faire fortune en narrant par le menu leurs névroses de pauvres petits garçons, pauvres petites filles, riches dans une autofiction voire leurs coucheries (cela peut faire plusieurs tomes).

Quand monsieur Macron fait ce genre de déclarations, on se demande s'il est juste cynique ou sincère. Je pense personnellement qu'il est sincèrement persuadé que la méritocratie est une réalité et qu'il suffit de s'y mettre pour sortir de la précarité. Bon élève, tellement docile envers ses professeurs qu'il a fini par en épouser un, appliqué, je suis convaincu de sa bonne foi. La raison en est la totale déconnexion qu'il a de la France actuelle, comme tous les autres politiques.

 

J'y vois aussi une sorte de vengeance du bon élève sur les cancres et les chahuteurs...

20 octobre 2017

 

 

La CIA, 70 ans de crime organisé

Une interview de Douglas Valentine par Lars Schall

Lars Schall : – Il y a 70 ans, le 18 septembre 1947, la Loi sur la sécurité nationale a créé la CIA. Douglas, vous dites que la CIA est « la branche du crime organisé du gouvernement étasunien ». Pourquoi donc ?

Douglas Valentine : – Tout ce que fait la CIA est illégal, c’est pourquoi le gouvernement lui fournit la protection du secret total. Alors que les gardiens du mythe que sont les médias présentent les États-Unis comme un bastion de paix et de démocratie, les agents de la CIA gèrent des organisations criminelles dans le monde entier. Par exemple, la CIA a engagé l’un des principaux trafiquants étasuniens, dans les années 1950 et 1960, dont le nom est Santo Trafficante, pour assassiner Fidel Castro. En échange, la CIA a permis à Trafficante d’importer des tonnes de stupéfiants aux États-Unis. La CIA créé des entreprises d’armement, de fret et de financement pour aider les organisations criminelles qui trafiquent la drogue à faire le sale boulot. L’argent de la mafia se mélange à l’argent de la CIA dans des banques offshore, au point que les deux deviennent indiscernables.

 

Mais le trafic de drogue n’est qu’un exemple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un avion de la CIA s’écrase au Yucatan avec 3,7 tonnes de cocaïne à bord

– Qu’est-ce qui est le plus important à comprendre au sujet de la CIA ?

– L’histoire de cette organisation qui, si elle est suffisamment étudiée, révèle comment la CIA réussit à garder le secret. C’est la contradiction essentielle, au cœur des problèmes des États-Unis : si nous étions une démocratie et si nous jouissions vraiment de la liberté d’expression, nous pourrions étudier et parler ouvertement de la CIA. Nous serions alors mis face au racisme et au sadisme institutionnalisé de cette institution. Mais nous ne le pouvons pas, et donc notre histoire reste inconnue, ce qui signifie que nous ne savons pas qui nous sommes, en tant qu’individus ou en tant que nation. Nous nous imaginons être des choses que nous ne sommes pas. Nos dirigeants connaissent des morceaux de la vérité, mais ils cessent d’être des dirigeants une fois qu’ils commencent à parler des choses vraiment diaboliques que fait la CIA.

– Un terme intéressant lié à la CIA est le « déni plausible ». Pourriez-vous nous l’expliquer ?

– La CIA n’entreprend  rien qu’elle ne puisse dénier. C’est Tom Donohue, un officier supérieur retraité de la CIA qui m’en a parlé la première fois.

Permettez-moi d’abord de vous présenter un peu ma source. En 1984, l’ancien directeur de la CIA, William Colby, a accepté de m’aider à écrire mon livre, « The Phoenix Program ». Colby m’a présenté à Donohue en 1985. Donohue avait géré la branche « action secrète » de la CIA au Vietnam, de 1964 à 1966. De nombreux programmes qu’il a développé ont été incorporés à Phoenix. Parce que Colby m’avait présenté, Donohue fut très accueillant et m’a beaucoup expliqué la façon dont fonctionne la CIA.

Donohue était un officier typique de la CIA de première génération. Il avait étudié la religion comparée à Columbia et comprenait la transformation symbolique. Il était un produit et un praticien de la politique du comté de Cook, qui avait rejoint la CIA après la Deuxième Guerre mondiale lorsqu’il a compris que la Guerre froide était « une industrie en pleine croissance ». En fin de carrière, il était chef de station de la CIA aux Philippines et, au moment où je lui ai parlé, il était en affaire avec un ancien ministre philippin de la Défense. Il mettait ses contacts à profit, ce qui était normal à l’époque. C’est ainsi que la corruption fonctionne pour les anciens hauts fonctionnaires.

Donohue m’a donc expliqué que la CIA n’entreprend aucune action à moins qu’elle ne satisfasse à deux critères. Le premier critère est le « bénéfice potentiel pour le renseignement ». Le programme doit bénéficier à la CIA ; avant d’expliquer comment renverser un gouvernement, comment faire chanter un fonctionnaire, où un rapport est caché ou comment exfiltrer un agent à travers une frontière, l’action doit avoir un « bénéfice potentiel pour le renseignement » c’est à dire une certaine utilité pour la CIA. Le deuxième critère est que cette action puisse être niée. S’ils ne peuvent trouver un moyen de structurer le programme de l’opération sans déni possible, ils ne l’entreprendront pas. Le déni plausible peut être aussi simple que de fournir à un agent une couverture militaire. La CIA peut alors dire : « C’est l’armée qui l’a fait ».

Le déni plausible est surtout une question de langage. Au cours des audiences du Sénat sur les complots d’assassinat de la CIA contre Fidel Castro et d’autres dirigeants étrangers, l’ancien directeur adjoint des opérations de la CIA, Richard Bissell, a défini le « déni plausible »comme « l’utilisation de la circonlocution et de l’euphémisme dans des discussions où, si l’on utilisait des définitions précises, cela dévoilerait les actions secrètes et provoquerait leur arrêt ».

Tout ce que la CIA fait est niable. Cela fait partie de son mandat auprès du Congrès. Le Congrès ne veut pas être tenu responsable des choses criminelles que fait la CIA. Le seul moment où ce que fait la CIA devient de notoriété publique – autrement que par de rares accidents ou par un lanceur d’alerte – est lorsque le Congrès ou le Président pense qu’il est utile, pour des raisons de guerre psychologique, de laisser les Étasuniens savoir que la CIA le fait. La torture est un bon exemple. Après le 11 septembre, et jusqu’à l’invasion de l’Irak, le peuple américain a voulu se venger. Il voulait que le sang musulman coule, alors l’administration Bush a laissé fuiter qu’elle torturait les méchants. Elle l’a joué en douceur et a appelé cela un « interrogatoire amélioré », mais tout le monde a compris le symbole. Circonvolution et euphémisme. Déni plausible.

– Les employés de la CIA savent-ils qu’ils font partie de « la branche du crime organisé du gouvernement étasunien » ? Dans le passé, vous avez suggéré, en liaison avec le programme Phoenix par exemple : « Parce que la CIA est compartimentée, j’ai fini par en savoir plus sur le programme que n’importe quel employé de la CIA. »

– Oui, ils le savent. Je parle longuement de cela dans mon livre. La plupart des gens n’ont aucune idée de ce que font vraiment les policiers. Ils pensent que les policiers ne sont là que pour vous donner une amende pour excès de vitesse. Ils ne voient pas que les flics sont aussi associés aux criminels professionnels et gagnent de l’argent dans le processus. Ils croient que lorsqu’un homme met un uniforme, il devient vertueux. Mais les gens qui entrent dans les forces de l’ordre le font pour le pouvoir qu’ils peuvent exercer sur d’autres personnes et, dans ce sens, ils sont plus proches des escrocs avec lesquels ils s’associent que de ceux qu’ils sont censés protéger et servir. Ils cherchent à intimider et sont corrompus. C’est cela les forces de l’ordre.

La CIA est peuplée du même genre de personnes, mais sans aucune contrainte. L’officier de la CIA qui a créé le programme Phoenix, Nelson Brickham, m’a dit ceci à propos de ses collègues : « je décris le renseignement comme une manière socialement acceptable d’exprimer des tendances criminelles. Un homme qui a de fortes tendances criminelles, mais qui est trop lâche pour en être un, pourrait se retrouver dans un endroit comme la CIA s’il a un niveau suffisant de formation. » Brickham a décrit les officiers de la CIA comme des aspirants mercenaires « qui ont trouvé une façon socialement acceptable de faire ces choses et, je pourrais ajouter, d’être très bien payés pour cela ».

Il est bien connu que lorsque la CIA choisit des agents ou des personnes pour mener des milices ou des unités de police secrètes dans des pays étrangers, elle soumet ces candidats à un dépistage psychologique rigoureux. John Marks dans « The Search for the Manchurian Candidate » a raconté comment la CIA a envoyé son meilleur psychologue, John Winne, à Séoul pour « sélectionner le cadre initial » de la CIA coréenne : « J’ai mis en place un bureau avec deux traducteurs, a déclaré Winne à Marks, et j’ai utilisé une version coréenne du Wechsler. » Les psys de la CIA ont soumis à un test d’évaluation de la personnalité deux douzaines d’officiers militaires et de la police, « puis ont écrit un rapport d’une demi-page sur chacun d’eux, énumérant leurs forces et leurs faiblesses. Winne voulait connaître la capacité de chaque candidat à suivre les ordres, sa créativité, ses troubles de la personnalité, sa motivation, pourquoi il voulait quitter son travail actuel. C’était principalement pour l’argent, surtout avec les civils ».

C’est de cette façon que la CIA recrute des forces pour une police secrète dans tous les pays où elle opère, y compris en Irak et en Afghanistan. Pour l’Amérique latine, Marks a écrit : « La CIA (…) a trouvé que le processus d’évaluation était très utile pour montrer comment former la section antiterroriste. Selon les résultats, les hommes ont fait preuve d’un esprit très dépendant ayant besoin d’une direction autoritaire. »

Cette « direction » provient de la CIA. Marks a cité un évaluateur qui disait : « Chaque fois que la Compagnie a dépensé de l’argent pour former un étranger, l’objet était qu’il fonctionnerait finalement pour nous. » Les agents de la CIA « ne se contentaient pas de travailler en étroite collaboration avec ces organismes de renseignement étrangers ; ils ont insisté pour y être incorporés, et le Système d’évaluation de la personnalité a fourni une aide utile ».

Ce qui est moins connu, c’est que le personnel de direction de la CIA est beaucoup plus préoccupé de choisir les bons candidats pour servir de fonctionnaires de la CIA que de sélectionner des agents pour l’étranger. La CIA consacre une grande partie de son budget à la façon de sélectionner, de contrôler et de gérer sa propre force de travail. Elle commence par instiller l’obéissance aveugle. La plupart des agents de la CIA se considèrent comme des soldats. La CIA ressemble à l’organisation militaire avec une chaîne de commandement sacrée qui ne peut être violée. Un supérieur vous dit quoi faire, vous le saluez et vous exécutez. Sinon vous êtes viré.

D’autres systèmes de contrôle, tels que les « programmes d’endoctrinement et de motivation », font que les agents de la CIA se considèrent comme spéciaux. De tels systèmes ont été perfectionnés et mis en place au cours des sept dernières décennies pour façonner les croyances et les réponses des agents de la CIA. En échange de la suppression de leurs droits légaux, ils bénéficient de systèmes de récompense ; en particulier, les agents de la CIA sont à l’abri de toutes poursuites pour leurs crimes. Ils se considèrent eux-mêmes comme des Rares Protégés et, s’ils embrassent de toute évidence une culture de domination et d’exploitation, ils peuvent chercher à occuper des emplois bien rémunérés dans le secteur privé lorsqu’ils prennent leur retraite.

Le personnel de direction de la CIA compartimente les différentes divisions et succursales afin que les agents individuels de la CIA puissent rester ignorants. Très endoctrinés, ils obéissent aveuglément au principe du « pas besoin de savoir ». Ce système institutionnalisé d’ignorance auto-imposée soutient, dans leurs esprits déformés, l’illusion de la droiture américaine, dont dépend leur motivation pour commettre toutes sortes de crime au nom de la sécurité nationale. Cela et le fait que la plupart sont des sociopathes.

C’est aussi un système autorégulateur. Comme l’a expliqué l’agent du FBN, Martin Pera, « Si vos atouts sont que vous pouvez mentir, tricher et voler, ces caractéristiques deviennent des outils que vous utiliserez dans la bureaucratie ».

– Pouvez-vous nous dire ce que signifie le terme que vous utilisez souvent de « fraternité universelle des officiers » ?

– La classe dirigeante, dans n’importe quel État, considère les gens qu’elle régente comme des êtres inférieurs juste bons à manipuler, à forcer et à exploiter. Les dirigeants instituent toutes sortes de systèmes – qui fonctionnent comme des rackets de protection – pour assurer leurs prérogatives de classe. L’armée est le pouvoir réel dans n’importe quel État, et l’armée, dans chaque État, a une chaîne de commandement dans laquelle l’obéissance aveugle aux supérieurs est sacrée et inviolable. Les officiers ne fraternisent pas avec les hommes embauchés parce qu’ils vont, à un moment donné, les envoyer à la mort. Il y a un corps d’officiers dans toutes les forces militaires, ainsi que dans toutes les bureaucraties et toutes les classes dirigeantes de chaque État, qui a plus en commun avec les officiers militaires, les bureaucrates supérieurs et les dirigeants d’autres États qu’avec la populace exploitable et corvéable de son propre État.

Les policiers sont des membres de la fraternité universelle des officiers. Ils existent au-dessus de la loi. Les agents de la CIA se situent près du pinacle de la Fraternité. Comblés de fausses identités et de gardes du corps, ils volent dans des avions privés, vivent dans des villas et tuent avec des armes à la fine pointe de la technologie. Ils disent aux généraux de l’armée ce qu’il faut faire. Ils dirigent les comités du Congrès. Ils assassinent des chefs d’État et assassinent des enfants innocents en toute impunité et avec indifférence. Tout le monde, sauf leurs chefs, est à leur merci.

– Selon vous, le fait que la CIA soit impliquée dans le trafic de drogues mondial est son « secret le plus caché et le plus sombre ». Comment cette implication s’est-elle déroulée ?

– Il existe deux facettes pour la gestion et le contrôle du trafic international de drogue par la CIA, au nom des intérêts privés qui régissent l’Amérique. Il est important de noter que la participation du gouvernement américain au trafic de drogue a commencé avant que la CIA n’existe, comme un moyen de contrôler les États, ainsi que les mouvements politiques et sociaux en leur sein, y compris aux États-Unis. Cette implication directe a débuté dans les années 1920 lorsque les États-Unis ont aidé le régime nationaliste de Chiang Kaï-shek, en Chine, à s’autofinancer par le commerce des stupéfiants.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le prédécesseur de la CIA, l’OSS, a fourni de l’opium aux guérilleros du Kachin qui se battaient contre les Japonais. L’OSS et l’armée américaine ont également tissé des liens avec le monde criminel souterrain étasunien, pendant la Seconde Guerre mondiale, et, par la suite, protégeaient secrètement les trafiquants américains qu’ils embauchaient pour faire leur sale travail dans le pays et à l’étranger.

Après que les nationalistes ont été chassés de Chine, la CIA a installé des trafiquants de drogue à Taiwan et en Birmanie. Dans les années 1960, la CIA gérait le trafic de drogue dans tout le Sud-Est asiatique puis a élargi son contrôle sur le monde entier, en particulier en Amérique du Sud, mais aussi dans toute l’Europe. La CIA a soutenu ses alliés trafiquant de drogue au Laos et au Vietnam. Le général de la Force aérienne Nguyen Cao Ky pendant qu’il était, en 1965, chef de la direction de la sécurité nationale du Vietnam du Sud, a vendu à la CIA le droit d’organiser des milices privées et de construire des centres d’interrogatoires secrets dans chaque province, en échange du contrôle sur une lucrative contrebande de stupéfiants. Grâce à son homme fort, le général Loan, Ky et sa clique ont financé à la fois leur appareil politique et leurs forces de sécurité grâce aux bénéfices de la vente d’opium. Tout cela avec l’assistance de la CIA.

Le risque d’avoir ses liens avec les trafiquants de drogue en Asie du Sud-Est exposés est ce qui marque le début de la deuxième facette de l’histoire : l’infiltration et la direction par la CIA des différents organismes gouvernementaux impliqués dans l’application des lois sur les stupéfiants. Les hauts fonctionnaires américains ont décidé que l’ancien Bureau des Stupéfiants serait dissous et recréé en 1968, au sein du département de la Justice, en tant que Bureau des Stupéfiants et des Drogues dangereuses (BSDD). La CIA a immédiatement commencé à infiltrer les plus hauts niveaux de la BSDD dans le but de protéger ses alliés trafiquants de drogue dans le monde entier, en particulier en Asie du Sud-Est. Le département du contre-renseignement de la CIA, sous James Angleton, était en liaison avec ces organismes de lutte contre la drogue depuis 1962, mais en 1971, la fonction a été transmise à la division des opérations de la CIA. En 1972, l’agent de la CIA, Seymour Bolten, a été nommé assistant spécial de la CIA pour la Coordination sur les stupéfiants. Bolten est devenu conseiller de William Colby et plus tard de George H.W. Bush. En 1973, avec la création de la DEA, la CIA contrôlait totalement toutes les opérations étrangères d’application de la loi sur les stupéfiants et pouvait également protéger les trafiquants aux États-Unis. En 1990, la CIA a créé son propre centre de lutte contre les stupéfiants, alors même qu’elle n’a pas le droit d’exercer ses prérogatives sur le sol national.

– La guerre contre les drogues est-elle aussi une guerre contre les Noirs ? Permettez-moi de vous donner un cadre pour cette question, car John Ehrlichman, un ancien haut fonctionnaire de Richard Nixon, aurait admis ceci : « La campagne de Nixon en 1968 et la Maison Blanche de Nixon avaient deux ennemis : la gauche anti-guerre et les Noirs. Vous voyez ce que je veux dire ? Nous savions que nous ne pouvions pas rendre illégal d’être contre la guerre ou d’être noir, mais en amenant le public à associer les hippies à la marijuana et les Noirs à l’héroïne, puis à criminaliser les deux, nous pouvions perturber ces communautés. Nous pouvions arrêter leurs dirigeants, confisquer leurs maisons, interrompre leurs réunions et les diaboliser jour après jour aux informations du soir. Savions-nous que nous mentions au sujet des drogues ? Bien sûr que nous le savions. » 1 Et je peux bien sûr citer les mémoires de H. R. Haldeman à cet égard. Au début de sa présidence, plus précisément le 28 avril 1969, Nixon a décrit sa stratégie de base à son chef d’état-major : « [Le président Nixon] a souligné que vous devez faire face au fait que tout le problème sont les Noirs. La clé est de concevoir un système qui reconnaisse cela tout en ne le montrant pas. » 2 Alors, la guerre contre les drogues qui a débuté sous Nixon était-elle également une guerre contre les Noirs ? Et si oui, qu’est-ce que cela nous dit des États-Unis ?

– Les États-Unis sont un ancien État esclavagiste et une société manifestement raciste, alors oui, la guerre contre les drogues, qui est gérée par les suprématistes blancs, était dirigée contre les Noirs et d’autres minorités méprisées comme moyen pour les garder à l’écart. L’ancien Bureau des Stupéfiants était manifestement raciste : avant 1968, les agents des stups noirs n’étaient pas autorisés à devenir des superviseurs de groupe (13e année) et à gérer des agents blancs.

J’ai interviewé l’ancien agent des stups, William Davis, pour mon livre sur le Bureau des Narcotiques, « The Strength of the Wolf ». Davis y explique la situation des agents noirs. Après avoir obtenu son diplôme de l’Université Rutgers en 1950, Davis, en visitant la ville de New York, a entendu la chanteuse Kate Smith rendant hommage à l’agent Bill Jackson du Bureau des Narcotiques, dans une émission de radio. « Elle l’a décrit comme un avocat noir qui faisait du bon travail en tant qu’agent narcotique fédéral, se rappelle Davis, et cela fut mon inspiration. J’ai postulé au Bureau des stupéfiants et j’ai été embauché tout de suite, mais j’ai vite constaté qu’il y avait une règle non écrite selon laquelle les agents noirs ne pouvaient pas occuper des positions de respect : ils ne pouvaient pas devenir des chefs de groupe ou gérer ou donner des directives aux Blancs. Les quelques agents noirs que nous avions à cette époque, déclare-t-il avec amertume, peut-être au nombre de huit dans tout le pays pays, n’étaient pas respectés. »

Davis raconte comment Wade McCree, quand il travaillait comme agent des stups dans les années 1930, a créé un brevet médical. Mais McCree a commis l’erreur d’écrire à Eleanor Roosevelt pour se plaindre que les procureurs du Sud appelaient les agents noirs « les nègres ». En conséquence, le département juridique du Bureau des stups a accusé McCree d’avoir utilisé les installations du Bureau pour créer son brevet. McCree a été renvoyé, ce qui a provoqué l’effet prévu : son licenciement a envoyé un message clair que les plaintes provenant d’agents noirs ne seraient pas tolérées.

Dans une interview pour « The Strength of the Wolf », Clarence Giarusso, un ancien agent des stups de la Nouvelle-Orléans et son chef de police dans les années 1970, m’ont expliqué la situation raciale du point de vue des forces de l’ordre locales. « Nous dégotions des cas dans les quartiers noirs parce que c’était facile, m’ont-t-ils déclaré. Nous n’avions pas besoin de mandat de perquisition, cela nous permettait de respecter nos quotas, et cela marchait bien. Si nous trouvions de la drogue sur un homme noir, nous pouvions le mettre en prison pendant quelques jours et personne ne s’en souciait. Il n’a pas d’argent pour un avocat, et les tribunaux sont prêts à le condamner ; il y a tellement peu à craindre du jury que nous n’avions pas à ficeler le dossier. Alors, plutôt que de d’aller en prison, il préfère devenir un informateur, ce qui signifie que nous pouvons dégoter plus de cas dans son quartier, et c’est tout ce qui nous intéressait. Nous ne nous souciions pas de Carlos Marcello ou de la Mafia. Les policiers de la ville ne s’intéressaient pas à ceux qui introduisent la drogue. C’était le travail des agents fédéraux. »

Quiconque pense que c’est différent aujourd’hui vit dans un monde imaginaire. Où je vis, à Longmeadow. MA, les flics sont en première ligne de défense, contre les Noirs et les Portoricains qui vivent dans la ville voisine de Springfield. Il y a environ 15 ans, il y a eu un meurtre mafieux dans le quartier de Little Italie, à Springfield. À l’époque, les Noirs et les Portoricains pénétraient dans ce quartier, déclenchant beaucoup de tension raciale. La station de télévision locale m’a interviewé à ce sujet, et j’ai dit qu’Al Bruno, le chef de la mafia assassiné, était probablement un informateur du FBI. Le lendemain, les gens que je connaissais ne voulaient plus me parler. Les commentaires fusaient. Quelqu’un m’a dit que le fils de Bruno faisait partie du même club de sport que moi. Dans une ville comme Springfield et ses quartiers de banlieue, tout le monde a des relations ou est ami avec quelqu’un de la Mafia.

Quelques années avant le meurtre de Bruno, j’avais lié amitié avec le gardien du club de sport que je fréquentais. Par hasard, le gardien était le fils d’un détective des stups de Springfield. Le gardien et moi jouions au billard et buvions des bières dans les bars locaux. Un jour, il m’a raconté un secret que son père lui avait dit. Son père lui a dit que les flics de Springfield laissaient les chefs de la Mafia revendre des drogues à Springfield et, en échange, leurs revendeurs leur donnaient les noms de leurs clients noirs et porto-ricain. De cette façon, comme Giarusso l’a dit plus haut, les flics continuaient à accumuler les cas et ainsi il était plus difficile pour les communautés minoritaires d’acheter des maisons et d’empiéter sur les quartiers blancs. Cela se produit encore partout aux États-Unis.

– N’est-ce pas paradoxal, selon vous, que tout ce trafic de drogue n’existerait pas aujourd’hui si les drogues n’étaient pas considérées illégales ?

– L’interdiction des stupéfiants a fait passer le problème de l’addiction d’une question de « santé publique » à une question d’application de la loi et est donc devenue un prétexte pour l’expansion des forces de police et la réorganisation des systèmes de justice pénale et de protection sociale pour empêcher les minorités méprisées d’avancer au niveau politique et social. L’industrie des soins de santé a été placée entre les mains d’hommes d’affaires cherchant des profits au détriment des minorités méprisées, des classes pauvres et ouvrières. Les entreprises privées ont créé des institutions civiques pour sanctifier cette politique répressive. Les éducateurs publics ont développé des programmes d’études qui ont favorisé l’endoctrinement politique en favorisant la ligne raciste du Business Party. Des bureaucraties ont été créées pour favoriser l’expansion des intérêts commerciaux à l’étranger, tout en supprimant la résistance politique et sociale aux industries médicales, pharmaceutiques, et d’application de la loi qui en bénéficiaient.

Il faudrait une bibliothèque pleine de livres pour expliquer les fondements économiques de la guerre contre la drogue et les raisons du laissez-faire étasunien en faveur des industries qui en profitent. En bref, ils en profitent, tout comme les Mafias en profitent. Il suffit de dire que les investisseurs de Wall Street dans les industries du médicament ont utilisé le gouvernement pour libérer et transformer leur puissance économique en une force militaire et politique mondiale. N’oubliez jamais cela, Les États-Unis ne sont pas une nation productrice d’opium ou de cocaïne, et ces stupéfiants sont une ressource stratégique, dont dépendent toutes les industries ci-dessus, y compris les militaires. Le contrôle de l’approvisionnement mondial en médicaments, légaux et illégaux, est une question de sécurité nationale. Lisez mes livres pour avoir des exemples de la façon dont cela s’est déroulé au cours des 70 dernières années.

– La CIA fait-elle partie du problème actuel de l’opium en Afghanistan ?

– En Afghanistan, les agents de la CIA gèrent le trafic de drogue à partir de leurs hamacs suspendus à l’ombre. La production d’opium a grimpé depuis qu’ils ont créé le gouvernement Karzai en 2001-2002, établi des réseaux de renseignement dans la résistance afghane grâce à des « civils coopératifs » employés par le seigneur de guerre et trafiquant d’opium, Gul Agha Sherzai. Le public américain ignore largement que les talibans ont déposé les armes après l’invasion américaine et que les Afghans n’ont repris les armes qu’après que la CIA a installé Sherzai à Kaboul. En connivence avec les frères Karzai, Sherzai a fourni à la CIA un réseau d’informateurs qui ciblaient ses rivaux commerciaux, et non les talibans. Comme Anand Gopal l’a révélé dans son « No Good Men Among the Living », à la suite des conseils amicaux de Sherzai, la CIA a méthodiquement torturé et tué les leaders les plus vénérés de l’Afghanistan dans une série de raids de style Phoenix qui ont radicalisé le peuple afghan. La CIA a commencé la guerre comme un prétexte pour une occupation prolongée et la colonisation de l’Afghanistan.

En retour de ses services, Sherzai a obtenu le contrat pour construire la première base militaire américaine en Afghanistan, ainsi qu’une autorisation a gérer le trafic de drogue. La CIA s’est arrangée pour que ses barons afghans de la drogue n’apparaissent pas sur les listes de la Drug Enforcement Agency. Tout cela est documenté dans le livre de Gopal. Les officiers chargés de la CIA surveillent avec plaisir les taux de dépendance élevés chez les jeunes afghans dont les parents ont été tués et dont les esprits ont été perturbés par 15 ans d’agression américaine. De plus, ils ne se soucient pas que les drogues atteignent les villes étasuniennes, pour toutes les raisons économiques, sociales et politiques citées ci-dessus.

Le commerce de la drogue a également un « potentiel pour le renseignement ». Les officiers de la CIA ont passé un accord avec les seigneurs de guerre afghans qu’elle protège et qui convertissent l’opium en héroïne et la vendent au peuple russe. Ce n’est pas différent des flics travaillant avec des marchands de drogue mafieux aux États-Unis. C’est un accord passé avec un ennemi qui assure la sécurité politique de la classe dirigeante. L’accord est basé sur le principe que la criminalité ne peut pas être éradiquée, elle ne peut donc être que gérée.

