Mandat britannique : De la déclaration Balfour au plan de partage

On nous invite à commémorer, cette année, trois anniversaires en 7 : 1917 et la Déclaration Balfour, 1947 et le plan de partage de la Palestine, 1967 et la guerre des Six-Jours.

C’est oublier une quatrième date dont tout découle : 1897.

Cette année-là, Herzl fonde le mouvement sioniste. Puis, sa vie durant, il cherchera des appuis internationaux pour son projet : il rencontrera le Sultan turc, les ministres du Tsar, le Kaiser allemand, le Pape… Mais sa préférence va au Royaume-Uni. Il mourra en 1904 sans avoir obtenu le soutien britannique dont il rêvait : « Avec l’Angleterre en guise de point de départ, écrira-t-il peu avant son décès, nous pouvons être assurés que l’idée sioniste s’élancera plus avant et plus haut que jamais auparavant. » Son successeur, Haïm Weizmann, réussira treize ans plus tard.

 

1) La Déclaration Balfour

Le 2 novembre 1917, le secrétaire au Foreign Office britannique, Lord Arthur James Balfour, écrit à Lord Lionel Walter Rothschild, éminence de la communauté juive et financier du mouvement sioniste, que le gouvernement de Sa Majesté « envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non-juives existant en Palestine, ou aux droits et statut politiques dont les Juifs jouissent dans tout autre pays ».

Cette déclaration appelle trois remarques :

 L’expression « Foyer national » est très floue, à mi-chemin entre la minorité reconnue et l’État. Elle reprend en fait la formulation du programme adopté par le 1er Congrès sioniste en 1897 : « Le sionisme s’efforce d’obtenir pour le peuple juif en Palestine un foyer reconnu publiquement et garanti juridiquement. »

 Les Arabes, qui représentent l’immense majorité de la population de la Palestine, deviennent curieusement des « collectivités non juives » ;

 Enfin la mention des droits et du statut politiques des Juifs dans les autres pays trahit la relative marginalité du sionisme parmi la masse des Juifs, particulièrement en Occident.

La Déclaration est publiée par le Times de Londres une semaine plus tard, sous le titre « Palestine for the Jews. Official Sympathy ». Londres entend en effet obtenir la sympathie des Juifs du monde entier, perçus comme disposant d’un pouvoir considérable, souvent occulte. Comme l’écrit Alain Gresh, « cette vision, ironie de l’histoire, n’est pas éloignée de celle des pires antisémites qui détectent, partout, “la main des juifs”. Le premier ministre britannique de l’époque évoque dans ses Mémoires la puissance de “la race juive”, guidée par ses seuls intérêts financiers, tandis que Lord Balfour lui-même avait été le promoteur, en 1905, d’un projet de loi sur la limitation de l’immigration en Grande-Bretagne, qui visait avant tout les juifs de Russie.

Mark Sykes, un des négociateurs des accords qui partagèrent le Proche-Orient en 1916, écrivait à un dirigeant arabe : “Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race [les juifs], vile et faible, est hégémonique dans le monde entier et qu’on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise.” »

Dans l’immédiat, Londres, en plein conflit mondial, pense améliorer ses positions en se conciliant le mouvement sioniste. Lui promettre un « Foyer national » pourrait — pensent les stratèges britanniques — transformer les Juifs en atout : en Palestine, où ils appuieraient les troupes du général Allenby ; aux États-Unis où ils accentueraient l’engagement du pays dans la guerre ; en Allemagne et en Autriche-Hongrie où ils se détacheraient de leur gouvernement ; en Russie où ils freineraient la radicalisation de la Révolution et empêcheraient le retrait des troupes russes du front de l’Est — beaucoup de dirigeants bolcheviks et mencheviks sont d’origine juive.

Mais le projet britannique dépasse la seule conjoncture. Obsédé par la sécurité de son système colonial, le Royaume-Uni redoute l’emprise sur la Palestine d’une grande puissance européenne — la France, évidemment — qui, « si près du canal de Suez, serait une permanente et formidable menace pour les lignes de communication essentielles de l’Empire » (assure sir Herbert Samuel, futur premier haut-commissaire britannique en Palestine). Dès lors, le projet sioniste paraît d’autant plus intéressant qu’il est habilement présenté : « Une Palestine juive, explique Haïm Weizmann, le principal dirigeant de l’Organisation sioniste, serait une sauvegarde pour l’Angleterre, particulièrement en ce qui concerne le canal de Suez. »

Winston Churchill, ministre de l’Armement en 1917, écrira plus tard à ce sujet : « L’année 1917 marqua peut-être la période la plus maussade et la plus sombre de la guerre. (…). C’était l’époque où les éléments les plus résolus du gouvernement britannique cherchaient à enrôler toute influence capable de garder unies à la tâche les nations alliées. Le mouvement sioniste, dans le monde entier, était activement pro-alliés, et, en particulier, pro-britannique. Ce mouvement n’était nulle part plus visible qu’aux États-Unis et nos espoirs reposaient dans une large mesure sur la part active que prendraient les États-Unis dans la lutte sanglante qui s’annonçait (). »
Et d’ajouter : « Les talentueux dirigeants du mouvement sioniste et ses nombreuses ramifications exercèrent une influence appréciable sur l’opinion américaine et cette influence (…) était constamment en notre faveur. (…) Les Juifs (sionistes aussi bien que non sionistes) (…) ont œuvré pour le succès de la Grande-Bretagne et pour une étroite coopération entre la Grande-Bretagne et les États-Unis. La Déclaration Balfour ne doit donc pas être regardée comme une promesse faite pour des motifs sentimentaux, c’était une mesure pratique prise dans l’intérêt d’une cause commune. »
Les sionistes n’ignorent pas pourquoi la Grande-Bretagne s’est engagée, et donc la pression qu’il faudra ne jamais relâcher pour qu’elle tienne parole. Mais la carte britannique se révèle, et de loin, la plus payante. Londres, de son côté, sait bien que le mouvement sioniste caresse d’autres ambitions. Ainsi Lord Curzon, successeur de Lord Balfour, écrit : « Pendant que Weizmann vous dit une chose, et que vous pensez “Foyer national juif”, il a en vue quelque chose de très différent. Il envisage un État juif, et une population arabe soumise, gouvernée par les Juifs. Il cherche à réaliser cela derrière l’écran et la protection de la garantie britannique. »

La Déclaration Balfour bafoue surtout deux autres engagements que Londres a pris antérieurement : d’abord la promesse faite en 1916 au chérif Hussein comme à Ibn Saoud, en échange de leur participation à la guerre contre les Turcs, de « reconnaître et soutenir l’indépendance des Arabes » ; ensuite, les accords passés la même année avec les Français, dits « accords Sykes-Picot », qui partagent entre les deux pays le grand royaume soi-disant destiné aux Arabes et qui internationalisent la Palestine, sans y prévoir d’ailleurs de Foyer national juif. Arthur Koestler résume ainsi la Déclaration Balfour : « Une nation a solennellement promis à une seconde le territoire d’une troisième. »

La Conférence de Paris (1919), puis le Traité de Sèvres (1920) et enfin la conférence de San Remo (1920) reprennent la promesse faite aux Juifs. Mais la Palestine, théoriquement internationalisée par les accords Sykes-Picot, devient un mandat britannique (1922) – on verra pourquoi.

Selon l’historien israélien Avi Shlaïm, Ernest Bevin, secrétaire au Foreign Office d’après-guerre, « aurait déclaré un jour au leader sioniste David Ben Gourion que la déclaration Balfour de 1917 était la plus grave bourde commise dans la politique extérieure occidentale durant la première moitié du XXe siècle. Dans la perspective des intérêts britanniques, c’était certainement une bourde stratégique. Elle engageait la Grande-Bretagne à soutenir l’établissement d’un “foyer national” pour le peuple juif en Palestine, où les Juifs constituaient moins de 10 % de la population. La promesse britannique ouvrit la voie à la création de l’État d’Israël, mais déclencha aussi un des conflits les plus amers des temps modernes ( ) ».

2) Le Mandat britannique à la SDN

L’article 22 du Pacte de la Société des nations (SDN), signé le 28 juin 1919, définit les mandats sur les territoires non européens retirés à l’ex-Empire allemand et à l’ex-Empire ottoman ( ). Il considère les peuples des territoires en question comme encore incapables « de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne » : il faut donc assurer leur bien-être et leur développement, tâches constitutives d’une « mission sacrée de civilisation » ; pour y parvenir, il convient de « confier la tutelle de ces peuples aux nations développées, qui, en raison de leurs ressources, de leur expérience ou de leur position géographique, sont le mieux à même d’assumer cette responsabilité et consentent à l’accepter ».

La SDN prévoit trois sortes de mandat. Contrairement aux mandats B et C, de caractère ouvertement colonial, le mandat A, destiné aux territoires de l’ex-Empire ottoman, paraît plus ouvert. Le paragraphe 4 de l’article 22 précise : « Certaines communautés, qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un Mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. Les vœux de ces communautés doivent être pris d’abord en considération pour le choix du Mandataire. » C’est le type de mandat appliqué aux Proche et Moyen-Orient.

Dans ce cadre, la SDN confie au Royaume-Uni, en 1922, un mandat « sui generis » sur la Palestine – un régime spécial, ni A, ni B, ni C, mais spécifique. Il diffère des accords Sykes-Picot, qui prévoyaient un contrôle international de la Palestine avec un port, à Haïfa, confié aux Britanniques. Car, en décembre 1918, le Premier ministre français Georges Clemenceau a accepté les exigences de son homologue britannique, Lloyd George.

Henry Laurens cite le Journal de Maurice Hankey, le secrétaire du gouvernement britannique. Le 11 décembre 1920, il note : « Clemenceau et Lloyd George ont traversé [la mer] après l’armistice, et on leur a donné une grande réception militaire et publique. Puis ils ont été conduits à l’ambassade de France… Quand ils furent seuls… Clemenceau dit : “Bien. De quoi devons-nous discuter ?” “De la Mésopotamie et de la Palestine”, répondit Lloyd George. “Dites-moi ce que vous voulez”, demanda Clemenceau. “Je veux Mossoul”, dit Lloyd George. “Vous l’aurez”, a dit Clemenceau. “Rien d’autre ?” “Si, je veux aussi Jérusalem”, a continué Lloyd George. “Vous l’aurez”, a dit Clemenceau, “mais Pichon (ministre français des AE) fera des difficultés pour Mossoul”. Il n’y a absolument aucune trace écrite ou mémorandum fait sur le moment (…). Cependant, en dépit de grandes pressions de la part de ses collègues et de toutes sortes de parties concernées, Clemenceau, qui a toujours été inflexible, ne revint jamais sur sa parole et je suis bien placé pour dire que Lloyd George ne lui en a jamais laissé l’occasion. C’est ainsi que l’histoire est faite. »

Le mandat britannique sur la Palestine comporte deux caractéristiques majeures. D’abord il fait sien, presque mot pour mot, la Déclaration Balfour et donc l’objectif du Foyer national juif. Son texte indique que le Royaume-Uni doit « placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l’établissement d’un foyer national juif et le développement d’institutions d’autogouvernement », mais également « faciliter l’immigration juive et encourager l’installation compacte des Juifs sur les terres » — à l’exception de celles qui se trouvent à l’est du Jourdain.

Car, autre remarque importante et seconde caractéristique du mandat palestinien, le Royaume-Uni en a déjà retranché la Transjordanie, en avril 1921. Sous prétexte de tenir la promesse d’un État arabe indépendant, elle a créé un Émirat confié à l’un des trois fils du chérif Hussein, Abdallah, mais sous un étroit contrôle britannique. La Transjordanie devient indépendante administrativement le 25 avril 1923, puis formellement le 22 mars 1946, toujours sous l’aile britannique.

Même la Légion arabe, principale armée arabe de l’époque, est placée sous le commandement du général anglais John Bagott Glubb, dit Glubb Pacha. Le roi Abdallah passera d’ailleurs un accord de partage de la Palestine avec Golda Meïr, douze jours avant le partage onusien : cet accord sera effectivement appliqué, la Légion arabe de Glubb Pacha ne combattant pas les forces armées juives (sauf Jérusalem, située hors accord) et Amman récupérant Jérusalem-Est ainsi que le gros de la Cisjordanie à la fin de la guerre de 1947-1949.

3) Au service du sionisme

Grâce au mandat britannique, la communauté juive de Palestine – le Yichouv – va devenir un quasi État. Entre 1917 et 1948, les Juifs passent de 10 % à 30 % de la population de la Palestine, leur superficie agricole est multipliée par trois et leur indice de production industrielle par cinquante. « La condition de la réalisation du sionisme, écrira journal juif, c’est la conquête de tous les emplois du pays par la main-d’œuvre juive ( ). » Sur les murs de Jérusalem et de Tel-Aviv, des affiches lancent : « N’achetez pas de produits arabes ! » Des délégations de l’Organisation sioniste se rendent même dans plusieurs pays arabes pour y recruter des travailleurs juifs… arabes : il s’agit de remplacer les ouvriers et les fellahs palestiniens par des Juifs, payés… comme des Arabes !

Mais l’essentiel de l’immigration vient d’Europe et notamment d’Allemagne. La montée du nazisme provoque une accélération de l’immigration juive : de 1932 à 1939 247 000 arrivants, soit 30 000 par an, quatre fois plus que depuis la fin de la Première Guerre mondiale ! Représentant moins un « choix sioniste » qu’une fuite face aux persécutions, ce transfert vers la Palestine bénéficie de l’accord dit « Haavara », conclu par l’Organisation sioniste avec Berlin le 25 août 1933 : contrairement aux autres qui partent sans un Mark, les Juifs se rendant en Palestine peuvent récupérer là-bas une partie de leur capital, sous la forme de produits exportés par le Reich en Palestine. Plusieurs dizaines de milliers de Juifs allemands en bénéficieront. Cet accord coûtera d’ailleurs la vie à son négociateur, Haïm Arlosoroff, assassiné sur la plage de Tel-Aviv le 16 juin 1933 – on ignore toujours par qui.

Le IIIe Reich ne s’est évidemment pas converti au sionisme. Mais, à l’époque, le régime nazi n’a pas encore conçu la « solution finale de la question juive ». Il s’attache d’abord à exclure les Juifs de la société allemande et à les pousser à l’émigration. Dans un second temps, Hitler pensera en termes de déportation massive : vers Madagascar, puis vers le Gouvernement général de Pologne et enfin vers la Sibérie. Le projet génocidaire proprement dit se radicalisera à partir de l’invasion de l’URSS, le 22 juin 1941. Le 7 décembre, des prisonniers soviétiques périssent dans les premiers essais d’une chambre à gaz…

Je reviens au Yichouv : on ne doit pas le réduire à sa seule réalité économique : face à une nation arabe palestinienne en formation, il incarne une nation juive palestinienne également en formation, avec sa langue, ses services publics, son embryon d’armée (la Hagana socialiste, mais aussi la milice d’extrême droite dite « révisionniste », l’Irgoun) et ses institutions politiques.

L’article 4 du mandat a en effet prévu qu’« un organisme juif convenable sera officiellement reconnu et aura le droit de donner des avis à l’administration de la Palestine et de coopérer avec elle dans toutes questions économiques, sociales et autres, susceptibles d’affecter l’établissement du foyer national juif et les intérêts de la population juive en Palestine, et, toujours sous réserve du contrôle de l’administration, d’aider et de participer au développement du pays » L’organisation sioniste assume ce rôle de 1922 à 1929, puis crée l’Agence juive, progressivement prise en main par la gauche sioniste. David Ben Gourion en devient le président en 1935.
Quant aux Arabes palestiniens, ils ont refusé de se doter de telles instances, pourtant prévues par le mandat, car ils boycottent ce dernier. Le mouvement national palestinien recourt et recourra souvent à cette tactique de la chaise vide, qui lui coûtera cher, notamment, on le verra, dans l’immédiat après-guerre.
En attendant, le Yichouv a donc tout d’un État juif… sans État.

4) Des révoltes arabes

Si le calcul semble donc bon du côté sioniste, il l’est beaucoup moins pour les Britanniques. Londres a sous-estimé la résistance des Arabes. Le mécontentement contre la trahison par la « perfide Albion » de ses promesses, déjà vif en 1917, grandit durant l’entre-deux guerres au fur et à mesure de la construction du Foyer national juif, en violation de la clause du mandat qui protège théoriquement les populations « non juives », largement majoritaires…

D’où des révoltes de plus en plus massives et de plus en plus violentes, suivies chaque fois d’une commission d’enquête et d’un Livre blanc de la part d’un Royaume-Uni soucieux de ne pas laisser miner son pouvoir sur la région. Après les heurts de 1920 à la veille de la Conférence de San Remo (5 morts juifs et 4 morts arabes) et ceux de 1921 à Jaffa (47 Juifs et 48 Arabes tués), vient l’explosion, beaucoup plus grave, de 1929 : des affrontements se déroulent un peu partout, et notamment à Jérusalem, autour du Mur des Lamentations, et à Hébron, où des Arabes assassinent plusieurs dizaines de Juifs – d’autres, notons-le, protègent leurs voisins juifs. Au total, en une semaine d’août, les émeutes coûtent la vie à 133 Juifs et 116 Arabes. En 1936, enfin, éclate une véritable grève insurrectionnelle palestinienne, qui va durer près de trois ans.

Une nuance importante : il ne s’agit pas alors du mouvement national palestinien tel que nous le connaissons aujourd’hui. La société arabe reste très segmentée, organisée en clans traversés de clivages internes très importants, notamment autour de deux grandes familles, les Husseini et les Nashashibi dont l’affrontement devient parfois sanglant. Pour la plupart, les Palestiniens n’imaginent pas un État indépendant, mais une Palestine intégrée au futur Royaume arabe, un temps promis par les Britanniques. Ce qui unit d’abord les Arabes, c’est le refus de l’immigration des Juifs et de leurs achats de terres…

Dès le Livre blanc de 1922, Winston Churchill, alors secrétaire d’État aux colonies, précise que les dispositions du mandat ne signifient pas, comme les représentants sionistes l’estiment, que « la Palestine en entier devrait être convertie en un foyer national juif, mais qu’un tel foyer devrait être fondé en Palestine ( ) ». Nuance significative. Il indique de surcroît que ses dispositions se limitent aux territoires situés l’ouest du Jourdain. Concrètement, les Britanniques interdisent toute immigration juive dans les territoires situés à l’est Jourdain, c’est-à-dire dans l’Émirat de Transjordanie. Ils exigent également des autorités sionistes qu’elles reconnaissent ces faits avant la publication officielle des termes mandat. Chaïm Weizmann finit par les accepter, malgré les prétentions sionistes qui revendiquaient le droit à étendre leur foyer national à une partie de la Transjordanie (ainsi d’ailleurs qu’à une partie du Liban et au plateau du Golan).

Pour officialiser ces mesures, peu avant la publication officielle des termes du mandat, un article supplémentaire, le numéro 25, est ajouté qui stipule que, « dans les territoires situés entre le Jourdain et les frontières est [du mandat] de Palestine comme déterminées ultérieurement, le mandataire pourra (…) reporter (…) l’application de certaines [de ses] clauses ».

L’ensemble de ces dispositions est entériné par la SDN le 24 juillet 1922. Elles entrent officiellement en vigueur le 26 septembre 1923, quand Français et Britanniques officialisent le tracé des frontières entre leurs mandats.

Beaucoup plus sérieux, on l’a vu, les affrontements de 1929 se concluent par la Commission Shaw. Ceux de 1936, encore plus graves, donnent naissance à la Commission Peel, qui, 1937, accouche du premier plan de partage de la Palestine.

5) Le Plan Peel

Ce premier coup d’essai destiné à ramener le calme rate : les propositions de la Commission royale pour la Palestine conduite en 1936-1937 par Lord William Peel se heurtent au refus de toutes les parties concernées.

Proposé le 7 juillet 1937, ce plan de partage abolit le mandat, à l’exception d’un corridor concédé aux Britanniques autour de Jérusalem et jusqu’à Jaffa. Petit, l’État juif obtient la Galilée et la plaine côtière. L’État arabe, nettement plus vaste, hérite de la Cisjordanie, du Néguev et de Gaza. Fait essentiel, Peel double son partage d’un transfert de population : celui de 1 250 Juifs se trouvant dans l’État arabe, et celui de 200 000 Arabes se trouvant dans l’État juif. Le rapport Peel prévoit enfin que l’État arabe de Palestine fusionnerait avec la Transjordanie pour former un seul État, évidemment sous le contrôle du Royaume-Uni.

Les Arabes de Palestine ne peuvent que refuser. Quant au mouvement sioniste, divisé, il en accepte finalement le principe du partage, mais pas les frontières envisagées. Et surtout il retient – notamment David Ben Gourion – l’idée du « transfert » des Arabes. Dans la réédition, en 2004, de The Birth of the Palestinian Refugee Problem ( ), le pionnier des nouveaux historiens israéliens, Benny Morris, décortique les débats au sein du Parti socialiste Mapaï et du mouvement sioniste. La notion de « transfert » de 1937 va peser lourd, dix ans après, quand les forces armées juives se livreront au nettoyage ethnique du futur État d’Israël ( )…

6) De la répression au Livre blanc

Devant le « non » des uns et des autres et la montée en puissance du mouvement sur le terrain – de la grève à l’insurrection armée –, Londres mobilise jusqu’à 50 000 soldats pour écraser la Grande révolte, avec l’aide de 20 000 policiers juifs et de 15 000 membres de la Hagana. On présente souvent cette dernière comme « clandestine » alors qu’elle s’entraîne au vu et su des Britanniques, lesquels font appel à elle face aux Arabes. S’y ajoutent plusieurs milliers de militants de l’Irgoun, l’extrême droite sioniste de Zeev Vladimir Jabotinsky : pendant le soulèvement de 1936-1939, les seuls attentats de l’organisation firent quelque 250 victimes civiles arabes.

La répression est impitoyable : officiellement, les affrontements tuent 5 000 Arabes, 300 Juifs et 262 Britanniques. Mais le nombre de victimes palestiniennes fut sans doute bien supérieur. Le gros de l’élite palestinienne disparaît. Les milices paramilitaires sont dissoutes. La plupart des leaders nationalistes ayant participé à la révolte doivent s’exiler dans les pays arabes voisins. Le Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini, fuit au Liban, participe en 1941 au soulèvement antibritannique en Irak et finit par se réfugier en Allemagne nazie, où il collaborera activement avec le régime – il mettra sur pied deux Légions SS musulmanes, essentiellement bosniaques et non palestiniennes.

Sans avoir en tête cette hécatombe, on ne saurait comprendre la faiblesse des Arabes palestiniens, dix ans plus tard, durant la guerre de 1947-1949.

Mais l’intérêt supérieur de Londres prime : le conflit entre Juifs et Arabes en Palestine atteint un tel niveau que les dirigeants des pays arabes voisins menacent de renverser leurs alliances, autrement dit de se placer aux côtés du IIIe Reich. Ce chantage est d’autant plus efficace que Londres, comme Paris, s’inquiète de la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne, très active dans la région.

D’où le Livre blanc du 17 mai 1939, qui marque le grand tournant de la politique britannique. Car il préconise des mesures draconiennes : d’une part la limitation de l’immigration juive à 75 000 personnes pendant cinq ans, après quoi elle dépendra du consentement arabe ; d’autre part l’interdiction de l’achat de terres par le mouvement sioniste dans l’essentiel du pays et sa réduction drastique ailleurs. Bref, la Palestine, promise à l’indépendance en 1949, serait certaine de rester majoritairement arabe.

7) Vers la fin du mandat

Le Livre blanc entraîne une rupture durable entre Londres et le Yichouv. Il s’appliquera jusqu’au retrait britannique, le 15 mai 1948. Et l’allié d’hier – le mouvement sioniste — ira jusqu’à l’action terroriste pour forcer Londres à abandonner dans un premier temps cette politique, puis dans un second temps son mandat sur la Palestine.

Sans entrer dans le détail, plusieurs facteurs contribuent à la décision du Royaume-Uni :

·         Le premier, c’est le génocide perpétré pendant la Seconde Guerre mondiale. Il bouleverse la situation. La machine hitlérienne va faire des millions de victimes : malades mentaux, Tsiganes, Polonais et surtout Soviétiques. Mais les Juifs forment le seul groupe que les nazis aient voulu exterminer jusqu’au dernier. Bilan : plus de six millions de morts – la moitié des Juifs d’Europe, un tiers des Juifs du monde. (Ce chiffre n’a rien de mythique : on a longtemps sous-estimé, disent les démographes russes, l’ampleur de l’extermination des Juifs situés entre la Pologne et la Russie, où souvent il n’existait pas d’état-civil.).

La Shoah (en hébreu, « catastrophe ») transforme profondément les données idéologiques et pratiques de la « question juive », à laquelle les grandes puissances doivent trouver une solution après la Seconde Guerre mondiale. Or le projet sioniste offre un avantage majeur pour l’Occident : il la résoud au Proche-Orient – l’État juif s’y construira aux dépens du peuple palestinien, qui pourtant ne porte pas la moindre responsabilité dans le génocide.

On imagine, deux ans après la découverte d’Auschwitz, la force des arguments de David Ben Gourion, quand il déclare devant l’Unscop, la commission des Nations unies qui doit proposer à celles-ci une solution : « Qui veut et peut garantir que ce qui nous est arrivé en Europe ne se reproduira pas ? La conscience humaine […] peut-elle se libérer de toute responsabilité dans cette catastrophe ? Il n’y a qu’une sauvegarde : une patrie et un État. » Et de préciser : « Nous sommes prêts à considérer la question d’un État juif sur une partie significative de la Palestine [tout] en réaffirmant notre droit sur toute la Palestine ( ). »

Et les opinions occidentales suivent. Pour deux raisons :

 d’une part, un puissant sentiment de culpabilité les travaillent : si dans certains pays de grands mouvements de Résistance ont sauvé l’honneur, la plupart ruminent la honte d’une puissante collaboration qui a aidé les nazis à perpétrer leur génocide. Il suffit de penser à la France…
 d’autre part, elles ignorent tout des Palestiniens, dont, en outre, les dirigeants boycottent les commissions d’enquête internationales, notamment celle de l’ONU, qui vient durant l’été 1947 en Palestine avant de décider du sort de celle-ci (et qui y assiste au drame, spectaculairement mis en scène, de l’Exodus).

N’oublions pas, enfin, la dimension de l’urgence. Des centaines de milliers de Juifs survivants croupissent dans les camps de personnes déplacées (DP). Il ne peuvent pas ou ne veulent pas rentrer dans leur pays d’origine – je pense à la Pologne d’après-guerre, avec ses pogromes – et se voient refuser l’immigration souhaitée vers les États-Unis : les sionistes y recrutent nombre d’immigrants « illégaux » vers la Palestine.

·         Le deuxième facteur qui explique le forfait du Royaume-Uni, c’est le combat mené par le mouvement sioniste après-guerre. Contre l’occupant britannique, celui-ci organise une résistance qui va crescendo, n’hésitant pas à recourir au terrorisme. Dès 1941, le groupe le plus extrémiste, dit « groupe Stern » ou Lehi, avait multiplié les coups de main. En 1944, l’Irgoun le rejoint. En 1945, c’est au tour de la Hagana de se lancer dans la lutte armée.

La soldatesque britannique se regroupe alors autour des sièges de l’administration mandataire, comme autant de petites forteresses ironiquement surnommées « Bevingrad » – du nom du ministre des Affaires étrangères du gouvernement Attlee. Le 22 juillet 1946, un attentat organisé par Menahem Begin contre l’hôtel King David, siège du mandat à Jérusalem, fait une centaine de morts. Pour l’opinion britannique, c’en est trop : « Bring the boys home ! » s’écrient les manifestants londoniens, qui savent qu’en deux ans près de 150 militaires britanniques sont tombés, sans compter 350 blessés graves.

Quant au gouvernement de Sa Gracieuse Majesté, il mesure que le Royaume-Uni, épuisé par la Seconde Guerre mondiale, n’a plus les moyens de laisser stationner en Palestine 100 000 hommes – un dixième de ses forces à l’étranger –, ni de dépenser 40 millions de livres par an pour le mandat. N’oublions pas que Londres ne survit que grâce au prêt de 39 milliards de livres des États-Unis (qui ne sera complètement remboursé qu’en 2006). Reste à trouver la solution la mieux à même de préserver les intérêts britanniques au Proche-Orient…

·         Troisième facteur, la pression internationale, notamment celle des États-Unis et de l’URSS. Outre le règlement urgent de la question des survivants du génocide, Washington et Moscou partagent un même calcul stratégique, chacun évidemment pour son compte : chasser les Britanniques de Palestine pour mieux affaiblir leur emprise sur la région. N’oublions pas qu’à l’époque, les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas encore entrés dans la guerre froide – celle-ci ne commence qu’avec la prise du pouvoir par les communistes à Prague, en février 1948.

 

C’est pourquoi, le 18 février 1947, le Foreign Office rend son mandat à l’ONU. La suite est connue, en Palestine et, au-delà, dans tout le Proche et Moyen-Orient. Nul doute que la manière dont le Royaume-Uni a géré son mandat a beaucoup contribué à l’impasse durablement sanglante du conflit israélo-arabe. En Palestine comme en Inde, les Britanniques ont allègrement pratiqué le « diviser pour mieux régner ». Dans les deux cas, le règne s’est terminé, mais la division est restée…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dominique Vidal

 

Source: http://www.ujfp.org/spip.php?article5352

Comment les anglo-saxons créèrent le nazisme à Versailles 

Nous sommes en 1920. Le sociologue Thorstein Veblen rédige dans une revue de sociologie un compte-rendu assez aigre du livre spécieux de JM Keynes sur les Conséquences de la paix à Versailles.

Publié en 1919 sur les brisées d’un démentiel traité, le livre est un succès, et il est pro-allemand et anti-français; il est même antisémite selon notre maître Murray Rothbard (1). Mais il est à la mode, comme Keynes dont les théories sur le déficit budgétaire auront ruiné l’occident en ce début de siècle. Keynes est aussi celui qui nous a fait le coup de l’or comme relique barbare… Il serait aujourd’hui partisan de l’abolition du cash.

Le génial texte de Thorstein Veblen découvert par Preparata explique dès 1920 donc la Deuxième Guerre Mondiale. Il fallait, explique Veblen, « rétablir un régime réactionnaire en Allemagne et l’établir en rempart contre le bolchévisme ».

Allemagne nazie contre Russie soviétique? Guido Giacomo Preparata a donné la réponse: on l’a voulu. On, c’est l’établissement anglo-américain qui se permet de concevoir et de placer ses ennemis à dessein. L’Allemagne fut donc préservée à dessein en 1918-1919 pour attaquer le jour venu la Russie. Les élites basculent avant Brzezinski dans le fascisme géostratégique. Pour Preparata l’hostilité germano-russe est la pierre d’angle de l’édifice anglo-saxon pour dominer le monde. On comprend Merkel.
Veblen en 1920 est pro-bolchévique (Preparata non, il pense que le bolchévisme est aussi un animal domestiqué!). Il écrit que l’on préserve une impériale et militaire Allemagne sous un vernis parlementaire, et que ce noble barbarisme a un but: la destruction de l’URSS. Preparata lui va plus loin et décrit dans Conjuring Hitler (qui attend son traducteur) la conspiration — certes compliquée et risquée! — pour établir le communisme en Russie puis le militarisme en Allemagne. Le 4 février 1933 Hitler réunit son état-major et parle de la future agression. La suite s’appelle Barbarossa et fera quarante millions de morts. L’anglophilie des nazis ne se démentira pas. On se déclare la guerre, mais on ne la fait pas (Quigley).

Je cite des extraits de Veblen (merci à Hervé pour sa traduction):

« Cette tâche difficile, mais impérative, de supprimer le bolchevisme, à laquelle se trouvait dès le début confronté ce Conclave, ne participe pas à l’analyse de M. Keynes sur les conséquences à attendre du traité du Conclave. Pourtant, il est assez évident maintenant que les exigences de la campagne de ce Conclave contre le bolchevisme russe ont façonné l’élaboration du Traité jusqu’ici au-delà de toute autre considération. »

Veblen évoque une guerre clandestine contre la Russie (les sanctions…) et il explique pourquoi la Russie fait peur aux oligarques et aux négociateurs occidentaux:

« Il faut remarquer, donc, que le bolchevisme est une menace pour la propriété. Dans le même temps, l’ordre économique et politique actuel repose sur cette propriété. La politique impérialiste des grandes puissances, y compris de l’Amérique, considère également le maintien et l’extension de cette propriété comme le but principal et permanent de tout leur trafic politique ».

