La charge contre les charges

Plus j'écoute les débats plus je déprime. Maintenant que l'on est un peu sorti du feuilleton Fillon, certains médias rebondissent sur Pénélope et se posent la question de savoir si elle va découdre la tapisserie de son mari. J'aurais envie de dire rien à foutre, car j'en ai vraiment rien à foutre, ce n'est pas avec les rémunérations de sa femme et de ses enfants que les salaires vont augmenter. La seule chose qui me fait plaisir c'est, qu'il se soit auto-éliminé et qu'il ne sera pas le président de la France pour appliquer un programme destructeur. Vous l'avez entendu il veut supprimer les charges et beaucoup de citoyens sont d'accord avec cela. Alors, je dis que ceux qui partagent cet avis écrivent à Fillon et aux autres qu'ils se portent candidats et dans le même temps on leur réduira proportionnellement les prestations de la sécurité sociale auxquelles elles donnent droit. Il n'y a pas de raison que l'on fasse payer l'austérité à ceux qui sont contre. Il me semble que ce serait justice.

 

Parfois je me demande si Des citoyens savent ce que sont les charges.

Les charges c'est du salaire. Indirect pour la part que verse l'employeur, direct pour celle prélevée sur le bulletin de salaire. Depuis quelques années les bulletins de salaires comportent la part patronale. Chacun peut donc savoir combien il paie les services auxquels donne droits ces prélèvements obligatoires. Les services, de santé, retraite, chômage. il ne sont donc pas gratuit et ce ne sont pas les employeurs qui les paient, mais les salariés, des parts obligatoires, l'une directe et l'autre indirecte. Ces sommes constituent les ressources de la sécurité sociale, en plus de celles versées par les seuls employeurs. ces sommes sont également le chiffre d'affaire des entreprises pharmaceutiques et autres fournisseurs, ainsi que les salaires de ceux qui y travaillent. Les charges font vivre ces gens-là.

Les paiements des services, santé, retraite, chômage sont rendus obligatoires, car si l'on laissait les citoyens libre de cotiser volontairement, la plus grande majorité ne le feraient pas. Nous avons des milliers d'exemples où les citoyens sont libres d'adhérer ou pas par une cotisation, très peu le font, qu'ils soient riches ou pauvres.

Une valeur conventionnelle.

Donc, quand quelqu'un parle de supprimer les charges, il faudrait qu'il supprime proportionnellement le nombre de citoyens qui correspondent à la perte de consommation que cela représente, sinon ce sont les autres qui vont devoir payer par des prélèvements. Ceci fait alors transférer sur le salaire brut la part indirecte réglée par les employeurs. C'est-à-dire que les sommes qui figurent dans la colonne charges patronales viendraient en déduction de notre salaire par le versement, soit de l'impôt, soit de la CSG, soit de la TVA, soit en vous passant des services de santé, de retraites et de chômage, par la diminution de notre niveau de vie.

Pour quelles raisons : une raison simple, ce que nous achetons n'est pas le prix du produit ou du service, mais celui du niveau de notre bien-être que nous réalisons par le travail productif, même si nous constatons qu'il est inégal. Aucun produit, aucun service n'a un prix intrinsèque, aucun produit, aucun service n'a une valeur qui lui appartient en propre.

Nos valeurs d'échanges ne sont que des valeurs d'accommodement liées à ce que nous pouvons produire dans un temps pour satisfaire à notre niveau de vie. Ce sont des valeurs conventionnelles d'échanges.

Le prix ne règle que la rareté.

Le principe de vie voudrait que chacun de nous participe directement à la production des biens et services qu'il désire. Je veux du pain je me le fais, je veux des légumes je jardine, je veux une voiture je la construis, je veux de l'acier je le fabrique, je veux me soigner je deviens docteur etc. etc., nous n'aurions pas assez d'une vie pour réaliser les produits que nous utilisons, la nourriture que nous ingurgitons, les services que nous sollicitons. Alors, nous nous sommes répartis les diverses tâches pour qu'un ou plus fassent le pain pour tout le monde, pendant qu'un autre ou d'autres jardinent pour servir aux boulangers des légumes, pendant que d'autres font de l'acier pour permettre à chacun d'avoir une automobile. En conséquence quand l'on achète un produit, par exemple le pain au boulanger, nous ne lui payons pas le prix du pain, mais tout ce dont il a besoin pour vivre. Pour qu'il puisse s'acheter des légumes, de l'acier et une automobile. Tout ce qu'il ne peut pas produire parce qu'il passe tout son temps à produire du pain pour les autres. Nous payons son niveau de vie. S'il part en vacances, se promène en train ou en avion, s'il se marie, s'il a des enfants le pain coutera plus cher. S'il achète des biens durables le pain coûtera moins cher. Toutefois, ceux qui produisent des biens renouvelables n’auront plus de ressources et dépendront des autres. Ceux-ci devront lui garantir son niveau de vie, alors qu'il n'a pas de place disponible pour participer à l'activité productrice. A moins, que ceux qui produisent ne l'intègrent en réduisant leur temps de travail ce qui augmentera aussi le prix du pain. Ou que ce dernier innove pour produire des biens et des services qui feront croitre le niveau de vie et augmenter le prix du pain pour que le boulanger puisse l'acquérir. Nous ne payons donc que le temps de travail ou l'énergie que consomme l'homme durant cette activité, plus tout le travail et la consommation de ceux qui ont produit ou concourent au bien-être dont il a envie, sa désidérabilité. En fait le prix des produits et services ne règlent qu'un problème celui de la rareté, celui de la répartition de tout ce qui n'est pas renouvelable à souhait, de tout ce qui n‘est pas abondant.

30 ans qu’ils se font duper et 70% d’entre eux sont à droite.

 

Pour que les produits restent accessible nous avons fait de la productivité et comme celle humaine à des limites et celles des animaux aussi nous avons mécanisé et robotisé et nous sommes dans cette dynamique.

Tout le monde a bien compris que l'UE et un marché de 27 états dans lesquels chacun essaie de s'enrichir en allant puiser la richesse chez l'autre par un coût de niveau de vie plus bas, idem pour la mondialisation, plus le niveau de vie sera bas moins les salaires seront élevés. Cela n'a rien, absolument rien à voir avec le prix d'un produit. C'est une « guerre » économique que se livrent les états et pour en sortir vainqueur, Fillon, Macron et tous ceux que l'on nomme à tort les libéraux proposent de réduire les salaires, en supprimant les charges ou les prélèvements qu'ils présentent comme une augmentation de pouvoir d'achat.

Ou, ils augmentent la dette, ou ils réduisent les services, ou ils compensent par d'autres prélèvements. Comme nous avons compris qu'ils n'entendent pas prélever sur les revenus des riches qu'ils considèrent nécessaires pour relancer l'économie et investir, interrogeons-nous pour savoir qui va payer. Il n'y a pas le choix, ou payer, ou baisser son niveau de vie. 30 ans qu'on nous vend cette salade et les Français ont glissé pour environ 70% à droite, c'est-à-dire vers tous ceux qui proposent ces solutions, c'est pour cela que je disais que je finis par déprimer.

Ce qui engage nos existences.

 

Pour finir par où j'ai commencé, Fillon. Si les enquêteurs ne peuvent prouver que les bulletins de salaires sont des faux pour la circonstance, alors Fillon sera relaxé. Il n'a commis aucun interdit si l'emploi fictif n'est pas démontré. Cela ne peut être acquis sur une simple présomption de culpabilité qu'elle soit morale ou politicienne. Pourtant, cela devra nous interroger. Comment nous en arrivons à faire succomber quelqu'un sous les coups d'un tribunal d'opinion publique entretenue pas les faiseurs d'opinions. Comment pouvons-nous faire confiance au peuple s'il n'est pas capable de résister à la stratégie de l'émotion que lui vendent les médias et s'il n'est pas capable d'utiliser son intelligence pour raisonner et accéder aux informations disponibles pour que chacun se fasse son point de vue, même si forcément il ressemblera à d'autres. Il serait temps que l’on se ressaisisse pour débattre de ce qui engage nos existences.

La meilleure armée de la planète?

La Russie est maintenant le pays le plus puissant de la planète. […] l’Armée russe est probablement la plus puissante et la plus capable sur terre (bien qu’elle ne soit pas la plus grande) […] la Russie est le pays le plus puissant sur la terre pour deux raisons : elle rejette et dénonce ouvertement le système politique, économique et idéologique mondial, régnant dans le monde entier, que les États-Unis ont imposé à notre planète depuis la Seconde Guerre mondiale, et parce que Vladimir Poutine jouit d’un soutien solide comme le roc de quelques 80% de la population russe. La plus grande force de la Russie en 2017 est morale et politique ; c’est la force d’une civilisation qui refuse de jouer selon les règles que l’Occident a réussi à imposer au reste de l’humanité. Et maintenant que la Russie les a « rejetées » avec succès, d’autres suivront inévitablement (de nouveau, en particulier en Asie).

Si certains ont rejeté ceci comme une hyperbole assez ridicule, d’autres m’ont demandé d’expliquer pourquoi j’arrive à cette conclusion. Je dois admettre que ce paragraphe est quelque peu ambigu : d’abord j’affirme quelque chose de spécifique sur les capacités de l’Armée russe puis les « preuves » que je présente sont de nature morale et politique ! Pas étonnant que certains aient exprimé des réserves.

Effectivement, ce qui figure ci-dessus est un bon exemple de l’une de mes pires faiblesses : j’ai tendance à supposer que j’écris pour des gens qui feront les mêmes hypothèses que moi, considéreront les problèmes de la même manière que moi et comprendront ce qui est implicite. C’est ma faute. Donc aujourd’hui, je vais tenter de préciser ce que je voulais dire et clarifier mon point de vue sur cette question. Pour cela, cependant, un certain nombre de prémisses doivent, je pense, être énoncées explicitement.

Tout d’abord, comment mesure-t-on la qualité d’une armée et comment les armées de divers pays peuvent-elles être comparées ?

La première chose à écarter immédiatement est la pratique totalement inutile connue sous le nom de « décompte des haricots » : compter le nombre de chars, de véhicules blindés pour le transport des troupes, des véhicules blindés de combat d’infanterie, de pièces d’artillerie, d’avions, d’hélicoptères et de navires pour le pays A et le pays B et en déduire lequel des deux est le plus « fort ». Cela n’a absolument aucun sens. Ensuite, deux autres mythes doivent être détruits : que la haute technologie gagne les guerres et que l’argent gagne les guerres. Comme j’ai analysé ces deux mythes en détail ailleurs (ici), je ne le répéterai pas.

Ensuite, je soutiens que le but d’une armée est d’atteindre un objectif politique spécifique. Personne n’entre en guerre uniquement au nom de la guerre, et la « victoire » n’est pas un concept militaire, mais politique. Donc oui, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Par exemple, réussir à dissuader un agresseur potentiel pourrait être compté comme une « victoire » ou, au moins, comme une réussite de votre armée si son but était la dissuasion. La définition de la « victoire » peut comprendre la destruction de l’armée de l’autre, bien sûr, mais ce n’est pas une obligation. Les Britanniques ont gagné la guerre des Malouines/Falkland même si les forces argentines étaient loin d’être détruites. Quelquefois, le but de la guerre est le génocide, et dans ce cas se contenter de vaincre une armée ne suffit pas. Prenons un exemple récent : selon une déclaration officielle de Vladimir Poutine, les objectifs officiels des interventions de l’armée russe en Syrie étaient 1) stabiliser l’autorité légitime et 2) créer les conditions d’un compromis politique. Il est indéniable que les forces armées russes ont totalement atteint ces deux objectifs, mais elles l’ont fait sans que cela nécessite une « victoire » impliquant une destruction totale des forces ennemies. En fait, la Russie aurait pu utiliser des armes nucléaires et des tapis de bombes pour balayer Daech, mais cela aurait eu pour résultat une catastrophe politique pour la Russie. Est-ce que cela aurait été une « victoire militaire » ? Dites-le moi !

Donc si le but de l’armée d’un pays est d’atteindre des objectifs politiques particuliers, cela implique directement qu’il est absurde de dire que l’armée d’un pays peut tout faire, partout et tout le temps. Vous ne pouvez pas avoir une armée indépendamment d’un ensemble de circonstances très spécifiques :

1) Où : Espace/géographique.

2) Quand : moment/durée.

3) Quoi : objectif politique.

Pourtant, ce que nous voyons, notamment aux États-Unis, est une approche diamétralement opposée. C’est quelque chose comme ça : nous avons l’armée la mieux formée, la mieux équipée et la mieux armée sur la terre ; aucun pays ne peut rivaliser avec nos bombardiers furtifs perfectionnés, nos sous-marins nucléaires, nos pilotes sont les mieux entraînés sur la planète, nous avons des capacités de guerre réseau-centrées sophistiquées, d’intervention globale, de reconnaissance et de renseignement basées dans l’espace, nous avons des porte-avions, notre Delta Force peut vaincre n’importe quelle force terroriste, nous dépensons plus d’argent que tout autre pays, nous avons plus de navires que toute autre nation, etc. etc. etc. Cela ne signifie absolument rien. La réalité est que l’armée étasunienne a joué un rôle secondaire dans la Seconde Guerre Mondiale sur le théâtre européen et qu’après cela, les seules « sortes de victoire » que les États-Unis ont remportées sont extrêmement embarrassantes : Grenade (à peine), Panama (presque sans opposition). Je vous accorderai que l’armée étasunienne a réussi à dissuader une attaque soviétique, mais je soulignerai immédiatement que les Soviétiques ont ensuite également dissuadé une attaque étasunienne. Est-ce une victoire ? La vérité est que la Chine non plus n’a pas subi d’attaque soviétique ou américaine ; cela signifie-t-il qu’elle a réussi à dissuader les Soviétiques ou les Américains ? Si vous répondez « oui », alors vous devrez admettre qu’elle l’a fait pour une fraction des coûts américains ; donc quelle armée était la plus efficace – celles des États-Unis ou celle de la Chine ? Ensuite, observez toutes les autres interventions militaires étasuniennes, il y en a une liste convenable, et ce que ces opérations militaires ont réellement atteint. Si je devais choisir la « moins mauvaise », je choisirais à contrecœur Tempête du Désert qui a libéré le Koweït des Irakiens, mais à quel prix et avec quelles conséquences ?

Dans la grande majorité des cas, lorsqu’on évalue la qualité de l’armée russe, c’est toujours par comparaison avec les forces armées étasuniennes. Mais cela a-t-il un sens de comparer l’armée russe à une armée qui a une longue histoire d’échec à atteindre les objectifs politiques spécifiques qu’elle s’était fixés ? Oui, les forces armées américaines sont énormes, boursouflées, ce sont les plus chères de la planète, les plus technologiques, et leurs performances effectives assez médiocres sont systématiquement occultées par la machine de propagande la plus puissante de la planète. Mais tout cela les rend-elles efficaces ? Je soutiens que loin d’être efficaces, elles sont fantastiquement gaspilleuses et extraordinairement inefficaces, au moins d’un point de vue militaire.

Vous doutez encore ?

Okay. Prenons le « meilleur du meilleur » : les forces spéciales américaines. Nommez-moi s’il vous plaît trois opérations réussies exécutées par les forces spéciales américaines. Non, les petites escarmouches contre des insurgés du Tiers Monde peu entraînés et pauvrement équipés, tués dans une attaque surprise, ne comptent pas. Quel serait l’équivalent américain de, disons, Operation Chtorm-333, ou la libération de l’ensemble de la péninsule de Crimée sans qu’une seule personne soit tuée ? En fait, c’est une des raisons pour lesquelles la plupart des blockbusters de Hollywood sur les forces spéciales américaines sont basés sur de terribles défaites comme La Chute du faucon noir ou 13 Hours.

Quant à la haute technologie américaine, je ne pense pas avoir besoin de me pencher trop à fond sur les cauchemars du F-35 ou du destroyer de classe Zumwalt, ou expliquer comment des tactiques bâclées ont permis à la défense aérienne serbe d’abattre un F-117A super furtif et censément « invisible » en 1999, en utilisant un ancien missile S-125 datant de l’ère soviétique déployé pour la première fois en 1961 !

Il n’y a aucune Schadenfreude pour moi à me rappeler tous ces faits. Ce que je cherche, c’est briser le réflexe mental qui conditionne tant de gens à considérer l’armée américaine comme une sorte de mètre étalon permettant de mesurer ce que réalisent les autres armées dans le monde. Ce réflexe est le résultat de la propagande et de l’ignorance, pas d’une raison rationnelle. Il en va de même, d’ailleurs, pour les autres armées faisant l’objet d’une hyper-propagande : les FDI israéliennes dont les troupes blindées, les pilotes et les fantassins sont toujours présentés comme extraordinairement bien entraînés et compétents. La réalité est bien sûr qu’en 2006, les FDI n’ont même pas pu sécuriser la petite ville de Bint Jbeil située à seulement 2 km de la frontière israélienne. Pendant 28 jours, les FDI ont tenté d’arracher le contrôle de Bint Jbeil aux forces de second plan du Hezbollah (celui-ci gardait ses meilleures forces au nord de la rivière Litani pour protéger Beyrouth) et ont totalement échoué, en dépit de leur immense supériorité numérique et technologique.

J’ai personnellement parlé à des officiers étasuniens qui se sont formés avec les FDI et je peux vous dire qu’ils n’étaient pas du tout impressionnés. Exactement comme les guérilleros afghans sont totalement unanimes lorsqu’ils disent que le soldat soviétique est bien meilleur que le soldat américain.

Parlons de l’Afghanistan

Vous souvenez-vous que la 40e Armée soviétique, qui était chargée de combattre les « combattants de la liberté » afghans, était généralement sous-équipée, sous-entraînée et peu soutenue en termes logistiques ? Alors lisez cet effroyable rapport sur les conditions sanitaires de la 40e Armée et comparez-le avec les 20 milliards de dollars par an que les États-Unis dépensent en air conditionné en Afghanistan et en Irak ! Ensuite comparez les occupations étasunienne et soviétique en termes de performances : non seulement les Soviétiques contrôlaient la totalité du pays le jour (la nuit, les Afghans contrôlaient la plus grande partie des campagnes et les routes), mais ils contrôlaient aussi toutes les grandes villes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En revanche, les États-Unis tiennent difficilement Kaboul et des provinces entières sont aux mains des insurgés. Les Soviétiques ont construit des hôpitaux, des barrages, des ponts, etc., alors que les Américains n’ont absolument rien construit. Et comme je l’ai déjà dit, dans toutes les interviews que j’ai vues, les Afghans sont unanimes : les Soviétiques étaient des ennemis beaucoup plus coriaces que les Américains.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages, mais arrêtons-nous là et acceptons simplement que l’image de relations publiques de l’armée étasunienne (et israélienne) n’a rien à voir avec leurs capacités et leurs performances effectives. Il y a des choses que l’armée américaine fait très bien (déploiement à longue distance, guerre sous-marine en eaux tempérées, opérations de transport, etc.), mais son efficacité et son efficience sont assez faibles.

Donc qu’est-ce qui rend l’armée russe si bonne ?

D’une part, sa mission, défendre la Russie, est proportionnée aux ressources de la Fédération de Russie. Même si Poutine le voulait, la Russie n’a pas les capacités de construire dix porte-avions, de déployer des centaines de bases outre-mer ou de dépenser plus pour la « défense » que le reste de l’humanité. L’objectif politique spécifique confié à l’armée russe est très simple : dissuader ou repousser toute attaque contre la Russie.

D’autre part, pour accomplir cette mission, l’armée russe doit être capable d’attaquer et de l’emporter à une distance maximale de 1 000 km, ou moins, de la frontières russe. La doctrine militaire russe officielle fixe les limites d’une opération offensive stratégique un peu plus loin et inclut la défaite totale des forces ennemies et l’occupation de leur territoire à une profondeur de 1 200 à 1 500 km (Война и Мир в Терминах и Определениях, Дмитрий Рогозин, Москва, Вече, 2011, p.155), mais en réalité cette distance serait beaucoup plus courte, en particulier dans le cas d’une contre-attaque défensive. Ne vous y trompez pas, cela reste une tâche redoutable à cause de l’immense longueur de la frontière russe (plus de 20 000 km), qui traverse presque tous les types de géographie, depuis les déserts et les montagnes arides jusqu’à la région du pôle Nord. Et c’est là l’extraordinaire : l’armée russe est actuellement capable de vaincre n’importe quel ennemi imaginable tout le long de ce périmètre. Poutine lui-même l’a dit récemment lorsqu’il a déclaré que « nous pouvons le dire avec certitude : nous sommes maintenant plus forts que tout agresseur potentiel, quel qu’il soit ! » Je réalise que pour la plus grande partie du public américain, cela sonne comme le baratin typique que tout officier ou politicien étasunien doit dire à chaque occasion publique, mais dans le contexte russe, c’est assez nouveau : Poutine n’avait jamais dit quelque chose de semblable auparavant. Les Russes préfèrent se plaindre de la supériorité qu’ils prêtent à leurs adversaires (eh bien, ils le sont, en nombre – ce que tout analyste militaire russe sait ne rien vouloir dire).

Numériquement, les forces russes sont en effet beaucoup plus modestes que celles de l’OTAN et de la Chine. En fait, on pourrait dire que par rapport à la taille de la Fédération de Russie, son armée est assez petite. C’est vrai. Mais elle est redoutable, bien équilibrée en termes de capacités et fait un usage maximum des caractéristiques géographiques uniques de la Russie.

Aparté

La Russie est un pays bien plus « nordique » que, disons, le Canada ou la Norvège. Voyez où se situent la grande majorité des villes et des villages au Canada ou en Scandinavie. Puis regardez une carte de la Russie et les latitudes où sont situées les villes russes. La différence est assez frappante. Prenez par exemple Novosibirsk, qui est considérée en Russie comme une ville méridionale de Sibérie. Elle est presque à la même latitude qu’Edimbourg en Écosse, Grande Prairie en Alberta ou Malmö en Suède.

C’est pourquoi tout l’équipement utilisé par les Forces armées russes doit être opérationnel à des températures allant de -50° à +50°. La plupart des engins occidentaux ne peuvent pas opérer à des températures aussi extrêmes. Bien sûr, il en va de même pour le soldat russe, qui est aussi formé pour agir dans cette gamme de températures.

Je ne pense pas qu’il y ait une autre armée qui puisse prétendre posséder de telles capacités, et très certainement pas les forces armées américaines.

Un autre mythe qu’il faut détruire est celui de la supériorité de la technologie occidentale. Alors qu’il est vrai que dans certains domaines spécifiques, les Soviétiques n’ont jamais été capables de rattraper l’Occident, les micro-puces par exemple, cela ne les a pas empêchés d’être les premiers à développer une grande liste de technologies militaires telles que les radars à réseau en phase sur des intercepteurs, des viseurs montés sur des casques pour les pilotes, des missiles sous-marins à sous-cavitation, des chargeurs automatiques sur les chars, des véhicules blindés déployables en parachute, des sous-marins d’attaque à double coque, des missiles balistiques mobiles, etc. En général, les systèmes d’armement occidentaux tendent à avoir plus de haute technologie, c’est vrai, mais ce n’est pas dû au manque de capacités des Russes, mais à une différence fondamentale dans la conception. En Occident, les systèmes d’armement sont conçus par des ingénieurs qui bricolent ensemble les dernières technologies puis conçoivent une mission autour d’elles. En Russie, l’armée définit une mission puis cherche les technologies les plus simples et les meilleur marché susceptibles d’être utilisées pour l’accomplir. C’est pourquoi le MiG-29 russe (1982) n’avait pas de « commande de vol électrique » comme le F-16 américain (1978) mais pratiquait de « vieux » contrôles mécaniques du vol. J’ajouterai qu’un fuselage plus sophistiqué et deux moteurs au lieu d’un pour le F-16 ont donné au MiG-29 un domaine de vol supérieur. En cas de besoin, cependant, les Russes ont utilisé des commandes de vol électrique, par exemple sur le Su-27 (1985).

Enfin, les forces nucléaires russes sont actuellement plus modernes et beaucoup plus performantes que la triade nucléaire américaine, vieillissante en comparaison. Même les Américains l’admettent.

Donc qu’est-ce que tout cela signifie ?

Cela signifie qu’en dépit d’une tâche immensément difficile, l’emporter contre n’importe quel ennemi le long des 20 000 km de la frontière russe et jusqu’à une profondeur de 1 000 km, l’armée russe a constamment démontré qu’elle est capable de dissuader ou de vaincre un ennemi potentiel, que ce soit une insurrection wahhabite (que les experts occidentaux qualifiaient d’« imbattable »), une armée géorgienne entraînée et équipée par l’Occident (en dépit d’un nombre de combattants inférieur pendant les heures cruciales de la guerre avec d’importants problèmes et la faiblesse du commandement et du contrôle), le désarmement de plus de 25 000 soldats ukrainiens (prétendument des cracks) en Crimée sans tirer un seul coup de feu de colère et, bien sûr, l’intervention militaire russe dans la guerre en Syrie où une toute petite force russe a changé le cours de la guerre.

 

Pour conclure, je veux revenir à ma déclaration sur la Russie comme étant le seul pays qui ose ouvertement rejeter le modèle de civilisation occidental et dont le dirigeant, Vladimir Poutine, jouit du soutien de plus de 80% de la population. Ces deux facteurs sont déterminants dans l’évaluation de l’armée russe. Pourquoi ? Parce qu’ils illustrent le fait que les soldats russes savent exactement pour quoi (ou contre quoi) ils combattent et que quand ils sont déployés quelque part, ils ne le sont pas comme des instruments de Gazprom, Norilsk Nickel, Sberbank ou toute autre entreprise russe : ils savent qu’ils combattent pour leur pays, leur peuple, pour leur liberté et leur sécurité. En outre, le soldat russe sait aussi que l’usage de la force armée n’est pas l’option première et préférée de son gouvernement, mais la dernière à laquelle celui-ci recourt lorsque toutes les autres ont été épuisées. Il sait que le Haut Commandement russe, le Kremlin et l’état-major général ne sont pas déterminés à trouver quelque petit pays à tabasser uniquement pour faire un exemple et faire peur aux autres. Enfin, le soldat russe est prêt à mourir pour son pays en exécutant tous les ordres. Les Russes sont très conscients de cela et c’est pourquoi l’image ci-dessous a récemment circulé sur le Runet [l’Internet russe, NdT] :

Le texte sous les photos dit : « Soldat de l’armée US vs soldat de l’Armée russe, sous contrat, déployés dans une zone de combat. » Le texte central en dessous dit : « L’un des deux doit être nourri, vêtu, armé, payé, etc. À l’autre on doit seulement ordonner « Par-là » et il remplira sa mission. À tout prix. »

À la fin, le résultat de toute guerre est décidé par la volonté, je le crois fermement et je crois aussi que c’est le « simple » soldat d’infanterie qui est le facteur le plus important dans une guerre, non le superman super entraîné. En Russie, on les appelle parfois « makhra » – les jeunes gars de l’infanterie, qui ne sont pas beaux, pas particulièrement mâles, sans équipement ni formation spéciaux. Ce sont eux qui ont vaincu les wahhabites en Tchétchénie, à un coût élevé, mais ils l’ont fait. Ce sont eux qui fournissent un nombre impressionnant de héros, étonnant leurs camarades et leurs ennemis par leur ténacité et leur courage. Ils ne font pas bien dans les parades et ils sont souvent oubliés. Mais ce sont eux qui ont vaincu plus d’empires que quiconque et qui ont fait de la Russie le plus grand pays sur la terre.

Donc oui, la Russie dispose aujourd’hui de l’armée la plus performante sur la planète. Il y a beaucoup de pays qui ont aussi d’excellentes armées. Mais ce qui rend celle de la Russie unique est la portée de ses capacités, qui vont des opérations anti-terroristes à la guerre nucléaire internationale, combinée avec la résilience et la volonté étonnantes du soldat russe. Il y a une masse de choses que l’armée russe ne peut pas faire, mais contrairement aux forces armées étasuniennes, l’armée russe n’a jamais été conçue pour faire tout, partout, tout le temps (c’est-à-dire « gagner deux guerres et demie » n’importe où sur la planète).

Pour le moment, les Russes observent comment les États-Unis n’arrivent même pas à prendre une petite ville comme Mossoul, même s’ils ne font que renforcer les forces locales avec beaucoup de « soutien » étasunien et de l’OTAN, et ils ne sont pas impressionnés, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais Hollywood fera sûrement un grand blockbuster de cet échec embarrassant et il y aura plus de médailles décernées que de militaires impliqués (c’est ce qui est arrivé après le désastre de Grenade). Et la foule de téléspectateurs sera rassurée que « bien que les Russes aient fait quelques progrès, leurs forces sont encore très loin de celles de leurs homologues occidentaux ». Qui s’en soucie ?

The Saker

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/la-meilleure-armee-de-la-planete

Mélenchon au second tour, contre vents et marées

 

Tandis que Hamon, désemparé par les trahisons de son propre camp, perd pied, il est désormais largement distancé par Mélenchon, dont la dynamique de campagne lui fait gagner chaque jour du terrain, au point que sa présence au second tour ne relève plus de la chimère. Il est en passe de supplanter Fillon, le candidat LR en perdition, et pourrait vite se retrouver en 3ème position, à trois semaines du premier tour.

Après le point d’orgue du rassemblement de la place de la République, le 18 mars, en présence d’au moins 130 000 soutiens, la dynamique de campagne de la France Insoumise a montré une fois encore, sa réalité, dimanche, à Rennes, en présence de 10 000 personnes enthousiastes. Un Jean-Luc Mélenchon, impressionnant, dont le nouveau slogan « la force du peuple » a fait mouche auprès d’un auditoire élargi, qui se prend désormais à croire à la bonne étoile présidentielle du candidat de la vraie gauche.

Crédité de 16,33% d’intentions de vote, dans l’analyse Filteris du lundi 27 mars, il affiche une progression de plus de 4 points depuis le 15 mars, date à laquelle il ne recueillait que 11,70%, dépassé par Hamon à 12,72%. Son score le fait s’approcher d’un Fillon en perdition, auquel il pourrait bien ravir la troisième place, derrière Macron et Le Pen. François Fillon, plus que jamais empêtré dans ses affaires judiciaires, toujours engoncé dans une défense suicidaire, qui stupéfie, en coulisse, beaucoup de ceux qui le soutiennent, lesquels semblent avoir d’ores et déjà acté sa défaite et ne songent plus qu’à sauver leur peau, aux législatives de juin.

