13 MAI

Au bistro de la Toile : alors, à quelle sauce la Macronnade ?

- Eh ! Victor, tu crois qu’ils vont s’inscrire à Pole Emploi tous les ministres et sous-ministres qui vont se faire lourder ? Ça devrait pouvoir être considéré comme un licenciement pour motif économique tu crois ?

- En quelque sorte, oui. Virés pour avoir été incapables, justement, d’améliorer l’économie de telle sorte que la hantise numéro Un des électeurs – le chomdu – recule réellement. Quant à leur propre sort, ils ont de grasses retraites, et un carnet d’adresse adossé sur des relations ouvrant à bien de juteux renvois d’ascenseur.

- Bon. Alors on a stoppé le risque Le Pen. Mais ce galopin de Macron, tu crois qu’il faut le suivre ?

- « Ouate-Inde-Scie » comme disent les Rosbifs. Mais puisqu’il est là, essayons d’être positifs, de ne pas lui faire de procès d’intention et de crier avant d’avant mal. Pas facile pour le minot de faire monter l’aïoli entre les idées de gauche – protection sociale, justice, égalité des chances – et la réalité de la mondialisation – capitalisme dérégulé uniquement axé sur le fric et faisant table rase de toutes dimensions sociales, écologiques, environnementales.

- Bon courage…

- Comme tu dis. Donc, comme on l’a pour cinq ans, il faut faire avec. Regardons ce qui est le plus craignos dans son programme.

C’est d’abord la loi Travail. Les accords d’entreprise l’emportent sur les accords de branche. C’est déjà inscrit dans la Loi El Khomri. Donc rien ne change. Mais il veut remettre le plafonnement, chez les prud’hommes, les indemnités de licenciement. Bof. Il suffit que les syndicats discutent sur une limite assez haute qui garantisse aux salariés lourdés abusivement des indemnités conséquentes, tout en freinant les patrons parce qu’ils sauront le prix des abus. La réduction du nombre de fonctionnaires. Il veut « réduire le nombre d’agents publics de 120 000 sur la durée du quinquennat ». Sur cinq ans, ça fait 24 000 par an. On est loin du programme Fillon. Un régime de retraite unique. Moi je n’y vois pas d’inconvénient.

Mais il veut redonner à la France sa place prépondérante en Europe et a explicitement parlé de rapprochement des normes sociales et fiscales dans les pays de l’Union, ce qui est une revendication essentielle des Insoumis. Il veut remettre en place un service national pour tous les jeunes. C’est très bien.

- Alors on lui laisse sa chance ?

- A-t-on le choix ? Tu vois le bordel qui se met en place pour les élections législatives !

À gauche ? C’est la bagarre entre les Insoumis de Mélenchon et les Communistes. C’est saccager le formidable espoir levé par les sept millions de voix alors que l’union pourrait, là encore, amener une force d’opposition redoutable. Lamentable. Les Socialistes ? Enfin, ce qu’il en reste – parce que beaucoup vont lécher les santiags du garnement pour essayer de sauver leur gamelle - ils abandonnent les idées innovantes de Hamon – revenu universel, taxer les robots – pour se recroqueviller sur des vieilles lunes ayant échoué.

À droite ? Là aussi beaucoup tentent de se recycler dans la Macronnade triomphante. Quelques autres – les moins mauvais - balancent à la poubelle le programme de leur candidat « pittoresque » pour tenter de retrouver l’esprit gaulliste. D’autres enfin franchissent le Rubi (très) con et s’acoquinent avec le F.Haine. Parti qui, lui aussi se carcagne et qui n’est pas loin d’une nuit des longs couteaux…

- Et de François, qu’est-ce qu’il en reste ?

- Le mariage pour tous. Ce qui n’est tout de même pas négligeable.

 

- C’est vrai, mais ce n’est pas pour ça qu’on l’avait élu. Allez, à la nôtre !

03 MAI

Un proche de Poutine derrière l’argent du FN

 

·         L'ARGENT RUSSE DU FRONT NATIONAL

 

·         ENQUÊTE

La vraie histoire du financement de Le Pen

PAR AGATHE DUPARCANTTON ROUGET ET MARINE TURCHI

Les financements russes de Marine Le Pen se sont organisés autour d'un conseiller de Vladimir Poutine, Alexandre Babakov. L'intermédiaire du FN, l'eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser, est visé par une enquête en France. Des emails démontrent une ingérence politique de deux lobbyistes russes.

Marine Le Pen et ses proches l’ont dit et répété sur tous les tons : les banques françaises n’ont pas voulu accorder de prêts au Front national et il a bien fallu aller chercher l’argent ailleurs. En l’occurrence en Russie, où des banques ont été sollicitées, prétendument en toute neutralité et loin de l’influence du Kremlin.

L’enquête menée par Mediapart et le site d’investigation letton Re: Baltica dans les coulisses des prêts russes du FN raconte une tout autre histoire : celle d’un réseau qui s’est constitué – avec ses intermédiaires et ses structures opaques – pour aider le parti de Marine Le Pen à décrocher des millions, et même à en masquer la provenance. En filigrane de ce scénario apparaît le rôle décisif du sénateur Alexandre Babakov, ultra-patriote et conseiller du président Poutine en charge des relations avec les organisations russes à l’étranger. Ce sont lui et ses proches qui, entre 2014 et 2016, ont mis le FN en contact avec trois banques russes au profil douteux, au cours de rencontres à Paris et à Genève dont nous dévoilons ici les coulisses.

Côté français, les opérations ont été supervisées par l’eurodéputé frontiste Jean-Luc Schaffhauser, membre de l'équipe de campagne de Marine Le Pen. Sa fondation a d'ailleurs été le bénéficiaire de fonds en provenance des îles Vierges britanniques, par le truchement d'une société au Luxembourg. Ces commissions présumées ont, toujours selon nos informations, poussé la justice française à ouvrir une enquête préliminaire confiée à l'Office anticorruption. Mais l'affaire revêt également une forte dimension politique : plusieurs échanges de mails en notre possession – dont certains directement en copie à Marine Le Pen – révèlent pour la première fois que des intermédiaires russes ont conseillé Jean-Luc Schaffhauser dans plusieurs de ses interventions au Parlement européen, faisant ainsi apparaître les jeux d'influence pro-Poutine derrière les financements russes du FN (lire aussi notre onglet Prolonger).

La « nébuleuse Babakov » mobilisée en vue de la présidentielle

 

Rendez-vous était pris le 17 mars 2016, à Genève. Ce jour-là, Jean-Luc Schaffhauser a une mission importante à accomplir. Il s’est déplacé pour s’entretenir discrètement avec un certain Vilis Dambins, un businessman letton dont le nom est apparu lors du scandale des Panama Papers. Cet ancien banquier au profil trouble est l'un des principaux émissaires d'Alexandre Babakov, parlementaire ultra-patriote et conseiller du président Poutine qui a déjà aidé le Front national à obtenir, en 2014, un prêt de 9,4 millions d'euros auprès de la First Czech-Russian Bank (FCRB).

Alexandre Babakov et Vilis Dambins.

 

Si le Français et le Letton se sont donné rendez-vous sur les bords du Léman, c’est pour aborder une question très sensible : le financement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Il y a urgence puisque six jours auparavant, le 11 mars 2016, s'est produit à Moscou un événement fâcheux : la banque russe sur laquelle le FN comptait – la FCRB – pour obtenir de nouveaux crédits a été mise sous tutelle par la banque centrale russe dans des conditions mystérieuses. Elle n'a alors plus que quelques mois à vivre, plombée par un trou de 31,8 milliards de roubles (497 millions d’euros). En attendant sa mise en faillite, laquelle interviendra en octobre 2016, il faut à tout prix trouver une banque russe capable de prendre la relève.

Le trésorier du FN rencontre l'homme d'affaires Vilis Dambins le 4 novembre 2016 à Paris, accompagné de l'avocat français Didier Bollecker. © Document Mediapart / Re:Baltica

Trois mois après l'entrevue de Genève, une première piste conduit le bureau exécutif du Front national à donner son feu vert, le 15 juin 2016, pour un emprunt de 3 millions d’euros auprès de la Strategy Bank, établissement au parcours déjà agité, plusieurs fois épinglé pour blanchiment d’argent, ainsi que Mediapart l'a révélé fin mars. La décision, adoptée « à l’unanimité » par la plus haute instance du parti, visait à « donn[er] pouvoirs à M. Wallerand de Saint-Just », le trésorier du Front national, « pour signer le contrat de prêt ainsi que tous autres documents nécessaires à l’obtention du crédit aux conditions susmentionnées ainsi que pour effectuer toutes formalités administratives ou juridiques appropriées ». Mais là encore – malchance, coïncidence ou malédiction –, la Strategy Bank a finalement perdu sa licence bancaire le 26 juillet 2016, faisant capoter le contrat de prêt.

Le trésorier du FN s'est alors démené pour sortir son parti de cette impasse. Le 4 novembre 2016, il rencontre lui-même à Paris l'intermédiaire letton Vilis Dambis en compagnie de Didier Bollecker, un avocat français qui agit alors pour le compte de Jean-Luc Schaffhauser. Les trois hommes ont choisi de se retrouver à l’hôtel Peninsula, un palace cinq étoiles situé à deux pas de l’Arc de triomphe. Une photo, que nous publions en exclusivité (ci-contre), a immortalisé la scène. On y voit Wallerand de Saint-Just tout sourire, saluant l’homme d’affaires letton. 

La troisième banque russe du FN perd sa licence

Cette fois, prenant acte de la disparition de Strategy Bank, le Front national s'est tourné vers la NKB Bank, un établissement encore plus obscur, situé à la 527e place du classement russe. Il s'agissait toujours d'emprunter 3 millions d'euros auprès de cette autre banque. Le terme « autre » banque ne convient pas exactement car Strategy Bank et NKB Bank sont en réalité des structures jumelles, contrôlées par un seul et même homme : Dmitri Roubinov, ancien fonctionnaire de la banque centrale à la réputation passablement entachée.

Les trois prêts russes à la loupe

 

Prêt n°1

 

Prêt n°2

 

Prêt n°3

 

Date

4 avril 2014 - en prévision des européennes 2014.

Date

11 septembre 2014 - en prévision des départementales 2015

Date

15 juin 2016 - en prévision de la présidentielle 2017.

Montant

2 millions d’€

Montant

9.4 millions d’€

Montant

 3 millions d’€

Structure prêteuse

Vernonsia Holdings Ltd, une société chypriote

Structure prêteuse

First Czech Russian Bank, une banque moscovite qui perd sa licence le 1er juillet 2016. Son directeur : Roman Popov

Structure prêteuse

Strategy Bank, une banque moscovite qui perd sa licence en juillet 2016. Son actionnaire majoritaire : Dmitri Roubinov.

Intermédiaires français

Aymeric Chauprade, député européen et consultant.

Intermédiaires français

Jean-Luc Schaffhauser, député européen, et Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national.

Intermédiaires français

Jean-Luc Schaffhauser, député européen, et Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national.

Intermédiaires russes

Konstantin Malofeev, un oligarque russe proche du Kremlin, et son associé Dmitri Kosarev, PDG d'Empreno Ventures.

Intermédiaires russes Alexandre Babakov, sénateur, conseiller de Vladimir Poutine en charge de la coopération avec les organisations russes à l’étranger, et son partenaire Vilis Dambins, homme d'affaires letton.

Intermédiaires russes Alexandre Babakov, sénateur, conseiller de Vladimir Poutine en charge de la coopération avec les organisations russes à l’étranger, et son partenaire Vilis Dambins, homme d'affaires letton.

Repreneur du pret

Repreneur du prêt

La société russe Conti rachète frauduleusement la créance le 18 mars 2016.

Repreneur du prêt

NKB Bank reprend la demande de prêt à l'automne 2016. Cette banque moscovite, contrôlée par Dmitri Roubinov, perd sa licence le 29 décembre 2016.

 

© Mediapart

 

C’est lui qui a supervisé les discussions avec le Front national, comme l’a confirmé à Mediapart un ancien cadre de la NKB Bank. Contacté par téléphone et manifestement interloqué, Dmitri Roubinov reconnaît que ses deux banques ont bien engagé des pourparlers avec le Front national, mais il affirme que « le crédit de trois millions n’a pas été versé sur les comptes de ce parti [le Front national – ndlr]. Ils ont peut-être obtenu l’argent par une autre banque », lâche-t-il, avant de raccrocher. Il n'en dira pas plus : le banquier est depuis aux abonnés absents.

Une fois de plus, il s'est passé des choses étranges : le 29 décembre 2016, NKB Bank a, à son tour, perdu sa licence pour des raisons plutôt alarmantes, à savoir des violations répétées de la « loi fédérale contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », laissant une ardoise de 510 millions de roubles (8,3 millions d’euros). Et ce 17 avril dernier 2017, la Cour d’arbitrage de Moscou a prononcé sa faillite. Ce n’est pourtant pas faute d'avoir eu des appuis en haut lieu, puisque derrière ces deux tentatives avortées de prêts, on retrouve encore et toujours Alexandre Babakov, l'homme clé du prêt de 9,4 millions déjà obtenu en 2014. Un personnage influent qui a ses entrées au Kremlin et qui depuis des années semble miraculeusement passer à travers les gouttes de tous les scandales.

Contacté, Vilis Dambins dément avoir été « un intermédiaire dans les accords mentionnés »« ni comme personne physique, ni comme personne morale ». « En conséquence, je n'aurais pas pu agir sur les ordres de M. Babakov », dit-il. De son côté, Jean-Luc Schaffhauser reconnaît auprès de Mediapart avoir fait « un aller-retour à Genève »« Vilis a fait des propositions de banques de suite [pour prendre la suite de la FCRB – ndlr]. À partir du moment où nous ne pouvions pas obtenir de prêts auprès des toutes premières banques russes, car cela aurait alors été perçu comme trop politique, nous étions en terrain inconnu. Je n’ai pas voulu moi-même m’en mêler », explique l’eurodéputé, concédant que derrière le Letton qui « existe aussi par lui-même », c’est bien Alexandre Babakov qui était aux commandes. « Je suis obligé de travailler avec des gens qui représentent la fonction publique et je sais que Babakov est un patriote », ajoute-t-il.

 

Comme Mediapart l'avait raconté, Marine Le Pen aurait rencontré Alexandre Babakov lors d’un voyage resté confidentiel en Russie, en février 2014, au moment des discussions pour le premier prêt russe. Le parcours de Babakov est plutôt celui d’un oligarque proche du Kremlin qui jongle avec plusieurs casquettes, mêlant politique et business. Aujourd’hui sénateur, il a été de 2003 à 2015 député à la Douma, d’abord élu sur la liste du mouvement ultra-patriote Rodina, puis faisant allégeance à Russie unie, le parti du pouvoir. Depuis 2012, il occupe la fonction de « représentant spécial » de Vladimir Poutine, chargé des relations avec les organisations russes à l’étranger, ce qui le désigne comme l’un des hommes clés des réseaux d’influence du Kremlin en Europe. Le 27 mars encore, les deux hommes se sont affichés ensemble pour recevoir le premier ministre serbe.

