Quand l’AFP confond l’Irak et la Syrie

Et que les journaux republient la dépêche sans la lire. Quoique, à bien y regarder, cela ressemble furieusement à une manipulation.

Jeudi 23 mars, La Libre Belgique publiait une dépêche, apparemment en provenance de l'AFP disant ceci :

Syrie : plus de 100 civils tués dans une explosion
AFP Publié le jeudi 23 mars 2017 à 15h09 - Mis à jour le jeudi 23 mars 2017 à 20h54

International

Nouveau drame dans le conflit syrien.

Plus de 100 civils ont été tués dans une explosion mercredi survenue près de Mossoul.

Seul (petit) problème, Mossoul se situe en Irak, et non en Syrie. Accessoirement, on omet de préciser aussi que ces « explosions » résultent de frappes aériennes de la coalition dirigée par les Américains. Pour info, la distance la plus courte ente la banlieue Ouest de Mossoul et la frontière est de 95 Km.

Ce qui rend particulièrement savoureuse l'évaluation dithyrambique rédigée par l'équipe des petits lutins hydrocéphales du Decodex TM.

L'Agence France-Presse (AFP) est la principale agence de presse généraliste française, implantée dans environ 195 pays. La vérification de ses informations et la mention systématique des sources sont parmi ses principaux piliers, lui donnant une très grande fiabilité en règle générale.

 

Tout fout le camp, ma bonne dame !

Et en même temps, ce n'est pas la première fois qu'AFP se fait remonter les bretelles pour avoir publié des fausses nouvelles, y compris par des confrères journalistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites ! Bon, je vais maintenant tâcher d'informer les auteurs de cette fausse nouvelle, juste pour voir s'ils publieront un démenti ou un petit erratum. 

Article original publié sur LeVilainPetitCanard

Page Facebook, n'hésitez-pas à venir y déposer un petit like !

 

Références : 

LaLibre/AFP (23.03.17) - Syrie : plus de 100 civils tués dans une explosion

 

OuestFrance (23.03.17) - Irak. Un quartier dévasté à Mossoul, des dizaines de...

Grandeur et décadence : Israël en est réduit à s’inventer des interventions pour garder l’illusion de sa puissance militaire.

Les piètres tentatives d’intox d’Israël tendant à faire croire à des frappes sur des objectifs hautement stratégiques de la Syrie ont été démenties par Damas. Il semble que, après le revers que lui a infligé la Syrie, Tel Aviv veuille absolument rétablir sa réputation de nation pouvant se permettre de faire impunément ce qu’elle veut, où et quand elle veut. Le revers subi lors du dernier raid restera longtemps en travers de la gorge des autorités israéliennes.

***

En Syrie, une source militaire bien informée a rejeté une rumeur, diffusée par les sources israéliennes, selon laquelle l’ouest de Damas aurait été attaqué par des avions de chasse israéliens.

Une source militaire syrienne a confié, ce mercredi 22 mars, à l’agence de presse Tasnim, que les rumeurs sur une frappe aérienne israélienne contre les positions de l’armée dans l’ouest de Damas étaient montées de toutes pièces.

« La zone que les Israéliens prétendent avoir attaquée mardi est totalement calme et stable. En faisant circuler de telles rumeurs, les Israéliens tentent de détourner l’attention des échecs cuisants qu’ont récemment subi les groupes terroristes dans les quartiers de Jobar et de Qaboun, dans l’est de Damas. »

Des médias pro-israéliens ont annoncé que les chasseurs de l’aviation israélienne avaient attaqué les positions de l’armée aux alentours du mont Qassioun, dans l’ouest de Damas, et cela dans l’objectif de rehausser le moral des groupes terroristes, soutenus par Tel-Aviv.

Photo: Un panneau indiquant la direction du quartier de Jobar dans l’est de la capitale syrienne, Damas, le 19 mars 2017. ©Reuters

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/22/515262/Syrie-Damas-Qaboun-Jobar-Mont-Qassioun-terroristes-Isral

19 mars 2003 – C’était le début d’une guerre dévastatrice qui allait mettre l’Irak à genoux

Vidéo: 5 février 2003 à l’ONU. Colin Powell agite une fiole comme preuve de l’existence d’armes de destruction massive en Irak.

Vidéo: 19 mars 2003 – Premiers bombardements sur Bagdad

Le 19 mars 2003 les Etats-Unis ont lancé une pluie de missiles sur Bagdad

Retour sur les semaines qui ont précédé. 

Le 19 mars 2003, à 21h37, le monde entier, les yeux rivés sur CNN, à pu voir les bombardiers de l’armée US déverser un déluge de feu sur les habitants de Bagdad. C’était le commencement d’une invasion militaire qui allait mettre à feu et à sang l’Irak, un pays où les gens vivaient en bonne entente et en sécurité. D’une guerre qui allait détruire un des pays les plus riches et prospères du Moyen-Orient, causer la mort de plus d’un million d’Irakiens et conduire toute la région au désastre.

-Le 5 février 2003, le secrétaire d’Etat américain présente devant le Conseil de sécurité de l’ONU des informations « sûres et fiables » disant que les Etats-Unis tiennent les preuves (inventées) de la détention par l’Irak d’armes de destruction massive. En dépit des nombreuses enquêtes démontrant que Saddam Hussein n’en possédait pas. Cet énorme mensonge devait servir de prétexte à attaquer l’Irak. [Lire le compte rendu de cette mascarade mémorable par l’ONU: http://www.un.org/press/fr/2003/CS2444.doc.htm]

-En France Pascal Bruckner, Bernard Kouchner, Alexandre Adler, Alain Finkielkraut notamment, ont soutenu cette guerre.

– Opposés à la guerre qui se profilait et allait tantôt s’abattre sur les Irakiens, plus de 30 millions de personnes se sont mises rapidement en marche dans plus de 70 pays. C’était du jamais vu.

Après 21 jours de bombardements, les forces armées US ont pris le contrôle de la plus grande partie de Bagdad en ruine.

-Les médias traditionnels ont pris le parti des agresseurs occidentaux qui selon eux combattaient légitimement le « terrorisme »; les fakes news étaient légion.

L’Irak ne sera plus jamais l’Irak…

Cette guerre fondée sur un mensonge qui devait conduire à la désintégration de l’Irak, à renverser Saddam Hussein, à démembrer et affaiblir un Etat qui, faut-t-il le souligner, tenait tête à Israël, n’a apporté aucun bénéfice aux agresseurs.

Selon STEPHEN J. SNIEGOSKI, la guerre d’Irak n’était pas comme on continue de le prétendre « une guerre pour le pétrole ». C’était une guerre conçue pour Israël.

Par Silvia Cattori | Arretsurinfo.ch


Les regrets de Colin Powell 10 ans plus tard

 

Colin Powell : comment la CIA m’a trompé

Propos recueillis à Washington par Vincent Jauvert-Le Nouvel Observateur / | 03 mars 2013

Il y a dix ans, le secrétaire d’Etat américain prononçait à l’ONU son discours sur les armes de destruction massive en Irak. Les « preuves qu’il avançait se sont révélées fausses pour la plupart. A l’occasion de la publication de son livre « J’ai eu de la chance » aux Editions Odile Jacob, il revient sur cet épisode et sur la politique étrangère de son pays. Entretien exclusif avec Colin Powell.

Le 5 février 2003, vous avez prononcé à l’ONU votre « célèbre » discours sur les armes de destruction massive en Irak, dans lequel vous énonciez des « preuves » qui, pour la plupart, se sont révélées inexactes. Dix ans plus tard, vous écrivez dans votre nouveau livre que ce discours restera une « tache » dans votre carrière et que vous vous souvenez de ce 5 février aussi « profondément » que du jour de votre naissance. Pourquoi ?

– Il est très dur d’oublier un tel moment surtout quand on vous en parle chaque jour pendant dix ans ! Depuis que j’ai découvert qu’un grand nombre d’informations que l’on m’avait fournies étaient inexactes, je ne cesse de me demander : qu’aurais-je dû faire pour éviter cela ? Pour ma défense, je dirais que je n’ai eu que trois jours pour préparer cette présentation et que nous avions un très grand nombre de documents à analyser.

Pourquoi seulement trois jours ?

-Le problème était le suivant : le président Bush m’a demandé de présenter nos preuves à l’ONU à partir d’un texte rédigé par un conseiller du vice-président Cheney. Or, quand j’ai demandé aux services de renseignement des éléments concrets pour étayer certaines parties de ce document, ils m’ont répondu qu’ils n’avaient jamais vu ces informations-là ! Il fallait donc repartir de zéro et écrire un autre discours. J’ai dit au président que j’avais besoin de plus de trois jours, mais il m’a répondu qu’il avait déjà annoncé au monde la date de ce discours à l’ONU, qu’il ne pouvait pas la reculer.

Le fait que le texte écrit par le bureau du vice-président était si étrange ne vous a-t-il pas alerté ? Ne vous êtes-vous pas dit : on essaie de me manipuler ?

-Non, pas vraiment. J’étais déçu mais je ne paniquais pas : la CIA allait m’aider. Je suis allé au siège de l’Agence, et grâce aux informations fournies par son patron, George Tenet, j’ai pu bâtir le discours. Remarquez que j’y ai mis moins d’éléments controversés que le président, Condi Rice ou Rumsfeld avaient déjà utilisés publiquement et à plusieurs reprises. Le bureau de Cheney, par exemple, insistait pour que je parle des liens supposés entre Saddam Hussein et Al-Qaida, que le vice-président avait souvent évoqués. Mais, comme les éléments n’étaient pas probants, je ne l’ai pas fait. J’ai également très peu parlé du programme nucléaire.

Mais sur le reste aussi, le chimique et le biologique, les « preuves » étaient fausses.

-Oui, mais ce n’était pas un mensonge délibéré de ma part. Je croyais à ce que je disais. Tout le monde, le président, les membres du gouvernement et le Congrès y croyaient. Le président m’a choisi parce que j’étais le plus crédible vis-à-vis de la communauté internationale, mais, encore une fois, je ne faisais que transmettre ce que les seize agences de renseignement disaient. Et je pense que si vous aviez été à ma place et que vous aviez vu les documents que l’on m’a présentés vous auriez cru à tout cela, vous aussi.

Evidemment je pensais que la CIA avait vérifié ses informations. Aussi, quand, quelques semaines plus tard, l’Agence nous a dit que l’ »information » sur les laboratoires biologiques ambulants venait d’Allemagne et qu’aucun agent américain n’avait interrogé la source principale de ce canular, j’ai été stupéfait.

George Tenet, le patron de la CIA, vous avait-il dit que les Allemands l’avaient prévenu du manque de fiabilité de cette source ?

-Non et je ne sais toujours pas ce qu’il savait en réalité. Plus tard, il est apparu qu’un certain nombre de personnes dans les services de renseignement étaient au courant de cette alerte des Allemands et d’autres mises en garde. Ils ont dit : « Nous sommes allés voir Tenet mais il ne voulait pas nous écouter. » Est-ce vrai ? Je ne sais pas. En tout cas, lors de ma présentation à l’ONU, je voulais qu’il soit à mes côtés, que la présence du patron de la CIA signifie au monde que ce que je disais reflétait ses conclusions. Dix ans plus tard, Tenet n’a toujours pas reconnu que celles-ci étaient fausses ! Pas une fois, il a expliqué pourquoi ses services avaient écrit, par exemple, que Saddam Hussein avait des centaines de tonnes d’armes chimiques, « dont la plupart avaient été fabriquées l’année passée » alors qu’il n’en possédait pas un gramme !

Il y a quelques années, vous avez dit qu’une commission du Congrès devrait enquêter sur tout cela.

-Passons à un autre sujet, voulez-vous ?

Dans votre livre, vous dites que les Etats-Unis sont toujours la nation « nécessaire », que voulez-vous dire ?

-L’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright utilise l’adjectif « indispensable ». Je suis d’accord avec elle, mais « nécessaire » est un terme plus soft, moins arrogant. Quand il y a un problème dans le monde, au Moyen-Orient ou en Asie, on se tourne toujours vers les Etats-Unis. Prenez la Libye. C’était une bonne idée de laisser les Français et les Britanniques lancer l’opération militaire. Mais auriez-vous pu la mener à bien sans les Etats-Unis, leurs avions ravitailleurs, leurs missiles ? Je ne crois pas. Quand nos alliés veulent entreprendre quelque chose et n’ont pas tous les moyens pour le faire, les Etats-Unis sont la nation « nécessaire ».

Le second mandat d’Obama vient de commencer, quel est son problème numéro un en politique étrangère ?

Notre situation internationale est celle-ci : depuis la fin de l’URSS, il n’y a plus de puissance équivalente à la nôtre qui veuille nous attaquer. Les deux seules nations ayant la population et le potentiel économique de rivaliser avec les Etats-Unis sont la Chine et l’Inde. Mais aucun des deux Etats n’a la moindre intention d’être notre ennemie.

Même pas la Chine ?

Bien sûr que non, les Chinois possèdent 2 000 milliards de notre dette ! Comment voudraient-ils faire exploser tout cela ? Ils vont moderniser leur armée, tout faire pour protéger les îles qu’ils considèrent être les leurs, mais ils n’ont aucun intérêt à devenir notre ennemi. Il y a des questions internationales comme la Corée du Nord, la Syrie ou l’Iran. Ce sont des problèmes sérieux, mais aucun ne représente une menace pour la survie des Etats-Unis et son système démocratique, comme ce fut le cas de l’Union soviétique. Cela ne veut pas dire qu’il faut les ignorer. Ils affectent nos alliés et amis. Et ils peuvent dégénérer en guerre comme au Mali ou en Syrie.

Mais aujourd’hui les Américains sont concentrés sur les problèmes internes des Etats-Unis, le chômage et le déficit budgétaire surtout. Nous devons donc faire ce que nous pouvons pour aider nos alliés, mais le président sera très réticent à engager militairement notre pays dans des conflits régionaux.

Y compris en Iran ?

La position de la Maison-Blanche est que, dans ce dossier, aucun président ne peut renoncer à une option, quelle qu’elle soit. Ma conviction personnelle est qu’il y a des solutions diplomatiques au problème iranien. Je suis un vieux soldat qui a vu ce que le containment (politique d’endiguement) et la dissuasion peuvent accomplir. Les Iraniens n’ont pas encore d’arme nucléaire et, même s’ils en avaient, leur nombre serait très inférieur à la force atomique disponible de l’autre côté. Donc, je continue de penser que, même dans le cas de l’Iran, la dissuasion marche. D’ailleurs, regardez ce qu’a dit Ahmadinejad cet automne : pourquoi voudrais-je d’une arme atomique alors qu’en face ils en ont des dizaines de milliers ?

Après l’extraordinaire carrière qui a été la vôtre, que souhaitez-vous que l’on retienne de votre action ?

Que j’ai bien servi mon pays. Que j’ai travaillé à des traités qui ont éliminé de grandes quantités d’armes nucléaires ! Je voudrais que l’on n’oublie pas que j’ai toujours essayé d’éviter des guerres et toujours préféré la diplomatie pour régler les problèmes. Je pense que l’on se souviendra de moi à propos d’une doctrine militaire qui porte mon nom. Et puis je suis devenu le premier chef d’état-major noir et le premier secrétaire d’Etat noir des Etats-Unis. Malheureusement, on n’oubliera pas le discours à l’ONU, qui occupera une grande place dans ma nécrologie…

Vincent Jauvert | 03 mars 2013

Source: http://tempsreel.nouvelobs.com/debat/20130301.OBS0470/exclusif-colin-powell-comment-la-cia-m-a-trompe.html

via: http://arretsurinfo.ch/19-mars-2003-cetait-le-debut-dune-guerre-devastatrice-qui-allait-mettre-lirak-a-genoux/

 

 

Corée du Nord : La grande tromperie

En 2003, avec quelques avocats Américains, membres de la National Lawyers Guild, j’ai eu la chance de pouvoir voyager en Corée du Nord, c’est-à-dire en République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), afin de me faire une idée précise de ce pays, de son gouvernement et de son peuple. Publié à notre retour, cet article a été intitulé « La grande tromperie ». Ce titre a été choisi parce que nous avons découvert que le mythe péjoratif de la propagande occidentale sur la Corée du Nord, est une immense tromperie conçue pour cacher aux peuples du monde les réalisations des Nord-Coréens, qui ont réussi à créer leurs propres conditions, leur propre système socio-économique indépendant basé sur les principes socialistes, libres de la domination des puissances occidentales.

Lors de l’un de nos premiers dîners à Pyongyang, notre hôte, Ri Myong Kuk, un avocat, a dit en termes passionnés, au nom du gouvernement, que la force de dissuasion nucléaire de la Corée du Nord est nécessaire au vu des agissements et des menaces du monde US contre elle. Il a dit, et cela m’a été répété plus tard pendant mon voyage, lors d’une réunion de haut niveau avec des représentants du gouvernement de la Corée du Nord, que si les Américains signaient un traité de paix et un accord de non-agression avec la Corée du Nord, cela rendrait illégitime leur occupation et entraînerait la réunification de la Corée. Ainsi, il n’y aurait plus besoin d’armes nucléaires. Il a dit avec sincérité : « Il est important que des avocats se réunissent pour parler de cela, car les avocats réglementent les interactions sociales au sein de la société et dans le monde, » et il a ajouté en toute bonne foi, « le chemin vers la paix exige l’ouverture du cœur ».

Il nous est apparu alors, et c’est maintenant une évidence, qu’en contradiction absolue avec les dires des médias occidentaux, le peuple de la Corée du Nord veut la paix plus que toute autre chose. Il veut pouvoir continuer à vivre et à travailler sans la menace constante d’être anéantis par les armes atomiques des USA. Mais en fait, pourquoi sont-ils menacés d’être exterminés et de qui est-ce la faute ? Ce n’est pas de leur faute.

Ils nous ont montré des documents US saisis pendant la guerre de Corée. Il s’agit de la preuve irréfutable que les USA avaient prévu d’attaquer la Corée du Nord en 1950. L’attaque a été effectuée par les forces armées US et sud-coréennes, aidées par des officiers de l’armée japonaise qui avaient envahi et occupé la Corée des décennies auparavant. Les USA ont ensuite prétendu que la défense et la contre-attaque nord-coréennes était une « agression », et ils ont fait manipuler cela par les médias pour inciter les Nations Unies à soutenir une « opération de police », l’euphémisme qu’ils ont choisi pour qualifier leur guerre d’agression contre la Corée du Nord. Il s’en est suivi trois ans de guerre et 3,5 millions de victimes coréennes, et depuis lors, les USA les menacent de guerre imminente et d’anéantissement.

En 1950, puisque la Russie n’était pas là pour voter au Conseil de sécurité, le vote de l’ONU en faveur de l’« opération de police » était lui-même illégal. En vertu du règlement interne, le quorum au Conseil de sécurité requiert toutes les délégations membres. Tous les membres doivent être présents, sinon la session ne peut pas se dérouler. Les Américains ont sauté sur l’occasion du boycott du Conseil de sécurité par les Russes. Le boycott russe avait été instauré pour défendre la position de la République populaire de Chine, qui devait siéger à la table du Conseil de sécurité, et non pas le gouvernement vaincu du Kuomintang. Comme les Américains refusaient d’accorder ce droit, les Russes ont refusé de s’asseoir à la table jusqu’à ce que le gouvernement chinois légitime puisse le faire.

Les Américains ont profité de cette occasion pour faire une sorte de coup d’État à l’ONU. S’emparant du contrôle de sa machinerie, ils l’on utilisée dans leurs propres intérêts. Ils se sont arrangés avec les Britanniques, les Français et les Chinois du Kuomintang, pour qu’ils soutiennent leur guerre en Corée, grâce au vote en l’absence des Russes. Les alliés, comme les Américains le leur avaient demandé, ont voté la guerre contre la Corée, mais le vote était invalide et l’opération de police n’était ni une opération de maintien de la paix, ni justifiée par le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, puisque l’article 51 stipule que les nations ont le droit de se défendre contre toute attaque armée, ce qu’ont dû faire les Nord-Coréens. Mais les Américains ne se sont jamais beaucoup souciés de la légalité. Et ils ne s’en sont pas souciés tout au long de leur projet, qui consistait à conquérir et occuper d’abord la Corée du Nord, puis envahir la Mandchourie et la Sibérie.

Beaucoup d’Occidentaux n’ont guère idée des destructions infligées par les Américains et leurs alliés en Corée ; Pyongyang s’est retrouvé sous des tapis de bombes, et les civils fuyant le carnage ont été mitraillé par les avions US en rase-mottes. Le New York Times a écrit à l’époque que plus de sept mille sept cent tonnes de napalm ont été lâchés simplement dans les 20 premiers mois de la guerre en Corée. Les USA ont lâché un tonnage de bombes plus important sur la Corée que sur le Japon durant la Seconde Guerre mondiale. Les forces armées US ont traqué et assassiné non seulement les membres du parti communiste, mais aussi leurs familles. À Sinchon, nous avons vu la preuve que des soldats US ont obligé 500 civils à se mettre dans un fossé, les ont aspergés d’essence et les ont brûlés. Nous étions dans un abri antiaérien avec des murs encore noircis avec la chair brûlée de 900 civils, dont des femmes et des enfants qui cherchaient à se protéger lors d’une attaque US. Des soldats US ont été vus déverser de l’essence dans les bouches d’aération de l’abri et les faire tous mourir carbonisés. C’est la réalité de l’occupation US pour les Coréens. C’est la réalité qu’ils craignent encore et ne veulent jamais voir se répéter. Pouvons-nous le leur reprocher ?

Malgré cette affaire, les Coréens sont prêts à ouvrir leur cœur à leurs anciens ennemis. Le major Kim Myong Hwan, qui était à l’époque le principal négociateur à Panmunjom, sur la ligne de la zone démilitarisée, nous a révélé que son rêve était d’être écrivain, poète, journaliste, mais il a poursuivi d’un air sombre, en disant que lui et ses cinq frères faisaient des rondes sur la ligne de la zone démilitarisée, comme les soldats, à cause de ce qui était arrivé à leur famille. Il a dit que leur lutte n’était pas contre les Américains, mais leur gouvernement. Il restait le seul de sa famille perdue à Sinchon ; son grand-père avait été accroché à un poteau et torturé, sa grand-mère est morte avec une baïonnette dans l’estomac. Il a dit : « Vous voyez, nous devons le faire. Nous devons nous défendre. Nous ne nous opposons pas aux Américains. Nous nous opposons à la politique belliqueuse des USA et à leurs efforts pour prendre le contrôle du monde entier et déclencher des catastrophes contre les peuples.

Selon l’avis de notre délégation, grâce à l’instabilité qu’ils entretiennent en Asie, les USA peuvent y maintenir une présence militaire massive qui entrave les relations entre la Chine, la Corée du Sud, la Corée du Nord et le Japon. Et ils utilisent aussi leur présence comme moyen de pression contre la Chine et la Russie. Au Japon, avec la pression constante pour éliminer les bases US à Okinawa, les opérations militaires en Corée et les manœuvres de guerre restent un aspect central des efforts US visant à dominer la région.

La question n’est pas de savoir si la Corée du Nord possède des armes nucléaires, comme elle en a le droit, mais si les USA – qui possèdent des capacités nucléaires sur la péninsule coréenne, et qui installent actuellement là-bas leur système de défense antimissile THADD, un système qui menace la sécurité de la Russie et de la Chine – sont disposés à travailler avec la Corée du Nord sur un traité de paix. Nous avons trouvé des Nord-Coréens avides de paix et ne tenant pas à avoir des armes nucléaires si la paix pouvait être établie. Mais la position US demeure plus arrogante, agressive, menaçante et dangereuse que jamais. À l’ère des « changements de régime », des « guerres préventives » et des tentatives US pour mettre au point des armes nucléaires miniatures, aussi bien que leur abandon et leur manipulation du droit international, il n’est pas surprenant que la Corée du Nord joue la carte du nucléaire. Ce choix a été fait par les Nord-Coréens depuis que les USA les menacent quotidiennement de guerre nucléaire. La Russie et la Chine, deux pays auxquels la logique dicte de soutenir les Nord-Coréens contre l’agression US, se joindront aux Américains pour blâmer les Coréens de s’être armés eux-mêmes avec la seule arme qui puisse dissuader de les attaquer.

