Mélenchon engrange, Macron piégé par la Hollandie

 

Pendant que Mélenchon engrange les sentiments favorables (1), Macron ne peut repousser le baiser qui tue de Valls, tandis que Fillon n’en démord pas, malgré la mise en examen de sa femme Penelope. Le grand chambardement peut commencer. Lesquels, de Mélenchon, Fillon, Macron et Le Pen, resteront en lice le 23 avril ? Tout est possible !

Les gens commencent à y voir plus clair. Le temps de la décantation est venu. Ce temps, disons les trois dernières semaines avant le scrutin, où les intentions de vote changent d’état, pour se cristalliser sur l’un ou l’autre des candidats. Mélenchon, qui n’a pas oublié la campagne de 2012, a planté ses banderilles au bon moment. La sauce a commencé à prendre, après le rassemblement de la place de la République, pour une 6ème République.

Adoptant une attitude gaullienne, il a évité intelligemment les ornières, mêlant ses convictions de gauche à un attachement patriotique qui a rassuré. En politicien averti, il a intégré les scénarii possibles, après avoir réussi le passage délicat de l’entrée dans cette dernière ligne droite, au bout de laquelle beaucoup de prétendants à l’Elysée ont été carbonisés : Balladur, en 1995, Chirac, en 1981, et plus récemment Sarkozy, trop sûr de lui, en 2012.

Une humiliation que Hollande a eu le nez d’éviter, en n’y allant pas. Parmi les scenarii, prévisibles, la fronde des « faux » socialistes contre le frondeur Hamon donne raison à sa stratégie de non compromission avec le vainqueur de la primaire socialiste, trop minoritaire dans son camp, pour être en mesure de lancer une dynamique de campagne, susceptible de rassembler et de gagner.

Macron le candidat de la Hollandie… malgré lui

La bulle Macron, telle la grenouille qui voulait se faire plus grosse qu’un bœuf, s’est chargée d’avaler les déçus (pour ne pas dire les aigris) du 29 janvier. En clair, les troupes vallsistes. Impossible pour eux de résister aux chants des sirènes macroniennes, tant ils sont proches du « rothschildien ». Ne manquait plus à l’appel que leur orgueilleux « matador », cuisamment défait par Hamon, Manuel Valls en personne. Petite vengeance, au passage, contre la gauche du PS ?

C’est chose faite depuis ce mercredi 29 mars. L’ancien Premier ministre de Hollande « ne se rallie pas » (comme c’est astucieusement dit), mais il apporte sa voix, les voix de ses fans, à Macron. En espère-t-il un retour ? Non. C'est le baiser qui tue. Manuel n'oublie pas que ce cher Emmanuel ose marcher sur ses brisées. C'est aussi une façon de reprendre la main, en se positionnant, dans la perspective des législatives de juin, pour s’assurer la mainmise sur ce qui restera d’un parti socialiste éparpillé.

Son soutien, dès le premier tour, sonne aussi comme une mise en garde à Macron, dont l’ambition de lancer des candidats sous la bannière « majorité présidentielle » obligerait les encartés à délaisser le PS. Ce faisant, Valls signifie clairement à Macron qu'il devra compter avec les réalités locales, avec des élus locaux socialistes bien implantés, qui n’entendront pas lâcher comme çà leur circonscription, sous prétexte de laisser la place à des visages neufs encartés « En Marche ». Qu’il le veuille ou non, Macron, qui est majoritairement porté par la Hollandie -apparemment, "en dépit de son plein gré"-, devra passer par ces marchandages de boutiquiers, s’il veut parvenir à constituer une majorité pour gouverner.

Trois mises en examen n’y font rien : Fillon imperturbable

Le piège semble donc se refermer sur l’un des deux candidats des riches, dont l’euphorie des dernières semaines pourrait, comme ce fut le cas pour Balladur en 1995, se briser sur l’implacable réalpolitique, à laquelle ses « faux amis » du moment, Valls en tête, sont rompus.

Quant au second candidat des riches, François Fillon, le politicien qui lave plus blanc que blanc, il croit toujours en sa bonne étoile, s’appuyant sur les analyses Filteris qui le placent devant Macron avec 22,18 %, contre 21,47% pour le candidat de la Hollandie. Malgré la mise en examen de son épouse Penelope Fillon, -ce qui porte à trois mises en examen, dans cette affaire d’emplois fictifs présumés, avec la sienne et celle de son ex-suppléant Marc Joulaud-, il ne détèle pas. 

Vieux briscard de la politique, buriné par le sarkozysme, dont il a été dix années durant un des penseurs et fers de lance, c’est tout dire, il s’accroche, tel un damné ! Se raccrochant probablement à la ferveur manifestée par les petits possédants apeurés de voir arriver « l’ogre stalinien » Mélenchon. Les mêmes qui, si par une pirouette du destin Fillon se retirait, se jetteraient, sans l’ombre d’une hésitation, dans les bras de Marine Le Pen.

« Même s’ils le mettent en prison, je voterai pour Fillon » ! La morale des catholiques n’est décidément plus ce qu’on pensait qu’elle devait être.

Mélenchon, pour entrer dans une ère respirable

Le grand chambardement a commencé. Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon… En recoupant toutes sortes de sondages et analyses, à trois semaines de l’élection, il apparait que ces quatre acteurs occupent les rôles principaux. Le rideau tombera une première fois le 23 avril, à la fin de ce premier acte. Lesquels resteront en scène pour le second et dernier acte ?

Les Français ont le choix entre pérenniser le piétinement de la morale, en votant Fillon, ou avaliser le début de l’ère de la restriction des libertés avec Le Pen, ou encore consacrer la toute-puissance des riches sur la vie publique avec Macron.

Le quatrième choix, et certainement le plus sain, c’est Mélenchon, avec derrière lui la France Insoumise, dont la volonté est d’en finir avec une cinquième république dévoyée, vérolée par la corruption, et d’entrer dans une ère plus respirable, à tous points de vue !

(1) « … le candidat de la France insoumise soutenu par le PCF a vu sa cote de confiance monter à 40 %, ce qui le place pour la première fois à la deuxième place du classement, derrière Emmanuel Macron. 38 % des sondés s’estiment surpris « en bien » par Mélenchon. » Source : Mélenchon gagne en popularité

 

 

Photo AFP

L’AUTOGESTION … miroir aux alouettes ?

J’ai récemment lu que l’alternative au capitalisme serait l’autogestion, et Je récuse totalement cette présentation des choses. En effet, ce n’est absolument pas parce que l’entreprise sera autogérée qu’il y aura émancipation ! Ceci est absolument faux !

Tant que vous êtes dans les catégories du capitalisme à savoir le travail, la valeur, la marchandise et l’argent vous serez soumis aux lois du système. Le capitalisme n’a pas pour fonction de déterminer les besoins nécessaires (voire utiles) des êtres humains. Son seul objectif est de valoriser l’argent.

Lorsque l’on parle d’autogestion, donc de pseudo démocratie économique, de gestion des moyens de production par l’ensemble des salariés, vous aurez simplement l’auto-exploitation, l’auto-aliénation et l’auto-licenciement. Votre gestion se fera dans le cadre du marché, de l’achat et de la vente. Donc, la production de marchandises devra répondre à la productivité moyenne globale, à la compétitivité, à la concurrence généralisée.

L’autogestion dans le système capitaliste est un mythe qui remonte à des dizaines d’années et n’a jamais fonctionné (ou alors à la marge et peu de temps) car le capitalisme ne permet pas l’émancipation du travailleur. Celui-ci sera toujours soumis au temps de travail, donc au travail abstrait capitaliste.

L’autogestion est la marotte de pseudo révolutionnaire qui n’ont fait qu’asseoir la domination capitaliste. Nous ne pouvons pas sortir du capitalisme dit mondialisé car ce système a besoin de toujours plus de débouchés.

Il n’y a pas capitalisme sauvage (à croire que l’on pense que le bon vieux capitalisme dit fordiste était un havre de bonheur) ; le capitalisme atteint de telles gains de productivité notamment avec la micro-électronique, que les innovations de procédés de production ne permettent plus de contrecarrer la destruction du travail vivant par des innovations de produits et une croissance faible.

Aujourd’hui, le capitalisme détruit plus de travail humain vivant qu’il ne peut en consommer pour survivre. Nous assistons à une dévalorisation générale de la marchandise et de cette marchandise particulière qu’est la force de travail.

La dérégulation, l’hypertrophie de l’industrie financière depuis plusieurs dizaines d’années a été la réponse à l’effondrement du capitalisme fordiste qui ne permettait plus de rentabiliser le capital par la production de marchandises. Les bilans de beaucoup d’entreprises sont soutenus par la partie financière (c’est le cas de Peugeot, de Siemens et bien d’autres).

 

La « financiarisation » n’est pas coupable de la crise du capitalisme, mais un symptôme du délitement de celui-ci.

La fripouille !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du sur-mesure...

Il était une fois un homme exemplaire, un modèle de probité et de droiture. Il n’avait que Dieu dans la bouche pour justifier sa révolution morale : celle qui allait remettre tout le monde dans le droit chemin. Nous avions enfin notre Parangon de vertu, ce phare dans la tourmente, ce point à atteindre pour tous. Nous étions séduits par ce discours qui échappait à la norme du moment, aux comportement avides de ses petits camarades.

L’homme avait une face de carême : rien de mieux pour faire passer la potion amère qu’il promettait à tous. Nous savions qu’avec lui, nous allions nous serrer la ceinture, faire le deuil d’avantages anciens et de conforts actuels. Nous allions entrer dans le régime maigre, la cure et les traitements de cheval. C’est à ce prix que nous pouvions espérer, un jour, nous remettre en selle.

Nous entendions ces propos ; ils étaient déplaisants mais beaucoup les pensèrent nécessaires dans un contexte déplorable. Il fallait dégraisser, moraliser, épurer, dépolluer, laver les esprits et atteindre à l’ascétisme budgétaire. C’était beau, troublant, inquiétant mais sans doute empreint d’une franchise qui détonnait dans le concert habituel des démagogies usuelles.

Puis le masque se fissura. L’homme n’était qu’une fripouille qui donnait dans la fripe de luxe, les dorures, les cadeaux somptueux et les salaires confortables. Ne cherchons nullement à savoir la légalité de la chose : ce n’est pas le problème quand on dispose d’une conscience aiguë de la chose civique. C’est naturellement la dichotomie entre le langage et le comportement qui choquait ceux qui avaient encore un peu de raison et de sagesse. Les autres fermaient les yeux, criaient à la manipulation, au complot, à l’acharnement, comme si rien de ce qui était mis en lumière n'était vrai.

C’est ainsi que nous avons découvert avec effroi qu’une portion non négligeable de notre environnement humain était composée d’individus sans foi ni loi, sans valeurs ni honneur, capables de tout justifier, de tout pardonner, de tout expliquer, pourvu que cela favorisât leurs desseins, leurs convictions, leurs pensées et surtout leurs intérêts. Des renégats de la morale, des parjures de l’engagement citoyen, des êtres vénaux ou cupides se faisaient les défenseurs acharnés de celui qu’il est impossible de blanchir.

Nous entrions dans une ère de guerre civile larvée. Les noms d’oiseaux volaient, les insultes affleuraient, les propos scabreux s’échangeaient dans la rue, au bureau, sur les réseaux sociaux. La fracture sociale, celle qu’avait instrumentalisée l’homme qui mangeait des pommes, était effective. La ligne de faille passait par le sens de la probité. Les uns, se parant de l’inaltérable principe du pragmatisme, affirmaient qu’il leur importait peu que le chef fût un brigand pourvu qu'il fût compétent selon leurs idéaux. Les autres tiraient à boulet rouge sur le forban, simplement parce qu’il venait du camp d’en face, se permettant ensuite de tolérer dans leurs rangs des attitudes semblables de leur favori.

Cependant tous les autres, les honnêtes, les citoyens intègres, les braves gens : ceux-là mêmes qu’on range avec complaisance et machiavélisme dans le panier percé et pourri du populisme-comme si le peuple était un monstre débile et immature-ceux-là ne supportaient plus le spectacle des élites corrompues et malhonnêtes, des clans aveugles, des supporters délirants. Alors l’homme, pour se blanchir, redonna les fripes taillées sur mesure, quand n’importe quelle personne un peu sensée aurait payé son costard au lieu de le jeter ainsi.

Mais chez ces gens-là, seule la posture importe, seul le discours vaut vérité, seule la stratégie éclaire les propos et les comportements ; le réel est depuis belle lurette renvoyé aux abonnés absents. Les salaires évoqués sont ahurissants, les privilèges exorbitants, les comportements déplaisants, le train de vie sidérant, la morgue exaspérante ; mais rien de tout cela ne peut empêcher une fripouille de devenir Président dans cette frange de l’électorat qui aime à se vautrer dans la fange.

 

Pourrissement leur.

Une flèche de plus sur l’ambulance Fillon

Fillon était le sauveur de la droite, le parangon de vertu qui allait pouvoir s’opposer au raz-de-marée bleu marine et à l’avalanche En Marche.

Son intégrité le rendait séduisant, son sérieux le rendait crédible.

Dans le paysage politique, il faisait figure de moine bénédictin et d’ascète, de par sa rigueur affichée et de par la rigueur de son projet. Son manoir dans la Sarthe et son goût pour les belles voitures, déjà bien connus, n’y changeaient rien. Fillon était clean, propre comme un sou neuf malgré ses décennies de carrière politique.

Mais souvenons-nous qu’ « en matière judiciaire il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir. »

 

Ah, quel coup de tonnerre ce fût lorsque le fossoyeur du bling-bling apparaissait coupable de la même débauche d’argent et de la même veulerie que ceux qu’il fustigeait jusqu’à présent. La presse en a fait ses choux-gras, mais pouvait-il en être autrement tellement c’était savoureux et terrible à la fois.

Comme dans un mauvais film sur les Borgia, l’ascète, le pur, le saint se rendait coupable d’orgie, de déviance et de stupre.

Dès lors son principal argument marketing, celui qu’il aurait pu faire valoir face à une Le Pen ou même un Macron en pleine puissance, devient caduc et sa candidature perd toute sa sève.

Pour des raisons que l’on ignore, d’orgueil ou de stratégie politique, il a trahi sa propre parole et s’est maintenu malgré sa mise en examen.

Quelle légitimité pouvons-nous accorder à un homme qui n’a même pas la décence d’attendre d’être élu pour briser ses engagements ?

 

Les circonstances furent ainsi : Juppé a été mis sur un piédestal bien trop tôt et n’a pas su maintenir vive la flamme autour de son projet. Trop droit dans ses bottes à ce qu’il paraît, et pas assez à droite justement.

Fillon n’a gagné le droit de représenter les Républicains que par esbroufe, et parce que le peuple est manipulable. C’est donc en seulement deux débats télévisés lors du premier tour des primaires, et à peine 30 minutes d’allocutions que Fillon est parvenu à mettre l’électorat Républicain dans sa poche. Les gens n’apprendront jamais, ils se laisseront toujours manipuler comme des veaux. Ce n’était pas pourtant pas faute de mettre en garde contre la brutalité de son programme, dans la veine d’une droite dure, qui annonce au peuple qu’il faudra se serrer la ceinture parce qu’après tout, notre État est en faillite n’est-ce-pas ?

L’on constate que pour sauver les banques, l’on peut faire apparaître des millions, voire des milliards (à ce stade est-il encore utile de compter ?), mais lorsqu’il s’agit du peuple, curieusement, de l’argent il n’y en a plus.

 La principale défense de Fillon par rapport à cette affaire - outre de crier au complot - c’est d’affirmer que c’est légal et que tout le monde le fait. Mais légal n’est pas éthique, et suivre la meute dans ses forfaits n’est pas la plus grande démonstration de volonté et d’intégrité qui soit.

 Dans le scénario, aujourd’hui peu probable, où nous nous retrouverions à devoir choisir entre lui et Le Pen, j’imagine que beaucoup de ceux qui auraient pu se déplacer pour voter en sa faveur resteront chez eux.

Quant à choisir entre lui et Macron, les jeux seront alors déjà faits tant En Marche court loin devant.

 

Pour ma part, si dans ce cas de figure je trouve l’énergie de me déplacer jusqu’aux urnes, ce sera pour dessiner un clown qui pète. Ça me semblera beaucoup plus légitime.

Renversez la table, M. Mélenchon, ou résignez-vous à la défaite !

On vous dira que ce n’est pas vrai, mais vous pouvez, si vous le voulez, créer la surprise le 23 avril. Vous pouvez, si vous vous en donnez les moyens, porter très haut la “France insoumise” et contribuer à bâtir cette force dont la vraie gauche, celle qui défend le peuple sous les crachats, a tant besoin dans un pays ravagé par l'égoïsme des nantis et miné par la résignation des humbles.

Mais pour y parvenir, il faut faire des choix clairs, compris de tous. C'est le moment ou jamais ! Vous pouvez représenter, demain, la principale force de gauche, reléguant un parti socialiste vermoulu à la place subalterne qu'il mérite, comme la SFIO des années 60. Si vous laissez passer cette occasion historique, en revanche, la classe qui se croit supérieure parce qu'elle détient le capital continuera de tenir le haut du pavé avec le concours de ses larbins de la vraie droite et de la fausse gauche.

Alors, allez droit au but, et tapez fort ! Vous n’y échapperez pas. L'enjeu essentiel, c'est la restauration de la souveraineté nationale, sans laquelle la révolution citoyenne que vous appelez de vos vœux restera lettre morte. Allez jusqu'au bout de vos idées, ne décevez pas les espoirs que vous suscitez, levez les équivoques dont souffre encore votre campagne. Parlez au peuple, et parlez peuple. Dites que, si vous êtes élu, vous proposerez aux Français, par référendum, la sortie de l'Union européenne.

Cette mystification supranationale, cette supercherie néolibérale n'a que trop duré. C'est un carcan imposé aux peuples par une oligarchie cupide, et vous le savez. Ne faites pas semblant de croire qu'elle est réformable, car elle ne l'est pas. N'accréditez pas l'idée qu'on puisse la changer, car c'est impossible. Ne laissez pas au Front national le privilège de l'avoir compris avant les autres et d'être presque seul à le dire. Ne lui faites pas ce cadeau !

Ce n'est pas pour rien que les dogmes libéraux sont inscrits dans le marbre des traités européens. Pour s'en débarrasser, il faut quitter l'UE. On ne peut restaurer la souveraineté populaire qu'en restaurant la souveraineté nationale. Mais on ne peut restaurer la souveraineté nationale qu’en rompant les amarres avec une institution supranationale dont la fonction est de soustraire l'essentiel à la délibération démocratique.

En jetant aux orties l'Europe des banquiers, vous provoquerez un tsunami idéologique, vous scellerez la réconciliation entre la gauche et la souveraineté. Ce faisant, vous sauverez la gauche et vous sauverez la souveraineté. Mais si vous refusez de le faire, vous tuerez la gauche en la livrant aux socialistes qui pourrissent tout ce qu'ils touchent, et vous livrerez la souveraineté au FN qui en fera un usage conforme à son ADN droitier.

Manifestez donc, face au carcan européiste, la même intransigeance que celle dont vous faites preuve face au carcan atlantiste. Pour restaurer la souveraineté de la France, vous voulez que la France quitte l'OTAN. Contrairement à Marine Le Pen, vous ne voulez pas seulement quitter le commandement intégré, mais l'alliance atlantique elle-même. Vous avez raison, et vous êtes l'un des rares, avec François Asselineau, à le dire haut et fort.

En consommant cette rupture, vous mettrez fin au scandaleux alignement de la France. Vous ferez entendre une voix indépendante sur la scène mondiale. Vous conduirez cette diplomatie souveraine, élargie aux cinq continents, qui est la vocation de notre pays. Ce défi lancé à l'impérialisme vous honore, mais si vous voulez qu'on prenne votre ambition au sérieux, montrez la même radicalité face à cette Union européenne qui est le temple de l'ordo libéralisme.

L'expérience grecque a montré qu'un compromis avec les Pères Fouettard de l'oligarchie se solde toujours par une capitulation du faible devant le fort. Ne laissez pas ces rapaces miner tout espoir de changement, coupez-leur l'herbe sous le pied en annonçant qu’il n’y aura aucune négociation, aucun compromis, que la France veut recouvrer sa liberté et qu’elle nouera ensuite, avec qui elle veut, les coopérations qu’elle jugera utiles.

Vous voulez relancer l’économie, redistribuer les revenus, rétablir les droits sociaux, réformer la fiscalité, réguler la finance. Ce beau projet a un prix qui est celui de la rupture avec le système oligarchique, la déconnexion avec ses instruments privilégiés que sont l’UE et l’OTAN.

 

Renversez la table, M. Mélenchon, ou résignez-vous à la défaite !

« Et alors ?!!! »

Ces deux mots entendus récemment de la bouche du candidat LR à la présidentielle permet de comprendre avec quel mépris des lois et des citoyens, Fillon fait montre, au moment ou de nouvelles menaces judiciaires s’annoncent.

ET ALORS ?!...

Ce sont en effet ces deux mots qu’a lancé François Fillon lorsqu’il a été interrogé sur les 50 000 euros de costumes offerts par un certain Robert Bourgi, un avocat, pilier des réseaux de la Françafrique, et il reste à la justice de trouver s’il y a eu une contrepartie. 

 

Après avoir nié les faits, Bourgi à finalement confirmé avoir fait ces cadeaux...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour comprendre ces cadeaux, il faut découvrir la méthode Robert Bourgi... il essaye de mettre dans sa poche des hommes politiques qui pourraient arriver au pouvoir, mais si, par la suite, il n’y a pas de la part des « obligés », une forme de reconnaissance, il leur rend la monnaie de la pièce.

C’est ce que l’on comprend dans l’analyse faite par Raphaëlle Bacquet dans les colonnes du « Monde » : « son intérêt (ndlr/celui de Bourgi) est d’être toujours du côté de celui qui peut potentiellement devenir le président de la République (...) c’est un ami assez dangereux. Il peut vous aider à nouer des contacts auprès des chefs d’état africains et notamment des dictateurs, parce qu’il est assez puissant. Et puis, si vous ne lui rendez pas la pareille, il peut vous dénoncer  »... 

Elle rappelle comment Bourgi avait agi avec De Villepin, en balançant à la presse l’affaire de la valise pleine de billets, lorsqu’il a compris que son obligé n’avait aucune chance d’obtenir le siège présidentiel. 

Il a donc fait de même avec Fillon : « je lui ai offert des costumes et il ne m’a pas remercié »...

Pas besoin donc de faire un dessin... avis aux candidats présidentiels...

Fillon persiste malgré tout à maintenir sa candidature lorsqu’il a appris sa mise en examen, faisant le pari risqué de l’usure. 

Hélas pour lui, « l’usure » est reportée à plus tard puisque son affaire se complique, et que viennent s’ajouter aux motifs précédents (détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence, et manquement aux obligations déclaratives) ceux de « faux et usage de faux et escroquerie aggravée  » : les époux Fillon auraient fabriqué des faux pour justifier les salaires de Pénélope

Il n’y a pas si longtemps, il assurait à Jean-Jacques Bourdin qu’il ne lui viendrait pas une seconde à l’idée de se présenter aux citoyens pour obtenir leurs suffrages s’il était mis en examen. vidéo

Pour en finir provisoirement ( ?) avec Fillon, on est en droit de s’interroger sur le fonctionnement de cette famille, famille dans laquelle la fille, Marie, pour ne pas la nommer, celle qui a hérité d’un emploi supposé fictif, a remboursé, avec l’argent gagné, son mariage financé par le père... puis quelques temps après, elle a prêté de l’argent à son père pour qu’il puisse payer ses impôts...alors que le fils remboursait avec ses émoluments d’assistant parlementaire la part de loyer que son père lui avait versé...

