Les « on est chez nous »

La question d’une montée des nationalismes, mâtinés de populisme xénophobe se pose de plus en plus en Europe, tout comme aux États-Unis d’Amérique et dans certains pays asiatiques. Ce phénomène se traduit par des votes très particuliers en faveur de personnages ou de partis politiques eux aussi bien particuliers. Tous ont en commun une même composante, si l’on se contente de cataloguer : l’extrême-droite. Malgré des divergences entre chaque pays — les cultures et l’histoire ne pouvant qu’être différentes — des constantes peuvent se dégager pour comprendre ce qu’est cette « extrême-droite » : rejet de l’étranger, volonté de repli sur soi, demande d’autorité, adhésion à une « culture » de la violence et du conflit, ostracisassion des minorités, désignation de coupables pour expliquer les problèmes de la société, mise en accusation des élites corrompues.

Bien entendu, l’étiquette politique ne résume pas tout, loin de là, et peut même dans  certains cas créer de la confusion, voire renforcer les mentalités en question : « être d’extrême-droite » n’est pas si simple, et vouloir taxer  des mouvements politiques hétéroclites sous un même label n’est peut-être pas une bonne idée. D’ailleurs, plus ce label est utilisé par ses détracteurs, plus « l’extrême-droite » progresse. En revanche, comprendre qui sont les gens qui votent et développent les idées de ce mouvement devenu partiellement mondial peut être intéressant. Pour mieux les combattre, si l’on pense bien entendu que leurs idées et la société qu’ils veulent construire est dangereuse, d’une intolérable médiocrité humaine, et ne peut que nous mener à vivre un cauchemar collectif fait d’intolérance, d’égoïsme, de fermeture, d’ignorance et de destruction des quelques règles humanistes issues de l’après seconde guerre mondiale. Celles d’après le nazisme.

« On est chez nous »

Ce slogan du « On est chez nous », qui parsème le film « Chez nous » (montrant le fonctionnement d’un parti d’extrême droite français similaire au Front national), est très intéressant pour mieux comprendre la montée de cette « nouvelle extrême-droite » mondiale, dont Donald Trump, au fond, est le chef charismatique et la quintessence même. Ce slogan — « On est chez nous » — représente en quatre mots l’essence même des mentalités qui agitent les urnes et les esprits, il synthétise le malaise profond qui agite ces « croyants en une nouvelle politique » qui ferait table rase de l’ancienne et leur redonnerait un pouvoir, une valeur, un rôle qu’ils pensent avoir perdu depuis des décennies. Le ralliement est simple, compréhensible, franc : « On est chez nous ». Ce « Nous » impliquant un « Eux ». L’ennemi de la communauté — communauté de ceux qui sont sur leur territoire, depuis toujours.

« Nous sommes solidaires, entre nous, nous avons la même vision, et elle est faite d’une appartenance à quelque chose qui nous relie » , tout en laissant entendre implicitement que d’autres « tentent de s’emparer de ce qui nous appartient« . Les « On est chez nous » revendiquent politiquement le droit à discriminer tout ce qui n’est pas de « chez eux » : du terroir, de l’enracinement, de la tradition, de l’histoire commune.

L’idée centrale des « On est chez nous » est simple à comprendre, et c’est bien pour cela qu’elle porte et séduit de plus en plus. Elle pourrait se traduire encore autrement ainsi : « Nous sommes en guerre, contre des phénomènes et des individus qui détruisent notre identité, nous ont fait plonger dans un no man’s land sociétal insupportable. Si nous défaisons l’ennemi, nous retrouverons notre identité et recréeront un territoire perdu qui nous redonnera un sens collectif, un « sens commun », un socle de valeurs à partager, un projet. »

Droits de l’Homme en pointe… jusqu’à la mondialisation

Le socle commun des grandes démocraties, ces pays industriels post-impérialistes qui ont déclenché la révolution industrielle entre le 18ème et le 19ème siècle, a été, depuis le grand chamboulement d’après 39-45, la déclaration des Droits de l’Homme. L’organisation mondiale censée faire respecter la paix mondiale et empêcher une nouvelle guerre équivalente à celle déclenchée par les nazis, l’ONU, a été au centre de cette préoccupation des Droits de l’Homme.

Avant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, n’importe quel pays pouvait faire subir ce qu’il ce qu’il voulait à n’importe quelle partie de sa population ou de populations colonisées, sans que personne ne s’en mêle ni ne s’en émeuve. On montrait des Africains dans des cages à l’exposition universelle, en France, par exemple. On tuait des milliers de maghrébins dans des territoires d’Afrique du Nord annexés par la force quand ils se rebellaient contre leur envahisseur.

Le choc du génocide, par l’internement et l’industrialisation du meurtre de masse de catégories de populations minoritaires (juifs, homosexuels, handicapés mentaux, tziganes) par le régime nazi, a forcé les grandes nations à un examen de conscience inédit. La décolonisation en est l’une des conséquences, la Charte Universelle des Droits de l’Homme en est une autre. Le monde capitaliste, industriel, post-impérialiste a semblé — durant une cinquantaine d’années — vouloir construire une politique mondiale « humaniste », cherchant à protéger les plus faibles, aider les opprimés, abolir les injustices. Avec de nombreux accrocs à ce « contrat moral » que l’ONU était censé faire respecter : guerre du Vietnam, coups d’états et mise en place de dictatures soutenues par les États-Unis en Amérique du Sud, essais nucléaires dans les colonies et ex-colonies françaises, torture de l’armée française en Algérie, répression des mouvements sociaux, soutiens militaires à des dictatures au Moyen-Orient, etc., etc.

Bien entendu, des avancées ont eu lieu grâce à la « politique mondiale des Droits de l’Homme » créée après-guerre. Les énoncer serait trop long, mais d’une manière générale, ces avancées ont toutes pour dénominateur commun des progrès sociaux, des droits nouveaux pour les plus « fragiles » ou les plus « faibles », une volonté de justice, « d’égalité », un refus de reproduire les anciens schémas basés sur une domination du plus fort sur le reste. Jusqu’à à la fin des années 90, cette idée de politique mondiale des Droits de l’Homme a été soutenue par les populations occidentales, avec des personnels politiques eux aussi plutôt engagés à la défendre. Mais la volonté d’une « pure politique de justice mondiale » n’est pas restée très longtemps l’unique préoccupation des grands décideurs de ce monde.

La mondialisation — des échanges via la financiarisation de l’économie et l’ouverture des marchés à la planète entière — a été instiguée et vendue comme le meilleur moyen de pouvoir aider les pays les plus pauvres, les ex-colonies en premier, leur permettre de pouvoir participer à la « grande fête des Droits de l’Homme ». Tout le monde allait pouvoir bénéficier de la richesse ainsi engendrée, et les Droits de l’Homme pourraient se réaliser vraiment, partout. Il n’en a rien été, et le problème crucial est que ceux qui ont défendu cette théorie ont parfaitement échoué : les Droits de l’Homme ont reculé, les injustices se sont creusées et la planète a été mise en coupe réglée par des puissances financières privées, d’une puissance jusque là inédite. C’est sur cette évidence que les penseurs des « On est chez nous » jouent à fond. Et remportent de plus en plus de victoire.

Bobos, droits de l’hommistes, gauchos, cocos et socialos : même combat

Si l’on pense que la société va mal, parce que plus rien ne semble fonctionner normalement, que les injustices explosent et que ceux censés l’améliorer sont des « vendus » qui pensent avant tout à profiter du vote des électeurs pour conserver une place enviable et servir les intérêts des puissances industrielles, de la finance, il est possible d’adhérer à la pensée du « On est chez nous ».

En effet, le moteur des « On est chez nous » est la haine de ceux qui se sont engraissés sur le dos du plus grand nombre, ont vendu le pays et ses intérêts à la mondialisation, pour faire court. Vendu à une forme de « droit de l’hommisme » favorisant l’arrivée d’étrangers seulement intéressés par nos avantages sociaux et venant imposer leur propre culture, forcément néfaste et incompatible avec la « nôtre ». Toute cette opération, selon les « On est chez nous », a été poussée par les bobos-socialos-cocos-droits-de-l’ hommistes qui ont — par leur idéologie laxiste et dégoulinante de bons sentiments hypocrites — permis la ruine du pays, tant dans la permissivité économique, que sociale, éducative, migratoire. Tout en profitant, pour la partie socialo-bobo, des changements que cette mondialisation créait. Particulièrement en termes de progression économico-sociale.

 

Cette vision du monde, qui amalgame Droits de l’Homme, donc humanisme et progrès sociaux, avec mondialisation des échanges, perte de souveraineté, désindustrialisation et recul de puissance, est théorisée depuis plusieurs années par Marine Le Pen et son acolyte de Sciences-Po : Florian Philippot.

Généraliser la fête du cochon, une ambition politique à la portée du numéro 2 du parti des « On est chez nous » ? Un parti qui a compris qu’en promettant « du boudin pour tous », les choses iraient nettement mieux.

L’Europe libérale — au sens de la dérégulation économique et de la libre circulation des flux commerciaux et bancaires — est bien entendu une cible idéale pour les penseurs du « On est chez nous », qui n’ont pas beaucoup de mal à démontrer toute la perversité de cette Union Européenne qui écrase de sa toute-puissance bureaucratique toute possibilité d’une politique autre que celle qui s’impose par ses traités. Une toute puissance — particulièrement depuis la crise de 2008 et le TSCG de 2012 — qui va jusqu’à contrôler les budgets des états, indiquer et surveiller leurs réformes.

Ceux qui aimeraient défendre l’Union Européenne aujourd’hui ont beaucoup de mal, tout comme ceux qui voudraient défendre les bienfaits de la mondialisation : la catastrophe bancaire, financière, économique qui perdure depuis 2008 est le fruit de la grande dérégulation globale portée par les chantres de la mondialisation. L’Europe ne défend plus rien d’autre qu’une orthodoxie économique soufflée par les banques internationales et l’Allemagne, pour qui cette voie reste la plus favorable à son économie. Même si d’un point de vue social tout ça commence à pas mal se craqueler.

Les « gauchos » sont donc bien embarrassés, enfin ceux qui ont soutenu la mondialisation, l’Europe, et toutes ces choses censées à l’origine faire « un monde meilleur et plus ouvert, où la majorité y gagnerait ». Les « socialos » en tête, avec pour une bonne part d’entre eux la partie « bobos progressistes », riches et bien-portants défenseurs des immigrés, mais ayant racheté des quartiers entiers de Paris d’où ces mêmes immigrés ont été évacués.

Fantasme fascisant à l’épreuve d’une trahison envers les peuples

La réalité socio-politique actuelle — qu’elle soit française ou européenne, et partiellement mondiale — peut se résumer à un constat, plutôt sombre et inquiétant : les « On est chez nous » sont de plus en plus nombreux. Le « on a tout essayé » (chez les électeurs potentiels des partis à base de « On est chez nous ») est aussi une phrase qui revient souvent, et elle résume très bien la situation. Celle de la trahison politique — débutée il y a 20 ans, pour simplifier. Trahison envers les peuples, à qui les élites au pouvoir ont promis des lendemains qui chantent en dérégulant toute l’économie mondiale et en permettant une circulation libre et sans entraves des biens et des services.

Les lendemains ont déchanté, et ce ne sont pas les statistiques de la Banque Mondiale laissant entendre que la pauvreté a reculé parce que les Africains ont désormais deux ou trois dollars par jour vivre au lieu d’un, qui permettront de faire avaler la couleuvre d’un monde amélioré par cette politique orchestrée via l’OMC, le FMI, l’UE et les différentes administrations des plus grandes nations capitalistes de la planète.

Sachant que les politiciens socio-démocrates qui ont promis, pour être élus, de se préoccuper de progrès social et de protection des travailleurs les plus fragiles, ont fait exactement l’inverse au point d’accompagner la destruction des droits sociaux tout en « libérant les énergies » des multinationales. Il est ainsi assez simple de comprendre le désarroi et la confusion qui s’opère dans les cerveaux des électeurs. Confusion qui mène à une certaine rage. Avec, comme il est normal en politique, l’apparition d’un fantasme. Puisque voter pour quelqu’un qui fera exactement la même chose que tous ceux qui ont été portés au pouvoir depuis 20 ans n’est plus acceptable pour tous ceux qui sont arrivés au constat d’échec des démocraties des Droits de l’Homme.

Ce fantasme est fascisant, logiquement fascisant, puisque le fascisme se nourrit toujours de vengeance, a besoin de victimes et de bourreaux, de traîtres et de trahis pour exister. Si de l’autre côté de l’échiquier politique, chez les « insoumis », le constat d’échec est le même, les propositions sont-elles pourtant antinomiques. Mais visiblement quelque chose n’a pas pris, puisque les élections des 5 dernières années n’ont pas été concluantes de leur côté.

Il est sûrement plus simple de crier un slogan de quatre mots, amalgamer tous les phénomènes et pointer des boucs-émissaires, minoritaires et fragiles ou non, plutôt qu’autre chose. Ce que font les « On est chez nous ». Mais le grand problème reste : qui est en mesure de leur faire comprendre que si une part de leurs constats sont « justes » (la partie économique), les réponses qu’ils veulent apporter sont parfaitement nulles, non-avenues, dangereuses et accentueront encore plus le malaise actuel ? Certainement pas le téléviseur sur le buffet, avec ses boucles récursives mentales.

En conclusion, si l’on peut savoir « pourquoi les « On est chez nous » ? — savoir comment les transformer en « Bienvenue chez nous » est nettement moins évident. Peut-être parce que plus personne n’y croit ?

Ou n’a envie ?

Photo: Illustration issue d’une recherche ayant pour mots-clés « Florian Philippot Winnie l’ourson ». Sont-ce les fameux envahisseurs étrangers dénoncés par le parti de Philippot, qui apparaissent sur cette photo ?

 

Source: https://reflets.info/societe-pourquoi-les-on-est-chez-nous/

Fillon…filou

François Filon avant un discours devant l'Assemblée des départements de France, le 8 mars 2017. ((Eric FEFERBERG / AFP))

La tempête semble s'être calmée. François Fillon peut souffler. Le candidat de la droite décomplexée va enfin pouvoir parler de son programme : sa saignée chez les fonctionnaires, sa vision de l'assurance maladie, l'instauration du roman national dans les programmes scolaires... 

L'ancien Premier ministre a réussi à contrer la dernière crise avec sa famille politique. Depuis 40 jours, et le début du Fillongate, le député de Paris est en campagne pour... rester candidat à l'élection présidentielle. 

Les beaux jours vont-ils venir dans le camp Fillon ? En a-t-il terminé avec les turbulences des soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié sa famille ? Pas vraiment. Voire pas du tout.

