06 aout 2017

 

 

Alain Soral veut demander l’asile politique à la Corée du Nord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Soral est un essayiste que les français n'oublieront pas, contrairement aux médiocres penseurs omniprésents dans les médias officiels. Matraqué par les procès, les amendes, dommages et intérêts et les menaces de prison ferme pour avoir parlé librement au pays des "droits de l'homme", il envisage sérieusement d'émigrer vers le pays qu'il vient de visiter, la Corée du Nord.

Il relate son séjour dans une entrevue à ERFM, la web-radio d'égalité et réconciliation. Sans tabous. Soral fait l'autopsie d'un voyage qui surprend ceux qui gobent sans réfléchir le baratin des ONG infiltrées par la CIA et autres moralistes libéraux. Non, la Corée du Nord n'est pas ce gigantesque camp de travail qu'on nous décrit.

C'est un peuple de soldats-ouvriers, qui travaillent 44 heures par semaine, avec des primes au mérite. Un pays où il n'y a ni chômage, ni incivilités, ni délinquance. Où les rues sont propres, les gens souriants et sociables malgré l'embargo et les pénuries. Une autre mentalité, une autre éducation, des mœurs préservées...

Comble de l'horreur pour nos élites politico-médiatique, la Corée du Nord est à contre-courant des démocraties libérales. Ce ne sont pas ses camps de prisonniers qui heurtent nos analystes, mais sa politique sociale. La retraite à 60 ans pour les hommes, 55 ans pour les femmes qui bénéficient de 8 mois de congé maternité par enfant. Inadmissible pour nos gourous du CAC 40. On remarquera, au passage, qu'à l'occasion de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin, on nous rabat régulièrement les oreilles avec les polices politiques communistes sans rappeler les droits sociaux dont bénéficiait le petit peuple en RDA. La mémoire est toujours sélective.

Certes, il est sans doute désagréable d'être surveillé dans son quotidien, et ce n'est pas en France que des gens seraient condamnés pour un écart verbal (à voir ?). Extrapolation ? Qui sait que le film la vie des autres fut inspiré pour les personnages et le scénario par le grand blond avec une chaussure noire ? D'ailleurs Pierre Richard était censé mourir à la fin du film dans le scénario d'origine, comme la nana du film allemand, comme il l'aurait été en Corée du nord... 

Mais revenons à Soral et les Nord-Coréens. Il est évident que ses hôtes lui en mis plein la vue : installations sportives et culturelles de qualité, visites ciblées, etc. Toutefois, il a ressenti ce climat culturel instinctif qui ne trompe jamais. Les gens étaient heureux et bienveillants dans les rues, et personne ne les forçait à l'être. Il n'en aurait pas dit autant au retour d'un voyage à Athènes, où la nervosité et la détresse sociale ambiantes sont ressentis par le touriste. La Grèce est pourtant la démocratie libérale que l'on sait, comme le sont devenues la Roumanie, l'Albanie et l'ex-RDA. La fin du communisme n'a pourtant pas apporté le paradis pour le populo dans ces contrées, où le modeste visiteur ne rencontre que des nostalgiques d'il y a trente ans.

Liberté d'expression ou sécurité sociale ? Liberté de dormir dans la rue ou interdiction de dormir dehors ? Travail pour tous ou loi de la rentabilité ? Bonne éducation du citoyen ou incivilté du consommateur abruti ? Vastes débats... 

Une chose est sûre. Il n'y a pas de système idéal. Alain Soral est donc libre d'émigrer vers la Corée du Nord pour échapper au harcèlement judiciaire, un exil que beaucoup d'autres ont connu avant lui, pour d'autres destinations. A chacun de s'interroger sur les conséquences de l'exil de nos étudiants et de nos intellectuels, dans un pays où il était possible de tout dire il n'y a pas si longtemps. Réussira-t-il à intégrer cette société de soldats-ouvriers, studieuse et travailleuse qui a échappé à l'américanisation des consciences ? A voir...

 

Lien vers l'entrevue sur youtube :

04 août 2017

 

 

 Les graves erreurs de Macron et ses conséquences

Depuis le 14 juillet dernier, fête nationale française, nous avons assisté à l’étalage des erreurs du nouveau venu à l’Elysée. Il est évident que les « qualités » d’Emmanuel Macron ne sont pas à la hauteur de sa tâche actuelle. Un bon gestionnaire de capitaux, même formé à l’ENA et directement exporté de la banque Rothschild, ne peut pas être automatiquement un leader politique efficace, ni un chef d’Etat à la hauteur et encore moins un chef des Armées compétent!

Or, ce nouveau venu à l’Elysée s’est risqué à borner le militaire au rôle d’exécutant ! Grave erreur, faite sur cette loi d’équilibre qui avait été trouvée dans la République Française à la faveur de sa riche histoire. L’Armée Française n’a jamais été un simple exécutant des volontés contradictoires des politiques, mais un partenaire des décisions politiques de la France. C’est tout autre chose et c’est à cette condition-là que nous n’avons plus été concernés, en France, par les coups d’Etats, ni putschs militaires intempestifs, ni pressions d’un complexe « militaro industriel »… De plus, Macron n’a pas réalisé qu’il prenait le risque d’une désarticulation complète de notre système de défense basé sur la dissuasion nucléaire. Sans la cohésion des militaires avec les politiques au pouvoir, la France est en danger immédiat sur tous les plans, y compris sur le plan économique!

Le gestionnaire Macron s’est retrouvé piégé par les effets négatifs des aventures guerrières de Hollande qui s’est engagé tête baissée dans des dépenses pharaoniques militaires pour se montrer bon et fidèle serviteur de l’Empire prédateur en chef des nations. Toutes ces guerres en Afrique, en Syrie (par le financement, l’encadrement, le ravitaillement des criminels de Daech, qui « faisaient du bon boulot » disait Fabius)… ont été financées à tort et à travers, de manière complétement inadéquate.

Ces engagements insensés et dispendieux de la France servant de suppléance aux USA pour que ces derniers puissent encore mieux abuser le monde et les Français eux-mêmes au passage, ne sont pas abandonnés par Macron. Au contraire, il persiste et signe, tout en se permettant de réprimander publiquement la réaction de bon sens et de responsabilité du général de Villiers qui a vu dans la manière de faire de Macron, une trahison concernant le rôle et la place que tenait l’Armée dans les décisions prises sur la politique extérieure et intérieure de la France. En ne cherchant caractériellement qu’à afficher son autorité, le petit Macron, chef des Armées, n’ayant jamais fait de service militaire, ne pouvait que choquer profondément les militaires.

Les conséquences vont donc s’enchaîner les unes après les autres. On va assister à un cafouillage inédit sur les bancs de l’Assemblée Nationale, au spectacle d’une débâcle due à l’amateurisme de la « majorité présidentielle » et à son incompétence avérée. Face à tous ces députés inexpérimentés, affichant déjà les symptômes de leur chaotique dispersion, le Sénat est parti à l’assaut des initiatives pour sauver l’image de la France d’une dérision annoncée. Avec un rapport, adopté à la quasi-unanimité, le Sénat a plaidé pour une nouvelle loi de programmation militaire qui sera votée dès cet automne, mais qui est un camouflet direct fait au nouveau monarque absolu de cette cinquième République !

Ce qui se passe actuellement en France doit être replacé dans le contexte plus général de la mondialisation.

La toute première chose qu’il faut admettre, c’est que nous sommes les otages d’une réalité factice. Mais cette réalité factice est considérée justement par les défenseurs du système financier International, comme étant incontournable et « réaliste », « obligatoire », critère « d’objectivité pragmatique » et comme « impératif » de toute l’organisation des pays du bloc atlantiste… Il s’agit évidemment du système financier qui dépend encore des Etats-Unis et de la City, et de ses défenseurs comme Macron avec tous ceux qui le soutiennent.

Pourtant, il faut aussi admettre que l’Islande, l’Argentine, la Bolivie, l’Equateur et d’autres pays, en 2008, ont démontré la « facticité de la dette » et sa réalité parfaitement aléatoire. Le président Rafael Correa avait décrété que son pays allait supprimer 39% de la dette appartenant à des investisseurs étrangers, parce qu’il estimait, à juste titre, que cette dette était « illégitime, malhonnête et illégale ». Pour lui, les institutions financières détentrices des obligations d’État étaient en partie responsables du creusement de la dette équatorienne parce qu’elles spéculaient très ouvertement sur son dos.

Mais, c’est le cas précisément dans la quasi-totalité des pays sous influence des USA: les investissements ne sont pas là pour le développement des pays mais pour leur pillage… Qui a le courage de voir et de dire cela en face, à part des Rafael Correa …?

En 2007, lors de la crise financière provoquée par les « Subprimes » américains, la Commission équatorienne, pour l’audit complet du crédit public (CAIC), estima que « la dette commerciale extérieure avait servi de mécanisme illégitime et illégal de pillage entre 1976 et 2006 », la dette passant de 16 millions de dollars en 1976 à 4,2 milliards en 2006, pour des raisons bien connues et analysées par la Commission, débusquant la spéculation abusive des investisseurs US, qui n’étaient présents dans ce pays, encore une fois, que pour son exploitation radicale et non pas pour son développement … Bref, un échantillon significatif de la prédation habituelle des USA sur le monde entier.

Aujourd’hui, et Macron le sait forcément, il y a une transformation des risques et une sorte de « migration » de ces risques hors du secteur bancaire.

En 2015, les spécialistes de la Finance Internationale disaient que le risque ayant été poussé hors de l’économie, il allait fatalement provoquer un cancer du système, une sorte d’excroissance anachronique qui allait provoquer une explosion métastatique de produits à nouveau hautement toxiques. Ils concluaient : « Il en est de même avec les mesures destinées à rendre le système financier plus sûr depuis la crise financière ». Nous savons, grâce à l’histoire, que les peuples sont à ce moment là plus exposés que jamais à la violence d’une déflagration de toute l’économie entraînant avec elle la ruine et donc les révoltes sanglantes…

Macron est un fervent partisan de l’ultra libéralisme mondialisé et « pragmatique », disait-il dans sa campagne : justement ce qui a entraîné tous les malheurs que nous connaissons depuis les accords de la Jamaïque en 1976, eux qui ont ouvert la boîte de Pandore de la prédation marchande.

Pour celui qui se penche attentivement sur la nature intrinsèque de l’ultra libéralisme, il découvre que cette idéologie sournoise est un fascisme authentique entraînant avec lui la logique inévitable de l’autoritarisme déjà visible dans les comportements d’un Macron accumulant les erreurs… Il va favoriser, avec sa bande, cette situation explosive, comptant sans doute sur les forces armées du 4ème Reich, l’OTAN, au service exclusif du « pragmatisme » matérialiste de l’Empire, éclipsant la défense autonome de la France ou la reléguant au rang de « troupes auxiliaires » des légions de l’Empire, pour les sales besognes de la répression des peuples Européens récalcitrants !

Qui peut sérieusement défendre la légitimité démocratique de Macron, lorsqu’on sait que le scrutin a été saucissonné par 90% des médias qui ont fait campagne pour ce client? Quelle est la pertinence d’un scrutin qui, dicté par le mot d’ordre du « vote utile », a forcé des millions d’électeurs à voter pour un candidat qui ne représentait pas leurs choix? Quelle est la légitimité d’un « candidat missionnaire » qui représentait 18% des électeurs inscrits au premier tour ?

Jean-Luc Mélenchon écrivait dans un texte récent que :

« Dans la quasi-totalité des pays démocratiques européens, c’est le résultat des élections législatives qui détermine la nomination du gouvernement. En France, c’est l’inverse ! On se retrouve ainsi avec des élections législatives auxquelles personne ne participe et des majorités parlementaires extravagantes, détenant 60% ou 70% des sièges en représentant 15% des électeurs inscrits. »

L’ensemble de ces observations nous dit ce qui est déjà hautement prévisible : c’est que Macron va se retrouver prochainement dans la situation difficile de « l’homme seul », parce qu’il n’a pas de légitimité. Compte tenu de ce qu’il nous a déjà montré de lui, il est fort probable qu’il va alors être tenté par l’autoritarisme qu’il a manifesté dans ses relations avec les journalistes, bien surpris par un tel retour de bâton aussi imprévu que déconcertant et aujourd’hui, dans ses relations avec les plus hautes autorités militaires qu’il veut dominer en affirmant son absolutisme souverain, les réduisant à de simples exécutants !

Le risque d’une dérive autoritaire de toute la gouvernance Macron, est une évidence désormais acquise et en particulier dès qu’elle va être forcément confrontée aux explosions sociales qui viennent et à la défiance inévitable de la « France périphérique», celle des humbles travailleurs qui vont être en réalité associés aux militaires dans un devoir de se serrer la ceinture pour le programme d’austérité fait sur mesure à leur intention. Les militaires, comme le peuple des travailleurs, n’ont ni l’opportunité ni le choix de placer leurs avoirs dans les paradis fiscaux ou dans les citadelles européennes attitrées de la complicité des riches ! Comme d’habitude, seule la masse des humbles avec ceux dont la mission est d’être au service du peuple, sont plus faciles à dominer par la manipulation et la peur, voire l’outil pratique du « terrorisme » ! Ce contingent principal du peuple est celui qui peut changer la donne, mais toujours en faveur de ceux qui servent le Capital pour le Capital …

La conséquence majeure de toutes ces erreurs, à commencer par celle de l’illégitimité, va plonger la France dans une crise de confiance, déjà présente chez les militaires et depuis longtemps formatée dans le mental citoyen, crise qui aura forcément des répercutions sur toute l’Union Européenne. L’Italie est déjà fâchée avec Macron. Elle lui a vertement rappelé qu’elle n’était « pas une colonie de la France » ! Les conceptions de Macron sont authentiquement néo colonialistes, en effet. La crise ira en s’aggravant avec de telles conceptions alignées sur l’idéologie du Nouvel Ordre Mondial et en particulier sur la question essentielle de la défense, face au prédateur OTAN qui fourgue la haine et le sang dans une Ukraine destinée à être le détonateur de l’embrasement généralisé pour le dressage des peuples européens jugés trop « insoumis » et dans la foulée, leur exploitation tranquille par les nouveaux « plans Marshal » appelés aujourd’hui TAFTA ou TTIP ou CETA …

Macron n’est pas « Jeanne d’Arc » venant sauver la France ou un « Général de Gaulle » travaillant d’arrache-pied à sa libération, ni même le « Roland de Charlemagne à Roncevaux », il est un Ulysse des temps modernes fabriquant un « cheval de Troie » pour la fin de la souveraineté française…

 Notes

A consulter : études universitaires

·         Bulgarie Contre la dérive populiste, des « think tanks de gauche » La Vie des Idées numéro de mai/juin 2007 La Vie des Idées est rattachée à l’Institut du Monde Contemporain (Collège de France) et dirigée par Pierre Rosanvallon.(financement Henry Hermand)

·         A propos de la NED, voir Ghilhot Nicolas, « Les professionnels de la démocratie : logiques savantes et logiques militantes dans le nouvel internationalisme américain », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 139, Septembre 2001, pp. 53-65.

·         A propos de Jacques Attali son livre « Demain, qui gouvernera le monde ? », Fayard, 2011.

 

Source: http://www.mondialisation.ca/les-graves-erreurs-de-macron-et-ses-consequences/5601905

03 aout 2017

 

Ils sont en train de tuer Terre et Mer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est donc la motivation de ces humains qui prennent la planète pour une poubelle ?

Qui détruisent juste pour le plaisir ?

Qui gagnent tant d’argent qu’ils ne savent plus comment le dépenser ?

Ont-ils réalisé qu’ils sont en train, en condamnant la planète, de priver à terme toute chance de survie à leur descendance ?

Récemment, on a pu découvrir, à la veille des grandes vacances, la liste des plages les plus propres du pays, qui sont au nombre de 390,  annonce on ne peut plus rassurante, sauf qu’il y a dans notre belle France près de 3000 plages…ce qui sous-entend que toutes les autres sont beaucoup moins propres, voire dangereuses.

S’il faut en croire l’association « Robin des Bois », Marseille, et sa belle bleue, semblent décrocher le pompon, le Vieux Port et les îles du Frioul sont reconnus comme de véritables pièges à déchets.

L’association a publié récemment l’Atlas de la France toxique, évoquant la pollution de l’air dans de nombreuses grandes villes, les sites contaminés, les eaux empoisonnées… 

 

L’association a dénombré, du côté de Marseille, pas moins de 52 sites pollués, et rappelle que des usines d’acide sulfurique se sont installées sur le littoral dès le 19ème siècle, provoquant des seuils d’alerte dans les sols et les coquillages, avec comme conséquence, par exemple, des risques de saturnisme pour les enfants qui fréquenteraient la plage de Saména, car si la plage est interdite au public, la baignade ne l’est pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La situation n’est pas plus enviable pour le port de la Lave, ou l’anse de l’Estaque, polluée à l’arsenic et au mercure, faute à l’entreprise Metaleurop qui, jusqu’en 2001, produisait du trioxyde d’arsenic dans une usine juchée sur la falaise.

N’oublions pas, non loin de là, le site de Gardanne polluée par les boues toxiques de l’entreprise Altéo, puisque à ce jour, ce sont déjà 20 millions de tonnes de ces boues qui ont été déversées dans la mer…et que Valls, alors 1er ministre, contre l’avis de sa ministre de l’environnement, a autorisé l’entreprise à continuer sa funeste pollution. 

 

On dénombre pas moins de 16 plages marseillaises envahies par les germes fécaux, car lorsque la pluie s’en vient, l’Huveaune déborde, et emporte la pollution sur une bonne partie du littoral. 

Ajoutons pour la bonne bouche ces égouts qui se déversent directement dans la grande bleue, au large de Marseille.

 

C’est en effet à Cortiou, et sa belle calanque, que les excréments d’un million de marseillais se déversent directement dans la mer. 

À Cap Martin, ou au Cap Ferrat, de discrètes bouches d’égout continuent de déverser directement dans la mer toutes nos déjections en parfaite impunité. 

 

Au-delà de ces pollutions littorales, il faut prendre le large, découvrant de véritables iles flottantes faites des déchets de notre belle civilisation, et même aller au fond des choses, car les profondeurs marines sont tout aussi polluées : métaux lourds, vieux containers radioactifs rouillés et fissurés laissant fuir le poison nucléaire, mais aussi déchets de plastiques, réduits en micros déchets qui vont se retrouver dans les estomacs de toute la faune marine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est globalement acquis par les administrations, que des milliards de becquerels reposent au fond des mers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

36 000 futs de déchets radioactifs ont été immergés à la fin des années 60 dont pas moins de 14 000 tonnes par la France.

Le Royaume uni, l’Allemagne, la Belgique, les Pays Bas, l’Italie, la Suède, la Suisse sont aussi impliqués. 

Le Japon, après la catastrophe de Fukushima, a déjà relâché plusieurs dizaines de millions de milliards de becquerels dans l’air et dans l’Océan Pacifique, et les gestionnaires de Fukushima, débordés par la situation, sont sur le point de déverser dans l’océan de l’eau radioactive dont ils ne savent plus que faire.

Ce rejet dans l’océan consiste en 770 000 tonnes d’eau radioactive, qui s’ajouteront aux milliers de tonnes déjà déversées. 

Ajoutons pour faire bon poids, les déchets nucléaires que la France à immergé par 2000 mètres de fond, au large de l’atoll de Mururoa, et ils y sont pour longtemps.

Quittons la Mer pour la Terre

Les pesticides, largement utilisés depuis des dizaines d’années, ont imprégné le sol, et se retrouvent dans nos fruits, nos légumes, nos nappes souterraines, et ne sont pas prêts d’en être éliminés, d’autant que leur interdiction complète n’est toujours pas à l’ordre du jour, même si des avancées modestes sont faites, d’autant que la polémique entre les pro et les contre continue, les uns affirmant, preuves à l’appui, que ces produits sont cancérigènes, d’autre disant le contraire, soutenus par de puissants lobbys.

 

Ailleurs, pour produire l’huile de palme, et fabriquer entre autres, le Nutella, on déboise à tour de bras la forêt ancienne indonésienne, et pas seulement, provoquant la disparition des orangs outans.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais l’Indonésie n’est pas la seule concernée par le déboisement intensif : l’Amazonie, l’Afrique, et d’autres, font l’objet de cette pratique mortifère. Pétition

Il y a moins de 4 siècles, les 2/3 des terres étaient recouvertes de forêts…aujourd’hui, ça ne représente plus qu’un seul petit tiers.

En 2014, le déboisement continuait à un rythme alarmant, puisque 13 millions d’hectares de forêts sont détruits chaque année dans le monde, même si le rythme diminue légèrement ces derniers temps.

D’une façon générale, les terres agricoles des pays dits « développés » ont surexploité les sols, terres devenues si stériles qu’elles ne peuvent produire qu’à l’aide d’engrais, la plupart du temps chimiques et dangereux, que l’on retrouve dans nos assiettes.

Comme l’écrit Batou, un bloggeur : « l’agriculture industrielle, à coup de dizaines de pesticides, consiste à faire pousser des végétaux malades sur un sol mort  ».

Bien sûr, le bio, la permaculture, et l’agriculture dite « raisonnée », connaissent un essor louable, mais ce n’est encore que très marginal, même si la croissance annuelle est de 8,4%par an, et que 118 000 emplois ont été créés jusqu’en 2016.

On compte aujourd’hui plus d’un million et demi d’hectares cultivés en bio en 2016 

C’est un progrès conséquent, bien sûr, mais il ne faut pas oublier qu’il reste 26,5 millions d’hectares encore cultivés dans notre pays de façon industrielle et donc dangereuse…

Alors faut-il jouer la carte de l’optimisme, en se disant que tout ça va dans le bon sens…ou se dire que c’est un peu trop tard, vu le chemin à parcourir pour retrouver un environnement propre ?

D’autant qu’au plus haut niveau, des dirigeants, et pas des moindres, aux USA et ailleurs, continuent de contester qu’il y aurait une crise environnementale mondiale et qu’ailleurs, en France par exemple, ne serait-ce que sur le sujet nucléaire, il semble bien difficile de tourner la page, et de choisir le chemin des énergies propres.

A part les propos lénifiants et les promesses de campagne, notre pays continue de perdre des milliards dans cette énergie mortifère, Areva et EDF, étant au bord de la faillite. 

Ne serait-ce que pour l’EPR de Flamanville, le dépassement financier est déjà de 7 milliards d’euros.

Et quid de l’air ?

 

Ce sont les grandes villes et les pays dits développés qui sont aux premières loges…au Japon, en Chine, et ailleurs, c’est devenu une banalité de se promener avec un masque couvrant le nez et la bouche.

 

Alors que le seuil fixé par la norme est de 25 microgrammes, il n’est pas rare de dépasser les 600 microgrammes.

Mais la Chine n’est pas la seule dans ce cas, ce danger est réel un peu partout lorsqu’il y a concentration humaine…en France on en est réduit à limiter parfois la vitesse des véhicules ou à pratiquer l’alternance des numéros d’immatriculation.

Pire, la plus dangereuse des pollutions est celle qui ne se voit pas, et qui n’a pas d’odeur, et elle incrimine l’activité nucléaire.

À Canjuers, près de la zone d’activité militaire, des seuils catastrophiques de radioactivité ont été mesurés.

Chacun connait aujourd’hui les dangers de l’amiante, mais peu savent que l’asphalte de nos belles routes, et autoroutes, en contiennent, et lorsque nous roulons, nous dispersons dans l’atmosphère d’importantes et dangereuses quantités de poussière d’amiante. 

On le voit, le danger est partout, et la liste de ceux donnés dans cet article est largement incomplète. 

Bien sûr, certains continuent de clamer : « il faut sauver notre belle planète bleue », manifestant, pétitionnant à tour de bras, mais ce n’est pas la Terre qui est en danger, c’est nous qui sommes menacés.

Si un jour nous disparaissons de la surface de la planète, la Terre mettra beaucoup de temps à se débarrasser de toutes ces pollutions, mais elle y parviendra, sauf que nous ne serons plus là pour le constater.

 

Comme dit mon vieil ami africain : « C’est tant que le vieux seau est encore là qu’il faut en fabriquer un neuf  ».

02 aout 2017

 

La CIA confirme publiquement qu’elle travaille au « changement de gouvernement au Venezuela »

Bien que les grands médias taisent cette information, ou minimisent les dires du «  Ministre des Affaires Étrangères du Venezuela selon lequel le directeur de la CIA aurait affirmé que… etc… etc…  », ou traitent carrément par l’ironie les protestations du président Maduro (1), c’est à présent officiel. Le directeur de l’Agence Centrale de Renseignement des États-Unis (CIA), Michael Richard Pompeo, vient de révéler publiquement la tenue de plusieurs réunions avec la Colombie et le Mexique (2) pour évaluer les « manœuvres qui pourraient être appliquées depuis ces nations en vue d’obtenir un meilleur résultat » dans les efforts menés pour « changer le gouvernement du Venezuela ».

L’interview a été réalisée le 20 juillet 2017 au Forum sur la Sécurité d’Aspen (3), au Colorado. On peut lire l’échange sur le Venezuela entre la journaliste Vanessa Neumann, présidente de l’entreprise Asymmetrica, et le Directeur de la CIA aux pages 33-34 du texte intégral en anglais : http://aspensecurityforum.org/wp-content/uploads/2017/07/The-View-from-Langley.pdf

Cet échange est également visible sur la vidéo intégrale de l’interview de Pompeo (à 55:30) :

 

« Vanessa Neumann : j’ai la double nationalité, états-unienne et vénézuélienne. Voici donc ma question puisque nous n’avons rien couvert de l’hémisphère occidental dans ce forum. Il est évident que le changement de régime de Maduro et du Venezuela, nous l’espérons, est imminent ou qu’il est en train de s’écrouler en spirale – soit nous nous convertissons en Cuba dans deux semaines et nous mourrons pour toujours, soit il y aura un changement dans 60 ou 90 jours. Je suis intéressée de connaître votre évaluation par rapport aux intérêts états-uniens, aux menaces de la part du Venezuela et bien sur quels sont les intérêts russes, iraniens dans la région.

« Michael Pompeo : Merci de ta question. Quand tu as un pays aussi grand, avec une capacité économique comme celle du Venezuela, les États-Unis ont grand intérêt à s’assurer qu’il soit aussi stable et démocratique que possible. Et par conséquent nous travaillons dur dans ce but. Je fais toujours attention quand je parle de l’Amérique Centrale ou du Sud et de la CIA, il y a beaucoup d’histoires là-dessus (rires). Je dois faire très attention à ce que je vais dire mais nous, nous avons beaucoup d’espoir dans le fait qu’il puisse y avoir une transition au Venezuela et nous, la CIA, faisons tous nos efforts pour comprendre la dynamique là, pour la communiquer à notre Département d’État et aux autres. Les Colombiens, je suis allé à Mexico et à Bogotá la semaine dernière pour parler de ce sujet, pour essayer de les aider à comprendre les choses qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat dans cette partie du monde et dans notre partie du monde. »

Note :

(1) Ignacio Ramonet : « Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté. Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne », non recevable…  », Voir https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/01/05/les-10-victoires-du-president-nicolas-maduro-en-2016-par-ignacio-ramonet/

(2) Intimement liés aux puissances du narcotrafic et aux intérêts des multinationales, les gouvernements néo-libéraux du Mexique et de la Colombie appliquent des politiques agressives de privatisation de l’économie et sont signataires de plans de coopération militaire et policière avancés avec les Etats-Unis. Avec pour conséquence des chiffres records en matière d’assassinats par les forces de sécurité ou « paramilitaires », de militants sociaux, de défenseurs des droits de l’homme, de l’environnement et de journalistes.

(3) L’Aspen Institute est une organisation internationale créée aux États-Unis et financée principalement par des fondations liées à l’élite des grandes corporations comme Carnegie, le Fonds des Rockefeller Brothers, la Fondation Gates, la Fondation Lumina et la Fondation Ford. Il se consacre à promouvoir les « démocraties participatives » depuis la vision de la droite néo-libérale. L’institut a son siège à Washington et compte un campus à Aspen, Colorado (son lieu d’origine).

Source : https://red58.org/la-cia-confirma-que-está-trabajando-para-derrocar-a-venezuela-c485f0754487

Traduction : Thierry Deronne

 

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 31 juillet 2017

 

Rififi sur les fonds de tiroirs

Nous y sommes !! Il n’aura pas fallu longtemps pour apprécier à sa juste valeur la politique de la nouvelle équipe de « La République en Marche ».

 Macron et son équipe, qui ne se disaient « ni de droite ni de gauche » mettent en place un vrai racket sur les faibles ressources des plus défavorisés du système.

Réduction de l’allocation logement, augmentation de la CSG, substitution du « code du travail » par une forme de STO (service travail obligatoire) qui va mettre à mal la défense des travailleurs, leurs conditions de travail et tenter de les faire abdiquer dans leurs droits de revendiquer.

 Décidément la politique dite « nouvelle et révolutionnaire » ressemble étrangement à celle pratiquée précédemment que ce soit par un gouvernement de droite ou de la gauche réformiste. Ce qui est évident cela ressemble en tous points à un choix pour les patrons et les riches.

 Nous pouvons constater que les travailleurs, les retraités, les étudiants, font les frais de cette stratégie économique et sociale. Seules les composantes du Capital qu’elles soient patronales, actionnariales, libérales ou politicardes s’en sortent et passent au travers des économies à réaliser. Pourtant il y avait d’autres possibilités pour combler le déficit économique du pays. Pourquoi l’ISF n’est-il pas concerné, pourquoi les paradis fiscaux ne sont-ils pas d’avantage pourchassés, pourquoi la spéculation n’est-elle pas plus taxée, Pourquoi appliquer, par des ordonnances, des droits liberticides sur le travail qui vont aggraver l’insécurité de l’emploi et des conditions de vie des salariés ??

Non, tout est fait pour rassurer le monde de la finance, qui a trouvé dans Macron et son équipe des dignes défenseurs dévoués défendant l’application d’une politique chère aux intérêts financiers du système capitaliste

 Pendant que la presse capitaliste spécule sur d’éventuelles dissensions qui existeraient parmi les membres de son équipe, Macron avance ses pions et met en application ses objectifs à savoir renforcement des droits et avantages pour le Capital.

 Faisant fi des risques d’explosion sociale, nous avons le sentiment que la stratégie du pouvoir en place cherche la confrontation pour imposer la suite de sa politique entièrement libérale et autoritaire.

 Cette stratégie totalitaire est risquée : car si les forces qui sont restées silencieuses, les abstentionnistes qui représentent 53% du corps électoral se mettaient en mouvement, elles obligeraient Macron et son équipe à reculer sur leurs prétentions. Elue avec seulement moins de 17% des voix par rapport aux inscrits, l’équipe au pouvoir risquerait de payer très chère sa politique « Jupitérienne » et ferait de ce quinquennat une période de trouble social qui ne serait pas sans conséquences sur l’avenir futur de ces nouveaux politiciens qui, dans ce cas, à leur tour seront sacrifiés à l’autel du profit et à la toute-puissance du Capital.

 En conclusion : au lieu de faire de la politique spectacle, d’organiser des banquets avec Trump, Merkel et Rihanna (entres autres), de rassurer les banquiers européens, Macron ferait mieux de s’attacher aux vrais problèmes que rencontre la majorité du peuple français.

 En bref et pour faire simple « Pour mériter les revenus faramineux que perçoivent les élus de la nation, ils devraient faire une politique au service du peuple, qui paye assez cher en taxes et impôts de toutes sortes, au lieu de protéger les intérêts des riches ». 

 

La toute-puissance de cette aristocratie capitalo bourgeoise reste maitre de la situation et à bien réussie à faire élire ses vassaux. Ainsi cette minorité de familles très riches continuera à s’enrichir sur le dos des plus défavorisés en pillant les fonds de l’Etat et en aggravant les conditions de vie et de travail des plus démunis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors pourquoi ça crame là et en ces périodes de grandes migrations touristiques ? Comme par hasard, la Provence, la Côte d’azur et la Corse sont les lieux les plus prisés par les touristes. C’est comme ça.

Ce ne sont pas ces touristes qui mettent volontairement le feu. Les actions réellement malveillantes sont généralement le fait de locaux : jalousie de chasseurs, bergers « préparant » de futurs parcours à moutons, promoteurs prévoyants dégageant une colline pour, vingt ans après, acheter et construire. Sans oublier les abrutis fascinés par le feu et le ballet des Canadair. Si, ça existe. Mais il faut savoir qu'un incendie volontaire, c'est les assises.

Mais les touristes mettent le feu non pas sciemment mais par KONNERIE.

La konnerie tragique, c’est de jeter son mégot, même sommairement écrasé, par la fenêtre de sa voiture, sur autoroute comme sur toutes les nationales et départementales. Elles sont belles nos petites routes qui permettent de découvrir ces si jolis paysages de l’intérieur, qui traversent ces odorantes forêts de pins où cransignent les cigales. Mais ce sont de véritables brûlots avec la chaleur et la sécheresse estivales. Les aiguilles de pins dégagent des vapeurs de térébenthines extrêmement inflammables. Un mégot et surtout son filtre vont se consumer lentement et longtemps. Assez longtemps en tout cas pour qu’une rafale de mistral ravive la minuscule braise jusqu’au point éclair. Et c’est le départ d’un feu de forêt… Ça coûte jusqu'à 45000 euros et 3 ans de taule. Mais que dire des constructeurs automobiles qui ont supprimé le cendrier dans les nouvelles voitures ?

La konnerie, c’est de faire un barbecue en campagne. On les fait griller à l’ombre bien sûr les merguez et les côtelettes d’agneau. Qui dit ombre dit arbre. Et les arbres, chez nous, ce sont presque toujours des pins… On revient au cas précédant…

La konnerie c’est de faire un sympathique feu de camp au bord d’une petite rivière. Il y a quelques années, j’ai vu, de mes yeux vu, un groupe de sympathiques jeunes Allemands allumant un feu entre quatre pierres sous une pinède bordant le Gardon, dans les magnifiques gorges de Collias. Je les ai « allumés » gentiment mais fermement et ils ont éteint leur truc. Hélas, quelques jours plus tard, à la suite de pareilles konneries inconscientes, les gorges ont cramé…

La konnerie, pour ceux qui arrivent l’été dans leur résidence secondaire dans le Luberon, dans les Alpilles ou dans les Maures ou l’Estérel, c’est de ne pas avoir fait débroussailler le pourtour de sa propriété et de brûler les herbes, les branches tombées de l’hiver et autres végétations qui gênent les vacances. "Oui mais on fait attention : on a le tuyau d’arrosage prêt…" Mouais…. Le débroussaillage est pourtant obligatoire dans les 32 départements des régions PACA, Corse, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes + l’Ardèche et la Drôme. Également dans les autres départements si un arrêté préfectoral l’exige surtout en cette période de sécheresse. Les maires des communes concernées doivent veiller à la bonne exécution du débroussaillement mais aussi du maintien en état débroussaillé. Ils peuvent donc intervenir auprès des propriétaires négligents et même le faire exécuter d’office au frais de l’intéressé. Et ça coûte bon bon. Comme la contravention et l’astreinte journalière.

La konnerie, c'est l'urbanisme caractérisé souvent par le laxisme des autorités responsables voire les magouilles qui permettent ou tolèrent la construction de cabanons ou de maisons au milieu des forêts. Avoir sa villa sous les pins, sur la colline dominant la grande bleue ! Le bonheur. Sauf que ça brûle...

Tous ces fauteurs de feux ne risquent pourtant pas grand-chose par rapport aux dégâts que leur négligence, leur konnerie ou leur malveillance coûte à l'environnement et à la société. A l'époque de Napoléon, il y avait déjà beaucoup d'incendies dans le Midi. Le Napo, il a été expéditif : il a ordonné à ses préfets de faire fusiller sur le lieu de leurs méfaits les incendiaires ! Et les incendies se sont « miraculeusement » arrêtés...

Quant aux touristes, leur manière de faire tient au fait qu’ils ignorent les spécificités du Midi. Le danger d’incendie n’est pas le même dans les forêts de l’Île de France, de Belgique ou d’Allemagne et dans celles de Provence, du Languedoc et de Corse.

Alors, amis touristes qui nous faites l’amitié de venir chez nous, de grâce respectez ces paysages que vous aimez. Ne devenez pas des POURISTES !

Mais il y a autre chose aussi. C'est la faiblesse des moyens aériens. 26 appareils (12 Canadair, 9 Tracker, 2 Dash et 3 Beechcraft). Des appareils vieux de trente à cinquante ans, à bout de souffle dont plusieurs restent au sol parce qu'en panne…

Question : comment se fait-il que la France, deuxième pays du monde après les États-Unis en matière de construction aéronautique, ne soit pas foutue de concevoir et construire des appareils modernes, spécifiques à ce difficile travail de pompiers de l'air ? Il y a déjà un marché conséquent dans tous les pays autour de la Méditerranée. France mais aussi Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Croatie, etc. Et aussi de l'autre côté de la Mare nostrum. Et encore au Canada, aux États-Unis et partout dans le monde.

Question : comment se fait-il qu'il n'y ait pas une force d'intervention anti incendies européenne ? Avec des moyens aériens payés par l'Union Européenne et une coordination efficace ?

« Aux feux » ? Ou « Aux fous » ? Ô fan !

 

 

Photo X - Droits réservés.

29 juillet 2017

 

L’hypocrisie et l’amnésie collectives autour des APL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon objectif dans ce texte est de défendre le principe des aides sociales aux plus précaires, mais de le faire lucidement. Car ce principe a été dévoyé depuis de très nombreuses années. Et le but est que ces prestations aillent aux plus pauvres et non à ceux qui n'ont aucun besoin...

Le gouvernement diminue de cinq euros les aides personnalisées au logement (voir à ce lien). Cinq euros pour des précaires, cela peut être beaucoup, c'est parfois la limite avec le découvert autorisé et le début des ennuis bancaires. Les moins fortunés sont encore touchés, ceux dont les parents n'ont pas de biens ou de réseau. Ceux qui sont honnêtes aussi, ou ces étudiants ayant besoin de travailler pour payer leurs études, ce qui signifie pour beaucoup l'abandon de celles-ci à plus ou moins long terme généralement, à quelques exceptions notables.

Il est plus simple de diminuer les APL que de tenter de cadrer les loyers des appartements ou des maisons, de réglementer le tout. Certains propriétaires osent louer des placards et les qualifier de « studios » sans aucune vergogne alors qu'ils n'y mettraient pas leur chien. Ils louent ces réduits à des prix d'une amoralité rarement atteinte dans l'histoire et que ce soit en province ou en région parisienne.

 

Les privilégiés, les anciens comme les nouveaux, n'en ont cure, ça les agace, qu'est-ce que cinq euros pour eux ? (voir la réaction d'une députée LREM à ce lien). Les étudiants ne seraient qu'une corporation de paresseux « mal partis » dans la vie ? En plus à quoi ça sert franchement d'étudier les Lettres ou l'Histoire alors que tous pourraient contribuer à la dynamique du système en intégrant des écoles de commerce ou en créant leurs « start up »...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout le monde s'étonne de cette décision mais qui les français ont-ils élu en mai sinon un ultra-libéral dont on pouvait s'attendre qu'il aille directement dans cette voie ? C'est la première hypocrisie des citoyens, fussent-ils éditorialistes politiques distingués, sur la question. Pensaient-ils que Macron allait trier entre le bon grain et l'ivraie parmi ses électeurs et n'appliquer sa politique que pour ceux n'ayant pas voté pour lui ? Parions que bientôt ceux-ci auront très vite oublié quel bulletin ils ont mis dans l'urne...

L'autre hypocrisie majeure est toute aussi simple à définir. Pendant des années, des décennies, l'APL, allocation très politique, a été distribuée à tour de bras, généralement un peu plus avant de grandes échéances électorales. Elle l'était sur la base de déclarations de ressources pour la plupart frauduleuses. Les parents encourageaient leur progéniture à mentir sur ses revenus réels, sur sa situation de couple. Comme rien n'était vraiment vérifié, même par informatique alors que cela eût pris un click, des enfants déjà favorisés bénéficiaient de cette aide à laquelle ils n'avaient strictement aucun droit.

C'est un sport très français, mentir à l'Etat. Tout le monde l'a fait d'ailleurs au moins une fois persuadé que c'était pour une raison vénielle, tout le monde a eu envie de le faire encore plus souvent. Sachant très bien que c'est mal, mais puisque les autres le faisaient et le font toujours pourquoi se gêner ? Et puis ainsi que pour les incivilités au volant le mauvais citoyen c'est toujours l'autre français.

Et puis « puisque les étrangers la touchent et ont aussi des combines pourquoi pas nos enfants » ? Ici c'est le point encore tabou. Interdit d'en parler à haute voix. C'est pourtant le point le plus hypocrite. Beaucoup de personnes « issues de la diversité », selon le vocable faux-cul, ont également des combines afin de récolter le maximum d'argent qu'ils peuvent percevoir de la République. Ils camouflent leur situation familiale, leurs revenus (travaillant pour certains au « black ou pratiquant d'autres business lucratifs mais dangereux)A tel point, après de nombreux abus, que la plupart des dossiers des Caisses d'Allocations Familiales sont dans les quartiers sensibles tous anonymés.

Mais ça aussi il ne faut pas le dire. (Zut je l'ai dit quand même)

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

Illustration, manif étudiante, empruntée sur le site de l'express

 

Illustration représentant concrètement ce que paye cinq euros, Pierrick Audren

28  juillet 2017

 

Ils sont en train de tuer Terre et Mer

Quelle est donc la motivation de ces humains qui prennent la planète pour une poubelle ?

Qui détruisent juste pour le plaisir ?

Qui gagnent tant d’argent qu’ils ne savent plus comment le dépenser ?

Ont-ils réalisé qu’ils sont en train, en condamnant la planète, de priver à terme toute chance de survie à leur descendance ?

Récemment, on a pu découvrir, à la veille des grandes vacances, la liste des plages les plus propres du pays, qui sont au nombre de 390,  annonce on ne peut plus rassurante, sauf qu’il y a dans notre belle France près de 3000 plages…ce qui sous-entend que toutes les autres sont beaucoup moins propres, voire dangereuses.

S’il faut en croire l’association « Robin des Bois », Marseille, et sa belle bleue, semblent décrocher le pompon, le Vieux Port et les îles du Frioul sont reconnus comme de véritables pièges à déchets.

L’association a publié récemment l’Atlas de la France toxique, évoquant la pollution de l’air dans de nombreuses grandes villes, les sites contaminés, les eaux empoisonnées… 

 

L’association a dénombré, du côté de Marseille, pas moins de 52 sites pollués, et rappelle que des usines d’acide sulfurique se sont installées sur le littoral dès le 19ème siècle, provoquant des seuils d’alerte dans les sols et les coquillages, avec comme conséquence, par exemple, des risques de saturnisme pour les enfants qui fréquenteraient la plage de Saména, car si la plage est interdite au public, la baignade ne l’est pas.