La CIA est autorisée à négocier avec l’ennemi, mais seulement si les chaînes sont sécurisées et niables. Cela s’est produit lors du scandale Iran Contra, lorsque le président Reagan se mettait le peuple étasunien dans la poche en lui promettant de ne jamais négocier avec des terroristes, alors que son hypocrite administration envoyait secrètement des officiers de la CIA à Téhéran pour vendre des missiles aux Iraniens et utiliser l’argent empoché pour acheter des armes pour les Contras trafiquant de drogue. En Afghanistan, l’accord avec le monde souterrain des trafiquants de drogue fournit à la CIA une chaîne sécurisée d’accès aux dirigeants talibans, avec lesquels ils négocient sur des questions simples comme les échanges de prisonniers. Le monde de l’espionnage criminel en Afghanistan fournit l’espace de dialogue pour toute éventuelle réconciliation. Il y a toujours des négociations préliminaires pour un cessez-le-feu et dans tous les conflits américains modernes, c’est le métier de la CIA. Trump, cependant, va prolonger l’occupation indéfiniment.

Le fait que 600 agents subalternes de la DEA se trouvent en Afghanistan rend tout cela plausiblement niable.

– Est-ce que les États-Unis utilisent les tactiques du programme Phoenix pour les réutiliser en Afghanistan ? Je pense en particulier au début de l’opération « Enduring Freedom » lorsque les dirigeants talibans ont déposé leurs armes.

– L’Afghanistan est un cas d’école à deux niveaux du programme Phoenix, développé au Vietnam du Sud. C’est une guérilla qui cible des cadres de « valeur élevée », tant pour le recrutement que pour l’assassinat. C’est le tiers supérieur. C’est aussi une guerre psychologique contre la population civile, ce qui permet à tout le monde de savoir qu’ils risquent d’être enlevés, emprisonnés, torturés, extorqués ou tués si l’on prétend qu’ils soutiennent la résistance. C’est le deuxième niveau – terroriser les civils pour qu’ils soutiennent le gouvernement de marionnettes installé par les États-Unis.

L’armée américaine a cherché à éviter d’être impliquée dans cette forme de guerre répugnante (dont le modèle sont les forces spéciales de style SS Einsatzgruppen et la police secrète de type Gestapo) au début de la guerre du Vietnam, puis a fini par fournir des soldats pour renforcer Phoenix. C’est alors que la CIA a commencé à s’infiltrer dans le corps d’officiers subalterne de l’armée. Les officiers de la CIA, Donald Gregg (présenté par le révisionniste Ken Burns dans sa série sur la guerre du Vietnam) et Rudy Enders (je les ai interviewé tous les deux pour mon livre « The Phoenix Program »), ont exporté Phoenix vers le Salvador et en Amérique centrale en 1980, au moment même où la CIA et l’armée se sont joints pour créer Delta Force et le Commandement conjoint des opérations spéciales pour lutter contre le « terrorisme » à l’échelle mondiale en utilisant le modèle Phoenix. Il n’y a plus de guerre conventionnelle, de sorte que l’armée, pour des raisons économiques et politiques, est devenue, sous la direction du corps d’officiers recrutés par la CIA il y a des années, la force de police de facto pour l’Empire américain, opérant à partir de ses 700 bases dans le monde.

– Sous quelle forme et de quelle manière le programme Phoenix opère-t-il aujourd’hui sur le sol étasunien ?

– Karl Marx a expliqué, il y a plus de 150 ans, comment et pourquoi les capitalistes traitent les travailleurs de la même manière, que ce soit dans le pays ou à l’étranger. Au fur et à mesure que le capitalisme évolue et centralise son pouvoir, au fur et à mesure que le climat dégénère, au fur et à mesure que l’écart entre les riches et les pauvres s’élargit et que les ressources deviennent plus rares, les forces de police américaines adoptent des stratégies et des tactiques anti-terroristes de type Phoenix pour les utiliser contre la population civile. Le gouvernement a promulgué des lois sur la « détention administrative », qui constituent la base juridique des opérations de style Phoenix, de sorte que les civils peuvent être arrêtés sous prétexte d’être une menace pour la sécurité nationale. Phoenix était une méthode bureaucratique de coordination des organismes impliqués dans la collecte de renseignements auprès de ceux qui mènent des opérations anti-terroristes et le Department of Homeland Security a mis en place des « centres de fusion » basés sur ce modèle dans tout le pays. Les réseaux d’informateurs et les opérations psychologiques contre le peuple américain prolifèrent depuis le 11 septembre. Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre « The CIA as Organized Crime ».

– Quelle est l’importance des médias traditionnels dans la perception publique de la CIA ?

– C’est l’aspect le plus critique. Guy Debord a déclaré que le secret domine le monde, avant tout le secret de la domination. Les médias vous empêchent de savoir comment vous êtes dominé, en gardant bien les secrets de la CIA. Les médias et la CIA sont du même bord.

Ce que FOX et MSNBC ont en commun, c’est que, dans une société capitaliste en roue libre, les nouvelles sont une marchandise. Les médias ciblent une large audience pour lui vendre un produit. Mais ce ne sont que des infos bidons, dans la mesure où chaque média présente sa version des informations pour satisfaire ses clients. Mais quand il s’agit de la CIA, ce n’est pas seulement faux, c’est un poison. Cela subvertit les institutions démocratiques.

Toute organisation ou opération intérieure de type Phoenix doit dépendre d’un double langage et d’un déni plausible, ainsi que du secret officiel et de l’autocensure des médias. Le besoin capital qu’a la CIA de contrôler totalement l’information nécessite une complicité médiatique. Ce fut l’une des grandes leçons de l’échec du Vietnam tirées par nos dirigeants. Les gestionnaires totalement endoctrinés et bien récompensés qui s’occupent du gouvernement et des médias ne permettront plus jamais au public de voir le carnage infligé à des civils étrangers. Les Américains ne verront plus jamais les enfants mutilés irakiens, afghans, libyens et syriens tués par des forces mercenaires américaines et les bombes à sous-munitions.

Par contre, des représentations falsifiées d’enlèvements, de tortures et d’assassinats par la CIA sont glorifiées à la télévision et au cinéma. Raconter l’histoire appropriée est la clé. Grâce à la complicité médiatique, Phoenix est déjà devenu le modèle pour fournir une sécurité politique interne aux dirigeants américains.

– La CIA est-elle un ennemi du peuple américain ?

– Oui. C’est un des instruments de la riche élite politique, elle fait le sale boulot.

Lars Schall

Source Counterpunch

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Notes

1.    Dan Baum, “Legalize It All – How to win the war on drugs”, Harper’s Magazine, avril 2016.

2.    “Haldeman Diary Shows Nixon Was Wary of Blacks and Jews”, The New York Times, 18 mai 1994.

Via: http://lesakerfrancophone.fr/la-cia-70-ans-de-crime-organise

 

 

19 octobre 2017

 

 

L’enfer des « Quartiers de non droits » pour ceux qui y vivent

Les habitants qui sont sous le contrôle et la menace permanente des caïds de quartiers et des racailles qui dictent leurs lois et qui sont parfois leurs voisins de palier.

Faire profil bas, quand on rentre chez soi, quand on sort faire ses courses, ne pas oser se plaindre, ne pas oser se rebeller, n'avoir aucune aide extérieure, aucune écoute, ne plus être libre tout simplement, c'est le quotidien des habitants de ces quartiers de non France.

 

Et si on ose se rebeller alors là c'est le déchaînement des répressions et brimades. Ne pas laisser croire qu'il est possible de résister. Le gang doit continuer à être le maître. Ils ont imposé leurs loi au quartier.

Pour certaines familles c'est un cauchemar permanent.

 

Un des nombreux fait divers de harcèlement de familles habitant ces quartiers qui se déroule à Perpignan en ce moment et dure depuis le mois de juillet.

Ces infos sont à peine évoquées par nos médias, et la presse.

Trop fréquent ? On s'en fout de ces quartiers ? On joue les autruches ? ces territoires sont considérés comme perdus, et ce qui s'y passe, on n'en parle plus ? On veut cacher notre incurie ?

Ou simplement on croit ou veut faire croire que si on casse le thermomètre, la fièvre tombe d'un coup comme par enchantement.

Drôle de façon de traiter nos problèmes de société.

Nos chers journalistes préfèrent nous bassiner à longueur d'émission

avec ce scandale Hollywoodien ô combien important pour notre avenir.

« Comment Hollywood a étouffé le scandale sexuel impliquant Harvey Weinstein pendant des années »

 

Ce qui se passe à Perpignan est pourtant très grave.

Une mère et ses quatre filles ont lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux. Harcelées et menacées par leurs voisins, elles vivent recluses dans leur appartement de Perpignan (Pyrénées-Atlantiques) depuis plusieurs jours.

« Une mère et ses quatre filles âgées de 13, 15, 18 et 21 ans n'osent plus sortir de leur appartement des HLM Vernet-Salanque à Perpignan.

Si on sort, ils vont nous tuer", raconte la mère. "Mes trois cadettes, dont celle qui passe le bac cette année, ne peuvent plus aller à l’école. Elles ont peur. Quand on passe la porte, ils sont là, à nous agresser, nous insulter et à nous menacer de mort. On n’ose plus aller faire les courses. Quelques personnes du secteur osent nous amener un peu à manger. Certains ont essayé d’aller leur parler mais ils ne veulent rien entendre. Je travaille dans un supermarché, je ne peux même plus y aller." »

Tout cela parce que cette famille a osé porter plainte pour une agression physique il y a 1 mois.

Interdit, la règle est simple

« Ils disent que l'on n'a pas le droit de rester là. Car c'est leur loi, la loi du quartier. »

 

Ils ont décidé qu'il faut que ces personnes s'en aillent au nom de la loi du quartier.

Tous les soirs, je pousse mon réfrigérateur devant la porte du balcon car ils ont déjà grimpé par-là».

 

Incroyable ce que subit cette famille

 Article de LCI

http://www.lci.fr/faits-divers/perpignan-pyrenees-orientales-une-mere-et-ses-filles-recluses-pendant-des-jours-par-peur-de-leurs-voisins-2066441.html

 

Dans ces quartiers, l'omerta est imposée, par la menace, par la terreur, par la violence.

 

Solution trouvée

On ne va pas aller chercher les agresseurs et les traîner au tribunal, non, on craint de mettre le feu au quartier. Alors on laisse faire.

Les innocentes victimes vont-elles être protégées ? Non, on va les déplacer. Les voyous ont encore une fois gagné, les victimes elles sont punies.

 

Le sentiment d'impunité de ces délinquants est totale

Le laxisme qui gagne aussi la justice les conforte dans ce sentiment, les juges ont-ils peur eux aussi ? Sont-ils menacés ?

 

Certaines de leurs décisions sont incompréhensibles.

Un homme qui comparaissait pour avoir attaqué des policiers à coups de couteau est ressorti libre du tribunal,

http://www.europe1.fr/faits-divers/bobigny-il-attaque-des-policiers-au-couteau-et-ressort-libre-du-tribunal-2980424

 

Hollande dans ses confidences aux journalistes parlait de risque de partage du territoire.

Des territoires où l'état n'est plus présent où les services publiques manquent, où ne peuvent entrer ni policiers, ni pompiers, ni médecins, sans risquer l'agression. Des quartiers où l'économie basée sur le trafic d'armes et la drogue est verrouillée par des bandes organisées qui agissent en toute impunité.

 

Des quartiers où des bandes font la loi, se disputent les territoires, où la loi du plus fort est la seule qui subsiste.

 

4 niveaux ont été établis suivant le degré de violences de ces quartiers.

Niveau 1 :

 

QSN (QUARTIERS SENSIBLES DE NON-DROIT) : Quartiers où règnent les bandes et la délinquance avec des faits de violences urbaines, fusillades ou règlements de comptes et trafic en tout genre. Ce sont les quartiers les plus chauds de France considérées comme des zones de non droit, des territoires perdus de la république.

Il y a environ 100 quartiers de non droit de ce niveau ultra chauds

Après il y a 3 niveaux de dangerosité inférieurs qui font monter le total à près de 400 quartiers difficiles.

 

Combien de temps encore nos gouvernants vont accepter ce laxisme et laisser ces territoires en sécession et à l'abandon ?

Comment reconquérir ces quartiers perdus et y faire régner l'état de droit ?

N'est-il pas trop tard ? La tâche est-elle possible face au nombre de quartiers abandonnés par l'état ?

 

Notre ministre de l'intérieur Gérard COLLOMB, comme ses prédécesseurs vient de déclarer qu'il fallait "reconquérir l'ensemble des territoires difficiles face à la délinquance. '' Mais il n'a pas dit comment.

Parole ... parole ... parole... cela fait des décennies que la droite et la gauche nous font la même promesse.

 

Rien de fait à ce jour, on attend quoi, l'implosion, ou l'explosion ?

18 octobre 2017

 

Vous avez aimé le Glyphosate ? Vous adorerez le Dicamba !

 

L’Union Européenne a reporté au 25 octobre sa décision concernant le renouvellement ou non de l’autorisation du glyphosate. « Ils » ont encore botté en touche…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ils », ce sont les technocrates de Bruxelles. « Ils » voudraient bien faire plaisir à leur pote Monsanto et renouveler pour dix ans l’autorisation d’utilisation de ce poison pour les « mauvaises » herbes mais pas que… Seulement il y a des pays qui ruent dans les brancards. Et notamment la France, mais aussi l’Italie et l’Autriche. Quels mauvais coucheurs ces pays ! Pourtant Monsanto, dont on connaît l’altruisme exemplaire, n’a pas lésiné pour porter la « bonne parole » chimique auprès des décideurs européens !

L’exécutif européen prévoit donc de soumettre le dossier à un vote auprès des experts des États membres représentés au sein d’un comité technique chargé de ce type de décision. Combien de voyages au Bahamas ou plus si affinité pour les « zexperts » ?

En 2015 cette molécule a été classée comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer, branche de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) basée à Lyon. Selon la législation européenne et au nom du principe de précaution, son autorisation qui expire à la fin de l’année ne devrait donc pas être reconduite. Mais ce risque est contesté par les industriels. Et pas que Monsanto puisque la molécule est tombée dans le domaine public et que de nombreux concurrents ont mis sur leur marché leurs propres merdes… Ben voyons ! L’OMS elle-même, après avoir donné le glyphosate « cancérigène probable », a subi des tonnes de pression et, dans une étude contradictoire, juge «  peu probable » le risque de cancer chez les consommateurs «  exposés par l’alimentation ». La encore, combien de voyages au Bahamas ou plus si affinité pour les « zexperts » ?

Le lobby des empoisonneurs a trouvé un allié de poids avec la FNSEA qui, il y a quelques jours, a organisé sur les Champs-Élysées une manif « spontanée » de pauvres agriculteurs « sur la paille » réclamant à cor et à cri le renouvellement de l’autorisation de leur cher glyphosate. Après ça, on s’étonnera du fossé qui se creuse entre les agricolos canal FNSEA et les cochons de con-sommateurs !

Nicola-libi Hulot a payé de sa personne en allant rassurer les FNSEA-boys. C’est d’ailleurs un sacré foutoir au gouvernement à ce sujet : Hulot leur a dit n’être « pas sourd à leurs revendications », Travers (le ministre de l’agriculture) est lui favorable au poison pour « cinq à sept ans », Castaner, le bavard officiel du gouvernement, dit : « avant la fin du quinquennat, le gouvernement s’engage à obtenir des progrès significatifs pour tous les pesticides », dont le glyphosate. Pas d’interdiction stricte, donc, mais « trouver des produits de substitution d’ici à la fin du quinquennat ». Bonjour la clarté…

Cinq ans ? Sept ans de plus de poison ? Baratin que tout ça puisque la proposition de la commission européenne est de dix ans de prolongation. Assez pour refiler de belles malformations aux lardons glyphosatés, assez pour générer de beaux cancers made in Monsanto.

Mais soyons optimistes. Peut-être bien qu'« ils » vont finalement l’interdire le glypho. Vous savez quand ? Lorsqu’arrivera sur le marché son petit frère, qui se fait déjà une belle santé aux Zuessa : le « Dicamba » ! En voilà un joli nom. On dirait une danse brésilienne bien sensuelle genre samba ou lambada ! Mais soyons rassurés : la plupart des individus ayant subi un empoisonnement grave au Dicamba et ayant survécu ont récupéré dans les deux à trois jours sans effets durables apparents. Les symptômes d’empoisonnement chez l’homme, par le dicamba sont : perte d’appétit (anorexie), vomissement, douleurs et contractions musculaires (spasmes, battements de cœur) essoufflement, effets sur le système nerveux central, traces d’acide benzoïque dans l’urine, incontinence, cyanose (peau bleue), et épuisement induit par spasmes musculaires répétés. L’inhalation peut être suivie d’irritation des cloisons nasales, des poumons et d’une perte de voix. Le dicamba ne semble pas être mutagène, mais est suspecté d’être tératogène chez l’homme. C’est pas sympa tout ça ?

Et qui c’est qui fabrique cette petite merveille ? Ben, Monsanto et BASF. Monsanto qui est en passe d'être racheté par Bayer, d'occuper une position de monopole et ainsi – en disparaissant - échapper à la palanquée de procès qu'elle a au cul...

Vous voulez avoir une idée des « bienfaits » de ce fils putatif du glyphosate ? Voir ici

Allez-y, vous n’en reviendrez pas.

 

Sources :

https://livre.fnac.com/a2607630/Marie-Monique-Robin-Le-monde-selon-Monsanto

https://www.arte.tv/sites/robin/

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-13-octobre-2017

https://www.courrierinternational.com/article/agrochimie-apres-le-glyphosate-le-dicamba-fait-des-ravages-aux-etats-unis

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dicamba

https://www.infogm.org/6346-etats-unis-dicamba-nouvel-herbicide-deja-sellette

 

Photo X - Droits réservés

17 octobre 2017

Un parcours banal de l’abonné SFR

 « Parce que vous êtes des privilégiés », « avec nos conseillers experts », voilà le genre de slogans à rire jaune qui s'impose aux oreilles du malheureux client SFR perdu dans les méandres de son service client, lorsqu'il doit tenter de réparer lui-même les erreurs commises par l'opérateur. Une ritournelle de plus en plus fréquentes comme nous allons le voir, dont j'ai été une victime récente, et dont je subis encore à ce jour les conséquences. Je n'ai vraiment pas, mais alors pas du tout pour habitude de jouer les consommateurs râleurs, je suis plutôt bon public et pas procédurier. Mais il y a quand même des limites qui ont été allègrement dépassées et qui m'obligent à sortir de ma réserve.

 

L'exposé de mon cas

Ancien client Neuf télécom, et client SFR depuis 2008, tout commence pour moi aux alentours de 2015/2016, lorsque l'opérateur entame un forcing auprès de ses clients, suite à la fusion avec Numéricâble et au rachat par Altice, dans le but de passer sa clientèle de l'ADSL à la « fibre ». Je suis alors littéralement harcelé tous les jours par un bot téléphonique d'origine inconnue qui fait sonner mon téléphone sans que je n'ai jamais personne au bout du fil. Aucun moyen de bloquer ce numéro par les services SFR, je subis jusqu'à ce que, au bout de plusieurs semaines, quelqu'un enfin, se déclare au bout du fil. Une vendeuse de SFR à la voix toute guillerette qui m'annonce « quelle chance monsieur, votre logement est éligible à la fibre » (nous verrons plus tard qu'il n'en est rien).

Je lui réponds du tac au tac, moi qui suis d'habitude assez patient : « C'est donc vous, mon propre opérateur, qui me harcelez ainsi tous les jours ? D'abord si j'étais intéressé par la fibre, je me serais renseigné moi-même, ensuite vous pouvez être sûr que si ce harcèlement se poursuit, je change d'opérateur ». Compréhension de la vendeuse qui n'insiste pas. Le problème s'interrompt... pour reprendre en 2017, avec une nouvelle tactique, le mensonge.

Cette fois-ci, un « technicien » SFR me déclare que l'opérateur a réalisé récemment que son réseau devenait obsolète, et se propose de rénover gratuitement (ce qui reste à prouver d'après les points que j'ai découvert ultérieurement dans mes recherches) pour une ligne de meilleure qualité et au même prix (ce qui reste à prouver aussi). Je m'incline devant ce mensonge d'autant plus facilement que j'ai eu des problèmes de connexion assez sévères au cours de l'été, me disant que « c'était peut-être pour ça... » et que je ne perds rien à tenter le coup.

Bien mal m'en a pris. Je découvrirai seulement plus tard dans un mail qu'il s'agit de me raccorder à la fibre... c'est à dire sans mon consentement finalement. Je laisse couler, me disant que la procédure est entamée et que j'y gagnerai peut-être au change. Je me suis donc laissé forcer la main, suite à un harcèlement enchaîné d'un mensonge.

Pour commencer, le technicien (à propos duquel SFR insiste bien qu'il s'agit d'un sous-traitant et pas d'un salarié SFR, comme si cela excusait tout de leur part) ne se présente pas au premier rendez-vous, arguant que j'étais absent, alors que je l'attendais sur place, mes deux téléphones en parfait état de fonctionnement et pouvant recevoir toute sorte d'appel (j'ai testé par moi-même). Puis au second rendez-vous, il se présente avec deux heures d'avance sur l'horaire indiqué, mais coup de chance j'étais chez moi. Il examine les lieux, prend des photos et déclare très clairement – à l'opposé de ce que SFR avait fermement prétendu auparavant – que je ne suis pas raccordable à la fibre (ce qu'Orange me confirmera quelques jours plus tard). Qu'il faut donc oublier cela, qu'il enverra son rapport à SFR qui me rappellera dans l'après-midi. SFR ne me rappelle jamais mais je ne m'inquiète pas. Je ne suis pas raccordé, point barre, puis ce n'est pas à moi de faire les appels que mon opérateur ne fait pas.

A ce stade il est important de dire que le rapport a bien été envoyé, ce que le service client de SFR me confirmera. Ce qui ne va pas empêcher l'inacceptable erreur de survenir.

Six jours après la venue inutile du technicien, je constate alors que je travaille sur un article que ma connexion s'est coupée. Ça devient rengaine, me dis-je, surtout après toutes ces histoires de ces derniers mois, incluant des montées de tarif unilatérales et injustifiées, mais je prends mon mal en patience pour constater que le problème ne s'arrange pas, que je suis sans téléphone, ni télé, comme c'est devenu courant au fil des derniers mois. Je me décide à la corvée d'appeler le service client.

C'est parti pour plusieurs heures vaines d’échanges téléphoniques, de tête je pense que j'ai eu 9 ou 10 échanges téléphonique, dont le second qui a duré dans les 1h30, pour un total proche de 3 heures sans aucun résultat. J'ai le témoignage d'un ami et eu ouï dire d'une connaissance lointaine que j'ai eu « de la chance »... 8 heures ou plus étant du domaine du possible, dans certains cas exceptionnels. Et il faut préciser à ce stade que j'étais pris dans une série de soucis assez sérieux, comme un décès dans la famille, de mon animal de compagnie et l'hospitalisation de ma mère que je ne pouvais plus appeler souvent car hors-forfait sur mon mobile... seul appareil fonctionnant encore de mon côté... J'étais donc obligé de demander à mon entourage d'accéder à ma boite mail, ou encore à mon suivi SFR, puisque ce sont les seuls moyens que SFR mettait à « ma disposition » pour « régler » mon problème.

Je vous épargne les détails de mes échanges téléphoniques absolument kafkaïens, mais j'en retiens tout de même quelques perles et un résumé édifiant. Ayant du faire 20 fois le tour de tous les services (technique, support/fidélisation, résiliation, rétractation, très haut débit, nouveau client (alors que j'y suis depuis 9 ans), ADSL, et probablement plusieurs autres qui ne m'ont pas été signalés ou dont je ne me rappelle plus), il y a notamment ce moment où une opératrice du service fidélisation tente de me faire une offre commerciale pour me maintenir dans la boutique, avec cette phrase mémorable « on est au service fidélisation alors on vous fidélise ».

Et au service client, on nous clientélise ?

Il y a cette dame du service rétraction qui m'annonce que j'en ai pour probablement une à deux semaines pour régler mon cas. Il y a ce technicien du support qui m'affirme que cela peut être réglé en un instant, il suffit de faire la bonne demande au bon service. Mais quelle demande, et à quel service ?

Il y a aussi ces opérateurs qui vous disent qu'ils vont expliquer votre problème au prochain service auquel ils vous passent, et qui doit être le bon, et qui ne l'est jamais. Quant à ce qui a été expliqué, préparez-vous à le réexpliquer par le menu à chaque personne que vous aurez au bout du fil, car en dépit des promesses et des « faites-moi confiance », non, pratiquement jamais la nouvelle personne qu'on vous met au bout du fil n'a eu d'échange avec la précédente. Par ailleurs on vous demande également à chaque fois de vous ré-identifier à chaque service... on vous demande votre numéro, votre adresse, votre date de naissance ou encore le montant de vos factures, et s'il vous manque une information, il y a toujours un risque de retour à la case départ. Une vraie maison des fous. Et ce sans compter que les trois-quarts des services qu'on vous passe n'ont pas la moindre idée de quel peut-être le problème et encore moins comment le régler. Et que pouvez-vous leur expliquer ? C'est vous le client qui essayiez de comprendre...

Il n'en demeure pas moins qu'après une ou deux heures, vous commencez à plus en savoir que chaque nouvelle personne qu'on vous refile, encore que vous ne pouvez jamais être certain que les informations que vous détenez sont les bonnes, puisqu'on vous dit tout et son contraire.

Au bout des deux premières heures, le problème est enfin cerné, et on commence à réaliser l'étendue de ce que n'est pas capable d'accomplir l'opérateur, sans être au bout de ses surprises, loin de là.

En fait, SFR m'a tout bonnement passé sur le réseau fibre sans tenir compte du rapport du technicien, et sans tenir compte du fait que, de toute évidence, non seulement je ne suis pas raccordé puisque pas raccordable, mais que je ne dispose en aucun cas du matériel nécessaire dans un cas pareil, quand bien même le raccordement aurait été effectif. Pas étonnant que ça ne marche plus...

C'est donc jusque-là que va le forcing de l'opérateur pour imposer la fibre à ses clients ?

Mais ce n'est encore que le début des déboires.

Trois jours plus tard, le week-end a passé et rien n'a bougé. Je suis toujours « sans service » comme ils disent alors que, dans ma situation, j'ai absolument besoin d'accéder à mes mails pour gérer mes différents soucis, incluant celui-là. Je mets donc à contribution mon entourage qui n'a lui non plus pas que ça à faire.

Je vais finir par comprendre que la cause est perdue. Après avoir laborieusement passé le test du guerrier de la rétractation qui doit annuler mon service fibre pour restaurer mon service ADSL, Je suis toujours en attente d'un résultat. Il ne viendra jamais.

C'est au bout du 7e ou 8e appel que je comprends qu'il n'existe plus qu'une solution, parfaitement aberrante au demeurant : je dois renvoyer ma box pour recevoir exactement la même, pour, je suppose, que toute la haute technicité de mon opérateur puisse se déployer et reprendre les choses à zéro.

Ah oui, et ceci en perdant mes réductions gagnées par 9 ans d'ancienneté, sans aucune proposition de geste commercial et seulement des excuses dont je me passe très bien et qui ne font en rien avancer mon problème.

A cette demande du service que j'ai au bout du fil, je rétorque simplement : « Ah, il faut que je redevienne nouveau client ? Voilà une occasion excellente de passer à la concurrence. »

Chose qui sera faite dans la matinée.

Bilan des opérations : je suis abonné fixe, internet et mobile à la concurrence, j'ai dû acheter deux smartphones coup sur coup pour pallier au problème de défaut de connexion, et j'ai trois semaines d'attente pour que le nouvel opérateur fasse intervenir un technicien pour réouvrir et ainsi réparer l'erreur causée par l'ancien opérateur... je travaille depuis avec une connexion d'appoint et un nouveau forfait illimité plus cher qui me permet au moins de rattraper ce qui a été fait. L'erreur de SFR aura donc eu un coût assez élevé pour moi, en termes de soucis, d'argent, etc.

Mais ce n'est pas tout à fait fini pour cette partie, il me faut encore mentionner deux points de détail, mais qui viennent couronner le tout.

D'abord, la résiliation est conçue pour faire potentiellement obstruction au processus et décourager le client... Vous devez vous faire appeler par le biais de cette page qui, comme chacun peut le constater est une erreur 404 (fait parfaitement connu du technicien qui me l'a indiqué, car oui, il m'a fallu l'aide d'un technicien pour la dénicher) :

https://www.sfr.fr/resiliation/#

 

Le lien est néanmoins valide, mais je ne peux m'empêcher de remarquer à quel point cela est à l'image de ce que j'ai traversé avec l'opérateur, qui, rappelons-le est tout de même censé être un expert en réseau, expertise apparemment insuffisante pour régler une banale erreur 404...