La raison de ceci n’est pas claire puisque les Russes et les Chinois ont des armes nucléaires et qu’ils s’en sont dotés pour dissuader toute attaque des USA, exactement comme l’a fait la Corée du Nord. Certaines déclarations de leur gouvernement [russe ou chinois] indiquent qu’ils craignent de ne pas avoir le contrôle de la situation, et que si les mesures défensives de la Corée du Nord attirent une attaque des USA, ils seront aussi bien attaqués. On peut comprendre cette anxiété. Mais cela soulève la question de savoir pourquoi ils ne peuvent pas soutenir le droit de la Corée du Nord à l’autodéfense et faire pression sur les Américains pour qu’ils concluent un traité de paix, un accord de non-agression et retirent leurs forces armées et nucléaires de la péninsule coréenne. Mais la grande tragédie est l’incapacité évidente des Américains de penser par eux-mêmes face aux tromperies incessantes, et d’exiger de leurs dirigeants qu’ils épuisent toutes les voies de dialogue et de rétablissement de la paix avant même d’envisager d’agresser la péninsule coréenne.

La base essentielle de la politique nord-coréenne consiste à parvenir à un pacte de non-agression et à un traité de paix avec les USA. Les Nord-Coréens ont dit à plusieurs reprises ne vouloir attaquer personne, blesser personne, n’être en guerre contre personne. Mais ils ont vu ce qui est arrivé à la Yougoslavie, à l’Afghanistan, à l’Irak, à la Libye, à la Syrie et à d’innombrables autres pays, et ils n’ont pas l’intention d’être les prochains. Il est évident qu’ils se défendront énergiquement contre toute invasion US et que la nation pourrait supporter une longue et difficile lutte.

À un autre endroit de la zone démilitarisée, nous avons rencontré un colonel qui avait installé des jumelles. à travers lesquelles nous pouvions voir au-delà de la ligne de partage entre le Nord et le Sud. Nous pouvions voir un mur de béton construit sur le côté sud, en violation des accords de trêve. Le major Kim Myong Hwan a dit que cette structure fixe est une « honte pour les Coréens qui sont un peuple homogène. » Un haut-parleur diffusait sans interruption de la propagande et de la musique sortait des haut-parleurs sur le côté sud. Il nous a dit que ce bruit irritant dure 22 heures par jour. Soudain, autre moment surréaliste, les haut-parleurs du bunker ont commencé à entonner l’ouverture de William Tell, mieux connue aux USA sous le nom de thème du Lone Ranger. Le colonel nous a exhortés d’aider les gens à comprendre ce qui se passe réellement en Corée du Nord, au lieu de fonder leur opinion sur la désinformation. Il nous a dit : « Nous savons que, comme nous, les Américains aiment la paix, ont des enfants, des parents et des familles. » Nous lui avons dit que nous avions la mission de rentrer chez nous avec un message de paix et que nous espérons revenir un jour et « marcher avec lui librement dans ces belles collines. » Il a fait une pause et dit : « Moi aussi, je crois que c’est possible. »

Ainsi, alors que le peuple de la Corée du Nord espère la paix et la sécurité, les USA et leur régime fantoche du sud de la péninsule coréenne feront la guerre en se livrant durant les trois prochains mois aux plus grands jeux de guerre jamais organisés là-bas, avec des porte-avions, des sous-marins portant des armes atomiques et des bombardiers furtifs, des avions et un grand nombre de troupes, d’artillerie et de blindés.

La campagne de propagande a atteint des niveaux dangereux dans les médias, qui accusent le Nord d’avoir assassiné un parent du chef de la Corée du Nord en Malaisie, bien qu’il n’y en ait aucune preuve et que le Nord n’avait aucune raison de le faire. Les seuls à bénéficier du meurtre sont des Américains et leurs médias sous contrôle, qu’ils utilisent pour attiser l’hystérie contre la Corée du Nord, qui aurait maintenant des armes de destruction massive chimiques. Oui, mes amis, ils pensent que nous sommes tous nés d’hier et que nous n’avons pas appris une chose ou deux sur la nature du leadership US et sa propagande. Est-il étonnant que les Nord-Coréens craignent que ces « jeux » de guerre en cours puissent se transformer un jour en réalité, que ces « jeux » ne soient que la couverture d’une attaque pour créer en même temps un climat de terreur dans la population coréenne ?

Il y a beaucoup de choses à dire sur la nature réelle de la Corée du Nord, sur ses habitants, son système socio-économique et sa culture. Mais il n’y a pas de place pour cela ici. J’espère que des gens pourront se rendre compte par eux-mêmes de l’expérience vécue par notre groupe. Je terminerai avec le dernier paragraphe du rapport commun que nous avons fait à notre retour de la Corée du Nord et j’espère que les gens le comprendront bien, y réfléchiront et agiront pour provoquer des appels à la paix.

L’histoire complète de la Corée et le rôle de notre gouvernement dans la contribution aux déséquilibres et aux conflits, doit être révélée aux peuples du monde. Des mesures doivent être prises par les avocats, les groupes communautaires, les militants pour la paix et tous les citoyens de la planète, pour empêcher le gouvernement US de mener à bien une campagne de propagande visant à soutenir l’agression contre la Corée du Nord. Les Américains ont été l’objet d’une grande tromperie. Ce qui est en jeu est trop important pour que nous nous laissions berner à nouveau. Cette délégation de paix a appris en Corée du Nord un élément important de la vérité essentielle dans les relations internationales. C’est ainsi que la communication plus large, la négociation suivie de promesses respectées et un profond engagement envers la paix peuvent – littéralement – épargner au monde un sombre avenir nucléaire. L’expérience et la vérité nous libèrent de la menace de la guerre. Notre voyage en Corée du Nord, ce rapport et notre projet en cours, sont de petits efforts pour nous libérer.

Christopher Black est un avocat international de Toronto spécialisé en droit criminel. Il est connu pour un certain nombre d’affaires de crimes de guerre très médiatisés, et a récemment publié son roman « Beneath the Clouds » [Sous les nuages]. Il écrit des essais sur le droit international, la politique et les événements mondiaux, en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

NEOChristopher Black

 

Original : journal-neo.org/2017/03/13/north-korea-the-grand-deception-revealed/
Traduction 
Petrus Lombard

Les Casques Blancs …

POTUS chez SOTUS

Le président Trump a recueilli des soutiens de plusieurs côtés, pour ne pas avoir agi comme un fou quand il a prononcé son discours sur l’État de l’Union, mais une partie du spectacle m’a arraché la gueule : deux minutes d’applaudissements pour Carryn Owens, veuve de William « Ryan » Owens, le Navy SEAL récemment tué en action au Yémen.

Cette culture est tellement ancrée en nous, que nous avons perdu tout sens du comportement approprié et du décorum. Une telle situation exige habituellement une minute de silence, pas des applaudissements. Ne le savons-nous pas? Ce n’est pas une cérémonie de remise des prix. Être veuve d’une telle manière est un événement grave de la vie, pas un accomplissement. Non seulement nous nous sommes laissés emporter par l’émotion, mais nous ne savons même plus quelle émotion attacher à quel événement. Et le seul comportement approprié dont nous paraissons incapables est la solennité silencieuse – ce qui n’est pas surprenant, dans une société assaillie par le bruit incessant des nouvelles.

Bien sûr, les politiciens assemblés suivaient le signal du président Trump qui applaudissait le plus fort – et droit sur le podium des micros – et il n’a rien lâché, jusqu’à ce que tout le monde dans l’assemblée soit pris en otage de sa stupide acclamation, dans l’ensemble une démonstration intéressante de folie collective.

En parlant de comportement et d’informations, qu’est-ce qui est passé par la tête de ces femmes congressistes démocrates, toutes en costume blanc? Le LA Times s’est aventuré à supposer que c’était la couleur emblématique pour les suffragettes de retour à l’ouvrage. Les congressistes n’ont peut-être pas entendu, mais cette bataille est terminée. Beaucoup de femmes ont effectivement voté lors des élections récentes, certaines même pour ces femmes titulaires de leur charge. Le même journal a également suggéré qu’elles pouvaient imiter le pantalon blanc sacré que leur héroïne déchue, Hillary, portait à l’occasion de sa demi-apothéose lors de la convention l’été dernier. Est-ce que ce genre d’accoutrement n’est pas quelque chose ordinairement réservé à l’école secondaire ou au KKK?

Quelques autres notes sur les particularités de la soirée du SOTU :

Le dilemme de l’Obamacare. Un fiasco à coup sûr. Il n’est pas rare qu’une famille paie 12 000 $ par an, pour une police d’assurance qui supporte une franchise de 5 000 $. C’est un chiffre intéressant, dans un pays où la plupart des gens n’ont même pas assez d’argent comptant pour les réparations routinières de leur voiture. L’injustice cruelle et idiote d’un tel arrangement ne peut se produire que dans une société qui a normalisé le mensonge omniprésent, la fraude comptable universelle et le racket par les grandes entreprises. Personnellement, je doute que le système actuel de soins de santé puisse être réformé. Quoi qu’il en soit, nous commençons du mauvais pied sur ce sujet.

La partie dont personne ne parle est le système de prix psychopathique autour de la médecine. Le coût moyen d’un accouchement hospitalier normal (non chirurgical) en Amérique de nos jours est de 10 000 $. Quoi? Une appendicectomie: entre 9 000 $ et 20 000 $ selon le lieu. Quoi? Ces jours-ci, un remplacement d’une hanche coûte environ $ 38 000. Bien sûr, vous ne saurez jamais ce qu’un traitement ou une procédure coûte avant de l’avoir faite. Ils ne vous le diront tout simplement pas. Ils diront quelque chose de complètement ridicule comme « nous ne savons pas. »

La dernière fois que j’ai eu une arthroplastie de la hanche, j’ai reçu un rapport d’assurance-hospitalisation de la compagnie d’assurance qui disait : « Chambre et pension, 36 heures… 23 000 $ », sans compter la facture du chirurgien et le coût de l’implant métallique, juste pour occuper un lit pendant un jour et demi en attendant d’être pris en charge. Ils n’ont rien fait d’autre que prendre ma tension et ma température une dizaine de fois, et me donner quelques pilules d’hydrocodone.

La vérité laide, chers lecteurs, est que la médecine aux États-Unis est un racket avec prise d’otages. Ils vous coincent contre un mur dans un moment de faiblesse et ils extraient de vos poches le maximum pour vous permettre de continuer à vivre, sans aucune corrélation significative avec les services rendus. Jusqu’à ce que ces racketteurs soient obligés par la loi de publier leurs prix ouvertement et de manière transparente, aucun ajustement du rôle des assureurs ou de la politique gouvernementale ne fera aucune différence. Notez également qu’il existe un lien direct entre les salaires scandaleux des cadres de l’hôpital et leurs machinations sur les prix, non transparents, malhonnêtes, basés sur l’extorsion. L’industrie pharmaceutique est, bien sûr, un racket secondaire et doit être assujettie au genre de traitement que le ministère de la Justice a utilisé contre les  gens du Syndicat des conducteurs.

Le système de santé ne sera probablement pas réformé, mais s’effondrera, et quand il le fera, il se réorganisera d’une manière qui ressemblera à peu près à la pratique actuelle. D’une part, les citoyens devront prendre le contrôle de leurs propres comportements désastreux, en particulier leur consommation alimentaire, ou en subir les conséquences, à savoir une mort prématurée. Deuxièmement, le système hospitalier doit être décentralisé, afin que les localités soient à nouveau desservies par de petits hôpitaux et cliniques. Le système actuel représente une orgie de fusions-acquisitions qui est devenue étrange au cours du dernier quart de siècle. La surcharge administrative qui en résulte, pour toutes les pratiques médicales du pays, est une machine à fraude parfaitement conçue pour permettre ces rackets. Verdict préliminaire : le Congrès n’ira nulle part en 2017, en essayant de réparer ce gâchis. Certaines choses sont too big to fail; Certaines sont trop cassées pour être réparées. La débâcle à venir du système financier, sur les marchés et autour des devises, va accélérer sa disparition.

Les huées tombées des travées démocrates de la Chambre des représentants, quand Trump a soulevé la question de l’immigration. Prendre position contre l’État de droit est un argument avec lequel le Parti démocrate n’est pas susceptible de gagner. Cela semble un stratagème cynique de s’entremettre avec une base naissance d’électeurs hispaniques, combinée à une croyance crypto-religieuse sentimentale que tout effort pour réglementer l’immigration est anti-américain. En tout cas, ils agissent comme des personnes incapables de penser clairement. Trump peut, dans une certaine mesure, agir indépendamment du Congrès pour obtenir l’application de la loi existante, et apparemment, il a l’intention de le faire. Ses adversaires peuvent-ils trouver une position sur la question qui ne soit pas cynique, sentimentale ou hystérique? Sinon, c’est peut-être un autre facteur aggravant pour la mort du Parti démocrate.

Trump semble désireux de continuer la guerre idiote contre les drogues, qui a pour effet de faire de ce trafic un racket criminel encore plus mortel et destructeur. Cela a déjà transformé des millions de petites mains en parias criminels, qui ne peuvent trouver aucun autre emploi quand ils sortent de prison, même s’ils veulent essayer. La disparité croissante entre la loi des États et la loi fédérale sur la marijuana est une contradiction juridique dangereuse, qui pourrait conduire à d’autres échecs du fédéralisme. Les villes sanctuaires en sont un autre. Dans peu de temps, la loi fédérale sera vide de sens et avec elle, les États-Unis d’Amérique. Nous ferions mieux d’aller droit au but.

J’ai aussi hurlé quand Trump s’est vanté de l’augmentation surnaturelle des marchés boursiers depuis son élection. On dirait une épreuve dangereuse pour moi, l’ultime point culminant de l’ère où tout va et où rien ne compte. Apparemment, il n’est pas familier avec l’histoire des marchés boursiers et leurs comportements basé sur les signaux. Au-delà des marchés, de graves problèmes avec les devises et les banques attendent un rééquilibrage historique de leur valeur et du prix de tout. Cet événement pourrait facilement conduire le système bancaire mondial à fermer, pendant une certaine période, et cela risque de provoquer une interruption dont les économies avancées ne peuvent pas se remettre, sans redémarrer à un niveau beaucoup plus faible d’activité et de complexité que ce à quoi nous sommes habitués. Personne ne peut calculer le coût de ce désordre et Trump est en route vers ce mur implacable de malheur, à une vitesse d’éperonnage. Je ne pense pas qu’il va y survivre.

James Howard Kunstler

Note du Saker Francophone

Pour le soldat américain tué au Yémen, Kunstler passe à côté d’une plus grosse énormité ; un tel spectacle, alors que les USA y coordonnent les bombardements des populations civiles, sans parler du blocus qui est en train de liquider la population.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Nadine pour le Saker Francophone

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/potus-chez-sotus

Les révélations de WikiLeaks, nouveau coup dur pour la CIA

Analyse

« Franchement si je faisais partie des agences de renseignement britannique, française ou israélienne, j’y réfléchirais à deux fois avant de donner quoi que ce soit aux Américains », souligne un consultant en sécurité.

OLJ/AFP/ Paul HANDLEY

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Les révélations de WikiLeaks sur les programmes d’espionnage de la CIA sont un nouveau coup dur pour l’agence du renseignement américaine, accusée d’incompétence par Julian Assange et dont les systèmes seraient « obsolètes », selon les propres mots de Donald Trump.

WikiLeaks a diffusé mardi près de 9000 documents présentés comme provenant de la CIA, estimant qu’il s’agissait de la plus importante publication de données secrètes du renseignement jamais réalisée.
Le site créé par l’Australien Julian Assange y dévoile « la majorité de l’arsenal de piratage informatique » de la CIA, programmes malveillants, virus, cheval de Troie et autres logiciels pouvant infiltrer et prendre le contrôle d’appareils électroniques.

Encore plus humiliant pour les espions américains, Julian Assange a insisté sur « l’incompétence dévastatrice » de la CIA pour avoir stocké tous ces programmes de cyberespionnage dans un seul et même endroit.
Et le président américain Donald Trump n’a rien fait pour venir au secours de ses troupes: estimant que les systèmes de l’agence d’espionnage étaient « obsolètes », il n’a formulé aucune critique envers WikiLeaks pour les avoir mis au jour.

Ces révélations étaient les quatrièmes subies par la communauté du renseignement américain depuis 2013. L’Agence de sécurité nationale (NSA), sœur de la CIA en quelque sorte, a tout d’abord été ébranlée par les fuites d’Edward Snowden il y a quatre ans, expliquant comment elle surveillait les télécommunications des Américains et de leurs alliés.

Dommage à leur réputation

En début d’année dernière, un groupe de pirates informatiques appelés les « Shadow Brokers » avaient ensuite offert en ligne aux acheteurs intéressés une série d’outils de piratages volés à la même NSA.
Et fin 2016 celle-ci a découvert qu’un autre de ses collaborateurs, Harold Martin, avait dérobé et caché chez lui environ 50.000 giga-octets de documents et de données, dont certains éléments sensibles.

Il n’y a dans ce dernier cas aucune preuve que M. Martin ait partagé ces données avec qui que ce soit, mais ces différents épisodes ont conduit à « l’érosion continue dans la confiance envers les agences du renseignement américaines et à des dommages à leur réputation », souligne Paul Rosenweig, consultant en sécurité.
« Dans la communauté du renseignement tout le monde regarde par-dessus son épaule maintenant », dit-il. « Et en dehors de cette communauté, franchement si je faisais partie des agences de renseignement britannique, française ou israélienne, j’y réfléchirais à deux fois avant de donner quoi que ce soit aux Américains », ajoute-t-il.

Chasse à la taupe

Les révélations de WikiLeaks ont en tout cas conduit à l’ouverture d’une enquête pour savoir comment toutes ces données avaient pu fuiter.  Les investigations vont notamment se pencher sur le fait de savoir si la CIA s’est montrée trop légère dans les contrôles de ses sous-traitants et contractuels privés qu’elle embauche par exemple pour créer ou tester des outils de piratage.

Mais l’enquête pourrait aussi tourner à « une énorme chasse à la taupe », comme l’a suggéré le Washington Post, pour trouver qui a fait fuiter les données au sein de l’agence.
Une fuite venant d’un sous-traitant ne serait pas une surprise: c’était le cas avec Snowden et Martin, qui travaillaient tous deux pour une entreprise habituée des collaborations avec le secteur du renseignement, Booz Allen Hamilton.

Tim Schorrock, journaliste et auteur spécialiste du monde de l’espionnage, souligne qu’il y a eu une expansion folle des recours à de tels sous-traitants pour les cyber-opérations dans le renseignement, et même chez les militaires.
« Cette structure bureaucratique est idéale pour les fuites. Vous aurez toujours quelqu’un à un moment qui va poser des questions », estime-t-il en référence à Edward Snowden. Celui-ci a décidé de révéler les secrets de la NSA après avoir découvert qu’il ne soutenait pas du tout ce que l’agence faisait.

Mais les grandes fuites de documents ne viennent pas toujours de contractuels: Chelsea Manning, qui a donné à WikiLeaks des centaines de milliers de pages de correspondances diplomatiques en 2010, était ainsi analyste du renseignement dans l’armée.
Et si WikiLeaks affirme avoir reçu ses documents sur la CIA d’un sous-traitant, beaucoup dans le monde du renseignement prennent cette affirmation avec des pincettes.

Source: https://www.lorientlejour.com/article/1040060/les-revelations-de-wikileaks-nouveau-coup-dur-pour-la-cia.html

SYRIE – Lexique du conditionnement

Un des principes de base du bon usage en français écrit est d’éviter les répétitions. Manifestement, ce n’est pas ce qu’on enseigne dans les agences de presse… Ou en tout cas pas sur tous les sujets.

 

Dans cette brève de l’ATS (3 mars 2017), le terme «régime» revient 3 fois sur 50 mots! Comme s’il s’agissait de conditionner le lecteur à oublier que ce dont on parle ici est le gouvernement légitime d’un pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Slobodan Despot

Source: Antipresse.net

 

via: http://arretsurinfo.ch/syrie-lexique-du-conditionnement/

 

 La « révolution » syrienne

 

qui n’existait pas…

 

Nous reproduisons le document honnête et fascinant du journaliste Stephen Gowans. Il synthétise ce que nous avons exposé dès 2011 par d’innombrables témoignages et articles. Et contredit les fake news répandues sur la guerre en Syrie, durant 6 ans, par l’ensemble des médias traditionnels et autres charlatans de la « révolution syrienne«. [Silvia Cattori]

Apparemment, la Gauche américaine doit encore comprendre que Washington n’essaie pas de renverser les néolibéraux. Si le président syrien Bachar al-Assad était un dévot du Consensus de Washington – comme Eric Draitser, de CounterPunch, semble le croire – le gouvernement des États-Unis n’aurait pas appelé depuis 2003 Assad à la démission. Il ne superviserait pas non plus la guerre de guérilla islamiste contre son gouvernement ; il le protégerait.

Il y a un shibboleth [en hébreu, un signe de reconnaissance verbal, selon Wikipedia, NdT]] dans certains cercles, voulant, comme Eric Draitser l’a écrit dans un article récent de CounterPunch, que le soulèvement en Syrie « a commencé en réponse à la politique néolibérale et à la brutalité du gouvernement » et que « le contenu révolutionnaire du camp révolutionnaire en Syrie a été marginalisé par un méli-mélo de djihadistes financés par les Saoudiens et les Qataris ». Cette théorie semble, pour autant que je le sache, être basée sur un argument par assertion, pas sur une preuve.

Une revue des articles de presse dans les semaines précédant et suivant immédiatement le déclenchement des émeutes à Daraa à la mi-mars 2011 – généralement considérées comme le début de l’insurrection – n’indique pas que la Syrie était prise d’une fièvre révolutionnaire, ni anti-libérale ou autre. Au contraire, les journalistes du magazine Time et du New York Times parlaient d’un gouvernement jouissant d’un large soutien, de critiques concédant qu’Assad était populaire et de Syriens manifestant peu d’intérêt à protester. En même temps, ils décrivaient les troubles comme une série d’émeutes impliquant des centaines, et non des milliers ou des dizaines de milliers de personnes, guidées par un agenda largement islamiste et présentant un caractère violent.

Le Time rapportait que deux groupes djihadistes qui joueraient plus tard un rôle dirigeant dans l’insurrection, Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham, étaient déjà actifs à la veille des émeutes, tandis qu’à peine trois mois auparavant, des dirigeants des Frères musulmans exprimaient « leur espoir d’une révolte civile en Syrie ». Les Frères musulmans, qui avaient annoncé des décennies auparavant un bain de sang avec le parti Baas au pouvoir en Syrie, s’opposant violemment au caractère laïque du parti, avaient été entraînés dans une lutte à mort avec les nationalistes arabes laïques depuis les années 1960 et s’étaient livrés à des combats de rue avec les partisans du Baas, à partir de la fin des années 1940. (Dans l’une de ces batailles, Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, lui-même président de 1970 à 2000, avait reçu un coup de couteau d’un adversaire Frère musulman.) Les chefs de la Confrérie, à partir de 2007, ont souvent rencontré le Département d’État et le Conseil national de sécurité des États-Unis, ainsi que l’Initiative pour un partenariat avec le Moyen-Orient, subventionnée par le gouvernement américain, qui assumait ouvertement un rôle de financement d’organisations visant à renverser les gouvernements à l’étranger – une tâche que la CIA accomplissait auparavant de manière secrète.

