Arrestation d’espions US au sein du FSB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite à l’arrestation (tenue secrète pour les besoins de l’enquête) pour « trahison » en décembre dernier de Ruslan Stoyanov, chef du service en charge du cybercrime chez Kaspersky, le célèbre fabricant Russe d’antivirus, il a été découvert que la section du FSB en charge de la cyber sécurité hébergeait au moins une taupe travaillant pour les services spéciaux américains. Sergey Mikhailov, directeur adjoint de cette section a été arrêté pour espionnage ainsi que 2 complices dont un second officier du FSB, Dmitry Dokuchaev.

Ils sont accusés d’avoir transmis des informations aux Américains concernant les défenses cyber de la Russie.

Sergey Mikhailov serait par ailleurs un membre de “Shaltai Boltai », nom des « Anonymous » en Russie. De là à penser que les « Anonymous » sont sinon dirigés, du moins manipulés ou noyautés par les services spéciaux américains, il n’y a qu’un (très) petit pas…

On peut par ailleurs se poser la question de la sécurité des antivirus et firewalls de Kaspersky, certains responsables Russes envisagent qu’ils puissent comporter des « back doors » accessibles aux services américains.

Les 4 personnes sont détenues à la prison Lefortovo, prison du FSB à Moscou.

 

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/01/arrestation-despions-us-au-sein-du-fsb/

2016, l’année quantique !

2016 a été l’année la plus surprenante, la plus folle, la plus prometteuse, la plus chère au cœur du peuple qui se puisse imaginer !

Les grands prédateurs qui dirigent et saignent notre monde se sont pris claque sur claque.

Les réseaux sociaux qui sont la voix des sans-dents, ont été tellement vifs, actifs, drôles, puissants, que la clique agonisante, dans un dernier gargouillis, balbutie qu’elle veut les interdire !

Soulevant le couvercle de son cercueil, Merkel propose une amende de 500 000 euros par fake news (nouvelle erronée) ! Amende renouvelable tous les jours !

C’est ça, Totoche, Vas-y.

Tu délires Merkel !

Arrête le vent, la marée, l’avalanche et la beauté de la nuit !

Dans les merveilleux souvenirs de 2016, nous avons d’abord, débordant des poubelles de l’Histoire, les têtes des médias dits les merdias, qui se sont pris une saucée mémorable.

Ils prévoyaient un « non » au Brexit. Ce fut un « Oui ».

Ils prévoyaient Clinton, ce fut Trump.

Ils prévoyaient Juppé, ce fut Fillon.

Ils devraient tous se faire hara-kiri !

Tous ces gros prétentieux de BFM et LCI, les petits marquis de 28 mn, ridicules, à poil, au lendemain des grandes échéances de cette année, se demandant dans les ruines de leurs mensonges pourquoi ils s’étaient « trumpés » !

Vous ne vous êtes pas trompés, les gars ! Vous n’êtes pas des journalistes mais des propagandistes !! On ne vous demande pas d’analyser honnêtement une situation mais de réciter des mantras à longueur de journée.

« Clinton va gagner, Clinton va gagner, Clinton va gagner ! »

Et la Clinton s’est pris la « rusty belt » dans la tête ! Ouïlle, ça fait mal !

Maintenant on vous a demandé de vous occuper de Macron. Le castrat de la Finance !

Les sondages lui sont favorables (bref, il est mort).

Odoxa le donne en tête comme il donnait Juppé !!

Hihihihi !

Mais rien ne vous arrête !

Ou plutôt si, nous, nous vous arrêtons. La presse du peuple !

 

Quelle belle année, avec au pied de la guillotine les têtes de Clinton, Obama, Cameron, Sarkozy, Juppé, Renzi, Hollande !!! Tous les vieux de la vieille qui finissent au musée des horreurs !

Une grande rigolade, hier. Le bouquet final de cette année magique !

Obama, qui ne sait comment révéler à tout un chacun qu’il est aussi efficace pour maîtriser Poutine qu’une chignole pour creuser l’Everest, a expulsé 35 ambassadeurs. Réponse de Poutine : il invite les ambassadeurs étasuniens au Noël du Kremlin et traite la diplomatie d’Obama, à qui il souhaite au passage une bonne année, de diplomatie de comptoir…

Poutine …

On ferait voter la terre entière pour nommer un président du globe, il serait élu avec un score soviétique…

Le talent de Poutine, son calme olympien face à la dangereuse tempête, ça aussi, c’est un cadeau de 2016 !

Sans oublier le petit Donald !

Alors là, lui !

Hier il a félicité Poutine, si intelligent, d’avoir ridiculisé Obama !!

Et nous, qui avons tant et tant défilé, pétitionné contre le TAFTA ! Pour rien ! Et lui, il ne veut pas de TAFTA ! Il le met à la poubelle !

On rêve ! On vit au pays des nuages en barbe à papa !!

On sombrait dans un monde de malheurs et de sang et tout à coup Alep a été libérée !

Et les pères Noël se sont promenés dans les rues d’Alep et la messe de minuit a résonné dans les églises et toutes les religions ont chanté « Joyeux Noël » !

Oui, je sais, il y a eu tant d’horreurs en 2016.

Mais aujourd’hui ne prenons en compte que cette incroyable effondrement des boudins sataniques et prenons à pleines mains les lumières qui sont celles de notre amour d’une vie simple, honnête et joyeuse !

A venir !

Pour tous !

Car la joie des autres est le feu qui réjouit la nôtre !

Parce que nous le voulons, parce que nous le disons, parce que les myriades de barques de notre humanité humaine sont prêtes à voler tant 2016 a été si surprenante, si drôle, si prometteuse, si quantique dans son explosion irrépressible et libre !!

2017, pupuce, tu as un sacré héritage !

On va te donner la main pour t’aider à être à la hauteur !

 

Source : https://www.legrandsoir.info/2016-l-annee-quantique.html

Emmanuel Macron aurait financé sa campagne avec l’argent du Ministère de l’Economie

Un livre de révélations à paraître affirme que le candidat d’En Marche ! aurait employé les moyens mis à sa disposition par Bercy pour financer des dîners de campagne. Un député UDI a saisi la Haute autorité pour la transparence de la vie publique

 

Emmanuel Macron aurait utilisé de l’argent public pour la campagne de son mouvement politique En Marche !. C’est ce qu’affirme un livre à paraître, Dans l’enfer de Bercy : Enquête sur les secrets du ministère des Finances, qui révèle les dépenses somptuaires d’Emmanuel Macron lors de son passage à Bercy.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ses auteurs, les journalistes Frédéric Say et Marion L’Hour, affirment qu’en 2016, le ministre de l’Economie aurait utilisé «à lui seul» 80% de la totalité de l’enveloppe des frais de représentation accordée à son ministère… pour toute une année – soit 120 000 euros du 1er janvier au 30 août.

Le président du groupe de l’Union des Démocrates Indépendants (UDI) à l’Assemblée nationale, Philippe Vigier a réagi ce mardi 24 janvier lors d’une conférence de presse : «Il y a des choses importantes qu’on a apprises hier, notamment au niveau des frais de bouche, puisque 120 000 euros des crédits du ministre à Bercy ont été utilisés pour des agapes d’En marche !, pour réunir tel ou tel, pour préparer sa campagne présidentielle.»

 

«Et Michel Sapin qui dit n’avoir rien vu… Pas vu qu’il avait une ambition présidentielle et qu’il consommait quasiment à lui seul une immense partie des crédits de représentation du ministère, notamment des frais de bouche ? On va demander la clarification», surenchérit Philippe Vigier. «Franchement, celui qui nous expliquait dans une déclaration, que pas un seul euro d’argent public serait utilisé pour sa campagne, manifestement, c’est un mensonge», a-t-il ajouté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le député de l’UDI indique qu’il a d’ores et déjà alerté Jean-Louis Nadal, président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. «Les députés sont passés à la moulinette et doivent expliquer comment ils dépensent chaque centime de leurs indemnités. Il n’y a pas de raison que Macron soit traité différemment», explique-t-il.

En outre, selon des extraits du livre à paraître publiés par Le Figaro, Emmanuel Macron, n’aurait pas été pleinement dévolu à sa fonction de ministre lors de son passage à Bercy… Il aurait reçu, sur son temps professionnel, dans l’enceinte du ministère, des écrivains, journalistes, philosophes, politologues, notamment au cours de dîners, «parfois deux par soir» – et sans rapport avec ses activités ministérielles.

Source: https://francais.rt.com/france/32934-emmanuel-macron-aurait-finance-campagne-argent-bercy-ministere-en-marche

 

Pékin dément l’information sur le déploiement de missiles chinois à la frontière russe

Le ministère chinois des Affaires étrangères a démenti les informations qui ont fait état mardi du déploiement de missiles chinois à la frontière entre la Russie et la Chine.

« Les informations sur le déploiement de missiles chinois à la frontière sino-russe ne sont que des spéculations », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans une interview à RIA Novosti.

Mardi, le journal chinois Global Times a signalé l’apparition sur Internet de la photo d’un missile balistique chinois Dong Feng-41 (DF-41). Selon l’édition, l’une des trois brigades équipées de ces missiles a été déployée dans la province nord-est du Heilongjiang, à la frontière avec la Russie.

« Actuellement, les relations de partenariat et d’interaction stratégique globale entre les deux Etats sont à un très haut niveau, l’interaction mutuelle et la coopération dans divers domaines s’approfondit de façon permanente. En ce qui concerne cette soi-disant présence militaire, il ne s’agit que de spéculations et de supputations répandues sur Internet », lit-on dans le commentaire du ministère.

Auparavant, le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a souligné que Moscou ne considérait aucunement le développement des forces armées chinoises comme une menace. Selon lui, Pékin est un partenaire stratégique de Moscou.

Les médias ont également communiqué que la Chine se proposait d’installer des missiles dans la province centrale du Henan.

Selon Washington Free Beacon, des Dongfeng-41 tirés depuis cette province pourraient atteindre le territoire des États-Unis en 30 minutes, ce qui représente une menace stratégique pour Washington. D’autant plus que le renseignement américain estime que le missile chinois est capable de porter jusqu’à 10 ogives.

Source: Avec Sputnik

via: http://french.almanar.com.lb/211440

 

 

 

Complotisme et post-vérité

Qui ne dénonce le complotisme ? L’auteur de ces lignes lui a consacré des articles depuis longtemps, démarche qui ne prétend nullement être originale. Donc le complotisme, c’est mal, c’est sot, et c’est surtout le délire de l’autre (car nous, n’est-ce pas, nous sommes critiques mais pas paranoïaques…). Certes.

Le problème est que les thèses complotistes gagnent ce dont témoignent aussi bien les sondages officiels que les tests que chacun peut faire dans son entourage ou sur les réseaux sociaux. Si bien que complotiste est devenu une catégorie commode qui sert à disqualifier le discours présumé populiste, djihadiste, poutinien, anti-système, etc. Ou un moyen de clore le bec à un opposant dans un débat télévisé.

Que peut-on réellement reprocher au théories du complot ? Ils nous semble qu’elles pèchent par trois aspects (d’ailleurs inhérent à leur caractère globalisant) :

Faute méthodologique. Les complotistes appliquent un double standard. Dans le discours officiel, ou dans l’information des mass médias, ils trouvent tout bizarre : drôles de coïncidences, choses qui servent trop les intérêts de X pour tomber par hasard, contradictions dans les faits ou les probabilités, syllogismes et imprécisions des experts interrogés, sources suspectes et engagées, etc. Sur ce point les complotistes ont raison : il ne faut rien tenir pour assuré de ce que l’on vous dit et vérifier, confronter, analyser… Les choses se gâtent quand ils n’appliquent plus du tout les mêmes critères à leurs propres théories alternatives : un photo floue, une vague déclaration d’un expert supposé, et, hop, on conclut que l’autre explication (par le pouvoir des Illuminati, les ordres d’un groupe de financier, ou les manœuvres de la CIA…) est, elle, avérée…

Faute philosophique pour ne pas dire métaphysique : croire que le réel est si rationnel que tout est intentionnel. Imaginer qu’il y a un lieu unique et caché du pouvoir. Attribuer à une poignée d’hommes la capacité de tromper et de manœuvrer le reste du monde, sans se faire prendre (sauf par quelques esprits lucides qui décryptent) et surtout sans se tromper, se contredire ou jamais échouer. Or le pouvoir (et a fortiori une sorte de pouvoir suprême) n’est pas un logiciel que l’on fait fonctionner avec un bouton depuis un poste de commandement unique. Le pouvoir est la résultante de rapports multiples et complexes entre des centres dispersés (d’autorité, d’influence, de contrainte, etc.). Et la caractéristique des plans machiavéliens (car il y en a de vrais) est de souvent échouer à cause de la friction ou du brouillard du réel, et surtout du fait de l’imperfection humaine. Ces serait trop simple. Et peut-être trop beau : il suffirait de s’emparer de ce centre du pouvoir pour libérer les hommes.

Faute psychologique. Le complotisme tend à tout réduire à la lutte de deux représentations du réel. La fausse, celle qu’imposeraient les puissants avec leurs complices, les médias, par exemple, et la vraie à laquelle seuls peuvent atteindre les esprits les plus affutés. Ou plutôt, l’erreur des complotistes est de croire a) que presque tout le monde adhère sans hésitation ni recul au discours idéologique et trompeur et b) qu’il suffirait de l’exposer en pleine lumière ce qui était dissimulé pour convaincre et libérer. Affaire de secret à lever, en somme.

Mais si donc il faut lutter contre le complotisme et les dommages qu’il fait sur les esprits de nos contemporains, encore faut-il le faire de façon non complotiste, et sans reproduire en miroir ses défauts.

Confusionnisme : le complotisme est une théorie, donc une grille qui prétend donner une cohérence apparente à des événements passés et surtout à venir ; il explique (beaucoup trop d’ailleurs) et cette explication doit être jugé ou vraie ou fausse en fonction des faits. Elle doit surtout être évaluée en fonction des événements qui permettent de la réfuter. Par exemple la thèse selon laquelle le gouvernement du pays X est infiltré par les services du pays Y, est réfutée par le fait que gouvernement X prend des mesures défavorables au pays Y. Mais le complotisme ne s’appuie pas obligatoirement sur des faits imaginaires ou sur des mensonges flagrants. Démontrer que les partisans, d’un camp dans une guerre ou une élection par exemple, font de la propagande, s’appuient sur des documents truqués ou douteux, ou sont prêts à croire n’importe quoi sur leurs adversaires, c’est juste rappeler que la nature humaine est constante ou que l’idéologie existe.

Méta-complotisme ou complotisme au carré. Même en prenant « complotisme » au sens le plus large, c’est-à-dire comme la conviction vague que tout est de la faute de… – de la finance, des services impérialistes, d’une poignée d’hommes se coordonnant secrètement, rayez la mention inutile-, il ne faut pas attribuer aux dits complotistes des pouvoirs imaginaires, ce serait reproduire leurs pires défauts. Ainsi l’idée que les service russes aient pu truquer l’élection américaine, en aidant Wikileaks à accéder à des mails privés du camp Clinton, est d’une niaiserie qui fait presque regretter les fines analyses des maccarthystes pendant la guerre froide. Pas de causalité diabolique, svp.

Auto-légitimation idéologique. Voir des complotistes, des intoxicateurs ou des paranoïaques derrière chaque mouvement d’opinion anti-système, réduire la critique à la jobardise, et l’opposition des valeurs à l’effet de la désinformation, c’est s’accorder à bon compte le monopole de la réalité et de la raison. Il n’y aurait pas d’alternative aux interprétations dominantes sauf à se faire manipuler par des délirants. Or cette façon de distinguer un parti de la vérité et un parti de l’irrationnel équivaut à dire qu’il n’y a qu’une interprétation – ou des variations rationnellement admissibles – et que l’adversaire ne peut agir que par sottise ou méchanceté. Donc c’est la meilleure manière de ne rien comprendre au fait pourtant aveuglant que, si des millions de gens croient aux explications « alternatives », c’est que le discours des élites ou des médias que l’on aurait autrefois dit dominants se heurte au scepticisme de masse croissant. S’il y a tant gens qui vivent dans la post-vérité, comme disent avec mépris les médias anglo-saxons c’est parce que les dispositifs d’information qui, par leur omniprésence, leur technicité et leur ampleur devraient nous garantir une vision de la réalité sous tous ses angles, fonctionnent de façon post démocratique. Si bien que la cacophonie délirante des révélateurs de secrets en lignes et interprètes des plans secret ne fait sans doute qu’offrir une image inversée de l’unanimité de ceux d’en haut.

François-Bernard Huygue

Auteur de l’ouvrage Désinformation. Les armes du faux. Editeur : Armand Colin

Source: https://www.huyghe.fr/actu_1434.htm

via: http://arretsurinfo.ch/complotisme-et-post-verite/

 

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Depuis Alep, lettre ouverte à François Hollande, Président de la République Française, pour la paix.

Monsieur le Président,

Aujourd’hui, je remets en question les valeurs avec lesquelles j’ai grandi, les valeurs d’un pays que j’aime, mon pays, la France. Je m’adresse à vous en tant que citoyen français arrivé sans idées préconçues en territoire syrien, vivant à Alep Ouest, redevenue Alep, et ce, en qualité d’humanitaire politiquement neutre, depuis environ un an. L’exercice est difficile, non seulement parce que je suis le seul Français à vivre ici, ce qui me place en ligne de mire avec un témoignage à contre-courant, mais aussi de par la difficulté de témoigner de ce que nous avons vécu ici qui défiait parfois l’horreur. Je suis témoin d’un massacre et d’une situation humanitaire catastrophique dont nous sommes les acteurs et en partie commanditaires, en soutenant le terrorisme. Je vous dédie ce message ainsi qu’à toute personne susceptible de prendre des décisions qui fassent de la paix, de la population civile, une priorité.

Tous les jours j’ai dû affronter la mort, comme tout un chacun dans cette ville et la mission que je me suis donnée, m’a amené à visiter des familles qui résidaient au plus près de ceux que nous décrivons comme des « opposants » depuis le début du conflit. Personnellement, je n’ai pu observer que des drapeaux noirs, photos à l’appui, sur toutes les lignes de front, signe de ralliement des groupes que nous combattons depuis de nombreuses années en France.

La population est aujourd’hui unie, non pour combattre le gouvernement, mais pour combattre les groupes de djihadistes quels que soient les titres que nous pouvons leur donner pour « modérer » leurs actions et leur raison d’être. Ces groupes armés se font appeler Al-Jaïch al-hour (Armée Syrienne Libre ou ASL), Jabhat al-Nosra (ou aussi nommé Fatah al-Cham, branche d’Al-Qaïda), Jaïch al-Islam, Harakat Nour al-Din al-Zenki, Brigade Sultan Mourad, etc. Certes, il existe une opposition anti-gouvernementale comme c’est le cas pour tout gouvernement, une opposition plus ou moins pacifique, mais elle est réellement minoritaire. Depuis le début et jusqu’aujourd’hui, la quasi-totalité des forces sur place, qui continuent de bombarder Alep, sont celles des combattants armés appartenant à des groupes terroristes prêts à tout.

J’utilise le terme « terroriste » car il n’y a pas de rebelles à Alep, tout du moins rien qui permette de les considérer comme tels. Il est irresponsable de continuer à jouer avec les mots en préférant les désigner ainsi, en Syrie, alors que nous les classons dans la liste des organisations terroristes en France. Les combattants ont été évacués avec leurs armes individuelles par accord avec le gouvernement et sont « tous » partis à Idlib qui est quasi uniquement occupé par divers groupes armés et leurs familles. Malheureusement, nombre d’entre eux sont revenus en bordure d’Alep et ont repris les bombardements sur les civils et les attaques suicides, ici comme partout en Syrie.

Tout ce que j’avance, je suis à même de le documenter. Je m’y emploie tous les jours, depuis des mois, en fonction de ce que la guerre me permet, en recueillant les témoignages de civils par vidéos et par écrits, indépendamment de leur religion et de leur option politique et en l’absence de militaires ou de membres du gouvernement. Des témoignages que je publie et transmets, ponctuellement, à une commission d’enquête des Nations Unies chargée d’étudier les attaques et crimes de “l’opposition” , tout en essayant de la mettre en contact avec des témoins.

On a focalisé l’attention de l’opinion publique sur les bombardements de zones minoritairement opposantes mais majoritairement terroristes où mourraient tous les jours des civils, sans jamais préciser que la majorité des civils de l’Est d’Alep ne pouvaient s’échapper car retenue par les combattants. C’est en empruntant les récents couloirs humanitaires organisés par les Russes et les Syriens (couloirs indiqués 1 à 2 jours plus tôt, avec précision des heures d’ouverture, par un envoi groupé de messages téléphoniques à tous les propriétaires de mobiles sur les réseaux syriens MTN / SYRIATEL, dont le mien.) que de nombreux civils ont été abattus pour avoir essayé de s’échapper par des groupes armés qui le leur interdisaient. Heureusement que plusieurs milliers de civils ont réussi à fuir en dehors de ces couloirs, parfois via des zones minées.

Rares sont les médias qui ont précisé que ces civils étaient des boucliers humains, ce que les témoignages confirment. Ils ont souvent préféré les décrire comme pris entre les feux d’un combat opposant des combattants révolutionnaires à leur gouvernement, lequel gouvernement défendait son peuple contre des djihadistes dont la majorité sont des mercenaires étrangers entrés en Syrie, puissamment armés, fanatiques pour qui la vie humaine a peu d’importance. Pour ne parler que d’Alep, venus envahir les périphéries et le centre-ville, bombardant au quotidien la population de l’Ouest, s’octroyant le droit d’assassiner les civils à l’Est pour un oui ou un non.

Les groupes armés présents sur le terrain n’ont jamais témoigné de leur « prétendue modération » envers la population. J’ai constaté par moi-même que les combattants disposaient d’armes et de munitions provenant de plusieurs pays, nombre de ces munitions étant de fabrication française, américaine, anglaise, saoudienne etc. Des armes utilisées quotidiennement contre la population civile de l’Est et de l’Ouest, que ce soit par des groupes reconnus terroristes ou que ce soit par des groupes rangés sous la bannière de la prétendue Armée Syrienne Libre, en majorité constituée de jihadistes que nous essayons de faire passer pour des combattants de la liberté.

Ils tiraient sur l’Ouest depuis les zones les plus peuplées de l’Est, parfois depuis les hôpitaux pour limiter les tirs retours. Il n’empêche que des combats s’enclenchaient entre les groupes armés et l’Armée arabe syrienne. Je tiens mes témoignages de civils de l’Est ayant survécu à ces combats et dont je m’occupe comme d’autres organisations internationales présentes ici. Alep Est comptait 120 000 personnes prises dans les combats (dont environ 15 à 20 000 combattants) correspondant aussi en grande partie à de nombreuses familles qui ont refusé d’abandonner leurs maisons de peur qu’elles ne soient occupées, détruites ou pillées. En Syrie, peu d’habitants sont locataires. Il faut du temps pour devenir propriétaire de son logement, mais c’est culturel, car la maison est le symbole de la famille. Le point essentiel est que nous avons occulté une réalité, celle de 1 300 000 Syriens de toutes les confessions vivant à l’Ouest et essayant, malgré la mort omniprésente, de maintenir le fonctionnement de leurs institutions et d’envoyer leurs enfants à l’École ou à l’Université. Nous les avons effacés dans un objectif politique, du fait qu’ils vivaient dans une zone contrôlée par le gouvernement syrien. Ce faisant, nous avons occulté dix fois la population de l’Est, et, dans les deux cas, nous l’avons fait au nom d’une minorité dont la cause n’engage qu’eux.

Il n’y a pas un seul jour où nous n’avons pas été victimes de tirs de snipers ou d’attaques aux mortiers, balles explosives, vraies roquettes ou bonbonnes de gaz et chaudières à eau montées en roquettes, etc. sur les rues, habitations, hôpitaux, écoles. Il n’y a pas un seul jour où des dizaines de personnes ne sont pars mortes, n’ont pas été évacuées dans un état critique vers les hôpitaux surpeuplés par les attaques continuelles, alors qu’il n’y avait pas d’armée dans la ville à part quelques checkpoints ; armée et miliciens protégeant les lignes de front. Tous les jours, des adultes, des enfants, des familles ont été broyés par toutes sortes de projectiles. Si je m’exprime comme un Syrien c’est pour avoir été confronté à cette guerre au quotidien. J’ai de la chance d’être encore en vie car Alep était comme un champ de bataille, les roquettes ne prévenaient pas. Etant secouriste j’ai essayé de sauver des vies, je n’ai pas toujours pu y arriver, les gens avaient les jambes, bras, morceaux de corps arrachés, fondus, brûlés … Je n’ai plus les mots justes pour décrire ce que la population a vécu ici, c’est très dur à partager, j’ai vu trop de gens mourir et on se demandait sincèrement chaque jour si nous allions pouvoir rester en vie.

J’ai continuellement été à la rencontre des civils déplacés à l’intérieur du pays. Leurs témoignages sont sans appel. À l’est d’Alep, la loi de la charia régnait à travers des « tribunaux Islamiques » sommaires, constitués par des combattants et des Cheikhs s’autorisant, en fonction des fatwas (décrets religieux) d’emprisonner, de torturer, de marier des enfants et d’exécuter qui bon leur semblait. Après la libération d’Alep Est, il s’est avéré que les terroristes disposaient aussi d’un énorme stock de nourriture. J’ai vu des amoncellements de colis humanitaires pouvant suffire à un an de siège. Les familles témoignent de leur impossibilité d’en profiter et de la famine endurée du fait du siège de l’armée mais, surtout, du monopole des tarifs ou trocs prohibitifs pratiqués par les groupes armés, allant jusqu’à 50 fois le prix normal. Ceux qui acceptaient de combattre de leur côté bénéficiaient d’un traitement de faveur. En revanche, comme me l’ont dit récemment certains de leurs sympathisants restés à l’Est: « Nous n’aimons pas ce gouvernement, mais si quelqu’un critique les combattants de l’ASL ou d’autres groupes, ils le tuent. Elle est où la liberté ? ».

Infrastructures, hôpitaux, écoles étaient partiellement utilisés par ces groupes comme quartiers généraux qui leur servaient aussi de prison et d’entrepôts pour leurs armes. Dans une de ces écoles, j’ai pu constater qu’ils fabriquaient des armes chimiques avec des produits importés de différents pays. Et, ces derniers mois, suite au pire des combats, j’ai assisté à l’arrivée de blessés à la chlorine dont la peau brûlait littéralement. À l’Est, les hôpitaux soignaient principalement les combattants et leurs familles, ou ceux qui pouvaient payer. Là aussi, après la libération d’Alep, j’ai constaté par moi-même les tonnes de médicaments et deux hôpitaux qui restaient pourtant fonctionnels pour une zone de guerre malgré leurs façades et certaines zones partiellement atteintes, ceux-là même qui avaient été annoncés plusieurs fois entièrement détruits.

Les « Casques blancs », que le gouvernement français a financés entre autres et que nous avons reçus à l’Elysée sont, pour un grand nombre d’entre eux, secouristes le jour et terroristes la nuit, et vice-versa ; ils ont prêté allégeance à Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda), comme le prouvent les documents retrouvés après leur départ et comme en témoignent les habitants.

La majorité de leurs équipes portaient d’abord secours aux combattants puis, éventuellement, aux civils. La particularité étant que chaque équipe avait un cameraman, et qu’ils aidaient ces derniers tant que la camera tournait. Beaucoup de civils m’ont dit que de nombreuses personnes sont restées sous les décombres sans aide, car ils refusaient de s’y rendre. D’autres m’ont affirmé qu’ils mettaient en scène des attaques, de faux bombardements avec de faux blessés et de fausses interventions. Notre gouvernement finance également des associations comme « Syria Charity », porteuse du drapeau à 3 étoiles, laquelle s’appelait initialement « ligue pour une Syrie libre », appellation qui figure toujours dans ses comptes rendus. Bien qu’apportant une aide humanitaire, une association qui a dépassé la ligne rouge en participant à une guerre d’opinion pour justifier le renversement du gouvernement en cachant la réalité du terrain, leur proximité des groupes armés (leur présence aussi, soigneusement effacée de toutes les vidéos) et apportant un soutien médical constant aux djihadistes.

De nombreuses associations et organisations humanitaires françaises et internationales en zones « rebelles », ont fait plus de mal que de bien en instrumentalisant la souffrance de la population en manipulant l’opinion au nom d’une cause et de donations orientées, elles ont elles aussi pris la population civile en otage, permettant à cette guerre de continuer en la « légitimant » de manière malhonnête, permettant aux combats de perdurer, à la mort de rester un quotidien.

Nous avons d’ailleurs placé quelques heures le drapeau syrien à trois étoiles à l’Elysée, le temps de recevoir le (faux) maire d’Alep avec les honneurs, homme qui n’a jamais élu par le peuple Syrien, qui ne vient pas d’Alep mais reconnu et élu par les leaders de groupes djihadistes ainsi que quelques partisans et étrangers. Ce drapeau n’a plus le sens de la liberté en Syrie, ici il est un symbole de mort au quotidien, car désormais associé à l’ASL, un conglomérat de groupes terroristes au plus proche Al-Qaïda qui ne prônent la démocratie que devant les médias et que nous soutenons. Nous ne devons surtout pas confondre le mouvement citoyen en 2011 et ceux qui s’en sont servi, ici et partout dans le monde, pour créer cette guerre.

Oui, beaucoup de gens sont morts. Aucune guerre n’est juste, je ne suis pas là pour nier ou défendre la violence extrême des bombardements sur Alep Est pour permettre non pas sa chute, mais sa libération. C’est une réalité.

Une autre réalité est que mis à part des enfants blessés, des bombes ou des cris, nous avons effacé la présence des groupes armés mais surtout effacés les civils, la vie. Nous les avons privés de voix laissant les gens déduire la situation à partir de leurs propres émotions face à une situation continuellement illustrée de manière catastrophique, utilisant le plus souvent des enfants. Comment remettre en question ce qui se passe ici, quels que soient les arguments et preuves proposées quand on vous montre une situation où on vous fait croire que toute la Syrie est à feu et à sang de manière unilatérale à cause de son gouvernement ? Que tout ce qui se passe ici et qui ne correspond pas à cette image est de la propagande ? Que la priorité est d’imposer des « no-fly » zones ; lesquelles, grâce à Dieu, ne sont jamais arrivées. Oui, elles auraient pérennisé le conflit, augmenté le nombre de morts et auraient permis aux groupes armés de prendre Alep, au lieu de la libérer de la guerre et de la mort. Les gens qui se sont échappés de l’Est ont vécu l’enfer mais vivent leur arrivée ici comme une libération pour la majorité d’entre eux, non une déportation puisque la plupart sont retournés chez eux maintenant. Personne n’a souligné que près de 85% des civils sont venus se réfugier librement du côté Ouest d’Alep, côté gouvernemental, alors que des bus étaient affrétés pour Idlib emmenant combattants et civils volontaires.

La « légitimité» » ainsi accordée à ces groupes ainsi qu’à leur cause par les médias et les soutiens extérieurs leur a permis des avancées critiques autour de la ville, forçant des centaines de milliers de personnes à abandonner leurs maisons. Je me souviens que pendant des semaines entières nous dormions habillés, les sacs prêts à côté du lit, les terroristes et combats étaient tellement proches que parfois les balles traversaient les rues et que, plus ils avançaient leurs positions, plus je pouvais les entendre hurler « Allah Akbar » avant et après le tir de chaque mortier sur la ville.

Quels que soient les pays où ils ont été utilisés, les vidéos et contenus créés par les combattants et partisans, parfois montés de toute pièce, ont été diffusés en prime time par nos médias, instrumentalisant la mort et la souffrance des gens vivant au milieu des combats, l’amour et la compassion de ceux qui regardaient ces images. Comme ces groupes armés fanatiques, nous avons vendu tellement de peur que personne ne s’est rendu compte que ces contenus avaient tous une visée et étaient créés en conséquence, sans jamais donner une voix aux civils concernés, sinon à des partisans ou terroristes (je précise que les civils pouvaient difficilement s’offrir du pain, alors une caméra et surtout un réseau internet 3G c’était le bout du monde, coutant l’équivalent de 5 kilos de viande). À défaut d’avoir le nombre de combattants pour détruire le gouvernement, nous avons complété notre impact sur le conflit en jouant sur les sentiments pour influencer l’opinion publique et son consentement tacite dans ce conflit.

Du côté Ouest, documenter en temps réel la situation n’a jamais été un réflexe pour quiconque, car c’était trop dangereux, de plus, les informations ne sortaient pas de la Syrie. Faire un « live Facebook » ou publier un reportage montrant les lieux des attaques leur permettaient de préciser, réajuster leurs tirs et de viser les zones denses. Dans un double discours et sur leur propre chaine de télévision ici en Syrie « Free Syrian Army *** », d’un côté ils parlaient de soi-disant venir libérer la population, et, d’un autre côté, ils présentaient ces attaques comme des punitions, nous, « infidèles vivant du côté de Bachar Al Assad ». Cette chaîne de télévision est accessible par n’importe qui ici. A la libération, les reportages des Russes comme les témoignages des Syriens sous l’occupation terroristes ont été immédiatement qualifié de propagande, de sorte à décrédibiliser tout ce qui pourrait émerger de la Syrie elle-même, de ceux qui y vivent ou sont sur le terrain.

Cette année passée a réellement été celle de la désinformation.

Un combat pour la « liberté » du peuple syrien. Nous utilisons ce mot fourre-tout sans jamais l’avoir argumenté ni justifié. Quelle liberté ? Quel peuple syrien ? Détruire le gouvernement, étouffer le pays sous les sanctions pour y apporter quoi ? Notre bon savoir faire démocratique ? Les Français ont-ils posé la question de savoir quel serait le programme de « l’après » ? Non ! La liberté, point. Facile. Le programme politique et social de ces groupes terroristes est en opposition avec la liberté, la démocratie, nos valeurs ou celles de la majorité des pays du monde. C’est au nom de nos intérêts, non au nom de la liberté, que nous instrumentalisons ces groupes qui appellent à la création d’un Etat-Islamique en Syrie. Ne demandez donc pas ce qu’ils comptent offrir au peuple syrien, demandez-vous plutôt ce qu’ils veulent lui enlever et lui imposer. Tous les civils que je rencontre au quotidien refusent d’imaginer cette option un seul instant, ceux qui l’ont vécu essayent d’oublier.

