Des conseillers nord-coréens ont formé des unités d’élite syriennes

 

Sujet tabou, on estime que près de 170 conseillers militaires nord-coréens ont participé aux opérations de formation et d’entraînement au profit des forces spéciales syriennes et des unités d’élite du Hezbollah libanais depuis le début de la guerre imposée à la Syrie par les forces atlantistes et arabes.

L’expérience des Nord-coréens en matière de guerre asymétrique, notamment sous terre, intéresse au plus haut point les militaires syriens et iraniens.

Pyongyang n’a cessé de condamner avec une extrême véhémence l’agression militaire US sur la Syrie, un pays souverain membre de l’Organisation des Nations Unies. Pour la Corée du Nord, cette énième agression américaine justifie leurs efforts visant à se doter d’une force de dissuasion nucléaire.

Kim Jong Un a longuement commenté le sort funeste du président Saddam Hussein d’Irak et l’assassinat du guide Mouammar Gaddafi de Libye après que ces derniers aient abandonné leurs programmes d’armement, entraînant systématiquement l’invasion et la destruction de leurs pays respectifs.

Engagée dans un bras de fer avec les Etats-Unis d’Amérique, la Corée du Nord a affirmé que son armée se tient prête à riposter à la guerre thermonucléaire par une guerre thermonucléaire « à sa façon ».

Source: https://strategika51.wordpress.com/2017/04/15/des-conseillers-nord-coreens-ont-forme-des-unites-delite-syrienne/

 

 

Les premières images de la frappe US contre un dépôt d’armes chimiques de Daech

La vidéo de l’attaque US contre des sites de stockage appartenant aux terroristes a été publiée sur Internet. La frappe américaine a entraîné des conséquences catastrophiques. L’attaque, qui a provoqué l’intoxication aux substances chimiques, a fait des centaines de victimes parmi les terroristes ainsi que parmi les civils. La vidéo a été publiée par un journaliste du quotidien allemand Bild.

La vidéo montre un nuage de fumée jaune se formant au-dessus du lieu de l’attaque. Selon des informations préliminaires, des armes chimiques ont été stockées dans les dépôts attaqués. D’après les experts syriens, l’air a été pollué par une quantité importante de substances toxiques.

La coalition internationale dirigée par les États-Unis a effectué une frappe aérienne contre le site de stockage d’armes chimiques du groupe terroriste État islamique (EI ou Daech) dans la région de Djalta, près de la ville de Deir ez-Zor située à 420 km de Damas.

Ce qui s’est passé à Deir ez-Zor prouve que les terroristes de Daech et du Front al-Nosra disposent d’armes chimiques et sont en mesure de les utiliser, les acquérir et les transporter.

Cependant, le commandement américain a démenti les informations selon lesquelles la frappe a été effectuée par la coalition.

« Ce n’est pas vrai. Il s’agit d’une désinformation délibérée ! », a écrit le colonel américain John Dorrian sur son compte Twitter.

 

 Vidéo: une frappe de la coalition contre un dépôt d’armes chimiques de Daech.

Photo: Explosion d’un entrepôt chimique dans la région de Deir ez-Zor après un raid aérien de la coalition américaine. ©Sputnik

Source: http://www.pravdafrance.com/news/orient/14-04-2017/1304163-INTERNATIONAL-0/

 

 

 

L’armée syrienne confirme avoir ouvert le feu sur un avion de chasse US à Al-Qamishli (Almasdar News)

Une unité des Forces Spéciales syrienne a visé un avion de reconnaissance étatsunien volant au-dessus des positions de l’armée syrienne au nord-est de la Syrie, a déclaré une source militaire à Al-Masdar News cette soirée.

L’avion de reconnaissance US planait semble-t-il au-dessus du 54ème régiment de l’armée syrienne à la base militaire à Al-Qamishli, quand les soldats ont ouvert le feu sur l’avion.

L’avion s’est enfui de la zone au-dessus de la base militaire après la confrontation avec l’armée arabe syrienne samedi soir, selon la source militaire.

La confrontation d’aujourd’hui dans le quartier d’Al-Qamishli du Gouvernorat d’Al-Hasakah marque la première confrontation depuis vendredi entre les forces étatsuniennes et syriennes.

source:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2017/04/l-armee-syrienne-confirme-avoir-ouvert-le-feu-sur-un-avion-de-chasse-us-a-al-qamishli-almasdar-news.html

 

 

 

Bombardement américain en Syrie : communiqué russo-syro-iranien

 

Le ton monte entre d’un côté, le gouvernement américain et ses alliés et de l’autre, la Russie et ses alliés, suite à l’agression américaine d’une base militaire syrienne ce vendredi 7 avril. D’intenses réunions diplomatiques au plus haut niveau se sont déroulées depuis 48 heures, mettant les nerfs des négociateurs à vive épreuve, car les deux positions semblent inconciliables ; les Etats-Unis souhaitent visiblement continuer à agir en dehors du cadre du droit international.

Hier samedi, la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis a procédé à un bombardement à Raqqa, dans le nord de la Syrie. Suite à ce raid aérien, qui a provoqué la mort de 20 personnes, dont plusieurs enfants, la Russie aurait décidé de fermer l’espace aérien syrien aux avions de la coalition américaine. Pour mémoire, suite au bombardement de la base militaire syrienne, les Russes avaient déjà annoncé vendredi qu’ils interrompaient leur coopération avec les Américains dans leur lutte contre DAECH, et qu’ils ne communiquaient plus leurs plans de vol à l’armée américaine.

La situation reste très tendue au niveau international. Xi Jinping, le président chinois, était ce jeudi en Floride pour tenter de trouver un terrain d’entente avec Donald Trump sur le dossier nord-coréen. Chose rare, les deux présidents n’ont même pas tenu de conférence de presse commune à l’issue de cette rencontre. Cette nuit, un porte-avion américain et sa flotte ont pris la direction de la péninsule coréenne.

Dans ce contexte, nous relayons ici les principaux points du communiqué de presse russo-syro-iranien, diffusés sur la chaîne Al Mayadeen TV.

***

Le centre des opérations russo-irano-syrien et le Hezbollah ont publié un communiqué en réponse à l’attaque américaine de la base aérienne syrienne. En voici les principaux points :

1. Nous riposterons par la force à toute nouvelle agression de la Syrie, et advienne ce qu’il advienne.

2. La Russie et l’Iran ne permettront jamais aux Etats-Unis de dominer le monde et imposer un monde unipolaire.

3. Nous ne permettrons pas la poursuite de l’agression de la Syrie en violation des lois internationales, en dehors de l’ONU.

4. Nous serons aux côtés des forces syriennes pour libérer toute la Syrie de toute occupation quelle qu’elle soit.

5. Les Etats-Unis connaissent nos capacités à répondre. Désormais nous répondrons fermement à toute agression car la ligne rouge est franchie.

6. Ils doivent savoir que nous surveillons attentivement toutes les manœuvres et mouvements américains pour diviser la Syrie et l’Irak. Toute présence militaire américaine dans ces deux pays est illégale.

Source : Al-Mayadeen TV
Traduction : Farid Laid Seraghni

via: http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/04/09/bombardement-americain-syrie-communique-russo-syro-iranien/

 

 

 

ALERTE: l’aggravation de la situation en Syrie

Moscou a renforcé sa défense après les frappes américaines contre la base d’Al-Chaayrate, affirme une source militaire syrienne.

Selon Inside Syria Media Center, deux avions russes équipés d’un système capable de détecter et d’intercepter des missiles de croisière sont prompts à répondre à toute menace depuis la Méditerranée.

Il n’est pas à exclure qu’en cas d’une attaque aérienne contre les bases où sont déployés des militaires russes, y compris Hmeimim et Tartous, Moscou pourra agir en riposte et frapper des navires américaines lançant des missiles de croisière.

Des conseillers militaires russes sont déjà présents sur le terrain où se trouvent des infrastructures de défense antiaérienne de Syrie afin d’assurer une contre-attaque.

Le 7 avril, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles de croisière Tomahawk en provenance de la base  d’Al-Chaayrate en riposte à une attaque chimique présumée contre la localité de Khan Cheikhoun.

·         Damas annonçait un bilan de 9 morts dont 4 enfants. Les alliés traditionnels des Etats-Unis soutiennent les frappes tandis que les alliés traditionnels de la Syrie dénoncent l’attaque américaine.

Source:https://gabriella789.wordpress.com/2017/04/09/alerte-syrie-les-etats-unis-preparent-une-nouvelle-attaque-contre-la-syrie/

 

 

Syrie-armes chimiques: Ils en ont rêvé, Trump l’a fait!

 

Le 7 avril 2017, l’opinion mondiale s’est réveillée comme à la sortie d’un mauvais rêve avec l’annonce de frappes américaines aussi soudaines qu’inattendues contre des installations militaires d’un pays en guerre et donc déjà affaibli par un conflit interne, la Syrie.

Ainsi avons-nous assisté, médusés, à la mise en œuvre d’un vieux scénario élaboré il y a quelques années qui voulait entraîner la communauté internationale dans un conflit militaire en Syrie contre le régime en place et qui avait été sur le point de se concrétiser à l’été 2013 nonobstant la reculade des gouvernements Obama et Cameron alertés sans doute sur les risques encourus par une telle aventure.

La lutte de la civilisation contre la barbarie, selon le vieil adage colonial.

Ils en avaient rêvé, Trump l’a fait, pourrait-on dire, et certains applaudissent des deux mains cette action entreprise au nom de la civilisation en lutte contre la barbarie, selon le vieil adage colonial, ceci au mépris du droit international qui garantit la souveraineté des États-nations membres de l’ONU et ne propose l’usage de la force militaire qu’en réponse à l’agression d’un État contre un autre, comme ce fut le cas lors de la première guerre du Golfe par exemple (1991).
Petite innovation par rapport au scénario raté de 2013: cette fois-ci, face au blocage de ses propositions de résolutions par la Chine et la Russie, les États-Unis ont pris l’initiative d’intervenir seuls. Le prétexte invoqué: l’usage supposé d’armes chimiques par l’armée arabe syrienne (présentée comme «l’armée du régime syrien», voire «l’armée de Bachar al-Assad», comme s’il s’agissait d’une vulgaire milice) contre des populations civiles, usage dont le président Trump s’est dit convaincu et qui l’aurait fait changer de ligne politique en l’espace de quelques jours.

Or, cet argument ne tient pas plus aujourd’hui qu’en 2013: l’armée syrienne (et le régime actuel) n’ont en effet aucun intérêt (ni militaire, ni politique) à l’usage de telles armes dont «l’efficacité» est limitée et qui le condamnerait effectivement aux yeux de l’opinion mondiale.

Cet argument tient même moins aujourd’hui qu’en 2013 puisqu’à la suite de la précédente campagne politico-médiatique massive contre lui, le régime syrien s’était soumis à un accord pour la destruction de son stock d’armes chimiques sous le contrôle d’inspecteurs internationaux.

A un moment où il regagne du terrain par ses armes «conventionnelles» (avec notamment la récente prise de contrôle d’Alep) et appuyé par les forces militaires de ses alliés (au premier rang desquels la Russie et l’Iran) mais aussi par la coalition internationale en lutte contre Daesh et les milices kurdes, le régime n’a aucun intérêt à perdre le bénéfice de cette progression militaire en utilisant des armes prohibées.

L’hypothèse avancée par les Russes du bombardement d’un dépôt d’armes chimiques détenues par les groupes rebelles ne semble pas complètement farfelue. Mais à supposer que les soupçons américains (immédiatement relayés par les gouvernements français, allemand, britannique et par tous ceux qui ont intérêt à l’échec militaire de l’armée régulière syrienne) aient quelque fondement, aucune enquête, aucune preuve n’est venue étayer cette accusation.
A l’appui de son geste, Trump affirme avoir été touché par les images des enfants victimes de l’arme chimique et clame sa certitude que le régime porte la responsabilité de cette frappe. Or on ne gouverne pas sous le coup de l’émotion et celle-ci, légitime au demeurant (comment ne pas avoir le cœur soulevé par ces images horribles?), ne justifie pas à elle seule de frapper un supposé coupable sans enquête internationale, sans conclusions formelles, sans preuves.

Le précédent de Colin Powell en Irak en 2003

En 2003, pour justifier l’intervention américaine en Irak, Colin Powell s’était présenté avec une fiole ridicule sensée contenir de dangereuses substances et que ses services auraient trouvées sur le terrain irakien. Mais hier, l’ambassadrice américaine s’est contentée de montrer des photographies de ces enfants morts, sans autre «preuve» que cela, mettant en scène le conseil de sécurité de l’ONU comme s’il s’agissait d’un tribunal – ce qu’il n’est pas – et se présentant comme le procureur chargé de l’accusation d’un inculpé – ce qu’elle n’est pas.

A cette différence près que, dans un tribunal, les juges (ou jurés) doivent pouvoir débattre sereinement avant de rendre leur jugement alors qu’ici la sentence est venue du pseudo-procureur lui-même et en un temps record: le temps de l’émotion.

Un détournement des instances internationales au profit d’une mise en scène médiatique

Il y a donc eu détournement des instances internationales au profit d’une mise en scène médiatique visant à justifier auprès de l’opinion mondiale sous le choc des images une action militaire entreprise de façon unilatérale – au mépris du droit international, donc – par les États-Unis d’Amérique qui semblent dirigées aujourd’hui par une girouette capable de changer d’avis tous les deux jours.

Trump s’étant engagé dans des discussions diplomatiques avec le président syrien depuis le mois de janvier dernier et affirmant il y a peu qu’il fallait dialoguer avec lui, doublé d’un impulsif réagissant selon ses émotions et non selon un raisonnement logique.

Trump reprend le rôle endossé avant lui par Hillary Clinton

Cette comédie médiatique interprétée notamment lors de sa conférence de presse par un Trump reprenant le rôle endossé avant lui par Hillary Clinton ne signifie pas que l’enchaînement des événements récents soit dénué de toute logique, mais celle-ci est dissimulée par le scénario que les représentants américains et leurs alliés jouent en ce moment devant les caméras.

L’autre prétexte affiché par Trump lors de cette dernière conférence de presse prêterait à rire s’il ne servait pas à justifier un acte sans précédent dans la crise qui se joue au Moyen-Orient depuis 2011 le «danger» que représenterait pour le peuple américain cette agression supposée de l’armée syrienne contre des civils syriens en Syrie.

Ici, Trump se mue en champion toutes catégories dans les acrobaties sémantiques: pour convaincre l’opinion américaine à qui il avait promis que son gouvernement se recentrerait sur les États-Unis de la pertinence de cette intervention, il se devait de faire sentir l’imminence d’une menace sur les Américains eux-mêmes. Là encore, il montre sa capacité à user du mensonge de façon éhontée selon le vieil adage qui dit: «plus le mensonge est gros, plus ça passe».

Et le pire, c’est que cela semble passer non seulement aux États-Unis où Hillary Clinton et les sénateurs sont sur la même longueur d’onde que lui, mais aussi auprès des gouvernements de grandes nations comme la France, le Royaume-Uni ou l’Allemagne qui lui ont apporté leur soutien. Gageons qu’ils auront plus de mal, une fois l’émotion passée, à convaincre leurs opinions publiques et leur classe politique de la réalité de cette menace syrienne. Mais l’important est ailleurs…

Car que cache cette soudaine agitation qui a fait franchir le pas à celui que l’on croyait prêt à s’arranger avec Poutine et al-Assad il y a encore deux jours? Et d’abord, quelle signification et quelle portée donner à l’acte lui-même?
59 missiles Tomahawk lancés par l’USS Porter depuis la mer Méditerranée ont atteint la base aérienne de Shayrat située à un point stratégique de la Syrie, à la rencontre des axes Est-Ouest et Nord-Sud, à proximité de la ville de Homs qui fut un haut-lieu de la révolte syrienne avant d’être reprise par l’armée arabe syrienne.

On ne connaît pas bien l’ampleur des dégâts mais il semble que la tour de contrôle, le radar et le système anti-aérien aient été détruits, sans compter la demi-douzaine de victimes civiles et militaires annoncées par les médias officiels qui insistent pour leur part sur le maintien de certaines infrastructures (hangars) abritant des avions.

La première signification de cette frappe, au-delà de l’importance des dégâts que l’on présente de part et d’autre comme limitée, c’est son fait même: les États-Unis ont pu pour la première fois en six années de guerre en Syrie intervenir militairement contre les forces de l’armée régulière syrienne.
Cela les démangeait depuis longtemps: Trump l’a fait! En cela, il s’affirme dans son pays comme sur la scène internationale comme un chef de guerre, à la grande satisfaction du lobby militaro-industriel qui a soutenu sa campagne et à la grande satisfaction de ses petits ou moyens alliés occidentaux, israélien ou arabes qui n’osaient pas se frotter directement à l’armée syrienne soutenue par le grand frère russe et par le cadet iranien.
On s’interrogera au passage sur les raisons qui ont fait que le système de défense anti-missile dernier cri installé en Syrie par les Russes (missiles S300 et S400) n’a pas fonctionné. Les experts répondront peut-être un jour. En attendant, il s’agit là d’une victoire symbolique pour le nouveau président états-unien si contesté à l’intérieur comme à l’extérieur et qui est aujourd’hui presque porté aux nues par ceux qu’il a méprisés (et qui le lui ont bien rendu) au cours des derniers mois de sa campagne et des premiers mois de sa présidence (à commencer par Angela Merkel, reçue avec une extrême froideur à la Maison Blanche).

C’était peut-être le principal objectif de Trump finalement, à la façon du coucou qui vient prendre la place d’un ancien locataire dans le nid douillet du bureau ovale: montrer qu’il est là en faisant table rase de la politique suivie par son prédécesseur. Si cela ne fonctionne pas encore avec le système Obamacare, avec le projet de mur à la frontière mexicaine ou avec l’interdiction faite à certaines catégories de migrants d’entrer sur le territoire américain, peut-être cela fonctionnera-t-il à l’étranger?

Un coup de semonce ou un coup d’épée dans l’eau?

Trump tâtonne en se disant peut-être que cela finira par payer. Mais à ce jeux-là, il risque aussi bien de tout perdre de son crédit international, surtout si son «coup de semonce» se transforme en «coup d’épée dans l’eau», et d’entraîner beaucoup de monde dans son échec.
Car déjà les Russes protestent avec les Syriens, appuyés par la Chine, la Bolivie ou le Kazakhstan à l’ONU et ils menacent d’aider l’armée régulière syrienne à mieux se défendre contre de telles incursions. Et ils menacent encore de suspendre la coopération militaire russo-américaine sur le terrain, évoquant un dangereux précédent dans leurs relations avec les États-Unis. Trump entraînera-t-il le camp occidental et ses alliés du Golfe dans une nouvelle guerre froide, voire dans un conflit ouvert avec la Russie, l’Iran ou la Chine là où Obama avait réussi à arrondir les angles ?

Au train où vont les choses, il est permis de le craindre même si le service après-vente politico-médiatique de cette opération inédite tente de nous rassurer.
Des rumeurs d’attaques nucléaires contre la Corée du Nord circulent déjà… Quand la réalité dépasse la fiction, même les intox les plus folles ne semblent plus devoir être prises à la légère. Pourvu que ce mauvais rêve ne se transforme pas bientôt en cauchemar éveillé.
Face à cette mascarade qui foule aux pieds les principes élémentaires de la coexistence pacifique entre les peuples et fait fi de toute voie pacifique (c’est-à-dire de toute voie diplomatique orientée vers un objectif de paix entre les nations), que faire?
Il est temps que les peuples reprennent le pouvoir sur des gouvernements iniques et des médias à la solde qui n’ont plus aucune crédibilité. La société civile doit s’organiser en ce sens et pour commencer, refuser d’accepter les combines et imposer à ceux qui nous gouvernent le respect du droit international à l’extérieur comme le respect de la légalité à l’intérieur.

Face aux bruits de bottes qui se font entendre ici ou là, nous devons exiger du président Hollande et de son gouvernement dirigé par Bernard Cazeneuve l’engagement dans la recherche d’une solution pacifique en Syrie qui tienne compte de toutes les parties sans poser de conditions (notamment, celle du départ de Bachar al-Assad, quoi qu’on en pense).

Nous devons le mettre en garde contre toute nouvelle velléité d’intervention militaire qui conduirait la Syrie déjà meurtrie (300.000 morts, 5 millions de réfugié, 6 millions de déplacés à l’intérieur du pays, plus de 1000 milliards de dollars de pertes économiques) et son peuple un peu plus à la ruine.
Seuls des ignorants inspirés par le ressentiment et les ennemis du peuple syrien peuvent encore envisager ce genre de fausses solutions compte tenu de la situation qui prévaut sur le terrain mais aussi et surtout aux échelles régionale et internationale dans un conflit qui dépasse les rivalités politiques, confessionnelles et économiques locales.

Kaïs Ezzerelli

Kaïs Ezzerelli est un historien contemporanéiste franco-tunisien, doctorant à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

Ancien boursier et chercheur associé de l’Institut Français du Proche-Orient à Damas et de l’Orient Institut à Beyrouth, il a vécu au total huit années en Syrie et au Liban jusqu’en 2009 et quatre années en Tunisie (2011-2015) où il a mis en place et assumé un enseignement de l’histoire du monde arabe. Éditeur des Mémoires de Muhammad Kurd ‘Ali (1876-1953), il a également publié plusieurs articles sur les intellectuels, les autobiographies et la presse arabes comme sur les relations entre l’Europe, le Maghreb et le Machreq. Dernier ouvrage paru : Diplomatie occidentale et dissidence arabe. La France coloniale et le mouvement arabiste en Syrie ottomane (1912-1914), Tunis, Dar al-Wasla, 2014.

 

Source: http://www.madaniya.info/2017/04/09/syrie-armes-chimiques-ont-reve-trump/

Les États-Unis ont ouvert un nouveau front en Syrie par une opération aéroportée

Raqqa, la capitale de l’Etat Islamique, a été isolée au Nord, à l’Ouest et partiellement à l’Est, dans un rayon de 20-35 km, par les SDF (Forces démocratiques syriennes) formées et dirigées par l’armée américaine. Le seul lien des défenseurs de la ville Raqqa avec les autres territoires qu’ils détiennent se fait par le sud. A 45 km au sud-ouest de Raqqa se trouve Tabqa, un avant-poste important pour la défense de la capitale de l’Etat islamique sur les rives de l’Euphrate. Après la libération de la ville de Dayr Hafer, l’armée syrienne a avancé vers Tabqa sur la rive sud du lac Assad situé à 40 km de la ville. Le barrage de Tabqa, situé à l’ouest de la ville, est un objectif stratégique. Il a été construit dans les années 60-70, avec le soutien de l’URSS. Il est long de de 4,5 kilomètres et fournit 35% de l’électricité en Syrie. Entre Tabqa et Raqqa, à 20 km du barrage de Tabqa, il y a un petit barrage sur l’Euphrate, appelé Baas.

Dans la nuit du 21 au 22 Mars 2017, l’armée américaine a déclenché en Syrie une opération aéroportée mixte avec, dans un premier temps, environ 80 soldats américains du 75ème Régiment Rangers des Forces d’opérations spéciales, et 400 combattants kurdes YPG devenus les SDF (Forces démocratiques syriennes). Le but de cette opération était d’occuper une zone d’une importance stratégique sur la rive sud du lac Assad et de l’Euphrate. La zone est délimitée à l’ouest par une portion de la route qui relie Tabqa à Alep, au centre par le barrage de Tabqa et la base aérienne de Tabqa, et à l’est par une portion de la route qui relie  Tabqa à Raqqa. Cette opération a été avancée d’au moins une semaine pour manœuvrer l’armée syrienne, occupée par l’assaut de la base militaire de Jirah défendue par des combattants de l’Etat islamique, pour ainsi créer les conditions l’empêchant de participer à la libération  de la ville syrienne de Raqqa des mains de l’Etat islamique.

L’opération a débuté 48 heures avant le transport des troupes par près de 50 frappes aériennes sur des cibles de l’Etat islamique par l’aviation de la coalition dirigée par les Etats-Unis. Ces cibles étaient constituées de points de résistance, de dépôts de munitions et 50 véhicules de combat de l’État islamique. Elles étaient localisées dans la ville de Tabqa, à la base aérienne et à proximité du barrage de Tabqa. Après la nuit tombée, environ 75 Marines américains de la 11ème unité expéditionnaire traversèrent le lac Assad à bord de canots pneumatiques. Leur mission était de créer une zone de sécurité de survols pour les avions américains sur la rive sud du lac Assad, nettoyée des combattants de l’Etat islamique.

 

Vers 04h00 le 22 Mars, à partir de l’aire d’embarquement pour les transports aériens située juste au nord de la ville de Jabar, sur la rive nord du lac Assad, ont décollé environ 30 hélicoptères MH-47F et des avions à décollage vertical OV-22  Osprey appartenant au 160ème régiment d’aviation du commandement américain pour les opérations spéciales. L’avion à décollage / atterrissage vertical OV-22 Osprey combine les caractéristiques de vol de l’avion et de l’hélicoptère, parce que ses ailes supportent deux moteurs pouvant modifier leur position de 90 degrés autour de l’axe transversal de l’aéronef. L’OV-22 peut transporter 24 soldats ou un véhicule 4 × 4 Phantom Badger et dispose, en plus d’une mitrailleuse située dans une trappe, d’une autre mitrailleuse rotative avec six tubes (calibre 7,62 mm, cadence de 6000 projectiles par minute), commandée à distance, placée sous le ventre de l’avion. L’OV-22 peut se défendre dans la zone d’atterrissage par des tirs à partir de l’hémisphère arrière et sur les côtés.

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Dans la trajectoire de vol et près de la péninsule d’Abou Hourayra où étaient fixées les zones de débarquement, la protection des avions de transport était assurée par des hélicoptères d’attaque US AH-64 Apache. 124 autres marines américains de la 11ème Unité expéditionnaire ont été déployés près du village de Jabar. Ils disposaient d’une batterie d’obusiers M777 de 155 calibre mm et, avec les hélicoptères AH-64 Apache, ont neutralisé toute tentative d’encerclement des zones d’atterrissage par des combattants de l’État islamique. L’obusier M777 lance des projectiles de haute précision de type Excalibur, avec un rayon d’action allant jusqu’à 40 km et une précision de 4-10 m grâce au GPS. Le Gen.col. Sergei Rudskoi, chef de l’état-major des opérations de l’armée russe a déclaré que les projectiles américains de calibre 155 mm et les bombes larguées par les avions de la coalition anti Etat islamique sous commandement américain peuvent endommager les écluses du barrage de Tabqa, et qu’il y avait un risque d’inondation.

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La distance entre l’aire d’embarquement du Jabar et l’aire de débarquement d’Abou Hourayra est de 25 km. Ce qui signifie que jusqu’à 08.00  le 22 Mars les avions américains ont exécuté au moins 60 voyages consistant en 480 soldats, des armes, des munitions, de la nourriture, de l’équipement de génie, etc. Mentionnons que l’hélicoptère MH-47F est capable de transporter des véhicules blindés légers Humvee du 75ème régiment Rangers. Les premiers avions ont transporté exclusivement des militaires américains et leurs véhicules armés. L’hélicoptère MH-47F peut transporter 22 à 35 soldats ou des armes et munitions jusqu’à 10 886 kg, et peut se défendre avec une mitrailleuse de calibre 7,62 mm, fonctionnant à partir d’une trappe ouverte à la queue. La mission des 80 soldats américains du 75ème Régiment de Rangers était de sécuriser les deux zones de débarquement sur la péninsule d’Abou Hourayra.

À la fin de la journée du 22 Mars une tête de pont avait été établie sur la rive sud du lac Assad, et environ 3000 combattants SDF et 300 Marines ou soldats des forces spéciales américaines y ont été transportés par voie aérienne. En outre, les marines américains ont fourni des navires de débarquement qui ont permis de déployer du matériel lourd pour les SDF (Humvee, véhicules blindés, mortiers, artillerie, bulldozers), sur la rive sud de l’Euphrate. Ensuite, la base aérienne de Tabqa a été prise et la plupart des troupes ont été déployées à 10 km à l’est de Tabqa, vers le barrage Baas pour empêcher l’Etat islamique de faire venir des troupes de Raqqa à Tabqa.

 

En raison du risque de rupture du barrage de Tabqa, le plan initial de l’opération a été modifié, en ce sens que les troupes SDF de son extrémité nord ont renoncé à le prendre, ratant ainsi l’occasion d’ouvrir une voie pour le transfert de troupes SDF sur la rive sud du lac Assad. Les soldats débarqués des avions américains suivaient deux objectifs: encercler les combattants de l’Etat Islamiques de Tabqa et occuper le barrage de Baas. En traversant le barrage Baas, les SDF tombent derrière les unités de défense de l’Etat islamique, situées sur la rive nord de l’Euphrate. Ainsi, les SDF font la jonction des troupes situées sur les deux rives.

FOTO pbs.twimg.com

La ville de Raqqa se trouve sur la rive nord de l’Euphrate. En occupant le barrage Baas, les SDF enveloppent également les positions de défense avancée de l’Etat islamique situées à l’ouest et sur la rive sud de l’Euphrate, en face de la ville de Raqqa, encerclant complètement la capitale de l’Etat islamique. Cette nouvelle opération prendra fin lorsque les combattants de l’Etat islamique de la ville de Tabqa se seront rendus ou seront détruits et il n’y aura aucune brèche dans l’encerclement de la ville. Le but de cette opération est que l’Etat islamique ne puisse pas recevoir des renforts à Raqqa en provenance de Deir Ez-Zor ou d’Irak.

 Valentin Vasilescu

 

Traduction: Avic Réseau International

Dans un récent article le célèbre analyste arabe Abdel Bari Atwan fait état du climat qui règne, en ce moment dans les milieux politiques américains et européens, lequel pousse vers un démembrement de la Syrie, sa répartition en des régions autonomes à caractère confessionnel.

Rex Tillerson, diplomate novice, a très calmement exprimé cette idée en évoquant la création des « régions autonomes provisoires et stables » en Syrie.

Tillerson dit que ces « régions » différeraient totalement des « zones sécurisées que veulent les opposants syriens ».

En effet le prétexte invoqué par Tillerson c’est que ces zones sécurisées devraient accueillir « les réfugiés syriens de retour en Syrie ».

Selon Atwan, « les opérations de dislocation de la Syrie sont déjà en cours et elles ont commencé à Raqqa et dans sa périphérie. C’est un pas destiné à contourner le président syrien et à provoquer l’implosion du pays. Comme la résolution onusienne de 2011 a permis le bombardement de la Libye et l’effondrement de l’État libyen au nom du soutien aux civils?  »

Et Atwan d’ajouter: « La prise du contrôle de l’aéroport militaire de Tabqa et du barrage de cette localité par quelques 300 membres des forces d’intervention rapide US soutenues par les Kurdes des Forces démocratiques syriennes s’est fait sous prétexte d’empêcher l’effondrement ou l’explosion de l’ouvrage. Les Américains ont dit vouloir contrôler l’eau de l’Euphrate à Jarablous et barrer la route à Daech dans le nord-ouest de la Syrie. Mais qui croirait ces balivernes? Il s’agit là des préparatifs pour mettre en place une « première région autonome voulue par les Américains à Raqqa en Syrie ». Les forces américaines ont de plus coupé la route reliant Alep à Raqqa pour contrer l’avancée de l’armée syrienne et ses alliés vers Raqqa et leur participation à la bataille pour la reprise de la ville. Tous ces agissements entrent dans le cadre de « la vaste offensive » que le ministre français de la Défense a promis de lancer dès le mois prochain à Raqqa aux côtés des forces alliées ».

Selon Atwan, les États-Unis veulent éviter à tout prix une reconduction du modèle de la libération de Berlin pendant la seconde guerre à Raqqa: ils ne veulent rien partager avec les Russes ou les Syriens d’où l’appel qu’ils ont lancé à leurs alliés britanniques et français pour qu’ils les rallient dans la bataille pour la reprise de Raqqa.

Certaines sources occidentales disent même que Trump s’est déjà préparé à fêter sa victoire à Raqqa peut-être en s’y rendant lui-même, si les choses évoluent bien sûr dans le sens souhaité.

Les fuites affirment que la ville devrait être remise entre les mains des tribus arabes sous le commandement d’Ahmed Jarba, l’un des cheikhs de la ville de Shamar.

L’homme détiendrait une armée de 5 000 hommes et on n’écarte pas l’entrée en scène de Khaled ben Sultan, le prince saoudien et chef des forces du bouclier de la péninsule, celui qui est arrivé en 1991 au Koweït sous l’auspice américain et dans la foulée de la défaite de Saddam.

Mais le plan de Trump est-il voué au succès?

De nombreuses zones d’ombre existent : Jarba et ses hommes sauront-ils gérer cette « zone sécurisée » et se faire accepter par d’autres tribus? Et les Kurdes de Syrie, pour le moment sur la première ligne des combats, Accepteront-ils l’autorité de Jarba? Et surtout, une région kurde ne verrait-elle pas le jour le long des frontières syriennes?

Or, l’histoire contemporaine nous a appris beaucoup de choses dont l’une, plus précisément: aucun pays musulman ou moyen-oriental n’a pas capitulé face aux Américains : cela a été le cas de Beyrouth en 1982, de Mogadiscio en 1994, de Bagdad en 2003 et cela sera le cas de Raqqa et de la Syrie en 2017.

Personne n’oubliera que le terrorisme est né sur les ruines d’un Irak assailli par les Américains et d’un Afghanistan que les Américains voulaient arracher à l’emprise soviétique…

Une intervention militaire US à Raqqa pour en faire la capitale d’un petit État au sein de l’État syrien, semble réalisable sur le papier…Mais de là à l’appliquer dans les faits, c’est un pas que Bush et Obama ont tenté de franchir en leur temps et sous d’autres formes sans pour autant réussir…

PressTV

Source: http://french.almanar.com.lb/332286

 

Scénario rodé des USA à Raqqa

Au moment où les États-Unis ont déployé leurs forces dans la banlieue de Raqqa, à l’aéroport militaire de Tabqa et disent vouloir lancer bientôt l’assaut contre le « bastion de Daech », des informations font état de la fuite massive des terroristes de Daech de Raqqa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux dires d’Al Manar, des centaines de « daechistes » ont déserté ces 48 dernières heures et ont quitté Raqqa pour se replier à Al Mayadeen et sur la bande orientale de Deir ez-Zor. Dans un mouvement qui ressemble à un « plan bien prémédité », les terroristes feraient visiblement place nette en prévision de l’offensive qui devrait être celle des Américains et des Kurdes contre Raqqa. Avant que les forces spéciales US (quelques 300 soldats) ne débarquent dans la ville, les terroristes et leurs familles l’évacuent. Selon des sources locales, « on ne voit plus les daechistes sillonner les rues et les avenues de Raqqa « .

Russia Today s’intéresse de son côté à l’offensive que les Kurdes de Syrie s’apprêtent à lancer contre Raqqa et qui aura lieu début avril. À en croire l’un des commandants des « Unités de défense populaires kurdes », « le plan de l’attaque, tel qu’il avait été prévu, pourrait changer », et ce, toujours en raison de l’opposition turque à la présence des Kurdes dans la bataille.

Selon les Kurdes, les opérations pourront se dérouler  » au plus tard à la mi-avril », mais une chose ne fait pas de doute, » ce serait une offensive qui durerait plusieurs mois ».  » Car les unités kurdes comptent bien s’organiser dans la base aérienne de Tabqa, évacuer les populations civiles. Et puis le barrage de Tabqa est miné et il faudrait neutraliser tous ces engins ». Russia Today interroge ensuite les commandants kurdes sur le rôle que les États-Unis sont censés jouer dans la  » bataille pour la libération de Raqqa ». :  » Les Américains nous apporteront un soutien aérien et terrestre. Ils nous fourniront des armes lourdes et semi-lourdes qui nous manquaient jusqu’ici, y compris les missiles anti-blindés et l’artillerie lourde. Les forces américaines sont déployées en arrière-ligne, à 3 kilomètres de distance par rapport à nos positions. Elles jouent le rôle de soutien à nos opérations. »

Et les sources kurdes d’ajouter : » Kurdes et Américains ont créé un centre de commandement commun. C’est un centre où se fait l’échange des informations et la coordination des opérations pour la libération de Raqqa. »

L’aéroport de Raqqa est tombé la semaine dernière entre les mains des forces kurdes et américaines. Les unités kurdes comptent « envahir la ville par trois côtés, nord, est et ouest ». Mais est-ce vraiment une offensive militaire contre un ennemi féroce et tenace? Les désertions massives dans les rangs de Daech risquent de contredire la version que les sources kurdes donnent de la bataille à venir.

Des sources bien informées qui s’interrogent sur le départ de Daech de Raqqa et son repositionnement à Deir ez-Zor font remarquer une chose : les Américains singeront une opération de libération de Raqqa et comptent se diriger ensuite vers Deir ez-Zor, cette province pétrolifère de l’est de la Syrie et là encore, au nom de la lutte contre Daech, ils finiront par installer leurs troupes. C’est en substance le plan US pour l’avenir de la Syrie : l’ouest aux mains d’Assad, le nord aux mains de l’OTAN via la Turquie, l’est et le centre aux mains des États-Unis, et le sud aux mains de la Jordanie et d’Israël : le seul hic : Washington travaille depuis 2011 à ce plan, mais il n’a pas cessé d’échouer.

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/04/01/516311/Pourquoi-Daech-fuit-Raqqa

 

 

 

L’armée syrienne continue d’avancer vers Raqqa malgré des Américains

Alors que les États-Unis continuent à renforcer leurs positions à Raqqa et dans la banlieue où ils occupent désormais l’aéroport militaire stratégique de Tabqa, l’armée syrienne accélère son avancée dans l’est d’Alep, traçant ainsi un nouveau chemin vers la ville de Raqqa et surtout la province stratégique et pétrolifère de Deir ez-Zor.

Les forces syriennes ont réussi ainsi mercredi à libérer cinq nouveaux secteurs dans la périphérie d’Alep et renforcé leur progression à Jobar.

À Jobar, les sources militaires syriennes font état du contrôle total par l’armée des secteurs aux alentours de la centrale électrique, située dans le nord-ouest de la région. Quatre blocs de bâtiments ont également été expurgés de la présence des terroristes takfiristes.