1Une date fatidique

Il y a une date que François Fillon a déjà cochée dans son agenda : celle du 15 mars. Ce jour-là, le candidat sera convoqué par les juges en charge de l'enquête sur les emplois présumés fictifs de son épouse, Penelope Fillon. C'est d'ailleurs l'ancien Premier ministre lui-même qui l'a annoncé lors d'une conférence de presse, mercredi 1er mars, après avoir reporté sa visite au Salon de l'agriculture.

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"Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars pour être mis en examen."

En réalité, rien n'oblige les trois juges en charge du dossier à mettre en examen le candidat de la droite. Mais s'ils le font, c'est une nouvelle déflagration qui touchera un François Fillon fragilisé. Comme il l'a répété depuis le 1er mars, le candidat sera alors obligé de renier de fait sa promesse de renoncer à sa candidature s'il était mis en examen.

C'est ce renoncement, et son discours populiste et complotiste, qui avait provoqué les défections en série dans l'équipe de François Fillon et au sein de sa propre famille politique. 

2. Les autres affaires qui le menacent

Il n'y a pas que l'affaire des emplois présumés fictifs de Penelope Fillon dans la vie du candidat. D'autres affaires viennent polluer une campagne qui n'en est plus une :

  • Il est accusé de conflits d'intérêts à cause de ses liens avec Axa. Pourquoi ? François Fillon, qui comptait Axa parmi les clients de son cabinet 2F Conseil, aurait reçu 200.000 euros du géant de l'assurance... dont l'ancien PDG, Henri de Castries, est aujourd'hui favori pour un poste de ministre, celui de l'Economie, et aussi un proche du candidat.
  • L'enquête a été étendue aux deux enfants du couple Fillon, soupçonnés comme leur mère d’emplois fictifs. Selon "le Canard enchaîné", les enfants Fillon auraient touché à eux deux 83.735 euros de salaire comme attachés parlementaires. Or ils n'étaient pas encore diplômés.
  • C'est la dernière casserole en date : François Fillon a obtenu du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière un prêt de 50.000 euros en 2013, sans intérêts et non déclaré, révèle "le Canard enchaîné". Un nouvel élément qui pose d'autant plus problème que la société de conseil de François Fillon était alors sous contrat avec Fimalac, la holding de Marc Ladreit de Lacharrière, également propriétaire de "la Revue des deux mondes" qui employait alors (à prix d'or) Penelope Fillon.

3. Une famille fracturée

Au plus fort de la crise, ils étaient 306 à avoir lâché François Fillon. Ces élus venaient de toute les factions du parti Les Républicains : les juppéistes, les lemairistes, le peu de copéistes, des proches de Nathalie Kosciusko-Morizet, et même des sarkozystes. Aujourd'hui, certains reviennent au bercail. D'autres ont tout simplement décidé de ne plus faire campagne pour François Fillon.

Ces 40 jours et plus de crise auront montré à quel point la droite est aujourd'hui fracturée. Un coup de vent, et c'est l'hypothèse d'un plan B qui resurgit à chaque fois. Si Alain Juppé, avec des mots très durs contre François Fillon l'obstiné, a renoncé une bonne fois pour toutes, d'autres noms circulent toujours "au cas où" : François Baroin ou encore Gérard Larcher.

Le jusqu'au-boutiste François Fillon a réussi à arracher le soutien inattendu des ténors de la droite, décidé lundi soir lors d'un étonnant comité politique. Des élus sarkozystes, réunis autour de l'ex-chef de l'Etat, avaient fait savoir qu'ils demanderaient au candidat de "prendre ses responsabilités" et de choisir lui-même "un successeur" à sa candidature. Las, l'ancien Premier ministre est parvenu à écarter toute idée de retrait.

Chez les centristes de l'UDI, c'était même la candidature de Jean-Louis Borloo qui était revenue sur le tapis. Fidèle allié de la droite, le parti avait décidé vendredi 3 mars, alors que les défections se multipliaient autour du candidat, de retirer son soutien au Sarthois.

A l'issue d'un bureau politique exceptionnel, mardi soir, la formation a tenté de sauver les apparences. Selon la motion votée (à 48 voix contre 10), l'UDI s'est dite "en attente" des "initiatives" annoncées par le candidat, mais a validé l'accord électoral avec LR sur les investitures.

François Fillon a donc réussi à éviter les putschs et à colmater la façade fissurée de la droite. Jusqu'au prochain coup de tonnerre ?

4Une équipe de campagne décimée

Ce départ fut un électrochoc. Samedi 4 mars, ce qu'il reste de l'équipe de François Fillon annonce que Patrick Stefanini, son directeur de campagne, a envoyé vendredi matin sa lettre de démission au candidat de la droite. L'artisan de la victoire du candidat conservateur à la primaire déclare quelques jours plus tard sur Europe 1 :

"Quand vous êtes directeur de campagne, vous ne pouvez pas vous permettre d'avoir des doutes."

Selon Patrick Stefanini, qui explique avoir fait du rassemblement de la droite la ligne directrice de sa campagne pour Fillon, la "volonté d'incarner l'union de la droite et du centre s'est progressivement, sinon désintégrée, en tout cas sérieusement affaiblie".

Cette démission fait suite à l'hémorragie de défections qui a touché l'équipe de Fillon : des cadres essentiels au bon fonctionnement de la campagne. 

Avant Patrick Stefanini, ce sont Thierry Solère, unique porte-parole, Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d'Alain Juppé et trésorier de la campagne de Fillon, et Sébastien Lecornu, directeur-adjoint, qui avaient jeté l'éponge. 

Aujourd'hui, le candidat de la droite est en train de mettre sur pied son "équipe de combat" pour affronter les dernières semaines avant le premier tour. Il a un nouveau directeur de campagne, un filloniste de la première heure, en la personne de Vincent Chriqui. Et selon "l'Opinion", François Baroin, Laurent Wauquiez, Luc Chatel, Eric Ciotti et Christian Jacob pourraient intégrer l'équipe de campagne.

5. Des sondages perturbants : vers l'élimination ?

Il ne les lit pas. Il ne les croit pas. Il n'en fait pas tout un plat. François Fillon et les sondages ? Une histoire de déjà-vu pour le candidat de la droite : aucun institut n'avait pu prédire son succès à la primaire de la droite et du centre.

Pourtant, aujourd'hui, il y a des signaux inquiétants. Selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV et "l'Express", publié mardi, François Fillon est aujourd'hui relégué à la troisième place - il serait éliminé dès le premier tour de l'élection présidentielle.

Avec 26% d'intentions de vote, la présidente du Front national est donc talonnée par l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, crédité de 25,5%, mais la dynamique est en faveur de ce dernier qui a gagné 7 points dans ce baromètre en deux semaines.

Avec 19% d'intentions de vote, un score stable, François Fillon est désormais distancé. Néanmoins le candidat de la droite et du centre a enrayé, au moins momentanément, sa baisse dans les enquêtes d'opinions.

 

Le candidat, accusé par Alain Juppé et le centriste Jean-Christophe Lagarde d'avoir radicalisé sa campagne, va devoir s'efforcer de reconstituer les pièces dispersées du puzzle de la droite et du centre. Comprendre : on ne gagne pas une élection seulement avec Sens commun, l'émanation politique de la Manif pour tous.

Cinquième république

 

piège à con

De plus en plus, des voix s'élèvent pour dire que l'on vole le débat présidentiel aux citoyens en focalisant l'information autour de l'affaire Fillion. Parti de son épouse en passant par ses enfants, nous en sommes à ses costumes et une fois la veste tombée, quel sera le choix médiatique, à moins que, demain lui, ne décide de lever le bas et tourner le dos à ses détracteurs. Il reste évident que lui-même a contribué à donner l'image de probité que souhaitaient ses sympathisants et plus généralement les citoyens après les nombreuses affaires qui ont émaillé la vie de l'UMP et les élections de Sarkozy en 2012. A ce jour nous ne savons pas s'il est coupable, mais déjà l'opinion publique l'a condamné par l’intermédiaire du tribunal médiatique interposé, devenu la justice populaire, fait de ragots de rumeurs et de curée. Puis l'on sera étonné que la justice ait été retirée au peuple même si les magistrats la rendent en leur nom et que l'on ait fini par mettre un recours en appel aux assises. Ainsi, Fillon a fait l'actualité à son corps défendant s'il a été honnête, ce que dira la justice. Je ne vais pas être hypocrite et reconnaitre que dans la course à la présidentielle je suis bien content de ce fâcheux avatar qui l'élimine de l'Élysée.

Les médias sont culottés.

Mais qui a donc rebondi durant toutes ces semaines sur ce fait divers dont l'importance ne tient qu'à la situation électorale, si ce ne sont les médias, dont l'écho se propage sur le Net. Ensuite les mêmes, depuis quelques temps se plaignent que le débat politique est étouffé, ils ne manquent pas de culot. Les médias sont devenus des croques morts, ils s'étendent en permanence sur les drames bien au-delà de ce que nécessite une information des risques de notre existence. Cela plait à une majorité de citoyens et nos enfants sont élevés dans une culture dramatique comme en témoigne tous les jeux vidéo, les filmographies et les séries télévisées. Si la mort est une préoccupation essentielle humaine, ce qui constitue notre existence c'est l'espérance d'y arriver en bonne santé et heureux. Pour ce faire nous développons des idéaux politiques, certes qui opposent les hommes souvent « meurtriérement  », ce qui emporte d'attacher de l'importance de débattre dans la perspective de la paix.  Or, régulièrement les médias depuis les années 1990 amenuisent le temps qu'ils y consacrent au débat et les citoyens se gargarisent des déboires qui leur sont présentés, surdimensionnés et instrumentalisés par la plupart hommes politiques eux-mêmes, des partis de gouvernement ou d'extrême droite qui n'ont aucun projet, si ce n'est, de perpétuer la compétition « meurtrière » économique.

Le cas Macron.

Actuellement cela évite de s'interroger sur l'événement que représente Macron, certains parlent de renouveau politique, certainement histoire de ce foutre de la gueule du monde, pour ne pas dire qu'ils sont incompétents. L'interrogation que cette candidature soulève, en dehors du fait que comme tous citoyens il peut être candidat, c'est qu'il atteigne autant d'intention de vote pour une première présentation. Si l'on refait l'histoire, Hollande a été élu par rejet de Sarkozy et sur son quinquennat Hollande est dans les pâquerettes. Il semblerait que les nostalgiques de ce quinquennat se retrouvent derrière Macron. Sa candidature laisse penser qu'en l'absence de Hollande, comme candidat assuré d'être éliminé compte tenu du rejet qu'il a inspiré, des gens bien intentionnés, qui n'ont pas eu à se plaindre de sa mandature, patronat et financiers, aient poussé Macron vers la présidentielle comme digne successeur de Hollande bien avant que celui-ci ne fasse connaitre sa position. Effectivement Macron annonce sa candidature le 16 novembre et le 1 décembre 2016 Hollande renonce, sachant que dans ce milieu rien ne se décide du jour au lendemain et que le départ de Macron n'a pas fait de vague, hormis quelques remarques désagréables de Cambadélis. Il a été assez intelligent pour s'exclure lui-même du PS pour ne pas participer au primaire dans lesquelles il aurait été éliminé. De ce seul fait il est un candidat qui s'affirme sans aucune idéologie et d'expérience, tous ceux qui se sont toujours affirmés sans idéologie étaient des gens qui votaient à droite. Pour s'en assurer, tant son action au sein du gouvernement que le programme qu'il présente en ont la teneur. Il ne rompt ni avec la loi du marché ni avec le système et les mesures sociales ne sont que des plâtres qui vont couter au plus pauvre via la TVA et la CSG.

Le même sort que les autres.

Dans ce cadre Macron s'il est élu fera comme tous les présidents qui sont entrés dans le système depuis 1984, au bout de six mois à deux ans ils se sont rendu compte qu'ils ne pouvaient pas tenir leurs promesses. La cause en est simple les citoyens ont abandonné leur pouvoir régalien d'émettre de la monnaie en le transférant aux banques, tant est si bien, que pour en disposer ils doivent payer des intérêts alors qu'ils pouvaient l'avoir gratuitement. Secondement presque unanimement tous les citoyens se plaignent de payer des impôts et des taxes pour alimenter le budget de l'état. En clair ils attendent de l'état des services et leur refusent leurs financements. Tous ceux qui resteront dans ce schéma vous diront, pour vivre (développer l'emploi) il vous faut aller chercher l'argent des riches et leur payer des intérêts. Je n'ai pas à vous faire un dessin pour savoir ce que cela donne, car nous le vivons. Les riches s'enrichissent toujours plus et la dette publique croît.

Chut.

Alors, comment se fait-il que Macron en cet instant soit en position d'être au deuxième tour et forcément élu dans le cadre du rejet du FN avec qui il partagera la compétition ? Actuellement la côte de Hollande est de 22 %, 20 % de satisfait et 2 % de très satisfait. Si Macron est son digne successeur il bénéficie déjà d'une adhésion de 22 % puisque nous le savons Hamon est l'avatar de la primaire socialiste, désigné par les sympathisants et non par l'appareil PS. C'est donc en supplément qu'il reçoit les intentions du ralliement de Bayrou pour atteindre les 25 %, ça coule de source et bien non. Curieusement seulement 33 % d'entre eux sont certains de voter Macron selon le Cevipof, mais chut il ne faut pas le colporter. Toutefois 77 % se disent mécontents du chef de l'état et donc à ce jour aucun de ceux représentant ce mécontentement ne seront en passe d'être élu, cinquième république piège à con.

 

La cinquième république était faite pour assurer une stabilité gouvernementale, or celui qui sera élu sera minoritaire s'il ne rallie pas sur son programme, mais sur le rejet, comme les deux précédents président. A quand la sixième république ?

Choisir entre vote utile ou votes inutiles…

 

Ils font tous la roue pour tenter de nous séduire. Pourtant, sans s’illusionner de trop, ce petit bulletin de vote est une arme. C’est même notre seule arme. Et elle peut être efficace. Voyons les forces en présence, en faisant abstraction des candidatures dites « de témoignage ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le crincrin sondagier nous serine depuis des mois que la ci-devant Le Pen serait qualifiée d’office. C’est quasiment un dogme. Bof. Elle plafonne autour de 25 % dans les sondages. C’est son score aux dernières élections européennes. Mais avec une abstention de 56 % ! Donc son score réel est du quart des 44 % des votants, soit autour de 11 %. C’est la jauge historique de l’extrême droite en France. On reste loin des 50 % plus une voix nécessaire pour être présidente. Le risque qu’elle soit élue au premier tour est donc nul. Et au second tour, elle sera toujours battue. Donc vote non seulement inutile mais nuisible.

Fillon, même pas la peine d’en parler, il est cuit. Son avenir est tout tracé : ouvrir une quincaillerie en association avec son « collaborateur » Sarko, où ils pourront vendre leurs casseroles. Les voix qu’il récupérera sont des voix inutiles. Si, utile quelque part puisque c’est autant qui n’iront pas sur la ci-devant Le Pen.

