30 janvier 2017

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) dénonce l’Ubérisation des soins

Le SNPI (Syndicat National des Professionnels Infirmiers) dénonce une « ubérisation qui ne peut qu'attirer tous ceux qui favorisent déjà les glissements de tâches dans leurs établissements afin de réaliser des soins low cost  ».

« Nous refusons de voir arriver des métiers intermédiaires entre aide-soignant et infirmière, type auxiliaire en plaie et cicatrisation ou assistant de soins en diabétologie, qui ne reposeraient sur aucune formation française ».

 

L'ordonnance du 19 janvier 2017 qui permet la transposition de la directive 2013/55/UE du Parlement européen est liée aux GOPE's (Grandes Orientations Politiques et Economiques).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le secteur médical est déjà soumis à des rudes épreuves et réclame, entre autres :

- la reconnaissance de la pénibilité

- la revalorisation salariale

- la réactualisation du décret d’actes infirmiers (non modifié depuis 2002) afin de couvrir les pratiques actuelles suite aux progrès médicaux

- la reconnaissance en Master des formations IBODE, puériculture et cadre infirmier
etc... source


S'ajoutent des à présent des nouvelles contraintes qui émanent de la commission européenne (centre du pouvoir des instances de l'UE) voire de leur directives, GOPE (Grandes Orientations Politiques et Economiques), qui sont imposées aux pays de l'UE.


L'ordonnance du 19 janvier 2017 permet la transposition de la directive 2013/55/UE du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 modifiant la directive 2005/36/CE et relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles dans le domaine de la santé.

Les infirmiers mobilisés contre le projet d'accès partiel à la profession
Mais, selon l'Ordre National des Infirmiers (ONI), le projet outrepasse largement ce que la directive prévoit en voulant ouvrir la porte en France à l’accès partiel aux professions de santé. Permettre à des professionnels de santé partiellement qualifiés issus d’un autre Etat membre de l’Union Européenne d’exercer avec leur titre dans notre pays aurait pour effet de casser le cadre réglementaire d’exercice des professions de santé de plein exercice actuellement reconnus en FranceLe risque serait majeur au détriment de la qualité et la sécurité des soins.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nous nous opposons à ce qui constitue une déréglementation scandaleuse et irresponsable de l’accès aux professions de santé dans une logique de nivellement par le bas et de dépréciation de la qualité des soins. Quel est le sens dans ce contexte de l’intégration de la profession infirmière dans le processus Licence-Master-Doctorat ? Veut-on pour de basses raisons d’économies introduire des soins low-cost réalisés par des professionnels sous-qualifiés et sous-payés » dénonce Didier Borniche, président de l’Ordre.
 

Par quelles infirmières voulons-nous être soignés ?
Le texte vise textuellement à « autoriser à exercer une partie des activités relevant de la profession d’infirmier, d’IADE, d’IBODE ou de puéricultrice les ressortissants d’un État membre de l’Union européenne » lorsque « les différences entre l’activité professionnelle exercée dans l’État d’origine et la profession en France sont si importantes que l’application de mesures de compensation reviendraient à imposer au professionnel de suivre le programme complet de formation requis pour avoir accès à cette profession", indique Thierry Amouroux. Pour ce dernier, il n'est pas question de "voir arriver des métiers intermédiaires entre aide-soignant et infirmière, type « auxiliaire en plaie et cicatrisations » ou « assistant de soins en diabétologie », qui ne reposeraient sur aucune formation française".


Le SNPI dénonce aussi l'Ubérisation des soins
Le SNPI (Syndicat National des Professionnels Infirmiers) dénonce une « ubérisation qui ne peut qu'attirer tous ceux qui favorisent déjà les glissements de tâches dans leurs établissements afin de réaliser des soins low cost ». « Nous refusons de voir arriver des métiers intermédiaires entre aide-soignant et infirmière, type auxiliaire en plaie et cicatrisation ou assistant de soins en diabétologie, qui ne reposeraient sur aucune formation française ».

« Une déqualification rampante de la profession d'infirmier anesthésiste est en marche si cette ordonnance voit le jour sous cette forme  », estime quant à lui le Syndicat national des infirmiers anesthésistes. Craignant de voir des techniciens en anesthésie exercer tout ou partie des activités Iade, le syndicat dénonce « un contournement de l'exclusivité d'exercice Iade, qui garantit la sécurité optimale des patients pris en charge en anesthésie  ».

Préavis de grève SNPI mobilisation infirmière 24 janvier 2017
Dans le cadre d’un mouvement unitaire, les principales organisations infirmières avait appelé les professionnels et les étudiants à se mobiliser le 24 janvier 2017. Comme le 8 novembre 2016, elles appellent à une manifestation à Paris (Montparnasse à 13h, pour aller au Ministère de la Santé) et en régions.

Nous sommes particulièrement hostiles à l’ « exercice partiel » de la profession infirmière :
Nous refusons les transferts de taches, et le projet d’ordonnance permet aux ressortissants de l’UE détenteurs d’un diplôme de soins non compensable de réaliser tout ou partie des activités infirmières. Ce texte a été présenté le 22.09.2016 au Haut Conseil des Professions Paramédicales HCPP. Ce "séquençage des activités" permet un "exercice partiel" des professions de santé. Nous refusons de voir arriver des métiers intermédiaires entre aide-soignant et infirmière, type « auxiliaire en plaie et cicatrisations » ou « assistant de soins en diabétologie », qui ne reposeraient sur aucune formation française.

Le texte vise textuellement (article 8 modifiant l’article L 4311-4) à "autoriser à exercer une partie des activités relevant de la profession d’infirmier, d’IADE, d’IBODE ou de puéricultrice les ressortissants d’un Etat membre de l’Union européenne" lorsque "les différences entre l’activité professionnelle exercée dans l’Etat d’origine et la profession en France sont si importantes que l’application de mesures de compensation reviendraient à imposer au professionnel de suivre le programme complet de formation requis pour avoir accès à cette profession". Nous refusons que des auxiliaires de vie des pays de l’est puissent faire un exercice partiel de la profession infirmière en France.

La circulaire 82-7 du 10 MARS 1982 stipule que le « service minimum, son importance et la détermination du nombre d’agents par catégorie de personnels appelés à l’assurer doivent être négociées dans chaque établissement. » source
 

L'ordonnance du 19 janvier 2017 et sa transposition est une parmi d'autres ordonnances qui nous est imposé par la commission européenne / parlement européen à travers les GOPE (Grandes Orientations de Politique Économique) ou la feuille de route économique de Matignon.

C’est dans la plus grande discrétion que les « Grandes Orientations de Politique Économique » (GOPE's) sont fixées par la Commission européenne et imposé aux 28 (-1) États membres de l’Union Européenne.

Le démantèlement progressif et continu des services publics voire du secteur de la santé résulte des directives européennes, notamment de l'article 121 du TFUE !
 

Les fonctions de président de la République et de députés ont été dépouillées de l’essentiel de leurs pouvoirs au profit de la commission européenne et de la Banque Centrale Européenne.

80% de nos lois émanent du dictat (dictature) de la commission européenne
https://youtu.be/c0IqaAhF_YA

 

 

Mes sources :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000033893429&idJO=JORFCONT000033893253

http://www.droit-de-la-formation.fr/vos-rubriques/actualites/actualite-juridique/reconnaissance-europeenne-des-qualifications-professionnelles-dans-le-domaine.html ?

http://www.houdart.org/blog/decryptage-de-lordonnance-du-12-janvier-2017-analyse-et-consequences

http://www.santementale.fr/actualites/les-infirmiers-mobilises-contre-le-projet-d-acces-partiel-a-la-profession.html

http://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/legislation/vers-exercice-infirmier-partiel-pour-certains-professionnels-sante-europeens.html

http://www.espaceinfirmier.fr/actualites/au-jour-le-jour/articles-d-actualite/161018-vers-un-exercice-partiel-de-la-profession-infirmiere.html

http://www.syndicat-infirmier.com/Preavis-de-greve-SNPI-mobilisation,2508.html

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon

https://www.upr.fr/actualite/france/le-scandaleux-demantelement-de-nos-services-publics-le-cas-de-lhopital-de-douarnenez

https://www.upr.fr/wp-content/uploads/docs/Programme%20Presidentiel%20-%20Livret%20V10.pdf

https://www.upr.fr/wp-content/uploads/2010/11/UE-escroquerie-12mai2016-WEB_V2.pdf

 

 

Le vieillissement serait réversible ? Une étude étonnante…

Et si les rides, les cheveux gris et les problèmes qui accompagnent le vieillissement n’étaient plus qu’un lointain souvenir dans quelques années ? Pour ces scientifiques, cela ne fait aucun doute : le processus du vieillissement peut être réversible.

Une nouvelle étude a été publiée ce jeudi 15 décembre dans les lignes de la revue scientifique Cell. Les principaux auteurs sont Juan Carlos Izpisua Belmonte, Alejandro Ocampo, Pradeep Reddy et Paloma Martinez-Redondo du Gene Expression Laboratory au sein du Salk Institute for Biological Studies situé à La Jolla, en Californie (Etats-Unis).

L’équipe à l’origine de cette étude a montré qu’une nouvelle forme de thérapie génique pouvait produire un effet de rajeunissement chez la souris. Résultats ? Une meilleure santé cardio-vasculaire, une colonne vertébrale redressée, une apparence plus “jeune”, une guérison plus rapide en cas de blessure… et une durée de vie prolongée de 30%.

Juan Carlos Izpisua Belmonte explique :

“Notre étude montre que le vieillissement n’est pas obligé de fonctionner dans une seule direction. Avec une modulation prudente, il peut être inversé.”

D’après les résultats particulièrement impressionnants de cette étude, les chercheurs pensent que le vieillissement n’est pas simplement une usure physique au fil du temps, mais aussi en partie, voir principalement, le résultat d’une horloge génétique interne.

Bien évidemment, les équipes à l’origine de cette étude restent prudents. Une application humaine est encore très lointaine (des dizaines d’années) et ils ne prétendent pas non plus que le vieillissement pourrait être complètement éliminé :

“Notre objectif n’est pas seulement l’extension de la durée de vie, mais surtout l’amélioration de l’état de santé tout au long de la vie.”

 

En d’autres termes, ce que veulent ces scientifiques, c’est traiter le vieillissement plutôt que de traiter les maladies liées à la vieillesse.

Crédit photo : Salk Institute

La méthode utilisée dans le cadre de ces travaux de recherche consiste à “rembobiner” l’horloge de cellules adultes, comme celles de la peau, des muscles ou d’autres organes.

Une technique qui n’est pas nouvelle mais qui, pour la première fois, a pu être réalisée sans faire revenir celles-ci à l’état de cellules souches.

Les cellules souches sont très puissantes : elles ont la capacité de se multiplier et de se transformer en n’importe quel autre type de cellule. Il s’agit d’une technique déjà testées dans le cadre d’autres travaux de recherche pour fournir des “pièces de rechange” pour les patients. Mais les laisser proliférer au sein d’un organisme adulte augmente drastiquement le risque de cancer.

Dans les lignes du Guardian, Wolf Reik, professeur d’épigénétique au Babraham Institute de Cambridge, explique :

“Avec les cellules souches IPS vous réinitialisez l’horloge de vieillissement et revenez à zéro. Revenir à zéro, à un état embryonnaire, n’est probablement pas ce que vous souhaitez. Alors vous vous demandez : jusqu’où ‘rembobiner’ ?”

 

Les souris traitées étaient toutes atteintes d’un trouble génétique, la progéria, qui induit un vieillissement accéléré, des dommages au niveau de l’ADN, d’autres nombreux problèmes de santé et une durée de vie considérablement réduite.

A gauche : du tissus musculaire d’une souris âgée non traitée. À droite : du tissus musculaire d’une souris après « reprogrammation. » – Credit photo : Salk Institute

Après six semaines de traitements, les souris traitées étaient visiblement plus jeunes, leur peau et leurs muscles avaient repris du tonus, les dommages au niveau de l’ADN avaient diminué et leur durée de vie avait été prolongée de 30%.

D’après Juan Carlos Izpisua Belmonte :

“C’est la première fois que quelqu’un démontre que la reprogrammation cellulaire chez un animal peut fournir un effet bénéfique en termes de santé et étendre la durée de vie.”

Pour le chercheur, le travail continue et la suite semble logique :

“Nous pensons que des approches chimiques pourraient être utilisées dans des essais cliniques chez l’homme dans les dix prochaines années. (…) Ces produits chimiques pourraient être administrés dans des crèmes ou des injections pour rajeunir la peau, les muscles ou les os.”

 

Pour les anglophones, voici une vidéo qui présente le travail de Juan Carlos Izpisua Belmonte et de ses équipes :

De la tentative de

démantèlement de la Sécu

aux profits exorbitants

de l’industrie

pharmaceutique, des

malades pris en otages

Fillon, Macron, Valls le Pen et Cie ne jure que par le démantèlement de la Secu.

Alors que le gouvernement, pour satisfaire aux exigence de privatisation du secteur de la santé pour répondre aux diktats de l’UE c’est à dire aux ordres du patronat, ne cesse de faire peur aux citoyens en brandissant le « trou de la Sécu », pourquoi ne pas parler des raisons de ce trou : cadeaux aux multinationales qui ne payent plus des milliards d’euros de cotisation sociale, explosion du cout des médicaments pour gaver de profits un secteur pharmaceutique privé qui affiche des taux de profitabilités insolant.

Combien de travailleurs savent par exemple que le taux de cotisation à l’assurance-maladie a pratiquement doublé de 1945 à 1979, mais qu’il n’a pas bougé depuis, alors que la productivité elle explosait ? Dans le même temps, Fillon prévoit de renvoyer vers l’assurance privée les soins pour « la petite maladie ». Au-delà de l’exclusion des soins pour les plus pauvres, il faut rappeler que cette politique n’a qu’un but, permettre au Capital de prendre encore plus de profits sur les 450 milliards d’euros de la sécurité sociale. B Friot fait ainsi remarquer que le régime général distribue 350 milliards de prestations (de santé, de vieillesse et d’AF) pour 11 milliards de coûts de gestion, et que les mutuelles et institutions paritaires complémentaires – institutions privées – en distribuent à peine 28 pour … le même coût de gestion ! De fait à l’inverse, supprimer le remboursement des soins par les complémentaires et confier leur remboursement au seul régime général permettrait d’économiser plus que ce que la doxa appelle « trou de la sécu ».

Paul Monmaur a livré à Initiative Communiste une solide réflexion sur la branche santé de la protection sociale.

 

Réflexion sur la branche santé de la protection sociale et sur le coût des médicaments anticancéreux

Paul Monmaur (*)

La branche santé de la Sécurité sociale et le coût des médicaments anticancéreux sont des thèmes récurrents dans le discours politique dominant et à la Une des médias de masse. Généralement, ils font l’objet d’un traitement succinct et réducteur. Or, dans le contexte économique et social inquiétant que nous connaissons aujourd’hui et compte tenu de leur importance cruciale pour la santé publique, en général, et pour la survie des patients atteints de pathologies cancéreuses en particulier, ces thèmes méritent que leur soit réservé un plus une analyse plus critique.

C’est l’objectif que tente d’atteindre la modeste contribution qui suit dont l’unique ambition est d’essayer d’alimenter la réflexion et de susciter un débat démocratique, au sens propre du terme.

La protection sociale.

”Notre système de santé prend en charge à 100 % les soins contre le cancer”. Cette déclaration, reprise en boucle, correspond à ce qu’on peut entendre sur les ondes ou lire dans la presse non spécialisée. Toutefois, elle ne correspond pas tout à fait à la réalité puisque la réforme de l’assurance maladie de 2005 a institué une participation forfaitaire de 1 € à chaque consultation ou acte médical qui est à la charge de l’assuré. De même, depuis 2008, la loi a instauré une franchise de 0,5 € par boite de médicament ou par flacon, et par acte paramédical (hors hospitalisation), et 2 € pour les transports sanitaires (hors urgence). Or, les personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD) ne sont pas exonérées, par le régime général, de ces participations forfaitaires ni des franchises. Puisque nombre de mutuelles ou de complémentaires ne les prennent pas en charge, les patients sont donc contraints de les acquitter.

Des remboursements insatisfaisants

Même si les sommes considérées, pour l’heure plafonnées à 100 € par an et par personne, peuvent paraître modiques à première vue, elles le sont moins dès lors que l’on prend en considération le traitement à vie de pathologies lourdes et chroniques ainsi que la multiplication des frais des déplacements courts consécutifs qui restent à la charge des patients.

Les deux récentes réformes mentionnées plus haut nous invitent à réfléchir sur la pérennité de la branche santé de la Sécurité sociale qui a été et reste encore un remarquable système de protection contre la maladie pour l’ensemble de nos concitoyens. C’est un bien commun. Un rapide examen de son historique nous permet de constater que la Sécu (santé, allocations familiales, retraites, etc.) qui a joué un rôle crucial dans la reconstruction sociale de la France dans l’après-guerre a fait et fait encore l’objet d’attaques virulentes sur le fond. Ce faisant, elle est gravement menacée dans ses principes fondateurs et dans les missions qui lui ont été originellement fixées. Ce qui suit confirme, incontestablement, cette vue et, par voie de conséquence, encourage vivement à une mobilisation populaire pour la sauvegarde de cette remarquable institution.

 

La Sécu, une conquête sociale inestimable

La Sécurité sociale a été créée par ordonnance en octobre 1945. Comme d’autres l’ont déjà écrit dans les mêmes termes ailleurs, toutes les conditions étaient réunies pour une rupture avec le passé : un programme social inspiré du Conseil National de la Résistance sous-tendu par la volonté de mettre l’homme au centre de tous les choix, un rapport de forces favorables pour l’appliquer (un puissant Parti Communiste et 5 millions d’adhérents à la Confédération Générale du Travail – CGT – ), une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la Résistance, une oligarchie déconsidérée par sa grave collaboration avec les nazis, le régime collaborationniste de Vichy gravée dans la mémoire collective. S’y ajoutent des hommes capables d’incarner ce mouvement, comme, par exemple, le communiste Ambroise Croizat ministre du travail et de la Sécurité sociale qui a été le véritable moteur politique de la mise en place de la Sécurité sociale, le gaulliste Pierre Laroque, haut fonctionnaire talentueux chargé de la partie technique de la mise en œuvre et des salariés engagés, CGTistes notamment, qui ont joué un rôle central dans la construction et la gestion des caisses locales. Bref, des conditions qui fondent tout changement sociétal majeur.

 La jeune institution était financée par les cotisations des salariés et les cotisations des employeurs.

Le financement de la jeune institution, assuré par les cotisations des salariés et celles des employeurs reposaient donc sur les actifs et non sur l’impôt. Elle était gérée par l’ensemble des partenaires sociaux représentés par les syndicats de travailleurs et les organismes patronaux dans la proportion de ¾ et ¼, respectivement. Les salariés avaient donc la totale maîtrise de la gestion d’un budget égal voire supérieur à celui de l’Etat français. Le régime général donnait droit aux malades, quel que soient la nature de leurs pathologies et le montant de leurs cotisations calculées en % du salaire, d’accéder aux soins ! Ce faisant, il donnait une forte impulsion au développement de la médecine, des hôpitaux et de la recherche médicale. Bref, la ”SECU” était née. Fondée sur la base de valeurs humanistes telle que « l’universalité », la « solidarité » et la « démocratisation » des progrès et découvertes des sciences du vivant, elle mettait définitivement l’homme à l’abri du besoin. Il s’agit là d’une conquête sociale historique à portée considérable.

Tentative de démantèlement

Mais, durant les « trente glorieuses » qui ont suivis, le rapport de forces entre les masses populaires et les élites politiques, universitaires, économiques et financières s’est progressivement retourné en faveur de ces dernières. Le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) qualifie aujourd’hui les cotisations patronales de ”charges sur les entreprises”, un dysphémisme destiné à faire accepter, dans l’inconscient populaire, l’idée que les allègements constamment demandés par les chefs d’entreprises sont légitimesCe revirement dans le rapport des forces est dû, pour l’essentiel, à l’immense activisme politico- médiatique des oligarques français bien sûr, mais aussi européens et états-uniens qui se retrouvent unis dans cette tâche de reconquête du pouvoir et de sa confiscation à leur profit. La Sécu, cette remarquable construction sociale solidaire et universaliste, édifiée par des hommes d’exception, et inscrite dans la loi, a alors été soumise à des attaques vindicatives incessantes qui se poursuivent aujourd’hui. L’excellent documentaire cinématographique de Gilles PERRET, intitulé « La Sociale », sorti en salle le 9 novembre 2016, retrace les grandes lignes des conditions dans lesquelles a émergé la Sécu dans une période socialement féconde de l’histoire contemporaine mais aussi les lourdes menaces qui planent sur elle. Un film documentaire à ne pas manquer.

Il n’est pas question ici de décrire, par le menu et de façon exhaustive, les assauts successifs qu’a subis la Sécurité sociale depuis sa création. Le résumé, même succinct, des plus marquants d’entre eux suffit à appréhender la nature et l’étendue de leurs effets.

Une offensive conséquente contre la Sécu a été conduite par le gouvernement du général de Gaulle qui imposa, en 1967, la parité entre représentants des salariés et ceux du patronat à la tête de la Sécu. Cette réforme est une étape clé dans l’évolution de cette institution car elle donnait, de facto, le pouvoir absolu à ces derniers qui bénéficiaient du soutien des syndicats ”réformistes” acquis à leur cause, tel que la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) ou encore la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC). Les salariés étaient dépossédés des prérogatives gestionnaires qui étaient les leurs jusque-là, dépossession qui s’est faite au détriment de tous les assurés sociaux, notamment des plus démunis.

Dès lors, l’assurance maladie a pris une place déclinante dans le financement de divers soins, notamment bucco-dentaires, oculaires, et auditifs considérés comme soins de confort. A titre d’exemple, sa participation dans les soins bucco-dentaires est passée de 36% à 33 % entre 2006 et 2014 selon un rapport récent de la Cour des Comptes. Ce désengagement de l’institution a conduit les Français qui en ont les moyens financiers à recourir aux mutuelles ou complémentaires privées, afin d’obtenir un meilleur remboursement des frais croissants de santé. Les plus pauvres, de plus en plus nombreux, renoncent à ces soins ce qui n’est pas sans conséquences sur leur état sanitaire et sur la qualité de leur vie. Les principes fondateurs de la protection sociale, c’est à dire l’universalité et la solidarité, s’en trouvent donc significativement ébranlés.

La réforme accomplie par le gouvernement d’Alain Juppé marque une nouvelle inflexion, forte et régressive elle aussi, dans la trajectoire de la protection sociale. Alors que le taux des cotisations à l’assurance maladie a pratiquement doublé entre 1945 et 1979, il n’a plus augmenté depuis. Pour compenser cette stagnation du taux de cotisation mais aussi les exonérations de la part patronale accordées dans le but ”d’inciter” à l’embauche, A. Juppé a créé, en 1996, la caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) qui fait appel, sous forme d’emprunts, aux marchés des capitaux ! C’est ce déficit, comblé principalement par l’emprunt, que la Doxa appelle le « trou de la Sécu ». Au motif de le résorber, les politiques néolibérales successives ont pris un certain nombre de mesures antisociales comme la création d’un nouvel impôt (CRDS, 1996), le déremboursement d’un nombre croissant de médicaments, une participation forfaitaire des assurés par acte médical et une franchise sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports.

Un déficit en trompe l’œil

Or il existe d’autres pistes capables de combler le déficit dont il est question. Par exemple, le régime général distribue 350 milliards de prestations (de santé, de vieillesse et d’allocations familiales) pour 11 milliards de coûts de gestion, alors que les mutuelles et institutions paritaires complémentaires en distribuent à peine 28 pour le même coût de gestion ! Supprimer le remboursement des soins par les complémentaires et le confier au seul régime général permettrait d’économiser 17 milliards, donc plus que le fameux « trou de la Sécu » artificiellement créé et maintenu !

En outre et en toute rigueur, seule une hausse massive du taux de cotisation (et donc des salaires bruts pour qu’elle n’ait pas d’impact à la baisse sur les salaires nets) peut permettre de renouer avec l’amélioration continue du système de santé que nous avons connue dans les années 1960-70 et de faire face aux surcoûts des thérapies innovantes. La création d’un salaire universel suggérée par le sociologue et économiste Bernard Friot, soumis à cotisation, consoliderait durablement le système.

Dans le but d’éponger une dette publique « largement illégitime » qui frappe de plein fouet les intérêts des classes populaires, l’Etat réduit drastiquement le budget de la fonction publique hospitalière. Il en résulte la fermeture de spécialités médico-chirurgicales, de blocs opératoires, une réduction massive du nombre de lits ainsi que la suppression de plusieurs milliers de postes. Le personnel médical et paramédical en place, sommé de faire du rendement, voit s’accroître sa charge de travail et l’étendue de ses responsabilités augmenter. Il est surmené. Nombreux sont celles et ceux qui sont « descendus manifester » dernièrement dans la rue pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus insupportables et la détérioration croissante dans l’accueil des patients. La chirurgie ambulatoire est généralisée dans toute la mesure du possible, ce qui revient à faire supporter aux familles non équipées et non préparées les soins post-opératoires… Une double peine pour elles ! Alors qu’un plan triennal de 3,5 milliards d’économies supplémentaires sur les hôpitaux est mis en œuvre, l’évasion fiscale évaluée à 60 ou 80 milliards par an, n’est que parcimonieusement et mollement traquée et les fraudeurs quasiment jamais condamnées. Des sommes considérables qui pourraient financer toutes les urgences sociales et plus encore.

Plébiscité par l’aile droite du parti ”Les Républicains » lors des primaires de novembre 2016 et candidat à l’investiture suprême de 2017, l’ultralibéral François Fillon est en position d’être élu président de la république. Proche d’Henri de Castries ex PDG du géant d’assurance privée AXA et président du groupe Bilderberg, François Fillon est porteur d’un projet de réforme majeure et radicale de la Sécu qui, selon lui, « prend l’eau de partout » (sic) ! Si elle venait à être mise en œuvre, cette réforme porterait, sans aucun doute, un coup fatal à l’assurance maladie. En effet, cette dernière se concentrerait sur le remboursement des hospitalisations et du traitement des affections lourdes et de longue durée, abandonnant aux mutuelles et assurances privées le remboursement de toutes les autres dépenses de santé, notamment celles dites de la ”médecine de ville” ! Si l’on prend en compte la participation de 1 € et la franchise sur les médicaments dont il a été question plus haut, ce nouveau dispositif ferait peser un reste à charge de plus en plus lourd sur les ménages. Il serait insupportable pour les plus modestes d’entre eux contraints alors de renoncer aux soins sanitaires de base.

Par ailleurs, des praticiens alertent les pouvoirs publics sur le fait qu’il y a des maladies courantes qui sont facilement traitées et ce, à coût réduit, dès lors qu’elles sont prises en charge dans la phase précoce de leur développement. Si, en revanche, elles n’étaient pas ou étaient mal soignées à leur émergence, elles pourraient, sur le long terme, évoluer en pathologies graves et durables exigeant le recours à des thérapies lourdes et extrêmement coûteuses. C’est le cas, en particulier mais non exclusivement, des maladies contagieuses (tuberculose, grippes classiques ou aviaires, etc.) qui, de surcroît, ne manqueraient pas de se propager rapidement à partir de quelques foyers circonscrits, et de s’étendre en pandémies incontrôlables. On entrerait donc là dans un cercle qui, au regard du plan comptable pour ne considérer que lui, ne serait pas vraiment vertueux ! C’est le moins que l’on puisse dire.

Mais ce n’est pas tout. Le projet de réforme Fillon concerne aussi le financement de la Sécu. Celle-ci serait financée par l’impôt, via une augmentation de plusieurs points de la TVA qui est, rappelons-le, un prélèvement obligatoire très inégalitaire. Parallèlement, l’impôt sur la fortune (ISF) serait supprimé ! Des idées qui sont aussi celles de l’aile droite du MEDEF. L’Etat qui a la totale maîtrise de la gestion des fruits du fisc pourrait alors librement décider, au motif d’économies, de soutenir financièrement les secteurs publics qu’il estime prioritaires, cela au détriment des autres considérés comme secondaires ou temporairement moins urgents. Dans un contexte d’austérité chronique qui s’accentue, la santé n’échapperait sûrement pas à la logique de cette politique comptable régressive. Pour mémoire, c’est l’impôt qui finance la protection sociale dans la plupart des autres pays européens. Or, les peuples concernés ”envient” le système de santé français fondé sur l’universalité, la solidarité et la non-discrimination, alors même qu’il est honni par les élites politiques, oligarchiques et patronales de l’Union Européenne (UE). Organe très influent de l’Union – quoique ses membres ne soient pas élus – la ”Commission” exerce d’énormes pressions en faveur de la privatisation et de la mise en concurrence des biens communs que sont les organismes publics. Il y a donc péril en la demeure !

Assurances privées, une escroquerie sociale

Il n’échappe d’ailleurs à personne que les politiques libérales visent, à terme, à remplacer l’assurance maladie universaliste et solidaire par des assurances contractées individuellement auprès d’organismes privés qui poseraient bien entendu leurs conditions, cela au cas par cas.

Source de juteux profits, ce système segmenterait les populations, les désuniversaliserait et les désolidariserait ! C’est ce système qui prévaut aux Etats-Unis. Alors que ce pays est le plus puissant du monde, il compte, comparé aux Etats les plus développés de la planète, le pourcentage le plus élevé de citoyens contraints de renoncer aux soins médicaux courants, y compris ceux de première nécessité, faute de pouvoir les payer.

C’est ce vers quoi nous allons et c’est la situation que nous connaîtrons s’il n’émerge pas, en France, et ce rapidement, une prise de conscience populaire autour de laquelle s’organiserait une résistance forte et déterminée capable de s’opposer à ces graves dérives ou, pour le dire plus simplement et sans détour, au démantèlement planifié du système de protection sociale hérité du Conseil National de la Résistance. A l’évidence, les malades atteints du cancer et ceux victimes d’autres pathologies lourdes et chroniques sont les mieux placés pour lancer un appel à la mobilisation et au militantisme créatif, indispensables au succès de ce combat.

”Nous avons, en France, la chance que notre système de santé prenne en charge à 100 % les soins contre le cancer ” est une autre déclaration qui est très médiatisée. Le mot « chance » est celui qui est quasi systématiquement utilisé par des élites politiques, oligarchiques et patronales, lorsqu’elles parlent de la Sécu à la française. Comme si on avait tiré, par un heureux hasard, le numéro gagnant d’une généreuse tombola divine. Or la Sécu n’est pas un privilège qui nous vient du ciel. C’est exactement le contraire comme on l’a vu plus haut. Ignorer ces faits ou ne pas les divulguer ouvre un boulevard à ceux qui, par intérêts partisans et par médias interposés, s’emploient activement à occulter l’histoire contemporaine et à endormir la mémoire collective populaire afin de mieux démanteler notre système de protection sociale que le monde entier nous envie.

 

Le coût des médicaments anticancéreux.

”On ne peut qu’inviter toutes les parties prenantes décisionnaires dans les coûts des médicaments à se réunir autour d’une table dans le seul intérêt du patient que nous sommes tous potentiellement amenés à être un jour”. Une déclaration bien rodée d’hommes politiques et de journalistes invités sur les plateaux de télévisions aux heures de grande écoute, mais un vœu pieux dans un contexte où les pouvoirs publics tendent à abandonner l’essentiel de la recherche/développement, de la fabrication et de la distribution du médicament à une économie privée mondialisée dont le moteur est la recherche du profit et son optimisation.

Le médicament n’est pas une marchandise comme une autre

Les sociétés pharmaceutiques ne sont pas des entreprises philanthropiques, ce qu’elles ne revendiquent nullement d’ailleurs. Elles fondent leurs activités sur la base de la loi du marché libre et sont mues par la recherche du profit maximum dont elles versent une partie sous forme de dividendes à des actionnaires plus intéressés par le chiffre d’affaires de la société que par les retombées sanitaires des médicaments qu’elle produit et met sur le marché.

Ce point de vue trouve une parfaite illustration dans les scandales sanitaires médiatisés du Médiator et de la Dépakine qui agitent aujourd’hui le monde médical et les milieux d’affaires pharmaceutiques. Il se trouve aussi conforté, et ce largement, par le prix insoutenable et injustifié des nouveaux médicaments contre le cancer, celui de l’Imatinib (Glivec) notamment qui, en vertu de son effet thérapeutique révolutionnaire, est retenu ici comme exemple. Il faut rappeler que la facture liée à la politique actuelle des prix du médicament participe significativement au creusement du déficit structurel de notre système de protection sociale.

Un chantage de l’industrie pharmaceutique

Dans un article publié le 30 mai 2013 dans la prestigieuse revue scientifique américaine ”Blood”, 119 experts en leucémie myéloïde chronique (LMC) attirent l’attention sur le prix anormalement élevé des médicaments innovants contre le cancer et dénoncent le prix exorbitant du Glivec produit en 2001 par le laboratoire pharmaceutique Novartis. A cette date, son prix, calculé en fonction de celui de l’Interféron qui était alors le traitement standard, a été évalué à 30 000 dollars par an. Comme le coût d’introduction d’un nouveau médicament sur le marché est estimé à 1 milliards de dollars, tout frais inclus, y compris la publicité, le retour sur investissement du Glivec était pleinement réalisé en moins de 3 ans. Et ce, sur le seul sol des Etats-Unis. Le surplus est donc allé et va toujours aux dividendes versés aux actionnaires et au ”capital”.

En raison de l’efficacité inattendue du Glivec, Novartis a fait exploser son prix qui est passé, en quinze ans, de 30 000 à 120 000 dollars annuel, sans que le service médical rendu ait été amélioré. Une étude a révélé qu’en 2012, la vente de ce médicament dégageait un revenu annuel de 4,7 milliards. Le jackpot ! Or, aux USA où il n’y a pas de couverture sociale universelle, le prix exorbitant de certains médicaments est la raison la plus fréquente d’une mauvaise observance et de l’interruption inappropriée du traitement par les patients. Elle est aussi la cause de nombreuses faillites familiales… En France il est en grande partie responsable du déficit structurel de la Sécurité sociale ; en Grande Bretagne, il est à l’origine du déremboursement de traitements efficaces. Bref, en Europe, il met en danger les systèmes de protection sanitaire et, dans les pays émergents, il contraint les patients pauvres à renoncer aux soins de première nécessité.

Une solution les génériques ?

Dans plusieurs articles récents, des professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme et proposent des pistes pour juguler l’explosion du prix des médicaments anticancéreux afin de sauver les organismes de protection sociale existants et permettre l’accès aux soins de millions de malades précaires de par le monde. La plus efficace, en tout cas dans l’immédiat, est sans doute celle prévue par l’article L613-16 du code de la propriété industrielle et les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) selon lesquels le gouvernement peut légalement autoriser les laboratoires pharmaceutiques concurrents à produire des génériques des anticancéreux dont les prix de vente sont surévalués. Mais rien ne prouve que cette solution ait la capacité de s’imposer durablement tant les firmes pharmaceutiques, majoritairement privées, se retranchent derrière le secret des affaires, arguent des sommes gigantesques en valeur sociétale créées par les médicaments de dernière génération, et connaissent le prix que sont prêts à payer les patients pour leur survie. Ces derniers sont les otages de l’industrie du médicament qui, de ce fait, pèse un poids déterminant face aux experts médicaux, aux politiques et hauts fonctionnaires – loin d’être tous exempts de conflits d’intérêts – impliqués dans les négociations multilatérales pour la fixation des prix.

