« En Marche » vers quoi ? Affaire Ferrand : chronique d’un citoyen en colère !

 

Pour la presse "pro-système", rien n'est illégal : affaire (quasi) classée !

Les faits ci-dessous, relatés par le Canard enchaîné, remontent à janvier 2011. Richard Ferrand, conseiller régional de Bretagne, est alors directeur général des Mutuelles de Bretagne, qui cherchent des locaux sur Brest.

Parmi trois offres immobilières, une retient l’attention du conseil d’administration des Mutuelles. Celle d’une société civile SACA.

Or, ce n’est autre que l’épouse de M. FERRAND, Mme Sandrine DOUCEN, au demeurant avocate, qui est à l’origine de cette société, qui n’a alors pas même d’existence légale, ni de titre de propriété concernant le bien qu’elle propose.

En effet, ce n’est qu’une fois le choix des Mutuelles bretonnes arrêté en faveur de SACA, que Mme DOUCEN a déposé à son nom les statuts de cette société, puis acheté le bien immobilier, sans avancer un seul centime : un emprunt couvrant 100% de la dépense pour un montant de 402 000 €, a en effet été obtenu auprès du Crédit agricole. La banque n’a à l’évidence pas posé de difficulté, l’opération se révélant juteuse : elle sera couverte par un loyer annuel de 42 000 euros qu’acceptent de verser les Mutuelles. En outre, toujours selon le Canard, « Les lieux seront intégralement rénovés – et sans contrepartie – aux frais des Mutuelles, pour un montant de 184 000 euros ».

Autrement dit, presque SANS AUCUN RISQUE, un patrimoine de 586 000 € est ainsi constitué, quasi EX-NIHILO, sans compter ce que rapporteront les loyers liés à cette opération.

Or, que relaie la presse presque unanime « à décharge »  ? Que cela ne serait pas illégal… Plusieurs arguments sont avancés :

·         il n’y a certes pas de prise illégale d’intérêts nous dit-on, car ce délit n’existe au plan pénal que lorsqu’il est accompli par une autorité publique, ce qui est vrai. Il s’agit en l’occurrence d’une opération purement privée.

·         rien n'interdisait aux Mutuelles de Bretagne de retenir l'offre de SACA, à deux conditions : qu'elle soit la plus compétitive et que le lien entre sa gérante et Richard Ferrand soit connu des membres du bureau du conseil d'administration.

Toutefois, la légalité d’une telle opération, si elle était avérée, pourrait s’avérer douteuse pour plusieurs raisons :

·         tout d’abord, le Canard Enchaîné affirme que la relation de M. FERRAND avec Mme DOUCEN n'a pas été mentionnée dans le procès-verbal de la réunion au cours de laquelle a été sélectionnée l’offre. Interrogés par le Canard, l'actuel président des Mutuelles de Bretagne dit qu'il était au courant, mais Michel BURIENS, dirigeant de l'époque, n'en garderait aucun souvenir.

·         mais surtout, sur un plan juridique, se poserait alors la question de la bonne foi de M. FERRAND. Bonne foi, car il est pour le moins surprenant de voir un appel d'offre attribué, fusse par le conseil d'administration des mutuelles, à une société qui n'a pas encore d'existence juridique ! Bonne foi, car la transaction pour l’achat de l’immeuble concerné aurait pu se faire sans intermédiaires (Mme DOUCEN), à moindre frais, les Mutuelles devenant alors propriétaires d’un bâtiment dans lequel elles ont fortement investi, sans devoir ensuite payer un loyer. Rappelons tout de même que les mutuelles ont investi 184 000 € de travaux dans l’opération (soit près de 30% du total), valorisant ainsi sans conteste l’investissement de Mme DOUCEN !!! Sous cet angle, il n’est pas interdit de penser que l'opération puisse sembler contraire aux intérêts des mutuelles. Il ne fait par contre aucun doute qu'elle soit plus que favorable aux intérêts du couple FERRAND DOUCEN.

Or, les questions sus-évoquées de la bonne foi et de l’intérêt du couple, sont à mettre en relation avec la qualification d’abus de bien social, délit répréhensible pénalement et défini par l’article L241-3 du code de commerce qui prévoit notamment :

« Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375 000 euros :

(…) Le fait, pour les gérants, de faire, de mauvaise foi, des biens ou du crédit de la société, un usage qu'ils savent contraire à l'intérêt de celle-ci, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ;

(…) Le fait, pour les gérants, de faire, de mauvaise foi, des pouvoirs qu'ils possèdent ou des voix dont ils disposent, en cette qualité, un usage qu'ils savent contraire aux intérêts de la société, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou une autre entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement (…) ».

Dans l’intérêt de la démocratie, il serait bon que la presse puisse analyser la situation de manière plus objective : mais, presque intégralement partie prenante du « système », la presse a-t-elle encore aujourd’hui un soupçon même d’objectivité ?

Au-delà, il serait bon que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Les Républicains, qui n’ont certes pas beaucoup de leçons à donner en la matière, ont saisi la justice via le parquet financier, qui s’est rapidement déclaré incompétent… Pure mascarade mise en scène par ce parti dans la seule perspective des législatives : iront-ils plus loin ? Rien n'est moins sûr.

En tout état de cause, les suites (ou leur absence) données à cette initiative seront très instructives…

En conclusion, il semble nécessaire que la loi prévoit l'impossibilité pour un élu ou un responsable politique d'exercer ou de continuer à exercer un mandat ou une fonction en cas de condamnation pénale. Populisme diront certains (la grande majorité de la "classe journalistique")... Mais n'exige-t-on pas des candidats à un concours de la fonction publique un casier judiciaire vierge ? Pourquoi n'imposerait-on pas aux uns les exigences de vertu attendues des autres ?

Sans même parler du droit, cette affaire est moralement aussi détestable que l'affaire FILLON, mettant par ailleurs en cause un responsable politique, censé devoir montrer l'exemple dans une démocratie digne de ce nom (la fameuse "république exemplaire").

POUR FINIR, je ne peux m'empêcher de vous livrer la reproduction (donc entre guillemets) d'un commentaire parodique rendu public sur agora vox, qui m'a franchement amusé :

"Résumons cette histoire romantique ...

Un beau matin Sandrine se réveille dans les bras de son compagnon et a une idée lumineuse : 

 

- Chéri dit-elle, j’ai envie de créer une SCI,

- Très bonne idée lui répond Richard, ça te fera une occupation pendant que je bosse ma douce...

 

Elle s’intéresse aux annonces immobilières et découvre qu’un local est à vendre. Comme elle n’a pas l’argent nécessaire, elle court à la banque demander un prêt.

 

- Comment comptez-vous rembourser ? dit le banquier.

- Je trouverai bien une société qui voudra bien louer et prendre en charge les travaux, dit-elle.

 

Pendant ce temps, à l’autre bout de la ville, le directeur d’une mutuelle cherche un local à louer et à rénover aux frais de sa propre mutuelle et lance un appel d’offre.

 

C’est l’offre de Sandrine qui est choisie, alors que sa société n’est pas encore constituée !

 

- Décidément je suis née sous une bonne étoile ! se dit Sandrine in petto ...

 

Quelques temps après avoir réalisé toutes les formalités, elle se rend au local qu’elle a acquis pour rencontrer ses locataires et là OH SURPRISE ! La société qui a loué les locaux n'est autre que la mutuelle dont son fiancé est le directeur !!!".

 

Heureusement que beaucoup de Français aiment encore les contes de fées...

« En Marche » vers quoi ? Affaire Ferrand : chronique d’un citoyen en colère ! (ACTE II)

 

Puisqu'on vous dit que rien n'est illégal !!!

Dans un article paru le 26 mai 2017, je relatais les faits rapportés par le Canard enchaîné, concernant « l’affaire Ferrand », en m’offusquant que la presse de manière quasi-unanime, de même que certains avocats pleins de certitudes, considèrent que rien n’était illégal dans cette opération.

Lien vers l’article : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/en-marche-vers-quoi-affaire-193508

Peu après la parution de cet article, le Parquet de Brest semblait donner raison à cet aréopage de la nomenklatura et « classait l’affaire » sans suites, sans même ouverture d’une enquête préliminaire.

J’avais pour ma part considéré que l’opération relatée par le Canard, si elle était avérée, pouvait s’avérer douteuse, car elle posait deux questions liées :

·         celle de la bonne foi de M. FERRAND, le conseil d’administration de la mutuelle ayant donné son aval pour la location d’un immeuble à une société (SACA) montée par son épouse (Mme DOUCEN), ladite société n’ayant pas encore d'existence juridique et n’étant pas encore propriétaire de l’immeuble ! Question de la bonne foi toujours, car il n’était pas sûr que l’intérêt de la mutuelle ait été de louer des locaux aussi précipitamment…

·         celle de l’intérêt des mutuelles, au regard des intérêts des époux FERRAND. L’offre de location de SACA était certes apparemment la plus avantageuse parmi celles présentées. Cependant, la mutuelle investissait 184 000 € de travaux dans la future location acquise par Mme DOUCEN et intégralement financée par un emprunt de 402 000 €. Au final, sur un actif de 586 000 €, la mutuelle investissait près de 30% du total, valorisant ainsi le patrimoine de l’épouse de M. FERRAND et devant ensuite verser à sa société un loyer annuel de 42 000 € !

Je soulignais que, dans ces conditions, l’intérêt des mutuelles pouvait sembler d’investir directement dans l’achat et la rénovation d’un bâtiment dont elles auraient été propriétaires. Vu l’investissement déjà réalisé, un emprunt ne leur aurait pas coûté beaucoup plus cher que le loyer… Une autre option possible eût même été celle d’un crédit-bail…

J’en concluais que, face à une opération qui pouvait sembler contraire aux intérêts des mutuelles, les questions de la bonne foi et de l’intérêt du couple, étaient potentiellement à mettre en relation avec la qualification d’abus de bien social, délit répréhensible pénalement et défini par l’article L 241-3 du code de commerce.

Depuis, le Parisien a publié le 29 mai 2017 des révélations plus que troublantes faites par Maître Alain CASTEL, ancien bâtonnier de Brest, qui est à l’époque intervenu dans la vente de l’immeuble pour le compte d’un de ses clients.

Selon le Parisien, l’avocat apporte des éléments nouveaux montrant que la promesse de vente de l’immeuble a bien été signée par M. FERRAND et qu’elle contient une « condition suspensive de conclusion d’un bail commercial entre la SCI devant substituer M. FERRAND et les Mutuelles de Bretagne ».

Après le classement de l’affaire par le Parquet, l’avocat considère que « le dossier mériterait au moins des investigations complémentaires. »

Selon les révélations de l’avocat publiées par le Parisien, ce dernier affirme qu’à l’époque, il avait « tout de suite compris la manœuvre » et que cela l’ « avait choqué », en poursuivant « Richard Ferrand allait louer l'immeuble à la mutuelle et il allait s'enrichir avec tous les travaux à la charge de celle-ci. Il faut appeler un chat un chat ».

Quand le Parisien souligne que la proposition de location de SACA était la moins chère, la réponse de l’avocat est édifiante et fonde toute la logique de ce que j’ai pu écrire dans mon article du vendredi 26 mai :

« La question, n'est pas là. Ça, c'est de l'enfumage ! La vraie question, c'est pourquoi Richard Ferrand n'a pas fait acheter l'immeuble par la mutuelle. C'était l'intérêt de celle-ci. Elle faisait un prêt, engageait des travaux et se retrouvait quinze ans plus tard propriétaire d'un bien largement fructifié. Or là, c'est la compagne de Richard Ferrand qui se retrouve dans cette position. C'est un schéma moins éthique ».

A côté de la question de l’abus de bien social que j’ai pu évoquer, Maître CASTEL interrogé par le Parisien soulève la question de l’existence possible d’un autre délit : celui d’entrave aux fonctions de commissaire aux comptes prévu par l’article L 114-51 du code de la mutualité et passible de cinq ans de prison et de 75 000 € d'amende.

Plus clairement, selon son article L. 114-32, toute convention à laquelle « un administrateur ou un dirigeant opérationnel est indirectement intéressé ou dans laquelle il traite avec la mutuelle, union ou fédération, par personne interposée est soumise à l'autorisation préalable du conseil d'administration ». Par le biais de cette disposition, de telles conventions doivent être soumises à un commissaire aux comptes qui rédige un rapport spécial transmis ensuite à l'assemblée générale de la mutuelle, qui statue. Ceci tend à éviter tout conflit d'intérêts.

Une question se pose dès lors : y a-t-il a eu rapport spécial transmis à l’assemblée générale de la mutuelle ? L’assemblée générale s’est-elle prononcée ?

 

 Maître CASTEL considère à juste titre que « c'est à Richard Ferrand de répondre, et peut-être au parquet de Brest »… et peut-être ajouterons-nous aux mutuelles de Bretagne…

Nous demandons la vérité sur l’affaire Audin : lettre ouverte au Président de la République

Il y aura bientôt soixante ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes, avant de disparaître à jamais. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent au nouveau Président de la République de se saisir de ce triste anniversaire pour illustrer son engagement à « prendre des actes forts sur cette période de notre histoire », en faisant en sorte que la vérité historique sur cet assassinat soit enfin connue.

En juin 1957, le jeune et brillant mathématicien qu’était Maurice Audin, engagé pour l’indépendance de l’Algérie, a été assassiné à l’âge de 25 ans par les parachutistes du général Massu chargés officiellement du maintien de l’ordre à Alger. Cet assassinat est intervenu au plus fort de la guerre d’Algérie, en plein cœur de la « Bataille d’Alger », ouverte, le 7 janvier 1957, par la décision des autorités françaises de la IVe République de charger la 10e division parachutiste commandée par le général Massu de maintenir l’ordre dans la ville. Pendant six mois, ces hommes ont pratiqué massivement la torture et les exécutions sommaires. Quelque trois mille Algériens, arrêtés par eux, ont disparu. Le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen, ancien résistant déporté, attaché au refus de la torture, écrivait le 29 mars 1957 dans sa lettre de démission : « Depuis trois mois nous sommes engagés […] dans l’anonymat et l’irresponsabilité qui ne peuvent conduire qu’aux crimes de guerre ».

Maurice Audin n’est jamais réapparu. Pendant cinquante-sept ans, les autorités françaises ont affirmé qu’il s’était évadé. Le 18 juin 2014, après la publication quelques mois plus tôt d’un livre relatant les confidences tardives du général Aussaresses disant que l’ordre de l’assassiner avait été donné par le général Massu, le président François Hollande a publié un message avouant que « Maurice Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention ». Le mensonge d’Etat ainsi reconnu par le président de la République est le plus long de notre histoire contemporaine. Dans le cas de l’affaire Dreyfus, le mensonge d’Etat a duré douze ans. Dans le cas de l’affaire Audin, il a duré cinquante-sept ans, jusqu’à cette reconnaissance. Mais cette reconnaissance d’un mensonge n’a pas encore fait place à l’aveu de la vérité.

Comment Maurice Audin est-il mort ? Si un ordre a été donné de le tuer, qui a donné ou partagé cet ordre ? Dans quel but a-t-il été donné ? Soixante ans après les faits, il est temps que sa veuve, Josette Audin, à qui les pouvoirs politiques français successifs ont menti tout en entravant délibérément le travail de la Justice, connaisse enfin la vérité.

C'est ce que demandent les signataires de cette lettre adressée le 26 mai 2017 au nouveau Président de la République :

Monsieur le Président,

Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, il y aura juste soixante ans dans quelques jours, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes. Il disparaîtra à jamais. Jusqu’en 2014, la version officielle, à laquelle personne ne portait crédit, était qu’il s’était évadé.

Le 18 juin 2014, M. François Hollande, votre prédécesseur, a publié un communiqué déclarant : « Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Depuis cette déclaration (évoquée la veille devant son épouse Josette Audin, reçue à l’Élysée), ni ces documents ni ces témoignages ainsi évoqués, pourtant concordants et nombreux selon ce communiqué, n’ont été révélés.

En mars 2014, un appel signé de 171 personnalités et publié par les quotidiens L’Humanité et Mediapart, que nous vous joignons, a demandé qu’il soit enfin dit la vérité sur cette affaire.

De nombreuses questions se posent. Un livre paru en janvier 2014 a fait état de confidences tardives du général Paul Aussaresses peu avant sa mort évoquant un ordre d’assassinat donné par le général Jacques Massu. Qu’en est-il ? Dans ce cas, y a-t-il eu des échanges à ce sujet avec le ministre résidant Robert Lacoste, le commandant en chef de l’armée en Algérie Raoul Salan et certains autres ministres ?

Nous pensons qu’à l’occasion de ce triste soixantième anniversaire, la vérité historique relative à cet assassinat doit enfin être connue. Le 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, vous avez déclaré : « De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire… » Nous pensons donc qu’à cette occasion, en recevant Josette Audin ou en vous exprimant lors des commémorations qui auront lieu à cette occasion, vous pourriez ainsi concrétiser cet engagement.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Alban Liechti, Agir contre le colonialisme aujourd’hui (ACCA),
Charles Silvestre, Société des Amis de l’Humanité, coordinateur de l’Appel des douze — Henri Alleg, Josette Audin, Simone de Bollardière, Nicole Dreyfus, Noël Favrelière, Gisèle Halimi, Alban Liechti, Madeleine Rebérioux, Laurent Schwartz, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet — du 31 octobre 2000,
Gérard Tronel, Association Maurice Audin,
Nils Anderson, éditeur,
Francis Arzalier, Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA),
Raphaëlle Branche, historienne,
Patrick Chamoiseau, écrivain,
Didier Daeninckx, écrivain,
Pierre Daum, journaliste au Monde diplomatique,
Michel Broué, mathématicien,
Laurence De Cock, historienne,
Alain Desjardin, Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG),
Mathias Enard, écrivain,
Jérôme Ferrari, écrivain,
François Gèze, éditeur, La Découverte,
Pierre Joxe, avocat, ancien parlementaire, ancien ministre, membre honoraire du Conseil constitutionnel,
Mehdi Lallaoui, Au Nom de la Mémoire,
Jean-Pierre Mignard, avocat,
Renée Le Mignot, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP),
Gilles Manceron, historien, Ligue des droits de l’Homme,
Olivier Mongin, directeur de la revue Esprit,
Edgar Morin, sociologue et philosophe,
Michel Parfenov, éditeur, Actes Sud,
Claude Pennetier, chercheur CNRS, directeur du Maitron,
Edwy Plenel, directeur de Mediapart,
Henri Pouillot, Sortir du colonialisme,
Jacques Pradel, Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA),
Alain Ruscio, historien,
Bernard Stephan, directeur de la rédaction de Témoignage Chrétien,
Benjamin Stora, historien,
Raphaël Vahé, Association républicaine des anciens combattants (ARAC),
Françoise Vergès, politologue et historienne,
Cédric Villani, mathématicien, président du jury du Prix Maurice Audin.

 

Le mardi 6 juin, à la Mairie du 2e arrondissement, 8, rue de la Banque, une projection du film documentaire Maurice Audin, la Disparition, de François Dermerliac, aura lieu, à 19h, suivie d’un débat. Le samedi 10 juin, à 11h, un dépôt de gerbes aura lieu à la Place Maurice Audin, dans le 5e arrondissement.

 

La ville de Bordeaux

 

cherche-t-elle à cacher

 

sa misère?

C’est une scène surréaliste qui s’est déroulée dans les rues de Bordeaux le 17 Mai dernier. Des bénévoles d’un collectif à but caritatif se sont vu administrer une «magistrale » leçon de morale par le maire de la ville, alors qu’ils distribuaient des repas aux plus démunis. La mairie parle d’un malentendu regrettable, l’opposition d'une politique assumée. Décryptage.

L'équipe de la Gamelle Bordelaise, dans le centre de Bordeaux. © Tony Hoffmann

Elles n’en reviennent pas.  Ces jeunes bordelaises se sont bel et bien fait prendre à partie par Alain Juppé, à l’occasion d’une de leur « maraude ». La Gamelle Bordelaise, ce collectif informel dont elles font partie s’est, depuis plusieurs années maintenant, fait un nom dans la communauté bordelaise notamment grâce au soutien apporté aux nombreux réfugiés Sahraouis qui ont trouvé un point de chute sur les rives de Garonne. Distribuant des repas, mais aussi de vêtements pendant la période hivernale, ils sont une dizaine de bénévoles infatigables qui, hebdomadairement, parcourent joyeusement les rues de la ville afin d’apporter « un peu de réconfort » à ceux qui en ont besoin. Ce collectif à forte majorité féminine est accompagné dans son travail par plusieurs sympathisants qui les appuient. Wahid est responsable du collectif : « On a monté ce projet il y a deux ans, on avait envie d’aider, de s’investir. On est totalement indépendants, nous ne percevons aucune subvention, uniquement des dons des gens qui nous soutiennent. Chaque semaine, nous distribuons lors de nos tournées en centre-ville jusqu’à une centaine de repas. »

Mais que s’est-il passé, ce mercredi 17 Mai ? Sophia raconte : « Nous nous trouvions à proximité de la mairie de Bordeaux, place Saint Christoly, quand nous avons aperçu M. Alain Juppé. A notre grande surprise, il est venu vers nous pour nous parler. ». Si les bénévoles pensaient qu’elles seraient félicitées par le maire de la ville pour leur engagement citoyen, elles se trompaient lourdement. « Il nous a dit que nous étions des « inconscientes », que nous favorisions l’assistanat » témoigne Sarah, une jeune lycéenne. « J’ai tenté très calmement d’engager un dialogue, de comprendre pourquoi il nous interpellait de la sorte, mais la discussion était impossible, il était très énervé. ». Accompagné de deux de ses adjoints, il reproche notamment aux jeunes filles de créer des « troubles à l’ordre public ». Sanaa reconnaît que des attroupements se forment occasionnellement autour des bénévoles lors de leur distribution. « Il arrive parfois qu’entre cinq et six personnes viennent à nous, l’espace d’une poignée de secondes. Mais nous sommes itinérantes, nous ne restons jamais plus de cinq minutes au même endroit, je ne comprends vraiment pas ce que l’on nous reproche.» commente-t-elle.

La maire de Bordeaux reprend alors sa route. Les bénévoles sont sous le choc, et ont du mal à réaliser ce qui vient de leur arriver. Elles sont accompagnées par des supporters du club de football des Girondins de Bordeaux, venus ce jour-là leur prêter main forte. Eux aussi sont très surpris. Quelques minutes plus tard, la quinzaine de jeune bordelaise tombe à nouveau sur le maire de Bordeaux, au croisement de la rue Ste-Catherine et de la rue des Augustins. Cette fois-ci, les jeunes femmes prennent l’initiative du dialogue. « Nous voulions arrondir les angles, pour ne pas rester sur une telle incompréhension ». Le dialogue s’avère une nouvelle fois infructueux, et la situation se tend. Le maire de Bordeaux les accuse alors de « fidéliser » des sans-abris coupables, selon lui, d’abuser de la boisson et de causer d’inacceptables nuisances sonores. Les bénévoles se défendent. « Nous distribuons des repas, et des bouteilles d’eau, pas de l’alcool. Nous ne cherchons à fidéliser personne. Le jour où plus personne n’aura besoin de notre aide, nous serons les plus heureuses. »  Des arguments qu’Alain Juppé ne semble pas accepter. « Le ton est monté du côté de M. le maire et de ses adjoints. Ils nous ont pris de haut et se sont alors montré très arrogants. Nous côtoyons les sans-abris toutes les semaines, nous avons voulu lui expliquer que tous ne buvaient pas, qu’il ne fallait pas faire de généralités de la sorte » reprend Sophia.

La discussion n’en est plus une, et la situation se tend encore un peu quand une des jeunes filles tente de filmer la scène. Nicolas, venu leur prêter main forte dans la distribution du jour raconte : « Les filles ont gardé leur calme, et sont parvenues à faire redescendre la tension ». Le trentenaire, ainsi que ses camarades, restés en retrait jusqu’alors, interpellent à leur tour le maire de Bordeaux. « Nous étions venus participer à une bonne action, une action solidaire. Nous repartons avec une leçon de morale magistrale. C’est injuste. » Quelques minutes plus tard, chacun reprend sa route.

Du côté de la mairie de Bordeaux, on relativise cet incident. Ludovic Martinez, le directeur de cabinet d’Alain Juppé, présent ce jour-là, s’en explique : « On a beaucoup de problèmes à Bordeaux, à cause d’une recrudescence de marginaux. Beaucoup sont en errance avec des chiens, et beaucoup de bordelais s’en plaignent. Certains ont été mordus, d’autres ont peur de sortir avec leurs poussettes… Ces jeunes qui distribuaient des repas et que nous avons rencontré étaient pétris de bonnes intentions. Il y a eu un malentendu. Ni moi, ni monsieur le maire n’avons de jugements moraux là-dessus. Mais il y a aussi une exaspération du maire de voir qu’il n’y a pas de solutions pérennes pour abriter ces gens. »

Les jeunes bénévoles de la Gamelle Bordelaise revoient les pouvoirs publics dos à dos, rétorquant que la pauvreté et la misère sont avant tout produits par la société. Et que si les élus en faisaient un peu plus, celle-ci serait moins inégalitaire.

Argument entendu du côté de la mairie : « Même si l’on fait beaucoup pour les sans-abris, bien sûr, ce ne sera jamais assez face à cette terrible problématique. »

Stéphane Lhomme, militant associatif qui a à de nombreuses reprises affronté Alain Juppé au début des années 2000, n’est pas surpris par cet incident : « Alain Juppé passe pour quelqu’un qui n’est pas excessif, qui aurait gardé dans la tradition gaulliste une approche sociale. Finalement cela relève du mythe. Le constat est qu’il a surtout agi contre les populations modestes. »

Bordeaux, une ville en pleine mue.

Cela n’aura échappé à personne. Bordeaux a fait peau neuve lors des deux dernières décades, au point de devenir une place touristique de premier choix. Elue entre autre « destination mondiale la plus attractive pour 2017 » par Lonely Planet et par le Los Angeles Times, la ville a vu son nombre de visiteurs annuel tripler en quinze ans. En 2016, 33 millions de nuitées ont été consommées en Gironde, et les retombées économiques du tourisme ont été évaluées à 1,8 milliard d’euros. Bordeaux est de fait le moteur incontesté du département, et l’agglomération a franchi la barre symbolique des 6 millions de visiteurs annuels depuis 2016.

La transformation de l’espace urbain a inévitablement engendré des changements majeurs dans le paysage bordelais. Les quartiers populaires du centre-ville se muent les uns après les autres en quartiers résidentiels, et leurs habitants ont vu plusieurs de ces derniers se transformer radicalement en quelques années. Un riverain du quartier St-Michel en témoigne : « Il y a eu des expropriations dans mon quartier. Des immeubles ont été reconstruits à neuf par des promoteurs, que je voyais déambuler, un peu comme s’ils étaient des touristes du bâtiment. Ils donnaient l’impression de jouer au Monopoly. » 

InCité, la société d’économie mixte en charge de la rénovation du centre-ville, avait pourtant déclaré vouloir limiter au maximum le phénomène de gentrification dans le quartier. Cependant, la hausse des loyers et les méthodes « musclées » de ces derniers, en ce qui concerne la rénovation forcée des biens de particuliers, ont suscité de vives polémiques ces dernières années. Stéphane Lhomme en témoigne : « Il s’agit moins de cacher la pauvreté que de la faire partir vers la périphérie, c’est un mouvement qui est bien connu qui est en cours dans beaucoup de grandes villes, et depuis bien longtemps. Ce phénomène permet de vider des quartiers populaires et de les remplacer par des populations plus privilégiées. »

Après plusieurs années de travaux et de réhabilitation, le résultat est édifiant. Le quartier Saint Michel ne ressemble déjà plus en rien à ce qu’il a été. Il suit, avec quelques dizaines d’années de retard, le même chemin que le quartier Saint Pierre. Jadis quartier « rebelle », ce dernier est devenu le paradis de touristes en quête de gastronomie… et également pour les bordelais un des quartiers les plus chers de la ville.

Du côté de l’association Droit au Logement (DAL), on pointe du doigt le fait que la ville manque cruellement de logements sociaux, et que les priorités au DALO (Droit Au Logement Opposable) ne sont pas respectées. Selon la loi du 5 Mai 2007, cette loi doit permettre aux personnes mal logées, ou ayant attendu en vain un logement social pendant un délai anormalement long, de faire valoir leur droit à un logement décent. « Avec la nouvelle LGV, le renouvellement urbain à Bordeaux s’apparente en réalité à un renouvellement humain. »

Du côté de l’opposition, Matthieu Rouveyre, élu local du Parti Socialiste (opposition) partage largement cet avis : « Les subventions au centre communal d’action sociale (CCAS) sont faibles à Bordeaux comparativement à son budget, et encore plus comparativement à ce que consacrent les communes de cette importance à leurs propres CCAS. Nous étions dans une logique similaire lorsque la mairie a refusé de construire des hébergements d'urgence. »

Sanctuarisation du centre-ville.

Au quotidien, il n’est pas inhabituel pour les commerçants de la rue Sainte Catherine et de ses alentours de voir des squatteurs ou des musiciens trop bruyants se faire éconduire de ces artères par la police municipale. Ces faits s’inscrivent dans une volonté à long terme de sécurisation et d’embellissement de Bordeaux, menée tambour battant par son maire depuis plus de quinze ans. Déjà, en 2002, un arrêté anti-bivouac avait été adopté, visant à débarrasser le centre historique et commercial de Bordeaux des regroupements de sans domicile fixe et de routards. Le tribunal administratif de Bordeaux avait jugé que ces interdictions portaient « une atteinte excessive aux libertés des usagers des voies publiques» et avait annulé l’arrêté. Le maire de la ville avait alors fait appel, avançant l’argument qu’il était « soutenu par 80 % de la population bordelaise ». Le mardi 27 avril 2004, la cour administrative d'appel de Bordeaux confirme la décision du tribunal. Stéphane Lhomme, en première ligne lors de ces combats, se souvient: « Quelque temps après l’annulation de l’arrêté anti-bivouac, j’avais déjà eu des retours disant que malgré l’annulation de l’arrêté, la consigne était donnée à la police municipale de faire comme si cette réglementation était toujours en place. »

Avec les enjeux qui sont les siens, la ville de Bordeaux semble tout faire pour protéger et sanctuariser la zone classée à l’UNESCO. La mise en valeur de cet espace urbain privilégié a déjà fait de la place de la Bourse un des lieux touristiques majeurs du pays.

Derrière la carte postale.

La ville semble ainsi plus que jamais attachée à son image, et elle semble prête à tout pour continuer de l’embellir. A l’heure de l’arrivée de la liaison LGV Paris-Bordeaux en deux heures, l’attractivité de la capitale girondine devient même un enjeu économique majeur. Ainsi, rien ne peut et rien ne doit gâcher la magnifique carte postale, pas même l’histoire. Ainsi, les communicants de la ville de Bordeaux se font également assez discrets sur le passé sombre de celle qui fut jadis le premier port colonial de France. Karfa Sira Diallo, président de l’association Mémoire et Partage, le regrette : « Il est dommage que Bordeaux qui est, rappelons-le, la ville de France qui a le plus profité de l’esclavage, n’entretienne que si peu le devoir de mémoire, loin derrière des villes comme La Rochelle, ou comme Nantes. Les célébrations effectuées le 10 Mai de chaque année, date commémorative, sont presque anecdotiques. Quand on voit à contrario avec quel dynamisme la mairie communique sur des événements comme les épicuriales, la fête du fleuve ou la fête du vin, on comprend que la frilosité bordelaise sur le fait négrier est aussi due à une volonté de sauvegarder une image glamour de la capitale aquitaine. »

Et la jeunesse bordelaise, dans tout ça ?

Depuis plusieurs années, les dents grincent du côté des lieux de vie nocturne. Entre les fermetures administratives de bars pour tapage, ou encore ouverture tardive, la jeunesse bordelaise se plaint de ne plus avoir grand choix pour ses pérégrinations noctambules. Exemple de l’atmosphère pour le moins pesante qui flotte sur la ville, la salle de concert Le Bootleg, fermée administrativement trois mois en 2014 pour défaut de licence de vente d’alcool à emporter. Un jeune homme avait en effet été contrôlé en ville avec un verre de bière estampillé « Bootleg », après la fermeture de la salle.

Bordeaux l’épicurienne, si elle n’a pas disparue, a tout simplement changé de style. Un style plutôt bon chic bon genre, à l’image des festivités organisées annuellement sur les quais, et place des Quinconces. Il est indéniable que la fête du vintous les deux ans, est un véritable succès. D'ailleurs, les chiffres en attestent. Ainsi, la dernière édition a attiré pas moins de 520 000 personnes, entre le 23 et le 26 Juin 2016. Avec sa fermeture à 23h30, il est clair qu’elle reste destinée à un public familial, dans un décor, là-aussi de carte postale.  Aucune comparaison possible donc avec les fêtes de Bayonne, de Dax, ou de ses consœurs de la communauté autonome basque, Saint Sébastien et Bilbao, qui, elles, ne dorment pas pendant une semaine.

Matthieu Rouveyre, à ce sujet, ne mâche pas ses mots : « La vie nocturne à Bordeaux n'est pas très développée. Elle reste sous cet aspect-là, la Belle Endormie. Pour le maire, vie nocturne est synonyme de nuisances. Alain Juppé n'aime pas ce qu'il considère être du grabuge. Les arrêtés contre les skateurs en sont une illustration.»

Au sujet de ces nuisances sonores, la mairie de Bordeaux insiste sur les nombreuses plaintes des citadins bordelais, gênés par les abus nocturnes en tout genre. Ludovic Martinez insiste : « Juppé, comme tous les maires qui sont des élus qui connaissent leur ville, est obligé de prendre en considération les gens qui subissent ces abus. Une ville, c’est avant tout la combinaison de toutes ces communautés et de toutes ces contraintes. »

Cette semaine, comme toutes les autres, les jeunes bénévoles de la Gamelle Bordelaise arpenteront les rues de Bordeaux, afin d’apporter leur aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Ils l’assurent, leur unique motivation est de contribuer à apporter un peu plus d’humanité, dans une société de plus en plus individualiste. « On ne cherche pas les félicitations, nous ne sommes pas là pour ça. Nous faisons cela parce que nous venons tous de milieux modestes, et que cela nous tient à cœur d’aider ceux qui en ont besoin. Plusieurs confessions religieuses sont représentées dans le collectif, on accepte tout le monde, et on aide tout le monde. Je pense aussi que cela donne une bonne image de la jeunesse bordelaise » témoigne Wahid.

Ludovic Martinez souhaite laisser cet incident derrière. « C’est un malentendu, je peux évidemment les inviter à la mairie. Ces jeunes-là faisaient le bien, c’est évident. Mais on n’a pas le droit de dire que nous ne faisons rien pour les gens qui sont à la rue. Il faut voir ce que nous faisons avec les associations. Donner à manger est un geste généreux, mais il faut aussi mesurer les conséquences. » Wahid l’assure : « Si ils s’excusent, nous l’accepterons, car pardonner fait partie de nos valeurs, l'erreur existe, et les regrets aussi. Notre combat, c'est de lutter contre la pauvreté et d'être en paix avec tout le monde. S j'ai créé la Gamelle Bordelaise, ce n'est pas pour la gloire mais bien pour servir à quelque chose dans ce monde ».

Il n’en demeure pas moins que la ville de Bordeaux se trouve aujourd’hui face à un défi important. Celui de se préoccuper au moins aussi bien de ses habitants que de ses touristes.  