Hamon, son programme séduisant du départ subit le rabotage « pragmatique » imposé par son parti. Parce qu’il doit bien passer par là. Son grand raout d’hier est à la fois encourageant et rageant car il montre qu’il y a encore un peuple de gauche. Mais il n’a aucune chance d’être au qualifié pour la finale. Donc vote inutile.

Macron est le plan B du patronat, le candidat des banques, des assurances, de l’Europe ultralibérale. Il cherche son électorat tant à droiche qu’à gaute. C’est le vote utile si l’on veut que rien ne change sinon quelques têtes.

Mélenchon est donc le seul qui porte un espoir réel. Mais voter pour lui est là encore un vote inutile car il ne sera jamais qualifié pour le tour décisif.

Tout électeur de sensibilité de gauche ne peut qu’avoir les boules parce notre camp va rater une occasion historique de donner enfin à la Gauche vraie l’occasion de conquérir le pouvoir et de faire ses preuves.

Mélenchamon comme Hamolanchon – bref la gauche unie - c’est la seconde place quasiment assurée au premier tour. Pourtant pas obligatoirement la victoire au second. Un tel alignement des planètes ne se présentera pas de sitôt : un FN fort mais loin d’être triomphant, avec un programme catastrophique, une droite désarçonnée par les affaires d’un candidat déprécié et un centre qui pompe les voix de droite. Pour gagner, il faut être autour de 25 %, comme Macron-Bayrou, comme Le Pen. Ce qui est le cas en unissant les efforts des deux candidats de gauche. Tout le reste n’est que baratin inutile.

Malgré leurs discours enflammés, malgré les déplacements de foule, désunis Hamon comme Mélenchon vont patauger autour de 12 à 13 % chacun. Sans aucune chance d’être au second tour, entraînant ainsi la France de gauche, qui existe encore, dans la désespérance de longues années sous la gouvernante de la droite la plus bornée, voire sous le joug du parti fasciste.

On sera à la Pen ou on mangera de la Macronade…

Fort indigeste tout ça.

 

Révélations du dernier quart d’heure de la guerre en Syrie : Ben Salmane et Netanyahu dirigent ouvertement le Front al-Nosra…

D’une manière générale, l’opinion publique occidentale sait qu’il y a mensonge sur la Syrie, mais ne connaît pas la vérité. [Dr Bachar al-Assad, Président de la République arabe syrienne, ce 20 mars 2017 aux médias russes]

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Le 14 mars courant, Donald Trump recevait le vice-prince héritier saoudien Mohamad ben Salmane à Washington. Le lendemain Damas était frappée par deux attentats terroristes extrêmement meurtriers à moins de deux heures d’intervalle, l’un en son palais de justice à une heure de grande affluence, l’autre dans un restaurant populaire très fréquenté dans l’ouest de la ville. Inutile de nous interroger, une fois de plus, sur l’émotion débordante d’indifférence des médias humanitaires occidentaux.

Au même moment se tenait la troisième session des pourparlers d’Astana, boycottée par les chefs des factions armées de ladite opposition syrienne modérée, présents lors des deux sessions précédentes et dont le garant est la Turquie selon l’accord tripartite conclu entre la Russie, l’Iran et la Turquie, lequel accord a abouti au plan de cessation des hostilités entré en vigueur le 29 décembre 2016 à minuit et adopté à l’unanimité par le Conseil de Sécurité sous la résolution 2336 du 31 décembre 2016.

Le 16 mars 2017, M. Nasser Kandil commentait ces événements par une brève prémonitoire. [NdT] :

·         La coïncidence de la visite de Mohamad ben Salmane à Washington avec les déflagrations meurtrières à Damas, la tenue des pourparlers d’Astana 3 en l’absence des chefs des factions militaires et les déclarations russes parlant de parties étrangères les influençant parce qu’elles ne veulent pas régler la crise syrienne, n’est pas fortuite.

·         Le ressentiment saoudien devant la monopolisation des groupes armés par le gouvernement turc de Erdogan, l’Arabie Saoudite étant reléguée au rôle de financier et de conseiller, s’ajoute au fait que la Turquie n’est plus intéressante comme alliée depuis le désaccord américano-turc sur la guerre en Syrie et son exploitation de toutes les cartes, à son seul profit, dans le but de se débarrasser des Kurdes, au point d’oser conclure un accord tripartite avec Moscou et Téhéran.

·         En revanche, pour Riyad, l’alliance avec Israël présente l’avantage de proposer à Washington la séparation de la guerre entre le sud et le nord de la Syrie, étant donné que la priorité de cibler l’Axe de la Résistance et l’Armée syrienne, à la fois, répond à la volonté de Donald Trump d’« interdire toute influence iranienne » dans la région.

·         Ben Salmane s’est donc rendu à Washington emportant dans ses bagages ses lettres de créance trempées dans le sang des Syriens suite aux attentats terroristes à Damas, ainsi que la nouvelle du boycottage d’Astana 3 par les factions armées terroristes, pour dire que la priorité en Syrie se situe au sud et n’appartient plus aux Turcs.

·         D’où sa proposition à Trump de se contenter d’ententes concernant la sécurité avec les Russes et de ne surtout pas s’impliquer dans le règlement politique global de la crise syrienne.

·         Le projet de Ben Salmane proposé à Washington se résume donc à dire : « La guerre au nord de la Syrie contre Daech est votre affaire, la guerre au sud de la Syrie contre l’Axe de la résistance est notre affaire et la vôtre ».

Et voilà que le 17 mars un communiqué du Haut commandement des forces armées syriennes faisait savoir qu’alors que l’Armée syrienne poursuivait son offensive contre Daech à l’est de Palmyre :

·         Quatre chasseurs israéliens ont pénétré l’espace aérien syrien vers 02H40 dans la région d’Al-Breij, via le territoire libanais, et ont ciblé une position de l’Armée syrienne en direction de Palmyre à l’ouest de Homs.

·         Notre DCA a riposté et a abattu l’un des avions à l’intérieur des territoires occupés, a touché un deuxième avion et a obligé le reste à prendre la fuite.

·         Cette agression flagrante de l’ennemi sioniste est venue pour continuer à soutenir les gangs terroristes de Daech, tenter désespérément de remonter leur moral effondré, et brouiller les victoires de l’Armée arabe syrienne face aux organisations terroristes.

·         Le Haut commandement de notre Armée est déterminé à contrer toute tentative d’agression sioniste sur n’importe quelle partie du territoire de la République arabe syrienne et y répondra directement par tous les moyens possibles.

Le gouvernement israélien a nié ces faits, mais la réaction de son ministre de la Défense Avigdor Lieberman, deux jours plus tard, suggère le contraire à nombre d’analystes dont M. Nasser Kandil, lequel revient sur cet évènement largement commenté par les médias amis et ennemis, en faisant cependant le lien avec l’attaque massive de plusieurs factions inféodées à Al-Nosra [alias Fateh al-Cham / Tahrir al-Cham] ce 19 mars, attaque stoppée par l’Armée syrienne avec des centaines de terroristes encerclés dans les quartiers périphériques de Jobar, Qaboun et Douma :

Tout au long de ces six dernières années, les Turcs ont été les plus présents sur la scène syrienne parmi les États coalisés contre la Syrie derrière des façades qui se sont écroulées l’une après l’autre pour finir par révéler, en ce dernier quart d’heure de la guerre, les véritables visages de ses commanditaires.

En effet, l’allié américain qui avait retiré sa flotte de Méditerranée afin d’éviter de s’engouffrer dans une guerre sans trop savoir comment la terminer [référence à la fameuse nuit du 30 août 2013, NdT], n’est réapparu sur la scène syrienne qu’une fois que la « Guerre contre le terrorisme » est devenue une couverture commode lui réservant un rôle « calculé » aussi bien dans l’escalade guerrière que dans les éventuelles solutions ou ajustements politiques. Ce faisant, il a laissé le soin de mener cette guerre à ses alliés israéliens et saoudiens conformément à l’équation mettant en jeu leur propre survie, ainsi qu’à l’allié turc jouant sur toutes les cordes à la fois. Se dissimulant ainsi derrière le masque du trio israélo-saoudo-turc, il comptait s’approprier le solde positif des trois comparses, le solde négatif revenant sur le compte de chacun d’entre eux.

Quant au trio israélo-saoudo-turc qui a importé les deux versions de l’organisation Al-Qaïda en Syrie [Daech et Al-Nosra, Ndt], les a distribuées sur tous les fronts, les a financées, armées et dirigées, il s’est dissimulé derrière le masque de l’organisation Al-Qaïda, qu’il a elle-même dissimulée derrière le masque de ladite opposition syrienne. Ceci, en sachant parfaitement que la carte d’Al-Qaïda est inexploitable politiquement et que l’organisation terroriste peut se retourner contre lui, mais c’était son seul atout sur le terrain, vu que la médiocre opposition syrienne est incapable de tenir, ne serait-ce qu’une heure, face à l’Armée syrienne et ses alliés.

L’un des signaux indicateurs de l’entrée dans ce dernier quart d’heure de la guerre est l’implication directe des « grands joueurs », parce que les masques sont épuisés, qu’il n’y a plus de place à l’erreur et qu’il n’est plus possible de parier sur les petits joueurs devant l’énormité des enjeux.

En effet, voici qu’Al-Qaïda se bat ouvertement sur le terrain sans plus se dissimuler derrière une prétendue opposition ; voici que le Front al-Nosra et Faylaq al-Rahman annoncent par communiqués officiels leurs attaques sur Daraa, Al-Qaboun et Jobar à Damas; et voici qu’Israël mènent tout aussi ouvertement son raid aérien sur des positions de l’Armée syrienne et de ses alliés à l’est de Palmyre sous le prétexte, prouvé mensonger, de détruire des convois de missiles destinés au Hezbollah.

 

En réalité, l’intervention militaire israélienne cherche à empêcher l’Armée syrienne de tenir la rive sud de l’Euphrate, alors que sa rive nord est à moitié tenue par Daech, lequel tente d’envahir son autre moitié en devançant les Kurdes et l’Armée syrienne du côté de Hassaké et de Deir ez-Zor.

En clair, l’objectif des Israéliens est de retarder l’avancée de l’Armée syrienne vers l’Euphrate, afin que des groupes armés de l’opposition [regroupés au sein de ladite « nouvelle armée syrienne », Ndt], qu’ils ont entraînés à cet effet, puissent atteindre la rive sud du fleuve après avoir franchi les frontières jordanienne et syro-irakienne ; lesquels groupes, déjà utilisés par les Américains dans les batailles d’Al-Tanaf à la frontière syro-irakienne, avaient échoué. Dans ce cas, ils sont supposés traverser le désert syrien jusqu’à l’Euphrate pour être rejoints par les Kurdes descendus de Hassaké, quand les Américains en donneront l’ordre.

C’est ainsi qu’ils espèrent couper la route de Deir ez-zor à l’Armée syrienne par l’introduction de groupes armés dirigés par les Américains et les Israéliens et, du même coup, rompre l’équation du triangle qu’elle a sécurisé entre Tadef [ville du nord de la Syrie située au sud d’Al-Bab, reprise à Daech le 26 février 2017 ; NdT], Palmyre et Deir ez-Zor.

L’échec du raid israélien en raison de la réponse foudroyante syrienne -laquelle a amené la confrontation à un niveau « stratégique » nettement supérieur aux prévisions du gouvernement de Benjamin Netanyahou- et la réaction russe consécutive à ce raid, ont restreint les choix des manœuvres israéliennes, élevé le niveau du défi, et mis la relation américano-russe à l’épreuve dans une situation ôtant toute chance d’un rôle israélien futur dans l’espace aérien syrien.

Car ce sont les Américains qui ont autorisé les Israéliens à mener ce raid et leur ont remis les clés de l’espace aérien syrien en leur permettant de voler dans le sillage de leurs avions au moment où ils menaient, eux-mêmes, un raid aérien sur des positions d’Al-Qaïda à l’ouest d’Alep [Autrement dit, ils ont profité de l’autorisation de survol du territoire syrien accordée par les russes aux avions américains du fait de la coordination établie pour éviter tout risque de collision aérienne ; NdT].

Le résultat est que cette manœuvre américano-israélienne censée rendre un service tactique aux Israéliens afin qu’ils puissent compter dans l’équation syrienne risque de les en écarter.

D’où la nécessité pour les Saoudiens de sauver la mise par l’intermédiaire du Front al-Nosra qui a donc intensifié ses attaques terroristes sur Damas, afin d’éviter que les Israéliens ne soient tentés de reculer et, surtout, convaincre les Américains qu’ils sont encore capables de modifier les équations en complément des actions menées par l’associé israélien.

Par conséquent, les Américains devraient accorder du temps au duo israélo-saoudien afin qu’il puisse mener la guerre du sud syrien, contre l’État syrien et ses alliés, loin de toute équation impliquant la coopération des Russes ou des équations impliquant l’accord ou le désaccord avec les Turcs dans le nord de la Syrie.

D’ailleurs, les principaux médias saoudiens ainsi que les chefs des délégations de la prétendue opposition syrienne du « Groupe de Riyad », à Genève ou Astana, ne condamnent pas ces attentats terroristes, ni ne cachent que les brigades du Front al-Nosra et de Faylaq al-Rahman en sont les auteurs. Ils ne cachent pas, non plus, que le moment choisi pour les mettre à exécution est destiné à empêcher l’Armée syrienne de cueillir les fruits de la « guerre des missiles » avec les Israéliens.

Les joueurs avancent à découvert. Désormais c’est Israël et la Syrie face à face. Tous les autres ne sont que des comparses !

Nasser Kandil

Traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

 Sources : Top news / Al-Binaa

http://topnews-nasserkandil.com/final/Full_Article.php?id=7105

http://www.al-binaa.com/archives/article/162524

 

Nasser Kandil est un homme politique libanais, ancien député, Directeur de Top News-nasser-kandil, et Rédacteur en chef du quotidien libanais « Al-Binaa »

La digue du GUD

Cet acronyme, GUD, désigne le Groupe Union Défense, un groupe d’extrême droite, connu pour ses actions violentes.

Les dirigeants du FN affirment qu’il y a une digue entre ce mouvement extrémiste et eux, mais en creusant un peu, on s’aperçoit que cette digue est très poreuse...

Créé en décembre 1968, regroupant d’anciens militants d’Occident, comme Gérard Longuet, plus tard ministre sous le gouvernement Chirac, le GUD s’effacera par la suite avec l’apparition d’Ordre Nouveau, puis par celle du Front National dans les années 80.

