Être « de gauche », c’est quoi au juste ?

Mon ami m'a demandé ce qui définit la gauche.

 

Bonne question !

En déjeunant avec un ami, catholique convaincu, militant de la Manif. pour tous et partisan de M. Fillon, la conversation est venue rapidement sur l'élection présidentielle.

J'ai rappelé les trois droites selon René Rémond, légitimiste (plutôt M. Fillon, au moins pour le moment), bonapartiste (clairement Mme le Pen) et orléaniste (M. Macron - en version « Bilderberg » de l'orléanisme). Par ailleurs, je niais l'appartenance du PS ou de ses satellites (PRG) à la gauche.

 

 

Mon ami m'a naturellement demandé ce qui définit la gauche.

Bonne question !

 

J'ai répondu qu'il y a historiquement trois axes :

·         le pouvoir à tous et pour tous, notamment les non possédants, ou seulement au prolétariat, à la place de la domination de ceux qui ont l'essentiel de la propriété,

·         le rejet du pouvoir de la (des) religion (s), au moins dans la sphère publique,

·         l'internationalisme.

Je dois avouer que je n'étais pas très satisfait de ma réponse.

 

Plus tard m'est venu à l'esprit que, si nous reprenions cette conversation, je pourrais lui citer une référence dont je pense, sans aucunement le vexer, qu'il n'en est pas un expert : l'hymne L'Internationale.

Car on y retrouve ces trois axes :

·         « Debout les damnés de la terre ! / Debout les forçats de la faim ! /... / Le monde va changer de base : / nous ne sommes rien, soyons tout ! »

·         « Il n'y a pas de sauveurs suprêmes./ Ni Dieu, ni César, ni tribun. / Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! / Décrétons le salut commun ! »

·         « Groupons-nous, et demain, / l'Internationale, / Sera le genre humain ». Et aussi « Les Rois nous saoulaient de fumée. / Paix entre nous ; guerre aux tyrans ! / S'ils s'obstinent.../ ils sauront bientôt que nos balles / Sont pour non propres généraux. »

Il s'agit bien sûr de la gauche telle qu'on la voyait en Europe après la Commune de Paris.

Certaines réalités actuelles n'existaient pas encore :

·         la mondialisation du capital, notamment financier, et son emprise politique sur les nations,

·         l'adhésion d'une partie des chrétiens à des valeurs de gauche et l'importance de l'islam dans certains pays d'Europe,

·         les menaces écologiques.

De tels changements permettent des escroqueries intellectuelles :

·         « Les choses ont changé ; nous sommes la gauche (... moderne, actuelle, réaliste,...) », de la part de personnalités qui ont choisi de faire carrière dans ou aux lisières du PS. Pourquoi cela ? Parce que leurs électeurs se considèrent encore souvent comme tels, alors qu'eux-mêmes, par leurs paroles, et plus encore leurs actes, sont clairement de droite. Exemples dans le contexte de la présidentielle : encore M. Macron (orléaniste), M. Valls, (économiquement orléaniste - lui aussi en version « Bilderberg » - et plutôt bonapartiste pour le reste).

·         Ou l'éternel « Il n'y a plus de droite ni de gauche. C'est fini ! ».

Il y a toujours des axes de la gauche.

 

Le premier reste fondateur : le pouvoir politique par et pour tous, par opposition à la domination, indirecte ou pas, des grands groupes financiers mondiaux. Cela passe d'abord par une vraie démocratie : pluralité et indépendance des médias, liberté d'expression et de dénonciation publique, referendum pour certaines décisions essentielles, loi électorale permettant de vrais changements (c'est le cas en Allemagne), par opposition aux lois électorales qui imposent l'alternance de deux équipes qui font à peu près la même politique. Cela passe ensuite par le refus du pouvoir absolu des intérêts financiers mondiaux, pouvoir absolu qui est la substance même du traité CETA/AECG, en cours de ratification avec le Canada, et qui devait être celle du partenariat Trans-Pacifique, du TAFTA/TTIP, etc. Et enfin par un retour aux valeurs de solidarité concrétisées notamment dans le programme du Conseil National de la Résistance.

 

Une vraie laïcité, tolérante, respectueuse et sans brimades anti-religieuses (du genre interdiction du voile) satisferait à mon avis le deuxième critère.

 

Par contre, l'internationalisme pose un vrai problème. Il était conçu comme la solidarité des peuples pour éviter qu'on les dresse les uns contre les autres. Actuellement, la seule véritable internationale est celle des grands groupes financiers. Elle est plus organisée qu'on ne le croît généralement, notamment à travers le « Bilderberg ». Elle mène des politiques à long terme, secrètes, qu'elle fait décliner à court terme par les entités, groupes et personnalités dont elle contrôle la carrière.

Pour nous, une de ces entités prédomine : l'Union européenne. Au-delà de la novlangue officielle, celle-ci est en effet totalement au service du grand capital multinational.

Pour la gauche, il n'y a que trois possibilités :

·         accepter une impuissance presque totale,

·         croire à une « autre Europe » chimérique, qui n'est qu'un slogan pour cacher le vide,

·         vouloir la sortie de l'U.E. de la France, ainsi que d'un maximum d'autres pays.

Certains, à gauche, refusent explicitement la sortie de l'U.E. au nom d'un internationalisme idéologique. On les trouve notamment au NPA ou chez Solidaires. D'autres - ou les mêmes - croient aussi que l'U.E. évite les guerres, malgré la Yougoslavie, la Libye, la Syrie, l'attitude belliqueuse vis-à-vis de la Russie, etc. (la place manque...).

La plupart des organisations refusent systématiquement tout débat en leur sein sur la question, pour des raisons qui n'ont guère à voir avec l'internationalisme historique : PCF, CGT, Attac, etc. On murmure même que les avantages reçus de l'U.E. par la CGT et d'autres organisations syndicales, par l'intermédiaire de la CES, pourraient influencer certaines frilosités.

Ce débat verrouillé par les organisations existe cependant bien dans le peuple de gauche... et fait les beaux jours du Front National.

 

A notre époque, il faut ajouter un autre axe, de plus en plus prégnant : l'écologie.

 

Où se situe le PS qui a peur de la démocratie, a réprimé les manifestations plus que ses prédécesseurs, a légalisé la libre intrusion de la police politique dans les systèmes informatiques des citoyens, ne veut en aucun cas de referendum, a la dent dure contre les « sans-dents », pense surtout à maintenir ses postes, rentes ou avantages, voire prébendes, pousse à une « Europe de la défense » subordonnée à l'OTAN, etc. etc. ?

 

Pas à gauche !

Petits arrangements et autres magouilles

L'emballement des grands vertueux et des arbitres des élégances morales qui se scandalisent des 500 000 Euros touchés en neuf ans par l'épouse du candidat de la droite prête un peu à sourire voire à rigoler franchement. Non pas parce que ce n'est pas choquant en soi, et parfaitement, et objectivement immoral, mais parce que c'est une pratique courante en France depuis déjà plusieurs décennies. Plus personne ne se soucie vraiment du bien commun, de la cohésion nationale, chacun surtout inquiet de profiter au maximum de ce qui demeure encore des deniers publics pour quelques années encore malgré le détricotage minutieux des institutions opéré depuis longtemps déjà.

 

Que madame Fillon ait bénéficié d'un emploi fictif est certes quasiment une certitude. Il se trouvera certainement quelques obligés de son époux pour tenter de la disculper mais personne ne sera dupe. Que son mari ne soit pas le seul à le faire en est une autre. Que ceci soit une excuse est faux. C'est d'autant plus choquant qu'il se présente comme le candidat du retour des valeurs morales. Que tout cela ait fuité en ce moment n'est sans doute pas fortuit. Cela ne bénéficie pas du tout à Marine le Pen comme certains le suggèrent mais plutôt à Emmanuel Macron, notre Donald Trump BCBG, les libéraux libertaires embarrassés de voter Fillon iront plus vers l'ancien ministre de l'économie. Ce n'est sans doute pas anodin.

Il faut dire que la France est depuis longtemps déjà, cela a toujours plus ou moins existé mais à des degrés bien moindres, le pays des petits arrangements en famille, entre amis, entre amants et maîtresses, et autres magouilles à tous les niveaux de la société. C'est même un des maux principaux dont elle souffre avec l'omniprésence des idéologies. Tout le monde s'arrange sans aucun souci du bien commun, de la compétence réelle ou du talent. Que l'on soit dans un salon feutré ou ailleurs, dans des endroits moins "sélects".

 

Ces petites magouilles mûrissent et pourrissent lentement mais sûrement le pays de par l'atomisation du lien social.

 

Personne n'y trouve vraiment à redire car tout le monde cherche à en profiter à son niveau. Aucun camp politique n'en a l'apanage. Ils sont tous à égalité y compris les fameux "anti-système". Chacun sait que si l'on veut que son dossier soit sur le dessus de la pile dans une recherche d'emploi dans un conseil général, pardon départemental ou d'autres institutions publiques, dans une recherche de logement dit social, que ce soit à la Mairie de Paris ou en province, il convient d'être ami, en relation au moins, y compris au deuxième ou troisième degré avec tel ou tel responsable politique ou non voire de ses sous-fifres.

 

Je ne parle même pas des étudiants aidés par "Papaman" déclarant zéro revenus main sur le cœur à la CAF pour toucher les aides au logement, sans parler de ces littérateurs et littératrices bénéficiant de divers renvois d'ascenseur pour services rendus dont parfois une ou deux coucheries. Les histoires desdites coucheries feront de très bons manuscrits qui se vendront bien. Plus c'est déviant selon la morale commune, mieux c'est bien entendu avec plusieurs scènes graveleuses évidemment en bonus. Cela permet aussi d'expliquer le "turn over" des journalistes dites culturelles qui en vieillissant deviennent beaucoup moins intéressantes de manière surprenante, on se demande bien pourquoi.

 

Peut-être parce qu'elles sont alors moins esthétiques pour la photo ?

 

 

Ce n'est d'ailleurs pas la moralisation complète de tout ce système qui est nécessaire mais qu'au moins la reconnaissance des talents et compétences ne soient pas seulement affaire de clientélisme...

Nous devons aider nos amis Juifs.

C’est devenu quoi ce sionisme ? Pas un jour ne passe sans déclarations de dirigeants israéliens qui relèvent du racisme et du nazisme, chaque jour s’affichent sur Internet des images odieuses, révoltantes, s’accumulent des annonces de terres volées. Ce sionisme est une catastrophe sous tous ses aspects, avant tout pour les Palestiniens, mais en fin de compte pour nous tous qui appartenons à des nations alliées, nous tous Juifs compris. Juifs surtout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Car les souffrances directes sont infligées aux Palestiniens, leur sang coule, tout le Moyen-Orient se consume de Tripoli à Bagdad, leurs villes, villages et maisons brûlent, leurs infrastructures anéanties. Mais en fait,  c’est l’identité des communautés juives qui sombre, et celle de tout le peuple juif. Ils se trouvent otages d’une idéologie qui les condamne, face au monde, bien en face. Pas ce que nous appelons le monde civilisé, mais face à l’humanité toute entière qui ne pourra que se désolidariser.

Quand ? Bientôt en fait, quelle que soit la propagande, qui par ailleurs s’essouffle… Ils en sont à exploiter l’image de Renaud. L’épave, ou le radeau de l’épave au secours du cuirassé Israël.

Regardez ces grands porte-voix de la pensée juive sioniste, supérieure et intransigeante, étrangère au doute, s’égosiller devant les quelques soubresauts politiques, géostratégiques de ces derniers mois. Regardez éructer les Finkelkraut, Glucksmann, BHL, puis ceux de deuxième et troisième division, les journalistes et tribuns de l’élite, aboyer contre les mutations de l’ordre établi, les pulsions électorales des populations et des corps sociaux.

L’ordre établi nous a vendu, et tente encore de nous vendre chaque jour ce sionisme comme légitime. Qui écarte des micros les Juifs qui s’en dissocient, le dénoncent, qui s’en inquiètent, et refusent de voir leur identité, leur culture, leurs intellectuels et artistes continuellement « assimilés à » et requis pour cette monstruosité.

A doses homéopathiques les diplomates occidentaux nous susurrent la bouche en cul de poule que « Assad », le boucher d’Alep, n’a plus aucune légitimité. Ces fabiuseries sont censées nous vendre la légitimité de l’état raciste qu’est Israël ?

Quiconque s’intéresse à l’histoire des communautés juives, à la montée en puissance qui résulte de l’alliance entre la couronne britannique et les Rothschild ne peut que constater et s’affliger des conséquences de ce pacte cynique qui a enflé hors de toute proportion  au siècle dernier.

Tel qu’il est là, ce sionisme a encore des décennies de nuisance tranquille. Animé et activé, entretenu et financé par des lobbies surpuissants, des conglomérats militaro-industriels,  des élites disposées en bastions, des secteurs économiques ou culturels regroupés en forteresses, des bataillons de sayanims.

Tel qu’il est là, l’écrasement de la Palestine par les sionistes, que par euphémisme judéophile on dénomme « le conflit israélo-palestinien », nourrit des centaines de milliers de gens, militaires et agents, ONG, organismes internationaux, intervenants sociaux et humanitaires, experts de l’UE ou du PAM ou de n’importe quoi… et malheureusement des deux côtés, celui des écraseurs certainement mieux nantis,  et celui des écrasés.

Tel qu’il est là, ce délire sioniste ne disparaitra pas.

 

Alors soyons pratiques, fraternels, humains : aidons nos amis Juifs, là où nous sommes, chacun selon nos moyens et chaque fois que nous le pouvons, à se défaire du piège dans lequel les ont enfermés les idéologues sionistes depuis Disraeli, Hertzl et autres racistes colonisateurs. Parlons leur sans agressivité, expliquons leur que nous les soutiendrons dans leur coming-out antisioniste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que le salut du monde juif passe par là…

Mufasa – Réseau International

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Commentaire :

 

Cela fait quatre ans que Réseau International s’évertue à faire prendre conscience aux juifs du danger mortel que représente le sionisme pour eux, de l’instrumentalisation dont ils font l’objet, et de la complicité de certaines de leurs élites pour les faire sortir de l’humanité. Beaucoup de juifs de par le monde s’en rendent compte, et ils sont de plus en plus nombreux. Mais il faudrait aussi que le formatage des non juifs subisse des fissures de manière à les libérer de la conception sioniste du monde. Des progrès considérables ont été accomplis, ce qui explique la hargne avec laquelle les sionistes tentent de rejeter et de condamner tout distinguo entre antisionisme et antisémitisme, cette dernière notion ayant été le socle sur lequel s’est construit le projet sioniste. 

Pénélope, Ulysse & Cie : Détournement de fonds publics et abus de biens sociaux ?

Par Renaud Bouchard 

 

"La vraie richesse, c'est le superflu du nécessaire."
 Maurice Toesca

Le Parquet national financier (PNF) a annoncé cet après-midi avoir ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux à la suite des révélations du Canard enchaîné sur des emplois potentiellement fictifs occupés par l'épouse de François Fillon.

"A la suite de la publication le 25 janvier 2017 d'un article du Canard enchaîné mettant en cause Madame Penelope Fillon, le Parquet national financier a en effet ouvert ce jour une enquête préliminaire des chefs de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits", écrit le PNF dans un communiqué.

L'enquête "a été confiée à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF)", ajoute-t-il.

I- Les faits

Selon le Canard enchaîné, Mme Pénélope Fillon a été rémunérée huit ans comme attachée parlementaire par son époux et son suppléant à l'Assemblée nationale (une rémunération de 500000 euros, semble-t-il), et, pendant 20 mois, par La Revue des deux mondes.

Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire satirique dit cependant n'avoir guère trouvé trace de ses activités.

L'Assemblée Nationale ne semble en effet pas avoir conservé un souvenir très précis de cette collaboratrice, pas plus que le directeur de la Revue des Deux Mondes, M. Michel Crépu, qui déclare n'avoir reçu que quelques notes de lecture d'ailleurs publiées.

II- Réactions

Ce matin, le candidat Les Républicains à l'élection présidentielle a justifié ces emplois devant les journalistes, se disant "scandalisé par le mépris et la misogynie" du Canard Enchaîné.

La justification n'a pas dû être convaincante pour que le Parquet national financier décide d'ouvrir une enquête préliminaire.

"Alors parce que c'est mon épouse, elle n'aurait pas le droit de travailler ?", a demandé M. Fillon.

La question n'est pas là, Cher Monsieur. Il n'est pas interdit de travailler. En revanche, il est interdit de recevoir une rémunération pour un travail fictif, a fortiori quand il s'agit de fonds publics. Cela s'appelle un détournement, ce que ne sauraient sérieusement ignorer M. et Mme Fillon qui sont tous les deux juristes.

"Imaginez un instant qu'un homme politique dise d'une femme, comme le fait cet article, qu'elle ne sait faire que des confitures, toutes les féministes hurleraient", a-t-il déclaré, ajoutant que "la séquence des boules puantes est ouvertes".

L'excuse est un peu courte.

III-Problème

Là encore le propos est hors sujet et il y a méprise, Cher Monsieur. La seule chose qui soit désormais ouverte à ce jour n'est qu'une simple enquête préliminaire, laquelle, n'en doutons pas, saura faire la lumière sur cette malencontreuse affaire qui, pour l'heure, présente toutes les caractéristiques d'un emploi fictif.

Nul doute que la France toute entière, attentive, et à tout le moins votre électorat prêt à vous donner le Bon Dieu sans confession, se réjouiront du résultat d'une enquête que l'on espère sérieuse et qui saura, si tel est le cas, comme dans l'Odyssée, innocenter la malheureuse Pénélope de l'affreux soupçon qui pèse sur elle comme sur son mari.

IV-Enjeu

Dans le cas contraire, hélas ! il faudra songer à se retirer d'une course électorale qui ne saurait tolérer l'accès à la magistrature suprême d'un candidat impliqué dans une infraction financière qualifiée pour le moment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.

A propos, devinez qui est l'auteur de ces phrases immortelles adressées voici quelques mois à un autre candidat par celui qui fut durant cinq ans sont Premier ministre ?

« Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? […] Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. […] Avoir une haute idée de la politique signifie que ceux qui briguent la confiance des Français doivent en être dignes. Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs. »

C'est noté.

Source :

 

http://www.20minutes.fr/politique/1914327-20160828-fillon-sarkozy-imagine-general-gaulle-mis-examen

Hamon et Mélenchon ! Rencontrez-vous !

L’issue du deuxième tour de la primaire socialiste ne fait pas de doute.

Si Valls l’emporte, de nombreux électeurs socialistes, opposés à la ligne gouvernementale iront voter Mélenchon ou s’abstenir.

En cas de victoire probable d’Hamon, ce sont les caciques du PS et une bonne partie de ce parti « sfioïsé » qui iront soutenir Macron qui leur est proche.

De toutes façons c’est le parti d’Epinay qui, quel que soit le résultat éclatera après le second tour de cette belle débandade peu populaire

 

Des amis de Mélenchon et notamment son bras droit, l’ancien révolutionnaire, Alexis Corbière semble se réjouir de la situation…..

J’espère d’ailleurs me tromper.

Beaucoup de militants et de militantes qu’ils soient socialistes, communistes ou même de tendance d’extrême gauche commencent à désespérer.

Peut-on accepter que demain se retrouvent face à face Fillon et Le Pen au deuxième tour des présidentielles ?

Peut-on, quand on veut le changement se contenter d’un choix peu probable en un Macron, arriviste et libéral face à une Le Pen ?

Poser les deux questions c’est y répondre : NON !

Nous en avons que faire des ambitions de tel nouveau messie qui même s’il obtient un résultat honorable aux présidentielles, se retrouvera comme nous devant une gauche en loques et la droite dure au pouvoir.

 

Hamon et Mélenchon doivent se rencontrer et discuter.

 

IL est possible et nécessaire que les militants qui refusent l’austérité, l’injonction de l’Union Européenne et la constitution bonapartiste de la Vème république discutent ensemble et envisagent de soutenir une seule candidature…..

Pour moi comme pour d’autres militants, il faut rompre avec l’Union Européenne, c’est un débat et non une condition.

La division qui existe entre les militants du PCF qui n’ont pas digéré qu’on leur impose la candidature de Mélenchon et les cadres des « insoumis » est mortifère…..

Pendant que la gauche, la vraie, sous toutes ses formes s’accuse mutuellement de « trahison » ou d’abandon, le peuple se désespère.

NOUS NE VOULONS NI LE LIBERALISME MEME A PEINE TEINTE DE SOCIAL, NI LE FN ET SA POLITIQUE XENOPHOBE !

 

L’avenir du pays et de la république sociale mérite que la gauche qui se réclame de Jaurès se rassemble !

Astana, Davos, Washington, le nouvel ordre mondial se met-il en place ?

L’image marquera sans doute à jamais. Une passe d’armes par médias et événements interposés entre les trois nouveaux pôles qui semblent vouloir et chacun de son côté incarner le nouvel ordre mondial. Russes, Chinois et Américains disent et redisent ce que sera le monde de demain et aiguisent leurs arguments pour l’instant exclusivement médiatiques.

La Russie devenue extrêmement présente au Proche-Orient veut remettre en selle la question palestinienne et sonne déjà les cloches aux récalcitrants. Astana semble vouloir signifier au monde ce que sera le renouveau russe sur la scène internationale.

Xi Jinping le président chinois et dans un usage sublime de métaphores, dit au monde de façon aussi incroyable qu’audacieuse que la réforme qu’il déploie dans son pays ne saurait se concevoir sans la prédominance du libre-échange et de la libre circulation des capitaux pour lesquels il plaide à Davos, suscitant peut-être l’étonnement des gardiens du temple qui pensent que mondialisation, justice sociale et développement humain ne pourront pas faire bon ménage.

A Washington et devant ses supporters réunis à l’occasion de la cérémonie solennelle d’investiture dans ses nouvelles fonctions de Président des Etats-Unis d’Amérique, Trump ne fait aucune concession, dans la substance de son discours sur les fondamentaux, de sa campagne électorale. Il sonne la fin de la récréation et redit à ceux qui veulent bien l’entendre que le pouvoir ne sera plus, sous son mandat, aux mains des élites qui l’ont toujours confisqué au peuple souverain qui le leur a confié. Et en guise d’entame, Trump impérial signe l’arrêt de mort de la réforme culte et le joyau de huit années de gouvernance démocrate. Cette dernière aura hélas prêché dans le désert, ne réalisant aucun succès à mettre à son actif. Peu de progrès sur les grands dossiers brûlants de la planète et pire aucun endiguement des tensions raciales et ethniques qui auront ressurgi de manière extraordinaire au cours de ces dernières années.

Trump prend le taureau par les cornes et annonce dans son discours d’investiture que les banlieues de Detroit et les plaines du Nebraska compteront de la même manière, délivrant au passage à ses prédécesseurs un message clair, à l’image de celui de l’ancien président français Giscard d’Estaing à la gauche lui contestant le monopole du cœur, être à l’écoute du peuple et travailler dur pour que le rêve américain dont il est aujourd’hui l’incarnation se réalise encore et pour tous. Une seule et unique perspective est ainsi tracée, rendre à l’Amérique profonde ce bonheur dont elle a été privé. Un discours parfois d’homme de gauche que ses adversaires qualifieront certainement de populiste et qui au final en étonnera plus d’un. Les Etats-Unis se sont appauvris et l’effort de guerre notamment de celles menées injustement, sous de faux prétextes, contre des pays souverains et pour des causes qui ne sont pas nécessairement celles que l’on a vendues à l’opinion américaine, aura également affaibli l’Amérique profonde. Les durs de l’échiquier politique américain ont désormais conquis le pouvoir et le disent désormais sans équivoque.

Jacques Attali, dirigeant d’association et non moins intellectuel et ancienne tête pensante du mitterrandisme, affirme sur un plateau de télévision qu’il ne restera plus de place pour l’Europe pour se mouvoir entre ces trois pôles de puissance et que le vieux continent deviendra la nouvelle proie de ce que les convulsions internationales actuelles produiront comme nouvel ordre.

Trump candidat avait déjà mis en exergue deux options de ce que sera sa politique internationale. Elles seront actées par son équipe. Une politique protectionniste à l’égard de la Chine et un soutien indéfectible à l’allié britannique qui pourra se traduire par un appui sans faille, y compris économique et financier, au brexit pour que l’impact que ce dernier pourrait provisoirement avoir sur la croissance de ce pays soit vite amorti.

L’Europe sera certainement désarticulée entre une Grande-Bretagne qui aura définitivement rejoint son allié traditionnel, la Russie qui sans renoncer à sa vocation extrême-orientale ne se privera sans doute pas de reconquérir son espace d’influence d’Europe centrale et de l’est et le reste qui cédera sans doute ses plus beaux atours aux insatiables investisseurs chinois.

A court terme, Trump devra également accorder ses premiers pas sur le plan international au diapason de ses promesses électorales. Le monde sera attentif à ses premières initiatives dans un contexte international tendu, turbulent et imprévisible. Et s’il annonce un combat sans retenue contre le terrorisme international, il devra également déployer une nouvelle grille de compréhension et de lecture de ce qui en fait le lit et en constitue les germes.