Washington avait conspiré pour purger la Syrie de l’influence nationaliste arabe dès la moitié des années 1950, lorsque Kermit Roosevelt, qui a manigancé le renversement du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh pour avoir nationalisé l’industrie pétrolière de son pays, a comploté avec les services de renseignement britanniques pour inciter les Frères musulmans à renverser un triumvirat de dirigeants arabes nationalistes et communistes à Damas, que Washington et Londres percevaient comme menaçant les intérêts économiques occidentaux au Moyen-Orient.

Washington a fourni des armes aux moudjahidines de la Confrérie dans les années 1980 pour mener une guerre de guérilla contre Hafez al-Assad, que les partisans de la ligne dure à Washington nommaient de « communiste arabe ». Son fils, Bachar, a poursuivi l’engagement des nationalistes arabes pour l’unité (de la nation arabe), l’indépendance et le socialisme (arabe). Ces buts ont guidé l’État syrien – comme ils l’avaient fait pour les États nationalistes arabes de la Libye sous Mouammar Kadhafi et de l’Irak sous Saddam. Ces trois pays étaient visés par Washington pour la même raison : leurs engagements nationalistes arabes s’opposaient fondamentalement à l’agenda étasunien de domination mondiale.

Le refus de Bachar al-Assad de renoncer à l’idéologie nationaliste arabe a consterné Washington, qui s’est plaint de son socialisme, le troisième élément de la sainte trinité des valeurs baasistes. Des plans pour chasser Assad – fondées en partie sur son manquement à adopter le néolibéralisme de Washington – étaient déjà en préparation à Washington en 2003, sinon avant. Si Assad promouvait le néolibéralisme, comme Draitser et d’autres le soutiennent, c’est en quelque sorte à l’insu de Washington et de Wall Street, qui se plaignaient de la Syrie « socialiste » et de la politique économique décidément anti-néolibérale de ce pays.

Un conflit à mort flambe avec l’aide des États-Unis

À la fin de janvier 2011, une page a été créée sur Facebook intitulée « La révolution syrienne 2011 ». Elle annonçait qu’un « jour de colère » aurait lieu les 4 et 5 février [1]. Les manifestations ont « tourné court », rapportait le Time. Le Jour de colère s’est résumé à un Jour d’indifférence. D’ailleurs, le lien avec la Syrie était ténu. La plupart des slogans scandés par les quelques manifestants présents concernaient la Libye, demandant que Mouammar Kadhafi – dont le gouvernement était assiégé par les insurgés islamistes – s’en aille. Des plans ont été établis pour de nouvelles manifestations les 4 et 5 mars, mais elles aussi n’ont recueilli que peu de soutien [2].

La correspondante du Time, Rania Abouzeid, attribuait l’échec des organisateurs de la manifestation à attirer un soutien important, au fait que la plupart des Syriens n’étaient pas opposés à leur gouvernement. Assad avait une bonne réputation, en particulier parmi les deux tiers de la population de moins de 30 ans, et sa politique gouvernementale étaient largement soutenue. « Même les critiques concèdent qu’Assad est populaire et considéré comme proche de l’immense cohorte des jeunes, émotionnellement, idéologiquement et, bien sûr, chronologiquement », écrivait Abouzeid, ajoutant que contrairement aux « dirigeants pro-américains déchus de Tunisie et d’Égypte, la politique étrangère d’Assad, hostile à Israël, son soutien affirmé aux Palestiniens et aux groupes militants du Hamas et du Hezbollah sont en accord avec le sentiment populaire syrien. » Assad, en d’autres termes, avait la légitimité. La correspondante du Time ajoutait que Assad « conduisant lui-même sa voiture jusqu’à la Grande mosquée des Omeyyades en février pour prendre part aux prières marquant l’anniversaire du prophète Mahomet, et flânant dans le marché bondé de Souq Al-Hamidiyah avec un service de sécurité discret » avait « contribué à le faire aimer, comme personne, du public [3] ».

Cette représentation du président syrien – un dirigeant aimé de la population, idéologiquement en phase avec le sentiment populaire syrien – s’opposait radicalement au discours qui émergerait peu après l’éruption de manifestations violentes dans la ville syrienne de Daraa, moins de deux semaines plus tard, et qui imprégnerait le discours de la gauche américaine, y compris Draitser. Mais à la veille des événements marquants de Daraa, la Syrie était remarquée pour sa tranquillité. Personne ne « s’attend à des soulèvements de masse en Syrie, rapportait Abouzeid, et malgré une manifestation de dissidence ici ou là, très peu veulent participer » [4]. Une jeune Syrienne a dit au Time : « Il y a beaucoup d’aide gouvernementale pour la jeunesse. Ils nous donnent des livres gratuits, les écoles sont gratuites, les universités sont gratuites. » (Pas vraiment l’État néolibéral que Draitser dépeint.) Elle a poursuivi : « Pourquoi y aurait-il une révolution ? Il y a peut-être 1% de chance. » [5] Le New York Times partageait ce point de vue. La Syrie, rapportait le journal, « semblait à l’abri de la vague de soulèvements qui balayait le monde arabe » [6]. La Syrie n’avait pas la fièvre.

Mais le 17 mars, il y eut un soulèvement violent à Daraa. Il y a des récits contradictoires sur qui ou quoi l’a déclenché. Time a rapporté que la « rébellion à Daraa a été provoquée par l’arrestation d’une poignée de jeunes pour avoir peint des graffitis anti-régime sur un mur » [7]. Robert Fisk, de The Independent, a offert une version légèrement différente. Il a rapporté que « des agents de renseignement gouvernementaux ont battu et tué plusieurs jeunes garçons qui avaient gribouillé des graffitis contre le gouvernement sur les murs de la ville » [8]. Un autre compte rendu soutient que le facteur déclenchant du soulèvement à Daraa ce jour-là était l’usage extrême et disproportionné de la force par les agents de sécurité syriens en réponse aux manifestations contre l’arrestation des garçons. Il y avait « des jeunes qui imprimaient quelques graffitis sur un mur, et ils ont été emprisonnés, et quand leurs parents ont voulu les récupérer, les forces de sécurité ont répliqué très très durement » [9]. Un autre rapport, du gouvernement syrien, nie que tout cela se soit passé. Cinq ans après l’événement, Assad a dit à un journaliste qui l’interviewait que « cela n’a pas eu lieu. Ce n’était que de la propagande. Je veux dire, nous en avons entendu parler, nous n’avons jamais vu ces enfants qui ont été mis en prison à ce moment-là. Donc ce n’était qu’un récit fallacieux. » [10]

Mais s’il y avait désaccord sur ce qui a déclenché le soulèvement, il y en avait peu sur le fait qu’il était violent. Le New York Times a rapporté que « des manifestants ont mis le feu au siège du parti Baas au pouvoir et à d’autres bâtiments gouvernementaux […] et se sont affrontés avec la police […] Outre le siège du parti, les manifestants ont brûlé le Palais de justice de la ville et une succursale de la compagnie de téléphone SyriaTel » [11].

Le Time ajoutait que les manifestants avaient mis le feu au bureau du gouverneur ainsi qu’à une succursale d’une seconde compagnie de téléphone cellulaire [12]. L’agence d’information du gouvernement syrien, SANA, a publié des photographies de véhicules en feu sur son site internet [13]. À l’évidence, ce n’était pas une manifestation pacifique comme elle l’a été décrite plus tard. Ni un soulèvement de masse. Le Time a rapporté que les manifestants se comptaient en centaines, pas en milliers ou en dizaines de milliers [14].

Assad a immédiatement réagi aux émeutes de Daraa en annonçant « une série de réformes, incluant une hausse des salaires des travailleurs du secteur public, davantage de liberté pour la presse d’information et les partis politiques et le réexamen de l’état d’urgence [15 ]», une limitation des libertés politiques et civiles invoquée parce que la Syrie était officiellement en guerre avec Israël. Avant la fin d’avril, le gouvernement abrogerait « la loi d’urgence vieille de 48 ans dans le pays » et abolirait « la Haute Cour de sécurité de l’État [16]. »

Pourquoi le gouvernement a-t-il fait ces concessions ? Parce que c’était ce que demandaient les manifestants de Daraa. Ils « se rassemblaient dans et autour de la mosquée Omari à Daraa, scandant leurs revendications : la libération de tous les prisonniers politiques […] l’abolition de la loi d’urgence en Syrie, vieille de 48 ans, davantage de libertés et la fin de la corruption généralisée [17] ». Ces revendications étaient conformes à l’appel formulé début février sur la page Facebook de La Révolution syrienne de « mettre fin à l’état d’urgence en Syrie et à la corruption [18] ». Une demande de libération de tous les prisonniers politiques avait aussi été faite dans une lettre signée par des religieux et postée sur Facebook. Les revendications de ces religieux incluaient la levée de « l’état d’urgence, la libération de tous les détenus politiques, la cessation du harcèlement des forces de sécurité et la lutte contre la corruption [19] ». Libérer les prisonniers politiques reviendrait à libérer des djihadistes ou, pour utiliser une désignation courante en Occident, des « terroristes ». Le Département d’État avait reconnu que l’islam politique était la principale opposition en Syrie [20] ; les djihadistes constituaient la part principale des opposants susceptibles d’être incarcérés. Que des religieux demandent que Damas libère tous les prisonniers politiques, c’était en effet comme si État islamique demandait que Washington, Paris et Londres libèrent tous les islamistes accusés de terrorisme détenus dans les prisons étasuniennes, françaises et britanniques. Ce n’était pas revendiquer des emplois ou plus de démocratie, mais demander la sortie de prison d’activistes inspirés par l’objectif d’instaurer un État islamique en Syrie. L’appel à abroger la loi d’urgence, de même, semblait avoir peu à voir avec la promotion de la démocratie et davantage avec le fait d’accorder plus d’espace aux djihadistes et à leurs collaborateurs pour organiser l’opposition à l’État laïc.

Une semaine après le déclenchement de la violence à Daraa, Rania Abouzeid, du Time, a rapporté qu’« il ne semble pas y avoir de larges appels pour la chute du régime ou la destitution du président, qui est assez populaire [21]. » En effet, les revendications émises par les manifestants et les religieux n’incluaient pas des appels à la démission d’Assad. Et les Syriens se ralliaient à Assad. « Il y avait des contre-manifestations de soutien au président dans la capitale [22] », en nombre dépassant apparemment de loin les centaines de protestataires qui se déplaçaient à Daraa pour mettre le feu à des bâtiments et à des voitures et s’affronter avec la police [23].

Le 9 avril – moins d’un mois après les événements de Daraa – Time a rapporté qu’une série de manifestations avaient éclaté et que l’islam y jouait un rôle prépondérant. Pour quiconque connaissant bien la succession, depuis des dizaines d’années, de grèves, de manifestations, d’émeutes et d’insurrections que les Frères musulmans avaient organisées contre ce qu’ils considéraient comme le gouvernement baasiste « infidèle », cela ressemblait à une répétition de l’histoire. Les manifestations ne parvenaient pas à atteindre une masse critique. Au contraire, le gouvernement continuait à jouir de la « loyauté » d’une « grande part de la population », a rapporté Time [24].

Les islamistes ont joué un rôle de premier plan dans la rédaction de la Déclaration de Damas au milieu des années 2000, qui demandait un changement de régime [25]. En 2007, les Frères musulmans, l’archétype du mouvement politique islamiste sunnite qui a inspiré al-Qaïda et ses rejetons Jabhat al Nusra et État islamique, se sont alliés avec un ancien vice-président syrien pour fonder le Front de salut national. Le Front a rencontré souvent le Département d’État et le Conseil national de sécurité américains, ainsi que l’Initiative pour un partenariat au Moyen-Orient, financée par le gouvernement des États-Unis[26] qui faisait ouvertement ce que la CIA faisait autrefois secrètement, à savoir faire passer de l’argent et de l’expertise aux membres des cinquièmes colonnes dans les pays dont les gouvernements étaient opposés à Washington.

En 2009, deux ans avant l’éruption de troubles dans tout le monde arabe, les frères musulmans syriens ont dénoncé le gouvernement nationaliste arabe de Bachar al-Assad comme élément étranger et hostile dans la société syrienne et qui devait être éliminé. Selon l’idéologie du groupe, la communauté alaouite, à laquelle appartenait Assad, et que les Frères considéraient comme hérétique, utilisait le nationalisme arabe laïc comme couverture pour promouvoir furtivement un agenda sectaire pour détruire la Syrie de l’intérieur en opprimant les « vrais » musulmans (c’est-à-dire les sunnites). Au nom de l’islam, le régime hérétique devrait être renversé [27].

Trois mois à peine avant le déclenchement de la violence en Syrie, l’expert Liad Porat a écrit un bref texte pour le Crown Center for Middle East Studies, basé à l’Université Brandeis. « Les dirigeants du mouvement, concluait le savant, continuent à clamer leur espoir d’une révolte civile en Syrie, où ‘le peuple syrien accomplira son devoir et libérera la Syrie du régime tyrannique et corrompu’. » Les Frères musulmans ont souligné qu’ils étaient engagés dans un combat à mort avec le gouvernement nationaliste arabe laïc de Bachar al-Assad. Un compromis politique avec le gouvernement était impossible, parce que ses dirigeants n’appartenaient pas à la nation musulmane sunnite de Syrie. L’appartenance à la nation syrienne était limitée au vrais musulmans, soutenaient les Frères, et pas aux hérétiques alaouites qui ont adhéré à des croyances étrangères non islamiques comme le nationalisme arabe laïc [28].

Le fait que les Frères musulmans syriens ont joué un rôle essentiel dans le soulèvement qui a éclaté trois mois plus tard a été confirmé en 2012 par l’Agence de renseignement de la Défense américaine. Un rapport de l’agence, qui a fuité, disait que l’insurrection était sectaire et dirigée par les Frères musulmans et al-Qaïda en Irak, le précurseur d’État islamique. Le rapport poursuivait en disant que les insurgés étaient soutenus par l’Occident, les monarchies du Golfe et la Turquie. L’analyse prédisait correctement la mise en place d’une « principauté salafiste », un État islamique, en Syrie orientale, notant que cela correspondait au désir des appuis étrangers de l’insurrection, qui voulaient voir les nationalistes laïcs arabes isolés et coupés de l’Iran [29].

Des documents préparés par des enquêteurs du Congrès étasunien en 2005 ont révélé que le gouvernement pesait de tout son poids en faveur d’un changement de régime en Syrie, longtemps avant les soulèvements du Printemps arabe de 2011, contestant la vision selon laquelle le soutien américain aux rebelles syriens était basé sur une allégeance à une « insurrection démocratique » et montrant que c’était tout simplement la poursuite d’une politique existant depuis longtemps, visant à renverser le gouvernement à Damas. En effet, les enquêteurs ont reconnu que la motivation du gouvernement des États-Unis pour renverser le gouvernement nationaliste arabe laïc à Damas était sans rapport avec la promotion de la démocratie au Moyen-Orient. En fait, ils notaient que la préférence de Washington allait aux dictatures laïques (l’Égypte) et aux monarchies (la Jordanie et l’Arabie saoudite). L’impulsion à viser le changement de régime, selon les enquêteurs, était un désir de balayer un obstacle à la réalisation des buts américains au Moyen-Orient liés au renforcement d’Israël, à la consolidation de la domination des États-Unis sur l’Irak et à la promotion d’économies de libre marché et de libre entreprise[30]. Si Assad avait promu une politique néolibérale en Syrie, comme Draitser le soutient, il est difficile de comprendre pourquoi Washington aurait cité le refus de la Syrie d’adhérer au programme étasunien de marchés ouverts et de libre entreprise comme une raison de changer le gouvernement de la Syrie.

Pour insister sur le point que les manifestations manquaient d’un large soutien populaire, le 22 avril, plus d’un mois après l’émeute de Daraa, Anthony Shadid, du New York Times, a rapporté que « les manifestations, jusqu’ici, semblaient manquer du soutien populaire des révolutions en Égypte et en Tunisie ». Autrement dit, plus d’un mois après que seulement des centaines – et non des milliers ou des dizaines de milliers – de manifestant se sont soulevés à Daraa, il n’y avait aucun signe en Syrie d’une insurrection de Printemps arabe. Celle-ci est restée une affaire limitée, éminemment islamique. En revanche, il y avait eu d’immenses manifestations à Damas pour soutenir – et non contre lui – le gouvernement, Assad restait populaire et, selon Shadid, le gouvernement s’attachait la loyauté des « chrétiens et des sectes musulmanes hétérodoxes [31] . » Shadid n’était pas le seul journaliste occidental relatant que les alaouites, les ismaéliens, les druzes et les chrétiens soutenaient fortement le gouvernement. La journaliste du Time, Rania Abouzeid, observait que les baasistes « pourraient revendiquer le soutien de groupes minoritaires importants en Syrie[32]. »

Cette réalité que le gouvernement syrien avait la loyauté des sectes chrétiennes et musulmanes hétérodoxes, comme le relatait Shadid dans le New York Times, suggère que les minorités religieuses reconnaissaient quelque chose dans l’insurrection dont la presse occidentale faisait peu de cas (et que les socialistes révolutionnaires aux États-Unis ont manqué), à savoir qu’elle était guidée par un programme islamiste sunnite sectaire qui, s’il se réalisait, aurait des conséquences pénibles pour tous ceux qui n’étaient pas considérés comme de « vrais » musulmans. Pour cette raison, les alaouites, les ismaéliens, les druzes et les chrétiens se rangeaient du côté des baasistes qui cherchaient à surmonter les divisions sectaires comme élément de leur engagement programmatique de favoriser l’unité arabe. Le slogan « Les alaouites au tombeau et les chrétiens à Beyrouth ! », scandé dans les manifestations de ces premiers jours[33], ne faisait que confirmer l’idée que le soulèvement était la poursuite de la lutte à mort que l’islam politique sunnite avait promis de mener contre le gouvernement nationaliste arabe laïc et n’était pas un soulèvement de masse pour la démocratie ou contre le néolibéralisme. S’il y avait en effet certains éléments de ce genre, comment expliquer que la soif de démocratie et l’opposition au libéralisme n’existent que dans la communauté sunnite et soient absentes dans celles des minorités religieuses ? Assurément, un déficit démocratique et une tyrannie néolibérale, s’ils existaient pour tous et agissaient comme déclencheurs d’une insurrection révolutionnaire, auraient franchi les barrières religieuses. Que les alaouites, les ismaéliens, les druzes et les chrétiens n’aient pas manifesté, et que les émeutes aient été fondées sur le sunnisme avec un contenu islamiste, indique clairement que l’insurrection, depuis son tout début, représentait la recrudescence de la campagne djihadiste sunnite de longue date contre la laïcité baasiste.

« Dès le début, le gouvernement d’Assad a dit qu’il était engagé dans une lutte contre les islamistes militants [34]. » La longue histoire des soulèvements islamistes contre le baasisme avant 2011 suggère que c’était très probablement le cas, et la manière dont le soulèvement s’est déroulé ensuite, comme une guerre dirigée par les islamistes contre l’État laïc, n’a fait que renforcer cette vision des choses. D’autre preuves, à la fois positives et négatives, ont confirmé l’affirmation d’Assad que l’État syrien était attaqué par des djihadistes (tout comme il l’avait été à maintes reprises dans le passé). Les preuves négatives que l’insurrection n’était pas un soulèvement populaire contre un gouvernement impopulaire se trouvaient dans les articles des médias occidentaux qui montraient que le gouvernement nationaliste arabe de la Syrie était populaire et assuré de la loyauté de la population.

En revanche, les manifestations anti-gouvernementales, les émeutes et les protestations étaient peu importantes, attirant beaucoup moins de gens que ne l’a fait une manifestation massive à Damas pour soutenir le gouvernement, et certainement pas de l’ordre des soulèvements populaires en Égypte et en Tunisie. De plus, les revendications des manifestants se centraient sur la libération des prisonniers politiques (principalement djihadistes) et la levée des limitations en temps de guerre à l’expression de la dissidence politique, et non sur des appels à la démission d’Assad ou au changement de la politique économique du gouvernement. La preuve positive est venue des récits des médias occidentaux, qui montraient que l’islam jouait un rôle de premier plan dans les émeutes. Aussi, alors qu’on croyait généralement que les groupes islamistes armés étaient entrés dans la mêlée seulement à la suite du premier printemps des émeutes de 2011 – et, ce faisant, avaient « détourné » un « soulèvement populaire » – deux groupes djihadistes qui jouaient un rôle essentiel dans la révolte armée post-2011 contre le nationalisme arabe laïc, Ahrar- al-Sham et Jabhat al-Nusra, étaient en fait actifs au début de 2011. Ahrar al-Sham « a commencé à travailler à constituer des brigades […] bien avant la mi-mars de 2011, lorsque les émeutes de Daraa ont eu lieu », selon le Time [35]. Jabhat al-Nusra, l’affilié d’al-Qaïda en Syrie, « était inconnu jusqu’en janvier 2012, lorsqu’il a annoncé sa formation […] mais était actif depuis des mois avant.[36] »

Un autre élément de preuve cohérent avec le point de vue que l’islam militant a joué très tôt un rôle dans le soulèvement – ou, tout au moins, que les protestations ont été violentes dès le début – est qu’« il y avait des signes, dès le départ, que des groupes armés étaient impliqués ». Le journaliste et écrivain Robert Fisk a rappelé avoir vu une vidéo des « tous premiers jours de la ‘montée’, montrant des hommes avec des pistolets et des Kalachnikovs dans une manifestation à Daraa ». Il rappelle un autre événement, en mai 2011, lorsque « une équipe d’Al Jazeera a filmé des hommes armés tirant sur les troupes syriennes, à quelques centaines de mètres de la frontière nord avec le Liban, mais la chaîne a refusé de diffuser les images.[37 ]» Même des officiels américains, qui étaient hostiles au gouvernement et dont on aurait pu s’attendre à ce qu’ils contestent le point de vue de Damas, selon lequel il était impliqué dans une lutte avec des rebelles armés, « ont reconnu que les manifestations n’étaient pas pacifiques et que certains manifestants étaient armés »[38]. En septembre, les autorités syriennes rapportaient qu’elles avaient perdu plus de 500 officiers et agents de police, tués par des guérilleros [39]. À la fin d’octobre, ce nombre avait plus que doublé [40]. En moins d’une année, l’insurrection était passée de l’incendie des bâtiments du Parti Baas et de l’administration et d’affrontements avec la police, à une guerre de guérilla incluant des méthodes qui seraient étiquetées comme du « terrorisme » lorsqu’elles frapperaient des cibles occidentales.

Assad se plaindrait plus tard que :

« Tout ce que nous avons dit en Syrie au commencement de la crise, ils ont fini par le dire plus tard. Ils ont dit que c’était pacifique, nous avons dit que ça ne l’était pas, ils tuent – ces manifestants qu’ils appelaient des manifestants pacifiques – ils ont tué des policiers. Puis ils sont devenus des militants. Ils ont dit oui, ce sont des militants. Nous avons dit, ce sont des militants, c’est du terrorisme. Ils ont dit non, ce n’est pas du terrorisme. Puis quand ils disent que c’est du terrorisme, nous disons que c’est al-Qaïda, ils disent que non, ce n’est pas al-Qaïda. Donc tout ce que nous disons, ils finissent par le dire plus tard [41] »

Le « soulèvement syrien », écrit le spécialiste du Moyen-Orient Patrick Seale, « devrait être considéré comme le dernier épisode, de loin le plus violent, de la longue guerre entre les islamistes et les baasistes, qui remonte à la fondation du Parti laïc Baas dans les années 1940. La bataille entre eux confine aujourd’hui à la lutte à mort »[42]. « Il est frappant, poursuit Seale en citant Aron Lund, qui avait écrit un rapport sur le djihadisme syrien pour l’Institut suédois des Affaires internationales, que pratiquement tous les membres des divers groupes insurgés armés soient des Arabes sunnites : que les combats se soient généralement limités aux zones arabes sunnites, alors que les zones habitées par des alaouites, des druzes ou des chrétiens restaient passives ou soutenaient le régime ; que les défections au régime soient presque à 100% sunnites, que l’argent, les armes et les volontaires viennent des États islamiques ou d’organisations et d’individus pro-islamiques ; et que la religion soit le plus important dénominateur commun du mouvement insurrectionnel. »[43]

La brutalité comme déclencheur ?

