23 octobre 2017

 

Fraude sociale, fraude fiscale : Qui sont les vrais tricheurs ?

La fraude aux aides sociales est constamment pointée du doigt comme responsable de lourdes pertes dans les caisses de l'état. Mais est-ce la réalité ? Observez cette infographie comparative parmi différentes fraudes qui pèsent sur les comptes publics.

Laurent Wauquiez l'a dit en 2011, l'assistanat est un cancer. Si l'on part du principe que les mots prononcés par un ministre (alors chargé des affaires européennes au sein du gouvernement Fillon) sont nécessairement signifiants, les bénéficiaires des minimas sociaux sont ainsi comparés à une maladie grave et maligne qui ronge lentement sa victime et la tue en silence.

Certes, l'image est si forte qu'elle en devient ridicule. Toutefois, elle en dit long sur le climat de suspicion qui pèse sur les personnes en difficulté et qui ne s'est guère amélioré aujourd'hui. Les pauvres sont des fainéants, des tricheurs, des parasites.

Or, ceci n'est qu'un cliché ! Pour vous en convaincre et remettre les pendules à l'heure, voici trois idées reçues habituelles sur les comportements des allocataires confrontées à la réalité des chiffres officiels (toutes les sources sont disponibles sur cette page). Les vrais tricheurs ne sont pas ceux que l'on croit.

 

 

La France va mal car trop de gens fraudent le RSA

La fraude au RSA est une réalité mais elle ne concerne qu'une faible partie des allocataires. Selon un rapport effectué par Dominique Tian, député UMP, son montant total est estimé à 335 millions d'euros.

La fraude au RSA est chiffrée de la façon suivante :

·         RSA socle : 3,1% de l’enveloppe totale distribuée, ce qui représente 263 millions d’euros de fraude

·         RSA activité : 3,6% de l’enveloppe totale distribuée, ce qui représente 72 millions d’euros de fraude

Les fraudes les fréquemment observées sont l’omission frauduleuse (31% des cas) ainsi que la fausse déclaration (23% des cas). Les escroqueries pures ainsi que les faux et usage de faux sont en réalité très rares.

En comparaison, la fraude aux impôts sur les sociétés est estimée entre 10 et 12%. Concrètement, cela représente un manque à gagner dans les caisses de l'état compris entre 23 et 32 milliards d'euros. 

Par conséquent, si l'on met les chiffres de la fraude au RSA en relation avec celui des entreprises, on constate que le coût des sociétés frauduleuses est 100 fois supérieur ! Alors qui selon vous est responsable de la morosité ?

 

 

Les arrêts injustifiés sont responsables du trou de la sécu

Selon ses propres sources, la sécurité sociale n'estime guère à plus de 10% le nombre d’arrêts maladie comme étant injustifiés. Au total, les abus des travailleurs en arrêts maladie représentent un coût aux alentours de 60-70 millions d'euros par an. Rappelons que le déficit global de la sécu devrait se situer légèrement au-dessus des 10 milliards en 2017.

Par ailleurs, si on compare les travailleurs français à leurs homologues dans les pays voisins, on s’aperçoit qu'ils ne figurent pas parmi les champions de l'absentéisme en Europe. En effet, la France compte en moyenne 10 à 11% de personnes absentes à leur travail alors que les Pays-Bas possèdent un taux situé entre 16% et 18%. Ce chiffre monte même jusqu'à 28% pour le Danemark.

En parallèle, les fraudes réalisées par les entreprises sur les cotisations sociales qui impactent directement les comptes de la sécurité sociales sont estimées, dans un rapport de la cour des comptes, à 20 milliards d'euros environ.

Par conséquent, récupérer le manque à gagner généré par la fraude des entreprises sur les cotisations sociales pourrait suffire à combler le trou de la sécu.

 

 

Les allocataires sont les champions de la fraude

La CNAF a mené une étude qui permet d'évaluer à 2.15% le nombre de fraudeurs parmi les bénéficiaires d'allocation sociales, soit 200 000 personnes au total.

Concernant les allocations familiales, le montant des fraudes est évalué à 119 millions d’euros, soit une part comprise entre 0,91 % et 1,36 % de l'ensemble des allocations versées.

 

L’impact de la fraude à l'impôt sur le revenu est chiffré quant à lui entre 15 et 19 milliards d’euros par le Syndicat National Solidaires Finances Publiques. Là encore, si l'on compare le poids des fraudes estimées aux prestations familiales avec les pertes liées à l’impôt sur le revenu, qui sont les vrais fraudeurs ?

20 octobre 2017

 

 

Riche et bien portant...

C’est à Francis Blanche que l’on doit cette phrase non dénuée d’humour : « vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade »...

Pourtant aujourd’hui, que l’on soit riche ou pauvre, il ne fait pas bon être malade, même si les premiers sont souvent privilégiés.

Le 9 octobre 2017, le professeur Israël Nisand était vent debout sur l’antenne de France Inter, s’en prenant aux « mauvais prophètes qui disent des choses fausses sur les vaccins », s’indignant contre la fronde citoyenne actuelle, allant jusqu’à parler de « désinformation  », argumentant : « si vous ne voulez pas les vaccins, essayez donc les maladies ». 

En effet, la récente décision du gouvernement Macron 1er d’imposer la vaccination obligatoire de 11 vaccins successifs dès le 1er janvier, ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut. 

Le 1er ministre affirme qu’il n’y aurait pas de sanction pour ceux qui refuseraient la vaccination, sauf que les enfants non vaccinés seront interdits d’école... 

On se souvient encore de la bourde de l’ancienne ministre de la santé, Roselyne Bachelot, lançant une campagne de vaccination contre la grippe, en exagérant volontairement le risque, campagne qui avait couté au pays une petite fortune.

Selon Virginie Le Guay, dans les colonnes de Paris Match, et s’appuyant sur un rapport de la Cour des Comptes, la grippe H1N1 aurait fini en une « couteuse fumée » chiffrée à 382, 7 millions d’euros. 

On serait en droit de s’interroger sur cette somme, laquelle parait bien optimiste, quand on se souvient que le ministre du budget de l’époque, un certain Éric Woerth, tablait sur une dépense de 1,5 milliards d’euros (dont la moitié pour les vaccins), alors que la commission des finances évoquait de son côté un montant compris entre 1,8 et 2,2 milliards...

Même si l’on y enlève la revente à l’Égypte et au Qatar de 2 à 3 millions de doses de vaccins, les comptes ne sont pas bons.

Pour d’autres, les dommages seraient encore plus conséquents, affirmant que tout cela faisait partie d’un plan machiavélique concerté, et qu’il ne s’agissait pas d’une accumulation de maladroites bévues. 

Quoi qu’il en soit, n’est-ce pas tout d’abord ce système de santé qui est malade ?

Il n’y a pas si longtemps le professeur Rath dénonçait avec virulence : « les causes réelles de ces maladies (diabète, cancer...) ont été délibérément obscurcies ou même dissimulées à des millions de malades dans un seul et unique but : l’avidité insatiable du commerce pharmaceutique avec la maladie ». 

 

Mais revenons aux vaccins, et aux conflits d’intérêt jamais très loin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On se souvient que Roselyne Bachelot avait longtemps fréquenté les labos de « big pharma », or Agnès Buzyn est l’épouse d’un certain Yves Lévy, président directeur général de l’INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale).

Au mois de mai dernier, le ministère de la santé affirmait : « le problème est identifié et va être traité »... l’a-t-il été à ce jour ?

Ajoutons pour la bonne bouche que la nouvelle ministre a été rémunérée par les labos pendant au moins 14 ans... il s’agissait entre autre des laboratoires Genzyme, filiale de Sanofi...

On pourrait aussi noter qu’elle a été membre du conseil supérieur des programmes de l’éducation nationale entre 2013 et 2016, en remarquant que les étudiants en médecine semblent fortement sous l’influence des labos au cours de leur cursus. 

Alors que de nombreux professionnels de la santé dénoncent les effets secondaires neurologiques et musculaires mal mesurés et parfois irréversibles, on peut légitimement s’interroger sur les choix de cette imposition de vaccins. 

Dans une étude jamais rendue publique, les équipes de l’hôpital de Créteil avaient alerté l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) sur la toxicité neurologique de l’aluminium présent dans les vaccins. 

Pour se faire une idée plus objective sur ces sacrés vaccins, il faut prendre des distances avec le discours officiel, qui préfère pratiquer la communication, s’épargnant d’une véritable analyse, et enquêter.

On peut par exemple écouter le court document proposé par René Bickel sur ce lien.

Il rappelle le livre de Simone et Fernand Delarue édité par la ligue nationale pour la liberté des vaccinations en 1985, lequel ouvrage démolit sans complaisances des affirmations qui ont encore pourtant la vie dure...

Preuves à l’appui, les auteurs démontrent que les vaccinations n’ont pas fait reculer les épidémies...

On y apprend qu’en Grande-Bretagne, la décroissance des décès a précédé la mise en place des vaccinations... qu’au Danemark le nombre de cas de polio avait nettement régressé avant la diffusion de la vaccination...et encore mieux que la décroissance de la mortalité a de loin précédé la vaccination antipolio, et a été interrompue par l’usage des vaccins antidiphtérique et anticoquelucheux. 

Toujours est-il qu’il ne fait pas bon tomber malade par les temps qui courent, car s’il est indéniable que des progrès marquants ont été faits en matière de technologie médicale, il n’en reste pas moins qu’au niveau humain, bien des progrès restent à faire, et les patients sont de plus en plus légitimement impatients de voir ceux-ci se réaliser, d’autant qu’ils ne sont pas inaccessibles.

 

Ceux qui ont fait l’expérience d’un séjour à l’hôpital n’ont pas oublié la misère culinaire qui y règne : des purées ignobles où l’on cherche en vain le gout de la pomme de terre, du poisson bouilli et insipide, pour finir par un dessert en forme de flanc, ou de yaourt industriel, destinés probablement à vous dégouter de la vie...alors qu’il serait si simple de proposer un simple fruit...bio de préférence....

Interrogés les responsables répondent généralement qu’ils n’y sont pour rien, puisque la gestion des repas est souvent confiée à des prestataires extérieurs...mais n’est-ce pas une forme d’hypocrisie, car on se doute que la direction de l’hôpital serait en mesure d’intervenir afin de faire cesser ce scandale ?

 « Nous sommes, et devenons, ce que nous mangeons et buvons » déclarait l’écrivain québécois Daniel Desbiens.

Que couterait-il à l’hôpital de remplacer les tristes yaourts industriels par de vrais fruits ?...et coute-t-il plus cher de proposer un filet de poisson cuit avec amour, qu’un ignoble bout de poisson bouilli et sans gout ?

 

Quand on songe aux prix faramineux des derniers, mais indispensables, développements techniques, ne faut-il pas aussi consacrer un budget raisonnable à la nourriture du malade ?

Un scanner dernier modèle demande un investissement minimum d’un million d’euros... alors que le prix moyen d’un repas de patient hospitalier revient à moins de 3 euros. 

Du côté des patients, certains témoignages sont accablants, tel celui de Charles Cousina, médecin généraliste lyonnais, devenu patient à la suite d’un grave problème cardiaque, qui raconte son « horrible séjour à l’hôpital public » dénonçant dans sa lettre les ennemis que sont « l’austérité, la bureaucratisation, la financiarisation et la standardisation des soins, via notamment l’informatisation (...) nos patients ont besoin d’avoir des êtres humains qui les soignent, pas des machines chronométrées à la tâche et taylorisées faisant les mêmes gestes, les mêmes paroles quelle que soit la pathologie du malade ». 

Aujourd’hui, les hôpitaux, soumis à l’austérité budgétaire et au management néolibéral cher à Macron, sont au bord du burn-out

Mais allons un peu plus loin...

Ne faut-il pas s’étonner des agissements de ceux qui font la chasse aux herboristes, lesquels proposent de se soigner autrement.

Jean-Pierre Raveneau, le grand herboriste de la Place Clichy à Paris, vient d’écoper d’un an de prison avec sursis, assorti d’une amende...

Le diplôme d’herboriste ayant été supprimé en 1941 pour on ne sait quelle obscure raison, tous ceux qui veulent exercer cette belle profession se trouvent dans une situation juridique périlleuse...

« Big Pharma » trouvant probablement cette concurrence peu souhaitable ne se gêne pas de lancer des procédures chaque fois que l’occasion se présente.

Pourtant les plantes médicinales font depuis des lustres les preuves de leur efficacité...que ce soit sous forme d’huiles essentielles, de feuilles, de sommités fleuries, de racines...mais voilà, il est beaucoup moins cher de soigner un rhume par du jus de citron au miel, une infusion de thym... de se donner du tonus en prenant du gingembre, voire du ginseng, de la gentiane, de l’ortie et tant d’autres plantes à la portée de toutes les bourses, même si il n’y a pas de remboursement par la sécurité sociale...

L’occasion de tester l’une des recettes « spécial tonus » proposée par le blog « allodocteurs  » : velouté d’ortie, accompagné de courgette et d’oignon, quiche au curcuma, et tisane d’ortie pour arroser le tout.

Mais voilà, l’industrie pharmaceutique veille au grain, et préfère nous proposer ses très chères pilules.

 

Comme dit souvent mon vieil ami africain : «  la pluie ne peut pas effacer les taches du léopard  ».

19 octobre 2017

 

«J’ai gagné assez d’argent pour nourrir la Serbie» : Djokovic ouvre un restaurant pour les sans-abri

Le champion de tennis Novak Djokovic prévoit d’ouvrir un restaurant dans son pays d’origine, la Serbie, où les repas, destinés aux sans-abri, seraient gratuits.

Le numéro six mondial de tennis Novak Djokovic a développé, parallèlement à son parcours sportif, une carrière qu’on lui connait peu : après avoir ouvert deux restaurants, il se prépare à présent à l’inauguration d’un troisième établissement, dans sa Serbie natale.

L’argent n’est pas un problème pour moi. J’en ai gagné assez pour nourrir toute la Serbie

La nouvelle comporte une surprise de taille : le joueur compte proposer une cuisine familiale gratuite pour les sans-abri et autres personnes dans le besoin. «L’argent n’est pas un problème pour moi. J’en ai gagné assez pour nourrir toute la Serbie. Je pense qu’ils le méritent après le soutien que j’ai reçu de leur part», a déclaré le champion dans un communiqué repris par le Daily Mirror. A 30 ans, Novak Djokovic, a en effet cumulé plus de 109 millions d’euros de gains dans les tournois, hors sponsors.

De toutes les choses que j’ai expérimentées dans ma vie, la nourriture est celle qui a le plus gros impact sur moi.

Le triple vainqueur de Wimbledon fait partie de ces immenses champions vegan ou végétariens, comme Carl Lewis ou les sœurs Williams, mais rien ne dit si son nouvel établissement sera vegan ou non. Sensibilisé aux questions de nutrition – ses parents ont possédé plusieurs restaurants – il commence à modifier drastiquement ses habitudes alimentaires en 2011. Il a d’abord éliminé le gluten avant de finalement adopter une alimentation exclusivement végétale.

Le champion attribue ses succès à son changement de régime. «Grâce à ma famille, j’ai toujours été amoureux de la cuisine. Mais en tant qu’athlète, c’est devenu crucial : le carburant qui détermine la manière dont je joue, la façon dont je récupère, et mon attitude sur le court», a déclaré le joueur, dont les propos ont été rapportés par le Daily Mirror. 

 

«La nourriture c’est ma passion. De toutes les choses que j’ai expérimentées dans ma vie, la nourriture est celle qui a le plus gros impact sur moi. Je voudrais partager cela avec tout le monde», a-t-il ajouté. Et il est vrai que le champion a remporté 11 de ses 12 titres du Grand Chelem à partir de 2011, année de sa conversion à l’alimentation vegan. Cette passion l’a déjà conduit à ouvrir le restaurant Novak à Belgrade en 2009, et la cantine vegan Eqvita à Monte Carlo, où il réside avec sa famille, inaugurée en 2016. Il semble que l’on puisse souvent croiser le champion dans les murs de son établissement.

«Nole», blessé cette saison au coude, a annoncé sur son site avoir mis son entrainement en sommeil dans l’optique de retrouver un meilleur niveau en 2018. Pour autant, son nom continue de faire les gros titres. Le champion vient en effet d’avoir un deuxième enfant avec son épouse Jelena début septembre, et il poursuit les activités de sa fondation Novak Djokovic, qui développe des projets éducatifs pour les jeunes enfants en Serbie.

Il a même signé un partenariat avec la Banque mondiale, qui collaborera avec les autorités serbes, afin de lutter contre les inégalités frappant les enfants issus de milieux pauvres et défavorisés. L’agence spécialisée de l’Organisation des Nations Unies a accordé 50 millions de dollars à cette cause. Le tennisman a déclaré à cette occasion en 2015 dans le communiqué de la Banque mondiale : «Nous devons […] veiller à ce que soient données à tous les enfants des chances égales de se développer et de devenir des citoyens du monde productifs et concernés. Tout petit, j’ai eu la chance de recevoir ce soutien capital, et mon rêve est que chaque enfant, en Serbie et partout dans le monde, puisse développer son potentiel.»

 

source: https://francais.rt.com/international/44525-star-tennis-djokovic-ouvre-restaurant-gratuit-sdf

18 octobre 2017

 

Le Parquet national financier assimile les méthodes de Sarkozy à celles d’un «délinquant chevronné»

Les méthodes de Nicolas Sarkozy ont été comparées avec celles d’un «délinquant chevronné» par le Parquet national financier (PNF), qui a requis un procès contre l’ancien président pour «corruption» et «trafic d’influence».

 

Le parquet national financier (PNF), qui a requis le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy, de son avocat et d’un ex-magistrat dans l’affaire dite des écoutes, a comparé les méthodes de l’ex-chef de l’Etat dans cette affaire à celles d’un «délinquant chevronné», écrit le 14 septembre Le Monde. Le parquet a requis le 5 octobre un procès contre l’ancien président de la République pour «corruption» et «trafic d’influence».

Dans ce réquisitoire de 79 pages, dont le quotidien vespéral a eu connaissance, le PNF estime qu’«il existe des charges suffisantes à l’encontre de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog [son avocat] d’avoir commis les faits de corruption et de trafic d’influence actifs pour lesquels ils ont été mis en examen».

A l’origine de l’affaire, des écoutes téléphoniques de l’ancien président français ordonnées dans une autre enquête, celle sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007.

Un mode opératoire le plus souvent utilisé par des délinquants chevronnés

Les enquêteurs s’aperçoivent à cette occasion que l’ex-chef de l’Etat et son avocat communiquent via des téléphones portables acquis sous fausse identité, notamment celle d’un certain Paul Bismuth pour Nicolas Sarkozy. «Un mode opératoire le plus souvent utilisé par des délinquants chevronnés cherchant à déjouer les surveillances judiciaires», relève le PNF.

 

Aux yeux du parquet, les conversations captées montrent que Nicolas Sarkozy a tenté d’obtenir en 2014, via son avocat, des informations secrètes auprès d’un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, dans une procédure où il demandait la restitution de ses agendas saisis dans l’affaire Bettencourt. Une affaire qui s’est soldée pour l’ex-chef de l’Etat par un non-lieu en 2013.

Christine Lagarde condamnée (sans peine) : «J'ai payé pour #Sarkozy»https://francais.rt.com/france/30952-christine-lagarde-paye-pour-sarkozy …

 

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

 

« [Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog] ont régulièrement évoqué les moyens de tirer avantage de la présence au sein même de la Cour de cassation d’un haut magistrat qui leur était dévoué, rapidement identifié comme étant Gilbert Azibert», souligne le PNF.

Ce dernier, selon le paquet, aurait tenté de tirer avantage de la situation en sollicitant, et en obtenant, en guise de récompense et de contrepartie, l’intervention de Nicolas Sarkozy au soutien de sa candidature pour un poste judiciaire à Monaco.

Les avocats ont désormais un mois pour répondre aux réquisitions du parquet, dernière étape avant l’ordonnance de renvoi ou de non-lieu des juges.

 

Source: https://francais.rt.com/france/44573-parquet-national-financier-assimile-methodes-sarkozy-celles-delinquant

17 octobre 2017

 

Révélation : L’USAID infiltre une pseudo-délégation de l’UE pour organiser une « manifestation » anti-Duterte

Une fois de plus, le président philippin, Rodrigo Duterte, fait les gros titres pour son franc-parler. Ce qui importe le plus pour les médias, quand il s’agit de Duterte, c’est son langage plutôt cru, ses insultes à l’emporte-pièce lancées contre d’autres chefs d’état, un langage inhabituel et porteur d’audience. On en oublie le fond qui, de lutte contre la drogue (vraie celle-là) pour préserver la population, est devenu une véritable lutte à mort pour sauver le pays.

Durant les dernières décennies, nous avons beaucoup entendu parler de la lutte contre la drogue, et des films palpitants ont été réalisés sur le sujet. Mais cette lutte contre la drogue était réalisée, tout comme la lutte contre le terrorisme aujourd’hui, par ceux-là mêmes qui en vivaient et s’en servaient comme arme géopolitique. La lutte ne pouvait pas être vraiment sérieuse. S’il en fallait une preuve, le cas des Philippines en est des plus éclatantes.

Duterte a été élu pour son engagement à lutter contre la drogue et à l’éradiquer par tous les moyens. Les Philippins connaissaient ses méthodes en l’élisant, espérant que ces méthodes porteraient leurs fruits. Duterte a choisi d’utiliser les armes de son ennemi, c’est-à-dire la violence sans merci contre les trafiquants. Or, que constate-t-on ? L’UE et les Etats-Unis qui prétendent lutter eux aussi contre la drogue, ne supportent pas que l’on s’en prenne aux trafiquants et à leurs réseaux. Ils réagissent comme si le président philippin s’en prenait à eux, un peu comme le font aujourd’hui Israël et les Etats-Unis quand on bombarde les terroristes en Syrie. S’en suit alors un chapelet de menaces de la part de l’UE au nom des sacro-saints droits de l’homme, invoqués pour la survie des maffieux trafiquants et assassins, et non pour les victimes philippines de leurs réseaux.

Devant tant de cynisme, Duterte ne s’embarrasse pas de formes diplomatiques. Devant la menace d’une présumée délégation de l’UE de retirer des fonds des Philippines, il s’est lâché en leur disant :

« Vous pensez que nous sommes une bande de crétins ici. Nous pouvons couper le canal diplomatique demain. Vous pouvez quitter mon pays dans les 24 heures. Tous. Vous tous! »

Il a continué,

« Nous ne sommes plus au temps de la colonisation. Vous voulez nous exclure de l’ONU ? Espèces de fils de putes. Allez-y. Vous intervenez dans nos affaires parce que nous sommes pauvres. Vous donnez de l’argent et ensuite vous commencez à orchestrer les choses comme vous voudriez qu’elles se fassent ».

 

Malgré l’attitude constante et habituelle de l’UE vis-à-vis des méthodes de Duterte, il se trouve que la délégation n’est pas une délégation de l’UE qui s’est empressée de se démarquer du groupe des délégués qui ne représentaient Bruxelles en rien et qui ne sont investis d’aucun caractère officiel. Il s’agit donc d’imposteurs, mais pas seulement. En effet, parmi les 7 parlementaires prétendument européens, il y avait une figure connue, appartenant au tristement célèbre USAID, l’ONG américaine instrument de la CIA pour les déstabilisations et les changements de régime. Il s’agit d’un fonctionnaire du gouvernement américain, Thomas O. Melia, administrateur adjoint pour l’Europe et l’Asie de l’Agence pour le développement international du gouvernement américain.

Ci-dessus, une photographie de la « manifestation » avec le responsable de l’USAID Thomas O. Melia, entouré en rouge.

Une autre photo de la pseudo-délégation montre les «manifestants» debout derrière une bannière de l’organisation Akbayan. Akbayan peut largement être compris comme un peu plus qu’un bras du Parti libéral des Philippines, qui s’efforce d’évincer le président Duterte depuis son élection.

Avec les évènements en cours aux Philippines en proie à des attaques terroristes féroces d’un groupe armé se réclamant soi-disant de l’Etat Islamique, nous pouvions deviner sans gros effort la présence de la CIA derrière chaque djihadiste. Maintenant le doute n’est plus permis. La CIA, donc l’état profond américain, est bien présent et plus actif que jamais aux Philippines. Duterte ne s’y trompe d’ailleurs pas.

« Quant à moi, je dirai aux Philippins: si je meurs, c’est l’Amérique qui est derrière, c’est la CIA. CIA, arrêtez de de nous faire chier. Un jour, je vous foutrai dehors. Soit vos sbires ici devront me tuer soit vous devrez déguerpir de mon pays. A vous de choisir », dit-il.

La présence de la CIA aux Philippine ne date pas d’hier, et, apparemment, la préparation à fomenter le chaos non plus. La soudaineté et la brutalité de l’émergence d’une armée djihadiste sortie de nulle part mais pleinement opérationnelle peuvent en témoigner. Duterte a pleinement conscience qu’il est dans le collimateur de la CIA et qu’il pourrait disparaitre du jour au lendemain. Et pourtant, si cela arrivait, il s’en trouvera beaucoup parmi les médias qui examineront à la loupe le pédigrée du pauvre bougre qui aura commis le geste, et perdront leur temps à analyser ses motivations d’opposant ou de fanatique, à moins que ce ne soit un trafiquant de drogue mû par la vengeance.

Ce qui pourrait sauver Duterte, c’est que, selon la constitution philippine, il ne peut briguer qu’un seul mandat qui est de 6 ans. Mais c’est en même temps une course contre la montre entre lui et l’état profond américain qui n’a pas du tout l’intention, comme on le voit, de laisser les Philippines lui échapper au profit de son grand rival chinois. L’opposition pro-américaine est impopulaire, ce qui limite les possibilités d’une révolution de couleur. Il ne reste donc plus que le djihadisme et un travail en profondeur de démolition de son image tout en tentant de restaurer celle de l’opposition pour les prochaines échéances électorales. Ce sera le travail de l’USAID et il est déjà à l’œuvre. Attaqué sur plusieurs fronts, dont un, militaire à la syrienne avec les djihadistes, et un autre sous forme de manipulation de l’opinion, le président Duterte, dont on ne retient que le langage cru, a du pain sur la planche pour vaincre le fléau n° 1 des Philippines, la drogue, qui est à la fois la première arme de la CIA et sa première source de revenus.

 Avic – Réseau International

 

Avec Sputnik et The Duran

16 octobre 2017

 

Iran : retour à l’absurde, en pire

Trump a donc frappé à peu près comme il était annoncé qu’il ferait. Tout au plus a-t-il renoncé à faire sortir directement les USA du traité nucléaire JCPOA avec l’Iran. Il n’empêche

1) que les USA se réservent le droit de quitter ce traité à n’importe quel moment, puisqu’ils se jugent évidemment en droit de le faire directement et sans autre considération, – eux qui s’arrogent absolument tous les droits et même au-delà c’est bien connu ;

et 2) que le Congrès dispose de 60 jours pour examiner le traité qui jusqu’ici était du domaine exclusif de l’exécutif, qu’il peut s’il le juge critiquable décider un rétablissement des sanctions qu’il avait accepté d’abandonner en 2015, ce qui signifierait de facto un retrait du traité par violation délibérée d’une de ses clauses. Nous parions beaucoup là-dessus, eu égard à la puissance de la stupidité et de l’inculture qui nourrissent le jugement des “élites” sur la question iranienne : que le Congrès fasse son devoir de machine irresponsable et corrompue et liquide en bonne et due forme le JCPOA, dans tous les cas du point de vue US.

(On peut consulter des textes qui à la fois analysent les fondements de la position de stupidité extrême et d’hypocrisie à mesure de la politique US, les arguments sans la moindre valeur de la décision prise, l’inculture qui préside à la démarche, etc. On citera  celui de Paul R. Pillar sur ConsortiumNews le 13 octobre, celui de Adam Garrie sur TheConan.com le 13 octobre, celui de Publius Tacitus sur SicSemperTyrannis le 13 octobre.)

La réactivation de la crise iranienne est désormais en assez bonne voie, avec les possibles ou très-possibles conséquences catastrophiques qu’on peut deviner, et même espérer si l’on est partisan d’une politique de type “il faut crever l’abcès”. Cette réactivation, en ressuscitant des conditions de tension à l’intérieur de l’appareil politico-militaire US comme il y en eut en 2005-2008, serait en effet une occasion de conduire les USA, avec leur allégeance à la politiqueSystèmeau terme de la folie barbare caractérisant cette politique.

En effet, la barbarie domine absolument la politique générale des USA qui ne répond à aucune raison, qui ne s’intéresse à aucune logique, qui ne s’embarrasse d’aucune morale politique, en aucune façon. De ce point de vue, Trump, qui a perdu en route tous les attraits du candidat à la rhétorique non interventionniste qu’il fut il y a un an, est le barbare accompli. Ce qu’il importe de noter est qu’il ne l’est pas du tout pour les raisons qu’avancent avec une vertueuse fureur Hollywood-Weinstein et les progressistes-sociétaux du monde entier qui suivent les mêmes emportements. Il l’est pour des raisons qui rejoignent les tendances d’entropisation que recèle la politiqueSystème suivie depuis l’attaque du 11 septembre 2001. La décision de Trump retrouve en effet parfaitement le simplisme et l’unilatéralisme expansionniste et incohérent de la politique Système suivie à ciel ouvert et sans aucune dissimulation par GW Bush dès 9/11.

Les deux seules lignes claires de la “politique étrangère” de l’administration Trump sont donc deux vitupérations bellicistes et menaçantes, effectivement interprétées comme deux flèches qu’on ne cesse de menacer de tirer : la Corée du Nord et l’Iran. Des deux pourtant, l’Iran doit être distingué comme la plus fondamentale et la plus générique dans ce qui forme la “pensée politique” de Trump, et d’autre part la plus “attirante” pour les esprits belliqueux de “D.C.-la-folle”.

Pour ce qui concerne l’Iran en effet, il est évident que pèse de tout son poids dans l’esprit surchauffé du président une influence importante de milieux divers, notamment représentée par le Général Michael Flynn, le conseiller de sécurité nationale le plus proche de Trump depuis fin 2015 jusqu’à sa démission forcée du 13 février dernier. Flynn avait des opinions contrastées, et curieusement contrastées si l’on prend comme référence la possibilité d’une politique extérieur antisystème (qui reviendrait à une politique anti-politique Système) : arrangement avec les Russes en Syrie et en Europe, coopération avec la Russie, mais hostilité fondamentale à l’Iran.

Cette interrogation à propos de la cohabitation de politiques si antagonistes si l’on a à l’esprit les liens entre la Russie et l’Iran et les politiques de coopération entre les deux, a été abordée à plusieurs reprises, sans jamais qu’on puisse en dégager une explication satisfaisante sinon l’absence de connaissance et de culture des acteurs américanistes, en plus d’une psychologie exacerbée qui leur est commune. Par exemple, nous observions le 7 février 2017, alors que Flynn était encore directeur du NSC et conseiller pour la sécurité nationale du nouveau président :

« L’on sait que le Général Flynn a mis officiellement l’Iran “en garde” à la suite d’événements largement controversés dans le chef de l’interprétation qu’en donne l’administration Trump. Le président Trump lui-même semble estimer que l’Iran est “la mère de tous les terrorismes”, ce qui est une absurdité grossière lorsqu’on sait le rôle que tiennent les amis saoudiens, qataris, et la CIA elle-même, – cette CIA qui veut la peau de Trump, aux dernières nouvelles. L’hostilité de Trump à l’encontre de l’Iran constitue par ailleurs un problème de plus en plus sérieux à mesure que monte la tension, dans la mesure où la Russie annonce qu’elle soutient fermement l’Iran, notamment dans cette crise comme cela vient d’être dit par Lavrov et par le porte-parole de Poutine, mais aussi comme acteur important sinon essentiel, avec la Syrie, du verrouillage de la stabilité dans la région lorsque les entités terroristes seront suffisamment réduites pour permettre le départ de l’essentiel des forces russes, – et, suppose-t-on, puisque c’est le vœu du désengagement fait par Trump, des forces US et “alliés” également. »

Bloqué complètement du côté russe par les folies du Russiagate qui se poursuit à bonne vitesse de croisière, Trump a gardé de Flynn cette politique iranienne catastrophique qui rencontre le soutien israélien, celui du lobby juif AIPAC et des relais d’influence de l’Arabie Saoudite, de nombreux neocons tels que John Bolton, d’un Congrès figé dans sa tendance néoconservatrice, même de la presse Système qui s’abstiendra pour cette fois de l’injurier.

Comme on l’a vu hier, des deux options considérées (Corée du Nord et Iran), l’Iran est la “meilleure” ouverture vers une possibilité de conflit qui pourrait amener des remous tels que l’on apprécierait comme possible un bouleversement de la direction et du régime politique lui-même, – à Washington D.C. et non à Téhéran… C’est l’option de l’effondrement, dite de “la fin de l’Empire”, où le risque nucléaire est très fortement amoindri parce que l’Iran n’a pas de nucléaire.

« Un deuxième axe est développé notamment par Mike Krieger, sur son site LibertyKrieger le 10 octobre 2017, repris par ZeroHedge.com à nouveau. Cette fois, l’hypothèse porte sur une attaque contre l’Iran, qui est souvent un des autres grands ‘projets’ prêtés à Trump. Krieger juge qu’une guerre contre l’Iran est la plus grande probabilité d’une présidence Trump qu’il voit toute entière définie par le bellicisme le plus stupide, contrairement à toutes les promesses du candidat-Trump. Krieger ne s’en désole d’ailleurs pas outre-mesure, parce qu’il juge qu’une telle décision serait une catastrophe qui aurait toutes les chances de faire tomber le régime (aux USA), rejoignant en cela une opinion exprimée depuis quelques années, notamment par le néo-sécessionniste du Vermont Naylor, en avril 2010 (“‘There are three or four possible scenarios that will bring down the empire’ Naylor said. ‘One possibility is a war with Iran.’”). »

Trump est donc en marche pour ressusciter la politique Système de GW Bush, selon les mêmes ambitions géopolitiques implicites. Cette politique était hautement critiquable sinon stupide dans les années 2000 (surtout avec le paroxysme de 2005-2008) ; aujourd’hui, elle est tout simplement absurde et sans la moindre cohérence. Ses partisans raisonnent pour la plupart en se référant à des conditions affirmées dans les années 2000, et encore, à l’époque déjà largement grossies et très fortement illusoires pour ce qui est de la puissance américaniste. Aujourd’hui, la situation a très largement empiré pour les USA, sinon complètement basculé, et l’aventure militaire iranienne est beaucoup plus risquée qu’elle ne l’était il y a dix ans.

Ce constat vaut pour les capacités iraniennes, mais encore plus pour le statut de la Russie, l’élargissement de ses responsabilités internationales, et bien entendu ses capacités militaires. Il vaut également pour les relations des USA avec ses divers alliés et vassaux, aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe. (Particulièrement avec l’Allemagne, dont l’attitude vis-à-vis des USA et de Trump dans ce dossier est extrêmement critique.) On voit dans ces changements très importants par rapport à la possibilité d’affrontement opérationnelle qui est envisagée, un argument puissant pour nourrir l’hypothèse d’une crise interne, au sein du bloc-BAO ou/et à Washington D.C. Même, avant qu’une telle aventure soit sérieusement entamée.

Mais le principal changement, peut-être, c’est l’épuisement psychologique et spirituel qui s’est accumulé depuis une décennie. Il exerce une terrible pression et pousse aussi bien à l’espérance qu’à la réalisation d’un choc qui serait le déclencheur de la chute (celle de “l’Empire”). Ce changement-là, cette pression-là, nul ne peut les mesurer ni les tenir comme arguments rationnels et contrôlables. C’est pourquoi, sans nécessité de les mesurer, on les tiendra comme essentiels.

 

Source: http://www.dedefensa.org/article/iran-retour-alabsurde-en-pire

15 octobre 2017

 

Syrie: A quand un tribunal international pour les armes fournies par les US aux terroristes?

L’armée syrienne a retrouvé – et documenté – des armes venant de pays de l’OTAN entre les mains des terroristes d’Al Nusra et de Daesh, dans différentes villes du pays. Notamment après l’attaque menée par Al Nusra contre la police militaire russe dans la zone de désescalade du 18 septembre. Les simples dénégations ironiques du Pentagone ne sont plus suffisantes, à quand un tribunal international pour qu’une réelle enquête soit réalisée?

 

Suite à l’attaque perpétrée par les groupes d’Al Nusra le 18 septembre contre les membres de la police militaire russe, les forces syriennes ont retrouvé des armes à feu et des grenades provenant des pays de l’OTAN, notamment des Etats Unis, de la France et de la Belgique qui avaient été utilisées par les terroristes tentant de bloquer l’avancée des forces anti-terroristes luttant réellement sur place. Les armes ont été préservées, montrées aux journalistes et leurs numéros de série photographiés, afin de servir de preuves.

Des armes américaines ont également été retrouvées lors du déminage des quartiers d’Alep. Comme le déclare le général syrien Ali al-Ali:

« Nous savons que les Etats Unis ont fourni aux terroristes en Syrie, dans la période allant du 5 juin au 15 septembre de cette année 1421 camions de matériels militaires et d’armes. Ils étaient soi-disant destinés à la lutte contre les terroristes, mais sont finalement tombés entre les mains des membres de Daesh et de Al Nusra »

Les armes sont envoyées par voie maritime en Syrie dans le cadre du programme d’aide aux groupes d’opposition, luttant soi-disant contre le terrorisme, et entrent dans le pays par les frontières non contrôlées par l’armée régulière syrienne.

Cela fait quelques temps que la Russie accuse à mots de moins en moins couverts la coalition américaine de protéger Al Nusra et de collision avec les groupes terroristes pour faire barrage à l’avancée de l’armée syrienne, afin de bloquer Assad, qu’ils ne considèrent pas comme suffisamment « ouvert », principalement sur la question des ressources naturelles.

Systématiquement, lorsque la coalition US frappe les forces syriennes, soit elle ne le fait pas exprès, soit elle avance une violation de la part de l’armée régulière syrienne – sur le territoire syrien … – pour justifier ces frappes, qui s’accompagnent systématiquement d’une avancée des groupes terroristes.

L’on se souviendra de la force avec laquelle les Etats Unis déniaient à l’époque la présence de prisons de la CIA en Europe et en Irak, avec quelle force ils déniaient le recours systématique à la torture comme méthode d’interrogatoire. Et puis, lorsqu’il n’y avait plus aucune raison de le cacher, un pseudo rapport « indépendant » a été publié, deux ou trois déclarations officielles « c’est très mal », « nous ne recommencerons plus » et la page a été tournée. Aucun tribunal international, aucune enquête internationale, l’affaire est close, passez votre chemin, rien à voir, vous n’en saurez pas plus. Ensuite ce rapport a disparu par hasard et été détruit par erreur.

Faudra-t-il attendre la fin de la guerre en Syrie pour qu’un de ces rapports post factum et déjà inutile n’apparaisse pour sauver l’image d’un pays qui se croit au-dessus des lois et de la souveraineté des autres pays, dans le mépris total des victimes?  L’on pourra alors apprendre que oui, les Etats Unis et d’autres pays satellites de l’OTAN, comme la France et la Belgique, ont fourni des armes aux terroristes, à ceux-là même qui commettaient des actes de terrorisme en Europe, sur leur territoire, contre leur population, car ils fallait faire tomber Assad, qui gênait la prise de contrôle des ressources naturelles du pays. Tout a un prix et une telle richesse des sols valent bien quelques vies, surtout lorsqu’il ne s’agit pas de la sienne.

Ce rapport sera beau, grand, généreux, nous aurons les larmes à l’oeil: Ah; quel pays! Quelle force de reconnaître ainsi ses fautes! Quelle démocratie!

Ou bien cette fois-ci aura-t-on la force de demander une enquête internationale indépendante sur le rôle de certains pays de l’OTAN dans la fourniture d’armes aux terroristes en Syrie pour que ces crimes ne restent pas impunis? Sur le rôle qu’ils ont ainsi joué dans la destruction d’un Etat, la Syrie, et dans le soutien qui en a découlé aux actes de terrorisme commis sur le territoire européen, sur notre territoire? A Paris, Nice, Bruxelles, Londre etc. Contre nous. Car en fournissant des armes aux terrorismes, ils sont aussi responsables qu’eux des morts innocents.

Le problème est de savoir devant qui? Les Etats Unis n’ont évidemment pas reconnu la juridiction de la Cour pénale internationale et bénéficient donc d’une totale immunité, quant à une enquête ordonnée par le Conseil de sécurité de l’ONU, suivez mon regard vers sa composition, trois des cinq membres permanents sont impliqués dans ces crimes.

Photo: Armes venant d’US, France et Belgique retrouvées entre les mains de terroristes en Syrie

 

Source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/10/syrie-quand-un-tribunal-international.html#more

14 octobre 2017

 

Patron voyou ?

Qu’est-ce qui vous a pris, M. Brissault, patron de la société Starterre de reverser 1,6 Million d’euros de vos bénéfices à vos salariés ? Le Medef et la CGPME en sont restés sans voix. Vous risquez quasiment l’excommunication avec vos lubies et d’être montré du doigt comme patron voyou par vos confrères qui ne manqueront pas de demander au gouvernement d’interdire de telles pratiques.

Toute une stratégie de victimisation mise à mal

Depuis des lustres, les syndicats de patrons s’évertuent à nous dire que tout va mal, que les entreprises croulent sous les charges, que le code du travail est trop rigide, les indemnités de licenciement trop élevées et que l’impôt sur les sociétés devrait être supprimé.

Les saillies verbales de M. Gattaz sur ce sujet ainsi que ses promesses jamais tenues de créations d’emplois malgré les 20 Milliards annuels du CICE font la une des journaux alors que vous, M. Brissault, votre geste n’a fait que 15 petite lignes en colonne en dernière page de mon quotidien régional.

C’est un fait, les déboires supposés des entreprises françaises avec leurs salariés qui coûtent cher sont largement relayés par les médias et il semble qu’il y ait une hérédité très prononcée chez les Gattaz, porteurs de mauvaises nouvelles, puisque le père de celui-ci officiait à la tête de l’ancêtre du Medef, le Conseil National du Patronat Français, autrement appelé « Conseil National des Pleurnichards Français » ce qui en disait déjà long sur l’action de ce mouvement.

Cela fait désormais partie de la légende urbaine et tout le monde s’accorde à penser, aidé en cela par le matraquage médiatique et les « économistes » aux ordres, que « les entreprises françaises vont mal » et qu’il « faut faire des sacrifices », chez les salariés, bien entendu, afin que les dirigeants d’entreprises maintiennent leur train de vie (achat d’un vignoble pour 11 Millions d’euros chez les Gattaz) versement de dividendes de plus en plus élevés chez les actionnaires (la France est la championne d’Europe) et distribution de stock-options pour les cadres dirigeants (qui proposeront des plans sociaux faisant remonter le cours de l’action) afin qu’ils aient l’impression de faire partie de la famille.

Et bien évidemment, les gouvernements successifs adhèrent à cette légende et mettent en œuvre les mesures de régression sociale demandées par nos patrons afin qu’ils puissent avoir le même train de vie que ceux qui officient dans des pays exotiques où les charges et les impôts n’existent pas et participent au concours de celui qui a la plus grosse fortune.

Le gouvernement actuel est tellement convaincu de la ligne du Medef qu’il n’hésite pas à supprimer des emplois aidés pourtant moins onéreux que les emplois attendus avec le CICE, afin de mettre un peu plus de tension sur le marché de l’emploi et obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi à n’importe quelle condition pour faire plaisir au Medef.