 

 

 

 

 

 

 

La situation n’est pas plus enviable pour le port de la Lave, ou l’anse de l’Estaque, polluée à l’arsenic et au mercure, faute à l’entreprise Metaleurop qui, jusqu’en 2001, produisait du trioxyde d’arsenic dans une usine juchée sur la falaise.

N’oublions pas, non loin de là, le site de Gardanne polluée par les boues toxiques de l’entreprise Altéo, puisque à ce jour, ce sont déjà 20 millions de tonnes de ces boues qui ont été déversées dans la mer…et que Valls, alors 1er ministre, contre l’avis de sa ministre de l’environnement, a autorisé l’entreprise à continuer sa funeste pollution. 

 

On dénombre pas moins de 16 plages marseillaises envahies par les germes fécaux, car lorsque la pluie s’en vient, l’Huveaune déborde, et emporte la pollution sur une bonne partie du littoral. 

Ajoutons pour la bonne bouche ces égouts qui se déversent directement dans la grande bleue, au large de Marseille.

 

C’est en effet à Cortiou, et sa belle calanque, que les excréments d’un million de marseillais se déversent directement dans la mer. 

À Cap Martin, ou au Cap Ferrat, de discrètes bouches d’égout continuent de déverser directement dans la mer toutes nos déjections en parfaite impunité. 

 

Au-delà de ces pollutions littorales, il faut prendre le large, découvrant de véritables iles flottantes faites des déchets de notre belle civilisation, et même aller au fond des choses, car les profondeurs marines sont tout aussi polluées : métaux lourds, vieux containers radioactifs rouillés et fissurés laissant fuir le poison nucléaire, mais aussi déchets de plastiques, réduits en micros déchets qui vont se retrouver dans les estomacs de toute la faune marine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est globalement acquis par les administrations, que des milliards de becquerels reposent au fond des mers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

36 000 futs de déchets radioactifs ont été immergés à la fin des années 60 dont pas moins de 14 000 tonnes par la France.

Le Royaume uni, l’Allemagne, la Belgique, les Pays Bas, l’Italie, la Suède, la Suisse sont aussi impliqués. 

Le Japon, après la catastrophe de Fukushima, a déjà relâché plusieurs dizaines de millions de milliards de becquerels dans l’air et dans l’Océan Pacifique, et les gestionnaires de Fukushima, débordés par la situation, sont sur le point de déverser dans l’océan de l’eau radioactive dont ils ne savent plus que faire.

Ce rejet dans l’océan consiste en 770 000 tonnes d’eau radioactive, qui s’ajouteront aux milliers de tonnes déjà déversées. 

Ajoutons pour faire bon poids, les déchets nucléaires que la France à immergé par 2000 mètres de fond, au large de l’atoll de Mururoa, et ils y sont pour longtemps.

Quittons la Mer pour la Terre

Les pesticides, largement utilisés depuis des dizaines d’années, ont imprégné le sol, et se retrouvent dans nos fruits, nos légumes, nos nappes souterraines, et ne sont pas prêts d’en être éliminés, d’autant que leur interdiction complète n’est toujours pas à l’ordre du jour, même si des avancées modestes sont faites, d’autant que la polémique entre les pro et les contre continue, les uns affirmant, preuves à l’appui, que ces produits sont cancérigènes, d’autre disant le contraire, soutenus par de puissants lobbys.

 

Ailleurs, pour produire l’huile de palme, et fabriquer entre autres, le Nutella, on déboise à tour de bras la forêt ancienne indonésienne, et pas seulement, provoquant la disparition des orangs outans.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais l’Indonésie n’est pas la seule concernée par le déboisement intensif : l’Amazonie, l’Afrique, et d’autres, font l’objet de cette pratique mortifère. pétition

Il y a moins de 4 siècles, les 2/3 des terres étaient recouvertes de forêts…aujourd’hui, ça ne représente plus qu’un seul petit tiers.

En 2014, le déboisement continuait à un rythme alarmant, puisque 13 millions d’hectares de forêts sont détruits chaque année dans le monde, même si le rythme diminue légèrement ces derniers temps.

D’une façon générale, les terres agricoles des pays dits « développés » ont surexploité les sols, terres devenues si stériles qu’elles ne peuvent produire qu’à l’aide d’engrais, la plupart du temps chimiques et dangereux, que l’on retrouve dans nos assiettes.

Comme l’écrit Batou, un bloggeur : « l’agriculture industrielle, à coup de dizaines de pesticides, consiste à faire pousser des végétaux malades sur un sol mort  ».

Bien sûr, le bio, la permaculture, et l’agriculture dite « raisonnée », connaissent un essor louable, mais ce n’est encore que très marginal, même si la croissance annuelle est de 8,4%par an, et que 118 000 emplois ont été créés jusqu’en 2016.

On compte aujourd’hui plus d’un million et demi d’hectares cultivés en bio en 2016 

C’est un progrès conséquent, bien sûr, mais il ne faut pas oublier qu’il reste 26,5 millions d’hectares encore cultivés dans notre pays de façon industrielle et donc dangereuse…

Alors faut-il jouer la carte de l’optimisme, en se disant que tout ça va dans le bon sens…ou se dire que c’est un peu trop tard, vu le chemin à parcourir pour retrouver un environnement propre ?

D’autant qu’au plus haut niveau, des dirigeants, et pas des moindres, aux USA et ailleurs, continuent de contester qu’il y aurait une crise environnementale mondiale et qu’ailleurs, en France par exemple, ne serait-ce que sur le sujet nucléaire, il semble bien difficile de tourner la page, et de choisir le chemin des énergies propres.

A part les propos lénifiants et les promesses de campagne, notre pays continue de perdre des milliards dans cette énergie mortifère, Areva et EDF, étant au bord de la faillite. 

Ne serait-ce que pour l’EPR de Flamanville, le dépassement financier est déjà de 7 milliards d’euros.

Et quid de l’air ?

 

Ce sont les grandes villes et les pays dits développés qui sont aux premières loges…au Japon, en Chine, et ailleurs, c’est devenu une banalité de se promener avec un masque couvrant le nez et la bouche.

 

 

Alors que le seuil fixé par la norme est de 25 microgrammes, il n’est pas rare de dépasser les 600 microgrammes.

Mais la Chine n’est pas la seule dans ce cas, ce danger est réel un peu partout lorsqu’il y a concentration humaine…en France on en est réduit à limiter parfois la vitesse des véhicules ou à pratiquer l’alternance des numéros d’immatriculation.

Pire, la plus dangereuse des pollutions est celle qui ne se voit pas, et qui n’a pas d’odeur, et elle incrimine l’activité nucléaire.

À Canjuers, près de la zone d’activité militaire, des seuils catastrophiques de radioactivité ont été mesurés.

Chacun connait aujourd’hui les dangers de l’amiante, mais peu savent que l’asphalte de nos belles routes, et autoroutes, en contiennent, et lorsque nous roulons, nous dispersons dans l’atmosphère d’importantes et dangereuses quantités de poussière d’amiante. 

On le voit, le danger est partout, et la liste de ceux donnés dans cet article est largement incomplète. 

Bien sûr, certains continuent de clamer : « il faut sauver notre belle planète bleue », manifestant, pétitionnant à tour de bras, mais ce n’est pas la Terre qui est en danger, c’est nous qui sommes menacés.

Si un jour nous disparaissons de la surface de la planète, la Terre mettra beaucoup de temps à se débarrasser de toutes ces pollutions, mais elle y parviendra, sauf que nous ne serons plus là pour le constater.

 

Comme dit mon vieil ami africain : « C’est tant que le vieux seau est encore là qu’il faut en fabriquer un neuf  ».

27 juillet 2017

 

Les 7 contradictions de Macron, et les alternatives politiques

Emmanuel Macron serait pragmatique, volontaire, intelligent et fin stratège politique. Sa cote de popularité (65% au 10 juillet) démontre son talent de communicant. Mais l’examen de ses premières mesures révèle de profondes incohérences, voire de graves paradoxes. En voici une liste non exhaustive, avec justifications sourcées et propositions alternatives.

 

L’austérité budgétaire contre la réduction des déficits

En dépit des multiples exemples (Grèce, Portugal, Royaume-Uni...), Emmanuel Macron pense que la réduction de la dépense publique va permettre le recul des déficits. Le problème vient du fait que chaque euro enlevé des dépenses l’est aussi du PIB, avec des effets multiplicateurs négatifs. Si la colonne « dépense » du budget est réduite, la colonne « recette » le sera également, et la croissance risque de ralentir. Les 3% étant calculés comme un rapport déficit budgétaire sur PIB, Macron prend le risque d’augmenter le ratio en ralentissant la croissance. Le FMI lui-même a ainsi reconnu dans un rapport interne l'impact négatif de l'austérité sur la croissance et la réduction des déficits. Une thèse également défendue par de nombreux économistes, dont le prix Nobel Paul Krugman et notre Français Thomas Porchet.

Alternative : un plan de relance de l’activité, dans des domaines non délocalisables (transition énergétique, agriculture bio, infrastructures, défense, services à la personne) qui va créer des déficits supplémentaires en année 1 et des excédents en année n+1. Les USA et le Portugal ont ainsi réduit efficacement leurs déficits après avoir tourné le dos aux politiques d'austérité.

 

La réforme fiscale contre la croissance

En plus de couper dans les dépenses, Emmanuel Macron coupe dans les recettes en accordant des baisses d’impôts dont les bénéfices se reporteront sur les plus riches. 46% des cadeaux fiscaux toucheront les ménages des 10% les plus aisés tandis que 4.5 milliards (chiffre du gouvernement) à 10 milliards (étude indépendante) de baisses d’impôts sur le capital concernent uniquement les 0.1 % les plus riches.

Cette réforme va donc mécaniquement augmenter les inégalités. En théorie, elle devrait permettre de relancer l’investissement privé, et par effet de ruissellement, la croissance.

Cette notion est malheureusement fausse, comme le prouvent de nombreuses études économiques, y compris les rapports des deux organismes libéraux que sont le FMI et lOCDE. Leurs économistes sont catégoriques : l’augmentation des inégalités a un impact négatif sur la croissance.

Alternative : effectuer une réforme de l’impôt, sur le modèle proposer par l’économiste Thomas Piketty, qui imposerait le capital au même taux que le travail et fusionnerait CSG et IR pour les rendre plus progressifs. Ceci permettrait de réduire l’impôt de 90% des Français, d’après les simulations réalisées pour la France Insoumise par l’économiste Liêm Hoang-Ngoc (Paris Sorbonne), en se basant sur les modèles de l’administration fiscale. Bien entendu, on peut préférer une politique d’imposition moins « socialiste », en répartissant l’effort de façon plus harmonieuse que les 90% perdant / 10% gagnant de Macron ou les 10% perdant / 90% gagnant de Mélenchon.

 

La réforme du code de travail contre l’avis des patrons et des économistes de l’OCDE

L’enquête de l’INSEE conduite auprès de 10 000 chefs d’entreprises de taille variées démontre que le Code du travail est le dernier des soucis des patrons. Ceux-ci évoquent le problème des carnets de commande comme premier frein à l’embauche, suivi de la formation des candidats et enfin le coût du travail.

Les derniers rapports de l’OCDE montrent qu’il est plus facile de licencier en France qu’en Allemagne, et que la corrélation flexibilité du marché du travail – emploi est fausse. Le seul pays ayant observé un recul du chômage suite à la flexibilisation du marché de l’emploi est l’Allemagne, mais dans un contexte particulier (investissement public pour soutenir l’activité, positionnement industriel sur le haut de gamme) et pour un résultat discutable (création d’une classe de douze millions de travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté).

Le dernier argument avancé est le gain en crédibilité face à l’Allemagne pour ensuite obtenir des concessions de cette dernière. Mais l’Allemagne n’a pas bronché après l’application des réformes recommandées par la Commission européenne (CICE en 2014, loi Macron 1 en 2015, loi travail "El Khomri" en 2016). De plus, elle a déjà indiqué vouloir plus : un retour du déficit à 0.5% du PIB (soit 100 milliards d’économies budgétaires supplémentaires, ou cinq fois plus que la proposition du gouvernement actuel).

En clair, le patronat ne veut pas de la réforme (à part le Medef, syndicat minoritaire qui représente principalement les très grandes entreprises) tandis que les économistes libéraux de l’OCDE prouvent que la réforme a un impact nul sur l’emploi et temporairement négatif sur la croissance.

Alternative : réformer le RSI et réduire la charge bureaucratique qui pèse sur les entreprises, en particulier les TPE et PME. Investir dans un plan de relance d’activité et dans la formation et l’éducation des jeunes et des chômeurs (le plan d’austérité coupe dans la formation et l’enseignement supérieur, exactement l’inverse de ce que demandent indirectement les patrons).

 

La lutte contre le réchauffement climatique et l’accélération de la mondialisation.

Emmanuel Macron a défendu le CETA, le JETA et le TAFTA au G20 (des accords de libre-échange visant à accroître le commerce mondial et à favoriser la production industrielle face à la production locale, en termes d’agriculture en particulier). Or la Commission européenne a elle-même reconnu que le CETA augmentera significativement les rejets de C02 de l’UE et du Canada (en plus de favoriser l’élevage intensif et l’exploitation des sables bitumineux).

La défense du libre-échange est prioritaire face à la lutte contre le réchauffement climatique, comme le démontrent les conclusions du G7 et G20 et la réception de Donald Trump le 14 juillet.

Alternative : conditionner les accords de libre-échange à des normes environnementales, mettre en place une taxe carbone et renforcer la coopération scientifique.

 

L'État d’Urgence au service des terroristes

Les juges antiterroristes et Emmanuel Macron lui-même reconnaissent que l’État d’Urgence permanent ne permet pas de lutter efficacement contre le terrorisme. Pourtant le président veut le prolonger de manière définitive en inscrivant ses dispositions dans la loi, offrant ainsi une victoire morale aux terroristes. Ceux-ci sont parvenus à faire reculer les libertés et la démocratie, les valeurs qu’ils étaient venus combattre en commettant leurs horribles attaques.

Les attentats aux USA, en Russie, en Iran montrent que le recul des libertés ne permet pas d’augmenter la sécurité. Les pays comme l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne et l’Angleterre n’ont pas modifié leur constitution pour faire face à la menace, seuls la France et les USA l’ont fait (dans les deux cas sans succès).

Alternative : plutôt que de céder à la panique comme des pleutres, renforcer les moyens humains et sortir de l’État d’Urgence permanent pour réserver cette arme aux situations exceptionnelles.

 

La lutte contre le terrorisme sans moyens financiers

La police et la sécurité intérieure voient leurs budgets amputés d’un demi-milliard d’euros, la justice perd 150 millions et l’aide au développement (qui contribue à réduire les flux migratoires) baisse de 141 millions d’euros.

Mais c’est l’armée, dont l’objectif principal est la lutte antiterroriste (opération sentinelle sur le territoire, opérations au Mali, Centrafrique, Niger, Irak et Syrie à l’étranger) qui subit la plus grosse coupe budgétaire : 850 millions. Les missions demeurent inchangées. En même temps, Macron promet d’augmenter ce même budget de 1,5 milliard dès 2019. La contradiction de cette décision a poussé le chef d’état-major, le général De Villiers, à démissionner.

Alternative : définir clairement les missions et objectifs de l’armée et ajuster les moyens en conséquence. Appliquer l’accord avec Berlin permettant de sortir les dépenses militaires exceptionnelles de la règle des 3%. Augmenter les moyens de la lutte contre la fraude fiscale (chaque fonctionnaire supplémentaire rapporte environ 1,2 million d’euros).

 

La paix en Palestine avec le langage de l’extrême droite israélienne

Devant Benyamin Netanyahu, Emmanuel Macron a été le premier dirigeant mondial à établir un lien d’équivalence entre l’antisémitisme (un délit punit par la loi en France) et l’antisionisme (une position politique partagée par la gauche israélienne qui consiste essentiellement à s’opposer à la colonisation et l’apartheid imposé aux Palestiniens).

Alternative : reconnaître officiellement l’état palestinien, comme la majorité des pays membres de l’ONU.

 

Bonus : La fin de la lutte contre la fraude fiscale en période d’austérité budgétaire

La mesure la plus symbolique d’Emmanuel Macron, pourtant inspecteur des finances, est de rétablir le verrou de Bercy. Ce système remis en cause par les réformes visant à augmenter les capacités de lutte contre la fraude fiscale (qui coûte 85 milliards d’euros par an au contribuable français, soit plus de 135 euros par moi à tous les Français) sera maintenu par Emmanuel Macron. Cette décision peu médiatisée intervient quelques jours avant l'annonce de la réduction des APL et de cadeaux fiscaux sans précédent pour les ultras riches.

Alternative : engager la lutte contre la fraude fiscale, en renforçant le pouvoir judiciaire et les moyens du pôle de contrôle financier. Les solutions sont largement connues et applicables.

 

Conclusion :

Les contradictions d'Emmanuel Macron, entre le discours et les actes, mais également entre les objectifs affichés et les résultats à prévoir ne peuvent s'expliquer qu'à l'aide d'hypothèses sociologiques. En premier lieu, l'appartenance au milieu des hauts fonctionnaires et des affaires entretient une certaine idéologie qui fait croire à Emmanuel Macron, comme aux cercles qui le conseillent, que leur politique économique constitue la seule voie crédible. Ensuite, la pression de ces milieux pousse le chef d'État, comme Trump en Amérique, a cédé face aux exigences des différents acteurs, fussent-ils aussi abstraits que les "marchés" ou aussi institutionnels que l'Allemagne et Bruxelles. À moins qu'il ne s'agisse que d'une politique de lutte des classes totalement assumée.

Face à cette attitude de soumission présidentielle, et puisque la réponse démocratique semble vouée à l'échec, la contestation reste la seule voie offerte au peuple pour faire entendre ces intérêts.

 

Compte tenu du niveau de violence et d'autoritarisme exercé par les forces de répression, soutenues par un véritable verrou médiatique, la lutte s'annonce difficile.

26 juillet 2017

 

Casier judiciaire vierge : E. Macron trahi par les siens?

Dans son programme, Emmanuel Macron était clair : "la loi de moralisation de la vie publique comprendra (...) l'interdiction pour tous les détenteurs d'un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection". Il suggérait même qu'il était le seul à promettre une telle mesure -ce qui était inexact, car beaucoup d'autres candidats étaient sur la même ligne.

Ce programme ne faisait que reprendre des propositions de loi votées à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 1er février 2017. Elle correspondait à une revendication de longue date des ONG luttant contre la corruption. C'était la première proposition de la charte éthique d'Anticor et aussi une demande de Transparency International. Une pétition sur ce point avait recueilli près de 160000 signatures. 

Étrangement, le projet avancé par F. Bayrou ne comprenait pas l'obligation pour un candidat aux élections politiques de présenter un casier judiciaire vierge d'infractions à la probité, mais une peine d'inéligibilité. Ce n'est pas du tout la même chose :cette peine est à la discrétion des juges et elle ne peut s'appliquer qu’aux infractions commises postérieurement à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi. L'obligation de produire un casier judiciaire vierge est une condition d'aptitude. L'inéligibilité est une sanction. 

C'est d'autant plus étrange que cette condition d'aptitude concerne déjà 396 professions ou fonctions. L’article 5 de la loi du 13 juillet 1983 prévoit que  » nul ne peut avoir la qualité de fonctionnaire, le cas échéant, si les mentions portées au bulletin n° 2 de son casier judiciaire sont incompatibles avec l’exercice des fonctions». Dans les domaines de la banque et de l’assurance, la nomination des dirigeants responsables est incompatible avec les condamnations définitives, prononcées depuis moins de 10 ans (articles L. 500-1 du code monétaire et financier et L. 322-2 du code des assurances).  Cela vaut aussi pour les magistrats, soumis à une condition plus largement définie de moralité, pour les professions juridiques (notaires, huissiers), pour les experts comptables, pour les professions médicales, pour la création d’entreprise (lors de l’immatriculation au registre de commerce ou au répertoire des métiers), pour l’obtention d’une carte de presse, pour les métiers de la sécurité ainsi que pour les chauffeurs de taxi. Ce document est même exigé pour des métiers de la sécurité. Faut-il donc un casier judiciaire pour être maître-chien et non pour être parlementaire? 

C'est encore plus étonnant si on considère que cette mesure, de forte portée symbolique, ne concerne qu'un petit nombre. Entre 1995 et avril 2016, l’Observatoire de la Société mutuelle d’assurance des collectivités territoriales a répertorié 1188 condamnations d’élus locaux toutes infractions Sur la mandature 2008-2014, l’Observatoire a recensé 171 élus locaux condamnés. Rapporté aux nombres d’élus locaux, le taux de mise en cause pénale pour atteinte à la probité est faible : 0,99 pour mille élus locaux. Même en prenant une définition très large, comme celle retenu par l’ouvrage « Délits d’élus » qui dénonce 400 politiques  » aux prises avec la justice », le nombre doit être rapporté aux 600 000 élus français.

 Un risque constitutionnel qui mérite d'être couru.

Certes, il existe un risque constitutionnel. Cependant, aucune jurisprudence n'a jusqu'alors interdit de poser une telle condition. 

Le 11 juin 2010, le Conseil constitutionnel a annulé une modification portant sur l’article L. 7 du code électoral (n°2010 6/7 QPC). Mais cet article prévoyait une inéligibilité automatique pour les élus condamnés pour certaines infractions, notamment les délits financiers (détournement de fonds publics, corruption passive et trafic d’influence, par exemple). Il a été censurée au motif qu’il instituait une automaticité contraire à l’individualisation des peines, grand principe de la justice française : c’est au juge pénal de décider des sanctions par rapport à l’individu et aux faits qui lui sont reprochés, et de le protéger ainsi de l’arbitraire. 

En revanche, le Conseil constitutionnel n'a jamais considéré comme inconstitutionnelle une condition d'aptitude. Au contraire, dans sa décision du 5 octobre 2012 (2012-278), il a considéré que l’exigence de bonne moralité exigée des candidats à la magistrature est conforme à la Constitution : "ces dispositions ont pour objet de permettre à l’autorité administrative de s’assurer que les candidats présentent les garanties nécessaires pour l’exercice des fonctions de magistrats, s’agissant en particulier du respect des devoirs qui s’attachent à leur état". 

Enfin, le Conseil constitutionnel a bien annulé une disposition imposant le casier judiciaire vierge dans la loi Sapin II (décision n°2016-741 DC). Mais cette annulation était seulement motivée par le fait qu'une telle obligation ne pouvait être posée que par une loi organique et non par une loi ordinaire. Rien d'autre ne peut en être déduit. 

Par ailleurs, contrairement à ce qui est parfois soutenu, la condition d'aptitude n'est pas perpétuelle. Tout condamné à une peine criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle peut bénéficier d’une réhabilitation soit de plein droit, soit judiciairement (C. pén., art. 133-12). La réhabilitation de plein droit s’acquiert par l’écoulement d’un certain délai dès lors que la personne condamnée n’a subi aucune condamnation nouvelle à une peine criminelle ou correctionnelle (C. pén., art. 133-13). La durée des délais varie de 3 à 10 ans, en fonction de la peine prononcée. (C. pén., art. 133-13, 1° . – C. pén., art. 133-13, 2° . – C. pén., art. 133-13, 3°). Elle produit les mêmes effets que ceux attachés à l’amnistie par les articles 133-10 et 133-11 du code pénal : elle entraîne notamment l’effacement de toutes les incapacités et déchéances qui résultant de la condamnation (C. pén., art. 133-16, al. 1er). 

La Commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté l'obligation de produire un casier judiciaire vierge d'infractions à la probité et d'infractions criminelles pour un candidat à des élections politiques. Le risque constitutionnel méritait d'être couru. Il n'y a aucune honte à faire preuve de courage politique en ce domaine.  Plus encore, en cas d'annulation, il serait possible de rétablir cette obligation dans la loi constitutionnelle de moralisation qui sera déposée à l'automne. 

 

Pour la séance publique, M Ferrand a pris l'initiative d'un amendement supprimant l'obligation de produire un casier judiciaire vierge et rétablissant l'inéligibilité. Rejoint par les membres du groupe LREM, l'amendement sera sans doute adopté. Faut-il considérer qu'Emmanuel Macron a été trahi par les députés LREM? Ou faut-il penser qu'encore une fois, et plus encore en matière politique, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

25 juillet 2017

 

 

 

Le pacte girondin ou l’euro destruction de la France par Macron MEDEF – par Floréal

Pour faire passer la pilule de l’euro-austérité redoublée (13 milliards d’euros à prélever sur les collectivités territoriales), Macron propose aux élus territoriaux un “pacte girondin” qui leur permettrait de se regrouper comme bon leur semble, sans souci de la cohérence nationale, de déroger à la loi sous couvert d’expérimentation, bref de détruire encore un peu plus la République une et indivisible héritées de la Révolution française.

Ce bégaiement de l’histoire opposant les Girondins aux Jacobins, c’est à dire l’aile droite de la bourgeoisie fédéraliste à l’aile gauche dirigée par Robespierre et soutenue par les Sans Culottes, est très significative de la nature de classe du régime macronien.

Alors que Robespierre avait à la fois promu l’unité de la République, garante de l’égalité des citoyens devant la loi, mais aussi la pleine autodétermination des communes (C’est Bonaparte qui supprima l’élection des maires et qui imposa la toute-puissance des préfets), le girondinisme tendait à disloquer la nation et à briser la force du peuple en remplaçant les seigneurs féodaux par une nouvelle féodalité bourgeoise ancrée dans “les territoires”. Le même Macron souhaite d’ailleurs valider la Charte européenne des langues régionales, qui briserait la citoyenneté française et l’unité linguistique de la République, en instituant de prétendues minorités linguistiques dotées de privilèges et dispensées de parler la langue commune.

Quoi d’étonnant si désormais l’euro-casseur de France qu’est Macron, s’affiche clairement “girondin”. Du moins ces derniers s’affirmaient-ils encore révolutionnaires et patriotes. Ce n’est plus le cas de Macron qui n’est plus, en tous domaines, que le petit proconsul de Merkel et de l’euro-metropolisation de notre pays.

 

Quant à nous, militants franchement communistes, nous répondons toujours fièrement du nom de jacobins, à l’instar de Lénine, quand nous défendons à la fois l’unité territoriale de la nation, le français en tant que langue de la République, les langues régionales en tant que patrimoine indivis de la nation, la pleine autonomie des communes et le devoir républicain pour chaque maire et pour chaque citoyen de s’opposer à lEurope du capital qui sape les bases de notre existence nationale elle-même.

24  juillet 2017

 

Les fayots

 On en a tous connus sur les bancs d’écoles, de ces asticots aux sourires forcés qui tiraient sur la jupe de la maitresse et se poussaient des coudes pour avoir la meilleure place. On se souvient tous comme ils nous insupportaient, ces insupportables cornichons de la flagornerie. Et de leurs fielleuses paroles tout en sucre venimeux. Tout leur était dû, à eux qui ne s’aimaient point, toutes les trahisons, toutes les fourberies, les croche-pieds, et que je me rapproche du plus fort, et que j’écrase le plus faible, et que je change d’écurie selon mes intérêts du moment ! Lécheurs, lâcheurs, copieurs : ils osaient tout et avaient parfois plus que tout.

Petits saligauds ! Les voilà adultes à présent, aux rangs intermédiaires du management dans un nombre incalculable d’entreprises, d’administrations et d’associations. Les puissants en font du miel, ils les utilisent, les flattent, jouent avec eux comme on joue au GO, en les plaçant dans les tours de contrôle.

Ces naïfs croient qu’ils les aiment ; alors que cette instrumentalisation se fait aux dépends de tous. Ils seront donc les derniers sacrifiés, ces fidèles, si écœurement fidèles zélateurs de leurs égorgeurs. On ne les entendra même pas hurler de douleur au moment où la gueule du lion se refermera sur leurs têtes.

Que reste-t-il de leur œuvre, sinon une abyssale vacuité ? Ces techniciens de seconde zone incapables de créer quoi que ce soit ont obéi à toutes les règles, suivi tous les chemins balisés, collectionné tous les diplômes de troisième catégorie, occupé tous les postes à la con de la terre. Leur CV fait 10 pages et aligne les banalités avec un style pompeux, ils se sont creusés les méninges trois plombes pour pondre un pensum que personne ne lira jamais.

Tout juste bon à 45 ans pour un bilan de compétences, ou la psycho pose la question qui tue : de quoi avez-vous envie Mossieur ?

Ben rien Madame, je veux dire reprendre la place qui m’est due, au premier rang sous le talon de mon maitre, à lui cirer les mocassins.

Mais pauvre andouille qu’elle pense la dame, regarde ta tête, pense à l’âge que t’as ! Des comme toi on en a des plus jeunes, moins chers et plus malins plein les cartons ! Tu crois peut être qu’on t’attendait, toi la chair à canon du siècle passé ? Elle a autre chose à faire que lui dire les choses, la dame, alors elle le balade gentiment de séance en séance en pensant à sa liste de courses. Si tu crois que j’écoute ton cinéma, coco, qu’elle pense, la finaude en se curant les ongles.
Plus de bobonne (trop trompée), plus d’amis (trop trahis), plus de gosses (papa est vraiment trop chiant, la honte devant les potes !) : restent les économies, et la télé. Alors ça ressasse (ah là la), ça geigne (« on est chez nous »), ça emmerde le voisin de palier (celui-là je vais lui envoyer l’huissier hein). Et ça se rancit, ça se ratatine en rhumatismes et migraines et courbatures à toute vitesse : 45 ans, et une tête de fiancé old school de l’Ankou bonne pour la charrette ! Et qui comprend rien à rien : pourtant j’ai fait tout bien, tout comme ON m’a dit.

Ben oui pauvre POMME t’as tout bon tout con. Tu t’es juste oublié au passage. Et tout le monde t’a enterré avant l’heure. Fayoter ça sert à ça : un bon engrais pas cher pour les cimetières.

23  juillet 2017

 

La gamelle dans tous ses états (généraux)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les producteurs de melons, comme ceux d'abricots, jettent leur production. Un scandale et une honte. Mais aussi une réalité qui décourage, pousse à la ruine et souvent au suicide bien des agriculteurs. Concurrence « libre » mais faussée des produits équivalents espagnols se plaignent les exploitants français. C'est vrai et cela ne changera pas tant qu'une harmonisation sociale, fiscale et normative au niveau de l'Europe ne corrigera pas cette concurrence faussée. Ca, c'est un problème conjoncturel concernant un secteur précis de l'activité agricole. Mais il est un parmi une foultitude de problèmes constituant ce qu'il est convenu d'appeler « la crise de la filière agricole ».

Les producteurs de lait ne sont pas mieux lotis. Le prix du lait est le même que celui qu'on leur payait en...1991 ! A cette époque, une vache rapportait autant qu'un hectare de blé. Aujourd'hui, il faut 7 à 8 vaches pour égaler le produit d'un hectare de blé…

Et que dire des filières porcines, volaillères, ovines, bovines. Partout la crise qui peut se résumer en une phrase : le prix offert par les metteurs en marché est souvent inférieur au prix de revient des producteurs. En 2016, un agriculteur sur deux a « gagné » moins de 350 euros par mois ! Résultats : la crise, la ruine des exploitations à taille humaine, les suicides et le glissement inéluctable vers une agriculture industrielle dont l'exemple étasunien donne un exemple effrayant : usines à viande auprès desquelles notre « ferme à mille vaches » est un doux havre écolo, fruits et légumes OGM bourrés de pesticides, etc. C'est le triomphe de la « malbouffe ».

Face à cet état de fait, pour concrétiser une promesse électorale de Macron, s'ouvre ce jeudi à Bercy « les Etats généraux de l'alimentation ». « Je veux redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels », martelait le maintenant Président lors de sa campagne présidentielle. C'est bien de le dire, ce serait mieux de le faire. Face à eux qui se présentent en ordre dispersés, les producteurs ont la grande distribution mais aussi les transformateurs industriels. Et ils ne font pas le poids. Leur principal syndicat a longtemps été présidé par feu un ponte de cette industrie agro-alimentaire…

Ce pouvoir de négociation, les agriculteurs - désespérés par la mauvaise volonté quand ce n'est la mauvaise foi tant des industriels transformateurs que de la grande distribution – tentent de l'obtenir par des actions de « desesperados » en déversant leurs melons, abricots, pèches devant les hypers ou encore fumier et déchets devant les préfectures. C'est contre ces extrémités que ces « Etats généraux » doivent trouver des solutions.

Mais le public, l'acheteur final, le consommateur qui ne veut plus être un con-somateur sont aussi appelés à donner leur avis. Non, pas à la table des négociations, faut pas rêver, mais par une consultation publique sur une plate-forme participative (egalimentation.gouv.fr) où chaque citoyen est invité à s'exprimer, avec des questions renouvelées au fil des semaines pour nourrir le débat en cours. Mais le fait que cette consultation du public soit prévue en plein été et à la rentrée plutôt qu'en amont des Etats généraux va rendre la participation pour le moins « difficile ». Et puis qui tient compte de l'avis du cochon de payant ?

Un premier bilan sera tiré fin septembre dans l'espoir d'avoir trouvé des solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs. Juste à temps pour espérer peser sur le round annuel de négociations tarifaires entre industriels et distributeurs, qui s'ouvre tous les ans en octobre.

Bon courage…

 

 

Photo X - Droits réservés

22  juillet 2017

 

Comment la SNCF a créé des

centaines de filiales pour

mieux préparer le

démantèlement du

transport ferroviaire

En 2020, le transport ferroviaire en Europe sera totalement ouvert à la concurrence. En France, ce sera la fin du monopole de la SNCF sur le transport de voyageurs. L’opérateur public historique se prépare depuis de longues années aux affres de la « concurrence libre et non faussée ». Des myriades de filiales ont été créées, en France comme à l’étranger, réduisant les salaires, flexibilisant l’organisation, entamant le contingent des cheminots sous statut. Malgré les discours enthousiastes sur les bénéfices de ce basculement pour les « consommateurs », la réalité qui se profile ressemble davantage à un service de transport au rabais, ainsi qu’à des conditions de travail fortement dégradées pour les salariés.

Keolis, Geodis, Ouigo, Ouibus, Voyages-sncf, Effia, Altameris, Arep, Systra... La liste des filiales de la SNCF, en France et à l’étranger, pourrait être déroulée à l’infini, ou presque. Au nombre de 187 il y a dix ans, elles sont plus d’un millier aujourd’hui. À travers elles, la SNCF est présente dans 120 pays. En 2016, l’opérateur historique du train français réalisait un tiers de son chiffre d’affaires à l’international, contre 12 % il y a dix ans. « Le décollage a été rapide et la perspective, d’ici à 2022, est d’atteindre 50 % de l’activité de la SNCF en France, 25 % en Europe et 25 % dans le reste du monde », annonçait le 1er mai Guillaume Pépy, le président du groupe, aux micros d’Europe 1.

Depuis le 1er janvier 2015, le groupe est divisé en trois établissements publics à caractère commercial (EPIC) : SNCF réseau, qui gère les infrastructures, notamment les voies ferrées et la circulation des rames, SNCF mobilités, qui transporte les voyageurs et les marchandises sur ses trains, et SNCF tout court, la holding qui chapeaute l’ensemble. Chacun possède et crée ses propres filiales au gré de sa stratégie de développement, et du transfert d’une partie de ses activités vers ces sociétés privées.

Privatisation larvée et vente à la découpe

Les filiales sont tout aussi présentes sur le territoire national, où elles couvrent des domaines d’activité très variés. Les travaux et la maintenance des voix sont confiés à Sferis, une filiale créée en 2012, tandis que l’aménagement et l’administration des gares reviennent à Gares et connexions. Effia gère 115 000 places de parking en France, pendant qu’une dizaine de filiales labourent le marché de la logistique de marchandise. De cette myriade de sociétés émergent deux mastodontes : Keolis (SNCF Mobilités) et Geodis (SNCF Réseau). Ces deux géants emploient plus de 50 000 salariés chacun et possèdent à leur tour leurs propres filiales, créant un « mille-feuille » organisationnel difficile à cerner.

« La SNCF monte des filiales en face de chacune de ses activités », détaille Eric Meyer, secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail. Pour le syndicaliste, la stratégie de l’opérateur public est de « mettre en concurrence la maison mère avec ses propres filiales, et de contourner la réglementation du travail ». Prêt de la moitié des 30,5 milliards de chiffre d’affaires du groupe est déjà réalisé dans les filiales. « Au sein de la SNCF, il n’y a plus d’actifs. Les wagons, les machines ou l’immobilier sont basculés vers des sociétés privées. Dans l’entreprise publique, il ne reste que la dette et le personnel. » Une drôle de répartition. Pour la maison mère, les coûts de la dette de 50 milliards d’euros, et de la rémunération du personnel. Pour les sociétés privées dépendant du groupe, la conquête des marchés et des bénéfices. Un indice révélateur d’une privatisation larvée, qui accompagne la libéralisation progressive du secteur.

Course aux marges bénéficiaires

Pour la CGT cheminot, l’affaire ne fait pas de doutes non plus : « Les filiales se multiplient dans le monde entier, elles atteignent le chiffre record de 1 250, le recours à la sous-traitance explose, les externalisations sont nombreuses » dénonçait le syndicat dans un tract du 23 mai 2017. Pour la Confédération générale du travail, le syndicat historique du chemin de fer, la SNCF est bel et bien sur les rails de la privatisation.

L’ouverture à la concurrence commence avec le fret, puis s’étend au trafic international de voyageur en 2009. En 2020, les lignes à grande vitesse pourront être commercialisées par de nouveaux opérateurs, suivies en 2023 des lignes TER et Intercités. La décision a été entérinée à une courte majorité par le Parlement européen à dominante conservatrice, le 16 décembre 2016. L’opérateur public y voit « une opportunité » et ambitionne de devenir le numéro un des mobilités en Europe. À cette fin, l’entreprise se diversifie, rachète ou crée des sociétés privées comme Ouicar et Ouibus, lancées pour couvrir les marchés de la location de voitures entre particuliers, et du transport en autocar. Pour Véronique Martin, secrétaire fédérale de la CGT Cheminot, la direction cherche « l’augmentation des marges bénéficiaires, loin des préoccupations de développement du réseau ferroviaire et des besoins de transport des populations. »

Moins de cheminots, plus de droit privé

« Il y a une stratégie de la direction visant à filialiser de plus en plus d’activités qui pourraient être réalisées par des cheminots », explique la responsable fédérale CGT, prenant pour exemple Sferis (travaux et maintenance des voies). En jeu, la baisse des coûts de production. Les personnels de la filiale ne bénéficient pas du statut de cheminot et ne sont pas soumis aux mêmes réglementations. Tout cela est à l’avantage du groupe SNCF, dont les bénéfices pour 2016 s’élèvent à 567 millions d’euros.

« La direction justifie la baisse des coûts et la course à la rentabilité par l’arrivée de la concurrence. Limitée par le statut des cheminots, elle filialise pour réduire leur effectif. » Leur nombre n’a cessé de baisser depuis quinze ans, passant de 178 000 en 2003 à 148 000 en 2016. Les filiales emploient de leur côté autour de 115 000 salariés hors statut, un nombre en constante augmentation. Le recours à des emplois précaires se généralise à travers l’emploi de CDD, d’intérimaires, y compris dans la maison mère. Le recours massif à la sous-traitance notamment sur le réseau, complète le tableau de la précarité à la SNCF.

« Les conditions de travail et la qualité du service rendu aux usagers se dégradent. Les cheminots se sentent dépossédés de leur métier », dénonce Véronique Martin. Un malaise que confirme Eric Meyer de SUD-Rail : « Les salariés ne voient plus d’utilité à leur travail, ils n’ont plus de perspectives. On leur dit qu’ils coûtent trop cher, alors que la productivité a augmenté de 40 %. » Suite à de nombreux accidents graves et à plusieurs suicides en début d’année, les fédérations syndicales CGT, CFDT, SUD-Rail et UNSA ont déposé une alarme sociale après de leur direction au début du mois de juin.

Keolis, filiale XXL au management rugueux

Au 1er juillet 2017, Transkeo – filiale de Keolis et SNCF participation – exploitera la ligne de tram-train T11 express, destinée à relier la gare du Bourget à celle d’Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Capable de circuler à la fois sur des voies de tramway et celles du train, la T11 express sera la première ligne SNCF du réseau Transilien à rouler sans cheminot. Annonçant des coûts réduits de 40 %, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) a attribué le marché à la SNCF, qui l’a ensuite confié à sa filiale de droit privé. Les conducteurs seront polyvalents, la vente des billets s’ajoutant à la conduite des rames et à la sécurité des voyageurs. Une inflation de tâches pour une déflation salariale, la centaine de salariés de Transkeo étant moins payée que les cheminots à statut.

La maison mère de Transkeo, Keolis, exploite déjà 240 km de métro, 660 de tramways et 5800 de trains dans 16 pays. Elle possède une flotte de 23 000 bus et investit dans d’autres modes de déplacements : vélo, covoiturage ou navettes maritimes et fluviales. Avec 58 300 salariés, c’est une filiale géante détenue à 70 % par la SNCF, avec une participation de la Caisse des Dépôts du Québec à hauteur de 30 %. Avec la ligne T11 express, Keolis prend des parts de marché à l’entreprise publique, et se positionne en vue des autres projets du Grand Paris. Elle convoite les lignes T12 et T13 (tram express à l’ouest et au sud de la région parisienne), prévues pour 2021.

Cet appétit se double d’une gestion managériale rugueuse, avec un recours immodéré aux conseils de discipline. Les comparutions de salariés devant ces instances auraient ainsi augmenté de 500 % dans les transports urbains d’Orléans, selon le syndicat Sud-TAO, pour qui « les conducteurs avec de l’ancienneté et adhérents à un syndicat sont visés ». Les syndicalistes pointent des situations ubuesques, comme ce chauffeur convoqué à un conseil de discipline pour avoir transgressé un ordre. En cause : un changement de chemise tachée de sang, après avoir secouru un enfant percuté par un tram.

Ouibus, ou la sous-traitance totale

La situation des salariés de SNCF C6, filiale gérant la marque Ouibus, n’est pas meilleure. Créée en 2012 pour occuper le marché du bus, la compagnie offre dans un premier temps des conditions attractives pour attirer les chauffeurs recrutés chez ses concurrents. Depuis, l’entreprise s’est développée en faisant appel à la sous-traitance pour exploiter des liaisons transnationales. Une tendance accentuée depuis 2015 et le vote de la loi Macron déréglementant les lignes de ville à ville. « Plus de 80 % des lignes Ouibus sont exploitées par des sous-traitants », relève Rémy Haddad, délégué syndical CGT au hub de Lille. Inquiet de voir se développer le recours à des franchises, il prophétise une évolution de Ouibus vers un modèle de type plateforme. Les lignes pour les sous-traitants et les franchisés, la vente des billets et l’administration pour SNCF C6.

