VIOLENCES POLICIÈRES : Cinq pistes avancées par les associations pour apaiser les tensions

Plusieurs associations ont plaidé auprès du Premier ministre pour des mesures de long terme, et ont proposées des pistes pour lutter efficacement contre le racisme et les violences policières, plus d’une semaine après la mise en examen de quatre policiers pour viol et violences sur le jeune Théo, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Voici cinq des propositions de ces associations pour renouer sur le long terme le dialogue entre citoyens et policiers:

Réforme de l’affectation et de la formation

« Aujourd’hui, les plus jeunes et les moins bien notés se retrouvent dans les zones les plus difficiles, souligne Blaise Cueco, membre du bureau national de SOS Racisme. C’est problématique. »

Les associations souhaitent également que la formation des policiers englobe « une déconstruction des préjugés dans la formation des agents, poursuit Blaise Cueco. Une bonne partie des étudiants en école de police viennent de la campagne et ne connaissent les quartiers difficiles que par des préjugés. Les jeunes policiers sont terrorisés… et les jeunes des quartiers aussi. »

Une idée partagée par le Mrap. « Il faut des policiers formés aux valeurs républicaines et pas simplement au maniement des armes », assure Sylvain Goldstein. Le gouvernement a pourtant recréé une direction de la formation, supprimée sous le mandat de Nicolas Sarkozy. « C’est très bien, mais on n’a aucun engagement sur le contenu, sur la participation par exemple d’associations, s’inquiète Pierre Tartakowsky, de la Ligue des droits de l’homme. Entre 1981 et 1986, la LDH intervenait sur les discriminations, par exemple. »

Retour d’une police de proximité

« Cette police de proximité existait sous Jospin et, à l’époque, il y avait moins d’agressivité du côté des jeunes comme des policiers, plaide Sylvain Goldstein, membre du Conseil national du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples et président du Mrap 93. Les citoyens connaissaient ces agents. Le policier n’était pas seulement le fonctionnaire avec une matraque mais aussi le camarade de foot ! »

« Sous ce quinquennat, 10 000 policiers ont été embauchés. » Mais une vraie police de proximité nécessiterait un effort énorme en termes d’embauches.

Réforme de l’IGPN

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a pour mission de contrôler les différents services de police, améliorer leur fonctionnement et sanctionner les fautes professionnelles des agents de police. Ses premières constatations sur l’affaire Théo s’orientent vers la piste accidentelle.

« On a bien vu dans l’affaire de Théo que la parole des policiers est davantage prise en compte que celle de la victime, s’indigne Sylvain Goldstein du Mrap. Avec l’IGPN, on se retrouve avec des enquêtes biaisées, puisque la police est juge et partie. Cela ne devrait pas exister dans une République ! D’autant qu’il y a un fort corporatisme dans cette profession. »

Les associations reçues ce matin ont suggéré la création d’une commission mixte réunissant l’IGPN, un magistrat et un défenseur des droits.

Récépissé versus caméra-piéton

Le récépissé, vieux serpent de mer, refait surface. Cette solution prônée depuis de nombreuses années par les associations, un temps envisagée… puis abandonnée par le gouvernement n’est plus du tout à l’agenda. « La question a été évacuée ce matin », regrette Pierre Tartakowsky de la LDH.

« On nous a répondu que les caméras-piétons étaient plus efficaces que le récépissé », précise Sylvain Goldstein. Pourtant, toutes ces associations se montrent très sceptiques. « Même avec le déploiement des 2 600 caméras-piétons, seulement 1 % des policiers seront équipés », reprend ce membre du Mrap.

« Je pense qu’on a fait une grande erreur en refusant le récépissé, qui n’a pas la même mission que la caméra, assure Pierre Tartakowsky. La caméra, c’est celui qui la porte qui la déclenche. Et cela n’empêche pas le contrôle au faciès. On nous a répondu que le récépissé, c’était beaucoup de travail pour les policiers. »

Un débat sur les missions de la police

« Force est de constater que dans certains endroits, la police agit comme une force d’occupation du territoire et elle confond contrôle et humiliation, attaque Pierre Tartakowsky de la LDH. Nous avons besoin d’un espace et de temps pour ouvrir un débat sur les missions de la police. Mais je crains que cette volonté ne soit pas partagée par le gouvernement. Et le temps va manquer. »

Les associations imaginent un organisme sur le modèle du Conseil économique social et environnemental, qui réunisse des policiers, des magistrats, des personnes qualifiées appartenant à la société civile. Et que les citoyens pourraient saisir pour apporter leurs idées et participer au débat.

Source

 

PS : cela pose aussi la question des forces de l’ordre présentent autour des manifestations et de leurs provocations et interventions musclés envers des manifestants qui ne sont là que pour protester contre des réformes mises en place en faveur d’une minorité contre le plus grand nombre. Dans ce cas la, il ne s’agit pas d’une police républicaine mais d’une police au service d’une caste possédante qui dispose de fait d’une milice publique pour  défendre des intérêts particuliers et minoritaires.

Moyen-Orient / DAECH / Terrorisme : L’Arabie Saoudite est-elle à l’origine de la doctrine du terrorisme islamique contemporain ?

Par Leonard 

Avec sa religion d'état wahhabite, l'Arabie Saoudite présente un lien évident avec les groupes terroristes salafistes djihadistes (Daech, front Fatah al-Cham ex Al-Nosra...).

Ce qui va être rapidement démontré en mettant en évidence les similarités entre le wahhabisme et le salafisme :

·         Le wahhabisme a été fondé dans la péninsule Arabique, au XVIIIe siècle, par Muhammad ibn Abd al-Wahhab. Il représente un courant traditionnel qui se distingue par une lecture littérale de l'islam et par son aspect rigoriste et puritain. Il condamne en particulier toute innovation par rapport à l'enseignement originel de l'islam et considère que l'Etat doit fonctionner exclusivement selon la Charia, la loi de l'Islam. Le pacte entre Ibn Abd al-Wahhab et Ibn Séoud, le fondateur de l'Arabie saoudite, fera de ce pays le berceau du wahhabisme.

·         Le salafisme, né à la fin du XIXe siècle, est un courant très proche du wahhabisme, auquel il peut pratiquement être assimilé dans sa version la plus conservatrice. Il tire son nom du mot salaf, qui désigne le premier compagnon du Prophète. Dans les années 1980 naît dans les camps de Peshawar, au Pakistan, sur fond de guerre en Afghanistan, le « salafisme jihadiste », une version radicale qui va séduire de nombreux jeunes musulmans, y compris en Europe. Les salafistes appellent surtout à purifier l'islam de toute trace culturelle étrangère.

La principale divergence entre les deux écoles porte sur le thème de l'Etat islamique : le wahhabisme se satisfait d'un dirigeant local - un roi, par exemple - s'il respecte et fait respecter la charia, tandis que le salafisme souhaite revenir au califat pour l'ensemble des croyants, même si la plupart d'entre eux acceptent l'idée d'un émir local pour quelque temps. (Source)

On peut donc constater la proximité entre la spiritualité du wahhabisme et celle du salafisme. Les deux veulent donc vivre sous la loi de l'Islam quel que soit le territoire.

De même, la Chahada (profession de foi des musulmans qui se traduit par : "Je certifie qu'il n'y a de dieu que Dieu et je certifie que Mohammed est le dernier de ses messagers") est présente en arabe sur le drapeau de l'Arabie Saoudite, du front Fatah al-Cham, d'Al-Qaïda ou encore de l'Etat Islamique, aussi dit Daech... La liste des groupes terroristes islamiques radicaux est bien évidemment non exhaustives...

De plus, le financement de ces organisations terroristes laisse parfois songeur. Le sponsor Saoudien ne semble pas être une illusion à la vue de ses prises de positions concernant le 11 septembre, quand Riyad menace de réduire sa coopération contre l'Etat Islamique.

Un faisceau d'indice plutôt convergent qui laisse à penser clairement que l'Arabie Saoudite est un catalyseur spirituel pour l'Etat Islamique ou encore pour les autres groupes terroristes islamiques.

Rien d'étonnant pour le pays qui fût le premier à être victime des attentats islamiques en 1979 avec la prise de la Grande Mosquée... Et qui, par ailleurs, est le deuxième importateur d'armes au monde...

Pour information complémentaire, vous êtes invité à consulter cette liste des attaques terroristes islamistes et de constater par vous-même le degré d'urgence à agir devant cette situation impérieuse.

 

L'année 2016 ayant enregistré plus de cent attaques, soit trois fois plus qu'en 2015 et six fois plus que durant toute la période 1980-1999.

LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT CHEZ MARX

 

Marx est connu comme étant un immense philosophe qui a bouleversé notre vision du monde. Il est le père du communisme dans bon nombre de têtes et pour beaucoup c’est lui qui est le penseur de la conception matérialiste de l’histoire, de la lutte des classes, de l’économie capitaliste et de la révolution. Mais de l’aveu même de Marx, s’il y a vraiment une chose qu’il a réellement découverte dans le domaine de l’histoire sociale, c’est la nécessité de la dictature du prolétariat.

« Maintenant, en ce qui me concerne, ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert l’existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu’elles s’y livrent. Des historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l’évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l’anatomie économique. Mon originalité a consisté : 1. à démontrer que l’existence des classes n’est liée qu’à des phases historiques déterminées du développement de la production ; 2. que la lutte des classes mène nécessairement à la dictature du prolétariat ; 3. que cette dictature elle-même ne représente qu’une transition vers l’abolition de toutes les classes et vers une société sans classe. » [Lettre à J. Weydemeyer du 5 mars 1852].

La dictature du prolétariat est un concept derrière lequel se cachent tous les fantasmes des anti-communistes. Ils essaient – non sans succès, hélas ! – d’effrayer les travailleurs par la notion de « dictature », qu’ils présentent comme la preuve du caractère violent et tyrannique du communisme. En réalité, il n’en est absolument rien. On entend par dictature un régime politique où une personne ou un groupe exercent tous les pouvoirs de façon absolue et sans aucune limite. Or, par définition, le prolétariat – de nos jours, on dirait plutôt salariat – est la classe sociale qui doit vendre sa force de travail pour vivre. Il représente 90 % de la population active, par exemple, en France.

Mais alors de quoi parlait Marx lorsqu’il évoquait la dictature du prolétariat ?

Pour bien comprendre ce concept, il faut avoir en tête que la définition du terme de « dictature » a beaucoup évolué durant ce dernier siècle. Si aujourd’hui il signifie « régime politique où une personne ou un groupe exercent tous les pouvoirs etc. », il définissait tout autre chose dans le passé. Selon les Romains, la dictature désigne une période politique d’exception où l’on désigne un dictateur, qui aura les pleins pouvoirs pour une période maximale de six mois afin qu’il sauve la république.

Lorsque Marx développe l’idée de dictature du prolétariat, pendant la première moitié du 19ème siècle, il utilise la définition qui a cours à cette époque. Il connaissait la dictature de type romaine, mais fondait la perspective d’une dictature du prolétariat sur l’expérience de la dictature des sans-culottes à l’apogée de la révolution française et celle de l’insurrection lyonnaise de 1831, qui, malgré son caractère éphémère, permettait d’envisager une situation où la classe ouvrière exercerait le pouvoir, imposerait sa volonté aux classes possédantes et se défendrait contre toute tentative de contre-révolution. Marx présentait la dictature du prolétariat comme un régime de transition entre la période révolutionnaire et l’abolition définitive des classes, c’est-à-dire le communisme. Voici comment il la définit dans le texte Société universelle des communistes révolutionnaires (avril 1850) :

« Art. 1 : Le but de l’association est la déchéance de toutes les classes privilégiées, de soumettre ces classes à la dictature des prolétaires en maintenant la révolution en permanence, jusqu’à la réalisation du communisme. » [Fin de la Ligue des communistes, Paris, Gallimard La Pléiade, 1994]. « Ce socialisme est la déclaration de la révolution en permanence, la dictature de la classe du prolétariat comme point de transition nécessaire vers l’abolition des différences de classes tout court, vers l’abolition de tous les rapports de production sur lesquels elles reposent, vers l’abolition de toutes les relations qui correspondent à ces rapports de production, vers le bouleversement de toutes les idées qui naissent de ces relations sociales. »[Neue Rheinische Zeitung, n°3, 4 juillet 1850].

La dictature du prolétariat occupe une place centrale dans la conception de l’histoire développée par Marx.

Si Marx ne l’évoque que peu de fois dans ses écrits, c’est que, d’une part, elle est apparue assez tard dans ses œuvres et que, d’autre part, il était un théoricien de la pratique. Tant que les prolétaires n’ont toujours pas réussi à réaliser une révolution, il ne développe pas ce qu’il se passe après. Cette volonté vient de la nature même de sa philosophie : la dialectique matérialiste. Tant que les conditions et contradictions matérielles ne sont pas réunies pour passer à une phase historique supérieure, il ne peut pas développer une théorie correcte sans tomber dans la spéculation. Et c’est parce que la situation historique a évolué que l’idée de dictature du prolétariat est apparue sous la plume de Marx.

C’est dans La lutte des classes en France et Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte que Marx développe le mieux la nécessité historique de la dictature du prolétariat. Ces deux livres traitent alors des différentes phases par lesquels passent les différentes classes sociales de l’époque.

Pendant la révolution, selon Marx, le prolétariat est comme le bras armé qui renverse la classe dominante par la force. Se plaçant à la tête de tous les opprimés, les travailleurs forment la classe qui est amenée à prendre le pouvoir entre ses mains. Toute révolution authentique est avant tout une révolution des opprimés. Cependant, devant la soudaineté des événements, et en fonction des circonstances, ils ne sont pas toujours capables de faire quelque chose de leur pouvoir. Ils veulent bien faire et ont soif de ce qui lui a toujours manqué. Mais Marx observait que, sans savoir réellement ce qu’il faut faire, les prolétaires « ne cessent de reculer devant l’immensité chaotique de leurs propres buts. » Il faut qu’au préalable le prolétariat soit doté d’une direction politique qui sache comment agir pendant et au lendemain de la révolution. Sans cette préparation, les ennemis qu’il vient de mettre à terre reprendront des forces et reprendront le pouvoir. Toute la différence entre la révolution bolchevique victorieuse et les autres révolutions qui ont échoué réside dans le fait que Lénine et Trotsky savaient pertinemment qu’il ne fallait pas laisser leurs ennemis reprendre des forces. Les révolutions actuelles ne dérogent pas à cette logique implacable. La révolution égyptienne en est le bon exemple. Une fois que la révolution semblait victorieuse, le peuple a voté pour Morsi et a été incapable de profiter de son pouvoir pour écraser l’ancien pouvoir en place, faute de direction révolutionnaire. Dès que l’ancien régime militaire a repris des forces nécessaires, il a balayé Morsi et éradiqué tout espoir de changement révolutionnaire en Egypte.

Dans ses écrits, Marx analyse ce qu’il se passe sous ses propres yeux entre 1848 et 1851. Les travailleurs parisiens se soulèvent mais ils sont vaincus : « Tandis que le prolétariat parisien s’enivrait encore des perspectives grandioses qui s’étaient ouvertes devant lui et s’abandonnait à de graves discussions sur les problèmes sociaux, les anciennes forces sociales s’étaient groupées, rassemblées, concertées, et elles trouvaient un appui inattendu dans les masses de la nation, les paysans et les petits bourgeois, qui tous à la fois envahirent brusquement la scène politique. » Le temps que les travailleurs comprennent ce qui se passait, leurs ennemis avaient repris leurs esprits et s’étaient rassemblés pour les faire chuter. A la place de la classe ouvrière s’imposent alors les républicains bourgeois, qui seront renversés à leur tour par le coup d’Etat de Louis Bonaparte. « Autant ils avaient fait preuve de brutalité en abusant de la force physique contre le peuple, écrivait Marx, autant ces purs républicains furent lâches, ahuris, pusillanimes, mortifiés, inaptes au combat, prompts à reculer, maintenant qu’il s’agissait de défendre leur républicanisme et leur droit à légiférer contre le pouvoir exécutif et royaliste. Je n’ai pas à relater ici la lamentable histoire de leur dissolution ; ce fut non une mort, ce fut une agonie ».

Cette période aboutit alors à la mise en place d’un nouveau régime impérial sous Napoléon III. La révolution de 1848 n’a pas réussi à porter la classe ouvrière au pouvoir, ce qui ouvre la voie à la contre-révolution. C’est l’histoire de toutes les révolutions, depuis l’époque de Marx, qui n’ont pas débouché sur la « dictature du prolétariat », c’est-à-dire sur la mise en place d’un Etat au service de la classe ouvrière et sous son contrôle. L’histoire de la république bourgeoise de 1848 suit ce processus. Elle tenta de se consolider au moyen d’une contre-révolution mais ne dura finalement que très peu de temps. Elle fut renversée, par la voie « démocratique » dans un premier temps, par le parti de la réaction. Marx va retenir de ces faits que toute révolution est suivie nécessairement d’une crise où ses ennemis tentent de reprendre le pouvoir. En effet, lors d’une révolution, l’ancien système, qui assurait une certaine stabilité et sécurité, est remis totalement à plat. Quelque chose de nouveau est alors à construire, mais pour une partie de la population, la sécurité et la stabilité de l’ancien régime semblent préférables au chaos révolutionnaire. L’ancienne classe dirigeante cherche à profiter de cette situation pour revenir au pouvoir. Forts de la connaissance et de cette expérience historique, chaque communiste doit être bien conscient que les capitalistes ne laisseront jamais le pouvoir sans résistance. Ils tenteront de le reprendre avec d’autant plus de force que nous nous montrerons faibles. Au-delà des différences de terminologie entre l’époque de Marx et la nôtre, ceci est le principal enseignement de Marx en ce qui concerne la « dictature » des travailleurs.

 

 

Annus horribilis pour Fillon

Alors que le candidat LR s’accroche à sa place comme une moule à son rocher, même si ça doit faire perdre son camp, les signes avant-coureurs d’une débâcle sont déjà visibles.

Malgré sa chute libre dans les sondages, même s’il semble se stabiliser provisoirement, il persiste et signe, affirmant qu’il est le seul à pouvoir mettre en place son programme, ce qui dénote une forme de mépris pour les autres cadres de son parti, lesquels seraient d’après lui, infoutus d’appliquer son programme, ce qui dénote un égo assez démesuré.

En effet, il est passé de 30% d’intention de vote en novembre à 17% en février, soit une chute de 13 points en 3 mois

Il est donc déjà loin le mois de Novembre 2016, dans lequel le gagnant de la primaire, qui venait d’écraser Juppé, « marchait sur l’eau », et était déclaré gagnant au deuxième tour contre Marine Le Pen, avec 67% de voix contre 33...

Dans un autre sondage, la victoire était encore plus conséquente, à 29% contre 71... 

Mais depuis de l’eau a coulé sous les ponts, et le candidat qui marchait sur l’eau, et en train de boire la tasse.

Pris les doigts dans le pot de confiture, il se trouve en pleine déconfiture.

Le fait est qu’il ne sait comment se sortir de cette situation, due à son « PénélopeGate », après avoir tenté plusieurs essais assez infructueux.

Il a d’abord présenté ses excuses, admettant une faute morale, sans pour autant avoir proposé le remboursement de l’argent perçu.

Après avoir assuré que, s’il était mis en examen, il se retirerait de la course à la présidence, il assure maintenant le contraire, se déclarant « candidat jusqu’au bout », quoi qu’il arrive.

Il n’y a pourtant pas si longtemps qu’il avait affirmé « abandonner s’il y avait le moindre soupçon de malhonnêteté ». 

Il a ensuite cherché à détourner l’attention, mettant en cause les médias, préférant regarder le doigt, que de voir la lune que celui-ci montre.

Puis il a dénoncé « un complot politique » qui serait mené par ses adversaires...qu’il imagine socialistes, « un complot mené par le pouvoir » évoquant des boules puantes. 

Voyant que toutes ces manœuvres n’arrivaient à freiner sa chute sondagière, il s’est décidé à faire allégeance à son ex-président, le grand battu de la primaire LR, et au cours d’un entretien, il est probable que Sarközi ait prodigué quelques conseils...

Cette rencontre montre à quel point de désespérance en est réduit le gagnant de la primaire LR, prêt à se mettre sous la coupe de celui qui ne cessait de l’humilier allant jusqu’à le considérait comme son collaborateur alors qu’il était son 1er ministre, et qui l’a récemment traité d’eunuque. 