Et on est prêt à ne plus respecter le libéralisme pour la sauver cette propriété. En termes plus modernes cela s’appellera le fascisme. C’est ce fascisme que l’on impose aujourd’hui aux Européens pour garantir les droits des possédants, des banquiers et des plus grosses entreprises transnationales. Mais le peuple aura encore son mot à dire ici ou là.

La peur du bolchévisme russe explique tout selon Veblen:

« Le bolchevisme est une menace pour la nue-propriété; et à la lumière des événements en Russie soviétique, il est devenu évident, point par point, que seule la suppression définitive du bolchevisme et de toutes ses œuvres, à tout prix, pourrait rendre le monde sûr pour cette démocratie des droits de la propriété sur laquelle les ordres politiques et civils existants. Il est donc devenu le premier souci de tous les gardiens de l’ordre existant d’éradiquer le bolchevisme à tout prix, sans égard pour le droit international. »

Eradiquer le bolchévisme! Eradiquer la Russie! Mais comment? En utilisant l’Allemagne, comme aujourd’hui d’ailleurs (Merkel semble orpheline: déclarera-t-elle seule la guerre à Trump et à la Russie, sans oublier la Chine?). L’Allemagne vaincue doit être préservée pour constituer ce rempart contre la Russie.

Il faut donc être doux et indulgent avec cette Allemagne:

« Une indulgence notable, équivalant une sorte de négligence collusoire, a caractérisé jusqu’ici les rapports des puissances avec l’Allemagne. »

Veblen ne croit pas au bluff des réparations — que l’Allemagne ne paiera d’ailleurs jamais. Et Preparata rappelle que l’Allemagne sera refinancée et rééquipée par le plan du banquier Dawes en 1923. Veblen souligne le but et la patience aussi de notre élite anglo-saxonne:

« Comme il aurait semblé tout à fait probable auparavant, les stipulations touchant l’indemnité allemande se sont révélées provisoires et provisoires seulement — si elles ne se sont pas plutôt caractérisées comme un bluff diplomatique, destiné à gagner du temps, à détourner l’attention durant cette période de réhabilitation nécessaire et exigeant une certaine patience pour rétablir un régime réactionnaire en Allemagne et l’ériger en un rempart contre le bolchevisme. »

Il faut donc garder le militarisme prussien, la botte allemande, l’empire knouto-germanique dont a parlé un demi-siècle plus tôt le grand penseur et anarchiste russe Bakounine:

«… l’Allemagne ne doit pas être paralysée au point de laisser l’establishment impérial affaibli matériellement dans sa campagne contre le bolchevisme à l’étranger ou le radicalisme à la maison.

Par conséquent, il ne saurait être permis de détourner une partie de ces revenus gratuits des propriétaires allemands pour secourir ceux qui ont souffert de la guerre que ces propriétaires avaient déplacé dans les pays Alliés. »

On épargnera les responsables de la Guerre et on châtie les victimes; comme dans la crise bancaire de 2008 finalement.

Veblen observe froidement:

«… les hommes d’État des puissances victorieuses ont pris le parti des propriétaires allemands coupables de cette guerre contre leur population…les dispositions conservatrices que le traité prévoit pour indemniser les victimes de guerre n’ont été appliquées jusqu’à présent qu’avec une indulgence judicieusement gérée, marquée par un biais partisan indubitable en faveur du statu quo ante de l’Allemagne impériale. »

Sans inquiéter personne, Hitler sera condamné à neuf mois de prison pour tentative de coup d’Etat, toujours en 1923 quand les USA de Dawes et de ce bon Coolidge financent et rééquipent leur obéissante colonie. Et le vieil Hindenburg sera élu président de cette triste république de Weimar en 1925.

La suite on la connait, mais on aimerait bien ne pas la répéter.

Nicolas Bonnal

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Notes

(1) Rothbard cite le texte de Keynes sur le représentant français Klotz qui demandait des comptes aux Allemands qui avaient dévasté notre France pendant quatre ans. Il en dit long sur ce qui va se passer vingt ans plus tard en Europe. On le cite en anglais pour le plaisir:

« He leant forward and with a gesture of his hands indicated to everyone the image of a hideous
Jew clutching a money bag. His eyes flashed and the words came out with a contempt so violent that he seemed almost to be spitting at him. The anti-Semitism, not far below the surface in such an assemblage as that one, was up in the heart of everyone (p.34). »

Bibliographie

Jacques Bainville — La paix de Versailles (sur Uqac.ca)
John Maynard Keynes — Les conséquences économiques de la paix (1919)- sur Uqac.ca
Guido Giacomo Preparata — Conjuring Hitler — How Britain and America made the Third Reich (Pluto Press)
Murray Rothbard — Keynes, the Man (Mises.org)
Thorstein Veblen — Review of John Maynard Keynes, The economic consequences of the Peace, Political Science Quarterly, 35, pp. 465-472

 Source: https://fr.sputniknews.com/blogs/201701231029732030-Versailles-nazisme-Allemagne-URSS/

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

LIBÉRATION 1944 : RUSSE et non les ETAT UNIS

Le Rôle décisif de la Russie et non pas de l’Amérique pendant les deux dernières  guerres mondiales*

 par Marc Rousset, Auteur de «  La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »–Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009 

L’Europe  aime les Russes, mais pas la Russie, en raison de la propagande américaine, des médias et de deux grands mensonges historiques. Ce n’est pas l’Amérique, mais la Russie qui a joué le rôle décisif pendant les deux dernières guerres mondiales contre l’Allemagne impériale et le nazisme ;  Natalia Narotchnitskaïa l’a rappelé opportunément  dans son  ouvrage (1).  La Russie est une partie intégrante, souffrante, sacrificielle, disait même Pouchkine de la civilisation européenne.

« Les Américains, disait Godard, ont toujours attendu que l’Europe s’entre-tue pour intervenir ; ils sont venus quand tout le monde était fatigué, jamais au début, ni en 1914, ni en 1940. Tout ce qu’ils veulent, c’est envahir ; ils veulent envahir parce qu’ils n’ont pas d’histoire ; ils ont besoin d’envahir les gens qui en ont ».

La seconde guerre mondiale a été gagnée par la Russie dont les sacrifices humains  avant, pendant et après Stalingrad ont permis de vaincre l’Allemagne nazie qui avait lancé le 22 juin1941 à quatre heures du matin l’opération Barbarossa.  C’est à vingt kilomètres de Moscou que des divisions venues de Sibérie soutenues par le « général hiver » avec une température de -30°C  arrêtèrent  pour la première fois  le 5 décembre 1941 l’offensive de la Wehrmacht. A Stalingrad s’affrontèrent dans une bataille acharnée, de juillet 1942 jusqu’à la capitulation du général Friedrich von Paulus, le 2 février 1943, deux armées de plus d’un million d’hommes, avec une violence qui dépassa toutes celles de la première guerre mondiale pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine. Mais c’est l’offensive allemande  manquée  de Koursk , le 4 juillet 1943, « la plus grande bataille de chars de l’histoire »  avec trois corps blindés, soit  2000 chars et deux corps d’armée d’infanterie sur soixante kilomètres du côté allemand et 20 000 pièces d’artillerie, trois cent pièces d’artillerie par kilomètre de front, des champs de mines d’une densité de 2500 appareils au kilomètre carré, du côté soviétique , qui va permettre à l’Armée rouge dès le 12 Juillet 1943 de s’engager  à fond dans l’offensive jusqu’à la défaite de l’Allemagne.  La Russie a versé un tribut de 23 200 000  morts civils et militaires  sur l’autel de la guerre totale  contre Hitler. La seule URSS a perdu la moitié des victimes de l’ensemble du conflit de 1939-1945.

Le débarquement de Normandie, en juin 1944, n’est intervenu que tardivement, alors que les troupes russes avaient déjà atteint la frontière orientale de l’Allemagne. Le débarquement allié a eu pour seul et principal  effet d’éviter que l’Europe entière devienne soviétique. Il y avait 26 divisions allemandes sur le front occidental contre 170 divisions sur le front de l’Est. Les pertes de l’Amérique en Europe  ont été de 182 070  tués pour l’ensemble des campagnes de 1941 à 1945, alors que pour la seule prise de la ville de Berlin, l’Amérique ayant préféré laisser faire et agir seule l’armée soviétique, les Russes ont perdu  300 000 hommes du 25 avril au 3 mai 1945. La Russie a donc eu, pour la prise de Berlin, plus de tués que les pertes militaires  américaines totales (292 000) des fronts européen et  japonais de décembre 1941 à août 1945 (2). Que ce soit au Japon avec le lancement de la bombe atomique en 1945 à Nagasaki et Hiroshima, à Dresde et à Hambourg avec le lancement de bombes au phosphore sur les réfugiés  pendant la deuxième guerre mondiale, au Vietnam, ou  plus récemment en Irak et en  Europe  avec les Serbes défendant leur territoire national , les Anglo-Saxons  excellent  toujours à engager l’aviation et à bombarder les populations civiles pour  diminuer le nombre de leurs propres pertes militaires en hommes.

Mais ce qui est beaucoup moins connu, c’est la vérité historique sur le triste record des pertes de la Russie de Nicolas II et de la Russie républicaine qui lui a succédé en 1917. Qu’on en juge : sur les 15 378 000 hommes mobilisés pendant la période 1914-1917, 6 400 000 furent tués ou blessés dont 2 700 000 pour la seule année 1916 au cours de laquelle des offensives de grande envergure furent entreprises par l’armée russe pour soulager l’armée française engagée à Verdun, l’armée italienne en déroute dans la région du Trentin en mai 1916, et l’armée roumaine battue en plusieurs endroits en août -septembre 1916. C’est à juste titre que le maréchal Foch pouvait dire : « Si nous avons pu tenir de la Marne à Arras et finalement à l’Yser, c’est que la Russie de son côté retenait une notable partie des forces allemandes ». En ce qui concerne le  chiffre exact du nombre de tués, la Russie avec 1700 000 tués eut même davantage de tués que la France saignée à blanc (1500 000) et légèrement moins que l’Allemagne (1 800 000)  contre à peine 100 000 pour les Etats-Unis ! Les pertes énormes de l’armée russe s’expliquent par le retard de l’industrie de l’armement et sa capacité de production tout à fait insuffisante, tous facteurs conduisant à une pénurie dramatique en armes et en munitions, laissant les troupes désarmées devant l’artillerie allemande. (3)

 

Lorsque les Etats-Unis entrèrent en guerre en 1917, l’armée allemande était dans un état de crise lui laissant peu d’illusions sur l’issue finale de la guerre. C’est là l’une des raisons qui ont poussé l’état-major allemand à permettre la traversée de l’Allemagne du « wagon plombé » contenant Lénine et ses bolcheviques qui prirent le pouvoir, à la suite d’un putsch à Petrograd le 6 novembre 1917, et mirent fin à la guerre, en ce qui concerne la Russie.

Les Etats-Unis ont fait la guerre pour que l’Europe ne soit ni soviétique ni allemande et non pas pour défendre la liberté des Européens.

 

Les naïfs croient  et les médias répètent  continuellement que les Etats-Unis sont venus libérer les Européens en 1944, de la même façon que  Lafayette avait défendu l’indépendance des Etats-Unis à la fin du XVIIIe siècle. Tout cela est aussi faux que la propagande  médiatique américaine du plan Marshall qui a été élaboré, selon les dires mêmes  du  professeur Lodge à Harvard, non pas pour aider généreusement les Européens dans leurs efforts de reconstruction, mais tout simplement pour éviter que l’Europe devienne communiste et soviétique. George Marshall raisonnait moins en économiste qu’en diplomate et chef de guerre, soucieux avant tout de contenir l’Union soviétique ! Le mythe de Lafayette, combattant désintéressé pour la liberté, et son discours au Congrès en 1824, c’est également du folklore lyrique pour politiciens démagogues, oublieux des vérités historiques, de la géopolitique et de la « Realpolitik ».

 

« Nous ne sommes pas venus en Europe sauver les Français. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse… ». C’est d’un  opuscule que l’armée américaine distribua à ses soldats à la Libération que Philippe de Gaulle tire cette citation, publiée dans son livre « De Gaulle, mon père ». «  Mon père le répétera, ajoute-t-il, les Américains qui sont morts en libérant la France sont morts pour les Etats-Unis d’Amérique et pour personne d’autre. De même que tous les Français qui sont morts sur un champ de bataille, y compris pour l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, sont morts pour la France et le roi qui la personnifiait ». La France de Louis XVI a aidé les Etats-Unis dans leur guerre d’indépendance non pas pour défendre leur liberté, mais par simple désir politique  de revanche du calamiteux  traité de Paris de 1763, afin de  mieux  contrer la puissance britannique.

 

Avec le temps, les Européens deviennent donc de moins en moins dupes et se demandent à juste titre pourquoi ils devraient remercier les Etats-Unis ; tout au plus, peuvent-ils les remercier pour n’être pas devenus communistes, ce qui est par contre parfaitement exact.

 

M. Rousset

1) Natalia Narotchnitskaïa  –  Que reste-t-il de notre guerre ? – Editions des Syrtes,            Février 2008

2) Pieter Lagrou- La violence de guerre 1914-1945, p322 – Complexe – Bruxelles – 2002

 

3) Général (CR) Andolenko – Histoire de l’armée russe-  Flammarion/Histoire, 1967

Quand les anglais utilisaient les crocodiles pour faire la guerre

Le 19 février 1945, près de mille soldats japonais cherchaient à fuir les Britanniques par les marécages: ils ont été dévorés par les crocodiles.

Le cas n’a pas d’équivalent dans l’histoire militaire: le 19 février 1945, pendant la bataille de l’île de Ramree (Birmanie), les troupes aéroportées britanniques ont poussé l’armée japonaise dans des marécages où vivaient des milliers de crocodiles marins. Près de mille hommes y ont trouvé la mort, dévorés par les reptiles, sans que les Britanniques n’aient tiré un seul coup de feu. Le rapport du colonel japonais Yasu Yunuko, déclassifié l’an dernier, indique: « Seulement 22 soldats et 3 officiers de ce groupe sont revenus en vie des marécages de Ramree ». L’enquête d’une commission spéciale de la cour martiale menée deux mois plus tard a montré que l’eau de ces marécages de 3 km² de superficie était composée à 24% de sang humain.

En février 1945, les alliés d’Hitler menaient encore une contre-offensive sur tous les axes stratégiques et notamment le Front du Sud-Ouest. La base d’artillerie à longue portée située sur l’île birmane de Ramree était son maillon territorial clé. C’est d’ici qu’étaient portées les meilleures attaques contre les navires de débarquement britanniques. Quand le site a été découvert par les renseignements militaires anglo-américains, son élimination est devenue l’une des cinq priorités de la 7e escadre de débarquement de la Royal Navy. Le commandement japonais avait envoyé sur l’île sa meilleure unité d’élite — le 1er corps de commandos de marine, considéré comme inégalable pour parer les attaques de l’infanterie mobile.

Le chef du bataillon aéroporté britannique Andrew Wyert était un officier très rusé. Il avait envoyé un groupe de reconnaissance dans les profondeurs de l’île, justement où se trouvaient les mangroves. En apprenant qu’elles étaient remplies de crocodiles marins il a décidé qu’il fallait à tout prix y pousser l’ennemi. Son commandant avait objecté: « Nos équipements et armements ne sont pas adaptés aux marécages, contrairement aux Japonais dotés d’uniformes spéciaux et d’armes blanches. Nous perdrons tout ». Mais le chef du bataillon avait répondu, confiant: « Fais-moi confiance et tu vivras… ».

La manœuvre tactique était impressionnante. Après avoir repoussé l’unité japonaise par des combats de position au fond du marais (à la grande joie des officiers japonais qui pensaient y obtenir un avantage), le chef du bataillon a ordonné de se retirer progressivement vers la côte, en laissant à l’avant une section réduite sous couvert d’artillerie.

Dans les minutes qui ont suivi, les officiers britanniques qui observaient la situation avec leurs jumelles ont assisté à une scène étrange: en dépit d’une suspension temporaire des attaques, les soldats japonais ont commencé l’un après l’autre à tomber dans le marécage. Rapidement, le groupe japonais a cessé d’opposer toute résistance: les soldats encore debout cherchaient à remettre sur pieds les soldats tombés, puis s’effondraient à leur tour dans des convulsions épileptiques. Wyert a ordonné à l’unité d’avant-garde de se retirer, bien que ses collègues officiers estimaient que l’ennemi devait être éliminé complètement. Pendant les deux heures qui ont suivi, les Britanniques observaient tranquillement depuis une colline la disparition de l’armée japonaise puissante et bien armée. Au final, le meilleur régiment commando composé de 1 215 soldats d’élite, qui avait vaincu à plusieurs reprises des unités ennemies bien plus importantes — ce qui lui a valu d’être surnommé de « tornade » par les adversaires — a été dévoré par les crocodiles. Les 20 survivants ont été faits prisonniers par les Britanniques.

Ce cas est entré dans l’histoire comme « le plus grand nombre d’hommes tués par des animaux » dans le livre Guinness des records: « Près de mille soldats japonais tentaient de contrer l’attaque des commandos de marine britanniques, à dix miles de la côte, dans la mangrove où vivent des milliers de crocodiles. Vingt soldats ont été capturés vivants ensuite, mais la plupart ont été dévorés par les crocodiles. La situation catastrophique des soldats battant en retraite était aggravée par la présence de très nombreux scorpions et moustiques tropiques, qui les attaquaient également », indique le livre des records. Le naturaliste Bruce Right, qui a participé à la bataille du bataillon britannique, affirme que les crocodiles ont dévoré la majorité des soldats japonais: « Cette nuit était la plus horrible pour les soldats. Les Japonais en sang, éparpillés dans le marécage noir, hurlaient et se faisaient dévorer par les reptiles, et les bruits inquiétants des déplacements de crocodiles ressemblaient à une cacophonie de l’enfer. Peu ont assisté à une telle scène dans leur vie. A l’aube, les charognards sont arrivés pour nettoyer ce qui restait des mille soldats japonais qui étaient entrés dans les marécages de Ramree. Seulement une vingtaine ont été retrouvés en vie ».

Le crocodile marin reste l’un des prédateurs les plus dangereux et agressifs de la planète. Près des côtes australiennes, on compte davantage de victimes tuées par les crocodiles marins que par les attaques de requins blancs, qui sont considérés par erreur comme les plus dangereux. Ce reptile a la plus puissante morsure dans le monde animal: les spécimens adultes peuvent avoir une force de morsure de plus de 2,5 tonnes. En Indonésie, un Suffolk Punch d’une tonne capable de tirer plus de 2 tonnes a été tué par un grand crocodile marin mâle, qui a traîné sa victime dans l’eau et a brisé le cou du cheval. La force de sa mâchoire est telle qu’il est capable de fracturer en quelques secondes le crâne d’un buffle ou la carapace d’une tortue de mer. Selon des cas confirmés de victimes humaines en masse tuées par des animaux, il convient de noter un autre incident pendant la Seconde Guerre mondiale: l’attaque de grands requins blancs, qui ont dévoré près de 800 personnes, lors du naufrage de navires bombardés avec des civils à bord.

http://fr.sputniknews.com/presse/20150309/1015065066.html#ixzz3U8asWiJU

Quand une mère de soldats nazis sauvait des officiers soviétiques

« Cachons les prisonniers russes. Peut-être que Dieu épargnera alors nos fils », disait Maria Langthaler. Un reportage spécial d’Argumenti i Fakti sur cet exploit inconnu d’une paysanne allemande.

 « Les gamins de quinze ans de la Hitlerjugend se vantaient de qui avait tué plus d’innocents. L’un a même sorti de sa poche une liasse d’oreilles coupées pour les montrer à son copain — tous les deux ont ri. Un fermier a trouvé un Russe qui se cachait dans une étable avec des moutons, et l’a poignardé avec un couteau — l’homme s’est débattu dans des convulsions, et la femme du tueur a égratigné le visage du mourant. 40 cadavres éventrés ont été entassés dans la rue du village Ried in der Riedmark, leurs organes sexuels exposés à la vue de tous: les jeunes filles passaient devant les cadavres et riaient ». En lisant les archives du camp de concentration de Mauthausen, moi, qui avait été en Afghanistan, en Irak et en Syrie, je devais faire des pauses pour me calmer — le sang se glaçait dans mes veines en apprenant ce que les paysans autrichiens respectables avaient fait avec des prisonniers de guerre soviétiques évadés — juste trois mois (!) avant la Victoire. Une seule femme en Autriche, Maria Langthaler, mère de nombreux enfants, a caché, en risquant sa propre vie, des prisonniers de Mauthausen pendant que ses quatre fils combattaient sur le front de l’Est…

« Vous n’avez pas de portrait d’Hitler »

Dans la nuit du 2 au 3 février 1945, une évasion collective a eu lieu à Mauthausen, unique dans l’histoire du camp. Un groupe de prisonniers du bloc №20 a attaqué les tours de garde et les mitrailleurs avec des pierres et des manches de pelle, tandis que le second groupe court-circuitait les barbelés électriques avec des couvertures et des vestes mouillées. 419 officiers soviétiques prisonniers ont réussi à sortir du camp. Le commandant du camp, le SS-Standartenführer Franz Ziereis, a appelé les habitants des villages avoisinants à participer à la recherche des fugitifs: « Vous êtes des chasseurs passionnés et là, c’est beaucoup plus amusant que chasser des lapins! » Les vieillards et les adolescents se sont joints à la SS et à la police pour attraper dans les bois et exécuter sauvagement ceux qui tenaient à peine debout, épuisés par la faim et le froid. En une semaine, presque tous les fugitifs sont morts. Seuls 11 d’entre eux ont survécu à la chasse dont deux — les officiers Mikhaïl Rybtchinski et Nikolaï Tsemkalo — ont été cachés par la paysanne Maria Langthaler.

« Les Russes ont frappé à notre porte en plein jour, raconte la fille de Maria, Anna Hackl, qui avait 14 ans à l’époque (elle en a 84 aujourd’hui). Ils nous ont demandé de leur donner quelque chose à manger. Après, j’ai demandé: pourquoi les prisonniers ont-ils osé entrer dans notre maison, tandis que tous les gens sont devenus complètement fous? Ils ont répondu: « Nous avons regardé par la fenêtre, vous n’avez pas de portrait d’Hitler sur les murs ». Ma mère a dit à mon père: « Aidons ces gens ». Mon père a eu peur: « De quoi tu parles, Maria! Les voisins et les amis vont nous dénoncer! » Et ma mère a répondu: « Peut-être Dieu épargnera alors nos fils ».

Les prisonniers ont été cachés dans le foin mais le matin, un détachement SS est venu inspecter la grange et a remué l’herbe sèche avec des baïonnettes. Rybtchinski et Tsemkalo ont eu de la chance — par miracle, les lames ne les ont pas touchés. Le lendemain, les SS sont revenus avec des chiens de berger mais Maria avait déjà emmené les prisonniers de Mauthausen dans une petite chambrette au grenier. Elle a demandé du tabac à son mari et l’a dispersé sur le sol… Les chiens n’ont pas réussi à retrouver leur trace. Ensuite, pendant trois longs mois, les officiers se sont cachés dans sa maison à la ferme de Winden, et chaque jour devenait encore plus effrayant: les officiers de la Gestapo exécutaient constamment des traîtres parmi la population locale. Les troupes soviétiques avaient déjà pris Berlin et Maria Langthaler, en allant se coucher, ne savait pas à quoi s’attendre le lendemain. Le 2 mai 1945, on a pendu un « traître » devant sa maison: le pauvre vieillard avait dit qu’Hitler étant mort, il fallait se rendre.

« Je ne sais pas d’où ma mère avait tant de sang-froid, raconte Anna Hackl. Une fois, ma tante est venue nous voir et s’est étonnée: « Pourquoi gardez-vous le pain? Vous n’avez rien à manger vous-mêmes! » Ma mère lui a dit qu’elle séchait du pain pour manger en route: « On bombarde — au cas où il faudrait déménager… » Une autre fois, le voisin a regardé le plafond et a dit: « Il y a quelque chose qui grince là-haut, comme si quelqu’un marchait… » Ma mère a ri et a répondu: « Mais qu’est-ce que tu racontes! Ce sont des pigeons! » Tôt le matin du 5 mai 1945, les troupes américaines sont venues à notre ferme et les détachements du Volkssturm ont fui. Ma mère a mis une robe blanche, est montée au grenier et a dit aux Russes: « Mes enfants, vous rentrez à la maison ». Et elle s’est mise à pleurer.

Fous de sang

Quand j’ai parlé aux habitants des villages des environs de Mauthausen, ils ont avoué avoir honte des atrocités que leurs grands-pères et grands-mères avaient commises. À l’époque, les paysans avaient donné à ce massacre le nom moqueur de Mühlviertler Hasenjagd (« la chasse aux lapins du Mühlviertel »). Des centaines de nos prisonniers ont été abattus par les « civils », fous de sang… Seulement dans les années 1980-1990, en Autriche, on a commencé à parler de cette terrible tragédie — on a tourné un film et publié les livres Les ombres de février et La mère t’attend. En 2001, à l’initiative de l’organisation de la Jeunesse socialiste de l’Autriche, un monument aux prisonniers soviétiques morts a été érigé à Ried in der Riedmark. Une stèle de granit représente 419 barres — correspondant au nombre de fugitifs. Presque toutes sont barrées — sauf 11. Outre Frau Langthaler des travailleurs de l’Est, des Polonais et des Biélorusses, ont pris le risque de cacher les Russes dans leurs granges.

Malheureusement, Maria Langthaler est morte peu de temps après la guerre, mais les personnes qu’elle avait sauvées ont vécu une longue vie. Nikolaï Tsemkalo est mort en 2003 et Mikhaïl Rybtchinski lui a survécu de 5 ans, ayant élevé des petits-enfants. La fille de Maria, Anna Hackl, âgée de 84 ans, continue à donner des conférences sur les événements du « sanglant février ». Hélas, Maria Langthaler n’a reçu aucune récompense pour son exploit de la part du gouvernement soviétique, bien qu’en Israël, les Allemands qui avaient caché les Juifs pendant la guerre soient décorés et se voient attribuer le titre de « Juste ». Chez nous aussi, ce terrible massacre est peu connu: on ne dépose guère de fleurs au monument à Ried in der Riedmark: toutes les cérémonies commémoratives ont lieu à Mauthausen. Mais vous savez ce qui est le plus important? Les quatre fils de Maria Langthaler sont par la suite rentrés vivants du front de l’Est — comme en signe de reconnaissance pour les bonnes œuvres de cette femme. Voilà le vrai miracle, même parmi les plus ordinaires.

 

http://fr.sputniknews.com/societe/20150504/1015875986.html#ixzz3ZFdGLVX5

Le cynisme porté à son maximum : la vidéo de l’assassinat de Patrice Lumumba

«Nous avons découpé les corps en morceaux. Le crâne a été dissous dans de l’acide chlorhydrique et le reste a été brûlé» explique son assassin belge. Il est tellement assuré de son impunité qu’il déballe tout et raconte en détail comment il a procédé.

LIBÉRATION 1944 : RUSSE et non les ETAT UNIS

Le Rôle décisif de la Russie et non pas de l’Amérique pendant les deux dernières  guerres mondiales*

 par Marc Rousset, Auteur de «  La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »–Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009 

L’Europe  aime les Russes, mais pas la Russie, en raison de la propagande américaine, des médias et de deux grands mensonges historiques. Ce n’est pas l’Amérique, mais la Russie qui a joué le rôle décisif pendant les deux dernières guerres mondiales contre l’Allemagne impériale et le nazisme ;  Natalia Narotchnitskaïa l’a rappelé opportunément  dans son  ouvrage (1).  La Russie est une partie intégrante, souffrante, sacrificielle, disait même Pouchkine de la civilisation européenne.

« Les Américains, disait Godard, ont toujours attendu que l’Europe s’entre-tue pour intervenir ; ils sont venus quand tout le monde était fatigué, jamais au début, ni en 1914, ni en 1940. Tout ce qu’ils veulent, c’est envahir ; ils veulent envahir parce qu’ils n’ont pas d’histoire ; ils ont besoin d’envahir les gens qui en ont ».

La seconde guerre mondiale a été gagnée par la Russie dont les sacrifices humains  avant, pendant et après Stalingrad ont permis de vaincre l’Allemagne nazie qui avait lancé le 22 juin1941 à quatre heures du matin l’opération Barbarossa.  C’est à vingt kilomètres de Moscou que des divisions venues de Sibérie soutenues par le « général hiver » avec une température de -30°C  arrêtèrent  pour la première fois  le 5 décembre 1941 l’offensive de la Wehrmacht. A Stalingrad s’affrontèrent dans une bataille acharnée, de juillet 1942 jusqu’à la capitulation du général Friedrich von Paulus, le 2 février 1943, deux armées de plus d’un million d’hommes, avec une violence qui dépassa toutes celles de la première guerre mondiale pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine. Mais c’est l’offensive allemande  manquée  de Koursk , le 4 juillet 1943, « la plus grande bataille de chars de l’histoire »  avec trois corps blindés, soit  2000 chars et deux corps d’armée d’infanterie sur soixante kilomètres du côté allemand et 20 000 pièces d’artillerie, trois cent pièces d’artillerie par kilomètre de front, des champs de mines d’une densité de 2500 appareils au kilomètre carré, du côté soviétique , qui va permettre à l’Armée rouge dès le 12 Juillet 1943 de s’engager  à fond dans l’offensive jusqu’à la défaite de l’Allemagne.  La Russie a versé un tribut de 23 200 000  morts civils et militaires  sur l’autel de la guerre totale  contre Hitler. La seule URSS a perdu la moitié des victimes de l’ensemble du conflit de 1939-1945.

Le débarquement de Normandie, en juin 1944, n’est intervenu que tardivement, alors que les troupes russes avaient déjà atteint la frontière orientale de l’Allemagne. Le débarquement allié a eu pour seul et principal  effet d’éviter que l’Europe entière devienne soviétique. Il y avait 26 divisions allemandes sur le front occidental contre 170 divisions sur le front de l’Est. Les pertes de l’Amérique en Europe  ont été de 182 070  tués pour l’ensemble des campagnes de 1941 à 1945, alors que pour la seule prise de la ville de Berlin, l’Amérique ayant préféré laisser faire et agir seule l’armée soviétique, les Russes ont perdu  300 000 hommes du 25 avril au 3 mai 1945. La Russie a donc eu, pour la prise de Berlin, plus de tués que les pertes militaires  américaines totales (292 000) des fronts européen et  japonais de décembre 1941 à août 1945 (2). Que ce soit au Japon avec le lancement de la bombe atomique en 1945 à Nagasaki et Hiroshima, à Dresde et à Hambourg avec le lancement de bombes au phosphore sur les réfugiés  pendant la deuxième guerre mondiale, au Vietnam, ou  plus récemment en Irak et en  Europe  avec les Serbes défendant leur territoire national , les Anglo-Saxons  excellent  toujours à engager l’aviation et à bombarder les populations civiles pour  diminuer le nombre de leurs propres pertes militaires en hommes.

Mais ce qui est beaucoup moins connu, c’est la vérité historique sur le triste record des pertes de la Russie de Nicolas II et de la Russie républicaine qui lui a succédé en 1917. Qu’on en juge : sur les 15 378 000 hommes mobilisés pendant la période 1914-1917, 6 400 000 furent tués ou blessés dont 2 700 000 pour la seule année 1916 au cours de laquelle des offensives de grande envergure furent entreprises par l’armée russe pour soulager l’armée française engagée à Verdun, l’armée italienne en déroute dans la région du Trentin en mai 1916, et l’armée roumaine battue en plusieurs endroits en août -septembre 1916. C’est à juste titre que le maréchal Foch pouvait dire : « Si nous avons pu tenir de la Marne à Arras et finalement à l’Yser, c’est que la Russie de son côté retenait une notable partie des forces allemandes ». En ce qui concerne le  chiffre exact du nombre de tués, la Russie avec 1700 000 tués eut même davantage de tués que la France saignée à blanc (1500 000) et légèrement moins que l’Allemagne (1 800 000)  contre à peine 100 000 pour les Etats-Unis ! Les pertes énormes de l’armée russe s’expliquent par le retard de l’industrie de l’armement et sa capacité de production tout à fait insuffisante, tous facteurs conduisant à une pénurie dramatique en armes et en munitions, laissant les troupes désarmées devant l’artillerie allemande. (3)

 

Lorsque les Etats-Unis entrèrent en guerre en 1917, l’armée allemande était dans un état de crise lui laissant peu d’illusions sur l’issue finale de la guerre. C’est là l’une des raisons qui ont poussé l’état-major allemand à permettre la traversée de l’Allemagne du « wagon plombé » contenant Lénine et ses bolcheviques qui prirent le pouvoir, à la suite d’un putsch à Petrograd le 6 novembre 1917, et mirent fin à la guerre, en ce qui concerne la Russie.

