La fabrication des havanes

 

 

Les feuilles du cigare 

Un cigare fabriqué à la main se compose de trois parties bien différentes : la cape, la sous-cape et le tripe. Chacune d'elles joue un rôle spécifique dans ses caractéristiques. Les feuilles sélectionnées pour chacune de ces trois parties sont d'abord écotées, c'est-à-dire débarrassées de leur nervure centrale

La cape, qui en constitue la partie la plus coûteuse, forme l'enveloppe extérieure du cigare. Elle doit être faite d'une feuille à l'arôme subtil, lisse, modérément huileuse, et assez souple pour offrir une apparence égale à l'œil. La sous-cape maintient les feuilles de la tripe et donne au cigare sa fermeté. Elle est faite d'une feuille robuste, enroulée en diagonale dans le sens inverse de celle de la cape.

Quant aux feuilles de tripe, elles sont pliées en accordéon et pressées dans la paume de la main sur toute la longueur. Le plus souvent, la tripe est constituée de trois sortes de feuilles : au centre, un tabac foncé et très parfumé, qui se consume lentement ; puis un tabac plus clair et plus léger ; enfin, des feuilles provenant de la partie inférieure des plants, qui sont choisies pour leur bonne qualité de combustion. Le goût et la force du cigare dépendent essentiellement des proportions choisies pour le mélange de la tripe, que les cigariers expérimentés s'appliquent à reproduire fidèlement pour chaque module de chaque marque.

C'est en effet à ce prix, résultat d'une tradition séculaire, que les grandes marques ont pu maintenir leur niveau de qualité et justifier leur réputation auprès des amateurs

Le processus de vieillissement

La dernière étape pour les feuilles de tabac avant d'être transformé en produit fini est le vieillissement, c'est une étape cruciale dans la détermination du rôle de chaque feuille, car, en fonction de leur destination et de leur origine le vieillissement ne se fait pas de la même façon.

Cas des tabaco tapado

Les feuilles de cape cultivées en tabaco tapado, vont passer par 3 lieux différents :

·         Casa de Tabaco: La maison du tabac est une maison en bois au toit de palmes qui n'est jamais fermée, c'est ici que les feuilles sont entreposées par paires sur les cujes (des grandes perches de bois qui supporte 50 paires de feuilles) afin de sécher à l'air libre, mais sans l'agression du soleil. Elles vont y rester 25 jours.

·         L'escogida : Le centre de sélection est le lieu des transformations les plus importantes pour la feuille de cape.

·         La fermentation : Pendant 30 jours les feuilles de cape sont empilées et recouvertes d'une toile afin de fermenter naturellement du fait de leur humidité.

·         L'humidification : Les feuilles de cape objet de toutes les attentions sont humidifiées afin de pouvoir être manipulé sans risques de déchirure.

·         La sélection et la classification : Elles sont ensuite sélectionnées et classées dans cinquante catégories. Seules les plus parfaites deviendront l'enrobage final d'un habano, les autres étant reléguées à d'autres usages.

·         L'emballage : Les feuilles de cape ne nécessitant pas de deuxième fermentation, vont être emballées dans des tercios, c'est-à-dire des ballots faits d'écorce de palmier royal, la partie de l'écorce du palmier royal utilisé se nomme la yagua.

·         L'almacén : C'est à l'entrepôt que le vieillissement des feuilles de cape s'effectue, c'est le dernier endroit avant la manufacture, elles vont y vieillir six mois au minimum. Pour les éditions limitées, le vieillissement est d'au moins 2 ans.

 

Cas des tabaco de sol

Les plants de tabaco de sol sont beaucoup plus diversifiés quant à l'utilisation de leur feuille, en fonction de leur type elles vont subir des temps de fermentation différents et un processus de vieillissement différent.

Les feuilles du sommet

·         La Casa de Tabaco: De la même manière que la feuille de cape, c'est dans la maison du tabac que la feuille va sécher pendant 50 jours (contre 25 pour la feuille de cape).

·         L'escogida : Le centre de sélection va mettre en marche le processus de fermentation des feuilles puis va effectuer une première sélection et un premier classement en fonction de trois tailles et de trois classes d'arôme, les tiempos.

·         Le Despalillo : Le centre d'écôtage est une nouvelle étape que les feuilles de cape n'ont pas connue :

·         L'humidification : les feuilles sont placées dans des bacs dans lesquels elles sont arrosées par une eau enrichie par infusion de nervure de tabac, elles retrouvent alors leur souplesse et l'humidité qui leur serviront à subir une deuxième fermentation.

·         L'écôtage : Cette opération est faite généralement par des femmes, les despalilladoras, à l'aide d'un ergot en métal que chacune porte au pouce, elles enlèvent la nervure centrale de la feuille de tabac.

·         La sélection : Après l'écôtage, seules les feuilles de bonnes tailles sont conservées et placées entre deux planches qui les maintiennent plates.

·         La deuxième fermentation : Lors de cette opération les feuilles sont entassées sur des grandes piles et la température du centre de la pile est contrôlé, cette deuxième fermentation va durer 90 jours.

·         l'aération : Après cette fermentation les feuilles sont entreposées sur des tréteaux (les parrilleros) afin de s'aérer pendant quelques jours avant d'être emballé dans des ballots cette fois-ci faits en toile de jute, que l'on nomme les paca.

·         L'almacén : L'entrepôt est la dernière étape du processus de vieillissement, les feuilles du sommet, les ligeros riche en arômes, vont y séjourner pendant au moins deux ans.

Les feuilles médianes

Les seules différences avec les feuilles du sommet tiennent dans la durée de la deuxième fermentation, pour ces feuilles (les seco de force moyenne) 60 jours de fermentation suffisent et dans le vieillissement en balles lui est de 12 à 18 mois.

Les feuilles du pied

 

Une nouvelle fois les seules différences sont dans les durées, la deuxième fermentation est de 45 jours pour ces feuilles de faible puissance (les volado) et de neuf mois pour leur vieillissement en balles dans l'almacén.

La fabrication du cigare

 

Aujourd'hui, on peut affirmer que les havanes sont fabriqués sensiblement de la même manière qu'il y a 150 ans, à savoir en sept étapes distinctes.

De deux à quatre feuilles de tripe - selon le format du cigare et le mélange choisi - sont roulées dans deux demi-feuilles de sous-cape. Les feuilles de tripe ne doivent pas être trop serrées, car le cigare tirerait difficilement. Si, à l'inverse, elles sont trop lâches, le cigare brûlera trop vite, s'échauffera et deviendra âcre. Tout comme la saveur, le tirage doit rester identique pour chaque module donné, aussi l'agencement des feuilles de tripes est-il capital.

Cet assemblage, appelé " poupée ", est placé dans un moule à calibrer. On élimine ce qui dépasse de la poupée avant de presser le moule.

L'opération suivante consiste à découper une feuille de cape à la bonne taille, ce qui se fait à l'aide d'une chavette, un outil d'acier arrondi et très tranchant.