Un contingentement intentionnel

Enfin, il existe, et ce de plus en plus fréquemment, des ruptures d’approvisionnement des médicaments ”essentiels” dues à une demande croissante de pays qui acceptent de payer le meilleur prix. Il y a également un contingentement de médicaments vitaux organisé par les laboratoires pharmaceutiques et/ou les distributeurs grossistes afin de maintenir les prix à leur niveau le plus élevé. Jusque-là épargné, le Glivec est aujourd’hui victime de cette stratégie de marketing intentionnelle des industriels pharmaceutiques, cela en violation de l’article 12 de la loi du 25 mars 1964 sur les médicaments stipulant une obligation de disponibilité continue des produits de sorte que le pharmacien puisse répondre à tout moment à la demande d’un patient. Afin d’optimiser les profits, certains médicaments sont fabriqués sur un seul site, excentré de surcroît, éloigné des sources naturelles d’approvisionnement en matières premières et exposé à des arrêts d’activités fréquents en raison des mouvements sociaux déclenchés par des salaires à bas coût et/ou d’exécrables conditions de travail. Ces situations à hauts risques mettent en danger la vie des patients atteints de maladies fatales.

Nous devons garder présent à l’esprit que les firmes pharmaceutiques ont un libre accès aux données scientifiques produites par les organismes de recherches publics et les universités. Fruits d’une recherche dite fondamentale généralement financée par des fonds publics, des fondations, des donations et des mécénats, elles sont exploitées par des industriels sans véritable contrepartie financière. C’est d’ailleurs suite aux travaux pilotes fondamentaux du professeur Brian Drucker, directeur du Knight Cancer Institut de l’Université des Sciences et de la Santé de l’Orégon, USA, que le développement de l’Imatinib (commercialisé par la firme suisse privée Novartis sous le terme de Glivec) a pris un essor considérable en raison de son efficience dans la lutte contre la LMC. Il sert aujourd’hui de modèle phare aux recherches fondamentales, appliquées et cliniques conduites dans le domaine de l’Oncologie.

De par le monde un combat commun

Sur la base des observations et considérations qui précèdent, nous devons exiger, au nom du bien commun qu’est la santé, que la loi du 25 mars 1964 sur le médicament soit respectée mais aussi et surtout que la recherche-développement, la fabrication et la distribution des médicaments d’intérêts majeurs pour lesquels il n’y a pas d’alternative thérapeutique, soient totalement pris en charge par les pouvoirs publics et les services publics dont l’une des principales missions est de garantir la protection des citoyens, de tous les citoyens.

En parallèle à ces exigences légitimes, les associations de patients atteints d’affections de longue durée doivent redoubler d’effort et dans leurs échanges avec leurs homologues européennes bien sûr, et partout ailleurs afin de porter des propositions similaires au niveau européen et international, le phénomène des prix insupportables et injustifiés des médicaments efficaces et les ruptures intentionnelles de leur approvisionnement n’étant pas limité au seul territoire national.

Paul Monmaur, universitaire, retraité.

 

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/demantelement-de-la-secu-aux-profits-exorbitants-de-lindustrie-pharmaceutique/

Le « Trou » de la Sécurité

Sociale est un trou

« fictif » !

 

La fameuse expression "déficit de la Sécurité Sociale" est une légende urbaine, un mythe, une mystification, un mensonge, une manipulation dialectique et comptable.

Alors comme nous l'annoncent à l’Olifant, les médias « mainstream », Fillon qui se pose déjà en futur Président de la République, voudrait combler le « trou de la Sécurité Sociale », se comparant aux Danaïdes vidant leur tonneau d'eau dans un puits sans fond. Nous sommes décidément dans la légende, combler un trou qui n'existe nulle part ailleurs que dans l'imagination féconde des politiciens relève de l'escroquerie, serait-on dans l'anti-matière ?

Pour démontrer cette « escroquerie » politicienne et médiatique, qui, depuis 1994 culpabilise l'opinion publique, les assurés, les Français, je propose un bref rappel historique.

Dès 1945, la Sécurité Sociale a été créée par le Comité National de la Résistance – CNR –

Née dans les maquis de la résistance, la Sécurité Sociale sera donc instaurée par le Gouvernement de Gaulle qui, confronté à la mauvaise foi du patronat devant l'avancée sociale de la création de la Sécu, et pour mettre un terme à cette obstruction des réactionnaires, fit voter deux ordonnances.

4 et 19 octobre 1945, créant l'organisation et fusionnant toutes les anciennes assurances (maladies, retraites), créant ainsi une nouvelle forme de prise en compte du social, sur le modèle « bismarckien, avec gestion par des partenaires sociaux et financement par des cotisations à la charge des employeurs et des salariés. Refonte du système des assurances des années trente, et reconnaissance du rôle des mutuelles, ainsi que de certains régimes dits « spéciaux » datant d'avant-guerre.

Sous la IIIe république, dès 1926, des caisses de protection des salariés sur le mode de gestion patronat/ouvriers existaient d'ores et déjà, mais combattues par le patronat, très remonté contre toute idée de protection sociale chez les classes laborieuses.

En 1945/46, les patrons, sentant l'offensive gaulliste très impliquée sur le terrain social, s'arc-boutent contre le projet et sa mise en place, avec la même vigueur manifestée contre les lois sociales des années trente, poussant leurs habituels cris d'orfraie, les assureurs se mettent de la partie, toujours sur le même mode accusatoire, - Avec une sécurité sociale, nous serons « spoliés » d'un marché qui nous échappera et qui nous revient de droit.

On peut imaginer que le marché des assureurs de l'époque était déjà très juteux. Nous remarquerons donc que la guerre menée par le patronat contre la Sécurité Sociale ne s'est jamais démentie, le patronat n'a jamais déposé les armes contre la SS, bien au contraire, il s'est raffermi, l'UE et Maastricht leur offrant plus que jamais, l’occasion de reprendre leur guerre de tranchée et leur revanche !

La création de la Sécurité Sociale s'appuie sur l'article 22 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui dit ceci :

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille... les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires, elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté ».

Alors, à moins de supprimer de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, cet article conséquent, fondamental, on ne voit toujours pas la légitimité des gouvernements successifs depuis 1994, (Maastricht), à entamer des coupes sombres dans la SS, au nom d'un prétendu trou ou « déficit structurel » pour reprendre le langage technocratique en cours, dans les arcanes du pouvoir, pour entamer des coupes sombres dans la Sécurité Sociale, et de compromettre de facto, l'égalité pour tous aux libres accès aux soins, un acquis qu'il faut considérer comme inaliénable. Acquis de haute lutte, faut-il le rappeler ?

C'est d'ailleurs la base d'une société équilibrée. Une population en bonne santé sera toujours un facteur de vitalité pour un pays. A moins de vouloir détruire ce même pays, la France, en l’occurrence, quoi de mieux que d'empêcher les gens de se soigner correctement, que de détruire la Sécurité Sociale, pan après pan ? Oh ! Pas d'un coup, mais sournoisement, à l'aide de la propagande mainstream qui aura elle aussi une grande part de responsabilité dans la diffusion de la légende urbaine : le fameux « déficit structurel » de la sécurité sociale.

Avec une étonnante constance donc, tous les ministres en charge des affaires sociales se sont employés à la démolition de la création du CNR, leur cauchemar, leur terreur de voir passer sous leur nez le marché prometteur, tous attelés au char patronal, pour remettre en question ce droit fondamental des Français, l'accès aux soins gratuits.

Alors, sur quelles règles comptables s'appuient le (les) gouvernements pour déclarer la Sécurité Sociale déficitaire, pour en déduire un déficit structurel, un « trou causé par des dépenses exorbitantes des Français pour se soigner », dans la branche maladie de la Sécurité Sociale, dans un premier temps, avant de s'attaquer de façon concomitante à la branche retraite et chômage ?

En 2014, le rapport de la cour des comptes publiait : le « trou de la Sécurité sociale » aurait atteint (régime général + fonds de solidarité vieillesse), 16 milliards d'Euros.

Mais ce rapport complète son information par ceci :

« Le montant de la « fraude patronale » aurait atteint 20 à 25 milliards d'Euros en 2012 ».

Information bien entendue, cachée au grand public, qui croit peut-être naïvement que ce sont les assurés sociaux responsables de leur propension à aller se soigner – comme tout être normal - et à accroître le trou de la sécurité sociale, trou qui n'existe que dans l'imagination perverse de ceux qui trouvent intérêt à répandre cette manipulation de chiffres et de dissimulation de la vérité d'une situation largement fantasmée, dans un seul but : la PRIVATISATION TOTALE ET A TERME DE LA SECURITE SOCIALE POUR LA LIVRER AU PRIVE -

Quoi de plus simple ? Obliger les Français à passer par le privé pour contracter des assurances « privées », des mutuelles « privées », dont le volume quantitatif en bénéfices engrangés sera, on le devine exponentiel, marché prodigieux, qui explosera dans les années à venir et que l'existence même de la Sécurité Sociale empêcherait de s'épanouir, et que les lobbies très actifs auprès des politiciens leur présentent comme le nec plus ultra de toute société libérale avancée, à la Thatcher, le modèle sans alternative de Fillon ! Des politiciens prêts à se plier aux exigences d'un patronat, d'un MEDEF, tout puissant, hors de contrôle.

Je ne rentrerai donc pas dans les considérations personnelles des politiciens et de leurs motivations personnelles à se plier aux lobbies, ce n'est pas de mon ressort.

Par contre, je constate que les politiciens ne sont pas en déficit de « mensonges », non plus.

Que nous disent ces chiffres transmis par la cour des comptes ?

Tout simplement, ils nous expliquent que du côté de l'Etat et du Patronat, les taxes destinées à la SS, qui devraient lui être reversées, ne le sont pas, hélas, elles avaient été prévues en partie pour cela, c'est un peu comme l'histoire de la vignette automobile souvenons-nous, en direction des personnes âgées, qui n'ont jamais été reversées.

1/ Les taxes sur le tabac. Ne sont pas reversées – représentent 7,8 milliards d'Euros.

2/ Les taxes sur l'alcool – Ne sont pas reversées – 3,5 milliards d'Euros

3/ Les Primes d'assurances automobiles – Ne sont pas reversées - 1,6 milliard d'Euros

4/ Les taxes sur les industries polluantes – Ne sont pas reversées - 1,2 milliard d'Euros

5/ La part de la TVA – n'est pas reversée – 2,0 milliards d'Euros

6/ Retard de paiement par les entreprises – Ne sont pas reversés - 1,9 milliard

En soustrayant le total des taxes, au prétendu « trou », nous avons donc un excédent de 9 milliards d'Euros.

Pourquoi ce « déficit structurel » ne peut pas exister dans un organisme tel que la Sécurité Sociale ?

Parce qu'il ne s'agit ni d'une société, ni d'une entreprise, mais d'un organisme paritaire, soumis à des règles comptables, inapplicables en entreprises, tout comme les règles comptables d'un organisme paritaire ne peuvent être comparées aux règles comptables entrepreneuriales.

Tout économiste qui se respecte le sait très bien, le patronat le sait très bien, le gouvernement aussi, mais ils diffusent leurs discours pipés, pour faire admettre dans l'esprit des gens que la sécurité sociale, cela se gère comme une société ou un budget familial. Rien de plus faux, car :

La Sécurité Sociale a été fondée, dès le départ en 1947, sur le principe des transferts entre les caisses, « qui n'ont rien à voir avec les dépenses des assurés », et que les successives « exonérations des charges patronales non compensées par l'Etat, ont fabriqué une situation ambiguë, complexe, sur laquelle se sont engouffrés les ultra-libéraux et le patronat en tête, pour dire Stop à la Sécurité Sociale et bienvenue à la privatisation !

Selon le rapporteur de la Commission des Comptes de la SS,

« La SS n'existe pas comme entité comptable ». (Julien Duval)

Mieux, les économistes le reconnaissent pleinement :

«  Le trou de la SS ça n'existe pas, et en traiter, c'est traiter de quelque-chose de non identifié ».

Autrement dit, pour imposer, à terme, les lois du Marché, et du Privé !, on invente une théorie totalement artificielle, basée sur du vent, suffisamment diffusée dans l'opinion publique pour que cette dernière, c'est-à-dire, nous, les assurés, commencions à apporter du crédit à ce que nous racontent Médias et Gouvernement, nous culpabilisant suffisamment sur un trou « fictif » dont nous serions les seuls responsables, et coupables d'aller nous faire soigner. Dès 1994, l'on a commencé réellement à parler de « trou de la sécu », et à répandre le bruit dans la population.

L'angle d'attaque est d'autant plus minable que pour soi-disant combler un trou, on invente toute une séries de mesures aussi incompréhensibles les unes que les autres. Ce seront donc les assurés qui seront lésés par tout un panel de mesures absconses, mais toujours aucune participation du patronat, et ce seront les assurés qui seront appelés à participer à cette entreprise de dénigrement public de la SS et de renflouement d'un déficit structurel qui n'existe pas.

Pour tous les assurés, dorénavant.

1/ 1 euros sur les consultations médicales.

2/ consulter obligatoirement un généraliste avant de voir un spécialiste (? ???!!!)

3/ pour tout traitement de plus de 91 euros, l’assuré déboursera de sa poche 18 euros.

4/ Déremboursement des médicaments dont la liste est publiée.

5/ Taxe de 0,50 E, sur les boites de médicaments.

Pendant ce temps...

Nous assistons à une désertification des médecins dans les campagnes, dans les zones de montagne, dans les petites et moyennes agglomérations, où les départs des médecins à la retraite ne sont jamais remplacés.

Tous les jours nous assistons à des dizaines de fermetures de cabinets d'infirmiers.

On demande aux pharmaciens d'assurer les vaccinations, ce qui enlève du travail aux infirmiers-res.

On met en avant un néologisme insupportable : la « bobologie » !

On dérembourse les médicaments dits de conforts, mais ce confort-là est inhérent aux conditions de guérison des malades, jeunes et vieux...

Etc...

Nous pouvons compter sur Fillon pour un serrage complet de vis, si cet ultra-libéral accédait à la magistrature suprême.

Les mesures préconisées par l'équipe de Sarkozy, étaient les premiers jalons d'une complexité des mesures notamment au plan médical, comme par exemple, et pour n'en citer qu'une, Xavier Bertrand, (UMP) en 2012, faisait créer un secteur optionnel prévoyant que les chirurgiens anesthésistes, réanimateurs et gynécologues inscrits en secteur 2 pourraient faire le choix de ce nouvel espace tarifaire qui suppose de réaliser 30 % de ces actes au tarif de la SS, et de ne pas dépasser 50 % de ce tarif pour le volume restant. Les complémentaires santé (nous y voilà) donc le privé, devraient prendre en charge l'intégralité de ces dépassements encadrés sous peine de perdre les aides fiscales. Tiens donc !

Avec l'arrivée de Hollande et son ennemie la Finance, en 2012, la création d'une TVA sociale est fortement envisagée.

Rebaptisée TVA compétitivité, le taux des cotisations patronales ne sera plus uniforme, mais variable selon le niveau de rémunération du salarié. On peut imaginer la satisfaction du MEDEF devant ce beau plateau d'amuse-gueules précédant le plat de résistance, la loi du Travail ! Avec amputation des salaires, un code du travail dépouillé de sa substance, etc.. Or, s'il y a baisse des cotisations patronales, il faudra compenser par la TVA de « compétitivité » une hausse de 2 point de la TVA dite sociale. En clair, un gros enfumage, dont l'intérêt direct est de faire payer cet impôt indirect par tous les Français, un des impôts les plus injustes qui existent, car il pénalise l'ensemble de la population.

Fillon nous repassera le plat en 2017, reprenant cette TVA relevée de 2 point, oui, oui, il l'a dit et serait bien capable de le faire, s'il était élu. Nous sommes à nouveau dans le schéma analogue de 2012, lors du budget rectificatif.

Je rappelle qu'il s'agit toujours de mesures phares, et considérées comme particulièrement sociales, par un gouvernement obsédé par son souci de préserver le MEDEF et de le soustraite à ses engagements et ses obligations.

Il est évident que ces politiciens mènent une croisade contre le peuple, tous obéissants qu'ils sont aux directives ultra-libérales d'une Europe anti-sociale.

Marisol Touraine, ministre du gouvernement Hollande, nous annonce la fin du trou en 2016. Elle peut être rassurée, l'opinion publique a parfaitement intégré le conte à dormir debout, après le matraquage en règle des pouvoirs politiques, médias et instituts de sondages. La SS, il n'en reste quasiment plus que des oripeaux, bien que le gouvernement continue à nous annoncer un déficit « structurel » de 4 milliards d'Euros. Déficit pour le FSV (Fonds de Solidarité Vieillesse) autre composante de la Sécu qui verse les cotisations retraites des chômeurs et le minimum vieillesse.

Alors, on s'en prendrait aux petits vieux, aux chômeurs, c'est pas très joli, joli, tout ça !

Pourquoi ce genre d'annonce ?

Extrapolons. En clair, une annonce telle, c'est déjà la couleur de 2017, où le prochain président renversera la table et fera tout ce qu'il sera en son pouvoir pour supprimer totalement la SS. Un quinquennat n'aura pas suffi avec Hollande, il faudra certainement le prochain pour que nous voyons tous nos droits supprimés, ces mêmes droits nés, en 1946, dans l'esprit de gens soucieux du bien commun.

 

 

Sources :

www.senat.fr/dossier-legislatif/ppf11-432.htlm

www.acrimed.org/Les-medias-et-le-fameux-deficit-de-la-securite-sociale

(Julien Duval) 2007- ouvrage extraits du « Mythe du « trou de la Sécu ».

Editions Raisons d'Agir.

Consensus-Lieux Communs nés de rapports de force au sein du « jeu politique ».

Pouvoirs politiques-médias-et institut de sondages.

Julien Duval. Une réforme symbolique de la SS – Les Médias et le « trou de la Sécu ».

Actes de la recherche en Sciences Sociales – 2002 – N° 143

Henri Bergeron et Patrick Castel : Sociologie politique de la Santé – PUF – 2015.

Albert Ricchi. Agoravox – Le Mythe du « déficit » de la Sécurité Sociale. (article du 30 octobre 2007)

www.agoravox.fr/actualités/politiques/article/le-mythe-du-deficit-de-la-securite-30961

Serge Canasse – www.carnetsdesante.fr/Le-trou-de-la-secu-n-existe-pas. Février 2015

www.cntaittoulouse.lautre.net/spip-php – article 693

www.le libre penseur.org/le-trou-de-la-securite-sociale-existe-t-il-vraiment

 

ameli.fr/l-assurance-maladie/textes- reglementaires/index.php

26 janvier 2017

 

Sécurité Sociale, quoi de neuf pour 2017 ? ….

Avant les élections, un gros chantier en perspective pour « améliorer » la Sécu. Avec la disparition annoncée du honni RSI***, dont les indépendants connaissent la gestion plus que problématique des appels de cotisation. En fait c’est le nom qui changera, la mission reste la même, le recouvrement des cotisations et les plis recommandés à la pelle, pour les « en retard ». Souhaitons que ce ne soit pas un tuyau de plus, à l’usine à gaz existante.

Une baisse de cotisations pour les retraités

Le premier grand changement pour les Français va concerner les cotisations de CSG qui vont baisser pour un demi-million de retraités. Il avait été envisagé que cela puisse concerner jusqu’à un million de personnes mais cela aurait coûté trop cher…

500 000 retraités dont les revenus sont inférieurs à 1 018 € seront exonérés de CSG, et pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 1 331 €, ils seront soumis au taux réduit. Avantage mensuel : entre 50 € et 60 €. Une petite compensation alors que les retraites continuent d’être gelées.

Hausse du tabac et fin du RSI

Les fumeurs, dont le mois de novembre est dédié à l’arrêt de la cigarette, devront débourser encore plus cher pour acheter leur tabac. Le prix du tabac à rouler va bien passer à 8,60 € au lieu de 7,50 €. Quant à la taxe sur les fabricants de tabac, le gouvernement a manifestement trouvé une astuce pour la faire passer : elle ne touchera pas les fabricants directement mais Logista, l’entreprise qui distribue les cigarettes de quasiment toutes les marques chez les buralistes. Et cette dernière ne manquera pas de compenser le manque à gagner en reportant la taxe sur les paquets.

Le RSI, le régime social des indépendants va disparaître pour s’appeler Pajemploi. Mais, contrairement à ce qui avait été évoqué, le RSI ne rejoint pas les rangs du régime général de la Sécurité Sociale, il reste géré par l’URSSAF. Le nom change, mais pour ceux qui travaillent avec depuis des années, rien ne change, sauf le nom de celui qui enverra les lettres recommandées.

Source: auteur Paolo Garoscio pour  Radins.com

Les « bonnes nouvelles » continuent sur Radins.com avec:

L’ANSM autorise la vente en libre-service de 11 nouvelles substances

Parmi ces spécialités, le site de la revue médicale révèle que les patients pourront avoir accès au Clarix état grippal..

Ces médicaments ne seront bientôt plus remboursés

Le changement surviendra le 2 janvier 2017..

La liste noire des médicaments dangereux vendus sans ordonnance

—————————————————

*** Le RSI défend son rôle de recouvreur des cotisations des indépendants.

Exit l’interlocuteur social unique. Ce symbole honni du régime social des indépendants (RSI) va disparaître. En janvier 2008, le RSI est devenu le guichet unique pour recouvrer auprès des artisans et des commerçants la CSG, la CRDS, et les cotisations famille, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, maladie-maternité, indemnité. Ce système n’a jamais fonctionné et on ne doit l’amélioration récente qu’à des solutions bricolées. A la place, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017 prévoit de créer un nouveau service en ligne. Ce serait, une marque connue et appréciée du grand public pour sa simplicité d’utilisation – comme le Cesu (le chèque emploi service universel) ou Pajemploi (emploi de nounous) – qui serait utilisé pour s’adresser à ses affiliés et recouvrer leurs cotisations. La réforme passe par la création d’une organisation dédiée associant le RSI et les caisses d’Urssaf.

Cela ne sera pas un grand chamboulement pour les deux organismes. Ils travaillent déjà au sein de cellules mixtes. Indispensable pour compenser les bugs informatiques, et une répartition des rôles trop complexe : le RSI calcule le montant des cotisations, encaisse et recouvre jusqu’au 30e jour après l’échéance, après quoi l’Urssaf prend le relais et gère les cas litigieux.

« Coresponsabilité »

« Nous avons fait des efforts sur l’accueil, les cotisations rentrent mieux, et la dynamique de travail avec l’Urssaf est positive, mais à présent la qualité de service doit prendre le pas sur les autres objectifs, car il y a encore de grosses marges de progression », explique Stéphane Seiller, le directeur général du RSI.
Lire l’article complet sur 
Les Échos/Entrepreneurs

Voltigeur

Source: http://lesmoutonsenrages.fr/2016/11/06/securite-sociale-quoi-de-neuf-pour-2017/#more-100602

La Cour suprême fédérale allemande : Le virus de la rougeole n’existe pas

Les juges de la Cour suprême fédérale allemande ont confirmé que le virus de la rougeole n’existe pas, ce qui disculpe les théoriciens du complot qui disent qu’aucune étude n’a jamais prouvé l’existence des virus.

D’après ce jugement de la Cour suprême, la vaccination contre la rougeole a pu être injectée à des millions de citoyens allemands [et du monde entier] sans méfiance pour des raisons ténébreuses.

Anonhq.com rapporte :

La première séance civile de la Cour suprême fédérale allemande a confirmé le jugement rendu par le Haut Tribunal de Stuttgart du 16 février 2016. La somme de 100 000 euros, que j’avais [Dr Stefan Lanka] offerte en récompense de la preuve scientifique de l’existence du virus de la rougeole, n’a pas à être versée au demandeur. Le demandeur a aussi été condamné à supporter tous les frais de procédure.

Les cinq experts engagés dans l’affaire ont présenté les conclusions des études scientifiques. Chacun des cinq experts, dont le Professeur Dr Andreas Podbielski, nommés par le Haut Tribunal de Stuttgart, tout comme par la juridiction précédente, ont invariablement constaté qu’aucune des six publications présentées au procès n’apporte la preuve scientifique de l’existence du présumé virus de la rougeole.

La génétique réfute la thèse de l’existence [du virus]

Les résultats de la recherche sur la soi-disant carte peptidique du présumé virus de la rougeole, a été présentée au procès. Deux laboratoires reconnus, dont le plus grand et le plus important institut de génétique du monde, sont parvenus exactement aux mêmes conclusions de façon indépendante. Les conclusions prouvent que, dans l’affaire du virus de la rougeole, les auteurs des six publications se sont trompés, et tous les virologistes spécialistes de la rougeole se trompent toujours aujourd’hui : Ils prennent des constituants cellulaires ordinaires pour des parties du présumé virus de la rougeole.

À cause de cette erreur, pendant les décennies de développement du consensus, des constituants normaux de cellules ont été assemblés mentalement en un modèle de virus de la rougeole. À ce jour, aucune structure réelle correspondant à ce modèle n’a été trouvée, ni chez l’humain, ni chez l’animal. Avec les résultats des tests génétiques, toutes les thèses de l’existence du virus de la rougeole ont été réfutées scientifiquement.

Les auteurs des six publications et toutes les autres personnes impliquées ne se sont pas rendus compte de l’erreur parce qu’elles violaient un devoir scientifique fondamental : la nécessité de travailler « dans les règles de l’art », c’est-à-dire conformément aux règles définies au niveau international et aux meilleures pratiques scientifiques. Ils n’ont pas fait les expériences de contrôle. Les expériences de contrôle auraient prémuni les auteurs et l’humanité de cette erreur capitale. Cette erreur est devenue le fondement de la croyance en l’existence de chaque virus à l’origine de maladies. Répondant à la question pertinente du tribunal, conformément à la page 7 du protocole, l’expert désigné par le tribunal, le Prof Dr Podbielski, a confirmé explicitement que les auteurs n’ont fait aucune expérience de contrôle.

Le 16 février 2016, le Haut Tribunal de Stuttgart a cassé le jugement du tribunal de première instance, rejeté l’action et renvoyé, entre autres, au discours capital du professeur Podbielski à propos des six publications. Le demandeur a interjeté appel du jugement du Haut Tribunal devant la Cour suprême. Il a justifié sa position en exposant sa perception subjective, mais objectivement fausse, sur le cours du procès à la cour de Stuttgart et l’affirmation selon laquelle notre dénomination des faits sur la rougeole pose une menace pour la santé publique. La position du demandeur a été rejetée par la Cour suprême en termes clairs. Ainsi, la Cour suprême a confirmé l’arrêt du Haut Tribunal de Stuttgart du 16 février 2016.

Conclusions

Les six publications soumises au procès sont les principales publications ad hoc concernant le « virus de la rougeole ». Comme à part ces six publications il n’en existe pas d’autres qui tenteraient de prouver l’existence du virus de la rougeole par des méthodes scientifiques, le jugement de la Cour suprême sur le virus de la rougeole et les résultats des tests génétiques ont des conséquences : Toute déclaration nationale et internationale sur le présumé virus de la rougeole, sur le caractère infectieux de la rougeole et les avantages et l’innocuité de la vaccination contre la rougeole, est dénuée de tout fondement légitime.

Lors d’enquêtes déclenchées par la contestation du virus de la rougeole, la directrice de l’Institut national de référence pour la rougeole de l’Institut Robert Koch, le professeur Annette Mankertz, a admis un fait important. Cet aveu peut expliquer la montée du taux de handicaps induits par la vaccination contre la rougeole, et pourquoi et comment, en particulier ce type de vaccin, semble déclencher de plus en plus d’autisme.

Le professeur Mankertz a admis que le « virus de la rougeole » contient des composantes cellulaires naturelles typiques (des ribosomes ou fabriques de protéines cellulaires). Puisque la vaccination contre la rougeole contient le « virus de la rougeole entier », ce vaccin contient des structures propres à la cellule. Cela explique pourquoi la vaccination contre la rougeole provoque de fréquentes allergies et des réactions auto-immunes plus sévères que les autres types de vaccins. L’expert de la cour, le professeur Podbielski, a dit à plusieurs reprises que, du fait de l’aveu de Mme Annette Mankertz sur les ribosomes dans le virus de la rougeole, la thèse de l’existence du virus de la rougeole a été réfutée.

Lors du procès, il a aussi été consigné que la plus haute autorité scientifique allemande dans le domaine des maladies infectieuses, l’Institut Robert Koch, contrairement à sa compétence légale conformément au § 4 Infection Protection Act (IfSG), n’a pu créer de tests sur le présumé virus de la rougeole à les publier. L’Institut Robert Koch prétend avoir fait des études internes sur le virus de la rougeole, mais refuse de remettre les résultats ou de les publier.

Your News WireSean Adl-Tabatabai

Original : yournewswire.com/german-supreme-court-measles/
Traduction 
Petrus Lombard

Notes du traducteur : A propos du déclenchement de maladies auto-immunes par les injections de produits qui sont naturellement dans l’organisme humain ou animal, comme le scalène, voir cet article : Manière dont le vaccin contre la grippe déclenche la narcolepsie

Voir ces articles suivants :

 Interview du Dr Stefan Lanka sur la grippe aviaire, entre autres

– Le peuple microbien, le faux ennemi

 

 

Les lobbies

pharmaceutiques

Par bicychavez

Marisol Touraine peut se targuer d'effacer le trou de la sécu pour 2017, même si au passage c'est un peu vite oublier que ceci se fait sur le dos des patients soit en renonçant à se faire soigner, soit en mettant la main à la poche. Passons sur cette injustice et cette volonté de briser cet acquis social hérité de la libération dans un contexte où le patronat rasait les murs comme pour faire oublier son attitude pendant la guerre, pour commenter deux décisions de la ministre qui sont pour le moins surprenantes. C'est à se demander si la ministre n'a pas inversé les deux tellement son choix est pour le moins déroutant : remboursement de produits dangereux (Alzheimer) et de dérembourser des médicaments utiles (arthrose) ceci illustrer le pouvoir des Lobbys.

La HAS (Haute autorité de santé) vient de délivrer aux médicaments destinée aux malades d'Alzheimer, un constat sans appel : « au regard de l’absence de pertinence clinique de l'efficacité de ces médicaments et des risques de survenue des effets indésirables », la HAS considère que les médicaments Ebixa, Aricept, Exelon et Reminyl et leur générique ne modifient pas l’évolution de la maladie. » D'ailleurs cela fait 10 ans que les généralistes tirent la sonnette d'alarme auprès de cette autorité car ils constatent leur inefficacité et craignent de plus les effets secondaires. Mais les lobbys associés à l'industrie pharmaceutique sont coriaces et puissant auprès des commissions. La meilleure preuve est qu'en 2007, la même autorité considérait que ces médicaments ne rendait de service qu'en structurant la prise en charge de la maladie. Par « structurant », il fallait comprendre que cela remplissait les structure hospitalières spécialisés qui s'étaient construites un peu partout sur le territoire avec l'appui des grands groupes pharmaceutiques et il fallait comprendre aussi que ces médicaments représentaient le seul espoir pour les malades. Ce dernier argument peut se comprendre mais alors mieux vaut leur donner de la farine encapsulée, ceci revêt deux avantages : le coup et l'absence d'effets secondaires. Bref, avec une telle conclusion au vitriol on se serait attendu à l’arrêt immédiat de tous ces médicaments pour limiter le massacre. Et bien non, Marisol Touraine préfère continuer à rembourser les centaines de millions d'euros chaque année. Certes ce n'est pas la première fois qu'un ministre décide de s'opposer à la décision de la HAS. Le précédent s'est produit en 2006 et c'était Xavier Bertrand qui avait continué à rembourser le médicament incriminé qui n'était rien d'autre que le Médiator.


 

 

La direction de la Sécurité Sociale annonce le déremboursement total de la visco-supplémentation (injection d'acide hyaluronique dans les articulations). Cette décision succède à celle de l’année dernière, en 2015 où les médicaments anti-arthrosiques d'action lente ont été déremboursés, contre l’avis des associations de patients et de nombreux médecins. En tout cas, ces traitements déremboursés sont, comme par hasard, des produits naturels dont l’efficacité a été démontrés par des études scientifiques (glucosamine, chondroïtine, acide hyaluronique). Ce sont des molécules qui nourrissent le cartilage et la synovie (le liquide qui lubrifie les articulations). Or, ce sont justement ces produits-là que la Sécurité Sociale ne veut plus rembourser, poussant ainsi les patients à se tourner vers les médicaments chimiques !!!! Ces décisions interviennent au moment même où les médicaments chimiques contre l’arthrose sont sur la sellette. En effet le 17 mars 2016, une grande étude publiée dans la plus prestigieuse revue médicale du monde, The Lancet, a provoqué un tremblement de terre sous les pieds de Big Pharma. Cette étude met également en cause tous les autres médicaments contre l’arthrose, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (diclofénac, ibuprofène, le naproxen ou le celecoxib), qui ne peuvent être prescrits sur de longues périodes en raison de leurs effets secondaires importants (troubles digestifs, cutanés ou cardiaques). Or, cette nouvelle est tombée particulièrement mal pour l’industrie. Ces médicaments comptent parmi les plus vendus, les plus lucratifs. Et, selon une enquête de mai 2015, avec le déremboursement, 95 % des patients vont se tourner vers ces médicaments plus coûteux, mais qui restent, eux, remboursés. Ce déremboursement ressemble à un coup de maître pour sauvegarder, et même augmenter les profits de certains acteurs économiques ! En effet jusqu’à présent en France, on pose deux fois moins de prothèses de genoux que chez bon nombre de nos voisins. C’est une performance qui mérite d’être soulignée. Elle est due en grande partie à la prise en charge médicale de l’arthrose. Avec le déremboursement, ces coûteuses opérations pourraient se multiplier. On parle de 180 000 opérations en plus par an, avec un coût global annuel de 2 milliards d’euros  ! Tout cela pour une pseudo « économie » de 46 millions, soit 50 fois moins !!! Cela sans compter les pensions d’invalidité et les arrêts maladie au travail qui risquent d’exploser !!

Mon consentement éclairé

 

Le bistouri sous la gorge.

Comme des millions d’assurés sociaux de ce pays, on m’a demandé de signer un curieux parchemin, une lettre de cachet des temps anciens pour le paiement d’un octroi ouvrant droit aux soins. Deux bandits de grands destins veulent ainsi me ponctionner d’une part non négligeable de ma pension afin de pouvoir exercer leur métier avec plus de bénéfices encore.

On me dit que ces deux personnages ont jadis signé un serment s’engageant à soigner leurs semblables. Hippocrate devait tout ignorer des dépassements d’honoraires : cette sale pratique de nos joyeux hypocrites. La médecine est devenue d’abord une source de revenus pour les seuls carabins. Le personnel qui entoure ces nobles mandarins étant, quant à lui, traité avec les règles qui sévissent dans l’économie libérale : baisse des employés, augmentation des charges de travail, réduction des salaires, cadences infernales et absence de droits.