Monsieur le Président, nous avons, comme de nombreux pays, une très grande responsabilité dans cette “guerre” que nous avons essayé de porter à son terme, terme sous-entendant le renversement du gouvernement syrien à tout prix. Ces dernières années, nous avons aux côtés de nombreux pays, participé à la destruction de la Syrie, un pays en grande partie francophone et dont le peuple aime la France, nombreux sont ceux qui parlent français. Aussi imparfait soit son gouvernement et quelles que soient ses erreurs, et les nôtres au fil du temps, nous soutenons actuellement l’instauration d’une dictature, une vraie dictature dans un pays où une vraie opposition existe, tandis que les groupes armés ne sont motivés que par le sectarisme, la frustration, la rancœur et la haine. Nous servir de ces groupes pour concrétiser des objectifs géopolitiques ou économiques n’a rien de démocratique, au contraire nous condamnons les Syriens. Ayant parcouru le pays, j’ai pu constater que malgré certaines critiques et quoi que l’on en dise, la très grande majorité des Syriens soutiennent honnêtement et sincèrement leur gouvernement et soutiennent celui qu’ils appellent leur président, et non pas dictateur, Bachar el-Assad.

Je conçois ce message comme un devoir. Je suis un humanitaire et j’ai créé ma propre association non politique, non religieuse, que j’auto-finance jusqu’ici. Je vis en zone de guerre, j’en paye le prix et j’ai pris les risques nécessaires pour aider modestement les civils. Transmettre la réalité ici me vaut les attaques de médias mainstream et de leurs partisans qui essayent de me faire taire, allant jusqu’à me désigner comme une cible. Je prends plus de risque encore en prenant la responsabilité d’écrire cette lettre dont je saisis le poids et la responsabilité pour dénoncer une situation que j’ai observée tous les jours en poussant toujours plus loin mon investigation. Je n’ai rien à gagner ni aucun intérêt personnel, je prends ces risques depuis de nombreux mois pour combattre le terrorisme en transmettant la vérité, la réalité de ce que vivent les Syriens d’ici, de ce qu’ils témoignent, en dénonçant les groupes djihadistes et la manipulation médiatique arrachant tous les jours la vie des gens.

Demandons au peuple syrien ce qu’il souhaite pour son pays au lieu de parler en son nom, de lui voler sa voix, ses libertés, son présent, son futur. C’est le peuple syrien qui doit décider de son avenir et non à nous de décider pour eux. C’est une forme de dictature encore plus terrible que notre illégitime ingérence jusque-là. La démocratie commençant par soi-même, au-delà de notre responsabilité à l’égard des Syriens, il serait d’ailleurs temps de consulter le peuple Français sur sa volonté d’implication dans ce conflit, vu le danger que cela représente pour leur sécurité présente et future.

J’appelle ma France, le pays que j’aime et dans lequel j’ai grandi, à cesser de condamner la population par intérim et d’encourager des groupes terroristes qui frappent déjà nos familles, nos enfants, nos citoyens, et ce quels que soient les intérêts économiques ou géopolitiques en jeu. Nous ne pouvons pas prendre le parti, ni soutenir, des groupes armés qui mènent une révolution pour retourner à l’âge de l’obscurantisme.

Monsieur Le Président, à qui de droit ou de cœur, je lance un appel et conjure la France, dont les valeurs avec lesquelles j’ai grandi me poussent à persévérer dans mon action quotidienne ici, de lever les sanctions contre la Syrie qui pénalisent avant tout la population et non le gouvernement, de trouver des solutions diplomatiques alternatives à cette guerre en faveur de la paix, autant pour le peuple syrien que pour le peuple français qui risque de subir le retour de flamme de nos engagements en faveur de groupes qui sèment la terreur et dont les ambitions sont clairement internationales.

En vous souhaitant beaucoup de courage, Monsieur le Président, ainsi qu’à celui qui vous succédera, je vous prie de croire en l’expression de mes meilleurs sentiments.

Pierre Le Corf

 

 

 

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Après son voyage en Syrie, Jean Lassalle accuse ses détracteurs de « tromper et trahir le peuple français »

RIPOSTE – Invité de LCI quelques instants seulement après son retour de Syrie, le député Jean Lassalle a livré son point de vue sur Alep et attaqué ceux qui l’accusent d’être à la solde de Bachar al-Assad. Selon lui, ils trahissent les Français.

Jean Lassalle n’a pas apprécié les critiques. En déplacement en Syrie et à Alep, accompagnés des députés Thierry Mariani (LR) et Nicolas Dhuicq (LR), le candidat à la présidentielle a donné son point de vue à LCI sur la situation locale après avoir rencontré le président Bachar al-Assad dimanche. Invité de la matinale quelques instants seulement après son retour en France, il s’est expliqué sur sa démarche : « Je ne suis pas un juge à La Haye (ndlr : la cour pénale internationale), mon devoir c’est d’aller voir sur place ».

« Ce que j’ai vu, c’est cataclysmique », a-t-il poursuivi. « C’est une ville qui sort des combats, la mort est partout et en même temps la vie et l’espoir (aussi). Les hommes et les femmes reviennent de toutes parts ». Interrogé à propos des témoignages d’atrocités commises sur les habitants qui ne veulent plus revenir à Alep, le député des Pyrénées-Atlantiques réplique que ce n’est « pas du tout » ce qu’il a vu.

Il faudra expliquer aux Français à qui nous avons vendu des armes Jean Lassalle

Accusé par certains, comme le député socialiste Sébastien Pietrasanta, de « soutenir ce régime de barbares (ndlr : celui de Bachar al-Assad) », Jean Lassalle dénonce des paroles « indignes ». « On va continuer à m’assassiner et à raconter des histoires, mais pendant ce temps l’Histoire se fait là-bas », a-t-il répondu. « Nous nous contentons, sauf quelques-uns, de deviser sur les plateaux de télévision et de tromper et trahir le peuple français », s’est-il emporté.

Le député a par ailleurs souhaité que la question du rôle de la France dans la lutte contre le terrorisme s’invite dans le débat présidentiel. « Il faudra expliquer aux Français à qui nous avons vendu des armes, à qui nous continuons à en vendre et pourquoi, alors que nous savons absolument qu’ils sont derrière Daech ». Jean Lassalle cite l’Arabie Saoudite et le Qatar, dont des soupçons de financement de groupes djihadistes sont relayés par des spécialistes mais contredits par le gouvernement français.

***

 

Face aux députés français, Bachar Al-Assad regrette l’absence diplomatique de la France

source:http://www.lci.fr/international/apres-son-voyage-en-syrie-jean-lassalle-accuse-ses-detracteurs-de-tromper-et-trahir-le-peuple-francais-2020829.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1483961213

Primaire PS : y-a un truc

En ce dimanche 22 janvier ils sont allés voter pas à pas, voire même à reculons :

– à midi ils étaient 400 000 votants …

– à 17h00 ils étaient un million … ça sentait le gros bide !!!

Mais par un prompt renfort, à 19h00 ils étaient 1 900 000, soit 900 000 votants en deux heures.

 

On ne peut évidemment pas mettre en doute l’intégrité d’un parti dirigé par Jean-Christophe Cambadélis, ce garçon qui a été injustement condamné en 2006 à 6 mois avec sursis et 20 000 euros d’amende pour recel d’abus de confiance. (On peut trouver l’intégrale de son œuvre sur ce lien https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Christophe_Cambadélis )

On ne peut pas non plus mettre en doute l’intégrité d’un parti dont les élections internes n’ont jamais été entachées d’aucune suspicion malgré les affirmations de Mme Royal suite à l’élection de Mme Aubry. (http://www.lefigaro.fr/politique/2009/09/11/01002-20090911ARTFIG00356-fraudes-au-parti-socialiste-royal-exige-des-sanctions-.php )

Mais quand même, il doit y avoir un truc ! D’abord à 17h00 l’homme à la marinière était donné second derrière celui qui veut censurer internet, venait ensuite Gaston Labaffe. Ne pouvons-nous pas imaginer que tous les socialistes d’Evry se soient d’un seul coup mobilisés pour combler le retard de leur poulain et le faire arriver second, avec un remplissage express (et bien entendu légal) d’urnes pour quand même avoir les bulletins en cas de recomptage ?

Parce que, quand même, 1 000 000 de votants en 8h00 et d’un coup 900 000 en deux heures, est-ce bien raisonnable, est-ce bien crédible ?

 

Gérard Luçon

PIERRE LE CORF

Indigné par l'émission « Quotidien avec Yann Barthès » dans laquelle Hugo Clément interviewait régulièrement Ismaël, un gentil civil qui dénonçait les « massacre » et le « génocide » dont ils étaient victimes, Pierre Le Corf, qui était durant une bonne partie du siège le dernier humanitaire français présent à Alep-Ouest avait tenté de leur indiquer que la situation n'était pas exactement ce que le dénommé Ismaël leur racontait, et qu'il y avait des victimes des deux côtés. En vain, il n'a jamais eu de réponse, et a fini par se faire carrément bloquer sur leur page Facebook.

Plus croustillant encore, dans une réponse à un certain Philippe Rivière, Hugo Clément se permet de traiter Pierre le Corf de « propagandiste professionnel au service du régime »

Bonjour Philippe. Vous vous faites duper par la propagande de Bachar Al Assad. Ismaël a toujours dit être proche de l'armée syrienne libre. Tous ses meilleurs amis y sont ou y étaient. Il a posé à côté d'eux dans une ville en guerre où tout le monde était armé. N'écoutez pas les médias russes comme RT ou Sputnik ou les propagandistes professionnels comme Pierre Le Corf. Ce jeune homme propage la propagande du régime en connaissance de cause. Il ne faut vous fier qu'aux médias reconnus. Bien à vous.

En quoi est-ce préoccupant ?

Hugo Clément se permet de calomnier Pierre Le Corf sur base du simple témoignage de ce qu'il faut bien appeler un activiste, et lorsque l'intéressé se permet de répondre courtoisement pour donner un point de vue plus nuancé, se voit bloquer par les modérateurs. Drôle de couverture de l'information qui ne supporte aucune contradiction.

Or que je sache, durant les quatre années qu'on duré la bataille d'Alep, il n'y avait aucun journaliste indépendant sur place. Les informations qu'on nous a servies durant ces années l'ont été sur base du seul Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, qui est une source pour le moins sulfureuse, et par des « témoins privilégiés » tel cet Ismaël, dont la rédaction reconnaît bien volontiers qu'il était proche de l'ASL. Un activiste, donc. Notez qu'il n'y avait plus à Alep-Est que des combattants d'Al Cham, qui sont ce que vous voudrez mais pas modérés.

Or Pierre Le Corf, lui, travaillait à Alep-Ouest, c'est-à-dire la partie de la ville restée aux mains des forces gouvernementales, et plus particulièrement dans les zones attenantes à la ligne de front.

Et en gros, ce que nous dit Hugo Clément, c'est que le témoignage d'un humanitaire, sur place, serait de la propagande tandis que les discours d'un activiste, opposant au régime, habitant la partie Est de la ville serait de l'information. Sur base de quels éléments objectifs ? Quelle raison aurait-on de croire moins un travailleur humanitaire (possiblement neutre) qu'un activiste pro-ASL dont on sait pour sûr qu'il est pour le renversement du régime ?

Mais peut-être faudrait-il tout simplement se fier à la version d'Ismaël parce qu'elle colle à la narration relayée en boucle par tous les médias dominants depuis quatre ans ? Notez que pendant tout ce temps, on n'a vu ni lu aucun reportage sur Alep-Ouest. Tabou ! Apparemment, il n'y avait ni morts ni blessés là-bas, ou alors c'étaient des méchants suppôts de Bachar qui ne valaient pas la peine que l'on se préoccupât de leur sort. Pourtant, les bombardements meurtriers des rebelles ont fait plus de 12.000 morts, mais qui s'en soucie ?

« Il ne faut vous fier qu'aux médias reconnus. »

Lorsqu'on y réfléchit une seconde, la formule est malheureuse. Médias reconnus... mais par qui ? Par quoi ? D'autres médias reconnus ? Leurs actionnaires ? Par la caste autoproclamée des éditocrates détenteurs de la Vérité Vraie ? Mais qu'est-ce encore que cette farce ?

Il faudrait voir à ne pas confondre « reconnus » et « dominants ». Quand on parle de reconnaissance, il s'agit toujours de la reconnaissance des lecteurs pour la qualité d'un journal, et non pas pour le nombre d'abonnés, par ailleurs en chute libre un peu partout. Quand on parle de reconnaissance, on parle donc de sa réputation, patiemment édifiée au fil d'une relation de confiance nouée entre les lecteurs et leurs éditorialistes/reporters favoris. Des gens qui inspiraient le respect et faisaient preuve d'une éthique professionnelle irréprochable.

Mais qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Où sont passées les grandes dames qu'étaient Le Monde, The Guardian ou le New York Times, qui avait jugé nécessaire de s'excuser publiquement auprès de tous ses lecteurs pour le traitement indécent dont il avait fait preuve dans le cadre des élections présidentielles américaines ?

Quel média « reconnu » aurait signé ne serait-ce qu'un seul article un peu plus nuancé sur la crise en Syrie que la Doxa qu'on nous sert par tombereaux depuis quatre ans ? Est-il permis de penser que c'est là le signe infaillible qu'on ne se trouve plus en présence d'une presse libre et indépendante mais bien confrontés à de la pure propagande de guerre ?

Est-ce que ce donneur de leçons, du haut de son tabouret dans la rédaction de sa petite émission people se rend bien compte qu'aujourd'hui, moins de 15% de la population fait encore confiance aux médias mainstream ? Quel sens donner alors au mot « reconnu » ? Parce que pour le coup, les médias reconnus ne sont peut-être plus ceux auxquels il pense ?

Les médias dominants ont définitivement cessé de délivrer une analyse objective et impartiale de l'actualité pour la remplacer par une propagande destinée à formater la pensée unique. Ceci s'est accéléré de manière exponentielle à l'occasion du référendum britannique sur le Brexit, puis l'élection présidentielle américaine, et aujourd'hui avec la libération d'Alep.

Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est qu'à force de contradictions, leur crédibilité s'est érodée jusqu'au point où une majorité des gens ne savent plus que croire, tandis qu'une partie d'entre eux ont décidé de s'informer à plusieurs sources, pour faire ensuite le tri et essayer d'en dresser une synthèse qui soit plus proche de la réalité. Notez que je ne parle pas de vérité : moi je laisse ce mot aux fanatiques religieux, aux ivrognes et aux manichéens de tous poils qui s'en servent à tout bout de champ en guise d'argument ultime, ne se rendant pas compte qu'à force de l'associer à la tromperie, ils le vident de sens.

Concernant Alep, et plus généralement le conflit en Syrie, le vernis craque pourtant de toutes parts, et la réalité qui se dévoile est à mille lieues du tableau que les médias nous ont brossé durant quatre ans. Pour vous en faire une petite idée, je mets ici pêle-mêle quelques liens vers des articles ou des vidéos dignes d'intérêt :

·         Dans un des e-mails de John Podesta, Directeur de campagne d'Hillary Clinton, qui avait été publié par Wikileaks suite au « piratage » du DNC, Hillary Clinton reconnaissait être au courant que le Qatar et l'Arabie Saoudite soutenaient clandestinement Daesh, alors que d'autre part ils font partie d'une « coalition » supposée lutter contre eux.

·         Interview (EN) avec Vanessa Beeley (Journaliste indépendante à Alep) : « Why Everything You Hear About Aleppo Is Wrong ».

·         Conférence de presse d'Eva Bartlett, journaliste indépendante de retour d'Alep aux Nations Unies (EN ST-FR).

·         Un excellent article de Caroline Galactéros (Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées).

·         Interview d'Éric Dénecé (docteur en science politique, chercheur spécialiste du renseignement, du terrorisme, des opérations spéciales) dénonçant sur LCI la falsification de l’information par les médias.

·         Interview du député Jean Lassalle sur LCI (10.01.17)

·         Interview de Thierry Mariani (député des Français de l’étranger) de retour d'Alep, sur iTélé (10.01.17).

Il devient quelque peu difficile de prétendre que tous ces gens sont des traîtres, vendus aux Russes ou au régime de Damas. Sans compter les innombrables sources sur Internet où il est possible de trouver une information plus en phase avec la réalité. Je ne prétends pas qu'elle soit dénuée elle-même de propagande, qu'elle soit pro-Russe ou pro-Syrienne, loin de là. Mais dans un monde où désormais les médias mainstream occultent et déforment systématiquement la réalité pour la faire cadrer avec la propagande dictée par les néocons de Washington, il est plus que jamais nécessaire de diversifier ses sources.

 

Lien vers l'article original

Syrie : Casques blancs, le masque de la terreur

membre de ces fameux héros humanitaires « Casques Blancs » parmi les Aleppins libérés. Ils s’étaient littéralement volatilisés. Ils avaient pourtant été tant chantés, et leur courage tant vanté, par nos chers médias. Ce qui est remarquable, c’est qu’aucun de ces médias n’a cherché à savoir ce que les héros sont devenus.

Les Russes eux, ont cherché. Et ils ont trouvé. Evidemment, en dehors de quelques prisonniers, qui sont passés aux aveux, ils ont surtout découvert l’antre des « Casques Blancs », avec toutes les preuves de leur vraie nature de terroristes. Que serait devenu le prix Nobel que réclamaient à cors et à cris les « Fake News » s’il avait été décerné à une organisation qui n’existe pas et qui n’a été qu’une imposture de plus ? A défaut d’avoir des Casques Blancs à Alep, nous aurons bientôt un film, avec le clown favori des grands et petits écrans, George Clooney. Tant qu’à jouer les acteurs pour des scènes de sauvetage, autant confier les rôles à des acteurs de Hollywood qui ont déjà fait leurs preuves, non ?

***

Les fameux Casques Blancs, dont un responsable a été reçu en grande pompe à l’Elysée par François Hollande (mais refoulé à l’entrée des Etats-Unis pour ses liens avec des organisations terroristes), nominés pour le Prix Nobel de la Paix, et prochainement adaptés à Hollywood par George Clooney, sont-ils les héros des temps modernes que nous présente la presse française et occidentale ou les dignes épigones des tueurs du Bataclan ?

 

Sayed Hasan

 

L’art du croche-pied à la

 

Maison-Blanche

 

ENFUMAGES par Fernand Le Pic

Au lendemain de l’élection de Donald Trump, Obama reçoit le vainqueur à la maison blanche. Le président élu lance les satisfecit à tout va parlant d’un meeting excellent pour cette première rencontre entre les deux hommes. Obama confirme qu’il fera tout pour que la transition fonctionne bien car pour lui «la transmission pacifique du pouvoir est l’une des caractéristiques de la démocratie». Quelques jours plus tard, dans une mise en scène un peu surfaite, c’est d’Athènes qu’il renouvelle sa garantie pour une «transition douce». Il ajoute qu’en sa qualité de président des États-Unis il se sent responsable de tout faire pour «faciliter une bonne transition».

Il n’a pas fallu longtemps pour découvrir que derrière ses promesses glamour prononcées devant des parterres abêtis par huit ans de feinte élégance, il signifiait en réalité qu’il allait savonner la planche de Trump à l’huile de poix.

Hormis le fait qu’il révélait ainsi l’inversion de sens systématique de tous ses discours, il aura sans doute péché par excès de confiance. C’est le lot des faisans et autres gallinacées choyées par Audiard.

Ce sont peut-être les 35 pages de l’officier Christopher Steele qui exposeront le niveau de la flibuste. En anglais de la Maison Blanche on appelle cela « oppo » pour « opposition research ». En clair rechercher, trouver, voire fabriquer de toutes pièces, et utiliser tout ce qui peut compromettre son adversaire politique, l’équivalent du « kompromat » russe, dont on entend soudain beaucoup parler ces derniers temps.

A la Maison blanche l’oppo se gère à temps plein. L’un de ces appointés se rendit célèbre pour avoir presque réussi à faire passer les déboires lewinskiens de Bill Clinton pour un complot des Républicains. Il travailla six ans pour les Clinton à demeure présidentielle. Son nom, il le signait au coude de ses coups bas: Chris Lehane. Le New York Times, pourtant de son bord, n’hésita pas à le qualifier de «Master of the Political Dark Arts», lorsqu’il s’occupa de la campagne du général Wesley Clark en 2004. Il le préféra à Kerry jugé trop conciliant. Plus tard, Lehane comptera parmi ses clients fidèles Lance Amstrong, qui sut si bien mentir. Il a toujours assumé sa réputation de fomenteur. Il en fit même un livre de référence avec son mentor Mark Fabiani, dont le titre fleure bon l’instantané de la morsure en politique, l’effet polaroid du fait divers organisé : Masters of disaster, the ten commandements of damage control (éd. Palgrave Mcmillan 2012, rééd St. Martin’s Griffin 2014).

En 2010, l’ancien employé de la Maison Blanche qui y a toujours ses entrées, représente les intérêts d’un Sheikh héritier éconduit, celui de l’émirat de Ras al-Khaimah à qui son émir de père préféra un frère pour lui succéder au trône. Il se trouve que ledit Sheikh est un intime des Clinton et suffisamment proche d’Obama pour compter parmi ses invités de marque lors de son investiture de 2009. En fait, s’il fut éconduit par son père, c’était justement parce qu’on lui reprochait d’être trop proche des Américains et trop ouvertement anti-iranien. Alors Chris Lehane aura pour mission de l’aider à retrouver son trône, avec l’aide des États-Unis, en insistant sur le fait qu’il sera un rempart contre l’hégémonie iranienne. On réserva des pages dans les journaux on créa des sites web et on placarda des affiches sur les bus. Une grosse campagne. Lehane s’adjoint pour ce faire les services d’une firme classique de relations publiques du nom de California Strategies et ceux d’une « oppo » beaucoup plus glauque et qu’il connaît bien, du nom de SNS Global, dirigée notamment par Glenn Simpson, un ancien du Wall Street Journal. C’est ce même Glenn Simpson qui venait de créer en parallèle l’officine des basses œuvres démocrates « Fusion GPS » avec Tom Catan et Peter Fritsch, également deux anciens du Wall Street Journal.

Or, un beau jour, des journalistes du Spiegel informent California Strategies qu’ils ont reçu copie de ses dossiers confidentiels relatifs au Sheikh, y compris le montant des honoraires qu’il a déjà payés, soit 3,6 millions de dollars. Deux semaines plus tard, c’est au tour du Guardian à Londres de recevoir les mêmes documents hackés.

Du coup California Strategies porte plainte directement auprès d’Eric Holder, l’Attorney général des États-Unis (un intime d’Obama) en spécifiant que les documents aspirés « contiennent des communications avec des responsables de haut rang du gouvernement fédéral, pouvant être compromettantes ». À l’époque les soupçons se tournèrent très officiellement vers l’Iran. Glenn Simpson produisit d’ailleurs un rapport (de 36 pages) détaillant tout l’intérêt qu’aurait eu la République d’Iran à hacker California Strategies au moment où, justement, elle allait faire l’objet de nouvelles sanctions.

N’est-il pas curieux de retrouver tout ce petit monde de Fusion GPS comme commanditaire d’un dossier relatif à des situations compromettantes pour Donald Trump, le tout sur fond de hacking fumants révélant les turpitudes de leur patronne déchue Hillary Clinton ? Car c’est bien le même Glenn Simpson qui enrôla l’agent anglais Christopher Steele, aujourd’hui en fuite éperdue, afin qu’il signât un rapport qui était peut-être issu de sa propre imagination. Un faux grossier dont les sources sont attribuées non pas à l’Iran cette fois mais à la Russie, et qui est destiné, comme on le sait, à démolir la légitimité de Donald Trump. Ce qui est cocasse, c’est que le rapport en question fait encore 35 pages, sans doute un standard de la Maison Simpson.

Quant à Chris Lehane, on le voit encore se glisser discrètement dans les couloirs de la Maison Blanche pour y rencontrer sa collègue actuelle en damage control Shailagh Murray. Le 8 février 2016, par exemple, ils passèrent seize heures de travail ensemble. On peut même vous dire que son numéro de rendez-vous était l’U73070. Mais officiellement c’était pour parler de RbnB, la nouvelle affaire d’hôtellerie privée qu’il a fondée avec une ex-collègue de la Maison blanche : Sarah Bianchi. Seize heures ! C’est bien un minimum pour parler business, non ? Rappelons au passage que Sarah Bianchi est celle-là même qui croisa Philipp Hildebrand, l’ancien patron de la Banque Nationale Suisse, chez BlackRock, une firme qui s’est notamment occupée d’orienter la gestion que l’on connaît de la dette grecque.

Au moins en 2010, la presse locale, notamment le San Francisco Gate (SF-GATE) du 8 juin 2010, osait encore dire que cette flibustière était une habituée des intrigues et que le hacking de California Strategies venait plus vraisemblablement de rivaux républicains que des Gardiens de la révolution.

En 2017, Trump n’a quant à lui pu compter que sur ses propres tripes.

 

Source:http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2017/01/19/naissance-croissance-et-agonie-de-l-europe-americaine-8692018.html

Quand Ho Chi Minh ironisait sur le langage déformé des journalistes (vidéo)

Les journalistes nous ont désormais habitués à un code de langage fait de mots façonnés par un programme de propagande. Ces mots, pas très nombreux, peuvent être facilement glissés de manière totalement innocente dans les phrases ayant toute l’apparence de l’objectivité alors qu’elles sont lourdes de sens. Beaucoup de personnes reprennent, parfois innocemment et souvent par habitude, ces mots ou expressions sans réfléchir au fait que leur utilisation par les grands médias poursuit des objectifs précis.

Dans cette vidéo d’un entretien avec Ho Chi Minh en 1964, la journaliste, bienveillante au demeurant, tente volontairement ou non de présenter une intervention de la part du général De Gaulle comme un « arbitrage » dans la guerre du Vietnam. Ho Chi Minh lui répond par une boutade amusée : « nous ne sommes pas des équipes de football ».

Nous avons souvent entendu, ces derniers temps, les journalistes parler du rôle de la Russie en Syrie comme d’un arbitrage. Ce mot suppose que le gouvernement syrien et les terroristes s’affrontent de manière légitime. Cela conforte l’obstination des médias à appeler « rebelles » tous les terroristes qui infestent la Syrie. « Rebelles », « arbitrage », « régime », « l’homme fort de… », Etc… sont tous autant de mots ou expressions destinés à entretenir un récit de propagande de guerre. Les tournures de phrase sont encore plus pernicieuses.

Ainsi, l’armée ennemie n’est pas une armée nationale, mais l’armée d’un seul homme, dont l’unique rôle serait de défendre cet homme. De plus, il serait comptable des actes de chacun de ses soldats. Il est également fréquent de voir morceler le pays cible en petits groupes, ethniques ou religieux. Il n’y a ainsi plus de Syriens, Irakiens ou Afghans, il y a des sunnites, des chiites, des Kurdes, des Pachtounes, des Tadjiks, etc. On ne parle plus de peuples non plus, il n’y a plus que ceux du Nord, du Sud ou du centre.

 

Cette vidéo nous montre cette tentative de division que l’on retrouve de manière récurrente. A sa première question, la journaliste commence d’emblée par puiser dans son répertoire de langage codé pour parler du Vietnam du Sud. Ce que corrige gentiment, mais fermement, Ho Chi Minh.

Pourquoi certains médias ou personnalités politiques comparent-ils Trump à Hitler ?

 « Hitlériser » l’ennemi. C’est la première démarche que l’on observe quand l’Elite veut abattre quelqu’un. On a vu ainsi se succéder plusieurs « Hitler » : Saddam Hussein, qui a fini pendu, Mahmoud Ahmadinejad, qui a essuyé une révolution de couleur, Mouammar Kadhafi, mort lynché, Bachar Al Assad, qui a subi une guerre mondiale contre lui et son pays, Vladimir Poutine, qui voit les forces de l’OTAN s’amasser aux frontières de la Russie après un pauvre embargo qui n’a pas atteint ses buts, et bien d’autres depuis 70 ans à travers le monde.

C’est l’arme favorite pour déclencher les hostilités, car elle dispense de toute explication. Hitler, c’est le mal absolu, pire que Satan lui-même. Pourtant, être un adepte de Satan, le pire ennemi de l’humanité, n’est interdit à personne, sauf en Arabie Saoudite, alors que partout dans le monde, c’est un grave péché de considérer Hitler autrement que comme un type ignoble, sans s’embarrasser de détails inutiles. Comparer, même sous forme de question, une personne à Hitler, c’est assoir définitivement, comme une vérité biblique, toute la noirceur de cette personne. Il suffit ensuite de prendre ici ou là quelques faits et de se livrer à quelques analogies hasardeuses pour forcer l’adhésion, avec la menace sous-jacente, pour ceux qui manifestent quelque résistance, d’être exclus du monde des humains.

Donald Trump, déjà avant son élection, était haïe et ostracisé par l’Elite et ses adeptes. Après la proclamation des résultats du scrutin, on aurait pu penser que cette Elite baisserait les bras. Il n’en a rien été, et il est probable que cela continuera. Mais en arriver à le comparer à Hitler est le signe que ça ne fait que commencer, que c’est un signal de départ pour une œuvre de destruction comme sait si bien le faire le système. Ces élections américaines ont eu le mérite de nous confirmer, ou de révéler à ceux qui ne la savaient pas encore, que le président des Etats-Unis n’était maitre de rien, et que son autorité était limitée tant au Pentagone qu’à la CIA ou dans les autres services de renseignement. Nous avons même vu le Sénat américain passer outre le véto d’Obama. Les présidents se contentent de gérer leur administration (en encore !) en naviguant à travers les rouages d’un système complexe, et d’attendre tranquillement la fin de leur mandat pour accéder à une retraite paisible, en prenant sur leur dos les insultes provenant du monde entier contre des décisions sur lesquelles ils n’ont aucune prise. S’ils ne font pas correctement le boulot que l’on attend d’eux, ils sont simplement éliminés ou écartés grâce à un joli scandale précieusement gardé au fond d’un tiroir.

Le nouveau président semble vouloir être un président différent. Pour ce faire, il n’y a pas trente-six manières de s’y prendre. Il lui faudra se battre contre un système à têtes multiples, et la première de ces têtes est représentée par les médias, ces médias qui lui ont déclaré la guerre depuis le début et contre lesquels il vient de riposter de manière brutale. De tous les piliers du système des Elites, l’un des plus importants, sinon le plus important si l’on excepte l’argent, est la presse. Démolir la presse, c’est démolir le fondement même du système. Est-ce un hasard si « l’hitlérisation » de Trump provient de cette même presse qui dispose de cette arme planquée en permanence au fond de ses tiroirs, prête à être brandie à chaque fois que c’est nécessaire ?

S’il ne s’agit que d’une riposte à la violente réaction de Trump contre les journaux « Fake News », l’on pourrait dire que ce début de campagne « d’hitlérisation » n’ira pas trop loin, et restera au second plan par rapport à une autre campagne en cours contre la Russie, les deux campagnes risquant de s’annihiler si elles sont menées simultanément. Ce serait juste un baroud d’honneur de la part d’une presse qui, de toute façon, continuera à faire ce qu’elle a toujours fait en tant que pilier du système des élites.

Il pourrait cependant s’agir de tout à fait autre chose, dans le pur style des campagnes « d’hitlérisation » en vue de l’élimination définitive d’un « ennemi ». Cela signifierait que Donald Trump a des soucis à se faire, car ce ne serait alors que le début de quelque chose qui ira crescendo visant à le faire remplacer par son vice-président dont on ne sait pas grand-chose, Mike Pence.

 

 Avic – Réseau International

Un secret de polichinelle bien gardé

Washington est derrière la brutale expérience indienne d’abolition de l’argent liquide.

Début novembre, sans préavis, le gouvernement indien a déclaré invalides les deux billets de banque de plus grande valeur, abolissant plus de 80 % de la valeur d’argent en circulation. Malgré toute l’agitation et l’indignation qui en ont résulté, personne ne semble avoir pris conscience du rôle décisif qu’a joué Washington dans cette décision. C’est surprenant, car ce rôle a été à peine dissimulé.

Le président américain Barack Obama a déclaré que le partenariat stratégique avec l’Inde était une priorité de sa politique étrangère. La Chine doit être maîtrisée. Dans le cadre de ce partenariat, l’agence américaine de développement USAID a négocié des accords de coopération avec le ministère indien des Finances. L’un d’eux a pour objectif déclaré de repousser l’utilisation de l’argent liquide en faveur des paiements numériques, en Inde mais aussi dans le monde entier.

Le 8 novembre, le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé que les deux plus grandes coupures, en valeur, de billets de banque ne pouvaient plus être utilisées, avec un effet presque immédiat. Les propriétaires ne pouvaient récupérer leur valeur qu’en les déposant sur un compte bancaire avant la fin de la période de grâce qui expirait à la fin de l’année [2016], ce que beaucoup de gens et d’entreprises n’ont pas réussi à faire, en raison des longues files d’attente devant les banques. Le montant d’argent liquide que les banques ont été autorisées à payer aux clients individuels a été sévèrement restreint. Près de la moitié des Indiens n’ont pas de compte bancaire et beaucoup n’ont même pas de banque à proximité. L’économie est largement basée sur l’argent liquide. Du coup, une grave pénurie de liquidités s’en est suivie. Ceux qui ont souffert le plus sont les plus pauvres et les plus vulnérables. Ils ont éprouvé des difficultés supplémentaires à gagner leur maigre vie dans le secteur informel ou à payer des biens et des services essentiels comme la nourriture, la médecine ou les hôpitaux. Le chaos et la fraude ont régné en décembre.

Quatre semaines plus tôt

Moins de quatre semaines avant cette attaque contre les Indiens, l’USAID avait annoncé la création de « Catalyst : Inclusive Cashless Payment Partnership » [partenariat pour un paiement non liquide inclusif, NdT], dans le but d’effectuer un saut quantique en Inde. La déclaration de presse du 14 octobre indique que Catalyst « marque la prochaine phase du partenariat entre l’USAID et le ministère des Finances pour faciliter l’intégration financière universelle ». La déclaration ne figure pas (ou plus) dans la liste des déclarations de presse sur le site internet de l’USAID. Même une recherche avec le mot « Inde » n’a pas permis de la retrouver. Pour la trouver, vous devez déjà savoir qu’elle existe, ou tomber sur elle par hasard au cours d’une recherche internet. En effet, cette déclaration et d’autres qui semblaient plutôt ennuyeuses auparavant, sont devenues beaucoup plus intéressantes et révélatrices après le 8 novembre.