Vladimir Poutine et Alexandre Babakov (à droite, de face) lors d'une rencontre avec le premier ministre serbe, le 27 mars 2017, à Moscou. © Site Internet du Kremlin

Le parlementaire Babakov, qui a bâti sa fortune dans l’immobilier et le secteur énergétique, n’a jamais abandonné ses affaires, maître dans l’art de se cacher derrière une nébuleuse d’hommes de paille et de structures opaques comme celles administrées par Vilis Dambins. Son patriotisme est à géométrie variable : il est ainsi propriétaire de biens immobiliers en France – un château à 37 km de Versailles et un appartement parisien – enregistrés au nom de son épouse et de ses enfants et qu’il n’a jamais déclaré en Russie comme la loi l'y oblige pourtant. Dans sa dernière déclaration de patrimoine, il indique pour 2016 des revenus de 538 millions de roubles (soit 67 fois plus qu’en 2015 quand il était député à la Douma) et se dit propriétaire d’un seul appartement en Russie de 69 m2, affirmant ne pas avoir de voitures.

Jean-Luc Schaffhauser assure ne pas être au courant de ce qui est advenu après l’entrevue de Genève avec Vilis Dambins. « J’ai confié à mon avocat le dossier pour suivre les pistes [des nouvelles banques – ndlr] que l’on nous proposait, mais je n’ai jamais cru dans ces pistes [celles de la Strategy Bank et de la NKB Bank – ndlr] », dit-il. Cet avocat justement, c’est Didier Bollecker, spécialiste du droit des affaires dont l’étude CAA est basée à Strasbourg, et qui a participé à la rencontre à Paris entre Vilis Dambins et Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national. Sollicités, l'un comme l'autre sont restés silencieux, de même que Marine Le Pen et Alexandre Babakov.

 

Les commissions de l’intermédiaire du FN dans le viseur de la justice

Jean-Luc Schaffhauser, le 27 novembre 2014, au Parlement européen, à Strasbourg. © Reuters

Jean-Luc Schaffhauser est moins loquace lorsqu'il s'agit de commenter les commissions qu'il a touchées pour son rôle d'intermédiaire. En 2014, après la révélation du premier emprunt, l'eurodéputé avait reconnu avoir été rétribué « 140 000 euros » par la banque FCRB, une somme qu'il avait « omis » de faire figurer dans sa déclaration d’intérêts de parlementaire, avant de rectifier le tir. Il avait d'abord expliqué que cette commission avait été perçue « via une société du Luxembourg, en accord avec le Front », puis il avait évoqué pour Mediapart un versement par l’intermédiaire de sa société familiale de consulting, Cano SAS.

Selon nos informations, la justice s'intéresse aux fonds perçus par le député européen et ses structures. Le parquet national financier a ouvert en février 2016 une enquête préliminaire, après avoir reçu un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Notre enquête dans les coulisses du prêt accordé en 2014 fait apparaître un schéma tortueux de versements passant par le Luxembourg et les îles Vierges britanniques, et dans lequel on retrace en filigrane Alexandre Babakov et ses proches. Au cœur de cette nébuleuse, on trouve l'Académie européenne, une « fondation » dirigée par Schaffhauser qui œuvre au rapprochement avec la Russie. D'après nos informations, l'association a reçu, en 2014 et 2015, 250 000 euros au total, en provenance de la société Spencerdale Ltd, basée aux îles Vierges britanniques. L'argent a transité via une autre structure créée quelques mois avant le premier versement, le 30 septembre 2013 : West East Communication Group. 

 

« Ils [West East Communication Group – ndlr] ont investi dans l’Académie européenne, absolument », reconnaît Schaffhauser, sans toutefois livrer le montant de ce placement ni le nom de ces généreux bienfaiteurs. Derrière ces sociétés se trouvent les Giner père et fils, Vadim et Yevgueni, deux prête-noms d'Alexandre Babakov. À quoi a servi cet argent ? L'eurodéputé a esquivé notre question, se contentant d'expliquer que cet « investissement » était « tout à fait légal » et « déclaré à l’administration fiscale ». L'élu a finalement coupé court aux échanges, nous menaçant ensuite de poursuites judiciaires et d'« enquêter sur [nous] et [notre] journal » (lire notre boîte noire).

© Mediapart

L'Académie européenne a joué un rôle central dans la recherche de financements du FN en 2014. Le 29 juin de cette année-là, Jean-Luc Schaffhauser réunit le conseil d'administration de cette « fondation » à son domicile, à Strasbourg. À l'ordre du jour, l'entrée de deux Russes au sein de l'Académie européenne, Mikhail Plisyuk et Alexander Vorobyev. Tous deux sont des personnages influents, proches des milieux de l'armée. Ils sont à la tête de l'institut des études d'intégration internationale, accolé à l'OVDK (« Organisation de l'entente sur la sécurité collective »), une structure politico-militaire qui réunit la Russie, l'Arménie, la Biélorussie, le Kirghizstan, le Tadjikistan et le Kazakhstan. 

Mais ce jour-là, il est aussi question de valider l'« octroi d’un prêt au Front national sur autorisation du Conseil de surveillance », selon le procès-verbal de la réunion, que Mediapart s'est procuré. Montant de l'emprunt : 10,56 millions d'euros (intérêts et commissions compris). Le projet de contrat de prêt (ci-dessous) est assorti d'une clause prévoyant que les subventions publiques du FN entre 2015 et 2019 soient apportées en garantie.

 

D'après un témoin de cette réunion, le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, était présent, et se serait entretenu en aparté avec Jean-Luc Schaffhauser et les deux Russes, à l'étage.

© Document Mediapart

L'argent semble avoir finalement suivi un autre canal. Car trois mois plus tard, le Front national a décroché le fameux prêt russe de la FCRB, d'un montant équivalent. Pourquoi avoir un temps envisagé un prêt de l'Académie ? Ce montage était-il destiné à masquer l'origine des fonds ? Ni Marine Le Pen, ni le trésorier du FN, ni Jean-Luc Schaffhauser n'ont répondu à ces questions.

Le lobbying de deux interlocuteurs russes auprès du FN

Une autre question demeure sans réponse : y a-t-il eu une contrepartie politique aux financements russes du Front national ? De fait, le parti lepéniste a toujours affiché une ligne pro-russe depuis l’effondrement du communisme et de l’URSS. Mais après l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti, en 2011, c’est un véritable lobbying en faveur du président Poutine et de ses positions qui s’est mis en place, dans les interventions médiatiques comme au Parlement européen. Ce lobbying pro-russe s’est intensifié dans les mois qui ont précédé et suivi l’obtention des prêts russes.

 

Une série d’emails que Mediapart s’est procurés démontre que les deux interlocuteurs russes de Schaffhauser – Alexander Vorobyev et Mikhail Plisyuk – sont directement liés à certains voyages et prises de position du Front national.

Extrait de l'email de Jean-Luc Schaffhauser à Marine Le Pen. © Document Mediapart

Exemple le 2 juillet 2014. Ce jour-là, le Russe Alexander Vorobyev transmet ainsi à Jean-Luc Schaffhauser un « exemple de déclaration » sur la situation en Ukraine, que l’eurodéputé transfère à Marine Le Pen sur son email personnel. Trois heures plus tard, Schaffhauser explique, dans un autre courriel, que « Marine est prête à envoyer un communiqué à Reuter » et qu’« il faut lui en préparer qu’elle finalisera et m’en donner copie » (voir les emails complets ici)

Quelles suites la présidente du FN a-t-elle donné ? Interrogé, son conseiller international Ludovic de Danne, à l’époque son assistant parlementaire à Strasbourg, a refusé de nous répondre : « Je suis (l'un des ou) le plus secret des conseillers de Mme Le Pen, du mouvement et alliés au niveau européen et à l'international. »

 

Jean-Luc Schaffhauser, lui, reprend mot pour mot ce communiqué lors de sa première intervention en séance plénière au Parlement européen, le 17 juillet 2014. Il demande à l’Union européenne de proposer « immédiatement un véritable cessez-le-feu qui ne soit pas un cessez-le-feu alibi pour mieux massacrer comme aujourd’hui », et de mettre « des observateurs de l’OSCE et des forces d’interposition comme le propose d’ailleurs la Russie ». Une intervention qu’il a transmise trois jours plus tôt à Marine Le Pen et son assistant par mail pour validation. Mais aussi… à Mikhail Plisyuk. Le 16 juillet, il donne des gages à son ami russe : « C’est mon intervention, avec mon propre texte. (...) La vidéo n’est pas encore sur le site Internet du Parlement européen, mais elle le sera. »

© Document Mediapart

Dès le 15 juillet, le député fait un teasing de son discours sur Twitter, mettant en avant le passage envoyé par son contact russe :

 

 Suivre

JeanLuc Schaffhauser @JLSchaffhauser

Proposons immédiatement un véritable cessez le feu, mettons des observateurs de l’OSCE et des forces d’interposition

16:07 - 15 Jul 2014

 

Dans la foulée, le 22 juillet, le député européen organise, avec le même Mikhail Plisyuk, une table ronde sur l'Ukraine. Pour ce « dîner-débat », à l’hôtel Renaissance, à Bruxelles, Schaffhauser convie une vingtaine de personnes, eurodéputés et membres de son Académie européenne. L’intitulé de la soirée annonce la couleur : « Ukraine, information et désinformation mais réelle guerre civile en Europe : que peuvent faire les députés européens ? ».

 

Le prêt russe de 9 millions d'euros est signé le 11 septembre. Le 30 octobre, l'eurodéputé s’envole pour le Donbass, en Ukraine, pour soutenir les séparatistes pro-russes. Le déplacement est préparé par Mikhail Plisyuk, encore lui. Jean-Luc Schaffhauser ne s’y rend pas seul. Un très proche de Marine Le Pen l'accompagne en toute confidentialité : son directeur de cabinet, Nicolas Lesage, comme l’a dévoilé notre livre Marine est au courant de tout… Des équipes de Nations Presse info et TV-Libertés, deux sites d’extrême droite, sont aussi du voyage. L’objectif ? Offrir une légitimité aux élections organisées dans ce petit État auto-proclamé par les séparatistes, avec le soutien du Kremlin, mais en encourant la désapprobation de Kiev, des États-Unis et de l’Union européenne.

Marine Le Pen et Vladimir Poutine lors de leur entretien, le 24 mars 2017 à Moscou © Reuters

Sur place, le duo réalise des vidéos relayant la propagande pro-russe et médiatise les prises de parole de Schaffhauser. Nicolas Lesage pilote ce plan médias. Dans un e-mail adressé à Schaffhauser le 16 octobre 2014 (lire ici), en amont du départ, le directeur de cabinet s’engage à ce que Nations Presse info livre un montage « professionnel et attractif, correspondant au niveau d’exigence requis ». Une communication qu’il propose de coupler avec « une intervention en duplex/direct sur Radio Courtoisie », le 2 novembre. Le tout étant organisé avec l’aval de Louis Aliot, comme l’atteste un autre courriel que Mediapart s'est procuré (lire ici), dans lequel Lesage explique qu’il a vu « Louis » la veille, « comme prévu ». Jean-Luc Schaffhauser nous avait confirmé que la présidente du Front national « était au courant » de sa venue.

Ancien consultant passé par Auchan, Dassault et Total, l'eurodéputé a été débauché en 2012 par Marine Le Pen, qui a vu dans son carnet d’adresses fourni dans les pays de l’ex-URSS un véritable atout. Cet ex-centriste proche de l’Opus Dei s'est vu offrir par la présidente du FN une place éligible sur les listes frontistes aux élections municipales et européennes, en 2014. Cette même année, il a apporté sur un plateau le prêt de la FCRB de 9 millions d'euros. Avant de reprendre ses recherches de financement en 2016, dans l'optique de la présidentielle. En septembre 2016, soit trois mois après que Marine Le Pen donne son accord pour l'emprunt de 3 millions d'euros, l'eurodéputé annonçait, dans sa déclaration d'intérêts de parlementaire, la reprise de ses « activités de consultant » et des « revenus à venir à partir de 2017 ». En novembre, il a intégré l'équipe de campagne de la candidate du FN.

Pendant la campagne, Vladimir Poutine a envoyé un signal fort en recevant officiellement Marine Le Pen au Kremlin, le 24 mars. Si le président russe s’est défendu de vouloir « influencer les événements en cours », il a dit se « réserv (er) le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays ». Au Front national, plusieurs responsables affirment que ce n'était pas la première rencontre.

·         Outre les éléments figurant dans l'article, nous publions une série de documents sous l'onglet « Prolonger ».

Sollicités, ils n'ont pas répondu à nos questions : Marine Le Pen, son directeur de cabinet Nicolas Lesage, son conseiller international Ludovic de Danne, le trésorier du FN Wallerand de Saint-Just, Alexander Babakov, Alexander Vorobyev, Mikhail Plisyuk, Alexandre Garèse, Vadim et Yevgueni Giner. « Vos informations sont tout à fait fragmentaires et/ou erronées », nous a simplement répondu le trésorier du FN. Joint, Dmitri Roubinov a rapidement raccroché puis n'a plus répondu.

Joint à plusieurs reprises, Jean-Luc Schaffhauser s'est fait menaçant après l'envoi de nos questions à Marine Le Pen : « Vous vivez de la calomnie et du mensonge, il y a une justice et elle vous juge ! Honte à vous, au moins rectifiez vos mensonges si vous avez encore un peu de dignité ou êtes-vous déjà entièrement dans le mensonge et dans la mort de Satan qui détruit la vie et la vérité... (...) Du mensonge, de la calomnie et des enquêtes venant le plus souvent d'officines pas de journalistes… C'est ce que nous démontrerons… Des mensonges répétés pour en faire des vérités… Désormais je vous attaque en justice », a-t-il prévenu. « Je vais également enquêter sur vous et votre journal », a-t-il écrit à l'un des auteurs. 

 

Contacté, l'avocat Didier Bollecker a invoqué « le code pénal [et] celui de déontologie des avocats » pour justifier son impossibilité de répondre. « Je le regrette d'autant plus que, pour l'essentiel, vos informations sont erronées. (...) Sachez simplement que mon exercice professionnel, quel que soit le client, consiste uniquement à assurer la légalité des actes qu'ils passent », a-t-il ajouté. Contacté par nos confrères du site Re: Baltica, Vilis Dambins a expliqué qu'il ne donnait pas d'interview non plus : « L'éthique professionnelle ne m'autorise pas à faire de commentaires sur les accords ou personnes avec qui je travaille ou ai travaillé. » Mais il a tout de même soutenu ne pas avoir été « un intermédiaire dans les accords sur lesquels vous m'interrogez ». « M. Babakov ou toute société dont il est bénéficiaire, ne sont pas mes clients, a-t-il affirmé. Je suis un consultant financier avec une large base de clients à travers le monde. »

 

 

Le Front national a traité avec des banques mafieuses russes

PAR AGATHE DUPARC

Toutes les banques russes auxquelles le Front national a fait appel, tant en 2014 qu'en 2016, ont disparu. Elles étaient dirigées par des escrocs ou des blanchisseurs d'argent. De l'argent sale russe a-t-il financé les campagnes du Front national ?

De l'argent sale russe a-t-il financé les campagnes du Front national ? Et pourquoi toutes les banques auxquelles s'est adressé le parti de Marine Le Pen ont-elles des profils douteux, voire carrément mafieux ? Ces questions lancinantes pourraient à terme intéresser la justice française. Qu’il s’agisse des 9,4 millions d’euros versés par la First Czech-Russian Bank (FCRB) en 2014, ou des 3 millions qui auraient dû l’être par la Strategy Bank, puis la NKB Bank en 2016 : le tableau est accablant et permet de s'interroger sur la propension du Front national à fermer les yeux sur la provenance de l’argent russe. Les trois banques ont fait faillite en 2016 dans une étrange répétition.