La médecine n’est plus à deux vitesses, elle est passée en mode automatique. Tout conduit à la sortie de route pour les exclus, les indigents, les petites retraites et les maigres salaires. Le passage chez un spécialiste s’accompagne quasi systématiquement d’un surcoût ; ces gens-là ont de si grands besoins et doivent assurer leur train de vie quand d’autres se contentent de survivre.

On ferme les yeux dans les allées du pouvoir, d’autant plus aisément qu’il y a, face à ce racket à la santé, des situations bien différentes. Ceux qui ont le pouvoir de décider bénéficiant de mutuelles qui remboursent le péage aux soins qu’imposent les malandrins en blouse blanche. On se moque de savoir ce qui se passe pour les petites gens en déclarant la main sur le cœur que l'hôpital public est encore là pour les recevoir.

À moins d’être prioritaire et de se faire soigner à l’hôpital américain de Neuilly, essayez donc d’obtenir dans nos déserts médicaux un rendez-vous. Il faut patienter des mois, prendre celui qui veut bien vous recevoir et découvrir, un peu tard, qu’il pratique lui aussi la technique du coupe-jarret en s’en prenant à votre bourse pour épargner votre vie. Ensuite vous êtes tombé dans l’engrenage qui vous conduira à signer, dépité et contraint, ce consentement des temps obscurs.

C’est mon ressentiment éclairé que je viens contresigner ici. J’enrage de la morgue de ces petits blancs-becs, tout juste sortis des travées de l’université et qui se lancent déjà dans la course à l'échalote. « Je ne vous opère que si vous crachez au bassinet ! ». La belle menace que voilà ! « Signez et vous aurez droit à mes services ! ». L’infâme requête que voici !

Je comprends mieux que nos joyeux drilles du bistouri se présentent avec un masque sur le visage. Ils suivent les traces des bandits d’autrefois, taillant dans le vif pour s’enrichir. Chacun , tôt ou tard, devra subir l’agression que constitue cette demande de signature que ces lascars n’ont même pas le courage d'exiger eux-mêmes. Ils confient la sale besogne à une secrétaire médicale qui se trouve dans le même dénuement que le pauvre signataire.

Finalement, tout va bien dans le meilleur des systèmes de santé possible puisque nous n’avons aucun recours, aucun moyen de refuser, à moins de préférer ne pas être soigné. C’est la force de cette bande organisée qui sévit dans les cliniques privées : ces succursales du profit honteux où les dividendes accordés aux parasites d’actionnaires sont bien plus importants que le bien-être des patients.

Patients qui ne sont d’ailleurs que de simples clients qu’il convient de gruger, pressurer, ponctionner sans la moindre délicatesse. On vous taille une belle boutonnière et on vous vide vos bourses. Pour éclairer ce fameux consentement, je vais devoir prendre ma vessie pour une lanterne. Je n’ai plus que ma colère et mon indignation à opposer à un système qui ne va pas s’arranger. Le Prince des risettes entendant bien tailler encore plus profondément dans l’égalité à l’accès aux soins. Notre pays est bien malade pour le plus grand bien des gredins qui nous soignent.

 

Médicalement leur.

Un prix Nobel de médecine accuse: « guérir des maladies n’est pas rentable pour les laboratoires »

« Le prix Nobel britannique de médecine, Richard J. Roberts, a accusé les grands laboratoires pharmaceutiques de faire passer leurs intérêts économiques avant la santé des personnes, en détenant le progrès scientifique dans le traitement des maladies car la guérison n’est pas rentable.

«Les médicaments qui guérissent ne sont pas rentables et ne sont donc pas développés par les laboratoires pharmaceutiques, qui parallèlement  développent des médicaments qui chronicisent les maladies et qui doivent être consommés de manière ininterrompue, » Roberts a déclaré dans une interview au magazine «PijamaSurf».

Certains médicaments qui pourraient guérir entièrement une maladie ne sont pas développés. Cela est-il normal que l’industrie de la santé soit régie par les mêmes valeurs et principes que le marché capitaliste, lesquels ressemblent beaucoup à ceux de la mafia? », Demande le prix Nobel 1993 de médecine. (Ndlr: ça fait du bien d’entendre ça de la part d’un prix Nobel de médecine).

Le savant et chercheur accuse les labos d’oublier de servir le peuple et de s’occuper uniquement de la rentabilité économique. «J’ai vu comment, dans certains cas des chercheurs qui dépendaient de fonds privés auraient pu découvrir des médicaments très efficaces qui auraient pu complètement venir à bout de certaines maladies », a-t-il expliqué.

Il ajoute que les entreprises cessent d’enquêter, car « Les compagnies pharmaceutiques sont davantage intéressées à votre porte-monnaie qu’à votre santé, c’est pourquoi les recherches, tout à coup, sont déviées vers la découverte de médicaments qui ne guérissent pas, mais qui rendent les maladies chroniques permettant aux malades de constater des améliorations qui disparaissent dès lors que l’on cesse de prendre le médicament. »

En ce qui concerne les raisons pour lesquelles les hommes politiques n’interviennent pas, Roberts affirme que «dans notre système, les politiciens ne sont que des employés des gros capitaux qui investissent ce qui est nécessaire pour assurer la victoire à leurs poulains, et s’ils ne sortent pas vainqueurs, ils achètent les élus « . (Ndlr: Tout est dit, Obama nous en a donné un bon exemple avec Monsanto). »

A noter après quelques recherches que cet article ressemble beaucoup à un autre accordé en 2007 au journal La Vanguardia et qui apportent plus de précisions sur les manipulations des labos concernant les médicaments.

Laurent Freeman 

Pour l’anecdote, Russia Today a publié également un sondage en bas de son article. Avez-vous confiance en l’industrie pharmaceutique? 86,9% des internautes ont répondu que non, comme ça c’est clair!


Source: 
Russia Today

 

via:http://stopmensonges.com/un-prix-nobel-de-medecine-accuse-guerir-des-maladies-nest-pas-rentable-pour-les-laboratoires/

Maladies Rares, Des

patients entre espoir,

incertitude ou

résignation

par Dr Khadija Moussayer

 

Les Progrès scientifiques observés cachent bien des disparités dans l’accès aux soins   

Les personnes atteintes de maladies rares ont été longtemps les délaissés des systèmes de santé, faute de traitements adaptés. Grâce bien souvent aux actions et pressions des associations de malades, elles captent maintenant toute l’attention des états, de la recherche médicale et de l’industrie pharmaceutique, devenant même un enjeu vital de leurs recherches et de leur croissance. Cependant bien des malades restent souvent bien longtemps en attente d’un diagnostic ou désorientés dans leur prise en charge, en particulier dans les pays pauvres ou intermédiaires comme le Maroc. Le coût très élevé de certains traitements aggrave ces difficultés.

 

http://www.youblisher.com/p/1373670-SEPT-ASSOCIATIONS-SE-REGROUPENT-EN-UNE-ALLIANCE-MALADIES-RARES-MAROC/

Des maladies rares mais de nombreux malades

Les maladies rares se définissent en général comme des affections qui touchent moins d’une personne sur 2000. Plus de 7000 pathologies sont recensées et 200 et 300 nouvelles décrites chaque année. Bien que chacune ne touche que peu d'individus, leur grande variété fait que le nombre total de personnes atteintes dépasse le nombre de malades du cancer : 1 personne sur 20 est concernée, soit 5% de la population mondiale, soit environ 30 millions en Europe, plus de trois millions en France ou encore 1,5 million de patients marocains. StatistiquementUn médecin rencontre plus dans sa pratique quotidienne ce type de pathologies que de cas de cancer ou de diabète.

 Elles sont souvent chroniques, évolutives et en général graves. Le pronostic vital est fréquemment mis en jeu : 80% ont un retentissement sur l’espérance de vie. Une gêne notable et des incapacités à la vie quotidienne sont présentes dans plus de 65% des cas et une perte complète d’autonomie dans 9% des cas.

Un panorama très large et parfois déroutant de maladies

Extrêmement diverses - neuromusculaires, métaboliques, infectieuses, immunes, cancéreuses …-, 80% de ces maladies ont une origine génétique. 3 maladies sur 4 se déclenchent dans l’enfance mais certaines attendent 30, 40 ou 50 ans avant de se déclarer. 

Elles empêchent de : voir (rétinites), respirer (mucoviscidose), résister aux infections (déficits immunitaires), coaguler normalement le sang (hémophilie), grandir et développer une puberté normale (syndrome de Turner : absence ou anomalie chez une fille d'un des 2 chromosomes sexuels féminin X)…

D’autres provoquent : un vieillissement accéléré (progéria, 100 cas dans le monde) ; des fractures à répétition (maladie des os de verre) ; une transformation des muscles en os (maladie de l’homme de pierre, 2 500 cas dans le monde) ; une démarche incertaine, la mémoire hésitante, des comportements parfois " inappropriés par rapport aux convenances sociales" et des difficultés à contrôler la vessie (hydrocéphalie à pression normale : accumulation du liquide céphalo-rachidien dans le cerveau, après 60 ans) ; une anémie par anomalie de globules rouges (bêta-thalassémie) ; une sclérose cérébrale et une paralysie progressive de toutes les fonctions (leucodystrophie) … ou encore des mouvements incontrôlables et un affaiblissement intellectuel allant jusqu’à la démence (maladie de Huntington).

Certaines pathologies sont auto-immunes, c’est-à-dire que le système immunitaire censé nous protéger des agressions extérieures (des bactéries, des virus…) se retourne contre l’organisme dans un processus auto-destructif. On citera ainsi la myasthénie, caractérisée par une faiblesse musculaire perturbant les mouvements, les vascularites qui s’attaquent aux parois des vaisseaux sanguins… ou encore le lupus, susceptible de s’attaquer à presque tous les organes.

 Enfin, des maladies plus fréquentes comme la maladie cœliaque (ou intolérance au gluten des céréales) ont des variantes rares comme la sprue réfractaire potentiellement très grave.

Une information encore « fragmentaire » pour les patients comme pour les médecins

Le parcours thérapeutique est souvent chaotique pour les malades même dans des pays développés comme la France ! Une enquête effectuée en 2015 par l'Observatoire des maladies rares a mis en évidence de nombreuses difficultés. Un malade sur cinq a eu une errance diagnostique égale ou supérieure à 6 ans. Les hospitalisations ont eu lieu en urgence pour 45% d'entre eux. Des examens, des soins ou des traitements se sont révélés inadaptés pour 57,5% des répondants. Enfin, 90% des patients estiment que les professionnels de santé ont une connaissance insuffisante de ce type de pathologies.

On note par ailleurs que les maladies rares affectent par ailleurs considérablement le quotidien. 51% des personnes malades et des parents d'enfants ont dû renoncer à travailler. Dans 62% des cas, elles déclenchent des troubles psychologiques ou du comportement et, pour la moitié, un isolement amical ou familial.

Dans des pays intermédiaires comme le Maroc, et bien que des efforts aient été accomplis ces dernières années dans les CHU, le manque d’information sur ces maladies est toujours patent aussi bien pour les patients que pour les professionnels et les autorités. Il a pour conséquence des errances et retards de nombreuses années avant l’identification de la pathologie, des insuffisances dans la prise en charge et les traitements ainsi qu’un un manque de structures adaptées. Bien plus, un grand nombre de patients, jamais diagnostiqués sont soignés seulement sur la base de l'expression de leurs symptômes.

Et pourtant, s’il n'existe pas de traitement curatif pour la plupart d'entre de ces affections, des soins appropriés peuvent permettre de « vivre avec une maladie rare  », selon le thème retenu en 2015 pour la journée internationale des maladies rares

.

Des médicaments orphelins en plein essor

Les médicaments orphelins sont employés spécifiquement pour les maladies rares. Les laboratoires pharmaceutiques s'y intéressent de plus en plus car les résultats des recherches sur une maladie rare bénéficient aussi au traitement des maladies plus communes.

Cette recherche a été impulsée par le vote d’une loi (orphan drug act) aux Etats-Unis, en 1983. Appliqué ensuite en Europe, elle a donné un statut au médicament orphelin offrant un accès plus rapide au marché, dispensant de certaines taxes et impôts et garantissant une exclusivité commerciale de dix ans en Europe et sept ans aux États-Unis.

Cet essor a été permis notamment grâce à la simplification des essais cliniques entrepris pour l’évaluation des bénéfices-risques de ces traitements : des études regroupant des milliers de volontaires sont nécessaires pour la commercialisation d’un médicament classique alors que pour les maladies rares, en revanche, de plus petites cohortes, comprenant une dizaine ou une centaine de malades, suffisent à prouver l’efficacité du produit. Les délais d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) sont aussi raccourcis. Toutes ces mesures ont fait baisser les coûts et encourager la recherche.

Les dérives inquiétantes observées ces dernières années sur les prix de vente de certaines molécules (représentant jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euro par an !) limitent fortement l’accès aux soins pour certaines maladies rares.

 

Des moyens à disposition limités au Maroc

Des tests de diagnostic, notamment en matière génétique et biologique, ainsi que de nouveaux traitements complexes et indispensables existent. Ces moyens sont toutefois limités et difficiles à obtenir car parfois coûteux (médicaments « orphelins », greffe de moelle osseuse…) et pas toujours bien connus, alors que leur bénéfice en terme financier ne se mesure que sur le long terme : un test adéquat sera toujours moins cher que des traitements inadaptés à vie ou que le nomadisme médical auquel se livrent des patients désorientés !

Les maladies rares ont besoin d’être maintenant reconnues au Maroc comme une priorité de santé publique s’inscrivant, à l’exemple de pays européens, dans un plan national pour les maladies rares, formulant les objectifs et les mesures à prendre, notamment dans les domaines de la formation ainsi que de l’orientation et des soins aux patients.

Casablanca, le 4/12/2016

Dr Moussayer Khadija

Spécialiste en médecine interne et en gériatrie

 

Sites internet utiles :

Orphanet : site de référence gratuit sur les maladies rares, pour les professionnels et le grand public : www.orphanet.fr

La Plateforme Maladies Rares : http://www.plateforme-maladiesrares.org/

 

Enquête effectuée en 2015 par l'Observatoire des maladies rares :

http://www.maladiesraresinfo.org/assets/pdf/Rapport_Observatoire_maladies_rares_15_02_28_web.pdf

Une maladie est dite rare lorsqu’elle touche moins d’une personne sur 2000, soit, le plus souvent, quelques centaines ou dizaines de malades pour une maladie donnée.

Si les maladies sont rares, les malades sont nombreux car il existe 5 à 8000 maladies rares. Au total, 3 millions de personnes sont concernées en France et 30 millions en Europe.

·         Les caractéristiques des maladies rares
Les maladies rares sont extrêmement diverses : maladies neuromusculaires, métaboliques, infectieuses, auto-immunes, cancers rares… 80% d’entre elles ont une origine génétique.
Les deux tiers environ sont graves et invalidantes. Le pronostic vital est engagé dans presque la moitié des cas. La survenue d’un déficit moteur, sensoriel ou intellectuel est constatée pour la moitié d’entre elles. 

·         Les conséquences pour les personnes touchées

o    L’errance diagnostique due à la méconnaissance de ces maladies, à des difficultés d’orientation dans le système de santé et à la rareté de l’expertise.

o    La nécessité d’être suivi dans un service médical expert afin de recevoir des soins de qualité auprès des professionnels spécialisés.

o    L’absence de traitement curatif pour la plupart d’entre elles et une recherche insuffisamment développée.

o    L’isolement vécu par les malades et leurs familles.

o    Leurs difficultés quotidiennes d’accès aux droits et de participation à la vie sociale.

o    La rareté des sources d’information de qualité et adaptées.
 

·         Plus d’infos sur les maladies rares

o    Site internet d’Orphanet (service de l’INSERM) dédié aux maladies rares : www.orphanet.fr

 

o    Maladies Rares Info Services : 0 810 63 19 20 (prix d’un appel local depuis un fixe)  www.maladiesraresinfo.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une des Chargées d’Écoute et d'Information de Maladies Rares Info Services

Prix des anticancéreux : « Le système de santé risque d’imploser »

 

Par Nagy 

Les prix des nouveaux produits explosent alors que le coût de leur recherche et développement a diminué. En effet, alors que les anciens traitements du cancer étaient souvent issus de longs et difficiles screenings plus ou moins systématiques, les nouvelles molécules commercialisées par les industriels visent des cibles définies a priori, et le plus souvent fournies par la recherche publique.

Comment la France a perdu vingt ans dans le combat contre la pollution de l’air

PAR JADE LINDGAARD

Qu’il est difficile de rattraper vingt ans d’atermoiements de politiques publiques : alors que Paris et Lyon connaissent leur pire pic de pollution depuis dix ans, la France peine à rompre avec sa politique historique de soutien au diesel.

Une des pires pollutions à Paris depuis dix ans : la plus longue pour une période hivernale, des concentrations record de particules fines (Pm10) à certaines heures de la journée. Depuis le 30 novembre, respirer l’air de la capitale intoxique et empoisonne ses habitants. Plus que jamais. Lyon et Villeurbanne connaissent une situation similaire et instaurent, pour la première fois, une circulation alternée vendredi 9 décembre. Bordeaux et le couloir rhodanien subissent eux aussi un nuage de pollution. La situation devrait s’améliorer dans la capitale ce week-end, mais pourrait se dégrader de nouveau la semaine prochaine.

Cela s’explique en partie par les conditions météorologiques : un anticyclone plaque la pollution au sol, comme un couvercle. Mais cela est surtout le produit de vingt ans d’atermoiements de la puissance publique face à un problème qu’elle a d’abord nié, puis ignoré, sous-estimé avant d’enfin s’y confronter, mais avec une timidité égale à la lenteur de sa réaction. La trop longue inaction a créé un effet d’inertie dont il est bien difficile de se dégager aujourd’hui. « Tout n’est pas noir mais c’est un sujet compliqué sur lequel il est difficile d’avancer », analyse Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas-Hulot qui a fait campagne tout au long du quinquennat Hollande contre le diesel : « Il est difficile de trouver des mesures à la fois justes et efficaces. Ça touche aux comportements individuels, à l’étalement urbain, à la précarité. »

 

Samedi 10 décembre, Ségolène Royal a annoncé plusieurs mesures d’action contre la pollution atmosphérique, parmi lesquelles : la vignette Crit’Air doit devenir obligatoire dans toutes les villes qui subissent des pics de pollution réguliers ; les nouvelles commandes de bus en centre-ville devront être centrées sur des bus électriques ou au biogaz ; le bonus de 10 000 euros pour le remplacement d’un véhicule diesel par un électrique est étendu aux artisans et professionnels ; la gratuité des péages autoroutiers pour les véhicules électriques est actuellement en discussion avec les concessionnaires d’autoroute.

Philippe Wojazer (Reuters)

Pour la première fois en 2015, la courbe de la diésélisation du parc automobile français s’est inversée : la part de voitures roulant au diesel dans le total des véhicules a diminué de 0,2 % au 1er janvier 2016, selon les chiffres du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). En tout, 19,9 millions de voitures diesels sont immatriculées en France, soit 62,2 %. En volume, c’est un record : il n’y en a jamais eu autant. Pour Denis Voisin, il y a « un changement de rapport au diesel : l’image du diesel propre est presque caduque, on va vers une sortie progressive ». Le scandale du dieselgate, la découverte de logiciels truqueurs dans des voitures de Volkswagen en septembre 2015, n’a pas seulement déchiré le voile sur les secrets bien cachés de l’industrie automobile. Il a porté un coup peut être fatal à l’image d’un carburant promu en France depuis les années 1970 et le lancement du programme électronucléaire. Jeudi 8 décembre, la Commission européenne a lancé une procédure d’infraction contre sept États membres pour non-respect de la loi sur l’homologation des voitures neuves (la France n’est pas visée, car elle n’a pas rendu assez d’éléments d’information à Bruxelles).  

C’est en 2014, lors de la troisième Conférence environnementale, que le signal politique d’une inflexion vis-à-vis du diesel 
est donné par Manuel Valls : « En France, le moteur diesel a longtemps été privilégié. Ce fut une erreur », déclare-t-il. Dans la foulée, un mécanisme de rattrapage du différentiel de fiscalité entre l’essence et le diesel se met en œuvre, par le biais de la TVA qui chaque année baisse un peu pour l’essence (– 1 centime) et augmente d’autant pour le gazole (+ 1 centime). Agriculteurs, taxis et transporteurs bénéficient de formes de dérogation. Et ce mécanisme doit faire l’objet d’un vote lors de chaque nouveau budget. Parallèlement, une contribution climat énergies sur l’essence seulement en renchérit progressivement le coût. Une prime à la conversion des vieux diesels est créée pour les acheteurs de voitures électriques, et une autre pour les ménages modestes qui acquièrent un véhicule aux nouvelles normes européennes (EURO 5 et 6, beaucoup plus drastiques). Dans le projet de loi de finances 2017, le remboursement de la TVA s’étend à l’essence pour les flottes d’entreprise, alors qu’il était réservé jusqu’ici au diesel. « On plaide toujours pour une réduction de la niche fiscale du diesel qui pèse encore 6 milliards d’euros, comme l’indique la Cour des comptes dans son dernier rapport », se désole Lorelei Limousin, du Réseau action climat (RAC). 

À Paris, l’affichage d’une éco-pastille sur le pare-brise devient peu à peu obligatoire pour circuler. La Ville a créé une zone de circulation restreinte (ZCR) où les voitures (et les motos) les plus anciennes, et donc plus polluantes, immatriculées avant 1997, sont interdites entre 8 heures et 20 heures. À partir du 1er janvier 2017, les policiers vérifieront la présence de ce certificat qualité de l’air et devront empêcher l’accès des vignettes grises aux zones protégées. Grenoble est la seule autre ville à mettre en place cette pastille – pour les jours de pics de pollution.

Mais le gouvernement a en réalité envoyé des signaux contradictoires. En visite dans l’usine de l’équipementier Bosch dans l’Aveyron, Emmanuel Macron, encore ministre de l’économie, déclare le 3 août dernier qu’« il ne faut pas faire la chasse au diesel » et qu’il reste « au cœur de la politique industrielle française » et de la « mobilité environnementale ». Le quinquennat Hollande avait mal commencé avec le blocage du ministre du redressement productif contre toute révision de l’avantage fiscal du diesel, comme l’ont raconté les anciennes ministres Cécile Duflot et Delphine Batho. Dans son livre Insoumise, l’ancienne ministre socialiste décrit un conseil des ministres, en mars 2013 : « Le président de la République me passe un petit mot : “Évitons de parler de gasoil, ça sera en 2014, inutile d’inquiéter avant.” » Pourtant, depuis 2012, l’Organisation mondiale de la santé reconnaît les moteurs diesels comme « cancérogènes certains ». Arnaud Montebourg explique alors qu’« attaquer le diesel, c’est attaquer le made in France ». 

Depuis 2012, les ONG n’ont cessé de dénoncer l’oubli des transports dans les politiques environnementales. En 2015, lors de l’avant-dernière conférence environnementale, le volet qualité de l’air « a occupé 5 ou 6 minutes de temps de parole, ça montre le niveau de considération », se souvient l’ONG France nature environnement (FNE).

« PSA a fait des pieds et des mains pour que ça ne passe pas »

 

Pour Delphine Batho, rapporteure d’une mission sur l’offre automobile française en octobre dernier, « il ne faut pas faire croire aux gens que les voitures à essence sont moins polluantes. Elles émettent plus de particules fines que les nouveaux moteurs diesels. L’enjeu, c’est de sortir des carburants fossiles pour aller vers des véhicules électriques et roulant à l’hydrogène ». À ses yeux, la sortie du gasoil fait désormais consensus chez les constructeurs. « C’est un tournant majeur. Il faut mettre en place une vraie stratégie industrielle sur les voitures 0 émission. Les acteurs de la filière automobile bougent culturellement. » Mais le jeu des positions est plus complexe. Dans le dernier rapport du Comité des constructeurs français d’automobiles, son président, Patrick Blain, déclare que « l’attitude de nos politiques est absurde et paradoxale : c’est au moment où le diesel moderne atteint des niveaux d’émissions comparables à ceux de l’essence avec Euro 6, qu’ils augmentent la charge contre le diesel ». 

Pour Delphine Batho, « l’État a tardé à prendre le virage. Le rattrapage fiscal entre l’essence et le diesel a été enclenché trop tard. Si on l’avait commencé en 2012, il aurait pu s’achever en 2017/2018. Le secteur automobile international est en pleine mutation. Il faut une planification agile pour organiser la transformation de l’industrie automobile, sinon il y aura des conséquences sur l’emploi ».

 

Source AirParif, 9 décembre 2016

L’histoire retiendra que la première loi de protection de l’air n’a pas été votée par la gauche. C’est en 1996, sous le ministère de l’environnement de Corinne Lepage, qu’est adoptée la loi LAURE. Elle crée de premiers outils d’aménagement de la circulation et de création de zones sensibles avec les plans de protection de l’atmosphère (PPA) et les plans de déplacement urbain. Mais le texte n’est pas porté politiquement, ses mesures ne sont pas financées et les décrets sont publiés au compte-gouttes. Résultat : elle est peu appliquée. Pour Corinne Lepage, « ce dysfonctionnement majeur traduit un poids central des lobbys dans notre pays, même s’il est de bon ton de les fustiger sur le plan européen en oubliant totalement la situation française, qui est à certains égards bien plus grave », écrit-elle en introduction d’un livre sur la santé et la pollution atmosphérique. À ses yeux, l’intégration des transports et de l’énergie au ministère de l’écologie (depuis 2007) « n’a en rien été un avantage en matière de protection de la santé publique et de priorité environnementale ». Pour l’avocate et ancienne députée européenne, « la pollution atmosphérique n’est que le symbole de choix dont on dit qu’ils sont des “choix de société”. Mais la société ne définit rien et le citoyen n’est pas mis en mesure de pouvoir décider lui-même de ces choix ».  

Pour le chercheur Franck Boutaric, c’est pourtant « le citoyen que l’action publique veut interpeller pour qu’il conforme ses comportements aux impératifs de l’amélioration de la qualité de l’air, en raison de la multiplicité des intervenants, de la difficulté à agir selon des échelles très différentes, des pesanteurs et du poids des agents économiques qui sont en mesure de faire valoir leurs points de vue et leurs intérêts », écrit-il dans son livre Pollution atmosphérique et action publique. Un an après la loi LAURE, en 1997, un rapport du CNRS sur l’impact sanitaire du diesel est censuré par le ministère de la recherche, alors dirigé par Claude Allègre, comme 
l’a révélé une enquête du Monde. 

Sous le quinquennat Sarkozy, le Grenelle de l’environnement met en place un système de bonus-malus pour pénaliser les véhicules les plus polluants. Les ONG demandent que l’émission de particules fines soit un critère de malus. « Mais PSA a fait des pieds et des mains pour que ça ne passe pas » et a remporté la partie, se souvient Michel Dubromel, négociateur pour FNE sur les transports. « L’État a toujours protégé les constructeurs automobiles en France, il est responsable de la situation. Dans d’autres pays, ça ne s’est pas passé comme ça. » 

Au même moment, l'Europe recommande aux États de créer des zones à faible émission de polluants. Paris envisage d’instaurer des zones d’action prioritaires pour l’air (les Zapa). « Mais ce que le gouvernement voulait faire était une catastrophe, analyse Michel Dubromel, c’était trop contraignant et cela risquait d’interdire les voitures de centre-ville, sans offrir de moyens supplémentaires aux collectivités territoriales. » Résultat : personne ne porte la mesure, qui meurt dans un coin de bureau. L’écart avec ce qu’il se passe dans le reste de l’Europe frappe l’esprit. Des zones à faible émission ont vu le jour dans de très nombreuses régions européennes : au Danemark, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche, en République tchèque, en Suisse, en Italie et en Espagne 
(comme on le voit sur cette carte). Pour Michel Dubromel, « à la différence de la France, ces pays ont eu une approche positive, autour de la restauration des centres-villes, de la défense d’un air de bonne qualité ». Dans les villes européennes qui les ont instaurées, les zones à faible émission ont obtenu une baisse significative de la pollution atmosphérique.

Mais l’espace européen subit lui aussi les assauts des lobbies industriels, notamment portés par l’Allemagne, arcboutée sur la défense de son industrie automobile. En 2013, la Commission européenne annonce la révision de ses directives sur la qualité de l’air afin de lutter plus fortement contre la concentration de polluants atmosphériques. Elle veut se fixer un objectif de réduction de moitié du nombre de décès prématurés dus aux particules fines. Mais un an plus tard, Jean-Claude Juncker annonce vouloir concentrer son action sur la relance de l’emploi. Les 83 projets de règlements et de directives sont abandonnés. La directive sur les plafonds d’émission nationaux est finalement sauvée du naufrage, mais les ambitions de protection de la santé se diluent dans les marchandages entre États. Pour le dioxyde d’azote et les particules fines, les valeurs limites opposables que l’Union européenne veut imposer aux États membres sont plus laxistes que celles préconisées par l’OMS.

« Il reste de gros points noirs »

 

Votée en août 2015, la loi de transition énergétique de Ségolène Royal passe à côté du sujet de la pollution de l’air et ne s’intéresse qu’aux objectifs climatiques de réduction des rejets de CO2. On y trouve bien des dispositifs de protection de l’air (limitation de vitesse en cas de pic de pollution, zone de circulation restreinte, interdiction des centres-villes aux véhicules les plus polluants). « Mais ces mesures existaient déjà ! » fait remarquer FNE. Rien n’est proposé pour réduire la pollution atmosphérique causée par le trafic aérien, ni les rejets polluants de l’agriculture. L’indemnité kilométrique pour les utilisateurs de vélo, à acquitter par les employeurs, n’est finalement que facultative. Pour le RAC, pédaler constitue pourtant une véritable solution pour remplacer la voiture car « la moitié des trajets automobiles s’effectuent en moyenne sur moins de trois kilomètres », explique Lorelei Limousin.

Carte des zones de faible émission de polluants en Europe

 

Quant à l’objectif de report modal, destiné à réduire le nombre de camions, qui sont une des principales sources de pollution au dioxyde d’azote et aux particules fines sur les routes françaises, il est moins ambitieux que ne le prévoyait la loi Grenelle, votée quelques années plus tôt. Par rapport au début des années 2000, le fret routier a beaucoup augmenté – il diminue légèrement depuis 2012. L’effet est dramatique : alors que la quantité d’émissions de chaque camion a baissé, leur nombre a tellement augmenté sur les routes en quinze ans qu’il efface le gain technologique. L’ouverture des nouvelles lignes de car par Emmanuel Macron s’accompagne de la baisse de la fréquentation sur certaines lignes de train, et risque de renforcer encore le poids du transport routier. Lors des réunions du Conseil national de la transition écologique (CNTE), « les organisations patronales considèrent le report modal comme une contrainte à 100 % », alors qu’elles se montraient plus ouvertes à la discussion il y a quelques années, se désole Michel Dubromel.  
Pour Denis Voisin, de la Fondation Nicolas-Hulot, « il reste de gros points noirs » : les nouveaux moteurs diesels émettent moins de particules fines mais crachent du NOx, tout aussi nocif pour la santé. Or ce gaz n’entre pas dans les critères de la nouvelle vignette. L’enquête européenne sur le dieselgate révèle que 5 millions de véhicules émettent beaucoup plus que ce que leur norme officielle les autorise à faire. « Il y a une défaillance des pouvoirs publics à contrôler les émissions réelles des véhicules », s’inquiète la Fondation. 

La circulation alternée ne règle rien, car elle n’intervient qu’en cas de pic de pollution. Or la pollution atmosphérique de fond, quotidienne, est la plus néfaste pour la santé. L’abandon de l’écotaxe poids lourds a privé les infrastructures de transports d’une source de financement favorable au report du trafic vers le train et les voies fluviales.

Les errements et hésitations des pouvoirs publics sur le diesel en France depuis vingt ans reflètent le dilemme qui traverse toutes les politiques de transition écologique : trop de contrainte d’un coup suscite le rejet ; mais trop de timidité rend la stratégie incompréhensible aux yeux de citoyens assaillis par leurs problèmes quotidiens. Les traces des marées noires sur les plages soulèvent le cœur. Mais la pollution de l’air est invisible aux yeux des promeneurs. Il n’y avait qu’à observer l’aube sur Paris, vendredi matin 9 décembre, striant le ciel de raies rose vif et orangées. C’était magnifique, et pourtant si toxique
.

VOTRE SANTÉ

Grand froid, ce qui est prévu pour les populations et les salariés

 

DANIEL ROUCOUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ministère de la santé

De quels recours et informations disposent les populations mais aussi les salariés en période glaciale ? Le point après la mise en route du plan « grand froid ».

Le grand froid est considéré par la loi du 22 juillet 1987 relative à la sécurité civile comme un risque majeur.

Le gouvernement mais aussi les préfets et les maires ont donc un devoir de prévention et de protection des populations. Il en est de même pour les salariés dont les employeurs sont tenus de prendre des dispositions.

 

 

Numéros utiles

115 SAMU

114 Urgence pour les personnes malentendantes ou sourdes

112 ou 18 Pompiers

 Qu’est-il prévu pour les populations ?

Il existe un plan « grand froid » qui définit les actions à mettre en œuvre au niveau local (communes), départemental et national, à informer et conseiller les populations et à limiter les effets sanitaires et sociaux.

Ce plan est actuellement activé et peut être consulté sur 

http://www.gouvernement.fr/risques/grand-froid

Il est également possible de prendre connaissance des dispositions prises par les dispositions prises par votre département

Les populations mais aussi les maires  qui ont l’obligation d’informer et de protéger leurs concitoyens trouveront également toutes les informations sur ce plan, sur les recommandations, les risques, les effets indirects et les contacts en cas d’urgence  en temps réels dans leurs communes sur le site dédié 

http://www.infograndfroid.fr/

De même pour connaître l’évolution de cette période de grand froid en direct  consultez le site de Météo France

 Et pour les salariés impactés par le froid ?

L’article L4121-1 du code du travail prévoit que «  l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent :

- la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés,

- l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. »

Ce qui veut dire que (comme pour le risque canicule), le risque « grand froid » doit être pris en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels.

L’article R4444-5-8° du code du travail dit bien que « lorsqu'il procède à l'évaluation des risques, l'employeur prend en considération… des conditions de travail particulières, comme les basses températures ». Il doit alors donner des consignes à cet effet – article R4461-3 du code du travail.

Le froid est également un des 10-facteurs-de-risques-penibilité  au titre des températures extrêmes.

Les mesures à prendre par les employeurs ont fait l’objet d’une instruction interministérielle du 2 novembre 2016

En résumé, l’employeur doit prévoir :

- l’aménagement des postes de travail par un chauffage suffisant des locaux, l’accès à des boissons chaudes,  réduire la charge physique du travail pour éviter la transpiration etc.,

- l’organisation du travail en extérieur,

- des vêtements et des équipements de protection contre le froid,

- une prévention et une information sur le monoxyde de carbone.

Quant à savoir s’il existe un seuil de température en dessous duquel, les salariés ont un droit de retrait, nous vous invitions à relire notre article grand-froid-quelle-temperature-les-salaries-ont-ils-un-droit-de-retrait ?

 Quelles obligations pour les riverains de déneiger ?

La question est souvent posée de savoir qui des riverains ou des services communaux doit enlever neige et verglas devant chez soi sur les trottoirs et la rue ?