Les sources syriennes interrogées par l’agence de presse iranienne Tasnim évoquent le recours des terroristes « au gaz toxique » contre les forces syriennes dans les différents quartiers de Jobar sans pouvoir pour autant contrer l’avancée de l’armée.

Une autre dépêche fait état de raids massifs des unités d’artillerie et des chasseurs de l’armée syrienne contre des rassemblements d’Al Nosra sur l’axe Jobar-Qabun, à l’est de la capitale Damas. Une tentative d’infiltration dans la partie ouest de Qalamoun a également échoué.

Dans le nord de Jobar, l’heure est aussi à l’avancée des forces armées et du Hezbollah : Dayr Hafir libérée il y a quelques jours est toujours le théâtre de la progression des forces syriennes qui ont libéré plusieurs localités dans le sud de cette région et dans le nord de la route Raqqa-Alep. C’est Daech qui tente de contrer l’avancée des forces syriennes à renfort des voitures piégées, mais le stratagème ne fonctionne plus et l’armée syrienne sait comment détruire les voitures piégées à coup de missiles.

Quelle est l’importance de ces opérations?

Il y a une semaine, les généraux du Pentagone ont déployé des centaines de forces spéciales dans la banlieue de Raqqa, en se faisant aider par les Kurdes de Syrie. L’aéroport militaire de Tabqa que les Américains viennent d’occuper pourrait leur servir de première base militaire où déployer armes et munitions. Et c’est à partir de cet aéroport que les Américains comptent sans doute contrer l’avancée des forces syriennes depuis Alep-Est vers Raqqa. Au-delà de cet objectif, les Américains cherchent à empêcher la reprise de la province pétrolifère de Deir ez-Zor par les forces syriennes via la ville de Raqqa qui, suivant leurs plans divisionnistes de Washington, devrait faire  » la capitale d’un Kurdistan syrien » au cœur de l’État syrien.

L’état-major de l’armée américaine vient de faire état de la mort d’un soldat américain. Le CentCom dit que le soldat, sans doute membre de la force spéciale, serait décédé de « mort naturelle ». Ibtimes qui rapporte cette information ne révèle pas l’identité de ce soldat.

À Deir ez-Zor situé à l’est de la Syrie, l’axe méridional composé d’Al Maghabar, d’Al Maamal, de la centrale électronique est le théâtre de très violents combats entre Daech et les forces syriennes. Les chasseurs syriens bombardent les positions de Daech dans le sud de l’aéroport de Deir ez-Zor et sur les hauteurs d’Al Sarada. Le bilan des pertes est très lourd dans les rangs des terroristes.

Source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i33226-l’armée_syrienne_continue_d’avancer_vers_raqqa_malgré_des_américains

 

« La Russie a dissuadé la Turquie en Syrie »

Le Conseil de sécurité de la Turquie a annoncé la fin de l’opération militaire Bouclier de l’Euphrate en Syrie.

Selon le Conseil, la tâche principale de cette opération a été accompli avec succès. Les villes de Jarablous et d’Al-Bab ont été libérées.

« On a réussi à libérer plus de 2 000 km² au nord de la Syrie. Les réfugiés y sont retournés, la vie y reprend son cours. L’Armée syrienne libre (ASL) y a été déployée. L’opération Bouclier de l’Euphrate prend fin. En cas de nouvelle menace, une autre opération n’est pas exclue », a déclaré le premier ministre turc Binali Yildirim.

L’armée turque a lancé l’opération Bouclier de l’Euphrate contre les terroristes du groupe terroriste État islamique (EI ou Daech) en Syrie en août 2016. Les unités turques et leurs alliés de l’opposition syrienne ont pris le contrôle de la ville frontalière de Jarablous et de la ville d’Al-Bab. Recep Tayyip Erdogan avait antérieurement déclaré que l’opération turque en Syrie avait pour objectif d’y créer une zone de sécurité destinée à accueillir les réfugiés.

Anton Mardassov, expert de l’Institut du développement innovant a précise dans une interview accordée à Pravda.Ru deux objectifs de cette opération turque qui a été sanctionnée par Moscou, Damas et Téhéran.

« L’opération avait deux objectifs. Le premier objectif était d’empêcher le groupement des régions kurdes et le renforcement des Américains qui avaient l’intention de « jouer avec le fédéralisme kurde ». Le deuxième objectif était de réorienter la Turquie vers la lutte contre Daech, nettoyer des terroristes le nord de la province d’Alep et par conséquent créer une zone spéciale destinée à déployer la population sunnite », a déclaré l’expert.

La fin de cette opération soulève des questions, estime M. Mardassov.

« La fin de l’opération n’était pas réussie. La situation autour de la ville de Manbij (province d’Alep) a empêché la Turquie d’élargir cette zone spéciale. Je rappelle qu’après la libération d’Al-Bab, les Forces démocratiques syriennes qui se sont alliées à un groupe pro-syrien ont bloqué le déplacement de l’armée turque à Raqqa. Recep Tayyip Erdogan n’a pas tenu sa promesse concernant une offensive ayant pour but la libération de la ville de Manbij. Cependant, les soldats américains y ont été déployés en tant que pacificateurs. Plus tard, les gardes-frontières syriens ont occupé le sud-ouest de la ville. Ainsi, l’activité turque a été bloquée », a précisé l’expert.

Selon M. Mardassov, la Turquie a été obligée d’achever l’opération, car la création du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes ce qui peut être considéré comme la présence russe en Syrie l’empêche de mener des opérations d’envergure contre les Kurdes.

Le fait que la Turquie a rapidement achevé l’opération porte à croire qu’il y a des désaccords entre Moscou et Ankara. Selon des informations récentes, 500 militaires qui ont participé au Bouclier de l’Euphrate combattent contre les forces gouvernementales syriennes.

 

Source: http://www.pravdafrance.com/news/orient/30-03-2017/1304106-INTERNATIONAL-0/

L’armée de l’air des forces russes désintègre l’Etat islamique à Deir Ezzor (Southfront)

 

 

 L’armée de l’air russe a effectué un nombre important d’attaques aériennes contre des positions de l’Etat islamique (EI) aux alentours de la compagnie électrique située près de la division de la sécurité électrique et des usines dans la ville de Deir Ezzor. Les attaques aériennes auraient entraîné des pertes humaines considérables parmi les membres du groupe terroriste.

L’armée de l’air syrienne a accompli sa partie du travail visant les terroristes de l’EI dans la banlieue de l’aéroport militaire et de la base de la Brigade 137.

Le groupe extrémiste continue ses attaques sur l’aéroport tenu par le gouvernement cherchant des failles dans ses défenses. Une vidéo récente publiée par l’agence de presse « Amaq » liée à l’EI a montré des terroristes de l’EI lancer un missile téléguidé sur un hélicoptère syrien participant à la défense de l’aéroport. Le missile n’a pas atteint l’objectif et l’hélicoptère a pu échapper à la destruction.

L’Etat islamique (EI) a aussi partagé des images montrant de grands lots de munitions et d’armes saisis à l’armée syrienne pendant les attaques du groupe terroriste sur l’aéroport de Deir Ezzor. Néanmoins, l’armée syrienne a repris ces fournitures dans une contre-offensive postérieure.

En attendant, les sources émanant de l’opposition ont déclaré que l’armée de l’air irakienne continue à effectuer des attaques aériennes sur la ville d’Al-Bukamal dans la partie orientale de Deir Ezzor après l’obtention de la permission du gouvernement syrien pour bombarder des objectifs terroristes là-bas.

Le commandant régional du parti de Ba’ath Hilal Hilal a visité les lignes de front de l’armée syrienne et rendu visite également aux guerriers blessés en plus de la vérification des conditions de vie des résidents de Deir Ezzor. Il a confirmé que les gouvernements syriens et russes travaillaient ensemble pour améliorer, dans les jours à venir, les conditions de vie dans la ville assiégée.


Source:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/-92?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

 

Échec et mat en Syrie : la manœuvre d’Erdogan avec Poutine nest pas payante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le partenariat de la Turquie avec la Russie en Syrie est une déception et ne laisse à Ankara guère d’autre choix que d’accepter la protection russe accordée aux Kurdes

Lorsque la Turquie s’est réconciliée avec la Russie et a exprimé ses regrets après avoir abattu un avion de chasse en novembre 2015, cette démarche ressemblait à un coup de maître stratégique. Celle-ci a rompu le jeu diplomatique et stratégique des États-Unis en Syrie et ouvert la voie à un partenariat de travail dans ce pays entre Ankara, disposant désormais de son propre contingent militaire en Syrie, et Moscou.

L’une des principales motivations turques pour l’établissement d’un partenariat avec Moscou et l’entrée de troupes turques en Syrie a été mise en échec

Huit mois plus tard, les choses ne se passent pas du tout comme cela. La politique syrienne de la Turquie semble avoir déraillé, les forces d’Ankara se retrouvant ainsi bloquées. Elles n’ont pas réussi grand-chose de plus que la prise de Jerablous et al-Bab, situées dans une bande septentrionale proche de la frontière turque.

 

Pire encore pour Ankara, la Russie semble protéger les Kurdes syriens de toute manœuvre turque visant à mettre fin à leur autonomie. Cette semaine, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a exprimé sa « tristesse » face à la poursuite des liens de la Russie et des États-Unis avec les Unités de protection du peuple (YPG) en Syrie. Ses propos ont suivi le déploiement de troupes russes à Afrin, l’enclave kurde syrienne isolée située la plus à l’ouest.

 

 

 

Un homme kurde garde un poste de contrôle sur la route menant à la ville d’Afrin, près de la frontière syro-turque, en 2012 (AFP)

Non seulement Afrin était l’une des quelques cibles militaires potentielles restantes pour la force turque, mais cette semaine, un soldat turc a également perdu la vie suite à des tirs transfrontaliers. La Turquie a répondu en convoquant l’ambassadeur russe à Ankara au ministère des Affaires étrangères afin de protester avec véhémence contre l’incapacité de la Russie à maintenir le cessez-le-feu et sa présence croissante dans les zones contrôlées par le Parti de l’union démocratique (PYD). Il semblerait que la Turquie n’ait pas été informée à l’avance de la manœuvre russe vers Afrin.

Bien que la Turquie ait averti qu’elle exercerait des représailles contre de nouvelles attaques du PYD, l’hypothèse inévitable est que la Russie est là pour offrir un parapluie protecteur à l’enclave kurde syrienne autonome.

Ainsi, l’une des principales motivations turques pour l’établissement d’un partenariat avec Moscou et l’entrée de troupes turques en Syrie – maîtriser le détachement d’enclaves kurdes syriennes – a été mise en échec.

Évincée par une action en tandem

Il y a encore pire pour Ankara. Au lieu de jouir avec les Russes d’un partenariat implicitement anti-américain en Syrie, la Turquie voit Moscou agir en tandem avec Washington.

Environ deux semaines et demie avant leur déploiement à Afrin, les forces russes ont délivré un message encore plus fort en se déployant à Manbij, la ville arabe sous contrôle kurde dans le nord de la Syrie que les conservateurs religieux en Turquie, dont la ramification turque d’Ikhwan (les Frères musulmans), voyaient et voient encore comme la prochaine cible logique pour leurs troupes. Elles s’y sont jointes aux forces américaines, qui ont depuis été renforcées.

Cette évolution pourrait sembler à première vue similaire à ce qui s’est passé en Irak après 2003, avec l’apparition du Gouvernement régional du Kurdistan

La Turquie avait bombardé Manbij et d’autres régions kurdes tout au long du mois de février, mais cette option semble désormais bien fermée. Dans le même temps, les forces des YPG ont commencé à travailler avec les troupes américaines pour avancer sur Raqqa, la capitale de l’État islamique, et la Turquie semble être à l’écart et sans rôle.

Ankara se plaint amèrement du fait que les agissements des États-Unis et de la Russie aident les Kurdes syriens à « poursuivre leur propre programme ». Indépendamment de leur complexité politique, tout le monde à Ankara craint que le véritable programme ne consiste à créer une sorte d’autonomie kurde reconnue aboutissant finalement à la formation d’un État kurde quasi indépendant.

Cette évolution pourrait sembler à première vue similaire à ce qui s’est passé en Irak après 2003, avec l’apparition du Gouvernement régional du Kurdistan à Erbil.

Il s’agissait également du sous-produit d’une intervention américaine. Dans le cas du nord de l’Irak, l’opposition sunnite répandue au gouvernement irakien majoritairement chiite à Bagdad, le conservatisme des dirigeants kurdes locaux et les intérêts économiques réciproques ont permis à Ankara de trouver un modus vivendi avec les Kurdes irakiens.

Il n’existe pas de conditions similaires en Syrie, où les dirigeants kurdes (et de nombreux combattants) entretiennent des liens étroits avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le mouvement terroriste kurde en Turquie qui est pris dans un conflit brutal avec les forces armées turques.

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que d’autres aspects de la réconciliation turco-russe se révèlent également décevants. Les choses ne se passent pas sans heurts sur le front commercial, où les deux pays tentent de restaurer les liens rompus en 2015. Les Russes se sont montrés lents à réactiver les achats de plusieurs exportations agricoles turques, peut-être en raison de problèmes de contrôle qualité ; ainsi, le 15 mars, la Turquie a imposé d’énormes représailles tarifaires de 130 % pour les importations de blé en provenance de Russie.

Un pouvoir en déclin sur la table des négociations

Le rôle de la Turquie dans le processus de paix syrien semble également avoir décliné. La Turquie, la Russie et l’Iran restent les trois puissances garantes du cessez-le-feu en Syrie ; toutefois, lorsque la troisième série de négociations a été organisée le 15 mars dans la capitale kazakhe Astana, l’opposition syrienne soutenue par la Turquie s’est tenue à l’écart. Bien que le communiqué final d’Astana ait indiqué que les négociations avaient été constructives et utiles, la Syrie a fustigé la Turquie pour le boycott de l’opposition.

Curieusement, les Russes ne semblent pas essayer de consolider leur amitié avec la Turquie pour former un partenariat étroit visant à la détacher de l’Occident

Les alliés de la Turquie, formés par les différentes factions de l’Armée syrienne libre, sont mécontents d’un cadre de règlement qui leur est très défavorable. Mais puisqu’ils ne sont pas parvenus à faire ce que les YPG ont si remarquablement réussi, à savoir s’unir au sein d’une armée moderne et forte, les groupes composant l’ASL reçoivent une attention internationale faible ou nulle.

Cette situation pourrait changer si l’offensive surprise qu’ils ont lancée contre Damas le 20 mars parvenait à modifier l’équilibre militaire à l’intérieur du pays ; néanmoins, un renouveau à grande échelle du conflit entraînerait probablement la Turquie, en tant que principal commanditaire, dans une confrontation avec la Russie.

 

Cela semble être une éventualité qu’Ankara est déterminé à éviter. Bien que ses contacts avec les Russes (notamment le récent sommet de Moscou entre les présidents Erdoğan et Poutine) n’aient pas été récompensés, il n’y a eu presque aucune critique publique jusqu’à présent et le discours officiel fait état d’une coopération croissante – une version de plus en plus contestée par les faits sur le terrain.

De la fumée s’échappe suite à une frappe aérienne signalée dans les zones sous contrôle rebelle du quartier de Jobar, dans la banlieue est de la capitale syrienne Damas, le 20 mars 2017 (AFP)

Curieusement, les Russes ne semblent pas essayer de consolider leur amitié avec la Turquie pour former un partenariat étroit visant à la détacher de l’Occident, ce qui constituerait certainement un énorme gain stratégique pour Poutine, qui considère l’OTAN comme son ennemi.

Est-ce à cause d’une entente secrète américano-russe sur les zones d’influence mondiales ? Ou bien est-ce que cela reflète simplement un sentiment russe selon lequel la Turquie, fâchée avec l’UE et furieuse du soutien apporté aux YPG par les États-Unis, n’a que pour seule option une approche douce envers Moscou ?

 David Barchard

 David Barchard a travaillé en Turquie comme journaliste, consultant et professeur d’université. Il écrit régulièrement sur la société, la politique et l’histoire turques, et termine actuellement un livre sur l’Empire ottoman au XIXe siècle.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Photo : le président russe Vladimir Poutine (à droite) discute avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan (à gauche) avant leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 10 mars 2017 (AFP)

Source:http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/chec-et-mat-en-syrie-la-man-uvre-d-erdo-avec-poutine-n-est-pas-payante-574067298

 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Les Spetsnaz, les tigres et les hélicoptères Ka-52, les stars de la deuxième libération de Palmyre

Pour l’armée russe, la Syrie est un polygone dans lequel elle expérimente les nouvelles méthodes de lutte et de nouvelles structures organisationnelles. La Russie forme en permanence l’armée syrienne à s’adapter au fur et à mesure face à la guerre terroriste étrangère qui lui est imposée.

L’offensive de l’Etat islamique du 8 au 12 Décembre 2016 a donné lieu à la réoccupation de la ville de Palmyre par l’Etat Islamique avançant vers l’Ouest et bloquant la base aérienne syrienne T-4 Tiyas, située à 30 km à l’ouest de Palmyre. L’offensive de l’état islamique avait été menée avec trois brigades et une réserve, soit environ 4000 combattants, des chars, des BMP-1, des camionnettes équipées de mitrailleuses de calibre 14,5 mm, des obusiers de calibre 122mm, des  lance-roquettes multiples BM- 21 Grad, et des dizaines de mortiers de calibre 82 et 120 mm. Une réserve de plus de 800 combattants de l’Etat Islamique était stationnée dans Palmyre et l’aéroport de la ville.

Les forces combattantes à Palmyre.

La Base aérienne syrienne T-4 Tiyas était défendue par environ 2000 soldats. Les forces de défense étaient les suivantes : des unités d’une brigade mécanisée de la 10e division d’infanterie de l’armée syrienne, un bataillon territorial NDF composé de réservistes syriens, un bataillon du Hezbollah libanais et un bataillon de l’organisation chiite afghane Liwa Fatemiyoun. La Base de T-4 Tiyas était sur le point d’être encerclée et isolée, de sorte que l’armée syrienne a été contrainte d’envoyer des renforts d’environ 2 500 soldats à partir d’Alep.

En plus d’un bataillon des forces spéciales Tigres, un bataillon de la 5e Légion et trois compagnies de chars de la 18ème division de chars (soit au total, environ 800 soldats), les soldats reçoivent le secours des forces auxiliaires NDF (National Forces de défense) avec une faible expérience de combat. Même avec les renforts, les effectifs de l’armée syrienne ne dépassent pas celles de l’État islamique. Dans ces conditions, arrêter l’attaque offensive de l’Etat islamique et la préparation de la libération de Palmyre prendrait plusieurs mois. C’est pourquoi l’état-major de ce dispositif était composé d’officiers de planification russes. Les planificateurs russes ont rapidement mis au point un plan d’opérations aéroterrestres permettant d’atteindre les objectifs fixés en moins d’une semaine.

Plan de l’offensive pour la libération de Palmyre.

Le premier élément clé est de restreindre au maximum la mobilité des groupes de l’Etat islamique en les empêchant de se déplacer. L’État islamique a également été forcé d’adopter une défense et empêché de faire entrer dans la bataille sa réserve située à 30 km de la base aérienne syrienne T-4 Tiyas. Pour immobiliser et neutraliser les forces de l’État islamique, les groupes tactiques de l’aviation russe en Syrie (avions et hélicoptères d’attaque) ont dû exécuter des frappes sur au moins 600 cibles importantes de l’Etat islamique durant les 72 premières heures de l’opération. Ce qui voulait dire que certains avions, en particulier les hélicoptères d’attaque Ka-52, ont effectué quotidiennement cinq sorties au lieu des deux habituelles. La plupart des missions étaient des soutiens rapprochés CAS (close air support) à basse altitude. Ce qui signifiait un risque supplémentaire pour les avions russes qui étaient vulnérables aux mitrailleuses lourdes et aux canons de petit calibre de l’Etat islamique.

Le deuxième élément clé est l’utilisation avec une efficacité maximale de l’une des formes de base de la sécurité dans le combat : la recherche. En particulier, la recherche dans le combat faite indépendamment des troupes au sol. L’efficacité des frappes aériennes dépend des précisions des résultats des recherches et la transmission des détails de chaque dispositif de combat ennemi. Par conséquent, le centre de gravité de l’opération pour briser l’encerclement de la base aérienne T-4 Tiyas et libérer Palmyre reposait sur la capacité des groupes Spetsnaz russes à transmettre des informations de recherche au siège de l’opération. Les Spetsnaz organisaient également des raids et des embuscades.

Les Russes ont imposé à l’armée syrienne un dispositif flexible, composé d’environ 10 groupes d’assaut, constitués de pelotons de chars T-62, de BMP-1, de BTR-82A de canons automoteurs ZSU-23-4 Shilka, de camionnettes avec des mitrailleuses de calibre 14,5 mm, et 200 hommes d’infanterie embarqués sur des camions. L’élément de recherche pour le combat de chaque groupe d’assaut était constitué de détachements avancés. Les détachements avancés étaient composés d’unités de commandos mixtes constitués des Spetsnaz et des forces spéciales syriennes Tigres.

La liquidation des points de soutien de l’Etat islamique frappés par les avions a été exécutée par les groupes d’assaut de l’armée syrienne pour détruire ou forcer les islamistes au retrait. Pour les zones montagneuses, difficiles à frapper avec l’aviation, au nord et au sud de la route qui relie la base aérienne T-4 Tiyas à Palmyre, l’armée syrienne a utilisé un groupe de soutien d’artillerie constitué d’obusiers D-30 de calibre 122 mm, de lance-roquettes multiples BM-21 lance-Grad et de lanceurs de projectiles thermobariques TOS-1A. Les munitions thermobariques sont destinées à détruire des fortifications ou des véhicules blindés. Le projectile thermobarique produit une première petite explosion qui vaporise un contenu sous forme de nuage inflammable. L’aérosol ainsi obtenu, au contact avec l’oxygène atmosphérique créé une auto-détonation, avec une énorme onde de choc suivie d’une chaleur intense.

 

Dans les 48 heures suivant le début de l’opération, l’aviation russe avait rempli sa mission, l’offensive terroriste Etat islamique avait été stoppée et les groupes d’assaut de l’armée syrienne repris l’initiative. Les combattants de l’Etat islamique se sont retirés de Palmyre assiégée au sud, à l’ouest et au nord par l’armée syrienne. La ville a été rapidement libérée des terroristes qui se sont retirés par l’Est de Palmyre, l’armée syrienne continuant de poursuivre son mouvement dans la direction de Deir ez-Zor.

https://southfront.org

Selon la déclaration du lieutenant-général Sergueï Rudskoi, chef des opérations dans l’état-major russe, 1000 combattants de l’Etat islamique ont été tués ou blessés, 19 chars, 37 véhicules blindés et 98 camionnettes armées et plus de 100 autres véhicules ont été détruits.

Les unités de commandos syriens des Tigres.

 

C’est à la fin de l’année 2013 qu’a commencé à se former un nouveau bataillon des forces spéciales syriennes appelé les Tigres. Quelques-uns des officiers des nouvelles unités étaient choisis dans les 4ème et 11ème divisions de chars de l’armée syrienne. Dans un premier temps, les Tigres ont été entrainés selon le manuel opérationnel des membres des commandos iraniens et du Hezbollah. Au début de 2016, le bataillon initial a transmis sa formation à d’autres nouvelles unités Tigres entrainées par des instructeurs Spetsnaz. Ceci explique l’utilisation par les Tigres des armes AK-74 russes avec amortisseur et télémètre laser, des casques et des protections provenant de l’équipement russe RATNIK, de 10-15 chars T-90A et plusieurs voitures blindées légers Rys LMV russes en opération dans le gouvernorat d’Alep à l’été 2016.

kpcdn.net

Les Tigres ont compris que les offensives des groupes d’Al-Qaïda et de l’Etat islamique étaient précédées ou se faisaient simultanément avec deux types d’actions suicidaires. Jusqu’à 10 voitures ou camions, blindées avec des plaques épaisses appelées VBIED (Véhicule Borne Improvised Explosive Device) ou des véhicules de combat d’infanterie BMP-1 (IFV), tous remplis d’explosifs, venant de directions différentes à pleine vitesse et roulant vers les points de soutien de l’armée syrienne pour les faire exploser à l’intérieur. Simultanément, des dizaines de combattants isolés ou en groupes, équipés de ceintures explosives essayent d’atteindre les points de soutien de l’armée syrienne. Si cette méthode réussit, les unités d’assaut des terroristes enclenchent l’offensive. Les Tigres ont adopté leur propre procédure pour neutraliser cette méthode suicidaire par la mise en place d’embuscades. Lors de ces embuscades, les tigres utilisent plusieurs points et secteurs d’observation attribués à des snipers utilisant un fusil de précision Orsis T-5000 si KSVK (de calibre 12,7 mm) avec une capacité de pénétration accrue. Il y a aussi le canon sans recul SPG-9, de calibre 73 mm, le lanceur antichar portatif RPG-29  ou le missile antichar Metis-M et Kornet.

La 5ème Légion  et le Régiment de chasseurs provient des unités auxiliaires de l’armée syrienne, complétées par des bénévoles qui passent par la suite par un programme de formation, leur équipement et leur armement étant financés par la Russie. Un premier lot de 1000 soldats de la 5ème Légion a été formé dans des tactiques d’assaut contre le groupe de l’Etat islamique, et sont utilisés sous la subordination des unités d’élite des Tigres.

Le rôle des Spetsnaz dans la libération de Palmyre.

Les Spetsnaz, équipés d’un casque 6B47 (de l’équipement RATNIK) ont un viseur thermique1PN139 et un dispositif de visée 1-P88-2 avec des systèmes pour la vision nocturne. Cela leur a permis de s’infiltrer secrètement, la nuit, sur une distance de cinq kilomètres dans les points de résistance mis en place par l’Etat islamique. Pendant la journée, cela était impossible, en raison des nombreux points d’observation de l’Etat islamique équipés de tireurs d’élite.

Les Spetsnaz s’équipent du système RATNIK avant de mettre ensuite en marche le mini drone de type ZALA 421-08 muni d’un moteur électrique silencieux, d’un poids de 1,7 kg, un plafond de 3 600 m et une durée de vol jusqu’à 90 minutes [[i]]. Les transmissions vidéo réalisées par ZALA 421-08 sur les dispositifs de l’Etat islamique en images infrarouges sont reçues via satellite au centre des opérations aériennes à la base aérienne russe Hmeymim. La transmission se fait par l’intermédiaire du système informatique « Strelets » contenu dans l’équipement RATNIK des Spetsnaz. Les données sont automatiquement affichées sur les écrans du matériel informatique Strelets et sont envoyées à l’aviation russe, avec toutes les positions militaires des détachements avancés qui se trouvent autour des Spetsnaz pour éviter ainsi des frappes accidentelles par l’aviation russe.

Ayant des cibles identifiées, le centre russe d’opérations de Hmeymim fait décoller les avions Su-24, Su-25, Su-30, et les hélicoptères d’attaque Mi-28 N, Mi-35 et Ka-52. Ils ont d’abord ainsi frappé les voitures blindées, les camionnettes et les pièces d’artillerie dans les points de résistance de l’Etat islamique. Pour plus de précision des frappes aériennes, les Spetsnaz illuminent une partie des cibles par un faisceau laser. Les frappes de l’aviation russe ont ainsi réussi à neutraliser les moyens d’appui de l’infanterie de l’Etat islamique.

Test pour l’hélicoptère russe Ka-52.

Pour la Russie, un des objectifs importants de cette opération est de tester les hélicoptères Ka-52, détachés des forces navales de la Russie. Le Ka-52 Alligator est un nouvel appareil de recherche et d’attaque, avec deux hélices coaxiales portantes. L’hélicoptère Ka-52 peut embarquer jusqu’à deux tonnes d’armes. Il est possible de monter sur les ailes des containers avec des canons de calibre 23 mm, des lanceurs multiples avec chacun 6 missiles antichars guidés par faisceau laser de type Vikhr (portée de 12 à 15 km) ou chacun 6 missiles air-air Igla-V, ou deux blocs avec chacun 20 projectiles réactifs S-8, de calibre 80 mm. Lors de l’opération de Palmyre, l’essai de nouveaux missiles Vikhr a donné de très bons résultats. Quand il est utilisé par la marine russe, le K-52 est équipé d’une torpille, d’un missile Air-navire Kh-25 guidé par faisceau laser ou Kh-35U (rayon d’action 300 km) ou Kh1AD.

L’avionique à bord du Ka-52 inclut des équipements conçus par la société française Sextant Avionique, une composante de Thales. Elle permet d’afficher toutes les informations NASH (Navigation and Attack System for Helicopters) sur la grille de l’appareil de visée du système HDD (head-down displays), ou directement sur la visière du casque pilote et de l’opérateur du système d’armement à travers le système TopOwl. Il y a sur la visière du casque des commandes pour le canon mobile Shipunov2A422 de calibre 30 mm, situé dans le nez de l’hélicoptère. Pour naviguer la nuit et avec une faible visibilité, il est équipé de capteurs FLIR russes de type Khod et de Télémètre laser couplé avec un système de marquage de cibles avec un spot laser. L’hélicoptère Ka-52 dispose également d’un radar Phazotron FH-01 Arbalet qui permet de suivre simultanément jusqu’à 20 cibles aériennes et terrestres. Pour l’autoprotection, l’hélicoptère Ka-52 a un système d’alerte à bande large Pastel L150. Dans le spectre infrarouge, il est protégé par l’équipement Mak L136 et, dans la fréquence des impulsions laser, il possède l’équipement Otklik L140. Les lanceurs de leurres thermiques UV 26 et de cartouches avec dipôles métalliques sont montés dans un container aux extrémités des ailes.

Valentin Vasilescu

Traduction: Avic Réseau International

[i] http://reseauinternational.net/les-soldats-du-futur-de-la-federation-russe-sont-equipes-du-systeme-novateur-ratnik/

 

La Syrie pourrait frapper Israël avec des Missiles SCUD

« La Syrie pourrait exercer des représailles contre Israël en tirant des missiles SCUD, si ce dernier attaquait la Syrie à nouveau », selon un message envoyé via des médiateurs russes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le message stipule également qu’en cas de raid israélien, la Syrie répondrait immédiatement en ciblant le sol israélien et plus précisément le port de Haïfa et les installations pétrochimiques, ainsi que les bases militaires, sans préavis.

L’annonce vient à la suite de l’incident du 17 Mars au cours duquel quatre avions israéliens avaient violé l’espace aérien syrien et ciblé les positions de l’armée syrienne dans les environs de Palmyre, à proximité des frontières libanaises. Les systèmes de défense syriens disent avoir immédiatement réagi et avoir abattu un jet israélien et frappé un autre, forçant deux autres jets à battre en retraite.

« La réponse énergique de la Syrie aux attaques israéliennes a changé les règles du jeu », avait déclaré Bachar Al Jaafari, l’ambassadeur syrien à l’ONU.

Au cours des dernières années, Israël a violé l’espace aérien syrien et a frappé les positions de l’armée syrienne à plusieurs reprises, principalement dans les environs de Damas. Selon les déclarations du gouvernement syrien, « les actions israéliennes ne bénéficient qu’aux terroristes opérant dans les environs de Damas, car elles gênent le combat de l’armée syrienne contre le terrorisme ».

 

On pense que la Syrie dispose de quelques 800 missiles SCUD de fabrication soviétique.

Le plateau du Golan, Israël, Donald Trump et la guerre du pétrole.

Des événements évoluent rapidement vers ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre impliquant Israël, les États-Unis, la Syrie et la Russie. S’il devait en advenir ainsi, et honnêtement je ne l’espère pas, ceci constituerait une nouvelle et stupide guerre pour le pétrole. Seulement cette guerre pour le pétrole pourrait être encore plus dangereuse que la guerre américaine contre l’Irak ou la Libye, ou bien que toutes les autres précédentes guerres pour le pétrole. Car elle aurait pour objet cette partie de la Syrie appelée le plateau du Golan.

Le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou, a été l’un des premiers chefs de gouvernement à se rendre aux États-Unis afin de rencontrer Donald Trump, le 16 février 2017, une fois Trump installé en tant que Président. Après cet événement, les principaux médias ont mis l’accent sur le thème des colonies israéliennes dans la bande de Gaza, sur l’accord nucléaire avec l’Iran ou bien sur la solution qui verrait deux Etats en Palestine.

Virtuellement, aucune mention ne fut faite par CNN et les autres médias PC [1] américains, au sujet du point le plus stratégique qui a été discuté par les deux hommes. Netanyahu a en effet demandé au Président américain, de reconnaître l’occupation israélienne illégale des hauteurs du Golan appartenant à la Syrie : c’est quelque chose qu’aucun Président américain n’a fait depuis qu’Israël les a ouvertement déclarées comme lui appartenant, en 1981[1].

Or ce qui s’est passé dans la région, depuis les pourparlers du 16 février entre Trump et Netanyahou, donne des raisons de croire que les États-Unis et l’Israël de Netanyahu sont tombés d’accord de façon secrète, sur une stratégie qui permettrait à Trump de reconnaître Israël comme occupant de fait du plateau du Golan, des suites de ce qu’ils appelleront ensemble le chaos grandissant de la “guerre civile” syrienne.

Deux semaines après les pourparlers de Netanyahu à Washington, le Jerusalem Post a écrit au sujet du réel enjeu qui fut discuté entre les deux dirigeants : « la plus grande nouvelle à venir de la visite du Premier ministre Benyamin Nétanyahou à Washington, n’est pas ce que l’on peut voir dans la plupart des gros titres. Ce serait plutôt sa décision de demander aux États-Unis de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan »[2].

Le journal israélien continue en argumentant : « le risque d’une restitution du plateau du Golan devrait être mesuré face au fait que l’Iran est en train de mettre en place activement un autre commandement avancé le long de la frontière israélienne avec la Syrie… capitaliser sur l’idée de Netanyahu aiderait les États-Unis à y limiter la réémergence de la puissance russe au Moyen-Orient après 40 ans d’absence »[3].

Israël, en violation de la charte des Nations unies, a occupé illégalement le plateau du Golan après que l’armée israélienne l’eut conquis durant la guerre des Six jours de 1967. Quand Israël a déclaré l’applicabilité de la loi israélienne sur le territoire, et a commencé à déployer des colonies israéliennes dans cette acte d’annexion de fait du plateau du Golan en 1981, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopta la résolution numéro 497, qui déclarait que « la décision israélienne d’imposer ses lois, juridictions et administrations sur le du plateau du Golan occupé, est nulle et non avenue, et dénuée de tout effet légal international. »[4]

 

Jusqu’à maintenant, la position du gouvernement américain officiel a été que l’occupation israélienne du plateau du Golan constitue une violation de la quatrième Convention de Genève, prohibant l’acquisition de territoires par la force, et contrevient à la Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies n°242, adoptée en novembre 1967, qui imposait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés durant le récent [1967] conflit ».

Localisation du plateau du Golan syrien annexé par Israël en 1981, en violation de la Résolution n° 242 des Nations Unies

Quelques jours après que Netanyahu eut quitté Washington, dans un éditorial OpEd[5] paru dans le Wall Street Journal de Rupert Murdoch, Mark Dubowitz, Directeur Exécutif du cercle d’influence [think tank] pro-israélien de Washington, la “Fondation pour la Défense des Démocraties”  [Foundation for the Defense of Democracies]”, a déclaré que la reconnaissance américaine du contrôle israélien sur le Golan « fournirait au gouvernement israélien une victoire diplomatique, qui aiderait l’Administration Trump à signaler à la Russie et à l’Iran, que les États-Unis planifient un nouveau cours des choses en Syrie ».[6] Les autres éditoriaux néoconservateurs ont fait écho au même thème.

Il y a un gros changement sur le feu à Washington, et il semble ressembler affreusement à une possible guerre d’Israël soutenu par les États-Unis, face à la Russie et son allié syrien, autour de cette question du plateau du Golan. Ceci pose immédiatement la question de savoir ce que la Russie ferait, si cette éventualité venait à se matérialiser.

L’étrange “coalition mondiale“ de Tillerson.

Contre la toile de fond des pourparlers de Netanyahu, concernant la reconnaissance américaine de l’annexion israélienne sur le plateau du Golan, les événements suivants commencent à faire sens, d’un point du stratégique, aussi fou que cela puisse paraître :

Le 22 mars à Washington, le nouveau Secrétaire d’État américain Rex Tillerson a convoqué une conférence ministérielle américaine [US Ministerial conference] de quelque chose que l’Administration Trump appelle la “Coalition Mondiale Travaillant pour Défaire l’EIIL [Global Coalition Working to Defeat ISIS]“. Le Département d’État a déclaré qu’une combinaison de 68 nations et organisations était représentée. Or Washington a explicitement déclaré que les trois Etats les plus importants ayant un intérêt profond dans la défaite de l’EIIL en Syrie, et les trois parties essentielles à tout mouvement sérieux visant à déloger l’EIIL (nommément la Russie, l’Iran et la Syrie), n’étaient pas les bienvenus. Et quand cela lui fut demandé, le Secrétaire d’État Tillerson a raillé : « ils ne font pas partie de la coalition globale »[7]. C’est curieux, en effet…

 Dans ses remarques, Tillerson a déclaré que la politique américaine de l’Administration Trump, viserait à « l’élimination régionale de l’EIIL par la force militaire. La puissance militaire de la coalition va demeurer là où ce califat frauduleux a existé, afin de mettre en place les conditions d’un total rétablissement après la tyrannie de l’EIIL ». En d’autres termes, une occupation permanente menée par les États-Unis des zones contrôlées par l’EIIL en Syrie. Ceci faisant écho à un récent rapport de la RAND Corporation, cercle d’influence dépendant du Pentagone, appelant à la partition permanente de la Syrie entre la Turquie, l’“opposition” syrienne et les États-Unis[8].