Les Etats-Unis ont fait la guerre pour que l’Europe ne soit ni soviétique ni allemande et non pas pour défendre la liberté des Européens.

 

Les naïfs croient  et les médias répètent  continuellement que les Etats-Unis sont venus libérer les Européens en 1944, de la même façon que  Lafayette avait défendu l’indépendance des Etats-Unis à la fin du XVIIIe siècle. Tout cela est aussi faux que la propagande  médiatique américaine du plan Marshall qui a été élaboré, selon les dires mêmes  du  professeur Lodge à Harvard, non pas pour aider généreusement les Européens dans leurs efforts de reconstruction, mais tout simplement pour éviter que l’Europe devienne communiste et soviétique. George Marshall raisonnait moins en économiste qu’en diplomate et chef de guerre, soucieux avant tout de contenir l’Union soviétique ! Le mythe de Lafayette, combattant désintéressé pour la liberté, et son discours au Congrès en 1824, c’est également du folklore lyrique pour politiciens démagogues, oublieux des vérités historiques, de la géopolitique et de la « Realpolitik ».

 

« Nous ne sommes pas venus en Europe sauver les Français. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse… ». C’est d’un  opuscule que l’armée américaine distribua à ses soldats à la Libération que Philippe de Gaulle tire cette citation, publiée dans son livre « De Gaulle, mon père ». «  Mon père le répétera, ajoute-t-il, les Américains qui sont morts en libérant la France sont morts pour les Etats-Unis d’Amérique et pour personne d’autre. De même que tous les Français qui sont morts sur un champ de bataille, y compris pour l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, sont morts pour la France et le roi qui la personnifiait ». La France de Louis XVI a aidé les Etats-Unis dans leur guerre d’indépendance non pas pour défendre leur liberté, mais par simple désir politique  de revanche du calamiteux  traité de Paris de 1763, afin de  mieux  contrer la puissance britannique.

 

Avec le temps, les Européens deviennent donc de moins en moins dupes et se demandent à juste titre pourquoi ils devraient remercier les Etats-Unis ; tout au plus, peuvent-ils les remercier pour n’être pas devenus communistes, ce qui est par contre parfaitement exact.

 

M. Rousset

1) Natalia Narotchnitskaïa  –  Que reste-t-il de notre guerre ? – Editions des Syrtes,            Février 2008

2) Pieter Lagrou- La violence de guerre 1914-1945, p322 – Complexe – Bruxelles – 2002

3) Général (CR) Andolenko – Histoire de l’armée russe-  Flammarion/Histoire, 1967

 

 

HISTOIRE DES CONFLITS FABRIQUE PAR LE POUVOIR

Dans ce documentaire, Alex Jones nous rappel tous les confits, les guerres, les attentats qui ont été perpétré dans le monde depuis la seconde guerre mondiale jusqu’a nos jour sont des fabrications. 

Les archives, les gouvernements reconnaissant plusieurs années après avoir menti sur les mobiles du crime et les véritables auteurs des crimes.

Il ne s’agit pas dans ce documentaire d’émettre des théories sur le 11 septembre, mais de rappeler les innombrables guerres et attentats qui depuis 1930 sont le fruit de l’imagination des gouvernements pourris qui tiennent les manettes.  Ce sont des faits désormais admis par les historiens, par les gouvernements en cause, mais dont nos journalistes oublient de nous rappeler comment le média mensonge à servi et sert encore à créer des guerres.

 

Documentaire de 3 x 14 minutes : Terrorisme Fast Flag, d’Alex Jones, en anglais, sous-titré en Français.

IRAK média mensonge

1 : Média mensonge : armes destructions massive, et relation avec Al Quaïda

Les Etats Unis envahissent l’Irak en 2003 après avoir fabriqué de fausse preuve d’arme de destruction massive, ou encore de fausses preuves de relation entre l’Irak et le 11 septembre.

 

La CIA à fabriqué de fausses preuves

Pour une fois le reportage d’Envoyé Spécial est engagé, mais il ne va pas s’attarder sur le vrai mobile de l’invasion de l’Irak.

2 : Un mobile de coup d’Etat en Irak : le pétrole et les dollars pardi

Le véritable mobile de l’intervention des Américains est par contre présente sur d’autres reportages produits par des journalistes indépendants qui ne sont aux services d’aucun lobbys.

Lorsque ‘Europe est passé à l’Euro, l »Irak a souhaité vendre son pétrole en euro au lieu de le vendre en dollars. Ceci à énormément déplu aux Américains qui en 1971 ont négocié auprès des pays producteurs de pétrole (OPEP) que le pétrole se vende en dollars $ et rien qu’en dollars $. Ce faisant l’Amérique s’approprie tout le pétrole du monde puisque tous les pays du monde ont besoin d’acheter des dollars pour avoir du pétrole.

 

Dès que le régime Irakien est tombé sous les bombes, les Américains se sont empressés de rétablir la vente du pétrole irakiens en devises monétaire : $$$$$. Voilà un vrai mobile de l’intervention des USA contre l’Irak. Et le 11 septembre n’a été qu’un accélérateur de calendrier et un facilitateur d’opinion publique favorable.

Kadhafi, tué sur ordre venu de France…. on ne serait pas étonné.


Source le Point

Nul n’a oublié les images terribles du dictateur déchu, le visage ensanglanté, implorant les rebelles concentrés autour de lui de l’épargner. Un an après les faits, la version officielle selon laquelle ce sont des frappes aériennes de l’ONU qui ont immobilisé le convoi de l’ex-dictateur entre Syrte et Misrata, avant que celui-ci ne soit lynché par des combattants révolutionnaires libyens, est sévèrement remise en cause. Et pas par n’importe qui. Dans une interview à la chaîne égyptienne Dream TV, ce n’est autre que l’ancien Premier ministre du Conseil national de transition libyen (CNT) qui affirme que « c’est un service de renseignements étranger » qui a tué l’ancien raïs libyen.

« Ces services voulaient que Kadhafi se taise à jamais. Ils ne voulaient pas qu’il évoque certaines questions », a notamment déclaré Mahmoud Jibril à Dream TV. « Kadhafi était en possession de plusieurs secrets et détenait des documents. Il entretenait des relations avec un certain nombre de services étrangers », a ajouté l’ancien numéro deux de la Libye. Des affirmations qui font soudain ressurgir les menaces proférées par l’ancien dictateur à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Outré par le rôle de premier plan joué par la France dans la reconnaissance internationale du CNT, Muammar Kadhafi avait menacé l’ancien président français de révéler un « grave secret » sur le financement de sa campagne en 2007. De là à précipiter sa propre mort ?

Troublant timing

Interrogé par Le Point.fr, le Quai d’Orsay s’est refusé à commenter ce type d’allégations. Toutefois, dès mai 2011, la commission de la Défense de l’Assemblée nationale avait attesté qu’ordre avait été donné aux avions français de bombarder les bunkers où aurait pu se cacher le Guide libyen. « Il est tout à fait avéré que les Français se sont lancés dans une logique d’élimination physique de Kadhafi« , confirme au Point.fr Patrick Haimzadeh.

Jusqu’ici, la capture de Kadhafi était attribuée à Omran Ben Chaaban, ex-combattant rebelle, qui était apparu dans de multiples photos et vidéos brandissant le pistolet en or de l’ex-dictateur. Mais celui qui était célébré en Libye comme un véritable héros a été enlevé par des miliciens en juillet dernier. Libéré dans un état critique, il est décédé mardi… à Paris. Un transfert en France qui surprend Patrick Haimzadeh d’autant plus que Paris n’a accepté que très peu de blessés de guerre libyens sur son sol. « La plupart ont été pris en charge en Tunisie, en Turquie et en Jordanie », note l’ex-diplomate. Une nouvelle preuve du rôle trouble de la France dans cette affaire ?

« Il n’y a pas que la France que la mort de Kadhafi arrangeait, assure Hasni Abidi. Le dictateur libyen nourrissait également des contentieux avec les Américains, qu’il avait largement aidés à traquer Al-Qaïda, ou avec les Britanniques dans le règlement de l’attentat de Lockerbie (l’explosion d’un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie en Écosse, qui a fait 270 morts, NDLR). D’après Hasni Abidi, le fils de Muammar Kadhafi Seif el-Islam et son ex-chef des renseignements Abdallah el-Senoussi seraient au courant d’au moins 90 % de ses dossiers secrets. Or, eux sont toujours en vie, incarcérés en Libye, dans l’attente de leur jugement…. qui n’aura peut-être jamais lieu… permettant ainsi de ne jamais faire la lumière sur cette affaire… mais on se doute de la vérité.

 

(1) Patrick Haimzadeh, auteur de Au coeur de la Libye de Kadhafi (éditions JC Lattès)

 

(2) Hasni Abidi, auteur de Où va le monde arabe : les défis de la transition (éditions Erick Bonnier, octobre 2012)

Le choix de la défaite

Vous croyez que la France n'a pas pu éviter la seconde guerre mondiale avec l'Allemagne. Vous croyez que la France s'est faite écrasé en quelques semaines par une armée allemande surpuissante…

Bref, vous avez appris comme moi l'histoire à l'école… Seulement voilà, les archives des années 20 et 30 ont été ouvertes… Une historienne, Annie Lacroix Riz à étudier pendant des années les archives. Elle a publié un livre "Le choix de la défaite" et elle démontre avec des milliers de preuves :

Que le Fascisme est le fruit d'une volonté des cartels de banquiers et des grandes industries de la métallurgie. Le fascisme à été voulu pour empêcher la montée des conditions sociales favorables aux peuples et aux travailleurs, ce qui réduits les profits des patrons et du grand capitalisme Les puissants ont exercés leur lobbys pour un combat politique contre les droits sociaux qui ont pour effets de limiter les profits des patrons et des banques.

Les industries de la métallurgie vendaient l'acier, l'aluminium à l'Allemagne pour que celle-ci se réarme. Les banques du monde entier ont soutenu le financement de l'armée d'Hitler. Banques américaines et françaises ont participés à l'effort de guerre de l'Allemagne Nazie tout en sachant très bien ce que Hitler allait faire.

 

Quant à l'idée que les Américains serait venus sauver la France, encore un mythe qu'il nous faut combattre. Les Etats unis voulaient placer la France sous tutelle américaine, lui imposer le dollars comme monnaie etc… ce que De Gaulle refusa.

Cet ouvrage défend la thèse que les hommes de Vichy ont préparé leur arrivée au pouvoir et que la transformation des institutions, rendue nécessaire par la crise, passait par la défaite française. L’ouvrage montre ainsi, dans une approche nouvelle, que les causes de l’Occupation sont avant tout intérieures. Il aborde la question de la nature des actions menées de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin. Surtout, il met en exergue le caractère déterminant de l’économie dans le fonctionnement de la société française des années 30.

OTAN, organisation terroriste, preuves dans les archives

L’OTAN est intervenue en Libye, nous avons rédigé plusieurs articles pour interpeller les citoyens sur le manque de preuves et les média-mensonges qui ont couvert cette intervention.

1954-1966 L’OTAN utilise le groupe BILDERBERG pour faire du lobby anti Communisme

 

L’OTAN est depuis des décennies une organisation qui va lutter contre la montée du communisme. L’OTAN par l’intermédiaire du Groupe Bilderberg tente depuis longtemps de faire du lobbys pour convaincre les dirigeants des pays d’Europe que le communisme est un danger et qu’il faut favoriser le néo libéralisme, le capitalisme pour accroitre les richesses de l’occident. Pour cela

L’OTAN : organise des attentats pour insuffler des lois sécuritaires et promouvoir les idées de la droite en Europe.

Une documentaire réalisé en 2011 révèle comment l’OTAN dans les années 50 à 90 à organiser avec une armée secrètes infiltré dans les pays d’Europe des attentats dans le but de valoriser les lois sécuritaires et d’empêcher la montée du communisme.

Ainsi les attentats de Munich, de Bologne et de Brabant Wallon sont tous commandité par des armées secrètes de l’OTAN qui a utilisé des fanatiques fascistes pour créer des attentats. Ces crimes permettent de diaboliser l’extrême droite, d’insuffler des lois sécuritaires proposées la droite, de centraliser les débats et préoccupation des électeurs sur la nécessité de ces lois proposées par la droite, et donc d’empêcher la montée de la gauche communiste ou d’un socialisme fort.

 

Les archives permettent encore une fois de démontrer que depuis un siècle les guerres, les attentats sont des fabrications par des forces occultes qui sont liée aux lobbys capitaliste, néo libéraux.  L’intervention en Libye de l’OTAN s’inscrit dans cette mouvance, sauf que l’ennemi n’est plus le communisme, mais les pays qui ont du pétrole et qu’on diabolise s’il refuse de vendre leur pétrole en dollars. Ainsi, l’Iran, le Vénézuela sont probablement en danger. Notre ignorance généralisée de la réalité des enjeux permet aux forces occultes de l’OTAN d’intervenir sans que nous réagissions. Les médias étant complice de ce que se trame dans notre dos.

Référence :

http://www.voltairenet.org/Ce-que-vous-ignorez-sur-le-Groupe

Documentaire : 1950-1990: le scandale des armées secrètes de l’OTAN – Durée : 52mn – Diffusion RTBF (Belgique) le 02/02/2011 – Diffusion TSR2 (suisse) le 06/03/2011

 

Les armées secrètes de l’OTAN  par Daniele Ganser. Cet ouvrage est publié en feuilleton sur Voltairenet.org.

Qui a trahi la France en mai 40?

La France se sent trahie : son patrimoine spirituel et culturel est nié ou profané ; sa population est remplacée et prolétarisée ; son économie est délocalisée ; ses entreprises sont contrôlées par le capital anglo-saxon ; son armée et sa presse travaillent pour les USA.

Le pays hébété est contrôlé par une camarilla déchaînée (gare au populisme!); les attentats se succèdent dans l’in-explication générale. Le pays est décivilisé par son élite.

Que se passe-t-il?

Nous avons vu comment les nazis furent aidés par les puissances anglo-saxonnes. Et la débandade de notre armée en mai 40 est dans toutes les mémoires. Elle ne demandait qu’à foutre le camp, a dit Céline, qui remarquait que l’on incriminait les civils! Peu de temps après, les généraux ne furent pas saqués mais ils furent mis au pouvoir. Dans son livre sur les Gouvernants invisibles, Serge Hutin rappelait que les francisques étaient déjà là autour de Philippe Pétain à Madrid, dans son ambassade. Simone de Beauvoir parla d’une guerre bâclée par des généraux qu’on revit peu de temps après au pouvoir.

L’historienne Annie Lacroix-Riz, professeur à Paris VII, qui a étudié dix ans les archives de cette époque, explique (1):

«…quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que la France a saboté son réarmement exactement comme l’Angleterre. Des travaux anglais montrent que la fameuse période de réarmement accélérée de 1932 et 1938 et surtout 1939 n’a pas abouti à grand-chose. »

Elle n’hésite pas à parler de sabordage:

« Il y a eu sabordage à l’Equipement, au ministère de l’Armement assuré par Dautry et sabordage militaire puisqu’une partie de la Cagoule militaire a littéralement ouvert les frontières à l’Allemagne. »

Enfin elle évoque la trahison sur le champ de bataille, la fameuse trouée des Ardennes:

« On considère que le général Huntziger a ouvert la frontière de Sedan, ce qui explique que la France est vaincue dans la nuit du 15 au 16 mai. Gamelin avoue que tout est terminé alors que les chars ne sont même pas partis! »

Annie Lacroix-Riz ajoute:

« L’intelligence avec l’ennemi est strictement avérée, assumée par des personnages liés à la fois à la Cagoule et à la Synarchie, que vous retrouverez à tous les postes essentiels de Vichy. »

A cette époque comme à la nôtre, les élites qui sont au pouvoir au service de l’étranger ont un ennemi, le peuple:

«… pour empêcher ce peuple d’exprimer son avis, un avis qui est aussi désagréable que certains avis récemment exprimés dans notre conjoncture actuelle, on envisage d’abord d’empêcher le peuple de voter, et après, on estime qu’il vaut mieux s’aider de l’étranger pour l’empêcher de voter… »

Elle parle ensuite des comités qui encadrent la future collaboration dès les années Trente:

«Le comité France-Allemagne fut fondé en 1935 par Otto Abetz, qui avait été chargé de la propagande en direction de la France au sein de la Ribbentrop Dienstelle…De sorte qu’avec ce comité, on avait quelque chose de tout à fait parallèle à ce qui a été constitué en Angleterre, dont le cœur était la Banque d’Angleterre et le milieu du gouverneur de cette banque, Montagu Norman, qui est aussi nazi qu’Edouard VIII. »

Et puis nous donnerons une autre référence plus émouvante, L’étrange Défaite de Marc Bloch, maître de l’histoire médiévale, résistant torturé et fusillé par les Allemands. Lui aussi croit à une conspiration (le mot est lâché) et l’historien qu’il est n’a pas de peine à la démontrer.

Il commence par les généraux (ceux qui gavent Céline dans les Beaux Draps):

« Victorieux, ceux-ci sont presque toujours tenus à l’écart du pouvoir; vaincus, ils le reçoivent des mains du pays qu’ils n’ont pas su faire triompher. Mac-Mahon, malgré Sedan, Hindenburg, après l’effondrement de 1918 ont présidé aux destinées des régimes issus de leurs défaites; et ce n’est pas le Pétain de Verdun, non plus que le Weygand de Rethondes, que la France a mis ou laissé mettre à sa tête. »

Il reproche son armistice à Pétain (deux millions de prisonniers de guerre tout de même — et qui ont fait quatre ans).

« Est-ce à dire qu’à ce moment même — celui, exactement, où Pétain annonça qu’il demandait l’armistice — toute défense fût devenue — impossible? Plus d’un officier pensait le contraire. »

Il taille des croupières au passage à notre sacro-saint Front populaire et son Léon poids Blum:

« Certes, je n’ai nulle envie d’entreprendre ici l’apologie des gouvernements de Front populaire. Une pelletée de terre, pieusement jetée sur leurs tombes: de la part de ceux qui, un moment, purent mettre en eux leur foi; ces morts ne méritent rien de plus. Ils tombèrent sans gloire. »

La bourgeoisie française, celle qui remplit nos bons gros ministères et nos indispensables institutions européennes, est déjà collaboratrice. Marc Bloch:

« En accablant le régime, elle arrivait, par un mouvement trop naturel, à condamner la nation qui se l’était donné. Désespérant, malgré elle, de ses propres destins, elle finissait par désespérer de la patrie. »

Ensuite Marc Bloch établit la trahison de ces élites. Il y a les irresponsables de ce qu’il appelle le coup d’Etat (l’union européenne est ce coup d’Etat permanent — repensez à Mitterrand — au service de l’oligarchie US et de son démentiel Etat profond):

«… nos chefs ne se sont pas seulement laissé battre. Ils ont estimé très tôt naturel d’être battus. En déposant, avant l’heure, les armes, ils ont assuré le succès d’une faction. Quelques-uns, certes, cherchèrent, avant tout, dans le coup d’État, le moyen de masquer leur faute. »

Et il y a les vrais responsables, les salauds comme disait Sartre à cette époque:

« D’autres cependant, dans le haut commandement, presque tous dans les rangs de l’armée étaient loin de poursuivre consciemment d’aussi égoïstes desseins. Ils n’ont accepté le désastre que la rage au cœur. Ils l’ont accepté, cependant trop tôt, parce qu’ils lui trouvaient ces atroces consolations: écraser, sous les ruines de la France, un régime honni; plier les genoux devant le châtiment que le destin avait envoyé à une nation coupable. »

On comprend pourquoi certains parlèrent de divine surprise. L’Allemagne venait remettre de l’ordre, comme l’Amérique néolibérale aujourd’hui, dans la bergerie. Dans une bio de Rommel je lisais que ce dernier était convié à tirer le gibier par des propriétaires enchantés d’avoir grâce à lui expurgé le pays des espions de Moscou et du peuple trop prolétaire. A l’époque on poursuivait le complot judéo-bolchévique comme aujourd’hui on chasse le complot russe, le hacker russe, le candidat sibérien Donald Trump. Le tout pour couvrir bien sûr le complot qui a réussi, celui de l’Etat profond US, des Bilderberg, de la poignée de banksters qui se sucreront sur notre dos

Bibliographie

— Revue Nouvelle solidarité— 28 juillet 2006, interview avec Annie Lacroix-Riz

— Annie Lacroix-Riz, le Choix de la Défaite; de Munich à Vichy — Armand Colin

— Bloch (Marc), l’Etrange défaite (uqac.ca)

— De Gaulle, Mémoires, III, p. 81 (archive.org)

Nicolas Bonnal

Source: https://fr.sputniknews.com/blogs/201701161029613003-France-USA-Allemagne/

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Wall Street = Hitler + bolchéviques !

 

 

« Le titre du chapitre 27 de ses mémoires de David Rockefeller s’appelle Internationaliste et fier de l’être. Que ça soit la branche communiste, marxiste, avec tous les dérivés, les nuances ou la branche capitaliste, avec toutes les nuances, nous avons affaire aux deux mandibules qui croquent la même chose, c’est-à-dire la destruction des Etats en vue d’internationaliser le monde pour en créer un bloc uni, c’est la mise en œuvre du principe d’Hegel, la thèse et l’antithèse, c’est-à-dire apparemment deux choses absolument opposées et la finalité c’est de faire de la thèse et de l’antithèse la synthèse pour aboutir à un but unique, l’Etat mondial, et les guerres sont utiles pour détruire les Etats, affaiblir les nations(…). Sous une apparence d’opposition la finalité est la même.

C’est ainsi que Hitler, rappelle Pierre Hillard, a été soutenu par les grands industriels allemands et en priorité par la finance anglo-saxonne de Wall Street. Antony Sutton ( anglais naturalisé américain, chercheur à Stanford), a écrit une trilogie ( Wall Street et les bolcheviques, Wall Street et l’ascension de Hitler, Wall Street et Franklin Delano Roosevelt) dans laquelle il apporte les preuves, par les documents des départements d’Etat américains, des appuis financiers des JP Morgan and Co dans leur soutien à l’arrivée de Hitler au pouvoir, notamment grâce à Hjalmar Schacht ( génie de la finance américaine, Allemand et Américain, ministre de l’économie d’Hitler de 34 à 39). Il a relevé l’économie, il était un instrument au service de l’oligarchie britannique et américaine. En 46 il aurait dû être condamné à mort au procès de Nuremberg or il a été acquitté.

Sutton signala que la capacité de production des entreprises IG Farben et Vereinigte Stahlwerke, qui produisaient 95% des explosifs d’Allemagne en 1937-38, fut uniquement possible avec les crédits concédés par le Plan Dawes et la technologie des États-Unis. Une coopération entre I. G. Farben et la Standard Oil of New Jersey pour produire de l’essence synthétique à base de charbon a donné à la I. G. Farben le monopole de cette production durant la Seconde Guerre mondiale. La moitié de la production allemande d’essence était entre ses mains et le reste à des compagnies affiliées. Selon Sutton, sans le capital de Wall Street il n’y aurait eu ni IG Farben, ni Adolf Hitler, ni Seconde Guerre mondiale.

 

Vous trouverez quelques morceaux traduits sur ce lien ainsi que la version originale intégrale en anglais si vous avez encore des doutes.

Il en a été de même pour les bolchéviques. Sutton montre le soutien financier de Wall Street aux bolchéviques, il montre notamment que William Boyce Thomson (président de la réserve Fédérale de New York) était, sous couverture de la Croix –rouge, présent à Petrograd, et il soutenait financièrement les bolchéviques. Sur le chemin du retour il va rendre visite à Lloyd Georges (premier ministre anglais), il lui soumet un mémorandum pour que les Anglais soutiennent les bolchéviques. Ce mémorandum se trouve dans les archives du département d’Etat et Sutton a pu le publier.

 

 

En 1922 fut créée la première banque soviétique, la Ruskombank dirigé par un Suédois ( et non par des soviétiques), Olof Aschberg, très lié avec Wall Street et à la Nya Banken ( dirigée par Olof Aschberg) avait une représentation en Angleterre qui était dirigé par El Grey, un ami de Lord Milner. Or au sein de cette Russcom Bank, le chargé des affaires étrangères était un américain Max May qui était le vice-président d’une banque américaine filiale de JP Morgan (Guaranty Trust Company). Sutton présente tous les documents avec les références. Au sein du comité directeur de la Ruskombank se trouvait également Emil Wittenberg qui était aussi à la tête d’une banque allemande, la National Bank Deutschland, dont Hjalmar Schacht était membre du comité directeur. Le maillage entre tous ces organismes bancaires et Wall Street est donc extraordinaire. On comprend mieux pourquoi Hjalmar Schacht ne fut pas inquiété après la guerre.

Pétrole : 14-18 et 39-45

14-18 : sans la collaboration de la Standart and Oils… le conflit n’aurait pas durée.

Au début de la guerre de 14 18, la standard and oil de la famille Rockfeller vendait 100.000 barils de pétrole par jour. Pendant la guerre la Standart and oil va faire de grosses affaires, car les 2 camps en guerres savent que pour triompher il leur faudra du pétrole. Pendant ces 4 années de guerre, la Standart and Oil de la famille Rockefeller va vendre du pétrole dans les 2 camps, ce qui fait qu’a la fin de la guerre la vente de pétrole à triplée pour soutenir chacune des 2 armées en conflit. Les prix aussi ont grimpé. Pour Rockefeller la guerre était une source de profit considérable.

Sans réapprovisionnement en pétrole, les 2 camps en guerre n’auraient pas pu prolonger un tel massacre.

Après la guerre, les pays comme la France et l’Angleterre se partage l’exploitation du pétrole dans le moyen orient.

Les banques aussi ont joué un rôle dans le financement des 2 camps en guerre. Sans les millions de dollars d’argent dette émise par les banques, la guerre de 14 – 18 n’aurait peut-être duré quelques mois et non quelques années. Rappelons que la FED (banque centrale américaine), fut créée en 1913 et qu’elle à créer des millions de dollars qu’elle a prêté aux pays en guerre.

39-45 : sans l’aide de shell et la Standart and oil, la guerre n’aurait pas pu démarrer

En 1936, la patron de SHELL qui ne cache pas sa sympathie pour les nazie, offre à Hitler du pétrole à crédit. En effet, l’Allemagne avait du mal à produire du pétrole à partir du Charbon qu’elle possède. Le pétrole devient une priorité pour l’Allemagne Nazi qui après la 1ere guerre mondiale n’a pas pu se partager le gâteau du pétrole au moyen orient.

Comme cela ne suffisait pas, la Standart and Oil a aidé l’Allemagne Nazi a fabriqué du pétrole à partir du charbon. Pour cela elle leur à fournit l’élément manquant : 500 millions de tonnes de plomb tétra ethyle qui était nécessaire pour l’hydrogénation du charbon et en faire du pétrole nécessaire à l’aviation Allemande et aux blindés.

Mais des industriels ont aussi largement soutenue l’Allemagne Nazi y compris pendant la guerre. Général Motors par exemple vendait pour l’Allemagne des camions. Chose que des actionnaires de Général Motors ont condamnés car ils savaient que ces camions servaient en partie à l’organisation des rafles des familles juives.

Dès 1942, le président Américain soupçonne les pétroliers de trahison et leur implication dans le conflit mondiale. Ce soupçon deviendra une accusation en 1945.

 

Comme l’Allemagne Nazi était en train de s’approprier tous le pétrole, et que les réserves de pétrole américain commencent à montrer ses limites, les Américains se sont décidé à intervenir pour stopper Hitler… et la nuance est grande… les Américains ne sont pas intervenu pour sauver les citoyens d’Europe, mais pour défendre leur intérêts après que la France fut saboter par l’Allemagne avec le concours des grandes fortunes américaines.

L’Histoire génocidaire des États-Unis d’Amérique.

Les États-Unis d’Amérique ont été créés au XVIIIe siècle suite à l’expansion de l’Empire britannique première puissance mondiale de l’époque, sur lequel le soleil ne se couchait jamais. En tant qu’extension du sanglant impérialisme britannique, la destinée de ce pays ne pouvait dévier d’une agressive expansion multinationale comme je le soulignais dans un texte récent : « Depuis sa création, en 1776, la République des États-Unis d’Amérique a été en guerre 220 de ses 240 années d’existence. Chaque Président yankee a promis la paix et a semé la guerre. Donald Trump promet la paix et la prospérité, il fera la guerre et il sèmera la pauvreté, ni plus ni moins que la prétendante Clinton ne l’aurait fait si elle avait été élue » sans compter que depuis 1945 le pays a provoqué environ 200 conflits régionaux (1).

Les États-Unis sont nés dans et par la guerre ; d’abord contre l’empire français et sa Nouvelle-France qui deviendra le Canada au nord (vallée du St-Laurent) et à l’ouest (vallée du Mississippi), contre l’Espagne au sud et contre la Hollande au centre. New Amsterdam sera renommé New York après cette première conquête (1664), puis ce furent les « natives », les Amérindiens, qui furent confrontés à l’expansion de cette nation née dans l’adversité.

Dans leur guerre contre les Amérindiens, ce ne fut pas un désir morbide de massacre génocidaire qui poussa le gouvernement, la bourgeoisie américaine et la cavalerie de Custer vers les plaines de l’ouest, ce fut simplement deux modes de production incompatibles qui se confrontèrent, le mode de production communiste primitif, fondé sur la chasse et la cueillette, opposé au capitalisme commercial, puis industriel et enfin financier, le plus expansionniste du monde moderne, avec Wall Street comme centre névralgique mondial (2). N’en déplaise aux écologistes il était facile de savoir quel mode de production allait survivre en éliminant son concurrent.

Les États-Unis furent poussés inexorablement contre la France (dont ils acquirent la Louisiane en 1803), contre le Canada (guerre de 1812), contre les restes de l’Empire espagnol (1819), contre le Mexique (1845-1853), puis deux factions du capital se tournèrent l’une contre l’autre, la Confédération esclavagiste du Sud, contre l’Union capitaliste du Nord (1861-1865). Plus de 620 000 travailleurs-soldats y laissèrent la vie, puis la marche sanguinaire vers l’Ouest reprit. Plus tard, ils s’attaquèrent à l’Empire britannique et au Second Empire français qu’ils désintégrèrent afin d’imposer l’impérialisme moderne – financier – en lieu et place de l’impérialisme colonial-commercial, ancien, qui ne pouvait survivre puisqu’il provoquait l’ire et les soulèvements constants des bourgeoisies nationales coloniales souhaitant s’affranchir des métropoles oppressives, pour se  poser en intermédiaires nationaux de l’exploitation de la force de travail locale, livrant eux-mêmes la plus-value à l’impérialisme mondialisé – globalisé. Toutes les guerres de soi-disant « libération nationale » portèrent exclusivement sur ce point crucial, quelle part de l’exploitation du travail salarié local sera accaparée par la bourgeoisie nationaliste et quelle part sera abandonnée aux capitalistes étrangers ?  C’est ce que Théodore Roosevelt comprit avant Lénine et les bolchéviques, sentiment nationaliste chauvin que les É.-U. Exploitèrent pour déloger les ex-puissances coloniales commerciales concurrentes et y substituer l’impérialisme financier sur lequel Lénine a écrit brillamment en spécifiant que même opposé au capitalisme colonial-commercial, l’impérialisme financier n’en exploite pas moins la classe prolétarienne, unique productrice de plus-value, et qui demeure l’ennemi juré de la classe capitaliste mondialisée (3).

Le conflit irréconciliable dégénéra en guerre totale entre l’empire des soviets et l’empire occidental, européen d’abord, américain ensuite, quand il apparut évident que les bolchéviques n’entendaient pas partager les fruits de l’exploitation du prolétariat soviétique avec l’impérialisme occidental. La guerre à finir entra alors dans une phase qui, après moult tribulations, allait se conclure en 1991 avec le triste sire Boris Eltsine, indigne thuriféraire mortuaire de l’Union des Républiques Soviétiques.