Notre article neige-et-verglas-devant-sa-porte-qui-doit-les-enlever ? répond à cette question.

Quant aux routes, faute d’être assuré par l’Equipement, les agriculteurs peuvent passer des conventions avec leurs communes ou leurs départements pour assurer le-deneigement

  

09 janvier 2017

Sécurité sociale: Fillon écope

LUCIE DELAPORTE

Face au tollé provoqué par ses propositions sur la Sécurité sociale, François Fillon a tenté de rassurer son propre camp, en supprimant de son projet tout ce qui pouvait ressembler à une privatisation de l’assurance maladie. La semaine du vainqueur de la primaire de la droite et du centre sera consacrée à expliquer ce premier reniement. 

 

 « Mise au point »« ajustements techniques »« précisions »… À la sortie de la réunion de groupe des Républicains où François Fillon est venu ce mardi 13 décembre expliquer son projet de réforme de la Sécurité sociale, les éléments de langage sont prêts. Pas question évidemment de parler de « recul » pour évoquer la spectaculaire volte-face du candidat sur le sujet, annoncé dans une tribune au Figaro mardi soir. À rebours de son programme initial, François Fillon y assure que « l'assurance maladie obligatoire et universelle, pilier de la solidarité, doit rester le pivot dans le parcours de soins ». Pour répondre aux accusations de privatisation de la Sécurité sociale, le vainqueur de la primaire affirme que l’assurance maladie « continuera à couvrir les soins comme aujourd'hui et même, mieux ». Finie la distinction entre affections graves, relevant de la Sécurité sociale et toutes les autres renvoyées vers les complémentaires privées. Une distinction qui était pourtant le pilier de son projet santé.

 

 

Pour éviter que ne s’étalent sur la place publique les dissensions au sein des Républicains sur le sujet, le travail de déminage auprès de sa famille politique et même d’un certain nombre de ses proches s’est passé ces derniers jours loin des caméras et s’est donc soldé par ce texte envoyé au Figaro à la veille d’une réunion de groupe qui s’annonçait houleuse. À la sortie, chacun s’évertue à expliquer que le sujet est clos. « Il est normal que le projet évolue sur des modalités techniques », explique ainsi le député Éric Woerth, soutien de Nicolas Sarkozy rallié à Fillon dans l’entre-deux-tours. « Ce qui compte, c’est que la ligne réformiste soit totalement fixée », ajoute celui qui, deux jours plus tôt, avait néanmoins torpillé publiquement le volet santé du programme de Fillon en affirmant sur Europe 1que « la répartition petits et gros risques n'est pas la bonne mesure, la Sécu vaut pour tout le monde et pour tous les risques ». Aujourd’hui, ces « modalités techniques » étant réglées, la campagne peut reprendre un cours normal, ont essayé de faire passer les députés LR en tapant sur le bilan de Marisol Touraine qui oblige à « réformer en profondeur pour sauver notre système de santé ». Pour Christian Jacob, président du groupe les Républicains la « mise au point » de François Fillon était devenue nécessaire face à une polémique « entretenue par la gauche ». « François Fillon n’a jamais parlé de privatisation. C’est un procès d’intention, le même qui lui avait été fait en 2003 lorsqu’il a réformé les retraites, où l’on disait déjà qu’il allait casser le système de retraites par répartition. Aujourd’hui, force est de constater que cette réforme a au contraire permis de sauver le système », avance-t-il lors du point presse hebdomadaire de son groupe. Du côté des juppéiste, qui n’avaient pas été les derniers à dénoncer la privatisation rampante de la Sécurité sociale promise par Fillon, si cette première reculade de leur ancien adversaire est discrètement savourée, l’heure est à l’apaisement. « François Fillon a recadré le débat », affirme Benoist Apparu, jugeant naturel que des « excès de campagne » soient « corrigés ».

Ces jours-ci, l’entourage de François Fillon semblait de plus en plus à la peine pour défendre le projet santé de l’ex-premier ministre, multipliant les déclarations contradictoires, les uns expliquant que le procès en privatisation était le fruit d’un malentendu, les autres que François Fillon ne dévierait pas d’un pouce de sa feuille de route. « C’est un sujet qui a été mal comprisexpliquait au soir de la victoire l’un des responsables du projet, le député Serge GrouardOn a laissé penser que les remboursements allaient être l’exception ! Ce n’est pas du tout ça ! François Fillon n’a pas du tout l’intention de tout casser ! Tout cela sera bientôt précisé d’ailleurs. » Interrogé sur France Inter ce lundi, sur la manière dont serait remboursé à l'avenir un « rhume », son porte-parole Jérôme Chartier avait laborieusement expliqué :  « Un rhume ? ça dépendra quel rhume », devenant la risée des réseaux sociaux.

Passé inaperçu durant la campagne des primaires, François Fillon n’en parlant jamais lors de ses déplacements, le volet santé de son projet était devenu en quelques semaines le point le plus sensible de son programme – qui ne manque pourtant pas de propositions explosives. Et, lui ont rappelé ses proches ces dernières semaines, son potentiel talon d’Achille dans cette campagne présidentielle, tant les Français sont attachés à leur système de santé. Issu des think tanks patronaux, comme l'avait raconté Mediapart, son projet de privatisation partielle de l’assurance maladie – exposé en quelques lignes dans son programme – avait semblé surprendre jusque dans son propre camp. Bernard Accoyer, soutien historique de Fillon, et médecin de formation, avait pris soin de dire qu’il n’avait nullement contribué à cette partie du projet.

Celui qui a fait sa campagne sur le thème de « la vérité » et du « refus des petits arrangements » va devoir expliquer son revirement sur un sujet aussi central, sans donner l’impression de se renier. Il va devoir surtout préciser, maintenant qu’il a mis à la corbeille les propositions les plus radicales sur la Sécurité sociale, ce qu’il entend par « réforme en profondeur du système de santé ». En dehors de la remise en cause des réformes de ce gouvernement, comme le tiers payant ou le droit d’entrée à l’aide médicale d’État, pour les étrangers en situation irrégulière, difficile d’y voir clair dans le nouveau projet Fillon. Si tant est d'ailleurs qu’il existe à ce stade.

 

Toute la semaine devrait être consacrée à cette opération déminage – un déplacement de François Fillon est prévu ce mercredi dans un hôpital – en espérant, assurent ses troupes, que les précisions de leur candidat éteignent enfin « d’inutiles polémiques ».

VOTRE SANTÉ

 

Grippe saisonnière, la vaccination utile ou pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AMELI

C’est l’état d’urgence contre la grippe saisonnière qui touche surtout les personnes âgées et pose la question de la vaccination : utile ou pas ?

 Les faits

Tous les indicateurs des organismes et instituts de santé alertent sur le pic d’épidémie de grippe saisonnière.

C’est ce qu’indique le Bulletin-epidemiologique-grippe-semaine-1.-Saison-2016-2017

Ces données sont confirmées par SOS Médecin et surtout l’IRSAN – Institut de recherche pour la valorisation de la santé- dont vous pouvez suivre l’évolution de la grippe en temps réel (également de la gastro, de la bronchiolite et de la varicelle) sur son site 

http://recherche.irsan.fr/fr/irsan_recherche_bilan/index/voir/1-Grippe

L’alerte a également était donnée, le lendemain de Noël, par l’AD-PA, association qui regroupe les directeurs de service à domicile, de coordination et d’établissements pour personnes âgées, très concernés suite au décès de 13 résidents d’une maison de retraite de Lyon.

L’AD-PA rappelait, dans un communiqué du 26 décembre 2016 que « 16 000 personnes âgées sont décédées lors de l’épidémie de grippe de l’hiver 2014-2015 ». Et donc pour que cela ne se renouvelle pas, elle a demandé « la création d’emplois dans le secteur de l’aide aux personnes âgées afin de faire de la prévention qui passe notamment par la vaccination mais aussi par la création d’une réelle prestation autonomie à domicile comme en établissement. » Elle a remis ça sur la table de la réunion organisée par la DGCS (direction général de la Cohésion sociale) ce 9 janvier.

Certes des mesures ont été prises par la ministre de la santé, Marisol Touraine, comme elle le rappelle dans un communiqué du 11 janvier 2017

Cependant son instruction aux hôpitaux publics de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour éviter la saturation des urgences  y compris en déprogramment des activités et en rappelant du personnel en repos ou en congé ( !?) confirme deux problèmes :

 - les hôpitaux publics sont confrontés à une baisse des effectifs notamment aux urgences quand celles-ci ne sont pas purement et simplement supprimées. Notre article hopitaux-de-proximite-la-loi-les-reduit-aux-soins-de-premier-secours et la réaction de Laurence Cohen sénatrice crc

- parer au plus pressé atteste que la prévention reste à améliorer notamment en matière de vaccination des personnes les plus vulnérables (celles âgées de plus de 65 ans et les enfants).

Les chiffres clés du ministère de la santé sur l’épidémie de grippe 2015-2016 révèlent que 75% des personnes grippées n’étaient pas vaccinées.

Egalement la vaccination des personnels des Ehpad (établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes) et des maisons de retraite qui ne sont plus obligés de se faire vacciner contre la grippe depuis 2006 ! Explications sur #lien2">http://www.atousante.com/risques-professionnels/risques-infectieux/vacci...#lien2

 La vaccination en question

- la vaccination antigrippale est-elle efficace ? De l’avis d’experts (Haut Conseil de la santé publique et fédération des médecins coordonnateurs MCOOR en Ehpad), la vaccination n’empêche pas la grippe mais atténue les symptômes et empêche bien plus de décès. Cependant l’efficacité du vaccin pour les plus de 80 ans est de 45% contre 65% pour une personne plus jeune.   

Ces experts plaident pour la vaccination du personnel des maisons de retraite qui n’est pas obligatoire.

A ce propos, voici un aide-memoire_de-la-vaccination_antigrippale

Est-ce encore utile de se faire vacciner ? Oui mais mieux vaut la prévoir avant l’hiver. Chaque année, début octobre,  le ministère de la santé et Ameli (l’assurance maladie) mènent une campagne de prévention relayée par les médias et que nous rappelons ici :

alerte recommandations contre la grippe du ministère de la santé

campagne de l'assurance malaldie-AMELI-de-vaccination-2016-2017

Comment s’en sortir quand on est grippé ?  Réponse en visionnant cette vidéo de l'assurance maladie les-traitements-et-levolution-de-la-grippe-saisonniere

la vaccination est-elle prise en charge ? Réponse dans l'article paru le 19 octobre 2016 dans L'Humaité.fr vaccin-et-vaccination-contre-la-grippe-pris-en-charge-ou-pas ? et dans le tableau récapitulatif sur le site de l'assurance maladie Schema_visuel_campagne_anti-grippale 2016-2017

 

A lire en pièce jointe  l'article d’Anne-Corinne Zimmer (décembre 2016), sur "la concertation citoyenne et l'obligation vaccinale".

Communiqué de presse de l'Ordre national des Infirmiers - 13 janvier 2017

 Vaccin contre la grippe : les infirmiers réclament des compétences élargies

 

Alors que le pic national de l'épidémie de grippe devrait être atteint la semaine prochaine, les services d'urgences des hôpitaux de plusieurs régions sont débordés, et on peut légitimement craindre un triste record de surmortalité.

En France, la couverture vaccinale pose problème. Pourtant, des solutions existent.

L’Ordre national des infirmiers réclame un élargissement du rôle des infirmiers en matière de vaccination.

 

Grippe : une situation de crise

Alors que le pic national de l'épidémie de grippe devrait être atteint la semaine prochaine, les services d'urgences des hôpitaux de plusieurs régions sont débordés. Certains ont créé des "unités de crise" pour augmenter en urgence leur capacité d’accueil.

En France, chaque année, la grippe touche en moyenne 2,5 millions de personnes et tue entre 3 000 et 8 000 personnes. Mais cette année, on observe le retour d'un virus particulièrement virulent, proche de celui qui avait contribué l’hiver dernier à une surmortalité de 18 300 personnes selon les chiffres officiels.

Marisol Touraine a indiqué mercredi, à la sortie du conseil des ministres, que le bilan de la grippe « sera probablement lourd ». Elle a appelé les établissements et les Agences régionales de santé à s'assurer du nombre suffisant de lits disponibles pour accueillir les malades qui doivent être hospitalisés. Pour cela, la Ministre a demandé aux établissements de déprogrammer, dans la mesure du possible, certaines opérations.

Une solution : permettre aux infirmiers d’étendre la couverture vaccinale

En France, la couverture vaccinale pose problème. Ainsi, lors de la campagne 2015-2016, seulement 48% des assurés à risque se sont fait vacciner. L’Organisation mondiale de la santé préconise une couverture de 75%.

Depuis 2008, les infirmiers vaccinent sans prescription médicale préalable les personnes âgées de plus de 65 ans et atteintes de certaines pathologies chroniques, à l’exception de la primo-vaccination. Cette mesure de santé publique permet ainsi la vaccination de près d’1 million de personnes par des infirmières, et ceci chaque année.

Mais pourquoi ne pas élargir ce rôle à une population plus large, et prioritairement l’entourage des personnes fragiles ?

On compte aujourd’hui 600 000 professionnels dont 100 000 se rendent quotidiennement au domicile des patients sur tout le territoire. A l’image des sages-femmes qui ont vu très récemment et par simple arrêté leur rôle élargi, pourquoi se priver de celui que peut jouer notre profession, parfaitement formée pour exercer cet acte de soin ?

Malgré les demandes répétées de l’Ordre national des infirmiers, aucune mesure concrète n’a encore été prise pour saisir cette opportunité d’élargissement de la couverture vaccinale.

 

Vaccin : vers une obligation pour les soignants ?

La concertation citoyenne sur la vaccination présidée par le Professeur Alain Fischer vient de préconiser une « recommandation forte de la vaccination des professionnels ». L'Académie nationale de médecine soutient cette proposition qu’elle considère comme « la mesure la plus efficace pour améliorer la couverture vaccinale ».

Didier Borniche, Président de l'Ordre des Infirmiers, tient à rappeler qu’un avis récent du Haut conseil de Santé publique préconise l’obligation vaccinale des professionnels de santé dans certains cas et invite donc à mener une réflexion sur cette question :

Rendre obligatoire la vaccination des soignants peut se justifier à la fois pour les protéger, en raison des contacts possibles avec des patients susceptibles d’être porteurs de germes, en particulier dans les établissements de santé, mais également pour protéger les patients d’une contamination soignant-soigné. Nous ne devons pas oublier que les soignants représentent un groupe à risque majoré d’infection grippale. La vaccination des soignants est susceptible de réduire la mortalité et la morbidité des personnes âgées dans les services de long séjour. Cette proposition mérite donc d’être explorée car dans tous les cas, étendre la couverture vaccinale des soignants ne pourrait donc être que bénéfique, ne serait-ce que pour une question d’exemplarité.

 Document à télécharger: 

 hd_15-21_decembre_2016_vaccination.pdf

 

HÔPITAL

GRIPPE

Hôpital. Aux urgences de Gonesse, un quotidien devenu ingérable

 

ALEXANDRE FACHE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les urgences du nouvel hôpital de Gonesse. Photo : Julien Jaulin/hanslucas

Malgré ses locaux flambant neufs, l’hôpital de cette ville du Val-d’Oise fait partie des 192 établissements « en tension » répertoriés par le ministère. Une surchauffe qui n’a que peu à voir avec la grippe, soulignent ses personnels, mais plus avec un manque patent de lits et de personnel.

Même si elle assure que « l’hôpital fait face » et que « tout le monde est sur le pont », la directrice Catherine Vauconsant reconnaît des difficultés. « Nous subissons un aléa épidémique très fort en ce début d’année, alors que nous avons aux urgences un effectif médical insuffisant, de l’ordre de quatre équivalents temps plein. Les deux conjugués rendent la prise en charge des patients très difficile. » Pour tenter d’y remédier, une réunion était convoquée jeudi avec l’ensemble des personnels concernés. Une de plus, car en réalité, c’est depuis début décembre que l’établissement enchaîne les « cellules de crise » quotidiennes pour tenter de réduire un engorgement devenu permanent. Bronchiolites, probablement liées à la pollution intense qu’a connue l’Île-de-France en décembre, gastro-entérites et, maintenant, grippe, dont le virus serait particulièrement agressif cette année… Il n’est pas rare, ces derniers temps, que les urgences de Gonesse accueillent jusqu’à 175 patients par jour. « Or, au-delà de 140, on est déjà au point de rupture », accuse Mohamed Farid, délégué CGT de l’hôpital et par ailleurs candidat PCF dans la 8e circonscription du Val-d’Oise.

27 heures sans voir un médecin

Rencontrées mercredi, petites et grandes mains de ce service ouvert 24 heures/24 et 7 jours/7 témoignent d’une même voix d’un état de surchauffe ininterrompu, avec des conséquences lourdes pour les personnels comme pour les patients. « Au moment où je vous parle, nous avons quelqu’un qui attend depuis 27 heures de voir un médecin, raconte Lynda Maandi, aide-soignante. Et pourtant, il ne s’agit pas de la journée la plus difficile de la semaine. L’autre soir, je suis rentrée chez moi, des personnes âgées attendaient sur leur brancard. Je suis revenue le lendemain à 11 heures, elles n’avaient pas bougé. On n’a jamais imposé aux patients des temps d’attente aussi longs. »

Cette école de la patience se fait-elle au moins dans des conditions dignes, au sein de ce bâtiment de 80 000 m2 ? Pas vraiment, à en croire les personnels, qui ont tous à la bouche ce mot fort : « maltraitance ». « Dans la salle d’attente, quand il y a affluence, les brancards sont collés les uns contre les autres, il y a à peine 20 centimètres entre les patients. Il nous arrive de faire les changes dans ces conditions… Pour préserver l’intimité ou éviter les risques de contagion, il y a mieux », relève Rachid Yazigi, médecin urgentiste. De fines lunettes noires posées sur un regard fatigué, son collègue Mourad Machou abonde. « Parfois, quand c’est trop tendu à l’accueil, je vais voir les patients et je leur dis : “écoutez, que ceux qui peuvent aller voir un médecin de ville ou rentrer chez eux le fassent, parce que là, on est désolé, mais on n’a tout simplement pas les moyens d’accueillir tout le monde.” » Une phrase que le médecin aurait pu prononcer lundi soir dernier, quand il est arrivé pour sa garde de 24 heures : « Il y avait 49 personnes en attente, vous vous rendez compte ! ? On n’avait plus assez de brancards pour les mettre. Et l’infirmière d’accueil était en pleurs. »

« Impression de faire de l’abattage »

Des situations récurrentes qui peuvent entraîner l’aggravation de l’état des patients mais aussi peser sur la lucidité des médecins eux-mêmes. « Avec un tel rythme, les risques d’erreur sont décuplés. On peut faire un mauvais diagnostic qui va mettre le patient en danger », craint le Dr Machou. Lequel voit là un problème structurel qui a peu à voir avec la grippe. Pour le prouver, il sort son téléphone de sa poche, afin d’y retrouver les plannings de l’été dernier : « Voilà : entre le 12 juillet et le 23 août, j’ai enchaîné 24 heures de garde et 24 heures de repos, non-stop. Un jour sur deux, pendant un mois et demi… C’est intenable. » Ce sera pourtant le rythme de son collègue, le Dr Bulent Kara, cette semaine. Et même plus : avec trois gardes de 24 heures, plus une journée « classique » de 10 heures, l’urgentiste aura cumulé en sept jours pas moins de 82 heures de présence… Pas étonnant, dans ces conditions, que les candidats ne se bousculent pas pour répondre aux offres d’emploi émanant de l’hôpital. Celui-ci espère pourtant « concrétiser bientôt quelques pistes d’embauches », assure Catherine Vauconsant.

Jeudi, la directrice de l’hôpital l’a indiqué aux personnels, promettant aussi un travail rapide sur les « lits d’aval », ces places qui permettent l’hospitalisation des patients qui le nécessitent, après le passage aux urgences. Pour augmenter ces disponibilités, la ministre a demandé aux responsables d’établissement de ne pas hésiter à « déprogrammer » des opérations prévues, comme le prévoit le dispositif Hôpital en tension (lire p. 6). « Les déprogrammations ? Une mesurette qui ne réglera pas le fait que les professionnels, ici, ont l’impression de faire de l’abattage et le vivent très mal », fustige Mohamed Farid. Un mal-être que la directrice n’a pu que reconnaître lors de la réunion de jeudi, acceptant l’idée d’une enquête paritaire sur le sujet, réclamée par les délégués syndicaux.

Une enquête qui ferait bien de commencer par un long processus d’écoute de personnels, avant d’en venir à des « propositions concrètes », que tous réclament aujourd’hui. « Avec les horaires qu’on nous impose et les salaires qu’on a, on ne serait pas là si on n’était pas passionnés par notre métier, témoigne Violaine Pabion, infirmière. Mais aujourd’hui, on n’en peut plus, et on vient travailler à reculons. Il faut que cela change. »

La Fédération hospitalière de France appelle à refonder le système de santé

 

La Fédération hospitalière de France (FhF), qui regroupe l’ensemble des établissements publics de santé, a appelé jeudi à tirer les enseignements de la crise. elle souligne que l’ampleur prise par l’épidémie de grippe révèle un défaut d’anticipation mais aussi « les limites de la politique de suppression de lits et  d’économies au rabot ». les hôpitaux publics ont été contraints, ces dernières années, de réduire massivement ce nombre de lits, déplore la FhF, qui rappelle que «l’objectif cible du plan triennal» était de 16000 suppressions. Au-delà de la nécessité d’améliorer la couverture vaccinale, elle estime que l’amélioration du lien entre médecine de ville et hôpital est indispensable pour mieux faire face à ce type de crise. Elle souhaite aussi une nouvelle régulation qui permette de répartir les contraintes entre acteurs publics ou privés.

Études sur la santé des enfants vaccinés et non vaccinés

Bien qu’aucune étude officielle n’ait été financée par le gouvernement US pour comparer la santé des enfants vaccinés à celle des enfants non vaccinés, plusieurs ont été financées de manière indépendante aux USA et à l’étranger. La majorité de ces études ont été faites à l’étranger, mais beaucoup concernent des enfants américains.

Que montrent ces études ? La recherche montre indéniablement que les enfants non vaccinés jouissent d’une santé bien meilleure que les vaccinés. Les enfants non vaccinés ne connaissent pratiquement pas de cas d’autisme, de troubles auto-immuns, d’asthme, d’allergies, de diabète et d’autres maladies infantiles ordinaires qui ont atteint des proportions épidémiques ces dernières années.

 Les études de recherche

L’une des recherches les plus complètes est un sondage comparatif en cours, fait par le médecin homéopathe allemand Andreas Bachmair. Bachmair dirige une étude indépendante portant sur 17461 enfants, qui compare la santé des vaccinés à celle des non vaccinés.

 

Cette recherche a constaté une augmentation significative des maladies suivantes chez les vaccinées : asthme, allergies, bronchite, otite moyenne (infections de l’oreille), fièvre des foins, herpès, neurodermatose, hyperactivité, scoliose, épilepsie, troubles auto-immuns, maladie de la thyroïde, autisme et diabète. Par ailleurs, Bachmair a découvert trois autres études qui corroborent ses conclusions. Pour voir le tableau de la comparaison des maladies, suivez ce lien fourni par Vermont Coalition for Vaccine Choice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour lire la publication complète des conclusions de cette étude, suivez ce lien.

La majorité des participants étaient des Américains, avec 25 pour cent d’Allemands. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ceux qui ont choisi de ne pas vacciner leurs enfants ont dit être enchantés de leur décision. Comme cette étude est en cours, le nombre de cas étudiés variera en fonction des rapports examinés. [1]

Les rapports de Bachmair ont en outre montré que les enfants non vaccinés souffrent très rarement des troubles de santé suivants : dyslexie, retard de la parole, énurésie, maladie cœliaque, sensibilité au gluten, reflux gastro-œsophagien. [2]

Selon une étude de Salzberger, sur 1004 enfants non vaccinés, aucun ne souffrait d’asthme, contre 8 à 12% des vaccinés ; 1,2 pour cent des non vaccinés souffraient de dermatite, contre 10 à 20% des vaccinés ; 3% des non vaccinés avaient des allergies, contre 25% des vaccinés ; et moins de 1% des non vaccinés ont été diagnostiqués avec un trouble de déficit de l’attention (TDAH), contre 5 à 10% des vaccinées.

Une étude portant sur les enfants de 15000 mères, réalisée entre 1990 et 1996 en Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest, montrait que le taux de mortalité était deux fois plus grand chez les enfants vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.

Une étude néo-zélandaise a impliqué 254 enfants, dont 133 vaccinés et 121 non vaccinés. Cette étude comparative a révélé que les enfants non vaccinés jouissaient d’une santé bien supérieure en ce qui concerne ces troubles : amygdalites, asthme, éruptions cutanées allergiques, syndrome de la mort subite du nourrisson, infections de l’oreille et hyperactivité.

Les enfants vaccinés avaient des taux de maladie 2 à 10 fois plus grands que les non vaccinés. [3]

Recherche sur l’autisme et les troubles neurologiques

En Pennsylvanie, dans la communauté amish du comté de Lancaster, un enfant sur 4875 a été diagnostiqué autiste. Sur le total de quatre enfants Amish diagnostiqués, un avait été exposé aux taux de mercure élevés d’une centrale électrique et les trois autres, dont un adopté en dehors de la communauté, avaient été vaccinés. Ce taux est extrêmement bas ou nul par rapport à celui des enfants vaccinés. De même, chez les Amish de l’Ohio, un enfant sur 10 000 est diagnostiqué autiste. Dans la population des USA en général, un enfant sur 45 est actuellement diagnostiqué autiste. [4, 5]

Selon un sondage de Homefirst Health Services portant sur 35000 enfants, dont 90% jamais vaccinés, aucun n’a été diagnostiqué autiste. Par ailleurs, ces enfants avaient des taux d’asthme extrêmement faibles.

Selon un sondage portant sur 9000 garçons de Californie et d’Oregon, les enfants vaccinés avaient 155% de plus de trouble neurologique du genre autisme ou TDAH. [6]

Autres faits scientifiques concernant les vaccins

Dans le livre de Sally Fallon, Nourishing Tradition’s Book of Baby and Childcare [Tradition nourricière du bébé et garde d’enfants], cinq études ont été publiées, dont l’étude sur l’Afrique et l’Allemagne précédemment citée. Toutes les études concluent que les enfants non vaccinés bénéficient d’une meilleure santé que les vaccinés.

Une étude britannique réalisée en 2004 sur 8000 enfants non vaccinés, chacun accompagné de son dossier médical, a révélé que les enfants vaccinés subissaient deux à cinq fois plus de maladies et de troubles que les non vaccinés. [7]

Dans une étude effectuée en Nouvelle-Zélande en 1997, 1265 enfants ont été interrogés. Parmi les enfants qui ont été vaccinés, 23% souffrait d’asthme et 30% d’allergies, contre 0% dans le groupe non vaccinés. [8]

D’après l’étude réalisée en Nouvelle-Zélande en 1992 sur 495 enfants, les enfants vaccinés souffraient de beaucoup plus de troubles que les non vaccinés. Les maladies examinées comprenaient l’amygdalite, les infections de l’oreille, l’apnée du sommeil, l’hyperactivité et l’épilepsie. Les enfants vaccinés souffraient jusqu’à dix fois plus de ces maladies. [9]

Conclusion

Bien que les organismes gouvernementaux soutiennent qu’aucune étude comparant la santé des vaccinés à celle des non vaccinés n’a été réalisée, la réalité est que plusieurs études comparatives ont été faites par des chercheurs indépendants aux USA et dans d’autres pays.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies refusent de faire ce genre d’études parce qu’il serait contraire à l’éthique de les faire. En réalité, ces études pourraient être facilement réalisées, puisque de nombreux parents instruits choisissent de ne pas vacciner leurs enfants.

Les preuves [condamnant les vaccinations] sont écrasantes. Les études faites en Nouvelle-Zélande, en Allemagne, en Afrique, en Grande-Bretagne et aux USA en viennent aux mêmes conclusions. Les enfants non vaccinés jouissent d’une santé de loin supérieure, du moins en ce qui concerne les maladies considérées dans les études.

Références

1.    http://www.thehealthyhomeeconomist.com/survey-results-are-unvaccinated-children-healthier/

2.    http://vactruth.com/2014/02/26/unvaccinated-children-health

3.    http://www.vaxchoicevt.com/science/studies-comparing-vaccinated-to-unvaccinated-populations/

4.    http://www.vaccinationcouncil.org/quick-compare-2/

5.    http://www.thevaccinereaction.org/2015/12/cdc-1-in-45-children-diagnosed-with-autism/

6.    http://www.vaccinationcouncil.org/quick-compare-2/

7.    McKeever aet TM. American Journal of Public Health. Juin 2004. V 94.

8.    Kemp, T. et ses collègues. Epidemiology. Novembre 1997. 678-80.

9.    Docteur en médecine Fallon, Sally, Cowan, Thomas, The Nourishing Traditions Book of Baby and Childcare. New Trends Publishing, 2013. 112, 317.

Vactruth, Michelle Goldstein

Original : vactruth.com/2016/06/03/vaccinated-vs-unvaccinated/
Traduction 
Petrus Lombard

 

Réseau International

 

 

 

Hôpital: l'absurde rente de la dialyse

CAROLINE COQ-CHODORGE

L’assurance maladie consacre 3,1 milliards d’euros par an à la dialyse, au détriment de la greffe pourtant moins coûteuse et plus efficace pour les patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Mais la dialyse assure aux établissements de santé soumis à la tarification à l'acte de confortables revenus.

 

Comme le cœur et les poumons, les reins sont des organes vitaux. Jusqu’aux années 1960, les personnes aux reins trop malades mouraient, empoisonnés par l’urée qui saturait leur sang. Puis a été mise au point la dialyse : une grosse machine qui fait office de rein artificiel en filtrant le sang des malades. En parallèle, s’est développée la greffe de rein. Sur ces deux versants du traitement de la maladie rénale – dialyse et greffe –, la France a écrit une page importante de l’histoire médicale. De nombreuses vies ont été sauvées par les médecins, d’abord en petit nombre, au prix de grandes souffrances, parfois de sacrifices, et de dilemmes éthiques insolubles. Quelques-unes de ces histoires sont racontées dans le beau livre D’autres reins que les miens, un recueil de témoignages de patients et de médecins, écrit par Yvanie Caillé, à l’origine de l’association de patients Renaloo, et le néphrologue Franck Martinez. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En France, 80 000 personnes vivent aujourd’hui avec une insuffisance rénale terminale, c’est-à-dire avec des reins fonctionnant à moins de 15 % de la normale. Cette maladie illustre la concentration des dépenses de santé sur un petit nombre de personnes : en 2013, elle a coûté 3,8 milliards d’euros à l’assurance maladie.

L’association de patients Renaloo répète à l’envi ce chiffre, comme dans cette tribune publiée par Le Monde. Et ce n’est pas pour faire culpabiliser les malades, mais pour interroger sans cesse l’efficacité médicale de cette dépense : « Les moyens consacrés à son financement sont-ils toujours utilisés au mieux des intérêts des patients ? », interroge Renaloo. Ou, au contraire, cet argent alimente-t-il des rentes ? « Quand un traitement mobilise de telles sommes, beaucoup de monde s’agglutine autour », admet Christian Jacquelinet, conseiller scientifique de l’Agence de la biomédecine, qui suit l’évolution des pratiques de dialyse et de la greffe rénale à travers le registre REIN. 

La dialyse a toujours été, aussi, une question d’argent. Dans les années 1960 et 1970, il paraissait impossible de dialyser à vie tous les insuffisants rénaux, tant le coût de cette technique paraissait élevé. Mais l’augmentation des dépenses d’assurance maladie dans les années 1980 et 1990 a permis de multiplier les centres de dialyse sur le territoire, d’abord suivant une « carte sanitaire » arrêtée par les pouvoirs publics. Puis l’hôpital a adopté entre 2004 et 2008 la tarification à l’activité, et la dialyse a hérité de tarifs très favorables.

Sur ce « quasi-marché » très lucratif, l’offre a rapidement rencontré la demande, en croissance de 2 % par an environ. Car l’épidémiologie de l’insuffisance rénale chronique terminale est en progression : cette maladie est une conséquence de maladies immunitaires ou génétiques, stables, mais aussi du diabète et de l’hypertension, en forte progression.

45 000 patients sont dialysés plusieurs fois par semaine, pendant plusieurs heures, la plupart du temps dans des centres d’hémodialyse. Ils représentent 56 % des malades en insuffisance rénale terminale, et concentrent 80 % de la dépense, soit 3,1 milliards d’euros. Si la dialyse sauve des vies, elle affecte la qualité et l’espérance de vie des malades : « Elle ne remplace que très partiellement les fonctions des reins, explique Yvanie Caillé, la fondatrice de Renaloo. La dialyse prend beaucoup de temps : ce sont des heures immobiles, fatigantes, parfois douloureuses. Les symptômes de la maladie restent nombreux, les patients doivent suivre un régime alimentaire strict, ont tout le temps soif… La moitié des patients qui commencent la dialyse sont décédés cinq ans plus tard. Même chez les plus jeunes, la survie est impactée. Un patient qui entre en dialyse à 30 ans vit en moyenne jusqu’à 47 ans. »

Renaloo a même qualifié la dialyse de « prison ». Mais c’est une « prison » très rentable. « Les directions d’hôpitaux sont très attachées à cette activité, et ne voient pas forcément d’un bon œil la volonté d’une équipe de développer la prévention de l’insuffisance rénale terminale ou d’orienter plus de patients vers la greffe », explique Christian Jacquelinet.

Lorsque la maladie rénale a définitivement endommagé les reins, la greffe est pourtant la meilleure alternative. Elle est recommandée par la Haute Autorité de santé pour la majorité des patients, quel que soit leur âge. Les 35 000 patients transplantés, soit 44 % des malades atteints d’une insuffisance rénale terminale, n’ont coûté que 700 millions d’euros à l’assurance maladie en 2013. Et, libérés de la dialyse, « ils ont une bien meilleure qualité de vie, qui redevient proche de la normale », explique Yvanie Caillé, elle-même greffée. « 53 % des patients greffés travaillent, contre 17 % des patients dialysés », explique celle qui vient d’être nommé directrice de l’Institut des données de santé.