La feuille de cape est lissée et étirée avec beaucoup de précaution, après quoi elle viendra s'enrouler en diagonale autour de la poupée.

A chaque tour, la feuille chevauche la bordure du tour précédent. Pour compléter l'opération, l'artisan scelle les extrémités de la feuille de cape avec un point de colle végétale neutre.

Ensuite, il roule le cigare sous le plat de sa chavette pour s'assurer de la régularité de sa forme.

Une pastille est alors taillée dans la chute d'une feuille de cape pour coiffer la tête du cigare. Elle aussi sera fixée par une goutte de gomme végétale. Pour finir, l'autre extrémité, restée ouverte et constituant le pied du cigare, est sectionnée à la longueur voulue.

Après leur stockage en fagots, ou " demi-roues", les cigares sont encore soumis à des contrôles de qualité très stricts. Ils sont vérifiés pièce par pièce et, sur chaque fagot, un cigare est prélevé pour subir un examen approfondi quant à ses dimensions, sa forme, sa structure, son tirage, son goût et plusieurs autres paramètres.

Dans les ateliers de Partagas, 200 rouleurs, ou torcedores, fabriquent environ 5 millions de cigares par an, en majorité destinés à l'exportation. On attend de ces ouvriers un travail d'une qualité irréprochable.

Lorsque les cigares sont prêts, on les trie selon leur couleur. Ensuite, les bagues sont installées manuellement, toutes à la même hauteur. Dans une même boîte, tous les cigares doivent être de même teinte et alignés de façon impeccable.

 

La manufacture

Jusqu’au XIXe siècle, les producteurs cubains n’exportaient pas (ou peu) de cigares. Ils les réservaient à leur usage. Bien sûr, à La Havane, d’où le tabac en vrac partait vers le monde

– c’est la raison pour laquelle on a pris l’habitude d’appeler « havane » le tabac venant de Cuba –, existaient de nombreux ateliers. En 1863, on en recensait 516, qui employaient 15 128 tabaqueros.

Trois noms d’importance, encore célèbres aujourd’hui, voyaient alors le jour. Le premier était lancé en 1840 par don Lopez, un Cubain fanatique d’une marionnette anglaise, très populaire à l’époque sous le nom de « Punch ». Désireux de s’attirer les bonnes grâces des Britanniques, il baptisa ses cigares du nom de la poupée et les exporta avec un succès qui ne se démentit plus. Ce fut ensuite au tour d’un banquier, Hermann Upmann, de se lancer dans ce commerce en 1844. Pour mieux personnaliser ses cigares, il apposait sa signature sur chacune de ses boîtes. Puis apparut, en 1845, Partagas. Producteur de tabac à la Vuelta Abajo, don Jaime Partagas choisit un immeuble du plus pur style colonial, au 520 de la calle de la Industria, pour y implanter sa manufacture. La fabrique est toujours à la même adresse et porte toujours le même nom. Depuis, les grandes manufactures n’ont cessé de se développer. On en recense une cinquantaine qui travaille pour l’exportation, mais la tendance actuelle semble être à la concentration. Ainsi, à La Havane, on ne compte plus aujourd’hui que quatre grandes fabriques : H. Upmann-Montecristo, Partagas, El Laguito et La Corona.

 

La galera

 

Cœur des manufactures, le lieu où opèrent les torcedores s’appelle la galera (la galère). Elle fut ainsi nommée parce que les premières fabriques importantes, au début du xixe siècle, étaient… les prisons. De ce modèle est née la coutume d’asseoir les torcedores en longues rangées, comme des galériens. Face aux « galériens-torcedores », assis derrière une table posée sur une estrade, le lecteur, un personnage que les ouvriers du tabac ont imposé dans la seconde moitié du xixe siècle. Pour faciliter la surveillance et empêcher les prisonniers de parler, les gardiens avaient repris la pratique du lecteur telle qu’elle était en vigueur dans les réfectoires des couvents. Assez rapidement, les ouvriers libres ont obtenu de bénéficier de cette tradition en payant eux-mêmes le lecteur. Un centavo par ouvrier et par jour ! Les journaux de l’époque ne croyaient pas à la durée de cette institution, pourtant toujours d’actualité. Aujourd’hui toutefois, le lecteur n’est plus payé par les ouvriers mais par l’État.

 

 

Le torcedor

Ne devient pas torcedor qui veut. Il faut d’abord être admis, après sélection, dans l’école qu’entretient chaque marque. Les cours durent une année, pendant laquelle les postulants touchent un petit salaire mensuel.  L’examen réussi, ils sont admis comme torcedores de septième catégorie et confectionnent des cigares de petits modules (jusqu’au petit corona). Après un certain temps, les plus doués accèdent à la huitième catégorie. Ils se consacrent alors à la confection de cigares plus importants, tels que les coronas, coronas grandes, robustos et autres especial n° 2. Plus tard, après un stage de deux mois, les meilleurs passeront dans la neuvième catégorie. C’est à eux qu’on confiera le soin de rouler les plus prestigieux cigares : churchills, doubles coronas, obus. Un petit nombre d’entre eux, désireux de travailler pour le tourisme, ont quitté les manufactures pour officier dans les grands hôtels ou les casas del habano.

 

Les différentes formes de habano

 

Il existe deux grandes classes de cigares les parejos (droit) et les figurados, dans chacune de ces deux classes il existe d'autres tailles que l'on appelle des modules. Cette liste n'est pas exhaustive, elle contient cependant les habanos  les plus courants.

Exemple des principaux modules

·         Parejos :

·         Especial : 235 mm de long et 18,60 mm de diamètre (cepo47)

·         Prominente: 194 mm de long et 19,45 mm de diamètre (cepo 49); plus connu sous le nom de "Double Corona".

·         Laguito no 1: 192 mm de long et 15,08 mm de diamètre (cepo 38); c'est le Lanceros de Fidel Castro, fameux module qui fut pendant longtemps le seul de la marque "Cohiba".

·         Julieta no 2: 178 mm de long et 18,65 mm de diamètre (cepo 47); c'est le célèbre "Churchill" fabriqué à l'origine par "Romeo y Julieta", qui lui a donné ce nom en l'honneur de Winston Churchill.

·         Dalia: 170 mm de long et 17,07 mm de diamètre (cepo 43) ; c'est le 8-9-8 de chez "Partagas" qui a popularisé ce module.

·         Cervantes: 165 mm de long et 16,67 mm de diamètre (cepo 42) ; on le connait mieux sous le nom de Lonsdale, nom qui doit son origine à Lord Lonsdale, comte anglais qui appréciait ce genre de module.

·         Laguito no 2 : 152 mm de long et 15,08 mm de diamètre (cepo 38)

·         Corona : 142 mm de long et 16,67 mm de diamètre (cepo 42)

·         Mareva: 129 mm de long et 16,67 mm de diamètre (cepo 42); c'était certainement le plus courant des habanos il y a de cela quelques années, il a été supplanté en France par le Robusto.