 

Il refera apparition en février 2010 à l’Université d’Assas, s’étendant l’année d’après à l’Université Jean Moulin, de Lyon, et il va développer sa haine raciste, antisémite, anti-migrants et homophobe en s’en prenant ouvertement aux homosexuels, publiant des affiches incitant à les frapper.

Frédéric Chatillon, l’un des premiers membres influent du GUD s’était illustré à plusieurs reprises : faisant le 10 mars 1990 un salut hitlérien lors d’une commémoration des combats en Algérie, puis le 15 mars 1991, il rendra visite à Léon Degrelle, exilé en Espagne, figure emblématique du nazisme européen...un autre militant du GUDAxel Loustau rencontrera aussi Degrelle « c’est un grand honneur de vous rencontrer  » lui déclarera-t-il.

Pas étonnant que Chatillon écrive sur son mur FB, le 30 avril, jour d’anniversaire de la mort D’Hitler, dans un échange avec Loustau : « il nous manque beaucoup ».

Pour mémoire, Léon Degrelle n’a cessé d’affirmer que « la disparition de 6 millions de juifs due aux nazi était une légende ».

La justice interviendra à plusieurs reprises, condamnant à la prison plusieurs des membres du GUD, ce qui n’empêchera pas la tenue d’un congrès européen, en novembre 2014, regroupant des groupes extrémistes de Grèce (Aube Dorée), mais aussi des militants de Belgique, d’Espagne, et d’ailleurs...

Logan Djian, président du mouvement depuis 2012 a été condamné le 8 juillet 2016 à 1 an de prison pour l’agression d’un journaliste lors de la « manif pour tous » de 2013.

Ce groupe d’extrémistes a trouvé des moyens financiers en assurant parfois des services d’ordre, comme lors de la campagne présidentielle de Georges Pompidou en 1960, puis celle de Giscard d’Estaing, puis de Raymond Barre

Une émission TV récente, « front national, les hommes de l’ombre  » (envoyé spécial France 2), dévoilait, le 16 mars dernier, les coulisses du FN, expliquant le départ d’Aymeric Chauprade, ancienne éminence grise de MLP (Marine le Pen), suite à la présence d’un « clan » de fidèles de la première heure, dans lequel on trouve Frédéric Chatillon, ex-président du GUD, responsable des finances du FNd’Axel Loustau, trésorier du micro parti « Jeanne  » et de Philippe Péninque, ancien avocat fiscaliste, tous anciens membres du GUD.

Aymeric Chauprade à prévenu : « Marine le Pen n’est pas libre, elle est tenue par ces gens (...) si elle arrive au pouvoir, ces gens seront le pouvoir (...) il faut que les Français soient conscients (...) qu’ils vont peut-être demain mettre dans l’urne un bulletin pour une personne qui se dit libre, mais qui ne l’est pas (...) Marine Le Pen est entre les mains d’un groupe dangereux, sur le plan idéologique, qui a des pratiques illégales, illicites, qui à mon sens vont amener Marine Le Pen dans des tracas judiciaires très importants dans les mois qui viennent ». 

 

Marion Le Pen, connait bien aussi le GUD, comme on peut le constater sur cette photo.  

Mais revenons à Frédéric Chatillon, Axel Loustau, et quelques autres...

Frédéric Chatillon, mis en examen...Axel Loustau...Nicolas Crochet, inquiétés eux aussi par la justice, ils sont tous impliqués ou cités dans 4 des 5 affaires qui concernent le Front National : des affaires de financement de campagne électorale, mais aussi d’emplois fictifs, décidément très à la mode par les temps qui courent...

Ajoutons que ces 3 hommes de l’ombre sont aussi les amis de 30 ans de la patronne familiale du parti. 

À ce jour, l’Europe a dans le collimateur pas moins de 23 personnes, qui sous le couvert d’assistants parlementaires du FN, ne sont en réalité que des membres du parti qui ne font que travailler pour celui-ci, et dont les preuves d’un quelconque travail au sein du parlement européens sont manifestement inexistantes.

Ces attachés parlementaires sont entre autres ceux de Bruno Gollnisch, Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot, Florian Philippot, Steve Briois...

Depuis, la justice française s’est aussi intéressée à ces emplois soupçonnés fictifs, et sur les 23 contrats, 18 ont été signés par Nicolas Crochet, ce qui représente 6 millions d’euros d’argent public, pour lesquels certains députés européens ont été sommés de rembourser.

La député européen FN Sophie Montel, par exemple, doit rembourser 77 000 euros.

Ajoutons que les services financiers européens ont aussi découvert que l’expert-comptable qu’est Nicolas Crochet avait oublié de payer les charges sociales a l’URSAFF pendant au moins un an, pour les contrats d’assistants parlementaires européens dont il a la charge.

La somme est conséquente, et avoisine les 618 000 euros, et après de nombreuses mise en demeure, l’expert-comptable a finalement réparé son « oubli ».

c’est aussi ce qu’avait constaté Aymeric Chauprade, qui ayant eu une fin de non-recevoir de la part de l’expert-comptable Crochet au sujet du non-paiement des charges sociales de son assistant parlementaire, a préféré rompre définitivement d’avec le parti, parti pour lequel il était considéré comme l’un des acteurs montants, et éventuel ministre en cas de victoire.

Il n’est pas le seul à s’être ému de cette situation, mais à ce jour, les autres n’ont pas démissionné du parti.

Et pourtant, dans l’émission de France 2, on peut entendre de la bouche même de MLP, invitée à une réunion d’entrepreneurs sur le thème de l’éthique, cette phrase : « moi je pense que l’urgence c’est d’agir contre la fraude sociale »...ce serait « son obsession du moment  »...

Mais revenons à Nicolas Crochet...

Il se retrouve impliqué dans une autre affaire, celle du micro parti « jeanne  », lequel est la « machine » à financer les campagnes électorales du parti, avec les inévitables Chatillon (directeur de Jeanneet Loustau (trésorier de Jeanne), lesquels 3 hommes sont soupçonnés de détournement d’argent public en surfacturant en 2012 des kits de campagne, comme l’équipe d’Envoyé Spécial l’a prouvé en prenant le cas spécifique d’un candidat frontiste du Nord, Jean-Luc Laurent en l’occurrence. 

Le devis de Riwal, prestataire de service géré par Chatillon, était noté à 12 800 € alors qu’il aurait dû être de 6400 €, soit le double d’un devis traditionnel, tout ça remboursé par l’état en cas de franchissement de la barre des 5%.

Un autre candidat « bleu marine », Bruno Wosinski, explique avoir payé 1500 € pour des tracts qu’il n’a jamais reçus, et lorsqu’il s’en est étonné, on lui a fait savoir que de toute façon, c’était l’Etat qui payait, et que le parti avait « besoin d’argent »...

L’équipe d’envoyé spécial s’est alors livré à un petit calcul : un kit de base pour une campagne départementale revenant à 4500 €, avec 1909 kits de campagne, les seuls intérêts (sur la base des 6% réclamés par « Jeanne »), s’élèvent à plus d’½ million d’argent public.

Depuis 2011, l’association « Jeanne » a engrangé près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaire, ce qui pose la question : « y a-t-il eu enrichissement personnel sur le compte de l’argent public ?  »...

En effet quid de la montre à 12 000 € de Frédéric Chatillon, de son voyage à Puntas Cana à 18 000 € payés par la carte bleue de Riwal ?

Or depuis les mises en examen de 2015, la justice interdit Riwal de commercer avec le FN, et comme par hasard, une nouvelle entreprise, « les presses de France » est née, dirigée par Axel Loustau

L’entreprise a gagné 4,8 millions grâce aux régionales de 2015, et elle n’a versé qu’1,2 million aux imprimeurs...

Presse de France a versé 1 million à la société financière Agos, créée par Loustau, un autre million a été transféré « financière de la pépinière  », et les 2 sont actionnaires d’une autre société : la SCI « Lilou  » appartenant à Axel Loustau et à sa femme, cette SCI n’ayant eu comme seul but que l’achat d’un pavillon dans les Hauts de Seine pour 1,5 million d’euros.

Cerise sur le gâteau, on découvre aussi dans le reportage d’Envoyé Spécial l’existence d’une société fantôme, Majen, située au Luxembourg, crée par Nicolas Crochet, le grand argentier du FN.

Ce dernier a revendu ses parts, en 2013 à une société située à Hong Kong...les paradis fiscaux auraient donc quelques attraits même pour les plus ardents des nationalistes, s’interrogent les journalistes d’envoyé spécial ?

En tout cas la justice enquête désormais sur un circuit de blanchiment et d’abus de bien sociaux... 

Comme dit mon vieil ami africain : « un peuple sans culture, c’est un homme sans parole ». 

 

L’image illustrant l’article vient de limportant.fr

Mélenchon repart nettement à la hausse et dépasse Hamon

 

La dernière mesure de Filteris indique un redémarrage des intentions de vote en faveur du candidat de la France Insoumise, au détriment de Benoît Hamon, qui régresse, après avoir entretenu l’illusion d’un possible emballement en sa faveur. Du très grand Mélenchon, le 18 mars. Alors que le socialiste, candidat d’un parti qui soutient majoritairement Macron, se trouve dans une posture de moins en moins tenable.

Les instituts de sondages traditionnels ont l’obligation d’afficher des résultats d’enquêtes conformes aux attentes de leurs puissants donneurs d’ordre ou commanditaires, pour influencer l’opinion des Français en faveur des candidats des riches, que sont Fillon et Macron, et la candidate Le Pen, dont la présence au second tour est indispensable pour assurer la victoire de l’un des deux.

Face à ce déferlement de chiffres, donnant invariablement ce seul tiercé gagnant, repris en boucle inlassablement par les médias aux ordres, soit 90% des médias français, lesquels appartiennent à seulement 9 milliardaires, les Français, gavés comme des oies, de mensonges sondagiers quotidiens, semblent résister et exprimer des opinions plus contrastées. Lesquelles contredisent, dans bien des cas, les études des instituts de sondage.

Ce sont, notamment, les enquêtes en continu mises en place par les sites d’information, à l’instar du Point et d’autres. C’est aussi et surtout, depuis quelques années, l’émergence d’une méthode de mesure inédite, utilisée par Filteris et Euro médiations, basée sur l’analyse Big Data des perceptions et des valeurs naturellement exprimées sur les réseaux sociaux par tous les citoyens et électeurs.

Filteris a montré la fiabilité de ses prévisions en 2012

Le 10 février, interpelé sur Facebook, Jérôme Coutard, représentant Filteris-Canada affirmait « nous suivons cela (NDLA : l’audience des candidats à la présidentielle) pour les Français gratuitement, sans aucune allégeance politique ». 

De fait, si l’on examine les prévisions de Filteris, en remontant à l’élection présidentielle de 2012, les résultats donnés se sont avérés très proches des votes des électeurs (voir graphique). Dans un passé récent, et contrairement aux sondeurs classiques, Filteris a prédit la victoire, inattendue, de Fillon à la primaire de la droite et celle, tout aussi inattendue, de Hamon, à la primaire de la gauche. Aux USA, cet institut avait vu arriver la victoire de Trump, quand tous les prévisionnistes misaient, à dessein, sur Clinton.

Aujourd’hui, l’accès à internet est un acte inscrit dans la banalité du quotidien. Ce qui se dessinait, autour de l’info libre balbutiante, au début des années 2000, a pris corps à travers un réseau de sites d’info, dont la crédibilité (régulièrement mise en cause par les médiocres journaleux aux ordres), pour la grande majorité d’entre eux, ne peut être contestée. Des chaînes, comme Youtube, par exemple, ou les réseaux sociaux, tel Facebook, permettent aux candidats de contrecarrer le message officiel et/ou de corriger les fausses infos lâchées contre eux, sur les médias inféodés.

Le consommateur d’infos est-il enfin devenu adulte ? A l’évidence, il exerce désormais son sens critique, notamment à l’endroit des faiseurs d’opinions de la télé. Filteris utilise la perception qu’ont les internautes de tel ou tel candidat (1), sans qu’il soit nécessaire de répondre à un questionnaire, dont la plus grande faille est d’orienter, subtilement certes, mais systématiquement, les réponses. Sans compter que les sondés peuvent parfaitement répondre n’importe quoi et ne s’en privent pas.

Le phénomène Mélenchon, vraie star des intentions de vote 

Ainsi observe-t-on que peu de temps après l’entrée en lice de Benoît Hamon (le 29 janvier), Mélenchon, à l’inverse des résultats donnés par la quasi-totalité des sondeurs traditionnels, tutoyait les 19% d’intentions (18,7%) le 15 février, là où Hamon peinait à atteindre les 10% (9,2%). Il était considéré par Filteris comme la vraie star des analyses d’intentions de vote. Un phénomène bien évidemment sciemment occulté par les médias aux ordres.

Après une période de dispersion des intentions de vote des électeurs de la vraie gauche, due à la présence de deux candidats défendant des options somme toute assez proches, en rupture avec les propositions des candidats des riches que sont Fillon et Macron, la cote de Mélenchon a baissé au profit de d’Hamon. Le rapport s’est inversé légèrement en faveur du socialiste à la mi-mars, avant la grande marche de la France Insoumise du 18 mars. 

Après le meeting de Hamon à Bercy, dimanche 19 mars, devant 20 à 25000 militants et le rassemblement de Mélenchon, samedi 18 mars, devant 100 à 130 000 « insoumis », place de la République, ce dernier a repris la tête des intentions mesurées quotidiennement par Filteris. Mélenchon dépasse à nouveau Hamon avec 13,85 % contre 10,43% à l’ancien frondeur socialiste.

Une insurrection citoyenne en marche

Eblouissant de vérité, le discours de Mélenchon, ce 18 mars, d’une profondeur exceptionnelle et d’une portée universelle, a marqué les esprits. La démarche est "gaullienne". Et c’est bien là le paradoxe de cet homme politique de gauche visionnaire, dont la dimension humaine ne peut pas ne pas répondre à l’aspiration de liberté et de bien-être de tous les Français. Tout le contraire d’un Fillon qui cherche à enterrer vivant le peuple de France ou d’un Macron qui ne gesticule sur les estrades que pour les riches dont il est l’obligé.

« Dégagez » !

Il semble en effet qu’une insurrection citoyenne est bel et bien en marche, et pas seulement contre la monarchie présidentielle… Mélenchon incarne clairement le peuple qui résiste, quand d'autres ne sont là que pour l'asservir ou le priver de liberté.