L’insuffisance rénale chronique est aussi un parfait exemple des inégalités sociales qui minent le système de santé français. L’association Renaloo a publié en mai, dans la revue scientifique Populationune enquête édifiante sur les inégalités sociales d’accès à la greffe. « Les patients diplômés ont plus souvent accès à la greffe que les autres », et plus encore à la meilleure des greffes, celle réalisée à partir d’un « donneur vivant », lorsqu’un proche accepte de faire don de son rein à un malade. « Ce n’est pas le moindre paradoxe de la néphrologie, conclut l’étude. Contrairement à beaucoup d’autres pathologies, le traitement le moins coûteux est aussi le plus efficace et réciproquement. Ce ne sont pas les plus riches qui coûtent le plus cher au système de santé, mais les plus pauvres, qui restent malgré tout moins bien soignés. »

 

Il y a plusieurs niveaux d’explication à ce « paradoxe ». L’un d’eux est clairement économique. En octobre 2015, la Cour des comptes a rendu un rapport sévère sur la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale, pointant les tarifs jugés trop élevés de la dialyse en centre. Un malade a « trois séances de quatre heures chaque semaine, ce qui génère un revenu de près de 6 000 euros par patient et par an pour le praticien présent. De fait, ce dernier n’est pas incité à orienter sa patientèle vers les alternatives possibles », commente la Cour. Elle a cherché à comparer les tarifs de la dialyse dans plusieurs pays européens, et ses conclusions sont édifiantes : en France, le coût de la dialyse est deux fois plus élevé qu’en Allemagne, en Belgique ou en Angleterre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inégalité d'accès aux soins

 

Les néphrologues libéraux, qui ne vivent que de la dialyse puisque la greffe n’est pratiquée que dans les grands CHU, s’assurent de confortables revenus, qui ont progressé de + 4,32 % en 2015, à 137 403 euros net (avant impôt sur le revenu), selon leur caisse de retraite, soit les 4plus hauts revenus parmi les médecins libéraux, derrière les cancérologues, les anesthésistes-réanimateurs et les ophtalmologues. En 2016, la néphrologie a été la spécialité la plus demandée par les jeunes médecins à l’issue des épreuves classantes nationales. Sans surprise, la démographie de cette profession est très favorable.

La Cour juge également « exceptionnelle » la rentabilité des structures lucratives de dialyse : elle est en effet de 13 % en 2012, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). En comparaison, toujours en 2012, la rentabilité moyenne des cliniques privées n’était que de 1,9 %. Parmi ces structures lucratives, on trouve des multinationales comme Fresenius medical care et Diaverum, ou le premier groupe de cliniques privées en France, la Générale de santé.

« Donner les chiffres de 2012, c’est oublier que nos tarifs ont baissé de 10 % entre 2013 et 2016. Et on nous annonce un nouveau plan d’économies de 25 millions d’euros pour 2017. Aujourd’hui, on ne peut plus parler de rentabilité exceptionnelle », s’agace Hervé Gourgouillon, le directeur général de Diaverum France, également membre de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Mais il ne dira cependant rien de ses résultats actuels : « Nous ne sommes pas une société cotée, nous n’avons pas à les communiquer. » Une indication cependant : le développement continu de l’entreprise, grâce à des créations ou des acquisitions de centre.

Hervé Gourgouillon fait visiter un centre racheté au printemps à Saint-Denis (93). L’hémodialyse en centre, la plus médicalement encadrée et la plus coûteuse, y est très majoritairement pratiquée. Les dialyses autonomes, réalisées à domicile et moins coûteuses, sont anecdotiques. « Ce sont les néphrologues qui prescrivent les séances de dialyse, ce sont des choix médicaux, se justifie Hervé Gourgouillon. Et nous sommes confrontés au vieillissement de la population : les patients sont plus lourds, moins autonomes. » Une néphrologue parisienne, qui travaille dans un centre de dialyse associatif, nuance : « Dans ma clinique, mon directeur n’est pas content si on prescrit des dialyses moins coûteuses. Nous sommes clairement incités à l’activité, car la dialyse permet d’équilibrer d’autres activités moins rentables », affirme-t-elle.

Avec la dialyse, les taxis sont aussi à la fête. L’assurance maladie a dépensé 676 millions d’euros en 2013 en transports, surtout assurés par les taxis, pour acheminer les malades trois fois par semaine dans leurs centres de dialyse. « On ne peut pas lancer d’appels d’offres pour nos patients, afin de faire baisser les prix et améliorer le service », regrette Hervé Gourgouillon, de Diaverum. « Il y a beaucoup de plaintes de patients, indique Yvanie Caillé, de Renaloo. La clientèle est captive, il y a parfois de la maltraitance et des abus majeurs. »

La dialyse et ses « sous-traitants » se portent donc bien, mais la greffe de rein progresse elle aussi. En 2014, 3 241 patients ont été greffés : ils étaient seulement 1 924 en 2000. Mais parce que les indications ont été élargies, il y a de plus en plus de patients inscrits sur la liste d’attente. Fin 2014, près de 10 000 patients espéraient un don de rein. Leur attente dure en moyenne de 2 à 4 ans.

Pour la Cour des comptes, « la réalisation de 6 000 greffes par an permettrait de mettre fin aux listes d’attente ». Et c’est parfaitement possible, si la France rattrape son retard sur la greffe à partir de donneurs vivants. Un membre de la famille, ou n’importe quel proche de la personne malade, peut donner un rein sans risque s’il est en bonne santé. « Mais on met moins d’argent pour le développement de la greffe que pour faire tourner la dialyse », regrette Christophe Legendre, chef du service de transplantation rénale à l’hôpital Necker, le plus important en France. Lui greffe « de plus en plus à partir de donneurs vivants. Nous avons réussi à convaincre la direction de l’hôpital de mettre en place une véritable équipe dédiée au don du vivant. Deux infirmières de coordination prennent le temps d’informer les patients, de recevoir les familles, de suivre les donneurs avant et après la greffe, etc.».

Lionel Rostaing, qui dirige un autre centre de transplantation particulièrement actif, celui du CHU de Grenoble, a lui aussi mis sur pied « une équipe dédiée au don du vivant, qui comprend une infirmière et une psychologue. Il faut convaincre les donneurs que la greffe n’est pas une mutilation, qu’il n’y a pas de risque pour leur santé. Leur espérance de vie est même meilleure que la moyenne, car ils sont très bien suivis. Mais j’ai eu le plus grand mal à convaincre la direction, qui s’intéresse à ce qui est rentable, donc à la dialyse. Les moyens que je mets dans cette équipe, je les prends ailleurs. Il faut absolument sortir du carcan de la tarification à l’activité », ce mode de financement des établissements de santé français qui assure leur recette en fonction de leur activité.

Comment ces deux néphrologues transplanteurs expliquent-ils les inégalités sociales d’accès à la greffe ? Christophe Legendre ne voit pas de biais social dans son service parisien : « Nous avons beaucoup de patients originaires de Seine-Saint-Denis, beaucoup de personnes d’origine africaine, car il y a dans cette population une prédisposition génétique aux maladies rénales. Et nous les greffons dans les mêmes conditions que les autres patients. » Pour Lionel Rostaing, le biais est ailleurs : « Si vous êtes bien informés, donc bien éduqués, vous savez où aller. » Christophe Legendre admet qu’il reçoit « des appels de patients d’autres régions françaises, qui ne parviennent pas à se faire greffer ».

Car les inégalités d’accès à cette thérapie ne sont pas que sociales, elles sont aussi géographiques. L’accès à la greffe est bien plus facile en Bretagne et dans les Pays de la Loire que dans les Hauts-de-France ou en Alsace. Ces différences s’expliquent parfois par l’état de santé de la population, plus touchée par l’épidémie de diabète dans le nord et l’est de la France. Rien n’explique en revanche le retard de la greffe en région Provence-Alpes-Côte d’Azur : le taux de patients inscrits sur la liste d’attente pour une greffe y est très bas (39,8 %, contre 50,3 % en France), comme le taux de greffe à partir de donneurs vivants (12,4 %, contre 16,1 % en France). Est-ce un hasard si cette région a la plus forte densité de néphrologues libéraux ? 

Les mentalités évoluent, un peu. Christian Combe, président de la Société française de dialyse, néphrologie et transplantation, apprécie peu les prises de position de l’association Renaloo. Il rejette également les propositions de la Cour des comptes de diminution de la tarification de la dialyse en centre, car il y aurait selon lui « un risque de dégradation de l’activité ». Il est surtout gêné par « le procès que l’on fait aux néphrologues ». Mais il met lui aussi en cause « la tarification qui n’est pas incitatrice aux bonnes pratiques. Les directeurs d’hôpitaux favorisent la dialyse parce qu’elle est rentable. Et il n’y a pas de tarifs pour la prévention, c’est-à-dire tout ce qui permet de ralentir la progression de la maladie rénale. Au CHU de Bordeaux, la consultation d’une diététicienne n’est plus remboursée, beaucoup de patients ne vont plus la voir. On devrait aussi aider les patients diabétiques et obèses à avoir une activité physique adaptée. »

 

« Construire un modèle économique vertueux est diablement compliqué. Comment bien répartir les moyens entre la prévention, la greffe et la dialyse ? Les néphrologues ne sont pas d’accord entre eux », constate Christian Jacquelinet, de l’Agence de la biomédecine. Ainsi perdure la folle inertie d’un système qui privilégie les rentes acquises, au détriment des malades.

Bref état des lieux de la protection sociale au Sud et au Nord

Actuellement, à peine plus du quart (27 % exactement) de la population mondiale a accès à une protection sociale complète. Pour permettre l’accès de tous les êtres humains sur la planète à celle-ci il faudrait, selon le calcul de l’Organisation internationale du travail, y consacrer 6 % du produit mondial brut |1| soit aux alentours de 4 500 milliards de dollars/an |2| en plus des sommes actuellement déjà dépensées.

Qu’entend-on par protection sociale ? En 1952, l’Organisation internationale du travail (OIT), organe tripartite qui regroupe les représentants des organisations syndicales et patronales ainsi que les États, a, dans sa convention 102, défini neuf branches principales de la sécurité sociale : soins de santé, maladie, accidents de travail et maladies professionnelles, invalidité, chômage, retraite, maternité, allocations familiales, prestations pour les veufs/veuves et orphelins.

L’évolution de la sécurité sociale de la Convention de l’OIT à aujourd’hui

Elle connaît une progression globale jusqu’au milieu des années 70. La parenthèse de prospérité exceptionnelle des Trente glorieuses dans les pays du Nord résulte fortement de la généralisation de la sécurité sociale basée sur la reconnaissance des droits économiques et sociaux et de la diminution des inégalités qu’elle a entraînée.

Par la suite, à compter de la fin des années 1970, on assiste à une forte régression avec la généralisation du modèle néolibéral dans les années 1980, au Sud avec les Plans d’ajustement structurel (PAS) imposés par les institutions financières internationales qui laminent les budgets et ont un impact majeur sur la jouissance des droits humains, mais aussi au Nord avec les mesures d’austérité. Cette régression s’est accentuée dans la période qui a suivi la crise mondiale de 2007-2008. Étant donné les fortes diversités de situation des pays au sein d’une même région, il s’agit ici de brosser un tableau général, qui sera complété et approfondi par les situations de différents pays.

Il est à noter qu’il existe deux grands types de financement de la sécurité sociale qui se fondent pour l’un sur les cotisations liées au travail et pour l’autre sur les impôts. Néanmoins, beaucoup de pays ont adopté une combinaison des deux. Enfin, il faut mentionner le poids grandissant du privé.

Acquis et manques globaux

La couverture santé

48 % de la population ayant atteint l’âge de la retraite bénéficie d’une pension de retraite, ce qui implique qu’un très grand nombre soit obligé de continuer à travailler souvent dans des conditions pénibles

Alors qu’elle serait censée couvrir tous les habitants de la planète, du nouveau-né au vieillard sur son lit de mort, seulement 61 % de la population mondiale bénéficie d’une couverture santé. De plus, dans ce chiffre, il faut prendre en compte le caractère partiel de la couverture qui se caractérise par des montants personnels élevés à débourser et une insuffisance de travailleurs de la santé pour répondre aux besoins partout sur la planète |3|, avec des différences abyssales entre les villes et les campagnes. Il y a des différences considérables entre pays développés et pays en développement (seuls 88 pays sur 192 présentent un taux élevé de couverture santé). Cependant, avec les mesures d’austérité suite à la crise de 2007-2008, les acquis sociaux ont au Nord tendance à diminuer |4|. Dans les pays du Sud on constate plutôt une amélioration. Dans certains pays, la couverture se fait sur base de cotisations sociales liées à l’emploi alors que dans d’autres elle est financée par les taxes, d’autres encore combinent les deux modèles. Enfin, à ces deux sources de financement (cotisations sociales et impôts) s’ajoute le recours à un système assurantiel privé, notamment dans le domaine des complémentaires de santé et des pensions de retraite. Certains pays cumulent les 3 systèmes.

La pension de retraite

Au niveau mondial, 48 % de la population ayant atteint l’âge de la retraite bénéficie d’une pension de retraite, ce qui implique qu’un très grand nombre soit obligé de continuer à travailler souvent dans des conditions pénibles. Les projections en fonction de la population active actuelle estiment que par rapport aux lois et règles existantes 42 % de la population active mondiale ayant atteint l’âge de la retraite aurait droit à une pension de retraite et encore, dans la réalité, ça pourrait être nettement moins avec le développement des fonds de pension par capitalisation. En effet, en cas de crise financière certains pourraient perdre tout le bénéfice de ce qu’ils avaient cotisé comme cela s’est passé lors du scandale Enron au début des années 2000.

Les accidents de travail et le chômage

39,4 % de la population active mondiale bénéficie d’une garantie de revenus en cas d’accidents du travail, chiffre qui comprend également ceux qui sont couverts par une assurance volontaire et les employeurs qui ont pris des dispositions particulières de protection de leur personnel. Ce chiffre masque cependant la collusion entre gouvernement et employeurs dans certains pays et l’absence d’institutions adéquates qui fait que certains travailleurs ne seraient pas en mesure de faire valoir leurs droits en cas d’accident de travail. En matière de chômage, la perspective actuelle est encore bien plus mauvaise puisque dans de nombreux pays la législation ne prévoit pas d’indemnités de chômage. Au niveau mondial, seulement 28 % de la population active pourrait potentiellement prétendre à une allocation de chômage avec un différentiel allant de 1 à 10 entre régions. Si 80 % de la population active d’Europe occidentale y aurait potentiellement droit, ce ne serait que 8 % dans le cas africain en raison du poids prépondérant de l’économie informelle. Qui plus est ceux qui bénéficient réellement d’une allocation chômage sont encore bien moins nombreux. Seulement 12 % de la population mondiale sans emploi |5| ! Avec là encore des disparités considérables : de 64 % en Europe occidentale à 3 % au Moyen-Orient et en Afrique.

Les indemnités de maternité

Les indemnités de maternité ne concernent que 40 % des femmes en âge d’activité et 57 % lorsqu’on y ajoute les assurances volontaires privées. Comme pour d’autres branches de la protection sociale, l’absence de respect des lois fait que seules 28 % y ont effectivement droit.

Les dépenses actuelles de ces 4 branches de la sécurité sociale au cours de la vie active (santé, accidents du travail, chômage, indemnités de maternité) représentent actuellement 2,3 % du PIB mondial soit environ 1 850 milliards de dollars si on prend les chiffres du PIB 2014.

Quant aux allocations familiales, si elles sont prévues par la loi dans 108 pays, elles ne couvrent parfois que des groupes restreints de population. 75 pays ne prévoient absolument rien pour couvrir le coût lié à l’entretien des enfants. Au niveau mondial ces allocations ne représentent que 0,4 % du PIB |6|.

Un court tour d’horizon dans plusieurs pays par régions

L’Amérique latine

Il s’agit de la première région du Sud de la planète où la protection sociale a commencé à être mise en place au cours des années 1940 en Argentine et en Uruguay.

En Amérique latine comme dans les autres continents du Sud, le nombre de personnes vivant de l’économie informelle est très important. Or, celle-ci n’ouvre pas de droits à une protection sociale adéquate. À côté de la protection sociale basée sur l’emploi, de nombreux pays ont prévu des mesures de type assistantialiste ciblées sur les plus pauvres qui limitent le rôle redistributif des États. Ces politiques s’inscrivent dans la foulée du discours sur la réduction de la pauvreté de la Banque mondiale. En effet, cela coûte nettement moins cher de dédier une assistance ciblée à destination des plus pauvres plutôt que de considérer la protection sociale comme un droit inconditionnel pour l’ensemble de la population ! Cette vision est utile à un très petit pourcentage de personnes qui bénéficient des transferts de richesse liés à la dette sous la forme de transferts monétaires ou de privatisations, ouverture de marchés, bas salaires, absence de mesure de protection de l’environnement.

Cette vision limitative échoue par ailleurs puisque si ces transferts liés à une situation de pauvreté concernaient 19,3 % de la population de l’Amérique latine et des Caraïbes |7|, la CEPAL, Commission économique des Nations unies pour l’Amérique latine, estimait pour 2014 le pourcentage de la population pauvre en Amérique latine (sans compter les Caraïbes) à 28 %. L’extrême pauvreté était, elle, estimée à 12 % |8|. Ces chiffres montrent bien l’insuffisance de cette approche. Il existe aussi des programmes plus larges qui ne se limitent pas uniquement aux plus pauvres mais concernent toute personne en deçà d’un seuil de revenu et qui ont une ampleur conséquente car couvrant en 2011 135 millions de bénéficiaires dans 11 pays. Il s’agit bien évidemment d’une avancée importante pour ceux qui en bénéficient mais les chiffres de la CEPAL témoignent de l’ampleur du défi qui subsiste. Qui plus est les montants octroyés peuvent être insuffisants pour permettre de sortir véritablement de la pauvreté.

L’échec d’une politique qui assimile la réduction de la pauvreté à la croissance et fait l’impasse sur la question bien plus politique des inégalités

Si au Brésil, pays phare où ont été menées ce type de mesures à grande échelle (25 % de la population en bénéficie), l’impact au niveau des familles et de régions entières comme dans le Nordeste a été réel, la réduction des inégalités a cependant été très faible puisque celles-ci n’ont été réduites que de 2,7 % étant donné que les montants octroyés sont bas |9|. Les gouvernements Lula n’ayant pas voulu s’attaquer à la racine du problème qui sont les inégalités extrêmes.

 

Cela témoigne de l’échec d’une politique qui assimile la réduction de la pauvreté à la croissance et fait l’impasse sur la question bien plus politique des inégalités dans la région du monde qui en est la championne.

L’Afrique

L’Afrique subsaharienne est la région où la situation est la plus mauvaise avec en moyenne seule 6 % de la population qui bénéficie d’une couverture sociale |10|. Avec l’imposition depuis le début des années 1980 des PAS |11| par les IFI, la situation s’est énormément dégradée au niveau de l’emploi formel, ce qui a entraîné une baisse très conséquente de la couverture. Au niveau du sous-continent, les dépenses de sécurité sociale ne représentent que moins de 2 % du PIB contre 29 % dans l’Union européenne. Dans les deux cas, il s’agit de moyennes au niveau des régions, ce qui implique des disparités au niveau des pays qui les composent. Ainsi la Lettonie, qui est le pays européen qui consacre le moins de moyens à sa protection sociale, y avait quand même consacré 16,8 % de son PIB en 2009.

La pension de retraite est peu développée. Elle ne concerne pas plus de 20 % des personnes âgées de plus de 60 ans et ce chiffre descend en dessous de 10 % dans certains pays. Les montants sont généralement faibles et ne permettent pas de mener une vie décente. Avec le poids prépondérant de l’économie informelle, le poids des cotisations sociales n’atteint dans bon nombre de pays qu’entre 1 et 2 % du PNB. À côté du système de retraite basé sur les cotisations liées à un emploi formel, il existe dans certains pays du Sud du continent des prestations de type assistantiel – sous conditions de ressources. Enfin, situation a priori nettement plus favorable, certains pays ont adopté un régime de retraite pour toute la population au-delà d’un certain âge. Néanmoins, il faut tenir en compte qu’il ne s’agit que de 5 pays qui sont le Ghana, le Kenya, l’Ouganda, l’Afrique du Sud et le Gabon. Là aussi, les montants octroyés peuvent être faibles.

La situation de la couverture santé au niveau global du sous-continent n’est pas non plus satisfaisante même si elle l’est pour plusieurs pays pris individuellement comme les cinq mêmes pays. Il faut cependant noter que même dans ces configurations favorables, il existe dans certains pays des exclusions pour certaines affections.

Les allocations de maternité et familiales sont généralement issues de systèmes limités et parfois uniquement liées à des conditions de ressources.

L’Asie

Les trois principaux pays asiatiques (la Chine, l’Inde et l’Indonésie), totalisant plus de 2,85 milliards d’habitants, ont progressé dans leur protection sociale depuis le début du XXIe siècle. Ainsi, la Chine compte maintenant un système d’assistance sociale (chômage, maladie, accidents, retraite et maternité) financé par des cotisations sociales liées à l’emploi. Il est aussi possible de souscrire en plus à des assurances privées. Les indépendants, les migrants, les travailleurs du secteur informel peuvent également cotiser volontairement au système public mais cela est financièrement lourd puisqu’il n’y a pas d’intervention d’employeur. Les migrants, qui représentent plus de 250 millions de personnes, ne sont pas pris en compte et sont encore considérés comme des citoyens de seconde zone. De plus, comme la Chine a la taille d’un continent, les différences entre régions peuvent être fortes et entre les villes et les campagnes. À cela, s’ajoute la corruption.

La protection sociale n’est d’ailleurs pas considérée comme une fin en soi dans une perspective de promotion des droits humains mais comme un moyen pour soutenir la croissance et éviter trop de mobilisations sociales.

La protection sociale représentait en 2009 2,6 % du PIB des pays de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) s’échelonnant entre 0,9 % au Laos et 4,7 % au Vietnam.

L’érosion des pensions de retraite en Europe

Les retraites sont probablement la branche de la sécurité sociale qui a fait l’objet du plus d’attaques dans les pays où les systèmes par répartition sont largement dominants. Il s’agit ainsi d’augmenter le nombre d’années de cotisations pour pouvoir prétendre à une pension à taux plein mais aussi de diminuer les pensions en modifiant le calcul du montant de la retraite : passer d’un calcul basé sur les années les plus favorables du point de vue du salaire à un nombre d’années plus grand, ce qui fait mécaniquement diminuer la moyenne. Si l’argument de l’augmentation de la durée de vie, régulièrement mis en avant, a un fondement du point de vue de la viabilité du système actuel des retraites par répartition il masque bien l’intérêt réel des promoteurs de l’allongement de la durée de carrière qui est l’incitation au développement des fonds de pensions privés ou par capitalisation à l’impact largement contestable pour les raisons suivantes. Les retraites ne sont pas garanties : en effet si la Bourse s’effondre, les salariés peuvent tout perdre. Par ailleurs, les coûts de gestion sont élevés (d’environ 10 %) en raison des intermédiaires qui achètent et vendent les titres sur les marchés à rémunérer. Elles contribuent aussi au renforcement des inégalités : ceux qui cotisent beaucoup récupèrent beaucoup, cela pourrait sembler assez juste mais il s’agit plus d’une question de moyens que de choix avec la retraite par répartition le différentiel est moindre. Enfin, étant donné que les fonds de pension par capitalisation sont des acteurs de premier plan de la finance internationale, leurs décisions d’investir dans tel ou tel secteur peut avoir des conséquences très néfastes sur les travailleurs avec une pression pour des rendements en hausse sans aucunement tenir compte des conséquences sociales et environnementales.

La solution la plus juste pour assurer la pérennité des retraites par répartition serait l’augmentation du volume des cotisations par leur montant et par la réduction du temps de travail, destinée à créer des emplois socialement et écologiquement utiles, ce qui augmenterait le nombre de cotisants. Par ailleurs, il faudrait prévoir un départ à la retraite très anticipé avec une pension à taux plein pour toutes celles et ceux ayant occupé un emploi à la pénibilité reconnue. Cela a bien évidemment un coût mais il s’agit véritablement d’une mesure de justice sociale !

La question de la cotisation sociale est avant tout, comme le salaire, un enjeu de la répartition des richesses produites par le travail. Le niveau de cette répartition est au coeur des réformes régressives, ce que le capital appelle la baisse nécessaire du « coût du travail ». À l’occasion des crises économiques inhérentes au système capitaliste, la protection sociale est considérée comme une variable d’ajustement pour la restauration des profits. La Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) consacrent, entre autres, en droit international la protection sociale comme un droit humain fondamental. Il s’agit ainsi d’un objectif de taille pour l’immense majorité de la population mondiale.

Si le montant total à réunir annuellement est tout à fait considérable, il faut voir ce qui permettrait d’approcher ce montant. Tout d’abord, ce sont au moins 1 000 milliards de dollars de flux illicites qui quittent chaque année les pays en développement |12|. À cela, il faut ajouter le rapatriement des bénéfices des multinationales et le service de la dette, et on arrive ainsi à environ 2 000 milliards.

Avec l’offensive néolibérale, ce sont dans les pays européens et aux États-Unis environ 10 % du PIB qui ont été transférés du monde du travail vers les détenteurs de capitaux. Il s’agit de montants considérables et récurrents, matérialisés par l’augmentation des montants versés aux actionnaires contre les salariés, et qui a donné lieu à la fermeture d’entreprises pour augmenter les profits, l’augmentation du chômage, la dégradation des conditions de travail, l’augmentation de l’âge de la retraite, etc. etc. Situation sur laquelle les syndicats devraient clairement faire un travail pédagogique auprès de leurs affiliés et appeler à des mobilisations fortes pour faire pression sur le politique. Si cela est bien documenté au Nord, on peut présumer l’existence de mécanismes semblables dans les pays du Sud mais dont l’impact a sans doute été moindre au niveau général étant donné un développement plus faible de la protection sociale dans ces régions.

D’autres ressources devraient être mobilisées comme un impôt exceptionnel (prélevé une fois) fortement progressif sur le patrimoine du 1 % ou du 5 % le plus riche de la population mondiale. Étant donné que la sécurité sociale ce sont des montants récurrents, tout l’argent collecté devrait être ventilé sur plusieurs années pour amorcer un cercle vertueux alimenté par l’augmentation du nombre de cotisants lié à une baisse du temps de travail. Si les sociétés acquittaient les impôts qu’elles sont censées payer, cela permettrait également de réunir des montants très élevés. Il est aussi indispensable de prévoir une très forte baisse des dépenses inutiles ou nuisibles comme la publicité et l’armement qui représentent des budgets considérables.

Tout cela est évidemment très facile à dire et très difficile à mettre en place ! Cela nécessitera de nombreuses années de luttes d’envergure. L’idée étant surtout que les moyens devraient être trouvés par plusieurs biais. L’enjeu en est tout bonnement l’émancipation humaine.

Virginie de Romanet

——————————————————-

Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète

Notes

|1| OIT, Can low income countries afford basic social security ? Social Security Police Briefings, Genève 2008, p.10 cité dans le dossier de campagne 2015-2016 Protection sociale pour tous.

|2| Somme calculée sur base du Produit mondial brut de 2014 ; l’étude de l’OIT datant de 2008 avait été calculée sur base de celui de 2006.

|3| Selon l’OIT, il manquerait au niveau mondial 10,3 millions de la santé

|4| Plus de 30 % de la population grecque n’est plus en mesure de se procurer les médicaments nécessaires. En Espagne, les résidents qui ont quitté le pays pour plus de 3 mois à cause de la crise n’ont plus accès à une couverture santé. Les dépenses de santé ont baissé de 11 % entre 2009 et 2011.

|5| Selon les dernières estimations, les emplois non agricoles dans l’économie informelle représentent 82 pour cent de l’emploi total en Asie du Sud, 66 pour cent en Afrique subsaharienne, 65 pour cent en Asie de l’Est et du Sud-Est (à l’exclusion de la Chine), 51 pour cent en Amérique latine, et 10 pour cent en Europe orientale et en Asie centrale in La transition de l’économie informelle vers l’économie formelle, Rapport V (1) du BIT 103e session 2014, Genève.

|6| Les chiffres qui précèdent sont tirés du World Social Protection Report 2014/2015 de l’OIT – doc PDF

|7| Claudia Robles, « La protection sociale, la citoyenneté et l’égalité en Amérique latine : un projet réalisable ? » in Protection sociale au Sud : les défis d’un nouvel élan

|8| Se estanca la reducción de la pobreza y la indigencia en la mayoria de los países de América latina, Panorama Social de América Latina 2014 http://www.cepal.org/es/comunicados…
de-la-pobreza-y-la-indigencia-en-la-mayoria-de-los-paises-de

|9| Claudia Robles, op cité

|10| Kwabena Nyarko Otoo et Clara Osei Boateng, « Défis des systèmes de protection sociale en Afrique » in Protection sociale au Sud : Les défis d’un nouvel élan.

|11| À partir de la moitié des années 90, les IFI conscientes de l’impopularité de ces PAS, ont mis en place des initiatives d’allègement de dette non pas destinés à résoudre la situation du point de vue des pays du Sud concernés mais pour s’assurer la continuité des remboursements. Ils ont ainsi renommé les PAS en initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) puis en Documents stratégiques de réduction de la pauvreté (DSRP). Si la forme change, le fond reste. Les transferts directs (monétaires) et indirects (privatisations, accords de libre-échange, etc.) continuent de représenter une ponction importante sur les budgets des différents pays.

|12| Les mille milliards de dollars qui manquent chaque année pour financer le développement, Virginie de Romanet, 23 septembre 2014, http://www.cadtm.org/Les-mille-mill…

Virginie de Romanet est membre du CADTM Belgique

 

Source: http://www.cadtm.org/Bref-etat-des-lieux-de-la

En réanimation, la rentabilité contre l'éthique médicale

PAR CAROLINE COQ-CHODORGE

Troisième volet de notre enquête sur la tarification à l’activité. Deux médecins réanimateurs décrivent les effets pervers de ce mode de financement de l’hôpital sur leur spécialité.

La réanimation est une spécialité hospitalière de pointe, très technique, qui prend en charge, parfois pour une longue période, des patients dans un état critique. Deux réanimateurs ont accepté de décrire l’impact de la tarification à l’activité (T2A) sur leur spécialité. Le premier a souhaité conserver l'anonymat : simple praticien hospitalier, il exerce dans un grand hôpital public parisien, au sein d’une équipe qui parvient encore à faire passer l’éthique médicale au-dessus des impératifs budgétaires. Le deuxième, Benoît Misset, est professeur des universités-praticien hospitalier, chef du service de réanimation du CHU de Rouen. Il a rejoint le service public après avoir longtemps exercé dans un établissement privé non lucratif parisien, l’hôpital Paris Saint-Joseph. Il y a joué le jeu de la rentabilité, jusqu’à en être « écœuré »

La T2A, mal adaptée à la réanimation

Benoît Misset décrit ainsi sa spécialité, pratiquée par environ 2 000 médecins en France. « Nous utilisons des machines pour maintenir en vie des malades qui présentent une ou plusieurs défaillances vitales. Ils nous arrivent sans diagnostic. Nous devons en poser un ou plusieurs quasi immédiatement, décider d’un traitement urgent, mettre en place une assistance respiratoire, circulatoire, etc. C’est très difficile de prévoir la durée de l’hospitalisation de nos malades. Par exemple, une pneumonie aiguë peut justifier trois jours d’hospitalisation, ou trois semaines, ou trois mois... Cela dépend de la gravité de la maladie, de l’âge du patient, des complications qui surviennent ensuite, etc. »

Cette imprévisibilité du devenir des malades rend difficile une tarification a priori du séjour. C’est pourtant la philosophie de la tarification à l’activité : un tarif, censé correspondre à la meilleure prise en charge possible, a été fixé pour 2 300 malades types. Ce tarif prend en compte la pathologie et sa gravité, mais aussi l’âge du malade, ses autres maladies, etc.

En tant que membre de la Société de réanimation de langue française (SRLF, la société savante de réanimation), Benoît Misset a participé à la mise en place de la T2A dans sa spécialité, en 2003-2004. « En réanimation, nous avons très vite compris que nous serions perdants. Nous avons tenté d’adapter la T2A à notre activité, en élaborant un indice de gravité (IGS) au début du séjour. Celui-ci prédit bien le risque de décès, mais mal la durée d'hospitalisation. Par exemple, un patient dans un état très grave peut décéder très vite ou bien, au contraire, survivre, au prix d'un très long séjour. Nous avons obtenu de la tutelle un tarif à la journée d’hospitalisation calculé en fonction de cet indice de gravité. Mais l’étude de coût en réanimation a été mal faite, les tarifs qui nous sont appliqués sont inférieurs au coût réel et ne prennent pas en compte les progrès dans les pratiques. Tant que les budgets des hôpitaux étaient suffisants, cela allait : les directions admettaient que certaines activités, comme la réanimation, ne soient pas rentables puisque d’autres le sont, comme la dialyse, la chirurgie, l’ophtalmologie, etc. L’essentiel était que l’hôpital trouve un équilibre. Il ne devait pas y avoir de pression exercée sur les services structurellement déficitaires. Mais cet engagement n’a pas été tenu, parce que les budgets des hôpitaux sont de plus en plus contraints. »

Les effets pervers de la T2A

La tarification à l’activité pousse aussi… à l’activité, et pas toujours à bon escient. Benoît Misset devait remplir, à tout prix, son service de quinze lits : « Parce que mon service était structurellement déficitaire, mon directeur regardait de près le taux d’occupation de mes lits. S’il n’était pas suffisant, je risquais d’en perdre. On est donc moins sélectif. À Saint-Joseph, dans le XVe arrondissement, dont la population est plus âgée que dans la plupart des autres arrondissements de Paris, la moyenne d’âge de mes patients était très élevée. Mais est-ce toujours légitime de les réanimer ? Dans ce système, le service public devient un service marchand, tout vous incite à perdre de vue votre éthique médicale. »

C’est l’aspect le plus retors de la T2A : elle incite à l’activité, à la concurrence entre établissements, mais dans une enveloppe budgétaire fermée, dédiée à l’hôpital par l’assurance maladie, et qui augmente moins vite que les besoins de santé. Mécaniquement, les tarifs baissent chaque année, donc la productivité doit augmenter. « Chaque année, à Saint-Joseph, mon service devait rapporter + 5 %. Donc, je devais prendre un 21e malade dans le mois, même si je n’avais plus de lits. L’industrialisation de ce métier est difficile à supporter : il doit toujours y avoir plus de malades dans les lits, on doit toujours faire plus d’actes… Bien sûr, nous avons fait des progrès dans la prise en charge, et les malades sortent plus vite. Mais si la pression devient trop forte, les médecins pourraient être tentés de faire sortir trop tôt des malades, au risque qu’ils soient réadmis. C'est quelque chose que nous mesurons et que nous observons quelquefois. Nous craignons sérieusement que cela ne s'aggrave, car les tarifs vont continuer à baisser. » 

L’hôpital public est soumis aux mêmes exigences que le privé. Dans le service de réanimation du grand hôpital public parisien, le praticien hospitalier anonyme raconte : « Après la conférence budgétaire de l’établissement, où les médecins ne sont pas conviés, un gestionnaire de l’hôpital vient nous voir avec des petits camemberts, pour nous demander de faire X % d’activité en plus, donc d’admettre plus de malades. Cela nous fait bondir ! On ne fabrique pas des yaourts, on ne choisit pas la durée de séjour de nos patients. Heureusement, les équipes résistent : les malades sortiront quand ce sera le bon moment. Mais si on est des mauvais élèves, on perd des postes paramédicaux et médicaux, on a moins de facilités pour travailler… Au niveau médical, nos effectifs sont déjà inférieurs à la réglementation qui encadre la réanimation : on devrait être sept, nous sommes quatre… On manque en plus de secrétaires : on doit taper nous-mêmes nos courriers, prendre les rendez-vous pour nos patients. On perd ainsi du temps médical à faire des choses non médicales. »

L’hôpital-entreprise

 

Gouvernée par la T2A, la gestion hospitalière emprunte désormais son vocabulaire au champ lexical de l’entreprise. Dans le grand hôpital public parisien, le service de réanimation a un projet d’agrandissement : « On ne réfléchit pas à partir d’une analyse des besoins à Paris dans notre spécialité, mais on a préparé un business plan, raconte le praticien hospitalier anonyme. La T2A valorise les hospitalisations courtes ; donc, nous sommes incités à fermer des lits d’hospitalisation traditionnelle, alors que nous en manquons. On prévoit de créer des lits surtout en hôpital de jour [le patient est accueilli en journée pour des consultations ou des examens, voire certaines interventions, et ressort en fin de journée – ndlr] et en hôpital de semaine [le patient est hospitalisé du lundi au vendredi – ndlr]. Pourtant, cela ne correspond pas à l’évolution de la prise en charge dans notre spécialité. » 

Pour développer son unité à Saint-Joseph, Benoît Misset a lui aussi « appris à faire des business plans. Dans les réunions, on ne parlait que d’argent, de rentabilité, de marge financière. L’hôpital doit faire 25 % de marge pour pouvoir payer ses frais de fonctionnement. En réanimation, on était à – 7 % alors qu'on avait une activité de bon niveau, aussi bien en termes de quantité que de qualité. Le cadre infirmier du service, tous les lundis, recevait notre taux de productivité, calculé en fonction de l’occupation des lits et du nombre de personnel ce jour-là. Il était incité à réduire le nombre de personnels pour augmenter ce taux. Moi je recevais automatiquement tous les soirs sur ma messagerie le coefficient d'occupation de tous les services de l'hôpital, avec un mot du directeur pour dire que tel secteur serait bien inspiré d'ajuster son personnel à l’occupation des lits. Au bout de quelques semaines, c'était tellement pesant que j'ai paramétré ma messagerie pour que ces mails automatiques soient envoyés automatiquement dans la corbeille… Qu’est-ce qui me stressait le plus ? Le fait que je vive cette technique comme un harcèlement ? Ou bien le fait que je trouve idiot de demander un taux d'occupation à 100 % à un service de réanimation ? En effet, dans ma spécialité, c'est de la bonne gestion que de prévoir quelques lits libres pour les urgences vitales, surtout avant la nuit. Saint-Joseph marche bien, est “efficient” comme on dit, mais sélectionne petit à petit ses activités. Le soin y est industrialisé. On ne peut pas le lui reprocher, c'est un hôpital privé. Les dernières années, j'avais la sensation que les professionnels étaient plus tristes et perdaient le sens de leur métier. J’ai décidé de quitter cet hôpital, qui me payait mieux, mais finissait par m’écœurer, pour retrouver le secteur public. Ma première impression est que c'est plus facile de parler de projets médicaux dans mon nouvel hôpital. Je sais que la pression financière sera la même. J'espère simplement pouvoir réussir à trouver un meilleur équilibre entre l'efficience, la qualité et l'équité. »

La sécu : des origines à nos jours, histoire d’une révolution par Mathilde Larrère

Sait-on que la Sécu, à sa naissance, fut bien davantage que la Sécu ? Une véritable démocratie sociale, alternative au capitalisme, créée au lendemain de la Libération, à la faveur d’un contexte politique inespéré, qui ne s’est jamais re-présenté.