Liquidée avec un passif de 31,8 milliards de roubles (497 millions d’euros), la First Czech-Russian Bank (FCRB), la première banque du FN, est aujourd'hui visée par une procédure pour détournements de fonds à vaste échelle. Le 20 janvier 2017, son ancien vice-directeur Dmitri Merkoulov a été arrêté à Moscou et mis en examen pour avoir organisé la vente illégale d’actifs de la banque pour un montant total de deux milliards de roubles (31,5 millions d’euros). Cela juste avant que la FCRB ne soit mise sous tutelle, le 21 mars 2016, par la banque centrale russe.

 

Or c'est justement durant cette période que s’est produit un événement étrange. Comme nous l'avons déjà raconté, le 18 mars 2016, l'emprunt de 9,4 millions d'euros contracté par le FN auprès de la FCRB, a été racheté par Conti, une obscure société moscovite de location de voitures, sans que l’argent ne soit versé dans les caisses. C'est une pratique bien connue en Russie : elle consiste à vider de sa substance une banque avant qu’elle ne disparaisse, via des sociétés bidon, permettant à certains titulaires d'emprunts de ne jamais rembourser leurs dettes. À travers ce schéma, les soutiens de Marine Le Pen en Russie ont-ils trouvé la formule qui permettrait au Front national de bénéficier de dons sous couvert de prêts ?

La First Czech Russian Bank (FCRB), première banque russe du FN aujourd'hui sous enquête pour détournements de fonds à vaste échelle © Google Street View

Détail particulièrement troublant, c'est la veille du rachat de la créance du FN par Conti, le 17 mars 2016, que Jean-Luc Schaffhauser et Vilis Dambins – un intermédiaire letton et proche du sénateur et conseiller de Poutine Alexandre Babakov – se sont rencontrés à Genève. Lors de ce rendez-vous secret que nous révélons aujourd'hui, il s'agissait de trouver des banques capables de prendre la relève de la FCRB dont les jours étaient alors comptés. Les deux hommes ont-ils évoqué le tour de passe-passe autour des 9,4 millions d'euros ? 

Interrogé par Mediapart, l’eurodéputé dit ne plus se souvenir de la date exacte de son voyage à Genève. Il livre sa version, affirmant que le Front national a été victime d’une malversation. « Des banquiers crapuleux se sont permis de vendre ce prêt (qui avait été accordé par la FCRB) et le FN n’était pas au courant », assure-t-il. « Quand les dirigeants de la société qui avait récupéré notre créance nous ont dit “C’est à nous que vous allez maintenant payer”, j’ai dit : “Ça pue la combine ! Il faut s’adresser à la banque centrale pour savoir ce que nous devons faire !” Je connais bien la Russie. On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace ! », poursuit-il.

Selon lui, le FN s'est alors adressé à Elvira Nabuillina, la présidente de la Banque centrale russe. Cette dernière aurait conseillé de ne surtout rien payer, jugeant que « la cession du prêt était frauduleuse ». Depuis, l’Agence d’assurance des dépôts bancaires russes (ASV), l’organisme étatique qui est chargé de la liquidation de la FCRB, dit avoir repris les choses en main pour faire annuler cette cession. Elle s’est adressée à la Cour d’arbitrage de Moscou, et une audience doit se tenir le 1er août 2017. En attendant, comme nous l'avons appris, le paiement des intérêts du prêt est suspendu. Jean-Luc Schaffhauser affirme cependant que le FN continue à verser l'argent des intérêts sur « un compte séquestre ».

Plus ahurissant encore, l'eurodéputé affirme que les mystérieux « nouveaux propriétaires » de la créance « se sont présentés comme agissant sur ordre du pouvoir politique »« J’ai chargé un de mes collaborateurs qui parle russe d’enquêter, et j’ai découvert que c’était cousu de fil blanc et qu'il n'en était rien », raconte-t-il. Qui sont ceux qui voulaient soi-disant compromettre le FN ? « Les autorités politiques, à la fois au niveau français et international, ont empêché Marine Le Pen d’avoir un autre prêt en Russie », répond-il, énigmatique. « J’ai mon idée, mais je ne vous le dirai pas. Vous devez comprendre qu’il s’agit de choses extrêmement sérieuses. Si je me mettais à table, je me mettrais en danger. J’ai une famille et j’ai le droit à l’existence », ajoute-t-il.

À partir de cet épisode, l'intermédiaire français dit avoir mis en garde Marine Le Pen sur le fait que « des gens dangereux et manipulés cherchent à nuire au FN en nous mettant sur la piste de banques pourries qui font faillite ». « Elle m'a répondu : “On n'est sûr de rien, donc on poursuit” », ajoute-t-il. Mais quand on lui fait remarquer que c'est Vilis Dambins, le proche d'Alexandre Babakov, qui l'a mis sur la piste des « banques pourries qui font faillite », il botte en touche en expliquant qu'il croit en « l'honnêteté » de l'intermédiaire letton

En effet, le Front national a poursuivi sans sourciller sa chasse aux millions. D’abord auprès de la Strategy Bank (placé au 241rang dans le classement des banques russes), puis de la NKB (527e rang), dont la réputation était plus que trouble. Depuis plusieurs mois, Mediapart sollicite Marine Le Pen et le trésorier du Front national, Wallerand de Saint-Just, pour obtenir des réponses et éclaircissements. Ils n'ont jamais accepté de nous répondre.

L'énigmatique Dmitri Roubinov

 

Fondée dans les années 1990 par d’anciens proches de Boris Eltsine – dont Yakov Ourinson, l’ancien ministre de l’économie –, la Strategy Bank a eu des ennuis répétés avec la justice. En septembre 2014, elle a été épinglée comme faisant partie des 19 banques russes ayant participé au « schéma moldave », un gigantesque détournement de fonds qui a permis le transfert frauduleux de la Russie vers la Moldavie de 700 milliards de roubles (alors 14 milliards d’euros).

La Strategy Bank à Moscou, la seconde banque du FN, disparue avec un trou de 510 millions de roubles (8,3 millions d'euros) et plusieurs fois épinglée pour blanchiment.

Elle s’en était sortie avec une simple procédure civile et une amende. Elle comptait alors au sein du conseil d’administration le général Valentin Andreev, une légende des services secrets russes, ex-chef du groupe spécial d’assaut Alpha rattaché au FSB. À partir de cette date, les actionnaires historiques ont vu leur part fondre, au profit d’une certaine Irina Roubinov qui, en 2016, contrôlait 73,3 % du capital pour le compte de son mari Dmitri Roubinov – le vrai propriétaire de Strategy Bank comme nous l'avons découvert.

À l’été 2016, c’est Dmitri Roubinov qui a supervisé un projet de prêt de 3 millions d’euros avec le Front national. Le bureau politique du FN avait alors voté à l'unanimité pour obtenir cet argent. Mais en octobre 2016,  Strategy Bank était mise en faillite, laissant apparaître un « trou » de 5,3 milliards de roubles (86 millions d’euros). La demande de prêt a alors été transmise à la NKB Bank (NCB en anglais) que le même Roubinov avait rachetée en février 2016, dans des conditions particulièrement opaques.

La NKB Bank comptait alors dix actionnaires détenant chacun 10 % du capital. D’illustres inconnus. Les recherches menées sur ces personnes aboutissent à des résultats folkloriques : l’une d’entre elles avait une entreprise de commerce de fruits et légumes, l’autre était un petit comptable. On trouvait aussi un bijoutier, et un vendeur de métaux précieux. « Roubinov n’apparaissait officiellement pas comme actionnaire de la NKB, mais il avait placé ses hommes de paille », confie un ancien cadre de la NKB Bank qui a accepté de parler sous couvert d’anonymat. « La NKB a été acquise par Roubinov quand il est devenu évident que la Strategy Bank allait faire faillite. C’est l’argent qui a été sorti de la Strategy qui a servi à acheter NKB », détaille-t-il. « Mais quelque chose d’inattendu s’est produit et ils ont décidé de la mettre aussi en faillite », ajoute-t-il, affirmant ne pas en savoir plus.  

 

Le 29 décembre 2016, la NBK s'est vu priver de sa licence bancaire. Elle avait un passif de 510 millions de roubles (8,3 millions d’euros) et dans le communiqué officiel de la Banque centrale russe (voir ici en anglais), on peut lire que « NKB ne se conforme pas aux exigences en matière de lutte contre le blanchiment de l’argent du crime et le financement du terrorisme », et fait peser une « réelle menace pour les intérêts des créanciers et des déposants ». Le projet de prêt avec le Front national a ainsi encore une fois capoté, comme l'a confirmé lui-même Dmitri Roubinov. « Le crédit de trois millions n’a pas été versé sur les comptes de ce parti (le Front national) », répond-il manifestement interloqué, refusant d’en dire plus avant de raccrocher. Depuis, son numéro sonne dans le vide. La mise en faillite a été prononcée le 17 avril dernier.

Dmitri Roubinov, à droite sur la photo, alors qu'il était encore fonctionnaire de la banque centrale de Russie. Ici, en 2006, lors d'un colloque sur la lutte contre le blanchiment d'argent.

Qui est donc Dmitri Roubinov, ancien actionnaire majoritaire de Strategy Bank et propriétaire de la NKB ? Son parcours aurait dû interpeller à plus d’un titre le Front national. L’homme a commencé sa carrière de banquier comme fonctionnaire. Au milieu des années 2000, il était l’un des responsables de l’antenne moscovite de la banque centrale de Russie et participait même à des conférences sur « la lutte contre le blanchiment d’argent ». Mais parallèlement, il était déjà dans le business.

En 2011, il a été mêlé à une escroquerie immobilière de grande ampleur, fortement soupçonné d’avoir détourné, avec sa femme Irina, des dizaines de millions de dollars qui se seraient évaporés dans des paradis fiscaux. En 2006, des centaines de personnes avaient acheté sur plan des villas qui devaient être construites aux alentours de Moscou, dans la région d’Istrinskii, au sein d’un complexe baptisé « Barcelona ». C'est la société des époux Roubinov qui devait réaliser la construction. Mais cinq ans après, rien n’était encore sorti de terre.

S’estimant grugés, les acheteurs en question avaient envoyé une lettre à Dmitri Medvedev – le président russe de l’époque – et un reportage télévisé avait été diffusé. Ils avaient organisé une action devant le siège de la banque centrale à Moscou, brandissant des pancartes où apparaissait en toutes lettres le nom de Dmitri Roubinov – « Un fonctionnaire de la banque centrale a volé les déposants ? Qui est derrière D.G Roubinov ? » lit-on sur l'une d'entre elles – et réclamant que justice soit faite. Des clichés que l’on peut encore trouver sur Internet.

 

L’affaire a finalement été enterrée et Dmitri Roubinov n’a jamais été inquiété. Il a quitté la banque centrale et a pu poursuivre incognito ses activités au sein de la Strategy Bank puis de la NKB Bank. Jusqu’à ce que les deux établissements qui devaient créditer le Front national ne disparaissent à leur tour, emportant avec eux leurs secrets.

02 mai

Va falloir rembourser

Service non rendu

Voilà que nos amis, les fameux et si mal nommés Républicains, sont devant problème commercial. Dans ce magnifique panier de crabes qu’est la politique, le cœur est un organe qui encombre et ne permet jamais de monter dans la hiérarchie. N’espérons pas les atteindre par les sentiments : ils en sont totalement dépourvus. Pourtant, ces gens aux comportements souvent immoraux, parfois exécrables, ont encore une petite parcelle d’éthique à défaut d’avoir un cœur, ils veulent rembourser l’argent indûment récolté pendant les primaires.

Seul leur porte-monnaie les touche, à défaut de les convaincre. La conviction est une notion qu’ils ignorent ; ils changent d’opinion au gré des sondages ou bien des circonstances. Pour illustrer leur incapacité à accepter le réel, n’avons-nous pas entendu presque tous les élus de la clique hurler leur admiration à un voleur patenté durant cette campagne calamiteuse ? Ces gens-là n’ont aucune valeur en dehors de celles qui vont dans leurs différents coffres, répartis un peu partout de par le monde. Devant l’évidence, ils s’indignaient, criaient au complot jusqu’à découvrir enfin qu’ils s’étaient fourvoyés derrière une canaille.

Le père la risette du Mans va payer son échec lamentable. Il s’est brûlé les ailes dans ce psychodrame qui fera sans aucune doute l’objet d’un prochain film. On ne peut échapper à la chose. Adieu, château dans la Sarthe : le peuple en colère va confisquer la propriété et il sera heureux de ne pas y perdre la tête. Nous sommes revenus aux abus de l’Ancien Régime et les gueux peuvent sortir de leurs gongs. Nous avons, face à nous, un détrousseur pathologique : le fidèle collaborateur du chef de la bande organisée, celui qui a quitté l’Élysée avec du mobilier national et un gros pactole à vie.

Que faire devant ces tristes sires ? En d’autres époques, des têtes auraient fini sur des piques. Ce serait leur faire trop d’honneur : ils s’élèveraient une dernière fois au- dessus de nous, nous toiseraient de cette morgue qui les a toujours caractérisés. C’est au porte-monnaie qu’il faut frapper sans nuance, sans pitié. La prévarication a assez duré ! Reprenons ce qu’ils ont détourné depuis si longtemps.

Mais un nouveau problème se pose. Ces joyeux gredins ont réussi le tour de force de soutirer quatre euros à quatre millions de personnes : des naïfs qui croyaient encore à l'honnêteté de ces margoulins en se faisant les comptables d’une primaire qui n’aura servi à rien. C’est avec un énorme éclat de rire rétroactif qu’on se souvient qu’ils réclamaient de signer une charte des valeurs pour détrousser ces braves gens. La belle opération commerciale était censée désigner le champion, le nouveau chef de bande, l’antonyme de Mandrin : celui qui prend aux pauvres pour donner aux riches. La ponction a eu lieu, la tromperie est patente ; ce n’était qu’une quête factice pour une défaite historique

Les bons catholiques que voilà ! ils tendent la main pour que ce denier du culte aille gonfler leurs petites combines, leurs merveilleux meetings, leurs frais de bouche toujours aussi somptueux, leurs déplacements qui ne se supposent qu’au-dessus de la mêlée :en avion, si possible privé. Seize millions d’euros qui viennent gonfler les cadeaux des généreux donateurs, ceux-là même qui auraient eu généreusement droit à des renvois d’ascenseurs si la victoire avait choisi leur caste.

Dans l’autre camp primaire, la catastrophe est plus lamentable encore. Ce n’est plus un échec, c’est une déroute. Le vainqueur des primaires socialistes est lui aussi à terre, laminé, trahi, détruit à tout jamais. Qui va rembourser ces pauvres souscripteurs trompés de cet autre côté de l’échiquier ? Les primaires sont nulles et non avenues. L’argent doit être rendu selon les lois du commerce puisque le service n’a pas été rendu. J’attends avec impatience la réaction de cette bande de coupe-jarrets.

Nous avons le bonheur de vivre en direct la déliquescence d’un système mafieux qui a fonctionné bien trop longtemps. Le bipartisme est mort ; à la morgue habituelle de ces détrousseurs de subventions publiques, ils ont ajouté la magouille des primaires payantes pour le résultat qu’on connaît désormais. Les élections se gagnent habituellement par l’argent et une notoriété de façade.

Cette fois c’est un blanc-bec, ami des banquiers et des milieux d’affaire, qui a bouleversé la donne, tout en dissimulant ses subsides. Il convient de tout balayer, de changer de République, de dissoudre les partis politiques : ces organismes factieux et cupides. Le vent de la révolte souffle. Le temps est venu d’éliminer ces détrousseurs à la petite semaine, ces parasites professionnels, ces vieilles badernes depuis trop longtemps en place. Le temps d’un changement radical ne va plus tarder.