Le Renseignement israélien, dans une évaluation annuelle récente, a conclu que le Hezbollah ne serait pas intéressé à initier une [nouvelle] guerre en 2017, mais a averti du danger d’une “dynamique de l’escalade” pouvant mener à un conflit. Le Times of Israel a également rendu compte que le Gouvernement Netanyahu a élaboré quelque chose dont le nom de code est “Opération Distance Sûre [Operation Safe Distance]”, dans laquelle « jusqu’à 250.000 civils pourraient être évacués de leur communauté frontalière, s’ils devaient être sous le coup d’une attaque majeure de la part du… Hezbollah »[9]. Or cette “dynamique de l’escalade” apparaît être précisément ce dans quoi les FDI [Forces de Défense Israéliennes] de Netanyahu sont engagés sur les hauteurs du Golan.

L’acte suivant, c’est la claire mise en scène par Netanyahu du dernier drame du plateau du Golan, visant à isoler la Russie en tant que défenderesse du régime syrien d’Assad : il s’agit de la frappe aérienne illégale menée par des avions F-16 de l’Armée de l’air israélienne, contre un site majeur à l’extérieur de Damas, en Syrie. Israël a clamé que ce site était un dépôt d’armes du Hezbollah. Quelques heures plus tard le 19 mars, un drone israélien a touché un véhicule sur le plateau du Golan, qui transportait Yasser al-Sayed qui a été tué sur le coup. Sayed était rapporté comme étant un commandant d’une milice pro-régime, et était proche du président Bachar al-Assad. Bachar al-Assad a répondu à cette frappe israélienne à l’intérieur du territoire syrien, en tirant des missiles antiaériens S-200 contre les avions de l’Armée de l’air israélienne [10].

Lorsqu’un missile de défense aérienne israélien Arrow a intercepté le missile antiaérien syrien SA-5, tiré contre les avions israéliens attaquants tandis qu’ils quittaient la Syrie, le Ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a déclaré à la presse qu’Israël « n’hésiterait pas » à détruire les systèmes de défense antiaérien syriens, si ce pays venait encore à prendre pour cible des avions de l’Armée de l’air israélienne.[11]

Ce qui par développement, placerait évidemment la Russie en ligne de mire, en tant que fournisseur des systèmes de défense antiaérien syrien.

DebkaFile.org, une source ouvertement proche de l’appareil militaire et du Renseignement israélien, clame que Yasser al-Sayed était « sur le point de rejoindre les forces du Hezbollah » se regroupant sur les hauteurs du Golan libano-syriennes, sous une direction iranienne, se préparant à une guerre ouverte contre Israël. DebkaFile écrit en effet : « on doit s’attendre à ce qu’Israël intervienne encore, afin de mettre un coup d’arrêt au dangereux stratagème Russo-irano-Hezbollah, visant à exploiter les turbulences en Syrie pour permettre aux ennemis d’Israël de pousser plus avant leurs positions d’assaut en Syrie »[12].

Une admission révélatrice de la part de Moshé Dayan.

Israël est en train de mettre savamment en place une scène de propagande, qui va maintenant lui permettre de clamer qu’une coalition constituée de la Russie, de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah est en train de se préparer à reprendre par la force les hauteurs du Golan syrien, contre les occupants israéliens illégaux. Il s’agit d’une méthode éprouvée et testée par les Forces de Défense Israélienne, consistant à provoquer un opposant (ici la Syrie), puis de se servir de la réaction prévisible de cet opposant à cette provocation, comme d’un prétexte pour des frappes militaires qui permettront une escalade dans la confrontation, escalade que les Forces de Défense Israélienne furent pourtant les premières à initier.

Dans une discussion officieuse avec un journaliste israélien en 1976, avant sa mort, le général israélien Moshe Dayan, qui donna l’ordre en 1967 de s’emparer du plateau du Golan, a admis qu’il s’agissait de provocations israéliennes délibérées contre les terres du Golan syrien, qui donnèrent le prétexte manufacturé à Israël afin d’envahir et d’occuper ce Golan.

Dayan révéla en effet au journaliste Rami Tal, qui garda secrètes ses notes durant 21 ans, jusqu’à être persuadé après la mort de Dayan par la fille elle-même de Dayan et par d’autres personnes, qu’il était important de publier cette admission de la part de Dayan. Le journaliste israélien écrivit que lorsque Tal déclara à Dayan que les hauteurs du Golan étaient vitales pour la sécurité israélienne, Dayan l’interrompit : « cela n’a pas d’importance. Après tout, je sais comment au moins 80 % de ces incidents de frontière ont été initiés… ça se passa de cette façon : nous envoyons un tracteur afin de labourer une zone quelconque, dans laquelle il n’était pas possible de faire quoi que ce soit, dans la zone démilitarisée, et je savais par avance que les Syriens commenceraient alors à tirer. S’ils ne tiraient pas, nous disions au tracteur d’avancer encore, jusqu’à ce que finalement les Syriens s’énervent et tirent. Et alors nous utilisions l’artillerie et plus tard les frappes aériennes, et voilà comment ça se passait » [13].

Aujourd’hui, un jeu similaire de provocations se dévoile clairement, avec des frappes illégales de provocation de la part des avions israéliens près de Damas, et des attaques de drones sur le plateau du Golan. Mais le nouvel élément à notre époque, c’est l’attitude davantage amicale envers Israël, de la part de l’Administration Trump, comparée à celle d’Obama.

Mais il y a un autre élément au sujet duquel Dayan n’était pas au courant, concernant les hauteurs du plateau du Golan. Un élément dont personne aujourd’hui ne discute ouvertement : c’est le trésor que désire l’Israël de Netanyahu concernant ce plateau du Golan : le pétrole, avec d’énormes réserves récemment découvertes d’or noir sous les hauteurs du Golan…

Genie Energy et le pétrole du Golan.

Les subsidiaires israéliens d’une compagnie pétrolière de Newark, New Jersey, appelée Genie Energy, se sont vus octroyer la permission de réaliser des forages pétroliers exploratoires dans les hauteurs du Golan.

Et comme je l’ai remarqué dans un article publié en 2015, Genie Energy n’est pas tout à fait un opérateur anodin, parmi les compagnies pétrolières. Son Conseil inclut Dick Cheney, l’ancien chef de la CIA et Président de la “Fondation pour la Défense des Démocraties” susmentionnée, James Woolsey ; il inclut également Jacob Lord Rothschild, de la dynastie bancaire londonienne, et un ancien partenaire en affaires et oligarque russe du pétrole mis en examen, Mikhail Khodorkovsky. Avant son arrestation, Khodorkovsky avait en effet secrètement transféré ses parts dans Yukos Oil aux Rothschild.

Le Conseil de cette compagnie pétrolière peu connue de Newark, New Jersey, inclut également l’ancien Secrétaire à l’Energie américain Bill Richardson, et le magnat pro-israélien des médias et possesseur de la chaîne de télévision favorite de Trump Fox News TV, Rupert Murdoch. Toujours au même Conseil siège l’ancien Secrétaire au Trésor Larry Summers, et le milliardaire des fonds spéculatifs Michael Steinhardt. Steinhardt, un ami philanthropique d’Israël et de Marc Rich, est également un membre du Conseil de la même “Fondation pour la Défense des Démocraties” néo conservatrice de Woolsey, et il conseille par ailleurs Trump entre autres choses, quant au fait qu’il serait bon pour Washington de reconnaître Israël, en tant que possesseur légitime du plateau du Golan conquis par Dayan durant la guerre de 1967[14].

Le complot s’épaissit en effet…

 Car Genie Energy, est liée à Netanyahu, à Trump, également à un champ de pétrole considéré comme énorme, trouvé sous le plateau du Golan syrien illégalement occupé. Quelque chose de très moche couve décidément entre Washington et Tel-Aviv, via Newark, New Jersey…

Genie Energy s’est vu octroyer en 2013 par le gouvernement Netanyahu, les droits exclusifs d’exploration sur le pétrole et le gaz sur une portion d’environ 400 km², dans la partie sud du plateau du Golan [15].

Le 8 octobre 2015, quelques jours seulement après l’annonce surprise faite par les Russes, qu’ils acceptaient la requête du Gouvernement du Président Bachar al-Assad, en vue d’intervenir directement contre l’EIIL, Al-Quaïda et les autres groupes terroristes en Syrie, Genie Energy fit une annonce majeure. Yuval Bartov, géologue en chef du supplétif local israélien de Genie EnergyAfek Oil & Gas, avait dit à la deuxième chaîne de la télévision israélienne que sa compagnie venait de découvrir un réservoir de pétrole majeur sous le plateau du Golan : « nous avons trouvé une nappe de pétrole de 350 mètres d’épaisseur dans la partie sud du plateau du Golan. En moyenne dans le monde, ces nappes sont épaisses de vingt ou trente mètres, et celle-ci est dix fois plus épaisse que cela, nous parlons ici de quantités significatives » [16].

Le 10 janvier 2017, Genie Energy Ltd a annoncé la création d’une nouvelle compagnie, Atid Drilling Ltd. : une coentreprise de services de forage pétroliers terrestres [on-shore], basée en Israël, et constituée afin de réaliser des forages pétroliers notamment sur le plateau du Golan. Ils vont ainsi étendre la campagne de forage mené par le subsidiaire Afek Oil & Gas de Genie Energy, qui depuis l’annonce d’octobre 2015, a mené à bien le forage de cinq puits de pétrole sur le plateau du Golan[17].

La création de cette compagnie Atid Drilling par Genie Energy, confirme le caractère convainquant des résultats basés sur les résultats des forages préliminaires, selon lesquels il y aurait quelque chose de “gros“ sous le Golan. Un mois plus tard, à la mi-février, peu après que Trump eut prêté serment en tant que Président, Netanyahu a filé à Washington afin de discuter de cette reconnaissance par les États-Unis, l’annexion par Israël du plateau du Golan.

Quelques semaines plus tard, Israël viole l’espace aérien syrien dans ce qui constitue un acte de guerre, engendrant une escalade de tension concernant ces hauteurs du Golan. Puis le 22 mars, apparaissant devant le Comité des Affectations [Credits] de Défense du Sénat américain [US Senate Defense Appropriations Committee], le Secrétaire à la Défense James Mattis a appelé le Congrès à autoriser formellement l’utilisation de la force militaire américaine contre l’EIIL/Daech en Syrie[18].

Il devient de plus en plus clair, qu’à moins de repenser les choses de façon très précautionneuse du côté de Washington et d’Israël, nous pourrions nous trouver face à une nouvelle guerre pour le pétrole et en premier lieu pour le plateau du Golan, cette guerre qui impliquerait alors la Syrie, la Russie, l’Iran Hezbollah libanais d’un côté, et de l’autre côté Israël avec la “Coalition anti-EIIL” de 68 nations de Rex Tillerson de l’autre côté, ce qui constituerait une nouvelle guerre pour le contrôle du pétrole, tout aussi dénuée de sens que les précédentes…

William F. Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, titulaire d’un diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur le pétrole, la géopolitique et les OGM.

Traduction par Jean-Maxime Corneille, pour Réseau International, article original paru dans New Eastern Outlook.

Rappel des précédents articles importants de l’auteur sur ce sujet :

« Les génies et le génocide : la Syrie, Israël, la Russie, et beaucoup de pétrole » (26 Octobre, 2015)

« Il était une fois un colonel israélien pris la main dans le sac » (25 novembre 2015)

 « Le jeu d’échecs énergétique de Poutine face à Netanyahu » (13 mai 2016)

Voir aussi : « Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole“ (Galil Agar, Cercle des Volontaires, 26 août 2016).

[1] Principaux Courants/Politiquement Corrects [Mainstream].

[1] Daniel Shapiro, “Making sense of the strange Trump-Netanyahu meeting”, CNN, 16 février 2017, http://edition.cnn.com/2017/02/16/opinions/trump-netanyahu-shapiro-opinion/.

[2] Matthew R.J. Brodsky  “Trump ,the Golan Heights and regional progress”, Jeruslem Post, 28 février 2017, http://www.jpost.com/Opinion/The-Golan-Heights-as-the-key-to-progress-482762.

[3] Ibid.

[4] Wikipedia, Plateau du Golan https://fr.wikipedia.org/wiki/Plateau_du_Golan

[5] Op-Ed : “Opposé à la ligne Editoriale du journal)” : article de journal qui exprime les opinions d’une personne qui n’entretient pas habituellement de liens avec le comité de rédaction du journal. Au contraire de l’éditorial, il est signé par l’auteur.

[6] The Tower.org, “Experts Supporting Israeli Sovereignty in Golan Could Enhance Middle East Stability”, 19 février 2017, http://www.thetower.org/4593-experts-supporting-israeli-sovereignty-in-golan-could-enhance-middle-east-stability/

[7] Rex W. Tillerson, “Remarks at the Ministerial Plenary for the Global Coalition Working to Defeat ISIS”, Washington, 22 mars 2017, https://www.state.gov/secretary/remarks/2017/03/269039.htm. Voir aussi Sputnik News, “Why Russia, Iran Are Frozen Out of Anti Daesh Meeting in US”, 11 Mars 2017, https://sputniknews.com/world/201703111051484335-russia-iran-washington-meeting/.

[8] Deutsche Wirtschafts Nachrichten, „US-Plan zur Teilung Syriens kann neue Fluchtbewegung auslösen“, 25 février 2017, https://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2017/02/25/usa-planen-internationale-verwaltung-in-syrien/.

[9] Ian Deitch, “Israel plans mass evacuations if war erupts again”, Times of Israel, 21 Mars 2017, http://www.timesofisrael.com/israel-plans-mass-evacuation-if-war-erupts-again/

[10] Ben Caspit, “Is Assad shifting strategy on Israel?”, Al-Monitor, 20 Mars 2017, http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/03/israel-syria-lebanon-idf-assad-hezbollah-strategy-missiles.html.

[11] Anna Ahronheim, “‘Israel will not hesitate to destroy Syrian air defenses’”,

Jerusalem Post, 19 Mars 2017, http://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/Israel-will-not-hesitate-to-destroy-Syrian-air-defenses-484583.

[12] DebkaFile, “Israeli Russian clash over Hizballahs Golan grab”, 20 Mars 2017, http://www.debka.com/article/25973/Israeli-Russian-clash-over-Hizballah%E2%80%99s-Golan-grab.

[13] Serge Schmemann, “General’s Words Shed a New Light on the Golan”, The New York Times, 11 Mai 1997, http://www.nytimes.com/1997/05/11/world/general-s-words-shed-a-new-light-on-the-golan.html

NDT : Rappel léger d‘une blague soviétique (1977), une nouvelle de Radio-Moscou :
« À la frontière entre notre Union Soviétique et la République Populaire de Chine labourait un paisible tracteur soviétique. Il fut soudain attaqué par trois chars lourds chinois. Le tracteur soviétique évita les obus, ouvrit le feu et réduisit les agresseurs à néant. Puis il reprit son paisible travail champêtre. »

[14] Genie Oil, Strategic Advisory Board, http://genieoilgas.com/about-us/strategic-advisory-board/.

[15] Michael B. Kelley, “Israel Grants First Golan Heights Oil Drilling License To Dick Cheney Linked Company”, Business Insider, 2 février 2013, http://www.businessinsider.com/israel-grants-golan-heights-oil-license-2013-2?IR=T.

[16] Eran Azran, « Geologist Reports Major Oil Find in Israel; Firm Stays Mum – Genie Oil executive says discovery in northern Israel points to ‘significant’ quantities » (Haaretz, 8 octobre 2015) http://www.haaretz.com/israel-news/business/.premium-1.679315.

[17] Genie Energy, “Genie Energy Launches Drilling Services Company in Israel”,

10 janvier 2017, http://www.genie.com

[18] Sputnik News, “Mattis Urges US Congress to Authorize Use of Force Against Daesh”,

22 Mars 2017 https://sputniknews.com/us/201703221051861827-mattis-urges-force-against-daesh/.

 

Washington tue plus de civils que de terroristes au Moyen-Orient

Selon l’agence de presse turque Anadolu, la dernière attaque lancée par la coalition sous commandement US à environ 32 kilomètres à l’ouest d’Al-Raqqah, a tué des centaines de civils. Les bombes ont touché une ancienne école qui servait d’abri à des réfugiés. L’agence a ajouté que le bombardement visait plus de 50 familles qui fuyaient les villes de Hamas, Homs et al-Raqqah pour se sauver la vie. Les sources locales de la même agence ont aussi signalé dans la région de la ville de Tabqa, un autre raid qui a fait au moins 40 morts.

En outre, la semaine dernière, le commandement militaire US a confirmé que les raids aériens qu’il avait lancés dans la province syrienne d’Alep, ont provoqué la mort d’au moins 49 personnes. Cela n’est guère surprenant puisque les frappes visaient une mosquée du village d’Al-Jin au moment de la prière du soir. Selon les sources locales, environ 300 personnes prient généralement dans la mosquée à ce moment de la journée. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, la plupart des victimes étaient des civils. À son tour, le journal Le Monde a décrit cette attaque comme l’une des erreurs les plus sanglantes du Pentagone depuis le début de ses opérations dans le ciel syrien.

Il est à noter qu’au début, en phase avec la campagne médiatique russophobe dont nous abreuve Washington et des intérêts particuliers européens, la responsabilité de cette attaque a été imputée aux forces aériennes russes et syriennes ; sans la moindre preuve pour étayer leurs allégations, plusieurs sources occidentales et moyen-orientales leur ont aussitôt attribué la responsabilité de l’attaque.

Et la liste continue avec une série d’attaques lancées le 12 mars par la coalition US dans la banlieue sud de la ville syrienne d’al-Raqqa. Les raids aériens ayant eu lieu pendant la nuit, au moins 19 civils ont été tués. L’agence de presse syrienne SANA a annoncé que le nombre de morts dû à ces frappes aériennes pourrait s’allonger de façon significative, car un grand nombre de victimes sont dans un état critique.

En plus de l’incident tragique dans le village d’Al-Jin, le Pentagone a aussi confirmé que 21 civils sont morts dernièrement en Syrie et en Irak, sous les bombardements de la coalition US. Comme l’indique un récent communiqué de presse, toutes les victimes sont mortes à cause des attaques lancées en janvier 2017, dans le cadre de l’opération Inherent Resolve dirigée contre l’organisation terroriste connue sous le nom d’ISIS.

Comme l’a rapporté Reuters, le CentCom US a aussi reconnu que, suite aux opérations militaires du 29 janvier dans la province d’Al-Bayda, dans le sud du Yémen, un certain nombre de civils, dont des enfants, ont été tués. Comme cela a été clarifié par des fonctionnaires US anonymes, lors d’un raid lancé profondément à l’intérieur du territoire Yéménite par les SEAL de la marine de guerre, un enfant étasunien âgé de 8 ans, Nawar Anwar Al-Awlaki, et plusieurs femmes du coin ont été victimes des membres des forces spéciales US.

En plus de nombreux rapports sur le bilan des victimes civiles tombées sous les raids aériens US, diverses sources médiatiques publient un nombre de plus en plus important d’articles sur l’usage, par les forces US en Irak et en Syrie, d’uranium appauvri, qui à long terme, peut contribuer à aggraver la mortalité chez les civils. Il est à noter que l’uranium appauvri est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium 235. Étant exceptionnellement dur, il est utilisé par les forces militaires occidentales à la fois pour percer les blindés et renforcer leurs propres véhicules, comme les chars, contre les tirs ennemis. Bien que moins radioactif que l’uranium originel, l’uranium appauvri est toxique et l’Agence de protection de l’environnement US le considère dangereux pour la santé car, ingéré par l’organisme, son rayonnement peut induire des malformations congénitales et le cancer.

Auparavant, les responsables US niaient se servir de munitions à l’uranium appauvri lors des opérations contre ISIS en Syrie. Toutefois, en se référant en particulier au porte-parole du Commandement central US, le major Josh Jacques, le magazine Foreign Policy a révélé que l’armée US avait utilisé des munitions à l’uranium appauvri dans au moins deux opérations contre des miliciens en Syrie en 2015. Selon le major, 5265 obus perforants de 30 millimètres à l’uranium appauvri ont été tirés par l’avion d’attaque au sol A-10.

Si l’on ajoute au nombre des victimes innocentes de l’US Air Force mentionnées ci-dessus au cours des trois derniers mois au Moyen-Orient, toutes celles qui ont succombé sous les bombes US tout au long de la prétendue lutte antiterroriste de Washington en Irak et en Syrie, il n’y a guère de doute que ces chiffres peuvent facilement dépasser le nombre de vrais terroristes tués par la coalition US.

En conclusion, comment peut-on justifier un prix pareil ? Et qui parmi les commandants de l’armée US assumera la responsabilité de toutes les âmes innocentes qui ont été victimes de ces opérations militaires dans la région ?

NEOMartin Berger

Martin Berger est un journaliste free-lance et analyste géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Original : journal-neo.org/2017/03/24/washington-is-killing-more-civilians-than-terrorists-in-the-middle-east/

 

 

La face cachée de la bataille de Raqqa.

La Coalition et ses alliés se préparent à conquérir la ville de Tabaqa, située à 55 km à l’ouest de la ville de Raqqa. Selon le porte-parole des Forces démocratiques syriennes, milice formée d’une majorité de Kurdes syriens des YPG, l’opération sera lancée dans quelques jours et débutera par la prise de l’aéroport militaire de cette ville qui sera réaménagée afin d’accueillir les troupes des FDS et les avions de la coalition.

Message au gouvernement syrien

Cette annonce intervient deux jours après la descente des troupes américaines dans la province ouest de cette ville, dans une manœuvre qui semblait destinée à couper court à l’avancée vers Raqqa des forces gouvernementales syriennes. Ces dernières devraient entrer dans la province de Raqqa, à partir de l’ouest, après la prise du dernier fief de Daesh dans la province est d’Alep, Deir Hafer, -laquelle est assiégée des quatre côtés depuis jeudi-, puis de Masqanah.

Avant la descente des militaires américains, quelques 500, la plupart des opérations menées par la Coalition et ses alliés des FDS était plutôt localisées dans le nord et l’est de la province de Raqqa.

Le transfert de la bataille vers l’ouest montre bien qu’il s’agit d’un message adressé au gouvernement syrien.

Un premier message avait déjà été envoyé à la fin du mois de février dernier, lorsque les Américains ont bombardé l’aéroport de Tabaqa et celui de Jarrah, situé lui dans la province est d’Alep.

« C’était comme si les Américains étaient en train de dessiner avec le feu les limites à ne pas franchir par les forces gouvernementales syriennes », estime le journal libanais al-Akhbar.

Un écran de fumée

Jusque-là, les dirigeants américains alimentaient le doute sur leurs réelles intentions en Syrie.

Le mercredi 22 mars, le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson a mis l’accent sur la formation des zones sécurisées en Syrie, lors d’une conférence organisée à Washington avec la participation de 68 pays. Le jour-même, à la même rencontre,  le directeur du bureau de presse du Pentagone, le général Joseph Scrocca, affirmait que l’armée américaine n’avait reçu aucun ordre direct pour créer des zones sécurisées en Syrie.

A la lumière de l’accélération des évolutions ces deux derniers jours, cette contradiction des positions des dirigeants américains semble servir d’écran de fumée destiné à couvrir leur réel projet.

En effet,  la prise de Tabaqa par les Américains ne concerne pas seulement la province de Raqqa mais aussi celle de Deir Ezzor, frontalière avec le voisin irakien, estime al-Akhbar. L’administration américaine actuelle semble vouloir interdire à Damas de la reconquérir et surtout de reprendre le contrôle des frontières avec l’Irak.

A l’heure actuelle, une partie de la frontière avec ce pays, celle du nord est entre les mains des Kurdes, leurs alliés. L’autre celle du sud, est entre les mains de milices soutenues par leurs renseignements, (depuis le passage de Tanef jusqu’à la province de Souweïda au sud de la Syrie). Alors que la partie centrale est toujours entre les mains de Daesh.

Si la Coalition et les Kurdes conquièrent cette dernière, ce serait un coup fatal pour l’unité de la Syrie, voire pour tous les exploits réalisés ces six dernières années.

Leila Mazboudi

Source: http://french.almanar.com.lb/319471

 

 

Syrie: les chasseurs américains ont tué plus de 200 civils à Raqqa

Les chasseurs américains ont tué plus de 200 civils réfugiés dans une école située dans la banlieue ouest de Raqqa. Cette école abritait une cinquantaine de familles sans logement.

Sana qui confirme cette information affirme que le lieu du raid se situait à Al Mansoura. « Al Badiya al Dakheliya » est le nom de cette école qui se trouve à 30 kilomètres de Raqqa. Les familles qui s’y trouvaient étaient originaires d’Alep, de Raqqa et de Palmyre.

Le raid des avions américains a totalement détruit l’école, mais le bilan définitif des pertes reste à déterminer. La situation est particulièrement critique faute d’hôpitaux et de centres de soins pour porter secours à des dizaines de blessés. Lundi soir, les chasseurs de la coalition américaine avaient pris aussi pour cible la cité industrielle et la station de gaz d' »Al Tabaqa », là encore faisant huit morts parmi les civils.

L’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme NDLR), vitrine médiatique de l’opposition prooccidentale syrienne annonce elle 11 morts au cours du raid du lundi soir sans préciser qu’il s’agissait de frappes américaines. Damas a déjà dénoncé tout bombardement des cibles syriennes sans l’autorisation du gouvernement syrien.

Source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i32706-syrie_les_chasseurs_américains_ont_tué_plus_de_200_civils_à_raqqa

 

 

La Syrie abat un drone israélien

 

Les unités syriennes de défense antiaérienne ont abattu un drone israélien, affirme la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen.

Un drone de reconnaissance israélien a pénétré dans l’espace aérien syrien dans la province de Quneitra avant d’être abattu par un système antiaérien. Selon la chaîne télé libanaise Al-Mayadeen, il s’agit d’un appareil d’un poids de près de sept kilos et capable d’emporter une charge de 1,2 kilos.

Dans la nuit du 16 au 17 mars, les militaires syriens ont attaqué des avions des forces aériennes israéliennes qui étaient en train de bombarder des cibles sur le territoire syrien. Damas affirme que l’un des chasseurs israéliens a été abattu, mais l’État hébreu dément ces informations.

Selon Tel-Aviv, les raids de l’aviation israélienne en Syrie ont pour objectif d’empêcher les livraisons d’armes aux combattants du Hezbollah libanais, considéré comme une organisation terroriste par Israël.

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman a menacé de détruire les batteries de la défense antiaérienne syrienne en cas de nouvelles attaques visant l’aviation israélienne. Le président syrien Bachar el-Assad a en réponse déclaré que son pays continuerait à défendre ses frontières.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201703211030546185-syrie-israel-drone/

 

 

Frappes US en Syrie: Moscou ripostera

Alors que les Etats-Unis annoncent « réfléchir à effectuer des frappes contre l’armée syrienne » le ministère russe de la Défense, a annoncé que la Russie abattra tout aéronef non identifié en Syrie, soulignant que les systèmes antiaériens S-300 et S-400 n’auraient pas le temps de déterminer son appartenance.

«Il faut être conscient du fait que les systèmes russes n’auront pas le temps de déterminer « en ligne directe » le trajet précis des missiles et leur appartenance. Et ceux qui prétendent qu’il existe des avions invisibles vont au-devant de graves déconvenues», a précisé le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense qui a ajouté «Aujourd’hui, la plupart des officiers du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie travaillent au sol, livrent de l’aide humanitaire, mènent des pourparlers avec les gouverneurs des localités et des unités armées dans de nombreuses provinces syriennes. Grâce à leur activité, 732 localités et des centaines de milliers de Syriens ont pu retrouver une vie normale. Aussi tout tir de missile ou frappe aérienne contre le territoire contrôlé par le gouvernement syrien présentera-t-il une menace flagrante pour les militaires russes».

La Russie a fourni à la Syrie des systèmes défensifs S-300 et S-400, et est avec l’Iran le seul pays étranger disposant de troupes en Syrie avec l’accord du gouvernement du pays. Tous les autres pays présents y sont sans autorisation du gouvernement légitime de la Syrie, ni mandat d’organisations internationales.

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/03/frappes-us-en-syrie-moscou-ripostera/

 

LES FORCES SPECIALES « POLONAISES » auraient débarqué en syrie

 

Selon des sources d’information fiables, les forces spéciales « polonaises » auraient débarqué non seulement en Syrie, mais aussi en Irak, et ce, sous prétexte de lutter contre Daech.

Le centre de commandement de ces forces se trouve à quelques kilomètres des frontières syriennes en territoire jordanien. C’est d’ailleurs le même « CentCom » d’où les États-Unis et leurs alliés israéliens, turcs et saoudiens pilotent depuis 2011 le trafic d’armes et de terroristes takfiristes en Syrie ainsi que des opérations armées contre l’armée syrienne et ses alliés. Ce CentCom agit en étroite coordination avec USSOCOM, soit le centre de commandement des opérations militaires des Américains dans la région.

USSOCOM a formé depuis les années 2000 les forces militaires polonaises, c’est-à-dire depuis l’époque où les États-Unis ont envahi l’Afghanistan. Dans la foulée des attentats du 11 septembre, les soldats polonais faisaient partie de l’un des principaux contingents déployés en Afghanistan sous le commandement américain. Toujours selon cette source, le CentCom situé en Jordanie réunirait aux côtés des forces spéciales polonaises, des officiers d’élite français ainsi que des effectifs de SAS ( Force spéciale aérienne britannique).

Mais pourquoi la Pologne s’engage-t-elle en Syrie quelques 60 jours après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche?

En dépit de son discours prorusse, le président américain a donné l’ordre d’un déploiement massif des équipements militaires US en Pologne et aux portes de la Russie, une mesure qui a provoqué la protestation de Moscou. Un important convoi de véhicules blindés américains est ainsi entré en Pologne, un des plus grands déploiements des forces américaines en Europe depuis la guerre froide.

La présence par rotation de l’unité en question en Pologne, mais aussi dans les pays baltes, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, doit renforcer la sécurité de la région. Le débarquement des forces spéciales polonaises en Syrie, alors que l’armée syrienne et ses alliés vont de succès militaire en succès militaire, pourrait être compris en ce sens.

Source: http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i32446-les_forces_spéciales_polonaises_en_syrie

 

Homs, presque vidée des terroristes, va-t-elle passer sous le contrôle de Damas?

Les terroristes ont commencé à quitter la ville de Homs suite à une entente définitive intervenue vendredi entre les bandes armées et les autorités syriennes. Selon le gouverneur de la province de Homs, Damas rétablira le contrôle de la ville d’ici quelques jours.

Le premier convoi de cinq autocars a évacué samedi des terroristes et les membres de leurs familles du quartier d’Al-Waer, leur dernier bastion dans la ville syrienne de Homs, a appris Sputnik de la mairie de la ville.

« Environ 1 500 ou 1 600 personnes quitteront la ville ce samedi. Il s’agit de 400 ou 500 terroristes et des membres de leurs familles, ainsi que de blessés, soit au total près de 2 000 personnes », a indiqué le représentant de la mairie.

Les autorités prennent des mesures pour garantir la sécurité de l’opération et espère que des dizaines de milliers d’habitants rentreront dans leurs foyers après le départ des bandits, a indiqué le gouverneur de la province de Homs, Talal Barazi, à la télévision nationale.

Le gouverneur a récemment annoncé que Damas et les groupes armés rebelles s’étaient mis d’accord sur une trêve locale avec le concours de la Russie. Les terroristes doivent se retirer de Homs d’ici six ou huit semaines en prenant la direction de zones qu’ils contrôlent au nord-est de la grande ville d’Alep.

« Les autres groupes seront évacués d’ici quelques jours. Homs sera ainsi libérée des formations armées », a noté le gouverneur.

L’armée gouvernementale prendra le contrôle du quartier d’Al-Waer et ouvrira le passage par tous les postes de contrôle locaux. Les autorités envisagent d’évaluer le préjudice porté au quartier d’Al-Waer en vue de lancer des travaux de réparation.

Selon un représentant du Croissant rouge arabe syrien, la procédure de retrait des terroristes se déroule sans problèmes. Plusieurs ambulances accompagnent les autocars.

Le départ des terroristes d’Al-Waer, le dernier fief des terroristes à Homs, permettra de libérer complètement la ville.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201703181030514152-homs-depart-terroristes-liberation-waer/

 

Damas ripostera aux frappes aériennes d’Israël en Syrie

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou a annoncé, vendredi 17 mars, qu’Israël continuerait sa stratégie qui consiste à empêcher le transfert d’armes au Hezbollah libanais.

Cette déclaration intervient après que 4 avions de combat israéliens aient violé l’espace aérien de la Syrie pour cibler une base militaire près de Palmyre.

La violation de l’espace aérien syrien par les avions de combat israéliens et la poursuite du soutien américain aux terroristes prouvent qu’il existe des liens étroits entre le terrorisme takfiriste et le terrorisme sioniste, a affirmé Hossein Amir Abdollahian, conseiller du président du parlement iranien aux affaires internationales.

Amir Abdollahian qui était pendant 5 ans chargé du département d’Afrique et du Moyen-Orient au ministère iranien des Affaires étrangères, a déclaré que Damas ne permettrait pas à Tel-Aviv d’atteindre ses objectifs en pleines négociations de paix en Syrie, à Astana et à Genève.

« Les groupes terroristes de Daech et du Front al-Nosra, (rebaptisé Front Fatah al-Cham), bénéficient du soutien des sionistes qui sous la bannière de l’islam sont au service des intérêts des États-Unis et d’Israël », a-t-il indiqué.

Il a noté que Téhéran poursuit son soutien au peuple et au gouvernement syriens.

Source: http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i32458-damas_ripostera_aux_frappes_aériennes_d’israël_en_syrie

 

Syrie : Moscou convoque l’ambassadeur d’Israël

La Russie a convoqué l’ambassadeur israélien en poste à Moscou, suite aux dernières frappes israéliennes contre une localité dans la banlieue de Palmyre

Gary Koren, l’ambassadeur israélien à Moscou (Archives)

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur israélien en poste à Moscou pour lui signifier la protestation de son pays au sujet des raids menés par quatre chasseurs israéliens contre une base militaire dans la périphérie de Palmyre. La Russie a contesté cette action militaire qui s’est soldée par un fiasco total dans la mesure où la DCA syrienne a abattu l’un des appareils, qui s’est écrasé en territoire israélien. Un deuxième chasseur a été atteint et les deux autres ont pris la fuite.

La riposte cinglante de la DCA syrienne a provoqué une onde de choc en Israël : alors que Netanyahu s’était rendu la semaine dernière à Moscou pour convaincre le président russe de la nécessité de  » bouter l’Iran et le Hezbollah de la Syrie », la réponse de la DCA syrienne puis la convocation de son ambassadeur par Moscou prouvent l’échec total de sa mission.

Mikhaïl Bougdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères s’est entretenu avec Gary Koren, exigeant des explications autour des frappes qui ont eu lieu vendredi. Sur un autre plan, le ministère syrien des Affaires étrangères a adressé vendredi deux lettres séparées à l’ONU et au Conseil de sécurité, exigeant de ces deux instances  » la condamnation dans les termes les plus vifs de la violation du ciel syrien » au moment où  » l’armée syrienne est engagée dans un combat sans merci contre les terroristes de Daech ».

« Israël cherche à remonter le moral des terroristes aux abois et à endiguer les avancées de l’armée syrienne. Or les prétextes invoqués par Tel-Aviv ne sont que des manoeuvres de diversion destinées à justifier la poursuite de l’occupation du Golan et des territoires libanais et palestiniens », dit le texte qui appelle le secrétaire général de l’ONU et le président du Conseil de sécurité à  » condamner clairement Israël  » et à « le contraindre de cesser son soutien aux terroristes takfiristes tout en mettant en application la résolution 2253″. Ce dernier texte réclame le retrait du régime israélien des hauteurs stratégiques du Golan.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/18/514755/Syrie-Moscou-tanse-Telaviv

 

Moscou attend des explications US suite au bombardement d’un village syrien

Une photo représentant un fragment du missile Hellfire retrouvé après le bombardement du village syrien d’Al-Janah devrait forcer le Pentagone à sortir de son silence, indique le ministère russe de la Défense.

La Russie attend des commentaires du Pentagone au sujet du bombardement du village syrien d’Al-Janah, la photo représentant un fragment d’un missile Hellfire devant le contraindre à sortir de son silence, a déclaré vendredi aux journalistes le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov.

« L’incident tragique dans le village syrien d’Al-Janah a permis de révéler le mécanisme réglé du système occidental de propagande antirusse avec la participation des médias mainstream. Les premières informations sur les victimes de masse suite au bombardement ont été diffusées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme de Londres et les activistes des Casques blancs étaient traditionnellement à l’origine de ces informations », a-t-il signalé.

Selon le porte-parole, ces informations contenant des soupçons visant l’aviation russe ou syrienne ont été rapidement publiées par des médias européens tels que Bild et Euronews. M. Konachenkov a estimé que tout était réuni pour que la procédure habituelle soit appliquée, à savoir des publications de faux suivies de déclarations des ministères français ou britannique des Affaires étrangères demandant l’ouverture immédiate d’une enquête.

« Mais ça n’a pas été le cas… Par contre, une photo représentant un fragment d’un missile d’aviation de type sol-air AGM-114 Hellfire retrouvé sur le lieu de l’explosion a été dévoilée. Elle n’a laissé aucune possibilité à la coalition internationale de garder, comme d’habitude, le silence et aux diplomates de verser dans la rhétorique antirusse », a indiqué le porte-parole.

Selon M. Konachenkov, il faut s’attendre à des commentaires de la part des représentants américains. Le porte-parole précise que l’incident dans le village syrien d’Al-Janah a montré qu’avant de faire des conclusions, les médias mainstream devraient étudier les faits.

En évoquant la situation, le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part indiqué que Moscou appelait à la coopération dans la lutte contre les terroristes internationaux en Syrie.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201703171030502589-explications-us-bombardement-village-syrien/

 

Damas persiste: un avion israélien a bel et bien été abattu

Alors que les militaires israéliens nient les informations diffusées par l’armée syrienne, selon lesquelles un chasseur appartenant aux forces israéliennes aurait été abattu près de la ville de Palmyre, les militaires syriens, dans une interview accordée à Sputnik, insistent sur le fait accompli.