·         Robusto: 124 mm de long et 19,84 mm de diamètre (cepo 50); c'est devenu le module le plus vendu, en raison de sa petite taille qui permet de le fumer rapidement et de son important diamètre qui, associé à sa petite longueur, offre des arômes puissants.

·         Laguito no 3 : 115 mm de long et 10,32 mm de diamètre (cepo 26)

·         Perla : 102 mm de long et 15,87 mm de diamètre (cepo 40)

·         Figurados :

·         Pyrámide : 156 mm de long et 20,64 mm de diamètre (cepo 52)

·         Culebra: 146 mm de long et 15,46 mm de diamètre (cepo 39); c'est en fait un assemblage de trois cigares entortillés les uns autour des autres, et que l'on sépare pour la dégustation.

·         Perfectos: C'est une sous-catégorie des Figurados  qui est caractérisé par la forme en biseau aux deux extrémités du habano.

·         Exquisito: 145 mm de long et 18,26 mm de diamètre (cepo 46); à l'origine les premiers habanos avait tous cette forme, c'est d'ailleurs ce cigare que fumait Sigmund Freud.

La préparation des feuilles de cape

Les feuilles de cape ont fini de vieillir dans les tercios et vont être à nouveau humidifiées afin de leur redonner la souplesse nécessaire aux prochaines étapes. Cette humidification se fait à l'eau pure et par ensemble de 40 à 50 feuilles. Elles sont ensuite secouées pour éliminer l'excédent d'eau, elles sont alors suspendues afin d'éliminer uniformément l'humidité.

Une fois cette opération terminée, les despadilalladoras vont écôter les feuilles de cape et les séparer en deux parties qui seront classées selon une vingtaine de taille et de nuances de couleur.

La préparation des feuilles de tripe et de sous-cape

Leur préparation est beaucoup plus courte, car elles ont été déjà presque entièrement triées avant le vieillissement. Une fois arrivées à la manufacture elles sont sorties de leurs ballots et inspectés. Le cas échéant, elles peuvent être étalées sur des planches afin d'éliminer l'excédent d'humidité. On les place ensuite dans des barils de bois, jusqu'à ce qu'elles soient utilisées pour le torcedor.

Le travail des torcedores

Le torcedor, c'est-à-dire l'ouvrier qui va confectionner les habanos, a maintenant toutes les matières premières à sa disposition. Pour cette tâche, il utilise un certain nombre d'outils traditionnels. En outre il y a également le savoir-faire qui va distinguer les différentes catégories de torcedor et les habanos qu'ils sont habilités à rouler. Pour tous les torcedores cependant le processus de fabrication est le même.

 

Les outils du torcedor

Les outils traditionnels du torcedor.

·         Le casquillo : Un emporte-pièce cylindrique.

·         Le cepo : C'est le gabarit qui sert de contrôle de la longueur et du diamètre d'un habanos.

·         La chaveta : C'est un couteau plat, sans manche, l'outil majeur du torcedor.

·         La goma : C'est la colle végétale bien souvent il s'agit de Tragacanthe.

·         La guillotine : Elle sert à couper le habano à la bonne longueur.

·         La tabla : C'est la plaque de bois (souvent du cèdre massif) sur laquelle le torcedor effectue toutes les opérations.

Les étapes de la fabrication

 

La réalisation de la tripe (ligua)

La réalisation de la tripe du cigare est l'étape la plus importante dans l'identité de chaque habano, c'est en effet à cette étape que le torcedor va choisir les feuilles qui vont constituer la palette aromatique du habano, contrairement à ce que cela peut laisser penser, le torcedor sait parfaitement ce que le mélange qu'il effectue va produire comme résultat, c'est un secret que chacun garde jalousement.

Pour élaborer correctement la tripe, le torcedor plie et aligne les feuilles de manière à ce que l'air puisse parfaitement circuler à l'intérieur du habano. Les feuilles sont également rangées de manière à ce que l'extrémité la plus riche et la plus forte soit à la tête du cigare, afin de permettre la montée en puissance caractéristique d'un habano (et d'un cigare en général.)

La réalisation de la poupée

La poupée est constituée de la tripe enroulée dans la sous-cape. C'est à cette étape que le torcedor va donner une forme à son habano, il doit exercer une pression uniforme sur toute la longueur afin de correspondre au module. L'enroulage se fait à partir du pied vers la tête, sans se soucier pour le moment de la longueur du habano.

Une fois la poupée terminée elle est placée dans un moule en bois, pendant au minimum 30 minutes afin de lui donner sa forme finale. Les poupées vont ensuite être vérifiées par une machine qui teste le tirage de chaque habano.

La pose de la cape

L'ouvrier ajuste l'extrémité de la cape au niveau du pied du habano et enroule ainsi jusqu'à la tête du habano en veillant à bien maintenir la tension de la feuille de cape, cette dernière a été au préalable découpée et placée de telle manière à ce que les nervures se trouvent à l'intérieur, laissant ainsi la face la plus lisse visible.

La finition de la tête

Pour confectionner la tête, l'ouvrier découpe dans le reste de feuille de cape, un morceau de feuille (surnommé le "drapeau"). Il entoure la tête avec ce morceau de feuille jusqu'à ce que l'extrémité soit fermée. À l'aide de l'outil que l'on nomme casquillo, il découpe un disque dans le reste de feuille de cape auquel il ajoute une pointe de colle végétale, qu'il pose ensuite sur la tête.

La phase finale

Il s'agit de la découpe du habano à la bonne longueur, cette longueur est standardisée pour chaque type de module.

Les contrôles de qualité

De nombreux contrôles de qualité sont effectués avant d'envoyer les cigares à l'emballage, même si selon les informations officielles fournies par "Habanos S.A." chaque cigare est contrôlé, la réalité est en fait que parmi chaque demi-roue (ensemble de 50 cigares) seuls quelques-uns sont vérifiés.

Le travail du superviseur

Le superviseur est un ancien torcedor chevronné qui contrôle le travail des ouvriers, il vérifie à tout moment la régularité du travail et les techniques de chaque torcedor, on l'appelle aussi le "chef de la galère".

 

La vérification du tirage

Machine de contrôle de l'aspiration

Cette étape de vérification intervient avant que la cape ne soit posée sur la poupée, le but de ce contrôle est de s'assurer que le habano va pouvoir être fumé et offrir une bonne aspiration. Pour ce faire, un ouvrier de contrôle utilise une machine dans laquelle il place la poupée et qui va aspirer de l'air à travers celle-ci.

Le contrôle de qualité

Il s'agit d'une étape ou chaque demi-roue est vérifiée dans sa longueur, diamètre, consistance et poids. Le technicien vérifie tout particulièrement la tension de la cape et le fini de la tête. Des échantillons sont également prélevés et ouverts afin de vérifier la confection interne et le respect de la ligada. En cas de défaut, le torcedor qui a confectionné le cigare doit payer la pièce défectueuse, ce qui constitue une réelle sanction financière au vu des salaires cubains.