Le nombre de tentative par ce système est limité par journée, et il vous faudra taper le bon enchaînement de chiffres dans le labyrinthe du truc, sans qu'absolument rien ne vous indique lequel a une chance d'être le bon. Vous le faites donc au pif, et c'est seulement à la 4e tentative que j'arrive à joindre le service résiliation... qui me raccroche au nez.

Ayant oublié le bon enchaînement de chiffres, je rappelle de chez quelqu'un d'autre pour, après quelques tentatives supplémentaires, retrouver le service résiliation qui m'explique qu'il faut tout bonnement envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception. Non, sérieux ? Il y avait vraiment besoin de contacter un technicien, puis de me faire rappeler, puis de subir l'acharnement commercial du service résiliation pour obtenir la raison de ma décision, pour obtenir cette information ? Ça ne pourrait pas juste être affiché sur une page facile à trouver à la place de l'erreur 404 ?

Et ça n'est pas tout. Malgré ma résiliation, et alors que je n'ai pas encore ré-expédié le matériel à SFR (j'attends leurs étiquettes...), SFR me fixe unilatéralement un rendez-vous téléphonique pour mon « problème technique ADSL », à une heure et un jour qui ne me convient pas bien, mais de toute façon... ne m'appelle pas à l'heure dite, mais deux fois la veille à des moments où je ne suis pas disponible. Encore mieux, redirigés sur ma boîte vocale, le technicien SFR ne comprend pas la situation et parle à ma boîte comme si c'était à moi. On croit rêver devant un tel cirque...

Et je subodore que ce n'est pas tout à fait fini, puisque j'ai découvert que SFR est susceptible d'ennuyer ses anciens clients, même après renvoi de la box... y compris sur des menaces financières et autres. Je m'attends à tout.

 

Mon cas est-il isolé ou rare ?

Loin s'en faut. Il est temps d'aller voir sur les sites de consommateurs pour s'édifier et comprendre qu'on n'est qu'une goutte d'eau dans la nasse... pardon la masse des clients extrêmement mécontents, au point de quitter l'opérateur ainsi.

Il y a un an déjà, 60 millions de consommateurs dessinait ce portrait de l'opérateur :

http://www.60millions-mag.com/2016/10/25/les-sept-plaies-des-abonnes-sfr-10731

 

Je ne peux que confirmer que le service client arrive en tête toute catégorie des aberrations que j'ai pu voir dans le domaine, et cela durait déjà depuis de nombreuses années. Les pannes devenaient plus fréquentes alors qu'elles n'avaient pas été un problème jusqu'en 2016 pour ma part, raison de mon maintien chez eux depuis ce temps. La hausse des tarifs est un des abus les mieux connus de l'opérateur, qui se produisaient à répétition depuis 2015, mais j'avais été épargné jusqu'à récemment. La hausse récente m'avait déjà bien échaudé.

Les factures... bah c'est simple. Le montant de ma facture internet ne correspond pas à ce qui était prélevé sur mon compte ces derniers mois (écart de 10 € par mois environ), je ne m'en suis rendu compte que récemment, à cause de ce qui m'est arrivé. Deux amis ont des problèmes exactement similaires et ce sont les seuls clients SFR que je connaisse. De là à dire que ce problème touche 100% des clients SFR je ne me permettrai pas, mais c'est tout de même impressionnant...

Les réengagements et bien j'ai failli y passer. Cf le passage du service fidélisation qui essayait de me réengager pour un an sur mon mobile... J'ai demandé ce qu'il en était, et heureusement j'ai pu faire rétractation dans les jours suivants, comme je l'ai dit, et malgré la difficulté certainement volontaire de l'opération (le bidule sur leur site ne s'activait que quand il voulait, demandait des numéros à rallonge, etc.).

Quant à la résiliation, m'y voilà... On verra bien ce que ça donnera.

 

La même année, Que choisir annonçait déjà :

https://www.quechoisir.org/actualite-sfr-les-clients-voient-de-plus-en-plus-rouge-n2067/

 

Je cite :

« SFR est ainsi l’opérateur qui génère le plus d’appels téléphoniques au Service d’information juridique (SIJ) chargé de répondre aux questions juridiques des abonnés de Que Choisir et de les aider dans leurs démarches. Entre octobre et décembre 2015, pas moins de 153 dossiers ouverts concernaient SFR et 22 Numericable, soit un total de 175 pour le groupe Altice. Sur la même période, Orange générait 124 dossiers alors que l’opérateur compte un plus grand nombre d’abonnés. Free et Bouygues Télécom, quant à eux, en totalisaient respectivement 45 et 42. Accès Internet interrompu, problèmes de résiliation, de facturation… les faits reprochés à SFR sont très variés. »

 

Je vous laisse découvrir l'énoncé des cas particuliers, parmi lesquels je ne résiste pas à relever celui-là qui me fait dire que, même si j'avais été relié, rien n'aurait garantit que je n'ai aucun problème : « Chez un autre encore, la connexion à la fibre qu’on lui a fait souscrire n’a jamais fonctionné malgré l’intervention à trois reprises d’un technicien à son domicile. »

 

Ceci enfin :

« Alors qu’ils représentent à eux deux environ 20 % du marché, SFR et Numericable ont généré pas moins de 44 % des litiges liés à la téléphonie mobile reçus à l’UFC-Que Choisir en 2015, que ce soit au niveau de nos associations locales ou à la fédération parisienne. »

 

Quelle n'est pas ma surprise (et mon soulagement comme vous l'imaginez, non je blague... je suis seulement soulagé d'avoir quitté cet opérateur), après avoir squatté la première place pendant des semaines voire des mois, de découvrir que SFR a enfin quitté la première place du top des pannes en France :

http://downdetector.fr/top10/

 

Numerama signalait aussi l'insatisfaction grandissante des abonnés SFR, fin 2011 :

http://www.numerama.com/tech/204048-38-des-clients-sfr-seraient-insatisfaits.html

 

On trouve même des infos qui défrisent, à ce sujet :

http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/60-millions-de-consommateurs—le-palmares-des-operateurs-mobile-et-internet-JA7277865

« Quant à SFR, ses faibles scores de satisfaction sont préoccupants. Viennent s’y ajouter les témoignages de plus en plus nombreux de problèmes techniques et tarifaires. À tel point que la Répression des fraudes a mis l’opérateur sous surveillance. L’ampleur des dysfonctionnements a provoqué des départs massifs de clients : SFR en a perdu près de 2,5 millions en l’espace de deux ans. »

Oui, vous avez bien lu, on parle bien de 2,5 millions de clients perdus en deux ans... SFR en chute libre par sa propre faute. L'énoncé de cas particuliers est éloquent sur les méthodes de l'opérateur avec sa propre clientèle, autant que sur sa capacité à résoudre (ou plutôt créer ?) des problèmes. On trouve également quelques astuces à connaître en cas de démêlés.

 

On pourrait penser qu'avec ces années 2015 et 2016 calamiteuses, l'opérateur tirerait les leçons de ses échecs. Et bien non. Mars 2017 :

http://www.journaldugeek.com/2017/03/30/au-petit-jeu-des-operateurs-qui-font-lobjet-du-plus-de-plaintes-sfr-est-toujours-champion/

 

Mai 2017 :

https://www.capital.fr/entreprises-marches/sfr-le-nombre-de-plaintes-d-abonnes-augmente-encore-1228343

http://www.phonandroid.com/sfr-explose-encore-record-plaintes-abonnes-adsl-fibre.html

SFR est désormais bon dernier dans bien des catégories, et plus particulièrement concernant la satisfaction.

 

On serait tenté de se demander quelle mouche a piqué SFR pour tomber si bas, mais là ce n'est plus mon problème. Quelques indices ont été donnés dans les liens proposés, et j'en citerai un dernier qui me semble assez éloquent lui aussi :

http://www.60millions-mag.com/2016/02/15/sfr-se-prend-les-pieds-dans-la-fibre-10122

Article qui confirme et complète bien mon histoire, ainsi que celle de deux amis anciens abonnés Numéricâble, qui eux au moins n'ont pas eu à subir ce que j'ai subi, mais en revanche les problèmes de facturation.

 

Qu'ajouter à ce panégyrique ? Que j'espère avoir bien averti le lecteur de ce qui l'attend, chez un certain opérateur que j'ai bien assez nommé dans cet article.

16 octobre 2017

 

 

1917-2017 Octobre est là !! … Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au-delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien si l’on considère que cette voie ouverte vers le socialisme, durant plusieurs décennies, est une première tentative humaine d’envergure et qu’il y a des leçons positives à en tirer pour tenter et réussir une nouvelle…

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

Le fait que le marxisme et le marxisme-léninisme aient été l’idéologie officielle de la Russie Soviétique et de l’URSS sur toute sa durée est un fait qui ne peut pas être considéré de manière univoque, si l’on considère que le « marxisme-léninisme » est encore formellement l’idéologie officielle de la seconde puissance boursière et financière mondiale actuelle, la Chine…

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-mêmes…

« De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

C'est donc là encore une occasion utile de rappeler ce qui est un élément essentiel de sa méthode dialectique, à savoir la prépondérance du rôle des infrastructures, de la base sociale et économique, sur celui des superstructures, des institutions politiques, des idéologies, surtout « officielles »…

D’un point de vue communiste marxiste-léniniste Il est clair que le sens d’Octobre ne change pas, que ce soit au 99e anniversaire, au 101e ou n’importe quand, du reste, mais le 100e, c’est bien une occasion incontournable de débats, de médiatisations diverses, dont il reste possible de faire, à l’occasion, une arme politique.

Et une telle arme politique n’a évidemment de sens que dans le contexte présent…

Tenter de porter, en quelque sorte, la parole d’Octobre parmi les masses prolétariennes c’est se confronter à la fois à l’image que le système a réussi à forger de cet événement historique et de ses conséquences, et à la réalité actuelle de la crise à laquelle les prolétaires sont eux-mêmes directement et quotidiennement confrontés.

L’image que le système renvoie de l’URSS, c’est aussi l’image qu’il renvoie de la Révolution d’Octobre, l’une étant inséparable de l’autre. Il est donc vain de vouloir célébrer dignement le centenaire d’Octobre sans rendre sa dignité à l’histoire de l’URSS.

Selon l’image qu’ont réussi à en populariser les médias occidentaux et la culture officielle du système capitaliste, l’URSS et l’ensemble du monde communiste sont vus comme une vaste prison qui se serait effondrée comme un château de carte.

C’est donc cette image d’un échec irrémédiable et irréversible de la première tentative de construction du socialisme prolétarien que la bourgeoisie a besoin de forger pour sa propre survie, car plus d’un quart de siècle après cet effondrement, elle n’a toujours pas résolu sa propre crise et se trouve confrontée à la nécessité d’en faire supporter les conséquences au prolétariat et à l’ensemble des couches populaires.

Et plus elle a besoin de durcir les conditions de vie de la majeure partie du corps social, et du prolétariat en premier lieu, et plus elle a besoin de cette image dégradée du socialisme, de l’URSS, et de la Révolution d’Octobre.

Or une telle image dégradée de la Russie Soviétique et de l’influence de l’URSS, ce n’est pas celle qu’en a conservé la mémoire populaire de ceux qui sont concernés en premier lieu, à savoir les Russes eux-mêmes !

Selon l’Occident, l’effondrement de l’URSS devait être la « fin de l’histoire », la « libération des peuples de l’Est », le « développement économique par le capitalisme », etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non !

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs de racketteurs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste « émergent », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1re guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre !

>>>Celle qui, une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, s’est relevée à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais à partir de 1956, avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers « communistes », héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Ce n’est pas là, comme on l’a vu, un point de vue réellement marxiste-léniniste, qui ne consiste pas à se contenter de proclamations nostalgiques, mais cherche à analyser ce qui se passe en profondeur, dans les infrastructures, aussi bien de la société capitaliste, pour comprendre sa crise actuelle, que de celle du socialisme, pour comprendre les causes de sa disparition, alors que l’URSS avait rayonné quasiment sur un tiers de la planète, à son apogée.

 

C’est pourquoi, si l’on sent bien, aujourd’hui, avec la crise chronique du capital, même avec ses quelques courtes périodes de « rebonds », en faits autant de sursauts stériles, que l’évolution de cette « civilisation » mondialisée, littéralement « contre nature », ne peut plus être que régressive, l’effacement brutal et spectaculaire du « continent socialiste » peut apparaître, lui aussi, comme l’engloutissement d’une autre civilisation, ce qu’il fut, pour partie, en réalité.

Pourtant, si l’on veut comparer historiquement le destin des sociétés et des civilisations, il faut rappeler que la bourgeoisie, apparue en tant que classe avec le tournant de l’an mille, a encore mis plus de huit siècles avant de s’imposer radicalement comme classe politiquement dominante, en France, malgré sa domination économique déjà progressivement acquise au cours des siècles et définitivement réaffirmée avec les prémisses de la révolution industrielle.

Là peut s’arrêter cette comparaison, car chaque mutation profonde de société a ses propres caractéristiques, à nulle autre pareille.

Néanmoins, les convulsions révolutionnaires, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe, montrent que ces processus de transformation ne sont pas linéaires, mais comportent des sauts brusques, des retours en arrière, des situations que l’on peut qualifier d’ »hybrides », etc…

De l’an mille à aujourd’hui, la bourgeoisie a constamment évolué, et tente de le faire encore, même si elle apparait comme en bout de course, dans ses possibilités de régler la crise…

Le prolétariat moderne, né avec la révolution industrielle, a déjà beaucoup changé, et change encore radicalement, sous l’effet de la « mondialisation », résultante de la domination impérialiste actuellement sans partage, autre qu’entre rapaces impérialistes eux-mêmes, et sans résistance, autre que très locale ou très partielle.

Mais de même que la bourgeoisie tenait entre ses mains, depuis le cœur du moyen-âge, les clefs de l’avenir, c’est, aujourd’hui encore, et depuis son apparition en tant que classe industrielle, le prolétariat qui les détient, désormais.

Cela peut paraitre moins évident, aujourd’hui, en Occident, mais le prolétariat industriel mondial continue de croitre, et ici, l’extension du secteur tertiaire, combinée avec la paupérisation des classes moyennes et la marchandisation des services, crée, avec la crise, une nouvelle extension du prolétariat.

Au cours des trois derniers siècles, les plus grandes révolutions, bourgeoises comme prolétariennes, et presque simultanément dans certains cas, ont connu leurs lots d’épopées, de tragédies et d’errements, mais dans tous les cas, l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Actuellement, c’est la bourgeoisie qui a nettement repris le dessus, à l’échelle mondiale, même si tout le monde comprend bien que cette « domination » repose sur les sables mouvants et boueux de sa propre crise.

Même dans ses tentatives vaines de raffermir sa base instable, la bourgeoisie n’en continue donc pas moins de proclamer haut et fort, et même d’autant plus fort, ses prétendues « valeurs éthiques », y compris à grands renforts, précisément, de rappels « historiques », pourtant parfois nauséabonds, comme celui du colonialisme, puisant ses racines dans l’esclavagisme.

Et même si la bourgeoisie n’affirme pas plus vouloir rétablir l’esclavagisme que l’échafaud ou la guillotine, elle n’en continue pas moins à vouloir nous faire entonner ce couplet selon lequel un sang « impur » abreuve son sillon, qu’elle continue très concrètement et quasi quotidiennement d’irriguer, par ses opérations militaires aux quatre coins du monde.

Et lorsqu’elle prétend critiquer la « violence répressive » du bolchévisme elle omet de rappeler que sa propre survie ne tient qu’aux bains de sang et à la furia destructrice qu’elle impose régulièrement aux peuples du monde, et encore aujourd’hui, même si de façon plus « diffuse » que pendant les deux guerres mondiales.

Très récemment, dans la première phase de la campagne électorale française, on a vu ressurgir, derrière les costumes à 7000 euros pièce du « Très Honorable François Fillon », l’ombre de la « Françafrique », fer de lance néocolonialiste sanguinolent de notre « très démocratique » bourgeoisie française…

Rappelons en deux mots l’un des « exploits » les plus saillants de la dite « Françafrique », en 1994, en seulement 3 mois, le génocide rwandais a fait très « officiellement » 800 000 victimes, le plus souvent massacrées à la machette, jusque dans les églises… 800 000, et beaucoup plus, selon d’autres sources, peu suspectes de partialité :

https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Genocide-au-Rwanda-un-million-de-morts-en-100-jours-2014-04-10-1134203

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Tutsis_au_Rwanda

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/24/1994-2017-collaboration-droite-gauche-un-heritage-sanglant-et-mortifere/

Même si cela reste regrettable et considérable, sur trente années, la répression politique en URSS « stalinienne » n’en a pas fait autant, selon les sources originales, telles qu’examinées à la loupe par les historiens chercheurs US, à l’ouverture des archives soviétiques…

Mais si les 800 000 morts du Rwanda ont à peine le droit à des procédures symboliques concernant leurs bourreaux directs, et pratiquement aucune, concernant les complices français des commanditaires du massacre, les malheureuses victimes de la répression en URSS se sont, elles, mystérieusement « multipliées », et de façon exponentielle, pour devenir 100 millions et plus, sous la plume des scribes médiatiques au service du capitalisme !

Et c’est, quotidiennement, cette armée de 100 millions de fantômes qui pilonne les consciences populaires, via les médias du système, à la moindre occasion où il est question de communisme ou d’URSS !!

Tandis que les amis de la « Françafrique » se taillent, eux, des costumes de luxe dans les dépouilles de leurs massacres.

Il ne s’agit justement pas, ici, d’ébaucher une sordide « échelle de valeur » entre les origines des victimes de l’histoire.

Les victimes du Génocide des Tutsis au Rwanda ont toutes autant droit à notre respect humain que les victimes des exécutions et massacres de la Grande Révolution Française, et tout autant que celles de la Révolution Soviétique.

Dans le cas du Rwanda, il s’agissait très « officiellement » d’une contre-révolution, mais quoi qu’il en soit, le but d’une révolution n’est jamais, fondamentalement, de massacrer ses ennemis. Il est d’abord et toujours de lutter contre une oppression, quelle qu’en soit la nature, et d’établir des rapports humains plus sociaux et plus justes.

Dans la Résistance, le but des Partisans n’était pas d’abord de tuer des allemands, mais de libérer le monde de la barbarie fasciste.

Rappelons encore, à cette occasion, que c’est à l’URSS et à ses Partisans, sur tout le continent eurasiatique, que l’on doit, et de loin, le plus gros effort et les plus grands sacrifices pour en finir avec le nazisme. Or cette capacité de résistance n’est pas le fruit du hasard, mais bien l’héritage le plus direct du Grand Octobre !

Elle repose sur l’édification de la Russie Socialiste Soviétique, à partir d’un pays-continent complètement ruiné par la guerre de 1914-18 et les armées blanches, ensuite, elles-mêmes soutenues directement par toutes les puissances impérialistes de l’Occident, dont la France, au cours de la dite « Guerre Civile ».

C’est donc en à peine 20 ans qu’a surgi de ce champ de ruines la puissance socialiste soviétique avec la capacité de défaire le nazisme, première puissance capitaliste industrielle européenne.

Non seulement il est donc impossible de parler d’échec du socialisme et de la Révolution d’Octobre, mais c’est ce sursaut de la volonté créatrice de tout un peuple, et du prolétariat russe à son avant-garde, qui doit être mis en valeur et en évidence comme le fait essentiel de cette histoire et la conséquence historique la plus importante de la Révolution d’Octobre. Même si cela n’empêche pas un regard historique critique et analytique.

Il est également notable que le même élan de reconstruction s’est reproduit après-guerre, maintenant l’URSS au rang de très grande puissance mondiale, seule capable de tenir tête à l’impérialisme US, qui commence alors à étendre son emprise sur le reste du monde.

Si cette résistance anti-impérialiste a finalement été vaincue, ce n’est en réalité que par le retournement des fondamentaux économiques du socialisme, essentiellement opéré sous l’ère Khrouchtchev, et parachevé sous l’ère Gorbatchev. Un lent déclin de 35 ans, pour arriver à saper jusqu’à sa base l’héritage des générations héroïques d’Octobre !

Sans doute, en notre début de XXIe siècle, même si nous n’avons pas nécessairement besoin d’un tel développement exponentiel des forces productives, tel que celui de ces premières générations, mais de plus de démocratie et d’un développement respectueux de l’environnement, il n’en reste pas moins qu’en tirant les leçons utiles du socialisme prolétarien, pour en reprendre les fondamentaux économiques, il y a là l’alternative potentielle à la déchéance économique et sociale dans laquelle s’enfonce notre société « mondialisée ».

Qui peut le plus, peut le moins, et si l’Union Soviétique a su ressurgir plusieurs fois du néant où les agresseurs impérialistes et fascistes ont tenté de la plonger, il n’est donc pas douteux que le socialisme prolétarien puisse être la seule alternative efficace et incontournable à l’incapacité du capitalisme à produire un développement économique et social équilibré et harmonieux.

Remettre en lumière les fondamentaux de l’économie socialiste, c’est comprendre les lois économiques fondamentales qui se sont dégagées de la confrontation entre la théorie marxiste et sa mise en pratique sur le terrain.

Cela ne peut partir, même et surtout d’un point de vue marxiste, que de l’analyse des infrastructures de l’URSS et de leur évolution au fil de l’histoire de leur développement et des conflits entre les différents groupes de dirigeants qui ont agit sur cette évolution.

Partir de l’analyse des infrastructures de l’URSS, c’est aussi chercher à comprendre la cohérence entre les principes et lois économiques considérés utiles par les économistes soviétiques et la réalité sur le terrain, selon les époques.

Dans les années 20 le débat a porté sur l’articulation entre secteur privé et secteur d’État.

L’une des questions essentielles était de savoir ce que devenait la loi de la valeur, principe de base de l’économie classique et marxiste, et où s’arrêtait, éventuellement, son influence.

Une question liée de près à celle-ci était le rôle du marché comme régulateur, ou non, de l’équilibre des prix entre offre et demande.

Et donc, également, le rôle de l’intervention, plus ou moins autoritaire, de l’État sur la régulation des prix.

Autrement dit, il y a donc deux questions importantes à considérer en premier,

__la loi de la valeur

__la loi du marché

Et qui en amènent trois autres :

__leur interaction

__leurs domaines respectifs

__le rôle du plan

Ce débat, en réalité, et contrairement à ce que prétend l’historiographie la plus courante en France, tant « à gauche » qu’à droite, n’a pas suivi forcément les clivages de factions supposées « gauches » et « droites ».

Aussi bien Boukharine que Preobrajensky ont affirmé que le domaine d’influence de la loi de la valeur ne concernait plus le secteur socialiste et cela est resté largement l’opinion dominante jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale.

On peut donc dire que l’influence « gauchiste », sur cette question, a prévalu dans la gestion du secteur d’État en général, puis dans celle du secteur socialiste, quasiment jusqu’à la préparation du XIXe Congrès, en 1952, où le débat à seulement commencé à prendre un tour nouveau.

Trotsky, quant à lui, tout en étant allié, en réalité uniquement tactiquement, avec l’« opposition de gauche », a constamment défendu le rôle du marché comme régulateur, y compris pour le secteur d’État planifié. Incidemment, ce point de vue, clairement explicité par le trotskyste Michel Raptis, d’après les textes mêmes de son « maître-à-penser », c’est à dire de Trotsky lui-même, et qui consiste à considérer le marché comme régulateur, même dans l’économie capitaliste, c’est tout à fait le point de vue d’un économiste bourgeois, et non d’un marxiste… !

Trotsky, en ce sens, est le véritable précurseur du « réformisme » contre-révolutionnaire de Khrouchtchev. Dans ce cas, Loi de la valeur et Loi du marché interagissent exactement comme dans le régime capitaliste classique et la distinction entre secteur privé et secteur d’État tend à disparaître.

On a affaire, dans ce cas, et selon l’ouverture plus ou moins grande aux capitaux étrangers, à un vague « socialisme de marché » (type actuel>>>Chine) qui est en fait une forme de capitalisme plus ou moins « nationale » ou classique, voire comprador ("Zones économiques spéciales", en Chine).

Fort heureusement pour la survie de l’URSS, l’influence de Trotsky s’est considérablement réduite, dès le milieu des années 20, mais celle des économistes « de gauche » est restée prépondérante, même sous Boukharine.

A noter que, vers la fin des années 30, alors que l’URSS s’apprêtait à affronter l’Allemagne nazie, les trois, Boukharine, Preobrajensky, et Trotsky, se sont retrouvés sur les positions les plus droitistes de ce dernier, mais sans aucun succès, non plus, fort heureusement, non seulement pour l’URSS, mais aussi pour le reste du monde.

Néanmoins, à la veille de la seconde guerre mondiale, le débat n’était donc toujours pas tranché, et il faut considérer que la gestion de l’économie planifiée en a nécessairement souffert, malgré ses grands succès.

Il n’est pas douteux que des améliorations de gestion considérables auraient été possibles si la clarification avait pu avoir lieu au tournant des années 30.

Le XIXe Congrès de 1952 a donc enfin apporté un jour nouveau sur ces questions, et tranché, du reste, et même si à posteriori, la question de la relation entre secteur d’État socialiste et secteur privé.

Dans le secteur privé la relation Loi de la valeur/Loi du marché reste assez classique, mais l’État peut y intervenir pour contrôler les prix.

Dans la relation entre secteur socialiste et secteur privé, le contrôle du plan, en plus de celui des prix, peut et doit intervenir. L’action des deux lois économiques y persiste, tout en étant très réduite.

Dans le secteur socialiste, c’est la planification qui est la règle, et la Loi de la valeur peut et doit y être utilisée, de manière contrôlée, pour ajuster les prix en fonction de la valeur-travail, et donc pour arriver à un équilibre économique et budgétaire satisfaisant et conforme au plan.

L’influence de la Loi du marché, dans le secteur socialiste planifié, est, par contre, tout à fait exclue.

A l’époque du XIXe Congrès, le secteur privé a tout à fait disparu, mais les relations entre secteur d’État socialiste et secteur coopératif (kolkhozes), s’apparentent, du point de vue des principes économiques, aux relations entre secteur d’État et secteur privé.

Il y a donc persistance de l’interaction « valeur-travail/marché », dans ce domaine, même si largement contrôlé par l’État.

Et il y a encore également possibilité d’utiliser la loi de la valeur et la notion de valeur-travail, pour améliorer la gestion du secteur économique socialiste entièrement planifié, et où, par contre, l’influence de la loi du marché reste donc totalement exclue.

Néanmoins, dès 1953, prenant appui sur le retour partiel de la loi de la valeur, les révisionnistes khrouchtchéviens vont s’efforcer, et malheureusement avec succès, cette fois ci, de réintégrer la loi du marché à tous les niveaux.

C’est pourquoi il nous faut bien comprendre la ligne du XIXe Congrès, et l’utilisation marxiste enfin correcte qu’elle propose pour la Loi de la valeur et la valeur-travail, telle qu’abordée par Marx, pour la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha, cité par Staline, du reste, dans son ouvrage de préparation à ce Congrès.

Ces principes économiques sont également les principes fondamentaux rappelés par Lénine, en Septembre 1917, au Chapitre 5, consacré à ce sujet, dans son ouvrage L’État et la Révolution.

Loin d’être contradictoires avec les mesures proposées pour le capitalisme d’État en 1918, et mises en œuvre plus tard, avec la NEP, en 1921, il en sont le complément indispensable, pour l’interaction entre les deux secteurs, selon le schéma résumé ci-dessus.

Certainement difficile à mettre en œuvre dans les conditions concrètes de l’époque, l’utilisation de ces principes, autour de la valeur-travail, est aujourd’hui potentiellement grandement facilitée avec les méthodes modernes de gestion informatique, qui permettent, en outre, l’exercice d’une démocratie participative directe, également grandement facilitée.

Cela peut et doit être notre guide, dans l’élaboration d’un nouveau programme communiste, pour la phase de transition de notre époque, en lien avec les masses prolétariennes et populaires.

A partir des leçons d’Octobre, avancer l’ébauche d’un tel programme et la populariser comme thème du débat public, c’est l’un des travaux essentiels de recherche, d’analyse, et en fin de compte, d’agit-prop, que doivent faire les marxistes-léninistes du XXIe siècle, à l’occasion de ce centenaire, et que nous pouvons considérer comme un élément de la Révolution du Retour au Réel !

Si nous savons les comprendre dans leur dimension historique et dans leur actualité, c’est à dire, sans dogmatisme, nous pouvons faire en sorte que les idées du XIXe Congrès, dernier Congrès du Parti Bolchévique, soient un point de départ pour faire le bilan de l’expérience soviétique et en tirer enfin les leçons vraiment utiles pour notre époque. Considéré ainsi, d’un point de vue vraiment marxiste, le bolchévisme est, plus que jamais, une idée neuve !