Ce repas, réclamé par Fillon, lequel attend de son ancien rival, des conseils, serait porté par l’envie, selon Christian Jacob, « de se nourrir de l’expérience de Nicolas Sarközi ».

On ne sait pas à quelle « expérience » songeait le président du groupe LR, et on suppose qu’il ne s’agissait pas de l’affaire Bygmalion, ou des soupçons de dépassement de frais de campagne présidentielle pour laquelle Sarközi est encore menacé par la justice.

À ce jour, l’ex-président trimballe 7 jolies casseroles

Mais que Nicolas Sarközi pense-t-il réellement de la situation de Fillon ?

Il y a encore peu, il « savourait les ennuis de Fillon », il gloussait même de plaisir s’il faut en croire ses proches.

Mais surtout, il n’a pas oublié la peau de banane que Fillon lui avait glissé sous le pied en déclarant, lors d’un débat « qui imagine le Général de Gaulle mis en examen ? »...et Sarközi de rétorquer en direction du candidat LR pris dans la tourmente des affaires : « et il dit quoi le Général, là ?  ». 

Alors aujourd’hui, malgré l’entêtement de l’intéressé, autour de celui-ci, ça va mal, même si en public on fait « bonne figure »...sur l’air de « ce n’est qu’un mauvais moment à passer ».

Un membre de l’équipe du candidat déclarait il y a peu : « j’en ai marre, c’est vraiment n’importe quoi cette campagne (...) c’est comme s’il n’y avait plus de pilote dans l’avion ».

Une véritable parano s’est emparée du candidat qui, avant d’échanger avec ses comparses, vérifie bien qu’il n’y a pas le risque d’être écouté par des « oreilles ennemies »,...

D’après « le Point », (Fillon, les coulisses de l’opération survie) pour aider leur candidat à tenir le coup, la chanson de Renaud, pour une fois mal inspiré puisqu’il avait vu en Fillon l’espoir, tournait en boucle « toujours debout »...suivi par celle de Corneille « parce qu’on vient de loin », mais le cœur n’y est pas.

Et puis, suite à la rencontre récente entre le candidat LR et Sarközi, ce dernier a déclaré : « Fillon est complètement paumé, il m’a harcelé de questions sur ce qu’il fallait faire, c’est tout juste s’il ne prenait pas des notes ». 

À Limoges, difficile d’obtenir une salle, sous des prétextes fallacieux... la date demandée par le staff Fillon est le 16 février, date refusée pour cause de « vacances scolaires, sauf que celles-ci ne commencent que le 17...et à Clermont Ferrand, c’est carrément « NON »....

À MarseilleBruno Gilles, le patron de la fédération a publiquement demandé au candidat « d'arrêter » sa campagne, et Patrick Stéfanini d’ajouter : « le vrai sujet, c’est qu’à Marseille, ils n’ont pas envie de soutenir Fillon. Comment voulez-vous que je fasse campagne avec des gens comme ça ? ». 

Comme l’écrit dans son article Christine Ollivier, dans le JDD : « du simple adhérent jusqu’au cadre du parti, la plainte revient en boucle : « c’est le bordel  ». 

Et, cerise sur le gâteau, François Bayrou vient d’annoncer son soutien à Emmanuel Macron, en forme de « Bayrou-de secours », ce qui va provoquer probablement un nouveau siphonage de voix pour le candidat LR, rebattant ainsi les cartes, en forme de nouvelle donne, puisque le candidat d’en marche vient d’accepter ce renfort inattendu et bienvenu d’autant que sa côte e popularité connaissait une baisse sensible ces derniers jours. 

Voici le texte intégral de la proposition d’alliance du patron du Modem.

Il serait prématuré d’en conclure que Fillon, du coup, ne puisse être présent au 2ème tour, mais mathématiquement, ce scénario n’a rien d’invraisemblable.

Officiellement, chez les LR, on fait mine de ne pas s’alarmer, sur l’air de « même pas mal », affirmant que Bayrou est totalement décrédibilisé dans les rangs de la droite, depuis le jour où il avait appelé ses électeurs à choisir Hollande...

Sauf qu’en réalité, il n’y a pas si longtemps Fillon avait pris contact avec Bayrou en lui demandant : « présente toi, j’en ai besoin, après je te donne ce que tu veux ». 

Il reste encore 71 jours avant l’élection, et beaucoup d’évènements pourraient encore se produire...

Chez les frontistes, on est inquiet des retombées que pourrait avoir le film de Lucas Belvaux « Chez nous », lequel tente de décrypter la stratégie du FN, dans sa tentative de dédiabolisation, et le secrétaire du parti d’extrême droite n’a cessé de twitter tout le mal qu’on pouvait penser de ce film qu’il juge « caricatural ». 

Ajoutons que les ennuis juridiques de MLP continuent, avec la garde à vue de sa cheffe de cabinet dans l’affaire des assistants parlementaires européens du parti, soupçonnés d’avoir été salariés sans avoir occupé ces fonctions. 

 

Comme dit mon vieil ami africain : « chaque marigot à son crocodile ».

Boulots de merde : « On

revient à une économie de

type féodale, une

économie de la

domesticité »

 

 

Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’injonction faite à tous les travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces boulots dégradés, s’ajoute la précarité grandissante de travailleurs qui quittent le salariat pour la « liberté » de l’auto-entrepreunariat. Une violence sociale féroce dans laquelle les journalistes Julien Brygo et Olivier Cyran ont plongé pour écrire leur ouvrage Boulots de merde. Ils y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles. Entretien.

Basta ! : Le titre de votre livre, Boulots de merde, se réfère au texte de l’anthropologue David Graeber sur les « bullshit jobs » [1]. Il y décrit les métiers absurdes qu’induit le capitalisme financier, tels que ceux exercés par les avocats d’affaire, lesquels s’ennuient prodigieusement au travail. Mais pour vous, les bullshit jobs ne concernent pas que les cols blancs, loin s’en faut. Pourquoi ?

Julien Brygo et Olivier Cyran [2] : Nous avons été séduits par cette idée de David Graeber selon laquelle, dans le capitalisme financier, des millions d’individus sont employés à ne rien faire d’utile, comme effectivement les avocats d’affaire : ils sont bien payés et très reconnus socialement, mais ils s’ennuient tellement au travail qu’ils passent leur temps à télécharger des séries ou à réactualiser leur page Facebook. Ceci dit, il nous semble que les « vrais » boulots de merde, ce sont quand même plutôt ceux qui sont exercés en bas de l’échelle sociale dans les secteurs du nettoyage, de la restauration, de la livraison à domicile, de la distribution de prospectus publicitaires, etc. Bref : des métiers pénibles où l’on paie de sa personne, qui participent à la croissance du PIB et à la baisse des chiffres du chômage.

Nous pouvons y ajouter les boulots « utiles » comme les infirmières, les professeurs ou les facteurs, dont les conditions se sont tellement dégradées qu’ils deviennent vraiment « merdiques » eux aussi. Nous avons voulu incarner ces vies et tracer un lien avec les gestionnaires de patrimoine et autres héros financiers tels que les journalistes boursiers, qui exercent des métiers nuisibles socialement : les gestionnaires de patrimoine font partie des organisateurs de ce qui est appelé béatement « l’optimisation fiscale » et qui prive la collectivité des recettes de l’impôt.

« À la faveur de l’entassement des richesses dans les mains d’une élite de plus en plus dodue et capricieuse, le secteur des tâches domestiques où l’on s’abaisse devant son maître se répand », dites-vous. Pouvez-vous détailler ?

Entre 1995 et 2010, dans le monde, le nombre de travailleuses domestiques a grimpé de plus de 60 %. 52 millions de femmes exercent ces « métiers ». Cette hausse correspond à la montée des inégalités. On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité dans laquelle les plus riches sous-traitent leur confort en employant une nounou, ou bien une, deux ou trois bonnes. Le tout avec le soutien de l’État puisque, par exemple, la gauche plurielle de Lionel Jospin a instauré en France le subventionnement de tous ces métiers via les crédits d’impôts.

Des métiers que l’on croyait disparus, parce que réservés à une époque de semi-esclavagisme, refont leur apparition, comme les cireurs de chaussures, parfois avec l’étiquette « économie sociale et solidaire ». Suite à un appel à projets lancé en 2012 dans le département des Hauts-de-Seine, sous l’égide de Jean Sarkozy, le réseau « les Cireurs » a ainsi obtenu 50 000 euros de subvention au titre de « l’aide à l’économie sociale et solidaire ». Fondé par une diplômée d’école de commerce, ce réseau réunit des individus qui, en contrepartie du droit d’usage de l’enseigne (censée appâter le chaland), acceptent d’être auto-entrepreneurs. Pas d’indemnités en cas d’arrêt maladie, aucun droit aux allocations chômage.

Au lieu d’un salaire, le cireur touche un cachet horaire sur lequel il doit payer lui-même une taxe de 23 %. De son côté, la structure démarche des centres commerciaux pour leur vendre l’implantation de ses « artisans cireurs ». Les cireurs paient de leur poche le matériel et l’habillement. S’ils n’ont pas les moyens d’investir, ils peuvent obtenir un prêt accordé par l’association pour le droit à l’initiative économique à un taux d’intérêt compris entre 6 et 8 % ! Au final, la rémunération du cireur est maigre, sa précarité totale. Mais on nous vend un métier « renouvelé », avec des gens qui travaillent « pour eux », sous prétexte qu’ils ne sont pas salariés.

« Je ne gagne pas un Smic, ça c’est clair », dit un cireur de chaussures que vous citez. Mais les auto-entrepreneurs ne sont pas les seuls à travailler à bas coût. Vous expliquez que des millions de salariés travaillent bien en-deçà du Smic.

On entend partout que le Smic c’est « l’ennemi de l’emploi ». Mais le Smic n’existe plus depuis longtemps. Il existe de nombreuses manières de passer outre le salaire minimum. Par exemple, le CDI à temps partiel, avec la pré-quantification du temps de travail. C’est ce qui a été négocié par les géants de la distribution de prospectus publicitaires, Adrexo et Médiapost. Les salariés que nous avons rencontrés travaillent 30% de plus en moyenne que ce qui est indiqué sur leur contrat, et que ce qui leur est payé. Un couple de retraités touchait à peine trois euros de l’heure, soit deux fois et demie moins que le Smic ! La convention collective de la restauration est un autre moyen de faire travailler les gens gratuitement : les heures supplémentaires ne sont pas payées. Résultat ? Les salariés sont payés 24 heures, et en font 60. Le reste étant – parfois – payé au black. Dans les secteurs où la France est championne – le tourisme, la grande distribution, l’hôtellerie-restauration… –, il y a au moins deux millions d’emplois payés entre 25 et 80 % du Smic !

Il y a en fait une vraie fascination du patronat pour le travail gratuit, et les dirigeants politiques s’empressent de leur donner des outils juridiques qui légalisent cette gratuité : prenons le service civique payé deux fois moins qu’un Smic – et même seulement 1/10ème du Smic pour l’employeur – ; ou encore le contrat de professionnalisation auquel recourt beaucoup la grande distribution : pour 150 heures de formation théorique – qui consiste en fait à remplir des rayons ou à faire du nettoyage – l’entreprise touche 2 250 euros par contrat. Le dispositif coûte des millions d’euros aux contribuables chaque année.

Y a-t-il là une spécificité française ?

La grande distribution, c’est une spécialité française. Et le secteur est friand de boulots dégradés. Le projet Europacity (immense centre commercial à proximité de Paris, ndlr), du groupe Mulliez et de sa filiale Immochan, c’est la promesse de 10 000 boulots de merde. Autre secteur passionné par cette économie du « larbinat » : le tourisme. Dans les Alpes, des vallées entières sont de véritables réservoirs à larbinat : tout le monde travaille pour les quelques privilégiés qui peuvent se payer des sports d’hiver. Il y a des contrats prévus pour les CDI à temps partiels, les intermittents, les apprentis, les stagiaires, etc. Précisons que la France est aussi championne du monde des anti-dépresseurs et des médicaments, notamment pour supporter tous ces travaux infernaux.

Le secteur privé n’est pas le seul à malmener les travailleurs. Les fonctionnaires sont eux aussi essorés par les « restructurations » de services et les suppressions de postes en pagaille. Que vous-ont raconté les fonctionnaires que vous avez rencontrés ?

L’obsession pour la réduction des effectifs est un drame. Tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il est important de réduire le chômage. C’est constamment dans la bouche des responsables politiques. Mais la phrase d’après, c’est : « Je m’engage à virer 500 000 fonctionnaires ». Parce qu’ils n’arrivent pas à se figurer que des métiers qui ne dégagent pas de marge financière puissent néanmoins être utiles. Tout doit être « rentable ». Nous payons des années de convergence idéologique entre les élites politiques et les détenteurs du capital. Les gens chargés de « réorganiser » drastiquement le CHU de Toulouse, où nous avons fait un reportage, sortent d’écoles de commerce. Ils ont officié chez Carrefour, Pimkie et Danone. Ils se retrouvent à gérer sur ordinateur de l’humain, alors qu’ils ne connaissent que les chiffres.

Les aides-soignantes et les infirmières sont censées remplir des chiffres bêtement sans se poser de questions. Elles doivent soigner tant de malades en une journée, peu importent les spécificités des personnes malades ou les imprévus. Elles ont tant à faire en si peu de temps que leur travail est devenu impossible (Ndlr : lire notre article sur le sujet : Sauver des vies en temps de crise : le difficile quotidien des infirmiers). En fin de journée, elles sont épuisées et complètement stressées parce qu’elles ne savent plus si elles ont posé correctement telle perfusion, donné tel médicament à la bonne personne au bon moment...

Tous les services publics sont touchés par cette recherche de rentabilité. Les facteurs se sont ainsi transformés en vendeurs de systèmes de télésurveillance, ou en promeneurs de chiens. L’objectif est de soutirer de l’argent à cette importante manne financière que sont les vieux en France. Cela porte évidemment atteinte à la dignité des facteurs, qui ont toujours aidé les plus anciens au cours de leurs tournées, mais gratuitement ! Les policiers de leur côté sont devenus des machines à gazer des manifestants ou des réfugiés. Certains en ressentent un certain malaise. Être obligé de reconduire tant de migrants à la frontière chaque année, cela n’est pas sans conséquences mentales sur les personnes.

Vous expliquez que tous ces « remaniements » de services publics sont inspirés du « lean management », une méthode élaborée dans les années 1950 au Japon par les ingénieurs de Toyota, et revue par le très libéral Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis au début des années 1990. Comment cela se traduit-il dans le monde du travail ?

Le « lean management » est devenu la marotte des directions de ressources humaines, et s’immisce et se propage dans tous les secteurs du monde du travail : dans les multinationales ou les services publics, chez les gros industriels et les sous-traitants. Il consiste à imposer aux salariés de faire plus avec moins, en s’attaquant notamment à tous les temps morts : les pauses jugées superflues, les respirations qualifiées d’improductives, toutes les minutes qui ne sont pas « rentables ». Dans nos reportages, tout montre que les travailleurs n’arrivent pas à faire face à cette intensification du travail. Ce qu’on leur impose en terme de rythme et d’objectifs n’a plus de sens. Nous nous dirigeons vers un état de souffrance au travail généralisée. Il y a des vagues de suicides partout. Et on parle là des secteurs de la santé ou de l’éducation : ce sont des secteurs fondamentaux de notre vie sociale.

Tout cela ne se fait-il pas avec le prétendu assentiment des salariés, que l’on somme de participer au changement organisationnel ?

Si. C’est toute la perfidie du « lean management ». On donne aux salariés l’illusion qu’ils peuvent changer le système ; en fait on les oblige à accepter de se faire humilier. C’est le principe de la bonne idée rémunérée chez PSA : 300 euros pour l’idée simple, 500 euros pour la super idée, 1 000 euros pour l’excellente idée. On fait croire aux salariés qu’ils sont d’accord et qu’ils valident le système. Alors que c’est faux, bien entendu. Neuf salariés sur dix pensent qu’ils ont besoin de plus de collègues, et de plus de temps pour pouvoir bien faire les choses. Un infirmier de Toulouse nous a expliqué qu’il a besoin de moins de produits anesthésiants lorsqu’il prend le temps de parler avec ses patients avant de les endormir. Mais ce n’est pas du tout intégré par la nouvelle organisation. Il doit faire vite, endormir tant de patients en une journée, peu importe si pour cela il doit consommer plus de produits. Toute cette organisation du travail a des effets criminels : il y a eu quatre suicides cet été à l’hôpital de Toulouse.

En France, la « loi travail », qui a fait l’objet d’une intense mobilisation durant l’année 2016, a-t-elle pour conséquence d’entériner ces méthodes ?

Avec cette loi, qui vise à faire passer le code du travail au second plan, on s’éloigne encore davantage du principe « une heure travaillée = une heure payée ». Elle est taillée sur mesure pour les entreprises qui veulent en finir avec le salariat. L’article 27 bis précise par exemple qu’il n’y a pas de lien de subordination entre les plate-formes de mise en relation par voie électronique comme Uber et les auto-entrepreneurs qui travaillent pour elles. C’est ce lien qui définit le salariat et permet entre autres aux travailleurs d’aller aux Prud’hommes faire valoir leurs droits. On désarme complètement les travailleurs, alors qu’ils subissent un vrai lien de subordination – ce sont les plate-formes qui leur donnent du travail, évaluent les travailleurs et les sanctionnent – sans les compensations garanties par le statut salarié.

Un livreur à vélo pour une « appli » de repas à domicile le souligne dans notre livre : « Pour arriver à un salaire intéressant, il faut travailler une soixantaine d’heures par semaine. Sur ce revenu, il faut payer environ 23% d’impôts au titre de l’auto-entrepreneuriat. L’arnaque totale. T’es taxé alors que eux, tes patrons, ils ne paient aucune cotisation sociale. » Les livreurs sont incités à aller très vite, quitte à frôler les accidents, étant donné qu’ils sont payés à la course. Et celui qui tombe de son vélo, il se fait non pas virer, mais « éliminer ». Il « quitte le jeu », en quelque sorte. Il ne touche plus aucun salaire, ni aucune indemnité. C’est un système d’une violence incroyable, qui se fait passer pour cool, jeune et dynamique. Les livreurs n’ont pas le droit au scooter, ils ne doivent rouler qu’à vélo – qu’ils doivent se procurer eux-mêmes – parce que cela donne une image écolo à l’entreprise...

Vous reprochez aux médias leur complicité avec ces conceptions très libérales du travail...

Les médias jouent un rôle central dans la diffusion de cette idée sous-jacente que la précarisation est nécessaire. Il faut travailler pour avoir une existence sociale quels que soient l’emploi et les conditions de travail. Le fait de donner chaque mois les chiffres du chômage nous plonge dans une vision statisticienne du monde, avec cet objectif de faire baisser le chômage quoi qu’il en coûte. Les journalistes relaient avec beaucoup de zèle cette idée selon laquelle « mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». Cela devient légitime d’accepter un boulot de merde simplement parce qu’il est proposé. Évidemment, pour rien au monde les journalistes ne feraient ces boulots de merde. Nous avons là une vision de classe.

Les médias jouent aussi beaucoup avec la culpabilisation du chômage, en répétant sans cesse à quel point c’est honteux de ne pas travailler, et en enchaînant les « Une » sur les avantages de l’auto-entrepreunariat. Nous sommes étonnés de constater, même autour de nous, à quel point les gens ont honte de dire qu’ils touchent des prestations sociales. Alors que cet argent, les gens l’ont cotisé, via leurs boulots antérieurs. Ce sont des garde-fous qui ont été mis en place pour éviter que des gens ne tombent dans la misère totale.

Les médias sont par ailleurs très sévères quand ils décrivent les luttes sociales, comparant volontiers les grévistes avec des preneurs d’otages, ou les manifestants avec des casseurs. Entre ces jugements très négatifs et la répression qui va grandissante, les luttes collectives peuvent-elles se faire une place, et redonner du sens au travail ? 

Il nous semble que le patronat va tout faire pour imposer l’idée selon laquelle il faut qu’on accepte cette société de mini-jobs, sans salaire minimum, avec des contrats « modernes », c’est-à-dire au rabais, davantage proche de l’auto-entrepreunariat que du salariat avec ses « acquis » sociaux qu’ils jugent « insupportables ». Au niveau juridique et législatif, tout est bouché. L’inspection du travail est attaquée de front. Les procédures prud’hommales engendrent parfois plus de cinq ans d’attente – et de paperasse – pour obtenir réparation et se faire rembourser l’argent volé. C’est un combat très inégal.