Ils vont tous payer et très cher, en dehors des urnes qui ont, une fois encore, laissé la place à une illusion, un candidat avatar, un hologramme charmant mais inconsistant ! La première exigence est le remboursement du racket des primaires. Pour la suite, des législatives sortira un tel désordre, un parlement ingouvernable que rien ne se passera comme espéré. Nous aurons encore des surprises et le gentil banquier à la gueule d’angelot devra bien vite dissoudre, et le cirque recommencera jusqu’à ce dissolve enfin cette République des margoulins.

 

Réglementdecomptement leur.

27 Avril 2017

Un échec cuisant pour François Fillon...

Un échec cuisant pour la droite et le parti Les Républicains, dimanche soir : le candidat de la droite François Fillon, qui obtient environ 20 % des voix, arrive en troisième position, derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
 
L'échec est d'autant plus cuisant que le droite comptait, en vertu de la sacro-sainte alternance, remporter cette élection présidentielle.
 
Un échec qui s'explique par la personnalité du candidat de la droite dont on a découvert les replis, les ombres, tout au long de la campagne électorale : des mensonges, des reniements, des approximations...
 
Les affaires ont terni l'image de ce candidat opaque, qui avait fait de l'honnêteté et de la probité, ses arguments de campagne...
 
Par ailleurs, le programme de François Fillon, dans sa radicalité, ne pouvait correspondre aux attentes des français. 
 
Une purge qui visait les gens les plus modestes, qui leur imposait des sacrifices, une chasse aux fonctionnaires qui rappelait la gouvernance d'un certain Nicolas Sarkozy...
Un programme qui ne tenait pas compte des difficultés des français : on se souvient de cette confrontation entre François Fillon et des infirmières d'un EHPAD, une scène glaçante au cours de laquelle le dialogue s'était révélé impossible...
 
On y avait vu un Fillon rigide, froid, dénué d'humanité.
 
L'humanisme, c'est sûrement ce qui a manqué aussi à ce candidat dans sa façon de communiquer ainsi que dans son programme.
Les français sont attachés à un esprit de justice et d'équité et ne se sont pas retrouvés dans les propositions extrêmes du candidat de la droite.
Les français n'aiment pas les extrémismes : ils les ont toujours condamnés...
 
A l'inverse, Emmanuel Macron a su jouer sur les émotions, avec des déclarations assez contrastées, cherchant à séduire des électeurs de sensibilités différentes.
Une tactique qui a joué en sa faveur, sans doute...
 
Rigide, orgueilleux, François Fillon n'a pas réussi à rassembler les électeurs de la droite : il appelle tout de même à voter pour Emmanuel Macron, au second tour.

François Fillon annonce son retrait de la vie politique : "Je vais redevenir un militant de cœur parmi les autres. Je vais devoir penser ma vie autrement, panser aussi les plaies de ma famille", a-t-il affirmé.

Mais on sait ce que valent ces déclarations de renoncement... elles sont vite oubliées par les hommes politiques...

 

Désormais, la guerre est ouverte chez les Républicains : qui va prendre la tête de ce parti ? Qui remportera les parts de gâteau ?
Les législatives vont mobiliser la droite et les ambitions vont, à nouveau, s'exacerber...

26 Avril 2017

Marine Le Pen, la France Bleue Sang Rouge...

Par Jean Mohamed De La Bastille 

Il est des symboles qui en disent bien plus que tous les grands discours. Le Front National a choisi le bleu Marine. Ce choix n’est pas anodin et trahit les véritables intentions de Marine Le Pen. Il ne s’agit pas pour moi, dans cette tribune, de vous faire le coup du père la morale. Je ne vous parlerai point de racisme, d’antisémitisme ou d’homophobie…En effet, j’estime que les français ont déjà mis ces idées nauséabondes sur le trône avec Nicolas Sarkozy. J’estime, en outre, que la France n’est pas raciste. Elle se laisse simplement polluer par les plus criards, les plus haineux, les plus frustrés qui, très souvent, sont les moins instruits…Que ce soit une caille de banlieues qui crie « Sale juif » ou un pecno démunis intellectuellement qui veut renvoyer les arabes chez eux, ce qui est effrayant, c’est la misère intellectuelle dans laquelle on laisse trop de français…

 

Point de morale donc. Ni plus de procès en diabolisme. Non, il s’agit dans cet article, de faire de la prospective, d’essayer d’envisager ce que serait la France de Marine Le Pen…Et le constat est sans appel : si Marine Le Pen est bien plus modéré que son père, son Fn est bien plus raciste et surtout beaucoup plus violent !

Le bleu a une valeur bien particulière dans l’histoire de France. Il représente la noblesse. En effet, Clovis aurait choisi cette couleur en hommage à Saint Martin, ancien évêque de Tours au IVème siècle. Par la suite, le fond des armoiries de la famille royale de droit divin sera bleu. A la fin du XIIème siècle, le bleu est associé à la vierge dont le culte ne cesse de croître en Occident. Le bleu a donc une signification clairement religieuse, chrétienne…D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si la noblesse française consacra le bleu comme la couleur qui lui permet de se distinguer du peuple, des gueux et autres roturiers…Longtemps, on dénomma ces héritiers qui se targuait d’avoir la peau blanche sur laquelle on pouvait distinguer le bleu des veines, des « sang bleu »…Fier de d’être grassement payé à ne rien foutre à l’instar de Pénélope, on pouvait repérer un noble à sa peau blanche qui n’a jamais eu à être buriné par le soleil qui assomme alors les paysans dans les champs…

Marine Le Pen est effectivement de ceux-là et d’ailleurs cela n’est point surprenant que la filiation ait une place de prédilection dans son système de pensée : elle est l’héritière d’un rentier, il est normal qu’elle défende l’héritage comme projet de société. Il est normal qu’elle souhaite distinguer un français de souche d’un français basané…

Mais le bleu que l’on retrouve sur notre drapeau national ainsi que sur le blason de la ville de Paris a une autre signification : la castagne ! Le bleu est la couleur des milices créent sous la révolution française. On touche là à un symbole fort de l’histoire de France car ce bleu représente comment la haute bourgeoisie et la haute noblesse faussement révolutionnaire ont volé la révolution au peuple par la violence. Dès le début de 1789, des villes et bourgs de province organisent des milices pour lutter à la fois contre les complots aristocratiques et les soulèvements populaires. La première Garde nationale créée est celle de Paris, le 14 juillet 17891. Craignant un débordement populaire, la municipalité de Paris décide de canaliser la tension montante en créant une garde parisienne. De nombreux volontaires issus des couches les plus aisées de la société y adhèrent spontanément. Cette milice bourgeoise joue un rôle très important dans la journée du lendemain, lors de la prise de la Bastille. La révolution française n’a jamais été une révolution du peuple. Elle a été le putsch d’une haute bourgeoisie et d’une haute noblesse qui, jalousant la cour et les courtisans, a pris les armes jusqu’à couper la tête du roi de France. Le peuple n’a jamais été leur souci. D’ailleurs la 1ere république a été le régime le plus meurtrier de notre histoire. Les républicains, Robespierre en tête, n’ont eu aucun scrupule à trucider ce peuple qui réclamait les acquis de la révolution. C’est la le fondement de la république telle que la conçoit Marine Le Pen.

Marine Le Pen ne cesse de prononcer une phrase, qui pourrait être son slogan de campagne au regard de son omniprésence aussi bien dans ses discours que devant les médias, phrase qui n’a peut-être pas assez été mise en relief : « Je veux remettre la France en ordre ». Robespierre aussi voulait remettre la France en ordre et jamais autant de sang fraternel ne coula en terre de France. Des milices ultra-violentes, la guillotine comme démocratie participative, la délation comme voisinage, l’inquisition religieuse…C’est cette France-là que nous propose, demain, Marine Le Pen et il suffit d’écouter ses discours pour s’en convaincre. Si ses discours ne suffisent pas, nous pouvons aussi nous intéresser à la cour qui l’entoure. Personnellement, je n’ai rien contre Marine Le Pen, ni même contre une grande partie des électeurs du Front National. Ce ne sont pas eux qui sont responsables de la misère institutionnelle, de la mafia à tous les niveaux de l’Etat et de l’injustice de classe : ils n’ont jamais été au pouvoir. De plus, Marine Le Pen n’est pas raciste, j’en suis convaincu. Je la crois sincère lorsqu’elle s’oppose aux idées de son père et, j’y reviendrai plus tard, mais beaucoup de ses idées sur la souveraineté de la France, sur l’économie sont très loin d’être absurdes. Mais Marine Le Pen n’est pas le FN, Elle n’en est que l’icône, l’héritière.

Cela fait longtemps que les partis de gouvernements, comme le PS et l’UMP s’autoproclament, se servent de la peur du FN pour abuser le peuple français. C’était d’ailleurs l’une des raisons de mon abstentionnisme militant, las que j’étais, de me prendre une Mitterande dans le cul (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/je-suis-citoyen-donc-je-m-abstiens-149844). Il y a toujours eu en France, cette faction de l’élite qui revendique une république moyenâgeuse, aristocratique, conservatrice, raciste, impérialiste et nationaliste. Cette élite a d’ailleurs été au pouvoir à plusieurs reprises au 19eme siècle, aux commandes de la France colonialiste. Pis, les français ont mis, il y a peu, cette France au pouvoir en élisant Nicolas Sarkozy. Nous avons déjà mis le racisme au pouvoir. Nous avons nous même installé cette France qui se revendique Catholique sur le trône. Nous avons nous même réinvestit les familles d’héritiers, la nouvelle noblesse en élisant Nicolas Sarkozy De Nagy Bocsa.

 

Le résultat fut d’ailleurs éloquent : ministère de l’identité nationale, racines chrétienne de la France, débat sur les religions omniprésentes, l’insécurité en entrée-plat-dessert… Levez les bras en l’air et la tête au ciel pendant que l’on vous fait les poches : 600 milliards de déficit, des inégalités qui accablent aussi bien les chômeurs, les salariés, les petits patrons, les artisans, commerçant que la classe moyenne.

Les français ont donc la mémoire bien courte, de vrai poisson rouge ! Pour ma part, si le mandat de Nicolas Sarkozy n’a pas suffi à leur faire comprendre que le nationalisme comme argument n’était qu’une escroquerie, je suis persuadé que le mandat de Marine Le Pen aura au moins ce bénéfice pédagogique.

Le parallèle ne s’arrête pas là entre Sarkozy et Marine Le Pen : durant le mandat de Nicolas dernier, jamais les faits de violences n’avaient autant augmenté. Et je vous le dis mes amis, si Marine Le Pen est élue, le régime de la violence sera quotidien. Il suffit de s’intéresser à son entourage pour le comprendre. En effet, le bleu cocard risque d’être la couleur de la mandature de la fille Le Pen. Il ne s’agit pas ici d’évoquer les nombreux fachos historiques de la garde rapproché de Jean Marie Le Pen. Si Marine a effectivement viré son père, beaucoup de nostalgique de l’Algérie Française et autres barbouzes qui aiment la castagne, sont restés des piliers du Front National.

 

 

L’un d’eux, qui pour moi est un peu le Goebbels du Fn, J’ai nommé Gollnisch, a d’ailleurs donné un aperçu de sa conception de la démocratie et de la liberté, il y a peu (http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-politique/20150501.RUE8898/fn-gollnisch-attaque-une-equipe-du-petit-journal-a-coup-de-parapluie.html). Ce n’est pourtant pas de cette frange obsolète autant que pétainiste dont je souhaite parler ici. Non, il s’agit plutôt de s’intéresser aux nouveaux arrivants, proches de Marine Le Pen et de Marion Maréchal Pétain, qui sont pour une grande part à l’origine du nouveau fond de pensée du FN.

Bleu cocard, bleu de tocards ! Car c’est bien ce bleu que nous propose Marine Le Pen, le bleu cocard. Ce bleu qui parfois a tendance à virer au rouge, rouge sang. Et il suffit donc de s’intéresser aux nouveaux visages du Front National pour s’en convaincre. Une chose est sûre, ils aiment la castagne. Fini les crânes rasés et les croix gammées. Nos nouvelles têtes pensantes du FN arborent le costard et prêtent une attention particulière à prévenir la calvitie précoce. Il n‘en aime pas moins la violence comme argument pour débattre. En effet, une part importante de ces nouveaux arrivants vient des mouvements identitaires. D’ailleurs, c’est sur ces mouvements que s’est appuyé le Front National pour s’emparer des communes rurales aux dernières municipales. Cela fait longtemps que les identitaires ont fait reposer leur développement sur la ruralité. C’est dans les campagnes qu’a infusé longuement le mouvement identitaire. Je le sais de manière certaine puisque j’ai rencontré des identitaires, il y a plus de 10 ans. Nous vivions dans la même région et fréquentions les mêmes sphères estudiantines : la région Lyonnaise. Ils étaient tous issue d’une école de commerce plutôt médiocre et dont le projet était de former des commerciaux à l’international. Eux avaient choisis cette école car l’un de leur rêve était de recoloniser l’Afrique. Ils démultipliaient les associations à but humanitaire… Fallait y penser : l’humanitaire comme nouveau vecteurs de colonisation. C’est ainsi par ce biais que je rencontrai ce mouvement : j’étais en effet invité par l’intermède de ma compagne de l’époque à une soirée des anciens. Probablement, l’une des pires soirées étudiantes que je fis. Nous arrivâmes dans une maison aux abords de Nantua, Haut fief des identitaires et du Front National. Premier choc : les hommes et les femmes étaient séparés. Les femmes s’occupaient sagement des mômes à l’intérieur, dans le salon, pendant que les hommes buvaient des bières autour du barbecue… Je fus bien sur invité à rejoindre les mâles dans la basse-cour. Deuxième effarement : les mâles, tous blancs, rugbymen et bien coiffés, propre sur eux, s’amusaient à se castagner les uns contre les autres. Une belle bande de bourrins. Après quelques allusions à peine voilées sur mes origines, je décidai d’y aller frontalement en leur parlant racisme, immigration, islam… Très vite, ils se lâchèrent et me servirent en dessert tous les poncifs pétainistes totalement abscons. 

 

C’est ainsi que je décidai de m’intéresser à cette mouvance radicale dont on commençait à peine à parler mais qui pourtant se développait à une vitesse ahurissante. Je découvris que cette bande de furieux était bien pire que le Front National de Jean Marie Le Pen ! Bien plus violents, bien plus radicaux ! Ils vouent des cultes à Clovis, à Charlemagne et à Charles Martel ! De vrais malades !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils organisent des camps d’entrainement pour apprendre à se défendre contre les arabes et les noirs, ce qu’ils considèrent être de la racaille (https://fdebranche.com/2016/06/29/salerans-les-riverains-troubles-par-le-camps-dentrainement-dune-organisation-identitaire/).

Tous cela est facilement vérifiable : faites vous-mêmes vos recherches, tapez « Identitaire camp » sur Google ou Identitaire Charles Martel ou encore Identitaire Violences… Et vous pourrez tout seul faire le même constat que moi : si Marine Le Pen est élue présidente, les citoyens français rentreront dans un régime de terreur… Regardez donc les vidéos qu’ils postent sur leur « camp d’été », sur leur rassemblement… Eloquent autant qu’effrayant !