Et voilà qu’on se rend compte que des entreprises vont bien, qu’elles font des bénéfices et peuvent en distribuer à leurs salariés, mais bien évidemment ceux qui ne veulent pas voir ça nous diront que cela tient à la structure du capital de l’entreprise (familiale) et que cela ne peut pas se produire dans les entreprises dans lesquelles le capital est partagé entre de multiples investisseurs, tous plus pressés les uns que les autres d’empocher de juteux dividendes avant de penser à investir dans l’entreprise et à partager avec les salariés.

Cela pose des questions

Dès lors, on comprend mieux le refus patronal de faire siéger des représentants des salariés aux conseils d’administration des entreprises à l’instar de ce qui se passe en Allemagne, pays pourtant monté en exemple aux travailleurs français (sans les quelques millions de travailleurs pauvres sans protection sociale qu’on dissimule sous le tapis, comme la poussière). Ces représentants seraient capables de voir que le rendement financier a désormais remplacé la stratégie industrielle dans bon nombre d’entreprises et que le patriotisme économique est une notion qui fait bien rire les dirigeants et les actionnaires.

Par ailleurs, sans connaître ni le compte de résultats, ni le bilan de l’entreprise Starterre, on peut penser qu’elle est très bien gérée puisqu’elle se développe et qu’elle réalise de bons bénéfices dans un secteur (la vente d’automobile) souvent présenté en tension.

Cela pose donc la question de l’indépendance de certaines entreprises dont certaines sont de simples sous-traitantes d’entreprises plus importantes et dont les marges se restreignent comme peau de chagrin.

Il y a aussi la question du prix payé au producteur par les entreprises de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui confisquent les profits. Ce dernier exemple illustre parfaitement la part prise par la finance avide puisqu’on n’envisage désormais comme seule solution celle de l’augmentation du prix payé par le consommateur pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail. « Touchez pas au grisbi », tel semble être le leitmotiv de ces rapaces. Pas de partage à l’ordre du jour. Circulez, il n’y a rien à voir.

Cela pose enfin la question de la formation des prix. On nous dit que c’est la loi de l’offre et de la demande qui fait le prix, ce qui veut dire, la vente à perte étant interdite, que dans certains secteurs ou pour certains produits, le prix peut n’avoir aucun rapport avec ses coûts de fabrication (l’exemple des téléphones portables est là pour illustrer ce propos).

Autrement dit, tant qu’il y aura des gogos pour s’endetter en achetant le dernier téléphone portable qui coûte un SMIC et fabriqué à bas coût dans des pays à la main d’œuvre abondante et peu revendicative, le décalage exorbitant entre le coût de production et le prix de vente a de beaux jours devant lui et les financiers seront contents.

La société Starterre évolue dans un secteur où les prix sont de fait alignés avec les concurrents (prix de vente constructeurs, Argus,…) et la réalisation de bénéfices est due au savoir-faire économique et technique de ses dirigeants et de ses salariés. Cela doit être salué.

M. Brissault aurait pu se contenter de faire comme M. Gattaz, c’est-à-dire s’acheter une danseuse dans le Lubéron pour 11 Millions d’euros. Au lieu de cela, M. Brissault a choisi de partager 1,6 Million de bénéfices avec ses salariés et non pas en fonction des postes détenus mais de l’ancienneté des salariés dans son entreprise, ce qui est doublement iconoclaste pour un dirigeant du MEDEF normalement constitué. 

 

De là à ce que M. Brissault soit considéré par le MEDEF comme un patron voyou….

13 octobre 2017

 

 

La dictature s’organise

Sur les réseaux sociaux, les bourgeois, les patrons, les profiteurs, les voyous se déchainent. Ils n’ont pour arguments que : la mobilisation du peuple dans la rue met en péril leur petite entreprise, leurs petites magouilles, ou leur conformisme dans leur volonté de ne rien changer.

Alors tout leurs est bon ils parlent de l’Europe dans laquelle notre souveraineté Nationale serait devenue inexistante, que notre pays serait plus rien sans cette Europe qui décide de tout, que personne ne pourrait rien y faire !!

 Oui c’est vrai dans cette Europe capitaliste seul le profit est à l’ordre du jour. Mais poussons un peu le débat, l’Europe c’est qui ?? Elle a été créé par qui ?? Pour qui ??

Les sociétés multinationales, les banques les spéculateurs de toutes sortes ont tout fait pour mette en place cette Europe de l’argent. Dans tous les états de l’Europe le Capital dirigé par le grand patronat insidieusement s’est introduit dans tous les rouages des Etats que ce soit par voie de presse qu’il détient à 80%, par sa prise de contrôle des systèmes politiques, par la confiscation des entreprises publiques ( la poste, EDF, les Banques, la SNCF) et ce n’est qu’un début car leur ambition va bien au-delà. Ils s’intéressent depuis toujours aux services publiques comme les hôpitaux, l’éducation, les organismes sociaux, privatiser Pool emploi etc.

Raisonner contre les institutions en oubliant les vraies raisons et les vrais responsables c’est ne voir que l’arbre qui cache la forêt. C’est oublier que pour faire fonctionner les marionnettes, il faut des mains pour tirer les ficelles. Dans notre pays depuis des décennies le grand patronat cherche à imposer sa loi, en corrompant les politiciens de droite et de gauche apparentés à la sociale démocratie. Leur stratégie, leur arme favorite c’est le chantage à l’emploi, par ce moyen ils rackettent l’Etat, les municipalités, qui, pour éviter l’hémorragie, tentent de reculer les échéances par des cadeaux somptueux en milliards d’euros fait au patronat.

 Aussi cette politique qui prend aux petits pour donner aux riches n’est pas sans conséquences sur les conditions de vie du peuple 

Au-delà du chômage, des bas salaires qui créent de la misère, il y a aussi l’avenir de nos jeunes, de nos retraités qui sont agressés économiquement. Nos libertés sont menacées, car cette minorité gouvernante fait fi du débat contractuel et impose ses lois, en ayant recours aux forces répressives en maintenant l’état d’urgence contre les terroristes. Il est inquiétant à ce propos quand Macron traite les travailleurs de « fainéants et de terroristes !! » d’autres disent « Les Français sont ingouvernables » Alors état d’urgence pour qui ?? Contre les grévistes et les manifestants et ce afin de protéger la politique du tout patron. Si on laisse faire cette oligarchie au pouvoir on s’expose à court terme à la mise en place d’une dictature avérée.

 

Les véritable ennemis, ce ne sont pas les institutions, mais ceux qui s’en sont emparés.

12 octobre 2017

Catalophe, Catastrogne et Catastrophe !

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Les habitants de la région la plus riche d’Espagne (20% de son PIB) – le Pays Basque arrivant en cinquième position – ne veulent plus payer pour les régions les moins favorisées du pays : Canaries, Andalousie, Estrémadure, notamment.

La Catalogne concentre 50% des start-up du pays. « Nous représentons près du quart du produit intérieur brut, mais nous ne recevons que 9% des investissements réalisés dans le pays », peste un indépendantiste convaincu qui affirme encore : « la Catalogne se porterait beaucoup mieux si elle était indépendante ». Aucune crainte pour son économie ? « Nous ne sortirons pas de l’Europe. C’est facile : dans un premier temps, l’Espagne ne nous reconnaîtra pas, donc nous resterons dedans. Et quand elle acceptera notre départ, l’Union Européenne sera toute contente de nous garder ». À l’en croire, c’est un chemin pavé de roses qui attend son futur petit pays : « nous allons devenir la Hollande du sud de l’Europe, un modèle de croissance ». A voir…

ENFANTS GÂTES

Mais ces récriminations d’enfants gâtés laissent un arrière-goût relativement amer lorsqu’on se souvient comment – dans les années 80 – les contribuables européens ont financé l’adhésion de l’Espagne au Marché commun1 et ses ajustements aux différents formats de pays développés. A l’époque, les Catalans ne faisaient pas encore la différence entre les autoroutes catalanes et les autoroutes andalouses… « Il ne faudrait pas oublier, non plus, que la Catalogne s’est modernisée grâce aux bras des estremenos (les travailleurs d’Estrémadure, l’une des régions les plus pauvres d’Espagne), des Andalous ou des Galiciens », souligne un grand diplomate français d’origine espagnole.

En d’autres termes, ce mouvement d’irrédentisme immature est essentiellement le fait de petits bourgeois égoïstes, incultes et manipulateurs. Et que ceux qui osent aujourd’hui invoquer la Cataluna libre de George Orwell en lutte contre les Phalangistes de Franco, feraient bien de se replonger dans leurs manuels d’histoire pour se rappeler qu’à l’époque, la Barcelone de la FAI, de la CNT et du POUM, accueillait les Internationalistes des Brigades pour défendre avec leur sang… la République espagnole ! Les indépendantistes catalans d’aujourd’hui piétinent allègrement la légalité républicaine et la législation régionale espagnole sans aucune pudeur, en hurlant au fascisme et à la dictature… Il ne faut quand même pas pousser mémé dans les orties et rappeler aussi à ces braves gens ce que furent réellement le fascisme et la dictature de Franco, de Salazar et de leurs alliés italiens et allemands ! Ces enfants gâtés n’hésitent pas à prendre en otage leur propre population, celles des autres régions espagnoles et celles de leurs partenaires européens !

UNION EUROPEENNE ET OTAN SCHIZOPHRENES

La Commission européenne a tardé avant de s’exprimer clairement pour condamner ce coup de force du bout des lèvres en avertissant qu’une « Catalogne indépendante serait exclue de l’UE ! ». Ne parlons pas de l’OTAN, dont l’Espagne est l’un des 28 Etats membres. « Un territoire se séparant d’un Etat membre ne saurait rester automatiquement membre de l’Alliance », vient de déclarer un porte-parole de l’OTAN en ajoutant que « toute nouvelle adhésion devrait suivre les procédures en place (…) Les membres peuvent aussi inviter d’autres pays à les rejoindre, mais cela doit se faire par accord unanime ».

Grand marché sans frontière, sans véritables politiques communes, entre autres en matière de défense, de sécurité et de politique étrangère, l’UE est assez gênée aux entournures. Depuis des années, elle a accepté d’ouvrir des pourparlers d’adhésion avec la Turquie, qui occupe militairement la partie nord de Chypre depuis 1974, l’île étant pourtant membre à part entière de l’Union2… Sans sourciller, l’UE a accepté en 2008 la création du Kosovo – micro-Etat mafieux, financé par les contribuables européens -, après avoir manifesté toute son impuissance à se poser en médiateur dans les guerres balkaniques. Elle a aussi cautionné la partition de la Tchécoslovaquie. Incapable de gérer les crises migratoires et les autres flux criminogènes qui empruntent la Méditerranée, l’UE n’est pas – à l’évidence – l’instance la plus crédible pour défendre l’intégrité territoriale et politique de ses Etats membres.

L’OTAN fait aussi preuve de la même schizophrénie pour des raisons similaires. Créée en 1949, en pleine Guerre froide, cette alliance militaire se superpose au Plan Marshall, destiné – à la même époque – à restaurer les économies européennes sous la domination des Etats-Unis. Face à l’URSS et au « Bloc de l’Est », Washington entend alors assurer une triple tutelle – militaire, économique et culturelle – sur la vieille Europe en train de se relever. Pour ce faire, il s’agit de promouvoir des modèles d’institutions politiques fédéraux destinés à supplantés les vieux cadres stato-nationaux. Ce qui a été fait de l’Allemagne occupée par les Alliés avec ses zones d’occupation et redistribution des Länder3 doit inspirer l’Europe à venir. Fils de l’Amérique, les Pères de l’Europe Robert Schuman et Jean Monet prépareront la Déclaration du 9 mai 1950 – texte fondateur de la construction européenne – dans cet état d’esprit partagé par les milieux de la Démocratie Chrétienne alors dominante dans la plupart des pays européens.

Sur le plan culturel, la CIA met sur pied différents programmes de propagande pour transformer la culture en une véritable machine de guerre pour combattre le bloc soviétique et ses thuriféraires. De considérables moyens humains et financiers furent employés pour utiliser la littérature, la musique, l’art et la presse comme armes idéologiques privilégiées en faveur des Etats-Unis. Les instrumentalisations furent plus ou moins licites, plus ou moins apparentes : de Raymond Aron à Jackson Pollock, en passant par Arthur Koestler, Ignazio Silone et Igor Stravinski, de très nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique ont été généreusement rémunérées, utilisées par les services secrets américains, soit directement par des officiers traitants, soit par l’intermédiaire de fondations.

Dans un livre magistral4, Frances Stonor Saunders5 retrace l’histoire des élites intellectuelles en Europe et aux Etats-Unis au sortir de la Seconde guerre mondiale. Elle explique avec une précision d’horloger comment l’écrivain suisse Denis de Rougemont – notamment – a bénéficié de l’encouragement et de l’aide des services américains pour créer le Centre européen de la culture et l’Institut universitaire d’études européennes (IUEE) de Genève.

Ayant été l’un des assistants de Denis de Rougemont durant plusieurs années, l’auteur de ces lignes se souvient de longues conversations communes et disputées sur L’Europe de régions qui devait contribuer à « détruire les Etats-nations » d’Europe. Dans L’Avenir est notre affaire6, Denis de Rougemont mêle subtilement aux bienfaits du fédéralisme helvétique les prévisions du Cercle de Rome concernant la destruction de l’environnement pour essayer de nous convaincre que l’Etat-nation est l’ennemi du genre humain…

Ces fondements idéologiques de l’UE et de l’OTAN expliquent, en partie, pourquoi ces deux institutions ne condamnent pas clairement la révolte séparatiste catalane !

L’AUTODETERMINATION, C’EST AUTRE CHOSE !

Certes, le gouvernement de Mariano Rajoy et le Partido Popular ont géré cette crise comme des pingouins : la marmite catalane surchauffe dangereusement depuis des mois, sinon des années. Qui déjà a dit que gouverner c’est prévoir ? Cette évolution aurait dû amener les autorités espagnoles à mobiliser les Catalans, les Basques et les autres Espagnols à remettre l’ouvrage – du statut des régions autonomes – sur le métier de l’avenir institutionnel du pays. Comme les Grands-Bretons ont osé le faire pour le Brexit, il s’agissait, peut-être alors, de consulter l’ensemble des Espagnols, voire le reste des Européens !

Comme l’explique très finement Guillaume Berlat dans nos Humeurs de cette semaine, il ne faut pas confondre autodétermination et sécessionnisme… L’indépendance ne se décrète pas et résulte, la plupart du temps, d’un long cheminement historique. Certes, celui-ci est rarement un long fleuve tranquille, mais au jour d’aujourd’hui et dans le cadre de l’Union européenne, il y avait certainement d’autre voies à explorer et voix à entendre que d’organiser ce référendum enfantin et inutile ! Le roi d’Espagne aussi s’est réveillé un peu tard et n’a pas trouvé les mots à la hauteur de la situation.

Cette situation ne met pas seulement en cause l’intégrité territoriale et politique de l’Espagne. Elle n’interpelle pas seulement les capacités de médiation et d’innovation institutionnelle de l’Union européenne. Elle met aussi en péril le multilatéralisme européen. Le processus de Barcelone (1995) et l’Union pour la Méditerranée (UPM) – dont le siège est, encore, à Barcelone – demeurent des outils pour une meilleure intégration européenne. Comme tous les organisations multilatérales, elles sont imparfaites, donc perfectibles mais ont l’absolu mérite d’exister !

Songeons aussi aux communautés des ports et des grandes villes méditerranéennes dont les réseaux œuvrent aussi à rechercher des solutions pour gérer, sinon résoudre les différentes crises terrestres qui se déversent dans la masse d’eau du canal de Suez au détroit de Gibraltar.

La poussée juvénile des séparatistes catalans ajoute une nouvelle crise politique aux autres convulsions anomiques qui déchirent la Méditerranée : Israël-Palestine ; Chypre ; guerre civilo-globale de Syrie ; implosion de la Libye et crises migratoires, sans parler des terrorismes de la bande sahélo-sahéliennes, de la question du Sahara occidental, qui se déversent – elles-aussi – en Méditerranée ! Cela commence à faire beaucoup et devrait amener nos amis catalans à ne pas en rajouter !

Dans tous les cas de figures, expliquent si bien Riccardo Petrella7, Henri Giordan8 et Bernard Poche9, la culture et la langue ne sauraient pas suffire à justifier – aujourd’hui – une revendication nationale quelle qu’elle soit ! Les liens d’appartenance à un territoire, un espace et une mémoire ne garantissent pas à eux-seuls la légitimité d’une autodétermination. Que ces réalités historiques et anthropologiques inspirent et orientent des réformes de déconcentration administrative, de décentralisation, voire de régionalisation est une chose, qu’elles soient instrumentalisées par de petits notables avides de pouvoir en est une autre…

FRAGMENTATION TERRITORIALE ET IMPLOSION POLITIQUE

Si l’UE, l’OTAN et les chancelleries occidentales sont si embarrassées par le dossier catalan, c’est aussi – avons-nous souligné – parce qu’elles ont, récemment cautionné la création du Kosovo. Non viable, tant économiquement que politiquement, ce micro-Etat est – aujourd’hui – tenu à bout de bras par les contribuables européens, alors que ses dirigeants – criminels de guerres – s’adonnent à tous les trafics : armes, drogues, êtres humains et organes humains ! Sur le sujet, il n’est qu’à lire ou relire la contribution définitive du colonel Jacques Hogard10 pour comprendre pourquoi et comment les Etats-Unis et leurs satellites ont mis tellement de cœur à l’ouvrage pour dépecer l’ex-Yougoslavie. On pourrait en dire tout autant de la création du Sud-Soudan, encouragée par de grandes sociétés transnationales du pétrole avec l’aval de Washington, Londres, Paris et Pékin !

Dans sa logique incompressible de détricoter les Etats au profit d’un grand marché sans foi, ni loi, ni frontière – mais avec moult directives sur les ampoules électriques, les fromages et les fleurs coupées – la Commission européenne récolte aujourd’hui ce qu’elle a semé. A force de blanchir et d’amplifier les logiques commerciales et financières d’une mondialisation néo-libérale sauvage et meurtrière, qu’on ne s’étonne pas de voir aujourd’hui les Catalans ne plus vouloir aider les pauvres gens d’Estrémadure ! La mondialisation, version anglo-saxonne, c’est trois choses : la casse des Etats-nations, des services publics et des politiques de redistribution sociale. Cette machinerie s’attache d’abord à fragmenter le monde, pour reprendre la terminologie du géographe François Thual. Dans La Planète émiettée11, il explique comment les décideurs politiques d’aujourd’hui appliquent sans restriction le vieil adage de l’imperium romain – divide ut regnes -, devenu l’impératif catégorique de l’hyperpuissance américaine et de ses alliés, notamment israéliens et saoudiens ! La fragmentation territoriale à l’œuvre en Afghanistan, en Libye, au Soudan, dans les Balkans, en Irak, en Syrie, sinon en Europe, n’est ni une fatalité, ni un accident, mais correspond bien à une politique délibérée. Attention : pas de grand Mamamouchi central ni de complot planétaire, mais – répétons – une convergence de politiques économiques de dérégulations, de privatisations et d’extra-territorialité12.

Enfin, la revendication indépendantiste catalane signe aussi « l’implosion du politique » annoncée par feu Jean Baudrillard dans sa thèse L’Echange symbolique et la mort13L’insistance à affirmer ce qu’on « est » – être ou ne pas être – au détriment du faire, du prévoir et du gouverner, à magnifier l’individualisme numérique, les selfies, fesses-book, sweet/tweets et autres narcissismes en vélo, patins à roulettes ou tatouages, finissent par réduire le monde et la politique à une dualité simpliste, autoritaire et morbide : j’aime/j’aime pas !

Non content de favoriser l’émiettement du monde et la fragmentation territoriale, le séparatisme catalan génère l’atomisation du social et l’implosion du politique qui ne se réduit plus qu’à liker ou ne pas liker. On l’aura compris, à prochetmoyen-orient.ch, nous ne likons pas l’indépendance de la Catalogne ! Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 La procédure d’adhésion de l’Espagne à la Communauté économique européenne est le processus politique qui a permis à l’Espagne de rejoindre la CEE (devenue l’Union européenne en 1993) le 1er janvier 1986. La Communauté économique européenne s’est ainsi élargie à 12 États (l’Espagne étant entré en même temps que le Portugal).
2 Chypre a rejoint l’Union européenne le 1er mai 2004. L’Union européenne s’est ainsi élargie à 25 États (Chypre étant entré en même temps que 9 autres États).
3 En 1949, les Alliés américains, britanniques et français forment la République fédérale d’Allemagne : elle comprend alors onze Länder. Trois (le Bade, le Wurtemberg-Hohenzollern et le Wurtemberg-Bade) fusionnent en 1957 pour former le Bade-Wurtemberg. En 1957, la Sarre sous protectorat français rejoint la République fédérale : les dix Länder ainsi formés constituent les dix « anciens » Länder (alte Bundesländer) de l’actuelle Allemagne auxquels s’ajoutent ceux de l’ex Allemagne de l’est. 
4 Frances Stonor Saunders : Who Paid the Piper ? Granta Books, 1999. Pour la traduction française : Qui mène la danse – La CIA et la Guerre froide culturelle aux éditions Denoël, 2003.
5 Diplomée d’Oxford University, Frances Stonor Saunders vit à Londres. Elle écrit et produit des documentaires historiques pour la BBC.
6 Denis de Rougemont : L’Avenir est notre affaire. Editions Stock, 1977.
7 Ricardo Petrella : La Renaissance des cultures régionales. Editions Entente, 1978.
8 Henri Giordan : Langues régionales ou minoritaires dans la République. Librairie Flammarion, 2002.
9 Bernard Poche : L’espace fragmenté – Eléments pour une analyse sociologique de la territorialité. Urbanisme, aménagement et sociologie urbaine. Editions de l’Harmattan, 1996.
10 Jacques Hogard : L’Europe est morte à Pristina – Guerre au Kosovo (printemps/été 1999). Editions Hugo & Cie, mai 2014.
11 François Thual : La Planète émiettée – Morceler et lotir un nouvel art de dominer. Editions Arléa, 2002
12 Ammar Belhimer : Les Dix Commandements de Wall Street. Anep-Editions, 1er semestre 2017. Voir 
prochetmoyen-orient.ch  du 18 septembre 2017.
13 Jean Baudrillard : L’échange symbolique et la mort. Editions Gallimard – Bibliothèque des sciences humaines, 1976.

 

Source: http://prochetmoyen-orient.ch/catalophe-catastrogne-et-catastrophe/

11 octobre 2017

 

Les riches en marche

 

Il y a longtemps qu’ils ne s’étaient pas régalé comme ça, les riches. Pensez-donc, avec la baisse de la fiscalité du capital et la refonte de l’ISF et baisse de l’imposition sur les revenus du capital, c’est désormais open bar avec Macron.

On sait désormais ce qu’est un riche aujourd’hui

C’est celui qui dispose d’un capital immobilier de plus de 1,3 Million et d’un portefeuille financier. Fini le débat sous Hollande qui avait déclaré qu’à partir de 4000 euros par mois on était riche. Quand on parle de riche désormais, on s’adresse à une partie très faible des contribuables français qui accumulent les richesses et qui font partie des toujours plus nombreux millionnaires. On estime par exemple qu’en France (qui arrive en 5ème position dans le monde), il y a 579 000 millionnaires (soit moins de 1 % de la population) qui disposent d’un patrimoine d’au moins 850 000 euros, hors résidence principale, objets d’art et de collection et de biens courants.

C’est sur ces 1% que repose la politique gouvernementale de relance, autant dire qu’il y a peu de chance que ça marche, parce que les riches, par définition, ne sont pas partageux et que, plutôt investir dans les entreprises françaises, ils préfèreront goûter le luxe et la volupté sur un yacht immatriculé sous pavillon de complaisance et dans une propriété dans un paradis fiscal.

Le riche, c’est fiscalement un citoyen du monde mais qui a bien entendu le cœur en France dès qu’il s’agit de monnayer son talent ou bien de venir se faire soigner dans les hôpitaux publics avec la carte vitale, un peu comme M. Pagny, par exemple, qui assume parfaitement de faire échapper un partie de ses revenus au fisc en allant résider au Portugal.

Le riche est donc solidaire, mais surtout avec lui et a du mal à se rappeler des systèmes éducatifs, de santé et les infrastructures, financés par les impôts des autres, dont il a profité étant jeune.

De là à dire que le riche est ingrat…

On parle donc désormais des personnes « plus aisées »

Une fois les riches devenus plus riches grâce à quelques cadeaux fiscaux, il faut bien trouver une catégorie de français pour payer les impôts et financer ces largesses. C’est pour cela que M. Macron a inventé la notion de français « plus aisés » ou de « moins pauvres que d’autres ».

C’est ainsi que les pauvres d’aujourd’hui sont moins les retraités que les jeunes, nous dit-il, ce qui nous conduits à constater que la segmentation des catégories (et leur opposition, bien évidemment) est désormais à l’ordre du jour, une fois les riches hors du jeu.

Autant dire que ces segmentations sont complètement ridicules : peut-on comparer un retraité avec 1200 euros de pension mensuelle avec les rejetons des PDG du CAC 40, un fonctionnaire de catégorie C avec un cadre du privé, bien les bénéficiaires des minimas sociaux avec les actifs ou bien l’artisan avec le PDG ? Mais en politique, tout est permis lorsqu’il s’agit de stigmatiser les « gens qui ne sont rien » et faire l’apologie des riches qui sauveront certainement le pays par leurs investissements massifs dans l’économie comme semble le croire M. Macron.

Nous sommes en pleine escroquerie intellectuelle.

On n’oublie pourtant pas le menu fretin

La preuve, toutes ces diminutions de cotisations et autres suppression de la taxe d’habitation qui sont censées redonner du pouvoir d’achat aux plus modestes.

La communication gouvernementale fonctionne bien, mais avec une moitié de cerveau, l’autre moitié ayant oublié d’intégrer dans le petit livret mis à disposition du grand public (https://www.economie.gouv.fr/files/files/PLF2018/bro-pouvoir-achat-bat-web-10h.pdf) le total des exonérations pour les plus riches. C’eut été pourtant un bel exercice de transparence de pouvoir comparer les baisses entre chaque catégorie (salarié, retraité, bénéficiaire de minimas sociaux, salariés au smic, cadre dirigeant d’entreprise, assujetti à l’ISF,…) avec le nombre de français correspondant puisque la segmentation des catégories semble être à l’ordre du jour.

Mais bon, il ne faut tout de même pas rêver.

Qui pour relancer l’économie, alors ?

Lorsqu’on enlève les riches sur lesquels il ne faut pas compter pour relancer l’économie, on constate que le match pour la relance se joue entre les plus aisés des moins aisés et les chefs d’entreprises. Pour ces derniers on peut également segmenter entre les artisans et les PME d’une part et les artistes du patronat (tendance Gattaz) pour lesquels la situation n’est pas la même et qui savent si bien persuader le gouvernement d’allonger des aides pour créer – juré, craché – des emplois qui ne viendront jamais.

Le problème, c’est que cette catégorie de patrons a fortement tendance à se confondre avec la catégorie de riches et que la relance de l’économie par la création d’emplois cède le pas au montant de rémunération des actionnaires et des cadres dirigeants qui font désormais partie de la famille avec leur stock-options.

Fort avec les faibles et faible avec les forts

Telle semble être la devise de ce gouvernement qui se moque du monde dans les grandes largeurs en jetant une pièce dans la main de certains comme les bonnes âmes le font à la sortie de la messe et dépose un lingot dans le coffre des autres.

Cela commence à se voir, même dans la majorité « En Marche » qui nous concoctera quelques amendements à la loi de finances pour taxer quelques Yachts dont les propriétaires inconséquents ont oublié de défiscaliser aux Bermudes.

Juste pour le symbole, mais surtout sans rien toucher à l’équilibre de la loi de finances.

 

Ni de gauche, ni de droite, on vous disait. Juste du côté du portefeuille.

10 octobre 2017

 

 

Che Guevara pour que les peuples vivent

La légende de ce révolutionnaire latino-américain nous est rappelée à l’occasion du 50e anniversaire de son assassinat, commandité par la CIA. Quelques années plus tôt, il avait pris congé de Fidel et de la Révolution cubaine pour se rendre en Bolivie, dominée par les oligarchies nationales et internationales. Son projet était de poursuivre en Bolivie ce combat pour la libération de ce peuple, à l'époque, le plus pauvre de l'Amérique du Sud. Ce qui avait été possible pour le peuple cubain devrait l’être également pour le peuple bolivien. 

Comment peut-on qualifier ce jeune médecin, de nationalité argentine, qui en arrive à placer au cœur de sa vie ce combat des peuples pour s’affranchir des prédateurs, nationaux et internationaux, qui les transforment en esclaves et qui les enferment dans cette immense prison que sont la pauvreté et la misère humaine sous toutes ses formes. Si les personnes doivent vivre, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les peuples ? Il faut croire que son serment d’Hippocrate l’a conduit à se consacrer également à la vie des peuples. 

« Je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité́ dans l'exercice de la Médecine. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté́, sans discrimination. J'interviendrai pour les protéger si elles sont vulnérables ou menacées dans leur intégrité́ ou leur dignité́. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité́. »

Nous avons devant nous un médecin qui est profondément interpelé par des millions de personnes, voire des peuples entiers, qui vivent sous des régimes répressifs peu soucieux des conditions de vie des personnes et des peuples sous leur contrôle. Il voit bien que les maladies dont souffrent ces peuples sous des régimes de prédateurs ne peuvent avoir pour remède que leur libération de ces régimes qui ne font que de les contaminer toujours davantage. Le pape François, dans son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium parle ce capitalisme sauvage qui ramène la richesse entre les mains d’une minorité et génère pour la grande majorité que misère et désolation.

 

Nous sommes évidemment loin de l’image d’un révolutionnaire sans conscience qui prend plaisir à tuer des personnes et à semer le désordre partout où il passe. Ces porteurs de tels messages, à la solde des prédateurs et de l'empire, se retrouvent, bien souvent, comme par hasard, logés dans ces magnifiques villas qui abondent à Miami. Nous avons plutôt devant nous l’image d’un homme qui a consacré sa vie, non pas à la conquête de richesses et d’honneur, mais à combattre les oppresseurs et prédateurs de ces peuples pour que ces derniers reprennent le contrôle de leur vie. Je vous invite à lire cet article sur les 50 vérités du « Che ».

Loin des honneurs et des richesses, Ernesto Che Guevara sera mort en regardant dans les yeux ce jeune militaire bolivien à qui la CIA, via ses supérieurs, avait donné l’ordre de le tuer, faisant fi de toutes les normes internationales relatives aux droits des prisonniers de guerre. Ce jeune militaire a raconté ces derniers moments que vous pouvez lire ici. En voici un bref extrait :

« Une fois que je l’avais à mon flanc, à quelques mètres de mes yeux, j’ai soupiré profondément et j’ai craché au sol, tandis qu’une sueur froide a envahi mon corps. Le Che, me voyant nerveux, les mains accrochées au fusil M-2 et mes jambes en position de tir, m’a sereinement parlé et il m’a dit : « Tire. N’aie pas peur. À peine si tu vas tuer un homme.

Sa voix, enrouée par le tabac et l’asthme, a résonné dans mes oreilles, en même temps, ses mots m’ont provoqué une rare sensation de haine, de doute et de compassion. Je ne comprenais pas comment un prisonnier, en plus d’attendre avec tranquillité l’heure de sa mort, pouvait calmer les intentions de son assassin.  »
 

Che Guevara appartient à ces hommes d’honneur pour qui la vie des personnes et des peuples ne peut être soumise au venin des prédateurs et des empires. Il fait partie de ceux et celles qui ont donné leur vie tout comme de ceux et celles qui continuent de la donner au quotidien pour que d’autres puissent l’avoir en plénitude. Que les peuples l’aient en admiration et que les prédateurs des peuples l’aient en mésestime nous dit tout de sa véritable mission. 

Aujourd'hui, la semence laissée dans le coeur et la conscience du peuple bolivien, a pris racine et son action s'est prolongée à travers l'action révolutionnaire du président Evo Morales faisant de la Bolivie d'aujourd'hui un des pays les plus performants de l'Amérique latine.

Un hommage bien humble pour un si grand homme 

 

 

http://humanisme.blogspot.com

 

Lettre du Che a Fidel au moment de son départ pour la Bolivie (video en espagnol :

https://mx.tuhistory.com/hoy-en-la-historia/fidel-castro-lee-la-carta-de-despedida-del-che-guevara

 

 

En complément : http://espace-che-guevara.com/comment_on_a_tue_le_che.htm

09 octobre 2017

 

Le terrorisme, soit on en parle sérieusement, soit on n’en parle pas

 

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Après chaque attentat terroriste, on constate une diarrhée médiatique avec la description de tous les détails de  l’évènement lui-même, pouvant aller jusqu’à la description de la couleur du slip du terroriste auteur de l’attentat, et les analyses subséquentes touchant aux répercussions et aux causes (réelles, supposées ou calculées) de l’évènement. Le résultat est que chaque attentat est traité en définitive comme un évènement sociétal, c’est-à-dire déjà assimilé dans le fonctionnement normal de la société, même s’il est considéré comme extraordinaire. Il est presque exclusivement analysé comme un élément intérieur, perçu et conçu de l’intérieur, avec une portée et des solutions intérieures. C’est généralement l’occasion de refaire le monde sur la base de cet évènement qui, au final, n’est plus qu’un support pour alimenter des débats qui pourraient tout aussi bien avoir lieu avec d’autres supports et d’autres contextes situés aux antipodes.

En matière de terrorisme, chaque pays voit midi à sa porte et y voit une atteinte directe à son histoire, ses institutions et son mode d’existence. Quand la France évoque une attaque contre les valeurs de la République, les Etats-Unis parlent d’atteinte à l’American Way of Life, les Européens d’attaque contre la civilisation occidentale, alors que d’autres voient dans les actes terroristes des tentatives de déstabilisation de leur pays. En effet, le terrorisme peut mener à tout cela, mais le fait de le ramener à des évènements exclusivement dirigés contre soi, permettant d’adopter une position victimaire (du style « c’est moi qui suis visé ») est non seulement d’une absurdité monumentale, mais surtout permet au terrorisme de prospérer car c’est précisément un de ses objectifs.

Le terrorisme ne s’attaque pas exclusivement à la République, pas plus qu’il ne s’attaque au mode vie de qui que ce soit, à la « civilisation », à la chrétienté, au Blanc, aux régimes laïcs, aux chiites, ou que sais-je encore. Le terrorisme est simplement un outil, un moyen géostratégique. C’est une armée de l’ombre. C’est une armée structurée, avec un commandement centralisé, disposant de moyens colossaux en matière de communication, d’armes et de finances, et du plus vaste réseau de renseignement et de coordination du monde. Il est évident que l’état-major de cette armée ne se situe pas dans une grotte afghane ou derrière une dune du désert syrien. Seuls certains médias à leur service peuvent maintenir le flou et la confusion nécessaires pour que l’on puisse penser cela.

Une armée agit selon les directives politiques de ceux qui l’ont constituée et qui la financent. Il est peut-être temps d’arrêter la schizophrénie que nous adoptons volontairement dès qu’il s’agit de parler du terrorisme. Les mercenaires qui ont détruit la Libye et ont poursuivi leur action au Moyen-Orient et au Sahel, ont mené pendant près de huit ans la guerre la plus féroce de l’histoire de l’humanité, se calant strictement à la politique et aux objectifs anglo-américano-sioniste. Cette politique étant connue de tous, il est effarant de constater qu’il n’y ait encore que très peu de personnes qui osent faire un lien exhaustif entre cette « armée de l’ombre » et les seuls et vrais bénéficiaires de son action armée.

Quand un attentat est commis au nom de cette « armée de l’ombre », pourquoi regarder ailleurs ? Tout attentat terroriste, surtout s’il est revendiqué, est un acte commandité par les organisateurs de « l’armée de l’ombre ». Pourquoi dès lors chercher à décortiquer les motivations d’un de ses soldats pour tenter de trouver des solutions bancales n’ayant rien à voir avec les vraies raisons de l’attentat ? Après chaque attentat, il se trouve des dizaines, voire des centaines, d’articles, particulièrement aux Etats-Unis, pour tenter de prouver qu’il s’agit de false flags. Ces articles offrent peu d’intérêt dans la mesure où, par essence, tous les attentats terroristes sont des false flags, simplement parce qu’ils sont commandités (revendiqués) par l’armée de l’ombre, de son état-major situé je ne sais où.

D’autres articles s’attèlent à chercher les failles sécuritaires, tombant sans le savoir (ou en le sachant parfaitement), dans le cadre des querelles de politique intérieure où chaque défaillance devient une arme contre le gouvernement en place. On est alors loin du terrorisme. Malheureusement, ce sont les gouvernements eux-mêmes qui aident ainsi à brouiller les cartes, dans la mesure où, presque tous sans exception, exploitent sans vergogne les actes terroristes à leur profit pour faire avancer leur agenda propre. Il est même presque certain qu’ils entretiennent certaines réactions émotionnelles (indignation, peur…) leur permettant de mettre en place des mesures destinées soi-disant à protéger la population mais derrière lesquelles peuvent se cacher d’autres desseins. C’est bien connu, un homme politique digne de ce nom ne laisse jamais passer un évènement dont il peut tirer profit sans l’exploiter. Mais, encore une fois, relever les failles sécuritaires, les carences policières ou administratives ou les vides juridiques, restent du domaine des luttes intérieures et nous amènent loin du terrorisme.

Considérer le terrorisme sous l’angle de la sécurité intérieure, c’est comme jouer au gendarme et au voleur contre une armée d’invasion. La lutte est inégale. Les gendarmes pourront bien expulser tous les migrants ou fils d’immigrés, mettre une barrière infranchissable autour du pays, ou enfermer toute personne suspecte ou avec une barbe, cela n’empêchera pas les attentats terroristes. Quand l’Italie était frappée par le terrorisme, le réseau Gladio ne recrutait pas parmi les immigrés, les anti-Blancs, les anti-Chrétiens, ou les anti-civilisations. D’autres pays comme l’Allemagne, ont connu des épisodes terroristes similaires sans que l’on ait fait appel à cette fameuse migration qui est devenue un fourre-tout et dont on a fini par oublier les origines machiavéliques.

 

Pour ce qui concerne le terrorisme en France, la principale question est de savoir pourquoi elle est une cible privilégiée des terroristes. On pourrait trouver des dizaines de pseudo-spécialistes pour dire que la France paye ainsi ses ingérences, son impérialisme, voire son passé colonialiste. La seule explication à cette attitude tenace est qu’il y a une volonté d’ignorer que le terrorisme est une « armée de l’ombre » dont la finalité est la réalisation des objectifs anglo-américano-sionistes, le réduisant à des actes de sacrifice attribués à des fanatiques. D’un autre côté, on ne peut manquer de constater le parallélisme qu’il y a entre, d’une part, les attentats terroristes en France et contre les citoyens Français à l’étranger et, d’autre part, l’engagement français dans les guerres anglo-américano-sioniste, depuis le quinquennat de Sarkozy. Ce parallélisme pourrait effectivement faire penser que les terroristes agissent par vengeance ou par haine. Certains s’appuient sur cette équation pour condamner, à travers ses conséquences présumées, l’impérialisme et l’hégémonisme, Mais, si l’on y regarde de plus près, ce sont en fait les actions terroristes qui précèdent l’interventionnisme. Ce n’est donc pas l’interventionnisme français qui est cause des attentats engendrés par vengeance, mais l’inverse. En clair, cela veut dire que les attentats ont permis ou renforcé l’engagement de la France dans les guerres anglo-américano-sionistes et l’ont justifié aux yeux du public. Ce qui revient à dire que les attentats terroristes ne sont en aucun cas une réaction, encore moins l’acte d’un paumé, mais toujours un précurseur de quelque chose en préparation.

09 octobre 2017

 

Le vote de la loi antiterroriste prépare un régime autoritaire en France

La loi antiterroriste votée par le parlement entérine la pérennisation de l’état d’urgence dans le droit commun français. C’est une attaque fondamentale contre l’Etat de droit et contre les droits du citoyen énoncés dans la constitution française. A présent, ces droits seront exercés selon le bon vouloir de la police, qui fonctionnera en dehors de toute contrainte judiciaire réelle.

Ce mardi, le parlement a largement voté en faveur du projet de loi antiterroriste destiné à prendre le relais de l’état d’urgence à partir du 1er novembre. La majorité présidentielle et le groupe Modem ont votés la loi à la quasi-unanimité, tout comme les Constructifs (ex-LR), au sein desquels seul Meyer Habib s’est opposé. Si les députés Insoumis et communistes ont voté contre sans que cela n’ait de conséquence, les élus Nouvelle gauche – des députés du PS qui avaient mis en place l’état d’urgence sous Hollande et des écologistes – se sont partagés entre 24 votes pour et 5 abstentions.

La loi antiterroriste voté par le parlement parachève la mise en place d’un régime autoritaire en France, donnant de vastes pouvoirs de manière permanente à la police et l’armée. Contrairement à l’annonce du gouvernement que cette loi protègera les citoyens contre les terroristes, cette loi antiterroriste sera dirigée contre les travailleurs, et notamment les musulmans et les immigrés.

Pour la mettre en oeuvre, le budget du ministère de l’Intérieur verra son portefeuille gonflé de 7 pour cent en 2018. Les principales mesures de la loi prévoient le contrôle et l’enregistrement des identités dans n’importe quel événement susceptible d’être exposé à un risque terroriste ; les préfets pourront mettre en œuvre des périmètres de protection avec des mesures d’inspection et de filtrage pour les gens souhaitant y pénétrer, faites au besoin avec le concours d’agents de sécurité privée ou de policiers municipaux.

Ceci fut mis en pratique pendant les manifestations contre la loi travail de 2016. Le gouvernement avait assigné des personnes à résidence et fait des perquisitions de masse arbitrairement pour intimider les jeunes et les travailleurs hostiles à la loi. Plusieurs militants ont été interdits de manifestation, et lorsque des sections plus large de travailleurs se sont mis en lutte contre la loi travail, le PS a fini par limiter les manifestations sur Paris qu’a un endroit.

Les personnes jugées hostiles pourront être assignées dans un périmètre qui s’étendra au territoire de la commune. La personne visée devra se présenter à la police chaque jour. Les personnes ciblées devront « fournir tous leurs numéros de téléphone et identifiants de communication électronique ». Le préfet pourra faire procéder, sur autorisation du juge des libertés et de la détention du TGI de Paris, à des perquisitions pouvant s’accompagner de saisies de documents ou de données.

Ce projet de loi prolonge jusqu’en 2020 les écoutes de masse de la population pour détecter des connexions susceptibles de révéler une soi-disant menace terroriste par le recours à des algorithmes sur les réseaux de communication.

Le code Schengen permet des contrôles d’identité, pendant une durée de six heures, dans une zone de vingt kilomètres le long des frontières intérieures, ainsi que dans les ports, aéroports et gares ferroviaires ou routières ouvertes au trafic international. Le texte élargit la durée de ces contrôles à douze heures et leur périmètre « aux abords » des gares et autre lieux de transport, mettant les deux-tiers du territoire français sous haute surveillance.

La presse insiste sur tous les tons que cette loi est plébiscitée par les Français. Selon un sondage Elabe « L’Opinion en direct » réalisé au lendemain de l’adoption de la loi antiterroriste en première lecture par les députés, au moins huit personnes interrogées sur dix se disent favorables à chacune de ces mesures, voire même « très favorables » pour 50 pour cent des sondés.

En fait, il existe une large opposition à la politique de Macron, et notamment ses ordonnances qui visent à détruire la législation du travail. Macron, qui mène une politique plus agressive que son prédécesseur Hollande, est devenu en quelques mois le président le plus impopulaire, à la même période de gouvernance, de la Ve République.