 

A propos de l’offensive de François Fillon contre le système actuel, Mathilde Larrère remonte à ses origines, et même bien au-delà : jusqu’à la Convention de 1793.

De la Cigarette au Changement Climatique : le poids des lobbies industriels

ItzaFineDay / Flickr

La 7ème Conférence des Parties (COP) organisée par l’Organisme Mondial de la Santé (OMS) a eu lieu du 7 au 12 novembre à Delhi. Au même moment se réunissaient, à Marrakech, la 22ème COP des Nations Unies luttant contre le changement climatique. Si le rapprochement semble anecdotique, les problématiques rencontrées par ces deux rassemblements sont similaires. Les solutions apportées peuvent cependant diverger : en matière de lutte contre l’influence négative des lobbies, L’OMS possède une longueur d’avance sur son homologue climatique.

Démarrer une voiture ou allumer une cigarette sont des gestes anodins, que nombre d’entre nous effectuons plusieurs fois par jours sans y attacher trop d’importance. Ils ont pourtant des conséquences dramatiques qu’il est difficile d’éviter : chaque année, le tabac tue presque 6 million de personnes. Le rejet de CO2 dans l’atmosphère, en plus de causer de nombreux décès prématurés chaque année, représente à long terme un risque pour la survie même de l’espèce humaine. Ces deux problématiques trouvent leur commun dans le combat que mènent les multinationales contre les citoyens.

 

Car s’il est d’intérêt public de dégager des solutions concrètes pour limiter la consommation de tabac et de pétrole, certains intérêts privés bénéficient, quant à eux, du statu quo. La production du tabac, comme celle des carburants, repose en effet entre les mains de grands groupes industriels qui en tirent la majorité de leurs profits. Exxon Mobile ou Philip Morris, pour ne citer qu’eux, ne se privent donc pas de vanter les bienfaits de leurs produits, ou du moins de mettre en doute les impacts négatifs dénoncés par de nombreux scientifiques.  

La régulation de ces industries est assurée, quant à elle, par deux conventions internationales majeures. D’un côté, la Convention-Cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac, qui inscrit dans le droit international des politiques de protection de la santé publique, de l’autre, la Convention-Cadre des Nation-Unis pour le Changement Climatique (CCNUCC), qui a pour vocation, entre autre, de limiter le réchauffement climatique à moins de 1.5° Celsius en encourageant une transition vers les énergies renouvelables.

 

Ces deux traités représentent un maigre espoir pour la protection de l’environnement et de la santé dans le monde. Ils menacent cependant directement l’activité économique des industries du tabac et des énergies fossiles, et donc la santé financière de certains états qui dépendent indirectement de cette activité. On comprendra, dès lors, la difficulté que rencontrent ces conventions à mettre en œuvre des politiques ambitieuses et surtout aux implications concrètes.

Credit : Nikita Jha

Lobby or not Lobby ?

Fin 2016 se tenait, à Delhi et Marrakech respectivement, la 7ème convention de l’OMS contre le tabagisme et la 22ème convention des Nations Unies contre le changement climatique. Les industries du tabac et des énergies fossiles vont tenter, une fois de plus, d’influencer les prises de décisions politiques en leur faveur. Parmi les partenaires financiers de la COP 22 de Marrakech, on retrouve ainsi AKVA, premier groupe pétrolier marocain, ou encore Engie (Ex. GDF-Suez), également présent dans la liste des cinquante plus grands émetteurs de dioxyde de carbone au monde.

 

Selon Katherine Smith, Docteur en Science Politique à l’université d’Edimbourg, l’influence des lobbies industriels sur les décisions politiques peut s’effectuer de manière plus ou moins officielle. Au traditionnel lobbying de fonctionnaires situés à des postes clés s’ajoute ainsi d’autres moyens plus discrets. Financer des recherches scientifiques destinées à semer le doute, manipuler l’opinion publique via des campagnes de publicité mensongères, soudoyer des experts ou des officiels, telles sont les méthodes employées par l’industrie du tabac.

Pour lutter contre l’influence négative d’entreprises ayant des conflits d’intérêts dans la prise de décision de l’OMS, la convention a mis en place une législation stricte. Pour Jesse Bragg, membre de l’organisation Corporate Accountability International, “[ce traité] n’a pas uniquement pour objectif de réduire la consommation de tabac, mais également de responsabiliser les industries” (vidéo). L’article 5.3 de la convention pour la lutte anti-tabac (PDF) recommande ainsi que “des règles soient adoptées pour la communication d’informations ou l’enregistrement des entités de l’industrie du tabac [et] des organisations qui leur sont affiliées […], y compris les groupes de pression.

En total contraste, l’organisation des Nations-Unies laisse la porte grande ouverte à l’influence négative des lobbies énergétiques en dépit de l’ampleur de la problématique dépassant le cadre de la simple liberté individuelle. Dans le projet de décision CP.21 de la convention-cadre (PDF), on peut lire que l’organisation “se félicite des efforts déployés par toutes les entités […] y compris […] du secteur privé [et] des institutions financières”. D’après Tamar Lawrence-Samuel, également membre de Corporate Accountability International, le Traité de Paris “encourage effectivement le secteur énergétique à définir les solutions au problème qu’il a lui-même créé” (vidéo). Quid en pratique ?

Comment contrer les géants des énergies fossiles ?

 

Comment prévenir l’influence d’acteurs ayant des conflits d’intérêts flagrants dans les prises de décisions liées à la protection du climat ? Tout d’abord, la convention-cadre des Nation-Unies peut suivre l’exemple donné par l’Organisme Mondial de la Santé, et inscrire la lutte contre les lobbies directement dans ses traités. De même que l’OMS dénonce “un conflit fondamental et irréconciliable entre les intérêts des industries du tabac et celles des politiques de santé publique” (PDF), les Nations Unies doivent prendre en compte les intérêts contradictoires entre industries pétrolières et réduction du rejet de CO2 dans l’atmosphère.

401(K) 2012 / Flick

Il en va de même pour les mesures concrètes. Comme l’OMS avant elle, l’organisation des Nations-Unies pourrait instaurer un système de vérification des délégués. Tout délégué souhaitant se rendre à une conférence anti-tabac doit au préalable recevoir l’approbation des instances publiques. De plus, chaque participant signe une déclaration de non-conflit d’intérêts. En dernier recours, la société civile et les organisations non-gouvernementales (ONG, associations, lobbies citoyens,..) alertent également le secrétariat en cas d’abus.

Il ne manque donc que la volonté politique de nos dirigeants, qui ne viendra que si la société civile exerce une pression assez forte. D’après Ralph Degolaccion, membre de l’organisation Health Justice, 4 leçons sont à retenir de l’expérience de la lutte anti-tabac appliquée à la question du changement climatique. Le mouvement environnemental doit :

1. Collecter et régulièrement mettre à jour une base de données sur les activités des lobbyistes.

 

2. Engager un discours raisonné au sujet du lobbying avec les membres du gouvernement.

David Tong / Flickr

3. Contrôler les actions de publicité et de relation presse des entreprises polluantes, pour les dénoncer si nécessaire.

4.  Éduquer toutes les parties prenantes au sujet de l’influence néfaste des industries de l’énergie fossile, via des campagnes de presse par exemple.

C’est le niveau d’engagement des citoyens de la société civile qui fera, en fin de compte, toute la différence. Dans le cas contraire, les « COP » et grandes réunions internationales risquent de se répéter sous l’influence de ces lobbies sans réellement apporter de solutions concrètes à ces questions pourtant vitales.

 

Léopold Salzenstein & Mr Mondialisation

MALADIES ORPHELINES

Par Le Panda 

L'ETAT SE PENCHE

La première des choses et des faits irréfutables, ne font que les conséquences de la pollution de l’air fait que nous n’arrivons pratiquement plus à respirer normalement. Non seulement à Paris, Lyon, Grenoble, sans développer les autres nations. Où circuler à pieds sans port de masque entraine des conséquences de mortalités plus qu’importantes. Les constats s’imposent, nous le subissons au quotidien ; les états y compris la France ne font pas ce que la santé, notre survie impose.

Plus de 7 millions de morts par an, les virus ne connaissent point de frontière, toutes les couches des populations sont concernées c’est immuable. La pollution intérieure est 7 fois plus dangereuse et réfuter les réalités qui touchent les femmes, donc par voix de conséquences les enfants à venir. En cela les maladies orphelines se développent à vitesse grand V ou est-ce trop tard ?

Les appels au raisonnement une réalité aussi conséquente que les retombées du nucléaire, ou les conséquences atomiques, sur notre planète qui peut prétendre l’ignorer ?

Ne pas voir ces réalités, c’est tenter de se dédouaner : des risques et conséquences

Les maladies orphelines ne peuvent se traiter en un seul article, c’est impossible quiconque prétendant le contraire ne sait plus ou moins de quoi il en retourne ou, où nous en sommes.

Prendre la position de ne pas traiter ces sujets ayant vécu de par formation et vécu les deux côtés de la barrière. Serait un scandale associé à de l’inconscience.

Lorsqu’une personne développe un sujet à plusieurs thèmes, il se doit de l’avoir vécu dans sa chair, son sang, ses proches, etc. Justement pour éviter des erreurs. Sources : Ces citations parmi bien d’autre sont de Rimbaud.

La fibromyalgie, ses dérivatifs, ses causes, ses conséquences, les moyens qui peuvent être mis en œuvre pour cesser de passer par des solutions ou de suppositions erronées dont la majorité des gens font parfois fonctionner l’automédication.

Les sujets et la Chartre des Patients Experts , ne pouvant que donner réponses aux éléments dont les éléments sont approuvés reconnus par la Santé Publique, ainsi via l’OMS le Conseil de l’Ordre en y intégrant cela va de soit les positions d’autres patients connaissant, ou vivants les affres de telles situations.

Atteint à la naissance de la poliomyélite les séquelles ne s’effacent jamais, cela le Docteur Pierre Stagnara qui fut le premier à opérer des personnes dès 1955, de l’hôpital Edouard Herriot à Lyon pour créer son propre service et finir aux Centre des Massues à Lyon.

Cet homme hors du commun paya de sa vie, par une maladie orpheline la fin de sa vie en 1995.

Nous sommes à un virage plus qu’important de la sécurité sociale de la volonté de la France de l’ensemble du corps médical pour lutter, il ne faut surtout pas y voir un leurre, sans la biologie la médecine et ses progrès n’existeraient pas.

Nous savons quasiment avec certitude que l’humain a atteint en l’instant le summum de sa durée de vie, à savoir sur les connaissances que nous avons actuellement le maximum est de 115 années de vie.

Nous attaquons sans voire en la circonstance une régression du grandissement de l’ossature humaine qui a atteint sa zone maximale puis aborde actuellement une phase descendante, mais normale, ne voyez en la circonstance rien de grave, il en va autant pour la femme que pour l’homme.

La durée de vie de la femme représente une moyenne légèrement supérieure à 84 ans et celle de l’homme à 79.

Le modernisme de la société de consommations dans laquelle nous sommes tombés provoque ce recul, qui ne peut nous dire avec précisions ce que seront les décennies à venir et dans quels sens.

La santé, tout comme l’éducation, les valeurs de la famille, la disparité des acquis dans le cadre du droit au savoir, remplissent toutes plus ou moins toutes les mêmes causes de cette finalité.

La période se prête à soulever ce types de questions à ceux, celles qui vont diriger pendant un certain temps notre devenir, essayons de soulever les bonnes ou pires questions pour ne pas dire « nous n’avons pas agi ».

À la demande du Député de l’Oise, Patrick Carvalho, une commission d’enquête de 30 membres sur la fibromyalgie, les conditions de sa reconnaissance et de sa prise en charge, vient d’être lancée.

On estime que la maladie, caractérisée notamment par des douleurs musculaires chroniques handicapantes, touche 14 millions d’Européens et entre 1,5 et 2 millions de Français.

Reconnue comme « maladie » par l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), depuis 1992 et considérée comme maladie « handicapante » en Belgique, la fibromyalgie n’est pourtant toujours pas répertoriée dans le catalogue officiel des maladies de l’Union européenne.

Aujourd’hui, en France, les patients atteints subissent une seconde peine, l’absence de prise en charge.

C’est toute la raison de la démarche entreprise : mieux répondre avec notre système de santé, à la souffrance et à la détresse des centaines de milliers de Français fibromyalgiques.

Caractérisée notamment par des douleurs diffuses, la fibromyalgie est une maladie chronique, systémique et multimodale qui semble toucher à la fois le système nerveux central et les » petites fibres nerveuses .

Un syndrome musculo-squelettique chronique qui n’affecte pas moins de 2% à 5% de la population, selon les dernières estimations.

Ce syndrome douloureux est associé à une fatigue devenue chronique, des troubles du sommeil, des colopathies, des céphalées, etc.

Ce qui en fait une pathologie complexe et souvent invalidante.

La maladie touche majoritairement les femmes, avec un sexe-ratio de 9:1.

De précédentes études ont déjà suggéré, en plus de la sensibilité à la douleur, une tolérance réduite aux stimuli sensoriels et une hypersensibilité aux événements non-douloureux.

Les affections de longue durée exonérantes sont définies par le Code de la Sécurité Sociale comme des affections dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse, et pour lesquelles le ticket modérateur est supprimé.

La France, pour sa part, continue de considérer la fibromyalgie comme un syndrome.

De nombreux parlementaires ont interrogé le gouvernement, au fil des années, sur le sujet et ont toujours obtenu la même réponse, celle d’un statu quo.

Il est considéré que ce syndrome n’a pas de cause connue. Son diagnostic est formulé par défaut d’identification d’autres maladies. Il n’existe pas de traitement spécifique, notamment médicamenteux, ni de prise en charge bien établie.

Cette situation a des conséquences pour les malades. Ils sont d’abord livrés à une errance médicale.

 Ils ne savent pas vers quel médecin se tourner : rhumatologue, psychologue, neurologue.

Le temps, qui s’écoule entre la manifestation des premiers symptômes et le diagnostic final, est, en moyenne de six ans. Six longues années sans savoir de quoi le patient est atteint et sans perspective.

Dès lors, la solitude s’installe et les maux du corps envahissent l’esprit, ajoutant aux douleurs physiques des symptômes dépressifs.

En ce qui concerne les traitements, les prescriptions tendent à essayer d’endiguer les symptômes avec le recours à des antidouleurs, des antidépresseurs, des antiépileptiques accompagnés souvent d’effets secondaires complétant les douleurs initiales sans régler ces dernières.

D’autres thérapies, non médicamenteuses, sont pratiquées (kinésithérapie, balnéothérapie, psychothérapie, relaxation, acuponcture). Le corps médical est, par ailleurs, peu formé à ce type de maladie chronique.

Certains praticiens sont encore septiques sur la nature de la fibromyalgie, la considérant comme une maladie psychologique, ce qui a des conséquences sur la qualité et l’efficacité des traitements prescrits.

À cela s’ajoutent encore les rapports conflictuels avec les administrations (CPAM, maisons départementales des personnes handicapées, médecine du travail), dès lors que les diagnostics s’établissent par défaut de reconnaissance d’autres pathologies et que la sécurité sociale ne reconnaît pas la fibromyalgie comme maladie.

La fibromyalgie via le code CIM 10 M 79.7, n’est d’ailleurs pas présent dans le référentiel de la CPAM.

Il en découle la non reconnaissance d’une invalidité induite par cette maladie, la non prise en charge en « affection de longue durée » (ALD), ni en ALD 31 pour une fibromyalgie non accompagnée d’autres maladies, la rupture du versement d’indemnités journalières pour un arrêt maladie prolongé pour cause de fibromyalgie.

Cerner le contexte de la souffrance humaine personnelle et environnementale sur le plan personnel et familial.

Le Panda

 

Patrick Juan

Cannabis, contes, mythes et légendes

 

Par pirate 

Comme à chaque élection depuis l’invention de François Mitterrand l’arlésienne préférée des politiques français est de retour dans le débat... jusqu’aux prochaines élections….Je veux bien sûr parler de la légalisation du cannabis, l’herbe qui rend fou. Et comme chaque année, les « journalistes » ou plutôt les animateurs des talk-show du pré-à-penser du 20 heures inviteront ou invitent son lot de partisans du oui contre ceux du non. Selon un plan de table bien rodé, les oui à gauche, car le plus souvent de gauche, et les non à droite car le plus souvent de droite. C’est plus facile à comprendre pour la moyenne des téléspectateurs de plus de 60 ans à qui ces débats sont en réalité destinés. J’avais moi-même déjà rédigé un article à ce sujet pour la même occasion, un serpent de mer donc. Comme chaque année à gauche on aura donc un homme le plus souvent seul, député si possible, parfois maire d’une commune, au hasard Sevran, ou quelque fois accompagné d’un journaliste, soit vaguement économiste, le plus souvent « spécialiste » du phénomène mafieux. Tandis qu’à droite on aura en plus du député cacochyme et si possible connu, un représentant syndical de la police, au hasard le président d’Alliance, et un médecin, généralement psychiatre, neurologue, parfois spécialiste des addictions. Le débat est bien rôdé et je peux vous en donner d’avance la substance. A gauche on avancera qu’il faut légaliser pour couper l’herbe sous le pied aux mafias, qui pourtant depuis trente ans n’opèrent officiellement pas en France ni n’existent. Attendu que la criminalité corse n’est pas mafieuse, au plus une bande de sympathiques figures du voyou à l’ancienne, dans la grande tradition du polard Duhamel. Ensuite ça évacuera la délinquance des quartiers, où de véritables cartels de la drogue s’installent devant les boites au lettres, comme au Mexique mais en plus petit. Enfin avec l’aide de taxes progressives, comme dans le cas de l’alcool, on pourra se faire plein de sous. Comme par exemple ce fameux Colorado avec ses cinq millions d’habitants et ses lois fiscales particulières, même qu’ils en avaient tellement d’argent qu’ils ont été obligé d’en redistribuer aux gens ! De quoi faire rêver en France où les mots « taxe » et « argent » ont semblent-ils des propriétés magiques. Car bien entendu, loi Evin oblige, il faut mettre nicotine, cannabis, et alcool sur un même plan d’égalité. C’est rien que des drogues, ça sert à rien, si les gens veulent se foutre en l’air ça les regarde, mais pas question que ça soit avec mes sous à moi de ma Sécurité Sociale à moi. A droite, les arguments seront les suivant : si on légalise les voyous des quartiers se jetteront sur la vente de produit dix fois plus dangereux, de plus, soutiendra le médecin, il y a des risques de schizophrénies, c’est scientifiquement démontré, ce à quoi ajoutera le policier, à l’initiative de l’animateur, que les taux de THC augmente, et que le cannabis d’hier c’est plus le cannabis d’aujourd’hui. On conclura donc que ce serait irresponsable de légaliser même si on s’accordera sur le fait que la loi de 70 n’est plus très adaptée et qu’en fait on enferme presque plus pour simple usage, ce pourquoi on devrait se contenter de mettre une amende quand on croise un hippy… euh un jeune homme devant la boite au lettre. Voilà, et comme ça tous les ans depuis 1981, depuis que Mitterrand le facétieux avait lancé l’idée d’en parler sans rien faire. Logique parallèle à ces débats stériles, les réseaux sociaux se remplissent de discussions également oiseuses où tout et absolument n’importe quoi est dit à ce sujet et que personnellement j’entends colporter depuis que je me suis intéressé à la question, il y a maintenant 38 ans. Je vous propose donc de les lister. Mais pour commencer, en préambule, parce qu’il me semble qu’au-delà de la simple question morale, sanitaire ou judiciaire, nous sommes face à un préjugé culturel et quasi xénophobe, je vais commencer non pas par le cannabis, mais l’alcool.

 

« La prohibition c’était une idée des puritains, résultat il y a eu la mafia »  : C’est vrai, le Volstead Act promulgué en 1920 et abrogé treize ans plus tard a été porté par les ligues de vertus américaines, d’inspiration puritaines et protestantes et il a en effet fait la fortune des gangs américains. On notera cependant que les ligues de vertus étaient les seules à se préoccuper d’un mal qui rongeait et ronge toujours l’Amérique (notamment les femmes), l’alcoolisme. En 1919 l’alcoolisme est endémique aux Etats-Unis, et nombre des députés et sénateurs qui ont porté cette loi étaient eux-mêmes des alcooliques notoires, mais ça ne semble pas préoccuper plus que ça le monde médical. Du reste, contrairement à ce qu’on pense il y avait de nombreuse exceptions et arrangements sur le sujet de l’amendement, notamment celui autorisant un médecin à prescrire du whisky pour une dose limité. L’American Medical Association demanda donc qu’on augmente les doses, et questionna les politiques sur leur capacité à savoir la valeur thérapeutique de la moindre substance. Ces exceptions ont bien naturellement servi les intérêts des gangs. Et je dis bien gang car contrairement à ce qu’on prétend, la mafia telle qu’on la connaitra n’existait techniquement pas, et ce n’est pas la prohibition qui y a donné naissance mais son abrogation ! Voilà de quoi alimenter le moulin du président d’Alliance, nous y reviendrons. A noter également que non seulement elle a enrichi les gangsters mais provoqué pas mal de drame, les gens se livrant à leur propre production d’alcool avec à peu près n’importe quoi.

 

« L’alcool n’est pas une drogue » L’inénarrable Nicolas Sarkozy, en présence de quelques gros producteurs de vin, l’a dit en 2007, « le vin n’est pas une drogue ». Et considérant qu’il n’en boit pas lui-même, d’alcool en général, il était bien placé pour en parler. Un alcoologue qui participait à un débat au Sénat sur l’abrogation de l’interdit concernant l’absinthe racontait qu’il avait été stupéfait de constater que dans l’esprit de nombre de sénateurs, l’alcool n‘était pas une drogue non plus. Les faits bien entendu sont plus cruels. Cette drogue, car c’est donc évidemment de quoi il s’agit au même titre que le tabac, l’opium ou le cannabis, et que certain neurologue vont même jusqu’à appeler la « molécule sale » concerne 86,4% de la population nationale, avec une moyenne déclarée de cinq verres et demi par semaine. Et sur ces 86,4% 9,3% se mettent une race régulièrement. Pour un total de 49000 morts par an. Car rappelons qu’en plus de tuer sur la route, l’alcool provoque cirrhose et hépatite alcoolique, AVC, désordre neurologique, plus une belle collection de cancer. Qu’enfin, d’où son surnom de « molécule sale » l’alcool et l’alcoolisme s’inscrit dans les gènes, dans une même famille, à une ou deux générations près, on va retrouver des cas d’alcoolisme avéré. On ajoutera des problèmes psychiatriques également avérés et un phénomène d’addiction équivalent à l’héroïne. Et c’est pour toutes ces raisons que l’alcool est légal. Et pour des raisons éminemment culturelles on s’en doute. En 2011 les français consacraient en effet 19 milliards d’euros aux boissons alcooliques soit environs 9% de leur budget alimentation. En 2006 le budget publicitaire en faveur des boissons alcooliques était d’un peu plus de trois cent millions d’euros, et dans notre balance commerciale, en termes d’exportations c’est un montant de dix milliards, sur lequel l’état prélève trois milliards en taxe. Comparé à ça les 830 millions que dégage le trafic et le petit milliard qu’on pense tirer des taxes sur le cannabis c’est beaucoup moins culturel… car donc je le rappel pour les oublieux, le cannabis, l’alcool et la cigarette c’est la même merde nocive pour la santé.

 

Voilà, occupons-nous maintenant des clichés concernant le cannabis…

 

« Si on légalise les dealers vont se tourner vers des produits plus dangereux » : l’argument favori des prohibitionnistes repose sur un premier préjugé, l’uniformité des usagers de drogues et un second qui veut que la prohibition par voie de conséquence a freiné la production de produit dangereux. Or d’une part il n’y a pas une toxicomanie mais des toxicomanies et un usager de cannabis ne va pas nécessairement se mettre à la cocaïne, alors qu’il a été démontré que l’usage de la nicotine tend à entrainer vers d’autres produits, notamment la cocaïne… Pour autant si vous vous tapez vos 20 clopes par jours vous savez bien que vous ne pensez pas immédiatement à mettre le nez dans le produit qui a fait la fortune d’Escobar. Et là on en revient au second préjugé. Escobar qui était un gros consommateur de cannabis, et ses amis, gagnaient leur vie avec le cannabis qu’ils importaient massivement vers les Etats-Unis via la Floride. En 73, espérant mettre de son côté l’Amérique conservatrice face à l’Amérique contestataire, Nixon décréta la guerre à la drogue. Et c’est précisément suite à cette guerre que les producteurs et importateurs de cannabis se mirent… à la cocaïne, plus rentable et plus facilement transportable. On le voit donc la prohibition a posé exactement le problème qu’elle se propose de combattre. Cependant on le sait tous, l’économie du cannabis fait en effet la fortune et la vitalité de certaine cité, et c’est bien là que le problème se pose, faire sauter l’interdit reviendra dans certain cas à faire imploser quelques cités et à ruiner des centaines de familles. Ce pourquoi je suis résolument contre cette idée de cannabis d’état, de Seita du cannabis. De plus, pour en revenir à la prohibition sur l’alcool c’est en sentant l’évolution du marché que Luciano et ses amis décidèrent de s’organiser en mafia afin de coopter le marché du jeu, de la prostitution et de la drogue. Or si nous n’avons pas en France de tête de réseau de l’envergure de Luciano, ni de gang au sens américain du terme, on peut en effet craindre une explosion de la criminalité dans certains endroits dû au déficit. Ce pourquoi il serait plus réfléchi de faire une politique du retour à l’emploi en dirigeant les dealers vers la production et la vente légale.

 

« Si on légalise la consommation va exploser »  : Toujours dans l’acceptation des préjugés au sujet des consommateurs, ce vieil argument prohibitionniste tend à faire croire que la liberté de consommer va pousser les gens à se livrer à des orgies de drogue. A nouveau les faits sont moins simples. La France, qui possède l’arsenal législatif le plus sévère d’Europe peut s’enorgueillir également de posséder les lois moins dissuasives de la dites Europe. Nous arrivons en effet en tête en termes de consommation, 284 tonnes en 2015, et elle est en hausse, et 14 millions de français déclarent être des usagers occasionnels. A côté de ça les fumeurs aux Pays-Bas représentent… 2% de la population… En réalité une étude a démontré (voir mon autre article sur le sujet) que quel que soit la logique législative, répression ou légalisation, ça ne change rien à la consommation. Mais il serait à mon sens intéressant de se demander pourquoi les français qui sont déjà les premiers consommateurs d’antidépresseurs d’Europe expriment également le besoin de fumer en plus de consacrer une part significative de leur budget nourriture à l’alcool. Sachant que non seulement fumer les contraint autant à la clandestinité qu’à la délinquance de facto. J’ai donc plutôt tendance à penser que la légalisation leur rendrait un peu le sourire qu’ils ont dans leur poche, du moins pour 14 millions d’entre eux ce qui serait déjà pas mal.

 

« Le cannabis ça peut rendre schizophrène »  : Vieux serpent de mer de la prohibition, argument considéré comme massue pour interdire, et qui est en réalité utilisé depuis 1937, depuis le Marijuana Act. Il fut même le thème central de Reefer Madness, le film de référence de la prohibition, qui fut longtemps la seule source « scientifique » des forces de l’ordre aux Etats-Unis. Et accessoirement qui fait généralement hurler de rire les fumeurs. On ajoutera dans les désordres mentaux, une pathologique avidité de sexe et un comportement violent (…) et ne croyez pas que ces arguments soient hors d’âge, j’ai encore lu l’année dernière un ophtalmo (donc un spécialiste…) les ressortir dans une tribune dans le Figaro. En réalité on ne sait pas grand-chose avec certitude sinon qu’à priori cet argument ne tient que sur certain terrain favorable. Or non seulement la schizophrénie n’est pas une pathologie répandue mais qui plus est, comme le faisait remarquer un psychiatre addictologue, ça dépend du parcours de vie de chacun. Certain avec un potentiel pathologique ne sombreront jamais parce que leur vie les épargne. Je suis moi-même bipolaire, le cannabis ne me transforme pas en fou hurlant la bite à la main et en 38 ans de consommation j’ai fait un total de trois mauvaises réactions (« bad trip » en langage fumeur). Et sur les 6,5% d’usager régulier des 15-20 ans rares sont les cas qui finissent en psychiatrie. Cependant, il est entendu qu’il s’agit d’une drogue et pas d’un jouet comme on tendance à le croire les jeunes consommateurs notamment mal informés du fait de la prohibition. Le cannabis a des effets sur la motivation et il accentuera les états dépressifs. De plus il faut noter que les habitudes de consommation changent, entrainant de plus en plus les uns et les autres vers une consommation chronique et problématique. Ce pourquoi je suis parfaitement d’accord sur une approche médicale, que l’on puisse orienter les dosages et sur les produits. Car il n’y a pas un cannabis mais des cannabis et l’on peut sans mal, dans ce contexte, comparer cette culture à celle du vin, on va y revenir.

 

« Le cannabis d’aujourd’hui est beaucoup plus fort » : Argument corolaire du précédent, les taux de THC augmentent notamment à cause des produits chimiques et des OGM c’est pour ça que c’est risqué…. Manque plus que les Chem trail et on est bon. Dans les faits, les progrès techniques et le développement légale ont tout juste permis de passer d’une herbe à 8% de THC dans les années 70 à une herbe à 11% dans la moyenne. Il existe bien une espèce qui monte jusqu’à 51,2% c’est la Kurupt’s Moonrock, la plus puissante au monde. Cependant elle n’est disponible que dans certain dispensaire californien, car utilisée avant tout à usage… médicale. De plus elle est horriblement chère entre 25 et 30 dollars le gramme. Pour ceux qui ignorent les tarifs, une barrette de shit pèse entre deux et trois grammes en moyenne et coûte 20 euros pièce. Pour le haschich justement nous sommes dans un autre registre puisque l’on parlera de « presse » première, seconde et troisième presse. La qualité se dégradant à mesure. La première presse atteint rarement le marché grand public, en raison notamment de son prix, généralement réservée soit au marché intérieur, soit à la commercialisation en boutique. Car les fumeurs sont beaucoup plus exigeants qu’on ne le croit, et vous pouvez oublier la vieille légende du « pneu » notamment parce que les petits dealers moyens ne sont pas des imbéciles et qu’ils savent comment s’attacher une clientèle mais qu’en plus ils sont consommateurs eux-mêmes. Cependant, toujours en raison de la prohibition, à Naples on coupe volontiers le shit avec des médicaments afin de rendre dépendant les consommateurs, et ce phénomène apparaitrait peu à peu en France. Mais il est encore rare. Jusqu’à quand ?

 

« Le shit c’est plein de saloperie et de produit chimique »  : Parlons en justement. Dans les années 90 est née la pas tout à fait légende urbaine du « pneu » dit également « Tchernobyl ». Un shit qui n’en avait que le nom et qui en plus d’être infumable puait en effet le pneu brûlé. De ce mythe est née l’idée que le shit était plein de saloperies, henné, colle, crotte de souris. Si ce propos peut faire rire les connaisseurs, il m’a quand même été servi par un policier qui venait de me confisquer mon joint et qui tentait de me faire peur avec ses arguments… tout en tassant le joint pour sa consommation personnelle (authentique !). Dans les faits, cette saloperie a toujours été rare et motif en réalité d’escroquerie. D’une part les fumeurs veulent se faire plaisir, pas s’intoxiquer, au même titre que l’amateur de vin (on y revient) ne va pas se rabattre sur du vin de cuisine faute d’un bon Bourgogne. D’autre part pour parvenir à un tel résultat il faut le couper et ce n’est pas chose aisé quand on a le produit fini. En fait c’est encore moins simple que d’ajouter du sucre au vin. Mais comment ça se fabrique ? Il existe essentiellement trois méthodes. Roulé à la main, le criblage horizontal et la méthode dite du mélangeur. La première méthode est la plus fastidieuse et la troisième relève de la démerde. En réalité c’est la seconde qui est le plus couramment utilisée, notamment au Maroc. Elle nécessite un tamis et de n’importe quel moyen de faire presse. Ce sont les parties résineuses qui feront l’agglomérat et la plaquette que l’on connait (d'où le terme de résine de cannabis). Les producteurs ne gagnent pas grand-chose mais croyez-moi ils se tirent la bourre pour savoir qui fera le meilleur haschich du Rif, ne serait-ce que parce que justement ils ne gagnent pas beaucoup et qu’ils ont intérêt à séduire les trafiquants. Quant à la réalité sur le terrain, si l’herbe de qualité est hélas rare et chère le shit de qualité est plus facile d’accès, notamment l’afghan, très odorant mais pas très puissant, ou donc le marocain. Dans les années 80, guerre et prohibition aidant, c’est le libanais qui avait la faveur du marché (rouge ou jaune) remplacé massivement par le marocain à partir des années 90. Et de mon expérience de fumeur, en 38 ans, je n’ai croisé la route du « pneu » que…. Deux fois.