En lisant attentivement cette déclaration, il est évident que Catalyst et le partenariat de l’USAID et du ministère indien des Finances − d’où est né le projet Catalyst − ne sont que des façades qui ont servi à préparer l’assaut contre tous les Indiens utilisant de l’argent liquide sans soulever de soupçons indus. Même le nom Catalyst semble beaucoup plus sinistre une fois que vous savez ce qui s’est passé le 9 novembre.

Le directeur de projets de Catalyst est Alok Gupta, qui occupait le poste de chef d’exploitation du World Resources Institute à Washington, dont l’USAID est l’un des principaux commanditaires. Il était également un membre original de l’équipe qui a développé Aadhaar, le système d’identification biométrique à la Big Brother.

Selon un rapport de l’Indian Economic Times, l’USAID s’est engagée à financer Catalyst pendant trois ans. Les montants sont gardés secrets.

Badal Malick était vice-président du plus important marché en ligne indien, Snapdeal, avant d’être nommé directeur général de Catalyst. Il a fait ce commentaire :

 « La mission de Catalyst est de résoudre les multiples problèmes de coordination qui ont bloqué la pénétration des paiements numériques chez les commerçants et les consommateurs à faible revenu. Nous sommes impatients de créer un modèle durable et reproductible. (…) S’il y a eu (…) une pression concertée pour les paiements numériques exercé par le gouvernement, il existe encore un dernier effort à faire au niveau de son acceptation par les marchands, et des questions de coordination. Nous voulons approcher le problème de façon écosystémique et holistique. »

Dix mois plus tôt

Les multiples problèmes de coordination et la question des écosystèmes en espèces mentionnée par Malick ont été analysés dans un rapport que l’USAID a commandé en 2015 et présenté en janvier 2016 dans le cadre du partenariat anti-espèces avec le ministère indien des Finances. Le communiqué de presse sur cette présentation n’est pas (plus ?) non plus dans la liste des déclarations de presse de l’USAID. Le titre de l’étude était Beyond Cash [Au-delà du liquide].

« Les commerçants, comme les consommateurs, sont pris au piège dans des écosystèmes d’argent en espèces qui empêche leur intérêt » pour les paiements numériques dit le rapport. Étant donné que peu de commerçants acceptent les paiements numériques, peu de consommateurs s’intéressent à eux, et comme peu de consommateurs utilisent les paiements numériques, peu de commerçants y ont un intérêt. Étant donné que les banques et les fournisseurs de systèmes de paiement facturent des frais pour l’équipement à utiliser ou même pour un simple essai de paiement numérique, une forte impulsion externe est nécessaire pour atteindre un niveau de pénétration des cartes de crédit qui créerait un intérêt des deux côtés pour ce genre de paiement.

Il s’est avéré en novembre que l’approche nommée « écosystème holistique » pour créer cette impulsion consistait à détruire l’écosystème de l’argent en espèces pour un temps limité et à le sécher lentement plus tard, en limitant la disponibilité de liquidités auprès des banques pour les clients individuels. Puisque que l’assaut devait être une surprise pour atteindre son plein résultat catalyseur, l’étude Beyond-Cash publiée et les protagonistes de Catalyst ne pouvaient pas décrire ouvertement leurs plans. Ils ont utilisé un moyen astucieux pour les déguiser tout en étant en mesure de faire ouvertement les préparatifs nécessaires, y compris les auditions d’experts. Ils ont beaucoup parlé d’une expérience de terrain régionale qu’ils planifiaient ostensiblement.

« L’objectif est de s’attaquer à une ville et de multiplier les paiements numériques par 10 en six à douze mois »a déclaré Malick moins de quatre semaines avant que la plupart des espèces ait été abolies dans l’ensemble de l’Inde. Pour ne pas être limités dans leur préparation sur une seule ville, le rapport Beyond-Cash et Catalyst ne cessaient de parler d’une gamme de régions qu’ils examinaient, apparemment afin de décider plus tard quelle était la meilleure ville ou région pour l’expérience de terrain. C’est seulement en novembre qu’il est devenu clair que l’ensemble de l’Inde devrait être la région cobaye dans l’effort global pour mettre fin à la dépendance à l’argent liquide. En lisant avec recul une déclaration de l’ambassadeur Jonathan Addleton, directeur de la mission de l’USAID en Inde, il est clair qu’il a annoncé cela furtivement quand il disait, quatre semaines plus tôt :

 « L’Inde est à l’avant-garde des efforts mondiaux pour numériser les économies et créer de nouvelles opportunités économiques qui s’étendent à des populations difficiles à atteindre. Catalyst soutiendra ces efforts en se concentrant sur le défi de rendre les achats quotidiens non liquides. »

Les vétérans de la guerre contre les espèces en action

Qui sont les institutions derrière cette attaque décisive contre les espèces ? À la suite de la présentation du rapport Beyond-Cash, l’USAID a déclaré : « Plus de 35 organisations indiennes, américaines et internationales importantes se sont associées au ministère des Finances et à l’USAID pour cette initiative. » Sur le site internet de Catalyst, on peut voir que ces organisations sont pour la plupart des fournisseurs de services informatiques et de paiement qui veulent gagner de l’argent à partir de paiements numériques ou de la vente de données associées aux utilisateurs. Beaucoup sont des anciens combattants de ce qu’un haut fonctionnaire de la Deutsche Bundesbank a appelé la « guerre des institutions financières contre les espèces » (en allemand). Ils sont l’Alliance Better Than Cash, la Fondation Gates (Microsoft), Omidyar Network (eBay), la Fondation Dell Mastercard, Visa, la Fondation Metlife.

L’alliance Better than cash – Mieux que le liquide

L’alliance Better Than Cash, dont l’USAID est membre, est mentionnée pour une bonne raison. Elle a été fondée en 2012 pour faire diminuer l’utilisation des espèces à l’échelle mondiale. Le secrétariat est logé au Fonds de développement des Nations Unies (UNCDP) à New York, ce qui pourrait expliquer pourquoi cette petite organisation assez pauvre de l’ONU était si heureuse, il y a deux ans, que la Fondation Gates, la première année, et la Master-Card-Foundation, l’année suivante, comptent parmi ses plus généreux donateurs.

Les membres de l’Alliance sont les grandes institutions américaines qui auraient le plus grand avantage à faire disparaître les espèces, c’est-à-dire les sociétés de cartes de crédit Mastercard et Visa, ainsi que certaines institutions américaines dont les noms sont souvent mentionnés dans les livres sur l’histoire des services de renseignements américains, à savoir la Fondation Ford et l’USAID. La Fondation Gates en est un autre membre éminent. Omidyar Network, appartenant au fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, et Citibank sont des contributeurs importants. Presque tous ces partenaires sont aussi individuellement partenaires de l’actuelle initiative USAID-Inde pour mettre fin à la dépendance à l’argent liquide en Inde et au-delà. L’initiative et le programme Catalyst ne semblent guère plus qu’une extension de l’alliance Better Than Cash, renforcée par des organisations indiennes et asiatiques qui ont un fort intérêt commercial à une utilisation réduite de l’argent liquide.

La Banque centrale indienne comme Chicago boy du FMI

Le partenariat pour préparer l’interdiction temporaire de la plupart des liquidités en Inde coïncide approximativement avec le mandat de Raghuram Rajan à la tête de la Banque centrale indienne, de septembre 2013 à septembre 2016. Rajan a été, et est à nouveau, professeur d’économie à l’université de Chicago. De 2003 à 2006, il a été économiste en chef du Fonds monétaire international à Washington. (Il s’agit d’un point de son CV qu’il partage avec un autre guerrier contre l’argent comptant, Ken Rogoff.) Il est membre du Groupe des trente, une organisation assez nébuleuse, où les représentants de haut rang des grandes institutions financières commerciales mondiales partagent leurs pensées et plans avec les présidents des banques centrales les plus importantes, derrière des portes closes et sans compte rendu. Il devient de plus en plus évident que le Groupe des trente est l’un des principaux centres de coordination de la guerre mondiale contre les espèces. Il compte parmi ses membres d’autres belligérants comme Rogoff, Larry Summers et autres.

Raghuram Rajan a de nombreuses raisons de s’attendre à grimper aux échelons les plus élevés de la finance internationale et donc de bonnes raisons de jouer le jeu de Washington. Il était déjà président de l’American Finance Association et récipiendaire inaugural du prix Fisher-Black en recherche financière. Il a remporté les prix généreusement dotés d’Infosys pour la recherche économique et de la Deutsche Bank pour l’économie financière ainsi que le prix Financial Times / Goldman Sachs pour le meilleur livre d’économie. Il a été déclaré Indien de l’année par NASSCOM et banquier central de l’année par Euromoney et par The Banker. Il est considéré comme un successeur possible de Christine Lagarde à la barre du FMI, mais peut certainement aussi s’attendre à être considéré pour d’autres emplois de premier plan dans la finance internationale.

En tant que gouverneur de la Banque centrale, Rajan était apprécié et bien respecté par le secteur financier, mais il était très peu apprécié par les entrepreneurs du secteur réel (productif), à cause de son penchant pour la déréglementation et la réforme économique. La raison principale a été la politique monétaire restrictive qu’il a introduite et défendue avec fermeté. Après avoir été violemment critiqué par les rangs du parti au pouvoir, il a déclaré en juin qu’il ne chercherait pas un second mandat en septembre. Plus tard, il a dit au New York Times qu’il avait voulu rester, mais pas pour un mandat entier, et que le Premier ministre Modi ne le voulait pas. Un ancien ministre du Commerce et de la Justice, M. Swamy, a déclaré que le départ de Rajan rendrait heureux les industriels indiens :

« Je voulais qu’il dégage, et je l’ai expliqué au Premier ministre, aussi clairement que possible. (…) Son public était essentiellement occidental, et son auditoire en Inde a été la société occidentalisée de la diaspora. Les gens venaient chez moi par délégations entières pour m’inviter à faire quelque chose. »

Un désastre à venir

Si Rajan était impliqué dans la préparation de cet assaut pour déclarer la plupart des billets de banque des Indiens illégaux – et il devrait y avoir peu de doute à ce sujet, étant donné ses liens personnels et institutionnels et l’importance de la Banque centrale indienne dans la fourniture d’argent – il avait une raison suffisante de rester en arrière-plan. Après tout, cela ne devrait surprendre personne impliqué dans la question, que cette action entraînerait chaos et extrêmes difficultés, en particulier pour la majorité des pauvres et des indiens ruraux qui étaient pourtant désignés comme les bénéficiaires supposés de cette si mal nommée « intégration financière ». L’USAID et ses partenaires ont analysé la situation de manière approfondie et constaté dans le rapport Beyond-Cash que 97% des transactions étaient effectuées en espèces et que seulement 55% des Indiens avaient un compte bancaire. Et de tous ces comptes bancaires, « seuls 29% ont été utilisés au cours des trois derniers mois ».

Tout cela était bien connu et rendait certain que l’abolition soudaine de la plupart des liquidités causerait des problèmes graves et même existentiels à de nombreux petits commerçants et producteurs et à beaucoup de gens dans des régions éloignées, sans banques. Quand l’acte fut posé, il est devenu évident que la promesse d’inclusion financière par la numérisation des paiements et le refus de l’argent liquide a toujours été une fausse promesse. Il n’existe tout simplement aucun autre moyen de paiement qui puisse rivaliser avec les espèces pour permettre à tout le monde, avec de si lourds handicaps, de participer à l’économie de marché.

Cependant, pour Visa, Mastercard et les autres prestataires de services de paiement, qui ne sont pas affectés par ces problèmes existentiels, l’assaut sur le liquide sera très probablement considéré comme un grand succès, entraînant une « montée en gamme » des paiements numériques dans la « région d’essai ». Après ce chaos et avec toutes les pertes qu’ils ont dû subir, tous les hommes d’affaires qui peuvent se le permettre vont s’assurer de pouvoir accepter les paiements numériques à l’avenir. Et les consommateurs, qui sont limités dans le montant d’argent qu’ils peuvent maintenant obtenir des banques, vont plus souvent payer avec des cartes, au bénéfice de Visa, Mastercard et les autres membres de l’alliance Better Than Cash.

Pourquoi Washington lance une guerre mondiale contre les espèces

Les intérêts commerciaux des sociétés américaines qui dominent les systèmes d’affaires et de paiements numériques sont une raison importante pour le zèle du gouvernement américain dans sa tentative de réduire l’utilisation des espèces dans le monde entier, mais ce n’est pas la seule ni la plus importante. Un autre motif est la puissance de surveillance qui va avec l’utilisation accrue du paiement numérique. Les organisations de renseignement américaines et les entreprises informatiques peuvent examiner tous les paiements internationaux effectués par l’entremise des banques et surveiller la plupart des flux de données numériques. Les données financières tendent à être les plus importantes et les plus précieuses.

Plus important encore, le statut du dollar comme monnaie mondiale de référence et la domination des sociétés américaines dans le financement international fournissent au gouvernement américain un énorme pouvoir sur tous les participants au système financier non monétaire en place. Cela oblige tout le monde à se conformer au droit américain plutôt qu’aux règles locales ou internationales. Le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung a récemment publié une histoire glaçante décrivant comment cela fonctionne (en allemand). Les employés d’une entreprise d’affacturage, Geran, qui faisaient des affaires complètement légales avec l’Iran, ont été mis sur la liste terroriste américaine, ce qui signifie qu’ils ont été coupés du système financier et même certaines entreprises de logistique ne transporteraient plus leurs meubles. Une grande banque allemande a été obligée de licencier plusieurs employés, à la demande des États-Unis, alors qu’ils n’avaient rien fait d’irrégulier ou d’illégal.

Il y a bien d’autres exemples. Chaque banque internationalement active peut être soumise au chantage par le gouvernement des États-Unis afin qu’elle suive leurs ordres, puisque la révocation de sa licence pour faire des affaires aux États-Unis ou en dollar équivaut essentiellement à les mettre en faillite. Il suffit de penser à la Deutsche Bank, qui a dû négocier avec le Trésor américain pendant des mois entre payer une amende de 14 milliards de dollars et très probablement faire faillite, ou s’en tirer avec sept milliards et survivre. Si vous avez le pouvoir de mettre en faillite les plus grandes banques même des grands pays, vous avez aussi le pouvoir sur leurs gouvernements. Ce pouvoir par la domination sur le système financier et les données associées est déjà là. Moins il y a de liquide, plus ce pouvoir est important et sécurisé, car l’utilisation d’espèces est un moyen important de se soustraire à ce pouvoir.

Norbert Häring

Norbert Haering est un journaliste financier.

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/un-secret-de-polichinelle-bien-garde

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine

Pour justifier l’ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l’affabulation et un manque évident d’imagination. Les dirigeants US n’oublient jamais d’inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. Le plus étonnant n’est pas que Washington fasse preuve d’une telle répétition dans son répertoire, c’est plutôt qu’on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d’eux-mêmes. L’analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.

Premier cas d’école, la guerre du Vietnam. En août 1964, l’incident du Golfe du Tonkin fait opportunément basculer l’opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions Viêt-Cong.

A l’époque, la presse occidentale reprend mot pour mot la version officielle, accréditant la thèse d’une agression nord-vietnamienne qui serait responsable de l’escalade militaire. Pourtant, cette narration de l’incident est totalement fictive. Elle a été fabriquée de A à Z. En réalité, aucune attaque n’a eu lieu. Le « Maddox » était dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et non dans les eaux internationales. Il a bien tiré 350 obus, mais dans le vide, contre un ennemi parfaitement imaginaire, pour faire croire à une attaque. Mais peu importe. Il fallait démontrer l’agressivité criminelle du camp adverse, lui faire porter la responsabilité d’une guerre totale. Elle fera trois millions de morts, et les USA la perdront.

Deuxième cas d’école, la guerre contre l’Irak. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 fournissent à l’administration Bush un prétexte idéal pour lancer une vaste offensive au Moyen-Orient. Elle passe d’abord par la destruction du régime taliban en Afghanistan (pourtant installé avec la bénédiction de Washington), puis par l’attaque contre l’Irak de Saddam Hussein (mars 2003). Privée de toute légitimité internationale, cette agression militaire contre un Etat qui ne menace personne se prévaut, officiellement, d’un double « casus belli ». Bagdad détiendrait des armes de destruction massive représentant un danger mortel pour la sécurité collective, et le régime baasiste fournirait une aide logistique à l’organisation terroriste Al-Qaida.

Comme pour l’incident du Golfe du Tonkin, cette double accusation est une monstrueuse affabulation. On eut beau faire semblant de les chercher, on n’a trouvé aucune arme de destruction massive en Irak, ni aucune connivence entre le régime irakien et l’organisation terroriste fondée par Ben Laden. En revanche, l’implication des services secrets américains et saoudiens dans les attentats du 9/11 est un secret de polichinelle. La version officielle permet donc d’occulter cette responsabilité (qui reste obscure dans ses détails) en se livrant à une inversion accusatoire. Pour justifier la liquidation d’un Etat qui s’oppose à ses ambitions, Washington l’accuse de ses propres turpitudes. Habituée à avaler des couleuvres, la presse occidentale reproduira servilement l’argumentaire contre Bagdad.

Troisième cas d’école, la Syrie. A partir du printemps 2011, une contestation minoritaire et encouragée de l’extérieur, sur le modèle préfabriqué des « révolutions arabes », réclame la destitution du président syrien. Des provocations et des attentats créent un climat de guerre civile, aggravé par l’aide massive que fournissent à la rébellion armée les puissances occidentales et les pétromonarchies du Golfe. Refroidi par les fiascos afghan et irakien, Washington préfère intervenir contre Damas en utilisant des « proxys », des organisations de mercenaires. Mais une partie de l’establishment, acharnée, veut provoquer la chute de Bachar Al-Assad en persuadant Barack Obama d’infliger des frappes aériennes aux forces syriennes.

Pour justifier cette intervention, il faut évidemment un prétexte. On va vite le trouver ! Par l’horreur qu’il inspire, l’usage de l’arme chimique contre des populations civiles constitue le motif idéal. Le 21 août 2013, des images d’enfants gazés dans la banlieue de Damas font le tour du monde. Faute de preuves, les enquêteurs de l’ONU ne désignent aucun coupable. Une étude menée par le prestigieux MIT révélera que cette attaque ne pouvait provenir que des zones rebelles. Mais c’est trop tard. La machine à mensonges tourne à plein régime. Accréditée par Washington, avalisée par ses alliés, la version officielle est reprise par la presse et les ONG subventionnées. Elle devient « la vérité » sur le conflit syrien, le prétexte de l’ingérence étrangère et le faux-nez du néo-colonialisme.

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d’autres ! La liste des pays qui ont subi l’ingérence fomentée grâce à la manipulation de l’opinion est interminable (Cuba, Laos, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l’ingérence en tétanisant l’opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l’invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère. Lyndon Johnson invente des vedettes-lance-torpilles, Colin Powell brandit sa fiole de jus de pomme à l’ONU, Barack Obama désigne le coupable d’une attaque chimique organisée par ses protégés. Tout est bon pour édifier le bon peuple.

La formule-clé de cette politique, c’est « mensonge, fausse bannière et vidéos ». Le mensonge est l’élément générateur de la guerre impérialiste, sa matière première, son carburant. La fausse bannière (« false flag ») est son mode opératoire préféré, car il autorise l’inversion accusatoire, l’imputation de ses propres crimes à l’adversaire qu’on veut abattre. Les vidéos, enfin, sont l’instrument de communication qui donne corps à la fable fondatrice. Avec la force persuasive de l’image, en jouant de ses effets de réel, elles permettent de substituer une post-vérité construite à la simple véracité des faits. Ce n’est pas un hasard si le Pentagone a dépensé 500 millions de dollars pour fabriquer de fausses vidéos djihadistes, et si les Casques Blancs, en Syrie, montaient leurs vidéos dans de décors de cinéma.

Bruno Guigue

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, Le Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Source: http://arretsurinfo.ch/mensonge-fausse-banniere-et-videos-une-politique-americaine/

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

  

 

L’accord Colombie-OTAN est dirigé contre le Venezuela et vers le pillage des ressources naturelles

L’éventuel accord militaire entre le Gouvernement de la Colombie et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une provocation contre les accords de paix de l’Amérique du Sud signés à la CELAC et à l’UNASUR, des accords ratifiés même par le Gouvernement colombien lui-même. Ils ont les yeux fixés sur les réserves de pétrole aussi bien au Venezuela qu’en Colombie et sur les ressources naturelles de l’Amazonía en Amérique du Sud, déclare Horacio Duque, analyste politique colombien à Resumen Latinoamericano.

 

Mais le président colombien Juan Manuel Santos ne se souvient déjà plus de la promesse qu’il a faite en 2010 au président vénézuélien de l’époque, Hugo Chávez Frías de ne faire aucune alliance militaire avec l’OTAN. Le 23 décembre 2016, il a déclaré ce qui suit 

« Je suis plein de joie et de satisfaction parce que cet objectif, nous l’avions depuis l’époque où j’étais ministre de la défense. Nous avons fait la demande il y a 9 ans pour signer un accord de coopération qui est la possibilité la plus importante que l’OTAN a avec les pays qui ne sont pas membres de l’OTAN pour collaborer mutuellement et ils m’ont remis la lettre dans laquelle ils disent que « la Colombie a été acceptée ! »

L’accord de 2013

Le 5 mars 2013, Chávez est mort et le Gouvernement colombien, cette fois sous la baguette de Santos, a mis « mois pour que le ministre de la défense, Juan Carlos Pinzon, au siège de l’OTAN en Belgique, informe que la Colombie avait déjà un accord avec l’OTAN sur l’échange d’informations et la sécurité. Cela a été le premier memorandum de cette nature que l’Alliance ait signé avec un pays d’Amérique Latine.

Le Congrès de la République de Colombie a soutenu le 1er août 2014 l’accord signé le 25 juin 2013. Le 24 février 2015, le Procureur Général de Colombie a demandé qu’on déclare irrecevable l’accord signé entre la Colombie et l’OTAN en 2013 parce qu’il considérait que le document signé « n’indiquait pas avec précision sa finalité. »

En juin 2015, la Cour Constitutionnelle Colombie a supprimé l’accord signé en 2013 pour vices de forme quand il a été approuvé au Congrès colombien. Le 26 octobre 2016, le Sénat colombien a approuvé en seconde lecture l’accord sur la coopération et la sécurité concernant l’information entre la Colombie et l’OTAN. Le 23 décembre 2016 Santos annonce que l’OTAN a à nouveau accepté de commencer des négociations avec la Colombie.

Le but : contrôler le Venezuela

Le sénateur Paul Cordwell a été très sincère quand il a parlé au Congrès états-unien du Plan Colombie à la fin des années 90. Il a dit : « Pour contrôler le Venezuela, il faut occuper militairement la Colombie ! »

Avec le Plan Colombie, l’occupation militaire et la dépendance de ce pays envers les Etats-Unis se sont accélérées. Le 1er juin 2008, on a réactivé la 4° Flotte qui avait été inactive depuis 1950. Cette flotte opère dans les Caraïbes, l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale et leurs 2 côtes.

Le 30 octobre 2009, l’ex président Álvaro Uribe Vélez a signé un accord avec le Commando Sud pour lui fournir 7 bases militaires en Colombie. Parmi ces 7 bases se trouvent la base navale de la Baie Málaga, construite au début des années 80 par la transnationale de construction suisse ABV. Santos non seulement est accusé de jouer au poker politique mais aussi d’être un menteur et un tricheur, ce qui se confirme avec le mensonge qu’il a dit à Chávez 2010. Nicolás Maduro a rappelé cette promesse violée quand il a commenté et condamné cette information, le 23 décembre :

« Nous allons chasser l’OTAN de là, j’appelle le peuple colombien et les peuples d’Amérique du Sud et du Venezuela à lutter contre l’OTAN, non à l’OTAN en Amérique du Sud, ça suffit, ses guerres bien loin d’ici, l’Amérique du Sud sans alliances militaires avec des armes nucléaires et de guerre, » a déclaré Maduro dans son émission « La hora de la salsa. »

Horacio Duque Giraldo est un analyste politique colombien et il soutient aussi que la cible d’un éventuel accord entre la Colombie et l’OTAN est Caracas. A ce journaliste, il adit :

« Je crois que le but concret est le Venezuela, nous ne devons pas nous y tromper. Indépendamment de tous les problèmes et de toutes les contradictions d’un processus comme le processus vénézuélien, ici, le problème essentiel est les grandes entreprises pétrolières et minières et les armées qui travaillent pour leur sécurité. Elles sont derrière la rente pétrolière et les richesses du Venezuela et de l’Amazonie colombienne. »

Le général Kelly une vraie menace pour le Venezuela.

Duque continue:

« Les 7 bases militaires en Colombie et l’accord avec l’OTAN, la nomination comme ministre de l’Intérieur et de la Sécurité du Gouvernement de Donald Trump du général John Kelly, cet ex commandant de la 4° Flotte et du Commando Sud qui fut un interventionniste déclaré en ce qui concerne la situation au Venezuela, tout cela montre qu’il se charge de détruire la structure démocratique du Venezuela. Pour la détruire, ils ont décimé et traqué économiquement (le Venezuela), ce qu’ils ont voulu faire pendant tant d’années avec Cuba.

Et maintenant, ils vont, comme en ont l’habitude les oligarchies d’Amérique Latine et de l’Empire, provoquer subrepticement toutes les actions nécessaires pour atteindre leur objectif très ponctuel qui est de rétablir la domination de l’oligarchie au Venezuela, la vieille oligarchie d’AD et du COPEI vénézuéliens que nous connaissons et attaquer et piller la rente pétrolière et attaquer et piller les ressources de l’Amazonie colombienne, brésilienne et équatorienne. Sur cela, nous ne pouvons pas nous tromper. C’est le but central de cet accord qu’ils annoncent avec l’OTAN. »

La sous-traitance des Forces Armées de Colombie

Horacio Duque soutient que l’Accord de Paix avec les FARC et la fin d’un conflit social et armé doivent avoir des conséquences pour les Forces Militaires Colombiennes, les plus importantes du continent. Sur le demi-million d’unités militaires, elles devraient se réduire au moins de 100 000 militaires bien que Santos ait dit qu’il en les réduirait pas. L’idée, dit Duque, est de faire une sous-traitance, ce qui signifie que même l’Armée est « victime » du modèle néolibéral dans lequel l’Etat reste seulement l’administrateur d’un petit noyau de productions et de services, le reste étant fragmenté en coopératives ou privatisé.

Dans ce cas, l’Etat colombien a son « produit d’exportation » qui est le Plan Colombie. Il a réussi : seulement sur le continent latino-américain et dans les Caraïbes, 12 pays ont des contrats avec Bogota dans e domaine de la sécurité et de la formation.

L’un d’entre eux est le Honduras, la seconde nation la plus pauvre du continent américain où la pauvreté extrême atteint 42,6% de la population. Les militaires et les civils colombiens ont remplacé en grande partie les conseillers militaires et policiers du Commando Sud des Etats-Unis. Les militaires colombiens forment leurs collègues honduriens. C’est la même chose avec la police, les organismes de sécurité et de renseignement militaire. Des avions vont tous les jours de Tegucigalpa à Bogotá avec des Honduriens qui doivent être formés par les Colombiens alors que la Colombie a de nombreux contingents de militaires en terre hondurienne.

Après le coup d’Etat de juin 2009, des rumeurs ont couru aussi bien au Honduras qu’en Colombie, disant que les grands propriétaires terriens de la côte nord du Honduras recrutaient des paramilitaires colombiens démobilisés venant de Magdalena Medio. Après la visite au Palais de Nariño d’une délégation hondurienne de la junte civique et militaire qui a été reçue par Álvaro Uribe en juin 2009, un mois après le coup d’Etat, Alvaro Uribe s’est rendu au Honduras en janvier 2010 et un accord a été signé entre les 2 pays pour la « lutte commune contre le terrorisme (lisez « contre la résistance hondurienne ») et le trafic de drogues ». Depuis cette date, les corps de l’armée et de la police hondurienne se sont remplis de militaires colombiens.

Le fond de l’Accord avec les FARC

C’est cette sorte de « conseils » qui ont été et seront les tâches des Forces Militaires (dans lesquelles on inclut aussi la Police Nationale colombienne). Par un accord avec l’OTAN, ce processus peut s’intensifier encore plus. Les militaires et les policiers colombiens qui ne veulent pas continuer à travailler pour les Forces Militaires peuvent devenir ouvertement des mercenaires recrutés par les alliés des Etats-Unis dans le Golfe Persique comme les 800 ex membres colombiens des Forces Spéciales colombiennes qui tuent aujourd’hui des Yéménites au Yemen, victimes d’un terrible génocide perpétré par l’Arabie Saoudite et l’Emirat Arabe.

« D’une certaine manière, l’Accord de Paix en Colombie poursuit ce but, c’est à dire déblayer les zones dans lesquelles se trouvent les grandes richesses minières et pétrolières, agricoles et agro-industrielles en Colombie. Les déblayer pour que les grandes multinationales viennent piller et emporter toutes les richesses, organiser de grandes étendues et de grandes propriétés foncières pour renforcer la politique de sécurité et des entreprises alimentaires des états qui vont venir profiter des grandes étendues de terre en Colombie, c’est ce que nous avons appelé « l’étrangérisation » de la terre en Colombie. C’est le but de l’accord de l’OTAN, c’est ce qu’ils veulent et qu’ils cherchent avec l’Accord de Paix en croyant que le mouvement populaire va baisser la garde et ne va pas se mobiliser. »

Il n’y a qu’un « mais » : Donald Trump a dit que l’OTAN n’a plus de raison d’exister mais une chose est ce que dit Trump et une autre ce que dit et fait le Pouvoir de Fait. Même le président Dwight Eisenhower admettait dans les années 50 que le Complexe Militaire et Industriel est le véritable Pouvoir aux Etats-Unis. Tous les autres, c’est RIEN !

Traduit de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source: Resumen Latinoamericano

 

source:http://www.investigaction.net/laccord-colombie-otan-est-dirige-contre-le-venezuela-et-vers-le-pillage-des-ressources-naturelles/#sthash.5xmijOqo.dpuf

Désinformation et falsification de la réalité : Syrie, un éditocrate seul au monde sur LCI

Beaucoup de gens ont l’impression – savent- qu’ils ont été grugés, lors de guerres précédentes. Mais ils se disent, j’ai été grugé les fois précédentes, mais la fois prochaine on ne m’aura plus… 
Anne Morelli, historienne
Propagande de guerre propagande de paix
(documentaire Béatrice Pignède – 2004)

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Le conflit syrien et son traitement médiatique en France

Une fois n’est pas coutume, le traitement journalistique de la guerre en Syrie –sur laquelle est actuellement focalisée l’attention politico-médiatique [1]- remet une nouvelle fois au cœur du débat la place de l’information et le rôle des médias dans les conflits modernes.

 

Faut-il rappeler une énième fois qu’à notre ère de la société de l’information, les médias dominants sont plus que jamais utilisés comme dispositifs d’influence géopolitique, servant à modeler et préparer les opinions publiques selon les objectifs stratégiques des grandes puissances ? [2]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans sa Une du 1er juin 2011, Le Figaro annonce « La France accuse Kadhafi d’avoir tué 10.000 libyens », une information qui sera démentie à la radio le jour même par le Ministre des affaires étrangères, Alain Juppé.

Si les médias internationaux des États (dont le but est de contribuer à former les opinions étrangères) s’inscrivent sans aucun doute parmi l’ensemble des instruments de « diplomatie publique » (terme inventé pour fournir une alternative à l’appellation négativement connotée de propagande) dont usent les gouvernements [3] [4], ils peuvent facilement compter sur le système médiatique dominant national [5] pour propager la mise en récit officielle à suivre, dûment accompagnée des éléments de langage adéquats et s’appuyant bien évidemment sur les mécanismes émotionnels habituels qui n’ont plus besoin de prouver leur efficacité.

Rôle central des agences de presse, concentrations et uniformisation des médias [6], ’circulation circulaire de l’information’[7], cloisonnement idéologique souvent inconscient de la part de la grande majorité des acteurs médiatiques, déplorable absence de rigueur et de professionnalisme journalistique, influence du politique dans le traitement de l’information, suivisme quasi-aveugle du discours officiel, impératifs de rentabilité et prépondérance de la recherche du profit maximal, guerre pour les parts de marché (revente du « temps de cerveau disponible »), intérêts croisés entre certains groupes médiatiques et le complexe militaro-industriel français [8]… nombreuses sont les tares qui expliquent la ’situation médiatique’ que nous vivons.

Le constat n’en est pas moins affligeant.

Avec le traitement médiatique du conflit syrien et sa couverture schizophrène, amnésique, orwellienne et hypocrite, nous avons atteint de nouveaux sommets dans l’art de la désinformation, la manipulation et la propagande.[9] Difficile de trouver d’autres mots tant les faits sont accablants.

 

En effet, une simplification manichéenne à outrance a voulu ramener l’analyse médiatique d’une guerre diablement complexe (au vue de la quantité d’acteurs tant internes qu’externes participant au conflit) à une lutte du bien (« les rebelles modérés ») contre le mal (le « régime du dictateur Bachar el-Assad »), et ceci dans un contexte plus global de nouvelle guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. [10] Autant dire une dangereuse partie d’échec géostratégique dans laquelle la France sert grossièrement de fou (ou servilement de pion) aux intérêts hégémoniques de la première puissance mondiale, dont le bras armé -l’OTAN- se montre chaque fois plus agressif [11].

The Elephant in the Room, Banksy, 2006 Barely Legal show, Los Angeles. L’expression anglaise ’un éléphant dans le salon’ est une métaphore qui fait référence à une vérité tellement évidente qu’elle est ignorée ou passe inaperçue, mais aussi à un problème ou risque à la vue de tous mais dont personne ne voudrait parler.