Est-il raisonnable de penser que l’usage de la force par l’État syrien a déclenché la guerre de guérilla qui a éclaté peu après ?

Cela incite à croire qu’une sur-réaction des forces de sécurité à une contestation de l’autorité du gouvernement dans la ville syrienne de Daraa (s’il y a eu en effet une sur-réaction) pourrait déclencher une guerre majeure impliquant de nombreux autres États, et mobilisant des djihadistes de nombreux pays. Il faudrait ignorer une foule de faits discordants pour commencer à donner même un soupçon de crédibilité à cette théorie.

Premièrement, nous devrions ignorer la réalité que le gouvernement d’Assad était populaire et considéré comme légitime. On pourrait soutenir qu’une réponse autoritaire par un gouvernement hautement impopulaire à une contestation banale à son autorité aurait pu fournir l’étincelle nécessaire au déclenchement d’une insurrection populaire, mais nonobstant l’insistance du président américain Barack Obama sur le manque de légitimité d’Assad, il n’y a aucune preuve que la Syrie, en mars 2011, était une poudrière de ressentiment populaire contre le gouvernement, prête à exploser. Comme Rania Abouzeid du Time l’a rapporté à la veille des émeutes de Daraa, « même les critiques concèdent qu’Assad est populaire » [44] et que « personne ne s’attend à des soulèvements de masse en Syrie, et en dépit d’une manifestation de dissidence de temps en temps, très peu veulent y participer » [45].

Deuxièmement, nous devrions écarter le fait que les émeutes de Daraa n’impliquaient que quelques centaines de participants, à peine un soulèvement de masse, et que les manifestations suivantes ont également échoué à rassembler une masse critique, comme l’a rapporté Nicholas Blanford du Time [46]. De même, Anthony Shadid du New York Times n’a pas trouvé de preuve qu’il y avait de l’agitation populaire en Syrie, même plus d’un mois après les émeutes de Daraa [47]. Ce qui s’est passé, contrairement à la rhétorique propagée par Washington sur le Printemps arabe éclatant en Syrie, était que des djihadistes étaient engagée dans une guerre de guérilla contre les forces de sécurité syriennes et qu’ils avaient, en octobre, ôté la vie à plus de mille policiers et soldats.

Troisièmement, nous devrions fermer les yeux sur le fait que le gouvernement des États-Unis, avec son allié britannique, avait conçu des plans en 1956 pour provoquer une guerre en Syrie en recrutant les Frères musulmans pour fomenter des soulèvements internes [48]. Les émeutes de Daraa et les affrontements armés avec la police et les soldats qui ont suivi ressemblaient au plan que le spécialiste des changements de régime Kermit Roosevelt avait préparé. Cela ne veut pas dire que la CIA a dépoussiéré la proposition de Roosevelt et l’a recyclée pour l’utiliser en 2011 ; seulement que le complot a montré que Washington et Londres étaient capables de planifier une opération de déstabilisation impliquant une insurrection dirigée par les Frères musulmans, pour provoquer un changement de régime en Syrie.

Nous devrions aussi ignorer les événements de février 1982, lorsque les Frères musulmans ont pris le contrôle de Hama, la quatrième plus grande ville de Syrie. Hama était l’épicentre du fondamentalisme sunnite en Syrie et une importante base d’opération pour les combattants djihadistes. Galvanisés par la fausse nouvelle qu’Assad avait été renversé, les Frères musulmans se sont livrés à un carnage jubilatoire et sanguinaire dans la ville, attaquant les postes de police et assassinant les dirigeants du Parti Baas et leurs familles, ainsi que des responsables gouvernementaux et des soldats. Dans certains cas, les victimes ont été décapitées [49], une pratique qui serait ressuscitée des décennies plus tard par les combattants d’État islamique. Tous les responsables du Baas de Hama ont été assassinés [50].

Les événements de Hama en 1982 sont généralement rappelés en Occident (s’ils le sont), non pas pour les atrocités perpétrées par les islamistes, mais pour la réponse de l’armée syrienne, une réponse comme on l’attendrait de n’importe quelle armée recourant à l’usage de la force pour restaurer un contrôle souverain sur le territoire saisi par les insurgés. Des milliers de soldats ont été déployés pour reprendre Hama aux Frères musulmans. L’ancien fonctionnaire du Département d’État américain William R. Polk a décrit les conséquences de l’assaut de l’armée syrienne sur Hama comme semblable à l’assaut des Américains sur la ville irakienne de Falloudjah en 2004[51], (la différence étant, bien sûr, que l’armée syrienne intervenait en toute légitimité sur son propre territoire tandis que l’armée étasunienne agissait de manière illégitime comme force d’occupation pour réduire la résistance à celle-ci). Le nombre de morts dans l’assaut de Hama reste cependant un sujet de discussion. Les chiffres varient. « Un article précoce dans le Time a dit qu’il y avait eu 1 000 tués. La plupart des observateurs estiment que 5000 personnes sont mortes. Des sources israéliennes et les Frères musulmans » – ennemis jurés des nationalistes arabes laïcs qui avaient donc intérêt à exagérer le nombre des victimes – « ont prétendu que le nombre de morts dépassait les 20 000[52]. » Robert Dreyfus, qui a écrit sur la collaboration de l’Occident avec l’islam politique, soutient que les sources occidentales ont délibérément exagéré le nombre de morts, dans le but de diaboliser les baasistes comme des tueurs sans pitié et que les baasistes ont accepté le mensonge pour intimider les Frères musulmans [53].

Lorsque l’armée syrienne a trié les décombres de Hama au lendemain de l’assaut, elle a trouvé la preuve que des gouvernements étrangers avaient fourni aux insurgés de l’argent, des armes et du matériel de communication. Polk écrit :

« Assad a vu des fauteurs de troubles étrangers travailler au sein de sa population. Cela, après tout, était l’héritage émotionnel et politique de la domination coloniale – un héritage douloureusement évident dans la plus grande partie du monde post-colonial, mais qui passe presque inaperçu dans le monde occidental. Et cet héritage n’est pas un mythe. C’est une réalité que nous pouvons souvent vérifier sur des documents officiels, des années après les événements. Hafez al-Assad n’a pas eu besoin d’attendre que ces documents fuitent : ses services de renseignement et des journalistes internationaux ont révélé des douzaines de tentatives des riches pays pétroliers conservateurs arabes, des États-Unis et d’Israël de subvertir son gouvernement. La plupart ont utilisé les« mauvais coups », la propagande ou des injections de fonds, mais il est intéressant de noter que lors du soulèvement de Hama en 1982, plus de 15 000 mitrailleuses fournies par l’étranger ont été saisies, ainsi que des prisonniers incluant des forces paramilitaires formées par les forces jordaniennes et la CIA (tout comme les djihadistes qui apparaissent tellement dans les récits des médias de 2013 sur la Syrie). Et ce que nous avons vu en Syrie a été confirmé par ce que nous avons appris des changements de régime par les Occidentaux ailleurs. Il connaissait certainement la tentative de la CIA d’assassiner le président égyptien Nasser et le renversement du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh par les Anglais et les Américains. » [54]

Dans son livre From Beirut to Jerusalem, le chroniqueur du New York Times Thomas Friedman écrit que « le massacre de Hama peut être compris comme ‘la réaction naturelle d’un politicien moderniste dans un État-nation relativement nouveau, tentant d’éviter les éléments rétrogrades – dans ce cas, les fondamentalistes islamistes – visant à saper tout ce qu’il a réalisé pour faire de la Syrie une république laïque du XXe siècle’. » C’est aussi pourquoi, poursuit Friedman, « si quelqu’un avait été en mesure de réaliser un sondage d’opinion objectif en Syrie après le massacre, le traitement par Assad de la rébellion aurait été largement approuvé, même parmi les musulmans sunnites. »[55]

Le déclenchement d’un djihad islamiste sunnite contre le gouvernement syrien dans les années 1980 remet en question la vision que l’islam sunnite militant au Levant est un résultat de l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003 et des polices sectaires pro-chiites des autorités d’occupation étasuniennes. Cette vision est myope historiquement, aveugle à l’existence depuis des décennies de l’islam politique sunnite comme force importante dans la politique levantine. Depuis le moment où la Syrie a été formellement indépendante de la France après la Seconde Guerre mondiale, pendant les décennies suivantes au XXe siècle et jusqu’au siècle suivant, les forces principales en présence en Syrie étaient le nationalisme arabe laïc et l’islam politique. Comme le journaliste Patrick Cockburn l’a écrit en 2016, « l’opposition armée syrienne est dominée par ISIS, al-Nusra et Ahrar al-Sham. » La « seule alternative au gouvernement (nationaliste arabe laïc), ce sont les islamistes »[56]. Et c’est le cas depuis longtemps.

Enfin, nous devrions aussi ignorer le fait que les stratèges étasuniens avaient planifié depuis 2003, et peut-être déjà en 2001, d’écarter Assad et son idéologie nationaliste arabe laïque du pouvoir, finançant l’opposition syrienne, y compris les groupes liés aux Frères musulmans, depuis 2005. En conséquence, Washington s’est dirigé vers le renversement d’Assad avec le but de dé-baasifier la Syrie. Une guérilla islamiste contre les nationalistes arabes laïcs aurait eu lieu, indépendamment du caractère excessif ou non de la réponse du gouvernement syrien à Daraa. Le jeu était déjà en cours, et on cherchait un prétexte. Daraa l’a fourni. Donc l’idée que l’arrestation de deux garçons à Daraa pour avoir peint des graffitis anti-gouvernemental sur un mur puisse provoquer un conflit majeur est aussi crédible que celle de la Première Guerre mondiale causée uniquement par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand.

Syrie socialiste

Le socialisme peut être défini de plusieurs manières, mais s’il l’est comme la propriété publique des secteurs clé de l’économie jointe à une planification économique, alors la Syrie, en vertu de ses Constitutions de 1973 et de 2012, correspond clairement à la définition du socialisme. Cependant, la République arabe syrienne n’a jamais été un État socialiste ouvrier du genre de celle que les marxistes reconnaissent. Il a été, plutôt, un pays arabe socialiste animé par le but de parvenir à l’indépendance politique arabe et de surmonter l’héritage du sous-développement de la nation arabe. Les rédacteurs de la Constitution voyaient le socialisme comme un moyen de parvenir à la libération nationale et au développement économique. « La marche vers l’établissement d’un ordre socialiste », écrivaient les rédacteurs de la Constitution de 1973, est une « nécessité fondamentale pour mobiliser les potentialités des masses arabes dans leur lutte contre le sionisme et l’impérialisme ». Le socialisme marxiste se préoccupait de la lutte entre une classe exploitante de possédants et la classe ouvrière et les pays exploités, alors que le socialisme arabe menait la lutte entre pays exploiteurs et pays exploités. Alors que ces deux socialismes différents agissent à des niveaux d’exploitation différents, ces distinctions n’avaient aucun intérêt pour les banques, les entreprises ou les grands investisseurs occidentaux qui portent leur regard sur l’ensemble du globe, à la poursuite du profit. Le socialisme s’oppose aux intérêts lucratifs du capitalisme industriel et financier américain, qu’il s’agisse de mettre fin à l’exploitation de la classe ouvrière ou de surmonter l’oppression impérialiste sur des groupes nationaux.

Le socialisme du Baas a longtemps irrité Washington. L’État baasiste avait exercé une influence considérable sur l’économie syrienne, à travers la propriété d’entreprises, des subventions à des sociétés nationales privées, des limites à l’investissement étranger et des restrictions sur les importations. Les baasistes considéraient ces mesures comme des outils nécessaires pour un État post-colonial tentant d’arracher sa vie économique des griffes des anciennes puissances coloniales et de tracer une voie de développement libre de la domination d’intérêts étrangers.

Les buts de Washington, cependant, étaient évidemment antagoniques. Ils ne voulaient pas que la Syrie alimente son industrie et garde jalousement son indépendance, mais serve les intérêts des banquiers et des grands investisseurs qui comptaient vraiment pour les Etats-Unis en ouvrant son marché du travail à l’exploitation ainsi que sa terre et ses ressources naturelles à la propriété étrangère. Notre programme, a déclaré l’administration Obama en 2015, « vise la baisse des tarifs sur les produits américains, la suppression des barrières à nos biens et services et la détermination de normes plus strictes pour parvenir à une concurrence équitable pour […] les entreprises américaines. »[57] Ce n’était pas vraiment un nouvel agenda, c’était celui de la politique étrangère des États-Unis depuis des décennies. Mais Damas ne s’alignait pas derrière un Washington qui insistait sur le fait qu’il pouvait « diriger l’économie mondiale » et le ferait [58 Ibid.].

Les partisans de la ligne dure à Washington avaient considéré Hafez al-Assad comme un communiste arabe [58] et les responsables américains considéraient son fils, Bachar, comme un idéologue qui ne pouvait se résoudre à abandonner le troisième pilier du programme du Parti socialiste arabe Baas : le socialisme. Le Département d’État américain s’est aussi plaint de ce que la Syrie « avait échoué à se rallier à une économie de plus en plus intégrée à l’échelle mondiale », autrement dit qu’elle avait échoué à vendre ses entreprises publiques aux investisseurs privés, parmi lesquels les intérêts de Wall Street. Le Département d’État américain a aussi exprimé son mécontentement sur le fait que des « raisons idéologiques » ont empêché Assad de libéraliser l’économie de la Syrie, que « la privatisation des entreprises gouvernementales ne soit pas encore répandue » et que l’économie « reste strictement contrôlée par le gouvernement » [59]. À l’évidence, Assad n’avait pas appris ce que Washington appelait les « leçons de l’Histoire », notamment que « les économies de marché, et non les économies planifiées placées sous la poigne du gouvernement, sont les meilleures » [60]. En rédigeant une Constitution donnant mandat au gouvernement de maintenir son rôle de guide de l’économie au nom des intérêts syriens, et de ne pas faire travailler les Syriens pour les intérêts des banques, des entreprises et des investisseurs occidentaux, Assad affirmait l’indépendance de la Syrie contre le programme de Washington visant à « ouvrir les marchés et à aplanir le terrain pour les entreprises américaines à l’étranger [61] ».

En plus, Assad a souligné son attachement aux valeurs socialistes contre ce que Washington avait appelé un jour les « impératifs moraux » de la « liberté économique [62] ». en inscrivant les droits sociaux dans la Constitution : la sécurité contre la maladie, le handicap et la vieillesse ; l’accès aux soins de santé ; et l’instruction gratuite à tous les niveaux. Ces droits continueraient à être placés hors d’atteinte des législateurs et des politiciens qui pourraient les sacrifier sur l’autel de la création d’un climat d’affaires favorable à une fiscalité basse et aux investissements étrangers. Affront supplémentaire à l’orthodoxie pro-business de Washington, la Constitution engageait l’État à instaurer des impôts progressifs.

Enfin, le dirigeant baasiste a inclus une disposition dans la Constitution révisée introduite par son père en 1973, un pas de plus en direction d’une démocratie véritable, authentique – une disposition que les décideurs à Washington, avec leurs innombrables liens avec le monde des banques et des entreprises, pouvaient difficilement tolérer. La Constitution exigeait qu’au moins la moitié des membres de l’Assemblée du peuple soit issue des rangs des paysans et des ouvriers.

Si Assad était un néolibéral, il était certainement l’un des plus étranges dévots de cette idéologie.

Sécheresse ?

Un dernier point sur les origines du soulèvement violent de 2011 : certains spécialistes en sciences sociales et des analystes se sont appuyés sur une étude publiée dans la revue Proceedings de l’Académie nationale des sciences pour suggérer que « la sécheresse a joué un rôle dans les troubles syriens ». Selon ce point de vue, la sécheresse « a provoqué de mauvaises récoltes qui ont entraîné la migration de plus de 1.5 million de personnes des zones rurales aux zones urbaines ». Cela, combiné à un afflux de réfugiés venant d’Irak, a fait de la Syrie un chaudron de tension économique et sociale prêt à déborder [63]. L’argument paraît sensé, et même « scientifique », mais le phénomène qu’il cherche à expliquer – un soulèvement de masse en Syrie – n’a jamais eu lieu. Comme nous l’avons vu, une revue de la couverture médiatique occidentale n’a trouvé aucune référence à un soulèvement de masse. Au contraire, les journalistes qui espéraient le trouver ont été surpris de ne pas en découvrir. Ils ont trouvé que la Syrie était étonnamment calme. Les manifestations appelées par les organisateurs de la page Facebook Révolution syrienne 2011 ont avorté. Des gens critiques ont admis qu’Assad était populaire. Les journalistes n’en ont pas trouvé un seul qui pensait qu’une révolte était imminente. Même un mois après l’incident de Daraa – qui n’a impliqué que quelques centaines de manifestants, éclipsés par les dizaines de milliers de Syriens qui manifestaient à Damas pour soutenir le gouvernement –, le journalistes du New York Times sur place, Anthony Shadid, n’a pu trouver aucun signe en Syrie des soulèvements massifs de la Tunisie et de l’Égypte. Au début février 2011, « Omar Nashabe, observateur de longue date de la Syrie et correspondant pour le quotidien arabe basé à Beyrouth, Al-Ahkbar », a dit au Time que « les Syriens peuvent être affligés par la pauvreté qui touche 14% de sa population, jointe à un taux de chômage estimé à 20%, mais Assad jouit toujours de sa crédibilité[64] ».

On a dit que le gouvernement avait commandé le soutien populaire lorsque la société d’enquête britannique YouGov a publié un sondage montrant que 55 % des Syriens voulaient qu’Assad reste. Le sondage n’a presque pas été mentionné dans les médias occidentaux, ce qui a incité le journaliste britannique Jonathan Steele à poser la question : « Supposons qu’un sondage d’opinion respectable ait révélé que la plupart des Syriens soient favorables au maintien de Bachar al-Assad à la présidence, ne serait-ce pas une nouvelle importante ? ». Steele a décrit les résultats du sondage comme des « des faits dérangeants » qui ont été « omis » parce que la couverture des événements en Syrie par les médias occidentaux avait cessé d’« être honnête » et s’était transformée en « arme de propagande[65] » .

Des slogans au lieu de la politique et de l’analyse

On peut reprocher à Draitser non seulement d’avoir propagé un argument fondé sur des affirmations et non sur des preuves, mais aussi d’avoir remplacé la politique et l’analyse par des slogans. Dans son article pour CounterPunch du 20 octobre, Syria and the Left : Time to Break the Silence [La Syrie et la Gauche : il est temps de briser le silence],il soutient que les objectifs de la Gauche devraient être la poursuite de la paix et de la justice, comme si celles-ci était deux qualités inséparables, qui ne sont jamais en opposition. Que la paix et la justice puissent, parfois, être antagoniques, est illustré par la conversation suivante entre le journaliste australien Richard Carleton et Ghassan Kanafani, un écrivain palestinien, romancier et révolutionnaire[66].

Kanafani : – Vous ne pouvez pas vraiment dire « pourparlers de paix ». Vous voulez dire capitulation. Reddition.

C : – Pourquoi ne pas parler ?

K : – Parler à qui ?

C : – Parler aux dirigeants israéliens ?

K : – Un genre de conversation entre l’épée et le cou, vous voulez dire ?

C : – Bon, s’il n’y a ni épées ni fusils dans la chambre, vous pourriez quand même parler.

K : – Non. Je n’ai jamais vu une conversation entre un colonialiste et un mouvement de libération nationale.

C : – Mais malgré tout, pourquoi ne pas parler ?

K : – Parler de quoi ?

C : – Parler de la possibilité de ne pas se battre.

K : – Ne pas se battre pour quoi ?

C : – Ne pas se battre du tout. Peu importe pour quoi.

K : – D’habitude, les gens se battent pour quelque chose. Et ils arrêtent de se battre pour quelque chose. Donc vous ne pouvez même pas me dire pourquoi nous devrions parler et de quoi. Pourquoi devrions-nous parler de cesser de nous battre ?

C : – Parler de cesser de combattre pour arrêter la mort et la misère, la destruction et la souffrance.

K : – La misère et la destruction, la douleur et la mort de qui ?

C : – Des Palestiniens. Des Israéliens. Des Arabes.

K : – Des Palestiniens déracinés, jetés dans des camps, souffrant de famine, tués depuis vingt ans et interdits d’utiliser même le nom de « Palestiniens » ?

C : – Ils sont mieux comme ça que morts, pourtant.

K : – Peut-être pour vous, Mais pour nous, non. Pour nous, libérer notre pays, avoir la dignité, le respect, nos droits de l’homme est aussi essentiel que la vie même.

Quelles valeurs la Gauche américaine devrait-elle promouvoir lorsque la paix et la justice sont en conflit ? Draitser ne le dit pas. Son invocation du slogan « paix et justice » en tant que mission de la Gauche américaine semble n’être rien de plus qu’une invitation aux gens de gauche d’abandonner la politique pour se consacrer à la mission de devenir de belles âmes, au-dessus des conflits sordides qui tourmentent l’humanité – ne jamais prendre parti, excepté celui des anges. Son affirmation qu’« aucun État ou groupe n’a les meilleurs intérêts des Syriens à cœur » est presque trop stupide pour justifier un commentaire. Comment le sait-il ? On ne peut s’empêcher d’avoir l’impression qu’il croit que lui, et la Gauche américaine, parmi les groupes et les États dans le monde, sont les seuls à savoir ce qui est le mieux pour le « peuple syrien ». C’est peut-être pourquoi il estime que la responsabilité de cette Gauche américaine « est envers le peuple de Syrie », comme si le peuple de Syrie était une masse indifférenciée avec des intérêts et des programmes uniformes. Les Syriens en masse [en français dans le texte, NdT] comprennent des laïcs et des islamistes politiques qui ont des points de vue irréconciliables sur la manière dont l’État devrait être organisé, qui ont été pris dans une lutte à mort depuis plus d’un demi-siècle – l’un favorisé par son propre gouvernement. Les Syriens en masse comprennent ceux qui favorisent l’intégration à l’Empire US, et ceux qui y sont opposés ; ceux qui collaborent avec les impérialistes américains et ceux qui s’y refusent. Dans cette perspective, qu’est-ce que cela signifie de dire que la Gauche américaine a une responsabilité envers le peuple de Syrie ? Quel peuple de Syrie ?

J’aurais pensé que la responsabilité de la Gauche américaine allait aux travailleurs des États-Unis, non au peuple de Syrie. Et j’aurais imaginé, également, que la Gauche américaine considérerait comme de sa responsabilité d’inclure la propagation d’une analyse politique fondée sur des preuves de la façon dont l’élite économique étasunienne utilise l’appareil d’État pour faire avancer ses intérêts aux dépens des populations tant nationales qu’étrangères. Comment la longue guerre de Washington à la Syrie affecte-t-elle la classe ouvrière d’Amérique ? C’est ce dont Draitser devrait parler.

Mon livre, Washington’s Long War on Syria, paraîtra en avril 2017.