 

 

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Sources de l’article :

 

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

SOLYDAIRINFO :

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

FRONT des LAïCS :

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/10/03/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

Nous ne sommes rien ? Soyons Tout !! :

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2017/07/09/2017-de-juillet-a-octobre-annee-du-centenaire/

 

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Sur le Centenaire d’Octobre, l’histoire de l’URSS, les bases de l'économie marxiste, une liste de liens vers des articles de fond :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

 

 

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Sur les origines maffieuses anciennes de la classe actuelle des « oligarques » russes, voir :

 

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

15 octobre 2017

 

 

Les pirates russes ont dérobé des secrets cybernétiques américains de la NSA

Si cela est vrai, cette opération pourrait être considérée comme l’une des violations sécuritaires les plus importantes de la sécurité des États-Unis à ce jour

Par Dustin Volz et Joseph Menn

Des pirates travaillant pour le gouvernement russe ont dérobé des secrets cybernétiques américains hautement classifiés de l’Agence nationale de sécurité en 2015 après qu’un agent contractuel ait mis des informations sur son ordinateur personnel, ont annoncé jeudi deux journaux.

Tel que l’avait initialement rapporté The Wall Street Journal, citant des sources non identifiées, le vol comportait des informations sur les réseaux informatiques étrangers entrants et la protection contre les cyberattaques, et est susceptible d’être considérée comme l’une des violations de sécurité les plus importantes à ce jour.

Dans une affaire ultérieure, The Washington Post avait déclaré que l’employé en question avait travaillé à l’unité Tailored Access Operations (opérations d’accès personnalisés) de la NSA pour les pirates d’élite avant d’être licencié en 2015.

La NSA a refusé de commenter, en précisant la politique de l’agence « de ne jamais faire de commentaires au sujet de nos affiliés ou des problèmes du personnel ».

Si cela était confirmé, ce piratage marquera le dernier d’une série de violations des données classifiées de l’agence secrète de renseignement, incluant les fuites de données de 2013 sur les programmes de surveillance US classifiés qui furent divulguées par le contractuel Edward Snowden.

Un autre agent contractuel, Harold Martin, attend son procès pour des accusations selon lesquelles il avait emporté chez lui des documents classés de la NSA. Le Washington Post a signalé que Martin n’était pas impliqué dans ce nouveau cas de divulgation.

Le sénateur républicain américain, Ben Sasse, membre du Comité des services armés du Sénat, a déclaré dans un communiqué répondant au rapport du journal que les détails étaient alarmants, si l’information se confirmait.

« La NSA doit sortir sa tête du sable et résoudre son problème d’agents sous-traitants », a déclaré Sasse. « La Russie est clairement un adversaire dans le cyberespace et nous ne pouvons pas nous permettre ces blessures auto-infligées ».

Les tensions sont déjà fortes à Washington à propos des allégations américaines sur l’accroissement du piratage visant des cibles américaines par les Russes, y compris le ciblage des agences électorales de l’État et le piratage des ordinateurs du Parti démocratique dans le but d’influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2016 en faveur du républicain Donald Trump.

En citant des sources non identifiées, WS Journal et Washington Post ont également signalé que l’agent contractuel utilisait un logiciel antivirus de Kaspersky Lab basé à Moscou, la société dont les produits ont été interdits aux réseaux gouvernementaux américains le mois dernier en raison de soupçons qu’ils aident le Kremlin à faire de l’espionnage.

Kaspersky Lab a fermement nié ces allégations.

Les responsables du gouvernement russe pourraient avoir utilisé des défauts dans le logiciel Kaspersky pour pénétrer dans la machine en question, ont déclaré des experts en sécurité à Reuters. Ils pourraient également avoir intercepté le trafic de la machine vers les ordinateurs Kaspersky.

Kaspersky a déclaré dans un communiqué jeudi qu’il s’est retrouvé pris au milieu d’une lutte géopolitique.

« Kaspersky Lab n’a reçu aucune preuve étayant la participation de la Société dans le prétendu incident signalé par le Wall Street Journal », a-t-il déclaré. « Il est regrettable que la couverture médiatique des affirmations non prouvées continue de perpétuer les accusations concernant la Société ».

Le 13 décembre, le ministère de la Sécurité intérieure a interdit les produits Kaspersky dans les réseaux fédéraux et le Sénat américain a approuvé un projet de loi visant à interdire qu’ils soient utilisés par le gouvernement fédéral, citant ses préoccupations que la société puisse être un pion du Kremlin et pose un risque de sécurité nationale.

James Lewis, un cyber-expert du Centre d’études stratégiques et internationales basé à Washington, a déclaré que le rapport de la violation était crédible, mais qu’il ne disposait pas de renseignements de première main sur ce qui s’était passé.

« Ce qui est déconcertant, c’est qu’il ait pu sortir des documents du bâtiment et qu’il utilise Kaspersky, même si c’était pour travailler », a déclaré Lewis. Il a déclaré que les agences de renseignement considéraient les produits Kaspersky comme source de risque depuis des années.

La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, qui est à l’origine des appels au Congrès pour purger les réseaux gouvernementaux des produits Kaspersky Lab, a appelé jeudi l’administration Trump à déclassifier les informations sur les menaces posées par Kaspersky Lab.

« C’est un mauvais service au public et à notre sécurité nationale que de continuer à retenir cette information », a déclaré Shaheen dans un communiqué.

Reuters

 Source : http://www.atimes.com/article/russian-hackers-stole-us-cyber-secrets-nsa-reports/

 

Traduction : Avic – Réseau International

14 octobre 2017

 

 

Boire du café prolonge la vie, c’est officiel

Une étude des habitudes de consommation de près de 20 000 personnes a permis d’établir que ceux qui boivent du café régulièrement jouissent d’une plus longue espérance de vie que ceux qui n’en boivent pas du tout.

Les chercheurs de la Société européenne de cardiologie ont observé pendant dix ans 20 000 personnes qui buvaient au moins quatre tasses de café par jour. Les participants à l’étude avaient en moyenne 37 ans, et 337 d’entre elles sont décédées durant la période de l’étude.

D’après un rapport publié par la Société, les amateurs de café ont environ 64% en moins de risque de mourir prématurément par rapport à ceux qui ne consomment pas cette boisson.

Les chercheurs ont également conclu que le café produisait notamment un effet positif sur la santé des personnes âgées de plus de 45 ans. Selon le chercheur principal, le Dr Adela Navarro, les résultats de l’étude permettent de recommander de prendre quatre tasses de café par jour comme une «partie intégrante d’un mode d’alimentation sain».

Le café est la boisson la plus bue dans le monde avec environ 2,25 milliards de tasses absorbées quotidiennement. En 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a cessé de classer le café comme cancérogène lié au cancer de la vessie, estimant en outre que cette boisson réduisait le risque de tumeur utérine et du foie.

 

Source: https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201710081033378553-cafe-longevite-etude/

13 octobre 2017

 

 

La guerre ; la vraie et seule nature de l’empire…

…Qui veut la Paix, prépare la paix !

Cela parait évident, et pourtant nous constatons en ce moment même, avec la dernière tuerie de masse perpétrée par Stephen Paddock, qui soulève énormément de questions, et à raison, que la paix n’est pas la priorité de l’empire anglo-américano-Christo-sioniste, et comment cela se pourrait-il puisque l’empire se prépare à célébrer le Jour de la découverte, ce lundi 9 octobre 2017 celui où il fut décidé de TUER L’INDIGÈNE pour sauver l’homme blanc et de surcroit chrétien !

Dès les premiers jours d’octobre 1492 Christophe Colomb et les premiers colons/envahisseurs/exterminateurs sur ordre divin des hommes en jupe débarquent « …pour envahir, traquer, capturer, vaincre et subjuguer tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de réduire leur personnes en esclavage perpétuel… » et sans plus jamais s’arrêter puisque dès 1619, un évènement crucial qui jouera un rôle pour le développement de l’Amérique fut l’arrivée [NdJBL : Y sont venus tout seul, comme tenta de le justifier Ben Carson, Ministre du logement de Trump et descendant d’esclaves, puisque noir] d’Africains à Jamestown {Jamestown fondée en 1607 par des colons britanniques} ; Extrait de MINORITÉ BLANCHE de Mohawk Nation News.

Notez bien que la paix n’est la priorité d’aucun État, France comprise, à cette heure du jour – Attentats terroristes « manipulés » en cours…Et pourtant la Nation Mohawk nous a déjà invité, le 2 octobre 2017, à réfléchir à ce que nous voulions, vraiment – Paix – Pouvoir & Rectitude invitation de la Nation Mohawk.

 

Revenons une dernière fois sur cette dernière « tuerie » de masse à Las Vegas ;

Résistance71 nous a proposé d’analyser cette photo  prise très peu de temps après la « tuerie » qui aurait fait 58 morts et plus de 500 blessés.  Voici le résumé d’analyse que publie ce jour Résistance71 ;

·         Toutes les personnes sur la photo semblent décontractées, aucunement paniquées, ni en état de choc d’avoir à la fois été canardées pendant plusieurs minutes et exposées à une situation des plus stressantes impliquant (soi-disant) de nombreux morts et blessés.

·         Pas de présence de services de premiers secours, ni de policiers. Si ces personnes se sentent suffisamment en sécurité pour rester là groupées, alors police et services paramédicaux devraient être présents, d’autant plus qu’une victime est présente sur les lieux.

·         La “victime” a le visage couvert, on doit donc supposer qu’elle est décédée, néanmoins il n’y a aucune trace de sang au sol, rien qui puisse suggérer que cette personne est décédée suite à blessure par arme à feu…

·         La position des personnes fait penser à une scène répétée où tout le monde est à sa “place”.

·         Cette photo n’inspire aucun sens de la réalité. Tout semble factice, figé, mis en scène…

Bien entendu ceci ne prouve rien, juste alimente le nécessaire moulin aux questions.

À ce sujet, nous avons traduit ci-dessous la position d’un des éditeurs de Veterans Today (VT), Ian Greenhlagh pour qui toute cette affaire est une arnaque au même titre que les affaires de l’école de Sandy Hook et de l’attentat du marathon de Boston. [NdJBL : et on peut rajouter San Bernardino] Alors faux-drapeau ? sans aucune doute, une arnaque où personne n’a été tué ni blessé ? Possible… A suivre donc en n’oubliant jamais que l’histoire de l’État, c’est l’histoire de la guerre et du terrorisme en tant que terreur institutionnalisée, rien d’autre…

~ Résistance 71 ~

Note de l’éditeur de VT en avant propos d’un article de l’agence FARS

Ian Greenhalgh | 4 octobre 2017 | URL de la note : https://www.veteranstoday.com/2017/10/04/vegas-gunman-transferred-100k-set-up-cameras-at-hotel/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 -URL de l’article:https://resistance71.wordpress.com/2017/10/06/fusillade-de-las-vegas-que-pensez-vous-de-cette-photo-mise-a-jour-et-commentaires/

Je vais juste le dire direct, sans fioriture… Ce narratif de Paddock et de son arsenal de fusils, flinguant des centaines de personnes depuis le 32ème étage de l’Hôtel Mandalay Bay de Las Vegas n’est qu’une vaste arnaque, cela ne s’est jamais produit.

Paddock est le Lee Harvey Oswald de cette affaire et juste comme Oswald et son mousqueton Carcano cassé ne jouèrent aucun rôle dans l’assassinat de JF Kennedy, Paddock et sa collection de flingues dans sa chambre n’ont joué aucun rôle dans les évènements de Las Vegas.

Il y a néanmoins une différence clef, à Dallas en 1963, de vraies balles ont touché de vraies personnes et de véritables blessures et une mort tragique en furent le résultat ; à Las Vegas en 2017, aucune véritable munition ne fut tirée, aucune personne ne fut tuée ou blessée, ceci n’est qu’une vaste arnaque complétée au moyen d’acteurs de crise, de simulateurs, du faux sang, une performance d’acteurs pitoyable et risible et toute une litanie de mensonges et de pure connerie.

De la sorte, toutes les “révélations” et les “enquêtes” dont on fait état ne sont qu’une totale perte de temps, juste quelques couches de mensonges en provenance directe d’une manipulation psychologique et de la corruption pour maintenir les théoriciens du complot occupés pendant les années à venir. Je m’attends à ce que dans une décennie, les gens continuent à se disputer et à argumenter sur le déroulement précis de cette affaire et de ses détails sans importances, tout comme ils l’ont fait pour savoir s’il y avait eu ou non des avions qui ont percuté les tours du WTC le 11 septembre 2001.

En fin de compte les gars, ignorez l’ensemble de cette fumisterie, ce n’est qu’une totale perte de temps et rien d’autre qu’une diversion faite pour attirer l’attention ailleurs de ce qui importe vraiment, qui est derrière cette farce de faux-drapeau et pourquoi il fut mis en œuvre.

En contraste avec le 11 septembre où nous savions tous après 45 minutes, qui devait être blâmé et pourquoi l’évènement s’était produit, l’Afghanistan avec la motivation de justifier toujours plus de crédits pour la guerre pour toujours plus de profits et pour l’introduction de la loi fasciste liberticide du Patriot Act ; cette fois-ci, tout est beaucoup moins clair. De manière évidente cela pousse toujours plus avant la stratégie de la tension (management de la terreur) et cela a eu l’effet secondaire voulu de placer les ventes d’armes personnelles sous stéroïdes, ventes qui étaient dramatiquement en baisse depuis le début de l’ère Trump, mais toute autre répercussion plus importante devra se dévoiler par la suite.

Ah au fait, si vous voulez vous acheter le type d’armes qu’a soi-disant utilisées Paddock pour “modifier son arme légale non-automatique en arme automatique de combat”, alors dépêchez-vous avant qu’elles soient en rupture de stock, pire même : interdites…

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S’il y a bien management par la terreur, pour ma part, je ne peux affirmer que dans ce cas précis, Las Vegas, il y ait eu 0 mort mais comme d’hab il y a plus de questions que de réponse… Et l’on ne se demande plus maintenant à qui profite le crime, on sait que la guerre est la nature profonde de l’État colonial !

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La guerre, nature profonde de l’État colonial (Mohawk Nation News)

Nature contre Guerre

Mohawk Nation News | 3 octobre 2017 | URL de l’article original en anglais ! http://mohawknationnews.com/blog/2017/10/03/nature-vs-war/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 : https://resistance71.wordpress.com/2017/10/05/la-guerre-nature-profonde-de-letat-colonial-mohawk-nation-news/

“Pour détruire un peuple, vous devez d’abord le couper de ses racines.”
~ Alexandre Soljenitsyne ~

Quel est l’héritage de nos enfants ? Kasotsra a fait la vie que l’on vit. Nos ancêtres essayèrent de garder une philosophie et un principe de l’intention que la création/nature a pour nous et pour les sept prochaines générations. Ils le payèrent le prix fort.

Nous avons besoin d’une véritable compréhension de ce qu’est le fait d’être onkwe’honweh, le véritable peuple de la terre de l’Île de la Grande Tortue. Toutes les dictatures s’effondrent, ceci inclut la république de la guerre des États-Unis. La nature frivole de l’homme blanc ne peut plus être mise en avant, nous ne pouvons plus risquer cela. Ils nous ont presque exterminé. Il est malade. Les symptômes sont haine, colère, rage et guerre. Ils manquent de véritable émotion humaine et ne peuvent jamais être en paix. Ils pensent qu’ils doivent contrôler l’humanité.

Les envahisseurs de ce qui est maintenant l’Amérique du Nord sont absolument terrifiés d’observer leur propre histoire et tous ces esprits tordus et criminels qui ont répandus leur semence malfaisante à travers l’Île de la Grande Tortue.

On nous a assassiné et incinéré sans cligner de l’œil, sans aucun remord. Maintenant l’entreprise coloniale [de la couronne, City de Londres] essaie de nous régler notre compte dans une exécution finale. Nous devons y faire face. Tout le monde hérite à la fois du bien et du mal.

Leur langue crée leurs phrases sans aucun sens et des mots afin de nous demander de leur pardonner, ce qui est un sentiment dont ils n’ont aucune expérience. Tout le monde connaît l’assassinat de masse, le génocide dont a été victime notre peuple.

 

Avant qu’ils n’arrivent, nous ne nous faisions plus la guerre (NdT : les 5 nations iroquoises, en suivant Kaianerekowala Grande Loi de la Paix, ne se sont plus combattues entre elles depuis le XIIème siècle et à un moment donné 49 nations autochtones suivaient les principes de Kaianerekowa et ce de manière non coercitive…), nous n’avions ni prisons et ne connaissions pas le meurtre. Nous vivions par nos véritables sens, suivant nos instincts pour vivre en accord avec les instructions originelles de la création/nature. La Grande Loi de la Paix qui fut émise pour tout le monde, doit être dite et connue. La république de la guerre de l’homme blanc ne veut jamais de la paix. Leur existence n’a aucun sens. La nôtre est de ressentir. Ils ne connaissent pas les actions du véritable amour pour les humains et la vie. Ils le prétendent, mais cela n’est que vanité.

Leur futur est fait d’insanité perpétuelle, de haine, de jalousie, de rage, aucune joie véritable qui pourrait faire de l’homme blanc quelqu’un de grand. Karonhiaktajeh a dit : “J’attends toujours cette soi-disant ‘civilisation’ qu’ils ont promis d’amener ici depuis leur vieux pays.”

Ils veulent que nous rentrions dans le rang afin de nous contrôler plus facilement. Notre mère a d’autres instructions pour nous. Ils essaient de nous régimenter, mais ils échouent. Notre esprit, notre corps et notre énergie sont faits pour la liberté totale.

*

On veut nous faire croire à nous le peuple, le populo, que l’homme a toujours fait la guerre depuis l’aube de l’humanité, que c’est inscrit dans nos gènes et que l’on ne peut échapper à notre destin guerrier, voire à cet instinct de mort. Or, à lire Marylène Patou-Mathis, le Pr. DemoulePierre ClastresLéon Tolstoï… On comprend tout à fait autre chose.

Alors, de quoi voulez-vous que demain soit fait ?

De sang, de bruit, de fureur – De guerre ?

Ou d’entente, de solidarité, d’entraide comme facteur d’évolution – De vie, de paix ?

Pour ma part j’ai choisi il y a longtemps déjà, en conscience, de prendre la tangente.  Et l’écho de nos pas résonne toujours plus fort, attestant de notre nombre croissant à avoir bifurqué, afin de ne pas se prendre le mur en pleine face… Et parce que « notre esprit, notre corps et notre énergie sont faits pour la liberté totale«.

JBL1960

Source de l’illustration : history.com

 

via: https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/10/06/la-guerre-la-vraie-et-seule-nature-de-lempire/

12 octobre 2017

 

 

Où en est l’exploitation du gaz dans la bande de Gaza ?

Le « champ de gaz », de quoi s’agit-il ? Où se trouve-t-il ? Quelle est sa superficie ? Quels sont les revenus qui en découlent ? Le gouvernement palestinien de consensus, présidé par Rami Hamadallah, a ouvert le dossier du gaz, une semaine après le dernier accord de réconciliation signé récemment dans la capitale égyptienne, le Caire.

En effet, le conseil palestinien des ministères a discuté, dans sa séance du mardi, le développement du champ de gaz naturel de « Gaza-Marine » dont la réserve est estimée à environ un billion de pieds cubes de gaz.

Le conseil a considéré le développement du champ comme une base pour restructurer le secteur palestinien de l’énergie et pour imposer la souveraineté nationale sur l’exploitation des ressources naturelles palestiniennes.

Le volume du champ

L’entreprise israélienne d’électricité a dévoilé, dans un rapport publié, que la quantité de gaz naturel du champ de Gaza, en Méditerranée dépasse les 33 milliards de mètres cubes.

Cette entreprise estime que cette quantité pourrait répondre aux besoins de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pour les vingt-cinq ans à venir. Elle pourrait répondre aux besoins d’ »Israël » pour les cinq ans à venir, si les négociations d’en acheter une partie réussissait.

Le champ palestinien se trouve à 36 kilomètres à l’ouest de la bande de Gaza, dans les eaux de la Méditerranée. Il avait été découvert à la fin des années quatre-vingt-dix du siècle dernier. C’est en l’an 2000 que l’entreprise British Gas a bâti le champ.

L’exploitation !

L’expert en économie Nahad Nachwan appelle à ce que le champ de gaz soit une partie intégrante des principes palestiniens, étant une source économique pour la patrie.

Il est à noter que dès qu’on avait su que Gaza reposait sur une mer de gaz, les transactions ont commencé. L’entreprise British Gas (BG) et l’Union d’entrepreneurs (CCC) ont obtenu un contrat de quinze ans d’exploitation. Les recherches n’ont pas pris un temps bien long. Il faut aussi noter que les accords précédents donnaient 60% du gaz à BG, 30% à « Israël », 10% uniquement pour l’autorité palestinienne !

Etapes à parcourir !

Pour sa part, l’expert en économie Omer Chaban croit fermement que les ressources naturelles doivent être au service du peuple palestinien et son économie, pour moins dépendre des donations extérieures, et elles doivent servir la souveraineté nationale. Il faut alors une transparence totale.

Dans le même contexte, Nahad Nachwan pense que les plus de 20 milliards de dollars que rapporterait le gaz pourraient changer complètement la société palestinienne.

Et Omer Chaban appelle les factions palestiniennes à pratiquer toutes les pressions possibles sur l’autorité de Ramallah, afin qu’elle rende publique toute partie cachée de tout accord, afin que les anciens contrats soient annulés, afin de lancer des appels d’offres sur la scène internationale pour l’exploitation, de façon juste et transparente, au service du peuple palestinien.

 

Source:https://french.palinfo.com/news/2017/10/5/O-en-est-l-exploitation-du-gaz-dans-la-bande-de-Gaza

11 octobre 2017

LOI TRAVAIL : REMUNERATIONS : renforcement du « monologue » patronal

Les « ordonnances » MACRON sont, parait-il, destinées à « renforcer le dialogue social ». Paradoxalement Monsieur MACRON ne s’est pas appliqué ce vertueux objectif et affaiblit en réalité les possibilités de négociation des salariés dans les entreprises.

En matière de rémunérations nous aurons un « monologue » patronal comminatoire imposant aux salariés le renoncement à un certain nombre de primes et avantages avec pour seul plancher des droits un SMIC d’ores et déjà menacé.

Je vous propose un tour d’horizon des stratégies patronales prévisibles de baisse des rémunérations dans les entreprises de moins de 11 et de plus de 11 salariés et quelques pistes de résistance à mettre en oeuvre dans les entreprises.

I DANS LES ENTREPRISES DE MOINS DE 11 SALARIES

I-A/ LA REGLEMENTATION NOUVELLE

Dans les TPE de moins de 11 salariés où il n’y a pas d’obligation de négociation annuelle des salaires le plancher de votre salaire, salaire de base, est fixé par le SMIC pour 35 heures hebdomadaires de travail. Un accord de branche peut éventuellement améliorer les situations qui sont donc disparates d’un secteur économique à l’autre.

Ce plancher du SMIC risque prochainement d’être régionalisé comme s’en inquiète le journal « l’Humanité » dans un récent article. Autrement dit, selon que vous habiterez Lyon centre ou dans l’Isère située à moins de 40 kilomètres de la place Bellecour, place centrale de Lyon, vous n’aurez pas droit au même salaire de base pour 35 heures hebdomadaires de travail.

Comme pour l’ordonnance improprement nommée « renforcement du dialogue social », Monsieur MACRON utilise pour les études en cours concernant la régionalisation du SMIC une méthode « qui consiste à évincer les syndicats de salariés de toutes négociations sur ce sujet éminemment social.

Selon l’article L2232.21 « dans les entreprises dont l’effectif habituel est inférieur à 11 salariés, l’employeur peut proposer un projet d’accord portant sur l’ensemble des thèmes ouverts à la négociation collective prévus par le code du travail ».

Selon l’article L2254-2-I modifié par cette ordonnance qui sera promulguée au quatrième trimestre 2017, il devient par conséquent possible pour l’employeur « afin de répondre aux nécessités liés au fonctionnement de l’entreprise » et non plus seulement en cas de difficultés économiques de l’entreprise, comme actuellement, « d’aménager la rémunération au sens de l’article L3221-3 actuel du code du travail » c’est-à-dire de modifier « le salaire ou, traitement ordinaire de base, ou minimum, et tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au salarié en raison de l'emploi de ce dernier. »

Autrement dit,

Dès le quatrième trimestre 2017, l’employeur d’une TPE de moins de 11 salariés, au titre des « nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise » que lui-seul détermine, pourra ramener toutes vos rémunérations au SMIC horaire lequel est lui-même menacé comme le souligne l’HUMANITE.

Il pourra donc vous « proposer », doux euphémisme, de travailler plus longtemps pour le même salaire avec comme seul plancher le smic horaire, supprimant au passage primes d’ancienneté, treizième mois, primes de vacances et autres avantages même en nature. L’employeur pourra de même vous « proposer » de changer vos horaires et votre lieu de travail.

Toutefois, pour parvenir à ses fins, l’employeur devra organiser un référendum afin de recueillir vos avis.

Si, sous la menace de licenciements les 2/3 d’entre vous, c’est-à-dire pour 3 salariés en poste, 2 personnes acceptent ces nouvelles conditions et un seul les refuse, la baisse salariale est effective pour eux et leur collègue est licencié avec des indemnités légales de licenciement qui sont les plus faibles d’Europe et que Monsieur MACRON a pris soin en plus de ne pas augmenter dès qu’un salarié a plus de 10 ans d’ancienneté ! Et, sans avoir droit aux dispositions d'accompagnement des licenciements économiques.

 

I-B/ PISTES DE RESISTANCE POUR LES SALARIES DES ENTREPRISES DE MOINS DE 11 SALARIES

 

LA SEULE SOLUTION EST, DANS UN PREMIER TEMPS, DE REFUSER COLLECTIVEMENT LA « PROPOSITION » patronale puisqu’en l’absence d’approbation à la majorité des 2/3 du personnel, suivant l’article L2232-21 l’accord est réputé non écrit et donc ne peut être en aucun cas être appliqué. Si l’employeur tente néanmoins de l’imposer vous pouvez, en référé (15 jours) devant les prud'hommes, obtenir les rappels de salaires, de primes et d’avantages en nature en cause.

Va s’ensuivre une période de tensions dans l’entreprise pendant laquelle vous devrez vous entraider en cas de harcèlement de l’un d’entre vous et notamment pour lui permettre de se constituer un dossier de harcèlement afin de pouvoir prétendre en cas de licenciement abusif à 12 mois de dommages et intérêts au lieu d’une indemnité réduite à 1 mois par année d’ancienneté dans les 10 premières années de service.

Parallèlement faites le point sur les autres manquements à l'application de bonne foi des contrats de travail : si vous avez constaté des irrégularités en matière de paiement des salaires (par exemple non-paiement d’heures supplémentaires) vous pouvez en informer par lettre recommandée avec accusé de réception l’URSAFF (le nom des informateurs est secret) qui diligentera une enquête. Vous pouvez informer la médecine du travail en cas de non-respect des règles de sécurité sur les chantiers par exemple, de non-respect des durées maximales de travail ou temps de repos pour les forfaits jours etc.... Le harcèlement peut ainsi être renvoyé à l’expéditeur … qui va se calmer.

Informez-vous également sur la situation économique réelle de l’entreprise par vous-même ou gratuitement auprès de la permanence juridique de l'union locale d’un syndicat (les adresses sont sur les pages jaunes).. Les syndicats disposent de spécialistes qui sont capables d’accéder aux informations légales des entreprises et d’en étudier la structure capitalistique et les résultats

En effet une bonne transaction avec l’employeur est toujours fondée sur des données objectives qu’il ne pourra pas contredire et cela vous permettra de contrer toute tentative de rupture conventionnelle ou de licenciement et de défendre VOTRE PART SALARIALE DANS LA VALEUR AJOUTEE.

Vous pouvez rappeler à l’employeur que s’il a désormais les mêmes droits de « négociation » que ceux anciennement réservés aux entreprises de plus de 11 salariés, il serait inconstitutionnel que réciproquement vous n’ayez pas les mêmes droits que les salariés de structures de plus de 11 salariés et notamment le droit de négocier une fois par an « la rémunération, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise » (article L2242-8). Il n'y a aucune raison d'avoir un code du travail à une seule vitesse pour les employeurs et à deux vitesses pour les salariés.