Sur cet échiquier, le climat anti-russe entretenu par les médias dominants français [12] a en grande partie biaisé les analyses journalistiques au sujet du conflit syrien, imposant un point de vue et un discours atlantiste dans la grande majorité des salles de rédaction. Mis à part quelques notables exceptions (comme l’émission de France 2 Un œil sur la Planète – Syrie : le grand aveuglement [13]), les médias dominants n’ont eu de cesse d’alimenter la propagande anti-Bachar, renforçant la ligne politique du gouvernement français. [14]

Tout point de vue divergent du discours politico-médiatique officiel a été taxé soit de conspirationniste, soit de « pro-Poutine » [15], surtout suite au début de l’intervention militaire russe (octobre 2015). Le paroxysme du manichéisme et de la désinformation a été atteint durant les dernières semaines de la bataille d’Alep (qui a pris fin le 22 décembre 2016).

Morceaux choisis du côté des médias dominants, avec une dépêche AFP/article, un éditorial et un article d’opinion :

·         « Syrie : la fin de la bataille d’Alep laisse craindre un massacre » [16], un article de 1500 mots dans lequel il ne sera pas fait mention une seule fois des groupes islamistes ou djihadistes prenant part aux combats face à l’armée loyaliste, laquelle est soutenue de son côté « par la Russie et les combattants du Hezbollah ». Non, il n’y a sur place -d’après cet article- que des « rebelles » ou des « insurgés ». Et bien entendu les civils, massacrés par les forces de Bachar al-Assad. Dans cet article, François Hollande ainsi que l’opposition anti-Bachar ont le droit à la parole afin de dénoncer « cette répétition de massacres à Alep dont la population est la cible » pour le Président français, « les forces du régime qui sont des lions contre les civils désarmés » pour le coordonnateur général du Haut Comité de l’opposition syrienne.

·         L’Editorial du Monde du 13 décembre [17] vaut son pesant d’or. Une nouvelle fois, du côté des « rebelles », nous notons l’absence totale de référence à un quelconque groupe extrémiste ou étranger. Par contre, la description est plus précise dès qu’il s’agit de décrire l’adversaire : « Le principal fief de la rébellion était (…) en passe de tomber sous les coups de boutoir des avions russes et syriens, le déluge d’obus de l’armée ainsi que les assauts des multiples milices chiites – des Libanais du Hezbollah aux Afghans en passant par les Irakiens – encadrées par des officiers iraniens et russes. » Et de conclure sur de sombres présages : «  La chute d’Alep (…) va être suivie d’une épu­ration politico-confessionnelle du type de celles observées dans les années 1990 en ex-Yougoslavie. Déjà, on parle de camps de regroupement pour les femmes et les enfants, et de disparitions en masse des hommes de moins de 40 ans. » Épuration, camps, disparitions de masse.. L’avenir nous dira si ces prophéties étaient fondées, mais force est de constater que jusqu’à aujourd’hui rien de cela ne s’est encore produit.

·         « La chute d’Alep, c’est la victoire de la propagande complotiste » [18], titre Le Monde pour cet article d’opinion – assez effarant – dans lequel une historienne, chercheuse et enseignante à l’Institut de pédagogie de Bruxelles présente Alep comme le triomphe « de la propagande et de la confusion », puisqu’au « moment où les civils d’Alep-Est, massacrés à grande échelle par les pouvoirs de Damas et Moscou, tentent de fuir les bombardements aveugles, une narration d’inversion des réalités semble à certains égards l’emporter. » L’auteure s’aventure à dénoncer le manque de « rapport aux faits ajusté » véhiculés par les points de vues divergents, s’en prenant au « récit alternatif », aux « narrations de substitution » (de substitution à La Vérité, c’est-à-dire le discours politico-médiatique occidental officiel ?) qui représenteraient un danger car forcément faux puisque fruits de la « propagande d’acteurs extra-occidentaux », se servant de relais « intérieurs » et mettant en péril « nos libertés, nos droits, nos vies »… Tout un programme.

Tous médias confondus (télévision, radio, papier, internet, etc.), les mêmes vieilles ficelles de la propagande de guerre (diabolisation de l’ennemi, informations tronquées, manque de contextualisation, partialité, etc.) ont accompli leurs rôles auprès d’une grande partie de l’opinion publique, avec toutefois une place de plus en plus importante accordée aux réseaux sociaux [19] – plus spécifiquement Twitter et Facebook – pour diffuser rapidement et massivement les infos-récits jouant très fortement sur la corde émotionnelle [20] et favorisant donc les réactions viscérales, maintenant les esprits bien éloignés de la raison.

 

En définitive, connaître la vérité ne nous a pas été facilité par les mass-médias, et comme dans l’allégorie de la caverne de Platon, l’accès à une perception plus proche de la réalité n’aura été possible que pour les personnes parvenant à s’extraire du carcan médiatique dominant. Encore une fois, il a fallu se diriger vers les médias alternatifs [21] pour trouver une diversité de sources et de points de vue permettant une compréhension plus pertinente de la situation [22], ce qui a fait défaut chez l’énorme majorité des journalistes qui sont restés enfermés dans la bulle de leurs propres certitudes.

L’allégorie de la caverne de Platon, par Pieter Jansz Saenredam (1604). L’allégorie de la caverne est une allégorie exposée par Platon dans le Livre VII de La République. Elle met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l’entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d’objets au loin derrière eux. Elle expose en termes imagés les conditions d’accession de l’homme à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance. [23]

UN SEAU D’EAU FROIDE EN DIRECT SUR LCI… OU L’EXCEPTION QUI CONFIRME LA RÈGLE

Alors qu’en général les voix dissonantes sont noyées dans le flot du discours dominant, il arrive parfois – et même assez rarement pour le souligner, c’est le but de cet article – que les arguments allant à contre-courant du récit officiel soient à ce point aveuglants que même le plus docile des chiens de garde, le plus infaillible des éditocrates [24], le plus expérimenté des journalistes de plateau-télé, se voit obligé – oh crime absolu – de se remettre en question. Ou plutôt de remettre en question la version des choses auquel il avait été soumis et dont il avait participé à la diffusion à grande échelle.

Stupéfaction déconcertée, ahurissement et sûrement quelques gouttes de sueur, c’est le très jouissif spectacle que nous a offert Yves Calvi durant son émission 24 heures en Question diffusée en direct sur la chaîne LCI le 15 décembre 2016 dernier et ayant pour titre Alep : seule au monde [25].

En effet, ce soir-là, alors que la bataille d’Alep concentre toute l’attention médiatique et ne se résume, pour les médias dominants, qu’au bombardement de la ville et au massacre des civils par les troupes de Bachar al-Assad appuyées par l’aviation russe, Yves Calvi (mais cela aurait pu arriver à n’importe quel autre éditocrate, puisqu’ils sont de par nature interchangeables) se voit magnifiquement mis en difficulté journalistique quand tous ses invités sur le plateau, du début à la fin de l’émission, coïncident pour le mettre en porte-à-faux quant à ses convictions au sujet de la situation dans la ville syrienne.

Un grand seau d’eau glacée en direct pour un représentant du discours dominant dont l’ignorance sur le sujet qu’il est censé maîtriser est mise en évidence à la face du monde, une belle claque pour ce porte-voix de la vérité-officielle pour qui le monde paraît s’écrouler tout autour quand ses 4 invités lui jettent la vérité au visage : ses certitudes étaient erronées, les médias ont menti, il y a eu manipulation… Et nous devinons qu’il sait, en son for intérieur, qu’il porte une grande responsabilité, en tant que rouage actif du système.

 

Ses interrogations dubitatives proférées à voix haute traduisent un désarroi mal maîtrisé et nous, spectateurs, assistons alors à un moment de télévision presque historique : Calvi est obligé d’avaler la pilule rouge de Morphéus et, comme le personnage du film The Truman Show, il assiste à la chute du décor médiatique de la grande supercherie formant la bulle – et le monde – qui l’entoure. 26]

Moments choisis de cette émission qui restera dans les mémoires, du moins nous l’espérons dans celle d’Yves Calvi qui aura peut-être compris pourquoi tant de citoyens se montrent de plus en plus défiants face aux médias.

Les invités de l’émission :

– Frédéric Pons, journaliste, écrivain, spécialiste de géopolitique, professeur à Saint-Cyr et auteur de ’Poutine’ ;

– Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe au journal La Croix ;

– Frédéric Pichon, professeur de géopolitique, spécialiste de la Syrie et chercheur associé à l’université François Rabelais de Tours, auteur de Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé aux éditions du Rocher ;

– et le général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, a dirigé l’école de guerre et auteur de ’La Dernière Bataille de France’ chez Galimard.

1er extrait : « un peu de vrai et beaucoup d’intoxication et de désinformation sur ce qui s’est passé »

En guise d’introduction, Yves Calvi plante son décor : les nombreuses images traumatisantes, la destruction de la ville d’Alep, la préoccupation des Français (et comment ne pas se préoccuper avec le battage médiatique incessant depuis de nombreux mois !?)… mais tout de suite son premier invité, Frédéric Pons, remet les choses en place : « On a assisté en tout cas en occident, en France, aux Etats-Unis en Europe à un déluge de mots extrêmement forts… on a parlé de génocide, massacres à grande échelle, il y a un peu de vrai et beaucoup d’intoxication, beaucoup de désinformation sur ce qui s’est passé… (…) [mais] il y a des précisions qui n’ont pas été données… »

 

Yves Calvi Insiste sur la force des images, « traumatisantes, touchantes, il est normal de ressentir de l’émotion… (…) On va tuer des gens dans les hôpitaux ! ». Frédéric Pons lui répond alors par des mots que les éditocrates n’ont pas l’habitude de se voir jeter à la figure : « intoxication, manipulation »… « On sait aujourd’hui que certaines images ont été manipulées par la propagande islamiste … Nos médias ne l’ont pas dit… » S’en suit un réquisitoire de l’Observatoire syrien des droits de l’homme… Quel culot cet invité, remettre en question une des principales sources des médias dominants depuis le début du conflit !

2nd extrait : « il n’y a pas les bons d’un côté et les mauvais de l’autre »

La parole est ensuite donnée à la rédactrice en chef adjointe de La Croix, qui ne fait pas seulement confirmer les dires de l’intervenant antérieur, se permettant aussi de donner une petite leçon d’objectivité et de professionnalisme au journalisme français : suivi du conflit depuis le début avec des sources sur place, compréhension de la complexité de la situation dont il serait incorrect de vouloir réduire à « les bons d’un côté et les mauvais de l’autre », silence médiatique lorsque Alep ouest était bombardée par les rebelles, et chute du mythe de la « révolution », auquel on a voulu donner une connotation trop romantique en France.

 

Et puis l’Arabie Saoudite commence à être mentionnée, ou plutôt son soutien à des gens « qui n’étaient pas forcement de grands démocrates… »

3ème extrait : « On a éteint la Tour Eiffel pour les djihadistes ! »

Attention ça fait mal : ici Frédéric Pichon explique qu’en réalité les derniers combats menés dans la ville se font contre des rebelles… qui sont en fait des djihadistes. C’est donc pour des djihadistes que la Tour Eiffel a été éteinte symboliquement la veille. Une vérité qui apparaît « très violente » aux yeux de Calvi, « après ce que l’on a cru percevoir pendant des semaines » mais « qui ne me semble pas pouvoir être mis en doute ».

 

Il s’accroche ce bon vieux Calvi, c’est tellement dur d’ouvrir les yeux et d’accepter que l’on a été trompé !

4ème extrait : « Ces djihadistes sont les mêmes que la France combat à Mossoul »

 

En 30 secondes, le général Vincent Desportes met Yves Calvi face à une réalité : les rebelles d’Alep sont des djihadistes, d’ailleurs ce sont les mêmes que la France combat avec ses Rafale à Mossoul !

5ème extrait : « La presse française a été suiviste par rapport à la diplomatie française »

 

Attention, il est ici question du traitement du conflit par les médias français. Parti pris anti-Bachar, suivisme de la diplomatie française, manque d’objectivité… Isabelle de Gaulmyn remet – gentiment – les pendules à l’heure.

6ème extrait : « Les médias dominants ont pris parti contre Assad, ils se sont mis des œillères »

 

Frédéric Pons : « Les médias dominants ont d’emblée pris le parti du camp rebelle contre Assad », ils « se sont mis des œillères et se sont interdit d’aller chercher d’autres sources d’informations que celles données par les djihadistes, (…) des gens qui sont nos ennemis (…) et des experts en désinformation. L’adage est bien connu, dans une guerre la première victime c’est la vérité ».

7ème extrait : « Sur la question du traitement médiatique … il y a eu des exagérations »

Dans cet extrait Yves Calvi sort une perle : voyant que les analyses de ses invités ne vont pas du tout dans le sens de ce qu’il s’attendait à entendre, il prévient sur son plateau : « Je voudrai juste qu’on ne fasse pas la première émission révisionniste de l’histoire récente en Syrie » !

 

Suite à cela, Frédéric Pichon précise assez paternellement que le système médiatique a en fait simplement été une «  victime technique » du conflit, à cause de son incapacité à se rendre sur place.

8ème extrait : Mais qui sont les rebelles ?

 

Dans cet extrait, Yves Calvi se fait répéter par le général Desportes qu’en réalité, ceux qui étaient appelés « les rebelles » sont « globalement » nos adversaires, des djihadistes d’Al Nosra, de la mouvance d’Al Qaïda.

9ème extrait : Une analyse qui a seulement 5 ans de retard !

Dans cet extrait Yves Calvi s’entend dire que les djihadistes d’Alep – que combattent les troupes syriennes au côté des forces russes – sont les mêmes qui ont frappé la France au Bataclan, à Charlie Hebdo, à Nice. Quant à la « Révolution syrienne », il apprend qu’elle a en fait pris fin dès les derniers mois de 2011, suite à quoi des groupes islamistes soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar sont venus se greffer au conflit.

 

En tout ce sont près de 5 ans de retard que le journaliste rattrape en l’espace de quelques minutes !

10ème extrait : Calvi verse dans le complotisme !

Cet extrait de 7 minutes comprend un reportage sur la guerre contre l’Etat Islamique, avec des focus sur les batailles de Raqqa, de Mossoul et de Palmyre. Et au sujet de cette dernière ville deux points de vue sont exposés dans le reportage : d’un côté, « Si Bashar Al Assad avait voulu livrer des armes à l’Etat Islamique il n’aurait pu mieux s’y prendre ». De son côté, « L’Etat-major Russe fait porter la responsabilité de cette déroute aux Américains. » Et le porte-parole du Ministère russe de la défense de déclarer : « A propos de la situation à Palmyre l’EI a pu redéployer ses forces pour reprendre la ville car les Etats-Unis et la Coalition Internationale ont totalement suspendu leurs activités militaires contre eux à Raqqa depuis le printemps dernier ».

Les reporters n’iront pas plus loin dans le reportage, mais pour Calvi, tout est clair comme de l’eau de roche : « On s’arrête sur la situation à Palmyre, la phrase clé de ce reportage c’est : « Si Bashar Al Assad avait voulu livrer des armes à l’Etat Islamique il ne se s’y serait pas pris autrement », qu’est-ce que vous en pensez ? »

Frédéric Pons : « Ce qui compte c’est que les colonnes islamistes sur ces terrains dégagés ont pu progresser (…) alors que la maîtrise du ciel par les avions et les drones est totalement sous le contrôle des Américains ou de la coalition internationale. Comment se fait-il que, comme en 2015 quand les Islamistes avaient déjà pris Palmyre, que leurs convois n’aient pas été détectés, que l’on ait laissé faire, il y a une grande interrogation et pour ma part je n’ai pas la réponse. » (…)

Quoi ? Les Américains et la coalition internationale auraient donc une part de responsabilité dans la reprise de Palmyre ?

Yves Calvi : « On peut imaginer que certains rêvent que l’on retrouve Palmyre en ruine pour remobiliser contre les rebelles, et retourner encore une fois de plus l’opinion ? Enfin je veux dire tout est possible… »

Frédéric Pichon : « Ça s’appelle du complotisme ça ! ».

Moment culte.

L’émission se termine.

 

Un grand merci aux invités, nos félicitations à Yves Calvi qui a inventé l’eau chaude en direct et pour notre plus grand bonheur.

Une semaine après… ’Roulage dans la farine et falsification complète de la réalité’

 

Pourtant, il faudra encore une semaine pour que Yves Calvi découvre définitivement le pot aux roses, dans la même émission [27] mais en recevant cette fois le Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, Eric Denécé.

Après lui avoir rappelé le double jeu de notre allié l’Arabie Saoudite, qui combat le terrorisme tout en le finançant, Eric Denécé détricote la vision du monde de Calvi, non sans provoquer sa stupeur : « Vous comprenez que c’est incompréhensible pour la plupart de ceux qui nous écoutent, c’est à la fois énorme, monstrueux, contradictoire et difficile à accepter », s’inquiète-t-il.

Et Denécé de remuer le couteau dans la plaie : A Alep, « on est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme », explique l’ancien officier et ex-professeur au collège interarmées, « La population française de plus en plus en prend conscience, [même si] nos élites et nos gouvernants restent bloqués. »

« On se fait rouler dans la farine avec Alep ? », s’exclame alors Yves Calvi ! Et le spécialiste du renseignement de lui confirmer sobrement : « On se fait rouler dans la farine avec Alep » !

 

Extrait :

Conclusion : la mort d’un système ?

Qu’est ce qui est le plus triste dans toute cette histoire ? La nullité journalistique de nos éditocrates ? [28] Comprendre qu’ils sont sincères dans leur incompréhension de la réalité et en fait les premières victimes d’un système médiatique dominant dont l’efficacité repose justement sur cette capacité à s’auto-conforter dans le mensonge et la supercherie, trompant ainsi encore plus efficacement les autres ? Comment lutter face à un monstre de cette nature ?

Plus que jamais, la critique et la refonte de l’espace médiatique représentent un combat politique et social central, nécessaire, idéologique dans la mesure où l’information – qui mérite une place de premier plan en tant que bien commun dans toute société démocratique – ne peut être considérée comme une simple marchandise aux mains du privé. Étant à la base de ce qui devient notre vision du monde, les enjeux de l’information sont bien trop importants pour qu’on se permette de les traiter à la légère. Qui plus est pour un pays comme la France, membre du cercle restreint des grandes puissances de ce monde, siégeant au Conseil de Sécurité de l’ONU, détenteur de l’arme atomique et d’une force de projection militaire quasi-globale.

Aujourd’hui pour la Syrie, et demain, pour quel conflit serons-nous « roulés dans la farine » ?

 

Alors que nous entrons officiellement dans l’ère de la poste-vérité – dans laquelle les faits comptent moins que l’émotion ’alimentée par la montée en puissance des réseaux sociaux en tant que source d’information et la méfiance croissante vis-à-vis des faits présentés par l’establishment’ [29] – et que les « fake news » affolent de plus en plus l’ordre établi [30], la remise en question et l’autocritique des médias dominants est tout aussi pathétique [31] qu’effrayante : dénonçant la paille dans l’œil du voisin sans voir la fiole contenant de l’anthrax dans le sien, le système oublie facilement qu’il a été le vecteur d’intoxications massives ayant provoqué des millions de morts. [32] Il en porte historiquement le fardeau, et le sang.

Le 5 février 2003, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell brandit à la tribune de l’ONU une fiole censée contenir de l’anthrax, une preuve, selon lui, que le régime de Saddam Hussein détient des armes de destructions massives, argument qui servira à lancer une guerre internationale contre l’Irak. Il reconnaîtra quelques années plus tard avoir menti.

Comme le rappelle le journaliste Pierre Rimbert, l’hypocrisie du système médiatique n’a pas de limites :

« C’est entendu : avant l’entrée en campagne de M. Trump, la démocratie et la vérité triomphaient. Certes, les médias vivaient grâce à la publicité qui promet le bien-être aux buveurs de Coca-Cola, et relayaient les « actualités » fabriquées par des agences de communication. Mais les « fausses nouvelles » s’appelaient « informations », puisqu’elles étaient publiées de bonne foi par des journalistes professionnels.

Ceux qui trompaient la Terre entière en décembre 1989 avec les faux charniers de Timişoara, en Roumanie ; ceux qui diffusaient sans vérification, en octobre 1990, la fable des soldats irakiens détruisant des couveuses à la maternité de Koweït afin de préparer l’opinion à une intervention militaire ; ceux qui révélaient à la « une » du Monde (8 et 10 avril 1999) le plan « Fer à cheval » manigancé par les Serbes pour liquider les Kosovars — une invention des services secrets allemands destinée à légitimer les bombardements sur Belgrade. Sans oublier les éminences du New York Times, du Washington Post ou du Wall Street Journal qui relayèrent en 2003 les preuves imaginaires de la présence d’armes de destruction massive en Irak pour ouvrir la voie à la guerre. » [33]

Et peu à peu, année après année, c’est le nombre de citoyens perdant totalement la confiance en ces éditocrates qui va en augmentant. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Et certains observateurs avisés d’annoncer :

« Un système qui, le lendemain de l’élection de Donald Trump, fait commenter l’événement par Christine Ockrent – sur France Culture… – et le surlendemain par BHL interviewé par Aphatie, n’est pas seulement aussi absurde qu’un problème qui voudrait donner des solutions : c’est un système mort. » [34]

Alors, s’il est vraiment mort, puisqu’il apparaît clairement que « les leçons des erreurs passées » n’ont toujours pas été tirées [35], fatalement surgit le besoin pressant de se poser la question : qu’attend-t-on pour refermer le cercueil ?

Luis Alberto Reygada – Le Grand Soir.

@la_reygada – la.reygada@gmail.com

NOTES :

[1] D’autres conflits comme ceux en cours au Yémen, au Soudan du Sud ou au Mexique, ne retiennent pas -curieusement- l’attention politico-médiatique. Ils causent pourtant aussi des milliers de victimes par an ; citons quelques chiffres pour illustrer la situation au Mexique et sa « guerre de la drogue » (commencée en 2006) : plus de 120 000 morts, 1,5 millions de déplacés, plus de 23000 disparus, des centaines de fosses communes, la troisième place au niveau mondial pour les journalistes assassinés (après l’Irak et l’Afghanistan). Au Yémen, le conflit en cours depuis deux ans a déjà causé la mort d’au moins une dizaine de milliers de civils dont au moins 4000 en raison de bombardements… menés par l’Arabie Saoudite et le Qatar, appuyés par les États-Unis, soit tous des « alliés » de la France. Il n’y aura donc pas de campagne médiatique promouvant l’indignation pour ce pays, même si 14 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire et 2,2 millions d’enfants y souffrent de malnutrition aigüe, selon l’UNICEF.

[2] Pour rappel, le très bon exemple de la Une du Figaro du 1er juin 2011 annonçant « La France accuse Kadhafi d’avoir tué 10.000 libyens »… information qui sera démentie le jour même par le Ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, en direct sur France Culture. Voir Propagande de guerre : quand Le Figaro ment en première page (Libye – 2011), http://telegra.ph/Propagande-de-guerre-quand-Le-Figaro-ment-en-premi%C3%A8re-page-Libye—2011-01-05.

[3] Voir Les médias, un instrument de diplomatie publique ?, Cyril Blet, Revue internationale et stratégique – 2010/2 (n° 78) – https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2010-2-page-119.htm

[4] Voir Le contrat d’objectifs et de moyens 2016-2020 entre l’État et France Médias Monde – Rapport d’information de Mme Joëlle GARRIAUD-MAYLAM, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées n° 147 (2016-2017) – 24 novembre 2016 – Sénat – http://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-147-notice.html.

[5] Dans le remarquable ouvrage La fabrication du consentement, Noam Chomsky et Edward Herman ont méticuleusement analysé et expliqué le fonctionnement structurel des médias dominants, condamnés à « ne travailler que dans le cadre de limites définies et à relayer, pour l’essentiel, les informations fournies par les élites économiques et politiques, les amenant ainsi à participer plus ou moins consciemment à la mise en place d’une propagande idéologique destinée à servir les intérêts des mêmes élites. » Voir Lire : La fabrication du consentement, de Noam Chomsky et Edward Herman (un extrait), ACRIMED, novembre 2008 – http://www.acrimed.org/Lire-La-fabrication-du-consentement-de-Noam-Chomsky-et-Edward-Herman-un-extrait. Pour un panorama français des médias dominants, voir l’illustration Médias français : qui possède quoi ?, Le Monde Diplomatique/ACRIMED, décembre 2016 – http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA_affiche.

[6] Voir Les grandes manœuvres de concentration multimédia : comment et pourquoi ?, par Benjamin Lagues, Denis Perais, Martin Coutellier , Sophie Muret, (ACRIMED), janvier 2016 – http://www.acrimed.org/Les-grandes-manoeuvres-de-concentration-multimedia-comment-et-pourquoi, et Concentration des médias (2) : convergences et dépendances, (mêmes auteurs), mars 2016 – http://www.acrimed.org/Concentration-des-medias-2-convergences-et.

[7] La circulation circulaire de l’information dénonce un phénomène journalistique qui est devenu la norme : les informations diffusées par les médias sont très souvent des informations produites par d’autres médias (les journalistes se lisent entre eux), contribuant à l’uniformisation de l’information. Voir Sur la télévision, Pierre Bourdieu – Raisons d’agir, p.22 sq. – http://www.raisonsdagir-editions.org/catalogue/sur-la-television/.

[8] Le poids du lobby de l’armement n’est absolument pas négligeable pour un pays comme la France, dont l’industrie de la défense (environ 10 grands groupes et plus de 4000 PME représentant plus de 165,000 emplois locaux et 16,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015) a le vent en poupe avec des prévisions très favorables puisque notre pays va passer en 2018 ’de la troisième à la deuxième place mondiale des exportateurs d’équipements de défense, devançant la Russie pour la première fois depuis des décennies’ – http://www.challenges.fr/entreprise/defense/comment-la-france-est-redevenue-un-gros-bras-des-ventes-d-armes_443790 – http://www.defense.gouv.fr/dga/industrie2/industrie.

[9] Des médias dont le sérieux n’est plus à démontrer avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme il y a déjà plusieurs années. Dans l’article Syrie, champ de bataille médiatique publié dans le numéro de septembre 2012 du mensuel Le Monde Diplomatique, les journalistes Antonin Amado et Marc de Miramon dénonçaient déjà « la manière dont certains médias relaient, sans les vérifier, les communiqués de tel ou tel groupe d’opposition et occultent le jeu de puissances comme l’Arabie saoudite, les Etats-Unis ou la Turquie, relèv[ant] plus de la propagande que de l’information. » – https://www.monde-diplomatique.fr/2012/09/AMADO/48102

[10] Mais la guerre froide avait-elle vraiment cessé ? Faut-il rappeler que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord n’a eu de cesse de s’étendre vers la frontière russe et ce dès la chute de l’Union Soviétique, rompant la promesse américaine faite en 1990 de ne pas s’étendre vers l’Europe de l’Est ? L’OTAN, qui comptait 16 Etats membres en 1990, en compte aujourd’hui 28.

[11] L’exercice militaire de l’OTAN « Anaconda » qui s’est déroulé en juin dernier au nord de la Pologne, pour « consacrer le renforcement de la présence de l’Otan en Europe de l’Est », a compté sur la participation d’un total de 31.000 soldats provenant de 24 pays, dont 19 pays de l’Otan ainsi que de pays associés à l’Alliance dans le cadre du « Partenariat pour la Paix », telle l’Ukraine. Voir Anaconda contre ’Union des Rouges’ : grosses manoeuvres occidentales face à la Russie, 07/06/2016, AFP – http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/anaconda-contre-union-des-rouges-grosses-manoeuvres-occidentales-face-a-la-russie_1799837.html.

[12] Voir Les dérives antirusses du Monde, par Pascal Boniface, décembre 2016 – http://www.iris-france.org/85362-les-derives-antirusses-du-monde/.

[13] Voir Un Œil sur la planète. Syrie : le grand aveuglement, France 2, Présenté par Samah Soula (février 2016) – http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/un-oeil-sur-la-planete/un-oeil-sur-la-planete-du-jeudi-18-fevrier-2016_1310651.html.

[14] Une position complètement anti-diplomatique, soit-dit en passant. En effet, la Charte des Nations Unies, qui constitue un instrument de droit international auquel les États Membres sont liés, codifie les grands principes des relations internationales parmi lesquels figurent l’obligation de privilégier le règlement des conflits par voie de négociation, de médiation ou par d’autres moyens pacifiques, ainsi que l’interdiction de recourir à la menace ou à l’emploi de la force dans ces relations (voir : http://www.un.org/fr/charter-united-nations/index.html). La position de Laurent Fabius et de François Hollande, qui faisaient du départ du président Bachar al-Assad un préalable dans la résolution de la crise syrienne, a été depuis le début incompatible avec ces principes, diplomatiquement inefficace et stratégiquement absurde.

[15] L’exemple illustrant le mieux cette situation restera sans doute le témoignage de la journaliste indépendante Eva Bartlett durant la conférence de presse organisée par la Mission permanente de la République syrienne auprès de l’ONU (voir ONU : une journaliste démonte en deux minutes la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie, RT en français, 13/12/2016 – https://francais.rt.com/international/30587-onu-journaliste-dement-rhetorique-presse-syrie), qui sera prise à partie par de nombreux journaux occidentaux (par exemple Libération : voir Propagande prorusse sur Alep : qui est cette « journaliste indépendante » qui cartonne sur le Web ? 15/12/2016 – http://www.liberation.fr/desintox/2016/12/15/propagande-prorusse-sur-alep-qui-est-cette-journaliste-independante-qui-cartonne-sur-le-web_1535499), entraînant une réponse ironique de la chaîne d’information internationale russe RT (Libération, outré par le succès d’une journaliste qui démonte le discours officiel sur Alep, RT en français, 17/12/2016 – https://francais.rt.com/france/30782-liberation-a-son-tour-outre-succes-video-journaliste-demonte-recit-traditionnel-alep) ainsi qu’une mise au point de la journaliste en question (Les médias contre la réalité en Syrie – Eva Bartlett parle à RT, Youtube, 19/12/2016 – https://www.youtube.com/watch?v=D5OW2tuoS3Q).

[16] Syrie : la fin de la bataille d’Alep laisse craindre un massacre », dépêche de l’AFP revue par deux journalistes du Figaro (12/12/2016) http://premium.lefigaro.fr/international/2016/12/12/01003-20161212ARTFIG00291-la-bataille-d-alep-touche-a-sa-fin-la-france-lance-un-ultimatum-humanitaire.php.

[17] Alep, tombeau du droit international, de l’ONU, du minimum de décence et d’humanité, éditorial du Monde du 13/12/2016, http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/12/13/l-ordre-ignominieux-d-alep_5048126_3232.html?xtmc=alep&amp ;xtcr=9.

[18] « La chute d’Alep, c’est la victoire de la propagande complotiste », par Marie Peltier (Historienne, chercheuse et enseignante à l’Institut de pédagogie de Bruxelles), Le Monde (14/12/2016), http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/12/14/la-chute-d-alep-c-est-la-victoire-de-la-propagande-complotiste_5048524_3232.html. L’auteure s’en prend au « récit falsifié » dont la civilisation occidentale serait la victime et avertit de la nécessité de « barrer la route à cette ère de la propagande et de la confusion ». Evidemment, ici la propagande est un procédé utilisé exclusivement par l’Autre, jamais par son propre camp.

[19] Samantha Power, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, ira jusqu’à utiliser des extraits de messages postés sur les réseaux sociaux lors d’une de ses interventions au Conseil de Sécurité (voir [Alep] Une source des Américains à l’ONU : Twitter ! – lescrises.fr, 16/12/2016 – http://www.les-crises.fr/alep-une-source-des-americains-a-lonu-twitter/).

[20] Avec par exemple l’histoire de la petite « Anne Frank d’Alep » (voir Bana, la fillette d’Alep qui émeut le monde sur Twitter, serait en vie, L’Obs, 06/12/2016 – http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/guerre-en-syrie/20161206.OBS2279/bana-la-fillette-d-alep-qui-emeut-le-monde-sur-twitter-serait-en-vie.html), ou l’organisation des « Casques blancs » syriens (voir Cri d’alarme des Casques Blancs syriens à Alep, AFP, 08/12/2016 – https://fr.news.yahoo.com/cri-dalarme-casques-blancs-syriens-%C3%A0-alep-154320170.html).

[21] Je renvoie à la définition de Wikipédia : Les médias alternatifs sont des médias qui véhiculent des informations alternatives aux médias de masse commerciaux ou étatiques. Souvent gratuits ou sans publicité, ils se présentent comme des médias citoyens différents des grands groupes de presse, à la ligne éditoriale différente, s’opposant de cette façon aux médias de masse. Ils offrent des informations qui se veulent à contre-courant des tendances dominantes. Ils se situent généralement à la marge du spectre politique classique, dans le monde de l’économie sociale et solidaire, de l’extrême droite, de l’extrême gauche, etc. – https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dia_alternatif

[22] Nous pourrions citer quelques exemples comme Le Grand Soir (« journal militant d’information alternative » – https://legrandsoir.info/), Les Crises (« des images pour comprendre » http://www.les-crises.fr/), Investig’Action (« l’info n’est pas un luxe, c’est un droit » http://www.investigaction.net/) ou encore Mondialisation (« centre de recherche sur la mondialisation » http://www.mondialisation.ca/), des sites qui revendiquent avant tout la promotion de l’esprit critique et l’invitation à s’informer autrement, notamment en variant les sources et en diffusant des traductions en français d’articles publiés à l’étranger, à contre-courant des informations relayées par nos médias de masse. Quelques exemples d’articles proposant une approche différente au discours officiel : Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (the Independent) (https://www.les-crises.fr/il-y-a-plus-dune-verite-a-raconter-dans-la-terrible-histoire-dalep-the-independent/), La guerre tweetée de Syrie a-t-elle aussi détruit le journalisme ? (Palestine Chronicle) (https://www.legrandsoir.info/la-guerre-tweetee-de-syrie-a-t-elle-aussi-detruit-le-journalisme-palestine-chronicle.html).

[23] Voir la fiche Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_caverne.