D’ailleurs, cette amour de la violence n’est pas réservé aux militants de base… Non, elle fait aussi partie de la conception de la démocratie, de la liberté que se font ces dirigeants identitaires proches de Marine Le Pen : Philippe Vardon condamné à six mois de prison ferme pour violences, un adjoint au maire FN d’Hayange condamné pour violences sur une adolescente et encore de nombreux exemples de violences notamment politiques exercées par les nouveaux conseillers de Marine Le Pen illustrent ce propos…

 

Le FN nouveau est donc bien là et il en veut en découdre. D’ailleurs, il ne s’en cache plus. A l’instar de Marine Le Pen, il veut « remettre la France en ordre ». Et il s’y active promptement. Remettre la France en ordre : Affirmer haut et fort les racines porcines de la France en organisant des marches des cochons provocatrices (https://vimeo.com/23221794) ou en restaurant de grande fête du cochons comme à Hayange(http://www.lasemaine.fr/2016/09/09/notre-fete-du-cochon-est-populaire-et-identitaire), Remettre la charcuterie et le pinard au centre de la république (http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/06/09/apero-geant-goutte-dor-les-identitaires-et-riposte-laique-font-manip-commune/).

Militis, Militaire, Militer…être prêt à donner sa vie pour défendre ses idées. C’est dans cette iconographie que s’inscrivent une grande partie des nouveaux militants FN qui participent grandement aux réussites électorales du FN. Ils sont très actifs sur les réseaux sociaux. Là encore, je ne peux que vous inviter à vérifier par vous-mêmes en allant vagabonder sur les sites identitaires. La violence et le racisme décomplexé sont omniprésents.

 

Marine Le Pen a très largement fait appel à ces illuminés non seulement pour fonder la nouvelle pensée du FN mais aussi pour être présente sur tout le territoire (http://rmc.bfmtv.com/emission/la-face-cachee-du-fn-sur-c8-les-identitaires-ont-une-place-au-sein-du-fn-ils-infusent-leurs-idees-1122350.html). Les candidats aux élections locales sont de plus en plus issues des mouvement identitaires (http://www.ipolitique.fr/archive/2015/03/11/fn-identitaires-departementales.html).

Militis, Militaire, Milice…Cette bande d’énervés ne se contente pas d’investir le champ politique. Ils entendent bien dès maintenant « remettre de l’ordre ». Occuper la place publique. Imposer leur vision de la démocratie : la violence. C’est ainsi que la milice revient à la mode chez nos soldats de la bêtise. Nonobstant d’en faire la demande express comme sur de nombreux blogs identitaires et frontistes (http://revolution-nationale.micalmos.com/2017/02/25/debarrasser-racaille/) ou de tenter de l’installer comme à Béziers (http://www.liberation.fr/france/2016/01/13/menard-defend-ses-milices-patriotes_1426229) , nos jeunes militants du bleu qui vire au rouge ont d’ores et déjà imposer ces milices à Paris notamment (http://www.liberation.fr/france/2014/03/19/des-identitaires-en-mode-milice_988281).

Et bien sûr, même si ils ne se donnent qu’un rôle sécuritaire, il est évident que si demain, Marine Le Pen arrive au pouvoir, ils ne contenteront pas de quelques ratonnades ou de quelques noirs repeints en rouge, ils remettront de l’ordre dans tous les sens du terme, ce qui signifie en cassant du gauchiste, de l’opposant politique (http://www.lachroniquerepublicaine.fr/2017/03/21/agression-apres-le-meeting-du-fn-trois-militants-d-extreme-droite-vont-etre-juges/).

Militis… se battre avec les armes s’il le faut…Cela sera notre pain quotidien si la France bleue Marine arrive au pouvoir. D’ailleurs pour être honnête, ce régime de violence ne sera pas que le fait des militants FN… Non, j’en serai aussi et je ne serai pas le seul. En effet, la violence comme moyen de débattre est déjà une réalité. Les actes de violences politiques n’ont jamais été aussi fréquents que depuis que le FN est devenu le premier parti de France (http://www.la-croix.com/France/Politique/Les-violences-sinvitent-dans-campagne-presidentielle-2017-02-27-1200827994http://www.lexpress.fr/actualite/medias/une-equipe-du-petit-journal-confondue-avec-quotidien-violentee-a-un-meeting-fn_1881467.htmlhttp://www.lepoint.fr/presidentielle/tensions-a-ajaccio-la-salle-du-meeting-de-marine-le-pen-evacuee-08-04-2017-2118239_3121.phphttp://www.fn-hautesavoie.fr/eric-fournier-maire-de-chamonix-appelle-en-renfort-ses-milices-de-gauche/http://www.vierzonitude.fr/Le-Front-national-de-Vierzon-remet-au-go%C3%BBt-du-jour-sa-milice-de-1992.html). Les conseils municipaux FN vire à la guerre civile (http://loractu.fr/thionville/14375-a-hayange-le-conseil-municipal-vire-de-nouveau-a-la-bagarre-generale.html).

C’est à cette France en guerre civile qu’il faut nous attendre si le FN est élu… Pour ma part, je ne suis pas farouchement contre… Je suis un abstentionniste notoire. Je n’ai jamais voté alors que je suis passionné de politique. Même en 2002 lorsque Le Pen père était au second tour de l’élection présidentielle. J’étais alors persuadé que les français allaient alors encore se faire escroquer et que tant qu’à faire, il valait peut-être mieux élire Le Pen pour qu’enfin on en finisse avec les faux débats sur l’immigration, l’insécurité, la délinquance… Le temps me donna raison : Chirac fut élu et la politique s’enfonça toujours plus dans ces faux débats identitaires qui firent élire Nicolas Sarkozy…

Pour être vraiment honnête, j’ai même pensé à voter Marine Le Pen à ces élections pour faire acte de pédagogie envers mes concitoyens abrutis qui votent pour l’extrême droite ou la droite sarkozyste. A force d’être considéré comme un citoyen de seconde zone en tant que français d’origine maghrébine, à force d’être instrumentalisé par nos élites pour détourner l’attention du peuple français sur le braquage d’Etat dont la France est victime, vous comprendrez qu’à un moment, on ait envie d’en venir aux barricades… J’ai pensé voter FN aussi pour virer cette mafia institutionnelle qui abuse le peuple français depuis trop longtemps. Mais virer une mafia institutionnelle pour installer une mafia familiale n’est pas des plus judicieux. Entre des mafieux populistes que sont les Valls, Sarko, Fillon et autres Macron… ou des populistes mafieux à l’instar de la famille Le Pen…

De surcroît, la violence n’a jamais permis d’améliorer la situation d’un plus grand nombre d’entre nous. Bien au contraire. Dans notre histoire, elle a même souvent permis aux plus fortunés de voler les insurrections aux peuples, de détourner les révolutions dans l’intérêt d’autres nantis que ceux qui nous spoliaient…Là encore, la violence donnera le pouvoir au plus criards, aux plus radicaux, aux plus tyranniques.

La seule révolution viable et qui se fera dans l’intérêt de tous, est la révolution par l’éducation. Si le peuple français se fait abuser par ses élites, c’est qu’il le veut bien. C’est nous le peuple français qui avons successivement mis Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy puis Hollande au pouvoir. C’est notre conscience citoyenne qui est en cause. Bien plus que nos dirigeants politiques au final. Eux ne font qu’abuser de notre bêtise. Et la Violence n’y changera rien.

Le bleu, c’est aussi l’azur, c’est aussi la couleur de l’océan, c’est la couleur de notre planète, la terre…C’est de ce bleu que je veux repeindre notre bannière. Nous devons proscrire, ce bleu qui vire au rouge, ce bleu des milices, ce bleu des coups portés à ses propres frères, ce bleu des armoiries en héritage, ce Bleu Marine. La France bleu Marine n’apportera rien à personne, si ce n’est de la douleur, de la haine et de la rancœur.

La France bleu Marine sera une France des milices, des batailles rangées, de la violence politique… Ce sera la France Bleu Sang Rouge.

 

 

Jean Mohamed De La Bastille.

25 Avril 2017

 

Daesh s’excuse d’avoir tiré sur des soldats israéliens !

Selon Al Mayadeen TV, l’ex-ministre de la sécurité en Israël [le général Yalon] a déclaré que Daesh avait tiré sur des soldats israéliens une fois. L’ex-ministre de la sécurité a ajouté imprudemment que Daesh s’était excusé le lendemain pour cet incident. Voir ledessousdescartes.

 On a vu les combattants de Daesh s’attaquer aux armées syrienne et irakienne. C’est normal, ils ont été créés pour cela. Ils se sont attaqués, non seulement aux civils syriens et irakiens, mais aussi aux civils turcs, iraniens, afghans, pakistanais, saoudiens, égyptiens, libyens, tunisiens, algériens, somaliens, etc. Ils assument pleinement leurs actions dans ces pays, parce qu’ils sont terroristes, et un terroriste se doit de terroriser des civils.

Parce qu’ils sont terroristes et qu’ils le revendiquent haut et fort, ils frappent partout dans le monde ; en Afrique, aux Etats-Unis, en Chine, en Russie, en Europe, etc. Selon eux, et ils le disent clairement, aucun pays n’est à l’abri de leur vindicte. Ces dernières années, une de leur cible préférée est la France. Normal, disent-ils (ou disent les analystes de télé), car la France les attaque. Les actions terroristes en France ont tendance à viser plus particulièrement les Français de confession juive. Là aussi, c’est normal : ils sont viscéralement antisémites.

Toutes les horreurs perpétrées par eux à travers le monde et contre les juifs de France sont fièrement revendiquées comme des trophées de guerre. Ne sont-ils pas les ennemis de l’humanité et de la civilisation ? N’ont-ils pas décidé que le monde sera islamique ou ne sera pas, appliquant ainsi les paroles de George W. Bush « vous êtres avec nous ou contre nous » ?

Tout ce récit du parfait petit djihadiste aurait encore pu tenir la route pour un certain temps. Malheureusement pour les amateurs de contes de fées, l’ex-ministre de la sécurité vient d’en démolir toute la construction. Le seul état au monde auquel Daesh, cet ennemi de l’humanité et antisémite de surcroît, présente des excuses pour un tir par inadvertance contre son armée, c’est l’état se disant juif d’Israël. Là encore, les excuses de Daech sont tout à fait normales, puisqu’il s’agissait d’un malencontreux tir ami.

 

 Avic Réseau International

21 Avril 2017

LCI supprime le Replay d’une émission très critique sur Emmanuel Macron

 

L’émission « La Médiasphère » du 3 avril 2017 a été retirée du site de la chaîne d’info en continu LCI. En cause, selon Libération : un démontage en règle, par les chroniqueurs, d'En marche et du Front national. L’émission supprimée a été captée par un internaute et mise en ligne sur YouTube. 

Extraits des piques lancées contre Emmanuel Macron :

 

"Il a pastellisé la campagne (...). C'est plus de la télé réalité, on est revenu à Hélène et les Garçons (...), c'est la cantine de la fac. Lui, il est au milieu de tout ça comme un évangéliste en train de hurler comme un gourou, il est effrayant..."

 

"C'est du marketing politique de très bas étage..."

 

"Quand on regarde sa gestuelle, il imite Nicolas Sarkozy... Il a le programme de Hollande et la gestuelle de Sarkozy... C'est un produit qui a été fabriqué. Il est probablement le jouet ou la marionnette de quelqu'un qui aurait aimé pouvoir se présenter mais qui malheureusement ne l'a pas pu..."

 

"C'est un trou noir... c'est une espèce de force, mais il n'y a rien... c'est un candidat de synthèse, voire un artefact pur et dur... c'est le Triangle de Bermudes..."

 

"Ce type est dangereux, son programme est dangereux..."

 

"Il est le garant de la continuité du programme de François Hollande..."

 

"Macron est coaché par... une folle... On lui a appris à parler marseillais en 48h... Quand il parle du groupe de rap IAM, il ne comprend pas ce qu'il dit..."

 

"Dans les meetings de Macron, on se fait chier..."

 

"Quand il reprend IAM, soit c'est un neuneu (qui n'a pas compris le sens de la chanson), soit c'est du cynisme, beaucoup plus grave et indigne..."

 

"Il est dans la superficialité totale..."

 

"On sent que ce sont des phrases préparées, et qu'il ne se les est pas appropriées... Il interprète un rôle, qui lui a probablement été écrit par d'autres, dont on peut supposer qu'ils sont François Hollande, son épouse et je ne sais qui encore... Finalement, il n'est peut-être pas autre chose qu'un comédien de planches qui interprète un rôle que d'autres veulent écrire pour lui..."

 

"C'est une arnaque les sondages, ça ne représente personne, ils se plantent depuis dix ans..."

 

"Macron nourrit l'abstention... car c'est du foutage de gueule..."

 

"Il s'est trompé de cible marketing, il a fait une campagne depuis le début pour les journalistes, pour les médias... Il a fait une campagne pour les leaders d'opinion..."

 

Sur Marine Le Pen :

 

"Elle irradie l'écran par rapport à Macron, c'est terrible, elle est super forte..."

 

"On parle d'un parti qui a organisé une fraude fiscale à grande échelle, avec des sociétés-écrans qui vendent des kits de campagne qui sont remboursés avec l'argent public, donc c'est une escroquerie à grande échelle..."

 

"Elle a tapé dans les poches... pour pouvoir nourrir des gens qui ont des noms à particules... on parle de noblesse installée..."

 

"Son père est un magouilleur, c'est un grand enfumeur, sa fille est pareille... va savoir si les deux soeurs c'est pas la même chose aussi..."

 

 

"Y a deux grands populistes aujourd'hui, qui sont elle [Marine Le Pen] et Macron..."

20 Avril 2017

Dans la tête de François Fillon

 

Par Laurent Sabbah 

Le François Fillon de ces derniers mois ne peut pas se décrypter avec les lunettes de la rationalité et du discernement. L’enchaînement des incohérences et des contradictions n’aurait alors aucun sens. Et ils en ont un. L’homme et sa posture, qui est souvent une imposture, n’entrent plus dans un cadre où le raisonnement suffirait à comprendre des attitudes et des comportements devenus illisibles.

L’objectif de François Fillon n’est pas de gagner ou de perdre la Présidentielle. L’hypothèse pourrait surprendre. Elle est contre-intuitive. Cet enjeu est secondaire. Son enjeu majeur, et même vital, est de sauvegarder une intégrité psychique attaquée de toute part. Pour reprendre, la conclusion de Spinoza sur l’aspiration des hommes : chacun « s’efforce de persévérer dans son être ». En clair exister. Ne pas se fragmenter puis s’effondrer de l’intérieur. Tenir debout. Tenir bon. Ne pas s’autodétruire mentalement. L’objectif de l’ancien premier ministre serait celui-là. Seule cette hypothèse est à même de rendre compréhensible la stratégie de communication du candidat, sa résistance inhumaine et, plus largement, sa démarche politique obstinée.

Les indices contenus dans une communication riche en déclarations sont signifiants. Les spécialistes de ce domaine le savent : l’on communique ce que l’on est. Les abords de l’âme se révèlent au détour d’un mot, d’une formule ou à travers la grammaire du corps. Ces traces laissées au fil des phrases confirment bien que la communication se situe au carrefour de la psychologie et de la politique.

Jusqu’au bout !

« J’irai jusqu’au bout ! » n’a-t-il cessé de marteler durant des mois. La curiosité conduit à se demander ce qu’il y a derrière un message répété en boucle et tellement fondamental pour son locuteur. Elle est trop simple pour ne pas être complétée par une autre interrogation : au bout de quoi au juste ? Parler uniquement du scrutin présidentiel semble limitatif. La complexité de l’esprit ne peut se nourrir de ce type de raccourcis. Elle ne serait pas rassasiée. « Le bout de quoi ? » Peut-être le bout d’un rêve, le bout d’une image de soi idéalisée, le bout de l’honnête homme qui ferait le lien entre une image voulue, vertueuse, et une image perçue, vénielle.