La question proche-orientale qui demeure l’épine dorsale des turbulences qui caractérisent le monde sera la première épreuve que subira Trump au cours de laquelle il devra démontrer là aussi qu’il dispose d’une réelle marge de manœuvre et surtout d’une indépendance réelle vis-à-vis de tous ces microcosmes qui jusque-là ont toujours fait et défait la politique étrangère des Etats-Unis.
Cette question démontrera aussi, s’il en existe vraiment une, la convergence de vues entre la nouvelle doctrine de politique internationale américaine et le regain diplomatique et le come-back géostratégique russe sur la scène internationale.

Trump a eu sans doute la lucidité de comprendre durant sa campagne électorale, loin des fausses certitudes des élites embourgeoisées des grandes métropoles des Etats-Unis, que le temps presse, que l’Amérique profonde était impatiente et que les ingrédients de la dislocation de ce pays continent étaient déjà en place.

Alors redonner vie à l’American dream dont il est incontestablement devenu l’icône est une ambition saine mais tourner le dos au monde sans essayer de circonscrive les nombreux conflits que les Etats-Unis ont souvent eux-mêmes provoqués sera une position intenable et probablement contre-productive. Mais le peu d’estime que le président américain semble éprouver à l’égard de l’OTAN, instrument militaire au service de toutes expéditions menées dans le monde par l’occident ces dernières années, laisse espérer une revue de la doctrine de l’interventionnisme militaire et de l’ingérence dans les pays tiers.

Face à ce nouvel ordre en gestation, le moins que l’on puisse dire est de savoir ce que le reste du monde, celui qui n’est pas nécessairement acteur de ces changements mais qui en subit souvent les conséquences et en paie parfois le terrible prix, pense et ce qu’il envisage de faire pour qu’un monde multipolaire, équilibré et respectueux les uns des autres se mette véritablement en place.

Salim METREF

Source:http://www.alterinfo.net/Astana-Davos-Washington-le-nouvel-ordre-mondial-se-met-il-en-place_a128050.html

 

 

Mélenchon et Hamon : un

de trop

 

 

Hamon crée la surprise du premier tour de la primaire de la gauche avec 36,35%. Il inflige un sérieux revers à Valls, qui n’obtient que 32,11%. Logiquement, le frondeur Hamon est bien placé pour l’emporter au second tour. Si tel est le cas, la vraie gauche présentera deux candidats, qui risquent de se neutraliser. Un caillou dans la chaussure de Mélenchon. A moins d’un accord entre eux et… d’un miracle, du côté de Pau.

Avec 1 million de votants en moins qu’en 2011, -seulement 1,6 million électeurs ce dimanche-, les socialistes sont face à un échec. La droite avait mobilisé plus de 4 millions de votants en novembre dernier. Après avoir tenté de faire illusion sur la scène politique, au cours des cinq années Hollande, servis par le rejet viscéral, de 80% des Français, du pire président de la République que la droite ait porté à l’Elysée, les socialistes se retrouvent, enfin, face à leur réalité : le parti est en miettes, sans autre idée que celle de copier la droite libérale.

Cette fois, les rafistolages entre la vraie gauche et les socialos de droite, qui ont permis l’élection de Hollande, en 2012, ne sont même plus envisageables. Le fossé est désormais abyssal entre un Benoît Hamon, porté par les valeurs fondamentales de la gauche généreuse et humaine, et Manuel Valls, l’autoritaire, grand serviteur du système libéral, qui se dissimule derrière un masque de faux berger du peuple (de gauche ?).

En deux semaines, fait remarquable, Benoit Hamon, le faux discret, figure remarquée des frondeurs, a rendu l’espoir aux vrais socialistes de gauche, plongés dans la désespérance hollando-vallsienne, depuis cinq ans. Quand, autosatisfait de sa personne et de son bilan, pourtant calamiteux, l’orgueilleux et suffisant Valls se met en avant et vante ses qualités, son expérience, pour rabaisser son adversaire, à l’inverse Hamon, tempéré, concret, se projette dans l’invention d’un mode de vie, qui tient compte en priorité du social et de l’écologie…

Deux candidats incarnent la vraie gauche : un de trop

… Comme un certain Mélenchon, qui a pris son bâton de pèlerin, il y a presque un an, pour faire entendre la voix de la vraie gauche, sans cesser de marteler « tout pour l’humain », Hamon redonne du baume au cœur à ceux pour qui la qualité de vie pour tous n’est pas qu’un slogan, mais une obligation. Reste les réalités politiciennes du moment, qui elles sont moins enthousiasmantes. Comment se répartiront les voix au second tour ? Hamon, comme ce fut le cas pour Fillon, bénéficiera-t-il d’une dynamique autour de sa personne et des valeurs humanistes qu’il porte ? Le soutien de Montebourg plaide en faveur d’un rassemblement d’une gauche vraie et décomplexée, face à une droite thatchérienne dure.

Oui, mais. Si Hamon l’emporte, comme les premiers sondages semblent l’indiquer, ils seront deux à incarner la vraie gauche. Un de trop pour pouvoir prétendre figurer au second tour de la présidentielle. Lequel ? Mélenchon ? Hamon ? A moins que… Un accord est-il possible entre ces deux-là, pour qu’un seul se présente ? Si tel était le cas, gageons que Valls manifesterait très vite quelques velléités pour en être aussi. Et rebelote !

Ces divisions font le bonheur de Macron, porté par le système fric, tout en revendiquant son appartenance à la gauche… Le trompe-l’œil est jusque-là parfait ! Pas sûr qu’à l’arrivée, les gens se laissent couillonner gratuitement par le banquier euphorique. Les électeurs de la vraie gauche auront beaucoup de mal à voter pour celui dont ils sentent bien qu’il fera pire qu’Hollande et encore mieux que Sarkozy socialement !

Bayrou, la chance de la gauche

Aujourd’hui, les enquêtes, si tant est qu’on puisse à présent leur accorder de la fiabilité, donnent toujours Marine Le Pen en tête du premier tour, avec 28 %, suivie de Fillon, avec 25%, dont la cote d’amour sombre jour après jour, notamment chez ses « chers » amis sarkozystes.

Ni Mélenchon, ni Macron, qui sont dans une fourchette entre 15 et 18%, et encore moins Hamon ou Valls, qui ne dépassent pas les 9%, ne sont en mesure d’atteindre ce deuxième tour. Rassembler ces gens-là, pour éviter la déconfiture de la gauche, tient aujourd’hui du miracle. Pas facile d’y croire, tant les dissensions et autres ressentiments sont prégnants ! 

Reste Lourdes, ou pas loin, Pau, si Bayrou se met en tête d’y aller et de brouiller les cartes, en dispersant les voix de Fillon et de Macron. S’il se présente, le Béarnais est crédité de 6 à 8% des intentions de vote.

N’en demeure pas moins le problème des deux candidatures Mélenchon et Hamon. Qui est de trop ? 

 

 

Verdi

La putain et le bourgeois

 

Par pirate 

Qu’on le veuille ou non, dans le rapport implicite de domination qu’installe la pulsion d’achat, l’individu n’est qu’au bout de sa carte bleue. Il ne peut se sentir, exister, se revendiquer comme membre actif de la société, qu’en répondant à un certain nombre de critères ne relevant uniquement que de son pouvoir d’achat. Et ce qu’il achètera reflétera moins ses goûts, sa personnalité que sa position sur l’échelle du social. Ce n‘est pas par hasard si on aime faire parader les marques dans les quartiers populaires et si on les efface dans les milieux aisés, où la marque compte pourtant tout autant sinon plus. Du riche au pauvre, l’objet devient notre définition, notre introduction au monde, mon mobile Haier 25 euros acheté dans un cyber contre ton IPhone 7 à partir de 769 euros, s’il vous plaît, dans son bel emballage monochrome satiné. Jusque dans l’éducation où le pouvoir d’achat rejoint la notion de réussite dans son acceptation patriarcale, et de là la célèbre proposition de notre désormais immortel philosophe de la société du marché, Jacques Séguéla : à cinquante ans si tu n’as pas… L’un dans l’autre la séduction, l’éventualité d’un rapport sexuel, déjà naturellement borné par une relation dominant-dominé plus que par une complicité fortuite, sera intuitivement défini par ce même pouvoir d’achat. Ma voiture est mon pénis. Ma voiture, ma maison, mes vêtements, mes pots de crème sont mes ovaires. Plus on monte haut sur l’échelle alimentaire, plus ce rapport devient aussi implicite qu’essentiel, plus on descend, plus il devient aussi explicite que superflu. Les riches paradent au bras de leur trophée sur les tapis rouges de la nouvelle aristocratie. Les pauvres se masturbent devant des films pornographiques. Les riches fréquentent les alcôves feutrées des putains sur catalogue, les pauvres sillonnent le pavé, prostituant leur morale étriquée pour dix minutes d’aller-retour et un peu de vide-couille. C'est-à-dire le même rapport que l’on entretient avec un produit selon notre situation dans la hiérarchie sociale. Et dans ce cadre l’amour est un luxe qui retient du seul hasard et plus de nos trajectoires.

 

De Mata Hari à Marthe Richard, de la cocotte à la putain vertueuse.

Née Margaretha Geertruida Zelle dit Grietje à Leeuwarden, Pays-Bas, le 7 août 1876, Mata Hari est une figure emblématique de la pensée bourgeoise au sujet des Cocottes et des prostituées en général. Putains de luxe et demi-mondaines, souvent actrices, tragédiennes, comme Sarah Bernard ou danseuses comme notre héroïne, les Cocottes feront à la fois le bonheur et le scandale de la classe dominante du début du XXème siècle. Resucée bourgeoise de la courtisane, la Cocotte se vend à tous, épouse, fait fortune ou se ruine, et parfois comme Mata Hari se perd. C’est Carla Bruni-Sarkozy, Naomi Campbell, ou Ivana Trump. Mata Hari est jolie, on l’a prend souvent pour une eurasienne à cause de son teint mat, et elle aime les hommes. Ca lui cause des ennuis dès l’adolescence, renvoyée pour avoir eu une liaison avec le directeur de son école. C’est aussi une fille un peu fantasque qui essaye de survivre dans une société masculine, raconte beaucoup d’histoire, fabule. Quand elle débarque à Paris, elle a déjà perdu ses deux enfants, morts empoisonnés, et divorcé une première fois d’un mari violent et alcoolique. Installée à Java où son officier de mari était stationné, elle connaît les danses javanaises dont elle va se servir pour se faire connaitre dans un spectacle dénudé et orientaliste. Jusqu’à la consécration. La bourgeoisie, qui a besoin d’intellectualiser ses vices pour les apprivoiser, en faire chose et matière naturellement noble, l’invite à se produire au Musée Guimet.

Aujourd’hui, c’est Clara Morgane sur un plateau télé. Les curiosités d’alors se portaient sur les collections d’objets volés des colonies, les rituels exotiques et l’orientalisme. L’audience moderne est à la qualité d’image, les destins singuliers et les spectacles sans conséquence. On a l’époque qu’on mérite, j’imagine. Le spectacle au musée fait sensation notamment parce qu’elle y apparaît les seins légèrement couverts de coupelles d’argent. Rien ne change finalement. Combien de quarts d’heure wharolien pour tout ou partie d’un corps ? Combien de magazines peoples pleins de clichés d’inconnus connus qui à la plage, qui sur un yacht, bout de fesse, bout de sein et Kim Kardashian. Du musée Guimet à l’Olympia, puis en tournée européenne, « Œil du Matin » (Mata Hari) collectionne les succès et les amants dont un officier allemand avec qui elle reste un temps. Mais la gloire est éphémère et deux ans plus tard la voilà réduite à la prostitution et aux spectacles sans prestige. Elle a 39 ans quand elle décide de vendre son hôtel particulier et de rentrer au pays. C’est là que sa vie va réellement basculer.

Elle est polyglotte, elle a fréquenté les cercles de pouvoir, la coqueluche du tout Paris, le consul d’Allemagne lui propose de payer ses dettes en échange d’espionner pour son compte. Elle retourne en France, elle est désormais l’agent H21. Est-ce qu’elle a vraiment conscience de ce dans quoi elle s’embarque ? Pas réellement, elle est inconséquente, passionnée, elle aime la vie mondaine, les belles robes, et les hommes en uniforme. Du reste, elle n’est guère compétente. A 40 ans, elle tombe folle amoureuse d’un gamin, moitié son âge, Vadim Maslov, un officier russe lui-même couvert de dette. Blessé au front, elle fait des démarches pour pouvoir le visiter à l’hôpital. C’est comme ça qu’un officier du renseignement français l’approche à son tour. H21 devient agent double contre la promesse d’émoluments faramineux, qui bien entendu ne lui seront jamais payé. Mata Hari est ce qu’on appelle dans le jargon du renseignement un piège à miel. La confidence sur l’oreiller est son métier. En mai 1916, elle est à Madrid où elle fréquente d’autres membres de la communauté du renseignement français, dont Marthe Richard. Elle sera finalement sacrifiée par les Allemands qui s’arrangeront pour dévoiler son identité et sa fonction d’espionne. Le 15 octobre 1917, elle est fusillée au fort de Vincennes et son mystère, sa légende va désormais obséder les foules. Dans l’entre-deux guerre, c’est près d’un livre par an qui est publié sur elle. Un comble, l’officier qui l’avait recruté pour la France est plus tard accusé d’intelligence avec l’ennemi.

 

Marthe Richard est un autre archétype de la putain dans son acceptation bourgeoise, elle en est même le socle vertueux en somme, et à plus d’un titre. Née Marthe Betenfeld dans une famille pauvre le 15 avril 1889, avec un père alcoolique et violent, très vite, elle fugue pour finalement tomber amoureuse d’un bel italien qui s’avéra proxénète. Il lui fait goûter les joies des bordels à soldats à raison de 50 passes par jours. Elle contracte la syphilis, infecte un soldat qui la dénonce aux autorités. Elle s’enfuit à Paris fréquente cette fois une maison de passe de standing jusqu’à ce que comme dans la bluette Pretty Woman, elle rencontre un riche industriel, Henry Richer qui l’épousera en 1915. Entre-temps elle devient une pilote émérite puis, à la mort de son mari, dans les tranchées de 1916, elle est recrutée par le capitaine Ladoux, celui-là même qui a recruté Mata Hari, et l’envoi en Espagne avec la même tâche, piège à miel. Sa carrière sera cependant de courtes durée, notamment parce qu’elle est grillée par l’Action Française suite à un scandale mondain qu’il la surprend avec un attaché d’ambassade allemand impliquée dans un accident de la route.

Mais si Mata Hari est une écervelée victime essentiellement de sa naïveté autant que de la société de son temps, Marthe Richard est une ambitieuse. Bien déterminée à ne pas se laisser absorber par cet oubli qui semble frapper les femmes de la société spectaculaire dès lors qu’elles ne sont plus jeunes et fraiches. Quand le capitaine Ladoux sort de prison finalement réhabilitée, il écrit un livre romancé sur ses propres exploits et consacre tout un chapitre à cette femme à qui il prête un habit bien plus grand que réel. Entre-temps Marthe Richard est devenu Marthe Crompton, citoyenne britannique et veuve d’un des directeurs financiers de la fondation Rockfeller qui va par testament lui assurer grand train. Elle commence par réclamer à Ladoux qu’il partage les droits d’auteur sur son livre, puis on lui conseille d’écrire elle-même sa biographie.

C’est en quelque sorte l’élément déclencheur qui va la conduire après la guerre au Conseil de Paris. Marthe Richard va dès lors devenir dans l’esprit du public la super espionne qu’elle n‘a jamais été, un film va même être produit sur son compte. Une affabulation à laquelle elle semble elle-même croire ou au moins s’accrocher coûte que coûte, puisque quand les nazis envahissent la France, vexée d’être royalement ignorée par un renseignement allemand qui n‘a en réalité jamais entendu parler d’elle à part au cinéma, elle se rend à la Gestapo en déclarant « messieurs je suis Marthe Richard, celle qui vous a fait tant de mal lors de la dernière guerre. » Et la suite est à l’avenant d’une résistance française plus mythifiée que réel. Car non seulement, elle va se rapprocher de la Gestapo et du gangster, collaborateur et mafieux marseillais François Spirito mais elle se fera intégrer dans les FFI, comme des milliers d’autres, qu’en… 1944.

Rappelons à ce sujet, pour parenthèse à propos des flatulences de madame Morano, reprises à loisir par la réaction et la petite pensée commune à propos des réfugiés syriens, que concrètement, la résistance en France, ce n’est pas plus de 3000 personnes avant le débarquement, 40.000 dans les derniers mois de la guerre et plus de deux cent mille après la guerre…

Et évidemment dans cette logique, fort de la confusion au sujet de la raison réel de sa Légion d’Honneur, et qu’elle doit surtout à ses relations et à feu son mari, elle va assortir son habit de super espionne de celui de super résistante. Or, si on sait depuis 2015 qu’elle a bien hébergé des paras américains, le reste de sa carrière de résistante est largement objet de polémique. Reste que finalement, en 1945, « l’héroïne des deux guerres » comme la qualifie la presse est élu conseillère à la mairie du IVème arrondissement de Paris, et le 13 décembre propose un amendement au sujet de la fermeture des maisons closes. Amendement qui va se généraliser à l’ensemble du territoire notamment sous son influence et celle du ministère de la Santé. Mais 6 ans plus tard, dans son livre l’Appel des Sexes, elle reviendra sur cette décision et dira qu’elle a obéi à la pression de ses amis politiques. Reste que Marthe Richard l’ambitieuse demeure encore pour beaucoup la vertueuse putain qui après avoir connu l’enfer des maisons d’abattage traversera deux guerres sur le modèle idéal de la femme moderne et indépendante, aviatrice, espionne, résistante et femme politique. Or non seulement son élection n’est même pas légale puisqu’elle est toujours citoyenne anglaise, mais son indépendance ne reposera que sur ses riches maris et amants et leur capacité à obéir à ses caprices. Elle meurt en 1982, toujours au cœur d’une polémique autour de son rôle réel dans la résistance, et est enterrée sous le nom de Crompton au Père-Lachaise.

 

La putain, réservoir à fantasme

Lors du débat sur « l’abolition » de la prostitution et la pénalisation des clients, deux écoles de la bourgeoisie se sont affrontées. Bourgeoisie conservatrice et réactionnaire, notamment portée par le magazine Causeur en mal de coup publicitaire, et celle du progrès et de la morale représenté par les associations comme le Nid et Madame Belkacem en mal de cause universelle à fort potentiel droit de l’hommiste. En réalité, deux incorrigibles conceptions fantasmées de la prostituée qu’illustrent notamment les deux héroïnes sus nommées. D’un côté, la sympathique gagneuse avec laquelle l’homme de bon goût laissera aller sa frivolité. De l’autre, l’esclave exploitée et abusée, victime du rut d’une société patriarcale à laquelle se plient pourtant nos féministes avec un zèle comptable. C’est Moi Christiane F contre Mémoire de mes putains tristes. Une vision littéraire, imagée autant qu’imaginaire et notamment hétérosexuel et hétérodoxe tant de la prostitution que de la sexualité tarifée. Car dans ce cadre seront exclu travailleuses et travailleurs indépendants, femme au foyer arrondissant les fins de mois, étudiant(es) payant ses études (40.000 selon le syndicat Sud-étudiants) employé(es) essayant de doubler leur salaire, gigolo, homosexuel, transsexuel, et côté client un champ vaste qui va du passant de la rue Saint-Denis à l’handicapé. Du père de famille qui n’assume pas son attirance pour les hommes, à la dame d’un certain âge qui refuse de mettre un terme à sa sexualité parce que la nature et/ou la société lui explique qu’il est temps pour elle de s’intéresser plus à Julien Lepers qu’à son clitoris. C’est également une perception qui nie l’âge réel des prostitué(es) et implicitement nie de fait leur condition sociale réelle. Car des putes, il y en a de tous les âges jusqu’au troisième, et faute souvent de retraite, de protection sociale crédible, il n’est pas rare que certaine retournent sur le trottoir alors qu’elles ont l’âge de la camomille. N’en doutons pas ce n‘est pas à elles que l’inqualifiable Frédéric Beigbéder pensa quand il signa la pétition de Causeur entre deux lignes de coke. Et ce n’est pas non plus à ce gigolo de mes amis que pensait la ministre en imposant une amende aux clients de ces dames puisque bien entendu, pas plus que Madame Belkacem ne pète au lit, les femmes ne payent pour le sexe. Et par ailleurs, dans le cadre de la pénalisation des clients un déni sans appel de l’économie réelle de cette profession.

 

Moraline et négation

Puisque l’économie, le nouveau goupillon de l’épée libérale et bourgeoise, impose de percevoir la réalité par la statistique et les chiffres, offrons cette première grille de lecture. Dans les faits, la prostitution en France, c’est 36000 travailleurs et travailleuses du sexe officiellement, avec 85% de femmes, 10% d’hommes et 5% transgenres. C’est 30% de prostitué(es) de rue, 8% en salon ou en bar… et 62% à domicile, sur internet, autant pour la pénalisation des clients. Mais c’est également un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros et un coût social d’un milliard et demi. Que peut-on déjà conclure au sujet de cette fameuse loi qui prévoit une amende de 1500 euros pour le client et du double pour le récidiviste ? Qu’elle ne tient nullement compte de cette réalité : la transaction se fera d’abord dans les secrets d’alcôves du net. Donc si cette loi ne peut contrôler ni pénaliser le client qui possède une connexion et un domicile qui tente-t-elle de punir si lourdement ? Le client de rue, à savoir les pauvres. Cette même bourgeoisie de gauche qui se refuse désormais à pénaliser le racolage, à savoir le gagne-pain des prostitué(es) de rue, s’engage non seulement à la priver du gros de sa clientèle, mais mieux, à punir celle-ci d’avoir des besoins sexuels. Le message est clair dans l’imaginaire narcissique du progressiste, la prostituée n’est pas fautive, c’est le client, qui, à moins de s’appeler DSK et d’en avoir les moyens, ne doit pas vivre au-dessus de sa condition. Ami pauvre, reste chez toi et branle toi, c’est mieux. Sur l’autre versant c’était l’ami des Cocottes, Nicolas Sarkozy, qui avait proposé de punir le racolage. C’est la conception conservatrice de l’ordre bourgeois, celle du pas vu pas prit. Celle qui condamne en priorité les prostitué(es) et ne réclame rien de plus que leur vue soit cachée de tous. Cette bourgeoisie-là prétend donc ne pas faire de moral, seulement de la préserver. Mais ce qu’elle refuse en réalité de condamner, c’est ses propres pulsions sexuelles. Et c’est donc tout naturellement que se dégage la réponse des réactionnaires contre les progressistes. L’une plébiscite la prostitution, ou plus exactement sanctifie ses propres besoin sexuel en l’enrobant de l’habillage culturel, comme avec Mata Hari au musée Guimet, tandis que l’autre la condamne. L’une accepte l’homme dans son désordre, l’autre se propose de le réformer, et par le seul langage que connaît en réalité uniformément la bourgeoisie : la répression. Mais il y a bien une raison à tout ça, notamment à ce soudain intérêt des « socialistes » de se pencher sur un sujet qu’ils ont si parfaitement méprisé depuis Marthe Richard : le goupillon, le vrai, cette fois. Car on notera au passage dans ce débat qui n’est pas sans rappeler celui de la législation sur le cannabis, que cette fois la bourgeoisie compassionnelle ne parle pas du profit qu’on pourrait tirer en légiférant avec la prostitution et non contre, elle met exclusivement en avant les réseaux, la traite et bien entendu, l’exploitation de la femme dans une tentative en réalité de punir ce qu’elle considère comme une sexualité déviante, la sexualité masculine. Car d’une, il serait parfaitement immoral de la part de l’état de profiter des prostitué(es) de deux la prostitution n’est ni autorisé ni interdite, elle est reconnue. Comme on reconnaît un fait, par exemple : tiens, j’ai tâché mon pantalon.

 

Nid contre Strass.

La réalité comme toujours est différente. Dans les faits la loi interdit de tirer profit financier de son corps afin de satisfaire des besoins sexuels. Dans les faits donc, la loi française interdit de tirer librement profit de son propre corps, adulte consentant ou pas. Ainsi fait, pas question d’être salarié pour le travailleur du sexe et s’il veut se mettre à son compte, il devra se faire enregistrer comme travailleur indépendant. Car bien entendu, l’ordre bourgeois qui n’aime pas la concurrence, interdit au proxénète de tirer profit des putains, mais s’autorisera à le faire au nom de la chose publique. Et toujours dans cette acceptation de cet ordre qui domine la société française, l’aide sociale reversée par prostitué(e) s’élève à la somme faramineuse de 65 euros, par an. Concrètement qu’est-ce que toute ces démarches pour une fille qui voudrait précisément sortir des réseaux pour se mettre à son compte ? Un frein voir un mur infranchissable pour qui connaît l’épreuve de force qui est déjà complexe pour un Français, alors une Kosovare ou une Nigériane… Oui, car figurez-vous qu’il existe sur cette planète des femmes qui, pour une raison ou une autre, ne pensent pas spécialement à sortir de la prostitution, ne serait-ce que parce qu’elle leur offre une indépendance que ne leur ménagerait pas une autre forme de prostitution, bien connue des cocottes comme Marthe Richard, le mariage. Pire, il existe des femmes et des hommes qui y trouvent leur compte et pas seulement financier. Ce sont ceux-là, travailleurSE du sexe dans leur ensemble, prostitué(es) acteurs et actrices du porno ou opérateurs de téléphone rose que le Syndicats du Travail Sexuel ou Strass se propose d’aider et de défendre. Proche d’Act Up, ce syndicat autogéré de professionnels et qui se réclame d’un féminisme pro sexe, a été fondé en 2009 avec l’appui de l’Assise européenne de la prostitution et plusieurs réseaux professionnels d’aide comme l’International Committee for the Rights of Sex Workers in Europe ou le Global Network of Sex Work Project. En lutte contre la pénalisation des clients, le Strass reporte également régulièrement la réalité du terrain tel que vécue notamment par les prostituées chinoises dans le cadre de la loi. Car en réalité abolir, dans l’esprit, c’est arrêter et expulser. Pas de ça chez nous allez racoler ailleurs, le délit de racolage à l’échelle du monde, une certaine idée de l’Europe à la mode « socialiste ». Mais le Strass c’est également un minuscule syndicat fort d’à peine 500 membres, face à un mastodonte, le Nid, ou plus exactement le Mouvement du Nid.