L’état d’urgence permanent en France fait partie d’un effondrement généralisé des acquis sociaux et des droits démocratiques à travers l’Europe dans l’époque post-soviétique. Surtout depuis le krach de Wall Street et la crise économique mondiale de 2008, les élites dirigeantes en Europe et en Amérique ont toutes cherché à renforcer les armées et la police tout en imposant une austérité dévastatrice aux travailleurs. De partout dans le monde, les inégalités et les tensions sociales atteignent des niveaux incompatibles avec un régime démocratique.

L’élite dirigeante est terrifiée par les sentiments révolutionnaires des masses. Selon le sondage «Generation What» en 2017, plus de la moitié des jeunes européens de moins de 34 ans – plus de 60 pour cent en France, en Espagne, en Italie, en France et en Grande-Bretagne – rejoindraient un «soulèvement de masse» contre l’ordre existant.

Face à la colère sociale, l’élite dirigeante se tourne vers la guerre et un régime d’Etat policier. La brutalité de la police espagnole ce week-end en Catalogne est un avertissement sur ce qui signifierait l’émergence d’un Etat policier dans les pays Europe.

Madrid a réprimé brutalement les personnes voulant voter au référendum sur l’indépendance de la Catalogne, jugé illégal par le pouvoir central. Celui-ci a envoyé des dizaines de milliers de policiers et de gardes civils qui sont toujours en Catalogne pour terroriser la population. De ce déchaînement de la violence policière, on compte 900 blessés, des arrestations de militants indépendantistes et de fonctionnaires catalans et un contexte de guerre civil qui risque d’exploser.

L’imposition d’un état d’urgence permanent en France est fondée sur une série de mensonges politiques racontés à la population. L’élite dirigeante a fait croire que l’état d’urgence n’était utilisé que pour se protéger de la menace terroriste islamiste, à la suite des attentats de novembre 2015.

En fait, les actes terroristes en France et en Europe proviennent des guerres criminelles menées par les puissances de l’OTAN contre principalement les régimes libyen et syrien. Les dirigeants des deux principaux attentats à Paris en 2015—les frères Kouachi contre Charlie Hebdo, et Abdelhamid Abaaoud le 13 novembre—étaient tous liés aux réseaux islamistes et connus du renseignement français. Mais, comme des centaines d’autres islamistes qui servent de truchements à la politique de guerre menée par l’impérialisme français, les services les protégeaient.

Les agences du renseignement européen ont laissé se développer des réseaux islamistes, à qui elles permettaient de se déplacer de partout entre l’Europe, pour partir combattre en Libye et contre le régime syrien de Bachar Al Assad avec le soutien de l’Otan. Ce sont ces mêmes forces qui ont commis des attentats en Europe qui servaient de prétexte à la mise en place de mesures détruisant les droits démocratiques.

La répression des CRS contre les manifestants opposés à la loi travail ne sont qu’un aperçu de la violence de l’état contre la classe ouvrière que prépare ce projet de loi antiterroriste.

Le passage de cette loi est un avertissement que d’un point de vue juridique, la transformation de la France en Etat policier est achevée. Un attachement profond aux droits démocratiques demeure parmi des masses de travailleurs en France, mais il ne sera possible de la défendre qu’en une lutte politiquement indépendante des travailleurs contre l’austérité et le capitalisme et pour le socialisme à travers l’Europe.

Anthony Torres

 

Source: http://www.wsws.org/fr/articles/2017/oct2017/anti-o06.shtml

07 octobre 2017

EPR : mensonges et manipulations

 

On trouve encore tous les jours dans la presse des articles attribuant faussement la fabrication de la cuve de Flamanville 3 au Groupe AREVA. Les idées reçues se propagent facilement et une fois installées résistent aux arguments les mieux étayés. Définitivement sur la base du chrono de l'ASN, c'est Michel Yves Bolloré qui a fabriqué les pièces défaillantes de l'EPR de Flamanville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un maquignon dans le circuit du nucléaire

Pour bien comprendre ce qui suit, il faut garder en tête que Bolloré n’intervient dans ce dossier que comme « marchand de biens » industriels, seulement soucieux de faire le maximum de profit à moindre investissement et dans le minimum de temps. Quitte à travestir la réalité de ce qu’il vendait avec à peu près la même probité qu’un maquignon sur le marché de St Flour. D’où la stupéfaction des visiteurs (AREVA et ASN confondus) constatant l’état de délabrement des ateliers au lendemain de la cession.

Autant dire que le respect des normes de qualification n’est alors aucunement sa priorité, pas plus d’ailleurs que la rémunération du personnel, l’avis des rares ingénieurs de son staff (d’ailleurs y-en-avait-il) ou les conditions de travail des ouvriers.

 Non seulement AREVA - entreprise du secteur national - et l’Etat ont laissé un maquignon s’infiltrer dans le circuit industriel chargé de la fabrication des pièces des centrales nucléaires mais ils lui ont confié la plus sensible d’entre elles, la plus dangereuse aussi : le réacteur de l’EPR dont c’était la première édition.

Or on ne saurait contourner durablement la vérité puisque le « chrono » des courriers de l’ASN est en ligne sur son site et qu’il comporte des pièces qui présentent des contradictions de dates totalement incohérentes avec les dates produites par AREVA.

Des pièces totalement contradictoires dans le chrono de l’ASN

On y trouve un historique de fabrication probablement issu des indications d’AREVA destiné à une réunion avec le Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire. Historique de la fabrication de la cuve Note en vue de la réunion du 23 Mars 2016 du groupe de suivi du HCTISN portant sur l’anomalie de la cuve de Flamanville 3 . On peut lire en page 4 le tableau suivant :

 

 

                               

Copie d'écran de la note en vue de la réunion du 23 mars 2016 du groupe de suivi du HCTISN

La date de coulée indiquée de la calotte chez Industeel est le 5 Septembre 2006 la fin de fabrication le 10 octobre 2006.

D’abord, le délai d’un mois et 5 jours pour la coulée, le forgeage et l’usinage est assez peu vraisemblable quand on connaît la complexité des opérations.

 

Mais surtout dans un courrier à la signature commune de la DRIR-Bourgogne et de l’ASN en date du 28 août 2006, on peut lire que « l’homogénéité entre l’extérieur et le centre du lingot n’est pas vérifiée », ce qui implique que le lingot de la calotte est déjà et coulé et forgé, probablement même en cours d’usinage...

                                                 

Copie d'écran du courrier DRIR/ASN/AREVA NP du 21 août 2006

La date indiqué par AREVA et reprise dans l’historique des pièces de l’EPR de l’ASN est donc fausse et clairement falsifiée.

 

Mieux encore, un autre courrier en date du 2 avril 2007 à la signature de l’ASN au Président d’AREVA NP indique que « la majorité des composants de la cuve est déjà sur le site de Chalon-sur Saône pour les opérations de revêtement par soudage et d’assemblage »(sic) sous-entendu : calotte, corps et fond de cuve. C’est-à-dire que toutes les opérations programmées au Creusot sont terminées.

                                                     

Copie d'écran du courrier de l'ASN à AREVA NP en date du 2 avril 2007

Alors que l’historique sus évoquée donne pour la fabrication du fond de cuve une fourchette de dates du 23 Janvier 2007 au 14 Décembre 2007. A la date du courrier de l'ASN, la fabrication devrait tout juste être en commencement alors qu'elles ont quitté le Creusot pour Chalon et qu'usinage et contrôle devraient être terminés. Les dates produites par AREVA et reprises par l’ASN sont donc parfaitement contradictoires et fantaisistes.

 Et last not the least ce document confirme aussi que dans ses relations avec l’ASN, AREVA prend systématiquement de vitesse sa tutelle puisque la cuve soudée ne permet plus l’essentiel des contrôles prescrits par l’Autorité… AREVA coulera d’ailleurs la cuve dans le béton à Flamanville avant d’avoir souscrit à l’ensemble des demandes de l’ASN, histoire de se débarrasser par omission du problème des contrôles.

Ces falsifications de dates de réalisation ne sont pas improvisées par un ouvrier peu scrupuleux, elles sont délibérées et ont le but bien précis d’éluder le fait que la fabrication de la calotte et du fond de cuve - dont on officialisera la défaillance plus de dix ans plus tard -, a bien été lancée par Michel Yves Bolloré en 2006 à partir d’études et de programmes remontant à 2005. De surcroît sur un équipement industriel qui n’en avait pas la capacité et sur lequel le cupide exploitant d’alors n’avait certainement pas l’intention d’investir.

Pourquoi ce maquillage de dates ?

 

Parce qu’AREVA ne souhaite surtout pas qu’on étudie de trop près ses relations avec un sous-traitant auprès duquel il a acquis ces usines pour 170 M€, avec un Goodwill de plus de 100 M€, et dont on préférerait faire oublier la responsabilité et jusqu’à l’existence. Son nom ne figure à ma connaissance sur aucun document de l’ASN et ce n’est pas un hasard. Il y a de bonnes raisons pour cela…

06 octobre 2017

Qu’est-ce que la compétitivité sinon la baisse des salaires, des protections sociales et du budget public

 

Le problème vient de ceux qui s'enrichissent sur le dos des autres, il est des richesses légitimes qui viennent du travail, de la responsabilité.

Aujourd'hui, les riches ne créent pas le travail, au contraire, ils le tarissent, la seule chose qui compte étant le profit, il est évident qu'ils jouent à exploiter la main d'oeuvre pour qu'elle fasse le travail de trois, la tuant à petit feu mais ils s'en foutent, c'est la collectivité qui paie.
Quand ils ne font pas cela dans les pays pauvres, ou là, une fois pressée, la main d'oeuvre peut crever sans problème.

Quant au prétendu "assistanat", les riches l'organisent justement puisqu'ils laissent aux autres le soin de s'occuper de ceux qu'ils laissent sur le carreau pour aller trouver des esclaves moins chers ailleurs.

Les recherches montrent du reste que le travail est en France, un facteur essentiel de la vie, c'est une reconnaissance sociale qui fait de nous le pays le plus demandeur.

Il faut avoir une drôle de mentalité pour croire que l'on cherche à ne pas travailler, c'est une mentalité de capitaliste de ne rien foutre en laissant son argent "travailler" sur le labeur des autres.


Les multinationales détruisent le travail.
C'est à cause de ces concentrations/monopoles privés que des millions de petits commerces, agriculteurs, petites entreprises ont disparu. 

Ces grandes entreprises sont en réalités des groupes financiers qui ne gagnent pas d'argent sur ce qu'ils vendent, mais sur la masse et les retards de paiement de leurs fournisseurs, ils gagnent beaucoup d'argent en plaçant l'argent qu'ils gagnent un mois avant de rembourser.

La plupart de ce qu'ils vendent n'est pas fabriqué chez nous.

Quant au travail qu'ils créent, il s'agit d'emplois précaires, temps partiel subi et mal payé, sans compter qu'ils touchent en plus des subventions car leurs lobbies sont puissants et nos politiciens, corruptibles et/ou peu perspicaces.

Quand ils ne se planquent pas à l'étranger pour ne pas payer d'impôts ou le moins possible, alors qu'ils doivent tout à la France.

Ces grandes compagnies financières arrivent à imposer les prix des matières premières, et naturellement vers le bas, au prétexte qu'ils sont les seuls intermédiaires sur le marché, à les revendre à la clientèle.

Ce serait juste des voleurs si on examinait bien l'affaire, de la merde dans un gant de soie comme aurait dit l'autre.


Ils investissent partout et tirent tout à la baisse, distribution, services, formation, tuant tout sur leur passage et baissant tous les salaires de ceux qui travaillent vraiment en bout de chaîne, pour eux, ils ne sont que des intermédiaires parasites, qui, à grands coups de publicité et de gestion de cette publicité à grande échelle, noient tout ce qui pourrait leur faire concurrence.

Parce que la concurrence mène toujours aux monopoles privés.



Les Français sont riches de la France, heureusement, ils ont l'école gratuite, la justice gratuite, la police gratuite, les services publics, mais ça, c'est la France, que nous avons de moins en moins.

La précarité de masse s'installe, les services publics se délabrent, voilà la pauvreté engendrée par les politiques menées.

En revanche, les dividendes des très riches s'accroissent, et croîtront à chaque coupe sombre dans les salaires, retraites, budget public.

Que serait le médecin sans le malade, le vendeur sans le consommateur, le bien-être des uns sans le service des autres, le travail des uns sans le travail des autres.


L'économie, ce ne sont pas des riches qui font travailler des pauvres, c'est un tout, un cercle, nous avons tous besoin les uns des autres, c'est un échange permanent.

05 octobre 2017

Pourquoi l’ingérence est réactionnaire

Parce qu’elle consiste à s’assoir sur la volonté des peuples, l’ingérence est réactionnaire. Aucune philosophie des circonstances atténuantes, aucune religion des droits de l’homme ne la fera paraître plus reluisante en l’aspergeant d’eau bénite. On ne peut se prévaloir de l’universalisme que pour se l’appliquer à soi-même, et non pour donner des leçons aux autres.

Notre époque est fertile en tours de passe-passe idéologiques. L’un des pires - hélas - est d’avoir fait passer l’ingérence pour une idée progressiste. Les interventions occidentales se réclament des “droits de l’homme” pour liquider - ou déstabiliser - des gouvernements qui déplaisent aux pays de l’OTAN. Elles invoquent volontiers la “démocratie” pour bafouer la souveraineté des autres Etats. On voit même des capitalistes fournir des armes à de prétendus “révolutionnaires” arabes sous les applaudissements d’organisations de gauche ravies d’apporter une caution progressiste aux opérations de la CIA.

Cette supercherie n’est possible qu’au prix d’une refoulement considérable, celui du sens véritable de la “démocratie”. Il y a 2 500 ans, un certain Aristote disait que “la délibération entre citoyens ne peut concerner que les affaires qui sont les nôtres, et non celles des Scythes”. Ce robuste bon sens ayant été mis au placard, la modernité post-communiste a accouché d’un étrange “devoir d’ingérence” autorisant les représentants du Bien à terrasser les suppôts du Mal en s’affranchissant des frontières. Caution morale apportée à l’intervention chez les autres, le devoir d’ingérence désigne en réalité le droit à l’écrasement du voisin lorsqu’il vous déplaît.

Formulé au début des années 1990, ce prétendu “devoir” entendait dénoncer “la théorie archaïque de la souveraineté des Etats, sacralisée en protection des massacres” (Kouchner). Archaïque, la “souveraineté des Etats” ? Pas exactement. En réalité, il s’agit de la souveraineté de certains Etats, dont le seul tort est de s’opposer à l’hégémonie occidentale. En épousant les intérêts de l’Etat profond US, la doctrine du devoir d’ingérence sert surtout à faire tourner les rotatives du mensonge pour justifier de nouveaux massacres. Le devoir d’ingérence, c’est le mariage réussi des glandes lacrymales et des frappes chirurgicales. Il réalise une sorte de miracle, où les indignations humanitaires coïncident comme par enchantement avec les plans impérialistes.

Peu importe le droit des peuples à régler leurs propres affaires, puisqu’au nom de la “démocratie” et du “progrès” la souveraineté nationale passe à la trappe. “Archaïque”, on vous dit ! Pour les partisans de l’ingérence, la “volonté générale” fait partie de ces vieilleries abandonnées à la critique rongeuse des souris. Un peuple n’est libre que s’il choisit les lois auxquelles il se soumet, et personne ne peut prendre sa place sinon par la force. Mais la puissance tutélaire sait mieux que cette masse inculte ce qui est bon pour elle. L’ordre politique doit dépendre du consentement des citoyens, et non de l’intervention étrangère ? Confiants dans les vertus pédagogiques des B52, les bienfaiteurs de l’humanité n’en ont cure.

C’est simple : en bafouant la souveraineté nationale, l’ingérence impérialiste nie la souveraineté populaire. Elle efface le droit des peuples à l’autodétermination pour lui substituer l’obligation d’adresser des remerciements à ceux qui décident à leur place. Elle remplace la démocratie d’en-bas (la seule possible) par une “démocratie” d’en-haut imposée “manu militari” par des puissances étrangères. A supposer que l’intention soit bonne (ce qui n’est pas le cas), l’ingérence consiste à traiter les peuples qu’elle prétend secourir en mineurs irresponsables.

Certains répondront que tout le monde pratique l’ingérence, et qu’il n’y a pas lieu d’incriminer les uns plus que les autres. Mais c’est faux. Les USA ayant pratiqué 50 interventions dans des pays étrangers depuis 1945, on peut difficilement professer un tel relativisme. On incrimine la Russie, mais ce pays a 5 bases militaires à l’étranger quand les USA en ont 725, et son budget militaire pèse 8% du budget du Pentagone. Enfin Moscou, à la différence de Washington, ne finance aucune organisation terroriste, ne dénonce aucun traité de désarmement, n’inflige aucun embargo à des populations, ne fait assassiner aucun chef d’Etat et ne menace personne du feu nucléaire.

Au passé comme au présent, l’ingérence est toujours l’arme dont usent des élites cramponnées à leurs privilèges. En 1790, alors que les Jacobins sont encore une force embryonnaire, la presse royaliste presse les têtes couronnées d’intervenir pour mettre fin à la Révolution. Le publiciste anglais Edmund Burke prêche une croisade dont les protagonistes seront “les vengeurs des injures et des outrages infligés à la race humaine”. Les monarchies européennes ont l’obligation morale, dit-il, de “mettre une fois pour toutes hors d’état de nuire une nation agitée et maléfique”. La menace du Duc de Brunswick de “détruire Paris” et l’invasion du territoire de la République par les troupes de la coalition répondront à cet appel.

Assiégée tous azimuts par quatorze puissances étrangères, la jeune République des soviets subira le même sort de 1917 à 1921. Comme la République française en 1793, elle sortira victorieuse d’une guerre impitoyable contre l’ennemi intérieur et extérieur. Ecrasée par la machine de guerre fasciste, la République espagnole du “Frente popular” n’aura pas cette chance. A leur tour, les Vietnamiens et les Cubains devront se battre durement pour repousser un impérialisme qui liquida de nombreux gouvernements progressistes, de Mossadegh et Lumumba à Soekarno, Goulart et Allende. Arme privilégiée des classes dominantes, l’ingérence n’a jamais servi les peuples.

C’est pourquoi les progressistes ont de bonnes raisons de la condamner. Ils devraient écouter Robespierre, qui fulminait contre “la manie de rendre une nation libre et heureuse malgré elle”, rappelait que “Paris n’est pas la capitale du monde” et que “personne n’aime les missionnaires armés”. C’est lui, représentant l’aile gauche de la bourgeoisie révolutionnaire, qui affirme que l’Europe ne sera pas soumise par “les exploits guerriers”, mais par “la sagesse de nos lois”. Lui, l’anti-esclavagiste, le partisan du suffrage universel et des lois contre l’indigence, et non ces Girondins affairistes - chers à Michel Onfray - qui rêvaient de s’en mettre plein les poches en soumettant les pays voisins.

Parce qu’elle consiste à s’assoir sur la volonté des peuples, l’ingérence est réactionnaire. Aucune philosophie des circonstances atténuantes, aucune religion des droits de l’homme ne la fera paraître plus reluisante en l’aspergeant d’eau bénite. On ne peut se prévaloir de l’universalisme que pour se l’appliquer à soi-même, et non pour donner des leçons aux autres. Il n’y a rien à attendre de la droite, car elle finit toujours par obéir aux puissances d’argent. Mais ce qui reste de la “gauche” occidentale gagnerait à méditer les enseignements de l’histoire. “Le prolétariat victorieux, disait Engels, ne peut imposer le bonheur à aucun peuple étranger sans miner sa propre victoire”, et Lénine affirmait contre ses camarades marxistes “le droit des nations à disposer d’elles-mêmes” en toutes circonstances.

 

Dont acte.

03 octobre 2017

 

 

Approchez ! Mesdames et Messieurs ! Venez à la grande braderie jupitérienne !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Profitez. On liquide ! On liquide !

Tous nos clients sont contents, et si les Français sont kons tant mieux !

On a besoin de pèze, on brade !

Arcelor ? Liquidé… « FIRED ! » comme dit Trump, le pote à Mac’Ron…

Péchiney ? Liquidé… « FIRED ! »

Lafarge? Liquidé… « FIRED ! »

Alstom? Liquidé… « FIRED ! »

Eh ! Oh ! Pourquoi la France vend-elle ses bijoux de famille ? Parce que les dirigeants de ces grosses boîtes sont NULS. Parce que les dirigeants politiques français courent après leur réélection et sont donc obnubilés par le court terme, ce qui les pousse à toutes les magouilles, voire toutes les trahisons.

NULS les patrons. L’industrie française est coincée dans un positionnement trop milieu de gamme et des produits plus chers que ceux de la concurrence. De plus, contrairement aux Japonais, aux Allemands, aux Étasuniens, ils ont démantelé les grands consortiums comme la CGE (compagnie générale d’électricité). Qui se souvient que ce géant mondial, du temps d’Ambroise Roux, c’était Alcatel (Alsacienne de constructions atomiques, de télécommunications et d’électronique) spécialisé dans les télécommunications, qui fut, avant sa descente aux enfers par son « mariage » avec l’étasunien Lucent, une entreprise à la pointe dans ce secteur porteur des télécoms, présente dans 130 pays ! FIRED !

La CGE, c’était aussi Alsthom : la fabrication des locomotives et du matériel de chemin de fer puis l’inventeur des TGV. Devenue Alstom, c’est aussi un des tout premiers spécialistes mondiaux des turbines électriques, celles qui équipent toutes nos centrales électriques, qu’elles soient nucléaires, thermiques ou même hydrauliques. FIRED !

Alstom, c’était aussi les Chantiers navals de l’Atlantique qui, après bien des péripéties actionnariales, ce jour de fin septembre 2017 vont être littéralement bradés à l’Italien Fincantieri pour 80 millions d’euros, une poignée de figues pour une entreprise qui a un chiffre d’affaires se comptant en milliards, un carnet de commandes plein pour dix années et un savoir-faire unique au monde.

N’en jetez plus, la coupe est vide…

Bon. Dépassons les blessures d’amour-propre et regardons les choses froidement.

Le passage d’Alstom transport sous-direction allemande nous débarrassera de ce patronat nul et cupide, venu non pas de l’industrie, mais du pantouflage d’énarques. Au point où ils ont laissé l’entreprise, ce sera salutaire, même pour les ouvriers car en Allemagne, les salariés sont associés à la cogestion de l’entreprise. Et puis ça fait un champion européen.

Beaucoup plus grave est le largage honteux de la branche énergie d’Alstom à l’étasunien General Electric. Parce que ça met toutes les centrales génératrices d’électricité de France à la merci du bon vouloir étasunien. En effet si les turbines installées (dans toutes les centrales françaises) tombent en panne, la fourniture des pièces détachées dépendra de General Electric, donc du Gouvernement étasunien. Idem pour les pièces de rechange de nos valeureux sous-marins nucléaires ! Bonjour l’indépendance !

Vous voyez l’énorme moyen de pression politique que nos dirigeants ont mis entre les mains d’un pays cupide et sans vergogne, dirigé par un fada. À l’heure actuelle, le « NON » de Chirac et de Villepin à Bush concernant la guerre en Irak ne serait plus possible.

Non mais, comment des dirigeants politiques – en particulier le banquier Macron conseillant le nullissime Hollande – ont-ils pu accepter une telle opération qui tangente la haute trahison ?

Incompétence totale : General Electric, en connivence avec la « Justice » étasunienne, a incité celle-ci à épingler certains dirigeants français d’Alstom pour corruption. Ben voyons… Comment fait-on des affaires dans le milieu nauséabond du capitalisme financier ? Coutumière du racket à grande échelle, la « justice » yankee a « puni » l’entreprise française avec une amende exorbitante et la menace de mise en taule de plusieurs dirigeants. Ceux-ci ont donc préféré brader l’entreprise pour sauver leur peau, tout en engrangeant des montagnes de pognon… Montebourg a essayé de lutter, mais François l’a viré pour le remplacer par… le Rotchildboy Macron, celui-là même qui, maintenant devenu calife à la place du calife, brade le reste du groupe à Siemens et les ex-Chantiers de l’Atlantique aux Italiens.

Banquier un jour, banquier toujours…

 

Photo X - Droits réservés

02 octobre 2017

Oh ! Comme ils l’aiment leur glyphosate, les agripoisonneurs !

 

Chez Monsanto et leurs collègues, on doit se faire une belle bosse de rire, tout en sabrant le Champagne ! Faut dire qu’il y a de quoi. Les FNSEA boy’s ont foutu la zone dimanche sur les ChampZé, et même tonton Hulot – le ministre alibi transitaire écolo – est venu leur dire qu’il était plus dans une phase de « transition » que « d’interruption brusque ». Ben voyons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Objet et cause de ce ramdam, le sinistrement célèbre glyphosate.

« Un poison ! » s’égosillent les anti-malbouffes.

« Inoffensif ! » s’offusquent les multinationales de la chimie

« Indispensable ! » pleurnichent les agriculteurs de la FNSEA.

Et en bout de chaîne, il y a nous, les con-sommateurs, qui en ont marre d’être pris pour des kons et qui somment tous ces personnages d’éclairer leur lanterne. Alors, c’est dangereux ou pas ce truc ? C’est selon…

Les experts mandatés par l’OMS (organisation mondiale de la santé) ont estimé que cette molécule serait un « cancérigène probable ». Levée de bouclier des chimistes et des agripoisonneurs, donc nouvelle expertise diligentée par l’OMS et qui cette fois – heureuse chance - concluent que "le glyphosate est peu probablement génotoxique (toxique pour l’ADN) aux expositions alimentaires anticipées".

Experts, contre experts… Les agences chargées de dire le vrai en la matière sont plus que divisées. L’OMS, qui avait tiré la sonnette d’alarme, a donc revu sa copie suite aux pressions et sorti une nouvelle étude contredisant la première. Étude entachée de doutes sérieux et de conflits d’intérêts entre certains « experts » et les lobbys des pesticides. Quant à l’expertise de la Commission européenne, elle est en de nombreux points un copié-collé des documents de la Glyphosate Task Force, le consortium industriel conduit par la firme américaine Monsanto ! Bonjour l’objectivité…

Il serait temps de se mettre d’accord puisque dans les jours qui suivent, la Commission européenne doit renouveler – ou pas – pour dix ans l’autorisation de mise sur le marché de l’UE des pesticides à base de ce glyphosate. Scandaleusement noyautée par les groupes de pressions des multinationales et de la finance, la Commission avait déjà décidé de renouveler pour 15 ans cette autorisation au printemps 2016 mais avait dû reculer devant la forte mobilisation des populations, se contentant d’offrir tout de même 18 mois d’autorisation supplémentaire aux chimistes. Cette autorisation provisoire arrive à échéance en ce moment. Voilà pourquoi les lobbys chimistes comme les anti malbouffe sont chauds bouillants.

Il faut dire qu’il y a des intérêts énormes derrière ce bras de fer. Les pressions arrivent de l’industrie des pesticides, des Étasuniens qui veulent vendre leurs merdes, des agripoisonneurs de la FNSEA qui gueulent à juste titre qu’ils seront désavantagés si la France interdit le glyphosate mais que d’autres pays européens l’autorisent. Rien qu’en France, les professionnels chaque année utilisent 8 000 tonnes et les particuliers 2 000 tonnes de ce désherbant redoutable. En son temps (2015) Ségolène Royal, alors ministre de l’écologie, a bien essayé de faire interdire les désherbants à base de glyphosate, mais seulement pour les jardiniers amateurs… Lettre morte puisque les bidons de Round-Up encombrent encore les rayons de toutes les jardineries…

 

La France devrait – selon la position officielle - voter contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Mais peut-on faire confiance à un « officiel » français ?

 

 

01 octobre 2017

 

Du Macron au Micron

 

L’embellie du nouveau président n’aura pas duré très longtemps, et sa chute vertigineuse en matière de popularité, est la preuve du désamour dont il est l’objet.

La chute est même en train de s’accélérer, puisqu’un sondage récent nous apprend qu’après avoir perdu 7 points supplémentaires en aout, il vient à nouveau de perdre 6 points, et il n’y a plus que 30%des français à se dire satisfait de l’action du président. 

Tout compte fait, ça ne devrait surprendre personne, puisque le moment électoral avait fait apparaitre qu’a peine 24% des électeurs potentiels avaient porté leur choix sur Macron au 1er tour, démontrant que le grand vainqueur était finalement le camp de l’abstention. 

D’autant que ces 24% ne portaient que sur ceux qui s’étaient déplacés pour voter... et la réalité permet d’affirmer qu’il n’a finalement obtenu les faveurs que de 18% des inscrits. 

Ça ne l’empêche pas de tacler le chef de file des insoumis, en assurant qu’il n’a pas de légitimité, et qu’il est un "raté du suffrage universel". 

Mais revenons à l’impopularité du nouveau président, et tentons d’en comprendre la raison.

Traiter les français de fainéants manquait à l’évidence d’habileté... ajouter que le pouvoir ne se trouvait pas dans la rue, non plus... parler de certains français en les qualifiant de « gens qui ne sont rien  », pas mieux... utiliser les ordonnances pour valider une loi travail qui est loin de faire l’unanimité, aussi... traiter par le mépris les collectivités locales, les privant de subsides, tout autant...

Un bloggeur propose un joli montage de tous ces dérapages malvenus. ici

La courte vidéo commence par une séquence hilarante dans laquelle on découvre Macron lisant un discours, et avouant finalement ne rien y comprendre...

Plus tard il assure que le libéralisme économique est « une valeur de gauche  »... suivent plusieurs retournement de vestes cocasses dans lesquels il assure être socialiste, puis affirmant le contraire... on l’entend par la suite affirmer « je ne suis pas de droite, et je ne suis pas de gauche », ajoutant plus tard « je n’ai jamais dit ça ».

Suivent des séquences dans lesquelles le nouveau président assure que « la vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié »....

Par la suite, il évoque avoir eu une circonscription... alors qu’il n’a jamais été député.

A la fin de la vidéo, il reproche aux habitants de st Martin et de st Barthélémy d’avoir bloqué les aéroports !... alors que chacun sait que le coupable n’est autre que la célèbre Irma.

 

La perle finale c’est lorsqu’il a déclaré qu’une « majorité de femmes sont pour beaucoup illettrées... terminant par une déclaration digne de Lapalisse : « la conclusion c’était d’en tirer les conclusions  »...vidéo

S’y est ajouté récemment un lapsus révélateur : évoquant « la fin de l’état de droit », au lieu de « la fin de l’état d’urgence »... et la tentative de ce gouvernement d’imposer au pays un état d’urgence permanent risque de provoquer quelques réactions...

Il est probable que le mauvais résultat pour les marcheurs macronistes aux sénatoriales en soit en partie la conséquence directe de ces multiples dérapages.

Quoi qu’il en soit, il semble que des vents mauvais vont prochainement contraindre le président à naviguer avec plus de sagesse, voire à plus de pertinence.

C’est peut-être le moment de s’interroger sur l’origine de la carrière de celui qui a pris les destinées du pays.

On savait déjà qui, en France, avait fabriqué le phénomène Macron... comme par exemple un certain Jean-Pierre Jouyet, lequel des 2006 l’avait présenté à François Hollande, lors d’un diner, histoire de lui mettre le pied à l’étrier.

Puis sont venus Attali, Minc, suivi par l’intégration au Groupe de la Rotonde, et on connait la suite que j’ai tenté de relater dans un article. 

Un blogueur est allé un peu plus loin, décryptant avec précision la machine qui s’est mise en marche afin d’amener Macron au poste suprême.

Le bloggeur se fait appeler « Parker Pointu  », et il propose un premier élément de réflexion : comment Macron a-t-il pu investir dans sa campagne présidentielle la somme de 16,7 millions d’euros, devançant de loin les campagnes de ses concurrents. 

En effet, en comparaison, François Fillon n’a récolté « que » 3,3 millions d’euros

Le blogueur égrène tous les évènements qui se sont enchaînés afin de faire gagner le candidat présidentiel.

C’est Henri de Castries, président du groupe Bilderberg, groupe qui rassemble des personnalités influentes du monde des affaires, de la politique, des médias, et de la diplomatie qui aurait été à la manoeuvre.

 

Il s’agissait d’utiliser Macron pour infléchir la politique économique française, afin de l’amener à pratiquer une politique libérale à l’anglo-saxonne.

A l’époque, Macron n’est qu’un modeste conseiller économique à l’Élysée.

Le groupe Bilderberg va donc faire pression sur Valls afin que Macron remplace le trop instable Montebourg, et c’est Jean-Pierre Jouyet qui va réussir à influencer Hollande, lequel donnera la place à Macron.

Première étape réussie donc...

On se souvient du discours prononcé par Valls le 27 aout 2014, lors de l’université d’été du Medef, discours lors duquel il avait déclaré « j’aime l’entreprise », et salué par une longue « standing ovation ».

C’est ce même groupe qui va pousser Macron à faire sa loi Macron 2, loi que Valls préfèrera confier à Myriam El Khomri.

Considérant que Valls les a trahi, le groupe décide sa perte... et c’est le 21 mars 2016 qu’un groupe de soutien à Macron va se créer, avec à sa tête De Castries, Gattaz, Draghi, Bergé, Bolloré, groupe qui va financer la création d’un parti dévoué à leur cause, ainsi qu'à celle de leur poulain.

Les grands patrons de presse impliqués dans cette opération vont mettre au point une stratégie concernant à présenter Macron comme « le gendre idéal  », notamment dans la presse féminine, et dans celle destinée à la jeunesse.

Le blogueur affirme que Bolloré aurait eu cette réflexion : « puisque la mode est aux cougars, et aux MILF, mettons sa compagne à la une, c’est tendance, les jeunes vont kiffer ! ».

C’est ainsi qu’on va trouver la photo de la « cougar » en couverture de magazines.

 

C’est alors que les financiers vont élaborer la création du parti « en marche »... via 2 associations « l’association du renouvellement de la vie politique  » (RVP) et « l’association de financement du parti », laquelle sera financée par des fonds privés de De Castries

Mais le bloggeur va plus loin, assurant que le seul obstacle à la réussite de leur candidat était un certain Fillon, et c’est ce groupe qui aurait lancé les savonnettes que l’on sait : les emplois présumés fictifs, d’abord de l’épouse, puis des enfants, et finalement les costumes offerts...

 

Misant sur l’orgueil de Fillon qui, malgré tout, voudra continuer coute que coute, conforté par les résultats de la primaire à droite qui lui avait donné une large victoire, empêchant un autre candidat de droite plus crédible de le remplacer, provoquant l’échec cuisant que l’on sait, le groupe Bilderberg aurait été à la manœuvre, alimentant discrètement les chroniques du « Canard Enchaîné » et d’autres médias... mais cette dernière affirmation sera difficile à prouver, les journalistes se refusant logiquement à donner leur sources. 

Quoi qu’il en soit, cette théorie semble reposer sur des bases solides, et dans cette affaire, c’est surtout l’électeur qui aura été trompé.

Si, comme on semble s’y diriger, le nouveau président continue à favoriser les plus riches, aux dépens des autres, comme on le découvre dans la présentation du budget, ça validera le scénario de l’impertinent blogueur.

Ajoutons que le Prez, même hors de frontières, est loin de faire l’unanimité, puisque, posé sur le sol guinéen, il s’est entendu dire : « le problème de l’Afrique, c’est de se débarrasser de la France  ». 

Alors après s’être posé la question « d’où viens-tu Macron  », il ne serait pas inutile de se poser la question qui en découle : « où vas-tu Macron ?  ».

Dans le mur diront les uns, dans le dur, préciseront les autres, et il faudrait être un optimiste aveugle pour lui voir un bel avenir.

Le groupe Bilderberg fera sans doute le maximum pour le protéger, mais il arrive un moment ou la tâche devient illusoire, voire impossible.

Un sondage est en cours, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’est pas vraiment favorable à celui qui se prend encore pour Jupiter.

Avec 70% de mécontents, les affaires paraissent en effet assez mal engagées.

L’hallali est peut-être déjà lancé quand l’on découvre le face à face de la ministre du travail avec Elise Lucet, lors de son Cash Investigation, le 26 septembre dernier, Muriel Pénicaud s’embourbant lamentablement sur le thème du licenciement abusif. 

 

Laissons donc l’histoire suivre son cours, mais comme dit mon vieil ami africain : « Balaie là ou tu veux tomber »...

30 Septembre 2017

Réponse de Kim-Jong-un à Trump

Il s'attendait à quoi, l'anatidé boiteux de la Maison Blanche, après son caca de canard, couleur vert-de-gris, et bien puant de morgue et de suffisance, déversé sur le monde entier depuis l'ONU ?

Il prétend toujours que la Corée du Nord est l'agresseur, alors qu'il multiplie les manoeuvres militaires tout autour du pays et les provocations en tous genres.

Les Coréens du Nord sont un peuple fier, ils ont l'habitude des coups, après la dictature japonaise et la dévastation de leur pays en 1950-52 par les forces américaines qui ont déversé des centaines de milliers de tonnes de bombes, conventionnelles ou au Napalm, sur leur malheureux pays.

Ils résistent avec courage à un agresseur qui se prend pour Dieu pour ne pas subir le sort de Irakiens et des Libyens, et bien d'autres peuples avant eux, à la manière d'un Bachar el Assad, qui a le même soutien populaire.

Qui pourrait les condamner ? Et qui n'aurait pas au fond de lui un peu d'admiration, comme on admire David face à Goliath ?

Le gouvernement nord-coréen n'a pas les mêmes moyens que les USA, il lui reste l'arme de la peur, parce que lorsqu'on dispose d'un armement atomique, même modeste, on se retrouve en position de presque égalité avec un oppresseur, fut-il le plus puissant du Monde.

Sans cette arme, il y a longtemps que le pays serait envahi.

Et, croyez-le ou non, les USA ont peur. A tel point qu'ils ne leur reste plus que l'invective et les rodomontades.

La réponse de Kim-Jong-un parait, dans ce contexte, plutôt modérée, en tous cas équilibrée, en rapport avec la violence de l'agression verbale.

Tant qu'il ne s'agit, de part et d'autre, que de mots....

En voici la traduction, fournie par le Saker Francophone, que je remercie.

Auparavant, prenez connaissance des éléments principaux du discours paranoïaque et psychopathique de Trump à l'ONU le 19/9 :

https://francais.rt.com/opinions/43510-trump-onu-discours-aussi-brutal-incoherent

La réponse de Kim Jong-un au discours de Trump à l’ONU.


 

Le 22 septembre 2017 − Source NY Times

Le discours qu’a tenu le Président américain dans sa première allocution
aux Nations-Unies, dans les graves circonstances qui prédominent, où la
situation dans la péninsule coréenne est plus tendue que jamais
auparavant et s’approche de la situation critique, suscite l’inquiétude
mondiale. 

En me formant une idée générale de ce qu’il allait dire, je m’attendais à ce qu’il fasse des remarques stéréotypées et préparées, quelque peu différentes de ce qu’il a l’habitude de proférer dans son bureau sur un coup de sang, alors qu’il devait parler sur la plus grande scène diplomatique mondiale.

Et pourtant, loin de faire des remarques d’un quelconque pouvoir persuasif, qui auraient été jugées utiles à dissiper les tensions, il a sorti des inepties d’une grossièreté sans précédent, qu’on n’avait jamais entendues chez aucun de ses prédécesseurs.

Un chien apeuré aboie plus fort.

J’aimerais conseiller à Trump d’exercer de la prudence dans le choix de ses mots, et d’avoir de la considération pour ceux à qui il s’adresse lorsqu’il discourt devant le monde entier.

Le comportement dément du Président américain, qui va jusqu’à exprimer à la tribune de l’ONU la volonté immorale de « détruire totalement » un État souverain, dépassant le domaine des menaces et des changements de régime ou du renversement du système social, amène même ceux qui ont des facultés intellectuelles normales, à se préoccuper de retenue et de sang-froid.

Ses remarques me rappellent les expressions de « novice » et d’« hérétique » politique, qui, faisant référence à Trump, étaient en vogue durant sa campagne électorale.

Kim-Jong-un :

Après sa prise de fonction, Trump a rendu le monde fébrile par ses menaces et son chantage contre tous les pays du monde. Il est inapte à posséder la prérogative du commandement suprême d’un pays, et il est plus certainement un personnage véreux et un gangster qui aime jouer avec le feu qu’un homme politique.

Ses remarques décrivant l’option américaine à travers l’expression franche de sa volonté, m’ont convaincu, plutôt que de m’apeurer ou m’arrêter, que la voie que j’ai choisie est la bonne et que c’est celle que je dois suivre jusqu’au bout.

Maintenant que Trump nous a dénié le droit à l’existence et nous a insultés, moi et mon pays sous les yeux du monde entier, et fait la plus féroce déclaration de guerre de l’histoire selon laquelle il veut détruire la RPDC, nous envisageons sérieusement d’exercer une contre-mesure analogue, du plus haut degré de fermeté dans l’histoire.

L’action est la meilleure option pour s’occuper du gâteux qui, incapable d’écouter, ne profère que ce qu’il a envie de dire.

En ma qualité d’homme représentant la RPDC et au nom de la dignité et de l’honneur de mon État, de mon peuple et de moi-même, je ferais payer cher à l’homme qui tient la prérogative du commandement suprême des États-Unis son discours qui appelle à la destruction totale de la RPDC.

Ce n’est pas une formule rhétorique comme Trump les adore.

J’ai peine à comprendre à quelle réponse il s’attendait quand il a laissé ces mots excentriques trébucher sur sa langue.

Peu importe ce qu’il attendait, il en affrontera les résultats bien au-delà des attentes.

Je dompterai certainement et pour de bon par le feu le dément gâteux américain.

 

Traduit par Jul, relu par Cat pour le Saker Francophone

29 Septembre 2017

Comment les Américains font vraiment la guerre

 

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Frappes aériennes, groupes réduits de forces spéciales, coalitions de soldats locaux, déploiement d’agents et de conseillers militaires: tout indique que les militaires américains préfèrent ne pas rencontrer l’ennemi en face à face.

Au fil des ans, l’armée américaine a perdu de sa grandeur à force d’opérations de courte durée et de campagnes de communication.

Des coalitions locales pour intermédiaire

La tactique classique des Américains consiste à placer un intermédiaire entre eux et l’ennemi. En Syrie, ils ont mis en place une sorte d’airbag dont le rôle a été assumé par les unités kurdes d’autodéfense et l’Armée syrienne libre. Cette coalition a été appelée «Forces démocratiques syriennes». Les Américains utilisent également les forces armées kurdes Peshmerga en tant qu’intermédiaire. Les Américains sont à l’avant-garde de la coalition regroupant encore dix autres pays de l’Otan.

La com’, une arme comme les autres

Les USA donnent toujours des noms nobles et pleins d’emphase à leurs opérations dans le cadre des campagnes de communication visant à les justifier. Les Américains ont ainsi envahi Haïti en 1994 dans le cadre de l’opération «Uphold Democracy». En 1995, les avions américains ont bombardé les Serbes bosniaques durant l’opération «Deliberate Force». En 1998, on se rappelle de l’opération «Desert Fox» et des bombardements de l’Irak. Pendant 11 ans, les USA ont rompu la tradition de donner des noms résonants à leurs opérations pour y revenir en 2011 avec «Odyssey Down», quand ils ont envahi la Libye.