 

 

(1) La méthodologie : Source : Media-Web.fr

« Les mesures Filteris sont quotidiennes depuis une quinzaine de jours (sauf le week-end). Ces mesures sont des analyses du Big Data (médias et réseaux sociaux) et non des sondages. Aucune question n'est posée à personne, pas de panel, pas de corrections, aucun biais, pas de marges d'erreurs). Des millions d’occurrences sont prises en compte (ce qu'on appelle le "bruit") et l'analyse est faite selon la neutralité, la positivité ou la négativité de l'occurrence (genre un article en faveur de tel candidat rapporte plus qu'un article neutre et un article critique rapporte moins qu'un article neutre). C'est un ordinateur qui analyse tout ça. L'avantage de cette méthode est qu'elle est finalement fort proche du résultat final, parfois très précisément. Filteris avait vu juste pour les élections fédérales canadiennes, le Brexit, la victoire de Trump, celle de Fillon lors de la primaire, alors que les sondages traditionnels se plantent de plus en plus, sans doute parce qu'ils sont manipulés. Voilà l'intérêt de cette méthode appelée à remplacer les sondages. » 

 

 

Documents joints à cet article

Chuck Berry, le véritable Roi du rock est parti

Que dire sur Chuck Berry pour résumer son influence dans le monde du Rock ?

Arnold Schwarzenegger a déclaré : « Quand j’avais 10 ans et que, chaque nuit, je rêvais de partir en Amérique, c’est Chuck Berry qui était la bande son. Il avait rendu le monde rock. Repose en paix. »

Chuck Berry était la bande son de l’Amérique de cette époque, il est celui qui a changé la musique que l’on allait écouter pendant de longues années.

 

Il est sans nul doute possible le seul et unique Roi du rock. On peut penser que sa couleur de peau et sa vie sulfureuse l’en ont surement privé au profit d’Elvis Presley.

C’est à San Jose en Californie le 18 octobre 1926 que vient au monde le petit Charles Edward Anderson Berry. Mais bientôt la famille de 6 enfants part s’installer à Saint Louis dans le Missouri.

Très vite il baigne dans la musique en étant choriste à l’église, puis en apprenant la basse et la guitare.

C’est très jeune aussi, à 18 ans, qu’il doit affronter l’univers carcéral suite à un braquage à main armée.

A sa sortie de prison il enchaîne les emplois, mais contacté par le pianiste de blues Johnnie Johnson pour fonder un groupe, Chuck en devient rapidement le leader en orientant leur musique vers un nouveau son fait de rhythm’n’blues, de folk et de country.

 

C’est après avoir été recommandé par le géant du blues Muddy Waters que Chuck Berry peut enregistrer chez Chess Record « Maybellene », qui devient un tube aux USA. Nous sommes en 1955.

L’année suivante sort « Roll Over Beethoven »

En 1957.

« Si on rebaptisait le rock’n’roll, on l’appellerait Chuck Berry », disait John Lennon.

 

Bob Dylan, quant à lui, le considérait comme le « Shakespeare du rock ».

 

En 1958

Les Beach Boys en feront « Surfin Usa »

https://www.youtube.com/watch?v=sNypbmPPDco

 

Son plus grand succès, « Johnny B. Goode », raconte l’histoire d’un jeune garçon réussissant à s’échapper de sa situation précaire grâce à ses dons musicaux.

En 1959, il invite une jeune apache de 14 ans à travailler dans sa boite de nuit. Alors que la jeune fille est arrêtée pour prostitution, Chuck Berry, accusé pour sa part d’avoir transporté une mineure entre deux États, est condamné à 5 ans de prison.

Grace notamment aux Beatles et aux Rolling Stones son répertoire a franchi l’Atlantique. Chuck connait enfin le succès mérité.

Cependant, à cause de son extrême avarice ses concerts se révèlent souvent de piètre qualité. En effet, lorsqu’il partait en tournée, il embauchait des groupes locaux censé connaître tout son répertoire pour ne pas payer les frais de déplacement et de logement de son propre groupe.

De plus, lorsque la foule demandait un rappel il exigeait de l’argent au propriétaire de la salle sous peine de ne pas revenir sur scène et d’ainsi créer une émeute.

Dans les années 1970, il a de nouveaux problèmes avec la justice en 1979 pour évasion fiscale, il plaide coupable et est condamné à 4 mois d’emprisonnement.

 

Dans les années 60 il remporte encore quelques succès.

Tout le monde connait ce morceau grâce à Quentin Tarantino qui l’a immortalisé dans « Pulp Fiction ».

Étrangement, le seul morceau qui l’aura envoyé au sommet des charts, « My Ding-a-Ling » a d’abord été enregistré par Dave Bartholomew en 1952.

Quelques hommages :

Springsteen : « Chuck Berry était le plus grand des rockers, des guitaristes, et le plus grand des paroliers du rock qui ait jamais vécu. C’est une perte immense, la perte d’un géant, pour toujours ».

Les Rolling Stones : « C’était un vrai pionnier du rock, une influence incroyable. Chuck Berry n’était pas seulement un brillant guitariste, un brillant chanteur, il était aussi brillant sur scène et, surtout, c’était un vrai maître en tant que parolier. Les chansons de Chuck Berry seront éternelles ».

 

 

Un dernier pour la route avec ce morceau écrit en 1955. Ici en excellente compagnie.

Les arrangements de Bruno Retailleau avec l'argent du Sénat

D’après nos informations, le nom de Bruno Retailleau, coordinateur de la campagne de François Fillon et l'un de ses principaux lieutenants, apparaît parmi les bénéficiaires du système occulte des « ristournes » qui a permis à des sénateurs UMP, jusqu’en 2014, de récupérer des fonds théoriquement destinés à la rémunération d’assistants.

 

Jouer les chevaliers blancs sera plus difficile désormais. D’après nos informations, le nom de Bruno Retailleau, patron des sénateurs de droite et coordinateur de campagne de François Fillon, apparaît parmi les bénéficiaires du système occulte des « ristournes » qui a permis à des dizaines de sénateurs UMP (ex-LR) de récupérer, entre 2003 et 2014, une part des « crédits collaborateurs » que le Sénat mettait théoriquement à leur disposition pour salarier des assistants.

Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR depuis octobre 2014 et lieutenant de François Fillon © Reuters

Aux yeux des juges d’instruction, la mécanique quasi industrialisée des « ristournes » relève du « détournement de fonds publics », une dérive qui ne s'est interrompue qu'au printemps 2014, en catastrophe, quand le groupe UMP a compris que des magistrats mettaient leur nez dedans et que des mises en examen risquaient de tomber – six ont déjà été effectuées et une série de sénateurs sont convoqués dans les semaines qui viennent .

De son côté, Bruno Retailleau a toujours répété qu’il n’avait rien à voir avec ces « vieilles » pratiques, stoppées quelques mois avant son élection à la présidence du groupe en octobre 2014, lui dont l’adhésion à l’UMP remonte seulement à 2012 – après la rupture avec son mentor Philippe de Villiers. « Je n’ai pas reçu de ristournes », déclarait Bruno Retailleau à Mediapart après nos premiers articles révélant l’identité de certains gros bénéficiaires (Jean-Claude Gaudin, Hubert Falco, etc.). Depuis l’éclatement de l’affaire, le lieutenant de François Fillon a ainsi servi un joli récit à la presse : celui d’un patron de groupe qui a fait le ménage, lancé un audit, recruté un expert-comptable, publié des comptes pour la première fois dans l’histoire du Sénat, etc. Bref, un « Monsieur Propre ». La véritable histoire est bien moins à son avantage.

En guise de prologue, il faut d’abord rappeler le fonctionnement des « ristournes », ces commissions occultes dont François Fillon lui-même a profité quand il siégeait au palais du Luxembourg. Le stratagème ? Lorsqu’un parlementaire n’utilise pas toute l’enveloppe mise à sa disposition par le Sénat pour salarier des assistants (environ 7 500 euros par mois), il a deux solutions : soit laisser le surplus dans les caisses de l’institution ; soit attribuer ses « restes » à son « groupe » (une structure qui se charge d’organiser le travail collectif entre élus d’une même étiquette). Si le Sénat tolère ce transfert (dans la limite de 4 000 euros tout de même), c’est qu’il permet aux groupes d’embaucher des collaborateurs supplémentaires, donc d’améliorer le travail parlementaire. En théorie.

Car entre 2003 et 2014, la règle a été pervertie côté UMP : les élus récupéraient en sous-main un tiers du montant qu’ils offraient à leur groupe – c’est « la ristourne ». Un système « gagnant-gagnant ». Sauf pour la trésorerie du Sénat et les contribuables français. D’après nos calculs, au moins cinq millions d’euros ont ainsi été redistribués en douze ans au profit de dizaines de sénateurs UMP, y compris pour leur train de vie personnel, par le truchement de différents comptes bancaires et circuits qui ont varié selon les années et l’origine politique des bénéficiaires (ex-RPR, ex-UDF, etc.).

Pour s’y retrouver, une comptabilité occulte a évidemment été organisée en interne, que les policiers de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) ont saisie en mai dernier, avec des listes de noms et de montants tenues au cordeau par deux ex-salariés du groupe. D’après certains de ces tableaux, récupérés par Mediapart et recoupés par des témoignages, Bruno Retailleau s’est inscrit dans ce système dès qu’il est arrivé à l’UMP début 2012, et pendant huit mois au minimum. Il a ainsi récupéré plusieurs milliers d’euros.

 

À l’époque, comme il n’épuisait pas toute son « enveloppe collaborateurs », il transférait à son groupe quelque 3 000 euros chaque mois. Jusque-là, pas de souci. Mais le sénateur de Vendée apparaît dans la comptabilité clandestine du groupe parmi ceux qui bénéficiaient ensuite de « restitutions » à hauteur d’un tiers (c’est le terme qu’employait la comptable Jocelyne S. sur ses listes secrètes).

Tableau tiré de la comptabilité occulte du groupe UMP

Dans le tableau de juin 2012, le nom de Bruno Retailleau côtoie ainsi celui de Jean-Claude Carle (aujourd’hui mis en examen bien qu'il conteste toute infraction), André Dulait (idem), Jean-Claude Gaudin ou Hubert Falco, ainsi que quelques autres élus ayant récemment reçu une convocation des juges – ce qui n’est pas le cas de Bruno Retailleau à ce jour. 

Dans le tableau, son nom est cependant accompagné, comme quelques autres, de la mention « remboursement de frais ». Il semble, en effet, que le versement de « ristournes » ait pu être maquillé, s’agissant des élus les plus récents (souvent les plus méfiants), derrière un remboursement de frais de restaurants, de fleurs, etc. Il suffisait qu’ils fournissent des factures correspondant au montant désiré… En façade, c’est plus propre.

La ficelle peut sembler grossière mais Bruno Retailleau se retranche aujourd’hui derrière ces « notes de frais » pour affirmer à Mediapart : « Je n’ai pas reçu de ristournes, simplement des remboursements sur factures. »

Dans un entretien téléphonique, le filloniste nous a un jour raconté : « [Fin 2011 ou début 2012,] on m’avait indiqué que le groupe pouvait me soutenir sur mon activité. J’ai présenté des factures d’impression pour le journal que j’envoyais aux grands électeurs, des gerbes (parce que c’est aussi ça l’activité politique), du matériel informatique, etc. » Qui lui a proposé cette aide ? « Je n’en ai même plus la mémoire, c’est terrible… Ça se passe je ne sais plus quand, ni où. » Bruno Retailleau jure que cet argent a financé « des activités politiques »« jamais » personnelles.

Mais pourquoi se faire rembourser du « matériel informatique » par le groupe UMP alors que chaque élu dispose déjà d’une « dotation micro-informatique » du Sénat ? « C’est mon secrétariat qui gérait ça, répond Bruno Retailleau. Je pense que j’aurais très bien pu effectivement le prendre sur une enveloppe informatique ou autre, on est d’accord. Sauf que je ne m’occupais pas [de ça] dans le quotidien,  j’imagine que mon secrétariat aiguillait les factures… » Quant à l’impression de journaux et à l’achat de gerbes, on lui fait remarquer qu’il touchait déjà une indemnité du Sénat de 6 000 euros mensuels (l’IRFM) pour couvrir tous les frais liés à l’exercice de son mandat. Réponse : « Y a l’IRFM aussi, bien sûr, bien sûr… »

 

Enfin, si l’argent touché du groupe UMP n’avait rien à voir avec le système des « ristournes », pourquoi Bruno Retailleau avait-il droit au tiers exactement de « l’enveloppe collaborateurs » qu’il cédait à son groupe ? « Personne ne m’a jamais parlé d’une règle particulière du tiers… » Pure coïncidence, sans doute.

«Soirées nazies»: le témoignage qui accuse

Dans une enquête diffusée jeudi par « Envoyé spécial » sur France 2, en partenariat avec Mediapart, Marianne et Flammarion, un ancien membre de la « GUD connection » qui entoure la présidente du FN témoigne des soirées ponctuées de « saluts nazis » et d’une obsession vis-à-vis des juifs.

 « Plus le groupe est restreint, et plus on se lâche sur des saluts nazis, des croix gammées. » C’est un récit glaçant que livre un témoin inédit dans l’enquête diffusée jeudi par « Envoyé spécial », sur France 2. Ce documentaire, réalisé en partenariat avec Mediapart et Marianne à partir de l’ouvrage Marine est au courant de tout… (Flammarion), se penche sur trois hommes de l'ombre de Marine Le Pen : leurs affaires, leur passé.

Deux d’entre eux sont des anciens du Groupe Union Défense (GUD), un mouvement étudiant d’extrême droite aux méthodes violentes : Frédéric Chatillon, vieil ami de la présidente du FN, ancien chef du GUD devenu le prestataire phare du FN avec sa société de communication Riwal ; et Axel Loustau, trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, élu conseiller régional du FN en 2015 et candidat aux législatives en juin. Les deux compères sont des personnages clés dans l'organisation des campagnes de Marine Le Pen, mais aussi de vieux amis. Ils sont les piliers d'un réseau qui regroupe d'anciens militants radicaux devenus chefs d’entreprise, dont une partie travaille pour le Front national.

Dans ce documentaire de 54 minutes, un ancien de cette « GUD connection » raconte pour la première fois les soirées et l'atmosphère de ce groupe qu’il a quitté il y a quelques années. D’après lui, les évocations d’Adolf Hitler étaient permanentes : « Ils le surnommaient “Tonton”. » À commencer par Frédéric Chatillon à qui, dit-il, « il ne manque que la moustache ».