Enfin, si dans le cadre de vos recherches sur la structure capitalistique de votre TPE, vous vous apercevez que vous appartenez en réalité à un groupe qui n’applique pas la législation le concernant vous pouvez faire reconnaitre judiciairement l’unité économique et sociale à laquelle appartient votre petite structure par le tribunal d’instance de votre secteur par une procédure initiée par le syndicat de votre choix. Vous rétablirez ainsi vos droits à représentation (délégation du personnel et éventuellement comité d'entreprise désormais dénommé comité économique et social) rendant par le même coup toute modification de rémunération impossible jusqu'à ce que la délégation du personnel soit en place (et même au delà si vous vous référez au paragraphe suivant).

En effet, la Cour de cassation condamne régulièrement ces groupes qui ne se déclarent pas comme tels puisqu’une recherche de jurisprudences par les mots clefs : « Cour de cassation », « chambre sociale » et « unité économique et sociale » donnait cette semaine 1136 occurrences !

EN CONCLUSION : Les salariés malmenés d’une petites entreprises devront donc faire front pour éviter une baisse de leur pouvoir d’achat dès la promulgation des ordonnances MACRON.

Ils ont à leur disposition outre la mobilisation collective dans la rue qui peut ENCORE FAIRE BOUGER LES LIGNES LORS DE LA REDACTION DES DECRETS, de réelles possibilités juridiques individuelles et collectives à utiliser sans modération.

 

II DANS LES ENTREPRISES DE PLUS DE 11 SALARIES

Dans les entreprises de plus de 11 salariés le plancher du salaire de base est actuellement soit le SMIC soit le minimum de la convention collective, soit le salaire négocié dans les entreprises de plus de 50 salariés s’il est plus intéressant que les deux précédents. S’y ajoute éventuellement diverses primes et avantages en nature, le tout formant votre rémunération.

Nous a vu dans le précédent paragraphe que ce plancher du SMIC risque prochainement d’être régionalisé.

II-A L’INVERSION DES NORMES

L'inversion des normes permet DESORMAIS d’imposer « afin de répondre aux nécessités liés au fonctionnement de l’entreprise » et non plus seulement en cas de difficultés économiques de l’entreprise, comme actuellement, une réduction des composantes de la rémunération en application de l’article L2254-2 dès promulgation de l'ordonnance MACRON dans le courant du quatrième trimestre 2017. 

Dans les entreprises ayant une représentation du personnel, la "proposition" patronale de réduction des rémunérations est négociée :

·         Soit par le ou les délégués syndicaux, s’il en existe dans l’entreprise (actuellement plus de 49 salariés)

·         A défaut, par un ou plusieurs salariés mandatés par des organisations syndicales pour cette négociation,

·         ou bien, un ou des représentants du personnel non mandatés pour lesquels il y a un risque qu’ils soient choisis par l’employeur et n'aient pas beaucoup de marges de manoeuvre. D'où l'importance lors des prochaines élections professionnelles de ne prendre QUE des salariés qui se seront formés en droit de la négociation ; Toute personne peut en effet obliger l'employeur à lui accorder 12 jours de formation économique et sociale PAR AN. 

Si un accord est finalisé, celui-ci est soumis à la représentation du personnel dans son ensemble et ne sera considéré comme applicable que s'il est approuvé par 50% des délégués, à défaut il sera rejeté.

En l’absence de représentation du personnel (absence de candidats lors des élections professionnelles) l’employeur peut, tout comme dans le cas des entreprises de moins de 11 salariés, initier un référendum suivant la même procédure (voir paragraphe 1).

 

II-B LA NEGOCIATION ANNUELLE OBLIGATOIRE SUR LES REMUNERATIONS 

La seconde source d’évolution salariale, dès lors qu’il y a des délégués syndicaux est la négociation annuelle obligatoire (NAO) dont l’article L2242-8 nous explique qu’elle porte « sur la rémunération (donc salaire de base et primes), le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée, donc l’intéressement » .

Mais aussitôt Monsieur MACRON dans sa très grande commisération pour le patronat, édicte un article L2242-9 qui précise que l’employeur qui n’a pas rempli son obligation d’organiser les NAO « pourra voir sa pénalité plafonnée » si « dans les six années civiles précédentes il y a eu un contrôle ayant constaté, à l’époque, aucun manquement ». 

« Lorsque l’autorité administrative compétente constate ce manquement elle doit aussi tenir compte des efforts constatés pour ouvrir des négociations, de la situation économique et financière de l’entreprise, de la gravité du manquement et des circonstances ayant conduit au manquement ».

L'employeur est donc autorisé à contrevenir aux règles du dialogue social cinq années d'affilée disposition inscrite, sans rire, dans "une ordonnance relative au renforcement de la négociation collective" ! Le salarié, lui, peut être viré du jour au lendemain pour UN SEUL manquement !

 

II-C/ PISTES DE RESISTANCE POUR LES SALARIES DES ENTREPRISES DE PLUS DE 11 SALARIES.

La stratégie peut consister à différer l’application des ordonnances dans les entreprises pour laisser le temps aux syndicats de soumettre leurs contenus aux instances juridiques nationales (Conseil Constitutionnel) et internationales (OIT, Cour Européenne de Justice) comme cela a été fait pour le CPE et le CNE ce qui a obligé le gouvernement à retirer cette législation qui s'est révélé illégale.

Les ordonnances trop vite rédigées comportent en effet de nombreux points faibles sur le plan juridique.

Par l'inversion des normes l’Etat se défosse sur les employeurs de sa responsabilité législative et ce seront les employeurs qui seront condamnés.

L’insécurité juridique va donc perdurer bien après la promulgation des ordonnances car :

  1. Chaque salarié dispose de la faculté de formuler une question prioritaire de constitutionnalité sur tout texte qui lui est opposable dans un litige le concernant et dont la constitutionnalité n’a pas fait l’objet d’un avis favorable antérieur du Conseil Constitutionnel et ce sans délai de prescription.
  2. Préalablement à ce recours individuel, il est possible de contester un accord collectif dans les deux mois (article L2262-14) en justifiant de son illégalité par des arguments portant sur la procédure de ratification et/ou le contenu de l’accord.
  3. Sur le fond un accord collectif, même passé le délai de deux mois, peut être déclaré illégal par la Cour de Cassation au regard des droits fondamentaux tels que visés par les accords de l’OIT et les conventions européennes : A ce jour 77 accords de branche ou conventions collectives ont fait l’objet de décisions de la Cour de cassation pour illégalité de leur contenu ou de leurs modalités d’applicationL’employeur, du fait de l’inversion des normes, prend d’autant plus de risques juridiques qu’il édicte « un code du travail propre à son entreprise ».
  4. Le détournement des droits à représentation du personnel peut toujours faire l’objet d’un recours pour DELIT D’ENTRAVE et permettre l’annulation des dispositions prises par l’employeur même si le Juge est invité à beaucoup de clémence par l’exécutif ce qui constitue de la part de ce dernier un empiètement inconstitutionnel sur le pouvoir judiciaire.
  5. La reconnaissance judiciaire par le tribunal d’instance d’une unité économique et sociale pour les TPE fictive dépendant en réalité d’un groupe permettra également de faire annuler des dispositions édictées en l’absence illégale de représentants du personnel.

EN CONCLUSION les salariés des entreprises de plus de 11 salariés disposent en réalité de nombreux moyens de retarder l’application des dispositions tendant à réduire leurs rémunérations.

 

Monsieur MACRON croit avoir gagné la guerre en ayant court circuité les syndicats patronaux des TPE PME et les syndicats de salariés ainsi que la Représentation Nationale, il se trompe ET LES PREMIERS PERDANTS SERONT LES EMPLOYEURS qui se saisiront de ces textes avant que leurs dispositions n’aient été totalement validées juridiquement.

10 octobre 2017

 

Mon Erasmus en Corée du Nord

On a rencontré les premiers étudiants français partis étudier à Pyongyang

Portraits de Kim Jong-il dans les salles de cours ou étude des poèmes de Kim Il-sung : bienvenue à la fac de Pyongyang. En 2015, 12 étudiants français se rendaient en Corée du Nord pour y étudier la langue. Pour StreetPress, ils racontent.

 

La feuille au format A4 ne paie pas de mine. Pourtant il s’agit d’un document inédit : un certificat de l’université Kim Il-sung de Pyongyang remis à une étudiante française. Sur le précieux papier, la liste des matières validées par l’élève ainsi que le nombre d’heures de cours effectuées. « L’université Kim Il-sung atteste que cette camarade a suivi des cours en tant qu’étudiante en échange à la chaire des langues étrangères », peut-on y lire. Le tout est siglé d’un tampon à l’effigie du prestigieux établissement nord-coréen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Approuvée par Kim

Des étudiants français en Corée du Nord ? La France accueille depuis 10 ans une quinzaine d’étudiants nord-coréens en école d’architecture, comme StreetPress vous le racontait en 2013. Désormais, des élèves français font le chemin inverse en se rendant au pays des Kim pour étudier le coréen. A l’été 2015, ils sont douze Français à avoir suivi des cours à l’université Kim Il-sung pendant 40 jours. Une expérience qui a été renouvelée l’année suivante avant une 3e session prévue en 2017. Laetitia, étudiante du programme et fan de ciné coréen, elle, n’en revient toujours pas :

« J’ai été en Corée du Nord avant d’aller en Corée du Sud ! »

Welcome to Pyongyang

Pour se rendre dans le pays le plus fermé du monde, direction Pékin en Chine, avant de rejoindre la ville de Dandong à la frontière de la Corée du Nord. Ici, les étudiants grimpent dans le K27, le train qui dessert Pyongyang. À la douane, une seule exigence : qu’ils se délestent de la Bible s’ils l’ont dans leurs bagages. Mais à part ça, l’ambiance est bon enfant. « Au poste-frontière, les douaniers ont rameuté tout le monde quand ils ont compris que nous étions les Français qui venaient étudier à Pyongyang », rembobine Anaïs, une des étudiantes. Les policiers se pressent pour les apercevoir. Des passagers leur offrent de la nourriture. Un gradé enlève sa casquette pour les saluer.

Arrivé en fin d’après-midi en gare de Pyongyang, le petit groupe est accueilli par des représentants de l’université Kim Il-sung ainsi que deux jeunes nord-coréens qui y étudient le français. Ces derniers les accompagneront matin, midi et soir pendant leur séjour. Alors que la nuit tombe sur la ville, la troupe se dirige vers le campus dans le minibus affrété pour l’occasion.

Les frenchies prennent leurs quartiers dans une résidence étudiante de quatre étages, située à l’entrée de l’université. Ils découvrent les dortoirs, les sanitaires et les salles de repos qu’ils partagent avec une cinquantaine d’étudiants. Puis ils dinent en compagnie de responsables de la faculté. Dès le lendemain matin, les premiers cours commencent. Au programme : dictées et exercices de vocabulaire pour évaluer leur niveau de coréen. Pour cette leçon inaugurale, c’est le directeur de la chaire de langue himself qui ressort son costume de prof.

Le campus est une bulle

Pendant leurs 40 jours à l’université de Pyongyang, Anaïs, Laetitia et les autres apprennent la lecture, la sémantique ou encore l’histoire de la langue coréenne, chaque matin de 8h à 12h. Mais ils n’assistent pas aux mêmes cours que les Nord-coréens. Les Français sont en effet repartis en petites classes de quatre à six élèves, avec des professeurs qui leurs sont dédiés. Ils sont dispensés du port de l’uniforme réservé aux nationaux et hormis une poignée de Nord-coréens, ils partagent leur résidence avec une majorité d’étudiants Chinois.

 

Sur l’immense campus, des enceintes diffusent un peu partout de la musique traditionnelle pendant que des écureuils gambadent dans les allées. Les Français sont libres de profiter des grandes pelouses, des tables de pique-nique ou d’acheter du poisson surgelé et des Kit Kat au beurre de cacahouète dans l’épicerie universitaire. Mais sitôt les grilles du bucolique établissement franchies, ils n’ont pas l’autorisation de se balader seuls dans les rues Pyongyang.

Toutes les sorties hors du campus sont organisées par le staff de l’université. / Crédits : Anaïs Iniss

Le séjour Erasmus est un peu particulier. Toutes les sorties hors du campus sont organisées par le staff de l’université. Elles ont lieu les après-midis. Au programme, l’incontournable excursion à la colline de Mansu, où trônent les statues géantes de Kim Il-sung et son fils Kim Jong-il, ou la randonnée au mont Paektu, lieu de naissance du fondateur de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC) selon la mythologie nationale. Une autre fois, ils vont rendre visite à un professeur important de l’université qui loge dans un superbe appartement de 140 m2, situé dans une tour avec jardins et salle de gym. De quoi leur en mettre plein la vue. « Aux étudiants, ils disent : “réussi ton concours et tu iras dans le gratte-ciel à l’autre bout de la rue”. Ils en construisent partout pour loger les futures élites du pays », raconte Anaïs.

Pour pouvoir utiliser Internet, les Français se font accompagnés jusqu’à l’Hôtel Koryo, principal établissement touristique de la ville, où un ordinateur est mis à leur disposition. Des trajets qu’ils effectuent parfois en métro dont l’accès leur est interdit sans guide nord-coréen. Ce n’est seulement qu’à la fin de leur séjour que les étudiants ont le droit de sortir seuls du périmètre de l’université. Mais là encore, ils ne sont autorisés à se rendre que dans quelques boutiques situées à proximité de leur résidence.

Un Erasmus presque normal

 

Un séjour étudiant verrouillé à triple-tour ? « Oui, on n’était pas libre dans les rues comme on l’est à Paris. Mais on n’était pas encadrés non plus comme on le voit à la télé. C’était joyeux et sympa. On faisait la fête. Et ça nous a ouvert l’esprit », insiste Tia, étudiante en master de relations internationales et en vietnamien à l’Inalco. Anaïs, qui rédige un mémoire consacré à la musique nord-coréenne, concède avoir pris la première cuite de sa vie à Pyongyang, à grand coup de Taedongkang, la bière nationale. Ce samedi soir-là, leurs deux jeunes guides nord-coréens les emmènent dans un restaurant. « La soirée s’est terminée très tard avec des jeux d’alcool ! », rigole l’étudiante de 23 ans qui parle coréen presque couramment.

C’est le temps des copains… / Crédits : Anaïs Iniss

Si le groupe de Français a des échanges très limités avec les nord-coréens du campus, ils fraternisent avec leurs accompagnateurs, étudiants comme eux, qui partagent presque tout leur temps libre. Laetitia improvise des morceaux de guitare pour son camarade Kim Cholhun. Ce dernier enchaîne en lui jouant L’Internationale. Les excursions ou l’aide aux devoirs en leur compagnie deviennent des moments privilégiés pour faire connaissance. Kim Hyona leur raconte son parcours, depuis son lycée modeste jusqu’à l’université Kim Il-sung, une des meilleures du pays. Parfois, ils ont des discussions sur des sujets de société comme l’avortement ou les relations sexuelles hors mariage.

Un sentiment d’insouciance gagne aussi les responsables de l’université. Un après-midi, la petite bande part à Myongyang, à 100 kilomètres au Nord de la capitale. Dans cette belle forêt au pied des montagnes se trouve un musée qui regroupe tous les cadeaux reçus par les dirigeants nord-coréens de la part de diplomates du monde entier. La journée devient prétexte à une balade euphorisante le long d’un ruisseau. Anaïs raconte la scène en rigolant :

« D’un coup, le vice-président chargé des relations internationales de la fac se déshabille et se jette à l’eau. Puis il m’a tiré dans le ruisseau alors que j’étais tout habillée ! »

 

Plus tard, les étudiants tombent sur un groupe de militaires en pause clope. Ils les invitent à danser avec eux malgré leurs t-shirts mouillés. La journée se termine avec les Français portant sur le dos leurs professeurs nord-coréens et dévalant des routes à flanc de colline.

Les Français jouent à saute-mouton avec leurs guides nord-coréens. / Crédits : Anaïs Iniss

Un parfum de guerre froide

La promo de 12 étudiants est partie en RPDC dans le cadre d’un programme de l’Inalco. L’architecte du projet : Patrick Maurus, professeur de langue et de littérature coréenne. En 2012, il organise la venue d’un professeur de l’université Kim Il-sung dans la faculté parisienne pour 3 mois. À son tour, il est invité à Pyongyang en 2014 pour donner des cours. Puis tout s’emballe. Les responsables de l’université nord-coréenne proposent d’accueillir un groupe d’étudiants français. Quelques mois plus tard, les voilà qui débarquent à Pyongyang.

 

Mais en 2016, à la suite d’un changement de direction, l’Inalco refuse de renouveler l’expérience, affirme Patrick Maurus. De son côté, le Quai d’Orsay affiche son indifférence au projet, si ce n’est son hostilité. « Ils nous ont dit que si on avait un problème là-bas, on devait se débrouiller seul », continue le professeur. Sollicité par StreetPress, la direction de l’Inalco n’a pas donné suite. Pas plus que le ministère de Affaires étrangères, qui indique sur son site que « la France n’entretient pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord ». Car la RPDC est l’un des derniers états totalitaires de la planète et cherche à se doter de la bombe atomique, ce qui lui vaut d’être mis au ban des nations.

Les 12 étudiants partis en 2016. / Crédits : Anaïs Iniss

Le programme d’échange continue malgré tout, sans l’Inalco. En 2016, douze étudiants repartent pour 40 jours à l’université Kim Il-sung, dans le cadre d’un séjour organisé par le Centre de Recherche International sur le Corée, une association fondée par Patrick Maurus. Les voyages sont autofinancés – soit 1.900 euros par personne pour un mois, billet d’avion non compris. L’asso’ ne reçoit aucune subvention. « Oui, on s’inscrit dans la politique du régime nord-coréen de développement du tourisme qui est une de leur priorité », concède Maurus. « Mais lors du second séjour, les étudiants ont eu un peu plus de liberté et ils en auront encore un peu plus lors du troisième. À chaque voyage, on grimpe une marche. » Et d’ajouter :

« Une des autres conséquences de ces échanges, c’est que des étudiants nord-coréens ont pu venir en France pendant un mois pour apprendre le français. »

Soft power nord-coréen

À la fin de leur séjour, les élèves français sont invités par leurs professeurs à écrire une lettre de remerciements à Kim Jong-un, le dictateur actuel. Anaïs se prête au jeu. Elle est aidée par un de ses accompagnateurs nord-coréens. La jeune femme est impressionnée :

« J’ai vu dans ses yeux à quel point elle nous jalousait de pouvoir écrire au Maréchal. Elle m’a dit qu’elle avait hâte de réaliser quelque chose de grand dans sa vie pour pouvoir lui écrire elle aussi. C’était absolument pur ce qu’elle disait, ça sortait de son cœur. »

 

Sur le campus, les 12 étudiants devinent la réalité du régime totalitaire nord-coréen. Dans chaque salle de TD, deux portraits de Kim Il-sung et Kim Jong-il les regardent au-dessus du pupitre du professeur. Parfois, ils étudient en classe des textes signés des deux dirigeants, comme ce poème composé par Kim Jong-il le jour de son entrée à l’université ou des citations de son père. À l’entrée de la bibliothèque du campus, des grandes statues à l’effigie des deux hommes ont été érigées. Les étudiants doivent les saluer chaque fois qu’ils passent devant. « Il faut enlever son sac à dos et fermer son parapluie puis s’incliner », s’amuse Laetitia.

Anaïs et son joli certificat. / Crédits : Anaïs Iniss

Certains étudiants rencontrés ne sont pourtant pas convaincus que la République Populaire Démocratique de Corée soit une dictature. Tia juge que « l’on ne peut pas mettre des définitions occidentales sur des concepts orientaux ». Elle développe :

« Les médias vont nous dire que c’est une dictature. Pourtant là-bas, il faut que le Maréchal soit élu à la majorité par l’Assemblée. Rien que ça, ça pose problème. »

Anaïs, elle, remarque que « Pyongyang est super colorée, avec du monde dans les rues contrairement aux images grises des reportages ».Le séjour encadré des étudiants français permet aussi au régime de Kim Jong-un d’améliorer son image à l’international.

 

Source: https://www.streetpress.com/sujet/1484581679-etudiants-français-en-coree-du-nord

09 octobre 2017

 

 

Essai nucléaire d’Israël: une réalité qui se révèle après 37 ans !!!

Des documents confidentiels, récemment publiés par les médias, prouvent que les rumeurs sur un essai nucléaire du régime israélien étaient de nature réelle.

Rumeurs jusqu’ici rejetées puisque l’administration américaine a toujours mis sous globe son allié.

L’histoire remonte à 1979, un 22 septembre. Vela, le satellite de reconnaissance, développé par les États-Unis, destiné à surveiller l’application du Traité d’interdiction des essais nucléaires, enregistre deux mystérieux éclairs à plusieurs centaines de kilomètres au large des côtes de l’Afrique du Sud.

La double lueur enregistrée provoque la perplexité des scientifiques et des militaires. Les premiers paniqués furent les militaires américains. Et pour cause. Vela leur appartient. Pas de doute pour eux; le double flash est signe d’une explosion nucléaire. Les scientifiques de la Maison-Blanche insistent alors sur le fait que les flashs pouvaient très bien provenir d’une défaillance technique. Pourtant, des hommes d’État affirment qu’il s’agit d’explosions atomiques en Afrique du Sud ou dans les territoires occupés par Israël.

Ce sujet est resté, pendant de longues années, dans un halo d’incertitude…

Politico, une source d’information de l’actualité de la Maison-Blanche, du Congrès américain et de la politique gouvernementale des États-Unis, vient de publier une partie des correspondances de Gerard C. Smith, alors délégué des États-Unis lors des négociations sur la limitation des armements stratégiques, déclassifiée par les Archives nationales américaines.

À l’époque où l’événement a eu lieu, le régime israélien était sous le feu des critiques pour la possession d’armes nucléaires, fait qu’il ne cessait de rejeter. En plus, Israël entretenait des relations spéciales avec l’Afrique du Sud et avait reçu la permission de son gouvernement de l’époque d’être présent dans des parties lointaines de ce pays.

Dans une partie des notes de Jimmy Carter, président des États-Unis en fonction de 1977 à 1981, on peut lire : « Des traces d’une explosion atomique se sont vues en Afrique du Sud ».

Par ailleurs, les notes de Gerard C. Smith montrent que deux scientifiques, faisant partie d’une équipe chargée par la CIA d’examiner la question, étaient d’avis que les flashs résultaient bien d’un essai nucléaire.

L’affaire se complique lorsqu’un institut de recherche de la Nouvelle Zélande décèle une augmentation de la radioactivité des eaux de pluie. Une équipe américaine est aussitôt envoyée sur place pour examiner le sujet et annoncer finalement qu’il s’agissait d’une fausse alerte et que rien n’avait été détecté d’anormal lors des analyses pluviales.

La question ne se pose plus pour nous aujourd’hui de savoir qu’il s’agissait bien d’essais nucléaires et il est bien évident que si l’administration américaine avait, il y a plus de 37 ans, confirmé l’exécution de cet essai nucléaire par Israël, elle aurait été contrainte de sanctionner son allié pour avoir violé le Traité d’interdiction des essais nucléaires.

 

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i22945-essai_nucléaire_d’israël_une_réalité_qui_se_révèle_après_37_ans

08 octobre 2017

 

Attaque à Khan Cheikhoun : le rapport de Human Rights Watch est mis en question

Six mois ont passé depuis le drame survenu à Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d'Idleb, le 4 avril 2017, qui avait fait environ 90 morts et plusieurs centaines de blessés.

Les débats sur la réalité de l'attaque chimique de Khan Cheikhoun et ses vrais initiateurs se poursuivent jusqu'à ce jour. Bien que Washington soit "absolument" sûr et possède des preuves "incontestables", de nombreux experts expriment des doutes à propos du rôle de Damas dans cet incident.

Afin de manipuler l'opinion publique et discréditer Bachar al Assad, la Maison Blanche s'est prononcée contre la tenue de l'enquête par l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) sur le terrain.

En mai 2017, l'organisation non gouvernemental Human Rights Watch (HRW) a publié le rapport de 48 pages intitulé "Attaques chimiques meurtrières : Utilisation généralisée et systématique d'armes chimiques par le gouvernement syrien" dont l'analyse détaillée révèle des erreurs et des défauts évidents ainsi que la falsification des faits destinée à décrédibiliser le gouvernement syrien.

Le texte se base sur la version de l'implication de l'aviation syrienne dans l'attaque chimique. Dès le début pourtant, deux scénarios alternatifs ont été aussi développés. Selon des différentes sources, l'attaque aurait été provoquée par une bombe explosive larguée sur l'entrepôt de munitions chimiques ou par l'explosion chimique effectuée par des terroristes sur le sol.

 Il y a un sentiment que les auteurs du rapport ont choisi un scénario le plus favorable pour le justifier par des faits douteux tels que l'enregistrement des conversations téléphoniques présumés réels avec les "témoins" ou des extraits des vidéos.

Dans ce contexte, il est évident que ces faits ont été intentionnellement ramenés afin d’influencer la couverture médiatique et que le rapport de HRW se base sur les données non confirmées à partir des sources ouvertes telles que Twitter, YouTube or Facebook. Tout cela a permis d'accuser le gouvernement syrien de crimes contre l'humanité et de montrer aux citoyens "le vrai ennemi du peuple syrien" afin de bombarder la base aérienne d'Al-Chaayrate.

Ceci étant, les journalistes indépendants Michael Kobs, Petri Kohn, Adam Larson et Qoppa ont décidé de mener leur propre investigation de l'incident survenu dans la ville de Khan Cheikhoun. Il est probable que leur travail aidera l'ONU à prendre en compte tous les aspects pour retrouver les coupables de ce crime, s'il n'avait pas été orchestré dès le début, et pour que des structures plus compétentes s'engagent dans l'enquête à l'avenir.

Voici donc les extraits du rapport de HRW qui suscitent des doutes, contiennent des défauts ou qui présentent une propagande ouverte.

 

https://www.docdroid.net/acTmxKA/hrw-wags-the-dog-khan-sheikhoun.pdf

07 octobre 2017

Les mots de Macron parlent pour lui

 

Après les « illettrées », les « fainéants » et « les gens qui ne sont rien », le président suscite la polémique en s’en prenant à ceux qui « foutent le bordel ». Malgré les exégèses de l’Élysée, ses « petites phrases » façonnent une image dont il aura du mal à se départir.

À chaque nouvelle sortie polémique, la même argumentation. Emmanuel Macron « assume » ses propos, y compris lorsqu’ils ressemblent à une « forme de provocation ». Mais très vite, il regrette l’emballement médiatique, le fait qu’on oublie le contexte dans lequel ils ont été formulés et les interprétations forcément réductrices de sa « pensée complexe ». La phrase qu’il a prononcée, mercredi 4 octobre, lors de son déplacement à Égletons (Corrèze) pour présenter la future réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance-chômage, n’a pas dérogé à la règle.

 

Alors qu’il visitait une classe d’apprentis aux côtés du président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, qui évoquait les difficultés à recruter dans une entreprise de fonderie de la région, le chef de l’État a affirmé devant les caméras de BFM-TV : « Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas. Parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et c’est pas loin de chez eux, on en parlait avec le préfet. » Avant que l’élu qui l’accompagnait ne tempère son propos : « On ne règle pas le problème d’une manière forcée, c’est un problème de culture. Il faut qu’on repense notre relation au travail. »

Cette phrase ciblait vraisemblablement les dizaines de salariés de GM&S qui tentaient ce jour-là de profiter de la venue d’Emmanuel Macron pour l’interpeller sur la situation des 156 personnes licenciées après la reprise de l’usine de La Souterraine (Creuse) par le groupe GMD. En vain. Le cortège, soutenu par plusieurs maires de communes voisines, a été fermement maintenu à l’écart par un important dispositif de gendarmes mobiles, qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule, comme le rapporte France 3 Aquitaine.

« Le déplacement du président est centré sur la formation et l’apprentissage, pas sur la situation de GM&S », ont justifié les équipes du chef de l’État sur place, rappelant que ce dernier avait déjà rencontré une délégation le 9 juin à Bellac (Haute-Vienne) et que d’autres contacts avaient eu lieu depuis avec Matignon, l’Élysée et Bercy. Macron faisait-il référence aux salariés de l’usine de La Souterraine en parlant de ceux qui « foutent le bordel » ? « Il ne parlait pas de GM&S à ce moment », assure son entourage à Mediapart, sans pour autant préciser qui l’expression visait exactement.