Chez les Fillon, l’argent reste en famille. 

Va-t-il dire aussi « ET ALORS ?!... » En apprenant que sa chute continue dans les sondages ?

En effet, le sondage du 22 mars, réalisé par Elabe pour BFMTV et l’Express, le porte désormais à 17%. 

Pour l’instant il crie à la « machination » laquelle serait ourdie par Hollande... oubliant qu’il ne faut pas accuser le thermomètre quand on a de la température. 

Pénélope sera entendue par la justice dans les jours qui viennent...en principe le 28 mars, alors qu’une autre affaire se fait jour : moyennant 45 000 €, Fillon aurait joué l’entremetteur entre le milliardaire libanais Fouad Makhzoumi, fondateur de FPI (Future Pipe Industries), le PDG de Total, et le président Poutine, ce que l’intéressé dément. 

Fouad Makhzoumi, proche de la famille du dictateur syrien, est l’un des leaders mondiaux de fournitures de pipeline, dont on sait qu’il n’est sans rapport avec la guerre de Syrie, au-delà du conflit qui oppose le dictateur syrien et sa population...

 

Cette guerre a surtout comme origine la lutte entre 2 tracés de pipe-line...l’un qui favorise la Russie, et l’autre qui est en faveur des USA.  

Voilà qui éclaire d’un jour nouveau le rôle qu’aurait joué François Fillon...

Pour n’oublier personne, on pourrait aussi évoquer le nouveau soutien de MacronFrançois Bayrou, qui, s’il faut en croire le « Canard Enchaînée », en 2012, avait tenté de se faire rembourser plus de 40 000 € de « frais d’habillement », lors de la présidentielle de 2002.

ET ALORS ?!... c’est aussi ces deux mots qu’aurait pu prononcer Marine Le Pen, convoquée par la justice pour, entre autres, un soupçon d’emplois fictifs, et qui a décidé de ne pas répondre à l’invitation du juge...

ET ALORS ?!... c’est aussi ces deux mots qu’aurait pu prononcer Frédéric Chatillon, ex président du GUD, qui, malgré ses 2 mises en examen, vient d’être engagé par son amie de 30 ansMarine Le Pen, pour ne pas la nommer, qui vient de lui signer un contrat à mi-temps, de 2550 € brut afin qu’il s’occupe de la com. sur le net, chargé de mission pour la campagne présidentielle.

Interrogé par quelques journalistes, l’intéressé a déclaré qu’il « les emmerdait ». 

ET ALORS ?!... C’est peut-être ce que va dire bientôt Bruno Retailleau, l’un des plus ardents défenseurs de Fillon, puisqu’il vient à son tour d’être pris le doigt dans le pot de confiture, soupçonné de détournement de l’argent du Sénat...

L’affaire porte sur 5 millions d’euros

ET ALORS ?!...

C’est peut-être ce que dirait Franck Sinisi, élu FN de l’Isère de la commune de Fontaine, lequel proposait de récupérer les dents en or des Roms.

Alors qu’il était débattu au sein du conseil municipal l’hébergement des Roms, le conseiller municipal FN à déclaré : « qu’il était plus judicieux de les parquer dans un endroit où ils paieraient peut-être un loyer, et de pratiquer l’autofinancement, en remplaçant leurs dents en or par des dents en nickel  ». 

Quant à l’ex-ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, pris lui aussi dans un scandale d’attachés parlementaires familiaux, soupçonnés fictifs, il a été doucement et fermement mis à la porte, même si pour sauver la face, on assure qu’il a démissionné...

Il avait offert un « emploi de vacances » de 55 000 € à ces 2 filles, dont l’une n’avait que 15 ans, lesquelles filles avaient apparemment un don d’ubiquité puisqu’elles avaient d’autres emplois officiels au moment des faits. 

 

Restons chez les socialistes, Pierre Moscovici aime aussi les beaux habits pas chers, puisque ce commissaire européen s’est fait offrir de jolis costumes...et même si les faits remontent à 2012, ils restent discutables. 

Chez « TV Libertés », on vient d’ouvrir le dossier portant sur la réserve parlementaire.

L’association « contribuables associés » évoque le cas d’Etienne Chéron, assistant parlementaire de Patrick Lebreton, député socialiste de La Réunion.

La réserve parlementaire s’élève à 130 000 € par député, ou sénateur, lesquels en disposent pour financer telle ou telle association.

Or cet Etienne Chéron, par le biais de sa société EC Conseil, propose aux associations de les aider à obtenir des subventions en échange d’un pourcentage de 5%, auxquels s’ajoutent une « participation aux frais ».

Piégé par les « contribuables associés », il leur a déclaré : « moi je me propose de faire l’intermédiaire, comme je connais très bien l’Assemblée nationale, bien le Sénat... » Moyennant finances, bien sûr.  (23’25’’)

La corruption semble donc avoir encore de beaux jours devant elle dans notre pays, d’autant que les États-Unis, en pointe contre la corruption internationale, disent par la voix d’un éditorialiste : « la France laisse les États-Unis mener le combat contre la corruption ». 

Ce retard français dans la lutte contre la corruption a plusieurs origines... les autorités de poursuite françaises n’ont que peu de moyens de le faire, d’autant que l’article 113-5 du code pénal ne permet pas de poursuivre une entreprise française qui aurait commis des délits hors du territoire... alors que c’est possible aux USA

D’autre part, nos lanceurs d’alerte sont encore assez mal protégés...

Certes la loi « Sapin 2 » a été instituée, mais il s’y trouve de nombreux amendements qui fragilisent encore les lanceurs d’alerte. 

Tout ça explique pourquoi notre pays se trouve encore au 23ème rang mondial dans le domaine de la corruption selon Transparency International

 

Comme dit mon vieil ami africain : « pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du mal ». 

Aux urnes, citoyens : votez Duconnaud !

En cette période d’incertitudes électorales nées des récents fiascos sondagiers, nul ne sait qui sera l'heureux (ou l’heureuse) élu(e) au soir du 2e tour de la présidentielle de 2017. Une seule certitude : ce ne sera pas l'un de ces candidats fantaisistes qui firent naguère le bonheur des gazettes et la joie du bon peuple lors de scrutins le plus souvent oubliés, à l’image de ces quelques personnages hauts en couleur...

Seul Coluche, dans un passé relativement récent, a pu se hisser à la hauteur de ses glorieux prédécesseurs en rigolade électorale. Et même, par la grâce d'une popularité grandissante alliée, en début de campagne, à une large couverture médiatique, les surpasser largement en audience auprès du public. Au point, chose surprenante, d’acquérir une inattendue crédibilité électorale, comme le montre le film L’histoire d’un mec, réalisé en 2007 par le journaliste et cinéaste Antoine de Caunes.

 « La France est divisée en deux, je veux qu’elle soit pliée en quatre ! » affirmait l’humoriste en annonçant sa candidature le 30 octobre 1980 au Théâtre du Gymnase. Une candidature accueillie comme un gag. Et de fait, c’est ce qu’elle était au début, avant que le « bouffon de la République » ne se prenne au jeu, oubliant les conseils de son ami Romain Bouteille, co-promoteur du canular. Une candidature qui faillit se terminer en drame lorsque Coluche, gréviste de la faim défaillant, dut jeter l’éponge, au début du mois d’avril 1981, victime des énormes pressions qui s'étaient exercées contre lui de la part de ses propres amis, en relais des caciques de la gauche socialo-communiste. Victime également de la censure qui lui avait été progressivement imposée par l'ensemble des médias, y compris l’organe emblématique de la pensée de gauche, le quotidien Libération. Un bouffon n'atteint pas 16% d'intentions de vote sans commencer à faire de l'ombre au prince désigné, l’énigmatique François Mitterrand, et à ses nombreux vassaux.

Au-delà du canular, Coluche aura été en fait un candidat de rejet de la classe politique traditionnelle, de rejet de ces promesses fallacieuses, de ces engagements illusoires, de ces comportements hypocrites qui caractérisent trop souvent des campagnes électorales nettement plus destinées à servir les intérêts des élus et des puissances industrielles et financières que ceux du peuple de France. Dès lors, Coluche, porteur malgré lui d’un message antisystème, n'appartenait plus au cercle très fermé des rigolos du scrutin.

Une confrérie dont, au demeurant, n'a jamais fait partie, quoi qu’on ait pu en dire, l’humaniste souvent incompris Marcel Barbu, candidat de l’élection présidentielle de 1965face au général de Gaulle et à François Mitterrand. Ancien déporté de Buchenwald, ancien député de l’Assemblée Constituante de 1946, Marcel Barbu, prétendument « mandaté par l'association immobilière de Sannois » se présentait lui-même comme le « candidat des chiens battus ». Et de fait, celui que le général de Gaulle nommait « l’hurluberlu » avait lui-même une tête de cocker triste, au point de larmoyer parfois devant les caméras de l’ORTF.

 « Lopistes » pour les partisans, « lopettes » pour les opposants

D'autres ont en revanche brillamment illustré cette facette insolite de la démocratie française dans différents scrutins nationaux ou locaux.

Parmi eux, le tribun des resto-U parisiens et son légendaire triporteur : Mouna Aguigui (de son vrai nom André Dupont). Un tantinet anarchiste, résolument écolo, il a laissé l'image d'un patriarche provocateur, tantôt apôtre de la pédale, scandant « des vélos, pas des autos ! », tantôt chantre de la propreté, réclamant « des trottoirs, pas des crottoirs ! » Candidat du MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) aux législatives de 1968, Mouna assénait un slogan choc : « Les temps sont durs, soyez MOU ! » Insuffisant toutefois pour l’emporter face au ministre gaulliste René Capitant. Cela ne l’a pas empêché de récidiver plus tard sous l’étiquette du PMU (Parti Mondialiste Universaliste). Écologiste avant l’heure, Mouna a laissé un slogan plus que jamais d’actualité et dont on s’étonne qu’il n’ait pas été repris par les caciques de l’écologie politique : « Mieux vaut être actif aujourd’hui que radioactif demain ! ». (Pour en savoir plus sur ce personnage, lire C’est en parlant haut qu’on devient haut-parleur !)

Sur un plan national, l’austère Ferdinand Lop a, quant à lui, longtemps marqué les campagnes de la République, réclamant sur un ton solennel l’« extinction du paupérisme après 10 heures du soir » ou bien encore la « suppression du wagon de queue du métro ». Mais sa plus grande réussite, outre le fait d'avoir suscité contre lui le « mouvement anti-Lop » alors qu’il menait campagne au « lopodrome » du Boul Mich’ (un bistro disparu à l’angle de la rue Soufflot), tient dans cette perle des slogans électoraux, à juste titre passée à la postérité : « Il faut au char de l'État la roue d'un Lop ! »

Albert Caperon, jeune dandy fortuné, occupe, lui aussi, une place de choix dans cette galerie. Candidat aux législatives de 1893 à l'instigation de son ami Alphonse Allais, « Captain Cap », soi-disant héros du Far-West et pseudo marin d'élite, était soutenu par différentes personnalités, et notamment par l’écrivain Georges Courteline. L'auteur de Messieurs les ronds-de-cuir ne pouvait, il est vrai, faire moins à l'égard du champion de la lutte contre la bureaucratie. Mais le programme de Captain cap ne s'arrêtait pas là et prévoyait, entre autres gaîtés, « l'établissement d'une plazza de toros sur la butte Montmartre » et la « transformation de la place Pigalle en port de mer ! » Hélas pour lui, les plaisirs balnéaires et les jouissances tauromachiques étaient insuffisamment prisés des parisiens : Albert Caperon ne recueillit que 175 voix !

Où l’on prend les vessies pour des lanternes électorales

La plus belle réussite en matière de canular électoral eut pour théâtre le Quartier latin lors des législatives de 1928. Raoul Brandon, député sortant conservateur, semblait devoir être réélu dès le premier tour de scrutin lorsqu'un candidat inattendu se présenta contre lui. Brandon avait, il est vrai, mécontenté la population estudiantine en obtenant la suppression des pissotières du Boul' Mich'. Incontinent, si l'on ose dire, les potaches cherchèrent à lui faire payer cet outrage à la miction. Encore fallait-il trouver une idée de nature à polluer la campagne de Brandon. Elle survint sous la forme d'un brave homme, modeste vendeur de violettes aux terrasses des cafés. Un peu clochard, amateur de picrate, ce citoyen était surtout doté d'un incroyable patronyme : Paul Duconnaud !

Le convaincre, lui l'habitué des édicules, de se présenter contre Brandon, fut un jeu d'enfant. Dès lors, moyennant quelques chopines, la campagne put commencer. Elle donna lieu, bien évidemment, à des situations cocasses dont le sommet fut sans conteste la grande réunion électorale de la rue Victor Cousin. Ce jour-là, assis à une table recouverte d'un ample tissu vert, Duconnaud, ou plus exactement l'étudiant caché sous la table, put enfin développer son programme. Celui-ci comportait notamment les mesures suivantes : la suppression des impôts, la transformation de la station du quai Saint-Michel en gare maritime, et bien entendu sa mesure phare, le rétablissement des pissotières du Boul’ Mich ! Le candidat, passablement éméché, se contentait de ponctuer chaque intervention d'un vigoureux coup de poing sur la table. Son meeting fut un triomphe. Quelques jours plus tard, pour 127 voix, Duconnaud mettait Brandon en ballotage !

Qu'à cela ne tienne, le député sortant était désormais débarrassé de cette présence encombrante. Du moins le croyait-il. Jusqu'au moment où, stupéfait, il découvrit cette affichette de désistement placardée dans tout le Quartier latin : « Voter pour Brandon, c'est encore voter pour Duconnaud ! »

Le baiser qui tue ! De quoi donner des idées à tous les électeurs écœurés par les casseroles judiciaires et qui fantasment pour le 2e tour de 2017 sur un désistement clair du candidat Les Républicains en faveur de la candidate du Front National, du style « Voter pour Le Pen, c'est encore voter pour Fillon ! » Ou vice-versa.

Mais bon, ne rêvons pas et revenons à nos moutons, ou plus exactement à nos bouffons pour regretter leur disparition. De nos jours, hélas ! le canular politique tend à se raréfier, victime du protectionnisme frileux des politiciens conformistes et de règles de plus en plus castratrices. Plus de Lop ou de Captain Cap pour amuser une galerie devenue bien tristounette. Plus de Mouna, coiffé de sa casquette à médailles, pour haranguer la foule à la fontaine Saint-Michel. La France politique n’est plus qu’une morne plaine. Même la comique patentée Nadine Morano, « ça fait plus rire personne », comme chantait naguère Michel Rivard, ancien candidat du parti Rhinocéros*, avec ses amis du groupe Beau Dommage dans la Complainte du phoque en Alaska. Résultat : on s’ennuie... on s’ennuie... on s’ennuie...

 

Durant 30 ans (1963-1993), nos amis québécois ont pu voter pour les candidats du décoiffant parti Rhinocéros. Le plus illustre d’entre eux a été Cornélius 1er, un jeune rhinocéros particulièrement ambitieux qui, en 1978, a obtenu... 7% des voix aux législatives !

Ça se corse pour Fillon : l’enquête élargie à des faits d’« escroquerie aggravée », « de faux et usage de faux »

 

Le candidat Les Républicains à l’élection présidentielle voit les charges contre lui s’alourdir et la probable mise en examen de son épouse Penelope, convoquée devant les juges, le 28 mars.

Le 16 mars, le parquet national financier a délivré un réquisitoire supplétif pour « escroquerie aggravée, faux et usage de faux » aux juges d’instruction (1) chargés d’instruire l’affaire des emplois présumés fictifs, reprochés à François Fillon et à son épouse Penelope. Lesquels sont déjà poursuivis pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives ».

Ce même 16 mars, l’enquête a également été élargie au « trafic d’influence » dont François Fillon est soupçonné, dans le cadre de l’activité de sa société de conseil. Laquelle a, en particulier, fourni ses services à l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, lui-même ayant octroyé un prêt, non déclaré, de 50 000 euros, sans intérêts, à Fillon, en 2013.

L’élargissement des charges contre Fillon et sa femme est consécutif à la perquisition effectuée à l’Assemblée nationale, en mars. De nouveaux documents ont été saisis. Elle faisait suite à une première perquisition fin janvier, dans le cadre de l’enquête préliminaire.

Ces documents ont attiré l’attention des enquêteurs, lesquels soupçonnent Fillon d’avoir établi, après coup, des justificatifs visant à démontrer la réalité des salaires versés à son épouse, pour prouver l’existence de son travail d’assistante parlementaire.

Penelope convoquée le 28 mars pour être mise en examen

Convoquée le 28 mars par les juges d’instruction, Penelope Fillon devrait à son tour être mise en examen. 

Dans sa livraison du mercredi 22 mars, Le Canard enchaîné révèle par ailleurs que les époux Fillon « ont carrément signé une fausse déclaration, certifiant aux fonctionnaires de l’Assemblée que madame ne bossait pas plus d’une trentaine d’heures par mois à la Revue des deux mondes où elle était payée pour 151,67 heures ». Or, le cumul d’emplois des salariés de l’Assemblée nationale est limité à cent quatre-vingts heures.

Selon Simon Piel (Le Monde.fr) « Les magistrats ne partagent pas la « pudeur de gazelle » qui s’est emparée, selon le mot de Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé de lundi 20 mars, des candidats à l’élection présidentielle au sujet des « affaires ».

(1) Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau

Source : Le Monde

 

 

Débat TF1 : Mélenchon le plus convaincant, Le Pen impressionnante

 

Avec Marine Le Pen, Mélenchon est apparu celui qui a le plus la stature de chef d’Etat, mais aussi, au final, celui qui s’est montré le plus convaincant, avec 55% en sa faveur, selon l’appréciation des internautes, qui ont suivi le débat de TF1, lundi soir, de bout en bout.

A peine terminé, après plus de 3 h 20 d'échanges, parfois vifs, les sondeurs aux ordres des riches annonçaient, à grands renforts de communication tous azimuts, leur grand vainqueur, selon leurs mesures pipées, en la personne d’Emmanuel Macron. Sauf que, les commanditaires ont une fois encore négligé la force interactive des réseaux du net.

Une fois n’est pas coutume, TF1 a joué le jeu dans la transparence sur le site Facebook « TF1 le JT », en permettant aux téléspectateurs d’exprimer directement, au fil de l’émission leur opinion et leurs réactions, sur des questions, telles que :

  1. Quel candidat a le plus la sature d’un chef d’Etat ?
  2. Quel est selon vous le candidat le plus convaincant ?
  3. La France doit-elle passer à une 6ème République ?
  4. Souhaitez-vous le rétablissement des contrôles aux frontières ?
  5. Faut-il revenir sur les 35 heures ?

(Voir les résultats en fin d’article)

Une fois encore, les résultats contredisent les sondeurs traditionnels, au grand dam des supporters des candidats des riches, que sont Macron et Fillon.

Le débat n’a fait que confirmer les projets des candidats. Du plus odieux pour la vie quotidienne des gens, celui du mis en examen Fillon, au plus universellement humain et social, celui de Mélenchon, en passant par le plus restrictif pour les libertés individuelles, celui de Le Pen… Quant aux deux ex-ministres de Hollande, ils n’ont fait que traduire le schisme d’un parti socialiste partagé entre la volonté de défendre les intérêts des riches possédants, le projet de Macron, et celui de Hamon, soucieux de protéger les plus démunis.

Mélenchon et Le Pen au-dessus du lot

Dans cet exercice médiatique, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont manifestement crevé l’écran, ce que traduit le résultat à la question « lequel a le plus la stature de président », les deux se disputant le podium, d’après les Français qui regardaient l’émission.

S’agissant de la crédibilité, Mélenchon l’emporte haut la main, battant à plates coutures ses adversaires en totalisant 55% à la question « Qui s’est montré le plus convaincant ? ».

Contrairement aux couleuvres que Fillon tente de faire avaler aux Français les plus modestes, les internautes ont répondu être très largement opposés à la suppression des 35 heures, comme ils se sont dits opposés à la fermeture des frontières de la France.

Bref, un débat, dont le format montre une fois encore ses limites, chaque candidat restant contraint dans ses interventions et démonstrations, si ce n'est quelques joutes arrachées à la discipline imposée, qui, d'ailleurs, en disaient long sur l'état d'esprit de certains, la morgue d'un Fillon, en particulier. Frustrant donc sur le fond pour qui voulait en savoir davantage avant de se déterminer.

Reste que l’exercice, animé par Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray, a intéressé près de 10 millions de Français, ce qui est loin d’être négligeable et renforce d’autant plus la crédibilité des opinions recueillies au fil de l’émission, avec un homme qui s’est manifestement détaché du lot, Jean-Luc Mélenchon, et une femme, Marine Le Pen, qui a impressionné par la netteté de ses positions, y compris ceux qui ne partagent pas du tout sa vision politique autoritaire, humainement restrictive.

 

Verdi

Mardi 21 mars 2017

 

 

Documents joints à cet article

François Fillon, un catholique si peu chrétien

 

François Fillon le moralisateur aux costumes à 6 500 euros l'unité laissera-t-il son nom dans l'historiette politique de la Ve République comme le responsable d'un schisme politique ? L'ancien Premier ministre candidat à la présidence n'a rien d'un Saint-Martin qui partagea son manteau avec un enfant malade ni d'un Saint-François de Paul, le Coluche de son époque, ni de Saint-François d'Assise. Son comportement est plus proche de ces gens d'église qui vendaient des indulgences qui seront responsables de la religion réformée, de son expansion, et des guerres de religion entre Chrétiens.

Certains lecteurs trouveront sans doute ce billet d'humeur et cette analogie politico-religieuse audacieuse, et pourtant, ne repose-t-elle pas sur la même fibre composant les hommes pénétrés des valeurs chrétiennes : le rapport à l'argent, le mensonge, l'orgueil, le bien et le mal, etc. ? Ce qui semble être aux antipodes de son éminence Saint-François Fillon qui préfère sans doute le Saint-Émilion au vin de messe, qui s'il le pouvait rétablirait le droit de haute et basse justice sur ses terres de Sablé-sur-Sarthe. Feu Karl Marx l'aurait qualifié de « petit bourgeois » de la pire espèce. Il ne suffit pas de vivre dans un château pour être un châtelain ni de vivre dans une gentilhommière pour être un gentilhomme. Fillon n'est qu'un hobereau comme il en existe hélas trop en France.

Faisons un bond dans le temps et revenons au XVIe siècle. Martin Luther (1483-1546) fut outré lors d'une visite à Rome en 1510 par la vente des indulgences divines instituées à seule fin de financer la construction de la basilique Saint-Pierre. Cette pratique censée permettre la repentance par le versement d'une somme assez substantielle encourageait le péché puisque le pécheur avait l'assurance de pouvoir acheter le pardon du Christ, alors que l'effacement était tout aussi possible par : la pénitence physique, le jeûne, le pèlerinage ou l'aumône. De retour en Allemagne, ce professeur de théologie à l'université de Wittenberg rédigea « 95 thèses » qu'il placarda le 31 octobre 1517 sur les portes de la cathédrale afin de les soumettre au débat public, ce qui lui valut une convocation à Rome, à laquelle il refusa de se rendre. Dans une des thèses, il attaquait vivement la vente : « Les indulgences dont les prédicateurs prônent à grands cris les mérites, n'en ont qu'un, celui de rapporter de l'argent.  » Excommunié par le pape Léon X pour hérésie le 3 janvier 1521, il brûla la bulle papale devant ses élèves.