 

« Le négationnisme est omniprésent, raconte ce témoin. Et ils rigolaient sur Auschwitz, qu’il y avait un stade de foot, une piscine pour les juifs. Et qu’ils n’étaient pas gazés du tout, ils étaient juste morts de maladies, d’épuisement… » « [C’est dit] sur le ton de “on n’en pas tué assez”, poursuit-il. C’est des “blagues” qu’ils s’envoient à longueur de journée. Et même quand ils sont en train de travailler, ils s’envoient des “blagues” par mail, par SMS, ils parlent donc… c’est quelque chose qui est naturel… »

Pour ce témoin, ces discussions étaient permanentes. « Vous mettez cinq femmes ensemble, au bout de dix minutes, elles parlent de leurs enfants. Ben vous mettez cinq nazis ensemble, au bout d’un moment ils parlent des juifs. C’est pareil. »

 

Ces accusations recoupent un autre témoignage détaillé, livré par un ancien du GUD qui y a milité « entre 1986 et 1995 », aux côtés de Frédéric Chatillon : Denis Le Moal. Dans une attestation écrite, versée à la justice en janvier 2014 et publiée par Mediapart, cet ex-gudard devenu chef d’entreprise estimait que Chatillon cultivait « aujourd’hui comme hier une haine maladive des juifs »« Il ne s'agit aucunement d'erreurs de jeunesse », soulignait-il. Ses « engagements de jeunesse » et ses « rapports avec les milieux néonazis français ou européens ne se sont jamais démentis ».

Attestation by MarineTurchi on Scribd

Dans ce document de trois pages daté du 30 janvier 2014, Denis Le Moal raconte comment, « sous [l'] impulsion » de Chatillon, « le GUD prit un tournant antisémite et négationniste ». Le Moal affirme aussi, entre autres, que Frédéric Chatillon « organisait » à l'époque, « chaque année »« un dîner le jour de l’anniversaire du “Führer” le 20 avril, pour rendre hommage à “ce grand homme” ». Présent à l’un de ces dîners, « dans un restaurant de Montparnasse », l'ex-gudard explique que Chatillon était venu avec « un portrait peint d’Adolf Hitler », et qu’il l’avait présenté au cours du dîner « en prononçant ces mots “mon Führer bien-aimé, il est magnifique”, avant de l’embrasser ». Il assure également que Chatillon « organisait, alors qu’il était étudiant, des soirées “pyjamas rayés” en allusion aux tenues de déportés juifs ».

Sollicité à de nombreuses reprises dans le cadre de ce documentaire comme du livre, Frédéric Chatillon n'a jamais répondu aux questions.

 

·         Front national : les hommes de l'ombre. « Envoyé spécial », jeudi 16 mars, 20 h 55, sur France 2. Documentaire en partenariat avec Mediapart, Marianne et Flammarion. 54 minutes.

La mère rouge, et le père pépère

Ce n’est pas une fable oubliée de ce bon Jean de La Fontaine, mais ça pourrait bien résumer les raisons de l’échec évident de François Hollande, lequel ne serait pas dus, d’après lui, à une volonté de trahir ses engagements, mais à une conjuration qui l’aurait empêché d’agir.

C’est en lisant une interview surprenante, réalisée d’après le livre de FOG (Franz-Olivier Giesbert pour les intimes), (le théâtre des incapables/ éditeur Albin Michel) que l’on découvre le complot qui aurait été ourdi par Martine Aubry, désireuse de faire payer à Hollande son échec à la primaire, complot destiné à empêcher ce dernier de mener à bien les promesses du Bourget.

On ne demande qu’à le croire, même si certains sont restés convaincus qu’il n’avait jamais eu l’intention de mettre en œuvre ses promesses.

Mais découvrons l’article...

« Si Hollande a pu donner cette image désolante, c’est parce qu’il n’a jamais eu de majorité à l’assemblée nationale. Le ver était, si j’ose dire, dans le fruit avant son élection à la présidence, dès l’accord du PS avec les Verts.

En donnant assez de circonscriptions à des écologistes archéo-gauchistes pour qu’ils puissent constituer un groupe parlementaire, Martine Aubry, la première secrétaire du parti, fraîchement battue aux primaires, s’assurait ainsi que le candidat socialiste, s’il était élu, n’aurait pas de majorité à l’assemblée nationale ».

« Pour me ligoter et me tenir, elle est en train de mettre sur pied une coalition entre les Verts et la gauche du PS dont la vocation sera de pourrir ma présidence. J’ai perdu avant même de gagner » déclarait celui qui allait obtenir le poste suprême.

C’est ainsi, d’après FOG, qu’après les législatives, Hollande se serait retrouvé sous tutelle, la majorité le soutenant comme la corde le pendu. 

C’est une théorie, et elle peut être battue en brèche, car au fond, ce sont les décisions plutôt libérales qui ont été validées par l’Assemblée nationale...et c’est bien Hollande qui, par la suite c’est découvert une vocation libéral-socialiste.

Aujourd’hui, le PS est au bord de l’effondrement, avec des élus qui refusent le candidat que les militants ont choisi, et qui vont à la soupe, chez l’homme ni de gauche, ni de droite...

Mais oublions ces péripéties, et essayons de découvrir dans les autres partis, d’autres manœuvres discutables.

Ainsi chez les LR, beaucoup s’interrogent d’où est venu le « coup », lorsqu’à quelques semaines de l’élection, les médias, « Canard Enchaîné » en tête, a balancé l’affaire des emplois dits fictifs, celle de Pénélope au cœur de la revue des 2 mondes, et récemment au sujet de costumes à près de 50 000 euros, pour lesquels une information judiciaire vient d’être ouverte sur le motif de soupçon de trafic d’influence.

Pris au piège de ces scandales à répétition, le candidat LR joue la carte de l’indignation, crie au complot, mais est-il digne de la nation, au moment où une partie de l’Europe est secouée d’hilarité devant notre situation ?

Fillon est convaincu que le coup est venu de la gauche...mais, s’il se trompait ? 

Pourquoi le coup ne serait-il pas venu de son propre camp ?

Il faut toujours chercher à qui profite le crime...

Car si on prend un peu de recul, si l’un des membres de LR a des raisons d’en vouloir à Fillon, c’est tout d’abord celui qui était il y a peu, son président, et qui a pris une claque magistrale aux primaires de la droite. Sarközi en l’occurrence.

Sarközi était pourtant fermement convaincu qu’il serait le gagnant.

N’avait-il pas déclaré à l’époque : «  Moi je suis le seul à avoir une expérience présidentielle, j’ai du sens politique, de la volonté et des couilles, et tout ça, c’est ce que réclament les électeurs de primaire. Ce n’est pas papy Juppé, bébé Bruno (Le Maire) ou l’autre eunuque (Fillon) qui vont en être capables  ». 

En discréditant Fillon, il le met dans une impasse, obligeant ce dernier à venir quêter un soutien, des conseils, et c’est bien ce qui s’est passé. 

 

Par la suite, l’équipe de Fillon a été complètement remaniée, et ce sont des sarköziste pur jus qui ont pris les rênes, Sarkozy tirant les ficelles.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En effet, on se souvient de ce diner dans lequel Fillon écroulé, faisait dire plus tard à l’ex-président : « Fillon est mort de chez mort »...

Mort, il l’est peut-être pas tout à fait, mais si l’administration se penche sur l’estimation faite par le candidat à la présidence de son château dans la Sarthe, il pourrait être encore un peu plus inquiété.

Acheté l’équivalent de 400 000 €, auxquels il faut ajouter 300 000 € de travaux, on a de la peine à admettre qu’il ne vaudrait que 750 000 € (déclaration faite par Fillon)...car si on applique les prix pratiqués dans le secteur, lesquels atteignent facilement les 1275 € le m², ce qui pour les 1107 m² met le bâtiment à plus de 1,4 millions d’euros, sans compter les 6 Hectares de terrain à 62 € le m², soit plus de 3 millions d’euros

 

Ajoutons qu’en plus du château de 14 chambres, il faut compter une chapelle, et 3000 m² de bâtiments annexes.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais, si par le plus grand des hasards, Fillon l’emporte tout de même, il restera sous la coupe de Sarközi, qui joue donc la carte « gagnant gagnant  »...

Quant à l’extrême droite, on y pratique ces temps-ci l’exclusion à tour de bras, et dès qu’un élu, ou un candidat à la prochaine législative, tient des propos négationnistes, dévoilés par caméra cachée, il est sommé de faire ses valises, puisqu’il faut avant tout sauver les apparences. 

La presse s’était émue à plusieurs reprises des dérapages frontistes, et des propos xénophobes tenus par de nombreux candidats FN lors des dernières départementales, et si quelques-uns ont été exclus, le parti ne peut retirer à ces personnes le titre de candidat. 

Après avoir exclu le père fondateur, c’est la bisbille un peu partout : Marion Maréchal fronde à tout va...menacée par le clan PhilippotAliot essayant de calmer le jeu...

 

Bien sûr, tout ça n’est que de la politique fiction, car comme dit mon vieil ami africain : « c’est toujours trop tard quand le poisson découvre l’hameçon  ».

Fraude fiscale vs Fraude sociale, chiffres et solutions

Dominique Tian, député LR et auteur du rapport-choc de 2011 sur le coût de la fraude sociale, héraut de la lutte contre l’assistanat, vient de démissionner de l’équipe de campagne de François Fillon suite à sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale. L’ironie de ce développement symbolise à lui seul la problématique que nous nous proposons dans ce billet.

Le parti d’extrême droite déplore fréquemment les « excès de zèle » et les « atteintes à la liberté » qui accompagnent la lutte contre la fraude fiscale, et au contraire pointe constamment du doigt la fraude sociale et « l’assistanat ». Si le FN se permet, alors qu’il tente de fédérer le vote des classes populaires, de fustiger les abus de prestations sociales, c’est bien qu’il existe une perception, entretenue par les médias et certains partis politiques traditionnels, d’un problème de fraude sociale. En particulier, l’idée selon laquelle les fonctionnaires seraient moins assidus que les employés du privé, une notion complètement fausse et pourtant constamment reprise par les grands médias.

Alors, fraude fiscale et fraude sociale, deux poids deux mesures ? Tentons d’y voir plus clair.

 

Les chiffres de la fraude sociale

 

La fraude sociale sous-entend les pratiques illégales visant à percevoir des aides de façon illicite. RSA et allocations non justifiés, mais également arrêts de travail, absentéisme et fraudes à l’assurance maladie.

En ce qui concerne le RSA, les derniers chiffres parlent d’une fraude s’élevant à cent millions d’euros par an. Ce chiffre, rapporté à l’ensemble des contribuables, coûterait à chacun d’entre nous 23 centimes par mois.

Il faut le mettre en perspective avec la somme du RSA non versé aux ayants droit, situé autour de six milliards d’euros. En clair, la fraude au RSA coûte cinquante fois moins aux Français que ne rapporte le fait que la moitié des « assistés du RSA » ne demandent pas leur dû.

En ajoutant l’ensemble des prestations sociales versées par la CAF (aide au logement, allocations familiales et aides diverses) la fraude s’élève à 276 millions en 2015. Encore une fois, un montant dérisoire ramené à l’échelle du contribuable.

Si on s’appuie maintenant sur notre amis Dominique Tian, le total de la fraude sociale en France, incluant l’absentéisme, la fraude à l’assurance maladie et aux caisses de retraite, nous obtenons un chiffre de 4 milliards d’euros, soit 9 euros par contribuables et par mois (la cour des comptes parle de 3 milliards). Ça commence à faire beaucoup, mais tout de même moins que ce que "rapportent" les gens qui renoncent à bénéficier du RSA.

 

Comment lutter contre la fraude sociale

 

Pour lutter contre la fraude sociale, l’assistanat, il existe en clair trois approches possibles.

La première consiste à augmenter les contrôles. Problème, cela nécessite d’embaucher de nombreux fonctionnaires, ce qui représente également un coût non négligeable. Mais un rapide calcul révèle que chaque contrôleur rapporte environ 100 mille euros nets par an, et décourage certaines personnes de demander les aides auxquelles ils ont le droit. Ce qui explique surement pourquoi l’état a augmenté de 15% les effectifs des contrôleurs en 2016.

Autre possibilité, supprimer les aides, les réduire drastiquement ou durcir les conditions d’obtention de ces aides. C’est vers ce genre de solution que se tournent Marine Le Pen et François Fillon.

La dernière alternative consiste à verser les aides sans condition de ressources, l’idée du revenu universel abandonnée par Benoît Hamon.

Quoi qu’il en soit, on voit que le « problème » de la fraude sociale reste mineur et ne pèse pas grand-chose face, par exemple, à la fraude aux cotisations sociales non versées par les employeurs (travail illégal ou mal déclaré) qui représente, selon le rapport de la cour de comptes de 2014, 20 milliards d’euros par an.

 

Les chiffres de la fraude fiscale

 

On entend par fraude fiscale les pratiques illégales qui permettent d’éviter de payer des impôts ou des taxes. Elles représentent entre soixante et quatre-vingt milliards d’euros par an.

Mis en perspective, cela équivaut au budget de l’éducation, ou de l’armée, ou recouvre la totalité du déficit budgétaire. En clair, si cette fraude était réduite de moitié, les politiques d’austérité n’auraient plus lieu d’être.

À travers les taxes et impôts divers (TVA, IR, impôts locaux…), chaque français paye 137 euros par mois à l’Etat pour compenser le coût de cette fraude.

Or, il est tout à fait possible de lutter contre cette criminalité. En 2015, vingt milliards d’euros ont ainsi été récupérés par le ministère des Finances (et 60 à 80 milliards lui ont filé entre les doigts). Si le recouvrement est en hausse, c’est essentiellement dû au fait que la fraude elle-même augmente en raison de l’explosion des inégalités qui concentrent de plus en plus la richesse. Les révélations des lanceurs d'alertes et l’échange d’informations entre pays exposent également davantage les fraudeurs.

Car cette fraude se manifeste à travers deux principaux aspects : la détention illégale ou non déclaré de comptes privés dans les paradis fiscaux, et les fraudes des entreprises qui réalisent des montages financiers pour échapper à l'impôt.

Bien sûr, tout ceci ne forme que la partie visible de l’iceberg. Les milliers d’exilés fiscaux vivant à l’étranger et les multinationales qui bénéficient de montages leur permettant de rapatrier leurs profits dans des paradis fiscaux (comme Apple en Irlande) ne sont pas inclus dans les chiffres de la fraude fiscale, puisqu'il s'agit de comportements autorisés par la loi.

 

Comment lutter contre la fraude fiscale ?

 

La première proposition consiste à baisser les impôts pour inciter les exilés à revenir et les personnes en situation d’illégalité de cesser leurs pratiques. Problème, de nombreuses études internationales ont démontré qu’il n’existe aucun lien de causalité entre le taux d’imposition et la fraude fiscale. Dans son dernier rapport, l’OCDE conclut que c’est la perception des institutions gouvernementales qui expliquent le niveau de fraude. En clair, peu importe le taux d’imposition, seule la peur du gendarme affecte le taux de criminalité financière.

La seconde option consiste à augmenter les moyens de contrôle et de répression. Les révélations des lanceurs d’alertes, en particulier les panama papersluxleaks et swissleaks, ont démontré que les fraudeurs bénéficient de la complicité des banques et de l’aide d’avocats spécialisés dans l’évasion fiscale. Pour traiter ces dossiers complexes, les inspecteurs doivent mobiliser des ressources importantes. Or, depuis 2007, la baisse des effectifs a été constante. Pourtant, chaque fonctionnaire affecté à cette lutte rapporte en moyenne 1,2 million d’euros nets par an à l’état. Et ce n’est pas le travail qui manque. Faute de moyens, seuls 10% des fraudes connues font l’objet de poursuites judiciaires.