À droite comme à gauche, l’opposition n’a pas tardé à réagir en dénonçant le « mépris »d’un président « né, comme le dit le député La France insoumise Éric Coquerel, avec une cuillère dorée dans la bouche ». Des attaques dont l’Élysée s’est évidemment défendu, en évoquant « une citation tronquée sortie de son contexte ». « Emmanuel Macron a rappelé que la recherche de solutions en matière d’emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs »a twitté son porte-parole, Bruno Roger-Petit. « Ce que dit le président de la République, c’est assez simple. Il dit qu’il y a du boulot, de l’emploi, des solution qui existent, a décrypté sur BFM-TV la députée Aurore Bergé, l’une des porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Il ne désigne personne par cette expression. »

 

« La recherche d’une solution pérenne depuis des mois par Emmanuel Macron pour le site GMS est la seule réponse à retenir. Aucun mépris », a également souligné Arnaud Leroy, membre de la direction collégiale provisoire du parti. « Je travaille avec Emmanuel Macron depuis juin dernier et je ne peux pas laisser dire qu’il ait du mépris pour les salariés, a encore déclaré le secrétaire d’État Sébastien Lecornu, au micro de Sud RadioSur GM&S, le président de la République a fait le travail. C’est mieux que toutes les polémiques. » Mais les exégèses des macronistes ont du mal à rivaliser avec l’effet d’accumulation des « petites phrases » du chef de l’État, qui, avec le temps, finissent par dessiner les contours d’une image dont il peinera à se départir, comme Nicolas-Sarkozy-bling-bling et François-Hollande-normal avant lui.

Ses propos sur les ouvrières de Gad « illettrées », ses remarques à un ouvrier en T-shirt – « Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler » –, sa façon d’opposer les « gens qui réussissent » et « les gens qui ne sont rien », sa récente sortie sur les « fainéants »… Au fil des mois, les mots d’Emmanuel Macron ont parlé pour lui. Surtout, ils sont venus conforter le portrait que ses opposants ont dressé dès la campagne : celui du candidat des « forces de l’argent », comme l’appelait François Bayrou avant de se raviser pour le soutenir, devenu le « président des riches », selon une formule de Jean-Luc Mélenchon, et des « élites qui prétendent dicter leur lois », pour reprendre l’expression de Laurent Wauquiez.

Interrogé sur ce double encombrant lors de sa venue à Mediapart le 5 mai, le chef de l’État, à l’époque encore candidat, avait fustigé « la puissance des réseaux sociaux » où s’expriment, à l’en croire, des « gens plutôt politisés, qui sont ou extrême gauche ou extrême droite ». Ce sont eux qui l’auraient d’emblée « assigné à résidence », en lui « forgeant une identité » sur la base de son CV d’ancien énarque et banquier d’affaires. « Je ne vais pas singer un personnage qui cherchera à les convaincre », avait-il prévenu, regrettant que l’on puisse faire le lien entre cette image et ses choix politiques.

Emmanuel Macron, qui se pique de philosophie, connaît le poids des mots. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il prend soin de maîtriser son expression publique. Il sait aussi pertinemment que « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Si ses fidèles continuent à balayer les polémiques que suscitent certains de ses propos en arguant qu’ils sont simplement mal interprétés, l’effet de sens demeure. Il commence même à inquiéter certains dans les rangs de la majorité. « Quand il refuse de parler à la presse, ce n’est pas de la communication, c’est du mépris, s’agace un député LREM. C’est comme les “fainéants”… Ça ne passe pas. Les gens ne comprennent pas. Quand on est président de la République, il faut éviter d’être rugueux. »

 

Convaincu que « les Français jugent d’abord sa capacité à gouverner et à agir » et déterminé à mener ses réformes à leur terme « quelles que soient les résistances », le chef de l’État semble parfaitement sourd aux revendications de ceux qui estiment sa politique « injuste » et l’exhortent, comme l’a récemment fait François Bayrou, à « porter un modèle social ». Mais le sous-texte de ses « petites phrases », lui, risque fort de n’échapper à l’oreille de personne.

06 octobre 2017

 

« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ?

Si chaque région ou province peut demander son indépendance par rapport à un état central (après tout pourquoi pas ?), alors chaque département, chaque ville devrait pouvoir en faire autant. Cette logique, pourrait se poursuive jusqu’à l’échelle du quartier, d’une famille, ou même d’un individu. Imaginez qu’une famille française décide, du jour au lendemain de s’autonomiser et d’isoler sa propriété du reste de la France. Ce serait marrant, non ? Surtout si Soros venait donner un coup de main…

***

Le référendum organisé le 1er octobre par les autorités de Catalogne en vue de décréter l’indépendance de cette région a été très largement entravé par le gouvernement espagnol. Cette initiative avait en effet été jugée inconstitutionnelle, et donc interdite. L’utilisation des forces de police pour appliquer cette décision a soulevé, en France notamment, de nombreux commentaires et réactions.

L’émotion est, comme toujours, mauvaise conseillère. Analyser rationnellement les faits et les enjeux est donc nécessaire.…

Tout d’abord, quoiqu’on pense de la tentation indépendantiste, le sort de la Catalogne ne peut être en aucune manière comparé – sauf ignorance crasse ou pyramidale mauvaise foi – à la situation qui prévalait dans l’Algérie du temps de la colonisation, à celle qui soumet aujourd’hui encore le peuple palestinien au joug de l’occupation israélienne, ou encore à celle qui maintient le Sahara occidental sous le régime colonial marocain.…

C’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays

Il faut ensuite rappeler l’essentiel : c’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays. Car la sécession de la Catalogne n’aurait pas seulement des conséquences majeures sur les habitants de Barcelone ou de Gérone, mais tout autant sur ceux de Madrid ou de Cordoue.…

C’est la raison pour laquelle la constitution adoptée en 1978 (y compris très massivement par les électeurs catalans) prévoit que c’est à l’ensemble du pays de décider de l’éventuel départ d’une partie de son territoire. Une disposition qui est du reste en vigueur (sous forme référendaire, parlementaire ou autre) dans la plupart des pays du monde.…

Le principe affirmant que c’est à la population dans son entier, et non à une partie d’entre elle, de trancher sur une indépendance est notamment nécessaire pour éviter une dérive mortifère. Car dans l’hypothèse (au demeurant peu probable) où une majorité de résidents catalans choisirait l’indépendance, qui pourra empêcher une sous-région (une province ou une comarque) de proclamer qu’elle n’entend pas faire partie du nouvel Etat, et faire sécession à son tour (éventuellement pour rejoindre l’Espagne) ? Et cette scissiparité peut continuer à l’infini, aboutissant à un inimaginable émiettement de micro-Etats.…

Talon de fer de Madrid ?

En outre, nul n’est fondé, de l’extérieur, à porter de jugement de valeur sur la légitimité des aspirations autonomistes catalanes. Celles-ci existent, et ont partie liée avec l’histoire. Mais force est en revanche de constater que la Généralité dispose déjà d’une large autonomie dans nombre de secteurs, hors défense et politique étrangère. Et l’on reste tout de même perplexe devant l’affirmation que les Catalans seraient opprimés sous le talon de fer de Madrid, comme certains, en France et en Europe, tentent d’en accréditer l’idée.…

Ce serait plutôt les Catalans adversaires de l’indépendance qui ont, ces dernières années, fait profil bas. Ces derniers (qui représenteraient tout de même 49% de la population contre 41%, si l’on en croit une récente étude… d’un organisme dépendant des autorités pro-indépendantistes de Barcelone) sont, eux, sous pression.…

Que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, les partisans de l’unité de l’Espagne ont de moins en moins la vie facile. L’affirmation du catalan comme langue dominante provoque couramment des discriminations à l’embauche contre ceux qui ne pratiquent pas cette langue. Pour ne rien dire du climat d’intolérance, de menaces voire de violences qui s’est déployé contre les adversaires de l’indépendance durant la campagne.…

Préoccupations sonnantes et trébuchantes

Enfin, il convient de noter qu’une fois passées les affirmations émotionnelles et identitaires, le seul argument concret a trait au domaine financier et fiscal : la dynamique (mais très endettée) économie catalane pourrait être libérée du poids des transferts injustes vers Madrid……

Cela s’inscrit dans un courant qui voit plusieurs régions en Europe mettre en avant des préoccupations sonnantes et trébuchantes. En substance : on en a assez d’être plombé par la solidarité nationale en faveur de régions à la traîne. C’est notamment les cas de la Flandre dont les dirigeants considèrent la Wallonie comme un poids mort assisté. C’est aussi ce qui fait le ciment des partisans de l’indépendance d’une « Padanie » (Nord de l’Italie) « plumée » par « Rome la voleuse ». Et même les dirigeants écossais avaient mis en avant le fait qu’ils s’en sortiraient bien mieux tout seuls grâce à leurs avantages (dont, naguère, le pétrole).…

Les charmes de « l’Europe des régions »

Bien sûr, les uns comme les autres prennent soin de rappeler qu’ils entendent rester au sein de l’Union européenne. Ils n’hésitent pas, pour ce faire, à se draper plus ou moins discrètement dans les charmes de « l’Europe des régions » qui verrait les Etats s’effacer au profit des instances communautaires ; celles-ci se satisfaisant alors du foisonnement des identités régionales, dès lors qu’elles verraient se renforcer leurs prérogatives politiques.…

Ce schéma soulève cependant pas mal de contradictions. Car nombre de dirigeants nationaux pourraient être confrontés à un nombre croissant de revendications de ce type. Dès lors, à Bruxelles – où l’on n’a guère envie de voir s’ouvrir des batailles supplémentaires entre Etats membres – on reste très prudent face à cette boîte de Pandore en puissance.…

« Nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés » – Carles Puigdemont

N’empêche : le dirigeant catalan Carles Puigdemont a enfoncé le clou dès le soir du 1er octobre : « nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés ». Et de marteler que la Catalogne est devenue « un dossier qui concerne l’Europe ».…

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, la figure la plus emblématique des fédéralistes européens, a immédiatement repris la balle au bond : évoquant les violences policières, il a jugé urgent de « condamne(r) énergiquement ce qui s’est passé ce jour en Catalogne ». Quant à l’indépendantiste flamand Bart de Wever (dont le parti est un pilier du gouvernement belge), il a déclaré : « qui refuse l’appel à une médiation internationale ignore la démocratie »…

Le vrai débat devrait porter sur le concept même de peuple

En réalité, la véritable démocratie devrait désormais imposer que les Espagnols, et les Catalans en leur sein, puissent débattre réellement de leur avenir.…

Mais aussi que surgisse, dans tous les pays, un débat sur le concept même de peuple : selon que l’on en a une conception politique, ou bien ethno-culturelle, les réponses ne seront pas les mêmes…

Pierre Lévy

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9076

05 octobre 2017

 

Une escalade très dangereuse en Syrie

Maintenant, beaucoup d’entre vous sont au courant de la nouvelle : un lieutenant-général russe, Valery Asapov, et deux colonels ont été tués dans ce qui semble être une attaque de mortier très précisément ciblée. Exactement comme dans le cas de l’unité de police militaire russe attaquée près de Deir ez-Zor, les Russes accusent les Américains d’être derrière cette attaque. Pour aggraver encore les choses, les Russes accusent maintenant officiellement les Américains de collaborer activement avec ISIS :

Des unités des forces spéciales américaines permettent à des unités des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis d’avancer sans problème à travers les formations d’ISIS. Sans résistance des combattants d’ISIS, les unités des FDS avancent le long de la rive gauche de l’Euphrate vers Deir ez-Zor. Les photographies aériennes prises entre le 8 et le 12 septembre au-dessus des sites d’ISIS ont enregistré un grand nombre de véhicules américains Hammer utilisés par les Forces spéciales étasuniennes. Les clichés montrent clairement les unités de ces forces spéciales basées dans des places fortes équipées par des terroristes d’ISIS. Pourtant il n’y a aucune preuve d’attaque, de bataille ou de frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis pour en chasser les combattants. Bien que des positions américaines aient été localisées dans les zones d’ISIS, aucune patrouille de contrôle n’a été ordonnée. Cela suggère que les troupes US se sentent en sécurité dans les régions contrôlées par les terroristes.

 

Voici les cartes et les photos aériennes fournies par les Russes

Ce que tout cela semble indiquer, c’est que le Pentagone a apparemment décidé d’attaquer directement les forces russes, quoique de manière non officielle. De son point de vue, c’est (presque) sensé.

Premièrement, il est on ne peut plus clair que les « bons terroristes » et les « mauvais terroristes » ont perdu la guerre civile en Syrie. Autrement dit, les États-Unis ont été vaincus, la Syrie, la Russie, l’Iran et le Hezbollah ont gagné et les Israéliens sont en train de flipper.

Deuxièmement, le plan américain d’utiliser les Kurdes comme fantassins/chair à canon a échoué. Les Kurdes sont à l’évidence trop intelligents pour se laisser entraîner dans une proposition aussi mauvaise.

Troisièmement, l’option américaine d’un plan B, la partition de la Syrie, est aujourd’hui directement menacée par les succès militaires syriens.

 

Et enfin, les Américains sont maintenant profondément humiliés et furieux de la réussite russe en Syrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieutenant-général Valery Asapov

Par conséquent, ils ont donc pris la décision de cibler directement le personnel militaire russe et ils utilisent leurs importantes capacités de reconnaissance combinées avec leurs forces spéciales sur le terrain, qui travaillent main dans la main avec les « bons » et les « mauvais » terroristes, pour viser et attaquer le personnel militaire russe.

Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs. Il y a d’assez bonnes preuves qu’un hôpital russe près d’Alep a été visé par des moyens dont ne dispose par la succursale locale de Daech. Cette fois, cependant, les Américains ne cherchent même pas à le cacher. Le message semble être le grand classique favori des Américains, « watcha gonna do about it ? »  (Qu’est ce tu fais de ça ?)

Les Russes pourraient faire beaucoup de choses à ce propos, en fait. J’ai écrit à ce sujet dans mon article intitulé L’utilité du déni plausible contre un adversaire systématiquement menteur. Si les gens du CENTCOM croient vraiment que leurs généraux sont tous en sécurité et hors d’atteinte, ils se trompent gravement. Contrairement aux Russes et, encore plus aux Iraniens, la plupart des généraux américains détestent prendre des risques et sont difficiles à faire venir en Syrie. Mais qui a dit que la Russie devrait exercer des représailles en Syrie ? Ou, en l’occurrence, que la Russie devrait recourir à des forces russes pour se venger ? Oui, la Russie a des unités spéciales formées à l’assassinat de cibles de grande valeur dans des pays hostiles, mais cela ne signifie pas du tout qu’elle pourrait décider de les utiliser. Des accidents peuvent se produire partout et les routes sont notoirement dangereuses au Moyen-Orient. Pourquoi est-ce que je mentionne cela ? Pour illustrer le fait que la Russie a des choix autres que d’entrer ouvertement en guerre.

Bien sûr, les Russes pourraient simplement lancer une volée de missiles de croisière Kalibr sur toutes les positions d’ISIS montrées dans les photos ci-dessus et ensuite dire : « Oups, vous aviez des gens embarqués avec ces types d’al-Qaïda ? Vraiment ? Nous ne le savions pas, pas du tout. » La Syrie a elle aussi un arsenal de missiles balistiques tactiques assez solide. Les Syriens pourraient frapper par erreur une de ces positions ISIS+US et exprimer leur consternation devant la présence de personnel militaire américain au milieu des terroristes. Il y a aussi le Hezbollah qui, par le passé, s’est même emparé de soldats israéliens dans des raids par-dessus la frontière et qui pourrait décider de capturer lui-même quelques types des forces spéciales US. Et n’oublions pas les Iraniens qui n’ont pas eu une telle occasion en or de mettre la main sur du personnel militaire américain depuis de nombreuses années.

Les trois faiblesses principales du dispositif de forces américaines en Syrie sont : tout d’abord leurs propres forces en Syrie sont trop petites pour faire une différence, mais assez importantes pour être une cible intéressante et, ensuite que toutes les « bottes sur le terrain »qui comptent sont contre elles (les Syriens, l’Iran, la Turquie, le Hezbollah et les Russes). Enfin, les deux seuls réels alliés des États-Unis dans la région ont trop peur de mettre des soldats sur le terrain : Israël et les Saoudiens.

Le résultat est que si les Américains pensent que les Russes et leurs alliés n’ont pas d’autres options, ils sont profondément dans l’erreur. Ils devraient aussi prendre en compte les conséquences d’avoir des Forces spéciales qui opèrent sur des positions avancées. Les Syriens réduisent rapidement la distance et cela pourrait ne pas être le meilleur moment pour chasser le personnel militaire russe.

Jusqu’à maintenant, les Russes se sont limités uniquement à des protestations et des manifestations de dégoût. À l’évidence, ce n’a pas été une stratégie efficace. Apparemment, les Russes ne comprennent pas que très peu de gens s’en soucient et que plus ils se plaignent, moins leurs avertissements sont pris au sérieux. Cette approche ne peut pas durer et les Russes « devront faire quelque chose », pour reprendre l’expression américaine.

Les choses pourraient devenir très dangereuses, très rapidement et très bientôt.

The Saker

Source The Saker

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

 

via: http://lesakerfrancophone.fr/une-escalade-tres-dangereuse-en-syrie

03 octobre 2017

 

Le Monde, bientôt journal de référence du complotiste ? Un ‘’debunking’’ décoiffant … et sans Decodex !

Le Monde, journal de révérence, accessoirement deuxième titre de la presse française derrière le gorafi figaro, se fendait hier d’un article pour le moins croquignolet. Dans un monde où l’on fait engager un conseiller scientifique auprès du gouvernement pour le seul plaisir de faire censurer[1] le blog d’une voix dissidente, où les journalistes du Monde, précisément, s’érigent en censeurs et en arbitres des élégances pour décréter qui peut être lu et qui doit être mis à l’index, c’est plutôt savoureux, et j’imagine que dans leur infinie candeur, ils n’ont pas réalisé de quel côté de la ligne ils se trouvaient.

L’article, intitulé « Washington rappelle ses diplomates à Cuba, touchés par un mal mystérieux » est la parfaite illustration d’un délire complotiste. On ne sait pas quoi, on ne sait pas qui, on ne sait ni pourquoi ni comment, mais ce sont les Cubains ! À moins que ce ne soient les Russes ? Ou les Vénézuéliens : c’est vicieux, le Vénézuélien ! Et comme ils ne sont qu’à 500 kilomètres…

Le complot (attachez vos ceintures, c’est du lourd)

L’intrigue semble tirée des plus grands romans d’espionnage. Vingt et un employés de l’ambassade des Etats-Unis à La Havane ont été atteints d’un mal mystérieux, qui aurait débuté à la fin de 2016, se caractérisant par des maux de tête, des nausées ou encore des étourdissements. Un phénomène qui inquiète Washington, au point que le département d’Etat américain a rappelé, vendredi 29 septembre, « plus de la moitié » des diplomates américains en poste à La Havane.

Evoquant des « attaques » ciblant la santé du personnel de l’ambassade, perpétrées dans des résidences diplomatiques mais aussi dans des « hôtels fréquentés par des citoyens américains », le secrétariat d’Etat américain, Rex Tillerson, a expliqué que le personnel non essentiel et toutes les familles des employés seront rapatriés. (…)

Car le mystère ne désépaissit pas. Malgré une enquête menée par le FBI, la police canadienne et les autorités cubaines, l’énigmatique mal, révélé seulement au mois d’août, reste inexpliqué. « Nous ne connaissons ni les objectifs, ni les méthodes, ni le mode opératoire de ces attaques », a répété vendredi le haut responsable du département d’Etat, qui a fait savoir que cinq familles canadiennes sont également concernées. (…)

Par le passé, des rapports avaient évoqué la piste d’une attaque sonique, notamment à travers des « vagues d’ultrasons » qui auraient provoqué des lésions auditives. Une hypothèse que n’a pas confirmée le département d’Etat vendredi.

Preuve que l’énigme est loin d’être résolue, l’embarras est flagrant lorsqu’il s’agit de qualifier ces « attaques ». Le département d’Etat parlait jusque-là d’« incidents » ayant provoqué plusieurs « symptômes », et Rex Tillerson avait évoqué des « attaques contre l’intégrité physique » des diplomates. L’administration américaine s’en est tenue vendredi à dénoncer des « attaques précises », « ciblées » mais d’« une nature inconnue ». (…)

Les auteurs des « attaques », « quels qu’ils soient, tentent clairement de saper le processus de normalisation entre les Etats-Unis et Cuba », a estimé vendredi le sénateur démocrate américain Patrick Leahy.

Tout d’abord, il est amusant de noter scrupuleusement le nombre de circonvolutions et de formules alambiquées utilisées pour que nous puissions bien nous pénétrer du caractère totalement incroyable (voire abracadabrant) de l’histoire, dont le fond devrait pourtant être vrai puisque les Américains le prétendent, et que Le Monde en a fait un article !  On insiste aussi sur l’aspect mystérieux, ce qui présente l’avantage de masquer l’indigence de l’argumentaire derrière une façade romanesque.

Dissection du bobard

 

Extraits

Remarques

1

L’intrigue semble tirée des plus grands romans d’espionnage

Capillotracté serait plus approprié.  Mais pour en faire un roman, faudra un peu développer.  Là, c’est léger, pour ne pas dire éthéré.

2

atteints d’un mal mystérieux

Dont les symptômes sont proches de ceux qu’on éprouve les lendemains de biture.  De rien.

3

Un phénomène qui inquiète Washington

Eh oui, on ne voudrait pas les perdre, non plus. Accessoirement ça inquiète aussi l’AFP et Le Monde. Ou pas ?

4

Evoquant des « attaques »

Ce que moi j’appelle les « guillemets de l’hypocrite ».  Pas une ponctuation, non, plutôt un aveu, ou une position de repli potentielle.

5

Car le mystère ne désépaissit pas

État stable, donc. Ça ne s’épaissit plus (on a eu chaud), un peu comme une béchamel, une fois que l’émulsion de farine et de beurre est diluée dans le lait.

6

Nous ne connaissons ni les objectifs, ni les méthodes, ni le mode opératoire de ces attaques

Du lourd, on vous dit !

7

cinq familles canadiennes sont également concernées

Des victimes collatérales, aussi ? Il me semblait que ces « attaques » visaient le personnel de l’ambassade américaine ?

8

des rapports avaient évoqué la piste d’une attaque sonique, notamment à travers des « vagues d’ultrasons »

Attaque sonique, eh ?  C’est sûr que c’est plus classe que du « bruit ».

9

Preuve que l’énigme est loin d’être résolue

On the road… again.

10

l’embarras est flagrant lorsqu’il s’agit de qualifier ces « attaques »

Tu m’étonnes, John !

11

Le département d’Etat parlait jusque-là d’« incidents » ayant provoqué plusieurs « symptômes »

Yep, dans la forme ultime, c’est coma éthylique, et dans les cas les moins graves, c’est casquette à visière de plomb, et on écoute pousser ses cheveux pendant toute la journée du lendemain de la veille.

12

« attaques précises », « ciblées » mais d’« une nature inconnue »

Dans lequel on affirme tranquillement son droit inaliénable et imprescriptible à raconter n’importe quoi.  Même pas peur !

13

Raul Castro, a répété que son pays n’était pas responsable de ce mystérieux mal

Tendrait implicitement à induire que Raul Castro reconnaîtrait tout d’abord l’existence de ce « mystérieux mal ». Ah, sophistique, quand tu nous tiens !

14

« Nous ne pouvons exclure la possibilité qu’un troisième pays soit impliqué dans cette affaire »

À supposer qu’elle soit autre chose qu’un délire paranoïaque complotiste.

15

Les auteurs des « attaques », « quels qu’ils soient, tentent clairement de saper le processus de normalisation entre les Etats-Unis et Cuba »

Ah ben oui, ça réduit la liste des suspects de manière significative.

Quand la théorie du complot devient une information

Vous aurez noté que si c’était le gouvernement russe qui avait fait état « d’attaques » contre son personnel consulaire ou diplomatique à Washington, le même quotidien de révérence aurait immédiatement hurlé au conspirationnisme, et décrété que c’était une fausse nouvelle, une fake niouze. Étrangement, quand ce sont les Américains qui profèrent ce genre d’élucubrations sans aucun fondement, ça ne fait rire personne ? Au contraire, l’AFP en fait une dépêche… Et Le Monde en fait un article.

Un peu de bon sens, svp

Si ces pauvres vacanciers du bout du monde étaient en effet victimes de sournoises « attaques soniques » depuis 2016, vous ne pensez pas que la CIA se serait rendue sur place, équipée de matériel super high tech capable de détecter ces ondes maléfiques ? Un micro, quoi, couplé à un petit dispositif capable d’enregistrer ou de visualiser les ondes sonores sur une bande de fréquence donnée, pas forcément audibles pour un être humain incapable de percevoir les sons au-delà de 20 Khz.

On avait déjà cru comprendre que le nouveau président américain, pour qui le respect des accords internationaux n’engage que les imbéciles qui les ont signés, voulait revenir tant sur les accords bilatéraux avec Cuba que sur l’accord iranien. Du coup, la déclaration du sénateur démocrate américain Patrick Leahy pourrait bien faire sens.

Les auteurs des « attaques », quels qu’ils soient, tentent clairement de saper le processus de normalisation entre les Etats-Unis et Cuba.

On ne saurait mieux dire.

Message à l’attention du pigiste qui a écrit l’article avec ses petits pieds

En français, l’usage des caractères accentués s’applique tout également aux majuscules, même en début de phrase.  De rien.

Ph. Huysmans

 

Source: https://www.levilainpetitcanard.be/articles/breves/quand-le-monde-vire-complotiste_1600017015

02 octobre 2017

Alstom-Siemens, STX : le nouveau bradage de notre industrie

 

Jusqu’à quand ? Le démantèlement complet et la vente par appartement de l’ancien fleuron industriel français, Alcatel-Alstom, touchent malheureusement à la fin. Alors même que Nokia achève de faire le ménage au sein de l’ancien Alcatel, après que GE ait douché certains des espoirs des anciens Alstom, c’est au tour du TGV d’être soldé à Siemens et de STX à Fincantieri.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand la France se laisse désosser par l’étranger

 

Bien sûr, comme toujours, des montages complexes permettent de promettre des fusions d’égaux et des promesses de maintien de l’emploi sont faitesMais comme dans toutes les opérations des dernières années, nous savons bien qu’il y a toujours un acheteur et un acheté. Et c’est l’acheteur qui décide, et qui, généralement, n’hésite pas à démanteler brutalement celui qu’il a acheté pour en prendre le contrôle, dans un oubli complet des conséquences, notamment pour les salariés. Ces derniers ne sont que la variable d’ajustement de la voracité d’actionnaires toujours moins encadrés par la volonté publique, ou plus globalement, par les intérêts nationaux d’une filière industrielle.

 

Après Péchiney, Arcelor, Lafarge, Alcatel, la filière énergie d’Alstom et les prises de participation inquiétantes au capital de PSA, d’Areva ou de certains projets d’EDF, l’état poursuit dans la logique d’abandon de notre industrie à l’étranger avec le projet de rapprochement d’Alstom, réduit au ferroviaire, avec la filiale de SiemensMême le Monde évoquait « un TGV qui battrait pavillon allemand  », ne semblant avoir guère de doute sur l’issue d’une telle alliance. Il faut croire que les dirigeants français se fichent de cette prise de pouvoir de l’Allemagne, justifiée ou pas, la seule chose qui compte pour eux étant sans doute les sommes qu’ils toucheront du fait de ce rapprochement.

 

Pire, après avoir fait mine de vouloir nationaliser STX pour protéger nos chantiers navals des conséquences d’un rachat par Fincantieri, voilà que la France met à nouveau de l’eau dans son vin et finit par autoriser Fincantieri à prendre le contrôle de la majorité de STX, alors que les chantiers français n’avaient nul besoin d’être rachetés tant ils fonctionnent bien aujourd’hui. Pourtant, il est évident que Fincantieri n’aura aucun intérêt à laisser les choses en l’état et que ses dirigeants n’auront de cesse d’aspirer notre savoir-faire et le transférer autant que possible en Italie plutôt que de laisser un pôle français aussi fort qu’aujourd’hui et qui pourrait remettre en cause l’autorité venue de l’Italie…

 

 

Encore une fois, nos dirigeants se comportent comme des bisounours, laissant faire les intérêts étrangers dont on sait à l’avance qu’ils lessiveront nos actifs, détruisant des emplois et des sites industriels tout en transférant bien des savoir-faire et des technologies. Quand le dogmatisme et la superficialité mènent à une naïveté coupable qui laisse faire le bradage de nos intérêts…

01 octobre 2017

 

 

La Corée du Nord, cette inconnue presque normale

Alors que la tension monte à nouveau le long du 38e parallèle, la presse italienne, et occidentale en général, ressasse les sempiternels clichés dominants, à propos de la Corée du Nord, de son leader, de son appareil de pouvoir : missiles et bizarreries (supposées) du régime. Bien sûr, il y a des fusées, et, ces dernières années, leur “qualité” s’est même améliorée, tout comme les aspects de la société et du système politique nord-coréen se prêtant à des regards ébahis et à des lectures sensationnalistes ne manquent pas. Mais parlons de choses sérieuses, significatives sur les plans sociologique, anthropologique, politique et économique : rien à voir, entendons-nous bien, avec des bobards du genre : “tous les Coréens sont obligés de se coiffer comme Kim Jong-un”.