Pendant un siècle les États-Unis se firent les alliées de ces bourgeoisies nationalistes tiers-mondistes (pseudo non alignées) désirant partager avec les marchands de guerres occidentaux une partie de la plus-value produite localement. Et vous avez vu Mandela se pavaner sur les estrades de l’anti-apartheid onusien (que les Sud-Africains subissent toujours), Ho chi Minh, Pol Pot, Ceausescu, Tito, Nasser, Gandhi, et les autres, tous heureux de collaborer avec les génocidaires É.-U., pour obtenir leur pitance nationale, plus abondante que ce que leur proposait Staline, Khrouchtchev et Brejnev, dirigeant d’un empire industriel désuet, pré-financier. Aujourd’hui, nous voyons Castro – le frère de l’autre – qui parcourt son chemin de Canossa afin d’obtenir un saufconduit des États-Unis pour son intégration au mode de production capitaliste.

Il faut en convenir, l’éviction de l’impérialisme yankee et mondial sera la tâche du prolétariat international. C’est à dessein que nous n’avons pas mentionné les « peuples », les bourgeoisies chauvines, ni les « nations », soi-disant opprimées, chères aux gauchistes déjantés. La question posée et à résoudre est de savoir si cette éradication surviendra avant ou après la guerre mondiale génocidaire que l’impérialisme prépare, et surtout si cette éviction ne sera qu’un changement de maitre impérialiste ou l’avènement d’un nouveau mode de production communiste ?

bibeau.robert@videotron.ca  

NOTES

(1)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/

(2)   Il y a plus de trois-cent-cinquante ans, Wall Street n’était qu’une route en terre, le long de laquelle les colons hollandais construisirent un mur fortifié, en 1653, dans le but d’empêcher les colons britanniques de passer. Bien qu’aucune bataille ne marqua l’histoire du mur mesurant plus de 3,5 mètres de hauteur et qu’il fut finalement démoli en 1699, son nom est resté («Wall» signifie «mur», en anglais). Au cours du XVIIIe siècle, Wall Street hébergea des commerçants qui se rencontraient pour faire des échanges de produits et services, mais ce n’est pas avant 1790 que furent émis les premiers placements faisant l’objet d’une négociation publique. C’est à cette période que la Bourse de New York vit le jour. Il s’en suivit un siècle de croissance rapide pour Wall Street et pour le marché boursier.  http://www.scotiabank.com/ca/fr/0,,3491,00.html

(3)   Lénine (1916) L’impérialisme stade suprême du capitalisme.  Édition de Pékin.

Source: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lhistoire-genocidaire-des-etats-unis-damerique/

Les opinions exprimées ici n’engagent que leur auteur

 

 

1898 : comment les USA violèrent Cuba et les Philippines

On a beaucoup parlé de Cuba à cause de la mort de Fidel Castro, on parle aussi des Philippines, devenues rétives avec un président considéré incontrôlable par « l’opinion » occidentale.

J’ai déjà rappelé la formule de l’historien Joseph R Stromberg: « il n’est pas une situation dans le monde que l’intervention du gouvernement américain ne puisse aggraver ». Stromberg a une deuxième loi: « tous les pays que les Américains veulent sauver les détestent. » Et de citer Cuba, l’Irak, le Nicaragua, la terre de l’United Fruit… »

Quelle ingratitude tout de même!

Prenons l’exemple de Cuba et des Philippines que Mr Stromberg a étudié dans un texte exceptionnel (1). Cuba, terre du castrisme; les Philippines, terre du président rebelle Duterte. Dans les deux cas, une vieille présence impériale américaine (bases et bordels, puis usines textiles), dans les deux cas une exaspération nationale — et ce que le vieux JF Revel nommait l’hystérie anti-américaine. Dans les deux cas aussi une longue occupation américaine, une interminable occupation américaine.

Voyons ce qui s’est passé. En 1898 la pression montre outre-Atlantique pour, une fois la Frontière passée sous contrôle et les derniers indiens évacués dans de minuscules et sordides réserves, décrocher de nouveaux marchés.

Alors on gamberge.

On envahit l’île d’Hawaï et on détrône la pauvre reine Liliuokalani avec une poignée de marines (car la révolution orange n’a pas attendu Soros); Hawaï devient un « état américain » peu après. Le logement et le vêtement US déciment la moitié de la population (voyez Jared Diamond).

Tout le monde écrit, souvent des textes grotesques, grandiloquents ou obscènes. Les excités invoquent le racisme, le commerce, le messianisme, l’humanitarisme, car tout est bon pour abolir la constitution et la doctrine de Monroe. Tout est bon pour attaquer et se créer des marchés et libérer les « races inférieures » de leur méchante barbarie. Comme on voit rien n’a changé.

On envahit Hawaii, puis l’appétit vient en mangeant. On voit que les espagnols, pas très malins il est vrai, n’arrivent pas à se dépatouiller de la rébellion cubaine qui a trouvé refuge… en Amérique! Alors on menace l’Espagne, on l’accuse d’inhumanité (il ne s’agit pas pour nous de la défendre, ni aucun empire colonial d’ailleurs), alors qu’on laisse tranquille l’Angleterre qui parque femmes et enfants boers dans des camps de concentration. Prudente l’Espagne négocie un peu, mais garde son contrôle sur Cuba. Les médias trouvent des télégrammes, des lettres incorrectes de fonctionnaires espagnols pour déclencher l’ire de la foule imbibée de médias. Ici aussi on n’a pas attendu la CIA.

Après arrive l’incident dont tout le monde rêvait. Je l’ai rappelé à mes lecteurs: tout est dans les films hollywoodiens, et là c’est dans la Jungle de cristal. « Tu me demandais un miracle, je te donne le FBI », dit le terroriste allemand joué par un Alan Rickman hilare.

En général le miracle pour la diplomatie américaine c’est un attentat ou un incident de guerre provoqué. Le navire de guerre USS Maine explose dans le port de La Havane le 15 février 1898; on n’attend pas d’explications, on déclare la guerre à l’Espagne. L’opinion est enthousiaste, un million d’hommes se présentent sous les drapeaux pour des motifs humanitaires. Mark Twain et Henry James protestent: qui sont ces deux traîtres?

L’Espagne mal armée et trop isolée est balayée et on signe à Paris (merci la France!), un sale traité de paix. Cuba est indépendante mais l’amendement Platt autorise l’Etat américain à intervenir quand il veut. La monoculture du sucre spolie les petits fermiers qui deviendront les cadres de la révolte de Fidel. La Havane devient un casino bien connu.

Aux Philippines ce sera pire. On traite les Philippins de sous-hommes et de nègres (des soldats noirs US ont déserté dont un nommé Fagen qui rejoint l’insurrection), et on regarde déjà vers la Chine. Les Philippines seront un porte-avions comme la pitoyable Angleterre aujourd’hui ou le Japon. On les prive d’indépendance, ils se rebellent, car ce sont des hommes et pas des « occidentaux », donc on doit les mater. Cela durera quatre ans la plaisanterie régénératrice. 200 000 morts, ce sera le bilan de l’opération, un autre crime de guerre américain. Dansez avec les loups.

Tout le monde exulte, frétille. Question d’habitude. Citons enfin la prose du sénateur Beveridge de l’Indiana pour bien comprendre la mentalité américaine. Cet illuminé résume tout ici:

« Les Philippines sont nôtres pour toujours. Et juste au-delà des Philippines se trouve la Chine avec ses marchés illimités. Nous ne nous retirerons pas. Nous ne renoncerons pas à notre devoir en orient; nous ne renoncerons pas à la mission de notre race qui est de civiliser le monde. »

Notre phénomène yankee ajoute que ces Philippins « ne sont pas capables de gouvernement autonome. Comment le pourraient-ils? Ils ne font pas partie des races autonomes. Ce sont des Malais instruits par des Espagnols. »

Puis le débile président McKinley ose parler de la mission de christianiser ces îles comme s’il ne savait pas qu’elles sont catholiques.

Et la cerise sur le gâteau US:

« Mr Président, cette question est élémentaire. Elle est raciale. Dieu n’a pas préparé les peuples anglophones et teutoniques durant des siècles pour rien. Dieu nous a donné l’esprit de progrès pour mettre fin à la réaction dans le monde tout entier. »

Et la folie américaine qui s’exprime quotidiennement par la bouche d’un Obama ou d’un McCain se révèle ici naïvement et mécaniquement:

« Dieu a décrété que le peuple américain est sa nation élue pour mener la régénération de ce monde. »

Nous voilà rassurés. Et on n’était qu’en 1898.

Nicolas Bonnal

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Bibliographie (sur Mises.org)

The costs of war: America’s pyrrhic victories, edited by John V. Denson, Transaction Publishers, New Brunswick, New Jersey

Chapter 8: THE SPANISH-AMERICAN WAR AS TRIAL RUN, OR EMPIRE AS ITS OWN JUSTIFICATION, by Joseph R. Stromberg

source: https://fr.sputniknews.com/blogs/201701071029483358-Cuba-USA-Philippines/

 

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Les bébés disparus d’Israël

Quelques 200 000 documents concernant la disparition mystérieuse de milliers de bébés durant les débuts de l’État d’Israël ont été rendus publics pour la première fois la semaine dernière.

 

Le gouvernement israélien a déclassifié ces dossiers et les a publiés dans des archives sur Internet, après plusieurs décennies d’accusations prétendant que les hauts responsables de l’État avaient dissimulé les preuves établissant qu’un grand nombre de ces bébés avaient été dérobés à leurs parents.

Immigrants juifs du Yémen en 1949 (Photo: Reuters)

Les familles, dont la plupart constituées de Juifs des pays arabes arrivés de fraîche date en Israël, craignent que les enfants n’aient été cédés par des hôpitaux et des cliniques à des familles juives fortunées vivant en Israël et à l’étranger.

Trois enquêtes officielles ont conclu en lieu et place que la plupart des enfants étaient morts au cours de la période de chaos qui avait suivi la création de l’État, en 1948, et qu’ils étaient morts de maladie ou de malnutrition.

Mais un grand nombre de familles n’ont jamais reçu de certificat de décès et on ne leur a jamais montré de tombe non plus. D’autres disent que les bébés en bonne santé leur ont été arrachés des mains par le personnel de l’hôpital et qu’on ne les leur a jamais rendus.

Des soupçons de camouflage ont été accrus par la décision de l’enquête Kedmi – qui a publié ses conclusions en 2001 – de placer sous scellés pendant 70 ans les dossiers et témoignages concernant de nombreux cas.

En inaugurant les archives numériques la semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que la publication des documents marquait une nouvelle ère de transparence.

« Aujourd’hui, nous corrigeons une injustice historique », a-t-il dit. « D’un seul clic sur le clavier », le public sera à même de découvrir ce qui s’est passé avec chacun des enfants disparus.

« Destruction » de preuves

Toutefois, des gens faisant campagne pour les familles ont déclaré à Al Jazeera que les prétentions de Netanyahou étaient déplacées.

Les preuves les plus accablantes ont été « détruites il y a de nombreuses années » par les hôpitaux et les services du bien-être social avant que la commission Kedmi ait pu les examiner, a déclaré Naama Katiee, une activiste travaillant avec Amram, une association qui mène une campagne pour le compte des familles.

Amram a remarqué qu’une proportion importante des dossiers traitant des enfants disparus et réclamés par l’enquête n’avait jamais été transmise et que les fonctionnaires interpellés avaient souvent prétendu au dernier moment que les documents avaient été détruits lors d’incendies ou d’inondations.

Katiee a ajouté que l’enquête avait examiné le sort d’un millier de bébés à peine, une fraction des 8.000 enfants au moins probablement disparus au cours des deux premières décennies qui avaient suivi la création d’Israël en 1948. Amram a créé une banque de données en ligne afin d’identifier de nouveaux cas.

Nurit Koren, qui dirige un groupe de juristes enquêtant sur les enfants disparus, a expliqué à la radio de l’armée israélienne que 200.000 autres documents – émanant des deux commissions d’investigation ayant précédé l’enquête Kedmi – attendaient toujours d’être rendus publics.

Elle a fait remarquer en outre que les archives ne couvraient que la période allant jusqu’en 1954, même si les disparitions se sont poursuivies jusqu’au milieu des années 1960. « Nous sommes tenus de fournir des réponses à ces familles », a-t-elle déclaré.

Des abus systématiques

Quand les activistes ont entamé le pénible processus de l’examen minutieux de la masse des archives, la plupart des médias israéliens se sont empressés de déclarer qu’aucune preuve tangible n’avait été découverte impliquant le gouvernement dans la disparition des enfants.

Katiee a rejeté ces espoirs. « Il est ridicule d’imaginer que nous trouverions des ordres écrits disant aux hôpitaux de kidnapper des bébés », a-t-elle déclaré à Al Jazeera.

Mais elle a ajouté que les témoignages déterrés jusqu’à présent montraient déjà une image dérangeante d’abus systématiques et un climat facilitant l’enlèvement de bébés à des familles d’immigrés pauvres.

La plupart des enfants disparus étaient nés chez des Juifs récemment arrivés des États arabes et placés dans des camps temporaires d’absorption.

Ce sont les familles yéménites qui ont subi les proportions les plus importantes de disparitions, avec probablement un enfant de moins de quatre ans sur huit disparu au cours des six premières années d’existence de l’État.

Quelque 50.000 Juifs yéménites ont été acheminés par avion en Israël dans les seuls 18 premiers mois d’existence de l’État. Des nombres importants sont également venus d’ailleurs dans la région, y compris de l’Irak, du Maroc, de la Tunisie et des Balkans.

Certains des témoignages suggèrent que les fonctionnaires israéliens forçaient régulièrement les parents à céder leurs bébés contre leur gré, qu’ils n’enregistraient pas les noms correctement ou qu’ils ne disaient pas aux parents où leurs enfants avaient été hospitalisés et qu’ils mettaient les enfants de côté en vue d’une adoption, même quand il n’y avait pas de demande.

D’autres preuves renvoient plus manifestement à un trafic d’enfants.

Un bébé vendu par un hôpital

En août, Al Jazeera a publié :

 

 L’histoire dérangeante d’un bébé vendu par une clinique de Haïfa à des survivants de l’Holocauste, en 1956.

Gil Grunbaum (photo : Oren Ziv/Al Jazeera)

C’est vraiment par hasard que Gil Grunbaum a découvert – près de 40 ans après l’événement – qu’il avait été adopté en secret. Il est parvenu à localiser sa mère biologique, originaire de Tunisie au départ, après trois ans de recherches et en défiant l’opposition des services israéliens du bien-être social.

Il a déclaré à Al Jazeera : « La déclassification de ces documents est une première étape importante – en grande partie parce qu’elle prouve que ces familles n’affabulaient pas, comme on le leur avait dit si souvent. Mais le gouvernement pourrait et devrait faire beaucoup plus. La pression publique continuera à s’accroître pour obtenir plus de réponses. »

Il ajoutait qu’il était vital que les autorités libèrent l’accès aux dossiers d’adoption de l’État de cette période, de sorte que les gens qui soupçonnaient d’avoir été choisis pour l’adoption puissent se mettre en quête de leurs familles biologiques.

« Soixante-dix ans après les faits, les arguments concernant la vie privée et la sensibilité ne s’appliquent plus, particulièrement quand nous savons que des crimes ont été commis », a-t-il ajouté. « Il ne devrait pas être possible de continuer à se dissimuler derrière le voile du secret. »

Un racisme endémique

Les familles des enfants ont longtemps prétendu que leurs mauvais traitements émanaient du racisme endémique de l’establishment israélien à l’égard des Juifs venant du monde arabe, un groupe populairement appelé les mizrahim, en Israël.

La plupart des hauts fonctionnaires de l’époque étaient d’origine européenne, on les appelait les ashkénazes. Des rapports montrent que les fondateurs d’Israël craignaient que la culture arabe prétendument « arriérée » des mizrahim ne fît du tort à leur nouvel État.

Yael Tzadok, une journaliste israélienne qui a enquêté sur des cas d’enfants disparus, a fait remarquer que les fonctionnaires impliqués auraient pu croire qu’ils faisaient une faveur aux enfants.

« En plaçant les enfants dans des familles ashkénazes, ils pouvaient être sauvés – au contraire de leurs parents. Ils seraient rééduqués et transformés en matériau convenable pour le nouvel État sioniste »a-t-elle déclaré à Al Jazeera.

Tzachi Hanegbi, le ministre chargé de la déclassification des archives, a admis que les conclusions définitives de la commission Kedmi prétendant que la quasi-totalité des enfants étaient morts n’étaient pas étayées par les preuves disponibles.

« Le fait est qu’un millier d’enfants ont disparu sans tombe, sans cause de décès, sans enterrement ou même sans corps », a-t-il expliqué.

Amram, toutefois, estime qu’il y a bien plus de cas que ceux cités par Hanegbi.

Les témoignages des infirmières

Plusieurs des témoignages récemment rendus publics confirment les preuves publiées par Al Jazeera en août et suggérant que des enfants mizrahim ont été retirés des camps d’absorption ou des hôpitaux et proposés à l’adoption.

Yehudit Durani, qui a travaillé comme aide infirmière dans un camp au sud de Haïfa, a expliqué devant la commission Kedmi que des enfants disparaissaient régulièrement, souvent après des visites de Juifs américains.

Elle a déclaré que les visiteurs étrangers jouaient avec les enfants et leur achetaient des poupées. Le lendemain, quand elle arrivait au camp, on lui racontait qu’un enfant était malade et qu’il avait été hospitalisé à Haïfa.

« Beaucoup disparaissaient (…) chaque jour, un enfant manquait », a-t-elle dit. Et d’ajouter, en faisant référence à l’un de ces enfants : « Ils l’ont envoyé à Haïfa. Mais il était en bonne santé et il mangeait son souper et il n’y avait rien d’anormal chez lui quand il était avec moi. »

Dans un autre témoignage, Miriam Adani a raconté qu’un médecin avait admis avoir transféré des bébés mizrahim des camps chez des familles aisées. Le docteur aurait déclaré : « Les Yéménites sont des ingrats. Ils manquent de sentiment et n’apprécient pas ce qu’on a fait pour eux. »

Dans une lettre datée de 1952 découverte lors de l’enquête, un conseiller juridique du gouvernement admet qu’il y avait des plaintes fréquentes pour « traitement inadéquat » de la part d’hôpitaux qui livraient des enfants « à toutes sortes de gens à des fins d’adoption ».

Ruth Baruch, qui a créé un service d’adoption, a déclaré aux enquêteurs qu’une ancienne infirmière dans le nord d’Israël avait parlé sur son lit de mort des enfants enlevés. « Des choses se sont passées, je sais que des choses se sont passées », avait-elle avoué, selon Baruch« Je dois aller dans l’autre monde avec la conscience propre. »

Des noms non enregistrés

Certains des témoignages des infirmières présentent un tableau très différent : celui de parents mizrahim qui ne venaient pas retirer leurs enfants des hôpitaux, ou qui niaient que les enfants fussent les leurs quand le personnel visitait les camps.

Dans ce cas, les bébés étaient envoyés dans des foyers d’accueil. « Quant à ce qui se passait ensuite avec eux, je n’en sais rien », a expliqué une infirmière, Sarah Meller, devant la commission Kedmi.

D’autres témoignages, toutefois, suggèrent que l’on ne prenait guère de précautions pour faire en sorte que les parents dans les camps sachent où leurs enfants avaient été emmenés. Ce qui compliquait encore le problème, c’est que, souvent, les noms et identités des enfants n’étaient pas correctement retranscrits.

Une pédiatre de Haïfa, Rosa Amster, a déclaré à la commission Kedmi : « Les noms étaient un gros problème. Chaque enfant avait plusieurs noms et nous ne savions pas quel était le prénom et quel était le nom de famille. »

Les familles ont également fait remarquer que peu d’immigrés de fraîche date pouvaient parler l’hébreu et se débrouiller avec les complexités de la bureaucratie israélienne.

« Il est temps de retrouver les tombes »

« Du fait que ces événements se sont passés il y a si longtemps et que tant de dossiers ont été détruits ou falsifiés par la suite, nous ne disposerons sans doute jamais du tableau complet », a expliqué Katiee.

« Mais il est plus que temps que les parents reçoivent des excuses de la part de l’État. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités, pour les crimes qui ont été commis. »

Selon Hanegbi, le gouvernement envisage de fonder une banque ADN afin d’aider les personnes qui soupçonnent d’avoir été secrètement adoptées à retrouver leurs parents.

Katiee a déclaré que le gouvernement devait également répertorier les sites des tombes afin de retrouver où les enfants sont censés avoir été enterrés. « Et, alors, les familles pourront prendre un échantillon d’ADN et obtenir une réponse claire à la question de savoir si leurs enfants ont réellement été enterrés en ces endroits », a-t-elle dit.

Il était important pour les familles d’avoir des tombes à visiter et un endroit pour faire leur deuil, a-t-elle ajouté.

Grunbaum a expliqué qu’il doutait toutefois que le gouvernement fût disposé à présenter ses excuses.

« Ils n’ont pas le courage d’assumer leurs responsabilités dans ce qui s’est passé », a-t-il dit. « Ils craignent que la culpabilité ne leur colle à la peau et que l’État ne soit submergé par des demandes d’indemnisation. »

Jonathan Cook

Traduction : Jean-Marie Flémal

Photo: Près de 40 ans plus tard, Gil Grunbaum découvrit qu’il avait été adopté en secret (photo : via Gil Grunbaum)

Source: http://www.pourlapalestine.be/israel-instamment-prie-de-presenter-ses-excuses-pour-les-bebes-disparus/

 

 

Prêts-bails de la 2ème Guerre Mondiale : l’aide américaine a-t-elle été vraiment si utile ? (I)

Par Evgeniy SPITSYN (Russie)

La loi Lend-Lease, ou « une loi visant à promouvoir la défense des Etats-Unis, » qui a été signée par le Président Roosevelt le 11 mars 1941, a donné au Président américain le droit « de vendre, de transférer la propriété, échanger, louer, prêter ou disposer autrement de… n’importe quel article de défense… au gouvernement d’un pays dont le Président estime la défense vitale pour celle des Etats-Unis. » Le terme « n’importe quel article de défense » comprend les armes, les équipements militaires, les munitions, des matières premières stratégiques, nourriture et biens civils requis par les forces de l’armée et de la défense du sol, ainsi que tout renseignement d’intérêt militaire.

La structure de la loi prêt-bail exige que la nation bénéficiaire réponde à un certain nombre de conditions :

1) le paiement n’est pas exigé pour tous les éléments manquants, perdus ou détruits pendant les hostilités, mais tous les éléments ayant survécu qui peuvent être utilisés pour un usage civil doivent être payés en totalité ou en partie, dans le cadre d’un remboursement de prêt à long terme accordé par les États-Unis

2) les articles militaires étant stockés dans les pays bénéficiaires peuvent y rester jusqu’à ce que les Etats-Unis demandent leur retour

3) en contrepartie, tous les bénéficiaires doivent aider les Etats-Unis en utilisant toutes les ressources et informations en leur possession

 

La loi Lend-Lease exige des pays demandeurs de l’aide américaine de fournir aux Etats-Unis un rapport financier complet. Le Secrétaire américain au Trésor Henry Morgenthau, Jr. a eu raison de reconnaître cette exigence comme quelque chose de sans précédent dans les affaires mondiales, en affirmant au cours d’une audience du Comité du Sénat, que pour la première fois dans l’histoire, un État et un gouvernement fournissaient volontairement des informations à un autre sur sa propre situation financière.

Le Président Roosevelt signe la Loi de prêt-bail

Grâce à la loi prêt-bail, l’administration du Président Roosevelt était prête à aborder un certain nombre de questions urgentes, tant étrangères que nationales. Tout d’abord, son cadre permettrait de créer de nouveaux emplois aux États-Unis, qui n’étaient pas encore complètement sorti de la grande crise économique de 1929-1933. Deuxièmement, la loi Lend-Lease permettait au gouvernement américain d’exercer une certaine influence sur les pays qui bénéficiaient de l’assistance du prêt-bail. Et troisièmement, en envoyant à ses alliés des armes, des marchandises et des matières premières, mais sans s’impliquer sur le terrain, le Président Roosevelt a été capable de rester fidèle à sa promesse électorale, dans laquelle il s’était engagé : « vos garçons ne vont pas être envoyés dans des guerres à l’étranger. »

Le système de prêt-bail ne visait en aucune manière à aider l’URSS. Les Britanniques furent les premiers à demander de l’aide militaire sur la base de cette relation spéciale de location (qui ressemblait à un bail d’exploitation) à la fin de mai 1940, à une époque où l’écrasante défaite de la France avait laissé la Grande-Bretagne sans alliés militaires sur le continent européen. Londres a demandé à Washington 40 à 50 « vieux » destroyers, offrant trois options de paiement : amener gratuitement, payer en argent comptant, ou louer. Le Président Roosevelt a rapidement accepté la troisième option, et cette transaction a été achevée à la fin de l’été 1940.

 

C’est à ce moment qu’est venue l’idée aux membres du département du Trésor  de reprendre le concept de cette affaire privée et de l’appliquer à toutes les relations intergouvernementales.  Les ministères de la guerre et de la marine ont été amenés à aider à développer le projet de loi prêt-bail, et le 10 janvier 1941, l’administration présidentielle américaine a introduit cette loi pour examen devant les deux chambres du Congrès, où elle fut approuvée le 11 mars. De plus, en septembre 1941, après un long débat, le Congrès américain a approuvé ce qui a été connu comme le programme pour la victoire, dont le principe de base était, selon les historiens militaires américains (Richard Leighton et Robert Coakley), « que la contribution de l’Amérique à la guerre serait en armes, non en armées. »

D. Franklin Roosevelt (R) rencontre le ministre soviétique des affaires étrangères Vyacheslav Molotov (L) aux Etats-Unis en 1942.

Le 1er octobre 1941, le commissaire du peuple aux affaires étrangères Vyacheslav Molotov,le représentant du Premier Ministre britannique, Lord Beaverbrook et l’envoyé spécial américain Averell Harriman signent le premier protocole (à Moscou), qui marque le début de l’expansion du programme prêt-bail à l’Union Soviétique. Plusieurs protocoles additionnels ont été signés par la suite.

Quelle a été l’importance du prêt-bail américain?

Pendant la guerre, les usines soviétiques produisaient plus de 29,1 millions d’armes légères de tous les principaux types, alors que seulement 152 000 armes légères (0,5 % du total) ont été fabriquées par les usines américaines, britanniques et canadiennes. En regardant tous les types de systèmes d’artillerie de tous calibres nous voyons une image similaire – 647 600 armes et mortiers  soviétiques contre 9 400 d’origine étrangère, ce qui représente moins de 1,5 % du total.

Les chiffres sont moins sévères pour les autres types d’armes : le ratio entre la production intérieure de chars et d’artillerie automotrice, et celle des alliés est respectivement de 132 800 contre 11 900 (8,96 %), et pour les avions de combat – 140 500 contre 18 300 (13 %).

Sur les près de 46 milliards de dollars qui ont été dépensés pour l’ensemble des aides de prêt-bail, les États-Unis ont attribué seulement $ 9,1 milliards – c’est-à-dire seulement un peu plus de 20 % des fonds – à l’Armée Rouge qui a battu l’immense majorité des divisions de l’Allemagne et de ses satellites militaires.

 

Durant cette période, l’Empire britannique a reçu plus de $ 30,2 milliards, la France – $ 1,4 milliards, la Chine – $ 630 millions et même l’Amérique latine (!) a reçu $ 420 millions. Des fournitures en prêt-bail ont été distribuées à 42 pays.

Un bombardier sud-américain A-20 « Boston » (Douglas A-20 Havoc/DB-7 Boston), s’est écrasé à l’aéroport de Nome en Alaska pendant la période du prêt-bail en Union Soviétique.

Mais peut-être, malgré le fait que l’assistance transatlantique aient été quantitativement assez négligeable, est-il possible qu’elle ait joué un rôle décisif en 1941, quand les Allemands étaient aux portes de Moscou et de Leningrad, et à moins de 24-40 km de la Place Rouge ?

Regardons les statistiques relatives aux livraisons d’armes de cette même année. Dès le début de la guerre jusqu’à la fin de 1941, l’Armée Rouge a reçu 1,76 millions de fusils, armes automatiques et mitrailleuses, 53 700 pièces d’artillerie et mortiers, 5 400 chars et 8 200 avions de combat. Parmi ceux-ci, nos alliés dans la coalition antihitlérienne ont fourni seulement 82 pièces d’artillerie (0,15 %), 648 chars (12,14 %) et 915 avions (10,26 %). En outre, une grande partie du matériel militaire envoyé – en particulier, 115 des 466 chars fabriqués au Royaume-Uni – n’ont même pas atteint le front pendant la première année de la guerre.

Si nous convertissons ces livraisons d’armes et de matériel militaire en leur équivalent monétaire, puis, selon l’historien bien connu Mikhail Frolov, DSc (Bolchaïa Otechestvennaya Voina 1941-1945, v Nemetskoi Istoriografii. [Grande Guerre Patriotique 1941-1945 dans l’historiographie allemande], Saint-Pétersbourg : 1994), « jusqu’à la fin de 1941 – la période la plus difficile pour l’État soviétique – en vertu de la loi Lend-Lease, les Etats-Unis envoyèrent à l’URSS du matériel pour une valeur de 545 000 dollars, sur les 741 millions de dollars de fournitures expédiées à tous les pays qui faisaient partie de la coalition anti-hitlérienne. Cela signifie que, durant cette période extraordinairement difficile, moins de 0,1 % de l’aide de l’Amérique est allé vers l’URSS.

« En outre, les premières livraisons de prêt-bail au cours de l’hiver 1941-1942 arrivèrent en URSS très tard, alors qu’au cours de ces mois critiques la Russie avait été en mesure de mener, à elle seule, une lutte impressionnante contre les agresseurs allemands, sans aucune assistance, pour ainsi dire, des démocraties occidentales. À la fin de 1942 seulement 55 % des livraisons prévues avaient été faites à l’URSS. »

 

Par exemple, en 1941 les États-Unis avait promis d’envoyer 600 chars et 750 avions, mais seulement respectivement 182 et 204 avaient été effectivement envoyés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défaite du PQ-17

En novembre 1942, c’est-à-dire, au plus fort de la bataille pour le Caucase et Stalingrad, les livraisons d’armes s’étaient pratiquement arrêtées. Des perturbations dans les livraisons avaient déjà commencé en été 1942, quand des sous-marins et des avions allemands avaient presque entièrement anéanti le tristement célèbre convoi PQ 17 qui avait été abandonné (sur ordre de l’Amirauté) par les destroyers britanniques assignés à l’escorter. Tragiquement, seulement 11 des 35 navires de départ sont arrivés sains et saufs dans un port soviétique-une catastrophe qui a été utilisée comme prétexte pour suspendre les convois ultérieurs de la Grande-Bretagne jusqu’en septembre 1942.

Un nouveau convoi, le PQ 18, perdit en route 10 de ses 37 navires, et aucun autre convoi n’a été envoyé jusqu’en décembre 1942. Ainsi, pendant trois ans et demi, quand une des batailles les plus décisives de toute la Seconde Guerre Mondiale a été menée sur la Volga, moins de 40 navires transportant des cargaisons de prêt-bail sont arrivés par intermittence à Mourmansk et Arkhangelsk. Pour cette raison, beaucoup ont naturellement soupçonné Londres et Washington, durant cette période, d’avoir attendu pour voir qui serait encore debout après la bataille de Stalingrad.

Ainsi, entre 1941 et 1942, seulement 7 % de la cargaison expédiée en temps de guerre par les Etats-Unis ont atteint l’Union Soviétique. La majeure partie des armes et autres matériels sont arrivés en Union Soviétique en 1944-1945, une fois que le vent de la guerre avait résolument tourné.

Quelle était la qualité de l’équipement militaire du prêts-bails ?

 

Sur les 711 avions de chasse qui étaient arrivés en URSS à partir du Royaume-Uni à la fin de 1941, 700 étaient des modèles désespérément archaïques tels que Kittyhawk, Tomahawk, et Hurricane, qui étaient nettement inférieurs aux Messerschmitts allemands et aux soviétiques Yakolev Yaks, tant dans la vitesse que pour l’agilité, et n’étaient même pas équipés de canons. Même si un pilote soviétique a réussi à avoir dans la ligne de mire de ses mitrailleuses un As de l’aviation allemande, ces canons de petit calibre étaient souvent complètement inefficaces contre le blindage robuste de l’avion allemand. En ce qui concerne les nouveaux avions de chasse Airacobra, seuls 11 ont été livrés en 1941. Et les premiers Airacobra sont arrivés en Union Soviétique, démontés, sans aucune sorte de documentation, ayant dépassé depuis longtemps leur durée de vie.