 
Crée en 1937 suite à la rencontre entre Germaine Campion, prostituée aux Halles malade alcoolique et le père André-Marie Talvas, proche de l’Action Catholique Ouvrière, le Nid, organisation abolitionniste, sera nommé expert es prostitution pour l’élaboration de Vatican II et l’église élèvera la prostitution au rang « d’offense à la dignité humaine. ». Mais ce n’est pas nouveau puisque en réalité cette conception bourgeoise et victimaire de la prostitution ne nous vient non pas des pays scandinaves comme nous l’avait vendu madame la ministre, ni de Marguerite Yourcenar ou autre héroïne de la gauche pensante, Louise Michel ou même Marthe Richard, mais de Joséphine Butler, 1828-1906. Féministe historique, militante pour l’éducation des femmes, n’hésitant pas à aller faire campagne contre les MST et parler sexualité en public au scandale d’une Angleterre victorienne. Elle militera contre la prostitution enfantine et la régulation étatique de la prostitution. Lutte qu’elle mènera à un niveau international. Cependant, elle est profondément chrétienne, femme de pasteur, et tout à fait convaincue que les prostituées sont victimes des pulsions mâles. Une conception tout à fait relative à la seule morale chrétienne, dans son acceptation bourgeoise, n’en déplaise. Puisque si on s’en réfère à la fameuse affaire de la lapidation, le Christ dit « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » pas « han non mais trop pas quoi vous les mecs, vous pensez qu’avec votre bite »

 
On notera cependant que tout catho chrétienne et abolitionniste, le Nid est, il a fait appel de la décision dans l’affaire du Carlton de Lille, en cas où tout le monde aurait oublié que l’une des filles parle de sodomie forcée et de viol. Et que ses moyens lui ont également autorisé à commander une étude sur la prostitution en France et que c’est par elle que j’ai ces précieux chiffres. On notera également que même en gonflant le discours et la tête de madame la ministre, le combat de Joséphine Butler pour l’abolition et la non-régulation de la prostitution par l‘état, intervenait dans un contexte qu’on peut facilement qualifier de sauvage en ce qui concernait les couches populaires. Pour faire un nouveau parallèle avec la législation sur le cannabis, à l’époque du Volstead Act l’Amérique souffrait réellement d’alcoolisme et seules les autorités religieuses se sont inquiétées. Comme à l’époque de Miss Butler la prostitution était si atroce et sans limite, en réalité, que l’abolir et la tenir loin des mains d’un état marchand pouvait paraitre comme la seule solution descente.

 
Reformulé sous les airs proprets d’une sociale démocratie à la suédoise, qui comme le Royaume-Uni ou l’Islande ont également pénalisé le client, la bourgeoisie compassionnelle se garde bien d’associer le pragmatisme hollandais, pas plus qu’elle ne le fera dans le cas du cannabis du pragmatisme portugais. Au Pays-Bas la prostitution est légale et encadrée par une loi-Travail classique qui protège de travailleurSE du sexe. Et pour lutter notamment contre les réseaux, en 2009 le cadre législatif a été renforcé, avec par exemple la mise en place de licence pour les agences d’escort girl. Peut-être est-ce à cause de la présence des putains d’Amsterdam si chère au belge d’une nation maritime, mais la prostitution n’a jamais été un crime chez nos voisins néerlandais. J’oserais bien proposer à Madame Belkacem d’aller vivre dans un port, et d’y rester, mais j’aurais trop peur qu’on me traite de sexiste.

 

 

J’achète donc je baise.

L’affirmation quasi-darwinienne et régulièrement assénée que le pouvoir est sexe, et que l’argent est le moteur du pouvoir, conditionne à poursuivre l’un pour avoir l’autre. Notre grade de reproducteur alpha offert par l’accumulation de biens, le nombre de verre de cristal en notre possession comme affirmation de notre empire sur le monde. Je suis parce que j’ai et parce que j’ai, je peux, j’ai le droit. Et en toute logique, ne plus posséder quand on a eu inhibe. Conditionné par cette pensée normative où chacun est finalement appelé à rester à sa place, on se refuse à des rencontres parce que sans argent, possession, machin de marque, on se dit qu’on assure plus. C’est nos plumes de paon à nous, le billet en guise de parade amoureuse. Avec, en cas où on tenterait de faire abstraction, jamais loin, une réclame, une proposition assortie d’un peu de sexualité pour vous érotiser en permanence. Car la publicité n’active jamais que nos pulsions de survie, manger, se reproduire, se loger et s’habiller. Et ce qui n’est plus de l’ordre de la survie, mais de la civilisation et des relations humaines, comme l’amitié, l’amour ou la famille, sont rattaché au même modèle. Il faut avoir des amis, il faut tomber amoureux dans sa vie pour connaitre la félicité, il faut avoir une belle et heureuse famille avec plein de gens qui sourient dedans. Au ressort de ça, le lambda sort sa carte bleue faute de pouvoir glisser autre chose dans la fente, et faites votre code pin… Non le pouvoir n’est pas plus sexe qu’autre chose, parfois, il est simplement effrayant, autant pour celui qui le possède que pour celui qui le désire. Et parfois, il est même inhibant. Non l’argent n’est pas synonyme de pouvoir. Marthe Richard ou Joséphine Butler ont fait montre d’un très grand pouvoir sur le féminisme bourgeois qui comme à son habitude n’en a retenu que les interdits et non la réflexion, la démarche et sa raison objective. Mais on est conditionné à le penser alors un jour, on se retrouve dans une dame qu’on a payée.

 
J’ai calé. Quand je l’ai senti fébrile à l’idée que je rentre trop vite, ça a coupé tout. Je me suis dit que j’étais dans une personne que je ne connaissais pas. C’était un genre de viol, en tout cas pour moi. J’étais pas venue pour ça. C’est pas pour moi, je ne suis pas un collectionneur, je suis un amoureux. C’est comme ça.

La température ressentie, un canular qui perdure ?

Par Graal 

Une période de froid s'annonce-t-elle ? Et voila que les médias nous ressortent la sempiternelle "température ressentie" qu'ils avaient rangée au printemps dernier.

Qu'en penser ?

Un matin de l'hiver dernier (2015-2016), lors d'une période pourtant pas extrêmement froide, j'entends la présentatrice météo de France Info annoncer une température carrément glaciale (de l'ordre de -20° ou -25°). en différents points du territoire.

"Je rêve" me dis-je, encore mal réveillé. "J'ai dû mal entendre !"

Quelques dizaines de minutes après, je réentends la même présentatrice annoncer à nouveau (j'étais, là, plus attentif) qu'il était ressenti des températures de….(sans référence aucune aux températures mesurées).

Troublé (il y avait de quoi, de bon matin et à jeun), je me précipite sur mon ordi et ouvre Internet, cette source du savoir infini qui recèle, en tout domaine, La Vérité.

J'y apprends que, lorsqu'il y a du vent, j'ai davantage froid que ce que m'indique mon vénérable thermomètre.

Là, c'est la Révélation. A la poubelle mon vaillant thermomètre à mercure !

Et pourtant, en plus de quarante ans de pratique d'alpinisme et ski de rando (ou ski-alpinisme), j'ai été maintes et maintes fois confronté à des vents violents, tant en haute altitude (plus de 4000m) que sur (par exemple) les crêtes du Vercors (un must) en plein hiver. Décidément, de nos jours, le vécu n'a plus aucune valeur !

 Mais ne nous emballons pas. Je parlais du thermomètre ; ne dispose-t-on pas, avec lui, d'un "juge de paix" en ce domaine ? Si le vent amène de l'air plus froid, n'en tient-il pas compte ?

Réfléchissons un peu. Pour avoir cette température ressentie, il faut connaître à la fois la température celsius et la vitesse du vent. Mais comment fait-on pour avoir, à l'instant T ces deux paramètres ? La température est-elle la même aux quatre coins de ma maison ? Le vent, en un point P souffle-t-il de façon parfaitement régulière et uniforme ? Si c'est la plus forte rafale qui est prise en compte, je vais peut-être crever de chaud en me couvrant trop. Si c'est une moyenne qui est prise en compte, comment est-elle alors calculée ? La rafale la plus forte et celle la moins forte ajoutées et le tout divisé par deux ? Un peu simple ! Les différentes rafales ajoutées ? Mais comment prendre en compte de leurs fréquences ? Houla ! Voila que ces problèmes de vent me collent mal à la tête. D'habitude, c'est le grand froid, tout là-haut, même sans vent.

 J'arrête là. Vous avez compris mon scepticisme.

Cette Température ressentie ne serait-elle pas une notion fumeuse inventée ou développée par des pseudo-scientifiques en mal de reconnaissance ou, peut-être, tout simplement de travail ?

En montagne, j'ai appris à connaître les effets et les dangers de ce phénomène qui ne peut se résumer à un "rafraîchissement virtuel".

En réalité, notre corps ne ressent habituellement pas la température réelle parce que

- dès qu'elle fraîchit, on se couvre d'une épaisseur adaptée de vêtements protecteurs,

- ce corps (qui est, lui, à 37°) dégage et s'entoure, en temps normal, d'une espèce de couche d'air tempérée qui le protège également (pourquoi, au sortir de l'eau à la piscine ou au bord de la mer, même en plein été, a-t-on cette sensation de froid, si ce n'est que cette couche protectrice n'a pas eu le temps de se reconstituer ?).

Cela signifie que le vent, quand il nous fait ressentir la fraîcheur, annihile (plus ou moins sans doute) ces éléments protecteurs, nous faisant prendre conscience de la température réelle

Quand il y a du vent, la température que l'on ressent n'est donc rien d'autre que la température effective, et mesurable.

A l'inverse de ce que prétendent ces "spécialistes", s'il y a une Température Ressentie, c'est donc celle que l'on ressent lorsqu'on est protégé du vent et elle est plutôt supérieure.

Je me souviens d'un interlocuteur, pourtant pas particulièrement ignare (il s'agissait d'un technicien informatique) qui tombait des nues lorsque je lui expliquais que la température ressentie ne pouvait pas être relevée (et qu'il ne s'agissait que d'une extrapolation). Il était persuadé du contraire.

Ce qui me hérisse surtout, c'est que, lorsqu'un présentateur météo annonce une température ressentie de -10°, la quasi-totalité des auditeurs retiennent -10° et rien d'autre.

Or, si votre thermomètre extérieur affiche par exemple +2° avec un vent de 80kmh, les différents calculateurs vous afficheront une TR de -5 voire -10°. Mais si, dans de telles conditions, vous posez un verre d'eau à l'extérieur, elle ne gèlera pas pour autant.

A propos de la Température ressentie, Mr Jérome Lecou, prévisionniste à Météo-France, expliquait, sur Lemonde.fr « Il faut toujours l’associer à la température en degrés Celsius, sinon on risque de tomber dans le sensationnalisme » 

(cf http://www.caminteresse.fr/economie-societe/comment-mesure-t-on-le-froid-ressenti-1122259/).

 Pour ma part, et même si on me rétorque qu'au Québec on l'utilise dans un souci de sécurité, je ne suis pas loin de considérer cette notion comme une vaste élucubration .Mais chacun a le droit de penser le contraire.

 A noter :

1/ BFMTV.com vous indique même comment calculer la TR sans sortir de chez vous !

http://www.bfmtv.com/planete/calculez-la-temperature-ressentie-chez-vous-1084566.html

2/ Ceux qui aimeraient des explications plus scientifiques que les miennes peuvent consulter cet excellent site :

 

https://sciencetonnante.wordpress.com/2013/12/02/larnaque-de-la-temperature-ressentie/

Le pouvoir occulté des réels décideurs de la planète…

A la veille de l’investiture de M Trump, nombreux sont ceux qui se lancent dans des tentatives d’évaluation du bilan de l’administration américaine sortante.

Non moins nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les conséquences de l’arrivée au pouvoir de celle de M Trump.

Face à l’impuissance généralisée de cerner de manière objective les marasmes dans lesquels s’engluent l’économie et les finances planétaires, on personnalise le débat sur les bienfaits/méfaits de M Obama et les spéculations sur M Trump. Dans ce show lassant, la femme de l’un, la fille de l’autre, les starlettes font appel à nos éventuelles émotions. Un film digne de Hollywood se déroule sous nos yeux captivés avec des rôles sur mesure pour les bons, les méchants, le suspense et les drames….

Sauf que contrairement à un film, de vraies personnes sont en train de perdre leur travail, leur couverture sociale et médicale, leur épargne et selon les contrées leur pays et leur vie. Tout cela dans une absence de la moindre de lumière de projecteur.

Certains articles qui nous divertissent et nous éloignent des vrais enjeux sont de réelles propagandes à la gloire des uns ou des autres. La Pravda bolchévique est décidément de retour. Mais celle du 21ème siècle joue sur le glamour, les émotions et les théories de certains économistes promus – et peut-être enrichis – par un soi-disant marché usurpateur des droits régaliens des Etats publics (1)

Dans cette masse d’informations, E Delbecque publie une analyse qui rend compte de l’échec de la politique extérieure américaine. Il la limite néanmoins à un super leadership américain qui viendrait s’opposer aux autres pays de la planète. Ce faisant, il attribue aux Etats-Unis un  pouvoir largement surfait.

Pour nous, la source des malheurs de l’humanité du 21 ème siècle est ailleurs qu’à la Maison-Blanche ou dans les arcanes d’un pouvoir politique public.

Et pour cause. La mondialisation, représentée par les firmes transnationales et le Casino qui les finance, livre une véritable guerre non seulement à la chose publique, mais aussi à TOUT ce que celle-ci représente, démocratie incluse.

Après avoir mis en pièces l’Etat en tant que Nation, nous vivons en direct la mise en lambeaux de l’Etat lui-même.

Or, qui dit Etat, dit Peuple.

Nous sommes en tant qu’Etres humains soumis au feu roulant et constant d’un marché pervers, avide, et impitoyable.

Grâce à la complaisance d’élus, le « marché » a mis la main sur chacun de nous, de nos avoirs mais aussi de notre droit à la confidentialité, à la vie privée et à la protection de nos avoirs personnels sous toutes leurs formes….

 

Une dépossession massive et collective est en cours sans qu’aucun média officiel n’aborde la thématique. Regardez ce graphique qui traduit l’explosion des réserves internationales des banques centrales au moment de la mondialisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graphique: Evolution des réserves détenues par les banquiers centraux. Progression lente durant les premières étapes de la mondialisation, puis explosion violente après les crises récentes. Tassement de ces réserves depuis 2014.

Ces réserves sont composées traditionnellement de bons d’Etats. Mais voilà que depuis la mise en place de politiques monétaires « accommodantes » (comprenez de l’argent facilement mis à disposition du Casino), les banques centrales se sont emparées de dettes ET d’actions d’entreprises privées.

Cette manne gigantesque a fabriqué de toutes pièces des mammouths privés dont les représentants sont devenus incroyablement riches! Les superlatifs pour décrire l’enrichissement privé manquent.

Regardez plutôt.

Selon une enquête de Wealth-X, les 50 personnes les plus riches du monde contrôlent 1,46 trillions de dollars. Les Etats-Unis sont en tête du classement avec 29.

 

Et ce n’est pas près de s’arrêter. Voici les prévisions faites par UBS en collaboration avec Wealth-X. Edifiant!

Graphique: Les effets des crises chroniques sur l’enrichissement des privés. En vert, les milliardaires qui s’ajoutent chaque année. En jaune, leur nombre total.

 

Les banquiers centraux n’ont pas fait que financer des dettes publiques. Ils ont participé activement à enrichir des firmes transnationales – spécialement les américaines de la finance, de la high-tech ou des télécommunications-. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver leurs actionnaires en bonne place dans les classements des plus riches.

Alors non, MM Obama, Poutine et les autres ne sont pas les réels détenteurs des solutions aux problèmes existentiels que vit l’humanité….

Les médias de masse font mine de ne pas voir les liens entre l’immense et inexplicable richesse de certains et leur réel pouvoir à redéfinir le monde à leur convenance….

Liliane Held-Khawam

 

(1) Droit régalien, qui signifie, les droits attachés à la souveraineté. Le droit de battre monnaie est un droit régalien. (Dictionnaire de l’Académie française)

L’obsession anti-russe ou le testament d’Obama. Par Eric Delbecque

FIGAROVOX/TRIBUNE – La fin du second mandat de Barack Obama a été marquée par une dégradation des relations américano-russes. Pour Eric Delbecque, l’obsession américaine pour discréditer Moscou traduit la volonté de Washington de continuer de peser sur les affaires du monde.

Le harcèlement anti-Poutine marquera le crépuscule de Barack Obama. Le président démocrate achève son deuxième mandat en amplifiant la perception du désastreux bilan de la politique étrangère des Etats-Unis depuis le début du XXIe siècle. Après 2003, l’Oncle Sam n’a cessé d’apparaître comme une puissance incapable de comprendre le reste de la planète, multipliant les occasions d’instabilité géopolitique plutôt que de tenter de les apaiser. On imputa l’obsession unilatéraliste de la Maison-Blanche à Georges W. Bush et aux néoconservateurs, mais il fallut rapidement s’y faire: les Démocrates n’avaient pas l’intention de rompre avec les mauvaises habitudes du dessein hégémonique. Le style et les mots changèrent, pas les intentions et le fond de la stratégie de sécurité nationale.

Que proposent les Américains au reste des nations du monde ? De contribuer au confort des Etats-Unis…

 

Que proposent les Américains au reste des nations du monde? De contribuer au confort des Etats-Unis… Au lieu d’exercer un leadership pacificateur, ils exacerbent les fractures planétaires en refusant d’estimer légitimes les aspirations des peuples à conserver une indépendance stratégique et une autonomie idéologique. La même logique de subordination apparaît dans le domaine économique.

Quant à l’Union Européenne et aux Etats qui la composent, ils s’enkystent dans le suivisme le plus affligeant et multiplient les erreurs d’analyse géostratégique facilitant l’expansion du salafisme djihadiste (en Lybie et en Syrie) ; parallèlement, ils sacrifient leurs intérêts économiques fondamentaux à ceux des Etats-Unis ou de la Chine, sous le prétexte de se conformer aux dogmes les plus absurdes du droit de la concurrence.

Seule la Russie de Vladimir Poutine offre une résistance entêtée aux prétentions états-uniennes à régenter brutalement une mondialisation dont ils maîtrisent les principaux titans.

Seule la Russie de Vladimir Poutine offre une résistance entêtée aux prétentions états-uniennes à régenter brutalement une mondialisation dont ils maîtrisent les principaux titans (il suffit de regarder les Top 100 des marques les plus influentes en 2015) et les normes financières, technologiques, culturelles et juridiques. A cet égard, la dénonciation de la cyberguerre menée par la Russie et de l’ingérence du Kremlin dans le processus électoral qui a porté Donald Trump au pouvoir, s’inscrit d’abord dans l’objectif de décrédibiliser toute forme d’opposition à la vision américaine des grands enjeux internationaux. On peut sans aucun doute souligner que la Russie déploie sa propre stratégie de puissance de l’Ukraine à la Syrie: mais Vladimir Poutine ne prétend pas travailler à la diffusion des idéaux de la démocratie. Il défend de manière fort transparente et revendiquée les intérêts de la nation russe et dénie à la bannière étoilée le droit de coloniser les cultures étrangère et de se prétendre l’Empire du Bien en toutes circonstances.

 

Depuis le début de la Guerre Froide, les Etats-Unis n’ont pas cessé de se mêler de la politique intérieure de ses alliés et clients.

Eric Delbecque est président de l’Association pour la compétitivité et la sécurité économique (ACSE). Avec Christian Harbulot, il vient de publier L’impuissance française: une idéologie?(éd. Uppr, 2016).

Car ce qui se révèle finalement insupportable, c’est la position de donneuse de leçons adoptée par l’administration Obama. Comment peut-elle sérieusement faire le procès en manipulation de Poutine après la révélation de l’affaire PRISM ou l’élaboration du TAFTA (qui exporte la vision anglo-saxonne des affaires et participe au développement de la prospérité du big business américain)? Depuis le début de la Guerre Froide, les Etats-Unis n’ont pas cessé de se mêler de la politique intérieure de ses alliés et clients, de l’Amérique du Sud à l’Asie en passant par l’Europe, y compris en poussant leurs pions sur l’échiquier culturel et intellectuel (souvenons-nous du Congrès pour la liberté de la culture dans les années cinquante, une association anticommuniste financée par la CIA).

La coopération internationale et la conquête de la paix ne se construisent pas sur le syndrome de Tartuffe mais sur la réflexion stratégique approfondie et la prise en compte des matrices culturelles.

Il ne s’agit pas de privilégier systématiquement la Russie par rapport aux Etats-Unis, de «préférer» Poutine à Obama ou Trump, mais de cesser de coller à la roue des Américains et d’en finir avec cette permanente posture moralisante alors que la politique internationale exige de la nuance et la prise en compte d’équilibres de long terme (alors que les émotions spontanées nous rendent vulnérables aux manipulations de l’information et aux opérations d’influence). Le rôle de la France et de l’Europe consiste précisément à faire valoir une différence capitale: marier leurs intérêts, et l’atteinte d’objectifs éloignés dans le temps, avec la croyance en des valeurs fondamentales (qu’il faut qualifier d’humanistes, et pas simplement de libérales et démocrates) que la réalité nous force à négocier au cas par cas, puisque le reste de la planète ne croit pas forcément aux principes occidentaux. La coopération internationale et la conquête de la paix ne se construisent pas sur le syndrome de Tartuffe mais sur la réflexion stratégique approfondie et la prise en compte des matrices culturelles. Par conséquent, il conviendrait d’adopter avec Poutine une attitude de vigilance résolue mettant néanmoins l’accent sur la volonté de construire une puissante dynamique de coopération avec Moscou. Humilier ouvertement et verbalement l’Ours russe accentue le chaos du monde, sans aucun bénéfice pour quiconque.

Le harcèlement du personnage Poutine conduit consciencieusement depuis des années par le gouvernement des Etats-Unis ne traduit pas un engagement moral mais l’impuissance des élites américaines à penser l’altérité. Dans la mesure où Washington échoue avec constance sur la scène internationale, les têtes de l’Etat fédéral en reviennent aux bonnes vieilles méthodes: chercher le candidat idéal qui coiffera le chapeau du bouc émissaire et du meilleur ennemi! La sclérose de la pensée diplomatique et sécuritaire de l’Oncle Sam influence négativement la planète entière. Barack Obama fut un symbole magnifique qui suscita une immense espérance: son testament politique consacre une désillusion.

 

Source: https://lilianeheldkhawam.com/2017/01/19/le-pouvoir-occulte-des-reels-decideurs-de-la-planete-liliane-held-khawam/

Du smic au Smax

 

Par olivier Cabanel 

Alors que le concept de revenu de base, appelé aussi revenu universel, s’invite enfin dans le débat, à l’occasion des présidentielles, ne faut-il pas d’abord s’interroger sur la notion d’un salaire maximum ?

En effet, dans les camps de la droite, comme dans celui de la gauche, ceux qui critiquent cette innovation sociale qu’est le RdB (revenu de base) prennent comme argument massue le fait qu’il serait impossible à financer...

Ce qui reste à prouver.

Nicole Ferroni dans sa chronique sur l’antenne de France inter, prenait récemment l’exemple de la patronne de l’Oréal qui, avec ses 300 millions par an se trouve dans l’incapacité de dépenser une somme pareille. 

On se souvient que l’idée de fixer un salaire maximum était l’une des nombreuses promesses du candidat Hollande, promesse vite remise dans un placard dont elle n’est finalement jamais ressortie. 

Pourtant l’idée n’était pas si mauvaise.

Pourquoi ne pas fixer un salaire maximum, alors que chacun a accepté l’idée d’un salaire minimum, même si celui-ci a pris un coup dans l’aile chez nos décideurs politiques.

Le salaire minimum est aujourd’hui de 1480,27 euros après déduction de la CSG et de la CRDS

Un salaire maximum porté à 10 fois le salaire minimum, c'est-à-dire à 14 802 euros, reste une somme coquette, et théoriquement dégagerait une réserve financière plus qu’intéressante.

Prenons le cas de la PDG de l’Oréal, au lieu des 300 millions annuel, son salaire serait de 17 763 euros, soit 177 624 € annuels, ce qui libèrerait plus de 299 millions d’euros...

Si l’on élargit la fourchette aux 5 patrons les mieux payés de France (ceux de Sanofi, Rubis, Renault, Dassault, et Schneider), on arrive à un total annuel de plus de 73 millions, et si on en déduit les 88 815 €, (salaire maximum de ces 5 patrons), il reste la somme coquette d’un peu plus de 72 millions...