Ils n’aiment pas mourir

En 1989, près de 26 000 soldats ont participé à l’opération Just Cause au Panama, dont 23 ont été tués et 330 blessés. En deuxième position, en termes de pertes, figure l’opération Restore Hope en Somalie. Près de Mogadiscio, les forces spéciales ont perdu en deux jours 18 morts, 84 blessés et un prisonnier dans les affrontements contre les rebelles. En 1999, les forces de l’Otan ont perdu deux hommes dans l’opération Noble Anvil et les bombardements de la Yougoslavie. Début mars 2002, en Afghanistan, les USA ont organisé la plus importante bataille terrestre sous le nom de code Anaconda. En deux semaines 8 personnes ont été tuées et 80 blessées à cause des erreurs du commandement. Aujourd’hui, près de 9000 soldats américains se trouvent en Afghanistan, dont près de 2000 participent aux opérations contre les terroristes de l’État islamique.

Un soldat américain tué

Selon différentes informations, entre 300 et 500 soldats américains se trouvent actuellement en Syrie. Mais l’administration américaine juge encore ce chiffre trop élevé. Des notes hystériques ont retenti quand un soldat a explosé sur une mine artisanale fin novembre 2016 près de la ville d’Aïn Issa. Il s’agissait de la première perte d’effectifs depuis le début des activités militaires en octobre 2015. Deux journaux américains majeurs en ont parlé et des condoléances ont été publiées sur le site du Pentagone.

Trahison

Au moment précis où un soldat américain était mortellement blessé, les combattants Peshmerga étaient attaqués par des tireurs d’élite terroristes dans le village de Fazlia. Sept soldats kurdes ont été blessés. Leurs camarades ont appelé pendant deux heures les hélicoptères américains pour qu’ils leur viennent en aide. Mais ils ne sont pas venus. La tentative de faire évacuer les blessés sous le feu a échoué. En revanche, un hélicoptère Apache a été immédiatement envoyé à la rescousse de l’unique soldat américain blessé. Pour se justifier, les représentants du Pentagone ont invoqué un «dysfonctionnement dans le système de commandement».

Quand les forces spéciales fuient à toutes jambes

Delta est le nom de l’unité spéciale qui a débarqué début juillet 2014 près de la ville syrienne de Racca. L’objectif principal de l’opération était de retrouver les otages parmi lesquels, selon les services de renseignement, se trouvait le journaliste James Foley porté disparu depuis 2012. Même si sa disparition remontait à deux ans, le commandement américain a invoqué précisément cette raison pour justifier sa mission secrète.
Les troupes ont été débarquées par un hélicoptère furtif doté d’une hélice supplémentaire permettant d’atterrir le plus discrètement possible. Mais ces ruses n’ont pas fonctionné. Les terroristes de l’État islamique ont découvert l’unité et ont lancé un bombardement massif. L’opération a échoué après avoir duré environ 40 minutes. C’est le temps qui avait été nécessaire pour capturer Oussama Ben Laden.
Mais les Américains ont renoncé à leur principe fondamental: agir vite et s’enfuir encore plus vite. Le même mode opératoire a été présenté pendant les exercices conjoints du 5 décembre 2016 par les parachutistes de la 173e brigade aéroportée des USA et les militaires slovènes, qui apprenaient sur leur propre territoire à agir ensemble lors d’un déploiement rapide.

Une armée incapable de participer à de longs conflits

Les frappes aériennes sont la tactique préférée des Américains. Le 7 décembre 2016, le Pentagone a publié sur son site officiel que les USA et les forces armées de la coalition continuaient d’attaquer les terroristes en Syrie et en Irak avec des bombardiers, des chasseurs et des drones basés à Erbil et à Qayyarah. Un responsable du Pentagone a déclaré qu’ils ne rapportaient ni le nombre de frappes, ni le type d’avions y participant, ni le nombre d’armes utilisées dans chaque frappe, ni le nombre de postes d’armement visant les sites. L’artillerie terrestre participant à la contre-offensive ou assurant l’appui des manœuvres n’est pas classifié comme portant des frappes.

Zéro pointé pour l’armée

Les idéologues, les propagandistes, les forces spéciales et les conseillers militaires sont un cercle étroit qui est plus opérationnel que la grande armée américaine à laquelle les généraux interdisent de faire réellement la guerre depuis des années. Et ces mêmes généraux accusent les soldats d’être mal préparés. Un scandale a éclaté début 2016 quand plusieurs généraux — le chef du Comité d’état-major des forces armées américaines Joseph Dunford (l’officier du plus haut rang), le commandant de l’armée de terre Marc Milley et le général à la retraite John Allen — ont dévoilé la mauvaise préparation opérationnelle des forces américaines.

Cherchez la femme avec des galons

La secrétaire à l’US Air Force Deborah Lee James a reconnu pendant un discours au Congrès que le niveau de préparation de l’armée était le plus bas de toute l’histoire du pays. Selon elle, «moins de la moitié des forces armées américaines» est prête à mener un combat impliquant l’usage de hautes technologies.

 

Source:https://fr.sputniknews.com/blogs/201709191033120060-militaires-americains-guerre/

28 Septembre 2017

Washington a ouvert les hostilités militaires contre la Russie

 

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La Russie a fourni des preuves montrant que Washington collabore avec ISIS dans les attaques contre les forces russes.

Lors d’une attaque gérée par Washington, ISIS a tenté de capturer 29 hommes de la police militaire russes. Mais les forces spéciales russes sont entrées dans la mêlée, et il en a résulté des pertes spectaculaires pour ISIS.

Lors d’une autre attaque gérée par Washington qui violait les accords, le général russe Valery Asapov et deux colonels russes ont été tués.

Tôt ou tard, le gouvernement russe comprendra que Washington n’est pas un gouvernement rationnel avec qui l’on peut appliquer la diplomatie, chercher la paix et passer des accords. Tôt ou tard, le gouvernement russe comprendra que, loin d’être rationnels, les décideurs de Washington sont un ramassis de psychopathes criminellement aliénés, esclaves du complexe militaro-sécuritaire qui, pour sa part, recherche d’énormes profits.

En d’autres termes, pour les puissants groupes d’intérêts qui contrôlent le gouvernement étasunien, la guerre est un centre de profit. Tout luxe de diplomatie russe est inutile contre ce fait.

Il est regrettable que le gouvernement russe n’ait pas réalisé à qui il avait affaire. Si le gouvernement russe n’avait pas projeté sa propre rationalité sur Washington, la guerre en Syrie serait finie depuis belle lurette. À la place, espérant un arrangement, les Russes ont agi par à-coups, et donné ainsi à Washington le temps de se rétablir des chocs de leurs interventions et de mettre sur pied des plans de morcellement de la Syrie afin de maintenir à jamais le chaos là-bas. Pour avoir caressé l’espoir d’un arrangement, le danger dont nous a avertis The Saker est réel.

Les protestations des footballeurs en faveur des Noirs, qui s’insurgent en refusant de se tenir debout pendant l’hymne national, arrivent à un moment regrettable. Cela fait le jeu du complexe militaro-sécuritaire, qui utilise la forte voix du Président Trump contre l’« anti-américanisme » pour attiser la ferveur patriotique. Il est stupéfiant de voir que les gens se laissent prendre systématiquement. Le complexe militaro-sécuritaire et sa pressetituée fomentent la colère du public contre ceux qui « attaquent notre pays ». Cette colère se détournera des footballeurs pour se reporter contre la Russie.

Avec le public dans sa poche, le complexe militaro-sécuritaire multipliera ses provocations téméraires contre la Russie, jusqu’à ce que nous soyons tous morts.

Paul Craig Roberts

 

Original : www.paulcraigroberts.org/2017/09/25/washington-initiated-military-conflict-russia/
Traduction 
Petrus Lombard

27 Septembre 2017

 

 

Les Etats-Unis risquent bientôt de ne plus pouvoir assumer les coûts des guerres

Tout est lié – de nouveaux soldats américains en Afghanistan, la lutte pour limiter les dettes et le déficit budgétaire ainsi que le cours du dollar et du franc suisse.

Pour garder la vue d’ensemble à plus long terme, empruntons donc une méthode de l’historien britannique Peter Heather. Dans son analyse historique «The Fall of the Roman Empire», il décrit comment – en raison de la chute des recettes étatiques et de la hausse des déficits – Rome était de moins en moins en mesure de financer ses troupes. Plus l’Empire perdit de terres et de provinces, plus l’argent se raréfia. Suite à la réduction des troupes, d’autres provinces durent être abandonnées à l’ennemi – une spirale de la mort.

Nous allons appliquer cela aux Etats-Unis, où le Congrès et le président luttent pour obtenir une limite plus élevée de l’endettement. Car les dettes sont déjà plus élevées que la production d’un an de cet immense pays. Jusqu’à présent, elles ont été financées par des crédits. Rome payait en monnaie de toujours plus mauvaise qualité. C’est là qu’intervient le levier inexorable de l’Histoire. Le déficit budgétaire est de 680 milliards de dollars. Les dépenses militaires sont au même niveau et également la croissance économique en dollars. Le calcul est donc simple – tout ce qui est produit en plus, va dans les dépenses militaires, et celles-ci sont empruntées à crédit. Ces déficits courants absorbent toute la croissance et toutes les augmentations de salaires et de prix. Suite à cela, les dettes augmentent proportionnellement plus vite que l’économie nationale, elles augmentent massivement d’année en année. Cela fait baisser les taux d’intérêt, ce qui fait augmenter le déficit.

Contrairement à la Rome antique, ces dettes militaires ont d’abord été financées avec du papier – avec des obligations émises par l’Etat. Neta Crawford du Watson Institute a évalué les dépenses pour toutes les interventions impériales dans le domaine de l’antiterrorisme en Irak, en Syrie, au Pakistan et en Afghanistan depuis 2001 à 5000 milliards de dollars. Depuis, la banque centrale a racheté 4000 milliards de dollars de dettes publiques. Des quantités correspondantes d’argent nouvellement imprimé ont alimenté la hausse boursière, les gains du secteur financier, les comptes des banques auprès de la banque centrale, mais moins l’économie nationale. Par l’acquisition des titres de créances, les intérêts de l’Etat sont tombés à 1,3% en moyenne, ou 266 milliards par an. Maintenant la banque d’émission ne veut plus acheter d’obligations d’emprunts et désire normaliser les taux d’intérêts ce qui pourrait hisser le service des intérêts des années à venir à 600 milliards et plus.

C’est-à-dire que les dépenses militaires du passé vont massivement faire augmenter les déficits futurs, et l’heure de la vérité approche: ce sera pour les Etats-Unis le moment de faire des économies. Comme dans la Rome antique, il manquera chaque année davantage d’argent pour des légions entières. Comme les dépenses destinées aux redistributions à l’intérieur du pays sont largement liées et politiquement inattaquables, on ne pourra faire des économies que dans le domaine militaire, et cela massivement. La seule issue serait la Banque d’émission qui devrait retourner à la création massive d’argent. Mais cela ferait plonger le dollar, ce qui ferait encore davantage baisser la réputation des Etats-Unis. Les agences de notation menacent déjà de dégrader à nouveau la solvabilité de l’empire. Malheureusement, le franc suisse serait réévalué.

Les guerres ont aussi des conséquences humaines dramatiques, celles-ci ont également des répercussions économiques aux Etats-Unis. Pour un soldat actif en mission, il y a déjà 16 vétérans au pays. Ce sont 21 millions de personnes, pratiquement le double du nombre de travailleurs dans l’industrie américaine. Cela, il faut le payer deux fois, car il manque le rendement économique de millions de jeunes hommes et les retraites, les maladies des vétérans coûtent cher. Cela augmente également le déficit du commerce extérieur qui est déjà très élevé. La qualité de vie des Américains diminue, car il manque de l’argent à l’intérieur du pays. L’intervention massive en Afghanistan sous le président Obama – le modèle pour l’intervention actuelle – a coûté 100 milliards par an, pendant plusieurs années. C’est la même somme que le président Trump voulait dépenser pour les infrastructures bancales. Cela a aussi disparu.

Y a-t-il des alternatives? Car l’Irak, la Syrie, le Pakistan et l’Afghanistan ne se sont pas tous transformés en «a better place», comme les Américains aiment à dire.

Nombreux sont ceux qui pensent qu’avec leur extension mondiale les Etats-Unis convoitent les matières premières. Le ministre des mines de l’Afghanistan les a proposées pour 3000 milliards cette semaine. Mais on peut aussi se procurer ces mines et le pétrole du Moyen-Orient en déposant quelque chose dans les mains tendues des tribus et des dirigeants de la région. Cela coûte beaucoup moins, et l’on peut obtenir le bon comportement aussi en menaçant de bloquer tout paiement. L’Empire romain et les Habsbourgeois se sont les deux procurés deux siècles de paix en payant leur tribut aux Barbares et aux Ottomans. Cependant, si les firmes occidentales payaient, elles s’effondreraient sous la tempête d’indignation des défenseurs de l’éthique et de la gouvernance. On y ajouterait des plaintes, des décisions judiciaires et des amendes à hauteur de milliards. Mais entend-on hurler ces défenseurs de l’éthique et de la gouvernance quand il s’agit de mener de nouvelles guerres? Non, le droit des sociétés anonymes, une comptabilité péniblement propre, et une gouvernance politique entêtée sont plus importants qu’une paix facilement suspecte. On préfère la guerre aux pots-de-vin. Trump n’est pas le seul qui manque de morale, l’Occident n’en a pas non plus.

Beat Kappeler, ancien syndicaliste, économiste et chroniqueur suisse

(Traduction Horizons et débats)

Source:http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2017/2223-12-september-2017/werden-die-kriegskosten-fuer-die-usa-unbezahlbar.html

26 Septembre 2017

 

 

Les questions interdites sur la crise coréenne

Maintenant, il est temps pour Washington ou Séoul de faire un geste courageux pour la paix et d’arrêter leurs manœuvres militaires – des événements semestriels datant de 1976, dans lesquels des forces militaires américaines et sud-coréennes déploient des milliers de soldats pour simuler divers scénarios de conflit avec le Nord.

Les manœuvres de cet été impliquaient 17 500 soldats américains et 50 000 Sud-Coréens. Pour la Corée du Nord, ces exercices simulent une invasion. Les jeux de guerre ayant un objectif offensif particulier violent la Charte des Nations Unies, c’est-à-dire le droit international.

La défiance réciproque actuelle opposant Pyongyang et Washington a suscité des réactions alarmistes et des propos enfiévrés de toutes les parties, à l’exception de la Chine, qui a, de manière sensée, proposé un double gel: les États-Unis arrête leurs exercices militaires perpétuels ; La Corée du Nord cesse de tester les missiles et les armes nucléaires.

En Chine, c’est une position modérée entre ceux qui sont sympathisants de la Corée du Nord et ceux qui veulent que Pékin prenne une ligne dure comme le souhaiterait Washington. L’ancien secrétaire américain à la Défense William Perry, qui a préconisé des frappes préventives, est d’accord avec un gel mutuel. Dans un éditorial du 1er août, The New York Times a cité des experts qui avalisaient le gel. Alors pourquoi pas?

La pression des États-Unis sur Pékin pour faire pression sur Pyongyang sans tenir compte des opinions de Pékin ne fonctionne pas. Les Chinois pourraient faire tout leur possible pour mettre fin aux tests de la Corée du Nord et s’orienter vers la dénucléarisation, mais seulement si Washington sort de sa vie actuelle et s’engage à totalement accepter tout ce que Pékin pourrait accomplir. Pékin ne servira pas de commis-voyageur pour Washington et ne tolérera pas une fois de plus des provocations visant à lui faire porter le chapeau. Et Washington doit renoncer à ses tactiques de changement de régime, une autre violation de la Charte des Nations Unies.

Pour une analogie historique pertinente, même imparfaite, comparez cela à l’opération Mongoose – un programme secret visant à retirer les communistes du pouvoir à Cuba – sous les administrations américaines de Dwight Eisenhower et John F Kennedy.

La question demeure: Pourquoi Washington insiste-t-il pour la poursuite des exercices militaires ? S’agit-il de la stratégie, de budgets militaires, de la promotion des ventes d’armes ? Le but est-il de maximiser les tensions et d’éloigner la Corée du Sud de la Chine et la rapprocher du Japon ?

La Corée du Sud investit énormément dans l’ancienne Mandchourie et son commerce avec la Chine a atteint de nouveaux sommets. Ainsi, Pékin a une participation aussi importante dans la sécurité de Séoul que celle de Pyongyang, à un niveau certainement largement plus important que celui de Washington que de nombreux Coréens considèrent comme peu intéressé par la sécurité sud-coréenne. Pourquoi Séoul se joint-il aux exercices ?

Dans son édition imprimée du 31 août, The Wall Street Journal a rapporté que « les Sud-Coréens se sentaient marginalisés dans la crise de Pyongyang ». Ils voient Washington s’occuper de Pékin, de Tokyo et de Moscou en contournant Séoul, et prendre à la légère l’insistance du président Moon Jae-in pour que toute action militaire soit approuvée par le gouvernement de son pays. Les médias occidentaux ont tendance à minimiser ou à ignorer la position de Moon tout en soufflant sur les braises sur le plan rhétorique. Washington fait-il pression sur Séoul (et les médias) ? La volonté de Pyongyang de négocier avec Washington est également minimisée.

En outre, pourquoi supposer que Washington veut la paix ? Le président Moon a essayé de mettre certaines limites à l’agressivité de Washington. Comme le Japon, la Corée du Sud est un pays occupé, et le nouveau président voudrait peut-être affirmer une certaine souveraineté nationale, prétendument protégée par le droit international. De manière plus générale, la poursuite des exercices militaires renforce le « pivot », la « présence » du pouvoir militaire américain dans la région du Pacifique occidental pour compenser le déclin de l’importance économique et de l’autorité morale des États-Unis, en particulier vis-à-vis de la Chine.

En prétendant qu’il se trouve sur un niveau plus élevé, Washington dit que le gel réciproque proposé (exercices contre tests) implique une équivalence avec les Nord-Coréens qui sont inférieurs, et que les États-Unis ne pourraient pas s’abaisser à cela ni créer cette impression. Avec cette attitude, c’est le contraire qui se passe. L’autorité morale de Washington elle-même diminue proportionnellement à l’énorme disparité de taille et de puissance qu’il y a entre les antagonistes. Dans un tel concours inégal, le parti le plus puissant a la responsabilité de faire le premier pas vers un règlement.

Tokyo aussi, mal aimé dans les deux Corées, ferait bien de réfléchir sincèrement à la manière de jouer un rôle plus axé sur la paix, comme ses lois l’exigent, plutôt que d’exploiter la situation pour promouvoir son propre militarisme et s’asseyant sur l’article 9 de sa constitution, qui renonce à la belligérance. Les autres nations feraient bien elles aussi d’intégrer l’article 9 dans leurs propres constitutions.

 Source : http://www.atimes.com/forbidden-questions-korea-crisis/

 

Traduction : Avic – Réseau International

25 Septembre 2017

 

Ce qui prouve en tous cas, Nicolas, que le glyphosate est toujours là ! (*)

Une manifestation, lancée à l'appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, bloquait ce vendredi matin les Champs-Elysées, à Paris pour protester contre l'éventuelle interdiction du glyphosate. Hulot a rencontré les agriculteurs en colère : le mouvement répondait à son annonce selon laquelle il voterait contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate à l'Union européenne. S’il faut saluer cette initiative, il faut aussi savoir quelles sont les forces en présence.

Le glyphosate est un herbicide cancérogène jugé inoffensif par les « experts » de l'Union Européenne, l'Agence Européenne des Produits Chimiques (Echa), en conséquence de quoi les produits chimiques utilisés dans le « Roundup » de Monsanto, le désherbant leader sur le marché, sont utilisés par les professionnels aussi bien que par le grand public malgré une protestation grandissante en raison de risques Sanitaires à moyen et long terme.

Les gouvernements européens et les autorités sanitaires sont divisés sur le sujet : certains scientifiques de l'Organisation Mondiale de la Santé établissent bien un lien entre le produit et le cancer, mais d’autres nient toute espèce de risque.

Au cours de l’été 2016, l’ECHA a été invitée à évaluer la toxicité du glyphosate après que certains pays de l'UE aient annoncé leur intention de refuser une reconduction de l’autorisation pour l'herbicide le plus vendu, malgré une recommandation positive de l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

L'agence a conclu que "les preuves scientifiques disponibles ne satisfaisaient pas aux critères de classement du glyphosate comme cancérogène, en tant que mutagène ou toxique pour la reproduction".

"Cette conclusion était basée à la fois sur la preuve humaine et sur le poids de la preuve de toutes les études sur les animaux examinées", avait déclaré en Mars 2017 M. Tim Bowmer, président du Comité d'évaluation des risques à l’ECHA.

Une recommandation selon laquelle le glyphosate provoque des lésions oculaires graves et, insistant sur la toxicité du produit pour la vie aquatique a été maintenue, mais la controverse sur ses effets pour la vie en-dehors de l’eau est passée à la trappe.

Puis l’avis de l’ECHA a été confronté à un contrôle interne avant d’être soumise à la Commission Européenne ces jours-ci afin qu'une décision finale puisse être prise.

Il faut savoir que l'équipe responsable de l'étude a elle-même été accusée de conflits d'intérêts par Greenpeace, car plusieurs de ses membres avaient effectué des travaux de conseil pour des entreprises chimiques incriminées ou travaillaient pour des instituts en relation avec ces entreprises.

La directrice de la politique alimentaire de Greenpeace Europe, Franziska Achterberg, avait déclaré : "L’ECHA a effectué un travail important pour effacer tous les éléments prouvant que le glyphosate peut causer un cancer. Les données dépassent largement ce qui est légalement nécessaire pour l'UE d'interdire le glyphosate, mais l’ECHA a détourné son regard. "

Les acteurs de l'industrie chimique s’étaient félicités de l'évaluation. "La science a prévalu", avait déclaré M. Graeme Taylor, de l'European Crop Protection Agency. "Le glyphosate n'est pas cancérogène. Nous espérons que la Commission Européenne avancera rapidement dans le processus d'enregistrement du produit dans l'UE et lui accordera une autorisation de 15 ans ".

Mais le rapport d’un procès fédéral américain connu de longue date concernant des personnes atteintes de lymphomes a soulevé des questions gênantes sur les relations de Monsanto avec les organismes de réglementation de l'Environmental Protection Agency (EPA).

Ce rapport montre que le géant américain des biotechnologies agricoles a été dirigé par M. Jess Rowland, également directeur de division adjoint de l'EPA, ce qui lui permet de désamorcer les offensives éventuelles. Selon ce rapport, M. Rowland aurait déclaré à un dirigeant de Monsanto qu'il empêcherait toute enquête du gouvernement sur le glyphosate en ajoutant : "Si je peux empêcher ça, je mérite une médaille".

Parmi les documents révélés dans le procès américain, figure une lettre étonnante de Mme Marion Copley, une scientifique de l'EPA, qui a déclaré qu'elle était "absolument certaine" que le glyphosate était générateur de cancer. Mme Copley, qui était elle-même en phase terminale de cancer, a mis en évidence plusieurs cas de conflits d'intérêts : "J'ai un cancer et je veux que les graves problèmes dans les services sanitaires abordés avant d’être enterrée. J'ai fait mon devoir."

Un million de personnes ont signé une pétition demandant une interdiction européenne du glyphosate, ainsi qu’une réglementation et des contrôles obligatoires pour réduire l'utilisation des pesticides. La Commission européenne devra se déterminer clairement et choisir entre le lobbying industriel et l’intérêt des populations.

Bon courage, M. Hulot !

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(*) Souvenirs de la Commune :
« C'est la hache de Damoclès 
Qui plane sur leurs têtes. 
A l'enterrement de Vallès 
Ils en étaient tout bêtes 
Fait est qu'on était un fier tas 
A lui servir d'escorte 

Ce qui prouve en tous cas Nicolas, 
Que la Commune n'est pas morte. » 

24 Septembre 2017

 

 

Espagne : la crème catalane sent le brûlé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interpellation de quatorze hauts fonctionnaires de l’exécutif catalan, perquisitions d’une vingtaine de bâtiments officiels de la région par des agents de la Guardia Civil, saisie des documents liés à l’organisation du référendum. Le pouvoir central espagnol n’y va pas avec le dos de cuillère ! La justice avait prévenu par courrier les dirigeants et fonctionnaires catalans que le scrutin indépendantiste était illégal et qu’ils ne devaient pas collaborer à son organisation. Les indépendantistes ont ignoré ces avertissements en annonçant qu’ils ne respecteraient plus les lois espagnoles. La machine judiciaire espagnole s’est donc mise en marche et n’a pas fait dans le détail. Ces interpellations ont immédiatement entraîné des manifestations aux abords des différents bâtiments publics perquisitionnés, réclamant « le départ des forces d’occupation » ! On en est là…

Les séparatistes sont majoritaires en sièges au parlement catalan depuis septembre 2015. Mais les Catalans sont très partagés. Aux élections régionales en 2015, les indépendantistes ont obtenu 47,6 % des suffrages, mais la somme des voix des partis soutenant un maintien en Espagne représentait 51,28 % des suffrages. Les tenants du dépeçage de l’Espagne ne sont donc pas assurés de vaincre.

Bon. Et en quoi cela nous regarde-t-il ? Hormis le fait que la fédération française de la Convergence démocratique de Catalogne, prône la création d’une région de Catalogne du Nord dans le Roussillon pour « restaurer » un pays catalan transfrontalier, ce vote marque la marche en avant du démantèlement des États-nations au profit d’eurorégions, entités fondées sur une ethnicité réelle ou fantasmée et surtout un égoïsme revendiqué vis-à-vis des États-nations.

Europe des régions ? Késako ? Bruxelles préconise depuis longtemps des coopérations transfrontalières entre régions d’États voisins : Catalogne espagnole et française, Savoie italienne et française, Pays basques espagnols et français, Alsace et Bade Wurtemberg, etc. Ceci impliquant des transferts de compétence de l’État vers ces nouvelles entités et la mobilisation de fonds européens directement par ces entités. Il s’agit d’une manière sournoise, camouflée, de démanteler les États. Ce n’est pas une idée nouvelle. Il existe même une revue glacée (maintenant uniquement en anglais !), payée par l’Union européenne, vantant les mérites de ces « Euro régions ». Le but inavoué est de démanteler encore plus les Etats-nation au profit d’entités régionales plus petites et donc plus faciles à contrôler !

En fait, cette aberration est un laboratoire pour les eurocrates, marionnettes des multinationales. Sous couvert d’une prétendue simplification et de pseudo-économies, il s’agit en réalité de fusionner à terme des régions de pays différents pour les mettre sous contrôle de Bruxelles et ainsi de fractionner les États Nations. C’était le but sournois, caché, du référendum, il y a quelques années, en Alsace. On commence par cette région qui a une culture, un passé, une langue proche de ses voisins. En continuera ailleurs si ça marche ! Pour le profit de qui ? Ben, des multinationales bien sûr, qui pourront plus facilement manœuvrer des entités régionales que des États-nations puissants.

Qui veut ça ? Qui organise ça ? Cette Europe qui a trahi ses fondateurs. Cette Europe de technocrates élus par personne. Cette Europe dirigée par des « commissaires » dont la majorité a fait ses études… aux USA ! Cette Europe qui a renié ses buts premiers - paix et solidarité – pour les remplacer par la mise en concurrence « libre et non faussée » de tous contre tous. Cette Europe, grosse larve qui s’étale sans colonne vertébrale, sans dessein autre que de devenir le larbin des USA à travers les accords de libre-échange CETA et TAFTA. Cette Europe inféodée par la félonie de ses « dirigeants » aux seuls intérêts anglo-saxons.

L’outil par lequel l’Union européenne fait la promotion toujours plus ferme de l’échelon régional, c’est le « principe de subsidiarité » (inscrit dans le traité de Maastricht), qui consiste à déléguer à l’échelon décisionnaire inférieur ce que l’échelon supérieur ne pourrait faire que de façon « moins efficace », moins « proche des populations ». Il existe à cet effet un Comité des Régions (CDR) qui est une assemblée consultative s’occupant de tout ce qui a trait aux régions. Ce « machin » veille à ce que le « principe de subsidiarité » soit respecté et peut même saisir la Cour de Justice européenne à cet effet.

Ce processus pousse les États de l’Union vers une forme de régionalisation, qui est autre chose que la « décentralisation ». À terme, il y aura ainsi un traitement différent des Français en fonction de leur région. Adieu l’égalité à la française !

Ce « rééquilibrage des gouvernances » qui consiste à transférer des pouvoirs et des compétences vers les régions et vers l’Europe affecte la capacité de décision des États et menace même leur existence en tant qu’États.

À terme, avec cette vente à la découpe des États-nations sous forme d’Euro régions, c’est la mise sous tutelle des États que vise l’Europe. Mise sous tutelle politique mais aussi économique. Pour le plus grand profit de qui ? Regardons outre Atlantique.

La « sympathie » américaine à l’égard de cette forme de régionalisation s’explique par le transfert du pouvoir politique des États vers les régions. Désormais, la « région État » se pare d’une autonomie politique de plus en plus grande dans les domaines qui touchent l’administration, la justice, les systèmes bancaires et postaux ou encore l’éducation, cette dernière devenant de plus en plus - quoique en disent les autorités officielles - une éducation régionale. Or, ces instances politiques régionales sont conduites à traiter directement avec les instances supranationales de Bruxelles en court-circuitant l’autorité nationale. Ceci ne peut que combler d’aise les dirigeants politiques et économiques étasuniens qui, par l’intermédiaire de leurs puissants lobbies présents massivement à Bruxelles, pourront engager des contacts directement avec la Lombardie, l’Alsace, la Catalogne, etc. Entre d’un côté, la puissance politique, militaire et économique considérable des États-Unis et de l’autre, une quelconque région d’Europe, on devine sans peine quel parti Washington tirera de cette affaire.

Les séparatistes catalans s’en remettent à Bruxelles et attendent une réaction de l’extérieur. Mais si les instances européennes applaudissent en se cachant toutes les velléités indépendantistes, il n’en est pas de même des États membres de l’Union qui se sont toujours rangés derrière Madrid et qui ne s’en désolidariseront vraisemblablement pas.

L’indépendantisme régional - qu’il soit catalan, écossais ou nord italien - il s’agit en fait d’un égoïsme étriqué de la part de régions au PIB généralement élevé.

 

 

Illustration : merci à Lilou

23 Septembre 2017

 

22 raisons de manifester le 21 et 23 septembre

 

Car nous vivons un moment historique. Après le code du travail, la sécurité sociale figure en ligne de mire du président Emmanuel Macron et de ceux qui l'ont installé au pouvoir. A nous de nous interposer, de faire bloc face au choc qui s’annonce, et de précipiter leur chute.

1) Contre la loi travail XXL qui nuit à l’emploi

Les ordonnances contre la loi travail vont supprimer le CDI, la durée légale du travail et précariser l’emploi. Elles affaiblissement les syndicats et vont contribuer à la baisse des salaires. Elles nuisent à l’entrepreneuriat et ne vont pas permettre de créer de l’emploi. Les petits patrons n’en veulent pas. Elle n’avantage que les multinationales et le Medef.

 

2) Contre le traité de libre-échange CETA qui détruit le climat

Selon le rapport de la commission commandé par Emmanuel Macron lui-même, le CETA aura des conséquences désastreuses pour le climat et la santé. Il menace l’agriculture locale et biologique et autorise les produits transgéniques et les animaux nourris aux OGM et antibiotiques activateurs de croissance sur le territoire, tout en introduisant un système de tribunal qui permettra aux multinationales d’attaquer la France en justice.

 

3) Contre la réduction des libertés individuelles prévues dans le projet d’État d’urgence permanent.

Le projet d’inscrire les dispositions contre l’état d’urgence dans le droit commun signe un recul sans précédent des droits fondamentaux, alors qu’il a été maintes fois prouvé et démontré que ces dispositions ne permettent pas de lutter efficacement contre le terrorisme.

 

4) Contre l’accroissement des inégalités orchestré par les baisses d’impôts sur les 1 % les plus riches payés par les classes moyennes et les pauvres

Les baisses d’impôts se concentrent à 50 % sur les 10 % les plus riches (d’après le magazine capital) et représentent 8 milliards d’euros pour les plus riches, dont 3 milliards pour les 0,1 %. Les 3000 ménages redevables de l’ISF sur le patrimoine mobilier (le monde) vont gagner 100 000 euros chacun en moyenne. Le pire c’est que même le FMI démontre (désormais) que l’accroissement des inégalités nuit à la croissance.

 

5) Contre la baisse des APL et la politique de sabotage du logement social

En plus de la réduction de 5 euros des APL s’ajoute un projet de porter cette baisse à 50 euros, soi-disant compensé par le gel du livret A (qui frappe les petits épargnants) et autres mesures cosmétiques. Le compte n’y ait pas, au minimum 1,2 milliard d’euros manquent pour équilibrer les comptes. Cela ne peut qu’aggraver la crise du logement.

 

6) Pour la sauvegarde des services publics et de la sécurité sociale

Santé, transport, éducation : les coupes budgétaires affaiblissent volontairement les services publics dans le but de les brader au privé. Quant à la sécurité sociale, elle est menacée par les transferts de financement (CSG) et les réformes annoncées sur l’assurance chômage, les retraites et l’assurance maladie. Son budget est déjà attaqué par le plan d’austérité.

 

7) Contre l’instrumentalisation de la police et la logique de répression brutale

Rémi Fresse tué par une grenade explosive dont le modèle est toujours en usage dans les forces de police, Robin estropié par une autre grenade, des milliers d’hospitalisations, des gens éborgnés à vie… et aucune condamnation. L’état vient de racheter pour 23 millions de matériels au potentiel létal.

Cette politique met aussi bien en danger la vie des flics que celles des citoyens. Policiers, CRS rejoignez-nous  !

 

8) Contre la suppression des contrats aidés sans plan de rechange immédiat

Non seulement les 240 000 emplois supprimés sur deux ans vont plonger autant de personnes dans la difficulté, mais le gouvernement n’a pas annoncé d’alternative immédiate. Or ces emplois aidés aident indirectement d’innombrables personnes : école, prise en charge de la personne, travail associatif, œuvres caritatives... de nombreuses structures en dépendent.

 

9) Contre l’autorisation des perturbateurs endocriniens

Nicolas Hulot a signé un accord honteux qui reprend dans le texte les propositions des industriels producteurs de ces molécules cancérogènes et toxiques.

 

10) Contre la fraude fiscale et le maintien du verrou de Bercy

Emmanuel Macron et LREM ont voté pour le maintien du verrou de Bercy, un dispositif qui empêche les poursuites et enquêtes judiciaires des bandits se livrant à de la fraude fiscale. Cette fraude représente 80 milliards par an.

 

11) Pour une agriculture biologique

Le gouvernement veut supprimer les subventions à l’agriculture biologique et les reverser à l’agriculture intensive. L’UE cherche à autoriser les pesticides dans le bio. Le CETA va mettre en concurrence l’agriculture locale avec des productions industrielles, fermes de 30 000 vaches et saumon transgénique.

 

12) Contre les onze vaccins obligatoires

Cette mesure va accroitre la méfiance vis-à-vis des vaccins et des labos pharmaceutiques, même si on pense que la vaccination est nécessaire, cette loi est contre-productive, de l’avis des spécialistes.

 

13) Contre le transfert des cotisations sociales sur la CSG

Cette mesure détruit l’essence de la sécurité sociale et le principe même de solidarité (chacun reçoit de l’aide selon ses besoins et cotise selon ses moyens). C’est un cheval de Troie pour porter le coup final à la sécurité sociale, destinée à être remplacée par un système individualiste où «  chacun reçoit en proportion de ses moyens  ».

 

14) Contre l’austérité budgétaire

Le FMI lui-même a reconnu dans un rapport interne l’impact négatif de l’austérité sur la croissance et la réduction des déficits. L’exemple du Portugal démontre qu’on peut réduire les déficits sans faire d’austérité. Elle n’est qu’un prétexte pour affaiblir les services publics et la sécurité sociale.

 

15) Contre le non-respect des droits de l’homme dans le traitement des migrants

Les ONG et la Cour européenne des droits de l’homme dénoncent un traitement inhumain et une violation des droits de l’homme.

 

16) Contre les ventes d’armes aux États qui conduisent des guerres sans mandat international et financent le terrorisme.

Cette proposition d’un député insoumis à l’Assemblée nationale a été refusée par LREM. Ce qui revient à dire qu’on accepte la vente d’armes à des pays qui s’engagent dans des guerres illégales débouchant sur des génocides, comme l’Arabie Saoudite au Yémen dont les frappes aériennes ont placé 7 millions d’habitants en situation de crise humanitaire.

 

17) Contre la dérégulation financière

Emmanuel Macron souhaite déréguler la finance, il a déjà enterré le projet de taxe sur les transactions financières qui s’appliquait à l’échelle de l’UE. C’est la porte ouverte vers une nouvelle crise financière dans un contexte de dérégulation sans précédent aux USA. Il faut des pare-feu, pas un affaiblissement des règles.

 

18) Pour le pluralisme dans les médias

Les médias mainstream mentent par omission, déforment les faits, s’engagent politiquement sans le dire et désinforment. Ils véhiculent de la haine et de la peur pour défendre des intérêts financiers et des idéologies contraires aux valeurs de la république. Luttons contre la concentration des médias, protégeons les journalistes précaires et interdisons aux grands groupes industriels de posséder des médias.

 

19) Pour être solidaire avec les grévistes et favoriser les blocages

Seul le blocage de l’économie du pays fera reculer le gouvernement. Face à l’ampleur historique de l’agression du capital sur le travail, de l’argent sur les gens, montrons notre solidarité envers les grévistes qui ont la capacité de bloquer le pays. La victoire est à ce prix  !

 

20) Pour rencontrer des gens sympas et vivre un moment de solidarité dans la chaleur humaine

À la violence et au mépris, répondons par la solidarité, l’humour et la convivialité.

 

21) Contre une justice au service des puissants qui écrasent les faibles

Manifestants emprisonnés sur simple dénonciation anonyme, policiers et responsables politiques responsables d’homicides non inquiétés. Jeunes des quartiers sensibles condamnés, policiers relaxés. Lanceur d’alertes emprisonnées, fraudeur du fisc non inquiété. Aide aux migrants emprisonnés, criminels en libertés.

 

22) Pour la convergence des luttes

Les raisons de protester sont aussi diverses qu’innombrables, aussi globales que personnelles. Elles découlent pourtant toutes d’une idéologie politique commune, le néolibéralisme, que Pierre Bourdieux résumait en ces termes : un programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur.

Avec Emmanuel Macron, les partisans de ce projet politique destructeur des liens sociaux et de l’environnement se sont trouvé un champion. Il avance le visage découvert, de façon transparente, mais avec une grande force et une détermination absolue. Seule l’union des forces contestataires le fera tomber.

 

***

Et pour aller plus loin :

De l'absurdité de la loi travail : analyse détaillé des effets de la loi travail, et de son inefficacité pour réduire le chômage

Le Système Macron, les connexions se font : analyse détaillée des mesures du gouvernement pour expliciter la logique et la cohérence de la "révolution" Macron

L'art de la guerre, l'enjeu de la loi travail : analyse des stratégies du gouvernement et du front social 

 

Sur le caractère illégitime de la politique du gouvernement : Et maintenant ? bilan post électoral

22 Septembre 2017

 

La « droite mélenchonienne » !

Je suis en train d’entendre sur France Inter les propos d’un type qui s’exprime bien, qui pourfend le CETA, qui veut s’attaquer aux diktats de la grande distribution, qui s’en prend aux exilés fiscaux, à ce système de la rente et de la finance toute puissante, qui veut réformer le statut des élus, etc. Et je me dis : « Tiens, tonton Demorand a invité un Insoumis ! C’est bien » ! Et puis… voilà que le journaleux cite le nom de son invité, et c’est le dénommé Guillaume Pelletier, un type qui se veut le poil à gratter de… la droite ! On aura tout entendu… Que penser ? Ça change tellement des dégueulis de Wauquiez qu’on se gratte le ciboulot, perplexe, en se disant que c’est peut-être de l’enfumage.

Ce pillage du programme des Insoumis de Mélenchon, ce « red washing » pour parler « branché » n’est pas nouveau : le FN de Marine-Philippot en a fait une spécialité, avec succès d’ailleurs puisque – hélas – l’essentiel des classes populaires a voté pour ce parti. Alors cette politique du rémora qui a réussi au FN, pourquoi ne pas l’utiliser pour revigorer « une droite rance » comme la qualifie Pelletier ?

Et puis voilà que le héraut de la « droite mélenchonienne » comme le classifie Demorand commence à feller Sarko ! Et le masque commence à branler sérieusement… Alors je vais voir dans Interniais qui est ce Guillaume Pelletier. Et j’apprends que c’est un cul béni, ancien membre du Front national de la jeunesse (FNJ), proche du père de Marion Maréchal-Le Pen, grenouillant avec les cathos intégristes ; puis il choisit Mégret contre Le Pen père. On le retrouve dans l’entourage de Charles Millon et de Philippe de Villiers. Il se ramasse aux législatives en 2002 avec 2,89 % et est condamné à un an d’inéligibilité pour une histoire de comptes de campagne. Puis le voilà dans la sphère dirigeante du MPF de De Villiers. Il se ramasse encore quelques gamelles électorales et le voilà fin prêt pour passer à l’UMP où la magouille est une qualité reconnue. Il fait ses classes dans ce parti auprès de Hortefeux, puis de Sarko, enfin il passe chez Fillon à la primaire de la droite. On le voit sur les plateaux télé mais aussi… dans le bureau des juges (Le 11 décembre 2014, il est placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour délit de favoritisme et prise illégale d’intérêts à la mairie de Menton. Aucune charge n’est retenue contre lui.) Il est finalement élu cette année député LR du Loir-et-Cher.

Alors le masque est tombé. Qu’attendre d’une telle girouette sinon un énième enfumage. La droite reste la droite. Michel Onfray en a bien décortiqué la pensée : « la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour. »

Les idées des uns ou des autres, les tiennes, les miennes, sont naturellement égoïstes, individualistes plutôt que collectives, réactionnaires, sujettes aux peurs, au désir de repli, de fermeture, de rejet de l’inconnu, de l’étrange, de l’inquiétant, du mal compris, de l’Autre, de l’Avenir, du désordre… Si l’on ne fait pas un effort intellectuel, les idées pencheront naturellement vers le facile, la droite… Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller.

Être de gauche, ou d’une droite antifasciste et respectueuse des droits, genre Bayrou et peut-être Macron, ce n’est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins kon ! C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ».

Il a encore du chemin à faire notre héraut de la « droite mélenchonienne » !

 

Illustration : merci à Large

20 Septembre 2017

Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées

 

La sphère médiatique une fois verrouillée par l'oligarchie, la liberté d'expression est un droit formel dont l'exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La liberté d'expression fait partie des nobles principes dont se prévalent les régimes qui se disent “civilisés” et se prétendent “démocratiques”. Pour l'idéologie libérale, les choses sont simples. Comme nous sommes libres et égaux, nous jouissons tous de la possibilité de nous exprimer comme nous l'entendons. Attachée à notre nature, cette liberté inaliénable serait à la portée de tous. Dans ce monde idéal où les libertés n'attendent que l'initiative individuelle pour s'accomplir, où chaque individu est un Robinson en attente d'une île déserte pour y bâtir un monde à son image, chacun serait libre de s'exprimer en toutes circonstances.

En réalité, il suffit de formuler clairement - comme nous venons de le faire- ce que devrait être la liberté d'expression pour s'apercevoir qu'elle est non seulement irréelle, mais absolument impossible sous le régime social qui est le nôtre. Elle est irréelle, en effet, pour la simple raison que tous les citoyens ne peuvent pas exercer cette liberté dans les mêmes conditions. Lorsqu'on vante la liberté d'expression qui régnerait dans les démocraties occidentales, on se contente en réalité d'une liberté abstraite, “formelle” comme disait Marx, et on raisonne comme s'il suffisait d'ouvrir la bouche pour jouir de cette merveilleuse liberté accordée à tous.