Bell P-39Q Airacobra

Soit dit en passant, c’était aussi le cas avec les deux escadrons de chasseurs Hurricane qui étaient armés de canons antichars de 40 mm conçus pour combattre les blindés allemands. Mais ces avions de chasse se sont avérés complètement inutiles, à tel point qu’ils ont été mis au rancart pendant toute la guerre en URSS, car on n’a pu trouver aucun pilote de l’Armée Rouge prêt à voler avec.

Une situation similaire a été observée avec le fameux char léger britannique Valentine que les opérateurs de char soviétiques avaient surnommé « Valentinas », et le char mi-lourd Matilda, auquel avait été réservé une expression plus cinglante: « Adieu patrie ». Leur blindage mince hautement inflammable avec son moteur à essence, leurs transmissions plus que préhistoriques, en faisaient une proie facile pour les artilleurs Allemands et les lance-grenades.

Selon Valentin Berezhkov, un interprète de Joseph Staline, qui a participé à toutes les négociations entre les dirigeants soviétiques et les visiteurs anglo-américains, Staline a été souvent profondément offensé par les actions britanniques, comme celle de fournir des avions obsolètes tels que l’Hurricane dans le cadre du prêt-bail, au lieu des nouveaux avions de combat comme le Spitfire. En outre, en septembre 1942, au cours d’une conversation avec Wendell Willkie, un chef de file dans le parti républicain américain, Staline lui a demandé de but en blanc devant les ambassadeurs américain et britannique, William Standley et Archibald Clark Kerr : pourquoi les gouvernements britannique et américain fournissent-ils ces équipements de mauvaise qualité à l’Union Soviétique ?

Il a expliqué qu’il parlait avant tout de transferts d’avions américains P-40, au lieu de vieux Airacobras, et il a ajouté que les britanniques fournissaient des chasseurs Hurricane complètement inadaptés, bien inférieurs à ce que les Allemands avaient. Staline affirma que, une fois, lorsque les Américains se préparaient à expédier 150 Airacobras à l’Union Soviétique, les Britanniques étaient intervenus et les avaient gardé pour eux-mêmes. « Nous savons que les Américains et les Britanniques ont des avions qui valent mieux que les modèles allemands, mais pour une raison quelconque, beaucoup de ces avions ne parviennent pas jusqu’à l’Union Soviétique ».

L’ambassadeur américain, l’amiral Standley, ne savait rien à ce sujet, mais l’ambassadeur britannique, Archibald Clark Kerr, a admis qu’il était au courant de l’épisode Airacobra, mais il a défendu leur détournement sous prétexte que, entre les mains des Britanniques, ces avions de combat seraient beaucoup plus précieux pour la cause commune des alliés que s’ils se retrouvaient en Union soviétique…

 

À suivre…

Evgeniy Spitsyn est historien russe et blogueur.

Traduction Avic – Réseau International

 

Source : http://orientalreview.org/2015/05/12/wwii-lend-lease-was-the-us-aid-helpful-enough-i/

Quand les États-Unis recrutaient des nazis

Après la Seconde Guerre mondiale, en échange d’une généreuse récompense et de perspectives de carrière, d’anciens nazis étaient recrutés par la CIA et le FBI pour combattre l’URSS. Avec le temps, ces liens avec les nazis ont commencé à peser sur les Américains.

Les États-Unis ont activement recruté d’anciens nazis pendant la Guerre froide, révèle le livre Des nazis près de chez vous: comment les États-Unis sont devenus un refuge sûr pour les hommes de Hitler (The Nazis Next Door: How America Became a Safe Haven for Hitler’s Men). Son auteur, Eric Lichtblau, se base sur des archives déclassifiées montrant que des milliers de militaires et de chercheurs ayant servi le Troisième Reich sont partis après la Seconde Guerre Mondiale de l’autre côté de l’océan à la recherche d’une vie paisible.

En échange d’une généreuse récompense et de perspectives de carrière, la CIA et le FBI exigeaient de leurs « subordonnés » des informations précieuses et une aide pour combattre leur « ennemi juré » – l’URSS.

Le recrutement d’anciens collaborateurs du Troisième Reich a commencé dans les années 1950, à l’aube de la Guerre Froide. Cette décision a été prise par les dirigeants des deux principales directions des renseignements américains – Edgar Hoover et Allen Dulles. Selon eux, les ex-nazis pouvaient fournir à Washington toutes les informations nécessaires sur les plans de l’Union Soviétique, explique le docteur en histoire Sergueï Bouranok:

« Premièrement, ils avaient de la valeur pour les renseignements qu’ils détenaient sur l’Union Soviétique – il était question d’officiers des services secrets – concernant les méthodes de guerre contemporaine. On faisait aussi activement appel aux Biélorusses qui avaient collaboré avec le régime allemand, aux Ukrainiens, aux habitants des pays baltes, aux Hongrois et aux Croates. Le travail avec les Croates était supervisé par Hoover. Il pensait que ces régions – les Balkans, l’Europe de l’est – étaient les mieux placées pour combattre l’Union Soviétique, que les informations d’anciens agents allemands aideraient à lutter contre les communistes, et il les recrutait activement. Deuxièmement, il s’agissait d’une extension du réseau d’agents à travers le monde. Parce qu’ils ne travaillaient pas seulement contre l’URSS, mais même contre leurs alliés au Royaume-Uni, ainsi qu’au Moyen-Orient et même en Israël. »

Les nazis, eux, n’avaient rien à perdre car la peine de mort les attendait en Europe, ou au mieux la prison. Alors que les Américains leur proposaient une bonne rémunération et des conditions de vie correctes, déclare le docteur en histoire Dmitri Sourjik:

« On promettait la vie aux Allemands. Celle de beaucoup d’entre eux – même des criminels de bureau qui élaboraient des missiles et des armes nucléaires – était pendue à un fil. Deuxièmement, on leur promettait de l’argent. En effet, en arrivant aux USA certains experts en fusées allemands ont intégré l’armée américaine mais signaient également des contrats avec de très grands monopoles. En d’autres termes, on leur promettait la vie, une situation financière et de nouveaux documents: un nouveau départ à partir d’une page blanche. »

Les volontaires étaient nombreux. Parmi les principaux informateurs des USA on compte ainsi Otto Von Bolschwing, le bras droit d’Adolf Eichmann, responsable logistique de la « solution finale ». Grâce à son service dévoué pour Washington Bolschwing a plus tard reçu la citoyenneté américaine. Et les exemples ne manquent pas. Cette « amitié » était profitable aux deux camps car les renseignements des nazis ont considérablement aidé les Américains, souligne l’historien Dmitri Sourjik:

« Les liens avec d’anciens criminels de guerre ont été activement exploités et ont notamment aidé les Américains pour la construction des fusées. Bien que les USA y aient travaillé, la qualité de leurs appareils était alors inférieure à celle des Soviétiques. Les chercheurs nazis ont permis de faire significativement avancer le programme américain de fusées. Puis on établissait le contact avec la clandestinité nationaliste. Et toute une pléiade de nationalistes ukrainiens a été recrutée à titre de consultants dans divers services du département d’État.

Ils étaient chargés des contacts avec la clandestinité nationaliste dans le domaine du renseignement. Ces contacts recueillaient des informations – autrement dit ils avaient construit un réseau d’informateurs sur la situation en Union Soviétique. »

Avec le temps, ces liens avec les nazis ont commencé à peser sur les Américains. C’est pourquoi au début des années 1980 beaucoup d’entre eux ont été « priés » de quitter leur asile et de revenir en Europe. Bien évidemment moyennant rémunération. Et les ex-nazis ont évidemment accepté.

 

http://fr.ria.ru/discussion/20141124/203059843.html

Fidel Castro, la révolution et l’histoire

Par Bruno Guigue 

 

Ennemis jurés de Fidel Castro, les USA ont tué Patrice Lumumba et Salvador Allende, fomenté un coup d’Etat contre Mohammed Mossadegh, massacré deux millions de Vietnamiens et un million d’Irakiens, soutenu l’agression sioniste, livré Nelson Mandela, assassiné Ernesto Che Guevara et créé Al-Qaida. L’URSS, elle, a vaincu le nazisme au prix de 25 millions de morts, elle a soutenu les mouvements révolutionnaires du Tiers Monde, aidé Cuba face à l’agresseur impérialiste et l’ANC face au régime d’apartheid. Ce n’est pas si mal. L’Histoire jugera.

La disparition de celui que les Cubains nommaient affectueusement « El Comandante », en cette fin d’année 2016, n’est pas seulement un événement chargé d’émotion, un moment de recueillement où l’on rend à ce combattant l’hommage qu’il mérite. Le départ de Fidel pour son dernier voyage invite aussi à une réflexion sur la révolution cubaine et sa place dans l’histoire des mouvements de libération du XXème siècle. Avec la révolution castriste, Cuba s’est forgé une expérience historique hors du commun, de dimension internationale, et dont les enseignements dépassent le cadre géographique des Caraïbes.

Cette révolution n’est pas née par hasard. Victorieuse après des années de lutte acharnée, elle eut pour origine l’humiliation sans précédent infligée au peuple cubain par un impérialisme yankee protecteur de la dictature militaire. En le frustrant de sa souveraineté, en le condamnant à l’archaïsme social et aux affres du sous-développement, cette mise sous tutelle par le puissant voisin nord-américain créa les conditions du sursaut révolutionnaire. Loin de sortir tout droit du cerveau enflammé de Fidel, la révolution cubaine fut un mouvement populaire qui donna un visage à la fierté retrouvée des Cubains, elle fut d’abord ce refus intransigeant de l’ordre impérial dicté par Washington. « El Comandante » en fut l’incarnation héroïque, mais sans le mouvement des masses, la révolution était perdue.

Cette révolution ne fut pas une révolution de pacotille. Elle bouleversa la société cubaine en éradiquant la misère, le racisme et l’analphabétisme qui régnaient dans la société de plantation. Elle mena une lutte infatigable, malgré les difficultés héritées d’une économie arriérée et aggravées par le blocus impérialiste, pour donner à chaque Cubain des conditions de vie décentes. Charriant évidemment son lot d’erreurs et de tentatives avortées, le travail accompli fut colossal. Réforme agraire, santé gratuite, éducation pour tous, le socialisme cubain est une réalité qu’aucune propagande ne fera disparaître dans l’oubli.

Dès 1961, soit deux ans après la révolution, Cuba fut l’un des rares pays à avoir éradiqué l’analphabétisme. Le taux d’alphabétisation des 15-24 ans atteint aujourd’hui les 100%, et celui des adultes 99,8%, ce qui place Cuba parmi les cinq pays les plus alphabétisés au monde. Selon l’UNESCO, Cuba est le pays qui affiche le meilleur résultat d’Amérique Latine et des Caraïbes en matière d’éducation. L’île dispose d’un nombre d’enseignants record et du plus faible nombre d’élèves par classe dans le primaire et le secondaire. En 1959, Cuba ne comptait qu’une seule université. Aujourd’hui l’île compte 52 établissements d’enseignement supérieur.

D’après l’ONU, la mortalité infantile à Cuba est de 4,2 pour 1000, soit le taux le plus faible du continent américain, USA compris, alors qu’elle s’élevait à 69,8 pour 1000 avant la révolution. L’espérance de vie à Cuba est de 79,4 ans, soit 0,3 ans de plus qu’aux États-Unis. Meilleur chiffre du continent américain derrière le Canada et le Chili, il correspond à la moyenne des pays riches de l’OCDE. L’Ecole de médecine de la Havane, « la plus avancée au monde » selon l’ONU, forme aujourd’hui 11 000 jeunes venus de 120 pays. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé pour tous, décernée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2014, l’OMS qualifiait le système de santé cubain « d’exemple à suivre ». *

Cette révolution en profondeur de la société cubaine, certes, ne fut pas un lit de roses. Petite île des Caraïbes, Cuba a repoussé l’invasion de la « Baie des Cochons » orchestrée par la CIA, elle a conquis son indépendance au forceps, elle s’est dressée contre une superpuissance qui voulait anéantir sa révolution et restaurer l’ancien régime politique et social. Elle a fermé les bordels destinés aux yankees, exproprié les capitalistes locaux, arraché l’économie à l’étreinte des multinationales. Méditant les expériences révolutionnaires du passé, Fidel Castro savait que les puissances dominantes ne font jamais de cadeaux. Il n’en a pas fait non plus. Mais à aucun moment il n’a suscité de violence aveugle contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique, et le 11 septembre 2001 il a exprimé son dégoût pour cette tuerie.

Lors des funérailles de Fidel, un million de Cubains lui ont rendu publiquement hommage. Quel dirigeant dans le monde peut se prévaloir d’une telle popularité posthume ? Cuba n’est pas un paradis tropical, la révolution est un processus au cours imprévisible, elle ne change pas l’homme du jour au lendemain, elle se débat dans d’innombrables contradictions, mais au moins s’est-elle attaquée aux structures de la domination. Les médias occidentaux dénoncent une dictature, mais selon Amnesty International il n’y a aucun prisonnier politique à Cuba. Les Cubains ne sont pas riches, mais ils sont fiers de ce qu’ils sont. Leurs enfants réaliseront un jour que le sort du peuple cubain ne dépend que de lui-même. Ils verront qu’il est infiniment préférable à celui des peuples haïtien et dominicain, si proches géographiquement, dont la misère ahurissante illustre les « bienfaits » de l’économie de marché sous la tutelle occidentale.

Cette révolution, pourtant, n’a pas seulement transformé les conditions d’existence du peuple cubain. Elle rayonna au-delà des océans, donnant corps à un internationalisme qui est la continuation du patriotisme par d’autres moyens. Nelson Mandela en savait quelque chose. Lorsqu’il quitta sa prison sud-africaine, en 1991, son premier voyage hors d’Afrique fut pour La Havane. Il vint remercier le peuple cubain qui versa son sang pour terrasser l’odieux régime de l’apartheid, maintenu avec la complicité occidentale depuis 1948. L’armée sud-africaine fut chassée du territoire angolais par les forces angolaises et cubaines lors de la bataille de Cuito Cuanavale en 1988, l’indépendance de la Namibie fut arrachée manu militari à Pretoria, l’ANC enfin dotée d’une base-arrière et la chute de l’apartheid rendue inéluctable grâce à l’aide cubaine et soviétique. Les médias occidentaux s’en moquent, mais les Africains s’en souviennent.

Nelson Mandela le savait. L’histoire des mouvements de libération enseigne que la victoire dépend de la détermination du peuple opprimé à payer le prix de sa libération, mais aussi de sa capacité à nouer des alliances. Livré à la police de Pretoria par la CIA, ami du parti communiste sud-africain (SACP), le chef de l’ANC savait où trouver ses alliés. C’étaient les communistes. L’Union soviétique s’était rangée au côté de cette révolution cubaine que les Etats-Unis voulaient étouffer, l’idéologie communiste soulevait les affamés et les humiliés, elle signifiait un avenir meilleur que l’enfer capitaliste. Par idéal révolutionnaire et solidarité internationaliste, des centaines de milliers de Cubains partirent en Afrique à l’appel de Fidel Castro pour contribuer à l’émancipation du continent.

Ceux qui se gargarisent avec le mot de souveraineté devraient se rappeler que Lénine fut le premier, en 1916, à proclamer le « droit des nations à disposer d’elles-mêmes ». Dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, son appel invitant les peuples colonisés à devenir les « sujets de leur propre histoire » ensemença le puissant mouvement de la décolonisation en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Océanie. Les millions de communistes qui participèrent aux grands combats de libération nationale étaient les dignes héritiers de Lénine. Le communisme international a pu commettre de lourdes erreurs et l’URSS privilégier parfois crûment ses intérêts, l’honnêteté oblige à dire qu’elle fut souvent du bon côté de la barricade.

 

En aidant Hô chi Minh et les Vietnamiens à se libérer de la tutelle occidentale, Moscou joua un rôle décisif dans la décolonisation de l’Asie du sud-est. L’URSS aida aussi les nationalistes arabes face à l’agression sioniste, elle soutint la lutte pour les indépendances africaines et elle donna le coup de grâce à l’apartheid en fournissant un appui décisif à l’ANC. Ce sont des armes soviétiques, livrées aux Angolais et aux Cubains, qui ont affronté les armes US livrées au régime raciste de Pretoria. Ennemis jurés de Fidel Castro, les USA ont tué Patrice Lumumba et Salvador Allende, fomenté un coup d’Etat contre Mohammed Mossadegh, massacré deux millions de Vietnamiens et un million d’Irakiens, soutenu l’agression sioniste, livré Nelson Mandela, assassiné Ernesto Che Guevara et créé Al-Qaida. L’URSS, elle, a vaincu le nazisme au prix de 25 millions de morts, elle a soutenu les mouvements révolutionnaires du Tiers Monde, aidé Cuba face à l’agresseur impérialiste et l’ANC face au régime d’apartheid. Ce n’est pas si mal. L’Histoire jugera.

« Le dernier héros », l’ex-président d’Uruguay Mujica vu par Kusturica

Il lui porte la même admiration qu’à ses idoles de jeunesse: le cinéaste serbe Emir Kusturica vient de terminer le tournage en Uruguay de son documentaire Le dernier héros, consacré à l’ancien dirigeant José Mujica, surnommé le « président le plus pauvre du monde ».

« J’ai développé une vision particulière du monde, liée aux personnes que j’admirais depuis ma jeunesse, du (guérillero Ernesto) Che Guevara à (l’ex-président cubain Fidel) Castro », confie-t-il à l’AFP à l’occasion du tournage des dernières scènes à Montevideo.

« Comme je n’ai rien pu faire avec eux deux (…), quand j’ai entendu parler d’un homme qui était président tout en continuant à conduire son tracteur et réparer sa maison, je me suis dit « C’est lui mon homme ». Et je ne me suis pas trompé », assure le réalisateur de 62 ans, lauréat de deux Palmes d’or au Festival de Cannes (France), en 1985 et en 1995.

Cet homme, c’est José Mujica, 81 ans, dit « Pépé », qui s’est fait connaître dans le monde entier pour son style informel, son franc-parler et sa façon de gouverner l’Uruguay entre 2010 et 2015.

Promoteur de mesures pionnières comme le mariage homosexuel et la légalisation du cannabis, ce chantre anti-consommation reversait la quasi-totalité de ses revenus à un programme de logement social, s’attirant le surnom de « président le plus pauvre du monde ».

Même s’il a suscité des critiques dans son propre pays, pour Kusturica c’est Le dernier héros, titre du documentaire qu’il lui consacre, mêlant entretiens et images de ses nombreux voyages à l’étranger.

« Il y a des gens en Uruguay qui n’aiment pas ce qu’il fait, ce qui est naturel », observe-t-il, certains lui reprochant de ne pas avoir tenu ses promesses concernant la réforme de l’éducation ou de l’administration.

Mais « même s’il est populaire autour du monde, il ne l’est pas autant que je le souhaiterais », dit Kusturica.

Le cinéaste serbe, connu pour Chat noir chat blancLe temps des gitans ou encore Underground, voit dans « l’expérience » de vie de Mujica, ex-guérillero emprisonné 14 ans avant de se reconvertir dans la politique pour devenir député, sénateur, ministre et finalement président, une « synthèse » de « l’histoire compliquée » de nombreux pays.

« Humilité et engagement »

Aujourd’hui sénateur, Mujica vit toujours dans sa modeste « chacra » (ferme) en périphérie de Montevideo. C’est là que Kusturica tourne les dernières images.

« Il est connecté de façon presque religieuse avec la terre », s’enthousiasme le réalisateur, qui filme, par une journée chaude, un groupe de jeunes venus écouter Mujica leur raconter sa façon de cultiver.

Le documentaire se centrera sur « son dernier jour à la présidence », lorsqu’il était « en train de se préparer à transmettre les manettes à une autre personne », le leader de gauche Tabaré Vazquez qui lui a succédé début 2015.

Les proches de Mujica assurent que l’ex-président a « beaucoup de patience » avec Kusturica, mais en ce jour de tournage, le vieil homme regarde régulièrement sa montre tandis qu’il attend, devant sa maison, que ce soit son tour de « jouer » face aux caméras.

Portant un chapeau, une chemise aux manches retroussées, un pantalon large, des lunettes noires, de vieilles sandales en plastique, « Pepe » accueille le groupe de jeunes dans sa « chacra » où il a reçu nombre de personnalités, comme l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos.

Au bout de 45 minutes, le tournage bascule sur la conversation entre le Serbe et l’Uruguayen.

Pour la première fois en quatre ans, Kusturica interroge Mujica sur sa famille, sur la mort. L’ex-président lui offre les paroles du tango La ultima curda (« La dernière beuverie »), traduites en anglais. Séduit, Kusturica propose d’utiliser la chanson dans le film.

Interrogé le jour suivant, Mujica salue l’idée du documentaire, qui, selon lui, permettra « que l’on connaisse l’Uruguay, qui a beaucoup à apporter au monde », même si c’est « le pays le plus petit d’Amérique latine ».

« Kusturica, je ne sais pas trop ce qu’il va faire, parce qu’il est à moitié… », dit-il en secouant sa main droite à côté de sa tête en signe de folie, « et moitié génial ». « Mais j’ai beaucoup de respect pour lui ».

Ce qu’il attend du projet ? Qu’il transmette un message d’« humilité et d’engagement ».

Kusturica prévoit, lui, que son documentaire soit prêt, au plus tôt, pour la Mostra de Venise en septembre 2017.

MAURICIO RABUFFETTI 

Agence France-Presse

Source: lapresse.ca

Photo: L’ex-président Mujica filmé par le réalisateur Emir Kusturica à Montevideo, le 5 mars 2015. AFP Photo/Miguel Rojo)

via: http://arretsurinfo.ch/le-dernier-heros-lex-president-duruguay-mujica-vu-par-kusturica/

 

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Jacques Duclos (1) : le pâtissier stalinien

Par Sylvain Rakotoarison 

 

« Il vient de Moscou et il en rougit. » (Robert Bruyneel, ancien ministre, député du Loir-et-Cher, dans l’Hémicycle, le 14 mars 1957). Première partie.

Le dirigeant communiste français Jacques Duclos est né il y a 120 ans, le 2 octobre 1896. C’est l’occasion de revenir sur cet homme à la personnalité très forte, de grande envergure dans l’histoire du communisme européen malgré sa très petite taille (en dessous du mètre cinquante).

Issu d’un milieu familial très modeste, Jacques Duclos ne fit pas d’études très poussées et commença très tôt à travailler comme pâtissier, métier qu’il exerça jusqu’en 1924. En 1912, il quitta la Bigorre pour Paris.

Son destin se transforma lors de la Première Guerre mondiale. Mobilisé le 1er avril 1915, Jacques Duclos fut blessé à la Bataille de Verdun puis fait prisonnier le 16 avril 1917 au Chemin des Dames, envoyé en Allemagne pour travailler dans les champs. À la fin de la guerre, il s’est investi dans l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) créée notamment par Henri Barbusse (Prix Goncourt 1916), Paul Vaillant-Couturier (futur député) et Boris Souvarine. Il y travailla comme secrétaire de rédaction du journal.


Ce fut le 31 décembre 1920 qu’il s’engagea directement à la SFIC, futur Parti communiste français (PCF), peu après le congrès de Tours qui divisa socialistes et communistes. Après avoir suivi l’école des cadres, Jacques Duclos prit une importance croissante au sein de l’appareil communiste.


Député de la IIIe République

Il fut battu aux élections législatives du 11 mai 1924 (qui ont vu la victoire du Cartel des gauches), mais le 28 mars 1926, devenu membre du comité central, il fut élu député de la Seine, à l’âge de 29 ans, en battant le futur Président du Conseil Paul Reynaud à l’occasion d’une élection partielle. Il fut réélu le 29 avril 1928 dans le 20e arrondissement, en battant cette fois-ci …Léon Blum ! Mais il fut ensuite battu le 8 mai 1932 par Marcel Déat, alors socialiste. Le 3 mai 1936, Jacques Duclos fut réélu député le 3 mai 1936, à Montreuil qui est devenu son fief électoral (le parti lui avait attribué un pavillon pour y habiter). Il fut plusieurs fois vice-président de la Chambre des députés.


L’activité parlementaire convenait à l’éloquence et à l’esprit de répartie de Jacques Duclos, beaucoup plus que son activité de militant. Ses préoccupations internationales et pacifistes ont été prédominantes pendant ses mandats parlementaires. Il interpella le gouvernement français sur la paix au Maroc et en Syrie, sur le conflit entre l’Italie et la Yougoslavie en 1927, etc.

Ses écrits antimilitaristes furent réprimés et à cette époque, il fut plus souvent dans la clandestinité que dans l’Hémicycle entre 1927 et 1931. Comme disait le journaliste Jacques Fauvet : « En fait de Chambre, le nouveau député fréquente surtout la correctionnelle. ». En janvier 1931, la Chambre a voté l’amnistie pour lui, ce qui lui permit de reprendre son activité politique au grand jour.


Apparatchik au service de Moscou

Au même moment, il fit son entrée au bureau politique et au secrétariat du PCF en 1931, et est devenu le bras droit de Maurice Thorez, jeune secrétaire général du PCF du 18 juillet 1930 au 17 mai 1964. À l’époque, il avait 35 ans tandis que Thorez 31 ans. Son activité s’est concentrée sur le service d’information et de renseignements du PCF, ainsi que sur la formation et la propagande, un poste stratégique qui l’a amené à se rendre à Moscou pour prendre ses consignes. En relation directe avec le Kremlin où il rencontrait Staline, il s’est occupé aussi de l’organisation de plusieurs partis communistes européens (belge, espagnol, etc.).


Après les émeutes du 6 février 1934 auxquelles les communistes participèrent, Jacques Duclos fut l’un de ceux qui ont appelé à l’unité du futur Front populaire. Le 14 juillet 1935, aux assises de la paix et de la liberté, au vélodrome de Montrouge, son discours fut un "moment de communion" très fort et en octobre 1935, il s’ouvrit même aux catholiques.

Après son élection de mai 1936, il milita en faveur des républicains espagnols, fut contre les Accords de Munich et proposa un "prélèvement sur les grosses fortunes". Il approuva aussi le Pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939 à Moscou, ce qui l’a conduit à fuir la France en octobre 1939 (vers la Belgique) et à être déchu de son mandat de parlementaire le 20 février 1940. Le PCF fut dissous le 26 septembre 1939 par Édouard Daladier.


Sous l’Occupation nazie

Tandis que Maurice Thorez est resté tranquillement à Moscou pendant la guerre (jusqu’à son retour à Paris le 26 novembre 1944), Jacques Duclos retourna en France en juin 1940 (à vélo) pour diriger l’activité clandestine des communistes entre 1940 et 1944, aidé d’André Marty (député lui aussi déchu, qui fut exclu du PCF en 1952) et de Benoît Frachon (futur secrétaire général de la CGT du 5 septembre 1945 au 16 juin 1967). Selon Charles Tillon (dans ses confidences à Michèle Cotta du 12 mars 1980), juste après l’arrivée des nazis en France, le mot d’ordre du PCF clandestin était de "fraterniser" avec l’occupant.

Jacques Duclos a rédigé et diffusé fin juillet et début août 1940 un tract daté prétendument du 10 juillet 1940 (mais qui critiquait des ministres nommés le 13 juillet 1940) et signé Jacques Duclos et Maurice Thorez, qui a servi à prouver que les communistes s’étaient opposés à l’Occupation nazie très tôt. Mais le tract faisait plus l’apologie de l’Union Soviétique, de Lénine, de Staline, que protester contre le nazisme.

Il s’en prenait ainsi à Édouard Daladier, à Paul Reynaud, à Georges Mandel « soutenus par un Parlement de valets et de corrompus, [qui] ont poussé la France à la guerre pour servir les intérêts des ploutocrates, pour supprimer les libertés publiques, pour faire régner la terreur, écraser le peuple et porter les armes contre l’URSS, pays du socialisme ».

Il s’interrogeait ainsi : « Qui peut relever la France ? C’est la question qui se pose. Ce ne sont ni les généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France ; ils ne sont bons qu’à la trahir et à la vendre. Ce n’est pas dans les milieux corrompus du capitalisme que peuvent se trouver des éléments de la renaissance nationale. (…) C’est seulement autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, parce que l’avenir lui appartient ; c’est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le parti communiste, parti de propreté, d’honneur et d’héroïsme, que peut se constituer le front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France. (…) Pour remettre le pays au travail, il faut mobiliser les ressources de la Nation, en confisquant tous les bénéfices de guerre et en effectuant un prélèvement massif sur les grosses fortunes. ».


Député de la IVe République

En septembre 1944, Jacques Duclos négocia avec le Général De Gaulle l’entrée de ministres communistes dans le gouvernement provisoire. Après la guerre, Jacques Duclos fut élu député sans discontinuité de 1945 à 1958, pendant toute la IVe République et fut le président du groupe communiste.

Il fut un orateur très remarqué qui faisait de nombreuses propositions. Il réclamait la nationalisation des banques, des compagnies d’assurances, de la marine marchande, des industries chimiques et sidérurgiques (19 juin 1945), fit de nombreuses interpellations sur la politique fiscale du gouvernement, réclama la paix au Vietnam, l’indépendance en Algérie, s’opposa aux "arrondissementiers" (qui ont concocté un scrutin par apparentements pour les élections législatives du 2 janvier 1956), etc. Il était l’orateur communiste incontournable lors de chaque investiture ou renversement de gouvernement.

Parallèlement à cette boulimie parlementaire, Jacques Duclos rédigea de nombreux éditoriaux dans plusieurs journaux dont bien sûr "L’Humanité", et continua à se rendre très souvent à Moscou pour diverses cérémonies (dont l’enterrement de Staline) ou pour des réunions au plus haut niveau.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques Duclos (2) : rouge bonnet et bonnet rouge

Par Sylvain Rakotoarison 

 

« Il vient de Moscou et il en rougit. » (Robert Bruyneel, ancien ministre, député du Loir-et-Cher, dans l’Hémicycle, le 14 mars 1957). Seconde partie.

Après avoir évoqué le début de la carrière politique de Jacques Duclos, voici la seconde partie, l’apparatchik, le parlementaire et le candidat à l’Élysée.


Le véritable numéro un du PCF

Dans les années 1950 et 1960, Jacques Duclos fut dans les faits, le numéro un du PCF en raison de la maladie de Maurice Thorez, victime d’une attaque d’hémiplégie le 10 octobre 1950 et soigné entre 1950 et 1956 en Union Soviétique. Jusqu’à la désignation, par Maurice Thorez, de Waldeck Rochet le 17 mai 1964, au secrétariat général du PCF (peu avant la mort de Maurice Thorez le 12 juillet 1964), Jacques Duclos s’occupa de toutes les affaires du PCF, en particulier, procéda aux exclusions très politiques d’André Marty, de Charles Tillon (ancien ministre) et d’un rival de Maurice Thorez, Auguste Lecœur (ancien ministre). Il a soutenu également Moscou lors de l’insurrection hongroise de 1956 et approuva la répression soviétique à Prague en 1968. En revanche, il a rejeté le procès en déstalinisation intenté par Nikita Khrouchtchev.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’antimilitarisme de Jacques Duclos le fit arrêter (malgré son mandat parlementaire) le 28 mai 1952 en raison d’une manifestation violente contre la venue à Paris du général Matthew Ridgway, qui venait d’être nommé, du 20 mai 1952 au 1er juillet 1953, commandant suprême des Forces alliées de l’OTAN (succédant à Dwight Eisenhower). Les communistes l’accusaient d’avoir utilisé des armes bactériologiques contre la Corée du Nord lors de la guerre de Corée (il avait succédé au général Douglas MacArthur le 11 avril 1951 comme commandant en chef des forces des Nations Unies). Il resta en prison jusqu’en juillet 1952, ce qui le rendit encore plus populaire (son immunité parlementaire ne fut finalement pas levée en novembre 1953).

En 1953, Jacques Duclos a reçu des documents confidentiels sur l’effort de guerre de la France en Indochine. Ces fuites ont créé en 1954 des remous au sein même du gouvernement de Pierre Mendès France qui soupçonnait son Ministre de l’Intérieur François Mitterrand.


Sénateur de la Ve République

Après s’être opposé au retour du 
Général De Gaulle et à l’instauration de la Ve République, Jacques Duclos fut battu le 30 novembre 1958 à Montreuil par un médecin gaulliste. Il fut ensuite élu sénateur aux élections du 26 avril 1959 et fut réélu le 22 septembre 1968, restant donc parlementaire jusqu’à sa mort.