Des craintes confirmées par la décision de Ouibus fin 2016, de transférer son activité lyonnaise vers Faure Express, un exploitant franchisé. Les lignes, les bus et les chauffeurs font partie du voyage. Les sites restants à Lille et Paris pourraient suivre. À Lyon, la direction s’est donné les moyens de liquider l’activité et surtout ses conducteurs. Démission préalable afin d’intégrer une formation en vue d’un reclassement pour les uns, prime de départ volontaire de 6 000 euros pour d’autres, et injonction à se présenter chez Faure Express le 5 juin pour les derniers irréductibles. Refusant les pertes de salaires d’environ 600 euros consécutives à leur basculement chez un franchisé, ils font maintenant l’objet de la part de Faure Express d’une procédure de licenciement. La CGT Cheminot a alerté les présidents de SNCF C6, de la SNCF... et de la République. Elle envisage, avec les salariés, de saisir les prud’hommes. Mais la déréglementation en cours dans le droit du travail ne devrait pas les aider dans leur combat.

 

 

Photo : CC Clem

21 juillet 2017

Jupiter et Jupenlair : le couple #MAssaCRON

 

Par Ariane Walter 

Nous avons donc hérité de cette manie américaine de mettre de la « première dame » à toutes les sauces. La finalité de cette invasion est simple : depuis Jackie Kennedy, il vaut mieux parler des robes de la first lady que des loques de son peuple. Les magazines s’en font l’écho. Quelques photos font rêver et le tour est joué. On massacre tranquillement dans les coulisses.

Du temps de Bernadette Chirac, qui n’était pas une pin-up, il y avait quand même les pièces jaunes, puis on est passé au vaudeville avec Sarkozy et Bruni, pour sombrer dans la bouffonnerie avec Treiweiller et Gayet, pour enfin tomber sur le bouquet final avec Brigitte Macron.

Je dois avouer que je me pose des questions sur le niveau psychique d’une femme de 40 ans, mère de trois enfants, qui s’amourache d’un élève de 16 ans. On nous le présente alors comme un génie mais vu son état actuel il ne pouvait pas être Nietzsche à l’époque !  Certes la passion ne se commente pas à l’aune de la raison mais de telles unions sont rarissimes . Celle-ci est-elle unique ? Les Trognon-Macron sont-ils les seuls en France ? Aurions-nous tiré le gros lot sans le savoir ? 

Quels sont leurs rapports ?

Pas besoin de se cacher dans un placard pour surprendre leur conversation, puisque le couple se fait filmer et photographier sous toutes les coutures. On les voit donc dans leur intimité pour vite comprendre que leurs relations, telles qu’ils nous les montrent, sont de l’ordre « prof-élève » et « mère-fils ». Vous allez me dire « Et alors ? Si ça leur va ? » A condition que ce ne soit pas elle qui dirige le pays !!

Ainsi, à la fin d’un discours qu’il est en train de préparer, Bri-Bri lui conseille à voix haute : « Parle plus fort à la fin, on ne t’entend pas ! ». Lui faire cette déclaration d’une manière plus discrète eût été mieux venu car à la cantonade cela fait un peu le prof qui se mêle de tout. Et elle est filmée, elle le sait !

Plus énorme est la fameuse séquence où Macron ayant dit : « Putain, merde , l’OM a encore perdu ! », elle entre brusquement, lui coupe la parole :

-On s’en fout ! Où tu as mis le papier que je t’ai donné ce matin !

On en vient ainsi à la confidence d’un ami du couple qui dit « qu’elle le tient serré et qu’elle l’a à l’œil. »

Vu la propension quasi miraculeuse du fiston à aligner bourde sur bourde, on comprend une telle couvaison !!

Au cours de la campagne, un article nous apprit que l’entourage de Macron était plus que saoulé par la présence de madame et souhaitait qu’elle restât sur la touche !

Mais cela ne dura pas, semble-t-il, puisqu’on la retrouva vite sur toutes les couvertures. Madame Macron est en effet un argument de vente du produit « Fiston ». Le romanesque de la situation, l’espoir qu’il faisait naître chez les dames mûres d’être un jour aimées pour toujours, et de se retrouver première dame, faisait glisser dans le panier des élections un certain nombre de voix, marchandise précieuse que nul ne saurait négliger.

On bouffa donc du couple Macron à tout va.

Le problème de cette situation est qu’elle a ses conséquences.

On le voit tous les jours. L’immaturité de Fiston est effrayante.

A chaque jour sa bourde, son ridicule. On vit dans un cauchemar. Trump, à côté, reste classique.

Et les femmes Africaines font trop de gosses, et les kwassa kwassa font trop de vagues et les pauvres n’ont qu’à bosser, et les gens ou réussissent ou ne sont rien et je joue à la main écrasée avec Trump, et je suis le chef des armées et l’antisionisme est de l’antisémitisme et non pas un anti-colonialisme et je fais ce que je veux.

 Le mec, par ailleurs n’arrête pas de changer d’avis. Et Assad doit être chassé. Et on ne doit plus se soucier d’Assad et les impôts locaux seront supprimés, et ils ne le seront plus. Et ils le seront plus tard. Et les vaccins seront obligatoires et ils ne le seront pas. Dès qu’une annonce brouille son image il la corrige sachant très bien que sa seule occupation sera de ronger le peuple et de gaver ses amis du haut de la pyramide.

Pendant ce temps, la grande et unique préoccupation de madame est de convaincre ses admirateurs qu’elle est « jeune ».

Il ne faut quand même pas oublier qu’une grande partie de l’électorat Macron est âgée, de ces retraités bien lotis qui suivent régimes et heures de gym et ont enfin une icône à leur image « la vieille dame bien conservée », « l’éternelle jeunesse séduisante » ! Elle adopte donc, sur les conseils de la maison Vuitton, Vuitton, Vuitton, Vuitton qui l’utilise comme porte-manteau, une mode qui irait à une gamine mais qui lui messied totalement. Non, Madame quand on a des cuisses aussi épaisses que ses mollets, la mini-jupe ne sied pas. Elle ne sied d’ailleurs à aucune femme, même jeune et belle, tenant un rôle officiel. (Signalons à ce sujet que la pauvre Bribri n’a pas de chance car, plus petite, mal coiffée, mal attifée, elle se trouve souvent à côté de Melania Trump qui fait, elle, un sans-faute admirable !!) 

Le summum a été atteint lors de l’enterrement de Simone Veil où la presse italienne l’a surprise dans un remake de « Basic Instinct. » N’est-elle pas assez sensée pour savoir que les mini-jupes posent des problèmes si on croise les jambes ??? Sûrement pas puisqu’elle fait du vélo, au milieu de la foule et de la presse en mini-jupe !

Un peu exhibitionniste ?

Quand on pense qu’elle est la raison, le rempart de notre petit fou on est très, très inquiet ! Car les deux, semble-t-il, se valent !!

Enfin gardons bon espoir. Elle a pour amis, qui lui donneront de bons conseils, Line Renaud, Johny Hallyday, Stéphane Bern, et elle vote Sarkozy, d’après les confidences du même, ce qui est aussi un signe d’élégance .

 

Nous avons donc sous les yeux le couple #MAssaCRON en pleine action : massacrons l’élégance et le bon sens et massacrons la Nation et les défenses du peuple français contre l’oligarchie. 

Nos maîtres, hier, étaient à Paris. Le 14 les US. Le 15 Israël. Reçus par le gouverneur de la colonie et sa femme Jupenlair.

 

On est très mal.... 

Macron 2 mois après

Il était jeune, il était beau, il était dynamique : il allait tout changer. C’est sur ce mythe, alimenté par une machine médiatique poussée à plein régime, qu’Emmanuel Macron a forgé son élection. Deux mois après son arrivée à l’Elysée, les masques tombent et les Français découvrent son vrai visage.

 

Son gouvernement de « renouvellement » devait en finir avec les vieilles pratiques et moraliser la vie politique. Couacs après couacs, scandales après scandales et démissions après démissions, il a réussi l’exploit de faire en quelques semaines autant de mal que les gouvernements précédents en plusieurs années.

 

Mais le plus dur reste à venir. Comme en rêvaient les plus cyniques technocrates et agents d’influence de la finance, Emmanuel Macron va tenter de faire passer les mesures les plus scélérates de son funeste projet pendant la période estivale. Les Français, fatigués et lassés de se battre contre les dérives d’un monde qui court à sa perte, risquent de se réveiller lésés à la rentrée.

 

En parfait agent du mondialisme et de l’ultra-libéralisation voulue par les grands de ce monde, Emmanuel Macron organise peu à peu l’uberisation de la France. Coupes budgétaires drastiques, attaques contre l’épargne et le Livret A, Loi Travail XXL, destruction du code du travail, 49-3 amélioré via les ordonnances, gel du point d’indice des fonctionnaires, élargissement de la PMA, augmentation des vaccins obligatoires, instauration de mesures d’Etat d’urgence dans le droit commun, exonérations fiscales pour les plus aisés annoncées dans la presse étrangère par le Premier Ministre : tout est fait contre l’intérêt des Français. Le Président prépare en fait un monde meilleur pour « ceux qui réussissent » et un monde plus dur pour « ceux qui ne sont rien ».

 

 

Emmanuel Macron n’est pas au service de la France et des Français. Il est au service de ceux qui l’ont fait élire, ceux qui tiennent les médias et la finance, ceux qui continuent à s’enrichir pendant que les Français et l’ensemble des peuples du monde continuent à s’appauvrir. Il ne faut pas avoir peur de le dire.

19  juillet 2017

 

Budget 2018 : 8 milliards pour l’oligarchie, 17 milliards pris aux autres

 

C’est Emmanuel Lévy, de Marianne, qui a fait la synthèse la plus parlante des annonces du gouvernement pour le budget 2018 : 3 milliards d’impôts en moins pour les 3000 foyers les plus riches. En fait, jamais une majorité n’était allée aussi loin, aussi fort et aussi systématiquement en faveur de l’oligarchiedébordant les dits Républicains par la droite. En marche les inégalités !

La taxe d’habitation comme arbre qui cache la forêt

 

Le procédé est malheureusement assez habile : pour faire passer une multitude de baisses d’impôts pour les plus riches et les multinationales, le gouvernement y glisse quelques mesures qui profitent au plus grand nombre. Mais déjà, sur les 11 milliards de baisse d’impôts, la suppression de la taxe d’habitation n’en couvre que 3, le même montant que la baisse de l’ISF, qui profitera à beaucoup moins… Enfin, le Prélèvement Fiscal Unique (PFU) sur les revenus du capital, à 30%, représente au moins 1,5 milliards de cadeau fiscalchiffre que l’OFCE estime plutôt à 4 milliards pour un tel taux. Enfin, le taux d’IS, que Hollande avait déjà prévu de faire passer de 33 à 28%, devrait tomber à 25%.

 

Le partage, 8 milliards pour les entreprises et les plus riches et 3 milliards pour la plèbe devrait provoquer un vrai débat alors que dans nos sociétés, les inégalités battent des records, et que les profits des entreprises touchent des plus hauts historiques. Instinctivement, l’Etat devrait agir pour corriger ces déséquilibres, et donc plutôt accentuer la fiscalité sur les grandes entreprises et les plus riches pour donner à tous les autres. Pire encore, comme le note Marianne, l’exemption des revenus de valeurs mobilières sur l’ISF est effarante puisque plus la richesse croît, plus leur part croit (56% pour le 90ème décile, 86% pour le dernier). Bernard Arnault et Liliane Bettancourt comme premiers bénéficiaires du budget 2018 ?

 

Mais en poussant le raisonnement plus loin, il ne faut pas oublier que 20 milliards de dépenses publiques devraient être coupées l’an prochain. Or, cela n’affectera quasiment pas les multinationales et les plus riches, qui n’en bénéficient que d’une petite part. En réalité, cette coupe pèsera sur les classes moyennes et populaires, d’une double manière. D’abord, elle pèsera sur les fonctionnaires qui devront faire leur travail avec toujours moins de moyens, alors que la situation est déjà préoccupante dans bien des domaines. Et enfin elle pèsera sur tous ceux qui seront privés de ces services publics depuis trop longtemps au régime, et notamment la France périphérique décrite par Guilluy.

 

 

Résultat, ce n’est même pas un injuste partage entre la France d’en haut et la France d’en bas, mais en réalité, le budget 2018, c’est déshabiller le service public dont bénéficient la grande majorité des Français pour verser 8 premiers milliards à l’oligarchie, à contre-temps complet des évolutions des dernières décennies. La présidence Macron ne sert que les intérêts des milliardaires.

18  juillet 2017

L’expulsée du 14 juillet

Est-ce là ce que l’on célèbre le 14 juillet, est-ce là l’humanité dont se targue Emmanuel Macron ? C’est la question que pose le réalisateur Laurent Cantet en racontant l’expulsion, le jour de la Fête nationale, de sa voisine, une jeune chinoise vivant en France depuis plusieurs années.

Au fait, que célèbre-t-on le 14 juillet ? La Nation, sa force et sa grandeur ? Cette année, ces deux belles notions ont été bien malmenées.

A l’instant précis où, sur les Champs Elysées, sous les yeux satisfaits des membres du gouvernement, défilaient les troupes et voltigeaient les Mirages, se jouait en douce, dans les couloirs du centre de rétention du palais de justice de Paris, un événement bien moins réjouissant : une jeune femme chinoise vivant en France depuis plusieurs années, mère d’une fillette de 10 ans et enceinte de 4 mois, quittait le centre où elle était retenue depuis plus de deux semaines pour être conduite à l’aéroport afin d’être expulsée vers la Chine, cette autre grande nation dont on connaît l’attachement aux droits de l’Homme.

Pendant son enfermement, elle a perdu 8 kilos, ce qui, pour une femme enceinte est tout du moins étonnant. Mais ni sa grossesse ni sa présence nécessaire auprès de son enfant n’ont été prises en compte par la justice. Est-ce là ce que l’on appelle « l’intérêt supérieur de l’enfant » prônée par la Convention Européenne des Droits de l’Homme ?

Arrivée au pied de l’avion, la jeune femme a refusé d’embarquer, et, comme le veut la procédure, on l’a reconduite en rétention.

Dans quelques heures, quelques jours peut-être, elle refera le même trajet vers l’aéroport. Cette fois, comme le veut encore la procédure, elle sera contrainte de monter dans l’avion, par la force s’il le faut. Et elle laissera derrière elle une petite fille qui grandira sans sa mère et un mari qui ne verra pas naître son deuxième enfant.

Est-ce là ce que l’on célèbre le 14 juillet ? Est-ce là l’humanité dont se targue Emmanuel Macron ? Ou bien s’agit-il de la première phase de la « dissuasion migratoire » chère à Gérard Collomb ?

Peut-être serait-il temps de vraiment penser une politique migratoire à la hauteur de la situation indigne que nous connaissons aujourd’hui, tant à Calais qu’à Paris ou Vintimille. Une politique dont la première étape symbolique pourrait être la remise en liberté et la régularisation de « l’expulsée du 14 juillet ».

 

Ce texte de Laurent Cantet a reçu le soutien de : 
Emmanuelle Bercot, actrice et cinéaste
Bertrand Bonello, cinéaste
Julie Bertuccelli, cinéaste
Robin Campillo, cinéaste
Catherine Corsini, cinéaste
Léa Fehner, cinéaste
Hélène Fillières, actrice et cinéaste
Agnès Jaoui, actrice et cinéaste
Bruno Podalydès, acteur et cinéaste
Christophe Ruggia, cinéaste
Céline Sciamma, cinéaste

17  juillet 2017

 

Que fait M. Nétanyahou à la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv ?

Inviter Benyamin Nétanyahou à la commémoration de la rafle du Vel d'hiv' : une erreur politique et une faute morale

Le président de la République française a cru bon d’inviter le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à venir commémorer avec lui, le 16 juillet 2017, le 75e anniversaire de la rafle du Vel’ d’hiv. Ce faisant, M. Macron a commis une erreur politique et une faute morale. Erreur politique car inviter le chef d’un gouvernement d’extrême droite, coupable de multiples exactions vis-à-vis des Palestiniens et accroché à son refus d’ouvrir la moindre véritable négociation de paix, revient à lui donner une caution internationale qu’il ne mérite pas.

En associant par ailleurs à un événement purement français le premier ministre israélien, le chef de l’Etat signifie par là qu’Israël a vocation à intervenir dans toute question concernant les Juifs, à quelque nation qu’ils appartiennent, il en fait le représentant de tous les Juifs du monde, ce qu’il n’est pas, même si cette prétention a caractérisé le mouvement sioniste depuis son origine. Par là même, il dénie aux Juifs français leur qualité de Français à part entière en les assignant à une double appartenance nationale dont la majorité d’entre eux ne veut pas. 

M. Macron n’est certainement pas antisémite mais, en mêlant Israël à une commémoration française, il semble porter inconsciemment toute la mémoire de l’antisémitisme européen, selon lequel un Juif n’est jamais vraiment un Français ou un ressortissant d’une autre nation, il relève d’une appartenance autre, il est d’abord et parfois seulement un Juif. Tant qu’en Europe et ailleurs, on continuera à confondre judéité et Etat d’Israël, on nourrira d’une part l’antisémitisme et on encouragera de l’autre cet Etat à instrumentaliser celui-ci pour poursuivre sa catastrophique politique de colonisation.

 

 

Sophie Bessis, historienne et essayiste ; Suzanne Citron, historienne et écrivain ; Gérard Maarek, urbaniste retraité ; Gilles Manceron, historien. Pour le collectif « Trop c’est trop ! » trop-cest-trop.fr

16  juillet 2017

 

Si un employé de banque change de métier en gardant ses manies ? Ce serait burlesque

Le secteur bancaire licencie à tour de bras. Les employés de banque vont retrouver un emploi, mais risquent d’avoir encore les vieux réflexes de leur profession.

 Voici ce que ça va donner si le banquier devient...

GARAGISTE

Bonjour monsieur le garagiste, alors, combien me coûte la réparation de ma voiture ?

La réparation vous a coûté 300€, donc vous me faite un chèque de 1.000€.

Pardon, mais vous me dite que ça a coûté 300€, mais alors, c’est quoi ces 700€ de plus ?

300€, ce sont les pièces, et 700€ la main d’œuvre.

Et pourquoi vous me dites que le coût est de 300€.

Parce que les 700€ de main d’œuvre, je vous l’aurai facturé de toute façon, que je fasse ou non la réparation.

 

COIFFEUR

Mais monsieur le coiffeur, que faites-vous à fouiller dans mon sac à main ?

Mais je me sers, vous me devez 90€ madame.

J’entends bien, mais vous pouvez me les demander tout de même, vous n’avez pas à vous servir ?

Et pourquoi, vous me les devez, alors je me sers.

  

RESTAURATEUR

C’était très bien monsieur le restaurateur, je peux avoir l’addition ?

Mais bien sûr monsieur, voici, cela fait 440€

Quoi ? Mais j’ai pris un menu à 17€ et un café, cela fait 20€ maximum.

Oui, mais le Château Margaux 1985 coûte 420€

Mais, je n’ai pas pris de Château Margaux ?

Cette tarification est pourtant comprise dans la carte dont vous avez pu prendre connaissance, puisqu’elle était sur votre table. De plus, ce tarif est affiché à l’extérieur.

 

ELECTRICIEN

Merci monsieur l’électricien, donnez-moi votre facture, je vous dois combien ?

324€ cher monsieur.

Et vous avez fait quoi pour cette somme, hein, dite-moi ?

Ce sont des frais d’intervention.

Oui, mais qu’avez-vous fait lors de cette intervention ? Pouvez-vous me le décrire ?

Ce sont des frais d’examen de votre installation pour fonctionnement anormal.

D’accord, mais c’est quoi ce fonctionnement anormal ?

Un fonctionnement non conforme à votre contrat.

 

CAFETIER

Oh là monsieur, le café est fermé, je ne peux pas vous servir.

Pardon ? Mais nous sommes vendredi, et c’est midi.

Oui, mais on ferme.

Je peux revenir tout à l’heure, cet après-midi ?

Non, nous serons fermés.

Ah bon, ce n’est pas grave, je repasse demain.

Non, nous somme fermés pour le week-end.

Flute alors, je dois attendre lundi.

C’est le premier mai monsieur, on ne travaille pas.

Donc vous ouvrez mardi.

Eh non, mardi, c’est le lendemain du premier mai.

Mercredi ?

Non, nous faisons le pont avec jeudi, jour de l’ascension.

 

GENDARME

Vous là, stoppez votre voiture… garez-vous ici… bien… coupez le moteur… descendez du véhicule…. bien… monsieur, je vous dresse un procès-verbal….

Mais, mais, je proteste, je n’ai pas commis d’infraction…

Si monsieur, vous êtes en stationnement interdit…

 

TEINTURIER

Bonjour monsieur le teinturier, je viens rechercher ma veste…

Bonjour monsieur… la voici…

Mais, ce n’est pas ma veste, et ce n’est pas la même qualité…

Non monsieur, c’est celle d’un client qui l’a déposé ce matin.

Et que dira-t-il quand il viendra la chercher ?

J’attends qu’un autre client vienne déposer une veste.

Mais, qu’avez-vous fait de ma veste ?

Je l’ai donné à la tombola de la paroisse. En fait, on peut gagner un costume.

Et si on perd ?

Vous avez perdu votre veste…

J’ai compris, alors si on gagne, j’ai gagné un costume, c’est ça ?

Non, votre veste sera perdue, c’est moi qui gagne le costume.

Mais, c’est injuste, j’aurai perdu ma veste dans tous les cas.

Pas du tout, puisque vous avez celle-là.

 

PROSTITUEE

Coucou mon petit lapin, tu viens, on va monter au ciel tous les deux…

Eh bien ça me tente… Combien ?

C’est 20 €.

A ce prix-là, je n’hésite pas… montons.

Voilà, nous y sommes. Il faut que tu me donnes 30€ maintenant.

Mais, je viens de vous en donner 20, c’est quoi ça ?

Les 20€, c’étaient des frais de gestion, j’ai géré tes loisirs.

Bon voilà, et c’est pourquoi ces 30€ ?

C’est une commission d’intervention, parce que je vais intervenir.

Bon, d’accord. On y va maintenant.

Oui, tu me donnes encore 40€. Je t’explique, c’est parce que je vais te faire un traitement particulier.

Ca sent l’arnaque. Mais au point où j’en suis… voilà.

Merci mon lapin. Maintenant tu me donnes 60€.

Quoi ! Comment ça 60€, mais ça rime à quoi ?

Ce sont les frais d’écarté mon lapin, c’est indispensable.

Vous êtes vraiment une belle salope. Tiens, les voilà tes 60€.

Merci bien, seulement pour finir, il me faut 80€ de plus.

Oh non, mais c’est de la folie… et ça correspond à quoi encore ?

Frais de forçage.

15  juillet 2017

 

Le grand gentil Google va devenir encore plus gentil

 

Il est généreux, il vous donne tout ! L’accès au meilleur moteur de recherche, une boite de courriel, un nuage pour y stocker vos données numérisées, la cartographie en ligne du monde entier avec photos, un agenda en ligne, une suite bureautique avec tableur, traitement de texte, et j’en oublie beaucoup … et tout ça sans que vous, simple particulier, ne déboursiez le moindre fifrelin !

Il y a un adage dans le monde branché des technologies numériques qui dit « Si vous vous demandez qui est le client, c’est que vous êtes le produit ». N’allez pas imaginer que Google soit une œuvre de charité, une organisation philanthropique, bien au contraire. C’est une entreprise capitaliste qui vend à d’autres entreprises tout aussi capitalistes la connaissance qu’elle a de vous. Et Google acquiert cette connaissance en laissant ses algorithmes examiner les courriels que vous envoyez ou recevez, ou les recherches que vous effectuez, et d’autres analyses encore de vos données. Avec 1,2 milliards de comptes de courrier électronique, Google connaît vraiment beaucoup de monde. Et les publicités qu’il vous adresse sont bien ciblées et tombent à pic.

Des américains s’en sont émus. Une action collective en justice a été initiée par des utilisateurs (c’est le nom politiquement correct des « produits ») afin d’empêcher Google d’exploiter les courriels, jugeant trop intrusive cette indiscrétion. Aimeriez-vous que votre facteur, ayant ouvert et lu votre courrier entrant et sortant, analyse quels sont vos sujets de préoccupation du moment, en déduise quels achats vous pourriez commettre et vous propose fort opportunément (et moyennant fifrelins qu’il extorquera aux vendeurs) des offres commerciales en rapport avec les courriers espionnés ?

Google a annoncé qu’il cesserait d’analyser le trafic des courriers électroniques. Bonne nouvelle, mais nul doute que nous laissons trop d’empreintes, trop de traces de nos déambulations sur la toile, et qui disent beaucoup plus sur nous que nous n’aimerions consciemment dévoiler. Google saura lire ces traces pour les transformer en données commercialisables. Google n’a sans doute plus besoin de lire vos mails, il dispose d’autres moyens, et c’est pour cela qu’il y renonce.

Pour conclure, laissez le technophile désabusé que je suis vous asséner quelques réflexions personnelles.

Sur le net comme ailleurs, gardons en mémoire l’exception de Mahoudeaux : « Seul le gâchis de paranoïa est autorisé ».

En France, nous avons la déplorable habitude de mégoter sur le service. Et pourtant, nous finissons toujours par le payer. Mais ne vaut-il pas mieux en connaître le prix que de le laisser camouflé ?

Google est une entreprise qui investit des montagnes de dollars dans la recherche sur les technologies transhumanistes, et qui rêve de greffer ou de connecter des ordinateurs équipés d’algorithmes maison aux cerveaux des futures générations. Ce sera pour leur bien, pour accéder à tout le savoir disponible sans cette contrainte qu’est l’apprentissage, et pour raisonner avec une puissance inégalée par l’homme resté bio. Mais l’homme ainsi augmenté y perdra sa liberté et sera réduit à sa simple utilité économique. Cette instrumentalisation rampante pourrait être le pire des esclavages.

Nos attitudes numériques méritent notre attention. Sont-elles le seul reflet de notre intérêt pour un monde qui ne s’observe pas qu’à travers un écran, où le symptôme d’une addiction par définition aliénante ?

 

La crise de confiance envers les médias vous fait fréquenter ce lieu virtuel, et sans doute d’autres médias alternatifs. C’est bien, mais est-ce suffisant ? Est-ce que le moteur de recherche que vous utilisez ne pourrait pas devenir, un jour, un censeur partisan tel un Decodex ou un Desintox ?

14  juillet 2017

 

Les godillots de Macron

 

Pour la plupart, ils sont armés de bonnes intentions, les 308 députés labellisés « La République En Marche ». C’est notamment le cas de tous les novices venus de la société civile avec l’ambition de servir au mieux les intérêts de la Nation. Mais leur désir de se montrer dignes de leur fonction risque de se heurter à la volonté dominatrice de l’exécutif. Et pour cela ni Macron ni Philippe n’auront à leur imposer quoi que ce soit : la docilité de ces élus s’imposera d’elle-même...

Les députés LREM (photo Le Figaro)

Le nombre est impressionnant : 169 des 308 députés qui forment le groupe parlementaire La République En Marche n’ont jamais exercé le moindre mandat électif avant les législatives de 2017 ! La plupart d’entre eux n’avaient même jamais eu le moindre engagement politique avant de rejoindre les rangs d’En Marche ! puis de postuler avec succès à l’investiture LREM. Et c’est avec un bel enthousiasme que ces nouveaux élus ont fait leurs premiers pas à l’Assemblée Nationale. Leur objectif : servir « le projet de Macron pour la France », certes, mais en affichant « en même temps » leur détermination à rester eux-mêmes, à ne pas trahir les promesses faites à leurs électeurs de redorer le blason de la représentation nationale. À entendre ces élus, pas question de brader leur liberté de conscience, et a fortiori d’avaler des couleuvres pour lesquelles ils n’auraient pas d’appétit.

Comment ne pas adhérer à cette belle vision du travail parlementaire, centrée sur l’intime conviction qu’il appartient à chaque député, tant au sein des commissions que dans l’hémicycle, de défendre les intérêts du peuple de France ? Et cela en s’opposant, le cas échéant, aux manœuvres partisanes qui ont tant contribué à décrédibiliser l’action publique ces dernières décennies.

Voilà qui est fort sympathique, convenons-en. Mais allez savoir pourquoi, l’on ne peut s’empêcher d’observer tout cela avec un regard quelque peu ironique. Car ces femmes et ces hommes inconnus, investis de la belle mission de représenter ceux qui les ont élus, font à l’évidence preuve, pour la plupart d’entre eux, d’une déconcertante naïveté. Ils se rêvent en Condorcet, en Jaurès, en Lamartine, en Mirabeau ou en Tocqueville ; ils ne seront, comme leurs collègues venus des vieux partis par opportunisme électoral plus que par conviction, que des godillots anonymes du macronisme.

Et cela pour une raison simple : comme l’a annoncé Macron devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles le 3 juillet, le nombre des députés sera réduit d’« environ un tiers » en vue du prochain rendez-vous législatif. Une réforme de la loi électorale qui se traduira de facto par la suppression de près de 200 sièges et une profonde restructuration de la carte électorale ; avec à la clé des circonscriptions d’autant plus élargies que le président entend également introduire « une dose de proportionnelle ».

Il résultera de ces importants changements une grande insécurité pour les députés LREM qui, ayant pris goût à l’exercice parlementaire ou aux avantages qui lui sont liés, ambitionneront de se représenter en 2022. Or, qui peut sérieusement croire que la gouvernance Macron aura tourné le dos aux vieilles pratiques et révolutionné les processus d’investiture en vue de cette prochaine échéance législative ? À l’évidence, personne !

Et c’est ainsi que seuls les plus dociles des députés LREM toucheront le Graal sous la forme d’une nouvelle investiture dans 5 ans. Autrement dit, ceux qui auront voté sans sourciller les projets de loi présentés par l’exécutif, ceux qui se seront abstenus de tenir des propos critiques devant les micros des journalistes dans la salle des Quatre colonnes, et cerise sur le gâteau, ceux qui auront soutenu dans les médias la « remarquable action » du président de la République et de son Premier ministre. Tous les autres passeront à la trappe, et cela, Mesdames et Messieurs les député(e)s LREM le savent d’ores et déjà.

 

Plus que jamais Macron est « en marche », bien déterminé à aller le plus loin possible sur la route des réformes libérales. Et pour cela, rien de tel qu’être doté de solides godillots !

13  juillet 2017

 

 

L’éjaculation pour éviter le cancer de la prostate

Savez-vous combien d'éjaculations mensuelles limitent l'apparition d'un cancer de la prostate ? Si vous ne savez pas, alors rassurez-vous des scientifiques peut-être un peu voyeurs ont observé l'objet de très près. Désormais, après avoir lu les résultats de cette étude des chercheurs de l’University of Public Health de Boston (États-Unis), n'oubliez pas de faire une croix sur le calendrier chaque fois que vous faites la chose, pour ensuite faire vos comptes à la fin du mois comme tout bon commerçant.

Les soupçonneux et ils sont nombreux, vont certainement imaginer une intention mercantile se cacher derrière ce qui ne devrait être une recherche pour la santé. C'est vrai que le commerce de la libido est un marché qui en constante érection. Il suffit pour s'en convaincre d'aller faire un tour sur le net et éventuellement en cas de crise majeure, ajouter au panier d'un clic, un produit comme par exemple les comprimés de "Bois Bandé" en boite de 30 pour faire durer le plaisir. Je ne vous donnerai pas le lien pour ne pas faire de publicité aux laboratoires pharmaceutiques, quant aux prix ils sont variables, mais ne dit-on pas hypocritement que la santé n'a pas de prix.

Maintenant, si c'est possible, essayons d'examiner sérieusement la gravité de la situation. Car, "le cancer de la prostate est la troisième cause de mortalité chez l’homme, juste derrière le cancer du poumon et le cancer colorectal. Il s’agit du cancer masculin le plus diagnostiqué en France comme dans le reste du monde occidental. Chaque année dans notre pays, environ 50 000 personnes sont touchées par cette maladie pour près de 10 000 décès".

J'ajoute également que pour limiter les risques d'avoir un jour le cancer, les médecins préconisent d'abord "la pratique du sport, une alimentation équilibrée et saine ainsi que des dépistages réguliers". Le sport en chambre étant une bonne alternative à l'ennuyeuse séance de vélo d'appartement.

Quant à l'enquête menée sur les habitudes sexuelles de 32 000 volontaires peut-être pas payés au mérite, elle donne la constatation suivante. Les hommes qui ont une fréquence d'éjaculation plus élevée à l'âge adulte "sont moins susceptibles d’être diagnostiqués par la suite avec un cancer de la prostate", selon Jennifer Rider qui a mené l’étude.

Attention, le niveau de cet article va monter d'un cran puisque vous allez savoir le chiffre qui précisera le nombre d'éjaculations mensuelles qui faut pratiquer pour réduire de 33% le risque d'attraper un cancer le la prostate. L'étude ne précise pas si une pratique plus assidue augmente encore le pourcentage de chance de ne pas contacter la maladie. Mais pourquoi se limiter à 21 éjaculations par mois, puisqu'il paraît que ça s'use uniquement si on ne s'en sert pas.

Source - http://sciencepost.fr/2017/07/combien-de-mois-lhomme-ejaculer-quotidiennement-garder-sante/

 

 

12  juillet 2017

 

Macron le petit

La macromania, si tant est qu’elle ait vraiment existé hors les médias, semble marquer un coup d’arrêt. Les attitudes du nouveau chef de l’état et de son gouvernement ont plutôt déconcerté et inquiété, notamment pour ce qui est de l’annonce de sa politique générale.

Le soufflé se dégonfle…

Un manque de respect à peine dissimulé.

Derrière une attitude consensuelle concernant surtout le monde politicien établi, et des formules démagogiques sans grande profondeur, l’ancien ministre du gouvernement Hollande, cache difficilement une volonté d’asservissement de ceux qui travaillent. Voici quelques mois, il traitait les salariées de GAD d’illettrés (1). Et ses répliques méprisantes ont depuis assez longtemps fait le tour du net. "Vous n'allez pas me faire peur avec votre Tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler." On se rappelle ce genre de propos de millionnaire, de leur récurrence.

Qu’il est courageux notre sicaire de la finance face aux pue-la-sueur !

Le bon sens de TINA (2) est toujours bien asséné à la face des démunis ignorants...

On était habitué aux formules creuses de campagne, aux singeries inspirées du modèle américain. Et quand même parfois choqué déjà par une ignorance certaine où la Guyane devenait une île (3)…

Mais certains restaient toujours leurrés (« il faut lui laisser sa chance ») et éludaient quand on évoquait la volonté clairement affichée d’Emmanuel Macron de s’attaquer aux droits et finalement aux revenus des salariés. Déjà, dans un film documentaire de 2015 (« Du fer à la Finance : l’empire Wendel » de Patrick Benquet, 2015), alors qu’il était ministre et qu’on l’interrogeait sur les licenciements en masse qui suivaient le rachat de certaines entreprises, il avouait son attachement à ces pratiques, d’où qu’elles viennent, car si « les investisseurs »(!) ne venaient pas chez nous, n’iraient-ils pas à l’étranger…

Voilà qui permet de jauger réellement l’estime et le respect que porte Emmanuel Macron à ceux qui travaillent.

 Une offensive libérale mieux organisée.

Les gouvernements précédents de droite ou de gauche n’avaient pas réussi à faire passer complètement « les réformes » que « tout le monde » attendait. « Tout le monde » comprenons par ce terme utilisé souvent en l’occurrence par les médias, la volonté des détenteurs du capital et les décideurs de l’Union Européenne, notamment l’Allemagne. Sous les coups d’un dégénérescence institutionnelle née elle-même d’une crise économique insurmontable, les grands partis parlementaires traditionnels se dissolvent. Mais tous ces politiciens, dans un réflexe de défense d’ « intérêts supérieurs », se retrouvent, de fait, tous unis. L’extrême-droite savoure en concluant à la consécration de ce qu’elle appelait l’ « UMPS ». Foin de la gauche ou de la droite ! Tous unis pour sauver la société capitaliste !

Les sociétés du CAC 40 ne risquaient-elles pas de voir leurs profits ne plus augmenter ? Et la TINA n’obligeait-elle pas « raisonnablement » à se serrer la ceinture ?

Beaucoup avaient donc compris depuis longtemps ce que représentait le nouveau président français : la volonté d’une nouvelle donne politique destinée, dans une continuité, à appliquer ces fameuses « réformes » que la droite et la gauche tardaient à faire passer du fait de la résistance populaire.

Monsieur Juncker, bienfaiteur du paradis fiscal qu’est son petit pays, le Luxembourg, avait très vite rappelé au jeune chef de l’état français « les devoirs » de la France « qui dépense trop ». Traduisez : serrez la vis aux pauvres. D’accord, ils n’ont pas déjà pas grand-chose, comme disait Alphonse Allais, mais ils sont nombreux et donc en prenant à chacun…

Si l’on a pu dire que l’ancien premier ministre britannique Tony Blair a été le caniche de Bush, sur le plan économique et politique Emmanuel Macron est bien le chihuahua de Merkel.

 Tout un programme… Et déjà des mensonges.

On se plaignait de l’absence de programme de celui qui passait encore pour un smiley, occupé qu’on était, pendant la campagne présidentielle, à découvrir, fasciné, les frasques, les acrobaties et arguties d’un Fillon. Mais finalement comparé avec celui de l’ex premier ministre de Sarkozy, le programme de Macron est de la même veine :

·         Démantèlement des services publics avec la suppression de 120 000 postes, notamment dans les hôpitaux et les écoles, à ajouter à la suppression de plus de 70 000 postes dans les collectivités territoriales. Et notons donc au passage le mensonge grossier de 12 élèves par classe dans le primaire…

·         Démantèlement du Code du Travail, bête noire des libéraux de tout bord, qu’ils soient « de gauche », promouvant la Loi El Khomri, ou « de droite » Les Républicains ». Comme si la pauvreté et la précarisation pouvait permettre une réelle reprise économique ! Une hausse des bénéfices de certains sans aucun doute…

·         Démantèlement de la protection sociale promis avec la baisse des cotisations sociales, et donc la baisse des prestations de l’assurance-maladie, de celles afférentes au chômage et à la vieillesse.

Les promesses d’une amélioration de la protection des travailleurs indépendants ne sont que poudre à perlimpinpin diffusé par un promoteur de l’ubérisation.

·         Culpabilisation et pénalisation des chômeurs qui ne pourront refuser sous peine de radiation, la proposition d’un employeur.

·         Baisse des salaires par la suppression de la norme des 35 heures hebdomadaires pour les jeunes salariés.

·         Embauche de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires dans un pays où les forces de l’ordre dépassent largement en nombre celles des mêmes forces de l’ordre dans un pays comme l’Allemagne. A moins qu’elles soient surtout destinées à faire face aux émeutes à venir…

Quant aux promesses, notamment celle concernant la suppression de la taxe d’habitation, miroir aux alouettes qui avait tant séduit, on s’aperçoit, comme d’habitude, qu’elles n’engagent en fait que ceux qui y avait cru : ce projet est remis aux calendes. D’emblée, pour ceux qui avaient pu y réfléchir un peu, il semblait très difficile à réaliser, compte tenu de l’obligation d’autonomie financière que l’on doit assurer aux collectivités territoriales.

Les impôts par contre vont bien augmenter, contrairement aux dénégations de l’exécutif. Tour de passe-passe de représentant de commerce, ils prennent simplement la forme d’une augmentation de la CSG. …

 Une politique dépassée

La politique des libéraux, qui sont l’émanation de la finance qui, de fait, dirige le monde, se résume principalement à une politique de l’offre. Il suffirait de baisser le coût du travail pour que les prix baissent, rétablissant par la « saine » concurrence la demande. Or depuis près de 30 ans, cette politique, promue dans les années 1980, par Reagan et Thatcher, se révèle sans résultat. Car une crise, clairement apparue depuis 2008, touche profondément le système capitaliste. Elle se caractérise par une impossible valorisation du capital (4). Les décideurs les plus lucides sont bien conscients de cette situation périlleuse mais ils n’ont pas vraiment de solutions, comme tout le monde le sait aujourd’hui. Retarder l’échéance fatale – un nouveau pic de crise – par des expédients comme la baisse du coût du travail permettant à court terme de préserver le profit, est la seule issue des libéraux.

Il n’y a aucun dynamisme derrière la destruction des droits des salariés. Aucune reprise économique n’a succédé au démantèlement du Droit du travail qui a ainsi eu lieu ces dernières années en Italie (5). Le chômage dans ce pays dont les banques sont en difficulté (6), est toujours aussi prégnant.

Et quand le chômage est prétendument en baisse, on constate alors une paupérisation grandissante de tous ceux qui travaillent, comme en Allemagne, on les pauvres sont estimés à 13 millions, et où certains salaires sont payés moins de deux euros de l’heure (7).

Une crise institutionnelle née de la révolte populaire.

Le président reste avare de paroles, se méfiant à juste titre des médias, surtout friands en France de superficiel, de ce qui pourrait faire le buzz. Mais comment ne pas rester modeste face à une victoire électorale où l’on a vu 55% des électeurs s’abstenir ? Où l’on a été élu avec seulement 16% des voix du corps électoral ? Comment ne pas rester sur ses gardes, dans un pays où plus de 50% de la population conteste le bien-fondé du capitalisme…

Cela n’empêche évidemment pas les médias d’emboucher servilement les trompettes de la victoire, de décerner des lauriers rances de flagornerie à l’ancien entremetteur des banquiers. Les abstentionnistes n’avaient qu’à voter ! C’est leur problème… Là réside la profondeur de leurs analyses.

Eh bien non. A un certain niveau d’abstention c’est bien le système parlementaire, la représentativité telle qu’elle est établie depuis des décennies, qui est remise en question. Même des politiciens coulés dans le moule le reconnaissent.

Le président compte surfer sur un bonapartisme que pourrait lui permettre la Constitution. Sauf qu’il lui manque le tremplin : non seulement il ne bénéficie pas vraiment d’un assentiment populaire, mais il est clairement détesté par une fraction importante de la population, quoi qu’en disent des sondages manipulatoires.

La critique ne suppose pas, comme l’insinue les médias, d’en venir à une tyrannie, mais tout au contraire, chez beaucoup, de s’inspirer de systèmes de démocratie directe. Que ces mêmes médias bien-pensant, au passage, gardent quand même à l’esprit, qu’après les politiciens, les journalistes représentent ceux que la population déteste le plus. Leur superficialité, leurs ricanements arrogants, leurs blagues entre comparses, leur flagornerie vis-à-vis du pouvoir en place, à force de lasser, est par ailleurs devenu contre-productive, revenant à mettre en valeur les opposants à cette macronisation qu’ils s’ingénient de distiller. Mais de cela, vivant toujours dans un monde imaginaire ou révolu, peu de journalistes s’en rendent vraiment compte. Et c’est toujours l’intelligence des commentaires d’un El Kabach, qu’on n’ose pas faire taire, qui « éclaire » le Français depuis 40 ans ….