 

« Le cannabis fait des morts sur la route » : le nouvel argument massue franco français, soutenu par les chiffres des accidents de la route. Et là on va tout de suite balayer la question. En France on a déterminé qu’à partir du moment où on a relevé du cannabis dans votre sang, quel que soit le taux, il était la cause de l’accident si l’alcool n’était pas en jeu. Or il faut environs trois semaines pour que votre organisme élimine le pétard que vous aurez fumé. De plus si pour l’alcool on parle de gramme, pour le cannabis on recherche les nano grammes. Peu importe donc si vous n‘avez ni fumé le jour même, ni la veille, la loi est intraitable, le cannabis est fautif. Au Canada où la question de la légalisation est également en train d’être examinée, les discussions s’orientent plutôt sur le taux déterminant à un comportement dangereux au volant. Et c’est loin d’être simple, puisqu’au Colorado, si une limite a été déterminée, cette question fait encore débat. Cependant il faut être clair, ce n’est pas responsable de fumer quand on est défoncé, et surtout pas si on y ajoute de l’alcool qui va amplifier les effets. Hélas comme je n’ai jamais été raisonnable de ma vie j’ai très souvent conduit sous l’emprise du cannabis et parfois sur de longue distance (Paris-Amsterdam notamment…) or la seule fois où j’ai eu un accident qui aurait pu me coûter la vie (et seulement la mienne je précise) j’étais sous l’emprise… de l’alcool. D’ailleurs depuis 35 ans que j’ai mon permis j’ai eu un total… de deux accidents et ne mettant en danger que moi seul.

 

« On enferme plus les gens à cause d’un joint » : On aimerait bien que ça soit vrai mais non, la tendance serait même d’autant à l’inverse qu’on est dans la logique du chiffre. En 2013 150.000 personnes étaient enfermées pour simple usage. En 2015, faute d’abroger la loi, on décida qu’une taxe sur les drogués serait une bonne idée. Cette transaction pénale d’un montant forfaitaire de 300 euros ne s’applique toutefois pas en cas d’accident de la route, et il y avait 28000 dossiers pour simple usage en attente. De plus cette amende ne rentre en jeu qu’à seule condition d’avoir un casier vierge. Enfin, un amendement vient d’être voté par notre gauche si de droite, autorisant les propriétaires à expulser un simple usager condamné et sa famille… Non seulement donc on invente de la délinquance pour des prisons surpeuplées, mais on y ajoute de la misère. Et puis à nouveau, toujours pour parler d’expérience, la réalité est plus douloureuse. Dans ma vie de consommateur j’ai été contrôlé six fois. Une seule fois j’ai été arrêté et relâché au bout de deux heures après avoir monté un bateau en forme de tuyau aux deux policiers qui m’avaient coincé avec quatre grammes. Une fois j’ai été arrêté à la douane par erreur parce que le chien avait reniflé une odeur résiduelle. Une autre un juge fatigué m’a fait un rappel à la loi par fort convaincu lui-même. En réalité la seule fois où j’ai eu chaud je venais d’en acheter, mais celui qui a été contrôlé, chaussure retirée, dûment fouillé c’était celui qui venait de me vendre, même pas un dealer, juste un gars qui voulait bien me dépanner. Car voyez-vous j’ai un notable avantage : je suis blanc, je n’ai pas 17 ans et je ne viens pas d‘un quartier. Et là on risque de rentrer dans un débat sur qui est en réalité visé par la répression sur le cannabis : les jeunes des cités. Mais ça serait dire que police et loi agissent autant par hostilité atavique que racisme, et je n’oserais jamais porter de telles accusations.

 

« Le cannabis ça ne soigne pas, ça soulage » : Argument que j’ai pu entendre de la part d’un pompier pas fort informé. Argument sanitaire qui est d’ailleurs régulièrement récusé par toutes nos sommités locales. Pas une seule fois le sujet est abordé en France et quand il l’est c’est tout à fait confidentiellement. On pourrait croire qu’il s’agit d’un tabou relatif à l’interdiction sur le prosélytisme voulu par la loi de 70 mais auquel cas, si cette interdiction étaient encore une réalité tangible, il faudrait faire fermer tous les tabacs et magasins qui vendent des produits dérivés, des bang, pipes, en passant par les Blunt et les feuilles longues, à savoir la quasi-totalité des tabacs de France et de Navarre. Reste qu’un policier est parfaitement autorisé à vous faire enlever votre tee-shirt « cannabis » si l’envie lui en prend et que le Sativex n’est toujours pas sur le marché, en dépit qu’il ait reçu l’autorisation de commercialisation…. Il y a déjà 3 ans. En vente dans 17 pays le Sativex, médicament à base de cannabis donc, est prescrit dans le cadre de la sclérose en plaque contre les contractions musculaires. Hélas en France autorité morale et laboratoire ne s’entendent pas sur le prix. Les malades attendront ou iront en Suisse où, cependant et en dépit des lois internationales sur la santé, une ordonnance médicale prescrivant du cannabis à titre thérapeutique n’est plus valable sitôt franchi nos frontières. La réalité scientifique des uns n’est pas celle des autres, la science française sait mieux. Or, le cannabis, qui est dans la pharmacopée chinoise depuis… 4000 ans, possède les propriétés thérapeutiques suivantes : analgésiques, antiémétiques, antispasmodiques, neuroprotectrices, anti-inflammatoires, et contre certaines pathologies psychiatriques, notamment l’autisme et… la schizophrénie. En fait on a recensé environs 200 propriétés médicales différentes, et croyez bien que les laboratoires sont activement sur le coup. Et récemment, on a découvert qu’il empêchait les cellules cancéreuses de se développer, il ne soulage pas seulement donc, il soigne. Reste que 1) sur une personne jeune il va ralentir le développement tant physique que neurologique. 2) que ces effets ne sont aucunement valable en cas de combustion, et notablement nocif à cause… du tabac auquel la plus part des fumeurs le mélangent. Donc encore une fois il ne s’agit ni d’un hochet, ni de la panacée universelle que veulent bien prétendre les béats du cannabis.

 

Voilà on pourrait ajouter qu’avant l’interdiction voulu par la convention de 61 la France était productrice de chanvre (d’où le nom canebière par exemple) que celui-ci est utilisé par l’industrie automobile avec l’usage des plastiques composites plus légers (notamment les constructeurs allemands) et qu’en dehors de rapporter plein de sou-sou à nos seuls députés, il pourrait créer des emplois tant dans la filière purement récréative, qu’industriel et médical. Reste qu’en France toute idée neuve qui ne soit pas datée de 1950 semble devoir être examinée à la loupe de la suspicion, rendez-vous donc en 2030 pour très exactement le même débat stérile… 

 

Un lien pour se cultiver un peu plus sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=JS-bdEToFKc

 

Un autre sur les effets « soulageant » du cannabis :

 

http://www.lematin.ch/vivre/L-effet-du-cannabis-therapeutique-sur-un-patient-atteint-de-Parkinson/story/27288609

Ras le hanap de ces vins trop lourds qui veulent péter plus haut que leur cru

Par VICTOR Ayoli 

 

Nous avons largement festoyé ces derniers jours. Et Sa Majesté le Vin a été l’un des indispensables rois de la Fête. Seulement voilà : les vins actuels titrent quasiment tous au-dessus de 13 degré alcoolique...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vignerons sont à côté de la plaque avec leurs vins hyper alcoolisés. Il fut un temps où seul le Châteauneuf, voire le Gigondas tangentaient les 13,5 ou 14°. Maintenant, le moindre vin de pays affiche son 13,5°. Aberration énorme ! Comment voulez-vous, amis vignerons, que nous buvions ça ? Les temps ont changé, les lois routières aussi, il faut vous adapter !

Les vignerons subissent une crise qu’ils ont eux-mêmes, en partie, généré. Ceci avec le système de paiement des coopérateurs au degré-hecto qui a formé – ou plutôt déformé – les mentalités et régit les pratiques pendant des décennies. Ce système faisait que pour un volume déterminé, plus le degré était fort, plus le vigneron gagnait d’argent. Résultat : des encépagements qui pissent du degré, des vendanges en surmaturation, etc. Nos amis vignerons rétorquent : « Oui mais le soleil… oui mais la chaleur… ».

Qu’ils se débrouillent ! Qu’ils replantent des aramons ! Ce sont eux les professionnels, eux qui paient (fort cher) les services d’œnologues sortis du même moule influencé par l’ignoble Parker, le fossoyeur de la viticulture française de qualité. Ces œnologues ont fait en sorte qu’il n’y ait plus de mauvais vins, mais il n’y en a plus de grandioses… Les vignerons d’antan manquaient souvent une cuvée, mais ils nous concoctaient parfois des nectars sublimes. Maintenant il n’y a plus que des vins corrects, sans plus. Et surtout qui cachent leurs défauts derrière un degré d’alcool aberrant. Les grands Pétrus ne titre pourtant que rarement plus de 12°…

Les professionnels du vin sont évidemment préoccupés par ce dilemme : le réchauffement climatique augmente la teneur en sucre donc en alcool, mais la clientèle réclame des vins faciles à boire, plus léger en alcool.

Les vignerons ont à leur disposition plusieurs techniques pour empêcher que le degré d’alcool ne s’élève trop : vendanger plus tôt, avant complète maturité. Mais cela peut être gênant sur certains vins. Si l’on veut que le fruit s’exprime, que le vin soit souple, élégant, il faut que le fruit soit mûr…

Il y a aussi maintenant des techniques de désalcoolisation partielle des vins :

- Le procédé REDUX de réduction de la teneur en sucre des moûts. Ce procédé, proposé par la société Bucher-Vaslin, associe ultrafiltration et nano filtration pour éliminer une partie du sucre contenu dans le moût. Cette technique ne permet pas de dépasser une baisse de degré supérieure à 2 % vol. Les vins obtenus par ce procédé sont de bonne qualité avec des équilibres en bouche très intéressants. Les profils aromatiques de ces vins sont proches des vins sans traitement issus de la même date de récolte, contrairement aux vins issus de récolte précoce mais de même degré. Le principal inconvénient de la technique est une perte de volume importante : environ 7 % pour 1 % volume d’éthanol éliminé.

- Le procédé Spinning Cone Column (SCC) ou colonne à cônes rotatifs (CCR). Une fraction du vin passe une première fois dans une colonne à 30°pour en extraire les composés très volatils (arômes) puis une deuxième fois pour éliminer l’alcool de cette fraction désaromatisée. L'extrait aromatique est alors réintroduit, puis cet ensemble est réintégré dans l’ensemble du vin traité. On descend ainsi le degré final d’alcool du vin à la demande.

- Le procédé de désalcoolisation membranaire Memstar. Ce procédé est basé sur la nano filtration par le double passage du vin à travers une membrane. Un premier passage permet d’extraire un liquide eau-alcool. Un second passage à travers des membranes hydrophobes permet d’extraire l’alcool. Là encore les extraits aromatique récupérés au premier passage sont réintroduits.

Les techniques existent, encore faut-il que les professionnels les adoptent et que les législations les intègrent. C’est à la filière viticole de faire le nécessaire auprès des pouvoirs publics, tant nationaux qu’européens.

La filière viticole est organisée par les syndicats professionnels et par les Comités interprofessionnels qui regroupent les vignerons indépendants, les vignerons coopérateurs (à travers leurs représentants), les négociants, les courtiers. Bien. C’est très positif de s’organiser. Seulement voilà, il manque le maillon LE PLUS IMPORTANT de la filière. Celui sans qui tous ceux qui sont en amont travaillent pour rien. Je veux parler évidemment du BUVEUR DE VIN ! Celui qui sort ses sous de sa poche pour acheter les produits que concoctent amoureusement les autres. C’est son avis à lui qui compte. C’est lui le roi : il achète ce qui lui plaît, et pas ce que la filière vigneronne veut lui faire acheter. Croyez-vous qu’on lui demande son avis ? Pas du tout. Il n’existe pas, ce cochon de payant. Alors il ne faut pas s’étonner s’il va chercher ailleurs des vins qui lui conviennent.

Nous — buveurs de vin, fiers de l’être, pas ivrognes du tout, amateurs militants des bonnes choses de la vie, disciples vénérables de Bacchus — voulons retrouver des vins plaisir, des vins de soif, des vins légers comme une caresse de jeune fille, des vins spirituels et pas spiritueux, des vins dont un verre en appelle un autre.

Ce que nous ne voulons plus, ce sont des vins assommoirs, des vins fabriqués par des « vitiplanchistes » ayant tous le même goût d’infusion de parquet.

Amis vignerons, faîtes-nous de nouveau plaisir. Arrêter de tous vouloir faire des vins qui veulent péter plus haut que leur cru !

 

Liens : http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-pratiques/desalcoolisation-partielle-vins.php

http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o28431-vin-et-climat-le-taux-d-alcool-augmente

 

Photo X - Droits réservés

Mediator : 1800 morts. Jacques Servier ? Toujours Grand-croix de la Légion d’honneur

par Fergus 

 

Malgré une hécatombe chez les malades traités au Mediator, le défunt Jacques Servier, le (riche) promoteur de ce médicament, est toujours titulaire du plus haut grade de la Légion d’honneur. Sommes-nous dans une république bananière ? Hélas non, cela se passe ici et maintenant, en France...

Irène Frachon et son livre (photo Ouest-France)

Selon les sources médiatiques et les études de référence, les estimations du nombre de décès directement liés à la prise du Médiator varient entre 1000 et 2000, le nombre de 1800 morts, largement relayé dans les médias depuis l’année 2013 étant probablement le plus proche de la dramatique réalité des dégâts causés dans la population. 1800 morts parmi les diabétiques en surcharge pondérale et les personnes non-diabétiques auxquelles le Mediator a également été prescrit comme coupe-faim. 1800 morts ! Et pourtant, l’homme qui a commercialisé ce très profitable médicament et tout fait, grâce à des juristes particulièrement retors et à l’usage de rapports biaisés émis par des scientifiques complaisants, pour en retarder le retrait du marché puis l’interdiction figure encore bel et bien au tableau d’honneur de la Nation.

Jacques Servier reste en effet titulaire à ce jour de la Grand-croix de la Légion d’honneur, le 5e et plus haut grade de cette distinction prestigieuse créée par Napoléon en 1802 pour récompenser des « mérites éminents ». C’est Nicolas Sarkozy en personne qui, le 31 décembre 2008, a remis l’insigne au pédégé des Laboratoires Servier dont il fut l’avocat. Certes, la scandaleuse « affaire du Mediator » n’avait pas encore éclaté en France, malgré les soupçons émis dès 2007 au CHU de Brest par la pneumologue Irène Frachon, mais ce médicament avait d’ores et déjà été interdit de vente en Suisse, en Espagne et en Italie, pays où son principe actif, le benfluorex, était également soupçonné d’être à l’origine de graves valvulopathies potentiellement mortifères.

Rappelons que c’est grâce à l’extraordinaire opiniâtreté d’Irène Frachon que la France a pu, au terme d’un long et éprouvant combat contre la puissance des Laboratoires Servier et la suffisance de quelques mandarins peu regardants sur les conflits d’intérêt, découvrir l’ampleur de la catastrophe sanitaire engendrée par l’administration du benfluorex à des personnes sans antécédents cardio-vasculaires. Parmi les éléments déterminants de cette lutte du pot de terre contre le pot de fer figurent la publication en juin 2010 par le courageux éditeur brestois Charles Kermarec du livre d’Irène Frachon Mediator 150 mg : Combien de morts ?*, mais aussi la publication concomitante par la non moins courageuse étudiante rennaise en pharmacie Flore Michelet d’une thèse de doctorat** indiquant pour la première fois un nombre de victimes du Mediator. En l’occurrence 500 morts, nombre depuis revu très nettement à la hausse par les enquêtes de santé publique initiées à la suite de la parution de ces deux documents.

L’effrayant cynisme de Jacques Servier

D’autres personnages ont également joué un rôle déterminant dans l’affaire du Mediator. Parmi eux, la journaliste Anne Jouan qui, par ses articles publiés dans les colonnes du quotidien Le Figaro à compter du mois d’octobre 2010, a permis la médiatisation nationale du combat d’Irène Frachon en vue d’interdire définitivement la commercialisation du benfluorex. Quant à l’épidémiologiste Catherine Hill, constamment en soutien de la « lanceuse d’alerte » brestoise dans sa juste croisade contre le médicament homicide, elle a été rejointe en août 2010 par le député socialiste et cardiologue Gérard Bapt ; dans une tribune publiée par Le Monde, le député de Haute-Garonne n’a pas hésité à reprendre à son compte la question d’Irène Frachon : Le Mediator, combien de morts ?

On retrouve tous ces personnages dans le film d’Emmanuelle Bercot La fille de Brest. Conçu comme un thriller, le dernier opus de la réalisatrice souligne les extraordinaires difficultés rencontrées par Irène Frachon et les équipes médicales du CHU de Brest pour faire reconnaître par l’AFSSAPS*** la dangerosité de ce médicament, à l’origine de valvulopathies mortelles. Pour des raisons de production, quelques éléments secondaires du film ont fait l’objet d’une adaptation scénarisée, mais les principales étapes du récit de cette lutte de la « Fille de Brest » confrontée au puissant labo sont conformes à la réalité, de l’aveu même d’Irène Frachon, interprétée à l’écran par l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen.

On ne saura jamais avec précision combien de décès peuvent être imputés au Mediator, mais une chose est sûre : le nombre de 500 morts avancé, à partir d’une extrapolation, par Flore Michelet dans sa thèse, et conforté par l’AFSSAPS en novembre 2010 est bien en dessous de la réalité. En février 2012, l’épidémiologiste Agnès Fournier publie pour le compte de l’INSERM une étude portant sur les années 1976 à 2009, soit la totalité de la période de commercialisation du Mediator ; le bilan est édifiant : 1 300 morts et 3 100 hospitalisations, selon la chercheuse qui précise en outre : « il s'agit vraisemblablement d'une sous-estimation  ».  

Des données accablantes qui n’ont jamais empêché Jacques Servier de dormir. Pire : doté d’un effrayant cynisme, ce vieillard indigne semble être resté jusqu’au bout dans le déni des drames atroces que la prise du Mediator a fait subir à des milliers de malades et à leurs familles. Mis en examen pour « homicides et blessures involontaires » en décembre 2012, Jacques Servier, bénéficiant de manœuvres dilatoires, n’a jamais comparu devant les juges pour répondre de ce chef d’accusation : il est décédé le 16 avril 2014 dans sa très cossue propriété de Neuilly.

« Pas de condamnation, pas de radiation », semblent dire, par leur inertie, le Grand chancelier et le Grand maître de l’Ordre de la Légion d’honneur. Deux personnages qui se grandiraient aux yeux des Français en effaçant le nom de Jacques Servier, responsable du plus grand scandale sanitaire de l'après-guerre, des tables de l’Ordre. La décision leur appartient. Ils se nomment respectivement Benoît Puga, général d’armée, et – ès fonctions – François Hollande, président de la République.

* Censuré par la Justice suite à une plainte de Servier, le sous-titre a été rétabli quelques mois plus tard après que le laboratoire eut été débouté par la Cour d’appel de Rennes

** La thèse soutenue par Flore Michelet s’intitule « Utilisation de nouveaux outils en pharmacovigilance : à propos du retrait du Mediator (benfluorex) »

 

*** Sigle de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, devenue en 2012 l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

La CORTISONE, incontournable depuis 60 ans malgré ses nombreux effets secondaires ?

Par Dr Khadija Moussayer 

 

Hormone sécrétée par une glande située au-dessus des reins, la cortisone synthétique est aussi très utilisée dans de nombreuses pathologies en raison de son action anti-inflammatoire très efficace. Sa mise au point dans les années 1950 a même bouleversé le traitement de certaines d’entre-elles, les maladies auto-immunes. Elle a aussi de nombreux effets secondaires nocifs et sous-estimés (faute d’informations complètes) qui demandent de la prudence dans son emploi et un accompagnement non médicamenteux.

SOMMAIRE

Un médicament d’une efficacité redoutable sur les douleurs

Les nombreux effets délétères de la cortisone

Education thérapeutique : les voies non médicamenteuses

 ANNEXES

LES MECANISMES D’ACTION DE LA CORTISONE 

L’histoire de la cortisone

L’auto-destruction de l’organisme :

Les maladies auto-immunes

UN MEDICAMENT D'UNE EFFICACITE REDOUTABLE SUR L'INFLAMMATION ET LES DOULEURS 

La cortisone combat l’inflammation (dénommée pour cette raison anti-inflammatoire stéroïdien) et a une action immunosuppressive (= supprime les réactions immunitaires exagérées de l’organisme). Les molécules les plus utilisées sont la prednisone et la méthylprednisolone.

Son action empêche l’organisme de produire les substances qui causent les symptômes de l’inflammation (augmentation de la température, douleurs, rougeur, gonflement…).

Les corticoïdes sont donnés sous forme de crème dans les inflammations de la peau et des muqueuses (eczéma, psoriasis, inflammations des yeux appelées uvéites …), de comprimés ou d’injections pour des inflammations plus larges (allergies, asthmes, traitement complémentaire des greffes, …).

Pour la femme enceinte lorsque l’on vise un effet sur le fœtus, on opte pour des corticoïdes spécifiques (dexaméthasone ou bétaméthasone), pour leur bon passage de la barrière placentaire.

Les corticoïdes sont bien tolérés lors d’une prescription courte ou s’ils sont appliqués localement.

Ils ne sont prescrits sur une longue durée que dans de rares cas ou encore quand l’inflammation est chronique et généralisée, en particulier dans les maladies auto-immunes.

LES NOMBREUX EFFETS DELETERES DE LA CORTISONE

Un médicament n’est jamais anodin et doit être donné en fonction d’une balance bénéfice / effets nocifs nettement en faveur du premier terme. 

Quand les corticoïdes sont suivis pendant de nombreux mois voire de nombreuses années, leurs effets délétères sont nombreux et graves parfois :

- La cortisone déplace la graisse de l’extrémité inférieure du corps à la partie supérieure : le visage devient bouffi. Ce processus réalise dans les cas extrêmes un aspect extrêmement boursouflé appelé cushingoïde, car il rappelle celui donné par la maladie de Cushing (hypersécrétion de cortisol par les glandes surrénales).

Au niveau des reins, la cortisone retient le sodium et élimine le potassium provoquant une surcharge hydrosodée (en eau et sodium) et donc un risque d’hypertension artérielle. Le régime sans sel prescrit avec la corticothérapie est une mesure thérapeutique essentielle, mais souvent insuffisante.

Au niveau gastrique (estomac), la tolérance de la cortisone est meilleure que celle des anti-inflammatoires non stéroïdiens (indometacine, diclofénac, ketoprofene…). Des lésions ulcéreuses gastriques surviennent cependant chez des personnes à risque.

Au niveau osseux, les corticoïdes accélèrent la perte osseuse et diminuent les capacités de formation osseuse. L’ostéoporose cortisonique est la plus fréquente des complications des traitements cortisoniques au long cours. Le risque de fracture est plus élevé dans l’ostéoporose cortisonique que dans l’ostéoporose due à la ménopause chez la femme, et ce pour une même valeur de densité osseuse. Pour limiter ce phénomène, du calcium et de la vitamine D3 sont généralement prescrits. Dans des cas graves, des médicaments contre l’ostéoporose y sont ajoutés. 

Au niveau des yeux, la cortisone est susceptible d’entrainer une cataracte, et même une altération de la rétine

- La cortisone peut induire un diabète ou au minimum une intolérance au glucose : l’organisme réagit moins aux effets de l’insuline (le régulateur de notre quantité de sucre) et doit redoubler d’efforts pour contrôler les taux de glucose sanguin. Les personnes intolérantes au glucose affichent des taux de glucose plus élevés que la normale mais pas suffisamment élevés pour les considérer comme diabétiques.

- Des insomnies et même des troubles psychiatriques surviennent aussi lors d’une corticothérapie.

Enfin, étant donné que les corticoïdes réduisent l’activité protectrice du système immunitaire, le risque d’infection est accru. Parfois, un traitement antibiotique doit être prescrit, Et l’on suggère aux patients de se faire vacciner, notamment contre la grippe saisonnière. 

L’arrêt des corticoïdes doit impérativement être progressif. La prise de corticoïdes de synthèse utilisés lors des traitements bloque en effet la sécrétion des corticoïdes naturels produits par les glandes surrénales. Il faut donc s’assurer que ces glandes ont bien pris le relais avant l’arrêt définitif des corticoïdes de synthèse.

Dans des pays comme le Maroc, ces recommandations et conseils de prudence sont encore loin d’être suivis ou connus du fait même de pratiques massives d’automédications (faute de moyens financiers).

Au total, si la cortisone peut s’imposer lors des poussées aiguës d’une maladie, elle doit autant que possible être diminuée ou arrêtée en dehors des périodes de crise. 

EDUCATION THERAPEUTIQUE : DES VOIES NON MEDICAMENTEUSES EN COMPLEMENT OU MÊME POUR UN ARRÊT DES CORTICOÏDES 

Tout traitement ne doit pas se limiter à prescrire des molécules : les modifications du mode de vie peuvent permettre dans une certaine mesure de réduire les phénomènes inflammatoires, même si parfois les résultats sont modestes. Cela passe en particulier par :

- L’exercice physique : il diminue les effets secondaires des corticoïdes et accélère la réparation des muscles. Sont recommandés notamment, et en fonction des situations et de la pathologie, la kinésithérapie, l’ergothérapie et les activités physiques.

La révision des habitudes alimentaires : les corticoïdes augmentent l'appétit et, sachant que les malades vont manger plus en se dépensant physiquement souvent moins, la prise de poids est fréquente. Le régime méditerranéen semblerait en particulier avoir des atouts pour diminuer l’inflammation en gardant son poids. Rappelons qu’il se caractérise par une consommation prédominante d’huile d’olive, de légumes, de céréales, de fruits ainsi que de noix, une consommation modérée de volaille et de poisson et une consommation faible de viandes rouges, de produits laitiers et de sucre.

La Phytothérapie : Selon la collaboration Cochrane (une organisation internationale de chercheurs indépendants), certaines huiles (d’onagre, de bourrache ou de pépins de cassis) auraient une action anti-inflammatoire réduisant la douleur.

ANNEXES

LES MECANISMES D’ACTION DE LA CORTISONE : UNE HORMONE DE REGULATION DE NOS ACTIVITES

Les corticoïdes dont la cortisone agissent en imitant une hormone naturelle, le cortisol, produit tout au long de la journée (à raison de 5 mg par jour environ) par les glandes surrénales situées au-dessus des reins. Signalons en passant que les surrénales produisent aussi une autre hormone fondamentale, l’adrénaline et qu’elles agissent sous le contrôle de l’hypophyse, une glande du cerveau. La cortisone et ses dérivés sont soit "naturels" issues à partir du cortisol, soit fabriqués de manière synthétique et transformés ensuite par le foie en cortisol. Sous ce terme général de "cortisone", on englobe en fait 11 hormones appelées plus clairement les corticostéroïdes dérivés tous du cholestérol et dont la cortisone est le chef de file. 

Le cortisol participe à l’organisation et la régulation de notre rythme biologique d'une durée de 24 heures (plus communément appelé rythme circadien) en déclenchant notamment les processus de succession des phases de sommeil et d’éveil.

 Le cortisol est également l’hormone du stress et du danger. Il est alors libéré massivement. Grâce à son action, la quantité de glucose dans le sang s’accroît et de nombreuses fonctions biologiques sont accélérées. Certaines fonctions non prioritaires, comme la digestion, sont par contre inhibées par lui.

Les médicaments corticoïdes, eux, agissent au niveau du noyau des cellules. Ils favorisent la production de facteurs anti-inflammatoires et réduisent celle de substances (des enzymes) provoquant l’inflammation. Les doses de corticoïdes administrés dans un médicament représentent en général plusieurs fois le dosage journalier naturel (de 5 mg par jour). Au-delà de 20 mg par jour, les corticoïdes réduisent la réponse du corps à une agression immunologique (par une bactérie, un virus…). Ce qui n’est pas sans conséquence, car cela diminue aussi la capacité de notre organisme à lutter contre des maladies infectieuses.

C’est cet effet par contre qui est désiré quand nos défenses immunitaires sont trop fortes dans le cas des maladies auto-immunes. La cortisone est largement employée dans ces maladies pour cette raison.

L’HISTOIRE DE LA CORTISONE : UNE HORMONE AU CŒUR DES GRANDES DECOUVERTES DE LA MEDECINE

 Mise en évidence du rôle des glandes surrénales (1855 -1896)
L’anglais Thomas Addison décrit une maladie due à une destruction progressive des glandes surrénales pouvant conduire au décès. En hommage à ses travaux, celle-ci sera baptisée maladie d'Addison. En 1896, le canadien William Osler montre qu'on peut soigner des patients de cette atteinte grâce à des extraits frais de glandes surrénales d'animaux.
Découverte de messagers chimiques, les hormones (1902)

Deux chercheurs anglais, Maddock Bayliss et Ernest Starling, prouvent que les surrénales ainsi que d’autres glandes (thyroïde, hypophyse…) transmettent des messagers chimiques faits pour stimuler certaines parties et fonctions du corps. Elles sont dénommés hormone (du grec hormôn, exciter).

 Isolation de la cortisone (1933) 

Plusieurs hormones produites par les glandes surrénales, dont le cortisol, sont isolées par des chimistes américains. Cette substance sera appelée cortisone en 1939.

Pendant la seconde guerre mondiale, les Américains et les Allemands essayent de mettre au point à partir de la cortisone une drogue rendant insensible à la fatigue (potentiellement très utile en particulier aux aviateurs), mais en vain. Le seul point positif de ces tentatives est une accélération de la recherche médicale sur la cortisone

Mise au point de la fabrication en série de cortisone (1948-1949)

Un processus de fabrication, à partir d’acides biliaires bovins, permet de produire la cortisone en quantité suffisante pour entreprendre des essais thérapeutiques. Une première patiente gravement atteinte de polyarthrite rhumatoïde est traitée par cette molécule. Les résultats sont spectaculaires : les manifestations de la pathologie s’estompent, permettant alors à cette personne de reprendre une vie normale. Pour la première fois, un traitement vraiment efficace avait été développé contre cette redoutable maladie auto-immune.

Remise d’un prix Nobel pour les recherches sur la cortisone (1950) 
Les Américains Edward C. Kendall, Tadeus Reichstein et Philip S. Hench, à l’origine des découvertes de 1933 et 1948 reçoivent le Prix Nobel de médecine. L’ère thérapeutique de la cortisone commence avec sa production industrielle aux Etats-Unis.

Le triomphe de la corticothérapie (1950 et après)

Des patients très handicapés par leur polyarthrite rhumatoïde voient leur vie transformée par ce médicament. Ainsi, le célèbre peintre français Raoul Dufy, obligé d’arrêter son activité à cause de la maladie, est invité aux Etats-Unis pour bénéficier de ce traitement. Recouvrant ces facultés, il dédiera à ce médicament un tableau intitulé « la cortisone ». 

Malgré ses effets secondaires déjà constatés, la corticothérapie est ensuite rapidement élargie à d’autres pathologies, comme les cancers l’asthme la maladie de Crohn et bien d’autres maladies auto-immunes.

En France, l'autorisation de mise sur le marché de la cortisone, sous la forme de la prednisone, date de 1955.

 UNE AUTO-DESTRUCTION DE L’ORGANISME : LES MALADIES AUTO-IMMUNES

Lors d’une maladie auto-immune (MAI), le système immunitaire commet des erreurs et détruit certains des tissus de son organisme, les « considérant » comme étrangers. 

La nature des attaques auto-immunes varie énormément selon la maladie. Le système immunitaire peut attaquer par exemple : 1/ une substance spécifique, la couche protectrice (myéline) des cellules nerveuses dans le cerveau, la moelle épinière et le nerf optique dans la sclérose en plaques ; 2/ des cellules et des tissus de la peau, des articulations, du cœur et des reins dans le lupus érythémateux disséminé.

Il existe deux catégories de maladies auto-immunes :

- celles qui sont limitées à un seul organe et appelées maladies auto-immunes « spécifiques d’organe » (comme la maladie de Basedow qui touche la thyroïde ou le diabète de type I qui touche le pancréas) ;

- celles au cours desquelles plusieurs organes sont touchés successivement ou simultanément, dites alors maladies auto-immunes « systémiques ». comme : le lupus érythémateux disséminé (atteintes préférentielles des articulations, de la peau, des reins, du système cardiovasculaire, des globules rouges mais aussi pratiquement de n’importe quel organe) ; la polyarthrite rhumatoïde (atteinte principalement articulaire, plus rarement pulmonaire et cutanée) ; le syndrome de Gougerot-Sjögren (atteintes des glandes salivaires et lacrymales occasionnant un syndrome sec et plus rarement des articulations, de la peau et des poumons) ; la spondylarthrite ankylosante (atteinte des articulations surtout de la colonne vertébrale, atteintes pulmonaire et neurologique possibles).

Parmi les maladies auto-immunes, un certain nombre sont rares et peu connues du grand public : le syndrome de Goodpasture, le pemphigus, l'anémie hémolytique auto-immune, le purpura thrombocytopénique auto-immun, la polymyosite et dermatomyosite, la sclérodermie, l'anémie de Biermer, la maladie de Gougerot-Sjögren, la glomérulonéphrite…

Ces affections ne sont pas curables. Les traitements sont destinés à ralentir ou à supprimer la réponse immunitaire pathologique et s’appuient sur : les corticoïdes par voie orale ou en bolus (injection intraveineuse d’une dose importante), les immunosuppresseurs : (cyclophosphamide, azathioprine, méthotrexate, Mycophénolate Mofétil), les échanges plasmatiques ainsi que les immunoglobulines et enfin les biothérapies.

Outre un médecin généraliste, la prise en charge de ces maladies est assurée par différents spécialistes en fonction des organes touchés (rhumatologue, gastroentérologue, cardiologue…) et / ou un spécialiste en médecine interne, encore appelé « interniste », une spécialité quelque peu méconnue en France et surtout au Maroc : il soigne notamment les patients qui présentent plusieurs organes malades, ou atteints simultanément de plusieurs maladies ; les maladies auto-immunes sont au cœur de ses compétences).