Seul

« Je suis le seul … à proposer une alternance, à vouloir agir, à incarner une vraie rupture, à avoir un cap, à proposer un espoir, qui peut avoir une majorité, qui veillera à notre fierté nationale, qui ait autre chose à proposer à la France qu’un écran de fumée ou un statu quo déplorable… » Cette litanie de « je suis le seul » est étrange pour un homme pudique qui d’un coup fait montre d’un narcissisme débridé. Nous pourrions entendre, « je suis seul ». Un aveu pour retrouver une cohérence avec son parcours de solitaire, d’homme secret et discret qui lui a été longtemps reproché. La suite des phrases pourrait révéler les états de son âme. D’un homme déboussolé d’avoir été démasqué et ayant perdu le « cap » alors que « l’écran de fumé » se dissipe. D’un homme au bord de la « rupture » et dont la « fierté » a été meurtrie. En parlant de la France et de son programme, il parlerait de lui. Il chercherait une alternative, une ligne de fuite pour reconquérir son intégrité et sauver sa peau.

Sublimer son « moi »

Retour au 29 novembre dernier. A la surprise générale, l’ancien premier ministre remporte haut la main, et avec 44% des suffrages, les primaires de la droite et du centre. Il était à 10% quelques mois auparavant. Il était moqué. Pour un esprit normalement constitué, et une fois passées les émotions fortes, ce triomphe ouvre un accès royal à la fonction de Président de la République. Le doute n’est plus permis ou alors par coquetterie et fausse modestie. Cela ne semble pas être le genre de la maison. Le rêve d’une vie est à portée de main. Celui dont l’éducation verrouillait les émotions allait pouvoir se délivrer en sublimant son « moi ». Cet horizon ne faisait pas de doutes.

Quelques mois plus tard, patatras, l’impensable se produisit. Le Penelopegate, il serait plus de juste de parler de Fillongate, et ses multiples rebondissements fracturent l’accomplissement du « presque » Président. Un mécanisme décrit par Karen Horney, psychanalyste allemande, se met en route : « Si vous voulez être fier de vous, alors faites des choses dont vous pouvez tirer fierté ». Et l’homme de la Sarthe n’est pas fier de lui. Il serait même pris par un sentiment de honte. Une honte, une culpabilité qui le conduirait sur le chemin destructeur du « mépris de soi »

Péché capiteux

Seul recours désormais : la pénitence. « Je suis chrétien » affirme-t-il comme ultime aveux. Une déclaration inhabituelle pour un candidat. Une déclaration en forme de confession. Confession d’un péché d’orgueil, d’un péché d’argent, d’un péché capiteux. L’homme est nu. Il ne peut plus reculer et doit aller « jusqu’au bout ! ». Au bout de sa pénitence. Au bout de sa mortification, au point même de faire référence à un suicidé que tout sépare : Pierre Bérégovoy. François Fillon ne sait plus où trouver une rédemption pour reconstituer une estime de soi disparue. Le désespoir le conduit à prononcer des mots et à mener des actes incohérents. Et de se souvenir, de cette humiliation devant 65 millions de français lorsqu’il fut traité par son patron, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, de simple « collaborateur », lui, le Chef de Gouvernement d’une des plus grandes nations du monde ! Silence et bouche cousue. Trop cousue. Trop longtemps. Alors, lorsque vient l’heure de la résurrection, la victoire se rapproche, il n’est pas question qu'elle « nous soit volée » sauf à admettre de voir se dérober ce qu’il reste du respect de lui-même.

Dans un ultime aveu, il en viendra à le dire « Je ne vous demande pas de m’aimer... » Mais personne ne lui avait formulé un besoin d’amour pour lui accorder, en contrepartie, un bulletin de vote. C’est pourtant l’histoire qu’il s’est raconté et a voulu partager. Un homme qui parle d’amour durant une campagne qui en manque tant, de mort, de Di.eu en s’affiliant à « Sens Commun » (anti mariage pour tous, anti-avortement) qui le sauva des eaux un après-midi au Trocadéro. Un homme qui ne renonce pas pour aller « jusqu’au bout » et qui ne cesse de le clamer, en ânonnant inlassablement ses discours semaine après semaine, devrait être écouté, au moins par charité judéo-chrétienne. Cet homme et ses tourments intérieurs mérite-t-il d’accéder à la fonction suprême ? Il mérite en tout cas d’apaiser ses intimes turbulences. La communication poussée aussi loin révèle des vertus psychanalytiques. Sera-t-elle capable de panser les blessures profondes de l’âme ? S’il gagne, il deviendra un monarque républicain absolu. A l’inverse, son camp le clouera au pilori. Dans un cas comme dans l’autre, le chemin de croix intérieur se poursuivra pour … « aller jusqu’au bout ! »

 

*Laurent Sabbah, Conseiller en communication, formateur et auteur de « La communication expliquée à mon patron » Johnson & Brownson Publishing, 334 pages, Amazon.fr

15 Avril 2017

Au bistro de la Toile : « On peut ga-gner ! On va ga-gner ! »

- Bon, Victor. Il va bien falloir s’en choisir un de guignol pour les cinq prochaines années. Pas facile…

- Pour bien choisir, Loulle, on met tous les éléments sur la table. Puis on détermine ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. Ça, c’est le côté « raison ». Mais il y a aussi le côté passion, impulsif.

- Moi, je ne sais pas encore ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas.

- C’est déjà ça. Donc tu élimines. Si tu as une culture nationaliste, autoritaire, tendance facho, tu vas éliminer d’autorité Mélenchon, Hamon, Poutou, Arthaud, Lassalle. Si tu as la fibre justice, égalité, ouverture, tu vas éliminer Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan, Asselineau, Cheminade, Macron.

- Bon, on retrouve donc le clivage droite-gauche. Rien de nouveau…

- Si, il y a du nouveau. Les sondages – qui valent ce qu’ils valent mais qui donnent tout de même de grandes indications – montrent un rejet de ceux qui représentent les partis en place, soit Fillon pour LR et Hamon pour le PS. À partir de là, pour bien choisir, il faut revenir à la règle du jeu de cette élection. La Présidentielle est impitoyable. On n’est pas aux Jeux Olympique où il suffit de participer. Il n’y a pas de podium, pas de places d’honneur. Il n’y a que deux sélectionnés au premier tour, et un seul vainqueur au second. Donc ton choix doit être efficace, sinon il ne servira à rien. L’éventail se referme dès lors considérablement. Par ordre alphabétique : Fillon, Le Pen, Macron, Mélenchon. Tous les autres ne peuvent que neutraliser ton bulletin. Sauf à seulement vouloir faire un vote de témoignage. Après, à toi de voir selon tes affinités.

- Selon ta théorie du rejet des partis « de gouvernement », on peut encore éliminer Fillon, ancien Premier ministre et Macron, ancien ministre. Resterait donc en finale Mélenchon et Le Pen ?

- C’est une hypothèse qui n’est plus à prendre à la rigolade.

- Il y a aussi un truc qui me gonfle les aliboffis, c’est cette acceptation fataliste du fait Le Pen. Les médias comme les candidats semblent avoir accepté l’inéluctable victoire de Le Pen au soir du premier tour ! Ils poulidorisent tous. C’est incroyable comme attitude, non ?

- Je suis bien d’accord avec toi, Loulle. Ils semblent tellement sûrs que Le Pen ne franchira jamais le « plafond de verre » des 50 % au second tour, qu’ils se foutent comme de leur première magouille du fait qu’elle puisse virer en tête, ce qui donne pourtant un avantage psychologique évident. Personne, ou pas grand monde, ne souligne les magouilles de cette PME familiale qui prospère sur les embrouilles. Personne ne met en avant son lourd héritage collabo. Personne ne met en évidence que c’est chez les quelques élus de ce parti que l’on trouve le plus de « mis en examen ». Personne ne parle de son programme bâti sur des mensonges : le programme social volé à Mélenchon et qui ne sera évidemment jamais mis en oeuvre, une sortie de l’Europe qui renverrait la France au niveau du Monténégro. Personne ne met en garde contre le bouton nucléaire mis dans les mains de la Führere.

- Alors, le vote « efficace », c’est quoi ?

- Si tu es tendance facho, c’est Le Pen. Si tu es tendance ultralibérale, c’est Macron. Si tu es de gauche, c’est Mélenchon.

- Tu crois qu’il pourrait arriver en finale ?

- Oui. Sans être d’un optimisme béat, c’est fort plausible. À une condition : que les électeurs fassent par leur bulletin ce que les candidats Hamon et Mélenchon n’ont pas fait : l’unité. C’est-à-dire que tous ceux qui voulaient voter pour Hamon – dont le programme était novateur mais qui a été saboté par son propre parti, comme Ségolène jadis – changent leur bulletin pour celui qui sera le seul représentant de la gauche capable de disputer une des deux places en finale aux trois représentants de la droite. C’est d’autant plus jouable, et gagnable que, justement, en face, ils sont trois à se partager les suffrages des électeurs de droite. Une telle conjonction des planètes ne se reproduira pas de sitôt.

- Eh bien, je crois qu’on a bien éclairci les choses, Victor. L’avenir n’est pas si sombre que ça. À la nôtre, je mets ma tournée !

 

- À la nôtre. Et Banzaï !

12 Avril 2017

Les multinationales à l’assaut des États

 

Pendant les péripéties électorales, les affaires continuent. Non, il ne s’agit pas des « affaires » glauques de M. Fillon ou de Mme Le Pen mais des Affaires, les vraies, celles de ceux qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Et ces affaires-là sentent surtout le pétrole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les firmes multinationales ont-elles encore un quelconque intérêt à ménager les États ? De moins en moins avec la primauté politique actuelle des gouvernements ultralibéraux qui sévissent de par le monde dit démocratique. Ces pays sont gérés – et non plus gouvernés – par les politiciens véreux dont les banksters et les multinationales agitent les ficelles. Ces derniers n’hésitent pas à ruiner des pays, à saccager la planète voire à déclencher des guerres afin de satisfaire leur avidité de profit à court terme.

Quelques exemples ? La guerre de Syrie, sous le faux nez d’un conflit religieux, est sous-tendue par le passage ou non de gazoducs et d’oléoducs. Le gaz est devenu, plus encore que le pétrole, la principale source d’énergie en ce XXIe siècle, que ce soit comme solution de rechange au pétrole en raison de la diminution des réserves, ou comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les différentes puissances anciennes ou émergentes est à la base d’un conflit international dont la manifestation est régionale. Actuellement le potentiel du pouvoir ne réside plus dans l’arsenal militaire nucléaire, mais plutôt là où se trouvent les ports d’exportation de l’énergie. Et, c’est ce qui explique le mieux la rivalité russo-américaine au Moyen-Orient. Projet de création des ouvrages de transport de produits pétroliers et gaziers North Stream et South Stream pour les Russes, projet concurrent Nabucco pour les Étasuniens.

Autres exemples ? La mise sous tutelle des États à travers les mécanismes de résolution des litiges État investisseurs, ou ISDS (pour Investor-State Dispute Settlement, en anglais). L’arbitrage signifie que deux entreprises, en désaccord sur un sujet, soumettent leur litige à un jury commercial, qu’elles désignent elles-mêmes, pour juger laquelle des deux a raison selon les termes du contrat qui les lie. Mais par le même mécanisme les investisseurs peuvent poursuivre un État s’ils estiment avoir été traités de manière inéquitable. Les multinationales se voient ainsi donner le pouvoir sans précédent d’échapper aux lois, à travers une sorte de système de justice privatisée contre lequel aucun appel n’est possible.

Ainsi, l’Italie est poursuivie devant un tribunal d’arbitrage international par Rockhopper Exploration, une compagnie britannique pétrolière et gazière qui lui réclame des dommages et intérêts. En cause : l’interdiction votée par le Parlement italien en janvier 2016 de toute nouvelle activité d’exploration et de production à moins de 12 mille marins de la côte, soit une vingtaine de kilomètres. Mais attention, la multinationale ne poursuit pas l’État italien devant un tribunal d’arbitrage international pour des dommages concernant des investissements déjà effectués mais pour « des dommages financiers très importants » sur la base de ses potentiels futurs profits et non des investissements passés !

Ce type de demandes de compensation de la part de multinationales se multiplie, en particulier sur le pétrole, le gaz ou l’exploitation minière, des secteurs que tentent d’encadrer les législations environnementales et de protection des travailleurs. En Europe, le géant suédois de l’énergie Vattenfall réclame plus de 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne en compensation de sa décision de sortir du nucléaire.

Ces situations ubuesques sont de puissants leviers pour intimider un État qui menacerait les intérêts des tentaculaires compagnies multinationales et leurs complices financiers. Elles s’appuient sur un discret mécanisme mis en place pour régler les litiges entre États et investisseurs : l’« ISDS », pour Investor-State Dispute Settlement, intégré dans tous les traités commerciaux, dont celui en négociation entre l’Europe et les États-Unis (Tafta) et celui signé avec le Canada, le Ceta. Les multinationales bénéficient ainsi, à travers ce mécanisme, d’un pouvoir sans précédent pour échapper aux lois.

Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner.

En creusant la question, on découvre qu’un pays européen est devenu la plaque tournante de très nombreuses procédures des multinationales contre les États. Ce pays, c’est les Pays-Bas. Celui-ci abrite un maximum de sièges sociaux fictifs ou non et de filiales sans activités réelles d’entreprises transnationales. Ces firmes signent discrètement un traité d’investissement avec les Pays-Bas qui prévoit la possibilité, pour tous les investisseurs néerlandais qui auraient l’impression de ne pas avoir été traités de manière équitable par leur pays hôte, de le convoquer devant un jury d’arbitrage. Une procédure qui s’inscrit dans le cadre de la Banque mondiale.

Les Pays-Bas sont ainsi devenus le pays d’origine du plus grand nombre de procédures ISDS. Pas moins de 16 % des cas soumis au cours de l’année 2014 l’ont été par des firmes néerlandaises. « Néerlandais » est toutefois un terme relatif dans ce contexte. L’analyse détaillée de ces investisseurs montre que plus des deux tiers sont des filiales fantômes, n’existant que sous la forme de boîtes à lettres. Seulement une sur six est véritablement néerlandaise.

N’y a-t-il pas là des questions impératives à résoudre afin que l’Europe cesse d’être un machin détesté par les populations pour redevenir un formidable espoir ?

Entendez-vous, dans les carcagnages entre candidats, ce genre de questions être débattu ?

Non. Jamais. L’important, c’est que Poutou n’ait pas de cravate…

 

Sources :

http://www.bastamag.net/Une-multinationale-petroliere-poursuit-l-Italie-pour-avoir-protege-son-littoral

http://www.bastamag.net/1-5-Quand-des-multinationales-s-attaquent-aux-Etats-pour-accroitre-leurs

http://www.bastamag.net/Ce-petit-milieu-d-avocats-d-affaires-qui-gagne-des-millions-grace-aux-traites

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

08 Avril 2017

Les Français éliront-ils le mis en examen Fillon ?

Fait unique dans les annales de l’élection présidentielle, le candidat Les Républicains, mis en examen, pourrait devenir le prochain président de la République et échapper pendant cinq ans aux poursuites judiciaires. De quoi donner raison à Philippe Poutou.