Les idées de Luther ne tardèrent pas grâce à l'imprimerie naissante, à se répandre à travers toute l'Europe et finirent par y entraîner un schisme. Les monarques désireux de se libérer de l'emprise de l'Église romaine dont les membres du clergé étaient perçus comme corrompus et indignes du rôle qui leur était dévolu, se rallièrent à la Réforme. En France, les idées de Jean Calvin s'y répandirent à leur tour et plusieurs Églises protestantes (huguenots) virent le jour dans le Royaume de France. Le calvinisme qui condamne le principe de la monarchie, le culte des reliques et de la superstition trouve son prolongement dans le cartésianisme réprouvé par l'Église catholique. En novembre 1533, Jean Calvin dut s'enfuir de Paris, de rejoindre la Suisse avant de revenir à Strasbourg en 1538 où il demeura jusqu'en 1541. Le monarque qui ne craignait ni le pape ni les pays voisins acquis au protestantisme demeura fidèle au catholicisme ; la remise en cause de la foi aurait entraîné aussi une remise en cause de la monarchie puisque le roi détient son pouvoir de droit divin.

Certains passèrent au calvinisme par opportunisme politique lorsque les ordres de la chevalerie perdirent de leur importance (paix de Cateau-Cambresis en 1559). Les nobles récemment convertis gagnèrent en influence en se posant comme protecteurs politiques et religieux. Le pays allait connaître huit conflits religieux entre les catholiques et les protestants, le climax fut le massacre des huguenots (calvinistes) durant la nuit de la Saint-Barthélémy en 1572. Pour certains nobles, ce ne fut rien d'autre qu'une guerre de prédation ou de réappropriation. Les huguenots trouveront un défenseur en la personne de Voltaire, et Louis XVI accordera en 1787 un édit de tolérance.

S'il existe des femmes de petite vertu, on pourrait parler en l'occurrence et à propos de Fillon de l'impudence d'un homme capable de vivre des largesses d'autres paroissiens, allant jusqu'à accepter des cadeaux sans en remercier son généreux « donateur »... N'importe qui d'entre-nous sait qu'un don appelle un contre-don ou renvoi d'ascenseur... Son âpreté au gain semble si forte qu'il est allé jusqu'à récupérer une partie des salaires versés à ses enfants au titre d'assistants parlementaires..., à moins que l'on soit en présence d'un subterfuge destiné à embrouiller les enquêteurs. Détourner à son seul profit de l'argent public ou jouir de largesses indues n'a rien de respectable, c'est de l'enrichissement sans cause, c'est à dire constitutif d'un quasi délit. Mais peut-être que François « le Pieu » à la morale élastique s'est rêvé en un nouveau président new-look de droit divin républicain...

Comment l'austère anglicane Pénélope Fillon née Clarke convertie au catholicisme, vit-elle la situation en son âme et conscience ? elle qui fut élève au collège Henry VIII. Ce roi qui ne put obtenir du pape Clément VIII le droit de divorcer de Catherine d'Aragon qui n'avait pu donner naissance à un héritier après vingt-quatre années d'union, rompit les liens de l'Angleterre avec l'Église romaine (1529) et se déclara défenseur de la foi anglicane. François Fillon a épousé Pénélope à Sablé-sur-Sarthe en 1980, mariage civil suivi d'une célébration religieuse deux mois tard dans l'église anglicane de Llanover au Pays de Galles. A l'époque, il était peu courant qu'un fidèle catholique pratiquant de surcroît, passé par une scolarité chez les Jésuites, épouse une protestante ; les journalistes décrivent madame Pénélope Fillon comme une femme austère, discrète, voire effacée, signes respectables et communs à de nombreux protestants.

François Fillon aurait-il été l'objet d'un « transfert » ? Chacun sait que la vie commune finit par entrainer un certain mimétisme « caméléonesque » et que l'un des conjoints finit par « déteindre » sur l'autre. Qui a le plus influencé l'autre ? François Fillon serait-il un « catholique hybride », mentalité plus qu'une véritable foi ? Demander à l'autre de se convertir est déjà un signe d'intégrisme et un trait de caractère qui ne connaît pas la tempérance. Pourquoi ne pas avoir consacré un mariage inter-confessionnel catholique/protestant, chacun de vivre sa foi dans le respect de l'autre. Il est vrai que l'on ne sort pas indemne d'une scolarité chez les Jésuites...

D'après Weber, le dogme protestant aurait engendré un nouveau type de personnalité mettant l'accent sur la « vocation » de l'homme et l'obligation d'accomplir tout ce qui est en son pouvoir afin de remplir le rôle que Dieu lui a assigné dans la vie. Cela n'est pas sans nous rappeler la ténacité de Fillon qui se comporte en tous points comme si cela ne faisait aucun doute qu'il sera élu président de la République ! Si Fillon a commis une « erreur »... il n'en éprouve aucun remords, faute avouée n'est-elle pas à moitié pardonnée ? quant aux largesses dont il a été le bénéficiaire, ne lui permettent-elles pas de briguer la magistrature suprême dans l'intérêt de la France et pour le nôtre ! S'il y parvenait, il éprouverait le sentiment irraisonné du devoir accompli proche de la mégalomanie... Pour le psychologue David Mc Clelland, nous sommes en présence d'un mysticisme positif. Si François le « mystique » échoue, rejoindra-t-il l'ordre des pénitents et portera-t-il le silice tout en égrenant son chapelet ?

Un homme allait marquer son siècle, Jean-Jacques Rousseau, avec Le Contrat social publié en 1762. « L'État et la société ne sont pas des phénomènes naturels mais le résultat d'une création humaine volontaire. Dans un pacte social injuste, les riches ont convaincu les pauvres de s'unir à eux pour instaurer l'ordre.  » Rousseau d'opposer une obéissance qui ne soit ni soumission ni servitude, Nicolas Tavaglione de préciser que la souveraineté ne peut être confiée à des représentants, car « la déléguer reviendrait à court-circuiter l'expression de la volonté générale. »

 

Tous les hommes politiques sont imprégnés du livre écrit par Nicolas Machiavel en 1513, un traité sur l'art de gouverner. Le prince, selon Machiavel, devait allier « la ruse du renard à la force du lion afin d'exercer son pouvoir sans s'encombrer de moralité ». Une saine prise de conscience sera-t-elle suffisante pour engendrer un assainissement moral de la vie politique ? Tous nous avaient promis juré la main sur le cœur après avoir craché par terre, d'être irréprochables, et nous grands couillons, nous les avons crus.

Je suis un assisté

Jean-Michel Aphatie, qui est au journalisme ce que la brosse à reluire est aux chaussures d’un ministre, soutenait récemment, devant un Barthès naturellement goguenard, que les hommes politiques n’étaient pas assez payés et que cela expliquait pourquoi la plupart avait un second emploi. Et d’affirmer avec morgue que lui, à la place de Hollande, se serait augmenté. Bien entendu tout le monde sait que l’homme qui n’était pas là n’a pris cette mesure que par pure démagogie. Et en effet on n’oublie pas que c’est suite à ses défaites électorales que Jean-François Copé s’est empressé de prendre un boulot d’avocat, ainsi que son ami Sarkozy, ça tombe bien il va en avoir besoin… On pourrait répondre qu’en 1961 déjà, Michel Audiard dans le film le Président, dénonçait la collusion public/privé dans les emplois occupés par les députés. Je cite : « La Politique, messieurs, devrait être une vocation. Je suis sûr qu'elle l'est pour certains d'entre vous. Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient et qui nécessite de grosses mises de fonds. Une campagne électorale coûte cher. Mais pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du conseil, alors là, le placement devient inespéré. Les financiers d'autrefois achetaient des mines à Djelizer ou à Bazoa. Eh bien ceux d'aujourd'hui ont compris qu'il valait mieux régner à Matignon que dans l'Oubangui, et que de fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un roi nègre.  »… et à vrai dire on va s’arrêter là. Pas un seul français n’ignore la somme ahurissante de privilège que s’est arrogé notre caste politique. Les chiffres des salaires, des préretraites et retraites, indemnités diverses et variées, sans compter la faramineuse somme d’avantages en nature sont régulièrement publiés et dénoncés au point de devenir un phénomène de société en soi. La sur occupation des postes à responsabilité verrouille totalement la vie politique où trois gros partis se partagent le crachoir, avec le FN dans le rôle de l’épouvantail à moineau. La cooptation des pouvoirs et la mainmise de la classe dominante, celle de la moyenne et grande bourgeoisie sur les « grandes écoles » ainsi que l’assemblée comme le sénat créent un effet de plafond de verre. Quant à la justice elle semble faite pour le seul usage du citoyen ordinaire comme nous l’a rappelé Madame Lagarde en embarquant pour New York. Bref en gros, nous en sommes à peu près revenus à ce qui se passait avant la nuit du 4 aout, avant que ceux qui dominent aujourd’hui n’abolissent les privilèges…

 Il est temps de remettre les français au travail !

Du mise en examen Serge Dassault, dont l’incompétence industrielle nous a déjà coûté 47 milliards sur le Rafale, au sémillant Laurent Wauquiez, en passant par François Fillon ou l’héritier Pierre Gattaz, tous nous le répètent, les français ne foutent rien, il est temps d’en finir avec l’assistanat. Prenons par exemple Laurent Wauquiez, voilà un homme qui s’y connait en travail. N’est-il pas à la fois président du conseil régional, député, premier vice-président des Républicains, et maitre des requêtes au Conseil d’Etat ? Sans compter deux postes de ministre, un comme secrétaire d’état et un autre comme porte-parole, un de maire, plus ses fonctions au sein de son parti, et donc une vie publique forcément riche. Ajouter à cela qu’il est père de deux enfants et j’ose imaginer que cet homme a de nombreux amis et une vie privée. A mon avis, il doit y avoir une explication astrophysique géo localisée dans ce prodige, en France le temps se distord à mesure que le pouvoir grandit. Et comme nous avons à faire à des surhommes, forcément leur perception de nos petites vies est celle de Zeus sur l’Olympe. D’ailleurs Serge Dassault ne le déclarait-il pas avant que ses amis ne lèvent son impunité parlementaire : « la France d’en bas n’existerait pas sans la France d’en haut  ». ? Bref, entendre un homme politique ou le patron du Medef parler du travail ça fait à peu près le même effet que d’entendre le pape parler de sexe. Pourtant, il faut bien l’admettre la part des prestations sociales n’a cessé d’augmenter avec le temps, +35% en 2015 et en 2014 il y avait environs quatre millions d’assistés au RSA et tout ça a déjà couté plus de 25 milliards d’euros en 2015. C’est dire si on n’a plus les moyens de payer des vacances aux Bahamas aux feignasses. D’autant qu’en plus il y a les fraudeurs ! Rendez-vous compte, en 2013, la fraude aux prestations sociales représentait la somme astronomique de 350 millions d’euros ! Alors que la fraude aux cotisations sociales ne se situait qu’entre 20 à 25 milliards d’euros, une paille ! Ah mais oui nous dit la classe politique, mais toutes ces aides, quand même ça motive pas à chercher du travail. Et vous savez quoi, ils n’ont pas complètement tort. Petite explication.

 

L’assistanat, un drame dont on se passerait bien.

Evacuons tout de suite la question, 68% des travailleurs pauvres ayant droit au RSA activité n’y ont pas recours. Et moins de 1% des bénéficiaires d’aide ont déclaré que ne pas travailler était plus avantageux. Corollaire inhérent à une dépression et une psychopathologie déclarée tardivement, à 40 ans je me suis retrouvé sans domicile fixe et pour une durée de trois ans. Les gens ayant souvent un portrait fantasmé et souvent misérabiliste de la situation de SDF, je précise que comme beaucoup d’autres de mes camarades d’alors je vivais techniquement à l’hôtel au mois et que je travaillais ainsi que 30% des sans domicile. J’ai été successivement sondeur, serveur et réceptionniste. Je vivais à l’hôtel mais mon adresse légale était 1 Places Mazas, adresse commune à tous les SDF de Paris ne pouvant justifier d’un endroit où réceptionner leur courrier, en face de la morgue… Des emplois précaires et mal payés qui m’ont obligé à demander une aide aux Emmaüs. J’ai également vécu chez des « amis » et testé les limites de la solidarité quand on a fait de la psychiatrie, et comme je ne pouvais pas faire de demande de RSA au départ - j’avais bien trop gagné avant de plonger, et absolument tout claqué sous l’effet de ma pathologie - que j’ai quitté mon emploi de serveur, par exemple, pour ne pas sombrer dans l’alcoolisme encouragé par la direction, il m’est arrivé de ne pas avoir un sou pour me payer l’hôtel. Mais je me suis débrouillé avec les moyens du bord. Je me suis reconstitué un réseau relationnel en fréquentant un bar et à dessein. Evitant l’alcool à nouveau je me suis fait des relations et des amis. Pour retrouver un équilibre je me suis mis au sport, et en trois ans je n’ai finalement dormi qu’une seule fois dans un parc. Quand je n’avais pas les moyens de l’hôtel ou que le mien m’avait enfermé dehors (fermeture 22h) soit je passais la nuit dans un bar à tenir le crachoir des buveurs soit je me débrouillais pour qu’on me paye une chambre pour la nuit. J’ai même fini par me trouver un appartement par un ami connu dans ce bar. Hélas ma pathologie m’a rattrapé et je suis retourné à l’hôpital, détruisant dans la foulée tout ce que j’avais péniblement construit. Appelons ça de l’orgueil je n’aime pas faire appel à l’aide public, mais surtout je déteste les administrations, les files d’attente, et les paperasses. Pourtant j’y ai fait appel, et j’y ai appris à faire une chose, pleurer sur commande. Il n’y a que ça qui fonctionne à tous les coups. Faire pitié, donner l’impression qu’on est démuni, et à part avec quelques fonctionnaires et associatifs triés sur le volet ne jamais faire état de ses ressources pour ne pas sombrer. C’est mal vu de faire du sport, de chercher du travail, de tenter de se faire un entourage. Ça fait pas assez humilié sans doute. Mais l’ennui voyez-vous avec le RSA c’est que si vous gagnez un peu plus tel mois dans votre emploi précaire, le mois suivant votre RSA diminue. Et puisque par exemple un contrat de sondeur court d’une journée à une semaine voir deux pour 8,50 de l’heure, rien ne vous dit que le mois suivant vous travaillerez. A ce régime là si vous êtes SDF vous n’avez aucun moyen de refaire surface. Et si d’aventure vous gagnez la somme faramineuse de 800 euros comme réceptionniste à temps partiel comme je le fus, oubliez le RSA. Sachant que l’hôtel où vous vivez coûte 547 euros par mois, que telle association prend en charge là-dessus 350, il vous reste environs six cent euros pour vous nourrir, vous habiller, vivre. Sachant que bien évidemment il faut ajouter deux euros par jour pour la douche dans certains hôtels, et que vous mangerez dans tous les bouibouis du quartier faute de pouvoir cuisiner dans votre chambre. Et ici je parle d’une situation « confortable » je doute qu’un SDF de Rouen ou de Clermont Ferrant trouve facilement, emploi, hôtel, structure et moyen de locomotion. Bref ça douille d’être pauvre et en effet dans ce contexte on a plus intérêt à rien foutre qu’à vivre sur la corde voulu par des énarques qui n’ont pas la moindre idée de la réalité du terrain.

 Créez votre entreprise, vous m’en direz des nouvelles

Oui mais non. Vivre du RSA ce n‘est pas vivre. Une fois sorti de l’hôpital j’ai réussi à convaincre ma famille que eux aussi ils pouvaient se comporter en être humain. On m’a accordé un délai de deux semaines avant de retourner dans la rue, finalement je me suis suffisamment effacé pour que pendant cinq ans on me considère comme une nuisance supportable. Je suis passé de la catégorie des 700.000 SDF en 2013 à celle des 3 millions de « mal logés ». Je vivais alors en grande banlieue et je continuais péniblement à travailler toujours comme sondeur. Et puis j’en ai eu assez et je me suis dit, tiens si je créais mon entreprise. Je me suis tourné vers mon métier d’origine, concepteur-rédacteur dans la publicité et me suis mis à mon compte. L’Urssaf m’a donné un numéro en urgence après que j’ai poussé mon premier coup de gueule, m’associant à la convention collective…. des traducteurs. En effet pour une raison qui n‘appartient qu’à le seule administration seul les graphistes sont associés à la communication. Et c’est alors que j’ai fait connaissance avec le fameux RSI. Créé en 2005 pour faciliter les relations entre les indépendants et les organisations de protection sociale, le régime social des indépendants les a, en réalité, kafkaïsé. Quelques exemples. En 2010, 20 000 dossiers attendaient toujours d’être dûment immatriculés depuis deux ans : 20.000 entreprises ne pouvaient exercer légalement.… Certains administrés qui tentent de communiquer depuis trois ans avec le RSI se retrouvent avec 18 000 euros de cotisations en retard et 4 000 euros de frais de retard, faute de n’avoir jamais reçu de rappel de cotisation, faute également que leurs courriers parviennent où que ce soit. Car si les exigences du RSI sont immenses, son mode de communication tient de l’autisme, quand il ne s’agit pas simplement de déni. Résultat des courses : en 2007, 6,1 milliards d’euros de cotisations attendaient d’être payés ; en 2011 14,2 milliards, avec au moins 1,3 milliard pour la seule période 2008-2010. En ce qui me concerne en un an j’ai fait un misérable total de 5000 euros et le RSI m’en a pris 3700. J’ai donc naturellement laissé tomber. Quatre ans plus tard la Cipav, qui s’était imposé à moi, me réclamait encore 1700 euros qu’elle refusait que je paye par échelonnement ! Passé automatiquement du régime général au régime privé, je suis resté un an et demi sans sécurité sociale, et sans le savoir, le RSI ayant omis de signaler que j’avais cessé mon activité auprès de la CPAM. En gros en créant mon entreprise je me suis endetté à hauteur d’environ 5000 euros…et j’en étais au même point : un fichu assisté du RSA….

 L’apprentissage c’est l’avenir

 

Toujours François Fillon, sans emploi connu, définissait l’apprentissage comme « la voie royale du retour à l’emploi » et François Hollande futur rentier, expliquait que c’était « l’espoir ». Pas plus convaincu que Laurent Wauquiez de la pérennité d’un RSA j’ai donc décidé de me reconvertir au beau métier de cuisinier, et je précise sans avoir jamais cuisiné de ma vie. Bénéficiant du statut enviable de chômeur longue durée, ma formation assurée par le Greta était assortie d’un revenu indexé sur mes heures de présence en cours. La formation en France c’est un marché de 25 milliards d’euros assuré par les collectivités, l’état et les entreprises, et j’ai de la chance parce qu’en réalité c’est un marché tellement juteux et tellement abusé que seul 13% de cette somme va expressément aux chômeurs. Le Greta lui est une émanation de l’état son budget est annexé au budget de l’établissement support de la formation (EPLE) en concurrence avec l’Afpa, l’autre organisme de formation de l’état. En 2010 pour un demi-million de stagiaire il dégageait un volume d’activité de 459 millions d’euros dont une partie est censée revenir aux établissements accueillant, ce qui, si l’on en croit les responsables des comptes des dits établissements ne va pas de soi, avec parfois des retards de 10 ans… N’ayant pas mon bac, à la différence de François Fillon et de Jean François Copé, on m’indiqua donc qu’en plus des cours de cuisine théorique et pratique je suivrais des cours d’anglais, de français et de mathématique. Ça me convenait, un petit rafraichissement de mémoire ne me ferait pas de mal. Dans les faits, étant bilingue, la prof d’anglais passait le plus clair de son temps à me demander de valider ce qu’elle disait, et je lui servais d’assistant. La prof de français était tellement à la ramasse qu’elle nous confia à des logiciels en ligne d’apprentissage de français. Et quand je lui expliquais que je n’avais pas exactement besoin d’apprendre à faire une dissertation mais de cours de grammaire, me riait au nez et me forçait à faire un exposé (…) sur un thème imposé. Vous pouvez le lire, il s’agit de l’article sur le Tibet… Quant au cours pratique et théorique, disons que pratiquement ils enseignaient à peu près tout excepté ce à quoi nous allions être réellement confrontés en cuisine. Je sais faire en théorie une pâte feuilleté ou une crème anglaise, de la glace ou tailler et nettoyer une truite, et faire un fond brun Dans les faits, aucun restaurant excepté gastronomique ne fait de pâte feuilleté, de glace ou de crème anglaise, les poissons sont déjà préparés sinon congelés et il est interdit de garder un fond brun plus de douze heures et seulement à condition d’avoir une cellule de refroidissement. Or comme ça prend environ trois bonnes heures, la plupart des restaurants n’ont pas les moyens ni le temps de s’y consacrer. En réalité l’apprentissage se fait en stage et à la dur. Que vous ayez cinquante ou 15 ans on vous parlera de la même manière, et si je connaissais assez l’univers en cuisine pour l’avoir fréquenté, si avant ma formation j’avais fait déjà quatre mois en cuisine comme commis et second (et toujours sans rien y connaitre, d’où la nécessité d’une formation) j’avoue que se faire hurler dessus par un gamin de 20 ans pour une tâche insignifiante sur un mur ne va pas de soi. Pas plus que de devoir travailler dans un restaurant où le patron ramène les courses pile poil en plein service, ou vous impose un chef sans diplôme, sans méthode, sans hygiène mais corvéable et pas cher. J’ai fini par trouver le moyen de me casser la main en allant chercher des produits à la cave d’un restaurant, le chef pensait que je simulais… J’ai tout de même eu mon diplôme. Reste que le Greta étant déplorablement organisé, on nous faisait sauter des cours mais on nous obligeait à rester pour justifier le budget. Nos emplois du temps changeaient constamment et tant pis pour ceux qui avaient des enfants à l’école. Qu’il pouvait arriver qu’on nous renvoie chez nous comme des enfants parce qu’on avait oublié de se raser ou tel couteau de découpe, autant d’argent qui n’entrait pas à la fin du mois, mais ça le Greta n’en n’avait cure. Sans compter le prix d’une valise de couteaux, les ouvrages de référence et les tenues, compter environs trois cent cinquante euros. Et qu’à nouveau on n’était absolument pas préparé, que nos professeurs de cuisine étaient, de leur propre aveu, payé 12 euros de l’heure pour faire du tourisme et de la garderie, en gros. Mais donc j’avais un métier et me voilà lancé dans la grande aventure… de la précarité et de l’escroquerie en bande organisée. En deux ans, je n’ai jamais travaillé plus d’un mois d’affilé. Dans un pub, à raison de 10 heures par jour, cinq jours sur sept, j’ai touché la somme folle de 947 euros… pour 1400 brut. Dans une brasserie, engagé comme chef de parti, j’ai été plongeur pendant un mois, uniquement parce que le chef de parti qui faisait office de chef ne m’aimait pas, et quand j’ai fini par protester je me suis fait virer. Dans un bistronomique j’ai assuré jusqu’à 13 heures de travail par jours comme chef de parti froid (dessert et entrée) et je dormais aux environs de quatre heures par nuit après deux kilomètres de marche (plus de transport). Le lendemain de la signature de mon CDI, j’étais viré, ils avaient trouvé une commis qui ferait l’affaire pour moins cher… il y aurait très long à dire sur la réalité des cuisines et de la restauration, je ne m’attarderais pas dessus. Disons qu’en tant que cuisinier, si vous aimez la cuisine faites la dans un gastronomique sinon chez vous. En tant que professionnel si votre but est de vous faire exploiter et sous-payer vous avez décroché le gros lot. Et en tant que client, si vous voulez manger quelque chose qui a été fait dans des conditions d’hygiène acceptables, évitez comme le diable les restaurants en continue. En deux ans je me suis fait exploiter, escroquer abuser, hurler dessus, j’ai bien failli me battre deux ou trois fois avec des commis mal élevés. Je me suis cassé une main, j’ai travaillé avec une clavicule fêlée, me suis taillé les doigts et brûlé un nombre incalculable de fois, le tout en étant atteint d’une pathologie où le stress est contre indiqué. Alors quand enfin j’ai accepté de me voir comme un handicapé, que j’ai fait ma demande d‘allocation d’assisté handicapé et que le faramineux montant (1080 euros avec l’aide au logement pour un loyer de 477 euros…) m’a permis de me payer cocaïne et call girl, j’ai totalement cessé de travailler pendant deux ans. Vous comprenez maintenant ce que je disais quand j’expliquais que Laurent Wauquiez avait raison, mon allocation ne m’a pas incité à rechercher du travail mais à rester chez moi écrire gratuitement des articles… quelle honte. Reste que je suis indécrottablement têtu et que j’ai pour projet cette fois, puisque mon allocation a été renouvelée, de trouver un travail, et pire, un projet fou, un travail qui me plait, bosser avec les gosses comme AVS (auxiliaire de vie scolaire). Au mois de septembre sur la base d’un CV généraliste et d’une lettre de motivation une directrice d’établissement a voulu me rencontrer. Hélas entre temps l’éducation nationale avait bloqué les embauches. Ce mois-ci, sur la base du même CV et de la même lettre un employé de Pôle Emploi a décrété qu’’il ne pouvait pas les présenter, qu’aucun chef d’établissement n’en voudrait… Bref je suis un salaud d’assisté et au fond le seul statut qu’on veut bien me reconnaitre c’est celui d’handicapé.