Stephen Gowans

Notes

1.    Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, 4 février, 2011

2.    Rania Abouzeid, The Syrian style of repression : Thugs and lectures, Time, 27 février 2011

3.    Rania Abouzeid, Sitting pretty in Syria : Why few go backing Bashar, Time, 6 mars 2011

4.    Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, March 6, 2011

5.    Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, 6 mars 2011

6.    Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011

7.    Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ?, Time, 9 avril 2011

8.    Robert Fisk, Welcome to Dera’a, Syria’s graveyard of terrorists, The Independent, 6 juillet 2016

9.    Le président Assad à la chaîne de télévision ARD : « Les terroristes ont rompu l’accord de cessation des hostilités dès la toute première heure, l’Armée syrienne s’est abstenue de prendre des mesures de représailles »,SANA, 1er mars 2016

10.Ibid.

11.Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011

12.Rania Abouzeid, Arab Spring : Is a revolution starting up in Syria ?, Time, 20 mars 2011 ; Rania Abouzeid, Syria’s revolt : How graffiti stirred an uprising, Time, 22 mars 2011

13.Officers fire on crowd as Syrian protests grow,The New York Times, 20 mars 2011

14.Rania Abouzeid, Arab Spring : Is a revolution starting up in Syria ?, Time, 20 mars 2011

15.Thousands march to protest Syria killingsThe New York Times, 24 mars 2011

16.Rania Abouzeid, Assad and reform : Damned if he does, doomed if he doesn’t, Time, 22 avril 2011

17.Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011

18.Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, 4 février 2011

19.Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011

20.Alfred B. Prados and Jeremy M. Sharp, Syria : Political Conditions and Relations with the United States After the Iraq War, Congressional Research Service, February 28, 2005

21.Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011

22.Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011

23.Syrie : un autre éclairage du conflit qui dure depuis 5 ans, BeCuriousTV, May 23, 2016, http://www.globalresearch.ca/syria-aleppo-doctor-demolishes-imperialist-propaganda-and-media-warmongering/5531157

24.Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011

25.Jay Solomon, To check Syria, U.S. explores bond with Muslim Brothers, The Wall Street Journal,July 25, 2007

26.Ibid.

27.Liad Porat, The Syrian Muslim Brotherhood and the Asad Regime, Crown Center for Middle East Studies, Brandeis University, December 2010, No. 47

28.Ibid.

29.http://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/Pg.-291-Pgs.-287-293-JW-v-DOD-and-State-14-812-DOD-Release-2015-04-10-final-version11.pdf

30.Alfred B. Prados and Jeremy M. Sharp, Syria : Political Conditions and Relations with the United States After the Iraq War, Congressional Research Service, February 28, 2005.

31.Anthony Shadid, Security forces kill dozens in uprisings around SyriaThe New York Times, April 22, 2011

32.Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011

33.Fabrice Balanche, The Alawi Community and the Syria Crisis, Middle East Institute, May 14, 2015

34.Anthony Shadid, Syria broadens deadly crackdown on protesters, The New York Times, May 8, 2011

35.Rania Abouzeid, Meet the Islamist militants fighting alongside Syria’s rebels, Time, July 26, 2012

36.Rania Abouzeid, Interview with official of Jabhat al-Nusra, Syria’s Islamist militia group, Time,Dec 25, 2015

37.Robert Fisk, Syrian civil war : West failed to factor in Bashar al-Assad’s Iranian backers as the conflict developed, The Independent, March 13, 2016

38.Anthony Shadid, Syria broadens deadly crackdown on protesters, The New York Times, May 8, 2011

39.Nada Bakri, Syria allows Red Cross officials to visit prison, The New York Times, September 5, 2011

40.Nada Bakri, Syrian opposition calls for protection from crackdown, The New York Times, October 25, 2011

41.President al-Assad to Portuguese State TV : International system failed to accomplish its duty… Western officials have no desire to combat terrorism, SANA, March 5, 2015

42.Patrick Seale, Syria’s long war, Middle East Online, September 26, 2012

43.Ibid.

44.Rania Abouzeid, Sitting pretty in Syria : Why few go backing Bashar, Time, March 6, 2011

45.Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, March 6, 2011

46.Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011

47.Anthony Shadid, Security forces kill dozens in uprisings around Syria, The New York Times, April 22, 2011

48.Ben Fenton, Macmillan backed Syria assassination plot, The Guardian, September 27, 2003

49.Robert Fisk, Conspiracy of silence in the Arab world, The Independent, February 9, 2007

50.Robert Dreyfus, Devil’s Game : How the United States Helped Fundamentalist Islam, Holt, 2005, p. 205

51.William R. Polk, Understanding Syria : From pre-civil war to post-Assad, The Atlantic, December 10, 2013

52.Dreyfus

53.Dreyfus

54.William R. Polk, Understanding Syria : From pre-civil war to post-Assad, The Atlantic, December 10, 2013

55.Quoted in Nikolas Van Dam, The Struggle for Power in Syria : Politics and Society under Asad and the Ba’ath Party, I.B. Taurus, 2011

56.Patrick Cockburn, Confused about the US response to Isis in Syria ? Look to the CIA’s relationship with Saudi Arabia, The Independent, June 17, 2016

57.National Security Strategy, February 2015

58.Robert Baer, Sleeping with the Devil : How Washington Sold Our Soul for Saudi Crude, Three Rivers Press, 2003, p. 123

59.US State Department website. http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/3580.htm#econ. Accessed February 8, 2012

60.The National Security Strategy of the United States of America, September 2002

61.National Security Strategy, February 2015

62.The National Security Strategy of the United States of America, March 2006

63.Henry Fountain, Researchers link Syrian conflict to drought made worse by climate change, The New York Times, March 2, 2015

64.Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, February 4, 2011

65.Jonathan Steele, Most Syrians back President Assad, but you’d never know from western media, The Guardian, January 17, 2012

66.Full transcript : Classic video interview with Comrade Ghassan Kanafani re-surfaces, PFLP, October 17, 2016, http://pflp.ps/english/2016/10/17/full-transcript-classic-video-interview-with-comrade-ghassan-kanafani-re-surfaces/

Traduction : Le Saker Francophone

Source: http://sayed7asan.blogspot.ch/2017/03/la-revolution-syrienne-qui-nexistait-pas.html

Photo: Cette image datant de 2012 (bien avant l’apparition de l’Etat islamique), montrant une exécution de soldats pro-Assad, a été transmise au New York Times par un « rebelle » dégoûté par la cruauté du mode opératoire des combattants d’al-Nosra; groupe terroriste qui faisait du « bon boulot » selon la diplomatie française et l’ensemble de nos médias. 

via: http://arretsurinfo.ch/la-revolution-syrienne-qui-nexistait-pas/

 

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Si vous voulez tout savoir sur les manipulations des sondages…

 

Vous aimeriez comprendre pourquoi les instituts de sondage favorisent Macron, Fillon, Le Pen ?  Comment ils fonctionnent, quels sont leurs liens avec l’oligarchie ?

Grâce à cette vidéo vous saurez tout sur un monde trop ignoré du grand public.

Mais ce n’est pas tout. Vous apprendrez également que ces instituts censés être indépendants ont des liens forts avec des sociétés de marketing et des entreprises, et le… Medef.

Bref, une description de ces coulisses du pouvoir financier, médiatique autant que politique dans lequel tout le monde se donne la main pour vous mener par le bout du nez en vous prenant pour des imbéciles.

 

Après, vous n’accorderez plus aucun crédit aux sondages !

De nouveaux documents de la CIA déclassifiés

Ils montrent que la CIA travaille en étroite collaboration avec les propriétaires et journalistes des grands médias. Et cela depuis des décennies.

Des documents nouvellement déclassifiés montrent qu’un agent de la CIA et un directeur adjoint à la Direction du renseignement ont travaillé en étroite collaboration avec les propriétaires et les journalistes des plus grands médias :

 

La Commission spéciale du Sénat des États-Unis pour étudier les opérations gouvernementales en matière d’activités de renseignement a révélé, en 1975, que la CIA avait soumis des articles à la presse américaine.

Wikipedia ajoute des détails :

Après 1953, le réseau a été supervisé par Allen W. Dulles, le directeur de la CIA. À cette époque, l’Opération Mockingbird avait une influence majeure sur 25 journaux et agences de presse. La méthodologie habituelle consistait à fournir des articles rédigés à partir de renseignements fournis par la CIA à des journalistes, volontaires ou pas. Ces articles seraient alors répétés ou cités par les autres journalistes, qui seraient à leur tour cités dans tous les services de presse.

Le Bureau de la coordination des politiques (OPC) a été financé par des prélèvements sur les fonds destinés au Plan Marshall [c.-à-d. La reconstruction de l’Europe par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale]. Une partie de cet argent servait à corrompre journalistes et éditeurs.

En 2008, le New York Times écrivait :

« Pendant les premières années de la guerre froide, [des écrivains et artistes éminents, d’Arthur Schlesinger Jr. à Jackson Pollock] ont été financés, quelquefois somptueusement, toujours secrètement, par la C.I.A. dans le cadre de sa campagne de propagande contre l’Union soviétique. C’est peut-être l’utilisation la plus réussie du soft power dans l’histoire américaine. »

Un agent de la CIA a déclaré au propriétaire du Washington Post, Philip Graham […] dans une conversation sur la volonté des journalistes de vendre la propagande de la CIA et ses histoires montées de toutes pièces : « Vous pouvez vous payez un journaliste pour moins cher qu’une escort girl, juste pour quelques centaines de dollars par mois. »

***

Le célèbre journaliste du Watergate, Carl Bernstein, écrivait en 1977 :

« Plus de 400 journalistes américains […] au cours des vingt dernières années, ont secrètement effectué des missions pour la CIA, selon des documents provenant du siège de la CIA. »

***

Dans de nombreux cas, selon des documents de la CIA, des journalistes ont été engagés pour accomplir des tâches pour la CIA avec le consentement des directions des principales organisations médiatiques américaines.

***

Parmi les cadres qui ont prêté leur concours à l’Agence figuraient les dirigeants de CBS, de Time, du New York Times, du Journal de Louisville Courier, et de Copley News Service. Parmi les autres organisations qui ont collaboré avec la CIA, citons ABC, NBC, AP, UPI, Reuters, Hearst Newspapers, Scripps Howard, le magazine Newsweek, le Mutual Broadcasting System, le Miami Herald,  l’ancien Saturday Evening Post et le New York Herald Tribune.

***

Il est amplement prouvé que les principaux éditeurs américains et les dirigeants de médias se sont autorisés, à eux-mêmes et à leurs organisations, à servir les services de renseignement. « Ne nous contentons pas de mauvais journalistes, pour l’amour de Dieu », s’écriait William Colby à un moment donné aux enquêteurs du Church Comittee« montons directement à la direction ».

***

La CIA a même dirigé un programme de formation officiel dans les années 1950 pour enseigner à ses agents à être journalistes. Les officiers de renseignement ont été « entraînés à faire du bruit, comme des journalistes », a expliqué un haut fonctionnaire de la CIA, et ont ensuite été placés dans les principales organisations médiatiques, avec l’aide de la direction.

***

Une fois par an, pendant les années 1950 et le début des années 1960, les correspondants de CBS se réunissaient avec la hiérarchie de la CIA pour des dîners privés et des séances d’information.

***

Allen Dulles entretenait de fréquents contacts avec son bon ami, le regretté Henry Luce, fondateur des magazines Time et Life, ce qui a facilement permis à certains membres de son personnel de travailler pour l’Agence. Il a aussi accepté de fournir des emplois et des lettres de recommandation à d’autres agents de la CIA qui manquaient d’expérience journalistique.

***

Dans les années 1950 et au début des années 1960, les correspondants étrangers du magazine Time ont assisté à des dîners d’information de la CIA semblables à ceux que la CIA tenait pour CBS.

***

Lorsque Newsweek a été acheté par la Washington Post Company, l’éditeur Philip L. Graham a été informé par les représentants de l’Agence que la CIA utilisait parfois le journal à des fins de couverture, selon des sources de la CIA. « Il était largement reconnu que Phil Graham était quelqu’un toujours prêt à vous aider », a déclaré un ancien directeur adjoint de l’Agence. « C’est Franck Wisner qui s’arrangeait avec lui ». (Wisner, directeur adjoint de la CIA de 1950 à peu de temps avant son suicide en 1965, était le premier organisateur des « opérations noires » de l’Agence, dont nombreuses impliquaient des journalistes. Wisner aimait se vanter de son « tout puissant Wurlitzer », un instrument de propagande merveilleux qu’il a construit, et utilisé, avec l’aide de la presse).

***

En novembre 1973 − après que la CIA a prétendu avoir mis fin à ce programme − Colby a déclaré aux journalistes et éditeurs du New York Times et du Washington Star que l’Agence avait « environ trois douzaines » de journalistes américains « dans le fichier des salaires de la CIA », dont cinq qui travaillaient aussi pour des « organismes de presse à diffusion générale ». Pourtant, au moment même où le Comité sénatorial de renseignement tenait ses audiences en 1976, selon des sources de haut niveau de la CIA, la CIA continuait de maintenir des liens avec soixante-quinze à quatre-vingt-dix journalistes de toutes fonctions, des cadres, des reporters, des pigistes, des photographes, des chroniqueurs, des commis de bureau et des membres des équipes techniques de radiodiffusion. Plus de la moitié d’entre eux avaient été retirés des contrats de la CIA et de la masse salariale, mais ils étaient encore liés par d’autres accords secrets avec l’Agence. Selon un rapport inédit de la commission parlementaire sur le renseignement, présidé par le représentant Otis Pike, encore au moins une quinzaine d’organismes de presse continuaient à fournir une couverture pour les agents de la CIA en 1976.

***

Les responsables les plus compétents sur le sujet disent que le chiffre de 400 journalistes américains est une estimation faible.

Beaucoup de gens pensaient que si que si ce fait était connu, quelques-uns des plus grands noms du journalisme seraient foutus  […]

Un expert sur la propagande a témoigné sous serment pendant un procès que la CIA emploie maintenant des milliers de journalistes et possède ses propres organisations médiatiques. Que son estimation soit exacte ou non, il est clair que de nombreux journalistes éminents font toujours un rapport à la CIA.

Un documentaire de la BBC en 4 parties intitulé Century of the Self montre qu’un américain, Edward Bernays, le neveu de Freud, a créé la technique moderne de manipulation des perceptions du public et que le gouvernement américain a largement utilisé ses techniques.

John Pilger est un journaliste très réputé (John Simpson, rédacteur en chef des affaires mondiales de la BBC, a déclaré: « Un pays qui n’a pas de John Pilger dans son journalisme est un pays très faible »). Pilger a déclaré en 2007 :

Nous savons maintenant que la BBC et d’autres médias britanniques ont été utilisés par un service secret britannique, le MI-6. Dans ce qu’ils appelaient Operation Mass Appeal, les agents du MI-6 ont fabriqué des histoires au sujet des armes de destruction massive de Saddam, telles que les armes cachées dans ses palais et dans des bunkers souterrains secrets. Toutes ces histoires étaient fausses.

***

Une de mes histoires préférées au sujet de la guerre froide concerne un groupe de journalistes russes qui faisaient un tour des États-Unis. Le dernier jour de leur visite, ils ont été invités par l’hôte pour faire part de leurs impressions. « Je dois vous dire, a dit le porte-parole, que nous sommes étonnés de constater, après avoir lu tous les journaux et regardé la télévision jour après jour, que toutes les opinions sur tous les points importants sont les mêmes. Pour obtenir ce résultat dans notre pays, nous envoyons des journalistes au goulag. Nous arrachons même leurs ongles. Ici, vous n’avez rien à faire. Quel est votre secret ? »

En 2008, Nick Davies écrit dans The Independent :

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il existe une stratégie concertée pour manipuler la perception des masses. Et les mass media fonctionnent comme des assistants complaisants, négligeant de résister en révélant ce fait.

La facilité avec laquelle ce système peut établir son emprise reflète une faiblesse structurelle rampante qui afflige maintenant la production de nos informations. J’ai passé les deux dernières années à la recherche d’un livre sur le mensonge, la distorsion et la propagande dans les médias globalistes.

La « lettre de Zarqawi », qui fut publiée en première page du New York Times en février 2004, faisait partie d’une série de documents hautement suspects qui auraient été écrits par, ou à, Zarqawi et qui ont alimentés les médias.

Ce matériel est produit, en partie, par des agences de renseignement qui continuent de travailler sans surveillance efficace ; Et aussi par une structure nouvelle de « communications stratégiques » qui a été initialement conçue par des colombes du Pentagone et de l’Otan qui voulaient utiliser des tactiques subtiles et non violentes pour faire face au terrorisme islamiste mais dont les efforts sont mal réglementés et mal supervisés, entraînant comme résultat que certains de ses pratiquants se déchaînent et s’engagent dans les arts noirs de la propagande.

***

Le Pentagone a maintenant désigné les « opérations d’information » comme sa cinquième « compétence de base » aux côtés des forces terrestres, maritimes, aériennes et spéciales. Depuis octobre 2006, chaque brigade, division et corps de l’armée américaine possède sa propre unité « psyop » produisant des « informations » pour les médias. Cette activité militaire est liée à la campagne de « diplomatie publique » du Département d’État qui comprend le financement de stations de radio et de sites Web d’actualités. En Grande-Bretagne, la Direction du ciblage et des opérations d’information du ministère de la Défense collabore avec des spécialistes de 15 psyops britanniques, basés à l’école de sécurité et de renseignement de la défense de Chicksands, dans le Bedfordshire.

Dans le cas du renseignement britannique, on a pu voir cette combinaison de propagande imprudente et d’échec de surveillance du travail dans le cas de l’opération Mass Appeal. L’ancien inspecteur des armements de l’ONU, Scott Ritter, a expliqué dans son livre Iraq Confidential comment, à Londres en juin 1998, il a été présenté à deux « spécialistes de la propagande noire » du MI6 qui voulaient qu’il leur donne des documents qu’ils pourraient disséminer grâce aux « éditeurs et auteurs qui travaillent avec nous de temps en temps ».

Le gouvernement continue de payer des journalistes pour répandre la désinformation. Et les médias d’entreprise agissent comme des « services d’escorte » virtuels pour les élites, vendant leur disponibilité  à un certain prix aux puissants fonctionnaires du gouvernement, au lieu d’enquêter et d’écrire un article sur ce que font ces fonctionnaires.

L’une des façons dont le gouvernement des États-Unis diffuse la propagande consiste à s’assurer que sa version soit diffusée en premier. Par exemple, le chef de la division de la télévision et du cinéma de l’Agence américaine de l’information – Alvin A. Snyder – écrivait dans son livrWarriors of Disinformation : How Lies, Videotape et USIA Won the Cold War :

« Tous les gouvernements, y compris le nôtre, mentent quand cela sert leurs objectifs. Le truc est de mentir le premier. »

***

Une autre victime, toujours de la guerre, est la vérité. Tout le monde se souviendra de l’histoire du « tir accidentel russe sur un avion de ligne coréen », à peu près comme on nous l’a raconté en 1983, et non pas comme cela s’est réellement passé.

En 2013, le Congrès américain a abrogé l’interdiction formelle d’utiliser de la propagande contre les citoyens américains vivant sur le sol américain. Il y a donc encore moins de contrainte à la propagande qu’auparavant.

L’un des usages les plus courants de la propagande est de vendre des guerres inutiles et contre-productives. Étant donné que les médias américains sont toujours pro-guerre, les éditeurs, les producteurs et les reporters traditionnels sont des participants volontaires.

Il ne s’agit pas seulement de mentir sur les armes de destruction massive inexistantes de Saddam […] les médias d’entreprise vendent encore des mensonges pour promouvoir la guerre.

L’ancien journaliste de Newsweek et d’Associated Press, Robert Parry, souligne que Ronald Reagan et la CIA ont lancé une campagne de propagande dans les années 1980 pour vendre au public américain le soutien aux rebelles Contras, en utilisant des personnes du privé comme Rupert Murdoch pour diffuser la désinformation. Parry note que beaucoup des mêmes personnes qui ont mené l’effort de propagande nationale de Reagan dans les années 1980 sont encore au pouvoir aujourd’hui :

« Alors que la génération plus âgée, qui a été la pionnière de ces techniques de propagande domestique est sortie de scène, beaucoup de leurs protégés sont encore là de même que certaines organisations. La National Endowment for Democracy (NED), fondé en 1983 à la demande du directeur de la CIA, Casey, et sous la supervision de Walter Raymond, est toujours dirigée par le même néoconservateur, Carl Gershman, et a un budget encore plus important, dépassant actuellement les cent millions de dollars par an.

Gershman et sa NED ont joué un rôle important, bien qu’en coulisse, dans la crise ukrainienne en finançant des militants, des journalistes et d’autres agents qui ont soutenu le coup d’État contre le président élu Ianoukovitch. La Freedom House, affiliée à la NED, a également fait sonner les sirènes de la propagande. [Voir Consortiumnews.com « A Shadow Foreign Policy. »].

Deux autres anciens combattants de l’ère Reagan, Elliott Abrams et Robert Kagan, ont tous deux apporté un soutien intellectuel important à la poursuite de l’interventionnisme des États-Unis dans le monde. Plus tôt cette année, l’article de Kagan pour The New Republic, intitulé Les superpuissances ne peuvent se permettre la retraite, a touché un tel nerf chez le président Obama qu’il a accueilli Kagan à un déjeuner à la Maison Blanche et celui-ci a conçu le début du discours présidentiel de West Point pour montrer une partie de la critique de Kagan envers l’hésitation d’Obama à utiliser la force militaire.

***

L’empire médiatique de Rupert Murdoch est plus grand que jamais… »

Une autre clé de la propagande américaine est la répétition constante. Comme l’a indiqué Business Insider en 2013 :

Le lieutenant-colonel Daniel Davis, un officier très respecté qui a publié un rapport critique sur la déformation de la vérité par les hauts responsables militaires en Irak et en Afghanistan […].

Du lieutenant-colonel Davis :

« Dans le contexte, le colonel Leap suggère que nous devrions changer la loi pour permettre aux agents des affaires publiques d’influencer l’opinion publique américaine quand ils jugent nécessaire de ‘protéger un centre de gravité amical important, ou renforcer la volonté nationale des États-Unis’. »

La Loi sur la modernisation de Smith-Mundt de 2012 semble servir à cette fin en permettant que le public américain soit la cible de campagnes d’information financées par le gouvernement des États-Unis.

Davis cite également le général de brigade Ralph O. Baker – l’officier du Pentagone chargé du développement des forces interarmées au ministère de la Défense – qui définit les opérations d’information comme des activités entreprises pour « façonner le récit essentiel d’un conflit ou d’une situation et affecter ainsi les attitudes et comportements du public ciblé ».

Le général de brigade Baker continue en comparant les descriptions des opérations de combat avec la stratégie de marketing standard qui consiste à répéter une information jusqu’à ce qu’elle soit acceptée :

« Pendant des années, les annonceurs commerciaux ont fondé leurs stratégies publicitaires sur l’hypothèse qu’il existe une corrélation positive entre le nombre de fois qu’un consommateur est exposé à la publicité du produit et l’envie d’essayer ce nouveau produit. Le même principe s’applique à la façon dont nous influençons nos publics cibles lorsque nous menons une COIN. »

Et ces « milliers d’heures par semaine de programmes de radio et de télévision financés par le gouvernement » semblent servir la stratégie de Baker, qui explique : « La répétition est un principe clé de l’exécution des OI et l’échec à répéter constamment un message cohérent en dilue l’impact sur les publics cibles. »

Le gouvernement manipule massivement le Web, les médias sociaux et les autres formes de communication.

Bien sûr, le Web et les médias sociaux sont devenus une énorme plate-forme médiatique, et le Pentagone et d’autres agences gouvernementales manipulent massivement les deux.

Les documents publiés par Snowden montrent que les espions manipulent les sondages, la popularité des sites Web et le nombre de pages vues, censurent les vidéos qu’ils n’aiment pas et amplifient les messages qu’ils aiment.

La CIA et d’autres organismes gouvernementaux ont également mis énormément d’énergie à propager la propagande par le biais de films, de la télévision et de jeux vidéo.