Mais il n’y a pas que 5 grands patrons richissimes dans ce pays, et personne ne peut douter que la somme de 72 millions sera vite dépassée.

Les salaires des 120 patrons des plus grandes entreprises françaises ont explosé en 2015, et leur rémunération globale a atteint 3,5 millions d’euros en 2015, soit une hausse de 20% par rapport à 20145 d’entre eux ayant touché plus de 10 millions d’euros.

La rémunération moyenne est de 5 millions d’euros pour le CAC 40, ce montant excédant donc la rémunération maximale sociale « acceptable », d’après Proxinvest, lequel l’a fixée généreusement à 240 fois le Smic

Avec 10,7 millions d’euros en 2010Jean-Paul Agon était le patron français le mieux payé, alors que la rémunération moyenne des dirigeants des sociétés cotées du SBF 250 a bondi de 34%. 

Selon le rapport Cingano, « jamais en trente ans, le fossé entre riches et pauvres n’a été aussi prononcé qu’actuellement dans les économies avancées  », le revenu des 10% les plus riches est quasi 10 fois plus élevé que celui des 10% les plus pauvres, et cet engrenage a commencé à la fin des années 80

Notre pays compte 66 millions d’habitants, et si l’on enlève les 13,5 millions de français qui ont moins de 18 ans, il reste 52,5 millions de français qui recevrait le RDB, ce qui représente 630 milliards annuels.

Or, il ne faut pas oublier que les dépenses de protection sociale représentent  700 milliards tous les ans, et que le revenu de base remplacerait beaucoup de ces mesures. 

 

Il y a d’autres pistes, et la liste en serait longue, pour financer ce RDB... et seuls ceux qui ont la volonté de l’empêcher trouveront toujours des arguments plus ou moins défendables, et plus ou moins de bonne foi, un peu comme ceux qui affirmaient en 1945 que la sécurité sociale était une parfaite utopie, comme le montre Gilles Perret dans son documentaire « la sociale ».  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la bonne bouche, on pourrait évoquer le ratage juridique portant sur 500 millions d’euros dans l’affaire de la fondation Wildenstein, alors qu’il y avait un cas évident de fraude fiscale et de blanchiment en bande organisé. 

Comment ne pas évoquer en même temps le cas de ceux qui, comme Dassault, fraude sans vergogne le fisc pour des millions d’euros. 

Quand on sait que l’évasion fiscale coûte au pays pas loin de 80 milliards tous les ans, on voit clairement que ce revenu de base est facilement finançable. 

 Ajoutons que si nous prenons en compte que le PIB par français est de 2600 € mensuels, le revenu disponible étant de 1600 € par mois, soit 2100 € par mois par adulte, nous arrivons à la conclusion qu’un financement du RdB de 1000 € par mois serait logiquement réalisable. 

Ceci est d’autrement plus facile à réaliser que la croissance du PIB par habitant est exponentielle presque partout dans le monde, impliquant le fait que le véritable problème économique n’est pas une éventuelle « crise économique », chère aux journalistes et aux politiciens, mais bien la répartition inégale des richesses produites. 

Au-delà de ces réflexions, il n’est pas inutile de voir de plus près l’aspect social et philosophique de cette mesure, et l’analyse de Paul Ariès, directeur de « la vie est à nous », et rédacteur en chef de la revue « les z’indigné-e-s  » mérite le détour.

Affirmant que la société des humains est déjà assez riche pour permettre à plus de 7 milliards d’humains de bien vivre, il déclare que « nous n’avons pas à courber l’échine devant les politiques de récession sociale, mais plutôt d’imaginer un nouveau pacte qui ne nous conduise pas à défendre un système qui nous tue, (...) mais au contraire, qui nous permettre de commencer à changer véritablement de société  ».

Il prône « une dotation inconditionnelle d’autonomie qui prendrait plusieurs formes : une partie sous forme de monnaie locale à inventer, et une partie, essentielle à ses yeux, distribuée sous forme de droits d’accès au biens communs, passant par la gratuité de l’eau vitale, à celle des transports en commun, en passant par le « bouclier énergétique », et d’autres mesures sociales ». 

Sur le fond, il va falloir admettre que le travail est en train de disparaitre, et qu’à terme les robots auront remplacé de nombreuses attributions humaines, et pourquoi pas ?

L’instauration d’un RdB aurait des conséquences positives, puisque déjà, il réduirait le chômage quasi à zéro, et qu’en même temps, il favoriserait la création, l’innovation, sans contreparties, ce qui existe déjà au sein des associations, mais qui prendrait une ampleur conséquente.

Alors que nombreux des détracteurs de ce RdB s’ingénient à y voir la promotion de la paresse, cette mesure, finalement, doperait l’inventivité, permettrait des initiatives citoyennes, et aurait beaucoup plus de conséquences positives qu’on ne peut l’imaginer aujourd’hui.

Aujourd’hui le débat s’invite dans la présidentielle, Benoit Hamon est pour un RDB à 750 € voire à 1000 €,  NKM préfère 470 €, Yannick Jadot arrondit à 500 €, mais Michèle Rivasi évoque un montant entre 800 et 1000 €, alors que chez LRFrédéric Lefebvre, rallié alors à la candidature Juppé, l’envisageait à hauteur de 800/1000 € à partir de 18 ans, l’élargissant dès la naissance sur une base de 500 à 600 €. 

Manuel Valls y serait favorable, à condition qu’il remplace une dizaine de minima sociaux, et Emmanuel Macron se dit séduit par l’idée.

Au FN, si on affirme ne pas avoir « d’hostilité de principe », on constate qu’il pourrait y avoir des « difficultés de faisabilité et de financement ». 

Quant aux communistes, au NPA et à Jean-Luc Mélenchon, ils s’y opposent pour l’instant. 

Qu’en sera-t-il en mai 2017 ?

L’avenir nous le dira.

En tout cas, selon un sondage réalisé par BVA en mai 201651% des français se déclarent favorables au revenu universel et 48% y sont pour l’instant opposés. 

Mais, à Davos, ceux qui tiennent les cordons de la bourse mondiale, se réunissent en se frottant les mains, les résultats de 2016 les rendent très optimistes pour cette année qui vient tout juste de commencer : ils sont 38%, contre 35% l’an dernier, à se dire très confiants dans leur capacité à augmenter leur chiffre d’affaire et leurs revenus en 2017

Sur ce lien, on peut découvrir le Tour de France du Revenu Universel, qui aura lieu du 16 au 30 janvier.

 

Comme dit mon vieil ami africain : « en amour, les mendiants et les rois sont égaux ».

La France s’engage dans une coopération totale avec l’esprit sioniste

Lors de l’ouverture de la Conférence pour la paix au Proche-Orient ce dimanche à Paris, le ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a déclaré que la « La solution de deux États – israélien et palestinien – est la seule possible ». On se demande comment M. Ayrault voit la réalisation d’un tel projet avec ses petits bras musclés, même avec l’aide des 70 pays et organisations internationales présents à Paris.

A l’heure actuelle, avec les différentes colonies implantées en Cisjordanie, il n’est simplement pas possible d’imaginer un état, même embryonnaire, avec des frontières autonomes. Pour qu’un état puisse être créé, il faudrait décoloniser, c’est-à-dire renvoyer tous les colons, des sionistes idéologiques purs et durs, dans leurs pays d’origine ou, à défaut, leur créer une situation d’intégration dans la société israélienne, et Israël ne dispose et n’a prévu aucun moyens dans ce sens.

Israël, en tant qu’entité de colonisation, n’a prévu que l’expansion et, accessoirement la consolidation de ses acquis. C’est sa raison d’être, c’est le gage de sa prospérité, de sa puissance et de l’appui dont il bénéficie. C’est ce qu’il appelle, dans son habituelle rhétorique, « son existence ». Comment dès lors lui faire renoncer à cette « existence » et lui faire faire marche arrière, autrement qu’en lui déclarant la guerre ? Jean-Marc Ayrault a plus de chances et de capacités de déclarer la guerre au peuple de France, à la Corse, la Bretagne, au Pays Basque ou à la Savoie qu’à Israël. Cela tout le monde le sait, y compris les dirigeants israéliens. Les dirigeants allemands, britanniques ou américains sont logés à la même enseigne que notre gouvernement. Il n’y a besoin d’aucun développement là-dessus, c’est juste un fait, connu de tous.

Puisqu’il ne sera, en aucune façon, possible d’annuler les colonies, ni même d’arrêter la poursuite de la colonisation, aucun état palestinien entièrement autonome ne sera possible. Il est illusoire de penser que les sionistes purs et durs installés sur les colonies en Cisjordanie puissent se transformer en de paisibles palestiniens et y rester sous législation palestinienne. Le premier venu a pleinement conscience de cette réalité, à plus forte raison le ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui fut également le premier ministre de la France. Alors, à quoi riment ses déclarations fumeuses à propos de deux états que l’on sait impossibles, sinon à permettre de maintenir et prolonger indéfiniment le statu quo ?

En annonçant, de manière ferme, presque en tapant du poing sur la table, la volonté de la France pour la création d’un état palestinien, Jean-Marc Ayrault donne l’impression d’accéder à la demande palestinienne, et semble prendre fait et cause pour les revendications légitimes d’un peuple spolié, se positionnant en défenseur des droits du plus faible. Sauf que tout cela n’est qu’une posture, accentuée par celle d’Israël, qui affecte d’être outré et en colère contre une pseudo-attaque contre lui. Une double posture dans la grande comédie internationale qui se joue en ce moment. Encore une fois, ce sera Paris qui en sera le décor, et la France historique, à travers les pions placés au gouvernement, en sera la caution morale.

L’intérêt d’Israël a toujours été, depuis toujours, de maintenir le statu quo lui permettant de réaliser son expansion et la sécurisation des zones acquises. Son meilleur allié pour cela, c’est le temps. Le temps de construire une route, de fortifier une colonie, d’élever un mur, de bâtir une maison dans un endroit dont on a chassé les occupants palestiniens. Le fait accompli est la règle, et pour cela le paramètre temps, celui qui fera oublier ou relativiser l’injustice initiale, ou qui permettra d’ancrer dans les têtes le récit qu’aura construit Israël, avec l’aide bienveillante des médias, est hyper important. Pour gagner du temps lors de négociations durant le pseudo- « processus de paix », Netanyahou et ses prédécesseurs ont toujours demandé l’impossible, l’essentiel étant de ne jamais arriver à des solutions. C’est exactement ce qu’est en train de faire Jean-Marc Ayrault. Netanyahou n’aurait pas fait mieux.

Mais Netanyahou et ses chefs préfèrent sans doute que cela se fasse à Paris, en France, ce pays historiquement des Droits de l’Homme qui se pencherait sur la misère d’un peuple opprimé. Les mêmes termes Droitdel’hommistes dits par un haut ministre de la France ont une autre portée que s’ils avaient été prononcés par un Netanyahou dont on connait le côté partisan. Un statu quo validé en France, à Paris ou, si possible à Versailles, revêt un poids certain et permet de voir venir. La conférence de Paris sur le Proche-Orient semble donc n’être qu’une conférence de validation du statu quo dont a besoin Israël pour poursuivre « son existence » par le biais de sa colonisation qui ne s’arrêtera que le jour où toutes les terres convoitées (pas seulement la Cisjordanie) seront occupées.

Jean-Marc Ayrault et le gouvernement français, ont-ils conscience de tout cela ? Quand on parle de « solution », c’est que cette solution est du domaine du possible, sinon cela relève du vœu pieux, et il n’y aurait plus qu’à prier que Dieu ou la providence vienne arranger les choses. Or un gouvernement n’est ni une église, ni un mouvement mystique. Il doit s’appuyer sur du concret, pour des solutions concrètes, bonnes ou mauvaises. Si, dans le cadre de cette conférence, Ayrault et le gouvernement français n’ont pas conscience qu’ils travaillent pour le sionisme israélien, leur comportement ressemble alors à celui d’une secte de mystiques religieux avec ses mantras, ses rites et ses manifestations spectaculaires, destinés à s’attirer gloire, sympathie et adeptes. Même dans ce cas, ils ne seraient que l’instrument d’un programme sophistiqué car, derrière toute secte, il y a des manipulateurs.

 

 Avic – Réseau International

Trois Pater, deux Ave Maria et un Big Mac

Par VICTOR Ayoli 

 

Un ami, qui manie le second degré avec maestria, m'envoie cette fiction aussi subtile que cynique. Je vous en fais profiter :

(Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce - Piazza Cavour - Rome - Italie 5 Janvier 2022)

Nous sommes, chers amis, le 5 Janvier 2022, exactement dans cinq ans. Et cet imposant bâtiment, le Palazzo di Giustizia, surplombant la Piazza Cavour n'est plus aujourd’hui le siège de l'ancienne Corte Suprema di Cassazione, la Cour de Cassation de la République Italienne.

Simple déménagement, peut-être afférent aux difficultés de l'Etat italien dans la gestion de son magnifique patrimoine de monuments historiques ? Non, il s'agit de tout autre chose. Et nous allons vous en parler.

Au lendemain de l'adoption le 5 Janvier 2021 du TAFTA (Traité de Libre Echange Transatlantique) entre l'UE et les USA, le President Jean-Claude Juncker pouvait enfin annoncer, considérable mesure d'économie pour les différents Etats de l'Union, la mise en congé́ définitive, dans les 28 pays qui la composent, de toutes les instances judiciaires étatiques traditionnelles et de leurs encombrantes et coûteuses magistratures. La Piazza Cavour allait accueillir d'autres institutions.

Quand on apprend de surcroît, ce n'est pas là notre sujet, que le même Jean-Claude Juncker peinait à ce même moment à se dépêtrer d'un imbroglio judiciaire où il était poursuivi pour trafic d'influence et blanchiment de fraude fiscale à l'échelle de l'Union, on devine l'immense soulagement qui dut l'étreindre en décrétant cette mesure de pure rationalité́ économique et de souci du bon usage de l'argent public.

Il n'y aurait plus désormais de crimes et de délits, du moins justifiant d'être poursuivis, mais de simples conflits ou différends entre parties. Plus de Tribunal jugeant en fonction de la Loi, cet ancien instrument de la volonté́ générale, plus de Tribunal, mais des Chambres Arbitrales, arbitrant en fonction du Contrat, cet autre nom dans notre monde néo-libéral de l'accord entre deux parties, chacune, dans ce tope-là, espérant obtenir de l'autre la Chose au moindre cout. Le Contrat, a estimé́ Pierre Gattaz, est tellement plus simple que la Loi. Sage formule. Qui ne s’y rangerait ?

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une des dispositions actuellement les plus controversées de ce projet de Libre Commerce Transatlantique serait que désormais toute entreprise ou multinationale s'estimant lésée, au nom de la Concurrence Libre et Non Faussée, lésée par la réglementation ou la norme sociale ou environnementale en vigueur dans un pays signataire, aurait toute latitude de déposer plainte aupres d'une chambre arbitrale ad hoc pour régler le différend. En clair, pour contraindre l'État récalcitrant à réviser sa législation ou sa réglementation.

Plus de loi, plus de juge, plus de tribunal. Mais un contrat et une chambre arbitrale et ses arbitres. Cet autre nom pour parler d'avocats d'affaires véreux. À eux de départir et de condamner si nécessaire.

Nous vous devinons un peu perplexes. Et c'est bien compréhensible. L'entrée en vigueur du TAFTA au 5 Janvier 2021 ? Mais ne nous avait-il pas été́ dit au tournant des années 2016-2017, que le TAFTA était enterré, jugé par nos gouvernants trop compliqué à mettre en œuvre et trop impopulaire pour être ratifié, y compris par des parlements-croupions, ne parlons pas de referendums populaires. Que le President Trump le regardait d'un très mauvais œil, ce qui, vu le personnage, semblait de fort mauvais augure pour ce traité de Libre Concurrence et de Libre Echange. Au frontispice duquel était prévu de graver, Jean-Claude Juncker y avait absolument tenu « Liberté chérie, j'écris ton nom !  »

Eh bien, chers amis, on vous avait amusé́ et abusé. Sitôt les périlleuses et toujours inconfortables périodes électorales de 2017 passées, le TAFTA chassé par la porte était rentré par la fenêtre, toujours négocié́ secrètement à Bruxelles, jusqu'à cette habile clause rédigée et adoptée par les 28 ministres du Commerce Extérieur, à savoir que le Traité pourrait être mis en œuvre sans avoir été́ préalablement ratifié. Il suffisait d'y penser.

Au terme de cet un peu long mais nécessaire préambule juridico-économico-politique, il serait peut- être temps de revenir maintenant à la Piazza Cavour, adresse officielle aujourd'hui, depuis un an, de la Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce. Adieu la Corte Suprema di Cassazione.

Il vient d'y être arbitrée et expédiée en une matinée d'audience, c'est l'objet de notre chronique, la difficile affaire qui empoisonnait depuis plus de cinq ans les relations jusque-là̀ tout à fait courtoises et de respect mutuel qu'entretenaient le Vatican et McDonald's, le géant américain du fast-food.

Affaire dont nous voulons à tout prix vous rendre brièvement compte.

La dénonciation par Monsignore Ottavio Paolino, grand camérier du Saint-Siège et gestionnaire de la société́ de biens immobiliers du Vatican, dénonciation du contrat de location autorisant McDonald's et sa gentille mascotte Ronnie à ouvrir leurs échoppes Place Saint-Pierre, à l'entrée de la Basilique. Entre 3 et 5 millions de visiteurs annuels. « Nous n'allons pas laisser tomber tout cela dans l'escarcelle de quelques trattorias  » avait estimé́ Steve Easterbrook, le juvénile et dynamique PDG de la firme au Big Mac, approuvé publiquement, allié de circonstance, par Heinz Clifford, le magnat du ketchup.

Fronde des cardinaux, homélies répétées du Pape François, pétitions des associations de quartiers, processions de pleureuses et de flagellants, émotion et motions au Conseil municipal de Rome, rien n'y a fait.

Déjà̀ chassé de la Piazza del Duomo de Florence en 2016, au motif un peu léger des autorités municipales, que la Piazza était classée au patrimoine mondial de l'Unesco, Steve Easterbrook n'a pas voulu jeter cette fois l'éponge. Puisqu'il y a TAFTA et Chambre Arbitrale, nous irons jusqu'au bout, avait-il décidé́.

L'affaire a fait grande émotion lorsque l'on a su que Ronnie envisageait de demander quelque 50 milliards de dollars de dédommagement, préjudice moral compris, avec toutes ses conséquences : la vente aux enchères de la Basilique à un consortium sino-canadien et le Pape François dans l'obligation de rejoindre un ordre mendiant.

Heureuse conclusion. Le différend du Commerce a trouvé́ ce matin solution à l'audience de la Chambre Arbitrale, avec la concession à Ronnie d'un bail emphytéotique de 99 ans, en échange de la fermeture des fast-foods durant le carême et de la garantie d'un Fish and chips sur la carte des menus chaque vendredi.

Lorsque l'entente est possible, fol est qui ne s'y prête.

 

Jean Casanova

 

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Le siècle de l’arnaque, les arnaques du siècle

Par GéraldCursoux 

Martin Winterkorn, l’ex PDG de Volkswagen qui a été viré à la suite des fraudes sur le diesel – qu’il a couvertes ou qu’il ne devait pas ignorer et interdire si tel est le cas – reçoit une retraite de 3.100 euros par jour. Soit 1.131.500 euros par an, et 1.134.000 les années bissextiles. C’est ce que gagnent Ronaldo, Messi et quelques autres… par mois ! Dix fois plus !, quand ce n’est pas 50 fois plus pour certains qui dépassent les 50 millions d’euros par an. Qui doit-on condamner ? Winterkorn et ses collègues patrons des grands groupes qui ont fauté (mais pas tous) et auront des retraites de cet ordre de grandeur, ou les Stars du Foot, de la NBA, de la F1, etc., qui perçoivent dix fois plus pendant leurs carrières ? Quand on s’indigne parce qu’un Président de la République ou un Premier Ministre touche quelques dizaines de milliers d’euros par moi, on ferme les yeux sur ces rémunérations qui défient la raison et les lois de l’économie.

Qui doit-on condamner ? Les deux mon Général ! Plus exactement avec la même rigueur ceux qui leur accordent de si généreuses rémunérations : d’un côté les actionnaires et les conseils d’administration des grands groupes, de l’autre les présidents et les conseils des clubs, des écuries etc. D’autant qu’ils le font avec l’argent du bon peuple, notre fric, à travers les droits télé, c’est-à-dire la pub, le sponsoring, les produits dérivés and so on, tous complices de ces dérives, qui leur rapportent aussi beaucoup. Comme il est beau le pubard dans son grand bureau en haut des Champs !

A partir du cas Martin Winterkorn qui plombe VW de 20 à 30 milliards d’euros ( !) – en se promettant de consacrer un autre article aux Stars du sport –, on peut remonter la chaîne des scandales qui ont animé le monde des affaires. Ce n’est pas nouveau, il y en a toujours eu (Panama, emprunts Russes, etc.), mais les nôtres s’accompagnent d’une impunité pour leurs auteurs qui nous met du sable dans la bouche quand on en parle. Avant de citer le bon père Madoff on peut remonter aux affaires Worldcom, Enron, Crédit Lyonnais pour boucler sur la Deutsche Bank (qui attend confirmation d’une condamnation d’une dizaine de milliards d’euros) en passant par le clash des Subprimes, l’affaire Société Générale, les effondrements des Banque islandaises, irlandaises, grecques, américaines (et autres établissements de crédit ou de gestion de fortunes), la vie des « specials ones » chez Goldman Sachs, etc… et la masse d’argent planqué dans les Enfers fiscaux (ou a cité le chiffre de 26.000 milliards de dollars, soit 50% du PIB mondial, une paille !). Impossible d’en faire le tour, mais on reste confondu devant l’inamovibilité des responsables qui sont à tout le moins, les PDG, les mandataires sociaux, les directeurs généraux et financiers, et les administrateurs.

Un seul a vraiment morflé, c’est Madoff qui a pris mille perpètes pour ses forfaitures – mais c’est le seul –, perdu sa fortune mal acquise, et vu le suicide de son fils. Les autres ont soit sauté avec des parachutes dorés (pour faire plus joli sous le soleil de Satan), soit sont encore là ni responsables ni coupables avec rémunérations, primes et bonus comme si rien ne s’était passé. Soyons précis, Madoff a eu des compagnons de cellule, les types d’Enron, et de rares lampistes qui se sont fait prendre comme les plombiers du Watergate. Notre ministre du budget, qui s’est fait piquer sur un malheureux coup de téléphone pour quelques centaines de milliers d’euros, pourrait le rejoindre mais avec sursis pour ne pas froisser son costard.

 

Si on admet que ces rémunérations élevées (1 à 2 millions d’euros par an, mais pas plus) soient justifiées (la loi du marché mondialisé disent ceux qui savent), il faut aussi admettre qu’en cas de faute grave une sanction financière en rapport avec leurs rémunérations, y compris bonus et gâteries, soit appliquée ; et en cas de vol, dissimulation etc., on prend tout : maisons et châteaux, bijoux de famille, voitures et bateaux etc. A poil, le mec ! Y compris sa femme, même si la DLC est dépassée… et les enfants. Minima sociaux pour tous avec interdiction d’exercer un métier. Est-ce, parmi d’autres, une justification du « salaire universel » ? Peut-être ! 

FILLON ET LE SERVICE PUBLIC : quand la logique comptable cache l’acharnement politique

 

Par Robert GIL 

Le 19 décembre, l’Institut Paul Delouvrier publiait son baromètre annuel rendant compte de la satisfaction des usagers des services publics. Où il apparaît qu’une part croissante de français refuse que soient altérées les prestations et est prête pour cela à un effort commun et partagé. Au même moment, François Fillon et les siens s’avéraient bien en peine d’expliciter leur volonté de supprimer 500.000 emplois publics sauf à mettre à terre l’édifice républicain et social issu du Conseil National de la Résistance. De Delouvrier à Fillon, l’héritage gaulliste fait décidément le grand écart.

Le baromètre de l’Institut Paul Delouvrier est une mine pour qui accepte d’en déchiffrer les codes. Ainsi, il est saisissant de constater qu’une fois encore, un fossé existe entre la satisfaction des usagers des différents services publics en 2016 (69% !) et l’opinion positive (37%) qu’ils peuvent en avoir, soit une différence de 32points ! De l’objectif au subjectif, du concret au discours dominant, il existe un canyon que la veine libérale s’est attelée à creuser et qu’elle entend continuer à emprunter nonobstant les attentes de nos concitoyens. François Fillon en est l’exemple éclatant avec sa proposition dogmatique de supprimer 500.000 emplois publics à l’échelle du quinquennat.

Avant même que d’examiner les modalités concrètes d’application et leurs conséquences sur le service public, il faut prendre cette annonce pour ce qu’elle représente, un phare dans la bataille culturelle engagée par les libéraux. En dépit des signaux envoyés par les français, ou plutôt justement contre eux, François Fillon se raccroche de manière assumée au processus contraint de construction d’une volonté collective, c’est-à-dire de transformation profonde du sens commun et des formes de subjectivité. Alors que cette bataille pour l’hégémonie culturelle est en train de basculer après 30 ans de déferlante libérale, François Fillon s’accroche et se pose en gardien du temple pour préserver l’ancien monde. Sa légitimation par la primaire de la droite était à ce prix. Il est pourtant déjà trop tard : les usagers non seulement se rendent compte mais donnent acte que les services publics fonctionnent, et même plutôt bien. Ce qui ne fonctionne pas, c’est le jeu politique normal, celui qui cherche à occulter le réel pour le faire passer dans l’entonnoir de la pensée unique. La crise de régime n’est pas la crise de l’Etat.

