Gaza : les détails de la condamnation de 6 espions à la peine de mort

Le tribunal militaire du Hamas a prononcé 6 peines de mort à l’encontre d’espions arrêtés à Gaza.

Ce dimanche 19 février, le tribunal militaire du Hamas a condamné 6 personnes à la pendaison pour avoir espionné pour le compte d’Israël, a rapporté Tasnim citant l’agence de presse palestinienne Wafa.

Selon un responsable de ce tribunal, l’un d’entre eux était né en 1990 et habitait dans la cité de Jabaliya au nord de Gaza. Il avait été arrêté en 2015 et a été pendu ce dimanche pour trahison.

Il mettait à la disposition du régime israélien les informations qu’il avait obtenues sur les bases et les agissements des combattants de la Résistance en échange de grosses sommes d’argent, a ajouté ce responsable digne de foi du tribunal militaire du Hamas.

« Le deuxième condamné, qui a lui aussi été pendu aujourd’hui, était né en 1968 et avait été arrêté en 2015 pour avoir espionné au profit de ce régime », a-t-il poursuivi.

Il mettait les informations sur les combattants du Hamas et leur résidence à la disposition des services de renseignement israélien, qui ont de leur côté tué ou blessé plusieurs Palestiniens, a précisé cette source.

Ce tribunal militaire a également prononcé la peine de mort contre un autre espion habitant à Khan Younès et deux autres à Gaza. Le sixième et dernier espion condamné à la peine capitale était né en 1973 et habitait à Gaza.

Outre ces 6 peines de mort, le tribunal militaire du Hamas a prononcé aujourd’hui 7 réclusions à perpétuité.

Photo: Pendaison d’un espion à Gaza. ©Tasnim

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/02/19/511232/pendaison-espion-Hamas-Gaza-isral

Tzipi Livni interrogée par la Justice belge pour crimes de guerre, si elle vient à Bruxelles

Le quotidien bruxellois “Le Soir” annonce jeudi que «Tzipi Livni, l’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères et personnalité de l’opposition en Israël, devrait faire l’objet d’une interpellation lors de son séjour en Belgique programmé en début de semaine prochaine. Comme d’autres personnalités israéliennes, Mme Livni est visée par une plainte déposée à Bruxelles en 2010 pour « crimes de guerre » concernant la guerre menée par Israël contre la bande de Gaza en décembre 2008 et janvier 2009 (l’opération “Plomb durci”)».

Le magistrat du parquet fédéral Thierry Wertz a confirmé que le parquet « compte profiter du passage de Mme Tzipi Livni pour tenter de faire avancer l’enquête », indique Le Soir. Ce qui signifie donc une interpellation en bonne et due forme en vue d’une audition. Mme Livni doit participer à une conférence de propagande anti-BDS organisée au Parlement européen ce lundi 23 janvier, au cours de laquelle le lobby sioniste compte tenter d’accréditer sa thèse habituelle selon laquelle le boycott d’Israël est d’inspiration antisémite et devrait être interdit par la loi dans les pays européens.

L’initiative de cette démarche a été prise par les plaignants, un collectif de victimes qui avait déposé plainte en Belgique entre les mains du procureur fédéral contre certains responsables civils et militaires israéliens de l’époque, dont Tzipi Livni, du chef de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la bande de Gaza pendant l’opération “Plomb durci” entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009.

Pourquoi l’ex-ministre israélienne est-elle visée par cette plainte ?

Selon le communiqué de l’Association belgo-palestinienne (ABP) qui explicite le dossier, « Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères, et à ce titre responsable des décisions prises pendant l’opération Plomb durci au même titre qu’Ehud Olmert et Ehud Barak, déclarera “qu’il ne sera pas fait de quartier”. Cette expression, utilisée dans un tel contexte, est constitutive, à elle seule, de crime de guerre, conformément à l’article 136quater, § 1er, 28º du Code pénal belge. Tzipi Livni déclarera également, le 19 janvier 2009, lors d’une interview sur la chaîne israélienne Channel 10 News : “Israël demonstrated real hooliganism during the course of the recent operation, which I demanded”. Traduction libre : “Israël a fait preuve de réel hooliganisme durant la récente opération, comme je l’ai exigé”  ».

L’ABP rappelle que Plomb durci, ce fut « 1500 tonnes de bombes larguées depuis les airs sur les quartiers résidentiels dans la bande de Gaza et des dizaines de milliers d’obus d’artillerie tirés à partir des chars d’assaut, détruisant des milliers de maisons, mais aussi des hôpitaux, des écoles et des mosquées. Les statistiques établies par diverses ONG – et reprises par les Nations Unies – estiment le nombre de victimes palestiniennes, sur 23 jours d’offensive, entre 1387 et 1434, dont 960 civils, plus de 410 enfants et une centaine de femmes ».

Source:http://www.pourlapalestine.be/tzipi-livni-interrogee-par-la-justice-belge-pour-crimes-de-guerre-si-elle-vient-a-bruxelles/

 

 

En Palestine, mort en direct par « l’armée la plus morale du monde »

Le 16 janvier dernier, au sud de Bethlehem, dans le village de Tequa, l’armée israélienne lâchait ses chiens harnachés jusqu’aux dents contre des villageois palestiniens n’ayant pour autres moyens de résistance que des pierres et l’un ou l’autre cocktail Molotov.

Le jeune Qusai Hasan al Omour, adolescent de 17 ans y était abattu de trois balles dans la poitrine.

Blessé mortellement par ces tirs mais toujours vivant, ses proches et amis tentaient de lui porter secours mais en étaient empêchés par des tirs nourris provenant de la soldatesque israélienne.

Au bout d’un moment, quelques-uns de ces criminels venaient récupérer le corps de l’adolescent. Sans le moindre ménagement, ils l’empoignaient pour le tirer jusque derrière leurs jeeps stationnées non loin des lieux. La vision de cette horde de soldats se comportant comme des chiens sauvages ne peut que provoquer un sentiment de révulsion, tant la scène est atroce. Où reflue donc leur part d’humanité dans ces instants terribles ?! Ces soldats, leurs familles, ceux qui les soutiennent et ceux qui leur donnent des ordres sont-ils des pères et mères sans âme ? Ont-ils perdu toute morale, tout respect pour la vie humaine ? Sont-ils conscients que de tels agissements, mus par un racisme exacerbé, les perdent à jamais et les envoient dans les tréfonds d’une inhumanité égale à celle des pires tortionnaires qu’en d’autres temps, ils condamnaient ?!

A ce moment, au-travers de cris et de lamentations, quelques femmes palestiniennes courageuses tentaient d’approcher les soldats pour leur demander de pouvoir s’occuper du blessé, mais en étaient à leur tour empêchées par des tirs qui blessaient l’une d’elles.

Impuissants à le soigner sur place, au lieu d’emmener le blessé en urgence vers un hôpital, ces barbares l’ont embarqué une fois décédé, le dérobant ainsi au regard de ses proches.

Vidéo: https://www.facebook.com/younes.arar/videos/10155728448455760/

Comme je le dénonçais déjà il y a quinze ans, dans mes témoignages en tant qu’Observateur civil dans les Territoires occupés (« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur), il s’agit là, hélas, d’une « scène ordinaire de la vie en Palestine »…

La guerre coloniale israélienne – car c’est bien ainsi qu’il faut la nommer – se poursuit donc dans une impunité totale, faisant de nos gouvernements qui savent mais ne sévissent pas, des complices dont il faudra qu’un jour, une Justice digne de ce nom exige des explications.

Daniel Vanhove

Daniel Vanhove est  observateur civil et auteur.

 

Source:http://www.mondialisation.ca/en-palestine-mort-en-direct-par-larmee-la-plus-morale-du-monde/5569901

Les rabbins antisionistes dérangent toujours autant

Devant le bâtiment où se tenait la conférence pour la paix au Moyen Orient qui s’est tenue rue de Vaugirard à Paris, une meute de militants sionistes aguerris aux sports de combat, bien décidés à ne jamais reconnaître les droits des Palestiniens ni des pro-Palestiniens, qui passent à leur portée.

Face à eux, une belle brochette de rabbins antisionistes, du mouvement Neturei Karta « les gardiens de la cité » étaient venus de Londres et de beaucoup plus loin réaffirmer leur credo inchangé depuis 1948. Ils se sont fait molester, un jeune homme a pris des coups sur le visage, donnés par un excité fiché S, la police les a  emmenés plus loin pour les protéger. Le dispositif de sécurité était impressionnant! Echappant à leurs poursuivants déchaînés, les 10 rabbins orthodoxes pacifiques et  héroïques se sont ensuite déployés sur la Place des Droits de l’Homme, au Trocadéro, avec leurs drapeaux palestinien et français et leurs banderoles spectaculaires, et ont répondu aux questions des journalistes. Pour eux, l’initiative du président français, confortant la récente résolution de l’ONU qui condamne la colonisation illégale ne peut être qu’une avancée vers la solution : un seul Etat englobant toute la Palestine, où les juifs soient tolérés parmi les autres habitants, sans aucun droit particulier à la possession du pays.

 

Sur le bilan de cette conférence « symbolique », puisque ni les autorités israéliennes ni les autorités palestiniennes n’étaient présentes, situation extrêmement équivoque visant surtout à rassembler 70 pays dans une tentative de mobilisation contre le président Trump, voir

Déclaration de Dovid Weiss : « L’État d’Israël étend sa colonisation illégale au détriment des Palestiniens, et nous accuse, nous, avec tous les pays  du monde, d’être des antisémites. Nous exigeons que l’antisionisme ne soit pas confondu avec l’antisémitisme, c’est une insulte envers les juifs qui croient à la justice en Terre sainte. La création de l’État d’Israël est dès le départ illégitime et interdite par Dieu. »

***

 

January 14, 2017, Paris, France: A delegation of anti-Zionist Orthodox Jewish Rabbis is visiting Paris to offer their support to the peace initiative hosted by the French government. They will be demonstrating in front of the conference at 27 rue de la convention, 15th arrondissement at the Centre de Conference Ministeriel, Paris.

Neturei Karta leader, Rabbi Yisroel Dovid Weiss stated:

“We want to emphasize that we hope this peace conference will be just a first step toward returning all of Palestine in its pre 1948 borders, enabling all of its people to live in safety and peace. Prior to the era of Zionism, Jews lived in Palestine in security, side by side with the Palestinian Arab population. This is our hope for the future.”

After the recent United Nations resolution condemning the State of Israel for expanding its settlements on Palestinian territory, the spokespeople of the State of Israel falsely accused world countries of being anti-Semitic. This is both untrue and an insult to us, as Jews who believe in justice in the Holy Land.

Rabbi Weiss continued, “We strongly ask the world community to stop conflating anti-Zionism with anti-Semitism. These terms are not the same, and the attacks against anti-Zionists need to stop.”

The delegation will also explain the Torah position that the West Bank is not the only illegally occupied territory. Jews have been sent into exile by the Almighty, and any kind of Jewish sovereignty over any territory is a violation of that decree. Therefore, the creation of the State of Israel itself was entirely illegitimate and forbidden. This crime was then further

Neturei Karta’s Reaction to U.N. Security Council Resolution Condemning Israeli Settlements:

http://nkusa.org/activities/demonstrations/eventselection.cfm?EventID=9

Rabbis support UN resolution in front of the White House:

https://www.youtube.com/watch?v=Z7_nEbHnVCw

Jews in Support of French Peace Conference For Palestine

https://www.youtube.com/watch?v=1Ha9XCOjQXU

Source: http://plumenclume.org/blog/210-les-rabbins-antisionistes-derangent-toujours-autant

 

Palestine-Israël : Deux Etats utopiques ou un Etat de tous ses citoyens

Par chems eddine Chitour 
lundi 16 janvier 2017

 « Nous ne pardonnerons jamais aux Arabes de nous obliger à les tuer et de transformer nos enfants en assassins. »

Golda Meïr, Premier ministre d'Israël

 

Pour la première fois depuis l´année 1980, le Conseil de sécurité des Nations unies a pu adopter, le 23 décembre 2016, une résolution condamnant en des termes extrêmement fermes, les implantations israéliennes en territoire palestinien. Les projets de résolution sur celles-ci présentés pendant ces dernières décennies étaient systématiquement l'objet d´un veto nord-américain, permettant ainsi aux autorités israéliennes, en toute impunité, de continuer la construction de nouvelles implantations et de procéder à la destruction de maisons habitées par des familles palestiniennes, tant en Cisjordanie que dans les quartiers de Jérusalem-Est. Pour rappel, l'irresponsable ONU a proposé le plan de partage, a admis l'État d'Israël fondé sur une conquête militaire en 1949, et attend 2012 pour conférer à la Palestine le statut anecdotique d'« Etat non-membre »... Israël aura bafoué au total 10 résolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003) et 1850 (2008) votées par le Conseil de sécurité sans compter plusieurs dizaines qui ne virent pas le jour à cause du veto américain.

On dit que Obama qui eut fort à faire avec Netanyahu qui l’a ignoré a décidé à la fois de se venger en s’abstenant pour la première fois depuis 1980 dans une résolution des Nations Unies, mais aussi « savonner la planche » au prochain président qui aura à gérer cette résolution 2334 . Parallèlement les États-Unis qui viennent de voter pour Israël un plan militaire d’aide de 38 milliards de dollars sur dix ans, un record… Et à nouveau l’incantation de deux États alors que Israël ne veut renoncer à aucune colonie, ne veut pas de capitale palestinienne à Jérusalem, ne veut pas de continuité territoriale entre la Cisjordanie et Gaza, et rejette le droit au retour des réfugiés.

Malgré de sévères mises en garde de la part des Nations Unies et même des États-Unis, Israël poursuit sa marche forcée vers un apartheid qui s'appuie sur le racisme anti-arabe pour justifier son comportement, au mépris des lois internationales, la Résolution 2234 du CSNU déclare au gouvernement israélien son obligation à respecter l’État de droit – en l’occurrence le droit international. La réponse de M. Netanyahou a été de refuser cette loi. 

Pour rappel l’irresponsable ONU avait proposé le plan de partage, a admis l’État Israël fondé sur une conquête militaire en 1949, et attend 2012 pour conférer à la Palestine le statut anecdotique d’« Etat non-membre … Israël aura bafoué au total  10 résolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003) et 1850 (2008) votées par le Conseil de Sécurité sans compter plusieurs dizaines qui ne virent pas le jour à cause du véto américain

Quelle issue pour la conférence de Paris ?

Cette conférence mal préparée inopportune sans aucune percée prévisible a été on l’aura compris, un non évènement la France ayant perdu toute crédibilité organisée en absence des deux grands par un président qui fait ses valises, elle n’a aucun sens d’autant que le premier ministre israélien a décidé d’ignorer ce non évènement malgré le forcing de Hollande qui est allé jusqu’à décommander la venue de Mahmoud Abbas qui lui, ne demandait qu’à venir car comme il l’affirme, toute internationalisation du conflit donnera du poids à la cause et permet d’équilibrer la position américaine.

 Alain Gresh nous parle de cet amour de Hollande qui n’est pas payé de retour : « Le 15 janvier au matin écrit-il s’ouvrira la conférence pour la paix au Proche-Orient convoquée par la France. Benyamin Nétanyahou a refusé qu’Israël y participe, confirmant le peu de cas qu’il fait de son « ami » François Hollande. Au lieu du capitaine Dreyfus, c’est tout le peuple d’Israël qui se retrouvera sur le banc des accusés à Paris, face à un tribunal anti-israélien chargé de porter préjudice à notre pays Ainsi délire Avigdor Lieberman, ministre israélien de la défense, le 26 décembre. (…) Loin de tirer les leçons de cet échec, François Hollande a poursuivi dans la même voie de rapprochement avec Israël. Lors de sa visite en Israël en novembre 2013, il a évoqué le « chant d’amour pour Israël et ses dirigeants » qu’il aimerait savoir chanter. Durant la guerre de Gaza de l’été 2014, il a interdit plusieurs manifestations de solidarité avec la Palestine tout en affirmant, contre toute évidence, qu’il voulait garder une position « équilibrée » — plus de 2 000 Palestiniens seront tués, dont 500 enfants et une grande majorité de civils ; du côté israélien on compte 70 morts, dont 64 militaires. Il a augmenté la pression contre le mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) et contre ses militants traînés devant les tribunaux, faisant de la France un des seuls pays dans le monde à criminaliser ces actions pacifiques. De toutes ces concessions, Nétanyahou n’a cure. Il a rejeté avec dédain l’invitation faite à Israël de participer à la conférence de Paris. (1)

Israël veut “donner une leçon” au monde entier sans en avoir les moyens

La réaction tragi-comique du gouvernement israélien après le vote de la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU a frisé un comportement de pays gâté à qui le Monde ne doit rien refuser au nom des frontières d’Auschwitz comme le martelait Abba Eban ministre des Affaires étrangères durant la guerre de 1967 : « A force de vouloir infliger ,lit on sur la contribution suivante, une leçon à la terre entière et de couper plus ou moins durablement les ponts avec tous ceux qui lui ont fait l’affront de rappeler quelques évidences en votant la résolution 2334, le gouvernement israélien pourrait causer un tort considérable à sa propre économie et à son statut international ».