Jeu politicien faussement renouvelé, journalistes éteints, rappelant les atermoiements des courtisans de fin de l’Ancien Régime, MEDEF aux commandes… Sans génie, ils jouent aux allumettes à côté du tonneau de poudre.

Vivement que ça pête !

 

(1) Brigitte Pascall « Comment Macron pratique le mépris de classe… ! » Médiapart – le blog de Brigitte -18/01/2017

(2) TINA = There Is No Altrnative, selon une formule attribuée à Margareth Thatcher. Il n’y aura qu’une logique, celle du capitalism. On retrouvait déjà la même comportement au temps des Romains quand ils ne pouvaient imaginer un monde sans la Roma Imperium….

(3) Emmanuel Macron est peut-être un littéraire mais pas un géographe… Voir « La Guyane est une île, bien sûr » de christophecroshouplon, AgoraVox 28/03/2017.

(4) Sur cette impossible valorisation du capital, parmi d’autres plus pertinents, on pourra lire mon petit ouvrage, « Tchôk ».

(5) « Jobs Act : la fin du Droit du Travail en Italie » Clash City Workers, AgoraVox, 09/06/2016.

(6) « Feu vert européen à la restructuration de la banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena » Charles Sannat, sur son blog « Insolentia », 05/07/2017.

 

(7) « De plus en plus de travailleurs pauvres en Allemagne » Le Figaro Economie, par Caroline Bruneau, 04/08/2010. Article assez ancien mais tiré d’une publication jugée à droite d’où son intérêt… D’autres sources plus récentes auraient pu être citées.

11  juillet 2017

 

La Russie entre dans la chambre de l’OTAN

Peut-on dire qu’une « terrible beauté » est née dans le bas-ventre de l’OTAN – pour reprendre les mots du poète anglo-irlandais YB Yeats? Moscou a révélé jeudi que le contrat de la Russie avec la Turquie sur la livraison des systèmes de missiles de défense aérienne à longue portée S-400 a été finalisé. Le conseiller présidentiel russe pour la coopération militaire et technique Vladimir Kozhin a dit: « Le contrat a été agréé et tout est normal, mais sur la question d’un prêt, les fonds n’ont pas encore été réglés. » (TASS) La presse russe a rapporté que la Turquie a demandé un prêt pour financer l’achat et Moscou est activement en train d’envisager la proposition.

Quelques heures à peine après le « scoop », le président américain Donald Trump était sur la brèche pour téléphoner au président turc Recep Erdogan. Selon la déclaration de la Maison Blanche, Trump a discuté « de nombreux sujets » avec Erdogan, y compris les moyens de résoudre le fossé entre le Qatar et l’Arabie Saoudite, tout en « veillant à ce que tous les pays travaillent pour arrêter le financement du terrorisme et combattre l’idéologie extrémiste ». Toujours selon la Maison Blanche, Trump a mis l’accent sur « l’importance de tous nos alliés et partenaires qui mettent en œuvre de plus en plus d’efforts pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme sous toutes ses formes. »

L’envoyé spécial du président des Etats-Unis pour la Coalition mondiale contre Daech, Brett McGurk, a également atterri à Ankara. La Turquie a menacé de s’en prendre aux Kurdes syriens qui sont alignés avec les États-Unis dans le nord de la Syrie. Fait intéressant, à peine terminée la conversation avec Trump, Erdogan a téléphoné au président russe Vladimir Poutine. Selon le Kremlin, « La discussion a porté sur les principaux aspects du règlement syrien à la lumière de la prochaine, la cinquième, réunion internationale sur la Syrie à Astana, organisée sous l’égide de la Russie, la Turquie et l’Iran au début de Juillet. »

Une « source présidentielle » anonyme turque a ajouté plus tard qu’Erdogan et Poutine ont décidé de tenir une réunion « face à face » en marge du G20 à Hambourg la semaine prochaine. Soit dit en passant, c’était la deuxième fois en une semaine que les présidents turcs et russes se parlaient. Poutine a téléphoné à Erdogan le 23 Juin pour marquer le lancement officiel des travaux de construction sur la section en eaux profondes du gazoduc Turkish Stream. Le gazoduc sous-marin de 900 kilomètres, estimé à environ 13 milliards $ livrera le gaz russe vers la Turquie et l’Europe du Sud. La première étape du pipeline sera prête l’année prochaine et la seconde à la fin de 2019.

La transcription de la conversation, ici, le 23 Juin donne une idée de la transformation phénoménale des relations russo-turques. Poutine et Erdogan ici sont parties prenantes à un niveau personnel dans la navigation dans des eaux agitées après l’attaque d’un Sukhoi Su-24 Russe par la Turquie en Novembre 2015. Pour la Russie, la Turquie a été historiquement un rival indomptable. Pour la Turquie, bien sûr, son « Regard tourné vers l’Est » crée un espace pour lui permettre de négocier efficacement avec ses partenaires occidentaux qu’elle trouve agaçants, pointilleux et désobligeants.

Il existe en effet de nombreuses couches dans les relations russo-turques – des intérêts qui se chevauchent en Syrie et en Méditerranée orientale, la mer Noire et les Balkans, le Caucase, etc., la coopération économique mutuellement bénéfique, la montée en puissance de l’Iran comme puissance régionale, l’islamisme au Moyen-Orient, la sécurité énergétique etc… – mais le fond du problème est que le refroidissement grandissant dans les relations russo-américaines a coïncidé avec l’apparition des contradictions dans les relations turco-américaines. Ainsi, la décision de la Turquie de choisir le système de défense aérienne S-400 Triumf russe est à la fois symbolique et stratégique.

Erdogan est en train d’affirmer sa politique étrangère indépendante et de bien montrer sa défiance stratégique à l’égard des États-Unis. La décision d’acquérir le système ABM russe est une décision lourde de conséquences énormes parce que, en plaçant les armes russes sur son sol, la Turquie ne devra plus avoir accès aux signaux de l’OTAN, alors que pour l’OTAN, en cas d’un conflit régional, son dispositif aérien ne pas être en mesure de fonctionner à proximité du système S-400 russe déployé en Turquie.

En effet, la Turquie et l’OTAN entrent dans des eaux inexplorées. L’architecture de défense aérienne n’est pas un système « autonome » comme un char de combat. Pour intercepter de manière réaliste un missile balistique ennemi entrant, il faut généralement des données d’alerte des satellites militaires avec des capacités de détection avancées. Le plan de la Turquie est de développer à terme ces capacités pour elle-même, ce qui signifie qu’elle opte pour un programme de grande envergure en relation avec la Russie qui ne sera pas « interopérable » avec le système de l’OTAN. En définitive, l’affaire S-400 va conduire à des liens stratégiques serrés entre la Russie et la Turquie dans le domaine de la défense, ce qui conduira à la vente d’autres systèmes russes et de la technologie militaire à la Turquie.

Mais, à quel point le S-400 Triumf (surnommé par l’OTAN « grincheux ») est-il effrayant ? Ne vous y trompez pas, il est effectivement très effrayant. Selon une évaluation d’un ancien pilote-instructeur à l’École de l’armement de l’US Air Force, c’est « le plus dangereux de tous les missiles sol-air (SAM) modernes de longue portée déployés et opérationnels dans le monde. » (Lire ici.) Par conséquent, pour la Russie aussi, cela doit être un acte de foi dans la mesure où elle transfère à un tout nouvel ami de telles armes mortelles. Les partenariats impliquant le transfert d’une technologie militaire si avancée sont généralement élaborés dans un contexte de confiance stratégique qui a muri au fil d’années ou de décennies de coopération étroite – comme ce que la Russie entretient avec l’Inde ou la Chine, les deux autres pays qui sont les bénéficiaires potentiels de ces systèmes ABM avancés russes.

Seulement, la Turquie est une grande puissance de l’OTAN, la deuxième juste après les États-Unis dans les forces conventionnelles – et ce n’est pas rien que d’arriver à la faire sortir de la tente de l’OTAN pour un partenariat avec le principal adversaire de l’alliance. Dans le processus, la Russie a également sapé l’efficacité de la stratégie des États-Unis de créer un arc autour d’elle avec le système ABM de l’OTAN, indépendamment du fait qu’elle affaiblit le plan de jeu américain d’établir une présence permanente dans la mer Noire. Un commentaire de Xinhua utilise une métaphore pertinente figurant la Russie en train de pénétrer dans la chambre de l’OTAN.

Source: http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/07/01/russia-enters-natos-bedroom/

 

Traduction : Avic – Réseau International

10  juillet 2017

 

La France est une couguar BDSM

Que l'on coupe les cheveux en quatre, que l'on se lance dans des calculs d'apothicaire sur les votes exprimés, les bulletins blancs et l'abstention, le fait est là. Que l'on suggère des votes truqués (certains n'ont pas peur du ridicule). Emmanuel Macron a été légalement élu, en grande partie par défaut, après matraquage de multiples sermons sur le risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire, grâce au "storytelling" sur son couple et son parcours. Je soupçonne de nombreuses personnes d'avoir voté pour lui car il est "tellement beau"...

Pourtant à l'entendre la France est morte depuis longtemps, ce ne serait plus qu'un "espace". Il se fiche complètement de protéger notre modèle sociale qui préservait les plus précaires des français encore un petit peu. Il a également montré à plusieurs reprises en quelle basse estime il tient ce pays...

Mais la France est un peuple masochiste, elle aime bien que ses dirigeants lui fassent mal. Elle vénère de la droite à la gauche radicale le général De Gaulle qui traitait les français de "veaux". Certes il n'avait pas entièrement tort. Et elle adule encore incompréhensiblement la légende de Napoléon qui emmena à la mort une ou deux générations de jeunes hommes de son temps. Et en ce moment, elle boit les paroles d'un type, Emmanuel Macron, pour qui si on n'a pas fait "Normale sup", si on ne s'est pas enrichi à trente ans sur le dos des autres on n'est littéralement "rien" (voir la vidéo à ce lien).

En résumé, dans son esprit la grande majorité des français n'est rien à ses yeux...

Il est beaucoup plus méprisant envers le peuple que l'amateur de petites blagues précédemment à sa place, celui qui parlait des "sans-dents", et le peuple, des petits bourgeois aux prolos, en redemande visiblement. Son dédain s'est manifesté à plusieurs reprises, quand il évoque les "illettrées" de GAD ou qu'il sermonne un type sur son absence de costume (lien ici) sans parler de sa perception des "alcooliques" du Bassin Minier du Nord (à ce lien). Ne parlons pas de sa sortie sur les réfugiés comoriens dans les "kwassa kwassa" qui aurait dû, qui aurait pu provoquer un tollé mais non, concrètement ça aussi ça passe (voir ici).

Macron a-t-il complètement tort de dédaigner ces électeurs et son opposition réduite à pas grand-chose ? On se demande car celle-ci se perd dans des querelles fratricides ou des polémiques débiles sur le fait de porter ou non une cravate à l'Assemblée en représentation. Quel sujet d'importance en effet ! Avec de tels opposants, il est là pour un bout de temps.

Et sous prétexte de "renouvellement" il a fait élire dans la dynamique de la présidentielle la génération suivante d'oligarques qui piaffait d'impatience derrière les vieux de la vieille. Car aucun ne vient de la société civile réelle, aucun n'est un citoyen "lambda" ce que l'on voudrait nous faire croire...

...Mais tout cela ne suscite finalement que peu de contradictions. Il faut qu'on lui laisse sa chance disent les "veaux"....

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

09 juillet 2017

 

 

La lettre ridicule d’un collectif pro-terroriste au président Macron

Une poignée d’experts auto-proclamés vient d’adresser une lettre à M. Macron dont le titre-oxymore prêterait à rire s’il ne s’agissait d’une affaire sérieuse. “M. le Président, maintenir Assad, c’est soutenir le terrorisme”, déclament ces soi-disant intellectuels dans les colonnes de “Libération”, propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi. On croit rêver ! Au moment où l’armée syrienne, soumise aux bombardements américano-sionistes, mène un combat acharné contre Daech, ces charlatans osent dire que l’Etat syrien fait le jeu du terrorisme. Sans scrupule, ils crachent sur la Syrie souveraine, pays courageux qui paie un lourd tribut à la lutte contre les djihadistes made in CIA.

Combien, parmi ces embusqués, serait capable d’aller se battre contre les terroristes qui viennent encore d’ensanglanter les rues de Damas ? Aucun, bien sûr. Car ce terrorisme, le même que celui qui tue des innocents à Paris, à Bagdad ou à Bamako, ils sont les premiers à le cautionner. Ils ressortent le vieil argument selon lequel les Occidentaux, en refusant de bombarder Damas, auraient laissé prospérer le djihadisme. Ce refus, disent-ils, “ ne laisse d’autre alternative à ceux qui s’opposent au régime que l’exil, la mort ou le rapprochement avec les groupes les plus radicaux”. C’est clair, non ? Il n’y aurait pas d’autre alternative que de rejoindre les coupeurs de tête ! D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si parmi les signataires de cette lettre figure François Burgat, qui est l’un des rares, dans la bande, à intervenir régulièrement sur la tragédie syrienne.

François Burgat, ça ne vous dit rien ? C’est ce chercheur au CNRS qui déclarait le 9 août 2016, sur RFI : « Je pense que l’un des grands défis des Occidentaux, c’est d’être capables de mettre le curseur sur des forces politiques que l’on va considérer comme fréquentables, ou dont on va accepter qu’elles font partie de ce lot de forces politiques parmi lesquelles les Syriennes et les Syriens choisiront, le jour venu. Et je pense que oui, l’ex-Front al-Nosra devrait faire partie des forces politiques considérées comme fréquentables ».

Curieux, tout de même, qu’un texte où l’on accuse le président syrien de favoriser le terrorisme soit signé par un “chercheur” qui prône la coopération des puissances occidentales avec la branche syrienne d’Al-Qaida. Il faudrait savoir ! Si vous recommandez l’alliance avec les terroristes, M. Burgat, pourquoi reprochez-vous à M. Assad de favoriser le terrorisme ? En réalité, vous savez pertinemment que l’armée syrienne, avec ses alliés, est la seule à combattre les terroristes. Mais comme vous expliquez depuis 30 ans que le monde arabe doit se convertir à l’islamisme, vous avez vu dans la guerre de Syrie l’accomplissement de votre rêve. Depuis 30 ans, vous vous faites l’apologiste de la charia pour les autres, et maintenant vous jouez à l’attaché de presse pour Al-Qaida. Je crois qu’un enfant de cinq ans vous mettrait le nez dans votre caca.

Mais M. Burgat et ses amis n’en démordent pas. Se gargarisant avec la “démocratie” et les “droits-de-l’homme”, ces grouillots du néo-colonialisme exigent du président français qu’il sanctionne un peuple coupable de soutenir son gouvernement. S’il vous plaît, M. le Président, pour soutenir cette révolution-bidon, bombardez Damas ! Reprenant les poncifs de la propagande occidentale, ces perroquets de la CIA accusent le gouvernement syrien des crimes les plus invraisemblables. N’ayant peur de rien, ils voient en M. Bachar Al-Asad un “ennemi de l’humanité”. Ils lui attribuent sans rire “90%” des violences de cette guerre qui sévit depuis 2011 et ressassent ad nauseam une accusation de “massacre chimique” dont Seymour Hersch vient de montrer à nouveau le caractère grotesque (Lire “La ligne rouge de Trump”, traduit par Viktor Dedaj pour "Le Grand Soir").

 

Mais ces pantins de l’impérialisme ne lisent pas les articles d’un grand journaliste qui dénonça avec talent les crimes US au Vietnam. Les communiqués de la Maison-Blanche leur tiennent lieu de nourriture intellectuelle. Comme leurs maîtres, ils croient qu’il y a des bons et des méchants, et qu’il faut punir les seconds en jetant des bombes. Ils parlent au nom du peuple syrien, mais ils ne l’ont jamais vu, ils ne le connaissent pas. Petites frappes universitaires qui se prennent pour des lumières, plumitifs à deux balles des “think tanks” d’Outre-Atlantique, soi-disant défenseurs d’une cause palestinienne qui sert surtout à remplir leur compte en banque, opposants syriens “off-shore” rémunérés en dollars pour roupiller dans les hôtels de Doha, ces “charlatans de la révolution syrienne” font désormais partie du paysage. Comme de vieilles momies qu’on alignerait le long des routes, ils vont continuer à jalonner le chemin de la victoire, chèrement acquise, de la nation arabe syrienne.

08 juillet 2017

 

 

Le gel du point d’indice de la Fonction publique, prémisse d’une nouvelle baisse générale des salaires...

Les syndicats de la Fonction publique ont accueilli avec déception et colère l’annonce du gel de la valeur du point d’indice servant à calculer la rémunération des fonctionnaires, faite par le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Ce n'est finalement qu'une demi-surprise car cette annonce qui considère les agents publics comme une variable d’ajustement des comptes publics n’est que la continuation de la politique menée sous la présidence de François Hollande…

Le pouvoir d’achat des fonctionnaires a été laminé par le gel du point d'indice de 2010 à 2016. Il n’a pas été rattrapé par sa hausse de 1,2 % en deux fois (0,6% en juillet 2016 et 0,6% en janvier 2017) qui était d'abord une simple mesure pré-électorale prise dans le cas d'une candidature de François Hollande à l’élection présidentielle.

Le problème du pouvoir d'achat des fonctionnaires et des agents de l’Etat est en fait le même que celui des salariés du secteur privé. Comme le rappelle régulièrement le centre de recherche et des coûts (CERC), une forte impression de régression du pouvoir d’achat prédomine depuis de nombreuses années chez tous les salariés car la faible hausse du salaire net moyen est largement inférieure à la perte nette due à l’inflation.

Cette régression vient de loin. C’est en effet en 1982 que François Mitterrand et son ministre de l'Economie et des Finances, Jacques Delors, ont entamé le tournant de la rigueur en supprimant notamment l’échelle mobile des salaires qui protégeait jusqu'alors le pouvoir d'achat des salariés. Ce fut un coup fatal particulièrement dramatique pour 40% d’entre eux déjà victimes du chômage total ou partiel, du temps de travail partiel subi, d’un déménagement pour cause professionnelle, etc. A cette époque, voulant lutter contre l’inflation, le gouvernement bloqua dans la Fonction publique les salaires qui avaient suivi jusqu’ici l’évolution des prix. Il incita ensuite les employeurs du secteur privé à agir de même, en les invitant à faire évoluer les salaires en fonction du taux d’inflation « prévu » par le gouvernement.

Les clauses d’indexation des salaires sur les prix furent ensuite retirées une à une des conventions collectives dans les années qui suivirent. Les lois Auroux réaffirmèrent leur interdiction dans le Code du Travail, article L.141-9 : « sont interdites, dans les conventions ou accords collectifs de travail, les clauses comportant des indexations sur le salaire minimum de croissance ou des références à ce dernier en vue de la fixation et de la révision des salaires prévus par ces conventions ou accords. »

Et aujourd’hui, dans de nombreuses branches professionnelles, c'est ainsi que le salaire d’embauche est souvent inférieur au SMIC. Une prime dite « résorbable » est alors versée aux salariés concernés mais sans toucher aux salaires supérieurs au SMIC, cette pratique est responsable d’un tassement continue des salaires vers le bas. Autre conséquence collatérale : en 30 ans, le partage de la valeur ajoutée s'est ainsi déplacé de 11 points du travail vers le capital !

Mais les conséquences négatives pour les salaires touchent aussi les prestations ou allocations diverses versées par plusieurs organismes (pensions vieillesse ou d’invalidité, retraites complémentaires, allocations chômage, allocations familiales, etc.) qui utilisent des mécanismes « d’indexation » plus ou moins originaux qui conduisent à une baisse du pouvoir d’achat.

Citons un seul exemple significatif : les allocations familiales dont le montant est fixé en fonction d’un certain pourcentage de la base mensuelle de calcul (BMAF). L'allocation pour 2 enfants est égale à 32% de la BMAF, pour 3 enfants à 73%, pour 4 enfants à 114%, celle de l’allocation de parent isolé égale à 150%, etc. Cette BMAF est bien revalorisée au 1er avril de chaque année mais sans tenir compte du taux réel d’inflation. Résultat : ces différentes revalorisations inférieures au coût de la vie sont en fait des baisses déguisées !

Cette situation est encore aggravée par un indice des prix calculé par l’INSEE, datant de 1946 et qui est loin de refléter la réalité quotidienne car la mesure de l’inflation ne concerne que les prix à la consommation. Cet Indice n’a jamais intégré par exemple l’augmentation des prix camouflée par les « arrondis » opérés nettement à la hausse après le passage à l’euro ou l’augmentation de prix d’un produit nouveau identique à l'ancien mais présenté sous une autre forme.

Et si la hausse du pouvoir d'achat des ménages est toujours officiellement légèrement positive, c’est parce qu’elle concerne le revenu moyen des ménages qui n’est qu’une simple moyenne mathématique ne correspondant à aucune réalité socioprofessionnelle...

L'échelle mobile des salaires, seul moyen pour préserver le pouvoir d’achat

Contrairement à ce qu’affirment certains pseudo-consultants qui professent à longueur d’année sur les plateaux télé, une réintroduction de l’échelle mobile des salaires, datant de juillet 1952 sous la présidence de Vincent Auriol (SFIO), ne nuirait pas au développement économique. Elle ne favoriserait pas non plus l’inflation car celle-ci est basée sur l’évolution réelle des prix qui s’est déjà produite au cours du ou des mois précédents. Ces " experts économiques " ont tendance à confondre les notions de réelle augmentation des salaires (supérieure au taux d’inflation) et de simple ajustement à la hausse des salaires suite au mécanisme d’indexation (égal au taux d’inflation).

L’échelle mobile favorise en outre une solidarité entre les travailleurs des secteurs forts et ceux des secteurs faibles ainsi qu’entre les travailleurs actifs et inactifs. Elle est un facteur de stabilité sociale : les négociations salariales peuvent se concentrer sur l’augmentation réelle des salaires. C’est également un facteur de stabilité économique car le maintien du pouvoir d’achat représente un facteur de consommation et donc de croissance économique.

Ce système existe dans plusieurs pays comme la Belgique et le Luxembourg. Il peut revêtir différentes formes (ajustement automatique des salaires à chaque variation de l'indice des prix, ajustement dès que l'indice choisi dépasse un certain seuil, ajustement à périodes fixes en fonction des variations enregistrées, etc.). Il existe également mais sans caractère automatique en Allemagne ou aux Pays-Bas : les syndicats doivent alors négocier pour compenser la perte de pouvoir d’achat subie depuis les négociations précédentes à la suite de l’inflation.

En France, en ayant négligé la question essentielle du maintien du pouvoir d’achat, les gouvernements successifs depuis 1982 portent une lourde part de responsabilité dans les difficultés financières que rencontrent des millions de personnes. Et aujourd’hui, la nouvelle majorité en marche, tout comme le FMI ou la commission de Bruxelles sur le plan international, restent à des années-lumière d'un éventuel rétablissement de l'indexation automatique des salaires et des allocations sur les prix pour protéger le pouvoir d'achat.

Nul doute qu’Emmanuel Macron, fils spirituel de François Hollande et de Jacques Delors, marchera sur les traces de l'ancien président de la République et de l'ancien président de la commission européenne...

 

 

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07 juillet 2017

 

 

Le chef de gare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je pensais que nous avions touché le fond du crétinisme autosatisfait avec la petite phrase de Monsieur Jacques Seguela, l'inventeur de la "force (farce ?) tranquille" - un bel oxymore pour l'illustre ami "socialiste", bénéficiaire des largesses de Monsieur René Bousquet, l'organisateur de la rafle du Vel d'Hiv -  : "J'estime que celui qui n'est pas propriétaire d'une Rolex à 50 ans a raté sa vie" et celle de Monsieur Pierre Bergé à propos de la GPA : "il vaut mieux louer son ventre que de travailler en usine". Mais non... Il y en a toujours un autre, dans le petit cercle de ceux qui ne se prennent pas pour rien pour oser surenchérir dans le rien. A croire qu'ils participent à un concours.

"Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et d'autres qui ne sont rien." (Emmanuel Macron)

Bien qu'il prétende avoir été l'assistant de Paul Ricoeur - j'ai de bonnes raisons de savoir que c'est faux -, Emmanuel Macron ignore apparemment la différence entre l'essence (n'être rien) et l'existence (ne pas réussir) qui est au centre de la foi protestante dont se réclamait Paul Ricoeur et qui touche à un point fondamental : la dignité de la personne humaine, conviction partagée par la plupart des croyants et des incroyants.

Maintenant, même si l'on se place d'un point de vue strictement phénoménologique - à l'intérieur de la clôture de la critique kantienne de la métaphysique -, par exemple celui de l'humanisme athée de Sartre dans l'Etre et le Néant, la conscience humaine étant caractérisée par la "transcendance" (au sens a-religieux du terme), il est impossible de faire coïncider l'en soi, le pour soi et le pour autrui. Il est donc invraisemblable qu'un prétendu assistant de Paul Ricoeur puisse affirmer que les gens qui ne réussissent pas ne sont rien.

Une telle affirmation est philosophiquement fausse et moralement condamnable - on sait du reste, historiquement parlant, de quelle vision du monde elle relève - parce qu'elle relègue dans l'insignifiance tous ceux qui ne correspondent pas aux critères de la modernité branchée : la beauté, la richesse, l'élégance vestimentaire, la décontraction, le plan de carrière, le carnet d'adresse... comme elle condamnait jadis tous ceux qui ne correspondaient pas aux critères de l'aryanité (et on n'était jamais assez "conforme") - Aucun chrétien, aucun humaniste, aucun homme de coeur, qu'il soit "de gauche" ou "de droite" ne peut entendre ce genre de propos sans frémir.

D'un point de vue strictement littéraire (puisqu'il paraît que notre nouveau maître avait des ambitions dans ce domaine), n'importe quelle personne un tant soit peu sensible ne peut qu'être frappée par la diversité et le mystère des êtres humains qui n'est jamais aussi évident que dans un hall de gare ou un wagon de chemin de fer.

On sait que les chemins de fer est un thème éminemment romanesque dans la littérature moderne depuis La bête humaine d'Emile Zola et on connaît les pages admirables de Proust qui ont pour cadre un wagon de chemin de fer dans La recherche du temps perdu.

Il faut vraiment être un piètre romancier ou avoir une piètre sensibilité littéraire pour diviser les voyageurs entre "ceux qui réussissent" et ceux "qui ne sont rien". A côté d'un Rastignac, la littérature est remplie de personnages passionnants, marqués par l'échec, comme Lucien de Rubempré, le colonel Chabert ou Meursault.

En tout état de cause, qui sont nos nouveaux maîtres pour se permettre de juger qu'un homme est quelque chose ou qu'il n'est rien ?

Mais, pourvu que l'on ait un physique de "startupper" et un culot monstre, n'importe qui peut se permettre aujourd'hui de dire n'importe quoi et n'importe quel écrivain raté de faire passer pour profondes des réflexions de roman de gare.

Il y a au moins une consolation pour "les gens qui ne sont rien", c'est de ne pas être obligé de croiser, dans une gare ou ailleurs, un individu capable de proférer une pareille stupidité.

A moins d'en être arrivé au dernier stade de la léthargie, c'est à s'en étrangler de rage. Je ne dis pas que c'était mieux avant, mais franchement, on n'imagine ni le général de Gaulle, ni Maurice Schumann, que j'ai rencontré à la fin de sa vie à l'occasion d'une exposition consacrée à Edmond Michelet à Sainte-Clotilde, la "paroisse des parlementaires", proférer une c... pareille, au pays de Camus, de Péguy et de Bernanos.

"Ceux qui ne sont rien" et qui ont voté pour le "réussissement" (Les Visiteurs) d'Emmanuel Macron "pour faire barrage à Marine Le Pen" - comme on le martelait ad nauseam entre les deux tours et jusque dans les cours de récréation - n'ont pas fini de s'en mordre les doigts. On vient d'apprendre par la Cour des comptes de la République que le "président normal" avait laissé un trou de 8 milliards d'euros (excusez du peu) dans les caisses de l'Etat. La promesse du candidat des candides (la suppression de la taxe d'habitation) risque fort de passer à trappe. "Ceux qui ne sont rien" ont voté pour Kennedy. Ils auront Margaret Thatcher. Ils n'étaient rien. Ils seront moins que rien.

Mais "ceux qui ne sont rien" sont tout juste bons à lui payer ses frais d'avion, sans compter le reste et ils ont aussi peu de "chances" de le croiser dans une gare que de le voir réduire son "train de vie".

Nous avons vu Poutine, le "successeur de Pierre le Grand" reçu en grande pompe au Petit Trianon (avec l'argent des impôts de ceux qui ne sont rien), nous aurons Trump, un exemple de "réussite", de bon goût et d'intelligence, aux côtés d'Emmanuel Macron le 14 juillet... Des gens - et c'est la seule consolation, que l'on ne risque pas de croiser, ni dans une gare, ni ailleurs.

Et si "ceux qui ne sont rien", c'est-à-dire l'immense majorité de la population, rejetaient pour une fois le joug de la "servitude volontaire" et refusaient de continuer à travailler (et de voter) pour des imposteurs qui se prennent pour ce qu'ils ne sont pas, qui se vantent d'avoir "réussi" sans avoir vraiment travaillé et qui ont conduit le pays à la ruine ?

Illettrés, alcooliques, rien : Macron tombe dans le racisme social !

 

 « Dans une gare, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien  » : pour l’inauguration du plus grand incubateur de start up au monde, Emmanuel Macron a une nouvelle fois dérapé, étalant un mépris de classe d’autant plus révoltant pour ceux qui ne réussissent pas qu’il est censé être le président de tous les Français. Des propos absolument honteux !

Plus Schumpeter arrogant et insultant que Jupiter

 

Le pire, c’est que l’arrogant de la République n’en est pas à son premier dérapage. Arrivé à Bercy, il s’était déjà distingué en qualifiant une partie des ouvrières de l’abattoir de Gad « d’illettrées  », puis, il avait affirmé que « l’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier ». Questionné sur les rémunérations dérisoires d’Uber, il avait répliqué « Allez à Stains expliquer aux jeunes qui font chauffeur Uber de manière volontaire qu’il vaut mieux tenir les murs ou dealer  ». Comme le rapporte Marianne, en janvier, à Lille, il avait dénoncé la paresse des chômeurs : « Je ne veux plus entendre ‘j’ai encore droit de rester un peu au chômage’ ou ‘on ne me propose rien’ !  ».

 

Qualifier ce propos de « mépris de classe » n’est-il pas insuffisant ? En tenant de tels propos, Macron dit de manière très directe que dans notre pays, où plus de 6 millions de personnes recherchent un emploi, tous ceux qui ne réussissent ne seraient rien. Rien, l’ouvrier ou l’employé qui perd son emploi parce que son travail est délocalisé en Europe de l’Est ou en Asie. Rien, l’agriculteur poussé à la faillite du fait des variations exubérantes et irrationnelles du marché… Quel manque de bienveillance, pour ne pas dire d’un simple humanisme à l’égard de ceux qui souffrent depuis si longtemps ! Ce faisant, Macron se montre totalement indigne de la fonction qu’il occupe.

 

 

 

Dans le monde du président, seuls ceux qui réussissent valent quelque chose puisque les autres ne valent rien, faisant fi de l’explosion des inégalités et du déterminisme social. Ce n’est pas la complexité de sa pensée qui justifie le refus de l’interview du 14 juillet, mais le corollaire de ce monstrueux complexe de supériorité qui le pousse à refuser la légitime remise en cause démocratique.

06 juillet 2017

 

 

Macron, le coup d’Etat et la tentation de l’Aventin

La mise en place du « système Macron » se poursuit, tant pour ses dimensions formelles, qu’informelles. Ces dimensions nous confirment la nature autoritaire de ce système, sous un masque affiché de la « bienveillance ». Les incidents qui se sont multipliés au Parlement, où La République en Marche et ses alliés trustent l’essentiel des postes, avec la décision du Président de la République de présenter un message au « congrès » (l’Assemblée Nationale et le Sénat) réuni à Versailles, ne sont pas de bon augure. Les projets d’ordonnances et de lois viennent compléter le tableau.

Un coup d’Etat silencieux ?

Un premier incident a donc marqué la session inaugurale du Parlement élu lors des dernières élections législatives. Au-delà de l’élection de M. de Rugy, un représentant typique de l’opportunisme parlementaire le plus débridé, et l’une des personnalités les moins honorables de cette assemblée, c’est la monopolisation des postes par LREM, en particulier en ce qui concerne la questure, qui a retenu l’attention. Bien sûr, rien n’interdit au parti majoritaire à l’Assemblée de rafler tous les postes. Mais, ce système des dépouilles à l’américaine est profondément étranger à la culture politique française. Cette dernière, justement parce que nous sommes dans un système où les pouvoirs ne sont pas strictement séparés – comme aux Etats-Unis – inscrit dans ses pratiques l’obligation du pluralisme. C’est cette tradition que LREM a foulée aux pieds. Mais, nous avons eu plus, en l’occurrence qu’une manifestation de mépris pour l’opposition. Le Président de la République est, en effet, en train de se livrer à un véritable coup d’Etat silencieux.

Ce coup d’Etat vise ses adversaires, mais il vise aussi ceux qui le soutiennent. Comment ne pas voir que la décision d’Emmanuel Macron de parler devant les deux chambres réunies en Congrès va miner l’autorité et la crédibilité de son Premier-ministre, M. Edouard Philippe. Assurément, les relations entre le Président de la République et son Premier-ministre n’ont jamais été simples sous la Vème République. Mais, du moins, mettaient-elles quelques mois avant de se dégrader explicitement. Aujourd’hui, c’est dès le départ que le Président entend nous montrer qu’il est le seul à prendre des décisions, qu’il est non pas l’ultime autorité, mais bien la seule. Et, ce faisant, il tort à nouveau la Constitution de la Vème République et à un degré bien plus important que n’importe lequel de ses prédécesseurs. Ceci, combiné avec la très faible légitimité d’une assemblée élue par moins de 16% des électeurs inscrits, est bien la marque d’un coup d’Etat silencieux.

Quand le Président ne respecte même pas l’esprit de la loi…

La décision d’Emmanuel Macron de ne pas donner d’interview pour le 14 juillet, et de présenter un message au Congrès réuni pour l’occasion à Versailles, sont deux actes qui montrent cette fois un mépris profond pour ceux qui l’on soutenu, et qui on voté tant pour lui que pour les candidats qui se sont présentés sous l’étiquette En Marche. La réunion du Congrès est la plus spectaculaire, mais pas nécessairement la plus significative. Dans la constitution de la Vème République, la réunion du Congrès est réservée à des actes solennels. Pas à la présentation du programme du quinquennat. En décidant d’annoncer son programme dans ces conditions, Emmanuel Macron montre qu’il renverse dans la réalité l’ensemble de l’édifice constitutionnel français, un édifice qui veut que le gouvernement, et son chef, le Premier-ministre, déterminent et conduisent la politique de la Nation. Il faut ici rappeler à ceux qui les auraient oubliés, les deux articles de la Constitution de la Vème république.

Tableau 1
Articles 20 et 21 de la Constitution

Article 20 :
Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.
Il dispose de l’administration et de la force armée.
Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.

Article 21 :
Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la défense nationale. Il assure l’exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l’article 13, il exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires.
Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres.
Il supplée, le cas échéant, le Président de la République dans la présidence des conseils et comités prévus à l’article 15.
Il peut, à titre exceptionnel, le suppléer pour la présidence d’un conseil des ministres en vertu d’une délégation expresse et pour un ordre du jour déterminé.
Source : Constitution, titre III, 
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html#titre3

On dira, bien sûr, que cela fait des années, depuis que Jacques Chirac a fait voter la réforme du quinquennat, que le Président de la République s’est transformé en chef de la majorité parlementaire. C’est indubitablement exact, mais cette évolution de la pratique restait contredite par le texte de la Constitution, et les Présidents successifs, Sarkozy et Hollande, pour tous les défauts qu’ils ont eus et toutes les dérives qu’ils ont engendrées, n’avaient pas osé violer de manière aussi explicite l’esprit comme la lettre de la Constitution.

Le Président et la souveraineté

Cet acte est en lui-même particulièrement grave ; mais il n’est pas isolé. En réalité, le refus du Président de se livrer à l’exercice, certes convenu, de l’interview du 14 juillet révèle un degré supérieur, et jusqu’alors inattendu, de mépris de la part du Président. Cette interview permettait au Président de s’adresser directement aux Français. En ce sens, elle jouait un rôle important, au-delà des détails de son déroulement.

Bien sûr, on pourra dire qu’un message au Congrès présente les mêmes avantages. C’est ici se tromper profondément sur le sens et de la République et de nos institutions. A travers cette interview, le Président s’adressait directement au peuple et non à ses représentants, au peuple qui est le dépositaire de la souveraineté nationale. Il est vrai que le Président Emmanuel Macron ne fait pas grand cas de la souveraineté. Et c’est peut-être là qu’il faut chercher la véritable raison de l’abandon de cette « tradition » et de la création de cette « innovation » que représente le message au Congrès. Car, quand on ne reconnaît plus la souveraineté du peuple, peu importe le mépris dans lequel on tient que ce soit ses adversaires ou ses propres amis.

En fait, tel est bien le fond du problème. Emmanuel Macron élu par surprise, et en un sens contre la volonté de la majorité des Français, ne peut s’appuyer sur une quelconque souveraineté populaire. Il doit donc saccager tous les symboles de cette dernière. Nous l’avons vu lors du Conseil européen des 22 et 23 juin dernier. Nous le voyons avec cette imitation aussi grossière que grotesque du « message sur l’état de l’Union » auquel se livre le Président des Etats-Unis, mais dans un contexte et dans des traditions politiques complètement différentes.

Se retirer sur l’Aventin ?

Si ces différents actes n’ont pas suscité la réprobation et les protestations qu’ils devraient, c’est que l’opposition est, pour l’instant, en miettes. L’ancien UMP, rebaptisé Les Républicains, est divisé par le ralliement d’une partie de ses membres au pouvoir d’Emmanuel Macron. Plus profondément encore, sa ligne, conservatrice et européiste, ne peut que satisfaire ceux des « Républicains » qui ont communié dans cette idéologie mortifère. Le P « S » est agonisant, saigné par une hémorragie de macronisme. Quant aux deux partis qui pourraient incarner cette opposition véritable, ils se débattent dans des situations difficiles. Le Front National ne finit pas de payer et l’épisode du « débat » de l’entre-deux tours et son manque de crédibilité politique, et la France Insoumise peine aujourd’hui à convaincre ses électeurs potentiels qu’elle est une force capable d’incarner une opposition globale, c’est à dire véritablement souverainiste.*

Dans ce contexte, face à cette succession de coups de force et à ce coup d’Etat rampant, seuls quelques députés, dont ceux du groupe de la France Insoumise, ont décidé de ne pas se rendre à la réunion de Versailles. Ils ont fait le bon choix. Le peuple a signifié son mécontentement par la « grève » du vote lors des élections législatives. Il se prépare à une forme de retrait des institutions qui pourrait éclater de manière forte et spectaculaire à la rentrée de septembre. D’ici là, il convient de ne pas participer au jeu pervers macronien et se souvenir de ce proverbe romain : ceux que Jupiter veut perdre, il les prive d’abord de Raison…

Jacques Sapir

* Souligné par nous, CV.

Jacques Sapir
Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s’est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8734

05 juillet 2017

 

 

Penelopegate et l’enfumage de Juppé

Personne ne peut dire avec une absolue certitude que sans le coup de bec du Canard enchaîné qui a déclenché l'affaire du "Penelopegate", François Fillon aurait été élu président de la République à la place de qui vous savez. Rien non plus permet d'affirmer que si Alain Juppé ne s'était pas fait enfumer et avait pu remplacer le châtelain de la Sarthe, le maire de Bordeaux aurait gagné l'élection présidentielle. Mais maintenant que Brigitte Macron remplace avantageusement ou pas, c'est vous qui voyez, Madame Penelope Fillon au palais de l'Elysée. Pourquoi revenir sur cette histoire abracadabrantesque qui ne trouvera probablement pas sa place dans les livres d'Histoire de nos écoliers. Simplement pour essayer d'y voir un peu plus clair, notamment sur le rôle de Nicolas Sarkozy qui n'aurait pas autant magouillé qu'on pouvait le penser en faveur de Fillon et contre le plan B, Alain Juppé. 

Maintenant vous apprécierez vous-même la pureté de la source d'information, puisqu'il s'agit de Georges Fenech qui publie le 6 juillet "Qui imagine le Général De Gaulle mis en examen ?". 

Dans cette "Chronique d'une élection imperdable", l'ex député qui désormais a tout son temps pour écrire, raconte sa version des faits et parle d'un moment crucial, lorsque Fillon a reçu "une convocation judiciaire aux fins de mise en examen." Ce qui pour le candidat à la présidentielle était une véritable catastrophe. On imagine assez facilement la panique à bord, mais que s'est-il passé ensuite d'après les bonnes feuilles livrées par "Atlantico"...

"Dans l’urgence, il reçoit tour à tour Xavier Bertrand, Gérard Larcher, Bernard Accoyer, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Bruno Le Maire. À tous, il assure qu’il tiendra bon, et argue d’une machination politico-judiciaire qu’il se fait fort de démontrer.

Entre-temps, il appelle Nicolas Sarkozy pour lui dire aussi qu’il se maintiendra malgré sa mise en examen. Ce dernier le conforte du bout des lèvres : « Cette décision t’appartient en ton âme et conscience, je ne serai pas déloyal vis-à-vis de ta décision. » Puis il teste Alain Juppé : « Qu’est-ce que tu fais si je me maintiens ? Et si je pars ? »

Réponse gênée d’Alain Juppé : « Dans le premier cas, ça devient compliqué… », répond-il tout en se gardant bien, par pudeur, de montrer qu’il se tenait prêt, en cas de retrait. Puis, sans aucun scrupule, Fillon n’hésite pas à déformer son précédent entretien téléphonique avec Sarkozy : « Je serais prêt à me retirer, mais Sarko s’oppose à ta candidature. Je suis le seul à pouvoir empêcher l’explosion du parti », prétend-il. Silence gêné de Juppé. Apprenant cette manœuvre déloyale, Nicolas Sarkozy laisse éclater sa colère devant ses proches. Cette fois, la tournure des événements va libérer la parole de plusieurs barons qui se décident enfin à lui faire part de leurs doutes. « Tu avais dit que tu ne serais pas candidat si tu étais mis en examen, lui rappelle Bernard Accoyer. Et là, tu fais le contraire. Comment peux-tu annuler au dernier moment ta visite au Salon de l’agriculture, annoncer une mystérieuse déclaration et laisser fleurir les pires spéculations autour d’un plan B ? », Déplore-t-il".