Car la demande de service public s’est accrue en 2016. Les français sont de moins en moins nombreux à souhaiter que leurs impôts baissent si cela doit se traduire par une altération des prestations nous indique le baromètre : -10% en un an, à 55% contre 65% l’année précédente. Le besoin de service public augmente tandis que baisse la demande d’économies solitaires. Pourtant, le service public sera frappé indistinctement. Selon Serge Grouard, chargé du programme de François Fillon, les suppressions de postes « seront réparties de manière à peu près homogène. » C’est sûrement cela qu’ils appellent l’égalité à droite…

Il faut dire que supprimer 500.000 emplois publics, fonctionnaires et contractuels, « cela représente une baisse des effectifs de 9% » (entre 5,4 millions et 5,6 millions d’agents en comptant les contrats aidés) de l’aveu même d’Eric Woerth qui a depuis la primaire intégré l’équipe Fillon. Ceux-ci sont répartis entre 2,4 millions d’agents pour la fonction publique d’Etat, 1,9 millions pour la fonction publique territoriale et 1,1 millions pour la fonction publique hospitalière. François Fillon annonce vouloir jouer sur deux leviers pour parvenir à de telles coupes claires : le non remplacement des agents partant à la retraite et l’augmentation de la durée du travail. Examinons l’un et l’autre.

Pour ce qui est du départ à la retraite des fonctionnaires, on peut l’estimer au regard des chiffres des dernières années à environ 120.000 départs par an. Faisons le compte. Si sur la durée du quinquennat François Fillon s’engage à supprimer 500.000 postes, cela signifie qu’il entend ne remplacer qu’un fonctionnaire sur six partants à la retraite. Vous avez aimé le duo Sarkozy-Fillon qui ne remplaçait qu’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite ? Fillon tout seul c’est trois fois pire !

Mais le détail entre les fonctions publiques mérite aussi qu’on s’y arrête. Car là où Nicolas Sarkozy avait concentré le feu sur la fonction publique d’Etat, François Fillon entend s’en prendre pareillement eux trois fonctions publiques. Là où le baromètre de l’Institut Paul Delouvrier fait apparaître clairement le souhait de voir préservé le budget de la santé, on constate que c’est pourtant par-là que François Fillon a annoncé vouloir commencer, en mettant à mal la sécurité sociale, et désormais en poursuivant la saignée des effectifs dans la fonction publique hospitalière. Le pro rata « homogène » de Serge Grouard conduirait à environ 100.000 suppressions de postes au sein de celle-ci alors même que les activités de l’Hôpital progressent de manière mécanique de 1,5 à 2% l’an. Comment y parvenir alors sinon en fermant carrément des établissements ? C’est bien ce que François Fillon suggère, lui qui parle dans son programme de « rationalisation de la carte hospitalière » et de « reconversion d’établissements ». Moins de fonctionnaires, c’est donc une carte du service public plus diffuse et de fait l’abandon de l’ambition d’égalité entre les territoires.

La fonction publique territoriale ne sera d’ailleurs pas en reste. Avec ses 1,87 million d’agents elle représente 35% des effectifs de la fonction publique. François Fillon entend s’inspirer de François Hollande qui, en réduisant année après année les dotations des collectivités, a conduit à infléchir leurs effectifs. Le voilà qui de son côté entend poursuivre dans cette voie en passant avec elles un « contrat territorial » : l’Etat contractualiserait l’austérité contre moins d’emploi public, moins de droits et des traitements à la baisse pour les agents et le recul du service public comme l’énonçait François Fillon au Mans le 1er décembre : « On peut faire beaucoup d’économies, y compris sur l’emploi public (…) Je veux passer avec les collectivités locales des contrats de cinq ans, dès le début du quinquennat. On met tout : les économies qu’on va continuer à vous demander, la baisse des normes et des contraintes administratives qui pèsent, les charges insupportables (…) On met de la liberté sur la gestion des personnels, on met de la liberté sur votre organisation (…) ». Un modèle perdant-perdant pour les collectivités, les usagers et les administrés. Et au final la démocratie, les économies escomptées devant se faire par des mutualisations imposées à coup d’intercommunalité au détriment de la souveraineté communale.

L’autre levier concerne le travail des agents et donc le service rendu. Dans son programme, François Fillon ne s’en cache pas : « Porter à 39 heures le temps de travail des fonctions publiques qui devront montrer l’exemple, avec une compensation financière partielle et de meilleures perspectives de carrières. J’ai évoqué l’objectif de réduire de 500 000 les effectifs de la fonction publique en 5 ans. Ce chiffre correspond à l’augmentation du temps de travail. Il est aussi en ligne avec les réformes conduites au Royaume-Uni et en Allemagne qui ont permis le retour au plein emploi ». Laissons aller la comparaison dépourvue de sens avec les autres pays européens qui témoigne simplement de l’alignement filloniste avec la doxa bruxelloise. Selon l’économiste Olivier Passet interrogé par le peu marxiste journal La Tribune : « On se leurre sur le sureffectif public. Certes le poids de nos rémunérations publiques est important. Mais lorsqu’il ne l’est pas chez les autres, il faut alors s’interroger sur le poids de la sous-traitance, qui n’est rien moins qu’une embauche indirecte, comptabilisée en consommation intermédiaire, dont on aurait tort de penser qu’elle est systématiquement plus efficace et moins coûteuse pour le citoyen. D’emblée, la position française paraît bien moins atypique. Cela n’interdit pas de s’interroger sur l’écart considérable qui nous distingue de l’Allemagne, par exemple. Ensuite, il faut rapporter le nombre d’agents à la population. Ce que l’on ne sait pas bien faire, car les statuts sont très variables d’un pays à l’autre. Néanmoins l’extravagance française paraît bien moins extravagante. Surtout si au lieu de se centrer sur les fonctionnaires, on se focalise sur l’emploi que mobilisent les différents pays sur les grandes fonctions de l’État, indépendamment de du statut privé ou public : dans l’administration, la santé, l’éducation, l’action sociale notamment, il apparaît immédiatement que la France n’est pas mieux dotée en ressources humaines que les autres, et même plutôt moins bien loties que beaucoup d’autres grands pays ». Concentrons-nous plutôt sur la « compensation financière » dont le plus important est le terme « partielle » qui y est accolé. Car François Fillon entend en parallèle réaliser 15 milliards « d’économies » ce qui signifie clairement que les 39h ne sauraient être payées 39h. C’est donc le salaire horaire des fonctionnaires qui va baisser, sans doute pour gage de leur meilleur taux de productivité dans les études européennes que François Fillon aime tant vanter !

Là où François Fillon veut détruire l’Etat comme l’analyse Jean-Luc Mélenchon, c’est le baromètre publié par l’Institut qui entend mettre ses pas dans ceux du gaulliste Paul Delouvrier, ancien résistant et chef de la division financière du commissariat au Plan (la planification, le méchant mot que voilà !), qui vient contredire le bien-fondé de son programme. Celui-ci ne correspond ni à une attente des français, ni à un besoin de notre pays. Son annonce comme sa mise en œuvre se réduiraient à une démonstration idéologique pour continuer à laisser s’abattre la chape libérale, maintenir les esprits à terre sous le poids du mensonge des dominants et empêcher le peuple de relever la tête. L’affaire n’est pas que comptable. Elle est d’abord politique. Et n’en déplaise aux politiciens qui ressassent les idées de la fin du XXème siècle comme François Fillon, c’est désormais d’Un avenir en commun auquel notre pays aspire.

 

 

Trump est-il l’homme de (sous-)main d’Henry A. Kissinger & Cie?

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L’appellation “Back Door Man“, que nous avons traduit ici par “homme de (sous-) main”, a plusieurs connotations. Dans la chanson originale de blues par Willie Dixon, elle se réfère à un homme ayant une affaire avec une femme mariée, utilisant une porte arrière [back Door] pour fuir avant que le mari ne rentre à la maison. Durant la Présidence de Gerald Ford, “Back Door Man“ fut employé pour Dick Cheney en tant que chef de cabinet de la Maison-Blanche [White House Chief of Staff], où il se distingua par ses “compétences“ lui permettant d’obtenir ce qu’il voulait par des moyens opaques [1]. Or de plus en plus, à mesure que se dévoilent les choix pour constituer son Cabinet, il semble que le projet tout entier de la Présidence Trump le révèle en tant qu’un “homme de (sous-)main” [à la fois un “homme de main” et un homme poussé discrètement depuis les coulisses, “en sous-main”], dans cette signification de l’appellation qui avait correspondu naguère à Cheney.

La rhétorique de campagne de Trump au sujet de “l’assèchement du Marais“ est oubliée depuis longtemps. En octobre, durant sa campagne, le candidat Trump avait en effet déclaré à la presse : « des décennies entières d’accord entre intérêts spéciaux [special interest dealing] doivent prendre fin. Nous avons à casser ce cycle de corruption. […] Il est temps d’assécher le marais de Washington D.C. […] c’est pourquoi je propose une sélection de réformes éthiques afin de rendre notre Gouvernement à nouveau honnête » [2].

Or jusqu’à présent, le Président nouvellement élu a déjà nommé davantage de milliardaires dans son cabinet et aux principaux postes, qu’aucun autre Président dans l’histoire américaine : Betsy DeVos et sa fortune de l’AmWay en tant que Secrétaire [Ministre] à l’éducation, Wilbur Ross en tant que Secrétaire au Commerce, Linda McMahon à l’Agence pour les PME [SBA – Small Business Administration], et Vincent Viola en tant que Secrétaire aux Armées[3]. Ceci sans inclure Trump lui-même ici, en tant que milliardaire putatif.

Vient ensuite, au nombre des intérêts garantis du côté de Wall Street, Goldman Sachs comme détenant un énorme pouvoir au sein de la nouvelle Administration. Steven Manchin, associé chez Goldman Sachs, est le nominé de Trump en tant que Secrétaire au Trésor. Gary Cohn, Président de Goldman Sachs, va être son premier Conseiller Economique à la Maison-Blanche [4]Anthony Scaramucci, membre du comité exécutif de l’équipe de transition présidentielle[5], est un ancien banquier de Goldman Sachs, de même que Steve Bannon, stratège en chef de Trump et son Conseiller Senior[6].

Ajoutons à cet assemblage rien de moins que quatre généraux militaires, représentant le Complexe Militaro-Industriel le plus corrompu de l’histoire humaine : en tant que Secrétaire la Défense, le Général (ret.) James « Mad Dog [chien fou] » Mattis, depuis sa retraite membre du Conseil d’un cocontractant majeur du Département de la Défense General Dynamics ; le Lt. General Mike Flynn (ret.), avec sa propre firme de consultance, en tant que Conseiller à la Sécurité Nationale [National Security Adviser], et le Général (ret.) John F. Kelly en tant que Secrétaire à la Sécurité Intérieure  [Homeland Security].

Ajoutez encore à cette collection les noms de Rex Tillerson, PDG d’Exxon Mobil, la plus grosse multinationale du pétrole des États-Unis, en tant que Secrétaire d’État;  l’ancien Gouverneur du Texas, les plus grand État américain producteur de pétrole, Rick Perry, en tant que Secrétaire à l’Energie, aux côtés du procureur général de l’Oklahoma pro-schistes Scott Pruitt, pressenti à la tête de l’Agence de Protection de l’Environnement [EPA – Environmental Protection Agency], et nous pouvons pressentir l’émergence de certaines politiques économiques dramatiques, compares à la malheureuse présidence précédente.

La géopolitique de Kissinger rentre par la porte arrière.

Ce qui émerge n’est pas joli, et semble tristement confirmer ma pièce précédente au sujet de la tromperie que représente la Présidence Trump[7].

Pourtant, dans tout ceci il manque encore un composant essentiel à mon avis, à savoir : le rôle fantôme/en sous-main de l’ancien Secrétaire d’État Henry A. Kissinger, qui semble émerger en tant que conseiller non officiel à la politique étrangère de cette Administration Trump. Car si nous suivons les traces de Kissinger durant ces derniers mois, nous trouvons en effet une série de réunions hautement intéressante.

Le 26 décembre 2016, le quotidien allemand Bild Zeitung a en effet publié ce qui est présenté comme la copie d’une analyse produite par un membre de l’Equipe de Transition de Trump, qui a révélé que, en tant que Président, Trump va chercher une “coopération constructive” avec le Kremlin, en contraste complet avec les politiques de confrontation et de sanctions d’Obama. Les journaux ont conjecture par la suite du rôle de l’ancien Secrétaire d’État de 93 ans, Henry A. Kissinger en tant que conseiller à la politique étrangère principal, bien qu’officieux. Le rapport déclare en effet que Kissinger est en train d’élaborer un plan visant à rendre plus “harmonieuses” les relations entre la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump, ce qui inclurait une reconnaissance officielle par les États-Unis de la Crimée en tant que partie intégrante de la Russie, et levant les sanctions économiques américaines qu’Obama a imposées, en rétribution à ce qui fut considéré comme l’annexion de la Crimée en 2014, ceci entre autres étapes[8].

L’événement inattendu, dans ce changement de ton net et soudain de la politique américaine, c’est l’objectif géopolitique astucieux de Kissinger visant à « ramener Poutine dans la tente de l’OTAN », pour paraphraser ce que l’ancien Président américain originaire du Texas Lyndon Baines Johnson avait pu dire élégamment en son temps[9].

Que vise donc Kissinger? Certainement pas un “monde multipolaire” qui respecterait les souverainetés nationales, comme il le clame, de cela nous pouvons être certain. Les visées de Kissinger consistent à éroder subtilement l’axe bilatéral qui se renforce entre la Chine et la Russie, et qui menace l’hégémonie globale américaine.

Car la tendance de ces dernières années, depuis le coup d’État manqué d’Obama en Ukraine début 2014, menace en effet de compromettre le projet d’une vie qui fut celui de Kissinger, autrement appelé la “marche vers un gouvernement mondial” de David Rockefeller : un Gouvernement Mondial dans lequel « la souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle de banquiers mondiaux, est certainement préférable à l’autodétermination nationale telle qu’elle fut pratiquée durant les derniers siècles », pour reprendre les mots attribués à Rockefeller lui-même devant l’un de ses groupes sélectionnés, à l’époque de l’effondrement de l’Union soviétique en 1991[10]. Le memo au sujet de la relation Trump-Kissinger dans le Bild Zeitung, déclarant ensuite que l’idée d’un réchauffement des relations avec la Russie, vise à compenser la montée en puissance de l’appareil militaire chinois [11]. En d’autres termes, il s’agirait là d’un jeu bien différent de celui joué par Obama, mais néanmoins toujours un jeu de pouvoir.

Un véritable équilibre des pouvoirs.

Kissinger est l’un des derniers praticiens survivants de la doctrine géopolitique historiquement britannique appelée “Equilibre des Pouvoirs” [Balance of Power]. Le véritable Equilibre des Pouvoir britannique, tel qu’il fut pratiqué dans l’histoire diplomatique et militaire britannique depuis le traité de Windsor de 1386 (entre l’Angleterre et le Portugal), a toujours impliqué pour l’Angleterre de contracter des alliances avec la plus faible parmi deux puissances rivales, afin de défaire la plus forte, et de voler par la suite à l’occasion de ce processus le pouvoir au plus faible, épuisé. Ceci fut pratiqué avec un extraordinaire succès jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, permettant de bâtir ainsi l’Empire Britannique.

Cet Équilibre des Pouvoir britanniques suppose d’être toujours en mesure de savoir quelle puissance, dans le cas des États-Unis gouvernés par Kissinger, va faire office d’“équilibrage”. Des suites de la défaite de la France de Napoléon aux pourparlers de paix du Congrès de Vienne, en 1814, le Secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, le vicomte Castlereagh, s’ingénia ainsi à élaborer un traité qui garantirait qu’aucune puissance européenne continentale ne pourrait dominer les autres, une stratégie qui perdura jusqu’à 1914 et la Première Guerre mondiale. Ce que de nombreux historiens politiques ignorent, c’est que cet Equilibre des Pouvoir continentaux fut essentiel pour la création de l’Empire Britannique, qui put dominer le monde en tant que puissance navale principale durant un siècle.

Or dans sa dissertation de Ph.D. pour l’Université de Harvard en 1950, Kissinger écrivit ce qui devait devenir le titre d’un livre : « Un monde restauré : Metternich, Castlereagh et les Problèmes de la Paix, 1812-1822 ». Cette étude de l’Equilibre des Pouvoirs britannique, demeura au cœur des machinations machiavéliennes de Kissinger depuis qu’il eut à occuper son premier emploi, grâce à la famille Rockefeller durant les années 1960. Dans son « Monde restauré », Kissinger déclare en effet : « la diplomatie ne peut pas être déconnectée des réalités de force et de pouvoir. Mais la diplomatie devrait être déconnectée […] de toute préoccupation morale ou d’indiscrétion, relatives aux politiques intérieures des autres nations ». Plus loin il ajoutait que « l’épreuve ultime pour un homme d’État, est alors sa capacité à reconnaître les réelles relations de force et de faire en sorte que cette connaissance serve ses propres fins » [12].

Depuis les débuts de sa relation avec Nelson Rockefeller durant les années 1950, puis avec les Frères Rockefeller (Lawrence, David, Winthrop), Henry Kissinger est demeuré le stratège central de la mondialisation voulue par la famille Rockefeller, ou Gouvernement Mondial par-dessus les nations, tel qu’appelé de ses vœux par David en 1991[13]. Ceci devait inclure le rôle d’Henry Kissinger dans les réunions du Bilderberg, puis avec la Commission Trilatérale de David [Rockefeller] et tout cela jusqu’à aujourd’hui encore. Ce fut le Secrétaire d’État Kissinger, qui demanda à son bon ami David Rockefeller de faciliter “l’ouverture de la Chine“ vis-à-vis de l’Ouest en 1971, voulue par Nixon. À cette époque, les visées de Kissinger avec ses contrepoids géopolitiques, consistaient à séduire la Chine, qui était alors le plus faible des deux grands adversaires de Washington, afin de l’inclure dans une alliance voulue par l’Ouest contre l’Union soviétique, qui était alors le plus fort adversaire, au moins en termes géopolitiques et militaires.

Aujourd’hui, tandis que commence l’année 2017, les rôles se sont inversés et clairement, la Chine a émergé après plus de trois décennies d’expansion économique et industrielle débridée, en tant que le plus grand adversaire de ce “Gouvernement Mondial“ de David Rockefeller. La Russie, des suites de la sauvagerie économique et de la désindustrialisation des années Eltsine post-1991, est dans la vision de Kissinger, clairement le plus faibles de ses deux adversaires. Tant la Chine que la Russie, sous Xi Jinping et Poutine, sont aux côtés de l’Iran, les plus redoutables défenseurs de la souveraineté nationale : celle-là même qui constitue le principal obstacle s’élevant sur la voie du Gouvernement (fasciste) Mondial de David Rockefeller (que j’utilise ici comme modèle de comparaison).

L’étrange diplomatie de Kissinger.

J’ai perçu les actions récentes de Kissinger d’après cette perspective : comment briser la menace eurasienne émergente, face à un Nouvel Ordre Mondial dominé par l’Ouest? Et dans ce cas, c’est plus clair. Il [Kissinger] s’est révélé grossièrement exagéré dans sa louange récente à l’égard du néophyte politique mais magnat des casinos Trump. Dans une entrevue accordée à CBS TV en décembre, Kissinger a en effet déclaré que Trump « a la possibilité d’entrer dans l’histoire comme un Président tout à fait considérable ». Il a ajouté que du fait de la perception selon laquelle Obama a affaibli l’influence de l’Amérique à l’étranger, « on peut imaginer que quelque chose de remarquable et nouveau émerge » de l’Administration Trump. « Je dirais que c’est une opportunité extraordinaire » [14].

Or, plus nous regardons derrière les apparences, et surtout vers les choix clés en matière de politique étrangère réalisée par le néophyte Trump, plus nous retrouvons en effet les traces d’Henry A. Kissinger. Le choix par exemple du général James « Chien Fou » Mattis en tant que Secrétaire à la Défense, rejoint tout à fait les vues de Kissinger. Mattis et Kissinger ont tous les deux servi jusqu’à 2016 au sein du Conseil des directeurs d’un partenariat privé bizarre et controversé, en matière de technologie médicale, Theranos en Californie, aux côtés de celui qui était (jusqu’à récemment) l’ancien Secrétaire d’État George Shultz, de l’ancien Secrétaire à la Défense Bill (William) Perry, de l’Amiral (ret.) Gary Roughead, et de l’ancien Président de la banque Wells Fargo, Dick Kovacevich.[15]

Mattis, que Trump compare au General Patton, a rédigé en août 2016 un rapport attaquant à la fois les Administrations Obama, Bush Jr. et Bill Clinton, pour un manque perçu de vision en matière de Sécurité Nationale, pour avoir ignoré les menaces posées par la Russie, la Chine et les groupes terroristes de par le monde[16].

Les mêmes traces du sournois Kissinger apparaissent avec la nomination surprise du patron d’Exxon Mobil, Rex Tillerson, en tant que Secrétaire d’État. Exxon Mobil étant bien sûr issu du noyau original [Standard Oil] de la richesse de la famille Rockefeller. Kissinger a produit une forte et décisive recommandation pour Tillerson, déclarant que parce que Tillerson avait de fortes relations personnelles avec le Président russe Poutine et avec la compagnie pétrolière d’État russe, Rosneft, il n’y avait pas de raison de disqualifier Tillerson :

« Je n’accorde pas d’intention à l’argument serais trop amical envers la Russie. En tant que patron d’Exxon, il s’agit de son travail, d’être en de bons termes avec la Russie. Il serait inutile en tant que patron d’Exxon, il n’avait pas une relation de travail [correcte] avec la Russie » [17].

De même qu’entre Kissinger et Mattis, Kissinger a également servi au sein d’un Conseil d’Administration avec Tillerson. Tant Tillerson que Kissinger, sont des membres du très influent Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington, aux côtés de membres éminents comme Zbigniew Brzezinski et l’ancien Secrétaire à la Défense Leon Panetta.

En vérité, dans le plus pur style “diplomatie secrète” que Kissinger appliqua si bien par son rôle ayant consisté à déclencher la guerre du Kippour d’octobre 1973, Kissinger avait apparemment gagné le respect de Vladimir Poutine en tant que “politicien de classe mondiale”. En février 2016, Kissinger alla à Moscou afin de rencontrer Putin en privé. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qualifia cette réunion comme la continuité d’un « dialogue amical entre le Président Poutine et Henry Kissinger, qui sont liés par une relation de longue date » [18].

Le 2 décembre, Kissinger fut personnellement invité par le Président chinois Xi Jinping à Beijing, afin de discuter des perspectives que représente la Présidence Trump pour la Chine. Kissinger est regardé depuis 1971, comme un intermédiaire de confiance unique par les Chinois, pour servir en tant que médiateur quant aux intentions de la politique américaine [19].

Avec Kissinger, se trouvant à présent dans une relation unique avec le Président élu Trump, en tant que conseiller “fantôme” en matière de politique étrangère, avec des alliés de Kissinger comme Tillerson en tant que Secrétaire d’État, Mattis en tant que Secrétaire à la Défense, commence à apparaître la lourde main de Kissinger et sa version de l’Equilibre des Puissances britanniques : constituée de manipulations politiques, elle vise la Chine de même que l’Iran, et va essayer d’utiliser Poutine et la Russie afin de détruire la véritable possibilité d’un contrepoids face aux illusions d’un Ordre Mondial unique conçu à l’Ouest. Et pour cela, il lui faudra favoriser la méfiance et le mauvais sang entre la Chine, la Russie et l’Iran.

Il y a simplement trop de coïncidences, dans la récente émergence de Kissinger (“l’homme d’État mondial pour la paix”[20]), pour ne pas penser qu’en vérité, dès le début, Donald Trump ait pu être désigné pour être l’homme de (sous-)main [back Door Man] d’Henry A. Kissinger, afin de ré-enclencher la géopolitique mondiale vers un rôle moteur des États-Unis en tant que “Domina über Alles“[21].

 William F. Engdahl

William F. Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, titulaire d’un diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur le pétrole, la géopolitique et les OGM.

Traduction par Jean-Maxime Corneille, pour Réseau International, article original paru dans New Eastern Outlook.

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[1] Wikipedia, Back Door Man, https://en.wikipedia.org/wiki/Back_Door_Man.

[2] “Trump Pledges To Drain The Swamp And Impose Congressional Term Limits”

18 Octobre 2016, https://www.donaldjtrump.com/press-releases/trump-pledges-to-drain-the-swamp

[3] Julianna Goldman, “Donald Trump’s Cabinet richest in US history, historians say”, CBS News, 20 Decembre 2016, http://www.cbsnews.com/news/donald-trump-cabinet-richest-in-us-history-historians-say/

[4]NDT : [Top White House Economic Adviser] sur la hiérarchisation des Conseillers au sein de la Maison-Blanche, voir directement sur son site officiel : Equipe de la Maison-Blanche [Staff], Conseil [des Conseillers] Economiques [Council of Economic Advisers], ses écrits et ses membres. Pour rappel, concernant la pénétration par Goldman Sachs de la campagne de Trump : « Garder son sang-froid : Trump est obligé de donner des gages à Wall Street… » (CVR, 11 novembre 2016) ; « Soumission de Donald Trump aux banques, acte I : Un ex gourou de Goldman Sachs entre dans son équipe de campagne… »   (CVR, 8 mai 2016).