[24] Au sujet des éditocrates, voir Les éditocrates ou les prescripteurs d’opinion, ACRIMED, 02/12/2016 – http://www.acrimed.org/Jeudi-d-Acrimed-Les-editocrates-ou-les-prescripteurs-d-opinion-10-decembre et La meute des éditocrates, Henri Maler (ACRIMED), 06/12/2016 – http://www.acrimed.org/La-meute-des-editocrates.

[25] 24 heures en Question – Alep : seule au monde, LCI (15/12/2016) – http://www.lci.fr/replay/replay-24-heures-en-questions-du-15-decembre-2016-alep-seule-au-monde-2017629.html.

[26] L’image est tirée de l’article Médias et Information : il est temps de tourner la page, Viktor Dedaj (Le Grand Soir), juillet 2012 – https://www.legrandsoir.info/medias-et-information-il-est-temps-de-tourner-la-page.html, dont nous ne pouvons que recommander très fortement la lecture salutaire.

[27] 24 Heures en Questions – L’invité , LCI (21/12/2016) – http://www.lci.fr/politique/eric-denece-etait-l-invite-de-yves-calvi-2018520.html.

[28] Voir Critique des médias, vingt ans après, Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, décembre 2016 – http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/RIMBERT/56929.

[29] Voir ’Post-vérité’, le mot de l’année selon le dictionnaire Oxford, AFP (16/11/2016) – http://www.lepoint.fr/culture/post-verite-le-mot-de-l-annee-selon-le-dictionnaire-oxford-16-11-2016-2083387_3.php

[30] Le débat suscité par les fake news ouvre la porte à une nouvelle ère extrêmement trouble pour nos sociétés, avec des remèdes qui pourraient se révéler bien pires que les maux originels. En effet, le spectre du Big Brother de 1984, de George Orwell, prend une forme de plus en plus claire dans nos vies, mais avançant à pas feutrés, il s’installe comme une évidence dans le paysage de nos démocraties. Quelques articles pour approfondir sur ces sujets, d’extrême importance à nos yeux : Critiqués après l’élection américaine, Google et Facebook s’attaquent aux faux sites d’informations, France Info avec AFP (16/11/2016) – http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/critiques-apres-l-election-americaine-google-et-facebook-s-attaquent-aux-faux-sites-d-informations_1923211.html ; Google and Facebook Take Aim at Fake News Sites, New York Times (14/11/2016) – http://www.nytimes.com/2016/11/15/technology/google-will-ban-websites-that-host-fake-news-from-using-its-ad-service.html ; How to spot lies, ’fake news’ and propaganda, AP (16/12/2016) – https://apnews.com/fa3938645328428ea0487290679bca5c/How-to-spot-lies,-’fake-news’-and-propaganda ; Guerre de l’information : Facebook accepte de confier le contrôle de ses contenus à des tiers, RT en français (16/11/2016) – https://francais.rt.com/international/30749-guerre-information-facebook-controle ; Facebook, Twitter… La douane américaine invite les touristes à déclarer leurs comptes, Le Figaro (28/12/2016) – http://premium.lefigaro.fr/international/2016/12/27/01003-20161227ARTFIG00136-facebook-twitter-la-douane-americaine-invite-les-touristes-a-declarer-leurs-comptes.php.

[31] Pour l’establishment « les gens vont devoir commencer à traiter les contenus numériques avec plus de scepticisme », sans pour autant remettre en question les contenus diffusés par les médias dominants, ou le fait que celui-ci participe aussi à la « mal-information ». Voir Post-vérité : « Les gens vont devoir commencer à traiter les contenus numériques avec plus de scepticisme », Tolly Tailor, Libération (28/12/2016) – http://www.liberation.fr/planete/2016/12/28/post-verite-les-gens-vont-devoir-commencer-a-traiter-les-contenus-numeriques-avec-plus-de-scepticism_1537867. De son côté, Le Monde oublie de montrer du doigt la part de faute revenant aux médias, mettant sur un pied d’égalité journalistes et lecteurs/citoyens. Tous sur le même bateau, oui, mais qui tient la barre ? Voir Les risques de la société « post-vérité », éditorial du Monde (02/01/17) – http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/01/02/les-risques-de-la-societe-post-verite_5056533_3232.html.

[32] Voir Mensonges d’Etat, Ignacio Ramonet, Le Monde Diplomatique (juillet 2003) – http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193.

[33] Voir Les chauffards du bobard, Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique (janvier 2017) – http://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/RIMBERT/56980.

[34] Politique post-vérité ou journalisme post-politique ?, Frédérique Lordon, Blog du Monde Diplomatique (22/11/2016) – http://blog.mondediplo.net/2016-11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post.

[35] « ’Traitement exemplaire’ et ’On a tiré toutes les leçons de nos erreurs passées’ constituent les formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre. (…) Exemples à l’appui, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l’information du public tout au long des quinze dernières années – et continuent de le faire. Ce qu’il décrit, loin de constituer une collection d’exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme. » Quatrième de couverture de l’ouvrage L’opinion ça se travaille… les médias et les guerres justes, Serge Halimi et Dominique Vidal avec Henri Maler. Voir (Re)lire : « L’opinion, ça se travaille », ACRIMED (16/10/2013) – http://www.acrimed.org/Re-lire-L-opinion-ca-se-travaille-Les-medias-et-les-guerres-justes.

Source:https://www.legrandsoir.info/desinformation-et-falsification-de-la-realite-syrie-un-editocrate-seul-au-monde-sur-lci.html

 

 

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La Russie s’inquiète de la censure sur le MH17 – Le matériel des journalistes néerlandais confisqué

La Russie craint que les résultats de l’enquête sur le crash de l’avion malaisien dans l’Est de l’Ukraine en 2014 soient censurés et échouent à atteindre un large public, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova. La diplomate russe a fait cette déclaration après que les autorités néerlandaises aient saisi les preuves matérielles que les journalistes avaient trouvées sur le site du crash de l’avion.

D’après la porte-parole, des débris de l’avion « sont toujours là, sur le lieu de la tragédie, et ne sont pas inspectés par le groupe d’enquête conjoint mené par le bureau du procureur néerlandais. »

« Nous disons depuis plus de deux ans, depuis la date de la tragédie, que des fragments très importants du fuselage de l’avion n’ont pas été récupérés afin que le groupe d’enquête puisse travailler dessus, » a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

« Désormais, cela a également été découvert par des journalistes du pays qui a pris en charge la supervision de cette enquête. Nous craignons que ces informations ne parviennent pas à toucher le grand public aux Pays-Bas et en Europe, parce que ces documents peuvent être censurés. De telles craintes existent et j’espère que cela n’aura pas lieu, » a déclaré la diplomate russe.

« Ce que l’on peut clairement voir lors de cet incident, c’est la nervosité des fonctionnaires de La Haye vis à vis de toute preuve du travail incohérent du groupe d’enquête, et le nombre de ces preuves augmente, » a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

« Il y a des craintes évidentes que leur travail puisse en effet être reconnu comme n’étant pas très efficace, et maintenant la partie néerlandaise est prête à brider ses journalistes qui essaient simplement de découvrir la vérité et d’accomplir leur devoir professionnel, » a déclaré la diplomate russe.

Agence DONi News / Traduction depuis l’anglais par Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/russia-concerned-about-mh17-censorship-dutch-journalists-material-confiscated/

 

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Preuve audio : John Kerry confirme en privé soutenir et armer Daesh

Le New York Times a publié le 30 septembre 2016 des extraits de l’enregistrement audio d’une conversation entre le secrétaire d’État, John Kerry, et des membres de « l’opposition » syrienne. La conversation a eu lieu le 22 septembre 2016, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. On l’y entend déplorer que le Congrès US refuse d’envoyer des hommes renverser la République arabe syrienne et conseiller aux opposants de se trouver une autre puissance militaire pour faire le travail à leur place et les porter au pouvoir.

Les extraits choisis par le New York Times laissaient comprendre que le département d’État ne pouvait plus soutenir la Coalition nationale de l’opposition et lui demandait de se tourner vers d’autres sponsors.

L’enregistrement complet de 36 minutes a été publié, le 1er janvier 2017, par The Last Refuge [1]. Il modifie totalement le sens de la conversation et atteste par conséquent que le choix des extraits initialement publiés par le New York Times visait en réalité non pas à accuser l’administration Obama, mais à la protéger.

Dans l’enregistrement complet, on entend le secrétaire d’État
 confirmer que le but stratégique de la guerre menée depuis 2011 par l’administration Obama contre la République arabe syrienne est de renverser le régime.
 Confirmer que l’administration Obama espérait que Daesh serait en mesure de renverser à sa place la République arabe syrienne.
 Confirmer que l’administration Obama a approvisionné Daesh en armes pour qu’il renverse la République arabe syrienne.

Cet enregistrement met fin au mythe de la prétendue révolution syrienne aussi bien qu’à celui de la lutte de l’Occident contre Daesh. Il permet de mieux comprendre les tensions au sein de l’administration Obama et la démission du général Michael Flynn. En droit international, le soutien à Daesh viole plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et constitue un crime contre l’Humanité.         

 [1] “Absolutely Stunning – Leaked Audio of Secretary Kerry Reveals President Obama Intentionally Allowed Rise of ISIS…”, The Last Refuge (The Conservative Tree House), January 1, 2017.

 

Source: http://www.voltairenet.org/article194918.html

Clooney et les Casques blancs: acteur naïf ou idiot utile ?

George Clooney, un des acteurs les plus rentables du cinéma de Hollywood, un homme dont les visées présidentielles ainsi que l’inimitié pour Donald Trump sont évidentes, vient d’annoncer son projet de tourner un film en l’honneur des Casques blancs en Syrie. Pour le public moyen abreuvé de propagande, les Casques blancs sont des héros qu’on ne présente plus. Se trouvant toujours dans des zones contrôlées par la soi-disant « opposition modérée » au régime de Bachar el-Assad, en fait une bande de terroristes patentés comme EI ou le groupe terroriste auparavant appelé Jabat al-Nosra, les Casques blancs ont été hissés au pinacle comme étant les prétendus sauveurs du peuple syrien contre la bestialité du « dictateur sanguinaire et brutal » Bachar el-Assad.

La réalité se trouve être très différente de ce tableau idyllique, et ne prendrait à Clooney que quelques minutes pour la découvrir, si seulement il se donnait la peine de consulter internet, ou de faire quelques recherches, ce qu’il a peut-être fait, ou pas. S’il n’a pas fait les recherches préalables à son projet cinématographique, cela fait de lui un naïf, ce qui signifie qu’il a été manipulé pour apporter son soutien à un groupe terroriste contre un gouvernement démocratiquement élu, un groupe terroriste dont l’objectif est de protéger et de soutenir des crimes commis par des mercenaires étrangers.

Cela semble un peu sévère ? Cela ne vous semblera probablement pas assez sévère lorsque nous aurons fini de développer.

L’autre explication possible est bien sûr celle selon laquelle Clooney, ce faisant, achète son ticket d’entrée en politique en faisant « copains comme cochons » avec les mêmes groupes néo-conservateurs qui ont créé les Casques blancs, utilisé les mêmes organisations de façade, partagé les mêmes origines – comme nous allons le démontrer – que celles employées pour fomenter les révolutions de couleur qui se sont révélées être des désastres pour les pays concernés. Selon Vanessa Beeley, de Global Research, la fable la plus répandue par les médias occidentaux est la suivante :

« Les Casques blancs sont composés d’anciens boulangers, de maçons, de chauffeurs de taxis, d’étudiants, de professeurs, en fait tous ont en commun de n’avoir jamais travaillé dans l’humanitaire », si l’on en croit la sempiternelle rengaine de leur formateur, l’ancien soldat britannique et aujourd’hui employé d’USAR (Urban Search & Rescue), James Le Mesurier. Il est spécialiste en sous-traitance de conflits militaires et autres opérations de sécurité privatisée, telles qu’elles ont été rendues célèbres par des entreprises privées comme Blackwater (aujourd’hui rebaptisée Academi) et DynCorp, et autres célèbres fournisseurs d’assassins-à-louer et sous-traitants de la CIA.
Sous-traiter ses opérations à Blackwater a permis à la CIA de faire enlever des gens, voire de les faire assassiner, sans que personne dans le gouvernement ne soit directement responsable. – The Atlantic, 2012

Le Mesurier,  fondateur des Casques blancs, diplômé de l’Académie militaire royale de Sandhurst (équivalent anglais de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, NdT), serait un ancien officier du renseignement militaire qui aurait été envoyé sur un certain nombre de théâtres d’« interventions humanitaires » menées par l’Otan, incluant la Bosnie, le Kosovo, l’Irak, ainsi que des détachements au Liban et en Palestine. Il se targue aussi d’avoir occupé des postes de prestige à l’ONU, dans l’UE et au Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni. Tout ceci sans compter ses relations à la tristement célèbre société Blackwater (Academi).

Beeley ajoute, en citant ses propres expériences sur le terrain en Syrie avec les Casques blancs :

« Ils prétendent « n’être liés à aucun parti politique ni en Syrie ni ailleurs », et pourtant ils travaillent de concert avec le Front al-Nosra, l’EI et sont affiliés avec la plupart des groupes terroristes alliés des États-Unis qui infestent la Syrie. À ce sujet, lors de mon récent voyage en Syrie, j’ai une fois de plus été choquée par la réponse de la majorité des Syriens lorsque je leur demandais s’ils savaient qui étaient les Casques blancs. La plupart des Syriens n’en ont jamais entendu parler, quant à ceux qui suivent un peu les médias occidentaux, ils expliquent qu’ils sont « une créature de l’Otan dont le but est d’infiltrer la Syrie pour jouer un rôle prédominant dans l’infrastructure de soutien aux terroristes ».

Un des principaux problèmes dans ce qui a été appelé à tort « la guerre civile syrienne », et qu’on devrait appeler plus simplement une invasion de la Syrie par des forces auxiliaires de l’Otan, a été l’utilisation à grande échelle des ONG (organisations non gouvernementales) pour assurer le déplacement de djihadistes dans le monde entier, leur assurer un ravitaillement en armes, et couvrir leurs exactions par de la désinformation. Les Casques blancs ont été partie prenante à toutes ces activités, mais, en toute honnêteté, il faut reconnaitre qu’ils n’ont rien d’une ONG. On peut lire dans 21st Century Wire :

« Il s’agit d’une soi-disant ONG, qui a jusqu’à présent bénéficié d’un financement direct d’au moins trois gouvernements de pays membres de l’Otan, dont 23 millions de dollars des États-Unis, 29 millions du Royaume-Uni, 4,5 millions du gouvernement hollandais. De plus, cette « ONG » reçoit une assistance technique et matérielle financée par divers états de l’UE. »

Compte tenu du fait qu’une simple enquête de routine établirait que les Casques blancs sont financés exactement de la même manière que la plupart des façades utilisées par les agences de renseignement dans le monde entier, le Secrétaire général des Nations-Unies a été prié de demander des explications sur le statut d’ONG des Casques blancs.

Un certain nombre de questions nouvelles viennent sur le tapis lorsqu’on s’aperçoit avec quelle facilité ces Casques blancs parviennent à travailler main dans la main avec les « groupes d’opposition » en Syrie qui, depuis le début de l’année 2014, ont fait cause commune avec Al-Qaïda après une période de luttes intestines. L’« opposition modérée », sous contrôle non terroriste n’est réapparue que récemment, et uniquement au nord d’Alep, apparemment sous le commandement direct de l’armée turque, et son rôle principal serait de combattre des groupes armés kurdes hostiles à l’EI. Le puzzle commence à prendre forme ? Si vous répondez par l’affirmative, il semble que vous soyez l’un des seuls à comprendre.

Les Casques blancs sont en fait dirigés par un terroriste, ce qui pourrait bien expliquer pourquoi ils s’entendent si bien avec les autres terroristes, et pourquoi ils sont capables d’agir en toute autonomie. Bien sûr, le fait qu’ils continuent de nous « informer » sur les atrocités commises par le « régime », toujours conformément à la rhétorique favorite de l’Ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Samantha Power, n’est que pure coïncidence. Jusqu’à présent, les Casques blancs sont muets au sujet de ce qui se passe autour d’eux, ne voient rien, et ne font qu’« agir héroïquement », pendant que leurs alliés exécutent, devant les yeux du monde entier, des milliers de victimes, exploitent sexuellement des dizaines de milliers de femmes et d’enfants, et aspergent de gaz moutarde et de gaz de chlore les résidents d’Alep-Ouest, encore sous contrôle de l’armée régulière syrienne. La réalité est encore bien pire, mais passons maintenant à Raed Saleh, le meneur de ces Casques blancs. On peut lire dans 21st Century Wire :

« Il y a eu une campagne concertée menée par un groupe de journalistes d’investigation pour révéler au public les vraies origines des agents de la « Défense civile syrienne », connue sous le nom de Casques blancs. Le constat le plus accablant ne vient pas de nous, mais des propres soutiens et financiers des Casques blancs au sein du Ministère des affaires étrangères américain, qui a tenté d’expliquer l’extradition par les États-Unis du célèbre dirigeant des Casques blancs, Raed Saleh, depuis l’aéroport de Dulles le 18 avril 2016 : « Il n’est pas clairement établi si le nom de M. Saleh est apparu sur une base de données, alimentée par une kyrielle d’agences de renseignement et de sécurité, et qui tendent toutes à empêcher des terroristes potentiels de se glisser dans notre pays. » New York Times.

Mark Toner, porte-parole du Ministère des affaires étrangères américain : « Nous agirions de la même manière pour n’importe quel individu, et j’emploie à nouveau ce terme très vague pour des raisons spécifiques, pour n’importe quel individu ou groupe soupçonné de liens ou de relations avec des groupes extrémistes, ou de groupes pour lesquels nous aurions des raisons de croire qu’ils représentent une menace pour les États-Unis. Mais ceci ne représente absolument pas une raison pour nous de rompre par extension tout contact avec le groupe dont cet individu est issu. »

La vrai histoire de Saleh est plus compliquée : né en Israël, Saleh a une longue histoire personnelle d’opposition à ce pays et de participation à des affaires relevant de la justice, particulièrement son attachement à l’anti-sionisme. Il est l’un des plus fervents critiques, en tout cas par le passé, de la politique turque de promotion du sionisme. Saleh s’auto-définit comme un anti-sioniste fanatique, et a parfois également été accusé d’anti-sémitisme.

Comment explique-t-on alors le financement des Casques blancs, ou leur allégeance à des organisations qui combattent le régime de Damas et qui, étrangement, maintiennent des relations amicales à la fois avec Israël et la Turquie ?

Et puis il y a Clooney lui-même, dont l’épouse est une soit-disante défenseur des droits de l’homme. Toutefois, sa liste de clients n’inclut pas que des gens comme Julien Assange, dont les liens avec le Mossad ont été révélés en 2010 par Zbigniew Brzezinski lui-même, mais également l’ancien Premier ministre ukrainien Julia Timochenko, fervent soutien de l’Otan, qui défendait ouvertement une politique de nettoyage ethnique en Ukraine à l’aide d’armes nucléaires.

Il semble que l’engagement de Clooney pour les causes libérales lui ait fait rencontrer plus d’un étrange compagnon de route. Cela dit, le partenaire financier de Clooney est l’Israélien Grant Hezlov, producteur du film à succès anti-iranien Argo, dont de nombreux observateurs estiment qu’il a été tourné en préparation d’une campagne de manipulation de l’opinion publique contre la finalisation d’un accord sur le nucléaire iranien.

Le problème avec Clooney est qu’il a jusqu’à présent su naviguer entre des écueils de ce genre. Jetons un œil conspirationniste sur ces Casques blancs pour un instant. Si on regarde leurs origines, si on considère que Saleh n’est qu’un pantin incohérent du fait du financement évident des Casques blancs par la CIA, et qu’ils ont une fabuleuse relation avec les médias de grand chemin, alors il serait logique que Clooney courre aux abris.

Là aussi, on a toutes les preuves nécessaires pour conclure que quelque chose ne tourne pas rond. Maintenant que les violons sur le « génocide d’Alep » se sont tus et que les médias de grand chemin peuvent se balader tranquillement dans la ville, non pas « reconquise » mais « libérée », et que les observateurs de l’ONU ne vont pas tarder à se rendre sur place avec la bénédiction des Russes, il devrait maintenant être clair dans l’esprit de Clooney que les Casques blancs ne sont pas les héros qu’on nous a décrits.

L’équation à résoudre est d’une simplicité enfantine : si les fables colportées par les médias de grand chemin se sont délitées en à peine quelques jours, que 14 espions étrangers ont été attrapés la main dans le sac en train de superviser le poste de commandement d’Al-Qaïda, et qu’il est prouvé que maintes vidéos d’atrocités sont fausses, alors la fiction que nous ont servi les Casques blancs, cette « organisation non-gouvernementale financée par des gouvernements », est aussi fausse que de la propagande étatique.

Enfin, il y a ces rumeurs selon lesquelles les soutiens logistiques et financiers des Casques blancs auraient fait entrer en Syrie des armes chimiques, et que la journaliste de Press TV, Serena Shimm, aurait été assassinée car sur le point d’éventer la responsabilité de ce groupe dans des meurtres de masse.

En fait, pendant presque quatre ans, la Russie a tenté d’apporter les preuves au Conseil de sécurité de l’ONU pour démontrer que les affirmations de l’« Observatoire syrien pour les droits de l’homme » et des Casques blancs n’étaient en fait que des inventions de ces officines de propagande pro-terroriste  financées par les agences de renseignement occidentales.

Finissons par nous poser la question : qui est Clooney ? Clooney, un libéral charismatique qui n’a pas sa langue dans sa poche, pourrait fort bien se présenter contre Trump aux prochaines élections présidentielles, si l’Histoire était assez cynique pour laisser se passer une chose pareille. Toiletter Clooney dès aujourd’hui pour en faire l’« idiot utile » du Système est le mode opératoire classique du Système pour se perpétuer.

Les admirateurs du « Clooney défenseur de causes diverses » ont pu espérer qu’il critiquerait plus vigoureusement la rhétorique gouvernementale, peut-être pas de la manière dont Trump le fait, mais certainement dans la même direction. Ces admirateurs-là en seront pour leurs frais.

Gordon Duff

Gordon Duff est un vétéran du corps des Marines des États-Unis pendant la Guerre du Vietnam, qui a travaillé pendant des décennies sur les questions relatives au retour des vétérans de guerre à la vie civile, ainsi que sur la question des « prisonniers de guerre ». Il a été consultant de divers gouvernements sur des questions de sécurité. Il est rédacteur en chef et président du conseil d’administration de Veterans Today. Cet article est une exclusivité pour New Eastern Outlook.

Article original paru sur New Eastern Outlook

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Wayan, relu par Cat pour Le Saker Francophone

Source: http://lesakerfrancophone.fr/clooney-et-les-casques-blancs-acteur-naif-ou-idiot-utile

Fanny Ardant, flamboyante face à des journalistes adeptes du point de Godwin

 

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Nous la connaissions pour son immense talent et son franc-parler. Mais c’est aussi une femme que l’on ne peut qu’admirer pour son courage face aux inquisiteurs qui n’admettent aucune déviance de langage quand il s’agit de Poutine ou d’Assad.

 

Dans cette vidéo, c’est un vrai régal que de la voir envoyer paître ces messieurs pétris de certitudes moralisatrices maniant avec dextérité  la diabolisation comparée et les points de Godwin.

Merci à Chantal Dupille de nous avoir signalé cette vidéo.

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine

Par Bruno Guigue 

 

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère.

Pour justifier l'ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l'affabulation et un manque évident d'imagination. Les dirigeants US n'oublient jamais d'inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. Le plus étonnant n'est pas que Washington fasse preuve d'une telle répétition dans son répertoire, c'est plutôt qu'on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d'eux-mêmes. L'analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.

Premier cas d'école, la guerre du Vietnam. En août 1964, le fameux incident du Golfe du Tonkin fait subitement basculer l'opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions nord-vietnamiennes.

A l'époque, la presse occidentale reprend mot pour mot la version officielle, accréditant la thèse d'une agression des forces communistes nord-vietnamiennes qui seraient donc responsables de l'escalade militaire. Pourtant, cette narration de l'incident est totalement fictive. Elle a été fabriquée de A à Z. En réalité, aucune attaque n'a eu lieu. Le « Maddox » était dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et non dans les eaux internationales. Il a bien tiré 350 obus, mais dans le vide, contre un ennemi parfaitement imaginaire, pour faire croire à une attaque. Mais peu importe. Il fallait démontrer l'agressivité criminelle du camp adverse, lui faire porter la responsabilité d'une guerre totale. Elle fera trois millions de morts, et les USA la perdront.

Deuxième cas d'école, la guerre contre l'Irak. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 fournissent à l'administration Bush un prétexte idéal pour lancer une vaste offensive au Moyen-Orient. Elle passe d'abord par la destruction du régime taliban en Afghanistan (pourtant installé avec la bénédiction de Washington), puis par l'attaque contre l'Irak de Saddam Hussein (mars 2003). Privée de toute légitimité internationale, cette agression militaire contre un Etat qui ne menace personne se prévaut, officiellement, d'un double « casus belli ». Bagdad détiendrait des armes de destruction massive représentant un danger mortel pour la sécurité collective, et le régime baasiste fournirait une aide logistique à l'organisation terroriste Al-Qaida.

Comme pour l'incident du Golfe du Tonkin, cette double accusation est une monstrueuse affabulation. On eut beau faire semblant de les chercher, on n'a trouvé aucune arme de destruction massive en Irak, ni aucune connivence entre le régime irakien et l'organisation terroriste fondée par Ben Laden. En revanche, l'implication des services secrets américains et saoudiens dans les attentats du 9/11 est un secret de polichinelle. La version officielle permet donc d'occulter cette responsabilité (qui reste obscure dans ses détails) en se livrant à une inversion accusatoire. Pour justifier la liquidation d'un Etat qui s'oppose à ses ambitions, Washington l'accuse de ses propres turpitudes. Habituée à avaler des couleuvres, la presse occidentale reproduira servilement l'argumentaire contre Bagdad.

Troisième cas d'école, la Syrie. A partir du printemps 2011, une contestation minoritaire et encouragée de l'extérieur, sur le modèle préfabriqué des « révolutions arabes », réclame la destitution du président syrien. Des provocations et des attentats créent un climat de guerre civile, aggravé par l'aide massive que fournissent à la rébellion armée les puissances occidentales et les pétromonarchies du Golfe. Refroidi par les fiascos afghan et irakien, Washington préfère intervenir contre Damas en utilisant des « proxys », des organisations de mercenaires. Mais une partie de l'establishment, acharnée, veut provoquer la chute de Bachar Al-Assad en persuadant Barack Obama d'infliger des frappes aériennes aux forces syriennes.

Pour justifier cette intervention, il faut évidemment un prétexte. On va vite le trouver ! Par l'horreur qu'il inspire, l'usage de l'arme chimique contre des populations civiles constitue le motif idéal. Le 21 août 2013, des images d'enfants gazés dans la banlieue de Damas font le tour du monde. Faute de preuves, les enquêteurs de l'ONU ne désignent aucun coupable. Une étude menée par le prestigieux MIT révélera que cette attaque ne pouvait provenir que des zones rebelles. Mais c'est trop tard. La machine à mensonges tourne à plein régime. Accréditée par Washington, avalisée par ses alliés, la version officielle est reprise par la presse et les ONG subventionnées. Elle devient « la vérité » sur le conflit syrien, le prétexte de l'ingérence étrangère et le faux-nez du néo-colonialisme.

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère. Lyndon Johnson invente des vedettes-lance-torpilles, Colin Powell brandit sa fiole de jus de pomme à l'ONU, Barack Obama désigne le coupable d'une attaque chimique organisée par ses protégés. Tout est bon pour édifier le bon peuple.

 

La formule-clé de cette politique, c'est « mensonge, fausse bannière et vidéos ». Le mensonge est l'élément générateur de la guerre impérialiste, sa matière première, son carburant. La fausse bannière (« false flag ») est son mode opératoire préféré, car il autorise l'inversion accusatoire, l'imputation de ses propres crimes à l'adversaire qu'on veut abattre. Les vidéos, enfin, sont l'instrument de communication qui donne corps à la fable fondatrice. Avec la force persuasive de l'image, avec ses effets de réel, elles permettent de substituer une post-vérité construite à la simple véracité des faits. Ce n'est pas un hasard si le Pentagone a dépensé 500 millions de dollars pour fabriquer de fausses vidéos djihadistes, et si les Casques Blancs, en Syrie, montaient leurs vidéos dans des décors de cinéma.

Manipulations médiatiques : la Serbie hier, la Syrie aujourd’hui

L’interpellation de Ramush Haradinaj ancien Premier ministre du Kosovo et commandant de l’UCK, accusé de crimes de guerre, nous donne l’occasion de revenir sur la couverture médiatique dont avait fait l’objet le conflit au Kosovo. Un conflit qui, au-delà du biais médiatique, présente d’étonnantes similitudes avec la guerre en Syrie.

« Ce personnage est je pense l’un des plus grands criminels de guerre de notre époque troublée », le Colonel Jacques Hogard réagissait hier à l’arrestation de Ramush Haradinaj, ancien Premier ministre du Kosovo, à sa descente d’avion en provenance de Pristina.

Un ex-Premier ministre, sous mandat d’arrêt international? Celui-ci est en effet accusé par les autorités Serbes d’avoir torturé et assassiné des dizaines de personnes, tant Serbes qu’Albanaises ou Roms, lorsque son unité, les « Aigles noirs » contrôlaient la région frontalière entre l’Albanie et le Kosovo. Un secteur par où transitait les armes destiné au groupe rebelle durant le conflit de 1998-1999 dans l’ex-province Serbe. Des personnes dont les corps ont été découvertes près du lac Radonjic dans la région de Decani.

Car avant d’être un présentable et cravaté chef de gouvernement, d’une province Serbe qui allait bientôt devenir un pays autoproclamée ainsi que l’une des plus grandes bases de l’OTAN en Europe (Camp Bondsteel), et même un candidat à l’Union Européenne, Ramush Haradinaj fut l’une des figures de proue de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Une organisation à l’origine d’un conflit qui vit l’OTAN sortir pour la première fois de son cadre défensif. L’UCK, cette organisation rebelle, « résistante », qui fut en son temps encensée par les médias occidentaux.

D’ailleurs, encore aujourd’hui, on tient à rappeler que Ramush Haradinaj a été acquitté à deux reprises par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) des différents chefs d’inculpations qui s’accumulait à son égard (37 pour être exact). Des acquittements troublants « d’un gros bonnet du banditisme mafieux et politique du Kosovo », suite à des poursuites « tardives » et « timides » sur lesquels revient le Colonel Hogard:

« Acquitté dans des conditions assez troubles […] au fur et à mesure que disparaissaient les témoins à charge qui étaient assassinés, qui mourraient dans leur baignoire, qui était renversé par un bus, qui disparaissaient purement et simplement de la circulation et ce personnage est certainement l’un des plus grands criminels de guerre de notre époque troublée. »

Le Colonel des forces spéciales Jacques Hogard, déployé début 1999 sur le théâtre d’opération, sous commandement de l’OTAN et du Général britannique Michael Jackson, fut en charge de préparer le terrain à l’armée française dans son futur secteur de responsabilité, devenu la principale enclave Serbe du Kosovo: Mitrovica. Il est l’auteur du livre « L’Europe est morte à Pristina » (Ed. Hugo Doc).

D’ailleurs, pour lui ce n’est pas vraiment le fruit du hasard si Ramush Haradinaj s’est fait arrêter, il fut en effet le compagnon d’arme d’Hashim Thaçi qui n’est autre que l’actuel président du Kosovo. Un Président qui est aujourd’hui mouillé dans une affaire de trafic d’organes.

« Cela doit bien l’arranger, malgré ses demandes officielles de remise en liberté de Ramush Haradinaj, le président de la soit-disante république du Kosovo, Hashim Thaçi, qui est son vieux complice… mais quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu’il a la rage. »

Des accusations qui n’ont rien de nouveau. Dès 2008, Carla Del Ponte, qui venait tout juste de quitter ses fonctions de Procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), avait évoqué dans ses mémoires l’existence d’un trafic d’organes organisé entre le Kosovo et l’Albanie. Des éléments corroborés par le rapport du député suisse Dick Marty, présenté devant le Conseil de l’Europe en décembre 2010.

Un rapport qui avait fait l’effet d’une bombe et son auteur l’objet de tentatives de décrédibilisassions tous azimuts, notamment de la part des autorités albanaises, qui n’avaient pas lésiné sur les comparatifs. Des accusations, parfois ubuesques, sur lesquelles revenait en détails le spécialiste des Balkans, Jean-Arnault Dérens, correspondant du Monde Diplomatique dans la région.

Le député helvète fut présenté comme un « ennemi du peuple albanais » voir un « raciste » (Dixit Sali Berisha, Premier ministre albanais), on lui reprochait notamment d’avoir critiqué la légalité de la proclamation d’indépendance du Kosovo, au regard du droit international ou encore son « anti américanisme », pour avoir, déjà, révélé en 2006 le scandale des prisons secrètes de la CIA en Europe. Voir d’avoir des « préjugés politiques » pour avoir publié un rapport sur les fraudes massives lors d’élections parlementaires, visiblement commises par le Parti démocratique du Kosovo (PDK) d’Hashim Thaçi.

Des accusations à l’encontre de ces membres de l’UCK qui rappellent certaines méthodes employées par les rebelles syriens, notamment à Alep. Depuis la libération de la ville, les langues se délient. Et racontent le trafic organes humains, sur une large échelle, dans les quartiers sous administration rebelle.