 En fait, nous n’avons rien

 

compris : le programme de

 

Fillon n’est pas une purge...

 

Suppression de l'impôt sur la fortune, baisse des charges des entreprises, suppression des 35 heures, report de l'âge de la retraite à 65 ans, taux principal de TVA augmenté : il passera de 20 à 22%. tel est le programme que propose encore et toujours François Fillon...
 
Mais François Fillon affirme que ce n'est pas "une purge"...
Le candidat de la droite a assuré ce lundi que son projet, présenté à la presse, "ne demande pas d'efforts".
 "Ceux qui décrivent ce projet comme une purge ont tout faux", a-t-il déclaré... "Ils sont soit aveuglés par la mauvaise foi et l'idéologie, soit empêtrés dans leur propre manque de volontarisme", a précisé le candidat LR...

En fait, encore une fois, nous n'avons rien compris.
 
On perçoit, là, une tendance des hommes et des femmes politiques à dénier les réalités... 
 
On connaît cette stratégie maintes fois utilisée par nos "élites" : les enseignants n'avaient pas compris non plus la réforme des collèges initiée par Najat Vallaud-Belkacem, les enseignants n'avaient pas su discerner les prétendus "avantages" de cette refondation des programmes.
 
Les enseignants n'avaient pas perçu l'intérêt des TPI ou travaux inter-disciplinaires qui semblaient être une panacée pour la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem...

De la même façon, nous n'avions pas compris la réforme du droit du travail, la ministre Myriam El Khomri avait prétendu que son projet n'avait pas été bien lu ni bien compris par ceux qui le critiquaient...
 
Moins d'enseignants, moins d'infirmières, moins de policiers... une augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire.
De quoi s'agit-il, sinon d'une purge ?

Cette stratégie qui consiste à dire que le peuple n'a pas compris relève du mépris et de l'arrogance.
 
Le programme de François Fillon pénalise les gens modestes, ceux qui peinent pour gagner leur vie, ceux qui, arrivés à 60 ans sont déjà éreintés par les tâches qu'on leur demande d'accomplir.

François Fillon affirme, contre toute évidence, que son programme n'est pas une purge.

Il fait fi de la réalité et se moque d'un électorat populaire qu'il veut soumettre à une austérité ravageuse, alors que lui-même se vautre dans des privilèges qui sont ceux de sa caste...

Vêtements sur mesure, montres luxueuses, voitures de course... François Fillon veut imposer aux français une cure d'austérité tout en continuant à profiter d'avantages somptueux. 

 

Documents joints à cet article

Fillon, mis en examen, mais toujours candidat : une honte pour la France

 

François Fillon a été mis en examen le 14 mars, un jour avant la date prévue, pour « détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse ». Son maintien, coûte que coûte, candidat à la présidence de la République, donne une image déplorable de la République bananière française, où un tel scandale ne devrait pas être permis, à ce niveau-là !

C’est à coup sûr, un pari plus que jamais à très haut risque pour lui, et pour son camp de finir en miettes aux législatives de juin. Mais Fillon n’en a cure et enverra, quoi qu’il advienne, ses kamikazes républicains à un casse-pipe certain. Face à un tel degré d’inconscience et d’inconséquence, il n’est pas exclu que d’autres défections interviennent en nombre, beaucoup d’élus, notamment des gaullistes sincères, n’ont aucunement envie de se perdre, dans cette aventure suicidaire, pour sauver le timonier intégriste Fillon.

Car, voilà un homme politique qui, fin janvier, quand le Canard enchaîné a révélé l'affaire, avait annoncé son retrait en cas de mise en examen, et qui, au contraire, du haut d’un cynisme rare, fait fi à présent des infractions présumées, qui lui sont reprochées par la justice, en menant une campagne « à l’africaine », sans se soucier du désastre causé dans son propre camp, et se fichant manifestement de l’opinion, très majoritairement négative, des Français à son égard.

Comment ose-t-il, lui qui ne manque aucune occasion de se réclamer du gaullisme, insulter à ce point l’éthique du général, qui ne plaisantait pas avec la morale et la probité ? Car, en continuant à revendiquer son appartenance à l’héritage gaullien, Fillon, le sarkozyste « monsieur pas si propre que çà » en salit ni plus ni moins l’image, comme le fit, avant lui, sans aucune vergogne, son mentor Sarkozy.

Les juges ont choisi « l’inculpation » et non le statut de témoin assisté

Le plus grave, et le plus inquiétant aussi, -car fait probablement unique dans l’histoire de France, au-delà de cette affaire du Penelope Gate et de celles qui suivent ou risquent d’éclater-, est qu’un présumé délinquant, mis en examen, a le front de maintenir sa candidature à la plus haute magistrature de l’Etat français.

Ce politicien, empêtré dans une défense insensée, visant à mettre en cause les juges et à ériger ses électeurs en justiciers, vient d’être, selon l’ancienne terminologie juridique « inculpé » de faits graves et potentiellement condamnables, devant un tribunal correctionnel, à l’issue de l’instruction si les juges le décident. Or, les trois juges saisis de cette affaire ont appliqué, stricto sensu, la règle qui veut qu’une mise en examen intervient quand suffisamment de preuves confortent leur intime conviction, qu’une infraction grave a été commise.

Ils auraient pu, si un doute subsistait dans les faits qu’ils ont eu à examiner dans le dossier des emplois fictifs, se contenter de placer Monsieur Fillon sous le simple statut de témoin assisté. Ce n’est pas le cas ! Cela signifie que pèse à l’encontre du candidat Les Républicains des indices graves et ou concordants prouvant son implication dans les faits instruits.

Les électeurs de droite face à leur conscience

A partir d’aujourd’hui, les Français, en tout cas les fanatiques du « père la morale » et les électeurs de droite lambda, vont devoir se déterminer en toute connaissance de cause et en conscience. Avec cette question centrale : peut-on, dans une démocratie digne de ce nom, désigner comme plus haut responsable du pays, un homme qui cherche à se faire élire pour échapper aux poursuites judiciaires ?

 

Et que l’on ne nous ressorte pas l’argument spécieux de la présomption d’innocence, pour ce cas bien particulier.

PénélopeGate : le Thénardier de la Sarthe mis en examen 

Que "François Thénardier de la Sarthe" soit mis en examen, n'est pas une surprise. Plus surprenant, c'est que, désormais, cet individu, peut être affublé du patronyme de Thénardier, personnage infâme célébré par Victor Hugo, dans son très fameux roman : Les Misérables.

Pourquoi Thénardier ? On savait l'individu poursuit pour au moins 5 chefs d'inculpation. Mais, ce qu'on ne savait pas, c'est que, grâce aux fuites de l'instruction (merci à elles !), François Thénardier de la Sarthe a demandé :

- à ses enfants, Marie et Charles, de lui rembourser l'argent de poche qu'il leur a donné durant leur adolescence, ainsi qu'une partie des frais de mariage. Thénardier aurait présenté la note à sa fille Marie, et à la justice, les factures du mariage. Drôle de bonhomme, ce catholique quelque peu machiavélique !

- à des amis, de lui offrir une garde-robe complète, d'une valeur de 48 500 euros, dès 2012.

Je ne suis pas de droite (PSU de la fin des années 60), pourtant, avant ce PénélopeGate, j'aurai donné à l'individu de la Sarthe, le Bon dieu sans confession. Un vrai Jésus en culotte de soie. Il me semblait moins fourbe, moins calculateur, plus honnête, plus probe et même plus propre sur lui que Sarkozy, son patron tant décrié. Mais, au vu des faits qui lui sont, aujourd'hui, reprochés, Sarkozy semble un enfant juvénile par rapport à ce François Thénardier de la Sarthe. Et, on ne sait pas tout, encore !

Comment le Thénardier de la Sarthe a-t-il pu, avec un simple salaire de parlementaire, de 4 964 euros par mois, avoir un tel train de vie : château, costumes à 6 500 euros pièce, voiture de course, etc., etc.

La femme de Thénardier a-t-elle été obligée de s'inscrire au chômage pour amener des sous à son triste époux ? La justice a dû enquêter, là aussi. Le peuple a le droit de savoir ! Si Thénardier a poussé Pénélope à s'inscrire au chômage, ce serait un comble. Cela me donne déjà l'envie de vomir.

Rendez-vous compte. Comment un individu, dont la fonction est d'être irréprochable et plus respectable que n'importe quel citoyen, car élu du peuple, peut-il avoir un tel comportement, un tel rapport à l'argent, avec un visage, finalement, d'enfant de cœur ; avant que sa terrible malhonnêteté soit découverte ?

Mais, ce n'est pas tout ! Car François Thénardier de la Sarthe, n'a même plus d'honneur. Sa parole ne compte même plus. Il avait juré, sur TF1, ne pas se présenter en cas de mise en examen. Charles de Gaulle et Philippe Seguin, les références du Sarthois indélicat, doivent se retourner dans leur tombe !

Mais, s'il y a un Thénardier, c'est qu'il y a une Cosette.

Dans le roman de Victor Hugo, Cosette, c'est celle qui bosse, qui trime pour son patron esclavagiste, et qui, in fine, fait vivre la famille détestable des Thénardier(s) : le père, bien sûr, mais aussi la mère et tous leurs enfants.

Dans le roman (à faire) du PénélopeGate, Cosette : c'est le contribuable ! Vous, moi, nous. Pauvres cons ! disent déjà certains, en découvrant que même les lacets et les cravates de l'individu de la Sarthe ont été achetés avec l'argent public. Argent que le candidat, sarthois, à la présidentielle, compte amasser encore plus, en réduisant le nombre de fonctionnaires de 500 000 unités, en ne remboursant plus certains médicaments, en augmentant de 20 à 22% la TVA, etc., etc.

En août 2007, cet individu déclarait "Je suis à la tête d'un État en faillite  !". Rien que cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Car, le seigneur, égocentrique, de la Sarthe, se croyait chef de la France, alors qu'il n'était que le collaborateur de Sarkozy, président élu. Cinq ans après, François Thénardier de la Sarthe passait à Hollande une France au bord de l'abîme. Ayant perdu son triple A et une dette, augmentée de 600 milliards d'euros. Ces 5 années au pouvoir, de 2007 à 2012, ont montré l'incompétence de cet individu. Ces 2 derniers mois ont montré, qu'en plus, il était sans aucune morale, malhonnête, menteur, suffisant, comptant chaque sou qui rentre dans ses comptes bancaires, n'ayant aucun honneur quant à la parole donnée, etc., etc. Mais : beau parleur, télégénique, tenace contre vents et marées, borné et bien décidé à aller jusqu'au bout pour essayer d'obtenir la précieuse, bien que très scandaleuse, immunité présidentielle.

 

Crédit photo : Pinterest

Benoît Hamon, voiture-balai d’un PS vermoulu

Que certains aient appelé de leurs vœux un compromis gribouillé sur un coin de table entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, rétrospectivement, donne des sueurs froides ! Si « La France insoumise » s’est donnée la peine de bâtir un programme, on suppose que ce n’est pas pour se livrer, en catimini, à des marchandages pré-électoraux avec une social-démocratie moribonde. Le péril semble écarté, mais c’est le moment de rappeler quelques évidences…

Il faudrait l’admettre une fois pour toutes : M. Hamon n’est qu’un margoulin chargé de recycler la vieille garde d’un parti vermoulu qui contamine tout ce qu’il touche. Ni son programme de bric et de broc, ni ses concessions aux caciques solfériniens, ni le ralliement alimentaire des girouettes écologistes ne viendront démentir cette analyse. Ceux qui ont combattu la Loi-Travail sous les crachats combinés du « Figaro », du FN, du MEDEF et de Manuel Valls, par contre, en savent quelque chose.

Le pouvoir socialiste a trahi ses engagements, il a failli à sa mission et berné le peuple. La démonstration est plus que suffisante. Que M. Hamon se présente aujourd’hui la bouche en cœur n’y changera rien. Durant toutes ces années, que l’on sache, il a été ministre et député socialiste. Il vient d’investir pour les législatives ceux qui ont poignardé dans le dos les travailleurs de ce pays et ruiné l’indépendance nationale. Sa candidature est une supercherie, une arnaque. C’est la voiture-balai des rescapés d’un quinquennat de trahison.

Depuis 2012, ce dirigeant socialiste a approuvé la politique étrangère d’une présidence qui a battu tous les records de servilité atlantiste, d’arrogance néo-coloniale et de veule soumission à la politique sioniste. M. Hamon se réjouit de notre allégeance à l’OTAN, il répète comme un perroquet les poncifs néo-cons sur la Syrie, il est un chaud partisan de l’intégration européenne et ne voit aucun inconvénient à la politique dictée par l’ordo libéralisme allemand puisqu’il se garde bien d’indiquer comment y mettre fin.

Ses propositions en témoignent. Alors que la monnaie unique européenne est une usine à chômage et qu’il est urgent d’en sortir, M. Hamon veut la sauver. Comment ? En créant un parlement de l’euro. Avec qui, et pour quoi faire ? Il paraît qu’on en rit encore à Berlin. Il veut instituer le revenu universel, mais cette marotte électorale signifie en réalité l’acceptation du chômage de masse. C’est une idée néo-libérale déguisée en lubie progressiste, dans laquelle le secrétaire général de la CGT, à juste titre, voit la « négation du travail ».

Pour exécuter les diktats de la Banque centrale européenne et asservir le pays aux multinationales, le PS a poursuivi sous la présidence de François Hollande une démolition en règle des acquis de la Libération que la droite n’avait jamais osé entreprendre. Redoublant de zèle, les socialistes ont mené aussi loin que possible la mise en cause des droits collectifs, chaque régression permettant de franchir un nouveau seuil symbolique. M. Hamon a la bouche en cœur, mais il est socialiste. Demain, s’il est élu, il fera la même chose.

Pour ceux qui ont la mémoire courte, il faut rappeler que les droits des travailleurs français ont été conquis de haute lutte. Sans les occupations d’usines de l’été 36, les salariés ne partiraient jamais en congés payés. Sans les combats héroïques de la Résistance et de la Libération, la Sécurité sociale et les comités d’entreprise n’auraient jamais vu le jour. Sans les grèves ouvrières de juin 68, la revalorisation salariale exigée par la croissance des Trente Glorieuses serait restée un vœu pieux.

Le parti socialiste, lors de ces combats historiques, était aux abonnés absents. Léon Blum a pris acte du rapport de forces en mai-juin 1936, puis il a saboté le Front populaire en trahissant la République espagnole. La SFIO n’a joué qu’un rôle secondaire à la Libération, où le général de Gaulle confia les postes-clé aux communistes, qui ont créé la Sécurité sociale et promu l’effort de reconstruction économique. En 1968, le PS était inexistant, et c’est la CGT de Georges Séguy qui a négocié les accords de Grenelle. Quant aux avancées de 1981, le PS les a reniées, en même temps qu’une souveraineté dont il est avec la droite le principal fossoyeur.

L’expérience historique sert quand même à quelque chose. Le rôle des socialistes, c’est d’organiser une alternance au pouvoir purement cosmétique, dont le principal résultat est d’empêcher une véritable alternative à la tyrannie du capital. C’est de nous distraire de l’essentiel pour garantir la pérennité d’un système dont la caste politicienne reçoit ses prébendes. C’est de substituer à la véritable question, celle de la répartition du produit social et de l’exercice de la souveraineté populaire qui en est la condition, toute une série de contre-feux et de querelles grotesques.

 

De la théorie du genre à l’antisémitisme, du mariage pour tous au voile islamique, de la réforme de l’orthographe à la gestation pour autrui, de la dépénalisation du cannabis au revenu universel, le PS adore les controverses périphériques. Illusionniste par goût et par profession, il a une dilection particulière pour ces écrans de fumée qu’on jette aux yeux des citoyens médusés. M. Hamon va nous en servir, de la poudre aux yeux, vous allez voir. La voiture-balai de ce quinquennat d’imposture, elle aussi, est « en marche ».

De Macronneries en Fillonneries

La nouvelle coqueluche du PS n’est pas celle que les militants ont choisie, ce qui pose la question de l’opportunité des primaires, car les militants ont choisi, pour beaucoup, l’ex-ministre de l’économie, alors que celui-ci a trahi son camp, et son président.

Il est intéressant de regarder de plus près les déclarations d’Emmanuel Macron, qui tout en se disant « ni de gauche ni de droite », n’a cessé de se contredire.

Dans le camp des insoumis, la messe est dite : « Macron n’est ni de gauche, ni de gauche », et pour s’en convaincre, ils nous proposent une courte vidéo.

Olivier Besancenot avait fait une analyse percutante portant sur les déclarations de Macron, du temps qu’il était encore ministre, et elle reste d'actualité. vidéo

S’il faut en croire Pierre-Emmanuel Barré « ce mec (Macron) est tellement de droite qu’on dirait Michel Sardou qui a mangé Donald Trump ».

Ce n’est donc pas sans raisons qu’une centaine des « jeunes avec Juppé » ont décidé de rejoindre le camp du candidat qui est « en marche ». 

Hervé Nathan, un politologue, va un peu plus loin et évoque « l’arnaque au programme ».

Évoquant l’aplomb habituel de Macron qui se lancerait dans une « aventure de refondation politique avec de bien pauvres propositions », il explique combien le programme du candidat « d’en marche » est maigrelet, avec sa demi-douzaine de pistes, qui ne pourraient en aucun cas tenir de « programme pour réformer un pays  ».

Pour Nathan, « ce programme n’affiche aucun objectif, et n’avoue aucun moyen, proche du délit de publicité abusive, on se rue alors sur les moindres détails pour en extraire ce qui fait un tant soit peu de sens. Et c’est là qu’on découvre à la fois les racines du Macron et ses lacunes, tant il est vrai qu’on ne sort de l’ambiguïté -même un petit peu- qu’à son détriment ».

Il accuse le candidat d’enfiler des perles, des lieux communs, comme : « ouvrir le système à ceux qui en sont exclus, grâce au dialogue social  »...et le politologue continue en décryptant la langue de bois macronique...

Ainsi « sécuriser la rupture et l’après rupture », peut se traduire par « faciliter les licenciements en prévoyant d’avance un barème d’indemnisation et aussi un délai court de jugement par les prudhommes ».

On comprend aussi que le SMIC jeune permet de le faire travailler plus longtemps que ses ainés, en prétextant un manque de formation...

En fait il s’agit simplement de la loi Balladur de 1994, devenue le CPE de Villepin en 2006...

Quant à la retraite « flexible » (entre 60 et 67 ans), ce n’est pas une nouveauté, puisqu’elle existe déjà sous le nom de « retraite progressive ».

Rien de nouveau sous le soleil non plus au sujet de « la modulation du temps de travail en fonction de l’âge », déjà prévue dans la loi travail El Khomri sous l’appellation « compte épargne temps ». 

Macron rejoint aussi Bruno Le Maire, et François Fillon lorsqu’il évoque la nationalisation de l’Unedic, laquelle permettrait d’en faire un droit universel destiné aux auto-entrepreneurs et aux salariés démissionnaires, sauf que là non plus, ce n’est pas une innovation, puisque c’est le thème du rapport Sirugue, Vanlerberghe et Percheron.

Tout compte fait, le programme Macron ressemble comme un frère jumeau à celui de Giscard qui proposait son fameux « changement dans la continuité », repris, quelques années après, par Sarközi

Qu’importe, pour l’un des récents renforts socialistes du candidat marcheur, Ségolène Royal en l’occurrence : « Emmanuel Macron amène de l’air à la vie politique »...mais sur le fond elle aurait pu tout aussi bien affirmer qu’il brassait du vent.

Enfin, pour Macron, une certitude, il sera Président de la République, s’il faut en croire le malheureux lapsus qu’il a commis. 

Quittons Macron pour Fillon qui nous propose de nouvelles frasques avec ses frusques.

On a récemment appris qu’un généreux mécène lui avait offert pour près de 50 000 euros de beaux habits du dimanche, sans qu’on sache ni le nom du généreux donateur, ni s’il y avait une contrepartie.

On se souvient en effet que Fillon, alors qu’il était premier ministre de Sarközi, avait décoré de la Grand-croix de la Légion d’Honneur son ami et bienfaiteur Marc Ladreit de Lacharrière, en 2011, lequel lui avait prêté sans intérêt à la même époque la jolie somme de 50 000 euros

Sauf que Fillon a « oublié » de signaler ce prêt dans sa déclaration de patrimoine à la HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique), oubli qui pourrait lui coûter cher puisque pour le même délit, Patrick Balkany et Serge Dassault ont été poursuivis, voire condamnés. 

Fillon en saura plus le 15 mars, date à laquelle il est convoqué par la justice aux fins de mise en examen.

Tous ces démêlés judiciaires n’ont pas empêché le candidat LR de préconiser un gouvernement placé sous le signe de la « bonne conduite ».

L’occasion d’évoquer les cadeaux du Qatar, dont on découvre les bénéficiaires dans le livre de Bérengère Bonte, « la République Française du Qatar  » (Bayard éditeur)... l’émir distribuait des liasses de 10 000 euros à des élus français de haut rang, et dans la liste, outre l’inévitable Balkany, il y a aussi le nom de Valls, Juppé et comme par hasard celui de François Fillon

Mais revenons au prêt offert à ce dernier.

Il n’est pas sans rappeler celui que Pierre Bérégovoy avait reçu de Patrice Pelat (dont la mort laisse planer un mystère) le milliardaire ami de François Mitterrand, ce qui provoquera par la suite le suicide du ministre accablé par la honte, même si ce suicide laisse lui aussi beaucoup de zones d’ombre. 

C’était l’époque où il se faisait payer des robes de haute couture pour ses maitresses. 

Autre temps, même mœurs...

Revenons au candidat LR...

Un esprit taquin fera observer que si, à la fin avril, après s’être fait tailler un costard, il se prend une veste, ça n’en fera jamais qu’une de plus, car à ce jour, Fillon qui a refusé obstinément de passer la main, stagne dans les intentions de vote, gardant régulièrement la 3ème ou 4ème place dans les intentions de vote. 

Et pourtant, les cathos de la « manif pour tous » veulent sa victoire, au point de lancer une alarme : « il faut prier pour lui » clamait une pratiquante ...et s’adressant au candidat dans son beau costume : « je prie tous les jours la vierge Marie... elle va vous amener à la victoire... Jeanne d’arc va vous amener à la victoire... ! » Puis s’adressant aux autres, massés au pied du podium où se tient le candidat : « il faut prier pour lui ! Il faut le confier à Jeanne d’Arc... il faut le confier à Clovis  »...vidéo

 

Comme dit mon vieil ami africain : « chaque marigot à son crocodile ».