Le contrôle par le goût

Dans chaque manufacture il existe une équipe de dégustateurs, qui est chargée de juger la qualité des cigares en les sélectionnant au hasard. Ce jugement se fait selon six critères :

·         Tirage : si le habano est facile à fumer.

·         Combustibilité : s’il se consume correctement, c'est-à-dire régulièrement et à la bonne vitesse.

·         Arômes : il doit correspondre aux critères de la vitole en général.

·         Saveur : cela concerne la consistance et l'impression en bouche.

·         Force

·         Impression d'ensemble

Le dégustateur teste ainsi de trois à cinq cigares différents et peut en cas de différence notable avec le standard, suggérer des modifications.

Le repos

Il se passe une semaine entre le moment où les cigares ont été contrôlés et celui où ils vont être conditionnés. Pendant ce laps de temps les habanos sont rangés dans l'escaparate, il s'agit d'armoires de tiroirs en bois de cèdre qui vont permettre l'élimination de l'excès d'humidité qui a été absorbée pendant la confection. Dans cette pièce il règne une température entre 16 °C et 18 °C et une humidité relative de 65 % à 70 %.

Le classement

 

Les habanos sont classés selon de très nombreuses nuances (plus de 64 reconnaissables à l'œil nu). Cette sélection a pour but d'uniformiser la couleur à l'intérieur d'une même boite. Ce travail est l'œuvre de deux ouvriers, le premier est placé devant un étalage de même vitoles qu'il va classer selon leurs couleurs. Le second est quant à lui chargé de ranger dans une boite les vitoles ainsi choisies selon un dégradé du plus foncé à gauche au plus clair.


Exemple des principales couleurs

On regroupe généralement les couleurs selon sept grandes catégories, de la plus claire à la plus foncée :

·         Claro-Claro: c'est une teinte jaunâtre ou verte, on l'obtient par un séchage rapide et parfois artificiel (augmentation de la température).

·         Claro: on appelle aussi cette couleur natural, elle est obtenue par une récolte précoce de la feuille et un séchage rapide à l'air.

·         Colorado-Claro: on peut aussi lui trouver une teinte rouge, elle est le produit d'une plus longue exposition au soleil.

·         Colorado: c'est la teinte la plus courante, elle est brune et huileuse.

·         Colorado-Maduro: il s'agit de la couleur donnée par une feuille plus longuement exposée au soleil, principalement des feuilles de Segundo centro fino (septième récolte des tabaco tapado).

·         Maduro: couleur donnée par des feuilles exposées constamment au soleil, les Centro gordo voir les Corona (huitième et neuvième récolte de tabaco tapado).

·         Oscuro: c'est la couleur la plus foncée, elle provient des Corona et d'un long processus de vieillissement.

La pose de la bague

La bague est apparue en 1845 à La Havane, c'est un Européen Gustavo Bock qui en eut l'idée, selon la légende elle avait alors pour but d'éviter que les gens ne se tachent les mains, particulièrement les plus raffinés qui portaient alors à l'époque des gants blancs, par la suite avec l'apparition de la lithographie l'idée de Bock sera améliorée afin de faire apparaitre la marque sur les bagues.

Il faut noter qu'à Cuba la bague s'appelle la Anilla, alors que dans d'autres pays producteurs de cigares on l'appelle la vitole. L'ouvrier (anilladora) place avec minutie la bague sur chaque habano exactement à la même hauteur, pour ce faire, il utilise bien souvent une boite à cigare sur laquelle il fait une marque repère. Un petit point de colle végétale est appliqué pour faire tenir la bague.

Le conditionnement

L'emballage individuel

Il existe six types d'emballages individuels de habanos :

·         À l'air libre et avec une bague : c'est l'emballage le plus classique.

·         À l'air libre et sans bague : depuis 2005 ce type d'emballage n'existe plus, en effet tous les habanos sont maintenant bagués.

·         Dans une feuille de cèdre : le habano est enveloppé dans une feuille de cèdre qui laisse juste dépasser la tête de la vitole, ce conditionnement apporte une touche aromatique supplémentaire pendant le vieillissement, on retrouve essentiellement ce mode de conditionnement chez la marque "Romeo y Julieta".

·         Dans un tube d'aluminium : le tube est complété par une feuille de cèdre à l'intérieur qui constitue une doublure, ceci a été introduit en 1930 pour les compagnies de chemin de fer, afin de protéger les cigares des chocs.

·         Dans du papier de soie : la soie vient ici remplacer le cèdre, ceci offre une faible protection pour la cape et seule la marque "Fonseca" l'utilise encore.

·         Dans du polypropylène : abusivement appelé cellophane, l'emballage plastique recouvre la totalité du cigare dans ce cas.

La fabrication de la boîte

À l'origine les boîtes de cigares étaient simplement des coffrets de bois sans décorations, c'est vers le milieu du XIXe siècle que Cuba introduit la fameuse boite que nous connaissons actuellement.

On attribue à Ramon Allones l'introduction de la vista sur les boîtes de habanos. Chaque étiquette présente sur une boîte porte un nom et cet ensemble se nomme l'habilitaciones.

 

Le conditionnement des cigares dans des boîtes de cèdre remonte a 1830. C'est cette année-là en effet que la banque H. Upmann décida pour la première fois d'expédier des cigares aux dirigeants de son siège londonien dans des boîtes qui ressemblaient déjà à celles d'aujourd'hui. Cette banque avait fait imprimer son blason sur les boîtes et, lorsque, plus tard, elle diversifia ses activités en se lançant dans le commerce des cigares, elle eut la bonne idée de poursuivre cette pratique, et elle fut imitée par de nombreux manufacturiers.

La trouvaille était excellente, puisque le cèdre utilisé, celui de Cuba en particulier, est en bois poreux qui permet aux cigares de respirer, mais aussi de garder leur humidité et de poursuivre leur maturation.

 

 

A cette époque, l'industrie du cigare était en expansion, de vraies marques commençaient alors à apparaître, et les boîtes devinrent un bon support pour leur promotion. Et ce fut à qui mettrait sur le marché les boîtes les plus richement décorées, avec son nom en lettres éclatantes...

A partir de 1912, les boîtes de havanes furent toutefois cachetées avec un sceau de garantie d'authenticité. Et cet exemple devait être très rapidement suivi par presque tous les producteurs de cigares faits main.

Avant d'acheter une boîte de cigares, il faut s'assurer qu'ils sont bien de la provenance suggérée par le motif ou le nom imprimés sur la boîte, particulièrement en ce qui concerne les havanes.

Il est également important de vérifier que les cigares sont faits manuellement. Toutes les marques estampillent maintenant leurs boîtes de la mention " Handmade " ou " Hecho a mano ". Depuis 1989, celles en provenance de Cuba précisent même 3 totalmente a mano ". 