Durant les années au Sénat, Jacques Duclos fut toujours un parlementaire très actif tout en gardant une grande influence au sein de l’appareil du PCF. Présidant le groupe communiste au Sénat, il est souvent intervenu à propos de l’Algérie, aussi pour réclamer la construction d’un million de logements sociaux ; il proposa un nouveau statut de la Radio-Télévision Française (21 mai 1963), la majorité à 18 ans ; il vota la loi Neuwirth le 5 décembre 1967.

Lors de la séance de questions au gouvernement du 12 novembre 1974, Jacques Duclos a eu une altercation avec Michel Poniatowski, Ministre de l’Intérieur, sur ses propos concernant le PCF qualifié de parti « totalitaire de caractère fascisant », créant un incident et une suspension de séance. Jacques Duclos s’est abstenu lors du vote de la loi Royer sur les petits commerçants, et a voté le 28 juin 1974 la loi fixant à 18 ans l’âge de la majorité, et un peu plus tard, la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse.


Visées présidentielles

En septembre 1965, avec Waldeck Rochet, il apporta son soutien à la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de décembre 1965 « puisqu’il est le candidat commun des partis de gauche signataires du programme commun de gouvernement » (cité par le "Dictionnaire des parlementaires français"). 

Favorable au "non" au référendum du 27 avril 1969 sur la régionalisation, Jacques Duclos fut investi comme candidat à l’élection présidentielle qui a suivi le départ de De Gaulle. Ce fut la première fois que les communistes ont pu compter leurs voix malgré la crainte d’être laminés par le scrutin présidentiel.

L’annonce a eu lieu le 5 mai 1969 rue Lafayette à Paris. Michèle Cotta a décrit le nouveau candidat ainsi : « Il n’est pas de prime jeunesse, évidemment. Son apparence physique ne plaide pas en sa faveur. Et, vieux stalinien qu’il est, il est loin d’incarner le renouveau du PC. Defferre et Jean-Jacques Servan-Schreiber ne jugent pas dangereux le candidat communiste. Ils n’en ont nullement peur. ».


Pour expliquer sa candidature, Jacques Duclos déclara à Michèle Cotta le 6 mai 1969 : « Nous n’étalerons pas de tapis rouge sous les pas du leader de la gauche non communiste. Ce serait trop simple ! ».

Michèle Cotta, qui a accompagné Jacques Duclos en campagne, a reconnu le 22 mai 1969 : « Je m’étais trompée en pensant que Duclos était un mauvais choix. Il fait au contraire une campagne formidable : il est partout (…) tout en gardant son énergie intacte pour les enregistrements télévisés. (…) Il rigole tout le temps, avec ses petits yeux pétillants sous ses lunettes. ».

Grâce à sa verve et à son côté bonhomme, Jacques Duclos, qui avait déjà 72 ans, fit une campagne très appréciée et a atteint le 1er juin 1969 la troisième place, frôlant de justesse sa qualification pour le second tour (à moins de 500 000 voix près) avec 21,3% des voix, dépassant de beaucoup tous les autres candidats qui se réclamaient de gauche, en particulier Gaston Defferre (5,0%), Michel Rocard (3,6%) et Alain Krivine (1,1%).

Refusant de soutenir le candidat centriste Alain Poher face au candidat gaulliste Georges Pompidou (appel à l’abstention du 2 juin 1969), Jacques Duclos employa sa fameuse formule (déjà utilisée par lui avant le premier tour) : « Pompidou-Poher, c’est blanc bonnet et bonnet blanc ! ». Michèle Cotta observa, séduite : « On ne peut pas mieux trouver : court, compréhensible par tous, impertinent, rigolo. Jacques Duclos aura mis de bout en bout les rieurs de son côté. » (14 juin 1969).

Pour l’élection présidentielle de 1974, précipitée par la mort de Georges Pompidou, Jacques Duclos n’était pas partisan d’une candidature unique de la gauche derrière François Mitterrand. Claude Estier, qui fut l’émissaire de François Mitterrand au PCF (et qui est mort récemment à 90 ans le 10 mars 2016), expliqua à Michèle Cotta le 28 mai 1974 : « En réalité, le parti [communiste] était très divisé sur ce point. Étienne Fajon, Jacques Duclos, Madeleine Vincent étaient très hostiles à cette idée. La candidature commune est l’œuvre conjuguée de [Roland] Leroy et [Georges] Marchais, qui ont su vaincre les réticences des cadres moyens du parti et de la direction. Pourquoi ? Parce qu’ils ont fait le choix de jouer la présence des communistes au gouvernement. » ("Cahiers secrets").

Quatre ans auparavant, le 22 septembre 1970, François Mitterrand ne croyait pas possible une telle candidature unique en 1974 (Épinay n’était pas encore passé) : « Selon lui [François Mitterrand], l’équation de 1965 est aujourd’hui impossible. Les communistes ont tâté du plaisir de présenter un de leurs candidats. Ils avaient peur de le faire en 1969 et ils ont écrasé les socialistes. Plus jamais, sauf si le mouvement social-démocrate est incroyablement plus fort qu’eux, les communistes n’accepteront de donner leur voix dès le premier tour à un candidat non communiste. » (Michèle Cotta).


L’hommage par le Grand frère

Jacques Duclos est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages, des essais politiques et des récits historiques ainsi que ses mémoires. Parmi ses dernières initiatives sénatoriales, le dépôt de plusieurs propositions de loi sur la nationalisation de Citroën et le fait de rendre férié le 8 mai (18 mars 1975).


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une première hospitalisation en janvier 1975, il fut de nouveau hospitalisé en avril et il est mort à 78 ans le 25 avril 1975 d’une congestion pulmonaire. Lors de son enterrement au Père-Lachaise, le 29 avril 1975, les hommages se succédèrent : La Pasionaria de la guerre civile espagnole, Dolorès Ibarruri, secrétaire générale du parti communiste espagnol de 1942 à 1960, Boris Ponomarev, grand responsable des relations avec les autres partis communistes au sein du comité central du Parti communiste d’Union Soviétique du 9 décembre 1955 au 25 février 1986 (bras droit de Mikhaïl Souslov), et Georges Marchais, secrétaire général du PCF du 17 décembre 1972 au 29 janvier 1994.

Dans "Les Staliniens, une expérience politique, 1944-1956", publié en 1975 (éd. Fayard), la journaliste Dominique Desanti a décrit l’éloquence de Jacques Duclos qui pourrait presque s’appliquer à Jean-Luc Mélenchon : « Entendre Duclos pour la première fois, quelle fête pour l’oreille amie de l’éloquence ! Période balancée, formule répétée en refrain, symbiose de la tradition oratoire du Midi et des rites du langage communiste qui gagne de la saveur à rouler sur le gravier d’un accent. Rond le petit corps, ronde la grosse tête, rondes les lunettes ; tout rassure, tout fait penser au matou ronronnant quand soudain cette voix vous emporte et quand soudain le regard, perçant et froid, vous atteint. ».

La débâcle de juin 1940 expliquée par la NSA…

Du 10 mai au 22 juin 1940 et l’invraisemblable armistice : les mystérieuses raisons de la défaite-éclair figurent noir sur blanc dans les archives de la NSA…

En Mai 1940, l’armée allemande a mis en pièces les forces conjuguées de la France, la Grande Bretagne, la Belgique et les Pays Bas au terme d’une campagne terrestre qui aura duré moins d’un mois et demi.

Depuis, historiens et stratèges de tous bords émettent de savantes hypothèses sur les causes d’un tel désastre. Les uns insistant sur une prétendue supériorité allemande en hommes et en armement, d’autres mettant en exergue la supériorité supposée des divisions de Panzers allemandes sur leurs homologues françaises.

On connaît d’ailleurs la formule du Général Maurice Gamelin expliquant à Churchill non sans une immodestie assez malvenue compte tenu de ses prestations comme Commandant en Chef jusqu’à son limogeage du 17 mai et son remplacement par Weygand, les raisons de la rouste que lui a infligée le camp d’en face : « une infériorité en nombre, une infériorité en équipement, une infériorité dans la méthode … ».

Sauf que la légende de l’infériorité des moyens a fait long feu

TICOM explique le Blitz

Globalement, les alliés de 1940 possédaient autant de divisions et d’avantage de canons et de blindés que l’ennemi. Certes leurs forces aériennes étaient inférieures à celles de nazis mais leur rôle ne fut pas décisif dans la percée réussie du massif des Ardennes que l’état-major français, rallié à l’avis éclairé du Maréchal Pétain, jugeait infranchissable. L’Histoire a jugé avec sévérité la validité d’un tel postulat ayant conduit les troupes allemandes à attaquer lâchement leurs adversaires littéralement médusés à l’Ouest de Sedan dès le 12 mai…

Quant au Renseignement portant sur l ‘écoute des communications, la majorité des historiens qui se sont penchés sur la question s’est bornée à magnifier le rôle de la petite équipe pluridisciplinaire de Bletchley Park incarnée par le malheureux Allan Turing, parvenue à percer les secrets de la machine à chiffrer allemande Enigma…

Bref, le mystère demeurait entier sur cette question sensible que l’inconscient collectif hexagonal a toujours cherché à évacuer de son Histoire contemporaine. Jusqu’à ce que la NSA, les omniprésentes Grandes Oreilles US, lèvent progressivement le secret sur les archives de TICOM.

TICOM (Target Intelligence Committee) est un projet peu connu du grand public, lancé par les États Unis durant la deuxième moitié de la Seconde Guerre Mondiale, et consistant à recueillir tout le savoir-faire nazi disponible dans le domaine de la cryptographie, autrement dit, du codage et du décodage des communications. Une mine d’informations dont la NSA allait être le gardien sourcilleux pendant près de 50 ans…

La plupart des rapports TICOM ont été rédigés après la guerre à partir de la documentation, des systèmes, dispositifs et autres machines à chiffrer saisis, et de l’interview des principaux acteurs du drame dont, comme le veut la tradition, les meilleurs spécialistes allemands ont trouvé après la guerre, de nouveaux employeurs, tant à l’Ouest qu’au sein du bloc soviétique…

Et les archives de TICOM ne laissent planer aucun doute sur les raisons du succès de la « Blitzkrieg » à la teutonne…

Ainsi, un certain Wilhelm Fenner, responsable du service de décryptage du Haut Commandement Militaire allemand (« OKW/chi » ou ‘Oberkommando der Wehrmacht Chiffrierabteilung’) aurait tenu lors de son débriefing, les propos suivants notamment reproduits dans le rapport TICOM DF-187B : « Avant même le début des hostilités avec la France, les systèmes du Haut Commandement français avaient été décodés. Il s’agissait d’un code à 4 ou 5 chiffres qui était systématiquement transposé. On a découvert dans les cryptogrammes, quelques passages parallèles (répétitions). L’intervalle entre ces passages était constant et devait donc correspondre à la largeur de la boite de transposition comme l’ont montré ultérieurement des études crypto-analytiques…En dépit de l’intelligence de ce système de cryptage, l’existence de courts passages parallèles s’est avérée fatale… »

NSA, la mauvaise conscience française

 

De son côté, le Colonel Randewig, responsable de toute l’organisation de l’interception des communications à l’Ouest pendant la guerre-éclairaccouché par les hommes du TICOM à la fin de la guerre, tient les propos suivants dans le rapport FMS P-038 consacré au Renseignement Radio des allemands : « Dès décembre 1939, les allemands ont réussi à casser un système cryptographique utilisé par le Commandement français dans ses messages aux districts militaires. Il avait été maintenu en dépit des dispositions prises avant l’ouverture des hostilités en septembre 1939. Les allemands sont parvenus à casser ce code parce que la station-radio coupable de ce manquement aux ordres donnés a été réprimandée et a ensuite envoyé les mêmes messages au moyen du système approprié.. » ou encore : « Le 16 juin, le lendemain de la traversée de l’Aisne par le groupe d’armée A, la principale station radio du Ministère de la Guerre qui était également utilisée par le Haut Commandement français a cessé d’émettre et a passé la main à la station principale de Tours que l’on a estimé être celle du nouveau poste de commandement du Général Weygand…Un message intercepté le 13 juin nous a révélé la décision du Haut Commandement français de se replier au sud de la Loire…Le 15 juin le trafic radio français commença à donner des signes de complète désorganisation. Les États-majors s’appelaient en vain. Les messages aveugles devinrent plus fréquents et le nombre des messages non-codés a augmenté considérablement. Plusieurs codes étaient employés bien que leurs utilisateurs devaient certainement savoir qu’ils n’étaient pas sûrs. La confusion des opérations radio démontrait la désintégration croissante des forces françaises… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais c’est sans conteste Erich Hüttenhain, un mathématicien égaré dans la cryptologie qui affinera perfidement le trait lors de ses interviews menés en Grande Bretagne par les hommes du TICOM alors que la guerre n’était pas terminée.

Il a en effet affirmé à plusieurs reprises (« Einzeldarstellung aus dem Gebiet der Kriptologie » page 14 à 16) et fourni des preuves tangibles que le code utilisé pour chiffrer les messages entre le Ministère de la Guerre et les districts militaires était un système à 4 chiffres de 10 000 valeurs, chiffrées par courtes séquences additives. S’agissant d’une méthode de chiffrement présentant une sécurité limitée, conservée pendant de nombreuses années malgré l’avis de plusieurs experts, les messages de caractère stratégique émanant du Ministère n’avaient plus de secrets pour les allemands lors du lancement de la campagne de France. (« En septembre 1939 lorsque la Deuxième Guerre mondiale a éclaté, au lieu de changer de procédure de chiffrement, le Ministère de la Guerre a ordonné que ce système de transposition soit étendu à l’ensemble des districts militaires. Dans la mesure où le système à 4 chiffres est resté en vigueur, les allemands ont pu déchiffrer ce trafic jusqu’en juin 1940 date à laquelle le Haut Commandement allemand avait eu connaissance de toutes les opérations militaires importantes menées par les forces françaises… »)

Rançon, de la gloire, c’est à Hüttenhain que sera confiée en 1956, la création du ZfCh (Zentralstelle für das Chiffrierwesen) qui sera jusqu’en 1989 l’autorité unique allemande en matière de politique de chiffrement applicable par tous les établissements publics fédéraux appelés à faire usage d’un cryptage opérationnel…

Nombreuses sont les preuves recueillies par TICOM qui expliquent le pari insensé pris par l’Etat-Major allemand, à partir des informations recueillies par ses unités de décryptage, de concentrer la totalité de ses divisions blindées sur le secteur des Ardennes, et de les utiliser pour encercler puis détruire tout le flanc nord des alliés.

Ainsi, le document TICOM référencé DOCID 3560861 qui précise :

* (page 9) : « Les principaux succès de l’organisation de cryptographie de l’armée allemande, depuis sa création, jusqu’à la fin de la guerre consistent, avant 1939, à avoir réussi à déterminer les ordres de bataille des armées française, néerlandaise et britannique. Un résultat obtenu par le décryptage des codes français et des chiffrages à double transposition de l’armée néerlandaise…Durant la campagne de France de 1940, d’avoir déterminé les ordres de batailles mobiles de l’armée française en ayant décrypté les codes du Ministère de la Guerre..»

* (page 16) : « Les succès les plus impressionnants de la période 1939-1944 semblent avoir été atteints sur les systèmes français. La clé de chiffrage de la machine à chiffrer Hagelin B211 (adoptée par la France et aujourd’hui obsolète) et des succès limités ont été obtenus sur la machine française BC-38. Le code d’un important attaché militaire a été cassé au début de la guerre. Après 1940, tous les systèmes de Vichy étaient automatiquement compromis dès lors qu’ils étaient pris en compte par la Commission d’Armistice de Wiesbaden… »

* (page 22) : « en 1940, le taux de décryptage des codes diplomatiques français était estimé à 75 %... »

Et c’est donc tout naturellement qu’est tombé le mythe selon lequel en 1940, l’armée française était la plus puissante et la mieux équipée d’Europe. Une caractéristique encore renforcée dans l’esprit des politiques de l’époque exception faite de quelques voix discordantes, par l’apport du petit corps expéditionnaire britannique et de la puissante flotte anglaise.

Bref, c’est tout de même un comble de devoir faire appel aux archives de la NSA pour rétablir la réalité des faits de la campagne de France….

 

http://fr.sott.net/article/24876-La-debacle-de-juin-1940-expliquee-par-la-NSA

Les cobayes humains de l’armée française.

01/04/1960 : 150 prisonniers algériens utilisés comme cobayes humains lors du second essai nucléaire français à Reggane.

René Vautier est mort le 4 janvier 2015.
Résistant à 15 ans, il fut, avec pour seule arme sa caméra, engagé sa vie durant contre le colonialisme et les injustices ; emprisonné dès son premier film à 21 ans ; censuré comme nul autre réalisateur français ne le fut.

Lui qui avait des liens si forts avec l’Algérie s’était fait l’écho d’un témoignage terrible qui, jusqu’ici n’a pas été évoqué dans la presse française. Il est temps de le faire.

Cela se passe au CSEM (Centre Saharien d’Expérimentation Militaire) situé à Reggane, à 700 km au sud de Colomb Bechar. Les tirs sont effectués à Hammoudia, à une cinquantaine de km au sud-ouest de Reggane. Le premier avril 1960 a lieu le second essai nucléaire français, sous le nom de code “Gerboise blanche”. La bombe dégagea environ 4 kilotonnes.

Le tir a été l’occasion d’étudier la résistance des matériels militaires (avions, véhicules, parties de navires…) à une explosion nucléaire.

L’armée française a mené des essais sur des rats, des lapins et des chèvres.

Des exercices militaires en ambiance « post-explosion » ont été réalisés. Ils commencèrent vingt minutes après les tirs.

Mais environ 150 hommes vivants furent aussi exposés aux effets de la bombe, ligotés à des poteaux, à environ 1 km de l’épicentre.

Nous sommes en pleine guerre d’Algérie, cette guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes algériennes, militaires et surtout civiles. Beaucoup de victimes meurent torturées. Pour le colonialisme français et son armée, la vie des Algériens ne vaut pas cher à l’époque…

René Vautier, avait monté son film “Algérie en flammes”, tourné dans les maquis algériens dans les studios de la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft) en RDA. 
Karl Gass, réalisateur documentariste à la D.E.FA. Avait recueilli le témoignage d’un légionnaire français d’origine allemande affecté à la base de Reggane.

Le témoin affirmait avoir reçu, juste avant l’explosion, l’ordre de récupérer dans des prisons et des camps de concentration, 150 Algériens qui devaient être utilisés comme cobayes à proximité du point zéro. Il déclarait les avoir fait venir, les avoir remis à ses supérieurs hiérarchiques, et ne les avoir jamais revus. Ce légionnaire a été affecté ailleurs en 1961.

M. Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach et M. Chennafi, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler, confirment ce témoignage (voir encadré “Ce que disent les Algériens”).

En Algérie, la presse et les médias algériens, la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, des juristes, des médecins évoquent ces questions.

Le 14 février 2007, le quotidien Le Figaro cite une réponse à l’interpellation des Algériens. Elle est faite par le responsable de la communication du ministère de la Défense, Jean-François Bureau : « Il n’y a jamais eu d’exposition délibérée des populations locales » ». Il s’agit, selon lui, d’une légende entretenue par la photo d’une dépouille irradiée exposée dans un musée d’Alger. « Seuls des cadavres ont été utilisés pour évaluer les effets de la bombe », ajoute-t-il.

Mais alors, quels sont ces cadavres ? D’où venaient-ils ? Quelles étaient les causes des décès ? Où sont les documents tirant les enseignements de leur exposition à la bombe ? Et surtout, peut-on sérieusement croire qu’en pleine guerre d’Algérie, l’armée française pouvait transporter des cadavres sur des centaines de km pour des essais “éthiques” alors qu’elle torturait et tuait quotidiennement civils et combattants algériens ?

Qui peut croire aussi, qu’un pouvoir qui se dote à grands frais d’une arme nouvelle, qui fera l’essentiel de ses forces, va s’abstenir d’en faire l’essai jusqu’au bout ? La logique “technique” à défaut d’être humaine, c’est de la tester “en vraie grandeur” c’est à dire sur des êtres humains vivants … Tous l’ont fait : lisez, pays par pays, l’encadré à ce sujet.

Pourtant, il n’y a pas eu de scandale d’Etat à la hauteur de ce fait qui relève du crime contre l’humanité.

Le fait que le FLN avait accepté, dans le cadre d’ »annexes secrètes », que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant quatre années supplémentaires a sans doute créé des conditions propices à ce silence officiel…

En effet, ces essais se sont poursuivis dans les conditions de mise en danger des populations locales et des travailleurs algériens sur les sites contaminés, le pouvoir algérien ne souhaitait sans doute pas voir ce dossier sensible resurgir.

Derrière elle, l’armée française a laissé des poubelles nucléaires à peine ensablées (voir L’Humanité du 21/02/2007), des populations victimes de multiples cancers, des nappes phréatiques radioactives.

Mais elle laisse aussi le souvenir, mieux caché pour l’instant, d’une épouvantable expérimentation effectuée sur des êtres humains vivants.

Merci à René Vautier pour avoir tenté, durant des années, de lever la chape de plomb sur ce crime.

A présent les bouches et les archives doivent s’ouvrir.

Comme la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, exigeons l’ouverture complète des archives militaires sur les essais nucléaires dans le sud du Sahara (algérien) dans les années 1960 à 1966.

Demandons aux nombreux militaires et civils français et algériens qui ont servi sur la base de Reggane et ont pu être témoins directs ou recueillir des témoignages de dire ce qu’ils savent.

Que la France officielle reconnaisse aujourd’hui le crime.

A défaut de pouvoir le réparer, qu’elle prenne ses responsabilités pour atténuer les conséquences de ses essais nucléaires sur les populations algériennes :

– La réhabilitation des sites d’essais nucléaires, conformément à la législation internationale.

– La création d’une structure de santé spécialisée dans le traitement des maladies cancéreuses causées par la radioactivité. La mise en place d’un registre du cancer dans les régions d’Adrar, Tamanrasset et Béchar. La prise en charge totale des malades.

– La création d’un pôle d’observation des différents sites ayant servi aux essais nucléaires comme ce fut le cas pour l’Angleterre et ses sites en Australie.

Auteur : Nicolas Pluet, militant communiste et ami de René Vautier.


Sources et éléments pour des encadrés éventuels complétant le texte principal.
Eléments pour un encadré sur Ce que disent les algériens

Du côté algérien, des recherches ont été faites dans les années 2000 et résumées ainsi par l’avocate Me Fatima Ben Braham : « L’étude iconographique, de certaines de ces photos, nous a permis de constater que la position des soi-disant mannequins ressemblait étrangement à des corps humains enveloppés de vêtements. A côté de cela, nombre d’Algériens détenus dans l’ouest du pays et condamnés à mort par les tribunaux spéciaux des forces armées [français] nous ont apporté des témoignages édifiants. Certains condamnés à mort n’ont pas été exécutés dans les prisons, mais ils avaient été transférés pour ne plus réapparaître. Ils avaient, selon eux, été livrés à l’armée. Après consultation des registres des exécutions judiciaires, il n’apparaît aucune trace de leur exécution et encore moins de leur libération. Le même sort a été réservé à d’autres personnes ayant été internées dans des camps de concentration. »

Après des recherches, l’avocate a retrouvé une séquence des informations télévisées montrant un combattant mort sur une civière entièrement brûlé, ainsi commentée : « Et voilà le résultat de la bombe atomique sur un rebelle. »De plus, une étude minutieuse des photos de mannequins, et particulièrement une, où plusieurs corps (5 environ) étaient exposés, indique que les mannequins auraient une forte ressemblance avec des corps humains.

Elle a alors réuni un groupe de médecins et de médecins légistes à l’effet de faire le rapprochement des corps exposés avec de véritables corps humains dans la même position (tête, bras, jambes, bassin, buste, etc.) Les résultats ont été concluants : il s’agit bien de corps humains (même le poids a été déterminé) et leur mort était certaine.En 2005, la question a été posée aux autorités françaises qui ont d’abord répondu qu’il s’agissait uniquement de mannequins et de rien d’autre, pour tester les habillements face aux essais.

Après insistance des Algériens, les autorités françaises ont rétorqué que « s’il y avait des corps à la place des mannequins, il faut se rassurer que les corps étaient sans vie ».

Source : http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/france/cobayes_humains.htm


Lors d’un documentaire, réalisé par Saïd Eulmi et diffusé à l’ouverture du colloque, il a été rapporté que des prisonniers de guerre avaient été utilisés comme cobayes lors des essais. Des images de corps humains calcinés accrochés à des poteaux ont été montrées. « Les corps de ces martyrs (…) ont été retrouvés durcis comme du plastique », a souligné Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach. « Les conventions de Genève ont été violées. Il s’agit de crimes de guerre », a estimé Abdelmadjid Chikhi, directeur des archives nationales.

Source : Metaoui Fayçal, El Wattan


Le témoignage de M. Chennafi, « un sexagénaire, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler jour et nuit et préparer l’installation de la bombe nucléaire : « Après l’explosion de cette bombe, les victimes étaient parties en fumée. Même les ossements ont disparu ». Plusieurs militaires et médecins Français ont confirmé l’utilisation par l’armée française d’habitants de la région ou de Ghardaia afin de « tester l’effet des radiations » sur eux. Ces derniers ont été placés dans les lieux servant de théâtre des opérations sans protection aucune. Les survivants n’ont bénéficié d’aucun traitement contre les radiations nucléaires par la suite.

Source : Planète non-violence (webzine)


Ligue Algérienne des Droits de l’Homme

La LADDH pense que l’exposition directe, par la France, de prisonniers dans l’expérience nucléaires constitue “une flagrante violation de la convention de Genève relative aux prisonniers de guerre et à leur traitement.

Le FLN a accepté, dans le cadre d’ »annexes secrètes », que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant cinq années supplémentaires. Onze essais se sont ainsi déroulés après l’Indépendance du 5 Juillet 1962 et ce, jusqu’en février 1966.

La LADDH est porteuse d’exigences vis à vis de la France (voir article principal).
Source : 
http://ekopol.over-blog.com/2014/08/les-essais-nuclaires-francais.html


Eléments pour un encadré sur: Radiations imposées.

Même les militaires n’étaient pas protégés.

 

Si l’on compare avec ce qui a été fait en Polynésie pour la protection des populations – des blockhaus pour Tureia qui se trouve à 110 km de Mururoa et des « abris de prévoyance » sommaires pour les Gambier, Reao et Pukarua, dans le Sahara algérien, les précautions prises pour la protection des personnels militaires et des habitants des palmeraies voisines ont été très sommaires, voire inexistantes. 
Quelques documents estampillés « secret » permettent d’avoir une idée du mépris des autorités militaires à l’égard de leurs hommes. On peut constater que pour les populations sahariennes de Reggane (environ 40 km d’Hammoudia) et quelques palmeraies encore plus proches des points zéro, la protection était nulle. Aucun abri ou autre bâtiment n’a été construit pour ces populations, tout aussi bien que pour les personnels militaires de la base de Reggane Plateau ou les quelques dizaines de militaires et civils qui restaient sur la base d’Hammoudia pendant les tirs.

A Reggane au Sahara, à moins de 5 km de l’explosion, on donnait des lunettes noires aux soldats pour se protéger les yeux. Mais ils étaient en short et chemisette.

Des retombées à plus de 3 000 km, des conséquences sanitaires terribles.

Outre dans tout le Sahara algérien, les retombées radioactives ont été enregistrées jusqu’à plus de 3000 km du site (Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, Khartoum, etc.).

24 000 civils et militaires ont été utilisés dans ces explosions, sans compter l’exposition aux radiations de toute la population de la région.

A Reggane où les essais ont été atmosphériques et ont couvert une vaste zone non protégée, selon les médecins, l’exposition aux radiations ionisantes provoque plus 20 types de cancer (cancers du sein, de la thyroïde, du poumon, du foie, du côlon, des os, etc.). 
Les leucémies dépassent de manière sensible la moyenne dans la région. Des malformations touchent aussi bien les adultes que les enfants, les nouveaux nés et les fœtus. On constate également une baisse de fertilité des adultes. Des cas de cécité sont dus à l’observation des explosions. A Reggane le nombre de malades mentaux est très important. Des familles entières sont affectées, sans parler des lésions de la peau, des stigmates physiques et des paralysies partielles, ainsi que d’autres phénomènes sur lesquels les médecins n’arrivent pas à mettre de mots.

Le bilan des décès causés par les maladies radio-induites ne cesse de s’alourdir à Tamanrasset. Au total 20 cancéreux, entre femmes, hommes et enfants, sont morts en juillet dernier, s’alarme Ibba Boubakeur en 2014, secrétaire général de l’Association des victimes des essais nucléaires à In Eker (Aven), Taourirt.

« Nous avons assisté à l’enterrement d’enfants amputés de leurs membres inférieurs et de femmes à la fleur de l’âge. Le pire, c’est qu’aucune de ces victimes ne possède un dossier médical, hormis les quelques certificats délivrés par les médecins exerçant dans la région », se plaint-il. 52 ans après cette tragédie que la France ne veut toujours pas réparer.

« On ne peut pas avoir le nombre exact de victimes. En 2010, un recensement partiel faisant état d’un peu plus de 500 victimes a été réalisé dans les localités relevant uniquement de la commune de Tamanrasset, à savoir Inzaouen, Ifak, Toufdet, Tahifet, Indalak, Izarnen, Outoul et Tit. Nous y avons constaté beaucoup de maladies, des avortements, des malformations et toutes les formes de cancer ».

Selon une étude réalisée par des experts, 21,28% des femmes de cette région sont atteintes de cancer du sein et 10,13% du cancer de la thyroïde.

Sources: http://www.reperes-antiracistes.org/article-dossier-algerie-les-essais…

Ligue Algérienne des Droits de l’Homme. http://www.lematindz.net/news/15070-essais-nucleaires-en-algerie-la-la…

http://lavoixdesidibelabbes.info/laven-salarme-des-deces-causes-par-le…

http://ekopol.over-blog.com/2014/08/les-essais-nuclaires-francais.html

http://www.djazairess.com/fr/elwatan/60683

Le jour d’Algérie » du 13/02/2007


Eléments pour un encadré sur: Essais humains : la France n’est pas la seule.

USA
Le secrétaire d’Etat à l’Energie américain, Hazel O’Leary, a révélé que son pays a mené des expériences sur quelques 700 « cobayes humains ». C’était dans les années quarante, on administra à plus de 700 femmes enceintes, venues dans un service de soins gratuits de l’université Vanderbilt (Tennessee), des pilules radioactives exposant les fœtus à des radiations trente fois supérieures à la normale. On leur faisait croire qu’il s’agissait d’un cocktail de vitamines. ..

En 1963 (là, on était pourtant édifié sur les effets de la radioactivité !), 131 détenus de prisons d’Etat de l’Oregon et de Washington se portèrent « volontaires », en échange d’un dédommagement de 200 dollars chacun, pour recevoir de fortes doses de rayons X (jusqu’à 600 röntgens) aux testicules.

Mais l’expérimentation humaine principale avait été menée lors des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945 et après eux. Le Japon avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier, avant les bombardements nucléaires.
Les USA choisissent Hiroshima et Nagasaki pour leurs configurations différentes et y expérimentent deux bombes de types différents : plutonium pour Nagasaki ; uranium 235 pour Hiroshima. Plus de 2 00 000 victimes immédiates, sans compter celles des décennies suivantes.

Les archives américaines ont révélé, que quatre des plus grandes villes japonaises avaient été retenues comme cibles potentielles et interdites de tout bombardement, afin de pouvoir attribuer à la seule bombe atomique les dégâts observables. Par ordre de « préférence », il s’agissait de Hiroshima, Niigata, Kokura et Nagasaki.
Après les bombardements les USA construisent tout un hôpital, implantent un camp de scientifiques pour examiner les survivants et mener des expériences sur eux, quelques semaines seulement après le bombardement. Mais ne soigneront personne.

URSS

En septembre 1954, l’armée soviétique exposa sciemment des civils et des militaires aux retombées d’une bombe atomique de 20 kilotonnes, explosée à 350 m au-dessus de la ville de Totskoye, dans l’Oural. Outre les 45 000 soldats qui furent exposés – quand les généraux décidèrent de leur imposer des exercices militaires sur les terrains encore brûlants de radioactivité -, il y avait aussi des civils : un million de personnes environ, réparties dans un rayon de 160 km autour du site de l’expérience. En effet, Kouibichtchev (aujourd’hui Samara), alors peuplée de 800 000 habitants, se trouve à 130 km à l’ouest du site et Orenbourg, 265 000 habitants, à 160 km à l’est.