Or cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées. Car son exercice effectif - et non la possibilité abstraite de cet exercice - suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féérique du libéralisme cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. Si je n'ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n'est pas indifférent de savoir qu'il possède un journal alors que je n'en possède aucun. Sa liberté d'expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont “plus libres” que d'autres. Parce qu’ils monopolisent l'exercice de la liberté d'expression, les riches, en réalité, en privent les pauvres.

Envisagée de manière concrète, la question de la liberté d'expression, par conséquent, recoupe celle de la propriété des moyens d'expression. En France, une dizaine de milliardaires possède la quasi-totalité des titres de la presse écrite et audiovisuelle, nationale et régionale. Mais ce n'est pas par amour pour la “liberté d'expression” que ces détenteurs de capitaux ont pris le contrôle des médias. Si c'était le cas, la ligne éditoriale de ces organes de presse ne serait pas monolithique jusqu'à la caricature. Elle ne refléterait pas aussi crûment les choix idéologiques d'une caste qui entend imposer sa vision du monde. “La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d'acheter des journaux et des journalistes dans l'intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie”. Le matraquage médiatique ayant conduit le godelureau de la finance à l'Elysée en est un bon exemple.

On objectera que malgré cette mainmise sur les médias on peut s'exprimer comme on veut sur la Toile. C'est vrai et faux à la fois. Heureusement, de nombreux sites animés par des bénévoles diffusent une information alternative qui bat en brèche le discours dominant. Mais ce n'est pas un combat à armes égales. Les médias officiels disposent de moyens colossaux qui proviennent non seulement de leurs actionnaires privés mais aussi de subventions publiques. Organe central du parti euro-atlantiste, le quotidien “Le Monde”, par exemple, perçoit 4 538 000 euros de la part de l'Etat (2015). Bien sûr, de tels subsides n'empêchent pas ce journal de publier des énormités. On peut même se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet. Chacun se souvient des nombreux articles dans lesquels le “quotidien de référence” annonçait la chute imminente de Bachar Al-Assad, conformément à la doctrine du Quai d’Orsay.

Si les sites d'information alternative percevaient le dixième de ce que touchent neuf milliardaires pour maintenir en vie leurs feuilles de chou, on imagine à peine ce qui se passerait. Mais cette répartition équitable de la manne publique ne risque pas de voir le jour. Le système médiatique des démocraties libérales, en effet, repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un bon journal est un journal qui dit ce qu'il faut dire - du point de vue de l'oligarchie - et à qui l'Etat donne les moyens d'éliminer la concurrence. Le summum a été atteint lorsque la ministre sortante de l'Education nationale a ordonné aux établissements d'offrir aux lycéens un accès gratuit à une dizaine de journaux tout en leur demandant de dissuader les élèves d'aller s'informer sur Internet. En les prenant au berceau, nul doute qu'on obtiendrait encore de meilleurs résultats.

La sphère médiatique une fois verrouillée par l'oligarchie, la liberté d'expression est un droit formel dont l'exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants. Mais cela ne suffit pas. Non seulement l'espace médiatique est saturé par l'idéologie dominante pour cause d'actionnariat privé, mais on veille aussi à ce que l'espace public reste sous contrôle. On refuse alors à un intellectuel américain de l'envergure de Noam Chomsky l'entrée des locaux de l'Assemblée nationale où il devait faire une communication à caractère scientifique. Transformé en SDF, cet éminent linguiste coupable d’un obscur délit d’opinion (il eut le tort de critiquer Israël et les USA) trouva refuge au centre culturel belge.

Pour sauver ce qui reste de cette liberté d'expression moribonde, on pouvait alors espérer que le service public de l'information, hors de portée des affairistes et des lobbies, puisse faire contrepoids. C'était sans compter sur l'intervention du pouvoir. On a récemment pu voir une remarquable émission de la série “Un oeil sur la planète” consacrée à la Syrie. Avec un rare professionnalisme, l'équipe de France 2 dévoilait les aspects contradictoires du drame syrien, rompant avec la narration dominante de cette guerre par procuration. Mais le lobby qui défend les intérêts de l’OTAN et d’Israël a procédé au nettoyage. Après quinze ans de bons et loyaux services, l'émission “Un oeil sur la planète” vient d'être effacée des programmes de la chaîne. Aucun motif n'a été avancé. CQFD.

 

Pour défendre la liberté d'expression, il faut d'abord cesser de lui prêter une réalité qu'elle n'a pas. On fait comme si chacun était libre d’en jouir, alors qu'il s'agit d'une possibilité dont la réalisation dépend de moyens que le simple citoyen ne possède pas. Tant que ces moyens sont monopolisés par la bourgeoisie d'affaires, cette réalisation est chimérique. Dans les prétendues démocraties, la liberté de la presse est le manteau dont se drape la classe dominante pour formater l'opinion. “La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature”, disait Chomsky. Toute parole qui échappe à la censure de la classe dominante est une victoire, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l'expropriation sans condition des magnats de la presse. 

19 Septembre 2017

 

 

Un impôt s’éteint, une taxe s’éveille et la dette grossit

Entre deux serrages de pognes et la découpe photogénique de quelques plants de canne à sucre, notre jeune, grand, beau et dynamique Président au sourire Pepsodent™ turbine quand même pour réformer ce pays à grands coups de discours musclés et de réformettes micro dosées dont la dernière en date déclenche déjà des petits gloussements de satisfaction d’une presse béate d’admiration pour lui : apparemment, la promesse emblématique d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation est sur les rails !

Alors bon, soit, ce n’est pas exactement comme prévu au départ, à savoir la suppression pure et simple de cette taxe dans un horizon très restreint (on chuchotait 2019 voire 2018 !). Rassurez-vous, tout ira bien plus lentement (qui va piano va sano, surtout en République française) puisque apparemment, cette suppression sera progressive et prendra trois ans. D’ici là et d’après Gérald Darmanin, le ministre en charge de ce projet ainsi que de l’Inaction et des Trous publics, 80% des ménages n’auront plus à s’acquitter de cette taxe.

La presse s’est jetée comme une affamée sur les différents seuils d’exonération qui permettront de s’affranchir de cet impôt : en substance, pour un revenu réel de référence de 30 000 euros, une personne seule sera exonérée. On pourra monter jusqu’à 48 000 euros de revenu réel pour un couple, 54 000 euros pour un couple avec un enfant et il faudra rajouter 6000 euros au revenu fiscal de référence pour chaque enfant supplémentaire.

 

Moyennant quoi, 80% de ceux qui paient actuellement cette taxe rejoindront les 12 millions de personnes qui en sont déjà exonérées. C’est magique : avec cette loi fiscale, l’Etat français se sépare subitement d’un nouveau tronçon de contribuables qui auront le bonheur sucré de ne plus participer à l’impôt local.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, « subitement », c’est façon de parler puisque, je le rappelle, il faudra donc trois ans pour aboutir à ce résultat. Espérons que le gouvernement tienne bon d’ici là.

Car tout peut arriver. Y compris un abandon en rase campagne ou des gros coups de rabots politiquement corrects. Ce ne serait guère surprenant lorsqu’on voit les subtils rétropédalages de l’actuelle équipe lorsqu’il s’agit d’abandonner les contrats aidés dont sont malheureusement trop férues les communes et les collectivités territoriales. Leur grogne, que la presse relayait complaisamment, a fini par payer puisque le gouvernement a finalement repris une louchée de ces contrats qu’il avait pourtant décidés, scrogneugneu et mordicus, qu’il les arrêtait une fois pour toutes (ou presque).

Mais ne boudons pas notre plaisir : dans trois ans, c’est dit, la taxe d’habitation a disparu, et cochon qui s’en dédit.

Malheureusement, quelques jolies bosses et quelques beaux trous semblent s’accumuler sur le chemin printanier (pensez printemps, les amis !) tracé par notre jeune, grand, beau et dynamique Président au sourire Pepsodent™ : faire sauter la taxe d’habitation, c’est très bien, mais personne ne sait exactement comment les communes vont financer le différentiel.

Eh oui. N’oublions pas le fameux Mankagagner !

 

Parce que, voyez-vous ma brave dame, il faut compenser cette belle taxe qu’on vient de sucrer ! D’un côté, vous avez des dépenses, souvent aussi « utiles » qu’ « indispensables », et de l’autre, vous aviez cette jolie taxe pour les financer. Maintenant, comme il est absolument impossible d’envisager même de loin la moindre diminution des dépenses, on risque bien de se retrouver avec un trou causé par cette évaporation rapide des entrées.

Oh, certes, je n’écarterais pas complètement la possibilité que l’une ou l’autre commune se décide à faire des efforts drastiques pour réduire ses dépenses ; un coup de lucidité folie du maire est toujours envisageable. Cependant, compte tenu des annonces entourant cette évaporation fiscale médiatique, je doute que ces collectivités fassent spontanément des efforts. En effet, d’après Macron et sa fine brochette de clowns ministres, la diminution des rentrées fiscales sera compensée « à l’euro près » par l’Etat.

Qui peut tout, apparemment. Y compris trouver 22 milliards d’euros sur son budget sans déclencher de petits mouvements nerveux dans la population qui pourrait estimer qu’on vient encore une fois de l’enfumer.

Pour éviter cela et comme pour le plumage des oies, il faudra procéder doucement. Par exemple en augmentant discrètement la collecte de la CSG (assiette, quotité, on a le choix). Eh oui : on a tabassé une tranche de population qui finissait par se plaindre, on va à présent en tabasser une autre et pas de bol pour ceux qui sont dans les deux populations à la fois ; leur sort ne va pas s’améliorer, mais que voulez-vous, en France, on ne peut pas toujours bien tomber.

L’avantage de la manœuvre est peut-être que ça modifie la perception de la douleur, j’imagine…

Oh et puis attendez un peu ! Il y a une autre façon, évidente, de trouver ces 22 milliards qui pourraient faire défaut ! Que pensez-vous par exemple de contracter de la bonne grosse dette bien dodue ?

Evidemment, cela reviendrait à transformer une taxe immédiate en impôt futur dans une espèce de jeu de vases communicants (et communiquer, ça, nos gourdes ministérielles savent le faire), mais est-ce vraiment un gain pour le contribuable lambda ?

Une fois qu’on a compris que cette disparition de la taxe d’habitation n’est qu’un report des impôts d’une population à une autre ou, pire, d’une génération à une autre, en quoi tout ceci est-il une réforme fondamentale, un changement structurel dans la façon d’envisager la ponction fiscale dans le pays ?

En rien.

C’est, en définitive, la même démarche que pour le code du travail : on part d’un principe intéressant et qui pourrait contenir une vraie révolution (fiscale ici, contractuelle dans le cas de la Loi Travail), et, d’enfumages en compromissions, on aboutit à quelques petits bricolages sans absolument rien de fondamental. On fait des ajustements, on repeint les murs de la triste Maison France, on arrange les moulures et on remet un peu de dorure, mais on ne touche pas au gros-oeuvre, surtout pas ! On ne répare surtout pas les grosses fissures, on n’abat pas les murs vermoulus qui menacent de s’effondrer sur le peuple qui dort de moins en moins sereinement à ses pieds.

On refuse d’envisager de vraies économies, de vraies coupes claires et massives dans les dépenses, de vraies changements fondamentaux dans la façon dont tous les étages de l’Etat, depuis le sommet jusqu’à la commune, envisagent leur rapport avec l’argent du contribuable.

Pourtant, économiser 110 milliards par an, c’est possible, mais ça demande un courage autrement plus impressionnant qu’aller découper deux plans de canne sur une île tropicale. Pourtant, économiser 600 millions d’euros et faire 65 millions d’heureux, c’est possible et même souhaitable !

 

Mais apparemment, le moment n’est pas venu.

18 Septembre 2017

 

 

Pourquoi ce désespoir de la presse française face à la libération de Deir Ezzor?

Le 5 septembre, l’armée régulière syrienne, aidée par l’armée russe, libère la ville stratégique de Deir Ezzor d’une occupation par l’Etat islamique depuis 2014. Pourtant, les réactions dans la presse françaises sont mitigées. Et pour cause, la victoire de Bashar al-Assad s’approche. En la matière, la palme du déshonneur journalistique revient à Libération qui nous gratifie d’un article de propagande de toute beauté. Voyons cela en détail.

Après un blocus de près de 4 ans, l’armée syrienne, aidée par la Russie, a libéré la ville de Deir Ezzor, dernier gros bastion de l’état islamique, dont la fin est désormais proche. Mais cette victoire signifie également celle du Président légitime syrien, celui tant détesté par l’Occident. Et le dernier article de Libération à ce sujet dépasse toutes les bornes.

 

Voici déjà le titre:

 

 

 

 

 

 

 

 

Non, vraiment, quelle honte. Le « régime », autrement dit l’armée régulière nationale syrienne, pas les groupuscules « d’opposition », ni la coalition américaine baptisée internationale pour les besoins de la cause, n’ont « tiré » les premiers, non, ce fichu « Régime » l’a fait et a gagné. Depuis quand une armée régulière a-t-elle le droit, sans l’accord de la coalition américaine, de défendre son territoire? Mais où cela existe-t-il encore? C’est un archaïsme des plus déplacé.

Que finalement l’état islamique ait été battu, est manifestement secondaire. Car, on vous le dit, la population n’en peut plus des bombardements russes (à Rakka, les bombes démocratiques de la coalition ne tuent que les extrémistes et les victimes collatérales – ou plutôt les victimes collatérales et parfois aussi des extrémistes – sachant que les victimes collatérales sont êtres abstraits, pas vraiment des êtres d’ailleurs). Un beau témoignage recueilli par Libération:

On a survécu à l’oppression des jihadistes, puis aux bombardements russes et du régime. C’était devenu l’enfer là-bas. Il pleut des obus, jour et nuit. On ne sait jamais quelle sera la prochaine cible.

Il faut que vous compreniez correctement: les jihadistes, les russes et le régime, représentent la même chose: le mal qui oppresse la population et l’empêchent d’arriver au bonheur démocratique apporté par la coalition américaine.

 

Maintenant que vous avez bien compris cela, vous saisirez ce qui suit. Les Etats Unis avaient tracé une ligne, qui était censée bloquer l’avancée des forces régulières et favoriser les groupes dits d’opposition, financés, armés et tenus par l’Occident. On rappellera juste que la Syrie ne fait pas partie des Etats Unis, au cas où quelqu’un aurait un doute, et que la Syrie n’a jamais demandé aux Etats Unis d’intervenir, que l’ONU ne leur a pas non plus donné mandat. Juste un rappel. C’est justement au nom de cette fameuse ligne que les Etats Unis ont déjà frontalement attaqué l’armée syrienne et tué plusieurs centaines de ses soldats, sur le territoire de la Syrie, dans le respect le plus complet de la souveraineté du pays … Passons. Et bizarrement, les Etats Unis, qui tenaient cette ligne, ne donnaient pas les moyens à leurs pions d’aller attaquer l’état islamique:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi? Soyons certains que nos chers journalistes, certainement même de Libération, nous éclaireront très rapidement sur ce point.

Au lieu d’une population désespérée, comme le laisse entendre la presse française, une population qui en veut au « Régime » et attendait la venue des Etats Unis, c’est une foule en liesse qui accueille les libérateurs et ne veut qu’une chose, vivre comme avant. Finalement, la population ne semble pas si opposée à Assad …

 

La fin de l’état islamique n’implique pas la fin du conflit en Syrie, mais son changement de forme, avec les risques d’une guerre des partisans, qui semble se préparer dans l’ouest du pays avec la recomposition de groupes terroristes à partir de l’opposition dite modérée (voir notre article ici). Ce conflit va aussi se transformer sur le plan politique, et c’est ce qui chagrine nos bienpensants. Car Assad sort renforcé politiquement de ses victoires militaires sur le terrain et moralement de sa victoire contre l’état islamique. Il serait toutefois surprenant que nos dirigeants si bien intentionnés baissent si facilement les bras. Nous attendons donc de nouveaux articles de leurs ouvriers de la presse, sur le thème du « tyran Assad » et de son « régime ».

Karine Bechet-Golovko

Source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/09/pourquoi-ce-desespoir-de-la-presse.html#more

 

 

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17 Septembre 2017

 

ONU : pour le respect des droits du peuple cubain et pour la levée de l’embargo états-unien

Au moment même où l’ouragan Irma – l’un des plus dévastateurs qu’a connu la Caraïbe – dévastait Cuba, le pouvoir états-uniens votait la poursuite du blocus contre Cuba, prolongeant un acte de guerre économique, un violation du droit international et des droits de l’homme, régulièrement et systématiquement condamnée par l’ONU, (en 2016, c’était la 25e condamnation consécutive).

Alors que s’ouvre l’Assemblée Générale de l’ONU, le CETIM adresse une résolution à la 36e session qui s’ouvrait le 11 septembre 2017.

Dans un communiqué, la Mission Permanente de Genève a exigé de l’ONU la levée du blocus imposé par les Etats-Unis à Cuba depuis plus d’un demi-siècle.

Dans ce communiqué, la partie cubaine signale que les sanctions des Etats-Unis sont les plus « injustes et sévères » qui aient été appliquées à un pays. En même temps, elle signale que ce blocus est un obstacle à son développement.

L’ONU votera à nouveau dans 1 mois la résolution sur la nécessité de lever le blocus de Cuba instauré en 1962 par le Président John F. Kennedy.

 

Pendant ce temps, à Cuba, des organisations sociales organisent une série d’activités pour condamner ce blocus et faire pression sur le Gouvernement des Etats-Unis pour qu’il le lève

Pour le respect des droits du peuple cubain et pour la levée de l’embargo états-unien

Conseil des droits de l’homme 36e session, 11-29 septembre 2017

1. Le CETIM est vivement préoccupé par l’embargo, unilatéral, illégal et illégitime, imposé par les États-Unis d’Amérique à Cuba depuis plus de 55 ans et provoquant de nombreuses violations des droits humains du peuple cubain. Cet embargo a récemment a été renforcé par le nouveau gouvernement états-unien.

2. En effet, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé le 16 juin 2017 à Miami sa décision de remettre en cause – dans les 90 jours suivants – certaines des mesures prises par son prédécesseur et d’imposer un revirement des relations que l’administration qu’il dirige doit désormais entretenir avec Cuba. Le processus de rapprochement entre les deux pays, engagé à la suite des déclarations conjointes des présidents Barack Obama et Raúl Castro le 17 décembre 2014, et qui avait conduit au rétablissement des relations diplomatiques le 20 juillet 2015 et à un début de développement de liens de respect et de coopération entre leurs gouvernements et leurs peuples, conformément aux buts et principes consacrés dans la Charte des Nations unies, est inversé. Est ainsi abrogé le décret présidentiel du 14 octobre 2016, qui ne renonçait pas à l’intention de fomenter un changement de système à Cuba, mais reconnaissait l’échec des moyens utilisés par Washington, comme aussi la souveraineté du peuple cubain et la légitimité de son gouvernement. Les négociations bilatérales menées depuis trois ans, ayant permis de réelles avancées (ouverture d’ambassades, accords migratoires, coopération en matière de sécurité…) et marchaient vers la normalisation, entrent dorénavant, de fait, dans une phase régressive. Les motifs invoqués par le président Trump sont belliqueux, anachroniques et interventionnistes : ils font référence à la défense des intérêts étasuniens à l’étranger contre l’« oppression communiste » et à la volonté réaffirmée d’ingérence de la Maison-Blanche dans les affaires intérieures du peuple cubain pour déterminer à sa place les institutions politiques et socio-économiques que celui-ci devrait adopter. Pour tous les peuples du monde qui réclament le respect de leur droit à l’autodétermination, ceci est absolument inacceptable.

3. Le président Trump, en fâcheuse posture depuis son entrée en fonctions, contesté chez lui pour ses positions antisociales par une opposition qui ne faiblit pas (jusque dans les rangs des Républicains), critiqué de toutes parts à l’extérieur, notamment pour ses politiques migratoire et environnementale méprisant ses voisins et l’humanité toute entière, a jeté le dossier cubain en pâture aux franges les plus haineuses et revanchardes de son électorat. L’auditoire miaméen présent le 16 juin dernier au théâtre Manuel Artime (du nom de l’ex-mercenaire de la Brigade 2506 qui tenta en vain d’envahir Playa Girón en avril 1961 pour renverser le gouvernement issu de la révolution de 1959) n’était pas composé que de notables étasuniens ultraréactionnaires emmenés par le sénateur Marco Rubio, le congressiste Mario Díaz-Balart et le gouverneur de Floride, Rick Scott. Se rencontraient aussi parmi eux maints exilés cubains d’extrême-droite fanatiques et assoiffés de sanctions ; dont semble-t-il – le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodríguez a d’ailleurs mis au défi le président Trump de le démentir – d’anciens tortionnaires du gouvernement dictatorial de Fulgencio Batista et des individus connus de la justice des États-Unis pour avoir commis des actions terroristes contre Cuba. Cet ordre présidentiel a été imposé, sous l’influence de cette poignée d’individus plongés dans un obscurantisme d’un autre âge, contre l’opinion d’une nette majorité de citoyens étasuniens en quête de relations enfin apaisées avec Cuba. Et contrairement à ce que paraît croire le président Trump, mal entouré et conseillé, la communauté cubaine vivant aux États-Unis, dans les circonscriptions (notamment de Floride) où elle est la plus nombreuse, n’a pas voté majoritairement pour lui lors des élections de 2016. Tout cela ne fait qu’altérer un peu plus la crédibilité du président Trump.

4. Il n’en reste pas moins que le nouveau « Mémorandum présidentiel de sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba », signé le 16 juin 2017, prévoit un durcissement des actions contre la levée de l’embargo (blocus de facto) – alors que le 26 octobre 2016, au nom de son pays et pour la première fois, l’ambassadrice étasunienne Samantha Power s’était abstenue lors du vote de l’Assemblée générale. Le dispositif prévu par l’administration Trump entend frapper les moteurs de l’économie socialiste en interdisant toute activité de compagnies étasuniennes avec les entreprises liées aux ministères des Forces armées révolutionnaires ou de l’Intérieur cubains. Il vise spécialement le conglomérat GAESA (Grupo de Administración Empresarial SA.), dont dépendent, entre autres, Gaviota (tourisme), Antex (agence de joint-ventures), Cimex (import/export), Ausa (port de Mariel), mais aussi des sociétés des secteurs énergétique, industriel, immobilier, infrastructurel, bancaire et financier, et même agricole ou technologique. Le but visé est d’agresser Cuba en privant son économie du maximum de revenus en devises.

5. En s’attaquant aux entreprises publiques, ces mesures affecteront toute l’économie, y compris le secteur privé. Elles représentent clairement un durcissement du blocus étasunien contre Cuba. Depuis plus de 25 ans, ce dernier est condamné par la quasi-unanimité des pays membres de l’Assemblée générale des Nations unies. En dépit d’injonctions réitérées de l’ONU, il continue cependant d’être imposé par la volonté unilatérale, mais isolée, du gouvernement étasunien. Imposé en 1962, ce blocus fut aggravé par les lois Torricelli de 1992 et Helms-Burton de 1996. Bien que quelque peu assoupli sous les mandatures Obama, l’essentiel du blocus demeure en vigueur. De source cubaine, ses dommages économiques dépassent les 100 milliards de dollars. Il freine les exportations, le tourisme, les investissements directs étrangers et les transferts de devises. Il touche l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies où Cuba dispose d’un fort potentiel attractif et de nombreux brevets. Cruel, inhumain, il coûte surtout au peuple cubain d’incommensurables sacrifices, le privant de la jouissance de ses droits humains élémentaires, y compris ceux à l’autodétermination et au développement. Un drame humanitaire – qui est l’objectif de ce blocus – n’a été évité que par la volonté de l’État cubain de maintenir à tout prix son modèle social. La priorité accordée par cet État au développement humain explique l’excellence des indicateurs statistiques de santé et d’éducation à Cuba, en dépit de contraintes budgétaires. L’extraterritorialité de règles imposées à la communauté internationale par des sanctions unilatérales des États-Unis est une violation caractérisée de la Charte des Nations Unies. Il viole le droit international humanitaire, ainsi que le principe de souveraineté des États, confirmé par la jurisprudence de la Cour internationale de Justice, de décider en pleine liberté de leur système politique, socio-économique et culturel. Il est contraire au droit à l’auto-détermination, en privant le peuple cubain de ses propres moyens de subsistance. Illégal, illégitime, il est assimilable à un acte de guerre non déclarée des États-Unis contre Cuba. Visant à porter atteinte à l’intégrité physique et morale d’un peuple, à lui faire subir le maximum de souffrances, il pourrait constituer un crime contre l’humanité. Il doit cesser immédiatement, inconditionnellement.

6. De surcroît, le nouveau « Mémorandum présidentiel » du 16 juin 2017 accentue encore les restrictions à la liberté de circulation des citoyens étasuniens : ainsi, leurs voyages individuels à destination de l’île en tant que touristes sont interdits dans la catégorie « échanges peuple à peuple » et un contrôle plus strict sera effectué sur ceux voyageant sous une autre catégorie. Il s’agit donc d’une atteinte portée aux libertés civiles aux États-Unis.

7. Les récentes mesures prises par le président Trump nuiront également, d’évidence, aux entreprises étatsuniennes elles-mêmes. Elles leur ferment absurdement des opportunités de débouchés multiples vers une économie émergente et proche, dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services – en plus d’aller à l’encontre des principes de libre-échange que les États-Unis revendiquent pour eux-mêmes et le monde. Cela fera perdre emplois et revenus aux travailleurs étasuniens – alors que le candidat Trump avait promis le contraire durant sa campagne – et entraînera un surcoût pour les contribuables, en contrôles bureaucratiques et autoritaires accrus – à l’opposé des idées de « moins d’administration et plus d’efficacité » prônées par le nouveau président. En bref, ces mesures seront contreproductives et néfastes pour l’économie des États-Unis elle-même.

8. Ajouté à ceci, le gouvernement des États-Unis se prive de lui-même d’un partenaire voisin, précieux et prestigieux, pour renforcer la stabilité régionale en Amérique latine et caribéenne. On sait que le rôle de Cuba a tout à fait été fondamental, par exemple, dans l’organisation des négociations entre gouvernement colombien et guérilla des FARC-EP, qui se sont tenues à La Havane et ont finalement conduit au règlement de ce conflit vieux de plus d’un demi-siècle. Washington perd l’occasion de poursuivre la coopération engagée avec le gouvernement cubain en matière de lutte contre le terrorisme international, le trafic de drogues, le trafic de personnes, la cybercriminalité, la fraude fiscale, le blanchiment d’actifs financiers illicites… Inutile ici de s’étendre sur le fait que le gouvernement des États-Unis, dont la violence est hélas devenue depuis longtemps une modalité d’existence, se trouve fort mal placé pour donner à quiconque des leçons de démocratie ou de droits humains.

9. Il ne pouvait en être autrement : ce revirement brutal du président Trump a soulevé une vague de protestations aux États-Unis, dans la classe politique (pas seulement chez les Démocrates), dans le monde des affaires (des représentants de la Chambre d’Agriculture de l’Indiana, État gros exportateur de produits alimentaires et dont est originaire le vice-président, Mike Pence, jusqu’à la direction de la chaîne hôtelière Starwood, qui a inauguré un Sheraton à Cuba il y a un an), comme aussi dans la société civile, dont maints acteurs appellent aujourd’hui le gouvernement à reconsidérer sa décision et à revenir à la raison. À l’étranger, les condamnations sont venues de partout : des gouvernements du Canada, du Venezuela, de la Bolivie, de la Russie, de la Belgique… Ont également convergé vers La Havane, de tous les continents, d’innombrables marques de sympathie et de solidarité.

10. Le Conseil des droits de l’homme a condamné à plusieurs reprises les mesures coercitives unilatérales. Dans sa dernière résolution 34/13, adoptée le 24 mars 2017, il a réclamé, pour tous les États, de « s’abstenir d’imposer des mesures coercitives unilatérales et les exhorte à lever les mesures de ce type, qui sont contraires à la Charte et aux normes et principes régissant les relations pacifiques entre les États à tous les niveaux, (…), de ne pas reconnaître ni appliquer pareilles mesures ». Il leur a demandé « de prendre, selon qu’il y a lieu, des dispositions administratives ou législatives efficaces pour contrer l’application extraterritoriale ou les effets extraterritoriaux des mesures coercitives unilatérales ».

11. Pour les raisons précédemment invoquées, nous nous prononçons pour la reprise du chemin de la normalisation des relations entre les États-Unis d’Amérique et la République de Cuba ; ce, en conformité avec les objectifs et principes consacrés dans la Charte des Nations unies. Cela passe par le respect absolu de l’indépendance de Cuba, de la souveraineté de son peuple, de la légitimité de son gouvernement, du droit inaliénable de tout État de choisir son système politique, socio-économique et culturel sans ingérence aucune de quelque nature que ce soit, de l’égalité et de la réciprocité des partenaires, et de l’intégralité du droit international existant. Cela implique aussi l’arrêt des programmes subversifs financés par le gouvernement étasunien (y compris en matière éducative) contre l’ordre constitutionnel à Cuba, la levée du blocus et le paiement de dédommagements, des compensations mutuelles au sujet des propriétés de biens nationalisés au début de la révolution, la fermeture de la base de Guantánamo (zone de non-droit) occupée depuis l’époque néocoloniale et la restitution à Cuba de ce territoire qui est sien, et la reconnaissance de l’autodétermination de Cuba et de son choix de construire une société différente, fondée sur la paix, la justice, l’égalité et le progrès social ; une société que son peuple et le gouvernement qu’il s’est librement donné veulent « socialiste, démocratique, prospère et soutenable ».


[1] Exposé écrit publié tel quel, dans la/les langue(s) reçue(s) par l’/les organisation(s) non gouvernementale(s), sans avoir été revu par les services d’édition.

[2] Déclaration élaborée en collaboration avec le Dr. Rémy Herrera, chercheur au CNRS, Paris.

Source : CETIM & https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/onu-respect-droits-peuple-cubain-levee-de-lembargo-etats-unien/

 

Le CETIM centre Europe tiers monde est un institut international de recherche basé en Suisse à Genève, une association membre et contributrice du travail de l’ONU

16 Septembre 2017

Fainéants de tous les pays, unissez-vous !

 

Cynique, fainéant et fier de l’être, puis-je me permettre de te donner un petit conseil, Jupiter (disons plutôt Zeus, mieux vaut l’original que la copie) ? Trouve un coin peinard dans ton Olympe et demande à un de tes potes – Dionysos par exemple – de t’initier à ce subtil bonheur : glander ! Marcher avec le temps au lieu de te laisser dévorer par lui. Écouter ta vie. Réfléchir au lieu de t’agiter.

En ex-Indochine, un proverbe dit : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser, les Laotiens l’écoutent pousser ». Toute une philosophie de vie qui désacralise le « travail ». « Travail » (du latin tripalium, instrument de torture). Ils sont bien plus valorisants les termes « labeurer » ou « labourer » plus spécifique et « œuvrer », accomplir une œuvre.

Le travail implique contrainte, souffrance, malédiction divine. Le sinistre M. Thiers, dans le sein de la Commission sur l’instruction primaire de 1849, disait : « Je veux rendre toute-puissante l’influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l’homme : "Jouis". » Thiers – fossoyeur de la Commune - formulait la morale de la classe bourgeoise dont il incarna l’égoïsme féroce et l’intelligence étroite. Il a eu cinq longues et sombres années durant un digne successeur en la personne de Sarkozy et de son « travailler plus pour… ».

La paresse, la fainéantise, le glandage sont l’apanage d’une élite. On naît fainéant. C’est une chance immense et une injustice pour les autres. L’art de ne rien faire est difficile et ne semble pas donné à tout le monde. Même les loisirs en prennent un coup : le temps libre est de plus en plus confisqué par la télévision et les industriels des loisirs. Nombreux sont ceux qui redoutent l’inaction et réclament un ordre du jour même pendant leurs vacances. Comme s’ils craignaient de se laisser aller, de se laisser guider par la fantaisie. Peut-être par peur de se retrouver seuls avec eux-mêmes ?

Nous sommes influencés par cette culture où le religieux ("Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier ou/et actionnaires ! Dans ce cas, c’est son capital qui travaille pour lui, c’est-à-dire vous, moi, les cochons de payants de la France d’en-bas.

Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner. Et pourtant ! Dans une autre vie, j’ai même été « chef d’entreprise ». Et je n’embauchais que des fainéants avoués. Ils sont les plus fiables, les plus efficaces des collaborateurs : un fainéant œuvre vite pour avoir plus vite fini et bien pour ne pas avoir à y revenir

Il y a dans l’art de ne rien faire le signe d’une conscience vraiment affranchie des multiples contraintes qui, de la naissance à la mort, font de la vie une frénétique production de néant. Niquer ces contraintes est une libération.

Dans le système capitaliste d’exploitation de l’humain, il y a de la malice, assurément, à en faire le moins possible pour un patron, à s’arrêter dès qu’il a le dos tourné, à saboter les cadences et les machines, à pratiquer l’art de l’absence justifiée. La paresse ici sauvegarde la santé et prête à la subversion un caractère plaisant. Elle rompt l’ennui de la servitude, elle brise le mot d’ordre, elle rend la monnaie de sa pièce à ce temps qui vous ôte huit heures de vie et qu’aucun salaire ne vous laissera récupérer. Elle double avec un sauvage acharnement les minutes volées à l’horloge pointeuse, où le décompte de la journée accroît le profit patronal. Voler ainsi un patron, n’est-ce pas de la récupération ?

Pourtant, il plane sur la paresse une telle culpabilité que peu osent la revendiquer comme un temps d’arrêt salutaire, qui permet de se ressaisir et de ne pas aller plus avant dans l’ornière où le vieux monde s’enlise. Encore que ! Certaines entreprises découvrent les bienfaits de la sieste !

Qui, des allocataires sociaux, proclamera qu’il découvre dans l’existence des richesses que la plupart cherchent où elles ne sont pas ? Ils n’ont nul plaisir à ne rien faire, ils ne songent pas à inventer, à créer, à rêver, à imaginer. Ils ont honte le plus souvent d’être privés d’un abrutissement salarié qui les privait d’une paix dont ils disposent maintenant sans oser s’y installer.

La culpabilité dégrade et pervertit la paresse, elle en interdit l’état de grâce, elle la dépouille de son intelligence. Pourtant ils feraient dans la fainéantise d’étonnantes découvertes : un coucher de soleil, le scintillement de la lumière dans les sous-bois, l’odeur des champignons, le goût du pain qu’il a pétri et cuit, le chant des cigales, la conformation troublante de l’orchidée, les rêveries de la terre à l’heure de la rosée, sans oublier les formidables rêves érotiques !

- Oh ! Victor ! Bois un coup, ça te passera !

- Merci !

« Nous aurons bien mérité la retraite » soupirent les travailleurs. Ce qui se mérite, dans la logique de la rentabilité, a déjà été payé dix fois plutôt qu’une !

Si la paresse s’accommodait de la veulerie, de la servitude, de l’obscurantisme, elle ne tarderait pas à entrer dans les programmes d’État qui, prévoyant la liquidation des droits sociaux, mettent en place des organismes caritatifs privés qui y suppléeront : un système de mendicité où s’effaceront les revendications qui, il est vrai, en prennent docilement le chemin si l’on en juge par les dernières supplications publiques sur le leitmotiv « donnez-nous de l’argent ! ». L’affairisme de type mafieux en quoi se reconvertit l’économie en déclin ne saurait coexister qu’avec une oisiveté vidée de toute signification humaine.

La paresse est jouissance de soi ou elle n’est pas. N’espérez pas qu’elle vous soit accordée par vos maîtres ou par leurs dieux. On y vient comme l’enfant par une naturelle inclination à chercher le plaisir et à tourner ce qui le contrarie. C’est une simplicité que l’âge adulte excelle à compliquer.

Que l’on en finisse donc avec la confusion qui allie à la paresse du corps le ramollissement mental appelé paresse de l’esprit - comme si l’esprit n’était pas la forme aliénée de la conscience du corps.

L’intelligence de soi qu’exige la paresse n’est autre que l’intelligence des désirs dont le microcosme corporel a besoin pour s’affranchir du travail qui l’entrave depuis des siècles.

La paresse est un moment de la jouissance de soi, une création, en somme ! Le fainéant est un créateur naturel. Un créateur de bonheur !

Au fait, Jupiter, ne serais-tu pas un peu feignant, toi ? Feignant, pas fainéant. Celui qui feint, qui fait semblant…

 

 

Illustration X - Droits réservés

16 Septembre 2017

Macron - Même pas peur ?

 

Sur l'illustration de l'article qui appartient au "Syndicat-Commerce Indépendant Démocratique", Emmanuel Macron semble tout droit sorti de l'enfer. Pour un homme qui porte un prénom qui signifie "Dieu avec nous", le contraste est saisissant. "`Immanuw'el" (Hébreu) tombé du ciel pour mettre "Nos droits à feu et à sang" selon le SCID. Mais arrêtez donc de vous plaindre bandes de "grognons râleurs" (Mailly). De toute façon Macron n'a pas l'intention de céder "ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ! La petite phrase qui tue ; récent éclair de génie de notre président jupitérien comme s'il voulait attiser le feu qui couve. Avant que la fête foraine commence tôt le matin avec des blocages pour protester contre "une ordonnance qui impose aux municipalités d'organiser un appel d'offres pour tous les emplacements publics d'animation". Et tournez manège pour les citoyens qui ont décidé de travailler, bien qu'une majorité d'entre eux soient opposés à la loi travail.

La grande question pour les éditorialistes c'est le chiffrage, combien seront-ils à manifester dans la rue et à partir de combien de milliers de manifestants la mobilisation sera considérée comme une réussite ou un échec. Ou encore, Macron a-t-il peur de la rue ?". Une chose au moins est certaine, si le chef de l'Etat cède sur la loi travail la suite de son mandat est définitivement compromise. Et dans ce cas le président de la République deviendrait comme les rois Mérovingiens, "Faits néants" réduits à rien par leurs propres vassaux" (Le Républicain Lorrain). Ce journal local précise tout de même qu'aujourd'hui ce sont les travailleurs en CDD, les contrats aidés, les chômeurs et d'autres encore, "les gens qui ne sont rien" qui sont "faits néants", c'est-à-dire qu'ils voudraient pouvoir travailler mais sont des victimes impuissantes de la précarité. La loi Macron-Pénicaud pourrait en rajouter une couche. Mais fallait-il remonter aux Mérovingiens pour trouver des rois fainéants et faits néants au pouvoir, les Chirac, Sarkozy et Hollande, tous incapables de réduire le fléau du chômage de masse.

Mélenchon et Martinez se marchent sur les pieds ?

Le leader cégétiste a prévu une autre manifestation le 21 septembre alors que "La France Insoumise doit défiler le 23, ce qui fait dire aux soupçonneux, à tort ou à raison, que ce n'est pas franchement l'entente cordiale entre Martinez et Mélenchon. Pourtant c'est le même combat contre la réforme du code du travail. Si vous interrogez le patron de la CGT, il vous dira que le choix du 21 n'a rien à voir avec le leadership de la lutte contre la loi travail. Mais que la date choisie est en rapport avec le conseil des ministres du 22, ou les ordonnances seront adoptées (LCI). Quant à Mélenchon, interrogé avant la manifestation il a distribué les rôles, "les syndicats c'est de l'or pour les entreprises", alors que nous la France insoumise nous parlons à la population du pays. Dans ce bal des faux-culs ne pas oublier Jean-Claude Mailly de FO qui ne veut pas jouer le suiveur de la CGT, sous prétexte qu'il faut garder ses forces pour se mobiliser contre les réformes du chômage et des retraites. Mais également Laurent Berger, qui même "très déçu" a déclaré que "la CFDT ne répond pas à la convocation d'une autre organisation syndicale". Bonjour l'ambiance et la désunion.

180 villes concernées par des manifestations

 

D'après Philippe Martinez il y avait 60 000 manifestants à Paris et 24 000 selon la police, plus quelques centaines de casseurs, des gens cagoulés sans doute pas concernés par la loi travail. Mais peu importe les chiffres qui d'un côté sont surévalués et de l'autre minimisés. Reste à vérifier si les deux prochaines manifestations de la CGT et de la France Insoumise auront plus de succès. Pour l'instant, Macron, même pas peur.

14 Septembre 2017

 

Que contiennent les ordonnances ? une bombe anti sociale contre les travailleurs, exigée par l’UE, voulue par le CAC40 !

 

Que contiennent les ordonnances  ? une véritable bombe antisociale. Une violente attaque, aussi totalitaire que brutale, qui est la poursuite de la loi travail, sous la forme d’une loi travail XXL. Les ordonnances c’est la mise en oeuvre, avec un contournement total du débat parlementaire, des mesures que les travailleurs avaient réussi à repousser par leurs mobilisation tous ensemble lors du mouvement social de 2016 en faisant partiellement échec à la Loi Travail. C’est que les ordonnances sont la déclinaison pour ne pas dire la traduction des ordres données par la Commission Européenne imposant au gouvernement français de liquider le code du travail. Précarité et baisse des salaires, suppression des droits des travailleurs, affaiblissement des syndicats sont les trois principes des cinq ordonnances Macron. 36 mesures pour procéder au saccage du code du travail, pour renforcer l’exploitation des travailleurs et ainsi faire encore augmenter les profits des multinationales et de leurs actionnaires. 

Que contiennent les ordonnances ? Une bombe anti sociale contre les travailleurs, exigée par l’UE, voulue par le CAC40 !

Le but des ordonnances est clair :

·         faciliter et multiplier les licenciements en faisant tomber la protection des travailleurs par son contrat de travail (CDI ou CDD). Il s’agit ainsi de terroriser les travailleurs, et ainsi de décourager les velléités de résistance, et d’amplifier la féroce répression anti syndicale contre les travailleurs qui osent relever la tête

·         faire baisser les salaires en renforçant le dumping anti social mis en place

 

 

par l’Union Européenne du Capital. Avec les ordonnances euro Macron MEDEF, les ouvriers, les employés devront travailler plus et plus dur pour gagner moins. Les seuls gagnants ? les patrons, les banques, les multinationales. Il s’agit de faire les poches à la classe ouvrière pour remplir les coffres de la classe capitaliste

 

·         contourner dans tous les domaines les organisations syndicales pour isoler chaque travailleur pour mettre le patron dans une situation de rapport des forces qui lui est systématiquement favorable. Les patrons voyous auront les mains libres pour exploiter !

Pour échapper à la liquidation de leurs droits, hérités des luttes sociales de leurs parents et grands-parents, les travailleurs n’ont donc que le choix de la mobilisation sociale, tous ensemble et en même temps.

Mais pour échapper réellement à cette guerre sociale contre le peuple, dont les ordonnances les privatisations, les augmentations d’impôts pour les travailleurs, la liquidation des services publics etc. sont les différents aspect, pour s’en sortir réellement, il est impératif de sortir de l’Union Européenne et de l’Euro, les deux armes qui servent à imposer à travers la mise en concurrence de tous contre tous et l’austérité permanente cette politique de pillage et d’exploitation des travailleurs.

 

La dictature patronale, la fin du code du travail avec la poursuite de l’inversion de la hiérarchie des normes.

Macron parachève son entreprise de destruction de la protection minimale par la loi des droits des travailleurs en amplifiant l’inversion de la hiérarchie des normes : en clair la loi de l’entreprise, c’est à dire la loi du patron, primera sur la loi de la République.