 

 

 

 

 

 

Le nom des différentes étiquettes d'une boîte

·         La Cubierta: C'est l'image qui apparaît sur le dessus de la boîte, elle représente souvent un hommage à l'époque où les noms étaient marqués au fer rouge sur le bois.

·         El Filete: Il s'agit de la bande décorative qui obture les angles et les bords de la boîte, elle peut aussi dissimuler la charnière du couvercle.

·         La Papeleta: Peu présente depuis quelques années, c'est une étiquette rectangulaire ou ovale que l'on trouve sur la largeur de la boîte.

·         El Tapaclavo: C'est une étiquette collée sur le clou qui ferme la boîte.

·         El Costero: Il s'agit de la bande colorée placée sur la largeur de la boîte c'est ici que l'on retrouve le nom de la vitole et la marque, ainsi que la quantité.

·         El Larguero: C'est bien souvent la réplique de la bande placée sur la largeur, mais elle peut aussi indiquer simplement le nom de la marque.

·         La vista: C'est l'étiquette la plus symbolique elle représente la marque de manière pittoresque, voire romantique (Exemple: "Romeo y Julieta"). Elle est souvent complétée par les médailles reçues et les commentaires sur la marque.

·         El Bofetón: C'est la feuille de papier qui protège les cigares et qui vient compléter la marque en filigrane.

Avant que la boite ne soit fermée, un inspecteur (revisador) contrôle une dernière fois la qualité de la boîte y compris celle des habanos qui s'y trouvent.

La contrefaçon

Comme les habanos ont une forte valeur marchande et que Cuba est un pays dont l'économie est particulièrement mauvaise, la tentation de faire des contrefaçons est très grande. Afin de garantir à l'acheteur la qualité et la fiabilité du produit, "Habanos S.A." a mis en place une série de sigles de sécurité qui garantissent l'authenticité du habano.

 

Le sceau de garantie

Sceau de garantie

Il a été introduit par un décret du roi d'Espagne Alphonse XIII en 1889 et c'est en 1912 que le gouvernement cubain officialise le dessin d'aujourd'hui. Il comporte deux sécurités ajoutées en 1999 qui sont un numéro de série inscrit en rouge et un filigrane visible uniquement à la lumière ultraviolette.

En 2009, un nouveau modèle du sceau de garantie est introduit, il comporte un code barre, qui permet de contrôler l'authenticité d'une boite de habanos sur le site de "Habanos S.A."

 

L'appellation d'origine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le logo d'appellation d'origine

Introduite en 1994, il s'agit d'une étiquette collée sur la boîte une fois celle-ci finalisée et qui rappelle l'origine des habanos et leur statut juridique.

L'indication du produit

 

Sur le fond de chaque boîte figure l'indication du type de produits qui s'y trouvent, en effet il existe trois types de façon de faire des habanos :

 

 

 

 

Les différents sigles du fond des boîtes de habanos

·         Totalmente a Mano - Tripa Larga: Littéralement totalement à la main avec une tripe longue, c'est le cigare de première qualité, tel qu'il est le plus connu et vendu.

·         Totalmente a Mano - Tripa Corta (TC): Il s'agit de la même chose simplement ici la tripe est dite courte, c'est-à-dire qu'elle n'est pas composé de feuilles entières.

·         Mecanizado: Il s'agit des habanos faits à la machine.

Pour chacune de ces indications, le marquage est fait à l'ancienne au fer rouge, il faut impérativement que le sigle "Habanos S.A." et Hecho en Cuba figure sur le fond de la boîte.

En plus d'indiquer le type de produits, il faut également que l'indication du mois, de l'année et de la fabrique soit marquée. Ce système existe depuis 1985, à cette époque les dates et fabriques sont codées, il n'est alors pas possible de savoir directement l'origine et la date. Depuis 2000 il n'y a que des codes pour les manufactures et ces codes sont régulièrement modifiés afin d'éviter la sélection des boîtes. Les codes de chaque mois sont les suivants :

Abréviation

ENE

FEB

MAR

ABR

MAY

JUN

JUL

AGO

SEP

OCT

NOV

DIC

Nom complet

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

 

Le signe holographique

 

 

 

 

 

 

Sigle holographique

Depuis quelques années les boîtes de habanos sont dotées d'une nouvelle sécurité, particulièrement difficile à contrefaire. Il s'agit d'une étiquette holographique collée sur le dessus de la boite et qui comporte un numéro de série, toutes les boîtes de Cuba doivent comporter cet hologramme de sécurité.

 

Les habanos aujourd'hui (marques)

La pyramide des marques de "Habanos S.A.". Cette liste ne doit pas être prise comme une échelle de la qualité des vitoles.

C'est en 1988 que "Habanos S.A." décide d'établir une pyramide des marques en fonction du prix, du volume de vente et de la notoriété de chacune de ses marques, c'est cette pyramide qui régit la politique commerciale de "Habanos S.A.".

"Alto"(le sommet)

·         "Cohiba" : Une des marques les plus prestigieuses de habanos. Créée pour Fidel Castro en 1966, elle était offerte aux hôtes de marque3. Elle est commercialisée comme une marque à part entière depuis 1982. « Cohiba » est un ancien mot des Indiens Taïnos pour désigner les rouleaux de feuilles de tabac.

·         "Trinidad"

·         "Vegas Robaina"

·         "Montecristo "

·         "Cuaba"

"Medio"

 

"Medio Alto"(le milieu supérieur)

 

 

 

 

 

 

De haut en bas : un cigare "H. Upmann", un "Montecristo", un "Macanudo", un "Romeo y Julieta"

·         "Romeo y Julieta"

·         "Partagas"

·         "Punch"

·         "Hoyo de Monterrey"

·         "Bolívar"

·         "La Gloria Cubana"

·         "H. Upmann"

·         "San Cristobal de la Havana"

"Medio Bajo"

·         "El Rey del Mundo"

·         "Rafael González"

·         "Saint Luis Rey"

·         "Sancho Panza"

·         "Gispert"

·         "Juan López"

·         "Ramón Allones"

·         "Por Larrañaga"

·         "Diplomáticos"

·         "Quay D'Orsay"

·         "Vegueros"

"Bajo"

·         "Fonseca"

·         "La Flor de Cano"

·         "Troya"

·         "Quintero"

·         "Los Statos de Luxe"

·         "Belinda"

·         "La Corona"

 

·         "Jose L. Piedra"

Le lexique du habano

Voici une liste des termes, en version originale, les plus courants dans le domaine du habano.

·         Anilla: Mot cubain pour désigner la bague du cigare, en Espagne le mot est vitola.

·         Bonche: C'est la poupée, c'est-à-dire les feuilles de tripe enroulées dans la sous-cape.

·         Boquilla: Le pied du cigare.

·         Capa: La cape, à savoir la feuille extérieure qui enveloppe le cigare.

·         Capote: La sous-cape, qui enveloppe les feuilles de tripe.

·         Casa de TabacoMaison du tabac dans laquelle les feuilles de tabac sont mises à sécher.