« La première nature de l’UCK, c’est mafieux et terroriste » soulignait le Colonel Hogard, un constat que dressait également à l’époque le criminologue Xavier Raufer. L’officier revient sur plusieurs évènements macabres dont ont été témoins ses forces spéciales:

« Une nuit dans les faubourgs nord de Mitrovica, un groupe de forces spéciales françaises tombe sur un groupe de l’UCK, en train de vider une barre d’immeuble de ses habitants serbes en leur donnant le choix, soit la valise et vous partez tout de suite en vous confiant les clefs de vos appartements, soit vous prenez une balle dans la tête. Il y avait déjà quelques morts parmi les vieillards serbes qui ne voulaient pas abandonner leur appartement, qui était leur seul bien. » Des exactions qui n’ont nullement soulevé l’indignation des foules en occident et pour cause, comme le souligne Xavier Raufer:

« Cela s’est accompli dans un silence de cathédrale de la part des grands médias européens, qui n’avaient pas de mots assez durs pour accuser les uns de nettoyage ethnique et qui gardaient un silence religieux concernant les autres. »

« On a très vite identifié le jeu de l’UCK, s’en prenant à tout ce qui est patrimoine Serbe, historique et religieux » déclare le colonel, qui relate la destruction systématique des monastères orthodoxes « une volonté de faire table rase du passé » au-delà de ça, la « volonté d’éradiquer la population non albanaise, à commencer par les Serbes mais aussi les Roms qui ont été victimes de pogroms, de massacres, d’expropriations. »

Il faut dire que suite à l’intervention de l’OTAN, les Albanais ont chassé une grande partie des Serbes de la province du Kosovo. Pour ceux qui restent, la vie est des plus difficile: cultures et champs saccagés, bétail tué, maisons fréquemment cambriolées, coupures d’eau, d’électricité dans les enclaves serbes qui subsistent dans le pays. Eglises profanées, incendiées, voir utilisées comme dépotoir et toilettes publiques.

Là encore, des méthodes qui rappellent fortement celles employées par les djihadistes en Syrie, qu’il s’agisse de la destruction de patrimoine historique et religieux ou de leur profanation. Dans les deux cas ils tentent de rendre impossible la vie des habitants: eau empoisonnée, attentats suicides, bombardements, y compris au gaz… s’ajoutent aux multiples menaces et racket sur la population.

Dans les deux cas aussi, le traitement médiatique réservé en occident à ces combattants est favorable: les « résistants » de l’UCK (champ lexical de la deuxième guerre mondiale), les « rebelles » syriens (champ lexical romantique, façon Star-Wars…). Une présentation des médias de ces rebelles sur laquelle revient Xavier Raufer:

« C’était très clairement dès le départ une opération américaine, une opération où la guerre de l’information dans ce qu’elle a de plus sordide et sinistre avait été utilisée, c’est-à-dire qu’on refait le coup de Timisoara avec les faux massacres et les cadavres retirés de morgues et de cimetières qu’on laissait trainer dans les rues et on disait « regardez un massacre vient de se produire! »

Un mécanisme, de manipulation de l’information, qui n’épargnait pas les observateurs dépêchés sur place pour constater ces exactions:

« Il y a eu des pressions extrêmement fortes qui avaient été à l’époque accomplies sur des médecins envoyé par des organismes de contrôle de l’Europe pour vérifier ce qu’étaient ces massacres et qui trouvaient ces massacres fort douteux. On a fait sur eux des pressions extrêmement fortes pour les amener à mentir ou en tout cas à se taire. »

À 16 ans de distance, le parallèle entre le traitement médiatique des deux conflits est frappant:

« On est dans un contexte où ce sont les mêmes organes de presse qui biaisent exactement les mêmes choses, à savoir que cela fait bien longtemps que ces organes de presse ont renoncé à faire de l’information. En réalité ils font de la morale, c’est-à-dire qu’ils accusent ceux qu’ils n’aiment pas de mal se conduire, de commettre des crimes de guerre, contre l’humanité, d’être des dictateurs, d’être le nouvel Hitler, d’être ceci, d’être cela. Bien entendu cela n’est pas innocent, car c’est au service d’une cause différente et bien souvent d’intérêts dont le centre de gravité se trouve aux Etats-Unis. »

Des serbes littéralement diabolisés et ce depuis le conflit Bosnie-Herzégovine, « Nous avons pu dans l’opinion publique faire coïncider Serbes et nazis » déclarait James Harff, directeur de l’agence de communication américaine Ruder & Finn Global Public Affairs durant le conflit, au journaliste français Jacques Merlino, auteur du livre « Les vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire » (Ed. Albin Michel) Pour Xavier Raufer, c’est toujours le même schéma qui s’applique, implacablement, depuis la fin de la Guerre froide:

« Il semble y avoir des experts de la guerre de l’information, qui avant de détruire une entité, une organisation, un pays par les bombes, la détruisent moralement de manière à ce qu’après quoi les choses se passent bien en disant « mais oui, vous vous rendez compte, si c’est un dictateur, si c’est le nouvel Hitler, bah alors c’est normal ce qui lui arrive et on ne s’inquiète pas trop » c’est ça qui est à l’œuvre. »

Une moraline qui justifie aussi de soutenir activement le camp du bien: livraisons d’armes aux « rebelles modérés » en Syrie, envoie de conseillers militaires et de soutien logistique, indirectement par le biais des casques blancs, voire de manière plus directe comme dans le cas de Deir ez-Zor où l’US Air Force a bombardé par erreur des positions de l’armée arabe syrienne, juste avant une offensive de « daech » sur ces mêmes positions.

Les Etats-Unis prenaient encore mois de gants au Kosovo, puisque l’opération de l’OTAN allait en soutien direct au « kosovars » contre les serbes. Alors que le colonel évoque un autre « fait d’arme peu glorieux » de l’UCK pour illustrer ses propos, les Forces spéciales françaises ayant eu à « croiser le fer » avec l’organisation rebelle à plusieurs reprises: une attaque contre une colonne de civils entre Peć et Mitrovica, un épisode qu’il avait rappelé il y a déjà quelques années sur le plateau de TV liberté. « On ne pouvait pas imaginer laisser faire ces salopards — il n’y a pas d’autres mots, des criminels de guerre — attaquer un convoi civil ». Le colonel dépêche alors un hélicoptère sur place afin de dissuader les assaillants, « pratiquement dans la minute qui suivait, j’ai eu mon général britannique qui m’a demandé ce qui se passait « vous êtes en train de tirer sur les SAS avec vos hélicos! » »

En France, encore une fois, rien de tout ne transparait dans les médias, bien au contraire, les forces de l’UCK sont érigées en véritables héros. Un hiatus qu’a mal vécu le colonel Hogard:

« C’est évident que je l’ai mal vécu, j’ai compris tout de suite que nous nous étions trompés d’amis et trompés d’ennemis, on avait fait une inversion des rôles… mais tout cela sous la pression de l’OTAN, la pression des Etats-Unis. C’est un problème de politique étrangère […] nous sommes devenus atlantiste au point d’en oublier notre faculté de jugement autonome et propre […] cela nous a amenés à nous aligner complètement sur les intérêts américano-britanico-allemands dans cette affaire, pour jouer un rôle de supplétif dérisoire et minable!»

Au-delà du sort du colonel Hogard — qui, suite à cet engagement, a mis un terme à sa carrière militaire — le sort qu’a connu l’ex-province yougoslave laisse songeur quant à l’avenir de la Syrie si les projets américains de renversement de Bachar El Assad se réalisaient. Le Kosovo est en effet, près de dix-huit ans après l’intervention de l’OTAN, un État maffieux au sein de l’Europe.

Maxime Perrotin

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201701061029477283-manipulations-mediatiques-serbie-syrie/

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

Un diplomate israélien au Royaume-Uni filmé en train de comploter contre des députés britanniques

Un diplomate israélien à Londres a été filmé à son insu par un journaliste infiltré, disant qu’il souhaitait «éliminer» des députés britanniques indésirables, dont le ministre des Affaires étrangères Alan Duncan, farouche défenseur de la Palestine.

 

Une vidéo tournée en caméra cachée par un journaliste infiltré d’Al-Jazeera pourrait se révéler être une preuve flagrante d’une grave violation du protocole diplomatique. Le diplomate israélien Shai Masot, qui se décrit lui-même comme un officier des forces de défense israéliennes et travaille en tant que haut responsable politique à l’ambassade israélienne de Londres, a été enregistré par un journaliste de la chaine qatarienne en train d’évoquer la façon dont il comptait «se débarrasser» de députés britanniques indésirables vis-à-vis des positions politiques israéliennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette opération d’infiltration journalistique a débuté en juin 2016 et a duré jusqu’en novembre 2016. Les propos d’un large éventail de militants pro-israéliens ainsi que de politiciens britanniques et de membres de l’ambassade israélienne à Londres ont ainsi été enregistrés. Ces enregistrements ont été rassemblés dans quatre films documentaires de 30 minutes qu’Al-Jazeera diffusera à partir du 15 janvier.

 

Dans le cas de Shai Masot, ce diplomate israélien s’entretenait avec Maria Strizzolo, une assistante d’un ministre conservateur ainsi qu’avec un certain «Robin» qu’il pensait être un membre de l’organisation «Labour Friends of Israël», un groupe de pression pro-israélien au sein du parlement britannique. En réalité, ce Robin était le reporter infiltré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours de la conversation, Maria Strizzolo s’est vanté d’avoir aidé à obtenir une promotion pour son patron, le député conservateur Robert Halfon. L’année dernière, ce dernier a été nommé ministre de l’Education et Maria Strizzolo a été nommée cadre supérieur à l’Agence de financement des compétences. Elle continue à travailler à temps partiel pour Robert Halfon.

On peut bien trouver quelque chose… un petit scandale peut-être ?

 

Shai Masot demande alors à son interlocutrice si elle pourrait «faire l’inverse» pour d’autres députés : «Si je vous en donne quelques-uns, vous pensez que ça serait possible de les éliminer ?», a-t-il demandé, ajoutant que son interlocutrice savait très bien à quels députés il faisait allusion.

Le diplomate n’a pas précisé ce qu’il entendait par «éliminer» [les députés indésirables], mais il est à supposer qu’il voulait vraisemblablement provoquer la «chute» de quelques parlementaires gênants en les discréditant par la révélation de quelque scandale ou affaires douteuses dans lesquelles ils pourraient être impliqués, ce qui resterait à trouver.

Dans la vidéo, Maria Strizzolo a notamment prononcé une phrase plutôt machiavélique : «Ne jamais dire jamais …» Devant l’approbation amusée du diplomate israélien, elle a ajouté : «On peut bien trouver quelque chose … un petit scandale peut-être ?».

Shai Masot a également évoqué Crispin Blunt, un député conservateur membre du ministère des Affaires étrangères qui selon lui est «beaucoup trop pro-arabe». C’est alors que Maria Strizzolo a dit que ce dernier se trouvait déjà sur «une liste» [de personnes à «éliminer»].

Suite à la divulgation de la vidéo, vendredi 7 janvier, l’ambassadeur israélien à Londres, Mark Regev, a présenté ses excuses à Alan Duncan. Un porte-parole israélien a déclaré que l’ambassade avait considéré les remarques de Shai Masot comme étant tout à fait inacceptables et que le diplomate était susceptible d’être licencié dans les plus brefs délais.

Maria Strizzolo démissionne

Le 8 janvier l’assistante du député conservateur Robert Halfon a finalement démissionné de son poste et a supprimé son compte Twitter.

Une source du ministère de l’Education britannique au sein duquel elle travaillait a déclaré au quotidien Mail Online que sa démission était compréhensible.

Interrogée par The Guardian plus tôt, Maria Strizzolo avait cherché à minimiser la polémique, martelant que «Le Guardian se sert de propos sortis de leur contexte et obtenus par ruse et subterfuge […] le contexte de la conversation était la plaisanterie et quelques sarcasmes amicaux […] toutes vos suggestions sont risibles […] je ne pourrai jamais avoir l’influence que vous m’accusez d’avoir, de plus, je connais Shai Masot, c’est un ami, je n’ai jamais travaillé avec lui ni eu de relations politiques. Nous ne faisions que bavarder, comme le font des millions de personnes.»

Shai Masot s’est quant à lui refusé à tout commentaire à propos de son intention d’«éliminer» un certain nombre de députés britanniques.

Finalement, les propos du diplomate ne semblent pas inquiéter Londres outre-mesure. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères britannique a déclaré : «L’ambassadeur israélien s’est excusé et il est clair que ces commentaires ne reflètent pas ses positions ou celles du gouvernement israélien. Le Royaume-Uni entretient des relations de confiance avec Israël et nous considérons que la question est close.»

Source:https://francais.rt.com/international/31933-diplomate-israelien-royaume-uni-filme-en-train-de-completer-contre-deputes-britanniques

 

 

Le rapport du Renseignement sur l’influence russe sur les élections est un flop

Hier, le directeur américain du Renseignement national, la CIA, la NSA et le FBI ont publié un rapport sur le piratage présumé du Conseil national démocratique par les Russes et sur les manœuvres des Russes pour influencer les élections présidentielles américaines. Le rapport n’a convaincu personne. C’est un désastre pour la communauté du renseignement, au niveau de la communication.

John Harwood couvre « l’économie et la politique nationale pour CNBC et le New York Times. » Plus de 100 000 personnes le suivent sur Twitter. Il est connu comme un supporter d’Hillary Clinton et c’est un copain de John Podesta qui a dirigé la campagne électorale de Clinton.

 

Harwood a fait un petit sondage. Il n’est pas représentatif statistiquement mais il donne un aperçu du sentiment général.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui crois-tu, Amérique ? 83% Wikileaks et 17% les officiels du renseignement étasunien.

Ce résultat montre bien les limites de pouvoir de la soi-disant Communauté du Renseignement. Mais il y pire : les allégations de « hacking russe » d’hier n’ont même pas réussi à convaincre ses partisans anti-russes les plus ardents.

The Daily Beast : Le rapport américain sur l’espionnage accuse Poutine de piratage, mais ne fournit aucune preuve.

Kevin Rothrock (Moscow Times) :

Je n‘en crois pas mes yeux. Est-ce là le dossier du Renseignement du gouvernement américain sur cette affaire ?

Il faut bien le dire : le rapport déclassifié du gouvernement des USA intitulé « Évaluation des activités et intentions russes lors des dernières élections aux Etats-Unis » embarrasse tout le monde.

Susan Hennessey (Lawfare, Brookings) :

Le rapport non classifié est pour le moins décevant. Il n’y a pas de nouvelles informations pour ceux qui ont suivi l’affaire.

Bill Neely (NBC News) :

Beaucoup de jugements de valeur, mais peu de faits et aucune preuve tangible dans le rapport du renseignement étasunien sur le prétendu piratage russe.

Stephen Hayes (Weekly Standard) :

Le rapport des Renseignements sur la Russie n’est guère plus qu’une suite d’affirmations. Je comprends qu’on protège les sources/procédures, mais le rapport est faible.

Julia Ioffe (The Atlantic) :

Il est difficile de dire si la minceur du rapport sur le #hacking vient de ce que la preuve est classifiée ou qu’elle n’existe pas.

@JeffreyGoldberg Je dois dire, cependant, que beaucoup d’observateurs russes que je connais sont très sceptiques à propos du rapport. Aucun d’eux n’aime Poutine/Trump.

Lorsque vous avez perdu jusqu’à Julia Ioffe dans votre guéguerre contre les Russes …

Clapper, le directeur du Renseignement national, et Brennan, celui de la CIA, auraient dû être licenciés il y a des années. Ils seront tous les deux partis le 20 janvier. La communauté du Renseignement se souviendra d’eux comme les principaux responsables de cet échec ravageur.

Moon of Alabama
Traduction : Dominique Muselet

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8091

Hackers russes à l’attaque des USA ? Le gros mélange inconsistant

Par V_Parlier 

Alors que les emails de campagne du parti démocrate US ont plus fait parler du prétendu "hacking russe" que de leur contenu sulfureux, la supposée affaire de hacking renaît de ses cendres avec le "hacking des élections" et le "hacking du réseau électrique"... Les médias français sont repartis de plus belle.

 

L'affaire du "hacking du réseau électrique" relève plutôt du ridicule (*), mais l'interprétation suggérée de la rumeur d'une "influence sur les élections par la Russie" est beaucoup plus sournoise et malsaine, puisqu'elle prend sa source dans la toute première rumeur du "complot de la Russie sur les réseaux sociaux" (comprendre : les échanges entre citoyens américains à propos du contenu dévoilé par WikiLeaks).

 

 

Qu'en pense l'acteur principal, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks ?

Rappelons qu'il fut un temps où Julian Assange était considéré par les journalistes français mainstream comme un lanceur d'alerte méritant. Cette époque est déjà bien lointaine. Si on peut en tout cas remarquer une chose, c'est que les "démocrates" US ont peu d'estime pour les capacités de résistance de la technologie et des infrastructures de leur pays !

 

(*) En annexe : L'affaire du "hacking de la compagnie électrique du Vermont", après correction du titre original par Le Monde : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/12/31/le-reseau-electrique-americain-pirate-par-des-hackers-russes_5055934_3222.html .

(On peut lire le titre initial ô combien ridicule dans l'URL...)

 

 

La Palestine gommée du paysage, même audiovisuel ?

Décidément la radio de service public file un mauvais coton ! Quelques jours à peine après s’être fait remarquer par un commentaire de Bernard Guetta, c’est Laure Adler qui dérape grave sur France-Inter.

 

Elle avait invité dans son émission « L’heure bleue » de mercredi dernier la cinéaste palestinienne Mai Masri dont le film « 3000 Nuits » [*] sort cette semaine seulement sur une trentaine d’écrans en France.

La productrice a fait connaître son souhait de faire un contre-point au prétexte « d’équilibrer » le plateau et les points de vue.

Hypocrite pseudo objectivité, spécialité des médias dominants français qui permet de ne pas se « mouiller », surtout quand il s’agit d’une voix palestinienne, mais c’est toujours à sens unique.

Quand des partisans de l’État d’Israël sont invités, et ils le sont plus souvent, on ne leur oppose pas de Palestiniens. Aucune personnalité pressentie n’étant disponible, la jeune réalisatrice du film israélien Mountain, sur 4 écrans en France le 4 janvier également, a été sollicitée sans que l’invitée initiale, Mai Masri, soit consultée, la mettant devant le fait accompli et dans une situation inacceptable à plus d’un titre.

Finalement, Laure Adler a choisi de n’inviter que la cinéaste israélienne, supprimant l’invitée palestinienne initiale !

Comment mieux accompagner à la radio le processus même d’éradication et d’invisibilisation du peuple palestinien ? Le « grand remplacement » dont il est beaucoup trop question, à tort, en France, est une réalité quotidienne en Palestine occupée depuis 1948 dans la quasi indifférence des États dits démocratiques, et de l’ONU. Et cette épuration ethnique trouve hélas sa traduction à l’antenne de France-Inter par le remplacement d’une cinéaste palestinienne par une cinéaste israélienne.

Le Bureau national de l’UJFP s’élève avec vigueur contre cet état de fait, exige que France-Inter réinvite la cinéaste cavalièrement effacée, et appelle tous les auditeurs de cette radio à accompagner notre protestation et tous les amis de la Palestine à redoubler d’effort en 2017 dans la campagne de Boycott, Désinvestissement, Sanctions à l’égard de l’État d’Israël.

Le Bureau national de l’UJFP

 

Source: http://www.ujfp.org/spip.php?article5316

Le Temps dans la guerre contre la “désinformation russe”

L’OTAN et l’Union Européenne s’inquiètent toujours plus de l’influence croissante de la Russie dans le monde de l’information. Mais jusqu’ici, ces instances ont été impuissantes à remédier à ce que les dirigeants occidentaux tiennent pour une fâcheuse dégradation de l’opinion publique.

“Tandis que le modèle journalistique traditionnel des pays d’Europe occidentale traverse de graves difficultés économiques, les médias russes gagnent toujours plus de terrain. A la botte du Kremlin et régis par une organisation verticale quasi militaire, ils proposent un nouveau type de journalisme qui s’inscrit dans une stratégie générale de désinformation de l’opinion publique.” C’est par cette mise en contexte que débute un article intitulé “la nouvelle désinformation russe” paru dans Le Temps du 17 juin 2016, et dû au talent de Luc Maffre, politologue.

Pour cet auteur, il est évident que l’ennemi russe a succédé à l’ennemi soviétique auquel il emprunte ses méthodes de désinformation, mutatis mutandis. Le succès des nouveaux médias russes s’expliquerait par leur habile utilisation de fausses rumeurs, par la dérégulation du marché de l’information due à la Toile et par le recours à des personnalités charismatiques comme Julian Assange et Edward Snowden.

Dans un Editorial et un article de fond parus dans Le Temps du 28 décembre 2016, Frédéric Koller surenchérit sur cette thématique. Citant un responsable de l’OTAN, il affirme que, “avec des médias traditionnels, les réseaux sociaux, des SMS et des trolls, la Russie, comme l’Etat islamique, tente de décrédibiliser les processus démocratiques.” Selon Frédéricc Koller, il ne s’agirait pas seulement de désinformation, mais d’une guerre hybride, “mélange d’opérations de terrain, de piratage informatique et de désinformation” en partie pilotée par le Kremlin, dans le but d’affaiblir l’Union Européenne et l’OTAN en divisant leurs membres afin d’avantager les intérêts de la Russie. On serait donc bien en présence d’une stratégie militaire.

Les médias russes nommément visés sont Russia Today (RT) et Sputnik. Selon Koller et Maffre le Kremlin miserait, en Occident, sur le concours des partis et mouvances d’extrême droite et pourrait être intervenu aux Etats-Unis dans l’élection inattendue de Donald Trump. L’OTAN et l’Union Européenne auraient bien tenté d’amorcer des stratégies de résistance, mais sans grand succès en raison des pièges inhérents à la contre-propagande. En définitive, conclut Frédéric Koller, “face à la propagande pilotée par le Kremlin avec de très gros moyens, on doit s’en remettre à la presse libre. C’est notre force et notre faiblesse”…

La faiblesse à laquelle songe l’auteur serait due à la crise du “modèle journalistique traditionnel” pour reprendre l’expression de Luc Maffre. Mais en réalité, elle est autrement profonde qu’il le croit car elle réside dans la servilité des Etats membres tant de l’UE que de l’OTAN et de nombre de journalistes occidentaux envers la ligne du politiquement correct que définissent les Etats-Unis et que propagent notamment les grandes agences de presse occidentales.

Frédéric Koller et Le Temps en sont des exemples frappants. Voilà un journaliste suisse s’exprimant dans un quotidien suisse qui, à aucun moment, ne songe à tirer avantage de sa situation de ressortissant d’un pays neutre n’appartenant ni à l’OTAN, ni à l’UE, bien qu’enclavé dans l’une et l’autre, pour prendre du champ par rapport au politiquement correct de ces deux instances.

Comme Luc Maffre, Frédéric Koller identifie implicitement la Russie à la défunte Union Soviétique et fait l’impasse sur l’histoire des relations internationales intervenue depuis 1991. Or, n’est-ce pas les Etats-Unis et l’OTAN qui ont violé la Charte des Nations Unies et le droit international en entrant en guerre contre la Yougoslavie en 1999 ? Les Etats-Unis n’ont-ils pas violé le droit international dans pratiquement tous les conflits qu’ils ont déclenchés depuis lors, notamment contre l’Irak en 2003 et contre la Libye en 2011 ? Avec d’autres Etats membres de l’OTAN et du Golfe persique, n’ont-ils pas contrevenu au droit international dans les événements de Syrie en appuyant les “rebelles” et en les armant ? N’ont-ils pas fomenté le coup d’Etat en Ukraine en février 2014 ? N’ont-ils pas invoqué leur vocation exceptionnelle à diriger un monde unipolaire ? Pourquoi donc faire de la Russie le bouc émissaire ?

Quand des journaux se permettent, dans toutes circonstances, de ne présenter à leurs lecteurs qu’une version des événements, celle des puissances dominantes du moment, et de la ressasser nonobstant les témoignages concordants qui la contredisent, il n’est pas étonnant que leurs lecteurs les abandonnent progressivement. Et l’on ne prend pas grand risque en pronostiquant que leurs annonceurs les suivront tôt ou tard !

Au surplus, il y a, nous semble-t-il, à tout le moins une coupable légèreté à invoquer la stratégie militaire et la guerre de la désinformation prétendument menée par la Russie dans un contexte de relations internationales tendues au point que, depuis les présidences de G.W Bush et de Barack Obama, un conflit nucléaire apparaît malheureusement de moins en moins “impensable”.

Ivo Rens

Source: https://worldpeacethreatened.com/2017/01/05/le-temps-dans-la-guerre-contre-la-desinformation-russe/

 

Quand Europe 1 impose ses idées libérales !

Par flaviyia 

 

Les chroniqueurs des grandes voix sur Europe 1 affirment que le travail du dimanche est une avancée sociale

Le débat des grandes voix est une nouvelle émission proposée sur la grille de rentrée 2017 de la radio Europe 1 et animée par Sonia Mabrouk entre 17h et 18h en semaine.

Ce mardi 3 janvier 2017 sur Europe 1, les chroniqueurs des grandes voix abordent le sujet du travail du dimanche. Entre la loi Macron et la loi travail de Myriam El Khomri, les entreprises ont entrepris les négociations quant au travail du dimanche pour leurs salariés. En effet, si la loi Macron permettait jusqu'au 31 décembre 2016 d'obtenir une ouverture du dimanche contre 30% de syndicats signataires, la loi Travail se veut plus drastique avec un vote d'au moins 50% des syndicats à partir du 1er janvier 2017. D'où l'intérêt pour certains grands magasins parisiens de faire passer la mesure avant la fin de l'année.

Le grand magasin parisien Le Printemps signe le 31 décembre 2016 un accord sur le travail du dimanche juste après Les Galeries Lafayette, le BHV du Marais et Le Bon Marché. Après un rejet des syndicats, un accord est trouvé au Printemps. Des avantages sont accordés aux salariés dont entre autre exemple un repos compensateur, une participation aux frais de garde et des salariés payés double. Voici pour la partie technique.

Les chroniqueurs prennent la parole et stigmatisent les opposants au travail du dimanche. L'argumentaire est préparé, les explications sont illustrées par des exemples concrets de réussite commerciale. Ce qui dérange à ce moment précis c'est le manque d'arbitre et d'arguments en défaveur de l'ouverture dominicale des grands magasins.

Que ce soit un désaccord sur les droits des salariés ou sur le principe même de consommation interminable, la défense est absente du débat.

Un débat ne doit-il pas comporter des opposants et des adhérents ? Est-il rétrograde voire utopiste d'imaginer une société non dictée par le marketing et la rentabilité ? Le tourisme doit-il tout justifier ? Un débat contradictoire qui n'a pas eu lieu !

Michèle Cotta y est favorable .Elle juge de rétrograde et stupide le débat autour du travail du dimanche et avance :

"On sort de la brume des temps passés "

Et si la brume était devant nous ?

Gérard Carreyrou quant à lui rend hommage à la loi Macron et juge d'archaïque les positions contraires au travail dominical comme la Maire de Paris Anne Hidalgo.

Certains économistes comme Thomas Picketty ou le politologue comme Thomas Guénolé dans "La Mondialisation Malheureuse " proposent quant à eux une vision moins consumériste de la société mondiale.

Comble du ridicule, un des chroniqueurs subodore cette fameuse fable qu'un côté droit des Champs-Elysées serait fermé contre un côté droit ouvert pour attester de l'absurdité de la fermeture de certains magasins le dimanche (source politique.net)

Alors avancée économique, sociale ou sociétale ? Pas de consensus du côté d'Europe 1 !

Je finirai sur cette conclusion intéressante de Michèle Cotta sur ce débat : "Il n'y a que les femmes qui souhaitent l'ouverture des magasins du dimanche pour acheter des produits de beauté". Tout est dit !

 

 

http://www.europe1.fr/emissions/le-debat-des-grandes-voix/le-debat-des-grandes-voix-03012017-2941268

 

http://www.politique.net/2008111202-nicolas-sarkozy-aux-champs-elysees-anecdote-fausse.htm

L’ennemi du jour se rend toujours coupable de piratage

Le FBI est désormais doté de nouveaux pouvoirs, à savoir l’extension de ses capacités actuelles en matière de piratage informatique. Sur la base d’un mandat spécial, les agents du bureau pourront s’introduire sur n’importe quel ordinateur, situé aux États Unis mais également dans le monde. 6 décembre 2016. Mac4Ever : Actualité

Trois articles publiés dans le même journal de référence montrent que les histoires de « piratages » se suivent et se ressemblent chaque fois qu’une grande puissance décide qu’un pays ou un autre est devenu son « ennemi ».

1. D’Erich Lichtblau, journaliste du NYT : L’augmentation des attaques électroniques met en danger la sécurité des États-Unis

Les responsables du renseignement s’inquiètent du fait qu’une récente hausse des attaques électroniques contre les réseaux informatiques gouvernementaux et militaires aux États-Unis pourrait être le fait de pirates de [nom du pays] et pourrait provoquer une « crise potentielle » dans la sécurité nationale, selon une évaluation classifiée du F.B.I.

L’évaluation, préparée la semaine dernière par le Centre national de protection de l’infrastructure du Bureau Fédéral d’Investigation, met en garde les services de renseignement que les attaques, relativement limitées, risquent de se développer et de devenir « plus dangereuses » à mesure que les tensions autour de la possibilité d’une guerre contre [nom du pays] augmentent.

Les analystes américains du renseignement disent qu’ils ont longtemps été préoccupés par la notion qu’Al Qaeda pourrait employer des ordinateurs pour des actes terroristes – en perturbant des usines de traitement de l’eau ou des installations nucléaires, par exemple. Les experts disent que le lien entre le [nom du pays] et le piratage informatique a peut-être été sous-estimé et constitue une menace croissante pour la sécurité des États-Unis.

« [Nom du pays] est certainement un des endroits du monde à partir duquel une cyberattaque pourrait être lancée, selon nous », a dit, dans une interview, Robert E. Andrews du New Jersey, un élu démocrate du Comité des services armés de la Chambre des députés qui s’occupe des questions de cyberguerre.

M. Andrews a noté que les attaques informatiques étaient difficiles à détecter et pourraient être dommageables, ce qui selon lui est le but recherché. « Une cyberattaque correspond vraiment aux méthodes que [nom du pays] privilégierait pour nous attaquer », a-t-il déclaré.

2. De Nicole Perlroth, journaliste du NYT : Attaques de cyberespionnage liées à des pirates de [nom du pays]

SAN FRANCISCO – Une campagne complexe de cyber espionnage de trois ans menée contre des fournisseurs militaires, des membres du Congrès, des diplomates, des lobbyistes et des journalistes basés à Washington a été rattachée à des pirates informatiques de [nom du pays].

La campagne, qui passe inaperçue depuis 2011, a endommagé les ordinateurs de quelque 2 000 victimes, selon un rapport publié jeudi par iSight Partners, une société de sécurité informatique de Dallas.

Les responsables américains du renseignement disent depuis longtemps que les hackers de [nom du pays] sont une menace sérieuse, [..]

L’année dernière, des officiels américains ont déclaré que les pirates de [nom du pays] étaient derrière une vague d’attaques contre plusieurs compagnies américaines de pétrole, de gaz et d’électricité ; il s’agit de sortes de tests pour rechercher des moyens de perturber d’importants systèmes de traitement, selon des officiels.

3. D’Erich Lichtblau, journaliste du NYT : Les systèmes informatiques de la Campagne de Clinton seraient piratés par [nom du pays]

WASHINGTON – Les systèmes informatiques utilisés par la Campagne présidentielle d’Hillary Clinton ont été piratés dans une attaque qui semble provenir des services de renseignement de [nom du pays], a déclaré vendredi un officiel de la police fédérale.

L’apparente violation, qui suit la révélation, le mois dernier, que le système informatique du Comité national démocratique a été piraté, a exacerbé un incident international dans lequel les responsables de la Campagne de Clinton ont suggéré que [nom du pays] pourrait tenter d’influencer le résultat de l’élection.

Les responsables de la campagne de Clinton ont suggéré que [nom du leader] de [nom du pays] pourrait essayer d’influencer l’élection en faveur de M. Trump, qui a exprimé son admiration pour le leader de [nom du pays]. Mais les responsables de la Campagne reconnaissent qu’ils n’ont aucune preuve. La Campagne Trump a rejeté les accusations concernant [nom du pays] comme une tentative délibérée de distraire l’attention du public.

Le premier article a été publié le 17 janvier 2003, le pays était l’Irak et le leader était Saddam Hussein.

Le deuxième article a été publié le 29 mai 2014, le pays était l’Iran.

Le troisième article a été publié le 29 juillet 2016, le pays était la Russie et le leader était Vladimir Poutine.

Moon of Alabama
Traduction : Dominique Muselet

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8084

 

La CIA rédige-t-elle votre journal ?

Voici un très bon aperçu de Ed Jones expliquant pour quelles raisons les grands médias sont les meilleurs représentants des « fausses informations ». Ces médias sont largement détenus et contrôlés par des entreprises milliardaires et gargantuesques dont les recettes publicitaires dépendent d’autres sociétés et qui emploient des journalistes issus de classes privilégiées dont les carrières sont basées sur le maintien de ces privilèges. Dans ces circonstances, il serait tout simplement stupéfiant de bénéficier, de près ou de loin, de la pluralité des médias.

Les données concernent les points de vente britanniques mais les mêmes principes s’appliquent aux Etats-Unis.

Une partie de l’analyse est particulièrement troublante. Il s’agit de celle portant sur le sujet très peu abordé de la pénétration des services de renseignement dans la plupart des organes de presse occidentaux et parfois même non-occidentaux. En résumé, les services de renseignements étasuniens, et dans une moindre mesure britanniques, ont durant de nombreuses décennies transmis des informations à des journalistes coopératifs occupant des positions-clés dans l’industrie de l’information « libre », travaillant ainsi main dans la main. De plus, la CIA a cherché à placer certains de ses membres dans les organes de publication afin de modeler le contenu éditorial et influencer l’opinion publique. Dans certains cas, ces personnes ont atteint des positions très influentes au sein de l’industrie.

Nick Davies, du Guardian, a dédié un chapitre entier de son livre Flat Earth News à la documentation de ces pratiques. Etrangement, ce chapitre n’est que rarement mentionné. Les journalistes qui encensent son ouvrage se concentrent d’avantage sur son concept moins révélateur du « churnalism », le journalisme à l’épreuve du temps, et sur les ressources mises à disposition.

Jones mentionne par ailleurs d’autres sources appuyant son analyse :

Richard Keeble, Professeur en journalisme à l’Université de Lincoln, (…) a publié des écrits portant sur les liens unissant des journalistes et les services de renseignement… Il cite Roy Greenslade, qui a été un spécialiste des médias pour le Telegraph et le Guardian (ainsi qu’un des rédacteurs en chef du Mirror) : «  La plupart des tabloïdes, et même les quotidiens de manière générale, sont les jouets du MI5 (le FBI de la Grande-Bretagne).