Quant à Nicolas Sarkozy tout le monde sait qu'il n'est pas l'ami intime de Juppé. Pour être plus précis, Sarkozy n'apprécie ni l'un ni l'autre, mais pense que Fillon malgré sa victoire à la primaire n'est qu'un looser qui sera plus facile à manipuler. D'ailleurs, Sarko n'a jamais cessé d'être à la manoeuvre pour pousser ses pions. Seulement voilà, Sarkozy n'est plus le sarko d'avant, celui qui faisait peur, il a définitivement perdu la main et surtout son influence sur son ex premier ministre.

 

De toute façon, Fillon, obsédé par son rêve présidentiel n'écoutait plus personne tellement il s'était persuadé qu'il allait gagner malgré tout. La conquête du pouvoir rend aveugle.

04 juillet 2017

 

Les nucléocrates ont gagné : l’EPR autorisé malgré une cuve non conforme… DANGER !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la cuve d’un réacteur nucléaire, la pression est énorme. Mais probablement encore inférieure aux pressions que doivent recevoir actuellement et depuis de longs mois les cinq commissaires de l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) et particulièrement son patron Pierre-Franck Chevet. Et plus encore avec un Premier ministre ancien lobbyiste d’Areva…

C’est en effet sur ces hauts fonctionnaires que pèse la très, très lourde responsabilité de valider ou non les pièces essentielles que sont le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville.

Le fond semble pouvoir passer l’exam, en étant aussi généreux que les examinateurs du bac, mais il n’en est pas de même du couvercle de la cuve qui, en l’état actuel des choses n’offre pas la sûreté de fonctionnement nécessaire dans le temps et devrait être très régulièrement vérifié et même changé. C’est une pièce complexe pourvue de nombreux orifices à travers lesquels passent les tuyauteries assurant le fonctionnement du réacteur.

Quel est, en clair, le problème ? La cuve est le récipient dans lequel se passe la réaction nucléaire. C’est une pièce cylindrique de 11 mètres de hauteur, de 7 mètres de diamètre, avec un fond et un couvercle (calotte) soudés. Elle ne doit en aucun cas se rompre sous peine de catastrophe genre Tchernobyl ou Fukushima. L’acier qui la compose se doit donc de répondre à des critères métallurgiques précis.

Le forgeage de la calotte a été achevé en octobre 2006 à l’usine Areva du Creusot, le fond en décembre 2007. Mais des tests menés par Areva ont révélé, fin 2014, que l’acier n’était pas suffisamment homogène et que les pièces présentaient à certains endroits de fortes concentrations de carbone. « Pour les fabriquer, Areva a recouru à une technique de forgeage récente qui utilise un lingot d’acier de carbone très lourd, jusqu’à 160 tonnes, expliquait à Reporterre Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN chargé de la sûreté nucléaire, en novembre dernier. Or, un lingot en train de refroidir ressemble à un fondant au chocolat : le cœur reste coulant plus longtemps que l’extérieur. Et le carbone migre préférentiellement dans la phase liquide. » (lien)

Ce phénomène a modifié les propriétés mécaniques de l’acier. En conséquence, les pièces ont échoué aux tests de résilience, qui mesurent la capacité de l’acier à encaisser un choc sans se rompre en cas de choc de température chaud ou froid : la calotte de l’EPR a obtenu un résultat moyen de 52 joules et minimal de 36 joules, au lieu des 60 joules minimum imposés par la réglementation. Pire, ces valeurs sont « très largement inférieures à ce qu’on aurait pu espérer du matériau s’il avait été conforme […] pour une résilience attendue de 220 joules », indique dans une note le physicien nucléaire Gérard Gary, directeur de recherche émérite ex-CNRS rattaché au laboratoire de mécanique des solides de l’École polytechnique.

Le choix qui se présente aux commissaires de l’ASN est dans le genre terrible !

A – Ils cèdent aux pressions des nucléocrates et valident la cuve de l’EPR. Et s’il y a un accident ? Je ne voudrais pas être dans la tête de ces gens… Parce que - eux - savent les conséquences d’un Tchernobyl ou d’un Fukushima sur Manche. Évacuation de centaine de milliers de personnes, stérilisation pour des millénaires de vastes étendues agricoles, arrêt total de toute activité industrielle, saccage évident du tourisme, etc. Une catastrophe humaine et écologique dont la région et même la France ne se relèveraient pas.

Il peut aussi ne rien se passer moyennant une surveillance permanente… sauf impondérables.

B – Ils refusent de céder à toutes pressions et refusent donc la cuve en l’état. Et c’est la fin de l’EPR à Flamanville, l’annulation du contrat de deux EPR avec les Anglais, des dédommagements gigantesques avec les Finlandais et avec les Chinois, etc. C’est la ruine de la filière nucléaire française. Une catastrophe industrielle et financière.

Que croyez-vous qu’il va se passer ? Que va-t-on éviter, le risque de catastrophe humaine et écologique ou la certitude d’une catastrophe industrielle et financière ? La réponse est dans la question.

Les industriels ont déjà englouti 10,5 milliards dans cette réalisation d’un autre âge. Plutôt que d’interrompre le projet le temps de réaliser tous les tests et de s’assurer de la bonne tenue des pièces défectueuses, EDF et Areva se sont dépêchés de poursuivre les travaux, mettant ainsi l’ASN devant le fait accompli.

Aux dernières nouvelles les « experts » ont ménagé la chèvre et le chou et trouvé une cote mal taillée avec un régime d’exception : autorisation de mise en route de l’EPR mais avec contrôles renforcés, à la charge d’EDF et d’Areva et obligation de changer le couvercle de la cuve d’ici 2 024. Autrement dit, c’est l’aveu que cette pièce n’est pas conforme, donc que l’EPR est dangereux. Une commande pour un autre couvercle aurait déjà été passée… au Japon. Ben voyons. Et bonjour le boulot pour dessouder et remplacer une telle pièce en milieu qui sera alors hautement radioactif. De la konnerie à l'état pur. Ou de l'enfumage car ce couvercle douteux ne sera vraisemblablement jamais changé.

En d’autres temps, une décision politique courageuse a été prise par les politiques, celle d’arrêter Super Phénix, un monstre hyper-dangereux. Soit dit en passant, la déconstruction du monstre dure depuis 25 ans est n'est pas prête d'arriver au bout. Avec des masses de déchets hautement radioactifs pour des milliers d'années et stockés dans une simple piscine…

Mais à l’heure actuelle, depuis la loi « TSN » de 2006, le pouvoir politique n’a plus la possibilité de fermer des réacteurs pour des raisons autres que sécuritaires. La fermeture d’une centrale dépend exclusivement de la décision de l’exploitant et de l’ASN. Bonjour la démocratie…

La France fait dès à présent figure de dinosaure ringard en Europe avec son industrie du passé ! Nous gaspillons des montagnes de pognon à maintenir en place un parc de centrales nucléaires dépassées, vieilles, devenues très dangereuses comme l’a révélé Fukushima. Nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique même pas amélioré des centrales existantes. Tout le pognon que notre pays jette dans le gouffre du nucléaire ne serait-il pas plus utile en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. ! Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation. C’est le choix qu’ont fait les Allemands depuis des années. Et nous nous essoufflerons à leur courir après dans l’avenir à cause de la lâcheté de gouvernants inféodés au lobby des nucléocrates…

Quant à nos techniciens nucléaires, ils ne seraient pas pour autant au chômage : leur expertise, leurs compétences seront nécessaires pour déconstruire dans le monde toutes ces centrales obsolètes.

Eh ! Hulot, ça se digère bien les couleuvres ?

 

 

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03 juillet 2017

 

La vraie cause des ennuis du Qatar : la monnaie chinoise !

 

 « Des sources bien informées en Hollande, ont affirmé que Washington voulait punir le Qatar pour avoir accepté de vendre son gaz naturel à la Chine. Non pas en dollars américains, mais en renminbis. Cela a apparemment alarmé Washington, car le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz liquéfié (GPL). Dont la plus grande partie part vers l’Asie. »

Le renminbi, la monnaie chinoise, serait la vraie cause des ennuis du Qatar. L’adoption du renminbi (RMB) par ce minuscule émirat dans ses ventes de grandes quantités de gaz à des pays asiatiques dont la Chine serait donc l’explication de ses déboires avec ses voisins et partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le financement du terrorisme et l’hostilité de la chaîne Al Jazeera envers certains régimes arabes dont le régime égyptien serait donc de simples prétextes. C’est du moins ce qu’affirme un stratégiste américain basé en Allemagne. Selon M. William Engdahl , se serait en effet, la monnaie chinoise, le renminbi, qui est le véritable déclencheur de la crise du Qatar. Lequel est depuis le 5 juin dernier mis en quarantaine par trois de ses voisins du Golfe : l’Arabie, le Bahreïn et les Emirats, suivis par de pauvres pays satellites comme la Tunisie et l’Egypte. « Des sources bien informées en Hollande, ont affirmé que Washington voulait punir le Qatar pour avoir accepté de vendre son gaz naturel à la Chine. Non pas en dollars américains, mais en renminbis. Cela a apparemment alarmé Washington, car le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz liquéfié (GPL). Dont la plus grande partie part vers l’Asie. » Sacrilège ! On ne menace pas les intérêts de big brother impunément. D’autant que le petit émirat a osé ouvrir sur son sol en 2015 Qatar le premier Centre pour la Compensation et le règlement en renminbi pour le Moyen-Orient ! (Photo) Mais en adoptant la « monnaie du peuple » dans ses transactions gazières Doha n’a ni innové ni fait du zèle. Doha qui au début aurait eu l’aval de ses partenaires du CCG avant qu’ils ne changent d’avis brusquement [Trump y serait pour quelque chose] voudrait simplement tirer profit de l’intégration de cette monnaie dans les changes mondiaux par le FMI himself. En effet le payement en renminbi avantage le commerce chinois dans ce sens que la stabilité du RMB par rapport au dollar minimise les pertes liées au risque de change causées entre autres par les fluctuations du dollar. Les entreprises adoptant le RMB n'ont plus à se soucier des fluctuations du billet vert par rapport au renminbi et au billet vert. Autrement dit l’acceptation du RMB par le Qatar a dû certainement doper les commandes chinoises en gaz de provenance de cet émirat. En effet à compter du 1er octobre 2016, le RMB fait partie du panier de devises qui composent les droits de tirage spéciaux (DTS). Le renminbi rejoint ainsi le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling dans le panier du DTS. Dans un entretien publié en septembre 2016 sur le site du FMI, Siddharth Tiwari, Directeur du Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, évoquait cette question : « l’inclusion du RMB constitue un jalon important du processus d’intégration de l’économie chinoise dans le système financier international. Le FMI déclare que le RMB est une monnaie librement utilisable, ce qui reflète le rôle croissant de la Chine dans les échanges mondiaux et la forte augmentation de l’utilisation internationale du renminbi et du volume de négociation de cette devise. Cela témoigne aussi des avancées de la Chine dans la réforme de ses systèmes monétaire, financier et de change, en vue de la libéralisation, l’intégration et l’amélioration de l’infrastructure de ses marchés financiers. Grâce à son inclusion dans le panier du DTS, la devise chinoise devrait être plus largement utilisée dans les transactions internationales et couramment échangée sur les marchés de changes. »

CHINOISERIES

Parmi les pays ayant flairé la bonne affaire qu’offre le RMB en plus du Qatar il y a le Canada qui a annoncé en 2014 sa décision d’établir le premier centre de négociation du renminbi dans les Amériques. « Comme le renminbi devrait s'affaiblir par rapport au dollar canadien en 2015, les contrats réglés en renminbis seront plus intéressants pour les acheteurs chinois que ceux libellés en dollars canadiens ou américains. » lit-on sur le site de la Banque d’affaires britannique HSBC, leader sur le marché chinois. Maintenant en guise de conclusion cette question : si le RMB est la véritable cause des ennuis du Qatar alors pourquoi l’Arabie saoudite s’est-elle empressées de s’acharner contre son voisin et partenaire qatari au point d’ameuter d’autres pays comme l’Egypte, le Bahreïn, les Emirats… dans sa guerre contre l’émirat ? Les raisons sont nombreuses mais cette-ci suffit : le royaume Wahhabite possède 750 milliards en bons du Trésor et d'autres actifs aux États-Unis sans compter d’autres milliards placés par de richissimes particuliers saoudiens dans les banques yankees. D’où la crainte que le RMB n’affaiblissent un « très cher » billet vert déjà vacillant. Pour rappel : bien avant le Qatar d’autres pays ont essayé de nuire au dollar américain. Bien mal leur en a pris. En pleine crise irano-occidentale, « Le 18 décembre 2006, le porte-parole du gouvernement iranien M. Gholâmhossein Elhâm a officiellement annoncé la décision de son pays d’abandonner l’usage du dollar pour adopter l’euro comme monnaie de règlement de ses transactions internationales. En 2010, à l’initiative du colonel Kadhafi de Libye, Zine el-Abidine Ben Ali de Tunisie et Hosni Moubarak d’Egypte avaient exprimé leur souhait d'émettre un Dinar en or arabe et d'exiger le paiement de leurs exportations de pétrole avec cette nouvelle monnaie unique et non en dollars américains. Des emails qui auraient été envoyés par la secrétaire d'État d’alors Hillary Clinton à son conseiller en Libye laissent penser que le fin malheureuse du triumvirat arabe était liée à leur très mauvaise initiative de former l’embryon d’une banque panarabe. Le printemps arabe serait donc un écran de fumée pour maquiller l’élimination de Kadhafi, l’exil de Benali et la destitution de Moubarak. Même la monnaie unique des pays européens pourtant très proches des Etats-Unis n’est pas épargnée par les foudres de l’Oncle Sam du moment qu’elle fait de l’ombre au sacré billet vert. « Les Etats-Unis n’ont jamais caché leur hostilité envers toute devise qui fait de l’ombre à la suprématie de leur dollar. L’euro en première ligne. « L’euro est une expérience qui a échoué. » Il n’est pas rare d’entendre cette phrase sur le sol américain. Le premier à l’affirmer a été Martin Feldstein, professeur d’économie à l’université Harvard et ancien conseiller économique du président Ronald Reagan. Autres expressions habituelles : l’euro est « un cauchemar », « un piège », « un catalyseur d’extrémisme », « antidémocratique », etc. Les Américains reprochent aux fondateurs de l’euro d’avoir fait fi des contingences économiques dans les années 90 : on n’instaure pas une union monétaire comme ça ! » Alors !

 

http://chankou.over-blog.com/2017/06/la-vraie-cause-des-ennuis-du-qatar-la-monnaie-chinoise.html

02 juillet 2017

 

 

Un Macron très sucré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le macaron est une gourmandise très sucrée, moelleuse, fondante dans la bouche, et on s’en vient à penser que le nouveau président s’inspire de cette pâtisserie fine afin de donner de lui une image pleine d’empathie...mais ce sourire n’est-il pas qu'une façade ?

Les consignes ont été données afin que les nouveaux élus LREM ne donnent pas dans le triomphalisme, et fasse usage de la plus parfaite modestie...

 « Le gouvernement abordera les prochains mois avec une grande humilité » avait déclaré à l’issue du scrutin le 1er ministre.

« Hu-mi-li-té », le mot a été martelé, c’est un élément de langage qu’ont bien intégré les élus intéressés, à preuve la déclaration de l’un d’eux, Stanislas Guerini, député de la 3èmecirconscription parisienne : « ça doit nous conduire à aborder cette mandature avec humilité ».

Mais ce n’est pas la seule consigne donnée aux nouveaux députés de la REM.

Un autre mot d’ordre façonné par la présidence est clair : bienveillance...

 

Sur l’air de « les dents sourient, mais les yeux disent le contraire  », se souvenant des paroles de Gilles Abadie : « attention, celui ou celle qui te montre son plus beau sourire laisse souvent entrevoir ses dents particulièrement acérées », Macron a donc décidé de jouer l’humilité mais aussi l’empathie, afin de faire passer en douceur son programme probablement largement antisocial.

Le Canard Enchaîné, toujours bien renseigné, affirme que le président a déclaré récemment « Maintenant au boulot, parce que ça va turbuler  ! », sachant, rappelle le volatile dérangeant que le mot « turbulence » signifie « agitation désordonnée et bruyante ».

Les vacances sont un moment très fort de démobilisation, et le gouvernement ne cache pas sa volonté de profiter de cette parenthèse estivale pour tout décider rapidement, afin que tout soit prêt à la rentrée, et la fourmi pourra alors affirmer à la cigale : « Que faisiez-vous au temps chauds ? Vous chantiez ? J’en suis fort aise, et bien dansez maintenant !... ».

Reste à savoir si les cigales vont danser très longtemps...car généralement, avec le ventre et les poches vides, l’envie de danser passe assez rapidement.

Le flou artistique sur ce qui va être fait est savamment entretenu, et après avoir fait filtrer quelques informations, démenties peu après, il reste compliqué de savoir ce qui va être fait.

 

Pour avoir les coudées plus franches, la presse est mise en coupe réglée, et la communication présidentielle avare d’informations, ne laisse filtrer que ce qu’elle souhaite.

Mais regardons de plus près ce que mijote réellement le gouvernement pour cet été...avec gentillesse et modestie.

Le projet de Macron comporte 8 articles de loi, et le gouvernement présentera le texte le 28 juin, transmis pour avis au Conseil d’Etat, sera soumis aux parlementaires, lesquels en l’acceptant, donneront l’autorisation au gouvernement de réformer profondément le code du travail, en évitant de « perdre du temps », lors des discussions parlementaires classiques.

Au-delà du secret maintenu sur ces 8 articles, on sait toutefois que seront évoqués le plafonnement des dommages et intérêts aux prud’hommes lors de licenciement abusifs...mais aussi le regroupement des instances de représentation du personnel lors des négociations au sein de l’entreprise.

Mais il sera aussi question de réformer les motifs de licenciement, et d’autres sujets explosifs, sur lesquels le flou est pour l’instant entretenu.

L’un des acteurs de la concertation, Didier Porte, membre de la délégation FO est surpris car, à la lecture du document dévoilé par Le Monde, il affirme : « tout ne correspond pas à ce qui a été dit lors de nos rencontres. Maintenant, il est temps que nous ayons un texte, car il est difficile d’avoir une vision cohérente dans ces conditions »...

En tout cas, ça passe par la « prise en main » des nouveaux députés de LREM, comme l’a largement laissé sous-entendre le porte-parole de l’Elysée : « je souhaite que les nouveaux députés de La République En Marche n’oublient pas d’où ils viennent et qu’ils ont été élus grâce à la dynamique Macron »...sous-entendu, n’oubliez pas de mettre le petit doigt sur la couture du pantalon.

Une chose est certaine, le nouveau gouvernement a maintenant les coudées franches, les ténors du Modem sont partis, et les nouveaux venus seront aux ordres, bien placés les uns et les autres pour surveiller, voire contrôler discrètement, les proches du 1er ministre afin d’éviter tout dérapage malvenu.

En effet, l’ex garde des sceaux, qui se parait des plumes de l’exemplarité, découvre un nouveau danger, puisqu’un ex assistant parlementaire affirme qu’il était bien un emploi fictif, travaillant pour le compte du Modem, et qu’il est prêt à témoigner devant la justice.

Il témoigne : « j’ai vu que des parlementaires, à plusieurs, finançaient des temps partiels d’assistants parlementaires qui ne fournissaient aucun travail pour le député »...et il ajoute : «  les parlementaires, conscients du risque juridique, réclamaient avec beaucoup de difficultés que l’assistant, de temps en temps, se manifeste, transmette une note sommaire sur un sujet ou une petite revue de presse, qui permettrait d’apporter une preuve qu’un travail a bien été effectué, au cas où il y aurait des contrôles  ». 

Pourtant, 2 petits jours auparavant, Bayrou affirmait vent debout : « nous n’avons jamais eu d’emplois fictifs au Modem !  ». 

Une autre sale affaire refait surface, et c’est grâce à un organisme de presse russe que nous avons appris que le directeur de l’AFP avait eu, avant le Canard Enchaîné, l’occasion d’évoquer l’affaire Richard Ferrand, mais qu’il avait jugé que « le sujet n’était pas digne d’intérêt ». 

Il faut croire que cette réflexion était mal fondée, puisque finalement, l’intéressé a été poussé à la démission, le plus discrètement possible.

L’été est déjà là, et au-delà de la canicule, il risque d’être autrement chaud.

 

Certains utiliseront les crèmes solaires, mais on est en droit de se demander si d’autres produits, plutôt glycérinés, ne devraient pas leur être préférés ?

Comme dit mon vieil ami africain : « les dents ne voient pas la pauvreté ».

 

L’image illustrant l’article vient de dentalespace.com

01 juillet 2017

 

Le dégoût et la perplexité

Nous voilà donc embarqués pour cinq ans dans l'aventure incertaine de la république des bons plaisirs d'un jeune et sémillant "premier Consul", qui oscille entre Julien Sorel et Rastignac, mais dont le moindre battement de cil déchaîne les applaudissements nourris des "honnêtes gens" et le sourire enjoué des "gens de bien(s)"...

...et pendant ce temps-là, les exclus du suffrage universel (volontaires ou pas) et cette "France d'en bas" qui s'attend au pire, retiennent leur souffle en observant à la fois médusés et indifférents, les querelles de chiffonniers qui agitent le petit monde du Palais Bourbon pour la formation des équipes préposées à la jactance parlementaire.

Il se trouve qu'au même moment, je suis encore plongé (mais plus pour trés longtemps) dans mon marathon Communeux, ce qui me permet de mieux supporter cette mortifère médiocrité de l'actualité ainsi que ces bulles d'ignominie de la république bourgeoise bcbg qui viennent crever à la surface : les turpitudes du Modem, la tragédie de Calais et l'incroyable déni de justice concernant Rémi Fraisse, etc...mais remontons le passé.

En 1897, "La Revue blanche" avait publié une grande enquête sur la Commune en interrogeant 17 publicistes, 13 anciens membres du Conseil de la Commune ainsi que 16 autres témoins ; Félix Fénéon leur posait trois questions, dont la dernière était : "quelle a pu être l'influence de la Commune sur les événements et sur les idées ?"

Je vais seulement citer quelques fragments des réponses qui me semblent tutoyer aujourd'hui :

"Les vingt-cinq années qui se sont écoulées depuis n'ont fait que me convaincre de plus en plus que le prolétariat n'arrivera à s'émanciper réellement qu'à la condition de se débarrasser de la République, dernière forme, et non la moins malfaisante, des gouvernements autoritaires. Mais s'il s'entête dans la folle espérance d'arriver à son émancipation par la fameuse conquête des pouvoirs publicsil se ménage certainement une nouvelle et sanglante déception dont il pourrait bien ne plus se relever de longtemps."  (Gustave Lefrançais)*

"Il est à peine besoin d'affirmer que deux millions d'hommes et de femmes ne s'insurgent pas sans motif, ne se battent pas durant neuf semaines et ne laissent pas trente-cinq mille cadavres sur le pavé sans en avoir de bonnes raisons...La République de nos rêves n'était pas assurément pas celle que nous avons. Nous la voulions démocratique et sociale, et non pas ploutocratique. République était pour nous synonyme de régénération.  L'impuissance des vieilles formules, l'incohérence des institutions et des faits éclatent aux yeux. L'heure approche où le programme du 18 mars va s'imposer par l'irrésistible force des choses. Cette heure sera pour nous, qui avions voulu l'avancer, celle de la justice historique. (Pascal Grousset)**

"La Commune a donné un drapeau aux peuples de l'Europe...Cette révolution anticipée, mais qui n'est qu'un précurseur, indique clairement à notre France, en apparence dégénérée, qu'elle ne doit plus rien espérer des hommes qui la gouvernent. (Antoine Brunel)***

"La Commune a dressé pour l'avenir, non par ses gouvernants mais par ses défenseurs, un idéal bien supérieur à celui de toutes les révolutions qui l'avaient précédée ; elle engage d'avance ceux qui veulent la continuer, en France et dans le monde entier, à lutter pour une société nouvelle dans laquelle il n'y aura ni maîtres par la naissance, le titre ou l'argent, ni asservis par l'origine, la caste ou le salaire. Partout le mot "Commune" a été compris dans le sens le plus large, comme se rapportant à une humanité nouvelle, formée de compagnons libres, égaux, ignorant l'existence des frontières anciennes, et s'entr'aidant en paix d'un bout du monde à l'autre." (Elisée Reclus)****

Ces échos d'une autre époque ne sont-ils pas propres à lutter contre cette canicule politique qui nous agresse ?

* instituteur, élu au Conseil de la Commune par le IVe arrondissement

** médecin, Corse, élu au Conseil par le XVIIIe arr.

*** officier de carrière, élu au Conseil par le VIIe arr.

 

**** célèbre géographe, anarchiste, condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie sa peine fut commuée en dix ans de bannissement.

Macron piétiné par Merkel à Bruxelles : la dictature de l’UE décide, Macron exécute !

Le premier sommet européen du président Macron aura démontré que Macron est bien le continuateur de Hollande et Sarkozy. Macron hollandisé Macron piétiné par Merkel. Même causes, mêmes effet qu’en 2012. Le fait est que comme en 2012 d’ailleurs, la presse subventionnée par le pouvoir et détenue par le grand Capital s’échine à masquer la situation.

 

www.initiative-communiste.fr fait un bilan objectif, s’appuyant sur les faits et rien que les faits de ce sommet européen. Un bilan accablant pour Macron.

Les diktats du Conseil Européen des 22 et 23 juin

Dans ses décisions, le conseil européen des 22 et 23 juin 2017 n’aura repris aucune des propositions françaises portées à grand renfort de propagande en France par Macron, son gouvernement et ses médias aux ordres. A commencer par les directives travailleurs détachées qui ne connaitra aucun durcissement. Face à Trump, comme face à Merkel, en moins de deux mois, Macron a déjà tout cédé.

Sur la question de l’emploi, voici la conclusion du Conseil Européen :

S’appuyant sur les conclusions du Conseil de mai 2017, qui préconisent une stratégie pour l’avenir de la politique industrielle, le Conseil européen insiste sur le rôle essentiel de l’industrie, qui constitue un moteur important pour la croissance, l’emploi et l’innovation en Europe. Dans le prolongement de ses propres conclusions antérieures, il demande que des mesures concrètes soient prises pour que le marché unique dispose d’une base industrielle solide et compétitive.

On entend ici parler le Capital Allemand, défendant la compétitivité de son appareil productif reposant sur son industrie qui exploite ses chaines de productions à bas cout de l’Europe de l’Est, désormais économiquement annexée à l’Allemagne. L’industrie. En face, Macron demeure dans la communication, tressant des louanges à l’uberisation et au dumping social, se préparant à faire voler en éclat le code du travail. Le fait est que les plans de suppressions d’emplois et de fermetures d’usine – symptômes de d’euro désindustrialisation de la France – se poursuit. En réalité s’il n’y a pas eu de vague En Marche, le tsunami Macron c’est surtout la catastrophe de la désindustrialisation qui de GM&S à Michelin en passant par les chantiers de l’atlantique ou Arc opale, qui se poursuit.

Les mesures anti chinoise évoquées par Macron ? De la com’ sèchement écartée par l’UE.

L’Union Européenne est ultra libérale, libre échangiste. Elle est antisociale, et évidemment elle interdit le protectionnisme solidaire. Bref, on se doutait bien de l’accueil qui serait réservé aux annonces de proposition de mesure anti chinoise évoquée par Macron. Il est vrai qu’il ne s’agissait là que de communication visant à bercer d’illusions les français. Car il n’y a aucune chance que ce type de mesures soient adoptée par l’UE, alors que le libre échange est l’une des armes de l’UE pour renforcer le dumping anti social et anti écologique à l’échelle mondiale afin de faire gonfler les profits des multinationales tout en effondrant les salaires des travailleurs.

Voici comment le Conseil a retranscrit la demande française :

Le Conseil européen est convaincu que le commerce et les investissements ne peuvent être libres que s’ils sont également équitables et mutuellement bénéfiques. Il invite par conséquent les Co législateurs à parvenir rapidement à un accord sur des instruments de défense commerciale modernes et compatibles avec l’OMC, qui renforceront la capacité de l’UE à lutter efficacement contre les pratiques commerciales déloyales et discriminatoires et les distorsions de marché. Le Conseil européen demande à la Commission de veiller à leur application rapide et effective par des mesures d’exécution non législatives visant à rendre les pratiques commerciales et les instruments de défense commerciale de l’UE plus réactifs et plus efficaces et de proposer, le cas échéant, des mesures complémentaires. Il demande en outre à la Commission et au Conseil d’approfondir et de faire avancer le débat sur la manière d’améliorer la réciprocité dans le domaine des marchés publics et des investissements. Dans ce contexte, il salue l’initiative de la Commission visant à maîtriser la mondialisation et, entre autres, à analyser les investissements réalisés par des pays tiers dans des secteurs stratégiques, dans le plein respect des compétences des États membres.

Traduction : le Conseil Européen rigole poliment des effets de com’ de Macron, qui pourra se glorifier que le sujet soit évoqué. Mais on annonce déjà qu’aucune directive, aucune mesure réglementaire ne sera prise sur le sujet, et qu’en aucun cas, on ne tordra les règles de l’OMC. On notera aussi que le sujet sera repris en main par la Commission et sera discuté ultérieurement. Bref, circulez, y a rien à voir. C’est la commission européenne, qui décide, et le banquier Macron n’est pas là pour décider, mais bien pour exécuter. Le porte flingue du MEDEF est renvoyé à son rôle de petit VRP de la Commission Européenne.

Macron déjà Hollandisé

En réalité, Macron s’est fait humilier, façon Hollande, par Angela Merkel qui lui a infligé une humiliante correction dont elle a l’habitude. L’Union Européenne c’est l’axe Washington Berlin, Paris étant prié de fournir les fonds et le cas échéant les soldats pour aller prendre les coups et les couts.

Lors d’une conférence de presse conjointe, c’est une véritable fessée cul nul que la chancelière allemande a donné au piètre président français annonce qu’il ne fera plus rien à l’avenir sans l’autorisation et le consentement d’Angela Merkel.

 

je veux dire ici combien à la fois le fait que nous ayons très étroitement préparé ensemble nos remarques à ce Conseil, que nos interventions aient été constamment en ligne et que nous puissions en rendre compte en commun est à mes yeux important. C’est en tout cas ce que je m’attacherai à faire, dans les années à venir, parce que je pense que quand l’Allemagne et la France parlent de la même voix, l’Europe peut avancer ; ce n’est parfois pas la condition suffisante mais c’est en tout cas la condition nécessaire.

Confirmant que les positions françaises au Conseil sont préparées, et même diktées en amont, avec l’Allemagne.

C’est ainsi que le contenu des ordonnances préparées par Macron pour exterminer le Code du Travail durant l’été sans même un débat au parlement ni même un 49.3, le sont en application stricte des ordres données par l’Union Européenne : remise en cause du CDI, libéralisation du droit à licencier, baisse des salaires, attaques contre l’assurance chômage… De fait, comme l’avaient expliqué inlassablement les communistes du PRCF durant la campagne électorale, loin du flou des discours creux de Macron, le programme de En Marche est bien connu, ce sont les GOPE, les fameuses recommandations par pays, édictées par la Commission Européenne, et adressées en anglais s’il vous plait directement à l’Elysée et Matignon pour exécution.

Hypocrisie

Chacun aura pu entendre toute l’hypocrisie de Macron. En bon collaborateur de Merkel, Macron s’est senti obligé de se déclarer solidaire de la politique d’accueil des migrants dont s’est fait fort Merkel.

Nous devons accueillir des réfugiés car c’est notre tradition et notre honneur. Et je le redis ici, les réfugiés ne sont pas n’importe quels migrants. Ce ne sont pas les migrants économiques, ce sont des femmes et des hommes qui fuient leur pays pour leur liberté ou parce qu’ils sont en guerre ou pour leurs choix politiques. Nous devons ainsi faire preuve de solidarité quand un de nos voisins fait face à des arrivées massives de réfugiés ou de migrants.

Comment ne pas remarquer pourtant que l’Allemagne s’est arrangée pour fermer ses frontières, une fois le nombre suffisant de migrant pour reconstituer ses défaillances de main d’oeuvre en raison d’une absence de natalité due à la politique anti sociale allemande ? Et de l’Autriche à la Hongrie, en passant par la France, il est important de rappeler qu’en réalité les frontières sont fermées comme elles ne l’ont jamais été jusqu’à présent, avec des murs barbelés construit partout à travers l’Europe !

Surtout, comment ne pas remarquer l’hypocrisie totale de Macron, lui dont le gouvernement se voit condamné par le défenseur des droits pour le viol des plus élémentaires des droits de l’homme à Calais, lui dont les préfets se font condamner par la justice pour le viol de la loi en raison de la chasse aux migrants indigne et ultra violente qui est livré à la frontière franco italienne dans la Roya et à Menton ?

Faut-il également rappeler les discours scandaleux et xénophobes, qui ne dépareillent pas d’ailleurs avec les prises de positions du PS de Vichy aux guerres coloniales, du transfuge du PS Gérard Collomb, devenu ministre de l’intérieur ?

 

La propagande Macron tourne à plein régime.

Sur son blog, le fin connaisseur des politiques de l’UE Eric Verhaege moque la propagande confinant au culte de la personnalité accompagnant la déculottée reçue par Macron à Bruxelles, transformée en quasi victoire triomphale par la titraille d’une presse aux ordres.

Si le Pointtitre « Macron au sommet de l’UE : premiers échanges, premier revers », le reste de la presse se montre d’une flagornerie extravagante constate choqué le blogueur :

Ainsi, les Échos, qui ne cachent plus leur soutien complet et acquis au Président, font croire à une victoire française. Plus complaisant encore, Le Monde se fend d’un titre ahurissant : « Conseil européen : avec Macron, l’Europe met en scène son sursaut ». Ils doivent avoir vraiment besoin d’un gros coup de pouce, dans ce canard arrogant, pour sortir des âneries pareilles.

La tonalité est un peu moins obséquieuse au Figaro, qui fait le choix de ne reprendre qu’une dépêche AFP et de centrer son papier sur les questions de défense. Sur le sujet, le quotidien de Serge Dassault en fait beaucoup avec un titre excessif : ” Macron salue une avancée historique pour l’Europe de la défense “

Il est vrai que Macron a à peine élu, mis les rédactions au pas, choisissant de punir les journalistes qui ne chanteraient pas ses louanges en choisissant depuis l’Elysée qui seraient accrédités. Remarquons également que ses ministres, Bayrou, en tête ne se sont pas privés pour donner directement leurs ordres à des rédactions tout à fait prêtes à la recevoir. Dans le même temps, le principal syndicat des journalistes, le SNJ CGT dénonce la censure implacable exercée par Macron, qui par exemple a refusé de diffuser les éléments de l’affaire Ferrand frappant le bras droit au sein du parti Présidentiel En Marche durant la campagne électorale.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

 

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/macron-pietinne-merkel-a-bruxelles-dictature-de-lue-decide-macron-execute/

Besoin d’arrondir vos fins de mois ? Devenez macroniste !

 

CONTRE LA CONNERIE ENVAHISSANTE.

Le macronisme consiste à "transformer une contrainte en opportunité" . A ce titre et contrairement à une idée reçue un chômeur est un opportuniste qui s'ignore : plus ses contraintes sont angoissantes, pénibles, durables et fortes, surtout s'il est en fin de droit, plus ses opportunités seront nombreuses et prometteuses. Evidemment !

Les chômeurs n’arriveront pas tous à se recaser en politique et retrouver un emploi, c’est certain, mais le renouvellement du personnel, le « changement de tête », le rajeunissement et la parité prônés puis mis en œuvre par le nouveau locataire de l’Elysée devraient les y aider.

« Il faut savoir transformer une contrainte en opportunité » dixit Manu Macron qui a appris cela dans les (bonnes) écoles qu’il a fréquenté, pas dans sa vie professionnelle, non, dans les écoles.

Il suffit d’y penser et de le vouloir.

Un message qui s’adresse prioritairement aux chômeurs.

Une contrainte est une opportunité qui dort d’un sommeil léger. Qui dort d’un (seul) œil.

Le cauchemar se mue en rêve.

Eh oui !

Tout devient simple, tout devient possible, c’est l’ADN de Macron, c’est à cela qu’on reconnait un grand entrepreneur, un vrai !

D’autant plus que les représentants macronistes du peuple (à ne pas confondre avec les représentants du peuple macroniste) auraient du, auraient pu être sélectionnés « dans la vraie vie », c'est-à-dire dans la vie civile, dans la rue voire dans les ruisseaux, la faute à qui vous savez.

Alors que là…non ! Ils, elles proviennent tous et toutes de la fausse vie, si j’ai bien suivi.

En effet manque les ouvriers, les chômeurs, les artisans, les travailleurs indépendants, les auto- entrepreneurs, les gens d’en bas, les transsexuels, les pour, les contre, les indécis, les sans-abris, les sans-dents et les sans-riens…entre autres.

Environ 13 millions d'individus, "de vrais, d’authentiques Français" d'après Laurent Wauquiez qui exagère toujours un peu.

Alors, elle est où la vie civile ?

Franchement ça la fout mal !

Et si les Français, en votant pour lui, avaient fait exactement le contraire en transformant une opportunité en contraintes ?

Brrr...

Il est encore temps, il faut « espoir garder », expression typiquement macrobienne, pardon, macronienne qui a du sens comme nous allons le voir.

En ce qui concerne l’Assemblée Nationale un observateur attentif – ou une observatrice, attention à la parité – serait tenté(e) de penser que c’est trop tard.

Or il n’en est rien car « il n’est jamais trop tard » me souffle discrètement un macroniste du premier cercle qui souhaite conserver l’anonymat, on se demande bien pourquoi.

Pour s’en convaincre il suffit de regarder le sort réservé à Richard Ferrand, à François Bayrou, à Sylvie Goulard et à Marielle de Sarnez, le temps judiciaire court maintenant beaucoup vite que la vie politique, aussi moderne, aussi renouvelée et aussi énergique soit-elle.

Au rythme où vont les « affaires » nous pourrions très vite nous retrouver avec une Assemblée à moitié vidée, un Sénat décimé et un gouvernement « en marche » mais sur une jambe.

577 députés, 348 sénateurs, une quarantaine de ministres et de secrétaires d’Etat à remplacer toutes les 6 semaines environ à hauteur de 25 %...sur une année cela représente plus de 2100 postes ! Plus de 10 000 pour un quinquennat ! 

Dans le recyclage il faut ajouter également les fonctionnaire, en particulier le haut du panier (?), Directeurs d’Administrations Centrales, leurs adjoints, leurs conseillers, leurs secrétaires…des milliers de postes !

Car Macron est partisan du "spoil system", en français le système des dépouilles (décidemment !) : principe selon lequel un nouveau gouvernement, devant pouvoir compter sur la loyauté « partisane » des fonctionnaires, substitue ceux qui sont en place par des fidèles : les faux-culs sont traqués, identifiés puis virés, évidemment ça fait beaucoup de monde !

Encore des dizaines de milliers de postes à pourvoir…

Sans compter les infarctus, les AVC, les cancers et les dépressions pour cause de surméninge : encore et encore des milliers de postes pour nos amis.

« Il faut savoir transformer une contrainte en opportunité ».

Ben oui !

T'avais qu'à être loyal.

T’avais qu’à pas être malade.

T’avais qu’à être MA-CROC-NIEN !

 

P.S: 250billet in memoriam Remi Fraisse.

L’Elysée Tartufié

 

Par Georges Gastaud

Par Georges Gastaud, le 18 juin 2017, soir de second tour. A propos de Macron faisant des aller retours en jet privé au frais des contribuable et au mépris de l’environnement entre l’Elysée et la très riche ville du Touquet, tout en se faisant photographier en circulant à vélo !

L’Elysée Tartufié

Je descends d’un Falcon car j’ai horreur d’attendre,
Mais je roule à vélo et verdis mon logis ;
Pour la COP, après Trump, je saurai faire entendre,
Que vert est le dollar plus que l’écologie !

Qu’importe qu’à Bruxelles, mon pays masochiste,
Pliant à deux genoux devant Mère Angela,
S’abandonne aux lobbys teutons du gaz de schiste :
Le MEDEF ne m’eût point investi sans cela !

Au cri de « République ! », je vous ai mis « en marche » ;
Et Marianne déjà gémit sous ma torsion :
Monnet, Schuman, Delors, mes trois saints patriarches, 
J’arase en votre nom les acquis, la nation !

Aux précaires, aux exclus, disant redonner chance,
J’entreprends de brider, non pas la plus-value,
Mais le legs vermoulu de feue la Résistance :
Haro sur la Sécu, les pensions, les statuts !

Je parle en beau langage, subjonctif en sautoir,
Mais c’est bien de Wall Street que j’ai reçu mission :
La langue de Molière s’en va au dépotoir,
Au TAFTA, au globish j’ouvre grand la maison !

Porté à l’Elysée par la très Sainte-Alliance
Des friqués, des bobos et des New Collabos,
J’ai cinq ans devant moi pour défaire la France,
Mater les cégétistes et jouer les Rambo !

Il subsiste pourtant une ombre à cette idylle :
Le prolo insoumis s’abstient obstinément,
Refusant sottement, au nom du « vote utile »,
D’appeler liberté son asservissement ;

Et qui sait si demain ce peuple imprévisible
Mariant la Marseillaise à l’hymne de Pottier
Derechef de ses chefs ne se refera cibles
A la grande terreur d’un chef d’Etat banquier ?

En d’étranges sursauts, Jacobins, Communards,
Bravant Thiers ou Vichy, l’Autrichienne ou Cauchon,
Ces manants qu’on croyait hébétés et hagards,
Ont plusieurs fois surgi de leur auge à cochon…

C’est pourquoi prévenant tout péril éruptif,
Je veux éradiquer ce prurit souverain :
A Berlin de ce pas, pour un pays captif,
Je m’en remets de tout au maître européen !

 

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/lelysee-tartufie-georges-gastaud/&nbsp ;

La dernière cartouche. Pourquoi Macron échouera.

Grandes ambitions, volontarisme énergique et peu d’appui populaire. C’est la base sur laquelle le nouveau président de la France veut appliquer, avec une nouvelle image, tout ce qui a échoué durant les dernières décennies. Pour arriver à sa trompeuse victoire électorale, le jeune Macron a dû abolir l’alternance et le quasi pluralisme institutionnel en France. Pour faire son omelette, il a mis le feu à la cuisine. Cette victoire, qui va se défendre avec des méthodes autoritaires, sera, sûrement, son plus grand facteur d’échec à moyen et à long terme.

Kremlinologie à l’Élysée

Les gouvernements français ont l’habitude d’être remplis de ministres qui veulent être présidents. Des personnages qui conspirent et manœuvrent pour cela depuis leur fonction. Avec François Hollande, il y en avait plusieurs dont les ambitions étaient manifestes ; Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Emmanuel Macron, lui-même, le plus malin et discret de tous qui a fini par s’emparer du trône. Au sein du gouvernement de Macron, il n’y a pas trace de ces « conspirateurs ambitieux ». Le Président a été vacciné contre le rôle que lui-même a joué comme ministre de Hollande. Si on excepte Bruno Le Maire, un poids léger de la droite qui est à la tête de l’économie (au cas où, Macron a mis comme second son plus fidèle collaborateur Benjamin Griveaux), dans le nouveau gouvernement français il n’y a pas d’hommes politiques. Seulement des technocrates obéissants.