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA CORTISONE ET LES MALADIES AUTO-IMMUNES

- Modalités de prise de la cortisone et des corticoïdes – Cortisone – Info Assistance Publique Hôpitaux de Paris - 14/08/2014 (dernière mise à jour) http://www.cortisone-info.fr/Generalites/Modalites-de-prise

- Cortisone – Drug Information What Cortisone Is Used For – Chemocare

http://chemocare.com/chemotherapy/drug-info/cortisone.aspx

- Glucocorticoïdes : List, Uses, Side Effects, and More – Healthline 12 novembre 2016

http://www.healthline.com/health/glucocorticoids#Overview1

- Cortisone : Indications, Side Effects, Warnings – Drugs.com. november 30, 2016

https://www.drugs.com/mtm/cortisone.html

- Dr Monassier LES ANTI-INFLAMMATOIRES STEROIDIENS Faculté de Médecine de Strasbourg, Module de Pharmacologie Générale DCEM1 2005/2006

http://udsmed.ustrasbg.fr/pharmaco/pdf/DCEM1_Pharmacologie_chapitre_23_Les_anti_inflammatoires_steroidiens.pdf

- Moussayer Khadija - Maladies auto-immunes : Quand le corps s’attaque à lui-même – Doctinews N° 36 Août/Septembre 2011.

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/551-maladies-auto-immunes

- Moussayer Khadija - Biothérapies : La révolution des traitements ciblés issus du vivant – Doctinews N° 58 Septembre 2013.

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/2461-bioth%C3%A9rapies

- Moussayer Khadija - Syndrome sec et Gougerot-Sjögren : Entre un mal fréquent et une maladie au coeur de l’auto-immunité – Doctinews N° 45 Juin 2012

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/560-syndrome-sec-et-gougerot-sj%C3%B6gren

- Moussayer Khadija - La barrière intestinale et ses pathologies : Du microbiote au leaky gut syndrome - Doctinews N° 69 Août / Septembre 2014

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/3445-la-barri%C3%A8re-intestinale-et-ses-pathologies

- Moussayer khadija - L’HYPERTENSION ARTERIELLE SECONDAIRE : ON PEUT EN GUÉRIR ! Doctinews N° 21 Avril 2010

http://doctinews.com/index.php/archives/39-dossier/122-lhypertension-arterielle-secondaire-on-peut-en-guerir

Moussayer Khadija مرض أو متلازمة شوغرين مرض يتميز بجفاف الفم و العيون و يصيب النساء بدرجة أول / Gougerot Sjogrën Oujdacity 29/11/2016

http://www.oujdacity.net/national-article-115394-ar/%d9%85%d8%b1%d8%b6-%d8%a3%d9%88-%d9%85%d8%aa%d9%84%d8%a7%d8%b2%d9%85%d8%a9-%d8%b4%d9%88%d8%ba%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d8%b1%d8%b6-%d9%8a%d8%aa%d9%85%d9%8a%d8%b2-%d8%a8%d8%ac%d9%81%d8%a7%d9%81-%d8%a7.html

                                                        A Casablanca, le 26/12/2016

DOSSIER REALISE PAR :

Dr MOUSSAYER KHADIJA الدكتورة خديجة موسيار

اختصاصية في الطب الباطني و أمراض الشيخوخة

Spécialiste en médecine interne et en Gériatrie

Présidente de l’association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS)

رئيسة الجمعية المغربية لأمراض المناعة الذاتية و والجهازية

Membre de la Société Marocaine de Médecine Interne (SMMI)

ABSTRACT

Cortisone is a corticosteroid. It works by decreasing or preventing tissues from responding to inflammation. It also modifies the body's response to certain immune stimulation. Cortisone is used for treating severe allergies, arthritis, asthma, multiple sclerosis, skin diseases… and specially the autoimmune diseases. However, cortisone also comes with side effects. These can be severe, especially if somebody uses these drugs too long.

The auto-immune diseases are a broad range of related diseases in which a person’s immune system produces an inappropriate response against its own cells, tissues and/or organs, resulting in inflammation and damage. There are over 100 different autoimmune diseases, and these range from common to very rare diseases. Some of the over 100 autoimmune diseases are lupus, type 1 diabetes, scleroderma, celiac, multiple sclerosis, Crohn’s disease, autoimmune hepatitis, rheumatoid arthritis, Graves disease, myasthenia gravis, myositis, antiphospholipid syndrome (APS), Sjogren’s syndrome, uveitis, polymyositis, Raynaud’s phenomenon, and demyelinating neuropathies.

The Moroccan Autoimmune and Systemic Diseases Association is a health association dedicated to bringing a national focus to autoimmunity and the eradication of autoimmune diseases and the alleviation of suffering and the socioeconomic impact of them. The chairwoman of the association is khadija Moussayer, MD PHD

 

 

Documents joints à cet article

04 janvier 2017

NANOPARTICULES : potentiellement cancérogènes dans plus de 100 sucreries pour enfants

Vous avez peut-être déjà repéré la mention de ce colorant sur des produits alimentaires : le « E171 ». Il s’agit de dioxyde de titane. Il sert à améliorer l’aspect du produit en lui donnant une blancheur immaculée ou en faisant briller bonbons et glaçages. Une enquête de l’association Agir pour l’environnement révèle que plus de 100 produits destinés aux enfants contiennent ce colorant [1] : bonbons Têtes brulées, Elodie, Fizzy, chewing-gum Airwaves, Hollywood, Freedent, Malabar, confiserie M&M’s (Mars), Skittles, gâteaux LU, chocolats Milka (Mondelēz International), décorations gâteaux Vahiné (McCormick)…

Problème : le dioxyde de titane contient des particules d’un diamètre moyen de 100 à 130 nanomètres. « Les particules de taille extrêmement petite (un milliardième de mètre) ont la capacité de franchir les barrières physiologiques (intestins, cerveau, reins…), de pénétrer dans l’organisme et de s’y accumuler », précise Agir pour l’environnement. Pour le journaliste Roger Lenglet, il s’agit d’une « bombe sanitaire » dans la mesure où ces particules peuvent avoir des effets mutagènes, cytotoxiques, cancérigènes, voire même neurotoxiques (notre entretien). Or, les enfants sont en première ligne : ils ingurgiteraient deux à quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation de sucreries.

Infraction à la réglementation européenne

L’étiquetage des nanoparticules dans l’alimentation est théoriquement obligatoire depuis décembre 2014. Le règlement européen « INCO » prévoit l’obligation d’apposer sur l’étiquette la mention « nano » entre crochets, avant le nom de l’ingrédient concerné, à compter de fin 2014 [2]« Mais la pression des lobbys industriels pour un allègement de cette obligation a retardé l’entrée en vigueur de cette mesure », relève Avicenn, une association de veille citoyenne sur les nanotechnologies. « A notre connaissance, aucune mention [nano] ne figurait en tout cas en juin 2016 sur les étals français. »

Les nanoparticules de dioxyde de titane sont pourtant classées comme « cancérigène probable » pour l’être humain depuis 2006 par le Centre international de recherche sur le cancer. En 2014, l’Anses – l’autorité sanitaire française en matière d’alimentation – préconise même de les classer comme substances dangereuses afin de permettre des mesures de restriction [3]. L’institut sanitaire des Pays-Bas (RIVM) vient d’alerter sur leurs risques pour le foie, les ovaires et les testicules [4]« Après le scandale de l’amiante, comment accepter que les enfants soient les cobayes de ces substances dangereuses qui envahissent notre alimentation à notre insu ?, interpelle l’association Agir pour l’environnement. N’ayant aucune utilité pour le consommateur tout en leur faisant courir des risques inutiles, un moratoire sur la nano-malbouffe s’impose ! »

Par Sophie Chapelle

Notes

[1Voir le communiqué de presse de l’association

[2Voir le règlement

[3Voir ici

 

[4Voir ici

02 janvier 2017

 

4 français sur dix renoncent à se soigner : le projet de Fillon veut casser la Sécu ? C’est criminel !

Alors que 4 français sur 10 avouent devoir renoncer à se soigner pour des raisons financières quel est le projet de Fillon ? François Fillon veut casser la Sécu.

Une démarche criminelle, qui menace la santé et donc la vie de nombre de travailleurs français. Avec un unique but, satisfaire aux ordres de Bruxelles, c’est à dire aux ordres de la dictature du Capital : privatiser la Sécu pour diminuer les salaires et ramener dans le secteur spéculatif la santé. Pour donner des dizaines de milliards d’euros aux capitalistes.

 

Diminution de la couverture par des mutuelles et complémentaires santé

Ces dernières années, afin d’accélérer la privatisation rampante de la Sécurité Sociale et sous l’impulsion de l’Union Européenne qui ordonne de réduire les « dépenses de santé », les gouvernements de Sarkozy et de Hollande ont fait voter plusieurs loi pour généraliser les contrats de complémentaires santés. On se souvient que la Loi ANI a ainsi obligé nombre de travailleurs à passer sous les fourches caudines de la complémentaire santé choisie… par leur patron. Pour autant deux enquêtes récentes menées par la Mutuelle MERCER et par la Fédération Nationale Indépendante des Mutuelles soulignent que cela n’a pas induit d’augmentation du nombre de français couverts par des complémentaires santés.

De 6% en 2013, la part des français ne disposant pas de complémentaire santé est passé à 8%. Un chiffre qui cache en fait une vraie inégalité de couverture. 16% des français dont le revenu est inférieur à 20 000 € par an ne disposent d’aucune complémentaire.

 

4 français sur 10 renoncent à se soigner faute d’argent

Ce que montre le sondage réalisé par la FNIM c’est surtout que 37%, soit 4 français sur dix, ont renoncé à se soigner faute d’argent au cours des deux dernières années. Et parmi les français disposant d’un revenu annuel inférieur à 20 000 € c’est 1 sur 2, contre 28% pour ceux gagnant plus de 40 000 € / an.

Quant à l’existence des soi-disant « contrats responsables » censés à travers des « parcours de soins » permettre de réduire l’impact des dépassements d’honoraires, moins d’un français sur quatre en connait l’existence. Rappelons que les contrats de complémentaire non labélisés sont plus fortement taxés.

Selon l’étude menée par Mercer, le reste à charge moyen en cas d’hospitalisation à doublé, ainsi que pour les consultations de spécialiste. Etude qui constate que pour obtenir un remboursement identique à ceux pratiqués avant la réforme les travailleurs sont obligés de se tourner vers des sur complémentaires qui elles ne sont jamais prises en charge par les employeurs. Ce constat, c’est bien celui que les déremboursements poussent à la privatisation de la sécurité sociale frappant en premier les travailleurs, en particulier les plus pauvres.

Fillon veut casser la Sécu

Au programme du candidat LR ex premier ministre de Nicolas Sarkozy, la privatisation de la Sécurité Sociale et la réduction généralisée de la couverture santé. Celui-ci ne s’en est pas caché durant la campagne pour les primaires LR

 » La première chose que je veux faire, moi, c’est désétatiser le système de santé. Il est beaucoup trop étatique. […] Oui, je propose que la Sécurité sociale se concentre sur les risques principaux […], affections graves et de longue durée. Donc on va discuter avec les partenaires sociaux de la composition de ce panier de soins qui devrait être couvert par la Sécurité sociale. Et je souhaite que pour ce qu’on appelle le petit risque on aille vers les assurances complémentaires. »

 

François Fillon 24 novembre 2016

Capture d’écran du site internet de F Fillon durant la primaire

 

Depuis, le candidat Fillon a rangé ses propos les plus agressifs, bien conscient que les travailleurs n’ont pas l’intention d’élire quelqu’un qui clame haut et fort vouloir tout faire pour stopper le remboursement des frais de santé pour la plupart des maladies. Mais derrière la com’ le programme reste. Et notamment le projet de réduire de 50 milliards d’euros le budget de la sécurité sociale des Français. Répartis entre 20 milliards d’euros de baisse des retraites, 20 milliards d’euros de baisses des remboursements de santé, et 10 milliards d’euros de baisse des indemnités chômages. En clair cela signifie une baisse des salaires de 100 milliards d’euros. Soit une baisse du salaire annuel de chaque actif de près de 3900 €. 321€ par mois ! Dans le même temps, le même Fillon veut augmenter de 2 point la TVA !

Il faut rappeler que la Sécurité Sociale – imposée par les communistes à la libération sous la conduite du ministre PCF du travail Ambroise Croizat – fait largement échapper à la spéculation et aux profits pour l’oligarchie capitaliste un large secteur. Qui plus est le financement de la Sécurité Sociale en s’appuyant sur un système de cotisations patronales est un frein objectif à la guerre menée par le patronat contre les salaires. De plus ce système redistributif, extraordinairement efficace, a fait la preuve par l’exemple que la socialisation d’un large secteur économique et sa gestion démocratique par les travailleurs était évidemment possible et la plus efficace, et ce même si depuis sa création la classe capitaliste n’a eu de cesse de remettre la main sur la gouvernance de la Sécu. C’est d’ailleurs là un des points du programme Fillon qui en introduisant un « autorité » chargé de diriger la Sécu veut finir d’évincer la participation directe des salariés à la gestion de l’Assurance Maladie. Il est vrai que l’énorme gâteau financier – la Sécu c’est un budget de 450 milliards d’euros annuel – attise les appétits des financiers. Imaginez que sa privatisation permettrez ne serait-ce qu’en introduisant un taux de marge de 2% de rapporter à la classe capitaliste 90 milliards d’euros chaque années. Deux fois les dividendes versés en 2015 par les multinationales du CAC40 à leurs actionnaires ! On comprend ici bien l’enjeu et qui sert François Fillon. La dictature de la classe capitaliste !

 

Sur le strict plan comptable, la privatisation – pudiquement rebaptisée désétatisation par Fillon, le Chatelain de la Sartres – couterait des milliards d’euros aux travailleurs. Faut-il rappeler que les couts de gestion de la sécurité sociale sont infiniments plus bas que ceux des assurances privés, ainsi que des mutuelles. Il faut dire que la Sécu ne doit servir de dividendes et de profits à personnes, chaque euros de cotisation étant utilisé pour permettre de satisfaire aux mieux les besoins de santé, des besoins vitaux. Par exemple, en 2013, la Sécu a redistribué pour 153,6 milliards d’euros de prestations maladie, 45,5 milliards d’euros de prestations familiales et en faveur du logement et 105,9 milliards d’euros de pensions de retraite à l’ensemble des assurés sociaux. Alors que ses frais de fonctionnement se répartissant à 60% pour les dépenses de personnel et 40% pour les dépenses courantes de fonctionnement, ne s’élevaient qu’à 13,5 milliards d’euros. La Cour des Comptes estime à 3% le montant des frais de gestion de la Sécurité Sociale.

En comparaison, les couts de gestion des complémentaires santés relevant du privé sont bien plus importants. Par exemple, les frais de gestion des mutuelles représentent 17% des 17,4 milliards de cotisations qu’elles perçoivent de leurs adhérents. Dans une de ses enquêtes, l’UFC-Que choisir a chiffré à 7 milliards d’euros par an. Sur 100 euros de cotisation, 22 serviraient à couvrir le coût de fonctionnement des complémentaires elles-mêmes (19,8 euros pour les contrats collectifs, souscrits par l’intermédiaire de son employeur généralement, et 23,4 euros pour les contrats individuels).

Sur le mensonge du « trou » de la Sécurité Sociale

Les chiens de garde du système capitaliste ne cessent de l’aboyer sur les plateaux de télé, à la une des magazines et des journaux et sur chaque matinale des radios, le « trou de la Sécu » serait une catastrophe menaçante. Fin 2016, le cumul des déficits de la Sécurité Social est de 110 milliards d’euros. A comparer à son budget annuel de 450 milliards d’euros.

Mais d’où vient le trou de la Sécu ? Rappelons que le déficit de la Sécu était d’environ 16 milliards d’euros en 2014. En 2012, la cour des comptes avait chiffré les causes de ce « trou ». Et les travailleurs ne sont pas en cause. En réalité si les capitalistes payaient ce qu’ils doivent, il n’y aurait pas de déficit, et donc pas de « trou ». Il n’y a donc aucune raison de diminuer les remboursements des dépenses de santé des français

·          20 à 25 milliards d’euros la fraude patronale. : 1,5 fois le déficit

·         Les défauts de reversement par le gouvernement des taxes affectées à la Sécu :

o    Les taxes sur le tabac. Ne sont pas reversées par le gouvernement, elles représentent 7,8 milliards d’Euros.

o    Les Primes d’assurances automobiles – Ne sont pas reversées – 1,6 milliard d’Euros

o    Les taxes sur les industries polluantes – Ne sont pas reversées – 1,2 milliard d’Euros

o    La part de la TVA – N’est pas reversée – 2,0 milliards d’Euros

o    Retard de paiement par les entreprises – Ne sont pas reversés – 1,9 milliard

Avec PRCF pour sauver la Sécu

 

Au-delà de Fillon, la casse de la Sécu, voulue par la classe capitaliste, ces grands patrons, marchés financiers, multinationales et imposée par l’Union Européenne en application des traités européens et sous la pression de l’Euro est également au menu des différentes composantes du parti capitaliste unique, Valls, Montebourg, Le Pen, Macron… En réalité, comme à sa création, c’est du côté des communistes qu’il faut chercher les défenseurs du droits à la santé pour tous, non seulement pour sauver la Sécu, mais bien pour étendre la Sécurité Sociale. Les militants du PRCF défendent ainsi un programme offensif et de progrès social, prenant appui sur cette conquête sociale essentielle qu’est la Sécurité Sociale.

Sauvetage de la Sécurité Sociale et du système de santé

Suppression de la tutelle de l’Etat et du patronat sur la Sécurité Sociale – abrogation du plan Juppé- et restitution de sa gestion aux assurés sociaux. Cotisations patronales au même taux que pour les salariés. Suppression des exonérations des cotisations patronales sur certains contrats de travail. Cotisation sur les revenus du capital aux mêmes taux que sur ceux du travail. Recouvrement des dettes patronales. Péréquation en grandes et petites entreprises, entre entreprises de main-d’œuvre et entreprises capitalistiques de manière à ne pas pénaliser l’emploi ni les PME. Plan d’embauche de tous les personnels nécessaires. Abandon de la maîtrise comptable des dépenses de santé, le budget de la santé devant être assis sur les besoins, ce qui implique une hausse importante des ressources, la réforme de l’assiette des cotisations et en premier lieu la réouverture, puis le développement et la modernisation des établissements fermés pour missions économiques. Gratuité des soins pour les salariés, chômeurs et étudiants ayant un revenu inférieur ou égal au SMIC. Promotion de la santé de village, de quartier, familiale (préventive et curative).

Programme 2017 du PRCF (cliquez ici pour consulter l’ensemble des propositions)

 

JBC pour www.initiative-communiste.fr

Source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/4-francais-sur-dix-renoncent-a-se-soigner-le-projet-de-fillon-casser-la-secu/

01 janvier 2017

Psychiatrie, logique de l’isolement

Par pirate 

Je dois admettre qu’il est difficile d’être serein sur un sujet quand on l’a vu de l’intérieur. Quand on l’a subi. Pour le monde extérieur, pour les gens non traités ou dont les névroses ont été socialement acceptées ou qui ont su les cacher, le monde de la psychiatrie et plus globalement ce qu’on appelle improprement la folie, est un univers anxiogène peuplé d’individus angoissants voire effrayants avec lesquels ils veulent avoir le moins à faire. Pourtant la psychiatrie en France c’est un peu plus de quatre cent mille patients, dont 10% de personnes de moins de 18 ans et 4% de personnes âgées de plus de 80 ans. Pour un patient comme moi, on est souvent confronté à cette réalité et qui pourrait se résumer à cette question : « mais pourquoi donc c’est moi qui suis traité et pas eux ? ». La réponse est toute trouvée, parce que leurs névroses et leurs psychopathologies ne les empêchent pas de fonctionner correctement en société. A vrai dire moi non plus dans la plupart des cas mais ma réponse émotionnelle si elle n’est pas traitée est en effet handicapante. Je suis bipolaire de type un. Concrètement cela signifie que j’ai un dérèglement de l’humeur dont l’origine est incertaine mais actuellement on s’orienterait vers l’explication génétique. Si je ne connais pas réellement de phase dépressive la plupart du temps, et si elles ressemblent à celles de monsieur tout le monde, mes phases maniaques peuvent m’entrainer vers ce qu’on appelle les « bouffées délirantes ». A savoir des phases où vont commencer à me venir des idées farfelues autour desquelles je vais construire tout un schéma d’autres concepts délirants. Au point extrême des bouffées on commence également à avoir des hallucinations, auditives, olfactives, visuelles. Il n’est plus alors question de se calmer, mais d’être hospitalisé dans les plus brefs délais. Les périodes d’hypomanies, chez tous les bipolaires, quel que soit le type vont s’accompagner d’une intense activité sociale, d’un besoin de verbaliser énorme, d’un débit de parole intense, d’une agitation constante, d’insomnies. Pour ma part j’ai été diagnostiqué à l’âge tardif de 35 ans suite à un burn-out. Et si je vous explique tout cela ce n’est pas pour vous raconter ma vie mais illustrer ce qui va suivre.

 

La thérapie du dressage

Quand il vous arrive ce genre de chose tardivement dans votre vie vous n’avez pas la moindre idée de ce qui se passe. Les délires, quand ils apparaissent, ne vous tombent pas dessus d’un coup, c’est une lente construction que vous nourrissez autant de vos interrogations que de vos doutes. Et comme la vie est une vilaine farceuse, parfois c’est elle-même qui va nourrir votre délire. Telle chose que vous imaginez se produit réellement, telle situation sociale prend une forme totalement inattendue et dans le contexte anxiogène. Vous avez l’impression de perdre le contrôle mais d’une manière si insidieuse que cela agit à vos dépens. Sans compter que dans le cas de la bipolarité durant les phases maniaques vous êtes dans la surestimation de vous-même, avec parfois des idées de grandeur ce qui n’arrange nullement votre état ni votre capacité à raisonner. Qu’enfin, plus vous commencez à vous rendre compte que votre état n’est pas normal, plus vous angoissez et moins vous êtes capable d’en faire part à votre entourage, notamment parce que ça fait peur à tout le monde à commencer par vous. L’un dans l’autre vous vous retrouvez du jour au lendemain aux urgences psychiatrique et là les emmerdes commencent réellement. Contrairement au monde médical classique, même après diagnostic, personne ne vous dira avec certitude ce que vous avez, car en fait non seulement on ne peut vraiment le savoir qu’au terme d’une étude attentive de votre cas mais en plus les erreurs ne sont pas rares. Or pour ce qui s’agit de l’étude de cas, la psychiatrie française a apparemment mieux à faire : vous bourrer de neuroleptiques. Et ainsi, en première instance, le psychiatre de mon service déclara à mes proches que j’étais schizophrène. Autant pour le secret médical que pour la justesse du diagnostic. Mais il faut garder à l’idée que dans l’esprit de cette psychiatrie-là à partir du moment où vous franchissez les portes d’un établissement vous retombez dans une sorte d’enfance où votre avis, votre comportement, n’a aucune espèce d’importance dans la mesure où il n’entrave pas le fonctionnement du service. Au moment où vous êtes admis, si vous n’allez pas directement en isolement, on vous fait porter un pyjama hors d’âge, porté par des milliers de malade avant vous, et remerciez l’infirmière et l’intendance s’il est à votre taille. Si vous montrez des signes d’amélioration, n’êtes pas agité, on vous autorisera à porter vos propres vêtements, puis à sortir dans le jardin de l’unité, voire au-delà, dans le parc de l’hôpital où vous êtes totalement livré à vous-même, sans la moindre surveillance. Précisons que ce traitement peut-être assoupli si par exemple vous ne montrez pas de signe de délire particulier à l’admission, vous pourrez éventuellement garder vos propres vêtements. Reste que personne ne vous explique jamais cette « thérapie » commune à tous les hôpitaux publics. Et je sais de quoi je parle puisque je suis hélas dans le domaine un Gault et Millau avec pas moins de sept hospitalisations, dont une en Angleterre. Personne ne vous explique non plus jamais ce que vous avez, ni les symptômes inhérents, c’est donc totalement fortuitement que j‘ai appris l’expression « bouffée délirante » et ce que ça recouvrait. Quant à ma connaissance de ma maladie elle tient à deux mots : internet et Iceberg, une association pour bipolaire. Résultat à ma première hospitalisation j’ai fait exactement ce qu’attendait de moi l’institution et je suis sorti au bout de trois semaines, absolument pas soigné…. Et il m’a fallu 13 ans pour accepter ma maladie, accepter le handicap et même demander la pension qui allait avec.

 

La règle des trois i : Indifférence, Incompétence, Isolement

Selon un rapport de 2016 du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté l’isolement et la contention sont devenus monnaie courante dans les établissements psychiatriques. Selon les responsables c’est pour le bien des malades. Je ne crois pas non. Du temps où fumer était autorisé dans les lieux publics, j’ai eu l’occasion de voir le personnel de maintenance boucher le bas d’une porte afin que les malades « libres » ne puissent pas passer de cigarette à leur camarade. Or il ne s’agissait pas d’une mesure de sécurité, les chambres d’isolement sont composées… d’un lit avec un matelas ignifugé et éventuellement de sangles. Il s’agissait de coercition. Et la coercition on connait en hôpital psychiatrique. Que vous soyez venu en candidat libre ou en Hospitalisation d’Office ou à la demande d’un tiers, une fois dans l’unité, depuis les années 60, vous êtes enfermé à double tour. Et vos droits à la liberté sont souscrit au bon vouloir de votre psy, avec qui croyez-moi vous avez intérêt à vous entendre, les rares fois où vous le verrez. D’ailleurs c’est bien dans une chambre d’isolement censée protéger le malade de lui-même que j’ai vu une suicidaire échapper totalement fortuitement à la mort. Elle avait eu la mauvaise idée de tenter de se suicider au moment où l’infirmière passait pour son repas. Cinq minutes trop tard et la patiente protégée d’elle-même y passait…. Quant au personnel infirmier, s’il n’est pas hostile (ce qui arrive également…) il n’est simplement pas formé. Il est là pour administrer des médicaments, un point c’est tout. Il n’y a ni dialogue, ni groupe de parole, ni la moindre prise en charge. Au quotidien les patients passent leur journée à s’ennuyer, fumer, regarder la télé, se chamailler. Les heures de repas deviennent dès lors des moments privilégiés où on peut se remplir pour compenser son vide. A cela s’ajoutera une prise de poids obligatoire sous l’effet combiné des médicaments et de l’inactivité complète, autant pour l’image de soi… Si pour une raison ou une autre un malade est pris de crise de larmes, ou s’agite, la réponse des infirmiers sera dans le cas le plus commun de recommander l’isolement et sur le moment de tenter de calmer la personne en devenant parfaitement anxiogène. Etre soi-même malade et devoir expliquer à des infirmières qu’elles font plus de mal que de bien à telle personne est un moment assez savoureux pour qui voudrait savoir à quoi ressemble une poule devant un couteau. Faire avouer à un patient quel a été l’élément déclencheur de sa pathologie, alors qu’il ne l’a jamais raconté à un psychiatre de son propre aveu, en dit long sur la capacité d’écoute de ceux-là. D’ailleurs les psychiatres pour la plupart n‘écoutent non seulement pas mais n’ont pas le temps. Ils passeront une voire trois fois par semaine, verrons une quinzaine de patients à raison de dix minutes, un quart d’heure par cas en étant parfaitement incapables de déceler quoi que ce soit. Ainsi tel paranoïaque schizophrène me racontait son projet d’assassiner quelqu’un à sa sortie, je doute que le médecin ait jamais eu vent de ce projet. Ainsi j’expliquais à tel psy que cette relation allait non seulement les duper mais finirait par concrétiser ses multiples tentatives de suicide. L’intéressé m’expliqua avec une assurance sans borne qu’ils savaient parfaitement y faire avec les gens qui simulaient leur bien-être et qu’il saurait soigner la personne. Quatre mois après cette conversation, mes prédictions se réalisaient. Et quand on contacta son psy pour le tenir au courant, sa réponse lénifiante fut « je ne comprends pas elle avait l’air d’aller très bien  ».

 

Psychiatrie, logique sécuritaire et déficit de personnel.

Soyons juste, les professionnels eux même ne sont pas aidés. Et comme le trait commun des politiques français semble être plus l’enrichissement personnel et la mise en orbite de leur carrière que le courage, ça ne risque pas d’évoluer. Depuis 92, il n’y a plus de spécialisation dans le domaine de la psychiatrie pour les infirmiers. Il y a un tronc commun, à eux de se former eux-mêmes et sans que d’aucune façon cela soit obligatoire. De plus, cette spécialisation est mal vue en soins généraux. Vous y serez souvent considéré comme un incompétent ou un paresseux. Et en aucun cas, si vous voulez revenir dans l’hôpital classique vos années en psy ne valoriseront votre CV. Il s’agit donc d’un sacerdoce pour ceux qui veulent s’y consacrer. Sans compter que la formation, si elle est payée par l’état, induira de fait que vous effectuerez votre stage obligatoire dans le service qui conviendra à l’institution. Et telle infirmière débutante de se retrouver dans un service d’autistes lourds, géré par des aides-soignantes sans formation médicale, un chef de service venant du domaine administratif et un psychiatre… qui n’a pas terminé ses études. Et je cite ici un cas que je connais personnellement. Vous vous retrouvez donc à devoir vous occuper d’un patient atteint de syndrome de Pica oublié dans les toilettes par les aides-soignantes. Une personne atteinte de cette maladie ingère ses propres déjections, je laisse à votre imagination le soin de visualiser à quoi cela peut ressembler… Or la seule formation spécialisée que n’a jamais reçu cette personne ce sont des méthodes de protection physique non agressives pour se protéger quand un autiste de cent dix kilos vous coince contre un mur… Selon un rapport parlementaire de 2013, 20% des postes de psychiatre ne sont pas pourvu dans le public. Pourtant nous n’en manquons pas, pas moins de 22 psychiatres pour 100.000 habitants mais le plus grand nombre exerce dans le privé et 80% dans des agglomérations de plus de 50.000 habitants. Or d’ici 2018 40% prendront leur retraite. De plus l’hospitalisation d’office se généralise, plus de 50% des cas, et ce notamment grâce au cyclothymique Nicolas Sarkozy. En 2008, fort de son incompétence et sur la base d’un de ces faits divers qui lui servait de mode de gouvernance, le très dispensable président débloqua 70 millions pour sécuriser les hôpitaux, avec caméra, verrous, suivi des antécédents comme dans le cas d’un délinquant et durcissement des règles de l’Hospitalisation d’Office. Plus la création de nouvelle UMD, unités pour malade difficile. Dans les faits, la mesure d’exception d’HO devient la norme, offrant aux préfets un pouvoir bien au-delà de leur compétence. Mais ce pouvoir ils l’avaient déjà, soyons juste. A ma seconde HO en 2001, au bout d’un mois d’hospitalisation, contre l’avis du psychiatre qui me suivait depuis un moment, le préfet décréta que je n’étais pas prêt (évidemment je n‘ai ni été examiné, ni entendu) et en m’en recolla pour trois mois. Quatre mois au total dont je sortais non seulement épuisé mais pas plus soigné qu’avant puisque sur sept séjours, six ont été effectué en HO… Je précise que je n’ai jamais présenté un danger pour qui que ce soit, uniquement pour moi-même. Enfin dans les faits toujours, non seulement il n’y a strictement aucune surveillance hors des unités, ce qui donne lieu parfois à de violents incidents entre malades, non seulement le trafic de shit est florissant en milieu psychiatrique (et cannabis et neuroleptique ne font pas forcément bon ménage) mais en réalité on entre et on sort comme on veut d’un établissement psychiatrique, et je le sais d’autant que j’ai faussé compagnie à mes infirmiers anglais (où le régime est pourtant fort différent et nettement plus humain). A cela il faut ajouter qu’en raison du manque de lit (moins 22% depuis 94) et du déficit de personnel, dans une même unité semi ouverte on rencontrera des profils qui n’ont pas grand-chose à faire ensemble. Ainsi lors de mon dernier séjour je me retrouvais en compagnie de quatre délinquants (moyenne d’âge cinquante ans) dont un meurtrier bâti comme une armoire que tout le monde craignait un peu, à commencer par le personnel médical, et qu’absolument personne n’aurait été en mesure de maitriser si son caractère ombrageux avait cédé à une crise.

 

Psychiatrie, le grand retour en arrière ?

 

Comme le disait le docteur Jean-Claude Pénochet, président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux « La contention est un indicateur de la bonne ou de la mauvaise santé de la psychiatrie. Plus la psychiatrie va mal, plus la contention ne sera utilisée.  » C’est précisément ce qui est en train de se produire, et ça ne risque par de s’arranger si on continue la gouvernance « fait divers » comme on semble vouloir le faire depuis 2000 où pas moins de 29 lois pénales ont été promulguées en 17 ans (autant pour la surpopulation carcérale… voir mon article à ce sujet). Or d’une part le risque zéro n’existe dans aucun domaine d’autre part, pour la moyenne des patients internés, la majorité ne présente qu’éventuellement un danger pour eux-mêmes. De plus il existe actuellement 10 UMD sur le territoire métropolitain, traitant un peu plus de 600 malades, à majorité des hommes, dont quatre crée entre 1910 et 1963… Ensuite il faut tenir compte du suivi, toujours indispensable. Les Centres Médicaux Psychiatriques sont surchargés, l’obtention d’un appartement thérapeutique dans le cas des patients en déficience d’autonomie sont très difficile à obtenir. Les règles concernant les pensions handicapées subornés à la sécurité sociale exigent, selon la logique très kafkaïenne de notre administration, qu’un malade ne pouvant pas travailler, ait travaillé un minimum de 600 heures dans l’année. Quant à l’allocation adulte handicapée, elle ne court que sur deux ans renouvelables pour un montant… de 800 euros. Mais la maladie mentale ne recouvre pas le seul champ du malade, il y a l’entourage, si tant est que l’entourage n’ait pas foutu le camp ce qui n’est pas rare. Or vivre au quotidien avec un bipolaire ou un schizophrène n’est pas forcément chose aisée. L’entourage également a besoin d’être entendu et soutenu. Surtout qu’une pathologie mentale peut avoir comme origine ou conséquence une toxicomanie voire une polytoxicomanie. Les patients suffisamment autonomes pour prendre régulièrement leurs médicaments et veiller à leur comportement ne sont pas légion par définition. Sans compter que l’évolution d’une maladie peut amener à un changement d’ordonnance. Et tous les médicaments qu’on vous donne sans discernement et souvent sans limite de temps peuvent s’avérer dangereux à la longue. Le Risperdal, prescrit comme anti psychotique, mentionne tout de même dans les contre-indications « peut donner des envies de suicide aux personnes sujettes à la dépression ». Et la Dépakine provoque des malformations intra utérines. Tel patient m’expliquait qu’il avait demandé un changement de prescription en raison de panne sexuelle. Après que son médecin ait nié toute implication du dit médicament (ce que pourtant je pouvais confirmer…), il est allé voir un autre médecin, qui lui a prescrit un nouveau médicament avec pour effet… de lui déclencher une crise. Et si la prise de poids est si rapide en unité c’est essentiellement parce que par soucis d’économie ont prescrit des produits moins chers mais qui vous font grossir. L’un dans l’autre il est essentiel pour le plus grand nombre d’être sinon encadré, suivi, et non pas maintenu dans l’état d’assistanat infantile que propose la Cotorep ou l’hôpital lui-même mais accompagné dans l’autonomie. Or pour tout cela il faut du personnel spécialisé, il faut également des médecins et des infirmiers qui aient non seulement de l’initiative, l’envie d‘innover mais surtout qu’on écoute. Hélas à ce jour ce que le personnel politique écoute essentiellement c’est le mugissement des instituts de sondage.