De l’intérêt de ne pas se laisser faire…

Le chantage à l’accusation d’antisémitisme et devenu tellement banal et a été utilisé de manière si grossièrement stupide tant et tant de fois et depuis si longtemps par les adorateurs inconditionnels de la politique israélienne (les seuls que Israël et son gouvernement supportent plus ou moins bien) qu’on pourrait croire que cette arme éculée tombe en désuétude. Il n’en est rien, hélas.

Le 11 juin 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet (dite “NKM”) avait accusé, sur France 2, Jean-Luc Mélenchon d’accueillir « sur son site, des gens qui font profession d’antisémitisme ».  Alain Juppé et Jean-François Copé,  appartenant comme elle au parti “Les Républicains”, avaient dans les jours qui suivirent repris à leur compte (sous des formes un peu différentes) cette accusation. Il s’agissait de la reproduction sur le site de Mélenchon de déclarations du compositeur grec Mikis Theodorakis… concernant l’austérité mortifère imposée à son pays par l’U.E.

Mais voilà, Mikis Théodorakis avait été accusé neuf ans plus tôt d’avoir tenu des propos antisémites, et dès lors qu’importe son passé de résistant à la dictature fasciste dans son pays, qu’importe son œuvre immense, qu’importe qu’il ait été honoré du titre de docteur honoris causa par des universités du monde entier, qu’importe même qu’il ait reçu les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur des mains du ministre français Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) en 2007 à l’ambassade de France à Athènes… Mikis Théodorakis est devenu, aux yeux des vertueux NKM, Jupé et Copé et de leurs semblables, absolument infréquentable, puisqu’en agitant son nom on peut espérer s’attirer les bonnes grâces de l’électorat juif en France. On ignore jusqu’ici si la malédiction visant Théodorakis sera étendue à ses descendants jusqu’à le neuvième génération ou jusqu’à la douzième. Le CRIF ne s’est pas encore prononcé.

Mélenchon n’est pas du genre à se laisser insulter sans réagir et il avait déposé plainte. En première instance, les trois politiciens  de droite avaient été condamnés chacun à une amende de 1000 euros avec sursis. Ils avaient fait appel.

La cour d’appel de Paris a relaxé mercredi dernier Jean-François Copé, qui avait eu la prudence de tourner ses phrases de manière à salir Mélenchon mais tout en pouvant le nier (il n’avait pas accusé Mélenchon d’être antisémite mais “d’avoir des copains antisémites”, nuance !), mais elle a confirmé la condamnation de Nathalie Kosciusko-Morizet et celle d’Alain Juppé.

Jean-Luc Mélenchon  avait préféré, à l’époque, nier avoir eu connaissance des déclarations faites par Mikis Theodorakis en 2003. Heureusement, le compositeur grec (âgé de 91 ans aujourd’hui) n’avait besoin de personne pour se défendre, et il avait répliqué dans L’Humanité en juin 2012 (extraits), sans bien entendu parvenir à faire taire complètement ses détracteurs :

«Je suis grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions.

À l’époque, j’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de juifs grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie.

Plus tard, j’ai composé le cycle Mauthausen que, notamment en Israël, l’on considère quasiment comme un hymne national. J’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie quand, dans les années 1980, il m’a été accordé de diriger cette œuvre sur le site du camp de concentration de Mauthausen, tout d’abord chantée en grec par sa première interprète, Maria Farantouri, puis en allemand par Gisela May, et en hébreu par la chanteuse israélienne, Elinoar Moav. Je l’ai dirigée une fois encore sur ces lieux et, depuis lors, l’œuvre enregistrée est diffusée sans interruption sur le site du camp. […]

Je suis souvent allé en Israël, en Palestine et au Liban, et c’était chaque fois la paix, l’amitié, la coexistence et la coopération entre ces deux peuples martyrs qui occupaient mes pensées. En tant que Grec, je me sens proche d’eux, comme si nous appartenions à la même famille. Et pourtant, pour certains fanatiques, d’un côté comme de l’autre, je suis la cape rouge agitée devant le taureau. Pourquoi ? Parce que j’ai la franchise et le courage de dire la vérité et de la dire même dans la gueule du loup. Ainsi, quand je suis en Palestine, je m’exprime ouvertement et publiquement contre les fanatiques qui me haïssent et, quand je suis en Israël, je fais de même en critiquant tout aussi ouvertement et publiquement les fanatiques qui, en raison de la diaspora juive présente dans tous les pays du monde, ont la possibilité de transformer leur haine en venin et en mensonges monstrueux. […]

D’ailleurs, la dénonciation du racisme et la défense de ses victimes ont guidé mes décisions et mes actes tout au long de ma vie. Une vie jalonnée de poursuites qui m’ont souvent poussé jusqu’au seuil de la mort.

Donc, me qualifier de raciste et d’antisémite n’est pas une simple calomnie, mais l’expression de la pire bassesse morale, issue le plus souvent de cercles proches d’organisations et d’individus opérant dans la mouvance du néonazisme et auxquels la crise a permis de relever la tête pour nous menacer et – incroyable, mais vrai – nous accuser, eux, d’antisémitisme en utilisant un arsenal de mensonges et de déclarations insidieuses !

Il suffit de dire, par erreur manifeste, dans une interview de trois heures, “antisémite” au lieu d’“antiraciste”, et on s’empare d’une seule et unique phrase dont on isole un mot, brandi comme un étendard, tout simplement pour servir l’intention de m’incriminer. Depuis combien d’années était-on aux aguets pour une simple erreur ? Le mot “antisémite” correspond-il vraiment à ce qui suit ? “J’aime le peuple juif avec lequel nous avons vécu et souffert en Grèce pendant des années et je hais l’antisé­mitisme.” Je suppose que mes différents ennemis se sont bien gardés de citer ces paroles. Et pourtant, c’est exactement la phrase que j’ai prononcée. Ce n’est pas quelque chose que je viens d’inventer, après-coup, en guise d’alibi. Il en est ainsi, et il est facile de le prouver de façon incontestable en écoutant toute la phrase, exactement comme je l’ai prononcée et non pas en la tronquant comme l’ont voulu mes adversaires.  […]

Donc, même si après la lecture de ce qui précède, certains persistent encore à me faire passer pour quelqu’un que je n’ai jamais été et que, bien sûr, je ne suis pas, le doute n’est plus permis. Tout est fait sciemment pour servir d’autres finalités, car ma foi inébranlable dans la paix et la coexistence des deux peuples martyrs, juif et palestinien, en dérange plus d’un. »

Athènes, le 15 juin 2012 (Traduit du grec par Arlette Manoli)

Photo: Mikis Theodorakis

Source:http://www.pourlapalestine.be/chantage-a-lantisemitisme-de-linteret-de-ne-pas-se-laisser-faire-les-diffamateurs-de-melenchon-condamnes/

 

Comprendre la peur du « super fuze »

Pendant des semaines, j’ai reçu des e-mails paniqués, où des lecteurs me demandaient si les États-Unis avaient développé une technologie spéciale nommée « super fuze » qui leur permettrait de réussir une première attaque (préventive) de désarmement contre la Russie. Des super fuzes étaient aussi mentionnés en lien avec un prétendu manque, de la part de la Russie, d’un système d’alerte spatial à infrarouge donnant moins de temps aux Russes pour réagir à une éventuelle frappe nucléaire américaine.

Note du Saker Francophone : Cet article vient en contre argument de l’article d’Eric Zuesse, que nous avons traduit ici.

Alors qu’il y a une base factuelle à tout cela, l’article original induit le lecteur en erreur avec un titre choquant, How US nuclear force modernization is undermining strategic stability : The burst-height compensating super-fuze [Comment la modernisation de la force nucléaire étasunienne nuit à la stabilité stratégique : le super fuze qui compense la hauteur d’explosion], et présente plusieurs conclusions non étayées. En outre, cet article original a été examiné plus avant par de nombreux observateurs, qui manquent tout simplement de l’expertise suffisante pour comprendre ce que signifient réellement les faits mentionnés. Ensuite, les diverses sources ont commencé à se citer les unes les autres et, pour finir, tout cela a débouché sur une « peur du super fuze » totalement infondée. Essayons de comprendre.

Comprendre les frappes nucléaires et leurs objectifs

Pour comprendre ce qui s’est réellement passé, je dois d’abord définir quelques termes fondamentaux :

·         Capacité de destruction d’une cible difficile : cela se rapporte à la capacité d’un missile de détruire une cible fortement protégée, comme un silo de missiles souterrain ou un poste de commandement profondément enterré.

·         Capacité de destruction d’une cible facile : la capacité de détruire des cibles peu ou pas protégées.

·         Frappe de la force antagoniste : cela réfère à une frappe visant les capacités militaires de l’ennemi.

·         Frappe de contre-valeur : cela se rapporte à une frappe sur des ressources non militaires, comme des villes.

Comme les silos de missiles nucléaires et les postes de commandement sont bien protégés et profondément enterrés, seuls des missiles capables de détruire des cibles difficiles (HTK dans son acronyme anglais) peuvent procéder à une attaque de la force antagoniste. Des systèmes capables de détruire des cibles faciles (STK dans son acronyme anglais) sont par conséquent vus généralement comme la capacité ultime de représailles pour frapper les villes ennemies. L’idée fondamentale ici est que la capacité HTK n’est pas fonction de la puissance explosive, mais de la précision. Oui, en théorie, une arme extrêmement puissante peut compenser à un certain point un manque de précision, mais en réalité, tant les États-Unis que l’URSS/la Russie ont compris depuis longtemps que la véritable clé des armes HTK résidait dans leur précision.

Pendant la Guerre froide, les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) étaient plus précis que les missiles balistiques sous-marins (SLBM), simplement parce que viser depuis la surface et à partir d’une position fixe était beaucoup plus facile que le faire depuis un sous-marin immergé et en mouvement. Les Américains ont été les premiers à déployer un SLBM HTK opérationnel, avec leur Trident D-5. Les Russes n’ont acquis cette capacité que très récemment (avec leur R-29RMU Sineva SLBM).

Selon le Bulletin of Atomic Scientists [Bulletin des scientifiques atomiques], il y a une dizaine d’années, seuls 20% des SLBM américains étaient capables de HTK. Ce que font ces super fuzes est de mesurer très précisément l’altitude optimale à laquelle exploser, compensant ainsi partiellement le manque de précision d’une arme incapable de détruire une cible difficile. Bref, ces supers fuzes ont rendu tous les SLBM américains aptes au HTK.

Est-ce important ?

Oui et non. Ce que cela signifie sur le papier est que les États-Unis n’ont fait que bénéficier d’une augmentation massive du nombre de leurs missiles de capacité HTK. Ainsi, ils ont maintenant une force beaucoup plus importante de missiles en mesure de pratiquer une frappe pour désarmer la force ennemie. En réalité, cependant, les choses sont beaucoup plus compliquées.

Comprendre les frappes stratégiques

Effectuer une frappe stratégique pour désarmer les force ennemies que sont l’URSS et plus tard la Russie, est un vieux rêve américain. Vous souvenez-vous du programme de « Guerre des étoiles » de Reagan ? L’idée derrière était simple : développer la capacité d’intercepter suffisamment d’ogives nucléaires soviétiques entrantes pour protéger les États-Unis d’une contre-attaque soviétique en représailles. Cela pourrait fonctionner de la manière suivante : détruire, disons, 70% des ICBM/SLBM soviétiques et intercepter les 30% restants avant qu’ils puissent atteindre les États-Unis. C’était une absurdité totale tant technologiquement (la technologie n’existait pas) que stratégiquement (rien que quelques « fuites » soviétiques pouvaient effacer des villes américaines entières, qui pourrait prendre un tel risque ?). Le déploiement le plus récent des systèmes américains de missiles anti-balistiques en Europe a exactement le même but : protéger les États-Unis d’une contre-attaque en représailles. Sans entrer dans des considérations techniques complexes, disons seulement qu’actuellement, ce système ne protégerait jamais les États-Unis de quoi que ce soit. Mais à l’avenir, nous pourrions imaginer un scénario de ce genre :

1.    Les États-Unis et la Russie acceptent de pratiquer des coupes encore plus profondes dans leurs forces nucléaires stratégiques, ce qui réduit de manière importante le nombre total des SLBM/ICBM russes.

2.    Les États-Unis déploient tout autour de la Russie des systèmes anti-balistiques qui peuvent capturer et détruire des missiles russes, au tout début de leur vol vers eux.

3.    Les États-Unis déploient aussi un grand nombre de systèmes dans l’espace étasunien ou autour pour intercepter toute ogive nucléaire russe entrante.

4.    Les États-Unis disposant d’une force HTK très importante exécutent une frappe stratégique réussie détruisant 90% (ou environ) des capacités russes, puis le reste est détruit pendant leur vol.

C’est le rêve. Ça ne marchera jamais. Voici pourquoi :

1.    Les Russes n’accepteront pas de réduire fortement leurs forces nucléaires stratégiques.

2.    Les Russes ont déjà développé leur capacité à détruire le système anti-balistique américain déployé en Europe.

3.    Les ogives et les missiles russes sont maintenant manœuvrables et peuvent même suivre n’importe quelle trajectoire, y compris au-dessus du pôle Sud, pour atteindre les États-Unis. Les nouveaux missiles russes ont une première étape d’utilisation initiale beaucoup plus courte et plus rapide, ce qui les rend beaucoup plus difficiles à intercepter.

4.    La dépendance de la Russie aux missiles balistiques sera progressivement remplacée par des missiles de croisière stratégiques (à longue portée) – davantage à ce sujet ci-dessous.

5.    Ce scénario présume à tort que les États-Unis sauront alors où seront les sous-marins russes lanceurs de SLBM lorsqu’ils les lancent et qu’ils seront en mesure de les engager (davantage à ce sujet ci-dessous).

6.    Ce scénario ignore totalement les ICBM russes mobiles sur route et par rail (davantage à ce sujet plus tard).

Comprendre les MIRV

Avant d’expliquer les points 4, 5 et 6 ci-dessus, je dois mentionner un autre fait important : un missile peut transporter une seule ogive ou plusieurs (plus de 12 ou davantage). Lorsqu’un missile transporte plusieurs ogives indépendantes, il se nomme MIRV, comme dans « multiple independently targetable reentry vehicle » [ogives à têtes multiples indépendamment guidées].

Les MIRV sont importants pour plusieurs raisons. Tout d’abord, un seul missile avec dix ogives peut, en théorie, détruire dix cibles différentes. Parallèlement, un seul missile peut transporter, disons, 3 à 4 vraies ogives et 6 à 7 leurres. Pratiquement, ce qui a l’air d’un missile au décollage peut se transformer en 5 véritables ogives, toutes visant des objectifs différents, et en 5 faux leurres conçus pour rendre une interception plus difficile. Les MIRV, cependant, présentent aussi un grand problème : ce sont des cibles peu rentables. Si, avec une de mes ogives, je peux détruire un de « vos » missiles MIRV, je perds une ogive mais vous en perdez dix. C’est une des raisons pour lesquelles les États-Unis abandonnent progressivement leurs MIRV et leurs ICBM terrestres.

L’idée importante ici est que la Russie a un grand nombre d’option possibles entre lesquelles choisir et il est impossible de prédire combien de ses missiles comporteront des ogives indépendamment guidées. Par ailleurs, tous les SLBM américains et russes resteront guidés indépendamment, dans un avenir prévisible (« dé-MIRVer » des SLBM n’a aucun sens, puisque tous les sous-marins transportant des missiles nucléaires (ou SSBN) constituent une gigantesque bloc de lancement MIRV, par définition).

Contrairement aux missiles avec MIRV, des missiles à ogive unique sont de très mauvaises cibles pour tenter de les détruire en utilisant des armes nucléaires : même si « mon » missile détruit « vos » missiles, chacun de nous en perd un. Quel est l’intérêt ? Pire, si j’ai à utiliser deux des « miens » pour m’assurer vraiment que les « vôtres » sont déjà détruits, mon attaque aura pour résultat que j’utilise deux ogives en échange d’une seule des vôtres. Cela n’a aucun sens.

Enfin, dans les contre-mesures de représailles, les ICBM/SLBM dotés de MIRV sont une menace terrible : un seul SLBM R-30 Bulava (SS-N-30) ou un seul SLBM R-36 Voevoda (SS-18) peut détruire dix villes américaines. Le risque en vaut-il la chandelle ? Par exemple, si les États-Unis ont échoué à détruire un seul SSBN de classe Borei – ce qui pourrait signifier théoriquement que cet unique SSBN pourrait détruire plus de 200 villes américaines (20 SLBM avec 10 MIRV chacun). Qu’est-ce que cela représente comme risque ?

Comparer la triade nucléaire américaine et russe

Des armes nucléaires stratégiques peuvent être déployées sur terre, en mer ou expédiés par avion. C’est ce qu’on appelle la « triade nucléaire ». Je ne discuterai pas de la partie aérienne des triades américaines et russes, puisqu’elles n’ont pas d’effet significatif sur le tableau d’ensemble et parce qu’elles sont à peu près comparables. Les systèmes marins et terrestres et les stratégies qui les sous-tendent ne pourraient pas être plus différents. En mer, les États-Unis ont des capacités HTK depuis de nombreuses années et ils ont décidé de maintenir la plus grande partie de leur arsenal nucléaire dans des SSBN. Au contraire, les Russes choisissent de développer des missiles balistiques intercontinentaux transportables sur route. Le tout premier a été le RT-2PM Topol (SS-25) déployé 1985, suivi par le T-2PM2 « Topol-M » (SS-27) déployé en 1997 et le RT-24 Yars révolutionnaire, ou Topol’-MR (SS-29) déployé en 2010 (les États-Unis ont envisagé des missiles stratégiques mobiles sur route mais n’ont jamais réussi à développer leur technologie).

 

Les Russes ont également développé des missiles mobiles sur rail, appelés RT-23 Molodets (SS-24) et sont sur le point de déployer une version plus récente dite RS-27 Barguzin (SS-31?). Voici à quoi ils ressemblent :

ICBM russes mobiles sur route et sur rail

Les SSBN et les missiles mobiles sur route et sur rail ont deux choses en commun : ils sont mobiles et ils dépendent de leur dissimulation pour survivre, puisque aucun d’eux ne peut l’espérer autrement. Le SSBN se cache dans les profondeurs de l’océan, les lanceurs de missiles mobiles sur route traversent les immenses étendues de la Russie et peuvent se dissimuler, littéralement, dans n’importe quelle forêt. Quant au train de missile mobile, ils se dissimulent en étant totalement indiscernable de tout autre train sur l’immense réseau ferroviaire russe (même de près, il est impossible de dire si ce que vous voyez est un convoi de fret normal ou un train spécial de lancement de missiles). Pour détruire ces systèmes, la précision ne suffit absolument pas : vous devez les trouver, et les trouver avant qu’ils lancent leurs missiles. C’est, de toute évidence, tout à fait impossible.

La Marine russe aime garder ses SSBN sous la calotte polaire ou dans ce qu’elle appelle des « bastions », comme la mer d’Okhotsk. Alors que ce ne sont pas vraiment des zones « interdites » pour les sous-marins d’attaque américains (SSN), elles sont extrêmement dangereuses, la Marine russe y dispose d’un énorme avantage sur les États-Unis (ne serait-ce que parce que les sous-marins d’attaque américains ne peuvent pas compter sur le soutien de navires de surface ou d’avions). La Marine étasunienne possède quelques-uns des meilleurs sous-marins sur la planète et des équipages admirablement formés, mais je trouve très peu probable l’idée que les SSN américains peuvent trouver et détruire tous les SSBN russes avant que ceux-ci ne puissent les lancer.

En ce qui concerne les missiles montés sur rail et sur route, ils sont protégés par les défenses aériennes russes, qui sont les plus avancées sur la planète, pas le genre d’espace aérien où les États-Unis voudraient envoyer des bombardiers B-53, B-1 ou B-2. Mais le plus important est que ces missiles sont totalement cachés, et même si les États-Unis pouvaient les détruire d’une manière ou d’une autre, ils ne parviendraient pas à en trouver assez pour faire d’une première frappe de désarmement une option viable. D’ailleurs, le RS-24 a quatre MIRV (ce qui fait 4 villes américaines), tandis que le RS-27 en aura entre 10 et 16 (ce qui fait encore 10 à 16 villes anéanties).

À propos de la géographie et des missiles de croisière

Enfin, examinons la géographie et les missiles de croisière. Deux missiles de croisière russes sont particulièrement importants pour nous : le Kh-102 et le 3M-14K (?) :

 

 

L’important, pour ces deux missiles de croisière, est que le KH-102 a une énorme portée et que le KM-14K peut être lancé depuis des avions, des navires et même des conteneurs. Regardez cette vidéo qui montre les capacités de ce missile :

Examinons maintenant où est située l’immense majorité des villes américaines – le long des côtes Est et Ouest des États-Unis – et le fait que ces dernières n’ont aucune sorte de défenses aériennes pour les protéger. Un bombardier stratégique russe pourrait frapper n’importe quelle endroit de la côte Ouest, à partir du milieu de l’océan Pacifique. Quant à un sous-marin russe, il pourrait frapper n’importe quelle ville américaine depuis le milieu de l’Atlantique. Enfin, les Russes pourraient dissimuler un nombre inconnu de missiles de croisière dans ce qui ressemble à un navire porte-conteneur normal (portant pavillon russe ou n’importe quel autre pavillon, d’ailleurs), naviguer simplement à proximité immédiate de la côte étasunienne et déchaîner un barrage de missiles nucléaires.

Quel temps de réaction un tel tir de barrage donnerait-il au gouvernement des États-Unis ?

Comprendre le temps de réaction

 

Il est vrai que le système spatial d’alerte précoce soviétique et russe est en mauvais état. Mais savez-vous que la Chine n’a jamais pris la peine de développer un tel système spatial en premier lieu ? Donc qu’est-ce qui ne va pas avec les Chinois, sont-ils stupides, en retard technologiquement ou savent-ils quelque chose que nous ignorons ?

Pour répondre à cette question, nous devons examiner les choix auxquels est confronté un pays victime d’une attaque de missiles nucléaires. Le premier choix est dit « lancement sur alerte » : vous voyez les missiles arriver et vous pressez le « bouton rouge » (des clés, en réalité) pour lancer vos propres missiles. On en parle parfois en disant « les utiliser ou les perdre ». Le choix suivant est « lancement sur frappe » : vous lancez tout ce que vous avez, dès qu’une frappe nucléaire sur votre territoire est confirmée. Et, pour finir, il y a « les représailles après la sortie » : vous absorbez tout ce que votre ennemi a tiré sur vous, puis vous prenez la décision de frapper en retour. Ce qui est évident est que la Chine a adopté, par choix politique ou en raison de ses capacités spatiales limitées, l’option d’un « lancement sur frappe » ou de « représailles après sortie ». C’est particulièrement intéressant, puisque la Chine possède relativement peu d’ogives nucléaires et encore moins d’ICBM à vraiment longue portée.

Comparez cela avec les Russes, qui ont récemment confirmé qu’ils ont depuis longtemps un « système d’emprise mortelle » appelé « Perimetr », qui vérifie automatiquement qu’une attaque nucléaire a eu lieu et lance automatiquement une contre-frappe. Ce serait une attitude de « lancement sur frappe », mais il est aussi possible que la Russie ait une double posture : elle essaie d’avoir la capacité de lancer sur alerte, mais s’assure doublement avec une « emprise mortelle » par une capacité de « lancement sur frappe ».

Jetez un coup d’œil sur cette estimation des stocks mondiaux d’ogives nucléaires stratégiques : alors que la Chine est créditée de seulement 260 ogives, la Russie en a encore un énorme 7000. Et une capacité d’« emprise mortelle ». Et pourtant la Chine se sent suffisamment confiante pour annoncer une politique de « non  première frappe ». Comment peuvent-ils dire cela, sans capacité spatiale de détection d’un lancement de missiles nucléaires ?

Beaucoup diront que les Chinois souhaitaient avoir plus d’armes nucléaires et de capacités de détection spatiale de lancement de missiles nucléaires, mais que leurs moyens financiers et technologiques actuels ne le leur permettent tout simplement pas. Peut-être. Mais personnellement, je suppose qu’ils comprennent que même leur force très minime représente une dissuasion suffisamment bonne pour tout agresseur potentiel. Et ils pourraient avoir raison.

Permettez-moi de vous poser la question : combien de généraux et de politiciens américains voudraient sacrifier, ne serait-ce qu’une grande ville des États-Unis, pour désarmer la Chine ou la Russie ? Quelques-uns, probablement. Mais j’espère vraiment que la majorité comprendrait que le risque resterait énorme.

D’une part, la guerre nucléaire moderne n’a été « mise en pratique » jusqu’à présent que sur le papier et sur ordinateur (et Dieu merci !). Donc personne ne sait avec certitude comment une guerre nucléaire se jouerait vraiment. La seule certitude est que rien que les conséquences politiques et économiques seraient catastrophiques et totalement imprévisibles. En plus, il reste très peu clair comment empêcher qu’une telle guerre ne détruise entièrement un côté. La prétendue « désescalade » est un concept fascinant, mais jusqu’ici personne ne l’a réellement imaginée. Enfin, je suis personnellement convaincu que les États-Unis comme la Russie ont plus que suffisamment d’armes nucléaires capables de survivre pour décider finalement de lancer une attaque à grande échelle contre l’ennemi. C’est le grand problème que de nombreux pacifistes bien intentionnés n’ont jamais compris : c’est une bonne chose que « les États-Unis et la Russie aient les moyens de faire exploser le monde plus de dix fois », simplement parce que si chaque côté a réussi à détruire, disons, 95% des forces nucléaires étasuniennes ou russes, les 5% restants seraient plus que suffisants pour balayer le camp attaquant dans une contre-offensive dévastatrice. Si la Russie et les États-Unis avaient, par exemple, seulement 10 ogives nucléaires, alors la tentation d’essayer de les abattre serait beaucoup plus grande.

C’est effrayant et même malsain, mais avoir une quantité d’armes nucléaires est plus sûr, du point de vue de la « stabilité d’une première frappe » que d’en avoir peu.

Considérez qu’en temps de crise, les États-Unis et la Russie précipiteraient leurs bombardiers stratégiques et les maintiendraient dans les airs, les ravitaillant en cas de besoin, aussi longtemps que nécessaire pour éviter qu’ils ne soient détruits au sol. Donc même si les États-Unis détruisaient TOUS les ICBM/SLBM russes, il y aurait encore quelques bombardiers stratégiques en attente sur des aires de rassemblement, à qui on pourrait donner l’ordre de frapper. Et ici, nous arrivons à un dernier concept fondamental.

Les frappes de contre-attaque exigent beaucoup d’ogives capables d’atteindre des cibles difficiles (HTK). Les estimations des deux côtés sont gardées secrètes, bien sûr, mais nous parlons de plus de 1000 cibles dans chaque camp, au moins répertoriées, si ce n’est effectivement visées. Mais une frappe de contre-attaque exigerait bien moins. Les États-Unis n’ont que dix villes de plus d’un million d’habitants. La Russie n’en a que douze. Et, souvenez-vous, théoriquement une seule ogive suffit pour une ville (ce n’est pas vrai, mais à toutes fins pratique, ça l’est). Regardez seulement ce que le 9/11 a fait aux États-Unis et imaginez si, par exemple, « seulement » Manhattan avait été vraiment atomisé. Vous pouvez facilement imaginer les conséquences.

Conclusion 1 : les super fuzes ne sont pas vraiment aussi super que ça

La peur des super fuzes est si exagérée qu’elle est presque une légende urbaine. Le fait est que, même si tous les SLBM américains sont maintenant capables de HTK et que même si la Russie n’a pas de capacité fonctionnelle de détection spatiale de lancement (elle travaille à une nouvelle version, d’ailleurs), cela n’affecte nullement le fait essentiel qu’il n’y a rien, rien du tout, que les États-Unis puissent faire pour empêcher la Russie d’anéantir les États-Unis dans une frappe de représailles. L’inverse est également vrai, les Russes ont exactement zéro espoir d’atomiser les États-Unis et de survivre aux inévitables représailles américaines.

La vérité est que dès le début des années 1980, les spécialistes soviétiques (le maréchal Oharkov) et américains étaient déjà arrivés à la conclusion qu’une guerre nucléaire était ingagnable. Ces trente dernières années, deux choses ont énormément changé la nature du jeu. Premièrement, un nombre croissant d’armes conventionnelles sont devenues comparables par leurs effets à de petites armes nucléaires et les missiles ont largement accru leurs capacités. La tendance actuelle est aux missiles de croisière supersoniques RCS à longue portée (furtifs) et à des ICBM manœuvrant des ogives qui les rendront encore plus difficiles à détecter et à intercepter. Réfléchissez un instant : si les Russes tiraient une rafale de missiles de croisière à partir d’un sous-marin, par exemple à 100 km au large de la côte américaine, quel sera le temps de réaction qu’auront les États-Unis ? Disons que ces missiles à faible RCS commencent à voler à une altitude moyenne pratiquement invisible aux radars, aux infra-rouges et même au son, descendent à 3 à 5 mètres au-dessus de l’Atlantique, puis accélèrent à une vitesse de Mach 2 ou Mach 3. Bien sûr, ils seront visibles par les radars une fois qu’ils franchiront l’horizon, mais le temps de réaction restant serait mesuré en secondes, pas en minutes. En outre, quel genre de système d’armement pourrait arrêter ce type de missiles, de toute façon ? Peut-être la sorte de défense aux environs d’un porte-avion américain (peut-être), mais il n’y a tout simplement rien de la sorte le long de la côte des États-Unis.

En ce qui concerne les ogives des missiles balistiques, tous les systèmes anti-balistiques actuels et prévisibles reposent sur des calculs pour une ogive qui ne manœuvre pas. Une fois que les ogives commencent à effectuer des tours et des zig-zags, le calcul nécessaire pour les intercepter devient plus difficile, de plusieurs ordres de grandeur. Certains missiles russes, comme le R-30 Bulava, peuvent même manœuvrer pendant leur phase initiale de mise à feu, ce qui rend leur trajectoire encore plus difficile à estimer (et le missile lui-même plus difficile à intercepter).

La vérité est que dans un avenir prévisible, les systèmes anti-missiles balistiques (ABM) seront beaucoup plus chers et difficiles à construire que les missiles l’emportant sur ces ABM. Donc gardez à l’esprit qu’un missile ABM est aussi beaucoup, beaucoup plus cher qu’une ogive. Franchement, j’ai toujours soupçonné que l’obsession américaine pour diverses sortes de technologies ABM consiste davantage à donner de l’argent au Complexe militaro-industriel et, au mieux, à développer de nouvelles technologies utiles ailleurs.

Conclusion 2 : le système de dissuasion nucléaire reste stable, très stable

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les alliés de l’Union soviétique, mus par le traditionnel amour occidental pour la Russie, ont immédiatement monté un plan pour une guerre conventionnelle et nucléaire contre l’Union soviétique (voir Operation Unthinkable et Operation Dropshot). Ni l’un ni l’autre de ces plans n’a été exécuté, les dirigeants occidentaux étant probablement suffisamment rationnels pour ne pas vouloir provoquer une guerre totale contre les forces armées qui avait détruit environ 80% de la machine de guerre nazie. Ce qui est certain, cependant, est que les deux camps comprenaient parfaitement que la présence d’armes nucléaires avait profondément modifié la nature de la guerre et que le monde ne pourrait plus jamais être le même : pour la première fois dans l’Histoire, l’humanité faisait face à une véritable menace existentielle. Résultat direct de cette prise de conscience, d’énormes sommes d’argent ont été allouées à quelques-unes des personnes les plus brillantes de la planète, pour s’attaquer au problème de la guerre nucléaire et de sa dissuasion. Cet immense effort a débouché sur un système étrangement redondant, multidimensionnel et sophistiqué, qui ne peut être renversé par aucune percée technologique. TELLEMENT de redondance et de sécurité ont été construites au sein des forces nucléaires stratégiques russes et américaines, qu’une première frappe visant au désarmement est presque impossible, même si nous faisons les suppositions les plus improbables et les plus farfelues donnant à un côté tous les avantages et à l’autre tous les désavantages. Pour la plupart des gens, il est très difficile de comprendre un système où il est si difficile de survivre, mais tant les États-Unis que la Russie ont procédé à des centaines et même à des milliers de simulations très avancées d’échanges nucléaires, dépensant sans compter des heures et des millions de dollars pour tenter de trouver un point faible dans le système de l’autre gars, et chaque fois le résultat était le même : il en reste toujours assez pour infliger une contre-attaque absolument cataclysmique en représailles .