[5] Presidential Transition Team Executive Committee.

[6] Dakin Campbell, “Goldman Is Back on Top in the Trump Administration”, Bloomberg, 22 Décembre 2016, https://www.bloomberg.com/news/articles/2016-12-22/goldman-is-back-on-top-in-the-trump-administration. NDT : voir aussi “10 choses à savoir sur Steve Bannon, l’inquiétant bras droit de Donald Trump” (Nouvel Obs, 15 novembre 2016).

[7] F. William Engdahl, “The Dangerous Deception Called The Trump Presidency”, NEO, 25 Novembre 2016, http://journal-neo.org/2016/11/25/the-dangerous-deception-called-the-trump-presidency/.

[8] Sputnik News, “Kissinger to Advise Trump on Bridging Gaps With Russia”, 27 Decembre 2016, https://sputniknews.com/politics/201612271049024500-kissinger-trump-russia/

[9] Référence à une citation de Lyndon B. Johnson : “mieux vaut les avoir à l’intérieur de la tente pissant vers l’extérieur, qu’à l’extérieur puissant vers l’intérieur” [“Better to have them inside the tent pissing out than outside pissing in« ]; au sujet du Directeur du FBI J. Edgar Hoover, cité dans le New York Times (31 Octobre 1971)

http://izquotes.com/quote/241192

 http://www.libraryofquotes.com/quote/1888168.

[10] David Rockefeller, Discours à la Commission Trilatérale, Juin 1991, Baden-Baden, Allemagne, cite dans “Matrix of Power: How the World Has Been Controlled by Powerful Men Without Your Knowledge” (Jordan Maxwell, 2000). Si la citation ne pourra jamais être réellement authentifiée, les Mémoires de David Rockefeller comportent suffisamment d’éléments pour jauger sa pertinence, notamment son aveu clair d’un complot internationaliste contre les États-Unis d’Amérique (Editions de Fallois, 2006, p.475).

http://opengov.ideascale.com/a/dtd/David-Rockefeller-s-book-Memoirs-admits-secretly-conspiring-for-a-NWO/4007-4049.

[11] Sputnik News, op. cit.

[12] Henry Kissinger, “A World Restored: Metternich, Castlereagh and the Problems of Peace, 1812-1822” (1957) http://www.classicsofstrategy.com/2016/02/henry-kissinger-a-world-restored-1957.html.

[13] NDT : si la citation évoquée plus haut de David Rockefeller peut être sujette à caution, croiser avec celle de James Paul Warburg à la tribune du Sénat américain, 17 février 1950 : “Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquête ou par le consentement. » Une étude sérieuse de la généalogie et des réalisations de la famille Warburg permettra de comprendre aisément le sens de son propos ici (Paul Moritz Warburg, son père fut par exemple l’un des inspirateurs majeurs de la création de la Réserve Fédérale – voir notamment Anthony Sutton : “Le complot de la Réserve Fédérale”, 1995 – Editions francophone Nouvelle Terre, 2009).

[14] Nahal Toosi et Isaac Arnsdorf, “Kissinger, a longtime Putin confidant, sidles up to Trump”, 24 Decembre 2016, http://www.politico.com/story/2016/12/trump-kissinger-russia-putin-232925.

[15] Roger Parloff, “A singular board at Theranos”, Fortune, 23 Juin 2016, http://fortune.com/2014/06/12/theranos-board-directors/.

[16] Leo Shane III, “It’s official: Donald Trump has chosen Gen James Mattis for defense secretary”, Military Times, 1er Décembre 2016,  http://www.militarytimes.com/articles/donald-trump-james-mattis-defense-secretary.

[17] Sangwon Yoon, “Kissinger at 93 Expounds on Rex Tillerson, One-China and Trump”, Bloomberg, 14 Décembre 2016, https://www.bloomberg.com/news/articles/2016-12-14/kissinger-at-93-expounds-on-rex-tillerson-one-china-and-trump.

[18] RT News, “Putin meets ‘old friend’ Kissinger visiting Russia”, 3 February, 2016,  https://www.rt.com/news/331194-putin-meets-friend-kissinger/.

NDT : ce qui est certainement la vraie cause de ces bonnes relations entre Kissinger et Poutine, ce fut le fait que Kissinger fut un traître prosoviétique dès 1945, à l’époque où il servait en Allemagne : il fut un collaborateur des Services soviétiques avérés dès cette époque, fondant les soupçons émis par un certain nombre de patriotes américains à son encontre depuis lors, de Patton à Hoover (voir : « la double face d’Henry Kissinger », chronique de décembre 2002 de Pierre de Villemarest, reproduite dans « Faits et Chroniques interdits au public », Tome 1, Pierre et Danielle de Villemarest, William D. Wolf, Aquillon, 2003).

[19] Bloomberg News, China Grappling With Trump Turns to Old Friend Kissinger, 2 December 2016, https://www.bloomberg.com/news/articles/2016-12-02/china-grappling-with-trump-turns-to-old-friend-kissinger.

[20] NDT : “World statesman of peace”, c’est l’idée qu’il resta de Kissinger après la guerre du Kippour, alors qu’il contribua lourdement à la déclencher…

 

[21] Références sado-masochiste ici, pendant ce sens que le rôle des élites prétendant gouverner la politique étrangère des États-Unis, vise avant tout la domination par tout moyen. Également le thème de son livre Full Spectrum Dominance“ (2008) qui détaille par le menu cette stratégie américaine.

De quel vide politique le populisme est-il le nom?

 

·         PAR ROGER MARTELLI

 

Le populisme est une notion commode. On ne sait pas trop ce que c’est, sauf que ce n’est pas bien a priori. « Populiste » est une manière feutrée de dire « raciste » ou « fascisant ». Et de mettre dans le même sac des opinions, des individus et des groupes que tout oppose sur le fond...

Aucune définition du populisme n’est satisfaisante. En fait, le terme renvoie à trop de réalités historiques différentes. La Russie et les États-Unis de la fin du XIXe siècle, les expériences latino-américaines depuis les années 1940, les extrêmes droites européennes aujourd’hui… Il en est du populisme comme du totalitarisme : la description n’est pas l’explication ; l’accumulation des caractères ne dit rien de l’essence ; le ressemblant n’est pas l’identique.

Globalement, l’hypertrophie du terme désigne en creux une carence. Le « populisme » s’impose dans l’espace public quand le « peuple » n’y est pas, ou si peu. On ne parle pas de populisme quand on a l’impression que le peuple est acteur, qu’il est souverain ou qu’il est bien « représenté ». Sur un fond d’inégalités croissantes, partout, le terreau de l’inflation populiste est une démocratie limitée, maltraitée ou malade.

 En cela, le populisme qui naît d’un vide peut être l’illusion d’un plein trop aisément accessible. Si le peuple est aux abonnés absents, c’est qu’« on » le tient à l’écart. « On » : selon les options, c’est le possédant, l’élite ou « l’autre » ; le puissant, le technocrate ou le migrant. Pour que tout rentre dans l’ordre, pour que la démocratie retrouve des couleurs, il suffit donc d’isoler les puissants, d’écarter les technocrates ou de renvoyer les immigrés.

 L’option populiste est en cela une illusion, parce que le peuple n’existe pas tout constitué, en tout cas comme sujet politique. Il y a certes un peuple sociologique : la somme des catégories populaires, des exploités, des dominés, des subalternes. Quand les composantes du « populaire » s’assemblent, elles forment une multitude. Mais une multitude n’est pas encore un peuple. Le peuple politique se construit, si et seulement s’il est à la fois « contre » et « pour ». Moins contre d’autres groupes (les exploitants, les dominants) que contre le système qui produit l’opposition des dominants et des dominés ; non pas pour que ceux d’en bas deviennent ceux d’en haut, mais pour que la logique de polarisation des classes ne soit plus un principe de classement.

 Historiquement, le peuple ne devient protagoniste politique conscient que lorsqu’il peut opposer, à l’ordre inégalitaire « réel », le projet d’une société où l’inégalité n’est plus la logique dominante. Le populiste est par-là aux antipodes du populaire : il se réclame du peuple, mais ne dit rien de ce qui permet aux catégories populaires dispersées de se rassembler autour d’un projet qui, en les émancipant, émancipe la société tout entière.

 Toutefois, si le populisme est une illusion, l’anti-populisme déclamé peut-être une impasse, dès lors qu’il nie le fait que la tentation populiste n’est que le miroir inversé d’un peuple aux abonnés absents. On peut toujours vitupérer la virulence populiste ; cela n’empêche pas que la souveraineté populaire soit en panne. Ce ne sont pas d’abord les « populistes », mais les États et les institutions de l’Union européenne qui se dispensent d’écouter le « peuple » quand ses avis ne lui conviennent pas…

 Faut-il donc accepter le part pris « populiste », le jeter à la face des oligarchies dominantes, le disputer à l’extrême droite ? C’est ce que suggèrent les tenants d’un « populisme de gauche », à l’instar de la philosophe Chantal Mouffe. Le propos est solide, mais on peut leur objecter que la mobilisation « populiste » des affects populaires peut se retourner contre ceux qui l’utilisent. À vouloir désigner l’ennemi ou même seulement l’adversaire, on court le risque de mettre au second plan les causes des maux, des colères et des peurs. On risque de laisser s’opérer le glissement qui va du responsable (que l’on ne voit pas toujours) au bouc émissaire (que l’on a à portée de main).

 Quand l’espérance est en panne, le ressentiment peut être le vecteur le plus fort de rassemblement d’un peuple désorienté : l’extrême droite en fait ses choux gras. Quand la solidarité devient un vain mot, la tentation est grande de se replier : sur la communauté étroite ou un peu plus large (celle des « natifs » ou « de souche »), dans le cocon rassurant d’un espace fermé (la frontière et le mur). Alors le racisme retrouve les ferments que le long effort de solidarité populaire avait contenu dans le passé. Alors l’incantation populiste prend la place de la mobilisation populaire.

 Si tout cela est vrai, ni l’antiracisme ni l’anti-populisme ne sont des voies en elles-mêmes porteuses. Rien ne peut remplacer le travail persévérant de reconstruction de l’espérance. Ce n’est pas un hasard si, aux XIXe et XXe siècles, le mouvement ouvrier ne se définit pas d’abord par ses traits sociologistes, mais par le projet qu’il mettait au centre de son action. Ce ne fut pas le « populisme » ou « l’ouvriérisme » qui furent au cœur du combat, mais le socialisme, le communisme, l’anarchisme ou la République.

 

Ce texte est extrait d’un dossier du magazine Regards (hiver 2017, 12 euros) intitulé « Faut-il être raciste pour être populaire ? ». Voir le site www.regards.fr

Le siècle de l’arnaque, les arnaques du siècle

Par GéraldCursoux 

Martin Winterkorn, l’ex PDG de Volkswagen qui a été viré à la suite des fraudes sur le diesel – qu’il a couvertes ou qu’il ne devait pas ignorer et interdire si tel est le cas – reçoit une retraite de 3.100 euros par jour. Soit 1.131.500 euros par an, et 1.134.000 les années bissextiles. C’est ce que gagnent Ronaldo, Messi et quelques autres… par mois ! Dix fois plus !, quand ce n’est pas 50 fois plus pour certains qui dépassent les 50 millions d’euros par an. Qui doit-on condamner ? Winterkorn et ses collègues patrons des grands groupes qui ont fauté (mais pas tous) et auront des retraites de cet ordre de grandeur, ou les Stars du Foot, de la NBA, de la F1, etc., qui perçoivent dix fois plus pendant leurs carrières ? Quand on s’indigne parce qu’un Président de la République ou un Premier Ministre touche quelques dizaines de milliers d’euros par moi, on ferme les yeux sur ces rémunérations qui défient la raison et les lois de l’économie.

Qui doit-on condamner ? Les deux mon Général ! Plus exactement avec la même rigueur ceux qui leur accordent de si généreuses rémunérations : d’un côté les actionnaires et les conseils d’administration des grands groupes, de l’autre les présidents et les conseils des clubs, des écuries etc. D’autant qu’ils le font avec l’argent du bon peuple, notre fric, à travers les droits télé, c’est-à-dire la pub, le sponsoring, les produits dérivés and so on, tous complices de ces dérives, qui leur rapportent aussi beaucoup. Comme il est beau le pubard dans son grand bureau en haut des Champs !

A partir du cas Martin Winterkorn qui plombe VW de 20 à 30 milliards d’euros ( !) – en se promettant de consacrer un autre article aux Stars du sport –, on peut remonter la chaîne des scandales qui ont animé le monde des affaires. Ce n’est pas nouveau, il y en a toujours eu (Panama, emprunts Russes, etc.), mais les nôtres s’accompagnent d’une impunité pour leurs auteurs qui nous met du sable dans la bouche quand on en parle. Avant de citer le bon père Madoff on peut remonter aux affaires Worldcom, Enron, Crédit Lyonnais pour boucler sur la Deutsche Bank (qui attend confirmation d’une condamnation d’une dizaine de milliards d’euros) en passant par le clash des Subprimes, l’affaire Société Générale, les effondrements des Banque islandaises, irlandaises, grecques, américaines (et autres établissements de crédit ou de gestion de fortunes), la vie des « specials ones » chez Goldman Sachs, etc… et la masse d’argent planqué dans les Enfers fiscaux (ou a cité le chiffre de 26.000 milliards de dollars, soit 50% du PIB mondial, une paille !). Impossible d’en faire le tour, mais on reste confondu devant l’inamovibilité des responsables qui sont à tout le moins, les PDG, les mandataires sociaux, les directeurs généraux et financiers, et les administrateurs.

Un seul a vraiment morflé, c’est Madoff qui a pris mille perpètes pour ses forfaitures – mais c’est le seul –, perdu sa fortune mal acquise, et vu le suicide de son fils. Les autres ont soit sauté avec des parachutes dorés (pour faire plus joli sous le soleil de Satan), soit sont encore là ni responsables ni coupables avec rémunérations, primes et bonus comme si rien ne s’était passé. Soyons précis, Madoff a eu des compagnons de cellule, les types d’Enron, et de rares lampistes qui se sont fait prendre comme les plombiers du Watergate. Notre ministre du budget, qui s’est fait piquer sur un malheureux coup de téléphone pour quelques centaines de milliers d’euros, pourrait le rejoindre mais avec sursis pour ne pas froisser son costard.

 

Si on admet que ces rémunérations élevées (1 à 2 millions d’euros par an, mais pas plus) soient justifiées (la loi du marché mondialisé disent ceux qui savent), il faut aussi admettre qu’en cas de faute grave une sanction financière en rapport avec leurs rémunérations, y compris bonus et gâteries, soit appliquée ; et en cas de vol, dissimulation etc., on prend tout : maisons et châteaux, bijoux de famille, voitures et bateaux etc. A poil, le mec ! Y compris sa femme, même si la DLC est dépassée… et les enfants. Minima sociaux pour tous avec interdiction d’exercer un métier. Est-ce, parmi d’autres, une justification du « salaire universel » ? Peut-être ! 

 Obama, le Bush Bis

Par bicychavez 

Il y a huit ans, Obama a été élu, et la population avait placé son espoir en lui surtout que son intronisation s'était effectuée en pleine crise financière des subprimes, qui avait décimé de vastes quartiers de grandes villes et fait tituber les banques. Pendant huit ans, Obama n'a agi pour atténuer la crise, qu'en défendant les intérêts des banques, des entreprises, des grandes sociétés d’assurance et de la classe des riches qui les contrôle. Les banques ont été renflouées de sommes énormes aux dépens des contribuables, ce qui a conduit à une expansion de la dette publique à un niveau inimaginable (de 11 à 20 Téra de dollars), qui a servi de justification à des coupes budgétaires et des restrictions dans les services sociaux, les services publics et l’éducation. Des écoles de quartier prenant en charge des enfants d’origine ouvrière ont été fermées. Les compagnies du secteur automobile ont été renflouées aux dépens des salaires et des emplois des ouvriers. Les conditions du renflouement exigeaient que les travailleurs de l’automobile lâchent d’importantes concessions sur les salaires et les avantages acquis. Les changements drastiques opérés dans le secteur automobile ont ensuite été répercutés dans la plupart des autres secteurs industriels. En moins d’une décennie, les salaires dans l’industrie, jusqu’alors relativement élevés, sont devenus faibles.

En transformant des petits délits, voire des suspicions de délit, en crimes majeurs de jeunes hommes, à qui la société était incapable de fournir un emploi, étaient arrêtés. Ce programme qui a conduit à un extraordinaire niveau d’incarcération a conduit la population carcérale à hauteur de 2,5 millions (la plus importante du monde). Bien sûr, l'origine de ce vaste projet d’incarcération remonte à Reagan. Mais Obama l’a poursuivi, et a jugé bon durant la plus grande partie de sa présidence de sermonner les hommes noirs, leur reprochant ne pas s’occuper de leurs enfants, ces mêmes hommes noirs condamnés à la prison par un système judiciaire qui échappe inique ou aux violences policières envers les noirs non enrayés sous Obama.

Le grand projet d'Obama a bien-sûr été la fameuse loi pour l’accès à des soins abordables. En fait, c’était un programme obligeant les gens à souscrire une assurance médicale auprès de compagnies privées, qui pour la plupart sont à but lucratif. Rien de surprenant dans tout cela, puisque le programme a été littéralement rédigé par des représentants des sociétés d’assurance et de l’industrie pharmaceutique, comme l’a reconnu par la suite l’administration démocrate. Certes, les gens dont les revenus étaient faibles pouvaient demander une subvention. Mais cette subvention, en réalité, est constituée de versements aux sociétés d’assurance. Et elle ne couvre pas la large franchise associée aux contrats les moins coûteux, qui s’élevait à plus de 6 500 dollars par famille en 2015. Cela veut dire qu’une famille devait payer 6 500 dollars de sa poche avant que l’assurance ne commence à payer : c’est la raison pour laquelle beaucoup de gens ne vont toujours pas chez le médecin d'autant que les franchises ont augmenté en moyenne de 63 % depuis que cette loi et les médecins ou les hôpitaux conventionnés sont très restreint.

Les guerres américaines au Moyen-Orient et en Afrique ont été poursuivies et étendues, fournissant d’énormes profits aux industries de matériel militaire et de construction, sans même parler de la défense des intérêts des grandes compagnies pétrolières dans la région. Ces guerres ont aussi eu pour conséquences la mort ou la destruction mentale et physique de beaucoup de jeunes gens qui se sont engagés dans l’armée pour échapper au chômage omniprésent. Même la décision du retrait d'Irak est un fiasco. En fait c'est le résultat d'un échec des négociations visant à maintenir les troupes. En contrepartie, le gouvernement irakien réclamait la fin de l'immunité totale des GI's, et c'est Obama qui a refusé. Pour ce qui est de la Libye, Obama n'a même pas tenu compte des erreurs de son prédécesseur quand il a décidé d'intervenir aux côtés de Sarkozy et Cameron ce qui a entraîné la dissolution du pays. En se passant du vote du congrès, Obama offre l'opportunité à ses successeurs de lancer des opérations sans l'avis de la chambre.

Les politiques menées sous la présidence d’Obama ont été essentiellement la continuation des politiques mises en place sous Bush. Si le PIB a augmenté, 95% de l’accroissement des revenus durant les années Obama ont été accumulés par les 1 % les plus riches, notamment car Obama a maintenu la plupart des politiques fiscales de Bush qui ont contribué à ce processus. Pendant ces 8 ans d'Obama, 15 millions de personnes supplémentaires qui ont été exclues d’un marché du travail qui ne leur offre aucune issue. Au total, il y a maintenant 95 millions de gens qui sont en âge de travailler, mais qui ne travaillent pas.

Obama est l'exemple type qu'un beau sourire, du charisme, un talent de tribun ou une couleur de peau ne sera jamais profitable au peuple. La seule façon pour se dernier de s'affranchir des représentations est d'appliquer le pouvoir lui même dans son propre intérêt. Et tant que l'on croira, qu'il existe une autre solution que la dictature du prolétariat, on contribuera à la perpétuation des souffrances de l'humanité.

Sionistes antisémites

Ce qui m’a particulièrement touché fut les applaudissements. Ils étaient là, assis autour de la table (du Conseil de Sécurité de l’ONU), les représentants du monde entier, applaudissant leur propre boulot, la résolution qu’ils venaient juste d’adopter unanimement.

Le CS de l’ONU, comme la Knesset, n’est pas habitué aux applaudissements ou à toute autre manifestation spontanée et pourtant ils frappèrent dans leurs mains comme des enfants qui venaient de recevoir leurs cadeaux de Noël. C’était en fait la veille de Noël et le 1er jour d’Hanouka, une coïncidence qui se produit une fois par décennies dans la mesure où les chrétiens utilisent un calendrier solaire et les juifs un calendrier lunaire modifié.

 

Les délégués étaient joyeux au point du délire. Ils venaient juste de faire quelque chose qui leur échappait depuis bien des années: condamner la violation ouverte de la loi internationale par le gouvernement d’Israël.

Des présidents consécutifs des Etats-Unis ont utilisé leur pouvoir anachronique de veto pour empêcher l’ONU de faire son devoir. Maintenant, le président Barack Obama, à la toute fin de sa présidence, osa défier le gouvernement de Benjamin Netanyahou, une personne qu’il déteste du plus profond de son cœur.

Ainsi donc, après des années de frustration, le corps le plus élevé de la réglementation internationale a pu adopter une résolution sur Israël en accord avec ses convictions profondes. Pas étonnant qu’ils se comportèrent comme des gamins quittant l’école pour les grandes vacances. Des vacances qui hélas pourraient bien être de très courte durée.

A l’analyse, cette joie était sans doute exagérée. La résolution n’avait pratiquement aucune signification. Elle n’avait pas de pouvoir puisque non contraignante. Netanyahou aurait pu utiliser le vieil adage oriental et dire: “les chiens aboient et la caravane passe” ; mais la réaction immédiate de Netanyahou fut bien différente. Il a agi comme un animal blessé: pétant les plombs, gesticulant, mordant tout ce qui passait à sa portée.

Certaines de ses réactions frisèrent le ridicule. Il aurait pu minimiser la résolution, la moquer, comme tant de leaders israéliens l’ont fait auparavant. Au lieu de cela, il a rappelé ses ambassadeurs du Sénégal et de Nouvelle-Zélande (traditionnellement des nations amies dociles), annula des visites de personnalités étrangères, appela les ambassadeurs étrangers pour un remontage de bretelles le jour de Noël, insulta et calomnia le président Obama.

 

C’était bien évidemment une chose stupide à faire. Le président américain a toujours 21 jours de mandat à effectuer, 21 longs jours qui pourraient faire bien du mal à Netanyahou. Il pourrait par exemple, permettre le vote d’une résolution irrévocable de l’ONU reconnaissant l’état de Palestine comme membre de plein droit de l’ONU. En ce moment, tous les hauts-fonctionnaires israéliens sont en panique totale en anticipation d’une telle chose.

Si Netanyahou avait lu Machiavel, il saurait qu’on ne défie pas un lion, à moins d’être capable de le tuer. Spécifiquement pourrais-je ajouter, un lion que vous avez insulté et blessé plusieurs fois auparavant. Même les lions parfois se fâchent. Mais l’attitude de Netanyahou n’est peut-être pas si stupide qu’il y paraît. En fait, elle pourrait même être maligne, tout dépend de son objectif.

Comme stratégie diplomatique, c’est absolument désastreux. Mais comme stratégie électorale, c’est intéressant. Voilà le grand héro, le nouveau roi David, combattant pour son peuple, faisant face à la terre entière. Y a-t-il quelqu’un en Israël qui pourrait se comparer à lui ?

Dans les vieux mauvais jours de l’ère Golda Meir, un des orchestres militaires israéliens chanta une chanson joyeuse qui commençait avec ces mots: “Le monde entier est contre nous/Mais on en a rien à foutre…” l’orchestre dansait aussi sur la musique.

Pour une raison inconnue, les juifs sont satisfaits de la condamnation du monde entier. Cela ne fait qu’affirmer ce que nous savons depuis bien longtemps: que les nations du monde nous détestent. Cela montre à quel point nous sommes spéciaux et supérieurs. Cela n’a bien entendu rien à voir avec notre attitude, non, non, ce n’est juste que pur anti-sémitisme.

Netanyahou est parti pour faire plus fort que Golda (Meir). La vieille bonne femme maintenant le contemple du ciel (ou de l’enfer ?) avec envie.

Le Sionisme était supposé libérer Israël de ces vieux complexes juifs. Nous étions supposés devenir une nation normale, des Israéliens au lieu de juifs “exilés”, admirés par les autres nations. Il semblerait qu’on n’ait pas réussi la manip’.

 

Mais il y a un grand espoir, un espoir géant en fait qui s’appelle Donald Trump.

Il a déjà twitté qu’après son intronisation au pouvoir, tout allait changer en ce qui concerne l’ONU. Vraiment ? Y a-t-il quelqu’un, lui inclus, qui sait vraiment ce qu’i a en tête ? Netanyahou peut-il en être si certain ?