La ville des chiens

L'arrêté de la honte.

La douceur de la Loire, ce n’est pas en Orléans que vous la trouverez : il vous faudra descendre plus en aval pour profiter de la quiétude et d’un accueil chaleureux, des châteaux et des Ligériens souriants et bienveillants. La cité des chiens vous montrera les crocs ; elle est si hautaine, si imbue d’un passé durant lequel elle s’est toujours rêvée capitale du royaume. Les temps ont changé, les Ducs sont restés aux portes du pouvoir, les Rois ont préféré la Seine et le commerce négrier a cessé de l’enrichir ; pourtant la ville continue de se montrer impitoyable aux humbles et si bienveillante pour les puissants, les margoulins et les gougnafiers sans honneur.

L'obséquiosité est, en cette place, un art de vivre en société. On se congratule entre crapules, on se salue entre obligés, on se passe de la pommade dans le dos tandis que, par derrière, les couteaux sont tirés. La grimace est de mise, la politesse est feinte, l’hypocrisie une nécessité. Jamais ville de province ne réussit à ce point à synthétiser à merveille toutes les mesquineries d’une bourgeoisie indécrottable et indéboulonnable.

La rumeur d’Orléans fut, à ce titre, le point d’orgue des bassesses de cette société enkystée dans ses jalousies, ses mesquineries, ses abjections et ses trahisons. Il convient certes de ne jamais remuer ce passé fangeux : les relents ne sont pas si loin qu’ils ne puissent ressurgir sans qu’on y prenne garde. La grande fête Johannique exprime à merveille cette pesanteur de caste qui met en avant la bourgeoisie et l’église dans le mépris d’un peuple, tout juste bon à regarder défiler ses maîtres.

Alors comment s’étonner que pareille ville du bien-vivre ait décidé de rendre illégales la pauvreté et la mendicité, corollaires de la misère ? Le bourgeois ne veut pas voir entre ses murs de mains tendues et de pauvres qui font la manche ; il refuse que le parvis de sa cathédrale soit souillé par des gueux réclamant une soupe chaude ; il repousse les miséreux dans les faubourgs ou les villes d’alentour, tout en réclamant à tous d’avoir l’esprit Métropole pour toujours plus jouir des avantages d’une centralisation outrancière.

L’arrêté mendicité est une souillure, une tache, une insulte à la dignité des citoyens au nom desquels il a été promulgué. La ville, policée et caméra-surveillée, traque l’attroupement, chasse le sans-domicile, repousse les mineurs isolés, méprise les étrangers. Que toutes ces racailles aillent tenter de survivre loin des chastes yeux d’électeurs complices et bien contents qu’on commette ces ignominies en leur nom.

 

J’ai honte d’être témoin de cette abjection. Avec quelques Orléanais qui ont encore le sens de l’honneur, nous exigeons le retrait de l’arrêté de la honte, nous demandons encore que les structures d’accueil des exclus de la galette soient plus dignes. Le Relais Orléanais est devenu, au fil du temps, un véritable cloaque, un lieu d’exclusion répugnant où se concentrent toutes les détresses qu’il faut cacher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce mardi, nous n’avons jamais autant servi de repas, reçu autant de gens qui fuyaient la grêle, le vent, le froid. Ils sont venus s’entasser dans des locaux qui n’en peuvent plus de recevoir autant de misère. Les travaux promis sont sans cesse repoussés, il faut respecter des conditions délirantes comme celle de ne pas donner sur la rue afin de ne pas froisser la sensibilité si délicate des Orléanais. Il faut encore, dans le même temps, suppléer la ville et servir d'établissement de bains-douches pour ces pauvres gens, avec deux malheureuses douches et si peu de WC.

Les chiens traitent pire que des chiens ceux qui ne sont pas issus de leur caste, de leur immonde coterie. Si l’enfer existe, ils y retrouveront leur cher Gilles de Rais qu’ils continuent de célébrer sans honte ni honneur en affichant ses oriflammes dans la maison de Dieu. Car tels sont ces gens sans dignité aucune qui s’inclinent devant des salauds et repoussent ceux qui sont dans la détresse.

Les chiens qui se targuent de connaître leur histoire en la limitant aux grands faits de leur chère Pucelle, avaient sans doute perdu de vue que la cité fut aussi celle des guêpins : de ceux qui piquent les puissants, qui ne gardent pas leur dard dans leur poche. Les voilà servis pour quelque temps ! Que ce billet les empêche enfin de trouver le sommeil. Ceux qui sont pourchassés par cet arrêté scélérat ont bien du mal à le trouver également. Ce n’est que justice et équité qu’ils soient pourfendus et méprisés à leur tour.

Les Chiens aboient et le Bonimenteur s’en passe. Voilà bien quelques horions fort mérités, messieurs et mesdames de cette infâme coterie !

Humainement leur.

https://www.facebook.com/yves.bodard/videos/1234051173348775/

 

 

Stratégie politique

Toute la bourgeoisie capitaliste est mobilisée. Spéculateurs, actionnaires, patrons, tous se regroupent derrière leur candidat afin de préparer le triomphe au deuxième tour du défenseur des inégalités, de l’injustice, de la finance française, européenne ou mondiale. Les grandes manœuvres ont commencé, des socialo réformistes qui quittent le PS pour rejoindre Macron, électeurs de droite qui soutenaient Fillon rejoignent l’extrême droite, des militants en désaccord avec la politique du FN quittent leur parti.

Que ce soit Macron, Fillon ou Le Pen ils soutiennent la continuité de ce système qui consiste à exploiter les travailleurs et ponctionner le peuple par des taxes et prélèvements divers.

 Avec l’aide de leurs médias, journaux, télévision, les barons de la finance s’arrangent pour favoriser au premier tour les candidats intégrés à leur économie capitaliste, réduisant au stricte minimum l’audience des candidats qui dénoncent les abus de ce système. Le but c’est arriver au second tour avec Macron et Le Pen. Ainsi la presse bourgeoise mobiliserait l’électorat contre Le Pen qui soutient le capitalisme français et de ce fait encouragerait à voter pour Macron qui incarne le capitalisme mondial. Comme cela le peuple aura eu l’illusion de servir à quelque chose alors qu’il aura été manipulé depuis l’ouverture de la campagne !

 Les électeurs auront ainsi voté pour des gens soupçonnés de manœuvres frauduleuses, en compte avec la justice. Autrement dit, ils mettront en place un président conforme aux agissements politiques et économiques de la Vème république. Donc pas de changements profonds, mais des réformes qui renforceront les intérêts de cette société capitalo bourgeoise.

Mesures autoritaires contre l’emploi

Remise en cause du droit de manifester pour les travailleurs

Application de la loi travail avec la reconnaissance des droits autoritaires des patrons dans les entreprises.

Par contre les patrons continueront à percevoir des aides de l’Etat pour s’enrichir aux frais des contribuables. Comme précédemment avec le gouvernement Valls dont Macron faisait partie intégrante où déjà il travaillait à l’intérêt des patrons : il a porté des coups sévères à la classe ouvrière en s’attaquant au code du travail, en généralisant le travail du dimanche, et contribué à la rédaction et l’application de « la loi travail ».

Pas une fois, que ce soit Macron ou M. Le Pen ne remettent en cause cette loi inique qu’est « la loi travail », ni les prétentions du patronat à décider seul des droits et devoirs des travailleurs dans son entreprise. Ces candidats acquis aux intérêts des banques et du patronat sont les garants et représentants du système capitaliste.

Il faut dire NON à la manipulation, dire non au Capital, dire non aux politiciens justiciables. NON au baratin sans lendemain.

Il faut en premier lieu déjà s’assurer de l’honnêteté, de la probité de chaque candidat. Puis ensuite analyser leurs propositions.

 

Propositions qui réduiront les injustices, qui prendront l’argent là ou il est pour créer des emplois, pour investir dans le modernisme, pour revaloriser les pensions des retraités, pour aider les jeunes étudiants à poursuivre décemment leurs études, pour rendre au service publique les moyens de fonctionner à l’écoute et au service du peuple. Mettre en place une vraie sécurité au service de tous et non pas au service du Capital comme c’est aujourd’hui le cas.

FLASHBACK SUR « l’affaire »

L’affaire Pénélope Fillon, les grandes lignes

L’affaire Pénélope Fillon

 

1. D’où vient-elle ?

 

L’affaire pénélope Fillon ou encore “Penelope Gate”, est apparue le 25 Janvier 2017. C’est l’hebdomadaire français, le Canard enchaîné qui a lancé l’alerte en révélant que l’épouse du candidat Les Républicains à l'élection présidentielle de 2017, avait été rémunérée par son mari durant huit années en tant qu’attachée parlementaire de son mari mais également de son suppléant Marc Joulaud de 2001 à 2013. Elle aurait gagnée pendant ces huit ans la somme de 500 000 euros brut. De plus elle aurait eu durant un an, de 2012 à 2013, un emploi de conseillère littéraire à la revue “Les Deux mondes” appartenant à un ami de François Fillon. Cet emploi lui aurait fait empocher 100 000 euros brut. Jusque-là rien d’anormale puisque cela est tout à fait légal. Le véritable trouble est dû au fait que, toujours selon l’hebdomadaire, la femme de l’ancien premier ministre n’a jamais exercée ces fonctions d’où le nom d’emploi fictif.

Le Canard enchaîné ce serait penché sur ce dossier dû aux absences de preuves convaincantes sur ces travaux mais aussi à sa distance avec la vie politique de son mari.

 

 2. Les nouvelles s’enchaînent

 

Une semaine plus tard, alors que l’affaire fait déjà grand bruit, le Canard Enchaîné publie un nouvel article traitant des affaires de la famille Fillon. Cette fois, l'hebdomadaire fait état des années précédentes et revoit à la hausse ses estimations sur la salaire de Pénélope Fillon, pour son emploi présumé fictif d’attaché parlementaire. Cette fois le montant atteint la somme de 814 440 euros brut. Il est également mentionné que 84 000 euros brut auraient été versés aux deux enfants du couple. Charles et Marie de leurs prénoms auraient été rémunérés en tant qu’attaché parlementaire (comme la mère) à l’époque où M. Fillon était sénateur. 

Une nouvelle semaine s’écoule et l'hebdomadaire annonce de nouveaux éléments. Mme. Fillon aurait perçu une prime de licenciement de 45 000 euros par l’assemblée nationale. Encore une fois à première vue rien d’extraordinaire puisque cela est légal même si le montant attire l’attention. C’est justement ce montant qui pose problème, même si les attachés parlementaires ont droit à une indemnité de licenciement, comme tous les salariés, celle-ci doit être calculée selon les règles du code du travail et donc selon le salaire de référence du collaborateur ainsi que de son ancienneté. Si l’on prend le cas de madame Fillon, un assistant qui a entre un et dix ans d’ancienneté touche une indemnité correspondante à 1/5ème de mois de salaire de référence par année d’ancienneté. Plus simplement pour 5 ans d’ancienneté un assistant touche 1 mois de salaire comme indemnité de licenciement.

 

 3. L’enquête

 

Une enquête préliminaire est ouverte le 25 janvier 2017 par le parquet national financier pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. L'enquête est confiée à l'Office anticorruption de la police (OCLCIFF).

Un information judiciaire est ouverte par le parquet national financier le 24 février 2017. Celle-ci a pour motif de chercher des faits éventuels de détournements de fonds publics, d’abus de biens sociaux et de recel ainsi que de trafic d’influence et de manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

François Fillon annonce lui-même sa mise en examen le 1er Mars 2017. Il sera entendu le 15 Mars par les trois magistrats instructeurs du pôle financier. Sa femme, Pénélope Fillon a également été convoquée en vue d’une mise en examen.

Le 2 mars, leur domicile parisien est perquisitionné

Information judiciaire :

“En cas de crime ou de délit pénal (affaire complexe), le procureur de la République déclenche l’action publique et ouvre une information judiciaire, confiée à un juge d'instruction. L’information judiciaire est la phase de la procédure pénale qui précède un jugement et au cours de laquelle le juge d’instruction, sous le contrôle de la Chambre de l'instruction, procède aux recherches permettant la manifestation de la vérité, rassemble et apprécie les preuves, entend les personnes impliquées ou poursuivies et les témoins, décide de mettre en examen une personne et de la suite à donner à l’action publique.”

 Enquête préliminaire :

L'enquête préliminaire est une enquête policière prévue aux articles 75 et suivants du Code de procédure pénale. Enquête la plus courante et la moins coercitive (à côté de l'enquête de flagrant délit), elle constitue le premier stade du procès pénal.

 

 4. Coût pour la France et les Français

 

Ce sont les magazines d’économies, Capital ainsi que Le Point qui ont relevé que l’affaire Pénélope Fillon était beaucoup plus coûteuse que ce qu'aurait touchée la femme du candidat. Ils constatent que “l'affaire « Pénélope Fillon » provoque une hausse des taux d’intérêt de la dette Française sur les marchés financiers, les investisseurs, qui étaient rassurés par la candidature de François Fillon, craignant dorénavant une éventuelle victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2017. Pour Pierre-Antoine Delhommais, le Penelope Gate est donc « mille fois plus coûteux pour nos finances publiques que les 831 440 euros perçus par Madame Fillon comme collaboratrice parlementaire ».”

 

 

5. Le contexte

 

Cette affaire arrive au plus mauvais moment pour François Fillon puisque celui-ci est en pleine campagne pour l'élection présidentielle de 2017 et qu’il en ai le favori.

 

6. Répercussion sur les intentions de vote

 

Début Janvier, François Fillon était au coude à coude avec Marine Le Pen pour les intentions de vote au premier tour et en tête des intentions de vote au second tour :

“Lors de la vague précédente, réalisée début décembre au lendemain de sa désignation, François Fillon était crédité de 26 % à 29 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, en fonction de l’identité du candidat socialiste et de la présence ou non de François Bayrou dans la compétition.

Six semaines plus tard, le voilà crédité de 23 % à 25 % (en recul de 3 à 4 points), selon les différentes hypothèses de candidatures socialiste et centriste. En décembre, il surclasse la candidate du Front national dans tous les cas de figure ; c’est désormais l’inverse. Et s’il suscite l’adhésion de 74 % des électeurs proches des Républicains, c’est tout de même 7 points de moins qu’en décembre ; de même, avec 53 % de leurs intentions de vote, il a perdu 10 points parmi les électeurs centristes proches de l’UDI.”

 

 Graphique estimant les intentions de vote en fonction du candidat élu pour représenter le PS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le candidat les Républicains est aujourd'hui troisième homme, toujours selon les sondages, derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron. 


7. Les réactions

 

Cette affaire a logiquement suscitée de nombreuses réactions de toute part y compris de la part de François Fillon lui-même.

 Fin Janvier (le 26), au lendemain de la parution de l’affaire, François Fillon affirme au 20h de TF1, que le travail de sa femme était « légal », « parfaitement transparent » et « réel », il ajoutait qu’une seule chose pourrait l'empêcher d'être candidat : « Si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen ».

Le 17 février, après la seconde vague de révélations publiée par le Canard Enchaîné, l'ancien Premier ministre originaire de la Sarthe ; pose de nouvelles conditions via le Figaro, contredisant littéralement les premières. « Je m'en remets désormais au suffrage universel ». « On annonçait depuis plusieurs jours soit ma mise en examen, soit l'ouverture d'une information judiciaire et cela alimentait l'inquiétude de certains élus. On voit qu'il n'en est rien et donc je vais poursuivre ma campagne. Les conditions sont difficiles, je le reconnais ».

Le 1er Mars, l'ancien locataire de Matignon, de 2007 à 2012, annonce sa mise en examen mais maintient tout de même sa candidature contrairement à ce qu’il avait annoncé affirmant que seuls les Français pouvaient juger de la légitimité de sa candidature à l'élection présidentielle. Il dénonce également un “assassinat politique”

 

À chaque déplacement du candidat de nombreux manifestants viennent manifester leur mécontentement vis à vis de cette affaire et demander le retrait de sa candidature.

Selon Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite et du centre dont François Fillon est sorti vainqueur, les Français sont choqués par l’importance des sommes mises en jeu. Celui-ci démissionne de l’équipe de François Fillon le 1er Mars via un communiqué publié sur son compte Twitter.

 Pour François Bayrou, les français le sentiment que la classe politique leur demande des sacrifices financiers sans se les appliquer à elle-même. Le centriste, qui s’est récemment allié à Emmanuel Macron, déclare devant le Grand Jury, le 5 février, que Fillon « n'a pas d'autre solution » que de se retirer.

 Les Républicains

Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains et ancien président de l’assemblée Nationale (2007-2012, quinquennat de Nicolas Sarkozy), monte en première ligne pour défendre François Fillon et Penelope Fillon, à la suite de l'ouverture de l’enquête préliminaire. Il dit avoir vu Mme Fillon participer aux travaux de son mari « dans de multiples circonstances, y compris à l'Assemblée nationale ». Pour le Lab (émission diffusée sur Europe 1), cet argumentaire est en contradiction avec celui repris par les porte-paroles de François Fillon, Bruno Retailleau et Florence Portelli, qui pour leur part ont déclaré que Penelope Fillon travaillait comme collaboratrice parlementaire dans la Sarthe et que sa présence à Paris était rare.

 Le sarkozyste Eric Ciotti, député des Alpes Maritimes, déclare au micro de France Info le 2 février : « en suivant le vieil adage populaire, à qui profite le crime ? ». Selon lui, « il n’y a qu’un lieu où tous les éléments qui sortent, contrats, chiffres, sont recensés, c’est à Bercy », le pouvoir ayant la capacité d'en disposer. Toujours selon l'élu, l'affaire profite à Emmanuel Macron, très proche du président de la république François Hollande et du secrétaire général de l'Élysée Jean-Pierre Jouyet déjà impliqué en 2014 dans une tentative de diffamation contre Fillon. Il ajoute que les méthodes utilisées, avec la diffusion de révélations par la journaliste Élise Lucet dans l'émission Envoyé spécial, sont les mêmes que celles qui ont réussi à déstabiliser la campagne de Nicolas Sarkozy, en septembre 2016, grâce à l'affaire Bygmalion.

 Après l'annonce le 1er mars 2017 de la convocation de François Fillon aux fins de mise en examen, Nicolas Sarkozy, indique à François Fillon, en privé, qu'il se retirerait s'il était à sa place, toutefois, il ajoute qu’il ne fera rien pour compromettre sa campagne. À partir de cette date, le journal Libération met régulièrement à jour un compteur de tous les hommes politiques de la droite et du centre qui abandonnent François Fillon. Au soir du 4 mars, il indique plus de 250 désistements. Il annonce le 10 mars 296 désistements, sachant que ce compteur est arrivé à la barre des 306. Cependant, des “lâcheurs” ont changés d’avis et sont donc revenu soutenir le clan Fillon (d’où ce recul du chiffre). Parmi les personnes ayant lâchés François Fillon, on peut citer : Bruno le Maire, ancien candidat à la primaire, Patrick Stefanini, qui était alors son directeur de campagne, Nadine Morano, député européenne.

Henri Guaino, député des Républicains des Yvelines, et ancien conseiller de Monsieur Sarkozy, il était également sa plume durant sa campagne de 2012, (il était aussi candidat à la présidentielle de 2017 mais ne réunit pas les parrainages nécessaire), considère que l'affaire est un « naufrage » et que François Fillon doit renoncer à être candidat. Il déclare par la suite que ce dernier « ne tiendra pas jusqu'au premier tour » et que la droite peut « perdre » l'élection.

Candidats aux élections présidentielles

 Parti Socialiste : Benoît Hamon indique à la suite des accusation de complot : « Je ne vois pas où se situe le complot. À ma connaissance, l'employeur c'est bien François Fillon, l'employée c'est madame Fillon. Où se situe le complot, je ne vois pas bien »

·         Front Nationale : Marine Le Pen, également empêtrée dans une affaire d’emploi fictif, déclare « une relation de confiance est rompue » et qu'il appartient à François Fillon ou à sa famille politique (Les Républicains) « de tirer les conséquences ». Elle juge « totalement stupide » la promesse faite par François Fillon de se retirer s'il devait être mis en examen.

·         Divers Gauche : Emmanuel Macron a appelé au calme face à l'affaire et refusé de « céder à l'hallali »

·         Front de Gauche : Jean-Luc Mélenchon dénonce « la mentalité particulière d'une caste » et propose de faire « dégager » la classe dirigeante par la création d'une assemblée constituante destinée à changer « la règle du jeu politique de fond en comble ».

 

8. La théorie du complot

 

Quatre jours après l'éclatement de l'affaire, une théorie du complot voit le jour sur internet selon Stéphane Jourdain, journaliste de BuzzFeed News. Cette théorie soutient que Thomas Cazenave, nouveau secrétaire général adjoint de l'Elysée, aurait remis le dossier à François Hollande, celui-ci l'aurait transmis à son conseiller en communication Gaspard Gantzer en lui disant : « faites-en bon usage ». Le mardi 9 janvier 2017, ce même Gaspard Gantzer aurait rencontré Michel Gaillard, directeur de la rédaction du Canard enchaîné.

Renaud Revel relaie cette théorie sur son site personnel, avant de supprimer son billet. Le 13 février, Gaspard Gantzer déclare que l'article de Renaud Revel est totalement faux, sans donner de précisions. Le site BuzzFeed relève trois erreurs mettant à mal l'acte d'accusation du complot : Thomas Cazenave a été membre du cabinet mais n'a pas été directeur de cabinet de Macron ; Gaspard Gantzer a soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn en 2011 mais n'a jamais été proche de lui puisqu’il affirme ne l'avoir jamais rencontré. Le 9 janvier 2017 est un lundi et non pas un mardi.

Divers sites de la « fachosphère » donnent François Fillon victime d'une machination des Rothschild (voir les contributions sur Blasting News) qui auraient fomenté le Penelope Gate afin de favoriser « Emmanuel Macron de Rothschild ». Naguère qualifié de « Farid Fillon », par l'extrême-droite hors les murs, François Fillon bénéficie d'un soutien mitigé de l'ultra-droite, qui voit en lui, étonnamment, un candidat pro-russe, pro-Bachar al-Assad, anti-sioniste, anti-système.

 

9. Les pétitions

 

Une pétition a été créée par Christophe Grébert via le site Change.org pour demander Pénélope Fillon de rembourser les 800 000€. Elle obtient plus de 414 000 signatures.(Christophe Grébert est un blogueur et journaliste français sur Europe 2 et RFM).

 Le 3 février 2017, Virginie Tellenne, dite Frigide Barjot, leader du mouvement anti mariage gay (la manif’ pour tous), lance une pétition en faveur de François Fillon. Elle affirme qu'il est normal que celui-ci ait embauché sa femme et ses enfants car « il défend la famille ». Cette pétition reçoit plus de 30 000 signatures en quelques jours.

 

10. Dernières avancées

 

Le 5 février, Le Figaro annonce que Alain Juppé n'exclut plus de prendre la relève de Fillon sous condition qu'il y ait consensus autour de sa candidature. Il se considère comme le seul capable de sauver sa famille politique. Mais rien ne se fera sans l'accord de Fillon. Les deux hommes se sont rencontrés le 4 février.

Du côté du FN, Marine Le Pen est également plongée depuis les quelques semaines dans une affaire similaire au “Penelope Gate”. En effet, l'Office européen de lutte antifraude (Olaf), a rapporté que Marine Le Pen aurait payé des salaires à des assistants fantômes. Nous avons donc à faire à second cas d’emplois fictif chez un nouveau prétendant à l’Elysée. L’Olaf réclame 339.000 euros au Parlement européen, au motif que celui-ci aurait payé des salaires à des assistants fantômes. Plus précisément, l'Office européen estime que Thierry Légier, le garde du corps de Marine Le Pen, et surtout Catherine Griset, son ancienne belle-sœur, tous deux officiellement assistants parlementaires de Marine Le Pen, ont en réalité effectué des tâches sans lien avec le Parlement, bénéficient donc de financements européens aux fins du Front national. Marine Le Pen ayant annoncé qu'elle ne rembourserait pas, elle subira des retenues sur salaire en conséquence.