La criminalisation des mouvements sociaux et la répression des luttes collectives répondent à l’obsession politique clairement formulée qui vise à désarmer la CGT : ils veulent empêcher les travailleurs de reprendre le contrôle de leur travail et d’exercer leur capacité de nuisance sociale afin d’inverser un rapport de force. Cela indique que le patronat et ses relais politiques sont prêts à un affrontement, qu’ils exigent même la violence de cet affrontement.

Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le capitalisme les auront assignés presque naturellement. Et lorsque le logisticien sera remplacé, il pourra toujours louer sa maison, sa guitare, sa voiture, pourquoi pas vendre père et mère, pour ne pas sombrer dans la misère ni « vivre avec la honte » d’être un « assisté ». On va sans doute aller vers une radicalisation des mouvements sociaux. Avec une grande répression derrière. C’est la seule possibilité pour le libéralisme économique de continuer à structurer nos vies : par la force.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

 

Photo de Une : CC Conako 2015

Indignation sélective et journalisme à deux euros...

 

L'important, c'est la ros... Heu, non, le "buzz" !!

Il n'est pas si loin le temps où le gouvernement de François Hollande, socialiste, donc, de gauche par définition, ne trouvait aucune bonne phrase, aucun mot gentil, dans les colonnes des journaux ou sur les antennes de télévision.

Jusqu'à l'annonce du Président de ne pas se représenter, fait unique de la Vème République, cette formation politique cristallisait tout ce que les français pouvaient avoir de rancœur et de déception au fond d'eux-mêmes...

Et puis la campagne présidentielle avance.

Les avanies et les affaires se retrouvent à la une des journaux, les scandales réels ou simulés, les petites phrases assassines et les propos malheureux nourrissent les feuilles de choux et les plateaux télés.

Et le fait du week-end, celui que tout le monde (sauf moi !!) attendait, c'est la grande rencontre entre Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Il allait de soi que le pauvre petit représentant de la France Insoumise allait, comme tout bon traître politique - et surtout de gauche - rentrer dans le rang et venir chercher les voix tant désirées à l'aide du Parti Socialiste.

Caramba !! Encore raté !!

Imaginez un seul instant les railleries dont aurait été l'objet le représentant de notre mouvement s'il avait, ne serait-ce que consenti, conclut un accord avec ce fichu PS dont les représentants restent malgré tout Valls, El-Khomri, et tout ce qui a fait la preuve s'il en était besoin que le rose du logo avait bel et bien viré au bleu...

Donc, la queue entre les jambes, la faune journalistique est rentrée à la maison, avec, comme seul os à ronger une expression passée en boucle partout "prendre en marche un corbillard". Génial !! On va refaire le coup du "Capitaine de pédalo" qui avait bien montré combien Jean-Luc Mélenchon était méchant et agressif !!

Même si pendant cinq années l'expression avait parfaitement collé au personnage de François Hollande, même si il y a quelques semaines, les lignes des journaux ne donnaient pas cher de la peau de Benoit Hamon, aujourd'hui, puisqu'aucune affaire ne vient entacher le représentant de FI, il est absolument nécessaire de trouver le petit détail qui viendra pourrir une campagne devenant de plus en plus instable et imprévisible.

Ce Dimanche, toute l'après-midi a été consacrée à un groupe d'experts de détailler point par point comment le financement du programme L'Avenir en Commun allait se faire.

C'est à l'absence totale de diffusion de cet évènement très important que l'on aura compris quelles sont les priorités de la presse du pays. Pas question de favoriser un mouvement politique qui se présenterait avec des arguments sérieux alors que la concurrence se contente de "y'a ka, fo kon", concurrence qui est beaucoup plus en adéquation avec les désirs des puissants de la nation...

Je tiens aussi à rassurer certains déçus de la divergence entre Mélenchon et Hamon. Celle-ci est totalement normale. Benoit Hamon est prisonnier d'un parti politique ayant à sa tête un Jean-Christophe Cambadélis souriant et bon enfant qui ne pourra jamais faire avaler à quiconque qu'il représente la gauche française.

Alors que Jean-Luc Mélenchon n'est que le représentant de la France Insoumise, rassemblement de personnes avec des orientations similaires, regroupés hors des contraintes des partis, et ayant pour seul but à défendre un programme précis, écrit et basé sur les contributions de milliers de militants et sympathisants.

 

Dévier de cette route serait en fait, pour le coup, une véritable trahison !!

Fillon l’imposteur : un candidat illégitime

François Fillon est un imposteur, un tartuffe de la pire espèce. Et pour n’avoir pas tiré en temps utile les conséquences de la duplicité de son candidat, c’est la droite traditionnelle qui court le risque d’une brutale sortie de route le 23 avril. Avec un socle d’électeurs sourds et aveugles aux choquantes turpitudes de son candidat, Fillon n’a pourtant pas perdu toutes ses chances. Mais en cas de victoire le 7 mai, c’est la France qui, avec à sa tête un président corrompu, serait gravement bafouée car notre pays se trouverait de facto ravalé au rang d’une république bananière...

En quelques décennies de vie publique, le Sarthois François Fillon avait réussi, sur la droite de l’échiquier politique, à se construire une image de catholique austère aux allures rassurantes de notaire de province. Une image faite de sérieux, de sérénité affichée, et de probité revendiquée sur laquelle il s’appuyait pour asséner ici et là des leçons de moralité, et le cas échéant porter des coups de griffe à ses adversaires réputés moins vertueux. On se souvient notamment de cette phrase prononcée à La Baule le 3 septembre 2016 : « Je dis que l'exemplarité est nécessaire pour gouverner notre pays ». Ou bien encore cette apostrophe qui visait Nicolas Sarkozy lors de la primaire LR-UDI : « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? »

Tout ce bel édifice de moralité, qui avait fait de François Fillon le « Monsieur Propre  » de l’alliance LR-UDI, a volé en éclats avec la parution le 25 janvier et les deux semaines suivantes d’éditions du Canard enchaîné qui nous ont appris l’existence de plusieurs emplois d’assistants parlementaire de Penelope Fillon et de deux de ses enfants, alors simples étudiants en droit. Des emplois dont, en France comme à l’étranger, quasiment plus personne ne doute aujourd’hui du caractère fictif, eu égard à l’incapacité pour les enquêteurs du parquet financier de recueillir le moindre justificatif d’un travail réel.

Rappelons que Penelope Fillon – rémunérée jusqu’à 4 fois le salaire d’un assistant parlementaire expérimenté ! –, ne disposait à l’Assemblée nationale ni d’un bureau, ni d’un badge d’accréditation, ni d’un compte de messagerie professionnel. Rien à Paris. Rien non plus dans la Sarthe. Malgré des recherches approfondies, tant dans la capitale qu’au Mans et à Sablé, les enquêteurs n’ont en effet, nous dit Le Canard enchaîné, pas même trouvé la trace du plus petit SMS en rapport avec la prétendue activité parlementaire de l’épouse du candidat LR. Il est vrai que les policiers, transformés pour l’occasion en ghostbusters, n’avaient pas la moindre chance d’établir l’existence d’un emploi d’assistante parlementaire. Ce que Penelope Fillon avait elle-même confirmé en déclarant spontanément lors de l’interview d’une journaliste britannique du Daily Telegraph en 2007 "Je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre." Difficile de faire plus dévastateur !

Dès lors, on comprend qu’Éliane Houlette, la procureure du Parquet national financier, ait décidé de ne pas classer sans suite l’enquête visant François Fillon, son épouse Penelope et deux de ses enfants, suspectés eux aussi d’avoir bénéficié d’emplois d’assistants parlementaires tout aussi fictifs, et de surcroît rémunérés à prix d’or pour de simples étudiants. Fillon pourrait en outre, au vu des éléments récemment publiés par les journalistes de Médiapart – notamment un accablant fac-similé de chèque – devoir répondre d’un autre chef d’accusation dans le cadre d’une affaire de détournements de fonds publics au Sénat pour laquelle 6 sénateurs UMP ont d’ores et déjà été mis en examen.

Une primaire faussée par une tromperie sur l’offre

François Fillon endossait volontiers le costume du chevalier blanc de la sphère politique pour donner des leçons de morale et d’éthique à ses pairs. Or, voilà que s’est dessiné en quelques semaines le portrait d’un homme aux antipodes du modèle de vertu que le candidat LR prétendait incarner : celui d’un individu malhonnête et sans honneur. Un portrait d’autant plus hideux qu’il se cachait derrière le masque trompeur d’un dévot plutôt bienveillant et respectueux de la morale chrétienne. Beaucoup, dans l’électorat Les Républicains, sont tombés de haut en découvrant la tartufferie de cet homme âpre au gain et prêt à de scandaleuses dérives pour s’enrichir sur le dos des contribuables français. C’est notamment le cas de nombreux chrétiens de droite qui ont eu le sentiment de voir celui qu’ils croyaient des leurs violer sans vergogne les valeurs essentielles de la religion catholique : Fillon n’était pas au service de Dieu, mais à celui de Mammon !

Pour autant, le socle électoral de Fillon reste solide, une part importante des électeurs de droite faisant taire ses scrupules moraux pour se ranger derrière l’argument de légitimité avancé par le candidat pour justifier sa fuite en avant et son rejet de tout « plan B ». Une légitimité qui, ose-t-il avec un aplomb cynique, découle du « mandat qui [lui] a été donné par 4,4 millions de nos concitoyens ». Or, rien n’est plus faux ! Certes, Fillon a bel et bien gagné cette primaire – et de belle manière – mais sur la base d’une offre faussée qui en rend le résultat totalement caduc. Qui peut croire sérieusement qu’en connaissance du véritable profil de Fillon – un intrigant fourbe et cupide – l’électorat de la primaire l’eût choisi comme candidat ? À l’évidence personne de sensé.

François Fillon étant de facto illégitime, il appartenait aux cadres du parti d’en tirer les conséquences en écartant le plus rapidement possible, et avec une détermination sans faille, ce candidat sulfureux pour le remplacer par un homme ou une femme plus présentable aux yeux des électeurs français. Une action de salubrité publique nécessaire dans un pays gravement abîmé par la corruption du monde politique et qui se doit d’éradiquer définitivement des pratiques d’autant plus haïssables lorsqu’elles ne visent qu’un trivial enrichissement personnel sur détournement de fonds publics.

Les caciques de LR ont préféré rester sourds et aveugles à l’effet dévastateur de ce scandale, au risque de payer très cher cette attitude indigne. Etre complice du maintien de la candidature de Fillon, ce délinquant propre sur lui mais si crasseux à l’intérieur, c’est en effet insulter la France et adresser un bras d’honneur à sa population, très majoritairement constituée de compatriotes honnêtes qui travaillent dur et gagnent souvent peu.

Honte sur Fillon l’imposteur ! Et honte sur ceux qui, bafouant l’éthique la plus élémentaire, soutiennent ce candidat corrompu !

 

Documents joints à cet article

Le » bamboula » : histoire d’une injure raciste ancrée dans l’imaginaire français

Cannibale, sodomite, rigolo… Le terme « bamboula », prononcé jeudi 9 février par un policier sur la chaîne de télévision France 5, renvoie le Noir à la figure caricaturale d’un grand enfant brutal, et nie son humanité. Explications avec la linguiste Marie Treps.

Stupéfaction jeudi 9 février, sur le plateau de l’émission « C’est dans l’Air ». Avant d’être vivement repris par la présentatrice, un syndicaliste policier français, Luc Poignant, jugeait que l’insulte « bamboula », « ça ne doit pas se dire, mais ça reste à peu près convenable. »

Il s’agit pourtant bien d’une injure… proférée dans un contexte déjà tendu suite à l’interpellation particulièrement brutale d’un jeune noir de 22 ans, Théodore, alias « Théo », à Aulnay-sous-Bois (Seine-saint-Denis).

Pour comprendre à quel point le terme est dégradant, il faut se plonger dans l’ouvrage Maudits mots, la fabrique des insultes racistes (TohuBohu éditions), de la linguiste Marie Treps. « Bamboula », explique-t-elle, serait issu de « ka-mombulon » et « kam-bumbulu », qui signifient « tambour » dans les langues sara et bola parlées en Guinée portugaise. En 1714, en Côte d’Ivoire, le mot a pris le genre féminin, et désigne cette fois une « danse de nègres »… « il est déjà connoté négativement puisqu’il est associé au « nègre », à l’esclave noir, à un moment où la traite est en pleine expansion », nous précise l’auteur. La bamboula devient synonyme de danse violente et primitive dès la moitié du XIXe siècle (il conserve d’ailleurs ce sens aujourd’hui).

Des « bamboulas » pour sodomiser les « boches »

Mais c’est en 1914, avec l’arrivée des tirailleurs sénégalais sur le front que le terme se charge lourdement de mépris. « Le mot renvoie alors à une imagerie alliant sauvagerie, cannibalisme, sexualité animale et rire, naïveté enfantine supposée des soldats noirs », souligne Marie Treps. On la retrouve dans des caricatures du magazine français L’Illustration, alors abondamment diffusé. Le tirailleur sénégalais, personnage à la fois violent et « rigolo » dans les dessins de l’époque, menace par exemple les soldats allemands de sodomie.

« Le terme a beaucoup été utilisé au moment des grandes expositions coloniales, remarque la linguiste. Il flatte le paternalisme du colon. Derrière le terme « bamboula », il y a l’idée que les Noirs sont des grands enfants qu’il faut civiliser. Et finalement, ce qui est commode à l’époque c’est que l’être humain disparaît derrière sa caricature. Ainsi, en 1914, ce ne sont pas des humains que l’on envoie au front se faire tuer, seulement des « bamboulas ». On occulte la violence qui est faite à une population. La maladresse du syndicaliste sur France 5 est troublante : c’est ce terme ancien qui lui vient spontanément pour dénoncer les insultes qui sont également faites aux policiers, preuve que le mot est toujours présent dans l’inconscient post-colonial français. Et c’est une manière, encore une fois, de dissimuler les violences subies par les Noirs. »

Libération de la parole raciste

Pour la linguiste, les injures racistes sont de plus en plus présentes dans la sphère publique. Certes, une loi, celle du 1er juillet 1972, a créé un délit nouveau de provocation à la haine, à la discrimination ou à la violence. Elle pénalise les discours de haine.

« Cependant les ténors racistes de certains partis politiques ou des amuseurs publics parlent aujourd’hui par insinuation ou utilisent des euphémismes, remarque Marie Treps. On met du sucre autour d’un poison, mais le poison est toujours là. De plus, une parole raciste souvent anonyme se libère sur internet. On peut aujourd’hui dire à peu près tout à n’importe qui et n’importe quand. »

Paradoxalement, à l’ère du politiquement correct, les noms d’oiseaux permettant de stigmatiser la différence n’ont jamais été aussi virulents.

 

Source: https://info.yamar.org/2017/02/09/le-bamboula-histoire-dune-injure-raciste-ancree-dans-limaginaire-francais/

Un concert de casseroles

Amateurs de musique déconcertante, vous allez être gâtés : depuis le « Peneloppe-Gate », suivi du « marine-gate », d’autres casseroles pointent le bout de leur nez... et ce n’est probablement qu’un début.

En effet, on pouvait s’étonner du silence poli dans les rangs socialistes, et des autres, au sujet de tous ces scandales qui n’en finissent pas d’éclabousser le monde politique français, et mettre ça sur le compte de la pudeur, sur l’air de « ne tirons pas sur l’ambulance »...

Mais ce silence discret cache peut-être d’autres raisons.

L’affaire Fillon est en train de faire des petits, car un certain Thierry Solère, porte-parole du, peut-être provisoirement candidat LR, semble pris dans une nouvelle affaire trouble. Sondage

Tout comme Fillon, (et d’autres, comme on va le découvrir) il a fait salarier son épouse en tant qu’attachée parlementaire à hauteur de 4400 € net mensuels, sauf qu’il ne dispose pas de permanence parlementaire dans la circonscription, ni même à l’Assemblée Nationale, et comme l’explique « le Canard Enchaîné » « lorsqu’on tente de le joindre au Palais Bourbon, un message enregistré délivre un numéro qui renvoie au siège de la région Île de France  », et le palmipède taquin ajoute que « le couple Solère (...) a omis de régler une partie de ses impôts sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière année ».

Alertés par ces dérapages, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption ont élargi leurs investigations, découvrant de possibles conflits d’intérêts, car l’intéressé a été salarié du groupe Chimirec, à 12 000 € brut mensuels, sauf qu’un dirigeant de la firme en question affirme : « j’en ai entendu parler, mais je ne l’ai jamais vu  ».

Les policiers sont allés un peu plus loin et se sont intéressé à son attachée parlementaire d’épouse, laquelle œuvre chez « Lerins communication », société qui ne publie pas ses compte ce qui ne l’empêche pas d’avoir dégagé 200 000 euros de bénéfices non commerciaux, or l’époux de l’intéressé affirme que sa digne moitié n’a d’autres occupations que de l’assister.

Que faut-il en conclure ?

Mais revenons aux attachés parlementaires, car grâce au site « Médiapart  », on découvre que la pratique d’engager un attaché parlementaire au sein de sa propre famille n’est pas le seul apanage des LR, ou du FN : de Claude Bartolone, président du groupe socialiste, à Claude Goasguen, en passant par Nicolas Dupont-Aignan, Éric Ciotti, Patrick Devedjian, Jean François Copé, Bruno Lemaire, Yves Jégo, Patrick Menucci, Gilbert Collard et des dizaines d’autres, ils sont près de 120 à avoir engagé qui une épouse, qui un enfant, comme attaché parlementaire. 

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Reste à savoir combien, dans le lot, ne sont là que pour la façade ?...

Car si certains font valoir que leur attaché très familial a de réelles compétences, comme la socialiste Estelle Grelier qui a engagé sa cousine titulaire d’un diplôme de Sciences-Po, d’autres attachés semblent peu qualifiés.

De plus, certains ont une autre activité à temps plein, comme par exemple le fils de Michelle Fournier-Armand (PS) qui a un emploi à temps plein à la Mutuelle Sociale Agricole.

Les exemples ne manquent pas : Dominique Orliac, (RG), a engagé son fils, pharmacien, et sa fille, médecin.

Ajoutons que Médiapart a déjà révélé d’autres curiosités, comme par exemple celle-ci : Patrick Mignon, (LR) a salarié son épouse en 2014, et pourtant à écrit « néant » dans la case censée lister ses collaborateurs, et sollicité par les journalistes, n’a pas encore daigné répondre à leurs questions.

Mais pour certains, comme Jacques Myard, (LR) les français n’ont pas à savoir comment les députés dépensent l’argent public. 

Quant à Marine Le Pen, elle commence à s’inquiéter au sujet de l’argent qu’elle a détourné de sa fonction normale, et la défense qu’elle a opposé aux instances européennes manque un peu de crédibilité. 

Ajoutons pour la bonne bouche qu’elle vient de perdre son procès contre l’avocate de Jean-Luc MélenchonRaquel Garrido, laquelle avait déclaré : « nous sommes sûrs de nous quant au fait que Marine Le Pen est une délinquante  ». 

Il serait peut-être temps que la France s’inspire du modèle européen qui interdit purement et simplement cette pratique peu citoyenne, d’autant qu’avant d’être pris dans la tourmente, François Fillon dénonçait il y a peu de temps, « l’abaissement du niveau éthique dans la vie politique ». vidéo

Maintenant, avec un aplomb déconcertant, il assure, par avocats interposés, que ces accusateurs ne sont pas compétents, demandant leur dessaisissement, et parallèlement, alors qu’il avait assuré que, s’il était mis en examen, il se retirerait, il vient de changer d’avis, déclarant s’en remettre au vote des français.

Pas étonnant dès lors que la cote de l’intéressé s’effondre jour après jour, et que des citoyens révoltés aient décidé de se rendre à chaque réunion projetée par Fillon, munis de casseroles, réclamant « nous aussi, on veut être payés à rien foutre ». 

Du coup, le candidat LR n’ose plus tellement sortir pour faire des meetings, et il envoie sa garde rapprochée les tenir à sa place, avec la peur que ses sorties se retrouvent face à un concert de casseroles.