Keeble ajoute :

« Bloch et Fitzgerald mentionnent, dans leur analyse de la guerre britannique non-conventionnelle, le rédacteur en chef « d’un des journaux les plus réputés de Grande-Bretagne » qui estime que plus de la moitié de ses correspondants étrangers étaient sur la liste de paie du MI6 (l’équivalent au Royaume-Uni de la CIA – note de l’auteur). Et en 1991, Richard Norton-Taylor révéla dans le Guardian que parmi les 500 personnalités britanniques rémunérées par la CIA et la défunte Banque de crédit et commerce internationale se trouvaient 90 journalistes. »

Keeble a donné de nombreux autres exemples dans le chapitre de son livre sur les services de renseignement qui infiltrent les médias et modifient les politiques du moment, notamment en relation aux grèves des mineurs et Arthur Scargill dans les années 80 ainsi que pendant la période qui a mené à la guerre d’Irak en 2003…

David Leigh, l’ancien rédacteur d’investigation du Guardian, a écrit sur une série de cas où les services secrets ont manipulé d’éminents journalistes. Il affirme que les reporters sont régulièrement approchés et manipulés par des agents de renseignement et distingue trois méthodes, chacune explicitée dans son article :

·         Ils essaient de recruter des journalistes qui pourront espionner d’autres personnes ou tenteront de se faire passer eux-mêmes pour journalistes.

·         Ils autorisent des agents de renseignement à « écrire des articles tendancieux sous de faux noms ».

·         Et « la forme la plus pernicieuse » : ils transmettent des propagandes de services de renseignement à des journalistes consentants qui masqueront l’origine de l’information aux lecteurs.

Il serait bon de se rappeler que ceux qui devraient dénoncer la manipulation des grands médias par les services de renseignement sont les grands médias eux-mêmes, déjà corrompus. En d’autres termes, il est pratiquement impossible pour les médias de révéler cette histoire de « fausses nouvelles » systématiques disséminées par nos services secrets car cela dévoilerait une réalité bien inconfortable : ceux qui se présentent comme les chiens de garde des libertés face au pouvoir du gouvernement ne sont en fait que les chiens de compagnie des puissants.

 

Si tout cela semble dur à croire, regardez cette vidéo d’un journaliste allemand expérimenté admettant qu’il avait été recruté par les services secrets étasuniens (h/t Antonio Nascimento). Udo Ulfkotte a couvert le Moyen-Orient pour le Frankfurter Allgemeine pendant 12 ans et déclare qu’il a régulièrement agi comme relais de la propagande de la CIA. Il ajoute que nombre de ses collègues ont fait de même, promouvant de plein gré la désinformation de la CIA.

Traduit de l’anglais par Joe-Alexy Yagchi pour Investig’Action

Source: Jonathan Cook Blog

 

via: http://www.investigaction.net/la-cia-redige-t-elle-votre-journal/#sthash.1qmDNe0d.dpuf

Le Washington Post publie la fausse histoire d’une centrale américaine soi-disant hackée par Moscou

Reprenant sans pincettes un rapport du FBI, le très sérieux journal américain a assuré que le piratage d’une centrale électrique du Vermont avait été organisé par la Russie. Le problème ? La fameuse centrale a indiqué… qu’elle n’avait pas été hackée.

Dès les premières lignes de l’article du célèbre Washington Post, le ton est donné : «Un code [informatique] associé à l’opération russe de piratage […] a été détecté dans le système d’un fournisseur [d’électricité] du Vermont, selon des responsables américains.»

Sans prendre la précaution de vérifier l’information, venue de supposition des services de renseignements américains, le journal n’hésite pas à relayer le commentaire incendiaire du gouverneur démocrate de l’Etat du Vermont, Peter Shumlin, qui qualifie Vladimir Poutine de «l’un des plus gros voyous du monde» et conclut, un brin hâtivement : «Cet épisode devrait souligner le besoin urgent pour notre gouvernement fédéral [américain] de pourchasser vigoureusement et de mettre un terme à ce genre d’ingérence russe.»

 

 

 

Le sénateur du Vermont Patrick Leahy n’y va pas, lui non plus, de main morte, en parlant de «piratage financé par l’Etat russe» dans un communiqué publié sur internet.

Alors que le quotidien poursuit dans le même registre, les agences de presse du monde entier reprennent les accusations antirusses, à l’image de l’AFP, qui titre «Des hackers russes ont piraté un fournisseur d’électricité américain (presse)».

Le problème ? La centrale n’a jamais réellement été piratée

 

Alertée par les services de sécurité américains, la centrale électrique en question, Burlington Electric, fouille tous ses ordinateurs et découvre finalement que le code du logiciel malveillant n’est présent que sur un seul ordinateur, et que celui-ci n’est aucunement connecté aux installations. En d’autres termes, aucun pirate informatique n’a pénétré dans le système de la centrale électrique du Vermont.

Pas de chance pour le Washington Post, qui avait déjà sorti son article sans prendre la peine de contacter la compagnie.

Une «fake news» révélatrice

Comme l’écrit le journaliste britannique Glenn Greenwald dans le magazine en ligne The Intercept, l’histoire, qui peut sembler anodine, est en réalité importante car elle «reflète la fièvre irrationnelle et sans fin qui est cultivée dans le discours politique et la culture américaine à propos de la menace posée par Moscou».

En effet, ce n’est pas la première fois qu’une information non-vérifiée, voire complètement fausse, concernant la Russie, est massivement relayée par les médias mainstream américains, sans la moindre précaution.

Encore il y a quelques jours, la chaîne d’actualité américaine CNN avait indiqué que l’école américaine de Moscou avait été fermée sur ordre du gouvernement de Vladimir Poutine, en guise de réponse à la décision de l’administration de Barack Obama d’expulser 35 diplomates russes des Etats-Unis.

L’«information», erronée, avait été reprise par de nombreux médias internationaux et français, certains, comme la radio Europe 1, ne prenant même pas la peine d’y ajouter le conditionnel. La rumeur, montée de toutes pièces, avait pris tellement d’ampleur que la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova l’avait publiquement démentie. Vladimir Poutine avait ensuite indiqué que Moscou n’avait pas l’intention, pour l’heure, de répondre aux sanctions américaines.

Source:https://francais.rt.com/international/31606-washington-post-publie-fausse-histoire-centrale-americaine-hackee-moscou

06 janvier 2017

 

États-Unis : Les vraies raisons de l’expulsion des diplomates russes

Le président américain Barack Obama a ordonné vendredi 30 décembre l’expulsion de trente-cinq diplomates russes accusés d’être des « agents de renseignement » de Moscou en poste à l’ambassade de Russie à Washington et au consulat russe de San Francisco. Sans apporter de détails, la Maison-Blanche les accuse d’avoir « agi d’une manière qui ne correspond pas à leur statut diplomatique » et leur a donné 72 heures pour quitter le pays. Par ailleurs, le département d’Etat a décrété la fermeture de deux bâtiments appartenant à la Russie dans les Etats du Maryland, près de Washington, et de New York, au motif qu’ils étaient « utilisés par des responsables russes à des fins de renseignement ».

Harcèlement ou cyberattaques ? Que reprochent les Etats-Unis à la Russie ?

La Maison-Blanche a précisé que ces représailles constituaient « une réponse au harcèlement croissant, ces deux dernières années, contre le personnel diplomatique [américain] en Russie par les forces de sécurité et de police ». Un harcèlement qui serait allé « bien au-delà des règles de comportement diplomatiques internationales ». Barack Obama a ajouté que ces actions font suite «  aux avertissements que nous avons adressés de manière répétée au gouvernement russe, en privé et en public. Elles sont une réponse nécessaire et adaptée aux actions visant à nuire aux intérêts américains en violation des normes de comportement internationales établies ».

Le président américain a également annoncé que des sanctions étaient prises contre « neuf entités et individus », parmi lesquels deux services de renseignement russes, le GRU (renseignement militaire) et le FSB (service de sécurité intérieure) et leurs responsables. Le premier est accusé par la Maison-Blanche d’avoir, grâce à ses agents et ses moyens techniques, «  falsifié, altéré (…) des informations avec l’objectif ou l’effet d’interférer dans le processus électoral américain en 2016 ». Quant au FSB, il est accusé d’avoir aidé le GRU. Mais curieusement, il n’est pas fait état du SVR, pourtant principal service de renseignement extérieur russe présent à l’étranger.

De plus, trois entreprises russes soupçonnées d’avoir apporté un « soutien matériel » aux opérations de piratage informatique vont être également juridiquement et financièrement sanctionnées par l’administration américaine. « Les sanctions ne s’arrêteront pas là » a ajouté Barack Obama, prévenant que les Etats-Unis prendront d’autres mesures « au moment que nous choisirons, y compris des opérations qui ne seront pas révélées au public ».

En réalité, cette expulsion d’officiels russes – la plus importante depuis 2001[1] – vient sanctionner la supposée ingérence de Moscou dans la campagne présidentielle américaine, pendant laquelle le Parti démocrate aurait été victime de cyberattaques qui auraient favorisé l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Selon un rapport publié le 29 décembre par le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security/DHS) et le FBI[2], deux groupes de hackers qui seraient liés au renseignement russe – dénommés APT 28 ou Cozy Bear et APT 29 ou Fancy Bear – sont présentés comme responsables « de piratages ayant ciblé un parti politique américain » pendant l’été 2016. Selon les autorités américaines, le premier serait réputé proche du FSB, tandis que le second serait une émanation du GRU[3].

Ces attaques contre les serveurs et ordinateurs du Parti démocrate ont mené à la publication de plusieurs milliers d’e-mails et documents internes du mouvement, plus tard mis en ligne sur Wikileaks, jetant une lumière crue sur les manœuvres du clan Clinton afin d’écarter la candidature de Bernie Sanders et révélant nombre de magouilles et d’irrégularités internes. Ces actions auraient largement contribué à affaiblir la campagne d’Hillary Clinton. Mais, pour le moment, le gouvernement américain a donné peu d’éléments liant les diplomates déclarés persona non grata aux cyberattaques supposées de l’été dernier.

Outre ces supposés piratages informatiques destinés « à influencer l’élection présidentielle », Washington accuse Moscou de plusieurs cyberattaques contre des établissements financiers, des universités et d’autres institutions américaines.

Fin décembre, des responsables du DHS, du FBI et du Bureau du directeur du renseignement national (DNI) ont communiqué les codes des logiciels malveillants Grizzly Steppe[4] aux responsables de la sécurité des infrastructures critiques nationales (secteur financier, services publics, transports, énergie, etc.). Les responsables des services publics du Vermont ont alors aussitôt réagi, affirmant avoir identifié un de ces codes dans les systèmes de contrôle du réseau électrique. Cette découverte à immédiatement été médiatisée, provoquant la peur dans les structures gouvernementales que les « pirates informatiques liés aux services russes tentent activement de pénétrer les infrastructures critiques du pays pour conduire des attaques destructrices ».

Des réactions outragées d’élus politiques locaux proches de l’administration Obama n’ont pas tardé à avoir lieu : le 30 décembre, le gouverneur démocrate du Vermont, Peter Shumlin, déclarait que « tous les Américains devraient être à la fois alarmés et scandalisés que Vladimir Poutine, un des plus grands voyous du monde, ait tenté de briser notre réseau électrique, sur lequel nous comptons pour soutenir notre qualité de vie, notre économie, notre santé et notre sécurité (…). Cet épisode devrait mettre en évidence le besoin urgent que notre gouvernement fédéral poursuive vigoureusement et mette fin à ce genre d’ingérence russe ». Un peu plus tard, le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy, renchérissait, jetant encore un peu plus d’huile sur le feu : « cela va au-delà des piratages informatiques classiques : il s’agit maintenant d’essayer d’accéder aux services publics pour manipuler le réseau électrique et l’arrêter au milieu de l’hiver ».

Une étonnante absence de preuves

Que penser d’accusations américaines et des mesures qui ont été prises par la Maison-Blanche tant les affirmations de l’administration Obama sont véhémentes mais aussi confuses ?

Concernant le supposé hacking des ordinateurs du Parti démocrate, pour le moment, personne n’a pu avoir accès aux informations réunies par la CIA qui «  prouveraient » l’implication russe dans cette affaire. En conséquence, il est probable que des renseignements parcellaires aient été extrapolés pour conclure au hacking russe des ordinateurs du Parti démocrate. Mais ce ne sont pas là des preuves. Pourtant, dès le 7 octobre, un communiqué commun du DHS et du DNI affirmait «  avoir la conviction que cette opération venait de Russie et ne pouvait avoir été lancée qu’avec l’accord des plus hautes autorités[5] ».

D’ailleurs, au sein même de la communauté américaine du renseignement, les accusations font débat : une partie de la CIA n’est pas d’accord avec l’interprétation donnée et la majorité du FBI – même si certains de ses dirigeants ont fait une étonnante volte-face le 29 décembre – considère qu’il n’y a que des ragots dans le dossier mais en aucun cas des éléments judiciaires à charge. Sans exclure la « piste russe », les membres du Bureau se montrent beaucoup plus prudents que Langley sur le sujet, affirmant tirer des « conclusions très différentes de celles de la CIA ».

Plusieurs médias, comme The Intercept, indiquent également que les sources anonymes de la CIA s’exprimant dans les colonnes du Washington Post pour accuser Moscou n’apportent pas d’éléments probants afin de soutenir les accusations qu’ils émettent.
D’autres observateurs considèrent que les preuves techniques présentées – comme l’utilisation d’un traitement de texte configuré en russe – ou le fait que les piratages ont majoritairement eu lieu pendant les heures diurnes du fuseau horaire de Moscou, sont insuffisantes pour incriminer la Russie. Enfin, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a déclaré lors d’une interview que la source des e-mails que son site avait révélés n’était pas la Russie [6].

Concernant les cyberattaques «  identifiées » dans le Vermont, les dirigeants de la société Burlington Electric, en charge de la gestion du réseau électrique local, ont déclaré que le code malveillant avait été détecté « dans un ordinateur portable qui n’était pas connecté aux systèmes de contrôle du réseau » et qui a été immédiatement isolé. Les responsables de la sécurité de Burlington ont reconnu qu’ils ne savaient déterminer à quel moment ce code était entré dans l’ordinateur, ni si les « hackers russes » avaient eu pour intention de perturber le fonctionnement du système ou d’observer s’ils pouvaient le pénétrer. A noter que les représentants du département de l’Energie et du DHS ont refusé de commenter ces faits.

Ainsi, concernant ces deux affaires, en l’état actuel des choses, il n’y a ni preuve avérée, ni commission parlementaire, ni enquête judiciaire, ni unanimité au sein de la communauté du renseignement. A tel point que le motif officiel de l’expulsion des diplomates russes n’est pas le supposé hacking des ordinateurs du Parti démocrate, mais un vague prétexte de « harcèlement diplomatique », ce qui en dit long sur les supposés éléments à charge. Le président élu Donald Trump a d’ailleurs mis en cause la véracité des renseignements à l’origine des accusations à l’égard de Moscou.

Autant dire que nous sommes là dans une confusion totale, qui ne peut que susciter des doutes majeurs quant à la réalité des faits présentés. Une grande partie des journalistes américains sentent qu’ils sont au cœur d’une manipulation orchestrée par l’administration sortante et sont plutôt assez prudents dans cette affaire.

Quand bien même certaines de ces accusations seraient-elles fondées, rappelons que ce que la Maison-Blanche reproche à ces hackers c’est d’avoir dévoilé des e-mails authentiques mettant en lumière les turpitudes d’Hillary Clinton et de son entourage, suite à quoi le FBI aurait dû réagir et poursuivre la candidate en justice, ce qu’il n’a pas fait.
En somme, les « hackers russes » ont joué le rôle de Whistleblowers, lequel est constamment encouragé par Washington partout dans le monde lorsqu’il s’agit de lutte contre la corruption, la fraude ou le terrorisme. Au demeurant, personne ne semble avoir critiqué les Démocrates pour leur amateurisme coupable puisqu’ils ont été incapables de protéger leur système informatique alors même que leur candidate était l’épouse de l’ancien président et ex ministre des Affaires étrangères !

Quant à l’implication de Moscou, elle reste à prouver. Affirmer que Trump a été élu grâce à l’appui de Poutine n’a pas de sens, car si tel était le cas, l’opération aurait été d’un grand amateurisme et aurait eu pour effet de voir son soutien démasqué et son candidat décrédibilisé, ce qui aurait été totalement contre-productif.

La « vertu » américaine offusquée : quand l’hôpital se moque de la charité

Dans le cadre de l’expulsion des trente-cinq diplomates russes, Barack Obama a invité les pays « amis et alliés » des Etats-Unis à « travailler ensemble pour contrer les efforts de la Russie visant à saper les bonnes pratiques internationales et à s’ingérer dans le processus démocratique ». A l’occasion de cette affaire Washington s’érige donc en victime innocente d’une cyber agression contraire au droit international, condamne sans hésitation de telles pratiques et dénonce la volonté de Moscou d’interférer dans le processus démocratique des Etats-Unis. Si nous ignorions qu’il n’y a pas plus éloquente qu’une prostituée faisant un discours sur la chasteté, nous en tomberions à la renverse !

L’espionnage est un grand classique entre les Etats. Indéniablement, les Russes, comme les autres nations, espionnent leurs principaux rivaux, concurrents et alliés. Mais si pendant la Guerre froide, les Soviétiques étaient de loin les plus agressifs, la situation s’est inversée depuis. La croissance exponentielle de la communauté américaine du renseignement et de ses moyens font des Etats-Unis le pays du monde qui espionne le plus les autres, au prétexte de la guerre contre le terrorisme (GWOT).

Entendre Washington se plaindre de l’agressivité des services russes – ce qui est au passage une réalité, aux Etats-Unis comme en Europe – laisse songeur. Utiliser un tel argument relève d’une mauvaise fois évidente ;
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Washington a conduit plus d’interventions politiques clandestines dans le monde – orientant le résultat d’élections ou soutenant des coups d’Etat[7] – que ne le fit l’URSS. Les Américains ont même théorisé le Régime Change, qu’ils ont appliqué en agissant par ONG « démocratiques » interposées à l’occasion des « révolutions oranges » dans les années 1990, du « printemps » arabe à partir de 2011, ou de la pseudo révolution de Maidan en Ukraine (2014), ou bien encore en bafouant ouvertement le droit international lors de l’invasion de l’Irak en 2003.

Il convient également de rappeler que la NSA a mis sur écoute les dirigeants politiques de la planète entière – y compris ses plus fidèles alliés -, qu’elle surveille toutes les communications électroniques mondiales et qu’elle a développé des capacités d’attaques informatiques sans équivalent dans le monde.

Ce sont les États-Unis qui ont lancé les premières cyberattaques en Iran, afin de saboter, avec l’aide des services israéliens, le programme nucléaire iranien. Cette histoire est détaillée dans les documents de Snowden dont l’authenticité n’a jamais été mise en doute.
La NSA a également pénétré les réseaux informatiques de plusieurs agences et ministères de Chine. Ce sont là des actes de guerre. Et les frappes de drones comme les éliminations ciblées conduites dans le cadre de la guerre contre le terrorisme relèvent de la même logique. Or, les Etats-Unis ont toujours traité par le mépris et balayé d’un revers de la main les critiques et accusations formulées contre eux en raison de ces actes, déniant aux autres Etats comme à la communauté internationale le droit de les juger de quelque manière que ce soit. Voir donc aujourd’hui la Maison-Blanche dénoncer une violation des règles internationales – qui plus est sans guère de preuves – dont le pays aurait été victime illustre bien l’unilatéralisme qui caractérise Washington depuis la fin de la Guerre froide.

Les enjeux véritables de la crise pour l’administration Obama

Au demeurant, cette affaire survient dans un contexte très particulier, dont il importe de rappeler les nombreux paramètres.

 L’Establishment de Washington a été totalement surpris par la victoire de Donald Trump et a compris qu’un grand ménage allait avoir lieu dans lequel beaucoup de ses membres perdraient leurs positions politiques et les retombées économiques liées à leurs alliances internationales.

 Aussitôt élu, le futur président a clairement manifesté son extrême méfiance à l’égard de la communauté du renseignement et plus particulièrement de la CIA, qu’il soupçonne d’avoir eu une forte et néfaste influence sur la politique de ses deux prédécesseurs.

 Aussitôt désigné comme futur Conseiller à la Sécurité nationale, le général Michael Flynn [8] a annoncé qu’il allait recentrer l’Agence – dont il critique ouvertement les performances – sur la recherche et l’analyse du renseignement et a désigné un nouveau directeur chargé de la remettre au pas [9]. Flynn a déclaré qu’il allait confier à l’avenir l’ensemble des opérations clandestines au Commandement des opérations spéciales (USSOCOM [10]/JSOC [11]) – donc au Pentagone -, ce à quoi la CIA est déterminée à s’opposer à tout prix.

 Donald Trump, Mike Flynn, mais aussi le futur secrétaire d’Etat, Rex Tillerson – actuel président d’Exxon-Mobil – n’ont pas fait mystère de leur volonté de renouer des relations de confiance et de partenariat avec la Russie de Poutine, ce qui va à l’encontre des positions de l’administration actuelle et de ses intérêts.
Nous sommes donc là de manière évidente dans une affaire américano-américaine ou deux clans s’affrontent pour rénover ou conserver le pouvoir… avant le 20 janvier, date de prise de fonction de Donald Trump.
Ainsi, Barack Obama et son administration s’emploient clairement à :

 Pourrir la situation pour le début de la présidence Trump, à défaut de pouvoir remettre en cause son élection,

 Saboter le rapprochement américano-russe.
Rappelons également que l’expulsion des officiels russes intervient quelques jours après la libération d’Alep par la coalition russo-syrienne et l’accord de cessez-le-feu conclu entre Russes, Syriens, Iraniens et Turcs sans la participation de Washington. Ce sont là deux déconvenues majeures de la politique étrangère américaine. Enfin, rappelons qu’Edward Snowden, la bête noire du renseignement américain, est toujours à Moscou. Dès lors, rien d’étonnant à ce que Washington multiplie les provocations vengeresses à l’encontre de la Russie.

La réaction russe

La Russie a « catégoriquement » rejeté les accusations dont elle est l’objet, les jugeant «  indécentes ». A titre de réciprocité, Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères à immédiatement proposé à Vladimir Poutine de déclarer persona non grata trente et un diplomates de l’ambassade des États-Unis à Moscou et quatre du consulat de Saint-Pétersbourg et de leur interdire l’utilisation d’une maison de campagne dans la banlieue de Moscou et d’un bâtiment leur servant de dépôt dans la capitale. Mais le président russe a déclaré qu’il n’expulserait aucun diplomate américain, souhaitant ne pas répondre à ce «  nouveau geste inamical de l’administration américaine sortante » destiné « à déstabiliser plus encore les relations russo-américaines », alors même qu’il attend l’entrée en fonction du nouveau président américain pour rétablir avec lui des relations de confiance entre les deux pays. Donald Trump a salué aussitôt «  l’intelligence » du président russe. Force est de constater l’astuce avec laquelle Vladimir Poutine a su éviter le piège tendu par l’administration américaine, désamorçant ainsi une crise aurait pu provoquer une tension majeure.

*

Le psychodrame sur le prétendu mais non étayé piratage russe n’a pas peut-être pas encore atteint son paroxysme, car il reste trois semaines avant l’investiture de Donald Trump. Mais déjà, cette affaire, dans laquelle le grotesque le dispute à l’absurde, s’affirme comme l’une des histoires les plus surréalistes des relations internationales contemporaines.

Conséquence de la croissance exponentielle des supports d’information (internet, réseaux sociaux, médias audiovisuels) depuis le milieu des années 1990, puis de l’entrée en scène des Spin Doctors à partir de 2002, le monde est entré dans une nouvelle ère de manipulation de l’information et des opinions. La combinaison d’un Storytelling efficace et de la maîtrise des canaux de communication internationaux permet de faire apparaître le faux encore plus vrai que le vrai [12]. Les justifications fantaisistes de l’invasion de l’Irak en 2003, le « roman » des « révolutions » arabes à partir de 2011, les présentations faussées de la crise ukrainienne et du conflit syrien n’en sont que les illustrations les plus visibles.

En accusant le Kremlin de vouloir pour manipuler et détruire la démocratie américaine, une partie de l’Establishment d’outre-Atlantique s’est lancée dans une tentative aussi pathétique que désespérée ayant pour but de permettre à ses membres de conserver leurs postes et de poursuivre la politique internationale de tension qu’ils ont mis en place depuis le début des années 2000, la seule qui, à leurs yeux, permette d’assurer la pérennité de la domination politique et économique des Etats-Unis sur le monde.

Eric Denécé

[1] 50 agents avaient dû alors quitter le territoire américain.
[2] 
https://www.us-cert.gov/sites/default/files/publications/JAR_16-20296A_GRIZZLY%20STEPPE-2016-1229.pdf 
[3] De très nombreux piratages ont été attribués à ces deux groupes, dont celui qui a visé TV5 Monde en 2015.
[4] Nom donné par les Américains à la soi-disant opération russe.
[5] 
https://www.dhs.gov/news/2016/10/07/joint-statement-department-homeland-security-and-office-director-national
[6] 
http://www.foxnews.com/politics/2016/12/16/wikileaks-founder-assange-on-hacked-podesta-dnc-emails-our-source-is-not-russian-government.html
[7] Guatemala, Iran, Vietnam, Indonésie, Argentine, Philippines, Bosnie… pour ne citer que quelques exemples célèbres, sans parler des interventions dans la vie politique européenne pendant la Guerre froide, notamment en France et en Italie.
[8] Ancien officier des forces spéciales et ex directeur du renseignement militaire (DIA).
[9] Il lui reproche notamment d’avoir envoyé les analystes sur le terrain, ce qui leur a fait perdre tout recul, altérant considérablement les capacités d’analyse de l’Agence. Il est par ailleurs déterminé à restreindre son autonomie, considérant qu’elle est devenue une véritable « armée privée » imposant régulièrement sa vision de la situation internationale à la Maison-Blanche.
[10] United States Special Operations Command.
[11] Joint Special Operations Command.
[12] Le 30 décembre, des responsables américains ont « informé anonymement » certains médias que la Russie avait fermé l’école anglo-américaine de Moscou en représailles à l’expulsion de ses diplomates. CNN a été la première à diffuser cette information, largement reprise par les réseaux sociaux… qui est évidemment dénuée de tout fondement !

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8072

 

 

La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme

«Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi!» John Swinton, célèbre journaliste, le 25 septembre 1880, lors d’un banquet à New York quand on lui propose de porter un toast à la liberté de la presse (Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, 1955/1979.)

Comment perdurent les conflits créés par les hommes? On peut invoquer mille et une raisons! Dans cette réflexion nous allons zoomer sur l’immense responsabilité du quatrième pouvoir qui est celui de l’information. C’est un fait! Il n’y a pas de presse libre; un exemple nous est donné par le journal Le Monde qui fut un journal de référence il y a bien longtemps. Dans un éditorial intitulé: «Syrie: le crime de trop appelle une riposte» appelant au meurtre et à la curée, Natalie Nougayrede du Journal Le Monde, ne laisse aucune place au doute. Ses références à prendre comme du pain béni sont occidentales. Poursuivant la technique du boutefeu, elle incite à la fierté: «La crédibilité des pays occidentaux, qui avaient parlé à des degrés divers de «ligne rouge», est en jeu…Un autre exemple sous la plume du même boutefeu: «Iran: bombarder ou pas?» Madame Nougayrede s’empare de l’imaginaire des lecteurs, en leur imposant de fait sa certitude; il faut bombarder l’Iran, mais quand? Enfin, on ne peut pas ne pas citer la fascination de la journaliste pour Bernard-Henri Lévy et son épopée dans le lynchage d’El Gueddafi. Mais ce journal n’est pas le seul média français se livrant à la désinformation outrageuse. La radio RTL (1ère radio) rivalise avec le journal Le Monde, car en plus d’abêtir les auditeurs, elle se complaît dans la collaboration avec l’impérialisme occidental, dominé par le système anglo-saxon.

Le mensonge érigé en dogme du magister dixit

Le très puissant New York Times symbolise bien l’année médiatique difficile des médias occidentaux. Ses dirigeants ont même appelé à se remettre en question L’année écoulée s’est montrée difficile pour les médias de masse occidentaux. Entre prévisions erronées, crédibilité entachée et manque de confiance de la part de la population, certains ont même appelé à se remettre en question. «Les médias d’information ont largement manqué ce qui se passait autour d’eux…» Cette analyse de Jim Rutenberg, médiateur du très célèbre New York Times, au lendemain de l’élection de Donald Trump, est à l’image de l’année médiatique de bon nombre de titres de presse occidentaux. Que ce soit à propos du Brexit, de l’élection présidentielle américaine ou des chances de François Hollande de faire un second mandat, 2016 s’est montrée cruelle pour les médias mainstream. La réalité a balayé la plupart de leurs prévisions au sujet de ces grands événements qui ont marqué l’année. Mais plus que ces analyses ratées, c’est au niveau même de la couverture de certains sujets comme la bataille d’Alep qu’ils sont critiqués. Le niveau de défiance de la population occidentale envers ses médias atteint désormais des sommets.» (1)

Alep, tombeau du mainstream?

La libération de la seconde ville de Syrie par l’armée de Bachar el-Assad et ses alliés a été l’un des événements les plus marquants de cette fin d’année. Avant que Damas annonce le 22 décembre avoir repris le contrôle de la totalité de la ville, de nombreux médias occidentaux ont accusé l’armée arabe syrienne d’avoir commis des exactions sur les civils d’Alep-Est. La ville aurait été «en flammes», noyée sous les bombardements des avions syriens et russes et la majorité de la presse occidentale plaignait le sort des «rebelles modérés» en passe de perdre la bataille. La machine médiatique en marche a cependant été freinée à plusieurs reprises par des voix discordantes de plus en plus nombreuses. Notamment celle de l’humanitaire français Pierre Le Corf, «Beaucoup de médias ont diffusé des scènes de massacres, […] des gens brûlés vivants», a-t-il déclaré à Sputnik le 14 décembre, ajoutant qu’«en étant ici je n’ai jamais entendu parler de ça. J’ai entendu parler de ça dans les médias. […] Ça me semble difficile à vérifier.» Visiblement agacé par les publications de l’humanitaire montrant des gens heureux de la libération de la ville, plusieurs médias ont attaqué sa crédibilité, l’accusant d’être à la solde du «régime syrien». (1)

De même, la journaliste indépendante canadienne Eva Bartlett a beaucoup fait réagir après son intervention lors d’une conférence de presse organisée par la mission syrienne auprès de l’ONU. Répondant à la question d’un journaliste norvégien, elle avait fait voler en éclat la rhétorique des médias mainstream sur la Syrie. Elle avait notamment évoqué le manque de crédibilité des sources des journalistes occidentaux comme l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) ou les fameux Casques blancs et avait nié les accusations d’une partie de la presse qui voulait que l’armée de Bachar el-Assad ait commis des crimes sur des civils. (2)

Vanessa Beeley, journaliste indépendante britannique, a également fait parler d’elle en démontant le mythe des Casques blancs. Présentés par une partie de la presse comme une ONG humanitaire, ils ont même été pressentis pour obtenir le prix Nobel de la paix. «Il y a des preuves du soutien aux terroristes en Syrie par ‘les Casques blancs »».