Quand Angot dit son fait haut et fort à Fillon, les sans-voix applaudissent

Un Fillon qui s’est, une fois encore, piteusement emmêlé les crayons sur France 2, dans l’Emission Politique, face à l’écrivaine Christine Angot, remarquable de sang-froid, qui lui a dit son fait, traduisant haut et fort le mal que des millions de Français, -les sans-voix écœurés par l’aplomb confondant de Fillon- pensent de lui. Un moment de vérité, que n’a pas apprécié l’intéressé, confronté à la mise en examen récente « pour détournement de fonds publics » de son ex-suppléant Marc Joulaud, et la probable mise en examen de sa femme Penelope, le 28 mars.

Ses déplacements, sous les huées, se suivent et se ressemblent, comme celui à Biarritz, le 24 mars, où il a été accueilli sous des jets d’œufs, aux cris de « Fillon en prison ». Continuer à croire qu’un quarteron de cathos intégristes assurera sa victoire relève, au mieux d’un optimisme forcené, au pire d’une totale inconscience et inconséquence pour l’avenir de son camp.

Benoît Hamon, seul contre tous ses « amis » socialistes, se maintient, au risque de faire perdre la gauche

Dans le registre « perte de lucidité », Benoît Hamon, qui dénonce pour sa part « ceux qui lui plantent des couteaux dans le dos », s’enferme dans une logique suicidaire. Ses appels, à « ne pas voter par défaut » pour Macron, sont un coup d’épée dans l’eau, quand 60 à 70% des cadres du PS l’ont déjà choisi. Son indignation, sur le plateau de France 2, ce dimanche, de voir les caciques socialistes le trahir les uns après les autres, n’y changera rien.

Cette élection, aussi grande soit sa valeur et sincère sa démarche, n’est pas la sienne. Ce qu’il a du mal à comprendre. Comme Fillon, sa candidature coule. Fillon a maintenu la sienne de force. Celle de Hamon a été délégitimée par les siens, dès après son élection, le 29 janvier, à la primaire socialiste. Les militants socialistes ont de quoi être déboussolés.

Convaincre des électeurs de gauche qu’il sera au second tour (c’est ce qu’il affirme), alors qu’il est renié par son propre camp, alors que les intentions de vote en sa faveur sombrent chaque jour (9% sur Filteris ce lundi 27 mars) relève d’une foi (soudainement révélée) dans les miracles, inhabituelle chez Hamon, le pragmatique.

Le retour à la réalité sera brutal pour l’ex-frondeur sans fronde qui, si Mélenchon échoue à accrocher le second tour, au nom d’une vraie gauche largement retrouvée, portera la lourde responsabilité de l’avènement d’un président des riches en la personne de Macron (voire de Fillon ?) ou d’une présidente de la restriction des libertés. Rebondir après ça, pour refonder, sous sa bannière, un grand parti de gauche est un pari, a priori, perdu d’avance pour Hamon.

Macron le défenseur des privilégiés

Quant à Macron, la marionnette animée par les riches - financiers, industriels, etc.-, soutenue par une cohorte de politiciens de tous bords sur le retour, il continue sa marche miraculeuse sur les eaux, tel le prophète censé rompre avec le système que d’autres veulent, à juste raison, abattre, parce que générateur d’injustice sociale et de corruption généralisée, en particulier au sein la caste politicienne, qui s’est rangée derrière lui.

Reste que nombre de gens, commencent, semble-t-il, à faire le tri final. Certes, l’incertitude demeure s’agissant des deux qui se hisseront sur le podium du second tour, le 7 mai. En dépit du matraquage des cerveaux par les médias inféodés, qui tentent inlassablement d’imposer, coûte que coûte, leurs poulains Macron et Fillon –via leurs propres sondages orientés-, et Le Pen, qui fera gagner l’un d’eux à coup sûr, le frémissement est perceptible pour d’autres, en particulier pour Mélenchon.

Après leur marche pour la 6ème République, le rassemblement du 18 mars et la brillante participation au grand débat de TF1 de leur porte-parole, celui-ci pourrait bien, tout simplement, créer la surprise de cette élection présidentielle. Car, une chose apparaît clairement : le ras le bol est quasi dans la bouche de tout le monde.

 

Alors Mélenchon au second tour, contre vents et marées ?

Les « jeunes » soutiens de Macron.

 

Photo Vanessa Labis

LA GUERRE EST DEVENUE UN MOYEN DE GOUVERNER

Les gouvernements actuels suivent à la lettre la leçon de Bush. C’est comme chefs de guerre que les gouvernants créent le mieux l’adhésion. Face au chômage, il faut inventer des solutions et affronter la logique du profit. Quand on prend l’uniforme du chef de guerre, c’est tout de suite beaucoup plus facile, surtout dans un pays dont l’armée reste malgré tout l’une des mieux entraînées du monde.

Le lendemain des attentats coordonnés, perpétrés dans Paris le 13 novembre 2015, le gouvernement français a naturellement déclaré l’état d’urgence. Sous cet état d’exception, la police et d’autres institutions, notamment le ministère de l’Intérieur et les préfets (représentants locaux de l’État) se sont vues conférer un large éventail de pouvoirs, dont celui de perquisitionner des logements de jour comme de nuit et d’émettre des arrêtés d’assignation à résidence sans que l’autorisation d’un juge soit nécessaire.

L’état d’urgence a été prolongé de trois mois, une première fois le 26 novembre 2015, puis de nouveau le 26 février 2016, et de deux mois le 26 mai 2016. Il a depuis été régulièrement prolongé, officiellement dans le but de couvrir la période des élections nationales, prévues en avril-mai 2017.

« Rien ne sera plus comme avant » avaient déclaré certains journalistes et hommes politiques après les attentats qui ont frappé la France. L’intensification des politiques et pratiques sécuritaires préexistantes ne s’est pas fait attendre. Mise en accusation des salafistes, des musulman-e-s, de l’islam ou des immigrés en général. À la parole des politiques, s’est joint l’acte… policier. Selon les chiffres publiés le 6 décembre 2016 par le gouvernement, depuis novembre 2015, 4.292 perquisitions de domiciles avaient été menées et 612 personnes avaient été assignées à résidence (et 434 personnes affectées). Par ailleurs, en décembre 2016, 95 personnes étaient encore assignées à résidence. Rappelons qu’en février 2016, Amnesty International a rapporté que moins de 1 % des perquisitions de domiciles menées entre novembre 2015 et février 2016 (soit plus de 3.000) avaient donné lieu, au regard de la législation française, à des chefs d’accusation pour activités à caractère terroriste (excepté les infractions pour « apologie du terrorisme »), ce qui révèle à quel point cette mesure était disproportionnée…

La situation des migrants s’en est naturellement ressentie et les politiques orchestrées en la matière par l’Union européenne tendent à organiser les contrôles abusifs, la destruction des bateaux, les rafles et les chasses à l’homme avec leurs corollaires : enfermement de milliers d’êtres humains, absence d’accès aux droits les plus élémentaires, expulsions, refoulements, harcèlement, isolement.

Ces politiques et leur relais dans les médias construisent dans la population un imaginaire d’une Europe assaillie par un danger migratoire. Tout ceci pousse à un racisme de plus en plus décomplexé, assumé et revendiqué. Les passages à l’acte (violence raciste, organisations de riverains voulant « faire justice eux-mêmes », manifestations et émeutes, tabassages, expulsions illégales, menaces) sont de plus en plus fréquents. Les pouvoirs publics et leurs forces de police au mieux ferment les yeux sur la situation, au pire poussent à ces passages à l’acte qui leur facilitent la tâche et correspondent à des objectifs politiques.

Bien entendu, les causes des migrations et les causes de leur visibilité actuelle, dont les pays européens sont directement et évidemment responsables, ne sont jamais énoncées dans les discours sur les migrations actuelles. La France était pourtant en guerre bien avant les attentats, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Ces dernières années, l’armée française est intervenue massivement en Afrique. La guerre est ainsi devenue un des derniers points forts des derniers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy avec l’opération Harmattan en Libye mais aussi avec le passage à l’offensive de la force Licorne en Côte d’Ivoire pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo. Marchant dans les pas de son prédécesseur, François Hollande endosse pleinement le costume de chef des armées. L’opération Serval au Mali en 2013 qui se métastase à partir de l’été 2014 dans les pays de la sous-région avec l’opération Barkhane est emblématique du retour en force du militaire comme pilier de l’influence française dans ses anciennes colonies africaines. Sangaris, en République centrafricaine, vient conforter cette politique. Présentées officiellement comme des victoires, ces interventions posent en réalité éminemment question.

L’intervention en Libye a eu des répercussions particulièrement néfastes sur le Mali. Dans ce pays, la France est intervenue pour combattre les groupes armés implantés dans le nord mais a, dans le même temps, remis en selle le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad (MNLA), pourtant à l’origine de la crise. Avec Barkhane, et au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’armée française est désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, tout en relégitimant la dictature d’Idriss Déby au Tchad en en faisant le point nodal de ses guerres africaines. Enfin, en Centrafrique, la France s’est embourbée dans une guerre civile d’une rare violence dont elle était en même temps juge et partie.

Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial. Le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan ou de Nice. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

L’état de guerre proclamé encourage les peurs et crée la division. Le gouvernement socialiste a sapé l’État de droit et les droits humains, entretenant le racisme et la xénophobie tout en semant les germes de nouvelles violences et de nouveaux conflits. Les discours alarmistes et anxiogènes déclamés ici et là ainsi que la désignation d’ennemis intérieurs ont servi et servirons encore à légitimer des mesures disproportionnées qui portent atteinte aux droits fondamentaux, dans le but de mieux contrôler la population. La guerre est désormais devenue un moyen de gouverner ; elle est aussi une guerre sociale.

 

 

Le syndrome de Penelope

Résiste

 

(Prouve que tu existes)

La politique française est malade.

Ivre de sexisme, gâtée par la corruption, folle de sa propre déconnexion du peuple qu’elle gouverne censément.

Combien d’hommes politiques expulsent des mots maladroits dès lors que l’un d’eux est pris la main dans le string d’une députée, combiens d’élus condamnés à de multiples reprises évoquent la nécessaire sévérité du jugement dès lors qu’il ne s’applique pas à leur pomme moisie, combien de candidats n’évoquent même pas le réchauffement climatique dans leur programme, alors que tous les signaux sont au rouge et que la communauté scientifique s’alarme des premières décisions désastreuses prises par l’agent Orange de la Maison blanche ? (et on fera comment quand y’aura plus de planète, champion ?)

La politique française est malade de n’avoir aucun projet cohérent : capable de se battre pour des routes recouvertes de panneaux solaires et de reculer devant les bonnets rouges, capables de promouvoir dans le même élan la protection de l’environnement et le CETA, capable de se faire prendre en photo avec du rouge à lèvres le lundi pour défendre les droits des femmes et de harceler son attachée parlementaire le mardi.

Moi-même, j’en suis malade. Tout désormais me paraît entaché d’un doute dès lors qu’il s’agit de politique. Si en plus, cher lecteur et à l’instar de ton serviteur, tu as le malheur de lire le Canard Enchaîné toutes les semaines, il est difficile de ne pas considérer que notre monde politique est en roue libre.

Comment en est-on arrivé là, me direz-vous ? Comment « homme politique » est-elle devenue la « profession » (parce que l’on peut désormais et malheureusement la désigner ainsi) la plus détestée, sans doute coincée entre trieur de M&M’s et proctologue pour éléphant ?

 Le désenchantement

Après, deux quinquennats à s’ingénier à ne pas mettre en œuvre le programme qui les a fait élire, voire en s’asseyant allègrement sur le vote populaire – comme lors du fameux TCE –, nos deux derniers dirigeants ont réussi l’exploit de ne rien faire (ni dans un sens, ni dans un autre) alors qu’ils n’avaient même pas l’excuse de la cohabitation. Car finalement, s’agissant d’économie, qu’y a-t-il de plus similaire que la soupe pseudo-libérale d’un nain surexcité et étouffé par son propre égo, si ce n’est celle de Flanby ? N’ont-ils pas tous deux tenté de relancer l’économie mollement en accordant de plus en plus de baisses de charges aux entreprises avec les résultats que tout le monde a pu constater ? Blanc bonnet et bonnet d’âne.

Depuis tant d’années maintenant, le chômage augmente, le pouvoir d’achat est en berne et le nombre de français vivant sous le seuil de pauvreté explose, tandis que les dividendes versés par les multinationales augmentent régulièrement et que les rémunérations des conseils d’administration explosent.

Aucune modèle alternatif n’émerge et, pire, on continue à rabâcher à longueur d’ondes à quel point les entreprises « souffrent », le reste n’étant que conséquence de ce mal originel. La lutte des classes serait donc un combat d’arrière-garde alors même que les inégalités n’ont jamais été aussi prégnantes.

Pourtant, aujourd’hui, la fracture entre nos « représentants » et le peuple n’a jamais été aussi grande. 45% de la population ne sait pas pour qui voter à deux mois de l’élection, il ne se passe pas un jour sans que la presse ne révèle une affaire et la moitié de la population est persuadée que des hommes complotent dans l’ombre pour faire élire un candidat sans programme, ex-banquier de chez Rotschild – le plus anti-système qui soit, donc (d’ailleurs, il a fait une alliance avec Bayrou, si c’est pas une preuve, ça). Enfin, lorsque l’on interroge un de nos chers représentants sur le coût de la vie, ils montrent leur totale ignorance du prix de la baguette ou du fonctionnement d’un bureau de Poste.

Mais le pire dans tout ce marasme dépressif et ce gouffre qui sépare la politique du peuple, la cerise sur le gâteau de cerises si je puis dire, c’est que plus les hommes politiques s’enfoncent, plus ils semblent vouloir s’accrocher.

La soupe doit vraiment être bonne.

 La parabole du dopé

Je me souviens d’un reportage il y a quelques années sur le Tour de France où les gens sur le bord de la route étaient interrogés concernant les soupçons de dopage et les « affaires ». Je ne sais pas s’il y eut un tri quelconque effectué parmi ces quidams, cependant on ne pouvait ignorer que la totalité des témoins trouvaient que, tout de même, « on en faisait trop ». La beauté du sport et de l’effort était plus importante que la réalité de cet effort et que ce qui se passait backstage. Car, en effet, comment imaginer que les coureurs auraient pu continuer à parader ainsi s’ils n’étaient chargés comme des mules ?

Eh bien maintenant, lorsque j’entends un électeur de Levallois-Perret, je me rappelle de ce bon vieux gars sur la route du col du Galibier qui disait « oh mais lâchez-nous la grappe, on s’en fout des affaires ! ». C’est pas Balkany qui vous dira le contraire, mon p’tit gars.

Au XXIème siècle, dans la plupart des pays – ainsi que dans la plupart des partis à gauche d’Alain Juppé –, une mise en examen signe l’exil ou la fin d’une carrière politique, alors que pour un candidat LR – ou FN –, il s’agit juste d’une ligne sur un CV.

Alors oui, la gauche a eu Cahuzac, Thévenoud, et j’en passe, mais au moins, eux, ont été foutus au placard.

Que voulez-vous. Il faut croire qu’on en fait trop et que le peuple aime bien voir des candidats corrompus, du moment qu’ils grimpent bien les cols.

Il faut croire surtout que nous méritons nos candidats hors-sol qui ont tellement profité du système que cela leur semble naturel et ne comprennent même plus ce qui leur est reproché quand on les prend la main dans le pot à confiture (François, si tu m’écoutes, je crois que t’as du sourcil à te faire).

Si l’on savait déjà que le moteur de l’électorat frontiste était la colère – et donc, peu enclin à se dérouter de sa candidate, même engluée dans les affaires –, nous avons découvert récemment que la majorité de l’électorat de droite n’avait pas peur de se renier quand la victoire était en jeu. Peu importe finalement la probité du candidat, tant qu’il permet de faire barrage à la « gôche » et autres assimilés.

Mais quelle « gôche » ? Là est la question.

 Le syndrome de Penelope

Ce syndrome est une pathologie bien connue des pédopsychiatres car elle touche les enfants qui, à l’instar de la compagne d’Ulysse qui défaisait la nuit ce qu’elle faisait le jour, effacent durant la nuit ce qu’ils ont appris à l’école le jour.

C’est cependant, on le sait désormais, un mal partagé avec la grande majorité de nos hommes politiques qui font beaucoup d’efforts pour ne pas mettre en œuvre le programme qui les a fait élire – Pédalo, ennemi de la finance, si tu nous écoutes – ou s’évertuent à détruire l’image qu’ils avaient patiemment construite. Ainsi donc, Fillon se voulait le monsieur propre de la politique, le père-la-rigueur qui allait nous faire serrer la ceinture, boucher le trou de la sécu, augmenter la TVA, et que la justice allait blanchir. Las, il a aujourd’hui une image plus corrompue que celle d’un élu des Hauts-de-Seine et il a reculé sur à peu près tous les dossiers où il se déclarait intransigeant (manquerait plus que sa femme s’appelle Penelope…). Dans une campagne en perdition, Fillon se met même à faire du FN en désignant comme responsables les journalistes et les juges, insinuant qu’il serait victime d’un complot et que la justice serait aux ordres du pouvoir en place – on connaît la rengaine. Comme si cela pouvait masquer la réalité des faits… Comme si, à l’instar de l’élection américaine, il ne suffisait plus que de récupérer la colère du peuple pour pouvoir être élu. Comme si, finalement, seule la forme était importante – quelqu’un qui crie doit forcément avoir quelque chose à dire, non ? –, peu importe que cette colère soit juste ou pas.

Tout ceci sent la fin de règne, le sauve-qui-peut. Le système serait-il donc à la limite du burn-out ?

 Hors-système ?

En parlant du « système » – qu’il conviendrait probablement de définir correctement –, la quasi-intégralité des candidats se veulent hors-système. Mais ils ne sont pas hors-système car ils sont le système. Ils s’y nourrissent, le perpétuent et n’ont qu’une hantise : que celui-ci s’écroule. C’est pourquoi, une fois au pouvoir, ils font en sorte de ne rien changer – ou alors de manière cosmétique et visible, à l’instar de N. Sarkozy et des multiples couches de lois pénales qu’il a accumulées sous le coup de l’émotion populaire suite à un fait divers et sans aucun résultat. La vérité est qu’ils font probablement exactement ce pour quoi ils ont été élus, même s’ils tentent maladroitement de nous convaincre du contraire. Ainsi, les élites – banquiers, assureurs, grands patrons en général – qui les ont mis en place et ont financé leur campagne peuvent prolonger leur accumulation de blé peinard : rien ne sera fait pour les déranger. On continuera à faire croire qu’il suffit de donner un peu plus d’argent à cette caste pour que miraculeusement l’argent ruisselle vers le bas (cela a si bien fonctionné jusqu’à maintenant), on continuera à faire plaisir au bon peuple en lui donnant quelques scandales et en jetant en pâture qui a eu le malheur de ne pas être assez discret. Les banquiers, eux, continueront à dormir sur les deux oseilles.

 C’est par où la sortie ?

Le problème pour nos élites est que cela commence à craquer d’un peu partout et que les vieilles recettes marchent de moins en moins bien.

Il est vrai que cela arrange beaucoup de monde de croire que l’on vote Trump parce que l’on est un peu mou du bulbe, sans voir qu’en face ce n’était pas très glorieux non plus, et que, plus qu’un vote d’adhésion, ce sont les élites et les politiques d’austérité réitérées sans cesse qui ont été massivement rejetées. Ces élites condescendantes qui n’acceptent la vox populi que lorsqu’elle va dans le bon sens.

Alors oui, en France aussi, la tentation est de plus en plus grande d’attendre que le nous percutions le mur qui se dresse. Laisser les populistes prendre le pouvoir, ce qui provoquerait sans doute une petite guerre civile, un krach boursier ou quelque chose d’approchant, lorsque ceux qui les ont mis au pouvoir se rendront compte qu’ils seront les premiers touchés. Attendre que les deux ou trois degrés supplémentaires que nous générons par nos politiques commerciales polluantes jettent des centaines de millions de populations dans l’exil obligatoire – vous croyez qu’ils iront où, tous ces gens, hein ?

Cette attitude est plus que tentante car finalement, seule la transition sera rude et peut-être pourrons-nous alors reconstruire quelque chose de différent sur les ruines du monde ancien. Pourquoi pas.

Il existe une autre tentation cependant.

Celle de déconstruire tout ce merdier petit à petit (il ne s’est pas construit tout seul, n’est-ce pas ? Suffirait peut-être de trouver la marche arrière). D’investir de nouveaux champs d’actions – au niveau local notamment –, de réinvestir notre vie de quartier, de parler à nos voisins – et même de les inviter à l’apéro quand on est timides (l’alcool abat des murs de silence) –, d’essayer à notre petite échelle d’accorder nos actions à nos convictions, de tenter d’imaginer tous ensemble un nouveau modèle de société pour qui voudra en faire partie.

Cette tentation existe. Ce n’est pas celle de l’espoir, mais celle de l’envie.

L’envie d’arrêter de donner nos voix à des élus corrompus ou qui ont profité d’une manière ou d’une autre du système. L’envie de dire à nos représentants, qu’ils soient de gauche, de droite, du haut ou du bas, que dès lors qu’ils sont condamnés, ce n’est plus la peine qu’ils se repointent devant nous (sauf s’ils aiment les coups de pied au cul). L’envie de contrôler nos élus et ce qu’ils font des enveloppes qui leur sont accordées.

Vous trouvez que je suis bien-pensant ? Que mon discours sonne bobo ? Que c’est du blabla ? Eh ben, je vous emmerde (et profondément en plus). Je préfère qu’on se dise qu’on se déteste, c’est plus sincère et on perd moins de temps. Parce que oui, je suis pour le règne de la transparence. Je suis pour la transparence, parce que malheureusement pour tous les planqués, on a essayé l’opacité et la confiance, et ça a pas fonctionné des masses.

Oublions les sondages, qui se sont de toute façon plantés dans les grandes largeurs dans toutes les dernières élections et votons pour ceux qui, au moins un minimum, nous donnent envie. Arrêtons de nous intéresser à l’image, lisons ces putains de programme – oui, oui, même celui de Cheminade (*).

Et décidons-nous sur des bases concrètes. Oublions le vote utile, votons avec le cœur.

Je vous disais tout à l’heure que la soupe était bonne pour nos politiques et qu’il n’y en avait pas beaucoup à refuser ce potage, je vous propose donc à tous d’en être la couille.

Quitte à aller dans le mur, autant le faire correctement.

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(*) Preuve que la politique peut encore faire rire.

L’Elysée, oui, mais pas pour n’importe qui

 

Dis-moi le fils de qui tu es, je te dirai si tu as des chances de devenir président de la République un jour. Si vous appartenez à une famille d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés, d’artisans commerçants, ou pires, si vos parents sont chômeurs, vos chances sont nulles. En clair, si vos ascendants font partie des 90% de Français qui composent la société, jamais vous n’atteindrez l’Elysée ! Dur, dur ! En revanche, si vous êtes fils de fonctionnaires, d’aristocrates, d’industriels ou de professions intellectuelles supérieures, vous pourrez y arriver !

Depuis 1965, année de la première élection présidentielle au suffrage universel, voulue par De Gaulle, sept citoyens ont atteint le sommet des Institutions de l’Etat. Le pouvoir des pouvoirs, dans le fastueux palais de l’Elysée. Pour tout politicien, le Graal qui vous fait monarque d’une république, le temps d’un ou deux mandats. De De Gaulle à Hollande, ils ont en commun de ne pas sortir de nulle part. Aucun n’est ou n’était vraiment d’extraction (d’origine) modeste, pas plus que ne le sont les actuels principaux prétendants au trône.

Sans tomber dans un ostracisme de mauvais goût, sont écartés de la possibilité d’accéder à la première magistrature les citoyens issus des forces vives de la nation, plus particulièrement certaines catégories sociales : les ouvriers et employés, les agriculteurs, les retraités, les artisans commerçants, les chômeurs. Si donc, un enfant est issu de ces classes sociales, ces chances sont réduites à néant, dans l’hypothèse d’un intérêt manifesté par lui de devenir le super-boss de la France. A ce palmarès des exclus de la compétition présidentielle, il faut ajouter les enfants issus des banlieues et les femmes. Ségolène Royal s’est cassée les dents à ce jeux-là !

De De Gaulle à Hollande, une élection réservée aux fils de bourgeois

Petit bourgeois, grand bourgeois, noble ou aristocrate, voici l’ascendance des hommes qui ont présidé la France de 1958 à 2017 :

·         De Gaulle : père fonctionnaire, puis enseignant (Henri de Gaulle)

·         Pompidou : père professeur d’espagnol (Léon Pompidou)

·         Giscard : père aristocrate, inspecteur des finances (Edmond Giscard)

·         Mitterrand : père chef de gare (Gilbert Mitterrand)

·         Chirac : père industriel (Abel Chirac)

·         Sarkozy : père aristocrate hongrois, publicitaire (Pal Sarközy de Nagy Bocsa)

·         Hollande : père médecin spécialiste ORL (Georges Hollande)

Les candidats à la prochaine élection présidentielle échappent-ils à ce constat d’un scrutin réservé aux enfants de bourgeois (petits ou grands) ? Pas Vraiment !

De Fillon à Marine Le Pen, en passant par Macron : enfants de l’argent

Ils ambitionnent de remporter le trophée, le 7 mai prochain. Malgré les turpitudes judiciaires pour Fillon et Le Pen, à qui l’on reproche d’avoir indûment abusé de l’argent public, ils demeurent, pour l’instant, dans le tableau final des possibles prétendants. Qui sont ou étaient leurs parents ? Un constat : ils ne dérogent pas vraiment à la règle.

·         Fillon : père notaire (Michel Fillon), mère professeur d’université (Anne Fillon)

·         Le Pen : père homme politique national fortuné (Jean-Marie Le Pen)

·         Macron : père médecin (Jean Michel Macron), mère médecin (Françoise Noguès)

·         Hamon : père ingénieur civil (François Hamon), mère secrétaire (Margot Kersivien)

·         Mélenchon : père receveur des postes (Georges Mélenchon), mère institutrice (Jeanine Bayona)

Ainsi donc, si vous avez la chance d’être né avec une cuillère en argent ou en or dans la bouche, comme Messieurs Macron ou Fillon, par exemple, vos chances de devenir président son réelles. Bien entendu, le parcours sera semé d’embûches, mais au moins pourrez-vous vous inscrire au départ de la fameuse course républicaine.

 

Quant aux autres, attendez la prochaine révolution française. Qui sait ?

 Malgré les ingérences de l’empire et ses vassaux : le peuple syrien vivra

 «Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue.» Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit, édition 1952)

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Six ans de cauchemar, c’est ainsi que l’on peut résumer le calvaire du peuple syrien que l’on veut réduire en poussière. Six ans qui ont emporté Aylan el Kurdi venu rendre l’âme aux pieds de la forteresse Europe responsable à des degrés divers du chaos syrien. Les deux acolytes qui ont commencé il y a plus de 150 ans à chercher querelle à l’Empire ottoman vermoulu au point de créer des abcès de fixation comme de protéger les chrétiens arabes d’Orient dont on ne voit que la religion, mais pas l’humanité, a fait qu’un pays comme la France dans la discrétion la plus absolue sélectionne les rares migrants qu’elle accueille en misant sur la religion aidée en cela par des réseaux de «bénévoles» dont le credo est de sauver disent-ils «nos frères en religion».

 Ceci se passe dans les pays censés être ceux des droits de l’homme qui est de fait ceux des droits de l’homme chrétien, peu importe l’humanité des autres, elle est niée. C’est dire si les corps sociaux européens sont gangrenés et travaillés en profondeur par des thèmes nauséabonds comme le racisme, les croisades. Ce qui nous amène à déconstruire une bonne fois pour toutes le mythe des valeurs occidentales – qui ne semblent jusqu’à une certaine mesure entre soi, mais pas valables à l’extérieur où le mythe de la race supérieure à la Ferry qui lui au moins avait cette franchise d’affirmer que «les droits de l’homme ne sont pas applicables dans les colonies».

 Bref, comment en est-on arrivé à martyriser un peuple pendant six longues années? Certes, Al Assad n’est pas un enfant de choeur comme tous les dirigeants arabes il arrive au pouvoir par la combine, la malversation, voire la terreur. Mais pourquoi s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays indépendant qui un an auparavant était encore accueilli avec le tapis rouge à l’Elysée au même titre qu’un autre dirigeant, celui de la Libye qui eut moins de chance, il sera lynché et le peuple libyen vit un autre calvaire. Le peuple syrien martyrisé par des terroristes soutenus par l’Empire et ses vassaux a décidé de vivre. Bachar el-Assad n’aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui.

 « De plus, tous ceux qui claironnaient «ne méritait pas de vivre», voire voulaient le punir sans savoir qu’ils étaient sur le point d’être balayés par l’Histoire qu’ils auront traversée d’une façon honteuse.(…) Avec cela on crée de toutes pièces un Observatoire syrien des droits de l’homme qui comptabilise les morts et les blessés à partir de Londres. On en serait à 300 000 morts en 2000 jours de combat, soit une moyenne de 150 morts par jour! Qui dit mieux? Les pays occidentaux n’arrêtent pas de demander par résolutions la mise en place de trêves pour évacuer les civils et les blessés. Assad qui se bat depuis bientôt 6 ans pour que son pays reste uni et que les terroristes soient jetés hors des frontières n’a aucune raison de céder au chant des sirènes, surtout que ceux qui l’entonnent l’ont traîné, lui et son peuple, dans la boue.» (1)

Dès le départ, aussi bien la Grande-Bretagne que la Syrie avaient pour dessein de destituer Assad. Paris et Londres vont livrer des armes aux rebelles en Syrie, avait annoncé Laurent Fabius en mars 2017. La France et la Grande-Bretagne demandent « aux Européens, maintenant, de lever l’embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre », Paris et Londres décideront de livrer des armes à titre national aux rebelles, car la France « est une nation souveraine », a ajouté Laurent Fabius. Ainsi, en 2013, comme il y avait 70 000 morts en Syrie, il était urgent d’y envoyer encore plus d’armes.

Hôpitaux d’Alep: la sale guerre…

 La nécessité de la déconstruction de la doxa occidentale s’impose elle concerne à ce titre l’information, voire la propagande visant à la diabolisation d’Assad coupable de poursuivre les blessés même sur leurs lits d’hôpital. Nous avons à nous méfier de l’Osdh  qui s’était intronisé observateur des droits de l’Homme confortablement sur les bords de la Tamise, mais nous avons mis du temps à comprendre le travail machiavélique des « casques blancs » qui s’avère plus dangereux, parce qu’il est à demeure. En fait tout à était fait pour discréditer le pouvoir syrien.