Sur la photo de groupe que Macron a faite mercredi avec ses ministres dans le jardin de l’Élysée, le Président a cassé la tradition et ne s’est pas placé devant, mais au milieu de ceux-ci. Cela semble plus démocratique, mais ce n’est qu’une question d’image : tout le monde sait bien qui est « le chef », comme on l’appelle dans son entourage. Macron veut être un président « total ». Commander beaucoup et parler peu (« La parole présidentielle sera rare », a-t-il dit). Ses ministres seront disciplinés, les fuites ne seront pas admises et si elles existent elles seront sanctionnées. « Ce gouvernement à vocation à durer », a-t-il dit après la photo.

Les médias, à 80 % aux mains de magnats qui l’appuient, n’ont pas prêté une grande attention au fait que trente jours ont suffi pour que le nouveau gouvernement « irréprochable et exemplaire » subisse sa première crise : quatre ministres éclaboussés par des irrégularités économiques ont sauté de leurs postes. Malgré la vice structurel dans lequel ils sont plongés, les médias français adorent démolir les idoles qu’ils ont contribué eux–mêmes à créer. Combien durera dans sa forme actuelle cette indulgence médiatique viciée ?

Programme et objectifs

Présenté comme novateur et original, souvent avec des formules à la « nordique » et des sophistications conceptuelles, pour camoufler de simples et vieilles politiques néolibérales de coupe sociale, le programme de Macron n’a pas grande chose d’original : il s’agit d’appliquer une fois pour toutes en France le catalogue complet de Bruxelles/Berlin.

Le discours habituel affirme que cette régression sociale et dans le monde du travail n’a jamais pu s’appliquer en France, un pays « conservateur » avec un « excès d’État » et de fonctionnaires, et que ces réformes « libéreront les énergies du pays ». En réalité on essaie d’imposer de force une réduction des retraites de 20 %, une baisse des salaires, une réduction de la fonction publique (120 000 fonctionnaires en moins) et une « flexibilité » qui donne des ailes à la précarité.

« Il est le politique anglophone et germanophile dont l’Europe a besoin », a-t-il dit de lui la revue Foreign Affairs. « Son ascension peint bien pour les actionnaires et les entrepreneurs qui demandent une refonte d’urgence nécessaire du marché du travail français », remarque un commentateur de l’agence Bloomberg. « Le sauveur de l’Europe » délire sur une couverture The Economist avec un point d’interrogation. Et derrière ceux-ci, la cacophonie habituelle de toute une armée de perroquets.

L’objectif est d’imiter le « modèle allemand », en augmentant la frange de bas salaires qui en Allemagne affecte 22,5 % des salariés (7,1 millions de personnes) et en France seulement 8,8 % (2,1 millions). Avec ces recettes, on pourra arriver aux niveaux « satisfaisants » allemands de chômage. Le chômage en Allemagne est à 3,9 % selon Eurostat, et à 5,8 % selon le Bureau Fédéral de Statistique Allemand, qui utilise comptabilité différente de l’européenne. Mais depuis des années, on sait que, grâce à diverses astuces comptables qu’ils balaient sous le tapis des pans entiers de la population active, le chiffre réel du chômage est bien supérieur, à 7,8 % actuellement. C’est-à-dire seulement deux points de moins qu’en France et avec plus de précarité parmi les salariés et plus de pauvreté parmi les retraités, un problème à peine existant en France. L’Allemagne, qui a une démographie mourante, n’est pas un modèle pour la France avec son taux de natalité dynamique et son plus grand besoin de services publics.

Que la France n’ait pas fait de réformes dans cette direction, fait partie du mythe. La tentative téméraire de Macron est la culmination radicale de trente ans d’hégémonie néolibérale dans la politique et dans les médias de la France, quelque chose qui a commencé avec Valéry Giscard d´Estaing en 1974, a été poursuivi par Mitterrand (en trahissant son programme initial en 1983) et continué depuis ce temps-là par tous les présidents « dit de gauche » et de droite qu’a connu le pays. La mondialisation veut détruire une tradition nationale d’état fort particulièrement appréciée par les français et qui fonctionne économiquement beaucoup mieux que ce qu’on dit.

En termes généraux, le modèle politique de Macron est la « marktkonforme Demokratie » (la démocratie adaptée au marché) de Madame Merkel, y compris la marginalisation de l’opposition parlementaire. L’entreprise et la méritocratie n’avaient jamais été si présentes dans le gouvernement. Les secteurs privilégiés n’avaient jamais pesé autant (au-dessus de 70 %) dans le corps de députés.

Idéologiquement Macron est, selon la définition du fondateur d’Attac Peter Wahl, « un mélange programmatique du récit libéral de gauche – vert-alternatif (questions de genre, de minorités sexuelles, d’environnement, d’européisme et de cosmopolitisme), de modernisme start-upiste numérique dans la ligne « uber pour tous », une bouffée d’euphorie make France great again, et un néolibéralisme presque à la Margaret Thatcher avec un visage humain ».

Sa feuille de route est « gaidariste » (pour Yegor Gaïdar, auteur de la « thérapie de choc » russe) : introduire rapidement et par décret une régression dans l’univers social et du monde du travail à partir de cet été, et contenir la réponse sociale qui suivra grâce à l’introduction dans le droit commun, à partir de l’automne, des préceptes liberticides des mesures d’exception contenues depuis un novembre 2015 dans « l’état d’urgence » encore en vigueur.

En Russie, la « thérapie de choc » de Gaïdar (1991) a eu besoin d’un coup de l’état (1993). La France n’est pas la Russie, mais Macron a beaucoup de possibilités, et toutes les positions pour être le Président autoritaire de la France.

Il a aussi beaucoup de possibilités d’échouer, par sa politique en matière sociale et professionnelle erronée et imposée, et parce que sa base sociale et électorale (la France de ceux d’en haut et le vote de 16 % des inscrits) est réduite. La somme des deux choses jette une faible légitimité (qui contraste beaucoup avec sa majorité écrasante absolue dans les institutions et les médias de communication) et transforme en quelque chose de téméraire son ambition autoritaire de redresser la France en finissant de la casser.

Les ambitions et les risques

Seul un jeune homme de 39 ans, convaincu de son propre génie et qu’il ne doit rien à personne, et qui ignore l’échec, peut unir une relation si explosive entre ambitions et risques. La dévaluation salariale et des retraites de 20 % recherchée, échouera parce que la demande intérieure va couler et que le chômage augmentera en France. Macron devrait augmenter les salaires, mais même s’il le voulait, il ne le pourrait pas, parce qu’il est emprisonné dans le schéma allemand qui domine l’Europe. Sa consigne européenne, « L’Europe qui protège », est en contradiction directe avec le programme néolibéral, c’est-à-dire avec le projet européen. La situation des comptes publics français pour respecter le dogme allemand de 3 % de déficit et les autres conditions requises, s’annonce compliquée. Dans l’improbable supposition que le macronisme tente une politique alternative en Europe, il devrait renier de l’actuel projet européen. S’il ne fait rien, il continuera de nourrir tout ce qui rend aujourd’hui plus de la moitié des français souverainistes. Le ministre de l’Économie français, le poids léger Bruno Le Maire, est totalement incapable d’affronter le poids lourd allemand Wolfgang Schäuble.

Macron a de grandes ambitions. Il dit que sa présidence supposera, « une renaissance de la France et j’espère de l’Europe ». La simple réalité est que son échec sèmera le chaos en France, où l’indignation prendra la relève de l’actuelle indifférence et de la sourde déception, et par extension il aggravera la situation dans cette Union Européenne qui cherche des sorties à son imbroglio compliqué dans la militarisation et le bellicisme, de « l’Europe de la défense ».

Le premier adversaire de Macron sera, une répétition, augmentée, de ce qu’on a vu au printemps dernier : une alliance de la jeunesse et du syndicalisme radicalisé qui pourrait pousser vers une grande révolte. Pour évaluer si cela peut donner lieu à des convulsions sérieuses, il suffit de comprendre une chose : que la situation actuelle n’a pas d’alternative institutionnelle.

Pour arriver où il est arrivé, Macron et les forces oligarchiques qui l’ont porté dans le dernier cycle électoral ont eu à dynamiter l’alternance et presque le pluralisme institutionnel dans le pays (l’incendie de la cuisine). Dans les institutions françaises, il n’y a déjà plus qu’un seul parti. Le conglomérat macroniste, étendu à ses satellites (socialistes et conservateurs « constructifs » envers le Président), il a 80 % des députés alors qu’il a obtenu le vote réel de 16 % des français.

Cette victoire, sera à moyen et long terme son plus grand facteur d’échec, parce que cette abolition condamne l’opposition à un statut « antisystème » : toute force sociale qui s’oppose au macronisme aura à changer le régime. Un scénario très russe, qu’il rappelle le drame de l’autocratie mais en France.

L’autoritarisme macroniste qui s’annonce est la dernière cartouche de l’establishment pour dissoudre/changer la France. Son échec n’aura pas d’alternative dans l’actuel cadre institutionnel, la Veme République, et probablement, pas non plus dans l’actuel système. À partir de ce pronostic, tous les paris sont permis …

Rafael Poch

La Vanguardia. Barcelona

Rafael Poch, Rafael Poch-de-Feliu (Barcelone, 1956) a été vingt ans correspondant de « La Vanguardia » à Moscou et à Pékin. Avant il a étudié l’Histoire contemporaine à Barcelone et à Berlin-Ouest, il a été correspondant en Espagne du « Die Tageszeitung », rédacteur de l’agence allemande de presse « DPA » à Hambourg et correspondant itinérant en Europe de l’Est (1983 à 1987). Actuellement correspondant de « La Vanguardia » à Paris.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris

 

Source: http://www.elcorreo.eu.org/La-derniere-cartouche-Pourquoi-Macron-echouera

Séquence électorale : un grand gagnant, un petit gagnant, et de très nombreux perdants

Ouf ! Après les deux tours de la primaire de la droite, les deux tours de la primaire socialo-radicale, les deux tours de la présidentielle et les deux tours des législatives, voici venu le temps des bilans de cette interminable séquence électorale. Et le moins que l’on puisse dire est qu’elle a réservé d’innombrables surprises. Avec, à la clé, des résultats sur lesquels personne n’aurait misé la moindre pièce...

Le 19 novembre 2016, à la veille de la primaire LR-UDI, Sarkozy pensait encore être en mesure d’être désigné par son camp pour reprendre ce qu’il estimait être son bien : la présidentielle de la République, usurpée à ses yeux par Hollande le temps d’un quinquennat. De son côté, conforté par les enquêtes d’opinion qui en faisaient le grand favori de cette consultation interne, Juppé affichait sa sérénité. À l’évidence, c’est lui qui allait sortir vainqueur de de scrutin avant de devenir en mai le prochain chef de l’État : une formalité, eu égard à la décrépitude du parti socialiste. Quant à Fillon, il était bien décidé à jouer sa partition, mais dans un rôle d’outsider sans réelle chance de l’emporter. On a vu le résultat : Sarkozy éliminé dès le 1er tour, c’est Fillon qui a surclassé Juppé le 27 novembre et obtenu de ce fait l’investiture de la droite pour la présidentielle.

Exit Sarkozy, ex-Président de la République ! Exit Juppé, ex-Premier ministre !

Le 21 janvier 2017, à la veille de la primaire PS-PRG, c’est Valls qui tenait la corde après que Hollande eût été empêché de se représenter en raison d’un bilan jugé très négativement par les Français et qui aurait, à n’en pas douter, conduit à un cinglant échec du Président sortant. Son principal adversaire, Montebourg, était quant à lui assuré sur le papier d’une présence au 2e tour face à l’ex-Premier ministre, et bien malin celui qui aurait pu dire lequel possédait les meilleures chances d’investiture dans un parti fracturé par des idéologies contradictoires et des ambitions antagonistes. Or, contre toute attente, c’est un troisième larron, en l’occurrence le falot Hamon, qui est sorti vainqueur de ces deux tours en forme de jeu de dupes.

Exit Hollande, ex-Président de la République  ! Exit Valls, ex-Premier ministre !

Dès lors, c’est « un boulevard » qui s’ouvrait pour Fillon dont le profil rassurant de notaire provincial ancré sur des valeurs catholiques de bon aloi – dont une exemplaire probité en rupture avec les pratiques de Sarkozy – était de nature à rassembler une majorité de Français sur son nom lors de la présidentielle, puis une solide majorité de députés issus des rangs de la droite LR-UDI comme le voulait la tradition d’alternance de la Ve République.

C’était compter sans le Canard enchaîné : le 25 janvier 2017, le volatile satyrique lâchait une bombe contre Fillon en révélant comment le M. Propre des Républicains avait, durant des années, fait prospérer sa PME familiale en salariant à prix d’or sur des fonds publics son épouse Penelope pour un emploi (présumé) fictif d’assistante parlementaire. Deux autres bombes, larguées les 1er et 8 février, étaient venues compléter le tableau nauséabond d’un système d’enrichissement à diverses facettes parfaitement bien rodé et dans lequel étaient impliqués également deux des enfants du couple – Marie et Charles – ainsi que le patron de la Revue des Deux mondes, Ladreit de Lacharrière.

Exit Fillon ? Pas encore, mais ce n’était plus, affirmait-on dans la médiasphère, qu’une question de semaines, voire de jours.

Du moins le croyait-on car l’on voyait mal comment un candidat plombé par d’aussi graves accusations pouvait se maintenir dans la course électorale. Poussé de toutes parts, le candidat LR avait fini par admettre qu’il se retirerait s’il était mis en examen par les magistrats du Parquet national financier. Début mars, Fillon était même au bord du renoncement, et sans doute se fût-il retiré pour éviter un crash sans précédent à son parti s’il n’avait bénéficié du soutien déterminé des ultra-cathos de Sens commun et de l’activisme en coulisse de Sarkozy, bien décidé à savonner jusqu’au bout la planche de Juppé, le plan B de LR. C’est ainsi que lors du rassemblement du Trocadéro le 5 mars 2017, organisé par les caciques de Sens Commun, s’affichèrent ostensiblement à la tribune en soutien de Fillon des proches de l’ex-Président, manifestement plus enclin à favoriser la défaite de son camp avec le Sarthois que la victoire de son ennemi juré bordelais qui eût sapé ce qu’il lui restait d’influence et rejeté ses « amis » hors du jeu politique. 

Le Trocadéro aurait-il pu n’être qu’un baroud d’honneur pour le candidat de LR ? On aurait pu le croire, car le 14 mars 2017 Fillon était de facto mis en examen pour « détournement de fonds public », « complicité et recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d’abus de bien sociaux », et « manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». Des chefs d’accusation auxquels étaient venues s’ajouter le 21 mars de nouvelles mises en examen pour « escroquerie aggravée » et pour « faux et usage de faux  ». Jamais dans l’histoire de la Ve République on n’avait vu un candidat à la présidence affublé par la Justice – sous couvert, cela va de soi, de la présomption d’innocence – d’une telle batterie de casseroles.

Exit Fillon ? Définitivement non.

Reniant sa propre parole et fort du soutien de Sarkozy, le candidat LR avait décidé de se maintenir au lendemain du Trocadéro en provoquant le renoncement définitif de Juppé qui, jusqu’au 5 mars, s’était tenu prêt à revenir dans la course au cas où Fillon aurait jeté l’éponge. Qui plus est, la date limite de dépôt des candidatures pour la présidentielle – le 17 mars – était dépassée : les jeux étaient faits, rien n’allait plus à la table du grand casino politique. Rendez-vous le 23 avril pour le 1er tour de la présidentielle.

L’EXCEPTIONNEL PARCOURS DE MACRON

De son côté, Macron avait parfaitement mené sa barque et d’autant mieux profité de la conjonction d’éléments favorables à ses ambitions qu’il a bénéficié de nombreux soutiens médiatiques. En lançant son mouvement En Marche ! le 6 avril 2016, le ministre des Finances n’imaginait pourtant pas pouvoir se qualifier dès 2017 pour le 2e tour de la présidentielle. À l’évidence son objectif n’était pas là, mais consistait – en vue de 2022 – à préempter le centre orphelin de candidat indépendant, et à capitaliser sur sa candidature – annoncée le 16 novembre – les intentions de vote des nombreux Français en rejet des partis de gouvernement afin de disposer pour l’avenir d’un socle électoral solide. Macron n’était alors qu’un candidat de réserve qui se voyait en successeur de Juppé après l’unique mandat de celui-ci.

En quelques jours, tout ce scénario a été balayé par les électeurs de la primaire LR-UDI qui ont rebattu toutes les cartes en éliminant Juppé et en désignant en Fillon un candidat d’une droite dure qui ouvrait tout grand un espace au centre pour celui qui se revendiquait « ni de droite ni de gauche ». On connait la suite : plus que jamais soutenu par une majorité des médias, porté par une réelle curiosité d’une part croissante de nos compatriotes, et servi par les déboires judiciaires de Fillon, Macron s’est progressivement imposé comme le favori de cette présidentielle encore réputée « imperdable » par les Républicains début janvier 2017. Et cela en faisant taire tous ceux qui, dans une partie de la presse et sur de nombreux blogs et sites citoyens du web, n’ont longtemps vu en lui qu’une « bulle » prête à éclater ou une « baudruche » sur le point d’exploser.

Macron vainqueur de la présidentielle face à Le Pen le 7 mai 2017, encore fallait-il qu’il soit en mesure de gouverner en s’appuyant sur une majorité de parlementaires acquise à sa cause et aux réformes qu’il entendait mettre en œuvre. En nommant la transfuge LR Philippe au poste de Premier ministre le 15 mai, le nouveau Président a fait exploser l’unité des Républicains et jeté les bases d’un très large rassemblement. Pour autant, là encore, de nombreux journalistes et blogueurs ont émis de sérieux doutes sur la capacité du tandem exécutif à obtenir une majorité de députés LREM-Modem, a fortiori absolue, et cela en parfaite méconnaissance de l’histoire de la Ve République au cours de laquelle un Président nouvellement élu a toujours disposé de cette majorité.

Comme l’on pouvait le penser, il n’y a pas eu la moindre difficulté pour Macron et son gouvernement lors des deux tours de scrutin des 11 et 18 juin 2017 : avec 350 élus, les députés LREM et Modem offrent à l’exécutif une majorité absolue très large, malgré un recadrage entre les deux tours né de la crainte d’un pouvoir trop hégémonique. Compte tenu des résultats, l’apport du Modem n’est même plus une nécessité pour le Président et son Premier ministre. Dès lors et compte tenu des déchirements de LR et de la décomposition du PS, la seule réelle opposition à la volonté de réforme libérale de l’exécutif ne pourra venir que de la rue. Encore faudrait-il que les Français soient déterminés à se mobiliser en masse, ce qui est loin d’être acquis. Réponse probablement en septembre au moment où devrait être finalisé le texte de la nouvelle loi Travail.

LES PARTIS A L’HEURE DES BILANS

En termes de bilan, cette longue séquence électorale n’aura fait que deux vainqueurs : Macron et le parti LREM, mais aussi le Modem à un degré moindre. Élu à la présidence de la République, Macron, inconnu des Français il y a encore 3 ans, aura réussi le plus spectaculaire « hold-up » politique de l’époque politique contemporaine, pour reprendre sa propre expression, empruntée au langage sportif lors d’un meeting angevin* tenu le 28 février. Chef d’État à 39 ans, et doté d’une majorité absolue de députés acquis à sa cause, Macron est évidemment le grand vainqueur de cet interminable marathon électoral.

Mais le Modem tire également son épingle du jeu : en rejoignant LREM au sein d’une alliance pour la majorité présidentielle, le parti de Bayrou enraye le processus de disparition qui le menaçait ; avec 42 députés, le Modem pourra même disposer à l’Assemblée Nationale d’un groupe parlementaire et des importants moyens qui vont avec, notamment en termes de temps de parole et d’habilitation à déposer des propositions de loi.

Tous les autres partis sont perdants, exception faite de la France Insoumise qui, avec 17 députés, disposera d’un groupe, ce dont Mélenchon s’est publiquement réjoui. Mais on est loin des perspectives qu’avait pu laisser entrevoir le score du 1er tour de la présidentielle, perspectives qui avaient amené le leader de la FI à rêver d’un premier rôle dans l’opposition assis sur des dizaines d’élus. En réalité, il n’y a ni défaite ni victoire pour la FI, mais une base de développement qui pourrait faire augurer des lendemains prometteurs pour ce parti populaire.

Inutile de s’attarder sur le cas du Parti Socialiste : non seulement le PS aura perdu 90 % de ses élus au terme de 5 années de hollandisme et près des trois-quarts de son financement public, mais il n’a plus ni chef ni ligne politique. A-t-il seulement un avenir ? Ou subira-t-il le sort du Parti communiste, réduit à sa dizaine de députés et quelques bastions locaux de plus en plus rares qu’il tente de conserver au gré d’alliances à géométrie variable selon les scrutins.

Autre parti en crise, le Front National. Et ce ne sont pas ses 8 députés qui éviteront les règlements de compte internes qui marqueront les prochaines semaines. Car le FN est très en deçà de ses objectifs affichés en début d’année, et la déplorable image d’incompétence laissée par Le Pen lors de son débat face à Macron n’est pas pour rien dans cet échec. Pire encore : le parti ne sait plus quelle position adopter sur l’Union Européenne et l’euro. Or, cette clarification sera nécessaire, mais elle risque de créer une fracture entre le clan Philippot et celui de ses adversaires.

Chez Les Républicains l’heure est également à la soupe à la grimace. Malgré un sursaut de leur électorat entre les deux tours des législatives, des dizaines d’élus sont passés à la trappe, et les caisses du parti vont se ressentir douloureusement de la claque infligée par LREM au vieux parti droitier. D’ores et déjà, c’est une dangereuse fracture qui est en germe : D’un côté, les élus Macron-compatibles : sous la houlette de Solère, ils pourraient former leur propre groupe parlementaire avant, probablement, de créer leur propre parti politique. D’un autre côté, les anciens sarkozystes : emmenés par Wauquiez, ils resteraient sur une ligne droitière dure qui, à terme, pourrait devenir compatible avec l’aile modérée du FN. Il risque d’y avoir des réunions tendues au siège de LR dans les prochains jours, et cela d’autant plus que la formation du gouvernement Philippe II pourrait accélérer le processus de schisme. 

En l’état, nul ne peut évidemment dire ce que sera le quinquennat de Macron. Mais une chose est sûre : ce marathon électoral, même s’il a pu paraître interminable, aura été passionnant de bout en bout. Mais il aura également débouché sur une évidence : en l’absence d’une réforme significative de la loi électorale, c’est la démocratie qui sera de plus en plus bafouée. Il est en effet devenu intolérable qu’une formation politique ayant recueilli 15 % des inscrits aux législatives puisse se retrouver avec une confortable majorité absolue alors que des partis dont le candidat a fait quasiment jeu égal lors de la présidentielle avec le Président élu ne bénéficient que d’un groupe modeste pour l’un (La France Insoumise), voire pas de groupe du tout (Front National). Ne pas réformer la loi électorale serait une faute majeure, possiblement vectrice de grands désordres à venir. Macron ferait bien d'y penser très rapidement. 

 

* « Est-ce que quelqu'un peut penser raisonnablement que, élu Président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti  ? Moi je n'y crois pas. Non seulement ce n'est pas possible, mais ce n'est pas souhaitable ! Parce que ce serait un hold-up ! » 

Un hold-up électoral

Même si la majorité des commentateurs politiques évoquent une large victoire du mouvement LREM, puisqu’il obtient 308 députés, il n’en reste pas moins qu’avec une abstention qui frôle les 57%, on est en droit de relativiser l’éclat de la victoire.

Un autre paradoxe est surprenant, alors que ce gouvernement prétend donner un coup de jeune à la République, c’est entre 18 ans et 34 ans que l’on compte le plus d’abstentionnistes au 2ème tour : 72% d’entre eux ont en effet boudé les urnes, et ce sont chez les plus âgés, entre 60 ans et 70 ans (ou plus), que l’on compte le plus de votants. 

Les raisons sont multiples, mais il faut tout de même supposer que c’est la pauvreté de l’offre électorale qui a du être le déclencheur de cet abstentionnisme, ce qui pose en partie la question de la légitimité de l’élu présidentiel.

Plus de la moitié des électeurs de JLM ou de MLP, et 7 ouvriers sur 10 se sont abstenus.

Encore plus étrange, alors que le candidat devenu président s’affirmait ni de gauche ni de droite, ce sont les électeurs qui répondaient à ce même critère qui ont été les plus nombreux à s’abstenir. 

Personne n’a oublié que lors des présidentielles, Macron n’avait obtenu la faveur que de seulement 18% des inscrits...

Avec un si petit pourcentage, tant à la présidentielle qu’aux législatives, avec une telle abstention, ne s’agit-il pas d’un véritable hold-up « démocratique » que nous venons de vivre ?

Mais allons un peu plus loin, et tentons de réveiller les mémoires.

En effet, il n’y a pas si longtemps, alors qu’il n’était que candidat, Macron lui-même affirmait que si un seul parti obtenait la majorité présidentielle, ce qui est le cas aujourd’hui, ce serait un hold-up.

Extrait : « est-ce que quelqu’un peut penser raisonnablement que l’élu président aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ?...moi, je n’y crois pas...et non seulement ce n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, parce que ça serait un hold-up ! ». vidéo 

D’impertinents internautes ont même réalisé une petite chanson sur le thème du « hold-up de Macron  ». 

 

Fort de cette déclaration courageuse et lucide, Macron va-t-il démissionner de son poste de président, ou décidera-t-il de refaire les élections afin de gommer ce désastreux hold-up ?...

On ne peut qu’en douter, et il est probable par contre qu’il tienne les autres promesses, réformant le droit du travail, obligeant par exemple un chômeur d’accepter un travail sous payé, ne rentrant pas dans les compétences de ce dernier, avec la menace de ne plus toucher d’allocations chômage après 1 refus. 

Le gouvernement de nos voisins outre-rhin a mis ça en pratique il y a quelques années, faisant passer immédiatement des millions de chômeurs de la case « chômage » à la case « misère  », puisque certains tentent de survivre avec des salaires indignes d’une société fraternelle et de partage.

En effet, 8 millions de salariés allemands gagnent moins de 8 € brut de l’heure, et certains ne gagnent même pas 5 € net de l’heure, comme Brita, cette coiffeuse d’un salon de l’est de Berlin, maman d’un petit garçon de 3 ans, « avec ce que je gagne, il m’arrive d’aller aux distributions alimentaires de l’église, pour ne pas avoir à aller au supermarché », a-t-elle déclaré. 

 

En Allemagne, un enfant sur six vit de l’aide sociale.  

Alors grâce à son hold-up électoral, puisque c’est lui-même qui l’a qualifié ainsi, Macron a toute latitude pour mener la politique qu’il voudra.

Reste à savoir si les moutons, qui n’ont plus beaucoup de laine, l’accepteront ainsi...

Reste aussi à savoir si les 174 députés novices de LREM auront le petit doigt sur la couture du pantalon, reprenant le rôle de godillot cher à cette république ? 

 

Reste aussi la question du Modem, lequel après avoir aidé Macron à l’emporter devient un peu encombrant, et que quelques casseroles sont de plus en plus bruyantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa participation au gouvernement n’est peut-être plus tout à fait à l’ordre du jour d’autant que LREM n’a plus besoin du « Bayrou de secours ».

Sylvie Goulard, nommé récemment Ministre des armées, a dû officiellement démissionner, son nom apparaissant dans l’affaire des emplois supposés fictifs... même s’il est possible qu’elle ait été discrètement poussée vers la sortie. 

Bayrou pourrait lui aussi être pris dans la tourmente, puisqu’une enquête préliminaire vient d’être ouverte, portant sur les emplois d’assistants parlementaires du Modem pour lesquels la justice s’interroge : ont-ils réellement travaillé uniquement pour le parlement européen, ou seulement pour le Modem ? 

Comment va réagir l’incontrôlable élu béarnais, d’autant que le 1er ministre va bientôt remanier son gouvernement ?

Y trouvera-t-on encore des membres du Modem ?

Quelques journalistes se posent maintenant la question qui dérange : François Bayrou est-il une menace pour Emmanuel Macron, et pour Edouard Philippe ? 

On devrait le savoir le 21 juin, avant 18h...jour des célèbres fêtes de la musique, au cours desquelles couacs et fausses notes s’invitent régulièrement.

Macron aura-t-il bientôt les coudées totalement franches pour appliquer son programme socio-libéral ?

L’avenir nous le dira.

 

Comme dit mon vieil ami africain : « C’est ensemble que les singes ramassent les fruits ».

Le gel des salaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La canicule ne sera jamais salariale

Un premier point s’impose sur les premiers pas de la bande à Macron. Derrière les paillettes et la face lisse du jeune premier, le masque se fendille et les premières mesures sont sans équivoque sur l’OPA de droite de ce curieux homme issu de gauche. Les illusions ne durent qu’un temps et il conviendrait bien vite d’ouvrir les yeux.

À tout seigneur tout honneur, ouvrons le bal avec la marionnette de la bande. Nous ne savions pas quel pouvait être le rôle d’un animateur télévision faisant son entrée dans le gouvernement, écologiste de surcroît n’hésitant jamais à faire financer ses émissions par les plus grands pollueurs hexagonaux. La Présence du sieur Hulot avait je ne sais quoi de chouette, de nouveau, de joli gadget pour divertir le quidam et la midinette. Il servirait sans aucun doute à mettre un peu de vert dans le décor, une petite touche de fantaisie et d’exotisme : on sait le goût des voyages lointains de ce curieux personnage.

Nous n’avons pas attendu longtemps la première décision, une mesure phare et symbolique qui prouve à quel point tout ceci est éminemment sérieux, parfaitement pensé et rigoureusement durable. Le gel des salaires durant trois années est une proposition essentielle pour lutter contre le réchauffement climatique. Il est hélas à déplorer le risque de surchauffe syndicale, ces gens-là n’entendant rien aux grands enjeux planétaires !

Il faut déplorer qu’une telle mesure n’ait pas été soufflée à monsieur Trump qui n’entend rien à l’écologie. Avec celle-ci, il aurait immédiatement saisi l’intérêt qu’il y avait à adopter une telle philosophie, lui qui jusqu’alors était un climato-sceptique borné et obtus. Hélas, par souci d’économie, le bon Nicolas n’était convié au G7 qu’à la condition de s’y rendre à bicyclette. Avec le gouvernement actuel, il convient de mettre ses idées en accord avec ses actes. Nous en avons eu la preuve avec l’affaire Richard Ferrand.

Dans la foulée et en toute logique, le conseil des ministres se déroulera désormais à la chandelle tandis que les déplacements ministériels se passeront des forces de l’ordre, de déplacements à tombereau ouvert sans respecter feux rouges et code de la route. La petite traversée de Paris du nouveau Président illustrant à merveille ce changement radical de pratique.

Vous allez voir ce que vous allez voir et la République en marche sera soucieuse de s’appliquer toutes les potions amères qu’elle ne va pas manquer de mettre en place. Ne parle-t-on pas déjà d'ordonnances pour cet été mais si les antibiotiques, ce n'est pas automatique, une bonne purge du code du travail remettra la France en selle ou à défaut sur le trône.

La moralisation de la politique sera le chantier suivant. De source ministérielle, monsieur Barbarin avait été pressenti pour tenir le marocain. Seule difficulté, il aurait fallu le compter parmi les ministres femmes pour assurer la parité ce qui eut été normal pour un homme de robe. Pour l’essentiel, ce choix aurait eu la bénédiction du président. Hélas, François Bayrou en bon catholique pratiquant eut vu d’un mauvais œil cette concurrence déloyale.

Edouard Philippe ne veut pas rester sur le bas-côté des mesures qui vont frapper l’opinion publique. En bon boxeur qu’il est, il sait que si les coups bas sont interdits, les crochets au foie sont d’une rare efficacité. Nous devons nous attendre à des décisions qui vont nous laisser sur notre faim et qui risquent même de nous mettre au régime sec. L’homme se réclame de droite, nous allons en avoir pour notre argent. La hausse de la CSG pour les retraités est à ce titre exemplaire tandis que la suppression de l’ISF viendra compléter l’arsenal anti-pauvre. Il se murmure même qu’un impôt sur l’infortune sociale est en préparation dans les alcôves du petit banquier lisse.

Pour l’heure, il convient de ne pas démoraliser les naïfs, les socialistes qui tournent leur veste, les félons des deux bords et les ambitieux qui n’étaient d’aucun clan. Alors, ne disons pas de mal de cette nouvelle recomposition de la politique tricolore qui fait la part belle aux trahisons, à l’absence de parole et au recyclage des seconds couteaux. Attendons la suite pour savoir à quelle sauce nous serons mangés. Il ne peut en être autrement de la part d’un individu qui a fondé son ascension sur la combine, l’entourloupe et le parjure.

 

Macroniquement sien

Après la majorité à 18 ans, la majorité à 16.55 %

Bon ben voilà, c’est fini ! Ouf ! Entre les primaires dézuns, celles dézautres, les casseroles, les affaires, la pyramide du Louvre et les derniers soubresauts des perdreaux abattus en plein vol, on va avoir droit à un peu de calme, histoire qu’ils puissent faire leur cuisine tranquille, sans avoir les gamins dans les jambes.

Les manques de représentativité du président, du gouvernement et du parlement ont été suffisamment analysés et dénoncés ; il est inutile d’en remettre une couche, ça ferait des épaisseurs…

Par contre, il serait intéressant de savoir vraiment pour qui les abstentionnistes auraient bien voulu voter !

Hier, le taux de participation à midi était présenté dans la presse sous la forme : « bons et mauvais élèves » : les bons départements étaient ceux qui avaient un taux de participation plus élevé que les autres (les mauvais). Et le plus « mauvais élève » était la Seine-Saint-Denis. Les calculateurs du FN en concluront peut-être que le taux d’abstentions est proportionnel au taux d’immigration ? Ce n’est pas mon point de vue. Un coup d’œil sur la carte montre que les campagnes ont voté davantage que les villes et que les quartiers résidentiels ont voté davantage que les quartiers populaires. Les circonscriptions les plus abstentionnistes sont celles où le PC était bien implanté. Le bassin minier du Pas-de-Calais a écouté le chant rauque des sirènes marines, mais le bassin sidérurgique a rejeté le miroir aux alouettes de Philippot. Ce n’est pas grave pour Pierre Laurent dont la seule remarque consiste à claironner que son parti a récolté plus d’élus qu’en 2012.

Mais le deuil des orphelins du PC est déjà bien avancé maintenant. Celui des cocus du PS commence. Il aura fallu une sacrée déculottée pour qu’ils comprennent que l’astuce forgée par Jospin pour emporter une majorité (faire coïncider présidentielles et législatives en inversant l’ordre) était en train de se retourner contre eux. Passer de 284 sièges à 29 représente 90% de perte ! Décimer une troupe, c’est tuer un soldat sur dix. Neuf sur dix, ça s’appellera désormais péhaissiser. Les pires des généraux n’auraient jamais osé aller jusque-là. L’état-major du PS l’a fait.

Bien sûr, l’accession de REM au pouvoir est le résultat d’une stratégie et l’application à la vie politique des techniques commerciales de lancement d’un produit. Bien sûr, de gros moyens ont été mis en œuvre pour attendre l’objectif fixé par des groupes puissants et pas si occultes qua ça. Mais il ne faut pas imputer la responsabilité de cette situation aux bénéficiaires de la manœuvre, même si les dés sont pipés et le rapport de forces in égal. Les responsables sont ceux qui ont abandonné leurs vieux grognards dans la morne plaine de Waterloo en croyant qu’ils détenaient le pouvoir. Le vrai pouvoir n’a pas changé de mains depuis la troisième république : c’est celui de la bourgeoisie.

 

La seule et très maigre consolation, c’est que le cirque a plié son chapiteau… pour cinq ans ou plus si un gros orage tombait sur la caravane.

Jeussey de Sourcesûre 

Arsène Lupin et le mystère Macron

Aux gens qui ont peur de notre banquier Macron, on pourra rétorquer que c’était cela ou le FN (Venezuela), cela ou Mélenchon (Cuba), cela ou Juppé (Macron-bis)…

Comme on l’a assez houspillé comme ça, on va changer d’angle. On va parler de grand initié comme on parla de Mitterrand le grand initié. Macron, l’enfant qui a cinq ans ne voulait plus vivre chez ses parents (c’est un Harry Potter ?) !

La référence qui vient est celle d’Arsène Lupin, le cambrioleur de l’histoire de France ; Macron n’-a-t-il pas volé l’élection dans la tranquillité ?

Macron détient-il de grands secrets ? Est-il un héritier de lignées magiciennes (c’est la seule chose dont il ne faille pas se moquer, découvrez enfin Miles Mathis) ? Est-on à la veille d’une restauration semi-monarchique ? Alors un peu de Maurice Leblanc (on cite l’aiguille creuse, sur le passage initiatique par l’aiguille, pensez au διὰ τρυπήματος ῥαφίδος de notre Evangile – Matthieu, 19-24) : il est fait mention d’un très grand secret de l’histoire de France.

« Pour l’avoir connu, ce mot, César peut asservir la Gaule. Pour l’avoir connu, les Normands s’imposent au pays, et de là, plus tard, adossés à ce point d’appui, conquièrent l’île voisine, conquièrent la Sicile, conquièrent l’Orient, conquièrent le Nouveau-Monde ! »

Leblanc ajoute sur nos rois qui ne comprennent pas l’importance du trésor et du mot secret :

« Maîtres du secret, les rois d’Angleterre dominent la France, l’humilient, la dépècent, se font couronner rois à Paris. Ils le perdent, et c’est la déroute.

Maîtres du secret, les rois de France grandissent, débordent les limites étroites de leur domaine, fondent peu à peu la grande nation et rayonnent de gloire et de puissance – ils l’oublient ou ne savent point en user, et c’est la mort, l’exil, la déchéance. »

Macron a choisi le maire du Havre comme premier ministre. Je dois dire que c’est cela qui m’a déterminé à écrire ce texte (avec sa révolte enfantine, Versailles et le Louvre) :

« Un royaume invisible, au sein des eaux et à dix brasses de la terre !… Une forteresse ignorée, plus haute que les tours de Notre-Dame et construite sur une base de granit plus large qu’une place publique… Quelle force et quelle sécurité ! De Paris à la mer, par la Seine. Là, Le Havre, ville nouvelle, ville nécessaire. Et à sept lieues de là, l’Aiguille creuse, n’est-ce pas l’asile inexpugnable ? »

Maurice Leblanc, en grand initié qu’il est, ajoute nûment :

« Mais Le Havre, les environs du Havre attiraient Isidore comme les feux d’un phare.

« Les rois de France portent des secrets qui règlent souvent le sort des villes. »

Paroles obscures et tout à coup, pour Beautrelet, rayonnantes de clarté ! N’était-ce pas l’exacte déclaration des motifs qui avait décidé François 1er à créer une ville à cet endroit, et le sort du Havre de Grâce n’était-il pas lié au secret même de l’Aiguille ? »

Lupin, héros populaire, serait au courant de tout cela ? Justement. C’est Guénon qui rappelle pourquoi :

« C’est d’ailleurs à ce même peuple (et le rapprochement n’est certes pas fortuit) qu’est toujours confiée la conservation des vérités d’ordre ésotérique qui autrement risqueraient de se perdre, vérités qu’il est incapable de comprendre, assurément, mais qu’il n’en transmet cependant que plus fidèlement, même si elles doivent pour cela être recouvertes, elles aussi, d’un masque plus ou moins grossier ; et c’est là en somme l’origine réelle et la vraie raison d’être de tout « folklore », et notamment des prétendus « contes populaires ».

Dans sa confession au jeune Isidore, Lupin ajoute :

« – Qui s’inscrira désormais ? reprit-il. Hélas ! la liste est close. De César à Lupin, et puis c’est tout. Bientôt, ce sera la foule anonyme qui viendra visiter l’étrange citadelle. Et dire que, sans Lupin, tout cela restait à jamais inconnu des hommes Ah ! Beautrelet, le jour où j’ai mis le pied sur ce sol abandonné, quelle sensation d’orgueil ! Retrouver le secret perdu, en devenir le maître, le seul maître ! Héritier d’un pareil héritage ! Après tant de rois, habiter l’Aiguille !… »

Eh oui, la grande terreur eschatologique, la foule anonyme du touriste amateur et du crétin massifié qui vient dévaster en toute saison tous les hauts lieux !

Après Lupin affirme que c’est lui qui détient l’original (il y avait une idée comme cela dans la série militaro-initiatique US Supercopter) :

« – Ma galerie de tableaux, dit-il.

Les murs étaient couverts de toiles, où Beautrelet lut aussitôt les signatures les plus illustres. Il y avait la Vierge à l’Agnus Dei, de Raphaël, le Portrait de Lucrezia Fede, d’André del Sarto ; la Salomé, de Titien ; la Vierge et les Anges, de Botticelli ; des Tintoret, des Carpaccio, des Rembrandt, des Vélasquez.

– De belles copies ! approuva Beautrelet…

Lupin le regarda d’un air stupéfait :

– Quoi ! Des copies ! Es-tu fou ! Les copies sont à Madrid, mon cher, à Florence, à Venise, à Munich, à Amsterdam. »

Lupin défend la tradition initiatique (il est conservateur ésotérique de l’histoire invisible). On l’écoute :

« Ici, dans ce sanctuaire, tout est sacré. Rien que du choix, de l’essentiel, le meilleur du meilleur, de l’inappréciable. Regarde ces bijoux, Beautrelet, amulettes chaldéennes, colliers égyptiens, bracelets celtiques, chaînes arabes… Regarde ces statuettes, Beautrelet, cette Vénus grecque, cet Apollon de Corinthe… Regarde ces Tanagras, Beautrelet ! Tous les vrais Tanagras sont ici. Hors de cette vitrine, il n’y en a pas un seul au monde qui soit authentique. Quelle jouissance ! »

Lupin comprend le déclin qualitatif français à partir de Louis XIV, comme Athos et d’Artagnan dans Vingt ans après.