L’armée syrienne a annoncé avoir abattu un des quatre avions israéliens qui ont effectué des frappes, dans la nuit du 17 mars, sur plusieurs cibles situées en territoire syrien, en représailles à un raid en Syrie. Néanmoins, Israël nie les faits.

« L’aviation israélienne a violé l’espace aérien syrien à 02h40 (00h40 GMT) dans la région d’Al-Baridzh et s’est dirigée à l’est, près de Palmyre, afin de porter atteinte à des installations militaires syriennes. J’annonce avec certitude que les missiles de l’ennemi n’ont causé aucun dommage à notre territoire, ils n’ont pas atteint leurs cibles », a déclaré à Sputnik le chef d’état-major général des forces armées syriennes Mohammad Abbas.

Le chef d’état-major général a pour sa part annoncé qu’un appareil israélien avait bel et bien été abattu et un autre touché.

« Je pense que la force aérienne israélienne est en état de choc en raison de la célérité, de l’efficacité et de la précision dont a fait preuve l’armée syrienne pour protéger son espace aérien. Nos forces de défense aérienne peuvent suivre l’approche de l’ennemi, même dans le ciel jordanien, et peuvent atteindre une cible à tout moment au-dessus de la Syrie », a-t-il ajouté.

Dans une interview accordée à Sputnik, le colonel et chef du service d’information de l’armée syrienne Samir Suleiman a expliqué que la décision concernant d’éventuelles nouvelles actions de l’armée syrienne contre les attaques israéliennes « ne pouvait être acceptée que par le commandement militaire syrien ».

Les sirènes d’alerte prévenant les populations civiles d’un danger se sont déclenchées dans la nuit du 17 mars dans plusieurs localités de la vallée du Jourdain, qui sépare Israël de la Jordanie et remonte en direction de la Syrie. Des témoins ont fait état de deux explosions qui pourraient expliquer l’entrée en action du système antimissiles.

Des débris de missiles sont retombés à Irbid, dans le nord de la Jordanie, a indiqué l’armée jordanienne.

Cet incident est le plus sérieux entre Israël et son voisin syrien depuis le début de la guerre civile en 2011.

Les deux pays restent officiellement en état de guerre depuis des dizaines d’années. Les relations sont d’autant plus tendues que Damas est soutenu dans sa bataille contre les terroristes par le mouvement chiite libanais Hezbollah et l’Iran, deux grands ennemis d’Israël.

Tout en veillant à ne pas être aspiré dans le conflit du pays voisin, Israël a frappé à plusieurs reprises sur le territoire syrien. Il est cependant exceptionnel qu’Israël confirme sur le coup de tels raids. En avril 2016, le premier ministre Benjamin Netanyahu avait admis qu’Israël avait attaqué des dizaines de convois d’armes en Syrie destinés au Hezbollah.

Israël a aussi régulièrement pris pour cible des positions syriennes sur le plateau du Golan en réponse à des tirs présumés perdus provenant du conflit de l’autre côté de la ligne de démarcation.

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201703171030500090-syrie-israel-avion-abattu-confirmation/

Le déploiement des USA en Syrie est de facto une invasion

Le déploiement récent des forces militaires US en Syrie, suit un plan prévisible et singulier, qui prend ce pays pour cible depuis des décennies, et plus particulièrement, depuis le tout dernier conflit en cours, lancé en 2011 au milieu du « printemps arabe » manigancé par les USA.

Dans son article, Des marines US sont envoyés en Syrie pour aider la prise du bastion d’ISIS, Raqqa, voici ce qu’écrit le journal Independent du Royaume-Uni :

Armés d’artillerie lourde en prévision d’un assaut contre Raqqa, de facto capitale d’ISIS, des centaines de marines US sont arrivés en Syrie.

Or, les troupes US en Syrie n’ayant pas du tout été sollicitées par le gouvernement syrien, il s’agit, en vertu du droit international, d’une violation incontestable de la souveraineté nationale syrienne.

Dans son article, Assad : Les forces armées US en Syrie sont des « envahisseurs », voici ce que rapporte CNN :

Faisant montre de dérision et contestant l’activité des USA en Syrie, le Président syrien Bashar el-Assad a qualifié les troupes US déployées dans le pays d’« envahisseurs », puisqu’il ne leur a pas donné l’autorisation d’entrer dans le pays, et il a dit qu’il n’y avait eu aucune action concrète de l’administration Trump envers ISIS.

Le fait que la politique US reste absolument inchangé, malgré le nouveau président au pouvoir, n’est pas surprenant.

Autre preuve de la poursuite du plan

Avec l’occupation des Hauteurs du Golan syrien par Israël, les troupes turques qui occupent une « zone tampon » s’étendant d’ouest en est d’Azaz à Jarabulus, sur le fleuve Euphrates, les troupes US qui continuent de se tailler une place permanente dans la plupart des régions de Syrie, il y a la menace de la réalisation d’une conspiration vieille de plusieurs décennies, dont le but est de morceler et détruire l’État syrien.

Récemment levés du sceau du secret, des documents de l’US Central Intelligence Agency révèlent que dès 1983, les USA étaient engagés dans des opérations secrètes et ostensibles pratiquement identiques, visant à déstabiliser et renverser le gouvernement syrien [Le plan Oded Yinon date de 1982, NdT].

Un document de 1983, signé par l’ancien officier de la CIA, Graham Fuller, intitulé Amener de vraies forces pour lutter contre la Syrie (PDF), déclare :

Actuellement, à la fois au Liban et dans le Golfe, par la fermeture du pipeline irakien qui menace ainsi l’internationalisation par l’Irak de la guerre [Iran-Irak], la Syrie a une emprise sur les intérêts US. Les USA devraient penser à intensifier fortement les pressions exercées contre Assad, en organisant secrètement des menaces militaires simultanées contre la Syrie à partir des trois pays frontaliers qui lui sont hostiles : Irak, Israël et Turquie.

Le rapport dit plus loin :

Si en même temps qu’une initiative irakienne, Israël accentuait les tensions contre la Syrie, les pressions sur Assad s’exacerberaient rapidement. Une action turque apporterait un avantage psychologique supplémentaire.

Couvrant plusieurs décennies et de multiples présidences, ce plan quasiment inaperçu permet aux observateurs du conflit actuel en Syrie de s’affranchir des tentatives de diversion politique et de se focaliser uniquement sur l’englobement stratégique du conflit actuel.

Malgré ce que disent les médias occidentaux, que la Turquie et les USA sont en désaccord, et plus précisément, en désaccord sur leurs occupations de terrains et leurs opérations illégales respectives sur le territoire syrien, leurs décennies de collaboration visant à tenter de diviser et détruire la Syrie, révèlent que, selon toute probabilité, derrière le voile de prétendus intérêts contradictoires, ils sont toujours complices.

De même, décrire Israël comme une nation dévoyée au milieu du conflit en cours, permet aux décideurs US de tenter d’afficher une posture dont la flexibilité leur autorise tout déni plausible. Les attaques aériennes visant les forces syriennes, impossibles à justifier par les USA ou même la Turquie, sont tolérées par la « communauté internationale » quand elles sont le fait d’Israël.

L’Arabie saoudite, le Qatar et d’autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), servent aussi à blanchir divers aspects de la politique étrangère US contre la Syrie, en particulier l’armement, la formation et le financement de diverses organisations terroristes, dont Al Qaïda et le soi-disant État islamique (ISIS) lui-même.

Si l’axe USA-OTAN-Israël-CCG était plus évident, la flexibilité posturale des USA serait sensiblement remise en cause.

La vraie fin de partie pour les troupes US en Syrie

Les avancées syriennes sur le champ de bataille et le soutien militaire direct de leurs alliés, incluant la Russie et l’Iran, ont fait considérablement reculer les vues des USA sur l’État syrien. Tentant de s’enfoncer plus profondément dans le territoire syrien, sous couvert de lutter contre les « terroristes » et les combattants kurdes, qui selon Ankara menacent la sécurité nationale turque, les forces turques taquinent maintenant les forces de l’armée arabe syrienne évoluant avec les forces kurdes le long du périmètre de la zone tampon turque.

De même, en tentant de s’emparer progressivement de territoires syriens, les forces US sont confrontées à des obstacles similaires [avec les terroristes]. De plus, leurs forces par procuration consistent en des organisations militantes qui ne sont pas intéressées par la coopération à long terme avec les USA ou par la création à l’intérieur des frontières syriennes de régions autonomes, qui seront inévitablement confrontées à des obstacles sociopolitiques et économiques que les USA n’auront aucun intérêt à aider à surmonter – ce qui veut dire éventuellement que tout accord à long terme sera vraisemblablement conclu avec Damas, et non Washington.

Mais tandis que la confiscation et l’occupation des Hauteurs du Golan par Israël se poursuivent, les incursions turques et US et les saisies territoriales constituent un démembrement similaire et progressif de l’État syrien. Face à la perspective probable que la plupart des territoires syrien reviendront sous le contrôle de Damas plus vite qu’on ne le pense, les USA et leurs collaborateurs à Ankara tentent de s’accaparer d’autant de territoires que possible, avant les prochaines tentatives d’affaiblir la Syrie, lors de cycles de déstabilisation ciblés encore à déployer.

Tony Cartalucci, chercheur et écrivain géopolitique résidant à Bangkok, spécialement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

NEOTony Cartalucci

Original : journal-neo.org/2017/03/15/us-expands-defacto-syrian-invasion/
Traduction 
Petrus Lombard

 

 

Hôpitaux d’Alep : la sale guerre…

Pendant toute la durée du conflit à Alep, les hôpitaux de cette ville ont été au cœur de « l’information de guerre ». Les médias occidentaux et les ONG ont déploré tant de bombardements sur les structures de santé situées dans les quartiers Est, que cette partie de la ville aurait pu passer pour la zone la plus médicalisée au monde. Tant de nouvelles, fausses ou approximatives, ont été relayées qu’il a été difficile de démêler l’écheveau. Cependant, après la libération d’Alep, grâce à l’aide de médecins Aleppins rencontrés lors de la mission humanitaire à laquelle l’IVERIS a pu participer, il est désormais possible de dénouer les fils [1]. 

Une colombe de la paix réalisée par une des sœurs de l’hôpital Saint-Louis d’Alep, avec des balles ramassées dans l’établissement.

 

Dans la partie nommée « Alep Ouest », restée sous contrôle gouvernemental, les deux hôpitaux publics et les nombreuses cliniques privées ont gardé leurs bâtiments en état fonctionnel tout au long de cette période, même si toutes sortes d’engins explosifs sont tombés dans leurs enceintes. Les problèmes majeurs auxquels ces établissements ont été, et sont toujours confrontés, sont liés à la pénurie de médicaments due aux sanctions imposées par l’Union européenne et les Etats-Unis, à l’afflux de patients, au manque d’eau et d’électricité.

Hôpital al-Kindi

L’hôpital al-Kindi a un statut particulier puisqu’il se trouvait au Nord-Est d’Alep, dans une zone temporairement occupée par les djihadistes. C’était le plus grand établissement public de cette ville, il disposait de 800 lits et du plateau technique le plus performant du Moyen-Orient. Il a été entièrement détruit en janvier en 2013 lors d’une attaque au camion suicide, revendiquée par trois groupes djihadistes : Jabha al- Islamiya, al-Nosra et Fair al-Sham Islamiya. Cet attentat a été filmé et posté sur la plateforme Youtube [2].

Dans la partie, appelée « Alep Est », contrôlée pendant tout le conflit, de juillet 2012 à décembre 2016, par les divers groupes armés comme : l’ASL, l’Organisation de l’Etat Islamique (EI) et al-Nosra, la situation a été des plus confuses.

 

Avant-guerre, dans ces quartiers de la ville, il y avait trois hôpitaux publics et sept cliniques privées, nommées également « hôpital ». Les trois établissements publics : ophtalmologique, pédiatrique et Watani ont été occupés par les djihadistes dès le début des combats [3]. Dès lors, ces trois hôpitaux ont cessé de fonctionner. Le premier a été transformé en quartier général d’al-Nosra, le second en prison et le troisième en siège du tribunal islamique. Ces trois établissements étaient situés sur un même campus. Ils ont été détruits partiellement ou totalement par des raids aériens durant le conflit.

Hôpital Sakhour/ M10

 

Quant aux cliniques privées, leur situation a été rendue inextricable car les ONG, qui les soutenaient, les ont parfois rebaptisées en leur attribuant des noms de code. – Le gouvernement syrien n’a pas accordé aux ONG le droit de travailler sur son territoire. Seule la Croix Rouge internationale (CICR) a obtenu cette autorisation. Les autres organisations humanitaires, comme Médecins sans Frontières (MSF), Médecins du Monde (MDM) ou la Syrian American Medical Society (SAMS) œuvrent donc en territoire occupés par les divers groupes armés. Elles soutiennent les structures de santé en leur prodiguant des médicaments, du matériel, des fonds pour les salaires et du cash. – Ainsi l’hôpital Sakhour a été appelé M10 pendant toute la guerre. Les Syriens, eux-mêmes, ne savaient pas à quelle structure M10 faisait référence et pourtant son histoire a été la plus médiatisée et la plus extravagante. Le 3 octobre 2016, une dépêche AFP annonce sa destruction par des bombardements des armées syrienne et/ou russe [4]. Ce communiqué crée un tsunami médiatique et diplomatique. Dès le lendemain, Washington dénonce les raids contre « le plus grand hôpital d’Alep », et rompt les pourparlers de paix en cours avec Moscou [5]. De son côté, l’ONU évoque « la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue en Syrie » [6]. La France condamne les « crimes de guerre » [7]. En réalité, l’hôpital est toujours là ! L’établissement, n’est certes pas en bon état, mais il n’a pas subi de raids aériens. En outre, cette clinique, spécialisée en traumatologie disposait de 31 lits, ce n’était donc pas « le plus grand hôpital d’Alep Est ». Enfin, sans entrer dans un décompte macabre, un mort est toujours un mort de trop, pendant les six années de guerre, les Syriens ont vu des « catastrophes humanitaires plus graves ». La source qui a donné l’information à l’AFP selon laquelle « l’hôpital a été visé directement par des raids aériens » est l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une organisation connue pour ses liens avec l’opposition. Ces faits ont ensuite été validés par la Syrian American Medical Society (SAMS), qui soutenait l’Hôpital Sakhour/M10. En décembre 2016, Adham Sahloul, un membre de cette organisation humanitaire levait le secret en déclarant dans un article « M10 était le nom de guerre de l’hôpital Sakhour » [8]. Pierre Le Corf, un Français, installé à Alep depuis plus d’un an, a visité les lieux très récemment. Il a découvert qu’al-Nosra avait établi un de ses sièges dans la ville à quelques mètres de cet établissement, un fait que SAMS ne pouvait pas ignorer. Le jeune homme a tourné une vidéo de cet étrange « campus »  où se côtoient, le groupe terroriste, les célèbres Casques Blancs et cette organisation humanitaire basée aux Etats-Unis [9]. Par ailleurs, ce film confirme l’impressionnant stock de médicaments dont bénéficiaient ces structures, ce qui laisserait à penser que contrairement à « Alep Ouest », « Alep Est » n’a pas été soumise à l’embargo.

Hôpital Omar bin Abdel Aziz

 

L’hôpital privé Omar bin Abdel Aziz, soutenu par Médecins du Monde, a, lui, été détruit par les forces syriennes et/ou russe [10]. Il a été endommagé une première fois en juin 2016 par une frappe aérienne visant un immeuble voisin, mais a néanmoins continué à soigner des patients jusqu’en novembre 2016 [11]. A cette date, il a subi d’autres dommages, attaques à l’explosif, bombardements, sur ce point les dépêches divergent. Il a été signalé comme « le dernier » ou « l’un des derniers » hôpital d’Alep. Reste que cet établissement a bien été dévasté.

Hôpital al-Quds

L’histoire de l’hôpital al-Quds, soutenu par Médecins sans Frontières (MSF), a également donné lieu à un véritable embrouillamini. Le 28 avril 2016, MSF publie une dépêche dans laquelle, il signale que « d’après le personnel soignant sur place, l’hôpital a été détruit par au moins un bombardement aérien qui a directement frappé le bâtiment, le réduisant en ruines.» [12] Comme pour M10, ce communiqué déclenche les foudres de l’ONU, de la France, des médias et des autres ONG [13]. Pourtant cet établissement est, lui aussi, encore debout. L’analyse de la photo montre que toutes les fenêtres ont été soufflées et que cette structure de santé, qui disposait de 34 lits, n’est pas en ruine ; par conséquent, elle n’a pas été visée directement par des bombardements mais a subi les dommages collatéraux de frappes aériennes dans la zone. Selon le témoignage d’un des médecins rencontrés pendant la mission, il y aurait eu un dépôt de munitions d’al-Nosra dans un immeuble contigu. Cette information ne paraît pas absurde, car en temps de guerre, il est fréquent que les groupes armés sécurisent leurs matériels stratégiques près des immeubles réputés « intouchables ». Quelques jours plus tard, le plateau technique d’al-Quds a déménagé 500 mètres plus loin et a pu continuer de fonctionner jusqu’à la fin des combats.

C’est ce que confirme MSF qui le 3 mai 2016, soit cinq jours après son premier communiqué, publiait une mise à jour : « Les frappes aériennes ont d’abord touché les bâtiments voisins, puis l’hôpital Al Quds, principale structure pédiatrique de référence de la ville d’Alep, où des blessés avaient commencé à être transférés. – Il faudra au moins deux semaines avant que l’hôpital ne soit en mesure de rouvrir ; les efforts sont portés sur la réparation et la remise en état de ce qui peut l’être.» [14] Avec ces précisions, l’organisation humanitaire admet, d’une certaine manière, qu’al-Quds n’a pas été totalement détruit. Mais, comme toujours en de telles circonstances, c’est la première dépêche qui est reprise en boucle dans les médias et les mises à jour sont passées sous silence. [14]

Les quatre autres cliniques privées, Zarzour, Machhsad, Daqqaq, Zahraa ont pu continuer à travailler pendant tout le conflit, malgré les conditions extrêmement difficiles comme partout dans Alep, que ce soit à l’Ouest ou à l’Est.

Il n’y a donc pas eu de « dernier hôpital à Alep Est » comme la presse l’a si souvent rapporté, et le « plus grand hôpital d’Alep Est » al-Kindi avait déjà été détruit bien avant de faire la Une des journaux. Un seul hôpital a été touché par un bombardement, tous les autres ont subi les dommages collatéraux liés au conflit. Aux horreurs de la guerre urbaine, où les civils payent toujours un lourd tribut, s’est ajoutée une sale guerre de l’information. En dénonçant dans l’urgence médiatique et en s’empressant de prendre des décisions politiques lourdes de conséquences sans avoir vérifié les faits, les Etats et les Nations Unies font preuve d’un aveuglement volontaire. Dès lors, ils font porter aux ONG et aux agences de presse qui diffusent ces informations une responsabilité immense, elles deviennent, de fait, des acteurs du conflit.

Leslie Varenne
Directrice de l’IVERIS

[1] L’auteur de ces lignes, s’est rendue à Alep pour accompagner une mission humanitaire composée de quatre chirurgiens en cardiologie : Victor Fallouh, Antoine Salloum, Daniel Roux et le député Gérard Bapt, qui était présent en tant que cardiologue et non en tant que parlementaire.
Voir également la note de voyage publiée au retour de cette mission https://www.iveris.eu/list/notes_de_voyage/249-alep_la_douleur_et_la_honte

[2] https://www.youtube.com/watch?v=oHOCfJP3wAM

[3] Pour être très précis, l’hôpital ophtalmologique a continuer à fonctionner pendant deux mois après l’occupation des groupes armés, avant de servir de QG à d’al-Nosra. Par ailleurs, le Front al-Nosra, filiale d’al-Quaïda, a  changé de nom, il se fait appeller désormais Fatah el Chaam. Pour ne pas prêter à confusion et comme c’était sous cette appellation qu’il a combattu pendant la guerre à Alep, l’IVERIS continue d’utiliser son ancien nom.

[4] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20161003.AFP8835/syrie-le-plus-grand-hopital-d-alep-est-detruit-par-des-raids.html

[5] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/806673/suspension-pourparlers-etats-unis-russie-syrie-alep-onu-bombardement-hopital

[6] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/806673/suspension-pourparlers-etats-unis-russie-syrie-alep-onu-bombardement-hopital

[7]http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/jean-marc-ayrault-condamne-fermement-le-bombardement-d-un-hopital-a-alep_1851185.html

[8] http://time.com/4599498/aleppo-hospital-obituary/

[9] https://gaideclin.blogspot.fr/

[10] http://www.diplomatie.gouv.fr/en/country-files/syria/events/article/syria-bombing-of-the-omar-bin-abdulaziz-

[11] http://www.la-croix.com/Monde/Un-nouvel-hopital-Syrie-detruit-bombardement-2016-06-15-1300768968

[12] http://www.msf.fr/presse/communiques/syrie-destruction-hopital-al-quds-alep-bombardements-aeriens

[13] https://www.un.org/press/fr/2016/cs12347.doc.htm

[14] En septembre 2016, MSF a publié un rapport sur l’hôpital al-Quds

Source: https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/253-hopitaux_dalep__la_sale_guerre___

 

 

Assad : Les troupes US ne sont pas les bienvenues en Syrie, « ce sont des envahisseurs »

Qualifiant les forces US d’envahisseurs, Bashar el-Assad a condamné leur déploiement en Syrie.

« Qu’elles soient étasuniennes, turques ou autres, les troupes étrangères venant en Syrie sans que nous les ayons invitées, sans consultation, sans permission, sont des envahisseurs, », a déclaré Assad à la télévision chinoise PHOENIX.

Toutefois, le président syrien a dit que malgré l’occupation illégale de son pays, il a compris la promesse de détruire ISIS du Président US Donald Trump. Il a dit, « Nous espérons que cette administration étasunienne va mettre en œuvre ce que nous avons entendu. »

Rt.com rapporte :

Quand un journaliste a demandé au président syrien si Damas avait « laissé le champ libre » aux troupes US dans la ville de Manbij, dans la province d’Alep, Assad a dit : « Non, nous ne l’avons pas fait. »

« Que vont-elles [les troupes étrangères] faire ? Combattre ISIS [l’État islamique, autrefois ISIL] ? Les Étasuniens ont perdu presque toutes les guerres. Ils ont perdu en Irak, ils ont dû se retirer à la fin. Même en Somalie, sans parler du Vietnam dans le passé, et de l’Afghanistan. » [NdT : Les USA perdent les guerres contre des pays qu’ils laissent détruits. Leur but déclaré est de « ramener à l’âge de pierre » les pays qu’ils attaquent. Ainsi, quand ils disaient combattre l’EI, dans les années précédentes, ils bombardaient les infrastructures civiles de la Syrie.]

Selon Assad, les USA « ne réussissent pas là où ils envoient des troupes, ils ne font que créer du désordre ; ils sont très bons pour créer des problèmes et détruire, mais ils sont très mauvais pour trouver des solutions. »

Plus tôt, en mars, le Pentagone a confirmé que des troupes US avaient été envoyées à Manbij, pour empêcher le conflit entre les forces kurdes soutenues par les USA et les rebelles soutenus par la Turquie.

 

Sans l’intervention étrangère, « il ne faudrait que quelques mois » pour mettre un terme à la guerre en Syrie, a constaté Assad : « La complexité de cette guerre est due à l’intervention étrangère. C’est le problème. »

Le président syrien a souligné que les troupes gouvernementales sont maintenant très près de Raqqa, le fief de l’État islamique, à environ 100 kilomètres de Manbij.

Les troupes US ont été repérées dans la ville pour la première fois en début mars. Des rapports apparus à ce moment affirmaient qu’un accord avait été conclu pour que les Forces démocratiques syriennes (SDF), soutenues par les USA, livrent au gouvernement syrien une vingtaine de villages de la région entre Manbij et Al-Bab.

« Elles [forces syriennes] savent certainement où nous [forces US] sommes, et nous savons où elles sont. Elles et nous n’avons nulle intention de déclencher un conflit contre quiconque, à part ISIS », a déclaré aux journalistes le capitaine Jeff Davis, porte-parole du Pentagone,.

Jeudi, la coalition dirigée par les USA a confirmé qu’environ 400 marines et rangers étasuniens sont arrivés en Syrie pour établir un avant-poste afin de soutenir une opération visant à prendre la ville de Raqqa. Le nouveau contingent s’ajoute aux 500 soldats étasuniens déjà en Syrie. Le colonel de l’US Air Force John Dorrian, porte-parole de la coalition, affirme que les nouveaux soldats ont été déployés pour hâter la défaite des terroristes à Raqqa.

Your News WireSean Adl-Tabatabai

Original : yournewswire.com/assad-us-troops-syria-invaders/
Traduction 
Petrus Lombard

 

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Un « Daech bis » au nord de la Syrie ?

Le journaliste américain, Peter Theo Curtis, otage pendant 22 mois du Front al-Nosra, a fait état de la création d’un nouveau groupe terroriste composé de terroristes vaincus dans le nord de la Syrie qui se sont ralliés au Front al-Nosra.

L’ancien otage américain s’est prêté à l’exercice d’une interview avec la chaîne de télévision russe RT dans laquelle il a fait savoir qu’un nouveau groupe terroriste, « Daech II », une nouvelle version de Daech, verrait prochainement le jour en Syrie, dans l’ombre et le mutisme épouvantable de l’Occident.

 

Il a indiqué que de nombreux terroristes « modérés », selon l’interprétation des États occidentaux, qui ont perdu la bataille face à l’armée syrienne dans le nord-ouest de la Syrie, allaient se rallier au Front al-Nosra et former un nouveau groupe extrémiste, une sorte de « Daech bis ».

Le journaliste américain Peter Theo Curtis a été libéré en 2014, après 22 mois de captivité. ©AP

Pour Peter Theo Curtis, les rapports des médias occidentaux concernant la Syrie sont faussés ; soit nous ne sommes pas informés de ce qui se passe réellement sur place, soit ils sont obnubilés par une approche subjective des faits.

Il a aussi prédit que cette nouvelle formation terroriste pourrait faire d’Alep sa « capitale ».

Peter Theo Curtis a été pris en otage par le Front al-Nosra en 2012 et libéré en 2014.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/12/514066/Un-Daech-bis-au-nord-de-la-Syrie-

 

Combats entre les forces pro-Turques et l’armée syrienne près d’Al-Bab (South Front)

Des combats seraient en cours entre l’armée syrienne et les membres de groupes miliciens pro-turcs près de la ville syrienne d’Al-Bab.

Selon des sources locales, le combat a eu lieu au village de Tadef situé directement aux portes du sud d’Al-Bab.

La division du Sultan Murad (constituée par les Turkmens) a publié une déclaration selon laquelle 3 soldats de l’armée syrienne avaient été capturés par l’armée syrienne libre (ASL) près des silos d’Al-Bab.

Si cela était confirmé, ceci signifierait qu’un haut niveau de tensions entre les forces pro-turques et les forces syriennes persiste dans la région. Ceci signifierait aussi qu’Ankara ne peut pas ou ne veut pas contrôler ses supplétifs dans la zone d’Al-Bab pour éviter les tensions avec l’alliance russo-irano-syrienne.

 

Les rapports faisant état de la présence de heurts répétés près d’Al-Bab font suite au bombardement des forces syriennes à l’ouest d’Al-Bab par l’artillerie turque qui aurait entraîné un certain nombre de pertes humaines parmi les troupes gouvernementales.

L’Iran serait en passe de s’entendre avec la Syrie en vue de construire une base militaire dans le port de lattaquie

Un site d’information israélien a prétendu que l’Iran serait en passe de s’entendre avec la Syrie en vue de construire une base militaire dans le port de Lattaquié.

Un diplomate israélien a confié au site d’information israélien Wala que l’Iran allait finaliser un accord avec le président syrien Bachar al-Assad pour construire une base militaire dans le port syrien de Lattaquié.

« Ce feu vert de Bachar al-Assad intervient en échange du soutien financier et militaire de l’Iran à son gouvernement dès l’éclatement de la crise en Syrie, il y a six ans », a-t-il prétendu.

Toujours d’après cette source, la création d’une base militaire iranienne en Méditerranée et sa présence en Syrie intensifieraient l’instabilité dans la région (comprendre : mettraient en danger la survie de l’entité illégitime et criminelle qu’est Israël, NDLR) en permettant de mener des opérations anti-israéliennes et en renforçant l’axe Iran/Hezbollah.

Le site revient ensuite sur les déclarations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu au terme de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou :

« Concernant la Syrie, j’ai dit ouvertement qu’alors qu’Israël ne s’oppose pas à un accord de paix pour mettre un terme à cette crise, il s’oppose vivement à une éventuelle présence militaire de l’Iran et de ses forces par procuration en Syrie. D’après l’expérience que j’ai pu acquérir de mes rencontres avec Poutine, je sais que tous ces points sont importants. Non seulement ils dissipent les malentendus, mais encore ils auront des effets palpables », avait dit Netanyahu.

Photo: Base militaire russe à Lattaquié. ©Al-Manar

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/11/513943/Syrie-Iran-Lattaqui-base-militaire-Netanyahu

Juste après la visite de Mc Cain à Erdogan, la Turquie coupe l’eau à la Syrie

Quelques jours à peine après l’« insolite » passage de John McCain en Syrie et en Turquie, le gouvernement turc a coupé la fourniture d’eau du fleuve Euphrate au nord de la Syrie, violant les conventions internationales sur le droit d’accès à l’eau.

Bien qu’un certain degré de stabilité ait été restauré dans cette partie de la Syrie septentrionale, suite de la libération d’Alep et d’autres zones arrachées à Al Qaïda par l’armée syrienne, les forces extérieures paraissent déterminées à maintenir la région dans l’instabilité, quelles que puissent en être les conséquences. Dans ce dernier exemple d’agression contre la Syrie, la Turquie, qui a longtemps joué le rôle d’antagoniste dans le conflit qui dure depuis près de six ans, vient d’interrompre le cours de l’Euphrate en Syrie, privant le pays d’une de ses principales ressources en eau.

 

Selon la Hawar News Agency  kurde, la Turquie a interrompu l’approvisionnement hydrique de la Syrie vers le 23 février, ce qui a eu pour conséquence de contraindre à la fermeture une usine hydroélectrique du barrage de Tichrine, mais aussi de faire baisser de manière significative le niveau de la réserve d’eau qui lui était associée. Le barrage fournit à la fois l’eau et l’électricité à des parties-clés de la Syrie septentrionale, comme par exemple à la ville de Manbij et à d’autres parties du canton de Kobané, à majorité kurde.

Des combattants kurdes prennent position au sommet du mont Annan qui domine le barrage de Tichrin, après l’avoir enlevé aux militants d’ISIS au sud de Kobané, en Syrie, le 27 décembre 2016. Photo Rodi Said

 

Le barrage est un des grands ouvrages qui longent l’Euphrate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la vallée même de Tichrine se trouvent le barrage de Tabqa et son bassin, le lac Assad, qui fournit à Alep la plus grande partie de son électricité et de son eau potable, ainsi que l’eau nécessaire pour irriguer plus de 640.000 hectares de terres agricoles. Un fonctionnaire de la ville de Manbij a dit à la Hawar News Agency, que la ville allait fournir aux civils des générateurs à essence pour affronter le black-out causé par le blocage des eaux du fleuve. Le même fonctionnaire a ajouté que la Turquie « en interrompant le cours de l’Euphrate, a violé les conventions internationales sur l’énergie hydroélectrique, celles-ci dépendant de l’accès aux eaux du fleuve ».

Ce n’est pas la première fois que la Turquie prive les Syriens d’eau pour favoriser ses objectifs politiques dans la région. La Turquie avait déjà interrompu le cours du fleuve en mai 2014, faisant baisser le niveau du lac Assad de plus de 20 pieds et créant les conditions d’un génocide par déshydratation. En récidivant, la Turquie menace aussi les civils irakiens. Les principaux centres urbains tels que Mossul, dont  l’alimentation en eau potable dépend en grande partie des envahis alimentés par l’Euphrate, pourraient subir de graves conséquences si l’interruption du cours du fleuve persiste.

L’acte d’interruption du fleuve n’est pas sans précédent, mais son timing est particulier. Quelques jours seulement auparavant, le sénateur John McCain s’est rendu en secret [illégalement, ndt] dans le canton de Kobané, c’est-à-dire dans la région qui se trouve aujourd’hui privée d’eau, avant de se diriger vers la Turquie, où il a rencontré le président Recep Tayyip Erdogan. Selon le bureau du sénateur « la visite du sénateur McCain a été une occasion précieuse d’évaluer sur le terrain l’état des choses en Syrie et en Irak », ajoutant que McCain espère travailler bientôt avec l’administration Trump et les chefs militaires « pour optimiser notre approche » dans la lutte contre l’État Islamique.

Bien que les États-Unis aient soutenu les Kurdes dans leur lutte pour se maintenir dans les territoires qui longent la frontière turco-syrienne non soumises aux terroristes, ils l’ont fait au prix de notables complications dans les relations entre les USA et la Turquie. Par exemple, dans les premiers mois de 2016, Erdogan a demandé de manière théâtrale aux États-Unis de choisir entre s’allier à la Turquie ou aux Kurdes syriens. L’affrontement diplomatique a, depuis lors, atteint des sommets de tension, la Turquie, il y a moins de deux semaines, menaçant d’envahir la ville de Manbij tenue par les Kurdes. Manbij est la ville qui souffre le plus du blocage de l’Euphrate par la Turquie, ce qui fait supposer que cette action est destinée à déstabiliser les Kurdes avant d’en arriver à des mesures plus drastiques.

Il vaut aussi la peine de se rappeler qu’en dépit des affirmations d’Erdogan et de McCain prétendant vouloir « défaire » l’État Islamique et les autres factions terroristes, ils ont l’un et l’autre conservé des liens étroits avec ces mêmes groupes. Ceci, évidemment, fait penser que la visite de McCain, de même que les initiatives précédentes de la Turquie, ne sont pas exemptes d’arrière-pensées, qui restent encore à être exprimées publiquement.

 

Par exemple, McCain a déployé tant de zèle dans ses efforts pour écarter Assad du pouvoir, qu’il n’a jamais ménagé ses rapports avec les « rebelles modérés »  et les forces d’opposition les plus avérées telles que l’État Islamique. Cela est confirmé par une photo de honteuse mémoire, qui montre McCain posant avec Khalid al-Hamad, un « rebelle modéré » [celui qui s’est fait filmer mangeant le cœur d’un Chi’ite, ndt]. McCain a d’ailleurs admis sa rencontre avec ISIS devant la télévision nationale, allant jusqu’à reconnaître qu’il était encore en contact avec l’infâme groupe terroriste.

 

Le sénateur McCain en Syrie, en compagnie du groupe « rebelle » Tempête du Nord soutenu par les USA.

Erdogan, de son côté, s’est révélé être un acteur important dans la contrebande pétrolière de l’État islamique pour la vente sur le marché mondial du pétrole volé à la Syrie. Ce sont ces ventes de pétrole qui ont permis à l’État Islamique de croître jusqu’à devenir aujourd’hui un des groupes terroristes les mieux financés de la planète.

Avec des liaisons de ce genre, aujourd’hui parfaitement documentées, il paraît hautement improbable que McCain et Erdogan aient discuté de la manière de défaire l’État Islamique. Au vu des preuves, il semble beaucoup plus vraisemblable qu’ils aient toujours, l’un et l’autre, la ferme volonté de déstabiliser la région dans la poursuite de leur but commun, qui est le renversement d’Assad. En plus de la Turquie déjà au travail pour déstabiliser la Syrie septentrionale en la coupant de ses ressources en eau, nous verrons bientôt quelles autres mesures ont pu être discutées au cours de cette rencontre « secrète ».

Whitney WEBB

http://www.mintpressnews.com/syrias-water-cut-off-by-turkey-following-mccain-erdogan-meeting/225483/

Via : http://sakeritalia.it/medio-oriente/siria/la-turchia-taglia-lacqua-alla-siria-dopo-lincontro-tra-mccain-ed-erdogan/

Traduction de l’anglais : Raffaele Ucci, pour SakerItalia

 

Traduction de l’italien : c.l. pour A.S.I.

Troupes américaines sur le sol syrien : la partition du pays est-elle l’objectif de Washington ?

Que visent les forces américaines présentes au sol ? Trump va-t-il réellement rompre avec les stratégies de l’administration Obama ? Une coopération avec la Russie est-elle à venir ? L’ancien ambassadeur Michel Raimbaud analyse la situation en Syrie.

RT France : Quel est le but réel de la présence américaine au sol en Syrie ? Cette présence est-elle une force dissuasive ?

Michel Raimbaud (M. R.) : Une force dissuasive ? Sans doute, mais qui est visé par cette dissuasion ? Au temps d’Obama, il était difficile de prendre au sérieux la thèse officielle de l’administration selon laquelle la présence étatsunienne en Syrie visait essentiellement à combattre le terrorisme et plus précisément à éradiquer l’Etat islamique, une organisation considérée à juste titre comme le rejeton d’Al Qaida et comme le fruit de l’occupation américaine de l’Irak. La «coalition internationale» à direction américaine a fait beaucoup de dégâts sur les infrastructures syriennes et assez peu sur les groupes terroristes, ceux-ci étant volontiers présentés comme «opposants modérés», contre toute évidence.

En fait, la présence militaire américaine (avérée sous forme de conseillers ou de forces spéciales) a toujours eu pour but d’empêcher le gouvernement légal de Damas de reprendre le contrôle du territoire syrien ; il fallait laisser toutes ses chances à un projet de partition allant de pair avec un changement de régime, perspective omniprésente dans l’esprit des stratèges néoconservateurs. A défaut de pouvoir espérer une solution militaire favorable aux thèses américaines, l’Amérique devait prendre des gages, pour elle-même et pour ses alliés (Arabie, Turquie, Israël…), afin de garder des atouts dans la négociation qui devrait prévaloir.

Alors que s’achève en Syrie la sixième année de guerre, le paysage a beaucoup changé, en Syrie, au Moyen-Orient, en Amérique et dans le monde

Le lancement du processus d’Astana au Kazakhstan, en l’absence de l’Amérique et de l’Occident, et durant la période de transition Obama-Trump, a dû retentir comme un signal d’alarme outre-Atlantique.