Les mensonges assumés et têtus des médias français

Dans le paysage audiovisuel français aussi, certaines voix bravent la doxa sur la Syrie. Le 21 décembre, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) était l’invité d’Yves Calvi sur LCI. Dénonçant «une falsification de l’information qui est énorme» concernant Alep, il a tenu à livrer quelques éclaircissements: «Il y a un tiers des quartiers d’Alep, seulement un tiers, qui sont victimes des bombardements, et – j’insiste – c’est un tiers de la ville où des djihadistes dangereux sont présents et ce sont ces djihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et sur le reste de la ville ce dont on ne parle jamais.» «On se fait rouler dans la farine avec Alep?», s’était même interrogé Yves Calvi qui tenta de se distancer de la réalité qu’il a contribué à marteler en boucle. Le dernier coup dur à la version dominante sur Alep est venu d’une actrice et réalisatrice bolivienne de retour d’un séjour de huit mois en Syrie pour tourner un documentaire. (..) Sur CNN le 21 décembre, elle est également revenue sur les tweets de Bana, la petite fille syrienne qui racontait son quotidien d’enfant à Alep-Est c’est juste impossible. J’ai été sur place… franchement… il n’y a pas d’Internet, spécialement dans cette partie d’Alep, il n’y a pas d’électricité depuis plus de 85 jours, je ne pense pas qu’elle était à Alep. Montrez-moi une vraie vidéo du moment où elle est exfiltrée d’Alep-Est.»(4)

L’intellectuel Alain de Benoist n’y va par quatre chemins: Il dénonce une douce complicité. Il écrit: «La grande majorité des journalistes est sincère. Ils sont persuadés d’être toujours dans le vrai parce qu’ils sont victimes de stratégie de persuasion qu’ils relaient. L’immense majorité adhère à la vulgate, libérale libertaire, ce mélange d’idéologie des droits de l’homme de convenance, d’antiracisme, de progressisme, mais de révérence au marché du politiquement correct. Ils en reprennent tous les mantras, unanimismes à condamner le populisme, le protectionnisme, l’identité, la souveraineté, tous persuadés que les hommes sont partout les mêmes et que leur avenir est de convenir au grand marché mondial. Le métier de journaliste n’est pas facile, il demande de l’humilité et non un surcroit de prétention.» (5)

Un exemple d’enfumage même des plus grands journaux? «Reprenant sans pincettes un rapport du FBI, le très sérieux Washington Post a assuré que le piratage d’une centrale électrique du Vermont avait été organisé par la Russie. Le problème? La fameuse centrale a indiqué… qu’elle n’avait pas été hackée. Sans prendre la précaution de vérifier l’information, venue de supposition des services de renseignements américains, le journal n’hésite pas à relayer le commentaire incendiaire du gouverneur démocrate de l’Etat du Vermont, Peter Shumlin, qui qualifie Vladimir Poutine de «l’un des plus gros voyous du monde», conclut, un brin hâtivement: «Cet épisode devrait souligner le besoin urgent pour notre gouvernement fédéral [américain] de pourchasser vigoureusement et de mettre un terme à ce genre d’ingérence russe.»(6)

La fabrication de la normalité

C’est par ces mots que C.J. Hopkins définit le sacerdoce de la presse mainstream qui s’invente des fausses nouvelles contre lesquelles elle doit lutter: Il écrit: «Vers la mi-novembre, à la suite de la défaite d’Hillary Clinton les autoproclamés Gardiens de la Réalité, mieux connus sous le nom de médias tenus par le monde des affaires, ont lancé une campagne mondiale de marketing contre le maléfique et perfide fléau des «fausses nouvelles». Cette campagne a maintenant atteint le stade de l’hystérie. Les médias de l’ensemble de l’Empire diffusent quotidiennement des avertissements terrifiants sur la menace imminente et existentielle contre nos libertés, la menace des «fausses nouvelles».(…) Qui est derrière cette menace de «fausses nouvelles»? Eh bien, Poutine naturellement, mais pas seulement Poutine. (…) Heureusement pour nous, les médias d’entreprise sont à fond sur la piste de cette bande de scélérats. Comme vous le savez sans doute, le Washington Post a publié récemment un sensationnel article qui diffame sans vergogne des centaines de publications alternatives (comme celle que vous lisez) en les traitants de «camelots de la propagande russe». (…) Une foule de publications dangereusement extrémistes, comme CounterPunch, The Intercept, Rolling Stone, The Nation, The New Yorker, Fortune Magazine, Bloomberg et US News & World Report, ont fustigé le Washington Post pour ses pratiques journalistiques «bâclées», «douteuses» ou de bas niveau. L’obsession actuelle des médias à l’égard des «fausses nouvelles» cache le fait qu’il n’y a pas de «vraie nouvelle» et produit simultanément «de vraies nouvelles», ou plutôt leur apparence. (7)

Les citoyens s’informent lucidement d’une façon alternative

Ariane Walter a, à sa façon, décrit le combat des sans-dents pour une vraie information. «2016 a été l’année la plus surprenante, la plus folle, la plus prometteuse. Les grands prédateurs qui dirigent et saignent notre monde se sont pris claque sur claque. Les réseaux sociaux qui sont la voix des sans-dents, ont été tellement vifs, actifs, drôles, puissants, que la clique agonisante, dans un dernier gargouillis, balbutie qu’elle veut les interdire! Dans les merveilleux souvenirs de 2016, nous avons d’abord, débordant des poubelles de l’Histoire, les têtes des médias dits les merdias, qui ont pris une saucée mémorable. Ils prévoyaient un «non» au Brexit. Ce fut un «Oui». Ils prévoyaient Clinton, ce fut Trump. Ils prévoyaient Juppé, ce fut Fillon. (…) Quelle belle année, avec au pied de la guillotine les têtes de Clinton, Obama, Cameron, Sarkozy, Juppé, Renzi, Hollande!!! (…)Parce que nous le voulons, parce que nous le disons, parce que les myriades de barques de notre humanité humaine sont prêtes à voler tant 2016 a été si surprenante, si drôle, si prometteuse, si quantique dans son explosion irrépressible et libre!! 2017, pupuce, tu as un sacré héritage!» (8).

Et en Algérie?

Avons-nous une presse libre? Avons-nous une presse professionnelle, Mon sentiment après avoir contribué modestement à l’émergence de la presse «libre» est qu’il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme. Il n’y a pas de presse libre. A des degrés divers et pour des raisons diverses notre presse ne peut pas dire ce qui est dans un sens ni dans l’autre. Certaines fois l’action du gouvernement – même si elle est constructive, ne trouve pas grâce à ses yeux. D’autre fois c’est le contraire c’est «la pommade» sans retenue. S’agissant de l’appréciation de la situation internationale, en règle générale, il n’y a pas de mon point de vue d’analyse objective il y a un suivisme sans un minima de critiques, l’exemple de la situation en Syrie est symptomatique, pratiquement tous les journaux dits «libres» et de réputation répercutent la doxa occidentale participant ce faisant au formatage des imaginaires algériens dans le sens des médias mainstream allant jusqu’à répercuter des expressions toutes faites comme le mot «boucher» pour qualifier Assad, selon la lexicologie des BHL, des Fabius et les mantras concernant les élucubrations de l’Osdh qui fait une comptabilité macabre au jour le jour (150 morts par jour pendant 2000 jours) bien embusqué à Londres.

De l’autre côté, les journaux arabophones, ont en règle générale une opinion différente certaines fois justes, mais souvent pour des raisons idéologiques ou religieuses!

Enfin il y a les journaux du pouvoir condamnés à être des laudateurs sans état d’âme et ne pas sortir des clous. Le journaliste Pulitzer, fondateur du prix du même nom, fondé en 1917 recommande d’être sans pitié pour les escrocs:

«Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et tôt ou tard l’opinion publique les chassera. La publicité n’est peut-être pas la seule chose nécessaire, mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines.»

Le sociologue Pierre Bourdieu professeur au Collège de France recommandait pour sa part de donner la parole aux citoyens: «Il serait temps que les journalistes apprennent à reconnaître qu’un propos peut être très important intellectuellement ou politiquement, lors même qu’il émane d’un simple citoyen inconnu ou isolé, ou, au contraire, tout à fait insignifiant, lors même qu’il émane d’un homme politique «important» ou d’un porte-parole autorisé d’un «collectif», ministère, Église ou Parti.» Pour sa part et dans un hommage à Wilfred Burchett T.D. Allman écrit: «Le journalisme véritablement objectif non seulement rapporte correctement les faits, mais en tire leur véritable signification. Il résiste à l’épreuve du temps. Il est validé non seulement par des «sources sûres», mais aussi par le déroulement de l’Histoire.

C’est un journalisme qui, dix, vingt ou cinquante ans après les faits, tient encore la route et donne un compte-rendu honnête et intelligent des évènements.»

Tout est dit.

Pr Chems Eddine CHITOUR

 

1. https://francais.rt.com/international/31575-2016-annee-noire-pour-medias-mainstream
2.https://francais.rt.com/france/30697-quand-inrocks-pensent-denoncer-video-complotiste-se-font-recadrer-lecteurs…

3.https://francais.rt.com/opinions/27507-soutien-terroristes-casques-blancs…
4.https://francais.rt.com/international/31459-actrice-bolivienne-retour-syrie-met-a-mal-version-medias-occidentaux-alep…
5.http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/ici-les-journalistes-ne-sont-pas-les-victimes-de-la-censure-mais-les-vecteurs,264005
6.http://reseauinternational.net/le-washington-post-publie-la-fausse-histoire-dune-centrale-americaine-soi-disant-hackee-par-moscou/#ZZF2aGg4PwKzjg2O.99
7.C.J. Hopkins http://lesakerfrancophone.fr/la-fabrication-de-la-normalite
8.Ariane Walter https://www.legrandsoir.info/2016-l-annee-quantique.html

05 janvier 2017

 

Décodeurs, désintoxiqueurs…la presse des menteurs

Libération, bulletin de la presse Rothschild/Drahi et Le Monde, bulletin de la presse Bergé/Pigasse/Niel, rivalisent dans un pathétique concours de cour de récréation pour savoir qui a la plus grosse vérité vraie si je mens… Décodeurs par ci, désintoxiqueurs par-là, menteurs par ci et par là. Comme le rappelle Claude Chollet, président de l’OJIM (site de décryptage des médias qui lui est fiable) dans un entretien au site Le Rouge & le Noir : « Décoder veut dire recoder, désintoxiquer veut dire intoxiquer, dire le vrai veut dire le faux. Nous sommes en plein roman orwellien : l’amour c’est la haine, la paix c’est la guerre, la vérité c’est le mensonge ». Ils sont d’ailleurs démasqués dans un excellent dossier de l’OJIM datant du 8 décembre 2014 : « Décodeurs, bienvenue au Ministère de la Vérité » et un non moins excellent article du 4 novembre 2016 (http://www.ojim.fr/les-decodeurs-du-monde-sinteressent-aux-sites-identitaires-dinfos-locales/).

Une fois encore, ils ont été pris la main dans le sac et le décodage à plein tube…  Le 20 décembre par exemple, le décodeur du Monde, Adrien Sénécat, s’en prend au journal Breiz Atao, organe en ligne des indépendantistes bretons en l’accusant de complotisme pour avoir mentionné la revendication par Daech de l’attentat de Berlin… et ce alors que le New York Post ou le Washington Times l’avait fait révélé. Quelques heures plus tard, Le Monde dût avouer piteusement sa faute.

Quatre jours plus tôt, le 16 décembre, c’est la rubrique Desintox de Libération qui est épinglée pour son manque de professionnalisme, l’OJIM la prenant la main dans le sac dans cet article que nous résumons ci-dessous : Le 8 décembre Libération publiait dans sa rubrique « désintox » un article intitulé « Migrants : comment la fachosphère intoxique en recyclant les données publiques » signé par le journaliste Valentin Graff. En cause, un article paru sur le site Fdesouche et intitulé « La preuve que les ONG sont complices des passeurs ».

« Voilà, ni plus ni moins, ce que nous promet Fdesouche en relayant sur son site et sur Twitter, la vidéo d’une fondation néerlandaise, Gefira (pour «Global Analysis from the European Perspective»), qui se présente comme un think-tank ».

Et le quotidien officiel de tenter de discréditer le travail de Gefira, sans même lire leur rapport, comme le prouve l’OJIM :

« Les fins limiers de Libération, qui ont compris de travers les rapports de la fondation Gefira, ont donc décroché leur téléphone pour savoir combien d’immigrants avaient été transportés par huit des neufs ONG mises en cause, afin d’apporter la preuve du mensonge qu’ils croyaient avoir relevé. Notons au passage que les ONG concernées sont les suivantes : MOAS, Jugend Rettet, Stichting Bootvluchting, Médecins Sans Frontières, Save the Children, Proactiva Open Arms, Sea-Watch.org, Sea-Eye et Life Boat. « Chacune des huit ONG mises en cause », nous dit Libération. Hum hum. Non seulement ils ne savent pas lire, mais en plus ils ne savent pas compter et ils en ont oublié une ! Mais c’est malgré tout ici que nous obtenons la seule information utile de cette pseudo désintox, puisqu’elle vient compléter ce qu’on peut lire sur le site gefira.org : 8 ONG ont transporté à elles seules avec leur service de navette, en moins de deux mois, 14 954 immigrants clandestins (sur 39 192 en tout). Merci donc au journal Libération de nous confirmer au passage, même si ce n’était pas le but, le bien-fondé du titre de l’article de Gefira accusant les ONG de faire passer les immigrants en Europe à une échelle industrielle ».

On ne peut pas évoquer ces deux sites de contre-contre-propagande sans parler du décodeur en chef (décodeur avec deux n) du Monde, Samuel Laurent, coutumier du fait et fréquemment épinglé pour ses conceptions très personnelles de la juste restitution des faits…

Samuel Laurent, c’est le fameux adepte de « j’ai appris les maths par la méthode Wiesel » lors de la Manif pour tous de 2013. Le 23 janvier, il prétendait qu’il n’y avait eu que 300 000 manifestants alors qu’il était clair que le million avait été dépassé comme l’avoua Libération le 23 novembre 2016. Le 4 octobre 2014, Causeur, journal pas spécialement de droite, déclarait à son propos :

« L’important, c’est qu’un professionnel encarté de sa trempe soit irréprochable en termes de neutralité. Que jamais le commentaire ne prenne le pas sur le fait, rigoureusement et exclusivement rapporté, dans sa nudité la plus crue. Exemple : les arguments de la Manif pour Tous sont mauvais. Ses arguments ne sont pas faux, discutables ou imprécis. Non, ils sont mauvais. Samuel Laurent sait ce qui est bon et ce qui est mauvais. C’est comme ça. C’est un fait »

Samuel Laurent, reprenant la longue tradition de relativisation de la pédophilie par son journal (la fameuse pétition du 26 janvier 1977 réclamant la dépénalisation de la pédophilie et signée notamment par Aragon, Barthes, de Beauvoir, Glucksmann, Kouchner, Lang, Millet, Sartre, Sollers…) a prétendu que Le Salon Beige accusait à tort la Ligne Azur de banaliser la pédophilie dans son article du 4 février 2014 mais surtout Laurent se livre à une vision conspirationniste des faits :

« Relevons d’abord que, on le voit d’ailleurs à l’image, M. Zemmour prend sa source sur le site d’Alain Soral, Egalité et réconciliation, groupuscule d’extrême droite à l’origine de la campagne poussant les parents à retirer leurs enfants de l’école. […] Oui, il existe un service baptisé Ligne azur. […] Oui, il existe un partenariat entre Ligne azur et l’Éducation nationale ».

Le 5 février 2014, le site catholique répondait ainsi :

« Intox, désintox, décodeur, Le Monde a dépêché son plus fin limier en la personne de Samuel Laurent (celui qui réécrit la réalité) pour démonter les « élucubrations d’Eric Zemmour » à propos de l’expérimentation du gender dans les écoles. Au passage, il se permet d’égratigner Le Salon Beige qui accusait Ligne Azur de « banaliser la pédophilie ». Le lien du Monde renvoie vers une capture d’écran d’un ordinateur du Sénat, où l’accès à la ligne Azur est interdit car trop… sexuelle. Dans les écoles, en revanche, c’est un accès autorisé et même recommandé. Il faut rappeler en effet, puisque Samuel Laurent ne le fait pas, que la Ligne Azur définissait la déviance criminelle qu’est la pédophilie comme l’« attirance sexuelle pour les enfants, quelle que soit l’orientation sexuelle de la personne ». Ni plus ni moins. Comme une tendance sexuelle parmi d’autres. Il est vrai que sur ce grave sujet, le quotidien Le Monde n’a jamais été très clair, c’est le moins que l’on puisse dire »donnait la stricte définition de la pédophilie selon la Ligne Azur : « attirance sexuelle pour les enfants, quelle que soit l’orientation sexuelle de la personne », sans préciser que c’est un crime…

L’un des plus beaux moments de bravoure de Samuel Laurent fut quand même d’avoir été démasqué comme menteur par son propre journal le 28 juillet 2015. Ce jour-là, il écrivait : « Le taux de chômage en France est bien dans la moyenne européenne ». Or, le même jour, Le Monde  annonçait : « Chômage : la France, mauvaise élève de l’Union Européenne (…) Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage. En France,  elle est en hausse quasi continue, tandis qu’elle commence à baisser  dans les principaux pays européens. En moyenne, dans les 28 pays  de l’Union Européenne, le chômage décroît. Entre mai 2012 et mai 2015,  le taux est passé de 10,4 % à 9,6 %. Selon Eurostat, il a augmenté en  France sur la même période, passant de 9,7 % à 10,3 % ».

Attention, il ne faut pas confondre Samuel Laurent avec son parfait homonyme, auteur d’un livre sur Al-Qaïda  qui fut très contesté et dont le père Eric est sur France Culture.

Pour parodier une publicité : Samuel Laurent, ce sont les lecteurs qui en parlent le mieux… « Il y a quelque chose de dérisoire à vouloir prouver quelque chose avec une masse indistincte de chiffres : comme si eux étaient la vérité, et tous les autres qui s’en méfient de vulgaires ignorants. Quelque chose de dérisoire et d’infantile », Sarah Py, Lectrice des Décodeurs, 7 août 2014.

Xavier Celtillos

Hristo XIEP

 

Source: http://www.medias-presse.info/decodeurs-desintoxiqueursla-presse-des-menteurs/67298/

04 janvier 2017

 

Quand l’AFP se fait corriger par sa consœur suisse après avoir diffusé des «fake news» sur la Russie

Cela aurait pu être un nouvel épisode de la saga des hackers russes, mais l’information reprise du Washington Post par l’AFP a été démentie. L’AFP a tenté de rectifier, mais trop tard : l’agence Romandie a entre-temps recadré sa consœur française.

 

L’agence de presse suisse Romandie s’est permis de donner une petite leçon de professionnalisme à l’AFP, sa consœur française, en l’interpellant sur Twitter, dénonçant la diffusion par celle-ci d’une «fake news» concernant la Russie, et la priant de cesser la diffusion d’informations erronées.

 

 

 

 

 

 

 

 

«Des hackers russes ont piraté un fournisseur d’électricité américain». Tel était le titre de la dépêche en question, publiée le 31 décembre à 20h26 précisément. Derrière l’intitulé choc, le contenu se fondait en réalité sur un article du Washington Post affirmant que la compagnie d’électricité Burlington Electric avait été victime d’un piratage de la part de hackers russes. De quoi faire paniquer l’Amérique entière !

Hélas, il s’est rapidement avéré que l’article du Washington Post avait quelque peu dramatisé la situation… Ayant reçu, comme tous les opérateurs fédéraux, une note du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis concernant un malware identifié peu de temps auparavant, la Burlington Electric a effectué une vérification de ses ordinateurs : elle a finalement retrouvé la trace du logiciel espion sur un seul ordinateur portable, «qui n’était pas connecté au réseau», précise la compagnie.

 

Si la rédaction du journal a publié un rectificatif un peu plus tard, précisant qu’il n’y avait «aucune preuve» d’un piratage, la nouvelle a eu le temps de parvenir jusqu’à l’agence de presse française AFP qui s’est empressée de la relayer, reprenant presque le même titre, sans vérifier l’information. En se rendant compte de son erreur, l’agence de presse a ensuite rectifié l’information, sans toutefois s’excuser.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces derniers mois, les fausses informations concernant la Russie se sont multipliées dans plusieurs rédactions traditionnellement réputées pour leur fiabilité et leur professionnalisme. La veille, CNN avait affirmé que Vladimir Poutine avait demandé la fermeture de l’école américaine de Moscou.

Source:https://francais.rt.com/international/31646-quand-afp-relaie-fausses-informations-antirusses-washington-post

 

Syria Gate : Des armes et du personnel de l’OTAN à Alep-

Entrevue avec un député syrien

D’énormes stocks d’armes et de munitions, dont bon nombre portaient des signes distinctifs de l’OTAN, ont été découverts à Alep-Est lorsque les militants du front Al‑Nosra, une branche locale d’Al-Qaeda, ont été repoussés en dehors de la ville par les forces armées syriennes.

Les reportages précédents portant sur la capture de membres du personnel de l’OTAN ont été retirés, car ils ont été autorisés à partir avec les militants à bord des autobus fournis dans le cadre de l’accord, afin d’éviter d’embarrasser l’OTAN. FWM en parle avec le député syrien Fares Shehabi, qui est un résident d’Alep aussi. Pour lui, cette découverte est un véritable « Syria Gate ».

M. Shehabi, les médias institutionnels et les dirigeants politiques européens sont mécontents de la libération d’Alep par l’Armée arabe syrienne. Ils publient des articles au sujet de massacres perpétrés par l’armée et de civils horrifiés à Alep (…).

C’est tout le contraire. Les nouvelles en Europe constituent un véritable problème, car elles rapportent exactement le contraire de ce qui se passe vraiment en Syrie. Nous avons réussi à libérer environ 100 000 civils qui étaient tenus en otages par les terroristes à Alep. Une bonne partie d’entre eux étaient en otage depuis plus de quatre ans. Ces civils qui ont été libérés sont heureux aujourd’hui. Les 1,5 million de civils qui ont quitté Alep depuis 2012 peuvent dorénavant rentrer chez eux. C’est un moment très positif et réjouissant pour Alep et la Syrie en général. Nous avons pu fêter Noël à Alep pour la première fois en 4,5 ans. C’est maintenant Noël tous les jours dans notre ville!

Les terroristes ont donc quitté toute la ville?

 – Oui, sauf qu’avant de partir, ils ont exécuté plus de cent soldats syriens et des centaines de civils. Nous avons trouvé leurs corps. Tout est documenté. Toute enquête internationale indépendante peut voir et examiner la preuve de ces crimes terroristes. Mais nous sommes heureux que notre ville soit libérée. Certaines zones rurales autour d’Alep sont toujours sous occupation des terroristes. La prochaine étape sera de libérer la campagne environnante pour nous assurer que la ville soit bien protégée et reste en bon état.

Damas a parlé d’une grande quantité de matériel militaire occidental, comme des armes et des munitions trouvées à Alep (…)

– Nous avons trouvé des entrepôts d’armes que les forces terroristes avaient placés dans d’anciens établissements scolaires. Nos écoles ont été transformées en bases militaires d’Al‑Qaeda. Ces bases du front Al‑Nosra (qui est une branche d’Al‑Qaeda) étaient remplies d’armes de l’OTAN. Il y en avait des tonnes. C’est ce que j’appelle le « Syria Gate », car les USA et l’OTAN arment et soutiennent des gangs terroristes que l’ONU a inscrits sur sa liste officielle des groupes terroristes, dans le but de renverser le gouvernement légitime d’un pays souverain. C’est totalement ridicule de la part de l’Occident (…)

Pourquoi est-ce ridicule?

 

– Parce que personne ne peut garantir que ces armes ne seront pas pointées un jour contre l’Occident par ces mêmes terroristes. On abuse de l’argent des contribuables américains et européens pour armer des gangs terroristes qui sont prêts à diriger leurs armes contre des civils américains et européens à tout moment. C’est un scandale énorme.

Que savez-vous au sujet de la présence de militaires, de spécialistes du renseignement et de conseillers dans les zones d’Alep sous le contrôle des terroristes? Des reportages précédents avaient parlé de la capture de membres du personnel de l’OTAN.

– Nous n’avons capturé aucun conseiller militaire européen ou américain à Alep. Cependant, nous avons appris de source fiable qu’il y en avait beaucoup et qu’ils ont quitté la ville à bord des autobus que nous avons fournis pour l’évacuation des forces terroristes après leur capitulation. C’était le cas aussi de supposés militants comme Bilal Abdul Kareem, un Afro-Américain de New York qui est un ardent défenseur des gangs d’Al‑Qaeda en Syrie.

 

L’administration Obama soutenait la présence de Kareem à Alep, qui était souvent présenté dans les reportages des pays occidentaux comme un « journaliste indépendant ». Il y avait aussi bien d’autres agents occidentaux et sympathisants des terroristes à Alep qui ont quitté la ville à bord des autobus. C’est d’ailleurs la raison pourquoi l’Occident a fait tant de pression en faveur de cette évacuation. Sans cela, tous ces agents, conseilleurs et sympathisants auraient été capturés par nous et leur jeu exposé au grand jour, ce qui aurait énormément embarrassé l’Occident.

M. Shehabi qualifie cette découverte de « Syria Gate », parce qu’elle prouve que les USA ont armé un groupe faisant partie de sa propre liste de terroristes. Photo : Armée arabe syrienne

Le sort d’Alep n’a pas joué un grand rôle dans les médias occidentaux au cours des 4,5 dernières années. Mais depuis le début des opérations de l’Armée arabe syrienne en vue de sa libération, la situation a changé complètement. Du jour au lendemain, l’ensemble des médias, des politiciens et des ONG de l’Occident se sont mis à faire campagne contre l’armée arabe syrienne. Ils l’ont accusée de commettre un « génocide » à Alep, de bombarder des hôpitaux, de massacrer des enfants et des bébés (…)  

 

– Nous les Syriens, avons payé de notre sang et subi la destruction. Notre propre sang, c’est le prix que nous avons payé pour ces mensonges de l’Occident et ses « malentendus ». Il y en a toujours un en Occident pour dire « pardon, je pense m’être trompé! ». Mais cette ignorance terrible, nous l’avons payée de notre sang et de nos vies. Les gangs d’Al‑Qaeda ont conquis Alep à l’été 2012. Les résidents d’Alep n’étaient pas impliqués, notre ville était très paisible, personne n’avait pris les armes contre le gouvernement. Nous avons été conquis par des terroristes possédant des armes lourdes, qui ont pris 70 % de notre ville. En 2012, environ deux millions de civils vivaient à Alep‑Est. De ce nombre, 1,5 million ont quitté le territoire occupé pour se rendre dans des zones de sécurité. Personne en Occident n’a parlé de ces 1,5 million de personnes qui ont fui vers les zones contrôlées par le gouvernement. Les USA et l’Europe sont restés silencieux. Personne en Occident ne s’est intéressé au sort des 11 000 civils tués par les tirs d’artillerie et les bombardements lancés au hasard par les gangs terroristes, dont 30 % d’enfants. Pendant 4,5 années, les grenades, les explosifs et les tireurs embusqués des terroristes ont constamment tué des civils innocents.

En tout, on a trouvé plusieurs tonnes d’armes de l’OTAN à Alep‑Est. Photo : Armée arabe syrienne

Les politiciens, les médias et les ONG européens se soucieraient davantage du sort des terroristes que du sort des civils à Alep?

– Il n’y a pas d’autres explications à ce comportement. Je le répète, en 4,5 ans, les terroristes ont fait vivre l’enfer aux civils d’Alep, mais l’Occident ne s’en souciait pas. Quand nous avons libéré les zones contrôlées par les terroristes, l’Occident a réagi en lançant une énorme campagne contre nous. Au même moment, l’ensemble des médias occidentaux soutenaient la libération de la ville irakienne de Mossoul des groupes terroristes du soi-disant « État islamique ». Pourquoi avaient-ils le droit de se prononcer en faveur de la libération de Mossoul, mais pas de la libération d’Alep?

C’est une immense hypocrisie. J’invite les lecteurs occidentaux à se mettre à notre place. Imaginez si des dizaines de milliers de terroristes d’Al‑Qaeda occupaient la moitié de Berlin, Paris ou Londres. Que feraient les gens? Ils auraient l’espoir que leur armée les libère. Notre libération, ici à Alep, nous l’avons attendu pendant 4,5 ans! Mais nous avons dû faire ce sacrifice afin de minimiser le nombre de victimes civiles. Nous avons dû attendre qu’une superpuissance, la Fédération de Russie, vienne nous aider. Si notre armée avait aussitôt lancé une contre-attaque en 2012, nous aurions subi des milliers de pertes civiles et plus de destruction. Mais nous avons attendu et libéré notre ville. Merci mon Dieu.

Entrevue menée par Manuel Ochsenreiter

Article en anglais : Syria-Gate: NATO Weaponry and Personnel in East Aleppo

La source originale de cet article est Free West Media. Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

 

via:http://www.mondialisation.ca/syriagate-des-armes-et-du-personnel-de-lotan-a-alep-est/5565633

Le 02 janvier 2017

 

Les rumeurs des médias ont bon goût…lorsqu’elles visent la Russie

Vous en prendrez bien encore une petite louche pour finir l’année?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais…en fait non. Encore une grosse intox de nos médias. Moscou n’avait jamais officialisé cette mesure. Nos médias se sont cependant empressés de déformer les propos du gouvernement russe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pire, le méchant Poutine…invite les enfants de diplomates US en Russie à la fête de Noël du Kremlin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici maintenant le clou du spectacle pathétique de nos médias avec le sondage inutile et dont tout le monde se fiche éperdument (vu le compteur qui affiche 243 votes pour un sondage paru 10 heures plus tôt) de L’Ex-Presse qui fait encore plus fort que ses camarades: les diplomates russes expulsés par Obama deviennent des espions.

2016 aura vraiment marqué l’apogée de la déchéance journalistique des médias de masse, en particulier en France, ou les lecteurs désavouent de plus en plus massivement la désinformation.

 

Source: http://www.fawkes-news.com/2016/12/les-rumeurs-des-medias-ont-bon.html

01 janvier 2017

 

Fausses nouvelles par omission – Bientôt interdit de les dénoncer?

Des gradés israéliens prétendent que le Hezbollah utilise des transporteurs de troupes blindés en Syrie, une affirmation correcte des transporteurs de troupes qu’il a reçus des Forces armées libanaises (FAL), un mensonge. Les transporteurs en question sont de très très vieux véhicules à chenilles et les FAL ont reçu une seule fois des véhicules un peu plus perfectionnés des États-Unis. Israël fait ce genre de déclaration régulièrement.

Mais comme cela a été dit les fois précédentes, le Hezbollah a pris ces APC à l’Armée Libanaise du Sud (ALS) qui était une force de procuration israélienne pendant l’occupation israélienne du Liban. Lorsque, en 2000, le Hezbollah a finalement expulsé Israël du Liban, l’ALS s’est dissoute et toutes les armes qu’Israël lui avait livrées ont été ajoutées aux stocks du Hezbollah. Il les a utilisées depuis pour combattre Israël et les différents états du Golfe, les Djihadistes par procuration au Liban et en Syrie.

Mais vous n’apprendrez pas cela du principal organe de presse israélien aux États-Unis, le New York Times. Son article ne mentionne pas la source originale des APC:

TEL AVIV – Un haut responsable militaire israélien a déclaré mercredi que les militants du Hezbollah qui combattent en Syrie utilisent des véhicules de transport blindés américains qui ont été initialement fournis à l’armée libanaise.

Si des A.P.C. passaient de l’armée libanaise, assistée par les Etats-Unis, au Hezbollah, cela pourrait indiquer une fuite plus large d’armes à des groupes hostiles, et une coopération entre les forces armées libanaises et le Hezbollah.

L’officier israélien, qui a parlé sous conditions d’anonymat comme les lois militaires l’exigent, a montré une photo d’un certain nombre de véhicules militaires, y compris ce qu’il a dit être des A.P.C. fournis par les Américains, lors d’un briefing à des journalistes, au quartier général militaire de Tel Aviv. Il a dit qu’Israël avait transmis cette information à des responsables américains, il y a quelques semaines.

L’officier n’a pas précisé combien d’APC seraient tombés aux mains du Hezbollah ni quand ni comment cela se serait produit, mais il a estimé qu’ils auraient pu faire « partie d’un accord » entre l’armée libanaise et le Hezbollah.

Il s’agit manifestement d’une campagne de diffamation israélienne contre les FAL et le très modeste soutien matériel qu’elles reçoivent des États-Unis sous formes d’armes obsolètes. C’est de la calomnie. La semaine dernière, Israël a reçu deux avions de chasse F-35 des États-Unis et des dizaines d’autres vont lui être livrés aux frais des contribuables américains. Pendant ce temps, un vieux poudreur de cultures Cessna avec un minimum d’équipement militaire a été livré aux Forces armées libanaises mal équipées. Ce n’est en aucune façon une menace pour Israël.

Les États-Unis ont un peu contesté les assertions israéliennes:

John Kirby, le porte-parole du Département d’Etat, a déclaré mercredi: « Lorsque cette allégation a été faite en novembre dernier, le ministère de la Défense a procédé à une analyse structurelle des transporteurs de troupes blindés en question et a conclu que ces véhicules ne provenaient pas des Forces armées libanaises. Notre évaluation n’a pas changé. »

Ces mots sont cités dans le NYT, mais il n’est pas mentionné qu’Israël est la véritable source des APC. Maintenant, comparez ça avec ce paragraphe d’un rapport de l’AFP publié à peu près au même moment:

[L]e mois dernier, des officiels ont indiqué que le Hezbollah aurait capturé des véhicules blindés de l’ex armée sud-libanaise, une milice chrétienne soutenue par Israël qui s’est dissoute en 2000.

Un rapport ultérieur reprend ce point:

Les responsables américains ont déclaré en privé à Defense News que les APC déployés par le Hezbollah en Syrie étaient très vieux et pouvaient très bien provenir des stocks de guerre israéliens via leur ancien allié au Liban, l’armée libanaise du Sud. Lorsqu’Israël a soudainement retiré ses forces de sa zone de sécurité dans le sud du Liban en 2000, le Hezbollah a saisi tout un éventail de véhicules et d’armes laissés par Israël et ses forces par procuration de l’ALS.

Israël accuse les FAL de soi-disant transférer des armes alors que ces armes proviennent d’un stock, appartenant à sa force de procuration, qui est resté sur place après l’échec de son occupation du Liban. C’est de la chutzpah* caractérisée ou plutôt de la calomnie et de la diffamation venimeuse.

Mais le soi-disant journal de référence dont la devise est « toutes les nouvelles qu’il est nécessaire de publier » ne trouve pas nécessaire de rétablir la vérité en disant pour que les responsables israéliens font des allégations clairement fausses. Les « nouvelles » qu’il publie sont consciemment fausses par omission. Il ne s’agit pas de nouvelles« fabriquées de toutes pièces »  – aucun des faits imprimés n’est tout à fait faux, mais ça n’en est pas moins une fausse nouvelle qui désinforme les lecteurs en laissant de côté les faits pertinents.

On parle beaucoup en ce moment de « fausses nouvelles ». La plupart de ce que les organes de presse à la solde du gouvernement des États-Unis affirment sur ses différents « ennemis » en sont. Presque tous articles du NYT sur la guerre en Syrie n’ont peut-être pas été et ne sont pas entièrement fabriqués, mais ils demeurent des fausses nouvelles. Cependant maintenant il y a davantage de sources d’information alternatives accessibles aux gens qui veulent s’informer.

Les tentatives actuelles pour diffamer ces sources alternatives en les accusant de conspirationnisme ou de relayer la propagande russes sont les derniers soubresauts d’un combat pour arrêter le flot de la réalité qui va bientôt emporter le NYT, d’autres organes d’informations similaires, et les « officiels chevronnés »  qu’ils servent. Je pense que la violence de ce combat va s’intensifier pendant un an ou deux. Trop d’argent et trop d’egos sont menacés.

La question qui se pose maintenant est celle de la capacité de ces sources alternatives, espérons-le plus honnêtes et plus réalistes, à se protéger contre les attaques qui ne manqueront pas. Les grandes multinationales d’Internet (qui sont toutes aussi employées par le département de la Défense) commencent à supprimer des blogs et des sources alternatives d’information qu’elles accusent de publier des « nouvelles fausses ». Il va y avoir des (cyber-) attaques directes. Que peut-on faire pour contrer toutes ces attaques ?

Toutes les idées sont bienvenues.

Moon of Alabama

Article original: False News By Omission Misinforms – Pointing This Out May Soon Be Censored

Traduction : Dominique Muselet

Note :*Culot en hébreu

 

Source: http://www.mondialisation.ca/fausses-nouvelles-par-omission-bientot-interdit-de-les-denoncer/5564854