« Ainsi, le Consul général d’Israël à New York, Dani Dayan, a-t-il suggéré que désormais Israël ne donne plus accès à son savoir-faire technologique qu’aux pays qui lui apportent leur soutien diplomatique. Dani Dayan qui a été dans le passé président du “Conseil Yesha des colonies”, a envoyé un tweet assez délirant : L’époque est terminée durant laquelle des pays pouvaient profiter du savoir-faire israélien dans les hautes technologies, la sécurité, etc…, du prestige d’une visite en Israël, et d’une participation aux affaires du Moyen-Orient sans rien donner en échange au plan diplomatique. Si la nouvelle vision de Dani Dayan devait être traduite dans les faits l’économie israélienne s’écroulerait aussitôt. L’Union Européenne absorbe 29% des exportations israéliennes, l’Asie 25%, les États-Unis 24%. Autrement dit, la politique que préconisent d’aucuns dans les sphères du pouvoir israélien reviendrait à faire exactement ce que les militants de la campagne BDS s’échinent à faire depuis des années » (2) 

« On tire et on pleure »

« Il y a des années qu’Israël cherche à compenser les effets de la défiance croissante des Européens à l’égard d’Israël en intensifiant les relations avec la Chine. Il a vivement encouragé ses ministres à se rendre à Pékin chaque fois que possible. Et voilà soudain qu’après le vote de la résolution 2334 il leur interdit de s’y rendre encore. De même d’ailleurs qu’en France (que Lieberman se charge d’insulter tant et plus) ou en Grande-Bretagne. Là encore, les réactions hystériques du gouvernement israélien ne peuvent, si elles ont des prolongements dans le temps, que ruiner des années d’efforts pour “renforcer les relations commerciales”. On verra jusqu’où cela ira, mais Netanyahou obéit à un vieux réflexe des dirigeants israéliens, qui consiste à toujours faire en sorte qu’Israël apparaisse en situation de victime. Comme l’explique excellemment le cinéaste israélien Eyal Sivan, co-auteur du livre “Un boycott légitime – Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël” « cette expression existe dans le langage courant en hébreu : “on tire et on pleure”. » (2)

Cela rappelle dans le même ordre de ceux qui provoquent et n’assument pas désignant l’autre comme coupable, un proverbe arabe du terroir : « Il m’a frappé et il a pleuré, il m’a devancé [chez le juge] et il s’est plaint ! » Il faut signaler que cette résolution non contraignante. Elle n'a pas une grande portée bien qu'il soit prévu que le Secrétaire Général rende compte tous les trois mois. Monsieur Netanyahu peut dormir tranquille après son simulacre d'indignation. Comme quoi rien de nouveau sous le soleil !!!

Que va faire Netanyahu ?

« Après avoir rappelé 10 ambassadeurs et promis des sanctions à tout le monde. Israël va faire comme à l'accoutumée c'est-à-dire ´´s'asseoir ´´ sur cette résolution et attend le 20 janvier que son ami Donald soit aux commandes pour enterrer cette résolution. Si désagréable qu'elle soit pour Netanyahu qui veut donner des leçons au monde, la résolution 2334 du Conseil de sécurité peut l'aider à resserrer les rangs dans sa majorité, il n'est pas impossible que les partisans d'une annexion de la Cisjordanie par Israël s'en trouvent renforcés. Ainsi, on apprend qu'après la construction de 1500 logements en 2016, la mairie a annoncé qu'elle délivrerait plusieurs centaines de permis de construire supplémentaires en réaction au vote par l'ONU d'une résolution condamnant la colonisation. Selon le quotidien Haaretz, qui annonce le chiffre de 618 appartements dans des quartiers juifs situés dans la zone orientale de la ville, notamment dans les quartiers de Pisgat Zz'ev, Ramat Shlomo et Ramot. Le journal Israel Hayom relaie également l'information selon laquelle le nombre total de constructions qui pourraient être autorisées pourrait s'élever à plus de 5 000. » (2)

Analyse de la résolution 2334

Nous avons dit que la résolution n'était pas contraignante mais elle marque un tournant dans le fait que l'impunité d'Israël n'est plus automatique. Dans ce qui suit nous allons proposer deux analyses, celles de Nicolas Boeglin professeur de droit au Costa Rica et l'autre de Norman Finkiekstein juif israélien qui milite pour la paix.

Pour Nicolas Boeglin les dernières résolutions du Conseil de sécurité condamnant ces actions israéliennes datent de l´année 1980. La première fois que l´administration du président Barack Obama a fait usage de son droit de veto en la matière fut lors de la séance du 18 février 2011 : le projet de résolution S/2011/24 contenait dans son dispositif deux paragraphes (1 et 2) condamnant fermement les implantations israéliennes. La lecture de l´acte de la séance du Conseil de sécurité S/PV/6484 indique le résultat suivant du vote (14 votes pour et un contre (Etats-Unis). Dans un rapport récent daté du 29 décembre 2016, on lit que durant l'année 2016, plus de mille maisons de familles palestiniennes ont été démolies ou saisies : « Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) des Nations unies a annoncé jeudi que 1 089 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ont été démolies ou saisies par les autorités israéliennes durant l'année 2016 » (3)

« Concernant les chiffres de cette colonisation et ses effets pendant plus de 35 ans, lors d'une séance spéciale organisée au mois d'octobre 2016 devant les membres du Conseil de sécurité (l´activiste nord-américaine/israélienne Lara Friedman de l´ONG Americans for Peace Now (APN), entité soeur de l´ONG israélienne Peace Now (voir site officiel), déclara haut et fort que : « Il y a 33 ans l'Autorité palestinienne et Israël ont signé les accords d'Oslo. Les colons étaient au nombre de 116.000. A la fin de 2015, ils sont près de 390.000. A Jérusalem-Est, en 1993 la population de Juifs Israéliens était d'environ 146.000. Elle est actuellement supérieure à 210.000. Ceci n'a pu se faire qu'avec les encouragements et l'aide du gouvernement israélien. »(3)

« La résolution 2334 : « Réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n'a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l'instauration d'une paix globale, juste et durable : ´´Condamnant toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, notamment la construction et l'expansion de colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions pertinentes. »

« On peut dire poursuit le professeur de droit, que ce texte est historique, dans la mesure où l'application du droit international en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est réaffirmé par le Conseil de sécurité : depuis de trop longues décennies, une impunité totale était garantie aux autorités israéliennes, en raison d´un veto américain placé en mode automatique sur tout projet de résolution condamnant cette colonisation. L´adoption de cette résolution se doit à l´abstention des Etats-Unis, qui cette fois, ont renoncé à faire usage de leur droit de veto, et le résultat final du vote est de 14 votes pour et une abstention (Etats-Unis). » (3)

Les colonies israéliennes constituent un crime de guerre

L’intellectuel Norman Finkelstein dont une partie de sa famille a été décimée par les nazis, Israélien bien connu pour ses positions justes et pour avoir le business de la shoah dans un ouvrage retentissant : « L'industrie de l'holocauste » écrit à propos de ce miracle du vote de la résolution : « (...) Et textuellement, je la compterais comme une victoire. Pour les raisons suivantes. Le texte commence par réaffirmer explicitement le principe de « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force. » C'est un fait important pour la raison suivante. Lorsque cette déclaration a été inscrite dans le préambule de la résolution 242 des Nations unies [en novembre 1967], Israël a farouchement protesté contre l'inclusion de ce principe, reconnaissant qu'il anticipait une révision territoriale, ce qui signifiait qu'Israël allait devoir rendre chaque pouce de territoire acquis par la force. (...) » (4)

« Dans cette nouvelle résolution poursuit l'analyste, est déclarée, conformément au droit international, « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force », et c'est donc une forte réaffirmation de ce principe. (...) Le quatrième paragraphe est également très fort parce qu'il condamne non seulement « toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est », et il mentionne également explicitement les colonies [« y compris... la construction et l'expansion de colonies, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions concernées »]. C'était important parce que c'était le noeud de discorde dans l'accord d'Oslo. L'accord d'Oslo stipulait que vous ne pouviez pas modifier le caractère démographique, mais il ne mentionnait pas explicitement la construction de nouvelles colonies. (...) C'est donc selon moi une victoire importante. La troisième raison pour laquelle cette résolution est une victoire est qu'elle déclare : « Réitérant sa vision d'une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix, dans des frontières sûres et reconnues. » Cette résolution a été très prudente, veillant à ne pas donner de cachet d'approbation à un Etat juif, bien que John Kerry l'ait fait. C'était aussi une grande victoire. (...) Lors des négociations d'Annapolis, la déclaration exceptionnelle du côté israélien était le plan Olmert, qu'il a présenté en privé à Abbas. Si vous regardez le texte, il n'y avait aucune mention de la reconnaissance d'un Etat juif. C'est tout nouveau, c'est apparu avec Netanyahu. » (4)

Analysant la suite de la résolution, l'auteur se dit surpris par la force de la résolution : « Réaffirme que l'établissement par Israël de colonies dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n'a aucune validité juridique et constitue une violation flagrante du droit international. » En recourant à ce vocabulaire, ils considèrent les colonies comme un crime de guerre. S'ils avaient seulement dit qu'il s'agissait d'une violation du droit international, cela ne constituerait pas nécessairement un crime de guerre. Pour constituer un crime de guerre, elles doivent être qualifiées de violation grave ou flagrante du droit international.(...) Cela aussi était nouveau - ou plutôt, ce qui est nouveau, c'est que les États-Unis l'ont enfin reconnu, ce qu'ils dénient obstinément en prétendant que c'est une politique américaine de longue date. (...) » (4)

Voulez-vous d'une 3ème intifada ? déplacez l'ambassade américaine à Jérusalem-Est ?

Il y a une crainte que la décision de transférer l’ambassade des Etats Unis de Tel Aviv à Jérusalem ne provoque la colère des Palestiniens « Jérusalem, avance Norman Finkelstein, comme l'indique clairement cette résolution, Jérusalem-Est appartient aux Palestiniens. Les colonies constituent un crime de guerre selon le droit international. Les frontières : toute la Cisjordanie et Gaza sont un territoire palestinien. Les réfugiés : la loi impose le droit de retour ou à une compensation basée sur la résolution 194. Ils savent qu'en se basant sur la loi, Israël perd sur tous les points. » (4)

Donald Trump avait proposé de transférer à Jérusalem-Est l´ambassade des Etats-Unis. Une analyse publiée récemment dans Foreign Policy intitulée : ´´Want a Third Intifada ? Go Ahead and move the US Embassy to Jerusalem´´). Dans un discours du 6 janvier 2017 donné par les autorités palestiniennes il est fait mention de ce transfert comme une véritable ´´ligne rouge´´ comme rapporté par le Journal Le Monde.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a demandé au président russe Vladimir Poutine d'intervenir pour empêcher le président élu Donald Trump de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Il a déjà écrit, début janvier, au président américain élu Donald Trump, l'avertissant qu'un éventuel transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem aurait un effet « désastreux » dans la région. Le grand mufti de Jérusalem évoque, lui, une « agression » contre tous les musulmans. (5)

Par ailleurs et du point de vue symbolique, au Vatican a été inaugurée l'ambassade de Palestine en présence de Mahmoud Abbas, piètre consolation. On ne connait toujours pas la réponse à la question posée par Staline : « Le Vatican combien de divisions ? » Pour l'histoire, la résolution a failli ne pas être présentée par l'Egypte qui devait la porter et a obéi à un coup de fil de Trump. Abdel Fattah Al-Sissi n'a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte. Il a fallu un forcing de quatre pays : la Malaisie, la Nouvelle Zélande, le Sénégal et le Vénézuela, étaient prêts (et fort décidés) à présenter le même texte quelques heures plus tard en vue de son adoption définitive. Ce tour de passe-passe imprévu laisse évidemment l´Egypte dans une situation quelque peu embarrassante au sein de la communauté des Etats arabes : comme on le sait,

Deux Etats distincts ou un Etat de tous ses citoyens avec une égale dignité ?

En l'état actuel il parait utopique que les Palestiniens et les Israéliens puissent vivre ensemble après tant de sang coulé, d'exactions et de vexations. Déjà en 1947 Andreï Gromyko, membre permanent du Conseil de sécurité représentant l'Urss, déclarait : « Après avoir étudié la question palestinienne, il a été démontré que les juifs et Arabes ne veulent et ne peuvent vivre ensemble en Palestine. D'où suit la conclusion logique que si ces deux peuples qui ont tous les deux des racines historiques profondes dans ces terres ne peuvent vivre ensemble au sein du même Etat, alors la solution de la création des deux Etats indépendants -palestinien et juif - s'impose (...) » 

Il faut rappeler que « l'Etat d'Israël a été fondé, financièrement, avec des fonds anglo-saxons sionistes et, politiquement, par des juifs soviétiques dont les ancêtres n'avaient rien à voir avec les terres palestiniennes. Il en est ainsi des dirigeants d'Israël ; la plupart sont nés dans les pays de l'Est (Ben Gourion, Golda Meir, Wladimir Jabotinsky, Shamir, Menahim Begin, Shimon Peres. » La politique à deux Etats, est une politique génocidaire pour le peuple palestinien. Lors de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, les suprématistes voulaient pratiquer la même politique à deux Etats que celle pratiquée par les sionistes et leurs souteneurs onusiens. sous la pression de la société civile, les pays occidentaux ont lâché le régime raciste d'Afrique du Sud, ce qui amena la fin rapide de ce système politique odieux.

 Même analyse de Israël Shamir, autre Israélien apôtre d’une justice pour les Palestiniens qui est regardé d'un oeil soupçonneux par bien des commentateurs-Système ; : « La solution à deux Etats est un canular qui n'amènera à rien : « Il considère que cette solution des ´´deux-États´´ qui implique la situation actuelle de ´´la lutte contre l'Occupation´´ de la part des Palestiniens est un leurre, une mystification de la part des Israéliens libéraux qui ne cessent d'insister pour cette formule, qui permet en outre de se poser vertueusement en soutien de la ´´résistance palestinienne´´ contre ´´l'occupation israélienne´´. Cela fait des années, voire des décennies que cette formule ´´deux-États´´ est négociée, sans aucun résultat, cela durera aussi longtemps que le même objectif sera maintenu. la poursuite de cette solution est une illusion complète, qui permet aux gouvernements israéliens de poursuivre des négociations sans fin en grignotant chaque jour un peu plus de territoire grâce aux implantations. Par contre, plaide-t-il, la solution d'un seul État sous impulsion israélienne (Palestine historique) ferait des Palestiniens des citoyens israéliens et Israël se trouverait placé devant le défi démocratique en n'étant plus un État à seule référence religieuse : les accepter comme citoyens à part entière, ce qui modifierait complètement la réalité politique d'Israël puisque les juifs se trouveraient au mieux à 50% de la population, ou réunir les Palestiniens dans une sorte d'apartheid comme citoyens de seconde zone, ce qui placerait Israël dans une situation internationale intenable. » (6)

La crainte est qu'un seul Etat « c'est la liberté du renard dans le poulailler ». Il est nécessaire que les deux Etats soient bien individualisés, ensuite, peut-être dans cent ans quand le poids de la religion sera moindre, les deux pays fusionneront par intérêt sans attendre le messie. Alors, à ce stade, un Etat pluri-ethnique et confessionnel serait une solution acceptable avec Jérusalem comme capitale et des droits identiques pour tous. On prête au regretté président El Gueddafi d'avoir suggéré un nom : « Isratine. » L'avenir nous le dira. 

1.Alain Gresh http://orientxxi.info/magazine/la-derniere-gifle-de-benyamin-netanyahou-a-francois-hollande,1660

2.http://www.pourlapalestine.be/israel-veut-donner-une-lecon-au-monde-entier/

https://francais.rt.com/international/31313-apres-vote-onu-israel-relance-colonisation-guise-mesure-retorsion

3. https://www.legrandsoir.info/mise-en-perspective-de-la-resolution-2334-2016-du-conseil-de-securite-des-nations-unies-condamnant-la-politique-de colonisation.html

http://normanfinkelstein.com/2017/01/04/norman-finkelstein-on-the-un-security-council-resolution-2334

http://mondoweiss.net/2017/01/breathtaking-settlements-finkelstein

5. : http://www.lalibre.be/actu/international/transfert-de-l-ambassade-americaine-a-jerusalem-trump-mis-en-garde-poutine-appele-a-l-aide-5878e2e3cd708a17d563cb5c

6. http://www.dedefensa.org/article/shamir-et-lambassadeur-friedman

 

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/258362-deux-etats-utopiques-ou-un-etat-de-tous-ses-citoyens.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

Cisjordanie : un Palestinien a été tué par l'armée israélienne lors d'affrontements

 

16 janv. 2017

Photo d'archive

Un Palestinien de 17 ans a été abattu par l'armée israélienne lors d'affrontements entre manifestants et forces d'occupation au sud de Bethléem selon le ministère palestinien de la Santé. Israël a confirmé l'information.