Alors que s’achève en Syrie la sixième année de guerre, le paysage a beaucoup changé, en Syrie, au Moyen-Orient, en Amérique et dans le monde, que ce soit politiquement, militairement ou diplomatiquement. La Turquie qui semble désormais loucher entre Moscou et Washington, ne cache plus que son obsession est d’éviter à tout prix la création d’une entité kurde, en Syrie ou ailleurs. Barack Obama en fin de mandat a parfois donné l’impression de jouer la carte kurde contre Recep Tayyip Erdogan. C’est peut-être parce qu’il avait une revanche à prendre contre le Président Vladimir Poutine, coupable de lui avoir sauvé la face à l’automne 2013 dans l’affaire des armes chimiques, que le même Obama avait développé une hostilité évidente envers la Russie.

Il y a donc tout lieu de penser que Donald Trump se pliera bon gré mal gré aux fondamentaux de «l’Etat profond» et que l’Amérique restera l’Amérique

RT France : Comment cela va-t-il influencer la donne dans la région ?

M. R. : L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche n’a sans doute guère changé la donne globale à moyen ou à long terme. Le nouveau président est certes un intrus pour l’establishmentrépublicain et/ou démocrate, mais il reste un représentant parfait du courant néocon, s’affirmant comme l’héritier de Ronald Reagan, pionnier en la matière, et… de Thomas Jefferson, l’une des références fondamentales de l’Amérique profonde. Il y a donc tout lieu de penser que Donald Trump se pliera bon gré mal gré aux fondamentaux de «l’Etat profond» et que l’Amérique restera l’Amérique. Non sans inflexions et non sans incohérences apparentes.

Donald Trump qui se veut imprévisible et «flexible» semble désireux d’ouvrir une certaine coopération avec la Russie, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme

RT France : Qu’est-ce que cela signifie pour le conflit syrien ?

M. R. : Concernant ses futures options pays par pays, à ce stade du moins, on notera que son approche de l’Iran et du dossier nucléaire est résolument négative et que cette position est chez lui très ancrée. On pourrait avancer l’idée que Donald Trump est soucieux de «récupérer» la Turquie, si besoin aux dépens des Kurdes. Et qu’il ménagera beaucoup l’Arabie Saoudite, pays dans lequel ses intérêts sont importants, à condition que la monarchie wahhabite ne ménage pas ses dollars et ne mégote pas sur ses achats somptuaires d’armements…Quant à Israël, il suffit de voir le poids du lobby dans la nouvelle équipe.

En revanche, celui qui se veut imprévisible et «flexible» semble désireux d’ouvrir une certaine coopération avec la Russie, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et Daeshce qui pourrait infléchir la position de Washington sur la Syrie et Bachar el-Assad. Mais l’avenir le dira.

Notons que, rompant avec une non-coopération ostentatoire avec Moscou durant la période récente, l’Amérique s’est jointe à la Russie et à la Turquie pour la réunion des chefs d’état-major tenue à Antalya, afin de discuter de la situation militaire en Irak et en Syrie et de prévenir tout accrochage entre les forces étrangères présentes sur le terrain. Une «concertation» qui devient urgente à l’heure où l’armée syrienne reconquiert peu à peu le territoire et, parvenue à quelques points de la frontière nord, se retrouve à proximité ou au contact avec d’autres forces belligérantes, y compris à Manbej.

Michel Raimbaud

Michel Raimbaud est ancien ambassadeur de France, professeur au Centre d’études diplomatiques et stratégiques, officier de l’ordre national du Mérite, chevalier de la Légion d’honneur

Source:https://francais.rt.com/opinions/34961-troupes-americaines-sur-sol-syrien-partition-pays-reste-objectif-washington

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

 

« L’armée pour la libération du Golan » est née

Le porte-parole du mouvement al-Nujaba (le Hezbollah irakien), Hachim al-Moussavi, affirme que son organisation a formé « une armée pour libérer le Golan occupé ».

 

Interviewé par l’agence de presse iranienne Tasnim, le commandant al-Moussavi a évoqué la lutte contre Daech en Irak, groupe terroriste qui bénéficie d’« armes américaines », de « véhicules blindés saoudiens » et de « denrées alimentaires qataries ».

Le porte-parole du mouvement al-Nujaba, Hachim al-Moussavi. ©Tasnim

« Les terroristes de Daech ont l’intention de fuir de l’Irak vers la Syrie et d’y former un émirat. Mais ce que cherchent les États-Unis va au-delà de cet objectif : les Américains veulent envoyer Daech non seulement en Syrie, mais aussi au Yémen, pour ainsi étendre le terrorisme à travers toute la région. L’Afrique figure elle aussi à l’agenda des priorités des Américains et de leur œuvre d’expansion du terrorisme. »

Al-Moussavi a dénoncé par ailleurs la présence des Américains à Mossoul, où « ils cherchent à voler la victoire au peuple irakien, peuple uni que Washington a tout fait pour diviser et faire disparaître ». « Nous avons bloqué les frontières syro-irakiennes et, consécutivement à notre démarche, l’aviation irakienne a lancé des raids contre les positions de Daech en Syrie. Ces deux gestes concomitants ont provoqué la panique à Riyad, qui a dépêché son ministre des Affaires étrangères à Bagdad », a-t-il poursuivi.

Le commandant al-Moussavi est revenu ensuite sur la situation en Syrie, où son mouvement maintient « depuis quatre ans sa présence ». « Cela fait quatre ans que la Turquie détourne les richesses de la Syrie. Et à ce qui paraît, elle ne veut à aucun prix lâcher prise. Or l’Irak est bien différent. Si la Turquie ne retire pas ses forces de Bachiqa, au nord de Mossoul, le Hezbollah aura recours à la force. Sous prétexte de vouloir éviter une guerre confessionnelle, l’armée turque occupe l’Irak et dit vouloir empêcher l’entrée du Hezbollah à Tal Afar. Mais nos forces se trouvent à un kilomètre de cette ville. L’empire néottoman d’Erdogan s’est depuis longtemps effondré », a-t-il expliqué.

Et le Golan ? 

Le porte-parole du mouvement al-Nujaba a insisté sur le fait que le Hezbollah d’Irak ne quitterait pas la Syrie « tant que les Syriens y seront présents » : « Nous nous battons pour la dignité et la souveraineté des sunnites, des chiites et des chrétiens de Syrie. La question démographique n’est pas notre affaire. Et d’ailleurs, nous ne perdons jamais de vue le pays qui est le vrai ennemi de tous les musulmans, à savoir Israël. Après nos récentes victoires à Alep et ailleurs en Syrie, le mouvement al-Nujaba a formé une armée pour la libération du Golan occupé. Nous ne permettrons pas que les pays de la région soient démembrés et deviennent géographiquement plus petits qu’Israël. Car c’est cela le but des grandes puissances. »

Et le porte-parole du Hezbollah irakien d’ajouter : « L’armée du Golan est composée de forces spéciales très bien formées et équipées, forces qui ne se sont pas engagées dans les combats. C’est une armée qui attend l’ordre de l’état-major syrien pour passer à l’acte et libérer le Golan occupé des mains de l’occupant israélien. »

Photo: Un membre du Hezbollah irakien en train de brandir le drapeau du mouvement. ©Al-Sumaria

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/08/513504/Golan-mauvaise-surprise-pour-Isral

 

Protégés de Washington, les Kurdes syriens se tournent vers Damas

Les Kurdes syriens du PYD viennent d’annoncer un accord avec Moscou et Damas, laissant l’armée de Bachar al-Assad se déployer près de Manbij. L’accord illustre la complexité et les revirements d’alliances pour le contrôle futur des territoires syriens.

Entre l’armée turque et les forces de Bachar al-Assad, les milices kurdes syriennes ont clairement choisi. Il n’est pas question pour elles de remettre le moindre territoire aux troupes d’Ankara ou aux brigades pro-turques de l’Armée syrienne libre (ASL). Et puisqu’il leur faut bloquer à tout prix leur avancée dans le nord de la Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), la branche armée du Parti de l’Union démocratique (PYD, version syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan ou PKK), se sont tournées vers Damas.

 

Ce n’est pas la première fois que les milices kurdes syriennes passent des accords tactiques avec le régime d’Assad. À Hassaké et Kamichli, l’armée syrienne avait déjà obtenu de conserver des poches et l’aéroport à l’intérieur de ces villes contrôlées par les milices kurdes. Mais cette fois, le nouvel accord annoncé le 2 mars va plus loin. Il permet aux forces de Damas de récupérer plusieurs villages proches de Manbij, une ville majoritairement arabe conquise en août 2016 par les Kurdes sur l’État islamique (EI) (lire ici notre enquête sur la façon dont l’État islamique a administré la ville de Manbij). Manbij constitue un verrou stratégique entre la Turquie et Raqqa, la capitale syrienne de l’EI – une centaine de kilomètres séparent les deux localités.

Donatien Huet/Mediapart

L’accord annoncé le 2 mars par le conseil militaire de Manbij, dont les Kurdes tirent les ficelles et qu’ils financent, a été parrainé par Moscou. « Nous sommes parvenus à un accord avec la Russie, a expliqué le conseil, pour céder aux gardes-frontières de l’État syrien des villages situés sur la ligne de front avec le “Bouclier de l’Euphrate” [nom de l’opération que l’armée turque mène depuis août 2016 dans le nord de la Syrie – ndlr]. » Les Turcs se battent en théorie contre l’EI, en fait surtout contre les autonomistes kurdes, avec l’appui de quelques brigades de rebelles pro-turcs de l’ASL.

Prendre Raqqa semble être aujourd’hui l’objectif principal des parties engagées en Syrie : les États-Unis, les pays occidentaux impliqués dans le conflit, comme Paris et Londres, Moscou, Damas et, dans une moindre mesure, Ankara. Pour cela :

– Washington et ses alliés comptent sur les Kurdes des YPG, qu’ils entraînent, arment et conseillent. C’est d’ailleurs grâce à un soutien aérien américain intensif que les milices kurdes ont pu s’emparer de Manbij, peu avant l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate ». D’où la colère d’Ankara : « Nous ne voulons pas que notre allié américain continue à coopérer avec des organisations terroristes qui nous prennent pour cible », avait alors déclaré Mevlut Cavusoglu, le chef de la diplomatie turque.

– Moscou mise plutôt sur le régime syrien, sans négliger les Kurdes.

– Ankara, en revanche, s’oppose à n’importe quel prix à ce que les milices YPG, à ses yeux un avatar pur et simple de la branche armée du PKK, avancent en direction de Raqqa. D’où sa volonté de les chasser à tout prix de Manbij.

De leur côté, les milices YPG savent qu’elles n’ont pas la capacité d’affronter l’armée turque, d’autant qu’elles sont engagées contre Daech. Mais l’accord passé avec l’armée syrienne, qui fait d’elle une force d’interposition, éloigne ce risque : Ankara ne va pas entrer dans une confrontation directe avec le régime de Damas, soutenu par Moscou et Téhéran.

Les YPG, les Russes et le régime Assad sont aussi d’accord pour empêcher cette armée turque et les forces pro-turques de l’ASL de s’emparer de Raqqa, via Manbij. C’est aussi le sens de l’accord signé par le conseil militaire et Damas, sous le parrainage de Moscou. Il permet aussi aux Kurdes de recevoir de l’aide, comme l’a remarqué le Pentagone, par la voix de son porte-parole : « Nous savons que des convois humanitaires soutenus par les Russes et le régime syrien se sont dirigés vers Manbij. Ils comprennent des véhicules blindés. »

Dans ce dernier épisode de la guerre syrienne, que d’ambiguïtés ! Washington soutient à la fois les YPG et l’ASL pro-turc, tout en demeurant l’allié d’Ankara, et s’est bien gardé cependant de condamner l’accord. De leur côté, si les YPG sont les protégés des Américains, ils n’en font pas moins les yeux doux à Moscou. La Turquie proclame qu’elle veut voir l’EI délogée de son QG de Raqqa, mais son objectif prioritaire est d’abord de bloquer les milices kurdes et si possible de les frapper durement…

En fait, prendre Raqqa n’est pas une priorité kurde. Certes, les unités kurdes des YPG constituent le fer de lance de l’offensive commencée le 6 novembre dernier contre la capitale de l’EI. En 2012, elles étaient organisées en huit brigades, représentant plus de 40 000 combattants. Les Américains les jugeant à la fois opérationnelles et très motivées, elles sont devenues leurs protégées. Ils leur ont donc sous-traité la lutte contre l’EI, leur assurant une forte couverture aérienne, comme on l’a vu lors du siège de Kobané, et l’appui des forces spéciales.

Renforcer le Rojava, l’entité kurde autonome en Syrie

Cette prise de conscience de leur valeur militaire remonte à la bataille du mont Sindjar, dans le nord de l’Irak. Au terme d’une audacieuse opération, les YPG étaient parvenues à sauver des milliers de familles yézidies qui, après la prise de Mossoul, en juin 2014, y avaient trouvé refuge avant de se retrouver encerclées par les djihadistes et menacées d’extermination. D’où cette alliance singulière entre les forces spéciales américaines et ces milices d’inspiration marxiste-léniniste – elles-mêmes se prétendent plutôt « libertaires »

 

Il ne s’agit que d’une stricte alliance militaire, d’ailleurs aux contours très flous. L’ancien secrétaire à la défense Ashton Carter était ainsi resté muet, du moins publiquement, lorsque l’armée turque avait bombardé à 18 reprises en octobre 2016 les positions des milices kurdes syriennes dans la région de Marea, au nord-ouest d’Alep, quelques jours avant sa visite à Ankara.

Des combattants kurdes lors de la prise de Manbij, le 8 août 2016 © Matthieu Delmas

Pour avancer plus facilement en territoire arabe sunnite, le PYD, toujours avec l’appui américain, a mis sur pied une coalition, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont le recrutement est local, donc majoritairement arabe sunnite, avec une participation des chrétiens et de petits groupes yézidis. Plus les FDS avancent en territoire sunnite, plus les Kurdes y sont donc minoritaires, sauf aux postes de commandement.

En fait, le PYD et sa branche armée ont deux objectifs prioritaires en Syrie. Le premier est d’éliminer l’EI qui représente pour lui une menace existentielle. S’il prend Raqqa, il comblera son partenaire américain, mais la ville n’étant pas kurde, il ne le fera pas au prix d’une hécatombe de ses combattants. Comme le souligne un observateur international français de retour de la région, « les Kurdes ne sont pas prêts à mourir pour une ville arabe, et pas davantage les combattants arabes à être tués sous le commandement d’officiers kurdes ».

La prise de Raqqa n’est donc sans doute pas aussi proche que les États-Unis le laissent entendre, d’autant que l’intervention turque du « Bouclier de l’Euphrate » a compliqué la donne. Les YPG et les FDS ont cependant réussi une belle opération en coupant, lundi, la principale voie de ravitaillement de l’EI entre Raqqa et la province de Deir ez-Zor, région de l’est du pays contrôlée en quasi-totalité par le groupe islamiste. Cela leur permet aussi d’ouvrir une voie vers l’Irak, où ils ont quelques alliés, et vers le régime de Damas, qui contrôle une partie de la ville.

À ce premier objectif, l’élimination de l’EI, se greffe un autre : établir une continuité territoriale entre les différents cantons majoritairement kurdes. Les cantons de Kobané, Djézireh (nord-est) et Afrine (nord-ouest) sont situés le long de la frontière syro-turque, sur environ 600 kilomètres. Cette même frontière était auparavant contrôlée par l’État islamique et lui permettait de recevoir armes, matériel et volontaires, via la Turquie, qui a longtemps fermé les yeux. Depuis, le PYD et ses milices YPG ont largement repoussé les djihadistes, leur reprenant la frontière. Mais sans pouvoir pour autant en prendre le contrôle, car Ankara a décidé de la fermer et l’armée turque d’en occuper les deux côtés, asphyxiant les réduits majoritairement kurdes.

Cette entité kurde autonome en Syrie a pour nom Rojava. Dans les faits, elle est un embryon d’État. La stratégie kurde est simple : le fait accompli. Il s’agit d’effectuer une expansion territoriale, puis d’installer des structures politiques, de contrôler la population et enfin obtenir une certaine reconnaissance en agissant pour le compte des États-Unis – et l’on constate que ces derniers semblent cautionner cette politique du fait accompli, puisqu’ils ne s’y opposent pas. Selon Fabrice Balanche, chercheur au Washington Institute for Near Policy, « le PKK veut créer un État kurde mais son principal problème, c’est l’enclavement. Il est conscient qu’il lui faut s’approcher de la mer, ce qui pourrait être plus facile dans le cas d’une partition de la Syrie. Le projet peut être viable mais il faut remarquer que, dans les cantons kurdes, la population kurde est à peine majoritaire ».

Une fois Raqqa repris, puis Deir ez-Zor, les Kurdes seront-ils lâchés par leur protecteur américain, comme ce fut tant de fois le cas dans le passé ? On peut le penser. D’où leur volonté de se tourner à présent vers la Russie, dont ils ont bien compris qu’elle cherchait à encercler la Turquie.

Palmyre libérée, avec l’aide de la Russie et de l’Iran, la Syrie fait reculer Daech !

 

Palmyre libérée. Dans le silence médiatique, à l’issue d’une puissante offensive, l’armée républicaine de Syrie a repris la ville de Palmyre et sa cité antique des mains de Daech.

Appuyées par l’armée russe et soutenues par l’Iran ce sont bien les forces de l’armée arabe syrienne qui ont pour la deuxième fois et au prix de durs combats repris la ville de Palmyre et sa célèbre cité antique.

Dans Palmyre libérée d’un État Islamique dont on ne sait que trop qui sont ses soutiens (l‘armée américaine n’a-t-elle pas elle-même appuyé dans une de ses offensives Daech contre la ville assiégée de Deir Ez Zorr  ?) ce sont bien des drapeaux rouges frappés de la faucille et du marteau qui flottent au vent. De quoi tordre le coup à ceux qui, se prétendant de gauche, soutiennent en pratique les pires milices islamistes obéissant ainsi aux manipulations de l’impérialisme euro-atlantique. Car rappelons-le les communistes syriens refusent tout autant le joug des terroristes islamistes que les interventions militaires de leurs maîtres impérialistes occidentaux. Défendant la souveraineté des peuples, condition de l’émancipation des travailleurs.

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o    Sur la situation en Syrie : Interview de Salam Alsharif par Initiative Communiste (2016).

o    Communiqué de la conférence du Comité Central du Parti Communiste Syrien (2013)

o    Communiqué de Husein Nemer, premier secrétaire du Parti communiste syrien (unifié)(2011)

o    #syrie : Cette soit-disant gauche porte voix de l’OTAN et témoignage d’un humanitaire français à Alep.

Faut-il ici rappeler que du côté des kurdes, ce sont là aussi les communistes qui ont été en première ligne pour faire reculer l’État Islamique.

 

Dans le gouvernorat de Homs libéré dont fait partie la région de Palmyre, les forces syriennes ont fait de drôles de découvertes. Comme ce système de missile Milan, un lance-missile guidé ultra-moderne de fabrication française, qui était dans les mains de Daech. Démontrant ce qu’est en réalité l’engagement du pouvoir des Hollande, Valls et autres Hamon en matière de terrorisme.

L’armée républicaine syrienne fait reculer Daech

 

Depuis la libération d’Alep, la Syrie est à l’offensive pour faire reculer Daech. L’offensive pour reprendre Palmyre en est un premier symbole. Mais sur le terrain militaire, l’armée républicaine syrienne en deux mois a également obtenu des victoires significatives contre l’État Islamique à l’ouest et au nord d’Alep. Reprenant une partie de la région d’Al Bab, l’un des principaux fiefs de Daesh, et lançant une offensive d’ampleur pour encercler Dayr Haffir, s’approchant ces derniers jours des bords de l’Euphrate.

Parachutage d’aide humanitaire sur Deir Ez Zorr par l’armée syrienne et le croissant rouge syrien.

Dans le même temps, résistant aux puissantes offensives de l’État Islamique, la ville de Deir Ez Zorr assiégée depuis plus de 2 ans tient toujours. Dans l’indifférence médiatique de l’Occident, les 300 000 civils qui y sont réfugiés ne subsistent que grâce à l’aide humanitaire apportée grâce à un pont aérien mis en place par l’armée syrienne.

Chacun pourra constater la censure totale qui frappe la ville de Deir Ez Zorr par comparaison à la campagne de propagande menée s’agissant d’Alep-Est au mois de décembre 2016.

Face à l’avancée de l’armée arabe syrienne bénéficiant à la demande de la Syrie de l’appui de l’armée russe et du soutien iranien, les États-Unis ont intensifié leurs présence directe sur le sol syrien. Violant le droit international. Et ce alors même que leur intervention massive n’a jusqu’à présent pas réellement fait reculer Daech. Bien au contraire, les faits le démontrent, c’est la limite posée à l’intervention de l’impérialisme américain et de ses relais qui a permis les premières victoires pour faire reculer les terroristes islamistes.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

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A lire sur le même sujet :

·         A Deir Ez Zorr assiégée, l’armée syrienne résiste…

·         A Palmyre, #DAECH continue de détruire la cité antique.

·         Washington soutien DAECH : la coalition reconnait avoir…

Source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/palmyre-liberee-laide-de-russie-de-liran-syrie-reculer-daech/

 

 

Syrie : Que signifient les récents développements autour de Manbij ?

Le 2 mars 2017 nous traduisions un communiqué officiel publié par le « Bureau d’information du Conseil militaire de Manbij » [1] :

« Dans le but de protéger les civils, de leur épargner les horreurs de la guerre, le sang et tout ce qu’elle amène comme tragédies. Afin de préserver la sécurité de la ville de Manbij et sa campagne. Afin de couper la route aux convoitises turques d’envahir davantage de territoires syriens. Et conformément à notre engagement de faire tout le possible dans l’intérêt ainsi que la sécurité de notre peuple et de nos proches à Manbij :

Nous, Conseil militaire de la ville de Manbij et de ses environs, annonçons que nous avons convenus avec la partie russe de remettre les villages, situés sur la ligne de contact avec le Bouclier de l’Euphrate et contigus à la région d’Al-Bab sur le front ouest de Manbij, aux forces des gardes-frontières de l’État syrien, lesquelles se chargeront des missions de protection de la ligne séparant les forces du Conseil militaire de Manbij des régions contrôlées par l’Armée turque et le Bouclier de l’Euphrate ».

Lequel communiqué a été suivi, ce 5 mars, d’une mise au point signée du « Commandement général du Conseil militaire de Manbij » [2] :

« Suite aux récents développements dans la ville de Manbij et de ses environs, à la publication par le Conseil militaire de Manbij d’un communiqué concernant l’autorisation des gardes-frontières à stationner sur la ligne séparant nos forces de celles des mercenaires du Bouclier de l’Euphrate, aux interprétations différentes qui l’ont suivi, à la grande promotion médiatique de l’événement, et à l’émergence de rumeurs tendancieuses cherchant à falsifier la vérité :

Nous, au Conseil militaire de Manbij et de ses environs, réaffirmons que Manbij et sa campagne sont sous l’égide et la protection du Conseil militaire de Manbij et des forces de la Coalition internationale, que nous ne permettrons à aucune autre force d’y entrer, que c’est le Conseil militaire de Manbij et les forces de la Coalition internationale qui se sont entraidés pour libérer la ville du terrorisme de l’organisation Daech, et que ce sont eux qui la protègent actuellement de toute agression perfide.

Et nous affirmons à nos proches que nous tenons toujours notre engagement quant à leur protection et à leur sécurité, le texte de l’accord mentionné est clair et ne concerne que les régions d’Al-Arima [ville à mi-chemin entre Manbij et Al-Bab, distantes d’environ 40 Kms l’une de l’autre, Ndt] et la ligne de front avec le « Bouclier de l’Euphrate ».

Et c’est sur cette base que nous rassurons nos proches de la ville de Manbij et de ses environs. Ils sont sous la protection du Conseil militaire de Manbij et de la Coalition internationale, laquelle a renforcé sa présence dans Manbij et sa campagne après la montée des menaces turques d’occuper la ville ».

Par conséquent, il n’est apparemment plus question de remettre « le front ouest de la ville de Manbij » aux gardes-frontières syriens, mais il n’est pas exclu de remettre d’autres villages évoqués dans le premier communiqué du 2 mars.

Est-ce parce que cette cession du front ouest de Manbij aux gardes-frontières syriens est incompatible avec l’agenda du Président américain Donald Trump déterminé à se réserver la libération de Raqqa ?

Est-ce parce que les avancées spectaculaires de l’Armée syrienne, soutenue par ses alliés, au nord-est d’Alep – et donc, vers le sud de Manbij- en plus de la libération de Palmyre, pourraient lui permettre d’arriver à Raqqa avant les alliés des USA parmi les Kurdes syriens ? [Voir carte ci-jointe].

Question qui s’impose d’elle-même à la lecture de l’article du Washington Post du 4 mars -la veille du 2ème communiqué- annonçant que « le plan de prise de Raqqa, préparé par le Pentagone, prévoit un accroissement sensible des forces américaines en Syrie et se propose de livrer des hélicoptères d’attaque et des pièces d’artillerie aux forces kurdes et aux détachements de l’opposition syrienne » [3].

Et puis ce matin, 7 mars, est apparu un troisième communiqué daté du 6 mars, intitulé textuellement : « Communiqué de l’administration civile démocratique de Manbij le Conseil législatif » [4] :

« Communiqué à l’intention de l’opinion publique suite aux données récentes sur les plans politique et militaire. Nous, en tant que Conseil législatif de Manbij et des ses environs, nions tout ce qui a été publié par les médias et les réseaux sociaux locaux et étrangers parlant de remettre notre ville à quelque partie que ce soit.

Car nous sommes la seule partie légitime représentant la volonté du peuple et son droit à décider de son sort, et que notre peuple à Manbij, dans toutes ses composantes, se tient derrière le Conseil militaire et loue le rôle joué par les forces de la Coalition internationale, lesquelles ont participé à la bataille de libération de notre peuple des mercenaires de Daech.

Nous promettons à notre peuple de Manbij que nous ne ferons pas de compromissions au détriment du sang de nos martyrs qui se ont sacrifiés pour cette ville, que nous ne gaspillerons pas les acquis de notre peuple, et que nous résisterons à toute ingérence qui toucherait à la liberté et à la dignité de notre peuple. Vive Manbij, libre et fière ».

Il est donc difficile de savoir ce qui se passe autour de Manbij, des rapports contradictoires circulant sur la remise réciproque de villages entre les gardes-frontières syriens et lesdites « Forces Démocratiques Syriennes » [ou FDS regroupant les Conseils militaires kurdes des villes contrôlées par les Unités de protection du peuple, ou YPG] soutenues par la Coalition internationale menée par les États-Unis.

En revanche, ce qui est certain est que les combats s’intensifient des deux côtés, tandis que le Premier ministre turc tempête et déclare que son pays ne s’oppose pas à l’entrée de l’Armée syrienne dans Manbij « contrôlée actuellement par des éléments kurdes » [5], ajoutant que les territoires syriens doivent être contrôlés par des Syriens ! Faut-il croire qu’il a retrouvé le chemin de Damas ?

En effet, comme le résume la carte ci-jointe expliquée, dans la soirée du 6 mars, par l’ex Général de Brigade Charles Abi Nader sur al-Mayadeen TV [6] :

 

·         Deux routes lient Raqqa à Deir ez-Zor, toutes deux fiefs de Daech -malgré la résistance héroïque des soldats de l’Armée syrienne toujours encerclés dans Deir ez-Zor et qui continuent à repousser les assauts de Daech depuis bientôt trois ans- l’une à l’Est de l’Euphrate, l’autre à l’Ouest [trajet souligné en rouge].

·         La route à l’Est de l’Euphrate est désormais entièrement coupée à Daech au niveau du cercle rouge sur la carte, par l’avancée des FDS jusqu’à la rive Est du fleuve.

·         Ce qui fait que Daech ne peut plus se ravitailler et rejoindre Deir ez-Zor que par le Sud de Raqqa et par la route à l’Ouest de l’Euphrate. Il est donc sous la pression des FDS soutenues par leurs alliés US, au Nord, et sous la pression de l’Armée syrienne soutenue par ses alliés russes et de l’Axe de la résistance dont le Hezbollah, au Sud.

Les USA auraient-ils finalement opté en faveur de leurs alliés kurdes au détriment de leur allié turc, lequel est écarté de leur course vers Raqqa ? Y-aurait-il des désaccords au sein même des FDS, ou bien leur contrat avec les Russes n’était qu’une manœuvre pour que les USA se décident à intervenir plus efficacement, alors qu’ils piétinent sur place depuis des semaines ? Et enfin, cette intervention musclée des Forces US témoigne-t-elle d’une rivalité affirmée ou d’une entente entre les USA et la Russie ?

Aux dernières nouvelles de 18H, heure locale, le porte-parole du Conseil militaire de Manbij aurait déclaré que 5 villages ont été remis à l’Armée syrienne. Cependant le correspondant d’Al-Mayadeen, à Alep, a précisé qu’il n’y a toujours aucune déclaration officielle de la part du Haut commandement militaire syrien. D’après son exposé, nous comprenons que les 5 villages en question sont vides de combattants de tout bord, et situés à l’extrême sud de Manbij ; autrement dit, ne font pas partie du front ouest de la ville de Manbij.

Par conséquent les FDS restent sur la ligne de contact avec les forces hétéroclites du Bouclier de l’Euphrate soutenues par la Turquie -dont le but déclaré est de les déloger de Manbij-, et l’Armée syrienne n’est toujours pas en situation de se positionner sur une zone de séparation autour du front ouest de Manbij comme prévu par le communiqué du 2 mars.

Quel que soit le dénouement, il est cruel de constater que les Kurdes de Syrie qui ont délogé Daech de Manbij en Août 2016, au prix de grosses pertes dans leur rang, servent toujours de chair à canon à ceux-là même qui ont fabriqué Daech, foi de M. Trump en personne [7].

Mouna Alno-Nakhal

[1] Communiqué du Bureau d’information du Conseil de Manbij du 2 mars 2017 http://manbijmc.org/archives/205

[2] Communiqué du Commandement général du Conseil militaire de Manbij du 5 mars 2017

http://manbijmc.org/archives/263

[3] Le Pentagone veut muscler sa présence en Syrie

https://fr.sputniknews.com/international/201703051030331714-pentagone-accroissement-presence-syrie/

[4] Communiqué du Conseil législatif de Manbij et de ses environs du 6 mars 2017

http://manbijmc.org/archives/268

[5] YILDIRIM : la Turquie ne s’oppose pas à l’entrée de l’Armée syrienne dans Menbij

http://www.almayadeen.net/news/politics/53292

[6] Vidéo / All-Mayadeen TV, 6 mars 2017,18H

https://www.youtube.com/watch?v=Vj84cCr3tgo

[7] Video / Trump accuse Obama d’avoir « créé » Daech

http://www.dailymail.co.uk/video/news/video-1240964/Donald-Trump-Obama-Hillary-Clinton-created-ISIS.html (en anglais)

https://www.crashdebug.fr/international/12207-trump-accuse-obama-d-avoir-cree-le-groupe-etat-islamique (en français)

 

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A Manbij, point de

friction des factions du

conflit syrien

Des combattants du Conseil militaire de Manbij prennent position sur les hauteurs au sud de la ville, le 1er juin 2016. Photo Rodi Said. Reuters

 

Après avoir chassé l'Etat islamique, les rebelles kurdes cèdent du terrain face à la Turquie et ses alliés. Entre eux, l'armée syrienne de Bachar al-Assad. Une situation complexe qui contraint les Américains à faire des choix parmi leurs alliés en vue de la reprise de Raqqa.

 A Manbij, point de friction des factions du conflit syrien

Qui va contrôler Manbij, petite ville du nord de la Syrie ? L’Etat islamique s’en était emparé il y a trois ans, avant d’en être chassé cet été par les combattants kurdes du YPG (Unités de protection du peuple). Mais la Turquie la revendique aussi. Ses soldats, alliés à des rebelles de l’Armée syrienne libre, s’en approchent. Face à leur avancée, les Kurdes ont cédé ces derniers jours le contrôle de plusieurs villages qui bordent la ville à l’armée du régime de Bachar al-Assad, créant une sorte de zone tampon. L’accord a été validé par la Russie.

Les accrochages se multiplient depuis. S’ils venaient à dégénérer, ils pourraient opposer directement l’armée turque à celle de Damas. «Je ne pense pas qu’on ira jusque-là. La Turquie a changé de priorité. Elle n’exige plus le départ de Bachar al-Assad et se focalise sur la sécurité à sa frontière. Quant au régime syrien, il veut avant tout reconquérir l’intégralité de la région de Damas, pas s’engager dans un affrontement avec la Turquie», assure un diplomate occidental basé à Gaziantep. Ces derniers jours, l’armée turque a amassé véhicules et armements à la frontière syrienne. L’armée américaine a, elle, envoyé des blindés à Manbij et l’a fait savoir.

Bouclier de l’Euphrate

La ville est une priorité de l’armée turque depuis plusieurs mois. «Manbij est arabe, pas kurde», a répété le président Recep Tayyip Erdogan. C’est précisément pour stopper la progression des combattants du YPG qu’Ankara a envoyé des troupes en Syrie en août dernier. A l’époque, les Kurdes alliés à des brigades rebelles au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), et épaulés par des forces américaines, venaient de s’emparer de Manbij après plusieurs mois de combats. Ils s’approchaient de Jarablous, un poste-frontière tenu par l’EI.

Leur avancée est alors jugée inacceptable par Ankara. Le gouvernement turc est violemment opposé à ce que les Kurdes syriens du YPG, affiliés au PKK turc, puissent unifier leurs territoires le long de la frontière avec la Turquie. Il décide d’intervenir et monte la coalition «Bouclier de l’Euphrate» avec des brigades rebelles de l’Armée syrienne libre. Au total, près de 5 000 hommes sont mobilisés. A la fin février, ils reprennent la ville d’Al Bab à l’Etat islamique. Manbij, à une quarantaine de kilomètres, est l’objectif suivant. «Nous sommes prêts à y aller. Nous n’avons rien contre le peuple kurde mais nous sommes opposés au YPG et au PKK. Nous ne voulons pas qu’ils créent leur propre état en Syrie. Et surtout, le YPG est depuis le début de la révolution un allié du régime de Bachar al-Assad. Ils ont même participé au siège d’Alep», explique Molham Ekaidy, un commandant militaire de Fastakim, un groupe rebelle qui participe au Bouclier de l’Euphrate.

L’escalade de ces derniers jours place Washington dans une position complexe. Les Etats-Unis soutiennent à la fois les forces kurdes et arabes des FDS, et certaines brigades rebelles alliées aux Turcs. Les responsables américains s’étaient également engagés à ce que les combattants kurdes restent du côté est de l’Euphrate, considéré comme une «ligne rouge» par Erdogan. Sauf que Manbij est à l’ouest. Samedi, le Pentagone a affirmé que le récent déploiement de ses blindés dans la ville servirait «à empêcher des actes hostiles, à améliorer la gouvernance et à s’assurer qu’il n’y avait pas de présence permanente du YPG». Une manière de contrer l’argumentaire turc. «Nous avons déjà dit que nous frapperons les YPG s’ils ne se retirent pas», avait déclaré jeudi le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu.

Dilemme

Au-delà du sort de Manbij, Washington doit décider d’un plan pour la bataille de Raqqa, principal fief de l’EI en Syrie. Le président Donald Trump avait demandé que des options lui soient exposées avant la fin février. Le Pentagone a deux options : soutenir soit les FDS, soit le Bouclier de l’Euphrate. Autrement dit, appuyer les Kurdes, ou les rebelles syriens de l’ASL alliés à la Turquie.

La première option est la plus probable. Les Etats-Unis disposent déjà de quelques centaines d’hommes dans les zones kurdes. Ils ont créé onze centres de formation de combattants des FDS. Ils fournissent armes, munitions, véhicules et une partie des salaires. Leur aviation appuie les offensives contre l’EI et des forces spéciales se déplacent sur les fronts. Les FDS ne sont qu’à une dizaine de kilomètres de la ville.

Mais leur confier la tâche de la reprendre provoquera la colère d’Ankara. «Nous ne voulons pas que notre allié américain continue à coopérer avec des organisations terroristes qui nous prennent pour cible», a déclaré le 2 mars Mevlut Cavusoglu. Depuis l’élection de Trump, les visites de responsables américains, dont le directeur de la CIA, Mike Pompeo, se sont succédé à Ankara. Le gouvernement turc a réaffirmé à chaque fois sa volonté de mener la bataille de Raqqa. Les combattants kurdes participeront «d’une façon ou d’une autre» à l’offensive, a répliqué le général américain en charge de la coalition contre l’Etat islamique, Stephen Townsend. Il a ajouté qu’il n’y avait «aucune preuve» que le YPG constituait une menace pour la Turquie.

 

L’Onu reconnaît que la Russie n’a pas frappé son convoi humanitaire en Syrie

 

L’Onu a reconnu que les forces armées russes n’avaient rien à voir avec l’attaque contre son convoi humanitaire en 2016 près d’Alep, en Syrie, cette conclusion a été tirée à la suite de l’examen de la zone pilonnée et des munitions utilisées.

La commission internationale d’enquête des Nations unies sur les incidents en Syrie a conclu, dans son rapport, que les forces armées russes n’étaient pas impliquées dans l’attaque contre le convoi humanitaire survenue au mois de septembre en 2016 non loin de la ville d’Alep. Cet incident a souvent été mentionné en tant qu’exemple des prétendus crimes de guerres de la Russie en Syrie.

La commission indépendante a tiré cette conclusion après une analyse des munitions utilisées, de la superficie de la zone attaquée et de la durée de l’attaque.

La commission n’a d’ailleurs attribué aucun crime de guerre commis en Syrie à la Russie. Bien que le rapport cite de nombreux cas de largage de bombes artisanales au chlore depuis des hélicoptères qui entraînaient des victimes parmi la population civile, il résume que « les informations recueillies n’attestent de l’implication des forces russes dans aucun des incidents ».