Faut-il rappeler que derrière les grands discours du gouvernement porte-parole du MEDEF clamant incantation sur incantation sur la nécessité que le droit soit fait au plus proche de l’entreprise, ces derniers ne propose pas pour autant de permettre aux salariés d’adapter par referendum à leur initiative dans l’entreprise le code du commerce, code du commerce déterminant par exemple les obligations des société anonymes formant le CAC 40. Personne ne doit être dupe, il ne s’agit pas ici de négocier ou de décentraliser, mais de renforcer la dictature patronale.

Avec les ordonnances Macron, le Code du travail ne fixera plus que les principes d’ordres publics, le reste étant renvoyé à la main des patrons, et notamment à la branche professionnelle. On peut ainsi imaginer qu’une branche assouplisse les droits protégeant les salariés en CDD ou en CDI. Pire, le patron pourra contourner les syndicats pour imposer (au besoin sous la menace du chantage à l’emploi) un accord favorable à ses profits et faisant les poches de ses employés. Dans les petites entreprises (moins de 50 salariés) point besoin de négociation avec un délégué syndical au fait des règles de la branche, des revendications du secteurs… et des droits des travailleurs.

ANI, LOI Travail, Ordonnances : la recette parfaite de la hausse du chômage

Vous aviez détesté les ANI et autres Loi Travail de Hollande UE MEDEF dont le résultat ont été la multiplication des plans de licenciement pendant que l’on exigeait des ouvriers conservant leurs emplois de travailler plus tout en diminuant leurs salaires ? eh bien les ordonnances Macron aggrave la situation en généralisant le recours aux accords compétitivité emploi, dit ‘le salaire ou le chômage”, déclinaison dans le racket des travailleurs du “la bourse ou la vie” des prédateurs de grands chemins.

 

Pourtant les faits le prouvent, à mesure que les gouvernements n’ont cessé de faire baisser les salaires, diminuant les cotisations sociales, augmentant les allégements de cotisations patronales, flexibilisant, précarisant, libéralisant… le chômage n’a cessé d’augmenter. En échange de l’ANI et du CICE le patron des patrons promettait un millions d’emplois, le résultat ça a été 1,5 million de chômeurs de plus ! Mais des dividendes record versés au CAC 40 !

Les conditions encadrant ces plans sociaux déguisés, remettant en cause les contrats de travail des salariés, vont être assouplies. Et si un salarié était tenté de refuser qu’on lui fasse les poches, les ordonnances autoriseront son licenciement sans aucun des droits attachés au licenciement économique dont il s’agit pourtant. Un bon moyen pour les patrons, de la PME à la multinationale de jeter comme des vieilles chaussettes leurs ouvriers, sans même à avoir à payer le prix d’un plan social (indemnité et semblant de mesure de reclassement).

Pour permettre de contourner les licenciements économiques, les précédents gouvernements avaient créé la rupture conventionnelle. Un moyen de passer par la fenêtre un travailleur en échappant aux indemnités légales auxquelles il a droit. Eh bien Macron généralise le concept avec la rupture conventionnelle collective, qui permettra de se substituer aux plans de départs volontaires qui permettaient aux salariés de bénéficier d’une prime de licenciement supérieure au minimum légal. La aussi il s’agit de contourner les plans de sauvegarde de l’emploi et leur pourtant très faibles garanties pour les travailleurs jetés à la rue.

La fin du droit à la justice pour les travailleurs :

 

Si le pouvoir Hollande Macron s’est permis de faire condamner plus de 1000 syndicalistes et manifestants dans des procès politiques expéditifs, il entend également les priver du droit d’avoir recours aux juges pour faire condamner les licenciements abusifs, pour faire respecter leurs droits.

D’abord, les ordonnances instituent un droit permanent au patron de ne pas respecter les droits du travailleurs dans la procédure de licenciement. Un licenciement ne pourra plus être cassé pour des raisons de non-respect des formes imposées par la loi. Des formes qui sont pourtant les seules garanties permettant aux travailleurs de se défendre. Pire, un salarié ne pourrait plus contester un licenciement comme sans causes réelles et sérieuses si le patron n’a pas indiqué de cause, dans le cas où il n’aurait pas demandé lui-même les causes de son licenciement.

Ensuite, il s’agit d’interdire aux juges d’indemniser le préjudice subi par les salariés licencié sans causes réelles et sérieuses. En clair un patron qui déciderait de vous virer parce que votre tête ne lui revient pas (trop basané, trop grande gueule, voire pire syndicaliste) n’aura qu’à vous indiquer la porte et s’offrir votre tête dont le cout est fixé par le barème de monsieur Macron. Il n’aura qu’à juste se retenir de dire qu’il vous vire parce que vous êtes un (métèque, un lanceur d’alerte, un CGT pire que Daech) mais juste de dire que les conditions économiques lui imposent de se séparer de votre compagnie. Aussi abject que dangereux. Cette mesure c’est la fin effective du CDI, c’est la légalisation du droit à la discrimination, en particulier syndicale. Pour moins de 24 000 euros, un patron pourra ainsi se payer la tête et un exemple du premier salariés qui après trente ans de boutique déciderait d’oser frapper à la porte de la fédération CGT de sa branche. Les ordonnances prévoient également de diviser généralement par deux le nombre de mois de salaires auxquels le salariés à droits en cas de manquement du patron à ses obligations lors d’un licenciement (priorité de réembauche en cas de licenciement économique, réintégration suite à un accident du travail ou maladie professionnelle, insuffisance du plan social, etc…).

Enfin, les ordonnances vont permettre à une multinationale de licencier pour raison économique sur la seule base de justification d’une baisse de ses bénéfices de sa filiale française. La libre circulation des capitaux garantie par l’Union Européenne et l’Euro permet pourtant à une multinationale tous les montages permettant non seulement de faire échapper à l’impôt les gains réaliser en France pour les faire taxer en Irlande ou au Luxembourg dans une scandaleuse évasion fiscale mais également se faisant d’organiser le déficit de ses filiales en France. Dans ces conditions, on ne peut que s’attendre à la multiplication des plans sociaux dans les prochains mois.

 

La fin du CDI avec les contrats de chantier généralisés

Mailly, le secrétaire de FO désavoué par la plupart des fédérations FO, faisait mine (en échange de quoi ? l’avenir le dira…) de se réjouir de ce que les branches professionnels conserveront le rôle de fixer les salaires minimums, grilles de qualification et principe de formations. Mais c’est pour mieux permettre de faire voler en éclat la hiérarchie des normes en permettant aux branches de passer outre les droits des travailleurs fixés par le code du travail. Par exemple, les branches pourront décider de la mise en place de “contrats de chantier”, sorte de CDD au rabais, moins protecteur et moins bien rémunéré (adieu les primes de précarité).

Pire, le lamentable Mailly oublie de préciser que les ordonnances permettront à l’entreprise de déroger aux droits fixés par la branche en matière de rémunération en faisant passer à la trappe les primes accordés par la branche. Par exemple, si l’accord de branche impose une prime d’ancienneté, une prime de pénibilité pour des travaux en milieu dangereux etc… l’entreprise pourra décider de la supprimer.

 

La fin de la protection collective par le syndicat

L’une des toutes premières conquêtes des travailleurs a été celui du droit à se syndiquer pour défendre ses droits. Et avec ce droit l’obligation pour le patronat de négocier avec les syndicats et non directement avec chaque salarié, placé de par leur position même en situation de faiblesse. Eh bien – et faut-il s’étonner que Mailly l’adhérent du PS ne s’en inquiète pas – les euro ordonnances Macron vont mettre fin à cette protection des travailleurs par leurs syndicats. Dans les petites entreprises (moins de 20 salariés) le patron pourra imposer sa loi après en avoir fait part à un salarié non élu et non mandaté par un syndicat. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, il suffira d’un accord avec un élu du personnel non mandaté par un syndicat. Et dans les TPE PME le patron pourra mener le chantage à l’emploi par le recours à l’organisation d’un referendum dont il déterminera seul l’organisation, les questions, les modalités. On imagine déjà les questions. Préférez-vous le licenciement ou travailler le samedi et le dimanche pour pas un rond ?

 

Par ailleurs, sous prétexte de simplification, Macron procède à la suppression des CHSCT, Comité d’entreprise et délégué du personnel soit disant fusionné en une unique instance (le CSE) : sauf que rien n’est dit ni des moyens ni du nombre de salariés qui seront élu à cette instance unique. Alors que le gouvernement prétend renforcer le dialogue social, il s’apprête en réalité à diminuer le nombre de lieux et d’instances où les travailleurs peuvent faire entendre leurs voix et également les moyens permettant à nombre de travailleurs de participer aux instances représentatives du personnel dans leurs entreprises. C’est là un affaiblissement délibéré qui menace les rares droits à l’expression dont les salariés bénéficient pour une fois de plus renforcer encore plus la dictature patronale sur l’entreprise. Alors que les travailleurs sont les seuls producteurs de richesses dans l’entreprise.

 

JBC pour www.initiative-communiste.fr

 

Lire les ordonnances cliquez ici

13 Septembre 2017

 

Les Sénatoriales et la défaite annoncée de Macron

Depuis des années et des années, le président de la République en place perd les élections « intermédiaires » qui suivent.

La politique suivie par l’exécutif particulièrement antisociale, qu’elle soit menée par la droite ou par la « gauche » libérale provoque la colère de la population qui sanctionne le parti au pouvoir.

C’est ainsi que le PS hollandisé a perdu les municipales deux ans après son accession aux affaires.

On aura jamais là fait si vite puisque 4 mois après son triomphe, Macron risque de prendre une déculottée aux Sénatoriales.

Il pourra toujours masquer l’échec annoncé, il ne convaincra que les députés « en marche ».

Comment Macron peut-il penser convaincre les grands électeurs et notamment les maires qu’il faut voter pour ses amis, donc pour sa politique ?

Quel est l’élu attaché à sa commune et à la démocratie communale peut accepter la poursuite de la politique de réduction de la dotation globale de fonctionnement ?

Quel est l’élu républicain qui peut tolérer la politique qui vise à supprimer 80% des taxes d’habitation, conduisant à l’asphyxie de sa commune ?

Il faut être naïf pour croire que cette baisse sera compensée par l’Etat !

Non content de mener cette politique offensive contre les communes, Macron a rajouté deux louches qui passent mal très mal :

·         La réduction drastique du nombre de contrats aidés pourtant indispensables pour des communes déjà étranglées par la baisse de l’aide de l’Etat qui les empêche de créer des postes ;

·         La promesse de diminuer le nombre d’élus et l’annonce à peine voilée de supprimer des communes.

Dans plusieurs départements, « En marche » a eu du mal à constituer des listes dites ouvertes - les élus municipaux ne sont pas suicidaires - et l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous.

Aujourd’hui Macron et son gouvernement de droite sont très impopulaires et les mobilisations en préparation ne sont que les premiers mouvements.

 

La population rejette de plus en plus ce gouvernement et sa politique alors si les élus s’en mêlent, ce sera la bérézina et c’est tant mieux !

12 Septembre 2017

 

Une journaliste virée après avoir révélé des livraisons d’armes occidentales aux terroristes en Syrie

Dilyana Gaytandzhiev, journaliste pour le site d’information bulgare Trud, a été licenciée après avoir été interrogée par les services de renseignement bulgares concernant son enquête sur des livraisons d’armes occidentales aux terroristes en Syrie.

Source : https://francais.rt.com/international/42796-journaliste-bulgare-licenciee-apres-avoir

L’enquête de Dilyana Gaytandzhiev, journaliste bulgare, sur des livraisons d’armes à des terroristes du Front Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra, ancienne branche armée d’Al-Qaïda en Syrie) lui aura coûté son poste.

Après avoir découvert lors d’un reportage sur la libération d’Alep, en décembre 2016, des caisses contenant des armes en provenance de Bulgarie dans des caches du groupe terroriste, la journaliste a décidé de remonter la filière et a découvert un vaste système permettant d’alimenter des opposants à Bachar Al-Assad en armes et munitions, par le biais de vols diplomatiques au départ de pays d’Europe de l’Est et d’Azerbaïdjan.

 

Au cours d’une attaque informatique, des hackers bulgares ont réussi à dérober des documents officiels permettant d’attester l’implication de la société azerbaïdjanaise Silk Way dans ce trafic.

La journaliste, qui a pu consulter ces documents, a découvert que l’entreprise offrait des vols diplomatiques, permettant à divers acteurs tels que des fabricants d’armes israéliens et américains, mais aussi des États tels que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, les États-Unis ou encore des pays des Balkans, de profiter d’une totale opacité.

D’après Dilyana Gaytandzhiev, 350 vols de Silk Way ont permis de faire transiter en trois années plusieurs milliers de tonnes d’armes lourdes à destination de pays géographiquement proches de la Syrie tels que l’Arabie saoudite ou la Turquie avant leur destination finale : les groupes terroristes syriens.

Ont notamment été envoyés plusieurs dizaines de milliers de lance-roquettes, de mortiers, de grenades, de lance-missiles anti-char ainsi que des roquettes de 122 mm. L’acheminement de plusieurs tonnes de phosphore blanc a aussi été répertorié.

 

Dilyana Gaytandzhiev a confié à RT le 1er septembre que lors de son audition par les services de renseignement bulgares, elle avait seulement été interrogée sur l’origine de ses sources lui ayant permis d’accéder à ces documents et non sur le fond de l’affaire. A la suite de cet interrogatoire, le site Trud, sur lequel avait été publiée cette enquête, lui a notifié qu’elle était licenciée.

10 Septembre 2017

Voilà pourquoi je serai

dans l’action du 12

septembre

 

En 42 ans d’activité professionnelle dont 35 en responsabilités syndicales locales et nationales, j’ai été conduit à côtoyer des PDG de banques, privées et nationalisées accompagnés de leur panel de Drh en costumes trois pièces. Ils avaient tous le même objectif, je dirais plutôt la même obsession : tout faire pour dégager le chiffre le plus élevé possible, au bas du bilan, à la ligne bénéfice net après impôts.

Toutes ses banques et leurs dirigeants se voulaient concurrentes aux yeux du grand public mais elles étaient particulièrement complices face à leur personnel. Et quand il s’est agi de « moderniser » nos conventions collectives, je savais, avec mes camarades, que modernisation voulait dire,  pour eux, liquidation ou réduction des conquis sociaux.

Aujourd’hui, en 2017, le panorama, transposé au niveau gouvernemental   est le même.  Les banquiers sont au pouvoir, ils ont mis un des leurs au poste suprême ; des Drh des deux sexes, certains après avoir exercé leur talent destructeur dans leurs entreprises passées, sont aux manettes du conseil d’administration du pays. Je note néanmoins une différence dans le langage. Le terme de modernisation  n’est pas utilisé, il lui est préféré celui de refonte.

Je les ai connus rusés et ils le sont toujours. Ils manient le verbe et la dialectique. Il est plus subtil pour eux de dire qu’ils veulent refondre le  code du travail, que d’annoncer crûment qu’ils veulent le faire fondre.

Enfin, si on les laisse faire ? Pour ma part, je n’y suis pas disposé. Je n’ai pas milité pendant des décennies pour les droits sociaux, pour accepter que quelques énarques au service de mes anciens patrons, viennent me dire que je suis la cause de leur crise que je dois subir la destruction du droit social et la hausse programmée de la Csg, alors que dans le même temps, les sociétés du Cac40         annoncent une pluie de profits records qui vont gaver les dividendes des actionnaires. (52 md d’euros au 1er semestre 2017 contre 41 md d’euros au 1er semestre 2016)

 

 

Michel Becerro

 

 

Macron: le dérapage de trop

 

artager la publication "Macron: le dérapage de trop"

Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, vient une nouvelle fois de déraper en public et d’insulter les Français. Du moins, ceux qui ne pensent pas comme lui. Il a, dans les jardins de l’EFA à Athènes, ce vendredi, réaffirmé la nécessité de la réforme mais avec des mots d’une violence inouïe : « Je serai d’une détermination absolue, je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes» [1]. Que le Président dise qu’il ne cèdera rien, c’est son droit. C’est une manière de gouverner, et l’on sait désormais ce que valent ses promesses de « dialogue social ». Néanmoins, c’est son droit. Aux opposants d’en tirer toutes les conséquences. Mais, qu’il le fasse en décrivant ceux qui ne sont pas de son avis de « fainéants, (…) cyniques, (…) extrêmes», ne me semble pas avoir de précédant. La violence verbale dont il a ainsi fait preuve appelle, et justifie par avance, d’autres violences. Au point que l’on se demande s’il a conscience de ce qu’il a dit.

 Quand Emmanuel Macron persévère…

Ce n’est pas, hélas, la première fois qu’Emmanuel Macron se rend ici coupable de tels dérapages. Il avait commis un autre impair de la même veine depuis les jardins de l’ambassade de France à Bucarest [2], ajoutant à l’insulte le fait de la proférer sur un sol étranger. Pourtant, c’était le même Emmanuel Macron qui avait déclaré qu’il ne ferait aucun commentaire sur la politique française depuis l’étranger. On l’a déjà dit, il est parfaitement faux d’affirmer, que ce soit à Athènes ou à Bucarest, que les français se refusent aux réformes. Que ces dernières soient globales ou qu’elles concernent la sphère du travail, les français ont été soumis, et ont accepté, depuis ces vingt dernières années un nombre incalculable de réformes. Ce que les français refusent, c’est une réforme particulière, celle qui concerne le droit du travail. Or, cette réforme est justement hautement discutable comme on l’a montré sur ce carnet [3]. On peut la considérer comme néanmoins nécessaire ; mais il importe, alors, de respecter ceux qui ne pensent pas comme vous.

Et ceci d’autant plus quand on a été élu sur un quiproquo, avec un faible nombre de voix. Emmanuel Macron est un président par défaut. Tout le monde le sait à l‘évidence, sauf lui-même semble-t-il…

Or, ne voilà-t-il pas qu’Emmanuel Macron récidive. Il le fait au lendemain de son discours qui se voulait programmatique sur l’Europe et qui ne fut qu’étalage de platitudes. Il le fait dans des mots qui, cette fois, sont directement insultants et ce à un degré des plus extrêmes. Quand on considère l’effondrement qu’il subit dans les sondages depuis maintenant deux mois [4], c’est folie. Mais, « Bien que ce ne soit folie, il y a là de la méthode» [5].

 Quand l’insulte devient méthode

Les insultes, car il n’y a pas d’autres termes pour désigner les mots qu’il a employés pour désigner ses opposants ne sont pas nouvelles. Elles tendent à constituer une méthode pour Emmanuel Macron. Il en avait déjà usé, on l’a dit, que ce soit implicitement ou explicitement, lors de son discours à Bucarest. Il en avait usé, aussi, lors de la rentrée des classes, dans son voyage à Forbach. Emmanuel Macron y avait lancé, agacé, à un journaliste qui lui posait une question : «Les journalistes ont un problème. Ils s’intéressent trop à eux-mêmes et pas assez au pays. (…) Vous ne me parlez que des problèmes de communication et de problèmes de journalistes, vous ne me parlez pas de la France[6]» Pourtant, le Président de la République était en train de se faire filmer en train de déjeuner à la cantine avec des écoliers. Il était là, de manière évidente, et nul ne lui en fait reproche, pour tourner des images et montrer son visage. En un mot : il était là pour « communiquer ». Il n’y a rien de plus normal à cela ; mais il n’y a rien de plus normal, non plus, à ce qu’un journaliste lui pose alors une question sur sa communication. Ce qui apparaît bien comme anormal est la réponse du Président. Clément Viktorovitch, sur le site électronique du Point [7], remarque alors que plutôt de chercher à réfuter la position de ses contradicteurs, Emmanuel Macron s’emploie à disquali6er la légitimité de ceux qu’il présente comme des adversaires. Et c’est bien de cela dont il a donné un nouvel exemple, et il faut bien dire un exemple hideux, lors de sa déclaration de vendredi 8 septembre à Athènes.

 Réflexe d’enfant gâté ou réflexe de classe ?

Habitude pour le moins, et sans doute méthode. Mais de quelle méthode s’agit-il ? On pourrait lire ces débordements de la part du Président comme le témoignage de son exaspération devant une réalité qui lui résiste, qui lui échappe. Pour tout dire, ces mots terribles ne seraient que l’expression d’un homme qui a « pété les plombs ». La jeunesse du Président va dans ce sens, de même que la vie protégée qu’il a menée jusqu’à son élection. Être une « premier de la classe », quelqu’un que des puissants repèrent et protègent, travailler avec un autre Président – François Hollande – puis devenir Ministre, enfin trahir son protecteur mais non sans s’en être trouvé de nouveaux et enfin arriver aux sommets du pouvoir, tout cela ne prépare pas spécialement à l’adversité. Chris Bickerton, dans son éditorial du 7 septembre dans le New York Times, dresse un portrait au vitriol d’Emmanuel Macron [8]. Constatant son effondrement dans les sondages, il s’interroge si ce Président ne souffre pas d’une arrogance d’enfant gâté. Il y a, certes, de la condescendance très américaine dans cet éditorial, mais aussi beaucoup de vérité.

Pourtant il serait hasardeux d’attribuer cette « méthode » et ce comportement d’Emmanuel Macron, méthodes et comportement qui, n’en doutons pas, le rendront bien vite odieux aux Français, à une simple arrogance, à des traits personnels, même s’ils existent. Il y a derrière le sentiment de supériorité couplé avec celui d’avoir raison, d’incarner le « camp du bien » que l’on trouve largement répandu dans cette élite néo-libérale. Pace qu’elle se croit détentrice d’un savoir supérieur, parce qu’elle est persuadé que ce savoir se combine avec une bienveillance dont elle serait la seule à disposer, elle ne peut qu’éprouver du mépris pour ses adversaires.

En tout état de cause, cette méthode est inacceptable pour un Président. Elle est de nature à détruire complètement sa légitimité. Et, en ce cas, la légalité de son élection pèsera bien peu face à la légitime – elle – colère des Français.

 Marie-Antoinette n’a probablement jamais dit « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». Mais, cette phrase lui a collé à la peau et l’a condamnée aux yeux de l’opinion avant même qu’elle soit jugée. Emmanuel Macron a, quant à lui, bien prononcé les phrases qui lui seront à jamais reprochées. Qu’il ne s’étonne pas, alors, de susciter la haine et la rage. Qu’il ne s’étonne pas si, par malheur, sa tête devait finir au bout d’une pique…

 Notes

[1]http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/09/08/a-athenes-macron-assure-qu-il-ne-cedera-rien-sur-les-reformes_5182994_823448.html

[2] Sapir J., « Les trois fautes d’Emmanuel Macron », note publiée le 27 août 2017 sur le carnet RussEuropehttps://russeurope.hypotheses.org/6241

[3] Sapir J., « Les ordonnances désordonnées », note publiée sur le carnet RussEurope le 1er septembre 2017, https://russeurope.hypotheses.org/6253

[4] http://www.lejdd.fr/politique/exclusif-la-popularite-de-macron-seffondre-encore-14-points-3419795

[5] William Shakespeare, Hamlet (1601), Acte II, scène 2, Polonius

[6] Rapporté par Clément Viktorovitch dans le Le Point.fr, 06/09/2017 à 15:50 http://www.lepoint.fr/chroniques/viktorovitch-l-inquietant-discours-d-emmanuel-macron-06-09-2017-2154981_2.php

[7] http://www.lepoint.fr/chroniques/viktorovitch-l-inquietant-discours-d-emmanuel-macron-06-09-2017-2154981_2.php

 

[8] https://www.nytimes.com/2017/09/07/opinion/emmanuel-macron-popularity.html?_r=0

09 Septembre 2017

Mais qu’est-ce qu’il veut tonton Kim ?

 

On nous gonfle les aliboffis avec le risque de guerre nucléaire résultant des « provocations » de tonton Kim en Corée du Nord. Risque nul en vérité, quoique… avec Trump à la tête de la nation la plus puissante, la plus armée (le budget militaire des USA est équivalent à la somme de tous les autres budgets défense du reste du monde !), la plus belliqueuse sur terre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il mange trop, tonton Kim !

Risque malgré tout très faible par le pouvoir « magique » de la dissuasion : « si tu me crames, tu es sûr que toi aussi tu seras cramé ! ». Peu de risques non plus de guerre conventionnelle : un bombardement US sur la Corée du Nord signifierait immédiatement des millions de morts en Corée du sud, les zones très peuplées près de la capitale de ce pays satellite des États-Unis étant à portée directe de l’artillerie du Nord.

Mais au fait, quel est le « crime » de tonton Kim ? Que réclame-t-il ?

Il faut revenir à la genèse de l’État que sa dynastie gouverne.

L’ensemble de la péninsule coréenne était sous occupation japonaise depuis 2010. Suite à la capitulation du Japon, en 1945, les États-Unis et l’Union-Soviétique occupèrent la Corée, les uns au Sud, les autres au Nord d’une ligne tampon établie au 38e parallèle. S’ensuivit une tentative d’élections libres qui échoua, débouchant sur une partition de fait puis de droit, la partie nord mettant en place un gouvernement communiste et la partie sud un gouvernement pro américain.

Qui provoqua l’autre ? Toujours est-il qu’une guerre ouverte s’établit entre les deux Corée, avec invasion de la partie sud par les armées du nord, bien mieux préparées. L’ONU, sans les Soviétiques, vota une intervention militaire. Plus de 340 000 soldats, essentiellement étasuniens, avec des corps expéditionnaires d’une vingtaine de nations, notamment français, renforcèrent l’armée du sud. Ces forces, sous le commandement de Mac Arthur, repoussèrent les nordistes loin au-delà du 38e parallèle, jusqu’aux abords de la frontière chinoise.

C’en était trop pour la Chine qui entra dans la danse au côté de la Corée du nord avec pas moins de 1,7 million de « volontaires ». Les forces onusiennes furent refoulées, Séoul fut occupé par les nordistes, puis repris par les sudistes. Le front s’établit de nouveau autour du 38e parallèle qui devint une frontière avec une zone tampon démilitarisée suite à la signature d’un armistice et d’un pacte de non-agression entre les deux frères ennemis.

Les deux Corée se développèrent différemment selon le modèle de leurs « protecteurs ». Mais les deux pays restent officiellement en état de guerre puisque aucun traité de paix n’a jamais été signé ! Ceci à cause des États-Unis qui l’on toujours refusé. Cette guerre fut cruelle : près d’un million de morts militaires, deux millions de morts civils, trois millions de réfugiés. Séoul fut détruit aux trois-quarts ainsi que la plupart de villes du nord.

L’essentiel des ressources de la Corée du nord va à l’armée qui est très puissante et bien équipée. Les fusées et les bombes A puis maintenant H montrent à la face du monde un potentiel technologique remarquable et largement sous-estimé. Ces armements garantissent à Kim qu’il ne subira pas, de la part de qui que ce soit, le sort de Saddam Hussain et de Kadhafi. Si la bombe est une assurance vie pour nous, elle l’est aussi pour les Coréens du nord.

De plus la Chine tient à l'existence de ce voisin remuant car elle ne veut en aucune manière avoir une frontière directe avec la Corée du sud et ses troupes « amies » étasuniennes...

Qu’est-ce qu’il demande tonton Kim ? Tout simplement la signature d’un traité de paix et la reconnaissance internationale. Sont-ce vraiment des prétentions exorbitantes ?

 

Photo X - Droits réservés.

08 Septembre 2017

Hollande revient : au secours !

Revenir sur le cas Hollande, c’est un peu passer à tabac un moribond à coup de lattes. En inaugurant mercredi « La France s’engage », fondation qu’il préside, installée à la Station F, « le plus grand campus de start-up au monde », fondé par Xavier Niel sous la halle Freyssinet à Paris dans le 13ème, c’est l'ex-Président en personne qui désire se rappeler à notre souvenir. En réalité François ne réussit pas à décrocher.

Revenons donc quelques instants sur son parcours récent.

Hollande restera comme le pire président de la Vème ; avec lui, on a gagné la terra incognita  : son impuissance et la persistance de celle-ci ont atteint des sommets jusque-là restés vierges et son impopularité record (Avril 2016 : 85 % des Français ne souhaitent pas sa réélection) restera dans les annales. Il est le seul Président de la Vème à n'avoir pu techniquement se représenter.

Revenons au début de l’affaire : le visiteur de la rue du Cirque fut couronné par la primaire du PS à la suite de hasards improbables.

- Le priapique Strauss-Kahn chute de son piédestal par la grâce d’une femme de chambre. Malgré les millions de son épouse Anne, et un arrangement entre amis, l’impact est si dévastateur que la marche royale vers l’Elysée est stoppée nette, d’autant que d’autres turpitudes sont bientôt découvertes… L’amateur des amours ancillaires ne peut plus prétendre au siège Elyséen dès l’automne 2011. Quant au public éberlué, il aura découvert au passage que le couple vit dans le luxe le plus assumé.

 - Sur les conseils de spécialiste en communication, Hollande – qui a le charisme d’un pétoncle - aborde les primaires du PS de 2011 en affichant le masque martial du guerrier, délesté de vingt kilos grâce à un régime en vogue. L’ancien mollasson est devenu un être filiforme aux mâchoires serrées. Volontiers cassant, il répond aux questions par des mots brefs et des gestes fermes. Aujourd’hui chacun sait combien tout cela est joué : le personnage est fictif, le faux dur en réalité un irrésolu chronique, mais à l’époque le subterfuge fonctionne. Flamby terrasse Martine Aubry, Arnaud Montebourg (l’inventeur du surnom ici cité), Manuel Valls, Ségolène Royal et Jean-Michel Baylet. A l’exception de la maire de Lille, qui le méprise ouvertement, tous deviendront ses obligés et ministres.

- Pendant cinq ans, l’égotique Sarkozy a tant indisposé par son numéro de clown et ses contorsions de bateleur qu’il offre la victoire à son adversaire sans que son adversaire fasse preuve d’un grand punch ; le sacre inattendu d’Hollande doit être regardé comme l’échec programmé du Président sortant, étrange mélange de matamore et de vendeur de coupe-légumes.

Le quinquennat va être une suite continue de Trafalgar, par reculades (les portiques écolos, la mise au pas promise d’Angela Merkel sur l’Europe) annonces non suivies d’effets (choc de simplification, réforme fiscale) ou via des décisions absurdes (la non-vente des Mistral à Poutine, qui va ruiner les exportations du secteur agricole avec l’embargo russe consécutif). Une politique étrangère chaotique - récompensée par une série d’humiliations publiques comme la diplomatie Française n’en avait jamais connue – viendra couronner cet œuvre de guingois à la Calder.

Premier incident, dès l’investiture : l’ex Ségolène Royal est interdite de cérémonie par la virago Trierweiler, qu’Hollande a mis dans sa couche assez imprudemment, le caractère colérique et incontrôlable de la dame étant connu. Les enfants sont solidaires de leur mère et ne viennent pas. La cérémonie sera tendue et sinistre. Puis il nomme son gouvernement, un conglomérat de copains et d’obligés du PS - savamment dosé selon les courants multiples qui le traversent - la plupart des nommés étant incompétents ou au mieux novices dans leurs domaines respectifs. Hollande déçoit tous ceux qui espéraient un renouvellement des pratiques de la Vème - une de ses promesses - à savoir le renvoi d’ascenseur comme seul gouvernail. L’amateurisme du gouvernement ne tarde pas à éclater : deux de ses projets démagos se voient censurés par le Conseil Constitutionnel (loi sur l’amnistie sociale, l’imposition à 75% des revenus). Le choix du Premier ministre, le terne Ayrault, très vite débordé, a probablement été motivé par l’envie de régner avec un simple exécutant en second, qui ne fasse pas d’ombre. Hélas, l’ancien maire de Nantes s’avère incapable de tenir ses troupes, les couacs entres ministres, les critiques à ciel ouvert, les querelles, se multiplient. Le programme économique (vraiment peu inventif) va se résumer à deux actions monolithiques : on taxe et on dépense. Les premières mesures consistent donc à augmenter les impôts de façon massive et brusque, en procédant dans le même temps à des dépenses électoralistes de remerciements - suppression du jour de carence pour les fonctionnaires en arrêt-maladie par exemple. Le résultat ne tarde pas : l’économie française, déjà surtaxée par Sarkozy peu avant, est frigorifiée du jour au lendemain, et la croissance s’arrête net. La promesse formelle de faire reculer la courbe du chômage, renouvelée plusieurs fois par l’homme aux costumes froissés, deviendra évidemment son boulet au fur et à mesure du quinquennat.

Alors que nul ne l’y obligeait, Pompimou (autre surnom) lance à la rentrée 2012 le principe du mariage homosexuel. Malgré une forte résistance, le projet va à son terme mais le pays aura passé six mois à se déchirer. Que constate-t-on depuis ? Les « mariages » homosexuels sont en réalité très peu nombreux. Que de temps consacré dans un contexte de chômage de masse, donc, pour une cause certainement très noble qui devait voir le jour, mais ne concernant que quelques milliers de personnes. Restons dans le domaine des mœurs : avec Sarkozy on avait eu un divorce rapide puis un remariage bling-bling, son successeur (père la morale qui avait blâmé cette conduite) va faire plus fort encore ! Il y a d’abord l’épisode du « tweet » de sa concubine, qui le ridiculise en prenant parti contre Ségolène Royal dans une élection locale à La Rochelle, puis la révélation piteuse de sa liaison avec Julie Gayet, qu’il rejoint nuitamment, enfin la séparation digne d’un vaudeville de la répudiée Valoche : elle commettra par la suite un livre vengeur, grand succès de librairie. Tout ceci consterne, d’autant que dans le même temps la politique mise en oeuvre échoue, ou donne des résultats peu probants, en matière diplomatique, économique, sociale. Même la création du CICE, mesure fiscale complexe favorable aux PME aura au final un impact limité : l’Etat ne fait là que rétrocéder les impôts instaurés l’année d’avant.

En outre, en 2013, l’affaire « Léonarda » constituera un véritable psychodrame pour le Président normal, du début à son épilogue : Hollandouille (autre surnom peu flatteur) invite la sans papiers Léonarda à revenir en France, mais sans son encombrante famille, ce que la Rom de quinze ans refuse aussitôt devant les caméras, lui infligeant un camouflet en direct ! Cet épisode est à rapprocher de celui de l’affaire Cahuzac (un ministre du budget fraudeur fiscal contraint à la démission) dans sa dimension de sinistre farce.

Ayrault est remercié sans égards au bout de deux ans, lui succède alors le nerveux Valls. Ce faux toréro va rapidement montrer ses limites. Certes, il détricote à la hâte les lois Duflot sur le bâtiment, votée six mois plus tôt et dont les effets ont été si fulgurants que seul leur abandon permettra de réanimer un peu le secteur. Mais il agite aussi pendant des mois le spectre de l’antisémitisme avec l’amuseur Dieudonné, quand semble-t-il des priorités autrement urgentes s’imposent. Les chiffres alarmistes parlent d’eux-mêmes : déficits aggravés, commerce extérieur en berne, chômage et faillites d’entreprise en hausse. Avec le recul, les saillies douteuses du copain de Soral constituaient-elles le péril numéro un en France ? On verra hélas que non : les attentats en 2015 de Charlie, puis ceux du 13 Novembre, seront la plus cruelle des réponses aux lubies de l’espagnol. Quoiqu’il en soit, devant l’échec total de sa politique, Hollande réoriente ses priorités dès la fin 2014 dans un sens plus réaliste, aidé du danseur mondain Macron, avec pour résultat immédiat de perdre des soutiens au PS, les fameux « frondeurs », et de ne bientôt plus disposer d’une majorité claire au Parlement. L’épisode consternant de la déchéance de nationalité ferme le cercueil : Hollande et Valls ne peuvent plus gouverner, et devront faire passer la loi sur le travail avec le « 49-3 ». La fin de règne est pénible et impuissante.

Le corrézien au scooter, qui a repris une bonne partie de ses kilos, aura au final réussi l’exploit, malgré un contexte économique international inespéré (baisse de l’Euro, baisse du pétrole, reprise de la croissance mondiale) de conduire une politique à ce point inadaptée que la France devient le seul pays d’Europe à ne pas voir son chômage baisser !!

 

Il faut s’y résigner sans joie excessive : le Président Hollande désire revenir sur le devant de la scène, quand le public a déjà jeté les tomates.

07 Septembre 2017

Selon Emmanuel Macron, le temps de la souveraineté populaire est révolu

 

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Prononçant un discours fondateur devant les plus hauts diplomates français, le président Macron a révélé sa conception du monde et la manière dont il entend utiliser les outils dont il dispose. Selon lui, il n’y a plus de souveraineté populaire, ni en France, ni en Europe, donc pas de démocraties nationales ou supra-nationales. Il n’y a plus non plus d’Intérêt collectif, de République, mais un catalogue hétéroclite de choses et d’idées composant des biens communs. Décrivant leur nouveau travail aux ambassadeurs, il les a informés qu’ils ne devraient plus défendre les valeurs de leur pays, mais trouver des opportunités d’agir au nom du Léviathan européen. Entrant dans le détail de certains conflits, il a décrit un programme de colonisation économique du Levant et de l’Afrique.

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Participant à la traditionnelle semaine des ambassadeurs, le président Macron a prononcé son premier discours général de politique étrangère depuis son arrivée au palais de l’Élysée [1]. Toutes les citations entre guillemets de cet article en sont extraites. Le président n’a pas dressé de paysage des relations internationales actuelles, ni expliqué le rôle qu’il conçoit pour la France dans le monde, mais la manière dont il entend utiliser cet outil.

Selon lui, la France n’a pas été capable de s’adapter aux changements du monde depuis 1989, la chute du Mur de Berlin, la dissolution de l’Union soviétique et le triomphe de la globalisation états-unienne. Pour reconstruire le pays, il serait absurde de vouloir revenir à l’ancien concept de souveraineté nationale. Au contraire, il faut avancer en s’emparant des leviers disponibles. C’est pourquoi, aujourd’hui : « Notre souveraineté, c’est l’Europe ».

Certes, l’Union Européenne est un monstre, « un Léviathan » [2]. Elle n’a pas de légitimité populaire, mais devient légitime lorsqu’elle protège ses ressortissants. Dans son format actuel, elle est dominée par le couple franco-allemand. Lui, Emmanuel Macron, et la chancelière Angela Merkel peuvent donc, ensemble, la gouverner. Ainsi a-t-il pu se rendre en Pologne, en sa qualité de président français, et, avec l’accord de sa partenaire allemande qui ne pouvait se permettre d’agresser la Pologne au regard de l’Histoire, y parler en tant que représentant implicite de l’Union, y insulter le Premier ministre, lui rappeler qu’elle n’est pas souveraine et la faire rentrer dans le rang européen.

D’ores et déjà, avec la chancelière, il a décidé d’agir dans quatre domaines :
 la protection des travailleurs ;
 la réforme du droit d’asile et la coopération européenne en matière migratoire ;
 la définition d’une politique commerciale et d’instruments de contrôle des investissements stratégiques ;
 le développement de l’Europe de la Défense.

Ces objectifs déterminent évidemment les politiques nationales de chacun des États membres, y compris la France. Par exemple, les ordonnances que son gouvernement vient de prendre sur la réforme du Code du Travail posent les limites minimales de la protection des travailleurs conformément aux instructions arrêtées depuis longtemps déjà par les fonctionnaires de Bruxelles. La coopération européenne en matière migratoire fixera les seuils d’hospitalité permettant de faire fonctionner l’industrie allemande [3], tandis que la réforme du droit d’asile fixera la capacité d’accueil de la France au sein de l’espace Schengen. L’Europe de la Défense permettra d’unir les armées de l’Union et de les intégrer collectivement aux ambitions de l’Otan.

Pour faire avancer plus rapidement l’Union européenne, la France et l’Allemagne organiseront des coopérations renforcées sur différents thèmes, en choisissant leurs partenaires à la carte. On conservera alors le principe de décision à l’unanimité, mais uniquement entre États présélectionnés comme étant déjà d’accord entre eux.

La cohésion de cet ensemble sera maintenue autour de quatre valeurs communes :
 « la démocratie élective et représentative,
 le respect de la personne humaine,
 la tolérance religieuse et la liberté d’expression,
 et la croyance au progrès ».
« La démocratie élective et représentative » ne s’appliquera qu’au niveau local (communautés de communes et régions administratives, les communes et les départements étant appelés à disparaître) puisqu’il n’y a plus de souveraineté nationale.
« Le respect de la personne humaine, la tolérance religieuse et la liberté » devront être compris au sens de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, et non plus à celui de la Déclaration de 1789 pourtant placée en préambule de la Constitution.
« La croyance au progrès » permettra de mobiliser les ressortissants européens dans une période où chacun voit des pays aisés, au Moyen-Orient élargi, soudain rasés de la carte et renvoyés à l’âge de pierre.

La méthode Macron

La France devra utiliser l’outil européen pour s’adapter au « monde multipolaire et instable ». Étant entendu qu’il n’est pas question de rétablir l’alliance franco-russe que le président Sadi Carnot et l’empereur Alexandre III conclurent car l’Union européenne est le volet civil de l’Alliance militaire atlantique, il ne sert à rien de fonder la diplomatie française sur l’Histoire ou des valeurs.

Il convient au contraire de jouer le rôle de « contrepoids » afin de maintenir « les liens avec les grandes puissances dont les intérêts stratégiques divergent ». Comprenez bien, le président ne parle pas des intérêts qui divergent entre d’un côté les États-Unis et de l’autre la Russie et la Chine, mais de maintenir les liens que ces deux grandes puissances doivent entretenir avec les États-Unis.

« Pour cela il nous faut (…) nous inscrire dans la tradition des alliances existantes et, de manière opportuniste, construire des alliances de circonstances qui nous permettent d’être plus efficaces ». Le rôle des diplomates n’est donc plus de défendre à long terme les valeurs de la France, mais de flairer à court terme les opportunités, les bons coups à faire.

« La stabilité du monde »

Ce cadre de travail européen et cette méthode étant posés, la fonction de la diplomatie française sera à la fois d’assurer la sécurité des Français en participant à « la stabilité du monde », et de gagner de l’influence en défendant « les biens communs universels ».

Puisque depuis la chute du Mur de Berlin et la fin de la souveraineté nationale, il n’y a plus d’ennemi conventionnel, la France n’a plus besoin d’armée pour défendre son territoire. Par contre, elle doit faire face à un ennemi non-conventionnel, le « terrorisme islamiste », qui exige d’elle à la fois une police omniprésente et une armée de projection capable d’intervenir dans les foyers de terrorisme à l’étranger : la Syrie et l’Irak d’un côté, la Libye et le Sahel de l’autre. C’est évidemment ce changement d’objectif, et non pas une question budgétaire, qui a conduit le président Macron à limoger le chef d’état-major des armées. Il reste à réformer la police.

La France continuera à protéger ses ressortissants musulmans tout en maintenant dans son discours un lien entre l’idéologie politique islamiste et la religion musulmane. Elle pourra de la sorte continuer à surveiller la pratique du culte musulman, l’encadrer, et de facto influer ses fidèles.

La lutte contre le terrorisme, c’est aussi l’asséchement de son financement, que la France poursuit au travers de nombreuses institutions internationales ; étant entendu que, du fait « des crises régionales et des divisions, des divisions en Afrique, et des divisions du monde musulman », certains États participent secrètement à ce financement. Or, premièrement le terrorisme n’étant pas des hommes mais une méthode de combat, et secondement les actions terroristes étant considérablement mieux financées depuis que l’on prétend l’interdire, il est évident que ce dispositif a été mis en place par Washington non pas contre les Frères musulmans, mais contre l’Iran. Bien que cela n’ait apparemment aucun rapport avec le financement du terrorisme, le président Macron aborde alors la question de l’antagonisme saoudo-iranien, pour prendre le parti de l’Arabie saoudite et condamner l’Iran.