 

Un Palestinien a été abattu lors d'une manifestation par l'armée israélienne. Selon des sources locales identifiant le jeune homme comme se nommant Qusai al-Amour et étant âgé de 17 ans, celui-ci aurait été victime d'un tir dans la poitrine. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'armée israélienne a confirmé l'information, justifiant l'acte par le fait que l'homme abattu aurait été «l'organisateur principal d'une émeute violente». 

Conférence de Paris : et si l’Europe cessait de financer l’occupation de la Palestine par Israël ?

La France voudrait donc, en réunissant à Paris une assez étrange conférence internationale à quelques jours de la fin du mandat d’Obama et alors que son propre Président n’est plus qu’une sorte d’ectoplasme politique qu’on n’écoute que par politesse, «relancer le processus de paix» pour «sauver la solution à deux États».

L’ennui, c’est que de “processus de paix” il n’a en réalité jamais été véritablement question, et que la “solution à deux États” n’en a jamais été une. En fait de “relance” c’est un constat de faillite permettant de passer enfin aux choses sérieuses qui s’imposerait.

On sait depuis des années que le “processus de paix”, dont l’annonce avait soulevé tant d’espoirs, n’a jamais rien été d’autre qu’« une réorganisation du dispositif d’occupation israélienne, misant sur la cooptation de la direction historique du Mouvement national palestinien au sein des structures coloniales », comme le synthétisait brillamment en une phrase Julien Salingue, à l’occasion du 20ème anniversaire de la retentissante faillite « inscrite dans l’esprit et la lettre des Accords d’Oslo, qui n’ont pas constitué une rupture avec les logiques à l’œuvre dans les territoires palestiniens au cours des décennies précédentes et qui n’ont pas ouvert un quelconque “processus de paix” ».

 

On ne peut donc que souscrire à l’analyse livrée, à 24 heures de l’ouverture de la conférence de Paris, par Charles Enderlin (ancien correspondant de France 2 à Jérusalem et auteur de plusieurs ouvrages sur Israël et la Palestine [1]) sur Twitter :

Par « Bibi » il faut entendre Benjamin Netanyahou, dont c’est le surnom en Israël.

Il suffit d’ailleurs de voir l’enthousiasme communicatif avec lequel l’envoyé spécial du Ministre français des Affaires étrangères parle de cette conférence…

Il s’agirait donc, contre toute raison, de “relancer” un “processus de paix” qui n’exista jamais (ou du moins ne mérita jamais ce nom), afin de s’accrocher à un “principe” (celui des “deux États”) qui n’a jamais été un principe que dans l’esprit de certains diplomates occidentaux, pour sauvegarder l’illusion d’une “solution” qui n’en est en aucun cas une, reposant sur “deux États” dont l’un serait privé de pratiquement tous les attributs de ce qui mérite d’être appelé un État…

Il n’y a donc dans tout cela, ni processus, ni paix, ni “solution”, ni deux États, mais on parle de relance. Difficile de faire mieux dans le bullshit

Le point de départ de cette sinistre comédie se situe dans le soi-disant accord de reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP – en fait, cette dernière reconnaissait “le droit de l’État d’Israël à vivre en paix et dans la sécurité” et prenait une série d’engagements en découlant, tandis qu’Israël ne reconnaissait rien du tout hormis que l’OLP représentait le peuple palestinien et qu’il lui fallait négocier avec elle, sans rien dire ni de l’objectif de la négociation, ni du calendrier et surtout pas d’un État palestinien, dont les dirigeants israéliens n’ont à aucun moment accepté l’idée, quoi qu’on en dise.

Aussitôt après feu Edward Saïd [2], écrivait avec l’extrême lucidité qui était la sienne :

«Alors, avant tout, appelons cet accord de son vrai nom : un outil de la capitulation palestinienne, un Versailles palestinien. Ce qui le rend pire encore, c’est qu’au cours des 15 dernières années, l’OLP aurait pu négocier un arrangement meilleur que ce Plan Allon modifié, et exigeant de faire moins de concessions unilatérales à Israël. Pour des raisons que les dirigeants connaissent fort bien, ils ont refusé toutes les ouvertures précédentes. Pour donner un exemple que je connais personnellement : à la fin des années ’70, le secrétaire d’État Cyrus Vance m’a demandé de persuader Arafat d’accepter la résolution 242, avec une réserve (acceptée par les USA) à ajouter par l’OLP et insistant sur les droits nationaux du peuple palestinien ainsi que sur l’auto­détermi­nation palestinienne. Vance a dit que les USA reconnaîtraient immédiatement l’OLP et instaurerait les négociations OLP-Israël. Arafat refusa l’offre catégoriquement, de même que des offres similaires. Ensuite éclata la guerre du Golfe, et l’OLP perdit encore plus de terrain à cause des positions désastreuses qu’il adopta alors. Les gains de l’Intifada furent dilapidés, et maintenant, les défenseurs du nouveau document disent : « Nous n’avions pas d’alternative ». Il serait plus exact de dire : « Nous n’avions pas d’alternative parce que nous en avions perdu ou rejeté bien d’autres, ne nous laissant que celle-ci ».
Voir le texte complet d’Edward Saïd ICI.

Le diplomate français Pierre Vimont a cependant raison de dire qu’il ne servirait à rien de vouloir à tout prix remettre autour d’une table “les deux parties”, car le rapport de force est trop déséquilibré.  Il aurait été honnête de sa part d’ajouter que surtout il y a dans le camp israélien une volonté délibérée de ne vouloir, au mieux, que “négocier pour négocier”, à l’infini et sans jamais conclure, tout en dérobant jour après jour progres­sivement l’objet principal même de la négociation, à savoir le territoire.

Cependant, telle était déjà la situation en 1993, et il y a bien longtemps que chacun sait que si une pression sérieuse et durable ne s’exerce pas sur Israël, sous la forme de sanctions effectives de la “communauté internationale” sous l’égide de l’ONU [3], rien n’évoluera véritablement et la colonisation se poursuivra inexorablement.

Après plus de 24 ans de passivité totale face à la violation constante du droit international par Israël, la France persiste à nier cette évidence, ce qui revient à dire qu’elle n’a pas d’autre véritable objectif (en dehors de sa propre gloriole et celle de ses dirigeants) que de servir les intérêts du gouvernement israélien, la partie la plus puissante.

Le même Vimont avoue d’ailleurs, avec une certaine ingénuité, que si tout cela ne risquait pas d’alimenter le terrorisme international, tout le monde s’en ficherait à l’unanimité.

“Pas d’alternative”

Il est cocasse d’entendre le même Pierre Vimont regretter que “personne ne nous [ait] convaincus aujour­d’hui qu’il pourrait y avoir une alternative”. Ma parole, il en parle comme si la “solution à 2 États” avait une quelconque substance, comme si quoi que ce soit permettait de croire qu’elle puisse voir le jour concrètement !

Tous ces gens, dit-il, n’ont jamais été capables de nous dire par quoi on va la remplacer”, comme s’il était question de “remplacer” une chose qui n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais au mieux que comme une totale escroquerie doublée d’un abus de langage caractérisé.

En outre, ce qu’il affirme est faux : “l’alternative” est connue car on sait parfaitement qu’à défaut d’avoir imposé à Israël le respect du droit international tel qu’elle l’a pourtant elle-même défini dans les résolutions onusiennes, la Communauté interna­tionale porte sur les fonts baptismaux un État d’apartheid, dont il existe déjà plus qu’un embryon et dont la réalité se renforce chaque jour. C’est cela, l’alternative à laquelle nous conduit la componc­tion soporifique de Pierre Vimont et de ses patrons, parce que fondamentalement leur limite infranchissable est qu’ils ne veulent rien imposer à Israël, et que dans ces conditions il n’y a aucune issue à l’impasse dans laquelle ils se sont eux-mêmes enfermés, et les deux peuples directement concernés avec eux.

Laisser Israël se débrouiller pour financer l’occupation ?

Au cours des huit années de la présidence Obama, 100 000 colons juifs de plus se sont installés en Cisjordanie, et tandis que Washington finance à coups de milliards de dollars chaque année l’armement israélien (et par le fait même assure à ses industriels un joli débouché aux frais du contribuable étatsunien), l’Union Européenne quant à elle finance l’occupation. Charles Enderlin, encore lui, fait un décompte édifiant dans un article de “Libération” :

Après l’échec du sommet de Camp David en juillet 2000, des négociations de Taba en janvier 2001, de la rencontre de Charm el-Cheikh en février 2005, George W. Bush, le président américain, décidait qu’il était temps d’en finir avec le conflit israélo-palestinien. Le 27 novembre 2007, à Annapolis, il réunissait Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, et Mahmoud Abbas, le président palestinien, pour frapper dans le marbre le principe de la solution à deux États. Les deux hommes s’engageaient à conclure les négociations en une année.

Trois semaines plus tard, à Paris, Nicolas Sarkozy ouvrait la conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien en rappelant qu’il s’agissait de créer aux côtés d’Israël :

«Un État souverain sur son territoire et ses ressources, contrôlant ses frontières, disposant d’une continuité entre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Un État de droit, disposant d’institutions fortes et indépendantes, qui assurera la sécurité de ses citoyens, fera respecter la loi et l’ordre […]. Au bout du compte, un État politiquement et économiquement viable.»

Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, demandait 4,5 milliards d’euros aux donateurs qui, déjà, depuis la signature des accords d’Oslo, avaient déboursé plus de 7 milliards d’euros. Il a reçu des promesses pour la bagatelle de 6,5 milliards d’euros de la part des 70 délégations d’États réunies à Paris.

L’Union Européenne a de nouveau mis la main au portefeuille. Aux 563,28 millions d’euros déjà transférés en 2007, sont venus s’y ajouter 494,91 millions en 2008. Selon des sources diplomatiques, il faut adjoindre les sommes offertes par les divers pays de l’UE, qui, en la doublant, portent l’aide aux Palestiniens à près de 1 milliard d’euros (en 2015, encore, l’UE a remis 342,42 millions d’euros à l’Autorité autonome).

Les pourparlers ont débuté et, à nouveau, ce fut l’échec. La droite israélienne en accuse les Palestiniens qui auraient refusé les «concessions sans précédent, offertes par Olmert». Faux, rétorque l’entourage d’Abbas : «Nous n’avons jamais reçu une proposition sérieuse par écrit pour l’étudier. Tout était verbal et n’engageait que ceux qui écoutaient.»

En réalité, sous le coup d’une enquête judiciaire pour corruption, impopulaire, Ehud Olmert n’avait plus la possibilité de conclure un accord en bonne et due forme. Condamné, il a fini derrière les barreaux. Benyamin Nétanyahou lui a succédé à la présidence du Conseil en 2009 et, depuis, Israéliens et Palestiniens n’ont plus repris les discussions de fond sur les éléments de la solution à deux États.

Barack Obama, arrivé à la Maison Blanche la même année, n’a même pas réussi à relancer des pourparlers autres que sur la reprise des négociations. John Kerry, avant de quitter le département d’État, relève que durant ces huit années 100 000 colons supplémentaires se sont installés en Cisjordanie. Il en rejette la responsabilité sur Nétanyahou et son gouvernement, «le plus à droite de l’histoire d’Israël», dit-il, en constatant le quasi total contrôle israélien sur la zone C, 60 % du territoire, habité par près de 400 000 colons et où le développement palestinien est interdit.

Une situation critiquée par de nombreux diplomates européens en poste dans la région. Tout en gardant l’anonymat, ils déclarent à qui veut les entendre : «De fait, nous finançons le maintien de l’occupation israélienne.*»

Dans ces conditions, n’est-il pas grand temps de faire le bilan ? Les milliards investis par la communauté internationale, s’ils ont permis le développement d’institutions palestiniennes, n’ont pas fait avancer d’un millimètre la solution à deux États *.

Alors, pourquoi, au nom des bailleurs de fonds européens, François Hollande et Angela Merkel ne prendraient-ils pas l’initiative de fixer une date limite au-delà de laquelle Israël – puissance occupante selon les conventions de Genève – devrait assumer le financement du budget palestinien ? Cela libérerait le contribuable européen de ce fardeau, et placerait le gouvernement de Netanyahou devant ses responsabilités à un moment où s’ouvre une nouvelle page de l’histoire du Proche-Orient. L’enjeu, c’est l’avenir de la région, d’Israël et de la nation palestinienne.

Car les premières décisions de la nouvelle administration Trump ne poussent pas à l’optimisme. Le président élu a nommé David Friedman au poste de nouvel ambassadeur américain en Israël. A la tête de l’Association des amis de la colonie Beit El, c’est un fervent partisan de l’annexion des Territoires palestiniens. Il entend œuvrer pour le transfert à Jérusalem de l’ambassade des États-Unis installée aujourd’hui à Tel-Aviv. Ce serait le dernier clou dans le cercueil du processus de paix entamé en 1993 avec la signature des accords d’Oslo. Il ne resterait plus qu’à en publier l’acte de décès formel.

A ce diagnostic on ne peut qu’ajouter que l’Union Européenne – dont l’ambassadeur en Israël, Lars Faaborg-Andersen, témoigne en permanence d’une écœurante soumission idéologique au gouvernement en place et d’un mépris non moins répugnant envers les Palestiniens – finance outre l’occupation par Israël la corruption d’une petite oligarchie palestinienne, et le train de vie confortable de centaines de cadres d’une kyrielle d’ONG internationales qui sous couvert de solidarité internationale s’activent surtout à “normaliser” l’occupation, dont la fin signerait aussi celle de leurs privilèges. C’est là aussi une page de l’histoire qu’il s’agirait de clore, pour ouvrir enfin des perspectives de paix qui rompent enfin avec la logique colonialiste.

Luc Delval

[1] Charles Enderlin s’est naguère défini comme “sioniste jusqu’à la ligne verte”, c’est-à-dire opposé à l’occupation des territoires palestiniens. Il est haï par les colons comme par les plus excités des propagandistes sionistes en France.
[2] Edward Saïd, décédé en 2003, était un des plus grands intellectuels palestiniens. Voir ICI
[3] A défaut pour les dirigeants politiques d’assumer leur responsabilité historique, les citoyens s’y substituent via la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), mais c’est faute de mieux

Source: Pourlapalestine.be

via: http://arretsurinfo.ch/conference-de-paris-et-si-leurope-cessait-de-financer-loccupation-de-la-palestine-par-israel/

 

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

La dernière gifle de Benyamin Nétanyahou à François Hollande

Conférence pour la paix au Proche-Orient, Paris, 15 janvier

Au lieu du capitaine Dreyfus, c’est tout le peuple d’Israël qui se retrouvera sur le banc des accusés à Paris, face à un tribunal anti-israélien chargé de porter préjudice à notre pays1.

Ainsi délire Avigdor Lieberman, ministre israélien de la défense, le 26 décembre. Quel est donc ce nouveau crime antisémite qui se prépare ? La conférence internationale que réunit le gouvernement français le 15 janvier, au niveau des ministres des affaires étrangères et à laquelle participeront environ soixante-dix pays, dont les États-Unis représentés par le secrétaire d’État américain John Kerry.

Il est vrai que, avec quelques années de retard, l’administration sortante du président Barack Obama semble avoir pris conscience que le gouvernement israélien était hostile à une solution à deux États — ce que, pourtant, n’importe quel observateur un peu au fait du dossier savait depuis longtemps. Elle a laissé passer, par son abstention au conseil de sécurité de l’ONU — une première depuis 19832 —, la résolution 2334 du 23 décembre 2016 adoptée par les quatorze autres membres, qui affirme que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux États » et qui demande la « cessation immédiate » de ces activités.

Certes, on peut douter que les États qui l’ont votée prennent des mesures pour imposer cet arrêt, mais comme le reconnaissait Yair Lapid, le chef de file du parti de centre droit Yesh Atid, aujourd’hui dans l’opposition (comme l’essentiel de la classe politique israélienne, il a critiqué le conseil de sécurité) : « Cette résolution ne parle pas de sanctions, mais elle fournit l’infrastructure pour de futures sanctions, c’est ce qui est alarmant. Cela peut donner corps à des plaintes devant des juridictions internationales contre Israël et ses responsables. »3.