Conclusion 3 : le vrai danger pour notre avenir commun

Le véritable danger pour notre planète ne vient pas d’une subite percée technologique qui rendrait sûre la guerre nucléaire, mais des esprits déments des néocons américains, qui croient qu’ils peuvent attirer la Russie dans le jeu de la « poule mouillée nucléaire ». Ces néocons se sont apparemment convaincus eux-mêmes que lancer des menaces conventionnelles contre la Russie, comme par exemple imposer unilatéralement des zones d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, ne nous rapproche pas d’une confrontation nucléaire. Si, cela nous en rapproche.

Les néocons aiment dénigrer les Nations unies en général, et le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, mais ils oublient apparemment la raison pour laquelle ce droit de veto a été créé en premier lieu : pour interdire tout action qui pourrait provoquer une guerre nucléaire. Bien sûr, cela présume que les cinq permanents se préoccupent du droit international. Maintenant que les États-Unis sont clairement devenus un État voyou, dont le mépris pour le droit international est total, il ne reste plus de mécanisme légal pour les empêcher de commettre des actions qui compromettent l’avenir de l’humanité. C’est cela qui est véritablement terrifiant, pas les « super fuzes ».

Ce à quoi nous sommes confrontés aujourd’hui est un État voyou nucléaire, dirigé par des individus déments qui, imprégnés d’une culture de supériorité raciale, d’impunité totale et d’arrogance impériale, essaient constamment de nous rapprocher d’une guerre nucléaire. Ces gens ne sont contraints par rien, ni la morale, ni le droit international, ni même le bon sens ou la logique de base. En vérité, nous avons affaire avec un culte messianique, tout aussi insensé que celui de Jim Jones ou d’Adolf Hitler et, comme tous les fous qui s’adorent eux-mêmes, ils croient à leur invulnérabilité.

C’est l’immense péché du soi-disant « monde occidental » de laisser ces individus déments prendre le contrôle avec peu ou pas de résistance, et maintenant, presque toute la société occidentale manque du courage d’admettre qu’elle a capitulé devant ce que je ne peux qu’appeler un culte satanique. Les paroles prophétiques d’Alexandre Soljenitsyne, prononcées en 1978, se sont maintenant totalement concrétisées :

« Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui, pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. » (Discours de Harvard, 1978)

Cinq ans plus tard, Soljenitsyne nous avertissait encore :

« Aux espoirs inconsidérés des deux derniers siècles, qui nous ont réduits à l’insignifiance et nous ont conduits au bord de la mort nucléaire et non nucléaire, nous ne pouvons que proposer une quête déterminée de la main chaleureuse de Dieu, que nous avons repoussée si rapidement et avec tant d’assurance. Ce n’est qu’ainsi que nos yeux pourront s’ouvrir sur les erreurs de ce malheureux vingtième siècle et que nos mains seront dirigées pour les corriger. Il n’y a rien d’autre à quoi s’accrocher sur ce terrain glissant : la vision mêlée de tous les penseurs des Lumières n’est plus rien. Nos cinq continents sont pris dans un tourbillon. Mais c’est dans ce genre d’essai que les plus grands dons de l’esprit humain se manifestent. Si nous périssons et perdons ce monde, la faute en reviendra à nous seuls. » (Discours de Tempelton, 1983).

Nous avons été mis en garde, mais tiendrons-nous compte de cet avertissement ?

The Saker

L’article original a été publié sur Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par M pour le Saker francophone

Source: http://lesakerfrancophone.fr/comprendre-la-peur-du-super-fuze

 

 

La vérité sur les pertes usaméricaines en Iraq (30 octobre 2006)

Depuis le début de la guerre usaméricaine contre l’Iraq, le chiffre des pertes humaines de l’occupant fait l’objet d’une polémique qui n’est pas prête de prendre fin, étant donné son impact sur l’opinion publique, sur les médias, le moral de l’armée, l’administration usaméricaine et ses orientations politiques.

Ce papier se promet d’analyser les données fournies par toutes les sources en vue de parvenir à une évaluation correcte du chiffre des morts usaméricains en Iraq.

Les chiffres officiels

Le mois de septembre 2006 a connu le plus grand nombre de pertes dans les rangs des troupes usaméricaines en Iraq, au cours des deux dernières années. Selon le Pentagone, le chiffre des morts a été de 70 et celui des blessés de 776. Le Site Global Security pour sa part, a estimé le chiffre des blessés au cours du même mois mois à 900. Cela correspond à une moyenne tout à fait exceptionnelle et jamais citée dans les rapports du Pentagone, en dehors de l’offensive des troupes usaméricaines sur la ville de Falloujah au cours du mois de novembre 2004. Cette offensive avait fait 1429 blessés et 140 morts dans les rangs des troupes usaméricaines.

La nouvelle surprise est que le mois d’octobre 2006 a connu un regain de violence et d’actions de résistance et a été de ce fait l’un des mois les plus durs pour les troupes usaméricaines. Le nombre de soldats morts avait atteint le chiffre de 86, jusqu’à la date du 23 octobre, amenant celui des 9 premiers mois de l’année 2006, à 620 et le chiffre global des morts à 2790, et ce depuis 2003, toujours selon les sources officielles usaméricaines.

Selon de nombreux observateurs arabes et étrangers, selon aussi des centres d’étude et d’observation occidentaux ainsi que des organismes d’information, ces chiffres, quoique élevés, ne traduisent pas la réalité.

Nous avons appris récemment, selon l’étude publiée par le journal The Lancet, que le nombre de civils iraquiens morts depuis l’invasion usaméricaine de 2003 était de 655 000. Ce chiffre est 3 à 5 fois plus élevé que les chiffres avancés par les estimations les plus connues. Mais il est 13 fois plus élevé que les estimations du programme Irak Body Count, et sans doute encore plus grand que les estimations officielles usaméricaines (plus de 23 fois plus) qui prétendent que le nombre de morts irakiens était de 30 000.

Il est évident dans ces conditions que le nombre officiel de morts usaméricains est lui aussi irréaliste et en deçà de la vérité.

Les estimations des sources étrangères indépendantes

Selon le site Internet d’information http://www.tbrnews.org/, qui recense les chiffres des morts et blessés usaméricains en Irak et produit un bulletin périodique régulièrement actualisé, le nombre de militaires tués en Irak en date du 23/10/06, dépasse les 15 000 et celui des blessés dépasse les 27 000.

Ce site a publié en date du 23/10/06, un article intitulé « la guerre des républicains : Merci Georges ! », dans lequel il est notamment écrit : le nombre exact des militaires morts en Irak jusqu’au 19 octobre 2006 dépasse actuellement les 15 000 et augmente sans cesse, ainsi que celui des blessés, qui a atteint les 27 000 et ne cesse d’augmenter lui aussi.

Ce site a fait allusion à l’opération exécutée par la résistance contre la base Falcon, au sud de Bagdad dans la nuit du 10 au 11 octobre 2006 et dans laquelle plus de 300 militaires trouvèrent la mort ou furent blessés. Les pertes n’ont pas été recensées officiellement. Rappelons que cette base abrite près de 5 000 militaires usaméricains, mais les sources officielles n’ont admis l’existence que d’une centaine de militaires dans la base.

Sur la base de l’article publié sur le même site par Brian Harring, il y aurait une forte présomption que le Pentagone omet sciemment de publier le chiffre exact des morts usaméricaines. Harring signale qu’il avait eu l’occasion de recevoir des copies de listes établies par l’unité de transport aérien des soldats usaméricains effectivement transportés à la base de Dover. Ces listes montrent que le nombre de soldats transportés est nettement supérieur à celui publié par le Pentagone.

L’auteur, un analyste et correspondant en matière stratégique et de renseignements, affirme disposer d’un document officiel, publié par le Pentagone mais vite retiré de la circulation, qui confirme que le nombre des morts usaméricains en Irak avait atteint les 10 000 dans la période allant de mars 2003 à juillet 2005 (ce document est disponible sur le lien suivant : http://www.maktoobblog.com/alibakeer.)

Harring conclut que si l’on tient compte que les milieux officiels avaient reconnu l’existence de 15 000 blessés graves en plus de 25 000 blessés légers, le nombre de morts usaméricains qui ne dépasserait pas les 3 000 officiellement, serait tout à fait irréaliste.

Mais la situation ne se limite pas à cela, puisque le rapport mentionne que pas moins de 5 500 soldats usaméricains ont déserté vers le Canada, l’Irlande et d’autres pays européens.

Dans un article intitulé « Combien d’Usaméricains sont morts vraiment en Irak » publié le 11/ octobre 2006, Tribor Tsharm écrit : « l’administration usaméricaine ment sans doute à propos des chiffres des morts en Irak », ajoutant qu’il avait lu des rapports assurant que le chiffre des morts usaméricains dépassait les 10 000, ce qu’il estime être d’une grande crédibilité, surtout en prenant en compte la révélation récente faite par l’association des anciens combattants au Vietnam, selon laquelle le nombre des morts usaméricains au Vietnam serait supérieur de 20 000 au chiffre officiellement admis, soit 78 000 au lieu de 58.182.

Les chiffres des groupes de résistance

Il est de notoriété publique que les groupes de résistance ont de grandes capacités de rendre compte des réalités des opérations sur le terrain et des pertes humaines et matérielles qu’ils font subir à l’ennemi. Le problème qui se pose ici est celui de la multitude des groupes et par conséquent de leurs communiqués. Un grand nombre de groupes entreprennent leurs actions sur le terrain sans aucune coordination et parfois même sans publier de communiqués relatifs à leurs actions.

On peut tout de même évaluer les pertes causées par ces groupes dans les rangs de forces d’occupation, en nous basant sur les communiqués de chacun d’entre eux.

L’Armée islamique en Irak est considérée comme étant le plus important groupe de résistance. C’est aussi le groupe le plus structuré, le mieux organisé, le plus discipliné et aussi le plus précis dans ses statistiques. L’Armée islamique a conservé une grande régularité dans ses opérations et procède comme les autres groupes à filmer ses opérations les plus éclatantes.

Dans une entrevue avec le journal online de l’Armée islamique, son commandant en chef a déclaré : « Nous avons tué des milliers de soldats et de gradés et blessé beaucoup plus. Selon nos statistiques, les pertes usaméricaines dépassent les 25 000 et les blessés sont quelques dizaines de milliers ».

Le chiffre de 25 000 morts est proche de l’estimation d’un expert militaire russe pour lequel « le nombre réel des morts usaméricains en Irak équivaudrait au chiffre officiel du Pentagone multiplié par dix ».

Les chiffres des sites d’information arabes

A notre connaissance, le site internet http://www.almokhtsar.com/ est le seul site arabe qui mentionne le nombre de morts des occupants usaméricains depuis le début de l’occupation. L’actualisation de ce chiffre se fait régulièrement tous les jours, sur la base des informations récoltées des diverses sources sur les pertes usaméricaines. Le site comporte 2 parties, l’une réservée aux pertes du jour et l’autre aux pertes totales depuis l’annonce par Georges Bush de la fin des opérations de guerre en avril 2003.

Le compteur du site marque pour le 23/10/06 le chiffre de 33 693 morts, soit 12 fois le chiffre de 2790 annoncé ce jour-là par les autorités officielles usaméricaines.

Nous avons écrit une lettre aux responsables du site pour nous informer sur ses sources. Leur réponse était qu’ils se fondaient sur une synthèse de données fournies par de nombreuses sources, dont le site http://www.islammemo.cc/ , celui de Mohamed Abu Nasr http://www.nodo50.org/csca/ et le site Jihad Insheen que le département d’État a violemment attaqué et cherché à fermer, puis les agences de presse, des sites irakiens et Aljazeera.net.

Il nous a été dit que le compteur avait commencé à fonctionner 3 mois après le début de l’occupation, mais que le chiffre des morts correspondants à cette période a été ajouté.

La vérité dans tout cela ?

Il est à remarquer que la grande différence entre les divers chiffres a incité certains lecteurs à douter de la véracité des plus élevés d’entre eux, surtout lorsqu’on les compare aux chiffres officiels.

Pour avoir une idée correcte sur le chiffre approximatif des pertes humaines des troupes d’occupation en Irak, nous devons convenir de certaines règles :

1) Le rapport quotidien publié par le Pentagone souffre de graves insuffisances techniques. Ainsi il arrive qu’entre le moment où l’on établit le rapport et celui de sa publication, l’on enregistre des pertes mais celles-ci ne sont pas couvertes par le rapport journalier et ne sont pas publiées.

Si le chiffre officiel était exact, le Pentagone n’aurait pas été amené à interdire de filmer ou de transmettre les cérémonies de transport des dépouilles mortelles vers l’Allemagne ou les USA.

Les chiffres exacts, qui sont supérieurs à 3 000 sûrement, risquent, s’ils étaient publiés, d’influer sur l’opinion publique usaméricaine, de créer un climat hostile à la guerre, de déstabiliser la classe politique et d’influer sur les positions de retrait ou de maintien des troupes en Irak. C’est essentiellement pour ces raisons qu’ils sont occultés et minorés.

2) Le problème des chiffres officiels ne réside pas uniquement dans le fait qu’ils sont minorés mais aussi et surtout qu’ils ne comprennent pas les soldats blessés et morts lors de leur secours ou de leur transport vers les hôpitaux des pays voisins ou en Allemagne. Le chiffre ne comprend pas non plus les fonctionnaires usaméricains des affaires étrangères et des services de renseignement, ni les contractuels, les mercenaires, les soldats combattant dans l’armée mais n’ayant pas la nationalité usaméricaine.

Un rapport de l’agence Reuters daté du 10 octobre 2006, affirme que le nombre de contractuels travaillant à titre personnel et privé en Irak est de 100.000. Ce sont les chauffeurs, les traducteurs, les électriciens, cuisiniers et autres catégories de personnel d’assistance aux militaires dans les services de bureau ou autres travaux.

Selon les services du ministère du travail US, le nombre de morts dans ces catégories de personnel, jusqu’au mois de novembre 2005 était de 428 et celui des blessés de 3963, mais le chiffre de morts dans cette catégorie de contractuels passe à 647 selon le rapport de Reuters, cité plus haut. Évidemment ces morts et ces blessés ne sont pas pris en compte dans les statistiques officielles du Pentagone.

3) Pour bien évaluer le chiffre des pertes US en Irak, il faudrait tenir compte du nombre des opérations exécutées au quotidien contre l’armée d’occupation. Se fondant sur les déclarations du journaliste Bob Woodward du Washington Post, il y a entre 800 et 900 opérations et attaques par semaine contre les forces d’occupation, ce qui veut dire plus d’une centaine par jour ou 4 par heure.

Si nous comparons cette estimation aux déclarations d’un seul groupe de résistance, nous trouverons qu’elles sont très proches. Ainsi l’Armée islamique en Irak déclare au mois de septembre 2006, que le nombre d’opérations que ses formations avaient faites au cours des 4 derniers mois, était de 2600, soit 22 opérations par jour. Si par conséquent un seul groupe de résistance fait 22 opérations par jour, tous les autres seraient bien en mesure d’en faire une centaine par jour. Rappelons qu’il y a des groupes de résistance très importants et très actifs sur le terrain, tels que l’Armée des Moudjahidines, l’Armée des Rachidine, Ansar Assunna, le Conseil de la Choura des Moudjahidines, les Phalanges de la Révolution de 1920, l’Armée des conquérants et d’autres.

4) Si nous tenons compte du chiffre des morts le plus élevé qui est celui du site http://www.almokhtsar.com/ , c’est-à-dire 33 693 morts usaméricains, on constate qu’il n’est pas exagéré, compte tenu des effectifs usaméricains présents en Irak, le nombre de résistants et celui de leurs opérations.

Le nombre d’Usaméricains présents officiellement reconnu est de 144.000, plus 100.000 autres à titre officieux et dont les morts ne figurent pas dans les rapports officiels.

Selon un rapport de 57 pages, publié par le Centre Brookings le 19 octobre 2006 et qui comporte un certain nombre de données sur la Résistance Irakienne, les résistants et les combattants venus des pays arabes, ainsi que sur les conditions économiques, sociales, d’hygiène et de sécurité, il y a, au mois de septembre 2006 en Irak, 162 000 militaires de la coalition, dont 144 000 usaméricains, ainsi que 100 000 contractuels et assimilés.

Le chiffre avancé par http://www.almokhtsar.com/ représenterait 13,8% de l’effectif total des militaires usaméricains, 244 000, ce qui est acceptable et crédible. En tout cas, il l’est plus que le chiffre officiel et qui ne représenterait que 1,9% des effectifs militaires usaméricains en Irak.

5) Les cassettes vidéo des opérations de la résistance participent beaucoup à démentir les chiffres officiels des morts, en plus de leur effet psychologique sur l’ennemi. Elles constituent un miroir de la situation précaire des troupes d’occupation. Une cassette vidéo, réalisée par l’Armée Islamique sur le « tireur de Bagdad », permet à elle seule de démentir les chiffres officiels. Est-il possible qu’une unité de tireurs d’élite, puisse tuer 666 militaires usaméricains (un grand nombre de ces opérations sont filmées) soit pratiquement le ¼ des tués selon la version officielle. Ceci accrédite davantage la thèse du chiffre élevé retenu par certains sites, que la thèse officielle. D’ailleurs les usaméricains n’ont jamais publié de communiqué sur les victimes des tireurs d’élite et peut-être sont-elles simplement occultées. Sans les cassettes vidéo, peu de gens auraient entendu parler des victimes des snipers irakiens.

6) Si les chiffres officiels des morts étaient d’autre part exacts, cela veut dire que l’armée d’occupation ne rencontre pas de grosses difficultés, ne serait-ce que parce que ses pertes sont faibles (1,9% du total des effectifs). Mais est-ce l’indice qu’il n’y a pas de problème ou au contraire qu’il y en beaucoup ?

Comment expliquer dans ce cas ses difficultés à recruter, malgré les avantages consentis aux nouvelles recrues, tel que le montant de 20 000$ alloué à chaque nouvelle recrue, une couverture des frais de scolarité allant jusqu’à 60 000$ ? En plus, l’armée avance jusqu’à 15 000$ comme avantages divers aux engagés dans certaines unités spéciales et disposant de certaines qualités.

En plus une nouvelle loi sur la nationalité, signée en novembre 2003, a permis de faire baisser le délai d’obtention de la nationalité usaméricaine de 3 à 1 an pour les engagés de l’US Army.

En 2004, 7500 soldats ont ainsi obtenu la nationalité US et ce chiffre est le plus élevé depuis la guerre du Vietnam.

Mais pourquoi toutes ces difficultés de recrutement malgré tous ces avantages et pourquoi l’on n’assiste pas au contraire à un rush de candidatures ?

N’est-ce pas parce que le chiffre des morts est important et que les jeunes craignent d’y laisser la vie ? Pourquoi aussi le Pentagone se trouve-t-il contraint de multiplier les avantages pour les nouvelles recrues, si ses pertes sont faibles et ne constituent pas un facteur inhibant pour les jeunes ? Ou bien est-ce plus tôt pour combler les brèches et remplacer les morts, de plus en plus nombreux ?

Selon un rapport précédent, intitulé « les manifestations d’un désastre usaméricain en Irak », l’incapacité des Usaméricains à incorporer des nouvelles troupes n’est pas le problème n°1 , qui est en revanche celui de garder leurs recrues, puisque 30% des nouvelles recrues abandonnent le service au bout de 6 mois et certains d’entre eux le font à cause du grand fossé entre leurs propres dispositions et ce qu’on exige d’eux sur le terrain. Ceci a incité l’armée à baisser ses critères de recrutement et à recommander à ses commandants « de ne pas libérer les soldats pour leur mauvaise condition physique, leur mauvais rendement, du fait que certaines soldates tombent enceintes, du fait de leur alcoolisme ou l’usage de drogues ». Tout cela pour colmater les brèches et le vide laissés par les morts sur le terrain en Irak.

D’autre part comment expliquer les désertions en grand nombre ? Le Pentagone a reconnu que plus de 5500 soldats ont déserté le service militaire depuis le début de la guerre contre l’Irak. En 2001, une ligne téléphonique a été mise au service des jeunes Usaméricains qui voulaient quitter l’armée et a répondu à 33 000 de leurs appels en 2005, soit le double des appels de 2001.

Ainsi, si tout va bien pour l’armée usaméricaine et si ses pertes sont faibles, pourquoi alors l’administration interdit elle aux soldats en fin de service de quitter l’armée ? Conformément à un rapport publié par « l’Institut d’études de la politique usaméricaine » en date du 31 août 2005, les décisions d’interdiction, sans limite de temps, aux soldats de quitter l’Irak après la fin de leur service a touché plus de 14 000 d’entre eux, c’est-à-dire près de 10% de l’ensemble des effectifs servant en Irak.

Ali Hussein Bakeer, 30 octobre 2006

Original : http://www.albasrah.net

Ali Hussein Bakeer, 24 ans, est Jordanien, chercheur en relations internationales et s’intéresse particulièrement aux questions géostratégiques. Il anime un blog en arabe : http://www.maktoobblog.com/alibakeer

Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

Source: http://lavoixdelasyrie.com/la-verite-sur-les-pertes-usamericaines-en-iraq30-octobre-2006/

 

Macron : un cheval de Troie américain au Palais de l’Élysée

Le nouveau président français, Emmanuel Macron, qui a été poussé dans la course présidentielle française en tant que contrepoids pro-Union Européenne pour empêcher l’élection de la leader du Front National Marine Le Pen, semble avoir plus qu’une relation décontractée avec les États-Unis. Alors qu’il travaillait au sein du ministère de l’Économie, successivement comme inspecteur spécial et comme ministre, Macron a supervisé le vol virtuel des industries françaises stratégiques, par des entreprises américaines ayant des liens solides avec la communauté américaine du renseignement.

Le piratage des ordinateurs du mouvement de campagne En Marche ! De Macron par des hackers inconnus a fourni un matériel intéressant. Les défenseurs de Macron affirment que les fichiers informatiques publiés sont soit faux, soit des informations externes. Cependant, un ensemble de fichiers portant sur le vol virtuel du géant de la technologie de l’information en France, par des personnes connectées à la CIA, est exactement le type de fichiers que l’on s’attend à trouver lors de la campagne de Macron. Le premier travail de Macron dans le gouvernement français était de protéger les intérêts des entreprises françaises de la concurrence et surtout des acquisitions étrangères.

Le travail des services de renseignement américains pour acquérir le leader de la technologie des cartes à puce français Gemplus International a débuté en 2001 et l’opération était en grande partie terminée en 2004, l’année où Macron est devenu inspecteur des finances au ministère de l’Économie française. L’industrie française a longtemps été une cible pour la surveillance et / ou l’acquisition par des entreprises américaines. La CIA a joué un rôle important dans ces opérations de guerre économique. Par exemple, la société française d’électronique Thomson-CSF était une cible majeure pour l’Agence de sécurité nationale des États-Unis (NSA) et la surveillance de la CIA.

Les documents concernant la reprise réussie de Gemplus, ainsi que sa principale usine de Gemenos, Bouches-du-Rhône, en France, par une firme américaine appelée Texas Pacific Group (TPG), sont inclus dans la tranche de fichiers extraits des ordinateurs de En Marche ! TPG a d’abord acquis des actions Gemplus en février 2000. En 2006, Gemplus a fusionné avec Axalto pour former Gemalto, et le contrôle effectif des États-Unis sur l’entreprise est alors devenu total.

En septembre 2002, Alex Mandl, un Américain originaire de Vienne, en Autriche, et ancien président d’AT & T, président et directeur de Teligent, membre du conseil d’administration de la société de capital-risque IN-Q-TEL de la CIA et membre du conseil d’administration du néoconservateur American Enterprise Institute, a été nommé PDG de Gemplus International. Il continue en tant que président exécutif de Gemalto.

À la suite de la divulgation de l’ancien contractant de la NSA Edward Snowden, on sait maintenant que le Siège des communications du gouvernement britannique (GCHQ), travaillant avec la NSA, a pénétré avec succès les cartes SIM utilisées par Gemalto. Le GCHQ / NSA a réussi à intercepter les communications mobiles en utilisant des cartes SIM Gemalto activées par cryptage en Afghanistan, au Yémen, en Inde, en Serbie, en Iran, en Islande, en Somalie, au Pakistan et au Tadjikistan. L’attaque GCHQ-NSA a également visé les centres de personnalisation de cartes SIM Gemalto au Japon, en Colombie et en Italie. Le hack NSA / GCHQ des chips SIM de Gemalto par leur équipe conjointe d’exploitation de combinés mobiles (MHET) représente peut-être la plus grande opération d’interception de la NSA dans l’histoire, qui a vu des milliards d’appels mobiles et de messages texto interceptés et décodés par la NSA et son partenaire britannique. Plus grave est l’inclusion des données d’identification de la carte SIM de Gemalto dans la base de données de la CIA contenant les numéros des téléphones cellulaires ciblés par les frappes de drones américaines.

Les documents internes de En Marche ! Identifient quatre agences gouvernementales françaises qui ont mené des enquêtes sur la prise de contrôle de Gemplus. Ce sont les Renseignements généraux (RG), la Direction de surveillance du territoire (DST), le ministère de l’Industrie et le ministère de l’Économie de Macron.

La presse française aux ordres, qui a encensé Macron, un ancien banquier de Rothschild, décrit les documents Gemplus comme n’ayant rien à voir avec Macron. Les médias français font valoir que Macron était un simple élève de l’École nationale d’administration (ENA), l’élite de l’administration publique française, jusqu’à ce qu’il soit diplômé en 2004. Cependant, comme le montrent clairement les documents divulgués, la prise de contrôle de Gemplus était toujours menée par le gouvernement français, lorsque Macron est devenu inspecteur au sein du ministère de l’Économie en 2004. Comme le rôle de Macron était de s’assurer que les entreprises françaises étaient à l’abri des tentatives étrangères visant à bloquer la croissance économique française, sa performance, comme en témoigne la perte des emplois français au profit d’intérêts étrangers, a été consternante.

Il est très probable que les dossiers de En Marche ! sur la prise de contrôle de Gemplus avaient pour but d’avoir des informations de sauvegarde à disposition, au cas où le rôle de Macron dans la dissimulation des détails de la reprise américaine de Gemplus devait devenir public. Tout parti politique doit être prêt à faire face aux révélations exposées par les inquisitions de l’opposition concernant ses candidats. Il est également à noter que quelques-uns des éléments publiés par En Marche ! Déclaraient que la politique de Macron était de surveiller, mais pas d’empêcher, l’appropriation d’industries et d’entreprises françaises stratégiques par des firmes étrangères.

En 2008, Macron a quitté le gouvernement pour rejoindre la Banque Rothschild & Cie. Il est également devenu chef de file dans la Fondation franco-américaine (FAF), largement néoconservatrice, qui compte parmi ses collègues Hillary Clinton, le général Wesley Clark et l’ancien président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.

La question pratique concernant Macron est la suivante : qu’est-ce qu’il savait de la prise de contrôle de Gemplus et quand l’a-t-il su ? Les fichiers Gemplus de En Marche !, contenus dans un dossier intitulé Macron, et traitant de la prise de contrôle par les Américains, ressemblent à un roman d’espionnage à la John LeCarré.

Un fichier, marqué Confidentiel, et envoyé à Stefan Quandt, de la famille milliardaire Quandt, propriétaire des firmes renommées BMW et Daimler en Allemagne, se préoccupe de la dépréciation de la valeur des actions de Gemplus en 2001, dans le contexte de « relations et d’affrontements extrêmement tendus entre les personnes principales aux échelons supérieurs et la rupture de la communication avec le personnel. En conséquence, la majeure partie d’entre eux est complètement démotivée aujourd’hui ».

En tant qu’inspecteur au sein du ministère de l’Économie, il est étonnant que Macron n’ait pas été au courant de la violation de la loi française qui a eu lieu avec la reprise américaine de Gemplus. Ceci est également décrit dans un autre fichier Gemplus de sa campagne, se focalisant sur la situation concernant Gemplus après la prise de contrôle par les US : « Les déclarations irresponsables, souvent suivies par des revirements sur les fermetures de sites et le licenciement du personnel, avant même de consulter leurs représentants (comme le requièrent la loi et le bon sens). »

Les Quandt sont très timides et ont une bonne raison pour cela. Günther Quandt a fabriqué des fusils Mauser et des roquettes antiaériennes pour le Troisième Reich. Il a divorcé de sa première épouse, Magde Quandt, après avoir eu un enfant, Harald Quandt. Magde a ensuite épousé le ministre de la Propagande nazie Joseph Goebbels. Stefan Quandt, qui a participé à la reprise de Gemplus, est le fils d’Herbert Quandt , qui est le demi-frère de Harald Quandt.

Les informations négatives sur Gemplus ont abouti à un rapport de Goldman Sachs du 24 janvier 2002, qui a exhorté l’entreprise à continuer sa restructuration, dirigée par les Américains, pour maintenir la santé du marché. Bien qu’il ait été étudiant à l’ENA à l’époque, il y a peu d’informations sur les projets auxquels Macron a été affecté de 2001 à 2003 par ses professeurs de service civil.

D’autres fichiers liés à Gemplus dans le dossier En Marche ! Concernent l’une des vedettes de Gemplus, Ziad Takieddine, un courtier en armes druze franco-libanais et diplômé de l’Université américaine de Beyrouth, liée à la CIA. Takieddine a aidé à concevoir la reprise américaine de Gemplus, avec l’aide de Stefan Quandt. Takieddine a aidé à conclure des accords majeurs de vente d’armes françaises avec la Libye, la Syrie, l’Arabie saoudite et le Pakistan. Accusé de blanchiment d’argent dans les îles Vierges britanniques par son ex-femme, Takieddine est également l’oncle d’Amal Alamuddin, la femme de l’acteur George Clooney. Takieddine est aussi un amer ennemi politique de l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui a perdu la primaire de la course à la présidentielle en 2017 contre son rival conservateur François Fillon. Macron a marginalisé Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, arrivant en deuxième position devant lui.

Takieddine, Quandt et une société suspecte de la CIA, Texas Pacific Group (TPG), faisaient clairement partie d’un complot pour se débarrasser du cofondateur français de Gemini, Marc Lassus, et des cadres français de l’entreprise. La décision de licencier Lassus et ses collègues français a été prise lors d’une réunion du conseil d’administration de Gemplus qui s’est tenue à Washington, et non en France, le 15 décembre 2001. Un autre acteur important dans la reprise américaine de Gemplus était Lee Kheng Nam, un dirigeant d’affaires de Singapour et titulaire d’un diplôme en recherche opérationnelle et analyse systémique de l’École de troisième cycle de la marine américaine à Monterey, en Californie. Le cofondateur de TPG, David Bonderman, de Fort Worth, au Texas, a également été fortement impliqué dans la prise de contrôle hostile de Gemplus. L’acquisition de Gemplus par TPG a été menée à travers une société fantoche, coquille vide pratiquement inconnue, enregistrée à Gibraltar qui s’appelait Zensus. Bonderman, qui est juif, a provoqué un soulèvement politique en 2012 en Égypte, lorsqu’il a rencontré Khairat El-Shater, le chef-adjoint des Frères musulmans et membre du gouvernement de Mohamed Morsi. Bonderman a déclaré qu’il cherchait des « opportunités d’investissement » en Égypte.