 

Juste une remarque : quand nous observons certains phénomènes, qu’ils soient de nature sociopolitique ou culturelle, religieuse ou concernant les mœurs, qui peuvent s’expliquer par des formes spécifiques (et différentes) de civilisation ou de modernisation d’un pays, nous ferions bien d’ôter de nos yeux les lunettes, aux verres plutôt épais, de nos statuts identitaires tout aussi spécifiques et différents. Peut-être réussirions-nous à saisir ainsi ce qu’il y a de “normal” dans une société objectivement lointaine de nos parages et de notre façon de voir.

La Tour Juche à Pyongyang

Le socialisme coréen

“Régime stalinien”? “Dernier bastion marxiste-léniniste”? Eh bien, jusqu’à un certain point. La Corée du Nord, dans le cadre du système des pays socialistes, s’est toujours distinguée par son particularisme. Et aussi par les succès tangibles obtenus dans le domaine de l’industrie et de l’agriculture, de la santé et de l’instruction, après la guerre de 1950-53 qui avait dévasté le pays, détruit ses infrastructures de base, ses monuments, ce qui était resté de l’appareil industriel laissé en héritage par les Japonais[1]. Société soumise à une discipline, culte de la personnalité, militarisme, mais aussi une grande sécurité économique pour plus de 20 millions de citoyens, dans un pays -il faut le rappeler- disposant de peu de matières premières (sauf le charbon) et dont une grande partie du territoire n’a pas de vocation agricole. Logement, travail, santé et instruction pour tous, comme exemple de “faisabilité” de l’idéal socialiste.

 

Quel socialisme, au juste ? Une “voie nationale”, dans laquelle les piliers idéologiques du marxisme-léninisme se sont mêlés à des valeurs éthiques et même religieuses de la culture traditionnelle coréenne, dans laquelle des concepts comme ceux de loyauté, d’honneur, d’héroïsme, de famille et de communauté (Gemeinschaft, dans l’acception de Ferdinand Tönnies) occupent une place importante. Le processus de construction du socialisme a été conduit par les “Idées du Juche”, symboliquement représentées par la torche qui se dresse sur un obélisque de 170 mètres au cœur de Pyongyang. Ce sont les idées élaborées par Kim Il Jung, père de la patrie, et vénéré à l’égal d’un dieu, dont on ne peut pas se passer pour comprendre non seulement le passé mais aussi le présent de la République Populaire Démocratique de Corée.

L’aciérie Chollima

Juche est un mot composé de deux racines, djou, qui signifie “maître”, et che (Tché), c’est-à-dire “corps”. “Un corps qui est maître de lui-même”[2], entendant par “corps” le peuple (“masses populaires”), la nation. De fait, cette doctrine contient trois piliers fondamentaux : souveraineté politique, indépendance économique, “auto-défense en matière de sécurité nationale”.[3]  La fin ultime est le Djadjouseung, la pleine indépendance créative de l’homme (et/ou du peuple-nation). Il n’est pas douteux que ce qui a influé sur cette construction idéologique,  outre les aspects culturels traditionnels déjà évoqués, ce sont les vicissitudes spécifiques du pays, à commencer par la domination japonaise. Puis, dans un second temps, la guerre catastrophique contre les USA [4].

Il convient en tout cas de dire que, en 1948, année de la fondation de la République, justement en vertu de certains postulats idéologiques qui exaltaient les concepts d’ “autonomie” et d’”indépendance” nationale, il n’était pas du tout acquis que le destin de ce pays implique le modèle économique et politique qui s’installera dans les années à venir. Il suffit de rappeler que la constitution de 1948 défendait une “démocratie avancée”, fondée sur le pluripartisme [5], et non la dictature du prolétariat. Elle reconnaissait en outre le droit d’héritage et “la propriété privée individuelle, constituée par la terre, les petites et moyennes industries, les entreprises commerciales de petites et moyennes dimensions, les matières premières, les produits manufacturés, les revenus et les économies.” Plus encore : elle encourageait explicitement “la libre initiative créatrice  privée”. Fondamentalement, la “créativité des masses populaires qui font l’histoire” était un des concepts-clés du Juche : l’homme, en tant qu’être social, est maître de soi-même et “crée” son destin. Donc, si, d’un côté, il est clair que l’orientation “socialiste” de l’État était implicite dans les choix politiques de la nouvelle direction du pays (et il y eut une accélération après la guerre de 1950-53), l’étatisation et la collectivisation totale de l’économie ne sera constitutionnalisée qu’en 1972.

Les Trente Glorieuses

On peut aussi parler, à propos de l’économie coréenne, de “trente glorieuses”, ces années qui vont de la fin de la guerre à la toute fin des années quatre-vingt. Dans ces années, la croissance s’est effectuée à des rythmes très élevés, permettant au pays de reconstruire et d’élargir son appareil productif, développer sa force militaire, d’assurer un certain degré de bien-être à la population, bien au-delà des niveaux constatés, dans la même période, dans la plus grande partie des pays de l’échiquier asiatique (jusqu’en 1972, l’économie nord-coréenne était plus développée que celle du Sud). Bornons-nous à noter qu’entre la fin des années soixante et la moitié des années quatre-vingt, la production industrielle augmenta à un taux moyen annuel de 16%. En 1984, la production d’électricité et celle de charbon atteignirent respectivement 78 et 50% de celles des sept années précédentes [6]. Dans la même période, la production d’acier a cru de 85%, celle des machines-outils de 67%, celle des tracteurs de 50%, celle des automobiles de 20%, celle des engrais chimiques de 56%, celle du ciment de 78%, celle des tissus de 40%, celle des produits alimentaires de 120%[7]. On construisit des digues (plus de 200), des écoles, des crèches, des logements, des hôpitaux (le nombre de lits augmenta de 60% entre 1977 et 1984, tandis que celui des médecins par mille habitants arrivera à 3, comme en France, au Danemark, en  Israël et en Finlande)[8].

 

Dans l’ensemble, le revenu national fut multiplié par six (par rapport à 1977), passant en 1986 à 2500 dollars par habitant. Une comparaison : en 2009, dans des pays comme l’Égypte, le Pérou, les Philippines, le Paraguay et quelques Républiques d’Asie Centrale, le revenu per capita ne dépassait pas 1500 dollars. Dans toute l’Asie, la moyenne était de 1700 dollars par habitant [9]. De toute façon, il faut tenir compte du fait qu’il s’agit, pour la période considérée, d’une économie rigidement contrôlée par l’État, qui veille, avec le concours des unités productives, à dicter les orientations et à définir les programmes pluriannuels, à organiser aussi bien la production que la distribution des biens et services, et qui a aussi dans ses attributions l’affectation des biens de première nécessité (nourriture et vêtements) à chaque citoyen.

La place Kim Il-sung un jour sans défilé

Crises et pénuries

 

Il en va ainsi jusqu’à l’aube des années quatre-vingt-dix. La chute de l’URSS et des régimes socialistes en Europe orientale et, par conséquent, la fin du régime d’”assistance mutuelle” entre eux (les échanges au sein du COMECON, même si la Corée n’en était pas un membre effectif[10]), provoquèrent un effondrement vertical de l’économie nord-coréenne, encore aggravé par une terrible disette qui s’abattit sur le pays justement dans ces années-là, à la suite d’une série de pluies torrentielles et d’inondations sans précédents[11]. Ce sont les années des photos d’enfants squelettiques tournant en boucle dans les journaux et sur les télévisions du monde entier, des visages émaciés de femmes et d’hommes des périphéries urbaines et rurales, des champs ravinés. Le système est en crise, il ne fonctionne plus : le nombre des citoyens auxquels l’État ne réussit plus à assurer même le minimum vital croît à un rythme insupportable. La nourriture et le carburant (nécessaire même pour approvisionner les villes) manquent. L’électricité n’est garantie que quelques heures par jour, les machines dans les usines et l’appareillage médical dans les hôpitaux s’arrêtent. Les chiffres officiels parlent de 200 000 morts ; en Occident, ce chiffre est multiplié par dix. La vérité est peut-être entre les deux (“in medio stat virtus”, comme on dit), en tout cas il s’agit d’un grand désastre, d’une grande tragédie, que les autorités (et le peuple) ne réussiront à atténuer, à maîtriser, que grâce aux aides internationales. Et au nouveau cours qui sera imprimé à l’économie.

Une station de métro à Pyongyang

Réformes et coup de frein

 

Il s’est agi, par certains aspects, d’un retour à l’esprit de la constitution de 48, même si, formellement et publiquement, le parti ne reconnaîtra jamais cette ouverture, même limitée, au marché. D’un autre côté, le gouvernement et le parti n’ont fait que prendre acte d’une situation qui s’est créée, dans la société, de façon spontanée, et qui a été suivie, en 2002, de certaines mesures pour ainsi dire “autorisatrices”. En faisant référence à un concept-clé du Juche, que nous avons déjà évoqué, nous pourrions dire que le peuple, face à l’urgence, pour échapper à la faim, a eu recours à sa “créativité”, de façon à “modifier la réalité et (re)modeler son destin”[12]. Paradoxes. Bien sûr, nous ne parlons pas de réformes économiques de grande ampleur, mais simplement de l’acceptation de petites niches de marché, qui rassemblent, surtout, des produits agricoles en excédent, ce qui reste aux paysans après s’être acquittés de leurs obligations envers l’État [13].

Potager familial

 

Entre autres exemples, citons, pour montrer à quel point les autorités du régime étaient préoccupées par ce nouveau cours, la réforme monétaire lancée sept ans après, en 2009. Le won (KPW) fut dévalué d’environ 70%, avec des effets fort peu positifs sur l’économie et, surtout, sur le pouvoir d’achat des citoyens. Quel était le raisonnement des autorités de Pyongyang ? Les ouvertures au marché avaient entraîné la formation de profits privés, incompatibles avec le socialisme. De plus, la monnaie, au lieu d’être un simple instrument de paiement, devient une réserve de valeur, un bien susceptible de conserver sa valeur inchangée pendant une certaine période. Pour couper à la racine cette dynamique (thésaurisation), la seule solution est la dévaluation de la monnaie. Si, jusque-là, il fallait, pour un dollar, 2,15 won, après la réforme, il en faudra 150. La conséquence de ce choix sera une contraction du marché libre, à la suite de l’effondrement du pouvoir d’achat des familles. Dans les décennies précédentes, les Nord-Coréens avaient connu la seule forme d’inflation possible dans une économie centralisée, totalement contrôlée par l’État : quelques queues devant les magasins d’État, quand l’offre de biens était insuffisante, en-dessous des besoins réels [14]. Avec la dévaluation, pour la première fois, ils devront compter avec une augmentation généralisée des prix. Salaires stables, prix orientés à la hausse. Un seul fait, pour donner un ordre d’idées : un kilo de riz arriva à coûter 5 000 wons, pour un salaire moyen d’environ 20 000 wons par mois [15].

Dans un fast-food de la capitale

On ne reviendra pas en arrière

Néanmoins, les jeux étaient faits. Bien vite, la flamme inflationniste baissera, les prix se stabiliseront, l’économie, dans l’ensemble, se remettra à croître, la faim et les privations relèveront définitivement du passé (des données du Programme alimentaire mondial, recueillies sur place, confirment que le pays a désormais atteint l’autosuffisance alimentaire, revenant aux niveaux des années 80[16]. Dans ce contexte, le rôle des femmes est intéressant. Ce sont les principaux protagonistes du nouveau cours national (souvent, même le barbier est une femme !). Plus “libres” que les citoyens mâles, qui, pour la plupart, sont employés dans l’industrie, le secteur militaire, l’agriculture d’État, les femmes, souvent enregistrées comme femmes au foyer, ont été les pionnières du commerce au détail de produits agricoles, même quand il était encore illégal, et du petit commerce transfrontalier avec les voisins chinois. Ce dernier phénomène, en particulier, a permis à celles qui en ont été les artisanes, de rapporter à la maison des devises appréciées, yuan et dollars, extrêmement utiles pour faire front aux besoins de leurs familles et pour développer ultérieurement leur activité, même si, depuis 2003, la seule monnaie étrangère officiellement admise était l’euro.

C’est là que commence le changement, d’abord spontané, dû à la nécessité, puis dirigé, qui est en train de modifier le visage de la Corée du Nord – rapidement, “selon l’esprit de Chollima”[17], comme on dirait là-bas. De la petite contrebande de fruits et légumes, on est arrivé à la gestion avantageuse d’une partie des mines et industries, restaurants et salons de coiffure qui, toutefois, restent toujours propriété de l’État. Les nouvelles entreprises créées avec des capitaux privés sont bien enregistrées comme des entreprises d’État, mais, en fait, elles appartiennent à ceux qui les ont mises sur pied. C’est le cas des entreprises de transport, de plus en plus nombreuses depuis quelques années, et qui constituent un secteur en rapide expansion.

 

Un des problèmes qui ont affligé le pays dans un passé récent, comme nous l’avons vu, est celui de la liaison entre centre et périphérie, qui a nui à l’approvisionnement alimentaire des villes au pire moment de crise du pays. Maintenant, ce problème a été presque entièrement résolu, grâce à ces paysans qui, en investissant leurs économies dans l’achat d’un  camion ou d’un tracteur de fabrication chinoise, suppléent aux déficiences du système de transport public. Bref, entre gestions “pseudo-privées” et nouvelles entreprises, pour la plupart individuelles, les estimations les plus fiables donnent un taux de 40% de la population concerné par cette économie de marché spéciale.

Petits marchés privés

Opportunités et problèmes

 

A partir de 2010-2011, surtout dans la capitale, mais aussi dans les autres villes, les signes de ce changement, et de l’amélioration des conditions de vie des citoyens, commencent à devenir très nets : nouveaux commerces et restaurants, rayons remplis, automobiles (en Corée du Nord, il y a une firme automobile, la Pyeonghwa Motors, qui, jusqu’en 2012, a produit aussi quelques voitures sous licence Fiat) et bicyclettes électriques, portables,  toutes sortes de marchandises jamais vues auparavant. Aujourd’hui, 80% de l’approvisionnement en biens de première nécessité passe par les marchés privés. Les petits marchés périodiques (Golmikiang) sont désormais tolérés et discrètement encouragés. Les investissements extérieurs augmentent aussi (il y a désormais des dizaines d’entreprises européennes qui ont investi en Corée du Nord ces dernières années, compensant le déclin des vieilles “zones économiques spéciales” surgies sur la base des investissements chinois et sud-coréens[18]), malgré l’embargo US. Grande ébullition aussi dans le secteur de la construction. De 2012 à aujourd’hui, rien que dans Pyongyang, ont surgi 18 nouveaux gratte-ciel de 50 étages chacun et on a construit des milliers de nouveaux logements. Parmi eux, ceux réservés aux techniciens et ouvriers impliqués dans la construction de véhicules spatiaux Unha (Unha Scientists Street) et de satellites Kwangmyongsong Wisong Scientists Street)[19]. Mais pas seulement des appartements. Dans la même période, on a aussi réalisé de nouveaux ouvrages publics d’une certaine envergure, comme le Théâtre populaire Mansudae et le spectaculaire parc aquatique Munsu, l’aéroport Sunan (il a été restructuré et modernisé) et le futuriste Centre de Science et Technologie en forme d’atome, l’ultramoderne hôpital pédiatrique de la capitale, des orphelinats plus accueillants.

Salle des ordinateurs et piscine de l’Université Kim Il-sung de Pyongyang

Où Kim Jong-un prend-il l’argent pour ces réalisations ? Si l’économie de ce pays est une passoire, comment est-il possible que ses dirigeants puissent affecter, en même temps, autant de ressources au développement  de nouvelles technologies militaires plus sophistiquées, à la croissance  et à la modernisation de la construction résidentielle et sanitaire, à l’école, au développement des structures pour les loisirs des citoyens ?

Certains observateurs penchent pour une lecture qui prenne en compte le rôle des “nouveaux riches”, dits “donju” (maîtres de l’argent), ceux qui ont su profiter des “réformes” du début des années 2000 : collaboration financière avec l’État en échange de plus de compréhension pour leurs activités, y compris celle de vente-achat des “droits de résidence”[20], phénomène en augmentation selon de nombreux analystes. En réalité, on a assisté, dans les trois dernières années, à une augmentation importante des dépenses de l’État pour de nouvelles infrastructures, qui va de + 4,3% en 2014 à + 13,7% en 2016. Ces chiffres sont à lire avec ceux de l’augmentation du PIB (+3,9% en 2016, le plus élevé des 17 dernières années [21]) et de la balance commerciale, plus dynamique que dans le passé. Les échanges avec la Chine – principal partenaire économique du pays – se montaient à peine à 0,37 milliards de dollars en 1999, maintenant, ils atteignent 6 milliards. Il est plus simple de reconnaître que l’économie va mieux, avec l’expansion subséquente du budget de l’État (des rentrées nouvelles et plus importantes), que de chercher des réponses dans on ne sait quelles inavouables liaisons entre bureaucrates, donju, contrebandiers, affairistes locaux et étrangers. Il ne faut pas non plus négliger le fait que le calcul des coûts de réalisation d’un ouvrage dans un pays comme la Corée du Nord ne peut se faire comme pour  n’importe quel pays capitaliste. À côté de l’utilisation de matières premières provenant d’installations et de mines d’État (le pays est un grand producteur de ciment), il faut prendre en compte le travail civil qu’effectuent les soldats, et le travail “volontaire”.

Les principaux problèmes de ce nouveau cours s’appellent croissance de l’inégalité, disparités dans l’accès aux biens de consommation, divergence croissante entre ville et campagne. Rien de troublant là-dedans pour un pays capitaliste ; pour les Coréens, par contre, c’était une situation totalement inconnue jusqu’à il y a deux décennies. L’État, avec ses prix symboliques, n’est pas capable de satisfaire tous les besoins en produits alimentaires et de première nécessité. Mais, sur le marché semi-officiel (Golmikiang), certains biens peuvent même arriver à coûter 100 fois plus [22]. Le problème est bien présent dans les documents officiels du gouvernement et du parti : ils montrent que l’État est bien conscient qu’il devra faire plus dans les prochaines années dans le secteur alimentaire.

 

Lors de la dernière session du Parlement[23], le premier ministre Pak Pong-ju a insisté, en plus de la “pénurie aiguë d’électricité”, qui imposera une augmentation de la production de charbon, de nouvelles et plus efficaces centrales hydroélectriques et une expansion de la production d’énergie d’origines alternatives[24], sur la nécessité, maintenant que l’autosuffisance céréalière a été de nouveau atteinte, d’améliorer le niveau de vie des citoyens, en augmentant la diversité et la qualité des produits disponibles pour la consommation de masse, “à commencer par la viande, le lait, les fruits, les champignons et les légumes”[25]

Nampo Beach, à 50 km de Pyongyang

Où va la Corée du Nord ?

Dans l’ensemble, nous parlons d’un pays qui, malgré l’isolement et l’embargo, et en mettant de côté les nécessités du système de défense (le pourcentage du budget de l’État destiné à la défense atteint 15,8%), va beaucoup mieux que dans le passé, surtout récent, et continue à investir beaucoup dans la recherche et dans l’éducation, la santé, l’avenir des jeunes. Quelques exemples : le nombre de médecins et de lits hospitaliers pour mille habitants en 2003 était de respectivement 3,29 et 13,2 (en Corée du Sud, il était de 1,96 et 12,3 en 2008), chiffres comparables et même, dans certains cas, supérieurs, à ceux de certains pays occidentaux (en Allemagne, ils sont respectivement de 3,53 et 8,17) [26]. L’espérance de vie à la naissance (70 ans) est plus basse que dans les principaux pays occidentaux, mais analogue et, dans certains cas, supérieure à celle de quelques pays asiatiques, et des pays importants. La dépense pour l’éducation et la culture (et les arts) se monte, respectivement, à 9,2 et 6,8% du budget de l’État (en Italie, en 2014, c’était 7,9 et 1,4%), ce qui témoigne d’une attention particulière à l’égard des futures générations. Récemment, l’éducation obligatoire, entièrement gratuite, a été portée à 12 ans (elle était de 11 ans), entre école élémentaire, moyenne et supérieure, avec une augmentation relative des dépenses pour la construction scolaire, et l’achat d’ordinateurs, de logiciels, nouveaux appareillages mécaniques et de précision. L’école et les jeunes : c’est sans doute d’ici qu’il faut partir pour comprendre à quel point le consensus sur le régime et le nouveau leader, le “Brillant camarade”[27] Kim Jong-un est réel et où va la Corée du Nord. Même si le ton semble plus enflammé, le choc avec l’Amérique de Trump rappelle celui avec Bush au début des années 2000. Du déjà vu, certes, mais le scénario est dangereux. Cependant, derrière l’escalade militaire, il y a un pays en mouvement, avec plus d’opportunités, plus de richesse et, dans les limites du système, plus de liberté.

 

Entre 2010 et 2012, un professeur d’histoire australien, Stewart Lone, eut l’occasion d’enseigner l’anglais dans deux écoles de Pyongyang. A la lecture de son beau récit de cette expérience [28], extrêmement humain, j’ai été frappé par trois passages qui renferment, selon moi, le sens de ce qui arrive dans ces contrées. Le premier : “Les jeunes aimaient écouter les histoires personnelles et, quand je les invitai à me parler de leurs héros, beaucoup  parlèrent de leur mère”. Le deuxième : “Tandis que nous nous promenions dans le centre, je proposai à Maître Kim d’entrer dans un magasin qui vendait un peu de tout : nourriture, boissons, meubles, grands et petits appareils électrodomestiques. Tandis que nous jetions un coup d’œil aux objets en vente, Maître Kim me dit que le lendemain c’était l’anniversaire de Manager Kim ; juste à ce moment-là, Manager Kim caressait une bouteille de Chivas Regal et commentait à haute voix : “Yes, Chivas Regal – very good, very fine !”. Le troisième : “Tous les jeunes de ma classe avaient un ordinateur à la maison. Ils jouaient aux jeux vidéo, et leur jeu préféré était FIFA World Cup. Quand nous allions en excursion, beaucoup portaient des appareils photo numériques et nombre d’entre eux avaient un portable. La différence, c’est que les jeunes de Pyongyang ne sont pas esclaves des modes, ils ne réclament pas le dernier modèle d’un objet pour jeter celui de l’année précédente”. En résumé : le fardeau supporté par les femmes pendant la crise et leur rôle actuel dans la société ; la plus grande disponibilité des biens de consommation, y compris des produits occidentaux de marque qui, cependant, ne sont pas à la portée de tous ; la “normalité” (et la vivacité) des enfants, des jeunes, des étudiants, qui, néanmoins, ne sont pas (encore) subjugués par la culture de la consommation. La nouvelle Corée du Nord en trois instantanés. Un pays sui generis, mais pas l’enfer que tant de gens s’efforcent de dépeindre.

Luigi Pandolfi

Traduit par  Rosa Llorens

Photo: Pyongyang vue du ciel, avec le fleuve Taedong qui la traverse

Notes

[1] La domination japonaise va de 1910 jusqu’en 1945, année qui voit la défaite du Japon lors de la Deuxième Guerre Mondiale.

[2] Dino Fiorot : Il sistema politico della Repubblica popolare democratica di Corea (RPDC), CCDAM, Padova 1994

[3] Kim Jong Il, Sul socialismo coreano, Laboratorio politico, Napoli 1994

[4] 1950-1953

[5] Dans l’article 13 de la constitution de 1948, alinéa 2, on lit : “Le citoyen peut organiser des partis politiques démocratiques, des unions syndicales, des organisations coopératives et des associations sportives, culturelles, techniques, scientifiques, et il a le droit d’y participer”.

[6] Dino Fiorot, op. cit.

[7] Ibidem

[8] Source : CIA (Central Intelligence Agency) World Factbook

[9] World Bank, World Development Indicators, Year 2009

[10] Conseil d’assistance mutuelle économique (en abrégé Comecon), institué en 1949 et dissous en 1991

[11]La période la plus dure est celle qui va de 1995 à 1997, mais les effets de la pénurie se feront aussi sentir dans les années suivantes, pendant une bonne partie des années 2000

[12]Kim Jong Il, Sul socialismo coreano, Laboratorio politico, Napoli 1994

[13]Aujourd’hui, les paysans conservent jusqu’à 70% des récoltes

[14]John Kenneth Galbraith a défini ce phénomène comme une “inflation socialiste”

[15]Piergiorgio Pescali, Corea del Nord ; quale società lascia Kim Jong Il ? (http://pescali.blogspot.it/)

[16]Food and Agricultural Organization/World Food Programme, Crop and Food Security Assessment Mission to the Democratic People’Republic of Korea, November 28, 2013

[17]Chollima est un cheval ailé  impossible à capturer dans la mythologie coréenne. La métaphore fut forgée par Kim Il Sung en 1956, pour encourager le travail de reconstruction du pays, après les destructions subies pendant la guerre.

[18]En 2017, les profits des zones économiques spéciales devraient augmenter de 1,2% seulement, très au-dessous du 4,1% de l’année précédente.

[19]Oliver Wainwright, “The Pyonghattan Project : How North Korea’s Capital is Transforming into a “Socialist Fairyland”, Guardian, September 11, 2015

[20]En Corée du Nord, la propriété des logements n’est pas admise ; aussi le marché immobilier ne concerne que le droit à y résider. C’est comme si, dans un pays capitaliste, au lieu de vendre la “nue propriété”, on vendait le “droit d’usufruit”.

[21]Source : Bank of Korea.

[22] Piergiorgio Pescali, In Corea del Nord, “popolare grazie al mercato, Il Manifesto, 12 maggio 2017

[23]Avril 2017

[24] L’objectif est une réduction significative de la dépendance aux importations de pétrole dans les prochaines années.

[25] Ruediger Frank, The North Korean Parliamentary Session and Budget Report for 2017, http://www.38north. april 28, 2017

[26] Source : CIA (Central Intelligence Agency) World Factbook

[27] Comme son grand-père Kim Il Sung était surnommé “Grand Leader”, et son père Kim Jong Il “Cher Leader”.

[28] Stewart Lone, Pyongyang Lessons : North Korea from inside the Classroom, CreateSpace, Independent Publishing Platform, 19 avril 2013

 

Merci à Tlaxcala
Source: 
http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21645

30 Septembre 2017

 

 

Les Kurdes de Daesh

La presse occidentale présente Daesh comme une organisation raciste qui combattrait les Kurdes parce qu’ils sont Kurdes. C’est absolument faux : il existe des unités kurdes au sein de Daesh.

Abu al-Hadi al-Iraqi fut le responsable kurde au sein d’Al-Qaïda. Il dirigea le « camp kurde » de l’organisation en Afghanistan, durant l’Opération Cyclone de la CIA contre les Soviétiques. Après l’invasion états-unienne, il dirigea l’Ashara guest house de Kaboul, en qualité de numéro 3 d’Al-Qaïda. Il est actuellement détenu à Guantánamo.

En novembre 2016, l’Émirat islamique en Irak (futur Daesh) publia une vidéo intitulée « Message aux Kurdes et opération martyr ». L’organisation appelait les Kurdes à la rejoindre.

Le plus célèbre membre kurde de Daesh est Mullah Krekar (photo) l’émir du groupe salafiste Ansar al-Islam fi Kurdistan. Il est réfugié politique en Norvège. Il y a été emprisonné deux fois pour apologie du terrorisme. Cependant, alors qu’il était officiellement incarcéré, il vint —à bord d’un avion spécial de l’Otan— participer à la réunion d’Amman, le 1er juin 2014, planifier l’invasion de l’Irak par Daesh [1]. De retour dans sa prison en Norvège, il annonça son ralliement à l’État islamique. Il vit désormais libre à Oslo.         

 [1] « Révélations du PKK sur l’attaque de l’ÉIIL et la création du « Kurdistan » », Réseau Voltaire, 8 juillet 2014.

 

Source: http://www.voltairenet.org/article198022.html

29 Septembre 2017

 

Il y avait bien 150 000 manifestants le 23 sept. entre Bastille et République : démonstration

Plus de 150 000 pour les droits des travailleurs contre le coup d’État social de Macron-UE-MEDEF

Dans une mise en scène façon Trump, hier Macron signait les euro-ordonnances liquidant le code du travail. Une énorme manifestation à Paris, c’est la réponse populaire massive de ceux que les feignants, les cyniques, les extrémistes se permettent d’insulter, d’agresser et de piller pour remplir les coffres de l’oligarchie.