 Depuis l’annonce du maintien de sa candidature malgré sa mise en examen François Fillon voit de plus en plus de soutiens disparaître. Il a, malgré la pression, présenté son projet autour de ses derniers conseillers.

 Le dimanche 5 mars, François Fillon a organisé un grand rassemblement au Trocadéro à Paris avec ses partisans. De nombreux soutiens sont venus se réunir afin de protester contre ce qu’ils appellent la traque médiatico/politico/judiciaire à l’encontre du candidat les républicains. Plusieurs figures de la droite était présentent comme par exemple François Baroin (qui était aussi pressenti comme “Plan B”), Eric Ciotti, Valérie Boyer (député des Bouches-du-Rhône) ou encore Luc Chatel.

Sa femme Pénélope est venue le rejoindre à la fin du discours.

Ce même dimanche, M. Fillon a été interviewé au journal de 20h de France 2.

 

 Quelques jours plus tard, alors que Alain Juppé a annoncé définitivement qu’il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy réuni comme prévu un conseil avec François Fillon et les cadres de l’UMP. Durant ce conseil, il est demandé au candidat de se retirer et de trouver un successeur, alors que l’on souffle le nom de François Baroin, Fillon refuse de retirer sa candidature. Il est donc décidé en interne de soutenir (officiellement) François Fillon.

Les politiques ne meurent jamais

Bernard GENSANE

Récemment, un proche me demande si, selon moi, on reverra Sarkozy dans le paysage politique. Pour moi, aucun doute. Un exemple canonique : alors qu’il est âge de près de 90 ans, Antoine Pinay, 250 fois ministre, président du Conseil, membre pendant un an du Conseil national de Vichy, est approché par des ingénieurs et un ancien agent du SDECE qui a financé des opérations de déstabilisation dans des pays de l’Europe de l’Est par le biais de communautés religieuses locales (ohé, Wojtyla !). Il s’agit cette foi de promouvoir et de financer les avions renifleurs car, en France, si on n’a pas de pétrole, on a des idées. Se laisse-t-il abuser, est-il complètement excité par le peut-être dernier grand rôle politique de sa vie, Pinay s’embarque dans cette galère ridicule ? Il est vrai qu’il lui reste treize ans à vivre et que le temps passe vite.

J’évoquerai ici le cas d’un personnage beaucoup moins connu et qui eut la malchance d’être le cadet d’un frère brillantissime : Olivier Giscard d’Estaing. Á 86 ans, cet homme d’affaires de haute volée (comme Trump, il ne partait pas de rien puisque la famille avait depuis longtemps fait fortune dans les mines puis le nucléaire) s’était montré plutôt discret en politique, se contentant de la mairie du village d’Estaing et d’un siège de député pendant cinq ans dans les Alpes Maritimes. C’est une manie dans la famille : on a toujours besoin d’un hochet. L’aînée des enfants d’Estaing, Sylvie, épouse d’un comte de Las Cases, fut pendant vingt-sept ans mairesse de Prinsuéjols, village de l’Aubrac de 153 habitants.

Olivier a soudainement été pris d’un prurit qu’une application d’éosine n’aurait pu soigner : sauver Vierzon du stalinisme. Possédant une maison dans cette sous-préfecture du Cher depuis une cinquantaine d’années, il décida de figurer sur la liste UDI-UMP de Stéphane Mousset lors des élections municipales de 2014 pour mettre fin au « règne » du maire communiste Nicolas Sansu. Promettant de faire jouer ses réseaux au service de la ville, il appela les électeurs à saisir « la chance unique de se débarrasser d’une municipalité communiste qui entraîne Vierzon dans la déchéance ». Olivier appela le maire sortant à « renoncer à la mairie pour se consacrer à son mandat de député ». Dans un tract, il lança ce vibrant appel : « Notre liste mène à Vierzon un combat qui mérite d’être connu de tout le pays. C’est le combat de l’esprit d’entreprise, le combat du libéralisme contre le totalitarisme étatique. Le stalinisme a encore des fidèles ! À Vierzon, c’est Nicolas Sansu, et à Paris, nous avons Marie-Georges Buffet et Jean-Luc Mélenchon. Des dictateurs, qui stérilisent les territoires et dupent les électeurs. Le mur est tombé à Berlin. Il doit aussi tomber à Vierzon ! ».

T’as des mecs à particule (“Monsieur de Puipeu”, comme De Gaulle avait surnommé son ministre des Finances) qui, jusqu’à leur dernier souffle, vivront en 1788 !

Las ! Trois fois las ! La liste d’Olivier fut devancée par celle des couteaux entre les dents, par une autre liste de droite et par celle du FN. Que des gueux. Sans pouvoir se maintenir. Par la grâce d’une triangulaire, les Bolchéviques l’emportèrent au second tour.

En broutant à la recherche d’Olivier et de ses frasques municipales, je suis tombé sur ce désopilant article d’Alex Térieur (un pseudo ?), du blog LerrybéRit en date du 19 mars 2014, preuve qu’il est des manants irrévérencieux :

Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien président de la République, se faisait passer pour son frère Olivier à Vierzon

Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien président de la République, se faisait passer pour son frère. L’Ex a profité de l’absence d’Olivier Giscard d’Estaing, parti une année entière dans un monastère bouddhiste en Amérique latine, pour prendre sa place et tromper, sans le moindre problème, tout l’entourage d’Olivier. L’ancien président e la République, prit le doigt dans le pot de confiture, a avoué avoir monté ce stratagème, "par ennui" car, a-t-il ajouté aux enquêteurs, "la vie d’ancien président est parfois monotone".

Parmi ces faits d’arme, Valéry Giscard d’Estaing a réussi, au nom de son frère Olivier, à rejoindre une liste de droite aux élections municipales de Vierzon dans le Cher. Ainsi, a-t-il fait croire aux trente-quatre autres colistiers, qu’il allait chasser les élus communistes de cette ville. Sa déclaration, au soir de la présentation de la liste sur laquelle Valéry Giscard d’Estaing s’est inscrit au nom de son frère, a même été reprise, via une dépêche de l’Agence France presse, dans de nombreux médias.

Ainsi, l’ancien président de la République quittait régulièrement son Puy-de-Dôme pour venir s’installer quelques jours, tout au plus, dans la demeure familiale d’Olivier, située à Vierzon, sur les hauteurs d’un quartier prénommé Chaillot. Dans la peau de son frangin, l’Ex a même fait croire que, grâce à son carnet d’adresses, il pourrait faire venir des entreprises à Vierzon, si sa liste était élue. "J’ai vu que ça marchait super bien alors j’ai continué. Et une fois pris dans l’engrenage, je n’ai pas pu reculer". Tout a été découvert lorsqu’Olivier, revenu de sa retraite bouddhiste, en début de semaine, a découvert, stupéfait, les nombreux articles de presse, tracts de campagne et ses déclarations qu’il n’a jamais faite.

Un musée Lady Di à Vierzon

C’est dans un brouillon de profession de foi, qu’Olivier a découvert d’où venait la supercherie car il était question de créer, à Vierzon, un musée dédié à la princesse Diana, avec, la reconstitution du pont de l’Alma, l’exposition du carrosse royal et une inauguration en grande pompe avec la reine d’Angleterre. Dans une lettre manuscrite, l’ancien président de la République avait même imaginé léguer le château de son frère à une œuvre caritative de Vierzon.

Dans l’impossibilité de joindre Valéry Giscard d’Estaing qui fait dire qu’il est parti en voyage pour six mois, Olivier a donné une conférence de presse dans laquelle, il explique, que pour rendre service, il restera sur la liste de Vierzon pour ne pas la mettre dans les difficultés. Il espère que les colistiers comprendront son désir de ne pas être élu et de n’assumer aucune responsabilité politique.

 

Le 1er avril, Olivier Giscard d’Estaing s’envolera pour trois mois à New York pour une série de conférences sur le thème de la famille. "La difficulté d’être un frère de l’ombre", "Comment vivre avec un nom connu", "si ce n’est donc toi c’est donc ton frère", "mon frère, ce président de la République" seront les quelques thèmes développés pendant ce cycle de conférences. Olivier a même prévu un code secret avec son proche entourage et ses gens de maison afin que la supercherie ne se reproduise plus.

Le mouton vers l’abattoir

Au lendemain de l’attentat contre Charlie, nos médias se sont bien gardés, en marge du sensationnel et de l’hystérie émotionnelle qui leur tient lieu de ligne éditoriale, de répondre à une question toute simple : pourquoi ?

Pourtant il y en eut des experts et des spécialistes de tous horizons, faisant semblant d’opposer des points de vue antagonistes. Mais bizarrement, les quelques-uns que nous avons en stock, ceux-là même dont je suis assidument les travaux, ceux qui auraient pu nous apporter quelques éléments de réponse une fois l’émotion retombée - bref aucun d’entre eux ne fut invité sur les plateaux. Comme si leur parole n’existait pas.

Le premier à l’ouvrir (et avec quel fracas) quelques mois plus tard fut Emmanuel Todd, avec un petit ouvrage retentissant qui jeta un pavé dans la mare et conduisit le premier de nos ministres à l’admonester publiquement. Injure à laquelle Todd répondit cinglant en traitant Valls de crétin.

Donc : pourquoi ? A-t-on souvent entendu ceci ?

Que les frères Kouachi avaient reçu leur formation en Syrie au sein d’Al Nosra, équivalent syrien d’Al Quaïda ?

Que cet Al Nosra avait été armé et financé sous le vocable de « rebelles » au pouvoir de Bachar el Assad par notre ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, lequel avait reçu leur visite, les avait écoutés, avait avalisé leurs thèses en les prenant naïvement pour de gentils démocrates pressés d’en finir avec un odieux dictateur.

Que quelques mois après leurs prises de territoires en Syrie où ils avaient commencé à entamer des exactions sur les populations locales, chrétiennes mais pas seulement, le même Fabius avait déclaré : « Al Nosra fait du bon boulot » ?.

Que depuis des années, suite à la destruction de l’Iraq par les néo-conservateurs US puis de la Libye par la force occidentale (au premier rang de laquelle le glorieux tandem BHL Sarkozy), à son tour la Syrie d’Assad était dans le collimateur.

Qu’on nous vendait cette guerre comme à chaque fois, importer un système démocratique pour de nobles desseins, sauver le peuple syrien (qui ne nous avait rien demandé), placer à leur tête des « amis » (les fameux rebelles djihadistes), chasser un fou sanguinaire (à propos duquel de jolies fictions avaient été montées de toutes pièces puis diffusées par moult canaux dans nos médias pour faire passer la pilule) ?

Que par en-dessous cette mainmise sur les pays du Proche Orient, décidée de longue date par les Etats Unis d’Amérique (la fameuse liste des 7 pays à renverser qu’avait en ses mains Dick Cheney), dictée par la nécessité absolue de faire une razzia sur leur pétrole, leurs matières premières et leurs sources d’énergie, répondait à l’obligation de tout entreprendre, même le pire, pour enrayer le déclin d’une superpuissance aux abois, que l’irrésistible montée de la Chine et le sursaut russe effrayait ?

Que la ré-entrée dans l’OTAN de la France décidée par Sarkozy, ce machin dont De Gaulle avait claqué la porte (rappelons que De Gaulle, grand réaliste, parlait et avec les Etats Unis, et avec la Chine de Mao Tsé Toung, et avec l’URSS de Staline à équidistance sans jamais se lier à aucun des trois) nous transformait de facto en commando pro-US aux ordres, dépendants d’intérêts supérieurs et distincts des nôtres ?

Que le gloubiboulga droit-de-l ’hommiste mis en avant par cette gauche pro-guerre pour vendre la sauce à leurs opinions se heurtait à une contradiction de fond si évidente que presque personne sur nos antennes ne la relevait : quid de nos amitiés avec les monarchies du Golfe et les dictateurs africains ?

Si vraiment nous souhaitons importer le modèle démocratique dans des régimes forts que nous qualifions de dictatures, pourquoi ces choix biaisés par nos intérêts économiques bien compris ? Et quelle est la valeur ajoutée réelle pour celui que Sarkozy appelle « peuple de France » ?

Nos médias nous ont-ils quelques mois plus tard, au moment des attentats du Bataclan, alerté sur l’incroyable paradoxe de la géostratégie de caniche de notre diplomatie consistant à d’un côté soutenir ceux qui tiraient à Paris sur notre peuple (les tireurs venaient pour beaucoup de Syrie, les donneurs d’ordre étaient bel et bien Al Nosra) tout en créant à l’intérieur un état quasi policier censé protéger cette même population attaquée depuis l’intérieur par des hommes et des armes financés par les contribuables français ? En l’occurrence, notre diplomatie ne fut une fois de plus que le fondé de pouvoir d’intérêts ô combien supérieurs à des vies humaines de parisiennes et de parisiens.

Car à qui profite doublement la guerre, sinon aux multinationales US et européennes, impliquées et dans la destruction des pays du Proche Orient, et dans la captation de leurs ressources naturelles, et dans la reconstruction à venir, et dans l’ouverture de nouveaux marchés, et dans les vagues migratoires en Europe réclamés en sous-main par le patronat, trop heureux de disposer d’une main d’œuvre à très bon marché disposant d’une excellente formation payée par ces régimes qu’il entend mettre à plat ?

En outre, la montée des populismes, ces ersatz de guerres civiles nationales, les petits français contre les pouilleux campant sur nos trottoirs, à qui cela profite-t-il encore ? Excellente fondée de pouvoir des grands intérêts industriels de son pays, Angela Merkel eut beau jeu d’habiller ces derniers sous le voile d’une générosité de façade et d’ouvrir grand ses bras aux futurs exploités. Il semble assuré que le dindon de la farce ne soit le salarié allemand.

Sur le champ de ces médias mensonges additionnés, tandis que les peuples s’écharpent contre les plus miséreux d’entre eux, l’âne peut continuer à regarder le doigt, et les profits explosent. Les cycles de guerre et de crises sont les périodes les plus fastueuses pour les oligarchies financières. Et les pantins à la tête de nos états émasculés par la commission européenne à qui ils ont offert le volant comme leurs opposants continuent à faire semblant de défendre des visions du monde différentes au sein d’un aquarium invariant.

Pendant ce temps-là, le bon peuple, décervelé par les fausses pistes déversées dès la première heure dans son cellulaire via la presse de 9 milliardaires s’en va de bonne heure prendre en courant son métro. Maintenu dans l’ignorance du danger s’approchant de lui et l’encerclant sur de nombreux théâtres d’opération. Un peu comme un mouton qu’on promet à l’abattoir et à qui l’on tend chaque matin sa gamelle pour le faire bien grossir pour l’occasion ultime.

Qu’on ne s’étonne pas de la montée irrésistible des partis populistes en Europe : ceux-ci, enfant adultérin des deux grandes forces politiques nous ayant collectivement conduit au bord du précipice, risquent bel et bien de poursuivre leur essor sur les cendres de la démocratie.

christophecroshouplon

 

(Remerciements à Michel Collon, Bruno Guigue, Emmanuel Todd, Jacques Sapir et quelques autres désignés par le journal Le Monde dans son « outil DECODEX » comme faisant partie des penseurs et journalistes à excommunier par le silence et le mépris)

DÉFENDONS LA GRATUITE DU SERVICE PUBLIC !

Lettre ouverte à Jean-Luc, Benoît et quelques autres pour sortir du vrai/faux débat sur le revenu universel

Au moment où la question du revenu d’existence revient dans le débat aussi bien à droite de l’échiquier politique qu’au sein des forces de gauche et écologistes, Paul Ariès lance un appel au nom de l’Observatoire International de la Gratuité.

Nous appelons les forces de gauche et écologistes et notamment La France Insoumise à sortir du vrai/faux débat sur le revenu d’existence ou universel. Cette question nous divise parce que nous n’allons pas assez loin dans la mise en cause des fondements du système capitaliste et du productiviste.

La France à genoux économiquement, mais debout politiquement, avait su en 1944 instaurer la sécurité sociale qui n’était pas une simple roue de secours face aux accidents de la vie, mais le fondement d’une autre conception de la société. C’est pourquoi nous ne parlons pas des services publics mais du service public. Alors que la France n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui nous devons mettre au cœur de nos combats la défense et l’extension de la sphère de la gratuité du service public et de nombreux biens communs, par souci de répondre aux urgences sociales, écologiques, politiques, mais aussi pour commencer à changer la société dans le sens d’une transition vers l’éco-socialisme.

Nous ne partons pas de rien pour cela mais d’un « déjà là » conquis de haute lutte, avec la gratuité de l’école publique et ce qui reste de celle des soins ou du logement. Nous partons aussi de tout ce qui s’expérimente aujourd’hui dans des centaines de villes avec la gratuité de l’eau vitale, des transports en commun urbains, des services culturels, de la restauration scolaire, des services funéraires, du bouclier énergétique, etc.

Par gratuité du service public nous entendons une gratuité construite, une gratuité économiquement construite : l’école publique est gratuite mais financée par nos impôts, une gratuité politiquement, socialement, culturellement construite. La gratuité du service public ce n’est pas le produit ou le service débarrassé du coût mais du prix.

Défendre et étendre la sphère de la gratuité c’est apprendre à lier le social et l’écologie car nous devons apprendre à différencier selon les usages : pourquoi payer son eau le même prix pour faire son ménage et remplir sa piscine ?

Il n’existe pas de biens ou de services destinés en soi à être gratuits ou marchands. C’est aux gens de décider ce qui doit être gratuit, renchérit et parfois interdit. Défendre et étendre la sphère de la gratuité ce n’est pas rendre gratuit ce qui existe mais profiter de la gratuité pour repenser les produits et les services ce qui suppose de démocratiser au maximum le fonctionnement du service public.

Ainsi, rendre les transports en commun gratuits c’est nécessairement les modifier pour défendre à la fois l’écologie et le droit au déplacement des plus pauvres. Ainsi rendre la restauration sociale gratuite, c’est se donner les moyens d’avancer vers une alimentation relocalisée, désaisonnalisée, moins gourmande en eau, moins carnée, assurant la biodiversité, faite sur place et servie à table. Défendre et étendre la sphère de la gratuité, c’est donner à chacune et à chacun de quoi vivre de façon inconditionnelle mais avec un revenu largement démonétarisé, déséconomisé, c’est donc commencer à sortir du capitalisme.

Défendre et étendre la sphère de la gratuité c’est se situer sur le terrain de l’émancipation sociale et non pas de l’accompagnement de la misère.

Jean-Luc, Benoît et quelques autres, vous pouvez ne pas diviser la gauche et l’écologie en imaginant ce que pourrait être dès maintenant une économie répondant aux besoins, sans passer par la marchandisation et la monétarisation.

Soyez les défenseurs d’une sécurité sociale généralisée. Soyez ceux qui défendent et étendent la sphère de la gratuité du service public.

 

 

Paul ARIES, rédacteur en chef du mensuel Les Zindigné (e)s, délégué général de l’Observatoire International de la gratuité.

Fillon, BASTA ! Parlons plutôt des évadés (fiscaux)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah ils rigolent bien, tous ces people qui s’enrichissent en France et qui ne veulent surtout pas participer à l’effort national ! Pas si kon de payer leurs impôts dans le pays qui les engraissent, ils « s’évadent fiscalement », qui vers la Suisse, qui vers la Belgique, qui plus loin encore. Mais tous reviennent se faire soigner en France s’ils ont un pet de travers…

Tiens, un site « people » en a listé une trentaine. Intéressant palmarès :

José Garcia, en Belgique ; Florent Pagny, oui, celui qui chante sa « liberté de pensée », en Patagonie ; Jean Alesi qui a une superbe propriété, vide, à un km de chez moi, en Suisse ; Charles Aznavour, le papy donneur de leçon, en Suisse ; Bernard Darty, le marchand de plein de choses dont de superbes casseroles, en Belgique ; Jo-Wilfried Tsonga, le roitelet de la petite baballe jaune, en Suisse ; Johnny Hallyday, l’archive chantante, en Suisse ; Yannick Noah, ex « personnalité préférée des Français », aux États-Unis (New-York) ; Marc Levy, un des écriveurs qui vendent le plus en France, au Royaume-Uni ; Amélie Mauresmo, qui « coatche » l’équipe de France de tennis, en Suisse ; Alain Delon, chef-d’œuvre en péril, en Suisse ; Daniel Auteuil, pas si kon qu’Ugolin, en Belgique ; Marion Bartoli, encore une tapeuse dans la petite balle jaune, en Suisse ; Lætitia Casta a laissé la Corse pour le pays des bourreaux de Napo, le Royaume-Uni ; Michel Polnareff, est revenu traîner ses fesses vieillies en France pour prendre du fric, avant de retourner aux États-Unis ; Sébastien Loeb, useur de voitures françaises, en Suisse ; Richard Gasquet, encore un tapeur de balle jaune, membre de l’équipe de France, en Suisse ; David Hallyday, c’est de famille, en Suisse, comme papounet ; Gaël Monfils, membre lui aussi de l’équipe de France de tapeur de balles jaunes, en Suisse ; Patricia Kaas, en Suisse elle aussi…

N’en jetez plus.

Mais ça, c’est le menu fretin, les gros fraudeurs, on peut les trouver là : http://300plusriches.bilan.ch/index.html

et là : http://danactu-resistance.over-blog.com/search/liste%20des%20exil%C3%A9s%20fiscaux/

C’est la grande évasion en quelque sorte… Mais en l’occurrence, la grande évasion, c’est celle du pognon que les pleins de thunes et les entreprises volent à l’État, donc à nous, pour le planquer sous des cieux cléments. Et pas besoin d’aller loin : Suisse, Luxembourg, Royaume Uni, Monaco, etc. Parait que ça tourne entre 60 et 80 milliards par an ! L’équivalent de ce déficit budgétaire qui nous fout en bas…

Les problèmes financiers de la France proviennent essentiellement du hold-up des tricheurs qui « évadent » les capitaux. L’évasion fiscale est peut-être un sport national mai c’est surtout une félonie, une trahison, un attentat contre le vivre ensemble.

La France ne s’est dotée ni des moyens, ni de la volonté politique de lutter contre cette évasion. Elle est totalement impuissante. Savez-vous que les procureurs de la République ne peuvent pas ouvrir d’enquêtes pour fraude fiscale ? Savez-vous que seul le ministre du Budget peut le faire ? Et lorsque l’on se souvient que le ministre du Budget a été, il y a quelques années, un certain ci-devant Cahuzac, lui-même gros fraudeur…

Un ministre ripou ne pourrait pas magouiller s’il n’avait pas derrière lui une administration fiscale inféodée à l’idéologie ultralibérale. Ceux qui sont chargés de lutter contre cette évasion fiscale, ce sont les hauts fonctionnaires de Bercy (du ministère des finances, ceux qui ont été les employés de Macron). Des inspecteurs des finances au mieux laxistes, au pire complices. Complicité passive ou active des magouilles des fraudeurs, essentiellement des grosses entreprises multinationales, avec lesquelles ils font preuve d’une grande mansuétude, en pensant… à un pantouflage futur fort juteux ! Ceux-là, c’est cœur de pierre avec les petits, cœurs d’artichauts avec les riches…

Toute lutte contre la fraude doit commencer par une karchérisation sans pitié de Bercy : virer les premier, deuxième, troisième, voire quatrième rangs hiérarchiques de ces directions du ministère des finances et envoyer ces brillants « inspecteurs des finances » inspecter les finances à Plougastel, Hazebrouck, Saint-Flour, Carpentras ou Cahors…

Et l’Europe elle fait quoi la dedans ? Sinon rien du moins pas grand-chose puisque certains pays membres sont eux-mêmes des paradis fiscaux ou des parasites fiscaux.