Propagande transfrontalière

La propagande ne se limite pas à nos frontières…

Parfois, le gouvernement sème la désinformation dans les médias américains pour tromper les étrangers. Par exemple, un résumé officiel du gouvernement américain sur le renversement du président démocratiquement élu de l’Iran dans les années 1950, dit « En collaboration avec le Département d’État, la CIA avait transmis plusieurs articles aux principaux journaux et magazines américains qui, une fois republiés dans les journaux iraniens, ont eu l’effet psychologique désiré sur la population iranienne et ont contribué à la guerre des nerfs contre Mossadegh. »

La CIA a également soudoyé des journalistes étrangers de premier plan.

Et CNN a accepté de l’argent du dictateur Bahrani pour mener une propagande pro-monarchique.

Et quiconque conteste le statu quo est étiqueté comme fournisseur de « fausses nouvelles »… ou pire.

Le premier amendement de la Constitution américaine protège la liberté de la presse contre la censure du gouvernement.

En fait, la raison pour laquelle il est illégal pour le gouvernement d’empêcher les histoires d’être imprimées est parce que cela punirait ceux qui critiquent ceux au pouvoir.

Pourquoi ? Parce que les Pères fondateurs savaient que les gouvernements (comme la monarchie britannique) vont toujours sévir contre ceux qui soulignent que l’empereur est nu.

Mais la liberté de la presse est soumise à une attaque massive en Amérique aujourd’hui…

Par exemple, les puissances en place prétendent que seules les entreprises médiatiques reconnues et qui agissent comme sténographes pour les grosses huiles devraient bénéficier des protections constitutionnelles garantissant la liberté de la presse.

Un professeur d’école de droit de Harvard soutient que le Premier Amendement est dépassé et devrait être abandonné.

Quand les blogueurs qui s’occupent de finance contestent la politique de la Réserve fédérale, un fonctionnaire de la Fed dit que tous les blogueurs sont stupides et manquent de qualifications pour commenter.

Et le gouvernement traite les vrais journalistes d’investigation comme des criminels… ou même des terroristes :

·         Obama s’en est pris à des journalistes reconnus. Son ministère de la Justice a qualifié le correspondant de Fox News à Washington, James Rosen, de « co-conspirateur criminel » dans un cas de fuite et menacé pendant de nombreuses années de poursuivre le journaliste du New York Times, ayant reçu un prix Pulitzer, James Risen.

·         L’administration Obama a également espionné Risen, Rosen, l’Associated Pressla journaliste CBS Cheryl Atkinson et d’autres médias.

·         En fait, les principaux dénonciateurs de la NSA ont dit au Washington’s blog que la NSA a espionné les journalistes pendant plus d’une décennie… pour s’assurer qu’ils ne révèlent pas les programmes gouvernementaux illégaux.

·         Le Pentagone a dénigré les journalistes d’USA Today parce qu’ils ont enquêté sur la propagande illégale du Pentagone.

·         Des journalistes couvrant les manifestations d’Occupy Wall Street ont été menacés d’arrestation.

·         Le gouvernement admet que les journalistes pourraient être visés par les lois antiterrorisme (et ici). Par exemple, après que le journaliste Chris Hedges, autre journaliste ayant reçu un Prix Pulitzer, la journaliste Naomi Wolf, le lanceur d’alerte des Pentagon Papers Daniel Ellsberg et d’autres ont poursuivi le gouvernement en justice pour s’opposer à la détention illimitée d’Étasuniens – le juge a demandé cinq fois aux procureurs du gouvernement si des journalistes comme Hedges pouvaient être indéfiniment détenus simplement pour avoir interviewé et écrit sur les pourris du gouvernement. Le gouvernement a refusé de promettre que des journalistes comme Hedges ne seront jamais mis au cachot pour le reste de leur vie sans aucun droit de parler à un juge.

·         Dans un effort pour protéger la Bank of America de la menace de Wikileaks d’exposer les actes répréhensibles de la banque, le ministère de la Justice a conseillé à la banque d’embaucher un cabinet d’avocats spécialisé afin de réunir une équipe pouvant faire fermer WikiLeaks (et voir ceci)

·         La NSA et son homologue britannique ont traité Wikileaks comme une organisation terroriste, allant jusqu’à cibler politiquement ses employés et espionner les visiteurs de son site Web

 George Washington

Traduit par Wayan, relu par Michèle pour le Saker Francophone

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/de-nouveaux-documents-de-la-cia-declassifies

Alep. Pierre Le Corf visite le QG des Casques blancs (Vidéo)

Quelques images que j’ai prises hier [10/03/2017] qui vous donneront une autre perspective sur les casques blancs et différents mensonges des médias et gouvernements.

Des vérités sur la guerre en Syrie, à Alep. Hôpitaux totalement détruits et Casques Blancs neutres, héros à Alep?

Les représentants des casques blancs reçus à l’Elysée

 

Un oscar? Une nomination au prix Nobel de la paix? A quel prix allons-nous continuer à MENTIR et à tuer, à justifier cette guerre, à soutenir des groupes terroristes, à maintenir un pays au bord de l’étouffement comme les autres avant? Je compile rapidement quelques images que j’ai prises hier qui vous donneront une autre perspective.

Oscar du meilleur documentaire pour un film sur les Casques blancs

Pierre Le Corf

Source: https://gaideclin.blogspot.com/2017/03/alep-pierre-le-corf-visite-le-qg-des.html

 

via: http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2017/03/alep.pierre-le-corf-visite-le-qg-des-casques-blancs-video.html

L’arme absolue du Capital : c’est le vote utile…utile pour qui ?

En vue des présidentielles, les chiens de garde du capital aboient le même mot d’ordre : « Votez utile ! » « Votez Macron ! »

Et cette fois, cette stratégie n’attend pas le second tour. Dès le 2 avril, les électeurs sont fermement priés de s’aligner derrière Emmanuel Macron, seul capable, nous répète-t-on sur tous les tons, de faire échec à Marine Le Pen. Le Président de la République, lui-même, donne de la voix dans ce sens. « La Patrie – non bien sûr, l’Europe – serait en danger de mort ! »

La mobilisation est générale, radios, télés, journaux, les politiciens du PS, rabâchent le mot d’ordre : « Votez Macron ! » dès le premier tour.

Pourtant, jusqu’à ces jours derniers, les mêmes regrettaient l’absence de programme du leader du mouvement « En Marche ». Ce qui était faux : non seulement l’ancien associé -gérant de la banque Rothschild a fait ses preuves durant deux années au ministère de l’Economie – c’est lui qui a mis au point toutes les lois massacrant le Code du Travail, c’est lui qui a voulu imposer l’ »ubérisation » de l’économie, c’est lui, par ses fameux cars, la mise en concurrence de la SNCF – mais c’est encore lui qui , aujourd’hui, voudrait généraliser le saccage des dernières lois qui protègent encore les couches salariés et populaires de notre pays.

Donc, c’est pour cet homme-là, qu’il faudrait voter ?

Il représente, nous dit-on, le seul obstacle au Front National…

Les panzers frontistes seraient-ils en vue des Champs-Elysées ?

Pourtant, tous les sondages donnent, au second tour, Marine Le Pen battue à plus de 60%…

De deux choses l’une : ou ces chiffres sont faux et volontairement trafiqués, ou la menace annoncée n’est pas réelle.

Alors, pourquoi cette campagne alarmiste de la part des tenants du Capital ?

L’objectif de l’oligarchie financière est de mettre en place en France une ’grande coalition à l’allemande’, une union des sociaux-démocrates et des conservateurs, une UMPS officielle aux manettes de la France, car chacun des deux partis n’est plus en mesure de gouverner seul. PS et « Républicains » paient cher, l’un comme l’autre, des décennies d’alternance et leur même politique antipopulaire. Les deux formations rejetées par les Français risquent fort d’être absentes du second tour. Comment, dans ces conditions, poursuivre et aggraver la politique conforme aux objectifs que s’est donnée l’Union européenne : une fédéralisation plus contraignante encore pour traduire plus avant dans la législation française la libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises et la concurrence libre et non faussée ?

Cette alliance de gouvernement « droite-gauche » recherchée, ils pensent en avoir fabriquer une mouture, camouflée à travers la candidature Macron, « ni gauche, ni droite », placée là par la banque Rothschild. L’oligarchie n’est pas sectaire : elle se sert d’auxiliaires pris dans tout le spectre politique, du moment où ceux-ci servent leurs intérêts.

Faut-il encore pour que ce plan réussisse faire en sorte que Macron affronte Marine Le Pen au second tour. Cela suppose d’abord de mettre en orbite un candidat « socialiste », ’frondeur’ de préférence, afin de donner le change et réduire ainsi l’audience de Jean-Luc Mélenchon. Cette stratégie permet d’ éliminer dès le premier tour tout candidat se réclamant d’une gauche contestataire. Ainsi, le chemin d’Emmanuel Macron parait déblayé. Certes, le risque est nul de craindre les effets des propositions de Benoît Hamon, celui-ci se rangeant délibérément dans le camp des européistes convaincus et des ennemis de Vladimir Poutine…

Pour parfaire le coup, des ’poids lourds’ du PS, appellent dès à présent à voter Macron. Peu importe que ces prises de position réduisent le champ du candidat choisi par les électeurs socialistes. L’objectif, pour eux, c’est Macron.

Et de d’ordonner au peuple la consigne : pour éviter Marine Le Pen, un seul bulletin de vote, celui du candidat de la banque Rothschild !

Mais le peuple, notre peuple, va-t-il mordre à l’hameçon ?

Va-t-il renier son combat social mené tout ce printemps contre le dépeçage du Code du travail, contre la loi Khomry, mise au point par Emmanuel Macron et le gouvernement PS, au nom du danger frontiste ?

En quoi le programme de Marine Le Pen est plus dangereux que celui de l’oligarchie ?

« Le Medef veut des changements rapides et profonds dès 2017″, titrait Le Figaro du 24 février.

Et Emmanuel Macron est l’homme du Medef…

Marine Le Pen défend, elle, une politique contraire. On peut être logiquement sceptique sur la fibre sociale du Front national et juger ses propositions démagogiques.

Faut-il pour autant, comme la grenouille de la fable, sauter dans la mare pour éviter d’être mouillée par la pluie ?

Jean Lévy
Du Bureau national du Comité Valmy

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8351

Crise à l’institut Pasteur : incidents en série avec de dangereux virus

FAIT DU JOUR. Le célèbre organisme de recherche fait l’objet d’une enquête judiciaire. En cause : le transport et la conservation d’un virus dangereux sont pointés du doigt.

Manipulation et transport clandestin d’échantillons de virus dangereux, perte de tubes contenant des bactéries potentiellement mortelles, ordinateurs volés pouvant stocker des données confidentielles à risque…

A l’Institut Pasteur, la liste des manquements et anomalies en termes de police sanitaire est longue. Selon nos informations, un de ces nombreux incidents a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire le 19 décembre 2016. L’affaire, très embarrassante pour cette illustre fondation française à la pointe de la lutte contre les maladies infectieuses, fait suite à un signalement (article 40 du code de la procédure pénale) de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), fin octobre. L’Institut avait tout simplement oublié de signaler l’incident à l’autorité sanitaire, comme la loi le lui impose.

A l’origine, un grave dysfonctionnement de transport de MOT, comme on appelle dans le jargon scientifique les micro-organismes et toxines.

Voyage dans une boîte de cosmétique

 

Le 11 octobre 2015, une scientifique de l’Institut Pasteur de Corée a transporté clandestinement, à bord d’un vol Séoul-Paris, trois tubes d’échantillon de Mers Coronavirus, un virus potentiellement mortel, transmissible par le chameau et apparu pour la première fois en 2012 au Moyen-Orient. Mais le plus grave reste à venir. Le virus, soigneusement rangé dans une petite boîte bleue de produit cosmétique, est resté ensuite sur l’étagère du bureau d’un chercheur de l’Institut sans aucune précaution sanitaire, du 16 au 23 octobre, soit une longue semaine. Tout ceci en dépit des règles nationales strictes du Code de la santé publique ou internationales relatives au transport garantissant la sécurité autour des «opérations sur les MOT».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© DR Des échantillons du dangereux Mers Coronavirus ont été transportés de façon clandestine et mal conservés une fois arrivés à l’Institut Pasteur.

L’histoire est longtemps restée secrète, la direction de l’Institut prenant la décision de détruire en douce les trois échantillons du virus sans en informer au préalable l’autorité sanitaire et sans même déclarer l’incident sous les 48 heures, comme l’impose la loi. Le pot au rose n’a été révélé qu’un an plus tard par une fuite opportune dans la presse coréenne. Ce qui a immédiatement provoqué un véritable vent de panique au ministère de la Santé où Christian Bréchot, le directeur général de l’Institut Pasteur, a été convoqué dès le lendemain des révélations. Le responsable a reconnu la non-déclaration de l’incident de MOT, passible de 350 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.

2 349 tubes de SRAS perdus en 2014

Contacté mardi, Christian Bréchot se défend de tout risque sanitaire. «Les échantillons qui sont arrivés avaient subi un traitement d’inactivation et ne présentaient donc pas de risque de contamination. L’erreur est de ne pas avoir effectué de déclaration auprès de l’ANSM avec laquelle nous travaillons ensemble pour améliorer les choses.»

Une défense qui n’a visiblement pas satisfait en octobre dernier l’ANSM. L’autorité sanitaire a dégainé un article 40, aujourd’hui à l’origine de cette enquête préliminaire confiée aux policiers de la direction régionale de la police judiciaire. «L’absence de déclaration n’a pas permis la mise en oeuvre de mesures de police sanitaires immédiates permettant d’évaluer avec certitude, le danger de la situation, ni le déploiement éventuel de mesures de protection des populations» observe l’ANSM dans son rapport d’investigation transmis à la justice que nous avons pu consulter.

Défaut d’inventaire de tubes d’Ebola

Il faut dire que l’Institut Pasteur n’est pas à sa première dissimulation. En 2014, il avait perdu 2 349 tubes de SRAS, une maladie infectieuse causée par un virus, et avait attendu… deux mois pour prévenir l’ANSM.

Dans un rapport daté de février dernier que nous avons pu consulter, l’inspection générale des affaires sociales (Igas) recommande à l’Institut de «définir et engager sans délai un plan d’action en vue de garantir la traçabilité de la gestion et le respect de la réglementation sanitaire en matière d’échantillons biologiques». Il faut dire qu’en février dernier, un nouvel incident d’opération de MOT a eu lieu. Après avoir constaté un incident de cadenas dans un congélateur de MOT, un écart d’inventaire de dix tubes de virus Ebola a été constaté, sans que l’on puisse établir un lien entre le défaut de fermeture du congélateur et l’incident. Mais cette fois, l’Institut Pasteur a déclaré sous les 48 heures l’anomalie à l’autorité sanitaire…

Le Parisien

Jean-Michel Décugis

 

Source:http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2017/03/crise-a-l-institut-pasteur-incidents-en-serie-avec-de-dangereux-virus.html

 

La post-vérité: une supercherie

Un nouveau gadget conceptuel vient de naître: la post-vérité.

Le dictionnaire d’Oxford l’a décrété «mot de l’année 2016». Il le définit ainsi: Néologisme qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. L’encyclopédie en ligne Wikipédia nous apprend que l’ère de la post-vérité (ou ère post-factuelle) représente «une culture au sein de laquelle les leaders orientent les débats vers l’émotion en usant abondamment d’éléments de langage et en ignorant ou en faisant mine d’ignorer les faits et la nécessité d’y soumettre leur argumentation, cela à des fins électorales».

Le concept semble avoir été élaboré en 2004, mais la panique qui a saisi les «commentateurs autorisés» à l’occasion du Brexit et des succès remportés par Messieurs Orban, Poutine et Trump, leur a donné l’idée de se servir de la post-vérité comme arme de contre-attaque.

Nous attendons des journalistes qu’ils nous informent et qu’ils soient véridiques. Qu’ils s’effraient de l’ère post-factuelle, et que par conséquent ils rendent hommage à la vérité, devrait nous réjouir; mais nous sommes plutôt portés à la moquerie, cela pour trois raisons.

D’abord, les boniments et le baratin, les promesses non tenues, l’appel aux émotions et la volonté de défendre une cause par des arguments biaisés n’existent pas seulement depuis l’accession de Trump au pouvoir. Au Ve siècle avant J.-C., les sophistes athéniens inauguraient l’ère de la post-vérité. Gorgias se vantait de faire triompher l’injustice au moyen de raisonnements imparables. Les sophistes du XXIe siècle s’appellent les «communicants». Le communicant ne ment pas nécessairement, il s’intéresse à la vérité dans la mesure où elle rapporte. Les entreprises de communication promeuvent les intérêts de celui qui les paie et travaillent l’opinion aux tripes. L’homme politique démocrate qui cherche à obtenir les voix d’une certaine «clientèle doit «communiquer», autrement dit multiplier les promesses qu’il ne pourra pas tenir. Il s’arrange avec la vérité, compte tenu du fait que les masses électorales n’aiment pas celle-ci, préférant vivre dans l’illusion, sauf dans quelques situations périlleuses comme en 1940, où les Anglais acceptent le «sang» et les «larmes» que Churchill annonce.

Ensuite, à notre connaissance, l’élite politico-médiatique de la fin du XXe siècle ne s’est pas beaucoup intéressée à la notion de vérité; elle s’est plu à diminuer sa portée, voire à la rejeter sous la pression des philosophes de la déconstruction. Notre presse si «diverse» a peu parlé du philosophe rationaliste Jacques Bouveresse qui a contredit avec beaucoup de science les errances pseudo- nietzschéennes des déconstructeurs, en particulier de Michel Foucault.

Que n’a-t-on entendu répéter sur tous les tons au sujet du vrai: «Chacun sa vérité»; «est vrai ce qui est utile»; «l’objectivité est inaccessible»; «la vérité est un effet de pouvoir, les rapports de forces propres à une époque en déterminent le contenu»; «il n’y a pas de faits, seulement des interprétations»; et toujours la resucée de Blaise Pascal: «Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà.»

Soudain, la notion de vérité est redécouverte à cause des méfaits de Trump et de Poutine: Colin Powell, Hollande, Sarkozy, Juncker, Barroso ou Hillary Clinton n’ont bien entendu jamais transigé avec le vrai, et surtout pas le beau Barack!

Enfin, la renaissance du concept de vérité s’accompagne de la réhabilitation des diplômes. Il n’y a jamais eu autant de chercheurs et d’universitaires s’employant à «décrypter» la moindre revendication «populiste». Toutes ces personnes sont bardées de diplômes, munies d’une liste longue comme le bras d’articles, de publications et d’ouvrages spécialisés. Elles sont censées être infaillibles quand elles vérifient les faits, pardon, quand elles pratiquent le «fact checking». Nous avons lieu de nous réjouir qu’une activité intellectuelle fondamentale soit rétablie, mais nous nous permettons de douter de cette entreprise conduite par une camarilla qui n’a cessé de conchier l’école, l’université, la culture, la logique et les sciences bourgeoises.

La réalité est plus prosaïque

Pour la première fois depuis des décennies, le pouvoir intellectuel libéral-socialiste est contesté. La diversité des opinions se fait jour grâce, en partie, aux réseaux sociaux. Peut-être assistera-t-on à un renouvellement du personnel médiatique. Des positions sociales sont en jeu. Les gens en place s’effraient: leur première réaction consiste à se retirer dans les nuées universitaires, tel l’historien Patrick Boucheron, professeur au collège de France, auteur «engagé» d’une histoire mondiale de la France prétendument «dérangeante», qui refuse de répondre sur la RTS à ses contradicteurs Eric Zemmour et Alain Finkielkraut, sous prétexte qu’il n’a pas à s’abaisser au niveau de deux essayistes sans vernis «scientifique». Et les gogos d’applaudir …

L’invention de la post-vérité ne rehausse pas la notion de vérité. Celle-ci n’intéresse pas vraiment les professionnels du savoir. Ils n’ont pas le loisir de s’y consacrer. Les combats contre Trump, Poutine et Marine Le Pen mobilisent toute leur énergie.

Source: La Nation n° 2064

 

via: http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-6-6-mars-2017/la-post-verite-une-supercherie.html

Les médias européens – englués dans un conflit intra-américain?

Donald Trump est-il un monstre? Toute critique de la politique de l’immigration est-elle «de droite»? Poutine est-il un «dictateur»? Des nouvelles contredisant les directives politiques officielles sont-elles toutes des «fake news» ou «post factuelles»?

Certainement pas. Quiconque raisonne de manière autonome aura rapidement constaté que nous sommes confrontés à un bourrage de crâne de plus en plus éhonté.

On sait bien que pour faire accepter des décisions politiques ayant un fort impact sur la vie des gens – tout en contredisant leurs intérêts –, les mensonges doivent être spécialement effrontés. Pensons aux temps d’avant-guerre ou – plus ordinaires – aux campagnes électorales.

Sans propagande ciblée, sans dénigrement de l’«adversaire», sans bourrage de crâne, des mesures incisives sont difficilement praticables. Il leur faut le soutien massif des grands médias et de personnes de la vie publique.

Pour le citoyen, donc le peuple souverain, il est toujours plus difficile de se former sa propre opinion dans cette jungle. Souvent, les nouvelles sont subjectives ou tendancieuses. Le lecteur se retrouve face à une grande quantité de nouvelles émotionnelles (et non factuelles) sur un même sujet, créant un réel «tapis de désinformation». Les médias en tant que quatrième pouvoir dans l’Etat.

En Suisse, on ne trouve plus qu’une poignée de maisons d’édition, alors que notre pays possédait, il y a un certain nombre d’années encore près de 3000 journaux différents. Le pluralisme des opinions est désormais minime. Les journaux restants sont soumis à de fortes pressions économiques suite à la diminution massive du nombre de lecteurs. Les annonces publicitaires et les bénéfices diminuent. La dépendance des annonceurs augmente. Le fait que la décision de publier ou non un article ou un reportage dépende de plus en plus de l’avis des publicitaires n’aide pas à augmenter la crédibilité des médias. Ni le regroupement des rédactions, ni la réduction du nombre de journalistes ou la reprise systématique d’informations livrées par les agences de presse monopolistiques telles ap, AFP ou Bloomberg améliorent la donne. Le journalisme «d’investigation» est pratiqué uniquement là où le sujet et l’orientation politique sont «politiquement correctes». La radio/TV
étatique RTS n’est que rarement une al­ternative sérieuse, car pas assez indépendante. Ainsi, il n’est pas étonnant que les citoyens se tournent de plus en plus vers l’Internet.

Suite au Brexit et à l’élection de Donald Trump l’influence des grands médias a sensiblement été mise en cause. Ils n’ont pas réussi à faire valoir «leurs» positions. Et ils continuent de miser sur leur positionnement «obsolète» – avec une ardeur accrue. Pourquoi? Sont-ils si dépendants de certains groupes d’influence qu’Uwe Krüger a mis en évidence dans une étude scientifique («Meinungsmacht. Der Einfluss von Eliten auf Leitmedien und Alpha-Journalisten – eine kritische Netzwerkanalyse.» Cologne 2013, ISBN 978-3-86962-070-1)? Ce chercheur a démontré dans une analyse de grande envergure que les rédacteurs en chef et les éditeurs sont étroitement intégrés dans les réseaux transatlantiques. Il le prouve, entre autres, en montrant leur participation ou leur affiliation à l’«Atlantik-Brücke» ou aux «groupe Bilderberg». Il analyse le personnel des médias dominants comme Die Zeit, la «Frankfurter Allgemeine Zeitung» ou le Spiegel. En 2014, le journaliste Udo Ulfkotte a confirmé, après avoir travaillé dix ans comme journaliste à la «Frankfurter Allgemeine Zeitung», ces liens étroits aux directives, provenant notamment de la politique américaine («Gekaufte Journalisten. Wie Politiker, Geheimdienste und Hochfinanz Deutschlands Massenmedien lenken.» Rottenburg 2014. ISBN 978-3-86445-143-0). Entre temps, il est connu qu’il existe aux Etats-Unis un cartel du pouvoir spécifique définissant les lignes médiatiques. Les «transatlantistes» européens participent bien évidemment à cette lutte pour le pouvoir et importent activement ce conflit intra-américain dans les Etats européens.