Un convoi humanitaire de l’Onu et du Croissant-Rouge syrien composé de 31 camions a été la cible de tirs dans la nuit du 19 au 20 septembre dernier au nord-ouest d’Alep. Les camions transportaient de l’aide destinée à 78 000 personnes habitant Orum al-Koubra. Selon l’Onu, 18 des 31 camions ont été touchés. Le Croissant-Rouge a pour sa part précisé qu’un volontaire et plusieurs civils avaient trouvé la mort dans l’attaque.

Les États-Unis et leurs alliés ont, à maintes reprises, accusé la Russie d’être derrière l’attaque contre le convoi. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait déclaré de son côté qu’aucune preuve tangible prouvant ces allégations n’avait été livrée.

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201703051030338302-onu-reconnait-nonimplication-russie-attaque-convoi/

Syrie – Le pari perdu d’Erdogan – Trump devrait opter pour la prudence

Au sud d’Al-Bab, l’armée syrienne avance vers l’Euphrate. Elle va couper la progression des forces turques vers Raqqa et Manbij.

C’est fait. L’avancée des forces d’invasion turques vers le sud est maintenant bloquée. Il leur faudrait affronter l’armée syrienne et ses alliés russes pour avancer sur Raqqa. Il leur faudrait affronter le YPG syro-kurde et ses alliés américains pour avancer vers l’Est.

 

Pour la première fois depuis le début de la guerre, les lignes d’approvisionnement entre la Turquie et l’État islamique sont coupées!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte de Peto Lucem

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte de South Front. 

Erdogan espère toujours que les États-Unis vont appuyer ses plans pour Raqqa, mais je doute que les militaires américains soient prêts à renoncer à leurs mercenaires kurdes, à la réputation inébranlable, au profit d’une armée turque indisciplinée, désorganisée, et peu pressée de se battre. Erdogan a limogé tous les officiers et sous-officiers qu’il soupçonnait ne pas être à 100% derrière sa prise de pouvoir. Cela lui revient maintenant en pleine figure. Il manque de moyens militaires pour poursuivre ses politiques belliqueuses.

L’année dernière, Erdogan s’était allié à la Russie et à l’Iran après qu’une tentative de coup d’Etat contre lui a échoué. Il se sentait abandonné par les États-Unis à cause de leur réticence à soutenir ses projets en Syrie. Erdogan pense que l’élection de Trump va provoquer un changement dans les politiques américaines. Il a retourné sa veste une fois de plus et s’est allié de nouveau avec les Etats-Unis. C’est la conviction que la politique des États-Unis va évoluer qui explique ses dernières décisions et annonces.

Elijah Magnier dit que ses sources à Damas sont de l’avis d’Erdogan. Elles aussi pensent que Trump va fortement intensifier la guerre en Syrie et qu’il va  soutenir le mouvement turc contre l’Etat syrien.

Mais ce sont les militaires américains qui dirigent la stratégie du cabinet Trump. Le Pentagone ne veut pas d’une grande opération terrestre en Syrie. Le plan qu’il a proposé à Trump est le même que celui qu’il avait conseillé à Obama. Il va coopérer avec les forces kurdes pour vaincre l’Etat islamique à Raqqa. Il est remarquable aussi qu’un directeur du think tank RAND Corp financé par le Pentagone ait plaidé publiquement pour une meilleure coopération avec la Russie en Syrie. L’ancien plan de RAND, celui d’une Syrie décentralisée avec des zones sous «administration internationale» (c’est-à-dire occupées par les États-Unis) n’est probablement plus opérationnel.

Erdogan a récemment annoncé qu’il avait l’intention d’avancer vers Manbij qui est tenu par l’YPG. Peu de temps après, des images de soldats américains arborant des drapeaux américains à Manbij ont été publiées sur des réseaux sociaux. Le message était clair: restez loin d’ici ou vous aurez en sérieux problème.

Lundi, des avions de l’armée de l’air irakienne ont attaqué des positions de l’Etat islamique dans l’est de la Syrie. L’attaque a pu être réalisée grâce à la coopération des renseignements syriens et irakiens. Il est plus facile à l’Irak d’atteindre cette zone qu’aux avions syriens stationnés près de la Méditerranée. Cette coopération se poursuivra. Dans l’ouest de l’Irak, les milices intégrées à l’armée irakienne sont prêtes à prendre Tal Afar d’assaut. Cette ville est la dernière grande position de l’Etat islamique dans la région en dehors de Mossoul. Les États-Unis avaient prévu de laisser les combattants de l’Etat islamique s’enfuir de Mossoul et Tal Afar pour se rendre en Syrie et ainsi que de les laisser attaquer les positions du gouvernement syrien à Deir Ezzor. La coopération syro-irakienne les en a empêchés. La tentative américaine de séparer la guerre contre l’Etat islamique en Syrie de la guerre contre l’EI en Irak a échoué. Toute nouvelle tentative d’utiliser l’État islamique pour détruire la Syrie se heurtera à une résistance en Irak où les États-Unis sont de plus en plus engagés. Les commandants américains en Irak vont bientôt s’en rendre compte.

À mon avis, les  déclarations plus belliqueuses de Trump sur la Syrie, sur les zones de sécurité et l’escalade militaire, sont rhétoriques. Il installe des positions qui serviront de base à la négociation avec la Russie et l’Iran. Ce n’est pas la politique qu’il veut mettre en place. Sa vision politique est plus pragmatique. Obama a maintenu l’équilibre entre le jusqu’au-boutisme des faucons, soutenus par la CIA, Hillary Clinton et les néoconservateurs, et la réticence de l’armée à s’engager dans une autre grande guerre. Trump suivra le Pentagone encore plus qu’Obama. Cela ne changera pas. Je ne crois donc pas que Trump se livrera à une escalade belliqueuse. Quelques troupes américaines supplémentaires seront peut-être ajoutées aux forces kurdes qui attaquent Raqqa. Mais aucun mouvement important de la part des forces turques ou israéliennes ne sera toléré. La grande invasion américaine de la Syrie pour les soutenir ne se produira pas.

Pendant ce temps, l’armée syrienne avance vers Palmyre et pourrait bientôt la reprendre à l’Etat islamique. Une nouvelle unité formée par la Russie, le 5e corps, mène la marche, avec succès jusqu’ici. Quand Palmyre sera reprise, l’armée syrienne pourra progresser plus à l’est vers Raqqa et Deir Ezzor.

Erdogan peut encore obtenir une sorte de « zone de sécurité » dans le territoire du nord de la Syrie que ses forces occupent maintenant. Mais Damas soutiendra les forces de guérilla kurdes et arabes contre  une occupation turque. Les forces turques en Syrie vont continuer à avoir beaucoup de problèmes. Erdogan ne bénéficiera pas de l’appui actif des États-Unis pour prendre des terres syriennes. Ses deux retournements d’alliance ont été inutiles et ont considérablement affaibli sa position.

Netanyahou et le lobby israélien veulent aussi une « zone de sécurité ». Celle-ci au sud de la Syrie et sous commandement jordanien. Cela permettrait à Israël d’occuper plus de terre syrienne le long des hauteurs du Golan. Mais les zones situées à côté du Golan et vers Deera sont occupées par Al-Qaïda et des groupes alignés sur l’Etat islamique. Ces groupes représentent un sérieux danger pour le fragile État jordanien. La Jordanie n’a rien à gagner avec cette « zone de sécurité ». De même, l’armée américaine n’aura aucun intérêt à ouvrir une autre boîte de Pandore dans le sud de la Syrie. Comme Erdogan, Netanyahou va probablement se retrouver tout seul avec ses rêves.

Moon of Alabama

Traduction : Aliocha

Article original: http://www.moonofalabama.org/2017/03/syria-trump-likely-to-follow-a-cautious-strategy.html#more

Source: http://arretsurinfo.ch/syrie-le-pari-perdu-derdogan-trump-devrait-opter-pour-la-prudence/

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

 

 

Un face-à-face Damas-Ankara serait-il possible ?

Selon Mohamad Kamal al-Jafa, observateur du QG d’Alep, l’armée arabe syrienne est prête à marcher sur Tabqa et Raqqa et il y a de fortes chances pour que l’armée arabe syrienne et les forces turques entrent en conflit, une fois al-Bab libérée.

 » Les combats s’intensifient sur les fronts du Nord d’Alep, combats qui impliquent à la fois les terroristes soutenus par la Turquie, les Kurdes syriens appuyés par les États-Unis et bien sûr l’armée nationale syrienne. Or Daech constitue la cible commune de toutes ces forces qui le combattent pour des raisons stratégiques différentes « , a ajouté le général syrien.

Selon lui,  » depuis que l’armée arabe syrienne et ses alliés du Hezbollah sont arrivés à l’entrée du sud de la ville de Tadef, un district d’al-Bab, et que cette information a été confirmée par le ministère russe de la Défense, les observateurs ont cru comprendre que les accords passés entre la Russie, la Turquie et la Syrie étaient toujours de vigueur « .

Le général al-Jafa s’est ensuite référé à l’une des clauses des accords précités, celle qui définit la ligne de front:  » Une première étape des combats pour nettoyer le Nord-est d’Alep de la présence des terroristes incluait une répartition des efforts entre les trois composantes syrienne, turque et kurde. En réalité, la Russie a joué pendant cette première étape le rôle d’arbitre et elle a toujours empêché que les combats éclatent entre l’armée arabe syrienne et les forces turques. »

Le général n’est pas toutefois très optimiste sur la suite des événements et ne peut pas écarter le risque d’une confrontation entre Ankara et Damas: » L’armée arabe syrienne avance vers une localité située dans le Nord du lac al-Jaboul. Cette localité s’étend aussi à Rasm al-Abd, Rasm al-Karoum et Rasm al-Harmal avant de finir dans les villages d’al-Mazboura et d’Abou Jabar Kabir. Une très grande offensive a déjà été lancée pour briser les fortifications de Daech sur la totalité de cette ligne de front longue de 60 kilomètres. »

D’après cette source fiable au sein du QG des opérations à Alep,  » toutes les fortifications de Daech se sont effondrées ces sept derniers jours, fortifications que le groupe terroriste s’était fait ériger ces trois dernières années en vendant le pétrole de contrebande tiré des puits syriens ou encore en faisant écouler les richesses minières et hydrauliques de la région. En à peine sept jours, l’armée arabe syrienne a réussi à reconquérir quelques 500 kilomètres carrés des régions du Nord-est d’Alep et elle fait face désormais à un dilemme: soit elle va se diriger vers la principale source d’eau de la ville d’Alep, soit elle s’orientera vers le nord pour contrer l’avancée des militaires turcs et de leurs mercenaires impliqués dans les opérations Bouclier de l’Euphrate. Dans ce second cas, l’objectif de l’armée arabe syrienne consisterait à endiguer l’avancée de la Turquie vers le Sud soit vers la ville de Manbij. On sait que Daech est sur le point de s’effondrer à Manbij et la Turquie n’aura aucun mal à reprendre cette ville et à l’annexer à l’axe Jarablous/al-Bab qu’elle occupe. »

Selon le général syrien, l’armée arabe syrienne devra exercer le même plan pour contrer, là aussi, l’avancée des Kurdes soutenus par Washington vers le sud et la ville stratégique de Manbij.

 » Les récentes progressions de l’armée arabe syrienne dans le Nord-est d’Alep ont permis que cette région soit mise à nouveau en contact avec Alep, elle-même, et partant avec d’autres provinces syriennes. Il est évident que la progression de l’armée arabe syrienne vers le sud va redoubler les pressions sur Daech qui, de ce fait, devra se replier dans l’Est d’al-Jaboul. Le fait d’ouvrir de nouveaux fronts de combat facilitera l’avancée des forces syriennes vers Tabqa, le barrage de l’Euphrate et puis la ville de Raqqa. L’armée arabe syrienne contrôle désormais la source d’eau de la ville d’Alep. Elle assure ainsi l’approvisionnement en eau de quelques 4 millions d’habitants d’Alep à partir de l’Euphrate », a dit le général avant de conclure:

 » Si la Russie, la Turquie et la Syrie ne parviennent pas à tomber d’accord dans les heures à venir sur ce qui devrait advenir après la libération d’al-Bab, et bien, une sanglante confrontation entre l’armée turque et l’armée arabe syrienne n’est pas à écarter. »

Source: http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i31314-un_face_à_face_damas_ankara_serait_il_possible

 

 

Kurdes de Syrie : BRAVO !

Avant-propos : Communiqué officiel du Conseil militaire de Manbij [*]

« Dans le but de protéger les civils, de leur épargner les horreurs de la guerre, le sang et tout ce qu’elle amène comme tragédies. Afin de préserver la sécurité de la ville de Manbij et sa campagne. Afin de couper la route aux convoitises turques d’envahir davantage de territoires syriens. Et conformément à notre engagement de faire tout le possible dans l’intérêt ainsi que la sécurité de notre peuple et de nos proches à Manbij :

Nous, Conseil militaire de la ville de Manbij et de ses environs, annonçons que nous avons convenu avec la partie russe de remettre les villages, situés sur la ligne de contact avec le Bouclier de l’Euphrate et contigus à la région d’Al-Bab sur le front ouest de Manbij, aux forces des gardes-frontières de l’État syrien, lesquelles se chargeront des missions de protection de la ligne séparant les forces du Conseil militaire de Manbij des régions contrôlées par l’Armée turque et le Bouclier de l’Euphrate.

Bureau d’information du Conseil de Manbij

2 mars 2017 » [Ndt].

__________________________________________

·         La Turquie a parié sur le truandage politique coutumier de son président afin de couvrir ses crises et ses échecs.

·         Le président turc Recep Erdogan est tombé dans le piège de sa bataille coûteuse à Al-Bab devant l’offre lui accordant le privilège tant désiré d’avancer vers Manbij er Raqqa avant l’Armée arabe syrienne.

 

·         L’Armée arabe syrienne a évité la ville d’Al-Bab laissant Erdogan et ses janissaires coincés sur place pour avancer vers le nord et lui couper la route de Raqqa, ce qui l’a obligé à avaler de travers les pertes subies inutilement et à se diriger vers les abords de Menbij.

·         Les Américains ont cherché à couvrir la truanderie de Erdogan et à éviter l’escalade en lui faisant savoir qu’ils tenaient à ce que les Kurdes restent à Menbij et en accusant les forces aériennes, russes et syriennes, d’avoir bombardé « par erreur » des positions kurdes, tout en sachant que c’est l’aviation turque qui a mené l’opération.

·         Les Russes et les Syriens ont nié les accusations américaines.

·         Après enquête, les Russes ont découvert les coupables et en ont informé les intéressés, notamment les Kurdes.

·         Finalement, la liaison syro-kurde en coopération avec la Russie, a réussi à tendre un nouveau piège à Erdogan par la décision kurde de remettre les lignes de contact avec ses milices du Bouclier de l’Euphrate à l’Armée arabe syrienne.

·         Bravo !

Nasser Kandil

Homme politique libanais, ex-député et rédacteur en chef du quotidien Al-Binna

Sources : Top News-nk

http://www.topnews-tv.com/archives/39643

[*] Communiqué du Conseil militaire de Manbij / 2 mars 2017

http://manbijmc.org/archives/205

Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

 

Les forces spéciales russes en action en Syrie (VIDEO)

Pour la journée des forces spéciales russes, une vidéo a été publiée sur internet montrant les opérations menées par les forces spéciales dans différents pays du Moyen-Orient, notamment dans la ville syrienne de Palmyre.

On y voit les soldats se déplacer sur fond de célèbres monuments d’histoire et d’architecture: l’amphithéâtre romain et les fortifications de l’époque des Croisades.

Cette vidéo d’environ 6 minutes présente également la tactique et les méthodes de combat des unités des forces spéciales russes en Syrie.

 

Les experts militaires notent qu’on n’aperçoit que dix hommes sur les images de Palmyre. Étant donné que quelques combattants restent obligatoirement dans la garde opérationnelle, on peut supposer que le groupe des forces spéciales compte entre 13 et 16 hommes. En fonction de la nature de l’opération, ils utilisent des véhicules blindés Tigre, des lance-grenades automatiques, des lance-roquettes antichars, des mortiers et des drones Orlan. On avait appris plus tôt que les hommes des forces spéciales en Syrie étaient également utilisés dans les opérations des robots radiocommandés Soratnik.

En règle générale les armes d’infanterie — les différentes modifications de Kalachnikov — sont munies de silencieux et sont camouflées pour se fondre dans le paysage de la zone des opérations. On présente également des images tournées à l’aide d’appareils de vision nocturne.

Avant la projection dans la zone ennemie, les hommes des forces spéciales étudient la langue locale et le dialecte — en l’occurrence l’arabe et le néo-araméen.

Il est à noter que, selon les médias étrangers, ce sont les actions des forces spéciales russes pour éliminer les chefs terroristes qui ont conduit au succès des opérations de l’armée gouvernementale syrienne à Alep et à Palmyre.

Rossiïskaïa gazeta

 

Source: https://fr.sputniknews.com/presse/201703031030316583-syrie-forces-speciales-russes/

Les forces spéciales russes impliquées dans la reprise de Palmyre

MOSCOU (Reuters) - Le ministère russe de la Défense a annoncé vendredi que des membres des forces spéciales russes ainsi que l'aviation avaient joué un rôle décisif dans la reprise de la cité antique de Palmyre, où les destructions semblent moins importantes que ne le redoutaient les spécialistes des Antiquités.

Moscou a ajouté que des conseillers militaires russes avaient planifié et supervisé les opérations militaires qui se sont achevées jeudi.

Palmyre, située au nord-est de Damas dans une région désertique de la Syrie, était de nouveau sous le contrôle de l'Etat islamique (EI) depuis décembre. Les djihadistes, qui en avaient été délogés une première fois en mars 2016, l'avaient reprise alors que les forces pro-gouvernementales syriennes étaient mobilisées dans la bataille d'Alep.

Dans un communiqué diffusé jeudi, l'armée de Bachar al Assad a indiqué que la reconquête s'était faite avec le soutien de ses alliés et de frappes aériennes russes.

Le général Sergueï Roudskoï, haut responsable de la Défense russe, a précisé lors d'un point de presse vendredi à Moscou que plus de 1.000 djihadistes avaient été tués ou blessés dans l'opération de reconquête.

Des images diffusées en direct de Palmyre par la télévision publique syrienne ont montré vendredi des soldats syriens et des membres des forces pro-gouvernementales célébrant leur victoire en haut de la citadelle historique qui domine la ville.

Un commandant a expliqué que la contre-offensive s'était déroulée suivant trois axes différents. "Nous avons ouvert les lignes de front sur ces trois directions", a-t-il dit.

L'oasis abrite de précieux vestiges romains classés au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

A Damas, le chef du service des Antiquités a déclaré à Reuters que des images prises depuis jeudi suggéraient que les dommages infligés par les djihadistes étaient nettement moins importants qu'on ne le craignait.

"Nous pensions que la situation serait bien pire (...), qu'ils auraient achevé les crimes commis pendant leur première occupation", a dit Maamoun Abdulkarim.

En janvier, des photographies suggéraient notamment que la façade du théâtre romain, datant du IIe siècle, avait été dégradée. Mais le chef des Antiquités a observé qu'une restauration semblait possible.

"Des dégâts ont été commis, mais en général la citadelle est en bon état", a-t-il ajouté.

Lors de leur précédente occupation de Palmyre, entre mai 2015 et mars 2016, les djihadistes de l'Etat islamique avaient détruit plusieurs sites, dont une arche vieille de 1.800 ans située près du temple de Bêl.

 

 

Damas: nous célébrons la libération de Palmyre grâce à la Russie

La libération de la cité antique de Palmyre est devenue possible grâce à l’aide de la Russie, selon le chef de la délégation gouvernementale syrienne aux négociations de Genève Bachar al-Jaafari.

Les Syriens célèbrent la prise de Palmyre grâce à la Russie et les habitants locaux pourront rentrer dans leurs foyers après l’opération de déminage, a déclaré jeudi Bachar al-Jaafari le chef de la délégation de Damas aux négociations sur la crise syrienne à Genève.

« Nos alliés russes luttent à nos côtés contre les groupes terroristes de Daech. Les habitants de Palmyre rentreront dans leurs foyers dès qu’elle sera nettoyée de mines et d’explosifs. Je vous invite à vous rendre à Palmyre et partager cette joie avec nous », a indiqué M. al-Jaafari devant les journalistes à l’issue d’une rencontre avec l’envoyé spécial de l’Onu pour la Syrie Staffan de Mistura.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a annoncé jeudi que les Forces armées syriennes, avec l’appui de l’aviation russe, avaient terminé l’opération de la reprise de Palmyre occupée par Daech pour la deuxième fois fin décembre 2016. Les terroristes avaient antérieurement contrôlé la cité de Palmyre, qui abrite les célèbres monuments classés au patrimoine mondial de l’Unesco, de mai 2015 à fin mars 2016.

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201703021030301447-syrie-liberation-palmyre-russie-reconnaissance/

Les avions de la coalition américaine en danger?

Le vice-ministre russe des AE, Mikhaïl Bogdanov, a affirmé lundi qu’il appartiendrait au peuple syrien et à lui seul de décider de l’avenir de la Syrie et de son président Bachar el-Assad. Selon Interfax qui rapporte cette information,  » le président russe, Vladimir Poutine et son homologue syrien Bachar el-Assad négocient en ce moment la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ».

La mise en place d’une zone no-fly en Syrie, décidée par la Russie et le gouvernement syrien, devrait inquiéter non seulement les avions de la coalition proaméricaine, mais aussi des chasseurs israéliens, s’ils se permettent de violer le ciel syrien. La mise en place de cette zone d’exclusion aérienne s’ajoute aux batteries de missiles S-300 et S-400 que la Russie a déjà déployés dans le nord et le sud de la Syrie. En visite au Kazakhstan, Poutine a annoncé lundi aux journalistes que les pourparlers d’Astana ont largement contribué à la reprise des pourparlers de Genève.  » Le mécanisme de contrôle et de surveillance de la trêve fait partie des acquis des pourparlers d’Astana, a souligné Poutine pour qui les pourparlers d’Astana ont débouché sur des « résultats sans précédent ».

Il est vrai qu’après Astana, Damas et l’opposition se sont mis pour la première fois face à face et cette dernière a condamné  » le terrorisme » quelques heures après la série d’attentats terroristes qui a frappé le centre de renseignement de la ville de Homs. Le chef du renseignement de l’armée syrienne pour la région de Homs a été tué au cours de ces attaques terroristes.

 

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i31050-les_avions_de_la_coalition_am%C3%A9ricaine_en_danger

Deux jours après que Trump ait envoyé le général Votel discuter avec les Turcs, ceux-ci bloquent l’Euphrate écrasant Alep

D’abord ce fut le sénateur John McCain, son premier voyage illégal en Syrie depuis qu’il a rencontré le chef de l’EIIL/Daesh Baghdadi en 2014. Puis le général Joseph L. Votel se pointe et a aussi une réunion. Les deux ont rencontré les Turcs et discuté stratégie et mis en place un accord pour laisser les Kurdes en place et la Turquie dans l’OTAN.

La Russie demande à tous ceux qu’elle connaît des infos au sujet de ces réunions. Poutine est plus que préoccupé par tout ceci et à juste titre. Ces réunions ont été confirmées et ce n’est pas du tout une mince affaire.

Un jour seulement avant, il y a eu des rapports très fiables disant que les Etats-Unis évacuaient des personnels de l’EIIL/Daesh, dont apparemment des Israéliens, de Mossoul à travers Tal Afar. Puis les forces aériennes irakiennes ont bombardé en Syrie, avec nous dit-on le plein consentement et la coopération de la Syrie, une attaque ayant pour intention, nous dit-on, de briser l’opération américaine de sauvetage de l’EIIL et empêcher qu’il soit coupé de Mossoul.

Aussi, deux jours plus tôt, nous avons reçu un rapport d’Al Bab disant que les Turcs avaient embarqué 950 combattants de Daesh sur des camions et les avaient emmené en Turquie pour y être rafraîchis, rééquipés et envoyés à Raqqah combattre contre les Kurdes soutenus par les Américains. Les Etats-Unis étaient au courant de cela, McCain était au courant et le général Votel était au courant.

Puis, 24 heures plus tard, la Turquie annonçait une percée magique et que l’EIIL/daesh s’était replié, apparemment directement à travers les lignes turques… Nous savions la vérité, j’ai personnellement parlé avec la source au téléphone en temps réel, alors que les combattants de Daesh montaient dans les camions turcs.

Puis aujourd’hui, des kamikazes se font sauter à Homs, balayant le commandement à la sécurité syrien là-bas tandis que simultanément, des lignes de distribution de gaz donnant de l’énergie à Damas étaient coupées au moyen d’explosifs. Ainsi, les deux ville principales de Syrie sont sans électricité et hors de combat. En réalité, la Turquie a asséché la rivière Euphrate afin de causer le chaos sur les arrières syriens et les forcer à reconsidérer leur effort humanitaire pour sauver Alep.

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de l’Operation Inherent Resolve:

Ces deux derniers jours, durant la dernière visite au Moyen-Orient du général Joseph L. Votel, le chef du commandement central américain (CENTCOM) a rencontré des membres de la coalition, d’autres partenaires, des officiers supérieurs et des leaders militaires en Irak et en Syrie, pour discuter d’opérations et de collaboration continuelles sur le terrain.

Le premier arrêt de Votel fut au Koweït le mercredi pour rencontrer le ministre de la défense koweïtien Khaled Al Jarrah Al Sabah et d’autres leaders militaires avant de se rendre à Baghdad jeudi.

Là, Votel a rencontré l’équipe de l’ambassade américaine et les commandants le vendredi ; il a visité plus tard le ministère de la défense irakien pour rencontrer les chefs et personnels de la défense irakienne “et parler… des opérations à venir.”

Votel a dit aux journalistes voyageant avec lui que lui et les Irakiens avaient aussi discuté “de quelques choses pour lesquelles ils ont besoin d’assistance et que… nous travaillons avec eux alors qu’ils continuent de maintenir un certain momemtum” dans le combat contre l’EIIL.

Construire une capacité de partenariat

Pendant un arrêt à Taji, à quelques 40km au nord de Baghdad, le général a déclaré que le district rural est un des six endroits en Irak où les formateurs de la coalition construisent une capacité de partenariat, un besoin critique pour la coalition a t’il fait remarqué au passage.

“Taji est le secteur principal où nous apportons les organisations… pour les préparer à faire les choses dont les Irakiens ont besoin afin de reprendre le contrôle de leur pays contre l’EIIL,” a dit Votel.

“Notre stratégie… est focalisée sur la construction d’une capacité de partenariat et d’exécuter nos opérations avec manière, ainsi cet aspect… est une partie très importante de ce que nous faisons,” a t’il dit.

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TEHRAN (FNA)- Des sources médiatiques disent que la Turquie a coupé le flux de la rivière Euphrate dans le nord de la Syrie, forçant le barrage Tishrin et la centrale électrique de l’Est d’Alep de cesser de fonctionner. Jahineh News a rapporté que la Turquie a interrompu le flot de l’Euphrate allant du sud de son territoire vers le nord de la Syrie.

L’Euphrate est la source principale du réservoir d’eau derrière le barrage de Tishrin et l’agence de presse a dit que la pénurie d’eau au barrage a provoqué l’arrêt de la centrale hydroélectrique attenante qui fournit de l’électricité à la ville d’Alep.

Jahineh a ajouté que l’eau du lac Assad et derrière le barrage de Tishrin est à son plus bas niveau et qu’il n’y a plus assez d’eau pour le pompage dans les turbines génératrices de la centrale hydroélectrique de Tishrin.

“Ainsi donc, l’électricité a été coupée dans les villes de Manbij et d’Ein al-Arab,” a t-elle ajouté.

Jeudi, le ministre syrien de la réconciliation nationale Ali Heidar a fortement critiqué l’invasion de l’armée turque sur le territoire national syrien et a souligné que les hautes sphères politique et militaire de Damas devaient prendre une décision afin de confronter l’agression turque.

Ali Heidar a critiqué la Turquie pour son interférence et son invasion de certaines parties du nord de la Syrie, disant qu’Ankara essaie d’imposer sa présence dans la crise syrienne. (NdT: Ne pas oublier non plus que la Turquie est l’ennemie du Confédéralisme Démocratique kurde du PKK et de ses alliés kurdes syriens de l’YPG/YPJ et qu’elle fera tout pour museler la révolution sociale kurde en cours… De plus les Yanks veulent une partition de la Syrie et la zone kurde du nord leur en donne la possibilité. Les communes libres du Rojava seraient bien avisées de se méfier grandement de toute alliance avec les traîtres et fourbes américains dont la grande spécialité est de larguer ses alliés en rase campagne dès qu’ils ne leur sont plus utiles…)

Il a de plus ajouté que la position du gouvernement syrien contre la présence de l’armée turque dans la partie nord du pays n’a pas changé et que Damas considérait cette situation comme une agression et une violation de ses droits de souveraineté.

Spécifier l’endroit, le temps et le mécanisme d’une confrontation directe (avec les occupants turcs) est la responsabilité des hauts-commandements politique et militaire du pays. Il est mieux de gérer cette situation au travers des réseaux diplomatiques en première instance afin d’éviter une confrontation directe si possible, ”a dit le ministre syrien au sujet de la possibilité d’une confrontation militaire directe entre Damas et Ankara.

Gordon Duff

Url de l’article original:http://www.veteranstoday.com/2017/02/25/two-days-after-trump-sends-general-to-meet-turks-they-block-euphrates-river-crushing-aleppo/

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Source:https://resistance71.wordpress.com/2017/02/26/guerre-imperialiste-en-syrie-yanks-et-turcs-declenchent-la-guerre-de-leau/

 Pourparlers de paix de

 

Genève: premier face à face

 

Pour la première fois, la délégation du gouvernement syrien et les autres groupes d’opposition se sont retrouvés face à face, depuis le début du conflit.

Pour reprendre le dialogue de paix, les représentants du gouvernement syrien et de l’opposition se sont retrouvés, jeudi 23 février, à Genève, pour un nouveau round des pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU.

Jusque-là, les représentants de l’opposition syrienne n’acceptaient pas de s’asseoir autour d’une même table, pendant les pourparlers, avec les négociateurs du gouvernement Assad et ils échangeaient par l’intermédiaire du représentant onusien.

La réunion de jeudi à Genève a commencé par le discours de l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Le diplomate onusien a insisté sur le fait qu’aucune précondition n’est acceptable dans cette nouvelle assise. « Pas de miracle » à attendre, a-t-il dit, en essayant d’être autant réaliste que possible, avant d’exhorter toutes les parties à « agir pour la paix et pour un peuple syrien qui a beaucoup souffert. »

L’émissaire onusien n’a pas manqué de saluer les avancées réalisées dans les récentes négociations pour le rétablissement d’un cessez-le-feu en Syrie, dans lesquelles l’ONU n’a pas joué de rôle.

Source: http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i30756-pourparlers_de_paix_de_genève_premier_face_à_face

 

Pourquoi McCain s’est-il rendu à Kobané en Syrie ?

Une source bien informée a révélé la raison du déplacement de John McCain à Kobané.

Interviewée par l’édition arabophone de la chaîne Russia Today, une source anonyme a révélé que le sénateur américain s’était déplacé à Kobané, en Syrie, afin de contraindre les Kurdes syriens à assurer un trajet menant à Raqqa, à 20 kilomètres de Tell Abyad, grâce auquel les groupes armés terroristes soutenus par Ankara pourraient poursuivre leurs opérations militaires sans aide et ni assistance des Kurdes.

 

The Wall Street Journal, avait fait part, mercredi 22 février, du déplacement de John McCain à Kobané, durant le weekend dernier. Le journal se référait aux déclarations des responsables américains pour indiquer que cette visite « inhabituelle » avait été effectuée sous les auspices de l’armée US. Il ajoute que McCain avait rencontré à Kobané, des commandants américains et des miliciens kurdes.

John McCain en Turquie, peu de temps avant son déplacement en Syrie, en mai 2013. JOHN MCCAIN/TWITTER

La ville de Kobané se trouve près de la frontière turco-syrienne et elle est contrôlée par les Kurdes syriens.

John McCain s’était rendu, en 2013, en Syrie où il a rencontré des commandants du groupe terroriste de l’Armée syrienne libre (ASL).

 

Source:http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/02/24/511853/Tell-Abyad–Raqqa-kurdes-syriens-John-McCain-Koban-Syrie

Assad : « Acceptez-vous qu’une délégation soit envoyée en France pour enquêter sur les raisons pour lesquelles votre armée sous Sarkozy puis sous Hollande a attaqué les Libyens, et tué des dizaines ou des centaines de milliers d’entre eux ? » (Vidéo)

Bachar al Assad pour se défendre de son refus d’accepter l’envoi d’observateurs étrangers en Syrie a déclaré qu’il s’agissait d’une question de souveraineté lors d’une interview avec des journalistes français pour Europe 1 (vidéo ci-dessus). Il a fait un parallèle avec la France en déclarant :

 

A 10’00 » « Est-ce que vous accepteriez, si vous le demandez à votre gouvernement, qu’une délégation syrienne soit envoyée chez vous pour enquêter sur les raisons pour lesquelles votre armée sous Sarkozy puis sous Hollande a attaqué les Libyens, et tué des dizaines ou des centaines de milliers d’entre eux? Est-ce que nous pouvons aller enquêter sur l’argent que Sarkozy a reçu de Kadhafi? C’est une question de souveraineté. Non, nous ne permettrons pas à Amnesty de venir ici. Sous aucun prétexte… ».

Jusqu’à présent, on ne connait officiellement aucun accord entre Vladimir Poutine (dont les rapports avec Recep Erdogan et Bachar al-Assad se sont resserrés) et Donald Trump au sujet de la coopération en ce qui concerne l’encerclement et l’isolement du territoire tenu par l’Etat Islamique en Syrie. Cependant, la façon dont les récentes opérations militaires ont été menées, sur trois fronts différents en Syrie, par trois acteurs différents, indique clairement l’existence d’une telle coopération. Trump prouve que, contrairement à Obama, il est capable de prendre des décisions unilatérales, en laissant de côté les membres de l’UE (qui font également partie de l’OTAN), considérés comme des partenaires des États-Unis. Cette hypothèse est étayée par la position de Trump qui veut prendre du recul vis-à-vis de l’OTAN, une organisation qu’il considère obsolète ; elle a été créée il y a des années, et les pays membres ne paient pas comme ils le devraient. C’est la première étape concrète de Trump pour établir une véritable coordination des actions russes et américaines visant à détruire l’État islamique et d’autres groupes terroristes en Syrie – qui pourrait conduire à la levée des sanctions économiques contre la Russie.

Al-Bab

L’offensive militaire turque (1300 soldats, 50 chars, 15 APC), soutenue par 2000 rebelles islamistes de l’ASL (Armée syrienne libre), pour capturer Al-Bab, a débuté en Septembre 2016. La ville d’Al-Bab est située à 40 km au nord-est d’Alep et a été une composante importante de la défense de l’Etat islamique pour sa «capitale» Raqqa. De Novembre 2016 à Janvier 2017, plus de 5000 combattants de l’Etat islamique ont repoussé toutes les tentatives d’encerclement d’Al-Bab par l’est et le nord par les Turcs et leurs alliés.

 

À la fin de Décembre 2016, après la fin de l’opération de libération de la ville d’Alep, les présidents Bachar al-Assad et Erdogan ont conclu un accord sous la médiation de Poutine. Suite à cet accord, l’armée arabe syrienne est venue en aide aux troupes turques. L’armée arabe syrienne a pénétré sur 25 km de profondeur, cinq à huit km au sud-ouest, sud, sud-est et l’est d’Al-Bab, et ainsi la ville a été totalement encerclée. L’aviation russe et syrienne a fourni un soutien aérien à l’armée turque. Depuis lors, l’État islamique ne peut plus obtenir des renforts pour l’aider à tenir la ville d’Al-Bab. Voilà comment l’armée turque a réussi à percer les lignes de défense de l’État islamique. Avec Al-Bab, l’État islamique a perdu son dernier territoire dans le gouvernorat d’Alep.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raqqa

Le groupe SDF (Forces démocratiques syriennes) se compose essentiellement de combattants kurdes d’YPG, parmi lesquels il y a quelques membres du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), que la Turquie considère comme des terroristes. Même si ce groupe est important (10 000 combattants), il est mal armé et entraîné. Quoi qu’il en soit, les SDF, qui tiennent une grande partie du nord de la Syrie, ont déclenché une opération offensive contre l’État islamique afin de conquérir la ville de Raqqa. L’opération a été planifiée par des agents des forces spéciales de l’armée américaine. Des centaines de soldats des forces spéciales américaines travaillent comme instructeurs des SDF. À Rmelan, en territoire contrôlé par les SDF, la 101ème division aéroportée américaine a une base pour des hélicoptères et des avions à rotors basculants MV-22 utilisés dans la lutte contre l’État islamique.

Les dispositions défensives autour de Raqqa, la capitale de l’Etat islamique, sont en rond, et sont disposées dans au moins quatre cercles plus ou moins concentriques. Cette disposition comporte 30 000 combattants avec 200 chars, 200 APC et IFV, plus de 100 pièces d’artillerie et MRLS. L’État islamique a eu des sapeurs qui ont préparé la zone au cours des trois dernières années, avec quelques zones minées, et des installations de contre-offensive équipées avec des chars et des roquettes antichars américains BGM-71 Tow-2. Ils ont beaucoup d’armes souterraines et des dépôts de munitions qui n’ont pas été détectés par l’aviation américaine.

 

L’État islamique a des officiers de planification des opérations qui sont aussi bien formés que ceux des armées occidentales. Ils ont acquis des centaines de drones avec lesquels ils ont créé une structure d’ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) qui exécute des missions pour découvrir des sites d’artillerie et des colonnes motorisées ou de chars, et les concentrations de forces ennemies. Ces drones de type civil comprennent des DJI Parrot (prix 1.000 USD), des Skywalker X-8 et X-UAV Talon ($200), des quadcopters DJI Phantom 3 (600 $) qui sont facilement disponibles en Europe, dans les Etats du Golfe et aux Etats-Unis. Certains drones ont été modifiés pour lancer des engins explosifs artisanaux de l’Etat islamique, mais ils n’ont pas les effets escomptés.