Dans un document Word non daté, trouvé dans les ordinateurs de En Marche ! , Lassus cite : «Je suis convaincu que la société d’investissement TPG avait une forme d’accord avec son gouvernement [US, NdT] pour déménager le siège social en Californie. Ils ont essayé à nouveau en janvier 2002». Les syndicats ouvriers de Gemplus ont prédit que la production de l’entreprise passerait de la France à la Pologne. Le plus grand syndicat français, la CGT, a déclaré que le but de la reprise de Gemplus était de dépouiller la France de son leadership technologique sur les cartes à puce. Gemplus employait 7 000 travailleurs français, avant sa prise de contrôle par les Américains. Le document Word non daté fait également référence aux agences gouvernementales françaises ayant « lancé des enquêtes » et recherché des « informateurs internes ». Macron a-t-il joué un rôle, soit dans les enquêtes menées par le ministère de l’Économie, soit dans la dénonciation des  « informateurs internes » de Gemplus à ses amis américains ?

Lorsque la firme américaine General Electric a repris la société française Alstom, productrice de turbines et spécialisée dans les technologies nucléaires, le ministre de l’Économie de l’époque, Macron, a déclaré qu’il avait approuvé ces prises de contrôle, parce que « l’intervention de l’État dans l’industrie ne se produit qu’au Venezuela ». Cette remarque est parvenue comme une musique très douce, aux oreilles des milliardaires de l’administration Donald Trump.

Wayne Madsen

Source Strategic Culture

Traduit et édité par jj, relu par Nadine pour le Saker Francophone

via: http://lesakerfrancophone.fr/macron-un-cheval-de-troie-americain-au-palais-de-lelysee

 

Venezuela : Fabriquer une guerre depuis les coulisses

Les médias et l’Eglise vénézuélienne contre la vérité et contre… le Pape

La « guerre » vénézuélienne a réellement lieu dans la presse internationale et sur les réseaux sociaux.

Ici il existe bien sûr des foyers de violence, dont beaucoup pourraient être taxés de terroristes, par exemple lorsqu’ils entraînent la destruction d’un immense entrepôt qui contient des médicaments alors que les coupables savent parfaitement combien ceux-ci se font rares et qu’ils connaissent le besoin urgent de la population dans ce domaine.

Il y a des actes de vandalisme durant lesquels des magasins sont pillés pour en voler des articles de luxe, ce qui démontre que la priorité n’est pas de trouver de quoi manger.

 

Ce qu’on voit ici, c’est une « guerre de la puce » bien calculée et bien dirigée, qui ne nécessite pas de grandes concentrations de population : des groupes de jeunes qui bloquent deux ou trois avenues importantes et sèment le chaos, la police arrive, ils l’affrontent quelques minutes puis disparaissent pour réapparaître sur d’autres avenues. Comme une puce, ils piquent et s’en vont pour recommencer ailleurs. 
Le problème de l’opposition c’est que malgré ses appels elle n’a pas obtenu qu’une partie importante de la population la suive. Voilà pourquoi sa violence et sa haine vont crescendo. Les études montrent que seul 1% du territoire national est touché par les manifestations, mais grâce à la grande presse, surtout internationale, ce chiffre dérisoire prend des proportions de « guerre civile ». Bien sûr les dirigeants de l’opposition disent que 85 % de la population déteste le président (car la « guerre » est dirigée contre lui, comme s’il n’existait aucun projet politique derrière sa personne). Si elle avait réellement le soutien de cette grande majorité, même les forces armées se seraient divisées. Soyons logiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai parlé avec de nombreuses personnes, de celles qui doivent travailler chaque jour pour pouvoir manger, et elles trouvent que cette situation devient insupportable. J’ai déjà entendu des anti chavistes dire qu’il faut mettre un terme à ces manifestations parce qu’elles les pénalisent de plusieurs façons. Certains enfants ne vont plus à l’école depuis un mois parce que leurs parents ont peur que le bus dans lequel ils font le trajet soit attaqué. Une école a déjà été attaquée sous prétexte qu’elle n’était fréquentée que par des enfants de chavistes ! Un acte démentiel !

Les aliments commencent à manquer dans la capitale parce que les propriétaires de camions ne prennent pas le risque de se les faire incendier. Mais les paysans sont gravement pénalisés parce que leurs fruits et légumes sont en train de pourrir…

La vérité c’est que tous les jours j’entends dire dans la rue ou dans les restaurants que le président Maduro est bien trop pacifiste et qu’il devrait y aller d’une main de fer, sans qu’il soit nécessaire de tuer personne. Mais qu’il est temps de freiner cette minorité de violents. Mais si avec un minimum de répression légale la presse internationale crie déjà au scandale, imaginons que la police vénézuélienne se mette à se comporter comme aux États-Unis, en Belgique, au Brésil… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce que cette presse ne dit pas, c’est que le Venezuela doit être la seule « dictature » dans laquelle les opposants, journalistes inclus, insultent les autorités de tous les noms, plus vulgaires les uns que les autres, dans les médias. Disons que cela puisse être toléré, mais qu’ils appellent à mener des actes de vandalisme, des actions terroristes et même à assassiner des chavistes… Et il ne se passe rien, personne n’est sanctionné. Ni la personne qui tient ces propos ni le média qui les diffuse. La presse internationale ignore cet état de fait, car dans ce genre de cas elle est aveugle et sourde.

Cela montre au passage le niveau de « répression » et le degré de « manque de liberté d’expression » qui existent ici. Il en faut beaucoup moins en Colombie ou au Mexique pour que les groupes paramilitaires de l’État assassinent les opposants. Et en France, en Espagne ou aux États-Unis, la prison est là pour punir ce genre de délit.

C’est une étrange dictature qui appelle chaque jour l’opposition, même la plus violente, au dialogue.

Le Venezuela est un cas si particulier ces temps-ci que même la Conférence épiscopale est allée à l’encontre des déclarations du Pape. Le Pape, sa plus haute autorité ! Le souverain pontife a dit et répété aux évêques qu’ils devaient participer au dialogue national pour la paix. Ils ne l’ont pas écouté. C’est seulement vendredi dernier, après des semaines d’insistance, qu’ils ont accepté de recevoir une délégation du gouvernement.

Par contre avant cela ils avaient organisé une conférence de presse au cours de laquelle ils sont encore une fois sortis de leur champ de compétences, en insistant sur le fait qu’ils n’étaient pas d’accord avec la convocation du gouvernement pour une Assemblée Constituante. Celle-ci aurait comme objectif de réunir tous les Vénézuéliens pour discuter de l’avenir du pays, ce qui donnerait lieu à une réforme de la Constitution.

Le communiqué des évêques vénézuéliens, lourd de conséquences, dit ceci : « Les thèmes présentés par le président de la République pour soutenir sa proposition ne visent pas à résoudre les graves problèmes qui pèsent sur les Vénézuéliens, mais à prolonger la présence de son gouvernement au pouvoir. (…) L’appel à une telle Constituante est inutile et s’avère dangereux pour la démocratie vénézuélienne, pour le développement humain et intégral et pour la paix sociale. » Ils ajoutent : « En définitive, cette proposition vise à imposer le ‘Plan de la Patrie’, traduction opérationnelle du ‘Socialisme du XXème’ siècle qui est un système totalitaire, militariste, policier, violent, oppresseur qui est à l’origine de tous les maux dont souffre notre pays. » Et comme si cela ne suffisait pas, ces « représentants de Dieu sur terre » achèvent leur communiqué par ces mots : «  Nous rejetons la convocation à cette Assemblée constituante, et nous exhortons la population en général à ne pas se résigner, à élever sa voix de protestation (…) », ce qui actuellement ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des groupes violents et accroître la violence.

Hernando CALVO OSPINA

Journaliste colombien, Hernando Calvo Ospina a connu la prison et la torture en Equateur avant d’être libéré sous la pression internationale et accueilli en France en 1986.
Pour son travail, il a rencontré et interviewé (entre autres) Fidel Castro, Hugo Chávez, Rafael Correa, Danielle Mitterrand, l’évêque Jacques Gaillot, James Petras, les commandants des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et… les membres du célèbre « Cartel de Medellin ».
Il écrit dans plusieurs médias (dont le Monde diplomatique), Il est l’auteur de plusieurs livres, traduits dans une dizaine de langues.
Il a publié 70 articles sur LGS, tous consultables en archives libres pour les curieux qui s’intéressent aux effets du vieillissement sur les articles.

 

Dans l’échelle Albert Londres du DECODEX du Grand Soir, il est noté 4,85 sur 5 alors que le « journaliste » du Monde Paulo Paranagua plafonne à 0,5 (à égalité avec ses confrères de Libération).

http://hcalvospina.com/articles/22-05-17-venezuela/22-05-17-venezuela.html

http://hcalvospina.com/articles/22-05-17-venezuela/22-05-17-venezuela.html

 

La majorité des Américains estime que les médias mainstream publient des fake news

Pour les deux tiers des Américains, les médias mainstream publient régulièrement des fake news, selon un sondage réalisé par Harvard-Harris Poll.

65 % des Américains considèrent que les médias mainstream publient beaucoup de fake news, d’après le résultat d’un sondage réalisé par Harvard-Harris Poll. Cet avis est partagé par 80 % des sympathisants du Parti républicain ainsi que par 53 % des démocrates et 60 % de ceux qui ne soutiennent aucun parti. D’ailleurs, 84 % des sondés ont déclaré ne plus savoir à quelles informations se fier sur Internet.

Le sondage a également révélé que la plupart des conservateurs estimaient que les standards des médias avaient considérablement baissé puisque les reportages compromettant sur le Président des États-Unis Donald Trump se référaient constamment à des sources anonymes.

Comme conséquence de ces publications, on peut constater une chute de la cote de popularité du chef d’État américain qui atteint maintenant 45 %. D’ailleurs, selon les données de l’organisation Gallup, la presse jouit de seulement 32 % de confiance.

Cependant, 60 % des personnes interrogées dans le sondage Harvard-Harris ont déclaré que Trump était « injuste » quand il faisait référence à la presse, tandis que 48 % affirment que les médias sont injustes envers le locataire de la Maison-Blanche.

Par contre, pour trois quarts des sondés, une enquête sur les fuites d’informations concernant le dirigeant américain devrait être ouverte, l’idée est soutenue par 84 % des démocrates. Toutefois, 62 % des interrogés ne sont pas de cet avis soulignant que ces informations devraient être protégées même si les médias les ont obtenues de façon illégale.

« La plupart des médias représentent aujourd’hui la division entre les partis dans le pays. Les républicains ne croient pas aux médias mainstream tandis que les démocrates estiment que ces médias reflètent leurs points de vue… », a commenté le fondateur du Harvard-Harris Poll.

2 006 personnes ont participé à ce sondage réalisé du 17 au 20 mai. La méthodologie de l’enquête n’envisage pas de calcul d’une marge d’erreur.

Se retrouvant souvent au centre de polémiques provoquées par les médias, le Président américain Donald Trump avait qualifié le New York Times, NBC News, ABC, CBS et CNN d’« ennemis des Américains ».

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201705241031523932-sondage-USA-medias-fake/

C’est la journée #infobidon, au sujet de la Corée du Nord, de la Syrie et du président étatsunien.

C’est la journée #infobidon. Trois histoires font la ronde dans les médias et toutes reposent sur une interprétation d’informations fausses ou largement exagérées. La Corée du Nord, la Syrie et le président états-unien en sont les cibles.

1.    Le Wall Street Journal affirme avec un titre #infobidon que des morceaux de code informatique du récent virus d’extorsion WannaCry sont identiques à ceux du programme qui aurait été utilisé dans un hack de Sony, en 2014. (L’attaque contre Sony a été faussement attribuée à la Corée du Nord.)

Les chercheurs identifient des indices liant l’attaque informatique à un groupe en relation avec la Corée du Nord

Neel Mehta, un chercheur en sécurité de l’unité Google d’Alphabet Inc., a souligné lundi des similitudes entre cette variante de WannaCry et le code utilisé dans une série d’attaques que les spécialistes de la sécurité ont attribuées au groupe Lazarus.

Le « groupe Lazarus » (qui n’existe probablement pas du tout) a été relié aux agences gouvernementales de Corée du Nord. Mais six paragraphes plus loin, nous apprenons :

Les résultats ne démontrent pas nécessairement que Lazarus ou la Corée du Nord soient impliqués dans l’attaque de WannaCry, ont indiqué des chercheurs. Les coupables de la dernière attaque, qui n’ont pas été identifiés, auraient pu copier le code en question, par exemple.

[…]

La connexion trouvée dans l’ancienne version se trouve dans un logiciel que les deux programmes utilisent pour se connecter de manière sécurisée à d’autres systèmes sur Internet, a déclaré Kurt Baumgartner, un chercheur de Kaspersky Lab.

Ce code commun se retrouve dans presque tous les logiciels qui établissent une connexion Internet. La raison en est assez simple. Plus personne n’écrit un tel code. Il existe des exemples bien testés de tels extraits de programme, largement disponibles au public dans des logiciels open source. « Copier/coller » va plus vite que réinventer la roue. Encore pire, l’extrait de code en question est tellement simple que n’importe quel programmeur l’écrirait de la même manière (un appel à la fonction Time () pour obtenir une valeur de départ faisant appel à la fonction Random () suivante). Il n’y a que X moyens raisonnables d’additionner 1 et 1. Deux personnes qui le font de la même manière ne prouvent rien du tout. Cela ne prouve pas que le code de deux hacks différents ait été écrit par les mêmes personnes. Cela n’indique rien ayant quelque chose à voir avec la Corée du Nord. C’est une info qui ne repose donc sur aucun fait réel.

2.    En février dernier, Amnesty International (qui soutient les interventions de l’OTAN) a publié un piètre rapport sur des meurtres présumés dans les prisons syriennes. Comme nous l’avons écrit à l’époque :

Un nouveau rapport d’Amnesty International prétend que le gouvernement syrien a pendu entre 5 000 et 13 000 prisonniers dans une prison militaire syrienne. La preuve soutenant cette accusation est fragile, fondée sur les ouï-dire de personnes anonymes, vivant hors de Syrie. Les chiffres eux-mêmes sont des extrapolations qu’aucun scientifique ou tribunal n’accepterait. C’est un rapport de niveau tabloïd, écrit dans un style fiction, de son titre «L’abattoir à humains» jusqu’au dernier paragraphe.

Le Département d’État états-unien réutilise maintenant ce faux rapport, ainsi que des images satellites sciemment mal interprétées, pour calomnier de nouveau le gouvernement syrien :

États-Unis: la Syrie brûle les corps pour effacer la preuve des massacres.

Dans ses dernières accusations contre les abus syriens, le Département d’État a déclaré qu’il estimait qu’une cinquantaine de détenus sont pendus chaque jour dans la prison militaire de Saydnaya, à environ 45 minutes au nord de Damas. Beaucoup de corps sont ensuite brûlés dans le crématorium « pour couvrir l’ampleur des meurtres de masse qui s’y déroule », a déclaré Stuart Jones, le meilleur diplomate américain du Moyen-Orient, accusant le gouvernement d’Assad de tomber « encore plus bas dans la dépravation ».

Le département d’État a publié des photographies satellites commerciales, montrant ce qu’il a décrit comme un bâtiment du complexe carcéral qui aurait été modifié pour accueillir le crématorium. Les photographies, prises au cours de plusieurs années depuis 2013, ne prouvent pas que le bâtiment soit un crématorium, mais montrent une construction qui pourrait en contenir un.

S’il y a bien un crématorium dans la prison de Saydnaya, comment se fait-il qu’aucun témoin d’Amnesty n’en ait parlé dans le dernier rapport de cette organisation ? Ces témoins, selon Amnesty, ont été dans cette prison et ont observé toutes sortes de détails. Ils prétendent que les morts étaient enterrés dans des fosses communes.

Un expert militaire néerlandais a examiné les images satellites du département d’État et l’interprétation qu’il en fait et demande :

Ian Grant @Gjoene – 18:02 – 15 mai 2017

Est-ce une blague @StateDept ? Avant même le 27 août 13, ces « cheminées » étaient présentes. Voir les vidéos de Terraserver en lien (03 avril ’13) #Sednaya

Un autre spécialiste, professionnel de la reconnaissance militaire, ajoute :

Aldin Abazović @CT_operative – 5:33 PM – 15 mai 2017

Ces images montrent le soi-disant crématorium de la prison de Saidnaya, #Damascus #Syria. Autant je déteste m’impliquer dans cette affaire, autant les images ne prouvent rien du tout.

#1Ce bâtiment pourrait être une simple salle de chauffage / buanderie pour le complexe pénitentiaire. À moins de le visiter, vous ne pourrez rien prouver.

#2 Il est facile de manipuler avec l’imagerie satellitaire. Vous mettez juste la bonne étiquette sur l’objet et voilà.

#3 Je ne peux pas confirmer de quelle partie de la prison il s’agit, ni ce pour quoi elle est utilisée.

Le Département d’État jette de la poussière sur le gouvernement syrien, dans l’espoir qu’une partie y collera. Cette publication de vide fera les grands titres des journaux à scandale « occidentaux ». Il se pourrait que cela soit en préparation d’une guerre plus intense contre la Syrie.

3.    L’État profond fait ce qu’il peut pour évincer Trump. Hier, une nouvelle campagne contre lui, bien préparée et coordonnée, a été lancée. Des dépositions anonymes au Washington Post ont été « confirmées » par des déclarations similaires, venant (probablement) des mêmes sources, à Buzzfeed. Ces déclarations peuvent avoir une certaine réalité en elles-mêmes, mais les faits, même décrits par des mots forts, sont inoffensifs. Le Washington Post :

Trump a révélé des informations hautement classifiées au ministre des Affaires étrangères et à l’ambassadeur russes.

Le président Trump a révélé des informations hautement classifiées au ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une réunion à la Maison Blanche la semaine dernière, selon des responsables américains, anciens et en place, qui ont déclaré que les informations de Trump compromettaient une importante source d’informations sur État islamique.

Hmm – comment des « anciens fonctionnaires américains » savaient-ils ce qui s’est dit au bureau ovale et quelles en sont les conséquences ? Il faut six paragraphes d’une telle calomnie pour apprendre ce que Trump a effectivement divulgué :

Trump a commencé à décrire les détails d’une menace terroriste par État islamique, liée à l’utilisation d’ordinateurs portables dans les avions.

Hmm – « menace terroriste liée à l’utilisation d’ordinateurs portables dans les avions » est une méthode bien connue d’al-Qaïda dans la péninsule arabe. Si EI en Syrie a copié ce modus operandi, c’est intéressant, mais cela n’a rien de sensationnel.

Le conseiller à la sécurité nationale, McMaster, qui était dans la salle avec Trump et Lavrov, est cité dans ce compte rendu (au huitième paragraphe !), infirmant que des sources ou des méthodes aient été révélées.

Trump a donné son avis à Lavrov sur la menace terroriste.

Si Poutine apprenait qu’une attaque potentielle d’EI sur un avion de ligne américain était en projet, voudriez-vous qu’il partage cette information secrète avec le gouvernement états-unien? Bien sûr que vous le voudriez.

Mais Buzzfeed et les autres médias anti-Trump exagèrent largement ces déclarations et les blogueurs de Lawfare perdent alors tout contrôle d’eux-mêmes :

Si le président a donné cette information par négligence ou maladresse, il a manifestement violé son serment de président.

Grosse foutaise. Trump aurait pu offrir cette information par simple courtoisie, dans le cadre de son accord avec le gouvernement russe. L’échange d’informations sur les menaces est une activité régulière, même entre des parties qui ne s’aiment pas vraiment. C’est dans l’intérêt de tous de le faire. Qu’un tel échange soit arrivé n’est pas spécialement intéressant, même s’il a abordé certains détails.

C’est plutôt la publication de l’échange qui pourrait aider les terroristes. Comme Emptywheel le dit :

Ces sources si scandalisées ne font que […] partager l’information qu’elles trouvent si scandaleux de partager.

Si le partage d’informations de Trump est scandaleux, pourquoi les sources ont-elles fourni cette information aux médias ? Pourquoi le Washington Post et d’autres médias la publient-elle ?

Trump a été élu avec le soutien de l’armée américaine. Clinton a été soutenu par les deux autres côtés du triangle de pouvoir que sont le monde des affaires et celui des renseignements. Trump a gagné. Maintenant, l’État profond, avec la partie vendue du parti Démocrate, fait tout ce qu’il peut pour le faire destituer. Le dribble sensationnaliste et constant d’informations fausses ou peu pertinentes à son sujet prépare le terrain pour cela.

Les trois exemples d’#infobidons ci-dessus ne contiennent aucune information. Les déclarations qui y sont exposées n’ont pas de valeur informative. Leur seul but est d’influencer les lecteurs, en les exagérant de façon extravagante, même si elles sont basées sur des faits d’importance mineure.

Cette propagande tonitruante faite sur tous les canaux, sans aucune voix critique contestant les faits fondamentaux, met en danger le fonctionnement de la démocratie. Le quatrième pouvoir n’est plus qu’un outil d’influence. Il ne peut plus prétendre avoir une valeur intrinsèque.

Pour la personne moyenne, une façon de sortir de cette attaque de propagande est de rechercher, d’utiliser et de favoriser les sources de nouvelles alternatives les plus exigeantes. L’autre est de laisser tomber les informations.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Nadine pour le Saker Francophone

Photo: Trump a révélé des informations hautement classifiées au ministre des Affaires étrangères et à l’ambassadeur russes.

Source:http://lesakerfrancophone.fr/cest-la-journee-infobidon-au-sujet-de-la-coree-du-nord-de-la-syrie-et-du-president-etatsunien

 

Comment « Le Monde » invente la « répression » au Venezuela

Mettons-nous dans la peau d’un habitant de la planète qui n’aurait que les médias pour s’informer sur le Venezuela et à qui jour après jour, on parlerait de « manifestants » et de « répression ». Comment ne pas comprendre que cette personne croie que la population est dans la rue et que le gouvernement la réprime ?

Mais il n’y a pas de révolte populaire au Venezuela. Malgré la guerre économique la grande majorité de la population vaque à ses occupations, travaille, étudie, survit. C’est pourquoi la droite organise ses marches au départ des quartiers riches. C’est pourquoi elle recourt à la violence et au terrorisme, dont les foyers sont localisés dans les municipalités de droite. Il y a 90 pour cent de quartiers populaires au Venezuela. On comprend l’énorme hiatus : les médias transforment les îles sociologiques des couches aisées (quelques % du territoire) en « Venezuela ». Et 2% de la population en « population ». (1)

 

Le 12 mai l’ex-présidente argentine Cristina Fernández, après Evo Morales, a dénoncé « la violence utilisée au Venezuela comme méthodologie pour arriver au pouvoir, pour renverser un gouvernement » (2). Depuis l’Équateur, l’ex-président Rafael Correa a rappelé que « le Venezuela est une démocratie. C’est par le dialogue, avec les élections, que doivent se régler les divergences. De nombreux cas de violences viennent clairement des partis d’opposition » (3). C’est aussi la position du CARICOM, qui regroupe les pays des Caraïbes (4). Le Pape François a dû pousser les évêques du Venezuela qui comme dans le Chili de 1973 traînaient les pieds face au dialogue national proposé par le président Maduro (5). Ce dernier a par ailleurs lancé le processus participatif de l’Assemblée Constituante, avec vote à la clef, et confirmé la tenue du scrutin présidentiel légalement prévu en 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Assemblée populaire et d’enseignants pour faire des propositions dans le cadre de l’Assemblée Nationale Constituante, dans l’état d’Apure le 20 mai 2017. Ce processus doit être ouvert et participatif. Une image qu’on ne risque pas de voir dans les médias… Photo de Marco Teruggi

Depuis la disparition d’Hugo Chavez en 2013, le Venezuela est victime d’une guerre économique qui vise à priver la population des biens essentiels, principalement les aliments et les médicaments. La droite locale renoue avec certains éléments de la stratégie mise en place jadis au Chili par le tandem Nixon-Pinochet, en clair provoquer l’exaspération des secteurs populaires jusqu’au débordement de rage et légitimer la violence. Selon le rapport budgétaire 2017 mis en ligne sur le site du Département d’Etat (6), 5,5 millions de dollars ont été versés aux “sociétés civiles” du Venezuela. Le journaliste vénézuélien Eleazar Diaz Rangel, directeur du quotidien Ultimas Noticias (centre-droit) a révélé des extraits du rapport que l’amiral Kurt Tidd, chef du Southern Command, a envoyé au Sénat US : « avec les facteurs politiques de la MUD (coalition vénézuélienne de l’opposition) nous avons mis au point un agenda commun qui comprend un scénario abrupt combinant des actions de rue et l’emploi dosifié de la violence armée sous l’angle de l’encerclement et de l’asphyxie« . (7)

 

La phase insurrectionnelle implique d’attaquer des services publics, des écoles, des maternités (El Valle, El Carrizal) et des établissements de santé, barrer les rues et les principales artères routières pour bloquer la distribution des aliments et paralyser l’économie. A travers les médias privés, majoritaires au Venezuela, la droite appelle ouvertement les militaires a mener un coup d’État contre le président élu (8). Plus récemment les bandes paramilitaires colombiennes passent du rôle de formatrices a un rôle plus actif : le corps sans vie de Pedro Josué Carrillo, militant chaviste, vient d’être retrouvé dans l’État de Lara, portant les marques de torture typiques au pays d’Uribe (9).

Malgré les mortiers, armes à feu, grenades ou cocktails Molotov utilisés par les manifestants « pacifiques » (sans oublier les mannequins de chavistes pendus aux ponts, signature du paramilitarisme colombien), la loi interdit à la Police ou la Garde Nationale d’user de leurs armes à feu. Les manifestants de droite en profitent pour pousser leur avantage, déverser leur racisme sur les gardes ou policiers, les provoquer à coups de jets d’urine, d’excréments et de tirs à balles réelles, guettant la réaction pour les caméras de CNN. Les fonctionnaires des forces de l’ordre qui ont désobéi et qui se sont rendus coupables de blessures ou de morts de manifestants ont été arrêtés et poursuivis en justice (10). Le fait est que la grande majorité des victimes sont des travailleurs qui allaient au boulot ou en revenaient, des militants chavistes ou des membres des forces de l’ordre (11). C’est pourquoi le « Monde » parle de morts en général  – pour que l’on croie qu’il s’agit de « morts du régime ». Allonger la liste des « morts » sert à augmenter l’appui planétaire a la déstabilisation : il y a dans ces meurtres, il est terrible de le constater, un effet de commande médiatique.

Après avoir vendu cette image à son réseau international, l’agence Reuters s’est « excusée » d’avoir fait passer pour une arrestation arbitraire visant à étouffer la liberté d’expression ce qui était en réalité l’aide apportée par un garde national à un caméraman blessé…

 

Tout manifestant qui tue, détruit, agresse, torture, sabote sait qu’il sera sanctifié par les médias internationaux. Ceux-ci sont devenus un encouragement à poursuivre le terrorisme. Toute mort, tout sabotage économique seront attribués au « régime » y compris à l’intérieur du Venezuela où les médias, comme l’économie elle-même, sont majoritairement privés. Que la démocratie participative qu’est le Venezuela tente de se défendre comme doit le faire tout État de Droit, et elle sera aussitôt dénoncée comme « répressive ». Qu’elle ose punir un terroriste, et celui-ci deviendra ipso facto un « prisonnier politique ». Pour le journaliste et sociologue argentin Marco Teruggi « pour une intervention au Venezuela, le Gouvernement des États-Unis a des conditions plus favorables que celle qu’il avait pour bombarder la Libye si on tient compte du fait que l’Union Africaine avait condamné cette intervention presque à l’unanimité. (..) Tout dépend de la capacité de la droite à soutenir longtemps un bras de fer dans la rue en tant qu’espace politique. D’où l’importance de maintenir la caisse de résonance médiatique internationale» (12).

Exemple sordide de cette alliance : le 5 mai 2017, à l’aide d’une photo digne d’un ralenti hollywoodien (mais qui n’est pas celle de la victime) « Le Monde » dénonce « la mort d’un leader étudiant tué lors des protestations contre le projet du président Maduro de convoquer une assemblée constituante ». Or la victime, Juan (et non José comme l’écrit « le Monde ») Bautista Lopez Manjarres est un jeune dirigeant étudiant révolutionnaire assassiné par un commando de droite alors qu’il participait a une réunion de soutien au processus d’assemblée constituante.

Le dernier tweet de Juan Bautista Lopez Manjarres : la conférence de presse où il annonçait le soutien du secteur étudiant au processus de l’assemblée constituante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Armando Cañizales

« Le Monde » mentionne aussi la réaction du chef d’orchestre Gustavo Dudamel, en tournée à l’étranger, qui demande que « cesse la répression » à la suite de la mort du jeune joueur de violon alto Armando Cañizales. Or ce musicien n’a pas été victime de la répression mais, lui aussi, d’un projectile tiré des rangs de la droite.

Le journal espagnol La Vanguardia, bien que virulent opposant a la révolution bolivarienne, l’admet exceptionnellement sous la plume de son envoyé spécial Andy Robinson : « De même qu’à d’autres moments de cette crise, le storytelling d’une jeunesse héroïque massacrée par la dictature bolivarienne ne colle pas dans le cas d’Armando Cañizales. (..) Il est pratiquement sûr que le projectile n’a pas été tiré par la police mais par les manifestants eux-mêmes. Il est notoire que certains d’entre eux ont fabriqué des armes artisanales pour les affrontements quotidiens avec la police» (13).

 

La réaction rapide de Mr. Dudamel est représentative des personnalités artistiques – nombreuses, on peut mentionner Ruben Blades ou René du groupe Calle 13 – subissant la forte pression du dispositif médiatique de leurs pays, contraintes de faire des déclarations pour satisfaire l’opinion publique convaincue à 99 % par les médias qu’il faut dénoncer la « répression au Venezuela ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yeison Natanael Mora Castillo

Le 16 mai, « Le Monde » dénonce « la mort d’un jeune de 17 ans, blessé par balle lors d’un rassemblement contre le président Maduro » (article ci-dessus). C’est faux. L’enquête montre que Yeison Natanael Mora Castillo a été tué par un projectile identique à celui utilisé pour assassiner le joueur de violon alto Cañizales. Il ne participait pas davantage à un rassemblement anti-Maduro. Ses parents sont membres d’une coopérative en lutte pour récupérer un latifundio de sept mille hectares, subissant depuis longtemps les attaques du grand propriétaire. Ils ont porté plainte contre les organisateurs de la marche de l’opposition et dans une interview au journal local Ciudad Barinas ont dénoncé la manipulation internationale de l’assassinat de leur fils, imputé faussement au gouvernement Maduro. (14)

Imputer systématiquement au gouvernement bolivarien les assassinats commis par la droite, c’est tout le « journalisme » de Paulo Paranagua. Le 21 avril déjà, il impute aux collectifs chavistes la mort d’un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno, tué d’une balle dans la tête, tout comme celle de Paola Ramirez Gomez, 23 ans. Double mensonge. Selon la famille de Carlos Moreno, l’adolescent ne participait à aucune manifestation et se rendait a un tournoi sportif. Son assassin vient d’être arrêté : il s’agit d’un membre de la police d’Oscar Oscariz, maire de droite de la municipalité de Sucre. Le journal d’opposition Tal Cual en a rendu compte (15). Quant à la deuxième victime mentionnée par Paranagua, Paola Rodríguez, son assassin a été arrêté également par les autorités : il s’agit d’Iván Aleisis Pernía, un militant de droite.