 

Source:http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-6-6-mars-2017/les-medias-europeens-englues-dans-un-conflit-intra-americain.html

Voici comment la CIA a planifié le chaos syrien dès 1983

Les think tanks américains prennent très au sérieux l’idée de faire tomber Bachar Al-Assad par tous les moyens possibles. Rappelons que beaucoup d’entre eux s’inspirent désormais d’une stratégie mise en place par la CIA en 1983, en pleine guerre entre l’Iran et l’Irak, pour faire tomber Hafez al-Assad, le père de Bachar Al-Assad

Si vous pensez que la guerre en Syrie date d’il y a seulement six ans, alors vous vous trompez certainement. La révolution a en effet commencé en 2011, mais le plan de guerre avait été élaboré il y a plus de deux décennies par la CIA, service de renseignement américain. Et un document de la CIA rédigé en 1983 le confirme.

Dans un document rédigé le 14 septembre 1983, l’ex agent de la CIA, Graham Fuller, avait insisté sur l’importance de la Syrie pour les intérêts américains au Proche et au Moyen-Orient. Dans ce document, l’agent de la CIA avait déjà élaboré un plan bien déterminé pour abattre le régime syrien, à l’époque dirigée par Hafez Assad, père de Bachar al-Assad.

Graham Fuller écrivait : « les Etats-Unis devraient sérieusement faire monter la pression sur Assad en menant secrètement des attaques militaires simultanées contre la Syrie à partir de trois pays hostiles à la Syrie : l’Irak, Israël et la Turquie ». Dans son plan, l’ex agent de la CIA avait justifié le choix de chacun des trois pays cités.

Graham Fuller estimait en effet que l’Irak pourrait mener des frappes aériennes contre la Syrie avec l’unique but d’ouvrir le gazoduc. Israël pourrait, pendant ce temps, faire monter la pression au niveau de la frontière avec le Liban sans pour autant chercher à déclencher une guerre. La Turquie, quant à elle, pourrait mener des frappes aériennes contre des camps terroristes dans le nord de la Syrie.

Dans le document, l’ex agent de la CIA ajoute : « face à trois fronts agressifs, Assad pourrait probablement être obligé d’abandonner sa politique qui consiste à fermer le gazoduc. Une telle concession pourrait soulager la pression économique qui pèse sur l’Irak et ainsi pousser l’Iran à mettre fin à la guerre ».

Dans le document, Graham Fuller estime que la Syrie entrave deux intérêts clés des Etats-Unis au Moyen-Orient :

·         « le refus de la Syrie de retirer ses troupes du Liban garantit l’occupation israélienne dans le sud ;

·         « la fermeture du gazoduc irakien par la Syrie a été un facteur clé ayant permis de mettre à genoux l’économie irakienne, incitant ainsi l’internationalisation de la guerre dans le Golfe ».

Dans le document, l’ex agent de la CIA avait souligné que Hafez al-Assad avait parfaitement bien calculé le jeu de force dans la région et avait compris que ces jeux lui étaient « faiblement » destinés. Pour ce faire, la stratégie de la CIA était claire et précise : les Etats-Unis devraient faire usage de force pour menacer le pouvoir d’Assad.

Le document rédigé en pleine guerre entre l’Iran et l’Irak insistait sur l’importance pour les Etats-Unis de forcer l’Irak à transférer cette guerre vers la Syrie. « Si Israël pourrait faire monter la pression contre la Syrie en même temps avec une initiative irakienne, la pression contre Assad monterait rapidement. Une pression turque pourrait l’accabler psychologiquement », écrit l’ex agent de la CIA.

La stratégie de l’ex agent de la CIA est claire : « le seul but de l’Irak est de demander à la Syrie d’ouvrir le gazoduc ». Graham Fuller estime qu’en faisant cela, l’Irak gagnerait la sympathie de tous les Etats arabes, sauf la Libye du colonel Kadhafi. « Sa cause (la cause de l’Irak) en des termes arabes serait juste », souligne Fuller.

Ce dernier estime en effet que l’ouverture du gazoduc ne réglerait pas tous les problèmes des Etats-Unis au Moyen-Orient. Toutefois, une telle ouverture permettrait de soulager l’Irak financièrement et éviterait le grand risque de fermer le Golf à l’expédition du pétrole. D’après Fuller, cette ouverture est d’autant plus importante qu’elle infligerait un sacré coup aux récentes victoires de la Syrie dans la région, en l’obligeant à céder à la pression des Etats arabes largement unis pour défendre l’Irak.

Pour ce qui est de l’Etat d’Israël, Graham Fuller écrivait en 1983 que l’Etat hébreux ne voulait pas d’une guerre contre la Syrie. Toutefois, Israël pourrait faire monter les tensions avec le Liban voisin pour préoccuper Hafez Assad. « Assad pourrait vouloir faire face à cette menace israélienne de manière isolée », disait Fuller, avant d’ajouter que l’Irak ne posait pas une grave menace pour Israël.

Pour ce qui est du rôle de la Turquie face à la Syrie, Graham Fuller avait souligné la colère turque contre la Syrie pour les raisons suivantes :

1.    Le soutien de la Syrie aux terroristes arméniens

2.    Le soutien de la Soutien aux guérillas kurdes qui combattent en Irak au niveau des frontières turques

3.    Le soutien de la Syrie aux terroristes turcs qui opèrent depuis le nord de la Syrie contre la Turquie

Graham Fuller estimait en effet que la Turquie, qui envisageait de mener des frappes aériennes contre des camps terroristes basés dans le nord de la Syrie, n’hésiterait pas à proférer des menaces diplomatiques contre la Syrie. Mais, pour l’ex agent de la CIA, l’Irak était vraiment le cœur de l’affaire.

Dans son document, Graham Fuller avait souligné un détail non moins important. Il avait évoqué en effet l’hypothèse que l’Irak ait peur de se faire piéger par les Etats-Unis qui lui ouvriraient deux fronts (Iran et Syrie) dans l’intention de l’affaiblir. L’Irak, selon Graham, pourrait également craindre de passer pour le pigeon sioniste en s’attaquant unilatéralement à la Syrie.

Pour Graham Fuller, les craintes de l’Irak pourraient néanmoins dissiper si le régime de Saddam Hussein voit que la Turquie et Israël s’attaquent en même temps à la Syrie et voit que les Etats-Unis se dirigeraient vers l’Irak en lui fournissant des renseignements pour l’aider à préparer une attaque contre la Syrie.

A la fin du document, l’ex agent de la CIA avait souligné l’implication de l’Union Soviétique dans ce jeu. Graham Fuller révélait que l’URSS avait en effet plusieurs fois demandé à Assad d’ouvrir le gazoduc pour venir en aide à l’Irak, un pays avec lequel l’URSS avait de bonnes relations. Fuller soulignait que les Russes seraient dans un grand dilemme de voir leurs deux alliés (Syrie et l’Irak) en guerre.

Plus de deux décennies plus tard, cette même stratégie proposée par la CIA est reprise par les think tanks américains. Brookings Institution, think tank américain, dans un mémo datant de 2012 et intitulé : « Sauver la Syrie : évaluer les options pour un changement de régime », remettait le rôle de la Turquie au centre du conflit en Syrie.

Il écrivait : « la participation de la Turquie est vitale pour réussir et Washington devrait encourager les Turcs à jouer un rôle plus important que celui qu’ils ont déjà joué. Bien qu’Ankara ait perdu patience avec Damas, il a pris très peu de mesures concrètes qui auraient fait monter la pression sur Bachar Al-assad (et ainsi contrarier l’Iran) ».

Au même moment, en Israël, des voix se lèvent pour faire tomber Assad en instrumentalisant l’élite syrienne. Les récents déplacements de l’opposition syrienne en Israël pourraient confirmer cette hypothèse.

Dans son mémo, Brookings Institution avait évoqué six options pour faire tomber Bachar Al-Assad :

1.    Option 1 : diplomatie

2.    Option 2 : changement de régime par l’intimidation

3.    Option 3 : armer l’opposition syrienne

4.    Option 4 : libérer la Syrie à travers des frappes aériennes et avec l’aide de l’opposition syrienne

5.    Option 5: changement de régime par l’invasion

6.    Option 6 : une intervention de la communauté internationale : solution Boucles d’or ?

 

 

 Source: http://www.france-irak-actualite.com/2017/03/voici-comment-la-cia-a-planifie-le-chaos-syrien-des-1983.html

Un journal allemand publie un article faux sur des « agressions sexuelles de masse »

Diffamation des réfugiés

Dans son édition régionale de Francfort du 6 février, le journal Bild avait publié un article intitulé « 37 jours après le nouvel an, les victimes brisent le silence – agressions sexuelles de masse rue Freßgass » – une longue rue piétonne de la ville. La nouvelle se répandit rapidement mais se révéla être un tissu de mensonges.

Le reportage s’était articulé autour du témoignage d’un sympathisant du parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), Jan Mai, un propriétaire de bistro. S’appuyant sur les propos de Mai, le journaliste de Bild, Stefan Schlagenhaufer, avait écrit qu’une foule de « 900 réfugiés pour la plupart ivres » avait semé le chaos le soir de la Saint-Sylvestre, en volant et en harcelant sexuellement ceux qui voulaient faire la fête.

L’article rapportait que des dizaines d’hommes étrangers avaient envahi le bar de Mai, le First-In, où ils auraient agressé des femmes et dérobé plusieurs vestes.

Le tabloïd a cité Mai comme suit : « Lorsque je suis arrivé, tout le local était rempli d’un groupe d’environ 50 Arabes. Ils ne parlaient pas allemand, ils buvaient les boissons des clients et dansaient de manière provocante. Les femmes m’ont appelé à l’aide parce qu’elles étaient attaquées. L’ambiance avait complètement changé. » Même deux heures plus tard selon lui, il y avait encore eu des « problèmes avec les masses de réfugiés » devant le bar.

Bild a également cité un témoin, la femme d’affaires Irina A., qui a dit avoir été sexuellement harcelée dans le bar par « une cinquantaine d’Arabes », des « masses de réfugiés », « 900 réfugiés pour la plupart ivres. » Le vocabulaire utilisé par Bild est exactement celui associé à l’extrême droite AfD et au mouvement Pegida. Le reportage du Bild fut ensuite repris par de nombreux autres organes de presse, dont la chaîne de télévision Sat.1, le journal d’ultra-droite Junge Freiheit et l’édition britannique de Breitbart News en Grande-Bretagne.

Des articles à sensation apparurent dans des journaux et des quotidiens « sérieux » comme le Frankfurter Rundschau, le Frankfurter Allgemeine Zeitung et l’Offenbacher Post.

Le lendemain, le Frankfurter Neue Presse et le Frankfurter Allgemeine Zeitung publiaient des commentaires critiques en faisant référence à « Une agression sexuelle de masse que personne n’a vue » (FAZ). Cependant, ces mensonges avaient déjà été rapidement diffusés sur Facebook et Twitter par des groupes d’extrême-droite.

Ce reportage falsifié a fait le jeu des principaux politiciens locaux. Christoph Schmitt (CDU) a protesté contre « les inconvénients de la politique à l’égard des réfugiés », c’est-à-dire « les masses d’hommes […] qui rendent la ville dangereuse ». Il a réclamé « davantage de police dans les rues et une vidéosurveillance mobile. »

Stephanie Wüst, du groupe FDP (Parti libéral démocrate) au parlement de Francfort, a convenu : « L’État devrait punir les auteurs avec toute la sévérité de la loi et ne pas avoir peur des expulsions ». Bild, publia un nouvel article en exigeant hystériquement : « Tolérance zéro ! Surveillance vidéo ! Plus de police ! »

La police de Francfort n’a toutefois pu trouver aucune preuve des incidents allégués. Elle ouvrit une enquête qui s’avéra infructueuse. Lorsque la police interrogea les gens vivant dans le quartier concerné, elle ne put rien trouver pour étayer les allégations de Mai.

La police a ensuite fait appel au procureur, qui a entrepris des enquêtes sur les témoins cités par le journal Bild. Une perquisition de l’appartement d’Irina A., le principal témoin du reportage, ils ont découvert des billets d’avion et autres preuves montrant qu’elle avait passé la Saint-Sylvestre à Belgrade. La femme, qui avait prétendu que des hommes étrangers l’avaient « touchée partout » au First-In, a dû admettre qu’elle n’était pas à Francfort le soir du Nouvel An.

Moins d’une semaine après, l’édifice mensonger s’effondrait et la police reconnut que suite à leurs « enquêtes intensives et approfondies », l’article du Bild « manquait de fondement ». Toute l’histoire des réfugiés qui s’étaient déchaînés le soir du réveillon à Francfort était fabriqué de toutes pièces.

Le 16 février, le Bild-Zeitung a dû s’excuser publiquement pour les « reportages mensongers et les accusations portées contre les personnes touchées. » Mais l’histoire avait déjà été colportée dans le monde entier.

Le 23 février, le New York Times écrivait : « L’histoire de la horde d’hommes arabes déchaînant leur furie dans les rues huppées de Francfort en agressant sexuellement les femmes allemandes a dû être irrésistible au point que Bild, un journal à grand tirage, l’a publié au début du mois sans une vérification minutieuse au préalable. »

Le Bild-Zeitung a indirectement admis cette critique. Julian Reichelt, le directeur de la rédaction, a dit au Tagesspiegel de Berlin : « Le reproche [formulé à l’encontre du journal] que nous n’avions pas signalé les incidents concernant les réfugiés est, apparemment devenu la motivation de ce reportage. »

Bild s’était fié à un « témoin » qui a été facilement identifiable comme un adepte de l’AfD. Sur sa page Facebook (qu’il a maintenant supprimée), Mai avait publié des commentaires haineux contre les réfugiés en louant l’AfD. Après que l’AfD a obtenu plus de 14 pour cent lors du récent vote à Berlin, il avait écrit : « Continuez le bon travail, AfD. » Il avait également posté une vidéo ultra-droite intitulée « Merkel doit partir. »

Le propriétaire du groupe gastronome MAI Gastro Group GmbH appartient à une couche d’arrivistes qui semblent avoir été encouragés par la montée de Donald Trump et les « faits alternatifs » invoqués par sa porte-parole Kellyanne Conway. Mai possède un certain nombre de bars, de restaurants et d’établissements de luxe à Francfort et dans les environs, ainsi que de nombreuses autres propriétés immobilières. Il avait servi auparavant pendant deux ans comme soldat de métier dans un régiment de parachutistes.

Le dévoilement de son histoire et les mensonges répandus par le Bild jette un éclairage supplémentaire sur le présumé harcèlement sexuel de masse des femmes survenu la veille du Nouvel An 2015 et 2016 à Cologne. Les prétendues attaques de 2015 furent le prétexte à une campagne xénophobe sans précédent et à un renforcement de l’appareil d’État et ce bien qu’il n’existe à ce jour aucune preuve formelle que de telles agressions de masse ont eu lieu.

L’année suivante, des milliers de policiers furent mobilisés à Cologne et des nouvelles alarmantes furent alors diffusées sur les agissements de centaines de soi-disant « Nafris » (terme raciste utilisé par la police pour « délinquants multirécidivistes nord-africains »). La police avait sélectionné des personnes sur la base de critères racistes. Elle avait retenu plusieurs centaines de jeunes hommes dans un cordon policier en ne leur permettant pas d’entrer dans le centre-ville.

Par la suite, la police dut s’excuser et rectifier ses déclarations. La police avait tout d’abord parlé d’environ 2000 « jeunes gens d’apparence nord-africaine » qui étaient venus à Cologne. Plus tard, elle a admis n’avoir identifié que 674 suspects, dont 30 seulement en provenance d’Afrique du Nord !

Les événements qui s’étaient passés la veille du Nouvel An 2015 dans la ville de Hambourg avaient également été falsifiés et exagérés. Le 1ᵉʳ novembre 2016, une juge du tribunal de grande instance de Hambourg a acquitté les trois derniers accusés en portant de graves accusations contre le travail d’enquête mené par la police et le parquet.

L’image médiatique de « hordes criminelles et dangereuses d’étrangers qui importunent les femmes et les jeunes filles allemandes » fait partie de l’arsenal de l’extrême droite et sert de propagande à la construction d’un État autoritaire.

Marianne Arens

 

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/mar2017/bild-m02.shtml

Les Médias font l’impasse sur les révélations sur la guerre en Syrie (The Antimedia)

Quand un magicien vous montre un tour de magie avec sa main droite, il faut toujours observer ce que fait la main gauche. Lors d’un conflit armé, il faut toujours se méfier d’un gouvernement qui bat les tambours de la guerre contre un autre gouvernement ou entité. Posez-vous la question : Pourquoi maintenant, pourquoi cette entité-là, et pour quels enjeux ?

Un bon exemple est l’Afrique. Depuis 1998, près de 6 millions de personnes ont été tuées en République Démocratique du Congo en raison de la lutte pour le contrôle des ressources minérales, dont beaucoup sont utilisées dans les téléphones cellulaires à travers le monde. Les grands médias n’en parlent pratiquement pas. En revanche, on nous a dit que la Libye, le pays dont le niveau de vie était le plus élevé de toute l’Afrique, devait être bombardée dans le cadre d’une « intervention humanitaire » pour empêcher un massacre qui allait peut-être, ou peut-être pas, se produire. Bien qu’il y ait des différences de nature évidentes entre ces deux conflits, le fait est que le gouvernement des États-Unis et les médias ont priorisé l’un sur l’autre en fonction de préoccupations géopolitiques.

Par exemple, les courriels de Hillary Clinton confirment que la Libye a été détruite en 2011 non pas par un élan humanitaire, mais en partie parce que l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait l’intention de lier l’approvisionnement en pétrole de la Libye avec ses réserves d’or et de créer une monnaie africaine unifiée, ce qui aurait remis en cause la structure de pouvoir actuelle des marchés financiers.

On peut en dire autant de la Syrie. Comme l’indique AlterNet, les médias ont ignoré un certain nombre de documents gouvernementaux américains et des audios concernant le conflit syrien qui ont été divulgués. Ian Sinclair écrit :

« En discutant des rapports occidentaux sur la guerre en Syrie, le correspondant vétéran du Moyen-Orient, Patrick Cockburn, a récemment noté [texte en français- NdT] que « dans le cas syrien, les nouvelles fabriquées et les reportages unilatéraux ont dominé les informations à un degré probablement jamais vu depuis la Première Guerre mondiale ». Le Professeur Piers Robinson, maître de conférences en politique, société et journalisme politique à l’Université de Sheffield est acquiesce : « Nous devons désormais sérieusement envisager la possibilité que la guerre en Syrie ait connu des niveaux de manipulation et de propagande semblables, sinon plus élevés, que ceux qui se sont produits lors de la Guerre en Irak en 2003. » »

Un bon exemple de fuite qui aurait dû faire la Une de tous les journaux à travers le monde (mais ne l’a pas fait) est l’enregistrement audio de l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry lors d’une réunion avec les groupes d’opposition syriens, en Septembre de l’année dernière. Kerry a admis à ces groupes que les États-Unis savaient que Daesh gagnait du terrain en Syrie, et les États-Unis, à leur tour, espéraient que cela amènerait le président syrien Bashar al-Assad à la table de négociations. Pourtant, en 2014, l’administration Obama avait dit que les États-Unis mèneraient des opérations en Syrie avec l’intention expresse de « faire reculer et de détruire » Daesh – et non pas d’utiliser les groupes terroristes contre le dirigeant du pays qu’ils ont longtemps cherché à renverser.

Néanmoins, selon Kerry, leurs plans concernant Daesh et le gouvernement syrien ont été déjoués par la Russie qui est intervenue ouvertement dans le conflit syrien en 2015 pour soutenir Assad.

En 2012, un rapport de l’agence de renseignement de la Défense US a prédit la montée de Daesh, chose activement encouragée par l’establishment américain. Le rapport indique :

« Si la situation évolue, il existe la possibilité d’établir une principauté salafiste déclarée ou non déclarée dans l’est de la Syrie … et c’est exactement ce que cherchent les puissances qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien »

En octobre 2012, le New York Times a rapporté que :

« Selon des responsables américains et des diplomates du Moyen-Orient, l’essentiel des armes expédiées à la demande de l’Arabie saoudite et du Qatar pour approvisionner les groupes rebelles syriens qui combattent le gouvernement de Bashar al-Assad atterrissent entre les mains de la ligne dure jihadiste islamiste … »

Encore une fois, les courriels d’Hillary Clinton montrent qu’elle savait parfaitement que ces fournitures d’armes bénéficiaient directement à Daesh. Dans un document de l’ancien secrétaire d’Etat, on lit ceci :

« Nous devons utiliser nos moyens diplomatiques et plus traditionnels de renseignement pour faire pression sur les gouvernements du Qatar et de l’Arabie saoudite, qui fournissent un soutien financier et logistique clandestin à Daesh et à d’autres groupes sunnites radicaux de la région ».

Selon le général quatre étoiles Wesley Clark, ancien commandant de l’OTAN, il a officieusement reçu un mémo qui détaille un plan que le Pentagone a adopté peu de temps après le 11 septembre pour renverser les gouvernements de sept pays, dont la Syrie.

Selon d’autres documents publiés par Wikileaks, l’ establishment américain voulait provoquer Assad à réagir de manière exagérée devant la menace d’extrémistes traversant la frontière en Syrie, semblable à ce qui a été fait à la Russie en Afghanistan dans les années 1980. Un rapport divulgué par Wikileaks en décembre 2006, rédigé par William Roebuck, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Damas à l’époque, dit ceci :

« Nous pensons que les faiblesses de Bashar résident dans la façon dont il choisit de réagir face à des enjeux, perçus ou réels, tels que le conflit entre les mesures de réforme économique (aussi limités soient-ils) et les forces corrompues ; la question kurde et la menace potentielle pour le régime de la présence croissante d’extrémistes islamistes. Ce rapport résume notre évaluation de ces vulnérabilités et suggère qu’il peut y avoir des actions, des déclarations et des signaux que le Gouvernement des États-Unis pourrait envoyer, ce qui augmenterait la probabilité que de telles opportunités se présentent. »

Il est également intéressant de noter qu’un rapport secret des services de renseignements a révélé qu’en 1983, les États-Unis ont exhorté Saddam Hussein à entrer en guerre avec Hafez al-Assad, le père d’Assad, pour un simple litige autour d’un oléoduc.

De toute évidence, si les médias traditionnels avaient réellement la volonté de rapporter la vérité sur le conflit syrien, ils présenteraient ces faits plus souvent, au lieu de nous asséner le récit simplifié de « Assad + Russie = mauvais ; Rebelles syriens = bons » qu’ils nous servent depuis 2011.

Cependant, ce n’est que grâce aux médias alternatifs et aux fuites que certains secteurs du public sont au courant de ces éléments, car les médias indépendants ont tendance à les mettre en avant au lieu de simplement les mentionner en passant.

Darius Shahtahmasebi

Traduction « Décodex mon c… » Par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

http://theantimedia.org/media-refusing-syrian-war-leaks/

 

Source:https://www.legrandsoir.info/les-medias-font-l-impasse-sur-les-revelations-sur-la-guerre-en-syrie-the-antimedia.html

Enfermez l’Angleterre, en taule ou au cabanon !