 

 

MACRON, LE PRESIDENT SOLEIL 1ere partie : le temps du « comme si »

Nous le savions jeune, beau, brillant, cultivé, grand orateur, transporteur de foules, expert en finance publique et privée etc. Depuis son adoubement, les louanges pleuvent, ricochent, abasourdissent. A en croire les commentateurs et politiques ralliés à sa cause, Macron regroupe à lui seul les qualités de tous ses plus talentueux prédécesseurs. Un démarrage zéro défaut, que dis-je, plus que parfait. De Gaulle aurait-il enfin son successeur ? Pour y croire, il suffit de faire comme si, comme si tout était vrai, nouvel usage de la méthode Coué. Et cela marche du tonnerre !

- On dirait que moi je suis Jupiter et toi Louis-Philippe.

- On fait comme pour de vrai ? Et ils vont nous croire ?

- Tu verras, ils feront comme si.

Un tel jeu ne saurait durer. Fermez les yeux, fort, fort. Ouvrez : Macron Président ! Alors nous n’avions pas rêvé, ce n’était pas un jeu. Macron est partout, tacticien prodigieux, stratège de génie, grand visionnaire, expert en tout, hyper compétent, grande image de la France, impérial chef des armées etc. Allons ! Ne boudons pas notre plaisir, réjouissons-nous, il était temps ! Voici qu’un grand rénovateur nous est né. Macron a compris, Macron a agi, Macron a réussi. Il est entré dans l’histoire. Mieux que l’hymne à la joie, un tantinet trop germanique, c’est la chanson de Michel Fugain qui eût davantage convenu à la soirée du Carrousel : « Tout va Changer, ce Soir. » Les gens auraient allumé leurs briquets ou vaporettes, faisant des milliers d’étoiles, et l’on aurait pleuré, comme au temps du Big Bazar.

 

ON SE LEVE TOUS POUR MACRON !

La victoire de Macron était prévisible, je fais partie de ceux qui en furent le plus tôt convaincus. Mais qui aurait pu s’attendre à cet unanimisme ? Qu’il lui ait suffi d’être présent au deuxième tour pour triompher, c’est entendu. Il y a gagné sa place sans même atteindre les 25% que je pronostiquais dans mon article du 1er février.

Mais comment pouvait-on s’attendre à cet étourdissement collectif ? Au point où nous en sommes, ce n’est plus tant la victoire de Macron qui décontenance que la disparition à vaste échelle de tout esprit critique. Politiciens, journalistes, politologues, commentateurs de tous poils, tous font « comme si ». De Macron, l’on parle comme s’il s’agissait d’un homme politique expérimenté, parvenu au firmament d’une brillante carrière. Comme si cet homme avait tracé son destin en chef de file d’un courant de pensée, comme si, tel Bonaparte revenant d’Egypte après avoir vaincu l’Autriche en Italie, il avait démontré tant de valeur qu’il soit de toute évidence l’homme de la situation. On parle de Macron comme on aurait pu parler de Mitterrand au lendemain du 10 mai 1981 et comme l’on n’en a pas parlé. Qu’on se souvienne combien le vainqueur de l’Union de la Gauche, ministre une douzaine de fois entre 1945 et 1957 a été l’objet de moqueries, de mépris. L’on ne mâchait pas ses mots pour le rabaisser, avec sa bande de profs barbus à col roulé. Toute cette clique de socialo-cocos, où allait-elle trouver la capacité de gouverner le pays ?

Aujourd’hui, la charge de Premier ministre incombe à un protégé de Juppé qui, la veille du premier tour, raillait encore Macron dans sa chronique à Libération. Un vieux briscard comme Bayrou s’est allié à l’homme en marche après l’avoir mis accusé d’être inféodé aux forces de l’argent. Hulot, qui avait boudé Sarko puis Hollande, s’engage tête baissée au service de Macron, et tant pis pour le nucléaire... De ces deux comme de Bruno Le Maire ou de Le Drihan, la presse parle de « grosses prises » dans la composition d’un gouvernement qui tourne le dos à la vieille politique. C’est une renaissance !

La France avait besoin d’un renouveau de sa classe politique et parce qu’il l’a mieux compris que quiconque et possédait le talent pour cela, Macron a tout naturellement percé. Rien de suspect, d’étrange, d’énigmatique. Comment ne pas s’en remettre, fut-il un inconnu hier encore, à un homme qui a eu l’idée géniale de dépasser le clivage entre gauche et droite ? A un homme qui a parlé d’entrer enfin dans le XXIème siècle et proclamé avec une si belle ardeur que la France avait de grandes capacités en elle ? Le seul fait de dire de telles choses ne vaut-il pas toutes les années d’expériences, toutes les analyses élaborées, tous les combats de longue haleine pour telle ou telle grande cause.

A quand faut-il revenir pour trouver pareil engouement ? A De Gaulle ? A Napoléon ? Sa référence à Jupiter et des commentaires-flatteries allant jusqu’à prétendre qu’il pourrait transformer du plomb en or, une telle débauche de superlatifs ferait plutôt penser à notre Roi Soleil. Et quel mauvais esprit faudrait-il avoir pour se montrer perplexe à l’égard de ce grand ralliement, de cette union du peuple autour de ce grand président ? Le mien, peut-être.

 

LE REVERS DES APPARENCES

Parler d’opération orchestrée au plus haut niveau de l’Etat – Macron Président : le coup de maître de Hollande – peut sembler extravagant ou par trop mécaniciste. Ma théorie formule toutefois une explication logique à ce qui dépasse a priori l’entendement :

·         Un inconnu est nommé ministre de l’Economie en août 2014. Aussitôt débute une médiatisation sans précédent, menée avec la force et la cadence d’un pilonnage d’artillerie de la guerre des tranchées.

·         Une fois le terrain préparé, c’est l’offensive. Macron crée En Marche, fait durer son opposition de surface à Hollande avant de démissionner moins d’un an avant sa victoire aux présidentielles.

·         Une campagne à gros moyens marketing est financée Dieu sait comment et par qui. Quand on se souvient du mal qu’on eu les grands partis pour financer les leurs : Juppé pour le RPR et Emmanuelli pour le PS, condamnés pour détournement de fonds, Sarkozy ayant dû se soumette à l’humiliante comédie des enveloppes de Mamy Zinzin…A côté, du jour au lendemain, bizuth de la politique, Macron dispose d’une manne qui lui donne toute latitude d’action.

·         La présidence gagnée, la mascarade ne se calme pas, tant s’en faut.

·         La liste Macron pour les législatives qui devait être présente partout, est absente dans cinquante circonscriptions pour ne pas gêner les politiciens de poids qui s’y présentent, ces politiciens « du passé » qu’il était question de remplacer par de nouveaux visages. Il nous faut pourtant faire comme si elle était la première manifestation du renouveau avec son label répété à l’envi de « société civile », appellation des plus contestables quand on explore la chose de près : Macron, de la Révolution au Grand Recyclage.

A ce bref passage en revue, je voudrais ajouter un regard plus appuyé sur deux points :

  1. la réalité de ce gouvernement, présenté comme révolutionnaire ;
  2. la doctrine institutionnelle de Macron (sera l’objet d’un 2e article)

 

LE GOUVERNEMENT "SOCIETE CIVILE"

Composé de vingt-deux membres, la parité homme-femme étant respectée, il présente une moyenne d’âge de 55 ans, qui ne s’accorde guère avec la jeunesse tant célébrée du Président. Mais c’est surtout le faux-semblant de société civile qui est à souligner. La presse distingue onze professionnels de la politique et onze personnes issues de la société civile. Voyons ceci de plus près :

Les onze politiques « officiels » sont : Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian, François Bayrou, Sylvie Goulard, Richard Ferrand, Bruno Le Maire, Gérard Darmarin, Jacques Mézard, Annick Girardin, Marielle de Sarnez, Christophe Castaner.

Notons parmi eux, cinq vieux briscards qui n’expriment guère la volonté de renouveler les « visages » : Gérard Collomb, Jacques Mézard, Bayrou & Sarnez et notre Dany Boun version senior, Le Drihan. La révolution macronnienne atteint vite ses limites quand il s’agit de ménager de précieux alliés…

Viennent ensuite ceux qui ne sont pas présentés comme des politiques alors qu’ils le sont.

 

Nicolas Hulot : il n’a cessé de « flirter » avec le monde politique. Dès 2002, il devient un conseiller de Chirac. En 2007, il est avec les Verts pour préparer la présidentielles et renonce de peu à faire acte de candidature, ce qu’il fera en 2011, s’opposant à Eva Joly lors des primaires d’Europe Ecologie les Verts. En 2012, enfin, il est nommé par Hollande "envoyé spécial pour la protection de la planète". Une telle implication ne ferait pas de lui un politique ? Et son statut de personnalité internationale en matière de défense de l’environnement le cantonnerait au statut de citoyen « issu de la société civile » ?

 

Elisabeth Borne : au prétexte qu’elle est devenue pdg de la RATP, poste dévolu à des hauts-fonctionnaires engagés politiquement, elle est présentée comme une sorte de manager, ce qui a valeur du si prisé label société civile. En réalité, cette « corpsarde » de Polytechnique, ingénieure des Ponts & Chaussées, a passé le plus gros de sa carrière dans les cabinets ministériels : Education nationale avec Jack Lang puis Lionel Jospin, Premier Ministre (conseillère transports de Jospin en 1997) et enfin directrice de cabinet de Ségolène Royal (Ecologie) en 2014

 

Muriel Pénicaud :  Après un début de carrière comme fonctionnaire territoriale puis au ministère du travail où elle devient curieusement directrice sans être énarque ou avoir atteint par promotion interne, le grade d’administrateur civil. Elle entre ensuite au cabinet de Martine Aubry (1991-1993) et c’est ensuite une série de confortables pantouflages au sein de grands groupes : BSN Gervais Danone et Dassault, à des postes de direction et des sièges en divers conseils d’administration. Ce qui n’empêche pas Chirac de la nommer première présidente de l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (2006-2009) et membre du Haut conseil du dialogue social. Alors, le label société civile a de quoi faire sourire…

 

Mounir Mahjoubi Benjamin du gouvernement et (seul) Arabe de service. Militant du Parti socialiste de 2002 à 2015, il s’engage en 2006 dans la campagne numérique de Ségolène Royal, puis en 2012 auprès de François Hollande. Début 2016, ce dernier le nomme à la présidence du Conseil national du numérique (CNNum). Tout est dit. On nous parle de quelques start ’up que Mahjoubi aurait créées. Mais rien n’est dit sur ce qu’elles sont devenues.

Ces précisions étant faites, le nombre de politiques, passe de onze à quinze. Examinons à présent les autres membres pour nous rendre compte à quel point leur label société civile est à relativiser.

 

Agnès Buzyn Professeur en médecine, épouse du directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, Agnès Buzyn a été nommée, en mars 2016, présidente du collège de la Haute Autorité de Santé, par François Hollande. Bien sûr, l’obtention d’une telle position est sans rapport avec une quelconque implication politique.

 

Françoise Nyssen 66 ans, propriétaire des Editions Acte Sud. Certes cette fille de millionnaire belge qui s’est payé le luxe de créer de toutes pièces sa maison d’Edition à Arles, n’a jamais eu d’activité politique connue. La presse ne tarit pas d’éloges sur sa nomination, confondant sans doute les auteurs édités chez Acte Sud avec sa patronne, pas du tout littéraire de formation ni de métier. Recrutée par son père pour assurer la gestion financière du groupe familial en duo avec son mari Jean-Paul Capitani, sa tasse de thé est plutôt l’école alternative qu’elle a créée : Le Domaine du Possible, fondée sur la méthode Steiner-Waldorf, pangermaniste raciste du début du XXe siècle, fondateur de l’anthroposophie, la doctrine ésotérique et mystique d’une mouvance sectaire bien connue comme telle par les associations de lutte contre les dérives du même nom. Accordons à cette bobo d’un genre spécial d’appartenir, par défaut, à la société civile… mais une société douteuse bien éloignée de celle du Français moyen dont on risque de reparler…

 

Jean-Michel Blanquer Directeur de l’ESSEC, c’est un haut-fonctionnaire de l’Education Nationale qui a été notamment recteur d’académie et directeur-adjoint du cabinet du ministre Gilles de Robien. Là aussi, n’ayant pas eu de mandat public électif, il bénéficie du label société civile selon les critères d’En Marche…une société civile « haut de gamme », très proche du pouvoir.

 

Frédérique Vidal Professeur des universités, une scientifique, elle est directrice de département de l’UNS, Université Nice Sophia Antipolis. Accordons-lui le label.

 

Laura Flessel Quintuple médaillée aux JO, cette escrimeuse est membre du Conseil économique, social et environnemental, et du Conseil national du sport. La presse en fait tout un plat comme si c’était la première fois que le portefeuille des sports était dévolu à un(e) champion(ne). De Maurice Herzog à David Douillet, en passant par Chantale Jouano, François Lamour, également champion d’escrime, Guy Drut ou Roger Bambuck, la liste des champions ayant occupé cette position est longue. Peut-on parler de société civile ? Le cas se discute.

 

Marlène Schiappa Ecrivaine, journaliste et créatrice du blog Maman Travaille, elle a commencé son implication en politique dès 2001 comme candidate aux municipales de Paris. En 2014, elle devient adjointe au maire de la ville du Mans, le PS Jean-Claude Boulard. En 2015, la secrétaire Laurence Rossignol la fait entrer à son cabinet, qu’elle quitte pour rejoindre la campagne présidentielle de Macron. De fait, nous avons affaire à une politique et non à une « société civile ».

 

Sophie Cluzel Responsable associative très impliquée dans la défense des enfants handicapés, étant mère d’une trisomique. Le label société civile est ici justifié.

 

Au total, nous avons donc en réalité, non pas onze mais seize membres du gouvernement au label « politique » et parmi les « société civile », qui passent de onze à six, deux sont des hauts fonctionnaires et une est membre du Conseil économique et social. Enfin, la totalité des vingt-deux ministres et secrétaires d’Etat appartient aux strates sociales supérieures. Pas une seule profession intermédiaire ou modeste n’y est représentée.

 

Dans un prochain article, j’aborderai, en deuxième partie de cette réflexion sur notre Président Soleil, la doctrine institutionnelle dont il n’a pas tardé à dessiner les contours. J’entends montrer que Macron, qui affiche sa volonté de concentrer le pouvoir exécutif en sa personne, ceci au détriment du pouvoir législatif, s’inspire, comme il se dit, du modèle gaullien. Gaullien et pas gaulliste. En effet, si la Constitution de la Vème République résulte bien des réflexions des partisans du général et de la référence que fut le discours de Bayeux de 1946, la pratique qu’en fit De Gaulle fut toute personnelle.

 

Cette mise au point sur les vraies fausses racines de la Ve République sera l’occasion de faire tomber un autre « comme si » à propos du rôle véritable des ministres.

Front National : un monstre utile au libéralisme 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A chaque élection, nous n’y échappons pas. Là encore le FN et ceux à qui il rend service ont réussi à pourrir le débat. “Vous êtes avec nous, ou contre nous”, rabâchent-ils réciproquement. Ils n'ont pas leur pareil pour nous plonger dans une dramaturgie où le bien et le mal vont une fois encore s'affronter dans un combat à mort. “L'enjeu est tel que vous ne devez pas prendre le moindre risque”, disent-ils sans relâche. Il va donc falloir choisir son candidat, qui est "la digne héritière de Jeanne d'Arc" pour les uns, et “l'incarnation de la pureté républicaine” pour les autres. Cette exaltation a pour effet immédiat l'instauration d'un cadre de pensée qui hiérarchise les discussions : Du seul fait que la fin de campagne tourne à une vulgaire bagarre de chiffonniers, la question économique et sociale est mise de côté le temps de l’élection.

Comment en est-on arrivé là ? Cette logique est-elle rédhibitoire ? Peut-on sortir de cette aliénation ? Que faire pour lutter contre ce système ?

Pour tenter de répondre au mieux à ces questions, n'est-il pas primordial dans un premier temps de reconsidérer un segment récent de notre histoire ? 

 

1983 : Prémices d'une crise de sens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Stirbois, président et numéro deux du FN, lors d'une conférence de presse avant les élections municipales de Dreux, le 6 septembre 1983. AFP / Gabriel Duval

1983 marqua le tournant de la rigueur budgétaire, avec pour conséquence directe la fin des illusions qui avaient pu naître au soir de l'élection de François Mitterrand en 1981. Dans ce nouveau contexte économique, les revendications furent fraîchement accueillies par un pouvoir politique désormais orienté vers la stigmatisation. En janvier 1983, trois ministres socialistes accusent les grévistes CGT de Renault-Billancourt, pour la plupart des « travailleurs immigrés », d’être « agités par des groupes religieux », et d’être « des intégristes ». Ils leur ordonnent expressément, en tant qu’« hôtes de la France », à « jouer le jeu de l’entreprise et celui de la nation ».

Les ministres en question étaient le Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, le ministre socialiste de l'Intérieur Gaston Defferre, et le ministre socialiste du Travail Jean Auroux. Cette théorie du “complot islamique” prêchée par un gouvernement socialiste eu pour conséquence quelques mois plus tard la première percée significative pour un candidat Front National. A l'occasion de l'élection partielle de Dreux, la liste du FN, représenté par Jean-Pierre Stirbois, réalise au premier tour 17 % des voix, le meilleur score jamais obtenu par un candidat FN. Pour le second tour, la liste RPR/UDF incorpore quatre représentants du FN en place éligible. Dans la foulée Jacques Chirac, qui compte bien lui aussi profiter de la situation, déclare : « Je n'aurais pas du tout été gêné de voter pour la liste RPR-FN au second tour. Cela n'a aucune espèce d'importance d'avoir quatre pèlerins du FN à Dreux comparé aux quatre ministres communistes au conseil des ministres ». En établissant une symétrie entre le PCF et le FN, Jacques Chirac venait d'ouvrir la voie à ce qu'il est convenu d'appeler la "lepénisation des esprits".

1984 : Le jour où la télévision publique fabriqua un “monstre utile”

Avec pour simple prétexte le fait qu'il ait obtenu un siège de conseiller municipal dans le 20e arrondissement de Paris, J.M. Le Pen est l'invité de "L'Heure de Vérité" le 13 février 1984. J.M. Le Pen répond aux questions de trois journalistes : Alain Duhamel, Jean Louis Servan-Schreiber, et Alain Duroy.

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 Le discours de M. Le Pen se veut churchillien et compréhensif envers les dictatures des généraux chilien Augusto Pinochet et Francisco Franco en Espagne. Ce bredouillement sera cautionné en grande partie par la complaisance voir “l'aplaventrisme” des journalistes Alain Duhamel et Alain Duroy. Tous les deux d'ailleurs semblent ravis du discours anti-social de M. Le Pen. La rhétorique de ce dernier est ultralibérale, elle préconise la déréglementation de l'économie et la mise au pas des syndicats. Pour envenimer son récit, M. Le Pen plante à intervalle régulier des banderilles nauséabondes : "certains ne veulent pas travailler, d’autres notamment les immigrés profitent et vivent au crochet de ce qu’ils entreprennent", ou encore "communiste égal KGB". Reprenant à son compte les ragots du Groupe Hersant, M. Le Pen affirme que George Marchais a travaillé en Allemagne sous l'occupation.

« La première invitation de Jean-Marie Le Pen suscite de vifs débats au sein de l’équipe de l’émission. Mais l’audience est au rendez-vous et le président du FN devient un habitué. »

Pour rappel : à la suite de plaintes, deux décisions de justice ont établi, sur la base de rapports d'historiens et de témoignages, que Georges Marchais est bien parti en Allemagne sous la contrainte. Ce soir-là, M. Le Pen n'est que très peu contredit, bien qu'il distille un très grand nombre d'inepties telles que "le socialisme de MM. Chirac, Giscard d'Estaing et Mitterrand vise à détruire l'appareil capitaliste". Avec le mépris de classe qu'on lui connaît, M. Duhamel relance M. Le Pen avec cette question totalement déplacée : "Que les choses soient bien claires M. Le Pen, quand il y a des réactions de racisme chez des gens qui sont quelquefois des gens simples qui n'ont pas fait d'études supérieures comme vous, ne pensez-vous pas avoir une part de responsabilité ?” “Non”, répond M. Le Pen, et en substance il ajoute "il faut dire la vérité sur la menace qui pèse sur les budgets à cause de la vague migratoire". Pour l'occasion, François-Henri de Virieu, l'animateur de la soirée, assumera un vulgaire rôle de faire-valoir en réduisant sa modération à de sommaires commentaires : "M. Le Pen, vous n’êtes pas raciste ? Car nous, on veut être simplement rassurés.” Au final, seul Jean Louis Servan-Schreiber déstabilisera quelque peu M. Le Pen en rappelant le passé milicien d'un grand nombre de cadres du Front National. Le président du FN se défaussera une fois de plus en usant de formules grandiloquentes "c'est un procès en inquisition", "moi, je suis un rassembleur", "c'est le procès Le Pen" etc. De toute évidence, ce soir de février 1984 marqua un tournant décisif dans l'histoire du FN et de M. Le Pen. Car quatre mois après cette émission, en obtenant 10,95 % des voix aux élections européennes, le FN enregistrait sa première percée nationale.

 L'anti-lepénisme change de main et devient professionnel

 S’il est indéniable que les anti-lepénistes du premier âge, en plus bien évidemment de ceux qui subissaient le racisme, furent en grande partie des communistes, très vite dans le domaine de la lutte anti-FN, le PCF sera relégué au second plan. Comprenons qu'il n'était pas question pour la caste politique médiatique de laisser le Parti communiste reprendre la main sur le sujet de l'antiracisme alors que l'éclosion du FN avait été provoquée (nous allons le voir) afin d'occulter les questions sociales du paysage politique par une diversion qui fut surnommée "Le danger FN". Qui plus est, pour répondre principalement au phénomène des délocalisations apparu au grand jour dans les années 1970, le PCF prônait le "Produisons français". Ce slogan sera l'un des axes de réflexion de la campagne de Georges Marchais en 1981, mais il deviendra suspect en 1984 du fait que le FN modifia la formule en "Produisons français avec les français". Très vite l'épouvantail FN allait atteindre une efficacité optimale, et dès lors, le parti communiste allait décliner, permettant ainsi aux apôtres de la dérégulation économique de pouvoir agir sans beaucoup de contraintes.

 

Quand SOS racisme...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Suite à une série de violences policières et de crimes racistes dans le quartier des Minguettes à Vénissieux dans la banlieue lyonnaise, En octobre 1983, suite au meurtre raciste d'une enfant de 13 ans, un mouvement autonome lance une Marche pour l'égalité et contre le racisme depuis Marseille, et va jusqu'à paris où elle réunira jusqu'à 100 000 personnes. Cette initiative, au demeurant fort louable, fut récupérée par le Parti socialiste, qui créera en 1984 à une toute nouvelle structure baptisée “SOS Racisme”. Cette association va jouer le rôle de “voiture balais” du Parti Socialiste, tant les personnalités influentes qui la composent ont un lien étroit avec le PS. Parmi les cadres nous retrouvons Harlem Désir (Secrétaire d'État des gouvernements Valls I et II et Cazeneuve), Malek Boutih (Député socialiste), Julien Dray (Député socialiste), Fodé Sylla (proche du parti socialiste en 2014, il devient ambassadeur itinérant du Sénégal), Dominique Sopo (président de SOS Racisme de 2003 à 2012, et depuis le 16 juin 2014, adhérent des jeunes socialistes et attaché parlementaire de Julien Dray), Loubna Méliane (a intégré le Conseil national du Parti socialiste lors du Congrès de Dijon en mai 2003 et assistante parlementaire de Malek Boutih). Cette liste non exhaustive de personnages-clés issus de SOS racisme et assujettis au PS, démontre à quel point la lutte contre le racisme peut être instrumentalisée. Pour appuyer nos propos revenons sur le témoignage d'un membre fondateur de l'association SOS Racisme. Serge Malik est l'auteur de l'Histoire secrète de SOS-Racisme. Dans cet ouvrage, Serge Malik expose les véritables enjeux de ces prétendus antiracistes. Il y accuse le Parti socialiste et l'ancien président François Mitterrand de manipulation. M. Malik décrit Julien Dray comme un opportuniste qui a très vite tout mis en œuvre pour neutraliser les associations beurs susceptibles d'apporter la controverse. Sans aide publique, ces associations furent totalement étouffées. Ainsi dans le secteur de la lutte contre la discrimination raciale, SOS Racisme a régné localement et nationalement sans partage. Les initiatives impulsées par le PCF furent constamment contrariées par SOS Racisme qui est par ailleurs pleinement verrouillé par des cadres sionistes, un point clarifié par M. Malik qui nous aide à comprendre pourquoi la cause palestinienne est volontairement restée à l'écart des priorités de SOS Racisme. 

… devient S.O.S. Fantômes

 Au vu de la piètre qualité et de la quasi inexistence des publications sur le sujet de la cause palestinienne, nous pouvons nous aussi affirmer que tout est fait chez SOS... pour laisser croire que les problèmes viennent du seul fait des arabes et des associations pro-palestiniennes. D'ailleurs SOS ... ne fait que reprendre à son compte le prosélytisme pro-israélien, c'est-à-dire « Un chantage omniprésent à l'antisémitisme ». Et ce type de chantage dans la version de SOS… nous donne  : ”Que de déferlements de haines, de détournements et de propos d’excitation ces derniers jours ! Le plaisir malsain chez certains de parler de l’« entité sioniste » plutôt que de nommer Israël (voilà qui va aider les Palestiniens…), la référence – tout aussi malsaine car œuvrant à un retournement pervers visant à associer Israël au nazisme – d’un génocide en cours à Gaza, l’association – dans la même veine – du sionisme à un fascisme volontiers expansionniste alors même que le sionisme est un nationalisme traversé comme tout nationalisme par des courants d’une extrême diversité et que le « rêve » du Grand Israël a pris fin en 2006 avec le désengagement d’Israël de la bande de Gaza…“ Cette argumentation aussi confuse que tendancieuse nous prouve que le but recherché d’un tel article est avant tout de diaboliser la cause palestinienne.

 

A cela s’ajoute le fait que chez SOS..., les critiques envers la politique coloniale que mène depuis des décennies l'Etat d'Israël sont inexistantes. Julien Dray, qui est nous l'avons vu la figure majeur de SOS... Racisme, va même jusqu'à exhorter la France de s’inspirer « enfin » d’Israël en matière de lutte contre le terrorisme. Au lu de ce constat, comprenons bien que SOS... ne fera jamais aucune pression pour qu'Israël respecte expressément les résolutions de l'ONU. Mais comme il faut bien donner le change quand on s'appelle SOS..., ce billet (expéditif) sur le sort des Palestiniens se conclut d’un : "si l’on s’intéresse sincèrement aux sociétés israélienne et palestinienne, nous avons la responsabilité de nous comporter de telle sorte à construire la paix, non à répéter les haines". Vous aurez sûrement remarqué vous aussi que ce type de formule au demeurant aussi vague que lapidaire “ne mange pas de pain”. Ce sophisme faussement consensuel a pour principal effet de maintenir un statu quo toujours défavorable au peuple palestinien.

Membre de SOS pour le moins nauséabond. Cliquez sur l'image pour découvrir le racisme chronique de Sifaoui...

Étant entendu que l'antisémitisme est le leitmotiv de SOS..., il est intéressant de s'attarder quelques instants sur la pire forme de nazisme que le monde ait connue depuis l'après-guerre, à savoir le néo-nazisme des milices ukrainiennes. Car comme nous le savons, elles sont au service d'un gouvernement allié de la France. A la requête via Google “SOS Racisme Ukraine”, nous n'avons pas trouvé le moindre dossier, alors même que les journaux britanniques relatent fréquemment le rôle des bataillons néo-nazis en Ukraine. Pour preuve : The Guardian, The Telegraph, The Independent, The Sunday Times, BBC News. Des articles corroborés par Amnesty International qui dès septembre 2014 alertait les opinions publiques sur les crimes perpétrés par les troupes paramilitaires ukrainiennes. Ces groupes armés d'extrême droite furent identifiés par le quotidien israélien Haaretz, qui dès le début des événements en Ukraine rapportait que Pravy Sektor et Svoboda distribuaient des traductions de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion sur la place Maïdan.

La Palestine et l'Ukraine sont deux sujets centraux qui révèlent les contradictions d'une association qui surtout et avant tout, est au service d'une stratégie géopolitique dont les ordonnateurs acceptent de s'allier avec ce qu'il y a de pire. Il n'y a rien d'étonnant d'entendre Harlem Désir nous dire de Bernard Henri Levy, qu’il est “le grand frère stratège de SOS... Racisme” ?

 

BHListes et Lepénistes : l’entrecroisement idéologique

Les néo-cons mêlent vote FN et abstention en donnant la parole à des xénophobes comme Sifaoui

Au fil du temps l'anti-lepénisme vénal est devenu le domaine privilégié de ce qu'il convient d'appeler le “réseau BHL”. Ce dernier et ses amis ont de toute évidence flairé les avantages que procurait l'émergence du monstre FN. Le réseau BHL est atlantiste car assidûment aligné sur la politique guerrière de l'OTAN. La narration du réseau “BHL&Co” est particulièrement inspirée de celle modelée par les néo-conservateurs américains, qui ont rendu possible, par leur propagande, la mort de millions (quatre) d’êtres humains parmi les populations musulmanes. Ce qui au niveau français, démontre à ceux qui en doutaient que le FN est vraiment un monstre utile qui permet à nos gouvernants de faire oublier leurs propres monstruosités. En résumé, l’islamophobie permet de faire accepter plus facilement les massacres de musulmans.

 

A partir de ce constat, pourquoi les lepénistes ne profitent-ils pas réellement de cette faillite qui leur est offerte ? En premier lieu, n'oublions jamais que l'islamophobie a toujours été le fonds de commerce du Front National. Mais la stigmatisation des musulmans est également partagée par l'ensemble de la galaxie néo-conservatrice française qui est de facto une composante de la sphère de l'anti-lepénisme vénal. Concrètement, Marine Le Pen a pris pour habitude de comparer les « prières de rue » des musulmans à une « occupation ». Dans le même temps, Caroline Fourest (réseau BHL) nous dit « les prières de rues [provoquent] l’exil de certains français vers le Canada ». Sur ces sujets, Sébastien Fontenelle réagissait en décembre 2010 dans un article intitulé Suivant Que Vous Serez Le Pen Ou Finkielkraut…, un billet qui indique précisément la symétrie de deux mondes qui, malgré un semblant de combat acharné, désignent en permanence la même cible.

Sifaoui tiens très régulièrement des propos ouvertement racistes

Le néologisme « Islamofascisme » consiste à amalgamer Islam et fascisme. Il a été en grande partie exploité par Norman Podhoretz, l'un des pères fondateurs du néo-conservatisme qui a pour principale obsession d'aller bombarder l'Iran. Nous retrouvons l'argument de l’« Islamofascisme » chez BHL, mais aussi chez Caroline Fourest, Philippe Val et Alain Finkielkraut, prolongements du “réseau BHL”. Le camp Le Pen lui, a opté pour l'expression « fascisme vert » qui est également utilisé par Mohamed Sifaoui (réseau BHL). A titre d'anecdote évocatrice, rappelons-nous que l'ancien Premier ministre français Manuel Valls en février 2015 déclarait : "Pour combattre cet islamo-fascisme, puisque c'est ainsi qu'il faut le nommer, l'unité doit être notre force". Et n'oublions pas non plus qu'un an après cet appel à la guerre, le président François Hollande (pseudo anti-FN) remit la Légion d'honneur au prince héritier d'Arabie saoudite qui coupe la tête aux femmes adultères et finance le terrorisme.

 

Mais l’entrecroisement doctrinal entre les Lepénistes et les néocons français va plus loin. Signalons ainsi Pascal Bruckner (réseau BHL), qui appelait à faire front avec le FN contre l'islamisme dans les colonnes du Figaro en décembre 2015. Dans cet appel, Bruckner ne fait que confirmer la réelle proximité idéologique entre les deux camps, même si leurs intérêts sont divergents. Autre fait incontournable qui signale des points de vue communs aux 2 camps “opposés”, l’aplomb du Big Boss du droit-de-l'hommisme parisien, Bernard Henri Levy, quand il affirmait début 2014 “il n’y a pas de néo-nazis, ni d’antisémites place Maïdan à Kiev”. Alors que dans le public qui assistait à son allocution, il est facile de reconnaître une majorité de drapeaux frappés de la main à trois doigts du logo de Svoboda, le parti néo-nazi ukrainien, dont le leader Oleh Tyahnybok a déclaré entre autre : “il faut purger 4000 juifs en Ukraine.” En 2004, Tyahnybok appelait déjà à lutter contre qu’il qualifiait de « mafia juive – moscovite ». Ce qui n’a pas empêché en novembre 2009 le Front National, représenté à l’époque par son président Jean-Marie Le Pen accompagné de Bruno Gollnisch, de recevoir dans ses locaux le leader du Parti

Commémoration du 70e anniversaire de la création de la division SS Halychyna, Ukraine, le 21/07/13 (Crédit : Louis Monnier)

Ukrainien Svoboda, Oleh Tyahnybok, ainsi que son chargé des relations internationales Taras Osaulenko. Une “charmante compagnie” qui, pas plus tard qu’en 2013, commémorait encore avec ses militants de Svoboda le 70e anniversaire de la création de la division SS Halychyna qui est notamment responsable du massacre de 365 habitants d’origine polonaise à Palykorovy en 1944.

La stratégie du choc

En 2007, la journaliste canadienne Naomi Klein écrit "La Stratégie du Choc : La montée d'un capitalisme du désastre". Dans ce livre, Naomi Klein soutient que les désastres (catastrophes naturelles, changements de régimes, attentat), occasionnent des chocs psychologiques. Après le choc, Klein insiste sur le fait que nous redevenons des enfants, désormais disposés à suivre un pouvoir qui prétend nous protéger. Une diversion qui a permis bien au contraire aux ultralibéraux initiateurs de cette technique, de mettre en oeuvre au passage la doctrine de l'école de Chicago qui préconise entre autre la privatisation de l'énergie et de la sécurité sociale. Le Prix Nobel d’économie en 1976 Milton Friedman, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise les réformes économiques douloureuses, avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de “traitement de choc”. En France, une simple rétrospective qui parcourt l'histoire du Front National démontre clairement que "le monstre FN" remplit depuis plusieurs décennies le rôle de désastre potentiel. C'est pourquoi il y a fort à parier que les soutiens (ultralibéraux) de l'équipe Macron tenteront expressément de profiter d'une situation favorisée par la présence du Front National au deuxième tour de l'élection présidentielle, pour planifier une politique économique et sociale défavorable au plus grand nombre et imposée par ordonnance ou recours à l’article 49.3 de notre Constitution.