Une autre difficulté se fait jour, les élus LR ne se bousculent pas au portillon pour l’accueillir, comme par exemple celui de Limoges, qui a carrément refusé... quant à celui de Clermont-Ferrand, il n’a arrêté aucune date, « faute de consensus »...

Brice Hortefeux, chargé de négocier une date avec cette municipalité s’est vu répondre que la date du 16 février n’était pas possible « pour cause de vacances scolaires »... vacances scolaires qui ne commencent que le 17... 

Lors du dernier, à Compiègne, son intervention s’était tellement colorée d’extrême droite qu’une filloniste se demandait si elle n’allait pas plutôt voter FN. 

Le seul meeting annoncé à ce jour est pour le 24 février, à Maisons-Alfort, à 19h30

 

Comme dit mon vieil ami africain : « les hommes sont comme les arbres : avec l’âge ils deviennent dur de la feuille et mous de la branche ».

Et maintenant ... si on se faisait Macron ?

Maintenant que François Fillon semble définitivement grillé, si on se concentrait sur un autre candidat, ultra-libéral lui aussi, prédateur assumé de l’intérêt général et de notre héritage social : Emmanuel Macron ?

 

Ce jeune loup, élevé hors sol par les sphères financières et le haut patronat, et gonflé artificiellement à l’hélium médiatique, traîne déjà une belle batterie de casseroles : conflits d’intérêt, fraude fiscale, détournement d'argent public. Sorties dans la presse depuis un certain temps, ces affaires n’ont pourtant pas suscité le même emballement médiatique : L’oligarchie aurait-elle déjà choisi son vainqueur ? protégerait-elle son poulain ?

Revue de presse des magouilles de Macron :

  1. Fraude Fiscale
  2. Liens étroits avec AXA
  3. Financement de campagne et enveloppe ministérielle
  4. Le succès médiatique de Macron : Renvoi d’ascenseur par Patrick Drahi ?

 

Fraude fiscale

En mai 2016, Médiapart et le Canard enchaîné, révélaient qu’Emmanuel Macron aurait sous-estimé une propriété de son épouse pour la bagatelle de 200.000 €, lui permettant ainsi d’échapper à l’ISF.

 

Assez cohérent, finalement, pour un candidat qui, bien que se refusant à présenter un programme, clame haut et fort qu’il veut “réformer” l’ISF.

Les impôts c’est pas pour les riches

 

Liens étroits avec AXA

Alors que François Fillon se trouve, à juste titre, accusé de conflits intérêt avec les assurances AXA (qui ont fait appel à lui en tant que conseiller), tout le monde semble laisser Emmanuel tranquille sur ce sujet. Son mouvement, En Marche, déclare pourtant son siège au domicile particulier [1] [2] de Laurent Bigorgne directeur du très libéral “think tank” l’Institut Montaigne, proche du MEDEF : ni de droite ni de gauche ? Vraiment ? Or, le président de l’Institut Montaigne n’est autre que Henri de Castries, l’actuel PDG de AXA assurances. On comprend mal comment ce qui constitue un conflit d’intérêt majeur pour le président Fillon, serait acceptable pour le 

« En Marche », colocataire de l’Institut Montaigne, présidé par Henri de Castries, PDG de AXA

 

Financement de campagne et enveloppe ministérielle

Non content des quelques 12 millions qu’il aurait récupéré à Londres en faisant la quête dans le cœur névralgique de la finance, à la City, avec des dîners à “prix libre” jusqu’à 7500 €, Emmanuel Macron aurait aussi éprouvé le besoin de piocher dans l’enveloppe de son ministère pour ses frais de sa campagne.

Michel Sapin l’accuse en effet d’avoir utilisé près de 80% de ses “frais de représentation”, réservé à son activité ministérielle, pour des frais liés à sa campagne : Soit environ 120.000 €

Macron aurait également bénéficié d’une aide active de L’Elysée, pour organiser une levée de fonds lors d’un déplacement officiel au Liban.

Le succès médiatique de Macron : Renvoi d’ascenseur par Patrick Drahi ?

Dans les collusions incestueuses permanentes entre les pouvoirs politiques, financiers et médiatiques au sein de notre belle république (qui nous valent cette année une chute au 45e rang mondial de la liberté de la presse), le cas Macron représente un cas d’école, presque chimiquement pur.

Accrochez vos ceintures : Début 2014, alors qu’il est encore 1er secrétaire de l’Elysée, Macron rend un fier service à Patrick Drahi, multi-milliardaires magnat des médias, en autorisant le rachat de SFR par ce dernier, aux dépens de Bouygues [2]

Bernard Mourad, ami de Macron depuis 2004 [1] et alors banquier chez Morgan Stanley, finance et négocie ce rachat. Après cette opération réussie, Bernard Mourad est promu directeur du groupe de presse Altice [3] (Libération, l'Express, l'Expansion, L'Etudiant, Stratégies), propriété de Patrick Drahi.

En 2016, Bernard Mourad rejoint définitivement Macron, en tant que conseiller spécial : [4] La boucle est bouclée.

 

Rappelons que, en plus du groupe de presse Altice (devenu depuis SFR Presse) Drahi possède également NextTVRadio (BFMTV, BFMRadio, RMC) : Au passage, comment une “démocratie” peut-elle tolérer de tels empires médiatiques et une telle concentration / collusion des pouvoirs ?

Le rachat de SFR par Drahi, autorisé par Macron au détriment de Bouygues, constitue le pivot de son soutien par l’empire médiatique du milliardaire.

 

Ces copinages éclairent cette macron-mania médiatique, ainsi que les sondages d’opinion dithyrambiques, surprenants pour un homme qui peine à parler des prolétaires sans les insulter, ou à les rencontrer sans se faire chahuter.
 

 

 

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Macron Rothschild.

 

 

 

Un Front au-dessus des

 

lois

 

Celle qui sous les lettres MLP dirige familialement les instances du Front National est-elle au-dessus des lois ?

On serait tenté de le croire lorsque l’on écoute ses réactions à chaque nouvelle condamnation.

Récemment condamnée par le parlement européen pour avoir joué avec l’argent public, en salariant son personnel grâce aux mannes européennes, pour des raisons sans réel rapport avec le but initial, elle s’en tire par un haussement amusé d’épaule.

Il s’agit tout de même de plus de 300 000 €.

L’Union Européenne estime que les fonds qu’elle a versé pour payer les salaires d’au moins 2 assistants parlementaires ont en réalité servi à rémunérer des employés exclusifs du FN, ce qui est bien sûr totalement interdit.

La dirigeante du parti refusant d’obtempérer, l’Europe a pris la décision de saisir une partie de son salaire pour récupérer son dû.

Tout comme FillonMLP dénonce un coup-monté, et son bras droit Philippot n’a pas hésité à évoquer le « règne de l’arbitraire » affirmant que l’Europe est « douce avec les copains », et « impitoyable avec ses adversaires ». 

Il faut toute de même remarquer qu’il y a une différence entre salarier un membre de son parti grâce a la manne européenne, même si ce n’est pas permis, et salarier les membres de sa famille pour un travail suspecté fictif, puisque dans le cas du FN, un travail a été réellement effectué.

Mais on peut aller plus loin.

Marine le Pen est mise en cause dans une autre affaire, car si pour l’assemblée nationale engager un membre de sa famille en tant qu’attaché parlementaire est pour l’instant autorisé, le parlement européen l’interdit formellement.

Or, Marine le Pen a engagé son vice-président et compagnon, un certain Louis Aliot, en tant qu’attaché parlementaire au parlement européen.

Sommée de s’expliquer, elle a fait valoir, dans un premier temps, qu’au moment de l’engagement, elle n’avait pas de liaison officielle avec son actuel partenaire... pourtant, cet engagement date de juillet 2011, et que, s’il faut en croire diverses bio de l’intéressé, ils sont en couple depuis 2009

D’ailleurs, ils se sont associés le 20 juin 2010 pour acquérir une propriété, à Millas, dans les Pyrénées Orientales

Finalement, devant l’agacement européen, Louis Aliot ne finira pas sa mandature, et quittera discrètement son emploi à l’été 2013... Sans pour autant rembourser les salaires perçus.

Il est aussi intéressant de noter qu’à aucun moment on ne trouvera trace de cet emploi d’assistant parlementaire dans la bio d’Aliot.

Pourtant, il ne faut pas en rester là avec les « préférences familiales » au cœur du front national, et on peut relever diverses nominations en tant qu’attachés parlementaires déontologiquement discutables.

S’il faut en croire l’enquête menée par Anne Sophie Mercier et Christophe Nobill, publiées dans les colonnes du « Canard Enchaîné », le toujours président d’honneur du FN, a réussi à convaincre son ami Gollnisch d’engager sa fille Yann pour 7000 € brut mensuel.

Ils se sont aussi intéressés à la jolie carrière de Catherine Griset, collaboratrice de MLP, laquelle a obtenu un poste d’attachée parlementaire au parlement européen de 2010 à février 2016.

Travail qui reste à prouver car, selon l’administration elle a travaillé 3 heures en 3 mois, faisant valoir que, « rentrant par le parking », nombre de ces heures n’avaient pas été comptabilisées.

Mais quel rapport avec la famille Le Pen ?

Tout simplement, il faut savoir que Catherine Griset est l’ex-belle-sœur de Marine Le Pen, étant la sœur d’Éric Iorio, son ex-conjoint.

Du coup, Bruxelles réclame à MLP le remboursement de 298 497 € supplémentaires.

Tous ces politiques, pris la main dans le sac, au lieu d’admettre la faute, et au moins de s’en excuser, ont généralement le réflexe de s’en prendre au doigt qui montre la lune...

Les médias qui « veulent leur peau »... « Une justice aux ordres »... « Un lynchage médiatique » « assassiné politiquement » et ils s’énervent finalement face au journaliste...

Récemment MLP en a fait la démonstration, face à Audrey Crespo Mara, qui s’étonnait que la candidate présidentielle se prétende « la candidate du peuple », alors qu’elle a eu un château et un parti en héritage, sans avoir bougé le petit doigt. 

Au-delà de ce parallèle fait entre le FN et le cas Fillon, on pourrait aussi en faire un autre avec l’ex président de la république, auquel il est reproché un grave dépassement financier lors de la campagne de 2012

En effet, le FN s’est fait épingler, en mai 2016 au sujet de ses comptes de campagne.

LA CNCCFP (commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques) a fait savoir que la demande de remboursement réclamée par le FN, à l’occasion des départementales, à hauteur de 9,56 millions avait été surévaluée de plus d’un million

En 2015, d’autres casseroles pointaient déjà le bout de leur nez, et pas des moindres, puisque s’il faut en croire « l’Obs », et « le Canard Enchaîné  », Marine Le Pen, et son père, ont sous-estimé leur patrimoine d’environ 60%, et selon l’AFP (agence France Presse) la fraude dépasserait le million d’euros pour le président d’honneur du FN et plusieurs centaines de milliers d’euros pour sa fille, leur faisant risquer 10 ans d’inéligibilité

Ces faits sont confirmés par la haute autorité : « il existe un doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude, et la sincérité de leurs déclarations, du fait de la sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun par M. Jean-Marie Le Pen, et Mme Marine Le Pen, et, par ailleurs, de l’omission de biens mobiliers par M. Jean-Marie Le Pen ». 

Ils rejoignent ainsi Fillon, pour qui on suspecte d’avoir aussi sous-estimé la valeur de son château, appelé modestement « manoir »...affaire à suivre. 

Ce même Fillon, qui s’était offert un séjour dans les îles pour échapper aux tourments de la métropole, s’est affiché à la messe, et bien mal lui en a pris.

Un curé facétieux lui a rappelé, comme par hasard, les paroles de l’évangile selon st Matthieu : « je te le dis, tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou ». 

Pourtant, sans tomber dans la posture facile et caricaturale du « tous pourris » même si le FN décroche le pompon du parti le plus condamné, et que quasi tous les autres partis ont des casseroles, en termes de pourcentage de condamnation, on n’atteint pas encore les 100%...

En effet, il faut relativiser : alors que le FN arbore un score de 15,68% de condamnations, le parti LR est à 3,12% et le PS à 1,94%. 

Toujours est-il qu’à la suite du scandale des emplois suspectés fictif de Fillon, la cote de ce dernier dégringole, sans pour autant que les nombreux « dérapages » juridiques du FN n’altère vraiment la côte de sa candidate.

Ils ne sont plus que 18 à 20% à être prêts à voter pour le candidat LR au 1er tour et contradictoirement, il y a encore entre 26 à 30% des français prêts à voter pour MLP au 1ertour des présidentielles, même si, dans une enquête d’octobre 201646% de ceux-ci en ont une opinion très négative de la candidate frontiste. 

Mais alors, par quel miracle, le FN peut-il continuer à se maintenir ?

Dillah Teibi propose une explication dans le blog « là-bas si j’y suis »... :

« Chômage, précarité, insécurité sociale, injustice, abandon, isolement, dégoût du monde politique et médiatique, absence d’horizon, fermentation des ressentiments (...) la gauche cultivée a laissé tomber ces beaufs décevants et vulgaires qui ne ressemblaient plus au prolétaire pittoresque des drapeaux rouges. Le FN n’a eu qu’à récolter et exploiter cet immense désarroi engendré par les politiques néolibérales de droite comme de gauche. Aujourd’hui, Marine le Pen n’a pas besoin de faire campagne, tout fait campagne pour elle. Pour leur aide, elle peut déjà remercier Manuel Valls ou Emmanuel Macron. La loi travail impose par la force, tout comme le délire sécuritaire, martelé jusqu’à la nausée, ont renforcé l’adhésion au bon vieux mélange des thèses nationalistes et sociales de l’extrême droite. Un increvable fonds de commerce dont Marine le Pen et son monde ont su repeindre la façade et mettre de pudiques rideaux, même si, derrière le comptoir, le pitbull est toujours prêt à vous sauter à la gorge  ».

 

Comme dit mon vieil ami africain : « chercher à se justifier quand on n’est pas coupable, c’est s’accuser ».

 Sarkozy - « Et il dit quoi

 

le Général, là ? »

 

C'est la chienlit ! 

En tout cas ceux qui pensaient que Nicolas Sarkozy était mort et enterré se trompaient. Sarko est toujours à la manoeuvre et ne boude certainement pas son plaisir de revenir en sauveur de sa famille politique et de son ex Premier ministre en train de se noyer dans l'affaire du "Peneloppe-Gate"

En fait, la maintenant célèbre phrase de François Fillon, "s'imagine-t-on le Général De Gaulle mis en examen", ne passe toujours pas. Aussi, lorsque le vainqueur de la primaire de la droite demande un rendez-vous à l'ex Président de la République, comme un SOS ou une bouée de sauvetage. Sarkozy boit du petit lait. 

Sarkozy qui se vante à qui veut l'entendre..."Il m'a fallu deux ans pour remettre la famille en ordre de marche et il ne lui aura pas fallu deux mois pour raviver toutes les guerres internes. Quel gâchis !".

Comme la vengeance sera douce pour l'ego sarkozyste ce mercredi dans les bureaux parisiens de l'ancien chef de l'Etat. Mais pourquoi ce déjeuner entre "amis" ? D'abord, pour que Sarkozy aide à faire taire la fronde parlementaire et donc l'idée d'un plan B. Mais en échange de quoi. A-t-on jamais vu l'ancien Président travailler pour rien. Une petite musique circule en ce moment dans les rangs désordonnés du Parti "Les Républicains". Sarkozy devrait proposer une sorte d'ultimatum à Fillon, c'est-à-dire un ticket avec François Baroin qui aurait été le Premier ministre de Sarko en cas de victoire de ce dernier à la primaire. Une hypothèse plausible puisque Sarkozy recevra ensuite son ancien ministre de l'Economie. Reste à savoir si cette union forcée entre Baroin et Fillon se fera.

L'épée de Damoclès de la justice

Certes, elle peut tomber et sonner le glas de l'aventure présidentielle de François Fillon. À moins que, même si son affaire d'emploi fictif de sa femme n'est pas classée sans suite, Fillon s'obstine et persévère dans le jusqu'au-boutisme. Pourquoi pas puisqu'il se dit victime d'un complot. Plus exactement "un coup d'Etat institutionnel".

N'ayons pas peur des mots, pourquoi pas imaginer une sombre machination ourdie par Jean-Pierre Jouyet, le bras armé de François Hollande. À propos de ces deux-là, vous vous souvenez certainement de cette rencontre dans un restaurant entre le secrétaire général de l'Elysée et Fillon. Donc aussi du fameux "il faut "taper vite" sur Sarkozy, sinon si vous ne poussez pas la justice il reviendra. Donc, face à l'évidence pour lui d'un complot d'Etat, François Fillon pourrait estimer qu'il n'est plus tenu de respecter sa promesse de se retirer de la course à la présidence, même s'il était mis en examen. Mais les Français de droite qui soutiennent encore majoritairement leur candidat, mais également les parlementaires et élus des Républicains, pourraient-ils supporter cela et prendre le risque d'une déculottée mémorable au premier tour des élections. Sans oublier ensuite le naufrage titanesque probable aux législatives.

 

Et François Hollande dans tout ça, que fait-il ; il observe en silence et blague sans doute sous cape. Finalement, depuis le coup de poignard de Brutus-Valls et l'élimination de son ex Premier ministre de la primaire de la gauche, personne ne sait qui le Président socialiste soutient vraiment pour la présidentielle. Sauf lui bien sûr !

 FILLON… le vieux routier au service du patronat

Ce n’est pas pour des raisons personnelles que notre Fillon national souhaite abolir l’ISF. Son château – que nos médias déjà serviles dénomment « grande maison », à la rigueur « manoir » – étant sa résidence principale, il n’entre pas en compte pour l’ISF. Mais c’est « pour l’emploi » que Fillon veut diminuer le pouvoir d’achat des trois-quarts de la population d’au moins 10%, défonctionnariser la Fonction publique et casser la protection sociale mise en œuvre après la Deuxième Guerre mondiale par le député communiste Ambroise Croizat (et non par le haut fonctionnaire Laroque, comme se plaisent à le faire croire les médias mentionnés ci-dessus).

Cela fait désormais 35 ans que Fillon (dont la seule action subversive aura été de jeter une ampoule lacrymogène dans son collège) a entamé, discrètement mais obstinément, une carrière antisociale. Comme ministre de l’Enseignement supérieur au début des années 90, il avait tenté de donner aux universités leur autonomie pleine et entière (en d’autres termes, les privatiser), ce qu’avait refusé le Conseil constitutionnel. Il réussit son coup comme ministre de la Poste en organisant la fin de son monopole, en transformant cette administration en entreprise publique, mutation achevée par le solférinien Lionel Jospin. En 2002, il est nommé ministre des Affaires sociales du gouvernement Raffarin (Nicole Notat, patronne de la CFDT l’avait chaudement recommandé à ce poste auprès de l’éminence du Poitou). Dans cette fonction, il va « réformer » les retraites (avec la complicité de la CFDT) et « assouplir » la loi sur les 35 heures en modifiant le calcul des heures supplémentaires au détriment des travailleurs.

On ne s’étonnera pas que Fillon soit un admirateur de Thatcher et de Schröder, deux grands démolisseurs des systèmes sociaux de leurs pays. Il approuva toutes les mesures réactionnaires prises dans les années 90, comme les ordonnances Balladur : augmentation de 150 à 160 trimestres pour avoir droit à une pension à taux plein, calcul de la retraite sur les 25 et non plus 10 meilleures années, décrochage des revalorisations à partir de l’indice des prix à la consommation au lieu des salaires.

Il veut aujourd’hui « sauver la sécurité sociale » alors que celle-ci n’est pas du tout en péril. Il veut revenir au système d’avant la Deuxième Guerre mondiale quand dominaient les assurances privées, quand – donc – seuls les riches pouvaient se soigner correctement, quand le Conseil National de la Résistance n’avait pas encore pensé la solidarité entre assurés sociaux et un système de retraite par répartition.

Rappelons que l’universalité de la sécurité sociale, voulue par Ambroise Croizat, ne fut jamais appliquée à cause de l’hostilité des hobereaux, des gros agriculteurs, des commerçants et des artisans qui, pour ces derniers, se plaindraient trente ans plus tard de ne toucher que des retraites de misère.

Il est parfaitement logique que, dans le discours de Fillon, l’attaque contre la sécurité sociale occupe la première place : ce qui fait la spécificité progressiste de la société française tourne autour de la sécu, de la solidarité en synchronie et en diachronie. Le système de sécu nationale deviendrait un « panier » dont seraient même exclus les soins dentaires ou l’hypertension, maladies de « confort ».