·         Catadores: Goûteurs de cigares.

·         Cepo: Le gabarit utilisé pour vérifier la longueur et le diamètre d'un cigare terminé.

·         Curación: Le séchage subit par les feuilles de tabac.

·         Despalillo: Littéralement il s'agit de l'écôtage, mais c'est aussi l'endroit ou les feuilles de tripe et de sous-cape sont préparées.

·         Despalilladora: Ecoteuse, mis au féminin, car ce sont essentiellement des femmes.

·         Figurado: Cigare non cylindrique.

·         Galera: La galère, c'est-à-dire l'atelier où on confectionne les cigares.

·         Goma: Colle végétale pour la confection des cigares.

·         Habilitaciones: Les images qui se trouvent sur les boîtes de habanos.

·         Mecanizado: Cigare fait à la machine.

·         Media RuedaDemi-roue, c'est-à-dire un fagot de 50 cigares.

·         Parejo: Cigare parfaitement cylindrique.

·         Torcedor(a): Celui, ou celle, qui confectionnent un cigare.

·         Tripa: La tripe, l'assemblage de deux ou trois classes de feuilles de tabac.

 

·         Vitola: Vitole, nom qui englobe la marque et le module du cigare.

Les bagues

 

L'utilisation des bagues de cigares, dont certaines sont très décoratives et d'autres plus simples, a été inaugurée vers l'an 1850 par Gustave Bock, un négociant des Pays-Bas. Tout comme les boîtes et leurs étiquettes, les bagues pouvaient jouer un rôle publicitaire.

 

 

Fumer un cigare avec ou sans sa bague relève d'un choix personnel - sauf en Grande-Bretagne où il est vraiment très mal vu de mettre trop en évidence la marque du cigare que l'on fume ! Cependant, à ceux qui préfèrent ôter la bague, il est fortement recommandé de le faire seulement après avoir commencé à fumer : c'est seulement lorsque la chaleur a fait fondre la gomme qui la fixe, que la bague peut en effet être ôtée facilement, sans prendre le risque d'abîmer la cape. 

 

Reconnaître un cigare

 

Il n'est généralement pas très difficile de distinguer les cigares faits à la machine de ceux qui sont fabriqués à la main. En effet, les premiers sont moins chers, leur tête n'est pas fermée et, enfin, la plupart d'entre eux sont vendus en petits formats. Une certaine expérience n'en est pas moins nécessaire.

C'est qu'il existe des cigares de prix roulés à la machine, dont certains portent des noms parmi les plus illustres et sont conditionnés de la même manière que les cigares roulés à la main, ce qui rend bien évidemment la distinction moins évidente.

 

Il suffirait cependant de disséquer l'un de ces cigares industriels pour que la différence de structure saute aux yeux. En effet, sa tripe n'est pas faite de feuilles en long, mais plutôt de lanières de feuilles. Avec ce résultat plutôt désagréable, pour le fumeur, qu'il se consume nettement plus vite et moins régulièrement.

Une autre importante différence, plus manifeste encore pour les connaisseurs, réside dans l'apparence de feuilles de cape : sauf dans les marques de luxe, elle ne sera certainement jamais aussi lisse, aussi parfaitement égale et aussi soignée que celle d'un cigare fabriqué à la main.

Dans la production industrielle, il en va de même pour la sous-cape. En réalité, à quelques exceptions près, les cigares faits machine sont, tout comme les cigarettes, constitués de chutes de tabac hachées et agglomérées, roulées en continu et gainées pour être débitées à la bonne longueur.

Le format du cigare

Ce n'est pas seulement pour en imposer que les amateurs les plus fortunés s'affichent avec des cigares de taille imposante ! Plus le cigare est gros, plus riche est son arôme et plus il est agréable à fumer. Outre le fait que le mélange de la tripe a toutes les chances d'être de premier ordre, il faut savoir que les gros cigares sont roulés par les plus habiles cigariers.

Il existe environ soixante formats de cigares, qui, quoique sous la même désignation, n'ont pas toujours très exactement la même taille d'une marque à l'autre.

Lorsque l'épaisseur d'un cigare, c'est à dire son diamètre, s'exprime en termes de calibre, l'unité de mesure est 1/64 po (0,4mm). Ainsi, un cigare de calibre 32 a une épaisseur de 32/64 po, soit 1/2 pouce (12,5 mm).

En ce qui concerne le choix d'un module, les fumeurs les plus exigeants savent varier en fonction des circonstances. Un petit cigare léger, par exemple, conviendra pour l'apéritif de midi, alors que, après un plantureux dîner, rien ne

vaudra un cigare riche et puissant.

 

 

Les couleurs du cigare

 

Les capes de cigares sont classées selon huit couleurs de base, bien qu'elles puissent présenter de multiples teintes intermédiaires.

Avec une puissance d'arôme croissant en proportion, ces feuilles vont du vert au noir en passant par les nuances du blond, du fauve et du brun. On les nomme CLARISSIMO, double CLARO, CLARO, COLORADO CLARO, COLORADO, MADURO COLORADO, MADURO et OSCURO.

 

 

Parmi les havanes, on peut trouver plus de soixante teintes différentes.

 

Choisir Un Cigare

Devant ce choix, des règles fondamentales sont à observer, à plus forte raison si vous avez l'intention d'acheter une boîte entière.

- Dans la même boîte, les cigares doivent être à peu près tous de la même couleur.
- Les plus sombres sont souvent les plus riches et les plus doux à fumer.
- Vérifier bien qu'aucune feuille de cape n'est endommagée.
- Les cigares ne doivent surtout pas être secs ou cassants ; prenez-en-un entre vos doigts pour vous assurer qu'il reste souple et ferme.
- Sentez soigneusement leur bouquet, et vous saurez alors immédiatement si vous apprécierez l'arôme en le fumant !

 

- Le choix d'une variété de cigare est bien évidemment déterminé par le goût particulier de chaque fumeur, formé par l'expérience et l'habitude. Cependant, pour les " débutant " dans l'art de fumer le cigare, le corona demi-format est vivement conseillé.
- Les petits cigares sont enfin plus appropriés pour les heures de la journée.

Le corps du cigare doit céder un peu sous une légère pression, mais il doit ensuite reprendre sa forme.

Demandez toujours à voir la boîte ouverte. Les capes doivent avoir belle apparence.

La conservation du cigare

Les cigares sont des produits organiques et naturels, qui demandent à être conservés au même titre que le vin et les aliments.

Le chauffage central domestique et l'air climatisé sont les pires ennemis des cigares. Idéalement, ils doivent être exposés dans un environnement humide, à l'abri de la chaleur et du froid. Les vrais connaisseurs confient leur réserve de cigares aux soins de leur fournisseur, à moins qu'ils n'aient aménagé chez eux une cave ou bien une armoire ayant les caractéristiques voulues.