Quelques jours après le vote du Conseil de sécurité de l’ONU, dans un long discours, John Kerry esquissait sa vision d’une paix juste : deux États, dont les frontières seraient fondées sur les lignes du cessez-le-feu d’avant la guerre de juin 1967 avec des échanges de territoires équivalents ; des droits égaux pour tous les citoyens ; une solution au problème des réfugiés. Jérusalem deviendrait la capitale des deux États et Israël serait reconnu comme « État juif » (ce qui revient à institutionnaliser le statut de citoyens de seconde zone destiné aux Palestiniens qui y vivent). Quant à la sécurité d’Israël, elle serait rendue possible par la démilitarisation de l’État palestinien.

Au-delà des ambiguïtés de ces propositions, le plus important reste la condamnation de la colonisation qui est, selon l’article 8 du Statut de Rome de la CPI, un crime de guerre4. Mais on peut s’interroger sur la portée de telles décisions pour les États qui ont signé le Statut de Rome. N’est-ce pas le président Obama qui, en septembre dernier, a signé un accord pour une aide militaire à Israël de 38 milliards de dollars, la plus importante jamais accordée à Tel-Aviv ? Pourquoi donc le gouvernement israélien devrait-il s’inquiéter maintenant, alors que Donald Trump accède à la présidence ?

Et pourquoi devrait-il se tourmenter de la conférence de Paris qui s’ouvre le 15 janvier ? Nul doute qu’elle adoptera des positions similaires à celles exprimées par le Conseil de sécurité et John Kerry, mais suggèrera-t-elle la moindre pression sur la partie qui refuse tout accord, Israël ? On peut en douter. Même la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France, demandée par un vote de l’Assemblée nationale en novembre 2014, n’est plus évoquée.

Depuis au moins deux mandats présidentiels, la politique officielle de Paris peut être résumée par les propos de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs de France en août 2008 : « Restaurer une relation de confiance, forte et durable, avec les dirigeants et le peuple israéliens, était à mes yeux naturel, et la condition même d’un regain de l’influence au Proche-Orient. D’abord parce qu’on ne peut contribuer à la paix si l’on n’a pas la confiance des deux parties concernées. Ensuite parce qu’on peut dire bien des choses lorsqu’on est reçu en ami. » En résumé, plus la France sera proche d’Israël, plus elle pourra agir en faveur d’une solution politique. Un quinquennat plus tard, Sarkozy reconnaissait son erreur en confiant à Barack Obama, lors du sommet du G-20 à Nice en novembre 2011, son appréciation sur le premier ministre israélien : « Je ne peux plus le voir ; c’est un menteur ! »

Loin de tirer les leçons de cet échec, François Hollande a poursuivi dans la même voie de rapprochement avec Israël. Lors de sa visite en Israël en novembre 2013, il a évoqué le « chant d’amour pour Israël et ses dirigeants » qu’il aimerait savoir chanter. Durant la guerre de Gaza de l’été 2014, il a interdit plusieurs manifestations de solidarité avec la Palestine tout en affirmant, contre toute évidence, qu’il voulait garder une position « équilibrée » — plus de 2 000 Palestiniens seront tués, dont 500 enfants et une grande majorité de civils ; du côté israélien on compte 70 morts, dont 64 militaires. Il a augmenté la pression contre le mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) et contre ses militants traînés devant les tribunaux, faisant de la France un des seuls pays dans le monde à criminaliser ces actions pacifiques.

De toutes ces concessions, Nétanyahou n’a cure. Il a rejeté avec dédain l’invitation faite à Israël de participer à la conférence de Paris. Et, malgré un appel téléphonique personnel de Hollande, il a même refusé une simple rencontre avec Mahmoud Abbas pour être informé des conclusions de cette réunion, une dernière gifle pour François Hollande qui tendra sans doute l’autre joue.

Ce qui frappe, c’est le double langage de la France, proclamant d’un côté son soutien au droit international, renforçant de l’autre les relations bilatérales avec Israël comme si ce pays ne violait pas en permanence ce droit international. Et une récente information confirme que Nétanyahou n’a rien à redouter de Paris. Pour la première fois, des avions militaires israéliens se sont entraînés à partir d’une base en Corse durant les premiers jours de novembre. Cinq F15-E israéliens ont procédé à une campagne d’entrainement avec 13 Rafale de l’armée de l’air. Verra-t-on bientôt les deux armées mener des actions communes sur des théâtres d’action extérieurs ?

Alain Gresh

1Nissim Behar, «  Conférence sur le Proche-Orient à Paris : un ministre israélien parle d’«  affaire Dreyfus  »Libération, 26 décembre 2016.

2Un lecteur me fait remarquer que cette formulation n’est pas exacte, que les Etats-Unis se sont abstenus sur d’autres résolutions, un excellent aperçu des votes de Washington à New York est fourni dans cet article.

3Cité par Piotr Smolar, Le Monde, 23 décembre 2016.

4Le Statut de Rome considère comme crimes de guerre, notamment, «  le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d’une partie de sa population civile dans le territoire qu’elle occupe  » (article 8, point 2 b-viii).

Photo: Visite de François Hollande en Israël, 17 novembre 2013. Kobi Gideon/GPO pour Prime Minister of Israel.

 

Source: http://orientxxi.info/magazine/la-derniere-gifle-de-benyamin-netanyahou-a-francois-hollande,1660

Colonialisme en Palestine: la politique du flinguer pour tuer de l’état sioniste

Tuez-les tous !

Bien avant que Netanyahou s’en vint sur la scène politique, le premier ministre israélien Yitzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une “nuée de sauterelles”.

HRW vient juste de condamner la politique d’Israël du “tirer pour tuer”. Politique simple: si la force de défense israélienne et les policiers perçoivent ou pensent qu’un Palestinien va commettre un crime, alors ces personnels encouragent la force de défense à abattre immédiatement et sans hésitation le Palestinien en question.

Tout membre des forces de défense devrait être capable de “tirer pour tuer” le Palestinien “sans y penser à deux fois… aucun attaquant, homme ou femme, ne devrait sortir de quelque attaque que ce soit vivant.”[1]

La preuve n’est en rien importante. Ce qui est le plus important est que si la police ou l’armée veut tuer un Palestinien, alors ils peuvent le faire. La FDI et la police sont en elles-mêmes la preuve du bienfondé de l’action. Tout ce qu’elles ont alors à faire pour défendre leur cas est de simplement dire que le Palestinien allait faire quelque chose de mal. Sari Bashi, le directeur de la branche israélienne à HRW, a déclaré que ceci est clairement une violation du droit international. [2]

 

La question est simplement celle-ci: Le régime israélien a t’il abattu dans le passé des Palestiniens en se basant sur cette politique ridicule ?
La question est OUI.
Ceci ne devrait pas être une surprise du tout. Nous savons et pouvons tenir pour fait établi que la politicienne et ministre de la justice israélien Ayelet Shaket a sans équivoque et ontologiquement déclaré que les Palestiniens étaient les ennemis d’Israël.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Qui est l’ennemi ?” A-t-elle demandé. “Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…” L’idéologie politique de Shaked en regard des Palestiniens vaut la peine d’être citée entièrement:

“Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre et nous devons répondre par la guerre. Pas une opération, lente et de basse-intensité, pas une escalade contrôlée, pas de destruction d’infrastructure terroriste, pas d’assassinats ciblés. Assez de toutes ces biaiseries. C’est une guerre. Les mots ont un sens. C’est une guerre.

Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, pas une guerre contre l’extrémisme, pas même une guerre contre l’Autorité Palestinienne. Tout ceci est également une forme d’ignorance de la réalité. Ceci est une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…

Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d’hommes et de femmes sans qui ils ne pourraient pas s’engager dans le terrorisme. Les acteurs de la guerre sont ceux qui incitent dans les mosquées, qui écrivent des curricula assassins pour les écoles, qui protègent, qui fournissent des véhicules et tous ceux qui les honorent et leur donnent un confort moral.

“Ils sont tous des ennemis combattants et leur sang sera leur responsabilité. Maintenant ceci inclut aussi les mères des martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient dégager, tout comme les maisons, foyers physiques où elles ont élevé leurs serpents. Autrement, d’autres petits serpents y seront élevés.” [3]

Shaked déclare qu’elle a l’intention de “promouvoir des processus avancés” de démocratisation en Israël”, mais comment cela peut-il être compatible avec l’idée que les Palestiniens sont l’ennemi ? Shaked peut-elle vraiment penser que la démocratie pourrait ne serait-ce qu’exister sans ce que Kant appellerait l’impératif catégorique ou la raison pratique ? Les lois d’Israël en regard des Palestiniens peuvent-elles vraiment être universalisées ?…

L’idéologie de Shaked n’est pas du tout la démocratie. C’est en fait une perversion de démocratie. Et si vous pensez que c’est exagéré, peut-être devrions-nous amener dans la discussion le rabbin Yitzhak Ginsburg qui a dit de manière non équivoque:

Tout procès en justice qui se base sur la supposition que les juifs et les goyim sont égaux est un total travesti de justice.”[4]

La question à un million de dollars est celle-ci: Shaked a-t-elle été jamais mise en doute par la mafia sioniste et les marionnettes nouveaux cons pour avoir de telles saloperies au sujet des Palestiniens ? Y a-t-il eu un quelconque politicien américain la réprimandant pour ce qui est essentiellement un plan diabolique ?

Bien sûr que non !

Le fait est que Benjamin Netanyahou et autres officiels israéliens (passés et présents) ont dit des choses tout à fait similaires sur les Palestiniens. “Dans notre voisinage”, a dit le roi bibi “nous devons nous protéger des animaux sauvages… Si un soldat israélien est condamné pour meurtre, il devrait être immédiatement libéré.” dit Netanyahou.

Bien avant que Netanyahou ne vont sur la scène politique, le premier ministre israélien Ytzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une nuée de sauterelles [5] L’ancien chef de la FDI Raphael Eitan avait déclaré dans les années 1980:

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir ne serait-ce que d’un centimètre sur Eretz Israel… La force est tout ce qu’ils ont et n’est que ce qu’ils comprendront toujours. Nous devrons utiliser la force ultime jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous à quatre pattes.”

Rabbin Yaacov Perrin: “Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif” [6]

Le rabbin MK Eli Ben-Dahan lui-même a déclaré que les Palestiniens étaient “des animaux, ce ne sont pas des humains.” Puis il a ajouté: “Un juif a toujours un bien plus grande âme qu’un gentil, même s’il est homosexuel.

Les homosexuels d’Amérique et d’occident ne devraient-ils pas être en colère de la dégradation faite ici par Ben-Dahan ? L’organisation juive aux Etats-Unis ne nous vante-t-elle pas ad nauseam que l’homosexualité est une grande chose ? Pourquoi cette organisation ne réprimande-t-elle pas le rabbin Ben-Dahan pour ses vues discriminatoires ?

Jonas Alexis

[1] “‘Israeli shoot-to-kill policy belongs to western movie laws’ – HRW official to RT,” Russia Today, January 4, 2017.

[2] Harriet Agerholm, “Israeli officials back shoot-to-kill policy of Palestinian suspects, says Human Rights Watch,” Independent, January 3, 2017.

[3] Ishaan Tharoor, “Israel’s new justice minister considers all Palestinians to be ‘the enemy,’” Washington Post, May 7, 2015.

[4] Quoted in Alan Cowell, “An Israeli Mayor Is Under Scrutiny,” NY Times, June 6, 1989.

[5] Ron Kampeas, “Andrew Sullivan owes Yitzhak Shamir an apology,” Jewish Telegraphic Agency, May 6, 2015.

[6] Quoted in Clyde Haberman, “West Bank Massacre; Israel Orders Tough Measures Against Militant Settlers,” NY Times, February 28, 1994.

url de l’article original: http://www.veteranstoday.com/2017/01/04/kill-them-all/

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

Source:https://resistance71.wordpress.com/2017/01/12/colonialisme-en-palestine-la-politique-du-flinguer-pour-tuer-de-letat-sioniste/

Norman Finkelstein : Les Etats-Unis reconnaissent que les colonies israéliennes constituent un crime de guerre

 

Norman Finkelstein sur la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies

Durant un vote retentissant à l’ONU, Obama a changé sa politique sur les colonies israéliennes, les considérant comme un crime de guerre – Finkelstein

Durant les fêtes de fin d’année, j’ai eu deux conversations téléphoniques avec Norman Finkelstein au sujet de la résolution historique 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 23 décembre, qui qualifiait les colonies israéliennes de violations flagrantes du droit international. La transcription est légèrement raccourcie.

Dites-moi ce que vous pensez de la résolution.

Norman Finkelstein : Tout d’abord, en parlant strictement du texte de la résolution et non de sa résonance ou de son importance politiques (sur lesquelles je vais revenir), c’est une assez bonne résolution et nous devrions être clairs à ce sujet. Et textuellement, je la compterais comme une victoire. Pour les raisons suivantes.

Premièrement, le texte commence par réaffirmer explicitement le principe de « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force ». C’est un fait important pour la raison suivante. Lorsque cette déclaration a été inscrite dans le préambule de la résolution 242 des Nations Unies [en novembre 1967], Israël a farouchement protesté contre l’inclusion de ce principe, reconnaissant qu’il anticipait une révision territoriale, ce qui signifiait qu’Israël allait devoir rendre chaque pouce de territoire acquis par la force. Israël a plus tard obtenu une sorte de compensation avec la suppression de l’article défini « les » devant « territoires » dans le texte de la résolution [la phrase « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés dans le récent conflit » est devenue « retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés dans le récent conflit »]. Israël a réussi à déplacer tout le débat pendant plusieurs décennies, en se concentrant exclusivement sur la suppression de l’article défini. Et ce sont les États arabes qui ont toujours insisté sur le fait qu’il fallait également considérer le préambule qui établissait l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force.

L’argument avancé par Israël était que le paragraphe du préambule qui faisait référence à l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force n’était pas aussi important que le paragraphe contraignant [« le retrait des forces armées israéliennes de territoires… »]. Dans cette nouvelle résolution, est déclarée, conformément au droit international, « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force », et c’est donc une forte réaffirmation de ce principe. Celle-ci vient directement en tête de la résolution 2334. Fait intéressant, elle n’est même pas balancée comme l’était la résolution 242 originelle. La résolution 242 comporte deux déclarations en préambule. L’une concernait l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force, et l’autre le droit des États de vivre en paix avec leurs voisins. Cela a été concédé pour Israël. Ils ne l’ont pas mentionné cette fois-ci. Ils ont simplement mentionné la clause d’inadmissibilité.

Ce texte est important pour une autre raison. [L’ambassadeur israélien] Ron Dermer a proclamé partout que « nous savons qui a rédigé cette résolution, cette résolution a clairement été écrite par un Etat occidental », justifiant la remarque [du Premier ministre israélien] Netanyahu selon laquelle tout cela aurait été concocté par les États-Unis. Ce n’est clairement pas le cas. Les États-Unis ne partent pas de la clause d’inadmissibilité. Comme l’indique clairement le discours de John Kerry, il considère déjà que tout le territoire du côté Est du mur appartient à Israël, ce qui contredit manifestement la clause d’inadmissibilité. Ce n’était donc pas une résolution occidentale. Ce qui est occidental dans la résolution est la partie sur le terrorisme, l’os jeté aux États-Unis pour les amener à s’abstenir.

Le quatrième paragraphe est également très fort parce qu’il condamne non seulement « toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est », et il mentionne également explicitement les colonies [« y compris… la construction et l’expansion de colonies, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions concernées »]. C’était important parce que c’était le nœud de discorde dans l’accord d’Oslo. L’accord d’Oslo stipulait que vous ne pouviez pas modifier le caractère démographique mais il ne mentionnait pas explicitement la construction de nouvelles colonies.

Donc en termes légaux, c’est clairement une amélioration par rapport à l’accord d’Oslo. Vous vous souvenez peut-être qu’à l’époque, des gens comme Haider Abdel-Shafi ont refusé de soutenir Oslo parce que cet accord ne disait rien au sujet des colonies. Ici, vous n’avez pas seulement le fait d’ « altérer la composition démographique, le caractère et le statut » [de la Palestine], mais aussi la construction et l’expansion de colonies. C’est donc selon moi une victoire importante.

La troisième raison pour laquelle cette résolution est une victoire est qu’elle déclare : « Réitérant sa vision d’une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix, dans des frontières sûres et reconnues ». C’est aussi d’une très grande importance car dans son discours, Kerry a parlé d’un Etat juif et d’un Etat arabe. Ce qui est techniquement correct parce que c’est ce que la résolution 181 de l’ONU disait – la résolution de partition originale en 1947. Mais la résolution 2334 était différente. Il s’agit de deux États démocratiques, Israël et la Palestine. Donc, cette résolution a été très prudente, veillant à ne pas donner de cachet d’approbation à un Etat juif, bien que John Kerry l’ait fait. C’était aussi une grande victoire.