Tous ensemble, grève générale, manifestation nationale à Paris, on lâche rien c’est cela la revendication populaire que plus 150 000 voix à l’unisson ont fait entendre dans un même cri de colère et de mobilisation de Bastille à République, faisant vibrer le cœur populaire et démocratique de Paris.

Avec cette mobilisation initiée par la France Insoumise mais la dépassant très largement, drapeaux des syndicats, d’autres organisations politiques et bien sûr du PRCF et JRCF flottant dans le dense et combatif cortège en témoignent, c’est une vraie démonstration de force, qui prouve que tous ensemble et en même temps, le peuple peut gagner contre la dictature du Capital, de son homme de main Macron aux ordres de l’Union Européenne et du MEDEF.

Une énorme manifestation à Paris : 150 000 et demain 1 million sur les Champs-Élysées et dégager Macron UE MEDEF ?

Une foule, compacte, dense, combative qui refuse de se laisser diviser par ceux qui veulent opposer parti politique et syndicat : oui la lutte syndicale a besoin de trouver un débouché politique. Rappelons que la charte d’Amiens dont trop se saisissent pour revendiquer l’isolement des syndicats, établie également que l’objectif du syndicalisme est l’expropriation capitaliste. Rien de moins. Faut-il rappeler que loin d’être indépendant, les Berger et autres Mailly émargent auprès de Macron ou du PS ? Sur cette marée humaine, entre drapeaux rouges frappés des outils, dont ceux du PRCF et des JRCF, drapeaux tricolores de la Révolution, drapeaux de la France Insoumise, flottaient donc très logiquement des drapeaux de la CGT, et même de FO.

Résistance, Résistance, Tous Ensemble, Grève générale…

C’est bien là le message principal de cette puissante vague populaire qui a déferlé de toute la France sur Paris : oui le combat ne fait que commencer, il doit prendre appui sur le mouvement social, uni et déterminé dans une même mobilisation et non dans des luttes éparpillées, catégorielles, qui aussi puissantes qu’elles puissent être seront écrasées les unes séparément des autres.

Avec les routiers et les ouvriers de la pétrochimie dès lundi, avec la jeunesse à laquelle Mélenchon a rappelé ses responsabilités pour son avenir, avec l’ensemble du monde du travail, c’est tous ensemble et en même temps que l’on peut gagner. Oui l’objectif d’une grande manifestation nationale, un million à Paris sur les Champs-Élysées pour rappeler à Macron qu’en France, en République, il n’y a plus de roi, et que c’est au peuple, pas aux multinationales, pas à leur Union Européenne de faire la loi. Que la vraie démocratie, oui, elle est dans la rue, avec le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.

En 2016, le PRCF avait déployé toute son énergie pour appeler à une grande manifestation unitaire, nationale, tous ensembles et en même temps à Paris, afin de donner la force pour lancer la grève générale reconductible. Une manifestation puissante le 14 juin, un million à Paris entre Place d’Italie et les Invalides, arrivée malheureusement trop tard pour déboucher sur la grève générale. la leçon est visiblement entendue, puisque le député Mélenchon a repris ce mot d’ordre pour la lutte actuelle, appelant à une énorme manifestation à Paris, un million de personnes sur les Champs Élysées pour défendre la loi, les droits des travailleurs : le code du travail.

 

Face à l’euro-liquidation du pays, des droits des travailleurs, convergence des luttes pour la sortie de l’UE, de l’euro et du capitalisme

Oui la convergence des luttes est une nécessité, un impératif qui est immédiatement à portée de mains tant les revendications des uns et des autres, chômeurs pour l’emploi contre la précarité, travailleurs pour les salaires et leurs droits, fonctionnaires contre la casse des salaires et des services publics, cheminots, électriciens, gaziers, contre les euro-privatisations, ouvriers contre les euro-délocalisations, routiers contre l’euro-dumping social, paysans contre l’euro- destruction de l’agriculture paysanne en France etc.

Oui l’ensemble de ces revendications conteste la même politique anti-sociale, anti- démocratique, anti-écologique, celle dictée depuis Bruxelles par le MEDEF, la finance, les multinationales. Cette politique qui impose par la force le CETA. Cette Union Européenne qui ordonne la libéralisation et la privatisation des services publics (EDF, SNCF, Poste, Télécoms…). Cet euro qui condamne à l’euro-austérité nos communes, nos hôpitaux, nos écoles. Cette commission européenne qui impose – avec ses Recommandations par pays – la casse du code du travail, de la sécu, de l’assurance chômage et des retraites.

Oui, pour sortir de tout cela, il est urgent d’agir tous ensemble, en même temps pour briser les chaînes de l’Union Européenne.

Pour lancer la contre-offensive des travailleurs contre la dictature des financiers, des actionnaires, des profiteurs et des vrais assistés, cette classe capitaliste assoiffée de suppression de l’ISF et qui applaudit la réduction des APL, cette classe d’oisifs qui applaudit la suppression des emplois aidés et qui pour faire monter ses actions, licencie chez Alcatel, Alstom, PSA, Renault, etc… pour mieux délocaliser, et détruire le produire en France. C’est bien cette politique et ce système qu’il faut mettre en cause.

Les chiffres : 23 septembre 150 000 personnes marchent pour la souveraineté populaire entre Bastille et Nation – les chiffres

Affolé par la très forte mobilisation populaire ce 23 septembre, dans la rue à Paris, Macron a visiblement ordonné à sa préfecture de police de communiquer un chiffre, 30 000 manifestants, et ce via la chaîne de télé de l’oligarque Drahi – un milliardaire que Macron avait soutenu lorsqu’il était ministre des finances de François Hollande. Chacun observera que la préfecture de police n’assume pas ses plus élémentaires responsabilités républicaines, puisque ce chiffre est balancé officieusement, et n’apparaît dans aucun communiqué officiel.

Ce chiffre, comme ceux diffusés ces derniers jours concernant les manifestations intersyndicales, est ridiculement sous-évalué. Entachant gravement la crédibilité d’une police qui en agissant ainsi apparaît plus que jamais aux ordres et bien loin de servir la République.

www.initiative-communiste.fr vous propose une évaluation objective et argumentée du nombre de manifestants. Loin des “journalistes” des médias du pouvoir, à la rédaction d’Initiative Communiste, depuis le terrain et méthode scientifique à l’appui, on vous fournit nos propres chiffres du nombre de manifestants. Démontrant bien souvent les manipulations grossières de la police, une police aux ordres, une police politique au service d’un pouvoir, illégitime, minoritaire, totalitaire.

Chacun peut s’emparer de cette méthode de calcul, pour démentir la propagande qui frappe à chaque fois les manifestations populaires, le mouvement social des travailleurs, et mettre devant leurs responsabilités les journalistes se comportant en perroquets du pouvoir.

Le cortège a mis trois heures à s’écouler entre Bastille et République, principalement à travers le boulevard Beaumarchais, mais également pour partie à travers le boulevard Richard Lenoir. Le début du rassemblement était à 14h, le discours de JL Mélenchon a commencé à 17h, alors que la foule n’avait pas encore fini de quitter la place de la Bastille.

 

Le boulevard Beaumarchais mesure 30 mètres de large. une foule moyennement dense (ce qui n’était pas le cas de la foule à la sortie de la place de la Bastille, très très compacte d’après toutes les images diffusées par les télévisions et celles que chacun peut trouver sur les réseaux sociaux), s’écoule à un débit de 30 à 50 personnes par mètre et par minute (résultats de la thèse de Philippe Pécol, Paris Est, 28 février 2012).


Ce calcul très simple permet d’estimer entre une fourchette de :

·         30 m x 30 x 2h x 60 minutes = 108 000 manifestants

·         30 m x 30 x 2h x 60 minutes = 162 000 manifestants

·         50 x 30 m x 2h x 60 minutes = 180 000 manifestants

·         50 x 30 m x 3h x 60 minutes = 270 000 manifestants.

On voit ici combien le chiffre annoncé par les organisateurs, 150 000 manifestants est tout à fait sérieux, cohérent avec les travaux scientifiques sur l’écoulement des foules et manifestations. En faisant la moyenne de l’estimation basse et de l’estimation haute, ont obtient… 189 000 manifestants

 

BFM TV, la chaîne du milliardaire Drahi, indique que la préfecture de police aurait estimé à 30 000 le nombre de manifestants. Cela reviendrait donc à un débit d’écoulement de la foule en sortie de la place de la bastille, même dans l’hypothèse la plus défavorable deux heures de manifestation de 8,3 personnes par mètre et par minute. Juste 3 fois moins que les débits minimum de 23 personnes par mètre et par minute mesurés par les travaux de Fruin pour l’écoulement libre d’une foule peu dense.


La surface occupée par la manifestation était de :

·         Place de la Bastille 23 000 m², surface de l’échafaudage de la statue de la Bastille déduite

·         Place de la République : 30 000 m²

·         Boulevard Beaumarchais : 47 000 m²

Soit un total de 10 ha. Sans compter les 4,1 ha du boulevard Richard-Lenoir menant lui aussi de Bastille à République, partiellement occupé par les manifestants.

30 000 manifestants déclare BFM TV, la chaîne de Ruth Elkrief dont chacun se souvient du soutien affiché à Macron durant la campagne présidentielle, cela revient à ce que chaque manifestant dispose de 3,3 m² autour de lui. Ridicule lorsque l’on regarde les photos et vidéos de la manifestation qui montre une densité très compacte de la foule, les manifestants étant à touche touche. Si l’on reprend les hypothèses de comptage de la préfecture de police pour la Fan Zone du Trocadéro durant le dernier euro de football (90 000 personnes pour moins de 5 ha), la seule place de la République remplie, ce sont 60 000 personnes.

En considérant une densité de 1,5 manifestant par m², un chiffre très bas puisque l’on considère généralement qu’une foule statique c’est entre 2 à 4 personnes par m²,

Par comparaison, les organisateurs de la techno parade ont annoncé la présence de 300 000 personnes sur le parcours long de 5 kilomètres et qui était loin d’être densément occupé, à l’exception des quelques centaines de mètres entre chaque char musical :

·         10 chars x 20 m de largeurs de rue x 500 mètre de foule derrière chaque char = 10 ha de surface occupée par la techno parade

·         300 000 teufeurs / 10 ha = 3 teufeurs / m²

En considérant les même hypothèses que la techno-parade 2017 et sans même considérer les manifestants restés place de la Bastille, on dénombre 231 000 manifestants de Bastille à République ce 23 septembre.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/jaibastille-enorme-manifestation-a-paris-plus-de-150-000-droits-travailleurs-contre-coup-detat-social-de-macron-ue-medef/

28 Septembre 2017

 

Syrie – Le Commandement central étasunien déclare la guerre à la Russie

Hier, trois officiers russes de haut rang ont été tués dans une « attaque de l’EI » à l’est de la Syrie. Il est probable qu’ils ont été tués par des forces spéciales ou des insurgés contrôlés par des forces spéciales américaines. L’incident sera interprété comme une déclaration de guerre.

 

Le Commandement central des États-Unis au Moyen-Orient veut que ses forces par procurations prennent le contrôle des champs de pétrole de l’est de la Syrie pour mettre en place un mini-état kurde aligné sur les États-Unis dans la région. Le gouvernement syrien, allié à la Russie, a besoin des revenus de ces champs de pétrole pour reconstruire le pays.

La semaine dernière, les Russes ont vertement dénoncé la coordination américaine avec les terroristes d’Al-Qaeda dans la province d’Idleb, et ont dit craindre une nouvelle escalade.

Hier, le ministère russe de la Défense a accusé les militaires américains de l’est de la Syrie de collaborer directement avec l’État islamique :

Les unités spéciales de l’armée américaine font passer les Forces démocratiques syriennes (SDF) à travers les positions des terroristes islamiques (EI, anciennement Etat Islamique en Irak et Syrie et Etat Islamique en Irak et au Levant), a déclaré le ministère dans un communiqué.
« Sans rencontrer la moindre résistance de la part des combattants de l’EI, les unités des SDF avancent le long de la rive gauche de l’Euphrate vers Deir ez-Zor », indique le communiqué
.

Les photos qui viennent d’être diffusées « montrent clairement que les opérations spéciales américaines sont stationnées aux avant-postes précédemment occupés par les combattant de l’EI »

«  Les principales positions américains sont situées dans les zones occupées par l’EI, mais ils n’ont organisé aucune surveillance de l’EI », a déclaré le ministère russe de la Défense.

 

Cette carte montre la zone de conflit actuellement concernée (forces par procuration américaines en jaune, Armée arabe syrienne en rouge, EI en noir) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte de Weekend Warrior

Les accusations russes sont plausibles. Une grande partie de l’EI à Deir Ezzor est formée des forces tribales locales de l’est de la Syrie. L’envoyé spécial des États-Unis, Brett McGurk, a rencontré récemment des dirigeants tribaux qui avaient précédemment fait allégeance à l’EI. Il a conclu des accords avec eux. Comme nous l’avons déjà dit :

 

Le diplomate américain Brett McGurk, a récemment rencontré des dignitaires tribaux de la région. Des photos de la réunion ont été publiées. Plusieurs personnes ont souligné que ces mêmes dignitaires avaient déjà été photographiés en train de faire allégeance à l’Etat islamique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout comme pour le « Réveil du Anbar* » pendant sa guerre contre l’Irak, les États-Unis soudoient les radicaux locaux pour qu’ils changent temporairement de camp. Cela permettra aux États-Unis d’affirmer qu’ils ont vaincu l’EI. Mais dès qu’ils arrêteront de les payer, ces forces retourneront à leurs anciennes habitudes.

Le criminel local Ahmad Abu Khawla, qui combattait avant pour l’EI, est soudainement devenu le commandant d’un « Conseil militaire de Deir Ezzor », sorti de nulle part et contrôlé par les forces spéciales des États-Unis.

La nuit dernière, un général russe à trois étoiles et deux colonels ont été tués dans une attaque au mortier alors qu’ils se trouvaient en visite dans un quartier général de l’armée syrienne à Deir Ezzor :

Le lieutenant-général Valery Asapov, des forces armées russes, a été tué par les bombes des combattants islamiques (EI, anciennement Etat Islamique en Irak et Syrie et Etat Islamique en Irak et au Levant), près de Deir ez-Zor, a annoncé le ministère russe de la Défense.

Dans sa déclaration, le ministère a expliqué qu’Asapov se trouvait dans un avant-poste de commandement des troupes syriennes pour assister les commandants dans la libération de la ville de Deir ez-Zor.

Le lieutenant-général Valery Asapov est le plus haut gradé des officiers russes tués dans la campagne syrienne. Il était commandant de la 5ième armée dans le district militaire oriental de la Russie, l’un des quatre commandements stratégiques des forces armées russes. La 5ième armée est basée à l’Extrême-Est de la Russie, dans la ville d’Ussuriysk, à environ 98 km (61 milles) de Vladivostok.

L’EI a assiégé les troupes syriennes dans la ville et l’aéroport de Deir Ezzor pendant trois ans. Il n’avait jamais réussi à attaquer victorieusement le quartier général syrien, ni à tuer des officiers de haut rang. Et maintenant que les forces par procuration de l’armée américaine « conseillées » par les forces spéciales des États-Unis ont pris position au nord de Deir Ezzor, « l’EI » a soudain les renseignements et la précision de tir nécessaires pour tuer un groupe d’officiers russes en visite ?

C’est impensable. Personne à Damas, Bagdad, Téhéran ou Moscou ne croira une chose pareille.

L’armée russe, comme d’habitude, réagit calmement et attribue officiellement l’attaque à l’EI. Cela lui évite de devoir réagir immédiatement à l’attaque. (Les États-Unis vont faire l’erreur d’interpréter cela comme une manière pour les Russes de sauver la face).

Mais personne à Moscou ne croira que l’incident est indépendant des autres manigances récentes des forces américaines, et qu’il est sans rapport avec les accusations proférées précédemment par l’armée russe contre les forces américaines.

Les États-Unis et la Russie sont tous deux en Syrie officiellement pour se battre contre l’Etat islamique. Les troupes russes y sont légitimement, car elles ont été invitées par le gouvernement syrien. Les forces américaines n’ont aucune justification légale de leur présence. Jusqu’à présent, les hostilités ouvertes entre les deux camps avaient été évitées. Mais comme les États-Unis se proposent désormais de couper la Syrie en deux, qu’ils coopèrent ouvertement avec les terroristes et qu’ils ne s’abstiennent même plus de tuer des officiers russes, les choses vont se gâter.

Le Commandement central a déclaré la guerre au contingent russe en Syrie. Un général russe de haut rang a été tué. Il y aura forcément une réaction. La réponse ne viendra pas nécessairement des forces russes. Moscou a beaucoup d’alliés compétents dans la région. La réponse ne se fera pas nécessairement en Syrie.

Les « accidents » et les « incidents », tout comme les « attaques au mortier de l’EI », ou le bombardement involontaire des soldats de l’autre camp peuvent se produire des deux côtés du front. Des voitures peuvent exploser, des ponts peuvent s’effondrer. Les officiers et les officiels américains qui se trouvent dans tout le Moyen-Orient doivent prendre consciences qu’ils font eux aussi de belles cibles.

Moon of Alabama
Note: *http://lessakele.over-blog.fr/article-10845762.html

MoA – Syria – U.S. CentCom Declares War On Russia

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9052

 

Les forces US en Syrie ont participé à l’assassinat du général Russe Valery Asapov

La décision russe de dévoiler les positions précises des forces spéciales US en Syrie est intervenue après la mort, au combat, du général de corps d’armée Valery Asapov, l’un des principaux conseillers militaires russes en Syrie.

Selon des sources syriennes, Asapov aurait été visé par les forces spéciales US fournissant le soutien logistique à l’État Islamique, une organisation terroriste internationale créée par les puissances hostiles à la Syrie et l’Irak pour servir de force supplétive dont l’objectif est de propager le chaos et la terreur au Moyen-Orient.

Asapov avait adressé de multiples rapports à sa hiérarchie à Moscou, se plaignant tout particulièrement du rôle néfaste joué par les États-Unis et Israël dans le soutien multiforme de l’Etat Islamique ou Daech ainsi qu’une myriade d’autres  groupes terroristes en Syrie.

Dans un de ses rapports transmis à Moscou, Asapov avait souligné que tant qu’Israël n’est pas formellement dénoncé comme principal belligérant dans la guerre en Syrie, celle-ci continuera malgré presque 94 000 sorties aériennes des forces aérospatiales de la fédération de Russie dans ce pays.

Général de Corps d’Armée Valery Asapov, tombé au combat en Syrie suite à un tir unique de mortier près de Deir Ezzor. Le tir aurait été lancé d’une position de l’organisation terroriste internationale dénommée « État Islamique » mais selon les militaires Syriens, c’est les Américains qui auraient fourni les coordonnées de localisation exactes du général russe et son escorte à leurs forces supplétives battant en retraite

 

Source:https://strategika51.wordpress.com/2017/09/26/les-forces-us-en-syrie-ont-participe-a-lassassinat-du-general-russe-valery-asapov/

27 Septembre 2017

 Le Dessous des cartes

 

 

Moscou publie des photos de véhicules blindés US dans les zones de Daech en Syrie

Le ministère russe de la Défense a publié des photos prises à Deir ez-Zor dans des zones de déploiement des terroristes de Daech, où du matériel des forces spéciales américaines pourrait être visible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ministère russe de la Défense a publié une série de photos des zones de déploiement des extrémistes du groupe terroriste Daech  au nord de la ville syrienne de Deir ez-Zor.

«À l’aide de photographies aériennes prises pendant la période du 8 au 12 septembre 2017 dans les zones de déploiement des unités armées de Daech, on a pu détecter un grand nombre de véhicules blindés américains de type Hummer, qui équipent les forces spéciales des États-Unis», a écrit le ministère sur sa page Facebook.

Les photographies montrent clairement que les unités spécialisées américaines se trouvent dans des bases d’opérations équipées précédemment par des combattants de Daech, d’après le ministère.

Cependant, le ministère souligne l’absence de traces d’assaut, d’affrontements avec les terroristes de Daech ou de cratères laissés suite aux bombardements de l’aviation de la coalition internationale.

«Cela ne peut signifier qu’une chose: que tous les militaires américains qui s’y trouvent se sentent en toute sécurité dans des zones détenues par les terroristes», a précisé le ministère.

Les unités des forces spéciales des Forces armées américaines assurent ainsi un avancement sans entrave des détachements des Forces démocratiques syriennes à travers les territoires où se trouvent les membres de Daech, selon le ministère russe de la Défense.

Source:https://fr.sputniknews.com/international/201709241033186051-syrie-terrorisme-militaires-americains/

 

 

Syrie : Que se passera-t-il si les Américains n’écoutaient pas les avertissements de Lavrov ?

Le Ministre des Affaires Etrangères russe Lavrov a fait aujourd’hui 23/09/2017 une déclaration à l’ONU d’une grande importance à mon sens. Lavrov a déclaré qu’après la destruction de Daesh et consorts en Syrie toute présence militaire étrangère sans l’assentiment du gouvernement syrien devra quitter la Syrie.

Dans une brillante intervention-bilan au nom de son pays à la tribune de l’A.G, de l’ONU le Ministre des Affaires Etrangères Al Moallem a confirmé. Le message -avertissement est bien sûr adressé à Washington qui essaie de se ménager des sanctuaires en Syrie.

Ce combat d’arrière-garde de la part de la CIA fait pitié ! Vouloir maintenir des poches de subversion alors que la guerre est perdue ; cela s’appelle du bricolage tactique.

Au cas où la CIA convaincrait la Maison  Blanche et le Pentagone de continuer l’aventure syrienne, qu’est-ce qui risque de se passer ?

Eh bien les Forces Spéciales américaines et les groupuscules qu’elles encadrent pour se donner une légitimité vont être encerclées et harcelées. L’AAS ne prendra même pas la peine de participer à ce combat asymétrique.

Russes et Syriens ne donneront aucun prétexte aux néo-cons et aux Talmudistes en participant directement à cette action. Mais par contre les Russes ne permettront aucune mesure de « retaliation » par l’aviation US contre Damas.

Cette partie cachée de l’avertissement a dû être transmise aux Américains, façons de dire « Nous vous avons prévenu ! « .

 

Damas ne tolérera aucune atteinte à l’intégrité du pays

Selon le chef de la diplomatie syrienne, Damas est déterminé à empêcher toute tentative de saper l’intégrité du pays.

Le gouvernement syrien empêchera toute atteinte à l’intégrité du pays, a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem dans le cadre de l’Assemblée générale de l’Onu à New York.

« La Syrie est déterminée à respecter l’accord sur les zones de désescalade mais se réserve le droit de prendre des mesures en réponse à des violations de toute autre partie. Ces zones sont d’une nature temporaire et ne peuvent pas être instrumentalisées pour saper l’intégrité territoriale du pays », a indiqué M. Mouallem.

Selon lui, les autorités de Damas envisagent d’intensifier les efforts afin de promouvoir la réconciliation nationale et de stabiliser la situation sur le terrain.

M. Mouallem a également souligné que la lutte antiterroriste en Syrie était « impossible » sans coordination avec le gouvernement en place et que toute présence d’une force armée étrangère dans le pays sans l’aval de Damas devait être considérée comme « une occupation, agression, violation du droit international et de la Charte des Nations unies ».

Toujours d’après le ministre, la libération d’Alep, de Palmyre et de Deir ez-Zor à ouvert la voie vers la victoire définitive sur les terroristes opérant en Syrie.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201709231033178167-syrie-unite-atteinte/

 

La future guerre Israël-Hezbollah est déjà là, et c’est d’abord une guerre de chiffres

Les Iraniens ont expérimenté leur nouveau missile balistique « Khorramchahr » de la classe de « Sijil ». Le lancement a été réussi. La Chaine 10 israélienne a estimé que ce nouveau missile est un défi nouveau et compliqué pour le système de défense de Tsahal.

Il est vrai que le système de défense anti-aérien d’Israël est surmené ces derniers temps. Il y a seulement 4 jours un drone du Hezbollah a survolé Israël et les manœuvres en cours pendant une 1/2 h avant d’être détecté. Le drone en question était de fabrication iranienne, mais les ingénieurs du Hezbollah commencent à fabriquer leurs propres drones. Mais le plus intéressant c’est que le missile Patriot lancé contre le drone a raté ce dernier. Il a fallu faire appel à l’aviation pour abattre ce pauvre drone qui évoluait tranquillement dans le ciel de la Palestine historique. Rappelons que le drone iranien ne coute que 600$ à ses fabricants. Le Patriot lui coûte la bagatelle de 1 million de $.

Allons plus loin dans notre réflexion ! Demain, en cas de conflit entre Israël et le Hezbollah, qu’est-ce qui risque de se passer ? Déjà les responsables et analystes militaires passent leur temps à déclarer que le Hezbollah dispose de 150 000 missiles. Bizarrement, ils reconnaissent aussi que la défense anti-aérienne ne pourra pas gérer toute cette pluie de missiles.

N’allez pas croire que la divulgation de ce « Secret défense » est fortuite. Il est intentionnel car les militaires veulent se couvrir.

Qu’est-ce qui va se passer donc demain en cas de guerre ouverte avec le Hezbollah ? Celui-ci va bien sûr saturer le ciel israélien de petits drones de façon à « affoler » le système de défense anti-aérien.

 

Les voisins de la Syrie accueillent-ils Daech ?

Alors que les forces gouvernementales syriennes continuent leur percée dans la région de l’Euphrate, l’expert militaire Viktor Baranets affirme au micro de Sputnik que des objectifs importants devront encore être atteints par l’armée syrienne, tandis que les terroristes de Daech fuient dans les pays voisins qui les accueillent «à bras ouverts».

Même si Daech a déjà été évincé de la majeure partie du territoire syrien, le combat n’est pas encore gagné une fois pour toutes, explique l’expert militaire et colonel en retraite Viktor Baranets.

«Les 15% restants [du territoire syrien, ndlr] peuvent s’avérer être incroyablement difficiles. Oui, les djihadistes quittent Deir ez-Zor, une partie se dirige vers Raqqa où ils s’apprêtent à donner leur dernier combat. C’est leur dernier bastion, sur lequel ils plaçaient de grands espoirs mais apparemment, à Washington et à Londres, cette position a été revue et on leur a ordonné de « foutre le camp ». Quelques groupes de terroristes ont déjà traversé la frontière avec la Jordanie où ils se sont installés. Il semblerait que le Qatar et l’Arabie saoudite les accueille également « à bras ouverts ». On peut tirer la conclusion stratégique qu’une partie des troupes terroristes se disperse dans les pays voisins mais ils ne resteront pas là-bas les bras croisés, ils vont préparer la contre-attaque», a-t-il déclaré.

Tout ceci laisse penser que de grandes batailles attendent encore les militaires syriens.

 

«Pendant que l’armée syrienne évince Daech, des espaces gigantesques s’étalent derrière eux, restant pratiquement sans aucun contrôle ce qui donne aux djihadistes une chance d’y pénétrer. C’est pourquoi se pose la question du renforcement de la surveillance policière ainsi que celle de la nécessité du contrôler les territoires libérés. En outre, même si l’est et le nord-est de la Syrie n’est pas un territoire de grandes batailles comme Deir ez-Zor, l’armée syrienne et nos aviateurs et marins auront encore du pain sur la planche là-bas», a-t-il conclu.

Au cours des dernières semaines, les troupes gouvernementales syriennes, appuyées par l’aviation russe, ont considérablement progressé face à Daech, qui a perdu des positions. Ainsi, jeudi, le ministère russe de la Défense a annoncé que l’armée syrienne avait repris 85% du territoire de Deir ez-Zor et que la ville serait complètement libérée la semaine prochaine.

Encore plus tôt, le 5 septembre, les forces syriennes ont brisé le siège de Deir ez-Zor et sont entrées dans sa partie nord. Le blocus de la base aérienne de Deir ez-Zor a été brisé quatre jours plus tard par des unités syriennes placées sous le commandement des généraux Issam Zahreddine et Souheil al-Hassan.

Grâce au soutien de l’aviation et de l’artillerie, l’armée est parvenue à reprendre plusieurs hauteurs, mettre hors d’usage des équipements des terroristes de Daech et détruire certaines de leurs positions fortifiées.

 

Bob Woodward

 

 Source: http://www.decryptnewsonline.com/2017/09/les-voisins-de-la-syrie-accueillent-ils-daech.html