 

Certes le « quotidien vespéral des marchés » n’est pas seul à mentir de manière aussi sordide dans ce « combat pour la liberté ». La Libre Belgique, le New York TimesFrance-CultureEl PaisLe Figaro ou même Mediapart sont autant de robots de la vulgate mondiale. Cette invention de « la répression » est d’autant plus facile que l’image archétypale du manifestant matraqué par un garde national est gagnante d’avance lorsqu’on est privé d’accès au hors-champ de l’image. Loin du Venezuela, seuls les happy few flaireront la mise en scène où des jeunes sont entraînés, armés, payés pour provoquer les forces de l’ordre et produire « l’image » nécessaire. La concentration planétaire des médias et la convergence croissante des réseaux sociaux avec les médias dominants fait le reste, fixant l’imaginaire de la gauche comme de la droite. On voit ainsi des « insoumis » politiquement se soumettre médiatiquement et ajouter sans le savoir leur petite pierre à la campagne mondiale :

 

 

Et ci-dessous le retweeteur de cette belle affiche n’imagine sans doute pas la supercherie qui se cache derrière l’Anonymous vénézuélien. Cette capacité de l’extrême droite d’emprunter au mouvement alternatif mondial certains de ses symboles pour capitaliser un appui est décryptée ici : « Quand tombe le masque de Guy Fawkes de l’opposition vénézuélienne » (16)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bref, comme si l’histoire de la propagande et des guerres ne nous avait rien appris, nous retombons sans cesse dans la nasse. Malcolm X avait prévenu : « si vous n’y prenez garde, les médias vous feront prendre les victimes pour les bourreaux et les bourreaux pour les victimes ». En transformant les violences de l’extrême droite en « révolte populaire », en rhabillant en « combattants de la liberté » des assassins nostalgiques de l’apartheid des années 90, c’est d’abord contre les citoyens européens que l’uniformisation médiatique sévit : la majorité des auditeurs, lecteurs et téléspectateurs appuient sans le savoir une agression visant à renverser un gouvernement démocratiquement élu. Sans démocratisation en profondeur de la propriété des médias, la prophétie orwellienne se fait timide. Le Venezuela est assez fort pour empêcher un coup d’État comme celui qui mit fin à l’Unité Populaire de Salvador Allende mais la coupure croissante de la population occidentale avec le monde se retournera contre elle-même.

Micro-manuel d’auto-défense face à la déferlante médiatique.

« Le Venezuela est un « régime dictatorial». Faux. Depuis 1999, le Venezuela bolivarien a organisé un nombre record de scrutins (25), reconnus comme transparents par les observateurs internationaux. Selon l’ex-président du Brésil Lula da Silva, il s’agit d’un “excès de démocratie”. Pour Jimmy Carter qui a observé 98 élections dans le monde, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde. En mai 2011 le rapport de la canadienne Fondation pour l’Avancée de la Démocratie (FDA) a placé le système électoral du Venezuela à la première place mondiale pour le respect des normes fondamentales de démocratie. L’ONG chilienne Latinobarometro a établi dans son rapport 2013 que le Venezuela bat les records de confiance citoyenne dans la démocratie en Amérique Latine (87 %) suivi de l’Équateur (62 %) et du Mexique (21 %). Le président Nicolás Maduro vient de lancer un processus constituant participatif qui permet à tous les secteurs sociaux de faire leurs propositions, ce qui donnera un nouveau scrutin, et a réaffirmé que des élections présidentielles auront lieu en 2018 comme le stipule la loi.

« Il n’y pas de liberté d’expression au Venezuela ». Faux. Sur les plus de 1000 stations de radio et chaînes de télévision auxquelles l’État a accordé l’autorisation d’émettre, 67% sont privées (la grande majorité opposées à la révolution bolivarienne), 28% sont aux mains des communautés mais ne transmettant que sur une échelle strictement locale et 5% sont propriété de l’État. Sur les 108 journaux qui existent, 97 sont privés et 11 publics. 67% de la population vénézuélienne a accès à internet. Cette plate-forme dominante des médias privés renforcée par le réseau des transnationales joue un rôle crucial dans la désinformation au service de la déstabilisation. Pour un dossier détaillé et chiffré de ce paysage médiatique, voir « François Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France-Culture » (17)

« Il y a des prisonniers politiques au Venezuela ». Faux. A moins de considérer comme « prisonniers politiques » les assassins du parti d’extrême droite Aube Dorée emprisonnés en Grèce. Dans un État de Droit, qu’il s’appelle France ou Venezuela, être de droite ne signifie pas être au-dessus des lois ni pouvoir commettre impunément des délits tels qu’assassinats, attentats à la bombe ou corruption. Ce n’est pas pour leurs opinions politiques mais pour ce type de délits que des personnes ont été jugées et emprisonnées (18). Dans la pratique on observe d’ailleurs un certain laxisme de la justice. Selon la firme privée de sondages Hinterlaces, 61 % des vénézuéliens considèrent que les promoteurs des violences et des actes de terrorisme devraient répondre de leurs actes devant un tribunal (19).

Rappelons que les leaders actuels de la droite n’ont jamais respecté les institutions démocratiques : ce sont les mêmes qui en avril 2002 avaient mené un coup d’État sanglant contre le président Chavez, avec l’aide du MEDEF local et de militaires formés à la School of Americas. Ce sont les mêmes qui ont organisé les violences de 2013 à 2016. Notons l’identité d’un de leurs mentors : Alvaro Uribe, un des plus grands criminels contre l’humanité de l’Amérique Latine, ex-président d’un pays gouverné par le paramilitarisme et les cartels de la drogue, qui possède les plus grandes fosses communes du monde, qui compte 9500 prisonniers politiques, 60.630 personnes disparues au cours des 45 dernières années et qui depuis la signature des accords de paix a repris une politique sélective d’assassinat de leaders sociaux et de défenseurs des droits de l’homme. Pour une information complète et en photos sur ces liens des héros du « Monde » avec le paramilitarisme colombien, lire « Venezuela : la presse française lâchée par sa source ? »,

 https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/

Thierry Deronne, Venezuela

Notes

1.    Lire https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/22/brevissime-cours-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-linformation/

2.    Entretien intégral de Cristina Kirschner avec Jorge Gestoso https://www.youtube.com/watch?v=-WM6nD6hPu0

3.    http://ambito.com/883274-tras-reunirse-con-michetti-correa-defendio-a-venezuela . Voir aussi http://www.telesurtv.net/news/Long-rechaza-injerencia-de-EE.UU.-en-asuntos-internos-de-Venezuela-20170518-0039.html

4.    http://correodelorinoco.gob.ve/cancilleres-de-caricom-resaltan-solucion-pacifica-para-situacion-de-violencia-en-venezuela

5.    http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/politica/papa-francisco-dialogo-venezuela-afectado-la-division-la-oposicion/

6.    https://www.state.gov/documents/organization/252179.pdf (voir page 96)

7.    http://www.southcom.mil/Portals/7/Documents/Posture%20Statements/SOUTHCOM_2017_posture_statement_FINAL.pdf?ver=2017-04-06-105819-923

8.    Comme le reconnaît Julio Borges, leader du parti d’extrême droite Primero Justicia et actuel président de l’Assemblée Nationale, dans l’interview non complaisante que lui fait le journaliste de la BBC Stephen Sackur, le 19 mai 2017 : http://bbc.co.uk/programmes/p052nsxd

9.    http://tatuytv.org/index.php/noticias/duelo/3680-terrorismo-hallan-sin-vida-y-con-signos-de-tortura-a-militante-del-psuv-secuestrado-en-zona-opositora

10.Détails de plusieurs cas sur le site du Parquet : http://bit.ly/2ro4iXE ; http://bit.ly/2qE9MNb ; http://bit.ly/2q5RsbU ; http://bit.ly/2rnNT5s

11.http://albaciudad.org/2017/05/lista-fallecidos-protestas-venezuela-abril-2017/

12.http://hastaelnocau.wordpress.com/2017/05/09/radiografia-de-la-violencia

13.http://www.lavanguardia.com/internacional/20170507/422343873153/violinista-muerto-venezuela-manifestaciones.html

14.http://www.desdelaplaza.com/poder/yeison-lo-mataron-manifestantes-la-mud-destacado/

15.http://www.talcualdigital.com/Nota/142708/detenido-polisucre-por-asesinato-de-estudiante-de-la-ucv-carlos-jose-moreno

16.https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/15/fauxccupy-sous-les-masques-de-guy-fawkes-de-lopposition-venezuelienne

17.https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/12/thomas-cluzel-ou-linterdiction-dinformer-sur-france-culture

18.https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/

19.http://hinterlaces.com/61-afirma-que-responsables-de-manifestaciones-violentas-deberian-ir-presos/

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2zk

Photo: Caracas en mai

Source:https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/05/20/comment-le-monde-invente-la-repression-au-venezuela/

L’indic Claude Hermant implique l’Etat dans l’attentat contre Charlie Hebdo

Un indic Claude Hermant, arrêté dans l’affaire de l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, implique à présent l’Etat dans la préparation de l’attentat. Hermant, qui aurait vendu les armes qui ont ensuite servi à Amedy Coulibaly et aux frères Kouachi pour commettre les attentats, accuse trois gendarmes et deux douaniers d’avoir été impliqués, ainsi que le milieu du grand banditisme.

Ce dossier fait voler en éclats le narratif officiel, selon lequel des islamistes ont préparé seuls les attentats qui ont ensanglanté la France, la Belgique et l’Allemagne depuis 2015.

L’avocat de Hermant, Me Maxime Moulin, ne dispute pas le fait que des armes passées entre les mains de Hermant, qui agissait sous couvert du service de renseignement des douanes jusqu’en 2013 avant de travailler pour le compte de la gendarmerie, sont parvenues à Coulibaly. Les médias et les partis politiques établis ont étouffé ce fait, ainsi que l’arrestation de Hermant à cause de ses relations avec Coulibaly après les attentats. Le ministre de l’Intérieur en juin 2015, Bernard Cazeneuve, a même opposé le secret défense aux investigations des liens entre Hermant et les islamistes.

Me Moulin a déposé une plainte au bureau du procureur de la République de Lille le 2 mai accusant le ministère de l’Intérieur de «mise en danger de la vie d’autrui». Il explique au nom de son client : «Nous réclamons la fin du secret défense. Les rôles sont inversésc’est la solution que nous avons trouvée pour avoir la vérité. (…) On veut avoir accès à ces infos. On demande de manière officielle que le ministère de l’Intérieur lève le secret défense sur l’intégralité des rapports de contact [entre les gendarmes et Claude Hermant]. Ils doivent rendre des comptes. On veut savoir ce qui a été traité, transmis, ce qui n’a pas été traité, et pourquoi».

Pour l’avocat de Hermant, ce dernier a agi uniquement pour les intérêts des services de douanes et de gendarmerie : «On ne peut pas accepter que la gendarmerie travaille de façon borderline. Quand ça marche, ils sont contents, et quand ça ne marche pas, elle vous laisse seul dans un champ de ruines. On ne peut pas laisser un soldat en rase campagne.».

Selon Libération, Moulin justifie la plainte de son client en s’appuyant « sur un article de Médiapart publié en mars 2017 : Claude Hermant avait prévenu la gendarmerie qu’un convoi d’armes était de passage à un péage d’autoroute entre Lille et Paris, mais la gendarmerie n’aurait réussi à intercepter qu’un véhicule sur deux. Le second convoi, prévenu que les gendarmes étaient sur le coup, a réussi à les éviter. Or ces armes ont servi à Coulibaly. ».

La Voix du Nord a publié quelques extraits de mails échangés entre Hermant et un gendarme en novembre 2014 : « Salut Claude, nous avons vu avec notre hiérarchie… Nous sommes partant(s) pour les deux dossiers que tu nous as présentés (armes-Charleroi…)… ».

Ces mails laissent supposer que Hermant aurait pu recevoir l’aval d’un service de renseignement pour ses actions dans l’affaire des livraisons d’armes à Coulibaly ou à d’autres islamistes. La Voix du Nord poursuit : « Imaginons que vous tombiez sur ce type de message (parmi une dizaine) qui aurait été envoyé par un gendarme à Claude Hermant, le 21 novembre 2014 à 8 h 47. Qu’un proche du prévenu certifie que ‘Claude Hermant a assuré ses arrières…’ ».

Il est clair que des forces beaucoup plus larges que les seuls islamistes étaient mouillées dans les agissements qui ont préparé les attentats. Le recours par l’Etat au secret défense et le silence assourdissant des grands médias servent à façonner un narratif partiel et faux sur les attentats, qui incite le racisme antimusulman et qui lave le rôle de l’Etat et de l’extrême-droite.

L’état d’urgence instauré après les attentats du 13 novembre 2015 est basé sur ce mensonge, que les médias capitalistes ne contestent pas car il sert de fondation à la politique bourgeoise en France. Ces attentats ont servi de justification pour Hollande de la politique tournée vers l’extrême droite qu’il mena : l’état d’urgence, la création d’une garde nationale, les lois sur le renseignement, et la légitimation du Front national par les invitations de Marine Le Pen à l’Elysée.

Les attentats de 2015 ont été perpétrés par des réseaux islamistes connus des services de renseignement français, à qui ils servaient de troupes à la guerre de l’OTAN en Syrie. Les frères Kouachi, Coulibaly, et le chef du commando du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud, étaient tous connus des services de renseignement pour leurs liens avec Al Qaïda ou l’Etat islamique.

Les frères Kouachi ont été surveillés de près entre 2010 et 2015 et considérés comme extrêmement dangereux en raison de leurs contacts directs avec les dirigeants d’Al Qaïda dans la Péninsule Arabe. Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly se sont rendus à plusieurs reprises chez Djamel Beghal, membre d’Al Qaïda en Algérie, assigné à résidence en France.

Abaaoud, membre dirigeant de l’EI largement connu sur Facebook, a pu se déplacer librement à travers l’Europe et préparer les attentats du 13 novembre 2015, sans être inquiété.

Salah Abdeslam, l’un des survivants du commando du 13 novembre, homme soit disant le plus recherché d’Europe, avait été repéré depuis décembre 2015 par un policier de la commune de Malines. Son rapport d’enquête a toutefois été perdu par ses supérieurs, et la police n’a arrêté Abdeslam qu’en en mars 2016.

Quant aux terroristes qui ont ensuite mené les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, ils ont pu se organiser les attentats alors que les services turcs, israéliens et russes avaient averti leurs homologues européens de leur identité ainsi que des cibles qu’ils avaient choisies.

Le traitement de ces attentats a été manipulé par les médias et par la classe politique afin de terroriser les Français et de déplacer l’échiquier politique de plus en plus loin vers la droite.

Les révélations de Hermant ont eu lieu en plein milieu des élections présidentielles, quelques jours après le meurtre d’un policier par Karim C. sympathisant de l’EI. Karim C. avait fait de la prison pour tentative de meurtre sur policiers au début des années 2000 et était connu des services de police et de la police antiterroriste. Comme l’annonce la presse, il était maintenu en détention jusqu’à il y a peu, et à sa sortie de prison il avant recommencé à menacer la police.

Il est impossible de concevoir comment les agences de sécurité et du renseignement auraient laissé une personne en liberté, si ce n’était par une décision consciente, sachant qu’il allait commettre un crime qui allait leur être utile politiquement.

Le meurtre du policier, Xavier Jugelé, a déclenché une hystérie sécuritaire de la part des médias et des partis politiques alors qu’un sentiment anti-guerre et anti-austérité se développait parmi de large sections de jeunes et de travailleurs à la suite des frappes américaines du 7 mai en Syrie. Macron, le candidat préféré de la bourgeoisie, baissait dans les sondages au profit de Mélenchon. Cet attentat a recentré les élections présidentielles à droite, permettant de stabiliser Le Pen et Macron dans les sondages.

L’état d’urgence n’est pas dirigé contre les terroristes mais sert à suspendre les droits démocratiques, afin de prolonger l’austérité par la répression, comme lors des manifestations contre la loi travail ou les perquisitions arbitraires dans les banlieues.

Anthony Torres

 

Source: http://www.wsws.org/fr/articles/2017/mai2017/herm-m22.shtml

 

L’Occident peut-il détruire maintenant l’armée russe ?

Des experts US pensent que la Russie ne peut s’opposer à aucune armée occidentale. Les forces armées russes sont certes dotées de quelques réalisations modernes, mais cela ne fait guère de différence.

Le mythe du Kremlin est propagé par la station radio « Svoboda », qui fait ordinairement cela pour gagner sa vie. Le rapport concernant la faiblesse de l’armée russe a été réalisé à la suite du Défilé de la Victoire du 9 mai. La radio a invité Stephen Blank, expert de l’American Foreign Policy Council, et Michael Kofman, un ancien collaborateur du Pentagone devenu aujourd’hui chercheur à CNA Corporation.

 M.Blank, par exemple, s’oppose toujours à toute coopération entre la Russie et les USA en Syrie. Il croit en outre que les Russes planchent sur une invasion de l’Ukraine. Selon lui, ce que l’on a pu voir lors du défilé du Jour de la Victoire à Moscou, était un exemple classique des mensonges soviétiques et russes. Il pense aussi que le déploiement des systèmes de missiles Iskander dans la région de Kaliningrad, est un acte d’intimidation caractéristique d’autorités mafieuses.

Adoptant ensuite le style grandiloquent de John McCain, M. Blank a affirmé que les USA devraient soutenir leurs alliés et apporter la réponse adéquate en relançant la production de missiles à moyenne portée, parce que, entre autre, la Russie aurait violé un important traité. Pour couronner le tout, Stephen Blank a prédit l’effondrement imminent du régime de Assad en Syrie, car personne, à part la Russie, n’est prêt à se battre pour lui.

Les commentaires de Michael Kofman étaient beaucoup plus acceptables. Voici ce que nous relevons dans ce qu’il a dit :

1) Le système antiaérien russe S-400 est valable, mais il est bon contre les avions de quatrième génération, et les USA ont beaucoup d’avions de cinquième génération. Métaphoriquement parlant, opposer les systèmes S-400 à ces avions, revient à envoyer la cavalerie au devant des chars ;

2) les chars russes Armata sont convaincants, mais faire la comparaison avec l’US Army est inadéquat car, contrairement aux USA, du fait de ses immenses frontières terrestres, la Russie a besoin de ce genre d’armes. Les USA ont de puissantes marine de guerre et armée de l’air, avec lesquelles la Russie ne peut rivaliser. Quoi qu’il en soit, le principal problème réside dans le fait que la Russie n’a tout simplement pas d’argent pour produire des chars modernes comme l’Armata ;

3) la technologie des armes de haute précision reste à un niveau assez primitif en Russie. Cela est mis en évidence par les attaques russes en Syrie, qui provoquent souvent des dommages dans la population civile ;

4) d’une manière générale, en matière de réalisation technique, la Russie est en retard de 15 à 20 ans sur l’Occident. Cela signifie que les réalisations russes actuelles sont comparables à celles de l’OTAN dans les années 90.

Assurément, pareille publicité sur la « propagande russe » n’est rien d’autre que de la désinformation. Surmonter les problèmes dans l’armée russe prendra sans aucun doute du temps ; après tout, la plupart des ressources du pays ne sont pas consacrées en ce moment aux forces armées. Le budget de la défense russe est dix fois inférieur à celui des USA, sans parler des budgets similaires de leurs alliés otaniens.

Il est intéressant de noter que les commentaires mentionnés ci-dessus comparent les armements russes et étasuniens. Cela soulève la question de savoir si la Russie est vraiment si mauvaise dans ce domaine. Les deux experts ne parlent pas des alliés des USA, mais plutôt de la puissance militaire US.

Il vaut la peine de noter ce que le Président Poutine a fait remarquer sur la question de la sécurité en Europe de l’Est, lors de son entretien avec Bloomberg, l’année dernière. Voici ce qu’a dit Poutine :

Voyez-vous, je pense que toute personne sensée engagée dans la vraie politique comprend que les allusions aux menaces posées par la Russie, disons aux États baltes, sont absolument insensées. Pensez-vous que nous allons lancer une guerre contre l’OTAN ? Combien y a-t-il de gens dans les pays de l’OTAN ? Environ 600 millions, pas vrai ? La Russie compte 146 millions d’habitants. Nous sommes certes la plus grande puissance nucléaire. Mais pensez-vous vraiment que nous allons utiliser des armes nucléaires pour envahir les pays baltes ? N’importe quoi !

À propos des problèmes des armes de haute précision, les constants bombardements de civils syriens et irakiens par la coalition US, laissent penser que les USA ont fort à faire dans ce domaine. Quant aux défilés militaires, la Russie n’est pas le seul pays à en organiser. Le but principal est, si possible, de montrer la force militaire de l’État et de mettre en valeur ses réalisations nec plus ultra. Quant à la cavalerie contre les chars, cette métaphore n’a rien à voir avec la réalité. De plus, il y a longtemps que le mythe concernant la Seconde Guerre Mondiale a été dissipé.

 

Pravda.RuAnton Kulikov

Fantômes du désert la nouvelle armée syrienne des Etats-Unis

 “War, what is it go for? Absolutely nothing…” (chanson connue). A quoi sert la guerre ? À rien si ce n’est de maintenir les riches encore plus riches et le reste d’entre nous apeurés et facilement manipulables…

Un semblable de l’EIIL est entré sur la scène syrienne avec tout le flair et la gloire d’un spectacle hollywoodien ; les Etats-Unis ont décidé de faire avancer une offensive au sol de grande envergure en Syrie. Sécuriser cette nouvelle attaque contre Damas est un des buts réels de la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite et de la signature de contrats de plus de 100 milliards de dollars de Jared Kushner avec les Saoudiens.

Cet équivalent Trump de la “diplomatie des narcotiques” tandis que Kushner ratisse le fric dans les coffres familiaux, a été des plus bénéficiaire à la fois aux financiers saoudiens et aux fournisseurs d’armes américains comme Raytheon (NdT: les missiles Tomahawk entre autre) et Lockheed, le tout en engrangeant des rétro commissions énormes pour la famille Trump dans ses comptes offshore des îles Caïmans dans les Caraïbes.

La plupart de tout ceci fut mis en place par le général Mattis qui a soudoyé Abadi à Baghdad et espère traîner les forces militaires au sol britanniques, françaises et Allemandes dans ce que les Etats-Unis appellent une “zone de désescalades de conflit”. Une fois que les élections européennes seront hors du chemin et que l’OTAN soit mise en position plus forte, le cas contre Assad va prendre une toute autre tournure, bien plus dramatique.

Nous avons vu se dérouler la fausse attaque chimique, l’Amérique a bloqué une enquête, n’a pas produit ne serait-ce que l’ombre d’une preuve [que le gouvernement syrien ait perpétré cette attaque] tandis que Trump a fait des ronds de jambes devant Poutine promettant que cela ne se reproduirait plus, puis quelques jours plus tard, les Etats-Unis ont totalement fabriqué cette histoire du “Auschwitz” syrien, de camps de la mort imaginaires, d’incinérateurs, de gigantesques charniers et de Sonderkommandos zombies, ce que l’ambassadeur syrien auprès de l’ONU (Bachar Al-Jaafari) a qualifié de piège à gogos hollywoodiens.

 

Derrière tout cela se tient la main d’Israël, les attaques fabriquées et ce que nous ne voyons pas, ce qui est une part importante, du comment Israël contrôle la Maison Blanche, le Pentagone et ces membres bien particuliers du congrès chargés de la supervision militaire.

Les Etats-Unis dépensent jusqu’à 100 milliards de dollars par an pour le renseignement de signaux. Les 16 agences du renseignement américaines sont totalement dépendantes de ces signaux. Le renseignement satellite américain est inutile sans le soutien de renseignement de signaux et malgré les efforts de réformer durant la période de Michael Flynn et son directorat infructueux de la DIA (renseignement militaire US), les Etats-Unis n’ont pas d’HUMINT ou sources de renseignement humaines où que ce soit dans le monde.

Non seulement elles n’existent pas, mais les Etats-Unis ne forment aucun de leurs services dans le recrutement des agents, dans la gestion d’agents (ou de transfuges) ou, et cela est quelque peu terrifiant, dans la recherche et le traitement de l’information. En fait, à l’heure actuelle, les Etats-Unis considèrent que les posts laissés sur Facebook et sur les blogs sont du renseignement humain. Ils scrutent Twitter, Youtube et Facebook…

Pendant l’administration Bush, la Maison Blanche s’est allouée les sources les plus mal réputées afin de produire des dossiers bidonnés sur l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan, tout falsifié. Les deux avec lesquelles nous sommes les plus familiarisés sont SITE Intelligence, qui est en fait Rita Katz.

D’après nos sources, elle reçoit ses infos d’un gars basé chez un traiteur de Brooklyn ; l’autre est MEMR.org, qui est en fait le blogueur conspi Steve Emerson qui opère avec des injections de fric liquide de la Maison Blanche. Emerson est allé à Oman en 2002 et fut contracté par des médias locaux pour produire des fictions à charge contre l’Irak et Saddam Hussein.

Ceci fut appelé le Middle East Intelligence Project. Un de ses éditeurs nous contacta et a dit: “Gordon, je suis un bon musulman, mais ce mec nous demande de mentir” ; Duff répondit “combien te paye-t-il ?” Farouk dit alors: “30 000 dollars”, ce à quoi Duff répondit “prends le fric, de toute façon ils ont déjà décidé de cette guerre.”

Derrière ceci se cachait des douzaines d’organisations supplémentaires, dirigées depuis la Brooking Institution, l’Heritage Foundation, le Washington Institute et la Jameson Foundation, tout ceci étant des vitrines du renseignement israélien.

Notre vrai problème est le réseau de renseignement sur les signaux et le trafic qui a été créé pour les Etats-Unis. En 2014, nous avons enquêté sur le rôle d’Israël dans l’abattage du vol MH17, la fausse histoire du tir d’un missile russe ayant abattu l’appareil puait l’impossibilité à plein nez, mais des capacités clefs SIGINT (renseignement sur les signaux, NdT: pour Signal Intelligence) ont rendu cet acte terroriste possible et les empreintes digitales de Tel-Aviv était la depuis le tout premier jour.

Avant que cette fausse histoire de missile ne noie la vérité, mais dans la presse russe hautement infiltrée, le monde a su que les contrôleurs aériens ukrainiens à Kiev, avaient follement envoyé le vol MH17 au-dessus d’une zone de combat avec deux chasseurs à réaction ukrainiens à ses trousses.

Ce ne fut une surprise pour personne lorsque l’avion fut abattu ni du reste de la manière dont ce fut fait, quoi qu’il en soit, dans les 48 heures qui ont suivi, les médias du monde étaient submergés avec des histoires de “limites” des Su-25 chassant le malheureux vol MH17: “ils ne peuvent pas voler aussi haut”, “Ils ne transportent pas les bons missiles”, “ils n’ont pas de canons”…

Ce fut le membre de la US Army Special Forces Forward Air Controller, Gene “Chip” Tatum, qui éventa l’affaire ; voyez-vous, Israël a fait installer une boîte noire sur les avions ukrainiens. Celle-ci reçoit des signaux radars, les changent et les renvoie maquillés : ainsi, un avion rapide de haute altitude comme le Su-27 peut posséder et émettre la signature d’un autobus de ramassage scolaire de l’air et non seulement la capacité existe, mais fondé sur l’analyse de nouveaux rapports et de mensonges utilisés, mais cela fut imité et les signaux “bidouillés”.

Nous sommes absolument certains que ceci fut effectué, de plus, dans les heures qui suivirent la chute de l’avion, nous avons reçu des rapports d’un groupe de contrôleur du trafic aérien canadien qui nous a dit qu’un vol avait quitté un aéroport en Azerbaïdjan, convergeant sur ce que nous croyons être le site d’interception du Su-27 ukrainien abattant le vol MH17. L’aéroport duquel ce vol est parti nous est connu comme une base secrète pour des bombardiers israéliens F-15E, placée là en 2010 en guise de menace sur l’Iran.

En 2012, deux déserteurs de ce pays ont confirmé cette information à l’Iran, nous savons également que le puissant radar équipant le F-15E, combiné avec la technique aéronautique Raphael permet à cette avion d’être utilisé en tant que plateforme de système AWAC. Le vecteur de vol de cet appareil israélien lorsque ajouté à ceux des deux avions ukrainiens “bidouillés” correspond à ce que nous pourrions appeler un “package” pour ce qui est devenu de fait un acte d’assassinat de masse.

 

Ceci représente un cas d’opération technologique faux-drapeau qui utilise le SIGINT d’Israël. Le 2 mai 2017, une équipe du renseignement israélien, ayant placé des équipements de transmission électronique maquillés en rocher, retournait à la rame vers un sous-marin de classe Dauphin, qui les attendait au large de la côte syrienne.

Deux heures plus tard, le sous-marin israélien gisait au fond de la Méditerranée, sa coque ouverte, son équipage, incluant deux équipes commando israéliennes, soient un total de 84 hommes, tués, victimes d’une torpille russe anti-sous-marin, tirée, selon l’agence syrienne SANA, depuis un patrouilleur côtier.

Le but de cette opération en parallèle avec celle du vol MH17, fut de blâmer la Russie d’avoir abattu un vol commercial, tandis qu’ici, les signaux électroniques israéliens imitaient le trafic radio de l’armée syrienne, lui faisant reconnaître une attaque au gaz sarin contre des civils.

Les Etats-Unis étant totalement dépendant de la réception de ces signaux SIGINT et recevant leur confirmation d’organisations totalement corrompues, n’ayant aucune prérogative de renseignement et étant hautement motivées par des agendas personnels, une décennie et demie d’échecs retentissants du système de renseignement américain devrait donc être des plus facile à comprendre. La toute dernière incarnation du faux renseignement est la troupe théâtrale, parfois des locaux payés pour ce faire, parfois des enfants sont payés pour faire les morts, parfois l’entreprise cinématographique, quand elle peut le faire sans être prise et qu’elle a besoin d’effet dramatique, trouve plus convaincant de tuer en fait les enfants plutôt que de payer pour un sédatif.

Combien de fois avons-nous pris les “casques blancs” syriens, l’Observatoire Syrien pour les droits de l’Homme (OSDH), travaillant avec des équipes de filmage de la chaîne de télévision Al Jazeera et de l’agence britannique Reuters, ainsi qu’avec la télévision turque, aidés par l’EIIL, Al Qaïda et le MIT (service secret turc), mettant en scène des attaques faux-drapeaux.

Il est tout à fait normal pour un ennemi soumis à des raids aériens de placer des choses ou personnes importantes dans des écoles, des églises, des mosquées et des hôpitaux, utilisant les résidents locaux comme boucliers humains, ce qui est fait maintenant, est le résultat de changements sur le champ de bataille.

Ces choses planqués ne valent plus en fait la peine d’être protégées, la guerre en Syrie est perdue, pourquoi protéger un dépôt d’armes légères ou un centre de communication lorsque vos mercenaires djihadistes s’enfuient à toutes jambes, jetant leurs armes et rasant leurs barbes, alors que la véritable guerre peut être gagnée au moyen de sanctions et de frappes répliques américaines. La leçon est simple: faites sauter les écoles vous-même, filmez les enfants morts, mettez un casque blanc, attrapez un cadavre d’enfant, courez en long et en large devant des caméras jusqu’à ce qu’ils aient le bon plan. La BBC le diffusera et la photo sera étalée à l’ONU et son Conseil de Sécurité par l’ambassadeur américain. Avec un peu de pot même, Ivanka Trump va personnellement superviser l’attaque pour vous.

Ceci est le nouveau visage de la guerre en Syrie: mise en scène terroriste, histoire de charniers, exécutions, torture, tout ceci semble bizarrement bien familier, comme des choses qu’on a déjà entendu auparavant, le tristement célèbre “narratif de la victimisation” d’Israël toujours en action…

Pour les Etats-Unis, afin de soutenir la politique de la Maison Blanche de plus en plus dominée, particulièrement sous l’administration Trump, par des agences de renseignement étrangères et même le crime organisé, comme avancé par bon nombre, les hautes positions du renseignement vont à des gens qui ont de moins en moins d’expérience, même un soi-disant haïsseur d’Israël comme Obama a fait ces boulettes, bien qu’Obama ait bougé Chuck Hagel à la défense et Martin Dempsey à l’état-major, nettoyant ainsi le Pentagone, bien que temporairement et oblitérant le culte de mort de l’armaguédon qui avait pris le contrôle du commandement nucléaire des Etats-Unis, non, non, on ne plaisante pas une seule seconde avec tout çà…

S’ajoutant à ce problème fut l’action entreprise contre les académies militaires du pays comme West Point (NdT: l’équivalent de St Cyr), Annapolis et l’école d’officiers de l’armée de l’air, action qui fut entreprise à la fin des années 80 sous Bush Senior. Les membres des cultes chrétiens pentecôtiste et dominioniste prirent alors le contrôle total de ces usines à jeunes officiers tandis que de nouvellement sélectionnés candidats officiers étaient passés au travers d’un processus de sélection demandant une “flexibilité morale”, une intelligence limitée et un cocktail en guise de personnalité: ils voulaient des George Custer et non pas des George Patton.