De fait, ce sont là des choses que Kerry et Samantha Power ont pris grand soin d’ignorer. Kerry a affirmé qu’il n’y avait là aucune politique qui contredise la politique américaine. Mais cela contredit bien évidemment la politique américaine, la politique actuelle des États-Unis, et Kerry a menti à ce sujet. Kerry a dit que la politique américaine a de longue date soutenu Israël en tant qu’Etat juif. C’est complètement faux. Cela n’a même jamais été évoqué. Lors des négociations d’Annapolis, la déclaration exceptionnelle du côté israélien était le plan Olmert, qu’il a présenté en privé à Abbas. Si vous regardez le texte, il n’y avait aucune mention de la reconnaissance d’un Etat juif. C’est tout nouveau, c’est apparu avec Netanyahu. Donc quand dans son discours, Kerry essaie de justifier le fait d’appeler Israël un État juif en se basant sur la politique américaine de longue date, ce n’est tout simplement pas vrai.

La déclaration de Samantha Power selon laquelle le fait de considérer les colonies comme illégales était une politique américaine de longue date est également complètement fausse. C’était une politique de longue date jusqu’à ce qu’Obama arrive au pouvoir. Ils ont ensuite transformé le terme « illégales » en « gênantes ». Le fait qu’elles étaient considérées illégales est très précisément ce que la politique des États-Unis a nié durant les 8 dernières années. Durant les conférences de presse, on leur a demandé plusieurs fois de but en blanc si elles étaient illégales. Ils répondaient : « Nous les considérons gênantes ». C’est donc quelque chose de nouveau.

Il est intéressant de noter que j’ai été surpris en lisant que cette résolution « Réaffirme que l’établissement par Israël de colonies dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucune validité juridique et constitue une violation flagrante du droit international. »

En recourant à ce vocabulaire, ils considèrent les colonies comme un crime de guerre. S’ils avaient seulement dit qu’il s’agissait d’une violation du droit international, cela ne constituerait pas nécessairement un crime de guerre. Pour constituer un crime de guerre, elles doivent être qualifiées de violation grave ou flagrante du droit international.

Cela aussi était nouveau – ou plutôt, ce qui est nouveau, c’est que les États-Unis l’ont enfin reconnu, ce qu’ils dénient obstinément en prétendant que c’est une politique américaine de longue date. Ce n’est absolument pas le cas. Ils ne considéraient même pas les colonies comme illégales sous Obama.

Et il est vrai, étonnamment, qu’ils ont recouru au vocabulaire international standard et ont inclus Jérusalem comme territoire occupé. Il est vrai que c’est une politique de longue date, mais cela ne faisait certainement pas partie de la politique américaine au cours des 8 dernières années.

Le cœur de la résolution est les colonies. Nous ne devrions pas vilipender, à mon avis, le fait qu’elle fasse référence aux actes de terreur et d’incitation aux paragraphes 6 et 7. Ils ont simplement donné cela aux États-Unis pour leur permettre de s’abstenir en sauvant la face, afin que Kerry puisse essayer de justifier l’abstention. La résolution de 2011 [à laquelle les États-Unis avaient opposé leur veto] ne comportait pas ces paragraphes. Il s’agissait évidemment de permettre aux États-Unis de sauver la face.

Donc dans l’ensemble, textuellement – je ne parle pas des ramifications politiques –, textuellement, c’était une bonne résolution, et elle était très distincte de ce que Kerry disait dans son discours : Kerry qui parlait d’Etats juif et arabe, Kerry qui parlait d’échanges de territoires, et ne cessait de distinguer les territoires des côtés Est et Ouest de ce qu’ils appellent la barrière de séparation.

Il faut être très reconnaissant pour le fait que l’administration Obama n’appuie pas le vote d’une nouvelle résolution de l’ONU qui viserait à inscrire les paramètres de Kerry dans une résolution. Nous ne voulons pas d’une telle chose. Il vaut bien mieux n’avoir que cette résolution 2334.

En ce qui concerne le discours de Samantha Power, elle a dit : « Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a réaffirmé son consensus établi selon lequel les colonies n’ont aucune validité juridique. »

Eh bien, c’est exactement ce qu’ils ne disaient pas depuis huit ans. Ils disaient qu’elles étaient gênantes. Ils ont refusé de recourir au vocable de la validité juridique. C’est pourquoi je ne crois pas que c’était une résolution occidentale. Le vocabulaire utilisé dans cette résolution a été le langage constant des Nations Unies depuis au moins 1967 et ils n’allaient certes pas le remettre en question. Dans le cadre de l’ONU, il n’y a pas la moindre possibilité qu’on commence à utiliser des mots comme « gênantes ». C’est vraiment un point très important. C’est le langage d’une maîtresse d’école. « Johnny, quand tu jettes du papier à Sally pendant l’heure du déjeuner, c’est gênant. Il serait temps d’arrêter ! » Quel genre de langage est-ce là ? C’est vraiment infantile.

Le langage que l’administration Obama a développé est antithétique à la nature entière de l’ONU et du droit international. Il est extrêmement important de comprendre ce que les États-Unis ont fait. Les États-Unis savent ce qu’est la loi et ils redoutent la loi, et ils ont donc inventé et conjuré un langage qui échappe à ce que dit la loi. C’est pourquoi ils disent « gênantes ».

Ensuite, si vous lisez attentivement le discours de Kerry, il ne cesse de dire qu’une résolution doit être basée sur les « besoins » respectifs des deux parties. Si vous entrez le mot « besoins » dans une barre de recherche pour le discours de Kerry, vous verrez qu’il revient encore et encore et encore. Il est absolument essentiel de savoir ce qui se passe. La résolution devrait être fondée sur la loi. Mais ils savent très bien que si vous vous basez sur la loi, Israël perd sur tous les points et les Palestiniens gagnent sur tous les points. Jérusalem, comme l’indique clairement cette résolution, Jérusalem-Est appartient aux Palestiniens. Les colonies constituent un crime de guerre selon le droit international. Les frontières : toute la Cisjordanie et Gaza sont un territoire palestinien. Les réfugiés : la loi impose le droit de retour ou à une compensation basée sur la résolution 194. Ils savent qu’en se basant sur la loi, Israël perd sur tous les points.

Ils ont essayé de déplacer ou de restructurer le langage, et ils parlent maintenant de « besoins ». Comment une résolution peut-elle être fondée sur les besoins ? Si Israël dit : « Nous avons besoin de Jérusalem-Est », et que les Palestiniens disent « Nous avons besoin de Jérusalem-Est », comment pouvez-vous arbitrer sur la base des besoins ? Vous ne pouvez arbitrer que sur la base de la loi. Israël peut penser qu’il en a besoin, mais la loi dit qu’il ne l’aura pas.

Donc toute cette refonte du conflit en termes de « besoins » et de choses « gênantes » ou non est une tentative délibérée d’éluder la loi. Vous riez, mais il y a une méthode derrière l’infantilisme du vocabulaire. C’est pour échapper à ce qu’impose la loi.

 [A suivre]

Philip Weis

Sources:http://normanfinkelstein.com/2017/01/04/norman-finkelstein-on-the-un-security-council-resolution-2334http://mondoweiss.net/2017/01/breathtaking-settlements-finkelstein

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

via: http://sayed7asan.blogspot.fr/2017/01/norman-finkelstein-sur-la-resolution.html

 

 

2016 : une année parmi les plus meurtrières pour les jeunes Palestiniens des territoires occupés

 

Par Résistance 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’année 2016 restera comme l’année au cours de laquelle Israël a tué le plus de mineurs au cours de la dernière décennie en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. C’est ce que nous apprend le rapport de l’organisation non gouvernementale « Defence for Children International-Palestine » (DCIP) publié la semaine dernière. Selon ce dernier, ce ne sont pas moins de trente-et-un jeunes Palestiniens qui ont été tués par l’armée israélienne cette année. Le dernier en date, Farid Ziyad Atta al-Bayed, était à peine âgé de quinze ans. Il est décédé le 23 décembre après 69 jours de coma. Faris avait été blessé le 15 octobre dernier lors d’affrontements avec l’armée survenus dans le camp de réfugiés de Jalazoun, non loin de Ramallah.

L’ONG s’est ému dans son rapport qu’aucun soldat n’ait été inquiété par les autorités israéliennes pour les morts qu’ils ont commises. Ce n’est malheureusement pas une surprise… Au cours des trois dernières années, un seul militaire a fait l’objet d’une enquête en bonne et due forme. « Les forces israéliennes font depuis 2014 davantage usage de répression pour contenir les manifestations », accuse Ayed Abu Eqtaish, un des directeurs de programme de L’ONG.

La propension des militaires israéliens à avoir la gâchette facile est apparue au grand jour au cours du dernier mois de l’année écoulée. Le 18 décembre, Ahmad Hazem Atta Zeidani (19 ans) était tué dans le village cisjordanien de Beit Rima (nord-ouest de Ramallah) au cours d’affrontements nocturnes avec les forces d’occupation. Fahmi Juweilis a connu un sort meilleur ; il a survécu bien qu’il ait été touché le 14 décembre à la tête par un projectile durant le trajet qui séparait son domicile de l’école. Fahmi a été victime d’une balle perdue. Les militaires visaient en réalité un autre Palestinien suspecté d’avoir voulu les frapper plus tôt avec un couteau à Jérusalem.

L’OCHA (bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies) rapporte que l’armée israélienne a blessé pas moins de onze enfants entre le 29 novembre et le 12 décembre 2016 au cours d’affrontements avec des Palestiniens en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza (81 enfants ont été blessés au cours de l’année 2016 selon les données recueillies par le DCIP. La presse palestinienne affirme quant à elle que les secours sont, dans de nombreux cas où de jeunes Palestiniens ont été blessés ou tués, intentionnellement ralentis par l’armée d’occupation.

Les plus âgés ne sont guère mieux lotis. Jihan Mohammed Hashimeh, Palestinienne de 35 ans, circulait entre Jérusalem et la Cisjordanie occupée lorsqu’elle a été prise à partie par les tirs des soldats israéliens. Alors qu’elle approchait du point de passage de Qalandia sur une voie destinée aux véhicules, les soldats lui ont tiré dessus à plusieurs reprises pour une raison inconnue, la blessant grièvement. Gisant sur le sol, elle a été laissée une heure durant sans aide, baignant dans son sang. On voit sur une vidéo la victime couchée sur le sol, les bras en l’air, juste après avoir essuyé les tirs de l’armée israélienne. Originaire de Jérusalem-Est, Jihan Mohammed Hashimeh tentait vraisemblablement de rentrer chez elle.

Depuis octobre 2015, il y a eu plus de 150 cas dans lesquels les forces de sécurité ont ouvert le feu et tué des adultes et des enfants palestiniens soupçonnés d’avoir tenté de poignarder, de percuter avec un véhicule ou de tirer sur des Israéliens en Israël et en Cisjordanie. Lors de la même période, des assaillants palestiniens ont tué 33 Israéliens, dont des passants et des responsables de la sécurité, en Israël et en Cisjordanie.

L’inflexibilité montrée par les autorités israéliennes à l’encontre des Palestiniens diminue curieusement lorsque les Israéliens eux-mêmes sont mis en cause. Le cas du sergent Elor Azarya est emblématique. Ce jeune sous-officier a tué par balles un Palestinien âgé de 21 ans dans la ville de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, le 24 mars 2016. Un enregistrement vidéo largement diffusé sur Internet montre Azaria, qui possède les nationalités israélienne et française, tirant une balle dans la tête d’Abdul Fatah al-Sharif lorsque ce dernier gît à terre, ne posant de toute évidence aucune menace. Elor Azaria, après quelques jours passés en prison militaire, est depuis confiné sur sa base, avec interdiction de porter des armes et d’entrer en contact avec des témoins. Il a même bénéficié de deux jours de permission pour célébrer en famille la Pâque juive. Quelques heures après le verdict d’un tribunal militaire israélien, qui a reconnu, mercredi 4 janvier, coupable d’homicide un soldat franco-israélien, le Premier Benjamin Netanyahou n’a pas tardé à réagir. Il souhaite que le soldat, accusé d’avoir achevé un assaillant palestinien blessé, bénéficie d’une grâce.

L’année 2016 restera aussi marquée comme celle où l’on a enregistré un nombre record d’incursions d’extrémistes israéliens de droite sur l’esplanade des mosquées. Le porte-parole de l’Organisation des biens religieux (waqf), Firas Al-Dibs, a recensé 14.806 incursions de colons durant l’année écoulée, avec une pointe en octobre (2.856 incursions). Beaucoup de Palestinien-ne-s craignent finalement que les incursions visent, en tant qu’étape préliminaire, à changer le statu quo de longue date du complexe d’Al-Aqsa. Déjà, les forces d’occupation israéliennes ont interdit l’accès à la mosquée aux fidèles musulman-e-s pendant certaines fêtes juives, Israël célébrant actuellement le début de la nouvelle année juive.

Israël se sera donc surpassé. Le point essentiel qu’il faut retenir est que les crimes de l’entité sioniste ne sont pas des « aberrations ». Ce ne sont pas les agissements de quelques généraux à la gâchette facile ou d’un gouvernement particulièrement de droite. Il s’agit ici d’une législation de droit commun et de politiques maintenues par l’État depuis des décennies. Le sionisme porte en lui tous les germes du crime.

Capitaine Martin

 

http://www.resistance-politique.fr/archives/3024

Israël mène une véritable « guerre de l’eau » en Palestine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Assécher la Palestine : la guerre systémique de l’eau d’Israël

Rappels

* Israël pratique une politique systémique de destruction des ressources palestiniennes en eau et montre qu’il est prêt à contrevenir aux Conventions de Genève en se servant de l’eau comme outil de coercition et de contrôle.
* Au cours des opérations militaires, Israël a ciblé l’infrastructure de l’eau en Cisjordanie comme à Gaza, perpétuant les crises humanitaires.
* Les sept années de siège israélien sur Gaza doivent être considérées comme faisant partie de la guerre de l’eau, puisqu’en empêchant l’accès aux matériaux de réparation, de maintenance ou de développement de l’infrastructure de l’eau, Israël perpétue les dommages causés pendant les périodes d’attaque.
* La guerre de l’eau paralyse le développement en Cisjordanie et à Gaza, et provoque des pertes économiques dans l’agriculture et l’industrie, ainsi que des risques sanitaires à long terme.
* La restriction de l’accès palestinien à l’eau transforme ce qui fut la ressource gérée par la communauté en une marchandise et menace de modifier la relation entre les Palestiniens et leur terre.

Synthèse

Cibler l’infrastructure palestinienne de l’eau est une politique israélienne systémique et à double objectif pour empêcher l’existence de communautés palestiniennes durables. Dans cette note politique, Muna Dajani, membre de l’équipe politique d’Al-Shabaka et chercheuse en environnement, démontre qu’Israël cible les infrastructures de l’eau et montre comment la politique n’empêche pas seulement la croissance économique, mais pousse aussi les Palestiniens hors de leur terre. Elle observe la marchandisation de l’eau qui en résulte et avertit que ce processus est en train de changer les modèles traditionnels de la gestion communautaire de l’eau et qu’il pourrait modifier définitivement la configuration de la société palestinienne. Pour combattre cette guerre de l’eau, Dajani propose des actions aux acteurs locaux, nationaux et internationaux – des campagnes de sensibilisation aux bases de données – pour mettre la question à l’ordre du jour politique. Elle exhorte également les donateurs à exiger des indemnisations pour les investissements perdus.

Israël a pratiqué une politique systémique de destruction des ressources palestiniennes en eau et a maintes fois prouvé qu’il était disposé à contrevenir aux Conventions de Genève dans son exploitation de l’eau comme outil de coercition et de contrôle.

La guerre de l’eau d’Israël

L’une des causes de la dernière attaque d’Israël sur la Bande de Gaza est l’infrastructure de l’eau de l’enclave côtière, qui n’a pas été épargnée par les tirs délibérés des missiles israéliens. Cette attaque sur l’infrastructure de l’eau n’est ni nouvelle, ni spécifique à Gaza, mais fait plutôt partie intégrante d’une campagne israélienne soutenue pour faire obstacle au développement des communautés palestiniennes et rendre leur vie quotidienne insupportable.

Afin d’empêcher qu’Israël continue de viser délibérément l’infrastructure de l’eau, il faut que le caractère systémique des dégâts qu’il a causés aux ressources palestiniennes vitales soit reconnu ; il doit être documenté et dénoncé, à tous les niveaux de la société palestinienne, par des campagnes de sensibilisation et des initiatives de la société civile. Les partenaires internationaux comme la Ligue des Etats arabes, l’Union européenne et les Nations unies doivent également faire pression sur Israël pour qu’il cesse et s’abstienne.

La politique qui consiste à refuser que les communautés palestiniennes aient accès à l’eau peut être considérée comme un outil de guerre utilisé continuellement par l’occupation israélienne et les autorités d’occupation, et qui, finalement, porte atteinte à la résistance palestinienne. Les répercussions de cette politique sont vastes. Parmi elles la dégradation de l’environnement à long terme, des dangers pour la santé publique à court et à long terme, et la privation d’eau potable pour une partie importante de la société civile.