Au Kazakhstan un quart du territoire kazakh est occupé par les terrains d’essais et des usines militaires. On y a fait exploser 466 bombes atomiques : 26 au sol, 90 en altitude et 350 sous terre. Lors de l’essai, en 1953, de la première bombe à hydrogène 14 000 personnes furent exposées aux retombées. Une vaste région de ce pays est contaminée. Elle a subi une irradiation d’un niveau comparable à celui de Tchernobyl pendant quarante ans.
Source : 
http://atomicsarchives.chez.com/cobaye_humains.html

Chine

Le site d’essais nucléaires chinois de Lob Nor, dans le Xinjiang, est le plus vaste du monde : 100 000 km2, dans le désert du Turkestan oriental, dont environ un cinquième a été irradié.

Les populations locales se sont plaintes à de nombreuses reprises de maladies inhabituelles : cancers de la thyroïde ou malformations à la naissance. Les estimations du nombre de victimes vont de « quelques décès » selon les autorités, à 200 000 selon les sympathisants de la cause ouïghoure (ethnie majoritaire au Xinjiang). Des tests indépendants, conduits dans quelques villages, ont montré des taux de radioactivité très supérieurs à la limite d’alerte, et 85 000 personnes au moins vivent encore à proximité immédiate des anciennes zones d’essais. Au début des tests, ces riverains n’étaient même pas déplacés. Dans les années 70, on les faisait évacuer quelques jours avant de les faire revenir.
Source : Denis DELBECQ et Abel SEGRETIN

Royaume Uni :

Le gouvernement britannique a eu recours à des soldats australiens, anglais et néo-zélandais pour les utiliser comme cobayes lors d’essais nucléaires.
Des centaines d’aborigènes ont probablement été contaminés à proximité du site d’essais de Maralinga.

 

Source: http://www.legrandsoir.info/les-cobayes-humains-de-l-armee-francaise.html

Histoire réécrite : Pearl Harbor – 7 décembre 1941

Soixante-quinze ans après l’attaque de Pearl Harbor à Honolulu par les Japonais, les USA célèbrent cet évènement en grande pompe.

Comme l’histoire est ridiculement réécrite ! Les Japonais ont attaqué parce que les Etats-Unis entravaient lourdement leurs échanges commerciaux avec les pays riverains du Pacifique ouest. Certes le Japon avait des vues sur le fer et le charbon australien mais ce pays commerçait honorablement avec l’Australie et ce n’est qu’après l’attaque de Pearl Harbor que les Américains ont prétendu qu’il fallait chasser l’armée japonaise des îles environnant l’Australie comme les Salomon et l’archipel de Guam qui étaient depuis de nombreuses années une possession de l’empire nippon.

Bref, tout ce rappel historique largement déformé dans les livres d’histoire pour dire que depuis le 7 décembre 1941 les USA n’ont jamais cessé de faire la guerre dans le monde entier, et ça continue et ça continuera encore car le seul secteur productif à peu près florissant de ce pays est le complexe militaro-industriel. Apple, Facebook ou Google sont des sociétés qui vivent de publicité ou d’innovations de moins en moins convaincantes. Les missiles, les drones et toutes sortes d’armements sont le nerf économique de ce pays guerrier qui ose imposer par la force sa notion toute relative de la démocratie. Et tous les pays européens en subissent les conséquences avec le bras armé des USA qu’est l’OTAN.

Sous la pression de ce lobby industriel ultra-puissant, The Donald, qui a promis de rapatrier tous les GIs qui n’ont rien à faire dans des pays étrangers, sera réduit au silence et les USA continueront à faire la guerre. Rien qu’au début de cette semaine le secrétaire général de l’OTAN a demandé plus de moyens, dont des missiles nucléaires, pour parer toute agression de la Russie et l’Iran est également dans la ligne de mire des stratèges du Pentagone. Car il faut faire travailler Boeing, Martin-Marietta, Raytheon, Lockheed, General Dynamics et bien d’autres compagnies qui n’ont pourtant pas, entre parenthèses, financé la campagne électorale de The Donald.

Je suis allé il y a quelques années à Saipan (archipel de Guam) et j’ai visité les monuments commémorant les massacres et les suicides collectifs des Japonaises et de leurs enfants à l’arrivée des marines américains. En parle-t’on dans les livres d’histoire ? Bien-sûr que non ! Pearl Harbor est la date d’officialisation de l’agressivité des USA avec les premières bombes atomiques larguées 4 ans plus tard sur des villes japonaises pour tuer le plus de civils possibles et ensuite de l’organisation de leur main-mise sur le monde entier avec la création de la Banque Mondiale, du FMI installés à Washington comme par hasard, de l’institution du dollar comme monnaie d’échange internationale, de l’évènement annonciateur de la guerre froide et de l’officialisation de l’esprit guerrier congénital des descendants du May Flower qui faillirent bien exterminer tous les Indiens et tous les buffalos … Quel terrible anniversaire !

 

Source: https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/12/08/7-decembre-1941/

Et si le Titanic avait coulé à cause d’un incendie?

« Ce naufrage n’est pas l’histoire d’une simple collision entre un paquebot et un iceberg », indique un expert dans The Independent.

Ce mystère a désormais plus d’un siècle: pourquoi le Titanic a coulé en 1912? La thèse de la collision avec un iceberg est la plus connue mais de nouvelles recherches évoquent une autre théorie.

Photos à l’appui

Selon The Independent, le Titanic a coulé parce qu’un incendie a fragilisé la coque. Le journaliste britannique Senan Molony est arrivé à cette conclusion. Il a passé plus de trente ans de sa vie à tenter d’expliquer les causes du naufrage. Il s’est basé sur les photos prises par le chef des ingénieurs électrique avant que le paquebot ne quitte les chantiers navals de Belfast.

Sur ces clichés, Senan Molony a pu identifier de grandes marques noires sur la coque avant droite, tout près de l’endroit où l’iceberg a transpercé la coque du bateau. Selon les experts, ces marques ont bel et bien été causées par un incendie parti dans un stock de carburant.

« Le paquebot n’aurait jamais dû être mis à la mer »

« Ce naufrage n’est pas l’histoire d’une simple collision entre un paquebot et un iceberg. C’est l’addition de facteurs extraordinaires : le feu, la glace et la négligence. Cet incendie était connu mais il a été minimisé. Le paquebot n’aurait jamais dû être mis à la mer », indique Senan Molony..

 

Le Titanic a coulé au fond de l’Océan Atlantique dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Ce naufrage a fait environ 1 500 morts.

Source:http://www.7sur7.be/7s7/fr/1506/Sciences/article/detail/3044841/2017/01/02/Et-si-le-Titanic-avait-coule-a-cause-d-un-incendie.dhtml

Le «récit national» : une histoire réactionnaire au service des dominants

 

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

François Fillon ayant voulu se présenter comme le champion d’une droite qui veut « réécrire les programmes d’Histoire avec l’idée de les concevoir comme un récit national », Nicolas Sarkozy a aussitôt fait un pas de plus, en assurant que « dès que vous devenez Français, vos ancêtres sont Gaulois ». L’identité nationale a ainsi fait son grand retour dans le débat politique, non sans recevoir les encouragements de Jean-Luc Mélenchon qui a cru nécessaire d’en rajouter une couche, en affirmant qu’« à partir du moment où l’on est Français, on adopte le récit national »…

 

Si le retour à cette vieille conception nationale de l’histoire est scientifiquement incongru, il constitue surtout le fondement d’un nouvel ordre réactionnaire que l’ensemble du mouvement ouvrier doit combattre sans hésitation.

 

Le concept charnel de nation

L’histoire entretient des relations aussi anciennes qu’étroites avec le concept de nation. De l’Afrique des griots à la Grèce d’Homère, il n’est en effet pas de nation en construction qui ne se soit cristallisée autour du souvenir épique des grands ancêtres. Les vieux récits oraux qui, à l’exemple des chansons de geste ou des sagas, transmettaient la mémoire des ancêtres fondateurs, ont progressivement fait place aux chroniqueurs royaux, puis aux historiographes modernes, sans qu’aucune solution de continuité ne puisse être identifiée dans la construction de la mémoire nationale. Rares sont donc aujourd’hui les nations qui ne disposent d’un « roman national », dont les postulats remontent souvent à des temps très anciens, puisque leur premier noyau est inséparable du processus d’ethnogenèse qui a permis la mise en place des premières constructions nationales.

Historiquement, les nations se sont pensées comme des constructions charnelles. Le vocabulaire en témoigne dans la mesure où des termes comme génos ou gens, qui en grec et en latin constituent les équivalents les plus proches de ce que nous appellerions aujourd’hui la nation, dérivent d’une racine indoeuropéenne qui renvoie à la naissance. Cette même étymologie caractérise tous les termes qui définissent la nation. Le français « nation » n’est ainsi que la transcription française du latin natio, qui signifie « naissance ». Les langues slaves utilisent pour désigner la nation le terme de národ ou l’un de ses dérivés qui lui aussi renvoie à la naissance, comme en témoigne encore aujourd’hui l’existence en tchèque du verbe národit (= naître). Hors du domaine indo-européen, il n’en va pas différemment, puisque le terme umma, qui constitue dans l’arabe coranique l’équivalent le plus proche de notre terme de nation, est par exemple forgé sur la racine umm (= mère).

Comme en témoignent ces étymologies, la nation s’est donc originellement pensée comme un regroupement de gens issus d’une même naissance, autrement dit comme un groupe issu d’un ancêtre commun. Un peu comme le concept de « patrie », qui renvoie quant à lui étymologiquement à la terre des pères, la nation porte par ses origines un caractère charnel, ce qui explique qu’elle puisse si facilement se charger d’émotion. Il devient en effet beaucoup plus facile d’exiger d’un homme de mourir pour la défense nationale, s’il pense se sacrifier pour ce qu’il perçoit peu ou prou comme sa parenté de sang.

 

L’histoire comme idéologie nationale

Dans les faits, aucune nation ne constitue toutefois une communauté charnelle. Les ethno généticiens ont ainsi démontré que, bien que l’isolement d’une nation peut, en favorisant l’endogamie, lui permettre d’acquérir avec le temps des caractères génétiques communs, aucune des nations existantes ne descend d’un groupe ethniquement homogène. Les historiens ont, quant à eux, montré que les nations ne sont pas issues de la longue expansion des vieux liens tribaux, mais d’un processus politique rapide au cours duquel un chef soumet des populations disparates.

Ainsi, les proto-nations germaniques, comme les Wisigoths, les Burgondes ou les Francs, étaient originellement constituées par des groupes ethniquement hétérogènes, dont les contours pouvaient évoluer très rapidement en fonction des succès ou des défaites de leurs chefs. Les Francs ne constituaient par exemple qu’un ensemble de tribus diverses dont l’unité nationale ne reposa guère que sur le fait que Clovis les contraignit à se soumettre à son autorité. En d’autres termes, l’unité nationale n’est pas originellement fondée sur un lien de sang, mais sur le partage d’un même rapport de domination.

Entre le concept de nation et sa réalité concrète, il existe donc un profond hiatus que l’histoire a précisément pour fonction de combler. Comme l’avait montré l’historien Jenö Szücs à partir du cas de la Hongrie, les proto-nations se sont très vite dotées d’une histoire, parce qu’elles avaient besoin de s’inventer, par un « récit national », une ascendance commune.

Ainsi, les Hongrois n’ont originellement aucune unité ethnique, puisqu’ils trouvent leur origine dans le regroupement au 10e siècle, sous l’autorité de la famille des Árpád, d’un patchwork de tribus, puisant à des groupes linguistiques très différents (finno-ougrien, turc, indo-européen, etc.). La montée en puissance de la royauté hongroise l’amena toutefois à affirmer son autorité en se posant comme garante de l’unité nationale, ce qui l’amena à faire écrire au 13e siècle une première histoire officielle qui expliquait que les Hongrois descendaient des Huns. Les Hongrois constituaient dès lors une nation au sens premier du terme, puisqu’en se définissant comme des fils de Huns, ils pouvaient désormais se percevoir comme un vaste cousinage.

La quasi-totalité des nations européennes s’est construite en se dotant d’une historiographie semblable. Au 7e siècle et peut-être même dès la fin du 6e siècle, les historiens de la monarchie mérovingienne expliquèrent ainsi que le peuple franc était issu de l’ancienne Troie, reprenant à leur compte l’origine mythique dont se prévalaient les Romains. Il en alla de même en Angleterre où la création au 10e siècle d’une royauté unique aboutit au 12e siècle à ce que les historiens affirment que les Britanniques étaient issus d’un certain Brutus qui, pour faire bonne mesure, était aussi censé descendre du roi Priam de Troie.

Le même processus se retrouve aussi en Bohème, où la création au 10e siècle de la monarchie ducale des Přemsylides entraîna la naissance de la nation tchèque et l’écriture au début du 12e siècle d’une première histoire nationale qui affirma que les habitants de la Bohème descendaient tous d’un certain Boemus. Partout s’écrivirent ainsi des histoires nationales dont la fonction était de permettre idéologiquement à la nation de se percevoir comme une communauté de sang.

 

L’histoire nationale comme idéologie sociale

Pour les dominants, ces premières histoires nationales avaient le défaut de porter une dimension par trop égalitaire, puisque l’ensemble de la nation était censé avoir le même sang. Aussi les histoires nationales s’attachèrent-elle à introduire l’inégalité sociale dans l’histoire nationale, comme le fit la première histoire des Hongrois en expliquant que l’égalité originelle qui existait entre tous les Huns avait été abandonnée, après que les plus lâches d’entre eux avaient été réduits en servage pour avoir refusé de combattre à l’heure d’un grand péril. Un tel mythe permettait de légitimer la domination de la noblesse, censée descendre des Huns les plus courageux, et la réduction en servage perpétuel de la paysannerie qui avait l’infortune de descendre des Huns les plus lâches.

La même logique put permettre de légitimer la domination masculine, comme cela est le cas dans la plus ancienne histoire nationale des Tchèques lorsqu’elle explique que l’égalité originelle entre les sexes fut brisée par les premiers descendants de Boemus qui capturèrent et asservirent les femmes, fondant ainsi un nouvel ordre sexuel dans lequel elles se trouvaient placées sous la puissance de leurs maris.

Dans le cas français, la légitimation nationale de l’ordre social se traduisit sous l’Ancien Régime par une importante reconsidération, qui amena les historiographes à refuser au Tiers-Etat une ascendance franque. Dans cette logique, les Francs n’auraient en effet été que les ancêtres des seuls nobles qui, en conquérant les Gaules, auraient réduit en servitude les Gaulois qui devenaient ainsi les ancêtres des serfs et donc du Tiers-Etat. Cette conception, assez courante aux 17e et 18e siècles, permettait de transformer la lutte des classes en une lutte des races et de mieux garantir la domination nobiliaire en en faisant une partie intégrante de l’ordre national.

 

La Révolution et l’histoire nationale

On sait que la Révolution française apporta une nouvelle conception de la nation. Celle-ci se traduisit tout d’abord par la constitution, le 17 juin 1789, de l’assemblée du Tiers-Etat en « Assemblée nationale », ce qui impliquait une conception désormais démocratique de la nation.

Elle s’exprima aussi par une conception contractuelle de l’unité nationale, qui se traduisit par la fête de la Fédération qui vit, le 14 juillet 1790, les délégués de chaque province de France jurer au Champ-de-mars de « demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ». Ces éléments servent encore aujourd’hui de point d’appui à la gauche républicaine pour affirmer qu’il y aurait en France une double conception de la nation. La première serait celle de l’ancienne France, historiquement portée par l’extrême droite, qui conçoit la nation comme une communauté charnelle. La seconde serait celle de la France révolutionnaire qui définirait la nation comme une communauté politique, fondée selon le philosophe et militant du PG, Henri Peña-Ruiz, sur le triptyque « Liberté, Egalité, Fraternité », seule source de ce nouveau contrat social.

Cette conception a une évidente part de vérité, dans la mesure où la gauche républicaine est effectivement porteuse d’une conception de la nation qui diffère profondément des perceptions ethniques ou religieuses qui sont à la source du nationalisme d’extrême droite. Pour autant, elle a aussi d’évidentes limites, dans la mesure où elle surestime la coupure entre l’Ancien Régime et la Révolution.

Sur la question de l’histoire nationale, comme d’ailleurs sur beaucoup d’autres, la Révolution apporta de profondes transformations plus qu’une véritable rupture. En conservant la référence à la nation, en la concevant toujours dans le cadre de la vieille France et non dans celui d’une communauté politique de type nouveau, la Révolution n’a en réalité jamais vraiment tourné le dos à la vieille conception charnelle qui fondait l’histoire nationale. Particulièrement révélateur est le manifeste que l’abbé Sieyès publia sous le titre Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?, à la veille de l’ouverture des Etats généraux. Ce texte, qui posait les fondements idéologiques de la constitution du Tiers-Etat en nation, abordait la question de l’histoire nationale en expliquant :

« Pourquoi [le Tiers-Etat] ne renverrait-il pas dans les forêts de la Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues de la race des conquérants et d’avoir succédé à des droits de conquête ? La nation, alors épurée, pourra se consoler, je pense, d’être réduite à ne se plus croire composée que des descendants des Gaulois et des Romains. En vérité, si l’on tient à vouloir distinguer naissance et naissance, ne pourrait-on pas révéler à nos pauvres concitoyens que celle qu’on tire des Gaulois et des Romains vaut au moins autant que celle qui viendrait des Sicambres, des Welches et autres sauvages sortis des bois et des marais de l’ancienne Germanie ? »

Dans ce texte emblématique, Sieyès proposait donc une transformation radicale du sens social de l’histoire nationale, en suggérant d’en exclure les Francs et donc leurs descendants nobles, pour ne plus retenir que les Gaulois, autrement dit les ancêtres du Tiers-Etat. Une telle conception revenait à introduire une démocratisation de l’histoire nationale, dans la mesure où elle plaçait le cœur de la nation dans le Tiers-Etat, même si celui-ci tendait en réalité à se confondre, dans l’esprit des révolutionnaires, avec la seule bourgeoisie.

Quelle que soit l’importance de cette révolution sociale, elle s’inscrivait néanmoins pleinement dans la vieille conception charnelle de la nation, puisqu’elle ne proposait finalement que de changer d’ancêtres de référence, en substituant les Gaulois aux Francs. Cette transformation dans la continuité eut un grand avenir, puisqu’elle fut à la source de l’histoire républicaine du 19e siècle, qui remplaça les Francs par les Gaulois, afin de déplacer le cœur de la nation de la noblesse à la bourgeoisie, sans pour autant rompre avec l’idée que la nation française se définissait par ses ancêtres communs.

 

Histoire et nationalisme

La démocratisation de la nation, qui trouvait son expression symbolique dans le choix des ancêtres gaulois, portait aussi en elle une dimension très agressive. La Révolution française en donna un premier exemple, puisqu’en se pensant comme « la Grande Nation », elle donna naissance à un premier impérialisme français, porté par une armée de masse, qui trouva son aboutissement dans l’Empire napoléonien. En diffusant toutefois sa nouvelle idée de la nation, la Révolution devint son propre fossoyeur, dans la mesure où elle donna partout naissance à de nouveaux nationalismes qui se retournèrent contre l’impérialisme français. Ces nouveaux nationalismes s’emparèrent dès lors des vieilles histoires nationales pour les diffuser à une échelle jusque-là inconnue.

Si l’histoire n’avait jusque-là pas constitué une matière académique, puisqu’elle n’était guère pratiquée que par quelques historiographes royaux ou érudits ecclésiastiques, les besoins historiques des nouveaux nationalismes modifièrent radicalement son statut. Au cours du 19e siècle, l’histoire devint une matière universitaire, tandis que les Etats mirent partout en place des institutions pour le développement de leur histoire nationale, à l’exemple de la « Société de l’histoire de France » fondée en 1833 par Guizot, ou encore de la « Gesellschaft für Deutschlands ältere Geschichtskunde » créée en 1819 par le ministre d’Etat prussien Heinrich von Stein.

Conçues dans une perspective étroitement nationale, ces histoires officielles se diffusèrent à une échelle de masse, en se voyant attribuer une place de choix dans l’enseignement primaire et secondaire qui se développa au cours du 19e siècle. Alors que sous l’Ancien Régime français, les vieux mythes francs de l’histoire monarchique n’étaient guère diffusés qu’au sein des élites, la nouvelle histoire nationale prit une tout autre dimension, puisque nul ne pouvait plus ignorer dans la France de la fin du 19e siècle le récit officiel qui, de Vercingétorix à Napoléon, construisait le fondement de l’unité nationale.

L’histoire nationale acquit aussi une nouvelle importance politique, dont témoigne le fait que les dirigeants du 19e siècle se firent souvent les historiens de leur nation, à l’exemple de François Guizot, qui fut l’un des plus célèbres historiens de la France avant de devenir le plus important des présidents du Conseil de Louis-Philippe.

L’histoire occupa une place encore plus importante au sein des nations qui avaient perdu leurs Etats, comme ce fut le cas en Bohème, où l’historien František Palacký reprit les vieux manuscrits du 12e siècle pour écrire une Histoire du peuple tchèque en Bohème et Moravie qui reprenait et rénovait la vieille histoire nationale du Moyen-âge, en cultivant la nostalgie de l’ancienne indépendance du royaume de Bohème. L’ouvrage eut un succès de masse, qui permit à Palacký d’acquérir une audience considérable : président du congrès panslave réuni à Prague en 1848 pendant le printemps des peuples, il devint le père du nationalisme tchèque et le leader du parti vieux-tchèque et de sa fraction parlementaire à Vienne.

Loin d’avoir rompu avec la conception charnelle de la nation, l’idéologie nationale issue de la Révolution française développa à une échelle de masse de nouvelles revendications historiques, chaque nation mettant en place, au nom de ses droits historiques, des revendications territoriales et institutionnelles concurrentielles. Cette logique devait aboutir à la grande boucherie de la Première Guerre mondiale, qui fut en grande partie préparée par l’histoire nationale, comme ce fut le cas en France où les écoles de la IIIe République avaient soigneusement préparé la population à combattre l’Allemagne, en leur offrant le modèle de leurs ancêtres Gaulois affrontant les Teutons.

Ce dramatique bilan de l’histoire nationale amena à de nouvelles interrogations sur sa pertinence, comme en témoigne le philosophe Paul Valéry qui, bien que peu porté sur la critique sociale, doutait ouvertement des vertus de l’histoire de France en écrivant :

« L’Histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. Ses propriétés sont bien connues. Il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution, et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines. »

 

Le retour au récit national

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les Etats s’attachèrent à rompre avec le cycle infernal des guerres nationales en mettant au rencart les vieux récits nationaux. Un peu partout, les histoires nationales furent abandonnées dans le troisième quart du 20e siècle pour être remplacées par des programmes plus universels et plus en adéquation avec l’évolution de la recherche scientifique.

En faisant souffler un nouveau vent réactionnaire, la contre-révolution libérale réussit dans le dernier quart du 20e à inverser cette tendance. En France, où l’histoire nationale avait été abandonnée dans les années 1970, le ministre socialiste de l’éducation nationale, Jean-Pierre Chevènement, fit réviser en 1985 les programmes d’histoire de l’école primaire pour imposer un retour à la vieille histoire de France. Les objectifs fixés par Chevènement pour l’enseignement de l’histoire avaient un caractère réactionnaire manifeste, puisqu’ils se donnaient pour but de permettre « l’apparition chez l’élève de la conscience nationale » et le développement de sa fierté d’appartenir à un pays qui aurait été au 19e siècle une « grande puissance colonisatrice et mondiale », avant de devenir au 20e siècle une « grande puissance technologique et culturelle ».

Dans les années 2000, la droite sarkozyste s’attacha à récupérer la thématique, en proposant de substituer le terme de « roman national » à la notion chevènementiste de « récit national », sans toutefois que cette modification de la terminologie ne changeât quoi que ce soit sur le fond. La droite n’avait en réalité rien à redire aux conceptions de Chevènement, qui justifiait de son action en écrivant en 2014 :

« Le gouvernement qui, en République, est responsable des programmes, peut demander que le "récit national" ne valorise pas systématiquement des ombres de notre Histoire […], les traites négrières, les lois antisémites de Vichy, mais nous parle de ses lumières et nous rappelle qu’en particulier la Révolution française, la première en Europe, a fait des juifs des citoyens français comme les autres, et qu’elle a aboli une première fois l’esclavage en 1794. On aimerait que les programmes d’Histoire communiquent aux jeunes Français une raisonnable fierté de la France : un pays qui s’est construit sur un millénaire et qui ayant affirmé par la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (1789) la souveraineté de la Nation a, trois ans après, proclamé la première République (1792). J’ajoute que pour que naissent la Révolution et la République française, il a bien fallu que la France ait existé auparavant, que Philippe Auguste ait repoussé l’Empereur germanique à Bouvines (1214), que Saint-Louis ait fait tenir ensemble la France d’oïl et la France d’oc, que Jeanne d’Arc ait bouté l’Anglais hors de France, qu’Henri IV, par l’Edit de Tolérance, ait mis fin aux guerres de religions. Certes les choses auraient pu être tout autres, mais c’est comme cela qu’elles se sont passées. Et le pays qui a fait la Révolution française, matrice du monde contemporain, n’est peut-être pas tout à fait un pays comme les autres. »

Ce texte montre à quel point le « récit national » n’est rien d’autre que la vieille histoire des dominants. Chevènement n’y considère l’antisémitisme que sous l’angle des notables républicains octroyant aux juifs l’égalité des droits, tandis qu’il se refuse à percevoir l’esclavage du point de vue des Africains, pour ne le penser que par le seul biais de la bourgeoisie française qui avait généreusement assuré son abolition. Bien évidemment, on notera aussi que le renvoi à la nation républicaine ne constitue pour Chevènement que le relais d’une référence plus générale à l’histoire de la monarchie française, qui ne constitue rien d’autre qu’une exaltation de la construction de l’Etat par et pour la classe dominante. Ajoutons enfin que cette histoire des dominants est aussi une histoire sans femmes, si ce n’est par le seul biais de Jeanne d’Arc qui, grâce à son statut de Vierge, se voit accorder par Chevènement le douteux privilège d’entrer dans le panthéon des « grands hommes » qui ont fait la France.

 

Pour une histoire matérialiste

Pour un matérialiste, ce retour au « récit national » est d’abord et avant tout un retour à l’idéalisme. Une histoire nationale peut certes s’ancrer dans des faits sociaux, lorsqu’elle analyse la naissance d’une conscience nationale à travers le combat d’un groupe pour ses droits : on peut par exemple écrire une histoire concrète de la formation de la nation palestinienne, en étudiant sa formation au travers des luttes contre la colonisation anglaise et sioniste. On peut aussi écrire une histoire concrète de la construction de l’Etat français, en analysant le processus de constitution de la royauté qui permit à un lignage d’asseoir sa supériorité sur les pouvoirs concurrents, avant de construire les instruments lui permettant d’assurer sa domination sur les populations environnantes.

On peut enfin écrire une histoire de la construction idéologique de la nation française, en montrant comment les pouvoirs ont instrumentalisé le passé, en élaborant une mémoire sociale susceptible de légitimer leur domination. En revanche, on ne peut dresser un « récit national » de la France, dans la mesure où l’objet même de « France » ne constitue en dernière instance qu’une idée abstraite, sans réalité concrète.

Notre histoire n’est pas donc celle de cette nation abstraite dont la droite sarkozyste ou la gauche républicaine dressent un portrait mythifié, qui n’est en réalité autre que l’idéologie que les dominants ont construit pour imposer leur pouvoir. Elle est une histoire matérialiste, fondée sur la connaissance scientifique du passé historique, capable d’appréhender les sociétés passées dans leur réalité concrète, autrement dit comme des formations sociales fondées sur l’exploitation et la domination.

Elle est une histoire de chair et de sang, qui est celle d’un ordre profondément inégalitaire, dans lequel les palais et œuvres d’art des dominants ont été payés par la sueur des exploités. Elle se situe aussi à la seule échelle qui compte, autrement dit celle d’un monde dans lequel la croissance des uns s’est alimentée du pillage et de la réduction en esclavage des autres. Elle est enfin celle d’un ordre patriarcal, où les dominants ont fondé leur reproduction sur la domination masculine et l’homophobie.

 

 

Laurent Ripart

Le journal intime d’Hitler se trouverait dans les archives Russes

Le journal IA REGNUM a déjà eu l’occasion de publier un article concernant la mystérieuse disparition de la Chambre d’Ambre et sur le fait qu’après cette publication nous avons reçu des informations complémentaires provenant de nos lecteurs en Allemagne. Quelques jours plus tard nous avons également reçu une lettre analogue venant de Londres de la part d’une source qui nous semble tout à fait digne de foi. Voici ce qui est écrit dans cette lettre: « A partir de l’année 1945 nous perdons toutes traces de la Chambre d’Ambre. Selon la première et principale version, les fascistes, l’ont emmené avec eux dans leur retraite. C’est cette piste qui oriente les recherches pour trouver cette fameuse Chambre d’Ambre. Mais il existe une autre version, moins connue. En 2004 les journalistes anglais Asrian Levy et Cathy Scott-Clark dans leur livre « The Amber Room: The untold story of the greatest hoax of the twentieth century » affirment que la Chambre d’Ambre a été détruite par l’armée soviétique. A notre avis, les documents utilisés dans ce livre, soi-disant documents d’archive, sont d’origine bien douteuse. Selon l’opinion du journal anglais le Daily Telegraph, les journalistes ont plutôt essayé de « faire perdre à Moscou un atout dans le cadre des négociations avec Berlin concernant le retour d’objets d’art, qui avaient été emmenés par les soldats soviétiques ».

Pourquoi donc cette histoire semble tant obséder le Royaume Uni ? Peut-être parce qu’il existe une autre version selon laquelle la Chambre aurait entièrement brûlé à cause d’un bombardement par des pilotes anglais sur la ville de Konigsberg. Le fait est que la Chambre d’Ambre n’est pas seulement un symbole de la beauté de l’ambre, elle possède également une fascinante histoire politique et même mystique.

On sait qu’Hitler manifestait un grand intérêt pour certains objets rares qui, selon lui ou ses compagnons d’arme, posséderaient des forces cachées, c’est ce qui explique l’intérêt venant des services secrets d’un grand nombre de pays, parmi eux évidemment l’Angleterre. De notre point de vue il pourrait être intéressant de commencer des recherches aux archives centrales du ministère russe de la défense. De nos jours, ces documents sont en libre consultation. Cependant l’URSS n’a reçu qu’une partie des archives allemandes et beaucoup des documents restants sont maintenant aux États-Unis ou aux Royaume Uni. Malheureusement l’accès à ces documents est toujours restreint.

Il est largement reconnu que les biens qui ont été confisqués sur le territoire soviétique par l’armée allemande ont été gardés sous étroite surveillance. Parmi ces objets figure en premier lieu la Chambre d’Ambre. Nous pensons que le britannique Trévor Rowper à qui fut confiée la tache de fouiller le cabinet personnel d’Hitler (4 mois après la prise de commandement du pouvoir soviétique) avait pour mission de « trouver des choses importantes là où les Russes n’avaient pas encore regardé ». Et il a trouvé quelque chose. Dans ses mémoires Trévor Rowper a écrit qu’il avait « trouvé sur une table un agenda appartenant à Hitler dans une reliure solide faisant 35 sur 18 cm ». Le document fut envoyé à Londres et depuis plus aucune information n’a filtré concernant cet agenda. C ‘est pourquoi, il faut poursuivre et élargir les recherches sur la Chambre d’Ambre. Beaucoup de choses restent encore à découvrir.

Agonie secrète

Tout en prenant en compte les données fournies par notre correspondant de Londres, nous avons décidé de procéder nous même à une reconstruction des événements des derniers jours de la vie d’Hitler, de plus, beaucoup de documents peuvent nous aider dans cette mission. Parmi ces sources les plus fiables sont celles de l’adjudant d’Hitler et ses servants. Dans leurs notes ils affirment que le 20 avril 1945, Hitler avait au préalable averti qu’il ne ferait pas de célébration. Mais finalement son entourage parvint à le convaincre par l’intermédiaire Eva Braun « à le sortir de sa retraite, ce qu’il fit malgré lui, serra rapidement les mains des personnes présentes et aussitôt retourna chez lui ». C’est aussi ce que confirme également Martin Bormann dans son journal: « Malheureusement la bonne humeur n’était pas au rendez-vous ».