Il n’est définitivement pas possible d’aborder l’état de guerre ou de paix du monde sans s’intéresser au rôle, parfois visible, mais le plus souvent occulte, de l’Angleterre, dont les desseins déterminent l’état et l’orientation géopolitique du monde depuis des siècles. La perception de la réalité est rendue d’autant plus difficile que les historiens ne retiennent des évènements qui bouleversent le monde que leurs causes et leurs conséquences immédiates. Les personnages et les entités acteurs majeurs de ces évènements ne sont vus que dans le contexte strict de l’évènement dans lequel ils sont en train de jouer, occultant, par leur nature souvent exceptionnelle (ou présentée comme telle), la vision d’ensemble de la réalité sous-jacente où l’empreinte de la couronne britannique est pourtant toujours bien visible.

Comment le rôle du Royaume Uni peut-il pu être gommé, puis transformé ? Grâce à une formidable machine médiatique, bien sûr, mais pas seulement. Il y a surtout l’écriture de l’Histoire officielle. On oublie souvent que ce sont les récits officiels du moment qui façonnent l’écriture de l’Histoire. A la lumière de ce que nous voyons aujourd’hui, il est clair et évident que les faits concernant les évènements géopolitiques sont aux antipodes des récits officiels et médiatiques qui sont sensés les décrire. Ce constat n’a rien de nouveau, cela a toujours été ainsi. Dans une société culturellement fermée (et la société européenne l’était, et l’est encore à bien des égards) quelques recettes soigneusement mises en forme selon les standards culturelles suffisaient pour permettre de dissocier la réalité des faits du récit qui en était fait. Mais aujourd’hui, ces recettes ou leur mise en forme buttent de plus en plus contre l’ouverture culturelle de l’Européen au monde, en grande partie grâce à internet. La « Vérité en deçà des Pyrénées erreur au-delà » n’a plus cours. Et la « vérité au-delà » ne s’applique pas seulement aux évènements en cours, mais elle se permet aussi de revisiter l’Histoire. Ce n’est pas un hasard si les premières lois qui ont accompagné la montée d’Internet se soient appliquées à interdire le révisionnisme pour sauvegarder « l’Histoire officielle ».

***

Et nous y revoilà ! Toujours la même rengaine, le même vieux refrain archi-usé. Une fois de plus, le monde entier s’entend dire avec aplomb ce qu’il doit savoir, penser et croire. Une fois de plus on lui souffle jusqu’au rythme et au leitmotiv, pour qu’il sache comment il doit se dandiner en cadence.

Qui pourrait y résister ? Les paroles de l’inusable scie ne sont-elles pas prononcées en bon anglais et avec cet air de supériorité morale et intellectuelle qui ne peut que disperser tous les doutes ?

Le 19 février 2017, RT a publié ce qui suit :

« Le Telegraph, un des porte-parole préférés de la désinformation des services secrets anglais, se lance dans une autre opération de guerre psychologique envers la Russie », dit le journaliste indépendant Martin Summers. Une accusation de plus vient donc d’être lancée contre la Russie par le quotidien britannique, qui publie une histoire selon laquelle Moscou aurait été derrière un complot visant à tuer le Premier ministre du Monténégro en octobre dernier… Selon l’article, la Russie voulait renverser le gouvernement du pays pour l’empêcher de devenir membre de l’OTAN.

Donc, maintenant, c’est le Monténégro. Hier, c’étaient la Crimée, le Donbass et les élections américaines. Et revoilà la vilaine Russie ! La vilaine Chine, les vilains pays socialistes d’Amérique Latine, la vilaine Syrie, Érythrée, Zimbabwe, Afrique du Sud, Corée du Nord, Philippines, tous ces vilains qui se moquent de la supériorité anglo-saxonne.

 

Cette fois-ci, je n’ai pas l’intention d’écrire un long essai philosophique sur « l’absence de vergogne de la propagande anglaise ». Je vais juste interrompre un instant l’article de 10.000 signes que je suis en train d’écrire pour l’Académie Chinoise des Sciences Sociales (CASS) sur l’impact de la Révolution soviétique de 1917 dans le monde.

Parce que je tiens à rappeler ce qui, selon moi, devrait être évident pour tout le monde, mais qui apparemment ne l’est toujours pas pour des dizaines de millions de gens, à savoir qu’il est impossible de prendre au sérieux ces types qui, en Angleterre, dirigent les merdias grand public et les réseaux de la propagande mondialiste. Depuis des siècles, aucun autre pays au monde n’a causé plus de douleurs à la planète, détruit plus de vies, ruiné plus de nations et de cultures et volé plus de ressources matérielles aux autres peuples que le Royaume Uni. Et tout cela a été fait sans battre un cil, a été glorifié et justifié par l’appareil de propagande le plus avancé qui existe, tout a été « défendu sur des bases morales ». Le concept entièrement tordu de justice à l’anglaise a d’abord été appliqué à l’intérieur du pays, et exporté ensuite vers tous les coins du globe.

Cela a continué et continué pendant de longs siècles, et cela continue aujourd’hui, les violeurs imposent des codes moraux qui sont mondialement acceptés. Les assassins en masse dirigent des cours de justice internationales, les menteurs et voleurs notoires enseignent « l’objectivité » au reste du monde. Les gourous de la désinformation éduquent leurs propres enfants mais aussi ceux des « élites » d’un peu partout dans les « prestigieuses » usines d’endoctrinement que sont leurs écoles et leurs universités.

Il est d’autre pays, bien sûr, qui ont fait de leur mieux pour tenter de dépasser le Royaume Uni en matière de brutalité, d’avidité et d’art de tromper. Il vaut la peine de mentionner pour mémoire ces candidats au championnat du monde du génocide qu’ont été la France, l’Allemagne, l’Espagne et, plus récemment les États-Unis. Ils lui ont fait concurrence avec zèle et détermination, mais en dépit de tous leurs efforts, ils n’ont jamais vraiment réussi à rattraper leur modèle.

S’il vous plaît, contentez-vous juste d’y réfléchir un moment, si vous ne le faites pas déjà depuis des années. Ensuite, lavez-vous bien les yeux et rejetez un coup d’oeil aux tabloïdes et à ces « publications de référence » qui paraissent au Royaume Uni. Regardez leurs chaînes de télévision spécialisées dans l’endoctrinement de masse. Et, si vous êtes encore capable de détachement et de bon sens, comparez ce qu’on vous y raconte avec ce que vous voyez en regardant par la fenêtre, où que vous soyez dans le monde.

 

Il y a des années que je travaille sur tous les continents, dans quelque chose comme 160 pays. Partout, on m’a raconté des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête, on m’a montré les preuves des crimes les plus monstrueux et les plus barbares commis par les britanniques presque partout sur cette planète.

Pour en dresser une liste à moitié complète, il faudrait y consacrer une brochure d’une taille respectable, si pas un livre entier. Ne mentionnons que quelques-unes des horreurs les plus flagrantes dont la « Grande » Bretagne s’est rendue coupable : la traite d’esclaves et la destruction d’une énorme partie de l’Afrique, avec mise à mort directe ou indirecte de dizaines de millions de gens. L’occupation monstrueuse du « Sous-Continent » au prix de dizaines de millions de vies (y compris au moyen de famines artificiellement organisées). La mise à sac d’énormes parties de la Chine, dans son effort pour éradiquer ou au moins briser la nation la plus peuplée du monde. Les attaques brutales contre la jeune Union Soviétique. L’horrible traitement des populations insulaires d’Océanie (Pacifique Sud) jusqu’aux Caraïbes. Le gazage et le bombardement, c’est-à-dire l’extermination littérale des peuples du Moyen Orient, dans ce qui est aujourd’hui le Koweit et l’Irak jusqu’en Palestine. Les invasions de l’Afghanistan, dont le « règne de la terreur à Kaboul » de 1879. Il y a eu quantités d’autres choses, vraiment beaucoup de crimes cauchemardesques et d’actes sans nom, mais aujourd’hui je fais court.

 

Dans le « Nouveau Monde », c’est-à-dire dans des pays comme les États-Unis, le Canada et l’Australie, les plus terribles massacres de peuples indigènes ont été commis par les deux premières générations de colons européens, principalement anglais.

En réalité, la Grande Bretagne n’a jamais cessé un seul instant de commettre des crimes contre l’humanité. Depuis la IIe guerre mondiale, elle donne des cours aux USA, stratégiquement et idéologiquement, dans l’art de diriger un empire et de fabriquer l’unanimité du consentement en Occident, et même parmi les populations des pays colonisés (dans le contexte néo-colonial).

Elle a été impliquée dans certaines des actions les plus viles de l’histoire moderne, dans des pays comme l’Égypte, l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan, le Congo, ainsi que dans le Pacifique et la région des Grands Lacs en Afrique.

Je le répète, ceci n’est qu’un bref résumé, très incomplet.

 

Avec l’expérience qu’ils ont de l’occupation depuis des siècles d’énormes parties du monde, et sachant aussi d’expérience comment « pacifier » les indigènes, les Britanniques ont fini par développer, pour ensuite l’enseigner au reste du monde occidental, leurs très efficaces méthodes d’endoctrinement. Celles-ci ont ensuite été propagées davantage encore, principalement parmi les « élites » des nations colonisées. Résultat : des notions de perception globale complètement standardisées se sont développées et ont été mises en œuvre et imposées jusqu’en ce moment même. Elles comprennent une vision du monde en général, des « principes » et des « standards moraux », des lois et de la justice (y compris des concepts comme les « droits humains ») et même un jeu complet de valeurs générales.

La langue anglaise (surtout bien articulée avec un certain accent reconnaissable et acceptable) est devenu le principal outil linguistique incarnant à la fois la vérité et l’autorité.

Des nouvelles, présentées d’une certaine manière « objective » et avec un certain accent (ou un jeu acceptable d’accents), sont devenues subconsciemment, pour la grande majorité des gens, beaucoup plus dignes de foi que celles présentées par ceux qu’un grand journaliste, anthropologue et philosophe polonais, Ryszard Kapuscinski, appelait « les autres ».

 

Ce système en apparence « parfait » et à l’épreuve des balles a fini par générer une paresse intellectuelle, de la soumission et même de la servitude. Il réussit ainsi à remplir sa fonction, qui est de maintenir le statu quo.

Les mensonges s’empilent sur les mensonges, et même les plus évidentes fabrications ne sont plus, depuis quelque temps, remises en cause, si ce n’est dans certains organes marginaux, évidemment qualifiés d’« extrémistes » par le régime occidental.

L’empire colonialiste s’est débrouillé pour survivre. Il exerce à présent un pouvoir total. Il domine la psyché du colonisateur aussi bien que celle du colonisé. Des avancées, qu’on devait aux luttes de libération et d’indépendance d’après la IIe guerre mondiale, ont été adroitement annulées. On a pu alors officiellement déclarer le colonialisme « disparu ».

À un moment donné, les démagogues anglo-saxons ont inventé le « politiquement correct », outil encore plus efficace destiné à neutraliser et à « pacifier » toute résistance sérieuse. Le politiquement correct prétend que toutes les nations et toutes les races sont égales, il glorifie même, du moins verbalement, ces « petits peuples » et presque toutes les cultures des nations sous-développées », tandis que dans la réalité l’empire continue à piller et à manipuler la planète, comme il l’a fait depuis des siècles dans ses colonies, où les seuls qui prospèrent sont les membres de l’« élite » ralliée, les gouvernements moralement corrompus d’un monde démuni et esclave.

 

Comme il l’a toujours fait dans le passé, le régime choisit ses ennemis de façon pragmatique, et leur applique ensuite ses tactiques les plus éprouvées et les plus méprisables, lançant contre eux des campagnes de diffamation, déshumanisant les citoyens et les dirigeants des pays qu’ils ont choisis pour adversaires et créant souvent de fantasmagoriques mais très efficaces théories du complot.

Les médias britanniques, les agents de propagande britanniques, en fait tout l’establishment britannique ont atteint une perfection absolue dans le domaine du contrôle des cerveaux et du bourrage de crâne.

Comment, s’il n’en était pas ainsi, quiconque dans son bon sens prendrait-il au sérieux ce que racontent ceux qui sont responsables de la perte de dizaine de millions, peut-être de centaines de millions de vies humaines dans tous les coins du monde ?

Comment les maîtres d’œuvre de notre mondialisme insane pourraient-ils être pris au sérieux, s’ils n’avaient réussi à endoctriner complètement leurs « sujets » ?

Certains diraient que nous vivons dans un monde où la « normalité » ne se trouve plus que dans les asiles de fous, et que le seul endroit où puissent encore se réfugier un homme ou une femme douée de raison est derrière des barreaux ou sur une barricade.

Cependant, ceux qui pourraient nourrir ce genre d’idée ne doivent pas être très nombreux, puisque toute forme de réflexion est maintenant standardisée et sous contrôle. Cette fameuse liberté dont il est fait si grand cas se résume désormais à une poignée de choix personnels très limités, souvent égoïstes, que nous sommes encore autorisés à faire, tout en étant bel et bien bouclés à l’intérieur du système existant sans pouvoir en sortir.

Cette obsession britannique, européenne, en fait occidentale de tout contrôler, de tout maîtriser dans le monde a réussi à faire dérailler l’évolution naturelle des humains. Au lieu d’aspirations plus hautes, au lien de tentatives optimistes de construire une société égalitaire compatissante et pleine de joie, notre humanité se retrouve une fois encore enlisée dans une espèce de bourbier maître-esclave, dans quelque chose qui avait pourtant eu l’air d’être près de disparaître pendant certaines périodes du XIXe siècle et, un peu plus tard, au XXe siècle.

 

Comment combattre ce cauchemar ? Je l’ai écrit souvent et je dois le répéter. Pour faire changer les choses, il faut d’abord comprendre la réalité. Mais il ne s’agit pas de connaître seulement les faits, il s’agit de savoir les analyser, il s’agit de savoir comment percevoir le monde et les événements essentiels.

Nous sommes perpétuellement bombardés, littéralement inondés d’informations, de données et de « faits ». Ce qui manque, c’est une façon totalement nouvelle de trier et d’analyser les réalités dans lesquelles nous vivons.

L’Empire n’occulte pas les faits. Il se livre à quelque chose de beaucoup plus sinistre : il rend les gens incapables de les comprendre et de les analyser de manière logique.

Commençons par les notions de base les plus élémentaires. « Un meurtrier en masse ne peut pas s’ériger en juge ». « Celui qui endoctrine et pratique le lavage de cerveau ne peut pas enseigner ». « Ceux qui mettent des millions de gens dans les fers ne doivent pas être autorisés à prêcher la liberté ».

La réalité, c’est que nous sommes en présence d’une poignée de nations et de cultures mentalement dérangées, qui ne cessent de vouloir soumettre les autres, de violer et de piller des nations entières et même des continents, et qui veulent continuer à diriger de la sorte notre planète, si belle mais si terriblement défigurée.

Ces nations moralement mortes n’ont aucun reste de compassion et pas la moindre trace de rationalité. Ce fait a été prouvé encore et encore. Un million de victimes, dix millions de victimes, qu’est-ce que cela leur fait, du moment qu’ils peuvent continuer à dominer. La nature ruinée… des îles qui disparaissent… l’air empoisonné… tout cela leur est égal.. Des peuples entiers réduits à l’état de bétail endoctriné, émotionnellement et intellectuellement uniformisé… bof, on s’en fout, non ?

C’est une réalité extrêmement troublante, mais c’est la réalité. Plus tôt nous la reconnaîtrons pour ce qu’elle est, mieux cela vaudra.

La Grande Bretagne devrait s’asseoir sur son cul et pleurer d’horreur, en se rappelant tous les crimes qu’elle a commis, les camps de concentration qu’elle a construits en Afrique et ailleurs, en se souvenant des famines qu’elle a déclenchées en Inde et ailleurs, de ces monceaux d’innocents qu’elle a massacrés sur chaque et sur tous les continents. Elle devrait hurler de honte du nihilisme qu’elle a propagé, des enthousiasmes qu’elle a ruinés, des beaux rêves et des espoirs de notre espèce, qu’elle s’est acharnée à éteindre.

Elle devrait se figer sur place et pleurer d’horreur en se représentant les instructions qu’elle a données à des pays comme l’Afrique du Sud, aux États-Unis et au Rwanda, des instructions qui ont entraîné de terribles bains de sang au lieu de l’harmonie et du progrès dont avait besoin notre monde.

Pourquoi toute cette terreur ? Seulement pour que le Royaume Uni et ses cohortes puissent continuer à dominer et tout assujettir autour d’eux ? Il ne s’agit pas seulement de rapacité ou de ressources naturelles, il s’agit de pouvoir. Il s’agit de tyrannie.

Je ne veux plus de leurs analyses. Je ne veux plus de leurs nouvelles, de leurs informations, de leurs films, de leurs livres et de tout le fourbi de leur propagande. Même dans la solitude obscure d’une caverne on peut mieux comprendre le monde qu’en lisant leurs feuilles de désinformation ou en regardant leurs chaînes d’endoctrinement télévisé. Tout cela n’a pas d’autre but que de déboussoler les gens pour les rendre passifs et soumis. Leurs présentateurs aussi bien que leurs journalistes de l’écrit ressemblent à de tristes robots lobotomisés : il n’y a pas de vie, rien de neuf, rien de hardi ni de révolutionnaire dans leurs paroles. Ces êtres fonctionnent approximativement : ils bougent, mangent, chient, rabâchent ce qu’ils sont censés rabâcher, mais ils ne vivent pas.

Ils ne savent que salir, pas inspirer. Quand on trouve chez eux un semblant d’optimisme, ou de rire, il est toujours faux, préfabriqué et produit en série.

Si on y réfléchit un peu, cela va de soi. Un bourreau ne peut pas être un visionnaire ou un idéaliste.

Comparée à celle de la Chine ou de l’Iran, la culture de la Grande Bretagne est relativement jeune. Et pourtant, on la sent vieille, fatiguée, éteinte et obsolète. Trop de crimes et trop de mensonges peuvent épuiser même un jeune organisme.

Si l’Angleterre était une personne se mouvant dans une société normale, elle serait soit en prison soit dans un asile d’aliénés. On pourrait en dire autant d’ailleurs du reste de l’« Occident ».

Nous n’avons rien à apprendre d’un maniaque assassin, n’est-ce pas ? Notre seule préoccupation devrait être comment lui passer la camisole de force, comment l’empêcher de tuer et de faire du mal aux autres, et comment y arriver le plus vite possible.

 

Je doute aussi qu’avec un tel pedigree, un pareil curriculum, notre dangereux dément doive être autorisé à interpréter publiquement le monde, à enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, et même à participer à aucune discussion sur les questions essentielles qui se posent à notre planète.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Andre Vltchek (ici avec Noam Chomsky) est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation américain d’origine tchèque, né à Léningrad. Il a couvert les guerres et les conflits dans des douzaines de pays. Ses trois derniers livres sont le roman révolutionnaire Aurora et deux essais politiques : Exposing Lies Of the Empire (Révéler les mensonges de l’Empire) et Fighting against Western Imperialism (Combattre l’impérialisme occidental), qui sont déjà des best Sellers. Il est aussi le co-auteur – avec Noam Chomsky – de On Western Terrorism: From Hiroshima to Drone Warfare  (Sur le terrorisme occidental. D’Hiroshima à la guerre par drones). On peut  voir ses autres ouvrages ICI. En ce moment, Andre réalise un film pour TeleSUR et Al-Moyadeen. Voir ici Rwanda Gambit, son documentaire révolutionnaire sur le Rwanda et la République Démocratique du Congo.

Vltchek a vécu en Amérique Latine, en Afrique et en Océanie. Il vit actuellement en Extrême et au Moyen Orient et poursuit son travail dans les autres parties du monde.

On peut le joindre sur son site web http://andrevltchek.weebly.com et sur Twitter.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46530.htm

 

 Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Mossoul : les USA exfiltrent les agents secrets de Daech

Les États-Unis cherchent à faire fuir les agents des services secrets du groupe terroriste Daech de Mossoul, a confié le porte-parole du mouvement Ahl al-Haq à l’agence Fars.

Jawad al-Tulaibawi, porte-parole du mouvement Ahl al-Haq, lié aux unités de la mobilisation populaire en Irak, a fait part des tentatives américaines visant à exfiltrer les agents du renseignement de Daech de la ville de Mossoul.

Les Américains cherchent à aider, de nouveau, Daech, d’après les documents appuyés récemment révélés, a-t-il insisté.

D’après le porte-parole d’Ahl al-Haq, les États-Unis ont fait tout leur possible, pour aider les terroristes étrangers de Daech et des éléments terroristes liés aux services de renseignement d’autres pays à sortir de Mossoul.

« Ces terroristes avaient un rôle important dans la préparation des plans de guerre et les attaques terroristes de Daech dans diverses régions de l’Irak depuis ces deux dernières années », a-t-il fait savoir.

Selon lui, plus l’étau se resserre autour de Daech à Mossoul, plus les opérations héliportées que l’on prétend être de la coalition internationale anti-Daech dirigée par les États-Unis en Irak, s’intensifient.

Pour Jawad al-Tulaibawi, ces opérations héliportées visent à empêcher l’arrestation ou la mort des éléments intéressants pour Washington à Mossoul.

De nouvelles preuves incontestables, appuyées par les vidéos, publiées sur les réseaux sociaux, montrent des appareils aéroportés inconnus qui survolent les régions sous contrôle de Daech en Irak. Le plus intéressant est que ces vols s’intensifient au rythme des opérations militaires des Irakiens contre les terroristes.

 

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i31010-mossoul_les_usa_exfiltrent_les_agents_secrets_de_daech

Comment Google a volontairement aidé à renverser le régime d’El-Assad

Un courriel trouvé dans les archives du cabinet d’Hillary Clinton montre que Google Ideas, la « filiale diplomatique » de Google (désormais Jigsaw), a sciemment contribué à fragiliser le régime de Bachar El-Assad en Syrie.

Google n’est pas seulement un moteur de recherche, ni même une multinationale aux multiples services en ligne. C’est aussi une puissance diplomatique obscure, que le fondateur de Wikileaks Julian Assange avait décrit dans un livre passionnant publié en septembre 2014, When Google Met Wikileaks.

L’ouvrage racontait le rôle clé détenu par un personnage totalement inconnu du grand public, Jared Cohen, qui figure pourtant parmi les 100 personnalités les plus influentes identifiées par le magazine TIME. À seulement 35 ans, cet ancien conseiller diplomatique de Condoleeza Rice et d’Hillary Clinton au ministère des affaires étrangères du gouvernement est un spécialiste de l’anti-terrorisme et de la « contre-radicalisation », et un bon connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud. C’est aussi, dans ce cadre, un militant de la défense des libertés sur Internet, qui aident à faire tomber les régimes autoritaires.

Cohen est à la tête de Jigsaw, anciennement appelé « Google Ideas ». Le rôle de cette filiale discrète est purement géopolitique, et vise à apporter un soutien aux opposants et à tout ce qui favorise notamment la liberté d’expression dans le monde, pour déstabiliser les régimes défavorables aux valeurs occidentales. Mais jamais Cohen ou Jigsaw ne le disent aussi nettement.

MON ÉQUIPE PRÉVOIT DE LANCER UN OUTIL POUR ENCOURAGER DAVANTAGE DE DÉFECTIONS ET DONNER CONFIANCE À L’OPPOSITION

Or la confirmation de l’agenda politique de Google et de sa filiale est venu dans un e-mail retrouvé dans les archives d’Hillary Clinton, qui ont fuité. On peut y lire un courriel envoyé par Jared Cohen le 25 juillet 2012, au cabinet de la secrétaire d’État, dans lequel l’homme informe la diplomatie américaine d’une initiative que Google Ideas s’apprête à lancer :

Source:  Comment Google a volontairement aidé à renverser le régime d’El-Assad

Guillaume Champeau

 

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.