Viser l’infrastructure de l’eau est interdit en vertu du Protocole 1 – Article 54 de la Convention de Genève (1977) qui stipule :

« 2. Il est interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que des denrées alimentaires et les zones agricoles qui les produisent, les récoltes, le bétail, les installations et réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation, en vue d’en priver, à raison de leur valeur de subsistance, la population civile ou la Partie adverse, quel que soit le motif dont on s’inspire, que ce soit pour affamer des personnes civiles, provoquer leur déplacement ou pour toute autre raison. »

L’offensive soutenue d’Israël contre les infrastructures de l’eau palestinienne a été menée sur deux fronts : les dégâts directs et considérables causés délibérément au cours des opérations militaires à grande échelle, et les dommages à long terme en empêchant les réparations, l’entretien ou le développement des infrastructures de l’eau. Bien que rarement sur l’agenda politique, cibler les infrastructures de l’eau est une tactique identifiée et documentée de l’armée israélienne ; que ce soit sous la forme de bombes sur l’usine d’épuration des eaux résiduaires à Gaza ou sur les citernes de l’époque romaine qui fournissent toujours de l’eau dans un village reculé en Cisjordanie, les méthodes sont intentionnelles. Le rapport Goldstone des Nations Unies, qui avait été chargé de documenter les violations des droits de l’homme au lendemain de l’attaque israélienne de 2008-2009 sur Gaza (opération « Plomb Durci »), a confirmé ce qu’il considérait comme une destruction « délibérée et systématique » de l’infrastructure de l’eau par Israël.

Les 51 jours d’assaut de cet été [l’article a été écrit en septembre 2014, NdT] sur la Bande de Gaza ne font pas exception. Au cours des bombardements, des personnalités politiques israéliennes auraient appelé à la coupure de l’approvisionnement en eau à Gaza, ainsi que l’électricité. Cela fait partie d’une rhétorique de guerre qui voit les infrastructures de l’eau et de l’électricité comme une arme politique de coercition.

Cibler les infrastructures de l’eau pendant les opérations militaires

Au cours de la décennie passée, lors de chaque attaque israélienne sur Gaza, les bombardements ont visé l’infrastructure de l’eau, des principales centrales électriques aux usines d’épuration des eaux résiduaires et aux réseaux d’eau. Les actions militaires ont ravagé les canalisations d’eau, les égouts et autres systèmes de gestion des eaux usées. Les rapports consécutifs à l’ « opération Plomb Durci » ont montré que les dégâts ont privé d’accès à l’eau un tiers de la population de Gaza. Les dommages environnementaux ont été estimés à 44 millions de dollars.

Dans les premiers jours de la dernière opération militaire à Gaza, « Pilier de Défense », l’aviation israélienne a visé la station de pompage des eaux usées à l’ouest de Gaza-ville. En frappant sa cible, Israël a paralysé une infrastructure qui pompe 25.000 m3 d’eaux usées par jour vers la principale usine de traitement des eaux de Gaza. Après l’attaque, la municipalité de Gaza a annoncé qu’elle ne serait plus en mesure de traiter les eaux usées. Les frappes continues sur l’usine ont aussi contraint la direction à cesser de réparer les dégâts afin d’éviter que les membres du personnel ne soient blessés, après que 7 d’entre eux ont été tués en inspectant les premiers dégâts. Les bombardements israéliens suivants sur l’est de Gaza-ville ont frappé une conduite d’eau principale, déconnectant les zones à l’est de la ville et coupant l’alimentation en eau à plus de 1,5 million d’habitants.

Les pertes dans les seules infrastructures de l’eau ont été estimées (http://gisha.org/updates/3235) à 30 millions de dollars. Depuis le début de l’assaut de cet été sur Gaza, la principale usine de traitement des eaux usées a été détruite, y compris le réseau de canalisations qui y était raccordé. Quatre puits, cinq réservoirs et d’innombrables réseaux de canalisation sont également devenus inutilisables. En conséquence, plus de 100.000 mètres cubes d’eaux usées non traitées se sont écoulés dans les rues de Gaza et dans la mer.

Sans accès à l’eau potable, la majorité des habitants de Gaza doit chercher un refuge et les services de base hors de chez eux. La destruction des puits et de l’infrastructure des eaux usées augmente ainsi la crise humanitaire. Avec des quartiers entiers envahis par les eaux d’égouts, on craint la propagation d’épidémies. Des hôpitaux bondés doivent maintenant traiter également les troubles digestifs, les allergies cutanées et les maladies d’origine hydrique et respiratoire. Un porte-parole d’Oxfam a déclaré, « Nous travaillons dans un environnement dont l’infrastructure d’eau est complètement détruite, ce qui empêche les gens de Gaza de cuisiner, de tirer la chasse d’eau des toilettes ou de se laver les mains. Le risque sanitaire est actuellement énorme […] et il faudra des mois ou des années pour que l’infrastructure de Gaza soit complètement remise en état. »

Dans ce cadre, le siège de Gaza peut – et doit – être compris comme une continuation de la politique de ciblage des infrastructures d’eau. Avec des restrictions drastiques sur ce qui est autorisé à entrer dans la Bande de Gaza, la reconstruction de l’usine de traitement des eaux usées, suite aux attaques de 2008, a été impossible. Au-delà de la reconstruction, les réparations régulières sont également impossibles et la modernisation des systèmes pour les rendre plus efficaces ou plus durables est hors de question. Des innovations dans le traitement de l’eau et la construction d’une qualité de vie qui dépende de l’accès régulier à l’eau sont donc interdites ; de même les ressources disponibles s’épuisent rapidement, ce qui rend plus difficile de faire des projets.

Sans réparation, la terre de Gaza subit des dégâts durables. Il y a eu une rapide infiltration d’eau de mer et une surexploitation de l’aquifère pendant des années. Même les sources d’eau disponibles ne sont pas toujours potables : 95% de l’eau que les Palestiniens de Gaza consomment depuis des décennies se sont révélés impropres à la consommation humaine. Les coupures d’électricité qui ont duré près d’une décennie ont limité la capacité du traitement de l’eau et donc la disponibilité de l’eau pour les ménages, et elles ont augmenté le rejet des eaux usées non traitées dans la mer. Même avant l’assaut de cet été sur Gaza, 90 millions de litres d’eaux usées non traitées ou partiellement traitées ont été déversés et continuent d’être déversés dans la mer chaque jour en raison de l’insuffisance des installations de traitement.

Les matériaux autorisés à entrer à Gaza, comme des générateur, du carburant limitée et des camions d’eau, ne compensent que temporairement et visent à fournir des services de base et un soulagement immédiat à une population déplacée. Ces mesures palliatives ne peuvent en aucun cas répondre aux problèmes d’approvisionnement en eau à Gaza et atténuent à peine les conséquences de la guerre de l’eau d’Israël. Il ne faudra pas seulement des millions de dollars pour mettre en œuvre les phases de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures, mais également beaucoup de temps, étant donné la situation actuelle de siège.

La guerre de l’eau menée sur le long terme dans les zones occupées

Encore plus insidieux a été la lente mais délibérée destruction de l’infrastructure de l’eau en Cisjordanie. La même politique de dommages intentionnels aux équipements de gestion de l’eau en période d’agression militaire a également été observée dans toute la région, le plus évident étant lors de l’invasion israélienne de la ville de Jénine en 2001 et 2002 qui a causé des dommages énormes (1) aux réseaux d’alimentation en eau et aux réseaux des eaux usées, interrompant tous les services pendant des semaines.

Les dommages causés aux infrastructures sont également plus progressifs et plus subtils, lorsque, en lieu et place du blocage des importations de matériaux, les démolitions sont devenues la norme, en particulier dans les communautés marginalisées de la zone C – 60% de la Cisjordanie en vertu des accords d’Oslo – et dans ce qu’Israël a déclaré comme « zone tampon » autour de la Bande de Gaza. Ces zones sous contrôle israélien direct ont été expropriées pour des raisons de « sécurité » et sont utilisées comme zones militaires et terrains d’entraînement pour l’armée d’occupation. Déclarer une zone militaire signifie presque automatiquement la destruction des terres agricoles, un danger de mort pour les habitants des communautés voisines, et l’expropriation de vastes étendues de terre.

Bien que des outils et du matériel puissent être disponibles dans la zone C, l’infrastructure est aussi difficile à construire que dans la bande de Gaza assiégée. Les Palestiniens qui vivent dans cette zone doivent demander la permission aux autorités israéliennes pour maintenir, construire ou étendre leurs infrastructures de l’eau (l’autorisation doit également être requise dans les zones A et B, uniquement par l’intermédiaire du Comité conjoint de l’eau dont il est question ci-dessous). Lorsque la permission est – presque inévitablement – refusée, les habitants sont alors obligés de construire sans permission. Cela les expose au risque d’amendes et d’ordres de démolition.

Selon la coalition palestinienne Emergency Water, Sanitation and Hygiene for Palestine (EWASH), entre 2009 et 2011, 173 différentes installations de l’eau, d’assainissement ou d’hygiène ont été démolies, sans oublier la confiscation de camions-citernes qui sont utilisés comme moyen d’urgence lorsque l’accès à l’eau est refusé. Au-delà du ciblage systématique des infrastructures par l’armée israélienne dans la zone C, les habitants des colonies juives illégales ont également commis des actes de vandalisme et de destruction qui ciblent spécifiquement les sources d’eau palestiniennes et ils s’approprient fréquemment des sources naturelles pour leur propre usage de loisirs. Les colons peuvent être considérés comme agissant dans le cadre d’une claire politique israélienne qui considère un tel ciblage des ressources en eau comme une méthode de guerre tout à fait normale.

La destruction des anciennes infrastructures pour l’eau telles que les citernes ou les sources qui ont existé depuis toujours, prive non seulement les communautés marginalisées de la zone C de l’accès à l’eau mais détruit aussi un élément important de l’histoire palestinienne et détruit aussi la très réelle et ancienne relation organique de la communauté avec les ressources naturelles et l’héritage des ressources gérées localement. La même chose se produit à Gaza, où une zone frontalière occupée engloutit environ 17% de la zone continentale de Gaza et où agricoles ont été détruits entre 2005 et 2013. Cette zone tampon et les zones marquées sous la lettre C recouvrent la majorité des terres agricoles palestiniennes, et par conséquent s’attaquer ici à l’infrastructure de l’eau a de vastes implications sur la production économique et sur la capacité des communautés palestiniennes à être autosuffisantes. En raison de la destruction des infrastructures hydrauliques sur les terres agricoles, les Palestiniens dépendent davantage de l’aide, des importations et même des biens israéliens.

Sans accès à des sources d’eau régulières, propres et fiables, les activités industrielles, agricoles et commerciales s’amenuisent, entraînant une crise économique. Cela est particulièrement vrai pour les activités économiques hautement vulnérables et dépendantes des ressources en Palestine, comme l’agriculture. Dans ces conditions, seulement 6,8% des terres agricoles en Cisjordanie sont irriguées et ce même faible pourcentage donne la moitié des produits agricoles dans les territoires palestiniens occupés. Ces chiffres illustrent la perte stupéfiante d’opportunités économiques dans le secteur agricole, due uniquement à l’eau perdue en raison des restrictions et des démolitions israéliennes. Selon les estimations, cette perte de gain économique s’établirait à 1,44 milliard de dollars par an.

Transformer la relation avec la terre

Beaucoup de communautés dépendent de ressources d’eau de base comme les puits, les sources et les citernes pour répondre aux besoins domestiques. Souvent cette infrastructure a été construite depuis des décennies, sinon des siècles plus tôt, et elle a un urgent besoin de réparation. Des centaines de ces communautés en Cisjordanie souffrent des dégâts délibérés et des destructions infligées à leurs sources d’eau. Les citernes d’eau de pluie, les puits, les systèmes d’irrigation et les réseaux d’eau construits pendant la période pré-romaine ont été la cible des forces militaires israéliennes. Les effets de la destruction de l’infrastructure de l’eau ne se limitent pas à la maladie, à l’absence de ressources vitales, à la perte de revenus ou aux possibilités de développement. À long terme, le ciblage par Israël des infrastructures hydrauliques impacte aussi profondément la relation que les Palestiniens entretiennent avec leurs terres. En privant les agriculteurs de l’accès à l’eau, Israël les chassent de leurs terres. Empêcher des éleveurs d’avoir accès à des citernes séculaires supprime les moyens de subsistance traditionnels et a pour effet de vider des villages riches de par leur travail, leurs familles et leurs traditions. Dans ce paradigme de la guerre de l’eau, il n’est pas surprenant que la vallée du Jourdain, riche en eau, soit l’une des zones les plus brutalement attaquées en termes de démolition d’infrastructures.

On peut dire clairement qu’il s’agit d’une guerre systémique contre l’eau menée contre la population palestinienne. Cette guerre à long terme détruira la relation organique que les villes et les villages ont avec les ressources en eau locales, et transformera des ressources en eau autrefois gérées localement en une marchandise – qui de plus est contrôlée par Israël. Les habitants d’aujourd’hui de Ramallah, par exemple, achètent leur eau à Mekorot, la compagnie d’eau nommée par le gouvernement israélien. L’eau n’est plus une ressource communautaire, et sa commercialisation aux mains de l’occupation israélienne modifie encore la nature de la société palestinienne.

Exercer une pression politique pour protéger l’infrastructure de l’eau

La destruction de l’infrastructure de l’eau est un coup direct aux programmes palestiniens de développement qui ont été soutenus par les donateurs internationaux au cours des deux dernières décennies. Les donateurs versent des milliards de dollars dans des projets de gestion de l’eau, dans ce que l’on peut considérer comme un secteur qui dépend littéralement d’eux. La plus grande partie de ces milliards est dédiée à la reconstruction des infrastructures endommagées par les bombardements israéliens successifs. Parfois, le coût élevé de la remise en état décourage les organismes donateurs d’intervenir. Cela laisse des communautés comme Susiya, dans les collines du sud d’Hébron, ou Al-Farasiya dans la vallée du Jourdain (à la fois des communautés bédouines ou troglodytes de quelques dizaines d’individus chacune) avec juste un accès à l’aide humanitaire la plus immédiate, qui revient alors à un moindre coût. Lorsque les forces israéliennes confisquent des camions-citernes, ceux-ci pourront éventuellement être remplacés, mais le cycle semble exclure toute solution à long terme aux crises en eau pour ces hameaux.

L’intervention des donateurs dans le domaine de l’eau doit aller de la fourniture de solutions temporaires à la pression politique active sur Israël afin que ses forces militaires cessent leur destruction stratégique des infrastructures. L’argent pourrait ensuite être investi dans le développement à long terme d’une infrastructure qui permettrait à la base d’habiliter politiquement les communautés palestiniennes, d’assurer l’accès à l’eau potable et permettrait le développement économique des secteurs industriel et agricole. Si les Palestiniens et la communauté des donateurs pouvaient être assurés que l’infrastructure était à l’abri des attaques israéliennes, ce serait la fin d’une politique qui a pour effet d’assécher les ressources palestiniennes.

Pour commencer, l’Autorité Palestinienne de l’Eau a condamné de façon répétée la destruction des citernes en Cisjordanie. Cela a permis de documenter les destructions et de montrer que les actions d’Israël violaient l’accord du Comité conjoint de l’eau de 2001. Ce comité avait été créé en tant que mécanisme pour assurer l’accès palestinien à l’eau en Cisjordanie par le biais d’un programme de gestion de l’eau qui a pour but de « garder l’infrastructure de l’eau hors du cycle de la violence ». Cependant, étant donné que le comité fonctionne conjointement entre l’Autorité palestinienne (AP) et l’administration d’occupation d’Israël, il reste finalement sous le contrôle de la puissance occupante.

Certaines ONG et des groupes de la société civile explorent d’autres moyens pour rendre Israël responsable de ses violations de l’accès à l’eau, pour imposer des mesures qui devraient être considérées comme un modèle et pourraient être renforcées. EWASH a collaboré avec le groupe de défense des droits des Palestiniens Al-Haq pour produire un rapport pour le Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Le rapport documente les violations de l’eau perpétrées par Israël et demande instamment une action basée sur le Pacte international des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels dont Israël est signataire. Toutefois, des initiatives sont nécessaires pour mobiliser les acteurs locaux et internationaux.

Au niveau des communautés palestiniennes, il y a un manque général de conscience et un sentiment d’impuissance qui prévaut quand il s’agit d’imposer les droits sur l’eau. Pour y remédier, les dirigeants communautaires doivent adopter les droits à l’eau comme élément important de leur lutte populaire contre l’occupation. Cela signifie sensibiliser les communautés à leurs droits et travailler à documenter de manière collective les violations subies, et se mobiliser collectivement pour exiger une action. L’attention portée à la crise de l’eau à Gaza a en partie stimulé l’action en Cisjordanie, où des campagnes ont été organisées pour fournir de l’eau à la population, même symboliquement. Ces efforts peuvent servir à sensibiliser la population à la guerre systémique de l’eau imposée par Israël, galvaniser les mesures qui s’imposent face à cette guerre et permettre l’acheminement de l’eau potable dans la bande de Gaza.