 Comme le rapporte Leslie Varenne: «Pendant toute la durée du conflit à Alep, les hôpitaux de cette ville ont été au coeur de «l’information de guerre». «Les médias occidentaux et les ONG ont déploré tant de bombardements sur les structures de santé situées dans les quartiers Est, que cette partie de la ville aurait pu passer pour la zone la plus médicalisée au monde. Tant de nouvelles, fausses ou approximatives, ont été relayées qu’il a été difficile de démêler l’écheveau. Cependant, après la libération d’Alep, grâce à l’aide de médecins Alépins rencontrés lors de la mission humanitaire à laquelle l’Iveris a pu participer, il est désormais possible de dénouer les fils rapportés, et le «plus grand hôpital d’Alep-Est» al-Kindi avait été détruit bien avant ».(2)

 « Un seul hôpital a été touché par un bombardement, tous les autres ont subi les dommages collatéraux liés au conflit. Aux horreurs de la guerre urbaine, où les civils payent toujours un lourd tribut, s’est ajoutée une sale guerre de l’information. En dénonçant dans l’urgence médiatique et en s’empressant de prendre des décisions politiques lourdes de conséquences sans avoir vérifié les faits, les Etats et les Nations unies font preuve d’un aveuglement volontaire. Dès lors, ils font porter aux ONG et aux agences de presse qui diffusent ces informations une responsabilité immense, elles deviennent, de fait, des acteurs du conflit.» (2)

L’invasion américaine de la Syrie

 On aurait cru avec Trump que les Etats-Unis allaient mettre un point final à la guerre en Syrie par la non-intervention. En fait il n’en fut rien, plus que jamais les cartes sont brouillées.  Même la Pologne se fait les crocs en envoyant ses troupes spéciales en entrainement à balles réelle dans le champ de manœuvre qu’est devenue la Syrie Tony Cartalucci écrit à propos de ces ingérences: «Le déploiement récent des forces militaires US en Syrie, suit un plan prévisible et singulier, qui prend ce pays pour cible depuis des décennies, et plus particulièrement, depuis le tout dernier conflit en cours, lancé en 2011 au milieu du «printemps arabe» manigancé par les USA. Dans son article, «Des marines US sont envoyés en Syrie pour aider la prise du bastion d’Isis, Raqqa», voici ce qu’écrit le journal Independent du Royaume-Uni: Armés d’artillerie lourde en prévision d’un assaut contre Raqqa, de facto capitale d’Isis, des centaines de marines US sont arrivés en Syrie. Or, les troupes US en Syrie n’ayant pas du tout été sollicitées par le gouvernement syrien, il s’agit, en vertu du droit international, d’une violation incontestable de la souveraineté nationale syrienne.» (3)

«Dans son article, Assad: les forces armées US en Syrie sont des ‘envahisseurs », voici ce que rapporte CNN: Faisant montre de dérision et contestant l’activité des USA en Syrie, le Président syrien Bashar el-Assad a qualifié les troupes US déployées dans le pays d »envahisseurs », puisqu’il ne leur a pas donné l’autorisation d’entrer dans le pays, et il a dit qu’il n’y avait eu aucune action concrète de l’administration Trump envers Isis. (…) Malgré ce que disent les médias occidentaux, que la Turquie et les USA sont en désaccord, et plus précisément, en désaccord sur leurs occupations de terrains et leurs opérations illégales respectives sur le territoire syrien, leurs décennies de collaboration visant à tenter de diviser et détruire la Syrie, révèlent que, selon toute probabilité, derrière le voile de prétendus intérêts contradictoires, ils sont toujours complices.(…) L’Arabie saoudite, le Qatar et d’autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), servent aussi à blanchir divers aspects de la politique étrangère US contre la Syrie, en particulier l’armement, la formation et le financement de diverses organisations terroristes, dont Al Qaïda et le soi-disant État islamique (Isis) lui-même» (3).

 «Les avancées syriennes sur le champ de bataille et le soutien militaire direct de leurs alliés, incluant la Russie et l’Iran, ont fait considérablement reculer les vues des USA sur l’État syrien (…) Mais tandis que la confiscation et l’occupation des Hauteurs du Golan par Israël se poursuivent, les incursions turques et US et les saisies territoriales constituent un démembrement similaire et progressif de l’État syrien. Face à la perspective probable que la plupart des territoires syrien reviendront sous le contrôle de Damas plus vite qu’on ne le pense, les USA et leurs collaborateurs à Ankara tentent de s’accaparer d’autant de territoires que possible, avant les prochaines tentatives d’affaiblir la Syrie, lors de cycles de déstabilisation ciblés encore à déployer.» (3)

Six ans de guerre en Syrie et une diplomatie française en zigzags

Dans ces invasions occidentales, notamment celles de la Grande-Bretagne et de son acolyte de toujours dans les mauvais coups qui veulent toujours faire croire à une grandeur, celle-ci ne repose plus que sur du vent. A titre d’exemple, le manque de visibilité de la diplomatie française est un fait: arrimée à l’Empire et dirigée d’une façon inexorable par le sionisme, elle n’est plus celle héritée de De Gaulle La publication nous trace à grands traits ses errements: «En six ans de guerre, la diplomatie française a connu plusieurs revirements. Alors que le 15 mars marque le triste sixième anniversaire du conflit qui ravage la Syrie, RT France revient sur l’évolution de la diplomatie française des premières manifestations en Syrie en 2011 à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Quelques semaines après les révolutions tunisienne et égyptienne, des manifestations commencent à naître en Syrie. Le coup d’envoi est donné le 15 mars quand quelques dizaines d’individus battent le pavé à travers plusieurs villes du pays. S’ensuivront plusieurs autres mobilisations. Très vite, on assiste à une militarisation de l’opposition à Bachar el-Assad. » (4)

 « Du côté du Quai d’Orsay, les premiers jours de contestation contre le chef de l’Etat syrien sont propices au tâtonnement. Malgré les condamnations en cascade de divers ONG et gouvernements, Etats-Unis en tête, qui accusent Bachar el-Assad de «massacrer» son peuple, la France se montre hésitante. Il faut dire que Paris et Damas entretiennent des liens privilégiés de longue date. (…) Le 14 juillet 2008, moins de trois ans avant le début du conflit syrien, les troupes locales défilaient sur les Champs-Elysées sous le regard d’un Bachar el-Assad invité officiel de Nicolas Sarkozy.» (4).

 « Le 27 avril 2011, Lamia Chakkour, ambassadrice de Syrie en France, était convoquée au ministère des Affaires étrangères pour se voir signifier la condamnation de Paris. (…) Caroline Donati, auteure de L’Exception syrienne, expliquait au quotidien Le Monde en 2011 la chose suivante: «Les raisons invoquées par les diplomates occidentaux pour expliquer cette grande réserve de critiques contre Bachar el-Assad sont l’absence d’opposition.» Justement, dans les mois qui suivent, la rébellion dite «modérée» se structure. Le 29 juillet 2011, l’Armée syrienne libre voit le jour. Difficile de connaître le nombre exact de ses soldats. Les chiffres varient de quelques milliers à 50.000 combattants A partir de ce moment, Paris choisira le camp de «l’opposition modérée».  (4)

 « Peu importe poursuit l’auteur  si, dès 2012, un rapport des services secrets américains tire la sonnette d’alarme. Selon le document rendu public en septembre dernier, l’insurrection syrienne est principalement menée par des forces extrémistes. L’Agence du Renseignement et de la Défense (DIA) dresse un bilan effroyable décrivant une situation prenant clairement un tournant sectaire, des salafistes, les Frères Musulmans et Al-Qaïda en pointe de la lutte contre le gouvernement en plus d’affirmer qu’Al-Qaïda en Irak (ancêtre de Daesh) est au soutien de la rébellion depuis le début. Peu importe si la véritable force de cette Armée syrienne libre a été maintes fois remise en cause comme par Frédéric Pichon, spécialiste de la Syrie qui expliquait dans les colonnes de La Croix en 2013: «Il y a longtemps que les djihadistes ont pris le pouvoir dans l’opposition syrienne armée. On fait semblant de découvrir que l’armée syrienne libre est faible, qu’elle n’existe pas. En fait, l’ASL a été une franchise commode.» (4)

 «Dans un article du Monde daté du 13 décembre 2012, on apprenait que Laurent Fabius, chef de la diplomatie française à l’époque, considérait qu’un groupe terroriste faisait du «bon boulot» sur le terrain en Syrie. Extrait: «En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. Laurent Fabius a ainsi estimé que «tous les Arabes étaient vent debout» contre la position américaine, «parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot». «C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne», a ajouté le ministre.» (4)

Punir Assad

 Comme aux plus beaux jours de la nostalgie de l’Empire, Hollande veut punir Assad.: «Le zèle de la France concernant le conflit syrien a trouvé son paroxysme en 2013 quand le locataire de l’Elysée a sérieusement envisagé une intervention militaire directe.(…) Le 30 août 2013, il est 18h05 dans le bureau de l’Elysée. Le président de la République en profite pour relire une note d’un de ses généraux: «Vous pourrez dire au président Obama que vos moyens militaires sont prêts à agir dès à présent.» L’armée française attend le feu vert de Washington pour intervenir en Syrie. A l’époque, les Etats-Unis cherchent un prétexte pour s’engager militairement. Quelques jours auparavant, le 21 août, l’armée régulière et l’opposition syrienne étaient engagées dans de vifs combats pour le contrôle de la banlieue de Damas. A la Goutha, une attaque à l’arme chimique faisait des centaines de victimes » (4).

 « Pour l’opposition et les gouvernements occidentaux, le coupable est vite trouvé. Le président syrien vient de gazer son peuple. (…) Un rapport des services secrets prouve que la Maison-Blanche avait été prévenue, dès 2012, que l’insurrection syrienne était principalement menée par des forces extrémistes, des révélations qui n’ont…(…). Vu l’hostilité de l’institution américaine à propos d’une intervention directe, cette déclaration signe la fin des velléités guerrières de François Hollande. L’armée française a été mobilisée… pour rien (…) le 8 novembre, un événement qui a fait trembler la planète a forcé la diplomatie française à revoir sa stratégie. Trump a été élu 45e président des Etats-Unis. Ce dernier, qui a vivement critiqué la diplomatie occidentale vis-à-vis du conflit syrien durant la course à la Maison-Blanche, n’est pas du tout sur la même longueur d’onde que le gouvernement actuel (4)

La réalité: arrêter d’armer les terroristes!

 C’est en ces termes que la sénatrice américaine Tulsi Gabbard a présenté une résolution au Congrès après s’être déplacée en Syrie. Elle a écrit un rapport «Le peuple de Syrie veut désespérément la paix». «Pendant des années, le gouvernement a soutenu des groupes militants armés qui travaillaient directement pour, et étaient souvent sous le commandement de groupes terroristes comme Daesh et Al-Qaïda, dans leur combat pour abattre le gouvernement syrien. Plutôt que dépenser des milliards de dollars dans des guerres de changement de régime au Moyen-Orient, nous devrions nous concentrer sur l’éradication de terroristes comme Daesh et al-Qaïda, et utiliser nos ressources pour investir dans la reconstruction de nos communautés ici, chez nous.» (5)

 Le peuple syrien sortira de l’épreuve c’est une certitude. C’est la marche de l’Histoire qui veut que les peuples auront toujours le dernier mot. Quant à la configuration de la nouvelle Syrie bien malin qui en tracera les contours. Plusieurs milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, épaves en Europe rejetées de tous, notamment des Arabes du Golfe qui lui font une guerre pour n’avoir pas voulu couper avec l’Iran, mais aussi pour le pétrole.. Paix à ce peuple qui a vu sur son sol l’enfance de l’Humanité.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

1. Chems Eddine Chitour https://www.legrandsoir.info/malgre-le-terrorisme-et-ses-allies-alep-martyrisee-alep-outragee-mais-alep-liberee.html

2. Leslie Varenne https://www.iveris.eu/list/notes_ danalyse/253-hopitaux_dalep la_sale guerre

3. Tony Cartalucci journal-neo.org/2017/03/15/us-expands-defacto-syrian-invasion/ Petrus Lombard

4. https://francais.rt.com/…/35237-six-ans-guerre-civile-syrie-diplomatie-francaise-zigza

5. https://gabbard.house.gov/news/press-releases/gabbards-stop-arming-terrorists-act-introduced-senate

 

 

La riposte syrienne à Israël marque un tournant

Les menaces du ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman de détruire la défense antiaérienne syrienne sont un bel aveu que l’aviation israélienne a été malmenée lors de son énième (et peut-être l’un des derniers) raid en Syrie. Les gesticulations de Lieberman et des autorités israéliennes ne sont que pur cinéma destinées au public et aux médias. Israël et ses vrais propriétaires ne pourront que prendre acte du changement radical de la situation en cours au Proche-Orient.

La riposte syrienne signe également la fin de Daesh, car aujourd’hui, les observateurs osent enfin dire que le véritable soutien de l’engeance terroriste et le seul véritable bénéficiaire de son action est Israël. Concernant Daesh, oubliez les roitelets du Golfe, et même le président Obama et les marionnettes qui dirigent les pays de l’OTAN. Tout ce beau monde est directement piloté par les tireurs de ficelles placés derrière Israël, pour Israël, chacun utilisant les ressources de son pays pour jouer le rôle qui lui a été assigné afin de conserver la place de roi, d’émir ou de président qui lui a été consenti. Quant aux administrateurs de la colonie sioniste, Netanyahou et consorts, il leur faudra désormais agir avec prudence face à la Syrie, sous peine de passer à la trappe…démocratiquement. 

***

 

Le célèbre analyste arabe Abdel Bari Atwan consacre un article intégral à la riposte aérienne de l’Etat syrien aux quatre chasseurs d’Israël, qui en violant le ciel syrien, ont bombardé vendredi à l’aube une base militaire non loin de Palmyre.

Il écrit :

« Que les sirènes d’alerte retentissent vendredi à 2 heures du matin à Qods occupée ou dans la colonie israélienne d' »Aqwar » non loin du fleuve du Jourdain, le tout, suivi de fortes explosions des missiles tirés par la DCA syrienne dans le ciel d’Israël, cela ne peut être qualifié que de « coup de tonnerre ». Non seulement pour les Israéliens qui n’en reviennent pas mais aussi pour certains de leurs « amis arabes ».

Ces derniers temps les avions israéliens avaient pris l’habitude d’aller bombarder des convois militaires en Syrie sous prétexte de vouloir contrer le Hezbollah ou l’Iran avant de gagner tranquillement leur base. Dans la foulée, les médias israéliens et pro-israéliens mettaient peu de temps à lancer une campagne d’envergure, reprochant à Damas son ineptie, et se moquant du président Assad pour avoir inlassablement répété sans la faire suivre d’une quelconque action, cette phrase : « la Syrie se réserve le droit de riposter en temps et lieu voulus ». Cette campagne médiatique anti-syrienne laissait aussi entendre l’admiration de certains régimes arabes pour ce qu’ils qualifiaient de supériorité aérienne d’Israël par rapport à la Syrie, au Hezbollah et à l’Iran.

Mais le vendredi 17 mars tout a basculé: la DCA syrienne a abattu un des quatre chasseurs ennemis en plein ciel israélien par un missile sol-air. L’avion s’est écrasé dans la localité de « Aghwar du fleuve Jourdain », ce qui revient à dire que la riposte syrienne ne s’est pas limitée aux cibles aériennes et qu’elle s’est étendue aussi aux cibles terrestres, sinon pourquoi avoir fait retentir des sirènes d’alerte dans les colonies de peuplement juif?

Le déni israélien ne change rien au fond de la chose : la riposte est lourde de messages pour Israël et ses alliés arabes et les Américains : Cette riposte marque un tournant stratégique qu’effectue Damas et qui annonce la fin d’une ère et le début d’une autre. Les analystes israéliens ne cessent de répéter depuis vendredi qu’Israël ne veut pas davantage de tension. Bizarre! Car cela fait 5 ans que Tel-Aviv bombarde le sol syrien, sûr et certain de son impunité et c’est maintenant qu’il dit ne pas chercher un surplus de tensions !

De toute évidence, les dirigeants syriens réajustent leurs objectifs stratégiques et ils ont l’air d’être prêts à en subir toutes les conséquences. Selon certaines sources, Damas est même déterminé à aller encore plus loin et à mettre en œuvre des plans de riposte beaucoup plus détaillés. Et Israël a pigé ce méga-tournant au quart de tour : Tel-Aviv a mis à peine quelques heures à avouer avoir perdu l’un de ses chasseurs partis en mission en Syrie. De l’aveu des stratèges militaires israéliens qui ont tous servi dans l’armée, les «  missiles syriens sont performants » et c’est d’ailleurs pour cette même raison que les S-200 tirés vendredi par Damas ont aussitôt déclenché le système anti-missile Hetz qui, grand malheur, a raté sa cible.

Nous croyons que Damas n’aurait jamais pu prendre une décision d’une si grande portée stratégique sans coordination préalable avec ses alliés iraniens et russes. Il y a là un avertissement signé Iran/Russie contre Netanyahu qui croyait avoir convaincu Poutine de lâcher l’Iran et tout ce qu’il a à gagner en termes stratégiques à travers son alliance avec Téhéran, pour les beaux yeux d’Israël. Mais Israël n’est pas le seul perdant dans cette histoire.

Le S-200 syrien a aussi visé les rêves saoudiens car il a été tiré au moment où le ministre saoudien de la Défense rencontrait le président Trump pour dénoncer de concert avec son hôte “la menace iranienne”. Tout ceci prédit une escalade des crises au Moyen-Orient qui n’est dans l’intérêt de personne mais la grande évolution est là : six ans de guerre n’ont rien ôté à la détermination et à la volonté de Assad et de son armée de libérer la Syrie. Un État pour qui Israël reste pour toujours l’ennemi numéro un. L’opinion musulmane sait comprendre cela et ce sera alors le retour en grâce d’Assad aux yeux des Arabes qui se sont trompés hélas de cible ces six dernières années.

Un habitant arabe des territoires occupés a réagi ainsi aux explosions provoquées par la DCA syrienne dans le ciel d’Israël :  » c’était la plus belle musique que j’ai entendue depuis 1967…. « . C’est dire qu’une ère nouvelle vient de commencer et qu’Israël a décidément du pain sur la planche.

Photo: Le système de défense anti-missile israélien, Hetz (Photo d’archives)

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/19/514909/IsralSyrie–MoyenOrient-lan-I

Macron le meilleur d’entre tous

 

Quand on regarde l'audiovisuel ce matin, c'est l'unanimité chez nos journalistes impartiaux, relayés par les sondeurs perspicaces comme d'habitude.

Qui a été le plus convaincant, il n'y a pas photo MACRON

Qui a le meilleur programme, une évidence MACRON

Il a en plus une chance incroyable, notre MACRON, La main de Dieu comme Maradona. Une baraka énorme au tirage et au grattage.

Au milieu de la scène, face aux journalistes, quand la caméra prenait l'ensemble des candidats, MACRON trônait au centre, entouré de futurs disciples peut-être.

Le dernier à parler, et on dit que le dernier qui s'exprime a raison, et bien c'est encore MACRON.

J'ai regardé l'émission, intéressante sans contexte, mais je n'ai pas vu la même chose que les journalistes, mais c'est vrai, je n'ai pas leur science et surtout leur impartialité.

J'ai essayé de comprendre leur programme, de deviner leur sincérité, de détecter leurs imprécisions éventuelles.

 

MARINE LE PEN

Fidèle a elle-même, on sait ce qu'elle veut, on sait ce qu'elle pense, on connaît la voie dans laquelle elle veut conduire la France. Son programme social proche de celui de Mélenchon, bizarre, mais c'est ainsi. On aime ou on n'aime pas, mais on peut se prononcer.

 

FILLON

Calme, lui aussi précis, ayant un peu limé les aspérités de son programme, mais clair précis dans ses propositions, il se dit le seul à pouvoir redresser la France grâce à son programme. Dans tous les domaines on connaît ses solutions. Costaud, batailleur, après tout ce qu'il a subi. Mais il va être un peu innocenté, ou ses méfaits atténués, le relais est pris par Bruno Leroux, notre ministre de l'intérieur donneur de leçon, mais qui va avoir des soucis semblables à celui qu'il fustigeait il n'y a guère.

L'arroseur arrosé, scénario connu.

 

MELENCHON

Fidèle a lui-même, Tribun extraordinaire, l'esprit vif, l'humour, mais aussi la précision. Comme pour les deux précédents, on connaît son programme, c'est clair, précis, chiffré. On sait vers quelles couches de la population vont ses préoccupations, et celles qui vont aussi être la cible de ses choix.

Sur l'Europe, on devine ce qu'il voudrait, mais on n'est pas sur.

Un seul handicap, ils sont deux, à se partager les mêmes électeurs.

 

HAMON.

Alors là on dit qu'il a été un peu faible pas très convaincant, je ne suis pas d'accord. Il a un programme connu, qui a mon avis sera peut-être un programme crédible dans 50 ans, mais comme il a dit lui-même il a un programme qui sort des sentiers battus. Le seul à avoir eu le courage de questionner Macron sur les mécènes qui lui permettent de mener une campagne en carrosse. J'ai eu l'impression, qu'en dehors du social, le reste n'était pas prioritaire, c'était très conventionnel.

 

MACRON.

Alors là du grand art, le bien aimé des médias m'a sidéré. Consensuel au possible, du Hollande bon cru.

Fillon, il est d'accord avec certaines de ses mesures

Mélenchon, bien sûr que son programme a de bonnes mesures,

Hamon d'accord avec lui, mais son programme n'est pas actuellement réalisable.

 

Marine le Pen, Il a même trouvé des points d'accords avec elle, stupéfiant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les voies de MACRON sont impénétrables

 

Son programme, Plus d'Europe, toujours plus d'Europe, des précisons sur son programme, pas nécessaire, son programme c'est lui. Il est jeune, il est beau, il séduit, les médias lui font un tapis de roses, il a des amis puissants et riches, et tous les Rastignac qui craignent que leur parti de Gauche, ou de droite, ne leur offre pas un avenir politique, désertent leur camp et viennent à lui.

Bayrou, le centre, un parti qui n'a plus un député à l'assemblée et veut retrouver un groupe, l’opportunisme fait homme.

Même Barbara POMPILI, ministre de Hollande rejoint le sauveur.

Il a tout pour réussir, il ne pas perdre des points en donnant un programme précis

Comme le faisait remarquer marine Le Pen, il a réussi à parler sur un sujet 7 minutes, et personne n'a rien compris, je ne me souviens même pas quel était le sujet, tellement il m'a paumé en route.

 

Monsieur je veux plaire à tout le monde, je ne sais pas ce qu'il veut faire, enfin oui je sais une chose.

Il veut être président de la république. Pour quoi faire ?

Vous verrez plus tard si les médias réussissent leur coup, vous faire élire un OPNI

 

Il faut acheter la pochette surprise, vous l'ouvrirez plus tard.

 

ARES, le fichage des récalcitrants

En mai 2012, sur ordre étatique, la préfecture de police de Paris a lancé un fichier qui ne relève pas exactement du registre paroissial, joliment dénommé ARES (Automatisation du registre des entrées et des sorties des recours en matière de contravention).

En quoi consiste officiellement ce fichage ? Recueillir les identités des automobilistes contestant leurs contraventions afin…de faciliter leurs démarches et de fluidifier les processus administratifs !
L’idée que la Police facilite la condamnation éventuelle de leurs collègues chargés d’administrer cesdites amendes relève plus d’un numéro du cirque Pinder que de l’exercice raisonnable de la logique la plus élémentaire.

Quand un processus administratif entre en rupture avec l’article XV de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, votée par l’Assemblée constituante le 26 août 1789 (« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration »), et pointe très directement contre la protection du droit à la vie privée, il faut s’interroger sur la configuration politique qui sous-tend une telle mutation. Pris isolément, un tel exemple peut sembler parfaitement insignifiant rapporté à l’aune de régimes classifiés comme totalitaires par de belles âmes ignorant superbement ce qui se déroule sous leurs fenêtres par trop familières…

Pourtant, c’est au détour de telles anomalies légales et à ce titre anonymement distillées au sein d’une quotidienneté de plus en plus recouverte d’opacité que se dévoilent des volontés politiques d’un genre tout particulier. D’un genre qui se dissimule et travestit les usages pour mieux assoir son emprise ferme et discrète sur les comportements les plus triviaux comme ceux qui régissent la vie de la chaussée.

Responsabiliser les conducteurs demeure une nécessité vitale tant les français manquent cruellement d’auto-discipline (ce qui explique le taux d’accidentologie anormalement élevé dans ce pays), mais cela ne pourra jamais se réaliser sainement et efficacement à leur insu, ou pire, contre leur sens des responsabilités. Tant au niveau comportemental que cognitif, cette mesure viole les libertés individuelles et va à l’encontre des lois nationales et européennes sur la législation ayant trait aux données personnelles. Cette réactualisation des règles communes, si tant est qu’elle soit nécessaire, devrait se décider de façon transparente et concertée, donc en impliquant les premiers concernés que sont les automobilistes. Puisque tel n’est pas été le cas, il y a de quoi s’interroger de façon très dubitative sans être dans le même temps taxé de « complotiste », ce concept disqualifiant et tarte à la crème utilisé de nos jours pour évacuer toute problématique sociétale plus ou moins sensible.
 

Une telle procédure de fichage permet d’établir une sorte de carte de France des récalcitrants, et à plus long terme, un contrôle accru de leurs faits et gestes. Vouloir conjurer administrativement et quasiment en secret une contestation citoyenne d’échelle microscopique en dit long sur la fébrilité de l’ordre institutionnel en place (il faudrait à cette occasion s’interroger plus avant sur la nature exacte de cette fébrilité).
Si l’on dépossède un conducteur de sa faculté de contestation pour l’ausculter à l’aune de critères strictement répressifs, qui ne font aucune place à sa capacité propre d’amélioration des conditions d’usage sus-visées, justement en usant de sa capacité à contester, l’on clôt l’avenir de la circulation elle-même en une boucle mortifère d’automatisation des comportements, de soumission stupide parce qu’impensée à des normes tout particulièrement discutables. Les véhicules sans conducteurs ne feront qu’accélérer ce gigantesque programme de déshumanisation routière…  

Les conditions de circulation ont toujours relevé du contrôle étatique, de la surveillance et des sanctions, de ce point de vue, rien de neuf sous le soleil, mais ce qui fait toujours cruellement défaut à cet univers secondairement mécanique est la consultation plus rigoureuse et respectueuse de ses usagers. Entre l’ubérisation généralisée et un étatisme monolithique, manque l’intelligence proprement citoyenne de ce qui advient sur les routes.

 

Une population qui ne se soucie pas du sort de sa maréchaussée ne mérite pas de la traverser.
 
De facto, cette collecte policière n’a apparemment qu’un but, ficher les conducteurs récalcitrants afin de dresser une base de données visant tous les citoyens potentiellement contestataires à l’égard de l’autorité publique. Certes, en y regardant de plus près, l’on pourrait y trouver on ne sait quel apprenti-terroriste, comme tout récemment cet habitué du car-jacking qui justement, a entamé sa dérive en se heurtant à un contrôle routier. De fait, cette affaire démontre s’il en était besoin l’inutilité de ce genre de process pour anticiper de tels passages à l’acte. Bien au contraire, cette approche suspicieuse de l’automobiliste moyen ne peut qu’entraîner la défiance et l’irresponsabilité sous-tendues par un climat de peur. Seule une bonne éducation routière, une bonne mentalité citoyenne, une bonne coopération sociale peuvent réguler les excès humains ici ou ailleurs. Des radars de papier ne feront pas mieux que ceux de métal.
Cette propension à intimider le citoyen lambda dans l’exercice de ses droits fondamentaux est la marque des régimes non démocratiques.
Orwell en avait rêvé, le « règne » Hollande l’aura réalisé.
 
http://www.caradisiac.com/Fichier-ARES-ceux-qui-contesteront-leurs-contraventions-vont-etre-fiches-77396.htm

Au bistro de la Toile : « Eh alors ? ! »

 

 

 

 

 

 

 

- Loulle. Faut que je te parle.

- Je te suis tout ouïe, mon beau. C’est quoi ces airs de conspirateur ?

- Ben voilà, je préfère que ça reste discret entre nous.

- Victor ! Tu me prends pour qui ? Ça ne sortira pas du département et des départements limitrophes ! Alors accouche.

- Voilà. Je me présente à la présidence de « Buveurs sans frontières ». Alors j’ai une campagne à faire. Ça fait des frais tout ça. Il faut en payer des tournées. Et puis, il faut marquer bien…

- C’est vrai que tu ressembles plus à un chiapacan qu’à un candidat à une quelconque élection. Tiens, je vais faire un effort pour toi. Je t’ouvre une ligne de crédit de 45 euros chez Kiabi !

- Merci Loulle. Je reconnais bien là ton altruisme honnêtement combiné à ton sens des affaires. Mais je saurais te renvoyer l’ascenseur. Discrètement bien sûr. Si je deviens président de « Buveurs sans frontières », le lieu de réunion sera chez toi, dans ton rade ! Et des Buveurs sans frontières, ça lève bien le coude. C’est la fortune assurée pour toi, Loulle.

- Voilà une honnête transaction Victor. Tope là ! Et si quelqu’un trouve à redire, je lui répondrai, avec un doigt d’honneur : « Eh alors ? »

- On rigole Loulle, mais c’est comme ça que fait François « Filou » Fillon… Dis, tu as souvent offert des costards à des amis toi ? Moi, jamais, et je n’en ai jamais reçu.

- En plus, ce type exploite ses enfants d’une manière éhontée : il paraît qu’il récupérait 70 % des salaires que ces pauvres jeunes recevaient pour leurs compétences…

- Si c’est pas malheureux tout de même…

- Remarque, pour Filou Fillon, être mis en examen, c’est un bâton de maréchal. À l’Uhèmepet, c’est un signe de reconnaissance. Chichi, Juppé, Sarko, sans oublier les seconds couteaux parmi lesquels Balkany brille presque autant que feue Pasqua !

- L’avantage, c’est que s’ils ne sont pas élus, ils peuvent toujours ouvrir une quincaillerie avec toutes les casseroles qu’ils ont au cul ! Tout ça résulte de cette dérive de la république que sont les professionnels de la politique. La plupart des « zélus » sont entièrement coupés de la vie ordinaire. Ils grenouillent depuis leurs débuts dans la caste politique. Ils ne savent rien faire d’autre et donc s’accrochent à leur place comme les morbacks sur les aliboffis d’un moine. L’essentiel de leur action est de se faire réélire. Voilà pourquoi ils sont presque tous vent debout contre la loi sur le non-cumul des mandats. Une loi à mettre au crédit de François Normalou Hollande pour une fois. Le Parti Socialiste, comme son frère ennemi (encore que ? !) Les Républicains, c’est deux tiers de membres déjà élus et un tiers qui aspire à l’être ! Hors de ces deux grosses machines, point de salut pour qui veut faire de la politique un métier, alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. On comprend dès lors les coups de frein violents et récurrents des caciques du parti qui ne veulent en aucune manière lâcher le fromage dont ils se gavent. Le PS, comme le PC regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ils ne veulent pas le lâcher le morceau ! La droite, protectrice de toutes les magouilles, est évidemment sur la même ligne.