La sécurité sociale de Croizat est un bloc que Fillon et ses acolytes veulent pulvériser pour déboucher sur un système minimal à plusieurs vitesses. Déjà, sous les Solfériniens 35% au moins de malades renoncent à des soins professionnels. Il faut dire que depuis le temps que les malades de condition modeste sont « responsabilisés » … beaucoup moins que les entreprises pharmaceutiques, il est vrai ! L’objectif ultime de la droite fillonesque est de libérer les entreprises des contributions sociales en remplaçant les contributions patronales par une « TVA sociale » pour la majorité de la population pendant que les riches bénéficieront des meilleures assurances privées.

Il n’est pas certain que la majorité des travailleurs, obligés de s’escrimer jusqu’à 70 ans pour toucher une retraite à taux plein, arrivera en bonne santé à cet âge dès lors canonique.

Avec Fillon, nous serons désormais dans un système totalement inégalitaire que même des libéraux de droite pur sucre du style Madelin dénoncent dans un des organes préférés de la bourgeoisie française : « C’est du Robin des bois à l’envers : prendre de l’argent aux pauvres pour le donner aux riches ! ».

 

B.GENSANE

Carte bleue

Enfoncer le clou

 

Oui, je voudrais enfoncer le clou et je vous donnerai à lire un article puisqu’il faut toujours, non pas donner ses sources puisque ce n’est pas ma source, mais appui sur un point de vue d’expert, qui a pignon sur rue.

Dans ma lettre aux insoumis, je les enjoignais de jeter aux orties leur carte bleue, et ceci quoi qu’il se passe aux élections. Beaucoup ont répondu « mon dieu quelle horreur ! ».

Et pourtant.

http://www.insolentiae.com/totalitarisme-a-loeuvre-obligation-de-payer-par-carte-bleue-20-de-ses-revenus-ledito-de-charles-sannat/

 

Faire croire que les gens sont libres en les tenant en laisse, ça a l’air de fonctionner très bien. Que chacun qui le vaut bien se sente, d’un côté très important, et de l’autre insignifiant puisque aucune désobéissance ne lui paraît, à son niveau, significative.

Mais le pire, c’est que nous sommes déjà empégués, et que notre liberté est réduite chaque jour qui passe.

Je n’ai pas de carte bleue, je ne veux pas de carte bleue, pas parce qu’elle me trace, mais parce qu’elle me coûte ; parce que quand je sors des billets, je sens le prix ; j’ai changé de station d’essence, parce que celle où j’allais depuis quinze ans n’acceptait plus les chèques et qu’un plein représente beaucoup de billets et que ma mauvaise volonté va jusqu’à ne pas m’astreindre à aller au distributeur avant de faire le plein.

Mais je viens de vivre un truc qui m’a beaucoup énervée : comme je voulais envoyer un peu de fric à la campagne de la FI, je me suis vue dans l’incapacité de le faire, parce que l’on a beau cliquer « paiement par chèque » en en-tête, on se retrouve devant le choix de la carte bleue que l’on possède. C’est récent ! Il y a quelques semaines ( ou mois) j’ai pu envoyer ma maigre contribution.

Sannat explique bien tout ça ; il prend l’exemple de la Grèce mais couvre aussi le risque de céder au tout argent virtuel !

Je vous ferai remarquer, si vous ne l’avez pas fait vous-même, qu’un paiement par chèque au petit supermarché du coin, prend moins de temps qu’un paiement par carte ! Le même temps si l’on omet les incidents techniques, le code mal tapé...Ceci, pour les plus pressés !

Mais, en plus, il est question, nous le savons, de supprimer les billets, le liquide ! Je suis peut-être conservatrice ( je suis déjà réactionnaire je peux bien accepter d’être conservatrice… des libertés), mais que vous laissiez faire ce qui arrange, tellement, les banquiers, les néolibéraux et toute l’oligarchie que vous vous plaisez, pour beaucoup, à conspuer par ailleurs, cela me laisse sans voix. C’est comme si vous viviez sans avoir conscience de tout ce qui se trame autour de vous, comme si, pris dans le courant, vous n’aviez ni regard, ni conscience, ni énergie, pour en détourner le cours. Comme si, tellement heureux de payer votre dernière BD sur Amazon – c’est tellement plus plaisant de ne voir personne- vous occultiez le monde que vous êtes en train de construire. J’en connais qui se sont fait pirater leur carte bleue sur internet, donc la sécurité ne peut être donnée comme argument.

Quand vous voulez acheter par correspondance, sans carte bleue, c’est le parcours du combattant ! Alors quoi ? C’est le progrès ? Ou bien l’imposition d’un confort pour les banquiers, et la démoralisation de ceux qui ne veulent pas participer à ce confort ? Si vous n’étiez pas des millions à avoir foncé dans cette brèche venimeuse, si vous n’aviez pas laissé faire, il resterait quelque chose qui ressemble à la liberté !

Et, je ne parle pas de la plus grande propension à dépenser quand rien de matériel se palpe ! Et je ne parle pas non plus, du pourboire, du billet glissé aux pompiers pour leur calendrier, du petit billet donné au voisin qui vous a bien rendu service !

Certes, on ne pourra pas obliger le petit marchand de légumes sur le marché à avoir une machine à capter les cartes bleues, mais on pourra interdire les marchés ! Souvenez-vous, c’était le souhait de l’UE qui a contrarié beaucoup de Français qui y tiennent. Mais, le jour où l’on n’a plus de chèque ni de liquide ?

Ne faites pas faire des économies aux banques, ne simplifiez pas leurs affaires, ne les payez pas pour payer. C’est tout bête, c’est à notre portée.

Cinq, dix millions de Français qui prennent conscience de ce qu’ils font, et ne le font plus, tirent au guichet leurs dépenses quotidiennes et font un chèque pour le reste, cela remettra peut-être les yeux en face des trous de tous ceux qui avancent à grands pas en s’appuyant sur votre volontaire docilité. Et pensez-y bien, la carte bleue, outre qu’elle devient incontournable, et que lutter contre l’incontournable obligé, est un acte, volontaire, donc qui coûte, a-t-elle été un véritable progrès, une aise indispensable ? Ou bien le fait d’enfantillage qui se rue sur tout ce qui est nouveau ? Tout ce qui est « technologique » ?

En tout cas, les rapports marchands « underground » dans certaines campagnes, dans certains milieux, sont un mode de contacts, de rapports, humains. Peut-être bien un travail au black, mais pas d’exploitation, juste d’arrangements parce que celui-ci sort des cases imposées.

Non contents d’être tracés dans tous vos mouvements, ce qui n’est pas un a priori agréable, le fait de pouvoir agir à sa guise au gré des occasions – quid de l’aumône ?- est une liberté qu’il ne faut pas céder.

On y va, mais assez tranquillement pour venir à bout des réfractaires tels que moi ! et venir à bout par la force, pas par la persuasion ; celle-ci a déjà emballé une énorme majorité !

 

 

http://www.insolentiae.com/non-le-cash-ne-sera-pas-interdit-en-europe-des-2018-ledito-de-charles-sannat/

Fillon. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mea culpa ». Il a fait son cinoche pour tenter d’éteindre le feu de ses magouilles devant des journalistes bien gentils. Il a rejeté ses fautes sur la presse et sur les magistrats, c’est une tradition. Puis il a rameuté les satrapes de son parti pour leur distribuer les éléments de langage. Et maintenant il reprend les avirons…

« Papa, c’est loin l’Élysée ? - Tais-toi et rame ! »

Bon. Allons voir qui rame pour lui sur les bancs de sa galère.

Dans la hiérarchie des rameurs il y a d’abord le pognon. Sur le banc de l’économie, donc du fric, le rameur en chef est le ci-devant Castries Henri de. C’est au prestigieux et très discret Links Club de New-York, lors d’un cocktail organisé par ses soins durant un voyage express les 8 et 9 septembre derniers, qu’Henri de Castries, président du comité de direction du Groupe Bilderberg depuis 2012, avait présenté son ami François Fillon à un parterre international de patrons et de banquiers, afin de lever des fonds. Castrie et Fillon, c'est une vieille amitié. Fillon a été « introduit » par Castries auprès du groupe Bilderberg en 2013, en Grande-Bretagne, en compagnie de Christine Lagarde et Valérie Pécresse.

Bilderberg… Tiens les voilà ceux-là ! Lorsqu’il était Premier ministre de Sarko, Fillon a reçu une trentaine de membres des Bilderberg à Matignon. Et pas des seconds couteaux. Il y avait là, selon L’Obs, outre Henri de Castries, leur patron, une trentaine de membres du comité de direction de ce groupe sulfureux : le patron de Goldman Sachs Peter Sutherland, le directeur de la banque Lazard Ken Jacobs, le gourou des néoconservateurs états-uniens Richard Perle, le patron de Shell Jorma Ollila, le futur chef du gouvernement italien, également coopté par Goldman Sachs, Mario Monti, la présidente du musée d’art moderne de New-York Marie-Josée Kravis, épouse de Henry Kravis, propriétaire d’un fonds d’investissement états-unien.

Bilderberg ? Kesako. Allez voir ici cette remarquable enquête canadienne :

https://youtu.be/1eqXJIZs-ck

 

Ce groupe discret, presque secret, a été fondé en 1954 à L’Hôtel Bilderberg à Osterbeek à l’invitation du Prince Bernhard des Pays-Bas, ancien nazi, co-fondateur du Groupe avec David Rockefeller. Ce « club » est sans doute le plus puissant des réseaux d’influence. Il rassemble des personnalités de tous les pays du monde occidental, leaders de la politique, de l’économie, de la finance, des médias, des responsables de l’armée ou des services secrets, ainsi que quelques scientifiques et universitaires. Il prétend être un véritable « gouvernement mondial » occulte… mais sans les BRICS, ce qui relativise les prétentions de ses membres ! Son potentiel de nuisance reste néanmoins important, surtout sur l'Amérique du Nord et l'Europe. Ses orientations stratégiques sont avant tout la mondialisation ultralibérale au profit des multinationales et des puissances financières. Ses actions occultes peuvent concerner l’initiation d’une crise économique ou d’une phase de croissance, les fluctuations monétaires et boursières, les alternances politiques, le choix des dirigeants et ministres, les politiques sociales, la gestion démographique du globe et même le déclenchement d’une guerre.

Les politiciens sont très flattés d'y être invités pour la grande séance annuelle. En 2014 un certain Emmanuel Macron était invité ! L’an dernier il y a eu… Juppé. Parmi d'autres, mais comme par hasard ceux-là postulent pour l'un, a postulé pour l'autre à la magistrature suprême.

Très structuré, le Groupe de Bilderberg est organisé en trois cercles successifs. Le « Cercle extérieur » est assez large et comprend 80 % des participants aux réunions. Les membres de ce cercle ne connaissent qu’une partie des finalités et des stratégies du Club. Le deuxième cercle, le « Steering Committee », est un conseil de direction restreint, fort de trente-cinq membres, où se discutent et se préparent les orientations principales. Au-dessus, il y a le premier cercle, le « Bilderberg Advisory Committee » (Comité consultatif) qui comprend une dizaine de « parrains », les seuls à connaître intégralement les stratégies et les buts réels de l’organisation.

L’opacité est de règle. La presse n’est évidemment pas invitée et rien ne filtre. L’omerta. A leur raout annuel, ce sont toujours des conditions de sécurité dignes de Fort-Knox ! Des flics partout. Que se trame-t-il derrière les paravents blancs qui cachent les lieux et les participants ? Quelles magouilles prennent naissance entre ces puissants et redoutables personnages. Qui lo sa ?

Les intérêts des « Bilderbergers » gravitent autour du projet central consistant à la fois à éliminer les États nationaux et des droits sociaux, à créer une immense classe pauvre de personnes précaires, nomades et disposées à tout pour survivre, à détruire les constitutions et les frontières nationales, à mettre en place de nouveaux traités internationaux contraignants qui font primer l’économie et la Banque, à attaquer tous azimuts le monde du travail et les garanties sociales.

Les unions et les traités internationaux sont utilisés comme moyens pour mettre fin aux souverainetés nationales et démocratiques, et par là même, déstructurer le Droit et l’État social, en imposant comme seul paramètre la compétitivité au niveau international.

Au travers des traités internationaux comme Tafta et Ceta, les gouvernements sont en réalité privés de leur pouvoir qu’ils cèdent à des agences internationales et financières, lesquelles se substituent de plus en plus aux États nationaux dont les dirigeants étaient, du moins sur le papier, élus par le peuple.

Rappelons que le capo de tuti i capi actuel de ces gens est donc Henri de Castries, le pote au Sourcilleux. Il est le premier Français à présider le Bilderberg. Ancien patron du groupe d’assurances Axa, c’est un pote à Sarko mais aussi de Hollande, à travers la célèbre promotion de l’ENA Voltaire… C’est lui qui pilote le programme économique de Fillon. On comprend mieux le côté « social » de ce programme visant entre autres horreurs, à tuer la Sécu pour refiler le gâteau… aux assurances privées ! Ben voyons.

Certains le voient à Matignon ou à Bercy en cas de victoire de son bourrin, mais en principe, les « Bilderberger » ne participent pas directement aux gouvernements, mais choisissent les marionnettes politiques qui travailleront pour eux et imposeront leur programme. Quelques marionnettes qui ont eu un bel avenir suite à leur invitation à un de leur grand raout annuel ou, mieux, à leur adoubement : Kissinger, Margaret Thatcher, Bill Clinton, Van Rompuy, Etienne Davignon, Zapatero, Mario Monti, mais aussi (tiens, tiens !) Manuel Valls, Michel Sapin, Laurent Fabius mais encore Giovanni Agnelli et même… Christine Ockrent. (Liste des participants 2016 ici)

Ah ! Au fait, Bilderberg a un autre fer au feu, pour ferrer un autre poulain au cas où Fillon se ramasserait une gamelle. Un dénommé Emmanuel Macron.

 

 

 Prouve ton travail en 6 leçons

 

Pénélope, le peuple a entendu ta souffrance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pénélope, sache que le peuple français – avec ses grandes oreilles – a entendu ta douleur. Enfin, vu que tu dis que dalle, on va plutôt considérer qu’il l’a devinée. Mais ne chipotons pas, voici aujourd’hui un petit article pour t’aider à prouver ton travail non fictif. Non parce que le travail fictif, on sait à peu près faire : il suffit de postuler dans un siège social de grand groupe et de passer son temps en réunion ou à pondre des tableaux Excel à 15 000 lignes. C’est bien payé et on n’est pas trop emmerdé (avec un peu de chance, tu auras même un badge de parking et des tickets restau).

Bref. Donc, moi je parle pas de cet emploi fictif-là, moi je parle du vrai travail que tu as sûrement fait, vu comme tu t’es bien gavée : celui que l’on fait jusqu’à pas d’heures, où on sue sous les bras en trimballant de lourds dossiers confidentiels – alors que les pots à confiture sont pas encore totalement stérilisés – et pour lequel on impose un soupçon de respect et une touche de crainte.

Ça y est, tu situes ?

 

Un élément matériel tu fourniras

Eh ouais, c’est la beauté du truc : pour que ton patron de mari puisse venir t’exploiter jusque dans tes derniers retranchements, il faut qu’il puisse t’avoir en visuel (ou qu’il puisse te joindre au moins). Et donc, c’est évident, à l’époque de ton super boulot, tu devais au moins avoir :

·         Un bureau (dans lequel dormir quand ton boss te disait de rester la nuit à potasser des dossiers)

·         Un téléphone Pro (pour qu’il puisse t’appeler à minuit le samedi soir quand t’es à 2 grammes au bar de l’Hyatt)

·         Un badge (pour pouvoir venir chercher les dossiers sur lesquels travailler le dimanche matin)

·         Une adresse email (ne pas en avoir alors que ton mari a inventé internet, ce serait tout de même ballot)

·         Une voiture avec cochet, etc.

 

Ou alors une carte affaire (pour acheter le Canard Enchaîné le mercredi matin), une carte Flying Blue (pour te payer un week-end de repos à Sablé-sur-Sarthe), enfin bref quelque chose, quoi. Non ?

 

Des anecdotes de bureau tu narreras

Il est prouvé que les employés passent 80% de leur temps à médire sur leurs collègues (t’étais pas la dernière quand ils ont choppé Juppé, hein ? (smiley complice)). Ainsi donc, prouver son emploi réel revient à expliquer ces 80% (plus simple que de s’emmerder à expliquer les 20% restants). Donc, mon conseil (c’est gratuit – je suis pas avocat, moi) : ressors toutes ces hilarantes anecdotes de bureau que tu as entendues pendant toutes tes années d’attachée parlementaire (rappelle-toi toutes ces histoires de drague relou des autres parlementaires, ha ha j’en ris encore), crois-moi c’est le moment.

 

Des certificats médicaux tu donneras

De nos jours, on a le choix entre le chômage et le burn-out, il est donc assez probable que si tu as bossé plusieurs années comme assistante parlementaire, tu as au moins fait un breakdown, une dépression ou une tentative de suicide. Allez, au moins un burn-out (petite joueuse). Bref, je suis sûr qu’organisée comme tu es, tu as conservé tous ces petits certificats qu’un médecin t’a fait moyennant un joli chèque (joli par le montant, pas par le logo de la banque). Grâce à ça, tu pourras prouver qu’un jour, toi aussi, tu as été exploitée (veinarde).

 

Une dépression de tes enfants tu pleureras

En parlant de burn-out, y’en a d’autres qu’ont pas dû se poiler tous les jours pendant que tu taffais comme une malade, ce sont tes gamins. Vu qu’ils ne te voyaient jamais quand tu cumulais tes deux emplois, ils n’ont pas dû réussir à finir leur devoir de maths (la preuve : ils ont fini avocat). J’imagine bien leurs pleurs enfantins quand, le vendredi soir, ils attendaient – la gamelle vide et le moral dans les chaussettes. Je suis sûr qu’un petit coup de fil au médecin de famille confirmera mes soupçons. La vie de femme à double vie peut être ingrate parfois.

 

Une preuve de harcèlement sexuel tu fourniras

Bon dans ton cas, c’est le seul truc qui tienne : il est à peu près clair qu’il y a eu relation sexuelle (cf. point précédent et ton imposante progéniture). Pour vous autres, assistant(e)s de l’ombre, il va bien falloir vous y faire : la relation sexuelle avec son boss n’est pas simplement un bon moyen d’avoir une promotion, ou un passage social obligé pour agrémenter votre CV indigent, c’est aussi le meilleur moyen de prouver que l’on a bien été employé. On l’a tous fait – inutile de le nier : embaucher une femme pour ses attributs physiques (voire mammaires). Vous croyiez quand même pas que c’était pour vos diplômes ?

 

La preuve par le café si on te met vraiment la misère

Si malgré tout ça, les méchants juges te soupçonnent encore, il reste l’épreuve ultime : celle du café. A peu près tout le monde fait un café dégueulasse, sauf l’assistante de direction qui s’entraîne tous les jours pour toutes ces feignasses de la Direction (tout le monde sait ça). Fais donc un café aux juges, devant l’évidence de ton talent (résultat d’années de pratique à faire le café de François), ils ne pourront que s’incliner. Je ne sais pas si ça vaut 6000 boules par mois, mais ça vaut au moins une étoile chez Jacques Vabre.

 

 

Alors maintenant que tu as lu cet article, Penelope, tu retournes voir les gentils juges (oui, oui, les mêmes que les méchants, ça dépend jusqu’à quel niveau tu les prends pour des cons) et tu leur expliques. S’ils ne comprennent pas, tu leur fais un café. S’ils ne comprennent toujours pas, tu prends tout sur toi en disant que François était pas au courant. T’inquiète pas pour lui : il comprendra.

Les temps sont durs

 

La Sarthe affluent de l'Eure

Chronos file un mauvais coton.

Comme aime à le dire Pénélope : le temps me file entre les doigts. La dame a beau faire tapisserie, elle découvre amèrement que le temps lui est désormais compté. Il est vrai qu’au prix du temps fictif, la chose pèse lourdement dans la balance. Elle a fait tant et plus pour son brave Ulysse, héros des temps modernes, qu’il mériterait bien un petit répit dans le terrible compte à rebours qu’elle a vainement tenté de repousser.