Imaginez, vous découvrez la cave d’Ali Baba. Les 40 voleurs l’apprennent et commencent à s’organiser pour vider la cave. Tout est question de temps. Vous avez cinq fonctionnaires avec vous pour faire des aller-retour et récupérer le trésor avant qu’il ne soit déplacé ailleurs. Vous démarrez l’ouvrage, mais décidez en même temps de virer un des fonctionnaires !

C’est exactement ce qui se passe en France. Nous avons connaissance de milliers de comptes illégaux et de fraudes avérées, et nous réduisons le nombre d’employés destinés à instruire les dossiers.

En 2016 les effectifs ont de nouveau baissé de 8,5%, alors que la lutte contre la fraude sociale augmentait son personnel de 15%. Chercher l’erreur !

Dans un article particulièrement détaillé, Éva Joly explique que seule une affaire sur 16 fait l’objet d’amendes ou de poursuites judiciaires, le reste des fraudes ne génère que des redressements. La Commission de l’Inspection des Finances (CIF) est le seul organisme pouvant autoriser les instructions pénales, et ne doit rendre aucun compte. C’est ce que les spécialistes appellent le verrou de Bercy, un système opaque qui retarde le déclenchement d’enquêtes judiciaires et invalide encore aujourd’hui plus d’un dossier sur dix, sans la moindre explication.

Nous avons donc d’un côté une volonté gouvernementale de freiner la lutte contre la fraude, et de l’autre des politiques d’austérité qui conduisent à la réduction du nombre de fonctionnaires capables de générer des millions d’euros de recettes supplémentaires pour l’Etat (depuis 2008, onze mille postes ont été supprimés en France et 56 000 en Europe, alors que la fraude représente entre 1000 et 2000 milliards par an au sein de l’UE). Un comble quand on sait que les déficits budgétaires pourraient être entièrement couverts par la fin de l’évasion fiscale.

 

Peut-on en finir avec la fraude ?

 

En 2013, suite à l’affaire Cahuzac, la lutte contre la fraude fiscale (et sociale) prend un nouveau départ. Les titres de la presse s’extasient lorsqu’ils ne déplorent pas la hausse des résultats, qui rapporte de plus en plus d’argent aux comptes publics. La lutte contre les paradis fiscaux et les nouveaux accords sur l’échange d’informations entre les banques devraient générer des milliards de gigaoctets de données à traiter.

Pourtant, le gouvernement socialiste ne semble pas pressé d’en finir avec la fraude. Il a continué à réduire les effectifs, enterré la loi qui devait permettre le reporting des comptes d’entreprises situés dans les paradis fiscaux et renoncé à soutenir l’action de la Commission européenne visant à recouvrer les 13 milliards d’euro de fraude fiscale qu’Apple a été condamné à reverser. En clair, le gouvernement refuse de récupérer sa part des 13 milliards qui revient au peuple français et soutient la procédure d’appel du gouvernement irlandais qui prend la défense d’Apple.

On croit marcher sur la tête.

Un pays a mis les moyens pour en finir avec la fraude et est parvenu à mettre en prison plus de la moitié des fraudeurs (membres du gouvernement et patron de banques compris) : l’Islande.

Cela a nécessité de faire appel à des experts étrangers et de doubler les effectifs nationaux, mais a produit ses effets et démontre bien que tout est question de volonté et de moyens. Deux choses à la portée de n'importe quel gouvernement désireux de servir l’intérêt général.

 

Conclusion :

 

Chaque mois, chaque français verse entre 6 et 9 euros à l’Etat sous forme de taxes et d’impôts pour compenser la perte de revenu lié à la fraude sociale.

Chaque mois, chaque français verse entre 137 et 182 euros à l’Etat pour compenser la fraude fiscale.

La fraude fiscale représente un coût vingt fois supérieur à la fraude sociale.

Depuis 2008, les moyens alloués à la lutte contre la fraude fiscale diminuent, tandis que ceux alloués à la lutte contre « l’assistanat » augmentent, défiant ainsi toute logique économique !

Des lois simples permettraient de rendre illégales des pratiques comme l’exil fiscal (par exemple, l’impôt universel, systématiquement pratiqué par les États-Unis permet de taxer les exilés fiscaux comme s’ils étaient restés chez eux) et le recours aux paradis fiscaux (loi Sapin 2, enterrée par le parti socialiste).

Les Français, qui se font voler jusqu’à 80 milliards par an (un quart du budget de l’État) et doivent compenser cette perte à travers leurs propres impôts, s’apprêtent à voter à 70% pour des candidats qui n’ont pris aucun engagement contre la fraude fiscale, mais des positions très claires contre l’assistanat.

Une justice à deux vitesses pour lutter contre une fraude à deux échelles. Tout un symbole.

Notes et références :

Cet article, initialement publié dans une version longue sur Politicoboy.fr s’appuie en particulier sur les chiffres du rapport de la Cour des comptes de 2014, et les deux articles du monde diplomatique sur la fraude sociale et la fraude fiscale cités ci-dessous. Les autres références et justifications des chiffres avancés sont disponibles dans la version longue. 

  1. Rapport de la Cour des comptes de 2014 : 
  2. Lire cet excellent article du monde diplomatique, la face cachée de la fraude sociale (2013) 
  3. Eva Joly, Pour en finir avec l’impunité fiscale, Le Monde diplomatique juin 2016.

 

Des croix de feu au FN

Dans ces temps troublés, l’hypothèse fasciste n'est plus à exclure. De la ligne ultra-réactionnaire de Jean-Marie Le Pen a succédé celle, de type nationale-républicaine et populiste de masse, incarnée par Marine Le Pen. Il est très instructif de savoir qu'il y a 70 ans, le même type de transformation s'est opéré lors du passage des Croix de Feu en parti de masse, le Parti Social Français (P.S.F) de François De La rocque.

Les Croix de Feu avaient un peu plus de 10 000 adhérents, tous anciens combattants médaillés prônant la régénération nationale par la discipline et la hiérarchie, sur une base anti-communiste. C'était le lieu naturel pour l'engagement De La Rocque. Il rejoignit les Croix de Feu au printemps 1929, en devient le vice-président en juin 1930, puis président en septembre 1932. Mais il avait compris une chose essentielle, qui va distinguer sa démarche de celle des ligues d'extrême-droite : l'option du coup de force et la prise de commandement de la société par l'Armée est impossible. A contre coeur de ses origines aristocrate et catholique, il a compris que la République avait triomphé sur le féodalisme et que l'option monarchiste liées à l'Armée et au catholicisme n'était plus possible. Du coup quand le front populaire interdit en 1936 les croix de feu et les autres ligues, cela non seulement ne l’inquiète pas mais au contraire le réjouit.

Le parti que va vouloir fonder De La Rocque est le même parti qu'avait fondé Mussolini. Son caractère xénophobe était incontestable, il disait : « Nous voulons être maîtres chez nous : trop d'étrangers et de métèques, profitent de notre hospitalité, se mêlent indiscrètement de nos affaires, interviennent dans notre politique intérieure, sabotent nos valeurs morales dans la métropole et dans nos colonies, tout en mangeant chez nous un pain dont bien des travailleurs français sont maintenant privés. Nous voulons que soient restaurées et respectées les 3 valeurs morales essentielles qui sont les éléments de la civilisation française : TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE. Nous voulons qu'on nous respecte, chez nous et hors de nos frontières. »

Lors des événements du 6 février 1934, dans le climat d'instabilité politique et de scandales de corruption, plusieurs milliers de manifestants des ligues d'extrême-droite ont tenté de prendre d'assaut le parlement. Il s'agissait de taper fort, pour former un climat d'instabilité permettant à l'Armée de prendre le pouvoir. Or, ce 6 février 1934, De La Rocque décida de ne pas s'associer au coup de force alors qu'il représentait la plus importante des ligues les Croix de Feu (15 000 personnes à Paris et de 20 000 en province). Cela ne fut jamais pardonné ni par les autres ligues, ni par DoriotAvec De La Rocque, c'était donc une nouvelle extrême-droite qui naissait, ni putschiste pro-royaliste, ni pro-nazi. En fait, comme on le sait, le fascisme nie les classes sociales, au nom de l'unité nationale. C'est un parti d'Ordre, c’est-à-dire ni droite ni gauche. De La Rocque considérait le communisme comme absurde et pensait qu'il fallait dépasser la lutte des classes. Il pensait de manière sincère que les rapports employeurs-employés pouvaient être pacifiés, à condition de valoriser les employés. Le P.S.F. était un parti qui prétendait représenter une tradition nationaliste, de type royaliste et catholique, mais qui entendait rassembler au-delà des classes sociales et des religions. La position est ouvertement laïque et chez les Croix de Feu, des célébrations pour les anciens combattants étaient faites indifféremment dans des églises, des synagogues, des temples.

Comptant un million d’adhérents à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ce mouvement dirigé par De La Rocque a donc formé un parti associant nationalisme et revendications sociales. En 1937, le P.S.F. revendique 2,5 millions de personnes. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le P.S.F. était ainsi en pleine expansion, revendiquant 12 députés, 198 conseillers généraux, 344 conseillers d’arrondissement, 2692 maires, 10 257 conseillers municipaux. Il est à noter que le P.S.F s'intégrait pleinement dans la politique gouvernementale. Les députés P.S.F. votèrent l'abrogation des 40 heures, les décrets-lois permettant de faire passer la durée du travail dans certaines usines à 60 heures (tous deux issues du front populaires). Cela alors qu'il prétendait prôner la réglementation de la durée du travail. Les députés du P.S.F. votèrent également en 1938 contre un ajustement des salaires face à l'inflation, ou contre l'amnistie de travailleurs à la suite d'une grande grève de novembre 1938. Il est important de noter l’ambiguïté de sa position pendant la seconde guerre car il insiste à la fois sur son loyalisme à l'égard du maréchal Pétain, mais aussi sur sa réserve à l'égard du gouvernement de Vichy. (Aller comprendre….)

La défaite face à l'Allemagne nazie fut un coup terrible à sa stratégie, entièrement fondée sur la grandeur française, et en opposition franche à l'Allemagne. En effet la ligne impérialiste française était par définition antagonique à celle de l'Allemagne. 70 ans plus tard, la crise en France est telle que nous sommes en droit de se poser la question si sa théorie n'est pas en train de réussir ? Le fascisme français arrivera-t-il à supplanter ses alter egos européens et imposera son impérialisme ? La crise économique française étant plus aiguë qu'en Allemagne, cette configuration n'est plus à exclure, d'autant que maintenant la droite organise des manifs pour dresser le peuple contre la justice et la presse, ce qui est propre à l'extrême droite, façon février 1934.

 

 

Cadeaux de Pourim

Le premier ministre israélien est comme ce veau du proverbe russe : « Veau qui flatte tète deux mères ». Après sa rencontre fructueuse avec le président Trump, il a filé chez l’ennemi numéro des US, se jeter au cou de son bon ami le président Poutine, à Moscou la ville glacée, où il est toujours chaudement accueilli. Cette fois-ci, il est arrivé juste avant Pourim, la joyeuse fête juive où les juifs célèbrent leur ascension légendaire en Perse, il y a environ 2500 ans. Cette fête, qui tombe le dimanche 12 mars cette année, comptait beaucoup pour les  deux hommes. Pour respecter la tradition, Netanyahou était censé apporter à son hôte des gâteaux de Pourim, les homentashen en yiddish, ou « oreilles d’Haman[1] », des gâteaux triangulaires fourrés à la confiture.

Le lendemain de Pourim, vous pouvez assister à la plus intéressante scène de rue dans le quartier juif orthodoxe de Jérusalem, Mea Shamrim,  et voir des jeunes filles parfaitement costumées en habits du XVIII° siècle porter des corbeilles en osier garnies de douceurs, des shalahmones pour leur amis et proches, comme autant de Petits Chaperons rouges. Pourim, c’est le carnaval juif, leur Mardi gras, et cela tombe à peu près au début du Carême chrétien. Le carnaval, c’est quand on fait les choses à l’envers : les juifs se saoulent et vocifèrent ; autrefois il leur arrivait de malmener des chrétiens, de préférence un prêtre, et ils satisfaisaient généralement leurs envies d’ébats divers.

Poutine, toujours aussi amical, a souhaité un joyeux Pourim à son hôte, et Bibi, comme en repérage, a aussitôt révélé l’objet de sa visite. Les Perses avaient voulu exterminer les juifs ce jour-là, mais Dieu les en avait empêchés, a-t-il expliqué. De nos jours, les Iraniens, qui sont toujours persans, veulent éliminer les Juifs, mais l’Etat juif est désormais puissant,  etc. Et Bibi venait pour demander à Poutine de lâcher l’Iran., de chasser les combattants iraniens de Syrie, de bloquer le transit iranien vers le Liban, ou encore de se joindre à une coalition anti-Iran ; la référence à Pourim était un argument de plus pour conforter son audacieuse requête.

Poutine était donc censé jouer le rôle d’Artaxerxès, le stupide roi des Perses, qui avait été convaincu par la séductrice Esther de se prêter à un massacre des ennemis des Juifs et de donner aux Juifs un traitement préférentiel, celui dont ils jouissent jusqu’à aujourd’hui. Bibi jouait le rôle d’Esther dans cette performance style Pourim-Spiel, la saynète comique que les Juifs aiment bien monter à l’occasion de Pourim. Il tentait d’appâter Poutine avec la perspective de se retrouver au coude à coude avec le président Trump, le roi d’Arabie saoudite et lui-même, tous ensemble contre les méchants Persans.

Netanyahou craignait que la guerre en Syrie soit bientôt finie (il aimerait qu’elle dure éternellement, jusqu’au dernier Syrien) et les Iraniens qui ont tellement contribué à la victoire de Damas vont probablement rester et continuer à approvisionner leurs amis du Hezbollah syrien. Et cela signifie qu’Israël ne pourra plus bombarder Libanais et Syriens aussi librement que d’habitude. Les Russes n’ont jamais utilisé leurs missiles S-400 contre les jets israéliens quand ils faisaient intrusion en Syrie, mais les Iraniens pourraient ne pas être aussi rétifs pour riposter. Il y a quelques jours à peine, les Iraniens ont fait la preuve que leur système doté de S-300 russes est parfaitement opérationnel.