Au niveau national et international, il existe un besoin urgent de plaidoyers pour exposer les violations de l’eau dans tous les forums, ainsi que des initiatives pour s’associer aux campagnes mondiales pour les droits de l’eau des populations autochtones. En outre, l’Autorité palestinienne de l’eau et la communauté internationale des donateurs doivent être plus sensibles aux violations des droits sur l’eau et rendre Israël responsable de ses crimes.

Compte tenu de la situation actuelle, les mesures suivantes pourraient être prises :

1) La société civile doit:
– Attirer l’attention sur les cas de dommages ou de tentatives de dommages causés par les attaques contre l’infrastructure de l’eau.
– Former des coalitions pour un soutien mutuel.
– Organiser et tenir à jour une base de données complète sur la destruction de l’infrastructure de l’eau ainsi que la liste des personnes touchées et les effets à long terme des destructions.

2) Les mouvements présents sur le terrain doivent:
– Mettre le droit à l’eau à l’ordre du jour, en particulier au sein des comités de lutte populaire palestiniens afin que le droit à l’eau occupe une place dans l’agenda politique.
– Former des liens avec d’autres communautés autochtones qui s’efforcent d’imposer la justice dans l’accès à l’eau.
– Utiliser la lutte pour la protection des ressources en eau comme moyen de mobilisation pour les campagnes des populations autochtones à l’échelle mondiale.

3) L’Organisation de libération de la Palestine/AP doit:
– Documenter davantage les violations d’Israël
– Utiliser son statut d’État observateur aux Nations Unies pour rendre Israël responsable par les moyens dont disposent les Nations Unies.

4) Les gouvernements et les principales organisations intergouvernementales comme l’ONU doivent:
– Tenir Israël responsable de toutes ses violations des droits de l’homme
– Inclure le droit à l’eau dans cette problématique.
– Insister pour qu’Israël indemnise les donateurs pour la perte d’infrastructures mises en place par des organismes internationaux. La compensation pour les investissements des donateurs doit être réclamée.

Muna Dajani

 

Article original en anglais : Drying Palestine: Israel’s Systemic Water War, Al Shabaka, 4 septembre 2014.

Traduction conjointe et source : Chronique de Palestine & ISM France, 4 septembre 2016.

(1) Mark Zeitoun, _Power and Water in the Middle East: The Hidden Politics of the Palestinian-Israeli Water Conflict_ (New York: I.B. Tauris & Co Ltd, May 2008).

 

Muna Dajani est une chercheuse palestinienne en environnement à Jérusalem. Muna détient une maîtrise en développement international et environnement. Elle est actuellement étudiante au doctorat à la London School of Economics (LSE) au département de Géographie et Environnement. Ses recherches visent à identifier le lien entre l’identité, la résilience et l’agriculture sous occupation militaire, où l’agriculture revient pour une part à une forme de résistance culturelle. Ses domaines de recherche sont la politique environnementale, la gestion des ressources par la communauté et les impacts sociaux du changement climatique.

La source originale de cet article est Al Shabaka

 

Copyright © Muna DajaniAl Shabaka, 2017

Des feux de forêt en Palestine (appelée aussi ‘Israël’)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus de 200 feux de forêt font rage en Palestine (maintenant renommée l’Etat juif d’Israël, y compris ses territoires palestiniens occupés). Plusieurs pays aident à éteindre les incendies, dont quatre équipes de pompiers palestiniens (personne n’a aidé Gaza lorsqu’elle était sous un déluge de bombes incendiaires au phosphore blanc). Mais le gouvernement fasciste raciste d’ « Israël » accuse les Palestiniens pour les incendies ! Même quelques Israéliens décents ont fait remarquer que des incendies ont éclaté dans toute l’Asie de l’Ouest (alias le « Moyen-Orient »).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir la carte publiée par un site israélien sur la localisation des feux dans la région, au Liban, en Syrie et en Turquie

C’est peut-être une coïncidence ou autre, juste après que le criminel de guerre Netanyahou accusait les Palestiniens, de nouveaux incendies ont éclaté près de communautés palestiniennes. Si vous voulez vraiment savoir qui il faut accuser pour le désastre, c’est clairement le sionisme, comme je l’ai écrit dans de nombreux articles et livres auparavant.

En 1901 au Congrès sioniste mondial et malgré les objections des juifs lucides, un Fonds national juif (Keren Keyemet L’Israël, ou KKL) a été créé pour promouvoir « la colonisation juive » (les termes utilisés) de la Palestine. L’une des missions était de recueillir de l’argent et ils ont eu recours à l’astuce d’une collecte d’argent pour des arbres. Ils ont bien sûr planté des arbres mais ce fut les hautement inflammables pins européens.

Après 1948-1949, lorsque quelques 500 villes et villages palestiniens furent dépeuplés, leurs terres (plantées de figuiers, d’amandiers, d’oliviers et autres arbres) ont été rasées et à nouveau, des résineux et des pins inflammables furent plantés. La même chose est arrivée après 1967 lorsqu’ici les villages palestiniens ont été démolis et leurs terres plantées avec les mêmes pins européens, l’un de ces villages est Imwas (le biblique Emmous), dont vous verrez des photos avant et après ici.

 

Le choix des pins européens était motivé pour les raisons suivantes :
– ils poussent rapidement
– ils donnent un aspect européen à un paysage « arabe »
– leurs aiguilles sur le sol le rendent acide et empêche la pousse ou la repousse des arbres endogènes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le KKL se vante d’avoir planté, au total, 240 millions de pins. Le pin résineux est comme le pétrole et brûle avec férocité. Ce ne fut pas la seule décision environnementale catastrophique prise par le mouvement sioniste en Palestine. Il y eut également le drainage des marais de Hula, le détournement des eaux du Jourdain, et maintenant le canal Mer rouge-Mer morte.

D’un point de vue écologique, les incendies en cours sont mortels pour toutes les créatures vivantes, quelles que soient leurs origines, et ils s’étendent aux quelques forêts indigènes et aux habitations humaines (juives, chrétiennes, musulmanes, athées sans distinction).

Nous, écologistes (palestiniens et israéliens) avons depuis longtemps averti des conséquences catastrophiques des décisions aux motivations politiques guidées par l’idéologie colonialiste, dévastatrices pour les animaux et plantes indigènes. Ainsi ici nous sommes les Palestiniens indigènes restants, regardant nos terres partant en fumée, et accusés du désastre. Ceci n’est pas inhabituel et nous sommes les victimes d’autres depuis longtemps. Nous avons même payé le prix de ce qui s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale (par des Européens contre leurs compagnons européens). Je pense maintenant que si une météorite touche la terre, nous Palestiniens paierons également un prix disproportionné. 7 millions d’entre nous sont des réfugiés ou des personnes déplacées.

Au Musée palestinien d’histoire naturelle et à l’Institut palestinien de la biodiversité et du développement durable (http://palestinenature.org), nous exhortons à la protection de notre nature. L’écologie est une priorité pour tout humain respectueux, y compris la protection de la biodiversité (et la diversité humaine).

Restons humains et venez nous voir.

Mazin Qumsiyeh 

Article original: http://qumsiyeh.org

Traduction : MR plour ISM

La source originale de cet article est qumsiyeh.org

Copyright © Dr. Mazin Qumsiyehqumsiyeh.org, 2016

 


Les 68 ans de la Nakba La résistance historique d’un peuple déterminé!

 

Par Ziad Medoukh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 mai 1948 -15 mai 2016, soixante-huit ans déjà, soixante-huit ans depuis le début du drame des Palestiniens, soixante-huit ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-huit ans depuis le début de cette injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-huit ans de déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple.

 

Mais, soixante-huit ans de résistance, de patience, de détermination, de courage, et de persévérance pour un peuple toujours debout, un peuple toujours attaché à sa terre et à sa Palestine en dépit de toutes les mesures de cette occupation illégale, une occupation aveugle, une occupation qui dure, qui dure !

Les Palestiniens commémorent les soixante-huit ans de la catastrophe dans un contexte national et régional particulier marqué notamment par la poursuite de l’occupation et de la colonisation dans les territoires palestiniens, par un soulèvement populaire spontané en Cisjordanie, par les agressions israéliennes permanentes dans la bande de Gaza qui subit un blocus inhumain, et l’absence de perspectives pour l’avenir.

Soixante-huit ans et les forces de l’occupation violent les droits les plus fondamentaux d’un peuple, soixante-huit ans de politique d’apartheid, de discrimination et du terrorisme d’un état hors la loi.

En 68 ans, Israël a appliqué toutes les mesures inhumaines illégales à l’encontre des Palestiniens, il en a emprisonné plus d’un million, il en a massacré et assassiné des milliers, il a occupé tous leurs territoires.

L’état d’occupation a créé le problème des réfugiés palestiniens qui vivent dans des conditions humanitaires épouvantables dans les pays voisins et à l’étranger, et qui souffrent en permanence.

 

Cet état d’apartheid est le seul Etat qui, encouragé par les grandes puissances internationales, n’a jamais appliqué aucune résolution des Nations-Unies, pas plus que les accords de paix signés.

En 68 ans, Israël a toujours été un état illégal, un état hors la loi, un état d’apartheid, un état colonial, un état qui considère les citoyens arabes des  territoires de 1948 comme des citoyens de seconde zone, un état qui a construit le mur de la honte en Cisjordanie, un état qui impose un blocus inhumain à la population civile de Gaza, un état qui érige tous les jours de nouvelles colonies dans les Territoires, un état qui vole tous les jours les ressources naturelles appartenant aux Palestiniens.

Un état qui n’a toujours pas de frontières, un état qui refuse toutes les initiatives de paix régionales et internationales.

On peut citer maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : agressions quotidiennes, mesures atroces, massacres, déportations, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue, trop longue.

Le dernier crime israélien massif contre les Palestiniens, est la dernière offensive militaire contre la population civile de la bande de Gaza en été 2014, avec de milliers de morts et de blessés palestiniens, en majorité des enfants.

68 ans de résistance remarquable de toute une population qui poursuit son combat pour retrouver la liberté et vivre dignement sur sa terre.

Soixante-huit ans après, les Palestiniens s’interrogent : 68 ans de violation de nos droits ne suffisent-ils pas ? Le temps n’est-il pas venu de réagir et d’imposer à cet état d’apartheid l’application du droit international ? Le temps n’est-il pas venu d’instaurer la justice en Palestine ? Les Palestiniens n’ont-ils pas le droit de vivre, après tant d’années de souffrance, dans un état libre et indépendant ?

68 ans après cette catastrophe, nous, Palestiniens, et quelles que soient les mesures d’apartheid et de terrorisme d’état pratiquées, poursuivons le combat et les sacrifices pour notre liberté. Nous sommes plus que jamais déterminés et avons un message à délivrer au monde entier, un message clair et précis. Nous sommes toujours attachés aux principes suivants :

- Non, nous n’oublierons jamais l’histoire noire de cette occupation illégale et ses différents crimes contre notre population civile.

- Non, nous ne partirons pas d’ici, nous resterons attachés à notre terre. Nous ne partirons pas. Ici, notre terre, ici notre vie et ici notre Palestine !

- Oui, le droit au retour est sacré et tous les réfugiés palestiniens doivent pouvoir retrouver leurs villes et leurs villages d’origine.

- Oui, nous poursuivrons notre résistance sous toutes ses formes afin de vivre en liberté sur notre terre, cette terre appelée Palestine, et qui s’appellera toujours Palestine.

- Oui, nous avons le droit de créer notre Etat libre et indépendant, avec Jérusalem comme capitale.

- Oui, nous sommes prêts à vivre en paix, une paix durable, mais une paix qui passera avant tout par la justice, par l’application du droit international, par la fin de l’occupation illégale, et par la réalisation de toutes les revendications légitimes du peuple palestinien.

La lutte continue ! Et le combat se poursuit ! Pour une Palestine libre et pour une Palestine indépendante ! Nous sommes tous convaincus que notre liberté s’approche…

 

 

Ziad Medoukh

Qui se souvient de la

Palestine ?

 « La Bible n'est pas un cadastre ! »

Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien

 

Le monde occidental (Europe) vit depuis quelque temps au rythme des bombes humaines. On découvre avec horreur ce que c'est que la mort, le deuil, le traumatisme, le sang et les larmes. Et les médias reprennent en boucle les mêmes informations. Tout est fait pour désigner d'une façon invisible ce pelé, ce galeux, d'où viennent tous leurs maux. Oubliant du même coup que c'est l'Occident qui a ouvert la boîte de Pandore de la désespérance des peuples humiliés et il s'étonne ensuite que les monstres qu'il a créés lui échappent.

S'agissant justement de l'horreur du sang et des larmes, il nous faut inclure dans cette tragédie le sort fait aux Palestiniens dont le devenir paraît scellé au vu de la technique du rouleau compresseur suivie par le régime israélien pour grignoter par différents procédés tout aussi répréhensibles et justiciables, notamment par la faim, la soif, les arrestations arbitraires, les meurtres de sang-froid de jeunes Palestiniens qui ayant fait le deuil de leurs dirigeants prennent leur destin et qui avec des canifs qui avec des pierres qui avec des ciseaux protestent contre l'ordre établi d'une colonisation inhumaine sous les regards complices d'une communauté internationale qui non seulement ne fait rien, mais encourage par son laxisme le régime israélien à arriver à l'irréversibilité : rayer l'identité palestinienne pour en faire des colonisés ?

« Souvenons-nous : 15 mai 1948, une étape importante dans la chaîne des malheurs des Palestiniens. Ce jour-là, des autochtones qui vivaient là depuis la nuit des temps furent brutalement considérés par le fer et par le feu comme des apatrides. Les Nations unies, par la reconnaissance quelques jours plus tôt de l'Etat d'Israël, venaient de livrer du même coup des hommes, des enfants, des femmes pour l'immense majorité sans défense, aux mains d'une organisation terroriste qui mit en oeuvre une épuration ethnique au nom de la religion. Il fallait une Terre pour un peuple sans Terre au nom de la Bible. » (1)

 

La Nekba : un nettoyage ethnique

En novembre 1947, au moment du vote du plan de partage, la Palestine mandataire compte environ 600.000 juifs pour 1200.000 Arabes. David Ben Gourion a confié à Yigaël Yadin le soin d'étudier un plan militaire permettant de préparer le Yichouv à l'intervention annoncée des États arabes. Comment bouter les Arabes du maximum de terres pour l'espace vital juif ? Il s'agit du plan Daleth qui est mis en application dès le début du mois d'avril. Le plan Daleth ou plan D, est le plan établi par la Haganah en mars 1948 pendant la guerre de Palestine de 1948. Il fut rédigé par Israël Ber et Moshe Pasternak, sous la supervision de Yigal Yadin, chef des opérations de la Haganah. Ilan Pappé y voit un plan mis au point par les sionistes pour spolier les Arabes palestiniens de leur terre en les chassant de leur terre. » (1)

Rappelons que la résolution 194 de l'ONU dispose que « les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible ». Tous les gouvernements israéliens se sont opposés à l'application du droit au retour, au nom du caractère juif de l'Etat. Dans un ouvrage courageux : « Le Nettoyage ethnique de la Palestine », l'historien israélien, Ilan Pappé, professeur à l'université de Haïfa, démolit le mythe selon lequel les Arabes auraient attaqué Israël au moment de sa fondation. En fait, le nettoyage ethnique de la population palestinienne (massacres, terreur et expulsions forcées à grande échelle) était prévu dès la première heure. Ilan Pappé montre qu'il était déjà ce qu'il est aujourd'hui : cynisme et chutzpah, mensonges permanents, (...) crimes de guerre et crimes contre l'humanité.(...) Dès le départ, l'armée « la plus morale de tous les temps », s'est distinguée par sa brutalité, son sadisme et sa cupidité : pillages, destructions systématiques, viols, exactions en tous genres, assassinats. » (1)

On le voit : La Nekba n'est pas tombée du ciel, elle a été minutieusement préparée. Dès juin 1938, Ben Gourion déclare devant l'Exécutif de l'Agence juive : « Je suis pour le transfert forcé [l'expulsion des Arabes palestiniens]. Je ne vois rien là d'immoral. » Dix ans plus tard, le 24 mai 1948, il écrit dans son Journal : « Nous allons créer un Etat chrétien au Liban, dont la frontière sud sera le Litani. Nous allons briser la Transjordanie, bombarder Amman et détruire son armée, et alors la Syrie tombera. Après quoi, si l'Egypte veut continuer à se battre, nous bombarderons Port Saïd, Alexandrie et Le Caire. Ce sera notre vengeance pour ce que les Egyptiens, les Araméens et les Assyriens ont fait à nos aïeux à l'époque biblique. Indépendamment du fait que la prétendue oppression des juifs par les Egyptiens, les Araméens et les Assyriens est dénuée de tout fondement historique, et que les ancêtres du « père » de l'Etat juif étaient très probablement des Khazars sans le moindre lien avec la Palestine. » (1)