Les temps sont durs et la démocratie a un coup de mou, paradoxe supplémentaire d’une époque déboussolée, quoique certains ne perdent pas le nord, ce qui, avouons-le, est bien là le nœud de l’affaire. Ce n’est d’ailleurs qu’une affaire de temps, aurait dit celui sur lequel pèsent les plus effroyables soupçons. Je vous demande quinze jours... Le temps chez lui, a toujours été de l’argent, sans jamais être certain que ce fût un salaire horaire. C’est à se perdre les pieds dans les aiguilles de la fileuse plus que dans celle de la trotteuse !

La course contre la montre a d’ailleurs débuté dans son propre camp. Des prétendants se révèlent : ceux qui du moins pensent que leur heure est venue. L’impatience gagne du terrain chez ceux qui estiment que la dernière heure a sonné pour le Prince des risettes. Remettre les pendules à l’heure est devenu le leitmotiv des chevaliers blancs de la probité, ou du moins de ceux qui veulent encore nous faire croire que c’est encore possible dans cette caste corrompue.

Il y a pourtant comme un grain de sable dans le sablier électoral. La prochaine échéance risque d’être nulle et non avenue tant on va découvrir de choses sordides sur les uns et sur les autres. C’est le glas qui sonne sur la cinquième République et non le coq, quoique comme toujours, les deux se dressent sur un tas de fumier en décomposition.

C’est donc les temps des regrets et des amours perdues. La démocratie a perdu au jeu de la roulette « ruse » : celle des magouilles et des combines, des coups foireux et des affaires douteuses. Le temps ne leur est plus imparti, l’échéance est là, patente d’un échec colossal. Il a fallu qu’un canard vienne interrompre le cours du temps, briser la clepsydre de ce curieux calendrier électoral pour que le bon peuple cesse de leur accorder temps et considération.

 Si un temps est venu, c’est celui de la révolte et du changement de règle du jeu. Un temps plus court aux affaires : un seul mandat pour des représentants qui ne doivent pas faire métier de la chose politique. Le temps aux affaires est inscrit dans le temps ; une parenthèse qui n’a aucune raison de durer plus d’un bref passage, un service de l’État dont le bail n’est jamais renouvelable.

Ils veulent durer pour faire de l’argent de ce temps qu’ils occupent à toujours mieux se servir. La récréation a sonné ; il est grand temps de mettre un point final à la farce. Il y a un temps pour tout ; celui de la corruption, des magouilles, des arrangements vient de prendre fin dans le fracas d’une affaire exemplaire et non unique. Celui qui est pris la main et la bourse dans le pot de confiture n’est que le paradigme d’un système généralisé.

Le temps de l’exemplarité va s’ouvrir. Il se passera des partis, officines mafieuses, des têtes de classe des grandes écoles. La citoyenneté ne peut être confisquée par une caste, fût-elle bien éduquée aux frais de la République. Le temps des gens ordinaires aux affaires arrive : le tirage au sort, à la courte-paille ou bien à tout autre manière de choisir est advenu. L’élection est une illusion qui donne toujours l’avantage aux coquins, margoulins et fripons à gros budgets.

Mettons donc le temps en suspension ; refusons la farce de la prochaine élection et exigeons une Constituante immédiate, loin de ce personnel politique qui a fait son temps. C’est un nouveau départ qui s’impose et nullement l’illusion de personnes nouvelles qui ne sont que les produits rafraîchis de cette vieille clique intemporelle, accrochée aux affaires depuis toujours. Ne faisons pas du neuf avec du vieux, même si c’est un jeune loup sorti d’une banque. Le temps est vraiment venu d’un autre temps, d’une nouvelle époque !

 

 Intemporellement leur.

PénélopeGate : une maman aux journées de 35 heures !

Comment Madame Fillon pouvait-elle faire tout ce que son époux, François Fillon, prétend qu'elle faisait, en 24 heures, si ce n'est pas à l'insu de son plein gré ?

 

Imaginons les journées de Pénélope qui, par ailleurs, a dû élever 5 enfants. Mon épouse et moi avons eu 4 enfants et, je vous certifie, que les journées de la "Pénélope" Teslier, étaient pleines à craquer, jusqu'à ce que les enfants ne soient plus au lycée. Alors, imaginez avec 5 gosses (à torcher, à éduquer, à jouer avec eux, à faire faire les devoirs, à faire réciter les leçons, etc.) et, une maison de 1 102 m² à entretenir avec un parc de 120 000 m² ? Maison est un faible mot, quand on voit la photo, plutôt un petit château, un manoir, acheté avec le seul salaire (et l'argent du contribuable) de député ou de sénateur, c'est-à-dire environ 4 962 euros nets par mois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ayant gagné un peu plus, j'aurais aimé pouvoir acheter la même maison, mais notre banquier aurait refusé, car les remboursements, sur 20 ans en mensualités fixes, auraient dépassé 33% de nos revenus.

Comment est-ce possible, pour une femme qui paraît si frêle, de travailler autant ? Et, elle était, en plus, attachée parlementaire de François ou de son suppléant, et, même plus, encore, car elle été aussi collaborateur (mot, au masculin, employé par Fillon lui-même dans sa déclaration à la HATVP) à la Revue de mondes en 2012 et 2013. Par ailleurs, Fillon oublie de publier le salaire de sa femme alors "collaborateur" de la fameuse Revue !

Pénélope, c'est beaucoup plus que Super Woman !

Pénélope, qui a tout d'une honnête personne (comme son mari d'ailleurs), ne doit pas comprendre ce qui lui arrive ! Elle paraît tellement surprise de tout le travail que son mari lui attribue, qu'elle voudrait bien se justifier, mais ses avocats l'empêcheraient de parler, notamment lors d'une interview dans Paris Match.

Alors son travail était-il celui d'un emploi fictif ?

Selon des sources proches du dossier, pour ne pas dire à l'intérieur du dossier, les enquêteurs n'auraient rien eu à se mettre sous la dent quant à un éventuel travail bien réel, mis à la part les 2 notes de lecture faites à la Revue de mondes.

Aucune preuve d'un travail un peu acharné ! C'est la raison pour laquelle, François Fillon commence à évoquer le fait, via ses avocats, que le Parquet national financier (PNF) n'est pas compétent pour le juger.

En effet, si la justice de notre pays ne classe pas, sans suite, l'affaire Pénélope, Fillon aura bon jeu d'invoquer l'incompétence du PNF et ne sera plus tenu de démissionner comme il l'a pourtant promis, le 26 janvier, au journal de 20 h sur TF1.

Restant en course, Fillon perdra l'élection présidentielle et ouvrira, de fait, un boulevard à Le Pen, elle aussi poursuivie par la justice. Notre pays fera, alors, définitivement sien, le concept de "banalité de la fraude" (*) pour ses politiques et cela corroborera ce que l'Europe pense de nous, c'est-à-dire d'être une quasi-République bananière.

N.B : Pénélope ayant eu des indemnités de licenciement (45 000 euros), est-elle allée s'inscrire à Pôle Emploi ? A-t-elle touchée le chômage et, pour quel montant ? Est-elle, d'ailleurs toujours inscrite à Pôle Emploi et touche-t-elle encore une indemnité chômage ?

(*) Tiré du concept d'Hannah Arendt : la banalité du mal.

 

Crédits photos : Wikipédia (photo de 2007) et Immobilier.lefigaro.fr

Non, il ne faut pas sauver le soldat Fillon

Hallali pour les uns, calice à boire jusqu’à la lie pour les autres, le Fillongate n’en finit pas de susciter de vives réactions. Et ce ne sont pas les excuses absolutoires présentées par un candidat paradoxalement droit dans ses bottes qui vont calmer le jeu. Prise au piège pour ne pas dire en otage par le mécanisme diabolique des Primaires, la droite républicaine a fait le choix, dans un réflexe clanique de se ranger au garde à vous derrière son champion dont elle a découvert avec effroi sa face sombre. Un choix peu courageux et bien périlleux. Elle avait le choix entre l’éthique et le déshonneur. Elle aura la défaite et le déshonneur.

Circulez, il n’y a rien à voir. Mettant en avant sa fraîche légitimité issue des Primaires, le candidat de la droite a appelé, ou plutôt intimé à son camp de faire bloc. Sinon quoi ? Sinon sans moi ce sera le chaos. Le pari est osé, pour ne pas dire fumeux et dangereux. Il table sur le fait que l’électorat soudain frappé d’Alzheimer passera l’éponge. Terrible erreur. Car les faits reprochés à François Fillon ne sont pas une sortie de route isolée. Ils s’inscrivent dans une trajectoire marquée par une culture de l’accommodement.

En bon bourgeois, Fillon aime l’argent et le pouvoir. Quitte à faire des entorses à la morale et à l’éthique. On ne sait pas s’il a tourné la tête ou regardé ses chaussures pendant 5 ans mais le châtelain de la Sarthe, il faut le rappeler, a été le fidèle et silencieux « collaborateur » du sulfureux Nicolas Sarkozy. Or, outre le fait que qui se ressemble s’assemble, comme le dit avec poésie Eric Cantona, si les mouettes suivent les chalutiers c’est parce qu’elles espèrent qu’on va leur jeter quelques sardines.

En bon catholique, François Fillon à cette hypocrisie des notables de province dont les mœurs sont éloignées de la morale chrétienne qu’ils revendiquent mais qui viennent le dimanche se racheter une conduite en avalant une hostie. Il lui faudra en manger beaucoup dans les dimanches à venir.

Avec Fillon, la droite républicaine se prépare à un suicide collectif digne de la secte Waco. Au-delà d’un camp c’est un naufrage qui se dessine pour notre démocratie qui pour bien marcher a besoin de ses deux jambes, une droite et une gauche. Si François Fillon est battu, la droite s’effondrera, la boîte de Pandore s’ouvrira, les langues se délieront et la balkanisation menacera. S’il est élu, François Fillon incarnera la Trumpisation de notre société, non dans sa vulgarité et ses excès, mais en raison de l’avènement de la post-vérité. C’est-à-dire une époque où le mensonge est plus fort que les faits et où les messagers (les donneurs d’alerte, la presse…) sont voués à être crucifiés en raison des mauvaises nouvelles qu’ils portent, un peu comme on brise un miroir par mécontentement du reflet qu’on voit dedans.

S’il fallait un pronostic, on peut penser que François Fillon sera battu comme Nicolas Sarkozy l’a été avant lui. Comme ont été sorties les têtes de séries de la politique « à l’ancienne » Persister, c’est méconnaître la profonde attente d’un air nouveau, d’une ère nouvelle qui flotte dans le pays.

« C’est une révolte ? – Non, Sire c’est une révolution » (Duc de Liancourt).

 

L’éloignement de Paris a parfois du bon, François Bayrou a prodigué le bon conseil à son ami François Fillon. Invité dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI », le président du MoDem a estimé que le vainqueur de la primaire de la droite devait se retirer tout en fermant la porte à un soutien au candidat socialiste. « Les Français pensent et je pense comme eux qu’il n’a pas d’autres solutions, pour retrouver un débat qui soit à la hauteur », a déclaré le maire de Pau. Une voix isolée, non entendue, mais porteuse d’espoir pour une droite aujourd’hui orpheline d’incarnation.

Ce que nous apprend l’affaire Fillon

Tout est légal récitent en chœur les parlementaires et les partis ! Une enveloppe financière destinée à payer les collaborateurs des députés et sénateurs est mis à la disposition de ceux-ci charge à eux de donner les noms de ces collaborateurs afin qu’ils soient payés par les services des assemblées.

Pour le reste, la nature du travail, les conditions et le lieu d’exercice des missions confiées relèvent de la discrétion du parlementaire qui signe le contrat de travail.

Tout va pour le mieux, donc

Jusque-là tout va bien effectivement sauf que l’on découvre que le système permet la création de véritables petites entreprise familiales, ce qui n’est pas interdit, mais qui sur le plan moral pose tout de même problème.

On découvre également dans l’affaire Fillon un très gros soupçon de travail fictif puisque l’intéressé elle-même (son épouse) déclare qu’elle n’a jamais été l’assistante de son député de mari (autrement dit nous serions dans un cas de détournement de fonds publics).

Juridiquement, c’est permis, encore faut-il préciser que ce sont en l’occurrence les parlementaires eux-mêmes qui votent les lois et les règlements qui leur permettent, au travers des mandats qu’ils détiennent du suffrage universel, de se livrer à ces acrobaties qu’ils sont les premiers à dénoncer lorsqu’ils parlent des pseudos errements des bénéficiaires de l’aide sociale publique et pour des sommes et des durées bien moindres.

Et ces bonnes âmes de brandir l’argument de la séparation des pouvoirs pour refuser toute intervention du pouvoir judiciaire dans ces montages que dans le privé l’on qualifierait sans doute d’abus de bien social : c’est légal, enfoncez-vous bien ça dans le crâne et circulez, il n’y a rien à voir.

On baigne dans la légalité

Parlons également du régime de retraite très spécial des parlementaires qui leur permet de toucher l’équivalent d’un SMIC après un seul mandat de six ans. Les smicards apprécieront.

Parlons aussi de l’indemnité représentative de frais qui s’ajoute à l’indemnité de parlementaire et de l’enveloppe pour les collaborateurs et qui a pu servir (ou sert encore) à rembourser les emprunts contractés par le parlementaire pour l’achat d’une permanence dans la circonscription et permet donc à terme la constitution d’un patrimoine privé avec de l’argent du contribuable.

Citons également une pratique bien répandue par le passé, (et qui touche à sa fin par la mise en place du non cumul de certains mandats) qui consistait à faire rémunérer par les impôts locaux des postes d’assistants ou collaborateurs qui géraient de fait le lien entre le conseil général ou la Mairie et le Parlement et qui s’ajoutaient aux collaborateurs parlementaires. On comprend pourquoi les réformes visant à supprimer une ou plusieurs couches du mille-feuille territorial n’a pas beaucoup d’écho auprès des députés et sénateurs.

Légal également, la mise en place d’un homme de paille à la Mairie de Nice destiné à contourner les textes concernant le non-cumul des mandats de M. Estrosi entre la ville et la présidence de la Région.

Légale enfin l’immunité parlementaire (qui ne peut être levée que par les bureaux des assemblées) et qui permet à certains parlementaires de continuer à siéger des années (et de se faire réélire) bien qu’ils soient mis en examen. Sur ce point on peut tout de même reconnaître qu’un mis en examen est présumé innocent mais pour le moins le parlementaire dans ce cas devrait céder son poste à son suppléant jusqu’au jugement définitif. Cela permettrait sans doute de limiter les procédures destinées à freiner la justice et éviterait les cas Balkany ou encore Dassault, ce dernier venant d’être lourdement condamné en première instance.

Saluons tout de même la mise en place du parquet financier qui a permis de juger rapidement l’affaire Cahuzac du non de ce ministre des finances, fraudeur fiscal (un comble) et citons la fameuse « phobie administrative » de M. Thévenoud, député socialiste.

Les dérives du système

Tout est légal, donc, mais on se rend compte que le statut particulier des élus pose tout de même question par rapport au droit commun applicable aux citoyens.

Ce statut, très avantageux, emporte le non renouvellement de la classe politique puisque le nombre des mandats de parlementaires n’est pas limité dans le temps. Ainsi, voit-on des élus qui n’ont aucune connaissance de la vie vécue par leurs concitoyens et qui trouvent logique leur statut privilégié.

Comment voter des lois qui s’appliquent aux autres lorsque soi-même on est à part ?

La durée de vie politique qui ne s’arrête pas à l’âge de 62 ans emporte également une très grande perméabilité aux souhaits et parfois exigences des lobbies qui assiègent les assemblées, contre l’intérêt général. Il n’est pas rare que des amendements préparés par le Medef, les institutions bancaires, les fabricants de cigarettes, les alcooliers, les chasseurs ou les professions médicales soient lus in extenso dans les hémicycles et dénaturent au final l’esprit des projets de lois.

Il est donc clair que la non limitation des mandats dans le temps a un impact certain sur la production parlementaire. Un plus grand renouvellement des assemblées limiterait de fait cette mainmise des lobbies sur le contenu des lois votées.

S’agissant de la vie démocratique, la non limitation du nombre de mandats a également des effets néfastes puisqu’elle se traduit par des promesses de campagne démagogiques destinées simplement à se faire élire. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

L’affaire Fillon est révélatrice mais c’est également une catastrophe pour le système

Même les candidats « hors système » s’insèreront un jour ou l’autre dans ce système et ses dérives. La pratique des « assistants parlementaires » payés par une institution mais n’effectuant pas leur missions au sein des assemblées qui les rémunèrent (par exemple les assistants du FN payés par le Parlement européen) montre bien qu’il est difficile de ne pas mettre les doigts dans le pot de confiture.

Aujourd’hui, on commence, dans le parti de M. Fillon, à parler d’accident industriel, d’élimination dès le premier tour. Les électeurs sont sidérés par cet homme réputé droit, gaulliste et catholique, comme il l’affirme lui-même, sombrer en s’abritant derrière des arguments de défense « légaux » alors que les électeurs ne parlent que de morale bafouée.

L’accident industriel, ce sont également les députés LR qui se voyaient déjà emportés jusqu’à l’Assemblée par une vague de droite et qui commencent à s’inquiéter pour leur rente.

Enfin, à qui profite l’affaire ? Sur ce point nous sommes déjà certains que le FN qui surfe sur le « tous pourris » engrangera des dividendes et que le petit nouveau Macron, ni de gauche ni de droite, si beau, si jeune, au charisme certain dans les meetings mais au programme vide attirera également des déçus de Fillon.

 

Pas sûr que la démocratie sorte grandie de cet épisode putride. Un jour, sans doute, nous nous reprocherons à nous même d’avoir laissé faire, d’avoir fait trop confiance à une classe politique hors sol et d’avoir confondu politique et téléréalité.

PénélopeGate : Fillon peut s’en sortir, se sauver lui-même, s’il le veut vraiment !

François Fillon a, semble-t-il, au moins deux manières de se sauver du bourbier puant et nauséabond dans lequel il s'est mis et a mis son parti. Parti (Les Républicains) pourtant promis, il y a trois semaines, à une large victoire, le 7 mai 2017.

L'une des manières est le mea-culpa (acte de contrition), l'autre un appel au divin !

Le mea-culpa : Fillon peut, à l'américaine, venir devant les médias battre sa coulpe, faire acte de contrition, en avouant tous ses délits et demander pardon.

N'ayant plus le choix, après les confessions de son épouse, en 2007, à un média britannique, il doit demander pardon à son électorat, pardon à sa douce Pénélope, pardon à ses enfants, pardon aussi à son Église et à Christ Jésus, et enfin, pardon aux membres de son parti, qui le croyaient plus propre que monsieur Propre et, surtout, plus que Sarkozy.

C'est une démarche difficile. Mais, elle peut être extrêmement payante, comme on le voit en Amérique, si Fillon y met le cœur, un peu de théâtre (ça, il sait faire (*)) et promet, tout en restant candidat, que, s'il est élu, il organisera un référendum pour rendre inéligible à vie :

- toute personne mise en examen. Cela obligera nos élus à être extrêmement prudents,

- toute personne n'ayant pas un casier judiciaire vierge. Oui, le savez-vous : aujourd'hui, on peut être élu, c'est-à-dire être démocratiquement représentant du peuple, en ayant un casier non vierge.

Et enfin, supprimer le Sénat. Une chambre bien inutile, grassouillette et très coûteuse (800 millions d'euros par an).

Une seule question : Oui, on fait les 3 en même temps ; Non, on ne fait rien, on laisse les choses continuer telles quelles, car le ridicule n'a jamais tué un seul politique français.

Fillon, ayant avoué publiquement ses fautes devant les Françaises et les Français, les autres candidats à la présidentielle se verront contraints de faire de même. Notamment, pour faits avérés aujourd'hui : Le Pen pour avoir spolié le contribuable européen, Mélenchon pour avoir empoché le fruit de la vente, en 2012, de sa permanence parlementaire de Massy. Permanence financée par les deniers du contribuable.

Le divin : Fillon, nous le savons tous, est un fervent catholique, parfaitement convaincu. Il croit en Christ Sauveur, comme l'on dit dans son milieu.