- Voilà qui explique en partie le rejet de tous ces politiciens professionnels. Aux prochaines élections, les deux partis hégémoniques dont tu viens de parler ne seront vraisemblablement pas au second tour ! Dégagez ! On vous a assez vus…

- Mouais… Les autres valent-ils mieux ? L'un est un parti facho, l'autre le choix des banksters...

- Bon. Pour ce dont tu m’as causé, Victor. C’est d’accord. Je te paierais même une paire d’espadrilles de grande marque, made in Pays basque ! À la nôtre.

 

- Au fait, Loulle, il vient de sortir le dernier livre sorti des boyaux enfiévrés de ma tête. Clique sur l’image en-dessous et tu en sauras plus. À la nôtre !

François Fillon : Autopsie d’une arnaque annoncée

 

...ou comment détourner 17 millions d’euros.

Comme beaucoup de Français qui s’intéressent à l’actualité et plus particulièrement à la campagne électorale en cours, j’ai suivi tous les rebondissements des affaires dont FRANÇOIS FILLON fait l’objet et j’ai essayé de me mettre à sa place et de comprendre son entêtement et son acharnement, car il me semble évidemment, que même au fond de lui-même, FRANÇOIS FILLON sait très bien que sa candidature n’est plus tenable, car courue d’avance. Il sait pertinemment qu’il a déjà perdu. Pour quelles raisons alors, s’obstine-t-il tout de même, envers et contre tous, jusqu’à trainer sa propre famille dans le sillon infâme de ces casseroles, et jusqu’à renier sa propre parole, lui, qui s’était engagé devant les Français lors des Primaires, que nul candidat mis en examen ne saurait prétendre à la fonction présidentielle ?

 

C’est oublier, ce qui fait marcher le monde ici-bas : Le pognon.

Tel un bon roman policier d’Agatha Christie, il y a tout de même 17 millions de bonnes raisons de s’accrocher à sa candidature, car c’est là, le trésor de guerre que FRANÇOIS FILLON vient de s’arroger en se maintenant candidat à l’élection présidentielle : 17 millions d’euros. Vous savez, les fameux 2 euros que chaque électeur de la Primaire de la Droite et du Centre a accepté de payer (Du jamais vu dans une démocratie, en ce qui me concerne).

FRANÇOIS FILLON, en fin manipulateur, a déjà fait en sorte que les 17 millions restent dans sa poche, quoi qu’il arrive.

Etape 1 : Planquer et sécuriser le pognon 
Les 17 millions d’euros n’ont pas nourri les caisses des Républicains, mais bien celles de son micro-parti, ce qui d’ailleurs agace bien du monde au sein même du parti des Républicains. Grisbi dans les poches. Check !

Etape 2 : Faire mainmise sur les Primaires

Les statuts de la Primaire de la Droite et du Centre, sont formels : C’est bel et bien, le candidat désigné par le résultat des Primaires, et lui seulement, qui peut prétendre au pécule des dons des électeurs de la Primaire de la Droite et du Centre. En tant que seul candidat, sans même un suppléant, personne pour lui piquer le grisbi. Check !

Etape 3 : Eliminer tout remplaçant potentiel

Les rédacteurs des statuts de la Primaire de la Droite et du Centre (ils doivent aujourd’hui s’en mordre les doigts), n’ont pas jugé bon de prévoir d’alternative en cas de défection du candidat désigné. En dehors du cas FRANÇOIS FILLON, l’embarras aurait été le même si le candidat avait été en incapacité (maladie, décès …).

Si déjà on veut copier sur nos amis américains ce fabuleux modèle que sont les Primaires (Des Primaires US 2016 d’un niveau incomparable), on aurait tout de même pu prévoir un suppléant comme c’était le cas avec Trump/Pence, et Clinton/Kaine. En tous les cas, de ce côté, c’était du tout cuit pour FRANÇOIS FILLON. Pas de suppléant ni remplaçant. Check !

Etape 4 : Faire jouer la montre

Jusqu’au 17/03/2017 00h00. Nous sommes aujourd’hui à J-40 du 1er tour, mais là n’est pas l’astuce du plan François Fillon. Nous sommes finalement à J-3 du dépôt des 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. Quelle que soit la diatribe, les rebondissements et les nouveaux éléments dans les enquêtes à son encontre (il faut tout de même préciser, qu’il y a pas moins de 5 chefs d’accusation qui se profilent contre FRANÇOIS FILLON), il faut TENIR. Ce n’est pas facile face à l’opinion publique, face aux frondeurs, mais diantre, il y a tout de même 17 millions d’euros à la clé. Eh bien la montre tourne depuis le 24 janvier, date des premiers déboires. Check !

 

Car là est toute l’astuce de FRANÇOIS FILLON. Passé le 17/03/2017, le parti des Républicains ne sera plus en mesure de proposer de candidat. Et c’est bien à partir de cette date, que je suis convaincu que FRANÇOIS FILLON pourra orchestrer son départ de la course en toute tranquillité (Histoire de faire un semblant de bonne conduite).

C’est là, la finalité de son plan machiavélique : S’il n’y plus de candidat investi par la Droite et le Centre, alors il n’a plus à rendre les 17 millions d’euros !!

Certes, il devra nécessairement faire face à des amendes si les soupçons se confirment (je ne reviendrais par sur les différents montants et affaires, mais la liste est aussi longue que les bras de certains de ces généreux donateurs), mais rien de quoi sérieusement entamer son pactole de 17 millions d’euros.

En somme, FRANÇOIS FILLON est en train d’orchestrer un réel hold-up d’argent… à nouveau public, celui des électeurs de la Primaire. Décidément, FRANÇOIS FILLON voue une vraie passion pour l’argent public.

 

Enfin, tout ceci me fait bien rire. Nous voilà devant un braquage qualifié en bonne et due forme, et même les cadors du Parti Républicain semblent hébétés, aveuglés, devant l’évidence qui se profile. A leur place, je désamorcerais la bombe FRANÇOIS FILLON à l’instant, et récolterais dès maintenant des parrainages pour un autre candidat, n’importe qui, de manière à pouvoir au moins apercevoir l’ombre d’une chance de récupérer le grisbi, et court-circuiter François Fillon, s’il n’est pas déjà trop tard. En tous les cas, les jours du Parti Républicain sont comptés, et le Titanic FRANÇOIS FILLON entrainera bien des victimes dans son sillage lorsque, comme disent les américains, « la merde frappera le ventilateur », car bien du monde s’en prendra dans la gueule.

Enfants abusés : ils reversaient à leurs parents 70% de leurs salaires !

Marie et Charles ont l’impression de sortir d’un cauchemar. Patron d’un cirque en perte de vitesses, leur père les obligeait à danser pendant ses numéros de clown et leur retenait une partie de leurs salaires. L’affaire aurait pu rester circonscrite au cercle de famille si le vieux saltimbanque avait eu la prudence d’effectuer les transactions en liquide, plutôt que d’avoir recours à des versements bancaires qui laissent des traces (inodores mais indélébiles).

Comme dans les réseaux de prostitution serbes et ukrainiens, pour se libérer d’une dette dont personne ne connait l’origine, les pauvres enfants devaient effectuer des virements réguliers, entre 2005 à 2007, quand le cirque était installé dans les jardins du Luxembourg. Entre octobre 2005 et décembre 2006, la petite Marie qui n’est pas une ingrate et voulait rembourser ses parents pour les dépenses inconsidérées qu’elle a avait occasionnées à l’occasion de son merveilleux mariage, a reversé sur le compte de ses parents 33.000 sur les 46.000 euros qu’elle avait touchés pour ses numéros. C’est ce que vient de révéler l’office anti-corruption de la police des cirques. Mais comme dit son nouveau copain, un avocat : "Elle fait ce qu’elle veut de l’argent qu’elle gagne ! Si elle veut rembourser ses parents, c’est son choix. Elle l’a dit spontanément aux enquêteurs"

Le petit Charles avait de plus gros besoins en tant que garçon, alors il n’a reversé que 30% des ses cachets entre janvier et juin 2007, soit 4.846 euros par mois, pour compenser un peu ce qu’il avait coûté en loyer et en argent de poche quand il était petit.

Le patron du cirque est convoqué par les juges d’instruction le mercredi 15 mars. Il parait qu’il ne se fait pas "beaucoup d’illusions" sur l’issue de cette journée, "compte tenu de la précipitation avec laquelle cette procédure est conduite." Mais il est convaincu de l’intégrité des juges qui comprendront qu’il n’a fait qu’agir en bon père de famille et qu’il a élevé ses enfants comme il faut puisqu’ils n’oublient pas ce qu’ils lui doivent.

 

Devant un tel aplomb, les responsables des services de la DDASS (affaires familiales et droits des enfants) restent médusés, mais eux aussi font confiance à l’indépendance de la justice qui ne se laissera pas intimider par les rodomontades du « présumé innocent ».

Quand le clan Fillon répand d’immondes rumeurs

Alors que le navire Les Républicains prend l’eau de toutes parts pour avoir choisi comme candidat un imposteur doublé d’un « présumé » multi-délinquant – 3 chefs de mise en examen ont été prononcés le 14 mars –, Fillon et son entourage en sont réduits à propager les rumeurs les plus abjectes pour tenter d’éviter le naufrage annoncé...

Lors de la « primaire de la droite et du centre », c’est principalement sur son image de probité et sa sérénité de bourgeois provincial rassurant que Fillon a convaincu une large majorité des électeurs de ce scrutin interne. Une image qui, depuis, a volé en éclats avec les révélations médiatiques portant sur l’impossibilité pour les enquêteurs de trouver le moindre justificatif de la réalité des emplois d’assistants parlementaires de Penelope Fillon et de deux de leurs enfants. Sans compter le versement illégal de chèques sur fonds publics du Sénat* et un possible trafic d’influence ayant pour enjeu l’attribution de la Grand-Croix** de la Légion d’honneur à Marc Ladreit de Lacharrière, le très généreux employeur de Penelope à la Revue des Deux mondes.

Et encore ne savions-nous rien de ces 48 500 euros de vêtements de luxe payés à Fillon par un « ami ». Quel ami ? Et dans quel but ? Qui peut croire en effet qu’il n’y a pas là matière à un renvoi d’ascenseur de la part de ce généreux mécène dont, circonstance aggravante, les deux tiers des sommes ont été versées en liquide, au mépris de la loi, et qui n’ont fait l’objet d’aucune déclaration, là encore au mépris de la loi ? Nul doute que les magistrats instructeurs du dossier Fillon vont avoir de nouvelles investigations à conduire, le soupçon de trafic d’influence étant d’autant plus insidieux dans ce nouveau volet que Fillon est ami avec des personnalités de l’oligarchie comme l’ex-pédégé d’AXA Henri de Castries, l’homme qui, depuis de longues années, rêve d’une privatisation de la Sécurité Sociale.

Au-delà de toutes ces nauséabondes affaires – auxquelles se sont ajoutés hier d’étranges rétro-paiements à Fillon d’une large part des salaires d’assistants parlementaires perçus par ses enfants Marie et Charles –, une autre pratique pose également problème dans la campagne du candidat Les Républicains : la diffusion d’immondes rumeurs visant, d’une part, à victimiser le Sarthois aux yeux de l’opinion ; d’autre part, à désigner implicitement des boucs émissaires pour rallier à sa cause les Français animés de sentiments xénophobes et tentés par le vote Front National. 

Le « suicide » de Penelope

Invité du journal télévisé de France 2 par Laurent Delahousse le dimanche 5 mars, Fillon a affirmé ceci pour illustrer la « violence des commentaires » à son encontre : « On a annoncé le suicide de ma femme mercredi matin sur des chaînes de télévision ».

Une pure invention de la part du candidat LR, aucune chaîne de télévision n’ayant évoqué un quelconque « suicide  » de Penelope Fillon. Le Sarthois aurait-il été victime d’une rumeur malveillante propagée sur les réseaux sociaux ? Pour s’en assurer, des journalistes appartenant à différents médias (entre autres Europe 1, France-Inter, Huffington post, Médiapart) ont enquêté et fini par découvrir... quelques tweets émis entre le 1er et le 5 mars, jour du rassemblement du Trocadéro. Tous faisaient allusion non pas au « suicide » de Penelope Fillon, mais à... une prétendue rumeur colportant ce prétendu suicide !

Encore les journalistes n’étaient-ils pas au bout de leurs surprises : tous ces tweets émanaient, non d’un parti adverse ou d’une officine en charge de déstabiliser le candidat LR, mais du propre entourage de Fillon. Le premier de ces tweets, émis le 1er mars, a même été l’œuvre de Madeleine Bazin de Jessay, la très filloniste porte-parole du très droitier mouvement Sens commun, organisateur du meeting du Trocadéro et rassembleur en cette occasion des plus intégristes militants catholiques de la Manif pour tous.

Instrumentaliser un « suicide » imaginaire de sa propre épouse pour faire oublier les casseroles judiciaires, il fallait oser le faire tant le procédé est indigne et suscite le mépris. Encore faudrait-il aux yeux du candidat et des membres son clan que le cynisme ne l’emporte pas sur l’éthique et le respect de soi pour qu’ils en éprouvent une once de gêne. Ce n’est manifestement pas le cas. Dès lors, comment s’étonner que l’on puisse lire sur les réseaux sociaux ce détournement d’un célèbre aphorisme*** tiré du film Les tontons flingueurs : « Les Fillon, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Les « lames de rasoir » du Vaucluse

Lors d’un discours prononcé le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Fillon a affirmé ceci : « Je me souviens, lorsque j'étais Premier ministre, avoir un jour reçu une lettre d'une jeune fille qui habitait dans le Vaucluse. Elle m'expliquait que chez les garçons de son entourage, le jeu qui faisait fureur, c'était d'envoyer des lames de rasoir au lance-pierres dans les jambes des filles qui portaient des jupes courtes. »

Le problème est que strictement personne en région PACA n’a eu connaissance de ce phénomène, de la Préfecture à la Direction départementale de la sécurité publique du Vaucluse, en passant par le Groupement de gendarmerie du département. Même Alain Milon, sénateur LR du Vaucluse et soutien de François Fillon, est resté sans voix à la question posée par un journaliste du Dauphiné Libéré sur la pratique d’un tel « jeu » barbare par des jeunes méridionaux.

Bref, nulle part n’apparaît la moindre trace de ces prétendues agressions aux lames de rasoir. Mais de cela Fillon n’avait manifestement cure en cette journée du 8 mars, son bobard étant à l’évidence destiné à brosser dans le sens du poil les électeurs xénophobes tentés par le vote FN. Et cela en usant d’un procédé d’amalgame particulièrement choquant : Qui, dans la représentation de la population, peuvent être ces garçons qui ne supportent pas la vue de filles en mini-jupe ? La réponse induite est évidente : des jeunes musulmans intolérants qu’il convient de cibler pour montrer que le candidat de LR n’a pas l’intention de se montrer moins ferme que la candidate du FN vis-à-vis de ces « dérives islamistes ». Difficile de faire plus répugnant en matière de manipulation !

Le pire est que l’on ne s’en étonne même plus, tant le candidat de LR nous a montré depuis quelques semaines son vrai visage : celui d’un imposteur cupide pour qui « la fin justifie les moyens », aussi sordides soient-ils !

Une affaire pour laquelle 3 sénateurs ex-UMP ont d’ores et déjà été mis en examen pour des faits analogues mais sur une période de référence différente.

** Une distinction d’autant plus prisée que le contingent total de Grand-Croix ne peut dépasser 75 personnes en vie. Il y en a actuellement 67. 

*** « Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît !  » (Michel Audiard)

 

 

L’arnaque Emmanuel

Macron de A à Z

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inconnu il y a peu encore, Emmanuel Macron est sans nul doute une figure importante de la présidentielle 2017. Il est celui que les médias présentent comme l’homme de la situation. Ses meetings sont retransmis par les grandes chaînes d’information en temps réel. Bien que son bilan de Ministre de l’économie et des finances ne plaide pas en sa faveur (600 000 chômeurs de plus), ses partisans voient en lui un modèle d’efficacité.

Dès ses premiers pas dans le monde politique il a essayé de se présenter comme un leader “anti-système”, alors qu’il est un pur produit du sérail. Il plébiscite la réforme des institutions qui, selon lui, sont un frein à la modernité. Il est en France le chef de file d’une doctrine économique qui prône la déréglementation pour les entreprises transnationales. Il est le grand responsable du « scandale d’Etat Alsthom «. Pour rappel, Alsthom Energie fut cédée en 2014 pour une bouchée de pain à l’entreprise américaine General Electric. Bref, Emmanuel Macron est l’incarnation du Traité constitutionnel (libéral) qu’une majorité de français ont rejeté au soir du 29 mai 2005.

Pourtant, à en croire les instituts de sondage, Emmanuel Macron est la personnalité politique préférée des Français. Ces derniers sont-ils devenus amnésiques au point d’oublier la caste de banquiers dont il est issu ?… ou plus simplement bénéficie-t-il d’une répétition de messages favorables dans les médias ?

Aussi, pour appréhender au mieux le “phénomène Macron”, plusieurs questions doivent trouver réponse. Par exemple : Quels sont les réseaux qui le soutiennent ? Qui le finance ? Au-delà des apparences, que dit-il vraiment ? Son discours se tient-il ? Est-il comme on nous le présente un véritable “fer de lance” ?

 

Groupes de pression & réseaux du patronat

 

En avril 2016 le journal Mediapart écrivait dans l’une de ses rubriques : « En annonçant la création de son mouvement « En marche! », le Ministre de l’économie a omis de préciser que l’adresse légale de son association était le domicile privé du directeur de l’un des principaux clubs patronaux, l’Institut Montaigne ».

 

 

Véritable officine au service de l’organisation patronale (MEDEF), l’objectif de l’Institut Montaigne est de promouvoir des idées néo-libérales telles que la mise du gaz de schiste au service de la compétitivité, la privatisation de l’assurance maladie, l’augmentation du temps de travail, ou encore le départ à la retraite à 63 ans avec une durée de cotisation de 43 ans. Il convient aussi de noter que le président de l’Institut Montaigne Henri de Castries fut président-directeur-général du groupe d’assurance Axa de mai 2000 à août 2016, où il s’est vu accorder un salaire annuel (hors revenus du capital) oscillant entre 2,8 millions et 3,2 millions d’euros. Quant à sa retraite (dorée), elle atteint un confortable revenu annuel de 1 056 000 euros.

En 1994, Henri de Castries était nommé à la French-American Foundation, institution connue pour être un Cheval de Troie du libéralisme américain dans la société française, qui compte parmi ses anciens disciples communément appelés « Young Leaders », une ribambelle de journalistes et de personnages politiques français. En septembre 2016, sur le site de la French-American Foundation nous pouvions lire « Breakfast avec Emmanuel Macron, ministre de l’Economie« .

Rappelons aussi qu’Henri de Castries a pris en 2012 la présidence du comité de direction du très opaque groupe Bilderberg, où l’on discute uniquement entre pairs, et qu’il a fini par rejoindre l’équipe de campagne de François Fillon,

De son côté, le directeur général de “Terra Nova” Thierry Pech, un think tank proche du PS, réfute les informations concernant sa participation active au mouvement d’Emmanuel Macron « En Marche ». Ceci-étant, dans Libération Thierry Pech ne cache pas sa «proximité intellectuelle» avec Emmanuel Macron. Une proximité confirmée par le grand nombre de membres et de contributeurs réguliers de “Terra Nova” qui apportent un soutien sans faille à Emmanuel Macron. En particulier, les économistes Philippe Aghion, Élie CohenGilbert Cette, le Libéral-libertaire Daniel Cohn-Bendit, l’homme d’affaires Henry HermandJacques Attali, le dirigeant d’entreprise Louis Gallois, et le sénateur socialiste Gérard Collomb.

Homme de réseaux, Gérard Collomb soutient ouvertement le mouvement « En Marche! » depuis sa création. Pour preuve, ce dernier déclara par voie de presse « Les 23 et 24 septembre 2016, nous organiserons à Lyon un colloque des réformistes européens et mondiaux avec l’Institut Montaigne, les think tanks “Les Gracques” (un autre groupe de pressionet “Terra Nova”. Il y aura aussi des think tanks italiens, allemands, anglais et des membres de l’équipe d’Hillary Clinton ». Cependant, “Terra Nova”, toujours très proche du parti socialiste, décidera de se retirer de l’événement.

 

Roger Lenglet et Olivier Vilain, tous deux auteurs d’“Un pouvoir sous influence, quand les think tanks confisquent la démocratie » nous démontrent que ces think tanks ont pour point commun d’être soutenus par des groupes industriels cotés en bourse et favorables à la déréglementation économique. Leur enquête comprend une étude qui mesure le nombre de fois où les think tanks sont cités publiquement par les parlementaires et dans les médias. Roger Lenglet nous résume ici “qu’avec l’auréole de l’expertise, on voit depuis les années 2010 se multiplier l’influence des think tanks«. Lenglet et Vilain, dans leur travail de décryptage, reviennent sur l’influence libérale des think tanks tels que Terra Nova , l’Institut Montaigne ou la Fondation Jean-Jaurès.

L’Institut Montaigne est financé entre autres par des entreprises du CAC 40 telles que Veolia, Sanofi, Rothschild & Cie, Michelin, Microsoft, Groupama, Bank of America, Merrill Lynch, BNP Paribas, Bolloré, Bouygues.

Selon le journal en ligne Rue89, en 2013, Terra Nova était financée à 80 % par le mécénat d’entreprise et 20% par la cotisation des adhérents. Parmi les mécènes: Areva, EDF, Caisse des Dépôts, Microsoft, Sanofi, Vivendi, Google, etc. En somme du déjà-vu plus haut, et il n’est pas difficile de comprendre que comme l’Institut Montaigne, Terra Nova est plus un lobby au service du capital qu’un cercle de réflexion.

Quant à la Fondation Jean-Jaurès, si l’on en croit son dernier rapport, elle perçoit des subventions du Premier ministre (31%), des subventions publiques sur projet (28%), des fonds issus de partenariats européens (17%), du Mécénat (14%), ses ressources propres (publications, dons…) ne représentant que 10% de ses revenus.

 

Financements en eaux troubles

 

En novembre 2016, Europe 1 se fait le porte-parole d’”En Marche!” en titrant une chronique : « Macron répond à Hamon sur le financement de “En Marche!” : « Chez moi, on ne vit pas du contribuable«.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Benoît Hamon lui avait posé la question suivante « Si tu es hors système, acceptes-tu de rendre publique et transparente [la liste des] donateurs de ta campagne ? » Pour se défausser, Emmanuel Macron évoque le secret fiscal qui protège l’identité des donateurs. Il ajoute « Un ancien ministre devrait savoir qu’il faut respecter la loi. » Puis il conclut « Je suis en effet hors système puisque j’ai créé un mouvement en avril dernier et ce mouvement n’a aucune subvention publique. Donc chez moi, on ne vit pas du contribuable«.

En premier lieu, nous sommes en droit de penser que Benoît Hamon demande simplement à Emmanuel Macron des indications sur les gros donateurs (organismes financiers, Banques, etc). Et la moindre des chose eût été que le candidat Macron fasse preuve de transparence.

Nous pouvons également constater qu’Emmanuel Macron ne manque pas de toupet quand il déclare qu’un ancien ministre devrait savoir qu’il faut respecter la loi. Rappelons-nous en effet qu’à l’époque où il était ministre, Emmanuel Macron avait sous-évalué la valeur de la maison de son épouse de 200 000 €.

 

Emmanuel Macron nous dit ensuite « chez moi, on ne vit pas du contribuable«. Sur ce fait, il omet simplement d’expliquer qu’il n’a pas d’aide directe car pour l’heure “En Marche!” n’a tout simplement pas d’élus. Mais la loi permet à tout donateur de dons ou cotisations à un parti politique de bénéficier d’une réduction d’impôt. Donc par voie de conséquence “En Marche!” bénéficie d’une aide indirecte de l’Etat.

 

 

 

 

 

 

 

Et concernant les aides directes, En marche présentera 577 candidats aux législatives qui suivront l’élection présidentielle. Dès lors la loi prévoit un financement public accordé aux différents partis en fonction de deux critères : premièrement leurs résultats aux élections législatives, pour ceux qui ont présenté des candidats ayant obtenu au moins 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions, et deuxièmement leur nombre de parlementaires. Pour vous faire une idée plus précise, sachez qu’en 2013 le montant global versé aux partis et formations politiques de métropole et d’outre-mer s’est élevé à 70 083 332,15 € dont notamment : 28 480 742,50 € pour le PS ; 19 870 309,79 € pour l’UMP ; 5 543 646,41 € pour le FN ; 3 521 792,11 € pour Europe Écologie-Les Verts ; 3 222 320,99 € pour le PCF (décret n°2013-430 du 27 mai 2013).

 

D’autre part nous avons vu dans le paragraphe précédent que les think tanks qui soutiennent Macron bénéficient d’une aide publique directe. Des think tanks qui peuvent être soutenus par des entreprises qui sont elles-mêmes liées à l’Etat. Enfin, il ne faut pas négliger le fait que “En Marche!” est très probablement soutenu aussi par des banques. Or comment oublier qu’en 2008 l’Etat a déposé 360 milliards sur la table pour sauver les banques ? Et là, n’en déplaise à l’ancien Ministre de l’économie, il fut question de l’argent des contribuables. Ce rappel prend encore plus d’importance à la lumière de la réforme du 1er janvier 2016 : Les banques peuvent désormais ponctionner les comptes des déposants. Cette directive européenne fut transposée dans le droit français en toute discrétion quelques jours avant la Noël 2015, et à cette époque monsieur Macron était toujours ministre de l’économie.

Autre adversaire d’Emmanuel Macron : l’ex ministre de la Culture Aurélie Filippetti. Elle qualifie Emmanuel Macron de « candidat du grand capitalisme financier ». Le député PS Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement “En Marche!”, rétorque « Je laisse Mme Filippetti à ses saillies nauséabondes et à ses arguments qui sont dignes du Front national« . En bref, du déjà-vu des dizaines de fois sur ce blog. Pour la énième fois Richard Ferrand a recours à la méthode par l’amalgame qui consiste à fusionner ses contradicteurs avec le Front national. Ainsi donc, le point Godwin est atteint. Si vous demandez des comptes à Emmanuel Macron sur ses liens avec la finance, c’est que sans aucun doute vous avez des idées proches du FN. Cependant, nous verrons plus bas en détail que les idées putrides ne gênent pas Emmanuel Macron quand il est question de siphonner des voix.

En janvier 2017 une polémique fait rage. Après deux ans d’investigations, les journalistes Frédéric Says et Marion L’Hour viennent de publier « Dans l’enfer de Bercy ». Si on en croit cet ouvrage, Emmanuel Macron à l’époque où il était encore ministre a utilisé à lui seul 80% de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère par le Budget. Une somme estimée à 120 000 euros. Des crédits du ministre à Bercy auraient donc été utilisés pour le lancement du mouvement « En Marche », écrivent Frédéric Says et Marion L’Hour. Depuis le Liban où il était en déplacement, Emmanuel Macron réagit « Aucun centime du budget du ministère de l’Économie (…) n’a jamais été utilisé pour En Marche!. Toute affirmation du contraire est purement et simplement diffamatoire. Celles et ceux qui continueront à écrire et à dire des contre-vérités seront poursuivis« . “Peut-être”… dirons-nous après coup, mais que penser d’Emmanuel Macron qui crie à la diffamation, sans toutefois porter plainte contre les auteurs d’un livre qui lui est très défavorable ?

 

Emmanuel Macron à la pêche aux voix dans le fief de l’anti-républicanisme

Dans un billet précédent, nous sommes revenus sur la visite au Puy-du-Fou de celui qui était il y a encore quelques temps le Ministre de l’économie d’un pouvoir dit “socialiste”. Là, Emmanuel Macron a rencontré l’une des figures de proue de l’ultra droite islamophobe française Philippe de Villiers.

 

À titre de rappel, la spécialité de Monsieur de Villiers est d’entrelacer sa lecture fantasmée de l’Histoire avec des concepts politiques paranoïaques tels qu’Eurabia et le Choc des Civilisations. Ce porte-parole paranoïaque n’a pas la moindre analyse sociale. Pour Philippe de Villiers, les musulmans pauvres et les musulmans riches sont “du même bois”. Et pour scénariser sa petite histoire, il surajoute une dose d’eschatologie, c’est-à-dire des manifestations des signes de la fin des temps. Ce raisonnement fallacieux fait de Philippe de Villiers le théoricien de la conspiration type.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’occasion de cette rencontre Macron – de Villiers, Emmanuel Macron déclara « je ne suis pas socialiste« . D’ailleurs ne se situe-t-il pas “par-delà la gauche et la droite”, cher au criminel de guerre Tony Blair ? En avril 2016, quand Andrew Marr, chroniqueur vedette de la BBC, compara le ministre de l’Economie français à Tony Blair, Emmanuel Macron rétorqua “Je vais prendre ça comme un compliment”. Pour Emmanuel Macron, il manque un roi à la France : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort » (extrait d’une interview accordée à LeUn Hebdo, du 8 juillet 2015). A Orléans le 8 mai 2016, Emmanuel Macron a salué Jeanne d’Arc qui « a su rassembler la France ». Si pour certains, Jeanne d’Arc est un symbole de courage et de résistance, nous sommes malgré tout en droit de nous interroger sur les réelles motivations d’Emmanuel Macron qui dans un laps de temps très court vient de créer un parti politique, déclarer qu’un roi manque à la France, qu’il admire Jeanne d’Arc, et qui pour finir part en vacances chez le vicomte Philippe de Villiers.

En ce qui concerne le volet économique et social, les objectifs de celui qui fut Ministre de l’économie du gouvernement Valls sont quasi-identiques à ceux de l’ex-secrétaire d’Etat du gouvernement Chirac. Le ministre de l’Économie s’est prononcé en novembre 2015 pour une rémunération « au mérite » des agents de la fonction publique, soulevant un tollé chez les syndicats. Le candidat Philippe de Villiers à la présidentielle de 2007 avait proposé « la rémunération au mérite pour les fonctionnaires ». En 2016 Emmanuel Macron suggère de supprimer l’impôt sur les grandes fortunes (ISF). En 1995 Philippe de Villiers insistait fermement sur ses intentions de supprimer l’impôt sur les revenus. En janvier 2016, Le Monde Économique titrait l’une de ses chroniques « Emmanuel Macron prêt à mettre fin «de facto» aux 35 heures ». Philippe de Villiers a toujours été hostile à la réduction du temps de travail. Donc à quelques années d’intervalle, les deux hommes nous ont proposé des services publics à minima, une déréglementation des lois du travail, et l’acceptation du principe de l’inégalité. Cela s’appelle le Thatchérisme. D’ailleurs, M. Macron a confessé en mars 2015 à la BBC qu’il aurait fallu une Margaret Thatcher à la France.