Depuis les attaques de Daesh contre « nos intérêts, nos vies, notre peuple », la paix en Irak et en Syrie constitue « une priorité vitale pour la France ». D’où le changement de méthode en cours depuis le mois de mai : certes, Paris « avait [été] mis à l’écart » des négociations d’Astana, mais il fait aujourd’hui « avancer concrètement la situation » en discutant, un à un, avec les participants des réunions Astana. Il les a convaincus d’adopter l’objectif fixé de longue date par le président Obama : l’interdiction des armes chimiques et l’accès humanitaire aux zones de conflits. Enfin, la France a créé un « groupe international de contact » qui se réunira à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Onu autour de Jean-Yves Le Drian. Le retour de la Syrie à l’état de Droit « devra s’accompagner de la justice pour les crimes commis, notamment par les dirigeants de ce pays ».

Le président Macron opère ainsi un retour en arrière par rapport à ses déclarations précédentes. il ne s’agit plus comme il l’avait laissé entendre lors d’une interview au JDD, d’accepter la République arabe syrienne et de l’épauler contre Daesh, mais au contraire de poursuivre le double jeu antérieur : utiliser le prétexte humanitaire pour continuer à approvisionner les jihadistes en armes contre Damas. L’annonce du jugement des dirigeants syriens équivaut à celle de la défaite de la République arabe syrienne, puisque jamais, absolument jamais, un État n’a jugé pour crime de guerre des généraux victorieux. Le président Macron ne précise pas quel tribunal devra juger ces dirigeants, mais sa formulation renvoie au plan du directeur des Affaires politiques de l’Onu, Jeffrey Feltman, qui prévoyait dès 2012 (c’est-à-dire avant la guerre généralisée) la « condamnation » de 120 dirigeants syriens ; un plan qui avait été rédigé sous la direction d’un fonctionnaire de Madame Merkel, Volker Perthes [4].

Concernant la Libye et le Sahel, le président Macron a rappelé son initiative de La-Celle-Saint-Cloud, au cours de laquelle il a rapproché le « Premier ministre libyen » Fayez Sarraj et le « chef de l’armée nationale libyenne » Khalifa Haftar ; sommet où il avait assuré les deux hommes du soutien de l’Union européenne à la conditions qu’ils passent par pertes et profits la mystérieuse disparition de 100 milliards de dollars du Trésor national libyen [5].

La première conséquence du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne fut la déstabilisation du Mali, pays dont elle subventionnait très largement l’économie [6]. Il s’est alors divisé en deux : d’un côté les sédentaires bantous, de l’autre les nomades touaregs. L’intervention militaire française a prit acte de ces faits et a stoppé leurs conséquences immédiates sur les civils. Le G5-Sahel a été créé par la France pour stopper les conséquences de la guerre contre la Libye et prévenir l’affrontement entre noirs et arabes que seul Mouamar Kadhafi était parvenu à contenir. L’alliance pour le développement du Sahel vise, quant à elle, à remplacer —avec de bien plus faibles moyens— le programme d’aide au développement que la Libye avait développé dans cette région. L’ensemble de ces mesures assurera la stabilité de cette partie de l’Afrique jusqu’à ce que, dans une dizaine d’années, le Pentagone mette en œuvre son plan d’extension du chaos au continent noir [7].

Le président Macron évoque la déclaration commune qu’il vient de faire adopter par des partenaires d’Afrique et d’Europe instituant des bureaux d’immigration européens sur le continent africain. Il s’agit de trier au départ les migrants qui seront acceptés par l’Union et d’en finir avec les parcours de l’exode. « Les routes de la nécessité doivent devenir des chemins de la liberté » ; une formule qui résume la pensée présidentielle : l’Afrique, c’est la nécessité, l’Europe, c’est la liberté.

Pour Emmanuel Macron, « rétablir la sécurité » en Afrique passe par les trois D : « Défense, Développement et Diplomatie », c’est-à-dire la présence de l’armée de projection française, les investissements français et l’administration française ; le programme classique de la colonisation économique.

La défense des biens communs

Loin de négliger l’atout que représentent la francophonie et le tourisme, le président Macron y a consacré de longs développements. À ce sujet, il a impulsé l’idée de profiter du système juridique français pour étendre l’influence du pays. Ce faisant, il reprend à son compte la « doctrine Korbel », selon laquelle la manière dont un traité est rédigé étend l’influence du pays qui en a conçu les concepts ; doctrine appliquée par sa fille, Madeleine Albright, puis par sa fille adoptive, Condoleezza Rice, pour transcrire en droit anglo-saxon les traités internationaux.

Le premier bien commun, c’est la planète.

Ce discours a été prononcé durant la « semaine des ambassadeurs » au cours de laquelle le président est venu expliquer à son personnel que, désormais la fonction première de son administration était la diplomatie économique. Lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius avait eu l’idée de mobiliser le réseau diplomatique français pour développer les exportations. Il avait pour cela créé Business France, un établissement public à la tête duquel il avait placé Muriel Pénicaud. Celle-ci utilisa l’argent public qui lui était confié pour lancer la campagne électorale d’Emmanuel Macron à l’étranger, ce qui lui vaut des démêlés actuels avec la Justice. Elle est aujourd’hui ministre du Travail et a rédigé les ordonnances fixant la « protection des travailleurs ». Laurent Fabius quant à lui, est devenu président du Conseil constitutionnel. C’est à ce titre —et en violation du rôle que lui attribue la Constitution— qu’il a rédigé un Pacte pour l’environnement que le président Macron présentera aux Nations Unies.

Le deuxième bien commun, c’est la paix.

À travers « l’Europe de la Défense », le président Macron entend « donner un nouveau souffle » à l’Otan. L’Alliance vise en effet à la promotion de « la paix » comme on le voit en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et en Ukraine.

Le troisième bien commun, ce sont la Justice et les libertés

Le président Macron, qui avait préalablement évoqué les valeurs communes de l’Union européenne que sont « le respect de la personne humaine, la tolérance religieuse et la liberté d’expression », assure désormais que « la place des femmes, les libertés de la presse, le respect des droits civils et politiques » sont des valeurs universelles. Il n’a malheureusement pas précisé la distinction qu’il opère entre celles qui sont européennes et celles qui sont universelles. Bien qu’il se pique de philosophie depuis sa rencontre avec Paul Ricoeur, il semble ne pas avoir réfléchi à la philosophie politique et confond dans son discours le Droit humanitaire avec les Droits de l’homme, et à ce propos leur signification anglo-saxonne (protection de l’individu face aux abus de l’État) et leur signification française (responsabilités des hommes, des citoyens et de la Nation).

Le quatrième bien commun, c’est la culture.

Le président Macron avait déclaré durant sa campagne électorale qu’il n’y a pas de culture française, mais de la culture en France. Identiquement, il ne conçoit pas la culture en général comme un développement de l’esprit, mais comme un ensemble de biens marchands. C’est pourquoi, il poursuivra l’œuvre de son prédécesseur pour la protection des biens culturels, et pas des gens, sur les théâtres de guerre.

Conclusion

Il faudra beaucoup de temps pour tirer toutes leçons de la vision du monde du président Macron.

Le point le plus important reste que, selon lui, le temps de la souveraineté populaire est passé aussi bien pour les Français que pour les Européens en général. L’idéal démocratique peut se poursuivre au niveau local, mais est vide de sens au niveau national.

Secondairement, sa conception du Bien commun (res publica), auquel tous les régimes politiques —qu’ils soient monarchique, impérial ou républicain— furent attachés, semble également d’un autre temps. Dans leur optique, il s’agissait de servir —ou de prétendre servir— un intérêt collectif. Certes, Emmanuel Macron évoque la Justice et les libertés, mais c’est pour immédiatement placer ces nobles idéaux au même niveau que des objets, comme la Terre et les produits culturels marchands, et un déshonneur, la vassalité à l’Otan. Il semble donc que la République aussi soit morte.

À l’issue de cet exposé, l’auditoire a chaleureusement applaudi. Ni la presse nationale, ni les leaders d’opposition n’ont émis d’objection.

Thierry Meyssan            

[1] « Discours d’Emmanuel Macron à la semaine des ambassadeurs de France », Emmanuel Macron, Réseau Voltaire, 29 août 2017.

[2Léviathan, Thomas Hobbes, 1651.

[3] « Comment l’Union européenne manipule les réfugiés syriens », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mai 2016.

[4] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[5] « Macron-Libye : la Rothschild Connection », Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 1er août 2017.

[6] « La guerre contre la Libye est une catastrophe économique pour l’Afrique et l’Europe », entretien avec Mohammed Siala, Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 juillet 2011.

[7] « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

 

Source: http://www.voltairenet.org/article197713.html

06 Septembre 2017

« C’est parce que la Corée du Nord est souveraine qu’elle existe toujours »

J'en ai assez d'entendre nos media nous répéter à chaque heure qui passe la même litanie : "La Corée du Nord, c'est le diable". Pas une voix dissidente dans ce concert qui n'a rien d'improvisé. Il en va de la République Démocratique et Populaire de Corée (RPDC) comme il en va de tous les pays qui résistent à l'Empire (Venezuela, Iran, Cuba, et quelques dizaines d'autres). La RPDC résiste un peu mieux que les autres parce qu'elle a beaucoup plus souffert encore des exactions japonaises et américaines. Elle sait ce qui lui arrivera si elle baisse les bras. C'est pourquoi j'ai cherché et trouvé sans trop de mal un article qui donne enfin une version alternative un peu plus conforme à ma façon de voir et à la raison.

Dans ce procès sans avocat et jugé d'avance, voici enfin une version un peu différente de l'acte d'accusation, qui vous permettra, je l'espère, d'ouvrir mieux les yeux et d'avoir un point de vue plus équilibré. Interview de Robert Charvin par Alex Anfruns, reprise d'un article trouvé sur Investigaction .http://www.investigaction.net/fr/robert-charvin-cest-parce-que-la-coree-du-nord-est-souveraine-quelle-existe-toujours/

Robert Charvin : « c’est parce que la Corée du Nord est souveraine qu’elle existe toujours »

Cet été la crise diplomatique entre les Etats-Unis et la Corée du Nord a refait surface. Les déclarations du président Donald Trump, qui a menacé de déclencher une guerre « avec le feux et la furie comme le monde n’en a jamais vu », ont marqué le ton. Loin de décrypter les questions-clés, les discours politiques et médiatiques occidentaux n’envisagent ni la réunification de la Corée, ni l’option diplomatique comme début de solution. L’appétit inconfessable du monde des affaires serait-il en train de justifier une nouvelle guerre ? Dans son livre « Comment peut-on être Coréen (du Nord) ? », le spécialiste en droit international Robert Charvin nous éclaire sur les dessous de cette dangereuse crise politique héritée de la Guerre Froide.

Alex Anfruns : Quels sont les enjeux de la crise qui a éclaté entre la Corée du Nord et Trump ?

Robert Charvin : La crise actuelle n’est que le prolongement d’une tension qui n’a pas cessé depuis des décennies (à l’exception des courtes périodes où Séoul et les Etats-Unis acceptaient d’amorcer un dialogue). Elle ne peut se résoudre que par la négociation afin que soit conclu enfin le traité de paix supprimant l’état de belligérance qui demeure depuis 1953 !

Ce traité doit garantir des relations diplomatiques et commerciales normales, permettant un rapprochement progressif entre le Nord et le Sud de la Péninsule en vue d’une réunification ultérieure, résolvant de nombreux problèmes socio-économiques.

Pour beaucoup Pyongyang est un « régime dictatorial » qui menacerait la paix dans le monde. Vous qui connaissez bien la Corée du Nord, quel est votre avis ?

La Corée du Nord, c’est-à-dire la République Démocratique et Populaire de Corée (RPDC), Etat membre des Nations Unies, n’est pas une puissance « provocatrice » : ce n’est pas elle qui a des bases militaires à proximité immédiate des frontières américaines et des armes nucléaires depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’empire étatsunien exerce son hégémonie sur une large partie du monde, pas la Corée populaire.

La théorie du Djoutché, idéologie de Pyongyang ne s’impose pas aux peuples comme l’American Way of Life ! Si l’on craint, malgré tout, les forces armées de la RPDC, pourquoi ne pas souscrire, comme elle le propose depuis longtemps, un accord de dénucléarisation régional englobant évidemment les Etats-Unis ?

Quant aux champions des droits de l’homme, civils et politiques, bien entendu occidentaux, pourquoi ne proposent-ils pas la détente, seul moyen de favoriser tous les droits du peuple coréen, au Nord comme au Sud ?

Le point de vue de Pyongyang est systématiquement écarté dans les débats… Pourquoi un tel consensus ?

La Corée du Nord est un cas d’école depuis plusieurs décennies. Malheureusement, ni les médias ni les partis politiques occidentaux, ne la traitent comme tel. Il est admis que l’on puisse dire n’importe quoi sur ce pays, « incarnation du Mal », dirigée par des « fous fanatiques », de surcroît « encore » communiste, même s’il s’agit d’un socialisme teinté de confucianisme.

Les raisons de ce consensus, qu’a fini par absorber diverses forces progressistes qui ont eu peur de s’affaiblir davantage en allant « trop » à contre-courant (électoralisme et crétinisme parlementaire obligent !) ne sont pas mystérieux. La Corée est loin des Etats-Unis et de l’Europe : difficile de distinguer la vérité de ce qui est politiquement utile à certains intérêts. Le citoyen moyen est plus facilement convaincu par des arguments faciles, cultivés par de pseudo-intellectuels et une presse répétitive, que par des explications historiques, sociologiques et économiques, sans parler de la géopolitique ignorée, oubliée, même par une « gauche » atteignant les limites de l’inculture.

Il y a longtemps, pourtant, que le monde capitaliste fait usage, pour légitimer son hégémonie, des difficultés dont il est souvent à l’origine, mais dont souffrent les peuples décrétés « ennemis » : il s’agit de convaincre « qu’ailleurs, c’est pire », et qu’il faut donc accepter les « bons maîtres » qui règnent à Paris, à Bruxelles ou à Washington.

Il ne peut évidemment s’agir des dictatures protégées parce que rentable pour les affaires, du style Arabie Saoudite ou Etats africains sous contrôle dont les élections sont des mascarades, et la répression des oppositions, la règle. Il faut qu’elle soit « rouge » ou assimilée, du Chili de Salvador Allende jusqu’à Kim Jong Un, via Castro, Chavez ou Maduro… Ce sont d’« excellents » contre-feux à ceux qu’en Occident dénoncent le règne délirant de l’argent et la concurrence – toujours faussée –.

Les Etats-Unis et leurs alliés locaux ont pu tuer Lumumba, Allende et tant d’autres, et renverser de nombreux pouvoirs fragiles parce qu’il est très difficile d’édifier le socialisme, en rupture totale avec le monde dominant. Mais la Corée populaire demeure, comble du scandale et de la provocation !

Qu’est-ce qui explique la ténacité du système politique au pouvoir à Pyongyang ?

Le peuple coréen a la « peau dure » : presque un demi-siècle de colonialisme japonais – féroce ! – ; une guerre dévastatrice avec les Américains en 1950-1953 : un seul édifice debout dans la capitale, Pyongyang, en 1953 ! Près de 70 ans d’embargo imposé unilatéralement – et donc illicite –, créant un « effet citadelle assiégée », qualifiée avec cynisme de paranoïa !

Sans compter les drames provoqués, y compris des coûts alimentaires, par la disparition de l’allié soviétique, des Etats d’Europe de l’Est et l’évolution de la Chine qui ne fait qu’assurer à Pyongyang le « service minimum », Séoul étant économiquement plus « rentable ».

Malgré tout, et en payant le prix, la Corée Populaire est restée souveraine, ne comptant avant tout que sur ses propres capacités, créant chez elle un esprit de résistance à toute épreuve jusqu’à ce jour, mêlant dans son idéologie marxisme et confucianisme, ce dont les journaleux de la grande presse occidentale ne s’intéressent pas le moins du monde.

Bref, un modèle à ne pas suivre selon les Occidentaux qui ne vivent qu’en pillant la planète. Il faudrait 5 planètes entières pour que les habitants de la terre vivent au niveau des Etatsuniens. La Corée du Nord est un manque à gagner qui ne doit pas être contagieux ; elle occupe une position stratégique aux frontières de la Russie, de la Chine et du Japon. Elle doit être « réduite » au maximum et si possible, un jour, disparaître face à l’armada militaire nord-américaine (basée en Corée du Sud, à Guam, etc.)

En attendant cette chute annoncée, la Corée du Nord sert de prétexte au maintien de la présence militaire nord-américaine à des milliers de kilomètres de là, mais tout près des frontières de la Russie (une alliée de Pyongyang) et de la Chine dont « les ambitions sont menaçantes », si l’on en croît les économistes occidentaux !

Le comble est le cynisme des « observateurs » : tout est entrepris depuis des décennies pour étouffer la Corée du Nord, mais on lui reproche de respirer mal ! Les autorités de Pyongyang n’ont pourtant qu’un seul choix : résister ou capituler et s’aligner sur Séoul, soumise directement aux dollars et aux soldats yankees.

Pourtant, Pyongyang semble être assez isolé sur la scène politique mondiale. Comment l’expliquez-vous ?

Un drame politique : l’internationalisme est mort. L’anticommunisme qui sévit contre la Corée du Nord ne rencontre pas d’obstacle. Ayant perdu la plupart des batailles idéologiques, certains partis communistes ont quitté le terrain de la solidarité internationale : être aux côtés des Coréens est trop « coûteux », le socialisme nord-coréen trop « différent » ; le monolithisme idéologique est le contraire du « droit de l’hommisme » encore à la mode. On a renoncé à la notion de « modèle » unique du socialisme, mais l’occidentalisme et l’ethnocentrisme imprègnent nombre de communistes occidentaux.

A la limite, les quelques rares gaullistes qui ont survécu en France, comprennent mieux la volonté coréenne de posséder une force de dissuasion nucléaire que les milieux « progressistes » se refusant à toute approche géopolitique et moins sensibles à la question de l’indépendance nationale !

A l’évidence, le socialisme capable de résister à la mondialisation néolibérale et aux intérêts spéculatifs et pilleurs des grandes firmes, ne peut que s’appuyer sur la Nation, sur les particularismes historiques et sur l’héritage : ce sont les syncrétismes qui font l’Histoire.

Le socialisme français, belge, américain ou italien ne peut être « standard » : seul le marché, c’est-à-dire un monde centré sur les « affaires » et le capital, uniformise, au détriment des valeurs populaires.

La Corée est coréenne : c’est parce que Pyongyang est avant tout souveraine, sans compromis, y compris vis-à-vis de la Chine, la grande voisine très différente, que la RPDC, Etat membre des Nations Unies, en voie de développement malgré tout, existe toujours.

Avez-vous un message d’espoir sur l’issue de ce conflit, qui est étroitement lié à notre histoire récente ?

Il est possible qu’un jour prochain, à la suite de la folie impériale d’un Trump, des manœuvres de Wall Street, ou de telle ou telle puissance, chaque peuple, au Sud évidemment mais en Europe aussi, puisse comprendre qu’il ne peut compter avant tout que sur lui-même car il n’existe pas de philanthropie internationale, les alliances et la coopération ne pouvant être que complémentaire.

 

C’est le message de la RPDC : il est respectable par les tristes temps qui courent. Par contre, la violence et les menaces des « Grands » ne méritent que le mépris. Il n’y a aucune excuse à ceux qui, par-delà toutes les frontières se croient tout permis.

05 Septembre 2017

Une guerre sans fin en Afghanistan : Le peuple afghan dans la tourmente

 « Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps. » Proverbe afghan

Alors que l’on pensait à une désescalade dans le sillage de la politique obamienne visant à ramener les GI’S à la maison et de continuer à sous-traiter soit à des entreprises spécialisées soit à renforcer la politique tragique pour les civils des frappes par drones inaugurés sous l’ère Obama le président Trump a décidé non seulement de maintenir les troupes US en Afghanistan mais d’ne augmenter le contingent pour sécuriser ce pays.

Pour Keith Jones Trump ne se contente pas d’énoncer que les Etats Unis ne quitteraient pas l’Afghanistan, il menace le Pakistan qu’il rend responsable de la situation actuelle. Il écrit : « Les responsables du gouvernement américain ont commencé à préciser le sens de la menace de Trump de punir le Pakistan si ce dernier ne supprime pas les insurgés afghans qui opèrent depuis ses régions frontalières. Ces punitions incluent non seulement des réductions de l’aide et des paiements pour les services rendus dans la guerre en Afghanistan, mais visent aussi à encourager l’Inde, l’adversaire juré du Pakistan, à jouer un rôle plus important en Afghanistan et à soutenir une position plus pro-indienne dans le conflit vieux de sept décennies au Cachemire ». (1)

Bref rappel des débuts de l’invasion

Prenant prétexte des attentats des tours jumelles à New York attribués à Oussama Bin Laden un ancien protégé des Etats Unis quand il fallait combattre l’Union Soviétique qui avait soutenu en Afghanistan un régime communiste en la personne de Nadjiboullah,, elle envahit à son tour l’Afghanistan. C’est dire si ce pays n’a jamais connu la paix même du temps du roi d’Afghanistan !

Ainsi, comme rapporté dans la contribution suivante : « le 7 octobre 2001, les troupes américaines envahissaient l’Afghanistan. Ce qui semblait devoir être une victoire rapide contre le régime des talibans s’est révélé une guérilla sanglante et sans fin. A l’aide des avions et des soldats américains, les seigneurs de la guerre de l’Alliance du nord ont chassé les talibans des principales villes du pays et se sont emparés de Kaboul, la capitale, vers le milieu du mois de novembre 2001. Un nouveau gouvernement a été mis en place et Hamid Karzai, soutenu par les Etats-Unis, Initialement l’opération américaine avait été nommée « Infinite Justice » (justice infinie Quinze ans après l’invasion, il reste encore un peu moins de 9 000 soldats et officiers américains en Afghanistan. Un chiffre à comparer avec un maximum de 100 000 en 2011. Depuis 2002, les Etats-Unis ont dépensé plus de 60 milliards de dollars pour former et équiper les forces de sécurité afghanes, selon Reuters. Les commandants américains en Afghanistan continuaient à demander plus de troupes, mais la quasi-totalité des forces de Washington étaient occupées en Irak, après que l’invasion de 2003 eut pris le même chemin que celle d’Afghanistan : de la victoire rapide au bourbier. Grâce à la combinaison de « poussées » en termes de militaires et des pots-de-vin versés aux dirigeants locaux, les Etats-Unis ont réussi à briser la majeure partie de l’insurrection en Irak. Après son élection, Barack Obama a mis en place un programme similaire en Afghanistan ». En mai 2011, Oussama Ben Laden, est tué rapporte le gouvernement des Etats-Unis. le président américain a annoncé un retrait progressif d’Afghanistan d’ici la fin 2016. L’arrêt des opérations de combat a officiellement été déclarée en décembre 2014. Un an plus tard, les talibans étaient de retour à Kunduz, plantant leur drapeau sur la place principale de la ville »(2)

 Bilan « provisoire » du conflit afghan

Selon un rapport de l’ONU publié le 9 mars 2011, l’année 2010 aura été la plus meurtrière pour les civils afghans dans le conflit qui oppose depuis neuf ans les forces internationales et nationales et les talibans. Avec 2777 civils tués, le nombre de morts dans les affrontements a fait un bond de 15% l’année dernière par rapport à 2009, selon un rapport de la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (Manua). Deux attentats suicides ont eu lieu ce samedi 6 avril 2013 en Afghanistan, en pleine visite du nouveau secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, arrivé la veille. Une explosion revendiquée par les talibans s’est produite à Kaboul, tuant neuf civils. Un deuxième attentat a été perpétré dans l’est du pays. Au moins huit enfants ont été tués. A Kaboul, les talibans ont prouvé que, malgré le renforcement du dispositif de sécurité lié à la venue d’un officiel américain, leurs attaques pouvaient toujours atteindre leur cible. (…) La rébellion menée par les taliban n’a toujours pas été matée malgré onze années de présence internationale et plus de 130.000 soldats étrangers sur le terrain.

8 400 militaires américains sont toujours présents en Afghanistan  dans le cadre de l’opération « Soutien résolu ». Jusqu’à 100 000 militaires américains ont été engagés en Afghanistan en 2011 La présence militaire est également étoffée par le recours massif à des sociétés militaires privées (SMP) rétribuées par les Etats-Unis pour assurer des missions de sécurité et de maintien de l’ordre. Ces contractors sont actuellement trois fois plus nombreux que les militaires américains en Afghanistan. Employés par des entreprises ent anglo-saxonnes (la plus connue étant Blackwater), ils ne sont pas tous de nationalité américaine et ne figurent pas dans les décomptes officiels des victimes de cette guerre.

La guerre en Afghanistan a causé de nombreuses pertes humaines, et les Etats-Unis ont payé le plus lourd tribut, avec 2 403 soldats tués depuis 2001 – ils déplorent deux fois plus de morts que l’ensemble des autres pays de la coalition (1 136 victimes). Près de 500 militaires ont perdu la vie au cours de la seule année 2010. A titre de comparaison, le bilan des pertes civiles est difficile à établir, mais il se montait à au moins 17 000 morts en 2014, et dépasse 3 500 morts par an durant les trois dernières années, selon un rapport de lInstitut Brocking

Le bilan humain se double d’un lourd bilan comptable. Selon un article publié en juillet 2017 par le Center for Strategic and International Studies, les guerres menées par les Etats-Unis après le 11-Septembre (Afghanistan, Irak, Syrie) ont coûté 2 000 milliards de dollars, soit 1 700 milliards d’euros. Les seules dépenses du département de la défense pour l’Afghanistan dépasseront 840 milliards de dollars (714 milliards d’euros) si le budget est voté en l’état.

Selon Anthony Cordesman, de la chaire de stratégie Arleigh Burke, qui a réalisé ce décompte, les sommes versées depuis seize ans pour le conflit afghan dépassent le montant du plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe en 1945. Le budget militaire ne constitue pas la seule source de dépenses, puisque les Etats-Unis financent aussi le développement économique et la reconstruction politique du pays, pour des montants dépassant la centaine de milliard de dollars. Les Etats-Unis ont consacré près de 110 milliards de dollars à la reconstruction de l’Afghanistan Outre les dépenses militaires, les Américains ont versé des aides au développement économique, à la lutte antidrogues ou antiterroriste et à la protection civile » (3).

« Plus de 4 000 soldats de la coalition et 15 000 soldats afghans sont morts au cours de l’opération « Liberté immuable ». Les pertes américaines au cours de ces 4 830 jours d’opération se sont élevées à 2 356 morts et 19 950 blessés alors que chez les talibans, on dénombre de 25 000 à 40 000 victimes. Les estimations du nombre de victimes civiles varient entre 31 000 pour l’Institut Watson d’études internationales et 170 000, répertoriées dans le rapport Body Count, édité par Physicians for Social Responsibility and the Prevention of Nuclear War. Le coût estimé de la guerre en Afghanistan s’élève à 685,6 milliards de dollars, selon le service américain de recherches du Congrès (CRS)é (3).

S’agissant des civils et il est curieux que les articles notamment du journal le Monde (donneur de leçons avec un Decodex à géométrie variables) sont hémiplégiques, il ne parle que du côté américain et là encore il faut savoir que les Américains sous traitent la guerre à des compagnies privées dont c’est le métier de …tuer : En clair des tueurs à gage sur contrat ; C’est le cas de la plus connu Black Water… Il a fallu chercher ailleurs l’information. L’ONG Amnesty International estime à 100 000 le nombre de civils afghans tués dans cette guerre. civile,.

 Une singularité obamienne : La guerre par drones interposés

Il semble que la guerre a pris un tournant sous l’ère du président Obama Prix Nobel de la paix. Au nom de la doctrine « zéro mort chez nous et me maximum chez l’adversaire » la guerre des drones est une singularité c’est une guerre asymétrique où l’adversaire n’est pas vu si ce n’est à travers l’écran radar ; : « Comme lu sur l’encyclopédie Wikipédia La guerre d’Afghanistan débutée en 2001 est la première guerre qui voit une utilisation massive des drones et autres avions sans pilote tel le MQ-1 Predator ou le MQ-9 Reaper, Fin 2011, les forces armées américaines disposent de plus de 160 Predator, d’une cinquantaine de Reaper. Outre ces drones de combat et les drones de reconnaissance des drones logistiques sont utilisés depuis décembre 2011 par l’US Marine Corp pour le transport et le largage de fret  permettant d’éviter le recours aux convois de camions, vulnérables (Les drones qui opèrent au Pakistan, en Afghanistan et au Yémen sont contrôlés à partir du Nevada, peuvent viser en direct avec leur caméra d’une grande précision des insurgés cachés derrière un rocher. Et désormais, l’US Air Force forme plus d’opérateurs de drones que de pilotes de combat. Ainsi, en 2025, un tiers de la flotte américaine devrait être composé de drones de combats, soit plus de 900 appareils. Les nouveaux Predators, baptisés Avenger, seront propulsés par des réacteurs leur permettant d’atteindre plus de 700 km/h (…) Ils sont aussi engagés dans des opérations d’assassinats ciblés sur le territoire pakistanais où 93 attaques ont été menées de début 2008 à fin 2009 et 204 attaques de début 2010 à fin 2011. Au total, de 2004 à 2013, 368 attaques ont été menées (dont 316 sous le mandat de Barack Obama) au Pakistan, occasionnant 2 537 à 3 533 morts. Plusieurs responsables talibans et d’Al-Qaida, comme Baitullah Mehsud ont ainsi trouvé la mort » (4)

La mort en joystick

Une technologique infernale concernant la mort est le drone avec des noms qui font froid dans le dos : drone Predator, drones furtifs, drones Reapers (faucheuses). Ils sont expérimentés sur les faibles qui pensent échapper en vain à l’attaque sans pitié. Dans cet ordre, l’histoire que nous allons rapporter est celle d’une bavure parmi des dizaines : « Brandon Bryant était pilote de drone au sein d’une unité spéciale de l’armée de l’air américaine. Depuis l’Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu’au jour où il a déclaré forfait. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d’une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, et dont la porte était condamnée par mesure de sécurité. Devant les yeux de Brandon et de ses collègues scintillaient quatorze écrans. Sous leurs doigts, quatre claviers. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu’un homme meure à l’autre bout de la planète. A l’intérieur du container, des ordinateurs ronronnent. C’est le cerveau d’un drone. Dans l’US Air Force, on appelle cette pièce un « cockpit ». A cette différence près que les pilotes du container ne volent pas – ils se contentent de piloter. Brandon était l’un d’entre eux. Il se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10.000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, « marque » le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l’écran - l’explosion. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué. « On vient de tuer le gamin ? » demande-t-il à son collègue assis à côté. « Je crois que c’était un gamin », lui répond le pilote. « C’était un gamin ? » C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : « Non, c’était un chien. » (…) Un beau jour, Brandon Bryant n’a plus eu qu’une seule envie, partir, faire autre chose. L’espoir d’une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu ». (5)

 La guerre aux enfants en Afghanistan : au nom de la démocratie aéroportée

Pour l’histoire il est bon de rappeler ce que fut la pacification version OTAN ( ISAF) ses frappes chirurgicales , ses dégâts collatéraux et ses excuses sans lendemain Ainsi Un meurtre de plus, un cri de révolte de plus, une bavure de plus et des excuses de plus, voilà comment on peut résumer la guerre faite aux enfants en Afghanistan. On apprend qu’une dizaine d’enfants ont perdu la vie dans un bombardement délibéré pour traquer les talibans ce début avril. Un bombardement de l’Otan samedi dans l’est de l’Afghanistan, a tué dix enfants afghans, ont déclaré le 7 avril plusieurs responsables (..) Le bombardement s’est tenu alors qu’un combat intense opposait des troupes afghanes et américaines à des insurgés talibans, ont déclaré deux sources différentes. « Avant le bombardement, un Américain a été tué et quatre membres des forces de sécurité afghanes ont été blessés dans une attaque des insurgés », a commenté Wasifullah Wasifi, le porte-parole du gouvernement provincial du Kunar. Lors de l’un de ses bombardements la détresse d’un vieillard afghan après la mort de son fils est intolérable « (…) Je n’arrivais pas à trouver mon fils, alors j’ai ramené un morceau de chair à la maison et je l’ai appelé mon fils. J’ai dit à ma femme que nous l’avions retrouvé, mais je n’ai pas autorisé ses enfants ni personne d’autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c’était mon fils. » (6)

 Les causes d’une guerre sans fin : business et richesses minières 

On peut se demander pourquoi cet acharnement sur un peuple sans défense depuis 17 ans. Ce peuple qui n’a jamais connu la paix quand on sait que la CIA avait formé Oussama Bin Laden pour lutter contre l’URSS qui avait envahi l’Afghanistan, en le dotant de missiles Stinger qui qui firent des ravages dans les blindés soviétiques.  Ce fameux Bin Laden devenu ennemi n°1 après le 11 septembre et rechercher wanted dead or alive d’après Bush Jr. Bin Laden mort , le motif sera d’éradiquer les talibans -anciens alliés des Etats Unis- , et qui sont toujours là après 16 ans d’un conflit sanglant.

Pour Pepe Escobar la situation actuelle est un piège de la guerre sans fin pour les Etats Unis, leur ‘nouvelle stratégie’ pour l’Afghanistan est avant tout une question de business. Du fait d’un pays riche du point de vue minier, et qu’ils ne veulent pas laisser tomber dans l’orbite la Chine ou la Russie voire du BRIC’S. Il écrit : »Déplaçons-nous jusqu’en Afghanistan. “Mad Dog” Mattis avait dit dans le passé à quel point tuer des combattants talibans l’amusait. Don Rumsfeld, l’homme des « inconnues connues » a été plus réaliste ; il est parti d’Afghanistan (et s’est reporté sur l’Irak) parce qu’il n’y avait pas assez de bonnes cibles à bombarder. Tous ceux qui ont passé quelque temps à travailler/faire des reportages sur l’Hindou Kouch afghan et les déserts du sud-est savent pourquoi aucune solution militaire n’est possible ici. Il y a des multiples raisons, à commencer par le clivage ethnique profond, radical des Afghans (en gros, 40% sont des Pachtounes tribaux ruraux, dont nombre de recrues des talibans ; presque 30% sont des Tadjikes, dont nombre de lettrés, de citadins et de membres du gouvernement ; plus de 20% sont des chiites hazaras et 10% sont des Ouzbèkes) ». (7)

« Le gros de « l’aide » poursuit Pepe Escobar, de Washington à Kaboul au cours de ces dernières 16 années s’est concentré sur le front des bombardements, pas de l’économie. La corruption du gouvernement est catastrophique. Les seigneurs de la guerre règnent. (…) Et nous ne parlons même pas de ceux qui profitent réellement du commerce de l’opium/héroïne à grande échelle du pays. Il y a deux mois, l’ambassadeur afghan à Washington, Hamdullah Mohib, expliquait d’une voix haletante à quel point « le président Trump est intéressé par le potentiel économique de l’Afghanistan », notamment « nos estimations d’1 trillion de dollars en cuivre, minerai de fer, terres rares, aluminium, or, argent, zinc, mercure et lithium. » (7)

« Cela a mené les habituels « officiels américains » anonymes à déclarer à Reuters, le mois dernier, que ce que Trump veut est que les USA exigent une partie de cette richesse en minerais en échange de son « assistance » à Kaboul ». Une étude géologique américaine vieille d’une bonne décennie avait effectivement identifié des richesses potentielles en minerais afghans – de l’or, de l’argent, du minerai de fer, de l’uranium, du zinc, du tantale, de la bauxite, du charbon, du gaz naturel et du cuivre – plus d’un trillion de dollars estimés, avec force références à l’Afghanistan en tant que « Arabie Saoudite du lithium ». Et la concurrence – encore cette fois, la Chine – est déjà là, confrontée à une multitude de problèmes d’infrastructures et d’administration, mais concentrée sur l’incorporation de l’Afghanistan, à long terme, dans la nouvelle Route de la soie, alias Initiative Belt and Road, et de son bras armé, l’Organisation de coopération de Shanghai. Que le partenariat stratégique Russie-Chine veuille une solution afghane élaborée par les Afghans et supervisée par l’OCS (dont l’Afghanistan est membre observateur et futur membre à part entière) n’est un secret pour personne. Donc, du point de vue des éléments néocons/néoliberalcons du Parti de la guerre de Washington, l’Afghanistan ne tient debout que s’il sert à harceler/entraver/handicaper l’Initiative Belt and Road ». (7)

 Le projet militaire des États-Unis pour le monde : La tentation d’empire

A côté de l’accaparement des ressources énergétiques et minières, Thierry Meyssan connu pour avoir dénoncé le « récit officiel du 11 septembre, Il décrit un pays qui refuse de comprendre que le monde a changé et que des pôles nouveaux émergent. La tentation d’empire est toujours aussi vivace et les Etats Unis feront tout pour maintenir le statu quo ante. Il écrit : « (…) le président Bachar al-Assad est la seule personnalité à s’être adaptée à la nouvelle « grande stratégie états-unienne »  Depuis 70 ans, l’obsession des stratèges états-uniens n’aura pas été de défendre leur peuple, mais de maintenir leur supériorité militaire sur le reste du monde. Durant la décennie allant de la dissolution de l’URSS aux attentats du 11 septembre 2001, ils cherchaient les manières d’intimider ceux qui leur résistaient. Harlan K. Ullman développait l’idée de terroriser les populations en leur assénant un formidable coup sur la tête (Shock and awe, le choc et la stupeur) [1]. C’était idéalement l’usage de la bombe atomique contre les Japonais, dans la pratique, le bombardement de Bagdad par une pluie de missiles de croisière ». (8)

Meyssan s’en refaire au gourou Leo Strauss qui a formaté l’imaginaire des va-t’en guerre des néo-conservateurs. Il poursuit : « Les Straussiens (c’est-à-dire les disciples du philosophe Léo Strauss) rêvaient de mener et de gagner plusieurs guerres à la fois (Full-spectrum dominance, la domination tous azimuts). Ce furent donc les guerres d’Afghanistan et d’Irak, placées sous un commandement commun. L’amiral Arthur K. Cebrowski préconisait de réorganiser les armées de manière à traiter et à partager une foule de données simultanément. Ainsi des robots pourraient un jour indiquer instantanément les meilleures tactiques. Comme nous allons le voir, les profondes réformes qu’il a initiées n’ont pas tardé à produire des fruits vénéneux ». (8)

Parlant de la tentation de l’hyper-puissance à tout prix dans le sillage du PNAC (Project for New American Century) « Projet pour un Nouveau Siècle Américain, il écrit : « Ces idées et ces phantasmes ont d’abord conduit le président Bush et la Navy à organiser le plus vaste système d’enlèvement international et de torture, qui a fait 80 000 victimes. Puis, le président Obama à mettre sur pied un système d’assassinat, principalement par drones mais aussi par commandos, qui opère dans 80 pays et dispose d’un budget annuel de 14 milliards de dollars À partir du 11-Septembre, l’assistant de l’amiral Cebrowski, Thomas P. M. Barnett, a dispensé de nombreuses conférences au Pentagone et dans les académies militaires pour annoncer ce que serait la nouvelle carte du monde selon le Pentagone . Ce projet a été rendu possible par les réformes structurelles des armées US ; réformes dont découle cette nouvelle vision du monde. Il semblait si délirant que les observateurs étrangers le considérèrent hâtivement comme une rhétorique de plus pour susciter la peur des peuples à dominer ». (8)

« Barnett affirmait que pour maintenir leur hégémonie sur le monde, les États-Unis devaient « faire la part du feu », c’est-à-dire le diviser en deux. D’un côté, des États stables (les membres du G8 et leurs alliés), de l’autre le reste du monde considéré comme un simple réservoir de ressources naturelles. À la différence de ses prédécesseurs, il ne considérait plus l’accès à ces ressources comme vital pour Washington, mais prétendait qu’elles ne seraient accessibles aux États stables qu’en passant par les services des armées états-uniennes. Dès lors, il convenait de détruire systématiquement toutes les structures étatiques dans ce réservoir de ressources, de sorte que personne ne puisse un jour ni s’opposer à la volonté de Washington, ni traiter directement avec des États stables ».

 « C’est très exactement cette politique poursuit Thierry Meyssan, qui a été mise en œuvre depuis le 11-Septembre. Aucune des guerres qui ont été menées ne s’est terminée. Depuis 16 ans, les conditions de vie des Afghans sont tous les jours plus terribles et dangereuses. La reconstruction de leur État, que l’on annonçait planifier sur le modèle de l’Allemagne et du Japon d’après la Seconde Guerre mondiale, n’a pas eu lieu. Les stratèges US aiment à comparer leur pouvoir à celui de l’Empire romain. Mais celui-ci apportait sécurité et opulence aux peuples qu’il conquérait et qu’il intégrait. Il construisait des monuments et rationalisait leurs sociétés. Au contraire, le néo-impérialisme états-unien n’entend rien apporter ni aux peuples des États stables, ni à ceux du réservoir de ressources naturelles. Il prévoit de racketter les premiers et planifie de détruire le lien social qui soude les seconds. Il ne veut surtout pas exterminer ces derniers, et a besoin qu’ils souffrent pour que le chaos dans lequel ils vivent empêche les États stables d’aller chercher chez eux des ressources naturelles sans la protection des armées US » (8).

Thierry Meyssan parle aussi des vassaux qui acceptent de se faire « protéger » par l’empire et n’ont droit qu’aux miettes et qu’il n’y a pas libre arbitre pour les vassaux européens (Royaume Uni, France, Allemagne Italie, Espagne..) en dehors de l’adoubement par l’Empire. Il conclut : « Le néo-impérialisme états-unien conclut suppose que les autres États du G8 et leurs alliés acceptent de laisser « protéger » leurs intérêts à l’étranger par les armées US. Si cela ne pose pas de problème avec l’Union européenne, qui est déjà émasculée depuis fort longtemps, cela devra être discuté avec le Royaume-Uni et sera impossible avec la Russie et la Chine. Rappelant sa « relation spéciale » avec Washington, Londres a déjà réclamé d’être associé au projet US pour gouverner le monde. C’était le sens du voyage de Theresa May aux États-Unis en janvier 2017, mais elle n’a pas reçu de réponse Il est par ailleurs impensable que les armées US assurent la sécurité des « routes de la soie » comme elles le font aujourd’hui avec leurs homologues britanniques pour les voies maritimes et aériennes. De même, il est impensable de faire plier le genou de la Russie, qui vient d’être d’ailleurs exclue du G8 en raison de son engagement en Syrie et en Crimée ». (8)

Conclusion

On dit que la guerre a couté cher ! Cela dépend pour qui ! Est-ce pour les entreprises de fabrique d’armement notamment des drones et autres appareils sophistiqués ? Certainement pas ! Si les coûts mentionnés dans cet article représentent ce qui est à la charge des contribuables américains, en revanche, les profits (que l’on s’autorise à imaginer juteux) des entreprises américaines réalisés sur sol afghan doivent bien atterrir à quelque part, là résident les raisons du maintien des troupes américaines sur sol afghan.

Aujourd’hui, l’Afghanistan produit plus de 90% de l’héroïne dans le monde, dans des quantités beaucoup plus importantes qu’avant 2001. La culture de l’opium, interdite en vertu de l’interprétation stricte de l’islam par les talibans, a fait un splendide retour pendant la guerre. Un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a estimé l’ampleur de la culture de l’opium en Afghanistan à plus de 200 000 hectares. Les chiffres définitifs pourraient encore dépasser le record de 2014 (224 000 hectares). Le commerce de l’héroîne rapporte des milliards de dollars et tout le monde se sert même les services secrets des différents pays de l’Otan et les seigneurs de la guerre qu’il faut corrompre. L’aide éventuelle s’évapore avant d’arriver aux citoyens lambda mais ce sont eux qui payent tragiquement cet état de guerre sans fin.