Pour celles et ceux qui ne sont pas très au fait de ce qu'est le Christ Sauveur, c'est tout simplement Jésus. Jésus, le fils d'un Dieu (oui, cela existe encore de nos jours), en l'espèce le Dieu d'Abraham, c'est-à-dire, le Dieu créé par les Hébreux (nommés aujourd'hui les Juifs). Dieu, dont les péripéties (création du Monde, création d'Adam et Ève il y 5 778 ans, Déluge, etc.) sont relatées dans la Thora. Thora, plus couramment connue sous le nom de Bible hébraïque, que les catholiques ont repris (volée diront certains) mot pour mot et, en y accolant la centaine de pages de 4 évangiles (Matthieu, Marc, Luc et Jean), ils ont, ensuite, nommé l'ensemble : La Sainte Bible ou Bible chrétienne.

Cela étant, Fillon peut-il être sauvé par Christ (les cathos enlèvent l'article "le" quand ils parlent de leur Seigneur. Cela doit faire plus intellectuel et impressionner les demeuré(e)s !) ?

Oui, Fillon peut être sauvé s'il n'a ni menti ni volé le contribuable (voir les 10 commandements). Reste à savoir, comment Christ va s'y prendre pour le sortir de ce bourbier puant et nauséabond, mais tout de même républicain.

Cependant, si Fillon a menti ou volé, ou les deux à la fois, il ne pourra pas être sauvé par Christ, car il a fauté. Il n'aura pas, non plus, la vie éternelle et ira directement brûler dans les feux de l'Enfer, plutôt que se dorer au Paradis. Il ne pourra pas, non plus, retrouver Pénélope, à moins qu'elle aille, elle aussi, dans le même endroit.

Cela étant et, quoi que Fillon choisisse, le mea culpa ou le divin, la classe politique française n'en sortira pas grandit.

La culture de l'impunité en France, fait croire aux politiques qu'ils peuvent faire tout et n'importe quoi.

Reconnaissons que le quinquennat de François Hollande aura, cependant, fait avancer ce dossier de manière importante, notamment : création de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP (**)), création du Parquet national financier (actuellement en charge de l'affaire Fillon), le non-cumul des mandants.

Espérons que la personne élue le 7 mai 2017, réglera définitivement ces façons de faire de nos délinquants politiques, car notre pays est devenu, à cause de Chirac, de Sarkozy, de Cahuzac, de Fillon et de bien d'autres politiques véreux et malhonnêtes, la risée du monde développé. Certains comparent même la France à une République bananière.

(*) Effectivement qu'il sait faire du théâtre Fillon. En septembre 2007, alors qu'il payait sa femme 10 000 euros par mois pour ne rien faire (apparemment), il avouait être à la tête d'un État en faillite. N'est-ce pas outrancier, scandaleux ! D'ailleurs, 5 ans après son passage à la tête de l'État, en 2012, Fillon est parti en laissant une dette qui a augmenté de 600 milliards d'euros (de 1 200 à 1 800 mds). Dans ces 600 milliards d'euros, une partie (1 million d'euros) revenait à la famille Fillon. C'est un comble, car le contribuable a aussi dû emprunter pour faire face au financement du train de vie de la famille Fillon !

(**) Dans la déclaration de Fillon, celui-ci cache le nom de la personne qu'il déclare comme "collaborateur revue des deux mondes" (sic). Comme si Fillon avait voulu qu'aucun nom de sa famille n'apparaisse dans sa déclaration. Est-ce légal ? La transparence voulue par la HATVP n'est pas respectée. Faites comme moi, écrivez ou téléphonez à la HATVP pour vous étonner de cette non-transparence.

 

 

Crédit photo : GALA politique 2 février 2017

07 février

 

 

Qui veut perdre des Fillon(s) ?

Le chevalier blanc de LR sombre dans la théorie du complot, affirmant, sans répondre aux critiques, on veut m’abattre et assurant qu’il a le cuir solide...

Mais plus les investigateurs creusent, plus ils trouvent, et on n’est pas loin d’atteindre le million concernant les sommes gagnées suite aux emplois supposés fictifs de la famille du candidat présidentiel.

En effet, s’il faut en croire le « canard enchaîné  », les sommes concernant François Fillon sont sur le point d’atteindre le million.

En effet, il faut oublier aujourd’hui les 600 000 euros, puisque selon le « Canard Enchaîné », la somme serait sur le point d’atteindre le million d’euros, ce qui correspond, pour un travailleur lambda à 53 années de travail pour gagner pareille somme. 

On peut aussi être encore plus perplexe, s’il faut en croire Me Lévy, l’avocat maladroit de François Fillon, car cet homme révèle que le député n’avait pas de permanence dans son département, et que cette « permanence » se trouvait donc au domicile du candidat LR

Quant à Pénélope, elle n’aura cessé de répéter à qui voulait l’entendre : «  moi je suis une femme au foyer, je ne m’occupe pas des affaires politiques de mon mari  », même si les vidéos où on pouvait l’entendre ont étrangement disparu des réseaux sociaux. 

On découvre aussi que son époux a salarié deux de ses enfants en justifiant qu’ils avaient une formation de juristes, alors qu’en réalité, ils n’étaient qu’étudiants... et ils n’ont obtenu leur nomination bien après l’emploi offert par leur père.

Par la même occasion, on découvre que celui qui se disait pour l’égalité homme/femme avait salarié son fils 4846 euros brut, et seulement 3773 euros brut pour sa fille.

Finalement, Marie Fillon aura touché 57 084 euros brut pour 15 mois en tant que supposé attaché parlementaire, et Charles, le fils, aura perçu 26 651 € brut pour 6 mois d’occupation en tant qu’éventuel attaché parlementaire.

Les enquêteurs cherchent maintenant à trouver des traces de ces emplois d’attachés...et René Dosière, très troublé, affirme : « on constate qu’il y a beaucoup d’argent, je suppose que ça correspond à beaucoup de travail et donc beaucoup de justificatifs que les intéressés vont pouvoir fournir à la justice et on saura exactement ce qu’il en est ». 

Interrogé sur cette scabreuse situation, l’entourage de Fillon assure qu’il s’agit de sa part d’une simple « imprécision de langage » et qu’il voulait seulement dire qu’ils sont avocats à l’heure actuelle, et non qu’ils l’étaient à l’époque. 

Les deux étudiants étaient donc salariés 84000 euros brut comme assistants parlementaires entre 2005 et 2007, alors que leur père était sénateur de la Sarthe

En attendant les enquêteurs n’ont trouvé aucune preuve matérielle du travail de Pénélope Fillon à l’assemblée, et dans les rangs LR, « parlementaires, élus, anciens et futurs ministres ne pensent pas uniquement au sort du candidat Fillon, mais à leur propre avenir, et à celui de la droite », ainsi que l’affirme Guillaume Tabard dans les colonnes du « Figaro  », alors que Jean-Michel Servant, rédacteur adjoint du « Midi Libre », va plus loin écrivant : « sa chute parait désormais inévitable. à droite, l’hallali va bientôt commencer ». 

Coup de poignard final, ce soir, sur France 2, le téléspectateur pourra découvrir l’interview de Pénélope qui affirmera "je n'ai jamais été l'assistante parlementaire de mon mari". (Tourné en mai 2007).

Mais qui pourrait avoir envie de prendre la place d’un candidat qui se disait intègre, qui demandait aux français de se préparer à se serrer un peu plus la ceinture, et qui assurait vouloir supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, tout en augmentant le temps de travail sans rémunération supplémentaires, et qui s’attaquait à l'institution "la vieille sécurité sociale" ?

En haut lieu, on assure qu’il n’est pas question d’avoir un « plan B »...

Juppé a déjà fait savoir qu’il n’en serait pas, alors que pour une grande majorité de son camp, c’est le seul qui pourrait gagner.

Sarközi pourrait être tenté, mais revenir par la fenêtre après avoir été éjecté par la porte n’est pas une situation très emballante pour l’ex-président.

Ne parlons pas de Copé, privé de toute crédibilité, suite à son score aux primaires de la droite, et à ses ennuis juridiques récents.

François Baroin, tout comme Xavier Bertrand, sont en embuscade, même si ce dernier affirme qu’il n’y a pas de plan B, et qu’il y aurait seulement un plan F... 

Il reste le plantureux sénateur Gérard Larcher, mais pour une élection à laquelle le peuple cherche de nouveaux visages, porté par la volonté visible de « sortir les sortants » est-ce bien raisonnable ?

Un sondage récent, mais il faut les prendre, on le sait, avec la plus grande prudence, donne aujourd'hui Fillon perdant au premier tour de la présidentielle. 

Malgré la posture vindicative du candidat LR, le doute commence à s’installer dans son camp, et Georges Fenec, député LR du Rhône, proche de Sarközi, appelle au retrait de Fillon

Idem pour Philippe Gosselin, député LR lui aussi, qui, avec quelques autres, appelle Alain Juppé à réfléchir, voire à se tenir prêt. 

 

Finalement cette campagne présidentielle ressemble de plus en plus à un gros « chamboule tout »...Juppé dégommé, Sarközi battu, Valls sorti, Hollande forfait, et Fillon qui vacille...

D’ici que Macron connaisse quelques soucis, il ne restera plus grand monde pour le mois de mai.

En effet, l’homme qui se dit « ne de gauche, ni de droite » vient de se voir signifier le paiement de l’ISF, accusé par le fisc d’avoir sous-estimé son patrimoine. 

Christiane Taubira, silencieuse jusqu’à présent, affirme : « Macron n’est qu’un pur produit du système ». 

De là à ce qu’elle rentre dans la course, il n’y a qu’un pas... en quelques semaines, elle a récolté en novembre 2016 quelques dizaines de milliers de soutiens, et avait affirmé qu’elle ne se présenterait pas contre Hollande... 

Quant à la candidate du FN, accusée elle aussi d’emplois fictifs concernant une vingtaine de ses collaborateurs, elle est condamnée par l’office européen de lutte antifraude, à rembourser plus de 340 000 euros au Parlement Européen. 

 

Comme dit mon vieil ami africain : « Balaie là ou tu veux tomber »...

04 février

 

Je lui aurais donné Jésus (le Bon Dieu) sans confession !

Naturellement les Fillon(s) sont innocents, pas encore des grands délinquants, tant que la justice ne les a pas déclarés coupables. C'est le Droit, et cela est "normal". Mais quand même !

 

On sait bien que, même l'assassin qui est pris le couteau à la main et bien planté dans la gorge de sa victime agonisante (finalement décédée), est innocent tant que la justice de première instance ne l'a pas déclaré coupable. Mais, avec les nombreuses voies de recours, sa culpabilité, éventuelle, ne sera prononcée que dans plusieurs années, peut-être même dix ans. Pourtant, son crime était clairement visible et même avéré !

Pour les Fillon(s), bons catholiques devant l'Éternel (Jésus fils de), sûrement communiants chaque dimanche à la messe ou aux vêpres, les choses délictueuses paraissent tellement évidentes. Mais, prouver que personne n'a vraiment travaillé est une tout autre affaire. Par ailleurs, n'ont-ils pas, l'un et l'autre l'air de parfaits innocents, martyrisés par la vox populi ?

Fillon sur TF1, l'arme à l'œil. Fillon, dimanche 29 janvier, la voix chevrotante déclarant une énième fois son amour à sa belle et très innocente Pénélope ! Un vrai petit Jésus en culotte de soie ! J'ai moi aussi eu la gorge serrée.

Cahuzac Jérôme, délinquant, n'avait-il pas l'air, lui aussi, d'un véritable innocent. "Non ! Monsieur le député, je n'ai pas et n'ai jamais eu de compte(s) à l'étranger, etc., etc.". Finalement : 1 an de prison ferme, mais 3 ans après, et, il a encore des recours.

Fillon, lui, a jusqu'à aujourd'hui, la même attitude que Cahuzac. Droit dans ses bottes. Pénélope aussi, toute malheureuse, les yeux de chien battu. J'aurais presque envie de lui donner une pièce afin qu'elle puisse manger à sa faim, toute blanchâtre qu'elle est la pauvrette.

Pourtant, il paraît, d'après les nouvelles informations du Canard, que c'est près de 1 000 000 d'euros qu'elle aurait soutirés aux contribuables (toi, vous, moi), dont le salaire médian est de seulement 1 700 euros ?

Cependant et encore, n'oublions pas que le Canard enchaîné oublie de compter les 2 ou 3 millions qui vont lui être versés, pour sa retraite, durant de nombreuses années. Quelle affaire ! Face à ça, Cahuzac est un joueur petit bras !

Que penser aussi de Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffitte, payé lui aussi par le contribuable, qui, protégeant les Fillon(s), voudrait (le 31/01/2017, sur France Info) interdire l'accès des forces de justice de notre pays, dans l'enceinte du Parlement, afin de vérifier si le contribuable n'a pas été spolié par les Fillon(s). Je parle de Myard, mais qui connaît Jacques à part lui-même ? Est-il lui, aussi probe qui le laisse paraître, pour dire une telle connerie ?

Dernière minute (fin de matinée du 31 janvier), un de mes proches a entendu un membre de la garde reprochée de François Fillon, dire : "C'est la fin !"

COURAGE, FILLON(s) !

 

 

À suivre. Peut-être.

03 février

 

 

PEUT-ON ÊTRE SOUVERAINISTE DE GAUCHE ?

On entend de plus en plus, dans les milieux de la gauche radicale, une petite musique souverainiste, jouée entre autres par Jean-Luc Mélenchon, Frédéric Lordon ou Jacques Nikonoff, l’ancien dirigeant d’Attac. Nous aurions un problème en France : retrouver notre souveraineté, non pas au nom de la patrie éternelle comme le voudrait un Dupont-Aignan ou le FN, mais d’un point de vue de gauche, critique de l’économie capitaliste…

Si l’argument n’est pas nouveau, il semble s’être renforcé à la suite de la crise grecque : la domination de l’Allemagne sur l’Union européenne, et particulièrement sur la Grèce, signifierait que nous avons perdu notre libre arbitre et que nous serions soumis aux ordres de l’UE, c’est-à-dire de l’Allemagne qui y occupe une position hégémonique. Il y en a même qui estiment que si le Front de gauche perd des voix face au Front national, ce serait dû à son manque de clarté sur le libre-échange, l’Union européenne et la souveraineté nationale – comme l’écrit Aurélien Bernier dans La Gauche radicale et ses tabous (Seuil, 2014).

Il s’agirait donc de reconquérir notre souveraineté. A un moment où la société capitaliste connaît une crise profonde et prolongée, où c’est plutôt son remplacement par un nouvel ordre social qui devrait être à l’ordre du jour, certains voudraient faire passer les vieilles idées de souverainisme pour des notions progressistes, qui pourraient nous sortir de notre situation.

De quoi la souveraineté est-elle le nom ?

Selon les utilisateurs, le terme prend des significations différentes. Pour Frédéric Lordon, il faut en revenir à la Révolution française. Il se réfère à la nation souveraine de 1789, qui « se constitue comme universalité citoyenne (…) et est de gauche. Et par l’effet d’une incompréhensible démission intellectuelle, elle n’est désormais plus que de droite. »1 La démarche de Lordon, au fil de ses interventions, est de se réapproprier la notion de souveraineté pour ne pas la laisser à la droite.

Pour le Pardem (Parti de la Démondialisation) et son principal dirigeant Jacques Nikonoff, ex-dirigeant d’Attac et ex-membre du PCF, « la souveraineté appartient au peuple en République, directement et par l’intermédiaire de ses représentants, les députés. Avec (…) la loi El Khomri, la souveraineté passe dans les bureaux du Medef (…) les députés ont trahi le 21 juillet 2016 le peuple qui les a élus. »2 Il défend ainsi l’illusion d’un pouvoir du peuple à travers sa représentation nationale. Ce serait elle qui aurait trahi ses engagements. Il suffirait donc probablement de bien voter pour retrouver le pouvoir volé par nos représentants au parlement !

Quant à Jean-Luc Mélenchon, son ennemi tout trouvé est l’Allemagne, notamment lorsqu’il déclare au Journal du Dimanche du 23 août dernier : « s’il faut choisir entre l’euro et la souveraineté nationale, je choisis la souveraineté nationale. Il n’y a pas de raison pour qu’à la fin, ce soit nous les Français qui cédions devant les Allemands. » Et en avant les clichés éculés sur l’Allemagne, cible toute trouvée lorsqu’on ne veut pas regarder juste à côté de soi, c’est-à-dire vers les capitalistes bien français, qui sont de fait exonérés dans l’affaire puisque le méchant, c’est l’Allemand. Vieux souvenirs plutôt pénibles d’un nationalisme exacerbé.

Tous contre l’Allemagne ?

Tous les souverainistes de gauche tirent à boulets rouges sur l’Allemagne, qui dicterait sa loi à tous les autres. Par quel miracle ? Nous ne sommes pourtant pas en guerre. Comment un pays pourrait-il ainsi dominer tous les autres ? Le mystère reste entier lorsqu’on les lit ou les écoute.

L’explication est pourtant assez simple si l’on veut bien se pencher un peu sur les données économiques accessibles à tous : l’impérialisme allemand domine l’Europe au niveau économique. L’Allemagne distance la France par ses capacités productives, et l’écart ne cesse de se creuser. Pour ne prendre que quelques exemples, le parc des équipements des machines de moins de quinze ans s’est contracté de 10 000 unités en France, alors que celui de l’Allemagne, déjà mieux lotie, a augmenté dans le même temps de 95 000 unités. L’outil de production français devient de plus en plus dépassé. La France a un retard global de cinq à sept ans dans la modernisation de son parc industriel en comparaison avec l’Allemagne, d’après la fédération patronale de la mécanique. La désindustrialisation de la France et les déséquilibres accrus de son commerce extérieur renvoient à des faiblesses du tissu industriel français, elles-mêmes reliées à des choix de l’Etat et du patronat marqués par une logique de court terme sous la pression des actionnaires, qui exigent de gagner vite et beaucoup, au détriment de l’investissement productif.

C’est dans ce décrochage économique de la France qu’il faut chercher les bases de la domination de l’Allemagne dans l’Europe. C’est dans l’appétit insatiable du profit facile et rapide des multinationales françaises, qui délocalisent à tout va, au détriment du tissu industriel du pays. Ces multinationales qui n’ont aucun sentiment national lorsqu’il s’agit de faire des profits dans n’importe quel pays.

C’est aussi simple que cela. Mais il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. L’explication de Mélenchon est… mélenchonienne : dans son livre Le Hareng de Bismarck3, il répond que la plupart des dirigeants politiques français ont été empoisonnés et hypnotisés par la doctrine économique allemande. Intoxiqués, les dirigeants français qui défendent bec et ongles les intérêts des groupes capitalistes ? Que nenni. Les capitalistes français estiment qu’ils ont beaucoup plus à perdre qu’à gagner à sortir de la zone euro. Car les multinationales françaises ont beaucoup profité, et continuent à le faire, du marché unique européen. Et la domination de l’Allemagne les arrange fortement, car cela leur permet de se cacher derrière l’Union européenne pour faire la guerre aux salariés français dans le seul but d’accroître leurs profits, et détruire pour cela tous les acquis sociaux gagnés au fil des luttes ouvrières.

Ce phénomène est mis à l’œuvre par le capitalisme dans le monde entier. Les dirigeants français n’ont nul besoin des conseils des Allemands. Et la compétition économique entre les grands groupes capitalistes français et allemands ne les empêche nullement de se retrouver d’accord pour nous faire payer leur crise. Il suffit de voir ce que les salariés allemands ont subi avec les mini jobs à un euro de l’heure, ainsi que l’appauvrissement d’une grande partie de la population. La guerre n’est pas tant entre capitalistes français et allemands, même si elle existe bien sûr, que contre les salariés des deux pays. Les mesures d’austérité sont les mêmes partout en Europe et dans le monde.

La Révolution française, un exemple… pour qui ?

Frédéric Lordon, lui, insiste sur l’exemple de la Révolution française, en évacuant allégrement –petit détail – le caractère de classe de cette révolution. S’y référer aujourd’hui est concevable en ce qu’on considère le caractère radical de transformation sociale, le fait d’aller jusqu’au bout pour faire table rase de l’ancien régime. Comme le faisaient en leur temps les révolutionnaires du mouvement ouvrier, de Marx à Lénine ou Trotsky. Qui avaient bien compris l’histoire de la formation des nations : celles-ci ont représenté un progrès historique à l’époque de la féodalité et de ses particularismes, la lutte pour la souveraineté nationale ayant été l’un des combats de la bourgeoisie en pleine ascension.