Ceux qui passèrent au travers des mailles du filet, la génération future des Omar Bradley, furent harcelés et trompés. A un moment donné, en 2009, 159 cadets de l’école d’officiers de l’armée de l’air ont contacté Veterans Today (VT) et l’American Religious Freedom Foundation, ils se plaignaient d’une véritable “inquisition” religieuse. Alors que les académies militaires étaient de plus en plus dominée par la théologie extrémiste évangéliste, leurs programmes éducatifs se plantèrent, mais ils eurent une grande croissance dans un autre domaine: les abus sexuels officiellement rapportés augmentèrent de plus de 60%, mais l’histoire derrière tout ceci indique plus une augmentation de 300% si ce n’était pour l’intimidation masquée qui s’en suivi.

Ceci nous donna l’armée dont l’ex-adjoint ministre de la défense Paul Wolfowitz, co-architecte de l’offensive du renseignement israélien contre les Etats-Unis, leur “taupe”, avait besoin pour sa “guerre globale contre le terrorisme”. C’était une armée américaine qui travaillait de manière inter-opérationnelle avec des mercenaires, des terroristes et des voyous ; une armée qui ne ferait pas qu’ouvertement protéger les structures de production du plus grand trafic de narcotique au monde, mais encore de construire elle-même cette capacité (NdT: depuis l’Afghanistan)

Les bases militaires américaines dans le monde sont devenues des centres de prière obligatoire, des bibles y étaient portées plus souvent que des flingues et où une certaine forme d’aveuglement se développa aussi. Les plaintes pour viols et tentatives de viols perpétrés sur des militaires hommes ou femmes augmentèrent de 300%, avec ce qui ne fut pas rapporté, on atteint peut-être les 1000%. Les bases américaines autour du monde devinrent des lieux de transit pour le tristement célèbre programme de “rendition” de la CIA (NdT: programme d’enlèvement et de transfert de “suspects de terrorisme” dans des bases et pays “alliés”, dont la Syrie fit partie à un moment donné… pour séquestrer et torturer de soi-disant suspects de “terrorisme”, souvent des innocents enlevés et vendus contre récompenses aux Américains…), qui vit des dizaines de milliers de personnes, le plus souvent innocentes ou enlevées “par erreur” simplement parce que leur nom était Mohammed.

Avec un budget accumulé de 5000 milliards de dollars pour sa guerre contre le terrorisme, l’Amérique fut virée d’irak et un gouvernement pro-iranien y fut élu tandis qu’en Afghanistan, le flot incessant de la drogue continuait de plus belle, alors que le gouvernement de Kaboul ne gouverne qu’à… Kaboul et encore, seulement durant les heures diurnes.

Les échecs sont bien évidemment des échecs politiques, le couteau militaire émoussé emmené par les esprits émoussés des académies militaires, suivant une politique du “marécage de Washington” pour utiliser le terme même employé par Trump, mais il y a deux choses derrière tout ce puissant phénomène: ouvertement, beaucoup blâment la pressetituée des “fausses nouvelles” et il y a une bonne raison à cela, comme nous l’avons dit auparavant, le FBI et la CIA sont notoirement accrocs aux logiciels qui scannent les blogs conspi et les messages Facebook comme sources de renseignement. Le réel désastre que tout cela représente ne peut pas être surestimé, mais derrière tout ça se tient cette nébuleuse du sommet de la pyramide du renseignement que seule une poignée d’élus peuvent voir, les joyaux plaqués or qui arrivent maintenant sur le bureau de Donald Trump et peut-être même de Vladimir Poutine. Nous suggérons ici que si ces inepties arrivent de fait sur le bureau de Poutine, elles se retrouvent souvent très rapidement au panier.

De quoi parlons-nous au juste ? Il y a une beauté simple et naturelle dans ce renseignement sur les signaux (SIGINT), çà n’est pratiquement presque jamais réel, pas depuis le fameux télégramme de Zimmermann en 1917, une révélation pour vous et non ce n’est pas une plaisanterie: Les Israéliens sont connus pour prendre un simple téléphone portable et de passer ce coup de fil: “salut, c’est nous les terroristes, on est en train de fabriquer nos vestes suicides et on se demandait comment allait toute la famille ?…” Puis, ils prennent leur téléphone à 30 US$, le balance au-dessus d’un mur et attendent qu’un drone américain passe et fasse sauter le caisson d’un pauvre gars et de toute sa famille.

Un scenario typique dans de tels cas implique des victimes n’ayant souvent pas payé une commission dans une affaire de diamant et non, on ne plaisante pas, pas une seule seconde. Est-ce que le directeur de la CIA Pompeo le sait ? Franchement ? Il ne sait rien, c’est du reste pour cela qu’il est à ce poste de directeur de la CIA. Et le général Mattis, le sait-il ? On ne peut pas dire, mais ce que nous pouvons dire, c’est qu’il est maintenant et a toujours été ignorant de simples affaires de juste ou faux, légal ou illégal et même de bien et de mal.

Nous avons appris cette leçon au Vietnam, quelle leçon ? Vous n’avez pas besoin de combattre un ennemi pour gagner une guerre. En 1968, Richard Nixon annonça qu’il allait retirer les troupes américaines du Vietnam s’il était élu président et remettre cette guerre entre les mains de ce que nous savons maintenant avoir été non-existante: l’armée sud-vietnamienne. Laissez-moi expliquer. Ceci va faire mal et ce qui devrait faire le plus mal à ce sujet est que cette simple vérité n’a jamais été entendue auparavant et pourtant c’est tellement incroyablement évident.

Voyez-vous, le Vietcong (VC) et l’armée nord-vietnamienne (ANV) passèrent 70% de leur capacité militaire à essayer de tenir et de contrôler le sud-Vietnam, ils combattaient une guerre politique, essentiellement une guerre défensive (NdT: ils étaient envahis par des puissances étrangères, d’abord l’empire colonial français puis à partir de 1955 par sa relève yankee…ne l’oublions jamais…), tenant presque toute la terre et la plupart de la population tandis que les Etats-Unis combattaient une guerre offensive et de mobilité. Nixon a changé tout cela.

Avec l’annonce du retrait américain, la VC et l’ANV n’avaient plus à retenir, ils devaient se contenter de pousser les Américains vers la porte de sortie, ce qui libéra 70% de leurs forces. Comme ils n’avaient plus à tenir des territoires et saisir des régions, voici ce que Nixon et Kissinger firent dans la réalité: la guerre du Vietnam passa d’une guerre civile à une guerre où 540 000 Américains soudainement, se retrouvaient avec une cible peinte dans leur dos. Il suffit de voir que la vaste majorité des pertes américaines furent infligées à partir de 1969-70, pas dans les années préalables. Le seul but du VC et de l’ANV fut de tuer le plus d’Américains possible, aucune force américaine ne devait être vaincue dans une bataille, aucune zone n’avait plus besoin d’être protégée, c’était juste devenu un massacre.

C’est ce qui facilita la prise de contrôle des académies militaires, une armée qui ne pouvait plus se débarrasser de ses vétérans et anciens combattants assez rapidement, une armée profondément engoncée dans la corruption et une guerre combattue exclusivement par de petites unités de terrains, commandées (efficacement) par des sous-officiers d’expérience. Il y eut des leçons à tirer de la guerre du Vietnam: ce fut la glas du corps des officiers de l’armée américaine. La guerre du Vietnam fut le type de combat de jungle que virent les Marines durant la seconde guerre mondiale, tandis que parfois à quelques kilomètres des affrontements, les officiers supérieurs se doraient la pilule sur les chaises longues des piscines et glandouillaient dans les boîtes de nuit dans le même temps où les unités de combat, sur le terrain, commandées par des sous-officiers et parfois même des caporaux se frittaient au corps-à-corps ; voilà la véritable honte de la guerre du Vietnam sur le plan militaire, la véritable histoire du Vietnam et des racines du niveau de corruption qui règne dans l’armée américaine.

C’est l’armée américaine qui a perdu toute capacité op´rationnelle ; une armée qui a totalement mué de ses combattants expérimentés à la fin de la guerre, incluant de rares officiers de talent comme le colonel David Hackworth, co-fondateur de VT, viré de l’armée pour dire exactement ce que vous venez de lire.

En 1991, les Etats-Unis envoient leur dernier commandement de combat opérationnel, la 3ème armée, au Moyen-Orient: Jim Hanke de VT en était un des officiers responsables des opérations. Depuis cette époque, blâmez Clinton, blâmez quiconque, il n’y a plus eu de capacité de combat au sein de l’armée américaine. A l’époque de la guerre du Vietnam, servir dans la Garde Nationale ou les forces de réserve rendait quasiment impossible de servir en zones de combat, vous évitiez la conscription en servant dans la réserve (NdT: comme ce neuneu de Deubeuliou Bush et les fils de tous les politiciens yankees en âge d’être appelés pour se faire liquider dans la jungle vietnamienne…)

La “guerre contre la terreur” a changé tout cela. Les analogies entre les attentats du 11 septembre et l’attaque de Pearl Harbour, qui furent émises presque immédiatement après, commencèrent à attirer les suspicions sur les perpétrateurs de cet évènement. L’Amérique partit en guerre (NdT: en 2001) en utilisant sa Garde Nationale et ses réservistes, des soldats du dimanche, comme Rumsfeld (NdT: ministre de la défense de Bush Jr.) l’avait si bien fait remarquer: “parce qu’ils coûtent moins cher !

L’armée professionnelle qui ne touchait au Vietnam que 60 US$ par mois, payait maintenant un caporal en Irak 6000 US$ par mois, pas 10 fois plus, mais 100 fois !!

Pour chaque civil surpayé, dont les coûts quotidiens de nourriture et de lessive, sous-traités par la firme Halliburton (NdT: dont le vice-président Dick Cheney était un ancien directeur et toujours actionnaire…) et autres groupes initiés, en tant que coût quotidien pouvant aller jusqu’a 3000 US$, avec l’eau potable facturée 300US$ le gallon (4 litres soit 75US$ le litre !), il y avait deux contractants privés (NdT: mercenaires de BlackWater ou DynCorp) payés deux fois plus, voire bien plus.

Personne dans l’armée américaine ne creuse plus les latrines ou épluche les patates, ce qui était auparavant fait par deux bidasses au Vietnam à 60US$ par mois est maintenant sous-contracté à une entreprise privée qui fait le même boulot pour 6000 US$ et deux Ethiopiens, pieds nus, font le sale boulot et sont payé 6 US$ par mois. Avec ce genre de mathématique à l’œuvre il est parfaitement compréhensible que ce n’est pas demain la veille que les guerres s’arrêteront.

Au Vietnam, les officiers évitaient le combat, se bidouillaient entre eux des citations pour des médailles et volaient tout ce qui n’était pas attaché. Mais au vu des standards d’aujourd’hui, tout cela n’est que petite bière. Quel type d’officier est capable de garder un convoi de pâte d’opium en route vers le labo de raffinement en héroïne dans la province de Helmand ? Qui était le général de l’armée de l’’air de la base de Bagram en Afghanistan quand le Dr Aafiasaddiqui fut violé et tabassé par des agents du FBI, du DHS et des Navy SEALs ? Quelqu’un peut-il oublier Abou Graïb ? Les structures américaines en Libye étaient 50 fois plus grandes, celle de Pologne 100 fois, tout cela sous la supervision d’un corps d’officiers américain bâti sur le désastre du Vietnam, instillés de l’amour de Jésus et encore plus d’enculerie.

Ceci est le type d’environnement qui permet une guerre corrompue, fabriquée et nous y retournons maintenant, par SIGINT, par des signaux de renseignement bidons israéliens qu’ils nous ont offerts. La plus grande ligne du budget militaire israélien est celle du renseignement électronique, bien au-delà de ses programmes nucléaires et bien plus secret que tout ce que Trump pourrait bien donner à Poutine.

Nous avons récemment abordé le rôle de Movements.org et du Jigsaw de Google ; cela ne prend pas longtemps pour discerner que presque tous ceux qui sont impliqués sont directement liés avec le renseignement israélien et les projets israéliens de faux renseignement et de bidouillage. Ce que nous entrevoyons ici est une solution de bout en bout: On commence une guerre fondée sur des messages radios bidon “interceptés”, renforcés par des vidéos mises en scène d’atrocité de terrain et soutenues par des médias sous contrôle. Cette guerre est financée par un congrès corrompu et sous contrôle et combattue par un corps d’officiers dévoués à la “prophétie de la fin des temps” et qui nous amène l’armaggedon biblique.

Creusant ceci un peu plus, nous avons des centaines de sites internet de blogueurs robot dégueulant leur flot de conspirations, suffisamment pour y noyer tous efforts de reportage d’enquête dans une mer de désinformation, ligne après ligne de trolls créant un faux narratif sur les réseaux sociaux et les sections commentaires de blogs et de forums. Facebook et Wikipedia empoisonnant tout dialogue à une échelle globale, les mauvaises manières sur une échelle industrielle.

Derrière tout cela nous trouvons de faux SIGINT, et un flot incessant de bidonnage et on veut dire de fausses interceptions puériles créant un monde artificiel de falsification. Washington surfe sur ce bidonnage du renseignement, il y a des cartes sur les murs du Pentagone où figurent des bases ennemies qui n’ont JAMAIS existé ; à cause des bénéfices générés par le SIGINT, le contrôle de la politique étrangère des Etats-Unis et du budget militaire se chiffrant en milliers de milliards de dollars, est entièrement sujet à de fausses interceptions fabriquées de toute pièce par Israël et son appareil de mensonge électronique avancé à 5000 milliards de dollars par an et dont une bonne partie, pour ajouter l’injure à la douleur, est payée par les contribuables américains.

Ce serait bien si nous pouvions nous arrêter ici, mais on ne le peut tout simplement pas ; aux côtés de tout ce que nous venons de vous décrire se trouvent de fausses cellules terroristes, de faux assassins, de faux massacres de masse et dans certains cas, de fausses victimes également. Quand nous avons vu un policier français abattu à bout portant sur un trottoir de Paris avec … des munitions à blanc ou lorsque, encore et encore, les mêmes blessés et morts sont vus et revus, incident après incident, on progresse de la suspicion à la révélation et de celle-ci à la nausée.

Ainsi, alors que nous regardons l’EIIL perdre la guerre en Syrie, nous commençons à nous demander, pourquoi y a t’il eut une guerre et on se rappelle du gallon d’eau potable à 300US$ facturé par Halliburton Corp. Eau qui provenait directement et sans altération de la rivière Euphrate. Nous observons les djihadistes de l’EIIL et sa réception sans fin de missiles Raytheon TOW et peut-être regarde-t-on vers l’Afrique et Boko Haram et ses membres de tribus sahariennes pieds nus, conversant la journée durant au moyen de téléphone satellite à 2000 US$ du bout, quelqu’un à l’autre bout du fil acceptant une communication à 35 US$ la minute.

C’est toujours la question à laquelle personne ne répond et à ne jamais demander par un corps d’officiers corrompu ou un faux congrès ou un faux président qui a fait remarquer de manière répétitive, que nous avons aussi à faire avec une fausse OTAN. SIGINT est faux, HUMINT (renseignement de source humaine) est glané depuis l’internet et est bidon, les vidéos vues dans les JT sont bidons, pratiquement aussi faux que Ivanka Trump…

Il est devenu évident ce que nous avons créé, en 1935, le général Smedley Butler nous avait déjà averti que la guerre était un racket, une extorsion ; même Paul Wolfowitz pensa qu’il envoyait des troupes pour saisir le pétrole, cela lui a pris deux ans pour comprendre que c’était bien plus facile de mettre un flingue sur la tempe du peuple américain, de construire un état policier aux Etats-Unis et de reproduire le monde de George Orwell dans son roman “1984”.

Le scénario de la guerre perpétuelle mis en place dans le roman 1984 est maintenant une réalité, Orwell essayait vraiment de nous mettre en garde des choses à venir, vraiment bien dommage que personne en positon d’exercer le pouvoir ne lui ait prêté une quelconque attention.

Gordon Duff

 Url de l’article original: http://www.veteranstoday.com/2017/05/19/ghosts-of-the-desert-americas-new-syrian-army/

 

Source:https://resistance71.wordpress.com/2017/05/22/imperialisme-et-falsification-israel-usa-et-le-bidouillage-de-linfo-par-le-culte-du-renseignement-de-signaux-vt/

Le gaz palestinien pillé ? L’UE pourrait être accusée de complicité

Un nouveau rapport sous-entend qu’une compagnie énergétique qui développe des réserves de gaz israéliennes a également pu extraire illégalement des ressources palestiniennes. Si le projet de gazoduc israélo-européen avance, l’UE pourrait se révéler complice du crime de pillage.

Une société énergétique américaine qui a signé un contrat avec le gouvernement israélien pour développer les réserves de gaz offshore d’Israël a été accusée de « piller » potentiellement des réserves de gaz dans les territoires palestiniens.

Ces révélations surviennent un mois à peine après que les responsables israéliens et de l’Union Européenne ont accepté des plans visant à développer un énorme gazoduc sous-marin de 2 200 kilomètres. Le gazoduc « EastMed » acheminerait du gaz israélien vers la Grèce et l’Italie, où il pourrait ensuite être transporté vers l’Europe.

Ces plans, qui forment l’un des 195 « projets d’intérêt commun » d’infrastructures énergétiques évalués par la Commission européenne, pourraient permettre au gazoduc d’acheminer du gaz israélien vers l’Europe d’ici 2025.

L’extraction de gaz d’un gisement aussi contigu nécessite un accord de coopération avec l’Autorité palestinienne

Une partie de ce gaz pourrait comprendre des ressources volées dans les eaux palestiniennes. C’est ce que laisse entendre un nouveau rapport publié en mai par SOMO, une organisation néerlandaise de défense des droits de l’homme qui est financée par la Commission européenne et le ministère néerlandais des Affaires étrangères.

Une extraction illégale ?

Le rapport établit que Noble Energy, une compagnie de pétrole et de gaz basée à Houston (Texas), a potentiellement extrait illégalement du gaz du gisement israélien Noa, qui est contigu au Gisement frontalier palestinien.

L’extraction de gaz d’un gisement aussi contigu nécessite un accord de coopération avec l’Autorité palestinienne (AP) en vertu des accords d’Oslo. Néanmoins, Noble Energy a extrait le gaz de Noa en sachant pourtant que cela « pouvait entraîner un drainage du gaz du Gisement frontalier palestinien », selon le rapport.

Le gisement Noa, indique le rapport, forme « une ressource géologique contiguë au Gisement frontalier » qui, selon les estimations, contient 40 millions de milliards de mètres cubes de gaz :

« Une extraction unilatérale violerait la souveraineté de la population palestinienne sur ses ressources naturelles, susciterait des inquiétudes quant à l’implication des compagnies de gaz dans l’acte de pillage et constituerait une violation du devoir d’Israël en tant que puissance occupante de protéger les biens immeubles de l’État occupé. »

L’extraction de détails

Bien que la compagnie assure ne pas prélever de gaz dans les eaux palestiniennes, son rapport annuel de 2012 a confirmé qu’elle avait bien développé le gisement de gaz « Noa/Noa sud » – Noa sud étant la partie du gisement qui est contiguë au gisement détenu par l’AP.

« Malgré les demandes que nous avons formulées, Noble Energy n’a pas été en mesure de fournir des données vérifiables montrant l’extraction de Noa et le statut du Gisement frontalier », a indiqué Lydia de Leeuw, auteure du rapport.

« Noble Energy n’a pas reconnu la nature du contexte dans lequel elle opère – occupation militaire, blocus naval, marché palestinien captif »

– Lydia de Leeuw, SOMO

Les cartes produites par BG Group, m’a indiqué de Leeuw, montrent que toute extraction de gaz de Noa porte clairement le risque d’extraire également du gaz du gisement transfrontalier palestinien.

« Notre impression est que Noble Energy n’a pas reconnu la nature du contexte dans lequel elle opère – occupation militaire, blocus naval, marché palestinien captif », a affirmé de Leeuw.

« Noble n’a pas tenu compte du statut d’occupation de la bande de Gaza, ni de la souveraineté et de l’autodétermination palestiniennes quant au Gisement frontalier et à Gaza Marine. Elle n’a pas agi avec précaution lors du développement et de l’extraction du gaz de Noa. Le déséquilibre des pouvoirs entre Israël et l’AP et le manque d’influence perçu auprès des autorités israéliennes sont ce qui, selon moi, a contribué à cette approche adoptée par Noble. »

Le fait de ne pas avoir obtenu le consentement palestinien pour le forage constitue une violation des principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, conclut le rapport. Si le gaz palestinien est effectivement drainé du Gisement frontalier par l’extraction du gaz de Noa, les implications sont encore plus graves.

Dans ce cas, le rapport de SOMO précise qu’« on peut soutenir que Noble Energy a participé à un acte de pillage en violation du droit international humanitaire et pénal qui pourrait également entraîner une responsabilité pénale individuelle ».

Noble Energy n’a pas répondu à de multiples demandes de commentaires.

L’Autorité palestinienne complice ?

Middle East Eye a précédemment rapporté qu’un autre gisement, Mari-B, qui a déjà été largement épuisé par Noble et son partenaire, la compagnie israélienne Delek Group, aurait pu parfaitement être revendiqué par les Palestiniens, pour une superficie atteignant 6 600 kilomètres carrés de territoire maritime dans le bassin levantin riche en gaz, situé en Méditerranée orientale.

L’AP s’est cependant montrée réticente à revendiquer les droits palestiniens sur une grande partie de ces ressources.

Les Palestiniens dépendent presque totalement de l’Israel Electric Corporation (IEC) soutenue par l’État israélien, qui approvisionne environ 85 % de leur électricité. Toutefois, le gaz de Noa, de Mari-B et, selon SOMO, du Gisement frontalier, est vendu à l’IEC par Noble Energy et Delek Group.

Cela signifie qu’au lieu de voir les Palestiniens développer leurs propres réserves, qui pourraient ensuite être utilisées soit pour exporter et générer de nouveaux revenus, soit pour soutenir la production d’électricité intérieure, nous pourrions voir le gaz palestinien être siphonné et revendu aux Palestiniens sous la forme d’électricité. Il est également utilisé pour fournir de l’électricité aux colonies israéliennes en Cisjordanie.

 

Gaza Marine possède également des ressources importantes en gaz, estimées à 28 millions de milliards de mètres cubes. Israël considère depuis longtemps le développement de ce gisement sous le contrôle du Hamas comme une menace existentielle qui doit être bloquée par une action militaire si nécessaire.

Camp de réfugiés de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, en avril 2017. La seule centrale électrique de la bande de Gaza était hors service plus tôt dans la semaine suite à un manque de carburant (AFP)

Au cours des derniers mois, l’AP a accéléré les négociations avec Shell, qui possède la plupart des droits, en vue de démarrer les travaux de développement de Gaza Marine. Toutefois, dans le même temps, elle a tenté de faire pression sur le Hamas en cessant de verser des paiements à Israël pour l’approvisionnement en électricité de la bande de Gaza.

Désormais, le Times of Israel prévoit que la détérioration de la situation entraînera probablement une nouvelle guerre, dans la mesure où Israël ne financera l’approvisionnement de Gaza en électricité que jusqu’à un certain point.

Si le projet de gazoduc israélo-européen avance, l’UE pourrait se révéler complice du crime de pillage. Le porte-parole de la Commission européenne à l’énergie a refusé de répondre à une demande d’explications quant à la position de l’UE sur l’achat de gaz en provenance d’Israël qui pourrait comprendre du gaz palestinien extrait illégalement.

L’UE semble commodément fermer les yeux sur la colonisation des ressources énergétiques palestiniennes.

 Nafeez Ahmed

-Nafeez Ahmed est journaliste d’investigation et auteur à succès. Titulaire d’un doctorat, il s’est spécialisé dans les questions de sécurité internationale, examinant ce qu’il appelle la « crise de la civilisation ». Il a obtenu une récompense de la part de l’organisation Project Censored dans la catégorie « Outstanding Investigative Journalism » (« journalisme d’investigation d’exception ») pour un reportage d’investigation, publié par le journal The Guardian, sur l’intersection des crises globales de nature écologique, énergétique et économique et des conflits et géopolitiques régionales. Il a également écrit pour The IndependentSydney Morning HeraldThe AgeThe ScotsmanForeign PolicyThe AtlanticQuartzProspectNew StatesmanLe Monde diplomatique et New InternationalistSon travail sur les causes profondes et les opérations secrètes liées au terrorisme international a officiellement contribué à l’établissement de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis du 11 septembre 2001 et à l’enquête du Coroner sur les attentats du 7 juillet 2005 à Londres.

Photo : travailleur sur une plate-forme de forage de gaz israélienne en Méditerranée au large des côtes d’Israël, en 2015 (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Source: http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-gaz-palestinien-pill-l-ue-pourrait-tre-accus-e-de-complicit-1246951567

 

 

Syrie: la coalition américaine bombarde les alliés d’Assad luttant contre Daesh

La coalition américaine reconnait avoir bombardé des forces pro-Assad luttant contre Daesh. Elle reconnait l’avoir fait sciemment. Car elles présentaient un danger. Voici ce qui se passe lorsque l’on n’a pas le même ennemi: certains utilisent les terroristes dans un but politique pour garder le contrôle sur un territoire, d’autres luttent contre ces terroristes.

 

Le 18 mai, la coalition américaine, après avoir soi-disant prévenu les « intrus » et leur avoir demandé de sortir de la zone contrôlée par la coalition américaine, après avoir soi-disant prévenu la Russie par le canal officiel, a bombardé une colonne de chars T 62 qui se dirigeait vers At Tanf en Syrie. Tout cela, parce que cette colonne de 5 chars présentait un danger et qu’il fallait bien se défendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La question étant: se défendre contre qui? Car les Etats Unis affirment entrainer là-bas des forces d’opposition. L’affirmation du Pentagone selon laquelle la politique américaine dans la région n’a pas changé est on ne peut plus vrai: les Etats Unis continuent à défendre leurs groupes armés contre les forces de Assad.

La seconde excuse avancée concerne ces fameuses zones de désescalades. Or, comme le fait remarquer le Pentagone un peu plus tard, il ne s’agit pas tout à fait d’une zone de désescalades faisant partie de celles convenues à Astana, mais ce territoire aurait été visé par un ancien memorandum passé entre les Etats Unis et la Russie … Si l’explication est assez floue, en revanche, la démarche féodale est évidente: nous sommes chez nous et faisons ce que nous voulons.

Autrement dit, soit Trump a lui-même donné l’ordre, comme ce fut le cas lors de la dernière attaque de la base aérienne syrienne et les discussions avec la Russie ne lui servent qu’à gagner du temps pour reprendre la main en Syrie et affaiblir Assad, en utilisant les armées constituées sur place par la coalition américaine. Soit la guerre des clans aux Etats Unis se radicalise après que Trump ait relevé la tête dernièrement et le maximum est fait pour compliquer sa tournée au Moyen Orient et en Europe.

Un sénateur russe estime que cet acte doit être considéré à l’ONU comme un acte d’agression. Mais la Russie sera bien seule à défendre cette position, pourtant rationnelle. Dans tous les cas, il est extrêmement difficile de coopérer avec un pays dont le pouvoir le maîtrise pas le processus de décision politique. Situation encore compliquée par cette manie des guerres modernes de jouer sur l’apparence, car le niveau d’armement mondial ne permet plus les guerres traditionnelles. Les avancées militaires sont utilisées dans des processus politiques de négociation sans fin. Et ces conflits n’en finissent pas.

Karine Bechet-Golovko

 Source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/05/syrie-la-coalition-americaine-bombarde.html

 

Souvenirs de la Deuxième Guerre Mondiale à Moscou, autre inquisition de la Guerre froide à Washington

Le 9 mai, alors que la Russie commémorait les 27 millions de citoyens soviétiques tombés en combattant l’Allemagne nazie, la classe politique et les médias étasuniens s’employaient à diaboliser le Kremlin et à dévoiler ses prétendues marionnettes américaines.

Le « V-E Day » (jour de la Victoire en Europe) n’est plus fêté en Amérique, alors que le 8 mai était un des principaux jours fériés, dont je me souviens  pendant ma jeunesse passée au Kentucky. Par contraste, le 9 mai, jour de la Victoire, reste la fête la plus sacrée au cœur des Russes, une « fête en larmes ». Cette année, comme les précédentes, a été marquée par des commémorations dans toute la Russie et pas seulement par une parade militaire sur la Place Rouge. S’il est vrai que ces manifestations annuelles sont organisées par les autorités, comme les médias états-uniens ne manquent pas de le relever, la « fête en larmes » est célébrée par une majorité écrasante du peuple russe, et cela pour des raisons historiques compréhensibles.

La plupart des Américains croient aujourd’hui « avoir vaincu l’Allemagne nazie », comme le Président Obama l’a écrit à l’occasion du 70eanniversaire de la fin de la guerre, selon l’idée fausse répandue par les films hollywoodiens qui présentent le débarquement en Normandie en juin 1944 comme le commencement de la fin de la guerre contre l’Allemagne de Hitler. Dans les faits, l’Amérique a bien gagné la bataille du Pacifique contre le Japon, mais c’est l’Union Soviétique qui a détruit la machine de guerre de Hitler sur le « front de l’Est » et mené le front quasiment seule de 1941 à 1944, à Moscou, Koursk et Stalingrad et jusqu’à Berlin en 1945. Entre 75 à 80 pour cent de toutes les pertes humaines allemandes ont été enregistrées sur le Front de l’Est. Au moment où les forces américaines et britanniques ont débarqué en Normandie, Hitler ne disposait que d’un nombre relativement restreint de divisions pour résister à l’invasion, alors qu’un nombre bien plus grand de ses troupes était encore engagé contre l’Union Soviétique.

Les pertes soviétiques étaient alors inouïes. Plus de 27 millions de citoyens soviétiques sont morts, dont 60 à 70 pour cent étaient des Russes de souche. Quelque 1 700 villes et agglomérations ont été quasiment détruites. La plupart des familles ont perdu un de leurs membres directs ou proches. Plus parlant encore, le fait que seulement trois garçons sur chaque promotion de cent élèves qui ont terminé leur école obligatoire en 1941 et 1942 sont revenus de la guerre. Cela signifie que des millions d’enfants soviétiques n’ont jamais connu leur père, et que des millions de femmes soviétiques n’ont jamais pu se marier. (Elles étaient connues sous le nom de « veuves d’Ivan » et la plupart d’entre elles étaient condamnées à une vie solitaire dans le contexte souvent très dur de l’URSS d’après-guerre.) C’est cela même qui reste au cœur de la « fête en larmes » de la Russie.

On comprend mieux pourquoi tant de Russes, et pas seulement le Kremlin, ont vu avec inquiétude l’OTAN progresser depuis l’Allemagne jusqu’à leurs frontières à partir de la fin des années 1990, pourquoi ils rejettent et craignent les visées politiques de Washington sur les ex-républiques soviétiques d’Ukraine et de Géorgie, et pourquoi ils considèrent qu’avec le renforcement en cours de l’OTAN dans les pays baltes et en Pologne « il n’y a jamais eu autant de forces militaires occidentales amassées à nos frontières depuis l’invasion nazie de juin 1941 ». Toute cette histoire et ces souvenirs vivants expliquent la réaction de la Russie face à la nouvelle Guerre froide.

Entre-temps à Washington, pendant ces deux journées du 8 et du 9 mai, la Russie actuelle continue d’être présentée – dans les nouvelles auditions du Sénat – comme une menace existentielle pour l’Amérique, comme l’auteur d’« un acte de guerre contre la démocratie américaine » en se rendant coupable du  « détournement » de l’élection présidentielle de 2016 en faveur du Président Trump, grâce à une manœuvre complice avec le Kremlin. En cette fin de journée du 9 mai (où nous rédigeons cet article), l’éviction du directeur du FBI James Comey par Trump est présentée comme une tentative visant à camoufler cette prétendue collusion.