 

De l’arrogance au « racisme social »

Le mépris de classe est un travers qui refait surface à intervalle régulier chez Emmanuel Macron.

Sur Europe1 en face de Jean-Pierre Elkabbach en septembre 2014, pour sa première interview en tant que ministre de l’économie, M. Macron s’est fait connaître du grand public avec ses propos sur les employés des abattoirs Gad. Précisément, Emmanuel Macron a dit : » Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : ‘Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km !’ Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? » Le ministre s’exprimait au micro d’Europe 1, regrettant le coût et les délais nécessaires pour ce permis.

 

En avril 2016, face à des syndicalistes qui simplement (voir ici la vidéo) lui demandent des comptes, M. Macron s’énerve en direct. Vexé, le “gendre idéal” se transforme très vite en “loup-garou” « Je n’ai pas de leçons à recevoir.» Et sans la moindre pudeur il ajouta « Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler.« 

Un complexe de supériorité une fois de plus démontré après sa visite dans le Pas-de-Calais au début de cette année 2017. Là, Emmanuel Macron officiellement candidat à l’élection présidentielle déclare « Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme, l’espérance de vie s’est réduite, elle est de plusieurs années inférieure à la moyenne nationale. (…) Il faut traiter cela en urgence afin de rendre le quotidien de ces personnes meilleur.» Au regard oblique de l’ancien Ministre, il nous semble prépondérant d’opposer quelques études factuelles émanant de services spécialisés, qui au demeurant concernent directement la catégorie socio-professionnelle d’où est issu M. Macron.

 

Décryptage d’une rhétorique

Juillet 2016, Emmanuel Macron est en marche vers la campagne présidentielle. A La Mutualité (Paris), devant un large public, notre ministre sûr de son fait pose les bases de ce que l’on pressent déjà comme étant l’assise institutionnelle de “l’entreprise Macron”. Que doit-on retenir de cette première?

Tout d’abord, avec son « entre les progressistes et les conservateurs », notons que globalement, Emmanuel Macron s’intercale entre le discours d’investiture de Nicolas Sarkozy en 2007 et celui de François Hollande au Bourget en 2012. M. Macron est aussi libéral que le Nicolas Sarkozy de 2007 sur les questions économiques, et très proche du François Hollande de 2012 sur les questions de société. Ainsi, sur la question économique et sociale, nous pourrions presque nous risquer à une analogie entre la nouvelle coqueluche d’aujourd’hui Emmanuel Macron, et le comédien Yves Montand qui en 1984 fut mandaté pour faire accepter la contrainte budgétaire aux français. Yves Montand anima une émission de télévision spéciale intitulée “Vive la crise”. Avec le recul, cette émission « Vive la crise » semble avoir été l’un des signes avant-coureurs de l’hégémonie du libéralisme, mais aussi de la politique « bling-bling » qui engendra les Bernard Tapie, Nicolas Sarkozy, et à présent Emmanuel Macron.

 

Concernant les relations internationales, M. Macron reste pour l’heure plutôt énigmatique, néanmoins nous connaissons certaines de ses références, en particulier le trio va-t-en-guerre Obama, Blair, Hillary Clinton. Logiquement, l’actuel porte-parole de “En Marche!”, Benjamin Griveaux, pour se soustraire par la diversion à une question qui concernait les liens de « En Marche! » avec la finance, affirma sur RMC que la plupart des candidats autres que M. Macron étaient des agents du Kremlin. La preuve de cette vision pour le moins manichéenne est apportée, insista Benjamin Griveaux, puisque –selon lui- “les sites d’information russes RT et Sputnik écrivent uniquement sur Emmanuel Macron« . Cette russophobie n’est pas sans rappeler la stratégie de communication qui consiste à utiliser des mots épouvantails, en l’occurrence ici “Kremlin”, afin de diaboliser les adversaires. Ce type de sophisme nous vient tout droit d’une période de l’Histoire américaine appelée « Peur rouge« , qui est qualifiée fréquemment de chasse aux sorcières. Et il est certain qu’il y a toujours chez les atlantistes, des réminiscences de cette période. Par conséquent ces derniers ne peuvent appréhender le monde qu’à travers le prisme d’un rapport de force. Une résurgence de la guerre froide tout à fait visible chez M. Macron lorsqu’il déclare « Je veux réancrer monsieur Trump dans le camp de l’Occident ».

Nous avons aussi remarqué que sa rhétorique s’appuie pour l’essentiel sur des formules qui se suffisent à elles-mêmes, par exemple : (Discours de La Mutualité, 12 juillet 2016) « Il faut changer le pays » – « Il n’y a pas de plus belle chose que de servir son pays” – “Ce monde est ancien, il est usé, il est fatigué, il faut en changer” – “Nous vivons une refondation » – “Il faut un souffle nouveau” – “Le moment est venu de faire des choix clairs” – “Cette histoire, elle dérange. Ça arrive, j’en sais quelque chose. Parce qu’elle vient contrarier l’ordre établi, parce qu’elle inquiète le système“. Ce type de petites phrases représente bien les deux tiers de son discours. L’argumentation de M. Macron n’est jamais avare de confusion et de non-sens, notamment «révolution démocratique »… Cela ne veut pas dire grand-chose et c’est pourtant le titre de son dernier ouvrage.

Nous pouvons également affirmer que la contradiction est une prérogative dans le “process” Macron. Il chante, nous venons de le voir, les louanges de la Révolution et de la Démocratie, mais nous avons vu en exergue qu’il considère qu’il manque un Roi à la France… De même, il a pris ses distances avec le gouvernement Valls sur le dossier de la déchéance de nationalité, néanmoins six mois plus tard il vanta les mérites de l’islamophobe Philippe de Villiers. “Je suis pour le renouveau démocratique« , dit-il à qui veut l’entendre, pourtant il y a un an sa loi travail fut imposée par le recours à l’article 49-3 de notre Constitution. Cela alors que les trois quarts des Français (74%) se disaient opposés à cette Loi. ”Fillon, c’est Thatcher dans les années 80, la France mérite mieux que ça !” S’exclame Emmanuel Macron, et pourtant dans le préambule nous avons vu qu’il confiait à la BBC que selon lui il aurait fallu Margaret Thatcher à la France. A Alger il déclare «La colonisation française est un crime contre l’humanité». Mais cette première proposition qui rendrait la France passible du TPI est annihilée par cette injonction : « je ne regrette rien, la France a installé les droits de l’homme en Algérie, mais elle a oublié de les lire ». De fait, l’esprit néocolonial revient au galop. Dès lors comprenons une fois de plus, qu’en moins de deux minutes Emmanuel Macron est capable de changer son discours du tout au tout. Lire “Macron philosophe: ces intellectuels qui n’y croient pas”.

 

Voici quelques contradictions de M. Macron via twitter :

Enfin, l’auto-glorification est un ingrédient incontournable dans ses discours. Dans un premier temps il flatte son auditoire, avec des phrases consensuelles telles que « notre histoire inquiète le système«, ou encore « vous êtes exceptionnelles«. Toutefois, quand nous écoutons attentivement ses discours, nous percevons très vite qu’il y a toujours l’idée d’un “retour sur investissement” chez le banquier Macron. Si au préalable, il est aussi généreux avec son public, c’est pour mieux se glorifier par la suite. En somme, dès que nous actionnons le décodeur, nous obtenons l’image suivante: « vous êtes supers parce que vous suivez un super leader«. Alors bien sûr, on nous rétorquera que tout cela est le lot de nombreux hommes politiques. Certes, à ceci près que chez Emmanuel Macron, cette autoglorification voilée relève pratiquement du messianisme. D’ailleurs dernièrement sur RMC Gérard Filoche n’a-t-il pas comparé Emmanuel Macron à un prêcheur américain ? Et à y regarder de près, nous ne pouvons qu’adhérer à cette idée qui est corroborée par M. Macron lui-même lorsque, à ceux qui lui reprochent de ne pas avoir de programme, il répond « c’est une erreur de penser que le programme est le coeur d’une campagne électorale, car la politique c’est une magie mystique« . Et il ajoute « La dimension christique,  je ne la renie pas”.

… au point que son obsession du pouvoir tourne quelquefois au ridicule. Souvenez-vous ici, lors de son premier meeting parisien le 12 décembre dernier, de cet Emmanuel Macron surexcité, exubérant, soucieux de satisfaire ses ambitions. Voyez aussi son discours de Quimper du 16 janvier, où M. Macron sermonne Donald Trump… Pourquoi pas nous direz-vous, mais alors à vous de juger les mots qu’il emploie : « Monsieur Trump” ou « l’Américain », “N’oubliez jamais que si vous êtes une nation libre, c’est parce que des ambitieux sont partis de ces terres avec l’amour de la liberté, avec le même rêve, le rêve français, le rêve européen. Monsieur Trump, n’oubliez jamais ce que vous nous devez. La liberté, votre existence, c’est celle de Lafayette, c’est la nôtre« . Bref, cela se passe de commentaire.

 

Bien qu’il soit présenté par ses soutiens comme un esprit brillant, il n’y a jamais de rigueur dans les démonstrations d’Emmanuel Macron, en aucune façon notre homme ne prend la peine de partir d’un point A pour aller vers un point B. Il faut donc oublier la précision et la notion de logique avec Emmanuel Macron. A ce jour, seule l’exaltation de la course au pouvoir semble le combler.

Conclusion

Face à cette tentative de synthèse, il est indéniable qu’Emmanuel Macron bénéficie du soutien sans faille de beaucoup de grands médias. D’une part, certains patrons de la presse nationale affichent clairement leur préférence, d’autre part un très grand nombre de chroniqueurs vedette prennent le relais de leurs patrons en louant les mérites du candidat Macron, ce qui oriente forcément l’opinion publique. Cette quasi-unanimité dans la presse n’est pas sans rappeler le rôle que joua cette même presse à l’occasion du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005. Nous avons écrit en introduction qu’Emmanuel Macron “est l’incarnation de ce traité libéral », un point de vue conforté ici qui n’annonce rien de nouveau sous le soleil. De facto, cette propagande est donc surtout conforme aux attentes d’une minorité de gens liés par la richesse. Et Emmanuel Macron n’y apparaît alors que pour ce qu’il est : le faire-valoir d’une ploutocratie qui a pour objectif d’assurer ses avantages en contrôlant autant que possible le débat politique.

Le problème pour notre oligarchie hexagonale au demeurant atlantiste, c’est que le monde est encore en train de changer, et vite. La politique sécuritaire et militaire qu’a menée l’Occident s’est avérée plutôt décevante. Elle affiche un passif meurtrier et dévastateur, et nous pouvons nous risquer à penser que l’OTAN pourrait bien vivre son crépuscule dans les années à venir.

A partir de ce constat, l’escroquerie Macron ne fonctionne que si elle s’appuie sur une autre escroquerie nommée “Front national”. Grâce à la magie du “rassemblement républicain” qui se profile face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron est ainsi pratiquement sûr de remporter l’élection présidentielle. Aussi comprenons bien que la grande force de notre système politique est de favoriser au préalable le monstre FN, de le nourrir afin qu’il soit le plus effrayant possible, et ainsi de nous offrir un chevalier blanc qui abattra la bête au printemps prochain. “Nous sommes en pleine mystique“ nous dit M. Macron. Il est donc décidément très compliqué de lutter efficacement contre Emmanuel Macron. Qui plus est, il est à cette heure difficile d’imaginer comment un candidat de gauche pourrait dépasser Emmanuel Macron sans le concours du Parti socialiste. Or sur le plan de notre politique étrangère, le Parti “socialiste” a toujours été colonialiste et américanisé, et sur le plan intérieur le pouvoir socialiste a favorisé l’émergence d’Emmanuel Macron, tandis qu’il faut bien reconnaître que les différents gouvernements de François Hollande ont sans vergogne trahi leur électorat. Un constat d’autant plus amer  que malgré les résultats de la primaire, les apparatchiks Hollande, Valls, Ayrault ou encore Cambadélis, sont toujours les maîtres de la maison socialiste.

 

 

La nouvelle pantalonnade du Châtelain

Une campagne qui me chiffonne.

Chaque jour nous apporte son lot de révélations sur notre brave Prince des risettes. Il était déjà pourvu de tout ce qu’il faut pour sa cuisine électorale, le voilà désormais habillé pour l’hiver : celui qui va suivre son fiasco électoral qui ne fera pas un pli, fût-il d’un pantalon taillé sur mesure. En avril et mai prochains, mettre un bulletin dans l’urne relèvera du jeu de dés. Nous pensions qu’ils étaient pipés et nous découvrons, abasourdis, qu’ils sont ceux de tailleurs chics pour monarque toc.

Je sens que mon propos est sibyllin pour tous ceux qui ignorent tout de la garde-robe princière. Il est vrai qu’en matière républicaine il est délicat de se faire tailler un costard à la mesure de son ego. Notre bon châtelain avait longtemps servi de doublure ; il voulait trouver veste à sa taille, sans revers ni faux-col. Le plus délicat dans l’affaire était la dimension des poches. L’homme exigeait de quoi mettre portefeuilles et bourses sans que la moindre bosse n’apparaisse à l’extérieur.

Le tailleur, après un examen approfondi des usages de la maison, découvrit que les poches devaient être des puits sans fond, tant le bonhomme était cupide et sa gourmandise de l’argent sans limite. Le seul problème, d’ordre esthétique sans doute, résidait dans la nécessité de faire un contenant sur le dos de la veste. Son client refusant de savoir d’où venaient ses subsides.

La veste, naturellement, devait être réversible. C’est une nécessité dans la profession, tout autant qu’une gageure technique. Ceci expliquant sans doute le coût élevé de la fabrication et les quelques petits soucis de financement. Un bon ami se proposa de régler la note pour ne pas grever le budget de notre bon François.

Autre cas de conscience pour le tailleur, dont je tairai les origines afin de ne pas alimenter de vaines polémiques-nous pourrions une fois encore découvrir une vilaine affiche aux terribles relents antisémites-son client exige exclusivement le point de croix. La chose peut paraître surprenante mais il n’y a aucune marge de manœuvre sur cette particularité singulière.

Certains affirment, je n’en ai pas eu confirmation, que ce bon Sarthois d’origine voulait du tissu Prince de Galles. Le caprice viendrait, d’une tapissière qui aurait été employée à la confection de ce tissu si particulier. Ne souhaitant pas participer au complot, je garderai un silence prudent sur ce sujet qui me semble cousu de fil blanc.

Le pantalon du costume posa de toutes autres contraintes. Notre mannequin coquet exige une taille qui puisse être fortement serrée au niveau de la ceinture quoiqu’il ne s’appliquera jamais à lui-même le régime draconien prévu pour les autres. Les plis devront tomber parfaitement à la verticale et curieusement, pas de plis sur le côté gauche des jambières. Une fois encore le tailleur a su relever le défi tout en gardant, par-devers lui, une certaine circonspection sur les demandes de ce client hors-norme.

Autre fantaisie du bonhomme : la ceinture doit empêcher toute pose de bretelles. Il redoute par-dessus tout que des juges ou de simples manants viennent lui relever cet accessoire dont il tient absolument à se passer. Ni ceinture, ni bretelles et les poches pleines, c’est effectivement la quadrature du cercle pour l’homme des étoffes. Comment faire pour éviter la déculottée ?

Le tailleur n’était pas au bout de ses étonnements. Ce pantalon doit être en pied-de-poule. C’est assez logique quand on aspire à prendre la tête de ce pays, perché sur le tas immonde des affaires douteuses. Le petit coq de Loué a le sens du symbole et avec toutes les casseroles qu’il traîne, le coq au vin sera, à sa présidence, ce que la poule au pot fut au règne d’Henri IV.

Enfin ultime exigence de jocrisse : notre jésuite impose que son pantalon soit rembourré au niveau des genoux. La génuflexion de circonstance, la posture de façade ne doit pas pour autant blesser ses articulations si fragiles. Là encore, il ne faut pas que le public puisse percevoir l’astuce. Tout ne sera que dissimulation et leurre dans la vêture de l’homme, à prix d’or certes, mais jamais à son compte.

En tout état de cause, il faudra un sacré estomac pour supporter le régime qu’il nous prépare, les joyeuses coupes sombres qu’il veut appliquer à nos droits. Nous savons que les frais vestimentaires vont exploser, que les voyages privés se feront en jet, que toute sa famille sera employée au service de l’Etat, qu’il faudra prévoir une salle de prières dans tous ses déplacements. Nous devrons faire maigre pour que cette face de carême fasse gras à nos frais. Nous en sommes fort aise. La pantalonnade ne fait que commencer et je me pique de vous la narrer fidèlement. Qu’il prenne garde (robe) de ne pas faire de nous des sans-culottes enragés.

 

Vestimentairement sien.

Un costard pour François Fillon...

François Fillon s'est encore fait tailler un costard !
 
Décidément, les dernières révélations sur les costumes du candidat à la présidence de la République ne pouvaient que donner lieu à des polémiques, après les révélations sur ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Pénélope."
 
Il semblerait que le châtelain de Beaucé apprécie les costumes de luxe, les pulls en cachemire, et il préfère qu'on les lui offre : la maison Arnys sponsorise peut-être le candidat à l'élection présidentielle ?
 
Des costumes de luxe, très élégants lui ont été offerts par un ami.
 
Le Journal du dimanche affirme qu'un mécène a signé le 20 février un chèque de 13.000 euros pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics. "J'ai payé à la demande de François Fillon", a affirmé ce mécène.
 
"A cela s'ajouteraient, selon le JDD, près de 35.500 euros "réglés en liquide" pour de précédents achats au profit de M. Fillon chez ce tailleur, pour un montant de près de 48.500 euros au total, depuis 2012." 
 
Aussitôt François Fillon s'est offusqué de cette nouvelle polémique :
"J'observe que ma vie privée fait l'objet d'enquêtes en tous sens et que ce traitement m'est réservé. Mes faits et gestes sont scrutés tous les jours dans l'intention évidente de me nuire pour m'écarter de la course à la présidentielle", a déclaré le candidat Les Républicains.
 
Evidemment, après cette avalanche de révélations, François Fillon a beau jeu de dénoncer un acharnement et une volonté de lui nuire.
 
Mais il n'empêche, cette nouvelle indiscrétion révèle encore le train de vie luxueux de nos hommes politiques.
Il s'agirait d'un "don"....
 
Curieuse expression ! Comme si l'ancien premier ministre n'avait pas les moyens de se payer une garde-robe !
 
48.500 euros de costumes ! Une belle garde-robe, en effet !
 
La France est en faillite, mais certains n'hésitent pas à acheter des montres, des vêtements de luxe...
En fait, c'est une certaine France qui est en faillite, mais d'autres ne sont pas concernés par ce problème et mènent un grand train de vie.
 
Arnys est une boutique de luxe où l'on confectionne des costumes sur mesure... L'élégance se paie cher, près de 6000 euros pour le veste-pantalon chic et soigné...
Un luxe réservé à nos élites...
Un luxe éhonté quand on pense aux difficultés que rencontrent nombre de français dans leur vie quotidienne...

 

 

La France des téléviseurs sur le buffet

Parler des Français — et de la France en général — est un exercice récurent dans les périodes électorales. Chaque politique, chaque éditorialiste y va de sa petite phrase, de sa sentence, pour exprimer qui, « le malaise des Français », qui « la crise française », « le désarroi », « la colère », etc. Ces analyses pseudo-psychologisantes et de sociologie de comptoir — sur une population de plus de 65 millions de personnes et de 44 millions d’inscrits sur les listes électorales — n’engagent que ceux qui les énoncent.

La réalité sociologique, économique et politique de l’Hexagone est beaucoup plus complexe et différente que ce que les observateurs de « la vie politique » veulent bien restituer. L’une des raisons de ce décalage entre analyse globale et réalité, est principalement que tous ces analystes ne vont jamais chez les gens, ne savent même pas comment ils vivent. Ils n’ont surtout jamais passé une paire d’heure dans une « famille rurale moyenne », à dîner autour d’une table de salle à manger avec le téléviseur allumé en permanence.

Cet aspect des choses est pourtant central si l’on veut comprendre ce qu’il se passe un tant soit peu dans un pays qui semble décidé — d’un point de vue électoral — à porter en tête au premier tour de la présidentielle la candidate d’un parti d’extrême droite nationaliste, xénophobe et populiste. Parce que ceux qui questionnent la société et jouent à la décrire, sont les mêmes qui la fabriquent de toutes pièces à travers les écrans.

La réponse aux questions est dans le téléviseur

Comprendre l’état d’esprit d’une population, sa perception du monde, son quotidien, ses attentes, ses angoisses, craintes ou espoirs ne peut pas se faire à grands coups de sondages par téléphone ou par Internet à l’aide de questions fermées et réductrices.

Ce système, censé permettre de connaître « l’état de l’opinion » est à la fois tronqué et pervers, pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles est un phénomène de boucle récursive : celui qui questionne invite le questionné à répondre à des questions que celui-ci voit posées à longueur d’années à d’autres qui ont eux aussi vu les réponses à des questions qu’on leur pose. Le questionneur observe un autre questionneur, et chacun a déjà des réponses. Au final, ces réponses et les commentaires qui les accompagnent sont en permanence diffusées sur l’objet de toutes les questions et de toutes les réponses : le téléviseur.

Comment savoir si la colère d’un individu à propos de « la politique française » vient de sa propre perception et analyse du sujet ou bien n’est au fond que le strict compte-rendu de ce qui lui est diffusé à longueur de journées et de soirées par son téléviseur ? Voir et entendre des gens en colère contre un système politique, observer en continu des mensonges, des affaires de corruption, peut-il permettre d’obtenir une autre réponse que celle qu’on espère ? Le système d’allers-retours entre l’observateur et l’observé, puis les conclusions qui s’en dégagent est sans issue, mais reflète une situation autrement plus inquiétante que ce que les réponses [aux questions fermées] indiquent.

Le téléviseur montre le monde, avec sa méthode, son analyse, sa vision, ses biais, ses obsessions, ses limites, et surtout ses objectifs d’audience, pour ensuite demander à ceux qui le regardent ce qu’ils pensent du monde : l’exercice est vicieux et profondément malhonnête.

« On nous dit que ça va mal, et on se fait chier, alors on n’est pas content »

La télévision est est un outil incontournable et central dans les foyers français. Pas une seule maison (99%) en campagne n’a pas son énorme téléviseur qui tourne la plupart du temps du matin au soir. Un jeune couple de 22-23 ans s’installe pour la première fois : la télé est allumée en plein après-midi, puis elle rythme les repas et permet de « passer la soirée ». Les vieux y sont accrocs par nécessité sociale, puisqu’ils sont exclus de fait de la société.

Mais attendez voir, pourquoi donc la société exclurait-elle les vieux ? Et les jeunes, pourquoi fonctionneraient-ils de la même manière que les vieux dès qu’ils sont chez eux ? La réponse est vaste, multi-factorielle, mais peut-être amenée sans trop de risques, pour le monde rural en tout cas. Petit tour du désert culturel, social et éducatif des (très nombreuses) campagnes françaises :

La majorité des ruraux, (à l’exception des départements d’île de France — sauf la Seine Saint Denis) sont situés dans la tranche inférieure des salaires. Pour faire simple, les habitants des campagnes sont souvent au niveau du revenu médian ou inférieur, soit 1800€ ou moins. Cela n’est pour autant pas obligatoirement un critère de malaise économique et social, puisque le plus souvent, dans les foyers, les deux membres du couple travaillent.

Il y a bien entendu des campagnes où la richesse est très mal répartie, où des populations très importantes sont au chômage, ou ne dégagent pas des revenus suffisants, mais le problème majeur du monde rural n’est pas de façon centrale le pouvoir d’achat, comme cela peut-être le cas dans les zones à forte densité urbaine. La raison de cette différence ? Dans le monde rural, il n’y a plus rien à acheter. Tout est désert. Vide. Fermé. Abandonné. Ceux qui peuvent ramer en termes économiques, le plus souvent, sont des nouveaux venus de la ville qui ont fait construire leur maison « Pierre » à 200 000€, et peinent — surtout en cas de perte d’emploi — à payer leurs traites.

Pour le reste, ce n’est pas le manque d’argent le problème. Chacun va pousser son caddy au supermarché, comme en ville, en payant moins cher qu’en ville, parce que la grande distribution s’adapte et qu’elle a tué 90% des petits commerces qui ont (presque) tous fermé. Les locations sont peu chères, dans des zones où — surtout depuis 2008 — les prix à la vente ont chuté dans des mesures inédites, avec un parc immobilier qui reste sans acheteurs. Il faut dire que devenir proprio d’une maison à 40 km ou plus du premier hôpital et du premier cinéma, cerné par des villages fantômes n’est pas très engageant. A moins que l’on ne cherche qu’une seule chose : se retirer au maximum de la société française.

Dans ces campagnes vides, la télé explique, sur son buffet (ou son meuble Ikéa de la maison « Pierre ») que ça va mal. Très mal. Et effectivement, quand on voit les mines décomposées des téléspectateurs tournés vers le buffet, on se dit que « oui, ça va mal ». Surtout eux. Ces gens qui se font chier, et qui ne sont pas contents, au final. Parce que la télévision le leur dit, et parce qu’au fond, même s’ils ne l’avouent pas directement, ils ne sont pas contents de se faire autant chier.

30 ans d’industrialisation de la vie et de destruction de la culture collective

Pour qui fait l’effort de s’intéresser aux campagnes françaises en 2017, le constat est toujours le même : ce sont des territoires à l’abandon. Pas seulement en termes d’activité économique, ce serait bien trop simple et réducteur, mais surtout en termes de vie culturelle. Les concerts de rock, les bals, les troupe de théâtre amateur, les cafés à baby-foot et flipper ont disparu. Les épiceries-café ne sont plus là. Les villages sont devenus des cités dortoir et des mouroirs pour vieillards abandonnés. Les places de village sont désertes, même au printemps ou en été. Plus de gamins en vélo sur les bords des départementales, à skate ou en train de jouer avec un ballon, un boomerang ou n’importe quel truc analogique qui fait du sens à plusieurs. Les vieux ne jouent même plus aux boules, sauf dans le sud-est, et encore, pas partout, loin de là. Que s’est-il passé ? Comment un pays bien déconneur, festif, toujours prêt à semer le bordel en est venu à agoniser d’une manière pareille, dans un isolement aussi terrifiant, à la limite de la pathologie collective ?

 

Tout s’est retiré, doucement. Sans faire de bruit. Les subventions aux associations sont parties en même temps que les taxes sur les jeux collectifs ou vidéo dans les bars ont explosé, que les plaintes pour le « bruit » causé par les concerts ont convaincu les mairies de les interdire, que les normes se sont empilées. Un gamin est hors-la-loi aujourd’hui s’il fait du vélo sans casque. Fumer une clope dans un lieu public est un acte quasi criminel. Il n’y a de toute manière plus de lieux où se retrouver, si ce n’est le centre commercial du coin. Ou personne ne se retrouve puisque ce n’est pas fait pour ça. L’industrie s’est immiscée partout, a tué les petits commerces, soutenue par les différents gouvernements, jusqu’à piloter le vivre ensemble.

Photo : Jean-Louis Zimmermann

Rien n’a échappé aux vautours du CAC 40 et aux agro-industriels, jusqu’à vassaliser les habitants de régions entièrement vidées de leur culture collective, des échanges humains millénaires qui y créaient du sens. Le tout accompagné par le désengagement de l’Etat et de ses entreprises nationales qui ferment bureaux de postes et gares.

Des campagnes entières voient un nombre impressionnant de leurs habitants travailler ou pour la grand distribution ou les collectivités territoriales, les autres se débrouillent avec les miettes. Certains villages ont la moitié de leurs habitants qui travaillent pour la maison de retraite du coin, la mairie, l’école ou les supermarchés locaux. Oui « les ». Parce qu’en plus, dans des endroits peu peuplés, il est possible de trouver plusieurs supermarchés : l’enseigne normale, pour ceux qui bossent, et l’enseigne low-cost pour les pauvres, qui n’ont pas assez de travail ou pas du tout. Les travaux public-privé jouent aussi leur rôle : tu peux travailler pour la compagnie des eaux, le BTP départemental ou régional, la voirie. Une sorte d’assistanat public par le travail subventionné.

Le téléviseur, c’est de la merde, mais on s’en passera pas

Interroger les gens en campagne sur leur occupation télévisuelle est redoutable. Ils n’aiment pas la télévision, en général. Mais ils la regardent tous, à haute dose. La télévision les agace. Voire les énerve. Les met en colère. « Voir tout ça, là, tous ces salopards, et après on se dit qu’on trime pour avoir rien à la retraite, et en plus quand on pense à tous ceux qui profitent du système, alors que nous on a droit à rien » est un dialogue assez standard des zones rurales. Les « salopards qui profitent » sont les politiques et leurs affaires de corruption, les abus de biens sociaux des cadres des grandes entreprises, des gens du star système économique ou autres riches délinquants en col blanc. Les profiteurs, ce sont les noirs et les arabes filmés en caméra cachée par M6 ou autres chaînes putassières qui diffusent à longueur d’années des « reportages » sur les banlieues chaudes, le trafic de drogue, les arnaques aux allocations, etc. Que les profiteurs en question, présentés par ces chaînes, ne représentent que quelques pour-cent de l’ensemble des habitants des banlieues n’est bien entendu jamais soumis à la sagacité des téléspectateurs, et aucun rural ne pourrait vous croire si vous lui expliquiez la réalité.

D’ailleurs, la réalité, tout le monde s’en fout pas mal, parce que le téléviseur c’est surtout une forme hypnotique de communion familiale (et pourquoi pas étendue au cercle du travail quand on échange sur les derniers rebondissements de « l’Amour est dans le pré »). S’il n’y avait pas le téléviseur, qu’est-ce qu’on pourrait bien faire quand on rentre du boulot ? Comment occuper son temps, de quoi parler si l’on n’a pas de sujet ? Le téléviseur offre tout ça. Et bien que ce soit de la merde, « parce que quand même, à la télé, ils font n’importe quoi ces gens, là, à Paris, et puis ils savent même pas ce qu’on vit, ils sont dans leur monde« , on ne s’en passera pas.