 

Catholiques zombies contre catholiques traditionalistes ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel Todd théorise "Cette tentation du repli, qui explique sans doute partiellement le succès du Front national"

La notion de « Catholique zombie » a été conceptualisée par les intellectuels français Emmanuel Todd et Hervé Le Bras dans leur ouvrage commun "Le Mystère français". Selon les deux chercheurs, le « catholique zombie » est une personne fraîchement déchristianisée. Dans Qui est Charlie ? Emmanuel Todd précise que le « catholique zombie » est issu de la classe moyenne et qu'il affiche des valeurs libérales et républicaines. Mais si l'on en croit E. Todd, les véritables motivations du « catholique zombie » sont beaucoup plus prosaïques que l'idéal proclamé. Ses arrière-pensées seraient, pense fortement Todd, marquées par le conservatisme, l'égoïsme, la domination, l'inégalité et le rejet des enfants d'immigrés. E. Todd insiste sur le fait le « catholique zombie » est un « européiste » convaincu, qui fut favorable au traité de Maastricht de 1992 et, cela va de soi, favorable au référendum pour la Constitution européenne en 2005. Si nous combinons l'idée directrice de ce billet au raisonnement de Todd, nous pouvons envisager que la figure de proue du catholique zombie n’est autre que notre nouveau Président Emmanuel Macron. Car assurément, notre nouveau président aura surtout bénéficié, lors du premier tour crucial de l’élection présidentielle de 2017, de la France des classes moyennes décrite par E. Todd ci-dessus.

Le camp d’en face lui se revendique (à demi-mot) “traditionaliste”. D'ailleurs le programme scolaire du FN met l’accent sur la nécessité d' « instaurer le port de l'uniforme », et la « promotion du roman national ». Alors que M. Macron s'est distingué en affirmant haut et fort « Il n'y a pas de culture française ». Mais comme on ne voit pas pourquoi le leader des « catholiques zombies » ne serait pas parfois le jouet de ces réminiscences archaïques, il arrive à M. Macron de marcher sur les plates-bandes de l'extrême droite. Dans un billet précédent, nous sommes revenus sur la visite au Puy-du-Fou de celui qui était il y a encore quelques temps le Ministre de l’économie d’un pouvoir dit “socialiste”. Là, Emmanuel Macron a rencontré l’une des figures emblématiques de l’ultra-droite islamophobe française Philippe de Villiers (soutien de Marine Le Pen). Nous avons vu également que pour Emmanuel Macron, il manque un roi à la France : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. » (Extrait d’une interview accordée à Le Un Hebdo, le 8 juillet 2015). A Orléans le 8 mai 2016, Emmanuel Macron a salué Jeanne d’Arc qui « a su rassembler la France ». Jeanne d’Arc dont le FN a fait son égérie. Au vu de ce recueil succinct mais explicite, Emmanuel Macron semble conforter la thèse développée par Todd et Le Bras.

Le “ni-ni”, nouveau blasphème anti “béni-oui-oui” ?

Un certain nombre d'intellectuels et de responsables politiques refusent l'injonction appelée "Front Républicain" qui nous est imposée depuis bientôt 35 ans lors des diverses élections. Il semble que cette idée ait pourtant fait son chemin car au soir du 27 avril 2017, nous avons assisté à des manifestations contre l’affiche du deuxième tour de l’élection présidentielle (Le Pen/Macron). Les slogans étaient : « Ni Le Pen ni Macron », « Ni Banquier Ni Raciste ». Bien que le résultat de l'élection ait été entendu dès le premier tour, le « ni-ni » proposé fut aussitôt fustigé par les chantres du catéchisme d'Etat qui, à l'instar du plus zélé de tous Manuel Valls, crièrent à la « faute morale ». Le pouvoir perçoit-il le danger d'une nouvelle insoumission ? Serions-nous à la veille d'un processus de transformation des règles préétablies ? Rappelons qu’1 Français sur 3 n'a pas voté pour l'un des 2 candidats.

 

Conclusion

 

 

Le FN bénéficie de très nombreux passages médiatiques

En période électorale les lepénistes et les pseudos anti-lepénistes nous imposent un entre-soi qui génère une dialectique et des polémiques permanentes entre leurs 2 pôles. Cette méthode inconvenante cherche à nous persuader que le Front National est aux portes du pouvoir (pour le plus grand bonheur ou le contraire selon le camp). Pourtant ce raisonnement est fortement improbable parce que “l'Occupation” a laissé une empreinte durable dans l’esprit collectif des français, et que “la Collaboration” est un fait incontestable dans la genèse du FN. Parmi les membres du premier conseil d'administration, nous retrouvons Brigneau qui est un ex-membre d’Ordre Nouveau. Sous l'occupation il avait rejoint le parti collaborationniste de Marcel Déat, le RNP. Alain Robert lui fut militant d'Ordre Nouveau, d'Occident et de Jeune Nation avant d'être intégré à la droite classique. Pierre Bousquet était Rottenführer de la division SS Charlemagne. A partir de ce constat, comprenons bien que Vichy et la xénophobie sont l'ADN du Front National, et que les redondances racistes dans le discours du FN sont la condition sine qua non de la survie de ce Parti. En conséquence, le FN même si il change de nom n’a que très peu de chance d'accéder un jour au pouvoir. En premier lieu du fait de son histoire et de sa réputation, et en second lieu en raison du nom Le Pen inhérent au Front National, et qui resterait le marqueur identitaire d’un Front National bis.

 

Nous avons pu voir qu'à partir du milieu des années 80, le FN a bénéficié d'une très large couverture médiatique. Dans cette même période, ce parti a été proclamé étendard de l'anti-système. Depuis lors, cette posture permet au parti de la famille Le Pen de courtiser sans vergogne les déçus et exclus d'une machine néo-libérale toujours plus violente.

Le FN, invité récurent des médias, y compris lors des présidentielles.

Ce jeu malsain est rendu possible grâce à la complaisance du système médiatique qui s'emploie à donner aux représentants du parti d'extrême droite une visibilité toujours croissante, tout en les diabolisant au moment voulu en rappelant les racines du FN. Ainsi en 2016 et 2017, les médias ont offert des centaines d'heures d’émissions au Front National. Durant cette longue période, les médias furent désinvoltes, banalisant certains propos outranciers des leaders du parti d'extrême droite. Et ce n'est qu'à l'approche du second tour que la machinerie médiatique s'est mise à hurler au scandale après un monstre qu'elle a consciencieusement nourri durant des années. Les nombreuses enquêtes démontrent clairement que le vote FN est le résultat d'un double matraquage médiatique : "l'immigration est un danger" et "le vote contestataire est le vote FN". Aussi soyons conscients que nous sommes dans un cercle qui est vicieux et dangereux, du simple fait que la violence sociale engendrée par une gestion libérale dépourvus de scrupules favorise l'effervescence des idées d'extrême droite. C'est ainsi que la boucle est bouclée, rendant toujours plus opérante l'utilisation de ce monstre utile qu'est le FN.

Le parti d’extrême droite a permis l'émergence de plusieurs escroqueries, la dernière en date ayant pour nom Emmanuel Macron. Grâce à la complicité des pseudo antiracistes, notre nouveau président, fort du résultat obtenu au second tour de l'élection présidentielle, va pouvoir sans contrainte s'employer à démanteler le code du travail, déréglementer l'économie, et cautionner les crimes de l'OTAN aux côtés d’états qui ne respectent pas le droit international, tout cela au prix de catastrophes humanitaires et humaines dont le FN récupère les braises. Mais ne parions pas trop vite sur une adhésion ou un consentement définitif. La fabrique du consentement des populations ne fonctionne qu'un temps, et le “Nini” annonce peut-être le déclin des manipulations politico-médiatiques qui divisent la France depuis 35 ans.

 

 

De quoi Macron est-il le nom ? Par Georges Gastaud

De quoi Macron est-il le nom ? Quel est le devoir des communistes, des syndicalistes, des progressistes et républicains, des défenseurs de la paix ? C’est à ces questions que répond Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, syndicaliste, philosophe dans une tribune pour Initiative Communiste. A travers cette analyse fine de la situation, et alors que la campagne des législatives bat son plein sur fond de plan de licenciements dans l’industrie, de postures belliqueuses du président élu Macron, et de préparation d’une blitzkrieg par Macron en application des ordres donnés par le MEDEF et l’Union Européenne contre les travailleurs, chacun peut en responsabilité se saisir des explications et des propositions des militants communistes, et rejoindre dans l’action le PRCF. Pour lancer la contre-offensive des travailleurs.


 

La signification historique du quinquennat MACRON et les tâches des communistes et des progressistes de France

Par Georges Gastaud (PRCF) – Le 18 mai 2017

La triste mission historique du gouvernement Macron : enterrer les acquis du CNR et l’Etat-nation issu de la Révolution française

Il ne s’en cache même pas : Macron et son gouvernement de droite ont pour but même plus dissimulé de poursuivre et d’accélérer la guerre de classe menée par l’oligarchie contre les conquêtes sociales, culturelles et politiques issues de la part progressiste notre histoire nationale. En ce sens, le nouveau chef d’Etat, qui veut cyniquement dynamiter le Code du travail, ubériser tous les rapports sociaux (guerre aux statuts et aux conventions collectives !), remplacer les retraites par répartition issues de la Résistance par la très aléatoire « retraite à points », substituer la concurrence sauvage entre établissements à l’Education nationale (donc aux diplômes et aux qualifications nationales, avec d’énormes dégâts prévisibles sur les salaires…), se situe nettement dans la continuité des Raffarin, Sarkozy et autre Hollande… pour ne pas remonter à Mitterrand-Delors et à Pompidou-Giscard (1) qui leur ont, de longue main, préparé le terrain.

Mais l’essentiel n’est sans doute plus là : Macron, l’ « homme nouveau » porté par la finance internationale, encensé par la « grande presse » et parrainé par le tandem Merkel/Obama, est investi – à tous les sens du mot – d’une mission de classe proprement historique : Macron est en effet mandaté pour substituer à l’Etat-nation français, incurablement marqué par l’héritage jacobin, communard, laïque, dreyfusiste, communiste et résistant, les futurs « Etats-Unis d’Europe », la « reconfiguration » régionaliste du territoire national, l’ « Union transatlantique » (combien de temps le TAFTA mettra-t-il après l’élection allemande pour revenir à l’agenda ?). Il s’agit aussi pour Macron, qui affirme cyniquement que « la langue française n’a pas besoin d’être défendue », d’officialiser le tout-anglais totalitaire que le syndicat patronal Business Europe veut imposer comme « la langue des affaires et de l’entreprise » (dixit le Baron Sellières, parlant en 2004 au nom de Business Europe devant le Conseil européen). Tout cela figurait déjà dans le Manifeste du MEDEF intitulé Besoin d’aire et publié en décembre 2011 par Mme Laurence Parisot, soutien éminent d’En Marche. Et ce paquet fort cohérent de mesures antinationales et antisociales devrait bientôt prendre, tambour battant, la forme du « saut fédéral européen » qui était le véritable enjeu, en forme de revanche sur le 29 mai 2005, de ce second tour de la présidentielle que certains ont cru bon de travestir en « scrutin antifasciste ». Par « saut fédéral européen », on entend très concrètement :

·         Un nouveau pacte supranational hyper-contraignant qui, tout en « sanctuarisant » le noyau dur des traités actuels (austérité sans fin, gestion de l’euro par une BCE régentant les budgets nationaux, Partenariat stratégique de l’UE et de l’OTAN sur fond d’« économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée ») qui parachèverait le transfert de la souveraineté des Etats-nations vers le « gouvernement de la zone euro ». Un Pacte auquel le « parlement de la zone euro » cher à l’euro-atlantiste Hamon (2) viendrait apporter une apparence de légitimité. Déjà un nouveau traité européen concocté par Merkel et Hollande attend dans les cartons des eurocrates bruxellois. Décidément, le « socialiste » Hollande et le « républicain » Edouard Philippe, et surtout, Mme Merkel, doivent bien rire du farcesque « barrage antifasciste » que toute une partie de la « gauche radicale » s’est escrimé à scénariser pour (se) dissimuler le véritable enjeu de classe du 6 mai : l’obtention du consentement populaire biaisé à la future constitution de l’Etat fédéral européen dont l’écrasante majorité des Français ne veulent pourtant toujours pas ! Il est pourtant très improbable que le Non populaire du 29 mai 2005 et les grandes luttes qu’il a permises (révoltes pour les retraites, contre le CPE, contre la Loi travail…) s’avèrent rapidement solubles dans le brillant numéro d’illusionnisme auquel se livre Macron pour euro-réinitialiser la vie politique hexagonale…

·         La construction d’une « défense européenne » encadrée par l’OTAN », portant les dépenses militaires à 2% des PIB nationaux (comme l’ont exigé à la fois Trump et Clinton) et dessaisissant la France de sa maîtrise sur l’arme nucléaire. Ce qui, dans les conditions présentes et alors que l’armée française de métier, réduite dans ses moyens de défense nationale, empêtrée dans des missions de maintien de l’ordre et dispersée dans des opérations néocoloniales caractérisées, reviendrait à priver la France – et surtout une future France 100% insoumise à l’ordre dominant – de toute capacité à défendre ses choix contre les diktats de l’Axe Washington-Berlin-Bruxelles et de leurs collabos hexagonaux.

 

Briser la Nation pour rendre irréversibles la casse sociale…

De la sorte, l’ubérisation générale de la société par Macron, avec n’en doutons pas, le soutien direct ou indirect des LR et du PS peu ou prou débarrassé des « frondeurs », sera en quelque sorte « parée » et « calée » à l’international au sein d’une nouvelle Sainte-Alliance contre-révolutionnaire et « contre-réformatrice » ; car telle est cette « construction européenne » que bénissent dans son principe Pierre Laurent et aussi hélas, les dirigeants des confédérations syndicales affiliées à la Confédération Européenne des Syndicats. Le nouvel Etat fédéral supervisé, de près par Berlin, et de loin par Washington, veillera alors à ce que les énormes régressions sociales, sociétales, culturelles, institutionnelles, pédagogiques, linguistiques même, qui s’annoncent, soient frappées au sceau de l’irréversibilité, et par là même protégées contre une éventuelle « insoumission » française par la conjuration institutionnalisée, voire « constitutionnalisée », des oligarchies euro-atlantiques coalisées par un Super-Maastricht II. Car que pourrait à l’arrivée une France carrément insoumise au MEDEF et à l’UE si dans un avenir proche, toutes les décisions véritables se prenaient officiellement à Bruxelles (et officieusement à Berlin) ? Le peuple français serait ainsi placé sous tutelle pendant que l’approfondissement de la régionalisation (en fait, de la « länderisation » à l’allemande) du pays se poursuivrait « en marche forcée », mettant fin à la « République une, laïque et indivisible » issue de l’An II… et que les négociations sur les conditions de travail, les salaires, les horaires, se mèneraient en fait à l’échelle des entreprises poussées au moins-disant social par la logique de la « concurrence libre et non faussée » ?

Bref, si l’on accepte une minute de se mettre dans la tête des oligarques qui méprisent notre vieux pays frondeur et qui se fantasme tous peu ou prou en « traders » anglo-saxons, Macron a reçu pour mission – et le fait qu’il y parvienne ou pas dépendra contradictoirement de sa détermination et de nos résistances ! – de devenir l’homme historique, au sens hégélien du mot, qui, tout en chantant la Marseillaise (les yeux ridiculement clos et la main sur le cœur, à l’américaine !), mettra le point final à l’histoire du trop remuant pays des « Jurées-Communes » et d’Etienne Marcel, de Jeanne d’Arc et des « Jacques », de Marat et de Louise Michel, de Jaurès, de Jacques Duclos et d’Ambroise Croizat. Voire de De Gaulle et de Jean Moulin, ces graines d’« Astérix » devenues totalement insupportables dans le cadre d’une Europe en marche vers le globalisme atlantique… Un projet antinational certes, et qui devrait dresser contre lui tout patriote digne de ce nom, mais aussi un macro-projet terriblement réactionnaire AUSSI à l’échelle mondiale : en effet, l’euro-dissolution finale de ce qui reste du pays de Robespierre dans le bloc militaro-atlantique, viendrait parachever, en ce 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, les énormes attentats contre le progressisme universel qu’ont été successivement l’implosion contre-révolutionnaire de l’URSS, la mise au pas berlino-formatée du peuple grec et la tentative impérialiste en cours, dans toute l’Amérique latine, visant à déstabiliser les pouvoirs progressistes pour isoler Cuba. Mais n’est-ce pas Lénine qui, dès 1915, qualifiait l’impérialisme, ce « stade suprême du capitalisme », de société « pourrissante, parasitaire, agonisante, réactionnaire sur toute la ligne » ?

 

Politique de guerre euro-atlantique et « tenaille » politique hexagonale

Pour assombrir encore ce lugubre tableau, il faut en outre considérer deux données majeures :

·         Sur le plan international, la Trilatérale impérialiste qui domine le monde (USA, Japon, Europe allemande) est à la fois unie pour régler leurs comptes aux BRICS, notamment à la Russie et à la Chine (fût-ce par Corée du nord, Syrie ou Ukraine interposées), et divisée depuis que l’accord inter-impérialiste souterrain entre le dollar et la zone euro (dollar faible mondialisé contre euromark fort régionalisé (3)) a été rompu de facto par l’euro-austérité (1), laquelle a provoqué l’écroulement des débouchés commerciaux sud-européens de la grande industrie allemande : chacun a vu la manière humiliante dont Trump a récemment « accueilli » Mme Merkel, mais personne n’a souligné qu’en amont de cette rencontre et depuis plusieurs années, la Banque européenne de Francfort avait de facto fortement dévalué l’euromark en faisant massivement marcher la planche à billets, le but de la BCE étant de permettre au « made in Germany » d’envahir le marché américain que protégeait jusqu’alors l’euromark fort. Et les guerres impérialistes ont toujours été le moyen pour « réguler » le capitalisme en crise, soit par des conflits inter-impérialistes ouverts, soit par des croisades communes derrière l’impérialisme le plus fort et contre les « Etats voyous » désignés comme boucs émissaires.

·         Sur le plan national, le paysage politique est en pleine décomposition/recomposition. Le FN a certes effectué un bond en avant, notamment en milieu ouvrier, il s’est tristement étendu et banalisé (10 millions de voix au second tour ralliant un fort contingent des voix « versaillaises » de Fillon !), mais en même temps, le parti des Le Pen s’est démasqué en renonçant publiquement à toute idée de rupture avec l’UE et en repoussant aux calendes grecques ses pseudo-réformes « protectrices » (dont l’emblématique retraite à 60 ans) … J.-L. M. a certes obtenu un excellent score, qui constitue un socle progressiste non négligeable pour les luttes futures, mais à l’approche du second tour présidentiel, JLM a fortement tempéré sa critique de l’UE pour finir de siphonner les voix de Benoît Hamon (n’eut-il pas mieux valu occuper le terrain ouvrier déserté par le FN suite à l’euro-recentrage revendiqué de Marine Le Pen ?) pendant que la direction du PCF rabattait insidieusement sur Hamon, puis appelait sans retenue à voter Macron au second tour en présentant ce vote grossièrement patronal comme un « barrage antifasciste ». Si les vrais communistes continuent de refuser de, tout à la fois, agir pour reconstruire le parti communiste indépendamment du PCF-PGE en phase terminale, appeler au tous ensemble des travailleurs sans ménager outre mesure les chefs de file des confédérations euro-alignées, porter ensemble, fortement et loyalement, la stratégie innovante des « quatre sorties » et agir à tous niveaux, principalement à l’entrée des usines, pour qu’émerge une France Franchement Insoumise (FFI) à l’UE/OTAN du capital, alors Macron aura tout loisir pour recomposer à sa main le paysage politique et pour dynamiter les acquis sociaux en regroupant tous les euro-fédéralistes issus du PS, du MODEM et des LR : et c’est ce qu’il a commencé à faire en regroupant dans son gouvernement tout ce que la France compte d’adversaires (« de droite et de gauche ») des acquis du CNR et de l’indépendance nationale. Pendant ce temps, se reconstitueraient, à droite de la « REM », un rassemblement pseudo-tricolore et même pas euro-critique (autour de Le Pen, de Dupont-Aignan et/ou de Wauquier ?), et à gauche de la REM, une nébuleuse rose vif satellisant les vestiges du PCF, du PS « hamonien » et de la part la plus néo-mitterrandienne de la « FI ». Ce qui, en l’absence de clarté politique sur les questions stratégiques du Frexit progressiste et de la marche révolutionnaire au socialisme, aurait fort peu de chances de bousculer le duopole pseudo-alternatif qui s’est dessiné au second tour de la présidentielle en « opposant » en miroir le Parti Maastrichtien Unique, ce PMU des « élites » post-nationales, au pseudo-rassemblement « patriotique » des bleus-marine chargés de fixer les couches populaires, de les diviser sur des bases racistes et de refermer sur elles la nasse maastrichtienne badigeonnée de tricolore (ainsi font déjà les dirigeants « nationalistes », fascisants et parfaitement euro-compatibles de Varsovie, de Budapest, de Kiev, etc.). Ainsi le monde du travail, cœur du peuple français, serait-il politiquement, culturellement et syndicalement paralysé puisque contraint d’osciller, sur fond d’Etat policier et de guerres impérialistes récurrentes, entre un parti raciste même pas euro-critique… et un parti antinational même pas antifasciste !

 

Pour la « superposition des cartes » à partir de la contradiction
capital/travail

Or, cette recomposition, certes encore bien floue, du spectre politique français, ne permettrait évidemment pas d’opérer la seule tâche stratégique qui vaille pour de vrais communistes, pour des militants ouvriers de classe, et pour des patriotes antifascistes, en un mot pour tous ceux qui gardent au cœur la République sociale, fraternelle et souveraine œuvrant pour la paix et pour la coopération internationale : dans un texte précédent déjà publié par IC, nous désignions ce problème politique en employant l’expression « superposition des cartes ». Tout montre en effet que, contrairement à ce que l’on raconte ici et là, la carte de l’opposition euro-élitisme / patriotisme populaire n’a pas été effacée, mais fortement réactivée par le 1er tour de la présidentielle (les candidatures franchement européistes sont minoritaires) : bref, la scission socio-territoriale issue du 29 mai 2005 ne s’est pas cicatrisée, bien au contraire, et cela n’a rien d’étonnant quand on voit ce que la « construction » européenne a produit depuis 2005 en termes de destruction du lien social français. Par ailleurs, la carte du clivage droite/gauche n’est pas effacée, quoi qu’en disent les observateurs superficiels ; car d’une part, le vote JLM lui a rendu une nouvelle vigueur (même si le discours de JLM est hélas très fluctuant sur ce sujet faute d’une approche de classe de l’idée de peuple) ; pour le meilleur ou pour le pire, ce clivage reste un levier très important. C’est en effet sur sa base que, consciemment ou pas, des millions de gens qui se sentent « de gauche » ont naïvement voté Macron pour « faire barrage » à Fillon au 1er tour, puis pour « faire barrage » au FN au second tour. Qu’il s’agisse là d’une illusion ou d’une manip, c’est une chose sur laquelle il faudrait d’ailleurs discuter ; mais que ce clivage hérité de la Révolution française, des combats ouvriers et républicains des 19 et 20èmes siècles (Trois Glorieuses, insurrections de 1848, Commune de Paris, dreyfusisme, combats laïques, Congrès de Tours, Front populaire, ancrage progressiste du CNR – où le PCF de Jacques Duclos était central et dont le patronat et l’ultra-droite collabos s’étaient par avance exclus –, combats anticolonialistes, grève de Mai-Juin 68…) continue de structurer en profondeur l’électorat, c’est ce qu’on ne tardera pas à voir quand l’énorme plan d’euro-ajustement structurel de la France présenté par Macron déclenchera d’explosifs affrontements de classes bousculant la REM (faut-il dire la Rupture Euro-Médéfienne ?), ce conglomérat confusionniste construit pour brouiller les cartes et faire passer en douceur (pour commencer !) son blitzkrieg anti-CNR. Car hormis l’intelligent politiste Jérôme Sainte-Marie, lequel redessine le spectre de la lutte des classes derrière le prisme déformant des cartes électorales, c’est bien l’affrontement capital/travail, surdéterminé par la confrontation entre l’oligarchie et le front antimonopoliste, qui peine à se former autour du mouvement ouvrier. C’est en définitive en prenant appui sur cette contradiction centrale, (infrastructurelle pour parler comme la tradition marxiste), celle qui oppose le travail au capital et, plus sourdement, c’est en activant l’alliance des couches populaires et moyennes contre le capital maastrichtien, que les militants d’avant-garde parviendront à dissoudre l’opposition délétère d’un pseudo-patriotisme réactionnaire (le FN et ses satellites) et d’un pseudo-« internationalisme » euro-atlantique et ultra-militariste.

C’est pourquoi les propositions stratégiques que le PRCF ne cesse d’avancer (avec une écoute croissante en classe ouvrière, soit dit en passant) ne sont ni des « lubies » ni des « préférences » subjectives. Si l’on veut à temps, – avant que la « France des travailleurs » chantée par Jean Ferrat n’ait sombré dans les eaux glaciales de l’Empire euro-atlantique, si l’on veut briser à la fois la « macro-recomposition » fédéraliste et la fausse alternative REM/FN, si l’on veut qu’une future insurrection populaire contre les Ordonnances Macron ne finisse pas comme s’est achevée la révolte contre la Loi Travail (où, sans parler de la CFDT jaune, les confédés en lutte se sont égosillées pendant six mois contre l’inexistante « Loi El Khomri » tout en épargnant l’euro-directive qui cadrait à la fois la Loi Travail (France), le Jobs Act (Italie) et la Loi Peters (Belgique)), si l’on ne veut pas en outre que le FN achève de tisser sa toile sur la France d’en bas menacée de déclassement massif, alors, il n’y a d’autre solution progressiste (qu’on essaie de prouver le contraire ! ) que de :

·         Fédérer les républicains patriotes et antifascistes autour de l’objectif du Frexit progressiste et d’un programme de nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, de constitution d’une nouvelle République conférant aux forces populaires des moyens d’intervention sans précédent, de mise hors d’état de nuire des fascistes, de reconstruction du progrès social, de coopération internationale avec tous les continents, sans exclure les bonnes relations avec l’ALBA, la Russie, la Chine, l’Afrique, et en jouant à fond la carte d’une Francophonie internationale résistant au tout-anglais et tournant le dos à la « Françafrique ». Cela impliquera de mener ensemble une lutte idéologique de masse pour prouver que, comme nous le disons au PRCF, « c’est si on reste dans l’UE qu’on « y restera ! », et c’est au contraire si l’on en sort qu’on « s’en sortira » ! ». Les forces euro-critiques qui portaient peu ou prou cette idée (fût-ce hypocritement pour certaines) durant la campagne électorale s’étant finalement dérobées au fur et à mesure que montait la pression des eurolâtres, ce combat pour la sortie de l’UE/OTAN/Euro devra désormais être porté par des forces franchement progressistes qui ne se laisseront pas hypnotiser par les péripéties électorales : en un mot, par des forces œuvrant pour une France Franchement Insoumise (FFI) à l’UE/OTAN. Des forces ne craignant pas, sinon de lutter toutes pour le socialisme, du moins d’agir pour que le peuple français ait de nouveau le droit de construire une société socialiste s’il en décide ainsi. Car, comme nous l’avons maintes fois démontré, à la différence du Brexit tourné vers l’Oncle Sam, le Frexit sera progressiste, orienté vers le socialisme, ou bien il ne sera pas. A cet objectif émancipateur, qui peut souder le combat pour le socialisme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les militants ouvriers conséquents ne peuvent que souscrire ; mais des citoyens non communistes qui se définissent comme « jaurésiens », « gaullistes de progrès », écolos citoyens, croyants laïques, etc. devraient eux aussi s’y rallier pour peu qu’ils préfèrent la France et la démocratie aux intérêts de classe bourgeois qui parlent trop souvent plus fort que patriotisme et justice sociale. C’est dans cet esprit qu’il faudra bien construire un Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologique, un « FRAPPE », et que pour cela, il faudra tendre loyalement la main aux militants de la France insoumise, sans oublier les communistes que heurte l’opportunisme extrême d’un Pierre Laurent. A tous ces insoumis de cœur et d’action d’affronter sans frilosité le débat de fond sur la phrase écrite sur les affiches de J.-L. M. : « l’Europe de Merkel, on la change ou on la quitte ! ». Pour leur part, les militants de la renaissance communiste sont en capacité de prouver que, la « construction » européenne étant génétiquement conçue pour briser les acquis sociaux, la souveraineté des peuples et leur diversité culturelle, on ne peut pas « changer l’UE de Merkel (5) » si bien qu’il faudra bien en sortir unilatéralement, comme il faudrait d’emblée sortir de l’OTAN pour échapper aux entreprises prédatrices de Washington : la souveraineté du peuple étant inaliénable, comme l’a montré Rousseau dans le Contrat social, il est contradictoire de prétendre en négocier le champ avec Berlin ; en outre, loin de nous isoler de l’UE, la sortie unilatérale de la France ferait d’un coup disparaître l’UE de Maastricht comme la Révolution de 1848 a détruit ce qui restait de la Sainte-Alliance de Metternich en ouvrant la voie à un nouveau « Printemps des peuples ». De tout cela débattons franchement : qu’avons-nous à y perdre que nos dernières illusions, et à y gagner que notre franche et commune émancipation ? Il faudra donc qu’émerge au plus tôt un appel fédérateur pour le Frexit progressiste invitant à une bataille d’idées tenue dans la durée et indépendamment des échéances électorales qui viennent périodiquement saper les efforts des adversaires progressistes de l’UE ;

·         Rassembler les syndicalistes de combat, tous ceux qui rejettent la paralysante Confédération européenne des syndicats, cette courroie de transmission de l’UE, ainsi que la CFDT jaunâtre, cette chambre d’enregistrement du MEDEF. Dans tout le pays du reste, les luttes se multiplient et les déclarations de nombreuses organisations syndicales prouvent la vigueur de l’enracinement de classe et de masse du monde du travail. Pour soutenir les luttes ouvrières et les organisations syndicales de combat, il faut s’attaquer aux cloisons artificielles élevées entre le « politique » et le « syndical » par ceux qui ne se privent pas, eux, de ménager l’UE, de courtiser le PS, rebattre vers Macron et d’ignorer les appels des insoumis à écarter DES LE PREMIER TOUR Fillon, Hamon et Le Pen (3). Car l’indépendance syndicale ne consiste pas à céder à l’anticommunisme et à l’européisme alors que Macron et la social-eurocratie s’évertuent à vassaliser les appareils confédéraux, c’est au contraire quand les militants politiques de la classe ouvrière – les communistes – et quand les militants syndicaux du monde du travail, cégétistes, militants Unité et Action de la FEN (l’ancêtre de la FSU et de l’UNSA), agissaient au coude à coude, sans confondre les modes de décision propres à chacun des deux champs d’action, que notre classe ouvrière a remporté ses plus belles victoires. Souvenons-nous que Marcel Paul, le déporté-Résistant qui nationalisa EDF et qui créa le statut des électriciens-gaziers, était à la fois ministre communiste et secrétaire de la fédération CGT de l’Energie alors que Croizat dirigeait la Fédération CGT des métallos. Les formes de cette coopération entre parti de classe et syndicat de combat doivent évidemment être réactualisées en permanence, mais seule la dynamique fédératrice du combat de classe anticapitaliste peut raviver la véritable indépendance syndicale, qui signifie à la fois indépendance rigoureuse par rapport au patronat, à l’Etat et à l’UE, et dépendance étroite des syndicats par rapport aux revendications sociales et aux luttes des travailleurs !

·         Regrouper les militants franchement communistes indépendamment de l’appareil euro-formaté et socialo-dépendant du PCF-PGE. Et d’abord il faut les unir pour l’intervention unitaire à l’entrée des entreprises, qui demeurent le lieu central de l’affrontement des classes. Pour cela, porter ensemble un programme centré à la fois sur le Frexit progressiste et sur la nécessité du socialisme pour la France.

Pour porter cet ensemble cohérent de propositions, le PRCF, ses jeunes des JRCF, son mensuel I.C.et son site internet www.initiative-communiste.fr, sa revue théorique Etincelles, ses commissions nationales de lutte doivent se renforcer sensiblement. Un courant d’adhésion et de sympathie s’est dessiné à l’occasion de la campagne présidentielle où beaucoup ont apprécié le positionnement responsable du Pôle, à égale distance du sectarisme gauchiste et de l’opportunisme des Robert Hue passés et futurs qui achèvent de discréditer le PCF-PGE. Alors, rejoignez maintenant le combat du PRCF, car comme disait Marx, « l’histoire ne repasse pas les plats ».

 

Georges Gastaud pour www.initiative-communiste.fr


(1)    La fuite en avant euro-atlantique a été décidée par la bourgeoisie française en réponse à Mai 68 (sans doute la plus grande grève de l’histoire) où l’affrontement de classes entre le pouvoir des monopoles et la classe ouvrière rouge de France (le PCF était alors le 1er parti dans la classe ouvrière, le premier parti de France, le 1er parti de l’ « union de la gauche » qui venait de faire un bond de géant aux élections de 1967, et la CGT dominait également de très loin dans les collèges ouvriers et employés. Froidement, pour des raisons pas seulement économiques, la bourgeoisie a décidé de sacrifier De Gaulle et sa politique d’indépendance par rapport à l’Oncle Sam et au « Marché commun », de rapprochement avec l’URSS et avec la Chine, de soutien aux souverainistes québécois et de semi-soutien aux Palestiniens et aux peuples d’Indochine confrontés au successeur américain du colonialisme français. Elle a aussi fait une croix, par la même occasion, sur la grande industrie française, support matériel du vote rouge et de l’influence CGT. A l’Allemagne, où les communistes étaient interdits et où le SPD imposait sa pesante collaboration des classes, la grande industrie, particulièrement la machine-outil, mère de la production industrielle. Après une persécution en règle des militants CGT de l’usine, cet acharnement anti-ouvrier verra la fermeture finale de l’usine de Renault-Billancourt, cœur de la grève de 1968, qui était le principal centre producteur de machines-outils (et pas seulement de voitures, comme trop de gens le croient encore). De plus en plus, la bourgeoisie française allait promouvoir la « construction européenne » en position subalterne par rapport à l’Allemagne et aux USA, alors que De Gaulle n’acceptait le Marché commun qu’à la condition que la France y donne le la. Avec la chute des pays socialistes européens, la fin de l’URSS et la dissolution du Traité de Varsovie, un important saut qualitatif dans la marche vers l’euro-dissolution de la France fut l’adoption de justesse, par 51% des voix, du traité de Maastricht coparrainé par Mitterrand et Chirac. Le résultat net est la destruction systématique des bastions de la « France rouge », non seulement le charbon, l’acier (qu’étaient censés promouvoir la CECA de Monnet/Schuman !), le textile, la sidérurgie, mais aussi les « monopoles publics » constitués sous le Front populaire et à la Libération, sans oublier la petite paysannerie rouge (notamment les viticulteurs du Languedoc) ou les artisans-pêcheurs (notamment les marins rouges du Guilvinec, du Tréport, etc.) laminés par les « élargissements » européens successifs. De A à Z, la construction euro-atlantique a été une guerre de classe contre le socialisme existant, contre les partis communistes occidentaux (qui firent de leur destruction par l’ennemi une auto-destruction programmée quand ils optèrent pour l’eurocommunisme derrière les révisionnistes en chef Carrillo et Berlinguer), contre le monde du travail des pays européens, contre les peuples de l’Est rendus à leur état semi-colonial d’avant-guerre (pour ne prendre qu’un exemple, il n’y a plus aujourd’hui que… trente salles de cinéma dans toute la Roumanie « libérée » du socialisme !).

(2)    Hamon, c’est-à-dire l’ « homme de gauche » que P. Laurent voulait marier de force à Mélenchon avant le 1er tour : pourtant, JLM voulait sortir de l’OTAN tandis que le candidat du PS réclamait encore plus de frappes américaines sur la Syrie !