Qu’est-ce qui pèsera le plus dans le choix final des électeurs de droite au moment d’aller voter ? Nous étions plusieurs observateurs à nous poser la question, avant la primaire de la droite, lorsqu’il y avait encore une probabilité que Sarkozy, lui-même mis en examen, puisse être désigné candidat de LR. Parmi ceux qui, chez les concurrents de l’ancien chef de l’Etat, participaient de cette légitime interrogation, arrivait en bonne place un certain François Fillon, son ancien Premier ministre. Lors d’un discours, chez lui, à Sablé-sur-Sarthe, fin août 2016, il fustigeait son ancien maître à penser, jetant le doute sur sa légitimité à représenter la France, par cette charge : « qui imagine De Gaulle mis en examen ? »

Ironie du destin de cet homme, qui se disait probe, le boomerang que lui-même a lancé contre Sarkozy lui revient sans ménagement, en pleine face. A son tour pris dans la tourmente d’affaires judiciaires, elles valent à l’empressé contempteur d’être mis en examen, ainsi que son épouse et son ex-suppléant. Un retour de bâton, qui aurait pu paraître cocasse entre deux frères ennemis, s’il ne s’était agi d’infractions graves, défiant la morale publique, comme en témoignent les motifs de cette mise en examen :

·         « détournements de fonds publics, complicité et recels d'abus sociaux ainsi que manquements aux obligations de déclaration à la Haute autorité sur la transparence de la vie publique. »

·         Le 16 mars, le parquet national financier a délivré un réquisitoire supplétif pour « escroquerie aggravée, faux et usage de faux ».

·         L’enquête a également été élargie « au trafic d’influence. »

·         S’agissant des détournements de fonds publics, la justice reproche au candidat à la présidentielle d'avoir employé son épouse et deux de ses enfants pour des tâches que ces derniers n'auraient pas réellement effectuées. 

 

Les troupes LR, mal barrées, encaissent, avant la Bérézina

Or, voilà un politicien qui, jusqu’aux premières révélations accusatrices du Canard enchaîné, courant janvier, drapé de la tunique immaculée, s’était attribué le rôle de l’incorruptible chevalier blanc. Se pensant hors d’atteinte, il s’était fait le chantre de la morale, laquelle, selon lui, devait primer sur l’ambition politique. Il ne prônait rien moins que le renoncement à se présenter à présidence de la République pour tout homme politique ayant maille à partir avec la justice, a fortiori, ceux sous le coup d’une mise en examen.

Revirement spectaculaire de Fillon, après sa désignation comme candidat LR, le 27 novembre. Alors qu’il avait laissé entendre à son camp, qu’il se retirerait en cas de mise en examen, conformément à sa prise de position, Fillon annonce finalement son maintien, quelle que soit la décision des juges d’instruction, lesquels confirment sa mise en examen effective le 15 mars. Le trouble qui, les semaines précédentes, au rythme des révélations hebdomadaires du palmipède, s’était emparé des caciques du parti, secoue dès lors toute sa famille politique. Laquelle, sous la pression de quelques ténors, prépare à la hâte un plan B, avec Juppé pour le remplacer. Ce sera l’échec !

« Je ne cèderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas. J'irai jusqu'au bout, parce qu'au-delà de ma personne, c'est la démocratie qui est défiée », déclarait-il la veille. C’était compter sans la psychologie de l’orgueilleux psychorigide Fillon. Enfermé, depuis, dans un total déni, il impose aux siens de le soutenir, vaille que vaille, malgré une chute vertigineuse de sa cote de popularité et une non moins rapide érosion des intentions de vote en sa faveur. Les Républicains, mal barrés, encaissent, avant une probable Bérézina, dès le 23 avril.

Si Mélenchon dépasse Fillon, la morale sera sauve

Son image écornée, il poursuit depuis un périlleux périple en quête de suffrages que ses électeurs potentiels sont de moins en moins nombreux à vouloir lui donner. A moins de 20%, face à Le Pen et Macron qui atteignent 24 à 26%, Fillon ne cesse de perdre du terrain. Les derniers sondages traditionnels le placent entre 17 et 19%, talonné par Mélenchon, le candidat de la vraie gauche, pointé à 17%.

Si par mésaventure pour lui, Fillon, qui court après l’immunité présidentielle, devait être rattrapé, voire dépassé, à quelques jours du scrutin, par le candidat de la France Insoumise, ce serait un camouflet sévère pour lui et un désaveu cinglant pour LR d’avoir maintenu un homme soupçonné de malhonnêteté grave par la justice française. Au moins, la morale sera sauve, grâce à Mélenchon !

Comment mépriser à ce point les Français ? La présomption d’innocence, mise en avant par certains pour excuser le comportement condamnable de Fillon, n’est que le pendant d’une autre présomption, née du constat par les juges d’indices graves et concordants : la culpabilité. Prétendre vouloir incarner celui qui, au plus sommet de l’Etat est garant du respect de la loi, alors qu’on est soi-même irrespectueux de celle-ci, ou fortement soupçonné de l’être, relève de l’imposture. Outre que cette obstination, peu républicaine, choque une majorité de Français, qui s’étaient majoritairement prononcés pour le retrait de Fillon suite aux affaires qui l’ont entaché.

La formule choc « nous on n’a pas d’immunité ouvrière » assénée avec la force de la vérité, par Philippe Poutou, candidat du NPA, lors du débat sur BFMTV, mardi, a résonné très fort dans les chaumières françaises, où l’écœurement de voir possible la candidature d’un mis en examen signera probablement la défaite cuisante et peu glorieuse d’un Fillon hors sol, ressenti comme méprisant et cupide.

 

Tout sauf la stature d’un président de la République.

06 Avril 2017

MÉLENCHON,

SEUL VOTE UTILE !

Comment faut-il le dire, comment faut-il le crier pour être entendu par les Français ? Voter pour tout autre candidat que Mélenchon, c’est tôt ou tard nous livrer au FHAINE ! Ne pas votez JLM en 2017, c’est MARINE-TRUMP présidente en 2022 !

Comment faut-il le dire, comment faut-il le crier pour être entendu par les Français ?

Voter pour tout autre candidat que Mélenchon, c’est tôt ou tard nous livrer au FHAINE !

Ne pas votez JLM en 2017, c’est MARINE-TRUMP présidente en 2022 !

 Comment les Français, qui, il y a un an, REJETAIENT à 70% la loi MACRON-El Khomri de casse du droit du travail, peuvent-ils aujourd'hui plébisciter son auteur sous prétexte de votutil ?

MACRON-UE-MEDEF a été l’exécuteur des basses oeuvres de l’UE pendant tout le quinquennat de Hollande, d’abord comme conseiller à l’Élysée (pour, entre autres, faire signer le TSCG au tout nouveau président), puis comme ministre de l’économie. Il est l’auteur direct de la Loi MACRON, anti-écologique (bus Macron...) et anti sociale, du commencement de la dérégulation du travail (travail du dimanche…) Il a été l’exécuteur zélé des diktats de la Commission Européenne, notamment par la loi de casse du droit du travail, dont il camoufle sa paternité sous le prête-nom de El Khomri.

 Or son programme est la suite logique de son action sous Hollande, dont il est l’héritier direct. C’est la copie conforme de la feuille de route de l’UE. D'ailleur Mme Merkel ne s’y est pas trompée, elle a adoubé le candidat En Marche à Berlin. Et voilà cet énarque, rhabiller en candidat anti-système, par les médias appartenant à ses amis et soutiens oligarques (Drahi, Bouygues, Pigasse, Niels, Arnaud…). Leur candidat nous l’assure, il va faire la “révolution”. Oui, la révolution contre notre système social assurément, mais du système capitaliste, en aucun cas. Un ancien banquier de la banque Rothschild ne peut que faire la révolution POUR les banquiers, bien-sûr.

 Mais le bourrage de crâne médiatique est bien En Marche. Et pour faire disparaître les doutes que l’examen du pédigrée de leur poulain pourrait provoquer, nos oligarques médiatiques nous vendent l’archétype du système comme champion anti-Le Pen. L’application de sa politique économique, aux ordres de l’UE (entre autres CETA, TAFTA…) pendant 5 ans, ne peut qu’aggraver notre perte de souveraineté et ainsi augmenter les récriminations des Français contre l’UE. Donc, logiquement, son quinquennat ne pourrait qu'amplifier l’adhésion aux thèses NATIONALISTES de l’extrême-droite. Nonobstant cela,  MACRON-UE-MEDEF est déclaré champion du VOTUTIL pour éliminer MARINE-TRUMP au second tour. Pourtant, au contraire, le candidat de l’UE serait son meilleur promoteur et assurerait un boulevard pour Le Pen présidente en 2022.


Comment certains, qui bravaient les lacrymogènes et les matraques du pouvoir socialiste, peuvent-ils voter pour le candidat du Parti Scélérat ? Est-ce pour les remercier des 49/3 et de la répression passée, et à venir, car encore facilitée par leurs lois de surveillance et de répression généralisées (dont état d’urgence à perpète) ?

 Comment les électeurs de la “belle alliance populaire” peuvent-ils voter pour un candidat sans pouvoirs ? Sans le pouvoir de faire le ménage dans les investitures des promoteurs et des votants de la loi Valls-Macron-El Khomri, qui, pour sûr, abrogeraient à ses ordres, leur propre loi. Sans le pouvoir de sortir du Parti Solférinien, ces apparatchiks qui appellent à voter pour l’adversaire. Sans le pouvoir de faire adhérer à son programme (trop socialiste !) ceux qui ne peuvent trouver de place chez Macron et sont donc obligés de le soutenir pour profiter de l’investiture du Ps. Comment les électeurs qui vont voter pour lui, peuvent-ils croire un instant que Hamon président pourrait s’imposer ? Imposer à Mme Merkel et aux 25 autres chefs de gouvernement de l’UE de renégocier les traités comme il l’a promis pour se faire élire. Alors, que sans cette renégociation, aucunes des avancées de son programme ne sont possibles. Hamon président, c’est la France transformée en Grèce sous Tsipras.

 Comment les électeurs de Hamon peuvent-ils diviser la gauche en ne se concentrant pas sur le candidat capable d’appliquer un programme d'Écosocialisme, très proche des idéaux des écologistes d’EELV (qui ont voté pour l’Union de la gauche, pas pour union avec le Ps) et des idéaux des “militants” “socialistes”.

Comment certains qui passaient leurs Nuits Debout à refaire le monde, peuvent-ils aujourd'hui S’ABSTENIR de le changer par les urnes ?

Alors que le discrédit de la droite et la dynamique du vote utile contre l’extrême droite en finale, permet à un candidat de refaire pacifiquement le monde en plus humain. Comment, en s’abstenant, peuvent-ils laisser gagner le statut quo, et lâcher les rênes à l’esclavagisme et au réchauffement climatique de l’ultralibéralisme ?

Comment des chrétiens qui devraient chérir l’honnêteté et la générosité, peuvent-ils voter pour un voleur qui annonce qu’il fera la peau à notre protection sociale qui protège pourtant  les plus faibles?

Comment peut-on se prétendre des valeurs chrétiennes et voter pour FILOU-BLIZTKRIEG, qui veut anéantir notre droit du travail et la sécurité sociale à coups d’ordonnance et de 49/3, en douce, pendant les vacances qui suivent les élections ?

Comment des citoyens peuvent-ils souhaiter le couronnement, à notre royauté élective, de la reine de la discorde entre habitants de la France ? Comment peuvent-ils nous préparer la guerre civile entre les différentes sortes de Français, entre ceux qui la soutiennent et TOUS LES AUTRES ? Comment peuvent-ils préparer les guerres internationales, que le nationalisme exacerbé ne peut que provoquer ? Ne veulent-ils pas vivre en paix ?

 La leçon de Trump ne leur suffit-elle pas pour comprendre qu’élire une millionnaire se prétendant la représentante du peuple, ne peut aboutir qu’à lui donner un chèque en blanc pour qu’elle en dispose à sa guise ?

Pour échapper à ces non-choix, nous n’avons qu’un choix, le VOTE UTILE pour le seul candidat nous offrant un Avenir en Commun. Un avenir, pacifique, de partage et de justice, où chacun aura la chance de s’exprimer et de s’épanouir. Mais, surtout, il nous donne les moyens d’éviter que “le ciel ne nous tombe sur la tête”. C’est à dire, il nous donne les moyens de lutter contre le réchauffement climatique et, en cela, peut-être, sauver l’humanité toute entière !

 


Pas une voix ne doit manquer au VOTE UTILE pour le PRÉSIDENT JL MÉLENCHON !

05 Avril 2017

Quand la propagande implore dieu !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michèle Ouimet abandonne le journalisme pour se livrer à dieu !

L’ex-journaliste québécoise, Michèle Ouimet, a décidé de tourner le dos au journalisme pour écrire une lettre à cet être imaginaire qu’on appelle «dieu» !

Voici sa lettre.

Michèle Ouimet qui, depuis déjà quelque temps, a mis de côté sa formation de journaliste pour se vouer, à l’instar de ses collègues, à la propagande.

Entre autres, propagande de promotion de la guerre en Syrie.

Depuis la défaite des assassins qui avaient pour mission d’éliminer le président syrien et dont Mme Ouimet comme ses semblables faisaient la promotion de son assassinat, on constate chez les propagandistes une dépression sévère qui les assaille. C’est sans doute ce qui explique le besoin irrépressible de Michèle Ouimet d’écrire à dieu.

Mme Ouimet qui pourtant a déjà été féministe, devrait savoir que dieu et que tous les dieux, n’écoutent pas les femmes, mais les soumettent. Les dieux sont tous extrêmement misogynes et leur police sur terre dans bien des cas traite les femmes comme des animaux de compagnie allant même jusqu’à les promener en cage de tissu bleu. Mais bon ! Peu importe, Mme Ouimet, écrit à dieu !  Allah wakbar !  Comme ils disent !

Désolant de la voir ainsi, piétiner sa noble formation de journaliste. Le journalisme consiste à bien rester sur terre, à éviter les croyances. Le journalisme c’est aussi mettre de côté ses opinions et ses convictions pour observer de façon le plus neutre possible les faits.

Le rôle du journaliste n’est pas d’implorer dieu, mais de livrer des faits. Le journalisme c’est débusquer les faits et les faire connaître aux citoyens. Le journalisme c’est faire valoir la réalité.

Par contre, la propagande maquille la réalité et fait la promotion du mensonge afin d’orienter malhonnêtement l’opinion des gens.

La première victime de toutes les guerres, c’est la vérité.

En temps de guerre, il s’agit de faire haïr l’ennemi afin d’obtenir le consentement populaire pour aller le tuer tout en massacrant son Pays.

Rien n’est plus facile que faire de la propagande, il suffit de dire fermement et à répétition sans avoir le moindre besoin de démontrer ou de prouver ses fermes affirmations et ses inébranlables calomnies.

Combattre la propagande est quasi impossible !

Mme Ouimet dit à dieu : « Comment as-tu pu regarder l’humanité s’effondrer à Alep et rester les bras croisés ? »

Mais qui donc est « dieu » ?  Est-ce l’OTAN ?  Est-ce notre armée canadienne ? Est-ce nos braves et bons militaires occidentaux qui seraient ainsi restés « les bras croisés » parce que personne ne leur aurait dit d’aller participer activement au massacre comme ils ont fait de façon immonde en Libye, cette Libye qu’on nous cache maintenant ou alors comme en Afghanistan où la mort est quotidienne depuis que nos braves l’ont dévasté sous le prétexte mensonger d’éliminer le « terrorisme » ?

Mme Ouimet a vu « à Alep » l’humanité s’effondrer !

Étrange qu’elle ne l’ait pas vu en Libye !

Étrange qu’elle ne l’ait pas vu au Yémen !

Étrange qu’en Irak, il n’y aurait pas d’humanité qui se soit effondrée !

Et étrange que les morts au quotidien en Afghanistan n’ébranlent pas non plus l’humanité !