Parce que cette merde, c’est tout ce qu’il reste. Et que l’énervement collectif, la crise française, est en réalité une crise de civilisation, culturelle, d’une population qui a laissé filer toute sa culture, ses lieux d’échanges, ses habitudes collectives, son vivre ensemble. Au profit d’équipements électro-ménagers, de gadgets technologiques, de confort industriel, de week-end à Sarkoland, de maisons en lotissement avec garage clôturé par des murs en parpaings, d’achats en ligne d’objets de merdes jetés 3 mois après leur achat, de gamins qui en guise d’éducation se voient offrir des tablettes ou des console de jeu et passent leur temps devant des écrans, après avoir absorbé des doses de pesticides, d’hormones et autres produits chimiques issus de la nourriture de supermarché que leurs parents halluciné devant le poste leur servent consciencieusement.

La France des téléviseurs sur le buffet existe. Elle est nombreuse. Peut-être bien 30 ou 40% de l’ensemble. Elle se fait chier, a tout perdu au profit d’une existence vide de sens, elle se sent isolée, perdue, et comme on lui répète que ça va mal et que ça va empirer, elle va voter, en partie, pour ceux qui lui répètent à longueur de temps qu’ils vont « rétablir les choses », « redonner du sens ». National le sens, bien entendu.

Lutter contre ça, politiquement, demande de se questionner sur la société que l’on veut voir advenir. Pas simplement proposer de mieux gérer le pays, ou de raser gratis. C’est un véritable travail de fond qu’il faudrait effectuer, pour réorganiser notre vivre ensemble, retrouver des lieux d’échanges, de vie collective, de partages. Mais pour ça, il faudrait en premier tordre le bras aux puissants. Ceux qui ont industrialisé la vie. Et comme ce sont eux qui dirigent, il n’est pas certain que grand chose ne change.

On peut toujours espérer.

 

Source: https://reflets.info/la-france-des-televiseurs-sur-le-buffet/

Nos très chers Sénateurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit du 4 août 1789 abolition des privilèges et et des droits féodaux.

Faudrait-il refaire un remake de la nuit du 4 août pour abolir les privilèges et droits sénatoriaux ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mener un train de vie de sénateur c'est le nec plus ultra de l'inégalité, des privilèges, de la dolce vita.

343 privilégiés.

Leur travail

Voter des lois, en proposer

Contrôler du gouvernement, amender des loi proposées par le parlement.

Semaine de 32 heures, environ 4 mois de congés/an

 Présence


 Certains trouvent cela trop contraignant

D'après les observateurs

90 seraient assidus

120 feraient du temps partiel variable,

D’autres on les verrait très peu,

Quelques-uns pas du tout

Là on est dans l'emploi fictif.

 

Leurs salaires

13621,75 euros mensuels, dont 6414 euros de frais de mandat accordés sans justificatifs et non imposables.

 

La plupart cumulent le poste et les salaires avec ceux de maire ou conseiller général.

7500 euros leurs sont attribués pour l'emploi d'assistants sénatoriaux, et ils ne se privent pas s'embaucher leur femme leurs enfants, leurs amis.

Voiture et appartement de fonction à vie pour les anciens présidents.

Prime de Noël de 8.000 euros, et des parachutes dorés

Un conseillé UMP aurait reçu 175.000 euros d'indemnité de départ.

http://www.emploitheque.org/salaire-senateurs.php

 Autres avantages

RATP, SNCF, TAXIS, AIR FRANCE Gratuits.

Véhicule à disposition.

 Retraite

Au bout de 6 ans 1869 euros de retraite à vie.

Au bout de 15 ans 4000 euros de retraite à vie

Plus les retraites des autres activités

 

 

Cadre de vie et petits avantages.

 Palais du Luxembourg, 35.000 M2

Avec coiffeurs, médecin, cave à vins, restaurant haut de gamme à des prix de gargote.

 

Pour les aider, leur préparer un cadre de travail agréable
 

1.200 fonctionnaires sont à leur service

Entre autres,

150 administratifs

91 surveillants

127 assistantes de direction.

82 jardiniers.

Salaire d'un agent de base en fin de carrière 6000 euros.

Alors pendant que la presse se lance à corps perdu à la chasse des possibles malversations ou emplois fictifs des candidats à la présidence, toute une faune vit tranquillement profitant d'avantages exorbitants, mais personne ne dit rien, même pas la Cour des comptes

Elle n'a pas de droit de regard le sénat.

 

Des intouchables. Alors, les privilèges ont vraiment été abolis ?

 S’engager dans la Marine ?

Au moment où l’on vient de célébrer la journée des droits des femmes, faut-il s’engager avec Marine Le Pen qui assure défendre les femmes ?

« Non » ! répond Rebecca Amsellem, responsable de la plate-forme : « les femmes ont le pouvoir », et fondatrice de la newsletter féministe « les glorieuses » car d’après elle, c’est Marine Le Pen qui est la plus mal placée pour défendre le droit des femmes.

Interviewé par Catherine Boullay et Éric Delvaux, sur l’antenne de France Inter, le 8 marsRebecca Amsellem, après avoir lu le programme de tous les candidats à la présidentielle concluait clairement que « Benoit Hamon et Emmanuel Macron sont les candidats les moins inattentifs aux droits des femmes »...

Extrait :

« La plus rétrograde est Marine Le Pen, qui a systématiquement voté contre au parlement européen toutes les possibilités d’avancées sur les conditions des femmes en Europe. C’est un paradoxe, elle se présente comme une féministe, comme une femme, une mère de la patrie et au final quand elle est au pouvoir, (au parlement européen) et quand elle peut faire ce qu’elle peut faire, elle va voter systématiquement contre toutes les lois », ce qui n’a pas empêché la candidate frontiste d’affirmer qu’elle « défendait le droit des femmes face au fondamentalisme », assurant qu’elle était la seule à en parler. 

En 2015, au parlement européen elle et des membres de son parti ont voté contre l’égalité de l’homme et de la femme.

Le Front National s’est également opposé à la parité homme-femmes dans les appels d’offre pour des marchés publics.

C’est aussi au Parlement Européen que l’intégralité des élus FN a voté contre le paragraphe autorisant l’IVG

Quand on songe que MLP est la seule femme candidate à l’élection présidentielle, on peut trouver dommage que sur ce thème elle soit particulièrement anti-féministe.

 

Pas étonnant dès lors que Janusz Korwin-Mikke, député européen d’extrême droite ait tenu récemment de scandaleux propos : « les femmes devraient gagner moins que les hommes parce qu’elles sont plus faibles, plus petites, moins intelligentes  », agrémentant ses propos d’un salut nazi.  

Cerise sur le gâteau, il s’oppose au droit de vote des femmes, considérant les femmes comme un stade intermédiaire entre l’homme et l’enfant. 

Pour en finir avec la candidate du FN, on sait maintenant, grâce à des mails publiés (entre autres) par Médiapart que MLP a été informée de la situation problématique de son ancien conseiller, Gaël Nofri, soupçonné d’avoir été rémunéré pendant la campagne de 2012 par un contrat fictif. 

Affaire à suivre donc...

Revenons au droit des femmes...

Qu’en est-il aujourd’hui depuis 2012.

Si quelques progrès peuvent être constatés, il reste quand même beaucoup à faire.

La France est passée en matière d’égalité femmes-hommes de la 45ème place à la 15èmeplace, si l’on en croit le rapport mondial de WEF (World Economic Forum), et les écarts de salaires diminuent 2 fois plus vite en France que dans le reste de l’Union Européenne.

Mais même si globalement, on ne peut nier quelques progrès, il reste beaucoup à faire.

Ainsi, la lutte contre les violences a été dotée de nouvelles armes législatives, l’égalité professionnelle a progressé, une meilleure parité dans la vie publique a été constatée, l’accès à la retraite est plus juste en tenant compte des trimestres d’interruption provoquée par les congés de maternité, 42 700 nouvelles places en crèche ont été créés, l’allocation de soutien familial est passée de 90 euros à 120 euros, l’accès à l’IVG et à la contraception ont été facilités, mais il reste encore du chemin à effectuer.

Depuis 1791, date à laquelle Olympe de Gouges à rédigé la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, suivie par la loi de 1782 qui permis le divorce par consentement mutuel, il fallut attendre 1850 pour que la création d’écoles de filles dans les communes de 800 habitants soit obligatoire.

Puis il fallut attendre 1944 pour que les femmes et le droit de vote et d’éligibilité, puis 1965 pour qu’elles aient le droit d’exercer une profession sans l’autorisation de leur mari...et 7 ans après, la reconnaissance du principe « à travail égal, salaire égal  », dont on sait qu’aujourd’hui encore, ce principe est loin d’être respecté.

Ce n’est pourtant qu’en 2014 que fut votée la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes...avec le résultat timide que l’on connait encore aujourd’hui.

Ce n’est qu’en 1982 que l’IVG a été remboursée par la sécurité sociale, et qu’en 1984 que le congé parental fut offert à chacun des parents.

 

En 2004, une loi introduit la procédure d’éviction du conjoint violent, mais on sait bien qu’aujourd’hui encore, des femmes tombent sous les coups de leur mari, et que dans la grande majorité des cas, celle qui subit les violences n’ose pas porter plainte ?

En effet, en 20152 ans après le lancement du plan de lutte et de prévention contre les violences faites aux femmes, grâce à la plateforme du 3919, on put constater qu’elles étaient encore 216 000 a être victimes de violences. 

Aujourd'hui encore, une femme meurt tous les 3 jours suite aux violences conjugales. 

On le voit, l’égalité réelle entre femme et homme est loin d’être réalisée.

Comme dit mon vieil ami africain : « la femme est la ceinture qui tient le pantalon de l’homme ».

 

L’image illustrant l’article vient d’arcadefever.fr

La grenouille ne savait pas qu’elle était cuite

Une grenouille nageait dans une marmite remplie d'eau sous laquelle un feu avait été allumé. L'amphibien nageait comme si de rien n’était. Quand l'eau est devenue tiède, la grenouille s'est agitée moins mais sans s’affoler, et quand l'eau est devenue vraiment chaude, elle s'est affaiblie jusqu'à ce qu’elle finisse par cuire et mourir. Si elle avait été plongée directement dans de l'eau à 50 degrés, la même grenouille aurait donné le coup de patte qui l'aurait éjectée de la marmite.

Comme pour la « liberté », concept aux contours flous, difficile à cerner et générateur de débats interminables, c’est quand on est privé de « démocratie » que l’on comprend ce qu’on a perdu. Or, il existe d’autres de moyens pour détruire une « démocratie » que de défiler dans les rues en scandant des slogans, investir les stations de radio et/ou arrêter des politiciens. C’est ce qu’Adolf Hitler avait compris après l'échec de son putsch en 1923. Dix ans plus tard, le 30 janvier 1933, quand il a été nommé chancelier, il était déjà devenu le chef du parti national-socialiste, le plus grand parti politique du pays. Pourtant, cinq ans plus tôt, en mai 1928, les nazis avaient récolté moins de 3% des suffrages aux élections nationales. Mais en juillet 1932, ils remportaient 37 % des voix … et six mois plus tard, Hitler était au pouvoir.

Même s’il n'avait pas été élu, sa nomination à la tête du gouvernement était légale et constitutionnelle, le résultat d’une intrigue politique auprès du président Hindenburg. Beaucoup de gens pensaient qu’il serait un dirigeant comme un autre. Le conservateur Franz von Papen et les dirigeants du Parti Populaire National Allemand pensaient qu'ils seraient capables de le contrôler, parce qu'ils étaient plus expérimentés et constituaient la majorité dans le gouvernement de coalition qu’Hitler dirigeait. D'autres pensaient que les responsabilités de la charge le calmeraient et l'orienteraient vers des méthodes conventionnelles. Ils avaient tort.

C’est entre 1928 et 1930 sur fond d’une crise économique majeure qui avait entraîné l'Allemagne dans une dépression profonde, qu’Hitler a gagné l'appui des masses : il offrait aux électeurs la vision d'un avenir meilleur qui contrastait avec les rengaines des partis qui étaient accusés d’avoir plongé le pays dans la crise. Les plus pauvres continuaient à voter pour le Parti communiste et les sociaux-démocrates, mais les « classes moyennes », la bourgeoisie, les ouvriers non organisés, les masses rurales et les retraités qui attendaient une « restauration morale » de la nation avaient transféré leurs voix depuis les principaux partis centristes et de droite sur la partie nazi.

Alors que les autres politiciens semblaient se limiter à gérer le quotidien, Hitler proposait un objectif et insufflait du dynamisme. Il s'est révélé être un expert pour manipuler les médias en leur faisant publier un flux incessant de slogans pour gagner de nouveaux partisans : « il rendrait à l'Allemagne sa beauté, il donnerait aux Allemands du travail, il mettrait l'Allemagne au-dessus de tout (über alles), il ranimerait les industries abandonnées, dévastées par la dépression économique, il écraserait les idéologies d’origines étrangères - socialisme, libéralisme, communisme - qui « sapaient le moral de la nation et détruisait ses valeurs fondamentales ».

Ses discours étaient soigneusement préparés. Sous une apparence de spontanéité, ils étaient en fait calculés. Remplis de lieux communs et de clichés et faisant appel à l’émotion plus qu’à la raison, ils étaient conçus pour obtenir l'attention maximale des médias et la réaction maximale de la foule à laquelle ils s’adressaient.

Peu de gens pensaient qu'il mettrait à exécution ses menaces contre la minorité juive du pays, les féministes, les politiciens de gauche, les homosexuels, les pacifistes et les éditeurs de journaux libéraux. Or, quelques mois après son entrée en fonction, c’est ce qu’il a fait, et bien plus encore.

Rapidement, les exécutions de condamnés à mort ont commencé, atteignant un total de plus de 16 000 en 12 ans de pouvoir, et la population carcérale est passée de 50 000 en 1930 à plus de 100 000 à la veille de la guerre. Les associations féministes ont toutes été interdites, la loi condamnant les actes homosexuels entre hommes a été renforcée, les vagabonds ont été emprisonnés, les immigrants polonais illégaux ont été expulsés. L'histoire de la politique allemande entre le 30 janvier et le 30 juillet 1933 est essentiellement celle de la destruction des institutions démocratiques du pays, de la liberté de la presse et des médias et de la mise en place d’un état à parti unique dans lequel l'opposition condamnée à l'emprisonnement, à l’exil ou à la mort. Après les « cent premiers jours » d'Hitler, les changements radicaux ont continué. Rien n’était caché : les dirigeants nazis avaient annoncé clairement ce qu'ils avaient l'intention de faire, mais peu de gens les considéraient comme une menace réelle avant qu'ils n'arrivent au pouvoir.

Le régime nazi était une « kleptocratie » ; Il reposait sur le clientélisme. Les anciennes procédures de nominations et les règles de conduite pour les hauts fonctionnaires ont été remplacées par un népotisme généralisé. La confiscation et le rachat forcé d'entreprises appartenant à des opposants privés ou institutionnels (syndicats et partis) ont alimenté les fortunes des dirigeants du parti qui ont également profité de la saisie des biens des populations proscrites.

Comment tout cela a-t-il pu se produire avec si peu d'opposition ? Qu'est-ce qui a poussé la « démocratie » allemande à une telle sidération et à un effondrement si rapide ? L'état allemand, reconstitué après la guerre, possédait de solides structures constitutionnelles et juridiques. Les juges étaient indépendants, tout comme la police et les procureurs. En fait, c’est après la destruction du Reichstag les 27 et 28 février 1933 que le gouvernement hitlérien a été en mesure de gouverner par décrets. Les nazis ont présenté cet incendie comme un acte terroriste du Parti communiste pour prendre le pouvoir. Le gouvernement a alors déclaré l'état d'urgence, et Hitler a exploité une disposition de la Constitution de la République de Weimar qui lui a permis de diriger par mesures d’exception. La confiscation du pouvoir a été menée étape par étape, chaque étape ayant les apparences de la légalité. Le 7 avril 1933, le gouvernement a émis un ordre exécutif interdisant aux juifs et aux opposants politiques du régime les emplois de fonctionnaires. De nombreuses dispositions semblables pour aboutir à la fin de l'été 34 à une loi déclarant Hitler dictateur à vie. Après l’arrestation des députés communistes, le parlement a voté ces lois qui avaient l'apparence de la légitimité. Beaucoup d'Allemands désapprouvaient ces mesures : Hitler n’est pas arrivé au pouvoir suprême sous les acclamations populaires. Au contraire, lors des dernières élections libres de la République de Weimar, les partis de gauche - les communistes et les sociaux-démocrates - ont obtenu plus de voix et de sièges au parlement que les nazis. Mais ils étaient profondément divisés, et n’ont pas su constituer une force cohérente.

Avant tout, Hitler était un personnage médiatique qui a gagné en popularité et contrôlé son pays par des discours et de la publicité. Loin d'être un homme politique crédible, il était capricieux, changeant, instable, allergique à la critique et souvent indécis, mais son parcours est un avertissement de l’histoire.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnes ici ou là dans le monde aujourd’hui devrait nous alerter.

 

 

Fillon et Pénélope, au château de Sablé, dix ans après : En pensant à « Bouvard et Pécuchet »

Bien des années plus tard après ce qu’on nomma le PénélopeGate, et d’autres « un coup d’état institutionnel », nous sommes revenus à Sablé voir comment le couple a su rebondir. Pas si mal au fond, quand on considère à quelle profondeur ils avaient plongé…. Bref retour en arrière :

 

      Qui ne se rappelle pas des élections présidentielles 2017 ?…. Bien que cela soit loin, et que des événements autrement importants se soient produits depuis…. Mais le climat déjà était inédit... Rappelez-vous du meeting du Trocadéro, du baroud d'honneur de François Fillon, avec les derniers grognards républicains, faisant une haie d’honneur à leur empereur, avant que celui-ci ne s’exile, surjouant un peu les adieux, comme dans un tableau du peintre David !…

Oh, pas bien loin !….Juste dans leur castel de la Sarthe !. Après avoir louché sur les habits et la rectitude morale du général, Fillon cru bon à l’époque de s’identifier quelques jours à Napoléon, dans sa valse des costumes et des contradictions, comme dans le film "Zelig". Il singea pour finir le Bonaparte du 18 Brumaire, dans une folle course en avant. On l’avait retenu ! Il aurait voulu s’affranchir du Trocadéro, trop étroit, monter sur la pyramide du Louvre…. « Soldats ! Du haut de cette pyramide quarante siècles vous contemplent !"..., etc, etc.... 

C'est peut-être un détail pour vous. Mais pour lui, ça voulait dire beaucoup. Ça voulait dire qu'il était libre ! Heureux d'être là malgré tout !.....Même s’il reconnaissait maintenant des erreurs du bout des lèvres, "à l'insu de son propre gré", il n’avait jamais renoncé à faire des emprunts et du copié-collé en rapport aux personnages historiques, quitte à se mettre en danger !..

 

      « Ne pas se laisser abattre ! » François était une combattant, un crispé, un gars qui ne lâchait jamais, surtout la cassette des primaires qu'il s'était autoproclamé propriétaire historique et indiscutable  ! Il aurait voulu au moins ajouter du superbe à son départ, qu'on le monte dans un navire en partance pour l’ile d’Elbe, avec un quarteron de fidèles dévoués à sa cause.

C’est là qu’il aurait préparé son retour, cent jours qui l’auraient mené au pouvoir après une marche triomphale sur Paris. Mais les juges ne l’entendaient pas ainsi. Encore moins les anciens copains, qui le poussèrent gentiment de la tribune, après « avoir évalué la situation »… Un euphémisme en forme de coup de pied au cul.

        Ils lui souhaitèrent bonne retraite au château, se cotisant même pour lui offrir une chaise longue, et des mitaines en cuir estampillées « Michael Schumacher » pour conduire sa vieille Peugeot.

 

        Ces gens là n’avaient aucune grandeur. Rien que des faquins !...Pénélope, qui avait été victime d’un complot sexiste, certains lui reprochant de ne pas avoir fait de marmelade, selon François, était là pour l’assister en ces tristes temps de déconfitures. C’en était fini pour quelques temps au moins de la politique.

Un moment il se plut à recevoir quelques disciples dans une salle froide du château. Ils le regardaient avec des yeux de fidèles ébahis. Ils le voyaient comme un roi thaumaturge, capable de soulager les plaies, le chômage, par simple imposition des mains.

        Une nouvelle Jeanne d’Arc vint le voir. C'était la rançon de ces temps incertains de voir des âmes faibles se chercher des maîtres parmi tous ceux qui avaient des certitudes, et même les idiots du village rencontraient un beau succés dès qu'ils élevaient la voix. Dieu lui était apparu à elle aussi, et elle se disait prête à mettre heaume et habit d’homme pour représenter ses couleurs, et l’amener sur le trône. Mais il avait toujours été opposé aux transgenres, et ces histoires de mariage pour tous ne relevaient pas de sa conception du couple. «  Retournez à vos fourneaux, lui dit-il. Je vous ai assez entendue ! »

       Il savait bien qu’il devait se mettre à l’écart du monde, pour mieux revenir un jour. Il se consolait en pensant à tous ceux qui avaient eu leur traversée du désert : De Gaulle en Angleterre par exemple...Il évitait de penser au maréchal Pétain à l’ile de Noirmoutier…Comment s’occuper, quand on n’est plus candidat ?

 

       Sa première idée fut d’écrire ses mémoires, semblablement encore au général. Il se sentit inspiré. Il fallait battre le fer quand il était chaud !. Et surtout mettre les choses au clair, ! C’est à dire sauver son honneur, et celui de sa famille ! . Le personnage de Montaigne l’avait influencé dans cette entreprise, version magazine de bon goût, genre « Maison chic », et « Marie-Claire »,…

Les locaux où le grand homme avait écrit ses essais avaient belle allure. Il aménagea donc lui aussi un pigeonnier, comme cet ancien maire de Bordeaux l’avait fait en son temps. Cela l’occupa les derniers mois de l’été, quand la rumeur de la présidentielle s’était éloignée …..Montaigne...Rien à voir bien sûr avec ce fielleux félon de Juppé, ce traître opportuniste, qui avait occupé lui aussi ces charges de maire dans la même ville !

       Une table et un fauteuil furent montés là-haut et installés face à un mur, contigu à une large bibliothèque, où Pénélope installa les œuvres de Shakespeare. Il convoqua l’inspiration sur le champ, comme un attaché parlementaire payé à la tâche, après avoir aiguisé ses crayons. Le silence lui pesa un peu. 

       Il relut les maximes de Montaigne tant elles lui plaisaient : « Il s’agit de mettre son âme et sa vie à nu : Je veux qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention ni artifice : car c’est moi que je peins. Mes défauts s’y liront au vif. »

       Sur ce dernier point, il divergeait. Lui ne tenait à montrer que ses qualités. Il y avait bien assez de gens pour souligner ses maigres défauts. Un stylo à la main, il se laissa aller à des essais, les biffa, les envoyant rageusement à la corbeille.

 

      Penny crut bon de lui donner quelques conseils, en rapport avec son ex boulot d’attaché. Elle surgissait ainsi de derrière les tentures. Il la laissa jouer du stylo rouge, comme une gouvernante anglaise, et préféra se taire, en fronçant les sourcils, quand elle confondait effets de style et fautes d’orthographe. C’était ainsi qu’il obtenait la paix familiale. C’était assez des ennemis de l’autre côté des murs en pierres du château, sans en ajouter de l’intérieur.

Il avait beau faire, tourner les phrases comme il pouvait, il voyait bien que les moqueurs auraient tôt fait de dénoncer ces demies vérités, ces gros mensonges, et les oublis derrière lesquels il tentait de se donner une posture… Toute référence explicite au général De Gaulle lui était maintenant interdite ! Et il ne pouvait même plus incarner les belles valeurs d’honnêteté, de la probité et de morale, qui lui allaient naguère comme un costume de curé un jour de mardi gras….

       C’était comme si on avait volé le stradivarius à un musicien de concert, pour l’obliger dorénavant à jouer avec un crincrin... …..Lui qui savait si bien mentir, et utiliser tant d’artifices, il se trouva fort mal à l’aise avec la vérité nue !

       Le pigeonnier fut abandonné. Voilà qu’il s’était trouvé une autre marotte. Le présent, trop décevant, ne l’intéressait plus. Il s’était mis à la généalogie, persuadé de pouvoir trouver dans les secrets du passé, une explication à sa noblesse naturelle. Ce devait sans doute être à la révolution que les manants volèrent à la famille De Fillon sa particule.

       Il se lança dans de grandes recherches, explorant les registres de mairie de Sablé et des ses environs. Il voulait restaurer les armoiries en son nom, au dessus de la grande porte du château, et prouver au vulgaire combien il était issu de noble extraction. Ce fut dans un premier temps décevant. Du coté paternel, ce n’était que d’humbles et modestes gens de labeur, maçons, sabotiers…

       Il n’aurait pas manqué qu’il trouve une famille de rétameurs, s’occupant à forger casseroles et couverts toute la sainte journée ….Les échotiers se seraient encore déchaînés. Mieux valait oublier cette vile branche et passer à la page suivante.

       Un cabinet de généalogiste opérant en bande organisée trouva de plus sérieuses références, du côté de l’arrière-grand-mère maternelle. (GénéInfos : La généalogie de François Fillon) http://bit.ly/2lOx3a6 Ils lui garantirent qu’il tenait d’un écuyer du roi. Autrement dit de la famille royale. C’était là en descendance lointaine de Charlemagne assurément une bonne affaire !

       A vrai dire, il n’en attendait pas moins, et aurait été déçu de n’être que descendant du chevalier Roland…. Mauvaise pioche : Cette aïeule, surprise du destin semblait appartenir aussi à la même branche que le sieur Dominique de Villepin.

       On n’est jamais mieux trahi que par les siens ! Murmura François. Villepin avait été en effet un de ceux qui l’avait jeté sans vergogne aux chiens ! http://bit.ly/2mHTQZn&nbsp ;

 

      Plus intéressant, les Fillon, lui avait-on assuré, seraient en bien de demander des milliards de dédommagement en rapport avec ce qu’il faut bien appeler déjà une infamie historique. http://bit.ly/2lODKsE (L'héritage colossal de François Fillon | Le Club de Mediapart)

Mais les chances de retrouver ses fonds, après enquête, lui parurent bien minces. Il y avait autant de filous que de Fillon dans ce pays, et le nombre de prétendants à cette bonne fortune de quelques milliards d’euros était aussi astronomique qu’une chaîne de Ponzi alimentant les chimères de pauvres gogos !

      C’était à vous dégouter de la généalogie ! Il n’y avait rien à tirer de cette science insipide ! D’ailleurs il y avait là dans l’arbre des ancêtres d’autres noms, très sulfureux, qui auraient fait rire les méchantes langues, si d’aventure il leur était tombé dans les mains.

     Ainsi cette « Jeanne Fumée », et cette autre « Jeanne Coquine. ». (Génération 16 et 18) dont on unirait fatalement les qualificatifs pour dire, une fois de plus qu’ il n’y avait pas de fumée sans feu !...Le canard en attrapera le hoquet !

 

      Il retourna un temps à l’oisiveté, se passionna un peu pour les mots croisés du journal ….Une définition malheureuse, où il fallait trouver un nom en six lettres en rapport avec un « politicien français ayant abusé des finances publiques » le brouilla avec la science cruciverbiste, et lui fit résilié son abonnement.

Beaucoup de mauvaises langues affirmèrent que toute son agitation stérile tenait du même comportement désordonné que l’on trouvait chez « Bouvard et Pécuchet  » ce magnifique roman de Gustave Flaubert. : Deux vieux rentiers, qui brassaient tout et ne retenaient rien.

 

      Ce fut « les 24 heures du Mans » qui l’agitèrent un moment, quand revint le mois de Juin. Tout son goût pour la compétition sportive avait été ranimé par le bruit des puissants moteurs sur la grille de départ. Il pensa un moment se lancer ainsi dans une carrière de pilote d’endurance. Le sport automobile avec ses têtes à queue et ses queues de poisson avait beaucoup à voir en effet avec l’arène du monde politique.

Fidèle à sa légende, il serait celui qui ne décroche jamais, toujours au volant même quand la voiture serait renversé sur le toit. Mais désormais il aurait un casque sur la tête pour le protéger des mauvais coups.

      Mais las,….Les puissants industriels qui l lui prêtaient auparavant des Ferrari faisaient maintenant la sourde oreille. Et s’acheter une voiture de ce type aurait ruiné ses finances ! C’est que l’homme était un peu pingre. Un défaut qu’il avait camouflé pendant longtemps ! C’est que la prodigalité des autres lui permettait d’avoir grande vie, sans solliciter son porte-monnaie, qu’il n’ouvrait qu’à l’office, le dimanche pour se débarrasser de ses pièces jaunes dans la corbeille de la quête, depuis que Bernadette Chirac ne lui faisait plus les poches.

      Mais maintenant qu’il devait faire le plein d’essence, comme un citoyen lambda, il se surprenait à considérer qu’un boulot d’attaché parlementaire lui aurait bien arrondi ses fins de mois. Après tout, faire une note de lecture ou deux sur dix ou quinze ans ne devait pas bien être compliqué.

 

      Justement il venait de lire « Touche pas au grisbi ! » avec grande jubilation, pensant jusqu’aux dernières pages, que c’était là un livre sur les mœurs politiques qu’il connaissait si bien. Il avait fallu que les pandores passent les menottes aux mafieux, pour qu’il se rende compte de son erreur. Ces choses-là ne se faisaient pas dans le monde ouaté des chambres politiques.

Mais Pénélope ne voulait rien entendre. «  It was my job ! » Soutenait-elle, très en colère...Même s’il était avéré qu’elle n’avait rien de produit de concret, avec le temps elle avait fini par se convaincre qu’elle avait réellement tenu un emploi, En fait qu’avait-elle gagné ? Bien peu de choses, à peine un million d’euros si l’on déduisait les frais de bouche.…

 

      Elle en revenait souvent à cette triste affaire, surtout les jours de pluie, quand les gouttes tambourinaient contre les vitres du château... Des fourbes avaient été à l’œuvre, écrivant missives sur missives à ce vilain canard.. Elle avait été effaré de voir son saint nom de Pénélope traîner dans la boue, comme celui d’une gourde qu’on abuse, qu’on force à faire des confitures.

Il y avait là quelque chose de profondément shocking ! Bien sûr Shakespeare qu’elle adorait l’avait préparée aux facéties du destin et aux retours de fortune ! Mais parfois en son for intérieur, elle se demandait elle aussi si elle n’aurait pas laissé son royaume pour un cheval !

 

Surtout si celui-ci avait traîné une carriole chargé de bons lingots d’or vers la suisse !