Plus largement le monde est en train de changer et l’Occident n’a pas encore pris la mesure de l’inéluctabilité du déplacement du barycentre du monde vers l’Asie ; les tentatives occidentales notamment de la vieille Europe qui a perdu son magister moral en se mettant à la remorque américaine sont vaines. Comme le martèle le président chinois il y a de la place pour tout le monde il n’y a pas lieu de continuer un combat d’arrière garde tendant à maintenir en vain un monde unipolaire, mais aller vers un monde multipolaire pour combattre la misère, les changements climatiques comme c’est le cas tragique de ce qui arrive au Texas. La paix est à ce prix. Ainsi va le monde…

1.Keith Jones http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-intensifient-la-guerre-en-afghanistan-et-menacent-le-pakistan/5605721

2. https://francais.rt.com/international/27301-guerre-sans-fin-afghanistan

3.http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/08/22/2-400-morts-20-000-blesses-840-milliards-de-dollars-le-lourd-bilan-americain-en-afghanistan_5175241_4355770.html

4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Afghanistan_(2001-2014)

5. Nicola Abé : Drones:Un ancien pilote américain raconte Der Spiegel 3 janvier 2013

6. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130407.OBS7064/afghanistan-l-ot…

7. Pepe Escobar http://www.atimes.com/article/korea-afghanistan-never-ending-war-trap/

8. Thierry Meyssan http://www.voltairenet.org/article197539.html

Professeur Chems Eddine Chitour

 

Ecole Polytechnique Alger

04 Septembre 2017

 

 Macron au Point ... de suspensions ...

L’interview de Macron au Point vaut pour ce qu’il cache. Comme de coutume, le successeur de François Hollande n’a pas oublié les leçons bien apprises chez son ex employeur Rothschild, celui d’enrober la réalité d’un masque aussi vendeur que trompeur. A l’image de sa campagne et du flou absolu de ses propositions, les thématiques et développements proposés aux citoyens lecteurs mettent en exergue la capacité de rouerie du monarque et son aptitude phénoménale à réécrire le réel et à le peinturlurer en rose et bleu chambre d’enfant.

 

Politique étrangère et vision de la France, tels sont les deux axes, et à propos de l’un comme de l’autre un non-dit, énorme, crucial. Car en tant que gouverneur de province, l’associé Macron n’est qu’un fondé de pouvoir aux ordres de l’Union Européenne, du capital international et de l’Etat Profond US. Contrairement à un Poutine il est sommé de marcher dans un pré carré dessiné par d’autres et d’y lâcher ses mots et soldats de plomb. Hors de ce cercle point de salut.

Qatar, Arabie Saoudite et terrorisme

Ou comment manier la langue de bois en faisant semblant de mettre des mots sur les choses. Car l’angle est o combien incomplet. Les deux pays pré cités ne font guère que de la prestation de service pour les commanditaires que sont les marionnettistes financeurs du Jupiter élyséen. La tactique est donc bien de designer un responsable de type croupion pour mieux faire semblant de hausser le ton … pour évidemment et comme toujours n en rien faire, contrats commerciaux et accords géostratégiques obligent. Posture o posture …

« J'ai établi des relations d'une extrême franchise avec l'ensemble des puissances du Golfe. Dans mon dialogue avec les Emiriens, les Saoudiens et les Qatariens, j'aborde la question du financement du terrorisme. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont financé des groupements qui n'étaient pas les mêmes, mais qui ont de fait contribué au terrorisme. La priorité de notre politique internationale doit être notre sécurité. Nous ne pouvons pas avoir une politique commerciale ou diplomatique qui ne prenne en compte cette sécurité », explique Emmanuel Macron.

Impasse totale sur les implications de l’armée et des services secrets français et européens, ainsi que de la main de la CIA. Ça s’appelle une stratégie de diversion et c’est assez habile vu le niveau de culture géostratégique de nos amis les gaulois.

Ce qui permet ensuite la novlangue bisounours ou nuage de fumée à l’usage des belles âmes. Reconnaissons-le, la formulation de type premier de classe ne manque pas de style.

 « D'un côté, dire que le terrorisme que l'on connaît aujourd'hui n'a rien à voir avec un islamisme politique est faux. Mais, de l'autre, dire que c'est un terrorisme « islamique  », comme le proclament certains responsables politiques, est une erreur. En effet, cela revient à impliquer les plus de 4 millions de Français qui sont de confession musulmane  : je ne veux pas laisser dire qu'ils ont quelque chose à voir avec le terrorisme. Mais ce terrorisme est islamiste, car il a évidemment un lien avec l'islamisme radical. Je me refuse absolument, contrairement à ce que les hommes politiques ont pris l'habitude de faire, à porter un jugement sur une religion particulière, et donc sur ses fidèles, que ce soit pour la condamner ou pour l'absoudre dans son essence supposée. »

Ça ne mange pas de pain et c’est typiquement fait pour ne strictement rien dire ni impliquer en termes de décisions politiques. Ce faisant les interventions françaises du mois d’aout en Syrie avec les petits coups de mains aux pseudos rebelles locaux sont passées sous silence.

Relations avec la Russie et Vladimir Poutine

Argumentation à la hauteur de son speech à Versailles avec le lion russe, on est en pleine période d’essai et ça se sent. Citons-le pour amusement.

Il « parle à tout le monde de manière très directe, et franche ». Il évoque notamment son dialogue avec Vladimir Poutine avec qui il assure communiquer sans tabous « alors qu'il était de coutume de ne pas parler des sujets qui fâchent ». Avec le président russe, Emmanuel Macron explique qu'il « essaie de repérer les désaccords absolus, les points de convergence et les voies » sur lesquelles Paris et Moscou peuvent trouver « un chemin commun ».

Voyez comme ça vole haut, on croirait un mix de Sarkozy et de Hollande, et aussi une synthèse du PS. Au demeurant, ces belles intentions sans exemples aucuns ne veulent strictement rien dire. Stratégie d enfumage donc.

Le cas de l’Ukraine ou Petit Poulbot joue des coudes.

Ou comment prétendre faire dire à l’autre ce qu’il ne dira pour rien au monde. Car pour Poutine l’Ukraine, ce pays inconnu de mémoire de haut fonctionnaire, est une question de sécurité intérieure non négociable sur laquelle il ne cèdera jamais. Mais notre monarque a une autre idée, voyez comment il dégage en touche.

« Sur l'Ukraine, nous avons un différend absolu avec Vladimir Poutine. Je l'acte. La France ne lui passera rien. Mais nous avons malgré tout inauguré un dialogue entre sociétés civiles, le dialogue de Trianon, que nous allons mettre en œuvre. Et nous avons aussi des accords, notamment sur la politique climatique. Il est prêt à nous suivre », assure le chef de l'Etat.

Et HOP le climat …Surtout ne riez pas … Aucun commentaire pour ma part tellement la ficelle est grotesque.

A propos de la Syrie

« Il faut en finir avec ce néo conservatisme mal digéré qui nous conduit à interférer dans la politique domestique des autres pour nous retrouver ensuite isolés. En Libye et en Syrie, cela nous a menés à des échecs cruels »

Parfait dans la formulation, sauf que ses propres décisions de l’été vont dans le sens inverse. Macron feint de jouer la carte de la France isolée, et tacle au passage ses deux prédécesseurs en faisant semblant de s’écarter de leur action … à laquelle il souscrit pleinement. Seulement en bon vendeur d’arnaque bien emballée, on peut lui faire confiance, il fera plus discret et moins cher surtout. Actons la capacité à dire à l’électeur ce qu’il a envie d’entendre. Car le français, les ingérences il a compris – car on lui assène ca à longueur d’articles et de plateaux BFM – ca se solde par des attentats. Mantra BFM bien appris et placé au bon moment 

A propos de la polémique avec les Armées et De Villiers

Ce fut reconnaissons-le fort malhabile de sa part, mais au fond pas si grave sur le fond. Non la baisse du budget, scandaleuse et totalement irresponsable vu le contexte, mais le recadrage sec de l’ex General, lequel a réagi comme un gosse, ou plutôt à mon humble avis a feint de le faire, étant donné la célérité avec laquelle toute la presse a eu la dépêche relatant des propos tenus dans un cénacle privé. Cela flaire bon l’entourloupe et cela permet au premier de classe de monter ses petits muscles, écoutons-le

« Il y a eu une tempête dans un verre d'eau car les gens ont perdu le sens de ce qu'est la Ve République et de son fonctionnement. D'ailleurs, si je n'avais réagi comme je l'ai fait, les mêmes auraient dit que j'étais un chef des armées faible. Nous sommes dans un système – voulu par un homme dont la formation première était militaire – où l'autorité militaire rend compte à l'institution civile et politique, et non le contraire. C'est le sens de nos institutions, ce pourquoi le chef des armées est le chef de l'État. Les armées ne font pas ce qu'elles veulent, elles ne sont pas autopilotées »

Ça s’appelle enfiler des perles, et ça ressemble à du Hollande plus classieux, ce qui entre nous est enfantin. Là encore, le fond est absent, enfumage et auto promotion. Le gaulois fier de son élu redresse la crête, c’est le but.

A propos de la méga gaffe – et non pas bourde car la mesure est tout à fait dans la logique de la politique économique de type Robin des Bois inversée de Monsieur Tout pour les Ultra Riches – de la baisse de 5 euros de l APL.

Macron dit vouloir « aller plus loin », mais « seulement dans le cadre d'une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers et dans le cadre d'une politique plus globale ».

Ce qui encore une fois ne veut rien dire, reste flou, et procède de l’enfumage à la Ayrault, je te donne ceci de la main gauche et je t’en reprends plus de la droite.

A propos de sa cote d’impopularité – il a battu Hollande, recordman de La Ve à 3 mois de l’élection - il explique ainsi savoir qu'il devra « vivre pendant des mois avec l'impatience du peuple » - les RIEN aussi ou pas, ce n’est pas précisé - car il n'oublie pas les circonstances dans lesquelles il a été élu, à savoir « la brûlure de l’attente, de la colère, du populisme ».

Ca flaire bon le faux Louis XVI mâtiné de United Colors of NoFachoLand, le gars qui sait que ce sera dur et qui se prépare à suer comme un veau et à être haï mais que je suis courageux, regardez ma nuque : « Je l’ai encore là ». Il fait de l’humour en plus. Un humour de potache, niveau bac, mâtiné de poésie Harlequin avec sa brulure, pauvres riens des gares que vous êtes …

 … avant de reprendre son créneau habituel du mythomane théâtreux qui réécrit La Chanson de geste en son nom, jugez plutôt l’ambition et la modestie.

« Je crois en la reconstruction d’un héroïsme politique, d’une vraie ambition, pour atteindre y compris ce qui est décrit comme impossible », dit-il, citant son propre succès comme une revanche sur « ce qui est décrété impossible ».

Rien que ça, de l’héroïsme. On va finir par lui fournir une médaille de la résistance a ce planqué des salons dorés républicains … Bref, parait que ça prend chez certains, la bourgeoisie des grandes villes n’en peut mais. On a notre James Cameron et on ne le savait pas…

Final sur Pépère, la classe …

Puis il finit agacé sur son ex patron qui en public lui a assené un coup sur le bec. On retrouve in fine Macron tel qu’en lui-même à sa hauteur réelle. Un enfant roi qui se la raconte et qui se la pête et qui par définition sait tout sur tout mieux que tout le monde.

Et au final on n’aura rien appris, ce qui est le but de la communication politique, laquelle est faite pour cacher l’essentiel et jouer sur les émotions les mots et l’affect.

 

NB aux lecteurs - Pardon à vous qui vous êtes farcis cet article dont l'objet est évidemment sans aucun intérêt. Rassurons-nous, il ne m’aura pris que 45 mn de vie et 10 pour vous...

02 Septembre 2017

Rentrée: le déclin de la fiction présidentielle

Une crise peut en cacher une autre. Le macronisme entame cette rentrée dans un état proche de l’urgence. Mais au-delà de la conjoncture d’automne, les déboires du président français s’inscrivent d’abord dans une succession d’échecs qui remontent, au minimum, à l’élection de Jacques Chirac.

 « Fonction présidentielle »… Voilà plus d’un demi-siècle qu’on se gargarise en France avec cette forme de majesté républicaine. Soixante ans que les présidents et leurs alliés se parent de ce symbole suprême pour exiger une forme de silence à leurs oppositions. Et soixante ans que les oppositions dénoncent un usage abusif de la Constitution, avant de s’en servir elles-mêmes, en accédant à l’Élysée.

Dans les faits, au fil de cette longue  histoire, la « fonction présidentielle » s’est pourtant érodée. L’homme qui l’exerce a fait face à des critiques de plus en plus ouvertes et à un affaiblissement de plus en plus spectaculaire de son pouvoir réel. Du respect de « la fonction » nous sommes passés au procès en dissimulation. Le candidat élu est accusé d’avoir brandi des « fictions » pour endormir le peuple. Il promettait le renouveau, jusqu’à changer le fond de l’air, et il impose des sacrifices au nom de la nécessité. Tout-puissant le jour de son élection, le président paraît tout faiblard aux premières décisions. Il se désagrège en quelques semaines, et de plus en plus vite, au fil des quinquennats. L’état de grâce est éphémère, l’état de méfiance soudain, l’état de rejet irrattrapable.

Nous en sommes là, dès les derniers jours du mois d’août. Pendant toute sa campagne, Emmanuel Macron a parlé de « réhabiliter la fonction présidentielle » en se réinscrivant dans le très fameux « récit national », pour mieux rompre avec « le président normal » « Parler de fonction, c’est poser qu’une personne, quelle qu’elle soit, peut représenter plus qu’elle-même. C’est une donnée qui est indispensable au fonctionnement social », approuvait sur France Info, le 19 mai dernier, la psychanalyste Claude Halmos.

Cent jours plus tard, tous les médias évoquent une dégringolade. Patatras du haut des cieux. Les ailes du président Icare se sont décollées en s’approchant du soleil. L’altitude de la fonction a chuté dans la soute à charbon, et elle passe comme d’habitude pour un attrape-nigaud : « Une chute quasiment inédite », selon Le Figaro ; « Qui pour tenir la maison Macron ? » s’interroge la une du Parisien le 27 août ; « Chute lourde pour Emmanuel Macron », dans le journal L’Humanité du même jour.

On trouvera naturellement des causes conjoncturelles à ce rejet précoce. Elles sont profondes et concrètes. L’abus de position jupitérienne, la loi sur le code du travail, contre laquelle Jean-Luc Mélenchon promet « un déferlement » le 23 septembre, la baisse de cinq euros sur les aides au logement, la hausse de la CSG, la baisse de pouvoir d’achat pour les retraités de la classe moyenne, l’amateurisme de la nouvelle majorité, l’évanescence du premier ministre Édouard Philippe, et surtout, surtout, ce que le journal Libération met sur sa couverture : « Macron président des riches ». Un retour aux critiques des années Sarkozy, quand le bouclier fiscal amenait le fisc à rembourser des millions d’euros à la famille Bettencourt… 

Mais les quinquennats sont désormais trop courts pour oublier que l’histoire se répète, et que cette rentrée 2017 a un air de déjà-vu. Certes, selon les statistiques, le président de 2017 connaît une chute encore plus rapide que ses prédécesseurs, mais comment oublier le destin collectif de ceux qui l’ont précédé ? Une espèce de karma présidentiel.

Ils sont tombés les uns après les autres, à cadence accélérée. Chirac a tenu un été avant de se heurter à la rue, puis 18 mois avant de buter sur la cohabitation. En janvier 2008, l’affaire était compromise pour Sarkozy, qui visitait Pétra avec sa nouvelle femme. En septembre 2012, les dés avaient roulé pour François Hollande, qui cédait à tous les diktats de la droite, et d’abord à la campagne sur « le ras-le-bol fiscal »

Chaque fois la même histoire. Une campagne sur le mode lyrique et des lendemains qui déchantent. Les belles histoires du candidat suivies de l’exaspération contre un « super menteur ». Chirac et sa « fracture sociale » conclue par un tour de vis, Sarkozy et son ouverture débouchant sur une fermeture et un violent coup de rabot social, Hollande et sa normalité combattante rencontrant une reddition économique.

Chaque fois le même discours face aux difficultés. La faute à la pédagogie insuffisante, à l’absence d’explication, à la communication et à l’opposition. Rien ne manque donc au rituel en cette rentrée 2017. Le président a sermonné ses ministres dans un séminaire gouvernemental et les a envoyés dans les médias pour redonner du sens à ce qui ressemble à l’éternelle répétition des plans d’austérité.

Cette « reprise en main », qualifiée de « contre-attaque » par BFMTV, a-t-elle plus de chances de réussir que celles des prédécesseurs ? De faire mieux que Chirac et sa relance par la dissolution, mieux que Sarkozy et sa reconquête par le discours de Grenoble, mieux que Hollande et son retour en grâce par l’inversion de la courbe ? Nous verrons bien. Il faudrait qu’avec Macron l’intervention d’un chien noir sur le perron de l’Élysée symbolise l’adoption du président par les Français…

Les chances sont minces parce qu’à trop se répéter, et à trop s’accélérer, les problèmes du président paraissent dépasser les hommes et frapper les institutions. Tant de déboires depuis tant et tant d’années ne tiennent-ils qu’à des maladresses ou touchent-ils à une faiblesse plus structurelle ? Comment ne pas voir que la France éprouve une allergie grandissante pour cette « fonction présidentielle » qu’elle révère officiellement ? Comment ne pas constater que les pouvoirs théoriques attribués à un président drapé de dorures et de solennités, sans contre-pouvoirs législatifs réels, aboutissent à une jacquerie permanente, sur tous les sujets qui viennent, surtout les plus petits ?

N’est-ce pas François Ruffin, député de La France insoumise et surtout grand iconoclaste, qui définit le mieux la fragilité tragique du pouvoir présidentiel, quand il présente sa stratégie de la meilleure opposition « Attaquer Emmanuel Macron sur des trucs à la con », plutôt que sur le code du travail, jugé « trop technique » « À la con », explique-t-il, c’est, par exemple, l’affaire de la maquilleuse, le statut de la femme du président, les vaccins, tout ce qui fera « que la cocotte va bouillonner ».

On ne peut pas mieux révéler le statut réel du président de la République française. Il n’est surtout pas le Jupiter auquel les politiques et la presse ont fait référence obsessionnellement depuis le printemps, mais plutôt un Achille. Achille avec des talons partout. Achille Talon, voilà qui vous ramène sur terre. Un héros intouchable, fonction oblige, qui se transforme en balourd. Comme le décrivait René Goscinny, « un homme sûr de lui, qui n’hésite jamais à se jeter à corps perdu dans les situations les plus difficiles, avec une remarquable inefficacité ».

 

En surface, la rentrée 2017 interroge donc la personne et les choix d’Emmanuel Macron. Elle sous-entend déjà qu’il faut changer de président de la République, mais en profondeur. Au vu de 25 ans d’affaiblissement présidentiel, la question est sans doute plus radicale : n’est-il pas temps de changer de République ?          

01 Septembre 2017

 

+100 000 chômeurs en 100 jours : Macron c’est la hausse du chômage !

L’une des premières mesures de Murielle Pénicaud, la ministre du travail – que les travailleurs appellent ministre du chômage – aura été de supprimer la publication mensuelle des chiffres du chômage. Une façon dérisoire et lamentable de masquer la poursuite de la hausse du chômage. Car le bilan des 100 premiers jours de Macron à l’Elysée c’est l’augmentation du chômage. Comme Sarkozy et Hollande, Macron c’est la hausse du chômage.

 

Alors que Macron, de façon violente et totalitaire veut supprimer les droits des travailleurs et notamment la protection contre les licenciements apporté par le CDI et le code du travail avec ses euro ordonnances, l’augmentation du chômage malgré l’ANI, la loi Macron, la loi travail démontre que le résultats des ordonnances et de la loi travail XXL se sera encore plus de chômage. Dès le 12 septembre, les syndicats, avec la CGT, appelle à la mobilisation. Les militants communistes du PRCF multiplient les appels et les initiatives pour impulser la résistance tous ensemble et en même temps et lancer la riposte, la contre-offensive pour faire place aux travailleurs, en finir avec la précarité, le chômage et la pauvreté en sortant de la dictature du Capital.

Macron c’est la politique dictée par l’UE, comme Sarkozy et Hollande. Même causes même catastrophe !

Même politique que Sarkozy et Hollande, même résultat : l’ex banquier de Rotschild et ex ministre de Hollande ne fait qu’exécuter les ordres données par la Commission Européenne, qui satisfont à toutes les exigences des grandes banques, des multinationales, et du MEDEF (organisme représentant les grands patrons). Ces ordres ? Libéraliser, privatiser, renforcer l’austérité (c’est à dire diminuer les budgets de sécurité sociale, de services publics, de solidarité ou d’investissement public) et augmenter les cadeaux fiscaux faits au grand patronat et à ses multinationales. Renforcer la concurrence entre salariés et supprimer les droits des travailleurs (loi travail, ordonnances…) pour faire baisser les salaires, précariser et rendre toujours plus corvéable les travailleurs qui ont un emploi. Bref exploiter un maximum les travailleurs pour augmenter les profits des plus riches. L’augmentation du chômage et de la pauvreté est en réalité un choix politique qui a pour but de permettre à la classe capitaliste de continuer à s’enrichir toujours plus. Alors que près d’un travailleur sur quatre est touché par le chômage, le patron des patrons Pierre Gattaz, le fils de Yvon Gattaz qui était lui aussi patron des patrons, est selon les informations qui circulent en train de s’acheter un chateau avec des vignobles classés en Provence. Pour plusieurs millions d’euros. Pour sa retraite dit ce patron qui a faut-il le souligner moins de 60 ans et qui veut faire se tuer à la tâche des millions de français en repoussant l’âge de la retraite à plus de 67 ans.

Une raison de plus pour les travailleurs de réagir et de se mobiliser dès le 12 septembre.

 

Macron c’est la hausse du chômage : les vrais chiffres

Au mois d’août 2017, le ministère du travail (la DARES) a bien dû se résoudre à enfin publier les chiffres du chômage. Voici ce qu’elle annonce pour la France Métropolitaine (au passage on peut regretter le traitement néocoloniale des départements d’outre-mer qui se voient exclus de ces statistiques : cachez donc ces millions de chômeurs en outre-mer que l’on ne saurait voir à Paris depuis les beaux quartiers !)

·         3 618 100 chômeurs totalement privés d’emplois inscrits à Pôle Emploi (catégorie A) : +1,3% depuis l’élection de Macron, +0,1% en un an

·         748 300 chômeurs ayant travaillés quelques heures durant le mois et inscrits à Pôle Emploi (catégorie B) : +2 ;8% depuis l’élection de Macron, +2,9% en un an

·         1 366 000 chômeurs ayant une activité réduire longue (catégorie C) : +1,6% depuis l’élection de Macron et +11,8% en un an

Ces chiffres témoignent de la poursuite de la hausse du chômage depuis l’élection de Macron (+1,6% pour les catégories A, B et C en France) : les 100 premiers jours de la présidence Macron c’est 107 500 chômeurs en plus en catégorie A, B et C. C’est 59 500 chômeurs de plus pointant à Pôle Emploi en Catégorie A. C’est à dire 1 chômeur de plus toutes les deux minutes.

Dans le détail, en catégorie A, le bilan des 100 premiers jours de Macron à l’Elysée c’est :

·         une augmentation de +2 ;8% du chômage des jeunes (- de 25 ans)

·         une augmentation de +0,7% du chômage des séniors (+ de 60 ans)

·         une augmentation de +1,7% du chômage des femmes

Avec Macron tout augmente : la CSG, les profits des riches, le budget maquillage du président, le chômage… sauf les salaires des travailleurs (y compris leurs retraites et leurs aides sociales comme les APL).

100 premiers jours de Macron : 197 800 licenciements pour 108 200 créations d’emplois = 89 600 emplois détruits

Les 100 premiers jours de Macron c’est :

·         197 800 licenciements, les emplois détruits se répartissant entre 112 200 fin de CDD, 33 800 fin de mission d’intérim, 12 000 licenciements économiques (CDI) et 39 800 autres licenciements.

·         108 200 reprises d’emplois déclarées.

·         soit 89 600 emplois détruits

La politique de Macron, celle de Bruxelles et du MEDEF, c’est 896 emplois détruits chaque jour. C’est 1978 licenciements chaque jour. 1,4 chaque minute et cela 24h sur 24 !

Qui plus est, avec une augmentation des radiations administratives de 2,4% du double de l’augmentation constatée sur l’année, il apparait que l’augmentation du nombre de chômeurs est certainement encore plus importante que celle annoncée par Murielle Pénicaud.

JBC pour www.initiative-communiste.fr
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source : https://www.initiative-communiste.fr/articles/100-000-chomeurs-100-jours-macron-cest-hausse-chomage/

31 août 2017

 

A ceux qui ne comprennent rien

Difficile de gouverner un pays qui ne serait pas réformable, mais lui, Emmanuel Macron va s’y employer et va nous expliquer le pourquoi du comment qu’il est absolument nécessaire d’accepter les réformes pour que le pays aille mieux.

La méthode

M. Macron s’en va donc expliquer au retraité qui touche 1200 euros de pension par mois et aux fonctionnaires qu’ils doivent payer la CSG afin que les salariés du privé puissent percevoir une petite gratte à la fin du mois du fait de la baisse des cotisations salariales.

C’est une grande première. Jusqu’à présent, pour augmenter les salaires, c’était l’entreprise qui s’y collait. M. Macron, reprenant les recettes éculées de ses prédécesseurs invente un nouveau concept : la mutualisation des revenus entre les salariés actifs et les retraités. Dès qu’il s’agira désormais de favoriser l’une de ces deux catégories, c’est l’autre qui paiera. Simple, non ?

Derrière tout cela, il y a bien sûr le totem de la pauvre petite (ou grosse) entreprise qui croule sous les « charges » et à laquelle on ne peut décemment plus demander d’effort, et qu’il faut maintenir sous perfusion financière en permanence afin qu’elle daigne créer des emplois ou au moins en « sauver ». Le cynisme est de règle au Medef qui veut nous faire croire que toutes les entreprises se ressemblent et sont au fond du gouffre.

On sanctuarise l’entreprise et on essore encore un peu plus le salarié ou le retraité en espérant que l’emploi repartira et que le chômage baissera par la création d’auto entreprises , type Uber ou Déliveroo : on sait ce que cela donne : des travailleurs pauvres !

Nul doute que M. Macron sera aidé dans son entreprise de pédagogie par les médias et les économistes acquis au dogme.

Un bras d’honneur à 42 Milliards d’euros

C’est le chèque que Hollande, l’ancien patron de Macron, converti au libéralisme économique a donné aux entreprises au titre du pacte de responsabilité, du CICE,… persuadé que M. Gattaz, dans sa grande mansuétude aurait créé le million d’emplois promis sur le pin’s qu’il portait au revers de son veston, il y a cinq ans.

M. Macron qui était conseiller du Président quand le coup est parti a décidé de s’asseoir sur ce scandale et mieux encore de pérenniser le CICE en le transformant en baisse définitive de 6 % des « charges » salariales patronales.

Mais pour ces « créateurs de richesses », cela ne suffit pas puisque le CICE s’élève actuellement à 7% de la masse salariale et ils estiment « perdre » entre 5 et 7 Milliards. Nul doute que pour calmer ces indigents, on leur fera une petite fleur supplémentaire, comme par exemple baisser avant 2025 l’impôt sur les sociétés à 25 % ou adoucir le prélèvement provisoire sur les grandes entreprises.

…Sans compter la réforme à la hussarde du code du travail qui permettra de « fluidifier l’emploi », c’est-à-dire de le rendre plus précaire et plus flexible et de favoriser les licenciements à moindre coût.

…En attendant la réforme des retraites qui verra diminuer les pensions.

Aucune raison objective que l’emploi s’améliore en France avec ce type de rapport Etat/entreprises.

C’est donc cela, mais avec d’autres arguments, on s’en doute, que M. Macron nous expliquera que les réformes exigée par le Medef, sont incontournables.

Et l’emploi dans tout cela ?

Il va mal, merci. En 5 ans (de 2012 à 2017), il n’a pas évolué et il n’y a pas de raison que cela s’améliore puisque les milliards versés aux entreprises n’ont, selon les économistes les plus optimistes, créé que 100 000 emplois.

…Et puis le plein emploi serait une vrai calamité pour le Medef : les entreprises seraient obligées d’augmenter les salaires !

Où sont passés les milliards ? Soi-disant, dans un premier temps à reconstituer les marges des entreprises et dans un second temps à faire des bénéfices pour enfin permettre, peut-être, le cas échéant, d’investir. L’argent a donc été recyclé en interne et a servi à verser des dividendes aux actionnaires (en France, on verse davantage de dividendes qu’en Allemagne, cherchez l’erreur…) et à donner des stock-options aux cadres dirigeants qui mettent tout leur entrain dans la conduite de plans sociaux (Mme La Ministre Pénicaud lorsqu’elle était DRH chez Danone…).

Cela n’empêche pas les chiffres du chômage de toujours être aussi mauvais (cf Juillet).

Ou passe donc l’argent ? Un indice : M. Gattaz, le patron des patrons vient de signer une promesse d’achat pour un domaine viticole dans le Lubéron pour la somme modique de 11 Millions (source : Canard Enchaîné). Mais ce serait sans doute faire un mauvais procès au seul M. Gattaz, quand on sait que le nombre de Milliardaires et de Millionnaires augmente en France, alors que la situation sur le front de l’emploi continue de se dégrader.

Il faut encore faire des efforts !

C’est ce que M. Macron va nous expliquer pour essayer de nous faire accepter « les réformes » en cours, c’est-à-dire celle qui se traduisent par une dégradation de l’emploi, des salaires, des conditions d’emploi, des futures retraites mais qui conviennent si bien au patronat français rétrograde plus enclin à s’assoir sur sa cassette et à claquer son fric dans des dépenses de prestige qu’à faire marcher l’économie.

Avant d’accepter les yeux fermés la purge des bons Docteur Macron et Gattaz, rappelons-nous que les mesures de ces dernières années censées améliorer les choses et dont les effets se sont faits ressentir uniquement chez les actifs et les retraités (loi El Khomry ou bien fiscalisation de la majoration de pension pour les fonctionnaires ayant élevé trois enfants, par exemple), que les mesures prévues (suppression de la Taxe d’habitation ou des cotisations sociales des salariés) se traduirons immanquablement par des dégradations sur la protection sociale et sur les services publics locaux qu’il faudra désormais payer plus cher (cantines, crèches,…) et sur la vie associative locale (qui se verra privée par ailleurs de contrats aidés que M. Macron veut diminuer voire supprimer).

Avant d’intégrer le CICE de manière pérenne dans la baisse des charges des entreprises exigeons que les 40 Milliards déjà versés à ce titre se traduisent contractuellement par des résultats en matière d’embauche.

On ne peut plus continuer à donner des milliards sans contreparties écrites.

 

 

30 août 2017

 

Un bébé français, dès sa naissance, doit 30 000 € !

Toutes les conneries qu’ils nous ont fait gober … et payer ! (4)

Les entretiens du Professeur VaZlin’ 

vazlin@laposte.net Le 25 Août 2017   N° 261

 

Coup de bol, j’ai pas d’enfant !

30 000 €uros ! C’est ce que doit un nouveau-né dès sa naissance pour payer la dette de la France... dixit nos gouvernants !

30 000 €uros !!! Pour une dette, c’est une dette avec un grand D ! Car même un nouveau-né est fautif de ce que ses parents aient « vécu au-dessus de leurs moyens ! »

Ça ne va pas être facile de lui faire comprendre ! Va falloir commencer lorsqu’il est encore tout petit : « c’est bien Toto d’économiser les 10 euros que t’a donné Mamie, ça te servira pour l’avenir »

Et progressivement, arriver à lui faire comprendre, disons vers 10 / 12 ans, qu’il doit 30 000 euros (à qui ?) parce que son père, au SMIC, a vécu au-dessus de ses moyens !

Pas facile !

Le plus marrant, c’est que la loi punit quiconque n’assurerait pas « la protection contre la violence physiquepsychologique ou émotionnelle de l’enfant » ([i]), mais l’Etat, qui a pondu cette loi, annonce tranquillement à ses propres enfants, qu’ils sont nés avec une dette !

Et je ne vous dis pas le choc quand il se rendra compte qu’avec lui, son père, sa mère, ses frères et sœurs, doivent chacun 30 000 € !

Ce sera dur de lui expliquer pourquoi on doit tout ça ! Et à qui !?

Remarquez, ce n’est pas nouveau : depuis Hérode en passant par Hitler, il faut punir les enfants d’être les fils de quelqu’un de pas bien.

« Je suis un Dieu jaloux, qui punis la faute des pères sur les fils jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent » Exode 20.4-6

Mais, au fait, aujourd’hui, quel est ce dieu jaloux qui veut punir nos enfants ?

Cette dette, on la doit à qui ? Et pour quoi faire qui soit si grave, si sacré, pour que, par So-li-da-ri-té, on demande à tous les citoyens de faire des efforts et de se serrer la ceinture. Est-ce par solidarité que l’on baisse les retraites, que de plus en plus de gens sont jetés à la rue, etc.. Alors que la dette, elle, on ne peut pas y toucher d’1 centime !

Un million de pauvres de plus en 10 ans ([ii]) et la dette de plus en plus grasse ! Et on ne peut pas y toucher ! Quelle étrange solidarité !

Réfléchissons ! Qu’est-ce qui s’effondrerait SUR NOUS, de TERRIBLE, si on touchait à ces 2 000 milliards de dette ?!

Cette dette, si on ne la remboursait pas, serait-on frappée de tous les maux de l’enfer ?! Est-ce une sorte de bombe atomique prête à exploser si on ne l’alimente plus ?

En tout cas, tout cela semble tellement incompréhensiblement terrible que….va savoir si ceux du gouvernement, -eux qui en parlent comme à l’église du mystère de la sainte trinité- va savoir s’ils le savent eux-mêmes !

Réfléchissons encore plus loin : tout le monde dit que cette dette est irremboursable et il se trouve quand même des banques qui prêtent ! Vous le feriez, vous, de prêter à une personne surendettée ? Et parfois à un taux négatif !?!?!!

Quel est ce mystère ?

Le professeur Vazlin s’y est penché et l’éclaircira dans le prochain entretien, mais auparavant, essayez d’expliquer à vos enfants qu’ils sont déjà endettés. Vous aurez peut-être du mal à répondre à leurs questions, questions qu’il faudrait communiquer à nos politiques en espérant avoir une réponse…. claire !

Faites l’expérience… et tenez-moi au courant,

Merci.

 


[i] https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_l%27enfant

 

 

[ii] http://www.inegalites.fr/spip.php?article270

29 août 2017

 

La confiance c’est ça

La hausse qui cache la reprise

Voilà bien les effets de la cour des miracles et de la poudre à Macron-Pimpin, le prince de l’entourloupe, le roi de la prestidigitation avant de s’en servir. Nous ne sommes d’ailleurs pas au bout de nos surprises avec ce pouvoir désormais géré par les agences de communication et les scénaristes des dessins animés. Tout est prétexte à arguties scabreuses, à propos alambiqués pour vendre de l’illusion aux gogos qui ont cru au miracle de l’immaculé conception politique.

La nouvelle pirouette du jour consiste à envelopper la hausse du chômage dans les habits du changement, du renouveau en marche et des lendemains qui vont chanter en chœur. Tenez-vous bien, il convient de s’accrocher à la coursive, de garder les pieds sur terre et de ne pas perdre de vue l’étoile filante. Si le nombre de chômeurs a augmenté, c’est que, grâce au dynamisme supposé, à la jeunesse avérée, à la compétence auto-proclamée du nouveau maître du pays, la confiance est revenue à grand galop dans une nation à nouveau en marche.

Naturellement ceci demande bien sûr quelques éclaircissements que les virtuoses de la sémantique vaseuse vont se faire un devoir de vous servir, la main sur le cœur en vous regardant droit dans les yeux. Au pays des fromages, le mensonge coule abondamment dans les bouches assoiffées de contre-vérité. Et si par hasard, il y avait des gens allergiques aux produits laitiers, nous pouvons également affirmer qu’une nation capable de faire du pâté d'alouette peut se passer de réfléchir !

Ainsi donc, pour en revenir à la démonstration fumeuse, les indicateurs seraient dans le rouge car le bon peuple des demandeurs d’emploi a perçu dans l'avènement du banquier lisse un signal positif, un feu vert pour l’espérance. Loin de la dépression provoquée par le pouvoir précédent dont notre homme fut ministre, pour ceux qui sont atteints d’amnésie, l’actuelle équipe entraîne derrière elle, par le truchement de sa jeunesse, de son inexpérience manifeste, de sa composition improbable, un élan sans précédent qui provoque optimisme et envie de croire en la mouche qui pète.

Je vois que vous ne saisissez toujours pas. Pourtant j’essaie de restituer dans sa complexité originelle, le développement officiel, le discours d’état tout en nuance et circonlocutions oiseuses. Faites donc un petit effort je vous prie pour ne pas perdre le fil de la démonstration en marche. L’individu, jusqu’alors en quête d’un emploi, avait renoncé depuis quelques temps à se faire connaître des services de recensement de la déchéance professionnelle. Le manque de perspective, l’absence de proposition, la dépression nationale étaient autant de motifs de baisser les bras et de fuir les officines de pôle emploi.

L’avènement du Messie de la reprise a tout changé. Le peuple des sans emploi, les abandonnés de la croissance, les exclus de la galette pensent de nouveau que tout est possible. Ils se sont précipités en masse pour s’inscrire dans le prochain train de la croissance et de la prospérité. Le plein emploi est une certitude qu’ils perçoivent bien mieux que les analystes dubitatifs de la chose politique.

C’est avec un enthousiasme débordant que des hordes de chômeurs sont venus signaler leur existence quand depuis longtemps déjà ils étaient sortis des écrans radars de la statistique du désespoir. Grâce à Macron Premier, grand maître du réalisme, ils n’ont pas hésité un seul instant à sortir des cavernes où ils avaient trouvé refuge.

La hausse du chômage est le marqueur essentiel d’un vaste mouvement de foule. La grande cohorte des oubliés en tout genre se rue vers les agences de recensement du désœuvrement pour régler leur part du gâteau. Il convient donc de se réjouir de cette hausse importante, symbole d’un espoir en une politique volontariste qui a séduit ceux qui jusqu’alors ne croyaient plus en rien.

Fermons le ban. La démonstration est d’une limpidité sidérale. Après la fumeuse inversion de la courbe que ma sœur Anne n’a jamais vu venir, voici la hausse joyeuse et pleine de promesse de la courbe du chômage. Quand je pense que ces tristes sires ont fait des hautes études pour pondre de telles niaiseries, il y a de quoi réclamer le retour de toute urgence du Certificat de fin d’études primaires comme diplôme requis pour diriger le pays. Au moins quand un robinet fuira, il y aura quelqu’un capable de calculer le débit sans inventer une dérivation pour détourner la fuite.

 

Simplement leur.

28 août 2017

 

Macron - Jupiter c’est « de la mousse »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, la pensée complexe d'Emmanuel Macron, tellement compliquée que ses ministres ont beaucoup de difficultés à la comprendre. Même Edouard Philippe, le plus grand d'entre eux, a raté son examen de rentrée chez Bourdin. Quant aux Français qui "détestent les réformes", 50% d'entre eux réservent leur avis, car il est encore trop tôt pour se prononcer. Pourtant tout est si simple, il suffit d'observer la planète Jupiter par une belle nuit étoilée pour déchiffrer le symbole astronomique de Macron le jupitérien. La foudre, l'aigle avec un Z comme Zeus ou pourquoi pas Zorro tant que nous y sommes.

D'ailleurs, en Bulgarie Emmanuel Macron a fait parler la poudre contre le gouvernement polonais qui refuse de durcir la directive sur le travail détaché. Aux dernières nouvelles le plombier polonais n'est pas mort foudroyé.

Quant à Alain Juppé, le sage qui montre du doigt les nombreuses lunes de la plus grosse planète du système, il a tout compris. Et lorsqu'il entend parler de faire de la politique autrement depuis quarante ans ça le "fait bien rigoler". Pour le maire de Bordeaux c'est une évidence, pour gouverner ce pays ingouvernable, les seules questions qui se posent sont "quelle éducation, quelle politique européenne, quelle politique de contrôle aux frontières européennes, quelle politique de transition énergétique..." "Le reste c'est de la mousse" ou de la com. Mais Juppé n'est probablement pas le mieux placé pour donner des leçons politiques.

Pourtant, comment s'étonner qu'une planète géante gazeuse qui boucle son orbite en plus de deux mandats présidentiels (11,86 ans), soit floue. Certes, le président de la République qui n'est pas imbécile mais un peu impulsif quand même, a récemment a mordu le doigt que pointait sur lui François Hollande. Signe que la nervosité le gagne lorsque les sondages sont à la baisse. Peut-être qu'il n'imaginait pas qu'en moins de cent jours le vent de la popularité pouvait tourner en sens inverse. 

Aussi, pour essayer de limiter les foudres populaires et médiatiques, Jupiter, qui selon un Juppé ironique "est le roi des dieux", Alors que "Mitterrand s'était borné à être Dieu", va complètement changer de stratégie. Terminée sa bouderie envers les journalistes, oubliée la règle qui interdisait le "off" avec les médias. Désormais, le chef de l'Etat compte s'adresser aux Français " une ou deux fois par mois, peut-être à la radio". C'est en tout cas ce que révèlent trois journalistes invités "à bord du Falcon présidentiel entre Salzbourg et Bucarest"

Donc, "au-delà d'interviews ponctuelles qu'il accordera à la presse écrite et aux chaînes de télévision, il choisirait la radio, à l'instar autrefois du président américain Franklin Roosevelt ou, au milieu des années 50, de Pierre Mendès-France qui avaient leur causerie régulière au coin du feu".

Tant qu'à faire un peu vintage, pourquoi pas aussi réinventer les "dîners avec les Français ordinaires" de VGE qui voulait "regarder la France au fond des yeux". Mais bien sûr, pas question de renoncer aux réseaux sociaux qui remplacent avantageusement le café du coin. "Le parlement du peuple" disait autrefois Balzac. 

Nous voilà donc arrivés dans l'ère de la radio-électromagnétique jupitérienne. Sans trop rentrer dans les détails techniques et d'après Wikipédia, "Avec un simple récepteur radio d'ondes courtes, il est simple d'intercepter le bruit radio-électromagnétique de la planète Jupiter en AM, donnant le bruit de petites vagues rapides écoutées sur haut-parleur". Mais la météo est si changeante en France que de petites vagues peuvent rapidement devenir déferlantes.

 

De Gaulle ne disait-il pas que les Français étaient des veaux, mais c'était dit avec une certaine tendresse. La pensée macronienne est-elle finalement si complexe que ça ?

27 août 2017

 

Qui maquille Brigitte Macron ?

Ainsi donc, une note de 26 000 euros est arrivée à l’Elysée, représentant les frais de maquillage d’Emmanuel Macron pour trois mois.

J’aimerais connaître la note de maquillage de Kate Middleton et de Poutine pour savoir si ces prix sont ceux du marché. (Le moins coûteux doit être Trump qui a un fond de teint orange permanent. Voilà un brave homme.) À quel niveau se situe notre freluquet ? Plus cher que Merkel ?

Que mettre un peu de fond de teint sur un visage et un peu de gloss sur les lèvres coûte si cher laisse rêveur. Il ne peut pas faire ça lui-même ? Mais où va-t-on, là !! Et l’autre avec ses trois cheveux qui coûtait aussi une fortune !!