Les dispositions défensives de l’État islamique sont également basées sur des tunnels secrets à travers lesquels les combattants peuvent attaquer l’ennemi par derrière, ou créer des embuscades pour les colonnes d’approvisionnement ou de soutien. Les offensives de contrattaque de l’État islamique sont extrêmement bien préparées et très efficaces en raison de leur grande mobilité avec des milliers de camionnettes armées de mitrailleuses lourdes de calibre 12,7 mm.

 

Au début, en Novembre 2016, les SDF avaient pris une direction offensive nord-sud de Raqqa, la capitale de l’Etat islamique. Rencontrant une forte résistance, cette offensive s’est arrêtée. Les SDF ont ensuite tenté d’encercler les positions défensives de Daech, en déplaçant l’offensive dans la direction ouest-est le long de la rive nord du lac Assad. Les deux directions des offensives des SDF sont arrivées à une distance de 8-15 km de Raqqa, soutenue par des bombardements aériens massifs de la coalition anti-Etat Islamique dirigée par les Etats-Unis. Même avec cela, les SDF qui n’ont que quelques véhicules blindés, ne peuvent pas aller plus loin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par conséquent, à la fin de Janvier 2017, les États-Unis, avec l’accord de la Russie, ont livré environ 100 véhicules 4×4 M117 Guardian qui peuvent transporter dix combattants. Ce véhicule blindé léger de 15 tonne se situe entre un Humvee et un Stryker ICV. Le M117 Gardian est armé d’une mitrailleuse lourde M2 Browning (de calibre 12,7 mm), et un lance-grenades MK 19 (de calibre 40 mm).

 

En Février 2017, les SDF ont lancé la troisième phase de l’offensive. Pour commencer, les forces et les équipements SDF se déplacent du nord au sud, et parallèlement à la frontière orientale de la Syrie, vers Deir ez-Zor. Le but de cette manœuvre est d’empêcher les combattants de Daech de Mossoul, en Irak, de se rendre à Raqqa. Après cette manœuvre, les SDF peuvent attaquer la position défensive de l’État islamique à l’est. On peut voir que les planificateurs américains comptent sur les SDF pour isoler le territoire de l’Etat islamique au nord et à l’est.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deir ez-Zor

Le détachement « Tamadur » effectue des missions offensives pour reprendre la ville de Palmyre des mains de l’État islamique. Il est composé du Régiment 800 de la Garde républicaine syrienne, deux bataillons de la Brigade Tigre (forces spéciales syriennes), deux bataillons d’artillerie de l’armée arabe syrienne, un bataillon Liwa Fatemiyoun (un groupe paramilitaire chiite en Afghanistan), un bataillon IRGC (les Gardiens de la révolution iraniens) et des unités locales des forces de défense nationale syrienne.

Après la libération de Palmyre, le détachement « Tamadur » devrait être renforcée avec des forces supplémentaires d’au moins deux brigades mécanisées. Sa tâche immédiate devrait être de joindre la 137ème Brigade mécanisée, la 104ème brigade aéroportée et le 121èmeRégiment d’artillerie pour défendre la ville de Deir ez-Zor contre l’Etat islamique. Cette mission devrait être facilement accomplie même si Deir ez-Zor est situé à 188 km de Palmyre. Entre les deux villes, il n’y a que quelques petits territoires occupés par de petits groupes de l’Etat islamique, car c’est le désert. Si l’armée arabe syrienne parvient à atteindre Deir ez-Zor, il isole le territoire de l’Etat islamique dans le sud après que les SDF aient isolé leur territoire du nord et de l’est. A l’ouest, l’État islamique est déjà presque entièrement isolé par l’armée arabe syrienne.

Dans le sud de la Syrie (le gouvernorat de Deraa et Quneitra), le Front du Sud et le Mouvement islamique al-Muthanna, alliés de l’État islamique, ont repris les combats contre l’armée arabe syrienne. Ces groupes contrôlent la frontière syrienne avec la Jordanie. Ils se composent de 38000 combattants et ils gardent le 1er Corps de l’armée arabe syrienne bloquée dans la région (celle-ci est composée de quatre divisions de chars et une division mécanisée). Dans le gouvernorat d’Idlib au nord-ouest de la Syrie, sont concentrés 29000 rebelles du Front Al-Nusra (la branche syrienne d’Al-Qaïda) et Ahrar al-Sham. Ces deux groupes viennent de reprendre les combats contre l’armée arabe syrienne dans le nord du gouvernorat près de Lattaquié.

Dans ces circonstances, il est assez difficile pour l’armée arabe syrienne de disposer de deux brigades à déployer à l’est de Palmyre. Après la libération d’Alep, le premier bataillon russe a succédé à une unité opérationnelle de l’armée arabe syrienne pour maintenir la paix et l’ordre dans la ville. Après cela, la Russie a envoyé un deuxième bataillon de la police militaire en Syrie. Toujours à Alep, une unité militaire syrienne a été remplacée par un bataillon du génie russe dans une mission de déminage et d’élimination d’engins explosifs posés par les rebelles islamistes.

Sous la pression de Trump, un nombre croissant de groupes de rebelles «modérés» syriens contrôlés par le Pentagone et la CIA décide de respecter le cessez-le feu négocié par la Russie. Nous pouvons nous attendre à ce qu’il y ait plus de bataillons militaires russes de police pour remplacer les forces de combat syriens dans des missions de maintien de la paix dans les localités récemment libérés. Cela va libérer plusieurs unités de l’armée arabe syrienne qui pourront être envoyées à l’est de Palmyre pour la lutte contre l’État islamique.

Traduction Avic – Réseau International

 

http://www.algora.com/Algora_blog/?p=344

Bachar al-Jaafari : La Turquie continue à jouer le rôle du pyromane

Conférence de presse du Dr Bachar al-Jaafari suite à la réunion d’Astana 2 :

 

Merci à vous tous, je m’exprimerai en arabe, mais je pense que vous aurez la traduction simultanée

Notre évaluation du processus d’Astana est positive tant qu’il sert le noble but pour lequel nous sommes venus jusqu’ici. Et c’est essentiellement :

·         la consolidation effective de l’accord de cessation des hostilités,

·         le suivi de la séparation des groupes armés ayant signé cet accord de ceux qui ont refusé de le signer, c’est-à-dire la séparation entre ceux qui croient en une solution politique et les terroristes,

·         pour qu’ensuite, tous les signataires, y compris les trois États garants et les groupes terroristes ayant consenti à signer cet accord, soient obligatoirement engagés à combattre le terrorisme et à soutenir les efforts de l’Armée arabe syrienne, de ses amis et de ses alliés.

À notre avis, Astana 2 a préparé la voie au prochain congrès de Genève, lequel devra tenir compte des résultats d’aujourd’hui et de la réunion d’Astana 1 [23 et 24 janvier 2017] , de telle sorte que les travaux de ces deux réunions soient au cœur de ce qui sera discuté à Genève, car nous ne pouvons pas éternellement repartir de zéro en faisant mine d’oublier tous les acquis des réunions précédentes.

Nos rencontres avec les amis russes et les frères iraniens ont été fructueuses et ont largement contribué à la tenue de la réunion d’aujourd’hui. Nous remercions nos amis kazakhstanais des efforts consentis pour sa préparation.

La Syrie, soucieuse d’arrêter l’effusion du sang syrien, s’est engagée à respecter les dispositions de l’accord de cessation des hostilités, mais se réserve le droit de riposter à toute violation de ces dispositions par les groupes terroristes armés. Toute personne qui les violerait sera considérée comme une cible terroriste et légitimement combattue par l’Armée arabe syrienne, ses amis et ses alliés.

Mon pays poursuivra ses efforts afin de libérer chaque pouce de son territoire de l’emprise des organisations terroristes notoirement connues, c’est-à-dire Daech, le Front al-Nosra et dérivées, ainsi que celles qui ne se seront pas engagées dans le processus de cessation des hostilités.

Je voudrais souligner que la non publication d’un communiqué final est essentiellement due à l’arrivée très tardive de la délégation turque et de la délégation des groupes terroristes armés. Comme vous le savez, elles ne sont arrivées qu’aujourd’hui [non la veille comme prévu], ce qui indique non seulement leur manque de sérieux, mais aussi leur volonté évidente de mettre obstacle à cette réunion et de la faire échouer ; d’autant plus que la délégation turque est arrivée réduite à un niveau de représentativité incompatible avec les prétentions d’un État garant de l’accord tripartite [Russie-Iran-Turquie] et s’est opposée au projet du communiqué final de la réunion d’aujourd’hui.

Ici, nous tenons à rendre justice au pays hôte, le Kazakhstan, et aux deux délégations amies russe et iranienne pour avoir réussi à cerner et à contenir ces manœuvres cherchant à bloquer le processus d’Astana et à gaspiller tous les efforts déployés depuis Astana 1, pour nous ramener à zéro. Ceci en ce qui concerne la forme adoptée par la délégation turque, qui a donc lamentablement échoué.

Quant au fond, je veux dire que la Turquie est responsable des violations de la souveraineté syrienne. Comme vous le savez tous, le gouvernement turc est censé contrôler une frontière commune de 910 Kms. Il ne le fait toujours pas et continue à faciliter l’entrée de dizaines de milliers de mercenaires étrangers, venus des quatre coins de la planète, dans mon pays. Par conséquent, s’il se prétend garant du processus d’Astana, il doit obligatoirement fermer sa frontière au déferlement de terroristes en Syrie. Il ne peut pas jouer le rôle d’un pyromane et d’un pompier à la fois. Et, actuellement, il joue le rôle de pyromane.

La Turquie doit aussi retirer ses forces d’invasion de notre territoire et respecter le communiqué d’Astana 1 « se fondant sur le principe du plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne », comme vous le savez.

Voici, globalement, ce que je souhaitais porter à l’attention des médias quant à l’évaluation des travaux d’Astana 2 par la délégation syrienne. Maintenant, je répondrai seulement à quelques questions.

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Question 1 : Un tel comportement de la part des délégations de la Turquie et des factions armées, n’embarrasse-t-il pas les deux autres États garants ? Et dans ce cas, qu’attendent-ils de la prochaine réunion à Genève ?

Bachar al-Jaafari Évidemment que l’arrivée si tardive de la délégation turque à Astana, sa représentativité réduite et son refus d’adhérer au projet du communiqué final sont embarrassants pour les autres États garants et le pays hôte. Quant à la deuxième partie de votre question, il serait plus opportun de la poser aux trois États garants.

Question 2 : Il a été question d’intégrer d’autres régions peuplées au processus de cessation des hostilités. En avez-vous discuté ?

Bachar al-Jaafari Non, ce sujet n’a pas été discuté. Il sera étudié par les experts militaires.

Question 3 Nombre de fuites parlent de désaccords sur le projet de Constitution et sur d’autres sujets. Pourquoi cette évaluation positive de votre part ? Et s’il existe des points de désaccord, quels sont-ils ?

Bachar al-Jaafari : Je répète que notre évaluation du processus d’Astana est positive. Il est fondé sur l’initiative du président Vladimir Poutine et du président Noursoultan Nazarbaïev, que nous remercions. Il repose, comme je viens de le dire, sur des principes acceptés par le gouvernement syrien : la lutte contre le terrorisme ; la séparation des groupes terroristes armés des groupes armés ayant signé l’accord de cessation des hostilités ; le combat commun contre le terrorisme ; la fermeture des frontières.

Autant de principes censés être respectés par les signataires, car ils constituent l’essence même d’Astana 1. Nous aurons sans doute besoin de patience pour voir la partie turque les mettre en pratique, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas. En l’occurrence, s’il y a du « négatif », c’est précisément le comportement turc.

Question 4 : Les trois États garants se sont entendus sur la formation d’un groupe de travail chargé de surveiller le cessez-le-feu. Comment cela devrait-il être appliqué sur le terrain ? Et sur ce sujet précis, qu’attendez-vous des factions armées dont les représentants ont participé aux réunions d’Astana ?

Bachar al-Jaafari Premièrement, le document en rapport avec l’ensemble des opérations communes, auquel vous faites allusion, a été publié au nom des trois États garants et non au nom de l’ensemble des participants. C’est une précision que vous devez prendre en considération. Deuxièmement, ce document a certes fait l’objet de discussions entre les participants. Damas l’étudiera et donnera son avis ultérieurement.

Question 5 : [Question inaudible concernant le projet de Constitution russe pour la Syrie…]

Bachar al-Jaafari Ce sujet de Constitution syrienne n’a absolument pas été discuté à cette réunion Astana 2. C’est un sujet exclusivement syrien qui ne supporte aucune ingérence étrangère.

Question 6 : Le chef de la délégation iranienne a parlé d’un accord sur un document et de désaccord sur deux autres, lesquels devront être discutés lors de futures réunions d’ici un mois. Pourriez-vous nous éclairer sur quoi portent ces désaccords et sur votre évaluation du rôle de la Jordanie qui a participé en tant qu’observateur ?

Bachar al-Jaafari Un seul document a été soumis à discussion entre les trois États garants, les deux autres sont remis aux réunions prochaines à Astana.

Quant à la Jordanie, nous avons naturellement beaucoup, beaucoup de reproches concernant sa politique envers notre pays. Par son accueil de la salle d’opération MOK [de Military Operation Center au royaume de Jordanie, NdT] à Amman [*], comme par les facilités accordées aux mouvements terroristes à travers notre frontière commune, elle porte atteinte aux relations de bon voisinage, de fraternité et d’appartenance qui unissent nos deux pays.

Depuis quatre jours, huit factions terroristes mènent des attaques contre la ville de Daraa. Ces huit factions bénéficient toutes du soutien de la Jordanie. Elles ont lancé des milliers d’obus sur nos concitoyens innocents. C’est pourquoi nous attendons que les paroles de ses représentants soient conformes à ses actes sur le terrain. Les paroles mielleuses ne suffisent pas.

La Jordanie a été et reste une importante source de douleur et de perturbations pour notre peuple. Peut-être que sa participation à la réunion d’Astana en tant qu’observateur, comme je l’ai compris, contribuera à ce que Amman révise sa politique erronée à l’égard de la Syrie.

Merci Mesdames et Messieurs.

Dr Bachar al-Jaafari

Chef de la délégation de la République arabe syrienne à Astana

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo Al-Akhbariya (Syrie)

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1337467149609634/

[*] Coopération militaire entre «Israël» et la Jordanie… contre la Syrie

http://reseauinternational.net/cooperation-militaire-entre-israel-et-la-jordanie-contre-la-syrie/

Nouveaux détails sur la manière dont des troupes aéroportées ont été introduites dans Deir ez-Zor

Le 9 Décembre 2016, des colonnes de voitures blindées de l’Etat islamique ont quitté la ville de Mossoul et ont traversé la frontière syrienne. Les combattants de l’Etat Islamique ont lancé une offensive féroce sur la garnison de l’armée arabe syrienne à Palmyre et conquis la ville. Daech a engagé 4000 combattants dans cette opération, amenés par des camionnettes Toyota équipées de mitrailleuses, des véhicules blindés, avec de l’artillerie et des chars. Le 14 Janvier 2017, une partie du groupe de l’Etat Islamique de la région de Palmyre a fait un mouvement de 100 km vers l’est pour rejoindre le groupe de l’Etat islamique qui attaquait la ville de Deir ez-Zor. En quelques jours, les 7000 combattants de Daech ont réussi à casser en deux la formation défensive de l’armée arabe syrienne à Deir ez-Zor.

La situation est devenue critique pour les défenseurs de Deir ez-Zor et des avions russes opérant à partir de la base de Hmeymim ont exécuté 80-100 missions par jour pour arrêter les attaques de l’État islamique. Malgré tout, le quartier général de l’armée arabe syrienne a décidé qu’il était nécessaire de compléter le contingent militaire combattant dans l’encerclement de Deir ez-Zor. Il n’était pas possible de faire atterrir des avions de transport syriens à l’aéroport Deir ez-Zor, étant donné qu’ils étaient vulnérables aux MANPADS (système de défense aérienne portable) et aux mitrailleuses des terroristes, en particulier pendant le décollage et l’atterrissage, et lors des roulades sur les pistes. Il a donc été décidé d’envoyer uniquement des soldats, sans armes et munitions, avec des hélicoptères de transport [1].

Le premier groupe de soldats syriens est arrivé le 23 Janvier à Qamishli dans le gouvernorat de Hasakeh (dans le nord-est de la Syrie), en utilisant quatre avions militaires Il-76. L’aéroport Qamishli, avec sa piste de 3615 x 46m et ses systèmes de protection de la navigation aérienne, est gardé par des membres du Régiment 154 de l’armée arabe syrienne. Un facteur de risque est le fait que le gouvernorat de Hasakeh est contrôlé presque entièrement par la branche armée du Parti de l’Union démocratique kurde (YPG), supervisé par des instructeurs militaires américains. L’aéroport de Qamishli est à 50 km au nord-ouest de Rmelan, où trois pelotons de sécurité (100 hommes) de la 101ème  division aéroportée des Etats-Unis ont été déployés le 19 Janvier 2016. L’armée américaine a mis en place une piste de 700m de long et une plate-forme qui est parfois utilisée par plusieurs hélicoptères MH-60 et des avions à rotors basculants MV-22. Ces avions américains sont utilisés dans la lutte contre l’Etat Islamique dans le gouvernorat de Raqaa en Syrie et dans le siège de Mossoul en Irak.

Dans la nuit du 23 au 24 Janvier, à l’aéroport de Qamishli, le groupe militaire syrien a été transféré à bord de 20 hélicoptères syriens de fabrication russe Mi-8/17. Deux autres hélicoptèresMi-8/17 ont été tenus en réserve et ont décollé après les 20 premiers pour effectuer des missions de recherche et de sauvetage en cas de besoin. Plusieurs des hélicoptères avaient des équipages russes expérimentés. Les hélicoptères ont décollé à quatre ou cinq à la fois, en formation, et ont maintenu une distance de 4 km entre les formations. Pendant le survol du territoire occupé par l’Etat islamique, leur trajectoire de vol contournait tous les endroits sous contrôle terroriste. Les 250 km de vol comportaient plusieurs changements de direction pour détourner de la destination finale. Entre Qamishli et Deir ez-Zor, aucun des hélicoptères n’a utilisé ses feux de position ni n’est descendu en dessous de l’altitude de 2500 m. Les formations des hélicoptères Mi-8/17 ont été suivies par les hélicoptères militaire russes militaires de la circulation aérienne et ont été affichées sur les écrans radars de l’armée arabe syrienne. Cela suppose qu’un Il-20M1 ELINT devait également voler dans l’espace aérien est de la Syrie pour faire le suivi de ces formations et des autres avions dans la région. L’Ilyushin-20M1 est équipé avec un radar Kvalat-2 qui peut repérer des objets aériens et terrestres jusqu’à une distance de 300 km. En raison du fait que la trajectoire de vol des hélicoptères Mi-8/17 recoupe celles utilisées par la coalition anti État islamique des Etats-Unis lors de ses bombardements, deux avions de combat Su-35 russes leur ont assuré une couverture aérienne.

L’une des mesures défensives utilisées pour sécuriser la zone d’atterrissage était, une fois de plus, l’avion russe de soutien aérien rapproché Su-25. Evoluant dans la zone de service au-dessus de Deir ez-Zor, leur mission principale était de frapper les terroristes de l’Etat islamique s’approchant de la zone d’atterrissage. Dans l’éventualité où l’un des hélicoptères de transport Mi-8 aurait été abattu ou endommagé, la mission des bombardiers russes était d’assurer une couverture aérienne aux deux hélicoptères de réserve qui mèneraient les opérations de recherche et de sauvetage. D’autres missions de soutien sur la base aérienne de Deir ez-Zor ont été exécutées par des drones de reconnaissance russes. Ils ont suivi la procédure d’atterrissage de tous les hélicoptères à partir d’une haute altitude. A travers les images transmises en temps réel, le coordonnateur de la mission au siège de la base aérienne de Hmeymim avait une image complète, et était donc prêt à intervenir en cas de situation particulière.

Les hélicoptères Mi-8/17 ont fait une descente raide de 2500 m, volant en cercles serrés au-dessus de la base aérienne de Deir ez-Zor couverte par des soldats syriens. Les équipages d’hélicoptères avaient des équipements de vision nocturne et de la base aérienne de Deir ez-Zor avait du matériel laser russe qui marque des rectangles pour indiquer les sites d’atterrissage pour les hélicoptères. Le faisceau laser était invisible pour les terroristes de Daech mais était visible d’en haut, avec le matériel de vision nocturne des équipages sur les Mi-8/17. Les hélicoptères étaient au sol pendant 30-50 secondes pour débarquer les troupes.

Le détachement qui a donc été transporté par les hélicoptères Mi-8/17 était composé d’environ 500 soldats syriens, autrement dit un bataillon de chars de la Brigade153 / Division 1 de chars (sans leurs chars) et deux compagnies de forces des opérations spéciales (sans les armes et les munitions). La formation de la défense à Deir ez-Zor comprend de 4000 à 5000 soldats. Ils appartiennent à la brigade mécanisée T137 (BMP-1 IFV, chars T-72, T-55 et le ZSU-23-4 Shilka – un système d’arme blindée léger autopropulsé), la 104ème Brigade aéroportée, le 121ème régiment d’artillerie (M-46 Field Gun, D-30 Howitzers, BM-21 Grad MRLS-lance-roquettes multiples) et les réservistes des forces de la défense nationale.

Les défenseurs de Deir ez-Zor avait l’avantage d’avoir d’importants stocks d’armes et de munitions. Deir ez-Zor était le quartier général de la 17ème Division mécanisée qui venait d’être formée pour cette guerre et était destinée à défendre le nord-est de la Syrie. La 93ème Brigade de chars (100 chars T-55 et 40 BMP-1 IFV) et la 154ème Brigade des Forces des opérations spéciales avaient des équipements de combat stockés dans des dépôts à Deir ez-Zor, mais pas les hommes pour les utiliser.

À la suite de cette action pour augmenter les forces de combat, les soldats syriens ont été en mesure d’exécuter une contre-attaque réussie et de rétablir la connexion entre les deux formations au nord et au sud de la ville de Deir Ez-Zor.

Traduction Avic – Réseau International

 

http://www.algora.com/Algora_blog/?p=235

Chaque défaite de Daech est suivie d’une campagne d’intox contre l’armée arabe syrienne

Amnesty International s’est fendue ce mardi d’un communiqué en complet déphasage avec la réalité du drame syrien et dans lequel la victime devient carrément l’agresseur. Alors que l’opinion internationale commence dans sa majorité à comprendre les véritables enjeux de la guerre déclarée dès 2011 à l’Etat syrien par l’administration Obama et ses alliés arabes, l’organisation de défense des droits de l’Homme trouve encore le moyen d’accabler le gouvernement syrien de tous les maux et de l’accuser des pires crimes.

Dans ce communiqué kilométrique où il n’est pas dit un mot sur les atrocités commises par les pendants syriens de Daech et d’Al-Qaïda, Amnesty International accuse le gouvernement syrien d’avoir procédé à des pendaisons extrajudiciaires de masse à la prison de Saidnaya. « Entre 2011 et 2015, chaque semaine, et souvent deux fois par semaine, des groupes englobant jusqu’à 50 prisonniers ont été sortis de leurs cellules et exécutés par pendaison. En cinq ans, pas moins de 13 000 personnes, pour la plupart des civils soupçonnés de s’opposer au régime, ont été pendues en secret à Saidnaya », assure l’ONG de défense des droits de l’Homme qui s’empresse d’exiger que l’on envoie au poteau Bachar Al-Assad et ses proches collaborateurs.

Dans son communiqué qui renvoie à son rapport, intitulé « Abattoir humain : pendaisons de masse et extermination à la prison de Saidnaya, en Syrie », Amnesty International omet, bien évidemment aussi, de dire que le gros des victimes de la guerre syrienne se compte parmi les soldats de l’armée arabe syrienne. Un constat appuyé autant par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui soutient pourtant l’opposition, que par l’ONU.

Le plus curieux, c’est qu’Amnesty International – qui pourrait aisément remporter la palme de l’ONG qui défend le plus les groupes terroristes dans le monde arabe – ait décidé de sortir son rapport à un moment où le peuple syrien commence à voir le bout du tunnel et où l’armée arabe syrienne, aidée par l’armée russe, enchaîne les victoires sur Daech et Al-Qaïda. Les terroristes vivent pour ainsi dire leur dernier quart d’heure dans le nord de la Syrie.

Les troupes de l’armée arabe syrienne, appuyées par des combattants du Hezbollah libanais et par des frappes russes, sont, en effet, parvenues à assiéger complètement Al-Bab et ses environs du côté sud, tandis que les forces turques et des rebelles l’assiègent déjà au nord, à l’est et à l’ouest. L’armée arabe syrienne avait déjà réussi dans la nuit de dimanche à lundi à prendre le contrôle de la seule route aux mains de l’EI qui liait cette ville au reste du territoire syrien. Située à 25 km au sud de la frontière turque, la ville d’Al-Bab est considérée comme un point stratégique par tous les acteurs du conflit.

Est-ce pour faire affaiblir politiquement le gouvernement syrien et minimiser ses victoires que l’ONG britannique a sorti son rapport ? Quelle que soit la réponse, Amnesty et ses soutiens savent pertinemment qu’ils ne pourront pas renverser le rapport de force sur le terrain. En multipliant les rapports comme celui qu’elle vient de produire, Amnesty International cherche, en revanche, à peser sur l’après-crise. Tout le monde l’aura compris, son rêve est d’assister à l’émergence d’une « nouvelle Syrie » où Bachar Al-Assad serait éjecté du pouvoir. Du déjà vu et du déjà entendu.

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8227

 

Le point syrien de basculement de la géo-politique mondiale

 

Pourquoi me suis-je intéressé à la guerre en Syrie ?

Bien qu’étant naturellement méfiant à l’égard des points de vue officiels et du tri opéré par  la désinformation médiatique, j’avais gobé comme la plupart des gens tout ce qu’on nous avait asséné sur les printemps arabes, présentés comme l’émergence de nouvelles révolutions démocratiques. Comme beaucoup, je connaissais  l’intoxication blairo-américaine sur les armes de destruction massives détenues par le régime irakien, qui avait fourni le prétexte à la chute de Saddam Hussein en 2003. Cela souligne à mon avis la sophistication avec laquelle ont été mises au point les désinformations diffusées mondialement et massivement à propos des exactions supposées du régime syrien et l’insidieuse campagne de diabolisation concernant Bachar el-Assad, jeune chef d’Etat, reçu et salué en France jusqu’en 2009 et brusquement passé à la trappe ubuesque. Peu informé sur la réalité de la société syrienne, je gardais la vague image des forces de sécurité du régime du parti Baas et de Hafez el-Assad, impitoyable avec ses opposants politiques et pratiquant au besoin des attentats terroristes au Liban ou ailleurs.  J’écoutais distraitement les informations radiophoniques faisant état de manifestations monstres contre le régime qui se terminaient par des bains de sang, les forces armées du gouvernement de Bachar el-Assad tirant sur la foule. (On sait aujourd’hui, documents à l’appui, que ces manifestions monstres qui réunissaient des millions de gens soutenaient en réalité le gouvernement.) Puis la propagande occidentale inversa les utilisateurs  des armes chimiques en accusant sans preuves « Bachar le chimique », d’exterminer ceux qui le soutenaient massivement. Barak Obama avait clairement annoncé la ligne rouge de l’utilisation des armes chimiques que le régime ne devrait pas franchir sous peine d’une intervention militaire occidentale. Cette intervention fut décommandée par Obama, la veille de sa mise à exécution. Manifestement cela révélait un problème. Nous sommes à l’été 2013 . Sur ces entrefaites je tombe sur une information faisant état de la décapitation d’une centaine de villageois yézidis puis de chrétiens syriens par un groupe de fanatiques islamistes désignés  comme l’Etat Islamique en Irak et au Levant. Je suis profondément troublé car ce sont aussi des opposants au régime syrien aux côtés d’Al Qaïda de sinistre mémoire. Je décide donc de m’intéresser de près aux informations en provenance du Moyen-Orient et de me plonger dans l’histoire contemporaine de la Syrie. Je découvre alors le documentaire d’Arte « A visage découvert » dressant un portrait plutôt flatteur de Bachar el-Assad, des journalistes Bernard Vaillot et Christian Malard, diffusé en 2009 et jamais rediffusé depuis, mais accessible à partir des chaînes d’information russes. Auditeur régulier de France-Culture, j’ai progressivement réalisé l’ampleur de la censure et du mensonge sur la réalité syrienne. Derrière les voix doucereuses des speakerines et les propos enjoués des commentateurs, on n’entendait qu’un seul son de cloche celui de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, c’est à dire celui des Frères salafistes et de son meilleur soutien, le gouvernement français de François Hollande, valet financier du Royaume saoudien et ami des dirigeants israéliens. Pour avoir séjourné un mois en Egypte en 1985, j’avais été touché par l’accueil et les marques de sympathie que les jeunes Egyptiens manifestaient à l’égard d’un jeune Français, ce qui n’était pas le cas pour les ressortissants anglo-saxons et américains. Ayant eu l’occasion de rencontrer des Français qui sont allés en Syrie et qui disaient leur sympathie pour ce peuple syrien attachant, ayant  lui-même des liens culturels très forts avec la France, de nombreux Syriens parlant la langue française, je me suis souvenu de mon expérience égyptienne et de cette tentative d’union de ces deux peuples qu’avait été la République Arabe Unie entre 1958 et 1961, et dont le drapeau syrien à deux étoiles garde le souvenir.

La guerre contre la république arabe syrienne.

La souveraineté d’un peuple uni autour de son histoire, de ses liens humains et sociaux,  de son territoire et de sa culture, est invincible. Voilà ce qu’aura démontré une fois de plus  la détermination du peuple syrien confronté à une guerre d’agression étrangère. La libération d’Alep par l’armée syrienne et ses alliés aura mis en échec les plans de renversement du gouvernement légitime et de destruction de la Syrie laïque par les puissances occidentales et leurs commensaux salafistes et wahhabites La libération d’Alep c’est d’abord la victoire de la volonté libre du peuple syrien, de son armée et de ses dirigeants. Ses alliés de la Russie, de l’Iran  et du Hezbollah libanais auront été des forces d’appui, mais sans la volonté des syriens eux-mêmes, rien n’aurait été possible, ainsi que l’a fait remarquer Hassan Nasrallah. La guerre est toujours meurtrière et des massacres sont commis de part et d’autres.  Mais il est un peu facile de renvoyer les adversaires dos à dos en évitant d’admettre qui est l’agresseur et qui est l’agressé, en renversant les rôles et les responsabilités comme le dit Bassam Tahhan. La Syrie est un Etat souverain, membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies et elle n’a mené aucune guerre d’agression extérieure. La Syrie a donné la nationalité syrienne à de nombreux réfugiés palestiniens. Elle a accueilli sur son sol des centaines de milliers de réfugiés irakiens fuyant les atrocités de la guerre depuis 2003. Un territoire syrien, le plateau du Golan est occupé par l’armée israélienne qui occasionnellement effectue des raids aériens et des tirs de missiles sur les villes syriennes. Les puissances occidentales ont profité d’une contestation pacifique commencée en mars 2011 des réformes libérales mises en œuvre par le gouvernement Assad, suivies de violences internes allumés  par des forces hostiles à la laïcité, qui depuis les origines de la République syrienne ont harcelé un régime, qui malgré ses erreurs, les abus des forces de sécurité omniprésentes, offrait les conditions d’une vie décente à la population, respectait les droits des femmes et des minorités culturelles ethniques et religieuses qui vivaient en bonne harmonie. Aucune puissance étrangère ne peut s’ingérer  dans la vie intérieure d’une nation souveraine, sauf si elle le réclame, quels que soient les inégalités ou  les abus de pouvoir. C’est au peuple de débattre et de régler ses conflits internes dans le cadre national. Ce sont les principes internationaux du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, que les américains et les occidentaux ont bafoué avec les guerres dites humanitaires en Yougoslavie préconisées par Bill Clinton et la clique atlantiste des donneurs de leçon de morale, puis en Afghanistan, en Irak, en Libye… pour couvrir leurs forfaits impériaux-capitalistes. L’embargo américain et européen notamment sur les médicaments et les produits alimentaires à l’encontre du peuple syrien a porté gravement atteinte à la population et provoqué d’énormes migrations dans le but cynique de provoquer le chaos et la chute de la République arabe syrienne. La France a rompu ses relations diplomatiques avec la Syrie, dès novembre 2011, initiée par Alain Juppé, et confirmée par François Hollande le lendemain de son élection, détruisant ainsi les liens historiques et culturels  privilégiés que le peuple syrien et le peuple français entretenaient. Les intérêts stratégiques et les circuits gazo-pétroliers se sont conjugués  pour déstabiliser le pays et diviser la Syrie conformément au plan que les Occidentaux avaient déjà mis en œuvre en Irak.  La prise d’Alep dès juillet 2012 et des principales villes syriennes par les groupes takfiris mercenaires soudoyés par leurs sponsors a définitivement échoué.

En quelques années un jeune chef d’Etat d’une république laïque, néophyte en politique et qui a entrepris de moderniser son pays par des réformes libérales fut transformé en monstre sanguinaire qui massacre son propre peuple, par la propagande médiatique occidentale qui n’a rien à envier aux procédés totalitaires.  Le rouleau compresseur de la désinformation, qui a fait disparaître la contradiction, s’impose partout comme la vérité, panneau dans lequel les opinions naïves les mieux intentionnées ont  fini par tomber, tellement sont inaudibles les voix discordantes aussitôt stigmatisées de complotistes.  Un Etat souverain, la Syrie se défend contre une machination ourdie par l’alliance des théocraties obscurantistes désireuses de renverser un Etat laïc et des intérêts géo-stratégiques gazo-pétroliers des puissances occidentales visant à renverser son gouvernement et à détruire son intégrité. Selon un procédé bien connu, les médias focalisent l’opinion publique sur une cible, un chef d’Etat diabolisé, avec l’objectif d’abattre le régime récalcitrant et de disloquer l’Etat. L’attaque chimique au gaz sarin du 21 août 2013 contre la Ghouta dont fut accusé Assad sans preuves et qui devait justifier une intervention massive franco-anglo-américaine et l’assassinat de Bachar el-Assad, fut décommandée la veille de son exécution par Obama, suite à la décision du parlement britannique, informé par le MI6, de suspendre la participation militaire anglaise. Précédemment le 6 mai 2013, le Washington Times avait titré : « Les rebelles syriens ont utilisé le gaz sarin et non le régime de Assad selon un officiel de l’ONU. »

La nouveauté c’est la guerre d’ingérence par procuration : la coalition occidentale utilise des groupes criminels en leur fournissant  des armes de guerre considérables et qui leur servent de légion étrangère là-bas et d’instrument de terreur ici. Plus de cent mille jihadistes étrangers sont partis faire la guerre en Syrie. Voilà la réalité qu’il fallait  convertir en guerre civile entre syriens.  La guerre fait toujours de nombreuses victimes innocentes, mais les propagandistes occidentaux inversent les rôles et les responsabilités. Il faut bien admettre que ce sont les dirigeants russes, héritiers libéraux du stalinisme, qui par leur intervention militaire en Syrie, à la demande de l’Etat légitime –- et leur action diplomatique en faveur d’un respect du droit international – ont permis de faire reculer les massacres aveugles, ont facilité le rétablissement de la vérité des faits, le début d’une réconciliation entre combattants syriens  et l’amorce d’une paix possible.

En quatre ans, la bataille d’Alep aurait fait 35 000 morts, dont 12700 civils à Alep Ouest. Plus d’un million d’habitants ont quitté la ville, dont 500 000 lorsque Al Nosra et les « rebelles modérés » se sont emparés d’Alep-Est entre juillet 2012 et janvier 2013. Une centaine d’organisations jihadistes armées étrangères se sont introduites en Syrie depuis la Turquie, la Jordanie, le Liban et l’Irak, estimées à 100 000 combattants, les défections de l’armée syrienne et des syriens rejoignant la rébellion représentent environ 50 000 hommes. L’armée syrienne gouvernementale a perdu  entre 80 et 90 000 soldats tués. La Russie n’est intervenue qu’en septembre 2015, à la demande du gouvernement syrien. A la fin décembre 2016, le commandement russe dit avoir éliminé  35 000 combattants et 200 chefs de guerre jihadistes. Ces six années de guerre d’ingérence pour renverser le régime et reconfigurer le Moyen-Orient s’ajoutant aux tragédies de la guerre en Irak auront été les plus les plus meurtrières depuis la guerre du Vietnam. (Plus d’un million de morts en Irak, 300 000 morts en Syrie, des millions de blessés graves) et auront provoqué le désastre humanitaire,  les destructions de villes et les déplacements de populations les plus importants depuis la seconde guerre mondiale.

Le renversement d’Assad  n’aura pas lieu pour la simple raison que le peuple syrien soutient massivement son président, dans la mesure même où il a été diabolisé hors de proportion avec les fautes réelles du régime baasiste. Il n’aura pas lieu  parce qu’Alep a été libérée et que les USA sont pour l’instant hors-jeu.  Là où les américains avaient réussi à briser l’Irak, ils ont échoué à implanter le chaos en Syrie. Leur soutien contradictoire à Daech et aux kurdes a déstabilisé la position turque.  Leur ancien vassal,  la Turquie de Erdogan, qui servait de base arrière aux jihadistes et avait pour objectif de renverser Assad afin de s’emparer des régions frontalières du nord de la Syrie a été prise au piège de ses propres tensions  à l’intérieur du pays et de ses voltefaces à l’extérieur. La Russie a contraint le frère musulman Erdogan fragilisé, à changer d’alliance et à mettre en sourdine  son appui aux terroristes, l’obligeant à rejoindre l’axe Syrie-Iran-Russie, en lui offrant (la question kurde oblige) un siège de négociateur de premier rang à Astana. Dans le même temps la Russie a neutralisé le Qatar, autre point d’appui des frères musulmans en signant un accord militaire et surtout en vendant aux qataris 19,5 % des actions du plus gros consortium gazo-pétrolier russe Rosneft.