Peut-être bien y avait-il quelque chose de pourri au domaine de Sablé ! Voilà le fond de sa pensée, alors qu’elle marchait des heures et des heures dans la campagne avec ses chiens, semblablement à Jeanne Eyre, ou à Jeanne Birkin sans son Serge…

 

      Son husband était devenu irritable. L’été avait été très court, et ressemblait déjà à l’hiver, cette saison où tout se rétrécit. Les courtisans, même les plus bigots, ne venaient plus au château. De même les manants du village se permettaient maintenant des sourires à peine voilés, quand ils la croisaient au supermarché acheter des boulettes pour les chiens.

Il fallait se ressaisir, de peur de devenir semblable à des vampires s’enfermant dès que le jour apparaissait dans un cercueil de la crypte familiale. Un endroit vraiment « awfull » où elle trouvait à François une ressemblance avec Dracula, les soirs de pleine lune, quand il fronçait les sourcils.

      Dans cette valse des masques qu'il avait fait tourner sur sa figure, de De Gaulle à Napoléon, celui-ci assurément était celui qui lui plaisait le moins.

      L’idée germa quand ils étaient tous deux au fond du trou. Non pas en lisant Chateaubriant, mais en regardant TF1 un soir….Oh, pas pour la plaisir ! Mais Que voulez-vous mon monsieur il faut bien garder contact avec la base de ce pauvre pays, si l’on veut revenir un jour en pleine lumière !

      Il était question d’un reportage sur « Disneyland »...Assurément les gens étaient prêts à payer une fortune pour une journée de rêve supposé, en s’étourdissant dans des leurres et des manèges. Ce château de Sablé qui leur restait ne pouvait-il pas être le socle de leur fortune, au lieu d’être un puits sans fond d’impôts locaux et fonciers ?…..

 

      Ah, s’il avait été élu, François aurait réformé tout cela, et au nom des principes républicains, fait en sorte que l’impôt soit le plus juste possible. Un impôt égal pour tous, qu’on soit une bonne logée dans une chambre sous les toits à paris, ou qu’on habite en province comme il le faisait. N’était-ce pas là justice la plus élémentaire ? Voilà le brillant produit d’un de ses plans d’économie, et qui aurait mérité du Nobel. Mais ce pays tourne le dos à ces plus grands chercheurs, les méprises ! N’allez pas vous étonner s’ils partent dans la Sarthe ou en dans la Silicon Valley !

Il citait volontiers ses sources. Dame Thatcher avait été toujours la grande guide pour François. Une marraine, même. Et souvent il se plaisait à imaginer Margaret, très court vêtue, comme un égérie quelque peu licencieuse. Brillante de mille reflets comme une figure de Samothrace ornant le radiateur d’une voiture de maître ! Et c’est lui qui serait le conducteur, sur une autoroute dorée, faisant crisser les pneus dans les virages, écrasant au passage les sales canards qui cancanaient sur son passage.

       Un rêve d’adolescent qu’il préférait taire à Pénélope.

      C’est elle, très pragmatique, qui avait eu la première fulgurance. C’était à propos de cette écurie vide de chevaux, mais remplie de casseroles, dont ils ne savaient maintenant que faire. Ils en avaient des milliers, une batterie considérable que leurs détracteurs s’étaient crus malin d’agiter et de jeter sur leur passage, à l'époque des "boules puantes"..

 

      Elle avait tout ramassé, brave petite main, avec l’intuition que rien n’est jamais perdu si l’on sait le transformer. Une belle idée écologique qui serait à rétamer en or blanc en temps voulu. L’idée d’en faire des boomerangs lui avait déjà traversé l’esprit. On voit par là que cette esprit pétulant méritait son statut d’aide parlementaire.

Un moment Penny avait émis l’idée de proposer au public une œuvre monumentale, contemporaine, un agglomérat qui se serait dressé vers le ciel, et qui aurait siégé dans la cour du château, avant d’être acheté à prix d’or par le musée Beaubourg, ou encore monsieur Pinault, dont la fondation, dans la bonne ville de Venise lui semblait le meilleur écrin…

 

      Mais contactés, ils refusèrent tous. C’était décevant. Cette vie d’artistes, de « créatifs », ou autres « performers », comme on dit maintenant semblait tout autant leur échapper... Les vrais talents ne sont jamais reconnus de leur vivant, et c’était bien la preuve de leur valeur. Mais ils n’en tirèrent aucune vanité. D’ailleurs ils n’avaient pas la patience d’attendre d’être morts une seconde fois pour faire un come-back !

Ils résolurent d’ouvrir démocratiquement les portes de leur château au tout venant. Bien sûr il faudrait payer un droit d’entrée. En fidélité avec certains principes républicains qui vaut que tout travail mérite rétribution.

 

       Bien sûr c’était un peu fatigant de voir tous ces gens mettre à l’épreuve leur intimité. Sans compter les voies de faits ! Car plus pékin étranger à Sablé tenta de chiper une de ces fameuses casseroles et de partir sans payer. C’était facile de reconnaître ces escrocs et de les arrêter au portillon du château, car les objets du délit n’étaient alors pas signés du seigneur des lieux. Maître Fillon vendait en effet fort cher ses créations.

C’était la une bonne fortune de guerre à exploiter pendant des années. Mais même si le stock de gamelles en tous genre restait considérable, ce genre d’entreprise ne pouvait tenir dans la durée qu’en se diversifiant. En dehors de la vente des "confitures de Pénélope" que les stagiaires proposaient aux fins gourmets, une visite fléchée et commentée du château fut organisée.

      Au-delà du fameux pigeonnier où notre maître écrivait ses mémoires posthumes, et qui avait paraît-il inspiré Montaigne, au point qu’il en construisit un semblable dans le Bordelais, ce fut assurément le bureau de Pénélope qui rencontra le plus beau succès !

 

      Personne n’aurait pu se douter que six mois plus tôt, ce modeste local n’était encore qu’un placard à balais. Mais à présent qu’il avait été repeint d’une patine à l’ancienne, on restait pantois, bouche ouverte, devant l’authenticité évidente des lieux, comme la grotte de Bernadette à Lourdes. Des endroits que seuls la foi évidente des convertis authentifie et éclaire.

Ainsi donc, c’était dans cette cellule monacale, si simple, si touchante, avec sa vieille table d’écolier branlante et sa chaise en bois, tachée d’encre, que Pénélope avait tant œuvré, tête basse, silencieuse, modeste, attachée à la réussite exclusive de son époux.

      On ne pouvait que mettre ses mérites en parallèle avec l’’autre Pénélope, la Grecque, figée dans l’antique, celle qui défaisait la nuit l’ouvrage qu’elle faisait le jours, pour mieux tromper ses courtisans.

      Pour ceux qui naguère avaient tant ricané en lisant les dépêches méchantes du vilain canard enchainé, l’hologramme de Penny, grandeur nature, penché sur son pupitre, travaillant 24 heures sur 24, comme les 24 heures du Mans, leur faisait honte d’avoir douté.

     Ils pouvaient acheter un cierge et l’allumer, pour se faire pardonner.

      Et promettre de bien voter la prochaine fois.

 

                                                   FIN

Le petit Châtelain chafouin

Péché avoué eût été pardonné.

Il était une fois, sur les bords de la Sarthe, un joli manoir qui restera à jamais dans ma mémoire. Il s’y noua un drame qui, pour dérisoire qu’il ait été au début-tant beaucoup d’histoires semblables parsèment les légendes de nos urinoirs et autres lieux communs où se murmurent de telles turpitudes-prit progressivement des allures de drame de prétoire. Mais dans ce pays, on ne prête qu’aux chiches et celui-là était, en la matière, le meilleur d’entre eux.

Le petit François-car tel était le prénom de ce manant qui se prenait pour un grand-fut pris la main dans le pot de rillettes qui, comme chacun ne sait peut-être pas, remplace la confiture dans ce beau petit coin de France. L’enfant de s’exclamer que ce n’était pas lui, que d’autres l’avaient contraint à agir de la sorte, à l’insu de son plein gré. Il est vrai que ses camarades lui avait donné un étrange sobriquet : « Le petit châtelain chafouin ! » tant le garçon avait toujours l’impression de bouder.

François étant le thuriféraire en chef dans la petite troupe des enfants de chœur de la paroisse, le plus zélé dans la foi et le plus exemplaire dès qu’il s’agissait de jurer ses grands dieux, on voulait lui donner le bon dieu sans confession ; ce en quoi on avait bien tort. Monsieur le curé de la paroisse aurait souhaité que le pécheur exprime sa repentance par quelques actions de grâce mais François niait tout en bloc et n’acceptait aucune responsabilité morale dans cette affaire.

C’est alors qu’on découvrit avec effroi que les rillettes n’étaient pas de porc. C’est la grande tante galloise qui avait apporté de merveilleuses rillettes d’oie, pour célébrer la confirmation de son cher neveu. C’est du moins ainsi que l’origine de ce pot avait été justifiée par les domestiques de la maison. Monsieur l’évêque, saisi par l’humble vicaire de Dieu afin de tirer cette affaire au clair, s’enquit auprès de la dame de l’authenticité de la chose.

Puis eut lieu un incroyable rebondissement qui laissa l’évêché dans la plus totale circonspection. La Galloise ignorait qu’elle fabriquait des rillettes d’oie à temps perdu. Elle prétendait passer son temps libre à sa chère tapisserie. Elle n’envisageait aucune autre activité et se satisfaisait pleinement de ce loisir cousu de fils blancs. « Des rillettes, non merci, c’est d’un commun ! » se serait écriée cette dame outragée.

François avait donc caché la provenance exacte de sa gourmandise. Il fallut diligenter une enquête. On s’indignait dans la paroisse car celle-ci se tint en pleine retraite spirituelle. François fut interrogé et dut se passer de confession et de l’atelier de réflexion théologique sur la gourmandise et l’esprit de lucre : deux sujets pour lesquels il avait certainement bien des points idéologiques à éclaircir.

Des limiers, pas très fins, vinrent semer le trouble dans la vie si tranquille des habitants du manoir. Tout y fut passé au peigne fin. On y découvrit des produits aux origines douteuses : des pots de miel contenant de la gelée royale, des foies gras du Périgord, des cous farcis mais aucune de ces conserves n’avait été étiquetée dans les règles. François était à la tête d’une vaste organisation mafieuse pour alimenter le repas annuel des scouts du département.

Son compte était bon, pensèrent les enquêteurs qui confièrent les conclusions de leurs investigations à un juge de paix. Pour François, cela fut considéré comme une déclaration de guerre. Il fit appel à tous les louveteaux du pays pour investir les églises et les parvis afin de refuser que la justice des hommes ne vînt suppléer celle de Dieu. François, bien informé, savait que Sa Sainteté le Pape était en train de reconsidérer le péché de gourmandise qui de capital serait prochainement requalifié de véniel.

Fort de cette information, il espérait obtenir un vice de forme, lui qui, en matière de vice, en connaissait un rayon. Il niait de toutes ses forces, oubliant que le mensonge n’était pas en odeur de sainteté. Écartant d’un revers de main méprisant toutes les pièces à conviction, il poursuivit sa route. Rien ne pouvait le détourner de sa mission sacrée : il voulait une belle et grande cérémonie de confirmation. François fut servi au-delà de ses rêves : ce jour-là, il reçut une grande et magistrale claque.

Cette histoire n’a aucune morale, c’est bien là ce qui la rend exemplaire. Dans nos provinces reculées, les grands échappent toujours aux règles et aux lois qui gouvernent les humbles et les gueux. Que par extraordinaire, l’un d’eux eût été mis en accusation, alors toute la coterie de se serrer les coudes et de s’indigner. Aux grands maux, les grands remèdes : on insulte les pauvres gens, on se rit de la maréchaussée, on nie l’évidence et on contre-attaque sans peur du ridicule. Les leçons de 1789 ont été retenues par les privilégiés d’aujourd’hui : il n’est pas question de céder devant la vérité.

 

Trompeusement sien.

Cincinnatus, Mandela, Mujica trois leaders : La sobriété de la condition humaine

 «Malheur à la nation qui brandit mille et une croyances, mais qui ignore la foi. Malheur à la nation qui se vêt d’une toge point tissée de ses mains, qui se nourrit d’un pain point pétri de ces mêmes mains, et qui se grise d’un vin point tiré de ses raisins. Malheur à la nation qui acclame son tyran comme un héros, et qui estime bienfaisant son conquérant de pacotille. Malheur à la nation dont le politicien est mi- renard et mi- pie, le philosophe un jongleur de mots, et l’artiste un maître en rafistolage et en contrefaçon. Malheur à la nation où les sages sont rendus muets par l’âge tandis que les hommes vigoureux sont encore au berceau. Malheur à la nation divisée dont chaque parcelle revendique le nom de nation.»

 Gibran Khalil Gibran  

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Ces vers de l’immense écrivain et poète libanais résonnent à nos oreilles et nous incitent à comprendre comment les peuples sont gouvernés. On dit que le pouvoir use, comment l’appât du pouvoir fait que les peuples sont toujours dans l’attente d’une alternance apaisée. Malheur aux pays qui ont besoin de héros disait Bertolt Brecht. A titre d’exemple le passage du témoin entre Obama et ses suivants ne s’est pas fait sans douleur. La situation générale des alternances est pénible  et la course au pouvoir est un vrai chemin de croix où tous les coups sont permis entre concurrents et plus encore tous les reniements et les fausses promesses démagogiques deviennent monnaie courante comme c’est le cas actuellement en France. Avec l’acharnement à se maintenir dans la course à l’Elysée même s’il était mis en examen, lui monsieur propre qui dans une forte image prenait à témoin son référent  Charles de Gaulle qu’il n’imaginait pas s’accrochant au pouvoir s’il était mis en examen.

Comment même dans les pays où la démocratie «et le simulacre de la consultation du peuple» ne sont pas des vains mots, les candidats à la magistrature suprême s’étripent et font preuve d’une résilience malsaine. Coluche avait avec sa verve coutumière l’habitude de dire que «la différence entre les oiseaux et les hommes politiques c’est que les premiers s’arrêtent de temps en temps de voler».

 L’usure du pouvoir et de la nécessité de l’encadrer

A bien des égards  les constitutions des pays occidentaux –qui ne sont pas révisables selon l’humeur des gouvernants- font qu’elles  se distinguent par l’existence de quelques fondamentaux qui font qu’il y a un équilibre des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Nous allons donner la  parole à  Alexis de Tocqueville qui a voyagé aux Etats Unis et en est revenu avec quelques idées sur le capitalisme au XIXe siècle,  la démocratie et l’alternance, qu’il a  publiées dans son  ouvrage : « De la  démocratie en Amérique »

Pour rappel les Algériens gardent un très mauvais souvenir d’un colonialiste acharné conseillant les soudards de l’Armée d’Afrique de tout brûler, de tout piller, mais qui sur le tard reconnaît les méfaits de l’invasion coloniale dans une enquête parlementaire où il avoue: «Autour de nous les lumières sont éteintes, nous avons rendu ce peuple beaucoup plus arriéré qu’il ne l’était avant de nous connaître»

Alexis de Tocqueville  écrit dans son ouvrage  «Ce qu’on reproche non sans raison au système électif, appliqué au chef de l’État, c’est d’offrir un appât si grand aux ambitions particulières, et de les enflammer si fort à la poursuite du pouvoir, que souvent, les moyens légaux ne leur suffisant plus, elles en appellent à la force quand le droit vient à leur manquer. Il est clair que plus le pouvoir exécutif a de prérogatives, plus l’appât est grand; plus l’ambition des prétendants est excitée, plus aussi elle trouve d’appui dans une foule qui espère se partager la puissance après que son candidat aura triomphé.» (1)

Tocqueville poursuit: «Il ne s’est encore rencontré personne qui se souciât d’exposer son honneur et sa vie pour devenir président des États-Unis, parce que le Président n’a qu’un pouvoir temporaire, borné et dépendant. (…) La raison en est simple: parvenu à la tête du gouvernement, il ne peut distribuer à ses amis ni beaucoup de puissance ni beaucoup de richesse ni beaucoup de gloire, et son influence dans l’État est trop faible pour que les factions voient leur succès ou leur ruine dans son élévation au pouvoir. Les monarchies héréditaires ont un grand avantage: l’intérêt particulier d’une famille y étant continuellement lié d’une manière étroite à l’intérêt de l’État, il ne se passe jamais un seul moment où celui-ci reste abandonné à lui-même (…) En Amérique, le Président exerce une assez grande influence sur les affaires de l’État, mais il ne les conduit point; le pouvoir prépondérant réside dans la représentation nationale tout entière. C’est donc la masse du peuple qu’il faut changer, et non pas seulement le Président, pour que les maximes de la politique varient.» (1)

C’était il y a près de deux siècles!!! L’Amérique actuelle a bien changé, mais elle garde quelques reliquats des fondamentaux de liberté individuelle de démocratie mis en place par les pères fondateurs et qui font que les « amendements » sont à bien des égards des gardes –fous, que les hommes politiques au pouvoir peuvent être tentés de contourner mais qui  à terme se retournent contre eux. Les cas les plus récents sont ceux du président  Nixon destitué  (empeachement) pour avoir menti et le deuxième président qui a failli l’être fut Clinton à qui il fut reproché aussi d’avoir menti….Nous allons dans ce qui suit tracer le parcours de trois hommes admirables qui furent des icônes à la fois dans leurs pays, mais aussi à l’échelle des Nations.

Lucius Quinctius Cincinnatus

Pour nous donner un aperçu de ce qu’est l’alternance au pouvoir,  mais aussi et surtout le mépris du pouvoir pour le pouvoir,  du refus de l’accaparement du pouvoir et le garder par la violence , et le cumul de richesses très souvent acquise d’une façon malhonnête  nous devons citer l’exemple-type retenu par la doxa universelle, à savoir celui de Lucius Quinctius Cincinnatus (c. 519 – c. 430 av. J.-C.1). «C’est est un homme politique romain du Ve siècle av. J.-C., consul en 460 av. J.-C. Il est considéré par les Romains, notamment les patriciens, comme un des héros du premier siècle de la République et comme un modèle de vertu et d’humilité. Il est une figure historique, avec un rôle semi-légendaire, la réalité de ses actions ayant pu être amplifiée par les historiens romains, tel Diodore de Sicile, Tite-Live ou Denys d’Halicarnasse, qui ont décrit ses faits et gestes. (…) Selon la tradition, ruinée par l’amende qu’il a dû verser pour son fils qui s’est échappé, Cincinnatus se retire sur quatre jugères de terre qu’il lui reste dans l’ager Vaticanus, sur la rive droite du Tibre (Prata Quinctia). L’appauvrissement et le retrait politique de Cincinnatus paraissent alors exagérés, surtout quand on considère son retour au pouvoir lors de ses deux dictatures.» (2)

«Rappelé à Rome, le pouvoir étant vacillant, Cincinnatus abandonne sa charrue pour dicter les lois de Rome. En 458 av. J.-C., Rome est toujours agitée par une crise politique interne autour du projet de la lex Terentilia. Les consuls s’opposent à la réunion des comices tributes. Selon la tradition, Cincinnatus se consacre à la culture de ses terres quand les sénateurs viennent le supplier d’accepter la dictature. Il sait que son départ risque de ruiner sa famille, déjà appauvrie à la suite du procès de son fils, si, en son absence, les récoltes ne sont pas assurées. Néanmoins, il accepte et prend Lucius Tarquitius Flaccus pour maître de cavalerie.» (2)

«En seize jours, il libère le consul assiégé, défait les Èques à la bataille du mont Algidea 13, célèbre un triomphe, fait condamner Marcus Volscius Fictor et abdique. Sa restitution du pouvoir absolu dès la fin de la crise devient, pour les futurs dictateurs romains, un exemple de bon commandement, de dévouement au bien public, de vertu et de modestie. «Les envoyés du Sénat le trouvèrent nu et labourant au-delà du Tibre: il prit aussitôt les insignes de sa dignité, et délivra le consul investi. Aussi, Minucius et ses légions lui donnèrent-ils une couronne d’or et une couronne obsidionale. Il déposa la dictature seize jours après l’avoir acceptée, et retourna cultiver son champ.» Cincinnatus meurt à près de 90 ans, vraisemblablement vers 430 av. J.-C ». (2)

Mandela la légende

Comme on le sait, la libération de Mandela qui a passé 27 ans de sa vie en prison, le 11 février 1990, ne fut pas un cadeau et qu’elle a été, par la force des choses, imposée au pouvoir raciste d’Afrique du Sud par cet Occident qui avait soutenu pendant des décennies le pouvoir. (…) La détention de Mandela pendant 10 000 jours fut l’objet d’un processus qui s’est accéléré en 1989. Le régime de l’apartheid a offert à six reprises de libérer Mandela. Frederik de Klerk succède à Botha en août 1989. Mandela le rencontre en décembre. C’est la première fois que De Klerk voit Mandela. Il avoue dans ses Mémoires avoir été impressionné par le calme, la courtoisie, et la confiance en lui de Mandela. Le 11 février 1990, des milliers de personnes avaient envahi les rues du Cap pour apercevoir la personnalité qui s’était battue si longtemps pour la liberté. Ce que nous retenons de Mandela, c’est aussi sa dignité et son indifférence envers l’hubris du pouvoir. C’est l’exemple de l’Afrique pour une alternance après seulement un mandat alors qu’il pouvait se présenter plusieurs fois. (3)

Que peut-on retenir en définitive de la légende Mandela?  Le  film  » Invictus » du réalisateur américain Clint Eastwood, nous fait décrire d’une façon palpable toute l’humanité de ce géant de la pensée humaine  qui a réussi  à réconcilier deux peuples à priori  irréconciliables au vue du fossé de haine de sang et de douleur qui les séparait: le peuple premier et celui reliquat du colonialisme britannique  en leur donnant une utopie commune : gagner la coupe du monde de rugby. Il a fait honneur à l’Afrique et à l’humanité. Il n’existe pas de personnages qui ait marqué son époque au XXe siècle comme le Mahatma Gandhi ou son héritier spirituel, Nelson Mandela Pour Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture au Mali, «Mandela est un grand homme. Un homme de conviction et de courage qui a su libérer son pays. Nelson Mandela est aussi un grand homme qui a su quitter le pouvoir au moment opportun. Cela est important, parce que les héros des luttes de libération nationale qui s’accrochent à leur projet finissent comme Mugabe (…)». (3)(4)

Pepe Mujica: le président le plus pauvre du monde

Un autre président qui a marqué son époque avec un sacerdoce qui ne doit rien au bling bling, à l’argent, au pouvoir, à la puissance, ni au montant d’une fortune acquise d’une façon ou d’une autre est Mujica.  Il a une réputation planétaire sans l’avoir demandé. Ce président iconoclaste se distingue par son mode de vie, très éloigné du faste habituel de la fonction présidentielle ce qui nous donne l’opportunité d’expliquer le sacerdoce de cet homme «normal» qui ne se contente pas de donner des ordres, il donne l’exemple de ce qui doit être au service du peuple. «José Mujica Cordano, surnommé Pepe Mujica, est un homme d’État uruguayen. Ex-guérillero des Tupamaros dans les années 1960-1970, (…) Après un parcours politique exemplaire, le 29 octobre 2009, Mujica est élu président; il sera investi le 1er mars 2010 officiellement président de l’Uruguay. Mujica se distingue par son mode de vie, très éloigné du faste habituel. Il conserve l’équivalent du salaire moyen en Uruguay (environ 900 euros par mois) et reverse 87% (9400 euros) de son salaire à des organismes d’aide au logement social. Délaissant le palais présidentiel, il habite la petite ferme de son épouse, en dehors de Montevideo. Il continue à y cultiver des fleurs avec son épouse, Lucía Topolansky, à des fins commerciales. Le couple présidentiel bénéficie de la protection de deux policiers.» (5)

José Mujica Gordano, n’est pas un personnage comme les autres. Il se singularise par une indépendance vis-à-vis de l’addiction à l’argent, contrairement à l’immense majorité de tous les autres potentats, notamment arabes ou semble –t-il exception faite du Liban l’alternance  se fait très souvent par l’émeute du fait d’un atavisme à garder le pouvoir voire à le transmettre d’une façon dynastique et ceci pour le plus grand malheur de leur peuple qu’ils sont censés protéger et dont ils sont censés améliorer la condition sociale.

Le réalisateur et écologiste français Yann Arthus-Bertrand a  rencontré  le président Mujica, il en parle. Il lui donne la parole: «Mon nom est José Mujica Gordano, je suis le descendant d’immigrants. Je suis un genre de paysan, qui adore la nature… et j’ai dédié une part importante de ma vie à essayer d’améliorer la condition sociale du monde dans lequel je suis né. En ce moment, je suis président, je fais quelques trucs, j’en supporte d’autres et je dis merci à la vie. J’ai eu quelques déconvenues, de nombreuses blessures, quelques années en prison… Enfin, la routine pour quelqu’un qui veut changer le monde. C’est un miracle que je sois encore vivant. Et par-dessus tout, j’aime la vie. J’aimerais arriver au dernier voyage comme quelqu’un qui arrive au comptoir et qui demanderait au tenancier une autre tournée.» (6)

«J’ai passé, poursuit le président Mujica, plus de 10 ans de solitude dans un cachot, dont 7 ans sans lire un livre. J’ai eu le temps de penser et voilà ce que j’ai découvert: soit tu parviens à être heureux avec peu, sans bagages, parce que ce bonheur est en toi, soit tu n’accompliras rien. Ce n’est pas l’apologie de la pauvreté, mais celle de la sobriété. Mais comme nous avons inventé une société consumériste, l’économie doit croître. Nous avons inventé une montagne de besoins superficiels; nous vivons en achetant et en jetant. Mais ce que l’on dépense vraiment, c’est notre temps de vie. (…) J’ai appris la valeur des choses vivantes. J’ai aussi appris à converser avec celui que j’ai en moi.(…) C’est un personnage que tu oublies souvent face à la frivolité de la vie. Et je recommande de regarder vers l’intérieur de soi-même (5).

« Lutter, ajoute le philosophe-président, rêver et aller contre le sol en se confrontant à la réalité, c’est tout ça qui donne un sens à l’existence, à la vie. Cela veut dire que je veux transmettre aux gens qu’il est possible de tomber et de se relever. Et ça vaut toujours le coup de se relever. Une fois ou mille fois – tant que tu es vivant. C’est le message le plus grand de la vie.» «Sont défaits ceux qui arrêtent de lutter, et arrêter de lutter, c’est arrêter de rêver.(…) Il faut être reconnaissant parce que être vivant est un miracle.» (5)

La journaliste Chloé de Geyer d’Orth, nous résume, à son tour,  en quelques phrases le bréviaire d’une vie simple:  «Malgré son élection à la présidence, Mujica continue avec sa femme la culture et la vente de fleurs, un petit commerce. Ce président se déplace toujours dans sa coccinelle Volkswagen achetée en 1987, sauf pour les déplacements officiels au cours desquels il utilise une simple Chevrolet Corsa. «On m’appelle le président le plus pauvre, mais je ne me sens pas pauvre. Les pauvres sont ceux qui travaillent uniquement pour avoir un style de vie dépensier, et qui en veulent toujours plus…» Durant l’hiver 2011, cinq Uruguayens sont décédés d’hypothermie. Pour éviter que ce type de situation ne se reproduise, le président de l’Uruguay, Jose Mujica, a décidé que le Palais présidentiel figurerait dorénavant dans la liste des édifices publics servant au logement des personnes sans domicile fixe (7).»

Le développement durable de la planète; le combat des justes

«Dans un discours poétique à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2013 citant le poète Enrique Santos Discépolo qui peint un monde de décadence, Mujica a livré aux leaders mondiaux réunis à New York une vision obscure des temps à venir: «Nous avons sacrifié, dit-il, les vieux dieux immatériels et occupons le temple avec le dieu argent. Si l’humanité aspirait à à vivre comme un Nord-Américain moyen trois planètes » seraient nécessaires. Pepe Mujica dénonce la société de consommation qui, selon lui, incite l’homme à vivre pour travailler » et non travailler pour vivre ». En juin 2012, lors de la conférence sur le développement durable des Nations unies, Rio + 20, le président de l’Uruguay a fait un discours qui a été repris des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux.» Extraits. «Nous ne pouvons pas, déclare-t-il, continuer, indéfiniment, à être gouverné par les marchés; nous devons gouverner les marchés. […] (…) Je vous pose la question. Est-ce que c’est cela la vie? Le développement ne doit pas être opposé au bonheur. L’amour de la terre, les relations humaines, prendre soin de ses enfants, de ses amis. Et avoir bien entendu le minimum vital. Précisément parce que le Bonheur est le trésor le plus précieux que nous ayons, et l’un des piliers de notre bien-être.» (5)

Conclusion

Cincinnatus, Mandela et Pépé Mujica nous incitent à ne pas perdre de vue les fondamentaux de la vie. Que peut-on retenir en définitive de ces exemples illustres  Ils font  honneur à  à l’humanité.  Dans le même ordre et bien qu’il n’y ait pas usure du pouvoir dans une magistrature suprême l’exemple  de Che Guevara  nous a tous marqué  comme modèle de lutte pour la liberté à en mourir qui lui a fait abandonner un poste de ministre et de considération planétaire  dont il nous reste que la fameuse photo immortalisé par  le photographe Korda   Curieusement, l’Occident si prompt à donner des leçons de droits de l’homme, n’a pas vu émerger en son sein des hommes de la trempe de ces géants qui nous font espérer en la condition humaine.

Un autre homme illustre que l’histoire  a retenu fut Alexandre le Grand.  On rapporte que sur le point de mourir, il convoqua ses généraux et leur communiqua ses dernières volontés quant à la réalité du pouvoir, l’inanité d’amasser des richesses éphémères ou de gouverner le monde ; toutes tentations  qui disparaissent quand le moment du grand départ arrive  : « Je veux dit-il que mon  cercueil soit transporté à bras d’homme par les meilleurs médecins de l’époque. Que les trésors que j’avais acquis (argent, or, pierres précieuses…), soient dispersés tout le long du chemin jusqu’à sa tombe, et… Que mes mains restent à l’air libre se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous. Je veux que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n’ont pas le pouvoir de guérir… Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas… Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: le temps…» (8)

 Ces sentences sont à méditer…surtout par les princes qui nous gouvernent et qui seraient tentés par  le pouvoir ad vitam aeternam. Les hommes sont sur Terre pour servir, et non pas se servir et encore moins asservir.

1. https://amerique.wordpress.com/2012/10/28/lelection-du-president-vu-par-tocqueville/

2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucius_Quinctius_Cincinnatus

3. https://www.legrandsoir.info/Mandela-la-legende-Du-matricule-46664-au-prix-Nobel.html.