Paradis fiscaux par leur système bancaire le Luxembourg, Chypre, Malte, et surtout malgré le Brexit la City de Londres et les îles anglo-normandes.

Parasites fiscaux par leur taux de fiscalité des entreprises l’Irlande, les Pays-Bas, etc. Et cerise sur le gâteau : c’est le ci-devant Juncker, premier ministre du Luxembourg, état-confetti-voyou qui préside maintenant aux destinées de l’Europe. Pardon, j’oubliais qu’il a dit qu’il allait faire de cette évasion fiscale une de ces priorités…

Qu'y a-t-il sur ce problème essentiel dans les programmes des candidats ? On n’en sait rien : les me (r) dias aux ordres des milliardaires préfèrent nous gonfler les aliboffis avec les fillonneries quotidiennes.

Basta avec ces enfumages perpétuels.

 

 

Illustration : merci à l'irremplacé Charb, assassiné pour avoir défendu notre liberté

Dernière option avant le chaos : voter France Insoumise et espérer

Par Lalita 

Si l'on en croit les sondages, notre futur président de la république sera soit Mme Le Pen soit M. Macron : M. Fillon compte tenu de ses déboires judiciaires apparaissant comme un vainqueur de plus en plus improbable. Donc, nous avons le choix entre la douairière et le petit marquis.

Quel esprit, souhaitant le progrès humain et le bien de tous, pourrait ne pas être affligé par la perspective d'un pareil équipage ? Pour l'instant, je me refuse de croire à ces sombres prédictions. Nous le peuple de France, valons mieux que ça.

A gauche, Hamon le valet pleurnichard de Hollande nous appelle à l'union. Comment le croire ? Aucun programme cohérent si ce n'est quelques idées volées à la France Insoumise pour faire « de gauche », une timide rébellion contre Hollande mais une certaine obéissance (on ne va pas jusqu'à voter la censure, on est « responsable », on va voir Cazeneuve pour se faire adouber...) et des arrangements d'appareil arrachés au petit matin et qui sentent la sueur et le compromis rance. Quel élan ! Ça fait envie…

A côté de cela, un grand travail, méconnu de beaucoup, nous propose un projet cohérent et beau « l'avenir en commun ». Si vous n'êtes pas au courant, prenez la peine d'aller lire et écouter, ne jugez pas sans savoir. Je vous entends d'ici : encore une melenchondolâtre. Et bien non. J'ai longtemps considéré M. Melenchon comme un politicard, intrigant qui servait de voiture balai au PS. Et peut-être l'a-t-il été à une époque. Mais il n'est plus temps de faire la fine bouche. La France Insoumise est un mouvement, Melenchon n'est que le porte-parole. Je le crois désormais sincère. Construit par les épreuves endurées, il nous offre une porte de sortie vers un nouveau monde. Ce ne sera pas facile, mais c'est notre dernière option avant la débâcle néolibérale.

Mère de 3 enfants je me sens l'obligation comme d'autres de me battre pour ce dernier choix raisonnable, ceci explique peut-être notre opiniâtreté que les journalistes font passer pour de l'aveuglement. En effet, ma détermination est farouche. Je ne veux pas du monde macronien où le meilleur gagne et les autres crèvent, en toute discrétion cela s'entend. Pas de faim, pas de mort violente mais de mort lente, une mort sociale. Je ne veux pas du monde de Le Pen plein de haine et de fureur, avec la guerre pour horizon.

Je vous entends déjà, « Mais Mélenchon n'a aucune chance », vous allez être déçue ma bonne dame. Eh bien, je vous répondrais que même si M. Mélenchon devait perdre, si j'en avais la certitude eh bien, je voterais encore pour lui. « Pourquoi un tel entêtement ? Vous êtes folle » me direz-vous.

Parce que, voyez-vous, les idées sont plus fortes que les hommes, plus fortes que les institutions. Elles sont comme des virus. La campagne de la France Insoumise propage l'idée juste non seulement qu'un autre monde est possible, mais aussi qu'il est le seul possible. Même si nous perdons, je serai fière de moi et du travail accompli. Mais au fait... nous n'aurons perdu que si VOUS qui ne votez pas ou qui votez pour des chimères, n'êtes pas avec nous. Qui est l'entêté qui est le fou, vous ou moi ?

Les solutions de la France Insoumise forment un tout : de nouvelles institutions plus démocratiques, un État fort et protecteur, une Europe plus solidaire, une protection sociale accrue, une planification écologique et une relance économique. Tout cela n'est pas irréaliste. Une émission de 5 heures a précisé le chiffrage de ce programme qui a été construit de manière collaborative par les citoyens avec l'aide d'universitaires de renom. Ce n'est pas un charabia écolo gauchiste. C'est du sérieux. On peut ne pas être d'accord, mais ceux qui vous parle d'irréalisme sont malhonnêtes et vous mentent.

Si vous ne voulez pas regretter votre vote avec ce qui va se passer dans les 5 prochaines années, je vous supplie d'aller au delà de vos préventions et d’écouter « à la source » ce que dit Jean-Luc Melenchon et pas les commentateurs. Contrairement à la plupart des politiques, il parle du fond, de la vie, de nos problèmes ; dans les différentes rencontres publiques et sur youtube, il fait de la pédagogie. Si bien que, au final, même si vous ne votez pas pour Mélenchon, vous aurez au moins appris des choses et ce quel que soit votre niveau d'étude.

 

Bon courage à tous pour la période qui vient, réfléchissez bien. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Hommage à la glorieuse Révolution d’Octobre 1917

Face au cauchemar que nous vivons aujourd'hui, la Révolution russe d'Octobre 1917 apparaît comme un rêve sublime. La révolution tant haïe par les classes dominantes, n’a jamais été aussi légitime et aussi nécessaire que maintenant. Aucun remède ni aucune thérapie ne sont en mesure de guérir un monde atteint d’une maladie mortelle, le capitalisme. Il n’y a pas d'autres moyens pour abolir l'ordre établi que la révolution. En quelques mois seulement la Révolution russe a changé la face du monde. En février et en octobre 1917, cent ans déjà, les ouvrières et les ouvriers de Petrograd se soulèvent contre la misère et l'humiliation. L'armée refuse de tirer. La troupe fraternise avec les ouvriers. Le Tsar abdique. Le régime despotique et multi centenaires s’effondre. Le Gouvernement bourgeois provisoire s'efface. Les Soviets composés d'ouvriers, de paysans pauvres et de soldats prennent le pouvoir. Ce qui relevait de l'impossible devient une réalité. L'ordre établi est renversé. La Révolution était là, dans les usines, dans les casernes, dans les ports, dans les quartiers, sur les places publiques des villes et des villages, dans les champs et sur le front, portant en elle les aspirations et les espoirs les plus simples et les plus grandioses de tout un peuple et de tous les travailleurs du monde.

 En moins d'un demi-siècle après la glorieuse Commune de Paris, les opprimés s'emparent à nouveau du pouvoir et entrent dans l'histoire. Car ce sont les masses et leurs dirigeants révolutionnaires qui font l'histoire. Dépouillées de toute leur humanité, leur intérêt objectif est de renverser de fond en comble les conditions d’existence matérielles et morales dans lesquelles elles sont asservies et méprisées. Il ne s'agit pas pour elles d'améliorer la société existante pour la rendre supportable, mais de l'abolir. Il ne s'agit pas de mettre en place une quelconque démocratie bourgeoise, mais d'installer la dictature du prolétariat.

 Les masses des opprimés savent que les puissants ne renoncent jamais à leurs privilèges, qu'ils n'accordent jamais rien par générosité ou grandeur d'âme et qu'ils ne reculent devant rien pour sauver leurs intérêts et perpétuer leur système. La marche vers le socialisme ne peut résulter d’une quelconque perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes, des élections etc. L’entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits. Seule l’appropriation des moyens de production par les travailleurs permettra de briser cette servitude économique, source première de leurs malheurs. La révolution est la seule alternative au capitalisme et à ces guerres abjectes. Il s'agit donc, sans compromis ni conciliation avec les oppresseurs, de détruire un monde injuste pour reconstruire sur ses ruines un autre plus juste et plus lumineux. Même si l'Union Soviétique n'existe plus, la Révolution d'Octobre, restera à jamais un exemple irremplaçable pour tous les peuples opprimés.

 John Reed, journaliste, poète et révolutionnaire américain (1887/1920), décrivait ainsi les premiers moments de la prise du pouvoir après que les délégués aient voté à l'unanimité la proclamation de paix proposée par Lénine à tous les peuples belligérants : « Quelque chose s'était brusquement éveillé en tous ces hommes. L'un parlait de la révolution mondiale en marche, un autre de l'ère nouvelle de fraternité, où tous les peuples ne seront plus qu'une grande famille (…) Mus par une commune impulsion, nous nous trouvâmes soudain tous debout, joignant des voix dans l'unisson et le lent crescendo de l'Internationale. Le chant roulait puissamment à travers la salle, ébranlant les fenêtres et les portes et allant se perdre dans le calme du ciel » 

 Mais l'Internationale n'est pas seulement un poème, un chant révolutionnaire dédié aux hommes et aux femmes de la Commune et à tous les « damnés de la terre », elle est devenue l'hymne du socialisme international. Une IIIe. Internationale a été fondée pour que les idées et les pratiques révolutionnaires se répandent dans la classe ouvrière partout à travers le monde. Car la Révolution d'Octobre n'est qu'un prélude, un pas sur le très long et le très difficile chemin de la révolution socialiste mondiale. Au capitalisme mondialisé doit correspondre une révolution mondiale. Les frontières de la Russie sont trop étroites pour contenir cet immense soulèvement révolutionnaire. La révolution ne peut se développer et s'épanouir qu'en tant que mouvement réel planétaire. Car là où il y a exploitation de l'homme par l'homme, il y a ipso facto une guerre permanente qui oppose oppresseurs et opprimés et qui ne peut se terminer que par le renversement révolutionnaire du capitalisme. Il ne s'agit pas que de la géographie mais d'une autre frontière celle qui sépare les classes sociales. Le destin de la Révolution russe dépendait dans une large mesure du triomphe et de l'accès au pouvoir de la classe ouvrière des autres pays notamment les plus avancés : « (...) il est absolument certain que la victoire finale de notre révolution, si elle devait rester isolée, s'il n'y avait pas de mouvement révolutionnaire dans les autres pays, serait sans espoir  » disait Lénine La portée de la Révolution prolétarienne d'Octobre 1917 est non seulement historique, elle est aussi et surtout universelle.

 C'est cette dimension planétaire de la Révolution russe, « ce foyer de contagion », que les bourgeoisies occidentales ne peuvent ni supporter ni tolérer. Elle menaçait partout l'existence même de leur système. D'autant plus que l'onde de choc de la révolution s'est rapidement propagée un peu partout à travers le monde et surtout en Europe. De l'Espagne à la Hongrie en passant par l'Allemagne, la France, l'Angleterre et l'Italie, les ouvriers commençaient à relever la tête. Car le salut de tous les ouvriers et derrière eux tous les opprimés de la terre réside dans la Révolution socialiste. Elle est le seul et l'unique moyen qui leur permet de briser les chaînes de l'esclavage moderne et de se libérer d'un système qui les opprime. Il fallait donc, vaille que vaille, détruire totalement le nouveau pouvoir ouvrier et effacer de l'histoire des hommes cette grande révolution.

 

Dans une sainte croisade, les puissances impérialistes, alors qu'elles s’entre-tuaient hier encore dans une terrible guerre, ont lancé leurs forces contre la jeune révolution russe. Elles ont imposé un blocus total pour affamer la population et étouffer la révolution. La contre-révolution est encouragée, soutenue, financée et armée par les puissances impérialistes. L'Armée Rouge (composée de militants, d'ouvriers, de soldat, de paysans pauvres etc.), grâce à sa discipline et à sa détermination sans faille à défendre la révolution, a pu courageusement tenir tête à ses ennemis intérieurs et extérieurs. Mais sa victoire a été éclipsée par la défaite de la classe ouvrière en Europe. Partout les soulèvements des travailleurs ont été écrasés dans le sang. Rosa Luxembourg et Karl Liebknech, figures emblématiques de la classe ouvrière allemande, sont assassinés alors que se développait dans le pays un mouvement révolutionnaire. « Elle avait dit aux pauvres la vérité. Et pour cela les riches l’ont assassinée » disait Bertolt Brech

 La défaite de la classe ouvrière allemande, c'est aussi la défaite de la révolution russe et de tous les travailleurs du monde. Isolée, encerclée par les forces impérialistes dont l'unique objectif est de détruire l’État ouvrier, la révolution s'est repliée sur elle-même, sur son territoire national abandonnant ainsi sa nature internationaliste. Mutilée et étouffée par une bureaucratie qui a remplacé le pouvoir des ouvriers et des paysans pauvres, la révolution n'a pu se consolider ni parvenir au bout de sa logique émancipatrice et libératrice.

Mais cette glorieuse révolution avait dès le départ jeté les bases d'une société plus juste et plus fraternelle. Tous les secteurs de l'industrie, de la finance sont expropriés et nationalisés. La production et la répartition des produits sont sous le contrôle quasi total des ouvriers. Les terres appartiennent désormais aux citoyens capables de les exploiter. Le salariat en tant qu'organisation économique et sociale est aboli. La paix entre les peuples remplace la guerre et le carnage impérialiste. Un slogan simple résume ces premiers objectifs de la révolution : « La paix, le pain et la terre ».

 La révolution a également rendu aux femmes leur dignité dans un pays arriéré et imbibé de préjugés contre les femmes. Elle a élevé l'égalité des deux sexes au rang des priorités malgré une situation économique et sociale difficile. Lénine dans un discours prononcé à la Conférence des ouvrières de Moscou soulignait l'importance de cette immense tâche : « Depuis bien longtemps, depuis des siècles, tous les mouvements émancipateurs d'Occident ont réclamé l'abolition de ces lois vétustes et l'égalité des deux sexes devant la loi. Mais pas un Etat démocratique, pas une république avancée, n'a pu opérer cette réforme, car là où existe le capitalisme, là où subsiste la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines, là où subsiste le pouvoir du capital, l'homme conserve ses privilèges. (…) Nous pouvons le dire avec fierté et sans crainte d'exagération, il n'y a pas un seul pays au monde, en dehors de la Russie des Soviets, où la femme jouisse de tous ses droits (…). C'était là une de nos premières et plus importantes tâches » (5).

 

L’enthousiasme révolutionnaire a libéré la parole. Des débats passionnés sur les rapports hommes /femmes, sur la sexualité, sur la famille enflammaient la jeunesse. Les meetings politiques sur la construction du socialisme un peu partout fleurissaient. La révolution a donné un élan magnifique à la poésie, au théâtre, à la musique, aux arts, bref à tout ce qui était inaccessible aux ouvriers, aux soldats et aux paysans pauvres et d'une manière générale aux masses populaires. Le peuple s'est emparé ainsi de la culture qui était jusqu'alors réservée à une caste de privilégiés. Mais cet aspect de la révolution culturelle s'est heurté à la réalité de l'analphabétisme et de l'ignorance des masses. C'est pourquoi l'une des tâches essentielles de la révolution était de « liquider l'analphabétisme » : « Oui le ballet, le théâtre, l'opéra, les expositions de peinture et de sculptures modernes, tout cela sert pour beaucoup à l'étranger de preuve que nous, les bolcheviks, ne sommes pas du tout les terribles barbares que l'on pensait. Je ne récuse pas ce genre de manifestations de la culture sociale et ne les sous-estime pas. Mais j'avoue que dans l'âme je suis plus sensible à la création de deux ou trois écoles primaires dans des villages perdus qu'au plus magnifique objet dans une exposition » disait Lénine (6).

 

 La Révolution d'Octobre 1917 a montré et montre toujours aux travailleurs et aux opprimés du monde entier la voie à suivre, celle de la révolution socialiste. Car il n' y a pas d'avenir pour l'humanité dans le capitalisme. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient menaçant pour l'homme et pour la nature : guerres, terrorisme, chaos au Moyen-Orient, montée du néofascisme aux États-Unis et en Europe, paupérisation planétaire des masses et enrichissement extraordinaire d'une minorité, saccage de la nature, scandales et corruption généralisés etc. etc, On est loin de la « Fin de l'histoire » de Fukuyama. Le spectre de la Révolution d'Octobre hante toujours la société bourgeoise. Mais ce système, ennemi de l'homme et de la nature, ne disparaîtra pas spontanément de lui-même. Seule la révolution est en mesure de mettre un terme à la résistance de la minorité d’exploiteurs, et d’enfanter une nouvelle société. Même si les conditions ne sont pas réunies, la révolution reste l’unique solution. Les obstacles immenses et innombrables qui se dressent face à ce changement ne sauraient effacer ni la légitimité ni la nécessité de la révolution. Toutes les demi-mesures et toutes les réformes, si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes que sont les salariés, restent insuffisantes. Pire, les réformes économiques, sociales et politiques, aussi nécessaires soient-elles, ne font en dernière analyse que perpétuer l’asservissement général engendré par le système. Mais la révolution ne se décrète pas, ne s'improvise pas, elle se prépare comme l'a démontré d'une manière admirable la glorieuse révolution russe. Les bolcheviks et derrière eux l'immense majorité de la population ont préparé et finalement rendu possible la victoire d'Octobre 1917. Cette victoire reste et restera comme une immense possibilité à réaliser pour les travailleurs et les opprimés de tous les pays.

Affaire Fillon : un bon chrétien de très mauvaise foi

Loin de campagnes présidentielles passées qui ont parfois été mornes et ennuyeuses, celle d’aujourd’hui est, sous certains aspects, un vrai régal. En effet, depuis quelques mois, les prétendants au poste convoité nous réservent bien des surprises. La presse fait son boulot. Les médias de masse relaient abondamment. Et d’aucuns se régalent de ces rebondissements incessants, dignes des meilleurs polars.

Mais, que l’on ne s’y trompe pas, pour ce qui est des valeurs démocratiques dont tant se prévalent, c’est un désastre. Pour preuve, la lente mais irrémédiable progression du Front National, qui malgré « les affaires » qui le concerne (lire : https://www.legrandsoir.info/les-accusations-glissent-sur-marine-le-pen-comme-la-pluie-sur-les-ailes-d-un-vautour.html), engrange les intentions de vote de tous les dégoûtés des pratiques du microcosme politique traditionnel.

Cette campagne a aussi un avantage : révéler les côtés les sombres de certains élus. On sait que l’arène politique ne fait pas de cadeau, mais à ce point, les records pourraient être battus.

A commencer par le président sortant qui n’a pas pris le risque de se représenter, tant le bilan de son quinquennat est désastreux, particulièrement au niveau social. A leur tour, ceux qui attendaient (espéraient ?) ce scénario, tapis dans l’ombre, en sont pour leurs frais. Des ténors qui s’y voyaient déjà se sont ramassés. Les partis traditionnels, toujours aussi coupés de la base, pourris de l’intérieur par des manigances sordides et des combines puantes, s’effondrent sur eux-mêmes dans un autisme rare. Et ceux qui en émergent péniblement ne représentent bientôt plus que leur ombre, quand ils ne se prennent pas les pieds dans le tapis. Malgré cela, des abrutis font comme si de rien n’était. Ils ont été trompés, trahis, volés… ils n’en n’ont cure, et en idiots utiles, continuent à les soutenir. Le pompon à ce jour, revenant à François Fillon.

Ce Monsieur Propre autoproclamé, bon chrétien – sans doute trop pour être honnête – , père de famille modèle, châtelain louant ses terres comme au temps des Seigneurs (lire :http://blog.francetvinfo.fr/judge-marie/2017/02/05/veaux-vaches-ble-et-loyer-f-fillon-et-ses-fermiers.html), planqué dans la machine étatique depuis des décennies, se révèle être comme tant d’autres, un délinquant en col blanc. Certes, pas à la manière de Sarkozy ou des Balkany, moins subtils sans doute. Mais si la forme est plus aristocratique, le fond est le même. Ces gens-là ne sont pas au service de l’Etat comme ils le déclarent en chœur, mais se servent de l’Etat pour leur confort personnel, ne reculant devant rien pour arriver à leurs fins. Inutile de reprendre ici tous les griefs qui lui sont reprochés, et pour lesquels la Justice mène ses enquêtes, les médias en font leurs choux gras.

En revanche, ce qu’il faut dénoncer, c’est l’art sournois du candidat Fillon pour détourner la situation en se faisant passer pour victime alors qu’il est coupable, au moins, moralement. En effet, la défense du sieur Fillon est de répéter que rien de ce qu’il a fait n’est illégal, et qu’il n’est pas le seul dans le cas (des noms, svp !), surfant ainsi sur la tangente. N’étant pas« spécialiste » de ces questions, je renvoie à ceux qui peuvent en parler en connaissance de cause. Mais il n’est pas besoin d’être « spécialiste » pour pointer l’aspect immoral des faits. Et là, Fr. Fillon étale en long et en large, le peu de scrupules qui l’anime.

Non content d’interpréter les faits à son avantage, les termes de ses communications à la presse n’ont plus de limites. Et la surenchère à laquelle on assiste au fil des semaines témoigne du désarroi de l’individu et de ses affidés qui, au fond d’eux-mêmes savent bien que leur position est indéfendable. Après avoir parlé de « mépris », de « misogynie », de « coup d’Etat institutionnel », « d’acharnement judiciaire » et j’en passe, ne voilà-t-il pas que cet exemple de probité et ses communicants parlent « d’assassinat politique »  !?

Il faudrait vraiment leur conseiller de revisiter l’Histoire récente et d’aller voir du côté de P. Lumumba, S. Allende, H. Chavez, M. Kadhafi, … – exemples parmi bien d’autres – ce que« assassinat politique » signifie réellement.

Non, Mr. Fillon, n’est en rien « victime » de quoi que ce soit, sinon de son égo, pour le coup, surdimensionné. De son avidité du pouvoir et des multiples avantages qu’il permet dans une démocratie assurément malade de ce genre de pratiques. Et à ce stade, l’on ne peut s’empêcher de lui rappeler ses propos : « Qui imagine un seul instant le Général de Gaulle mis en examen ?! »… complétés par ceux d’un éditorialiste se demandant si la mère Yvonne eût été payée comme l’a été Pénélope… ?

 

Alors, si l’on peut dire que « errare humanum est perseverare diabolicum » ou pour ceux qui ne seraient pas comme lui, biberonnés au latin de messe : l’erreur est humaine, mais persévérer est diabolique… il faudrait conseiller à Fr. Fillon avant qu’il ne soit trop tard pour l’âme pure qui l’habite, de retirer sa candidature et de se repentir de ses fautes, sous peine qu’elle se transforme en cette Bérézina qu’il craignait tant, et l’éloigne définitivement, ô horreur, du paradis qu’il risque de rater à s’entêter de la sorte !

Une manifestation en faveur de François Fillon ?

 

Annoncé par Jérôme Chartier mercredi, le rassemblement des soutiens à François Fillon, ce dimanche, apparaît comme une initiative dangereuse.

C'est encore une très mauvaise idée : ce n'est sûrement pas cette manifestation qui va changer le cours des événements, et c'est même une façon de mettre en évidence le désarroi d'un candidat qui n'a plus de solutions et qui cherche une légitimité qu'il semble avoir perdu.

Ainsi, le clan Fillon paraît complètement déconnecté de la réalité : c'est un candidat aux abois qui ne sait plus comment redresser la situation en sa faveur...

Le mouvement Sens commun semble vouloir s'impliquer dans l'organisation de cette manifestation : encore un soutien qui risque de poser problème à François Fillon.