Ces mots résonnent à nos oreilles et d'une certaine façon nous y voyons l'application dans les faits. La volonté israélienne de faire d'Israël un Etat juif va, par la force des choses, amener les Arabes Israéliens à quitter leur pays. Ce sera l'accomplissement définitif de la Nekba. L'historien Schlomo Sand dans son ouvrage : « Comment le peuple juif fut inventé » et deux autres auteurs israéliens, Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, ont montré justement que nous avons affaire à un même peuple : les Cananéens. » « Il n'existe aucune preuve, écrivent-ils, d'une invasion de Canâan par les enfants d'Israël commandés par Josué... L'archéologie révèle que les habitants de ces villages n'étaient autres que les peuplades indigènes de Canâan qui, petit à petit, ont fini par développer une identité ethnique que l'on peut qualifier d'israélite. » En définitive, seul un Etat de tous les citoyens avec une égale dignité permettra le retour de la paix dans cette région du monde qui a vu l'avènement du monothéisme. » (2)

Jonathan Cook va plus loin, il avance qu'à la Knesset le nettoyage ethnique continue. On veut aseptiser l'assemblée des députés arabes israéliens : « Une commission parlementaire d'éthique'' composée des principaux partis juifs a suspendu les trois députés pour une durée de plusieurs mois. Maintenant, ils risquent de perdre leur siège. (...)Il était plus que probable que Balad, qui dénonce le statut d'Etat juif d'Israël et mène une campagne véhémente pour des réformes démocratiques, fût le premier de sa liste. (...) L'objectif était de vider le Parlement de ses représentants palestiniens. Mais ces formations ont mis de côté leurs divergences historiques pour créer la Liste unifiée. (...) En exilant 80 pour cent des Palestiniens de leur patrie, Israël a de fait trafiqué son collège électoral national pour s'assurer qu'il ait une énorme majorité juive à perpétuité. Un député palestinien, Ahmed Tibi, a très bien résumé la question. « Israël, a-t-il dit, est un état démocratique pour les juifs, et un état juif pour ses citoyens palestiniens ». » (3)

 

Le quotidien des Palestiniens : enfants de l'occupation

Restriction d'accès à l'eau, interdiction de construire ni même de réparer. Pour couronner le tout : « Shir Hever, un économiste israélien a publié un rapport où il a assemblé les pièces du puzzle économique de l'occupation, il croit que l'aide internationale a permis à Israël d'éviter d'acquitter la facture de son occupation. Mais il va plus loin. Sa conclusion - qui pourrait surprendre les colons israéliens - c'est que 78% au moins de l'aide humanitaire destinée aux Palestiniens se retrouvent dans les caisses d'Israël (4). »

Les enfants palestiniens n'en peuvent plus ils luttent avec des moyens dérisoires pour une vie décente. Il se trouve des intellectuels israéliens révoltés par le sort fait aux enfants. Ilan Pappé en parle : « Alors qu'une vidéo a montré au monde comment un enfant de 12 ans a échappé de manière incroyable aux griffes d'un soldat israélien, des centaines d'autres sont beaucoup moins chanceux, au point d'en mourir. C'est un truisme depuis l'avènement du théâtre : les enfants éclipsent tout le monde. « Vengeance [...] du sang d'un enfant, Satan ne l'a point encore inventée », s'exclame le poète national israélien Haïm Nahman Bialik dans son poème Tuerie. Des milliers de rapports sur les crimes de l'occupation feront toujours pâle figure à côté de la photo d'un petit enfant mort, prisonnier, maltraité ou blessé. (...) De larges pans de la droite israélienne ont trop soif de sang pour accepter la moindre retenue de la part des soldats israéliens, même lorsqu'il s'agit d'un enfant palestinien, et auraient préféré que le soldat le tue. (...) À ce jour, Ahmed Dawabsha, âgé de 4 ans, se bat encore pour sa survie, son rétablissement et sa rééducation dans un hôpital israélien. Son père, sa mère et son petit frère sont morts dans l'incendie de leur maison à Duma déclenché par quatre extrémistes israéliens, lesquels n'ont pas encore été arrêtés. Le petit Ahmed Dawabsha, gravement brûlé et enveloppé dans des bandages de la tête aux pieds, pleure sa mère, son père et son petit frère, qui ne reviendront jamais. (5) »

 

Quand tuer est devenu la norme

C'est par ces mots que l’écrivain israélien Gédeon Levy qualifie la politique actuelle du régime israélien : « Il n'y a pas d'autre façon de décrire la politique d'Israël vis-à-vis des agresseurs présumés que comme des exécutions sommaires. (...)Ce qui était inacceptable hier, et même inimaginable, devient la routine d'aujourd'hui et la norme de demain. (...) Ils savent que leurs chances de survie sont minces et comprennent que l'impact sera négligeable le cas échéant ; pourtant, ils décident de prendre leur destin en main et d'exprimer leur résistance violemment, (...) Les jeunes Palestiniens, hommes et femmes, garçons et filles, qui brandissaient simplement une paire de ciseaux, ont été condamnés à mort sur place. (...) Il est difficile de croire que Mahdiyya Hammad, une mère de quatre enfants de 40 ans, avait l'intention de renverser des policiers postés sur la route de son village, à Silwad. Elle rentrait chez elle pour allaiter son nourrisson. Ils ont tiré plusieurs dizaines de coups et ont continué de tirer, même lorsqu'elle était déjà morte. (...) Ashraqat Qatanani ne devait pas non plus être tuée. Cette jeune fille âgée de 16 ans a sorti une paire de ciseaux. Est-ce que tuer était le seul moyen de contrôler une fille de 16 ans en uniforme scolaire ? Avec des balles réelles, en tirant dans le but de tuer ? Le groupe de soldats autour d'elle n'aurait-il pas pu la retenir et l'empêcher de faire quoi que ce soit ? Ou du moins lui tirer dans les jambes ? Mais non, ils l'ont tuée. » (6)

La société israélienne est gangrénée par le racisme qui est décliné, de mille façons toutes plus honteuses les unes que les autres : « Près de la moitié des Israéliens juifs poursuit l’auteur, pensent que les Palestiniens arabes avec la citoyenneté Israélienne devraient être « expulsés ou transférés » d'Israël, selon un sondage publié mardi et faisant autorité. (...) Le centre de recherche a constaté que les Israéliens juifs religieux étaient plus susceptibles de favoriser l'expulsion des Palestiniens - dont 71% des juifs orthodoxes modernes - alors que la majorité des juifs israéliens se disant laïques étaient opposés à l'idée. Cependant, même parmi les juifs laïques, plus d'un tiers, soit 36%, soutiennent la position de l'expulsion, laquelle serait totalement illégale au regard du droit international. (...) Les conclusions du Pew Research Center a révélé d'autres marqueurs de profondes divisions à travers la société israélienne, avec une écrasante majorité de 79% des juifs israéliens acceptant l'idée que « les juifs méritent un traitement préférentiel en Israël », et 85% des colons de Cisjordanie adoptant cette même position. Toujours selon l'enquête, bien que la majorité des Israéliens juifs, soit 76%, croit qu'Israël peut être à la fois une démocratie et un État juif, 64% des Palestiniens, y compris les musulmans, les chrétiens et les Druzes, estiment qu'un État juif est « incompatible avec les principes de la démocratie ».(7)

 

Que font les Nations Unies ?

Un scoop qui va changer la face du Monde. On apprend que L’ONU va établir une liste noire d’entreprises israéliennes. L’ONU tétanisée par le refus de régler le vrai problème qui est celui de la décolonisation fait dans la diversion avec les complicités de chacun faisant comme on le dit : « le minimum syndical » Chacun y trouve son compte avec une conscience peu exigeante s’agissant des droits des Palestiniens. Dans cette comédie humaine à la Balzac chacun joue son rôle à la perfection même Israël a pour instruction de s’indigner pour un artefact qui ne va lui couter pratiquement rien. L’ONU va établir une liste noire d’entreprises israéliennes

Comme nous le lisons sur le journal le Monde : « La colonisation est illégale au regard des lois internationales. Le Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies a donc décidé jeudi 24 mars de dresser une liste des entreprises opérant dans les territoires occupés par Israël. L’organe des Nations unies a adopté au cours de sa session achevée jeudi quatre résolutions relatives à l’occupation par Israël des territoires palestiniens, à la colonisation israélienne, au droit des Palestiniens à l’autodétermination et au respect du droit international dans ces territoires. (…) 

 Israël comme prévu dans ce scénario tacite et diabolique insulte : « De son côté, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’est indigné face à un CDH qui, selon lui, « est devenu un cirque anti-israélien ». Le porte-parole des affaires étrangères Emmanuel Nahshon a même twitté : le Conseil a « un besoin urgent de se faire soigner mentalement ». Le Conseil des droits de l’homme est l’une des bêtes noires d’Israël, qui l’accuse de parti pris permanent. La veille de ces résolutions, le CDH a nommé l’expert juridique canadien Stanley Michael Lynk nouveau rapporteur spécial de l’ONU « sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés ». Il succède à l’Indonésien Makarim Wibisono, qui a présenté sa démission au début de janvier, parce qu’Israël ne l’a jamais autorisé à pénétrer dans les territoires palestiniens, tout comme son prédécesseur ».

 Ban Ki Moon se réveille sur le tard. En deux mandats (ce dernier termine à la fin de l’année) , d’une façon courageuse il supplie Israël de ne pas coloniser à outrance : « Face à « une intensification de la colonisation », lit-on sur le Monde, c’est aussi le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a demandé la semaine dernière à Israël de revenir sur sa décision de confisquer des hectares de terres dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée. Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. La saisie de terres, et plus largement la colonisation, qui s’est poursuivie sans relâche sous les gouvernements israéliens de droite comme de gauche, sont dénoncées par les Palestiniens et la communauté internationale comme rognant un futur Etat palestinien et compliquant toujours davantage la paix. Israël a pris possession de 234 hectares de terres au début de mars ; ce qui correspond à la plus importante prise de possession de terres depuis des années dans la stratégique vallée du Jourdain, qui marque la frontière avec la Jordanie à l’est de la Cisjordanie, selon l’organisation israélienne opposée à la colonisation La Paix maintenant ». (8)

 

Que font les Arabes ? Que font les occidentaux ?

C’est un fait, les Palestiniens ont fait le deuil de leurs dirigeants qui sont de fait de connivence avec l'autorité d'occupation. Les rêves d'un Etat palestinien ont été enterrés avec Arafat et le monde occidental accepte le fait accompli. S'agissant des Arabes, ils ont une position abjecte au-delà des mots creux de solidarité avec la cause palestinienne, ils ne s'arrêtent pas d'en faire une variable d'ajustement. A cet égard la position d'Al Sissi vaut mieux que cent discours.

Saleh al-Naâmi nous en parle dans une contribution intitulée « Pourquoi le dictateur égyptien hait les Palestiniens : « Selon l'orientaliste sioniste Reuven Berko, Al-Sissi montre son hostilité envers le Hamas afin d'affirmer à Israël et aux Occidentaux qu'ils peuvent compter sur lui pour faire face au « terrorisme islamique » (Israel HaYom, le 27 Juin 2014). (...) A-t-on besoin de rappeler le message de la diplomate sioniste Ruth Landau à Al-Sissi, publié par le Yedioth Ahranoth, le 13 octobre 2013 sous le titre « Marche Al-Sisi et le peuple israélien marchera derrière toi ! » ? (...) Al-Sissi a assuré, plus d'une fois, que le déploiement des forces égyptiennes dans le Sinaï a aussi pour but d'améliorer la situation sécuritaire israélienne. (...)Ayelet Shahar, la correspondante pour la radio de l'armée israélienne, a cité des sources du bureau de Netanyahu confirmant qu'Al-Sissi lui avait offert d'établir un État palestinien au nord du Sinaï et qu'il n'avait pas besoin de vider les colonies juives de Cisjordanie. » (9)

Cela va plus loin nous dit René Naba, de nouvelles alliances se font et l'adversaire d'hier est devenu l'ami privilégié d'aujourd'hui. Pour : « Walid Ben Talal, le plus médiatique des princes saoudiens, (...) : « Les Arabes doivent renoncer à leur acrimonie à l'égard de la nation juive et à oeuvrer en vue d'un Moyen-Orient prospère », a-t-il déclaré annonçant au quotidien saoudien Oukaze son intention d'effectuer un pèlerinage à la Mosquée Al Aqsa, 3e Haut Lieu saint de l'Islam, sous occupation israélienne, pour une visite de 7 jours. « Tous mes frères et soeurs musulmans doivent comprendre qu'il est un impératif moral pour les Arabes de renoncer à leur hostilité envers le peuple juif ». (...) »(10).

 En expulsant les Palestiniens à Ghaza, Israël admettrait officiellement, pour la première fois, que la bande assiégée est une prison, la plus grande au monde. À une heure de route de Tel-Aviv : un ghetto. La plupart des commentateurs sur le Moyen-Orient se rendent maintenant compte que le chaos au Moyen-Orient a beaucoup à voir avec Israël et ses groupes de pression sionistes dans le monde entier. Cependant, grâce aux archives des courriels nouvellement publiés de Clinton nous pouvons avoir un document qui fournit la confirmation que le Plan Yinon était, de facto, une stratégie israélienne pour créer le chaos sectaire au Moyen-Orient. Pour Ilan Pappé : « Cette situation n'est pas temporaire, elle représente le « futur » Netanyahou, qui est bien décidé à garder le contrôle de la Palestine historique dans sa totalité et approuve la restauration des régimes arabes autoritaires » (11).

Pour ce qui est des pays occidentaux, avec le double mandat d’Obama, les Etats Unis ont définitivement pris parti pour le statut quo dont on sait qu’il arrange Israël qui s’arrête pas de construire en Cisjordanie en dépit d la quarantaine de résolutions toutes bafouées en dépit de l’arrêt de l’arrêt d La Cour Pénale Internationale concernant le mur de la honte. Les pays européens tétanisés doublement à la fois au nom de la dette éternelle qui interdit toute critique et résolution contraignante mais aussi par le suivisme de la politique américaine elle-même bien prise en main par les différents lobbys de par le monde.

Les pays occidentaux sont occupés à défaire les Etats arabes avec bien entendu l’assentiment voire l’aide directe et indirecte d’Israël et des pays du Golfe qui pensent qu’ils vont échapper à leur sort, ne sachant pas que leur tour va arriver et un Plan américain existe pour démanteler même l’Arabie Saoudite quand le pétrole n’est plus déterminant dans la stratégie américaine. Les Palestiniens disparaitront en tant que nation ils resteront comme un peuple vaincu dans un statut de deuxième collège en pire avec toute la politique raciste dont ont tant souffert les Juifs de par le monde occidental et qu’ils appliquent cette fois en tant que bourreaux à des hommes des femmes et des enfants sans défense. Ainsi va le Monde !

 

1. Chems Eddine Chitour http://www.mondialisation.ca/ 65-ans-de-deuil-de-sang-et-de-larmes-qui-se-souvient-de-la-nakba/5335817

2. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman : La Bible dévoilée p.157.Ed Gallimard 2010.

3. Jonathan Cook http://www.mondialisation.ca/ nettoyage-ethnique-a-la-knesset/5514204

4. Jonathan Cook http://www.mondialisation.ca/ un-rapport-revele-que-lessentiel-de-laide-humanitaire-destinee-au-palestiniens-va-dans-les-caisses-disrael/5514187

5. Gideon Levy : les enfants de l'occupation Info Palestine11 octobre 2015

6. Gidéon Lévy http://www.info-palestine.eu/ spip.php ?article15926  samedi 5 mars 2016

7. Maan News http://www.info-palestine.eu/ spip.php ?article15946 le 16 mars 2016

8. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/03/25/l-onu-va-etablir-une-liste-noire-d-entreprises-israeliennes_4890107_3218.html#rkUccWuhsVTTTBVQ.99

9. Saleh al-Naami http://www.info-palestine.eu/ spip.php ?article15396 27 mai 2015

10. René Naba http://www.mondialisation.ca/salmane-israel-33-walid-ben-talal-nouveau-poisson-pilote-de-la-normalisation-saoudo-israelienne/ 5513720

11. http://arretsurinfo.ch/ilan-pappe-cette-situation-nest-pas-temporaire-elle-represente-le-futur/

 

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/238115-qui-se-souvient-de-la-palestine.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

 

Ecole Polytechnique enp-edu.dz