4. Aminata Traoré: Et si Mandela… http://www.alterinter.org/article2324.html 22 juillet 2008

5. http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour

6.. http://www.goodplanet.info/debat/2014/05/15/jose-mujica-president-diff

7. Chloé de Geyer d’Orth  http://www.lejournalinternational.fr/uruguay%c2%a0-jose-mujica-le-%c2%… 18/07/2013

 

8. http://www.eulogemaganga.net/pages/insolites/les-3-souhaits-d-alexandre-le grand.html#cU6DBlWspMHCXwyc.99

Ils sont piqués les mystiques ?

Du grand Charles qui, adolescent, s’était déjà vu Président, à Mitterrand qui évoquait les forces de l’esprit..., en passant par Macron qui pète un câble, Ségolène et sa bravitude, ou Pernette Le Pen qui se prend pour Jeanne d’arc, ils sont nombreux à se croire investi par une mission...et pourtant, ils se trompent parfois lourdement !

C’est un épisode mal connu de la vie de Charles de Gaulle, que l’on retrouve chez « Wikipédia », relatant dans un récit que le futur président de la république avait rédigé à l’âge de 15 ans, en 1905, dans lequel il se décrivait déjà « Général de Gaulle » sauvant la France, expliquant plus tard à son aide de camp, Claude Guy, avoir eu dès son adolescence la prémonition qu’il serait un jour à la tête de l’état. 

Avait-il aussi entendu des voix lorsqu’il déclarait le 6 juin 1958 : « vive l’Algérie française », (vidéo) dont on sait aujourd’hui ce qu’il advint, puis plus tard, le 28 juillet 1967, à Montréal, « vive le Québec libre » ? vidéo

La prémonition, ou l’intuition, l’abandonnaient donc de temps en temps...

On se souvient que François Mitterrand croyait aux forces de l’esprit, mais quid de Ségolène Royal, qui, perchée sur la grande muraille, évoquait la « bravitude » semblant littéralement habitée ? vidéo

Mais aujourd’hui, ils sont au moins 2 à sembler "visités" par d’étranges forces, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron.

Macron, l’homme qui est « en marche », et dont on dit qu’il pourrait « marcher sur les eaux », tant il semble habité, a déjà un prénom dont l’étymologie est « Dieu est avec nous »...

Ceci expliquerait donc cela ?

En effet, il y a une forme de miracle d’obtenir un succès pareil dans les sondages, à 2 mois de l’élection, alors que sur le fond, on ne connait que des bribes de son programme.

Il se présente comme le candidat nouveau, anti système, hors parti, alors que chacun sait qu’il était ministre il y a encore peu, banquier juste avant...

Quant à sa position ambigüe « ni droite ni gauche », on peut s’interroger sur ses différents revirements, comme on peut le constater dans cette courte vidéo.

Bien sûr, le changement à vue des politiques n’est pas une originalité... Edgard Faure ne disait-il pas, « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ».

Et quid de ce moment étonnant, ou devant quelques milliers de fidèles, il a semblé perdre le contrôle de sa pensée, en hurlant littéralement comme habité ? vidéo

 

Et comment ne pas voir en lui une attitude mystique lorsqu’il écarte les bras, tel un christ, en regardant le ciel ?

D’ailleurs, c’est lui-même qui le dit : « la politique, c’est mystique (...) c’est tout mon combat, c’est une erreur de penser qu’un programme est le cœur d’une campagne », puis il parle de charisme : « comment se construit le pouvoir charismatique. C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance (...) je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité  ».

 

Tout comme lui, Marine Le Pen se pense habitée peut-être par l’esprit de celle qui entendait des voix, Jeanne la Pucelle, et tout comme lui, lorsqu’elle s’exprime en public, elle écarte largement les bras en regardant le ciel.

Sauf qu’il est possible qu’alors que l’une entendait des voix, l’autre ne songe peut-être qu’à en récolter...

Ceci expliquerait peut-être pourquoi MLP a prénommé sa première fille Jehanne, comme on a pu le découvrir dans le livre qu’elle avait consacré à ses enfants (à Contre flots : Grancher éditeur) ?

Sans s’interroger sur le choix de la candidate FN qui a abandonné son prénom réel, (Marion, Anne Perrine), voulant peut-être faire oublier celui de Perrine, célèbre pour son pot de lait, et de son avenir qui se désagrégeait avec la chute de celui-ci.

Interrogeons-nous aussi sur le nouveau logo du FN, cette fameuse rose.

Au-delà de la ressemblance évidente avec celle du PS, comme l’écrit Titiou Lecoq dans les colonnes de « Slate », cette « rose sans épine » est un « symbole religieux, qui plonge ses racines dans l’idée d’une France Chrétienne », bien éloignée donc du concept de laïcité qu’avance le FN.

Ajoutons que la « rose sans épine » sert aussi à désigner Marie, d’autant que cette « rosa mystica » est présente dans de nombreuses prières adressées à la Vierge. 

Autre élément troublant, le Ku Klux Klan a fait savoir qu’il soutenait la candidature de Marine Le Pen, si l’on s’en tient à la déclaration de David Duke, ancien dirigeant du KKK qui écrivait, le 22 février dernier : « son père est un grand homme, un vrai patriote. Il a élevé une femme intelligente et forte qui sait comment faire de la politique au 21ème siècle ». 

 

Là aussi, il y a rattachement au mysticisme, puisque le costume entièrement blanc des membres de ce mouvement raciste est aussi appelé Miok, ce qui signifie Mystic Insignia Of a Klansman ».  

Mais le plus mystique d’entre tous est peut-être François Fillon, car si l’on s’en tient à l’une des définitions du mot, « tendance à faire prévaloir des intuitions, à se laisser emporter par des sentiments passionnels et exaltés, ne laissant aucune place à la raison », il n’est plus dans la lucidité, mais plutôt dans une croyance aveugle, se croyant porté par une mission, sans réaliser que, par ses actes, il s’est déjà privé de toute crédibilité.

Pour l’instant, alors que la branche du centre des LR, menée par Bruno Lemaire, a décidé de ne plus faire la campagne du candidat du parti, Fillon s’obstine, s’en prenant aux institutions, à la justice, à la presse, quitte à couler son propre parti.

Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, ils sont de plus en plus nombreux à quitter ce navire qui prend l’eau de toute part, mais Fillon ne veut rien lâcher, avec une forme d’arrogance, comme si il était le seul à pouvoir appliquer le programme qui l’a fait choisir pour représenter son groupe... 

Ils étaient 16 le 1er mars, et ils sont près de 60 parmi les cadres du parti à avoir déserté la campagne de Fillon aujourd’hui...

Pour ne rien arranger, des maires LR sont en train de récolter des signatures afin de préparer le plan J, dans lequel Juppé tiendrait le beau rôle. 

Fillon a donc décidé de provoquer un grand rassemblement dont on apprend que le moteur serait en grande partie, ceux qui s’étaient manifestés dans le cadre de « la manif pour tous », qui, se plaçant sous la parole biblique, ânonnaient « un papa, une maman ».

Ce n’est pas une surprise pour un candidat qui voulait donner à la France une identité chrétienne, mais ça doit être une surprise pour le prêtre qui avait préparé un joli discours au candidat LR, visitant La Réunion, lui destinant manifestement une phrase de la Bible : « je te le dis, tu ne t’en sortiras pas avant d’avoir remboursé jusqu’au dernier sou ». 

Qui sera à la place du Trocadéro ?

En tout cas Christine Boutin, l’une des animatrice fervente de la « manif pour tous », n’y sera manifestement pas, puisqu’elle a demandé au candidat LR de bien vouloir se retirer... ce qui n’est pas dans la pratique, dans un tout autre domaine, des aficionados « d’un papa, une maman ». 

Comme dit mon vieil ami africain : « c’est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu’on réalise que tous les problèmes ne peuvent se résoudre par la violence ».

 

L’image illustrant l’article vient de fawkes-news.com

Les porte-flingue du châtelain chafouin

À Serge, Jean-Pierre et son dernier carré...

Ils sont conseillers, députés, notables locaux ; implantés solidement dans leur fief et fiers d’une réputation sans faille. Ils ont défendu la veuve, l’orphelin et la morale, se sont indignés des frasques d’un état socialiste en déliquescence et ont patienté, attendant leur heure. Ils se sont taillé un costume de dignité et de respectabilité pour mieux, sans doute, nous leurrer et nous griser. Car à la première alerte, les porte-flingue du châtelain montrent leur vrai visage : celui de l’hypocrisie et de la malhonnêteté.

Avec eux, vous auriez dû le constater, on allait laver plus blanc dans les allées du pouvoir L’exemplarité, la rigueur, la probité étaient au programme de leur champion. Le bon père la morale allait rétablir la confiance, redresser les valeurs, montrer l’exemple et imposer des efforts dans tous les secteurs. Une purge s’imposait pour redonner à la France, son lustre d’antan. Ils se réclamaient tous du Grand Charles, l’homme du courage et de la droiture.

Nous aurions aimé les croire, tant nous étions las des guignols en place. Nous envisagions de les suivre ; si grande est la peur de l’épouvantail qui se profile à l’horizon. Mais, d’un coup le masque s’est fissuré, l’odieuse réalité a éclaté au grand jour : « Ils sont prêts à défendre le châtelain pour conserver leur place au soleil ! »

Ils reprennent à leur compte la théorie du complot, s’indignent de la servilité des juges, réclament la présomption d'innocence, effacent l’ardoise de leur champion, ne s’arrêtent pas une seule seconde sur son incroyable cupidité, son amour inconsidéré de l’argent et du luxe. Ils auraient bien du mal à pourfendre ce qu’ils pratiquent à leur petit niveau ; ils agissent de même dans leur chère baronnie.

Les porte-flingue du Prince des risettes prennent sa défense, usent de leur notoriété pour réclamer justice. Ils passent l’éponge, avalent des couleuvres, mangent leur chapeau, réduisent en cendres des années d’un long travail, souvent méritoire, parfois exemplaire pour leurs électeurs. Ils montrent leur vérité : celle d’une caste plus soucieuse de ses prérogatives, ses avantages, ses privilèges, son statut, son immunité que de droiture et de légalité.

Comme un seul homme, le doigt sur la couture du pantalon, ils suivent les consignes, reprennent les slogans, entonnent le même concert d’indignation outragée, se pressent sur la tribune derrière leur champion, pour lui apporter leur plus totale et inconditionnelle adhésion. Ils n’ont aucun doute, aucun remords, aucun scrupule ; ils défendent l’indéfendable au nom d’une position qu’ils ont héritée des scrutins locaux.

En agissant ainsi, les porte-flingue du châtelain dénaturent totalement cette République aux abois ; ils salissent l’honneur des citoyens, ce qui ne doit guère les gêner : depuis longtemps déjà, ils ont renoncé à cette vertu essentielle de l’honnête homme. Ils prennent sa défense dans le journal local qui, toute honte bue, leur ouvre grand ses pages pour pareille ignominie. Ils font des apparitions sur les médias nationaux ; ils brillent, tout heureux de se ranger derrière le mensonge, la prévarication, l'insolence, le mépris de leur caste pour la plèbe.

Les porte-flingue du châtelain se présenteront ensuite aux législatives, tenant une nouvelle fois un discours ferme sur la reprise en main du pouvoir, sur la nécessaire sévérité à l’encontre des délinquants, sur les efforts à réclamer aux citoyens, sur la transparence et toutes ces belles idées qui ne servent qu’à nous endormir. Ils ont démontré que, pour eux, tout cela n’était que sornettes et billevesées. Ils ont tout repoussé d’un revers de la main pour défendre leur cher parrain.

Ne vous trompez pas ; ne vous faites plus prendre à ce piège honteux de la coterie. Tout maire ou député qu’ils soient, ils sont complices et en cela méritent d’être écartés d’un pouvoir qu’ils ont souillé. Les porte-flingue du châtelain ne méritent désormais ni votre estime ni votre respect. Il est grand temps de botter le cul à cette classe politique qui ne recule jamais devant la moindre ignominie.

Abjectionnement leur.

 

 

PénélopeGate : Fillon éructe et, en dictateur romain, en appelle au peuple

Alors que la justice, de son propre pays, lui demande de venir, le 15 mars 2017, répondre de 5 chefs d'inculpation pouvant le mettre en examen, Fillon décide, encore une nouvelle fois et en éructant, que cette justice n'est pas compétente pour le juger, lui Fillon éminent parlementaire et ancien Premier ministre de Sarkozy. Il décide donc, de faire appel au peuple pour trancher de sa culpabilité ou de son innocence.

Ainsi, le peuple de Fillon, devra se réunir, dimanche (jour du seigneur) 5 mars 2017, Place du Trocadéro, à Paris, afin de dire si la justice a le droit de poursuivre son champion.

Drôle de citoyen et de démocrate, ce bougre de Fillon !

Le voici, maintenant, qu'il se prend pour un dictateur romain, en voulant faire appliquer une loi vieille de 2 526 ans : la Lex de provocatione  ! Cette loi, proposée par le consul Publius Valerius, en 509 avant l'ère commune, permet à tout citoyen de faire appel au peuple, s'il juge que la sentence d'un magistrat à son encontre, n'est pas juste.

Décidément, Fillon est tombé sur la tête. Il ne comprend plus rien. Il ne sait même plus où il habite. Faut-il lui mettre la camisole du forcené ou l'enfermer, avant qu'il appelle, le peuple, à prendre les armes contre ses 3 juges d'instruction ou contre Hollande ?

Sa famille doit le raisonner, avant qu'un malheur arrive !

Après avoir éructé, tel un digne fils de Jean-Marie Le Pen : c'est "un coup d'État" ! C’est une "quasi-guerre civile" ! C’est un "assassinat politique" ! "La loi est violée" ! "Je suis honnête" ! "Je suis innocent" !, etc. Fillon prend, désormais, son électorat des primaires, en otage, mais aussi, et cela est plus sérieux, le parti Les Républicains. Parti, qu'il est en train de transformer en ruines, alors qu'il était promis à la direction du pays, il y a seulement 30 jours.

Je ne connaissais pas le Fillon que François nous montre, depuis 3 semaines. Le simple collaborateur effacé, exécutant servile de Sarkozy.

La possibilité, inattendue, d'accéder au poste suprême, lui a subitement monté à la tête ! Il pensait être l'élu, promis à la France, par je ne sais quel dieu. Il est, désormais, sûr que c'est lui, le Messie que notre pays attend ! Tout dans sa façon de parler, montre qu'il se croit investi de cette mission quasi-divine.

Fillon, retombe sur terre ! Pense à ta famille politique, avant qu'il ne soit trop tard. Pense aussi, et surtout, aux enfants ! Pense à Pénélope, que tu as mis dans de sales draps !

Pense aussi, si c'est encore possible, à ton pays, la France, qui n'a pas besoin que dimanche 5 mars, tu appelles ton peuple à l'émeute, à l'insurrection, pour je ne sais qu'elle loi romaine, d'un autre temps !

François ! Tu peux encore sortir par le haut. François ! il n'est pas trop tard.

 

Crédit photo : LeJDD.FR

Fillon contre toute décence

 

Par Amaury Grandgil 

En écrivant ce texte, je ne suis pas commissionné par quelque officine militante, je ne suis pas « macroniste » (le gourou cosmo planétaire d'Amiens ni de droite ni de gauche me semble grotesque) ni lepéniste. Il me semble également qu'entre la politique économique de Fillon et celle de l'ancien ministre de l'économie de Hollande il n'y a que l'épaisseur d'un papier à cigarettes, quelques mesures sociétales ou symboliques de ci de là pour donner le change et donner l'impression que le clivage existe encore. J'écris aussi ce texte car cet épisode est typique de la déconnexion totale des élites de ce pays d'avec le peuple de France.

Ainsi que beaucoup de français intéressés par la politique, j'étais devant mon écran de télévision ce midi afin de savoir ce que François Fillon allait pouvoir décider de la suite de sa campagne pour les présidentielles. Il argue d'une volonté d'assassinat politique de sa personne, suggère un complot des magistrats et de l'Elysée, et en sous-main par Emmanuel Macron, contre lui. Certes on se rappellera du « mur des cons » du Syndicat de la magistrature et la présence sur ledit mur de personnalités d'abord de droite et catholiques.

Mais après avoir tant pesté contre le laxisme de Christiane Taubira comme Garde des sceaux il est contradictoire de reprocher aux juges de faire leur travail...

...A moins bien entendu que la sévérité des juges souvent réclamée, ainsi que leur probité morale ce ne soit dans l'esprit des opposants à Taubira qu'en direction des classes réputées dangereuses et non pour les oligarques et les bourgeois pédagogues. Pour eux, le laxisme aurait pu, aurait du continuer. Ces gens-là ne se considèrent pas comme de simples citoyens.

On a pu également entendre avec profit, si j'ose dire, Bernard Debré juste après la déclaration de l'ancien premier ministre de Sarkozy invoquer le fait que 150 parlementaires font également travailler leur famille, oubliant ou feignant de le faire que le problème est surtout que ce travail de madame Fillon est pour l'instant considéré comme fictif, virtuel....

Comme tous les représentants du « pays légal », comme tous les oligarques, il ne semblait pas comprendre qu'en théorie du moins son « champion » et lui-même, et les autres représentants du peuple, ne sont pas au-dessus des lois. Toute la morgue de Debré, sa stupéfaction qu'en somme on ose demander des comptes à l'élite en disaient long sur l'abîme séparant le peuple de France de ses élites. Son attitude était pour le moins effarante par tant de mépris conscient ou non.

Pourtant le 25 janvier dernier, François Fillon s'était réjoui que la justice traite aussi rapidement son affaire, afin de « faire taire cette campagne de calomnie ». Le lendemain sur TF1 il promettait de se retirer de la compétition s'il était mis en examen devant plusieurs millions de témoins. Le 29 janvier dans le « Journal du Dimanche » le couple Fillon se réjouissait encore derechef de la vitesse de traitement du dossier des juges. Le 31 ce sont leurs avocats qui publiaient un communiqué abondant dans ce sens.

C'est à partir des 6 et 9 février que la communication change radicalement et que le 19 Février il oublie sa promesse pourtant très solennelle du 26 janvier sur TF1. Qu'est-ce qui a changé entre temps ?

C'était pourtant une occasion en or, une occasion rêvée pour lui d'entrer dans l'Histoire en mettant sur la table le grave problème de clientélisme, de réseautage, de favoritisme social qui pourrit depuis longtemps le climat de la France, qui accroît un peu plus chaque jour le ras le bol de la population. Il aurait pu se grandir durablement, acquérir une stature présidentielle marquante. Mais non il a préféré rassurer ses amis les plus proches : tous ceux à qui il a dû promettre une carrière et les marchés, ô joie ineffable d'ailleurs le CAC 40 est remonté après sa déclaration.

Encore raté pour « l'aggiornamento » des élites.

 

Et la cerise sur le gâteau dans tout ça amis fillonistes est que le 7 mai prochain vous voterez sans doute Macron sans aucun état d'âme.

Fillon s’en prend durement à la justice et maintient sa candidature

 

François Fillon n’a pas été un sarkozyste sans raison. Dans la lignée de Sarkozy, qui l’a hissé au niveau politique où il se trouve aujourd’hui, avec le même mépris consommé de l’appareil judiciaire et de son fonctionnement, le candidat des Républicains a violemment réagi à l’annonce de sa convocation devant le juge d’instruction, aux fins d’être éventuellement mis en examen, le 15 mars prochain. Il a annoncé qu’il maintenait sa candidature.

Au cours de la conférence de presse, qu’il a tenu ce mercredi 1er mars, François Fillon a confirmé avoir reçu une convocation devant les juges d’instruction, pour y être mis en examen. La nouvelle, qui tombe au moment où les sondages le donnent battu au premier tour par Macron, a motivé une déclaration, qui s’est voulue une attaque en règle contre la justice.

Fait probablement rare dans les annales judiciaires, un justiciable, se croyant autorisé à un tel excès de comportement, parce que candidat à l’élection présidentielle, se permet de mettre en cause publiquement la procédure dont il fait l’objet, à propos du soupçon d’emplois fictifs, qui auraient bénéficié à sa femme et à ses enfants.

Devant un parterre de journalistes s’attendant à l’annonce possible de son renoncement, il a adopté la tactique de la meilleure défense c’est l’attaque, affirmant à nouveau « qu’il n’avait pas détourné d'argent public ». Comble du mépris pour les juges, il s’est plaint de ne pas avoir été traité « comme un justiciable comme les autres », dénonçant violemment le fait que « l'Etat de droit a été systématiquement violé ».

Fillon se voit en sauveur attendu et au-dessus de la loi

« La France est plus grande que mes erreurs » a-t-on pu entendre (je dois dire médusé) de la bouche de celui qui, foin des infractions graves qui lui sont reprochées, est pénétré de l’idée d’être le sauveur de la France. Rien de moins que cette incantation quasi mystique, pour sauver sa peau, comme le faisait déjà, avant lui, son mentor Sarkozy.

Dès lors, il se considère au-dessus des lois : « Seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président ». Il avait pourtant annoncé, qu’il renoncerait à être candidat, s’il était mis en examen, quelques jours après les révélations du Canard enchaîné sur l’emploi fictif d’assistante parlementaire de Penelope Fillon.

François Fillon a indiqué qu’il se rendrait à la convocation des juges. L’auditoire a eu droit au registre de la victimisation. L’homme honnête, qu’il prétend être, a brutalement dénoncé « l'assassinat politique » dont il est la cible, considérant qu’il s’agit, ni plus ni moins que « d’un assassinat de l'élection présidentielle ».

Fillon, déconnecté de la réalité, voit la démocratie défiée

Il a demandé à ses soutiens « de résister », comme s’il subissait une attaque en règle de la part de l’institution judiciaire. Une attaque visant à l’empêcher d’appliquer ses idées. Les seules, selon lui, capables de redresser la France.

Fillon dit vouloir « s’en remettre au peuple » : « Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas. J'irai jusqu'au bout, au-delà de ma personne, car c'est la démocratie qui est défiée. » En ce mercredi matin, à son QG de campagne, entouré de ses soutiens, les accents pétainistes de Fillon n’étaient pas sans rappeler, avec un malaise certain, le « Je fais don à la France de ma personne  » du Maréchal sénile.

Comment son message sera-t-il reçu par ses électeurs, lesquels sont déjà pas mal déboussolés par la tournure désastreuse de la campagne de leur candidat ? Beaucoup, gaullistes dans l’âme, ont un profond attachement à la Vème république de De Gaulle. Nombreux seront ceux qui n’accepteront pas que leur candidat, possible futur président de la République, garant des Institutions et notamment la Justice, les attaque avec une telle virulence.

Comment pourra-t-il respecter ses obligations et ses devoirs une fois élu, alors qu’il vient d’attaquer, avec une grande maladresse et une rare véhémence, l’institution judiciaire, un des piliers de notre Etat de droit.

 

Ce faisant, Monsieur Fillon a probablement perdu le peu de crédibilité qui lui restait.

Le supermarché : un condensé de nos sociétés...

Le supermarché : voilà un lieu banal et ordinaire, que tout le monde fréquente, même les pauvres, même des SDF, on en voit de plus en plus errer dans les galeries ou à l'intérieur du magasin.
 
Le supermarché nous fait, parfaitement, découvrir ce que sont devenues nos sociétés... un monde d'inégalités permanentes : le rayon discount côtoie le rayon bio, réservé aux plus riches. 
 
Le supermarché est savamment organisé et orchestré pour inciter à l'achat compulsif : à l'entrée du magasin, on trouve une sorte de sas qui a pour but de monopoliser l'attention sur l'actualité du moment, Noël, le printemps qui arrive, Pâques, la Toussaint, le premier mai etc.
 
Le rayon beauté est habilement placé après l'entrée, puis viennent celui des vêtements et enfin celui des achats plus ordinaires et quotidiens.
La musique rythme le passage des clients, une musique d'ambiance souvent assez douce pour créer une impression agréable.
 
Le client flâne dans les rayons, choisit lui-même ses fruits, ses légumes, y passe de plus en plus de temps, tout semble offert et si accessible !
  
Le supermarché devient un vrai temple de la consommation, avec ses rites, ses habitudes : le choix du caddie, les sacs à emporter pour récupérer les marchandises, les achats, souvent, dans le même ordre immuable, le paiement en caisse, avec, parfois, des files d'attentes.
 
Le paiement s'effectue, désormais, le plus souvent, par carte bancaire, parfois par chèque, plus rarement en liquide...
 
Le supermarché n'est-il pas un condensé de nos sociétés, n'est-il pas un révélateur ? On ne voit pas la couleur de l'argent mais c'est bien l'argent qui est au centre du système : la carte bancaire facilite les achats... plus de compte savant à faire, plus de rendu de monnaie, tout semble si accessible, si facile : il suffit de taper toujours le même numéro pour payer ses achats.
 
Le supermarché s'embourgeoise : on y trouve, de plus en plus, des produits de luxe regroupés dans un même rayon : des produits rares, exotiques, biologiques, et évidemment les prix se hissent à la hauteur de ces marchandises d'exception.
 
Les rayons sont spacieux, larges et permettent une bonne circulation des caddies, le client est habilement cerné par toutes sortes de produits qui s'étalent et s'étagent.
Les prix sont, sans cesse, revus à la hausse : d'ailleurs la note, en fin de parcours, est de plus en plus salée : dans ce lieu de consommation, on use de tous les moyens pour inciter les gens à acheter, à se sentir bien, à apprécier l'ambiance...
 
Le supermarché ne nous donne-t-il pas une impression d'autonomie, de liberté totale ? On choisit les produits, on les pèse sur des balances prévues à cet effet au rayon fruits et légumes, mais en fait, les gens sont canalisés, robotisés, conditionnés pour l'achat.
 
Les couleurs, les affiches voyantes dirigent les regards, les orientent : l'homme devient un robot acheteur et ne peut guère y échapper...
Bercés par la musique, éblouis par les emballages, les clients suivent docilement l'ordre des rayons.
 
Le supermarché nous permet de regrouper nos achats : pratique, spacieux, entouré de galeries marchandes, d'un parking pour se garer, il devient un lieu incontournable, indispensable : qui pourrait désormais, s'en passer ?
 
Notre monde est devenu celui des super et des hypermarchés : monde de démesure, de consommation, de confort, oui, le supermarché résume parfaitement nos sociétés...
 
Luxe, pauvreté, apparences trompeuses, inconscience, aveuglement, hubris, argent caché, secret, abondance, surabondance, gaspillage, tout y est. 

  

Au bistro de la Toile : putain de profit à tout crin !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Tè ! Je vais un peu vous gâcher l’apéro… « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait le Grand Rabelais. Merde ! Il a fallu des milliards d'années pour en arriver là où nous en sommes, à ce degré d'évolution qui a permis l'apparition de la conscience humaine ; et nous, en quelques décennies de « civilisation », on fout tout par terre avec des technologies à la kon irrespectueuse non seulement de l'environnement mais de la vie même. Sommes-nous kons à ce point ? Sommes-nous suicidaires ? Le confort moderne nous a-t-il anesthésié les boyaux de la tête ?

- Oh ! Victor, bois un peu de tisane de Sainte-Marthe : le « flaille » contient de la badiane, c’est très bon pour les boyaux de la tête. Ça te soignera le tracsir !

- Merci Loulle. Quand même, il faut regarder les choses en face : la vie est en danger de mort. Jamais dans toute l'histoire de la planète on a vu, en si peu de temps, une telle hécatombe parmi les espèces animales et végétales. La biodiversité, toute la richesse de cette planète, en prend un sacré coup ! Et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant. Tout ce que nous connaissons va s'appauvrir, se rétrécir. Le monde va devenir petit. Les forêts primaires vont disparaître à jamais. En 2030, il n'en restera que de rares vestiges. Des communautés humaines ancestrales sont fauchées, victimes de la déforestation, et dans leur sillage leur connaissance directe du vivant libre. Comment vivrons-nous en 2030 ? Comme dans le fameux film « Soleil vert » ?

- Eh ! Oh ! Victor, on te voit venir, tu vas nous gonfler avec le « réchauffement climatique » alors qu’on se gele les aliboffis… Alors lâche-nous les « moon-boots » avec ça !

- Chante Coco ! Chante ! Ça ne durera pas. Quand on se gèle les couilles, quand on subit des cyclones ou des pluies catastrophiques, quand on crève de chaleur et de sécheresse, c’est AUSSI une conséquence du réchauffement. Si le Gulfstream se met à faire la sieste, on aura le climat du Canada, vu que Paris est à peu près à la latitude de Montréal ! La pollution de l'atmosphère est telle que la végétation et les océans ne sont plus capables aujourd'hui d'absorber l'excédent de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre. Résultat : le réchauffement climatique bouleverse le fragile équilibre, les cyclones dévastateurs se multiplient, la désertification augmente, le climat se dérègle à la vitesse grand V... Et ça va encore aller plus vite puisque les Chinois, les Indiens ou les Brésiliens sont aussi kons que nous et veulent rouler en voiture particulière, rejetant dans l'atmosphère ce qui reste de pétrole ! Bref on ne sait pas jusqu'à quel point la température va monter. La banquise du pole nord atteint cette année la taille d’un string ! Ce qu'on sait, c'est qu'il y a 250 millions d'années, 8 degrés seulement ont suffi pour anéantir 95% de la vie terrestre. Comme dit l’ami Paccalet, « L’espèce humaine disparaîtra ? Bon débarras… » Mais en attendant, elle lapinise l’espèce humaine ! Responsable des maux actuels infligés à la Terre, cette espèce-là pullule. Mais pour combien de temps ? Sept milliards et demi aujourd'hui, au moins dix milliards en 2050. Et après ? Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout !

- Est-il encore temps ? Avons-nous encore la possibilité de choisir quel monde nous voulons pour nos enfants et les enfants de nos enfants ?

- C'est tout vu : nous voulons de l'herbe, des arbres, des fleurs, du vin, des bécasses à rôtir, des dorades, du miel, des canards gras. Nous voulons des sourires d’enfants, des belles femmes pulpeuses, des oiseaux et toutes sortes d'animaux insolites ou familiers. Nous voulons un air pur pour voir le ciel avec ses étoiles qui nous murmurent que la vie existe forcement ailleurs. Nous voulons que la magie du vivant opère grâce au respect des lois de la nature. Nous ne voulons pas qu'elle soit définitivement détrônée par un monstre absurde nommé profit à tout prix.

- Il nous reste combien de temps au juste ? C'est pour quand la fin du monde, c'est pour après les élections ?

- Au moins le temps de remettre ma tournée. Amen…moi à boire, ça m’a donné soif !.-

- On attendra la fin du monde dans une vigne !

 

 

Illustration : merci au regretté Chimulus