Il reste toutefois quelques précautions simples, que chacun peut prendre facilement. La première est de veiller à ce que les cigares ne se dessèchent pas. On les gardera donc (dans leurs boîtes de cèdre) à l'intérieur d'un meuble ou d'un coffret étanche à l'air, et loin de toute source de chaleur. Il est conseillé de déposer, au même endroit, une éponge que l'on humectera régulièrement. Si vous ne détenez que quelques cigares, vous pouvez placer la boîte de cèdre dans un sac de polythène, à l'intérieur duquel vous aurez vaporisé un peu d'eau.

 

Vous pouvez aussi acheter un humidor, récipient étudié pour préserver l'humidité des cigares. On en trouve de toutes les tailles : les plus petits, en cuir ou en bois, sont des modèles de voyage, et les plus gros sont de véritables meubles.

Traditionnellement, les humidors étaient faits en noyer, en acajou ou en bois de rose, mais on en fabrique à présent en matière plastique. Ce qui importe est qu'ils soient bien construits, non vernis à l'intérieur et, surtout, munis d'un couvercle hermétique. Quel que soit le système d'humidification (eau ou produits chimiques), rappelez-vous qu'il doit être alimenté périodiquement.

Quant aux tubes d'aluminium doublés de cèdre, ils sont commodes pour le transport, mais ils ne sont pas toujours complètement étanches.

Si les cigares sont enveloppés dans de la cellophane, il vaut mieux les laisser dans ces emballages, sauf si vous les transférez rapidement dans un humidor fiable.

Les conditions d'entreposage sont absolument décisives. Chez un marchand, vérifiez qu'ils n'ont pas été simplement stockés sur une étagère ! 

Vous pouvez aussi acheter un humidor, récipient étudié pour préserver l'humidité des cigares. On en trouve de toutes les tailles : les plus petits, en cuir ou en bois, sont des modèles de voyage, et les plus gros sont de véritables meubles.

Traditionnellement, les humidors étaient faits en noyer, en acajou ou en bois de rose, mais on en fabrique à présent en matière plastique. Ce qui importe est qu'ils soient bien construits, non vernis à l'intérieur et, surtout, munis d'un couvercle hermétique. Quel que soit le système d'humidification (eau ou produits chimiques), rappelez-vous qu'il doit être alimenté périodiquement.

Quant aux tubes d'aluminium doublés de cèdre, ils sont commodes pour le transport, mais ils ne sont pas toujours complètement étanches.

Si les cigares sont enveloppés dans de la cellophane, il vaut mieux les laisser dans ces emballages, sauf si vous les transférez rapidement dans un humidor fiable.

Les conditions d'entreposage sont absolument décisives. Chez un marchand, vérifiez qu'ils n'ont pas été simplement stockés sur une étagère ! 

Les coupes cigares

 

Tous les cigares faits main, de même que les plus luxueux des cigares faits machine, possèdent une tête recouverte et fermée. Pour de nombreux amateurs, fumer un cigare se conçoit comme un rituel, et ouvrir la tête du cigare en est le premier geste. L'incision doit se pratiquer avec netteté et à niveau égal, à environ 3 mm (1/8 po) de la base de la tête.

La technique employée reste néanmoins une affaire de préférence personnelle. On peut se servir d'un coupe-cigare, mais aussi d'un canif bien affûté, ou même de ses ongles, ce qui implique dans ce cas plus qu'une certaine dextérité...

Il existe sur le marché une vaste gamme de coupe-cigares, de la modeste guillotine de poche à monture de plastique, purement utilitaire, aux modèles de luxe montés sur acier, or, argent ou émaux. Ces instruments peuvent comporter une lame simple ou une double lame.

Ce sont parfois de vrais bijoux d'orfèvrerie.

 

 

Allumer un cigare

 

L'allumage d'un cigare ne se réduit pas à son contact avec une flamme. un cigare allumé avec tout le soin requis sera toujours plus agréable à fumer qu'un cigare mal allumé.

Il est indifférent d'utiliser des allumettes ou un briquet - à condition qu'il s'agisse d'un briquet à gaz, et non à essence ! La plupart des magasins de cigares vendent des allumettes longues, à la combustion lente bien adaptée.

On peut aussi se servir d'allumettes ordinaires, mais elles ne doivent être surtout ni soufrées ni cirées, car il est essentiel que la saveur du cigare ne soit jamais gâtée par la source de flamme. C'est pourquoi on ne l'allumera pas non plus sur la flame d'une chandelle

Assurez-vous que la hauteur de la flamme est suffisante. Tenez le cigare horizontalement au bord de la flamme et faites-le pivoter lentement, jusqu'à ce que la section entière soit embrasée, et de manière égale. Eloignez légèrement la flamme, puis tirez entement sur le cigare, toujours à l'horizontale, en continuant de le faire tourner. Le tabac ne doit pas s'enflammer.

Soufflez doucement sur la braise pour vérifier qu'elle est bien répartie. Si elle ne l'est pas, une parties du tabac se consumera plus vite que l'autre, ce qui affectera le goût et le tirage du cigare, et risquera d'entraîner son extinction. Une fois le cigare correctement allumé, ne gâchez pas votre plaisir en le faisant surchauffer, c'est-à-dire en tirant des bouffées excessives. Un cigare se fume lentement, mais, ne l'oubliez pas, régulièrement.

Cependant, si votre cigare s'éteint, secouez-en la cendre, rallumez-le comme la première fois, et soufflez dedans pour chasser les vestiges de fumée refroidie avant de recommencer à la savourer. 

Les alliances du Cigare

Là, notre cœur balance entre épicurien et hédoniste, prendre ce qu'il y a ou aller chercher ce qui va avec ! Et oui, le cigare, s'il se suffit à lui-même, s'enrichi d'une alliance bien accordée. Et notre beau pays est riche de ces boissons plus ou moins alambiquées qui révèlent un cigare comme elles se dévoilent à son contact ! Là encore, à chaque généralité il y a ses exceptions et votre goût sera le juge suprême de vos préférences. Donc en général, il ne faut pas "heurter" ou "confronter" deux caractères identiques. Un cigare puissant voire agressif donnera tout son éclat sur la douce rondeur d'un vieux madère. A l'inverse, un cigare aromatique tout en finesse se verra révélé et accentué par la tonicité d'un Armagnac XO.
Quels alcools utiliser ?
Ne vous imposez pas de limite et ayez l'audace d'oser. Bien sûr, il y a les classiques Armagnac et Cognac, mais aussi les vieux Rhums (Martinique (AOC), Cuba, Saint-Domingue, les Caraïbes en général, Guyane, Maurice, etc.), des vieux Porto ou Madère, des Maury ou Maydie, les Pineau, Baume et autres Muscat. Possible mais avec prudence les alcools forts, schnaps (eau de vie) ou marc. Des essais à l'infini avec les Whisky et Bourbon. Et enfin, tout simplement avec de grands vins (dont les Champagnes) qui se marient excellemment avec le cigare. Des alliances peuvent se faire aussi avec des mets. Ainsi le chocolat accompagne parfaitement les vitoles au point de voir apparaître sur le marché des chocolats au tabac !
Peut-on faire des alliances avec des boissons non alcoolisées ?