(3)   Dans un article récent d’Etincelles, j’ai montré que l’euro fort calé sur le mark avait bien moins à voir avec le « libre-échange » universel qu’avec un accord « crypto-protectionniste » permettant aux USA de maintenir leur emprise monétaire mondiale sur la base du dollar faible et inconvertible tout en permettant à l’industrie ouest-allemande (l’autre n’existe plus !) de dominer l’Europe de l’Est, la France et l’Europe du Sud en interdisant les dévaluations compétitives dans la zone euro. Or cet accord inter-impérialiste inavoué est devenu caduc de fait quand, l’euro-austérité made in Germany ayant asphyxié l’Europe du Sud et la France, la RFA s’est tournée vers le marché US pour écouler ses Mercédès. Et Donald Trump vint !

(4)   C’est ce qui se fût produit si JLM avait atteint le second tour, résultat qui était à portée de main d’une campagne dynamique et plurielle menée sans mégoter par toutes les forces progressistes conscientes des rapports de forces.

(5)   Il suffit pour s’en convaincre d’analyser la structure logique de la France écrite sur les affiches de JLM. Si l’on pouvait changer « l’Europe de Merkel », elle ne serait pas « l’Europe de Merkel »… Et si elle est bien « l’Europe de Merkel », elle est dictatoriale et l’on ne peut pas la changer du dedans. Il faut donc en sortir, CQFD, chers insoumis !

 

Source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/de-quoi-macron-nom-devoir-communistes-georges-gastaud/

Selon L’Obs, le PS préparait un coup d’Etat en cas de victoire de Le Pen

Selon un rapport extraordinaire publié hier dans L’Obs, des hauts responsables du gouvernement PS sortant ont projeté d’organiser un coup d’état si Marine Le Pen, la candidate du Front National (FN), avait remporté l’élection.

Le but de l’opération n’était pas d’empêcher Le Pen d’entrer en fonction. Le coup était supposé écraser des manifestations de gauche contre sa victoire, imposer l’état de siège, et installer Le Pen au pouvoir dans une alliance forcée avec un gouvernement PS.

« Personne n’ose imaginer ce que sera le lendemain du deuxième tour si Marine Le Pen l’emporte. Un embrasement s’annonce », écrit L’Obs, qui explique : « Les stratèges qui ont conçu ce plan B anticipent qu’au lendemain de la victoire du Front National le pays risque de se retrouver au bord du chaos. Etat de sidération, manifestations républicaines, mais surtout violences extrêmes, notamment de la part de l’ultra-gauche ».

« Le plan n’avait jamais été écrit noir sur blanc, mais tout était fin prêt », écrit L’Obs. « Son déroulé était si précisément envisagé qu’une poignée de membres du gouvernement, de directeurs de cabinet et de très hauts responsables de l’Etat peuvent encore le décrire de tête, étape par étape. (…) Pour en donner les détails, ‘L’Obs‘ a recoupé les éléments auprès de trois sources, au sein du gouvernement sortant et d’institutions de l’Etat ».

Le plan incluait le lancement d’interventions de police massives destinées à quadriller la France, et un coup quasi-constitutionnel lancé par un refus du premier ministre sortant, Bernard Cazeneuve, de démissionner. L’Obs cite un haut responsable : « Le pays aurait été à l’arrêt. Le gouvernement n’aurait eu qu’une seule priorité : assurer la sécurité de l’Etat ».

En clair, on aurait tenté d’imposer une dictature militaro-policière en France. Des droits démocratiques fondamentaux sont déjà suspendus par l’état d’urgence, prolongé en permanence par le PS depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. La police peut interdire des manifestations, détenir des individus, et les assigner à résidence. Le projet rapporté par L’Obs aurait signifié l’usage maximal de ces pouvoirs afin d’imposer un état de siège et suspendre de manière permanente le fonctionnement normal de l’Etat.

Les Directions départementales de la sécurité publique (DDSP) auraient toutes, sans exception, fait part au ministère de l’Intérieur de leur « crainte » d’une victoire Le Pen, alors que l’appareil d’Etat se préparait à une éventuelle crise post-électorale. L’Obs cite aussi une note du renseignement, déjà citée par Le Parisien : « Des mouvements d’extrême gauche, plus ou moins implantés, chercheront sans nul doute à organiser des manifestations dont certaines pourraient entraîner des troubles sérieux ».

En même temps, selon L’Obs, les syndicats de police faisaient pression pour obtenir le droit d’utiliser des armes létales contre des manifestants, dont des grenades de désencerclement et des lanceurs de balles de défense. « Les instructions données de ne pas utiliser tel ou tel matériel deviennent insoutenables », a déclaré un syndicaliste Unsa-Police.

A l’intérieur de l’appareil d’Etat, le refus de Cazeneuve de démissionner devait « geler la situation politique », selon l’une des sources de L’Obs, et en exploitant une particularité de la constitution, lancer un coup pseudo-constitutionnel contre le président nouvellement élu :

« Dans un premier temps, il est prévu qu’après le second tour de la présidentielle, le chef de gouvernement ne remettra pas sa démission. Certes, le maintien en poste du Premier ministre est contraire aux usages républicains, mais sa démission n’est en rien une obligation constitutionnelle. Dans un second temps, le Parlement sera convoqué en session extraordinaire. Une date est même envisagée : le jeudi 11 mai. Ordre du jour : la crise nationale provoquée par les violences qui ont suivi le scrutin. Les députés se verront alors demander un vote de confiance ».

Le parlement aurait donc été sommé de donner un satisfecit pseudo-légal à un coup d’état mijoté par la police et le renseignement dans le dos des Français. Ce gouvernement pseudo-constitutionnel devait durer au moins jusqu’aux élections législatives des 11 et 18 juin, à supposer que les nouvelles autorités auraient permis le déroulement normal des législatives.

Ce que décrit ici L’Obs aurait été la suspension la plus grave des procédures démocratiques en France par les forces de sécurité depuis la guerre d’Algérie, quand des officiers partisans de l’Algérie française ont lancé un putsch à Alger en mai 1958. Ils ont ensuite lancé un coup, Opération Résurrection, pour renverser le gouvernement à Paris. Charles de Gaulle a profité de l’occasion pour s’arroger les pleins pouvoirs et ordonné à ses partisans de réécrire en vitesse la constitution, ce qui a produit la Cinquième République actuelle.

Le silence médiatique sur l’article de L’Obs est assourdissant. Ce reportage soulève des questions politiques fondamentales, ainsi que des questions sérieuses sur le gouvernement que va installer le nouveau président, Emmanuel Macron.

Y a-t-il d’autres scénarios à part l’élection de Le Pen dans lesquels la police et le renseignement suspendraient la constitution et imposeraient un état de siège ?

Et si le ministère de l’Intérieur traite de menace intolérable toute manifestation de gauche où des violences pourraient être commises, par des manifestants ou des provocateurs, prépare-t-on des opérations similaires pour réprimer des manifestations contre les politiques d’austérité et de guerre de Macron ? La police pourrait-elle réagir à l’exercice de droits de grève et de manifestation inscrits à la constitution en tentant d’imposer une dictature ?

Un quart de siècle d’austérité en France et à travers l’Union européenne après la dissolution stalinienne de l’Union soviétique ont transformé le capitalisme européen. Les inégalités économiques et la colère sociale sont à des niveaux record, et les vieux systèmes politiques et sociaux s’effondrent. La répression brutale l’année dernière de manifestations contre la loi travail du PS, imposée sans vote parlementaire dans le cadre de l’état d’urgence le plus long de l’histoire de France, témoigne du stade avancé de la décomposition de la démocratie française.

Dans ces conditions, les tentatives des responsables PS et de L’Obs de minimiser l’importance de son reportages sont profondément fausses. Leurs déclarations rassurantes selon lesquelles l’opération était constitutionnelle et aurait rapidement débouché sur le rétablissement du fonctionnement normal de la Cinquième République n’ont aucune valeur.

Le Premier ministre sortant Bernard Cazeneuve lui-même a crédibilisé le reportage de L’Obs par sa déclaration qu’il n’avait « aucunement l’intention de déserter le front de Matignon, au cas où Marine Le Pen emporterait la présidentielle ». Contacté par L’Obs dans le cadre de leur reportage, ses proches ont déclaré que Cazeneuve « n’a jamais, jamais mentionné ce scénario ».

Quant à L’Obs, le magazine insiste que le projet de coup était constitutionnel. Prenant au mot les responsables du PS, qui insistaient qu’ils auraient remis le pouvoir au nouveau gouvernement après les législatives, L’Obs conclut seulement que cela aurait été « une parenthèse inédite dans l’histoire de la République ».

En fait, si la police et le renseignement avaient tenté de mettre ces projets à exécution, ils auraient rompu visiblement avec les usages républicains et ouvert la voie à une rupture même plus large de la classe dirigeante avec les formes démocratiques. Cela aurait été le prélude à une confrontation violente avec les travailleurs, parmi lesquels un engagement profond subsiste envers la démocratie.

Alexandre Lantier

 

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/mai2017/lobs-m19.shtml

Une élection en forme de tube de vaseline pour électeurs en forme de poire

 

Une campagne riche et variée - "à la gauloise" - a abusé et trompé l'électeur en le mettant dans un piège bien connu des manipulateurs en psychologie sociale. Même si cette manipulation réussit, ce sera au prix d'un peu plus d'inertie et de sinistrose française et le programme "en marche" risque vite de devenir "à l'arrêt". On ne fait pas de grandes choses malgré ou contre le peuple qu'on dirige.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 : Le village gaulois en campagne

 On ne se refait pas et on ne voudrait pas que le village gaulois (sans potion magique) parte autrement qu'en ordre dispersé contre la formidable machine de l'Empire anglo-saxon.

Les candidats incarnant le principe national contre celui de la mondialisation impériale-globale sont partis en ordre dispersé à la bataille, en bon gaulois ou chevaliers indisciplinés. Dans l'ordre électoral il a aussi des Alesia, Azincourt, Pavie ou Sedan (si on sait encore ce que c'est).

De belles individualités mais une absence atavique de discipline et de capacité pour les egos à s'incliner devant le principe supérieur de survie nationale. Il faut des baffes magistrales et des dangers de mort pour que ce peuple léger et frivole se ressaisisse, toujours in-extremis et par miracle ce qui est bien le comble pour un peuple athée et fier de l'être.

Le village gaulois sans potion magique part se battre en ordre dispersé alors que les collabos sont à tous les postes clef. Cesar n'a pas fait autrement. Guerre des gaules : 1 000 000 de morts (estimation). Rien n'est pire que de se battre mal et à moitié contre un ennemi très puissant. Soit on s’aplatit pour un siècle et on survit comme en ex-URSS, soit on se donne les moyens de vaincre. La formule "demi-fantassin dans un demi-char" pour reprendre la formule de Malraux est désastreuse.

Peut-on trouver à utiliser ce kaléidoscope de personnalités et d'égos pour le bien commun ? Oui : pérenniser cette diversité des opinions qui fait la richesse de la démocratie représentative de partis, tirer les conséquences de l'augmentation des parrainages à 500 et du surplus de représentativité démocratique. Un candidat s'étant présenté à l'élection suprême pourrait avoir de plein droit pour 5 ans son entrée au début du conseil des ministres (5 minutes par personnalité), naturellement, sans y participer) pour exprimer ses avis, conseils, mises en garde ou réticences sur les sujets à l'ordre du jour et les questions qui y seront abordées. Quelle plus-value démocratique ce serait.

Ceci brisant l'autisme gouvernemental toujours prompt à se reformer et constituant pour le président et les ministres, décidant toujours en dernier ressort, le conseil qui peut faire la différence en cas de décision capitale à prendre. 

Le parlement n'est qu'une assemblée aux 3/4 vide qui ne sert plus que de chambre d'enregistrement. Encore quelques années et on pourra en faire un musée.

Les candidats qui ont été investis de centaines de signatures et de centaines de milliers de voix représentent un capital démocratique réel. On s'étonne qu'ils passent aux oubliettes à l'issue du premier tour.

2 : Une campagne qui a trompé l'électeur

L'enjeu de l'élection de 2012 était comment réagir face au hold-up des peuples pour renflouer les banques. Les français ont été capables de voter pour un candidat (Français Hollande) en sachant qu'il leur mentait. Cheminade, qualifié de "farfelu" comme on qualifie d'autres de "complotistes" eut 0,25 % des voix. Constant dans l'erreur, le corps électoral le punit encore en 2017 (0,18 %) pour persister à dire ce qu'il ne veut pas entendre.

Les onze candidats à l'élection présidentielle ont tous été intéressants dans leur ordre sauf un : le candidat système marketing que les français ont semblé avoir voulu porter en tête au premier tour. Son absence d'intérêt a tenu principalement au fait qu'il avançait masqué et était caractérisé par la fraude : on s'explique : il aurait dit : "je représente le cartel bancaire et ses succursales en France et j'ai obtenu l'accord pour que chaque français obtienne un crédit de x milliers d'euros et qu'ensuite que chacun bouge son cul et que le meilleur gagne" : il aurait été crédible en tant que ce qu'il représentait : le pouvoir de l'argent et le darwinisme social. 

On dit "semble" parce que dans le monde su simulacre et de la fraude, rien ne peut être tenu pour certain. Il faudra s'y habituer.

Il était impossible de se faire élire de cette façon et il a fallu une tactique bien connue surtout chez les anglais : la "deception", induire en erreur. 

Pour comprendre le sens d'un mot, rien ne vaut

 

  1. 1 : L'étymologie. Dans ce cas du vieux français deceptif, deceptieux et du latin DECIPIO, IS, ERE, CEPI, (de)CEPTUM : abuser, tromper, attraper/ duper, tromper/ abuser, induire en erreur
  2. 2 : le champ sémantique des synonymes et des contraires.

Deceptive étant un mot du moyen français (XVIème siècle), on pense avoir le droit d'utiliser les richesses de la langue française : le caractère déceptieux ou déceptif de cette campagne tenait aux facteurs suivants (non limitatifs) : 

1 : Avant l'élection : obligation pour les maires de déclarer publiquement leurs parrainages. Cette mesure qui paraît être de transparence ne l'est pas : beaucoup de choses se seront faites en "off" par téléphone et l’État a les moyens de faire payer cher à l'avenir les parrainages frondeurs. Il faudra examiner le sort qui sera fait aux 708 personnes qui ont parrainé Jean Lassalle (plus que Marine Le Pen), candidature qui déplaisait manifestement au pouvoir. Changer une règle du jeu, une règle ou un contrat parce qu'il ne vous plaît pas n'est pas très Fair play ni honorable. On n'attend de toute façon plus ces qualités de la clique au pouvoir. Qu'ils se démasquent et ce sera bien assez. 

2 : Pendant la campagne avec l'écrasante disproportion de couverture médiatique digne d'un régime de parti unique au profit d'un candidat dont on ne sait pas grand-chose se proclamant "nouveau" ou "antisystème". 

Pendant l'entre-deux tours par

·         un tir de barrage contre un candidat venant de tous les corps constitués système et même de ceux dont la fonction est de veiller au bon fonctionnement des institutions et à la neutralité des élections. Le but : tétaniser l'électeur qui pourrait être tenté de "mal" voter. L'hystérie qui a pris la classe politico-médiatique à l'annonce d'un accord de gouvernement entre FN et Debout la France en dit long sur le caractère "mauvais joueur" de la classe politico-médiatique. Il est normal démocratiquement que des partis qui ont des visions similaires s'apparentent en vue de gouverner - le parti communiste, le parti socialiste et les radicaux de gauche l'avaient fait en 1981 (programme commun), la SFIO, l'UDSR, radicaux, modérés et MRP également sous le IV république (troisième force). Si la constitution reconnaît les partis comme acteurs légitimes de la vie démocratique, il n'y a aucune objection à avoir quand deux partis font une alliance. Sinon il faut interdire les partis ou mettre en place un parti unique et les choses seront clarifiées. 

·         Par la volonté de faire apparaître comme un "séisme" politique ce qui n'est que la fusion UMPS dans un candidat qui ne porte pas ce nom et qui se présente comme politiquement vierge et qui n'est qu'une habile opération marketing/démolition contrôlées de l'aile gauche du PS au profit de Goldman Sachs tel que l'on avait pu l'analyser en 2015 à l'occasion des régionales. (Aïe les français ont encore voté)

Ce système décepteur aime les partis quand ils sont folkloriques et ne dépassent pas 1 %. Ils sont une caution "démocratique" au système sans le menacer.

L'équation malhonnête FN = extrême droite 1934 et France 2017 = Allemagne 1932-33 ne tient naturellement pas la route mais on tirera bien sur la corde encore un peu bien qu'elle soit bien usée. En fait pour peu qu'il soit même imaginable de pouvoir comparer 1934 et 2017, le FN version "Marine" s'apparenterait plus  à une réincarnation du Parti Social Français (Patriotique, corporatiste, progressiste (pour l'époque naturellement - vote des femmes, congés payés )- anti-nazi, anti-fasciste, anti stalinien, contre l'antisémitisme, contre la collaboration, résistant, patriote et européen (pas l'Europe Bruxelloise naturellement) et massivement social. Si les journaleux parlent d'années trente, qu'ils sachent au moins de quoi ils parlent. C'est agaçant à la fin ces approximations permanentes.                      

Le second tour oppose le candidat incarnant le principe national contre celui incarnant celui de la mondialisation impériale-coloniale et soutenu par l'ex et présent présidents des États-Unis. En d'autres temps, les français avaient réagi autrement au manifeste de Brunswick.

Au moins, c'est clair : l'Empire donne sa consigne de vote à sa colonie. La balle est dans le camp de la colonie.

3 : Au moyen d'un procédé bien connu en psychologie sociale

Quand le peuple français comprendra-t-il que l’ingénierie sociale est infiniment plus puissante que la propagande de Goebbels ou que du maccarthysme. "Ils" savent tout sur vous et la technologie est un cheval de Troie dans votre cerveau. On parle même de téléguider votre comportement au moyen du wifi et des ondes.

Le dilemme cornélien n'est pas d'aujourd'hui et la tragédie suppose que les éléments de l'alternative soient également inacceptables. Dans le contexte du XVI ème siècle, Roméo ne peut à la fois aimer Juliette et déshonorer sa famille, pas plus qu'il ne peut ne pas aimer Juliette. Juliette étant dans la même situation, la seule issue est la mort. Même chose pour le Cid.

L'électeur du Front de gauche ou des républicains se trouve mis dans une quasi double contrainte paralysante voire déstructurante. Il est mis devant l'injonction de voter contre ce qu'il est. Quasi double contrainte car il reste possible de fuir dans :

·         L'abstention en sachant qu'on subira deux résultats également mauvais

·         Le vote blanc qui ne sert à rien puisqu'il n'existe pas de quorum en deçà duquel l'élection serait annulée et devrait être refaite. 

·         L'expatriation (voter avec ses pieds)

L'électeur se trouve contraint de voter selon l'injonction "soyez républicain et faites barrage à l’extrême droite" alors que son intuition haute sent que donner le pouvoir à Goldman Sachs, à la BCE et à l'OTAN ne lui apportera que les pires malheurs "républicains".

Ce que Malraux avait bien compris en disant "pour qu'existe la République, il fallait bien qu'existe la France non ?" et de se gausser du "candidat unique des républicains contre un homme qui avait sauvé deux fois la république".

On comprend bien que cette élection reposant sur une fraude et un vice caché d'un candidat devrait être annulée et refaite.

Conséquences probables d'une victoire "républicaine"

Les marqueteurs manipulateurs d'opinion peuvent réussir leur coup mais au prix d'un tel coup porté à la démocratie que cela se retournera contre eux : s'il y a quelque chose dans le programme du candidat système, c'est le dynamisme retrouvé d'un peuple qui prendrait avec audace les opportunités de la mondialisation. Mais à l'issue d'une telle violence psychique, l’amertume puis la sinistrose de la partie du corps électoral foulé aux pieds enlèvera tout le reste de vigueur et de ferveur au pays. Il n'est jamais très agréable de reconnaître qu'on s'est fait entuber encore une fois jusqu'à la prochaine et ce indéfiniment comme un vinyle rayé. Si d'aventure le ticket Le Pen / Dupont Aignan était élu, le système les punira et émeutes de banlieue, attentats, "bashing" international et probablement grèves de certains corps publics rendraient le gouvernement impossible et le chaos organisé probable.

Un scénario de tragédie a été concocté en haut lieu. On l'a dit depuis des années sur ce journal. Face à un coup d'état marketing, on comprend bien que les couillonné(e)s ne reconnaîtront pas au fond d'eux-mêmes le résultat de ces élections. Il faudrait les annuler et les refaire, ce qui naturellement n'arrivera pas.

 

C'est très probablement un président, illégitime dès le jour de son entrée en fonctions, et vite haï qui risque de prendre les rênes du pouvoir.

Gouvernement Macron : les réseaux occultes sont en marche !

Édouard Philippe inconnu du grand public est aujourd’hui en place à Matignon mais qui est-il ? Et qui sont ses soldats du libéralisme à la Macron qui entendent nous dicter leurs lois ? Mais surtout et c’est là grande question : pourquoi eux ? Franc-maçonnerie et Bilderberg investissent un conseil des ministres qui ne ressemble en rien à son peuple mais bien à l’élite occulte Occidentale. Que les choses soient dites : tous ces ministres ou presque épousent la doctrine libérale-mondialiste soutenue par l’État profond américain. Cette même doctrine qui encourage le « fédéralisme Européen » en assassinant nos nations et par la même occasion : nos cultures et toutes les valeurs qui font de nous des peuples fiers et droits. 

 À première vue si nous regardons à la volée, nous ne voyons pas ce qui peut lier tous ces nouveaux hauts fonctionnaires de l’État, mais si nous nous y penchons un peu…

 À tout seigneur tout honneur, Édouard Philippe nouveau Premier ministre et proche d’Alain Juppé : qui est-il, d’où vient-il ? La question que je me pose en réalité c’est : comment un simple maire du Havre, inconnu du grand public a pu coiffer au poteau tous ceux qui prétendaient s’assoir à la droite de Rothschild Junior ? Il avait pour sûr les relations nécessaires pour gravir les échelons. Édouard Philippe est clairement dans la lignée de Macron, porté et coopté par bien plus puissant que lui. C’est un ancien énarque il va de soi, en fin d’études il intègre le conseil d’État ce qui signifie qu’il est jugé apte à servir les intérêts de ceux qui s’octroient le droit de penser pour tout le monde.

 Comme je l’explique dans un article sur le complotisme, la maçonnerie a accouché de nombreux autres « clubs de réflexion » qui ne sont rien d’autre que des réseaux d’influences au comportement mafieux réunissant les plus puissantes fortunes de la planète et les jeunes pousses prometteuses sortant des grandes écoles. À l’origine ces « groupes » sont apparus par la volonté de certains de s’écarter du groupe principal, avec le temps ils sont devenus indépendants tout en restant infestés de francs-maçons. Ces nouveaux groupes de réflexion permettent de recruter et d’affilier de nouveaux partisans de la doctrine mondialiste sans qu’ils aient à intégrer systématiquement la maçonnerie ce qui les tiens éloignés de certains secrets et permet de ratisser plus large. Le plus célèbre actuellement c’est bien sûr le groupe Bilderberg dont je ne fais qu’un tout petit résumé ici mais j’invite tout le monde à se renseigner sur le sujet. Ce « groupe » très influent se réunit chaque année et ceux qui y sont invités sont tenus au secret le plus total. Vous ne verrez jamais Mélenchon au Bilderberg je vous le dis, cette association de malfaiteurs d’envergures internationales est une institution libérale ayant pour objectif la construction d’une nation unique bâtie sur les règles d’un marché mondialisé ; en revanche vous auriez pu y croiser : Juppé, Fillon, Lagarde mais aussi en 2014 : Emmanuel Macron qui deviendra Ministre de l’économie trois mois plus tard et en 2016 : Édouard Philippe !

 S’il ne m’a pas été possible de trouver au nouveau Premier ministre une filiation maçonnique, il a été en revanche très appuyée par Antoine Rufenacht ancien maire du Havre et proche de la loge des « 3H » mais surtout « Young leaders » de la French American Foundation ; je vous passe les détails mais c’est l’antichambre du Bilderberg, Giscard d’Estaing, Juppé, Hollande entre autres y sont passés mais aussi Macron bien sûr. Bref Édouard Philippe n’est pas arrivé ici par hasard, cet homme qui a grandi dans l’ombre des cabinets ministériels est un bon soldat du dollar, intelligent et maîtrisé. N’oublions pas qui il représente. N’oublions pas qu’il a toujours menti sur son patrimoine. Édouard Philippe s’inscrit dans une stratégie globale qui se prépare depuis longtemps et qui dotera les puissances Européennes de gouvernements libéraux qui détruiront les systèmes politiques nationaux et renforceront les institutions non démocratiques internationales comme l’Union Européenne.

 Mais le pire, c’est qu’il y a pire !

 Goulard Sylvie : Ministre des armées, ça fait flipper. Européiste convaincue, cette énarque de la promotion « liberté, égalité, fraternité » ça ne s’invente pas, a participé à la réunion du Bilderberg en même temps que le Premier ministre. C’est aussi une « Young leaders » de la « French American Foundation ». Eurodéputée depuis 2009 elle a fait l’essentielle de sa carrière dans les couloirs de Bruxelles, elle a même enseigné au « Collège de l’Europe. Elle a été conseillère de Romano Prodi et chargé du suivre la Convention sur l’avenir de l’Europe présidé par Giscard d’Estaing qui accouchera du traité de Lisbonne. Ses activités au sein de l’Union Européenne sont multiples mais elle travaille clairement et depuis longtemps à la création d’une véritable administration gouvernementale Européenne.

 Selon plusieurs sources, je cite :

 « Le 15 septembre 2010, Sylvie Goulard cofonde, avec Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant et Guy Verhofstadt le groupe Spinelli, une association de députés européens, d'universitaires et d'autres personnalités politiques qui a pour objectif de promouvoir le fédéralisme européen. »

 « Parallèlement à sa fonction de députée européenne, elle a travaillé en tant que consultante au sein de l’Institut Berggruen… »

  Qu’est-ce que c’est encore que ce truc ? Et bien je cite :

 « L’Institut Berggruen est un groupe de réflexion se voulant indépendant et non-partisan consacré à l’étude comparative et à la conception de systèmes de gouvernance adaptés aux défis complexes spécifiques au xxie siècle. »

  Et comprenant entre autres :

« The Council for the Future of Europe : un groupe de réflexion interne institué afin de débattre et de préconiser des moyens visant à parvenir à une Europe unifiée. »

 Il est présidé par l'ancien Premier ministre italien, Mario Monti. Parmi ses membres figurent notamment d’anciens chefs d’État : Tony Blair (R.-U.), Gerhard Schröder (Allemagne), Felipe González (Espagne), Romano Prodi (Italie), Matti Vanhanen (Finlande), Guy Verhofstadt (Belgique), Franz Vranitzky (Autriche), et Marek Belka (Pologne) ; on y compte également des économistes : Joseph Stiglitz, Michael Spence, Robert Mundell, Jean Pisani-Ferry, Nouriel Roubini, et Otmar Issing ; y figurent encore des chefs d’entreprise tels que Mohamed El-Erian et Juan Luis Cebrián, ou des universitaires comme Niall Ferguson et Anthony Giddens ; l’ex-président de la Commission européenne Jacques Delors ainsi que l’ex-directeur du Comité international de la Croix-Rouge Jakob Kellenberger, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy, le président de Goldman Sachs et l’ex-directeur de l’Organisation mondiale du commerce Peter Sutherland, l’ex-directeur de la Deutsche Bundesbank Axel Weber, Doris Leuthard, membre du Conseil fédéral suisse et l’homme d’affaires Alain Minc en font également partie.

 Le groupe milite pour une intégration politique plus importante au sein de l’Europe par le biais d’une meilleure consolidation fiscale européenne, d’une extension des pouvoirs attribués à la Banque centrale européenne, et de la contribution active des citoyens européens. »

Mais aussi :

 « The 21st Century Council : un conseil consacré à la réforme de la gouvernance internationale. Le conseil est présidé par l'ancien Président du Mexique, Ernesto Zedillo. Composé d’anciens chefs d’états, de lauréats du prix Nobel et de chefs d’entreprises internationales. »

Le tout étant bien sûr basé aux États-Unis.

 Mais au fait, avec un tel parcours : pourquoi Silvie Goulard se retrouve-t-elle ministre des armées et non aux affaires Européennes ce qui paraîtrait plus logique ? Serait-ce pour faciliter la création de l’Armée Européenne ? Un pays qui ne maîtrise ni son économie, ce qui est déjà le cas, ni son armée, ce qui risque d’arriver, n’est plus une nation. L’idée de Macron et de ses sbires est de créer une Europe fédérale dotée d’un gouvernement n’étant pas soumis au suffrage universel, avec bien sûr sa monnaie qu’elle possède déjà mais surtout une armée capable de rivaliser avec n’importe quelle superpuissance.

Si je résume, Sylvie Goulard aux Armées, c’est l’armée à Bruxelles et par conséquent c’est le dernier pilier de la nation qui s’effondre pour laisser place à ce nouvel Empire Libéral Européen.

 Et je ne vous parle pas des autres :

 Jean-Yves Le Drian au C.V. long comme le bras aura été le ministre de la défense (des Armée actuellement) de François Hollande durant tout le quinquennat. Il est donc remplacé par Sylvie Goulard et c’est lui qui se chargera des affaires Européennes et étrangères. Il est initié au Grand Orient de France.

Gérard Collomb Ministre de l’intérieur et soutient de la première heure est aussi franc-maçon au Grand Orient de France et cofondateur de la fondation Jean Jaurès qui milite notamment pour la promotion de la « démocratie » dans le monde.

François Bayrou, opportuniste notoire membre du club le Siècle.

Bruno Le Maire, ancien secrétaire d’État aux affaires Européenne représentant la France à la commission trilatérale.

Françoise Nyssen, la preuve que même issue de la société civile ils ont tous un grain, cette célèbre éditrice est une adepte de la philosophie d’Anthroposophie, mais me direz-vous qu’est-ce que c’est ? Je cite :

« L'anthroposophie est une philosophie occulte traitant de l'Homme et son environnement naturel, développée par Rudolf Steiner. Le terme d'« anthroposophie » est inspiré du livre de Thomas Vaughan Anthroposophia Theomagica, et signifie « la sagesse appliquée à l'Homme ». Partant de la conviction qu'il existe un monde spirituel accessible à l'intuition, Steiner s'appuie sur la théosophie de Blavatsky et développe son propre système en y incorporant des données empruntées à de nombreuses traditions occultes, astrologiques, religieuses, mythiques et philosophiques de l'humanité. L'anthroposophie se déclare d'un caractère universel et veut s'appliquer à une large diversité de domaines, notamment l'éducation, la musique, la peinture, l'agriculture, la médecine et l'architecture. »

En 1995 Françoise Nyssen fonde avec son mari « l’école du domaine possible » sur le modèle des écoles Steiner-Waldorf, je vous laisse vous renseigner, c’est très louche et ça sent la secte à plein nez ! Mais pas de soucis Madame Nyssen devient notre ministre de la culture !

Continuons avec :

 Jean-Michel Blanquer : pur produit de l’Éducation nationale et franc-maçon c’est normal.

Muriel Pénicaud : Ministre du travail est diplômée de « l’Institut européen d'administration des affaires. » Fondée entre autres par Giscard d’Estaing. Elle a travaillé dans différents cabinets ministériels mais elle a surtout occupé des postes à hautes responsabilités dans des groupes comme Danone, Orange et même Dassault. Depuis 2014 elle est membre du « comité de pilotage des 34 plans de la Nouvelle France industrielle » qui est une sorte de parallèle à la commission Attali et dont la seconde phase a été lancée par Macron lui-même. Leur rapport s’intègre parfaitement dans la politique sociale-libérale qui nous attend et Muriel Pénicaud aura pour mission de concrétiser le projet.

Nicolas Hulot lui-même serait franc-maçon mais peu importe…

 Où nous emmène donc Emmanuel Macron, l’homme qui une fois président a marché sur l’hymne Européen jusqu’à la pyramide de verre ? Vers une Europe fédérale dont nous ne contrôlerons démocratiquement plus aucun organe. Une Europe fédérale libérale où l’élitisme sera la norme. Une Europe qui continuera à creuser le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. Une Europe qui continuera de semer la guerre et la terreur dans le sillage de l’oncle Sam qui infeste nos politiques étrangères et nous implique dans des machinations sordides.

Un gouvernement libéral de combat

Un gouvernement mondialiste qui va mettre le coup de grâce aux nations et aux cultures Européennes sans nous demander notre avis. Un gouvernement soumis à une doctrine suprématiste qui impose sa volonté pseudo démocratique à coup de guerre et de magouilles partout dans le monde. Ce gouvernement est taillé sur mesure pour satisfaire toutes les obédiences et autres réseaux d’influences mafieux qui détruisent notre histoire, nos vies, notre avenir et celui de nos enfants.

  Je vous le dis, il va falloir rester vigilant les prochaines semaines, ne pas se laisser endormir par la propagande et être prêt à réagir le moment venu. Le gouvernement Macron s’inscrit dans un futur qui laissera bien plus de laisser pour compte que de millionnaires. Nous devons nous réveiller et faire prendre conscience à tout le monde que ces réseaux sont puissant, très puissants et que ce sont eux qui font le jeu politique, possèdent les banques et les médias les plus influents. Ce sont eux qui ont fabriqué le président Macron et toute sa clique.

« La France ne peut exister qu’au travers du sentiment patriotique, d’amour profond de la terre de France et de sa culture taillée par des siècles d’histoire, de heurts et de grandes réussites. C’est au Français de comprendre que la patrie nous protège des Empires qui ne tendent qu’à croître par tous les moyens même les plus fourbes et les plus ignobles. La France existe au travers du peuple Français et ceux qui l’oubli seront sans identité, sans attache. Sans âme. » C.H.

 

 

Bon appétit, M. Hulot !

 

Dans « Mon oncle », un film de Jacques Tati sorti en 1958, un riche industriel veut éviter que son beau-frère, M. Hulot, personnage rêveur et bohème, n'influence son fils. Afin de l'éloigner, Il le case dans son usine. Or, le grand-père paternel de Nicolas Hulot, architecte, vivait dans le même immeuble que Jacques Tati, lequel s'en serait inspiré pour créer le personnage auquel il a consacré deux films. Le champion de l’écologie s’en tirera-t-il mieux que le personnage de Tati dans ses démêlés avec le pouvoir des industriels ?

La nomination du militant écologiste mercredi par Edouard Philippe comme « Ministre de la Transition écologique et solidaire » a immédiatement provoqué une chute de la valeur des actions d’EDF de 7%. Depuis l'élection de Macron et la nomination du premier ministre, ancien cadre d’Areva, le monde de la finance s'attendait à une politique énergétique pro nucléaire, mais l’arrivée de Nicolas Hulot comme ministre de l'écologie a fait naitre des doutes dans l'esprit des investisseurs à ce propos. M. Andrea Tueni, analyste des marchés chez Saxo Bank France a déclaré : "Le marché réagit négativement à la nomination de Nicolas Hulot qui risque de se traduire par une ligne écologique plus stricte, compte tenu de l'histoire de l’intéressé en tant que militant environnemental ".

Jusque là, Nicolas Hulot avait conseillé les présidents sur les questions environnementales, mais il avait toujours refusé un poste ministériel. Il a déclaré qu'il espérait que sa nouvelle fonction permettrait d’apporter des changements : "Je pense, même si je n’en suis pas sûr, que la nouvelle situation politique offre une possibilité d'action et je ne peux pas ignorer cela ", a-t-il déclaré sur Twitter.

Pragmatique, il a toujours eu de bonnes relations avec les entreprises françaises dont EDF qui figure parmi les sponsors de sa fondation. Il n’est pas particulièrement considéré comme « antinucléaire » mais a critiqué chez EDF la forte concentration de l’énergie nucléaire qui assure 75 pour cent de la production d'électricité en France.

Le plus grand opérateur mondial de centrales nucléaires, EDF doit construire deux réacteurs nucléaires à Hinkley Point, en Grande-Bretagne pour un montant de 25 milliards d’euros et doit engager 50 milliards d'euros de dépenses pour améliorer son parc français vieillissant.

Dans un entretien avec un journaliste de Libération le mois dernier, Nicolas Hulot a déclaré que l'un des principaux défis de France sera de repositionner EDF sur un chemin compatible avec une transition de la dépendance à l'énergie nucléaire grâce à une utilisation renforcée des énergies renouvelables : "Alors que partout ailleurs la transition énergétique s'accélère, EDF se concerte avec Areva pour le développement de projets nucléaires coûteux comme Hinkley Point et n'investit pas suffisamment dans les énergies renouvelables ".

Interrogé par Le Parisien en mars sur la question de la « transition », il avait déclaré : "C'est un objectif à moyen terme. Plus l'énergie renouvelable deviendra compétitive, plus le modèle du nucléaire sera du domaine du passé ".

Interrogé sur une éventuelle fermeture de la centrale de Fessenheim, que François Hollande avait promis de fermer, Nicolas Hulot a déclaré que cette fermeture était importante mais qu’elle aurait un coût social : "Nous ne pouvons pas imposer une transition par la force. La transition doit être faite d’une manière acceptable ".

Contrairement à Ségolène Royal qui était ministre de l'énergie et de l’Environnement, Nicolas Hulot est « ministre de l'écologie et de la solidarité », et son titre ne fait pas mention de l'énergie.

Lors de la cérémonie de passation de pouvoirs, Nicolas Hulot a salué le travail de Ségolène Royal et a affirmé qu'il le protègerait son héritage qui comprend une loi de transition énergétique visant à réduire la part du nucléaire pour le ramener à 50% d'ici 2025.

En tant que ministre de l'Économie il y a deux ans, Macron avait mis en chantier la recapitalisation d’EDF, son alliance avec Areva et il avait apporté son soutien au projet Hinkley Point. De son côté, Edouard Philippe, a travaillé comme lobbyiste pour Areva de 2007 à 2010. Il sera intéressant de suivre les évolutions en matière de transition énergétique dans ce gouvernement qui ne semble pas s’effrayer outre mesure des contradictions.

Mais à plus court terme, le sujet d’environnement le plus sensible est celui de Notre-Dame-des-Landes. Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire avait la réputation d’être un fervent opposant à ce projet d'aéroport, au point que, lors de la consultation sur le projet en 2016, il estimait que « son résultat ne pouvait être légitime ». Il s'est finalement incliné au lendemain du résultat en déclarant : « On ne peut pas demander d'aller voter et après, si le résultat ne nous plaît pas ne pas en tenir compte. En ce qui me concerne, je m'incline  »,. mais la population sensible aux questions environnementales continuent à fonder des espoirs sur ses convictions.

 

L’éolien est évidemment déterminant pour l’orientation des girouettes, mais les défenseurs de l’environnement n’ont jamais imposé à qui que ce soit de manger son chapeau. Bon appétit, M. Hulot.

Liste des soutiens d’Emmanuel Macron, le candidat du Parti de la presse et de l’argent (PPA)

La liste des soutiens d’Emmanuel Macron que nous proposons ci-dessous n’est pas exhaustive mais elle est à notre connaissance la plus complète disponible à ce jour. Les personnalités sont classées par catégorie (« Patrons et banquiers », « Responsables politiques », etc.), puis par ordre alphabétique. Les possédants, que leur capital soit prioritairement économique, politique ou culturel, sont, sans surprise, en bonne place…

Patrons et banquiers

Loïc Armand (président de la commission Europe du MEDEF et de L’Oréal France)
Bernard Arnault (1ère fortune française – 11e mondiale –, PDG et principal actionnaire de LVMH, propriétaire du Parisien-Aujourd’hui en France et des Échos)
Pierre Bergé (363e fortune française, homme d’affaires, mécène, copropriétaire du groupe Le Monde)
Vincent Bolloré (10e fortune française, industriel, actionnaire principal de Vivendi et du groupe Canal+)
Yannick Bolloré (PDG d’Havas, membre du conseil de surveillance de Vivendi)
Alexandre Bompard (PDG de la FNAC-Darty)
Didier Casas (directeur général adjoint de Bouygues Telecom, conseiller d’Emmanuel Macron)
Patrick Drahi (5e fortune française, président d’Altice, principal actionnaire de SFR Group, qui possède Libération et L’Express)
Thomas Enders (PDG d’Airbus)
Pierre Gattaz (président du MEDEF)
François Henrot (banquier d’affaires, ancien bras droit de David de Rothschild)
Henry Hermand † (305e fortune française, président de la société d’immobilier commercial HH Développement, parrain d’Emmanuel Macron en politique)
Arnaud Lagardère (305e – ex aequo – fortune française, directeur du groupe Lagardère, propriétaire du Journal du dimanche)
Pascal Houzelot (propriétaire de la chaîne Numéro 23, membre du conseil de surveillance du Monde)
Bernard Mourad (ex-banquier conseil de Patrick Drahi et ancien de la banque Morgan Stanley, conseiller spécial d’Emmanuel Macron)
Xavier Niel (9e fortune française, actionnaire majoritaire d’Iliad, maison-mère de Free, copropriétaire du groupe Le Monde)
Laurence Parisot (ancienne présidente du MEDEF)
Claude Perdriel (363e fortune française, industriel, homme de presse, propriétaire de Challenges)
François Pérol (banquier, président du groupe BPCE, ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy)
Matthieu Pigasse (banquier d’affaires, directeur de la banque Lazard en France et responsable des fusions-acquisitions au niveau mondial, copropriétaire du groupe Le Monde)
Stéphane Richard (PDG d’Orange)
Marc Simoncini (326e fortune française, entrepreneur, fondateur de Meetic)
Bernard Tapie (400e fortune française, homme d’affaires, ancien ministre PS sous François Mitterrand).

Responsables politiques et hauts fonctionnaires

Leila Aïchi (sénatrice écologiste)
Gérard Araud (ambassadeur aux États-Unis, ex-représentant de la France à l’ONU)
Aline Archimbaud (sénatrice écologiste)
Kader Arif (député PS, ex-secrétaire d’État aux Anciens combattants)
Jean-Marc Ayrault (ministre des Affaires étrangères, ancien Premier ministre)
Jean-Michel Baylet (ministre PRG de l’Aménagement du territoire, PDG du groupe La Dépêche)
François Bayrou (président du MoDem, maire de Pau)
Aurore Bergé (ex-LR, membre d’En marche)
Emmanuel Bonne (ambassadeur au Liban)
Jean-Louis Borloo (ancien ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, fondateur de l’UDI)
Thierry Braillard (secrétaire d’État chargé des Sports dans les gouvernements Valls 1 et 2, puis Cazeneuve)
Patrick Braouezec (ancien député-maire PCF de Saint-Denis, vice-président de la Métropole du Grand Paris)
Christophe Caresche (ancien député PS)
Christophe Castaner (député PS, porte-parole d’Emmanuel Macron)
Thomas Cazenave (ex-directeur de cabinet d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, secrétaire général adjoint de la présidence de la République)
Jean-Pierre Chevènement (
Daniel Cohn-Bendit (ancien député européen écologiste)
Gérard Collomb (sénateur PS, maire de Lyon)
Jean-Claude Cousseran (ex-directeur de la DGSE, ancien ambassadeur en Syrie et en Égypte)
Bertrand Delanoë (ancien maire PS de Paris)
Muriel Domenach (ex-consul à Istanbul, directrice du Comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation)
Philippe Douste-Blazy (ancien ministre dans cinq gouvernements RPR/UMP)
Myriam El Khomri (ministre du Travail)
Richard Ferrand (député et conseiller régional PS rallié à Emmanuel Macron, secrétaire général d’En marche)
Jean-Louis Gagnaire (député PS)
Sylvie Goulard (députée européenne MoDem)
François Hollande (président de la République)
Robert Hue (sénateur, président du Mouvement des progressistes, ancien secrétaire national puis président du PCF)
Jean-Pierre Jouyet (secrétaire général de la présidence de la République, ancien président de l’autorité des marchés financiers, secrétaire d’État aux Affaires européennes des gouvernements Fillon I et II)
Patrick Kanner (ministre de la Ville)
Alexis Kohler (ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, ex-numéro 2 du cabinet de Pierre Moscovici au même ministère)
Bernard Kouchner (ancien ministre PS dans les gouvernements Bérégovoy, Jospin et Fillon I et II)
Jean Launay (député PS)
Aurélien Lechevalier (ex-conseiller diplomatique d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, ancien conseiller culturel à Beyrouth, conseille diplomatique d’Emmanuel Macron)
Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense)
Jean-Marie Le Guen (secrétaire d’État chargé des Français de l’étranger et du Développement de la Francophonie)
Corinne Lepage (ancienne ministre écologiste des gouvernements Juppé I et II, présidente de Cap21)
Nathalie Loiseau (directrice de l’ENA, ex-directrice générale du ministère des Affaires étrangères, proche d’Alain Juppé)
Alain Madelin (ancien ministre dans les gouvernements Chirac II, Balladur et Juppé I)
Christophe Masse (conseiller général PS des Bouches-du-Rhône, désormais membre d’En marche)
Juliette Méadel (secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes)
Antoine Michon (chef de la division « climat et environnement » au ministère des Affaires étrangères)
Pierre Moscovici (commissaire européen aux Affaires économiques, membre du PS)
Guillaume Ollagnier (directeur adjoint du cabinet de Jean-Marc Ayrault au ministère des Affaires étrangères)
François Patriat (sénateur PS)
Dominique Perben (ancien ministre des gouvernements Balladur, Juppé II, Raffarin I, II et III, et Villepin)
Bernard Poignant (proche conseiller de François Hollande, ancien maire PS de Quimper)
Barbara Pompili (secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, membre du Parti écologiste)
François Rebsamen (maire PS de Dijon, ancien ministre des gouvernements Valls I et II)
François de Rugy (vice-président de l’Assemblée nationale, président du Parti écologiste)
Dominique Tiberi (conseiller de Paris)
Jean Tiberi (ancien maire RPR de Paris)
Xavière Tiberi (respectivement mère et épouse des deux précédents)
Manuel Valls (député PS, ancien Premier ministre)
Hubert Védrine (diplomate, ancien ministre du gouvernement Jospin)
Olivier Véran (ancien député PS, neurologue, référent santé à En marche)
Dominique de Villepin (ancien Premier ministre de Jacques Chirac, ministre dans les gouvernements Raffarin I, II et III).

Responsables politiques étrangers (la plupart ont manifesté leur soutien après le 1er tour)

Joschka Fischer (ancien ministre des Affaires étrangères allemand)
Sigmar Gabriel (ministre des Affaires étrangères allemand, vice-chancelier)
Paolo Gentiloni (président du Conseil des ministres italien)
Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne)
Angela Merkel (chancelière fédérale d’Allemagne)
Charles Michel (Premier ministre belge)
Barack Obama (ancien président des États-Unis d’Amérique)
Matteo Renzi (ex-président du Conseil des ministres italien, secrétaire général du Parti démocrate)
Alberto Rivera (président du parti centriste espagnol Citoyens – Ciudadanos)
Mark Rutte (Premier ministre néerlandais)
Wolfgang Schaüble (ministre des Finances allemand)
Martin Schulz (ancien président du Parlement européen, candidat du SPD à la Chancellerie allemande)
Frank-Walter Steinmeier (président de la République fédérale d’Allemagne)
Justin Trudeau (Premier ministre canadien)
Alexis Tsipras (Premier ministre grec)
Guy Verhofstadt (député européen, président du groupe ADLE).

Intellectuels et journalistes

Jacques Attali (essayiste, conseiller de plusieurs présidents, parrain en politique d’Emmanuel Macron)
Christophe Barbier (journaliste, directeur de L’Express)
Philippe Besson (écrivain)
Laurent Bigorgne (directeur de l’institut Montaigne, think tank patronal)
Matthieu Croissandeau (journaliste, directeur de L’Obs)
Ruth Elkrief (journaliste sur BFM TV)
Henrik Enderlein (directeur du Jacques Delors Institut, professeur en économie politique à la Hertie School of Governance de Berlin)
Vincent Giret (journaliste au Monde)
Laurence Haïm (journaliste, porte-parole d’Emmanuel Macron)
Régis Jauffret (écrivain)
Arnaud Leparmentier (journaliste au Monde)
Bernard-Henri Lévy (philosophe, et tant d’autres choses…)
Michèle Marchand (journaliste, conseillère en communication d’Emmanuel Macron)
Philippe Martin (économiste, conseiller d’Emmanuel Macron à Bercy)
Alain Minc (essayiste, homme d’affaires, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy)
Erik Orsenna (écrivain)
Jean Quatremer (journaliste à Libération)
Bruno Roger-Petit (éditorialiste à Challenges)
André Sapir (chercheur à l’Institut Bruegel)
Maurice Szafran (éditorialiste à Challenges, directeur éditorial des magazines du groupe Sophia Publications)
Bruno Tertrais (directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique)
Justin Vaïsse (directeur du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie, think tank interne du ministère des Affaires étrangères)
Yanis Varoufakis (économiste, ex-ministre des Finances grec)
Cédric Villani (mathématicien, membre de l’Académie des sciences, directeur de l’Institut Henri-Poincaré, candidat En marche aux législatives 2017)
Artistes et vedettes de la télé

Keren Ann (musicienne)
Pierre Arditi (acteur)
Christophe Beaugrand (animateur télé)
Guy Bedos (humoriste)
François Berléand (acteur)
Stéphane Bern (animateur)
Jean-Pierre Castaldi (comédien)
Emmanuel Chain (animateur et producteur télé)
Dani (chanteuse)
Catherine Deneuve (actrice)
Jean-Marc Dumontet (producteur de spectacles et propriétaire de théâtres parisiens)
Cyrille Eldin (animateur télé)
Danièle Évenou (actrice)
Geneviève de Fontenay (ancienne présidente du comité Miss France)
Guillaume Gallienne (acteur et réalisateur)
Françoise Hardy (chanteuse)
Catherine Laborde (animatrice télé)
Catherine Lara (musicienne)
Vincent Lindon (acteur)
Fabrice Luchini (acteur)
Macha Méril (actrice)
Bernard Montiel (animateur télé)
Renaud (chanteur)
Line Renaud (actrice)
Marjane Satrapi (auteur de bande dessinée et réalisatrice)
Régis Wargnier (réalisateur).

Sportifs

Yohan Cabaye (footballeur)
Steve Mandanda (footballeur)
Wendie Renard (footballeuse).

Équipe rapprochée d’Emmanuel Macron au sein d’En marche

David Amiel (coordination du programme présidentiel avec Jean Pisani-Ferry)
Ludovic Chaker (spécialiste de communication, collaborateur de l’ancien directeur de Sciences-Po Richard Descoings, chargé de la direction des opérations à En marche)
Julien Denormandie (ancien directeur adjoint du cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, secrétaire général adjoint d’En Marche)
Ismaël Emélien (conseiller pour la stratégie, la campagne et le développement d’En marche)
Sophie Ferracci (avocate d’affaires, ex-chef de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, idem au sein d’En marche pendant la campagne présidentielle)
Sylvain Fort (normalien, agrégé de lettres classiques, communicant passé par BNP Paribas et l’agence DGM, conseiller à la communication d’Emmanuel Macron)
Jean-Marie Girier (membre du PS, ancien chef de cabinet de Gérard Collomb à la mairie de Lyon)
Benjamin Griveaux (ancien du cabinet de Marisol Touraine, ex-vice-président du Conseil général de Saône-et-Loire, porte-parole d’Emmanuel Macron, chargé de la riposte)
Quentin Lafay (normalien, ancien du cabinet de Marisol Touraine et de celui d’Emmanuel Macron à Bercy, coordination du programme présidentiel avec Jean Pisani-Ferry)
Valérie Lelonge (assistante personnelle d’Emmanuel Macron à Bercy, puis à En marche)
Mounir Mahjoubi (entrepreneur, ancien président du Conseil national du numérique nommé par François Hollande, chargé de la campagne numérique d’Emmanuel Macron)
Sibeth Ndiaye (ex-secrétaire nationale en charge de la petite enfance au PS, ancienne des cabinets d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron à Bercy, chargée de la communication et de la presse à En marche)
Jean Pisani-Ferry (économiste, ancien commissaire général de France Stratégie, membre de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron)
Grégoire Potton (ancien directeur de cabinet du secrétaire d’État Thierry Mandon, responsable des ressources humaines, du juridique, des finances et de la logistique à En marche)
Stéphane Séjourné (ancien du cabinet de Jean-Paul Huchon à la région Île-de-France, conseiller parlementaire d’Emmanuel Macron à Bercy, chargé des relations avec les élus à En marche).

Personnalités ayant appelé à voter pour Emmanuel Macron après le 1er tour

Laurence Abeille (députée EELV)
Brigitte Allain (députée EELV)
Danielle Auroi (députée EELV)
Clémentine Autain (conseillère régionale d’Île-de-France, porte-parole d’Ensemble !)
Joël Aviragnet (candidat PS aux législatives 2017)
Audrey Azoulay (ministre de la Culture)
Michel Barnier (négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, ancien commissaire européen – dans les commissions Prodi et Barroso –, cinq fois ministre dans des gouvernements RPR/UMP)
Esther Benbassa (sénatrice EELV)
Gérard Bapt (député PS)
François Baroin (sénateur LR, maire de Troyes, ancien ministre dans les gouvernements Villepin, puis Fillon II et III)
Luc Belot (député PS)
Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT)
Olivier Berné (chargé de recherche en astrophysique au CNRS)
Mathilde Bertrand (maître de conférences en civilisation britannique à l’université Bordeaux-Montaigne)
Erwann Binet (député PS)
Marianne Blanchard (maître de conférences en sociologie à l’ESPE Midi-Pyrénées)
Marie-Christine Blandin (sénatrice écologiste)
Michèle Bonneton (sénatrice EELV)
Jean-Michel Bony (mathématicien, membre de l’Académie des sciences)
Corinne Bouchoux (sénatrice EELV)
Joseph « José » Bové (député européen EELV)
Michel Canevet (sénateur UDI)
Marie-Arlette Carlotti (députée PS, ancienne ministre des gouvernement Ayrault I et II)
Bernard Cazeneuve (Premier ministre)
Bruno Chaudret (chimiste, membre de l’Académie des sciences)
Alain Claeys (député PS)
Marie-Françoise Clergeau (députée PS)
Sergio Coronado (député EELV)
Emmanuelle Cosse (ministre du Logement)
Ronan Dantec (sénateur EELV)
Olivier Dartigolles (porte-parole du PCF)
Michèle Delaunay (députée PS)
Bernard Delcros (sénateur UDI)
Sébastien Denaja (député PS)
Jean Desessard (sénateur EELV)
Elsa Devienne (maître de conférences en histoire et civilisation américaine à Nanterre)
Cécile Duflot (députée EELV ancienne ministre des gouvernement Ayrault I et II)
Yves Durand (député PS)
Christian Eckert (secrétaire d’État chargé du Budget)
Raphaël Enthoven (philosophe, animateur)
Christian Estrosi (premier adjoint LR au maire de Nice, président de la métropole Nice Côte d’Azur et de la région PACA)
Dominique Faure (candidate UDI aux législatives 2017)
François Fillon (député LR, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle 2017)
Valérie Fourneyron (députée PS, ancienne ministre des gouvernement Ayrault I et II)
Jean-Marc Gabouty (sénateur UDI)
Jean-Michel Galano (philosophe)
Clélia Gasquet-Blanchard (maître de conférences en géographie, École des Hautes Études en santé publique)
André Gattolin (sénateur EELV)
Raphaël Glucksmann (essayiste)
Jacqueline Gourault (sénatrice UDI)
Christophe Granger (enseignant en histoire, université Paris I)
Benoît Hamon (député PS, ancien ministre dans les gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I, candidat à l’élection présidentielle 2017)
Cyril Hanouna (animateur et producteur télé)
Anne Hidalgo (maire PS de Paris)
Sabina Issehnane (maître de conférences en économie à l’université de Rennes II)
Yannick Jadot (député européen EELV)
Laurent Joffrin (journaliste, directeur de la rédaction et de la publication de Libération)
Alain Juppé (maire LR de Bordeaux, ancien Premier ministre de Jacques Chirac)
Jean-Pierre Kahane (mathématicien, membre de l’Académie des sciences)
Patrick Klugman (avocat, adjoint aux relations internationales et à la francophonie d’Anne Hidalgo)
Nathalie Kosciusko-Morizet (députée LR)
Joël Labbé (sénateur écologiste)
Françoise Laborde (sénatrice PRG)
Arnaud Lafon (maire LR de Castanet)
Jean-Jacques Lasserre (sénateur UDI)
Pierre Laurent (sénateur, secrétaire national du PCF)
Ivan Lavallée (informaticien, universitaire proche du PCF)
Dominique Lefebvre (député PS)
Stéphane Le Foll (ministre de l’Agriculture, porte-parole du gouvernement)
Patrick Le Hyaric (député européen PCF, président et directeur du groupe L’Humanité)
Bruno Le Maire (député LR, ancien ministre des gouvernements Fillon II et III)
Yohann Le Moigne (maître de conférences en études américaines à l’université d’Angers)
Noël Mamère (député écologiste)
Pierre Mansat (ancien conseiller de Paris, adjoint PCF de B. Delanoë puis d’A. Hidalgo chargé de Paris Métropole)
Pierrick Martin (chargé de recherche en astrophysique au CNRS)
Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT)
Frédérique Massat (députée PS)
Sandrine Mazetier (députée PS)
Michel Mercier (sénateur UDI, ancien ministre des gouvernements Fillon II et III)
Christian Namy (sénateur UDI)
Emmanuelle Perez (maître de conférences en histoire à l’université de Toulouse)
Christian Picquet (membre du comité exécutif national du PCF)
Edwy Plenel (président et cofondateur de Mediapart, ancien directeur de la rédaction du Monde)
Audrey Pulvar (journaliste, animatrice télé)
Jean-Pierre Raffarin (sénateur LR, ancien Premier ministre de Jacques Chirac)
Dominique Raimbourg (député PS)
Gérard Roche (sénateur UDI)
Jean-Louis Roumégas (député EELV)
Ségolène Royal (ministre de l’Environnement, candidate à l’élection présidentielle 2007)
Éric Ruf (acteur, administrateur général de la Comédie-Française)
Arnaud Saint-Martin (chargé de recherche en sociologie au CNRS, université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Évariste Sanchez-Palencia (mathématicien, membre de l’Académie des sciences)
Michel Sapin (ministre de l’Économie et des Finances)
Nicolas Sarkozy (ancien président de la République)
Éva Sas (députée EELV)
Gilles Savary (député PS)
Paul Schor (maître de conférences en histoire à l’université Paris-Diderot)
Thierry Solère (député LR)
Dominique Sopo (président de SOS Racisme)
Jennifer Tamas (professeur de littérature française à l’université de Rutgers, New Jersey, États-Unis)
Christiane Taubira (ancienne ministre des gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I et II)
Marisol Touraine (ministre des Affaires sociales et de la Santé)
Jean-Jacques Urvoas (ministre de la Justice)
Najat Vallaud-Belkacem (ministre de l’Éducation nationale)
Jean-Marie Vanlerenberghe (sénateur UDI)
Claire Voisin (mathématicienne, membre de l’Académie des sciences, directrice de recherche au CNRS).

Cette dernière liste devrait évidemment être beaucoup plus longue. Voir par exemple ces appels de sportifs, d’avocats et d’acteurs du monde la culture relayés par le site Internet de L’Express, magazine macronphile. On peut aussi signaler, parmi bien d’autres initiatives similaires, cet appel de psychanalystes ou celui-ci, émanant de soixante ambassadeurs.

Il faut aussi ajouter les treize anciens ministres des Affaires européennes qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron dans une lettre ouverte.

Nul besoin de soutenir Marine Le Pen pour constater qu’il y a comme un problème démocratique dans ce raz-de-marée en faveur d’Emmanuel Macron, qui est certes arrivé en tête au premier tour mais en profitant massivement du prétendu « vote utile » : « Seuls 65 % [des électeurs d’Emmanuel Macron] l’ont choisi parce qu’ils souhaitent qu’il soit élu président de la République », et seulement « 39 % […] affirment que, si le candidat d’En marche accède à l’Élysée, leur situation personnelle s’arrangera. » Ces éléments issus du principal journal économique relativisent nettement le poids électoral du « phénomène Macron ».

Les puissances d’argent ont réussi, via une intense propagande médiatique, à imposer leur candidat favori à la présidence de la République française. En donnant l’impression du neuf à de très vieux intérêts – les leurs –, elles ont accompli l’exploit de permettre la continuation de l’œuvre d’un président à l’impopularité record. Le marketing et la « com’ » fonctionnent, c’est indéniable, du moins dans une certaine mesure. Chapeau, bien joué.

 

Mais les dominants auraient tort de fanfaronner. Cette martingale n’est pas inépuisable. Et le peuple, particulièrement celui des classes populaires, ne souhaitait pas avoir un président au service des possédants, de l’oligarchie transnationale. Alors comment réagira-t-il à une politique farouchement pro-UE, pro-OTAN, pro-américaine et pro-mondialisation néolibérale ? Personne n’en sait rien pour l’instant mais gageons que les années à venir ne seront pas de tout repos pour le pouvoir.

Avons-nous élu un fou?

Voici ce que déclarait le Pape François, dans l’avion qui le ramenait d’Égypte, le samedi 29 avril, en réponse à des journalistes qui l’interviewaient sur la politique intérieure française :

«Des deux candidats politiques, je ne connais pas l’histoire. Je sais que l’un représente la droite forte mais l’autre, vraiment je ne sais pas qui il est. Alors je ne peux pas donner une opinion claire sur la France»

La sélection de notes compilées en annexes, sur le dernier trimestre (de février à avril 2017), telle une toile pointilliste de Georges Seurat, tente de répondre à la question suivante : allons-nous élire un fou ? Ou, plus précisément, Œdipe peut-il être Prométhée ?

                         I – Le cadre législatif.

Chacun d’entre nous a en mémoire le drame du vol 9525 de la Germanwings, survenu le 24 mars 2015, à la suite d’un acte volontaire du copilote, ayant entraîné la mort des 144 passagers et des 6 membres d’équipage de l’Airbus A320-211 ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_9525_Germanwings ) .

Il tombe sous le sens que, si, avant l’embarquement, l’on avait annoncé à ces mêmes passagers que le copilote, dépressif, avait l’intention de se suicider en précipitant l’avion sur une montagne, tous auraient refusé de monter dans l’appareil.

C’est la raison pour laquelle l’obtention du brevet de pilote commercial est soumise à une visite médicale, chaque semestre ; l’obtention du brevet de pilote privé est également subordonnée à une visite médicale préalable.

De même, l’obtention du permis pour conduire un poids lourd ou un transport en commun est subordonnée à une visite médicale auprès d’un praticien agréé par la préfecture ; cette même visite est ensuite renouvelée tous les cinq ans jusqu’à 50 ans, tous les deux ans jusqu’à 65 ans, et enfin annuellement après cet âge.

De surcroît, en cas d’accident grave ou sur signalement auprès de la préfecture (à l’initiative du praticien, de la famille, des proches, ou des services de police), le permis de conduire un véhicule léger (automobile, motocyclette) peut être retiré, et sa restitution subordonnée à une visite médicale, ponctuelle ou périodique.

Derechef, pour conduire un cyclomoteur ou une voiturette (dont le moteur thermique est bridé par construction à 45 km/h), il faut obtenir préalablement le brevet de sécurité routière (BSR) , correspondant à la catégorie AM du permis de conduire ; le tout sans préjudice d’un âge minimal de 14 ans, d’une assurance avec certificat collé sur le cadre, d’une plaque d’immatriculation, d’une carte grise, d’un casque homologué, de gants homologués et d’un gilet fluorescent homologué ; seul l’éthylotest est facultatif.

De surcroît, les vélos à assistance électrique, dépassant par construction la vitesse de 25 km/h, sont assimilés aux cyclomoteurs, donc avec la même réglementation (casque,  plaque, assurance, carte grise…).

Quant aux enfants de moins de 12 ans, l’usage d’un simple vélo est soumis au port d’un casque homologué.

 Si l’on n’impose pas encore, pour la conduite d’un pédalo, l’obtention préalable du permis mer (option côtière jusqu’à 6 milles d’un abri, option hauturière au-delà), gageons que bientôt l’on verra apparaître, pour les simples piétons, le permis de marcher, avec tout ce qui s’en suit (casque, plaque, assurance, carte grise…).

Dans un autre ordre d’idées, la délivrance, auprès de la préfecture, d’un permis de détention d’arme, a fortiori d’un permis de port d’arme, est subordonné à une visite médicale, soit auprès d’un généraliste, soit, à la moindre difficulté (par exemple, hospitalisation sur placement d’office), auprès d’un praticien spécialisé.

Si l’on doutait de la pertinence de cette législation, le drame, survenu le 27 mars 2002, lors de la séance du conseil municipal de Nanterre (https://fr.wikipedia.org/wiki/Tuerie_de_Nanterre), provoquant, avec trente-huit balles tirées en cinquante-cinq secondes, de deux pistolets Glock ( et un Smith & Wesson en réserve ), 8 morts et 19 blessés ; le tout, avant de se défenestrer, à travers un vasistas du quatrième étage,  dans la cour du 36, quai des Orfèvres, suffirait à dissiper les doutes.

Le plus topique n’en demeure pas moins le fameux SIGYCOP (https://fr.wikipedia.org/wiki/SIGYCOP ), à savoir le profil médical permettant de déterminer l’aptitude d’un individu à exercer dans l’armée française :

                         S : ceinture scapulaire et membres supérieurs

                         I : ceinture pelvienne et membres inférieurs

                        G : état général

                        Y : yeux et vision

                        C : sens chromatique

                        O : oreilles et audition

                        P : psychisme

Du temps de la conscription, les jeunes gens, avant de faire leur service militaire, étaient convoqués pour faire ce que l’on appelait « les trois jours », anciennement le conseil de révision ; de sorte que l’intégralité d’une classe d’âge était examinée sous toutes les coutures, inclus l’appareil génital et la prédisposition à maîtriser l’alphabet morse, afin de vérifier l’aptitude à porter les armes. La sanction était « bon pour le service » (apte), ou « bon à marier » (inapte) ; encore, avant-guerre, les jeunes filles d’origine rurale regardaient le réformé avec suspicion, à l’instar de biches envers un daguet au jarret torve.

De surcroît, lorsque l’on voulait servir, soit dans les troupes aéroportées, soit dans les forces spéciales, les exigences du SIGYCOP étaient renforcées.

Cette exigence s’explique : classiquement, tous les instructeurs en montage et démontage d’armes introduisaient discrètement une cartouche à blanc dans la chambre de tir, afin que le conscrit, s’il ne respectait pas la procédure de sécurité, déclenche par inadvertance un tir inopiné, ce qui « vaccinait » tout le peloton sur le danger des armes à feu.

 Derechef, au pas de tir, l’entraînement commençait toujours dans la position du tireur couché, puis à genoux, et seulement après en position debout ; tous les instructeurs blanchis sous le harnais rappellent le fameux incident du conscrit, dont le pistolet-mitrailleur s’était enrayé, et qui, s’étant retourné pour demander de l’aide, voyait l’officier de tir se jeter à plat ventre, pendant que la rafale lui passait au-dessus de la tête : en clair, avec les armes à feu, on ne plaisante pas.

Idem, en cas de perte de fusil au cours de manœuvres en situation opérationnelle : le paysan qui rapportait à la brigade de gendarmerie le Mas 49 trouvé à l’aube dans une fondrière, recevait les félicitations du général, et le soulagement du régiment qui ratissait fébrilement la campagne depuis 48 heures.

De toutes les armes en dotation dans l’armée française, à savoir du 22 long rifle destiné au simbleautage du canon de 105, jusqu’à celui-ci, en passant par le 5,56 du fusil américain, le 7,62 du fusil-mitrailleur allemand, le calibre 12 en fond de tourelle (de nuit, à l’infrarouge, on ne savait plus où poser les chenilles), aucun engin ne m’a fait une impression comparable à la M5 Browning, c’est-à-dire la mitrailleuse coaxiale de calibre 12,7 : 90 kg en ordre de marche, mais une portée pratique jusqu’à 900 m, et surtout une puissance de feu terrifiante .

Or, depuis la création de la République, le 30 janvier 1875, nous allons avoir la première élection présidentielle entre deux candidats dépourvus de SIGYCOP, l’un privé de service militaire, entre-temps supprimé, l’autre non éligible à raison de son sexe. Génial ! Le char de l’État, c’est comme un tracteur, il se conduit sans permis !

Dès lors, d’ici le premier tour, peut-être serait-il judicieux de les convoquer tous les deux au conseil de révision, afin de savoir s’ils sont aptes, l’un et l’autre, tant à porter les armes, qu’à conduire le char de l’État sans verser dans le fossé.

*

                         II – Le cadre psychologique

Si Mr François Fillon (service militaire dans l’Armée de l’Air, en 1979) n’avait pas avalisé la loi du 25 janvier 2011, les procédures judiciaires (opportunément suspendues depuis le premier tour, histoire de dépouiller 18 ans d’archives dans 5 journaux) eussent été neutralisées en quelques jours, et l’on aurait un candidat doté de son SIGYCOP.

Quid de la stabilité psychologique de Madame Marine Le Pen, c’est-à-dire l’aptitude à garder son sang-froid dans un contexte de crise, tel que le 6 février 1934 ou le 16 octobre 1962 ?

À l’actif, un profil de « grosse dormeuse » (de 8 à 9 heures par nuit, selon le Quotidien du médecin) ; or, un sommeil réparateur est fondamental pour l’équilibre nerveux.

Au passif, des tonnes de livres présentés en tête de gondole, dans toutes les librairies de France et de Navarre. Si le Point Godwin en est un constant leitmotiv, en revanche, étant incapable de démêler le vrai du faux, je laisse à des plumes plus autorisées que la mienne le soin d’expliquer ce que pourrait être son SIGYCOP.

Justement, dans la rubrique « plumes plus autorisées que la mienne », je me suis étonné que nul général, nul médecin français n’ait relevé ce qui, à l’égard de l’autre candidat, Monsieur Emmanuel Macron, m’apparaît désormais comme une évidence. Ayant procédé à des recherches complémentaires, je me suis aperçu qu’une seule et unique personne de nationalité française, Madame Rama Yade, avait furtivement évoqué ce qu’elle dénomme avec une pudeur de gazelle « l’équilibre psychologique » du candidat.

Entretemps, le 3 mai, a été publiée une vidéo du professeur Adriano Segatori, psychiatre et psychothérapeute italien (https://www.youtube.com/watch?v=NNDgsw39m9s )

 À ce stade de l’exposé, convient-il de rigoureusement baliser le débat :

1) la langue française ne connaissant pas le genre neutre, mais uniquement, soit le genre masculin, soit le genre féminin, l’usage grammatical étant qu’en cas de pluralité de genres, le genre masculin est réputé générique, l’adjectif « fou » désigne aussi bien le masculin « fou », que le féminin « folle » ;

2) ce que l’on désigne du terme d’évidence n’en est jamais une à l’ouverture du dossier ; une certitude ne s’impose comme évidente, qu’à l’issue de l’étude du dossier, des semaines, voire des mois plus tard, après un travail conduit selon une rigoureuse ascèse cartésienne ;

3) je m’exprime exclusivement en qualité de juriste, donc au regard de l’adage de droit romain « Ira brevis furor est » : qu’un Othello étouffe sa Desdémone, soit ! Que Lucia tue Arturo, sombre dans la folie, se suicide, puis provoque, par désespoir, celui d’Edgardo, cela fait de la très belle musique  (https://www.youtube.com/watch?v=CuGpgEBvbVA ) ; en revanche, quand on passe en mains publiques,  à l’instar, soit d’un Néron (Qualis artifex pereo !), soit d’un Caligula (Oderint, dum metuant !), cette fois, c’est « O tempora, o mores ! »

4) Je tiens par-dessus tout au respect de la vie privée, ensemble l’article 9 du Code civil ; qu’une « duquesa del Botox y colágeno » transforme l’Élysée en Cour des derniers Valois, je suis tenu au devoir de réserve ; en revanche, si le fonctionnement régulier des institutions en est altéré, alors, et alors seulement, il y a problème ;

5) en droit, la démonstration s’administre, soit par des preuves proprement dites ; soit par des adminicules, additionnés de témoignages qualifiés ; soit enfin par un faisceau d’indices graves, précis et concordants : nous y voici.

                         Or, au regard de Monsieur Emmanuel Macron, que constatons-nous ?

                         – il est né en 1977, un an après un enfant mort-né, une fille, qui n’eut ni état civil, ni obsèques, et dont la gestation provoqua chez sa mère une septicémie ;

                         – selon le Quotidien du médecin, il dort 4 heures par nuit, à l’instar de Napoléon, celui-ci adepte, en sus, de brèves siestes ;

                         – au vu du spécimen d’écriture et de signature figurant sur sa profession de foi du premier tour, une analyse graphologique fera ressortir sa personnalité ;

                        – à l’âge de 5 ans, il demanda à ses parents de vivre chez sa grand-mère maternelle, Madame Germaine Noguès, à l’égard de laquelle il y eut, jusqu’au décès de celle-ci, une affection fusionnelle (cf., lors du second débat du premier tour, le choix de son objet fétiche, à savoir la grammaire de sa grand-mère) ;

                         – à l’âge de 12 ans, sans doute sous l’influence de sa grand-mère maternelle, il demanda à se faire baptiser ;

                     – à l’âge de 15 ans, il tomba amoureux de son professeur de théâtre, Madame Brigitte Trognieux, épouse Auzière, celle-ci mère de trois enfants, et aujourd’hui grand-mère de quatre enfants, professeur qu’il devait épouser en 2007, après avoir suscité chez celle-ci le divorce de sa première union ;

                       – selon le professeur Adriano Segatori, au même âge, il y aurait eu viol, doublé d’un détournement de mineur ; ne connaissant pas son dossier, je m’abstiens de commentaires ;

                         – à l’âge de 16 ans, il obtenait de ses parents de résider chez sa grand-mère maternelle, en région parisienne, afin de l’éloigner de son professeur de théâtre, augmentant de la sorte l’affection fusionnelle avec sa grand-mère ;

                            – en 2007, il épousait son professeur de théâtre, celle-ci, né en 1953, étant de 24 ans son aînée, adoptant (au sens extra-juridique du terme) les enfants du premier lit de celle-ci, ainsi que les petits-enfants de ceux-ci, comme les siens propres : à 39 ans , il est donc trois fois père et quatre fois grand père ; encore heureux , selon la formule de Jacques Lacan , « qu’il l’aima , nu , elle » !

                         – il porte en permanence deux alliances, l’une à l’annulaire de la main gauche, l’autre à l’annulaire de la main droite, accréditant ainsi  l’hypothèse que l’une matérialise l’affection fusionnelle avec son épouse, l’autre, l’affection fusionnelle avec sa défunte grand-mère, accréditant ainsi que cette alliance caractérise, au sens psychanalytique du terme, l’union de la mère ;

                         – il n’évoque jamais, ni son père, ni le premier mari de son épouse, accréditant ainsi que cette omission caractérise, au sens psychanalytique du terme, le meurtre du père ;

                        – alors même que les villes de Paris et de Pau ont été gérées, à la satisfaction générale, par des maires notoirement homosexuels, et que les noms d’Hadrien, Alexandre le Grand, Akhenaton, Soliman, Sixte IV, Édouard II, Philippe Auguste, Philippe d’Orléans, le Grand Condé, le chevalier de Lorraine, Frédéric II, Louis II de Bavière, etc … , avaient une orientation analogue, le comportement de Monsieur Emmanuel Macron est déroutant : en février, il fait distribuer dans tous les salons de coiffure de France, un numéro de la revue « Closer », titrant :  « non, il n’est pas gay ! », puis, en mai, laisse diffuser un numéro de « Garçon magazine », dont la couverture est explicite ; sincèrement, quelle que soit son orientation sexuelle , les citoyens sont indifférents à ce qui relève de sa vie privée ; la seule chose qu’ils requièrent, c’est un pilote capable de conduire l’avion ;

                         – ce que Sophocle (né en -495 et mort en -406), dans Œdipe roi (- 425), et dans Œdipe à Colone (pièce créée à titre posthume en – 401 par son petit-fils), expose magistralement, et qui constituera d’ailleurs l’axe essentiel de l’œuvre de Sigmund Freud (1856 – 1939), c’est que le complexe d’Œdipe, qui consiste à vouloir tuer son père, puis épouser sa mère (pour les garçons), schématiquement, de la part d’un enfant, s’opposer affectivement au parent du même sexe, avant de vouloir s’unir affectivement au parent du sexe opposé, est une étape fondamentale dans la construction de l’être humain ; dès lors, le constat, d’une part, d’un Œdipe tardif (39 ans), d’autre part, d’un double Œdipe (deux parents du même sexe tués, deux parents du sexe opposé, épousés), induit que Monsieur Emmanuel Macron est fondamentalement un sujet de thèse ; or, au risque de se répéter, la seule chose que les citoyens requièrent, c’est un siège ( même éjectable ) de pilote d’avion , non un divan de psychanalyste ;

                         – à ceci, s’ajoute le comportement intellectuel de Monsieur Emmanuel Macron, indiscutablement brillant depuis sa plus tendre enfance, topique de ce que l’on appelle « le cerveau droit » (à savoir le raisonnement par intuition, par opposition au « cerveau gauche », celui du raisonnement par déduction), le tout fonctionnant en mode neurotypique (trouble neurobiologique caractérisé par un souci de préoccupations sociales, des délires de supériorité, et l’obsession de conformité, ce qu’il ce qui expliquerait le fameux réflexe : « je suis d’accord avec       vous ») ;

                        – à ce stade de l’exposé, il faut envisager une hypothèse qui pourra être, soit confirmée, soit infirmée, tant par une analyse sanguine (dosage des ions chlore dans le sang), que par l’imagerie médicale (électroencéphalogramme, scanner, I.R.M.) ; l’on sait, en effet, que, lors de sa gestation, le futur candidat avait pu être potentiellement perturbé par les circonstances de la précédente grossesse de sa mère ; or, la découverte majeure du Docteur Éric Lemonnier, potentiel prix Nobel de médecine, est que, tant chez l’homme, que chez l’animal, la formation du cerveau du fœtus, et notamment le développement des connexions neuronales, est stimulé par un surdosage du circuit sanguin en chlore ; cependant, ce qui déclenche l’accouchement est une hormone, l’ocytocine, puissant diurétique, qui purge le cerveau de sa sursaturation en ions chlore, et permet une naissance en état stabilisé ; à l’inverse, s’il y a un dysfonctionnement de l’ocytocine, la naissance s’effectue en état sursaturé, ce qui déclenche l’autisme, lequel peut être obvié par l’administration de bumétanide, diurétique en cours d’essais cliniques ;

                      – si cette hypothèse se vérifie, il faudrait alors envisager que Monsieur Emmanuel Macron soit un Asperger neurotypique, fonctionnant en mode « cerveau droit » c’est-à-dire disposant de facultés fulgurantes d’intuition (ce qui lui a permis d’anticiper l’anomie – au sens durkheimien du terme – de la société française, et donc, par anticipation sur l’éclatement des anciens partis de gauche à droite, de créer le mouvement « En Marche »), mais ledit cerveau droit, déconnecté du cerveau gauche, ayant besoin de l’assistance d’autrui pour effectuer une analyse en mode « déduction » ; après Sophocle , Eschyle , dans Les Perses :

« La démesure, en mûrissant, produit le fruit de l’erreur / Et la moisson qui en lève n’est faite que de larmes » ;

                      – à ce stade du raisonnement, rappelons que Monsieur Emmanuel Macron est fondamentalement ce que l’on appelle un « Young leader », c’est-à-dire un fils spirituel de John Negroponte, le grand manitou du renseignement américain, ensemble les trois institutions que constituent le Bilderberg, la Trilatérale et le Council for Foreign Relations ; cependant, comme le principal risque géostratégique, dans les années à venir, est la crise systémique du dollar (cf. les ouvrages de William Bonner), qui verra la monnaie américaine perdre 95 % de sa valeur, son statut impérial, ensemble l’avènement du rouble – or et du yuan – or, il n’est pas impossible que John Negroponte n’ait demandé à ses relais hexagonaux de porter au pinacle son protégé, afin de disposer d’un président de la République fonctionnant en mode « double commande », ce qui est le vecteur idéal pour maintenir le plus longtemps possible le statut impérial du dollar ;

                      – encore fallait-il un relais hexagonal : selon Sophie Coignard, la France compte 300 000 francs-maçons, dont 175 000 actifs ; ce dernier chiffre est corroboré par une récente interview du président du Grand Orient (170 000), ainsi que par un communiqué de la moitié des obédiences maçonniques, se déclarant au nombre de 90.000 (soit un chiffre total de 180 000) ; comme tous sont tenus d’un double devoir de secret et de solidarité, il s’explique, de la sorte, que tous les obstacles (évaporation patrimoniale, irrégularités fiscales, financement ad libitum, soutien massif de la presse prébendée, soupçon de prises illégales d’intérêts) disparaissent comme par magie, seul apparaissant le candidat christique, nouvel avatar du Deus ex machina ; en somme , confions à Aristophane la péroraison , avec « Le comique dans la tragédie » !

                       – à ce stade du raisonnement, rappelons que la franc-maçonnerie n’est, ni un gadget folklorique pour livres d’histoire, ni un sempiternel « marronnier » pour revues grand public, quand l’actualité est creuse ; tout au contraire, c’est une réalité sociologique, philosophique, politique, économique et financière ; à chaque fois que, dans ma carrière, j’ai été opposé au grand Orient, le scénario était immuable : des décisions juridiquement aberrantes par dizaines, des détournements d’argent par centaines de millions d’euros, des morts inexpliquées à la chaîne, et jusqu’à des rituels de magie noire, bref, tout ce qu’il faut pour bien s’amuser ; un seul exemple : quand, dans un procès de faillite, se produit une interruption d’instance, et qu’il faille nommer, aux fins de reprise d’instance, un administrateur judiciaire, il faut enchaîner à un train d’enfer pas moins de 21 procédures ; à la fin, ce n’était plus l’île de Guyane , mais celle de Queimada Grande ( https://www.youtube.com/watch?v=nIbaLjggXQ4 ) ;

                      – tout ceci expliquant que, compte tenu de la personnalité du candidat, il existe – du moins, après les élections législatives – une forte présomption que le premier ministre ne soit une éminence du Bilderberg, le tout afin de piloter l’État en double commande.

*

                       III – Le cadre historique.

Officiellement, la candidature de Monsieur Emmanuel Macron (https://fr.wikipedia.org/wiki/Flavius_Anicius_Olybrius ) est présentée par Mr Jacques Attali (https://fr.wikipedia.org/wiki/Attila ), l’éminence grise qui déclenche une catastrophe planétaire, à chaque fois qu’on lui confie une responsabilité , qu’il s’agisse de la crise des subprimes , en sa qualité de président de la BERD ( http://www.claudereichman.com/articles/martoiamareenoire.htm ) , ou du dynamitage de la justice française , en sa qualité de président de la commission éponyme .

Tout aussi officiellement, le futur président de la République sera à la tête de l’une des 9 puissances atomiques (États-Unis et Russie : 6400 bombes chacun ; France et Chine : 300 bombes chacun ; Royaume-Uni : 220 bombes ; Inde et Pakistan : 100 bombes chacun ; Corée du Nord : 10 bombes ; Israël : http://www.voltairenet.org/article188193.html ) ; sans préjudice de Daesh, si Israël n’y avait pas mis le holà   (http://jforum.fr/comment-israel-a-empeche-daesh-davoir-la-bombe-atomique.html ) .

  Tout aussi officiellement, les principales bombes atomiques américaines sont les suivantes :

1.    en contexte expérimental :

Trinity, le 16 juillet 1945 à Alamogordo, Nouveau-Mexique (21 kilotonnes de TNT)

Castle Bravo, le 1er mars 1954 sur l’atoll de Bikini (15 mégatonnes de TNT)

2. en contexte opérationnel :

Little Boy, le 6 août 1945  à Hiroshima (13 kilotonnes de TNT)

Fat Man, le 9 août 1945 à Nagasaki (21 kilotonnes de TNT)

Tout aussi officiellement, le plus puissant engin atomique russe, en contexte expérimental, a été la Tsar Bomba, le 30 octobre 1961 au-dessus de la Nouvelle-Zemble (puissance réduite par Andreï Sakharov, à 57 mégatonnes de TNT, au lieu de 100 mégatonnes ; puissance cependant suffisante pour briser des vitres en Norvège).

 Depuis , le 13 avril 2017 , les États-Unis ont testé deux bombes : d’une part , à Nellis ( alias Area 51 ) , Nevada , une bombe nucléaire B61-12 inerte ( 0,3 kilotonne, soit 300 kilos  de TNT ) , d’autre part, dans le district d’Achin , province de Nangarhâr , Afghanistan , une bombe de 11 tonnes de TNT (https://fr.wikipedia.org/wiki/Massive_Ordnance_Air_Blast_Bomb )

 Par conséquent, tout aussi officiellement, le seul chef d’État à avoir fait usage de l’arme atomique en contexte opérationnel est Harry Truman , président des États-Unis du 12 avril 1945 au 20 janvier 1953 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_S._Truman ), décédé le 26 décembre 1972, à l’âge de 88 ans, d’une pneumonie , par conséquent , selon la formule consacrée , « sain de corps et d’esprit ».

 Hormis le cas, fort controversé, de Kim Jong-un (33 ans), peut-on concevoir l’hypothèse de l’insanité d’esprit  (https://www.youtube.com/watch?v=8FLU-kEzPGQ ) chez un chef d’État disposant de l’arme atomique ? En d’autres termes, Œdipe peut-il être Prométhée ?

 Des plumes plus autorisées que la mienne friseront l’apoplexie au seul énoncé de pareille thèse ; puis-je seulement leur suggérer de réfuter scientifiquement ce qui suit ?

 Selon un témoin tout à fait digne de foi : « Il y avait dans le camp d’Ohrdruf un commando qui se nommait Krähwinkel et qui creusait très profond sous terre mais nous ne savions pas dans quel but … Les Américains sont entrés dans Ohrdruf le 5 avril 1945 et le 11 avril 1945 à Buchenwald ».

Effectivement, le General Eisenhower, le Général Patton et le Général Bradley (http://www.jewishgen.org/ForgottenCamps/Witnesses/NickolsFr.html ) étaient à Ohrdruf, le 4 avril 1945.

Or, si Majdanek fut le premier camp libéré sur le front est, le 24 juillet 1944, comment se fait-il que le camp d’Ohrdruf fut le premier camp libéré sur le front ouest, le 4 avril 1945, obligeant les trois principaux généraux alliés à parcourir en catastrophe plus de 1.000 km ? Était-ce pour écouter les premières compositions de Jean-Sébastien Bach, orphelin à 10 ans, élevé de 1695 à 1700 par son frère Johann Christoph, élève de Pachelbel et organiste dans cette ville de 5.745 habitants (http://fr.bach-lebensreise.de/bach-orte/ohrdruf_fr.html ) ?

Était-ce pour interroger le maître plombier Erich Rundnagel (Rainer Karlsch, page 250), lequel avait déclaré, le 8 juillet 1966, que deux coffres-forts se trouvaient dans les caves de la Mittelschule de Stadtilm ; que dans l’un d’eux, on avait selon lui conservé une assez grosse somme d’argent, et dans l’autre, deux bombes atomiques ?

Était-ce (Rainer Karlsch, page 223 ) pour prendre connaissance du rapport sur le voyage dans la province de Thuringe, du 26 juillet au 2 août 945, établi par les Majors Cherbina et Aksenov , le 4 août 1945 , décrivant une usine souterraine installée dans 9 galeries, près de Crawinkel , d’une superficie de 200 000 m², rapport consignant :  « là-bas se trouve une installation souterraine dans laquelle, selon les propos des gens de la région et des collaborateurs, travaillaient la Kommandantur et une centrale de commandement pour les V2. Il n’a pas encore été possible de déterminer précisément les faits. Les Américains avaient envoyé un groupe de 17 hommes dans l’installation souterraine. Ils ne sont pas revenus. Pour continuer à explorer l’installation, il nous faut des spécialistes dotés d’appareils spécialisés, entre autre des transmissions, de l’éclairage et des appareils à oxygène » ?

Était-ce (Rainer Karlsch, page 211) pour prendre connaissance du rapport de Luigi Romersa à Mussolini, le 1er octobre 1944 ?

« Au cours de la nuit du 11 au 12 octobre (1944), une voiture militaire est venue me chercher et m’a conduit à Peenemünde, en direction de la Baltique. Il s’agissait d’une petite île …

Je n’ai pas vu comment la bombe était installée. Je l’ai appris par la suite. Elle était posée sur des pieux … j’ai été conduit par ce colonel, un haut fonctionnaire de l’armement, dans un abri souterrain en béton pourvu d’une visière en verre épais, très très épais, un grand cristal capable de résister à n’importe quelle explosion. J’ai ensuite attendu jusqu’au moment où j’ai entendu une sorte de clochette, puis une communication téléphonique avec le personnel qui préparait l’explosion. On nous a dit de faire attention : la bombe allait exploser d’ici quelques minutes. Effectivement, nous avons ensuite ressenti un véritable tremblement de terre, si puissant qu’il nous a semblé que ce petit abri avait été déplacé. Nous avons vu très clairement un éclair, une lumière incandescente, puis une grande paroi de fumée s’est dressée devant nous …(après l’explosion, Romersa et ses accompagnateurs durent attendre plus de quatre heures. Vers 16 heures, deux soldats vinrent les chercher et leur firent traverser le terrain)

« Eux aussi portaient ces tenues de protection contre les rayonnements. Ce qui nous impressionna considérablement, c’était la transformation complète du paysage. Un très grand nombre d’arbres avait éclaté, comme si une force monstrueuse les avait simplement percés en leur milieu. Quelques moutons que nous vîmes par terre sur les lieux étaient littéralement calcinés, on aurait dit qu’on les avait fait tourner au-dessus d’un brasier. Nous avancions lentement ; nous avons alors constaté, je l’ai noté tout de suite à l’époque, que le paysage paraissait profondément transformé. Çà et là, se trouvaient auparavant de petites maisons qui avaient tout simplement disparu. On ne voyait plus que des tas de mortier et de pierres fragmentées.

Et plus on approchait du lieu de l’explosion, plus le paysage paraissait tragique »

Était-ce (Rainer Karlsch, page 263) pour prendre connaissance de l’inventaire remis par Georghi Malenkov à Staline, inventaire où on lit mot à mot : « Film sur le décollage d’un V2 et l’explosion d’une bombe atomique », film archivé en mai 1946, en même temps qu’une quantité de documents sur la technique des fusées allemandes ?

Était-ce (Rainer Karlsch, page 253) pour prendre connaissance de la lettre du général de brigade Yvan Ilitchov au général d’armée Antonov, le 23 mars 1945, lettre classée aux archives du président de la fédération russe, fonds 93, département 81 (45), liste 37 ?

 Selon le rapport des services militaires soviétiques, le GRU, les préparatifs des essais, le 3 mars 1945, ne passèrent pas inaperçus à Arnstadt et sur le terrain d’exercice. Quelques officiers ont certainement entendu dire, par les scientifiques ou par l’entourage de Kammler, que l’on allait tester une nouvelle arme, et voulurent assister à cet essai. Deux points offraient une bonne vue : les bâtiments de l’ancien hôtel Klipper, sur le terrain d’exercice, et le Wachsenburg, environ 3 km à vol d’oiseau. C’est depuis ce château médiéval pittoresque que Cläre Werner et un parent observèrent, ce soir du 3 mars, le terrain d’exercice.

Elle a décrit des années plus tard ce qui s’est produit en mars 1945. Vers 21h30, un éclair très vif, rougeâtre à l’intérieur, jaunâtre à l’extérieur, à selon elle illuminé le paysage.

Cläre Werner dit à ce propos : « Depuis le château, on avait la meilleure vue, je connaissais tous les autres phénomènes qui se produisaient sur le terrain d’exercice, je savais aussi, par mon père, qu’on y tirait. Mais ça, c’était nouveau ! »

Si elle se rappelait encore si bien l’explosion, c’est parce qu’elle se tenait à sa fenêtre et qu’elle avait raconté le lendemain matin à sa mère que l’explosion avait dégagé une clarté telle qu’elle « aurait pu lire le journal à la fenêtre ».

Un deuxième témoignage a été fourni par l’ouvrier du bâtiment Heinz Wachsmut. Il travailla en 1944 – 1945 pour l’entreprise de construction Brüx, à Ohrdruf et à Bittstädt. Il n’a pas vu l’explosion, mais le jour qui l’a suivi reste dans son souvenir : « l’après-midi, la SS est arrivé avec des poids lourds… c’était un ordre qui portait la signature de Kammler. Nous avons dû charger tout le bois disponible. Le convoi s’est dirigé vers Röhrensee, ou quelques médecins de la SS donnaient des soins, un grand nombre d’habitants souffrant de migraines et crachant du sang. Mais ce n’était pas la bonne destination. On nous a immédiatement acheminés à Gut Ringgofen, près de Mühlberg. On nous a dit que nous devions dresser des tas de bois à la lisière de la forêt, d’environ 12 m sur 12 et d’un mètre de hauteur au maximum, nous devions porter une protection complète, nos détenus aussi. À la lisière du bois, nous avons déjà vu quelques tas de corps humain, sans doute d’anciens détenus. Tous ces gens n’avaient plus aucun cheveu, il leur manquait parfois des vêtements, mais certains avaient aussi des cloques sur la peau, des cloques sur la peau, des cloques de brûlures, la chair nue et à vif, parfois quelques parties du corps avaient disparu. Les SS et des détenus apportaient les corps.

Lorsque nous avons eu terminé les six premiers tas, on y a déposé les corps, environ 50 par tas, et on y a mis le feu. On nous a ramenés. Revenus dans la ferme, nous avons dû ôter la protection et nos vêtements. La SS les a immédiatement fait brûler, nous avons dû nous laver, on nous a donné de nouveaux vêtements, de nouvelles protections et une bouteille d’alcool à chacun, y compris à nos détenus.

Un officier supérieur SS m’a dit qu’il y avait eu une grande flamme pointue en haut, hier, on a expérimenté quelque chose de nouveau, le monde entier va en parler et nous, les Allemands, nous sommes les premiers. Malheureusement, quelque chose n’a pas fonctionné comme prévu, nous avons maintenant quelques bouches inutiles en moins.

À la deuxième intervention, on a de nouveau dressé 3 tas. Nous avons alors vu quelques créatures vivantes totalement défigurées qui sortaient du bois. Sans doute certaines étaient-elles devenues aveugles. Je ne peux plus décrire cela aujourd’hui. Des SS ont aussitôt abattu ces 12 à 15 personnes… D’autres détenus ont dû les porter à leur tour sur les bûchers en flammes.

On nous a ramenés à la propriété, et tout a recommencé. Vers 23 heures, nous sommes revenus au poste 2. Au bord de la forêt, on voyait 14 foyers. Ce jour-là et le lendemain, nous n’avons rien pu manger, on n’arrêtait pas de nous servir du schnaps, pour nous et pour les détenus. L’un de nos détenus nous a dit qu’il avait réussi à entendre les derniers mots d’un demi-mort : « Grand éclair, feu, beaucoup morts tout de suite, plus sur terre, simplement plus là, beaucoup avec grandes brûlures, beaucoup aveugles. Salut à mère d’Oleg Barto à     Gouriev (aujourd’hui, Atyraou, Kazakhstan) ».

Quid, par conséquent, de la nature exacte, de l’explosion survenue le 3 mars 1945 à 21h30 ? Si les prélèvements effectués en 2005 ont révélé des teneurs anormales de césium 137 et de cobalt 60, il faut cependant admettre que l’engin, ayant les caractéristiques, non d’une bombe stratégique (du type d’Alamogordo), mais d’une bombe tactique (du type de la B 61-12), a été expérimenté, non point à Ohrdruf, mais à Krähwinkel , et de surcroît, non point sous la forme d’une explosion aérienne, mais d’une explosion souterraine, ce qui expliquerait l’absence relative de destructions en surface, comme à  Peenemünde ; pour éclaircir les dernières zones d’ombre, il faut donc inventorier l’usine souterraine précitée.

 

Quoi qu’il en soit, à présent, en vue du second tour de l’élection résidentielle du 7 mai 2017, si vous estimez qu’il y a lieu à mise en œuvre de l’article 68 de la Constitution (https://www.senat.fr/lc/lc92/lc920.html), pour reprendre l’expression consacrée, «je suis d’accord avec vous».

Tous dans la rue le 19 juin à l'appel du «Front social»

 

La situation sociale bouge plus vite que Macron ! Avant juillet, ça va chauffer !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La CGT a lancé un appel national à un rassemblement, mardi 16 mai à 15 heures,devant l’usine GM&S Industry de La Souterraine, deuxième employeur privé de la Creuse. Le syndicat veut ainsi soutenir les salariés de l’équipementier automobile placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier. Certains des 279 salariés ont par ailleurs affirmé avoir « piégé » à l’aide de bonbonnes de gaz et de bidons d’essence.

SI UN APPEL NATIONAL EST POSSIBLE DANS CE CAS, ALORS IL L’EST AUSSI CONTRE L’ORDONNANCE MACRON PRÉVUE POUR JUILLET.

Caroline de Haas (celle de la pétition à plus d’un million contre la loi Travail) et François Ruffin (Merci Patron) lancent une pétition « Ordonnances non merci ». « Plus rapide qu'un débat à l'Assemblée, plus facile qu'une négociation avec les syndicats et plus pratique que le 49-3: les ordonnances », dénoncent les initiateurs de l’appel, qui savent comme nous, l’importance de la première ordonnance.

Le contenu de cette ordonnance de juillet ? L’extension de la priorité aux accords d’entreprise. La loi El Khomri (dite Travail) les réservait au temps de travail. Emploi, salaire et conditions de travail seront concernés. La fusion des institutions représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT). Le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif. Un coup mortel porté aux Prud’hommes, une garantie offerte aux employeurs de licencier vite.

VOILÀ POURQUOI IL NOUS FAUT PASSER PAR LA RUE POUR NOUS OPPOSER À CE COUP DE FORCE, DANS L’ABSOLUE CONTINUITÉ DU 49.3 DE LA LOI TRAVAIL.

Les médias soumis à Lagardère, Bolloré, Bergé-Pigasse-Niel, Drahi, s’opposent à cette réalité sociale pour fabriquer leur réalité, comme Trump, à coups de faits « alternatifs ». La toute-puissance médiatique tresse chaque seconde des couronnes à ce Kennedy français, tout neuf, tout beau, tout nouveau. La propagande médiatique fait campagne pour Macron à un point tel qu’elle ignore que l’élection au 2e tour l’a porté à l’Elysée par le refus de Le Pen. Sur son propre programme, au 1er tour, il ne représente qu’un quart des suffrages exprimés.

 

Nous savons quelle colère sociale couve dans le pays. A nous de lui offrir une expression sociale, unitaire, déterminée. Telle est bien la vocation du Front social.

Macron : un président des riches par défaut

Le nouveau président de la République a été élu avec 20,7 millions de voix, sur 51,5 millions de Français majeurs (1), soit 40,19% seulement des Français en âge de voter. Une forte proportion des votants a, de surcroît, choisi Macron par défaut. La représentativité extrêmement faible du nouveau président de la République pose d’ores et déjà la question de sa légitimité.

 

Les élections législatives de juin prochain risquent fort de chambouler le paysage politique français autant que l’espoir, pour Macron, de constituer une majorité présidentielle cohérente.

Les Français ont choisi LE président des riches par défaut, pour 60% (2) de ceux qui ont déposé un bulletin Macron dans l’urne, ce dimanche 7 mai. Dans l’inquiétante continuité des élections de 2007 et 2012, la question centrale de la représentativité du président de la République se trouve à nouveau posée.

La non-représentativité criante du nouveau locataire de l’Elysée interpelle avec une acuité d’autant plus forte, que 8,3 millions d’électeurs seulement, sur 51,5 millions de Français en âge de voter, ont adhéré –en connaissance de cause ?- au projet ultralibéral du candidat du système fric à outrance.

Les mondialistes effrénés, les financiers, aidés par les politiciens sur le retour, soutenus par une petite partie d’une jeunesse naïve, virtualisée, ultra-crédule, ont réussi un coup magistral en portant à la tête de l’Etat français, à coups de centaines de millions d’euros investis dans la promotion, le produit Macron. Or, celui-ci déplaît à 33,1 millions d’électeurs (3) et ne convainc pas les 12,4 millions de Français, qui ont voté par défaut pour lui, afin de barrer la route au Front National, sur les 20,7 millions de voix obtenues, dimanche soir.

Une victoire en trompe-l’œil

Pas de quoi pavoiser pour le nouveau président de la République qui sera, durant cinq ans, le grand obligé de ses bailleurs de fonds et autres promoteurs capitalistes ultralibéraux. Macron devra d’autant moins se reposer sur ses frais lauriers, qu’à l’évidence les partis institutionnels, LR et PS surtout, vont vouloir en découdre, pour se refaire une santé. Balayés au premier tour, désagrégés par la météorite Macron, ils ont manifestement déprécié le second tour, sachant le résultat acquis d’avance, pour se consacrer à l’espoir de leur renaissance, aux législatives des 11 et 18 juin.

Dans ce plan de bataille, qui se dessine pour la composition de la future assemblée nationale, la formation « En Marche », sur laquelle le nouveau président compte fonder sa majorité présidentielle, se heurtera aux trois principales forces constituées au premier tour, sur la base d’un vote massif d’adhésion pour chacune d’elles. Que ce soit le bloc du FN, avec 7,6 millions de voix, celui des Républicains, avec 7,2 millions de voix, ou celui de la France Insoumise, avec un peu plus de 7 millions de voix.

Plus de 21 millions d’électeurs échapperont en toute logique à la République en Marche du président élu. Sans oublier les 2,2 millions de voix du PS de Benoît Hamon et les 1,6 million de voix de Dupont-Aignan. L’absence criante d’adhésion à un projet, s’inscrivant dans la continuité de la politique de Hollande, apparaît dès à présent comme le talon d’Achille de la démarche macronienne. Macron n’est pas perçu, n’en déplaise aux euphoriques ou optimistes, comme le président rassembleur, eu égard à son parcours et à son appartenance au système. Cela pèsera dans chacune des 577 circonscriptions.

La forte abstention devait alerter Macron (4)

L’abstention très forte, 25,38%, soit 11,5 millions de gens qui ne sont pas déplacés pour cette élection phare des institutions de la cinquième république, et la forte progression des votes blancs et nuls à 11,49%, soit 5,2 millions d’électeurs, sont autant de signes avant-coureurs d’un rejet de la Macronie qui se met en place. 

Le Premier ministre que va choisir le président de la République sera un indicateur de sa volonté ou pas de tenir compte du message qu’une grande majorité de Français lui ont envoyé, en ne se prononçant pas pour lui.

Quand bien même il se découvrirait miraculeusement une sensibilité humaine et sociale, dans le sillage de Mélenchon, il sera difficile à ce jeune président frais émoulu de ne pas tenir ses engagements auprès de ceux qui l’ont fait monarque républicain : les riches. 

(1) Nombre de Français majeurs, en âge de voter : 51,5 millions. Nombre d’électeurs inscrits : 45,7 millions (88,6% des Français en âge de voter). Nombre de Français non-inscrits : 5,8 millions (11,4% des Français en âge de voter).

(2) Enquête Ipsos Sopra Stéria pour le Cevipof, avant le second tour.

(3) 33,1 millions de Français n’ont pas voté pour Macron :

- 10,6 millions pour Le Pen

- 11,5 millions se sont abstenus

- 5,2 millions ont voté blanc ou nul

- 5,8 millions non-inscrits

(4) Abstention et votes blanc ou nul

- Abstention premier tour : 22,23 %

- Abstention second tour : 25,38% (+ 3,15 points)

- Votes blanc et nul premier tour : 2,56%

 

- Votes blanc et nul second tour : 11,49% (+ 8,93 points)

Pas d’accord entre la FI et le PCF, je ne regrette rien et suis fier de mon parti

Ainsi, il n'y aura pas d'accord entre la FI et le PCF. Je le déplore, mais je ne regrette rien et suis fier de mon Parti.

 

Je suis fier de de mon Parti, qui, depuis des decennies, a fait le choix de se mettre au service de ses idées, même quand pour cela il fallait laisser à d'autres l'honneur d'être en haut de l'affiche.

Je ne regrette pas d'avoir fait le choix de la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2012 comme en 2017. Il a su créer une dynamique et porter nos idées à un haut niveau électoral qui est une source d'espoir pour l'avenir. 
Le Front de Gauche est aussi une belle idée qui a encore de l'avenir. Il est la maison commune qui permet à ceux qui partagent nos idées sans vouloir pour autant se lier à un parti ou même à un mouvement de s'engager. 
Je pense à Marie-Christine Vergniat, député européenne qui fait un travail formidable à Bruxelles. Je pense à Caroline de Haas, Monique Pinçot-Charlot, François Ruffin qui ont pu y trouver un appui pour s'engager dans la campagne des élections législatives. Il ne leur y est pas demandé de signer une charte, ils peuvent y apporter leurs idées neuves sans renoncer à leur liberté de vote, sans être corseté par un programme écrit dans le marbre et qu'on ne peut amender. Je pense aussi aux nombreux conseillers régionaux, départementaux, municipaux non-encartés mais qui se retrouvent dans le Front de Gauche. Dans ma ville, avec plus d'un tiers des élus du groupe FdG non adhérent au PCF, nous sommes le seul groupe politique à avoir ainsi su ouvrir nos portes.

Je déplore le choix de la FI, qui après avoir su créer les conditions d'un large mouvement populaire prend un chemin qui va le saborder. La FI suit la voie du sectarisme. "Qui n'est pas avec moi est contre moi" semble être son nouveau credo, confondant le rassemblement avec le ralliement inconditionnel à sa charte, voire la soumission pure et simple. Un comble quand on a pour nom "insoumis". La FI se comporte ainsi comme si elle était propriétaire des sept millions de voix qui se sont portées sur Jean-Luc Mélenchon et que nul autre que ceux qui ont signé sa charte ne pouvait être apte à les représenter au parlement.

Je déplore aussi le choix de la FI de "parachuter" des responsables nationaux du Parti de Gauche sur des circonscriptions très ancrées à gauche et où le PCF à une réelle et forte implantation et présente des candidats locaux reconnus pour leur militantisme de terrain. Cette attitude, digne des "carabistouilles" des "anciens partis" pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon, va ruiner le formidable espoir qui s'est levé avec sa candidature aux présidentielles.

De plus, elle nous privera de nombreux députés, qu'ils soient PCF ou FI, qui auraient pu au parlement voter contre le recours aux ordonnances pour réformer le code du travail voulu par Macron et tout au long de son mandat s'opposer à sa politique libérale et de casse sociale.

 

On ne peut que le regretter, très amèrement.

Macron Président mais sans majorité à l'Assemblée nationale ?

C'est inédit et effrayant : plus de 11 millions de voix pour Marine Le Pen. Avec un très fort report des voix de droite, dont la responsabilité incombe à Sarkozy, Fillon & co qui n'ont cessé de banaliser les thèses frontistes. A peine 16% des électeurs ayant voté Macron l'ont fait pour appuyer son programme. Plus important : une majorité d'électeurs ne souhaitent pas qu'il ait une majorité demain.

 

Par manque de temps, je me limite à faire des copier-coller d'une série de tweets (visibles ici), quelques remarques sur le résultat du second tour de la Présidentielle.

IMPORTANT : avec 25 % d'abstention (1 électeur sur 4!) et près de 9% de votes blanc ou nuls (soit près de 4 millions de votants), il y a un nombre conséquents d'électeurs qui ne se retrouvent pas dans l'enthousiasme des commentateurs pour le nouveau président. Les entendra-t-il ? Rien n'est moins sûr.

Dessin de Rodho sur la soirée électorale.

Maxime Combes, économiste et auteur de Sortons de l'âge des fossiles (Seuil, collection Anthropocène).

 

 

Croquis. Manuel Valls: un dernier retournement

Torpiller son navire pour en devenir le capitaine. Depuis bientôt dix ans, Manuel Valls applique la même méthode. En annonçant, une fois de plus, la mort du Parti socialiste et son ralliement à la nouvelle majorité présidentielle, il vient d’enrichir son étrange curriculum.

Cette fois, Manuel Valls a peut-être raison. Le Parti socialiste dont il annonce périodiquement la fin est bel et bien en état comateux. Déchiré, anémié, divisé entre une aile qui veut participer à la nouvelle majorité et une autre, autour de Benoît Hamon, qui veut s’ancrer dans une ferme opposition. Un parti comateux mais à bout de nerfs. Pour s’en convaincre, il fallait entendre la colère de ses camarades, y compris les plus proches, à l’entrée du bureau national qui se tenait mardi matin, au siège de la rue de Solferino.  

 

Après l’annonce de sa candidature sous l’étiquette de La République en marche, même les amis de l’ancien premier ministre exprimaient leur consternation – depuis, le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a annoncé la saisine la commission des conflits du PS en vue de l'exclusion de Manuel Valls. « Ce n’est pas parce que les moments sont difficiles qu’on doit tourner le dos à sa famille politique, je suis très déçue », disait par exemple la secrétaire d’État aux personnes âgées, Pascale Boistard. Et François Rebsamen haussait les épaules : « Le PS ne tourne pas autour des états d’âme de Manuel Valls », tandis qu’André Vallini déplorait à haute voix : « C’est un peu précipité. Il faut garder son sang-froid. » Enfin, le patron du groupe socialiste à l’Assemblée, Olivier Faure, qui n’a rien d’un frondeur, avait les mots les plus définitifs : « Les vrais amis, ce ne sont pas ceux qui, lorsqu’on est dans la tourmente, s’en vont ramper devant le nouveau pouvoir. »

C’est qu’au-delà du diagnostic politique qu’il pose à propos de son parti, Manuel Valls a fini par se ciseler une image originale. Il a développé sa patte. Une manière bien à lui de mener sa carrière politique. Une réputation qui désormais lui colle aux basques, et qui s’est amplifiée depuis la présidentielle. Il n’est plus le transgressif mais le flingueur des corbillards, dont il aide le décédé, à l’occasion, à passer l’arme à gauche. Ou plutôt à droite. À force de se présenter comme le phœnix qui fera renaître de ses cendres son parti carbonisé, il est devenu le messie de l’avis de décès. Ses coups d’éclat sont toujours associés à la nécrologie de sa famille. Il débarque en terrain ravagé, dominateur et sûr de lui.

En juin 2009, après la débâcle du PS aux élections européennes, il préconise l’abandon du mot socialisme, « sans doute dépassé », et Martine Aubry lui réplique : « Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti socialiste. » En mars 2014, il passe un accord avec Arnaud Montebourg pour devenir premier ministre mais rejette dans la foulée la relance qu’il préconise, le vire en septembre avec Benoît Hamon, le remplace par Emmanuel Macron, et invente le concept des gauches irréconciliables. À l’automne 2016, en jurant fidélité à François Hollande, il le pousse à renoncer à sa candidature. En janvier 2017, il s’engage, pendant la primaire, à soutenir le candidat qui l’emportera. Battu par Benoît Hamon, il annonce, un mois et demi plus tard, son vote pour Emmanuel Macron, en assurant encore que le PS est fini.

Pourtant, en août, quand Macron quitte Bercy, il s'était posé en défenseur de la fidélité : « Il n’y a pas de destin personnel en dehors du collectif, il n’y a pas de destin individuel dans l’ambiguïté. On ne peut pas partir, on ne peut pas déserter, c’est trop important, il y a tellement à faire ! Ce que l'on doit aux Français, c'est de la loyauté. On ne s'improvise pas candidat à la présidentielle. »

Pourtant, le 16 novembre, interrogé sur la déclaration de candidature de son ancien ministre, Valls dénonce son inexpérience : « Pour porter cette responsabilité, il faut, j'ose le dire devant vous, une éducation à la conduite du pouvoir, à la responsabilité, un sens de l’État. Il faut de l'expérience, une expérience qui a été éprouvée par le temps. »

Fidèle à lui-même et à son style qui consiste, dit-il, à oser nommer les choses, Manuel Valls vient donc présenter sa candidature aux législatives sous la bannière de son ancien rival, au nom du réalisme et en constatant le décès du PS, qu’il ne quitte pas pour autant. C’est d’ailleurs l’une de ses constantes. Il rompt mais ne s’en va pas, il reste à la périphérie, mais pour s’approcher du centre. Du centre du pouvoir.

Manuel Valls se pose depuis le début de sa carrière comme une sorte d’avant-garde, mais avec sa manière de faire, et de « trahir », comme l’en accusent ses adversaires, il a toujours un train de retard. En 2009, il enterre le PS mais François Hollande devient président trois ans plus tard, quand lui-même plafonne à 5 %. Après 2014, il recommence en préparant 2017, mais se fait doubler par le jeune Macron qu’il combat, avant de lui faire des offres de service.

Avec ou sans Valls, le Parti socialiste affronte une crise vertigineuse qui, de fait, est peut-être la dernière. Mais la manière dont l’ancien premier ministre a voulu s’en dégager pour rebondir chez le vainqueur du 7 mai est si révélatrice qu’elle pose problème au nouveau président. « Si le délai est encore possible, la commission qui se réunit demain analysera », a réagi Jean-Paul Delevoye, le président de la commission d’investiture de La République en marche, en ajoutant, pour mieux se faire comprendre : « S'il s'agit d'une opération pour ensuite créer un groupe totalement indépendant, ces calculs politiciens sont d'une autre nature par rapport à notre état d'esprit. Nous allons être extrêmement attentifs à ce qui est une sincérité de soutien ou une opération de calculs stratégiques que nous n'acceptons pas »

Dans le documentaire diffusé lundi soir par TF1, Macron, les coulisses d’une victoire, réalisé par Yann L'Hénoret, on entend celui qui n'était alors que candidat et pas encore président commenter le curriculum vitae du sauveur qui souhaite le rejoindre : « Si y a un traître, si y a quelqu'un qui a flingué Hollande, c'est Valls. »    

 

Sans commentaire.

Le résultat final des « fausses élections présidentielles françaises »

Selon le site du Ministère de l’Intérieur, il y a finalement, contrairement aux chiffres qui avaient été donnés au premier tour, 47 581 118 inscrits sur les listes électorales. Ce chiffre du Ministère de l’Intérieur n’est jamais le même à chaque publication : il varie constamment et pour le second tour il a été aussi déclaré à 47 568 588 d’inscrits.

L’abstention s’élève à 25,44% des inscrits. Ce qui donne : 12 104 636 inscrits.

Les votes blanc et nuls s’élèvent à 12% des votants. Ce qui donne : 4 265 171 votants.

Les abstentions ajoutées aux votes blancs et nuls, donnent le chiffre de : 16 369 807 voix.

Les voix prises en compte dans l’élection s’élèvent donc au nombre de : 31 211 311.

Marine Lepen a fait 33,90% des voix exprimées. Ce qui donne : 10 580 634 voix exprimées. Le site du Ministère de l’Intérieur donne le chiffre de : 10 644118 voix pour Marine Le Pen. Ce qui veut dire que les inscrits du point de départ ne sont pas le nombre annoncé par le Ministère de l’Intérieur.

Les voix exprimées restantes pour Emmanuel Macron s’élèvent donc au nombre de : 20 630 677 voix exprimées. 66,10% de 31 211 311 = 20 630 677 voix exprimées. Le site du Ministère de l’Intérieur donne le chiffre de : 20 753 798 voix pour Emmanuel Macron. Ce qui confirme une imprécision sur les inscrits du départ.

Le nombre de Français inscrits et ayant le droit de vote et qui n’ont pas choisi Macron pour président, s’élève donc à : 27 013 925 citoyens.

De nouveau, une large majorité de Français n’a pas voté Emmanuel Macron. La majorité des Français n’a pas voulu qu’il soit placé à la présidence de la République Française !

C’est une minorité de Français qui a imposé ce président à la majorité des citoyens de ce pays ! On retrouve encore logiquement la perversion du système électoral de la 5ème République et l’injustice qu’elle fait régner dans cette parodie de « démocratie »… Une minorité, comme on le voit dans cette élection, peut, en réalité, s’imposer très facilement à une majorité : en résumé, 20 millions de voix l’emportent sur 27 millions de voix !

Comment, dès lors, accorder une légitimité quelconque au nouveau Président élu? Où va-t-il trouver une majorité gouvernementale nécessaire pour conduire le pays, selon la Constitution de la 5ème République, puisqu’il n’a pas le projet de réformer celle-ci?

Comme nous l’avions commenté dès le début de cette campagne électorale 2017, le scénario Macron avait été soigneusement écrit d’avance, puis exécuté au détail près, mis scrupuleusement en scène, avec les chiffres des sondages eux aussi prévus déjà très largement en avance, sans oublier le dévouement inconditionnel de l’ensemble des médias collabos, tout cela faisant des élections présidentielles françaises 2017, une fausse élection…

Tout s’est bien déroulé sans le moindre écart des prévisions et des diagnostics du monde médiatique, puisque tout était prévu d’avance, pensé d’avance, voulu d’avance, organisé d’avance, et imposé comme convenu sans le moindre doute sur l’issue finale. Des élections pipées, donne une fausse élection présidentielle.

Les nombreuses irrégularités du premier tour demeurent bien entendu sans réponses…

Les informations sérieuses, confirmées, documentées, prouvées sur les scandales et la corruption concernant certaines personnes dont un appui politique majeur de Macron, François Bayrou, restent muettes…

Que vont dire aujourd’hui, lundi 8 mai, les escrocs du QG Macron sur le sabotage des élections françaises réalisé par Sputnik et RT ? Si les élections présidentielles françaises ont vraiment été sabotées par les médias Russes, comme le QG Macron l’a sérieusement soutenu dans une violente accusation, cela veut-il donc dire qu’Emmanuel Macron est le candidat favori de Poutine, puisque c’est lui qui apparemment a largement profité du sabotage russe?

L’équipe au pouvoir, largement désavouée par les Français, s’est donc arrangée astucieusement pour rester au pouvoir, malgré une impopularité record. Hollande va survivre à lui-même à travers le candidat qu’il a si habilement placé dans la course à l’Elysée. Il triomphe, jubile et va sans doute désormais se taper sur le ventre en traitant les Français « d’enquenellés » ! Même si Macron n’a convaincu qu’une minorité de Français, peu importe, du moment que la perversion du système électoral aidant, lui permettait d’obtenir le dernier mot sur la volonté du peuple bluffé par ce jeu de dupes !

En 2017, la situation de la France et des Français s’est considérablement dégradée. Ce pays est désormais une authentique colonie des USA, puisque son tout jeune président est l’homme converti aux standards nord-américains par excellence. Il avait annoncé la poursuite assidue de cette vassalité, jusque dans la guerre illégale qu’il allait continuer et intensifier aux côtés des USA. Cette guerre il la ferait sans hésiter, « même sans mandat de l’ONU » ! Il va de soi que si un mandat de l’ONU était le dernier de ses soucis, déjà comme candidat, on peut imaginer ce que peut représenter dans son esprit de président élu, l’aval du Parlement, du Sénat et du peuple : une question qui ne se pose même pas !

La leçon de ces élections :

Un représentant « commercial » envoyé en mission par la Banque Rothschild dirige la France aujourd’hui. On ne peut pas rêver un scénario plus idéal pour exprimer la façon dont le Grand Capital Financier organise son pouvoir absolu sur le monde entier. Ce pouvoir exorbitant montre son visage rayonnant de plaisir : il a gagné, il est le Maître, c’est lui qui décide et qui met en place ses pions disciplinés pour une ère de profits démesurés assurés par des peuples enfin dressés et soumis au dictat de la Loi de l’argent…

 

Source: http://www.mondialisation.ca/le-resultat-final-des-fausses-elections-presidentielles-francaises/5589120

Macron un président ultra minoritaire

Les résultats du second tour de la présidentielles 2017 sacrent un grand gagnant, celui du rejet de Le Pen et du refus de Macron. L’abstention atteint un niveau record pour un second tour de la présidentielle. Le plus haut niveau depuis l’élection de 1969 et le refus du bonnet blanc et blanc bonnet lancé par le PCF d’un Jacques Duclos atteignant les 20% au premier tour et manquant de peu le second tour.

A ces 26%, il faudra bien sur ajouter les votes blancs et nuls qui devraient également battre des records.

Résultats du second tour de la présidentielles 2017

Abstention : 26%

Blancs et nuls : 9%

Abstention + blancs et nuls : 34% – environ 16,5 millions d’électeurs

Macron : (65% des exprimés) : 43% – environ 20 millions d’électeurs

Le Pen : (35% des exprimés) 23% – environ 10,4 millions d’électeurs

 

Selon le sondage sorti des urnes réalisé par Harris Interactive, 59% des électeurs de second tour de M Macron l’ont fait pour faire barrage au front national. Ce qui revient à dire qu’Emmanuel Macron ne bénéficie en réalité que de 27% des électeurs. Selon un sondage CSA diffusé par France 2, 61% des français ne veulent pas d’une majorité En Marche aux législatives.

Premiers commentaires sur le résultat du second tour de la présidentielle française – 7 mai 2017, 21 h

Préparée depuis des mois par les dizaines de couvertures-presse et d’émissions assurant la promotion parallèle de Macron et de Le Pen, la victoire fort prévisible du candidat de la haute banque est l’effet programmé de l’exploitation indécente des nobles sentiments antiracistes du peuple français, de l’entreprise ignoble visant à culpabiliser les électeurs de gauche réticents à voter Macron, et plus encore, de l’union sacrée quasi-totalitaire des médiacrates « beaufs » et « bobos », du Figaro à L’Humanité en passant par Le Monde et par Libération. Tous ces chanteurs d’hymne européen sont mobilisés en faveur du candidat de Merkel, Obama et Juncker, de Gattaz et de Parisot, des LR et du PS, de Hue et de P. Laurent, de l’UE et de l’OTAN. Sans oublier la direction jaune de la CFDT, d’avance sur les rangs pour accompagner les euro-régressions*.

Comme prévu, Marine Le Pen a aidé son adversaire à triompher en reculant de plus en plus, à mesure qu’approchait le 6 mai, sur sa prétendue volonté de rompre avec l’UE, en se déclarant « européenne » sur tous les tons et en faisant une croix sur l’objectif, fût-il grossièrement démagogique dans sa bouche, de la retraite à 60 ans. Ces reculades hautement prévisibles du FN, que MLP a tenté de dissimuler derrière une agressivité ostentatoire, montrent plus que jamais que le Frexit, indispensable pour remettre la France sur les rails de l’indépendance, du progrès et de la coopération multi-continentale, sera progressiste, porté par la classe ouvrière, par les vrais communistes, les syndicalistes de classe, les antifascistes véritables et les patriotes de progrès, ou bien qu’il ne sera pasCar le FN n’offre une alternative au « système » qu’il verrouille  : au contraire, la pseudo-alternative Macron-Le Pen du second tour entre « la France en ordre » fascisante du FN et l’ubérisation galopante portée par l’euro-fédéraliste Macron, n’est rien d’autre qu’une tenaille politique visant à broyer la France entre la xénophobie d’Etat et l’euro-dissolution de la nation, le tout s’opérant sur fond de glissement vers l’Etat policier et vers de nouvelles guerres impérialistes fomentées par Donald Trump.

 

Dans ces conditions, il faut se réjouir que nombre d’électeurs progressistes, « insoumis », communistes, syndicalistes de lutte, aient pratiqué l’abstention citoyenne, le vote blanc, le vote « rouge », ou qu’ils aient maintenu leur vote JLM au 2ème tour. Autant et plus que ceux qui ont voté Macron sans cautionner son programme mais en croyant accomplir un devoir antifasciste, ces citoyens lucides, capables de résister à l’énorme pression médiatique, ont préparé la résistance, non seulement au FN, mais à la politique qui creuse son lit en détruisant les acquis du CNR et la souveraineté de la nation, et même notre langue française d’avance sacrifiée au tout-anglais transatlantique (dont Macron est un vecteur assumé). D’ores et déjà, la légitimité morale de Macron et de son parti fourre-tout est nulle pour appliquer cette ligne réactionnaire commanditée depuis Berlin et Bruxelles : car non seulement ce personnage, qui n’avait obtenu sur son nom que 16% des inscrits au 1er tour, est très minoritaire quand on décompte les abstentions, les « nuls » et les blancs (à peine plus de 40 % des inscrits, dont 59% déclarent l’avoir fait uniquement pour faire barrage au FN, ce qui signifie un vote de seulement 18% des inscrits en faveur de Macron), non seulement nombre de ses électeurs du second tour et même du premier, n’avaient pas voté pour son programme mais seulement pour « faire barrage » à Fillon et/ou au FN, mais Macron est le produit d’un système qui fait tout pour que les électeurs se décident moins sur leurs aspirations positives que sur des peurs et sur de pseudo-votes « tactiques » rebaptisés « vote utile » : si bien qu’à l’arrivée, cette élection dénaturée ne traduit en rien les aspirations majoritaires du peuple à l’emploi, à des salaires corrects et à une vie digne pour tous. En particulier, comment ne pas regarder avec dégoût le chantage qui, au second tour, a déguisé cyniquement en barrage antifasciste un vote Macron que la profession de foi du candidat présente expressément, non pas comme « un vote contre qui que ce soit », mais comme un plébiscite pour son mégaprojet de casse néolibérale, celui-là même que le peuple avait rejeté en votant non à la constitution européenne, en congédiant Sarkozy, et en interdisant à Hollande de se représenter ?

En outre le politologue Jérôme Sainte-Marie a raison d’observer que, de manière aussi déformée que flagrante, la présente élection révèle crûment la fracture de classe qui divise le pays :

·         d’un côté, toutes les tendances réconciliées de la bourgeoisie, des conservateurs aux social-libéraux flanqués de leurs satellites eurocommunistes, ont rallié Macron comme un seul homme : moins pour « défendre la démocratie » (l’empilement de treize lois liberticides en douze ans prouve que cette France d’en haut se moque des libertés !) que pour se prendre leur revanche sur le 29 mai 2005 et pour faire plébisciter par la bande le « saut fédéraliste européen » et le « gouvernement de la zone euro » que Merkel et Hollande ont concoctés dans le dos des peuples. Car l’objectif de classe des compères est d’avoir suffisamment sapé l’Etat-nation et l’ « exception française » issue de 1789 et du CNR à l’issue du quinquennat prochain, pour que la contre-offensive des travailleurs trouve en face d’elle un Empire européen irréversiblement consolidé quand la révolte éclatera. C’est dire qu’il ne faut laisser aucun « état de grâce », ni à Macron-Merkel et à son parti « ni de gauche ni de gauche », ni au FN qu’il faut débusquer de son rôle mensonger de « tribun » de la nation laborieuse qu’il divise et paralyse…

 

·         De l’autre côté, sous la forme dévoyée, voire suicidaire du vote FN, mais aussi, contradictoirement, sous la forme de l’abstention ouvrière de masse, et, bien plus positivement, sous la forme du vote Mélenchon, les classes populaires et la partie la plus insoumise des couches moyennes campent de plus en plus en marge du système d’oppression qu’est la 5ème République reformatée par l’UE. Même si Macron et Parisot croient pouvoir assommer le mouvement ouvrier et progressiste avec le Blitzkrieg programmé des ordonnances estivales, une déferlante sociale de grande ampleur peut survenir salutairement dès l’automne tant les travailleurs et la jeunesse sont exaspérés par cette politique qui prend sans cesse aux « petits » pour gaver les privilégiés du parasitisme financier que représentent Macron, Fillon… et Le Pen. Encore faudra-t-il œuvrer alors à ce que cette contre-offensive ne cible pas seulement Macron et le MEDEF, et exiger qu’elle pointe clairement (ce que n’ont pas fait ou pas suffisamment les luttes contre la prétendue loi « El Khomri ») la « construction » européenne : car c’est de plus en plus à l’échelle continentale qu’est orchestrée la casse des acquis sociaux, des libertés démocratiques et des souverainetés populaires.

Le PRCF est fier pour sa part d’avoir fait le choix, au 1er tour, d’apporter un soutien critique, mais dynamique et constructif à la candidature JLM à qui il a peu manqué pour qu’il parvienne au second tour, ce qui eût permis d’éliminer à la fois Fillon, le PS et Le Pen en suscitant un grand Premier Mai de combat !

Le PRCF se félicite d’avoir appelé, au second tour, à dégonfler le vote ouvrier pour le FN sans cautionner pour autant l’ennemi mortel de la nation laborieuse qu’est Macron. Les militants du Pôle ont dynamiquement privilégié le tractage franchement communiste à l’entrée des usines (tout en travaillant partout où c’était possible avec des militants PCF, JC, ou avec des comités d’insoumis) pour appeler la classe ouvrière à porter le Frexit progressiste dans la perspective du socialisme.

 

Le PRCF soutient les initiatives de nombreuses bases syndicales qui appellent dès le 8 mai à la résistance face à Macron. Il appelle à la multiplication des liens entre forces sociales et forces politiques afin de construire l’opposition populaire euro-critique et progressiste nécessaire pour briser la tenaille Macron-Lepen, y compris pour les Législatives à venir.

Plus que jamais le PRCF appelle les sympathisants qui ont soutenu ses efforts militants, ainsi que les nombreux amis qui ont appuyé sa campagne sur l’internet, à faire le pas de l’adhésion maintenant. Car un PRCF plus fort et organisé partout servira grandement, dans la rude période qui vient, non seulement pour dénoncer le système FNLR/EMPS, mais pour accélérer le travail de reconstruction du vrai parti communiste, aider le syndicalisme de classe, fédérer les partisans du Frexit progressiste et défendre la paix mondiale menacée par l’impérialisme.

*Il est triste que des dirigeants CGT aient outrepassé le mandat confédéral en appelant, non pas à refuser toute voix au FN, ce qui allait de soi, mais à voter nommément Macron, le champion toutes catégories de l’ubérisation du travail !

 

http://www.initiative-communiste.fr/articles/presidentielles2017-premiers-commentaires-resultat-second-tour-de-presidentielle-francaise-fr/

Léon Landini, résistant FTP MOI : « pour combattre le FN, combattre la fascisante Europe du capital et son serviteur Macron ! »

 

Par Léon LANDINI, résistant FTP-MOI, président du PRCF. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ARAC, qui nous avait habitués à mieux, va aujourd’hui jusqu’à affirmer dans son dernier bulletin et cela au nom du Secrétariat National (s’agissant du deuxième tour des présidentielles)  : “ C’est pourquoi l’ARAC entend faire barrage au Front National, à utiliser sans hésitation et avec courage le seul bulletin qui permettre de s’opposer à Marine Le PEN, de réduire l’assise et l’influence du Front National .”

Et dans la page suivante on y trouve : “Alors oui le courage c’est d’empêcher le Front National, d’être élu à la Présidence de la République et pour cela utilisez le seul bulletin à votre disposition (celui d’Emmanuel MACRON) s’abstenir ou voter blanc, c’est voter Front National ”.

En tant qu’ancien combattant de la Résistance : Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI de la région Rhône-Alpes – Officier FTP-MOI – Grand Mutilé de guerre suite aux tortures endurées pendant mon arrestation par la Gestapo – Officier de la Légion d’Honneur – Médaillé de la Résistance – Décoré par l’Union Soviétique, je ne puis laisser ainsi insulter ceux qui, comme moi, s’abstiendront dimanche, ou qui voteront « rouge » et qui, depuis des mois, travaillent d’arrache-pied sur le terrain à faire baisser les voix ouvrières du FN, tout en refusant l’odieux chantage des médias en faveur du vote MACRON. Car c’est m’insulter et insulter mes camarades que d’insinuer que, en refusant MACRON, je deviendrais un séide du FN que j’ai encore récemment dénoncé vertement sur le site du PRCF et sur Agoravox pour sa filiation incontestable avec Vichy, le nazisme et l’OAS.

En réalité, MACRON est un maître-chanteur politique qui prend en otage le « barrage anti-FN » pour forcer les Français, QUI TRES MAJORITAIREMENT N’EN VEULENT PAS (voir l’immense mouvement contre la Loi TRAVAIL, rejetée par 70% de nos compatriotes) à avaler sa potion thatchérienne, néolibérale, atlantiste et euro-fédéraliste qui n’est pas moins venimeuse que celle que nous destinait Fillon.

Ce comportement de MACRON est profondément malhonnête : car s’il voulait obtenir des électeurs de MÉLENCHON un vote de barrage antifasciste sur sa personne, MACRON ferait des gestes en leur direction ; au contraire, MACRON a arrogamment signifié à MÉLENCHON qu’il refusait toute concession sur les futures ordonnances visant à pulvériser ce qui reste du Code du travail. MACRON se fiche de l’antifascisme, ce qu’il veut, c’est utiliser le repoussoir FN et profiter de la générosité des antifascistes, pour tordre le bras de la vraie gauche et mettre « en marche » sa guerre-éclair thatchérienne contre la classe ouvrière !

En un mot, cet individu mandaté par les marchés financiers dévoie le barrage antifasciste pour faire plébisciter son programme de casse néolibérale de la France.

En outre, la montée du FN est l’effet direct des politiques néolibérales du PS et de l’UE, dont MACRON est le serviteur zélé. Elle résulte aussi du fait que depuis des décennies, non seulement le PCF, mais toute la gauche établie, rampe devant le social-libéralisme et que désormais, à toute occasion – on l’a encore vu aux Régionales où certains hommes de gauche ont décerné des brevets d’antifascisme à ESTROSI ou à Xavier BERTRAND ! Cette pseudo-gauche qui donne des leçons d’antifascisme à l’ancien officier FTP-MOI que je suis caché ainsi ses dérives droitières derrière le « front républicain » et dans les faits, elle banalise l’ultra-réaction filloniste !

En outre, un certain nombre d’électeurs de gauche qui ont sottement voté MACRON au lieu de porter MÉLENCHON au second tour EN ELIMINANT LE PEN DES LE 1ER TOUR, feraient mieux de s’interroger sur leur intelligence politique au lieu de culpabiliser ceux qui ne voteront pas comme eux au second tour.

Enfin, je n’entends pas décerner un brevet d’antifascisme à MACRON, l’ex-ministre de Valls, dont le gouvernement n’a cessé, à la suite de SARKOZY, de fasciser notre pays à coups de lois liberticides, d’Etat policier, de matraquage de la CGT et d’état d’urgence sans fin.

J’ajoute que si le danger fasciste est angoissant, celui de la marche à la guerre mondiale derrière TRUMP et ses provocations incessantes, de la Corée à la Syrie en passant par l’Ukraine, ne l’est pas moins  : or, MACRON soutient l’augmentation très forte des crédits militaires exigée par TRUMP et il se prononce pour la « défense européenne intégrée » insérée dans l’OTAN : ce qui signifie la remise de la force de frappe française à la disposition de Washington… et de Berlin. Toute mon expérience d’ancien résistant me prouve qu’on ne peut pas combattre sérieusement le fascisme sans combattre les guerres impérialistes et le « ventre fécond » qui les engendre : le capitalisme, son UE et son OTAN, dont MACRON est une créature particulièrement caricaturale.

Bref, on ne combat pas le feu en finançant les pyromanes, on le combat en reconstruisant un vrai PARTI COMMUNISTE, en redonnant vie au syndicalisme de classe, en appelant à sortir PAR LA GAUCHE de l’euro et de l’UE avec un large Front populaire, antifasciste et patriotique.

L’ARAC ferait mieux de se souvenir de ce qu’elle écrivait il y a peu sur les cartes postales destinées au président de la République.

Or, MACRON est le commis direct de cette UE qui s’apprête à dissoudre ce qui reste de notre pays, de sa langue, de son modèle social hérité de 1945, de sa souveraineté, dans l’Europe atlantique.

Battons-nous pour faire reculer dès aujourd’hui le vote FN, ce qui est un combat spécifique, totalement indépendant du MACRON. Et ne cautionnons pas la casse macronienne de la nation, sous prétexte de conjurer la casse lepéniste de la République, ce sont les deux faces d’un même système qu’il faut balayer tout entier.

Léon Landini 4 mai 2017

 

http://www.initiative-communiste.fr/articles/combattre-f-n-combattre-fascisante-europe-capital-serviteur-macron/

Elections présidentielles 2017 (Analyse)

Pour le deuxième tour des élections présidentielles, nous avons désormais quatre certitudes et quatre incertitudes.

Les certitudes ?

1ère certitude: Le premier parti de France sera celui de l’abstention et du vote blanc et nul avec un score proche de 40% des électeurs inscrits. Du jamais vu pour le deuxième tour d’une élection présidentielle française sous la Vème République.

Les deux candidats du 2ème tour se partageront donc environ 60% des électeurs inscrits dans un rapport proche de 60/40. En clair, cela signifie que le président élu ne le sera, par défaut, que par moins de 36% des électeurs inscrits.

2ème certitude: Jamais la légitimité du président élu n’aura donc été aussi faible sous la 5ème République, alors que notre pays se trouve en situation difficile avec une population divisée,  un  surendettement  hors  de  contrôle,  un  chômage  record,  des  crises  économiques  et migratoire aiguës……

 

Rappel des résultats des présidentielles passées:

Alors que le nombre d’électeurs inscrits est supérieur à ceux de 2007 et 2012, le score du président élu sera inférieur à celui de Hollande en 2012 et très inférieur à celui de Sarkozy en 2007, au premier comme au deuxième tour.

82 % des électeurs inscrits n’auront pas voté pour lui au premier tour, ce qui témoigne d’une très faible adhésion au candidat et à son programme et ce qui porte en germe de grosses difficultés à gouverner et à obtenir une majorité parlementaire dans 5 semaines.

Malgré la «menace FN» et la «tentative» du «système» de promouvoir un front républicain anti-FN,  64% des électeurs inscrits n’auront pas voté EM au deuxième tour de la présidentielle. Rien à voir avec 2002…….

 

3ème certitude: La France électorale est profondément divisée. Entre l’Est plutôt favorable au FN et l’Ouest plutôt favorable à EM

Entre les grandes villes très favorables à EM et les campagnes, plutôt favorables au FN.

4ème certitude: Les médias, concentrés dans un tout petit nombre de mains, dirigés et  coordonnés par un même lobby,  ont pu faire, en France, le résultat de cette élection. Ils ont réussi à promouvoir un candidat jamais élu, au bilan médiocre, ministre et solidaire d’un gouvernement dont les résultats ont été calamiteux au point que Président et premier ministre ont été «sortis»…. Les  médias ont bénéficié pour cela de la complicité active des politiques et des institutions en place  et de l’appui incontestable de la finance.

Ce candidat a été vendu à l’électorat comme un vulgaire paquet de lessive et ça a marché.

Alors que les électeurs anglo-saxons ont su s’affranchir du bla-bla-bla médiatique en votant, contre les médias et le lobby qui les tient, le Brexit et Trump, les français, manifestement moins «connectés», donc plus vulnérables à la manipulation télévisuelle, radio et presse écrite, ont voté pour un candidat contre lequel ils manifestaient hier et contre lequel ils ne manqueront pas de manifester demain.

Les Français ont donc quelques années de retard sur les Anglosaxons, mais ils sont en train de les rattraper si l’on en croit la percée de JLM et le «début de la fin» du concept politico- médiatique fumeux  de  «front  républicain».  Les  français sont donc encore manipulés et manipulables, sous influence médiatique, mais de moins en moins …..

A ces quatre certitudes, on peut adjoindre quatre incertitudes.

1ère incertitude: le score final de chacun des candidats.

Si MLP-NPA font moins de 40 %, ce sera une déception et le résultat des législatives pourrait en être impacté. Cela signifiera que le concept «front républicain» promu par les médias et le «système» fonctionne encore un peu.

Si le score MLP-NPA est supérieur à 40%, cela sera pour eux de très bon augure pour les législatives qui vont suivre, notamment dans de nombreuses circonscriptions législatives de l’Est où l’alliance aura dépassé les 50%.

2ème incertitude: L’attitude des électeurs LR qui se sont sentis trahis par l’appel de Fillon à voter Macron et qui auront déposé un bulletin MLP dans l’urne pour le 2ème tour de la Présidentielle.

Ces électeurs reviendront-ils au bercail pour les législatives ? Ou feront-ils payer la trahison en continuant de voter FN ? Se partageront ils entre ces deux options ?

La réponse à cette question sera déterminante pour les résultats de l’alliance LR-UDI aux législatives. Il n’est pas exclu que cette alliance se fasse étriller par l’alliance FN-DLF dans de nombreuses circonscriptions de l’Est de la France, voire se fasse éliminer du second tour (règle des 12,5% des électeurs inscrits, soit 19% à 22 % des suffrages exprimés pour se maintenir.)

3ème incertitude: Y aura-t-il des alliances pré-électorales entre le mouvement «En Marche» et le PS, voire les Ecologistes, pour éviter une trop grande dispersion des voix au premier tour des législatives ? Quelle serait la réaction de l’électorat face à cette éventuelle «cuisine électorale» survenant après la Présidentielle ?…..

La réponse à cette question sera déterminante pour les résultats d’EM au premier tour des législatives.  Sans  accord  de  ce  type,  le  risque  est  important  d’une  élimination  de  nombreux candidats EM dès le premier tour des législatives faute d’avoir atteint les 19 à 22% des suffrages exprimés (12,5% des inscrits) qui seront nécessaires pour se qualifier, notamment dans l’Est de la France.

4ème incertitude: Quelles seront les initiatives prises par le pouvoir en place, par les médias et le lobby qui les dirige et coordonne leur action, pour déconsidérer le FN et DLF et promouvoir EM. Tout peut être envisagé par ce «système» qui ne reculera devant rien pour faire gagner les candidats EM.

Il faut s’attendre à 5 semaines de campagne anti-FN dans tous les médias. Les mots de fascisme, de racisme, d’antisémitisme, les références bidon à la deuxième guerre mondiale, à Vichy, vont être répétés en boucle à longueur de journée. Le Canard Enchainé va reprendre du service pour tenter de détruire des candidats qui dérangent le système en initiant des scandales sur des rumeurs plus ou moins fausses et non vérifiées, toutes visant évidemment le FN et DLF.

Bref, le Système français de lobby qui a promu Macron et son mouvement est de même nature que celui qui cherchait à promouvoir Hillary Clinton aux USA (l’AIPAC). Ces deux lobbies sont frères (et de connivence). Ils ont raté leur coup aux USA mais cherchent à rattraper le coup en détruisant le Président US élu. Ils ont partiellement réussi en France en créant et en vendant Macron à un électorat plus naïf et moins «connecté» qu’aux USA. Ils vont tout faire pour compléter la victoire aux législatives en attaquant sans relâche le FN durant les cinq prochaines semaines.

 

En conclusion: encore 5 semaines difficiles à vivre, puis, cinq ans, encore plus difficiles……..

« Enrico Macias ruiné, une leçon à retenir pour vous tous !! »

Si notre Enrico national est en procès, je ne ferai pas le sien ici car ce n’est pas l’objectif. Mon but c’est de vous montrer à travers cet exemple que même lorsque l’on est conseillé, que même lorsque l’on est « riche » à millions, pour ne pas dire à dizaine de millions, on peut se faire « tarter » comme un bleu, et c’est exactement ce qui est arrivé à notre Enrico.

Enrico a beau dire et clamer pour les besoins du procès que « j’ai été volé », je ne partage pas mais alors pas du tout cet avis et vous allez vite comprendre.

Retour sur les faits pour comprendre de quoi nous parlons et ce qui est arrivé à notre star !

Voilà l’essentiel de l’explication avancée par l’AFP sur ce dossier.

« Le procès pour escroquerie de la Landsbanki Luxembourg, filiale d’une banque islandaise emportée par la crise en 2008, a débuté mardi avec plusieurs témoignages de plaignants. Plus d’une centaine de clients, dont le chanteur Enrico Macias, estiment avoir été floués. Pour certains le préjudice dépasse les 40 millions d’euros.

Retour sur les faits : à l’été 2007, la banque fait signer à des propriétaires de biens immobiliers en France – souvent en mal de liquidités – des offres alléchantes de prêts. Ces dernières entraînent le placement de leur maison, villa ou appartement sous hypothèque. Les propriétaires obtiennent ainsi un prêt (en argent frais, mais également sous forme de placements censés couvrir les intérêts) correspondant à la valeur des biens. Cela pour au moins 500 000 euros.

À l’époque, Enrico Macias cherche plusieurs centaines de milliers d’euros pour effectuer des travaux dans sa villa de Saint-Tropez (Var). Découvrant ce montage séduisant, il emprunte 35 millions d’euros à la banque et hypothèque sa maison. Problème, la « crise des subprimes » éclate quelques mois plus tard. La maison-mère est emportée par la crise financière puis nationalisée, comme toutes les grandes banques islandaises. La Landsbanki Luxembourg fait faillite en 2008 et sa liquidatrice entreprend de recouvrer non seulement les sommes effectivement versées aux emprunteurs, mais aussi la totalité des créances, quitte à vendre ou menacer de vendre les biens hypothéqués. »

Ce qu’il s’est passé, expliqué simplement

Bon, allons à l’essentiel et soyons simples. L’idée de ce montage proposé par la banque islandaise était très « simple » en soi.

Vous avez une maison d’une valeur de 150 000 euros. Vous avez besoin d’argent ? En échange d’une hypothèque sur votre maison (si celle-ci est déjà intégralement payée évidemment et pas hypothéquée ne serait-ce que partiellement par ailleurs), alors je vous prête disons… 100 000 euros (en tant que banquier ou « escroc » au choix), je prends une petite marge de manœuvre au cas où.

Puis vous faites ce que vous voulez de ces 100 000 euros. Dans ce cas précis, certaines personnes ont emprunté en hypothéquant leur maison pour renflouer leur entreprise par exemple, voici une petite nuance que l’on peut garder en mémoire pour plus tard.

Tous les autres, Enrico en tête, voulaient faire des travaux pour quelques centaines de milliers d’euros – mais finalement il va emprunter pour 35 millions d’euros, 35 !!! Alors qu’il n’en avait pas besoin.

Pourquoi diable va-t-il donc faire cela notre Enrico national ?

Simplement parce qu’en face, la banque lui propose de placer les 35 millions d’euros prêtés dans des placements qui vont, disons, rapporter du 10 ou 12 % un peu à la « Madoff » évidemment, puisque qui dit gros rendement, dit… gros risques !!

Et c’est ainsi qu’Enrico a cru qu’il allait pouvoir s’enrichir facilement, sans travailler, sans effort, en étant propriétaire de sa maison, en l’occupant, en y faisant ses travaux avec de l’argent qu’il n’avait pas mais qui ne lui coûterait rien, car avec ce montage génial où il empruntait la totalité de la valeur de sa maison pour placer cet argent qu’il n’avait pas, l’effet de levier serait considérable…

Évidemment, comme toutes les « trop » belles histoires, généralement, cela se termine mal. Pourquoi ?

Simple : on ne peut pas s’enrichir réellement sans rien faire.

 

Pourquoi donc Enrico est ruiné ?

Il a péché par appât du gain !

Et de vous à moi, je ne plaindrai aucune victime de cette banque ou presque à commencer par Enrico qui peut jouer l’éploré dans son coin. La réalité c’est que depuis la nuit des temps, le lucre, le veau d’or, bref, peu importe le symbole, les religions, les morales vous mettent en garde contre cette volonté d’enrichissement sans limites qui fait perdre les repères et le bon sens.

La catastrophe est toujours, toujours au bout du chemin.

Lorsque l’on dispose d’une maison d’une valeur de 35 ou 40 millions d’euros, somme que jamais, jamais 99 % des Français ne pourront avoir, et que l’on se retrouve ruiné, on ne peut que s’en prendre à soi-même.

A-t-il été mal conseillé ?

Sans doute.

A-t-il été « escroqué » ?

Sans doute.

Est-il responsable de ce qui lui arrive ?

À 100 %, et sans réserve aucune.

Que devez-vous retenir pour vous ?

Vous n’êtes pas des victimes ! Vous êtes responsables de vos choix financiers, de vos placements, de vos décisions. Ne vous en remettez pas à vos conseillers, à des vendeurs.

Souvent, vous me dites « oui mais je n’y connais rien », ou encore le célèbre « les placements ce n’est pas mon truc, je suis prof de lettres moi / artiste / peintre / infirmière (rayez les mentions inutiles), alors je suis bien obligé de m’en remettre aux gentils conseillers bancaires, de la compagnie d’assurance, privé, ou commerciaux vendeurs d’immobilier et autres artifices de défiscalisation »…

Eh bien si vous considérez que vous n’y connaissez rien, et que vous ne vous donnez pas la peine d’y connaître quelque chose, alors vous ferez au mieux des placements pas terribles, et au pire des âmes pas vraiment charitables se chargeront de vous faire les poches.

Votre argent. Votre responsabilité. Ce n’est pas la faute des autres. C’est la vôtre. Ceci est peut-être choquant, mais je vous assure que c’est la vérité et Enrico en est un exemple saisissant, car il peut se rouler par terre, il y a des chances qu’il perde vraiment sa maison, car le juge, qui, lui, gagne 3 000 euros, va avoir du mal à croire qu’Enrico qui n’avait pas besoin d’une telle somme n’avait pas bien saisi ce à quoi il s’exposait. Du coup, comme il n’avait pas saisi grand-chose, son esprit a été saisi quand il a appris sa saisie… et il a du mal à se ressaisir. (Vous admirerez au passage mon allitération saisissante !!)

Règle 1 : vous êtes responsables de vos décisions

Autre piège, évidemment, l’appât du gain. Si vous voulez pousser à l’extrême la logique de la rentabilité et du rendement, alors vous vous exposez inévitablement à une prise de risque exponentielle.

Je vous invite toujours à conserver cette approche du couple « rendement-risque » et de placer votre curseur là où vous ne risquez pas de perdre votre chemise.

Pour vous donner un exemple, jamais, jamais vous ne me ferez hypothéquer ma maison pour acheter une voiture par exemple ou partir en vacances !! C’est une opération par définition trop risquée, et aucun profit potentiel ne justifie un tel risque car dans un tel cas, le couple rendement-risque est très défavorable, car si cela se passe mal on se retrouve dehors avec femme et enfants… Pas top en gros comme perspective.

Donc on s’abstient !

Règle 2 : on ne court jamais à tout prix derrière les gains et le rendement

Enfin, le dernier grand risque qui fait perdre chaque année beaucoup d’argent à beaucoup de gens, c’est évidemment les impôts ! Ou plus précisément l’aversion aux impôts.

Les impôts c’est pas bô ! Les « zimpôts » c’est trop cher, les « zimpôts » c’est horrible.

Certes. Et je ne vous dirai pas le contraire.

Sauf qu’acheter un appartement clapier en périphérie d’une grande ville dans laquelle vous n’avez jamais mis les pieds à 200 000 euros, que vous serez obligé de louer pendant 12 ans, avec des loyers encadrés et des revenus de vos locataires également encadrés le tout pour économiser 3 000 euros d’impôts c’est bien, mais pour économiser 3 000 € par an, il faut que vous en dépensiez 200 000 !! N’oubliez jamais cela, car nombreux sont les fauchés de la défiscalisation immobilière et actuellement cela continue encore et encore avec les fameux « Pinel » qui sortent de terre un peu partout en France pour le plus grand bénéfice des promoteurs, des notaires, de l’État, des vendeurs et des entreprises de commercialisation et des constructeurs… Votre bénéfice à vous est évidemment très secondaire, car vous êtes la contrepartie (version pudique) ou la vache à lait si vous préférez (version réalité tendance « trash »).

C’est d’ailleurs pour cette raison-là et pour vous protéger et vous montrer qu’il est possible de défiscaliser en achetant de l’immobilier sans forcément passer par les « Pinel » que j’ai consacré la lettre STRATÉGIES du mois d’avril aux différentes méthodes de défiscalisation immobilière. Vous pouvez vous abonner ici si le sujet vous intéresse, et en tout cas ne vous lancez pas dans de telles opérations sans faire un grand travail de recherche et d’analyse… Vous allez en prendre pour 15 ans de crédit, et 200 000 € : cela mérite de prendre le temps de la réflexion !

Règle 3 : on n’achète jamais, jamais une défiscalisation !!

Une carotte fiscale doit rester une carotte, l’idée n’est pas de finir par vous faire « carotter » !

N’oubliez pas ces 3 règles.

Votre argent, votre responsabilité.

Charles SANNAT

 

Source:https://www.insolentiae.com/enrico-macias-ruine-une-lecon-a-retenir-pour-vous-tous-ledito-de-charles-sannat/

Écoutons la grande voix d’Alain : « les moutons »

 

Par cette parabole, le philosophe Alain donne à méditer sur la manipulation des esprits et la servitude volontaire des soumis. À méditer en cette période électorale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le mouton est mal placé pour juger ; aussi voit-on que le berger de moutons marche devant, et que les moutons se pressent derrière lui ; et l’on voit bien qu’ils croiraient tout perdu s’ils n’entendaient plus le berger, qui est comme leur dieu. Et j’ai entendu conter que les moutons que l’on mène à la capitale pour y être égorgés meurent de chagrin dans le voyage, s’ils ne sont pas accompagnés par leur berger ordinaire. Les choses sont ainsi par la nature ; car il est vrai que le berger pense beaucoup aux moutons et au bien des moutons ; les choses ne se gâtent qu’à l’égorgement ; mais c’est chose prompte, séparée, et qui ne change point les sentiments.

Les mères brebis expliquent cela aux agneaux, enseignant la discipline moutonnière, et les effrayant du loup. Et encore plus les effrayant du mouton noir, s’il s’en trouve, qui voudrait expliquer que le plus grand ennemi du mouton, c’est justement le berger. « Qui donc a soin de vous ? Qui vous abrite du soleil et de la pluie ? Qui règle son pas sur le vôtre afin que vous puissiez brouter à votre gré ? Qui va chercher à grande fatigue la brebis perdue ? Qui la rapporte dans ses bras ? Pour un mouton mort de maladie, j’ai vu pleurer cet homme dur. Oui je l’ai vu pleurer. Le jour qu’un agneau fut mangé par le loup, ce fut une belle colère ; et le maître des bergers, providence supérieure et invisible, lui-même s’en mêla. Il fit serment que l’agneau serait vengé ; il y eut une guerre contre les loups, et cinq têtes de loup clouées aux portes de l’étable, pour un seul agneau. Pourquoi chercher d’autres preuves ? Nous sommes ses membres et sa chair. Il est notre force et notre bien. Sa pensée est notre pensée ; sa volonté est notre volonté. C’est pourquoi, mon fils agneau, tu te dois à toi-même de surmonter la difficulté d’obéir, ainsi que l’a dit un savant mouton. Réfléchis donc, et juge-toi. Par quelles belles raisons voudrais-tu désobéir ? Une touffe fleurie ? Ou bien le plaisir d’une gambade ? Autant dire que tu te laisserais gouverner par ta langue ou par tes jambes indociles. Mais non. Tu comprends bien que, dans un agneau bien gouverné, et qui a ambition d’être un vrai mouton, les jambes ne font rien contre le corps tout entier. Suis donc cette idée ; parmi les idées moutonnières, il n’y en a peut-être pas une qui marque mieux le génie propre au vrai mouton. Sois donc au troupeau comme ta jambe est à toi. »

L’agneau suivait donc ces idées sublimes, afin de se raffermir sur ses pattes ; car il était environné d’une odeur de sang, et il ne pouvait faire autrement qu’entendre des gémissements bientôt interrompus ; et il pressentait quelque chose d’horrible. Mais que craindre sous un bon maître, et quand on n’a rien fait que par ses ordres ? Que craindre lorsque l’on voit le berger avec son visage ordinaire et tranquille ainsi qu’au pâturage ? À quoi se fier, si l’on ne se fie à cette longue suite d’actions qui sont toutes des bienfaits ? Quand le bienfaiteur, quand le défenseur reste en paix, que pourrait-on craindre ? Et même si l’agneau se trouve couché sur une table sanglante, il cherche encore des yeux le bienfaiteur, et le voyant tout près de lui, attentif à lui, il trouve dans son cœur d’agneau tout le courage possible. Alors passe le couteau ; alors est effacée la solution, et en même temps le problème."

Alain 13 avril 1923

Extrait du livre « Propos sur les pouvoirs » d’Émile Chartier, dit Alain, philosophe, écrivain, journaliste

 

 

Merci au regretté Charb, victime de la bêtise humaine et du fanatisme

L’Amérique Lèvres de Feu

La bien-pensance occidentale n’en finira pas de me surprendre. Après avoir des mois durant voué aux gémonies l’infect milliardaire raciste, sexiste et homophobe qui à leur grande surprise a remporté le scrutin de novembre dernier outre atlantique, les voilà qui lui trouvent des qualités que leur précédent héros (l’admiraaaaable Barack) n’avait point. Ses frappes droit-de-l-hommiste ont comme installé pour certains le Satan d’hier à la table des convenances. Pensez : des enfants gazés, quelle horreur !

Totalement submergé sur le plan intérieur (Donald avait mal compris qu’aux States le Président n’a rien d’un PDG aux mains libres mais doit rendre des comptes à ses actionnaires au risque d’être destitué au minimum), notre shérif à moumoute rouquine vient de montrer enfin des muscles. En l’occurrence pour la galerie, car son coup de fil au lion russe peu avant le bombardement n’a de fait endommagé que l’aéroport et très peu de matériels (et – c’est tant mieux – les victimes humaines se comptent sur les doigts d’une main). Tout ça (c’est un expert militaire US qui le dit) est donc du chiqué, du show pour la galerie et des gages donnés au grand Capital (l’actionnaire) et au 51eme état (son allié régional de toujours) de la barrière étoilée.

Le speech du « fini les ingérences », « on n’est pas là pour jouer les gendarmes du Monde » du milliardaire (en gros toutes ses positions en politique étrangère pendant cette campagne de 2016 ou à côté d’âneries et d’horreurs il ne proféra pas que des conneries) se révèle à l’épreuve des faits de l’esbroufe. Monsieur Show Biz y croyait à fond, seulement voilà, le sens de ses intérêts bien compris… Le mec est un businessman à la base, pas besoin de vous faire un dessin. Daesch se gondole …

Le cocasse dans cette affaire ou les US jouent avec le feu en sortant un pistolet de poche n’est pas tant qu’ils se montrent sous leur vrai jour aux yeux des grandes puissances dotées de clairvoyance (c’est-à-dire à peu près partout sauf en Europe) que dans la faculté de tous nos néo-colonialistes va-t’en-guerre à se livrer à des contorsions dignes de la danse de Saint Guy. C’est tout un art que de savoir faire rentrer sa petite réalité hors sol dans le chai d’une tribune ou d’une intervention à la télé. Et l’on assiste actuellement en France et ailleurs à quelques numéros de contorsionnisme (le jeu de mots est à portée de clavier) absolument tordants.

Le bellicisme épaulé par le grotesque pur et dur : ça me rappelle ce film de Robert Altman, ce génial M.A.S.H. que les plus jeunes doivent ignorer. Avec ce personnage « Lèvres de Feu » (l’infirmière Margaret !), dont le sobriquet laisse à présupposer certains talents. Impossible de voir un commentateur (mâle ou femelle) mainstream sans immédiatement y penser et me tordre de rire au souvenir de certaines scènes aussi Hénaurmes que pathétiques.

L’humour nous sauvera moi je vous l’dis !

 

 

Le Peuple ou les Élites ?

Une question se posent par ses temps électoraux, y compris sur les antennes nationales, puisque des journalistes n’ont pas hésité à affirmer que, pour cette présidentielle, 2 camps s’opposent, celui du peuple, et celui des élites.

Les élites étant selon eux Macron, et le peuple, la digne descendante du clan Le Pen...

Ce qui reste à prouver...

MLP (Marine le Pen) serait donc classée au rang du « peuple », puisqu’elle n’hésite pas à faire des selfies avec de pauvres bougres qui vont se trouver à la rue sous peu, du côté de Whirlpool, même si la séquence montrait une Marine souriante, à côté d’une ouvrière en pleurs, sauf que le sauvetage de cette entreprise n’est pas au programme de la candidate du FN

Il y a quelques mois, Marion Maréchal Le Pen ne disait pas autre chose en qualifiant le milliardaire Trump de « candidat du peuple », ce qui peut surprendre.

 

Que Trump soit populiste, personne n’en doute, mais ça ne fait pas pour autant un homme du peuple.

Idem pour MLP, populiste, évidemment, mais pas pour autant « du peuple », car quand on a sur son compte en banque quelques millions, et que l’on est la digne héritière du Château de Montretout, il semble difficile de valider son appartenance « au peuple ».

Quand on est d’une part héritière richissime, et avocate, sans avoir jamais sali ses mains comme une simple travailleuse, on serait plutôt du côté de l’élite...

Cerise sur le gâteau, la « représentante » du peuple préconise l’interdiction des manifestations en période d’état d’urgence. 

Parlons environnement : quand MLP fait un saut du coté de Gardanne, à l’usine Altéo, pour se parer de vert, bien peu en phase avec la couleur brune de son mouvement, on peut légitimement douter de son engagement écologiste.

Les opposants aux rejets toxiques de l’entreprise ne tomberont peut-être pas dans la manœuvre de séduction.

On comprend qu’elle veuille ratisser large, son réservoir de voix étant peut-être insuffisant pour l’emporter, mais on peut douter de la sincérité de son engagement.

On n’a pas oublié ses voltes faces quelques heures après Fukushima, déclarant d’abord que le nucléaire était dangereux, puis quelques jours après, affirmant que l’énergie nucléaire était une option indispensable. 

Il n’y a pas si longtemps, elle se déclarait anti-bio, anti énergies propres, et climato sceptique...cédant à la pratique politicienne, celle de la girouette. 

« je suis contre les éoliennes (...) ça ne marche pas » affirmait-elle...

Elle pratique aussi, comme le faisait Fillon à l’époque, copiant Hollande, le copié/collé pour ses discours, montrant par là le peu de différence qu’il y a entre LR et FN

Un poète internaute, Paul Cosquer en l’occasion, a proposé sur FB une jolie fable qui résume bien la situation.

La fable s’appelle le lion et les gazelles...

Il était une fois un vieux lion très autoritaire et très sectaire sur les principes. Très, cruel, il avait fait les 400 coups dans sa jeunesse.

Pour commander à tous les jeunes lions, lui et ses potes ont fondé un club de mercenaires nostalgiques du « bon vieux temps », comme il l’appelle.

L’une des lionnes, sa propre fille, a monté une vitrine fabuleuse digne d’un compte de Noël pour appâter les gazelles.

Et savez-vous le plus beau ?

Ça marche !

Les gazelles voient passer dans leur troupeau le lion et disent entre elles : « tout ce qu’on nous raconte sur la prétendue dangerosité des lions est faux, ce sont des animaux très gentils et ils ont chaque jour plein d’attention spéciales pour nous  ».

« Cela nous changera d’avoir des lions pour nous diriger » dirent-elles à l’unisson.

La suite nous raconte que cet épisode appelé « la pudeur des gazelles », c’est fort mal terminé.

 

La morale de cette fable, il n’y en aura pas car il ne faut jamais parler de morale avec ces gazelles sinon elles se bouchent les oreilles en poussant des cris très forts.

Alain Alpern, un internaute taquin et précis, a fait dans son blog, en 2013, le point sur la situation, au cas où MLP accèderait au poste suprême, sous le titre : « On ne pourra plus dire : je ne savais pas !  ».

S’inspirant d’une enquête menée par Médiapart, il prouve que des liens puissants existent encore entre les mouvements de la droite la plus extrême et le FN.

Constatant le nettoyage de façade mené depuis quelques temps par le FN, afin de gommer son image d’extrême droite, il apporte, images à l’appui, les preuves des liens forts qui demeurent entre les JNR, le GUD, les révisionnistes, l’ultra-droite, prouvant la véritable porosité qui existe encore aujourd’hui entre eux et le FN.

 

Il ne présente pas moins de 67 photos, la plupart récentes, montrant les liens étroits qui existent entre des membres de ces groupes de droite extrême et le FN.  

Ici, Axel Loustau, trésorier de MLP.

Concluons avec la parole de l’ancien résistant Daniel Cordier, compagnon de route de Jean Moulin : « Marine Le Pen est la négation de tout ce pourquoi nous nous sommes battus ».

On peut aussi découvrir sur ce lien l’intéressant décryptage du programme du FN grâce à Médiapart, démontrant l’évident enfumage auquel est soumis l’électeur.

Oublions MLP, et voyons du côté de EM (Emmanuel Macron).

Est-il du monde de l’élite ?

Quand on prend la Guyane pour une île, et que l’on s’embrouille les pinceaux en histoire, ou en grammaire, on vient à se demander ce que ces braves énarques apprennent dans leur école élitiste...

N’a-t-il pas écrit aussi que Villeurbanne se trouvait dans la banlieue de Lille ?

Il a aussi quelques lacunes en grammaire, lorsqu’il utilise le mot « expatrier » au sujet d’une personne qui quitterait la France pour la Guadeloupe, territoire français jusqu’à preuve du contraire, on peut légitimement s’interroger sur ses connaissances. 

Il faudrait relire Cicéron pour décrypter la situation que nous vivons en France aujourd’hui. 

De l’autre côté de l’AtlantiqueCicéron, et ses « catilinaires  » sont redevenus un best-seller inattendu, et il faut découvrir dans « le Point » l’interview de Mary Béard, auteure de « SPQR, Histoire de l’ancienne Rome (éditions Perrin) », remettant au goût du jour l’histoire de l’ancienne Rome, mettant en perspective la récente élection du président américain, et nos propres élections, dans un contexte d’opposition entre le peuple et les élites.

63 ans avant notre ère, Cicéron, le Consul, se trouve face à un adversaire, un certain Catilina, lequel fomente un complot pour prendre le pouvoir, le consul l’ayant appris grâce à une certaine Fulvia, amante d’un des conjurés.

Catalina est un décadent, dépensier et flambeur, un authentique populiste, et s’il est élu il annonce l’abolition générale des dettes, alors que les problèmes sociaux et économiques s’aggravent, et il se présente comme une alternative à l’élite que représente Cicéron.

Ce dernier est le garant d’un État à la dérive et il prend quelques libertés avec la loi, au nom de la sauvegarde de celui-ci.

L’histoire finira mal pour Catilina, obligé de fuir, tous ses complices seront arrêtés et exécutés, sans le moindre procès.

À l’époque, jamais le fossé entre les riches et les pauvres n’avait été aussi grand.

Déjà s’opposaient donc un démagogue populiste, prêt à promettre n’importe quoi, pourvu qu’il arrive au pouvoir, et « une élite qui ne comprenait ni le mécontentement, ni la misère des plus pauvres  », comme l’écrit François-Guillaume Lorrain dans les colonnes de l’hebdo. 

L’histoire toujours recommencée...

Ces présidentielles sont aussi quelque part freudiennes, il nous faudrait choisir entre celle qui a tué son père et celui qui a épousé sa mère !

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Le 1er mai, le grand patron de Renault et Nissan, l’un des soutiens de EM, a mis les points sur les « i » faisant preuve d’un cynisme décomplexé au sujet de l’augmentation de son salaire, affirmant « ce n’est pas aux actionnaires de décider la rémunération du président ». 

Le ton est donné.

 

Finalement, le choix des français est limité : le mur ou le vide...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais il reste les législatives, et elles pourraient perturber l’élu, l’empêchant d’appliquer son programme.

C’est ce qu’a déclaré le 1er mai JLM (Jean Luc Mélenchon), qui donne rendez-vous aux citoyens pour les législatives. 

Avec 7 millions de voix au 1er tour, la FI pourrait prétendre obtenir au moins 200 sièges à l’Assemblée Nationale.

 

Pas étonnant dès lors que commence à fleurir dans les manifestations le slogan « ni patrie, ni patron  ».  

Comme dit mon vieil ami africain : « si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, méfie-toi de la chèvre »...

Elections : Le temps des basses manoeuvres

On met à toutes les sauces la statue du Commandeur… De Gaulle doit faire le ventilateur dans sa tombe ! Le fin du fin, maintenant, pour ceux qui se prétendent encore gaullistes, c’est de se rallier aux mânes des pétainistes ! Garaud (Marie-France… non, on peut barrer France), Boutin sortant de son bénitier et maintenant Dupont-Aignan…

Ces ralliements au parti de la droite la plus extrême salissent l’image de celui dont ils se prévalent. Dupont-Aignan avait pourtant su se donner une image, certes un peu ringarde, mais d’honnêteté intellectuelle : souveraineté nationale mais approche sociale gaullienne. En fait, il se révèle n'être qu’un arriviste, un collabo qui lèche les bottes cloutées de ceux qui ont toujours combattu De Gaulle. Il se comporte comme un petit boutiquier – il compte sur Le Pen pour renflouer les caisses de son mini-parti – doublé d’un m’as-tu-vu ridicule : premier ministre fictif. Il devrait rebaptiser sa boutique : « À plat ventre, la France ». C’est surtout un imbécile qui marque là son suicide politique. Parce que sa patronne ne sera pas élue et donc lui sera cocu mais marqué à jamais du sceau de l’infamie. Bon débarras.

De l'autre bord, Mélenchon tangente la déprime et joue les « gazelles pudiques »… À quoi il joue lui aussi ? La bande à Le Pen profite du flou artistique dans lequel il s’enferme pour venir draguer sans vergogne parmi ses sept millions d’électeurs ! Désolant…

Il faut comprendre sa grande désillusion. Il se voyait réellement au second tour. Et ce n’était pas illusoire, il s’en est fallu de 600 000 voix. C’est beaucoup, mais moins du dixième des électeurs qu’il a su mobiliser. Une semaine de campagne de plus et le siphonnage des voix de Hamon pouvait permettre cette qualification. Mais probablement pas la victoire finale car pour cela il lui aurait fallu se trouver face à Le Pen et donc éliminer Macron. Pas évident du tout. Alors pas de regret ami Jean-Luc ! Tu as fait une campagne formidable, tu as réveillé un peuple de gauche qu’on croyait disparu, tu as suscité l’enthousiasme de centaines de milliers de militants, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps, tu as rendu lumineux un avenir jusque-là désespérant. Pas de quoi faire la gueule, non ?

Réunir 20 % des électeurs sur un programme novateur, réellement de gauche, portant une transformation non seulement politique mais aussi écologique et économique, c’est un résultat formidable. C'est le levain d’une vraie et puissante force populaire apte à donner une dimension politique aux luttes sociales et écologiques. Une force qui, traduite dans les urnes aux législatives, peut être une force d’opposition efficace, capable de calmer les ardeurs ultralibérales supposées de Macron.

Une opposition qui sinon, avec la débandade tant du PS que du LR, sera laissée au F.Haine, hélas. Raison de plus pour que Mélenchon oublie sa déconvenue, se requinque et reparte, avec son enthousiasme communicatif dans une campagne législative triomphante.

Pour cela il lui faut reconquérir les voix des ouvriers que la décomposition du Parti Communiste a laissés partir chez Le Pen. Et là, on peut en vouloir au Parti Socialiste qui non seulement a précipité la chute du PC mais, par sa conversion « blairiste » à l’ultralibéralisme, a abandonné les classes laborieuses qui, par dépit plus que par choix, se sont laissées séduire par les sirènes douteuses du parti d'extrême droite…

Le succès de la France Insoumise propose enfin une alternative politique au Front national. L’espoir, il est là ! Et il n’est pas mince. Merci pour tout ça, ci-devant camarade Mélenchon ! Et remonte en selle : la France a encore besoin de ton enthousiasme, de ta fougue, de ta détermination, de tes idées.

 

 

Illustration : merci à Fluide glacial

Bachar el-Assad « innocenté » par la France !

BACHAR EL-ASSAD "INNOCENTÉ" PAR LA FRANCE !

 

C'est la énième fois que le gouvernement français de François Hollande accuse à tort et toujours sans aucune preuves officielles de l'ONU, le régime de Bachar el-Assad d'avoir utilisé des armes chimiques lors de bombardements !

 

Le comble dans cette "chasse" à Bachar el-Assad organisé par les membres belliqueux de l'OTAN est que les éléments annoncés par les services secrets Français comme étant des preuves de l'implication de Bachar el-Assad, bien au contraire innocentent une fois de plus Bachar el-Assad avant même que soit lancée une enquête indispensable et impartiale de l'ONU !

 

En effet, Paris part du principe que les armes chimiques utilisées récemment seraient d'après ses services secrets de même nature, de même fabrication que celles utilisées en 2013.

 

La belle affaire !

Premièrement, les services secrets Français font-ils partie des experts IMPARTIAUX de l'ONU pour en venir à une conclusion irréfutable ?

 

Bien sûr que non !

 

Mais quand bien même, admettons, supposons un instant que pour une fois (une fois n'est pas coutume) le gouvernement Français dise la vérité :

 

Selon la "logique" du gouvernement Hollande puisque les armes chimiques utilisées récemment en 2017 seraient les mêmes qu'en 2013, alors cela prouverait que l'utilisateur est également le même...

 

Ok, ok !

C'était bien tenté !

 

Sauf que voilà, c'est pas de bol, l'enquête impartiale effectuée en 2014 a conclut que :

 

1°) les forces armées de Bachar el-Assad ne pouvaient être tenues responsable de l'utilisation de gaz sarin ou autres en 2013.

2°) elle conclut que ce sont des "rebelles" (ou des terroristes) qui en seraient les investigateurs.

 

C’est le MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui le confirme dans cette étude exhaustive américaine publiée le 14 janvier 2014.

(mais toujours pas incorporée à la page Wikipedia de Bachar el-Assad, on comprend pourquoi ! Cela leur permet comme ça de cataloguer de "complotiste", de "conspirationniste", etc. tous les défenseurs du Droit International. Cherchez l'erreur. )

 

http://s3.amazonaws.com/s3.documentcloud.org/documents/1006045/possible-implications-of-bad-intelligence.pdf

 

Pourtant il s'agit bien sûr d'une source irréfutable provenant d'un organisme composé d'experts et mandaté par l'ONU.

 

Et le "Decodex" ?

Et le Président François Hollande ?

 

Visiblement ils s’en fichent des experts de l'ONU, le Président François Hollande préfère les siens, c'est bien plus pratique pour enfoncer un innocent :

 

En somme les services secrets français dans les faits viennent tout simplement d'innocenter Bachar el-Assad et de démontrer que les véritables coupables seraient plutôt des rebelles comme en 2013 !

 

Ce qui évidemment reste aussi à vérifier par une nouvelle enquête de l'ONU...

 

Le point de vue logique des Russes sur la question :

Maria Zakharova : << ça c'est Colin Powell et son tube d'essai bis ! >>

https://www.kla.tv/index.php?a=showembed&vidid=10370&lang=fr

 

Sur le plan légal, non seulement l'ONU ne fait même plus son travail mais en plus la France se dirige vers un nouveau viol du droit international ce qui est gravissime...

 

La justice internationale serait-elle à ce point corrompue que le Président François Hollande n'aurait même plus peur de figurer un jour à la barre d'un jugement d'une Cour Internationale de justice pour "crime contre l'humanité" ou quelque chose dans ce goût là avec quelques-uns de ses prédécesseurs ?

 

Et Emmanuel Macron, son futur successeur "à la barre", il en pense quoi au juste du Droit International ?

 

Ce serait bien que les journalistes lui posent les bonnes questions...

 

Les Français veulent-ils continuer à financer des guerres illégales ?

 

Au fond c'est la première bonne question à poser à un futur chef de l'état parce que c'est lui seul qui peut être tenté à tort ou à raison d'envoyer nos soldats au casse-pipe ou d'appuyer sur le "bouton" .

 

Macron futur chef de guerres illégales ?

Pendant ce temps, en Syrie comme ici, des innocents meurent !...

 

 

http://www.lefigaro.fr/international/2017/04/26/01003-20170426ARTFIG00187-le-regime-de-damas-responsable-de-la-derniere-attaque-chimique-en-syrie.php