Pour la première fois dans l’histoire contemporaine les Etats-Unis et le camp occidental sont mis hors-jeu des négociations internationales.  Les occidentaux en sont arrivés à croire en leur propre propagande, en substituant à une analyse rationnelle de la réalité proche-orientale, un positionnement moral où Assad et Poutine sont les méchants, le camp du mal et  Obama, le prix Nobel de la paix, Hollande et les occidentaux le camp du bien. L’abcès de fixation dans la souffrance et le mépris de la question palestinienne par la politique  anglo-américaine et l’impunité des massacres israéliens de milliers de palestiniens civils à gaza en 2009 et 2014, la colonisation et le vol de territoires palestiniens sont la pire manifestation de cette hypocrisie morale mais dont les répercutions sont immenses dans l’ère arabo-musulmane. Cette posture occidentale moralisante les a conduit à sous-estimer leur adversaire et à ne pas comprendre l’ampleur du bouleversement géo-stratégique en cours. La France, littéralement achetée par le Qatar et surtout par l’Arabie saoudite, se trouve aujourd’hui déconsidérée aux yeux des peuples du monde entier. Il est stupéfiant de constater que les chantres occidentaux des valeurs humanistes et démocratiques en soient venus à se positionner dans le camp de l’obscurantisme le plus terrifiant, tandis que la diabolisation de Poutine et de Assad, paradoxalement  les plaçait en réalité comme les défenseurs des valeurs des Lumières. Après bientôt six ans de guerre et de massacres perpétrés par des terroristes venus du monde entier à travers la nébuleuse jihadiste, le renversement du gouvernement légitime de la République Arabe Syrienne a échoué. A la veille de Noël, la population d’Alep a manifesté sa joie de la paix retrouvée.

L’ex ambassadeur britannique en Syrie entre 2003 et 2006, Peter Ford a déclaré à la BBC : « Ecoutez, ce soir, il y a un sapin de Noël et des festivités au centre d’Alep. Je pense que si Assad était renversé et que l’opposition était au pouvoir, vous ne verriez pas de sapin de Noël à Alep. La diabolisation du régime a pris des proportions grotesques. Même pour la fin de ce conflit avec les bus [d’évacuation] verts. Il n’y avait pas de bus verts à Gaza. Il n’y avait pas de bus verts lorsque l’OTAN bombardait la Yougoslavie sans merci. Cette campagne d’Alep est menée, dans ses dernières étapes, avec une certaine humanité. Ce n’est pas à la débâcle de l’humanité qu’on assiste, contrairement à ce que prétendent certains, mais à la débâcle de la rationalité. Où se trouvent les moindres preuves des prétendues atrocités, de Guernica, des massacres, du génocide, de l’Holocauste ? » (Arrêt sur Info)

Discrètement passé sous silence, le pape François a fait parvenir le 13 décembre 2016  au président Bachar el-Assad un message de sympathie pour le peuple « bien aimé » de Syrie. De nombreux témoignages des habitants d’Alep, notamment de religieuses, d’évêques et de chrétiens, mais aussi des alaouites, des yézidis et de non-croyants viennent bousculer la bien-pensance atlantiste en Europe, surtout à gauche,  au parti socialiste et à l’extrême-gauche qui s’en tiennent aux appréciations sommaires et aux mensonges rabâchés que lui fournissent les idéologues patentés de l’hystérie anti-Assad et anti-Poutine. Avec un aveuglement rare, la gauche française (à l’exception de Mélenchon) et l’extrême-gauche se sont placées du côté des salafistes et de l’OTAN et ont cautionné l’emprise  du mensonge médiatique, en croyant soutenir une nouvelle version de la  révolution démocratique arabe, en réalité  menée au nom de la guerre sainte contre le dernier Etat laïc arabe, instrumentalisée par les occidentaux sous le label humanitaire. En la matière il faut bien reconnaître que ce sont des parlementaires situés plutôt à droite Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lasalle qui sont allés en Syrie et ont été les plus honnêtes.

Autrefois, avant les années Mitterrand, la gauche s’opposait aux menées impériales des Etats-Unis, notamment contre la guerre au Vietnam. La gauche radicale avait créé ses propres organes alternatifs d’information. Son scepticisme critique hérité du mouvement ouvrier révolutionnaire, s’est renversé en crédulité (intéressée) à l’égard de la propagande officielle des gouvernements et des grands organes d’information. La désindustrialisation, l’hégémonie culturelle des classes moyennes et la prise de pouvoirs dans l’université, l’éducation, les médias, l’édition… de la génération 68 ont renversé la référence centrale à la critique radicale  du capitalisme, à la classe ouvrière et au monde du travail salarié qui formait la colonne vertébrale de la gauche. Les classes populaires ont été abandonnées, ridiculisées et disqualifiées comme populistes au point qu’une partie s’est jetée dans les bras de l’extrême droite, en capacité de reprendre à son compte au moins partiellement la critique des élites et du pouvoir médiatique.  Gauche et extrême-gauche se sont alignées sur les pouvoirs en place des élites européennes et atlantistes. Les références sont désormais, les droits de l’homme, l’antiracisme, le féminisme et la pseudo-théorie du genre, le multiculturalisme…Le phénomène n’est pas seulement français ; il a atteint tous les pays riches : en Italie le PCI, le parti communiste le plus puissant d’Europe a disparu du paysage politique, remplacé par un vague parti démocrate.. En Angleterre le travailliste Tony Blair  a donné son empreinte blairiste à la guerre en Irak fondée sur un mensonge d’Etat. En Espagne, en Allemagne, la social-démocratie a fait le sale boulot anti-social  préparant le retour de la droite aux affaires. Aux Etats-Unis la doctrine Clinton des guerres humanitaires s’est admirablement logée dans le moule des néocons du « choc des civilisations » et le fourbe Barak Obama assisté de Hillary Clinton ont alimenté la guerre contre la Syrie  et accentué une infernale hostilité contre la Russie. Depuis la dislocation de la Yougoslavie et l ‘écroulement du bloc soviétique,  la guerre s’est affublée  de morale humanitaire, et elle fonctionne, en référence au nazisme et au stalinisme, sur un schéma de diabolisation de l’ennemi que l’on stigmatise devant l’opinion publique pour mieux l’abattre. Après Saddam Hussein, ce fut le tour de Kadhafi tout en projetant depuis Londres la chute de Assad. Les gauchistes et les libertaires ont donné toute la mesure de leur sottise et de leur incapacité à penser la réalité en soutenant les révolutions de couleur fomentées par la CIA, en appuyant la contre-révolution islamiste la plus abjecte contre la république arabe syrienne. La gauche, convertie en adepte du capitalisme dérégulé  et globalisé, au mépris de tous les principes du droit international qui régit les rapports entre les nations, s’est inscrite dans le nouveau moralisme prétentieux et méprisant qui a déplacé tous les curseurs idéologiques vers la droite. A la fin c’est Trump qui gagne !

Comment l’opinion publique peut-elle admettre que nous combattions le terrorisme ici qui a frappé aveuglément des centaines de nos compatriotes, alors que nous l’armons là-bas en Syrie, ou en Libye, directement ou par Etats  et trafiquants interposés. Boris Cyrulnik qui a rencontré à Marseille des jeunes des quartiers et des familles dont les enfants sont partis faire le jihad, interrogé à la télévision après les attentats de Paris, a déclaré : « On met la haine dans des quartiers en difficulté, on repère ces enfants en détresse sociale et psychologique… c’est des groupes politiques qui utilisent le terrorisme comme arme… on peut bouleverser une société avec peu d’hommes à sacrifier… quand la haine est semée, on repère les enfants les plus faciles à fanatiser, on leur offre des voyages, on leur offre des stages, on leur apprend à manipuler des armes et après on les envoie au sacrifice, sacrifice des autres au prix de leur propre existence. C’est une organisation qui existe depuis très longtemps… qui est financée par les gens du pétrole, de la drogue, qui ont des intentions sur le Proche-Orient et sur l’Occident… Il faut qu’ils aient des moyens financiers considérables et des complices haut placés… Ils déclenchent des processus politiques mondiaux…» Boris Cyrulnik a fait la comparaison avec les nazis où en une dizaine d’année, dans une société avec un haut niveau de culture, 6% de la population sont parvenus à entrainer 90% des allemands dans le soutien au nazisme. « On se soumet à une représentation dépourvue de jugement, les slogans sont rentrés dans la culture…avec la télévision et Internet, c’est la pensée paresseuse de toutes les théories totalitaires. Ensuite le danger c’est la vengeance… » Sans mandat de l’ONU et en piétinant le droit international, les puissances occidentales mènent depuis six ans, contre un Etat souverain, qui défend son territoire, ses infrastructures et son tissu social, une guerre d’ingérence sous-traitée aux sponsors directs du terrorisme qui arment des légions takfiris criminelles, venues en grande partie de pays étrangers. Des terroristes insaisissables frappent aveuglément la population, essentiellement de culture musulmane, dans les gares, les lieux de culte et de rassemblement, les marchés, les dancing, les rues et les places  populeuses du monde. Ils n’ont jamais visé les banques et les paradis fiscaux de la finance mondialisée, ni les apparences mégalomanes du luxe extrême qui recouvre l’esclavage dans les marinas de Dubaï et les palais des émirats.

Dès la naissance de la république arabe syrienne, les Frères musulmans ont cherché à déstabiliser et à renverser le régime laïc de cohabitation et de respect des minorités ethniques et confessionnelles. La confrérie,  active dans tous les pays musulmans, exerce aussi sa duplicité dans les milieux occidentaux perméables au communautarisme et à la culpabilité islamophobe, en contrepoint du chantage à l’antisémitisme exercé par Israël.  La diplomatie religieuse et la puissance financière des monarchies du Golfe, en particulier du Royaume saoudien, jouent un rôle majeur dans la propagation du salafisme en Occident et dans  le développement du terrorisme international, d’ Al Qaïda  à Daech,  en passant par la nébuleuse jihadiste des groupes armés qui  mènent des exactions en Syrie, en Irak, en Libye, en Afrique sub-saharienne et jusqu’en Europe. Mais il ne faudrait pas oublier que ce sont les musulmans eux-mêmes qui sont les premières victimes du terrorisme. 98% des victimes des  attentats sont des  musulmans et 90% des attentats se commettent dans l’aire islamique. Tous les jours, le Yemen, l’Irak, la Syrie, le Liban, l’Egypte, la Jordanie, l’Algérie, la Turquie, le Bangladesh, l’Indonésie, le Soudan, la Somalie, le Mali, et l’ensemble des pays musulmans ont été ou sont frappés par les attentats meurtriers ou des exactions militaires. Depuis la guerre contre la présence de l’armée soviétique en Afghanistan, où les USA et leurs alliés favorisèrent la création d’une armée islamiste internationale, stratégie réadaptée dans de multiples conflits au Kosovo, en Irak, en Libye et à l’occasion des printemps arabes en Tunisie ou en Egypte, l’instrumentalisation  politique de la religion s’applique comme une constante stratégique occidentale majeure, à l’échelle du jeu des puissances géo-politiques elles-mêmes.

Avec la libération d’Alep, les bouches s’ouvrent en Syrie, mais aussi en Occident. Le récit officiel occidental de diabolisation du régime syrien, a permis de masquer une entreprise de dislocation de la souveraineté de la Syrie, confiée à la sous-traitance takfirie, le jihad armé se chargeant de propager l’horreur et la peur sur les réseaux de diffusion du spectacle mondial. Ainsi protégés par leurs hommes de main, les sponsors et les commanditaires du terrorisme international peuvent continuer leurs opérations véreuses en se drapant dans la morale humanitaire et l’hypocrisie outragée.  La guerre contre la Syrie a poursuivi la série des guerres d’ingérence  humanitaires menées successivement en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye. La panique a gagné les milieux diplomatique occidentaux lorsque le représentant de la Syrie à l’ONU  Al Jaafari a déclaré le 19 décembre 2016, au Conseil de sécurité des Nations Unies,  que l’armée syrienne avait capturé dans un quartier d’Alep-est un certain nombre d’officiers de l’OTAN, épaulant les terroristes et qu’il a énoncé les noms de 14 d’entre eux parmi lesquels 1 Américain, 1 Israélien, 1 Turc, 1 Jordanien, 1 Marocain, 1 Qatari, 8 Saoudiens. Les officiers français et britanniques arrêtés avaient refusé de décliner leur identité. Toute la construction mensongère diffusée sur les grandes chaînes de télévision, les micro de France-Culture, au Monde, dans Le Courrier International ou à Libération, du scénario atlantiste de la guerre humanitaire des combattants de l’opposition modérée à la « dictature sanguinaire de Bachar el-Assad qui massacre son propre peuple », s’écroule comme un château de cartes.

La publication par Julian Assange des courriels du clan Clinton, corrompu par les milliards saoudiens, ont confirmé que Daech, Al Qaïda, Al Nosra,  Ahrar al-Cham, l’armée de l’Islam, l’armée de la Conquête, les débris de l’ASL, c’est-à-dire environ 150 000 combattants, sont financés et armés par les gouvernements de l’Arabie Saoudite, du Qatar ou de la Turquie. Ces derniers ont acheté par centaine de milliards de dollars des armes aux industries militaires des États-Unis, de la France, d’Israël, ou du Royaume-Uni… « Est-il indécent de se battre pour nos emplois ? » a déclaré  Manuel Valls lors d’un contrat passé en octobre 2015 de dix milliards d’euros d’avions  rafales et d’armes lourdes avec « nos amis » des Emirats et du Royaume saoudien qui leur permet aujourd’hui d’exterminer les yéménites avec la complicité discrète des pays occidentaux. L’Arabie Saoudite impliquée dans les attentats du 11 septembre 2001, dont l’administration Bush a fait disparaître les pages d’accusation de la commission d’enquête parlementaire,  reste le principal donateur à la Fondation Clinton. Lors des élections présidentielles, nombre de français n’oublieront pas les prosternations de Manuel Valls devant la manne saoudienne, du président Hollande vassal des Etats-Unis, d’Israël et du Royaume saoudien, brandissant fièrement  le sabre terroriste des coupeurs de têtes de Ryiad et remettant  la légion d’honneur à un prince saoudien. Par ailleurs le gouvernement  Netanyahu, notre ami israélien, massacreur du peuple palestinien, entretient d’excellentes relations avec la monarchie des Saoud.

Avant de disparaître de la lumière des projecteurs en compagnie du faux-maire d’Alep-est, créature des terroristes d’Al Nosra reçue en grande pompe à l’Elysée aux côtés des Casques Blancs,  l’ex-ministre Cécile Duflot partie en direction  d’Alep libérée, dépitée de n’avoir pu franchir la frontière turco-syrienne en si mauvaise compagnie, a déversé son Niagara de mensonge et de bêtise en déclarant sur France Inter : « il y a une volonté délibérée de tuer des civils sans leur laisser aucune possibilité d’en réchapper » au moment même où s’appliquait l’amnistie promise par Bachar el-Assad. Quels chefs d’Etat, affrontant de tels ennemis, auraient proposé l’amnistie aux combattants qui déposeraient les armes ? Quels donneurs de leçons de morale hypocrites face à des accusateurs aussi perfides auraient eu ces gestes d’humanité des autorités syriennes et russes, permettant à  36 000 combattants étrangers de sortir d’Alep-est avec leurs armes légères et d’être acheminés vers la zone d’Idlib tenue par les « rebelles », et pour les combattants syriens, la possibilité de réintégrer la société syrienne, avec l’objectif de porter secours à plus de cent mille civils pris en otage par les jihadistes. Mais non, Cécile Duflot répand un flot supplémentaire de mensonges pour masquer l’énormité de son faux-pas en compagnie d’un représentant des terroristes. Lorsqu’il a fallu apporter soins, hébergement et nourriture à la population d’Alep-est enfin sortie du chantage terroriste, les casques blancs et autres ONG humanitaires occidentales avaient disparu des radars. Ce sont toujours les forces russes qui assurent l’aide humanitaire aux civils tandis que les puissances occidentales font le gros dos. Cette victoire symbolique  du peuple syrien fait s’écrouler la campagne de diabolisation contre Bachar el-Assad et la construction du mensonge médiatique le plus énorme de l’ère moderne pour appuyer le bien-fondé de cette guerre d’ingérence menée par procuration en utilisant le terrorisme financé par les monarchies salafistes et commandité par les puissances occidentales.

La nouvelle donne géo-stratégique mondiale

Durant les quatre mois de la transition présidentielle suivant  l’élection de Trump, il était évident qu’Obama n’allait pas rester inactif. La levée des restrictions sur les livraisons d’armes aux « groupes irréguliers » décidée le 8 décembre 2016 par Obama en est la preuve après son discours belliqueux aux forces armées américaines. Ces ultimes gesticulations du prix Nobel de la Paix, visent à masquer la défaite américaine en redonnant des moyens militaires aux islamistes afin de poursuivre la guerre et d’entraver la libération de l’ensemble du territoire syrien. Nul doute que les occidentaux vont s’employer à saboter les négociations qui vont s’ouvrir à Astana. Les pressions sur la Turquie et ses affidés vont s’accentuer. Les occidentaux ont utilisé systématiquement  les accords de cessez-le feu pour permettre à leurs protégés terroristes de refaire leurs forces. Depuis des années, les takfiristes utilisent l’eau comme une arme de guerre en détruisant les stations de pompage de la ville d’Alep ou en empoisonnant l’eau potable qui alimente Damas. Mais ce sont les bombardements syro-russe pour empêcher ces crimes qui sont pointés du doigt. Dépités par leur défaite stratégique en Syrie et leur échec électoral face à Trump les démocrates ressortent une théorie du complot qu’ils avaient eux-mêmes initié pendant la campagne électorale. Leur sous-estimation des capacités réelles de la Russie les conduit à surestimer ses capacités de nuisances. Il y a là comme une contradiction logique qui les contraint à surenchérir dans la manipulation.  Les accusations cyber-fantasmées accusant la Russie du pouvoir exorbitant de manipuler l’opinion américaine, alors que la NSA espionne le monde entier ont mené Obama à se ridiculiser lui-même. Le plus surprenant c’est le bras de fer qui divise et agite la politique américaine entre les néocons s’appuyant sur le Pentagone et les services de renseignement  et le nouveau « mistigri » réaliste qui siège à la Maison Blanche. En arrière-plan se déroule un jeu de bascule entre les tenants militaristes de l’hostilité idéologique envers la Russie et la désignation d’un nouvelle menace économique puissante : la Chine, assortie d’un coup de semonce envers l’Union Européenne en soutenant le Brexit et d’un coup de pieds aux partenaires européens de l’OTAN. Les eurocrates réunis sur une hostilité phobique envers les russes sont pris à contre-pied par Trump dans leurs projets otanesques de remilitarisation de l’Europe face à la Russie mise à égalité avec Daech.  La Chine en position de force, qui se veut maintenant  la championne du libre-échange et de la mondialisation libérale  a cependant pris une initiative majeure à l’ONU en proposant l’interdiction de toutes les armes nucléaires.

Les réalités politiques sociales et géo-stratégiques ont bien changé depuis l’époque où le stalinisme et  le peuple russe victorieux du nazisme,  représentait une puissance et un contre-pouvoir à l’échelle mondiale.  Aujourd’hui, les puissances capitalistes fabriquent des ennemis qu’elles utilisent en instrumentalisant à la fois la religion et  le crime organisé  pour répandre la peur, pour que les gens s’écrasent et adoptent  le mode de vie qu’on leur impose avec le gant de velours des marchandises. Les luttes féroces de captation des profits problématiques créés par le divorce entre la production de la richesse réelle et l’énormité spéculative de la masse de liquidités en circulation folle, qui sont autant d’obstacles à l’investissement valorisable,  (baisse tendancielle des taux de profit) contraignent  la masse des pauvres et des gens ordinaires à subir la réduction de la masse salariale et à payer  la dette spéculative et les destructions de la société du capital. Exacerbée par la captation concentrée des richesses,  la montée des périls guerriers se focalise autour d’un arc de crise religieux où les rivalités de croyances sectaires servent d’aiguillon, où le recours possible aux armes nucléaires tactiques se banalise dans un cadre de guerre conventionnelle.

En s’acharnant à vouloir  mettre fin à la guerre en Syrie, la diplomatie russe aura démontré son sang-froid, son ouverture et son sens du dialogue comme l’a dit la colonel Caroline Galactéros. Contrairement aux Etats-Unis et aux Occidentaux, la diplomatie russe s’en réfère et demande le retour aux principes qui régissent le droit international entre les nations. La Chine et la Russie viennent de proposer à l’ONU un désarmement nucléaire total dans un silence occidental significatif.  Sans doute, la libération complète de la Syrie n’est pas achevée. Mais d’ores et déjà c’est le visage de la politique mondialisée que le peu le syrien et ses alliés auront bouleversé, dans une hécatombe de dirigeants passés à la trappe, recensée avec ironie par René Naba. Le point de basculement des rapports de force internationaux aura eu lieu en Syrie, accélérant la marche des évènements politiques un peu partout dans le monde. La démagogie réaliste de Trump est inquiétante. Mais elle est le reflet du réalisme de certains secteurs capitalistes qui voient dans la Chine et l’Union Européenne des concurrents autrement redoutables que la Russie.  Les Etats-Unis redoutaient un axe Paris-Berlin-Moscou. Mais c’est un monde multipolaire et de nouvelles solidarités d’intérêts eurasiatiques qui se dessinent, notamment entre Moscou, Pékin et les BRICS, vers lesquelles regardent  de nombreuses nations dominées qui se souviennent aussi de la Tricontinentale.  Face à l’exacerbation profonde des tensions sociales, désignées sous le terme de « populisme », le recours affolé de la cyber fabrique médiatique au concept quasi « orwellien » de « POST-VÉRITÉ » faisant suite à l’utilisation pathologique du complotisme, fait ressortir la dimension chaotique et panique qu’a prise la crise de la domination réelle du capital.

La pensée utilise des mots. Qui en possède la maîtrise et l’usage  généralisés peut en redéfinir le sens ! George Orwell avait annoncé l’illusion du monde renversé avec sa langue à double face : « l’ignorance c’est la force, la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage ». Les manipulateurs du langage redoublent d’ardeur en renversant les rôles. L’examen de la véracité des faits, la comparaison des sources et le principe du doute méthodique sont escamotés. Les voix discordantes sont discréditées et marginalisées par l’amalgame que recouvre l’emploi fourre-tout du concept de conspirationnisme. Les médias imputent par exemple l’utilisation des armes chimiques à Saddam Hussein ou à Bachar el-Assad. Les barils de chlore, il suffit de répéter dans tous les quotidiens et sur toutes les chaînes plusieurs fois par jour que ce sont les forces du régime qui les déversent sur la population pour abuser des millions de gens. La posture morale suffit aux accusations des dispensateurs de la bien-pensance ! Le consensus médiatique officiel utilise la psychiatrisation (délire schizophrène ou paranoïaque) de ceux qui doutent des oracles officiels,  stigmatisés sous les accusations  de complotisme.

Cependant le procédé du mensonge s’il permet de gagner du temps, est toujours un mauvais calcul face au réel. Vladimir Poutine a rappelé à ses interlocuteurs la dimension fondamentale des principes et des valeurs universelles pour construire une organisation internationale juste et équilibrée entre les nations. Au même moment, le peuple cubain a rendu un hommage de reconnaissance à Fidel Castro, quelques fussent ses erreurs, en héritant du marxisme-léninisme et du stalinisme. En se débarrassant de l’URSS sclérosée, les oligarques russes et leurs conseillers américains  ont favorisé à un degré supérieur le règne des marchandises et des mystifications capitalistes. La globalisation technologique et financière des  capitaux en circulation a accéléré l’extra-territorialité déjà mise en œuvre par les USA avec leurs bases militaires disséminées de par le monde, avec les firmes transnationales, les flux immatériels de l’internet, les paradis fiscaux, les déplacements des réfugiés fuyant les guerres et les dérèglements climatiques… Mais la situation nouvelle créée progressivement par les USA, l’Union Européenne et l’OTAN, qui n’a pas respecté ses engagements en prenant pied dans les anciennes républiques soviétiques,  a aussi permis au peuple russe de retrouver sa fierté et d’apprécier différemment sa propre histoire. Les chaînes d’information alternatives russes et autres, les lanceurs d’alerte Assange, Manning et Snowden ont soulevé le couvercle médiatique en offrant d’autres sources d’informations mondiales, notamment à propos de la guerre en Syrie. Le point syrien de basculement géo-politique du monde, au sein du monde arabo-musulman, au carrefour des grandes civilisations monothéistes et des enjeux géo-stratégiques du Moyen-Orient, donne ainsi aux peuples confrontés au règne totalitaire de la société spectaculaire marchande, dont le terrorisme n’est qu’un sous-produit morbide, la possibilité d’entrevoir à nouveau le noyau critique de signification originelle et universelle de la communauté humaine.

Bernard Hugo

Source: http://www.palestine-solidarite.org/analyses.bernard_hugo.070217.htm

 

 

" Alep, la douleur et la honte

 

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Alep, capitale économique d’un pays en guerre. Alep, berceau de la civilisation, inscrite au patrimoine de l’humanité depuis 1986, se dispute avec Jéricho le titre de l’une des plus anciennes villes du monde. Alep, dès l’arrivée : des ruines. Pour s’y rendre depuis Beyrouth, il a fallu emprunter une route ouverte par l’armée contournant les zones toujours en conflit, traverser un désert peuplé de postes militaires et de villages abandonnés aux maisons éventrées, comme un avant-goût du spectacle de désolation à venir. Alep, sans eau ni électricité puisque les djihadistes ont coupé l’approvisionnement à partir de l’Euphrate et plastiqué la centrale électrique. Vingt-cinq jours après sa libération, le bruit des roquettes et des missiles s’est tu et la vie tente difficilement de reprendre le dessus. Désormais, pour des décennies et pour des générations d’Alépins, il y aura un avant et un après la guerre, un avant et un après juillet 2012. C’est à cette date que des groupes armés divers et variés [1] venus des quatre coins de la planète, ont envahi puis occupé les quartiers Est et Sud et assiégé la totalité de la ville. Avant, le gouvernorat de la région d’Alep comptait entre six et sept millions d’habitants et la ville environ trois millions, quatre ans et demi plus tard, entre les morts, les exilés et les déplacés internes, le nombre d’Alépins a été divisé par deux. Avant quinze zones industrielles employaient un million de salariés ; il y avait un hôpital réputé dans tout le Moyen-Orient ; un centre historique avec le plus grand et le plus ancien souk du monde, 4000 ans avant Jésus Christ, attenant à la mosquée des Omeyyades, monument classé appartenant au culte musulman et chrétien. De tout cela, il ne reste que des gravats… [2]

Mosquée des Omeyyades

L’humanité en ruines

Les imams sunnites de la mosquée des Omeyyades servent de guides pour commenter l’étendue du désastre : « ils ont occupé la mosquée pendant trois ans de 2013 à 2016 ». Qui est ce « ils » ? « D’abord, il y a eu l’Armée syrienne libre (ASL), ensuite Daech et enfin al-Nosra.» Ces religieux, comme tous les Syriens rencontrés, ne font pas de différences entre ces divers groupes, « ce sont les mêmes » répètent-ils inlassablement. Pour les désigner, les Alépins emploient un seul mot : « terroristes ». La délégation d’imams poursuit : « dès qu’ils sont entrés dans les souks, ils les ont fait exploser. » Puis les religieux désignent l’endroit, au fond de la salle de réception, d’où ils lançaient les roquettes et où se tenaient les snipers qui tiraient sur les civils. Ils montrent également les tranchées et les tunnels creusés avec des excavateurs sous cette église byzantine construite en 627 et transformée en mosquée au 13ème siècle. Lorsqu’au détour de leurs déprédations, ils trouvaient des antiquités, ils s’en emparaient pour les revendre. Et comme si cela ne suffisait pas, avant de partir, ils ont incendié ce qui n’était pas encore complètement détruit. « Ces gens-là », poursuit un imam « n’ont aucune relation avec le spirituel ni avec l’islam, l’idée est d’effacer les traces des civilisations chrétiennes et musulmanes. » Devant les visages dépités des personnes contemplant le désastre, un autre religieux tente de rassurer « la décision de restaurer cette mosquée est prise. Ce ne sont pas les pierres, c’est « l’être » syrien qui fait le monument. Nous sommes des bâtisseurs, nous reconstruirons. » A côté des Omeyyades, dans le centre historique, les djihadistes ont utilisé 40 tonnes d’explosifs pour faire sauter l’école Sultanieh, le Carlton construit par les Turcs puis les Français, le tombeau du fils de Saladin ; le hammam de l’époque ottomane, le caravansérail… Le centre-ville historique n’est pas le seul touché. Midan, le quartier arménien du Nord de la ville était une ligne de front, il ressemble à un paysage d’après tremblement de terre. Le député de cette circonscription, Jirair Reisian, décrit le quotidien de ces années de guerre : « les années les plus noires ont été celles de 2013 et 2014. Chaque fois que nous sortions, nous ne savions pas si nous allions revenir. Un jour, en moins de 12 heures, 80 roquettes sont tombées ici. Des églises arméniennes ont été détruites. » Les Arméniens se sont installés en Syrie après le génocide de 1915, compte tenu du rôle joué par la Turquie dans la guerre en Syrie, cette communauté a eu l’impression de revivre l’impensable, « Nous nous sommes dit, ça recommence ! ».

 La triple peine

Non seulement les Syriens doivent contempler chaque jour leur ville en ruines mais ils doivent aussi affronter un quotidien difficile. Sans eau, il a fallu creuser des puits dans les cours des maisons, des hôpitaux, des lieux de cultes. Sans électricité, il a fallu s’équiper de groupes électrogènes, le bruit de ces engins résonne dans toute la ville. Ces machines fonctionnent au gasoil et avec la guerre il a eu l’inflation, la dépréciation de la livre syrienne. Alors les Alépins se regroupent dans une seule pièce et ne se chauffent qu’une à deux heures par jour. Avant-guerre, un euro valait environ 65 livres syriennes, aujourd’hui un euro est égal à 547 livres. Avant-guerre, avec un dollar une famille achetait cinq paquets de pain. Après la guerre, elle pourrait en acheter quinze, mais qu’importe puisque la majorité des gens est ruinée [3] . Après six années de conflit, les riches ont épuisé leur bas de laine et les pauvres n’ont toujours rien. Toutes les usines sont à terre et 85% de la population est au chômage. En Syrie, les communautés religieuses ont encore un rôle social, sanitaire et éducatif, elles offrent paniers repas, ampères, vêtements et des cours pour les enfants. Les hôpitaux et cliniques privés des congrégations de chrétiens soignent, sans distinction de religion, tous les malades et les blessés de guerre. Mais en plus du dénuement, du nombre de patients à traiter, dont beaucoup touchés par des éclats d’obus, tous les hôpitaux qu’ils soient publics ou privés doivent faire face à un autre mal : l’embargo. Cette mesure décrétée par les USA et l’Union européenne interdit toutes transactions commerciales avec la Syrie sans aucune distinction. Aucun habitant de ce pays, aucune organisation caritative ne peut recevoir un chèque, un don, un virement Western Union. Pire encore, impossible pour les hôpitaux d’obtenir des médicaments et des pièces de rechange pour les scanners ou les IRM. Avec la guerre, les médecins rencontrés estiment qu’un Syrien sur deux a besoin de soins sanitaires, mais les compagnies étrangères ne coopèrent plus pour entretenir le matériel, ne livrent plus de médicaments. La Syrie était productrice de génériques, 70 % de ces médicaments étaient fabriqués à Alep, mais les usines ont été détruites… « Nous manquons de tout, de scanner, d’IRM, d’appareils de radiologie, de petits consommables, d’antibiotiques de dernière génération, nous ne recevons aucun soutien, hormis l’OMS et l’Unicef qui nous ont un peu aidé, mais c’était symbolique, et les Russes qui nous donnent aussi quelques médicaments. L’embargo pourrait s’imposer à tout mais jamais aux matériels médicaux. » déclare le directeur du CHU. Monseigneur Dionicio Antonio Chahda partage la même colère : « Tous les biens même ceux de l’église sont sous embargo. Nous sommes en train de souffrir pas seulement de la guerre, certes les lancements de missiles se sont arrêtés, mais nous avons une autre guerre : le manque de tout. Alep est une ville morte, dommage il n’y a pas une lumière d’espérance pour croire que la vie normale va reprendre. Les Américains sont venus nous voir, nous leur avons dit : laissez-nous tranquille et nous saurons construire notre vie. » [4]

La guerre gagnée

Ici, dans une clinique tenue par une congrégation catholique, une maman portant le foulard implore les sœurs de prier pour la survie de son enfant blessée à la tête par des éclats d’obus. Là, à un poste de douane, c’est un commandant de police alaouite qui prend le thé avec son supérieur, un colonel sunnite. Dans les rues d’Alep, se croisent des femmes en burqa, en foulard, têtes-nues, ni plus, ni moins qu’avant-guerre. Les nombreux experts arabisants qui ont déversé leur « science » à longueur de colonnes et sur les plateaux de télévision, en expliquant doctement cette guerre comme un conflit entre sunnites et alaouites devraient se rendre en Syrie pour entendre et voir. Les manifestations religieuses sont encore œcuméniques, catholiques, protestants, musulmans, chrétiens d’Orient s’y côtoient. Le député de Midan constate que rien n’a changé « Il y a eu des manipulations pour faire de ce conflit un problème de religion, mais c’est pareil qu’avant. » Sur ce sujet, au moins, il n’y aura pas d’avant et d’après.

La mystification

 

Tout au long de ce voyage et qu’elles que soient les personnes rencontrées, dans les hôpitaux, les lieux de culte, dans la rue, tous les Alépins tiennent le même langage « s’il vous plaît, ne mentez pas, dites seulement ce que vous voyez, ce que vous entendez. Soyez honnêtes. » Ce leitmotiv revient comme une supplique. Car, en plus de la guerre et de ses horreurs, aucune famille n’a été épargnée par un drame, en plus de l’embargo, les Syriens ont souffert de la manière dont ce conflit a été traité par les médias occidentaux. La couverture des événements de ce qui a été appelé « Alep Est » en est la démonstration. Pendant la guerre, 25% du territoire de la ville, quartiers Est et Sud, était occupée par les djihadistes, le reste étant sous contrôle gouvernemental. Selon les médecins rencontrés, il y a eu dix fois plus de morts à l’Ouest qu’à l’Est à cause des tirs de roquettes, de missiles et de bonbonnes de gaz remplies de clous. Mais la compassion occidentale ne s’est tournée que vers les populations des quartiers Est. Or, tous les Alépins ont vécu les mêmes affres et une minorité seulement soutenait les groupes armés. Lors de la libération d’Alep, sur les 140 000 personnes qui vivaient encore en zone occupée, seules 35 000 ont choisi de rejoindre Idlib, une ville sous l’emprise d’al-Nosra, les autres sont allées se réfugier du côté gouvernemental.

Jean-Marc Ayrault et Brita Hadji Hassan à Paris le 30 novembre 2016

Un autre événement a provoqué l’ire des Syriens. Un homme, sorti de nulle part, Brita Hadji Hassan, soupçonné d’avoir des liens avec al-Nosra, s’est présenté comme le maire d’Alep Est devant tous les médias internationaux. Les Alépins sont restés médusés lorsqu’il a été reçu sous les lambris du Quai d’Orsay par le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Marc Ayrault. Un député, Boutros Merjaneh raconte sa stupéfaction « J’ai découvert son existence lorsqu’il est arrivé en France et j’ai mis trois jours à savoir qui il était. En réalité, il travaillait à la direction de la communication de la mairie. Pour être maire d’Alep, il faut être né ici, or lui est de la région d’Idlib. Que les autorités françaises reçoivent de cette manière un homme sans qualité est simplement inacceptable. » Mieux encore, l’affaire tout aussi inacceptable, voire surréaliste, de trois députés français, dont une ancienne ministre, Cécile Duflot, Patrick Menucci et Hervé Mariton tentant d’entrer sans visa en territoire syrien, via la Turquie, le chemin qu’emprunte les djihadistes, accompagnés d’un faux maire ! Et le député Merjaneh de conclure « si ces députés veulent venir ici, je suis prêt à les accueillir et ils auront leurs visas de manière légale. »

La trahison

De nombreux Syriens sont francophones et étaient, avant la guerre, très attachés à la France, à sa culture, mais les positions de Paris dans le conflit syrien les ont profondément heurtés. Ils sont amers « la France nous a poignardé dans le dos » « Nous nous sentons trahis » « Nos enfants seront anglophones ». Etre Français et marcher dans les ruines d’Alep, s’entretenir avec des habitants, rencontrer les blessés de guerre, c’est un peu comme porter sa honte en bandoulière. En armant « les rebelles » en soutenant, contre vents et marées, une « opposition » coupable de tant de crimes contre l’humanité, en privilégiant son alliance avec les pétromonarchies qui financent les djihadistes, une nouvelle fois, la France s’est placée du mauvais côté de l’histoire. Dans ce pays berceau de la civilisation, le peuple a la mémoire longue…

Leslie Varenne

[1] Il y a eu jusqu’à 93 groupes armés dans Alep, dont les principaux sont : l’Armée syrienne libre (ASL) Daech, (Organisation de l’Etat islamique (EI)) et le Front al-Nosra, filiale d’al-Quaeda, rebaptisé Fatah el Chaam, mais les Syriens n’ont cure de cette nouvelle appellation et continuent d’utiliser le nom al-Nosra.

[2] L’auteur de ces lignes, s’est rendue à Alep pour accompagner une mission humanitaire composée de quatre chirurgiens en cardiologie : Victor Fallouh, Antoine Salloum, Daniel Roux et le député Gérard Bapt, qui était présent en tant que cardiologue et non en tant que parlementaire.

[3] C’est une valeur pour l’exemple, en Syrie, le pain est un produit soutenu par l’Etat.

[4] C’est la sénatrice démocrate, Tulsi Gabbart, qui a rencontré Monseigneur Dionicio Antonio Chahda.

 

source: https://www.iveris.eu/list/notes_de_voyage/249-alep_la_douleur_et_la_honte

Qu’est-ce qui motive la Jordanie à frapper Daech au sud de la Syrie ?