À ce stade, voici ce que l’on peut en dire. Après environ une année, aucun fait avéré n’a encore été présenté à l’appui des accusations selon lesquelles le Kremlin se serait immiscé dans l’élection de 2016 ou aurait conspiré avec Trump ou ses associés. Il ne s’agit toujours que d’allégations et de vagues « évaluations » des services secrets. En revanche, on dispose de fortes preuves que depuis plus d’un an des éléments des services américains du renseignement – presque certainement le FBI et la CIA – se sont livrés à d’obscures opérations destinées à compromettre Trump avec le Kremlin de Poutine. C’est sur cet « Intelgate » qu’il faudrait avant tout enquêter. Grâce aux fuites et aux « rapports » des services de renseignement, qui auraient fait ressortir un lien « évident » avec la défaite de Clinton, l’affabulation du « Kremlingate » a pu s’imposer dès le départ et a été amplifiée par les médias bien-pensants, qui n’ont accordé en revanche aucun intérêt pour « l’Intelgate ».

La Russie a plus souffert du djihadisme que tout autre pays occidental. Pour la majorité des Russes, cette menace prend un caractère existentiel semblable à celle du fascisme allemand pendant les années 1930. C’est pourquoi ils souhaitent une nouvelle alliance de guerre avec les États-Unis, comme Poutine l’a proposée à plusieurs reprises. En dépit du prix politique payé pour sa prétendue « collusion » avec le Kremlin, Trump semble toujours ouvert et a continué de poursuivre une coopération en Syrie avec Poutine, en privé comme en public, depuis qu’il a accédé à la présidence.

C’est dans ce contexte, que le 10 mai, une rencontre est prévue à Washington entre le Ministre des affaires étrangères de Poutine, Serguei Lavrov, et le Président Trump, en réplique à la récente rencontre du Secrétaire d’État Rex Tillerson avec Poutine. Mais, le 9 mai, Trump a limogé Comey. Les accusations selon lesquelles il aurait agi ainsi pour empêcher une enquête sur une prétendue conspiration de Trump avec le Kremlin pourraient à nouveau compromettre les tentatives faites en vue d’une reprise de la détente avec Moscou, même si les agissements de Comey sont de nature diverse et si ses déclarations sur Poutine et la Russie sont particulièrement ineptes et dénuées de fondement. (On peut espérer de façon peu réaliste que le limogeage de Comey soulève des questions sur ce qui pourrait bien devenir un « Intelgate ».)

Les conséquences semblent de peu d’importance pour la direction du Parti démocrate ou pour la coalition bipartisane favorable à la Guerre froide. Ils préfèrent nettement poursuivre leurs affabulations ineptes contre Trump, plutôt que de contribuer à réduire les dangers réels d’une guerre avec la Russie. Les 8 et 9 mai, ils auraient dû se rendre à Moscou pour commémorer la victoire historique sur l’Allemagne nazie. Mais ils n’ont fait que répéter un précédent : le Président Obama avait déjà boycotté la commémoration du 70e anniversaire de la victoire en 2015 et fait ainsi un pas de plus en direction d’une nouvelle guerre froide, dont Washington aura été la principale instigatrice.

Stephen F. Cohen

Traduit Jean-Marc, relu par xxx pour le Saker Francophone

Source:http://lesakerfrancophone.fr/souvenirs-de-la-deuxieme-guerre-mondiale-a-moscou-autre-inquisition-de-la-guerre-froide-a-washington

L’information modulée selon certains intérêts

La vérité des faits passe au second plan

Cette question de l’information-désinformation revient de plus en plus sur les réseaux sociaux. Je voudrais laisser la parole à certains grands spécialistes et à certaines organisations dont le but premier est justement de décoder les tactiques et manœuvres utilisées pour donner au mensonge l’allure de la pure vérité.

 

Dans un article, publié en 2016 sur son site @Armand Colin, ce dernier présente la problématique de l’information-désinformation de la façon suivante :

« Comment se forger une opinion sur les informations que l’on reçoit sur les réseaux, dans les médias ? Comment agit la désinformation et quel risque représente-t-elle pour la société… Dans La désinformation : les armes du faux  (Armand Colin, 2016), François-Bernard Huyghe, expert de l’information et de la stratégie, présente la genèse de la désinformation, la resitue dans l’histoire des sociétés, analyse ses mécanismes profonds. Alors que nous sommes submergés par les informations vraies ou fausses, voici un ouvrage salutaire, qui, s’il ne se veut pas rassurant, nous avertit et nous permet de prendre pleinement conscience du phénomène. »

L’article tout entier, plutôt bref, mais intense en contenu, mérite d’être lu.

http://www.armand-colin.com/information-desinformation-comment-savoir

Dans les temps que nous vivons où peuples et nations se disputent leurs droits et pouvoirs, les médias de toute nature deviennent une arme de premier plan pour moduler l’opinion publique de leurs commettants et de l’humanité entière que leurs prétentions sont justes et qu’elles répondent aux grandes valeurs dominantes de nos sociétés. Déjà, beaucoup a été écrit sur l’usage de ces médias de la part, évidemment, des plus puissants, pour justifier les interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et maintenant, plus près de nous, au Venezuela. Dans ce dernier cas, le Venezuela, l’usage de la désinformation des faits devient pratiquement caricatural. Je me permets de vous référer à cet article tout récent qui raconte comment tous ces montages se réalisent à l’insu de l’opinion publique qui n’a d’autres références pour décoder ces malversations des faits.

Voici quelques extraits de nature à vous inciter à lire au complet le document en question.

« La tâche de financer la confusion, en faveur d’une situation de guerre non conventionnelle contre le Venezuela, est dirigée par le département d’État. C’est ce que montre la Justification Budgétaire du Congrès (Congressional Budget Justification or CBJ), un rapport annuel fait au Congrès des États-Unis par cet organisme sur ses opérations à l’étranger.

En finançant les médias vénézuéliens, les États-Unis renforcent l’une des armes les plus puissantes contre le chavisme. Mark Weisbrot, un économiste du Centre de Recherche Économique et Politique (Center for Economic and Policy Research), un think-tank de Washington, a affirmé que « dans un certain nombre de pays, y compris le Venezuela et la Bolivie, l’USAID agit plus comme une agence impliquée dans des actions secrètes, comme la CIA, que comme une agence d’aide ou de développement. »

Les noms des organisations étrangères spécifiques qui reçoivent ces fonds sont des secrets d’État, exactement comme dans le cas de la CIA. Quand on demande des informations sur les organisations réceptrices, l’USAID répond qu’elle ne peut « confirmer ou nier l’existence d’antécédents ».

« Le circuit d’élaboration de la fausse information commence avec la déformation d’un fait, immédiatement reprise par les médias internationaux. La note est effacée en 1 à 4 heures, mais l’information continue à tourner sur les réseaux sociaux. Quand on connaît la version réelle, aucun média international ne corrige l’information, tout au moins pas avec la même véhémence. C’est ce qui s’est passé avec plusieurs morts survenues pendant les guarimbas, encore en cours, attribuées à « des collectifs chavistes » (appelés « paramilitaires » par les agents politiques).

Le département d’État a défini la ligne éditoriale des fausses informations : constituer un dossier de terrorisme d’État et de crimes contre l’humanité contre le Gouvernement vénézuélien (en faisant usage de la notion de « collectifs paramilitaires ») pour, de cette façon, aiguiser le siège diplomatique et financier contre lui. Comme cela a été fait contre le Nicaragua, Haïti, la Syrie et la Libye. »

« L’instrumentalisation des fausses informations comme arme d’une guerre psychologique et médiatique leur a servi, entre autres, à provoquer des scénarios d’intervention contre la Lybie et la Syrie. On pourra prendre comme exemple le supposé bombardement de la Place Verte à Tripoli en 2011, ou « l’attaque chimique » du gouvernement syrien la même année. Les mêmes méthodes sont utilisées au Venezuela avec l’obtention des mêmes résultats comme objectif
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/le-departement-detat-usa-finance-les-fausses-informations-contre-le-venezuela
/#zWUetkH7kWzGFT18.99 »

Si vous retournez à cet article, vous y verrez les exemples qui sont donnés comme mutilation de la vérité des faits.

http://reseauinternational.net/le-departement-detat-usa-finance-les-fausses-informations-contre-le-venezuela/

Je termine avec cet exemple d’une nouvelle diffusée sur nos médias qui attribuait celle-ci à l’armée d’avoir utilisé des excréments d’humain contre une opposition paisible. Or, la veille, j’avais suivi sur telesurtv.net le déroulement de ces évènements en direct où on voyait ces terroristes payés par l’opposition tirer de ces flacons d’excréments contre les policiers qui assuraient les limites prévues pour les manifestants. À ce moment, leur manifestation se réalisait face à l’Édifice du Ministère de la Justice auquel ils ont causé de nombreux dommages. Nous sommes évidemment loin de la nouvelle qui attribue aux policiers d’avoir utilisé ces excréments contre une opposition pacifique.

La vérité sur ce qui se passe au Venezuela nous est cachée. Le pétrole et les mines d’or font l’envie des prédateurs nationaux et internationaux ayant à leur tête l’immense pouvoir dont dispose Washington.

Source: http://humanisme.blogspot.com

 

Comment la CIA a inventé le terme de « théorie de conspiration » il y a 50 ans

Le 11 avril la radio-télévision suisse SRF a publié sur son site web le gros titre : « ‘‘Arena’’ est allé trop loin au sujet de la ‘‘crédibilité des médias.’’ »

Pour rappel : Dans l’émission-débat « Arena » de SRF du 24 février 2017 le sujet était le scepticisme envers les médias classiques, selon les propres termes de SRF. En tant que représentant de ceux qui parlent en faveur de ces « sceptiques », le chercheur sur la paix et historien suisse Daniele Ganser a été invité.

Du fait de ses recherches critiques sur le 11 septembre et le World Trade Center 7, le bâtiment qui s’est effondré environ 7 heures après les tours jumelles, Ganser a été attaqué avec le terme de « théoricien de conspiration ». Et cela pas seulement par le journaliste de SRF Roger Schawinski, mais aussi par le journaliste Jonas Projer, qui dirigeait l’émission. Dans l’émission du magazine scientifique de SRF « Einstein », seulement un mois plus tôt, le 26 janvier 2017, Daniele Ganser avait déjà été qualifié de « théoricien de conspiration » et donc présenté comme non-crédible et pas sérieux. Vous en trouverez les détails dans notre émission en allemand « La presse à lacunes, ça ne va pas du tout » (prise de position de Daniele Ganser face à l’émission diffamatoire « Arena » de SRF) (www.kla.tv/10040).

Concernant l’émission « Arena » de SRF du 24 février, presque 500 plaintes ont été envoyées – un chiffre qui n’avait jamais été atteint. On y critique surtout la manière dont le présentateur Jonas Projer a traité son invité Daniele Ganser dans l’émission. Ganser aurait été traité de manière injuste et discriminatoire et dénigré comme théoricien de conspiration. Cela est tout à fait contre-productif, ainsi que l’écrit Roger Blum le médiateur responsable pour les plaintes.

Mais d’ailleurs pourquoi le terme de théoricien de conspiration est-il utilisé et qu’est-ce qui se cache derrière ? On trouve une indication dans un document de la CIA, les services secrets américains pour l’étranger ; ce document intitulé « 1035-960 » a introduit le terme de « Conspiracy Theory » en français « théorie de conspiration ». Ce document a été publié en 1976 à l’instigation du New York Times. La CIA a ainsi réagi au malaise largement répandu de la population américaine concernant l’interprétation officielle de l’attentat contre John F. Kennedy, telle qu’elle a été rédigée dans ce qui s’appelle le « Warren-Report ». A l’époque la « commission Warren » engagée par le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, a abouti au résultat que Lee Harvey Oswald était le seul coupable. Oswald, âgé de 23 ans, aurait tiré avec un fusil Mannlicher-Carcano d’une distance de 150 mètres et aurait atteint le président des USA à la tête et au cou le blessant mortellement. Bien que la « commission Warren » ait réuni trois tireurs d’élite qui n’ont absolument pas pu refaire ce que Oswald était censé avoir fait, ils insistaient que c’était bien Oswald, un tireur amateur, qui avait assassiné Kennedy. Ce qui est révélateur, c’est que l’influent directeur de la CIA, en fonctions jusqu’en 1961, Allen Welsh Dulles était membre de la « commission Warren ».

Vous trouverez d’autres incohérences massives concernant le « rapport Warren » dans l’émission en langue allemande « 50 ans depuis la mort de Kennedy » (www.kla.tv/1886).

www.kla.tv/10504

 

Après la présentation du « rapport Warren » on a publié une vague de livres qui ont éveillé de forts doutes chez 46% de la population américaine sur le fait qu’Oswald aurait été un criminel solitaire. En effet d’innombrables versions alternatives du crime suggéraient une implication directe de la CIA dans l’attentat contre Kennedy. C’est pourquoi les services secrets américains ont mis au point une astuce pour contrer les sceptiques du « rapport Warren », aussi bien aux USA qu’à l’étranger. La CIA a proposé à son personnel de l’époque de discuter le sujet discrètement avec les représentants des médias étrangers et de discréditer les voix critiques : « Mentionnez également que des propagandistes communistes ont une part dans ce soupçon de conspiration qui circule », c’est ce qui était écrit dans le document de la CIA. De plus ils devaient suggérer que les critiques de la CIA étaient « mariés » à des théories qui avaient été développées avant qu’il n’y ait des preuves. Selon la CIA ceux qu’on appelle les théoriciens de conspiration « motivés politiquement et poussés par des intérêts financiers », avaient « fait des recherches de manière inexacte » et étaient « entichés de leurs propres théories ».

Le document de la CIA mentionne le journaliste d’investigation Edward Epstein, sur qui cette stratégie devait être testée de manière exemplaire. Par ailleurs les médias ont été impliqués par des moyens en lien financier ou personnel avec la CIA afin qu’ils participent à des campagnes de diffamation.

Pour résumer, cela signifie que la CIA a inventé le mot-clé de « théorie de conspiration » il y a 50 ans pour prévenir l’écroulement d’une théorie chancelante sur l’attentat contre Kennedy. Et cela pour la raison très simple que la CIA manquait de preuves valables et d’arguments cohérents. C’est exactement de la même manière qu’on doit considérer aujourd’hui l’utilisation inflationniste de ce terme agressif, de théoricien de conspiration contre Daniele Ganser et bien d’autres encore : Quand on manque d’arguments pertinents, on détourne toujours l’attention de son propre manque de crédibilité en appliquant à l’autre le terme de théoricien de conspiration !

Liens :  www.srf.ch/news/schweiz/arena-ging-beim-thema-glaubwuerdigkeit-der-medien-zu-weit
www.facebook.com/DanieleGanser/posts/1354077571320387?comment_id=1354223504639127&reply_comment_id=1354224767972334&notif_t=share_reply&notif_id=1488036325635355
https://de.wikipedia.org/wiki/Terroranschl%C3%A4ge_am_11._September_2001#Verlauf
www.heise.de/tp/news/50-Jahre-Verschwoerungstheoretiker-3674427.html
https://de.wikipedia.org/wiki/Attentat_auf_John_F._Kennedy
www.spiegel.de/spiegel/print/d-46437618.html
https://de.wikipedia.org/wiki/Allen_Welsh_Dulles
https://deutsch.rt.com/international/48754-jahrestag-keule-cia-verschworungstheorie-usa-kennedy/

Source: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

 

Syrie: les aveux d’un terroriste sur un bombardement chimique fictif

Un terroriste nommé Walid Hendi avoue avoir participé à la création de toutes pièces de vidéos par une chaîne de télévision turque avec les « casques blancs », sur des attaques chimiques à Alep dans le but de mettre en cause l’armée arabe syrienne.

 

La télévision d’État syrienne a diffusé, dimanche 14 mai, les aveux de Walid Hendi qui, après son adhésion à un réseau terroriste, a travaillé avec les casques blancs pendant trois ans, en échange de montants versés par un « conseil local ».

Le terroriste Walid Hendi a participé au tournage des vidéos sur de fausses attaques. ©SANA

Le terroriste a avoué les faits en ces termes : « Ils nous ont donné des vêtements et dit que nous serions visés par des produits chimiques. En fait, on a joué une pièce de théâtre filmée par une chaîne turque, sur une présumée attaque chimique qui mettrait en cause l’armée arabe syrienne. »

Il a souligné que deux personnes nommées Ibrahim al-Hadj et Mohammad al-Seyyed étaient chargées de filmer les scènes. « Ils déclenchaient les sirènes et préparaient les civières pour transférer les blessés. Ensuite, ils diffusaient les vidéos sur internet dans le but d’incriminer l’armée syrienne », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait lui-même participé à plusieurs tournages de ce genre.

En début mai, une source militaire russe a déclaré que les correspondants de la chaîne qatarie Al-Jazeera avaient aussi préparé une vidéo similaire sur une fausse attaque chimique à Alep, toujours pour prendre à partie l’armée syrienne.

Lors d’une opération de nettoyage, les unités du génie militaire de l’armée syrienne ont découvert, le 11 janvier, dans un quartier de l’ancienne ville d’Alep, un entrepôt d’armes chimiques fabriquées par l’Arabie Saoudite, délaissé par les terroristes.

Le 4 avril, un quartier de la ville de Khan Cheikhoun à Idlib a été frappé par des substances chimiques faisant 58 morts, dont des enfants.

Comme à l’accoutumée, sans enquête au préalable, les médias occidentaux ont accusé l’armée syrienne d’avoir mené l’attaque avec un Su-22.

Le ministère des Affaires étrangères et l’armée syrienne ont démenti ces fausses accusations en affirmant que « chaque fois que les terroristes échouent sur le terrain, les médias étrangers accusent l’armée syrienne d’attaque au gaz toxique. »

Les Casques blancs, groupe formé il y a quatre ans, se disent être « une ONG impartiale » active en Syrie, uniquement pour porter secours aux victimes de la guerre. Or, à plusieurs reprises, cette ONG a menti et ses mensonges ont été souvent mis en lumière. Leur discours mensonger est destiné à justifier une action militaire contre le gouvernement syrien et à accuser ses alliés.

Source:http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/05/14/521850/Syrie-les-aveux-dun-terroriste-sur-un-bombardement-chimique-fictif

 

Venezuela : ce que l’on ne vous dit pas sur les manifestations

L’une des choses qui se répètent des milliers de fois dans les médias et les réseaux sociaux, consiste à dire que le gouvernement de Maduro « réprime brutalement » les manifestations supposément pacifiques de l’opposition. Cependant la réalité est tout à l’opposé, le gouvernement vénézuélien depuis l’arrivée de Hugo Chávez a diminué les méthodes répressives (1) antérieurement utilisés dans la lV ème République, au point qu’actuellement les seules armes utilisées par les forces de l’ordre pendant les manifestations sont l’eau et les gaz lacrymogènes. Et seulement en cas de manifestations violentes.

Les armes meurtrières, Taser et autres gadgets communs dans la majorité des pays qui critiquent le Venezuela, ne sont pas autorisés aux policiers et à l’armée vénézuélienne qui contrôlent l’ordre public. Le gaz lacrymogène s’emploie seulement dans des cas extrêmes, puisque la constitution, créée par le gouvernement de Chavez, interdit d’utiliser du gaz et des armes à feu dans des manifestations pacifiques (Article 68). De plus, la loi exige l’utilisation progressive et différenciée de la force.

Et pas seulement ça. La même constitution oblige les responsables de l’application des lois, de désobéir et même de dénoncer des ordres contraires aux droits de l’homme, comme par exemple, d’effectuer la disparition forcée de personnes (Article 45).

Pratiquement tous les médias internationaux nous parlent chaque jour des morts qui se sont produits au Venezuela, très peu nous disent la vraie raison (2) de ces décès, certains contournent simplement ces informations, tandis que d’autres, sans vergogne, accusent le gouvernement ou « groupes chavistes » pour les meurtres. Il est vrai qu’il y a eu au moins trois personnes qui ont été tuées par l’action d’effectifs de police. Cependant, dans aucun de ces cas, ces derniers étaient affectés à la couverture des manifestations. Et surtout, aucun d’entre eux a reçu l’ordre de tuer. Après ces événements, tous les fonctionnaires impliqués ont été arrêtés et poursuivis en justice. Le reste des décès (dont plusieurs sont des agents chargés de l’ordre public) ont été tués par des manifestants de l’opposition.

Mais cela n’intéresse pas la presse mondiale qui se contente de nous raconter comme la majorité des médias en général, qu’au Venezuela il y a des « protestations pacifiques », totalement « spontanées » qui sont « réprimées brutalement » par une « dictature » qui « assassine » ses citoyens.

Selon plusieurs sondages, dont le célèbre Hinterlaces (3), environ 80% de la population vénézuélienne est contre les manifestations violentes promues par les dirigeants de l’opposition. Bien qu’on veuille nous faire croire que les manifestations se déroulent dans tout le pays, en fait celles-ci sont menées par de petits groupes et dans les secteurs de la classe moyenne supérieure (4) gouvernée par l’opposition. Les « guarimberos » (5), comme on les appelle, sont vendus à l’international comme « héros luttant pour la liberté ». Mais au Venezuela la réalité est tout autre car ils ne sont même pas soutenus par la plupart de ceux qui se considèrent comme des opposants.

L’initiative du président vénézuélien de convoquer une Assemblée constituante (6) est certainement le moyen le plus démocratique, mais aussi le plus sûr, de mettre fin une fois pour toutes à cet abîme de folie qui a entraîné la population vénézuélienne par une petite partie de l’opposition, avec l’aide d’éléments étrangers, pour chercher par des moyens non démocratiques et même terroristes pour atteindre leurs objectifs personnels.

Bernard TORNARE

(1) https://actualidad.rt.com/actualidad/238149-ministro-defensa-venezuela…

(2) http://misionverdad.com/la-guerra-en-Venezuela/casos-miguel-castillo-y…

(3) http://www.laiguana.tv/articulos/56237-elecciones-presidenciales-encue…

(4) http://misionverdad.com/columnistas/los-barrios-no-bajaran

(5) http://informacionaldesnudo.com/conozca-que-son-los-guarimberos-venezo…

(6) http://www.correodelorinoco.gob.ve/tania-diaz-constituyente-es-la-opor…

source: http://b-tornare.overblog.com/2017/05/venezuela-ce-que-l-on-ne-vous-di…

Photo: Mobilisation bolivarienne à Caracas

 

via: https://www.legrandsoir.info/venezuela-ce-que-l-on-ne-vous-dit-pas-sur-les-manifestations.html

Pierre Le Corf révèle la vérité sur les ONG « humanitaires » en zone rebelle à Alep

En partant du côté de l’école où nous montons un projet agricole pour les gamins – familles réfugiées des anciennes zones terroristes, j’y ai découvert ce qui reste de l’association Syria Charity dans le so-called Alep City Council (gouverné par le faux maire d’Alep Est élu – reçu à l’Élysée, passeport de réfugié politique Français et majoritairement élu par des groupes armés et des groupes étrangers). Comme je le dis dans la vidéo, vous en faites ce que vous voulez, je ne suis pas là pour tirer à boulets rouges, mais pour montrer simplement ce que j’ai souligné ces derniers mois, quelque chose de grave.

Je tiens à rappeler quelque chose, je n’ai en aucun cas l’objectif dans cette vidéo d’insulter le travail des volontaires hors de la Syrie ou la compassion des gens qui veulent réellement aider de manière neutre, ni les volontaires Syriens qui ont pu faire de leur mieux pour apporter une aide ici, … mais il y a des choses qui ne passent pas vis-à-vis des associations venues ici sous le couvert de l’humanitaire, comme de se servir de la misère des gens dans un conflit pour valoriser une communication politique et militaire contre le gouvernement syrien dans un objectif politico-religieux, une propagande massive en faveur de la guerre qui ne fait que créer plus de morts et de terreur en la maintenant, en la légitimant à vos yeux, un cercle vicieux très bien huilé. Regardez Alep maintenant: plus de groupes armés, la paix dans la majorité des voisinages malgré des roquettes qui continuent d’être envoyées sur nous par les terroristes, les réfugiés de retour chez eux, les enfants à l’école, plus de bombardements ni de morts au grand dam de nombreuses personnes et groupes qui s’en nourrissaient comme de l’essence pour leur cause.

 

Le problème c’est que ce n’est pas totalement faux, les gens ont souffert des bombardements de l’aviation et des combats, vraiment soufferts d’un côté comme de l’autre, … mais on a oublié de vous dire que les gens ne pouvaient pas s’en aller (comme à la libération beaucoup de gens ont été exécutés en essayant) que les groupes armés se servaient d’eux comme boucliers humains en étant dispersés dans les zones les plus centrales, que ces mêmes groupes armés nous massacraient à l’Ouest avec tout type de projectiles, obus, roquettes, balles explosives, bombes artisanales…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai souvent entendu parler de ce voisinage qui apparaît en vidéo, des posts de l’association sur les bombardements massifs sur la population alors « qu’il n’y avait que des civils ». Clarifions: les « White Helmets » (casque blancs) sur la même rue, deux centres de Jabhat Al Nosra (Al Qaïda) respectivement à 300 mètres et 800 mètres, le centre de Liwa Al Tawhid (groupe Djihadiste) à 500 mètres, le front djihadiste Ansar Al Din, le mouvement Djihadiste Fajr Al Sham (rassemblant des terroristes étrangers de partout dans le monde), l’Armée Libre Syrienne (les soi-disant rebelles modérés qui regroupe la majorité de ces groupes), Daesh, Jund Allah (les soldats de Dieu), Tahrir Al Sham (groupe de libération islamiste qui appelle à la mort de ceux qui recherchent la démocratie d’ailleurs) à 700-800 mètres dans une mosquée leur étant entièrement dédiée, et ce ne sont que ceux que j’ai trouvés, incluant deux prisons, un tribunal islamique, etc. C’est difficile à cacher tout ça. «Vous n’avez pas le droit de partir, si nous mourrons vous mourrez avec nous » Voilà le genre de témoignage que j’ai entendu de la part de gens qui vivaient dans ce voisinage de la part des terroristes, ou des rebelles si vous y tenez tellement.

Alors comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant, on m’appellera un propagandiste du régime syrien, … si vous voulez, ça ne me fait ni chaud ni froid parce que le temps parlera, je n’invente rien, je ne sors rien de son contexte, je montre et je me permets de le faire pour avoir vu des gens mourir, pour avoir vécu sous les bombardements aveugles de ces groupes qui nous qualifient d’infidèles en dehors de leur jeu public, du marketing de guerre, pour avoir cru mourir tous les jours et pour moi-même faire de mon mieux pour aider les gens sans aucune distinction religieuse, politique etc. C’était marqué noir sur blanc si vous vous souvenez bien sur les murs des derniers hôpitaux d’Alep Est visités, « tuer les ennemis d’Allah en son nom ». Je n’ai rien à gagner (au contraire), pas de cause sinon les Syriens et les civils qui sont ceux qui payent le plus cher et de leurs vies ce jeu macabre alors que si des minorités veulent la guerre ici, la très grande majorité de la population ne demande que la paix.

 

La révolution ? Mais merde, ce n’est pas une révolution pour la liberté du peuple syrien, c’est une révolution pour la transition islamiste du pays, un Etat islamique pour des minorités islamistes qui ont toujours été en guerre contre ce gouvernement séculaire et assez peu tolérant de ces groupes au vu de l’histoire de la Syrie. Vous croyez que des groupes comme ceux que j’ai cités viennent apporter la liberté ? Ça fait rire jaune les gens ici. Un peu de logique bon sang, c’est une guerre, le gouvernement aussi a commis des erreurs et a des dysfonctionnements comme n’importe quel gouvernement, comme n’importe quelle guerre il n’y a pas de bonne guerre, de tout noir ou tout blanc, pourtant la dictature que l’on vous vend n’existe pas. Venez-voir la Syrie dont je parle, venez-voir Alep, demandez aux Syriens s’ils souhaitent un état islamique. Demandez aux gens qui vivent sous le joug des groupes armés s’ils veulent rester avec eux. Si vous étiez avec moi maintenant et que vous pouviez voir la Syrie que l’on vous cache, la vie, la liberté, la diversité etc. vous seriez triste, honteux ou en colère de soutenir sa destruction et la mort au quotidien pour une guerre qui n’apporte que la misère et qui sert de grain à moudre à ces groupes qui sont contrôlés et ultra-financés à distance par de nombreux pays dont le nôtre. Lors de l’élection de Mr Macron, j’ai vu flotter de nombreux drapeaux à 3 étoiles de « l’armée libre » au milieu des drapeaux français, les Syriens qui étaient avec moi sont devenus blancs, on espère que l’on ne repart pas pour une guerre aveugle.

Violences policières « en marge » des manifestations : les mots pour (ne pas) le dire

 « Blessures, mutilations, violences, tirs dans le dos », « mise en place de dispositifs générant de fortes tensions », « usage non conforme de l’armement », « répression sans discernement », « mise en danger d’autrui », « abus de pouvoirs, humiliation, injures, menaces »… Autant de phénomènes observés et rapportés dans un « Rapport d’information sur les actions de maintien de l’ordre menées depuis le début des manifestations d’opposition à la loi sur le travail en février 2016 » publié par Reporterre et consacré aux pratiques de « maintien de l’ordre » pendant la mobilisation contre la loi Travail [1].

Pourtant, la presse (qu’elle soit locale ou nationale) ne l’entend souvent pas de cette oreille. Les pratiques policières y sont au contraire présentées de façon récurrente comme des « réponses » – des « ripostes » – efficaces, dont les objectifs et les conséquences sont évoqués dans des formules toutes faites mais qui sont loin d’être neutres, et les avalisent [2]. Petit lexique pour temps de mobilisation, ébauché à partir d’articles de la presse locale et nationale sur la mobilisation contre la loi Travail à Rennes, sur la période mars-juin 2016.

Les interventions policières : des réponses ?

Sauf exception, les « forces de l’ordre » ne sauraient intervenir qu’en réaction à une menace antérieure – ou une « provocation ». Autrement dit : c’est les autres (les manifestants) qui ont commencé !

Ainsi, les CRS se contentent le plus souvent de « répliquer » :

« Des manifestants font le pressing près de l’ancien Gaumont. Les CRS répliquent une fois encore. » (ouest-france.fr, 31 mars 2016)

« Des bouteilles de verre sont lancées en pleine place de la République, au milieu des passants. Les CRS répliquent rue d’Orléans. » (ouest-france.fr, 31 mars 2016)

… ou de « répondre » :

« Aux jets de pierre et de fumigènes, les CRS ont répondu par des tirs de flash-ball, devant des badauds médusés par le spectacle. » (20minutes.fr, 22 mars 2016)

« En réponse, les forces de l’ordre ont chargé le cortège » (20minutes.fr, 28 avril 2016)

À moins qu’ils ne soient contraints de « riposter » [3] :

« Environ 300 manifestants ont défié la police qui a riposté avec des bombes lacrymogènes. » (ouest-france.fr, 17 mars 2016)

« Aux jets de pierres, celles-ci ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène et d’un lanceur de balles. » (letelegramme.fr, 22 mars 2016)

Les pratiques policières : préventives et efficaces ?

L’usage de la force et l’occupation de l’espace public ne sauraient être évoquées sans qu’on souligne leur pertinence ou leur efficacité. Autrement dit : il faut ce qu’il faut…

… Il faut savoir dissuader :

« Le déploiement exceptionnel de forces de l’ordre à Rennes, ce samedi, a dissuadé les casseurs de renouveler les violences commises vendredi soir. » (ouest-france.fr, 14 mai 2016)

… empêcher :

« Dans la soirée, de nouveaux incidents ont eu lieu place Sainte-Anne, près de la salle municipale évacuée vendredi matin, avec un groupe d’une centaine de jeunes, mais les forces de l’ordre sont parvenues à empêcher ces individus de circuler dans le centre-ville, selon la même source. » (lexpress.fr, 15 mai 2016)

… protéger :

« Le centre-ville historique reste donc sous la protection des barrières anti-émeutes. La vie reprend aussi ses droits et les commerçants peuvent enfin souffler. » (ouest-france.fr, 14 mai 2016)

Et en général, les forces de l’ordre… réussissent :

« La police a aussi réussi à interpeller un homme. » (ouest-france.fr, 17 mars 2016)

« Ils ont chargé et ont réussi à récupérer tout le matériel. » (ouest-france.fr, 24 mars 2016)

Les violences policières : des incidents difficiles à éviter ?