C’est vrai, il a envoyé un juif américain enragé ultra-méga sioniste comme ambassadeur à Tel Aviv (ou à Jérusalem on verra) ; un type tellement à droite qu’il fait passer Netanyahou pour un gauchiste.

Mais dans le même temps Trump a nommé comme son assistant le plus proche un suprémaciste blanc radical possédant tout le pédigrée antisémite. Peut-être, comme le croient certains, cela dépendra de l’humeur de Trump. Qui sait de quelle humeur sera t’il le jour du premier vote important à l’ONU sur Israël ? Sera-ce Trump le sioniste ou Trump l’antisémite ?…

En fait, çà pourrait bien être les deux, pas de problème vraiment. Le but avoué du sionisme est de rassembler tous les juifs du monde dans un état juif. Le but avoué de tous les antisémites est de virer tous les juifs de leurs pays. Les deux côtés veulent la même chose !! Pas de conflit là-dessus.

Theodor Hertzl, le père fondateur du sionisme (moderne), a reconnu cela depuis le départ. Il alla en Russie tsariste, dont le gouvernement était profondément antisémite et offrit un accord: on vous retire les juifs de chez vous, mais vous nous aider à les convaincre de partir. C’était au bon vieux temps des pogroms meurtriers. Mais les juifs qui s’enfuirent de Russie allèrent en masse aux Etats-Unis, très peu d’entre eux s’en allèrent en Palestine sous contrôle ottoman (turc).

 

Ceci ne fut pas un chapitre unique de cette histoire. Au travers de l’histoire sioniste, bien des tentatives ont été faites pour enlister les antisémites afin d’aider à la mise en place du projet sioniste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zev Jabotinsky

Avant même que le mouvement sioniste ne naisse. Les évangélistes américains et britanniques prêchèrent le rassemblement des juifs exilés sur la terre sainte. Ils furent peut-être une inspiration pour Hertz. Mais quoi qu’il en soit, ce message de rédemption pour les juifs avait une clause secrète.

Le retour des juifs en Palestine permettrait la seconde venue du christ. Mais alors, les juifs se convertiraient au christianisme. Ceux qui refuseraient seraient annihilés.

En 1939, lorsque le danger nazi devint évident, le leader extrémiste sioniste Vladimir (Ze’ev) Jabotinski appela pour une réunion de ses suiveurs en Pologne. Les leaders de l’armée secrète de l’Irgoun en Palestine furent de cette réunion. L’un d’entre eux était Abraham Stern, de son nom de guerre Ya’ir.

La réunion déboucha sur la décision d’approcher les commandants antisémites de l’armée polonaise et de leur offrir un accord: vous armez et entrainez la jeunesse juive polonaise et nous libérerons la Palestine et y transporterons les juifs polonais. Les officiers acquiescèrent et des camps d’entrainement furent établis en Pologne. La seconde guerre mondiale mit un terme à ce plan.

Avec la guerre, Jabotinski, ardent anglophile malgré tout, ordonna à l’Irgoun d’arrêter toutes actions et de coopérer avec les britanniques. Stern proposa une approche inverse. Son credo était: notre ennemi est la Grande-Bretagne. La guerre nous donne une grande opportunité de les mettre dehors. L’ennemi de notre ennemi est notre ami. Adolf Hitler est un antisémite, mais maintenant il est notre allié potentiel.

L’approche de Stern causa une scission de l’Irgoun. Un débat envenimé éclata dans toutes les cellules secrètes. J’y pris part alors que j’avais juste 16 ans. Etant un réfugié de l’allemagne nazie, je rejetais la thèse de Stern.

Stern créa alors son propre groupe, plus tard appelé Lehi, initiales hébreues de Combattants pour la Liberté d’Israël, aussi connu sous le vocable de “Gang de Stern”. Il envoya un émissaire à la Turquie neutre, où il fit délivrer une lettre adressée à “Mr. Hitler” à l’ambassadeur allemand en place, y offrant sa coopération. Hitler n’y répondit pas. C’était bien sûr avant l’holocauste.

Stern fut attrapé par les Britanniques et abattu “en tentant de s’échapper”. A la fin de la guerre et lorsque l’URSS devint l’ennemi de la GB et de l’occident, les héritiers de Stern approchèrent Staline et lui offrirent leur coopération. Staline, dont l’antisémitisme grandissait à cette époque, ignora l’offre.

Pendant la guerre, un des architectes de l’holocauste fut Adolf Eichmann, l’officier SS qui fut en charge de l’organisation du transport des juifs hongrois vers Auschwitz. A Budapest, il établit le contact avec un groupe de sionistes emmené par Israël Kastner, avec qui il passa un accord. Comme geste de bonne volonté, il lui permit d’envoyer plusieurs centaines de juifs en Suisse neutre.

Eichmann envoya un membre du groupe, Yoel Brand, à Istanbul, porteur d’une offre paraissant démente au leadership sioniste à Jérusalem: si les alliés fournissaient aux nazis 1000 camions, la déportation des juifs hongrois serait arrêtée.

Contrairement aux instructions qu’il avait reçues, Brand passa la frontière en Syrie occupée par les Britanniques et y fut arrêté. La déportation des juifs hongrois, dix mille par jour, continua.

 

Quel était le but des nazis dans cette affaire bizarre ? Ma propre théorie est qu’Heinrich Himmler était déjà déterminé à détrôner Hitler et à faire la paix avec les alliés occidentaux. Eichmann servait son plan d’établir le contact avec les alliés. En tant qu’antisémite convaincu, Himmler était convaincu que les juifs contrôlent le monde.

Quelque temps après la guerre, en captivité en Israël, Eichmann écrivit ses mémoires. Il déclara qu’il croyait que les sionistes étaient l’élément “biologiquement positif” de la race juive. Mahmoud Abbas, soit dit en passant, a écrit sa thèse de doctorat à l’université de Moscou sur la coopération entre les nazis et les sionistes.

Les assistants de Trump peuvent-ils inclure dans le même temps des sionistes enragés et des antisémites tout aussi enragés ? Bien sûr que cela est possible !

Cette semaine, notre ministre de la défense de l’extrême droite Avigdor Lieberman, a condamné le plan français de réunir à Paris dans quelques jours, une conférence sur la paix israélo-palestinienne.

Le gouvernement israélien a peur que là, le ministre des AE américain John Kerry, n’y soumette son plan pratique détaillé pour un accord de paix, incluant l’établissement de l’état de Palestine. Ce plan serait adopté à la conférence, puis par le CS de l’ONU.

Ceci constituerait le coup de départ du président Obama. Pas de veto. Au fait, le plan de Kerry est presque identique à celui qu’un de mes amis et moi-même avions publié en 1957, il y a 59 ans et appelé “Le Manifeste Hébreu”.

En fureur totale, Lieberman a comparé cela avec l’affaire Dreyfus. Il y a quelques 120 ans, un capitaine juif de l’armée française fut condamné à tort pour espionnage au profit de l’Allemagne et fut envoyé au bagne de Cayenne sur l’île du diable. Il fut plus tard acquitté. La mythologie sioniste veut que Theodor Herzl, alors correspondant à Paris pour un journal autrichien, fut si secoué par cette affaire que cela lui inspira son idée sioniste.

La conférence de Paris à venir, a supputé Lieberman colériquement, est une nouvelle affaire Dreyfus, simplement cette fois-ci, il s’agit du peuple juif entier. Mais pas d’inquiétude à avoir: Donald Trump et ses sionistes antisémites vont tout remettre en ordre.

Uri Avnery & Gush Shalom*

url de l’article original: http://www.veteranstoday.com/2017/01/01/avnery-the-unsc-resolution/

Traduit de l’anglais par Résistance 71

(*) Uri Avnery est écrivain, journaliste israélien et le fondateur du mouvement pour la paix “Gush Shalom”, 94 ans, juif allemand émigré en Palestine en 1933, ancien de l’Irgoun, ancien député de la gauche israélienne à la Knesset, anti-sioniste.

 

Source:https://resistance71.wordpress.com/2017/01/06/resistance-au-colonialisme-janus-trump-israel-et-conseil-de-securite-de-lonu/

Une défaite majeure pour les promoteurs du Nouvel ordre mondial

Les récentes déclarations de John Kerry à propos du véto du parlement britannique contre la participation du Royaume Uni dans une intervention en Syrie sont riches en enseignements. Richard Le Hir avait analysé en profondeur l’importance du vote britannique, sa signification et sa portée. Aujourd’hui, les faits confirment en tout point l’article de Richard Le Hir. 

***

Le parlement britannique désavoue son premier ministre et laisse tomber les États-Unis

La ligne rouge n’était pas du tout celle que l’on pensait

Il n’existe pas beaucoup de précédents aux événements dont le monde a été témoin la semaine dernière.

Le débat demandé par les parlementaires sur l’opportunité pour la Grande-Bretagne de participer à la coalition militaire contre la Syrie en représailles contre l’utilisation prétendue par le gouvernement de Bachar-El-Assad de gaz toxiques pour venir à bout des troupes rebelles à son régime a tourné, à la surprise générale des observateurs, au désavantage du premier ministre Cameron qui s’est retrouvé désavoué par le vote final de la chambre.

Non seulement le parlement de Londres a-t-il infligé un camouflet comme on en voit rarement au premier ministre, mais il s’est trouvé à indiquer aux dirigeants de ce que l’on appelait autrefois « le monde libre » qu’il existait une ligne rouge à ne pas franchir, celle des exigences de la démocratie. Lasse de voir le gouvernement abuser de son mandat et s’engager dans des voies douteuses sinon carrément téméraires et irresponsables, une majorité d’élus de tous les partis est venue lui rappeler qui détenait le véritable pouvoir.

Et non seulement cette décision sonne-t-elle le glas de la carrière politique d’un champion du néo-libéralisme qui a entraîné son pays au bord du précipice à coup de décisions inspirées bien davantage par l’idéologie que par le bon sens, mais elle se trouve à envoyer à ses homologues américain, français et autres un message très clair sur le sort qui les guette s’ils se hasardent à vouloir franchir la ligne rouge de leur mandat démocratique.

Il faut dire que les dirigeants politiques ont développé ces vingt dernières années une fâcheuse tendance à prendre des décisions graves qui engagent l’avenir et/ou la sécurité de leur pays sans se soucier de leur opinion publique ou même en la défiant ouvertement. Un important déficit démocratique s’est ainsi creusé.

Tant que la prospérité était au rendez-vous, les populations bousculées suivaient en grommelant, mais elles suivaient. À partir du moment où la situation économique a commencé à se détériorer et que les populations ont pu établir un lien entre les orientations et les décisions qu’elles n’avaient pas soutenues et la détérioration de leurs conditions de vie, la grogne s’est installée et ne cesse de s’amplifier, ce que c’est implicitement trouvé à reconnaître le parlement britannique.

On voit donc que le véritable enjeu dans cette affaire n’est pas tant la Syrie et la question de savoir si des armes chimiques ont été utilisées, que ce soit par le gouvernement Assad ou le camp adverse, mais bien plutôt le nouveau mode de gouvernance, ce fameux nouvel ordre mondial, que cherchent à mettre en place les élites dirigeantes contre ce que les populations perçoivent être leurs intérêts.

Et c’est infiniment plus grave.

En effet, la question posée est celle de la légitimité du pouvoir avec un grand « P », et c’est sans doute ce qu’a reconnu le président Obama, lui-même ancien professeur de droit constitutionnel, en prenant le monde entier, à commencer par ses propres collaborateurs, par surprise, avec sa décision d’obtenir d’abord l’aval du Congrès avant de lancer toute attaque, même très ciblée et restreinte, contre la Syrie.

Sans doute aussi s’est-il demandé s’il tenait absolument à assumer seul la responsabilité d’une décision qui risquait de mettre le monde à feu et à sang, et à ce que l’histoire retienne que cette décision était celle du premier président noir des États-Unis.

Juridiquement, Obama n’a pas besoin de l’approbation du Congrès, mais le fin juriste qu’il est sait pertinemment que la Constitution américaine n’est pas la seule source du droit applicable dans cette affaire. En vertu du droit international, et plus précisément de la Charte des Nations Unies, nulle opération militaire de la nature envisagée ne peut être lancée contre un pays sans l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies.

C’est d’ailleurs ce que vient de lui rappeler Ban-Ki-Moon qui a attendu beaucoup trop avant de lui rappeler cette règle essentielle.

Et connaissant la docilité habituelle de Ban-Ki-Moon et sa soumission aux intérêts Américains, il faut se demander s’il ne se trouve pas à répondre à une commande qui arrive à point nommé pour calmer les ardeurs les plus bellicistes.

On ne peut en effet d’aucune façon tenir comme précédent suffisant que la coalition formée par les États-Unis ait fait fi de cette exigence pour lancer une offensive contre l’Irak en 2003. D’une part, l’opinion publique internationale était encore sous l’effet de la vague de sympathie que leur avait valu l’attaque terroriste du 11 septembre 2001. D’autre part, les États-Unis étaient alors la seule super-puissance, ni la Russie ni la Chine n’étant en position de lui tenir tête.

Seuls la France et le Canada s’étaient alors opposés à la volonté américaine, et dans le cas du Canada, uniquement parce que le risque d’éclatement politique du pays avait été jugé trop grand, le Québec étant très majoritairement opposé à une telle aventure militaire. Songez-y, à Montréal, en plein hiver, par un froid de – 30 C, 150 000 personnes étaient descendues dans la rue pour manifester sur un enjeu de politique étrangère, du jamais vu.

Même s’il s’est bien gardé d’expliquer les raisons du refus du Canada de se joindre à la coalition qui souhaite attaquer la Syrie, c’est très vraisemblablement la même raison qui a amené le gouvernement Harper à refuser de participer à une telle opération, même si son sentiment pro-américain est plus grand que ne l’était celui du gouvernement Libéral de Jean Chrétien en 2002.

Mais aujourd’hui, pour les États-Unis et leurs alliés, la donne n’est plus celle de 2002. Comme je l’anticipais ici-même sur Vigile le 30 novembre 2011 dans un article intitulé « Et si l’issue devait être la Troisième Guerre Mondiale ? », les États-Unis ne sont plus le seul joueur de poids sur la scène mondiale. La Russie et la Chine sont de nouveau en mesure de faire entendre leur voix.

La parution de cet article allait piquer l’intérêt du journaliste algérien Chérif Abdedaïm, de La Nouvelle République, un quotidien d’Alger. Il communiqua avec moi pour me demander si je serais disposé à répondre à quelques questions par écrit pour le bénéfice de ses lecteurs, ce que j’acceptai de bonne grâce. J’étais alors loin de me douter que mes commentaires allaient faire la une de son journal le 9 janvier 2012 et être repris par une trentaine de sites dans le monde francophone, en plus d’être traduits en italien sur un site de défense des droits .

Dans cet article, j’évoquais le rétablissement des blocs qui existaient avant la chute de l’empire soviétique, soit le bloc occidental constitué des États-Unis et de l’Europe de l’Ouest, et les bloc des pays de l’Est composé de la Russie, de ses pays satellites, et de la Chine. J’évoquais en outre l’affaiblissement économique des États-Unis et « le danger devant l’imminence de ce déclin que l’Amérique soit tentée par une dernière démonstration de puissance pour infléchir durablement la situation au Moyen-Orient dans le sens de ses intérêts et de ceux d’Israël, dans une sorte de fuite en avant pendant qu’elle dispose encore des moyens d’agir. »

Les bruits de botte au Moyen-Orient l’été dernier allaient m’amener à pousser mes recherches et ma réflexion plus loin dans un autre article intitulé « C’est pour bientôt », lui aussi largement repris par des sites francophones à travers le monde, dans lequel je m’interrogeais sur les raisons qui poussaient la France et le Canada à aligner aussi étroitement leur politique étrangère sur celle des États-Unis et d’Israël.

Si la tempête avait paru se calmer dans les mois suivants, elle allait reprendre de plus belle au cours du printemps avec la multiplication des attaques des rebelles djihadistes d’Al-Qaida contre le régime syrien, soutenus par les États-Unis (cherchez l’erreur), Israël, le Royaume-Uni, la France, la Turquie, l’Arabie Saoudite et l’Émirat du Qatar.

Au cours des dernières semaines, la tension a grimpé de plusieurs crans, et il devenait clair que les Américains, ou plutôt ceux qu’on appelle les « faucons » dans leurs rangs, et leurs alliés, étaient à la recherche d’un prétexte pour déclencher une opération militaire contre la Syrie dans le but de déloger le régime de Bachar-El-Assad.

L’intervention très ferme de la Russie et de la Chine a d’abord amené les États-Unis à réduire substantiellement ses ambitions. Plus question de renverser le régime syrien, au grand dam de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et d’Israël, chacun pour leurs raisons différentes. L’opération, si opération il y a, sera restreinte à quelques cibles, question simplement de signifier à Assad le mécontentement des alliés devant son utilisation de l’arme chimique, si tant est qu’il soit effectivement coupable, ce qui n’a pas encore été prouvé.

Et il faut comprendre que depuis l’affaire irakienne et la découverte que la preuve de la participation clandestine de Saddam Hussein à l’attentat du 11 septembre a été fabriquée de toutes pièces pour justifier une attaque contre l’Irak, le fardeau de la preuve pour les Américains est devenu beaucoup plus lourd, d’autant plus que depuis cette date, une kyrielle d’incidents, dont certains très graves, sont venus ternir leur image des Américains comme chefs de file dans la défense de la démocratie, une image soigneusement entretenue depuis la Deuxième Guerre mondiale

Il n’est en effet pas un jour où l’on n’apprenne que les Américains se sont permis clandestinement des écarts importants avec les principes dont ils se faisaient les hérauts urbi et orbi en faisant la leçon à tout le monde.

Encore ces jours-ci, on apprenait à l’occasion du déclassement de documents officiels tenus secrets jusqu’ici qu’ils avaient été les instigateurs du coup d’État qui avait renversé le gouvernement démocratiquement élu de Mohammad Mossadegh en Iran en 1953 parce qu’il préconisait l’adoption de politiques qui allaient à l’encontre de leurs intérêts pétroliers pour le remplacer par le gouvernement complaisant de Mohammad Reza Pahlavi qui allait devenir le shah d’Iran.

Et Foreign Policy, la très prestigieuse revue américaine de politique étrangère, nous apprenait pour sa part, en s’appuyant sur des dossiers de la CIA, que les États-Unis avaient été les complices de Saddam Hussein dans l’utilisation d’armes chimiques contre l’Iran .

Et tant les fuites de Wikileaks et de Julian Assange que celles d’Edward Snowden nous ont permis de comprendre que les États-Unis étaient en fait un monstre de duplicité et de tartufferie.

Devant le caractère incertain des preuves que les États-Unis présentent aujourd’hui pour lancer une opération contre la Syrie, les Américains eux-mêmes (ils sont 80 % à demander que le Congrès se prononce ), et leur establishment militaire, tout comme le monde entier, mettent en doute le bien-fondé d’une intervention qui pourrait déclencher une troisième guerre mondiale.

Enfin, aussi horrible cette pensée puisse-t-elle être, il faut même se demander quelle est la part de vérité et de mensonge dans les événements du 11 septembre 2001, tant le mensonge aurait si bien servi les desseins de ceux qui ont profité de la suspension et/ou de la violation des règles démocratiques pour promouvoir leur agenda.

Or quels sont ces intérêts ?

J’ai évoqué plus haut ce fameux projet de gouvernance mondiale dont certaines élites font la promotion active depuis plus de 50 ans. Alors que certains se refusent à y croire, d’autres sont inconscients de la menace qu’il représente. Pourtant, les Américains au premier chef, et de ce fait le monde entier, ont été très clairement mis en garde par l’un de leurs anciens présidents, et non le moindre, le général Dwight D. Eisenhower, le 17 décembre 1961, alors qu’il s’apprêtait à quitter ses fonctions à la tête des États-Unis pour laisser la place au président nouvellement élu, John F. Kennedy.

Général cinq étoiles de l’armée américaine, commandant en chef des forces alliées en Europe durant la Seconde Guerre Mondiale, Eisenhower fut également chef d’état-major général des Forces Armées des États-Unis de 1945 à 1948 et commandant suprême des Forces alliées en Europe du 2 avril 1951 au 30 mai 1952, poste qu’il allait quitter pour se lancer en politique sous la bannière du parti républicain. Élu aux présidentielles de novembre 1952, il devient le trente quatrième président des États-Unis d’Amérique le 20 janvier 1953. Il occupera cette fonction jusqu’au 20 janvier 1961.

 

À quelques jours de son départ, il prononce une allocution totalement inattendue et restée célèbre pour la mise en garde qu’il formule contre le « complexe militaro-industriel » formé des entreprises qui vivent des contrats fabuleux, et déjà très lucratifs à l’époque, du ministère américain de la Défense. Son expérience aux plus hautes fonctions militaires de son pays pendant et après la guerre confère à ses propos une crédibilité et un poids inégalés.

Devant la chaîne presque ininterrompue de conflits et d’interventions militaires auxquels les États-Unis ont été associés depuis lors et la puissance acquise par ce complexe depuis lors, force est de reconnaître que cette mise en garde était pleinement justifiée.

Mais l’expression employée par Eisenhower pour le décrire, si elle correspondait parfaitement à la réalité politique et économique de son époque où les grandes entreprises manufacturières issues de l’effort de guerre dominaient la scène, ne parvient pas à cerner les réalités de ce pouvoir occulte et totalement illégitime dont la composition et l’influence a évolué avec le temps.

C’est véritablement avec le retour du Parti Républicain au pouvoir, en 1968, avec l’élection de Richard M. Nixon, que ce pouvoir va parvenir à s’imposer. Sa difficulté à y parvenir plus tôt nous amène à nous demander s’il ne faudrait pas voir là la cause de l’élimination de John F. Kennedy et de son frère Robert, plutôt que les actes de tireurs à la solde d’une puissance étrangère ou de la mafia, comme certains l’ont prétendu.

Les frères Nelson et David Rockefeller, le premier alors gouverneur de l’état de New York et le second président de la puissante Chase-Manhattan Bank, tous deux ardents promoteurs du Nouvel ordre mondial de leur propre aveu, gagnent en influence en parvenant à placer dans l’administration Nixon en 1968 un de leurs protégés, Henry Kissinger, d’abord au poste stratégique de conseiller à la Sécurité nationale, puis à la tête du Secrétariat d’État.

Il contribuera à l’articulation du contenu intellectuel de ce programme dont la promotion sera assurée par l’entremise d’organisations telles que le Groupe Bilderberg, la Commission Trilatérale, le Council of Foreign Relations et tous leurs satellites, tout ceci dans la discrétion la plus totale, ce qui amènera David Rockefeller à remercier les grands médias en 1991, à l’occasion d’une rencontre annuelle du Groupe Bilderberg tenue à Baden en Allemagne, dans des termes à la fois très surprenants et méprisants pour le commun des mortels :

Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et à toutes les autres publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions depuis quarante ans et respecté leur engagement à la discrétion… I

Il aurait été impossible pour nous de développer notre plan de gouvernance mondiale si nous avions été exposés aux feux de la rampe pendant toutes ces années.

Mais le monde est désormais suffisamment évolué pour accepter la mise en place graduelle d’un gouvernement mondial. Une souveraineté supranationale constituée de l’élite intellectuelle et des dirigeants des grandes banques du monde est certainement préférable à la possibilité qu’avaient les peuples de s’auto-gouverner dans les siècles passés.
[Ma traduction et mes caractères gras]

Le projet est donc tout aussi clair qu’il est clairement anti-démocratique : dépouiller les nations de leur souveraineté sans leur demander leur avis pour la confier à des élites intellectuelles et bancaires qui sauront mieux que les populations ce qui est bon pour elles. Et n’est-ce pas là toute l’histoire de la « construction » européenne ? À voir les résultats, c’est bien plutôt d’une démolition qu’il s’agit.

La volonté ne peut pas être mise en doute. Elle a été clairement annoncée par les dirigeants politiques.

Droite ? Gauche ? Aucune différence, même combat ! Le président socialiste François Hollande loge à la même enseigne que l’ancien président Nicolas Sarkozy et annonce lui aussi l’avènement du Nouvel ordre mondial,

Et si ce triste sire de la jarretelle que s’est révélé être Dominique Strauss-Kahn, le favori des sondages avant ses déboires à New York, avait été le candidat de la gauche, le Nouvel ordre mondial sortait encore gagnant car il souscrivait entièrement à ce projet même s’il allait commettre, en sa qualité de président du FMI, l’erreur fatale de défier ses maîtres en cherchant à remplacer le dollar comme monnaie de réserve pour remettre sur pied le système financier international .

 

Quant aux prétendues élites intellectuelles, regardez bien le philosophe va-t-en guerre et pousse-au-crime français Bernard-Henri Lévy argumenter que les dirigeants politiques n’ont pas à se soucier de l’opinion publique, la cinquième roue du carrosse à l’entendre, avant de déclencher une opération militaire contre la Syrie qui a le potentiel de déclencher la Troisième Guerre Mondiale

Regardez maintenant Jacques Attali, qui a lui aussi de grandes prétentions intellectuelles, ancien collaborateur immédiat de François Mitterrand, ancien président de la BERD mise sur pied après l’effondrement de l’Union Soviétique pour renflouer l’économie des pays de l’Est, et forcé de quitter ce poste pour avoir autorisé des dépenses pharaoniques dont il était plus souvent qu’autrement le principal bénéficiaire, nous expliquer le plus calmement du monde, comme si la chose allait de soi et avait déjà été décidée, que Jérusalem serait la capitale du Nouvel ordre mondial

Et ce sont ces trois derniers éminents personnages qui, par leurs déclarations intempestives répétées, nous permettent de ranger Israël dans le camp du Nouvel ordre mondial. Leur témoignage est d’autant plus probant qu’ils sont Juifs et qu’ils se sont affiché chacun à plusieurs reprises dans le camp d’Israël. Ils ne peuvent donc d’aucune façon être soupçonnés ou accusés d’antisémitisme, ou de vouloir ternir l’image d’Israël.