S'il est vrai que nous trouvons fréquemment des alcools en alliance avec les cigares, ce ne sont pas les seules possibilités.
Dans le cadre des boissons chaudes, vous avez les thés qui sont de superbes alliances. Là également une passion est possible tant il y a de variété, de terroir et de subtilité dans les arômes. Donc des alliances (presque) à l'infini à découvrir et tester.
Il est réputé que chocolat et cigare se marient parfaitement, alors n'hésitez pas à réaliser des alliances de cigares et chocolats chauds. De même, soyez curieux sur les chocolats utilisés, sur le taux de cacao, leurs origines, faites aussi des mélanges. La cuisson participe aussi à la réussite et notamment à l'ancienne, remuer lors de la cuisson jusqu'à ébullition pour garantir un crémeux exceptionnel avec une bonne concentration d'arômes.
Les cafés sont aussi possibles, mais plus délicats car il est difficile de boire un volume conséquent de café en rapport avec le temps de fumage relativement long.
En boissons froides, en général on proscrira les boissons "glacées" car le froid empêche la perception et le développement des arômes. Mais à température ambiante, vous pouvez faires des alliances avec des jus de fruits et des cocktails (avec ou sans alcool) où on cherchera toujours à avoir une boisson subtile avec une belle palette aromatique pour permettre l'alliance.
Comme pour les alcools, choisissez vos cigares rarement en confrontation avec votre alliance (fort contre fort, marqué /marqué, très aromatique / très aromatique etc...) mais plutôt en complémentarité pour qu'ils se subliment l'un l'autre.

Bref, à vous de faire des essais pour trouver des alliances surprenantes qui donnent la part belle aux goûts et sensations ! Et n'hésitez pas à nous faire part de vos réussites ou déceptions

La dégustation du Cigare

Ca y est, la grande question est posée : "Comment fumer, comment déguster un cigare ?".
Là, vous êtes le seul concerné, fumez comme vous aimez. Il n'y a pas UNE façon de fumer le cigare, il y en a autant que de fumeurs ! Les quelques conseils pour la dégustation du cigare seront surtout de bon sens.
Avant de fumer notre cigare, nous allons le sentir, le toucher, le regarder. Rien de plus enivrant qu'humer à pleines narines les senteurs d'une boîte de cigares à son ouverture ou celles de sa cave. Tant de parfums qui sont tout à la fois souvenirs et promesses de plaisirs. Puis admirez votre cigare dans sa robe plus ou moins foncée, grasse et luisante. Et enfin sentez votre cigare rouler dans vos doigts, mou et ferme à la fois, d'une régularité dans sa densité, preuve de l'expertise du torcedor. C'est d'ailleurs lors de cette "manipulation" que l'on pourra détecter d'éventuels défauts du cigare. Si le cigare a des nœuds, des nervures restées d'un mauvais écôtage, s'il est trop sec ou trop humide, si un défaut de fabrication rend le cigare trop serré et donc dur au toucher ce qui prédit un tirage difficile, etc...
"A cru". Puis vient le moment de la dégustation "a cru" c'est à dire avant d'allumer le cigare, dès que la tête est coupée. L'air aspiré à travers le cigare va nous permettre d'imaginer ce qu'il sera. De pressentir certains arômes. Ces préliminaires participent au contentement global du cigare et de plus font saliver ce qui est primordiale pour solubilisation des substances sapides et donc la détermination des goûts par nos papilles.
Ensuite, après l'allumage, le cigare est généralement "découpé" en trois parties (tiers) surnommées le foin pour la première partie (1er tiers partant du pied) car le début du cigare a tendance à être léger et plus aéré. Le divin pour le tiers du milieu car les arômes ont progressés et évolués tandis que la force, la puissance s'installe. Et le purin pour le tiers final (jusqu'à la tête du cigare) car la concentration des goudrons et nicotine peut amener une certaine âcreté ou du piquant. Bien que restrictive, cette découpe en trois parties permet assez souvent de définir sa vitole en cours de fumage, même si certains cigares sont très linéaires et ne forme qu'une partie, d'autres seulement deux parties et d'autres encore ont de nombreuses évolutions. De même les appellations caricaturales peuvent se rapprocher du ressenti d'un cigare, même si, heureusement, certains cigares sont "divins" du début à la fin, à s'en brûler les doigts tant on ne veut rien en perdre.
Pour bien apprécier toutes les nuances présentent dans le cigare, faites "rouler" la fumée en bouche afin d'atteindre le maximum des papilles gustatives de la bouche qui, pour les goûts élémentaires se situent sur le devant de la langue pour le sucré puis de chaque côté pour le salé puis sur les côtés arrières pour l'acide et en fond de langue pour l'amer. Essayez aussi la rétro-olfaction en amenant la fumée en fond de gorge (quitte à en avaler un peu) et rejetez-la par le nez. Tentez le plus souvent possible de mettre des noms sur les goûts et les sensations que vous procure votre cigare car ainsi vos échanges avec les autres amateurs en seront plus précis et votre continuel apprentissage du goût en sera facilité. Car votre goût évolue et si vous notez vos sensations sur une vitole à un moment donné, vous verrez quelques années plus tard que votre approche en est toute différente. Il est aussi vrai que les cigares eux aussi évoluent et qu'en tant que produit artisanal 100% naturel, ils peuvent être différents parfois dans une même boîte !
En cours de fumage, posez votre cigare en position horizontale sur le cendrier et non en biais sur le fond du cendrier pour éviter un défaut de combustion. Lorsque le cigare est terminé, en respect de cette matière noble qui a nécessité tant de soins pour sa confection et nous a donnés tant de plaisir, on ne l'écrase pas, on le laisse mourir tranquillement.

Une règle d'or est que le cigare est et doit rester un plaisir. On ne se force jamais à fumer. Dès que pour quelque raison que ce soit l'envie du cigare n'est plus (cigare devenu âcre, piquant, amer, lourd, saturant, etc.) ou simplement décevant, il ne faut pas hésiter à le poser et le laisser s'éteindre de lui-même. On ne se force jamais à fumer, même pour faire plaisir à celui qui nous a offert le module ou pour "rentabiliser" une vitole coûteuse.
Doit-on enlever "la bague" du cigare avant de le fumer ? Comme vous le souhaitez. Si vous ne voulez pas "afficher" votre module car allergique aux fumeurs de bagues, ou simplement fumer votre cigare sans en dévoiler l'origine, ne serait-ce que par égard aux autres fumeurs de cigare disposant d'une vitole de moins bonne facture que la vôtre, vous pouvez enlever la bague. Attention néanmoins, car cette dernière est souvent collée à la cape qu'il ne faut surtout pas déchirer. Commencez de fumer votre cigare car la chaleur permet de mieux décoller la bague du cigare.