Les manifestants victimes de violence ne sauraient trop se plaindre des désagréments subis (pour mieux s’en assurer, on évitera généralement de leur donner la parole). Désagréments dont on s’abstiendra d’interroger trop précisément les causes. Autrement dit : n’exagérons rien, et puis de toute façon on ne pouvait pas faire autrement.

Commençons par l’euphémisme préféré des commentateurs :

« La polémique enfle après l’intervention musclée des forces de l’ordre près de la rocade de la ville de Rennes jeudi. » (BFM TV, 3 juin 2016)

Certes, les manifestants sont parfois « incommodés » ou « très légèrement blessés » par un tel déploiement de « muscles » :

« De très nombreuses personnes étaient incommodées par les gaz, le cortège étant composé en grande majorité de salariés, de familles avec enfants, de retraités. » (AFP, 9 avril 2016)

« Une lycéenne a été très légèrement blessée par un éclat de grenade lacrymogène. » (ouest-france.fr, 24 mars 2016)

Et c’est ainsi que les manifestations sont parfois émaillées d’« incidents » – heureusement rares :

« Un incident a particulièrement fait monter la tension dans la ville : le 28 avril, en marge d’un défilé contre la loi Travail, un étudiant en géographie de Rennes 2, âgé de 20 ans, a perdu l’usage de son œil après avoir été touché par un projectile. » (lefigaro.fr, 3 mai 2016)

« Incident » – « petit événement fortuit et imprévisible », comme le définit le Trésor de la langue française –, voilà bien le mot approprié pour évoquer la perte d’un œil due à « un projectile » non identifié. Du reste, on n’oublie généralement pas de rappeler que ledit « incident » s’est produit « en marge » de la manifestation : « Un étudiant âgé de 20 ans a été grièvement blessé à l’œil gauche à Rennes en marge de la manifestation » (ouest-france.fr, 28 avril 2016) ; « Le jeune homme grièvement blessé à l’œil par un projectile en marge d’une manifestation contre la loi travail à Rennes le 28 avril a porté plainte contre X pour « violence aggravée » à l’IGPN » (lefigaro.fr, 6 mai 2016). Autre formulation disponible : on aurait affaire à des « dérapages », au sujet desquels Ouest-France s’interroge benoîtement :

« Dérapages contre les manifestants : une fatalité ? » (ouest-france.fr, 4 juin 2016)

Une partie de la réponse à cette délicate question se loge dans l’emploi du verbe devoir, dans une tournure récurrente en pareil cas – mais beaucoup moins quand il s’agit d’évoquer les agissements des manifestants :

« Les forces de l’ordre ont dû utiliser des lacrymogènes. » (ouest-france.fr, 12 mai 2016)

« Ces derniers ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et de tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) pour refouler les manifestants. » (20minutes.fr, 30 mai 2016)

Et si l’on en est réduit à devoir malgré tout appeler les choses par leur nom et à évoquer crûment des « violences policières », il reste un dernier recours, l’usage de guillemets, hautement déontologiques (mais dont on peut se passer pour évoquer les « violences » des manifestants – qu’on peut parfois évoquer, puisqu’on les redoute, avant même qu’elles aient eu lieu) :

« Ce qui inquiète les autorités, c’est surtout le rassemblement annoncé samedi et censé dénoncer “les violences policières”. » (20minutes.fr, 12 mai 2016)

« Les forces de l’ordre s’attendent à l’arrivée ce samedi de 700 à 1000 manifestants contre les “violences policières”. » (lefigaro.fr, 13 mai 2016)

***

Cette façon de présenter les pratiques policières – des réponses inéluctables, efficaces, et aux conséquences mineures – constitue-t-elle une forme de légitimation médiatique des violences policières par la presse ? Poser la question constitue une part de la réponse. Ce discours journalistique ne saurait être justifié, comme ont pourtant tendance à le faire certains défenseurs inconditionnels de l’institution policière, ni par le rôle joué par les forces de police face aux menaces d’attentats et lors des attentats eux-mêmes, ni par le tribut en morts et blessés payé par des policiers dans ces circonstances. Certes quelques médias ont pris soin de questionner les violences policières et même d’appréhender ce phénomène comme un fait social et politique plutôt que comme un fait divers. Mais malgré ces exceptions, le discours journalistique reste, dans sa grande majorité, un discours assujetti à un seul et unique point de vue, légitimant les violences structurelles, et, par là-même, les visions qu’ont les dominants de l’espace social et la manière dont ce dernier devrait être à la fois organisé et régi.

Maxime Friot

P.S. La rédaction de cet article a été achevée avant les manifestations du premier mai qui ont vu, à Paris, de violents affrontements largement médiatisés au cours desquels des policiers ont été blessés (dont l’un grièvement). Par ailleurs, de nombreux manifestants (notamment parmi ceux qui ne prenaient pas part à ces affrontements) ont été, selon plusieurs témoignages dont les médias n’ont quasiment pas fait état, victimes de violences policières.

source: http://www.acrimed.org/Violences-policieres-en-marge-des-manifestations

 

Politique extérieure indirecte par les ONG

Rien qu’aux Etats-Unis, il y a environ 4000 organisations non gouvernementales (ONG) politiques ayant pour la plupart une forme juridique privée. Elles œuvrent parfois sur mandat du gouvernement ou bien sans, mais toujours au profit de la politique extérieure des Etats-Unis. On en compte probablement tout autant en Europe.

Les plus connues sont les Fondations Soros. Le multimilliardaire George Soros s’est fixé l’objectif d’imposer les intérêts américains au monde par plus de 150 de ses fondations. C’est pourquoi dans beaucoup de pays ces fondations passent pour des organisations d’agents financés de l’étranger. Elles sont entre-temps interdites notamment en Russie et en Chine mais aussi dans d’autres pays. En Hongrie, suite à une nouvelle loi, les universités étrangères ne peuvent y avoir une filiale que si elles ont également un siège dans leur pays d’origine. L’Université Soros, poursuivant les intérêts américains, doit donc quitter le pays en fin d’année.

 

Les fondations Soros sont prépondérantes dans toutes les activités de changement de régimes fomentés par les Etats-Unis, à l’instar de la Libye et de la Syrie. Elles ont également financé et orchestré la révolte du Maïdan en Ukraine de même que la déstabilisation de l’Allemagne par une campagne médiatique numérique mondiale en faveur de l’«immigration de masse dans le paradis social allemand» – avant tout en 2015 et 2016 au Proche- et Moyen-Orient et dans toute l’Afrique. Elles ne travaillent pas dans notre intérêt commun, mais contre nos intérêts.

Dans sa contribution pour le livre «L’escroquerie monétaire mondiale» d’Eberhard et Eike Hamer paru en 2007, Walter Hirt a réalisé une infographie du réseau mondial d’organisations internationales, étatiques ou semi-étatiques, de fondations et d’autres organisations non-gouvernementales. La plupart de ces acteurs n’ont aucune légitimation démocratique. Toutefois, ils ont aujourd’hui encore, 10 ans plus tard, une grande influence sur des décisions politiques essentielles en Occident. (Infographie Walter Hirt)

C’est le cas pour la plupart des ONG américaines et européennes subventionnées par l’Etat. Elles contribuent à la propagande gouvernementale subversive à l’intérieur d’un pays ou à l’étranger. Les fondations politiques ainsi que les prétendues «organisations sociales» tels Steuben-Schutz-Gesellschaft, Club of Rome, Round Table, American Entreprise Institute, Heritage Foundation, Open Society Institue (OSI) ou d’autres en font partie. Walter Hirt l’a exposé de manière détaillée dans sa contribution intitulée «Netzwerke statt Nationen» [Réseaux au lieu de Nations] (in: Eberhard et Eike Hamer [éd.]: Der Weltgeldbetrug [L’escroquerie monétaire mondiale], 2007, p. 89sq.).

«Des milliers d’ONG nationales et internationales existent sans légitimation démocratique. Chaque jour d’autres s’y ajoutent. Grâce à leur interconnexion elles possèdent un large pouvoir et ont de ce fait une grande influence sur la formation d’opinion, la législation, la redistribution étatique et la prospérité» (Hirt, p. 117). «Quiconque pense encore que les organisations internationales telles l’ONU ou l’OMC sont des plates-formes pour les gouvernements et les peuples se trompe joliment, parce que les ONG ont déjà accaparé le diktat politique ou du moins y participent avec ardeur» (p. 118). «Apparemment, les responsables à l’arrière-plan veulent mettre en œuvre leur nouvel ordre mondial prévu à l’aide d’un affaiblissement structurel de l’économie mondiale renforçant ainsi les tensions sociales et tout en créant des citoyens dociles.
Cela ne peut réussir que si l’individu est de plus en plus privé de liberté et peut de moins en moins compter sur le soutien de l’Etat-nation. Dans cette optique – suite à l’émission excessive de monnaie papier et à l’endettement qui en résulte – s’y prêtent le mieux les séductions insidieuses et les revendications sociales auxquelles les ONG contribuent fortement. Et comme les ingrédients prétendument ‹sociaux› ont presque toujours un caractère ‹socialiste›, on se trouve bientôt au fond de l’impasse.» (p. 118)

C’est toujours le même schéma: prétendument, l’ONG est organisée en fondation ou en société juridique pour remplir des buts humanitaires ou sociaux. En réalité cependant, il s’agit d’avoir de l’influence politique masquée et exempte d’impôts en faveur des Etats promoteurs d’ONG tels les Etats-Unis, de la clique de la finance mondiale ou des trusts multinationaux mais aussi des associations criminelles telle la mafia, pour leur ouvrir la porte du pouvoir afin qu’ils puissent gagner en influence, en leadership politique et économique.

Partant de l’idée qu’en politique la démocratie demande équité, sincérité et vérité, le processus de formation de l’opinion publique devrait aussi être protégé en Allemagne face au pouvoir d’opinion subversive des ONG. Il est inacceptable que dans les entreprises de radiodiffusion, dans la presse, dans les associations et les institutions sociales se trouvent des représentants d’intérêts sombres, dirigés et financés par des puissances étrangères.

Le minimum serait de retirer aux organisations financées par l’étranger leur exonération fiscale. On les favorise injustement par rapport aux prestataires de services allemands.
Le gouvernement appelle à la lutte contre le travail clandestin et exige une pénalisation. Les activités subversives d’agents des ONG doivent également être pénalisées et soumises à une obligation fiscale. Ainsi la libre formation des opinions serait à nouveau affaire de notre peuple et non pas dirigée à distance par des réseaux subversifs.
Les partis représentés au Bundestag ne manifestent aucun intérêt pour cela parce qu’ils sont eux-mêmes liés à des ONG. Mais les citoyens pourraient avancer cette revendication et la rendre populaire. On aurait déjà beaucoup gagné si ce sujet était discuté ouvertement.

Eberhard Hamer, professeur d’économie, Allemagne

(Traduction Horizons et débats)

 

source: http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-10-4-mai-2017/politique-exterieure-indirecte-par-les-ong.html

Les chiffres du chômage de la France.

Liliane Held-Khawam

Le thème du chômage et du nombre de chômeurs a été abordé hier lors du « grand » débat entre les deux finalistes de cette course aux présidentielles. Ce thème appelle des précisions.

Tout comme lorsque l’on a abordé l’endettement public, la question est de savoir si vous voulez travailler avec des pourcentages ou des effectifs. L’allure des graphiques change du tout au tout.

Le ratio du chômage est intéressant du point de vue sociologique. Suivre son évolution dans une population démographiquement stable peut avoir un sens économique aussi. Mais si la démographie connaît une croissance par apport de populations, le référentiel se déstabilise et du coup, l’évolution perd de  sa pertinence.

 

Regardez la démographie française a crû de près de 9 millions entre les années 90 et 2017, soit une progression d’environ 16%.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne prendre que des pourcentages pour exprimer le chômage revient à en atténuer l’ampleur au vu de la croissance démographique.

Par ailleurs, le coût du chômage est lié aux effectifs réels de chômeurs. Suivre l’évolution d’effectifs restera significatif en toute circonstance.

Voici donc  un point de situation de l’évolution du chômage en France en quelques graphiques basés sur des effectifs et non des pourcentages.

Le nombre de chômeurs de catégorie A est passé de 3 122 500 en janvier 1996  à 3 508 100 en mars 2017. Il y a une stagnation relative depuis 2015, mais globalement c’est un niveau qui correspond à un record historique.(courbe rouge).

 

Quant à la courbe violette, elle représente le total des catégories de chômeurs A, B et C recensés par Pôle emploi. Il atteint en mars 2015 le chiffre respectable de 5’503’800! http://statistiques.pole-emploi.org/stmt/selo?fa=M&lb=0&pp=-201703

 

 

 

http://statistiques.pole-emploi.org/stmt/selo?embed=1&graph=2&fa=M&lb=0&pp=-201703

Nous pouvons relever deux creux. Un en 2001, avec 2 363 100 et un deuxième creux en mars 2007 avec 2 173 600 chômeurs de catégorie A.

Le graphique ci-dessous de Wikipédia, montre les effets directs de la mondialisation de la production – et non de l’euro-  sur le chômage qui s’est développée dans les années 70.

 

La mondialisation de la production a clairement participé à l’explosion du chômage.

Auteur: Par Napnldlbdtl — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38450016

 

Un bond vertigineux est observable suite à la crise des subprimes au niveau des chômeurs de longue durée…

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/1038148-chomage/

 

Les moins de 25 ans sont le moteur de cette croissance indésirable, conséquence de la mondialisation, avec un taux de chômage de près de 25%. Leur avenir risque d’être plus que problématique puisque leur manque d’expérience augmentera les risques de disqualification lors de l’embauche. Sans parler du risque d’obsolescence de leurs compétences par une mise à jour « on the job » insuffisante!

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/1038148-chomage/

 

Alors si comme pour la dette publique, on présente des taux de chômage, la courbe est autre, et donne une image globale plus favorable aux dirigeants politiques… Voici le graphique présenté par le journal le Point suite au débat des présidentielles…. http://www.lepoint.fr/presidentielle/chomage-euro-inflation-qui-de-macron-ou-de-le-pen-a-dit-vrai-04-05-2017-2124647_3121.php

Par conséquent, non le chômage en effectifs  n’est pas inférieur à ce qu’il était dans les années 90. Oui, il est plus élevé.

Liliane Held-Khawam

 

Source: https://lilianeheldkhawam.com/2017/05/04/les-chiffres-du-chomage-de-la-france-liliane-held-khawam/

 

Al-Jazeera a réalisé un faux tournage d’une nouvelle «attaque chimique» en Syrie

Un groupe de stringers de la chaîne Al-Jazeera a récemment réalisé un tournage falsifié d’une nouvelle « attaque chimique » qui aurait été perpétrée par l’armée syrienne contre des civils, a affirmé à Sputnik une source militaro-diplomatique.

« Les résultats apportés par le spectacle télévisé présenté par les Casques blancs d’une attaque au sarin qui aurait été perpétrée par les autorités syriennes à Khan Cheikhoun ont inspiré les terroristes à poursuivre le tournage de la « série télévisée » », a indiqué l’interlocuteur de Sputnik, ajoutant que des informations concordantes concernant la provocation ont été obtenues depuis plusieurs sources.

Toujours selon la source, le tournage a eu lieu dans les localités de Saraqib, d’Erich et de Jisr al-Shogour (province d’Idlib) et a impliqué près d’une trentaine de voitures de pompiers et d’ambulances ainsi que près de 70 habitants locaux avec des enfants provenant d’un camp de réfugiés.

« Afin de rendre la séquence plus réaliste, celle-ci a été filmée à l’aide de téléphones portables depuis plusieurs angles de vues ainsi qu’à l’aide d’un quadri rotor. À l’issue du « tournage » chaque participant, enfants compris, a reçu du groupe 1 000 livres syriennes et un lot alimentaire », a poursuivi la source.

« Plusieurs publications simultanées de fausses vidéos accompagnées de commentaires criards sur les réseaux sociaux devaient avoir lieu d’ici dimanche sur l’ordre du commanditaire et du sponsor du tournage dans un pays européen », a conclu l’interlocuteur.

Mardi 4 avril, une frappe aérienne sur la ville de Khan Cheikhoun dans la province d’Idlib, en Syrie, a été suivie par l’intoxication aux produits chimiques de nombreux habitants.

Des sources locales proches de l’opposition font état de 80 morts et de 200 blessés et en imputent la responsabilité aux forces gouvernementales syriennes. Celles-ci rejettent ces accusations et expliquent que le bombardement aérien sur Khan Cheikhoun a touché un entrepôt d’armes chimiques de groupes terroristes, dont les agents actifs ont alors contaminé la population.

Les autorités russes et iraniennes ont demandé une enquête impartiale sur cette affaire avec l’implication de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Ce que les Etats-Unis ont refusé catégoriquement.

Source: Avec Sputnik

via: http://french.almanar.com.lb/385955

 

 

 

L’énigme des bombes-baril

Craig Murray, un des collaborateurs de Wikileaks, met le doigt sur un phénomène orwellien très intéressant : la force des mots et des symboles pour maquiller et déformer les réalités de terrain. Ou comment manipuler son audience seulement en choisissant tels mots plutôt que tels autres, sans même avoir à se préoccuper de leur définition ou des réalités qu’ils recouvrent, juste pour leur effet immédiat et pour déclencher des réactions pavloviennes dans le public, qui se retrouve ainsi littéralement enfermé dans une vision du monde déconnectée de la réalité. La bonne nouvelle, c’est que, comme le suggèrent aujourd’hui quasi-quotidiennement les observateurs professionnels de la géopolitique (qui utilisent de plus en plus des termes comme « pathologique » ou « délirant » pour décrire les politiciens et médias occidentaux), les concepteurs de ce type de propagande en sont les premières victimes.

***

Quasiment tous les articles des médias institutionnels ou des émissions de radio et télévision des USA sur les massacres aériens de forces militaires syriennes perpétrés par les États-Unis arrivent à insérer au moins une référence à des bombes-baril, comme si cela pouvait justifier ou du moins, atténuer la portée des actes d’agression américains.

C’est un exemple fascinant de propagande. Des bombes-baril sont effectivement utilisées par des forces syriennes, mais sur une échelle très réduite. C’est une arme improvisée faite en emballant des explosifs conventionnels dans un tonneau de bière. Comme ce sont des versions amateur d’armes conventionnelles, ces bombes sont nettement moins « efficaces » – au sens de dévastatrices – que les munitions professionnelles que le Royaume-Uni, les USA (NdT, et la France) larguent sur la Syrie, ou des bombes qu’ils fournissent aux Saoudiens pour tuer des dizaines de milliers de civils au Yémen.

Si une bombe tombait près de moi, je préférerais de très loin que ce soit une bombe-baril, parce qu’elle serait moins susceptible de me tuer que les bombes professionnelles du Royaume-Uni et des USA. Si, toutefois, mes entrailles allaient être éviscérées par des éclats acérés de métal chauffé au rouge, je ne m’inquiéterais pas du type de bombe dont ils proviendraient. L’usage généralisé du terme « bombes-baril » comme si cela représentait quelque chose de particulièrement inhumain est un exemple fascinant de propagande, en particulier dans le contexte de médias qui répètent que les bombes britanniques ne tuent pas de civils, ce qui est absurde.

Bien sûr, ce n’est qu’une petite partie des multiples distorsions médiatiques de la débâcle syrienne. L’intervention occidentale est destinée à aider des milices djihadistes soutenues par l’Arabie Saoudite à prendre le contrôle du pays, même s’ils commettent d’effroyables atrocités. Ceux-là sont baptisés « forces démocratiques » par les médias. En même temps, nous sommes en train d’attaquer d’autres djihadistes contrôlés par l’Arabie saoudite au prétexte qu’ils sont contrôlés par la mauvaise sorte de Saoudiens. Vous voyez, décapiter des dissidents et des homosexuels, c’est très bien si vous êtes l’un des Saoudiens qui contrôlent directement les ressources pétrolières de l’Arabie Saoudite. C’est très mal si vous êtes l’un des Saoudiens qui ne font qu’agir à la demande confidentielle des autres Saoudiens, ceux qui contrôlent les ressources pétrolières.

J’espère que c’était clair.

Craig Murray
Source: 
Information Clearing House

Craig Murray, un proche collaborateur de Wikileaks, est un historien et un activiste des droits de l’homme. Il a été ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzbékistan.

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

via: http://www.entelekheia.fr/lenigme-bombes-baril/

 

Evènement chimique : vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre !

« Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste » (William Shakespeare).

Le 26 avril 2017, Jean-Marc Ayrault rend l’oracle annoncé quelques jours auparavant. L’attaque au gaz sarin (un neurotoxique particulièrement létal) contre la localité syrienne de Khan Cheikhoun, (88 morts dont 31 enfants selon l’OSDH) du 4 avril 2017 porte « la signature » de Damas (attaque qui a entraîné, le 7 avril 2017, un raid américain de représailles contre une base aérienne du régime).

Ainsi parle le ministre français des Affaires – qui lui sont toujours aussi étrangères – sur le perron de l’Élysée entre deux conseils (de défense et des ministres). Se basant sur des informations (lesquelles ?) émanant des services de renseignement (lesquels ?), le régime de Damas « détient toujours des agents chimiques de guerre, en violation des engagements à les éliminer qu’il a pris en 2013 », précise-t-il. En raison de sa vocation universelle (nous respirons mieux), la France a « décidé de partager avec ses partenaires (lesquels ?) et avec l’opinion publique mondiale (c’est qui ?) les informations dont elle dispose (par qui ?) », Apprend-on !

Circulez, il n’y a rien à voir ! La messe est dite. Pas question de jouer les iconoclastes en la matière sous peine d’excommunication médiatique. Pour faire bonne mesure, quelques experts autorisés (en tête desquels, par exemple, le célèbre Olivier Lepick, présenté comme expert des armes chimiques alors même qu’il n’est qu’un historien de formation et non un scientifique) viennent psalmodier, avec componction, dans les médias les mêmes évangiles : le document de six pages intitulé « évaluation nationale » qui leur a été gracieusement distribué par les communicants

À y regarder de près, tout ceci paraît incompréhensible et cela à plusieurs titres. Pourquoi utiliser des armes chimiques alors même que des armes classiques (et Damas n’en manque certainement pas) auraient pu faire plus de dégâts humains sans créer pour autant au régime de Damas de sérieux problèmes diplomatiques ? Pourquoi recourir à de l’hexamine (qui diminue sensiblement l’efficacité du sarin, un gaz très volatil et instable) comme stabilisant alors même que, sans l’adjonction de cette molécule, l’arme aurait été autrement plus meurtrière selon les véritables experts en armes chimiques (qui sont de moins en moins nombreux puisque nous n’en fabriquons plus depuis 1993) ? Dans les deux cas – Ghouta et Khan Cheikhoun – des experts indépendants du MIT et King’s College notamment ont émis des doutes quant à l’origine et à la responsabilité des attaques sur la base de constatations purement matérielles. Si leurs études ne permettent pas d’exclure une responsabilité du régime, elles ne permettent pas non plus d’exclure une responsabilité des groupes rebelles. En tout cas elles invitent tout de même à ne pas formuler de conclusion péremptoire en l’absence de constatations de terrain par des observateurs fiables.

Comme le note http://www.washingtonsblog.com – repris par Zerohedge, site identifié donnant la parole à des experts reconnus – le 28 avril dernier :

In other words, the lead UN investigator is saying that the presence of hexamine could prove that:

(1) The Syrian government did use sarin

(2) The rebels got a hold of old stocks of government-produced sarin, and then used it themselves

(3) Someone reverse-engineered the sarin formula previously used by the government and created their own new sarin

(4) Something else altogether (e.g. that the hexamine came from every day explosives, was otherwise introduced from other sources, or perhaps the evidence was altogether fudged for political purposes).

De fait, pourquoi utiliser une telle arme chimique à une heure de la journée où elle est la moins efficace, selon l’expérience acquise ? Pourquoi ne pas laisser le soin à la seule Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui dispose de l’expertise technique nécessaire, le soin d’administrer la preuve irréfutable de l’utilisation du sarin par le régime syrien (quasiment indémontrable à 100%) ? Pourquoi tenter de se parer des plumes du paon alors même que le contenu du document français est flou et loin d’être probant pour celui qui le lit attentivement (ce que ne font assurément pas les « idiots utiles » des politiques) ?

Toutes ces questions ne trouvent malheureusement aucune réponse crédible dans « l’évaluation nationale » qui relève de la « rue des rumeurs et boulevard à ragots »1. Si les mots ont encore un sens dans notre belle langue française, une évaluation est l’appréciation de la valeur d’une chose. C’est une technique, une méthode d’estimation. Elle consiste à porter un jugement avec toute la part de subjectivité que cela comporte. Nous sommes loin de la science exacte comme certains voudraient nous le faire croire. Comme le rappelle Confucius : « lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté » et la liberté de jugement est fondamentale dans ce genre d’affaires.

Nos dirigeants ne semblent pas avoir tiré toutes les leçons des bobards américains de 2003 sur la présence d’armes de destruction massive introuvables pour justifier une guerre contre l’Irak sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU. Observons enfin qu’aucun responsable international, même parmi les plus hostiles au régime syrien, n’a emboîté le pas aux « révélations fracassantes » de notre Ministre.

En un mot comme en cent, le rapport français – présenté urbi et orbi comme l’administration de la preuve inattaquable de l’implication du régime syrien dans l’affaire de Khan Cheikhoun – nourrit à l’évidence le débat mais il ne le clôt certainement pas. « Le langage est une bureaucratie qui soumet le réel à ses catégories »2. La sincérité n’est pas toujours la vérité. À la vérité, le numéro élyséen de Jean-Marc Ayrault n’était en fait qu’un vulgaire numéro d’illusionniste avant qu’il ne quitte définitivement la scène internationale ainsi que ses projecteurs, et cela dans l’intervalle de quelques jours. N’est pas Coluche qui veut. Comme aurait dit Louis Jouvet : « Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre ! »

Mais, il y a plus encore. Dans cette affaire, et ce qui ne semble pas avoir effleuré Jean-Marc Ayrault une seconde, n’importe quel observateur avisé reviendrait à l’un des postulats basiques des guerres civiles : du lance-pierres à la bombe atomique, les protagonistes sont prêts à tout – à tout – pour détruire, humilier et réduire l’Autre ! Chaque guerre civile – ex-Yougoslavie, Somalie, Rwanda, Soudan, Liban, Espagne… – a connu son lot d’atrocités irrationnelles, souvent restées inexpliquées, sans que personne – personne – ne puisse vraiment savoir qui a fait quoi. Le constat vaut pour l’événement chimique de la Ghouta du 29 août 2013, comme pour celui de Khan Cheikhoun.

A cette époque déjà, Jean-Marc Ayrault avait brandi à l’Assemblée nationale une prétendue « note des services de renseignement ». En fait, il s’agissait d’une compilation d’extraits de différents rapports des services spéciaux (DGSE, DCRI, DRM), confectionnée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) qui dépend de Matignon. Eléments d’archives et descriptions cliniques des victimes, ces neuf pages ne comportaient aucun – aucun – élément factuel permettant d’attribuer la paternité d’une attaque chimique à tel ou tel protagoniste. Aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault récidive, essayant de légitimer, de nous faire admettre post mortem, la rectitude idéologique d’une diplomatie française désastreuse, non seulement en Syrie, mais dans l’ensemble des Proche et Moyen-Orient.

Sur le plan de la méthode, les professionnels du renseignement français apprécieront, au passage, l’instrumentalisation, sinon le détournement de leur travail. Tour de passe-passe d’autant plus facile et gratuit, que les professionnels en question restent soumis – et c’est heureux – à un strict devoir de réserve. Mais à la longue, et à force d’utiliser politiquement le travail de nos travailleurs de l’ombre, Monsieur Ayrault ne risque-t-il pas de les démonétiser, de fragiliser leurs missions et leurs coopérations avec des homologues étrangers qui y regarderont peut-être à deux fois avant de transmettre des éléments risquant de se retrouver un jour dans des communiqués ministériels publics. Alors, Jean-Marc Ayrault en joueur de bonneteau ! Déjà vu ! Et, à la longue dangereux pour les agents de la communauté française du renseignement qui ont sans doute besoin de plus de respect et considération.

En définitive, il est factuellement établi que des factions de la rébellion syrienne possèdent bien les différents composants permettant de fabriquer du gaz sarin, même si ceux-ci ont été confectionnés dans des laboratoires syriens. Par ailleurs, et dans la mesure où aucun enquêteur ne s’est rendu sur place pour y effectuer les prélèvements nécessaires à une analyse scientifique sérieuse, il faut bien admettre que nous ne saurons jamais – jamais – ce qui s’est réellement passé à Khan Cheikhoun. Dans cette même obsession compulsive d’accuser tel ou tel acteur de la guerre civilo-globale de Syrie, on aurait bien aimé voir Jean-Marc Ayrault dénoncer avec autant de passion les décapitations à la chaîne de soldats syriens dans le théâtre de Palmyre ou les viols des femmes des villages chrétiens ravagés par une rébellion « modérée » armée par la France éternelle !

Hallucinant ! En effet, il est hallucinant de constater qu’aucune leçon – aucune – n’a été tirée des mensonges d’Etat multipliés pour justifier la destruction de l’Irak : des armes de destruction massive qu’on cherche encore et des relations de proximité entre Saddam Hussein et Oussama Ben Laden pareilles à celles qu’entretenait le Petit prince et le monstre du Loch Ness… A force de tirer la corde des indignations sélectives, celle-ci finira par se rompre de manière d’autant plus spectaculaire que les imprécateurs auront déserté la scène pour se mettre au chaud au Conseil constitutionnel ou dans d’autres fromages de la République. A force d’hurler au loup, l’entièreté du troupeau finira mangé par un monstre dont on ne soupçonnait même pas l’existence.

Depuis la fermeture de notre ambassade à Damas par Alain Juppé en mars 2012, la diplomatie française s’est trompée sur la Syrie et lourdement trompée, allant jusqu’à se ranger dans le camp des Saoudiens, démocrates exemplaires comme chacun sait ! Bien-sûr, il fallait signer des contrats avec ceux-là même qui enrôlent et arment les jihadistes- ceux qui tuent nos soldats au Sahel et nos gamins dans les rues de Paris, de Nice et d’ailleurs. Incroyable ! Un jour viendra où les responsables de cet aveuglement coupable devront rendre des comptes. Avant de tirer leur révérence et par souci de se mettre en règle avec l’histoire, sinon avec leur conscience, ces mêmes apprentis sorciers montrent aujourd’hui quelque signe de panique.

Rien de plus naturel, mais Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve et les autres feraient mieux de se concentrer sur la logique et les dysfonctionnements ahurissants qui ont laissé un idiot dangereux assassiner le policier des Champs-Elysées. Multirécidiviste identifié, ce type a pu ainsi se balader et assassiner en toute tranquillité sans faire l’objet du moindre suivi, tandis qu’on n’hésite jamais à mobiliser moult cellules de soutien psychologique dès qu’une tête blonde reçoit la moindre gifle d’un professeur ou d’un surveillant. Eh oui, on vit une bien drôle époque !

Guillaume Berlat et Richard Labévière

1 Armin Arefi, Syrie : Paris rend Damas responsable de l’attaque au sarin de Khan Cheikhoun
www.lepoint.fr, 26 avril 2017.
2 J-F.J., Rue des rumeurs et boulevard à ragots, Le Canard enchaîné, 26 avril 2017, p. 1.
3
 Raphaël Enthoven, Little Brother, Gallimard, 2017, p. 72.

 

Source: http://prochetmoyen-orient.ch/evenement-chimique-vous-avez-dit-bizarre-comme-c-est-bizarre/

Thierry Meyssan : Le monde tel qu’il est

On nous cache tout, on nous dit rien, chantait Jacques Dutronc dans les années 1967, et ce n’était pas plus mal, finalement, nous qui aspirons à couler des jours heureux et non à subir le régime de la terreur imposé par ceux-là même qui nous vantent leur zèle à nous protéger quand ils ne sont que des pompiers pyromanes !… D’ailleurs, vous connaissez le dicton qui précise que l’on ne voit pas ce que l’on a sous les yeux : quel film policier n’a pas sa scène où se dissimule la pièce à conviction bien en évidence, sous nos yeux, pendant plus de la moitié du temps ?
Si bien qu’à force d’endoctrinement, de bien pensance et de propagande – le tout adossé à une inculture crasse et une méconnaissance globale de l’Histoire – le bon peuple décervelé et obnubilé par son téléphone se laisse manipuler à loisir par d’infâmes salauds que le bien pensé démasque à l’évidence tant l’à qui profite le crime explicite les actes criminels conduits par nos gouvernants ; mais faudrait-il encore se poser les bonnes questions.