L’humanité ne serait qu’à Alep et même plus précisément à Alep Est.  Là où environ 200 000 citoyens étaient retenus par des égorgeurs sans nom et des débiles beuglant «Allah wakbar» en tuant tous ceux qui leur résistaient !

Non, pour Mme Ouimet et ses semblables qui s’enveloppent dans le bon sentiment de dieu pour promouvoir la guerre contre celui qu’elle désigne  « hors de tout doute »  comme étant le « méchant », le terrorisme en Syrie n’existe tout simplement pas. Ce ne sont que des «freedom fighters» ! De bonnes gens qui luttent courageusement contre un dictateur «sanguinaire» qui s’accroche au pouvoir !  Un méchant qui, dit-on «de façon ferme», tue sa population en visant les écoles, les hôpitaux et les files de gens pacifiques attendant une bouchée de pain.

(En propagande, il suffit de dire !  Et hop !  Le tour est joué !).

Cela fait six ans que des hypocrites massacrent l’humanité en Syrie. On y a envoyé plus de 30 000 mercenaires et fous d’Allah wakbar  issus de 86 pays pour tenter de tuer le président syrien. Les immondes hypocrites ont armé ces assassins, les ont entraînés, payés, drogués et organisés.

Le gouvernement syrien appuyé par une forte majorité de sa population lutte contre ce terrorisme depuis le début.  Et c’est un odieux mensonge que de dire que ce gouvernement tue sa propre populationC’est tout le contraire. L’armée arabe syrienne lutte courageusement pour défendre la population syrienne ainsi que le Pays contre ces tueurs venus de partout.

Bien sûr, en Syrie comme dans tous les Pays, il existe des opposants, mais ceux-ci sont très minoritaires. Nos médias nous les présentent cependant comme des représentants de l’opinion syrienne.  Quelle malhonnêteté !

Les très nombreuses manifestations en faveur du président Assad ainsi que les manifestations sans équivoques des réfugiés hors de Syrie lors des dernières élections prouvent hors de tout doute qu’une forte majorité des citoyens et citoyennes syriens-nes appuient leur président.

Les gens ne fuient pas ce que la propagande appelle «le rrrrrégime», mais bien la guerre et les égorgeurs qui ont infiltré le Pays.

Voilà la réalité.  Tout le monde la voit, mais les propagandistes la nient.

Mme Ouimet dans son délire religieux témoignant de sa déception de voir Assad toujours vivant dit:

« Dieu est infiniment bon, infiniment aimable et infiniment parfait »

Oui, dieu est «infiniment bon» parait-il !

C’est beaucoup, n’est-ce pas, «l’infini» !  C’est sans limite !

C’est sans doute à cause de cette bonté sans limite que dieu a créé l’enfer et qu’il y envoie régulièrement des gens y brûler pour l’éternité ! Quelle infinie bonté !

Mme Ouimet dit cependant douter sérieusement de cette bonté infinie :

« Infiniment bon ? Je n’y crois pas un seul instant. Si tu étais bon, tu ne pourrais pas laisser la Syrie sombrer dans la folie sans lever le petit doigt. »

Mais que voudrait-elle que le petit doigt de dieu fasse ? Et qu’est-ce donc que cette folie dont elle parle aujourd’hui ? La Syrie, tout à coup, serait atteinte de « folie » !!!

Comment se fait-il qu’à la première attaque terroriste qui tua des dizaines de Syriens, Mme Ouimet ne se soit pas offusquée de cette folie qui tue les gens ?

En 2011, le 23 décembre, attentat de Damas : deux bombes font une quarantaine de morts et plus de 150 blessés.

2011 : Damas frappé par un double attentat suicide.

C’est ainsi depuis 2011 en Syrie. Pourquoi Mme Ouimet n’a pas dit dès 2011 que la Syrie qui était aux prises avec ce terrorisme sombrait dans la folie ?

Il y a eu des centaines d’attentats en Syrie. Où donc avons-nous vu de la compassion ? Où donc a-t-on vu un «Je suis Damas» ou «Je suis Syrie» ?  Nulle part. Aucune manifestation de solidarité et presque une jouissance de la part des journalistes de voir ces attentats sanglants ébranler celui contre qui ils font de la propagande.

2012 : Syrie: un double attentat dévastateur frappe Damas55 morts

2013 : Syrie. Au moins cent morts dans l’attentat de Damas, selon un nouveau bilan

2013 : Plus de 50 personnesen majorité des civilsont été tuées à Damas jeudi dans un attentat suicide à la voiture piégée qui a dévasté une artère proche du siège du parti Baas.

2013 : Au moins 83 personnes ont été tuées dans une série d’attentats à la voiture piégée à Damas faisant de jeudi 21 février la journée la plus sanglante dans la capitale

2014 : Syrie: au moins 100 morts dans l’attentat de mardi à Homs

2015 : Attaques sanglantes de l’EI en Syrie : plus de 120 morts en 24h

2016 : 120 morts près de Damas, l’attentat le plus sanglant depuis 2011

Et pour Mme Ouimet et ses semblables, le terrorisme n’existe pas en Syrie. C’est le gouvernement syrien qui tue ses citoyens !!!

On pourrait lister des pages et des pages d’odieux attentats en Syrie.

Tous les gouvernements du monde entier utiliseraient leur armée pour éliminer ces fous qui tuent sans considération. Mais concernant la Syrie, on implore dieu pour qu’il donne un coup de main à ces assassins qui luttent contre ce gouvernement à abattre !

C’est à vomir.  À VOMIR !  Mme Ouimet !  À VOMIR !

Mme Ouimet nous affiche son horreur ressentie devant le nombre de victimes en Syrie !  Mais elle oublie de dire qui sont les responsables de cette immonde tuerie.

 « Pour Hollande, Bachar el-Assad doit partir »

« Obama réaffirme que Assad doit partir »

« Laurent Fabius : Assad doit partir »

« Pour Riyad, Assad doit partir »

« Kerry dit que Assad « doit partir » »

« Pour le Royaume-Uni, Bachar al-Assad « doit partir » »

Voilà ceux qui alimentent la tuerie depuis six ans. Pourquoi ne les dénonce-t-elle pas ?

 « La France a fourni des armes à la révolution syrienne dès 2012 »

« Hollande confirme la livraison d’armes aux rebelles en Syrie »

« Nouvelle livraison américaine d’armes aux rebelles syriens »

« Livraison d’armes via la Turquie, une vidéo qui accuse »

« Le Congrès US vote secrètement l’envoi d’armes en Syrie »

« Obama autorise la livraison d’armes aux jihadistes en Syrie »

« L’armée américaine envoie des forces spéciales en Syrie »

« Syrie: Obama ordonne l’envoi de forces spéciales au sol »

« Obama examine ses options militaires contre la Syrie »

« Syrie: Obama demande 500 millions de dollars pour entraîner l’opposition »

« Le Congrès autorise le président Obama à aider les rebelles syriens contre les jihadistes »

« Obama lève les restrictions sur la fourniture d’armes aux groupes armés en Syrie »

Ce n’est pas l’inaction de dieu qui a causé ces 500 000 morts en Syrie, c’est l’action de ces hypocrites que vous défendez, Mme Ouimet.

 « Syrie : l’hôtel Carlton d’Alep détruit par une explosion »

« Les rebelles syriens ont « pulvérisé » l’hôtel Carlton d’Alep »

« Destruction de l’hôpital Al-Kindi d’Alep par les « rebelles » (Vidéos) »

« Destruction de l’hôpital d’Alep par les rebelles 20/12/13 »

Vos amis, ceux sur qui vous auriez voulu que dieu veille, se vantent de leur méfait sur le plus grand centre d’oncologie de Syrie, l’hôpital Al-Kindi d’Alep:

« Al-Nusra Front Attacks The Al-Kindi Hospital In Aleppo »

Expliquez-moi, Mme Ouimet, comment vous pouvez voir en ces fous qui beuglent «Allah wakbar» de braves combattants de la liberté dont dieu devrait prendre soin.

Des tournages de folie, de destruction, de tueries immondes, même de décapitations explicites et sanglantes, il y en a plein pour témoigner de ce que vivent les Syriens et les Syriennes.  Ces nombreuses vidéos témoignent de cette agression terroriste INDÉNIABLE que vit la Syrie.

Moi, ce n’est pas à dieu que je m’adresse, c’est à vous, Mme Ouimet. Expliquez-moi pourquoi ces nombreux et odieux attentats n’ont-ils pas suscité votre indignation ? Expliquez-moi pourquoi vous et vos semblables n’avez pas lancé sur internet un «Je suis Damas» par solidarité avec la population syrienne ? Expliquez-moi pourquoi aucune fleur, aucune pensée, aucun geste de sympathie n’ont été exprimés pour ces gens éprouvés, pour ces familles décimées, pour ces enfants orphelins, pour ces parents qui ont vu leurs enfants se faire littéralement déchiqueter par ces bombes qui sèment la terreur.

Dieu, je m’en fous, mais vous et vos semblables qui peuvent être si émotifs parfois et si indignés devant le moindre terrorisme chez nous, expliquez-moi comme vous avez pu rester cois ?

Récemment les fous ont tenté de reprendre Palmyre, cette cité musée faisant partie du patrimoine mondial.

La communauté médiatique a semblé voir d’un bon œil cette reprise par ces gens qui combattent Assad et les Russes. Afin de marquer de façon « victorieuse » cette nouvelle défaite russe, Radio-Canada a même eu le culot de nous montrer des images du concert donné par les Russes qui soulignait la libération de Palmyre en mars 2016 !

Expliquez-moi, Mme Ouimet, pourquoi aucune image des torturesdes décapitations  et du massacre du patrimoine de Palmyre fait par ces égorgeurs. Non, que des images du concert russe !

Incroyable tout de même à quel point les atrocités comptent bien peu pour vous ! Vous et vos semblables donniez l’impression de vous réjouir de cette nouvelle défaite du rrrrrégime et des Russes.

Aucun mot des atrocités et des méfaits historiques commis par ces fous. Que des images de ce concert pour bien ridiculiser votre ennemi russe. Aucune de la décapitation horrible qui eut pourtant lieu au même endroit.

Voyez-vous, Mme Ouimet, cette attitude me fait littéralement vomir !

Expliquez-moi, Madame. Expliquez-nous et ça presse.

Vous êtes allée deux fois à Alep dites-vous.

Vous avez rencontré ces vaillants rebelles dits modérés (modérés en quoi????)  qui luttaient dans la poussière contre le rrrrrégime !

Pourquoi ne pas avoir aussi visité le million de Syriens de la partie Ouest d’Alep? Ceux qui n’ont aucune arme et qui se font pilonner par des bombes et des roquettes «made in USA», «made in France», et probablement aussi «made in Canada» via l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Dites-moi, comment réagiraient notre gouvernement et tous nos gouvernements occidentaux devant des modérés qui, armés jusqu’aux dents, voudraient renverser le pouvoir ?

Qui donc appuierait de tels tueurs ?

Comment pouvez-vous trouver ces gens respectables, Mme Ouimet ?

Ne voyez-vous pas leur comportement, leurs nombreux assassinats, leur destruction massive?

Expliquez-moi comment vous pouvez considérer un tel comportement comme étant un élan de « démocratie ».

La démocratie ne se fait pas par les armes, Madame, elle se fait par les urnes.

Quelle est donc votre conception de la démocratie?

Que dites-vous de ce fait :

« Au Liban, les réfugiés syriens votent «pour élire Bachar» »

Ce n’est pas sur Russia Today, c’est rapporté par le très français «Libération»

Que dites-vous de ces images :

« Les réfugiés syriens au Liban votent Bachar »

Une seule image vaut mille mots.

Et ici, il y en a des dizaines qui témoignent d’une réalité INDÉNIABLE.

Vous aimeriez que dieu envoie ses foudres sur ces gens pour tous les éliminer, Madame ?

Ce sont tous des partisans du très méchant « Assad » dit le «sanguinaire» !

Vous aimeriez que nos armées aillent les bombarder jusqu’au dernier ?

Expliquez-moi d’où vient cette haine de la démocratie et cet irrespect total pour la vie et la misère humaine.

Dans votre lettre à dieu, vous avez recours à l’émotion pour nous faire pleurer sur vos braves assassins afin que nous fermions les yeux sur leurs sanglants méfaits et pour que nous les appuyions dans leur mission d’aller tuer Assad.

Oui, l’émotion ! Un des atouts de la propagande. Vous auriez dû envoyer une image d’enfant à dieu. Un enfant dans la guerre ça émeut. Et lorsque l’endoctrinement préalable de la population est bien fait, une seule photo d’enfant dans la guerre nous dirige à haïr celui que l’on a au préalable désigné comme responsable.

La propagande que vous faites dirige la haine vers le gouvernement Assad, mais les faits, eux, nous démontrent clairement, et cela, hors de tout doute, que les responsables de ce massacre ne sont pas en Syrie.

Vous faites partie de ces responsables. Vous avez les mains pleines de sang, Madame.

Vous devriez être poursuivie pour non-assistance à personne en danger de mort et pour association à des groupes se livrant à des crimes contre l’Humanité, Madame.

À la mi-décembre, Alep n’est pas tombée.

Non.

À la mi-décembre, Alep a été LIBÉRÉE.

Il est temps que dieu vous ouvre les yeux et surtout le cœur et que vous cessiez de nier la réalité.

La réalité vous pouvez la voir ici:

« Aleppo residents celebrate full liberation from militants »

« Syria city has new lease on life after terrorists exit »

« Scènes de liesse à Alep où les partisans du régime ont envahi les rues »

« Alep : une foule en liesse célèbre Noël pour la première fois depuis 5 ans »

Dites-moi, Madame Ouimet, pourquoi vous crachez sur ces gens d’Alep qui sont enfin LIBÉRÉS ?

Écoutez-les, voyez-les:

« Alep n’est pas tombée, mais a été libérée, comme le déclare Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque d’Alep. »

Ma chère dame vous niez les faits, vous crachez sur les témoignages des Syriens et des Syriennes qui témoignent sur place de leur vie d’enfer (et ils sont nombreux et nombreuses) et vous persistez à vomir votre propagande visant à faire haïr pour obtenir le consentement populaire à l’assassinat d’un autre dirigeant refusant le dictat des mondialistes occidentaux.

Il y a eu 500 000 morts en Syrie, 100 000 en Libye, un million en Irak, des centaines de milliers en Afghanistan. Combien de morts de plus auriez-vous acceptées pour que l’assassinat d’Assad soit réalisé ?

De vous voir pleurer devant dieu l’arrivée de la Paix en Syrie est honteux.

On se demande à quel endroit on vous a fait un lavage de cerveau et surtout comment on a pu faire pour vous vider de vos valeurs humaines et vous rendre aussi insensible à la souffrance qu’engendrent ces guerres d’invasion.

Il n’y a pas de guerre «humanitaire», Madame.

La guerre tue, c’est prouvé.

La guerre détruit horriblement, c’est aussi prouvé.

La guerre fait des orphelins, des handicapés, des désoeuvrés et même des terroristes, Madame.

De vous voir ainsi pleurer la fin de cette guerre d’hypocrites est dégueulasse.  Vous méritez d’aller vivre parmi vos «modérés», Madame.

 

P.S.: Tous ces hyperliens sont autant de faits indéniables.  Nos médias refusent les faits.  Ils nous font du post-factuel. Du post-vérité. Ils nous présentent les mensonges de leur propagande comme «la nouvelle réalité», une réalité virtuelle qu’ils nous présentent comme la vérité absolue ! Quelle honte !