Mais plus surprenant encore, en avril 2000 aux archives fédérales il y a eu une exposition « l’Agonie du troisième Reich » dans laquelle il y avait un livre parmi les objets dont s’étaient emparés les soldats soviétiques qui se nommait « Les notes des visiteurs d’Adolf Hitler ». Lorsque nous avons ouvert ce livre à la date du 20 avril 1945, nous avons pu lire la chose suivante: « Ce jour-là, Hitler a visité l’ambassade d’Afghanistan, a rendu visite à un conseiller de l’ambassade du Japon ainsi que l’ambassade du roi du Tam (actuelle Thaïlande) ». Ceci ne correspond absolument pas avec les témoignages qu’on laissés les proches d’Hitler aux historiens.

Dans les notes de Goebbels et de Bormann il est écrit qu’Hitler et Eva Braun ont mis fin à leurs jours le 30 avril 1945 à 15h30. Hans Baur le pilote personnel d’Hitler a affirmé au cours de son interrogatoire que Hitler avait donné l’ordre de « brûler son corps et celui de sa femme juste après son suicide, autrement ils subiront le même sort que celui de Mussolini dont le cadavre avait été montré en place publique ». Cependant lors de l’exposition aux archives fédérales russes avait été montré sous le numéro 9401 des fragments du crane d’Hitler avec l’impact d’une balle bien visible au niveau du sinciput alors que selon les indications laissées par certains de ses proches, Hitler s’est tiré une balle dans la tempe et après il fut brûlé.

Et enfin en ce qui concerne le journal intime, nous sommes parvenus à joindre par téléphone l’Institut d’histoire contemporaine de Munich. Ils nous ont affirmé que: « l’histoire du journal intime d’Hitler est une affaire délicate. Tout dépend de ce que l’on entend par « journal intime ». Certaines sources affirment que quelqu’un aurait pu prendre des notes des conversations auxquelles il aurait pris part. Mais l’existence de ce cahier de notes reste encore à prouver ». Dans les archives fédérales russes il y a bien un album ayant appartenu à Hitler dans lequel il y a des notes écrites à la main et où il gardait ses cartes postales favorites. Mais il ne s’agit évidemment pas d’un journal intime.

Qui s’est joué de l’autre: Stern de Kujau ou bien Kujau de Stern ?

A la fin de l’année 2000, à Stuttgart s’est éteint un certain Conrad Kujau plus connu sous le nom de « Docteur Conrad Fisher ». Il est devenu célèbre pour avoir en 1983 vendu pour 4,5 millions de dollars un journal personnel d’Hitler au magazine Stern. Les détails de cette transaction demeurent inconnus mais dans les faits ce « carnet intime » avait au préalable déjà passé des tests historiques et graphologiques et avait été admis comme authentique. Comment ce carnet intime avait-il pu arriver dans les mains de Conrad Fisher ? Si on en croit les explications, en avril 1945, dans la région de Dresde, un avion allant dans une direction non connue et transportant des affaires personnelles d’Hitler, s’est crashé. Les paysans locaux se sont alors emparés des choses qui avaient survécu à la catastrophe parmi lesquelles se trouvait ce fameux « carnet intime ». Après cela, d’une manière mystérieuse le carnet était arrivé dans les mains de Conrad Kujau.

En avril 1983 le journal Stern, annonça en exclusivité la publication du journal intime d’Hitler. Aussitôt un grand nombre d’historiens du troisième Reich voulurent réécrire l’histoire de l’Allemagne moderne en prenant en compte les informations contenues dans ce carnet. Certains témoignages des derniers jours d’Hitler et les mentions qui sont faites de la Chambre d’Ambre fascinèrent les chercheurs. Pourtant parmi les cercles de fonctionnaires du gouvernement commencèrent à apparaître des doutes concernant l’authenticité de ce carnet. Et cette fois une nouvelle expertise fut faite mais sur le papier du carnet. Et rapidement on comprit que le papier contenait du polyamide, une matière qui ne fut utilisé en Allemagne qu’après 1955. Une enquête fut ouverte. Et finalement Kujau fut condamné à 5 ans de prison.

L’affaire aurait bien pu s’achever sur ce scandale, mais cette histoire a laissé en suspens toute une série de questions concernant les derniers jours d’Hitler et du troisième Reich. Les historiens ont désormais compris qu’ils ne possédaient que peu d’informations incontestables sur Hitler et son entourage et ce malgré les centaines de livres parus sur ce sujet. Ainsi parfois il suffit de commencer des recherches de confrontations sur la chronologie des événements pour se rendre compte des incohérences existantes. C’est justement sur ce point qu’a joué Conrad Fisher pour duper les historiens et les experts.

Affaire à suivre ?

L’auteur était loin de se douter qu’une conversation qu’il avait eu avec le germanisant Lev Bezymenski à la fin de l’année 2000 pourrait à ce point aujourd’hui servir son propos. Voilà ce qui avait été dit alors: « Staline avait émis des doutes concernant le corps trouvé pendant les premiers jours de mai 1945 près du bunker et le fait qu’il ait pu appartenir à Hitler. De plus le corps n’avait pas de crane. Deux organismes furent chargés de travailler sur l’enquête de manière parallèle; il s’agit du NKVD et du SMERSH. Mais ces deux groupes étaient en concurrence et chacun s’en tenait à ses propres théories. Le NKVD pensait qu’Hitler n’avait pas eu le temps de s’enfuir de Berlin alors que le SMERSH était sur une autre longueur d’onde. Ces deux enquêtes furent tenues secrètes. C’est à ce moment que furent retrouvés certains documents comme le journal tenu par Goebbels, celui de Bormann et même celui de Ribbentrop. On sait également que spécialement pour Staline certains fragments de ces documents « trophées » furent traduits. Mais pour ce qui est du journal intime d’Hitler, il s’agit assurément d’un mythe ». L’histoire des circonstances de la mort d’Hitler et de ces deux enquêtes par les services soviétiques ont été précisément étudiées par l’historien V.A Kozlov dans un de ses livres qui a été publié en 2003.

Dans le même temps les spécialistes russes des archives gouvernementales considèrent que les circonstances dans lesquelles sont arrivés les documents qui concernent le leader du troisième Reich sont propices aux doutes. Et ce n’est pas tout. Staline après la victoire soviétique lors de la Seconde Guerre Mondiale, a ordonné de rechercher la Chambre d’Ambre. Mais pourquoi du 22 juin 1941, date du début de l’invasion allemande, jusqu’au moment où les Allemands ont atteint le Chambre d’Ambre, c’est à dire 3 mois après, les Soviétiques n’ont pas eu le temps de démonter la chambre, alors que les Allemands eux l’ont fait en seulement 36 heures? Et puis pourquoi en arrivant au pouvoir en 1985, Mickaël Gorbatchev a stoppé les travaux de la troisième commission gouvernementale qui cherchait à retrouver la Chambre d’Ambre, cette même commission qui avait été crée par Léonid Brejnev en 1967 ? Le journal IA REGNUM continue de mener l’enquête.

Stanislav Tarassov

Source : http://www.iarex.ru/articles/52650.html

 

Traduit par Florent Guyard pour Réseau International

Qui a financé Hitler : la liberté en échange du silence ? Des noms et des faits.

Actuellement, en particulier à la veille du 70° anniversaire de la Victoire du 9 mai, on a rompu des lances au cours des débats pour déterminer qui avait déclaré la Seconde Guerre Mondiale, et quel avait été le rôle, dans cette affaire, du pacte Molotov-Ribbentrop. Personne n’a pris la peine d’aller chercher dans la direction d’une création du nazisme par Londres et Washington. Le secret de l’aide fournie par les Anglo-saxons à Hitler, au tout début de sa carrière politique, a été emporté dans la tombe par deux personnes.

 

Qui en réalité a financé l’arrivée d’Hitler au pouvoir ? Jusqu’à ce jour les historiens ne trouvent pas un accord sur le sujet : les uns pensent que les nazis étaient entretenus en secret par la Reichswehr allemande qui chérissait le rêve de prendre la revanche après la défaite lors de la Première Guerre Mondiale, d’autres prétendent que les principaux sponsors du Führer étaient des industriels allemands.

Cependant, – comme l’ont découvert mes collègues, – durant le procès de Nuremberg l’ex-président de la Reichsbank et ministre de l’économie Hjalmar Schacht a proposé, par un juste retour des choses, de mettre sur le banc des accusés ceux qui ont nourri le 3e Reich, ayant mentionné des compagnies américaines General Motors et Ford, ainsi que le gérant de la Banque d’Angleterre Montagu Norman en personne. Les américains se sont empressés de conclure avec lui un accord en lui promettant la liberté contre son silence. Ainsi le Tribunal International militaire a entièrement acquitté Schacht malgré les contestations des juristes soviétiques.

Le secret de l’aide anglo-saxonne à Hitler, au tout début de sa carrière, a été emporté par deux hommes, le financier suisse Wilhelm Gustloff (ce n’est pas un hasard si le führer a donné son nom, à titre posthume, au plus grand navire de croisière d’Allemagne) et le trésorier de la NSDAP Franz Schwarz. Hjalmar Schacht appelait Gustloff, qui a été tué en 1936 à Davos, en Suisse par un étudiant malingre, «médiateur permanent» entre les corporations anglaises et américaines d’une part, et les nazis d’autre part (d’après certaines données, Gustloff a fait l’intermédiaire de 1925 à 1929). Pour ce qui est du SS-Obergruppenführer Schwartz il mourut d’une mort non moins étrange que Gustloff : le 2 décembre 1947, il devait être libéré du camp de filtration de Ratisbonne, mais le général n’a pas pu sortir. Après le petit déjeuner, il se sentit mal, et mourut une heure et demie plus tard, à la suite de « problèmes d’estomac », comme on l’a noté dans les conclusions de l’expertise médicale. En avril 1945, Schwarz avait brûlé dans la « maison marron » (l’état-major de la NSDAP à Munich) tous les documents bancaires qui auraient pu compromettre les représentants des pays vainqueurs, et pour cette raison, comptait naïvement sur de l’indulgence.

C’est de la direction de la compagnie Shell qu’Hitler reçut sa première valise de billets.

Mais en dépit du fait que deux témoins des plus importants se sont tus pour toujours, certains historiens ont réussi à obtenir des preuves du soutien financier anglo-saxon à Hitler et à ses sbires. En particulier, l’Italien Guido Giacomo Preparata, qui s’est consacré à l’étude des liens des nazis avec les cercles d’affaire de Londres et de Washington, pendant près de deux décennies, désigna par leurs noms ceux qui avaient amené les « bruns » au pouvoir : « Qui a financé les nazis dès le début ? D’après une légende ridicule, qui s’est obstinément imposée dans la société, les nazis se finançaient eux-mêmes, en collectant de l’argent à leurs meetings politiques ». Et plus loin, Preparata prouve de façon convaincante : la majeure partie des moyens financiers du parti nazi était d’origine étrangère. Les clans financiers d’outre-Atlantique des Morgan et des Rockefeller promurent à Wall Street des actions de IG Farbenindustrie et de toute une série d’usines chimiques allemandes, à travers la banque Chase National (plus tard la création de Krupp passa sous le contrôle de la Standard Oil de Rockefeller), et à travers la banque Dillon et Reid – Vereinigte Stahlwerke Alfred Thiessen. « En 1933, quand il fut compréhensible avec une incontestable clarté que la compagnie AEG avait financé Hitler, écrit Preparata, 30% des actions appartenaient à son partenaire américain, General Electric. De sorte, suppose l’historien, que « pendant 15 ans, de 1919 à 1933, l’élite anglo-saxonne s’est activement mêlée de la politique allemande, avec l’intention de créer un mouvement obscurantiste qui puisse être utilisé comme pion dans la grande intrigue géopolitique… Ce ne sont pas l’Angleterre et l’Amérique qui ont créé l’hitlérisme, mais ce sont bien elles qui ont créé les conditions dans lesquelles ce phénomène a pu apparaître.

Et voici ce qu’écrivait un autre spécialiste des flux financiers qui affluaient vers Hitler, l’historien allemand Joachim Fest : « A l’automne 1923, Hitler se rendit à Zürich et en revint, comme on le dit, « avec un coffre bourré de francs suisses et de dollars en coupures ». C’est-à-dire qu’à la veille de la tentative du « putsch de la bière » quelqu’un a fourni au führer une somme importante en liquide ». Ce « quelqu’un », d’après certaines données, ne serait autre que sir Henry Deterding, directeur de la compagnie anglo-hollandaise Shell. Il financera Hitler aussi plus tard, par l’entremise de Wilhelm Gustloff. Fait intéressant, le tribunal de Munich qui a jugé l’affaire des putschistes, a pu seulement prouver que le parti nazi avait reçu 20 000 dollars des industriels de Nuremberg pour organiser l’émeute. Pourtant, les dépenses des partisans d’Hitler ont été estimées à au moins 20 fois plus ! En avril 1924, Hitler fut condamné à cinq ans de prison pour haute trahison, mais il est libéré déjà en décembre, acquiert la villa “Berghof” et lance le journal renouvelé “Völkischer Beobachter ». Avec quel fric, on se le demande ? « A partir de 1924, écrit Joachim Fest, les industriels et les financiers partisans d’Hitler (Thyssen, Vogler, Schroeder et Kirdorf) ont transmis secrètement des sommes significatives aux nazis. De plus, la direction des émeutiers et les fonctionnaires du parti reçurent des salaires en monnaie étrangère ». Il est remarquable que Vogler et Schroeder étaient des hommes d’affaires américains plutôt qu’allemands, ils amassaient leur capital essentiellement au-delà de l’océan. Parmi les sponsors d’Hitler, on trouve d’autres figures controversées, par exemple le chef de l’IG Farben Max Warburg – le frère du directeur de la Federal Reserve Bank de New York Paul Warburg. Ou Carl Bosch, chef de la division allemande de Ford Motor Company. Et comment les industriels allemands auraient-ils pu souhaiter l’arrivée d’Hitler au pouvoir? En effet, les nationaux-socialistes ne souhaitaient pas moins que les bolcheviks limiter les industriels!

Ce pour quoi Henry Ford a été récompensé par l’ordre suprême du III° Reich

 

Puisque on parle de Ford : en 1931, une journaliste du journal américain Detroit News, arrivant en Allemagne pour prendre une interview auprès d’Adolf Hitler, politicien d’avenir, aperçut avec surprise, au-dessus de son bureau, la photo d’une personne qui lui était familière, Henri Ford. « Je le considère comme mon inspirateur », expliqua Hitler. Mais Ford n’était pas seulement l’inspirateur du nazi principal, c’était aussi son généreux mécène. Ford et Hitler s’étaient entendus sur la base de leur antisémitisme commun. Déjà dans les années 20, « papi Ford » avait imprimé et envoyé en Allemagne à ses frais un tirage d’un demi-million du « Protocole des Sages de Sion », et ensuite deux de ses livres, « le Judaïsme mondial » et « l’Activité des Juifs en Amérique ».

Henri Ford a reçu d’Hitler la décoration suprême du 3e Reich. Tandis que la compagnie américaine General Motors avait en sa procession le plus important fabricant des automobiles Opel, produisant les camions pour l’armée Blitz

A la fin des années 20 et au début des années 30, Ford, d’après quelques sources, entretenait généreusement le NSDAP (à ce sujet se sont conservés des témoignages écrits de Franz Schwarz, il est vrai que celui-ci n’a pas donné de sommes concrètes). En signe de reconnaissance, Hitler décora Ford de la Grand-Croix de l’Aigle allemand, la plus haute distinction du Reich que puisse mériter un étranger. Cela eut lieu le 30 juillet 1938 à Detroit, au cours d’un repas de fête auquel assistaient environ mille cinq cents Américains célèbres. L’ordre fut remis par le consul allemand. Ford en fut, dit-on, si ému qu’il se mit même à pleurer. Après quoi Ford prit sur lui l’entier financement du projet hitlérien de « l’automobile populaire », et il obtint en fin de compte 100% des actions du consortium Volkswagen.

Les liens de Ford et d’Hitler étaient à ce point solide qu’ils ne se relâchèrent pas, même pendant la guerre. A ce moment avait été votée outremer une loi spéciale qui interdisait toute collaboration avec les hitlériens (Trading with the enemy act), mais cette loi n’avait, semble-t-il pas de poids pour Ford. En 1940, Ford refusa d’assembler les moteurs des avions de l’Angleterre, en guerre avec l’Allemagne, et au même moment, sa nouvelle usine, dans la ville française de Poissy, commençait à sortir des moteurs pour les avions de la Luftwaffe. Les filiales européennes de Ford fournirent à Hitler en 1940 65 000 camions, gratuitement ! Dans la France occupée, la filiale de Ford continuait à produire des camions pour la Wehrmacht, et son autre filiale d’Alger fournissait au général hitlérien Rommel des camions et des blindés. A ce propos, un truc remarquable : à la fin de la guerre, l’aviation de l’alliance rasa la ville allemande de Cologne. Seuls les quelques bâtiments des usines Ford restèrent intacts, par l’effet de quelque miracle ! Cependant Ford (et en même temps ses concurrents de General Motors) obtint du gouvernement des USA des compensations pour les dégâts « causés à ses propriétés en territoire ennemi ». Par ailleurs General Motors possédait l’un des plus importants consortiums automobiles d’Allemagne, Opel, qui produisait les camions militaires du modèle Blitz, « l’éclair ». Sur la base de ces voitures, des esprits ingénieux créèrent les tristement célèbres « gazenwagen », chambres à gaz sur roues. Au début de la Deuxième Guerre Mondiale, les investissements des corporations américaines dans leurs filiales allemandes atteignaient au total environ 800 millions de dollars, ceux de Ford ont été estimés à 17, 5 millions de dollars.

Les flux monétaires des USA vers l’Allemagne étaient contrôlés par les services secrets américains

Vous vous souvenez de l’épisode des « Dix-sept instants du printemps », quand le général nazi Karl Wolf rencontre le chef de la CIA Allan Dalles ? Les historiens posent souvent la question : pourquoi le président Roosevelt a-t-il envoyé précisément Dalles mener en suisse des négociations séparées ? La réponse est évidente. En janvier 1932, eut lieu la rencontre d’Hitler et du financier britannique Norman Montaigu. Iouri Roubtsov, docteur en sciences historiques, membre de l’académie des sciences militaires, suppose que « fut conclu un accord secret de financement du NSDAP ». « A cette rencontre, écrit Roubtsov, assistaient aussi des politiciens américains, les frères Dalles, ce que n’aiment pas évoquer leurs biographes. » L’un des frères était le futur directeur du contrespionnage américain, Allan Dalles. Est-ce une simple coïncidence ? Comme l’affirment certains historiens, c’est précisément Dalles qui contrôlait personnellement tous les flux monétaires qui arrosaient le Reich, depuis la campagne électorale d’Hitler en 1930. Elle fut d’ailleurs partiellement financée par IG Farbenindustrie, qui se trouvait alors déjà sous le contrôle de la Standard Oil de Rockefeller. Et voici que Roosevelt envoie précisément Dalles aux pourparlers secrets, pour la bonne raison que celui-ci savait mieux que personne quels Américains avaient magouillé et combien ils avaient investi dans la croissance économique du Reich. Pourquoi Dalles a-t-il interrogé avec tant d’insistance le général Wolf sur les actifs des « nouvelles autorités allemandes » et leur réserve d’or ? Mais parce qu’on lui avait donné comme mission de « récupérer » au plus vite toutes les dépenses !

Le thème du financement d’Hitler par les corporations anglo-américaines est si vaste qu’on ne peut guère le traiter en un seul article de journal. L’histoire d’Ernst Hanfstaenglen, Américain d’origine allemande qui servait de « tuteur » à Adolf Hitler, de la part des services secrets américains dans les années 20 et qui transmettait au futur führer l’argent des hommes d’affaire d’outre Atlantique est restée en dehors du cadre de notre récit. Nous n’avons pu pleinement exposer le rôle de l’Anglais Norman Montaigu dans le financement d’Hitler et le schisme de l’élite anglaise, observent des collègues qui se proposent de poursuivre l’étude des flux financiers qui ont nourri le nazisme allemand.

Et maintenant une question: qui a déclenché la Seconde Guerre Mondiale? Vous maintenez toujours que c’est à cause du pacte Molotov-Ribbentrop ? Ou plutôt de Londres et Washington ? Vos avis?

Traduction Laurence Guillon

 

http://novorossia.today/qui-a-finance-hitler-la-liberte-en-echange-du-silence-des-noms-et-des-faits/

Irak: L’ombre de Saddam Hussein pèse sur l’Irak dix ans après sa pendaison

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saddam Hussein ne disposait pas d’un abri souterrain fortifié construit par les Allemands de l’est et suréquipé d’un hôpital ultra sophistiqué, de même que d’une piste d’envol prêt à le déposer sur un lieu d’exil éventuel, comme se sont plus à le décrire, avec force détails, des bonimenteurs cupides en quête de cachetons, se pavanant sur les plateaux de télévision de leur titre galvaudé d’orientalistes de pacotille.

Mieux l’ancien président irakien n’a pas été déterré dans un trou à rat, hirsute, hébété, comme ont souhaité le présenter les spécialistes de la guerre psychologique de l’US Army. La vérité est toute autre, aux antipodes du troll américain, narrée non par des fabulateurs, mais par des acteurs du théâtre d’opération.

Le témoignage de Firas Ahmad, interprète irakien de l’armée américaine

Firas Ahmad est un nom d’emprunt utilisé par l’interprète irakien lors de son service auprès de l’armée américaine, opérant en Irak lors de l’invasion de Bagdad (2003-2009). Firas Ahmad (41 ans) a servi auprès de la 101e division aéroportée, dont la célébrité a été popularisée par le film «Apocalypse Now» pour ses «exploits» durant la guerre du Vietnam. Au terme de sa mission, il a accompagné le retrait des troupes américaines vers les États Unis où il a obtenu la nationalité américaine.

·         http://www.shabiba.com/News/Article-81366.aspx

«Saddam n’a pas été déterré d’un trou. Il a été arrêté sur délation d’un de ses proches: Firas Ahmad est formel.

«Le commandement américain a célébré l’arrestation de l’ancien président irakien au cours d’une grande réception offerte au palais Ar Rahab», ancien palais présidentiel dans la zone verte transformé en quartier général politico-militaire des États Unis en Irak. Des personnalités politiques irakiennes y ont été conviées. C’est au cours des échanges que l’interprète irakien a appris les circonstances de l’arrestation de Saddam Hussein.
«La photo popularisée de son arrestation de même que le récit de sa capture sont des faux. Il a été intercepté, sur dénonciation d’un membre de son entourage, alors qu’il se trouvait dans un passage souterrain sur lequel avait été édifié une maison qui lui servait de salle de réunion avec le commandement baasiste. «La cache était d’une grande simplicité et comportait un lit, deux armes, un tapis de prière, un coran, un paquet de tabac et des sachets d’aliment lyophilisés.

«Saddam n’a pas opposé de résistance. Les soldats ont défoncé la porte en lançant des projectiles lacrymogènes et paralysants. Il a alors perdu connaissance. Les soldats américains l’ont alors traîné vers le fameux trou pour prendre la photo.

«La photo est un montage. Elle était destinée à discréditer Saddam. L’opération de sa capture avait pour nom de code «Chemin Rouge»
L’interprète assure avoir eu, par la suite, tant à Washington que dans l’état du Michigan, des conversations avec les dirigeants américains, présents en Irak au moment de l’invasion, qui lui ont déclaré «avoir regretté (l’invasion et les événements qui se sont ensuivi) et qu’ils étaient «désireux de réparer les dégâts qu’ils ont infligés en Irak». Ces dirigeants, souligne-t-il, reprochent d’ailleurs à Barack Obama de s’être retiré d’Irak sans avoir remédié aux dégâts».

L’interlocuteur assure en outre avoir «vu des dirigeants islamistes se rendre auprès des Américains pour leur proposer la construction d’église ou de monuments à la mémoire des soldats américains tués en Irak dans le but de s’attirer leurs bonnes grâces. D’autres ont plaidé pour un usage intensif de la force pour réprimer l’insurrection de la ville de Falloujah, sans tenir compte des pertes en vies humaines dans les rangs de la population civile».
«Les Américains admonestaient leurs interlocuteurs irakiens dans des termes tels, que je ne parvenais pas à en assurer la traduction littérale», a-t-il dit.

«Les Américains s’opposaient à la politique de Noury Malki. Un général américain ne mâchera pas ses mots à la suite d’une campagne d’arrestation massive portant sur plusieurs centaines de personnes. Lors d’un entretien qui s’est déroulé dans la zone verte, le général américain s’adressera en ces termes au premier ministre chiite de l’époque : «La situation va exploser et vous favorisez l’extrémisme et la haine. Nous ne sommes pas disposés à être partie prenante d’une nouvelle guerre civile en Irak».

A propos de la chute de Bagdad: La trahison, un facteur déterminant

«Je n’ai pas grand-chose à dire. Mais j’en suis venu à la déduction que la trahison a été un facteur déterminant de la chute de Bagdad.
Firas Ahmad songe à rédiger ses mémoires sur cette période de l’histoire de l’Irak. Un ouvrage qu’il signera de son vrai nom, et non du pseudonyme qu’il s’est choisi «Firas Ahmad» pour des raisons de sécurité du temps de son emploi auprès de l’armée américaine.

Trois suicides parmi les collaborateurs

«La plupart des Irakiens qui ont assisté les Américains ou facilité leur tâche ont obtenu la nationalité américaine. Il n’empêche qu’ils vivent dans un état psychique de réclusion et de culpabilité au vu de l’échec de leur pari et des bains de sang dont l’Irak est le théâtre.
Trois Irakiens se sont suicidés dans trois états différents de l’Union. Personnellement, je suis retourné à Bagdad pour retrouver ma quiétude. En vain. «La monture s’est effondrée et le massage est désormais sans effet».

Le témoignage de Ala’a Nameq: «C’est moi qui ait creusé le trou pour lui»

·         Al Qods al Arabi 17 février 2014 : http://www.alquds.co.uk/?p=134564

Nameq évite d’aborder ce sujet difficile à en maîtriser tous les aspects. Les yeux remplis de fierté, il finit par lâcher: «C’est moi qui ait creusé le trou pur lui que tout le monde connaît du nom de «trou de l’araignée», une petite pièce sous notre jardin, d’où les forces spéciales américaines ont déterré Saddam Hussein, le 13 décembre 2003.

Nameq et son frère Quays évoquent rarement la manière dont ils ont œuvré pour dissimuler la plupart des dirigeants irakiens pourchassés par les Américains durant les neuf mois qui ont suivi l’invasion américaine de l’Irak.

Sirotant son thé dans le café qu’il a ouvert l’été 2013, non loin du «trou», Nameq qui connaissait Saddam Hussein de longue date, se met à raconter :
« Il est venu. Il a demandé de l’aide, et j’ai dit oui ». Il a alors rétorqué : « Vous pourriez être capturé et torturé ». Mais dans notre tradition tribale arabe, en vertu d’une loi islamique, quand quelqu’un a besoin d’aide, on l’aide », explique l’homme de 41 ans.

Saddam est natif d’un village proche de Tikrit, dans le nord de l’Irak, un village situé sur les bords de l’Euphrate. Lors de sa traque par les Américains, tout le monde pensait qu’il allait chercher refuge auprès de sa tribu à Tikrit, au milieu des plantations de palmiers-dattiers, des vergers d’orangers et de coings.

Nameq assure que son frère et lui ont été arrêtés en même temps que Saddam et emprisonnés pendant six mois au camp d’Abou Ghraib. Ancien chauffeur et ancien officier d’ordonnance de Saddam Hussein, Ala’a Nameq est devenu chauffeur de taxi, le temps de faire des économies pour acheter le café-restaurant.
«Je ne raconterai pas tout. Il est possible que j’écrive un jour un livre ou réalise un film, mais c’est sûr que je ne dirai pas tout lors de cet entretien, martèle-t-il. «Ma famille, en fait son frère Quays et lui-même, ont aidé Saddam à changer de domicile à diverses reprises pour échapper aux Américains.

La vie de Saddam Hussein dans la clandestinité

Saddam ne faisait jamais usage du téléphone car il savait que les Américains veillaient à intercepter ses communications. C’était un gros consommateur de livres, tant dans des poésies que des romans. Sa bibliothèque a d’ailleurs été emportée par les Américains.

«Saddam a écrit des lettres à sa femme et à ses deux filles mais ne les a jamais reçues du temps de sa clandestinité. Ces deux seuls visiteurs auront été ses deux fils, Quoussaye et Oudaye, dont la venue a été assurée par Nameq lui-même pour rencontrer leur père.

«Saddam a enregistré plusieurs messages incitant ses partisans à combattre l’occupant américain. Il enregistrait ses messages sur un mini magnétophone, et, sachant que les Américains allaient décrypter ses enregistrements pour y déceler des indices pour sa localisation, Nameq se dirigeait en voiture jusqu’à une dizaine de km de Samara, et, là, en bordure de l’autoroute, la voix de Saddam couverte par le trafic autoroutier, il procédait à la diffusion des messages. «Je voulais plonger les Américains dans la perplexité et la confusion», lui a expliqué Saddam.
L’ancien président irakien, lucide, «savait qu’il allait être capturé et condamné à mort. Il savait aussi que tout était perdu et qu’il n’était plus président de l’Irak».

Par la suite, «j’ai été incarcéré à Abou Ghraib et soumis, quotidiennement à interrogatoire, à propos des emplacements des armes de destruction massive et de la cache des autres dirigeants irakiens.

«La chambre dans laquelle vivait Saddam était constamment plongée dans la pénombre. Les vigiles arrosaient constamment la terre adjacente pour lui conserver une certaine fraîcheur.

«A son interception, les Américains ont couvert la tête de Saddam d’un linge et ont laissé les chiens le mordre. Il a, par la suite, fait l’objet d’un simulacre d’exécution, et était constamment baigné dans une musique Rock assourdissante. J’ai supporté la torture et les morsures de chiens, mais la musique Rock était insupportable», poursuit-il.

Commandement américain: Les circonstances de l’arrestation de Saddam, entouré d’une barrière de secret.

Le porte-parole du commandement américain s’est abstenu de confirmer les détails de l’arrestation de Nameq, indiquant qu’il sera «difficile d’avoir accès aux registres de la prison d’Abou Ghraib.
«La majeure partie des détails concernant la capture de Saddam Hussein demeure entourée d’une barrière de secret», a-t-il précisé.

La version de Khalil Al-Douleimy, avocat de Saddam

Khalil Al-Douleimy, avocat de Saddam Hussein, dans un ouvrage paru en 2009 sur l’ancien président irakien, confirme qu’il connaissait personnellement la famille de Nameq depuis 1959, soit dix ans avant l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein et que cette famille a bien aidé Saddam à entrer dans la clandestinité.

Toutefois, l’avocat pointe du doigt la responsabilité du frère cadet de Nameq, Quays, dans la dénonciation de l’ancien président irakien. Quays qui a refusé de participer à l’entretien, a démenti ce fait.
La famille Nameq bénéficie d’un prestige comparable à celui d’une famille royale pour avoir offert l’abri à une personnalité jouissant d’un prestige certain au sein de la population de la région.

Le témoignage du général Mahmoud Hassan, responsable de la police du secteur d’Ad Dour

Le général Mahmoud Hassan, responsable de la police d’Ad Dour, considère que ce qu’a fait la famille Nameq est «un acte de bravoure».

«Cela ne concerne pas exclusivement la famille Nameq. Son acte de bravoure toute la population d’Ad Dour, car cette bourgade aimait Saddam. Les membres de cette famille sont traités avec considération en ce qu’elle a été longtemps au service de l’ancien président irakien soit comme cuisiniers, soit comme pêcheurs. Ils sont désormais traités avec davantage de respect».

Saddam Hussein a été enterré près d’Aujah, son village natal. Noury Al Malky, à l’époque Premier ministre, conscient de l’écrasante popularité de l’ancien président, a interdit l’accès à sa tombe de crainte qu’elle ne se transforme en lieu de pèlerinage.

La ferme où s’était caché Saddam Hussein, notamment «le trou de l’araignée», située près d’un palmier, est désormais difficilement identifiable à distance. Elle a été recouverte par un pigeonnier long de 4 mètres et d’une cage de perroquets.

René Naba

Source:http://www.madaniya.info/2016/12/16/irak-l-ombre-de-saddam-hussein-pese-sur-l-irak-dix-ans-apres-sa-pendaison-1-4/