Thierry Meyssan, comme son confrère Michel Collon, pourfend les thèses officielles et déconstruit les mythes qui poussent les peuples à adhérer aux thèses de l’Empire qui n’a de cesse de vouloir déplacer les frontières au seul profit de ses intérêts (pétrole, gaz, finance). Traduit simultanément en sept langues, ce brûlot ne laissera pas indifférent – sauf à participer à la mascarade contemporaine qui veut que de vilains barbus aient perpétré les attentats du 11-Septembre, que Saddam Hussein ait possédé des ADM (armes de destruction massive) et de l’anthrax, que Bachar el-Assad ait utilisé des armes chimiques, etc. etc.
« Tous les États doivent s’abstenir d’organiser, d’aider, de fomenter, de financer, d’encourager ou de tolérer des activités armées subversives ou terroristes destinées à changer par la violence le régime d’un autre État ainsi que d’intervenir dans les luttes intestines d’un autre État. » Résolution 2665, adoptée le 24 octobre 1970 (sic) par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Cet essai qui se lit comme un récit pullule d’informations d’une rare précision, il faut dire que Thierry Meyssan fut souvent au cœur même de l’action, notamment pendant l’attaque de Tripoli, et parfois sollicité par tel ou tel gouvernement ou service secret pour être l’intermédiaire ou l’homme de confiance… quand il n’est pas l’homme à abattre : Meyssan aura eu un destin hors norme.
Ce politologue est mondialement connu depuis ses prises de position contre la version officielle du 11-Septembre et ses analyses lui ont valu d’être trainé dans la boue par les vassaux atlantistes ou reconnu à sa juste valeur par l’autre moitié de la planète qui ne verse pas dans la politique de l’Empire. On lui doit notamment, en plus de ses livres, pléthore d’articles dont les plus piquants, par exemple, dans Proceso (Mexique, 2001) dans lequel il révèle les liens étroits entre les familles Bush et Ben Laden, qui fut évoqué au Congrès américain par la représentante Cynthia McKinney… ou une étude publiée dans Profile (Russie, 2008) sur les liens familiaux entre Sarkozy et l’un des trois fondateurs de la CIA… voire son fameux reportage dans la revue russe Odnako où il révèle que l’assassinat de Rafic Hariri (2005) fut planifié par Israël, les États-Unis et l’Allemagne et réalisé au moyen d’une arme nouvelle issue des nanotechnologies et utilisant des particules d’uranium enrichi (pour avoir été sur les lieux quelques jours après, j’ai pu constater de visu l’extraordinaire diamètre et la profondeur du cratère mais surtout l’impact du souffle du bas vers le haut, discréditant de facto la thèse officielle de la camionnette piégée, ce qui aurait entraîné un souffle latéral).
Articulé en trois parties, cet essai dépeint le monde tel qu’il est ; et non tel que l’on aimerait bien nous le faire croire. Il décortique les Printemps arabes vus de Paris, vécus par les Frères musulmans, et organisés depuis Washington. Avec l’épilogue Trump.
Révélateur de la duperie dans laquelle nous vivons, ce livre donnera des insomnies à ceux qui pratiquent la politique de l’autruche ; mais il apportera surtout à ceux qui veulent prendre leur destin en main les données indispensables pour comprendre ce qui se passe. Et s’il est parfois caviardé sur certains noms propres (que l’on devine aisément, soit par le prénom soit par la fonction) il cite aussi ceux qui refusèrent de s’allier au Mal, comme Claude Guéant, par exemple (on comprend ensuite le pourquoi des cabales judiciaires qui entérinèrent sa fin de mandat avec le grotesque procès des tableaux)…
Car il n’est pas joli-joli le mandat Sarkozy, et l’ombre du reniement face au peuple lors du référendum sur l’Europe n’est rien comparé à ce qu’il orchestra en Libye. Le témoignage de Walter E. Fauntroy, ancien membre du Congrès des États-Unis et ancien assistant de Martin Luther King Jr est glaçant : il a vu des soldats réguliers français et danois, aux côtés d’Al-Qaïda, décapiter des Libyens… Puis, le 5 septembre 2011, le président Sarkozy recevra le patriarche maronite, S. B. Béchara Raï, et lui expliquera sans détour que l’Empire va placer les Frères Musulmans au pouvoir à Damas et qu’il faut songer à rapatrier les chrétiens d’Orient en France. Après la Libye, la Syrie…
Or, nous ne sommes plus au Moyen-Age, pour faire la guerre il faut convaincre l’opinion publique du bien-fondé de ses intentions. Une évidence que les Anglais comprirent les premiers : dès 1914, Londres crée le Bureau de Propagande de guerre qui fait appel à des artistes car l’esthétique neutralise la logique. Les USA leur emboitent le pas dès 1917 avec le Comité d’information publique ; Goebbels arriva donc le dernier mais peaufinera la technique qui fut systématisée dès 2003 par l’Empire (Maison Blanche et Downing Street) qui créèrent le Bureau des Communications globales qui publie chaque jour pour leurs ambassades et leurs communicants The Globale Messager indiquant les éléments de langage à reprendre…
On comprend aisément l’intérêt porté pour les Médias par les grandes groupes industriels (ils sont désormais 14 à se partager l’intégralité des supports occidentaux : le pluralisme est bien mort). En effet, c’est l’atout de la propagande qui permet de mener ce que les spécialistes nomment dans leur jargon la guerre de 4e génération. D’ailleurs, la percée du candidat Macron le démontre : parti de rien mais avec la nébuleuse médiatique derrière lui (BFMTV, Le Monde, Lagardère, Libé, Altice, Vivendi, etc.) il termina premier. Il en va de même dans la manipulation des opinions publiques avec des images fortes, comme celle du petit garçon mort sur la plage, qui permit de justifier une vague d’immigration sans précédent – et totalement hors de propos : ces gens ne devaient en rien déferler sur l’Europe, sauf à satisfaire le patronat allemand qui demanda à voir 800 000 entrants pour casser les revendications salariales. Le déplacement de populations est aussi devenu une arme de guerre…
Ainsi, avec les Médias à leur service – Gilles Jacquier, mort le 11 janvier 2012 à Homs, journaliste à France2, émargeait pour la DGSE et le Mossad –, les chefs de gouvernements distillent les images chocs qui vont créer le plus d’émotion, quitte à en fabriquer comme le montrent de plus en plus de reportages depuis la fin du siège d’Alep, entre les diaporamas d’enfants maquillés comme au cinéma – et donc pas plus mort que vous et moi – ou les vidéos de linceuls blancs alignés comme à la parade où… l’un éternue, l’autre se gratte la jambe, etc.
Mais cela fonctionne puisque les Casques blancs ont bien failli être lauréats du Prix Nobel de la paix alors qu’ils sont en réalité… des combattants d’al-Qaïda.

En 1951, les services secrets anglo-saxons constituèrent, à partir de l’ancienne organisation homonyme, une société secrète politique : les Frères musulmans. Ils l’utilisèrent successivement pour assassiner des personnalités qui leur résistaient, puis à partir de 1979 comme mercenaires contre les Soviétiques. Au début années 1990, ils les incorporèrent à l’OTAN et dans les années 2010 tentèrent de les porter au pouvoir dans les pays arabes. Les Frères musulmans et l’ordre soufi des Naqchbandis sont financés à hauteur d’au moins 80 milliards de dollars annuels par la famille régnante saoudienne, ce qui en fait une des armées les plus importantes du monde. La totalité des leaders jihadistes appartient à ce dispositif militaire. »

Ainsi il en va du monde moderne où les forces spéciales françaises (sous l’autorité du général Puga) aident les djihadistes à attaquer Maaloula puis encadrent les takfiristes à Baba Amr (quartier de Homs) où ils proclament un Émirat islamique. Poche ridicule d’insurgés que l’armée syrienne assiège mais ne pourra déloger car la puissance de feu française les protège (missiles antichar Milan, à 100.000 euros pièce)… France24 diffuse de faux reportages sur le martyr des rebelles que son correspondant Abou Saleh bidonne jusqu’à ce qu’un journaliste anglais ne le filme…
Une « paix des braves » finit par s’installer par l’entremise de Claude Guéant (qui est contre cette guerre) et Thierry Meyssan sert de messager entre les parties : les soldats français (certains porteurs d’une mallette de communication sécurisée de l’OTAN lors de leur capture) et les journalistes sont libérés et remis à l’ambassadeur de France au Liban et à l’amiral Guillaud à la frontière libanaise…
La France se retire (momentanément) de la guerre avant que Hollande ne rejoigne le camp des colonisateurs…
Il faut dire qu’après avoir éliminé le préfet Lacroix (mort en un jour d’un cancer foudroyant) et l’ancien ministre du pétrole libyen Ghanem (noyé à Vienne), le Trésor états-unien peut enfin mettre la main sur le magot libyen de 100 milliards de dollars (avec la complicité de Moscovici, Macron et quelques banquiers d’affaires) et préparer sérieusement la phase2 de la guerre en Syrie pour juin 2012. Car il s’avère que les sociétés norvégiennes Ansys et Sagex ont découvert que le sous-sol syrien était aussi riche en pétrole que le Qatar (ce que le gouvernement Assad ne découvrira qu’en 2013 !) : l’Arabie saoudite s’apprête à lancer une armée sur Damas quand… la Russie tire deux missiles intercontinentaux (un depuis les bords de la Caspienne, un depuis un sous-marin en Méditerranée) afin de stopper l’escalade.
Alors les médias se chargent de commenter qui est du bon côté de l’Histoire.

6 juillet 2012, Hollande réunit les Amis de la Syrie à Paris pour contrer les accords de paix signés quelques jours plus tôt à Genève, et fait asseoir à ses côtés le journaliste de France24, Abou Saleh, qu’il présente comme révolutionnaire et le félicite. Les caméras filment… Sauf que Salah est un criminel de guerre qui a fait égorger 150 civils chrétiens lors de son règne à Homs… Le 12 juillet, 40.000 mercenaires fondent sur Damas, l’opération Volcan de Damas vient de commencer… Le 18 juillet le Conseil de défense est décapité… Les mercenaires tentent même de détruire la maison de Meyssan. Après trois jours de combat Damas est sauvée, l’armée régulière repousse les assaillants et l’on découvre les corps de Pakistanais, Somaliens, Tunisiens, Afghans et quelques Syriens… Les blessés parlent : certains n’ont été formés qu’une semaine, d’autres pensent sauver des Palestiniens en Israël (sic), beaucoup ne connaissent rien de la Syrie…
Les comptes Twitter des médias syriens sont piratés, les chaînes de TV sont déconnectées de ArabSat et Nile SAT pour réapparaître… depuis l’Australie, pilotées par la NSA… mais le pays résiste, Damas ne tombe pas, les faux reportages sur la fuite d’Assad ne seront finalement pas diffusés…
N’oublions pas, avant de voter au second tour, que la France a déjà beaucoup trop participé à l’effondrement du monde : comment tolérer encore plus longtemps qu’un ministre demande (et planifie) l’assassinat d’un président en exercice (17 août 2012, Laurent Fabius : « Bachar el-Assad ne mérite pas d’être sur la terre ») et soutienne des terroristes (12 décembre 2012, Laurent Fabius : « Al-Nosra fait un bon boulot. ») ?!
Comment justifier qu’un président de la République demande à l’ONU (François Hollande, 25 septembre 2012) de rétablir un mandat colonial sous prétexte de pouvoir « protéger les zones libérées » ?!
Nous sommes gouvernés par des voyous, Claude Goasguen s’en est d’ailleurs 
ouvertement ému sur la chaîne LCP arguant que tout le monde connaissait les circuits de financement de Daech et que l’on pouvait donc agir facilement si vraiment on menait une guerre contre le terrorisme (p.151 vous aurez connaissance de tous les noms des compagnies pétrolières qui écoulent le pétrole, des sites où il est raffiné, des ports où il est distribué, etc. tout comme p.191 vous aurez la liste des 17 navires-prisons US dans lesquels plus de 80.000 personnes furent torturées pendant la dernière décennie) , mais autant donner à boire à un âne qui n’a pas soif…
Personne ne semble s’en soucier et le mythe des combattants de l’armée syrienne libre se battant pour la démocratie perdure.
Or aucune image ne témoigne de cela, seul le mot liberté s’affiche, mais quelle liberté ? Celle de pratiquer la charia ! D’ailleurs, le 13 mai 2013, une vidéo d’un commandant de la brigade Al-Farouk (armée syrienne libre) le montre mangeant les entrailles d’un soldat, déclarant : « Nous jurons devant Dieu que nous mangerons vos cœurs et vos foies, soldats de Bachar. »
Faut-il en dire plus ?

« Lors de la dissolution de l’Union soviétique, les élites US crurent qu’une période de commerce et de prospérité succèderait à la Guerre froide. Cependant, une faction du complexe militaro-industriel imposa le réarmement en 1995, puis une politique impériale très agressive, en 2001. Ce groupe, qui s’identifie avec le « gouvernement de continuité » prévu en cas de destruction des institutions élues, prépara à l’avance les guerres d’Afghanistan et d’Irak qui ne furent lancées qu’après le 11-Septembre. Face à son échec militaire en Irak et à l’impossibilité d’attaquer l’Iran, ce groupe changea son fusil d’épaule. Il adopta le projet britannique de renversement des régimes laïcs du Moyen-Orient élargi et de remodelage de la région en petits États administrés par les Frères musulmans. Progressivement, il prit le contrôle de l’OTAN, de l’Union européenne et de l’ONU. Ce n’est que plusieurs millions de morts et des milliers de milliards de dollars plus tard qu’il fut contesté aux États-Unis par l’élection de Donald Trump, et en France par François Fillon. »

Il y donc quelques comptes à solder, se demander, par exemple, pourquoi l’enquête sur les attentats de janvier 2015 se conclut par un Secret défense ? Qui a fourni les armes aux terroristes ? Qui a formé deux d’entre eux ? Pourquoi les chefs d’États ont été photographiés à part et n’ont jamais défilé dans Paris ?
Pourquoi les attentats du 13 novembre 2015 n’ont-ils pas été imputés à Erdogan ? Pourquoi le témoignage de Patrick Calvar, directeur du contre-espionnage, qui rapporta les tortures et les mutilations des otages du Bataclan, fut enterré ?
Pourquoi les Médias n’ont pas rapporté les propos de la presse turque, au lendemain de l’attentat de l’aéroport de Bruxelles (mars 2016), comme quoi les Européens n’ont que ce qu’ils méritent ?
Oui, pourquoi continuer dans le déni ?

François Xavier

Thierry Meyssan, Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump, Demi Lune, mars 2017, coll. « Résistances », 280 p. – 21,00 €

Source: http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/ditions-demi-lune/review/1944854-thierry-meyssan-le-monde-tel-qu-il-est

 

 

Les USA commettent des actes terroristes – pourquoi est-ce si difficile à comprendre ?

Quand l’US Amérique bombarde, c’est rationnel. Quand d’autres pays menacent de le faire, on crie au terrorisme.

Il y a quelques années, j’ai demandé à un officier retraité de l’armée de l’air irakienne ce que ça lui avait fait d’être régulièrement bombardé par les USA dans les années 90. On avait l’impression, ai-je dit en plaisantant, que chaque fois que le président US Bill Clinton se sentait irrité, il bombardait l’Irak. L’officier, un homme brillant avec une longue carrière au service d’une armée dont il méprisait la hiérarchie politique, a souri. Il a alors dit avec une grande légèreté : « Quand notre hiérarchie disait quelque chose de menaçant, ces mots eux-mêmes étaient considérés comme des actes terroristes ; quand les USA bombardent, le monde ne cille même pas ».

 

Pour moi, c’est là une affirmation pleine d’intuition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Espèce de maboul ! – Dessin de Matt Wuerker

J’y ai repensé en regardant le défilé militaire à Pyongyang (en Corée du Nord) célébrant la naissance de Kim Il-sung. L’imagerie de la télévision nord-coréenne était grandiloquente – l’immense place Kim Il-sung était bondée de soldats alors que l’arsenal colossal de la Corée du Nord défilait sous les yeux de ses dirigeants. Sur Twitter, des experts amateurs en armements passaient en revue tel missile sous-marin ou tel missile transcontinental. C’était une performance époustouflante à regarder en sentant la tension des médias occidentaux à l’idée que les Nord-Coréens pourraient déclencher une attaque contre n’importe qui, n’importe où. Les observateurs occidentaux se sont répandus en commentaires face à ce spectacle, échafaudant des théories fantaisistes à partir de ce qu’on leur donnait à voir. C’est le goût de la guerre, semble-t-il, qui s’exhibait ici.

C’est toujours « l’État voyou » qui est une menace pour l’ordre mondial – ici l’Irak, là la Corée du Nord. Et dans cet « État voyou », c’est toujours le dictateur qui dirige l’ensemble de cette monstruosité. Le ton est à la raillerie avec Kim Jung-un comme avec Saddam Hussein. Ces hommes n’ont aucun goût : Saddam avec sa moustache disco m’as-tu-vu et ses uniformes militaires anachroniques et Kim avec sa coupe de cheveux new-wave et son rire bizarre et disproportionné. Ils suintent la menace – ça les démange d’attaquer et la seule chose qui les retient est le rôle démocratique des USA, qui sanctionne les pays jusqu’à les affamer ou patrouillent dans leurs eaux territoriales avec d’immenses navires de guerre pour les intimider et les pousser à se rendre. Mais les USA ne sont pas une menace. Ils sont seulement là pour s’assurer que les vraies menaces – l’Irak hier et la Corée du Nord aujourd’hui – sont tenues en échec.

Le responsable, en d’autres termes, est toujours le Despote oriental.

La modalité de la pensée aux USA est l’amnésie. L’ignorance quant à l’histoire de leurs propres guerres est désormais générale. Il paraîtrait étrange de demander pourquoi les Nord-Coréens se sentent menacés de façon si tangible par les USA. Bizarre de rappeler que ce sont les USA qui ont sauvagement bombardé la Corée du Nord dans les années 50, ciblant ses villes et ses bourgs aussi bien que ses fermes et ses barrages. Les données sont incontestables. Les USA ont largué 635 000 tonnes de bombes sur la Corée du Nord. Ceci inclut 32 557 tonnes de napalm – arme chimique par excellence. À titre de comparaison, il convient de rappeler que pendant la deuxième Guerre Mondiale dans toute la zone du Pacifique, les USA ont largué « seulement » 503 000 tonnes de bombes. En d’autres termes, les USA ont lâché plus de bombes sur la Corée du Nord pendant la mal nommée « guerre limitée » qu’ils n’en ont largué dans la totalité de leurs combats contre le Japon pendant la deuxième Guerre Mondiale. Trois millions de Coréens sont morts dans cette guerre, la majorité au Nord.

La Corée du Nord n’a jamais agressé les USA.

Le Professeur Charles Armstrong de l’université de Columbia, l’un des meilleurs experts de la guerre de Corée et de la Corée du Nord, écrit que la campagne de bombardement US contre la Corée du Nord « plus qu’aucun autre facteur, a donné à la Corée du Nord un sentiment collectif d’anxiété et de peur des menaces extérieures, qui continuera bien après la fin de la guerre ». En fait, cette anxiété et cette peur persistent encore aujourd’hui. Il est facile de critiquer l’attitude de la Corée du Nord en disant que c’est un lavage de cerveau gouvernemental. Mais si l’on regarde sérieusement l’histoire contemporaine du Nord et la dévastation causée par les bombardements US des années 50, alors on s’interrogera non pas sur le lavage de cerveaux en Corée du Nord mais sur le lavage de cerveaux aux USA.

Imaginez ce que cela a dû être en Corée du Nord d’entendre qu’un nouveau groupe aéronaval US – l’USS Carl Vinson et son escorte – croisait en mer du Japon pour rejoindre des vaisseaux de la flotte japonaise ? Cela a dû leur faire froid dans le dos d’entendre le président US Donald Trump dire que Kim Jong-un « ferait mieux de se tenir » (« gotta behave »), l’expression idiomatique « gotta » prenant toute sa portée dans la version audio, où Trump la prononce de façon particulièrement menaçante. S’ils ne se tiennent pas bien, fait-il comprendre en grognant, alors les missiles de croisière de l’USS Carl Vinson et la MOAB (Mother of all bombs) sont prêts.

Il n’est pas étonnant que le vice-ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord, Han Song-ryol, ait dit à la BBC que si les USA violaient la souveraineté de la Corée du Nord, alors, cela conduirait à « la guerre totale ». Plus effrayant encore, il a dit : “si les USA planifient une attaque militaire contre nous, nous réagirons avec une frappe nucléaire préventive selon nos style et méthodes propres ». Ces déclarations – à la lumière de l’histoire de la Corée du Nord – sonnent moins comme des menaces belliqueuses que comme des menaces pour survivre. Les Nord-coréens ne sont pas idiots. Ils regardent en direction de l’Afrique du Nord et ils voient la Libye, qui avait renoncé à son programme nucléaire à ses risques et périls. C’est le bouclier nucléaire qui les protège et ils le brandiront ostensiblement aussi souvent que possible. Dans n’importe quel combat réel, la Corée du Nord serait pulvérisée. Et elle le sait. Mais elle sait aussi que c’est sa seule armure.

Cette idée que le Mal est toujours mauvais et que le Bien est toujours bon refait surface avec une régularité prévisible. Les « États voyous » sont toujours mauvais. C’est une tautologie. Quand ils « tuent leur propre peuple », c’est encore pire. Cela a été la norme pour la Syrie de Bachar El Assad. Ce qui le rend encore pire, disent les experts des médias US et la classe politique, c’est qu’il « tue son propre peuple ». L’attaque chimique au Sud d’Idlib est le dernier exemple en date de sa duplicité. Les enquêtes ne servent à rien. C’était une évidence pour les médias et la classe politique en Occident que seul Assad a pu autoriser une telle attaque. C’est un scénario qui se passe d’explications. Quelques associations d’idées suffisaient : attaque chimique, enfants, et Assad. Des détails supplémentaires n’étaient pas nécessaires.

Ce fut plus complexe quand les « rebelles » ont bombardé un convoi qui quittait les villes assiégées d’El Foua et Kfraya, dans la périphérie d’Alep, tuant au moins 126 personnes, dont environ 80 enfants. Ce n’était pas Assad qui avait commis ces attaques, mais les « rebelles », ce qui rend subitement l’indignation hors de saison. Il n’y a pas eu d’indignation en effet, quand l’aviation US a tué 30 civils le lundi 17 avril dans une série de bombardements sur le village d’El Bukamal, près de Deir al-Zor dans l’Est de la Syrie. Trois maisons ont été rasées par l’aviation US et des civils – y compris des enfants – de six familles ont été tués. Il n’y a pas eu de hauts cris, pas de dénonciation des USA au Conseil de Sécurité, pas de hashtag, pas de campagne médiatique pour que les USA agissent contre les responsables. Ivanka Trump ne s’est pas précipitée chez son père avec des photos des enfants morts, réveillant en lui une conscience dont bien peu soupçonnaient l’existence. Dans au moins un des cas, ce sont les USA qui ont commis la tuerie. Ces tragédies ont été reçues dans l’indifférence.

J’ai parcouru les USA ces dernières semaines, pour parler de mon livre – La mort de la nation et le futur de la révolution arabe (The Death of the Nation and the Future of the Arab Revolution). À chaque événement, quelqu’un pose la question honnête et sincère : « Que pouvons-nous faire pour la Syrie ? ». Ce que cette question implique, me semble-t-il, c’est que les USA ne font rien à propos de la Syrie et qu’ils sont capables d’intervenir d’une façon utile dans ces conflits. Dans cette question, il n’y a aucunement l’idée que les USA sont déjà un acteur ici, et sont bien souvent les responsables de ces tragédies, à cause de l’inquiétude que les menaces de Washington produisent de la Corée du Nord à l’Iran. On ne semble pas conscient ici ce sont les USA qui ont vendu – avec d’immenses profits – des armes à toutes les parties prenantes de ces conflits, enflammant les rivalités avec ce surcroît d’armements. On y trouve encore moins la conscience que les USA ont bombardé la Syrie presque huit mille fois, avec à leur compte nombre de victimes civiles. On se regarde soi-même sous un jour innocent. Un peu plus d’indignation vis-à-vis des actions US, et non de l’inaction US, voilà qui pourrait aider à faire avancer un mouvement anti-guerre.

La déclaration de l’officier irakien devrait être très parlante pour un citoyen US. Ou, au moins, elle pose la question de savoir qui est la vraie menace et pourquoi les actions guerrières des USA ne sont pas considérées comme le plus grand danger pour la planète. C’est facile de penser que ce sont « eux » qui sont un problème – les « États voyous » qui semblent perçus comme génétiquement prédisposés à être de dangereux lunatiques. Ce qui est bien plus difficile à accepter, c’est que c’est la violence historique des USA contre la Corée du Nord ou la malveillance qui sévit en Asie occidentale est la source de la grande dévastation qui déchire la planète.

Vijay Prashad

Traduit par  L`Histoire est à nous

 

Merci à L’Histoire est à nous
Source: 
http://www.alternet.org/world/america-worlds-biggest-terrorist-organization-why-so-hard-understand

Selon un ex- agent de la CIA: le Mossad et les Saoudiens sont derrière l’attaque chimique sous faux drapeau en Syrie

L’ex-agent de la CIA, Robert D. Steele, affirme que le Mossad et l’Arabie Saoudite, en collusion avec des responsables américains traitres, sont derrière l’attaque chimique du faux flagrant en Syrie.

Steele, un agent de renseignement du Corps des Marines, durant plus de 20 ans, était le deuxième plus haut niveau d’un civil dans les Marine Corps Intelligence. Il a également expliqué que le sénateur John McCain et l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, sont responsables de la planification du faux drapeau à l’intérieur des  États-Unis.

Dans une interview vidéo publiée mardi, Steele a fourni des informations mises à jour qu’il a reçues de collègues du renseignement au sujet de l’attaque syrienne:

« Les grandes nouvelles ce soir, John McCain, John Brennon, McMaster à la Maison Blanche, les Saoudiens et les Israéliens, ont tous trahi le public américain. Bien sûr, nous devons nous demander si Donald Trump joue « Israël d’abord »  en  lieu et place de son « l’Amérique d’abord » qu’il annonçait lorsqu’il n’était que candidat.

« Le voyage de McCain en février (en Syrie) a été apparemment pour préparer la scène pour « cette attaque chimique ». Et je dois vous dire que McCain n’est pas très bon pour garder les secrets. Cela a été vérifié deux fois, et nous sommes sûrs que McCain est un traître opérant contre le gouvernement des États-Unis et le peuple américain « .

Steele a également expliqué que le sénateur John McCain et l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, sont responsables de la planification du faux drapeau à partir des États-Unis.

« J’ai entendu parler d’une source interne, absolument fiable, que l’attaque chimique sous faux drapeau avait été planifiée par le sénateur John McCain, l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, et le conseiller à la sécurité nationale du président américain Herbert McMaster, qui est aussi un traître  au président des États-Unis.

« Maintenant, à son énorme crédit, le directeur de la CIA, Mike Pompeio, l’a identifiée correctement comme une attaque sous faux drapeau. Mais aussi, autant que je sache, le FBI n’a pas informé le président que ce faux drapeau était, en fait, un acte de trahison planifié aux États-Unis et financé par l’Arabie Saoudite et Israël, qui se sont partagé le coût.

Le moment de la Baie des Cochons

 

« Donald Trump a été manipulé. C’est son moment de Baie des Cochons. Mais pour le crédit du directeur de la CIA, Mike Pompeio, tous mes collègues du renseignement disent que le directeur de la CIA l’a bien compris, a déclaré à Trump que c’était un faux drapeau peut-être par des éléments capricieux de la CIA, peut-être par le renseignement français, probablement du Mossad et des Saoudiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mike Pompeio prête serment.

« Et Trump très, très bêtement, a exclu Mike Pompeio hors de la réunion de décision. La ligne de fond ici est que Trump est trompé, il est manipulé. Jared Kushner est probablement un agent d’influence du Mossad [1].

« Je pense que Trump est très intelligent. Je veux qu’il réussisse. Mais en ce moment, c’est vraiment mauvais pour lui.

« Ce n’est pas la CIA qui lui a donné cette fausse information. C’est probablement venu de Jared Kushner, en revenant de sa récente visite au Moyen-Orient (Israël). Cela provient probablement des «Renseignements militaires», qui sont corrompus jusqu’à l’os. Et je soupçonne, sur la base de conversations récentes que j’ai eu avec des gens extraordinairement talentueux au Royaume-Uni, je soupçonne qu’Israël dit à tous qu’ils ont détecté cette menace chimique massive, que des missiles seront lancés contre Israël avec des produits chimiques, que ce sera la fin du monde, et que Assad teste ses armes chimiques avant d’attaquer Israël.

« Donc, partout où Trump obtient un renseignement, ce renseignement est un mensonge«.

Steele a également donné son avis sur les membres de l’administration de Trump:

« Sean Spicer est un rigolo freudien. Je ne lui prête pas beaucoup d’attention. « 

« L’autre chose qui est sortie de cette affaire, c’est que Jared Kushner s’est compromis. Il est peut être un agent d’influence du Mossad « 

 

« Steve Bannon était une lumière brillante dans la Maison Blanche, il s’opposa à la frappe des missiles ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jared Kushner

Michel Duchaine

NOTES

[1] Jared Kushner appartient au culte de « Doomsday » de Rothschild

Le gendre de Trump et son conseiller principal Jared Kushner, appartient à un culte élitiste du Doomsday (Jour du Jugement Dernier) qui inclue les Rothschild comme membres. Ce culte essaie de fomenter une troisième guerre mondiale «prophétisée».

Chabad Loubavitch est un culte de la suprématie juive qui sert les Illuminati. Malgré seulement 200 000 disciples d’élite, il a des liens intimes avec presque tous les dirigeants puissants du monde.

Le culte croit que les Juifs sont le peuple élu de Dieu et tous les autres humains sont des déchets. Dans le livre Rassemblements de conversations, Rebbe Schneerson raconte à ses partisans que les Juifs sont une extension de Dieu et que les Gentils (i.e. les non juifs) ont été créés pour servir les Juifs.

Les Rothschild appartiennent à ce culte. L’historien Wolfgang Eggert dit que Chabad Loubavitch est le vrai visage des Illuminati. Il dit que ce culte a l’intention d’initier un holocauste nucléaire pour accomplir la prophétie biblique et hâter le retour du Messie:

« L’histoire et la politique sont un grand film, et ils sont les réalisateurs, apportant la prophétie du vieux testament dans la réalité. Ils ont capturé la franc-maçonnerie en construisant les illuminati (à travers Rothschild / Jacob Frank / Weishaupt); Ils ont fait un pacte avec la monarchie britannique quand ils ont financé William III pour devenir roi; Ils ont placé la royauté britannique à la tête des francs-maçons; Ils ont fait le système bancaire moderne et la FED (à travers Rothschild); Ils ont fait le sionisme, les guerres mondiales, l’Union Européenne et ainsi de suite. Ils règnent à travers leurs marionnettes Rothschild (dont les ancêtres faisaient partie du culte hassidique) et Rockefeller, qui étaient la force directrice derrière Bilderberg, les trilatérales etc. Nous sommes maintenant dans la « Fin des Temps »; Ils tentent de fomenter une «troisième guerre mondiale» prophétisée. »

Photo: Robert Steele, ex-agent de la CIA en Syrie.

 

Source:https://michelduchaine.com/2017/04/30/selon-un-ex-agent-de-la-cia-le-mossad-et-les-saoudiens-sont-derriere-lattaque-chimique-sous-faux-drapeau-en-syrie/