Mais en même temps, ces nations unifiées étaient contrôlées par la bourgeoisie, laquelle présentait ses intérêts propres comme ceux de toute la « nation ». C’est au nom de la souveraineté populaire que la bourgeoisie républicaine envoya les prolétaires sur les barricades lors des révolutions de 1830 et 1848, pour leur confisquer ensuite le pouvoir. Le mouvement ouvrier apprit rapidement, à ses dépens, qu’il lui fallait distinguer ses propres intérêts de ceux de la bourgeoisie, et cela à un moment où elle était encore dans sa période révolutionnaire. Et combien les mots « peuple », « nation » et « souveraineté » masquaient des antagonismes de classe. Alors, évoquer aujourd’hui la nation, la souveraineté nationale qu’il faudrait retrouver, c’est tout simplement gommer tout caractère de classe.

Comme l’évoquait déjà Marx en 1848 : « la nouvelle révolution française sera obligée de quitter aussitôt le terrain national et de conquérir le terrain européen, le seul où pourra l’emporter la révolution sociale du 19e siècle » (Les luttes de classe en France). Ce qui était vrai en 1848 l’est assurément encore plus aujourd’hui, à l’époque de la mondialisation. La souveraineté nationale a perdu depuis fort longtemps tout caractère progressiste, même affublée de l’étiquette « de gauche », qui ne veut pas dire grand-chose à l’heure où un gouvernement « socialiste » aux commandes du pays mène une politique néolibérale brutale.

Il n’y a pas de nation de gauche ou de nation de droite, mais bien un seul Etat, aux mains des capitalistes et qui échappe à la population même lorsqu’elle exerce son droit de vote. Et lorsqu’elle proteste, comme ces derniers mois lors des manifestations contre la loi Travail, on voit qui elle trouve en face d’elle : la police, rempart s’il en était de la souveraineté nationale bourgeoise.

Si les bourgeois ont toujours besoin de leurs Etats à l’heure des multinationales et de la mondialisation des échanges et de la production, c’est pour conquérir, grâce à l’Etat national, de nouveaux marchés. Ce sont bien les Etats qui ont injecté des milliards après la crise de 2008, aidé les constructeurs automobiles et les capitalistes d’autres secteurs sans que les actionnaires aient un centime à débourser. Avec comme conséquence des coupes budgétaires pour tous les services publics et une politique plus répressive contre tout ce qui proteste. La boucle de l’Etat-nation est bouclée.

Souverainisme de gauche : deux mots qui ne vont pas bien ensemble

Le souverainisme, le retour à la nation, sont des notions qui ne peuvent être de gauche, du moins si l’on entend par gauche non la « gauche » gouvernementale mais un camp social, celui des exploités. Le terme de nation masque les différences de classe, qui n’ont pourtant jamais été aussi exacerbées qu’aujourd’hui. Cela vise à nous faire croire à des intérêts communs avec nos exploiteurs. Cela suppose que, comme l’affirme Mélenchon, l’ennemi n’est pas la bourgeoisie à l’intérieur des Etats nationaux, mais les Etats rivaux, c’est-à-dire les différents impérialismes. La focalisation sur le capitalisme « de l’étranger », qu’il soit allemand ou américain, montre que Mélenchon surfe sur les sirènes nationalistes. Abolissant les frontières de classe, il fait porter aux « oligarchies financières » (présentées comme dénuées de toute « nationalité ») la responsabilité de la crise et l’origine des politiques d’austérité, dédouanant au passage les capitalistes français et leurs sbires de la droite ou de la gauche gouvernementale.

Frédéric Lordon s’attaquait explicitement, dans un texte d’avril 2015, à ce qu’il appelait un internationalisme imaginaire, « une certaine forme d’internationalisme révolutionnaire qui condamne d’emblée toute tentative dans un seul pays, et préfère attendre l’arme au pied la synchronisation planétaire de toutes les révoltes avant d’envisager quoi que ce soit. »3 Cette caricature des positions internationalistes lui sert en fait à développer une politique qui privilégie le cadre national. Car même si, en effet, dans un premier temps les luttes se développent inévitablement dans un cadre national – les révolutionnaires français auxquels se réfère Lordon le savent parfaitement –, elles doivent s’étendre pour parvenir à renverser le pouvoir des possédants. L’internationalise est la compréhension que nos alliés naturels sont les exploités de tous les pays, et non notre propre bourgeoisie. « La révolution socialiste commence sur le terrain national, se développe sur l’arène internationale et s’achève sur l’arène mondiale » disait déjà à juste titre Léon Trotsky, en 1938.

Avant lui, Marx affirmait depuis 1848 que l’Etat ne peut pas être repris aux capitalistes, mais qu’il doit être détruit. Ce que semble n’avoir pas compris le Pardem qui porte l’ambition de « repolitiser l’État, c’est-à-dire en refaire un objectif de conquête par le peuple », passant par pertes et profits des décennies de luttes ouvrières et d’affrontement avec l’Etat, dont nous avons pourtant eu aujourd’hui un aperçu avec le mouvement contre la loi Travail.

Une nouvelle mouture de réformisme

Le programme du « souverainisme de gauche » est réformiste dans le sens où il ne remet pas en cause le fondement du pouvoir économique des capitalistes. En dénonçant la financiarisation de l’économie, les traités internationaux et les organisations supranationales, avec des motivations qui sont souvent justes, mais en s’abstenant d’appeler un chat un chat et d’identifier le capitalisme pour ce qu’il est, son résultat est de dédouaner les capitalistes en chair et en os.

Mélenchon rappelle régulièrement que sa « révolution citoyenne » n’est pas une « révolution socialiste ». Lordon abonde dans son sens. Il spécule sur d’innombrables scénarios pour la zone euro,  mais ne pose jamais la question : quelle classe doit diriger la société ? Au passage, cela vide de tout contenu l’idée de « souveraineté populaire », sur laquelle Mélenchon et Lordon insistent tant. Car tant qu’une petite minorité d’exploiteurs contrôlera l’économie au détriment de l’écrasante majorité de la population, la « souveraineté populaire » ne sera au mieux qu’un doux rêve, au pire une escroquerie. Le pouvoir de décision de la population ne sera effectif que lorsque ceux qui travaillent auront pris le contrôle de l’économie, de l’Etat et de la société dans son ensemble.

Il n’y aura pas de solution aux problèmes des masses grecques (et françaises, espagnoles, allemandes, italiennes, etc.) dans le cadre du capitalisme, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone euro. Cette conclusion est loin d’être partagée par des dirigeants actuels de la « gauche radicale ». La faillite du réformisme en Grèce a renforcé l’émergence d’un autre type de réformisme, un avatar qui peut paraître plus radical, le souverainisme de gauche.

Le slogan « intérêt national, intérêt du capital » est toujours d’actualité et, au souverainisme de gauche, nous opposons toujours la lutte internationale des exploités du monde entier. « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » semble bien plus efficient aujourd’hui encore que « souverainistes de gauche de tous les pays, unissez-vous » ; sans parler du jeu de mots trompeur du FN selon lequel il faudrait être « inter-nationalistes » (avec le trait d’union).

Laissons donc la notion de souverainisme à ceux qui la revendiquent à juste titre, c’est-à-dire la droite et l’extrême droite. Car à trop errer sur leurs terres, l’évolution logique pourrait être celle de Jacques Sapir, souverainiste de gauche d’abord, et qui aujourd’hui se rapproche de plus en plus du Front national.

Régine Vinon

 

  1. Les blogs du Diplo, La pompe à phynance, « Clarté », 26 août 2015, http ://blog.mondediplo.net/2015-08-26-Clarte
  2. Sur le site du Pardem (Parti de la démondialisation), http ://www.pardem.org/analyses/la-souveraineté-… [4]
  3. Les blog du Diplo, La pompe à phynance, « Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel) », 6 avril 2015, http ://blog.mondediplo.net/2015-04-06-Lecons-de-Grece-a-l-usage-d-un-internationalisme

02 février

 

La télé claque l’écran au nez de Benoît Hamon

La télévision hait le mouvement qui déplace les lignes. Elle chasse à coups de canne les trublions, surtout s’ils sont de gauche. Dimanche soir, on se serait cru avec les émigrés de Coblence pendant la Révolution française! À n’en pas croire ses oreilles…

Un pool de commentateurs a trouvé un couteau : Benoît Hamon. Sur les écrans de télévision, de sept à neuf, souffle l’anti-hamonisme primaire. La coterie ayant voix au chapitre cathodique fait la fine bouche et tord le nez. Ce choix n’est pas le sien. Sur France 2, Nathalie Saint-Cricq n’en est pas revenue – ce qui ne l’empêche pas d’être là : « Qu’ont-ils tous à vouloir du pain alors que nous avons de la brioche ? », semble-t-elle enrager, yeux au ciel et lèvres pincées.

Idem sur BFM TV ou i-Télé : parmi la caste qui cause dans le poste, s’affiche ou suinte le dégoût de ce vainqueur si peu ragoûtant. Il n’est pas de notre monde, signifient chaque mot et chaque phrase de tous ces éditorialistes. Comme s’ils étaient habitués à se servir chez Fauchon mais se trouvaient soudain confrontés à un produit Lidl – pire qu’Ed, qui peut au moins sonner à leurs oreilles comme un rappel… d’Édouard (Balladur) !

En France, où tout finit par des chansons à boire, un envoyé spécial à la Mutualité note, avec cet art achevé de meubler dans l’attente des résultats officiels : « Il y a du vin rouge, du vin blanc, mais pas de champagne. » Nathalie Saint-Cricq, interrogeant Gérard Collomb en représentant d’Emmanuel Macron, lui lance : « Sans faire de la politique politicienne, ce soir, c’est champagne pour vous ! »

 

Le champagne signale son entre-soi naturellement dominant. Comment peut-on s’en passer ? Comment prétendre gouverner sans champagne ? Benoît Hamon n’a pas fini d’expier cette faute de goût, cette intolérable façon de trahir la gauche caviar. Les marquis poudrés et les rombières emperlousées de la télé ne comprennent pas comment la canaille – quelque 2 millions de gueux sortis voter par temps froid – peut à ce point se tromper. Ils avaient le choix entre deux chauffeurs Uber (même costume et même cravate) : ils ont pris le mauvais !

« Mitterrand reviens, ils sont devenus fous ! », lance sur i-Télé un « consultant politique », Jean-Luc Mano, blanchi sous le harnais – dans l’autre siècle, l’élection de François Mitterrand le fit passer de L’Humanité à TF1, avant qu'il ne profitât du nouveau millénaire pour devenir PDG de BFM en 2001. Et le voici qui lance, sur la chaîne d’information en continu concurrente, ce dimanche 29 janvier 2017, un grand cri empli d’angoisse nostalgique. Ah ! Le Mano.

« Le mino, c’est ainsi qu’on le nommait au Parti socialiste. L’éternel minoritaire, Benoît Hamon, devient majoritaire. Il faudra essayer de le comprendre », glisse une voix sur le même plateau d’i-Télé. La partie n’est pas gagnée – tenter de comprendre cette victoire de la part de ceux qu’elle révulse.

L’inconscient d’Hervé Gattegno parle à ciel ouvert lorsqu’il évoque « le mauvais jugement porté par les électeurs de gauche sur le bilan du quinquennat ». « Mauvais jugement » : erreur d’entendement ou évaluation sévère ? Le journaliste, qui s’est peut-être fait, à son esprit défendant, plus fin qu’il n’était, rétablit bien vite la brutalité de sa vision des choses : « Hamon a réussi l’exploit de défendre une politique qui n’apparaît pas très sérieuse d’une façon sérieuse. »

Chez cette petite société faisant office de climatiseurs du conformisme politique ambiant, le mot « utopie » est une injure dégradante, qu’Éric Brunet brandit avec une ironie carnassière. « Grand bond en arrière », décrète quant à lui, sur France 2, Nicolas Beytout, tandis que Laurent Delahousse, le questionneur aux questions très arrêtées, lâche des noms infamants à ses yeux pour définir Hamon : Corbyn, Sanders…

La palme revient peut-être à celle qui pilonne sans relâche le vainqueur annoncé depuis 19 heures, Anna Cabana : « L’inexpérience tient lieu de brevet de modernité. » Ainsi s’agite un petit clan, payé pour gloser ad nauseam. Il a fini par s’identifier à une aristocratie et sent son Ancien Régime à vingt pas. Ces talons rouges autoproclamés s’avèrent, dès qu’ils ouvrent la bouche, garants de l’opinion unique à même d’étouffer toute pensée singulière.

Cramponnés à leur poste et se sentant confusément menacés par tant de cocotiers ainsi secoués, de suffrage populaire en suffrage populaire, ces privilégiés imbus de leurs préjugés fulminent : « Il y a une part de revanche, Benoît Hamon, c’est l’un des licenciés, des frondeurs de ce quinquennat », lâche, avec un mépris doublé d’une incompréhension un tantinet apeurée, Ruth Elkrief. Qui sait si nous ne passerons pas de la révolte à la révolution, avec ces hordes issues « de la gauche protestataire, de la gauche du non, qui a fait florès en Espagne et ailleurs » – dixit toujours Ruth Elkrief. Un confrère rappelle que Hamon est entouré de personnages qui osèrent voter non à la belle Europe marchande en 2005. Et une écharpe rouge (Christophe Barbier) s’égosille : « Simulacre d’un grand congrès du PS ! »

Un Petit Chose quasiment armé d’une fourche a donc gagné, c’est officiel à 20 h 45. Comment se rassurer ? En le faisant déjà rentrer dans le rang. Anna Cabana : « Sera-t-il capable d’une deuxième métamorphose, lui qui n’était que la gauche raillée du PS mais qui s’est élevé au niveau de Valls ? » Hervé Gattegno : « Il a besoin d’une métamorphose supplémentaire pour dialoguer en position de force ou pas trop défavorable face à Jean-Luc Mélenchon. »

 

Comment transformer cette vague en digue ? Comment assainir ce qu’il y a de dangereux pour l’ordre établi chez ce Hamon, dont Éric Brunet rappelle qu’il « a capté Nuit Debout et toute la logique un peu écolo-citoyenne de petits mouvements nés comme ci comme ça » ? En le liant à Valls, farouche vaincu qui vaincrait ainsi son farouche vainqueur : « Benoît Hamon doit construire un programme qui nous rassemble et qui nous ressemble », prescrit la vallsiste Juliette Méadel, interrogée à point nommé.

Défendre Valls : « Vous dites des horreurs », s’indigne Nathalie Saint-Cricq. Elle gourmande Leila Chaibi – soutien de Mélenchon –, qui venait de se réjouir d’être débarrassée de l’ancien premier ministre. Si Manuel Valls n’a, hélas !, pas gagné, il gagnera en reprenant le PS à sa main, après l’échec programmé de Benoît Hamon à la présidentielle. Tous les éditorialistes brodent sur ce thème. Et TF1 soutient curieusement « un droit au silence », signe d’une « objection de conscience » pour le politicien autoritaire injustement battu.

À l’image d’Étienne Mougeotte et Jean-Pierre Elkabbach ne pouvant cacher, le 10 mai 1981, leur mine renfrognée lors de la défaite de M. Giscard, la télévision offre le visage de possédants normatifs agrippés à leurs apanages vermoulus. Un monde s’effondre et ils se prennent pour les colonnes du temple. Seul le comédien Jacques Weber – pourtant pas le plus précaire ni le plus gauchiste ! – refuse d’imprimer une telle cadence, sur France 2, durant les trente secondes qui lui sont allouées pour commenter ce résultat de la primaire socialiste. Cela lui paraît un heureux « autre son de cloche » que le sempiternel « il n’y a pas d’autre solution que le libéralisme ». Un ange passe, juste avant le journal de 20 heures.

 

Celui-ci commence dans la liesse : « Un sacre annoncé que rien ne pouvait contrarier », trompette la voix annonçant les titres. Mais il s’agissait de handball.

 

Révélations abjectes

 

Ulysse drapé dans son indignité

 

 

 

 

 

Seul l’adjectif est bien choisi

Non, monsieur le Prince des risettes, les accusations dont vous êtes l’objet ne sont pas abjectes : vous faites grave et grossière erreur sur le substantif. Je comprends aisément que ce déballage en place publique puisse vous choquer, vous déplaire et, éventuellement, vous contrarier quoique je doute qu’on soit sensible à la contrariété quand on pratique votre curieux et étrange métier. Ce qui est certain c’est qu’effectivement l’abjection est à son comble !

Laissons les révélations, vous saurez démontrer qu’elles sont infondées, invérifiables, déplacées. Vous ferez assaut de démentis, apportant des preuves indiscutables comme on sait en produire dans votre joli monde. Vous mettrez votre bonne foi sur la table ; il faut bien que vos valeurs chrétiennes vous soient d’une quelconque utilité. Juré, craché, rien de fictif dans tout ça, madame votre tapissière fait bien son métier de femme d’homme politique.

Ce qui est abject, monsieur le moralisateur fictif, ce sont les sommes annoncées, sommes que, du reste, vous trouvez parfaitement normales, tant la belle Pénélope est brillante, discrète, merveilleuse, douée, disponible, dévouée à son cher Ulysse. Vous pensez que les petits services rendus, les papiers classés, les réponses téléphoniques, les déplacements à vos côtés méritent ces sommes exorbitantes, détournées du budget de la nation.

Vous qui pensez, pour flatter vos amis du Medef que le pauvre type qui travaille par tous les temps sur un chantier, à la poussière et au bruit gagne beaucoup trop d’argent et met en danger la compétitivité de nos entreprises, vous qui affirmez que nous sommes des parasites honteux quand nous voulons que nos frais médicaux soient entièrement remboursés, vous qui déclarez que 500 000 fonctionnaires doivent gonfler les rangs immenses des assistés des allocations chômage qui, elles aussi, sont bien trop élevées, vous prétendez la main sur le cœur, que votre tendre compagne vaut bien ce qu’elle touche sans la moindre goutte de sueur !

Mais quelle mentalité est la vôtre ? Quelle conception avez-vous de la vie et de la charité chrétienne ? Où sont vos fameuses valeurs ? Les valeurs ce sont celles que vous glissez dans vos poches et celles de vos pareils. Même si madame a vraiment travaillé, mérite-t-elle de toucher quatre à cinq fois plus que ces pauvres gens qui ont de véritables métiers, difficiles, ingrats, ennuyeux ?

Vous aspirez à tenir les rênes de la nation, vous ne savez rien de nos vies, des souffrances, de la difficulté à tenir un budget. Vous vivez dans des palais avec des prestations qui n’ont rien de républicain. Qu’est-ce qui justifie le luxe dans lequel nos institutions continuent d’évoluer ? Qu’est-ce qui justifie vos salaires pour un mandat qui n’est pas un métier ? Qu’est-ce qui justifie vos avantages, votre immunité, vos places réservées, vos gardes du corps ? Ce n’est pas une République c’est une monarchie élective et vous en êtes le parfait exemple.

Oui, monsieur le misérable, votre attitude et celle de vos pareils est parfaitement abjecte. Vous avez oublié qu’une fameuse nuit du 4 août les privilèges étaient abolis, privilèges que vous vous êtes empressés de rétablir, mafieux dans ces bandes organisées qu’on nomme Partis Politiques et qui ne sont que des machines à détourner de l’argent, à payer grassement des collaborateurs, à tromper, à gruger, à mentir.

Tout cela est abject comme le sont vos conférences à l’étranger et celles de vos anciens patrons. Vous n’avez qu’une idée en tête : faire du fric ; vous vous gavez sur la bête et c’est nous la bête : ces pauvres imbéciles qui crachent au bassinet pour vos frais, vos indemnités, vos avantages, vos collaborateurs, vos déplacements, vos petits repas, votre train de vie.

Alors fondées ou infondées ces accusations ne sont que la triste révélation d’une conception monarchique de la République, une lecture abjecte de ce que devrait être la représentation nationale. Ce n’est pas vous seul qui devez dégager, c’est toute cette cinquième République, fondée sur une absence totale de contrôle citoyen et sur la professionnalisation des mandats électifs. Quand avez-vous réellement travaillé vous, monsieur, qui venez nous demander des efforts ?

Que vous puissiez nous imposer de nous serrer la ceinture, c’est ça qui est abject. L’abjection, faut-il que je vous en donne une définition ? Je ne pense pas que ce soit nécessaire. Faites votre examen de conscience et menez à bien votre introspection. Vous verrez surgir une image parfaitement et irrémédiablement abjecte et nulle confession ne viendra laver cette vérité.

 

Abjectionnement sien.