Comme je le soulignais au début de ce texte, la crise financière de 2008 est venue jeter du sable dans ce bel engrenage, et il y a maintenant cinq ans que la croissance stagne en Amérique du Nord et en Europe. Le moment des redditions de compte approche, et les populations prennent de plus en plus conscience du déficit démocratique qui s’est créé et de l’absence d’imputabilité qui en résulte.

Ce problème est particulièrement criant aux États-Unis. Les concepts de « l’exceptionalisme américain » et de la « présidence impériale » qui avaient été mis de l’avant par les promoteurs du Nouvel ordre mondial pour donner au président des États-Unis toute la latitude voulue pour imposer la volonté américaine (lire la leur) ne passent plus la rampe. Le fossé est devenu trop grand entre le discours et la réalité. Il y a une dissonance que tout le monde ressent à défaut d’en percevoir encore tous les reliefs.

Et c’est du coeur même du pouvoir que sont venus les premiers signaux du doute et du malaise qui s’installaient. En effet, au-delà de la grogne coutumière qui accompagne ce genre d’exercice, les coupures budgétaires dans le budget de la défense ont amené de nombreux intervenants et observateurs à s’interroger sur les exigences de l’intérêt national de façon à pouvoir établir des priorités. Il est vite apparu nécessaire de préciser ce qui était véritablement d’intérêt national et ce qui ne l’était pas, et c’est alors que les incongruités et les contradictions se sont mises à apparaître.

Certains en étaient conscients depuis longtemps. Le secrétaire à la Défense et ancien sénateur Chuck Hagel est de ce nombre, et c’est sans doute la raison pour laquelle Barack Obama l’a choisi pour occuper ce poste. On se souviendra que sa candidature avait été vivement contestée par le lobby néo-conservateur et le lobby pro-israélien pour des propos qui mettaient en doute le bien-fondé de la politique étrangère américaine depuis au moins le 11 septembre 2001.

Mais l’analyse à la fois la plus mystérieuse et la plus éclairante de sa nomination allait être fournie par le célèbre journaliste et essayiste Bob Woodward, le mieux renseigné sur la politique américaine depuis la fameuse affaire du Watergate. Voici ce qu’il écrivait dans un article du Washington Post le 27 janvier dernier intitulé (ma traduction) Pourquoi Obama a choisi Hagel ?

Dans les premiers mois de la présidence d’Obama en 2009, Chuck Hagel, qui venait de terminer deux mandats successifs au sénat, s’est rendu à la Maison-Blanche rendre visite à celui qui était devenu son ami au cours des quatre années où leurs mandats respectifs au sénat s’étaient chevauchés.

Alors, lui demanda le président Obama, que penses-tu de nos enjeux de politique étrangère et de défense ?

Selon le compte-rendu qu’en a fait Hagel par la suite qui est rapporté ici pour la première fois, il aurait répondu : « Nous sommes rendus dans un nouvel ordre mondial. Nous ne le contrôlons pas. Tu dois tout questionner, toutes les hypothèses, tout ce qu’ils – les militaires et les diplomates – te disent. Toute hypothèse qui remonte à plus de 10 ans est dépassée. Tu dois remettre en question notre rôle. Tu dois remettre en question notre posture militaire. Tu dois t’interroger sur notre utilisation de nos forces militaires.

Il aurait rajouté « L’Afghanistan va définir le premier mandat de ta présidence, et peut-être même le second. Il est essentiel de ne pas nous laisser enliser ».

Obama intervenait peu mais écoutait attentivement. À l’époque Hagel voyait en Obama un « solitaire », plutôt enclin à garder ses distances et à garder pour lui ses pensées. Mais les commentaires de Hagel permettent de comprendre pourquoi Obama a choisi son ancien collègue du sénat pour devenir son nouveau secrétaire à la Défense. Les deux partagent les mêmes opinions et les mêmes principes au moment où l’administrat6ion Obama cherche à redéfinir le rôle des États-Unis dans leur transition vers un monde sans super-puissance.

Cette vision du monde s’inspire à la fois du courant des « faucons » et de celui des « colombes ». Elle constitue en partie un désaveu des guerres du président George W. Bush. La guerre en Afghanistan a été mal conduite, et la guerre en Irak n’avait aucune justification. La guerre demeure une option, mais seulement en dernier ressort.

Donc, si l’on s’en tient à cette école, le rôle des États-Unis dans le monde doit être prudemment réduit – non tant par choix, mais tout simplement pour s’ajuster aux nouvelles réalités. Il faut faire preuve du plus grand scepticisme devant l’appareil militaire. Une grande part de nos stratégies de défense et nos prémisses de politique étrangère sont dépassées, et il faut se tenir loin de marécages comme l’Afghanistan

En bout de ligne, les États-Unis doivent mettre fin à ces grandes opérations militaires terrestres en Irak et en Afghanistan — et si possible éviter à l’avenir toute intervention militaire à grande échelle. 
Même si les discussions sur la nomination de Hagel ont largement porté sur ses attitudes à l’endroit de l’Iran, d’Israël et du budget de la Défense, c’est sans doute son partage de la vision du président qui va se révéler le plus déterminant ».

Il faut aussi préciser que Hagel, issu du Parti Républicain même s’il sert dans une administration Démocrate, est un grand admirateur du général Eisenhower, l’homme qui a prévenu les Américains contre le danger de ce complexe militaro-industriel métamorphosé, comme nous l’avons vu plus haut, en Nouvel ordre mondial.

Au point de distribuer autour de lui, et notamment au président Obama et au vice-président Biden, des douzaines d’exemplaires d’une biographie de son héros intitulée « Eisenhower 1956 », comme le rapporte David Ignatius, un collègue de Bob Woodward au Washington Post dans un article qui remonte lui aussi au début de cette année. Je retiens cette référence au livre au passage :

Il est impossible de lire le livre de Nichols sans penser aux tensions récentes entre les États-Unis et Israël à propos de la menace que représente le programme nucléaire iranien. De la même façon que le leader imprévisible et colérique de l’Égypte Gamal Abdel Nasser incarnait la plus grande menace pour Israël dans les années 1950, c’est le cas aujourd’hui de l’ayatollah Ali Khamenei d’Iran. Ce qu’il faut retenir d’Eisenhower, c’est qu’en même temps qu’il se montrait sympathique aux besoins militaires d’Israël, il était également déterminé à maintenir l’indépendance de la politique étrangère des États-Unis, et d’éviter une guerre dans laquelle l’Union soviétique pourrait s’engager. [Ma traduction et mes caractères gras]

Vous conviendrez avec moi que les similitudes avec la situation actuelle sont assez frappantes. Si l’Union soviétique s’est écroulée au début des années 1990, la Russie qui lui a succédé constitue pour les États-Unis un adversaire militaire redoutable, surtout lorsqu’elle s’allie avec la Chine, comme c’est le cas aujourd’hui sur la question de la Syrie.

En clair, Hagel est donc avant tout un patriote qui n’a de loyauté que pour son pays, et il entretient les plus grandes réserves à l’endroit de ce nouvel ordre mondial que les États-Unis ne contrôlent pas. Le président Obama l’a choisi parce qu’il est également de cet avis. Pas question donc pour lui de se laisser placer dans une situation où la décision de lancer une opération militaire puisse échapper à son contrôle, quitte à la renvoyer devant les instances démocratiquement élues, et quitte à ce que l’autorité et le pouvoir présidentiels s’en trouvent réduits.

Dans le cas de la Syrie, les pressions cumulées de certains groupes d’intérêts, d’alliés des États-Unis, et des grands groupes de presse, étaient telles qu’elles risquaient de placer Obama dans la position d’avoir à déclencher un conflit susceptible de dégénérer très rapidement. Il a fait le choix conscient et délibéré de se placer à l’abri de ces pressions en renvoyant la décision au Congrès.

Connaissant comme il les connaît la théorie et la pratique du fonctionnement des institutions politiques des États-Unis, il ne pouvait pas ne pas savoir qu’il aurait les plus grandes difficultés du monde à dégager une majorité pour un projet d’intervention militaire même limité contre la Syrie. Ce n’est donc pas le but qu’il recherchait. Ce qu’il voulait, c’’était d’échapper à l’emprise d’intérêts étrangers à l’intérêt national américain qui le poussaient, et poussaient le monde, à la guerre.

Et la preuve que c’est bien ce qu’il voulait, c’est que chaque jour qui s’est écoulé depuis cette décision a repoussé l’échéance d’une intervention au point de la rendre aujourd’hui très incertaine alors qu’elle apparaissait inévitable et imminente la semaine dernière.

Bien entendu, il fallait maintenir certaines apparences pour empêcher que le retour de manivelle ne soit trop raide, et c’est ce qui nous a valu le théâtre de professions de foi guerrières dont nous avons été témoins depuis une semaine. Les professionnels, eux, ne sont pas dupes, et ils savent que la donne géopolitique dans le monde vient de changer radicalement.

La bonne nouvelle n’est pas tant que les perspectives d’une troisième guerre mondiale aient été repoussées, mais que les décisions spectaculaires du parlement de Londres et du président Obama dans un contexte d’une telle gravité se trouvent à réhabiliter la notion du gouvernement « of the people, by the people and for the people », pour reprendre les mots de la Constitution des États-Unis, une notion en directe opposition avec celle de « souveraineté supranationale constituée de l’élite intellectuelle et des dirigeants des grandes banques du monde », mise de l’avant, comme nous l’avons vu plus haut, par les promoteurs du Nouvel ordre mondial.

En même temps qu’ils annoncent un retour à la démocratie, les développements de la dernière semaine annoncent le retour au premier plan des États-Nations, le cadre nécessaire à l’exercice de la démocratie, comme la chose vient si bien de nous être rappelée.

Pour les Québécois que nous sommes, ces événements constituent un rappel de l’importance de la conjoncture mondiale dans l’évaluation de notre situation. Tout retour à la démocratie et à la préséance des États-Nations sur un Nouvel ordre mondial et les forces qui tentent à la fois de nous déposséder de notre identité, de notre droit à choisir notre avenir politique, et de notre patrimoine collectif, constitue un motif d’espérer que la partie n’est pas irrémédiablement perdue et que nous sommes encore dans la course.

Si, dans des conditions adverses, le temps peut jouer contre nous, il en va tout autrement lorsque les circonstances se mettent à être favorables, et c’est le cas maintenant. Il ne nous reste plus qu’à prendre nos affaires en main, et à nous assurer qu’elles demeurent entre nos mains.

Nous avons repris nos affaires en main en chassant le PLQ du pouvoir il y a un an, et en accordant un mandat minoritaire au PQ. Aux prochaines élections générales, nous devrons nous assurer que nos affaires demeurent entre nos mains en accordant au PQ un mandat majoritaire.

Richard Le Hir

Trente-six heures après sa mise en ligne, le texte qui suit a été repris sur les sites suivants :

Au Canada :

http://www.mondialisation.ca/le-parlement-britannique-desavoue-son-premier-ministre-et-laisse-tomber-les-etats-unis-une-defaite-majeure-pour-les-promoteurs-du-nouvel-ordre-mondial/5348728

En France :

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3879

http://www.alterinfo.net/Une-defaite-majeure-pour-les-promoteurs-du-Nouvel-ordre-mondial_a94596.html

http://lucien-pons.over-blog.com/article-le-parlement-britannique-desavoue-son-premier-ministre-et-laisse-tomber-les-etats-unis-une-defaite-119925949.html

http://eclaireurcitoyen.canalblog.com/archives/2013/09/08/27975562.html#c57472242

http://www.alvinet.com/actualite/articles/syrie-une-defaite-majeure-pour-les-promoteurs-du-nouvel-ordre-mondial-par-richard-le-hir-18416413.html

En Algérie :

Le texte apparaît en pp. 6, 7 et 8 de la version papier de l’édition d’aujourd’hui du quotidien d’Alger « La Nouvelle République »
http://lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2013-09-08/lnr.pdf

Et sur la version en ligne du journal
http://lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2013-09-08/lnr.pdf

En Iran :

http://french.irib.ir/info/international/item/273793-syrie-une-d%C3%A9faite-majeure-pour-les-promoteurs-du-nouvel-ordre-mondial-par-richard-le-hir

 

Source: http://vigile.quebec/Une-defaite-majeure-pour-les

Deux analyses de Bassam TAHHAN : Attentat du Nouvel An à Istanbul ; Arméniens de Syrie

« Attentat du Nouvel An à Istanbul » (Bassam Tahhan – Flash critique 5)

Cinquième « FLASH critique » intitulé :
« Attentat du Nouvel An à Istanbul »

 

Le géopolitologue et islamologue franco-syrien Bassam Tahhan , en collaboration avec Éveil Français TV, propose une lecture répondant à un besoin urgent d’analyse d’évènements qui viennent de se produire et qui se caractérisent par leur brutalité et leurs conséquences graves et préoccupantes.

Source: https://thomaldrin.wordpress.com/2017/01/03/bassam-tahhan-flash-critique-5-2-janvier-2017-partie-1-sur-1/

« Arméniens de Syrie, les laissés-pour-compte » (Bassam TAHHAN Eveil Critique n°6)

Chronique « Eveil Critique » n°6.
Intitulé de l’émission :
« Arméniens de Syrie, les laissés-pour-compte »

 

Le géopolitologue et islamologue franco-syrien, Bassam Tahhan, en collaboration avec Eveil Français TV, propose une analyse d’un sujet de fond pour éclairer la réflexion du téléspectateur.

L’opinion politique, ce truc fluctuent plus vraiment sous influence ?

L’année 2016 nous a enseigné quelques petites choses assez intéressantes. L’une d’entre elles, et pas des moindres, quand on y réfléchit bien, est la suivante : les opinions publique politiques sont en pleine mutation. Malgré l’immobilisme le plus parfait de la classe politique mondiale — ainsi que des caisses de résonances médiatiques diverses et variées qui tentent de décrire la réalité sous différents jours, fonction des intérêts des uns et des autres — les opinions publiques, donc, mutent. Oui, elles mutent. Mais qu’est-ce à dire ?

Une volonté (un peu trop) affichée de marché commun

Dans opinion, il y a « inion ». Mais il y a aussi « op ». C’est drôle non ? Oubliez ça, et passez à la suite. Jusque-là, une opinion, ça se travaillait, au quotidien, sans trop de problèmes. Il suffisait d’ouvrir les journaux TV sur les mêmes sujets avec des angles différents mais qui arrivaient aux mêmes conclusions, pour que la masse informe des sous-citoyens abrutis par leurs programmes audiovisuels ait l’impression de s’être fait une idée sur les « grands sujets » d’actualité » qui comptent

Même si cette masse allait (un peu) sur Internet, et qu’elle y trouvait des informations complémentaires, c’était quand même plutôt raccord avec la TV. Lire Le Monde ou Libé n’est pas vraiment un acte de résistance face au 20h de Pujadas, sur les grands sujets comme les petits. Parce qu’au fond, toute cette actualité a une base commune, celle de décrire le monde par le plus petit dénominateur commun, celui du pouvoir économique et politique européen qui n’a qu’une seule volonté : maintenir et renforcer le fonctionnement actuel des institutions et des règles qui régissent cet espace des 27 ou 28 : celui du marché unique.

Dénoncer cette influence, consciente ou non, de la presse officielle et de la classe politique n’a aucun intérêt en soi. La chose est connue. Ce constat est simplement là pour permettre une meilleure compréhension de la progression du rienafout’ et des profonds changements survenus dans l’opinion. Justement.

Le pusrienafout’ progresse

 

Cette volonté des pouvoirs politiques — soutenus par le pouvoir médiatique — a commencé à se voir un peu trop fort il y a déjà presque une décennie. Mais la majorité de « l’opinion » ne pouvait rien en faire. Sachant que de nombreux « européistes » de partis gouvernementaux, inquiets de leur image à ce sujet, promettaient de « corriger » l’Europe, la « mettre au service des peuples ». Toutes ces grandes déclarations établissant que ce n’était pas l’Europe le problème, mais en réalité le « manque d’Europe », sociale,  fiscale, enfin bref : rêvez braves gens, on va vous faire une Europe tellement chouette que vous vous endormirez le soir un sourire aux lèvres et rêverez de Bruxelles et Strasbourg comme un Kevin rêve de Disneyland. Ok. Génial. Et ?

Et pépère a gagné la présidentielle de 2012 sans même comprendre comment c’était possible. Avec un programme et des déclarations d’intentions écrites par des conseillers en comm’ qui avaient bien flairé l’air du temps, niveau agacement sur l’Europe. La finance aussi, qui était l’ennemi, tout comme le traité d’austérité perpétuelle (TSCG), tous ces trucs qui seraient mis au pas s’il était élu. Corrigés en quelque sorte.

C’est, en France, ce moment-là qui scelle le début du grand chaos de l’opinion publique. Pas directement en 2012, puisque pépère n’a pas encore eu le temps d’envoyer se faire fout’ l’opinion (dont ses quelques 18 millions d’électeurs), mais en 2016. Après 4 ans d’exercice du pouvoir fait de : renoncements répétés, mauvaise foi,  mensonges, promesses bidons et foutages de gueule uniques dans l’histoire de la République, cinquième du nom. L’opinion, à ce moment-là, commence à ne plus vraiment fonctionner comme auparavant. Les ficelles sont trop visibles. Le prestidigitateur est mauvais, le spectacle pathétique. Ils sortent les tomates, sifflent, et se mettent à plébisciter un autre artiste pour monter sur scène : la blonde néo-fasciste déguisée en amie des classes moyenne prolétarisées et grande pourfendeuse de l’Europe et de la finance mondialisée.

L’opinion, un truc d’enfants gâtés ?

 

Ce qui caractérise l’année 2016 — et pourrait tout balayer en 2017 — est cette faculté tout à fait nouvelle des opinions, à se déplacer, là où on aucun analyste et autre expert ne les attend. Malgré le martèlement politique boosté par les rassurements et l’influence médiatique du prêt-à-penser, il y a fort à parier que les opinions publiques aillent donc là où elles veulent aller.

Hein, coquinou, toi aussi tu es au courant d’un peu tout, et on ne te la fait pas, hein ? Je te kiffe, tu sais…

Dans le pusrienafout’. Parce que plus personne n’y croit. Parce que tout le monde (ou presque) sait bien que la France est un pays très riche et pourtant sans aucun avenir autre que celui d’être un grand supermarché cerné de cités dortoirs et de bureaux sans âmes. Une sorte de désert post-moderne habité par des vieillards apeurés pousseurs de caddies observant une [presque] minorité de jeunes connectées qui n’ont pas d’autres envies que celles vendues par les géants du Cloud, et des entre-deux-âges dépressifs craignant en permanence de se paupériser.

L’opinion est prête à tout, parce que tout la fait chier. Les clowns dogmatiques de la politique spectacle n’emballent plus qu’une part congrue d’imbéciles privilégiés, qui se mettent « en marche » entre deux sessions de cours à Sciences-Po, ou des vieux bourgeois réactionnaires qui payent l’ISF et sont prêts à aller voter pour un pilote de course amateur vieille France vivant dans un château et qui voudrait bien détruire les acquis du CNR. La majorité est saturée par le bullshit ambiant.

Mais qu’est-ce donc alors qu’une opinion publique faite de pusrienafout’ ? Ahaha ! L’analyste politique des chaînes de radio ou de télévision, les vieux éditorialistes de la presse écrite ne savent pas traiter cette option. Ils n’arrivent pas à situer la chose. Ça leur échappe, eux qui mettent dans des petites cases les opinions politiques de leurs concitoyens depuis tant d’années, avec des sondages d’opinion — justement — venant les conforter dans leurs savantes analyses. Que faire de gens qui n’en ont plus rienafout’ ? Compliqué, non ? Surtout quand on ne fréquente que les dîners parisiens…

Durcissons notre mollesse

 

La seule chose que les conseillers en comm’ ont trouvé, est une figure rhétorique appliquée à la politique-spectacle : le durcissement. Du discours, hein, pas d’autre chose. Les masses sont furieuses d’avoir du Flanby à l’Elysée, elles votent pour la blonde de l’extrémité bien dure de la droite de la droite extrême ? Faisons pareil qu’elle, les gars : allons-y à fond, trouvons des propositions et des postures « bien dures » qui démontrent à la populace, que nous aussi « on n’est pas des mous ». Chez les socialos-libéraux-démocratico-jumenfoutises de marché ça donne des affirmations péremptoires, du genre : « Je supprimerai le 49.3 ! ». Ou bien : « Je réduirai le déficit à 1,5% ! ». « Je créerai un revenu universel à 3,50€ pour tous ! ». Wahooooouuuu : on ne rigole plus, là, c’est vraiment du dur…

 

 

 

 

 

 

 

Quant au reste du « spectre politique » (formulation plutôt adaptée à l’époque, vu l’aspect fantomatique de la classe en question) il agite ses petits bras en revendiquant sa capacité à vraiment « changer la donne » : à droite, c’est du libéralisme à la Reagan-Thatcher, so XXème siècle, et à la gauche de la gauche, on propose de l’expérimentation démocratique à la Chavez : demander aux vieux croûtons pousseurs de caddies d’aller participer à des constituantes. C’est beau sur le papier, mais ça laisse un peu tout le monde dubitatif quant à la capacité d’amener des électeurs du rienafout’ à aller pousser un bulletin pour un truc auquel ils ne croient pas un instant. Mais allons savoir, les jeunes connectés du Cloud pourraient s’y intéresser ? Le leader maximo ex-sénateur socialo est un youtoubeur émérite…

Du pouvoir de l’ignorance

 

Discuter avec une caissière de supermarché, un vendeur de rayon d’électroménager, un petit agriculteur, une infirmière, un artisan ou un gérant de TPE a un intérêt certain pour l’analyste politique. C’est une sorte de thermomètre sur la température de l’opinion, celles des électeurs et observateurs quotidiens de la vie politique française. Cet exercice est souvent stupéfiant par plusieurs aspects. Le premier est que l’électeur de la « France moyenne » (oui, cette terminologie est absurde, mais bon) s’intéresse beaucoup à la politique de son pays, tout en étant très mécontent de la dite politique. Un peu comme un ado à qui on offre un jeu vidéo qu’il attend avec impatience, et qu’après 10 minutes d’essai il trouve « trop nul ». Imaginez que tous les jeux vidéo qui sortiraient seraient « trop nuls » pour la majorité des ados, et vous aurez une idée de l’état d’esprit de la France-qui-se-fait-profondément-chier-et-ne-finit-pas-bien-les-fins-de-mois. Le discours récurent est celui du « tous pourri », c’est un fait, mais au-delà, une profonde ignorance de l’histoire politique et des différents courants de pensées, idéologies censées constituer l’offre dans cette matière. Bien qu’il faille avouer qu’ils ne sont plus franchement revendiqués par grand monde.

Pour résumer, il y a « les socialos, ces gros traîtres qui bouffent du caviar en jouant aux gentils amis du peuple qui bosse, et qui en fait sont des grands bourgeois qui font tout pour les gros patrons. » Il y a aussi « la droite ». Et le FN. Et « les gauchos ». La droite, souvent, la France moyenne les aime pas spécialement, mais « au moins, ils sont sérieux, eux ». Et puis « ils veulent remettre les choses en place, quand même ».

On a toujours l’impression qu’avec la droite, les gens pensent que leur ado fera moins de conneries et sera remis plus facilement dans le droit chemin. Mais comme il y a eu Sarko, et que c’est mal passé, et puis l’Europe, qui passe aussi vraiment très mal, et que la droite continue de la défendre quand même, les gens sont emmerdés. Bon, les écolos, « c’est des bobos », et les gauchos, « tout ce qu’ils rêvent c’est de rien faire d’autre que de nous piquer notre pognon qu’on a durement gagné pour le filer à des immigrés ».  Alors ils disent que, ils ne savent pas, mais que quand même, on pourrait  « essayer », parce qu’après tout, au moins « avec elle », on sait que « les choses, elles seront faites ». « Et puis ça les fera chier, les autres, elle va les écraser, et au moins on aura une revanche, après toutes ces années où ils nous ont menti et où ils ont profité de leurs situations ». Mais il y a aussi tous ceux qui disent : « ah, bah cette fois, ça sera la première fois, mais là, j’irai pas voter, j’en peux plus. »

Toutes ces réflexions de la France des rayons de supermarché, établies sur une fine analyse du journal de 20h et de posts Facebook  pointant vers des publications patriotiques ou de dénonciation du « système » (souvent les deux), créent… l’opinion. Un truc fluctuent, plus ou moins sous influence, et de moins en moins contrôlable, qui va peut-être confirmer, en 2017, que décidément, le XXIème siècle a débuté en réalité, en 2016. Une sorte d’an 0.

2017 : l’an 1 de la nouvelle ère du pusrienafout’ ?

Yovan Menkevick

Source: https://reflets.info/lopinion-politique-ce-truc-fluctuent-plus-vraiment-sous-influence/