« Sous Louis XI, sous Henri IV, sous Richelieu, les cinq cuves devaient être pleines. Mais, pense donc à Louis XIV, à la folie de Versailles, aux guerres, aux grands désastres du règne ! Et pense à Louis XV, le roi prodigue, à la Pompadour, à la du Barry ! Ce qu’on a dû puiser alors ! »

Après Lupin nous fait rêver encore plus sur ses pouvoirs de roi du monde :

« Et le maître c’était moi ! Roi de l’aventure ! Roi de l’Aiguille creuse ! Royaume étrange et surnaturel ! De César à Lupin… Quelle destinée ! »

Et il plonge dans la modernité technicienne via ce retournement monarchique :

« Roi du monde, oui, voilà la vérité ! De cette pointe d’Aiguille, je dominais l’univers, je le tenais dans mes griffes comme une proie ! Soulève la tiare de Saïtapharnès, Beautrelet… Tu vois ce double appareil téléphonique… À droite, c’est la communication avec Paris – ligne spéciale. À gauche, avec Londres, ligne spéciale. Par Londres j’ai l’Amérique, j’ai l’Asie, j’ai l’Australie ! Dans tous ces pays, des comptoirs, des agents de vente, des rabatteurs. C’est le trafic international. C’est le grand marché de l’art et de l’antiquité, la foire du monde. Ah ! Beautrelet, il y a des moments où ma puissance me tourne la tête. Je suis ivre de force et d’autorité… »

Notre conclusion ? Si Macron n’est pas Lupin, mais simplement un abominable banquier qui va cambrioler votre patrimoine industriel, relisez quand même Leblanc…

 Sources

Leblanc – L’aiguille creuse (ebooksfratuis.com)

Bonnal – Le choc Macron (Amazon, Kindle et broché)

 

René Guénon, Initiation et réalisation spirituelle, chapitre XXVIII

Le PS laminé, l’abstention record éclipse la victoire de Macron aux législatives

L’abstention record de 57 pour cent de l’électorat au second tour constitue un verdict initial clair des Français sur le programme politique annoncé par Emmanuel Macron depuis son élection à la présidence le 7 mai. Son projet antidémocratique de pérennisation de l’état d’urgence, d’austérité par ordonnances, et de militarisation du pays suscite l’hostilité ou l’indifférence d’une large majorité de la population.

Macron a profité surtout du manque d’opposition. Au second tour des présidentielles, La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon ou le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) l’ont traité d’alternative démocratique au Front national (FN). Face à l’unité des partis établis autour de LREM, les électeurs qui sont allés voter ont donné à Macron la majorité qu’il cherchait. Après avoir recueilli à peine 16 pour cent des électeurs inscrits au premier tour, sa formation, La République en Marche (LREM), aura une majorité absolue de 355 des 577 sièges à l’Assemblée.

Selon les premières estimations encore instables, Les Républicains (LR) auraient obtenu environ 125 députés, LFI 18 députés, le Parti communiste français (PCF) stalinien 10 députés, et le FN 8 députés. 42 des 355 sièges obtenus par la liste LREM reviennent aux membres du MoDem de François Bayrou, qui avait passé un accord avec LREM.

L’élection signe la fin d’une époque de la politique française et européenne, avec l’effondrement du Parti socialiste (PS). Ce parti social-démocrate qui a été hégémonique dans ce qui s’est fait passer pour la « gauche » en France depuis sa fondation en 1971, peu après la grève générale de Mai-juin 1968, est décimé. Il passe de 331 sièges obtenus aux législatives de 2012 à 46 sièges aujourd’hui.

Lors d’une allocution télévisée immédiatement après l’annonce des résultats à 20h hier soir, le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé sa démission. Le PS, qui devra peut-être vendre son quartier-général rue de Solferino à Paris, organisera une réunion d’urgence de son bureau mardi matin.

La prétendue « extrême-gauche », qui inclut Lutte ouvrière et le NPA, qui avaient ensemble reçu 3 millions de voix aux présidentielles de 2002, n’a obtenu aucun siège.

Le premier ministre de Macron, Edouard Philippe, a réagi aux résultats des législatives en signalant qu’il utiliserait sa majorité parlementaire pour imposer ses priorités : « Ce dimanche, vous avez donné une majorité franche au président de la République et au gouvernement. Elle aura une mission : agir pour la France. Par leur vote, les Français ont, dans leur grande majorité, préféré l’espoir à la colère, la confiance au repli. »

Marine Le Pen, élue dans sa circonscription du Nord Pas-de-Calais qui comprend la ville de Hénin-Beaumount, a posé le FN en unique parti d’opposition à l’Assemblée, après le phagocytage de larges sections du PS et de LR par LREM : « Les anciens partis sont devenus les satellites d’un mouvement qui les englobe désormais ». Elle a également lancé un appel à mettre en place un scrutin à la proportionnelle, pointant le « problème de la représentativité » du gouvernement, ainsi qu’une dénonciation belliqueuse de l’immigration.

Le vote est une deuxième défaite cinglante pour Mélenchon. Afin de promouvoir une perspective d’opposition à Macron à l’intérieur des institutions, il avait d’abord promis de battre Macron aux présidentielles puis, après son élimination au second tour des présidentielles, de remporter les législatives et de devenir premier ministre. Sans surprise, cette stratégie, démentie par tous les sondages, s’est avérée perdante. Mélenchon a réagi démagogiquement en déclarant que les Français disposeraient à présent d’une groupe LFI « cohérent, discipliné, offensif » à l’Assemblée.

L’effondrement du PS est l’expression à l’intérieur de la France d’une désintégration des conditions politiques internationales sous lesquelles il a mené sa politique depuis son arrivée au pouvoir en 1981, sous François Mitterrand, et la dissolution de l’URSS par la bureaucratie stalinienne en 1991. La politique d’austérité imposée par l’UE et les guerres impérialistes menées depuis 1991 sont largement discréditées, face à la montée de la colère sociale des travailleurs à travers l’Europe.

La colère des électeurs a éclaté face à la mauvaise foi patente des prétensions de l’ancien président, François Hollande, à être un « ennemi » de la finance, ou un « socialiste ». Il a coordonné une politique d’austérité avec l’Union européenne (UE), mené des guerres impérialistes en Syrie et en Afrique, et imposé d’état d’urgence face aux attentats menés par les réseaux islamistes instrumentalisés par Paris et l’Otan dans leur guerre en Syrie. Le symbole de son impopularité était sa tentative d’imposer sa loi travail liberticide, face à l’opposition de 70 pour cent des Français.

Mais ce n’était que le prolongement de l’orientation du PS – le « tournant de la rigueur », le soutien pour l’UE, et les guerres impérialistes dans l’ex-empire colonial français – dès le premier septennat de Mitterrand.

Une nouvelle série de membres haut placés du PS ont perdu leurs sièges : l’ex-ministre du Travail de Hollande Myriam El Khomri, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le spécialiste du renseignement Jean-Jacques Urvoas, et le député « frondeur » Christian Paul.

La principale question que confrontent les travailleurs et les jeunes à présent est comment lutter contre la contre-révolution sociale que préparent Macron et sa majorité absolue à l’Assemblée. Ils sont menacés par la pérennisation de l’état d’urgence et un gouvernement décidé à ré-écrire de manière autoritaire par ordonnances la législation sociale française, afin de mener une politique impérialiste d’alliance avec Berlin pour développer les forces militaires européennes.

Seule une large mobilisation des travailleurs en lutte en dehors des institutions traditionnelles, à travers l’Europe, sur une perspective révolutionnaire et vraiment socialiste, sera à même d’arrêter l’offensive de Macron. Quand des forces comme Mélenchon applaudissent l’organisation d’un énième baroud d’honneur syndical face aux projets de réforme de Macron ne sont qu’une tentative de jeter de la poudre aux yeux des travailleurs.

Mélenchon a traité l’abstention de « grève générale civique » et appelé à la « résistance sociale ». Il a fait appel à un large regroupement de forces politiques autour de lui : « C’est la résistance la plus totale qui est légitime dans cette circonstance ». Alors qu’il est déjà très clair que la loi travail du PS, la base sur laquelle Macron organise ses attaques sociales, est profondément impopulaire, Mélenchon a proposé d’organiser un referendum sur ces mesures sociales, apparemment pour tenter de convaincre Macron de les retirer.

Le Parti de l’égalité socialiste (PES) insiste que la voie pour aller de l’avant est une rupture sans merci avec Mélenchon, le NPA, et toutes les forces qui ont travaillé pendant des décennies dans l’orbite politique du PS. Ils se sont employés à construire le PS et des alliances avec le PS à la place d’un parti révolutionnaire et internationaliste dans la classe ouvrière. La banqueroute du PS, après une longue série de défaites de luttes contre l’austérité menées par les appareils syndicaux depuis la crise économique de 2008, souligne également leur faillite politique.

L’effondrement du PS est un appel à la classe ouvrière à un retour au marxisme révolutionnaire et au trotskysme, et à la construction du PES, pour fournir une perspective et une avant-garde aux luttes à venir contre les mesures du gouvernement Macron.

 

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/jui2017/legi-j19.shtml

Les parasites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un parasite entre dans un corps social et sait admirablement s’y fondre. Pour, de l’intérieur, progressivement l’infecter en se donnant l’air de faire le maximum de bien. Ayant l’apparence joyeuse et de fort bonne compagnie, il est particulièrement doué pour se rendre vite populaire. Vivant exclusivement grâce aux autres et dans leur regard depuis toujours du fait de facultés excessivement limitées, il ne peut que vivre du sang de ses victimes. Il n’aura de cesse, sous couvert de camaraderie et de bonhomie, que d’envenimer les relations entre les gens, qu’elles soient de l’ordre amoureux ou amical. C’est le prix de son ascenseur social, le bonheur des autres, et plus ils lui sont proches plus son plaisir est évident. Dupes, ces derniers n’y voient que du feu, tant il sait admirablement leur servir la soupe. 

Froids et mesquins, parfois hystériques, profondément destroys par nature, ils savent comme personne dissimuler leurs intentions et se donner un rôle en société qui ne correspond en rien à ce qu’ils distillent en tète a tète. Selon la crédulité de leur interlocuteur, ils utiliseront le scalpel ou le canif et prendront grand soin à ne pas se faire surprendre. Ces authentiques hyenes se déguisent en agneaux et en joyeux oursons. Et peu sont celles et ceux qui s’aperçoivent de la supercherie.

Quand on y regarde bien, ce qu’ils disent de moche touche à peu près tout le monde, et tourne. Il y na toujours au moins une cible dans leur collimateur, toujours quelqu’un sur qui ricaner ou médire, toujours ! Le parasite chie sur X auprès de Y et inversement, sans se donner l’air surtout de vouloir s’engager à fond dans un combat frontal. Il prendra toujours des chemins détournés, et jamais ne dévoilera son jeu.

L’amour est pour lui impossible, il convient donc, comme pour la véritable amitié, de le faire rompre. Il s’y prendra habilement, par sous-entendus, propos sous cape, insinuations, conseils avisés ou fausses mains tendues. Le parasite sait attendre son heure, ne pas y aller trop vite. Autour personne ne semble se méfier ou y voir clair, mais prudence ! Il est indispensable de ne pas se faire éjecter, car être démasqué signifierait devoir purement et simplement déménager. Comme le font les pervers narcissiques quand les cartes ont été jetées sur la table.

On peut les reconnaitre en s’intéressant de près à leur passé. Ils en parlent, notez-le bien, peu, et ne rentrent jamais dans les détails. Car quand on les questionne avec acuité à ce propos, que voit-on ? D’abord que sur leur route ils se plaignent de bien des personnes qui leur ont fait du tort après les avoir aidés. Le parasite aime tant se poser en victime et cracher sur la main qui les aura un temps secouru. Vérifiez, vous verrez, ils n’ont à leurs propres yeux jamais tort, que des excuses. Ils geignent, se lamentent, se plaignent et jamais ne s’attribuent la moindre responsabilité, ces Calimero Lidl.

On peut aussi repérer dans leur biographie réinventée de sacrées zones d’ombres, des épisodes étranges sur lesquels ils glissent un peu vite. Il y a toujours dans le parcours de ces salopards des cadavres dans les placards, et ils ne s’y attardent pas, et craignent beaucoup de ces témoins embarrassants qui par leurs récits pourraient dévoiler le pot aux roses.

Ils se délectent de la naïveté et de la gentillesse collective, ces petits maitres du crachat par en dessous qui se donnent des allures de bisounours. Eux au-dedans ne s’aiment ni n’aiment personne, d’ailleurs leur vie affective est un désert des tartares, une succession d’échecs patents. Vous ne leur servez qu’ à une chose, à ces intrus : vous êtes leur raison d’être et leurs faire-valoir. Sans vous, ces sous-développés du bulbe aux tendances parfois suicidaires, alcooliques et grands consommateurs de psychotropes n’existeraient pas. La solitude les effraie, sans public ils ne sont rien. Le Like leur sert de filtre.

Ils sont – regardez leurs actes et comparez les à leurs intentions déclarées - les champions de la velléité. Dire faire ceci équivaut chez eux à le faire, mais rarement vous trouverez un véritable passage à l’acte, ils s’arrêteront toujours en chemin. Disons-le tout net : ces grandes gueules sont d’obscurs seconds couteaux, tout juste bons à passer le balai ou a coder des programmes informatiques. De vulgaires techniciens de surface, bons pour la soute, tremblant et bavant devant les puissants, crachant sur les faibles et les méprisant. Nés dans le trou ils n’ont que dédain pour leurs origines et sont fascinés par le pouvoir auquel ils n’ont évidemment pas droit. Ce sont les princes des apparences, et des esprits foncièrement conventionnels. Eternellement soumis à l’ordre établi, ces laquais déguisés en rebelles de bout de trottoir son trop lâches, trop peu outillés intellectuellement, trop médiocres pour jamais réussir par eux-mêmes quelque chose un tant soit peu original, ils préfèrent o combien piquer la place du voisin, se pousser des coudes en coulisses pour obtenir quelque allocation ou quelque avantage. Et s’attribuer le travail fait par l’autre et les mérites qui vont avec. A l’école c’était des fayots et des copieurs qui faisaient le maximum pour se faire élire délégué de classe.

Se croyant supérieurs, ils sont, c’est là leur talon d’Achille, foncièrement bêtes à bouffer du foin avec une tendance hystérique, et ne peuvent s’empêcher, se surestimant parfois, de commettre LA faute qui va se retourner contre eux et dévoiler de facto leurs petits stratagèmes foireux. En s’attaquant pas comme il faut à celui ou celle qu’il ne faut pas, ils creusent sans le savoir leur tombe. Inconnus au bataillon il y a encore trois ans, ils prennent alors le risque, sans le réfléchir deux secondes, de se faire littéralement humilier en public preuves à l’appui, puis finalement expulser.

 

Ils repartiront alors ailleurs, et referont à l’identique la même chose sans en avoir tiré la moindre leçon. C’est leur nature de parasite qui veut ça. On les chassera et on les oubliera. Sortis de la fange ils y retourneront. Un peu de Baygon rouge ou vert, et puis voilà.

Un Chien de garde comment ça marche

Quand un chien de garde accuse Jean-Luc Mélenchon « d'aboyer »

L'adversaire du militant ce n'est pas la Finance, ce sont les médias (nationaux et locaux). Le message des militants en direction des citoyens électeurs est soit passé sous silence soit souvent brouillé et déformé quand il est évoqué.

Il faut différencier les journaux d'informations et les émissions de débats et d'entretiens.

Ces dernières sont souvent animées par des chiens de garde.

LES CHIENS DE GARDE

En 1997 Serge Halimi publie « Les nouveaux chiens de garde », réédité et augmenté en 2005 après le referendum sur la Constitution européenne. Ce fut un énorme succès de librairie sans aucune promotion dans les médias (et pour cause !!).

Un chien de garde c'est un « journaliste » ou un « intellectuel » qui dispose à l'année d'une émission de radio, de télé, d'une chronique régulière, ou qui est invité dans ces émissions dès qu'il le souhaite.

Son rôle, c'est d'organiser et de contrôler le débat sur la politique et sur la société, en veillant à ce que les remises en cause radicales du système politico-économique dominant n'accèdent pas à une audience significative. Et quand, en période électorale, comme actuellement, les propositions alternatives accèdent aux médias, alors le chien de garde mord en usant de tous les arguments possibles y compris le mensonge, la déformation des faits et des paroles prononcées ou la moquerie.

Quand le chien de garde dispose de ce pouvoir sans partage au sein même du service public de l'audiovisuel cela est d'autant plus insupportable pour le citoyen contribuable.

Et quand cela s'entend sur France Culture, la chaîne qui s'adresse aux citoyens éduqués et diplômés, on touche à l'obscénité.

Serge Halimi traitait entre autre du cas d’Alain Finkielkraut qui a son émission sur France Culture le samedi matin.

Je vous propose un autre cas concret, celui de Philippe MEYER qui est depuis 1998 le producteur de l'émission du dimanche matin « Esprit public ».

Même si c'est un peu long, je vous propose de lire jusqu'au bout la transcription intégrale, au mot près de son intervention du 21 mai 2017. Des propos courts (2 minutes sur une heure d'émission), mais très réfléchis et très violents.

LA PERSONNE DE PHILIPPE MEYER

Philippe MEYER qui a maintenant 70 ans fut un étudiant brillant, titulaire d'un doctorat en sociologie.

Mais cet esprit curieux de tout et qui développe des dons très divers (humoriste, écrivain, chanteur, connaisseur de la musique classique et de la bonne variété française...), choisit à l'âge de 33 ans en 1980 de s'exprimer dans le journalisme audiovisuel.

Il produit et anime, entre autres, depuis 1998 l'émission de France Culture « Esprit public »

En matière politique, ses inspirateurs sont Michel Rocard et François Bayrou.

Il fait son coming out en 2007 en annonçant dans son émission qu'il va voter Bayrou.

Et aux municipales de 2008 il prend la tête de la liste du MODEM dans le 5ème arrondissement de Paris.

Autant dire que le Gouvernement Macron le remplit d'aise puisqu'il y voit se côtoyer des socialistes rocardiens et des bayrouistes dont François lui-même.

SON EMISSION ESPRIT PUBLIC

Noam Chomsky qui a décrypté comment fonctionne la fabrique de l'opinion ou encore mieux la fabrique du consentement dans les démocraties avancées a bien montré que les médias dits « de qualité » ciblent essentiellement les catégories sociales supérieures (20% environs des électeurs potentiels). Et cela marche très bien.

C'est le cas de France Culture.

Philippe Meyer, comme Finkielkraut ne se contente pas de donner la parole à ses invités, comme un Frédéric Taddéi par exemple, il donne son avis personnel sur tous les sujets abordés.

Concernant le programme « L'AVENIR EN COMMUN » il n'en dit jamais rien. Sa stratégie consiste à décrédibiliser Jean-Luc Mélenchon lui-même.

Déjà le dimanche 14 mai lors de son émission enregistrée en public, il teste son « attaque » avec succès : le public s'esclaffe.

48ème minute : « Jean Luc Mélenchon est occupé lui-même à détruire ce qu'il a construit. Il va de plateau de télé en salles de meetings en disant qu'il ne lui a manqué que 600000 voix, ce qui en démocratie semble être une chose importante. Mais il le dit sur le ton d'Harpagon qui cherche sa cassette. Quelqu'un les lui a pris, il voudrait qu'on les lui rendent... (rires du public) »

Émission du 21 mai : Philippe Meyer revient à la charge et développe son attaque.

Il invite à sa table quelques experts qui ont déjà leur rond de serviette chez lui, pour parler des législatives à venir. Ici pas de public.

François Bujon de l'Etang, ancien ambassadeur.

Nicole Gnesotto de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale.

Thierry Pech qui préside le centre de réflexion Terra nova qui a « vendu » au PS l'idée des primaires à l'américaine. Primaires dont le PS accepte le verdict quand c'est Hollande qui gagne mais qui le rejette sans état d'âme quand c'est Hamon le vainqueur.

Ce petit monde argumente longuement sur la divine surprise que représente l'élection d’E Macron, sur la satisfaction des français, sur ses dons de stratège (ils hésitent entre Bonaparte pour l'âge et De Gaulle pour l'explosion des partis (etc etc...)

Et soudain à la 24ème minute, Philippe Meyer souhaite dire un mot de JLM alors que les autres n'en avaient rien dit jusque-là. Cela va durer 2 minutes.

« Jean Luc Mélenchon avait la possibilité de créer quelque chose qui aurait été comme un PC sans l'Union soviétique, c'est-à-dire sans le soutien à une dictature totalitaire, et qui aurait été ce que le PC dans son meilleur comportement a pu être, c'est-à-dire celui qui donne une voix à ceux qui n'en ont pas, à ceux qui en ont par-dessus la tête de voir des patrons partir avec des retraites chapeau et des primes extraordinaires, alors qu'ils ont foutu leur entreprise à genoux, par-dessus la tête de voir Mr Barroso et la dame qui était commissaire européen partir pantoufler dans des entreprises qu'ils étaient censés contrôler, et qui en ont par-dessus la tête de voir l'argent public dépensé n'importe comment, et voir tous les ans à la télé que la Cour des Comptes s'est encore fâchée contre quelque chose qui finalement va perdurer.

Ces gens-là pouvaient être organisés autour de JLM qui se comporte comme Monsieur Fenouillard* et qui a considéré que finalement on lui avait volé 600000 voix.

On cherche d'ailleurs encore le coupable et JLM tient le discours d'Harpagon** « ma cassette, ma cassette, rendez-moi ma cassette. Il y a d'ailleurs les plaisanteries les plus variées qui circulent sur les réseaux sociaux et notamment l'une que j'aime beaucoup qui dit que JLM a finalement trouvé le nom des 600000 personnes qui l'ont empêché d'être au deuxième tour et qu'il va s'occuper d'elles individuellement.

Ça, c'est très embêtant, parce que avoir ce type de populisme qui est au fond sans capacité de former quelque chose, d'exprimer quelque chose d'autre que les aboiements auxquels on assiste. C'est quelque chose qui ne facilitera pas la vie démocratique dans les mois et les années qui viennent »

28ème minute : Nicole Gnesotto : « Comme Philippe l'a dit, l’extrême gauche de JLM est peut-être en train elle-même de s’auto-affaiblir par l'excès de rhétorique de son Président

33ème minute : Philippe Meyer ne lâche pas le morceau :

« Après, la question qui se pose sur JLM, c'est de savoir s'il a eu des électeurs ou s'il a eu un public, c'est-à-dire s'il rassemble des gens pour faire en sorte que leur frustration, leur colère, leur espoir s'imposent dans le débat politique et précisément que tout ce qu'ils ont à dire soit dit à Emmanuel Macron, et à cette majorité qu'il recompose autour de lui, ou s'ils sont là pour faire une espèce de pom-pom girls ou de pom-pom boys pour Jean-Luc Mélenchon, et que lui-même va faire son numéro sur les plateaux de télévision et les plateaux de radio.

C'est ça pour moi la question et je crains malheureusement qu'on soit plus dans la deuxième hypothèse que dans la première »

* Monsieur Fenouillard est une caricature de bourgeois brave et un peu sentencieux dessiné par Christophe (La famille Fenouillard 1889-1893)

** Harpagon (L'Avare de Molière)

DÉCRYPTAGE RAPIDE DU MESSAGE DE PHILIPPE MEYER :

·         Le PC est quelque part un Parti honnête qui écoute le peuple

·         JLM, lui, est un m'as-tu-vu qui joue perso.

·         JLM se sert de son public qui le bade.

·         JLM n'a pas de propositions constructives.

·         JLM est un populiste d'extrême gauche de la pire espèce.

·         JLM est nuisible à la démocratie.

 

JEAN LUC MELENCHON LE 13 MAI LORS DE LA CONVENTION DE LA FRANCE INSOUMISE CONCERNANT LES 600000 VOIX :

 

« La responsabilité, (concernant ces voix manquantes), nous ne la renvoyons à personne d'autres qu'à nous-même. C'est-à dire qu'en observant qu'il nous manquait 600.000 voix, nous pensons d'abord aux millions de personnes qui ne sont pas venus voter et nous nous demandons comment faire pour que la prochaine fois ils viennent voter. Nous ne montrons du doigt personne et nous n'avons aucune polémique à mener »

Faisons des économies : supprimons ce parlement-fantoche ! #législatives2017

Les futurs « députés » Macron ont juré de défendre quoi qu’il arrive les orientations de leur président vénéré et dispensateur de tant de bonnes places : bravo pour la séparation des pouvoirs inscrite dans la Constitution !

En outre, dès qu’ils auront été élus (avec néanmoins 55 % d’abstentions, de blancs et de nuls dans la vue…), ces perdreaux de l’année se sont formellement engagés à se dessaisir aussitôt pour permettre à M. Macron d’abattre le Code du travail par ordonnances, court-circuitant ainsi le débat parlementaire et la mobilisation sociale.

De toutes façons, ces députés-champignons sortis du néant (pardon, de la « société civile » – lisez : du patronat) et n’ayant derrière eux ni parti porteur d’une idéologie encombrante, ni militants exigeants, ni congrès houleux, ni mandatements internes conflictuels, ni toutes ces pratiques surannées que les gens ringards appellent « vie démocratique », et devant entièrement leur carrière et leur haut salaire au chef de l’exécutif, auront-ils la moindre envie de chagriner leur président Père-Noël en allant taquiner le gouvernement sur tel ou tel projet ministériel ? Il est vrai que les députés sortants PS et UMP avaient déjà accepté, en validant le Traité de Lisbonne, de se défausser sur Bruxelles (le faux nez de M. Schäuble) pour contrôler, en dernière instance, les décisions budgétaires…

Du reste, quand bien même le président ordonnerait de temps à autre à ses députés-fantoches de mimer un débat contradictoire, quel en serait l’impact populaire quand on sait que le premier parti représenté au Palais-Bourbon, LREM, ne compte pas plus de 15% des Français derrière lui étant donné l’avalanche de blancs, de nuls et d’abstentions qui ont marqué le scrutin du 11 juin ? Car dans cette Cinquième « République » qui donne des leçons de démocratie au monde entier, un parti soutenu par 15% des électeurs peut parfaitement accaparer 80% des sièges à l’Assemblée…

Si l’on ajoute à cela que les députés LR soutiendront tous les projets d’ubérisation du travail, au besoin en surenchérissant dans le sens du MEDEF, et qu’ils applaudissent d’avance à toute guerre impérialiste au Proche-Orient et à tout nouveau transfert de souveraineté décidé en direction de l’UE, une nouvelle modernisation drastique de la vie politique s’impose au « Young Leader » qui siège à l’Elysée : supprimer immédiatement les 500 sièges de députés-bidon qui plombent la « dette » de la France et transférer sans retard les pleins pouvoirs, y compris « constituants », au chef de l’Etat ! Alors vite, « en marche » pour la suppression de ce parlement-potiche qui nous coûte la peau des fesses sans même sauver les apparences !

On peut aussi supprimer massivement des postes de journalistes dans l’audiovisuel : tous disent à peu près la même chose !

Et pourquoi payer encore des juges alors que le nouveau projet de loi du gouvernement autorisera les préfets et les commissaires à coller un bracelet électronique à une personne simplement soupçonnée par la « justice » administrative. Et pour célébrer toutes ces économies, on pourrait brûler en place publique l’Esprit des lois de ce vieux chnoque de Montesquieu…

Avec les très substantielles économies ainsi réalisées, on pourrait alors financer la création de 25 mille postes de CRS supplémentaires.

Nul doute qu’ils seront très utiles pour défendre le président quand, tôt ou tard, il devra rendre des comptes, sans intermédiaires, aux vingt millions de citoyens (dont les 2/3 des ouvriers) qui ont massivement boycotté le scrutin dimanche…


Retrouvez les billets rouges de Floreal, Aris et les autres chaque semaine sur 
www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/faisons-des-conomies-supprimons-ce-parlement-fantoche-par-floral-prcf/

La proie aime les barrières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contrairement à une idée reçue, la compétition ne serait pas une bonne nouvelle pour l’espèce humaine, serait porteuse de souffrances, générant un nationalisme de mauvais aloi.

Mais cette réflexion sur la compétition n’est qu’un des sujets sur lesquels Etienne Chouard, l’enseignant blogueur, s’est exprimé ouvrant ainsi de nouvelles réflexions pour une autre humanité.

À quelques heures du bac de philo, voilà des sujets qui auraient sûrement bien inspiré les futurs bacheliers...

 

« La proie aime les barrières » affirme Étienne Chouard... il dénonce un angélisme basé sur l’idée que la Terre n’aurait pas de frontières, et que nous serions avant tout des « citoyens du monde »...sauf que, affirme-t-il : « pour pouvoir être accueillant, j’ai besoin d’avoir un « chez moi » (...) il faut que je me sente bien, il faut que je n’aie pas peur de toi (...) le prédateur n’aime pas la frontière, n’aime pas la clôture. La proie aime bien la clôture... et ce sont des prédateurs qui écrive la doxa, la propagande, mondialiste, anti-frontière, anti nation, des forts du moment qui veulent que règne la « loi du plus fort »(...) On nous rebat les oreilles avec la compétition.... les jeux olympiques sont une saloperie de ce point de vue. Ils développent chez nous une habitude de la compétition, avec un qui gagne et tous les autres qui pleurent ! C’est idiot ! Nous pourrions jouer autrement, en collaborant... nous pourrions trouver notre plaisir non pas à gagner et à voir les autres pleurer, alors qu’on est le seul à rire, on pourrait jouir de la collaboration, de l’entraide, et aurait gagné celui qui aurait le plus aidé les autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il rappelle la pratique de ces sociétés primitives dont les règles sur le jeu sont autres : « tant qu’on n’est pas à égalité, il faut continuer à jouer, jusqu’à ce qu’on soit à égalité ».

 (...) il s’agit d’une éducation qui cesse de nous apprendre à nous opposer les uns aux autres. L’espèce humaine a probablement survécu que parce qu’elle s’est entraidé ».

Le blogueur s’exprime aussi sur l’argent...

 (« Ceux qui fabriquent la monnaie ont intérêt à ce qu’elle soit rare ») et il fait un parallèle entre le sang et la monnaie : « la monnaie sert à échanger, le sang aussi... nous avons besoin de sang, nous avons besoin de monnaie... et nous avons besoin d’une quantité adéquate de monnaie, tout comme nous avons besoin d’une quantité adéquate de sang. (...) or ce qui détermine la quantité de monnaie dans notre pays est complètement idiot. La monnaie est créé par les crédits. Au moment où vous empruntez, vous créez de la monnaie. (...) Quand la période est à l’optimisme, tout va bien, on croit à l’avenir, les produits sont de moins en moins chers, on est bien payés, on va avoir tendance à emprunter beaucoup. En période de pessimisme, on n’a plus confiance en l’avenir, on a plus envie d’emprunter, les banquiers n’ont plus envie de prêter, (...) pourtant il faut toujours rembourser les crédits, la baignoire se vide toujours à vitesse régulière, mais elle ne se remplit plus. La masse monétaire diminue, et arrive le chômage.

Si aujourd’hui tout le monde remboursait ses dettes, il n’y aurait plus d’argent... et pourtant on aurait encore besoin d’argent. (...) on a donné la responsabilité de créer de l’argent à des acteurs qui ont un intérêt personnel puissant à ce que cet argent soit rare ».

Et il enchaîne sur l’Union Européenne  :

« Nous sommes dans un piège... Cette Union Européenne a été créé, voulue, défendue mordicus, financée par des banquiers, les institutions européennes sont anti sociales et elles sont faites pour fabriquer du chômage. La seule mission de la banque centrale, c’est de protéger la monnaie, fusse au prix d’un chômage de masse (...) qui arrange bien les riches qui l’ont voulu. (...) quand ils luttent contre l’inflation, ça se paye en chômage. (...) ils veulent du chômage parce que ça va être intimidant pour les salariés, ça va permettre de payer des bas salaires, et des bas salaires ce sont des hauts profits pour eux. (...) ceux qui dépensent l’argent créé, ce ne sont pas les riches, ce sont les pauvres. (...) le pauvre par définition ne satisfait pas tous ses besoins. »

Le scandale Carlos Ghosn, qui vient d’éclater, grâce aux révélations du « Canard Enchaîné », en est la parfaite démonstration.

Sur l’air de « j’en veux toujours plus », le dirigeant Renault/Nissan aurait mis au point un montage qui a permis discrètement de récupérer 25 millions de bonus supplémentaires pour lui-même et 6 autres grands actionnaires.

Le montage de l’opération est simple : une société de service, détenue par une fondation de droit néerlandaise reçoit 8% du montant des synergies additionnelles dégagées par ces entreprises, et un tiers de ces fonds sont reversés à 6 actionnaires, dont Carlos Ghosn, évidemment. 

Mais revenons à la réflexion d’Étienne Chouard.

Il s’interroge sur l’inflation.

« Ça veut dire, une augmentation de quantité. (...) si vous augmentez la quantité de monnaie, avec en face une augmentation de la quantité des biens, il n’y a pas d’inflation, car pas de rareté. Si par contre vous créez beaucoup d’argent, mais sans les biens, vous créez de la rareté, et vous faites monter les prix. (...) la réserve fédérale crée en ce moment un milliard et demi de dollars par jour, et pourtant il n’y a pas d’inflation, parce que ce n’est pas à nous que l’on donne ces milliers de milliards.

Par contre regardez ce qui ce passe du côté des riches, du côté des marchés financiers, ces marchés qui devraient s’effondrer parce que ce sont des crapules, qui ont triché, qui devraient être en faillite, et pourtant la bourse ne s’effondre pas parce que les milliers de milliards vous les mettez dans ce monde de riches où vous poussez les prix à la hausse, vous injectez du pouvoir d’achat, avec notre argent à nous, cet argent qui est si précieux, qui devrait garder de la valeur, vous êtes en train de l’injecter dans les marchés financiers afin de maintenir en respiration artificielle des cours de bourse qui devraient s’effondrer. (...) imaginez que vous ayez beaucoup d’argent, que vous puissiez acheter sans limite, vous achetez 2 millions la villa sur la Côte d’Azur qui en vaut 1... et en faisant monter les prix, vous validez le pari que faisait l’acheteur, en disant ça va continuer à monter, ce sont des prophéties auto-réalisatrices... ils alimentent une bulle avec de l’argent facile. Quand elle s’effondrera, elle ne ruinera pas les acteurs qui ont triché, parce qu’ils vont se retirer, toujours à temps, grâce aux mécanismes de délits d’initiés.

La Grèce s’est fait endetter comme les autres, elle est la première à sombrer, mais ne traitez pas la Grèce comme un cas particulier... la Grèce, c’est la France ! Nous sommes tous grecs ! Et je vous prédis la suite, parce que ce n’est pas fini, nous sommes en train de régresser. (...) quand nous serons à poil, ce sera trop tard, malgré tout ce que nos parents ont mis en place pour que nous puissions nous défendre »

 

On retrouve là, la métaphore de la grenouille dans la marmite : elle sent la température s’élever, et elle éprouve du plaisir, puis la température continuant de s’élever, elle n’aura plus la force de sortir de l’eau, et finira par périr, complètement cuite....

« quand ce sont les mêmes personnes qui vous ont endetté jusqu’au dernier degré qui poussent des cris d’orfraie pour prétendre que l’urgence est au désendettement, et si vous n’êtes pas complètement idiots, vous allez faire le lien entre le gars qui vous a endetté, et le gars qui est en train de vous dire, maintenant il faut se désendetter (...) il m’a endetté en baissant les impôts des riches, et il essaye de me faire croire qu’il va me désendetter en augmentant les impôts des pauvres. (...) Le bout de la logique du capitalisme, c’est Dachau, Auschwitz, c’est le camp de concentration, elle va jusqu’au bout de sa logique du profit, si vous ne lui résistez pas, elle finira par vous faire travailler pour rien, et quand vous serez morts, c’est pas grave, il y a d’autres fourmis qui arrivent derrière par trains »..

Il fait donc un parallèle osé entre les entreprises, et les camps de concentration : « quelqu’un qui sortirait d’un camp de concentration, et qui verrait la vie des entreprises, il penserait, c’est la même logique, c’est le même mépris humain, c’est la même mécanique qui tue, et qui asservit ». 

En effet, en Allemagne, (et bientôt probablement bientôt chez nous), le gouvernement, avec les lois socio-libérales Hartz a fait passer le chômeur de la case chômage à la case misère, obligé qu’il est d’accepter des travaux parfois incompatibles avec sa formation, et pour des prix défiant toute concurrence...

1,4 million d’allemands ont accepté un salaire de moins de 5 € l’heure.

Les français vont-ils accepter ça ? Nous serons bientôt fixés, mais apparemment, ils ne sont pas nombreux à voir ça d’un bon œil...

 

Comme dit mon vieil ami africain : « qui mendie en silence meurt de faim en silence ».

16% des inscrits = 75% des députés : l’équation qui tue (la démocratie) !

Ça s’est passé près de chez vous, hier, partout dans le pays, dans les écoles, les mairies : des terroristes se sont engouffrés dans les urnes et ils ont réussi à tuer la « démocratie ».

Jean-Bedel Bokassa et Manuel Noriega n’était que des grossiers personnages qui n’avaient pas vraiment intégré nos valeurs occidentales ni compris le véritable sens de la république et de la démocratie. Ils affichaient des scores exorbitants aux résultats des élections, et on voyait bien qu’ils trichaient. D’ailleurs, l’histoire ne s’y est pas trompée et aucun manuel scolaire ne les présente comme des bienfaiteurs de l’humanité.

 

Emmanuel Macron et ses sponsors (Bilderberg, Wall-Street, l’état profond et le MEDEF) ne trichent pas ! Ils respectent scrupuleusement le code électoral (que Bruxelles n’a pas demandé de réformer) et n’ont pas honte ! Ils sont efficaces, c’est tout. Ils utilisent les moyens que la technologie moderne met à leur disposition (informatique, marketing, publicité) pour atteindre les buts qu’ils se sont fixés. D’ailleurs, le président lui-même n’hésite pas à payer de sa personne pour montrer l’exemple : pour aller voter au Touquet (Paris-Plage), il se donne la peine d’utiliser un Falcon, ce qui l’oblige à faire un virage au-dessus de Londres pour atterrir dans le bon sens, alors que la facilité aurait consisté à utiliser une voiture.

Et les résultats sont là ! Un parti qui n’existait pas il y a un an va obtenir à l’assemblée nationale les trois-quarts des sièges avec les voix de 16% des inscrits. Autre record : 51.29% d’abstentions ! Il faut la majorité absolue des votants pour être élu, mais il n’est pas nécessaire pour cela que la majorité des inscrits votent. Le découpage électoral fait le reste.

La désaffection des électeurs pour cette élection a plusieurs causes :

·         La perte de crédibilité des élus au cours du dernier quinquennat qui a montré le peu de valeur des engagements et des promesses.

·         L’ingérence de l’Union Européenne dans les affaires intérieures qui est devenue visible au point que l’utilité-même des députés n’est plus vraiment perçu par les électeurs.

·         La mise en évidence par la presse de corruption et conflits d’intérêts les uns après les autres pour déstabiliser l’adversaire se retourne contre les initiateurs des scandales qui, d’arroseurs deviennent arrosés.

·         Les trahisons des carriéristes PS ou LR qui ont rejoint LREM ont montré si cela était encore nécessaire que le seul objectif de cette « élite » est la carrière personnelle, et leur bréviaire le formatage qu’ils ont subi dans la filière unique de l’ENA. Les potiches « issues de la société civile » ne trompent personne : elles sont là pour le décor.

·         Les divisons à l’intérieur des partis minoritaires et entre eux, et l’incapacité des dirigeants de mouvements historiques à entendre leur base qui va s’amenuisant et finira par disparaitre en les laissant suspendus miraculeusement dans leur sièges de sénateur.

 

Il existe hélas peu d’exemples dans l’histoire de systèmes politiques dans lesquels le peuple exerce durablement un pouvoir qui se traduise en mesures concrètes pour assurer une plus grande équité entre les citoyens. Les générations précédentes de dirigeant avaient eu l’habileté et la talent de nous en donner l’illusion. Les méthodes utilisées par les groupes puissants aujourd’hui, si elles n’utilisent pas d’armes de destruction massives, sont assimilables à un terrorisme intellectuel procédant par lobotomisation médiatique et corruption des moutons ambitieux. Le pouvoir ne se demande pas, il se prend. C’est ce qu’ils ont fait, et pour leur reprendre, ça sera pas du gâteau.

État d’urgence dans le droit commun : l’exception devient la règle.

L’état d’urgence est un dispositif d’exception visant à réduire les libertés publiques fondamentales, notamment celles de réunion et de manifestation. Réactivé après les attentats du 13 novembre 2015, il est censé en théorie répondre à la menace terroriste. Dans les faits, il s’applique à ce qu’on appelle les « troubles à l’ordre public » : depuis sa dernière mise en oeuvre, il a permis d’interdire des centaines de manifestations, notamment les mobilisations contre la loi travail, d’ordonner des interdictions individuelles de manifester (près d’un millier), de réaliser des milliers de perquisitions administratives et des centaines d’assignations à résidence hors de tout cadre judiciaire dont seules une extrême minorité ont donné lieu à des mises en examen pour des faits associés au terrorisme. Pas de djihadistes, donc, mais des militants écologistes, des restaurateurs, des personnes figurant comme « mis en cause » dans le Traitement des Antécédents Judiciaires (qui regroupe près d’un Français sur cinq…), des fidèles d’une mosquée, des maraîchers bio ou de simples manifestants dont l’indocilité pouvait perturber la bonne marche de l’exercice du pouvoir, notamment lors de la tenue de la COP21 ou du passage en force de la loi travail. Amnesty International note à propos de l’état d’urgence dans l’un de ses rapports : « des stratégies de maintien de l’ordre sont mises en place qui impactent fortement des droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques qui pourraient avoir lieu, sans aucune preuve concrète et solide que des événements dangereux pour la nation vont en effet arriver et que la seule solution pour y faire face est la restriction d’un ou de plusieurs droits fondamentaux ».

Hasard de calendrier ? Le gouvernement va normaliser ce dispositif d’exception alors même qu’il s’apprête à réformer le droit du travail par ordonnances dans un sens très défavorable au salarié…

Face au chaos ambiant, l’institutionnalisation de ce régime d’exception répond à un double objectif pour l’exécutif : durcir sa main-mise sur la vie politique et institutionnelle en limitant les possibilités de contestation sociale, s’affranchir des règles propres à l’état de droit qui encadrent l’exercice de son pouvoir. Ou dit autrement : réduire l’incertitude de la société civile en serrant le verrou administratif tout en augmentant l’arbitraire de son pouvoir discrétionnaire.

Après les différentes lois sur le terrorisme, la loi de programmation militaire, celle sur le renseignement, le gouvernement franchit un nouveau cap avec le projet de loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure » qui inscrira dans le droit les mesures dérogatoires de l’état d’urgence (censées être temporaires et exceptionnelles). Rappelons le bilan de sa mise en oeuvre : depuis fin 2015, sur l’ensemble des perquisitions administratives pratiquées dans le cadre de l’état d’urgence, soit plus de 4000, près de 700 d’entre elles ont abouti à l’ouverture d’une procédure judiciaire, tous chefs infractionnels confondus ; depuis le 22 juillet 2016, plus d’une centaine d’arrêtés d’assignation à résidence ont été pris. Fin 2016, on comptait encore  244 mesures d’interdiction de sortie du territoire et 202 interdictions administratives du territoire concernant des individus liés aux mouvances terroristes et islamistes radicales ; 82 mesures d’expulsion de personnes en lien avec le terrorisme et 319 mesures de déréférencement de sites faisant l’apologie du terrorisme ont été prises depuis le début de l’année 2015.