Emanation de la Manif pour tous, ce mouvement ultraconservateur est-il de nature à restaurer l'image du candidat Fillon ?

C'est une certitude : les opposants au mariage pour tous mobilisent tous azimuts pour le rassemblement du Trocadéro, ce dimanche.

De son côté, François Hollande a mis en évidence l'irresponsabilité de cette initiative :"Il ne peut pas y avoir de manifestation dans notre pays, dans notre République, qui puisse mettre en cause les institutions, la justice ou le travail de la police dans le cadre des enquêtes. Je déplore profondément qu'il puisse y avoir cette mise en cause et cette interpellation par la rue de ce que sont nos règles de droit", a-t-il déclaré...

François Fillon a fait huer la presse, lors de ses meetings, le voilà qui conteste la justice....

François Fillon qui a mis en cause les institutions, la justice, est-il à même de devenir président de la République ? 

François Fillon qui s'est renié dans ses déclarations, qui a menti peut-il accéder aux plus hautes fonctions de l'état ?

François Fillon qui refuse de voir ce qui lui est reproché, qui est dans le déni, peut-il devenir chef de l'état ?

On imagine aussi qu'une telle manifestation pourrait dégénérer.

On imagine que des opposants à François Fillon pourraient intervenir et perturber ce rassemblement, une façon d'inciter à la guerre civile...

Au sein même du parti Les Républicains, c'est déjà la guerre civile : une fronde s'organise contre François Fillon, Alain Juppé est en embuscade et serait prêt à prendre sa place...

Décidément, cette campagne électorale est hors normes : les primaires organisées par les deux principaux partis montrent encore une fois leurs limites

Fillon s’en prend durement à la justice et maintient sa candidature

 

François Fillon n’a pas été un sarkozyste sans raison. Dans la lignée de Sarkozy, qui l’a hissé au niveau politique où il se trouve aujourd’hui, avec le même mépris consommé de l’appareil judiciaire et de son fonctionnement, le candidat des Républicains a violemment réagi à l’annonce de sa convocation devant le juge d’instruction, aux fins d’être éventuellement mis en examen, le 15 mars prochain. Il a annoncé qu’il maintenait sa candidature.

Au cours de la conférence de presse, qu’il a tenue ce mercredi 1er mars, François Fillon a confirmé avoir reçu une convocation devant les juges d’instruction, pour y être mis en examen. La nouvelle, qui tombe au moment où les sondages le donnent battu au premier tour par Macron, a motivé une déclaration, qui s’est voulue une attaque en règle contre la justice.

Fait probablement rare dans les annales judiciaires, un justiciable, se croyant autorisé à un tel excès de comportement, parce que candidat à l’élection présidentielle, se permet de mettre en cause publiquement la procédure dont il fait l’objet, à propos du soupçon d’emplois fictifs, qui auraient bénéficié à sa femme et à ses enfants.

Devant un parterre de journalistes s’attendant à l’annonce possible de son renoncement, il a adopté la tactique de la meilleure défense c’est l’attaque, affirmant à nouveau « qu’il n’avait pas détourné d'argent public ». Comble du mépris pour les juges, il s’est plaint de ne pas avoir été traité « comme un justiciable comme les autres », dénonçant violemment le fait que « l'Etat de droit a été systématiquement violé ».

Fillon se voit en sauveur attendu et au-dessus de la loi

« La France est plus grande que mes erreurs » a-t-on pu entendre (je dois dire médusé) de la bouche de celui qui, foin des infractions graves qui lui sont reprochées, est pénétré de l’idée d’être le sauveur de la France. Rien de moins que cette incantation quasi mystique, pour sauver sa peau, comme le faisait déjà, avant lui, son mentor Sarkozy .

Dès lors, il se considère au-dessus des lois : « Seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président ». Il avait pourtant annoncé, qu’il renoncerait à être candidat, s’il était mis en examen, quelques jours après les révélations du Canard enchaîné sur l’emploi fictif d’assistante parlementaire de Penelope Fillon.

François Fillon a indiqué qu’il se rendrait à la convocation des juges. L’auditoire a eu droit au registre de la victimisation. L’homme honnête, qu’il prétend être, a brutalement dénoncé « l'assassinat politique » dont il est la cible, considérant qu’il s’agit, ni plus ni moins que « d’un assassinat de l'élection présidentielle ».

Fillon, déconnecté de la réalité, voit la démocratie défiée

Il a demandé à ses soutiens « de résister », comme s’il subissait une attaque en règle de la part de l’institution judiciaire. Une attaque visant à l’empêcher d’appliquer ses idées. Les seules, selon lui, capables de redresser la France.

Fillon dit vouloir « s’en remettre au peuple » : « Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas. J'irai jusqu'au bout, au-delà de ma personne, car c'est la démocratie qui est défiée. » En ce mercredi matin, à son QG de campagne, entouré de ses soutiens, les accents pétainistes de Fillon n’étaient pas sans rappeler, avec un malaise certain, le « Je fais don à la France de ma personne  » du Maréchal sénile.

Comment son message sera-t-il reçu par ses électeurs, lesquels sont déjà pas mal déboussolés par la tournure désastreuse de la campagne de leur candidat ? Beaucoup, gaullistes dans l’âme, ont un profond attachement à la Vème république de De Gaulle. Nombreux seront ceux qui n’accepteront pas que leur candidat, possible futur président de la République, garant des Institutions et notamment la Justice, les attaque avec une telle virulence.

Comment pourra-t-il respecter ses obligations et ses devoirs une fois élu, alors qu’il vient d’attaquer, avec une grande maladresse et une rare véhémence, l’institution judiciaire, un des piliers de notre Etat de droit.

 

Ce faisant, Monsieur Fillon a probablement perdu le peu de crédibilité qui lui restait.

François Fillon, candidat malgré eux

Plusieurs élus de droite ont réclamé ce mercredi 1er mars le retrait de François Fillon. Convoqué par les juges en vue d’une mise en examen, le candidat LR a décidé de se maintenir, faisant prendre un immense risque politique à l’ensemble de son camp.

La campagne de François Fillon est une peau de chagrin. À mesure que l’échéance se rapproche, elle se rabougrit sur elle-même. Ce mercredi 1er mars, après une matinée de supputations et la décision finale de l’ancien premier ministre de maintenir sa candidature malgré sa convocation par les juges en vue d’une mise en examen, elle a encore perdu quelques soutiens de poids. À commencer par celui de Bruno Le Maire, qui a démissionné de ses fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales, dans la foulée de l’allocution du candidat LR.

 

« Je crois au respect de la parole donnée. Elle est indispensable à la crédibilité de la politique. Elle est la condition nécessaire pour mener sereinement les efforts de redressement de la France », a-t-il précisé dans un communiqué, faisant référence aux multiples fois où François Fillon avait déclaré qu’il ne se présenterait jamais à la présidentielle en cas de mise en examen. Bon nombre d’élus LR estampillés “lemairistes” – Alain Chrétien, Arnaud Robinet, Franck Riester, Yves Jégo, Laure de La Raudière… – lui ont rapidement emboîté le pas, bientôt suivi par le député LR Pierre Lellouche qui a demandé le retrait du candidat, lequel a atteint, selon ses mots, un « point de non-retour », et réclamé le report de l’élection présidentielle.

« On ne peut pas dire “les yeux dans les yeux” aux Français qu’on se retirera en cas de mise en examen et faire le contraire aujourd’hui », a encore tweeté le député du Nord Sébastien Huygue, ancien soutien de Nicolas Sarkozy. Quelques instants plus tôt, il avait déjà posté sur le réseau social le message « En ce moment je pense au général de Gaulle... », En référence à la fameuse phrase prononcée par François Fillon en août 2016 : « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » Le député LR des Ardennes Jean-Luc Warsmann, ex-patron de la commission des lois à l’Assemblée nationale, a lui aussi annoncé, dans un communiqué, qu’il ne participerait pas à la campagne, expliquant ne « pas partager » les « mots » et les « arguments » prononcés ce jour par le candidat.

D’autres ont suivi. Christine Boutin, François Decoster, Florence Berthout, Catherine Vautrin… La liste des défections s’allonge de minute en minute. En off, elle est encore plus importante. Nicolas Sarkozy, qui s’est entretenu dans la matinée avec son ancien premier ministre, lui a dit qu’il soutiendrait sa décision, mais l’a également mis en garde sur la nécessité de ne pas éclabousser ses « jeunes pousses », François Baroin et Laurent Wauquiez. « Fillon est complètement dingue, glisse un soutien de l’ancien chef de l’État. C’est foutu pour lui. Dès qu’il aura perdu, ce sera back home to la Sarthe et tu nous emmerdes plus. On essaiera ensuite de sauver ce qui peut l’être aux législatives… »

 

En pleine finalisation de leur accord avec LR en vue des investitures aux législatives, annoncé un peu trop tôt par le patron de la rue de Vaugirard Bernard Accoyer, l’UDI a finalement décidé mercredi après-midi, à l’issue d’une réunion au siège du parti, de « suspendre » sa participation à la campagne de François Fillon. Selon Le Figaro, les centristes devraient organiser des débats dans toutes les fédérations départementales ce week-end, afin que leurs instances politiques puissent se réunir dans le courant de la semaine prochaine pour trancher.

Depuis plusieurs semaines déjà, la campagne de l’ancien premier ministre tournait au ralenti. Empêtré dans les affaires et leurs multiples rebondissements judiciaires, le vainqueur de la primaire de novembre a tenté à plusieurs reprises de reprendre la main sur l’agenda, en imposant son projet et en haussant le ton. Dénonçant un « climat de quasi-guerre civile », il a cherché à défendre coûte de coûte ses propositions, rendues inaudibles par le bruit de casseroles qui accueillait chacun de ses déplacements.

Sur le terrain, les militants, toujours motivés par l’idée d’une alternance en mai prochain, ont continué de tracter, mais sans grande conviction. « Les distributeurs de tracts sont en règle générale assez dociles, mais ils n’apprécient pas beaucoup de se faire laminer », confiait à Mediapart un élu LR en début de semaine. Quant aux candidats aux législatives, ils ont commencé leur propre campagne, en prenant souvent soin de se détacher d’un Fillon devenu de plus en plus gênant pour eux. Les plateaux de télévision ont vu défiler les derniers soutiens du premier ministre : son porte-parole Thierry Solère, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau ou encore son fidèle lieutenant Jérôme Chartier. Toujours les mêmes. Les autres répondent aux abonnés absents.

Dans l’équipe technique de l’ancien premier ministre, l’agacement est à son comble. Ce mercredi matin, alors qu’une petite centaine de journalistes attendait le candidat devant le Salon de l’agriculture, un communiqué sibyllin est tombé à 8 h 10 : « La visite de François Fillon ce matin au Salon International de l’Agriculture est reportée. Le nouveau rendez-vous vous sera communiqué ultérieurement. » Ses équipes sur place n’étaient même pas au courant. Pas plus que les quelques élus arrivés sur place quelques minutes plus tard. La matinée qui s’en est suivie a été ponctuée de rumeurs en tout genre, sans qu’aucune des « petites mains » du QG soit en mesure de les démentir, avant la prise de parole officielle du candidat.

 

Dans l’après-midi, ce dernier s’est tout de même rendu au Salon de l’agriculture, où il a été suivi par plusieurs partisans scandant « Fillon président », tandis que d’autres passants le huaient et criaient « Fillon en prison ! ». Maigre consolation pour l’ancien premier ministre : il est aujourd’hui le seul candidat officiellement qualifié pour l’élection présidentielle. Selon le site du Conseil constitutionnel, il a en effet obtenu les 500 parrainages nécessaires pour se présenter au scrutin – il en a d'ores et déjà déposé 738 au total. Une façon de mettre un point définitif à sa candidature.

Présidentielles, les couples se forment...

Les premiers à s’être déclarés sont Macron et Bayrou, suivis dans la foulée par Hamon et Jadot...qui seront les prochains ?

Qui va épouser Mélenchon...qui pour l’instant a décidé de faire cavalier seul.

 

Au moment ou on assiste à une invisibilisation du fascisme ordinaire, et à la banalisation du racisme, quand des français n’hésitent plus à afficher leur « préférence nationale », avec les appuis complices d’une fange marginale, autrefois silencieuse, d’un électorat poussé par l’envie de « voter pour le loup pour emmerder le berger  », et au moment ou le « Pénélope Gate » rebondit avec la nomination de 3 juges, portés par la volonté de faire toute la lumière sur des agissements probablement peu citoyens, des couples se forment, pour le meilleur, ou pour le pire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette nomination de 3 juges n’est pas une bonne nouvelle pour le candidat LR, car, de fait, cette décision juridique signifie dans un premier temps qu’il doit oublier l’option « classement sans suite »...et que, secondo, aujourd’hui l’affaire est qualifiée de : « détournement de fonds publics, abus de bien sociaux, complicité et recel, ainsi que trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives ». 

En tout cas, on peut affirmer sans se tromper que François Fillon a la mémoire sélective...Il a du oublier ce jour de 1999 ou il montrait du doigt l’épouse de Jean Tiberi, l’accusant d’emploi fictif.

Il avait déclaré à l'époque : « il y a, au RPR, des milliers de militants, des milliers d’élus qui respectent la loi et qui veulent, encore une fois, être fiers de leur parti. Eh bien, ceux qui ne l’ont pas respectée doivent en être exclus, c’est la règle et c’est celle dont nous nous sommes dotés, c’est celle que moi je ferai respecter ». 

Quant à la femme du candidat LR d’aujourd’hui, elle est prête à s’exprimer, mais n’a pas à ce jour obtenu l’aval de son époux.

Il s’y oppose en prenant l’argument massue : « c’est à moi à être en première ligne ». 

Pour rester dans le domaine des couples, même si Fillon a rencontré lors d’un repas son ancien président, personne ne sait aujourd’hui s’ils finiront par faire un beau couple, vu les réflexions peu accortes recueillies par le Canard Enchaîné, lequel met dans la bouche de Sarközi, au sujet de Fillon la phrase : « il est complètement paumé ». 

Ce retour au-devant de la scène de l’ex-hyper-président s’accompagne d’un constat cruel, dont Fillon est aussi en partie comptable : dans un livre qui vient de paraître « un quinquennat à 500 milliards », (éditions mille et une nuits), Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy, racontent dans le détail la dérive financière du gouvernement Sarközi qui nous a couté plus de 500 milliards en 5 ans

Pour ne rien arranger, une nouvelle affaire implique Fillon, si l’on en croit l’hebdo « le Point  », et « Médiapart ».

Il aurait détourné des fonds publics lorsqu’il siégeait au Sénat, entre 2005 et 2007, empochant une partie des crédits destinés à la rémunération des assistants grâce à un système de « commissions occultes », à hauteur de 25 000 euros.

Un autre couple parait improbable, celui de Fillon et Copé, qui assure officiellement soutenir ce dernier, sauf que, s’il faut en croire « Le Point  », en petit comité, il tient un discours assez différent : « Fillon est cerné de toute part (...) il nous emmène dans la falaise d’Etretat (...) mais moi je suis correct, je ne suis pas comme lui, je ne dis rien en public contre lui ». 

Il vient donc d’en donner la preuve.

Quittons LR pour le FN et à sa candidate « du peuple apaisé », qui se disant en butte aux attaques de quelques médias, s’en prend maintenant à Médiapart, au petit Journal et au Canard Enchaîné, en décidant de les mettre sur liste noire, faisant preuve d’une vision peu citoyenne quant à la transparence de l’information.

Côté justice, elle a refusé de se rendre à la convocation des juges, profitant de son impunité de député européenne, décidant de défier la justice, faisant là aussi preuve d’une citoyenneté à sens unique, alors que la cheffe de son cabinet, est mise en examen pour recel d’abus de confiance.

Son argumentation est simple, pour ne pas dire simpliste : « la justice ne doit pas venir perturber, pour une enquête qui pourrait se dérouler plus tard, qui aurait pu se dérouler avec la campagne présidentielle... ».

Il fut un temps où elle réclamait plus de justice, la trouvant trop laxiste, en déclarant : « Tout le monde à piqué dans la caisse, sauf le FN » déclaration non fondée... c’était en 2004, et depuis l’eau a coulé sous les ponts. vidéo

Pour ne rien arranger, Frédéric Chatillon, homme clé des campagnes frontistes, vient d’être mis en examen par les juges le 15 février pour abus de biens sociaux.

Cerise sur le gâteau, un conseiller de Marine Le Pen pendant la présidentielle de 2012 a évoqué, le 26 février 2017, « un système de corruption généralisé au FN » lors de la campagne présidentielle de 2012

Il s’appelle Gaël Nofri, et assure que l’expert-comptable du FNNicolas Crochet en l’occurrence, aurait établi pour lui un contrat fictif.

« En septembre 2011, je signe un contrat de campagne avec Marine Le Pen, qui m’a proposé de travailler avec elle. En 2012, on me dit qu’il y a un problème, il faut passer sur un contrat avec le Parlement européen. Je refuse », raconte celui qui a ensuite dirigé la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen dans le Sud-est en 2014.

Il explique que son contrat n’était pas un contrat de campagne, mais seulement un contrat de conseil dans le cabinet de l’expert-comptable, cabinet dans lequel il assure n’avoir jamais mis les pieds.

Il décide alors, en 2014, de tout balancer aux enquêteurs, et depuis, le FN est soupçonné d’avoir mis en place, via des kits de campagne une escroquerie au préjudice de l’état par un système de surfacturations, renvoyant en correctionnelle le parti, des dirigeants, et des proches de la cheftaine du FN

Depuis l’arrivée de MLP au poste de dirigeante du parti, on a assisté à une cascade de mise en examen, et on en décompte aujourd’hui 13...

Il est certain que le couple Justice/Front national ne pourra pas se former avant longtemps, d’autant que ce parti est celui qui, en pourcentage, à le taux le plus élevé en condamnations diverses. 

Mauvaise nouvelle pour elle, puisque le Parlement Européen vient de lever son immunité. 

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il semble que d’éventuelles fiançailles avec Benoit Hamon ne soient plus désormais à l’ordre du jour...

Les rendez-vous semblent compliqués à se faire, et les divergences des programmes ne sont pas de nature à améliorer la situation.

Le candidat des "insoumis" se refuse à envisager la mesure phare de Benoit Hamon, le RdB (revenu de base), ce qui parait un obstacle infranchissable.

S’ajoutent au constat de divergences profondes, la vision de la réforme fiscale, et celle de la politique internationale. 

En tout cas, jusqu’à présent, Hamon en était resté à ce constat : « aujourd’hui dans les sondages, il y a 17 (pour) Hamon, et 10 (pour) Mélenchon. Ça fait combien ? 27 ! Allez, allez, vive le rassemblement  ».

Ce qui avait amené la réponse des « insoumis » de Mélenchon : « on n’est pas des chiffres  », proférant même l’expression « social-traître » à l’encontre du candidat socialiste. 

Donc, plus de mariage en vue...

Quant à celui entre Hamon et Jadot, il était menacé par la fronde des vallseurs, qui n’ont pas digéré la chute de leur chef, et qui dénient à Hamon ce rapprochement, affirmant qu’il aurait dû consulter le parti avant d’envisager une telle alliance, même si les écolos consultés ont largement validé le mariage. 

Une certitude, il n’y aura pas de mariage entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, lequel, depuis le soutien de François Bayrou creuse l’écart pour le second tour, avec 61% pour Macron, et 39% pour le FN

Cet écart va-t-il perdurer ?

On peut en douter quand on découvre que Macron a décidé d’appliquer au travailleurs quelque chose qui ressemble de plus en plus aux « travaux forcés », mettant en place des contrôles drastiques, offre d’emplois obligatoires, dans une stratégie très claire de mettre les chômeurs au pas. 

Le mariage entre les chômeurs et Macron semble donc très éloigné, et ce dernier risque de perdre les voix des quelques millions de chômeurs qui souffrent dans l’hexagone. .

Par contre Fillon pourrait finalement faire couple avec Le Pen, puisqu’ils se retrouvent au diapason dans la critique qu’ils font des juges, et des médias « qui perturberaient leurs campagnes respectives ».

Quant à Fillon, il continue sa chute, et il n’est qu’à la barre des 20%, alors que Macron talonne clairement Le Pen25% contre 27%... 

Ceci dit, on sait, depuis Trump et le Brexit, ce qu’il faut penser des sondages...

 

Comme dit mon vieil ami africain : « nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ».

OUVRIERS : un travail sous contrôle

Près de la moitié des ouvriers non qualifiés n’ont pas la liberté de faire varier les délais fixés pour effectuer une tâche, contre trois cadres sur dix. Les premiers sont aussi deux fois plus nombreux que les seconds à ne pas pouvoir interrompre leur travail.

Près de la moitié des ouvriers (qualifiés ou non) n’ont pas la possibilité de faire varier les délais fixés pour accomplir une tâche, contre trois cadres sur dix, selon le ministère du Travail [1] en 2013. 38 % des ouvriers non qualifiés n’ont pas la possibilité d’interrompre une tâche à tout moment, à peu près dans les mêmes proportions que les employés (36,4 %) et les ouvriers qualifiés (31,8 %), contre 18,6 % des cadres supérieurs. La part de salariés concernés par des contraintes liées au travail à la chaîne est de 4 % en 2013 [2]. Pour l’essentiel, il s’agit d’ouvriers non qualifiés (le taux pour eux est de 13,7 %) qui voient leurs gestes au quotidien rythmés par une machine. Ces contraintes sont beaucoup moins répandues chez les professions intermédiaires et les employés (moins de 3 %) dont beaucoup travaillent dans le secteur tertiaire. Pouvoir organiser son temps de travail, gérer soi-même ses tâches ou ne pas dépendre d’une machine automatisée, compose quelques-uns des indicateurs qui déterminent l’autonomie des salariés au travail (voir encadré). L’absence de marges de manœuvre, la répétitivité et l’automatisation des actions a des conséquences sur la santé des salariés.

Il faudrait entrer davantage dans le détail pour bien comprendre le monde du travail. Ces données occultent des écarts bien plus importants à l’intérieur même des catégories socioprofessionnelles. Entre un employé de banque et un caissier de grand magasin, le niveau d’autonomie n’a rien à voir.

L’autonomie dans le travail reste un marqueur profond de la structuration de l’univers professionnel et donc de la société tout entière. Elle est pourtant largement occultée dans le débat public. Les heures de travail ne se valent pas selon les métiers. Une heure de travail à la chaîne, rythmée par une machine, n’a rien à voir avec une heure durant laquelle on va pouvoir passer par la machine à café ou jeter un coup d’œil à ses messages personnels sur Internet. Aux inégalités de rémunérations s’ajoutent des écarts dans la contrainte. Malgré les discours sur l’importance de « l’épanouissement au travail », la réalité reste bien celle d’un monde scindé entre les dirigeants et les exécutants, même s’il faut ajouter les intermédiaires entre ces deux catégories.

Ce décalage entre un monde du travail idéalisé et la réalité heurte ceux qui sont confrontés à ce manque d’autonomie, nourrissant un mal-être [3]. Le choc est d’autant plus fort que ce contrôle s’étend de plus en plus dans le secteur des services, par exemple au sein des centres d’appels téléphoniques ou des entreprises de nettoyage. Une partie des jeunes, de mieux en mieux diplômés, que le parcours scolaire destine à être du « bon côté » du pouvoir, se retrouve à subir les injonctions du métier, sans avoir droit au chapitre.

Vu sur L’Observatoire des inégalités

 

Note :

 

[1] « Autonomie dans le travail », Synthèse.Stat’ n°16, ministère du Travail, octobre 2015.

 

[2] « Intensité du travail et usages des technologies de l’information et de la communication », ministère du Travail, Synthèse.Stat’ n°14, 30 juin 2015.

 

 

[3] Voir le site de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS).