Robert David Steele: les Casques Blancs ont été payés pour mettre en scène une fausse attaque chimique

Note de la rédaction: le texte ci-dessous est celui de l’interview de Robert David Steele par Moshen Abdelmoumen sur le sujet de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun et de la frappe US sur la base aérienne de Chayrat en Syrie, ainsi qu’un point de vue précieux sur certaines implications de cet enchaînement d’événements.

Robert David Steele est un ancien Marine et ancien agent de la CIA, très présent sur les réseaux sociaux outre-Atlantique et sensiblement très informé, auteur de nombreux livres et d’un « Mémorandum pour le Président » avertissant contre un « Printemps Américain » violent, et soutien de l’ « Electoral Reform Act » (Loi de Réforme Électorale) visant à assainir la représentation politique aux USA. Il est également co-fondateur de VIPS (Veteran Intelligence Professionals for Sanity – Vétérans Professionnels du Renseignement pour la Santé [publique]), une organisation d’anciens agents du renseignement US qui cherchent à raisonner et à limiter les excès de l’État Profond.

Par Mohsen Abdelmoumen

Mohsen Abdelmoumen (MA): Les troupes syriennes gagnent du terrain et remportent la guerre, avec les Russes à leurs côtés. Quelle est votre réaction face à cette prétendue attaque chimique en Syrie? Que pensez-vous du fait que cette attaque chimique survienne alors que les USA venaient de déclarer que le départ d’Assad n’était plus une priorité?

Robert David Steele (RDS): L’attaque était sous fausse bannière, conçue pour tromper le Président Donald Trump et ses plus proches conseillers.

MA: Vous m’avez donné des informations concernant l’implication du Général McMaster, de l’ancien patron de la CIA John Brennan et du Sénateur John McCain. Quel était leur rôle dans cette attaque chimique en Syrie? Pensez-vous que ces individus doivent comparaître devant un Tribunal pour haute trahison? Le directeur actuel de la CIA, Mike Pompeo, était-il au courant de cette attaque chimique?

RDS: Il y a des récits conflictuels concernant l’attaque en elle-même – les Russes et les Syriens affirment qu’un stock rebelle a été frappé, relâchant un nuage de produits chimiques. Aux USA, notre source à l’intérieur dit que les Casques Blancs ont été payés pour orchestrer une fausse attaque chimique. Je crois totalement que le Sénateur McCain devrait être destitué; John Brennan devrait être mis en accusation, et le Général McMaster devrait passer en cour martiale.

MA: À propos de la frappe US, comment est-elle survenue quelques 24 heures après que Hillary Clinton ait déclaré qu’elle désirait une intervention en Syrie? Quelle est votre analyse de cette frappe?

RDS: La vidéo russe d’évaluation des dommages est en ligne et documente 23 missiles ayant atteint leur cible, sur un total de 59 lancements. Il s’agit là d’un taux d’efficience au combat de 39%, et je considère que le gouvernement US devrait donner à l’avenir 39% des prix facturés à Raytheon. La frappe a pu n’être qu’une mise en scène théâtrale – en tout cas, les Russes et les Syriens ont été prévenus à l’avance et ils ont éteint leurs systèmes de défense anti-missiles. La frappe était inconstitutionnelle et une erreur de la part de notre président, reposant sur de mauvaises informations.

MA: Certaines de nos sources nous ont dit que Da’esh, après les coups subis en Syrie et en Irak, allait se redéployer en Afrique et en Europe. Possédez-vous des informations à ce sujet?

RDS: Je n’en ai aucune mais je crois qu’Angela Merkel parmi d’autres entend que l’Europe soit menacée par des réfugiés, et que si elle ne parvient pas à y attirer suffisamment de terroristes à travers la guerre au Moyen-Orient, elle et les reliquats de la Gestapo qui travaillent toujours pour elle vont orchestrer davantage d’attentats sous faux drapeau à travers l’Europe.

MA: À votre avis, le Président Trump n’est-il pas l’otage de l’État Profond, des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel?

RDS: Oui de manière générale, parce qu’il ne les défie pas là où ils sont les plus faibles. Notre président est doué pour mobiliser le public, il n’a pas prêté attention aux conseils de Cynthia McKinney et de moi-même, parmi d’autres, pour appuyer la Loi de Réforme Électorale [Electoral Reform Act, NdT] et mobiliser le grand public contre l’État Profond. Il doit vaincre l’État Profond, mais ne le peut que s’il réussit à créer une base diversifiée. Il est également en train de perdre l’Alt-Right [« droite alternative », « souverainiste » ou « anti-internationaliste », NdT], nous sommes tous furieux à propos de cette frappe qui est une violation directe de sa promesse de placer les USA en premier [« America First«, NdT] en ne s’engageant plus dans des conflits à l’étranger.

MA: Pourquoi le Président Trump a-t-il choisi de donner l’ordre pour la frappe pendant qu’il recevait le Président chinois, Xi Jinping?

Un petit malin aura pensé que c’était cool. Des jeux puérils, comme pour le porte-avions qui va vers la Corée du Nord. La Corée du Nord n’est pas notre problème; elle devrait être le problème commun de la Chine, du Vietnam et du Japon. Nous devrions fermer nos bases en Corée du Sud et retirer toutes nos forces de Corée du Sud et du Japon.

MA: Vous êtes un ancien agent de la CIA et vous êtes très bien informé, comment expliquez-vous que le porte-avions US Carl Vinson, accompagné d’un groupe naval, se dirige vers la péninsule coréenne? Ne pensez-vous pas que la prochaine cible soit la Corée du Nord?

RDS: Notre Président souffre d’une overdose massive de mauvaises informations et de mauvaises influences. Il ne possède pas de grande stratégie. Il ne dispose de personne, travaillant pour lui, capable de formuler une grande stratégie.

MA: Quel est le rôle d’Israël et du lobby sioniste dans le développement des événements actuels?

RDS: Les Sionistes sont tout à fait derrière ce coup, de même que leurs proches partenaires en Arabie Saoudite et au Qatar. Il est important de remarquer qu’il n’y a que neuf millions de Juifs aux USA, tous globalement loyaux envers les USA. L’influence d’Israël aux USA repose sur la corruption et le chantage (tel que développé par les agents du Mossad Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, avec leurs réseaux pédocriminels et leurs enregistrements vidéo de tous ceux qu’ils parviennent à attirer sur Lolita Island dans les Caraïbes, ainsi qu’à leur hôtel sans-nom de la ville de New York.

MA: Il y avait l’espoir d’éviter la guerre totale entre les USA, la Russie et la Chine avec la défaite de Clinton lors des élections présidentielles. Pensez-vous que nous éviterons cette guerre avec le Président Trump?

RDS: Je pense en effet que nous allons éviter cette guerre, en partie parce que les dirigeants de la Russie et de l’Iran feront preuve de retenue. Ils comprennent très bien que notre président est entouré de traîtres. Il y aura peut-être un massacre dans la nuit de mercredi cette semaine, si Preibus et McMaster sont virés et si Jared Kushner et Ivanka Trump sont renvoyés de la Maison Blanche, j’entretiendrai les meilleurs espoirs. Sinon, il existe déjà au sein de la base ayant suivi Trump un fort sentiment en faveur de son abandon pour établir un nouveau mouvement politique (pas un parti) ayant pour objectif de réussir la réforme électorale pour 2018 [élections « mid-term », NdT] et l’élection d’un authentique indépendant en 2020.

Le Président Trump a accompli de nombreuses choses importantes au cours de ses 100 premiers jours, comprenant l’annulation du Partenariat Trans-Pacifique (un traité fasciste), la création d’emplois, de nouvelles perspectives commerciales, et la confirmation d’un Juge à la Cour Suprême. Ce qu’il n’a pas fait, c’est d’établir l’unification de tous les citoyens US – il a continué d’ignorer les gens de couleur, les Latinos, les mères isolées, les étudiants endettés, et les personnes âgées qui se ruinent à cause de frais médicaux prédateurs.

L’analyse complète de Robert David Steele sur les récents événements en Syrie se trouve ici (en anglais).

Source: http://ahtribune.com/world/north-africa-south-west-asia/syria-crisis/1609-robert-d-steelewhite-helmets-trump.html

Traduit par Lawrence Desforges

 

Photo: (Image credit: Josh Hallett/ flickr)

L’abstention est le signe d’une bonne santé mentale

Parmi ceux qui ont voté E. Macron, un certain nombre ont défilé dans la rue pour protester contre la réforme du Code du Travail, ce même Macron était ministre du fric d'un président honni par une majorité de français, il y a des énigmes bien plus indéchiffrables que des problèmes mathématiques ardus.

Bon passons ! Il reste deux candidats, lequel est le moins pire, tiens ! Il me semble me rappeler un vécu antérieur, pour reprendre une expression archiconnue, il faut choisir entre la peste ou le choléra, à moins que ce ne soit entre... le cancer et le cancer.

Voter pour l'un ou l'autre, du point de vue de l'opinion, et surtout du point de vue de la ploutocratie (le pouvoir entre les mains des plus riches), c'est lui donner un blanc-seing, c'est-à-dire le pouvoir d'agir à sa guise sans que nous puissions constitutionnellement le contester. 

Nous aurions ensuite bon dos d'aller râler sur AV, dans la rue ou sur le zinc d'un bistrot.

Comment dans ce choix qui est le plus lourd de conséquence, pouvons-nous espérer seulement signifier notre refus de la mascarade électorale ?

Si par miracle – on peut rêver – personne ne vote, le système s'écroule.

Plus concrètement imaginons que l'élu ne recueille que 50,1 % des voix avec une abstention à 50 %, 30 % de votes blancs et 20 % de votes nuls, il sera au pouvoir (c'est le mot exact) en ne représentant que 14 % des électeurs, voire beaucoup moins si les abstentionnistes sont légions.

Il y a ensuite les législatives, un tel président avec une faible majorité à l'assemblée nationale sera dans l'impossibilité de gouverner à sa guise.

 

Voter pour l'un ou pour l'autre est un choix, le résultat d'un mental confus, dans lequel les manipulations diverses font un travail de sape, ne pas voter est une lumineuse évidence.

Les premiers sont les derniers

 

En effet, les gagnants des primaires, tant à gauche, qu’à droite, se sont pris une veste, et 2 partis de gouvernement sont au bord de l’explosion.

Il est probable que l’idée des primaires risque de ne plus être la règle pour un bout de temps, mais au-delà de ça, la France sera-t-elle gouvernable après les législatives ?...

Oui, les premiers sont devenus les derniers.

Après la chute des Sarközi, Hollande, Fillon, Juppé, Valls, Copé, et de quelques autres, les partis dits « de gouvernement  », le PS et LR viennent d’être balayés, peut-être définitivement.

D’une part parce que le PS, coutumier du fait, avait perfidement savonné la planche du candidat qu’il s’était légitimement choisi... posture qu’il avait déjà appliqué en 2007, contre sa candidate pourtant démocratiquement choisie, Ségolène Royal en l’occurrence, ce qu’elle n’a toujours pas digéré. 

VallsHollande et quelques autres avaient délibérément choisi le camp social-libéral Macron, le candidat des banques et des patrons, plombant la candidature de Hamon.

D’autre part, parce que LR s’est suicidé en direct, choisissant le candidat champion des casseroles, et s’est mis dans l’incapacité de le remplacer par un plan B...

Pour en revenir au premier tour, Fillon est coupable d’avoir voulu s’entêter à défendre son programme malgré ses déboires judiciaires, et aujourd’hui, il n’y a plus d’obstacles pour qu’il réponde aux invitations de la justice.

Quant à Hamon, voyant qu’il était lâché par son propre camp, il pourrait en tirer des conclusions, et donner une réponse du berger à la bergère...

Mais le fera-t-il ?... L’histoire nous le dira.

En fin de compte, le quinquennat de Hollande a permis d’offrir un tremplin à l’extrême droite, et le choix de Macron, en est la première étape.

Paradoxalement, le vrai vainqueur de cette élection est peut être Mélenchon, qui malgré l’hostilité de tous les autres, a réalisé un score des plus honorables.

Le second tour est prévisible, même si l’erreur est humaine : une majorité de politologues estiment que le parti d’extrême droite n’a aucune chance de l’emporter, même si des craintes subsistent... l’effet « Trump » en quelque sorte.

En effet, même si, dans le camp des LR, par les quelques consignes données, Macron devrait récolter une part de leurs suffrages, il y a loin de la coupe aux lèvres, car si l’on prend l’exemple d’Estrosi, lequel, il n’y a pas si longtemps, plaidait pour renforcer les liens entre les « LR » et le FN, et qui aujourd’hui invoque le réflexe « républicain », rien ne prouve qu’il sera suivi, d’autant que la cheftaine du FN peut compter sur un report de voix de Dupont-Aignan, et de quelques autres.

 

Comment ne pas comprendre la perplexité des électeurs qui hésitent... la peste, le choléra ?

Mais au-delà du second tour, c’est au 3ème tour qu’il faut s’intéresser, les législatives, car on ne fait pas une majorité en associant des camps qui n’ont pas grand-chose en commun.

Le PS a abandonné son candidat, et on pourrait imaginer que ce dernier en tire des conclusions.

Mélenchon, fort des plus de 7 millions de voix insoumises peut légitimement espérer obtenir un grand nombre de députés, lesquels pourraient gêner, voire empêcher, la politique libérale et si peu sociale que veut mener Macron.

Si les deux candidats de gauche que sont Mélenchon et Hamon avaient fait campagne ensemble, malgré leurs quelques divergences, ils seraient largement arrivés en tête avec 25,9 % de voix, alors pourquoi ne pas envisager qu’ils mènent ensemble une campagne législative, d’autant qu’il reste une réserve de voix avec celles de Nathalie Arthaud, et de Philippe Poutou... voire une partie de celles de Benoit Hamon ?

En 2012, avec plus de 7 millions de voix, le PS avait obtenu 295 sièges à l’Assemblée Nationale, et en toute logique, les insoumis pourraient en obtenir théoriquement tout autant, à condition bien sûr de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions...

 

Rappelons-nous les législatives de 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand dans un pays, lors d’un premier tour des présidentielles, 76,2 % des citoyens ne veulent pas de Macron, et qu’en même temps, ils sont 78,3% à ne pas vouloir de Le Pen, on peut légitimement se poser la question sur la réalité de la démocratie dans notre beau pays.

Comme le dit François Ruffin, le célèbre réalisateur de « Merci Patron », fondateur du journal « Fakir  » et le politologue que l’on connait : « Mélenchon à 19,5%, c’est un tremplin pour demain (...) notre gauche à 15, 16, 17 %, c’est déjà énorme. C’est déjà plus que, avouons-le, je ne le croyais, je n’espérais (...) Jean-Luc Mélenchon a remis notre gauche debout, sur les rails, prête à affronter les puissances d’argent, l’Europe des marchands, plaçant en son cœur l’environnement. Et nous voilà maintenant, grâce à lui, qui pouvons causer d’égal à égal, sans baisser les yeux, sans honte de notre assise, de notre légitimité, qui pouvons parler d’égal à égal avec l’extrême droite de Madame Le Pen, avec la droite extrême de Monsieur Fillon, avec la droite souriante de Monsieur Macron... ». 

Depuis plus de 2 siècles, les français savent que la bourgeoisie a toujours été à l’œuvre pour dézinguer d’une part la monarchie, d’autre part la classe ouvrière, en donnant à ces derniers des armes pour les débarrasser du Roi, pour reprendre finalement ces armes une fois le job accompli, prenant ainsi le pouvoir.

Qui se souvient encore des propos de Louis XVI, décidé alors à faire des réforme : « en forçant le pauvre à entretenir seul les routes, en l’obligeant à donner son temps et son travail sans salaire, on lui enlève l’unique ressource qu’il ait contre la misère et la faim pour le faire travailler au profit des riches » ?.

Pas étonnant dès lors que la bourgeoisie d’alors était bien décidé à ne plus lui laisser le pouvoir.

Cette monarchie constitutionnelle qu’ils ont mis en place, quelques jours après 1791, perdure, et la colère qui monte dans le cœur du peuple français, trahie inlassablement par une pseudo-gauche quand elle arrive au pouvoir, pourrait finir par enfin porter ses fruits.

 

Comme dit mon vieil ami africain : « C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle »...

Pour une abstention massive contre le déshonneur d’un front ripoublicain

Rebelote. Le chantage recommence. Comme en 2002, la « bien-pensance » monte au créneau pour soi-disant faire barrage à l’extrême-droite. Socialistes, centristes, républicains et médias appellent au front ripoublicain, histoire de prendre une fois encore les Français pour des andouilles.

Sauf que le contexte de 2017 n’a plus grand-chose à voir avec l’ère Jean-Marie Le Pen. En dépit des pressions qui se multiplient, contrairement à 2002, beaucoup de gens ne se laisseront pas manipuler le 7 mai et utiliseront l’abstention comme moyen d’exprimer leur refus de se faire imposer un choix, qui n’est pas le leur ! Et d'assumer une responsabilité qui n'est pas la leur, que ce soit la peste ou le choléra qui l'emporte !

 

On assiste, depuis dimanche soir, sur la quasi-totalité des médias inféodés au système (90% d’entre eux) à un déferlement de sermons contre ceux qui, dès à présent couverts de l’opprobre des bien-pensants de la ripoublique, violeraient le sacro-saint droit de vote, en s’abstenant. Mazette ! On tremble déjà devant la coercition ripoublicaine. Voyez la tronche de ces suffisants journaleux pubères et journaleuses dégoulinantes de prétention, braillant, avec une insistance outrancière, sous la dictée de leur rédac chef, l’impérieux slogan « Il faut voter pour Macron », sous-entendu : « sinon vous êtes un mauvais Français ». Quelle mascarade ! Quelle pantalonnade !

De fait, résistant à la tentative d’embrigadement des esprits, beaucoup de gens d’en bas et de la classe moyenne craignent davantage de vivre plus mal encore avec Macron l’ultralibéral président des nantis, comme l’était avant lui Sarkozy (voir l’épisode symboliquement révélateur de la Rotonde), qu’ils ne redoutent le danger fasciste, brandit comme un épouvantail par les nauséabonds médias aux ordres des oligarques et autres ploutocrates.

Interrogé, le citoyen lambda, qui gagne moins de 1500 € par mois et peine à boucler les fins de mois, a surtout peur de perdre son boulot. Point barre ! Le reste n’est que bavardage stérile du microcosme parisien « bobo » et « bling-bling » qui crèche bien au chaud dans les beaux quartiers de la capitale. Ce qui inquiète le français moyen, c’est d’abord de pouvoir s’en sortir et de ne pas être constamment emmerdé par une pléthore de lois restrictives qui s’accumulent et contrarient exagérément sa vie quotidienne, et dont pâtissent en premier lieu les moins favorisés.

Ces contempteurs méprisants qui prétendent détenir la vérité

Ce qui turlupine les gens, c’est la menace du renforcement de la loi de la jungle économique et sociale, imposée par l’Europe, promue par Macron dans son programme. Ce n’est pas, au contraire, la volonté d’établir des règles de concurrence protectrices de l’économie française et du tissu social du pays, tel que le préconise Marine Le Pen.

L’électeur du premier tour n’est pas plus idiot que ces contempteurs méprisants, s’imaginant toujours détenir la vérité, avec leurs pompeuses analyses politiques orientées et rabâchées (voir Calvi sur LCI). Il discerne parfaitement ce qui est bon ou mauvais pour lui, parmi les propositions que lui font les candidats. Rien ne l’oblige à voter pour Macron. Grâce à l’internet et aux réseaux sociaux, son esprit critique s’est heureusement renforcé. Il n’entend plus se laisser infantiliser, ni se laisser dicter sa conduite. Si Le Pen passe, c'est le système politicien français qui en sera le seul responsable, personne d'autre et surtout pas l'abstentionniste.

Alors oui, ce serait un déshonneur que de voter contre ses convictions et de céder au chantage odieux des sangsues du système politicien vérolé par ceux qui depuis quarante ans se sont fait du gras au détriment des Français. Les appels au front républicain servent la cause des privilégiés. Ils sont lancés par des politiciens ardents défenseurs du système qui les engraisse, telle la ministre Madame El Khomri qui prétend faire la morale aux récalcitrants, accusant de déshonneur ceux qui n’obéiraient pas aux injonctions. Mais franchement pour qui se prend-elle la matraqueuse du droit du travail ? Pour la directrice de conscience du méprisable petit peuple ? En poussant, comme beaucoup d’autres, ses cris d’orfraie, elle agit comme une inquisitrice à l’esprit étriqué et intolérant.

L’appel pathétique des socialistes à voter pour celui qui a enterré leur parti

Liberté, égalité, fraternité ! Telle est la devise nationale. Elle édicte des principes qui sont à l’opposé d’une dictature des consciences. Ce qui justifie l’abstention, c’est l’impéritie dont ont fait preuve les politiciens du système qui ont choisi clairement l’ultralibéralisme meurtrier comme bible et qui osent encore l’ouvrir, prétendant continuer à donner des leçons à ceux qui protestent. 

Pour nombre de Français, cocufiés depuis des décennies, qui ne se reconnaissent ni dans Marine Le Pen, ni dans Emmanuel Macron, il ne reste plus que le silence des urnes pour se faire entendre. Un choix éminemment politique qui fait d’autant plus sens, qu’on voudrait imposer à chacun une discipline contraire à la liberté de pensée de conscience et d’opinion. La liberté de se déterminer en toute indépendance, en dehors de toute pression, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, ne se négocie sous aucun prétexte. Et surtout pas sous celui des magouilles politiciennes.

A voir tous ces caciques socialistes monter au créneau pour soutenir celui qui a, en trahissant son mentor Hollande, enterré le parti, est pathétique. Accuser sans relâche Marine Le Pen de fascisme relève d’une fiévreuse volonté de diaboliser ce parti qui a, jusque-là, respecté les règles républicaines, ce qui n’a pas toujours été le cas au sein d’autres formations, dont les ténors, peu reluisants, ont sali sans vergogne l’image de la France, autant que la morale républicaine. 

L'abstention est l'ultime façon de se faire entendre...

Tant qu’une réforme en profondeur de la désignation et du statut des élus ne sera pas à l’ordre du jour, en France, les Français ont tout intérêt à s’abstenir, car leur vote ne pèse plus rien !

L’abstention est une forme d’expression. C’est l’ultime façon de se faire entendre, avant la violence. Ceux qui tentent de culpabiliser les citoyens, usent d’un argument spécieux, en parlant de « droit » de vote acquis au prix de ceci ou cela. C’est un droit aujourd’hui détourné de son but, qui s’exerce selon des règles pernicieuses, puisqu’elles laissent dans l’ombre et la solitude 40 à 70% des citoyens, selon le type de scrutin.

Une question devrait tous nous interpeller : pourquoi redoutent-ils tous à ce point -quel que soit le parti- l'abstention ? Est-on représentatif et légitime quand seulement 20 à 30 %, parfois moins, d'électeurs ont voté pour vous et que vous prétendez détenir la "majorité" ?

Nul ne doit jamais se sentir coupable de ne pas voter. Il n’y aucune honte à s’abstenir. C’est une marque de respect pour soi-même, pour l’intelligence, dès lors que rien ni aucun candidat ne motive un vote. Nul autre que soi n'a d'autorité sur sa propre conscience. Le déshonneur frappe ceux qui insultent la liberté !

 

Ni peste, ni choléra ! 

Après le premier tour : lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

Monsieur Mélenchon, nous sommes nombreux (très nombreux) à y avoir cru ces derniers jours, jusqu’au dernier moment. Si tous ceux qui ont voté Macron par peur de Le Pen avaient voté selon leur coeur, ou si Hamon s’était rendu à l’évidence en vous soutenant, vous seriez peut-être aujourd’hui au deuxième tour ; mais on ne refait pas l’Histoire. L’arnaque du vote utile a une fois encore fait du bon boulot…

Quoi qu’il en soit, notre futur président sera bien élu à partir d’environ un quart de l’électorat Français, et la majorité à l’Assemblée leur sera difficilement accessible. Vous avez un coup à jouer dans la reconstruction d’une vraie gauche, et j’espère sincèrement que vous n’apporterez pas votre soutien à Emmanuel Macron. Cet homme n’est pas de gauche, et ses discours sont lamentables. Il ne vaut pas mieux que Marine Le Pen, et vous ne devez pas -à mon avis- faire s’effondrer votre crédibilité par un soutien qui saboterait tout ce que vous avez réussi à construire.

Maintenant vous allez mener la bataille pour les législatives, ça c’est votre boulot pour les mois qui viennent. Mais vous ne pouvez pas nous laisser tomber, car nous avons besoin de vous pour une chose plus importante que tout cela, et qui ne dépend pas des élections : l’Assemblée Constituante.

Je crois que la convocation d’une Assemblée Constituante était le point d’accroche majeur autour de votre candidature, et le fait que l’élection du second tour se fasse sans vous n’empêche absolument pas de poursuivre le travail en ce sens. Car dès à présent la résistance doit se mettre en place. Avec la dynamique qui vous a conduit à recevoir plus de 7 millions de voix, vous avez encore aujourd’hui en main la capacité de rassembler les citoyens autour de cette idée. A côté, en dehors du petit jeu qui n’intéresse pas les électeurs, nous avons collectivement les moyens techniques et humains de préparer sereinement les conditions d’existence d’une Assemblée Constituante, et de fait tout le temps nécessaire pour lui permettre de travailler à la vitesse qui lui conviendra.

 

Pour tous ceux qui vous ont soutenu et puis pour tous ceux qui sont intéressés par de nouvelles manières de faire fonctionner la démocratie, je vous demande de ne pas refermer cette porte sur l’Assemblée Constituante, qui reste notre dernier espoir d’un jour ne plus avoir à subir l’élection, tous les 5 ans, d’un homme qui ne représente en définitive que moins de 10 millions de citoyens, sur un pays qui en compte plus de 60 millions.

L’Amérique Lèvres de Feu

La bien-pensance occidentale n’en finira pas de me surprendre. Après avoir des mois durant voué aux gémonies l’infect milliardaire raciste, sexiste et homophobe qui à leur grande surprise a remporté le scrutin de novembre dernier outre atlantique, les voilà qui lui trouvent des qualités que leur précédent héros (l’admiraaaaable Barack) n’avait point. Ses frappes droit-de-l-hommiste ont comme installé pour certains le Satan d’hier à la table des convenances. Pensez : des enfants gazés, quelle horreur !

Totalement submergé sur le plan intérieur (Donald avait mal compris qu’aux States le Président n’a rien d’un PDG aux mains libres mais doit rendre des comptes à ses actionnaires au risque d’être destitué au minimum), notre shérif à moumoute rouquine vient de montrer enfin des muscles. En l’occurrence pour la galerie, car son coup de fil au lion russe peu avant le bombardement n’a de fait endommagé que l’aéroport et très peu de matériels (et – c’est tant mieux – les victimes humaines se comptent sur les doigts d’une main). Tout ça (c’est un expert militaire US qui le dit) est donc du chiqué, du show pour la galerie et des gages donnés au grand Capital (l’actionnaire) et au 51eme état (son allié régional de toujours) de la barrière étoilée.

Le speech du « fini les ingérences », « on n’est pas là pour jouer les gendarmes du Monde » du milliardaire (en gros toutes ses positions en politique étrangère pendant cette campagne de 2016 ou à côté d’âneries et d’horreurs il ne proféra pas que des conneries) se révèle à l’épreuve des faits de l’esbroufe. Monsieur Show Biz y croyait à fond, seulement voilà, le sens de ses intérêts bien compris… Le mec est un businessman à la base, pas besoin de vous faire un dessin. Daesch se gondole …

Le cocasse dans cette affaire ou les US jouent avec le feu en sortant un pistolet de poche n’est pas tant qu’ils se montrent sous leur vrai jour aux yeux des grandes puissances dotées de clairvoyance (c’est-à-dire à peu près partout sauf en Europe) que dans la faculté de tous nos néo-colonialistes va-t’en-guerre à se livrer à des contorsions dignes de la danse de Saint Guy. C’est tout un art que de savoir faire rentrer sa petite réalité hors sol dans le chai d’une tribune ou d’une intervention à la télé. Et l’on assiste actuellement en France et ailleurs à quelques numéros de contorsionnisme (le jeu de mots est à portée de clavier) absolument tordants.

Le bellicisme épaulé par le grotesque pur et dur : ça me rappelle ce film de Robert Altman, ce génial M.A.S.H. que les plus jeunes doivent ignorer. Avec ce personnage « Lèvres de Feu » (l’infirmière Margaret !), dont le sobriquet laisse à présupposer certains talents. Impossible de voir un commentateur (mâle ou femelle) mainstream sans immédiatement y penser et me tordre de rire au souvenir de certaines scènes aussi Hénaurmes que pathétiques.

 

L’humour nous sauvera moi je vous l’dis !

Robert David Steele: les Casques Blancs ont été payés pour mettre en scène une fausse attaque chimique

Note de la rédaction: le texte ci-dessous est celui de l’interview de Robert David Steele par Moshen Abdelmoumen sur le sujet de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun et de la frappe US sur la base aérienne de Chayrat en Syrie, ainsi qu’un point de vue précieux sur certaines implications de cet enchaînement d’événements.

Robert David Steele est un ancien Marine et ancien agent de la CIA, très présent sur les réseaux sociaux outre-Atlantique et sensiblement très informé, auteur de nombreux livres et d’un « Mémorandum pour le Président » avertissant contre un « Printemps Américain » violent, et soutien de l’ « Electoral Reform Act » (Loi de Réforme Électorale) visant à assainir la représentation politique aux USA. Il est également co-fondateur de VIPS (Veteran Intelligence Professionals for Sanity – Vétérans Professionnels du Renseignement pour la Santé [publique]), une organisation d’anciens agents du renseignement US qui cherchent à raisonner et à limiter les excès de l’État Profond.

Par Mohsen Abdelmoumen

Mohsen Abdelmoumen (MA): Les troupes syriennes gagnent du terrain et remportent la guerre, avec les Russes à leurs côtés. Quelle est votre réaction face à cette prétendue attaque chimique en Syrie? Que pensez-vous du fait que cette attaque chimique survienne alors que les USA venaient de déclarer que le départ d’Assad n’était plus une priorité?

Robert David Steele (RDS): L’attaque était sous fausse bannière, conçue pour tromper le Président Donald Trump et ses plus proches conseillers.

MA: Vous m’avez donné des informations concernant l’implication du Général McMaster, de l’ancien patron de la CIA John Brennan et du Sénateur John McCain. Quel était leur rôle dans cette attaque chimique en Syrie? Pensez-vous que ces individus doivent comparaître devant un Tribunal pour haute trahison? Le directeur actuel de la CIA, Mike Pompeo, était-il au courant de cette attaque chimique?

RDS: Il y a des récits conflictuels concernant l’attaque en elle-même – les Russes et les Syriens affirment qu’un stock rebelle a été frappé, relâchant un nuage de produits chimiques. Aux USA, notre source à l’intérieur dit que les Casques Blancs ont été payés pour orchestrer une fausse attaque chimique. Je crois totalement que le Sénateur McCain devrait être destitué; John Brennan devrait être mis en accusation, et le Général McMaster devrait passer en cour martiale.

MA: À propos de la frappe US, comment est-elle survenue quelques 24 heures après que Hillary Clinton ait déclaré qu’elle désirait une intervention en Syrie? Quelle est votre analyse de cette frappe?

RDS: La vidéo russe d’évaluation des dommages est en ligne et documente 23 missiles ayant atteint leur cible, sur un total de 59 lancements. Il s’agit là d’un taux d’efficience au combat de 39%, et je considère que le gouvernement US devrait donner à l’avenir 39% des prix facturés à Raytheon. La frappe a pu n’être qu’une mise en scène théâtrale – en tout cas, les Russes et les Syriens ont été prévenus à l’avance et ils ont éteint leurs systèmes de défense anti-missiles. La frappe était inconstitutionnelle et une erreur de la part de notre président, reposant sur de mauvaises informations.

MA: Certaines de nos sources nous ont dit que Da’esh, après les coups subis en Syrie et en Irak, allait se redéployer en Afrique et en Europe. Possédez-vous des informations à ce sujet?

RDS: Je n’en ai aucune mais je crois qu’Angela Merkel parmi d’autres entend que l’Europe soit menacée par des réfugiés, et que si elle ne parvient pas à y attirer suffisamment de terroristes à travers la guerre au Moyen-Orient, elle et les reliquats de la Gestapo qui travaillent toujours pour elle vont orchestrer davantage d’attentats sous faux drapeau à travers l’Europe.

MA: À votre avis, le Président Trump n’est-il pas l’otage de l’État Profond, des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel?

RDS: Oui de manière générale, parce qu’il ne les défie pas là où ils sont les plus faibles. Notre président est doué pour mobiliser le public, il n’a pas prêté attention aux conseils de Cynthia McKinney et de moi-même, parmi d’autres, pour appuyer la Loi de Réforme Électorale [Electoral Reform Act, NdT] et mobiliser le grand public contre l’État Profond. Il doit vaincre l’État Profond, mais ne le peut que s’il réussit à créer une base diversifiée. Il est également en train de perdre l’Alt-Right [« droite alternative », « souverainiste » ou « anti-internationaliste », NdT], nous sommes tous furieux à propos de cette frappe qui est une violation directe de sa promesse de placer les USA en premier [« America First«, NdT] en ne s’engageant plus dans des conflits à l’étranger.

MA: Pourquoi le Président Trump a-t-il choisi de donner l’ordre pour la frappe pendant qu’il recevait le Président chinois, Xi Jinping?

Un petit malin aura pensé que c’était cool. Des jeux puérils, comme pour le porte-avions qui va vers la Corée du Nord. La Corée du Nord n’est pas notre problème; elle devrait être le problème commun de la Chine, du Vietnam et du Japon. Nous devrions fermer nos bases en Corée du Sud et retirer toutes nos forces de Corée du Sud et du Japon.

MA: Vous êtes un ancien agent de la CIA et vous êtes très bien informé, comment expliquez-vous que le porte-avions US Carl Vinson, accompagné d’un groupe naval, se dirige vers la péninsule coréenne? Ne pensez-vous pas que la prochaine cible soit la Corée du Nord?

RDS: Notre Président souffre d’une overdose massive de mauvaises informations et de mauvaises influences. Il ne possède pas de grande stratégie. Il ne dispose de personne, travaillant pour lui, capable de formuler une grande stratégie.

MA: Quel est le rôle d’Israël et du lobby sioniste dans le développement des événements actuels?

RDS: Les Sionistes sont tout à fait derrière ce coup, de même que leurs proches partenaires en Arabie Saoudite et au Qatar. Il est important de remarquer qu’il n’y a que neuf millions de Juifs aux USA, tous globalement loyaux envers les USA. L’influence d’Israël aux USA repose sur la corruption et le chantage (tel que développé par les agents du Mossad Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, avec leurs réseaux pédocriminels et leurs enregistrements vidéo de tous ceux qu’ils parviennent à attirer sur Lolita Island dans les Caraïbes, ainsi qu’à leur hôtel sans-nom de la ville de New York.

MA: Il y avait l’espoir d’éviter la guerre totale entre les USA, la Russie et la Chine avec la défaite de Clinton lors des élections présidentielles. Pensez-vous que nous éviterons cette guerre avec le Président Trump?

RDS: Je pense en effet que nous allons éviter cette guerre, en partie parce que les dirigeants de la Russie et de l’Iran feront preuve de retenue. Ils comprennent très bien que notre président est entouré de traîtres. Il y aura peut-être un massacre dans la nuit de mercredi cette semaine, si Preibus et McMaster sont virés et si Jared Kushner et Ivanka Trump sont renvoyés de la Maison Blanche, j’entretiendrai les meilleurs espoirs. Sinon, il existe déjà au sein de la base ayant suivi Trump un fort sentiment en faveur de son abandon pour établir un nouveau mouvement politique (pas un parti) ayant pour objectif de réussir la réforme électorale pour 2018 [élections « mid-term », NdT] et l’élection d’un authentique indépendant en 2020.

Le Président Trump a accompli de nombreuses choses importantes au cours de ses 100 premiers jours, comprenant l’annulation du Partenariat Trans-Pacifique (un traité fasciste), la création d’emplois, de nouvelles perspectives commerciales, et la confirmation d’un Juge à la Cour Suprême. Ce qu’il n’a pas fait, c’est d’établir l’unification de tous les citoyens US – il a continué d’ignorer les gens de couleur, les Latinos, les mères isolées, les étudiants endettés, et les personnes âgées qui se ruinent à cause de frais médicaux prédateurs.

L’analyse complète de Robert David Steele sur les récents événements en Syrie se trouve ici (en anglais).

Source: http://ahtribune.com/world/north-africa-south-west-asia/syria-crisis/1609-robert-d-steelewhite-helmets-trump.html

Traduit par Lawrence Desforges

 

Photo: (Image credit: Josh Hallett/ flickr)

Lettre aux électeurs

Lettre aux indécis, aux dégoûtés, aux anarchistes, et pire, à tous ceux qui veulent voter Macron, Le Pen ou Fillon...

Je n'ai pas pour habitude de m'épancher sur les réseaux sociaux, mais l'horloge tourne et les sondages donnent les candidats aux coudes à coudes ! Donc si je peux contribuer à convaincre quelques personnes de réfléchir pour le vote de dimanche, j'aurais fait ma part de boulot. 

Au départ je pensais ne pas voter, ne pas prendre part à la grande mascarade des élections présidentielles.
Mais comme la politique m'intéresse toujours, j'ai observé, écouté, échangé, lu. Et j'ai fini par regarder le meeting de Mélenchon (celui du 18 avril, et j'invite toute personne ne l'ayant pas regardé à en prendre connaissance avant dimanche prochain !) vite le temps presse...
Certains médias et ses adversaires véhiculent depuis longtemps une image négative de Mélenchon, le taxant de populiste, d'arrogant, d'extrémiste... 
Or il faut toujours se fier à son propre jugement !  
C'est ainsi que j'ai découvert un homme authentique, juste, plein de bon sens, optimiste et philosophe. Enfin pour conclure : un homme INTELLIGENT ! 
Donc évidemment un homme qui fait peur, qui dérange, notamment tous ces gens qui ne veulent pas que l'on bouscule ce vieux monde de croissance et de PIB, qui de toute façon est destiné à disparaître...
Alors autant prendre les devants !

Mélenchon c'est un homme ultra-conscient du monde dans lequel nous vivons, et de la société telle qu'elle est aujourd'hui. Il n'est pas dans le déni des problèmes et des enjeux environnementaux et sociaux qui sont les nôtres aujourd'hui. 
Il est accessible, profond, grave, et parfois très drôle également. 
Aussi il est le SEUL à parler d'écologie, d'agriculture biologique, de la 6ème extinction de masse des espèces, de l'écosystème qu'il faut préserver, du nucléaire qu'il faut démanteler, des énergies renouvelables qu'il faut développer ! Du droit des animaux, du droit à l'accès à l'eau, de l'alimentation, de la santé publique, de l'éducation, de la culture, etc... Là sont les sujets qui préoccupent les citoyens Français et au-delà les Européens !
Il est le seul à parler de l'inégalité des richesses, des inégalités entre les hommes et les femmes, du droit à l'IVG qu'il faut inclure dans la constitution pour ne plus revenir là-dessus. 

Qu'y a-t-il de plus IMPORTANT pour notre humanité qu'une politique comme celle-ci aujourd'hui ?

La France est un merveilleux pays, elle mérite un homme de qualité pour la gouverner. 
Ne la laissons pas aux assoiffés du pouvoir, aux lobbyistes, aux financiers, aux haineux. Donnons-lui la chance de faire autrement, d'insuffler aux autres pays une autre vision possible de la politique, d'être porteuse d'espoir, voir même de devenir un modèle.

Il est URGENT de construire aujourd'hui le monde de demain pour nos enfants et les générations futures !

Macron défend les pires valeurs du système capitaliste actuel, Fillon est un menteur et un arriviste conservateur.
Quant à Le Pen, elle ne prône que la haine de l'autre dans un état policier et fascisant.
Hamon est foutu, il a lui-même appelé à voter Mélenchon. Ne risquons pas un second tour Macron/Le Pen !

Il en va de notre responsabilité de voter intelligent ! Pour faire barrage aux capitalistes véreux, aux haineux et aux escrocs. Parfois les 3 ;)

Votons Mélenchon au premier et au second tour ! 

 

Mélenchon qualifié pour le second tour, d’après Filteris

 

Dans sa dernière étude, du 20 avril, Filteris, à l’inverse de certains sondeurs traditionnels, voit Mélenchon à 21,10%, devançant pour la première fois Le Pen, à 20,86%, et Macron, à 19,84%. Fillon arriverait en tête avec 22,28%. Un résultat qui, s'il se confirme dimanche, ouvrirait les portes du second tour au candidat de La France Insoumise, avec un duel Mélenchon contre Fillon. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a tout juste un mois, la mesure Filteris du 20 mars donnait le candidat de la France Insoumise à seulement 13,85%. Arrivaient en tête : Le Pen et Macron, avec respectivement 25,63% et 22, 88%. Fillon recueillait 22,15%. Les positions ont très nettement évoluées. Elles augurent d’un résultat qui pourrait en surprendre plus d’un, dimanche soir.

Mélenchon a révélé sa stature d’homme d’Etat, il est entré en résonance avec les Français

La progression ininterrompue de Mélenchon est le fruit d’une campagne au cours de laquelle il est manifestement entrée en résonance avec les gens. Ses interventions remarquables, depuis son rassemblement place de la République, avec plus de 130 000 personnes, le 18 mars, et sa prestation remarquée, au cours du grand débat sur TF1, le 20 mars, ont indéniablement été les catalyseurs de la prise de conscience des gens, qu’ils avaient affaire à un homme d’Etat. Les études d’opinion qui ont suivi l’ont désigné comme le plus honnête et le plus sympathique. Si Hamon, le candidat trahi par le PS, avait joué le jeu de l’union, le score de Mélenchon aurait été plus élevé encore, et le placerait quasiment premier du quatuor de tête.

Fillon, perçu comme malhonnête, ne parvient pas a dépassé son noyau dur

Durant les trente derniers jours, Fillon est resté scotché sur la crête des 22%, ne parvenant à grappiller que 0,13%. Désormais perçu comme un politicien malhonnête et cupide, le candidat Les Républicains était pourtant présenté comme le grand favori de la présidentielle, après sa victoire surprise à la primaire de la droite, le 27 novembre 2016. Il a été mis en examen le 15 mars, pour des faits graves de détournements de fonds publics. Contre l’avis d’une grande partie de son camp, il a maintenu sa candidature, en se parjurant. Il se raccroche depuis lors au pronostic de Filteris pour affirmer péremptoirement qu’il est le seul dans sa famille politique éclatée à pouvoir l’emporter, en dépit d’un programme social odieux, contesté par les gaullistes. Nombre d’anciens ministres chiraquiens ont d’ailleurs rejoint Macron. La radicalisation du discours de Fillon reflète son attachement aux cathos intégristes, qui veulent purement et simplement abroger la loi Veil, légalisant l’avortement.

Macron, candidat des riches et protecteur du système, marque le pas

Emmanuel Macron, qui passe son temps à faire le grand écart pour attirer à droite et à gauche, a été piégé par la Hollandie avec les soutiens embarrassants, comme celui de Valls. Depuis, son score s’est érodé. Il apparaît, bien qu’il s’en défende, comme l’héritier de Hollande, le président sortant ne cachant pas sa préférence pour son ex-ministre de l’Economie, et sa défiance pour Hamon, pourtant candidat légitime des socialistes. Le candidat d’En Marche, aveuglément pro-européen, est perçu comme le candidat des riches, comme l’est Fillon, l’autre candidat de droite. L’un et l’autre étant soutenus, adoubés par les milieux financiers et patronaux, comme l’a clairement fait comprendre Pierre Gattaz, le patron du Medef.

Marine Le Pen perd une partie des ouvriers et son potentiel des régionales

Marine Le Pen, qui surfait en tête du classement, avec près de 26% d’intentions de vote, il y a un mois, un résultat proche de son niveau des élections régionales de 2015 (27,10%), n’a pas été en mesure de cristalliser ce potentiel électoral. Une partie de l’électorat ouvrier semble avoir retrouvé, grâce à la présence emblématique de Mélenchon, le chemin de la vraie gauche. Le Pen, malgré ses efforts de dédiabolisation, continue d’incarner une droite extrême, synonyme de risque de perte de libertés. Ce qui rend hésitants des Français, pourtant attirés par son discours anti-immigration et anti-européen.

Quatre prétendants dans un mouchoir de poche

A la veille du scrutin, bien malin celui qui se hasardera à un pronostic. Les sondeurs traditionnels jouent eux aussi la prudence, à quelques exceptions près, certains ne résistant pas à la pression de leur donneurs d’ordre pour promouvoir, subtilement, au bout de cette dernière ligne droite, les candidats défenseurs du système que sont Fillon et Macron. Il n’en demeure pas moins que quatre « finalistes » se retrouvent dans un mouchoir de poche et peuvent prétendre accéder au second tour.

 

Parmi eux, Jean-Luc Mélenchon, qui incarne la force du peuple en marche et la France Insoumise, a toutes ses chances. Qui l’aurait imaginé, il y a un an, quand il a décidé de se lancer seul, ou presque, dans la bataille !

Lever le mystère Macron

Cet homme, venu de nulle part, qui marche vers on ne sait quelle direction, et qui ratisse large dans le paysage politique, aussi bien à gauche, auprès de ceux qui ont perdu contre Hamon, qu’à droite auprès de ceux qui ne croient plus à la victoire de Fillon, mérite un autre éclairage.

Christiane Taubira a été l’une des premières à comprendre qui il était... « Macron n’est qu’un pur produit du système ». 

2 philosophes viennent à leur tour de tenter de décrypter le phénomène MacronMarcel Gauchet et Michel Onfray.

Onfray explique que « Macron bénéficie du fameux « instant propice » des Grecs. Il est là au bon moment. Hollande, Sarközi, Fillon étant tombés, il se retrouvera probablement face à Marine Le Pen. C’est une situation royale pour lui  ».

Pour Marcel Gauchet « Macron est l’un de ces homme politiques qui se nourrissent d’une situation, d’une conjoncture, bien plus qu’ils ne la créent. Macron est indéfinissable et se veut tel (...) Macron serait plutôt un Jean Lecanuet qui aurait coiffé le képi du Général  » (De Gaulle. ndlr

Mais un internaute est allé plus loin, et a décrypté en détail la nature, le parcours et les stratégies du candidat « d’en marche ».

Il a lancé sa chaîne you tube, intitulée « trouble fait »

L’internaute espiègle et investigateur s’est d’abord penché sur la carrière de Macron, laquelle n’est finalement pas si flamboyante.

Tout d’abord, Macron n’est pas normalien, comme l’explique l’hebdomadaire « Marianne  », et si d’aucuns ont pu le croire, c’est que l’intéressé faisait tout pour que ce soit le cas, expliquant à ses interlocuteurs « qu’il avait assisté à des cours à normal sup », créant ainsi une légende.

En réalité, il n’a jamais été élève dans cette école et a raté deux fois le concours d’entrée.

Donnons la parole à Marc Endeweld, qui dans son livre récent « l’ambigu Monsieur Macron  » détaille comment l’intéressé à « arrangé son cv  », notamment sur son passage à l’ENS, concours qu’il a en réalité échoué.

Il raconte aussi l’époque où le jeune Macron a estimé que l’échec de Jospin était du à l’incapacité de la gauche à tenir un discours de fermeté sur les questions de sécurité, et avait à ce moment rejoint le mouvement de Jean-Pierre Chevènement

Regardons maintenant de plus près son parcours professionnel.

Lors de son passage à l’IGF (inspection générale des finances), il rencontre Jean-Pierre Jouyet qui va le prendre sous son aile.

C’est d’ailleurs ce même Jean–Pierre Jouyet qui l’avait présenté à François Hollande, en 2006, lors d’un diner.

Macron va adhérer au PS, payera sa cotisation jusqu’en 2009, et sera nommé conseiller économique de Hollande pour la campagne des primaires socialistes de 2007, ce qui amènera plus tard sa nomination de ministre...auparavant, il tentera en vain d’obtenir une investiture en Picardie, afin de devenir député, mais sera rejeté par les militants.

Durant la campagne de 2007, il va rejoindre Jean-Pierre Jouyet dans le groupe Les Gracques, groupe dans lequel on trouve pêle-mêle Daniel Cohn-Bendit, Bernard Cazeneuve, Jean-Louis Borloo, Gérard Collomb et beaucoup d’autres...

 

Pas étonnant dès lors de voir une bonne partie de ceux-ci le rejoindre plus tard pour son « en marche 2017 »

C’est ensuite en 2008 qu’il est engagé par Sarközi, afin de travailler dans la commission « libération de la croissance » dont Jacques Attali sera le président. 

On va trouver dans cette commission Anne Lauvergeon, présidente d’ArevaMario Monti, commissaire européen, Ana Palacio, vice-présidente de la Banque MondialeSerge Weinberg, président d’Accor, et quelques autres... (une grande partie des mesures proposées seront reprises plus tard par Hollande, lors de son virage social-libéral).

Attali le choisit comme rapporteur adjoint de cette commission, ce qui a été, d’après lui, un accélérateur de sa carrière.

Les conclusions de ce rapport sont à regarder de plus près, car on les retrouve dans les propositions de Macron : baisse des cotisations sociales, instauration de fonds de pension à la française, (c'est-à-dire le début de la fin des retraites par répartition), réduction de la fiscalité qui pèse sur le secteur de la finance, suppression des départements, réduction du nombre de communes, suppression du principe de précaution...etc.

Plus tard, il va quitter l’IGF et rejoindre la banque Rothschild, sur recommandation de Jacques Attali, et d’Alain Minc lequel avait déclaré à la direction de la Banque « il faut le prendre à tout prix ».

C’est en 2010 qu’il faut découvrir un moment passionnant de son parcours, alors qu’il se propose comme conseiller bénévole auprès de la direction du Monde, journal qui connait quelques soucis.

La société des rédacteurs du journal « Le Monde » a 2 propositions, l’une du trio : Pierre Berger, Xavier Miel, Matthieu Pigasse, l’autre de Claude Perdriel, Orange, et Prisa Press, et Macron va faire un lobbying incessant pour les seconds.

Or intervient à ce moment Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du journal « Le Monde », et conseiller du groupe Prisa Press, et à cette occasion, Macron rencontrera Minc, et permettra la décision finale en faveur de celui-ci.

Pas étonnant dès lors qu’après avoir soutenu Sarközi, Juppé, Minc ait annoncé fin janvier qu’il soutenait Emmanuel Macron.

Alors qu’il ne paye plus sa cotisation au PS depuis 2009Macron va soutenir la candidature de François Hollande à la primaire socialiste, avant même le naufrage de DSK, et participera de juillet à décembre 2011 au Groupe de la Rotonde, en compagnie de Philippe Aghion, Gilbert Cette, Elie Cohen, groupe de réflexion libéral, qui va envoyer tous les 15 jours des rapports au candidat Hollande, afin qu’il établisse son programme économique, rapports dans lesquels on va trouver pour la première fois le fameux « choc de compétivité », mesure qui refera surface dans le quinquennat d’Hollande, lorsqu’il prendra le virage « social-libéral », nous vendant ainsi le leurre de la "Mondialisation heureuse", et des réformes qui vont avec, avec le succès qu’on a vu, succès en forme de fiasco.

Hollande une fois élu nommera Macron secrétaire général adjoint de l’Elysée, lequel sera le fameux promoteur du CICE, soit au départ un cadeau fiscal aux entreprise de 13 milliards d’euros, répondant en partie à la demande du MEDEF qui promettait la création d’un million d’emploi en échange de 100 milliards de baisse d’impôts pour les entreprises.

A l’époque Gattaz était fier de porter un Pin’s promettant le « million d’emplois  », ce qu’il déniera par la suite : « moi je n’ai jamais promis un million d’emplois  ». 

Pourtant en tout état de cause, et malgré l’échec de la mesure, Macron sera à l’origine du « pacte de responsabilité et de solidarité », lequel portera le CICE à 21 milliards en 2014, et augmentera tout au long du quinquennat, atteignant 41 milliards en 2017

C’est aussi Macron qui convaincra Hollande de ne pas plafonner le salaire des grands patrons...en le remplaçant par « un code de bonne conduite  » rédigé par le Medef. 

Il sera aussi accusé par des députés socialistes d’avoir permis d’abandonner le projet de séparer les banques de dépôt des banques d’investissement...

 

On connait la suite...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un court passage dans une université à Berlin, grâce au piston d’Alain Minc, il sera finalement Ministre de l’économie de Hollande, qu’il quittera pour ce que l’on sait aujourd’hui.

Au-delà de ce tour d’horizon de celui qui n’est « ni de gauche, ni de droite », qui clame « à quoi bon un programme », on pourrait aussi s’étonner de sa propension à calquer son discours sur celui qui a été son employeur comme on peut le découvrir dans cette vidéo.

On ne sort de l’ambigüité qu’à ses dépens déclarait le cardinal de Retz en 1677, et Macron devrait méditer cette phrase, car ces déclarations sont marquées régulièrement du sceau de l’ambiguïté.

N’a-t-il pas déclaré que « tout jeune français devrait rêver de devenir milliardaire » ?... n’a-t-il pas fustigé « la transparence complète »... ?

Il disait : «  il faut en finir avec cette classe politique qui est composé d’homme de plus de 50 ans (...) on ne peut pas faire du neuf avec du vieux  », mais accueille avec plaisir le 3èmeâge de la 5ème République

Chacun évoque son côté séduisant, son charisme, et l’un de ses proches résume assez bien le personnage : « c’est comme si toute son existence n’avait qu’une fin, la conversation » comme on peut le constater dans cette courte vidéo.

Aujourd’hui le candidat n’attend plus que François Hollande vienne l’adouber, sachant qu’il le soutient déjà discrètement d’autant qu’un de ses collègues a déclaré « Hollande est pour Macron, car Macron réussit ». 

 

Comme dit mon vieil ami africain : « Même avec une bonne sauce, l’argent ne se mange pas »...

Poutine, Castro, Chavez : la guerre froide pour les nuls

Poutine, Castro, Chavez, Poutine, Castro, Chavez : trois noms répétés en boucle pour nous mettre en garde contre Jean-Luc Mélenchon, "dictateur en puissance". Tâchons donc de mieux cerner la géopolitique de Mélenchon, son rapport à Poutine et les leçons qu'il a tirées des révolutions d'Amérique Latine.

Cet article est une reproduction du billet publié par Olivier Tonneau sur son blog Médiapart, avec son autorisation. Je vous invite à le lire jusqu'au bout tant il est éclairant et remarquablement bien construit.

 A voir l’effroi suscité – ou feint – par les éditorialistes, il serait sans doute inutile de rappeler que Mélenchon n’a jamais été pour le parti unique : c’est pour cela qu’à dix-neuf ans il quittait les Trotskistes. Il n’a jamais eu de sympathie pour l’URSS et ne fut jamais membre du Parti communiste. Il a aussi agi en défense des libertés en Russie, comme en attestent sa tribune signée en 2013 avec Noël Mamère pour défendre des militants de Greenpeace et son blog sur le sujet. D'accord, me direz-vous, mais tout de même ! Chavez, Castro, Poutine. Eh bien parlons-en et commençons, dans l’ordre chronologique, par Castro.

   L’Amérique Latine, vous le savez, a souffert depuis deux siècles de l’impérialisme américain… Mais vous m’arrêtez tout net : c’est bien l’extrême gauche, ça ! Ils n’ont jamais rien fait de mal, c’est toujours la faute aux Américains. C’est un peu facile ! C’est vrai, Mélenchon n’aime pas les Etats-Unis. Si vous ne supportez pas qu’on critique les gardiens du monde libre, nous ne pourrons pas nous comprendre. Je vous conseille donc d’interrompre votre lecture pour vous plonger dans le grand classique d’Eduardo Galeano, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine. Tant qu’à faire, parcourez l’ouvrage de Philip Golub, Une Autre Histoire de la puissance américaine ou, plus simplement, écoutez la conférence du plus pure style classe prépa du délicieux Frédéric Munier. Nous reprendrons ensuite.

 Parvenu au bout de vos lectures, vous convenez sans doute que parler d’impérialisme états-unien n’a rien d’une hyperbole. Mais vous avez raison : la violence des uns n’excuse pas celle des autres. Là n’est d’ailleurs pas la question car il ne s’agit pas de distribuer les torts : s’il faut parler des Etats-Unis, c’est qu’étant donné leur statut de première puissance mondiale, il est difficile de parler des autres pays sans commencer par les situer dans le contexte de la Pax Americana. Faisons donc le point sur les Etats-Unis avant d’en venir à Chavez, Poutine, Castro.

 Selon Mélenchon, les Etats-Unis sont doublement dangereux : du fait de leur puissance militaire et du déclin de leur économie. Leur budget défense, rappelons-le, est égal à celui de tous les autres pays du monde réunis. Quant à leur économie, elle ne se soutient que par la dette et par l’émission de quantités invraisemblables de monnaie. Il est vital pour eux que le dollar ne s’effondre pas car les Etats-Unis passeraient alors en un clin d’œil de première puissance du monde à bien peu de chose. Or si le dollar ne s’effondre pas, c’est parce qu’il s’écoule par deux canaux : le commerce international et le commerce du pétrole. Tant qu’on aura besoin de billets verts pour commercer et acheter du pétrole, le dollar restera la monnaie de réserve et les Etats-Unis pourront continuer d’en émettre.

 Les Etats-Unis sont donc en conflit larvé contre toute puissance qui pourrait mettre à mal l’hégémonie de leur monnaie. Lorsque Saddam Hussein projeta de vendre son pétrole en euros, il devint immédiatement l’homme à abattre. Lorsque Chavez expropria les multinationales américaines pour nationaliser l’industrie pétrolière vénézuélienne (le pays dispose des plus grandes réserves au monde), il en devint un autre. Il n’arrangea pas son cas en créant la monnaie d’échange SUCRE qui permet aux Etats d’Amérique Latine de ne plus commercer en dollars. Les Etats-Unis ont vu d’un tout aussi mauvais œil la création de l’euro, destiné à devenir une monnaie de réserve concurrente, comme le yuan s’il devenait convertible. C’est pourquoi ils mènent une « guerre des monnaies » contre le yuan et l’euro. Ce n’est pas Jacques Cheminade qui le dit mais un complotiste bolchevique bien connu : Jean-Marie Colombani.

 C’est malheureux mais c’est ainsi : les Etats-Unis ne sont pas un ami qui nous veut du bien. L’hideuse trombine de Donald Trump ayant révélé, comme le portrait de Dorian Gray, ce que cachait le beau visage de Barack Obama, nous aurons peut-être moins de mal à l’admettre. Et Poutine et Chavez, ils ont des gueules d’amour peut-être ? Je comprends que vous n’aimiez pas ces dégaines de bidasses emmédaillées façon colonel Alcazar. Mais patience ! Nous n’en avons pas encore fini avec les Etats-Unis qui sont dangereux pour une troisième raison : de toutes les grandes puissances, ils sont peut-être la plus stupide. Si vous ne me croyez pas, lisez l’analyse du fiasco de la guerre d’Irak par Myriam Benraad et vous verrez comment les Etats-Unis avaient échafaudé leur stratégie sur des rapports à peine dignes d’un étudiant en première année de Sciences Po. Si vous avez la flemme, vous pouvez également l’écouter sur Mediapart. Les Etats-Unis pourraient bien être également la puissance la plus mégalomane, imbus qu’ils sont de leur « destinée manifeste » dont ils s’autorisent pour intervenir n’importe où sans demander l’avis de personne. Ces traits ont malheureusement déterminé leur attitude vis-à-vis de la Russie depuis la fin de la guerre froide et joué un rôle important dans les tensions entre les deux pays.

 Cette fois c’en est trop : les traits de mon visage fondent et se recomposent pour dessiner le masque de Staline. Mais si je suis un crypto-communiste, Hubert Védrine en est un autre. Dans un excellent documentaire diffusé sur France 2 (encore un coup des bolcheviques), Védrine énonce mot pour mot la thèse de Mélenchon : après la chute de l’URSS, les Etats-Unis ont eu à l’égard de la Russie une politique aussi arrogante qu’imbécile, rompant leur promesse de ne pas étendre l’OTAN jusqu’à ses frontières. Politique dont l’Union Européenne fut l’auxiliaire puisque c’est son agrandissement qui a permis l’extension de l’OTAN. Les Etats-Unis ont été jusqu’à installer des batteries de missiles en Pologne avec l’aval de François Hollande, ce que Mélenchon n’a pas cessé de lui reprocher depuis. Quand il fut question de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, la crise a éclaté : il était hors de question pour les Russes de perdre leur base militaire de Sébastopol et ils s’empressèrent d’annexer la Crimée. Pardon ? Non, je ne prétends rien excuser : je cherche juste à comprendre. Patience, nous allons bientôt dire du mal de Poutine. Il ne reste plus que la Syrie pour avoir fait le tour des problèmes.

 Mélenchon ne cesse de répéter que pour remonter aux sources du conflit syrien, il faut suivre les pipe-lines. Je ne sais pas ce qu’en pense la Pravda mais c’est aussi l’avis de France 2. Encore une fois, les Etats-Unis et la Russie sont face-à-face, l’enjeu étant le contrôle de l’acheminement du pétrole vers l’Europe. Lorsque Bashar Al Assad décida de privilégier la Russie, les Etats-Unis furent déterminés à l’abattre, instrumentalisant au passage les révolutionnaires syriens qui furent les tragiques victimes du conflit par proxy entre grandes puissances. Dans ce conflit, les Russes ne reculent devant aucune atrocité et les Américains font n’importe quoi. Il faut lire l’enquête ahurissante du journaliste d’investigation britannique Seymour Hersh (traduite par Jean-Bernard Pinatel en note de cet article) pour prendre la mesure du délire : vous y verrez la CIA armer des Jihadistes en croyant armer des rebelles, contre l’avis de la Direction Inter-Armées qui s’arrange pour vendre auxdits Jihadistes de vieilles mitraillettes hors d’usage afin de précipiter leur défaite, après avoir fait fuiter les informations les concernant au régime de Damas. Avec l’attaque aux armes chimiques et la réplique de Trump, on semble avoir franchi un cran tant dans l’horreur que dans le n’importe-quoi.

 Nous voilà d’accord : j’ai dit du mal de Poutine. Puisque nous sommes d’accord, n’ironisons plus car il n’y a vraiment pas de quoi rire. Disons-le d’ailleurs tout net : si antipathique que soit Donald Trump, on ne peut pas le mettre sur le même plan que Vladimir Poutine dont les mains sont trempées du sang des Tchétchènes, des Géorgiens et désormais des Syriens. Du moins pas encore : Trump a fait des éloges de la torture et de l’extermination de l’ennemi qui ne laissent rien présager de bon. Le face-à-face entre les deux hommes est donc très inquiétant.

 Mais qu’avons-nous à craindre ? De tous les candidats à la présidentielle, Mélenchon est le seul à évoquer une troisième guerre mondiale. Exagère-t-il ? L’idée donne le vertige et semble absurde : comment la Russie ou les Etats-Unis pourraient-ils avoir la folle intention de se déclarer la guerre ? Hélas, là n’est pas la question. Les guerres commencent bien souvent sans qu’aucun des belligérants n’en ait eu l’intention, l’engrenage des provocations et des escarmouches qu’aucune des parties ne peut laisser sans réplique provoquant l’embrasement général. Aujourd’hui tout est possible sur trois lignes de fracture : l’Ukraine, la Syrie et la Corée (dont je n’ai pas le temps de parler). Mélenchon n’est d’ailleurs pas le seul à s’inquiéter : Pascal Boniface, Jean-Dominique Merchet, Juliette Morillot et Marie-Cécile Naves présentaient des analyses très proches des siennes dans une excellent émission (car tout arrive) de C dans l’air intitulée Trump, L’escalade guerrière. On y apprend par exemple que la Corée du Nord, si affreuse qu’elle soit sur le plan intérieur, est plus rationnelle que les Etats-Unis dont la conduite erratique est la première menace pour la paix dans le monde.

 Dans cette situation, que doit faire la France ? D’abord, affirme Mélenchon, sortir de l’OTAN pour retrouver son indépendance vis-à-vis des manœuvres états-uniennes, mais aussi pour être dégagée des conflits qui pourraient survenir entre la Russie et ses voisins. En effet, si un membre de l’OTAN est attaqué, les autres doivent le secourir ; qu’une guerre éclate aux frontières de la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie ou la Pologne, tous pays limitrophes de la Russie, la France s’y trouverait automatiquement engagée. C’est cette automaticité qui, pour Mélenchon, est inacceptable. Sortie de l’OTAN, la France ne serait pas indifférente aux conflits en Europe mais elle jouirait d’une liberté d’action bien supérieure, notamment sur le plan diplomatique puisqu’elle serait en position de tiers indépendant.

 Ensuite, refuser l’Europe de la défense, sujet sur lequel les candidats Hamon et Macron ainsi que leurs fidèles éditorialistes entretiennent des ambiguïtés coupables. On répète par exemple que construire l’Europe de la défense serait une nécessité « face à Trump et à Poutine » - manière de tenir à équidistance deux personnages également antipathiques. Mais il est tout simplement faux de dire que l’Europe de la défense nous renforcerait « face à Trump » : vingt-deux états de l’Union Européenne étant membres de l’OTAN, elle serait bel et bien à ses côtés. On entend encore que Trump se désengagerait de l’Europe, ce qui serait l’occasion pour l’Union de construire une défense autonome. C’est rigoureusement faux : Trump n’a jamais laissé entendre qu’il ôterait ses bases militaires d’Allemagne ni ses missiles de Pologne. C’est même le mouvement inverse qui s’amorce puisque des militaires Américains ont récemment été déployés dans plusieurs pays d’Europe. La vérité, c’est que Trump a exigé que ses alliés contribuent davantage financièrement à l’OTAN, ce qui pourrait expliquer la décision de Benoit Hamon et d’Emmanuel Macron de porter à 2% du PIB le budget national de la défense.

 Troisième élément de la stratégie Mélenchon : organiser sous l'égide de l'Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe (OSCE) une conférence sur la sécurité de l’Atlantique à l’Oural (attention, l’expression ne concerne que la rive européenne de l’Atlantique. Mélenchon s’en est expliqué à Arnaud Leparmentier dans l’une de ses meilleures conférences de géopolitique : les Etats-Unis n’ont rien à faire dans une conférence sur la sécurité en Europe). Celle-ci devrait résoudre la question ukrainienne en articulant le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et les impératifs des puissances : ainsi, disait Mélenchon chez Ruquier, pour qu’ait lieu un référendum d’autodétermination en Crimée, il faut assurer les Russes que l’Ukraine n’entrera jamais dans l’OTAN.

 Quatrième élément de la stratégie de Mélenchon : se poser en puissance médiatrice à l’ONU pour parvenir à ce que se forme une coalition internationale contre DAESH, ce qui permettrait un cessez-le-feu en Syrie et, à terme, des élections où le peuple Syrien pourrait se débarrasser pacifiquement de Bashar Al Assad. Dit comme ça c’est un peu simple, mais je suis déjà trop long ; ceux qui veulent des détails se reporteront à l’analyse du conflit Syrien par Djordje Kuzmanovic, en charge des questions de politique internationale pour la France Insoumise.

 Ces quatre éléments reposent sur des postulats simples. Le premier est que les Etats-Unis sont une puissance dangereuse dont nous devons nous désolidariser. Le second est que la France, puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, a les moyens d’une politique de défense indépendante. Le troisième, c’est que les institutions internationales doivent être renforcées comme lieu de règlement diplomatique des conflits d’intérêts entre puissances. Le quatrième, c’est que Vladimir Poutine, si déplaisant qu’il soit, n’est pas fou et qu’il est possible, sans lui céder sur tout, de poser rationnellement les problèmes pour éviter une guerre à laquelle il n’a pas davantage intérêt que nous. Raisonner ainsi, ce n’est pas être fasciné par qui que ce soit – au contraire : c’est se déprendre aussi bien d’une fidélité aveugle aux Américains que d’une haine tout aussi aveugle des Russes pour retrouver la capacité à poser froidement les problèmes.

 Mais c’est bien, en réalité, cette froideur dont on fait reproche à Mélenchon. Son cœur ne se serait pas dilaté pour les manifestants de Maidan, il n’aurait pas saigné pour les victimes d’Alep ; il faut qu’il soit aussi monstrueux que son maître Poutine. Je ne sais qui peut se laisser convaincre par ces fines analyses psychologiques. Ce qui m'étonne, en revanche, c'est que Mélenchon soit accusé de collusion avec un dictateur quand il affirme que les Russes doivent être des « partenaires », mais qu’on lui rit au nez quand il refuse de mettre une limite au nombre de réfugiés que la France doit accueillir et affirme que la seule politique rationnelle consiste à mettre fin aux guerres qui provoquent des migrations forcées. D’un côté, on nous enjoint de regarder les conflits par le petit bout de la lorgnette et de porter sur chaque événement un jugement moral, sous peine d’être versé au camp du mal ; mais d’un autre côté, on discrédite le seul objectif moral en matière de géopolitique, c’est-à-dire la paix. Mélenchon raisonne exactement à l’inverse : c’est parce qu’il se donne la paix pour objectif qu’il s’efforce de développer une analyse froide et réaliste des conflits.

 Il faut raisonner froidement pour faire la paix. Inversement, que font ceux qui attisent les émotions sinon préparer la guerre ? Est-il bien sage de partager la joie sauvage qu’inspira le bombardement Américain à Bernard Guetta ? Il est la preuve par l’exemple qu’augmente, sinon le désir de guerre, du moins le consentement à la violence qui permet tous les emballements. Il semble déjà loin le temps où Trump dégoûtait les chroniqueurs de France Inter. Quand on constate la puissance d’égarement de leur tropisme atlantiste, on comprend pourquoi Mélenchon se refuse systématiquement à critiquer Chavez et Castro.

 Nous y voilà. Non, Mélenchon n’a jamais eu de sympathie pour Poutine. Mais oui, Mélenchon admire Chavez et Castro. Cela n’a rien d’étonnant : ce qui est sidérant, en revanche, c’est qu’on puisse mettre les trois dans le même sac. Qu’ont donc en commun un héros des luttes anticoloniales et l’homme par qui renaquit le socialisme après la chute du mur avec un autocrate à la tête d’une clique d’oligarques bénie par l’Eglise ? Je vous en prie, ne vous empressez pas de répondre : « Ils ont tous trois violé les droits de l’homme ». Vous parleriez comme Pujadas et céderiez à ce moralisme réflexe qui court-circuite toute réflexion et détruit toute profondeur de champ. Mélenchon aurait beau jeu de vous dire que les Etats-Unis ont aussi violé les droits de l’homme, et plutôt trois fois qu’une.

 Mais il ne s’agit pas d’entrer dans les querelles interminables des libéraux armés du Livre Noir du communisme avec les communistes brandissant la Contre-histoire du libéralisme. Il suffit de poser les faits. Le régime Castriste est né d’une insurrection anticoloniale et progressiste qui, dans les circonstances intenables créées par un embargo maintes fois condamné par l’ONU, a dégénéré en régime autoritaire. La seule question qui vaille est : qu’aurait-il fallu faire ? Chavez, pour sa part, est arrivé au pouvoir par les urnes, il a mis en place une démocratie d’avant-garde et a gagné dix-sept suffrages tous validés par les observateurs internationaux. Après avoir nationalisé l’industrie pétrolière, il a utilisé la rente pour éradiquer l’extrême pauvreté, alphabétiser et soigner des centaines de milliers de personnes. Pourtant aujourd’hui le pays s’enfonce à nouveau dans la misère et prend un tournant autoritaire. La seule question qui compte est encore : qu’aurait-il fallu faire ? Les égarés de l’anticommunisme primaire ne se posent pas ces questions : ils se contentent de répéter qu’hors le marché, point de salut. Les agnostiques de l’économie de marché qui voudraient pousser un peu plus loin la réflexion trouveront des éléments de réponse dans le programme de la France Insoumise.

 Commençons par nous rassurer : notre situation ne ressemble pas à celle de Cuba. Nous sommes un pays riche, un pays puissant, qu’on ne saurait marginaliser sur la scène internationale. Mais il y a tout de même quelques leçons à tirer. La première est bien sûr d’empêcher la concentration du pouvoir en protégeant le multipartisme par l’instauration du suffrage proportionnel, mais aussi en donnant aux citoyens le droit de révoquer les élus et de participer au travail législatif. La deuxième leçon porte sur la presse qui, à Cuba comme ici, appartenait au grand capital et se trouvait donc structurellement en situation de conflit d’intérêt. Pour y remédier, le gouvernement cubain avait créé un journal théoriquement ouvert à tous, mais bientôt censuré. Or un pays vit du brassage des idées ; comment régler le problème de la presse sans imposer la censure ? Le programme L’Avenir en Commun propose un fonds de financement coopératif pour soutenir les médias indépendants et associatifs et un statut du journaliste lui permettant de travailler dans de bonnes conditions. Ce n’est pas un hasard si Mélenchon, haï par les chefferies médiatiques, est très populaire dans les salles de rédaction.

 Les leçons à tirer du désastre vénézuélien sont précieuses également. L’économie vénézuélienne souffre de deux maux. D’une part, elle repose quasi intégralement sur la rente pétrolière et s’est donc effondrée quand le prix du baril a plongé. D’autre part, la compagnie pétrolière PDVSA est gangrenée par la corruption. La solution au premier problème consiste à favoriser un modèle économique aussi diversifié que possible, mais aussi l’indépendance alimentaire et énergétique, pour mettre l’économie nationale à l’abri des fluctuations des marchés. La solution au second problème réside dans la déconcentration de l’industrie : non, le programme de la France Insoumise ne prévoit pas la constitution de gigantesques monopoles étatiques mais encourage au contraire la prolifération de petites entreprises, notamment dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Libérées des logiques de profit par le soutien financier de l’Etat et le plafonnement des salaires, ces entreprises constitueront une matrice productrice souple et résistante aux effets pervers de la bureaucratie.

 Mélenchon a mentionné plusieurs fois une troisième cause de la débâcle vénézuélienne. Elle est culturelle ; les masses fraîchement sorties de la pauvreté n’ont eu d’autre objectif que d’appartenir enfin aux classes moyennes et d’adopter leurs modes de consommation. Il en a résulté une intensification des tensions sociales que la révolution bolivarienne aurait dû apaiser. Pour éviter cela, il n’y a pas de solution miracle. Nul ne croit plus aux révolutions culturelles venues d’en haut. En revanche, si la culture ne se décrète pas, elle s’entretient : la France Insoumise propose donc de sortir de la politique des monuments qui a cours aujourd’hui pour soutenir au contraire la myriade de petits créateurs qui font le tissu moral de notre pays.

 Ainsi s’agencent dans le programme de la France Insoumise une doctrine de défense (l’indépendantisme français), des formes institutionnelles (la sixième république), des normes de production (écologiques), des moyens de production (coopératifs) et des pratiques culturelles (participatives) qui pourraient nous libérer de l’empire du marché sans nous entraîner dans les ornières où s’embourbèrent Castro et Chavez, et sans faire la guerre à Poutine. Si les Français le décident, ils pourraient bien mettre un terme, enfin, à la guerre froide.

Notes : retrouvez les articles d'Olivier Tonneau sur son blog Lettres d'un engagé à ses amis qu'il dérange en accès libre ici.

Sur les événements récents en Syrie et aux USA, je vous recommande mon article de "correspondant texan" Syrie : hystérie généralisée

 

 

Syrie : retour sur une date

Le vendredi 17 mars 2017 restera une date charnière dans les annales de la guerre syrienne. Ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle étape qui a été franchie. Dès le début de la guerre en Syrie, Israël n’a cessé d’intervenir, sans scrupule et de différentes façons dans le conflit, tout en affirmant qu’il se tient à l’écart de ce qu’il se passe en Syrie.

À maintes reprises, l’aviation israélienne a frappé en Syrie, sous prétexte de neutraliser des convois d’armes destinés au Hezbollah. Cela sans aucune preuve convaincante. Pour les dirigeants israéliens, tous les prétextes sont bons pour intervenir en Syrie, alors que vis-à-vis du Droit International cela demeure une grave ingérence. Israël ne devrait-il pas cesser d’endosser le rôle de justicier au Moyen-Orient ?

Le 17 mars, l’armée de l’air israélienne a encore frappé en Syrie. Sauf que cette fois, l’armée syrienne a riposté fermement à l’incursion des chasseurs israéliens, en abattant l’un d’entre eux.
Après que Sayyed Hassan Nasrallah ait fait comprendre aux dirigeants israéliens, lors d’un de ces derniers discours que, concernant le Liban, ils ne pouvaient plus faire comme ils voulaient et comme ils avaient l’habitude de faire par le passé, voilà que la Syrie formule par sa riposte la même idée.
Toutefois, Israël qui ne s’attendait pas à une telle réponse, a commis une erreur fatale. Il croyait toujours être protégé par ses relations cordiales avec la Russie. Mais, il convient de préciser que ce sont les soldats syriens qui ont tiré contre les chasseurs israéliens, avec des missiles russes.

En dehors du fait qu’Israël se soit fait démasquer en Syrie, la riposte syrienne vient de l’écarter de toutes interventions directes sur le sol syrien, notamment au profit des groupuscules armés.
Par cette manœuvre, la Syrie vient de se débarrasser d’Israël, comme elle vient de se débarrasser de la Turquie qui a annoncé récemment la fin de son opération ‘’Bouclier de l’Euphrate’’. Cela signifie le retrait de l’armée turque de Syrie.

Pourrions-nous voir dans les deux affaires, israélienne et turque, le résultat des récentes visites de M. Netanyahu et M. Erdogan en Russie ? L’armée israélienne ne peut plus intervenir à sa guise en Syrie. Les Turcs ont vu leur marge de manœuvre également réduite. Hormis le fait qu’Israël et la Turquie ne pourront plus intervenir directement sur le territoire syrien, ces deux états ont été aussi écartés des batailles de Raqqa et d’Idlib. Ce qui signifie qu’Israël et la Turquie pourraient être en position de hors-jeu à propos de toutes solutions à la guerre syrienne. Cela signifie également que les groupes armés vont avoir plus de difficultés pour obtenir du soutien extérieur, même si cela reste faisable en adoptant d’autres formes.

Actuellement, l’implication d’Israël dans le conflit syrien n’est plus à démontrer. Israël croyait encore et toujours, qu’il pouvait faire comme il avait l’habitude de faire au Moyen-Orient. Toutefois, se rend-il compte que la donne politique et stratégique a changé et qu’il vaut mieux négocier que s’enorgueillir ?

En ce moment, le moral du peuple israélien doit être au plus bas. Après les propos de Sayyed Nasrallah concernant le réacteur de Dimona, les missiles syriens qui ont atteint le Jourdain -même s’ils ont été interceptés- pose une importante question : Israël pourra t- il persister dans sa logique guerrière, tout en protégeant sa population ? Cette population qui sera la première touchée en cas de conflit majeur.

La riposte syrienne à l’attaque israélienne s’inscrit aussi dans une démarche qui vise à limiter le plus possible les interventions extérieures, afin de favoriser les manœuvres vers une solution politique et une fin du conflit.

La réaction syrienne contre les chasseurs israéliens enterre définitivement l’idée qui consiste à penser que la Russie a accepté d’ouvrir l’espace aérien syrien afin qu’Israël puisse frapper le Hezbollah. Il parait difficile d’envisager un conflit militaire entre la Russie et Israël, surtout sur le terrain syrien. Cependant, les relations politiques et diplomatiques entre les deux pays prennent une nouvelle tournure.

Une solution politique est en train de s’opérer en Syrie, les groupes terroristes sont en train de vivre leurs derniers jours. La logique est que Syriens, Russes, Iraniens ainsi que leurs alliés ne vont pas permettre que leurs plans qui avancent de jour en jour -dans le but d’arrêter la guerre en Syrie- capotent à cause des ingérences extérieures. Les dernières attaques d’Israël contre la Syrie ont prouvé réellement sa volonté de vouloir empêcher toutes solutions dans ce pays. Enfin, il paraît que le Premier ministre israélien a visité Moscou, il a entendu les paroles de M. Poutine, mais il a tout de même voulu tester la fiabilité du discours russe. Il a obtenu la réponse.

 

La question qui mérite d’être posée est de savoir pourquoi Israël s’entête dans une logique conflictuelle au Moyen-Orient, au moment où le rapport de force n’est plus en sa faveur ? Ne serait-il pas plus judicieux de se remettre sérieusement à la table des négociations au lieu d’embraser toute une région ? La logique israélienne semble suicidaire, mais la question est : pourquoi ?

Les artistes soutiennent Mélenchon

 

Parmi les principaux candidats, Mélenchon remporte la palme du soutien des célébrités. De même que Hamon et Le Pen, Fillon attire peu dans le monde artistique et culturel. Quant à Macron, le jeune éphèbe tire son épingle du jeu.

L'appel de Jean-Luc Mélenchon, dimanche, à Toulouse, à promouvoir la création, dans tous ses genres, marque son désir d’implication dans le développement de la culture, sous toutes ses formes. Un positionnement auquel ne sont pas insensibles les milieux artistiques. De très grands noms de la scène, du cinéma, et des arts figurent parmi ses fervents soutiens : Jacques Weber, Richard et Romane Bohringer, Edouard Baer, Anémone, Jean-Pierre Daroussin. Sans oublier Gérard Miller, Bernard Lavilliers, Yvan Le Bolloc’h, Gérald Dahan, Philippe Caubère, pour ne citer qu’eux !

A l’inverse, Fillon ne suscite aucun engouement, comme cela avait pu être le cas pour Sarkozy, qui avait attiré à lui quelques célébrités du showbiz, tels que : Enrico Macias, Johnny Halliday, Doc Genico, etc. Un temps favorable au candidat Les Républicains, le chanteur Renaud a fait marche arrière toute, en apprenant les affaires des emplois fictifs, en lançant sur scène, à Chambéry : « Fillon et sa Penelope, dehors ». Quelques personnalités sont néanmoins en vue aux côtés des fillonistes, comme l’opticien Alain Afflelou, l’astrologue-voyante Elisabeth Teissier ou encore l’égérie de la Manif pour tous, Frigide Barjot, qui a lancé sa propre pétition pour sauver l’intégriste catho.

Pour sa part, Macron attire davantage. Il peut se targuer du soutien de l’ex-présidente du Comité Miss France, Geneviève de Fontenay, probablement sous le charme du bel adonis, transcendé par la lumière des projecteurs de riches mécènes, au rang desquels, l'énamouré Pierre Bergé (Yves Saint-Laurent). Il bénéficie également du soutien de footballeurs professionnels, Yohan Cabaye et Steve Mandada, ainsi que de l’ancienne présentatrice météo de TF1, Catherine Laborde.

Le choix des artistes que nous aimons conforte le nôtre

Marine Le Pen, quant à elle, continue de bénéficier du soutien indéfectible de Brigitte Bardot, dont les photos avec son bras droit Florian Philippot ont fait le tour de la toile. Le comédien Franck de Lapersonne est venu gonfler les rangs clairsemés des artistes favorables à la candidate du Front National.

Enfin, comme Marine Le Pen ou François Fillon, Benoît Hamon n’a pas non plus attiré de soutiens de renom, parmi les artistes, si ce n’est celui, remarquable, mais en demi-teinte, de Juliette Binoche, l’actrice ayant critiqué le revenu universel, la mesure phare du candidat. Autre soutiens, moins connus, celui de la réalisatrice Valérie Donzelli et de Michèle Ray-Gavras.

Reste à savoir si l’engagement de célébrités, auprès de tel ou tel candidat, est susceptible d’influencer le choix des électeurs. L’impact de ces soutiens est semble-t-il difficile à mesurer. Il est cependant assez probable que les artistes que nous aimons, affichant le même choix que nous, surtout s’ils sont entourés d’un belle aura morale et d’une toute aussi belle amplitude intellectuelle et humaine, nous confortent dans notre décision. Un Bohringer, un Weber, un Miller, entre autres, ne laissent pas indifférents.

Comme ne laissent pas indifférentes, dans un sens inverse, certaines célébrités qui, profitant du coup de projecteur de la campagne présidentielle, pour exister à nouveau médiatiquement, servent plutôt de repoussoir et alimentent l’ironie sur les candidats qu’elles ou ils soutiennent.

A titre d’exemple, le soutien de l'éternelle voyante Elisabeth Teissier, au candidat des casseroles, sera-t-il d’une grande efficacité ? Lui l'espère sans aucun doute ! 

 

L'espoir fait vivre !

international ou loi de la jungle ?

Cet atroce conflit s’inscrira en énormes lettres rouges dans le Guinness de la honte et les porte-étendards de la soi-disant « communauté internationale » de ce début de millénaire figureront au palmarès de l’indignité, entre deux Nobels de la Paix. Ces gens sans foi ni loi ni vergogne, qui n’ont d’autre horizon que celui de leur improbable élection, s’en moquent éperdument, mais c’est dans les poubelles de l’Histoire que l’on retrouvera trace de leur mémoire.

La tragédie de Syrie est entrée dans sa septième année. Incrustée dans l’actualité, elle fait partie du paysage. Mais ses 400 000 morts, ses 2 millions de blessés ou d’handicapés, ses 14 ou 15 millions de réfugiés, déplacés ou exilés, son territoire dévasté à plus de 60% et son économie ruinée par les pillages, les sanctions, les embargos, ne suscitent pas d’émotion permanente.

En effet, vus de nos « grandes démocraties » dont les langues sont mondiales, les valeurs universelles, la vocation planétaire et les deuils transnationaux, et qui se considèrent comme l’essence de l’humanité ou le nec plus ultra de sa conscience, les conflits de l’Orient compliqué sont lassants quand ils ne sont pas franchement hermétiques.

Pour aviver la flamme de la compassion, il faut l’un de ces énormes mensonges dont se gavent intellectuels, médias et politiques de l’Occident bien-pensant. Quinze ans après l’Irak, le truc des gaz chimiques marche toujours très fort : Colin Powell, l’entubeur de 2003, doit être content…Le camp de la guerre et ses fourriers, y compris les escrocs de l’humanitaire, sont en tout cas ravis. Jamais deux sans trois : 2003, 2013, 2017. La manipulation, le « false flag » paraissent encore efficaces…

Nos « élites » délitées ont réussi ce tour de force d’ancrer notre pays en première ligne en Libye, puis en Syrie, aux côtés des islamistes, des terroristes et des faucons atlantistes du parti de la guerre, sans demander l’avis des Français, parvenant même, à force de matraquage médiatique, à recueillir l’adhésion de certains pans de l’opinion. La douce France est repartie de plus belle dans ses tristes épopées coloniales. Vive le Père Bugeaud, vive François Georges Picot et ses accords en douce, vive Jules Ferry et la foutue mission civilisatrice, vive le Mollet à la triste figure, et les va-t-en-guerre actuels. Nos intellectuels qui rêvent d’en découdre avec la Syrie légale, cet Etat rebelle qui ose tenir tête à l’Occident, nos médias qui dissertent jusqu’à plus soif sur l’urgence de bombarder Damas ou « Bachar », nos politiques suspendus comme des désespérés aux mamelles de l’atlantisme et de ses succursales, peuvent se rassurer. En se donnant un Président « imprévisible » qui se disait non-interventionniste, sinon pacifiste, leur maître américain leur avait donné des frayeurs. Elu du « pays profond », Trump n’aura pas résisté longtemps aux pulsions de « l’Etat profond »: voilà un président qui bombarde comme les autres…Ouf…

Cet atroce conflit s’inscrira en énormes lettres rouges dans le Guinness de la honte et les porte-étendards de la soi-disant « communauté internationale » de ce début de millénaire figureront au palmarès de l’indignité, entre deux Nobels de la Paix. Ces gens sans foi ni loi ni vergogne, qui n’ont d’autre horizon que celui de leur improbable élection, s’en moquent éperdument, mais c’est dans les poubelles de l’Histoire que l’on retrouvera trace de leur mémoire.

La tragédie syrienne est l’épicentre de la confrontation qui menace la paix du monde. Au lieu de disserter sur les subtilités de la politique US, les angoisses de l’Occident hypocrite et les martiales déclarations de nos piètres dirigeants, il serait sage de chercher les racines du mal là où elles sont de toute évidence : c’est la débâcle du droit international sous les coups de boutoir prodigués depuis un quart de siècle par l’Occident arrogant, dominateur et sûr de lui, qui a débouché sur ce monde chaotique, immoral et dangereux dans lequel nous vivons désormais, ce monde que nous risquons de léguer à nos enfants.

Le moment unipolaire américain (1991/2011) a permis à« l’Empire le plus puissant ayant jamais existé à la surface de la Terre » de détruire les bases de la légalité internationale en établissant le nouvel ordre mondial voulu par les faucons de Washington. Ce qui se traduira en un temps record par l’abandon des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : souveraineté, non-ingérence, droit des peuples à l’autodétermination, droit de tout Etat à choisir librement son régime politique hors de toute ingérence étrangère, obligation de négocier en cas de conflit avant de recourir à l’usage ou à la menace d’usage de la force. La « communauté internationale » atlantique trouvera sa lampe d’Aladin dans un concept miraculeux, la Responsabilité de Protéger (R2P), version relookée du droit d’ingérence à connotation trop colonialiste. Les Nations-Unies seront instrumentalisées, voire ignorées lorsque le moteur unipolaire connaîtra ses premiers ratés : on fera grand cas des délibérations du Conseil de Sécurité lorsqu’il dit « oui-oui-oui », mais on passera outre lorsqu’il dit non.

Confrontés à des Etats qualifiés de « voyous », souvent arabo-musulmans, ou perçus comme crypto-voyous comme la Chine et la Russie, l’Amérique et ses alliés s’érigeront en « communauté internationale », centre « civilisé » du nouvel ordre mondial. En fait, c’est la loi de la jungle qui s’installera sur les ruines de la légalité internationale, le monde extra-atlantique voyant son statut réduit à celui d’une zone de non-droit. Sur leur vaste terrain d’aventure, les neocons joueront au « chaos créateur » et s’amuseront à terroriser les « ennemis » selon les recettes de la « théorie du fou » de Nixon (l’Amérique doit projeter l’impression que ses dirigeants sont imprévisibles). Les résultats seront impressionnants, non pas bien sûr en termes de « démocratisation », mais en ce qui concerne la mise au pas voire la destruction des Etats républicains, séculiers (« laïcs ») et nationalistes.

La guerre qui fait rage actuellement en Syrie est bien universelle, tant sont nombreux et divers les acteurs, les enjeux, les arrière-pensées, les intérêts. Pourtant, ce n’est pas une confrontation classique : officiellement on ne peut parler d’un état de guerre, puisque personne n’a déclaré la guerre à la Syrie,  comme le voudraient les normes des lois de la guerre et/ou les pratiques diplomatiques.

A Moscou, on évoque « les Etats qui se sont fourvoyés dans le soutien du terrorisme, continuent de le faire et méritent d’être jugés par un tribunal international similaire à celui qui a jugé le nazisme ». Or la Syrie est depuis le printemps 2011 la victime d’une « guerre d’agression », la sorte de guerre qualifiée dans un autrefois de nuit et de brouillard par le Tribunal de Nuremberg de « crime international suprême » :« lancer une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international ; c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerre que parce qu’il contient en lui-même le mal accumulé de tous les autres» C’est le crime par excellence. Et dans le cas d’espèce, un crime avec préméditation, planifié par les « stratèges ».

 

Comme l’Irak, la Libye, la Somalie, la Palestine, etc…la Syrie est l’objet d’une tentative de « politicide », qui est à l’égard d’un Etat ce qu’un meurtre est à l’encontre d’un être humain, les institutions, l’administration, la souveraineté, l’intégrité, les autorités politiques, les marques emblématiques ou régaliennes, les forces armées, les ressources, les bases, les infrastructures de l’économie, l’identité du dit Etat étant ciblées individuellement et dans leur ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les opérations peuvent se décliner en démantèlement, partition, dépeçage de l’Etat-nation. Les attaques s’exercent tous azimuts : politiques (déstabilisation, changement de régime), humanitaires (Responsabilité de Protéger, projets de zone d’exclusion, de corridors), militaires (frappes, bombardements, provocations, agressions, coups de main), psychologiques et médiatiques (mensonge, manipulation, « faux pavillon », intoxication, lavage de cerveaux).

Dans le même temps, le peuple syrien est la cible d’un« ethnocide », terme qualifiant l’entreprise de déconstruction et de désintégration qui le vise. L’objectif global est de briser sa cohésion, qui n’est pas le produit des trente ans de mandat français, ni même des quatre siècles d’Empire ottoman, mais le résultat d’une histoire plurimillénaire, par-delà même la venue du christianisme et de l’islam.

Les sanctions sont autant d’armes de destruction massive qui visent à ébranler une société civilisée et industrieuse. Tous les moyens sont d’ailleurs utilisés : il faut pousser les Syriens à fuir leur pays, contraindre les minorités à l’exode, provoquer une hémorragie des élites, afin d’empêcher toute reconstruction ultérieure du tissu national.

La« mise à mort du peuple syrien » et la destruction de la Syrie, « mère de notre civilisation » et « seconde patrie de tout homme civilisé » sont bien partie intégrante du crime par excellence.

Finalement, il convient d’appeler les choses par leur nom : les agresseurs de la Syrie légale, qui agissent en violation du droit international sont des voyous et des criminels. Ce sont en outre des menteurs effrontés, indignes de gouverner ou de prétendre gouverner. Les frappes sur la base d’Al Chuairat ne constituent pas un « message fort » de Washington, comme le dit tel ou tel esthète, mais un crime supplémentaire.

Il est temps que la « Grande Nation » se réveille et que des dirigeants plus dignes reprennent en main son destin politique, son indépendance, que la France renoue avec l’exception qui faisait notre fierté. Il est temps que ses intellectuels renouent avec la tradition de leurs grands ancêtres. Il est temps, il est même urgent de redresser la barre de cette embarcation folle et déboussolée qu’est devenue la France, tant sont grands et impitoyables les périls de notre monde.

J’allais dire, il est temps que les diplomates, dont le droit international devrait être la Bible, et dont le métier est de faire la paix, renoncent à squatter comme des coucous le nid des faucons.

Il faut dire non et non et non à la guerre que des petits grands de ce monde présentent comme une option banale, blottis bien au chaud dans leurs privilèges, leurs certitudes et leur arrogance ordinaire. Il faut que la France retrouve le chemin de la légalité internationale et du droit onusien…Notre paix est à ce prix.

Michel Raimbaud

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan, et au Zimbabwe. Ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). On lui doit de nombreux ouvrages notamment sur le Soudan. Il vient de publier chez Ellipses une réédition de son ouvrage de référence intitulé «Tempête sur le Grand Moyen-Orient».

 

Source:http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/75-a-la-une/10964-la-tragedie-syrienne-droit-international-ou-loi-de-la-jungle

Panique Médiatique - tir croisé sur Mélenchon

A dix jours du scrutin, les masques tombent. On pouvait s'attendre à une levée de boucliers pour conjurer le risque d'un second tour Marine Le Pen contre X. Mais c'est bien Mélenchon qui en fait les frais.

A dix jours du scrutin, les masques tombent. On pouvait s'attendre à une levée de boucliers salutaire de la part des grands médias pour conjurer le risque d'un second tour Marine Le Pen contre X. Les informations qui ont fuité dans la presse concernant la mainmise des milieux néonazis sur le parti frontiste et son anti sémitisme latent prouve que l’entreprise de dédiabolisation engagée par la candidate bleu marine n'est qu'une façade. Alors que la gauche, la vraie, pas celle que prétend incarner Marine Le Pen en alignant les propositions aux alouettes, montent dans les sondages, le naturel revient au galop, et le révisionnisme qui l'accompagne.

Puisque Marine Le Pen a démontré toute seule qu'elle incarnait la candidature d'un parti xénophobe, nous étions en droit d'attendre de la presse mainstream qu'elle nous alerte, non seulement sur les risques économiques d'un programme incohérent, mais surtout du risque politique de conférer les pleins pouvoirs présidentiels à une femme ayant promis de faire tomber les têtes de l'appareil judiciaire qui la met en cause. L'Etat d'Urgence prolongé jusqu'en juillet 2017, le 49-3 et les ordonnances lui confèreront un pouvoir de nuisance considérable qui ne semble pas inquiéter outre mesure les éditorialistes de tout bord.

 

Non, ce qui les inquiète au plus haut point, c'est le risque Mélenchon.

Collage de copie d'écran du 13 avril 2017

 

Que la presse de droite critique la gauche, même de façon aussi malhonnête, on pouvait s'y attendre. Cela prêterait presque à rire si les esprits de nos concitoyens n'étaient pas devenus aussi perméables à la propagande des "experts" qui nous vendent l'austérité et la flexibilité comme seul et unique remède aux maux que ces politiques entretiennent.

 

Ainsi, avec le plus grand mépris pour l'intelligence de ses lecteurs, ou des badauds qui passent devant les kiosques à journaux, le Figaro et les Echos rivalisent de contres vérités et d'amalgames les plus primaires :

Que font les fact-checkeurs face à cette formidable campagne d’intox ? Ils fact-check bien sûr (et prouvent leur impartialité) :

Copie d'écran du site de campagne de JLM, reprenant l'article des décodeurs

 

 

Le journal de référence Le Monde est plus subtil, c'est dans le détail et la nuance que la critique s'exprime, il faut souvent se donner la peine de lire le contenu pour s’apercevoir du parti pris :

Mais lorsque l'acharnement médiatique atteint les médias de gauche, on en vient à la conclusion simpliste que Frédéric Lordon explicite clairement : "des milliardaires possèdent la presse et entreprennent de porter un banquier d’affaire à la présidence de la République. Voilà."

 

Ainsi, Libération, au lieu de répliquer au Figaro par une cinglante dont le journal a le secret (lorsqu'il s'agit d'appeler à la guerre contre Assad), se fend d'une première page tout en nuance, où la réserve et le doute transpire. Mais c'est une fois de plus là où cela compte, sur internet, que Libé se charge de prouver son sérieux et sa différence :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On note le choix de la photo en 'dark vador". Sur internet le premier article qui ressort parle d'un buzz issu d'un interview ...Hop on fait resurgir le diable rouge !

 

 

Atterré par le niveau des caricatures qui empêche le débat (faut-il poursuivre l'austérité, quid du réchauffement climatique, de la logique de guerre tiède avec la Russie ?) l'électeur en perdition pourrait être tenté de faire un tour chez Mediapart, le média participatif et indépendant par excellence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Copie d'écran du 13 avril 2017 en page d'accueil du site. Notez que dans l'article de Politis, l'auteur exprime plutôt un accord avec Mélenchon et critique surtout son language plus que sa vision générale.

 

Et bien non, décidément au-delà de l'argent, il y a un vrai problème de lutte des classes qui se joue, là, devant nos yeux.

L'ennemi de la Finance, Monsieur Le Président Hollande en personne, sort de sa tanière pour critiquer le couple de socialistes rebelles, Hamon et Mélenchon. Pas dans un grand quotidien de gauche, mais au journal Le Point. Tout un symbole.

 

Cette levée de boucliers de l'oligarchie est mise en lumière par le seul organe de presse n’ayant pas encore perdu ses repères, l'Humanité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Collage de copie d'écran du site humanité.fr, page d'accueil du 13 avril

La démonstration est donc faite, face à la vraie gauche, le monde politico-médiatique préfère l’extrême droite, dans toute son horreur xénophobe et antisémite qu’ils auront bon dos de dénoncer par la suite.

 

Signe de cette erreur système qui ressemble à un plantage médiatique quasi généralisé, voilà que l'équipe de campagne de l'intéressé doit se muer en décodeur pour rétablir un semblant de vérité, les fact checkeurs se trouvant à leur tour fact-checkés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre la question de déontologie, le problème qui se pose lorsque la majeure partie des médias se livrent ainsi à une campagne acharnée et malhonnête contre un candidat, c'est que cela blesse les gens qui votent pour ce candidat. Or, ce sont précisément ces gens aujourd'hui insultés et méprisés que ce même appareil politico-médiatique invitera dès demain à faire barrage à l'extrême droite en votant Macron, ou Fillon. 

Quand on a compris cela, on comprend à quel point les médias, en particulier ceux de gauche et du centre, jouent avec le feu.

Rassurez-vous cependant, lorsque le système subit un tel bug, l'extrême droite permet de faire un reset salutaire... jusqu'à la prochaine guerre.

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Quelques sources pour débugger tout ça :

L'article de Francois Cocq : https://cocq.wordpress.com/2017/04/12/devant-melenchon-et-la-force-du-peuple-le-systeme-en-auto-defense/

Un excellent article sur la géopolitique et le rapport à l'Amérique du Sud : https://blogs.mediapart.fr/olivier-tonneau/blog/120417/melenchon-poutine-castro-chavez-la-guerre-froide-pour-les-nuls

Sur le programme économique de Mélenchon, cet article sans parti pris de La Tribune : http://www.latribune.fr/economie/presidentielle-2017/melenchon-ou-la-relance-par-l-investissement-public-684971.html

Ficron, Maillon, ou Mélenchon ?

Alors qu’apparemment les programmes des 2 premiers diffèrent, si l’on prend un peu de recul, ces différences sont minimes.

Mais celui qui dérange les puissants, c’est Jean-Luc Mélenchon, au point que tous les moyens deviennent bons pour le dézinguer.

Les convergences s’accumulent pour Macron et Fillon, notamment sur le terrain de l’histoire, quand l’un se prend pour Vercingétorix,  oubliant comment ce dernier a fini sa carrière, et sur le terrain de la géographie pour le second, quand il prend la Guyane pour une île. vidéo

Sur le chapitre des citations, Macron n’est pas au top non plus, puisqu’il a attribué un texte de Chevalier & Laspalès à Michel Audiard, qui n’en demandait pas tant : « y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes  ». 

On trouve aussi des convergences entre Macron et Fillon sur l’organisation des meetings, occasions de nombreux bidonnages.

Ainsi le public de Macron se voit donner des consignes d’applaudissement et de slogans par le biais de l’application téléphonique « Telegram » : « tapez des pieds », « on lève les drapeaux ! », « n’hésitez pas à vous lever, ça va monter tout seul, n’ayez pas peur de la foule !  »... 

L’ensemble des consignes sont visibles ici.

 

Fillon au Trocadéro clamait à ses militants : « vous êtes 200 000 !  » Pour un lieu qui ne peut en accueillir que 45 000.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ajoutons qu’ils ont tous deux le soutien de nombreux patrons.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais revenons à Mélenchon.

Sur le net, les attaques vont bon train...

Jean Marc Proust, le rédacteur d’un article sur Slate.fr, y va de bon cœur, créant la panique, sur le thème, « s’il est élufaut-il partir ou rester ? », et donnant carrément des « conseils de survie ».

Extrait : « ce dimanche 23 avril, il sera trop tard (...) après l’annonce d’un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ce sera aussitôt la panique. Les réseaux sociaux dégoulineront d’émoi et de larmes (...) ou de cris de joie (...) et dès le lendemain, les taux d’intérêt exploseront, rendant la dette française intenable, faisant peser des menaces multiples sur l’économie française  »...

Après cette entrée en matière tranchée, suivent des conseils en déclinant les options : « Partirl’option la plus rationnelle », ajoutant « pour qui a regardé le programme des deux finalistes. Le reste du programme, on s’en fout un peu, mais que ce soit Le Pen ou Mélenchon, il conduira au même résultat : une sorte de guerre civile plus ou moins larvée. Si vous n’avez pas envie de devenir pauvre ou de prendre des coups de matraque, il faudra partir  ».

La suite est à l’avenant. 

En tout cas, ça a mis de bonne humeur l’intéressé qui a répondu à l’article du Figaro sur le ton de l’humour. 

Le fait que Jacques Attali, l’un de ceux qui ont mis en scène Emmanuel Macron, soit l’un des actionnaires du site « Slate », est-il l’explication ?

 

Il faut ajouter que la presse est aux ordres d’une oligarchie médiatique, et d’Arnaud Lagardère (le Point), à Vincent Bolloré (Canal+), en passant par Patrick Drahi (Libération, l’Express et quelques autres), Serge Dassault (le Figaro), Bernard Arnaud (Les Echos, le Parisien), Martin Bouygues (TF1, LCI...) ils sont tous des fans de Macron ou de Fillon.

Les sondages, qu’il faut prendre, comme on le sait avec beaucoup de précaution, montrent une remontée significative du candidat des insoumis (18%) et une baisse régulière de Le Pen et Macron, accompagnée d’une descente évidente de Hamon

Pas de doutes, Mélenchon est bien l’homme qui les dérange, puisque dans tous les cas de figure, les politologues affirment que Marine Le Pen serait battue.

Pierre Gattaz est allé jusqu’à organiser une conférence de presse le 11 avril en lançant un cri du cœur évoquant « la ruine du pays assurée et un appauvrissement de la population française » assurant : « avec Mélenchon, c’est 200 milliards de dépense publiques en plus...et qui paie à la fin ? Les ménages, les entreprises »...évoquant « un désastre (...) une baisse du pouvoir d’achat et un défaut de paiement de l’Etat ».

Un qui n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère, c’est Eric le Boucher, éditorialiste du Monde, des Echos, d’Europe 1, en publiant une tribune assassine : « les populistes dingos et les populistes réalo »...et si la xénophobie de MLP (marine le Pen) ne lui fait pas peur : « elle n’appliquerait pas son programme économique  » assure-t-il, JLM (Jean-Luc Mélenchon), pour le chroniqueur «  renverserait l’ultra capitalisme qui étrangle sauvagement les peuples. Il le nationaliserait fissa et lui imposerait la loi des Maximum, comme en 1793 ; il condamnerait les accapareurs (...) son programme de relance (...) suffirait à colorer en rouge sang l’économie française  ».

Le ton est donné !

Pour lui, Mélenchon est « l’homme à abattre ».

BHL est sur la même ligne et menace de « quitter la France si Mélenchon est élu », de quoi recruter de nouveaux votes en faveur de ce dernier... 

Ségolène Royal le prend à contre pieds, puisqu’elle a déclaré se mettre aux cotés de JLM, ce qui ne doit pas réjouir son ex...

«  Il vaut mieux opérer une percée de ce côté-là que du côté de l’extrême droite  » a-t-elle déclaré.

Elle n’a manifestement pas oublié que sa défaite en 2007 venait en grande partie de son camp, sur le même ton de ce qui se passe entre le candidat gagnant de la primaire socialiste, et les membres de son parti.

Quand à celui qui, dans 10 jours, ne sera plus président, en qualifiant Mélenchon de « péril », il a choisi implicitement le camp de Macron,  montrant par là une évidente filiation, et il n’est pas sûr que ce soutien soit de nature à faire progresser le candidat d’en marche dans les sondages. 

En tout cas, comme l’écrit le quotidien « Libération  », pour Mélenchon c’est « l’Ascension avant Pâques » (18,5%). 

Allons voir ce qui se passe du côté de l’extrême droite, puisque depuis sa bourde sur le Vel d’Hiv, la posant en digne héritière de son père, elle joue les abonnés absents, annulant nombre de prestations qu’elle devait faire, inquiétant tout son entourage, Marion Maréchal en tête, laquelle n’a toujours pas digéré les vexations que lui fait subir sa tante.

Pas étonnant dès lors qu’elle dévisse dans la plupart des sondages, tombant à 22%, et qu’elle s’en prenne aussi à Mélenchon

Pour terminer, c’est sur le ton de l’humour que l’insolente Charline Vanhoenacker conclut dans sa chronique du 13 avril sur l’antenne de France Inter : « Si on en croit le Figaro, les chars russes sont à nos portes ! La rédaction est en panique ! Ce matin au service société, y a Jean Benoit qui poste un article sur Mélenchon et l’immigration, qui explique que dans un an, les français nettoieront les pare-brises des roumains. Au service économique, y a Marine Attali qui prépare un article sur les patrons qui seront obligés de vendre leurs enfants pour se payer du pain rassis, et d’après les journalistes du service international, le programme militaire de Mélenchon consisterait à déployer une armée d’hologrammes en Syrie. Ce sera le K.O.

Mais le pire de tout, c’est que Christiane Taubira pourrait briguer un ministère. C’est la paniqueLa dynamique Mélenchon est arrivée comme ça, d’un coup sans prévenir. Curieuse campagne ou d’une semaine à l’autre, on nous explique que la France va ressembler à l’Autriche, ou au Luxembourg ou à Cuba !... là en ce moment, c’est Cuba...Imagine-t-on Marianne en train de fumer un Havane  ? Dans le bureau de Mélenchon on ne voit que des gens pue recommandables, comme Castro, Robespierre, Chavez, alors que dans le bureau de François Fillon, on ne voit juste un portrait du général De Gaulle, et toute la collection des Arsène Lupin. C’est quand même plus classe. L’heure est grave, la France d’en haut commence à flipper : on a mis plus de 200 ans pour rétablir tous les privilèges démolis en 1789, c’est pas pour que ce fou furieux de Mélenchon vienne tout gâcher d’un coup ! Hier en voyant le dernier sondage, Pierre Gattaz a fait un malaise, il a été obligé d’avancer d’un mois son séjour en thalasso ! (...) Est-ce qu’il faut revendre ses bijoux de famille ? Construire un abri antiatomique dans la cave du journal « les échos » ? C’est l’alerte rouge comme en 81 ! Si on peut plus sauver la France, essayons au moins de sauver les riches ! C’est le moment de faire la vidange de la Jaguar, de vendre le chalet de Megève, de vider ses comptes, d’acheter de l’or, de s’installer au Liechtenstein ! Fuyez ! Fuyez ! Et si vous décidez de rester, c’est le moment de vous déguiser en pauvre...et de vous cacher à la campagne. Convertissez tout en francs, cachez le tout dans le jardin. Mélenchon fait même flipper Hollande qui a enfin été mis au courant qu’il y avait une élection. Alors il est sorti de sa réserve ; tu peux trembler Méluche, François Hollande il les connait ses ennemis ! Il est impitoyable ! Rappelez-vous ce qu’il a fait à la finance !  ». 

 

Comme dit mon vieil ami africain : « Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été trompés  »...

 

 François Fillon, le candidat du troisième âge...

De nombreux retraités seraient prêts à voter pour François Fillon, alors que les jeunes se montrent plus réticents : comment pourrait-on s'en étonner ? Le programme du candidat LR pénalise les plus jeunes, à qui François Fillon veut imposer la retraite à 65 ans.

Il pénalise aussi les actifs qui devront travailler toujours plus, sans augmentation de salaires.

Ainsi, se créent des fractures dangereuses dans la société.

Alors, bien sûr, François Fillon promet, à la suite de ses réformes, un avenir meilleur : mais c'est ce que nous annoncent les hommes politiques, depuis des décennies.

Pourtant, la crise perdure et donne l'occasion aux hommes politiques d'exiger des peuples toujours plus de sacrifices.

Au fond, nous avons vu François Fillon, à l'oeuvre et à la manoeuvre, lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy : sous son gouvernement, le sort des français ne s'est pas amélioré, le secteur de l'Education a été sacrifié, la dette s'est aggravée.

François Fillon, c'est l'homme du passé : il ne peut séduire les jeunes générations, son projet n'est fait que de régressions sociales et de désespérances... hausse de la TVA de 2 points, suppression des 35 heures, suppression de l'impôt sur la fortune, sécurité sociale démantelée au profit des assurances privées, allègements fiscaux de 44 milliards aux entreprises, suppression de 500 mille fonctionnaires, notamment dans les hôpitaux, dégressivité des indemnités chômage, etc.

Dans les meetings de campagne de François Fillon, c'est le troisième âge qui vient, en nombre, applaudir ce candidat dont le programme rassure et conforte les personnes âgées, alors qu'il se propose de creuser un fossé irrémédiable entre les générations.

Dans les meetings, on cherche les jeunes, on ne les voit guère...
 
Conservateur, chrétien, Fillon séduit la frange la plus riche de la population : les retraités nantis, les patrons, les élites bourgeoises.

Son programme aggrave les inégalités, et vise à créer des fractures dans la société.

Son programme rassure le troisième âge, au mépris des jeunes générations.

"Près de 50 % des électeurs de François Fillon ont plus de 65 ans, alors que les moins de 35 ans ne pèsent que 13 % de son électorat", c''est ce que révèlent des sondages récents.

François Fillon a beau essayer d'attirer un électorat plus jeune, il n'y parvient pas : et, pour cause, son projet ne porte aucun enthousiasme, aucune dynamique.

Son projet est une longue litanie de régressions.

François Fillon a une vision rétrograde du monde : la dette qu'il met sans cesse en avant n'a servi qu'à enrichir les plus riches, à creuser les inégalités.

 

 

Les prémices d’un bouleversement du monde : Alibi humanitaire et réalité énergétique

 «Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais au deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse.» Prof. Martin van Creveld, Université Hébraïque de Jérusalem

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Un coup d’éclair dans un ciel que l’on croyait- naïfs que nous sommes- dégagé concernant une issue favorable à la crise syrienne. C’était trop beau que Trump soit d’accord pour parler avec Assad selon la sénatrice américaine Tulsi Gabbart qui l’a rencontré à Damas. Il n’en sera rien et le cauchemar continue!

Les faits

 Un raid aérien a frappé mardi 4 avril vers 07h00 (04h00 GMT) Khan Cheikhoun, une petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie. Des images montrent des corps sans vie d’autres pris de spasmes et de crises de suffocation. Le nombre de victimes est de 72 morts. Avant même qu’il y ait une enquête, les Occidentaux dégainent: «Toutes les preuves que j’ai vues suggèrent que c’était le régime de Assad utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple», déclare le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Le président français parle de «la responsabilité» d’Assad dans ce «massacre», tandis que la Maison-Blanche a dénoncé un «acte odieux du régime» de Damas. Pour sa part, l’armée syrienne a démenti «catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun». la Russie, a affirmé que l’aviation syrienne avait bombardé la veille près de Khan Cheikhoun un «entrepôt» des rebelles où étaient entreposés des «substances toxiques» L’arsenal d’armes chimiques a été livré par des combattants venant d’Irak» On se souvient qu’en août 2013, le régime avait été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin à la Ghouta qui avait fait plusieurs dizaines de morts, selon les Occidentaux. Le gouvernement a rejeté ces accusations et ratifié en 2013 la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. D’ailleurs, une étude du MIT avait disculpé le gouvernement syrien. Au terme d’un accord russo-américain, la Syrie a détruit tout son arsenal chimique!

Moins de 48 heures après avoir frappé une base aérienne syrienne, les Etats-Unis ont décidé samedi de montrer leurs muscles. Un porte-avions américain et sa flotte font route vers la péninsule coréenne a ainsi révélé samedi le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, en mentionnant clairement la menace nucléaire nord-coréenne. En montrant qu’elle était prête à user de la force, l’administration Trump a surpris la Chine, laissant planer le doute sur la façon dont Washington pourrait répondre à de futures provocations de Pyongyang. Les frappes surprises américaines en Syrie, le climat a changé. Comment Kim Jong-un va se manifester? Les attaques américaines en Syrie rebattent les cartes en Asie. «C’est un signal envoyé à la Chine et à la Corée du Nord, Trump est apparu comme un président imprévisible qui n’hésite pas à frapper.»

Le non-sens de l’attaque par Assad qui était en train de gagner

 C’est en tout cas l’avis de plusieurs politiciens qui pensent que Assad n’est pas fou d’attaquer son peuple: «Certains hommes et femmes politiques américains se sont démarqués de leurs confrères, critiquant avec virulence le président américain Donald Trump pour avoir ordonné une frappe contre la Syrie, tout en mettant en doute que le président syrien Bachar al-Assad ait pu lancer la présumée attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoune. «Quiconque prétendait que Trump était d’une loyauté aveugle a eu un avertissement aujourd’hui», a déclaré Mike Cernovich, l’un des leaders du mouvement «Alt-Right», qui a accusé le président d’avoir abandonné ses positions électorales, dans une campagne sur les réseaux sociaux portée par le hashtag #Syriahoax («canular syrien»). «Nous savons tous que Assad n’empoisonnerait pas son propre peuple», a poursuivi ce spécialiste qui dévoile les complots américains et occidentaux dans une vidéo mise en ligne vendredi, avançant l’idée que «l’Etat profond» (le «deep state», terme vague, mais désignant les cercles et les lobbys influents sur la politique américaine) «veut une guerre avec la Russie». «Ils utilisent l’attaque au gaz de la Syrie, qui est un canular, pour déclencher la Troisième Guerre mondiale». Selon l’AFP, alors que certains partisans nient l’attaque chimique, d’autres rejettent l’opinion selon laquelle elle a été ordonnée par le président syrien Bachar al-Assad, blâmant une fausse attaque montée pour faire croire à une action de Damas » (1).

 «Pourquoi Assad ferait-il cela alors qu’il est en train de gagner?», s’est ainsi interrogé Alex Jones, responsable du site «Infowars», qui est hostile à la politique belliqueuse des Occidentaux. M. Jones soutient l’idée que l’attaque était une ruse pour forcer Donald Trump à s’aligner sur les conservateurs traditionnels. Il estime que si le président «cède à ce front anti-Syrie pour prouver qu’il n’est pas une marionnette russe, ils ne vont pas s’arrêter». Trump a fait campagne pour ne pas s’impliquer dans le Moyen-Orient, car cela aide toujours nos ennemis et crée plus de réfugiés (…) Puis il a vu une photo à la télévision», a pour sa part noté la polémiste républicaine Anne Coulter. Celle-ci a rappelé que M. Trump était opposé en 2013 à une participation militaire américaine au Moyen-Orient. L’ex-sénateur républicain américain Ron Paul a quant à lui qualifié «de mise en scène fabriquée de toute pièce» ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun. «Avant la présumée attaque chimique, tout se passait bien et le président Trump disait que c’est au peuple syrien de décider lui-même qui dirigera le pays. Je crois que certains n’ont pas apprécié cela et il fallait qu’il se passe quelque chose.» (1)

«Que s’est-il passé en l’espace de 48 heures? On annonce une attaque chimique et 48h après une attaque américaine bien que Assad ai demandé une commission d’enquête impartiale. Nous lisons l’explication: «(…) En outre, il est question aussi que l’ancien stratège en chef du président américain, Steve Bannon, s’opposait lui aussi à l’intervention militaire américaine contre la Syrie.» «Cette opposition est due non pas à sa légitimité problématique, mais au fait qu’elle ne fait pas partie de la priorité de la doctrine des États-Unis de Trump», a rapporté Tasnim News, citant deux proches de M. Bannon. L’un d’entre eux est revenu sur les récentes frappes US sur la base aérienne d’al-Chaayrate en disant: «Bannon a perdu sa place à cause des hommes qui sont présents à la Maison-Blanche, dont Jared Kushner [le gendre juif de Donald Trump, Ndlr], qui estimait que Trump devait punir le régime de Assad», a-t-il indiqué.» (1)

La tentation d’empire et la servilité des vassaux européens

 America is back en effet pas dans le sens des valeurs! Cela nous rappelle la tentation permanente d’empire des Etats-Unis; En remontant jusqu’à Pearl Harbour où les Américains avaient coupé les routes du pétrole et du caoutchouc (pneumatiques) deux ingrédients essentiels d’une guerre motorisé aux Japonais ce qui a déclenché l’attaque de Pearl Harbour donnant le prétexte à une entrée en guerre des Etats-Unis. Ce fut ensuite l’attaque d’un bateau dans la baie du Tonkin qui nous a amené la guerre du Vietnam et «Apocalypse Now». Avec la fin de l’empire soviétique sous les coups de boutoir de l’Empire et de Jean-Paul II (avec son «N’ayez pas peur!» de sédition aux Polonais), l’Empire n’avait plus d’adversaire à sa taille.

 Il faillait inventer un nouvel adversaire, ce sera la diabolisation de l’islam pour les stratèges néo-conservateurs concepteurs du Pnac «Projet pour un nouveau siècle américain» devenus par la suite acteurs principaux de l’Administration Bush. Dans le document «Reconstruire les Défenses de l’Amérique: (2000)», on peut lire: «Le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, est susceptible d’être long, en l’absence d’un événement catastrophique catalyseur comme un nouveau Pearl Harbor». Griffin regarde cette citation à la lumière du principe judiciaire du cui bono? [à qui profite le crime?] et conclut que le 11/9 était précisément le catalyseur dont l’Administration Bush avait besoin. Pour Griffin, il est probable que les USA aient orchestré un incident de ce genre pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, comme la réduction des libertés civiques aux USA par l’introduction du Patriot Act.» (2)

Les menaces à venir

 On constate un silence assourdissant des médias occidentaux après l’attaque. C’est comme si on voulait banaliser à partir de maintenant les punitions de l’Empire et dans ce cadre, beaucoup de spécialistes pensent que les Etats-Unis (l’état profond) ne va pas s’arrêter la. Maintenant que les Européens comme un seul homme – il n’est que de voir le communiqué de servilité franco-allemand concernant la bénédiction d’une attaque injustifiée d’un Etat souverain accusé sans aucune preuve si ce n’est des certitudes préétablies, et confortées il faut le regretter par l’ancienne procureure des Nations unies Carla del Ponte qui n’a pas le moindre doute sur la responsabilité du gouvernement syrien. Il vient que d’autres «actions» sont prévues, pour cela il faut habituer les citoyens à de nouvelles vérités.

Pepe Escobar écrit: «Le commandant du Centcom (Commandement central des États-Unis, le Pentagone), le général Joseph Votel, s’est pris pour la réincarnation du Docteur Folamour devant la Commission des forces armées de la Chambre des représentants des États-Unis, mercredi dernier. «Nous devons chercher des opportunités de déstabiliser l’Iran, que ce soit à travers des moyens militaires ou d’autres méthodes.» Si orwellienne notre époque soit-elle, cette phrase se classe au rang des déclarations de guerre. Avec pour conséquence la destruction par le vide de l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran, à l’ONU, à l’été 2015. Joseph Folamour ne s’est pas donné la peine de mâcher ses mots.» (3)
Le futur coupable est l’Iran: «L’Iran est une des plus grandes menaces auxquelles les USA sont confrontés aujourd’hui (c’est la doctrine officielle du Pentagone qui le dit; il vient en quatrième position, après la Russie, la Chine et la Corée du Nord). L’Iran a développé son «rôle déstabilisateur» et constitue «la plus grande menace de long terme à la stabilité» de tout le Moyen-Orient. L’Iran est perfide; «Je pense que l’Iran opère dans ce que j’appelle une zone grise.» Et c’est «une zone située entre la concurrence normale entre pays – qui s’arrête juste aux portes de conflits ouverts». L’Iran est impliqué dans des «mesures de facilitation d’aides létales»; l’utilisation de «forces par procuration»; et nombre de «cyber-activités». Les USA n’ont pas «vu d’amélioration dans le comportement de l’Iran». Le garçon/pays turbulent en question pose encore «des menaces crédibles» à travers «son potentiel nucléaire» et son «robuste» programme de missiles balistiques. Donc, en voilà assez; nous allons les dégager.» (3)

L’énergie au coeur de la stratégie,

 J’avais écrit dans un article précédent que l’énergie de plus en plus difficile à exploiter pouvait expliquer en creux ce qui se passe en Syrie. On sait que le Qatar, l’Europe et les Etats-Unis voulaient casser le verrou syrien pour que le gazoduc qatari arrive en Europe et procède à la conquête de l’Europe. Un gouvernement docile aurait permis cela. C’est pour cela aussi que le Qatar finance toute l’opposition islamiste sous l’oeil bienveillant saoudien qui lui aussi a une raison de vouloir le départ de la Syrie, briser l’arc chiite de la coordination Hezbollah libanais-Syrie-Iran. Naturellement tout ceci n’est pas pour déplaire à Israël pour qui c’est tout bénéfice que d’affaiblir la Syrie dernier rempart après la reddition saoudienne – Israël aide les Saoudiens pour démolir le Yémen- et qatarie dont on connaît les liens «commerciaux avec le régime israélien Dans le même ordre on apprend qu’une redistribution des cartes énergétiques gazières sont en train d’être élaborées avec un nouvel acteur Israël et le gisement contesté Leviathan, contesté en partie par Chypre et par le Liban. Après des années de retard, Israël s’engage dans un vaste projet d’infrastructure jamais réalisé avec le développement de l’énorme champ de gaz offshore Leviathan en Méditerranée. La première phase implique un investissement initial de 4 milliards de dollars pour produire 12 milliards de mètres cubes de gaz par an. L’Algérie est directement menacée si l’Italie renonce au gaz algérien jugé trop cher.

Le problème du dollar

Il est loin le temps où le secrétaire d’Etat américain traitant les européens comme quantité négligeable déclarait: «Le dollar c’est notre monnaie, mais c’est votre problème.» En clair, circulez il n’y a rien à voir; l’ordre impérial a imposé le dollar depuis les accords de Bretton Woods que Nixon a détricoté en 1971- quand cela n’arrangeait plus les Américains- en laissant flotter le dollar au gré des conjonctures décidées par les Etats-Unis. Ceci jusqu’à l’avènement de dirigeants qui ont déclaré le refus de cet ordre. On sait comment El Gueddafi et Saddam ont fini. C’est un autre challenge avec les BRICS qui, graduellement et sans remous, préparent la sortie du dollar en permettant dans un premier temps le règlement des achats et ventes avec une autre monnaie que le dollar. Dans cet ordre de sortie graduelle de l’hégémonie du dollar, Pepe Escobar écrit: «La Russie et l’Iran contournent le dollar.» Le système de paiements russe Mir va être connecté au Shetab iranien (Interbank Information Transfer Network, un réseau concurrent du système Swift) pour que les touristes puissent tranquillement utiliser les distributeurs automatiques de billets pendant leur visite de l’autre côté’, selon les mots du gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Valiollah Seif. La Russie et l’Iran commenceront bientôt à régler des transactions en rials et en roubles, contournant le dollar américain et stimulant les échanges commerciaux et les volumes d’imports-exports’. Tout cela est inscrit dans la déclaration jointe- Vers une coopération stratégique générale’ – signée par Poutine et Rohani à Moscou. Rien d’étonnant à ce que le Pentagone veuille la guerre.» (4)

Le Juriste  et historien russe  Ivo Rens résume magistralement la manipulation : « Disons-le autrement  écrit-il : de l’emploi de l’arme chimique Assad n’aurait jamais pu espérer qu’un très médiocre avantage militaire local, mais en le lui faisant endosser ses adversaires pouvaient attendre un avantage politique international décisif.

   Dans cette dernière hypothèse, Bachar el-Assad ne serait pas le bourreau, mais la victime désignée à la vindicte mondiale. Dès lors, si l’on cherche la vérité, comment écarter la thèse russe du bombardement d’un entrepôt rebelle comportant des gaz de combat ? D’ailleurs, compte tenu du comportement des services dits de renseignement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et autres Etats aux côtés des djihadistes et autres rebelles armés, et eu égard aux entreprises télécommandées de l’étranger tels les prétendus Casques blancs si vantés en Occident, comment exclure que ces gaz des combat aient été délibérément mis à la disposition des rebelles, même tout récemment, par un service voyou ou un Etat voyou pour déclencher une condamnation médiatique internationale de Bachar el-Assad et son éviction ?

Si on avait voulu provoquer l’hallali auquel nous assistons contre Bachar el-Assad et son “régime” pour reprendre la terminologie infamante chère aux médias francophones, on ne pouvait mieux faire qu’en mettant en scène son évidente responsabilité d’un des crimes de guerre les plus odieux » (5).

 Que dire en conclusion?

 La citation donnée plus haut dans le cas de Israël , outre l’hubris qui s’en dégage,  montre que le détenteur du feu , le Prométhée des temps modernes n’a pas de garde fous , il peut avoir un comportement imprévisible qui doit donner la conviction à l’adversaire qu’il peut faire quelque chose de démentiel  ce qui en partie le fait craindre au vue de son comportement aléatoire qui défie les lois de la causalité . Nous sommes à priori dans cette situation.

 Il est très probable que nous allons vers un chaos généralisé. L’ordre impérial ne lâche pas prise: «Donald Trump, comme ses prédécesseurs, lit-on sur la contribution suivante, n’est rien d’autre qu’un capitaine de bateau dont le port d’arrivée a déjà été fixé, bénéficiant tout juste de la possibilité de choisir sa route, en encore, sur chaque route choisie, sa marge de manoeuvre reste faible. Le prétexte de l’utilisation de gaz chimiques par l’armée syrienne pour déclencher des frappes en Syrie ne tient pas la route. (..)il est plus que probable que les frappes avaient été décidées et préparées bien avant le début de la campagne médiatique autour des attaques chimiques. Ce qui accentue l’impression que Trump avance masqué, c’est que quelques jours seulement avant ces frappes, il faisait les yeux doux à Assad et jouait l’apaisement. La volte-face brutale de type émotionnel de Donald Trump est peu crédible chez un homme froid et calculateur. Le fait d’avoir profité de l’accord signé en octobre 2015 avec Moscou sur la prévention des incidents et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie (…) Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour éradiquer le terrorisme et faire en sorte que les Moyen-Orientaux, y compris les Israéliens, retrouvent la paix et rêvent d’un avenir radieux pour eux et leurs enfants: il suffit de tarir le financement du chaos à sa source.» (6)

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

1.http://reseauinternational.net/des-politiciens-americains-persuades-que-lattaque-chimique-en-syrie-est-un-canular/#Aj2UuFp7hkjKLGZK.99

 2.http://www.alterinfo.net/Professeur-Chems-Eddine-CHITOUR-Le-choc-des-civilisations-en-marche_a3326.html#ejZ1cu8IUOWs15wM.99

3.http://reseauinternational.net/le-pentagone-et-daech-ciblent-liran/#JeU5YX2EmQiQJE5R.99

4.http://lesakerfrancophone.fr/le-pentagone-et-daech-ciblent-liran

5.https://worldpeacethreatened.com/2017/04/07/lhallali-contre-bachar-el-assad/

6.http://reseauinternational.net/trump-a-profite-dune-sorte-de-pacte-de-non-agression-signe-avec-la-russie-pour-attaquer-la-syrie/#D5qixW8ZQPU8vImr.99

 

Mélenchon, l’éloquence

 

au service du cœur

De Marseille a retenti une voix, celle d’un tribun magnifique, tribun de la plèbe mais aussi de la France, Lamartine de notre temps ou Jaurès, ou encore Hugo sorti du tombeau, Mélenchon, la voix de la France de 1789, celle des humiliés dont le cœur reste plein de ferveur et d’espérances et qui ne peut se résigner à fermer les bras aux misérables qui la supplient de les accueillir.

La France de la générosité et de la paix n'est pas morte, celle qui refuse de sacrifier ses principes à un illusoire confort personnel, celle qui se détourne des aigris, de tous ceux qui croient se guérir de leur misère autant morale, intellectuelle que physique derrière de délirants appels à la haine !

La France qui ne peut se résoudre à de vaines éructations xénophobes pour taire son immense frustration d’être laissée pour compte du vaste mouvement qui redessine notre planète, celle qui ne pense pas qu’elle sera en sécurité à l’abri de ses frontières rendues étanches, on se demande bien comment, et qui se recroqueville sur elle-même, sur ses petites bassesses, sur ce qui surnage de ses illusions perdues, cette France qui veut pas être celle rancie qui cultive la nostalgie et la rancœur plutôt que de se projeter dans l’avenir dont personne ne peut définir les contours !

Mélenchon parle aux Marseillais et à la France : il occupe l’espace, il veut convaincre même ceux qui ne souhaitent pas l’écouter et sa voix porte bien au-delà de ceux qui sont depuis longtemps acquis à ses thèses.

Il a du coffre, comme on dit, d’où sort un discours puissant, puissant par son timbre et puissant par ce qu’il exprime, marqué par une érudition et une grandeur d’âme épicée d’une verve sans pareille.

On pourrait reprendre à son compte l’élogieux constat que fit André Siegfried de Jean Jaurès qu’il qualifia en son temps d’extraordinaire torrent verbal.

 

La France est belle quand Jean-Luc Mélenchon la chante, elle est belle car elle est universelle et chacun dans le monde rêve de se reconnaître en elle.
C’est la France qui a apporté au monde et y a fait rayonner l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité, ces principes qui souffrent d’être proférés par la bouche de leurs ennemis mortels qui poussent l’indignité jusqu’à s’en revendiquer.

En ce sens, la Marseillaise est le chant révolutionnaire universel et non la rengaine vociférée dans les arrière salles où se cultive la haine et la soif de revanche altérée par des faux-semblants.

J’ai mal au cœur à imaginer qu’une partie de ces gens que je coudoie puissent sacrifier ces principes qui ont présidé à leur éducation civique pour se rallier à ceux chez qui ils ne sont que de vains mots.
J’ai mal à la France que j’aime quand je les vois si nombreux – tout comme l’étaient ceux qui il y a trois quarts de siècle se pressaient dans les rues pour applaudir un maréchal félon – mais je sens aussi le souffle de la guérison quand j’entends Mélenchon demander une minute de silence pour tous ceux qui se noient en Méditerranée dans l’espoir illusoire de la terre promise et que la foule se tait, saisie par la majesté du propos et séduite pas son humanité.

Qu’il est bon de d’écouter quelqu‘un qui ne transige pas avec ses principes, qui tient à les rappeler sur le théâtre même où il les avait énoncés en 2012.
Sans doute la nature humaine est ce qu’elle est, faite d’égoïsmes et de petites haines recuites par les convulsions de l’impuissance.
Plutôt que d’examiner leur responsabilité propre dans le malheur, d'aucuns préfèrent la rejeter sur les autres, ceux qui sont différents, qui ont l’outrecuidance de l’afficher et de ne pas raser les murs ou se terrer dans les caves, peuple de l’ombre que certains ne sauraient voir, oublieux de tous les principes de la devise de la France.

 

Ou bien, d'autres encore préfèrent se laisser séduire par le fanatisme de la fausse nouveauté ou la frénésie des prétentions qui prétendent s’opposer par le plus choquant des contrastes à leur propre substance.

Bachar el Assad attaque Daesh, Daesh attaque le monde, les États-Unis et l’Occident attaquent Bachar el Assad… Cherchez l’erreur

Je pourrais presque m’arrêter là, le titre résume l’ineptie de la situation. 

Londres, St Petersbourg, Pakistan, Stockholm et maintenant l’Égypte avec encore deux explosions. Depuis le 22 mars c’est le printemps des attentats. La seule réponse des Occidentaux est de frapper le seul gouvernement qui se bat au sol contre les terroristes les plus sanguinaires et les plus imprévisibles qui soient, c’est un non-sens qui ne peut s’expliquer que par la volonté des États-Unis de reverser tous les grands leaders de la région pour y installer leurs agents et contrôler cette région du monde comme ils l’ont fait à une époque avec le Chah d’Iran avant que le peuple Perse reprenne son destin en main mais aussi dans tous les pays pétrolifères de l’Amérique du Sud et en Europe où ils ont totalement orchestré la création de l’Union Européenne et surtout de l’Euro : première monnaie au monde à exister indépendamment des États. Bref en Europe il y a peu nous aurions appelé cela : un Empire coloniale, un Empire dont la capitale est Washington et nous sommes les mange-merdes de cet Empire.

  Les groupes d’islamistes radicaux poussent comme des champignons mais les armes ça coûte cher ? D’où vient l’argent ? Et sans compter tout l’équipement annexe, la logistique, l’administration… Regardons simplement la situation en Irak et en Libye, partout où nous intervenons l’islamisme radical prospère et que dire de l’Afghanistan où nos interventions n’ont pas stoppé la radicalisation du pays et que dire encore du Pakistan où il s’est installé pour de bon. Soit les Occidentaux, Américains en tête sont complètement débiles, soit ils ont un intérêt à ce que l’islamisme prospère. Je vote pour la deuxième option.

 Que les choses soient dites : l’Occident envahit, vole et ravage le monde entier depuis toujours ! Nous vénérons de grands conquérants tels Alexandre, César ou encore Napoléon. Les Néerlandais, les Français, les Espagnols, les Anglais et j’en passe ont tous laissé l’empreinte de leurs mentalités malsaines partout à travers le globe et les États-Unis sont un parfait mélange de tout ça. Ils sont né d’une conquête sanglante, ont grandi par la conquête et le massacre et ils continueront jusqu’à ce que quelqu’un y mette un terme. Le problème c’est que la France n’est même plus l’allié de leur politique assassine mais elle en est littéralement devenue l’esclave. Notre France est quoi que l’on en dise soumise à l’Union Européenne et à L’O.T.A.N. et nous ne faisons que servir les intérêts des grandes fortunes dont le centre névralgique est au Texas pour l’économie et à Washington pour la stratégie et la mise en œuvre. C’est cela l’Occident en ce mois d’avril 2017.

  « Ils ont apporté la Bible puis le progrès et maintenant la démocratie mais ce ne sont que des leurres pour camoufler leurs intentions de conquêtes. »

Bachar el Assad se bat contre Daesh depuis six ans tout en étant la cible privilégiée des Occidentaux depuis la chute de Kadhafi et j’ai l’impression que la majorité des gens de ce pays croient au discours mensonger sur la véritable situation en Syrie mais comment est-ce possible ? C’est du grand n’importe quoi. Sans l’aide de Poutine il y a longtemps que la burka aurait envahi les rues de Damas mais c’est pourtant de lui que les gens ont peur. Nous sommes en pleine vague d’attentats et tous les regards sont braqués sur Bachar al Assad qui est actuellement l’ennemi le plus actif contre Daesh qui dévaste nos rues ; c’est absurde ou calculé, devrons-nous aller jusqu’à l’embrasement final ?

Les Américains frappent la Syrie et envoient un porte-avions au large de la Corée ça sent le Pacifique et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Il y a des raisons d’être inquiet et il est temps de faire ce qu’il faut pour se détacher de l’emprise Américaine en commençant par sortir de l’Union Européenne car finalement le meilleur moyen d’empêcher les États-Unis de continuer leur entreprise de destruction des gouvernements selon leurs intérêts c’est encore de les isoler sur le plan militaire. Sans l’O.T.A.N. ni la coopération des services secrets et des gouvernements Européens les Américains n’auront pas d’autres choix que de plier bagage sans quoi, nous devrions nous sérieusement nous préparer à une guerre bloc contre bloc…

Encore une fois la France peut jouer un rôle capital dans l’avenir du monde et je n’exagère pas car bientôt nous aurons le choix de choisir un président qui mangera dans la main des grandes finances comme aujourd’hui ou enfin un type qui dira merde à l’O.T.A.N. une bonne fois pour toutes, ce qui changerait tout parce que l’Union Européenne sans les Britanniques ni la France s’écroulera et l’O.T.A.N. perdrait un allié qui je le rappelle est un des cinq membres permanents de l’O.N.U. ce qui aura des conséquences.

 Qu’on se le dise, le président Syrien n’a gazé personne, c’est nous les assassins et ce sont nos actions qui permettent à ces islamistes de semer la terreur. Nous avons l’occasion de changer l’histoire. Je ne fais pas de propagande U.P.R. non, je ne suis pas inscrit, je ne colle pas d’affiche et je ne suis pas toujours d’accord avec Asselineau mais il faut SORTIR DE L’UNION EUROPEENE et vu la tournure des évènements j’ajouterais : VITE !

 « Ils ont apporté la Bible puis le progrès et maintenant la démocratie mais ce ne sont que des leurres pour camoufler leurs intentions de conquêtes. » C.H.

 

 

 

Qu’est-ce que l’Humain? La science brouille les frontières.

«Dieu a dit: il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, et tous seront égaux; mais ça sera pas facile… Et puis il a ajouté: il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux, ce sera très dur!»

Coluche

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Nous vivons une époque où l’humanité au sens noble est déréglée. La civilisation de l’avoir a pris le pas sur celle de l’être. Partout la cupidité a le droit de cité. La façon, dont le capital et l’accumulation au service d’une oligarchie sont en train de formater le monde, conduira ce qui reste de l’écosystème Terre à sa perte. La biodiversité a disparu, les hommes sont de plus en plus tendus; On ne sait pas ce que c’est qu’être heureux et la publicité du dogme néolibéral a créé des ersatz où on donne d’une façon éphémère l’illusion au «consommateur» qui peut payer s’il a les moyens, qu’il est un surhomme qui commande à la nature. On lui promet de le réparer indéfiniment quitte à ce qu’il devienne un cyborg avec une interface homme-robot Grâce à une intelligence artificielle qui surpassera sa petite intelligence humaine. Grâce à une science sans éthique, on lui offre sur catalogue une progéniture dont il définit çà et là, à l’avance les performances.

On lui promet l’immortalité et pire encore, on le dilue dans une sorte de no man’s land où les frontières sont abolies entre lui et l’animal au sens où on le définit. Ainsi, loin du tumulte des Bourses, les multinationales s’apprêtent à prendre le pouvoir sur l’ensemble de l’humanité. L’engineering de l’humain doit leur permettre de devenir des dieux, et ainsi, de nous faire subir tout ce que nous faisons aujourd’hui subir à la nature. Les technologies convergentes devraient permettre à ces corporations de prendre définitivement le pouvoir. Le fer de lance de cette offensive auprès du grand public est ce qu’IBM appelle la planète intelligente. Pour les armées, les USA ont d’ores et déjà commencé à développer des armes autonomes qui seront même capables de choisir elles-mêmes leurs cibles.

Le futur promis par les transhumanistes

Le transhumanisme, lit-on sur Wikipédia, : «  considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d’autres technologies émergentes ».

Ce tsunami invisible : le transhumanisme, un mot nouveau,  fait peur: il  se base sur le fait que l’homme est en amélioration constante et la science est là pour le conforter quitte à enfreindre les limites éthiques. Dans la Déclaration des transhumanistes nous lisons:

«L’avenir de l’humanité va être radicalement transformé par la technologie. Nous envisageons la possibilité que l’être humain puisse subir des modifications telles que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers ».  (1)

Sous  le vocable technologies convergentes, (les Nbic) (Nanotechnologies Biologie, Intelligence Cognitivité) les scientifiques désignent l’unification des nanotechnologies, de la biotechnologie, des sciences informatiques et des sciences cognitives en une seule discipline. Le but officiel est d’accélérer l’avancement des performances humaines mentales, physiques et générales. Sachant que ces technologies vont permettre de développer l’interface homme-machine, nous savons ce que la phrase ci-dessus signifie, les promoteurs de ces technologies nous ravalent au statut d’objets. Une analyse parue sur le site Le Grand Soir sous la plume de Dominique nous décrit le monde du futur:

«Dans les années 2025 – 2030 apparaîtra une nouvelle ère celle des Nbic, celle de l’homme qui parvient enfin à travailler à l’échelle de l’atome (les nanotechnologies), de la cellule vivante (les bio-géno-technologies), des photons (les ordinateurs quantiques).  (2) »

« Ce sera un bouleversement radical de la civilisation. Les bits de l’informatique devront se glisser entre les atomes et les cellules du vivant pour agencer et contrôler ce monde invisible. L’informatique se sera alors immiscée à toutes les échelles, dans toutes les nervures de la réalité, de la nature, en créant une nouvelle machine à penser, un nouveau règne, à côté du règne animal, végétal et minéral. le contrôle de l’agencement de ce monde invisible donne le contrôle de l’agencement du monde réel. Dans un univers de compétition, la valeur d’un pays se mesure, entre autres, par la valeur de ses biens intangibles: droits de propriété intellectuelle, logiciels, bibliothèques, musées, contenus vidéo et cinéma, organisations numérisées.» (2)

«En d’autres termes, le futur d’Internet ne fera qu’accroître le fossé qui existe déjà entre pays riches et pauvres. La science et la technologie vont de plus en plus dominer le monde, comme la population, l’exploitation des ressources et le potentiel de conflit social sont en augmentation. C’est pourquoi le succès de cette ère prioritaire de nouvelles technologies convergentes est essentiel pour le futur de l’humanité.» Et c’est bien ce que font les promoteurs des technologies convergentes. Le futur qu’ils proposent s’inscrit dans la droite ligne des idéologies étriquées propres à tout fanatique. Il s’agit pour eux d’élever un rempart à tout ce qui pourrait gêner la prise de pouvoir total des corporations sur l’humanité. Tels des dieux, ces corporations pourraient alors se comporter envers nous comme nous nous comportons envers la nature quand nous la pillions, la dénaturons et la souillons en transformant toutes ses ressources en autant de sources de pollution.» (2)

Le décor étant planté, nous allons donner quelques exemples de performances qui amènent à questionnement tant il est évident qu’ils problématisent la condition humaine

Les dernières prouesses de la science : La modification des gènes

A l’heure actuelle, la biotechnologie utilise le système Crispr-Cas9 pour la modification de gènes. Cependant, selon Jennifer Doudna,  co-découvreuse du système Crispr-Cas:

«Il est trop tôt pour éditer génétiquement des humains». Pour elle les capacités inédites du couper-copier-coller génétique offertes par Crispr-Cas ont soulevé nombre de questions éthiques, quant à son utilisation pour modifier le patrimoine génétique de la lignée humaine. «La possibilité de modifier l’ADN des cellules stimule l’imagination de beaucoup de gens. (…) La question éthique est de savoir qui veut appliquer ces techniques, qui y a accès, qui décide de les employer. Une troisième crainte est que certains fassent la course, pour commercialiser cette technologie, promettre à des parents un bébé avec telle ou telle caractéristique alors que nous n’avons pas les moyens de le faire. Si le premier bébé Crispr devait être conçu parce que ses parents rêvaient qu’il ait les yeux, bleus, ce serait une catastrophe.»  (3)

Dans le même ordre, des chercheurs de Harvard annoncent publiquement le 2 juin 2016 dans la revue Science leur volonté de créer un génome humain synthétique. Un projet controversé en raison des nombreuses interrogations éthiques qu’il suscite. La description de ce projet baptisé Human Genome Project-Write ou HGP-write est publiée dans la revue : «Les applications potentielles des résultats de HGP-write sont notamment la possibilité de créer des organes humains pour des transplantations et de produire des lignées de cellules résistantes à tous les virus et cancers». (Repris dans une dépêche de l’AFP)

Ainsi, par exemple, on annonce que la science s’attaque, frontalement, au bastion le plus profond, le plus secret, le plus intime, le plus mystérieux de l’humanité. Le décryptage du génome humain proche à 98% de celui du chimpanzé ouvre des horizons éthiquement contestables. Le professeur Patrick Gaudray a bien raison d’être inquiet. Pour la première fois, dans l’histoire, en effet, des scientifiques ont modifié les gènes d’embryons humains. En effet, des rumeurs soulevées dans un article de la MIT Technology Review intitulé «L’ingénierie du bébé parfait», soupçonnaient, déjà, que des scientifiques chinois travaillaient sur l’utilisation de cette technologie. (4)

La fusion programmée entre l’homme et la machine: l’homme réparé puis augmenté

«On cherche, lit-on sur cette contribution désormais à agir sur le corps humain de l’intérieur, que ce soit au niveau génétique ou mécanique, par exemple grâce à des puces implantées.

Nous arrivons aujourd’hui à une véritable frontière entre l’homme et la machine. Nous nous sommes habitués à un monde ultra-connecté où nos appareils font partie intégrante de nos vies, et vis-à-vis desquels nous devenons de plus en plus dépendants. Implanter directement ces appareils à l’intérieur de notre corps pourrait donc devenir une solution à l’avenir, bien que cette idée soulève d’importantes questions techniques et sociales. Il existe déjà des prothèses perfectionnées au point d’égaler, voire surpasser un membre humain. Il est intéressant de noter qu’en parallèle, nous donnons de plus en plus de traits humains aux robots, en travaillant sur les mouvements physiques et surtout, l’intelligence artificielle, qui progresse à une vitesse fulgurante. On assiste donc à un rapprochement entre les deux mondes. Il n’est pas fantaisiste de penser que notre corps pourra un jour être «réparé» comme une voiture dont on changerait les pièces. On imagine mal par exemple pouvoir remplacer tout ou partie de notre cerveau après un grave accident. Le premier oeil bionique exploitable est d’ici deux ans. Plus que de réparer, les recherches mènent aujourd’hui à «améliorer» l’homme, afin d’en faire un être hybride de chair et de métal. Ces recherches amènent de nombreuses polémiques car elles remettent en cause l’identité même de l’homme, jusqu’à le séparer peu à peu de son environnement naturel pour en faire un être, in fine, totalement artificiel.» (5)

Greffer une tête: la condition humaine en question

L’équipe du professeur XiaoPing Ren, de l’université chinoise de Harbin a réussi à greffer une tête de singe sur un corps de la même espèce. L’opération pourrait être accessible aux humains dès 2017 selon Sciences et Avenir. La première greffe de tête humaine sur un corps (humain) pourrait avoir lieu dès 2017. Ce scientifique chinois, qui travaille en collaboration avec le neurochirurgien italien controversé, Sergio Canavero (surnommé Docteur Frankenstein), a fait ses premières armes sur des souris. Il a déclaré à nos confrères:

«Nous avons maintenu en vie le singe durant 20 heures. Notre objectif était de prouver que l’on pouvait protéger le cerveau». Forts de ce succès les scientifiques disent vouloir s’»attaquer» aux êtres humains. Toujours selon nos confrères, des expériences sur des cadavres auraient débuté en Chine. Un Russe atteint d’une maladie dégénérative serait prêt pour l’aventure chirurgicale (voir vidéo ci-dessous). Rendez-vous donc en 2017. En attendant, il convient de garder la tête froide.» (6)

Le vieillissement serait réversible?

Et si les rides, les cheveux gris et les problèmes qui accompagnent le vieillissement n’étaient plus qu’un lointain souvenir dans quelques années? Pour ces scientifiques, cela ne fait aucun doute: le processus du vieillissement peut être réversible. Une nouvelle étude a été publiée ce jeudi 15 décembre 2016 dans les lignes de la revue scientifique Cell. L’équipe à l’origine de cette étude a montré qu’une nouvelle forme de thérapie génique pouvait produire un effet de rajeunissement chez la souris. Résultats? Une meilleure santé cardio-vasculaire, une colonne vertébrale redressée, une apparence plus ´´jeune´´, une guérison plus rapide en cas de blessure… et une durée de vie prolongée de 30%. ´´Notre étude montre que le vieillissement n’est pas obligé de fonctionner dans une seule direction. Avec une modulation prudente, il peut être inversé.´´ ‘Notre objectif n’est pas seulement l’extension de la durée de vie, mais surtout l’amélioration de l’état de santé tout au long de la vie”.» (7)

Les singes ont la capacité physique de parler 

Qui de nous n’a pas vu le film la planète des singes ? Une sorte de civilisation où l’homme devient l’otage de singes intelligents et parlants … Un dogme tombe: si les singes ne parlent pas, ce n’est pas à cause d’un larynx inadapté. C’est parce que leur cerveau n’est pas câblé pour le langage articulé. Pourtant, certains singes savent manipuler un vocabulaire, une syntaxe (en captivité et à l’état sauvage) et la notion d’abstraction autour d’un mot ne leur est pas étrangère. Les singes remplissent toutes les conditions physiques afin de pouvoir s’exprimer, ressort-il d’une étude anatomique portant sur les canaux de communication de ces mammifères (…) Les chercheurs ont procédé à des enregistrements des organes des singes pendant que les animaux faisaient du bruit, mangeaient ou faisaient des grimaces. A l’aide des données récoltées, un modèle informatique de la portée vocale du singe a pu être réalisé. Ce modèle a montré que les primates pourraient émettre facilement de nombreux sons, «assez que pour pouvoir produire des milliers de mots différents». Les chercheurs ne prétendent toutefois pas que ce langage parlé ressemblerait à celui de l’être humain. Les singes ont donc bien la capacité physique nécessaire au langage parlé, mais leur cerveau ne leur permet pas d’émettre des sons vocaux, soulignent les auteurs de l’étude.» (8)

La gorille femelle Koko connaît 2 000 mots, exprimés avec le langage des signes, qu’elle utilise en fabriquant des petites phrases. C’était justement l’étude de cette primate, vivant avec les humains depuis son enfance, qui avait déjà mis les scientifiques sur la piste de capacités insoupçonnées du système vocal des singes. Nous avons aussi rapporté le cas de cercopithèques qui disposent d’une petite syntaxe, utilisant des suffixes. Ainsi, pour eux, Krak signifie «attention, léopard», Hok «attention, aigle» et Boum «pas de prédateur». Mais Hok-oo veut dire «il y a quelque chose en haut tout près» et Krak Hok-oo «attention, il y a un léopard en haut». (9)

Les animaux peuvent-ils avoir le sens de l’humour?

Une autre frontière qui tombe: Les animaux peuvent-ils posséder le sens de l’humour? Et si la réponse nous venait de rats amateurs de chatouilles? (…) Charles Darwin avait compris que la frontière qui nous distingue des animaux est plus ténue qu’on le pensait, à tel point qu’il estimait déjà que l’intelligence humaine se distinguait de son équivalent animal non par le type, mais par le degré. Nos cousins pourraient bien partager une forme de rire. Les grands singes poussent des cris particuliers dans des situations plaisantes ou de jeu. Ces sons ont été enregistrés et comparés aux rires humains. Les émissions sonores des chimpanzés et des bonobos, nos plus proches cousins, partagent de nombreuses caractéristiques communes avec nos esclaffements. Prenons l’exemple de la femelle gorille Koko, mondialement connue pour comprendre 2 000 mots anglais et maîtriser 1 000 gestes de la langue des signes américaine. Ainsi, lorsqu’il lui a été demandé de décrire ce qu’elle trouvait dur, elle a répondu «roche» et «travail», jouant ainsi avec le sens des mots. (work et rock?) Un animal bien plus éloigné de nous: le rat. Ces rongeurs comptent parmi les espèces reconnues pour leur haut niveau d’intelligence. Et depuis plus de dix ans maintenant, on sait qu’ils émettent un son distinctif, de 50 kHz, en cas de situation agréable. Est-ce un rire?» (10)

Pouvons-nous imiter les civilisations extraterrestres ?  

L’hybris,   « démesure » sentiment d’orgueil. A qui on oppose la tempérance et la modération n’a pas de limite pour l’homo technologicus. Non content de soumettre la nature comme lui « autorisait » Descartes, il s’en va chercher l’ivresse ailleurs. Il ne cessera de chercher s’il est seul dans l’univers. Ainsi :

« L’hypothèse extraterrestre semble de plus en plus crédible pour expliquer les baisses de luminosité de KIC 8462852 selon un récent rapport publié par une plateforme scientifique extrêmement sérieuse. Le télescope spatial Kepler avait observé il y a quelques mois un phénomène inhabituel entourant une étrange étoile entre les constellations Cygnus et Lyra. C’est alors que les astronomes avaient provoqué un véritable buzz médiatique après avoir annoncé la découverte par Kepler de l’étoile, KIC8462852, autour de laquelle gravitait une masse “d’objets non identifiés”. Un astrophysicien avait suggéré que ces chutes puissent être expliquées par la construction d’une mégastructure extraterrestre qui pompe l’énergie de l’étoile. On peut supposer que toutes les ressources aient été épuisées sur les planètes environnantes et qu’il ne reste que l’étoile. Notre soleil, par exemple, compte 6000 fois plus de métaux que la Terre. C’est beaucoup de métal. Comment extraire de la matière d’une boule de feu que constitue une étoile ? Heindl fournit dans une entrevue accordée au Daily Mail quelques pistes :

« Une bonne piste pour partir est de réchauffer un point de l’étoile au-delà de sa température normale, avec des miroirs géants, par exemple. Ceci générerait un faisceau de matière par champs magnétiques ». La matière stellaire serait ainsi en orbite autour de l’étoile, livrant de l’énergie à d’éventuels extraterrestres pour tous leurs besoins du quotidien » (11).

Nous allons faire comme les Extra-terrestres aller piller le soleil et les étoiles environnantes après avoir détruit la Terre.

Conclusion

Stéphane Foucart s’interroge sur l’impuissance de l’homme vis-à -vis d’une technologie qui commence à lui échapper: «Depuis la fin du XIXe siècle, l’Occident s’est affirmé comme la civilisation techno-scientifique par excellence, proposant ou imposant au reste du monde un mode de développement fondé sur l’innovation technologique. Parce que nous l’assimilons de manière univoque au progrès humain, le progrès technique prime sur toute autre considération – politique, sociale, morale -, exception faite, parfois, des situations dans lesquelles l’humain lui-même devient en quelque sorte un matériau expérimental (cellules souches, procréation assistée, etc.). L’idéologie du progrès a ses limites. Cette prééminence de la technoscience écrit Stéphane Foucart, repose sur un contrat tacite: la promesse de domination de la nature et de maîtrise du monde.» (12)

L’Humanité est une, telle que nous la connaissons elle aurait pris son essor à partir d’une Eve qui est née il y a quelques millions d’années dans la Corne de l’Afrique. Que nos querelles sont vaines!! L’humanité de nos jours est problématisée, de toutes parts, elle découvre que les frontières qui font sa singularité n’en sont plus. L’homme recule les échéances de la mort par la réparation du corps comme un véhicule, il peut même changer de corps en gardant la tête. Il peut devenir mi- machine (cyborg) mi-homme. Il peut converser et blaguer avec son cousin immédiat, le singe, en attendant de le faire avec les animaux comme nous le recommandent les fables de Bidpay. Enfin, il peut quitter la Terre et aller vivre et mourir sur une autre planète. Que lui reste-t-il d’humain et de terrestre? Assurément, les religions bâties sur un certain nombre de vérités de plus en plus fragiles auront du mal à garder leurs ouailles à moins de définir la nouvelle humanité. Le débat est ouvert; il est à la fois éthique et spirituel.

Cette tentation prométhéenne de l’homme sera-t-elle celle de l’achèvement du rêve des religions? Leurs dogmes de base, l’immuable conflit du bien et du mal en Occident, attribuent des qualités artificielles à tout, bien, mal, yin, yang, qualités qui autorisent moralement de tout séparer en deux hiérarchies. Une première hiérarchie entre les dieux, les hommes et le reste de la création (la nature). Une deuxième hiérarchie entre les hommes dont certains se retrouvent plus près des dieux que les autres. Bienvenue dans le meilleur des mondes promis par Aldhous Huxley. Coluche s’est peut-être trompé car la science nous promet la perfection à la place de Dieu  ou sans Dieu Quelles sont les limites de la science si on veut rester humain?

Bien qu’il paraisse de  plus en plus difficile de décrire en quoi nous sommes différents de l’animal ou du robot ayant abdiqué la dimension spirituelle nous allons tendre « A Dieu ne plaise »  vers un alliage : l’humanoïde mi-homme mi- animal comme des habitants du Paraguay ont fait une découverte à la fois macabre et stupéfiante : celle du corps d’une créature mi- humaine mi- animal, flottant dans les eaux de Carmen del Parana. Mieux encore on donnerait  sens à la mythologie grecque avec les centaures mi-homme mi cheval et les chimères. Triste  déclin pour l’homme  qui a perdu son humanité !

Professeur  Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Chems Eddine Chitour http://metamag.fr/2016/09/02/la-condition-humaine-en-question-devons-nous-avoir-peur-de-la-science/

2. https://www.legrandsoir.info/technologie-et-societe-de-contrainte.html

3.http://www.lemonde.fr/biologie/article/2016/03/21/science-23-3-entretien-jennifer-doudna-il-est-trop-tot-pour-creer-une-personne-genetiquement-editee_4887259_1650740.html#LBTEtpuMIaq7ek6U.99

4. http://newsly.fr/scientifiques-chinois-embryon-humain-genetiquement-modifie/

5. http://www.commentcamarche.net/contents/anticipation/cyborg-et-ia-le-r

6. http://www.midilibre.fr/2016/01/21/premiere-greffe-de-tete-humaine-sur-un-corps-prevue-pour-2017,1273805.php#895DksO8YZbeLLm0.99

7. http://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674%2816%2931664-6

8. http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/12/les-singes-ont-la-capacite-physique-de-parler.html

9. Jean-Luc Goudet: les singes pourraient parler; Ecoutez les Futura Sciences 14 12 2016

10.J. Chaput, http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/zoologie-animaux-peuvent-ils-avoir-sens-humour-53105/#xtor=EPR-17-%5bquotidienne%5d-20170102-%5bactu

11.http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/12/kic-8462852-l-explication-d-une-civilisation-e.t-gagne-du-terrain.html?

 

12. Stéphane Foucart: https://legrandsoir.info/La-civilisation-du-toujours-plus-Est-il-trop-tard-pour-sauver-la-planete.html

Selon la Russie, au moyen d’armes de destruction massive, Kiev veut détruire le Donbass

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré le cessez-le-feu conclu par le traité de Minsk qui a été signé le 23 décembre dernier, les tirs ont repris depuis environ trois semaines dans le Donbass entre les troupes du gouvernement putschiste de Kiev et les unités de défense de la république populaire ; les attaques sur le Donbass ont même augmenté de manière dramatique.

Il y a deux semaines, Maria Sacharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, a condamné les tirs sur Donetsk par l’armée ukrainienne en les qualifiant d’« attaque barbare ». Comme le dévoile un rapport de la commission d’investigation russe, l’armée du gouvernement putschiste ukrainien utilise maintenant des armes de destruction massive contre la population civile dans le Donbass. Le communiqué officiel de la commission d’investigation, publié le lundi 13 février 2017, déclare que les forces armées ukrainiennes ont « utilisé des missiles, qui sont qualifiés d’armes de destruction massive, dans un conflit armé contre la population civile dans le sud-est de l’Ukraine ».

Il s’agit là d’une violation massive du droit international de guerre.….

Source: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

 

 

 

Ça va pas être possible



 

Article dédié à tous les pigeons involontaires qui, un jour, se sont vus offrir une Smartbox.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cherchez pas. Quand quelqu’un vous offre une Smartbox, c’est soit qu’il vous déteste vraiment beaucoup (on peut pas lui en vouloir ceci dit, vous êtes tellement truffe), soit qu’il vous refourgue celle qu’on lui a offerte l’an dernier.

C’est assez facile à vérifier d’ailleurs, il vous suffit de regarder la date de fin de validité. Si elle est dans deux mois, la seule bonne nouvelle, c’est que le généreux connard donateur qui vous l’a offerte ne vous déteste pas : il n’en a juste rien à carrer de votre tronche.

 Une bonne idée ?

Il y a quelques années, c’était un peu tantinet « tendance ». Quand tu lançais un méga brainstorming pour trouver un cadeau commun à la grosse Jocelyne – dont la plupart des « amis » se demandaient ce qu’ils foutaient là –, y’avait toujours un mec au fond de la salle pour hurler qu’on avait qu’à lui offrir « un week-end spa avec dégustation de sushis ». Et voilà le travail : tu venais de sombrer dans la facilité. Comme tout le monde connaissait pas encore le concept et que la grosse Jocelyne habitait dans la Creuse, y’avait encore un poil de chance que l’info soit pas arrivée jusqu’à son modem. Allez, va pour la Smartbox « spa », ça lui fera pas mal (en tout cas, moins que les sushis).

Quand ce type de cadeau a commencé à sentir un peu le rance et le noël chez tata Claudine, les concepteurs du bidule ont décliné à tout-va : la conduite de voiture de sport, le week-end extrême, le cours de cuisine, le plan à trois avec des jumelles japonaises, que sais-je encore. Puis, on a vu pousser les boutiques et les espaces Smartbox comme des champignons vénéneux. C’est bien simple, tu pouvais faire un pas sans tomber sur une de ces boîtes au packaging de crise d’inspiration.

Et il est vrai que tu t’en es fait des ennemis secrets en offrant ces cadeaux au rabais. Toi et des millions d’autres connards à la fantaisie atrophiée.

 Ben oui, le problème du bidule, c’est que les concepteurs avaient oublié un truc fondamental : un cadeau se doit d’être un minimum original et personnel. Quand tout le monde commence à offrir la même chose, on est comme qui dirait victime de son succès.

De surcroît, je suis sûr que vous avez constaté – grâce à votre formidable expérience du cadeau de merde – que ce n’est pas le seul problème lié à la Smartbox…

 Un site où tu peux jamais réserver

Rappelez-vous ce moment fabuleux où vous avez reçu une Smartbox (ou une wonderbidule, peu importe) en cadeau. Vous avez consulté négligemment le petit catalogue fourni et vous êtes extasié devant ces magnifiques demeures de charme qui vous tendaient les draps. Et puis, vous avez oublié. Le temps a passé.

Aujourd’hui, il n’y a pas 36 options : soit ce petit catalogue dort encore au fond d’un tiroir (du genre de ceux qu’on n’ouvre pas souvent), soit vous avez essayé de l’utiliser.

Si vous êtes dans la deuxième catégorie, je pense que vous avez dû être confronté aux problèmes de tous les utilisateurs de Smartbox : leur putain de système de réservation (et l’envie de 3ème guerre mondiale qui vous prend généralement après une vingtaine de minutes d’utilisation).

Dieu sait que je suis aguerri à toutes les subtilités d’une interface mal conçue (j’ai déjà réussi à m’inscrire à Pôle emploi en ligne, c’est dire que je suis 3ème dan d’IHM à la con… ah oui, et j’ai utilisé Lotus Notes comme outil de messagerie pendant plus de 10 ans – ça, c’est pour mon CV), mais là j’avoue que celle-là bat des records, non seulement en termes fonctionnels – ou plutôt, dysfonctionnels – mais aussi en termes de pur processus.

Leur site de réservation cumule à peu près toutes les tares : il est erratique et de temps en temps, étrangement il tombe en marche ; il arrive que tu fasses des pré-réservations dont tu ne retrouves plus jamais la trace (si un jour quelqu’un retrouve le vol MH370, ce serait sympa qu’après il s’occupe de ma résa à Anzy-le-Duc) ; il te propose des résas dans des lieux pour une nuit de rêve où le propriétaire ne propose pas de séjours inférieurs à deux nuits (wtf ?) ; il t’envoie chez des gens qui t’expliquent gentiment qu’ils se sont désinscrits du partenariat depuis plus de 6 mois ; etc. etc.

Et quand, excédé, tu appelles leur hotline, tu tombes sur un mec aussi paumé que toi : « ah non, ça c’est normal », puis deux minutes après « j’ai dit que c’était normal ? Non, je voulais dire ‘pas normal’ ». Au bout, d’un moment – première fois que ça m’arrive avec une hotline –, t’as juste envie de dire au mec que tu vas bien réussir à te débrouiller, qu’il ne casse pas la tête pour toi. Et évidemment, deux minutes après avoir raccroché, tu reçois un mail te demandant de noter « ton expérience utilisateur avec la hotline »… Comment dire ? Je vous laisse deviner, ça commence par « mer » et ça finit par « dique ».

 Cette sensation d’être un client au rabais

Quand après des jours de lutte intense, tu as finalement réussi à réserver – non pas, d’ailleurs, parce que le système n’est pas si pourri ou que tu es formidablement intelligent, mais simplement parce que tu ne détestes personne suffisamment pour lui refiler cette merde de box à la con et que tu détestes gâcher (c’est bien simple, le mec qui finit ses épinards, c’est toi) – ou au moins comprendre ce à quoi tu as le droit, te voici confronté au boss de fin de niveau : goûter aux joies d’être un client au rabais.

Après avoir entendu une douzaine de fois « ça va pas être possible » (de réserver à cette date-là, de venir en été, de passer un week-end, d’emmener un enfant, d’avoir une table en terrasse, etc., etc.), voici finalement que tu as ta réservation : ouahou !

Suivant la nature de ta punition Smartbox, tu as le droit de (au choix) :

·         Dîner un lundi soir de mi-janvier dans un restaurant en plein travaux de rénovation à côté des cuisines (qui à vue de nez ne sont pas aux normes sanitaires, soit dit en reniflant – ou alors le cuistot a oublié son deo)

·         Passer une nuit dans une résidence de charme sans chauffage (« vous comprenez, pour une nuit, on ne peut pas mettre le chauffage, c’est pas rentable. Vous avez des notions d’inertie thermique ? ») mais sans cocktail de bienvenue (« on n’a pas été livré »).

Bien évidemment, ils n’ont pas été « livrés » du cocktail « Smartbox » (celui sans alcool et au jus de fin de cuve), mais il leur reste une bouteille de champ’ à 200 boules. Au cas où. Et puis le chauffage, ma foi, on peut s’arranger parce que moyennant un petit supplément, on a une autre chambre de libre.

Ah bon, celle-là est chauffée ? Demandes-tu bêtement.

Euh… non, mais elle est mieux exposée, te répond-on encore plus bêtement.

Ben voyons.

Etre un client Smartbox te donne la désagréable impression d’être le cousin relou qui arrive en plein mariage et dont on avait égaré la réponse. T’étais pas prévu. Alors bon, t’es de la famille, on va te faire une petite place, mais on te fait bien comprendre que t’es quand même relou. Tu bouffes les restes et tu suis la cérémonie de loin (dans la pièce d’à côté que tonton Paul a gentiment débarrassée pour que tu puisses manger tranquillement ta purée faite à base d’épluchures de pommes de terre). T’as intérêt à être content d’être là. Et surtout, la ramène pas.

 Heureusement, tout finit bien dans l’univers fabuleux de la Smartbox. Parce que quand tu reviens de ton magnifique séjour dans une demeure dont on aurait temporairement retiré le charme, tu te dis que si ton beau-père te détestait vraiment – et compte tenu de la façon dont on traite la marchandise le client chez les partenaires Smartbox –, c’est le stage de plongée sous-marine qu’il t’aurait offert.

 

Et ça, ça te rassure un petit peu quand même. T’es même presque impatient d’aller bouffer la galette des rois chez lui (histoire qu’il essaye de t’étouffer avec de la frangipane). Enfin content… t’es surtout content quand tu te dis que même avec beaucoup de volonté, tu pourras jamais faire passer une Smartbox pour une fève.

La (molle) chasse aux évadés fiscaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On estime les diverses fraudes fiscales entre 80 et 100 milliards d'euros par an. Largement plus que le déficit du pays ! Plus que le budget de l'éducation et de la défense réunis !

Il y a bien sûr les transactions payées en liquide. Faciles et efficaces pour squizer la TVA.

Il y a le bon vieux système éprouvé des fausses factures : on gonfle les frais déductibles afin de réduire le revenu imposable.

Plus sophistiquée, il y a la fraude basée sur la double comptabilité : une caisse officielle, avec factures à l’appui, et une caisse noire, pour les transactions « effacées ». Ils sont désormais aidés par des logiciels, phantomwares ou zappers, installés dans les caisses enregistreuses (des pharmaciens se sont fait épinglés récemment pour cette juteuse innovation) mais aussi dans les systèmes de gestion ; ces logiciels rufians « allègent » automatiquement la comptabilité officielle.

Nouvelle venue au monde de l'évasion, l’économie dite collaborative, genre les transactions à travers des sites comme Le Bon Coin, Ebay, Amazon, Airbnb, Blablacar, etc. Comment établir la réalité d’une activité économique ? À quel moment un vendeur occasionnel sur ces sites devient-il un professionnel du commerce en ligne ?

Mais tout ça, c'est de l'entrée de gamme. Il y a mieux, parce que jouant sur d'autres montants, ce sont les magouilles des multinationales. Une des combines de ces compagnies mondialisées s'appuie sur les « prix de transferts ». Il s'agit de transferts de pognon entre filiales d'une même multinationale installée dans le monde entier. Cette pratique implique une sur-tarification délibérée des importations ou une sous-tarification des exportations des biens et des services entre les filiales. Ainsi, en affectant des tarifs « pittoresques » à divers services et produits échangées entre ces filiales, les multinationales s'arrangent pour être déficitaires ou très peu bénéficiaires dans les pays à fort taux d'imposition, et ainsi faire passer l'essentiel de leurs bénéfices dans des pays « accueillants » en matière fiscale. Ainsi, Apple, Google, Dell, IBM, Starbucks, MacDo, mais aussi Ikea, Zara, Vodafone et autres multinationales reversent la quasi-totalité de leurs bénéfices effectués en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l'U.E., sous forme de « royalties », à leur filiale Irlandaise dans laquelle elles concentrent la propriété des brevets et donc de tous les droits d'utilisation. Et voilà comment je t'embrouille !

Mais il n'y a pas que l'Irlande comme état-pirate en Europe, les Pays-Bas et surtout le Luxembourg – pays de Juncker – en sont d'autres, et pas des moindres. Le Luxembourg concentre les sièges ou les filiales financières de beaucoup d'entreprises multinationales, et par des accords secrets entre l’État luxembourgeois (mais aussi hollandais, belge, britannique) et ces multinationales (les « tax ruling »), se montre très accommodant sur les taxations...

Bon. Et nos candidats à la présidence, qu'est-ce qu'ils en pensent de tout ça ?

Le plus rugueux est, évidemment, Mélenchon. Il veut obliger les entreprises à déclarer leurs résultats pays par pays et taxer les bénéfices des entreprises là où ils sont réalisés, organiser le blocus des paradis fiscaux et faire sauter le fameux « verrou de Bercy ?

Hamon, lui, veut renforcer les moyens du Parquet national financier (PNF) ainsi que ceux des services fiscaux. Il veut aussi établir une liste "crédible" des paradis fiscaux, et instaurer une taxe sur les bénéfices détournés par les multinationales.

Le Pen veut priver d’accès aux marchés publics les multinationales qui pratiquent "l’évitement fiscal" ; et surtout, elle souhaite dénoncer les conventions fiscales avec les pays du Golfe qui facilitent selon elle le contrôle de l’économie française.

Cheminade veut supprimer le « verrou de Bercy » (cette aberration qui fait qu'un procureur ne peut pas attaquer une entreprise pour fraude sans passer par le feu vert – on le barrage – du ministre de l'économie), renforcer les moyens du Parquet national financier et réintégrer la fraude fiscale dans le droit commun pénal.

Ce n'est bien sûr ni chez Fillon, ni chez Macron, les marionnettes du Medef, qu'il fut cherché des solutions à l'évasion fiscale.

Par ailleurs, le Brexit fait aussi planer le déclenchement d'une guerre à la baisse de l'impôt sur les sociétés au sein de l'union Européenne. Avec pour corollaire obligatoire une plus grande pression fiscale sur... les citoyens, bien sûr.

Ainsi avec notre petit bulletin, dans quelques semaines, nous pourrons choisir celui qui luttera le mieux contre ce vol organisé qu'est l'évasion fiscale.

 

Illustration : merci à Charb, assassiné pour sa passion de la vérité

Mélenchon, le plus convaincant, fait basculer des électeurs en sa faveur

 

17% des personnes se disant déterminées à voter vont changer leur vote après avoir suivi le débat à 11 sur BFMTV, mardi soir. Parmi elles, 28% ont décidé de voter pour Jean-Luc Mélenchon, le seul à progresser encore, en termes d’opinions favorables (+15%). Hamon sous pression se désistera-t-il ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : L’internaute.com. Benoît Deshayes 

« Le grand débat de la présidentielle 2017, organisé hier sur BFMTV et CNews, semble avoir été favorable à Jean-Luc Mélenchon, jugé le plus convaincant par les téléspectateurs interrogés par l'institut Elabe. 25% des sondés ont été convaincus par le leader de la "France insoumise", contre 21% pour Emmanuel Macron, 15% pour François Fillon et 11% pour Marine Le Pen. » 

De nouveaux électeurs convaincus par Mélenchon vont voter pour lui

« Selon un sondage Opinionway pour Le Point, les téléspectateurs ont trouvé Jean-Luc Mélenchon le plus convaincant lors du débat d'hier (20%), juste devant Emmanuel Macron (19%) et François Fillon (17%). Parmi les personnes qui ont l'intention de voter, 17% ont changé d'avis suite au débat. Parmi ces derniers, 28% ont finalement décidé de voter pour Jean-Luc Mélenchon. Le débat a globalement empiré l'opinion qu'ils ont des candidats à la présidentielle, sauf pour le candidat de la France Insoumise (+15 points). »

Plus de 6 millions de téléspectateurs

« Selon Médiamétrie, le débat d'hier soir sur BFMTV et CNews a été vu par 6,3 millions de téléspectateurs, dont 5,5 millions juste pour BFMTV, un score historique pour une chaîne de la TNT. En comparaison, le débat du 20 mars sur TF1 avait enregistré un pic d'audience à 11,5 millions, le premier débat de la primaire de la gauche avait été regardé par 3,8 millions de personnes sur TF1 et le premier débat de la primaire de la droite avait réuni 5,6 millions de téléspectateurs. »

Hamon sous pression se désistera-t-il ?

Benoît Hamon, dont les intentions de vote dégringolent chaque jour, -il est à moins de 9% chez Filteris-, prendra-t-il conscience du risque d'échec que son maintien fait courir à sa carrière politique et à la vraie gauche qui, éparpillée à son tour, faute d'accord avec la France Insoumise, aura toutes les peines à se reconstruire après la présidentielle ? Telle est en effet la question qui se pose à un peu plus de deux semaines du scrutin. Son électorat s’interroge. A la vue des mauvais sondages récurrents et des dégâts causés par les trahisons en chaîne au PS, celui-ci semble de plus en plus douter de la pertinence du maintien du candidat issu de la primaire socialiste, et se tourner vers le candidat de la France Insoumise, aujourd’hui plus crédible dans l'opinion, après une campagne jugée remarquable par nombre d’observateurs. Vont-ils massivement s'en remettre à son chef de file ? 

 

Un Jean-Luc Mélenchon qui, après le grand débat de TF1, a, une nouvelle fois, mardi soir, sur BFMTV, administré la preuve qu’il était bien l’homme capable de faire prendre le virage historique que le pays, déboussolé, appelle de ses vœux.

Election Yaourt

En ce moment, j’évite tant que faire se peut de m’intéresser à ce qui se passe dans l’actualité immédiate de ce pays. Ça me déprime trop. Déjà que j’étouffe ici, déjà que tout ici me donne motif à prier d’avoir les moyens de m’enfuir de cet asile à ciel ouvert, je n’ai pas besoin de m’abîmer dans la contemplation de ces médias. Car à les croire, c’est plié, l’élection se fera entre un ancien banquier et une châtelaine de l’Ancien Régime. Entre le Lexomil et la France de Pétain. Entre un Tony Blair Camembert et la Jeanne d’Arc des rallyes du XVIème. Et, tout le monde semble d’accord, ou tout au moins y croire dur comme fer, ça sera la châtelaine et sa tribu d’aristo-voyous qui va gagner. De petits et de grands escrocs confinés entre Versailles et Saint-Cloud, qui vont remporter cette farce qu’on appelle le suffrage universel. Bref, en ce qui me concerne, un motif supplémentaire de m’enfuir ventre à terre et sans me retourner. Un vieil ami à moi envisage le Canada, un autre l’Amérique du Sud. L’un est de droite, mais ne voit aucun avenir ici, l’autre est de gauche, mais il a vu la prise de pouvoir de Pinochet. Chacun ses affinités, mais surtout ses moyens. Moi avec les miens, le peu que je peux espérer, c’est la Belgique en stop, avant que les frontières soient fermées par la milice. Nous verrons, j’ai du répondant, je suis débrouillard, je me suis sorti seul ou presque de la rue, avec un peu de chance, je me sortirais de ce cul-de-sac qui s’appelle la France.

 

Votez inculte.

De par mes positions, j’ai souvent à faire sur Agoravox au fan de club de la châtelaine. Le plus souvent de pauvres anonymes acculturés et remplit de rancœur qui faute d’avoir un semblant de bagage intellectuel, passent beaucoup de temps sur internet pour me démontrer que tout le monde est d’accord avec leur ignorance. Signe des temps, si vous affirmez quelque chose sur la base de vos lectures, d’un travail que vous avez pu faire sur plusieurs années, il n’existe simplement pas, si votre interlocuteur n’en trouve pas la preuve sur Internet. Saint Wikipédia priez pour nous. Mieux, si vous citez tel ou tel auteur, l’électeur moyen de la châtelaine, qui a l’âme procureure, soupçonnera ce dernier d’avoir des motifs politiques cachés. Et malheur à cet auteur si un jour il s’est déclaré pour tel ou tel parti ou tendance, le petit procureur invalidera tous ses propos sur sa seule certitude que ceux-ci sont influencés, pire, qu’il cherche à détourner sa pensée déjà limitée. Et force est de constater qu’en effet, ces élections, révèlent au grand jour le remugle d’une France imbécile et raciste, peureuse, méfiante, lâche, qui se réjouit d’avance de la grande revanche que représentera l’élection d’une bourgeoise à la présidence de leur destin sans avenir. Cette partie de la France qui depuis les années 70 n’a pas varié d’un pouce, n’a pas évolué, grandit, juste un peu plus médiocre chaque décennie, en étant intimement certaine de son exception. C’est dans les années 60 et 70 que cette France décomplexée s’en est donné à cœur joie en ratonnade, en bavure policière, en injustice de toute sorte, jusqu’à la Marche des Beurs (dont le motif initial était une énième bavure policière) et surtout jusqu’à ce que le très douteux Mitterrand manipule tout ça pour en faire son outil de destruction du Parti socialiste et de la droite traditionnelle. Et en trente ans, la rancœur et le racisme du français moyen ont pu s’épanouir proprement, non plus à l’ombre de quelque lynchage, mais dans l’intimité de l’isoloir. Jusqu’au coup de pub de la châtelaine, son pseudo-nettoyage des écuries d’Augias, jusqu’à ce que ce parti de bricolos et de fascistes revendiqués apparaisse solvable aux yeux du téléspectateur frileux à l’idée de voter pour des antisémites et des racistes. Rien n’a en réalité changé dans ce parti, en fait les choses se sont même très probablement empiré puisqu'il avance masqué et que la garde rapprochée est formée d’admirateurs d’ancien SS et de négationnistes. Mais peu importe, ce qui compte ce n’est pas la réalité, mais le sentiment qu’on en a. Encore l’autre jour, je notais que la page Facebook « stop immigration » réunissait cinquante mille personnes. Cinquante mille abrutis gavés d’émission sur la police, de reportage beauf’ de Bernard de la Villardière, des élucubrations mysogino-racialistes de Zemmour. Bref de télé et d’inculture qui ne réalisent bien entendu pas que si la châtelaine remporte ces élections, elle le devra surtout au massacre de Charlie et du 13 novembre, bref à Al Qaida et à Daech. D’ailleurs en auraient-ils conscience, je crois que ça ne changerait rien, ce pays est dans une logique nihiliste.

 

Rien n’est vrai sauf ce que je pense.

L’autre jour, à l’occasion d’un zapping, je regardais une dame affirmer qu’elle ne croyait pas les deux journalistes qui avaient pondu le dernier ouvrage sur la république pas si irréprochable de l’homme invisible. L’escroc Fillon avait assuré qu’on y relatait l’existence d’un « cabinet noir » (expression qui date des idées de Fillon du reste, du XVIème siècle) totalement démenti par les deux journalistes. Mais peu importe, pour cette dame, les auteurs mentaient, car bien entendu, tous les médias mentent, c’est dans leur intérêt. La châtelaine et ses complices sont jusqu’au cou dans des affaires de détournement et de blanchiment, mais pour ses électeurs, c’est le pouvoir « aux abois » qui cherche à la salir, d’ailleurs la châtelaine l’a dit, assorti de menaces, donc c’est vrai. Or il est évident que jamais pouvoir n’a été aussi peu aux abois justement. Le PS est en vrac, l’homme qui n’était pas là est en vacance permanente (mais apparemment pas en Guyane, cette île mystérieuse et lointaine) Hollande est l’antithèse d’un Mitterrand et l’ensemble de son mandat a surtout démontré de sa plus complète incompétence tant en matière de politique générale qu’en terme de politique intérieure. Mais l’électeur de la châtelaine se persuade d’un complot parce qu’au fond sans doute ça le rassure. Il n’est pas complètement un loser, il ne va pas à nouveau voter pour des incompétents et des voleurs. Et quand bien même, quand on lui met le nez devant l’évidence, son argument ultime, c’est d’avancer : « Oui, ils ne sont sûrement pas mieux que les autres, mais on les a jamais essayés et ça peut pas être pire » Ce sur quoi cet électeur se trompe, ça peut et ça va être pire, mais peu importe, ce que je retiens ici c’est l’argument « on les a jamais essayé » ou le néant de la conscience politique.

 
« Oh chéri, tu as vu, ils les font parfum fraise, on n'a jamais essayé ça, parfum fraise », « Oh regarde, elle existe en orange, on n'a jamais essayé ça, orange » Ce genre d’argument, argument sur lequel repose nombre de propositions commerciales d’un marketing essoufflé à cours de rhétorique, on les entend au supermarché, chez le concessionnaire, dans la bouche d’un enfant devant une nouvelle marque de céréale. C’est celui du consommateur désœuvré. Devant l’absence de choix, la taylorisation des goûts et des couleurs, l’uniformisation de l’offre et à forcerie de la demande, le consommateur n’a plus qu’à se rabattre sur la valeur ajoutée qu’aura bien voulu mettre l’industriel pour justifier la hausse de prix. Ce sera toujours du papier toilette, mais celui-ci sera « molletonné » et celui-là parfumé de sorte que l’anus sente toujours un savant mélange de merde et de rose chimique. C’est le vote, au fond, du désespoir et de l’ignorance. Le vote subordonné à la télé et à Youtube. Y a-t-il une raison tangible d’être à ce point de désespoir que le français de base imagine nécessaire de voir une politique d’apartheid instauré en France sous le doux nom de « préférence nationale » ? Non aucune. Je vis sous le seuil de pauvreté dans un quartier mixte socialement et ethniquement, et en dépit de ça, je ne vis pas trop mal. Et la majorité n’est pas non plus composée d’un sous-prolétariat vivant dans des tours-crevoirs. Mais ils s’en sont persuadé parce que ce pays qui a peur de tout, de sa jeunesse, du changement, de l’avenir, regarde et vit dans son passé et morigène sur ce qu’il a été et ne sera plus jamais. Une vieille gloire. Une vieille gloire qui s’auto-persuade que le pays est envahi par des hordes barbares et qui va s’en remettre une fois de plus à sa caste de grand bourgeois « au nom du peuple »…. Quand je lis le slogan de campagne de la châtelaine, elle qui en tout et pour tout a travaillé quatre ans durant sa vie… Je me demande toujours si elle est venue avec ses brioches.

 

 

La corruption triomphante

Eric Zemmour qui est à la droite ce que le roquet est au jardin privatif, justifiait la corruption de la caste dominante par l’élucubration suivante, la France n’était pas la Suède, les Français étaient des « machiavélistes ». Néologisme qui n’a d’autant moins de sens que pas une seule ligne du Prince n’est consacrée à la corruption, que Machiavel prévaut le réalisme en politique sur la vertu et que nulle part, il n’assortit ce réalisme d’une invitation à s’en mettre plein les poches. Mais Zemmour se prend pour la France et sa culture est une blague pour inculte sur laquelle il prospère. J’ai au contraire le sentiment que devant la corruption d’une Le Pen ou d’un Fillon, un certain nombre se rabattront sur un vote sans espoir, Hamon, Mélenchon et autre amuseur public, ou le Lexomil que propose Macron, voire, feront comme moi et d’autres, marqueront leur rejet de cette élection de l’ego roi, en s’abstenant totalement puisque le vote blanc n’est pas comptabilisé comme le réclame 86 % de nos concitoyens. Bref que quel que soit le ou la gagnante, partisane de l’apartheid ou du libéralisme le plus aveugle, il ou elle règne sur un pays divisé, sans majorité réelle, sans autre assise électorale qu’une élection truquée à coup de sondages bidons, alimenté par l’argent noir que les uns auront siphonné à l’Europe et à leurs élus à coup de kit de campagne sur facturé, et les autres auront soutiré à leurs relations africaines. En fait, c’est même pire que ça, puisque selon un énième sondage, le taux d’abstention risque d’exploser celui de 2012. Et si l’on tient compte du fait que l’élection de la châtelaine n’est pour 44 % (toujours selon cette étude) de ses électeurs qu’un vote de rejet des partis traditionnels, comme celui de Mélenchon, cela veut dire que quel que soit l’ego enflé qui prendra le pouvoir, il le fera sur les restes d’un pays qui le rejette quoi qu’il arrive. Dans ces conditions gouverner risque de devenir un peu plus impossible que d’habitude. D’autant qu’une autre menace se profile à l’horizon et dont n’ont d’autant pas conscience les Français que les médias sont à l’ouest de leur narcissisme, et que les politiques ignorent superbement le sujet. Et cette menace propose une double combinaison, la surpopulation carcérale dans des prisons poubelles, et le retour des anciens combattants du pseudo Etat Islamique. La menace est bien réelle, la DCRI le sait d’autant mieux qu’il y a un précédent en France, la fin des Bataillons d’Afrique en tant que bataillon disciplinaire. Un fait peu connu sauf si on s’intéresse à l’histoire de la criminalité française, mais qui signa la vague de violence et de braquage qui marqua les années 20 et 30, et sera le point de départ de la fortune de la mafia Corse, puisque Paul Carbone, futur parrain de Marseille, sera formé dans les célèbres Bat’ d’Af’. Si la châtelaine et ses admirateurs du nazisme d’amis prennent le pouvoir, je vous laisse imaginer la volatilité de la situation dans un contexte d’apartheid. Ça tombe bien, Serge Ayoub, le grand copain de la châtelaine, déjà condamné pour trafic de drogue. Celui-là même à qui les amis de la famille Le Pen louaient leur château pour que ses copines du porno puissent tourner (Vous savez la droite morale du Mariage pour tous…) quand il sortait avec une starlette de l’époque (Tabata Cash). Ayoub, donc, comparait au tribunal avec ses copains du White Wolf Klan pour complicité de violence aggravé. Le WWK lui est accusé de rien de moins que 35 délits divers allant du vol à violence avec arme et incendie volontaire. On ne s’étonne plus à ce niveau pourquoi un Zemmour déclarait son admiration des moines-soldats de Daech, puisque dans cette mouvance-là, ils ont exactement la même mentalité, le même besoin morbide de pureté à expurger dans la violence. L’un dans l’autre avec cet heureux mariage d’extrémistes de tous bords, ajouté au fait qu’une majorité de policier se déclare pour la bourgeoise de Saint-Cloud, la France risque de ne pas seulement devenir ce mouroir pour vieux qu’elle est déjà.

 
Les lecteurs me trouveront peut-être méprisant vis-à-vis de la France, ou haineux, ou je ne sais quel qualificatif sans imagination qui ne seront jamais que le reflet de ce qui les dérange ici. Mais croyez-moi, c’est surtout du désespoir. Mon abstention, mon envie de partir d’ici, le sentiment de déprime que m’offre le spectacle d’un pays soumis à sa caste comme des larbins, c’est surtout le désespoir de pouvoir me revendiquer aussi français que je me sens anglo-saxon un peu plus chaque année. Pour différente raison, parce que c’est une moitié de ma culture d’une part, parce que je pratique la langue autant que j’en saisi les subtilités, que j’en connais l’histoire et son indépendance frondeuse… Et bien aise sera celui qui saura ici de quelle culture je parle… Je désespère que ce pays se décide enfin à se débarrasser de cette caste qui la maintient dans l’illusion de son passé. Je désespère de le voir se mettre enfin à la page des énergies renouvelables et cesse d’avaler les couleuvres du lobby du nucléaire et des politiques qu’il s’est payés. Qu’il arrête de prendre l’écologie pour un gadget à usage des gogos, et l’agriculture pour une machine à cash. Qu’il cesse de se prendre pour l’Amérique en couvrant son paysage de supermarchés. D’adopter des réformes saines sur la législation du cannabis. De s’obséder sur des sujets aussi cosmétiques que le port du voile ou une islamisation qui appartient surtout au domaine du fantasme de quelque narcisse de télé. Qu’il fasse confiance à sa jeunesse et qu’il la mette en avant. Qu’il fasse la paix avec son histoire, sans honte, mais surtout sans cette fierté déplacé autour de l’abomination coloniale. Et surtout qu’il arrête de regarder en arrière, évoquer De Gaulle ou Louis XIV pour se demander comment aborder le présent comme l’avenir. Les Trente Glorieuses ne reviendront jamais, le plein-emploi, c’est du passé, il est temps de grandir et d’aller de l’avant. Et pour le moment, la France fait du sur place en attendant de reculer et se regarde le passé comme on se renifle le cul. Et ça ne date pas d’hier, ça fait trente ans que ça dure. Alors pardon pour les petites âmes recroquevillées de ce pays, mais moi, je fatigue.

Deux minutes (Faux-semblants et vrais mensonges idéologiques d’extrême droite)

Deux minutes

 (Faux-semblants et vrais mensonges idéologiques d'extrême droite).

 Deux minutes.

Sur internet, cela peut paraître long.

 Mais deux minutes, c'est le temps qu'il faut, environ, pour démonter la plupart des publications d'extrême droite sur les réseaux sociaux.

 Vous connaissez-tous ces titres accrocheurs de la presse people qui annoncent régulièrement que telle star s'est gravement blessée durant ses vacances, alors qu'elle s'est juste prise une écharde ?

 Et bien les idéologues les moins scrupuleux de l'extrême droite, pour ne pas dire de la droite extrême reprennent cette méthode à leur compte. Et ils tentent de diffuser cela sur internet sur le mode « plus c'est gros, plus ça passe ».

Je suis toujours surpris que certains, pourtant pas connus pour être idiots, se laissent prendre aussi facilement. Mais il y a peut-être une explication, et j'y reviendrai en conclusion.

Voici quelques exemples frappants

1er exemple : la chaîne de mails.

 

Courant 2015, je reçois un mail avec un texte assez court, dénonçant vivement des détournements de fonds et affirmant que la sécurité sociale est en excédent et non pas en déficit.

Repris (entre autres) ici : http://alain08270.free.fr/index.php/securite-sociale

et ici :http://www.je-suis-stupide-j-ai-vote-hollande.fr/blog/on-vous-ment-la-securite-sociale-est-en-excedent/

 L'auteur y cite un rapport de la Cour des comptes. Et si on s'en tient là, il y aurait en effet de quoi se révolter.

 Sauf qu'en s'y attardant moins de 2 minutes, on constate les faits suivants :

·         Même si elle laisse ses coordonnées, on ne sait pas qui est cette dame (sur certaines versions du texte on trouve mention de sa fonction mais c'est invérifiable).

·         Les chiffres, personne ne dit ni ne sait d'où ils sortent.

·         Aucun des faits n'est étayé par une source quelconque.

·         On nous parle de la Cour des comptes mais on ne fait aucune référence concrète à un rapport en particulier (date, numéro, lien, par exemple).

 Bref, ni date ni source.

Et pour tout vérifier, cela risque de prendre beaucoup de temps.

Le pari est donc qu’avec nos vies de plus en plus stressantes, les gens n'iront pas vérifier et prendront les faits livrés tous frais dans la boite mail comme réels et acquis.

Ou pas.

(Démenti sécu : http://www.securite-sociale.fr/Quelques-verites-sur-les-dettes-de-l-Etat-vis-a-vis-de-la-Securite-sociale?id_mot=139&type=part#nb1 )

 2è exemple : retour vers le futur

En plein mois d'Aout 2016, je tombe par hasard sur un article qu'un de mes contacts Facebook a aimé. Le titre est assez clair « Un maire se soumet à l'Islam et interdit la messe  ».

(Repris entre autres ici : https://ns2017.wordpress.com/2015/06/24/le-maire-du-lavandou-se-soumet-a-lislam-et-interdit-la-messe-dominicale/)

 Rien qu'en lisant cela, on se dit que le type s'est converti, radicalisé et a pris une mesure particulièrement choquante. Surtout après l'assassinat d'un prêtre dans notre pays.

 MAIS.

 En ouvrant simplement le lien, on découvre plusieurs choses :

1- les faits datent de 2015.

2- Le Maire n'a pas interdit la messe, mais en a annulé le déroulement en plein air.

(http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/24/01016-20150624ARTFIG00290-au-lavandou-la-messe-en-plein-air-supprimee-a-cause-de-la-menace-terroriste.php)

 Après tout, je ne connais pas le Lavandou mais il doit bien y avoir un église à cet endroit, comme dans la plupart des villages.

3- Sans même chercher, Facebook me suggère deux articles qui montrent que, par la suite, le maire est revenu sur sa décision :

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/France/Au-Lavandou-le-maire-renonce-a-interdire-les-messes-en-plein-air-l-ete-2015-06-25-1327962

http://www.valeursactuelles.com/societe/le-maire-du-lavandou-interdit-la-celebration-des-messes-en-plein-air-53962

 En clair, il n'y a rien d'actuel ni de vrai. Du moins si on s'arrête au titre.

 Troisième exemple : Haro sur les Présidents !

 

 En ce mois de mars 2017, je découvre une publication rageuse, apparue quelques jours plus tôt seulement, à propos d'un décret relatif aux avantages des présidents et anciens présidents de la République.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En regardant rapidement le décret en question (que l'internaute a la gentillesse de publier, en plus) on remarquera qu'il date..... D’octobre 2016 !

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000033189352

 Il est donc normal que la presse n'en ait pas parlé en ce mois de mars 2017.

 Une minute plus tard, Google me sort au moins deux articles de presse publiés en leur temps, juste après la parution dudit décret.

http://www.ouest-france.fr/politique/gouvernement/les-avantages-alloues-aux-anciens-presidents-revus-la-baisse-4537587

http://www.france24.com/fr/20161004-hollande-france-reduction-avantages-materiels-anciens-presidents-elysee

Que disent ces articles ? Une chose simple : le décret réduit, en réalité les avantages accordés aux anciens présidents. Mais ça, le mec qui publie sur Facebook ne le dit pas. Pas plus qu'il ne dit que ces avantages sont encore trop grands à ses yeux. Non, rien de cela. Et c'est normal, puisque son but est de susciter la colère, pas de rechercher la vérité.

 Une nouvelle fois, rien d'actuel, et un gros mensonge sur le rôle de la presse.

 Ils misent sur notre inattention !!

 Mais après tout peu importe.

Oui, peu importe que cela soit vrai ou non, pour ceux qui propagent ces idées.

L'important c'est que vous vous arrêtiez au titre choc et que vous les croyiez sur parole. Surtout ne pas creuser, ne pas vérifier, puisqu'on vous le dit !

Après tout, nos vies connectées sont si rapides qu'à peine un titre lu, on zappe sur le suivant. Pas le temps d'aller voir plus loin, il faut engranger, consommer de l'info rapide comme on va au Mac-Do !

Cela se passe principalement sur les réseaux sociaux, où les liens partagés ne font généralement apparaître qu'un titre et une ou deux phrases. Cela reste bien trop réducteur pour se faire une idée du contenu.

 S'informer correctement ne va pas de soi.

 A l'approche des élections présidentielles et législatives, ce type d'initiative à visée idéologique risque de se multiplier.

Alors si vous souhaitez voter en pleine connaissance de cause, je ne saurais trop vous recommander d'y regarder à deux fois et de creuser deux minutes une info qui paraît révoltante.

 

La prochaine fois que quelque chose vous indigne, prenez ces deux minutes pour  :

-Regarder la date

- Regarder 
l'auteur (le vrai, pas la personne qui met ça sur son mur)

- Vous assurer que 
le contenu est réel, et correspond au titre.

 

 

Avec ce minimum, vous devriez parvenir à vous prémunir de la plupart des intox.

LETTRE AUX INSOUMIS


Chers insoumis, insoumises, même si je sais que pour beaucoup d’entre vous ce mot n’est qu’un pseudonyme de théâtre, même si je sais que l’on peut habiter son rôle tout entier et honnêtement, chers camarades, vous vous mobilisez, vous communiquez, vous instruisez, public, voisins, amis parentèle.

Je voudrais commencer, non pas par une mise en doute qui serait non seulement mal venue mais mal à propos, mais par un petit briefing sur notre position personnelle, actuelle dans notre société, telle que nous voudrions la changer.

Combien d’entre vous ont un compte au crédit Agricole, Société générale ou BNP Paribas ? Alors que vous pourriez être à la NEF ou, a minima, à la Poste, en exigeant de notre programme qu’au moins celle-ci soit nationalisée.

Combien d’entre vous, s’il a des biens à louer, par héritage ou par placement, les louent à 4 % du capital immobilier estimé, ce qui correspond à un placement à 2 % et 2 % de frais et réserves pour travaux éventuels ?

Combien d’entre vous n’ont pas de résidence secondaire, connaissant l’énorme spéculation sur l’immobilier, sachant le prix des loyers, et le nombre de familles ou de gens mal ou pas logés, sachant que cet état de fait est en bonne place dans le programme des choses à remédier ?

Combien d’entre vous habitent près du lieu de leur travail, trajet fait à pied, à vélo, en covoiturage plein ou en transports en commun ?

Combien d’entre vous ne prennent jamais l’avion, que ce soit pour « affaires » ou pour les loisirs ?

Combien d’entre vous ont, ne serait-ce qu’une fois, désobéi aux injonctions débiles d’un supérieur ou d’un patron ?

Combien d’entre vous n’ont jamais fait appel à une connaissance pour se dépêtrer d’une affaire embrouillée, administrative, judiciaire ou policière ?

Combien d’entre vous ont déjà initié une action collective de soutien à un proche, un voisin, un collègue, en proie à un harcèlement ou à une injustice flagrante de la part du pouvoir, ou de sa hiérarchie ?

Combien d’entre vous boudent les autoroutes, les transnationales, la grande distribution ? Les chaînes de restauration, d’hôtellerie, d’opticiens, de coiffeurs, de boutiques pour leur préférer le petit commerce ?

Combien d’entre vous pratiquent le partage au quotidien, l’entraide, l’échange, d’outils de services, spontanément sans passer par les sites internet payants, et sans compter ?

Combien ne cèdent pas à l’économie à faire ici, la promotion, la solde pour acquérir un objet dont ils n’ont pas vraiment besoin ?

Combien d’entre vous ne vont pas chez le médecin au moindre rhume, ne demandent un congé à la moindre fatigue, oubliant les collègues qui prendront cette charge de travail supplémentaire ?

Combien d’entre vous ne profitent pas du week end pour sauter dans la voiture et « s’aérer » mais restent à la maison, vivre un partage, une entraide, une convivialité avec les proches géographiquement ?

Combien d’entre vous considèrent que la sédentarité est la base de l’insoumission aujourd’hui ?

Et tout le reste, tout ce que je n’ai pas envie de détailler ou que j’oublie…

Voyez…

Aussi, si notre programme n’avait pas l’heur d’être choisi, je vous proposerais que l’on constitue une sorte de charte de bonne conduite, sans compromissions aux autorisations, aux injonctions voilées mais flagrantes, faites par le régime capitaliste néo libéral qui compte sur nous pour pouvoir jouir de ses débordements.

Combien d’entre vous considèrent qu’être écolos, c’est faire installer une chaudière solaire/granulés à grands frais, mais ne comptent pas la quantité de poubelle qu’ils sortent sur le trottoir, chaque jour, ou chaque semaine ? Les douches et lessives quotidiennes, les libéralités faites aux enfants, les passe-droits, les dus, les kilomètres avalés chaque année, avec un véhicule, bien sûr, économe ?

Voyez… être insoumis, c’est aussi ne pas se soumettre à tout ça, c’est refuser l’aise qu’on peut se payer mais qui n’est qu’un viol, un vol, un pillage, une injustice, une exploitation d’un autre.

Être insoumis, c’est jeter sa carte bleue, ne pas acheter par internet parce que l’on sait ce que cela représente d’exploitation humaine, et de mise au chômage dans les boutiques qui n’existeront plus ; c’est aussi refuser que le citoyen soit d’abord considéré comme un fraudeur, un voleur, un malhonnête et que tous les citoyens doivent subir la punition pour quelques-uns ; être insoumis c’est considérer que l’argent n’est pas la valeur suprême, le dieu unique que l’on doit ménager, autour duquel tout doit tourner ; être insoumis c’est lui préférer les relations humaines, quitte à en avoir de mauvaises, et être insoumis, c’est commencer tout de suite, tout de suite à chaque geste, à chaque action, la multiplier par soixante millions et voir si elle est possible ainsi, et comprendre où chacun de nos gestes, automatique, nous mène, dans quelle société ; et si nous voulons de cette société.

Je préconise le paiement en espèces, au maximum : aucun achat en ligne, car « l’économie » que vous faîtes, ou la simplicité, la commodité que vous y voyez, détruit l’humain. Je préconise le boycott systématique des grandes surfaces et chaînes de magasins, tant qu’il nous reste l’alternative ; dans pas deux ans, on ne l’aura plus.

Des petits gestes qui sont notre reprise du pouvoir sur notre quotidien, car s’il est beau d’avoir un beau programme, le présenter, le discuter, il faut le commencer aujourd’hui dans la marge qui nous est encore laissée.

Comment pourrait-on se dire insoumis et se plier à ces diktats du capitalisme ? Comment peut-on se dire insoumis et ne pas voir la responsabilité qui nous incombe de préserver un monde humain ?

Aussi, oui, je voudrais vous proposer, et même et surtout si notre mouvement sortait vainqueur de la compétition médiatique, que nous nous engagions tous à désobéir, à boycotter, à trouver alternatives aux aises que peuvent donner une bonne paye, la bonne naissance, le bon milieu social, que nous nous engagions à soutenir un équilibre viable et souhaitable pour tous, car si nous sommes quelques millions à le faire, notre action aura un impact réel.

Que nous écrivions une charte que nous nous engagerions à suivre, sans y perdre notre bonheur mais en y trouvant notre honneur. Une charte de solidarité engagée envers tous les désobéissants qui sauraient trouver soutien et réconfort, aide financière si besoin est, une charte qui nous engagerait à afficher notre fidélité à nos choix politiques et de société.

Je voudrais qu’on l’écrive avec autant de soin que nous le ferions de notre Constitution, que nous fassions masse, pas inconnue, pas anonyme, sur laquelle chacun pourrait compter et que, chemin faisant, nous attirions les autres, d’autres qui seraient en retard.

Qu’au collège, à l’école, au bureau, à l’usine, nous mesurions en le racontant, en le confrontant, l’objet de notre indignation ; que nous organisions des recours, des secours, des soutiens, parce que nous aurions lâché toutes les amarres du capitalisme financier, productiviste, pilleur, injuste et pollueur. Que nous devenions des Justes, un contre-pouvoir stable, tenace, déterminé et qui fait des émules. Que notre militantisme ne soit pas qu’une excitation de mise en ligne, mais un choix délibéré chacun chez soi mais partagé, chaque jour accru, du refus incorruptible des offres que nous aurions définies ineptes, faites pour nous appâter.

Ne nous contentons pas de vivre « comme ils l’imposent » avec, en à-côté quelques actions sociales, quelques manifestations, quelques slogans.

Créons des réseaux de juristes, des réseaux de médecins, des réseaux d’aide, vrais, fiables et acceptons-y les bonnes volontés.

Rendons-nous solidaires et pour ce, chassons la solitude de tous ceux qui en bavent, à condition qu’ils n’aient pas pour espoir d’avoir plus pour consommer plus.

Chassons le gaspillage, prenons du temps, visons le végétarisme pour que le sort de nos bêtes domestiques soit digne. Visons la frugalité, le temps que chacun ait du bon, à manger. Visons l’économie, visons le partage, le don, la gratuité.

10 % d’une population soudés dans ces buts pourraient interagir à la bascule des consciences, et notre reconnaissance mutuelle pourrait faire le ciment de notre confiance.

Ne craignons pas l’anonymat, l’humilité de nos prises de position, ne cherchons pas le micro, mais soyons toujours là, pour l’autre qui hésite ou se perd. N’ayons aucune complaisance vis-à-vis nous-mêmes, aucune mansuétude pour nos faiblesses, aguerrissons-nous. Et trouvons notre plaisir dans la conquête de nos victoires, mêmes minimes.

Nous nous engageons, par cette charte, à rester en contact, à garder notre disponibilité pour l’une ou l’autre rencontre en chemin ; nous nous engageons par l’entraide, à compenser les désagréments causés par notre refus d’obtempérer, notre refus de l’aise illusoire donnée par la consommation, et si nous nous retrouvons en galère, nous en ferons une fête une fois la mission accomplie.

Nous nous connaîtrons, nous reconnaîtrons et nous y réchaufferons. Nous créerons des réseaux de résistants mais resterons vigilants à toute tentative de dérive, de corruption ou d’abus de confiance.

Nous le ferons en humains prompts à la rencontre, prompts à la mise en relation. Nous n’aurons pas de structure établie, juste des fils qui pourront dormir ou bien se réveiller et feront trame, trame contre nasse qu’il s’agira de déchirer.

Nous ne serons pas une secte, pas une élite, juste des êtres qui veulent retrouver le lien, l’aventure, le dépassement de soi, la vie.

Chacun selon ses besoins, chacun selon ses capacités, ses disponibilités, ses compétences ; une heure de musique, une heure de plomberie, une heure de juriste, une heure de professeur, une heure d’éboueur, une heure de soins, une heure d’écoute, une heure de parole, une heure de ménage , une heure de création, toutes heures égales.

 

 

Un pour tous, Tous pour un.

Alep, Mossoul : deux villes martyres, deux traitements médiatiques

Nous avons tous en souvenir l'intense battage médiatique orchestrée fin 2016 en faveur des « rebelles modérés1 » d'Alep-est. L'armée syrienne et l'aviation russe qui l'épaulait avaient alors été accusées par les grands médias français de « raser » sciemment la deuxième ville syrienne et d'en sacrifier la population, au point d'en faire presque une nouvelle Guernica2 ! Peu importe que l'armée syrienne ait averti régulièrement les habitants des bombardements, peu importe qu'elle ait aménagé de nombreux couloirs humanitaires - couloirs humanitaires bloqués à plusieurs reprises par les « rebelles » qui se sont servis de la population en guise de bouclier humain – la cause était entendue contre le « boucher de Damas »...

Jusqu'à peu, Mossoul - assiégée depuis octobre 2016 - n'avait pas eu le droit aux mêmes honneurs médiatiques qu'Alep. Les destructions et morts de civils y sont pourtant hélas tout aussi élevés3. Même contexte urbain et logiquement même difficultés rencontrées par la coalition anti Daesh, constituée essentiellement par les forces irakiennes et chapeautée par l'armée américaine. Après 5 mois de siège et la pénible libération de Mossoul-est, la coalition veut reprendre l'ouest de la ville au plus vite - et notamment son centre historique4, un dédale de petites rues densément peuplé5, guère propice à l'avancée des blindés – ce qui implique une intensification du pilonnage d'artillerie et des bombardements aériens US. Plus de 600 000 personnes se trouveraient encore à Mossoul-ouest. Tout comme les « rebelles » à Alep, les miliciens de Daesh abattent les habitants qui tentent de fuir et s'abritent dans leurs logements.

Plus de 300 civils auraient été tués et des centaines d'autres blessés depuis mi-février. Le 17 mars, le bombardement d'un immeuble résidentiel aurait causé à lui seul la moitié des victimes. En réaction, deux enquêtes irakiennes et américaines ont été lancées. Selon Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty International en mission en Irak : « Les preuves recueillies sur le terrain à l'est de Mossoul font état du schéma alarmant des frappes aériennes de la coalition menée par les États-Unis qui ont détruit des maisons entières abritant des familles. Le grand nombre de civils tués laisse penser que les forces de la coalition n'ont pas pris les précautions adéquates pour éviter leur mort, en violation flagrante du droit international humanitaire, ce qui pourrait constituer une crime de guerre. ». En attendant les conclusions de ces enquêtes, verra-t-on Madame Hidalgo éteindre la tour Eiffel6 pour Mossoul ? Rien n'est moins sûr...

 

1« Rebelles modérés » dont on a pu apprécier à maintes reprises l'affiliation de leurs composantes à Al-Qaïda (Jabhat Fatah al Sham, Jaysh al Fatah, Ahrar al Sham, Nour ad-Din al Zinki et bien sûr la fameuse Armée Syrienne Libre).

 

2http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/guerre-en-syrie/20161021.OBS0143/guernica-alep-un-meme-mecanisme-a-l-uvre.html

 

3https://francais.rt.com/international/35887-exclusif-ville-mossoul-grande-chambre-explosion

 

4http://isis.liveuamap.com/en/2017/28-march-iss-media-arm-claims-that-us—apache-has-been-shot

 

5http://www.opex360.com/2017/03/27/mossoul-loffensive-les-jihadistes-retranches-dans-la-vieille-ville-repris/

 

6http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-la-tour-eiffel-eteinte-ce-soir-en-soutien-aux-habitants-d-alep-14-12-2016-6454956.php

 

 

« Ils ne pourraient pas toucher un éléphant »

 « Ils ne pourraient pas toucher un éléphant à cette distance » seraient les dernières paroles du général John Sedgwick, éructées en Virginie, en 1864, lors de la bataille de Spotsylvania, au moment où il observait au loin les troupes confédérées. (Les historiens se chamaillent pour savoir s’il s’agit de son dernier souffle ou de l’un de ses derniers traits d’esprit, mais il n’y a pas débat quant à savoir s’il a pris une balle mortelle en pleine poire.)

Remontons un peu plus loin. En 1774, Lord North, Premier ministre britannique, fit ce commentaire à propos des colonies américaines rebelles : « Quatre ou cinq frégates feront l’affaire, sans aucune force armée. »

Plus tard, en août 1914, le Kaiser Guillaume II (dernier empereur allemand et roi de Prusse) déclara aux troupes allemandes, « Vous serez de retour au pays avant que ne tombent les feuilles des arbres. » Ce cas [grave] n’est pas isolé. L’expression souvent répétée par des journalistes et des politiciens, « La guerre sera terminée à Noël », était courante en Grande-Bretagne en 1914.

Dernièrement, en Pologne, le lieutenant-général US Ben Hodges a ordonné à plus de 60 chars d’assaut d’ouvrir le feu au canon. Plus tard, il a annoncé :

 

Nous sommes sérieux. Ce n’est pas un simple exercice d’entraînement. Il s’agit de faire la démonstration du message stratégique que l’on ne peut pas violer la souveraineté des membres de l’OTAN … Moscou saisira le message, j’en suis confiant.

Le général a raison d’être confiant. On peut dire avec quasi-certitude que si les USA envoient des ribambelles de chars d’assaut à l’autre bout du monde, dans un pays bordant la Russie, puis commencent à tirer au canon, les Russes en déduiront que leur souveraineté n’est plus respectée par les USA.

À vrai dire, ils ont déjà suffisamment de quoi s’inquiéter car, ces dernières années, le rituel de détente US a été largué au profit de continuels aboiements contre la Russie en général, et contre son dirigeant en particulier. Aux USA, chaque émission d’actualité télévisée ressasse un débordement soutenu d’invectives anti-Russe, tout en colportant souvent des balivernes aux antipodes de la vérité connue de la plupart des gens.

En ce qui concerne les généraux, l’Histoire est truffée d’anecdotes sur des chefs militaires ayant fait preuve de trop d’assurance et même d’impatience à attaquer d’autres nations souveraines. Cherchent-ils à s’impliquer dans une grande guerre pour laisser derrière eux une trace de leur grandeur personnelle, à moins que, s’imaginant que leurs adversaires sont très faciles à vaincre et que leur propre armée est invincible, sont-ils tout simplement hallucinés ?

De toute façon, ça n’a pas d’importance. Ce comportement existe depuis des milliers d’années et, à chaque époque, d’innombrables chefs militaires et politiques font exactement la même boulette.

 

Chose intéressante, la confiance aveugle s’accompagnant de fureur et de bravade, est un trait constant que nous pouvons observer. Les dirigeants ont tendance à s’imaginer la gloire de la destruction qu’ils désirent, et rarement, si ce n’est jamais, n’anticipent une possible résistance dévastatrice de leurs adversaires.

Sans prendre des mesures appropriées concernant ce que pourrait entreprendre l’adversaire, la charge en avant ouvre naturellement la voie à un cours des événements fort aléatoire.

Dans l’histoire récente, quasiment toutes les guerres se sont prolongées bien au-delà des prévisions. À quelques exceptions près, des guerres qui devaient durer au mieux quelques mois, ont perduré des années. Beaucoup d’entre elles n’ont pas eu d’issue très positive : cessation des hostilités au lieu de nette « victoire » de l’un des deux camps.

Mais, dans l’affaire, avec la perte dramatique de richesse, effet secondaire de la guerre, des pays (même des empires) ont vu leur population décimée et leur économie détruite.

C’est d’autant plus ennuyeux, que ces adultes, anciens tyrans de cour de récréation, qui balancent des menaces insouciantes à d’autres pays, réussissent souvent à allumer l’étincelle qui fait éclater la guerre.

Par le passé, ces fanfaronnades de gens très maître d’eux avaient souvent besoin d’être portées par l’empressement du public à se battre par ses propres moyens. Aujourd’hui, par contre, elles bénéficient d’un large soutien des grands médias. On peut compter sur toutes les grandes émissions d’actualité télévisée pour débiter des commentaires de soutien de généraux à la retraite, qui sont souvent employés par le complexe militaro-industriel. En outre, comme des chimpanzés dressés à faire la claque, les présentateurs de l’actualité eux-mêmes en rajoutent.

 

Tout cela produit un spectacle exaltant, sauf qu’en fin de compte, c’est toujours la population qui trinque.

La prochaine fois qu’un général prétendra vraiment que l’Iran ou la Russie sont incapables de toucher un éléphant, il se pourrait que, comme cela s’est produit tant de fois dans l’Histoire, sa bravade soit le point de départ d’une autre grande guerre.

* * *

Il y a de fortes chances que les USA s’engagent bientôt dans une grande guerre. Mais guerre ou pas guerre, Doug Casey, l’auteur de best-seller du New York Times, et son équipe, pensent que les USA sont à deux doigts d’une crise majeure. C’est pourquoi ils diffusent une vidéo urgente, bourrée d’informations cruciales sur la crise économique imminente. Cliquez ici pour la voir.

The International Reporter

 

Original : theinternationalreporter.org/2017/03/28/couldnt-hit-an-elephant-over-confident-nato-generals-and-russian-retaliation/
Traduction 
Petrus Lombard

Vrais et faux débats sur le statut des fonctionnaires : les 9 idées reçues



Il est légitime dans cette année d’élection présidentielle de se poser la question de l’utilité de notre fonction publique.

Cet article a pour objet de faire le point sur 9 idées reçues concernant le statut des fonctionnaires :

Coûtent-ils vraiment trop cher ? Sont-ils toujours en arrêt maladie ? Travaillent-ils moins de 35 heures ? Le statut est-il obsolète ? Les fonctionnaires ont un emploi à vie ? partent ils plus tôt en retraite ? Ont-ils de meilleures pensions de retraite ? Sont-ils mieux payés que dans le privé ? Sont-ils moins bien payés mais trop nombreux ?

FAITES LE TEST DU « VRAI », « FAUX » et voyez où vous en êtes de vos connaissances sur ce sujet clivant.

 

1.   Les fonctionnaires coûtent trop cher ?

 

En juillet 2016, une étude  a comparé la dépense publique française avec un groupe de pays témoins (Allemagne, Royaume-Uni, Finlande, etc.). Si la dépense publique moyenne de ces pays est de 51 % du PIB et celle de la France est de 57,5 %, cette étude va plus loin en identifiant les postes de dépenses qui justifient cet écart.

Vous avez un petit logiciel qui vous donne poste par poste les différences d’investissement dans la fonction publique en France et dans d’autres pays sur le site France STRATEGIE et que voit-on ? 

EN REALITE L’essentiel de la différence entre la France et le groupe témoin se trouve dans les dépenses de vieillesse et les dépenses de logement : aides à la pierre et aides personnelles au logement.

 Les dépenses de fonctionnement, rémunérations comprises, des administrations publiques sont de 1,2 point de PIB inférieures en France que dans le groupe de pays témoins (« La France a des dépenses de fonctionnement, qui englobent à la fois les rémunérations directes et les consommations intermédiaires, plus basses que celles du groupe témoin »).

Les fonctionnaires coûtent-ils trop chers  ? Au lieu de répondre dogmatiquement à cette questions, le véritable enjeu, notamment à l’occasion de l’élection présidentielle est de se demander collectivement quelle action publique nous voulons et pour quelles finalités ?

Tailler dans les dépenses de façon systématique comme prétend le faire Monsieur FILLON ne constitue pas un programme crédible, c’est un SLOGAN !

Ne pas vouloir faire de « catalogue de mesures » comme le soutient Monsieur MACRON c’est évidemment se soustraire au débat et pouvoir retourner sa veste sans se soumettre à la comparaison des promesses et des actes qui a causé la mort politique de Monsieur Hollande.

D'autres candidats présentent des mesures concrètes à droite comme à gauche. Le vote Fillon au second tour des primaires de la droite a ouvert un espace pour un des candidats du large spectre de la gauche, mais lequel choisir "that is the question" …..

 

2 - Les fonctionnaires ne « foutent » rien et se mettent en maladie pour un oui ou un non ?

 

POUR UN DELTA DE 2%, VRAI encore que ... 

Si l’on prend les salariés du public et du privé ayant eu UN SEUL arrêt de maladie dans l’année  (par exemple pour la grippe qui ne fait pas le tri entre fonctionnaires et salariés du privé) °nous constatons via l’enquête Conditions de travail 2013 publiée dans le Rapport annuel de la fonction publique 2016 que les salariés dont l’arrêt maladie a été le seul de l’année SONT à 68% du public contre 70% du privé.

MAIS FAUX CAR LA STATISTIQUE A UN BIAIS, cet écart de 2% entre privé et public n'est analysé

·         NI en fonction de la particularité des emplois,

·         NI en fonction du vieillissement de certains effectifs

·         NI en fonction des conditions d’exercice difficiles dans certains secteurs : travail en extérieur par exemple, les métiers à fort engagement physique, risque vital existant comme pour les pompiers, les militaires de carrière etc....).

·         De plus, certains métiers de la fonction publique sont très exposés aux foyers de maladie : personnels hospitaliers, enseignants, professionnels de la petite enfance, etc...

Bref, il faudrait affiner les statistiques pour être pertinent surtout à 2% près ….

 

3 La durée légale du travail n’est pas respectée dans les fonctions publiques ?

 

FAUX : La durée légale de travail est de 1 607 heures pour les salariés comme pour les fonctionnaires et les contractuels de la fonction publique.

Cette durée est réduite par les droits à REPOS tenant compte certaines contraintes de services :

·         36,7 % des agents de la fonction publique travaillent, le dimanche et les jours fériés fut-ce occasionnellement, contre 25,8 % dans le secteur privé,

·         17,5 % travaillent la nuit, contre 14,5 % dans le secteur privé.

·         La plupart des fonctions publiques ont des « comptes épargne temps » car souvent les heures supplémentaires effectuées ne peuvent être récupérées par manque de personnel pour les roulements : c’est le cas dans les hôpitaux, chez les policiers. Agora vox a eu de nombreux témoignages en ce sens.

·         Un certain nombre d’agents, dont les cadres encadrants, sont au forfait jours exactement comme dans le privé. Dans la réalité, ils travaillent souvent bien au-delà des 35 heures, sans être rémunérés pour autant en heures supplémentaires.

Ces rythmes de travail spécifiques sont la conséquence directe des obligations de service public et ne sont PAS compensés par une rémunération complémentaire comme dans le privé mais PAR UNE RECUPERATION des heures supplémentaires effectuées et le respect DU REPOS OBLIGATOIRE journalier et hebdomadaire, comme dans le privé.

Donc ce n’est pas parce que votre voisine, infirmière à l’hôpital est à la maison, qu’elle travaille moins que vous. Elle est en récupération d’un travail de nuit ou d’heures supplémentaires.

La différence avec le privé c’est qu’on ne peut pas dissimuler les heures supplémentaires dans le public en les payant sous forme de frais de déplacement, par exemple, ou en ne les payant carrément pas, ce que mes fonctions de conseillère prud’homale m’ont permis de constater dans le privé.

 

4 Le statut de fonctionnaire est obsolète ?

 

FAUX : il y a une double nécessité à ce statut

·         Ce statut a été conçu pour répondre aux besoins d’adaptation du service public et de déploiement des fonctionnaires sur tout le territoire.

La flexibilité est de règle dans la fonction publique  : récemment, 8 000 agents des administrations déconcentrées de l’État ont été concernés par une fusion des régions. Parmi eux, en à peine un an, 2 000 ont changé de fonction et 400 de lieu de travail, soit un total de 30 % des effectifs ce qui serait absolument impossible dans le privé.

Une telle rapidité d'évolution des fonctions et lieux de travail sur un aussi grand nombre d’agents n’est possible qu’en vertu du statut.

 Vous ne pouvez en aucun cas changer de fonction un salarié du privé sans son accord et finalement n'a-t-on pas dans le public la préfiguration des protections qui devraient exister dans le privé contre une flexibilité totale ? 

·         Ce statut, et notamment la garantie de l’emploi, sert aussi à protéger les fonctionnaires contre tous types de pressions.

L’indépendance des fonctionnaires permet l’égalité de traitement des citoyens. Cela ne concerne pas que les fonctions dites régaliennes (police, justice, impôts, etc.). Toute fonction de contrôle (exemple  : respect des normes, handicap), d’instruction (exemple  : permis de construire), de délivrance d’aides, d’accueil du public, etc. exige un traitement égal et donc l’indépendance de celui qui l’exerce.

Bref les fonctionnaires sont les garants de la bonne application des lois à la population et pour cela ils doivent pouvoir aller contre leur propre hiérarchie et contre les corrupteurs externes.

 

5-Les fonctionnaires ont la garantie de l’emploi à vie ?

 

VRAI pour les titulaires

FAUX pour les vacataires et ils sont très très nombreux susceptibles de perdre leur emploi du jour au lendemain avec le programme FILLON

·         Dans la fonction publique d’état vous aviez 375 652 contractuels en décembre 2014

·         Dans la fonction publique territoriale vous aviez : 364 199 contractuels en décembre 2014

·         Dans la fonction publique hospitalière vous aviez : 202 778 contractuels en décembre 2014

Personnellement sur 17 ans de fonction prud'homale j'ai vu des agents vacataires aux greffes .... Pendant 17 ans ! Une situation pareille aurait permis dans le privé la requalification des emplois en CDI.

 

6- Les fonctionnaires partent plus tôt en retraite ?

 

FAUX : cette situation a été rectifiée  par le rapprochement des règles entre les fonctionnaires et les salariés du privé, l’âge moyen de départ en retraite tend à être le même  : 61,1 ans dans la fonction publique d’État, 61,8 ans dans la territoriale, 59,8 dans l’hospitalière et 62,3 ans pour les salariés relevant du régime général.

Comme dans le privé, les départs en retraites anticipées sont liés à des compensations de la pénibilité des fonctions présentant une dangerosité ou une pénibilité particulière du fait des conditions de travail :

Le départ en retraite anticipée existe pour les sapeurs-pompiers professionnels , les militaires, les douanes ou les policiers, les gardiens de prison, les égoutiers, aides-soignants, …

Sont prises en compte les fatigues particulières qui pourraient affecter gravement la sécurité des populations si on n’en tenait pas compte. Il s’agit par exemple des contrôleurs aériens, où des métiers réglementés dans le privé comme dans le public comme les pilotes d’avions.

Dans le privé le compte pénibilité, inclus dans le compte personnel, d’activité permet également des départs en retraites anticipées.

Problème, Monsieur FILLON par exemple, souhaite supprimer cette disposition. 

L’équivalent du compte de pénibilité existe donc dans la fonction publique si votre affectation est classée sous la rubrique « CATÉGORIE ACTIVE » 

Donc si vous avez un voisin fonctionnaire qui part en retraite avant l’âge ordinaire demandez-lui, quel était son activité.

 

7- Les pensions de retraite des fonctionnaires sont plus intéressantes

 

FAUX en fait le taux de remplacement est équivalent que l’on soit dans le public ou le privé.

En effet, le taux de remplacement – rapport entre le montant de la première pension et le montant du dernier mois de la rémunération salariale – est de 72,1 % pour les fonctionnaires et 73,8 % pour les salariés du privé (personnes nées en 1946 ayant une carrière complète).

Pourquoi ce résultat alors même que les modalités de calcul semblent plus intéressantes   ? POUR DEUX RAISONS :

·         D’une part, parce que le calcul de la pension des fonctionnaires ne prend pas en compte les primes (plus de 22 % du traitement brut en moyenne) À noter  : les agents publics ne perçoivent aucune prime de départ à la retraite.

·         d’autre part, parce que les fonctionnaires n’ont pas de régime complémentaire à la différence des salariés du privé (Arrco-Agirc).

Les contractuels de la fonction publique relèvent du régime général (CARSAT) comme les salariés du privé et bénéficient d’une retraite complémentaire (Ircantec).

 

8- les agents publics sont mieux payés que salariés du privé

 

FAUX En moyenne, entre la fonction publique et le secteur privé, il n’y a pas de différence.

·         L’évolution salariale du point de la fonction publique est restée bloquée de 2010 à 2016

·         Les complémentaires de santé ne sont pas prise en charge par les employeurs du public alors que c’est devenu obligatoire dans le privé.

·         En fait, il y a de grands écarts salariaux entre les trois fonctions publiques ce qui rend toute comparaison avec le privé difficile, notamment parce que dans la fonction publique d’État, les fonctionnaires relèvent de la catégorie A CADRES pour plus de 55 % : il faudrait pouvoir comparer avec les entreprises du privé recrutant 55% de cadres…. Ce n’est pas aisé.

·         Inversement, dans la fonction publique territoriale les 3/4 des agents appartiennent à la catégorie C ouvriers.

Enfin le décile le MIEUX PAYES a un salaire 2.35 fois plus important dans la fonction publique que le décile le moins bien payé alors que pour le privé on frôle le coefficient 3 en moyenne et que les écarts peuvent être stratosphériques dans certaines entreprises au point de déclencher des scandales.

 

9 Les fonctionnaires sont moins bien payés MAIS ils sont TROP nombreux

 

FAUX : Cette idée est démentie par les données chiffrées publiées par plusieurs organismes (OCDE, Insee).

La France a 80 fonctionnaires pour 1000 habitants. Pour porter un jugement sur ce chiffre il faut rappeler que la France a une démographie territoriale particulière en Europe  : le pays est grand, la densité de population est peu élevée mais par contre n’y a pas de désert de population.

En conséquence, par souci d’un accès égal aux services publics sur tout le territoire on déploie ces services pour un nombre réduit de personnes : regarder le détail région par région est intéressant c’est ce travail qui a été fait par « l’internaute » . Par exemple en Rhône Alpes on est à 76.6 mais en Auvergne à 88.2.

C’est un choix politique qui justifie cette situation, mais le principe est actuellement, en France, que tout le monde accède facilement aux services publics et il faut reconnaître que chaque fois que l’on essaye de déplacer un service, il y a un lever de boucliers. Je me souviens notamment du lever de bouclier occasionné par le transfert du TGI de Bourgoin-Jallieu à Vienne ... par exemple. In fine le TGI est resté à Bourgoin-Jallieu.

Malgré ce problème territorial évident, la France ne s’en sort guère plus mal que les USA qui ont 70 fonctionnaires aux États-Unis pour 1000 habitants avec de grandes étendues désertiques et de grandes villes où la gestion administrative peut être centralisée.

De petits pays scandinaves sont aussi mieux dotés : il y a 145,4 fonctionnaires au Danemark pour 1000 habitants, 129,4 fonctionnaires en Finlande pour 1000 habitants.

En France, les fonctionnaires représentent environ 8 % de la population totale et 20 % de la population active parmi eux il y a beaucoup de contractuels en CDD.

Par ailleurs, au-delà des chiffres globaux, il faut aussi regarder la répartition des fonctionnaires entre les différentes fonctions publiques : Dans la fonction publique d’État, le nombre de fonctionnaires a diminué. Par effet de vases communicants, cette diminution a provoqué une augmentation dans les collectivités territoriales puisque les services assurés par l’Etat ont été transférés aux collectivités territoriales.

Le problème serait donc plus les modalités de décentralisation que le nombre de fonctionnaires.

A l’occasion de la présidentielle, il serait plus efficace de déterminer les SERVICES PUBLICS que nous voulons préserver, plutôt qu’essayer comme Monsieur FILLON d’élargir la base de son électorat sur la base d’un slogan, ou de rester dans une prudente réserve quant à l'évolution du nombre de fonctionnaires par type de fonction publique comme le fait Monsieur MACRON.

 

Je préfère personnellement un Monsieur DUPONT-AIGNAN pourtant très à droite et un Monsieur MELENCHON pourtant très à gauche qui ont tous deux un projet clair du rôle de la fonction publique et des services à renforcer. La flexibilité du service public que l'on a vu à l'oeuvre lors de la fusion des régions permettrait sans doute de doter les services prioritaires, moyennant renforcement de la formation continue.