Les perquisitions et saisies de matériel ou de données informatiques vont pouvoir se poursuivre sans garde-fou judiciaire, de même que celles menées à domicile de jour comme de nuit. L’État pourra placer n’importe qui sous bracelet électronique, décréter la fermeture provisoire des salles de spectacle, des lieux de réunion, des lieux de culte ou encore instaurer des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ». Il lui suffira d’invoquer « des raisons sérieuses de penser que [le lieu visé] est fréquenté par une personne dont le comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics » (article 11 du texte de loi).

Rappelons que toutes ces mesures sont ordonnées sur décision du préfet (qui représente l’État au niveau local). La mise en oeuvre du projet de loi aura donc pour effet de renforcer ses pouvoirs au détriment de ceux du juge judiciaire, censé protéger les droits des citoyens contre d’éventuels abus policiers. L’enjeu est bien de renforcer la main-mise de l’exécutif en période de crise.

L’exception devient peu à peu la règle. La prochaine étape sera sans doute d’instaurer l’état de siège. Le silence assourdissant des associations de défense des droits de l’homme et des médias en général en dit long sur la banalisation de ces dispositifs liberticides qui font désormais partie du paysage politique ordinaire. Répondant paradoxalement aux réserves du Conseil d’État pour qui « les renouvellements de l’état d’urgence ne sauraient se succéder indéfiniment et que l’état d’urgence doit demeurer temporaire », le gouvernement vient d’ajouter une pierre de plus à l’édifice sécuritaire qui lui sera bien utile pour mater les contestations que sa politique ultralibérale ne manquera pas de provoquer.

Nicolas Bourgoin

Nicolas Bourgoin, né à Paris, est démographe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et enseignant-chercheur. Il est l’auteur de quatre ouvrages scientifiques : « La révolution sécuritaire (1976-2012) » aux Éditions Champ Social (2013), « La République contre les libertés. Le virage autoritaire de la gauche libérale » (Paris, L’Harmattan, 2015), « Le suicide en prison » (Paris, L’Harmattan, 1994) et « Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social » (Paris, L’Harmattan, 2008). « Les Quatre cavaliers. 1. Apocalypse orange » (Gunten, 2016), premier volet d’une trilogie, est son premier roman

 

Source:https://bourgoinblog.wordpress.com/2017/06/11/etat-durgence-dans-le-droit-commun-lexception-devient-la-regle/

Au bistro de la Toile : nostalgies sarko-hollandiennes

 

- Oh ! Victor, tu te fais rare au bistro de la Toile ! T’es pas malade non ? T’es pas tombé végane ou antialcolo, non ? Ne me fais pas peur.

- Non loulle. Mais je suis un peu dévarié.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive ?

- C’est à cause des élections Loulle. Tout s’écroule autour de nous. On ne sait plus où donner de la verve… Pfff.

- Tè ! Bois un coup, ça te remontera. Pourquoi ? Il ne t’inspire pas Macron ?

- Bof… Quand on a connu Sarko, puis Hollande, Macron paraît bien transparent.

- Évidemment. Mais ne désespère pas. Il est jeune le minot. Et un jeune, c’est jamais qu’un vieux kon en devenir, Victor ! Laisse-lui faire ses preuves.

- Quand même Loulle. Il ressemble à ce qu’il est, un employé de banque… Quand on a connu Sarko…

 

- Tu déprimes là, Victor. Et tu es injuste. Laisse-lui faire ses preuves je te dis. Il est vrai qu’au niveau têtaclaques, avec Sarko, on a atteint des sommets. Un type qui va se mettre à genoux devant le pape, qui reçoit les pontes de la Scientologie, qui a un langage savoureux - « Cass’toi, pauv’kon ! » -, qui va séduire sa nana à Disneyland, etc.

- Arrête, Loulle. Tu me fais mal. Sarko, c’était un bonheur pour les mauvais esprits comme nous. Au moins une konnerie par jour. Et des mimiques, des tics à faire pâlir et à rendre jaloux tous les comiques troupiers.

- Eh oui, Victor. C’était le bon temps… Tu te rappelles, Sarko avec Kadhafi qui campe à deux doigts des Champzés ! Et Sarko en teckel de Merkel ! Et Sarko bourré à la vodka chez Poutine !

- Et Sarko en voyage en Pologne, qui offre une fausse vieille boutanche de Cognac à tonton Tusk, le président polack de l’époque. Faire ça des Polonais ! Et la « coache » particulière qui se rend à l’Élysée pour faire faire à Sarko sa gymnastique du périnée afin qu'il puisse décemment faire reluire sa belle nana... Et il n’était pas seul : rappelons-nous avec émotion les couenneries de Morano, de Copé, de Guaino… La Dream team de la konnerie.

- Ah ! C’était le bon temps… C’est vrai qu’il a mis la barre haute le chanoine de Latran. Mais regarde, Victor. Tu as eu le même coup de déprime quand Hollande est arrivé. Et pourtant, voilà quelqu’un qui s’est révélé ! Ce mec aura relancé d’entrée l’industrie du parapluie ! Tu le mets dehors : il pleut !

- C’est vrai ce que tu dis Loulle. Hollande s’est vite révélé comme une têtaclaques de haute lignée. Le coup du scooter pour aller refaire les niveaux chez sa nana, avec l’attaché militaire qui suit discrètement avec la petite valise du bouton de la Bombe ! C’était un grand moment. Tè ! Tu me remontes le moral Loulle ! Il va bien se révéler Macron, t'as raison, ne désespérons pas !

 

- Eh ! Il y a déjà son Premier ministre. Je sais pas si t’as remarqué, mais il me fait furieusement penser à Landru !

- Mais c’est vrai ce que tu dis Loulle ! On va suivre de près sa cuisine de celui-là !

- Aqueste cop ! À la bonne heure, Victor ! Ils vont se révéler, il faut les laisser faire leurs preuves : les konneries sont au bout ! Tè, pour arroser ça, je te sers un jaune, un flaille. Ça te changera de ton rouquin habituel.

- Et pourquoi tu me sers un Ricard ?

- Parce que Pernod-Ricard, qui ne recule devant rien pour faire sa pube, a décrété un «  Responsib’All Day  », une « journée mondiale de la responsabilité », célébrée dans les 85 pays où le groupe est présent. En France, les Ricard’boys ont construit… quatre-vingts ruches pour mettre des abeilles au charbon sur les toits de Paris.

- Des abeilles empéguées au Ricard ! Pas mal, pas mal. Eh ! Gaffe Loulle, tu vas me le noyer !

- À la nôtre !

 

 

Illustrations : merci à Chimulus, Karinevillard et X.

#violencespolicières, Interdiction de manifester Amnesty international dénonce la fascisation En Marche !

Violences policières, répression des syndicalistes et de journalistes indépendants, interdiction de manifester Amnesty international dénonce la fascisation En Marche ! Dans un rapport, Amnesty International France qui a pu observer sur le terrain les agissement des autorités gouvernementales et de la police à ses ordres durant l’année 2016 – de la résistance contre l’euro Loi Travail aux mobilisations de défense de l’environnement ou des migrants – établie un réquisitoire sans équivoque sur le bilan du gouvernement dont est issu M Macron : celui d’une utilisation à sens unique des mesures liberticides de l’Etat d’Urgence non pas pour sécuriser le pays contre le terrorisme, mais bien pour établir un état d’urgence antisociale, totalitaire visant essentiellement à la répression des travailleurs, des syndicalistes.

 

En pratique, le bilan de MM Hollande, Valls & Macron, c’est bel et bien celui de l’interdiction de manifester. Celui de plus de 1000 manifestants blessés rien qu’à Paris. Celui de plus de 1000 procès politiques frappant les opposants à l’euro loi travail. Celui du retour des lettres de cachets pour priver de ce droit de l’homme élémentaire – la liberté d’expression – des citoyens innocents. Par une simple décision d’un préfet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment ne pas citer ce chiffre glaçant mis en évidence par l’ONG : en France, pour imposer par la force avec l’antidémocratique et totalitaire article 49.3 de la Constitution l’euro Loi Travail de M Macron aux ordres de la Commission Européenne et du MEDEF, tous les trois jours c’est une manifestation qui est interdite. Tous les trois jours, c’est deux citoyens qui sont interdits de manifester, Tous les jours, c’est trois manifestants, syndicalistes, opposants politiques qui sont trainés devant les tribunaux, trois autres qui sont blessés, rien qu’à Paris. C’est également un jeune homme désarmé et pacifiste tué par le jet d’une grenade, une arme de guerre à Sivens, une affaire qui n’a toujours pas été jugé. C’est un photographe plongé dans le coma par le jet d’une grenade par un policier à Paris. C’est un jeune lycéen tabassé par un policier pendant qu’un autre le tient devant son lycée à Paris. C’est des syndicalistes condamnés à de la prison pour des actions syndicale. Cela ne se passe ni en Turquie, ni en Arabie Saoudite, ni en Birmanie, mais bien en France. Est-ce exagérer que de dénoncer la fascisation En Marche ? non c’est une prise de conscience collective indispensable : le pouvoir totalitaire de la classe capitaliste ultra minoritaire – Macron n’a réuni sur son nom que 18% des électeurs inscrits, et les français ont voté NON à l’Union Européenne à 55% – pour imposer sa violente politique euro austéritaire de destruction du modèle social, de baisse des salaires, d’exploitation capitaliste de plus en plus brutale à mesure que la crise structurelle du capitalisme s’aggrave a nécessairement recours à des méthodes de plus brutales, antidémocratiques. Et à défaut d’un rapport des forces suffisamment organisé sur la base de la classe des travailleurs, il est libre de piétiner les plus élémentaires des droits de l’homme.

Chaque citoyen, chaque républicain, chaque démocrate, chaque homme et femme libre se doit de partager ce rapport d’Amnesty International auprès de ses amis, proches et parents : en effet, alors que l’ONG est fréquemment cité lorsqu’il s’agit de mener des campagnes médiatiques d’opinion contre des gouvernements dont le tort est de résister aux diktats de l’impérialisme euro atlantique, chacun aura pu entendre le silence assourdissant de la censure médiatique frappant ce rapport accablant.

La liberté c’est bien le combat collectif de chacun. C’est également un enjeu des prochaines élections législatives afin que le mouvement du banquier Macron, l’homme des six 49.3, celui qui veut mettre à sac la France pour le CAC40 à coup d’ordonnances et qui défile sur les champs Elysées en blindé militaire n’ait pas les pleins pouvoir, mais trouve face à lui un barrage républicain, antifasciste, populaire.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/violencespolicieres-interdiction-de-manifester-amnesty-international-denonce-fascisation-marche/

Le rapport implacable de Amnesty International

L’état d’urgence détourné pour restreindre le droit de manifester

Depuis novembre 2015 et les terribles attentats qui ont touché la France, l’état d’urgence a été instauré et renouvelé à cinq reprises. Alors que son objet est de prévenir de nouvelles attaques, les mesures de l’état d’urgence ont été utilisées pour interdire 155 manifestations. Tous les 3 jours environ, une manifestation est interdite en France sous ce prétexte. Par ailleurs, 595 interdictions individuelles de manifester ont été ordonnées par les préfectures en France, sous l’argument de prévenir les violences lors des manifestations, alors que le plus souvent il n’existait que peu ou pas d’éléments démontrant que ces personnes auraient participé à des violences.

L’Etat n’a pas été en mesure de prouver pour chacune de ces interdictions qu’elles visaient à prévenir une menace spécifique, qui ne pouvait être évitée qu’en limitant un droit pourtant fondamental. De telles mesures, sans lien démontré avec la lutte contre la menace terroriste, ont un impact démesuré sur le droit des personnes à exercer leur liberté d’expression pacifique.

Ainsi, de nombreuses personnes interdites de manifester avaient simplement été présentes lors de manifestations ayant donné lieu à des actes de violences par des manifestants, mais rien ne permettait de leur reprocher la participation aux dites violences.

639 mesures d’interdictions individuelles de manifester ont été prises contre des personnes dont 21 dans le cadre des manifestations liées à la COP21, et 574 dans le cadre des manifestations contre la loi travail

Des pratiques policières contestables :

Nous avons aussi pu constater un usage récurrent de certaines pratiques de maintien de l’ordre contraires au droit international.

Par exemple, la fouille systématique et la confiscation d’outils de premiers secours, tels que les sérums physiologiques, les lunettes qui ne peuvent pas être considérées comme des armes par destination, empêchent les personnes de se soigner. Le fait que du matériel de premier secours ait été confisqué aux street medics est aussi choquant, car ce matériel peut être indispensable pour prodiguer des soins de première urgence. :

À chaque fois on leur expliquait qu’on avait besoin de ce matériel pour prodiguer les premiers secours aux manifestants qui, par exemple, se sentaient mal à cause des lacrymogènes. Ils nous répondaient qu’on ne devait pas venir en manifestation si on avait peur que les lacrymogènes puissent être utilisés ».

Annaliese, une Street-Medic (secouriste) à Nantes

Des stratégies de maintien de l’ordre peuvent aussi mener à une hausse des tensions et limiter de manière disproportionnée le droit de manifester. Par exemple, l’usage fréquent et prolongé des nasses, cette pratique qui vise à confiner des manifestants pour les empêcher de manifester ou de rejoindre une manifestation, est une atteinte disproportionnée au droit de manifester, en particulier lorsque les personnes « nassées » sont des manifestants pacifiques. Pourtant, il existe des stratégies de maintien de l’ordre qui visent à diminuer les tensions plutôt qu’à les attiser.

Un usage disproportionné et arbitraire de la force

Notre recherche, confortée par l’observation de plusieurs manifestations, nous a permis de constater le recours par les forces de l’ordre à un usage disproportionné de la force. Selon des témoignages concordants recueillis auprès des streets médics, des bénévoles qui soignent les personnes blessées au cours de manifestations, plus de 1000 personnes auraient été blessées rien qu’à Paris lors des manifestations contre la loi travail. Bien sûr, les actes de violence de la part de certains manifestants à l’encontre des forces de l’ordre doivent aussi être condamnés. Toutefois, ils ne peuvent justifier une violence disproportionnée de la part des forces de l’ordre.

Ces pratiques d’usage de la force, outre qu’elles peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les personnes touchées, peuvent également, selon de nombreux témoignages, avoir un impact sur le droit de manifester en lui-même, les personnes ayant peur de revendiquer leurs droits en participant à des manifestations.

Je manifeste depuis mon jeune âge et je n’ai jamais vu une telle agressivité des forces de police. Je suis une femme de 50 ans, cadre dans le secteur privé et pacifique.

Sandrine, manifestante à Rennes.

Elle rajoute « et je veux démentir les autorités qui disent que la police ne s’en est prix qu’aux casseurs lors des manifestations du printemps 2016 ».

Plus de 1000 personnes auraient été blessées rien qu’à Paris lors des manifestations contre la loi travail

Des journalistes intimidés et violentés

Les violences à l’encontre de journalistes et autres travailleurs des médias lors des récentes manifestations ont fait le tour de la presse.

L’usage de la violence de la part des forces de l’ordre contre des personnes filmant ou documentant des manifestations est particulièrement inquiétant car il remet en cause le droit à une information libre. Même en cas de violence, il est du devoir des autorités de permettre aux journalistes de mener à bien leur travail.

Je n’ai pas d’autres explications que d’avoir été visé volontairement car je filmais l’interpellation violente d’un manifestant. Il n’y avait pas d’autres manifestants autour de moi, ils étaient à au moins 20/30 mètres à l’arrière et ils étaient en train de se disperser.

Joël, réalisateur indépendant

Manifester est un droit, pas une menace

Une manifestation doit toujours être considérée comme légale a priori, à moins que l’Etat puisse avancer des éléments précis justifiant son interdiction.

De plus, les actes de violences commis pendant une manifestation ne peuvent être imputés qu’à leurs auteurs et ne suffisent pas à qualifier une manifestation de violente.

Ainsi, toute intervention des forces de l’ordre ne doit viser que les individus responsables des violences. Il est du devoir de l’Etat de reconnaitre que les manifestations sont un usage légitime de l’espace public et il doit justifier d’une certaine tolérance envers les éventuelles perturbations non violentes qui pourraient avoir lieu. Pourtant, depuis l’instauration de l’état d’urgence, un glissement dangereux s’est opéré : des stratégies de maintien de l’ordre sont mises en place qui impactent fortement des droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques qui pourraient avoir lieu, sans aucune preuve concrète et solide que des événements dangereux pour la nation vont en effet arriver et que la seule solution pour y faire face est la restriction d’un ou de plusieurs droits fondamentaux. Cette logique dangereuse est celle de l’état d’urgence.

Il est temps de mettre un terme à cette dérive : manifester est un droit, pas une menace.


Envoyer un mail ou un courrier à Emmanuel Macron

> Copier-coller ce message ci-dessous et rendez-vous sur cette page du site de l’Elysée

> Vous pouvez aussi imprimer ce message ci-dessous chez vous et l’envoyer à l’adresse suivante :

Présidence de la République

55 Rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

A savoir : les correspondances au Président de la République française sont dispensées d’affranchissement

Monsieur le Président,

J’ai pris connaissance du rapport d’Amnesty International sur les restrictions abusives au droit de manifester en France depuis l’instauration de l’état d’urgence. Intitulé Un droit, pas une menace. Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France, il dresse un état des lieux inquiétant des atteintes portées à ce droit fondamental auquel notre pays est profondément attaché, par son histoire comme par ses engagements internationaux.

Ce rapport démontre en effet que des centaines de mesures restreignant de manière injustifiée le droit de circuler librement et le droit à la liberté de réunion pacifique ont été imposées sous prétexte de lutter contre le terrorisme. L’état d’urgence, conçu pour protéger la population française contre la menace de nouveaux attentats, a été utilisé abusivement pour restreindre son droit à manifester pacifiquement. Sous couvert de ce régime d’exception, des centaines de militants, défenseurs de l’environnement et militants pour les droits des travailleurs ont été privés de leur droit de manifester, lorsqu’il leur a été interdit, sans raison, de participer à des manifestations.

Par ailleurs, si je déplore profondément que de nombreux représentants des forces de l’ordre aient été blessés au cours de plusieurs manifestations, je déplore aussi que des milliers de manifestants pacifiques aient souvent été confrontés à un usage disproportionné de la violence par les forces de sécurité. Des matraques, des balles en caoutchouc, des grenades de désencerclement et du gaz lacrymogène ont été utilisés contre des manifestants pacifiques qui ne semblaient pas menacer l’ordre public, faisant un grand nombre de blessés. Les stratégies de maintien de l’ordre employées ont aussi dans certains cas semblé contribuer à attiser les violences et les tensions, plutôt que de les apaiser.

Monsieur le Président, le droit de manifester pacifiquement est un droit essentiel à l’exercice de la liberté d’expression, indispensable au bon fonctionnement de toute démocratie. Vous-même, lors de la campagne présidentielle, vous êtes publiquement engagé à protéger et garantir ce droit.

Le rapport d’Amnesty International porte de nombreuses recommandations. Parmi celles-ci, j’attire votre attention sur les demandes suivantes :

– l’état d’urgence doit être levé dans les plus brefs délais, à moins que les pouvoirs publics n’apportent la démonstration de sa nécessité ;

– tant que ce régime d’exception est en place, les mesures de l’état d’urgence ne doivent pas être détournées de leur objet, à savoir la prévention d’attaques terroristes, pour restreindre abusivement la liberté de manifester. Cela passe par une révision de la loi sur l’état d’urgence, si celui-ci devait être reconduit, ainsi que par des instructions claires données aux préfets ;

– les forces de l’ordre ne doivent utiliser la force qu’en dernier recours, de manière strictement nécessaire et proportionnée à la menace ;

– les violences excessives ou arbitraires commises par les forces de l’ordre à l’encontre des manifestants pacifiques doivent faire l’objet d’une vigilance active des autorités, et être sanctionnées par des enquêtes impartiales et indépendantes.

 

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ces recommandations, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération,

Macron, ou le « hold-up » politique du siècle

En sport, on parle de « hold-up » lorsqu’une victoire revient à une équipe ou un joueur qui n’avait en théorie aucune chance de l’emporter. Or, après avoir gagné l’élection présidentielle, Emmanuel Macron – inconnu des Français il y a 3 ans et sans parti il y a 14 mois ! – est en passe de disposer à l’Assemblée Nationale d’une très large majorité. Du jamais vu sous la Ve République...

Après qu’Emmanuel Macron ait gagné, lors des scrutins des 23 avril et 7 mai, une élection présidentielle réputée quelques mois plus tôt « imperdable » par Les Républicains, voilà le nouveau chef de l’État en passe de réunir sous les couleurs de son parti La république En Marche une très large majorité de députés au service de ses projets politiques. Une situation tellement impensable à l’aube de cette année 2017 que l’on peut qualifier cette probable et très large majorité absolue de « chambre introuvable », pour reprendre l’expression employée par Louis XVIII pour désigner le parlement d’août 1815 constitué, contre toute attente, d’une majorité d’élus « ultras » dévoués à la cause de la monarchie. C’est donc bien d’un « hold-up » politique qu’il s’agit dans la mesure où, pour légitimes que soient les résultats des deux rendez-vous électoraux, personne n’aurait misé le moindre centime sur un tel scénario il y a 6 mois

Comment en est-on arrivé là ? Emmanuel Macron est, à l’évidence, un produit du libéralisme décomplexé soutenu par les puissances de l’oligarchie et servi par un marketing parfaitement huilé. Mais il est absurde d’affirmer qu’il a été lancé dans l’aventure politique dans l’optique de devenir président de la République dès 2017. Cela n’aurait eu aucun sens, et c’est plutôt un investissement des grands groupes financiers et industriels pour l’avenir qu’il faut voir dans ce personnage au look de premier de la classe version Harvard ou Yale. Car Emmanuel Macron était, selon toute probabilité, « programmé » pour 2022. Dès lors, le lancement de son parti le 6 avril 2016 puis sa campagne présidentielle ne visaient – dans un contexte où la victoire de LR était acquise du fait de la déroute annoncée du PS – qu’à lui donner une assise électorale solide pour lancer LA véritable offensive élyséenne lors du prochain rendez-vous présidentiel dans 5 ans, après qu’Alain Juppé ait effectué son unique mandat.

Les circonstances imprévisibles de cette campagne atypique ont fait le reste en écartant de la route du pouvoir tous les prétendants a priori destinés à se disputer la présidence : Qui aurait pu prévoir l’élimination de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre ? Qui aurait pu prévoir la piteuse élimination de Manuel Valls au profit de Benoît Hamon lors de celle de la gauche socialiste et radicale ? Qui aurait pu prévoir la révélation dévastatrice de l’affaire Fillon ? Qui, surtout, aurait pu prévoir l’entêtement suicidaire des caciques Républicains à maintenir la candidature du sulfureux Sarthois alors que le retour d’Alain Juppé aurait replacé le candidat LR en situation de grand favori du scrutin ? Même un professionnel des fictions télévisées pas très regardant sur la crédibilité n’aurait jamais osé écrire un tel scénario ! Ajoutons à cela que Juppé à la place de Fillon, Macron n’aurait jamais dépassé 10 % des suffrages, eu égard à un positionnement libéral très proche en matière de projet !

Un clivage dépassé

À ces faits se sont en outre ajoutés deux éléments qui, à n’en pas douter, ont joué un rôle prépondérant dans la réussite présidentielle d’Emmanuel Macron : D’une part, le rejet d’un nombre croissant d’électeurs pour les caciques des vieux partis de gouvernement qui les ont si souvent trompés au cours des dernières décennies en tournant délibérément le dos à leurs engagements une fois au pouvoir. D’autre part, l’appétence pour un positionnement « ni de gauche ni de droite » qui est apparu à beaucoup de Français comme une synthèse de la réalité ressentie d’un clivage partisan dépassé, car devenu artificiel, entre des socialistes et des républicains positionnés peu ou prou sur une même ligne libérale privilégiant le service des puissants au détriment de celui des classes populaires.

Présider la République française est une chose, pouvoir la gouverner en s’appuyant sur une majorité de parlementaires en est une autre, et là aussi le défi était a priori redoutable à relever pour ce président à la tête d’un parti sans référence ni assises, composé principalement de novices mêlés à des transfuges du parti socialiste et de l’aile modérée de la droite. Dès lors, obtenir une majorité, a fortiori absolue, relevait de la mission impossible semblaient dire d'éminents analystes politiques au soir et au lendemain du 7 mai. Impossible ? Apparemment non si l’on en croit les différentes enquêtes publiées à ce jour. Toutes montrent un net effet d’amplification du score réalisé par Emmanuel Macron au 1ertour de la présidentielle. Avec des estimations allant de 28,5 à 31 %, LREM se situe effectivement entre 4,5 et 7 points au-dessus du résultat du candidat En Marche le 23 avril, et entre 7 et 9 points devant Les Républicains ! On savait les Français légitimistes, ils le démontrent une fois de plus : malgré le manque d’expérience du nouveau président et l’inconnue d’une majorité sans repères, ils affichent une volonté de cohérence en s’apprêtant bel et bien à donner au chef de l’État les moyens législatifs de la politique qu’il entend conduire.

À cet égard, l’enquête publiée le vendredi 2 juin et réalisée conjointement par l’Ipsos et le Cevipof est d’autant plus impressionnante qu’elle s’appuie sur un échantillon de plus de 8 700 personnes certaines d’aller voter, soit 4 à 6 fois plus que les enquêtes habituelles. Avec un nombre de députés LREM compris dans une fourchette allant de 395 à 425 élus, c’est vers un raz-de marée macroniste que l’on semble aller si l’on en croit cette étude, et cela au détriment d’anciens partis de gouvernement laminés (LR et PS) et de partis populaires (FI et FN) en net recul par rapport à leurs attentes. À noter que cette projection a été réalisée en croisant les intentions de vote partisanes au niveau national avec les résultats enregistrés au 1er tour de la présidentielle dans chaque circonscription, le tout pondéré par les conditions spécifiques de qualification au 2e tour des élections législatives*.

Des partis minoritaires laminés

Comment expliquer un tel chamboulement de l’Assemblée Nationale au profit d’un parti né il y a seulement un peu plus d’un an ? Par un phénomène simple : la volonté de cohérence des Français conjuguée au rejet des pratiques politiques à l’ancienne. Il en résulte que dans la grande majorité des circonscriptions, les candidats LREM, profitant pleinement de l’effet d’amplification naturelle du score présidentiel, devraient se qualifier pour le 2e tour. Dès lors, grâce à leur positionnement identifié comme centriste, ces candidats bénéficieront de gros reports de voix venues : d’un côté, des électeurs de droite qui ne veulent pas d’un élu de gauche ; de l’autre, des électeurs de gauche qui ne veulent pas d’un député LR-UDI. Quant aux candidats de la France Insoumise et du Front National, ils devraient payer dans ce contexte très favorable à LREM le fait que l’abstention limitera fortement le nombre des triangulaires*, beaucoup plus favorables à leurs couleurs que des duels du fait de la dispersion des voix. Pour mémoire, il y avait eu 495 duels en 2012, et seulement 82 triangulaires et quadrangulaires.

Entre la présidentielle et les législatives, c’est donc bien un « hold-up » au sens sportif du terme qui devrait être finalisé au soir du 2e tour des législatives le 18 juin. Avec pour conséquence un traitement inique des partis minoritaires. Or, l’étude Ipsos-Cevipof évoquée ci-dessus montre que ce déni pourrait être encore plus prononcé qu’on pouvait le présumer. Il suffit pour s’en convaincre de comparer la moyenne des sièges attribués dans cette enquête à l’alliance LREM-Modem, soit 410, au total des moyennes de sièges attribués aux différents partis : moins de 170 pour toutes les autres formations, du FN à la FI et au PC en passant par LR et l’UDI, le PS et ses alliés, sans oublier quelques indépendants ! Jamais aucun président n’a disposé d’une telle assise parlementaire depuis De Gaulle en 1958 !

Encore faudrait-il, du côté des macronistes, ne pas vendre la peau de l’opposition avant que les Français n’aient voté les 11 et 18 juin. Nul ne sait en effet si les projections Ipsos-Cevipof seront confirmées ou non dans les urnes. À cet égard, les inquiétudes nées dans l’opinion des révélations sur le contenu des ordonnances relatives à la future Loi Travail pourraient quelque peu tempérer l’enthousiasme en faveur de La République En Marche. Mais sans doute pas au point d’empêcher Emmanuel Macron de sabler le champagne au soir du 2etour des législatives. À ce jour, les jeux ne sont toutefois pas faits, et il appartient encore à chaque électeur de peser sur les choix du gouvernement selon sa sensibilité.

 

Pour se qualifier au 2e tour des législatives, il est nécessaire d’avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits du 1er tour. Cela signifie qu’il faudra, pour se qualifier, avoir réussi un score de 1er tour situé entre 18 et 23 % selon les circonscriptions, compte tenu du taux local d’abstention.

Un nouvel État Islamique est en train de naître en Arabie

 

 Le Moyen-Orient est un monde politique complexe, fait d'intrigues et de trahisons. Les dirigeants saoudiens le savent bien, qui ont su si bien déjouer toutes les tentatives de déstabilisation de leur opulente monarchie, de la part de leurs ennemis comme de leurs « amis »... Ils viennent pourtant de tomber dans un piège, au Yémen. Il sera passionnant de voir s'ils vont survivre à cet ultime coup : un nouvel État Islamique est en train de naître en Péninsule arabique.

La République réunifiée du Yémen, en soutenant l'Irak pendant la première guerre du Golfe, en 1990, a joué le mauvais cheval. Les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite cherchent, depuis, le moyen de la châtier. Peut-être Washington et Riyad ne sont-ils pas étrangers aux nombreux drames qui éclatent dans ce pays que l'on appelait, autrefois, « l'Arabie Heureuse ». Depuis les années 2000, les révoltes ont éclaté un peu partout contre le gouvernement de l'ex président Ali Abdallah Saleh autant que le gouvernement de l'actuel président, le maréchal Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par les Saoudiens. Les chiites Houthis tiennent Aden, et une grande partie de l'ouest du pays, avec le soutien de Téhéran ; le sud du Yémen voudrait reprendre son indépendance ; surtout, Al Qaïda et l'Etat Islamique montent en puissance et contrôlent déjà plusieurs points du territoire.

En novembre 2009, l'Arabie Saoudite est obligée d'intervenir militairement, sur sa frontière, contre la rébellion chiite au Yémen. Bizarrement, un « printemps arabe » est opportunément déclenché, en 2011, à Aden et dans les principales villes du pays. C'est le même genre de contestation « spontanée » qui renverse les gouvernements en Tunisie et en Egypte à la même période... Le président Ali Abdallah Saleh, le même qui avait osé soutenir Saddam Hussein lors de la première guerre du Golfe, résiste autant qu'il peut, fait des concessions. Rien ne marche. Quand il échappe, de peu, à une tentative d'assassinat, il se résout à signer sa feuille de démission, obligeamment présentée par les Saoudiens. Il part se faire soigner à Riyad, est exilé aux Etats-Unis. 
Fin de l'histoire ? Non, l'homme comprend qu'il a été joué. Il ordonne aux éléments de l'armée qui lui sont restés fidèles de favoriser la rébellion Houthiste, venue du nord du pays. Il a également des contacts avec les islamistes d'Al Qaïda, et les combattants yéménites de Daech. C'est aujourd'hui une guerre des Yéménites, de tous bords, contre la déstabilisation occidentale du pays.
 

 Aussi, en appuyant l'arrogante campagne militaire saoudienne contre les chiites Houthi et les djihadistes d'Al Qaïda au Yémen, Washington ne se doute-t-il pas qu'il renforce, chaque jour un peu plus, la légitimité de la rébellion aux yeux des musulmans de la péninsule arabique ? Washington ne chercherait-il pas, maintenant, à déstabiliser la Péninsule arabique ? L'intervention de l'Amérique auprès de ses protégés des monarchies du Golfe fait penser au destin de souris qui seraient amies d'un chat...  

Ainsi, en mars 2015, quand l'administration Obama soutient l'intervention militaire de la coalition arabe sunnite, dirigée par Riyad, pourquoi se contente-t-elle de fournir seulement du ravitaillement air-air, un peu de soutien logistique et quelques armes ? Washington ne donne rien qui permette aux Saoudiens d'écraser la rébellion au Yémen. 
Les dirigeants saoudiens sont-ils, intentionnellement, mal conseillés ? Ils pensent encore obtenir une victoire facile, se débarrasser du gouvernement pro-Saddam Hussein d'Ali Abdallah Saleh et de la rébellion chiite des Houthis. En fait, ils se retrouvent face à des hommes déterminés, soutenus par des commandos iraniens aguerris et, déjà, une inquiétante tête de pont de l'État Islamique. L'Arabie Saoudite est tombée dans le piège.

Depuis le début de la guerre, l'Arabie Saoudite bombarde, dépense 200 millions de dollars par jour, mais n'obtient guère plus qu'un statut de criminel de guerre. 10 000 civils yéménites ont été tués, 3 millions ont fui les combats. 60 000 enfants sont déjà morts de malnutrition. 60 % de la population survit grâce à l'aide alimentaire. Le Yémen est aujourd'hui la plus grande urgence en matière de sécurité alimentaire au monde. Il est possible que la dynastie wahhabite puisse vivre avec cet effroyable bilan humanitaire, mais peut-elle survivre à cet Afghanistan qui vient de naître à ses frontières et menace déjà son territoire ?

Riyad n'obtient aucune victoire décisive, car il faudrait engager massivement ses troupes sur le terrain, accepter de très grosses pertes humaines, voire une défaite. Or, tous les conflits qui durent au Moyen-Orient font gagner les mouvements les plus radicaux. Le Hezbollah n'existait pas au Liban avant l'invasion israélienne de 1982 et Al-Qaïda était à peine présente en Irak avant 2003. Aujourd'hui, le Hezbollah est la force militaire dominante au Liban et on connaît les succès des fondamentalistes sunnites au Moyen-Orient. 
Au Yémen, c'est maintenant le Hezbollah yéménite, c'est-à-dire l'Iran, qui est durablement installé dans la péninsule arabique. Dans le camp sunnite, Al Qaïda, est passé de quelques centaines de combattants en 2009 à plus de 4 000 aujourd'hui. Avec la fin de cycle de l'État Islamique, à Mossoul, les islamistes originaires de la péninsule arabique sont redirigés vers leurs terres...

Le piège s'est refermé. Soit, l'armée saoudienne s'engage massivement sur terre, pour essayer d'écraser le nid de guêpes yéménite, avec le risque de subir une terrible défaite, très périlleuse pour la dynastie des Saoud. Soit, les Saoudiens négocient la paix et laissent les Houthis chiites prendre part au pouvoir au Yémen. Cette deuxième solution n'en est probablement pas une pour les Saoud, gardiens officiels de l'Islam sunnite. 
Le sort de la guerre pourrait donc amener une déstabilisation complète de la région, voire la destruction de l'Arabie Saoudite, comme en Irak, comme en Libye. Les responsables se révéleront quand ils prendront le contrôle des puits de pétrole...
 

 

Source : http://williamkergroach.blogspot.fr/

Arithmétique de la terreur : Foutoir au Moyen-Orient = massacres en Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Massacres à Londres, comme à Paris, comme à Manchester, comme à Nice, comme en Belgique, comme à Berlin. Des dizaines de morts innocents. Oui mais ce sont des koufars, des infidèles, des mécréants, des corrompus qui font la fête, écoutent de la musique, boivent de l’alcool, mangent du porc et – horreur suprême ! - considèrent que la femme est l’égale de l’homme ! Bref des ennemis de tonton Allah. Donc, comme dit le verset 33 de la Sourate 5 : « La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment… ». Ben voyons !

Mais aussi – et à bien plus grande échelle – massacres à Kaboul, massacres à Istanbul, massacres à Bagdad, massacres au Yemen. Et là ce sont des centaines et pas des dizaines de morts. Toujours au nom de tonton Allah… Oui mais ceux-là pourtant, ils sont musulmans. Ah ! Tss… Oui mais pas du bon bord. Alors Boum ! Un camion avec une tonne d’explosif, voilà qui requinque la foi… La vraie bien sûr. Celle prônée partout dans le monde par nos grands amis Qataris et Arabo saoudiens : la « foi » wahhabite : un reliquat de stupidités sorties des temps les plus bornés du Moyen-Âge.

Le wahhabisme – fondement de l’Arabie saoudite - est un courant islamique qui veut revenir aux sources de l’islam, c’est-à-dire qui veut que les musulmans actuels vivent comme les musulmans vivaient au 1er siècle de l’islam. L’islamisme, c’est une démission de la pensée, un suicide de l’intelligence, la soumission volontaire du croyant, à l’ère du téléphone portable, exactement comme au temps de l’analphabétisme mecquois du VIIe siècle. Bonjour le modernisme !

Et ce sont ces idées obscurantistes, cette idéologie mortifère que la lâcheté et la cupidité de nos gouvernants avides des montagnes de fric des monarchies du Golfe laissent pourrir les esprits des jeunes de tradition familiale musulmane de France, d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne, de toute l'Europe. Il est vrai que les religions sont comme les vers-luisants : elles ne brillent que dans l’obscurité…

Or voilà que pépé Trump est allé semer sa zone parmi les « croyants » ! Enfin, ceux qu’il a choisis, c’est-à-dire ceux qui lui ont signé 400 milliards de dollars à répartir entre ses potes milliardaires du complexe militaro industriel, marchands de belles machines à hacher la viande humaine, à faire des trous bien saignants, à générer des torrents de larmes et des montagnes de haine.

Autant prendre les plus riches : c’est donc l’Arabie saoudite qu’a choisi Trump plutôt que ces gagne-petit de Qataris, tout juste bons à acheter le pays des mangeurs de fromages-qui-puent. Et puis, à y être, pépé Trump lâche un pet sonore sur l’Iran, ennemi intime de ces grands démocrates que sont les Arabo saoudiens. En plus, ça emmerde Obama ! Que du bon.

Allez, pour marquer le coup l’Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques avec son voisin et concurrent pétroleur qatari. Et pour faire bonne mesure, elle entraîne dans sa « croissanade » ses obligés des Émirats Arabes Unis, de Bahreïn et même le poids lourd régional : l’Égypte ! Il faut dire que ce sont les Saoud qui paient les factures de Sissi…

Et pourquoi tout ce ramdam en plein ramadan ? Parce que l’Arabie saoudite accuse le Qatar… de soutenir et de financer le terrorisme, canal Frères musulmans ! L’hôpital qui se moque de la Charité… Le Qatar est en bons termes avec l’Iran, l’ennemi séculaire des Arabo saoudiens. Et ça, c’est rédhibitoire.

L’Arabie saoudite, où ce grand démocrate de Trump est allé faire la danse du sabre, c’est le top des tops ! C’est le pays de 57.000 esclaves, le pays champion du monde du raccourcissement au sabre. C’est le pays où la femme est reléguée à un tas de merde caché sous une prison de toile. L’Arabie saoudite est le pays le plus barbare, qui décapite parce qu’on ne croit pas en dieu (enfin, en son dieu), un pays où on lapide une femme qui s’est fait violer, un pays où on pend des gays, un pays où on coupe les mains des voleurs, un pays qui alimente le terrorisme international etc. L’Arabie saoudite c’est un pays qui justifie la peine de mort pour : adultère, apostasie, blasphème, cambriolage, fornication, trafic de drogue, sodomie, idolâtrie, rébellion, conduite sexuelle immorale, sorcellerie, vol, trahison, conduite irréligieuse. Cette interprétation très rigoriste de la Charia laisse l’État saoudien libre d’envoyer à l’échafaud qui bon lui semble, dans un simulacre de justice. L’Arabie, c’est le modèle, le financeur et le pourvoyeur de l’idéologie wahhabite de Daech.

Ce pays – le phare des mahométans sunnites, protecteur des « leurs saints » - a mis le feu au Moyen-Orient – qui n’avait pas besoin de ça – en envahissant le Yemen en 2015. Avec la bénédiction des Étasuniens et l’aide de quelques grandes « démocraties » régionales : l’Égypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et même le Maroc. Voilà une belle guerre de religions entre les sunnites arabes et les chiites iraniens. Parce que derrière les « rebelles » yéménites, ces Houtis de confession zaïdite, une branche de l’islam chiite, il y a l’Iran. Et derrière le masque de la religion, il y a la rivalité millénaire entre les Arabes et les Perses.

La guerre cachée du Yemen, ce sont des milliers de civils écrasés sous les bombes saoudiennes, et des millions de déplacés qui vont prendre la route… de l’Europe. Mais aussi des milliards de pétrodollars qui vont engraisser les marchands d’armes étasuniens mais encore français, allemands, britanniques, etc.

La guerre en Syrie, c’est du lever de rideau. La pièce principale arrive : c’est une guerre de religion à l’ancienne. Entre peuples fanatisés. En fait, on assiste aux derniers soubresauts de la main mise anglo-franco-étazunienne sur les pays du Moyen-Orient de l’ex-empire ottoman. Les frontières artificielles - dessinées pour séparer afin de mieux régner pour mieux piller - s’effacent. Place au grand affrontement religieux intra-islamique entre les chiites de l’Iran et d’une grande partie de la population de l’Irak et les sunnites du reste du Moyen-Orient. Entre Perses et Arabes, rivaux ancestraux. Ça prend de l’ampleur au Yémen. Et ça, risque de prendre une tout autre tournure. Les tarés d’Arabie saoudite coupent les tronches de quelques chiites, les Iraniens foutent le feu à l’ambassade des coupeurs de viande vivante. Les deux rompent toutes relations diplomatiques. Et le Qatar, qui penche plutôt pour le pays des Ayatollah, est une victime collatérale de la belle et saignante chicorne qui se profile entre les rivaux de toujours : les Arabes et les Perses.

N’oublions surtout pas, dans le foutoir du Moyen-Orient – sur fond de pillage pétrolier - la responsabilité écrasante des États-Unis et de leurs féaux européens avec l’invasion de l’Irak faisant suite à celle de l’Afghanistan.

Rappelons-nous encore – pour la regretter amèrement – l’attitude machiavélique et suicidaire des Occidentaux il y a soixante ans : tout faire pour foutre en bas les régimes progressistes et laïques qui se levaient au Moyen-Orient. Nasser en Égypte et les partis Baas en Syrie et en Irak. Pour contrer ces mouvements salutaires d’émancipation populaire, les apprentis sorciers étasuniens et rosbifs ont facilité, aidé, financé les mouvements religieux les plus rétrogrades, en particulier les Frères Musulmans, et conforté le pouvoir de la dynastie wahhabite des Saoudi en Arabie.

Dès lors, comment espérer endiguer la vague de terrorisme qui endeuille l’Europe alors que nos pays se font les complices des bombardeurs saoudiens qu’ils ont mis en place et qu’ils protègent ?

 

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