Netanyahou aurait pu essayer de tenter Poutine en soulignant sa capacité pour mobiliser le lobby israélien à ses côtés, et pour clouer le bec aux hystériques anti-Russes à Washington. Les juifs ont un grand pouvoir aux US, et le premier ministre de l’Etat juif peut certainement les manipuler à sa guise, si Poutine acceptait sa requête. Et Trump a déjà fait quelques déclarations très anti-iraniennes, ce qui rend la suggestion plausible.

Beaucoup de gens attendaient avec anxiété de voir comment Poutine allait répondre à son séducteur juif. Poutine lui a ri au nez. Même si vous ne regardez jamais de vidéos, je vous recommande vraiment de ne pas rater ces quelques secondes de franche rigolade, où le président russe parfaitement détendu, après avoir écouté le premier ministre israélien comme un père indulgent face à son fils qui vient pour la énième fois d’inventer un prétexte pour lui faire acheter un jouet dangereux. Rien à faire, fiston, s’est dit Poutine, et il a répondu : «  c’était il y a deux mille cinq cents ans. On vit dans un monde différent, à présent. »

Personnellement, je n’étais pas vraiment anxieux, parce que ce dialogue avait été répété quelques jours plus tôt par le député et ministre des Affaires étrangères Michal Bogdanov et les journalistes de Al Hayat, ce journal arabe important, dont le propriétaire est saoudien, qui paraît à Londres. Bogdanov est un excellent diplomate, courtois, portant beau, spirituel, intellectuel et gagnant à être connu. Il a été ambassadeur russe à Tel Aviv et au Caire, et il connaît tous ceux qui comptent au Moyen Orient par leur prénom. Il est aussi le représentant spécial, désormais, du Président, pour le Moyen Orient. C’est un homme qui en sait plus que tous les autres en matière de politique étrangère russe au Moyen Orient. Ses réponses ne pouvaient pas être très éloignées des idées de Poutine.

Il était cuisiné par Raed Jabr, le correspondant à Moscou d’Al Hayat, un sombre et svelte Palestinien qui représente le point de vue arabe dominant de Ryad à Beyrouth. Vous souvenez-vous de la ligne préférée des présidents US et législateurs, selon laquelle “le jour ne passe pas entre les US et Israël » ? Si l’on en juge par les questions insistantes de Jabr, aucun rai de lumière ne saurait filtrer entre les US et l’Arabie saoudite.

A tout bout de champ, l’homme d’Al Hayat demandait quand les Iraniens se retireraient de la Syrie. M. Bogdanov lui a répondu : « en Syrie, il y a des dizaines de milliers de volontaires étrangers : des milliers de Tunisiens, de Marocains et d’Afghans, tandis que les Iraniens, comme les Russes, sont en Syrie à la demande du gouvernement légitime, et seul le gouvernement légitime peut leur intimer des ordres de mouvement. La direction officielle pourra demander à toutes les forces étrangères de se retirer une fois la solution acquise. »

 Ses paroles ont été transmises de façon imprécise mais claire par le Washington Post :  « Les autorités légales qui auront été choisies légalement en Syrie seraient les seules à avoir le droit de demander le retrait de toutes les puissances étrangères du pays », aurait dit Bogdanov. En fait, Bogdanov ne parlait que du gouvernement légitime après un accord, pas nécessairement d’un gouvernement choisi de telle ou telle façon.

Bogdanov rejetait le discours sur l’exportation de la révolution iranienne, et le supposé désir de l’Iran d’étendre son influence au Moyen Orient, tout particulièrement en Irak, en Syrie, au Liban et au Bahrein. Il appelait au rapprochement entre US et Iran, avec une participation saoudienne. En Syrie, il a appelé un système laïc de ses vœux, nullement un système chiite , ni musulman sunnite, ni chrétien, accédant au pouvoir par des élections libres, loyales et transparentes dans le pays et à l’étranger, incluant la participation des réfugiés dans les pays limitrophes comme dans les pays plus éloignés, sous les auspices des Nations Unies.

Bogdanova regretté le fait que les US veulent garder l’Iran en dehors des négociations sur la Syrie. « Les Américains agissent sans respecter les lois internationales. Nous devons respecter la souveraineté de la Syrie, qui est un Etat membre des Nations Unies. » Il est visiblement pessimiste quant aux relations avec les rebelles. « Ils disent que la révolution ne s’arrêtera pas  avant le renversement du régime, quand Bachar al Assad et sa clique auront été traînés devant un tribunal international. Avec un tel objectif, la guerre peut durer éternellement. »

Il a rejeté l’idée que les Iraniens veuillent exporter la révolution islamique. « Les Iraniens disent que la révolution islamique relevait de la politique intérieure, pour correspondre  aux intérêts du peuple iranien. » Il a rappelé la présence militaire iranienne à Oman dans les années 1970 à la demande du gouvernement légitime. Quand les troubles avaient pris fin, les Iraniens avaient quitté Oman sans objection. »

Il a appelé à des pourparlers entre l’Iran et les Saoudiens, à Moscou ou ailleurs, par l’entremise des Russes. Bogdanov a également rejeté le point de vue saoudien sur la guerre du Yémen (les Saoudiens considèrent qu’ils sont habilités à traiter du Yémen, mais que les Iraniens devraient en être exclus). Il a rejeté l’attitude turque envers les Kurdes en Syrie (« Pourquoi la Turquie est-elle d’accord pour un Kurdistan irakien, mais n’accepte pas un tel Kurdistan en Syrie ? Je pense que cela ne les regarde pas. C’est l’affaire des Irakiens et des Syriens. C’est au peuple syrien et non à l’Etat russe ou turc de décider ».)

Il a résumé la politique russe en ces termes: « La Russie veut s’en tenir à la légitimité internationale. Nous sommes liés par le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres pays, ce qui comporte aussi la non-ingérence dans nos affaires internes. Nous respectons le processus démocratique et non pas les révolutions de couleur. Pour arriver à une entente entre les parties, le principe du ni vainqueur ni vaincu est le plus souhaitable. »

Cette interview de Mikhaïl Bogdanov répond entièrement à la question sur un engagement éventuel de la Russie contre l’Iran : c’est niet. En politique, bien des choses sont possibles. La politique n’est pas un  jeu scout, je m’y connais en realpolitik. Mais il n’y a absolument aucune raison pour que la Russie lâche l’Iran en échange de quelque promesse obscure et pourimesque de Netanyahou.

Israël et les US sont désormais réputés pour leurs initiatives perfides. Des Philippines à l’Egypte et à l’Azerbaïdjan, les pays qui ont été jadis pro-américains se sont vus trahis, et depuis tournent le dos à Washington. Les US ne sont plus un partenaire fiable. Si M. Trump arrive à contrer la révolution rose dans son pays et à s’affermir comme un vrai chef, alors peut-être pourra-t-il restaurer la crédibilité américaine. Mais en attendant, les US ne sont pas fiables. Et pour ce qui est de la duplicité israélienne, il suffit de voir comment les Israéliens ont tenu leurs promesses faites aux Palestiniens à Oslo. Les Iraniens sont loin d’être des gens rectilignes, mais ce sont des alliés, et ils se battent au coude à coude avec les Russes en Syrie, où la partie est terminée mais où la guerre n’est pas encore finie. La realpolitik élémentaire dit aux Russes de rester soudés avec l’Iran et de rejeter les offres de Bibi.

Mais les Israéliens sont tenaces. Il y a quelques jours, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a appelé, dans un entretien pour le Die Welt, à la création d’une alliance militaire « sur le modèle de l’Otan », entre Israël, Arabie saoudite, et Etats du Golfe contre l’Iran et les chiites. L’Etat juif a donc été pleinement assimilé dans son environnement comme partie prenante du bloc sunnite réactionnaire pro-occidental. Et voilà, ce n’est plus un mouton noir.

Il y a une issue, c’est de promouvoir un arrangement entre les Saoud et l’Iran. Le contentieux entre les deux Etats est ancien, beaucoup plus ancien que la révolution islamique, mais il y a eu des compromis antérieurement, en particulier au milieu des années 1970, et maintenant les choses sont mûres pour une nouvelle transaction. Les Saoudiens ont dépensé bien trop d’argent pour déstabiliser la Syrie et pour une guerre sans espoir au Yémen. Les Russes peuvent les inciter à trouver une solution. Et cela calmerait aussi les ambitions israéliennes en faveur d’une nouvelle série de guerres.

Mais pour cela, il faut d’abord vaincre la révolution rose à Washington, et le président Trump devrait procéder à la démilitarisation de la politique étrangère US. L’alternative, une guerre avec l’Iran, est trop horrible à envisager.

Et Bibi, alors ? Il a reçu un lot de consolation : un cadeau de Pourim très significatif, de la part de Poutine. Ce n’est pas la tête d’un combattant iranien sur un plateau d’argent, ni des gâteaux ou les oreilles d’Haman dans une corbeille, mais un livre vieux de cinq siècles, La Guerre des Juifs, de Flavius Josèphe [2]. C’est un livre bien choisi, qui devrait rappeler à Bibi le fou qu’il vaut mieux faire des compromis que de tenter de gratter le ciel. Les Juifs de Flavius Josèphe auraient pris du bon temps sous la protection d’une Rome bienveillante, s’ils n’avaient pas visé trop haut, et attiré sur eux la catastrophe.

Peut-être aussi que Poutine avait à l’esprit une autre sentence de Flavius Josèphe qui disait : les Juifs avaient une représentation de la capitale perse sur la porte de leur temple, pour leur rappeler que les Perses avaient rendu le temple aux  Juifs, et qu’ils devaient être respectés et redoutés par les Juifs à jamais.

Israël Adam Shamir

Joindre Israel Shamir: adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Première publication: The Unz Review.

[1] Sur l’éclairante histoire d’Haman, voir le texte de Shamir, publié en 2006, Le Syndrome d’Haman

[2] Flavius Josèphe vécut entre 37 ap. J-C et 100, mais l’exemplaire offert par Poutine à son hôte a été publié en 1526 en toscan, juste après l’invention de l’imprimerie.

 

Source: http://plumenclume.org/blog/233-cadeaux-de-pourim

Mélenchon censuré : les médias font la campagne de Macron, Fillon Hamon & Le Pen ! #JLM2017 #les chiffres

Censure de Mélenchon : les médias font la campagne de MacronFillon Hamon & Le Pen ! Initiative Communiste vous le prouve chiffre à l’appui.

Si vous ne vous informez qu’en écoutant la télé et la radio, en ne lisant que les titres de la presse des milliardaires Dassault, Bolloré, Drahi, Niel, Pigasse et autre Lagardère ou Pinault qui constituent 99% du paysage médiatique en France, alors vous avez peut-être eu la désagréable impression que Mélenchon avait quasiment disparu. Sauf de sondages dont on peut questionner la pertinence qui ne servent qu’à tenter de sauver la campagne du candidat du PS et ex ministre de Hollande visiblement en perdition. Et bien ce n’est pas une impression, car la censure frappe. Elle frappe Mélenchon tandis que la machine à imposer dans les têtes pour qu’ils soient en tête dans les urnes le quatuor des candidats du système (Fillon, Hamon, Macron qui partagent le programme dicté via l’UE par le MEDEF – Le Pen qui leur donne la réplique tout en partageant les mêmes mesures anti travailleurs) tourne à plein régime.

 

Bourrage de crâne pour les Macron Fillon Hamon & Le Pen, censure de Mélenchon : la preuve par les chiffres

A la rédaction d’Initiative Communiste, les bénévoles du PRCF se sont usés les yeux à décortiquer les chiffres publiés par l’institut CSA et ses partenaires analysant en continu internet pour mesurer la présence médiatique des différents candidats à la présidentielles.

 

Et les chiffres sont implacables c’est un véritable bourrage de crane en faveur de Fillon, Macon, Hamon et Le Pen qui a lieu. Tandis que Mélenchon est lui réduit à la portion congrue. C’est en tout cas ce que démontre l’analyse des chiffres de pop2017 qui décortique le nombre de citation dans les médias sur internet pour chaque candidat à la présidentielle (http://www.pop2017.fr/my-pop). Initiative Communiste a réalisé sur la base de ces chiffres un comparatif pour le mois de janvier et sur la période post primaires allant du 9 février au 10 mars.

En janvier 2017, Mélenchon avait le droit à

·         3,8 fois moins d’espace médiatique que Macron

·         2,4 fois moins d’espace médiatique que Le Pen

·         2,8 fois moins d’espace médiatique que Hamon

·         3,9 fois moins d’espace médiatique Fillon

 

·         1 minute temps de paroles toutes les 13 minutes de discours de Fillon, Macon, Hamon et Le Pen

Sur la dernière période de 30 jours, la situation s’est encore aggravée avec :

·         7,2 fois moins d’espace que Macron

·         4,2 fois moins d’espace que Le Pen

·         2,7 fois moins d’espace que Hamon

·         5,4 fois moins d’espace que Fillon

·         1 minute temps de paroles toutes les 20 minutes de discours de Fillon, Macon, Hamon et Le Pen

Quand le quatuor des candidats du système fait l’objet de 6,8 millions de citations comptabilisées par pop2017 sur ces 30 derniers jours, Mélenchon n’a lui droit qu’à 0,3 million de citations. Et encore les chiffres ne mesurent pas ici la proportion de celles qui sont pour lui cogner dessus !

 

L’examen de l’évolution des chiffres quotidiens montre une censure permanente de la campagne de Jean Luc Mélenchon, et à mesure que le premier tour approche, un renforcement de la mobilisation des médias du système pour Macron, Fillon Hamon & Le Pen.

D’après les décomptes du conseil constitutionnel, Macron, Fillon Hamon & Le Pen cumule près de 50% du temps de parole sur l’ensemble des médias audiovisuels.

 

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel chargé de faire respecter l’équité des temps de parole tient un décompte pour l’ensemble des télévisions et radio. Malgré une mise en forme conçue manifestement pour décourager le plus retord des journalistes d’investigation, Initiative Communiste s’est plongé dans les chiffres, analysant la semaine du 1er fevrier au 5 mars publiés par l’autorité administrative.

Et ses chiffres confirment ceux de l’analyse des données internet conduite par pop2017.

si on considère la totalité des télés et radios, en cumulant le temps de parole direct, celui des soutiens et celui des émissions pour chacun des candidats :

·         Macron, Fillon Hamon & Le Pen cumulent près de 50% du temps de parole sur l’ensemble des médias audiovisuels.

·         Mélenchon est largement censuré, avec 4 fois moins de temps d’antenne que Fillon, 3 fois moins que Macron, 2 fois moins que Hamon ou Le Pen.

·         Les autres candidats sont eux quasi totalement absents des plateaux de télés et des micros des radios

 

BFM TV : la chaine de Drahi en pointe de la campagne de Macron !

Au cours du mois de février, les journalistes de l’hebdomadaire Marianne ont sorti la calculette pour surveiller la télé de l’oligarque Drahi le milliardaire propriétaire de SFR, entreprise racheté avec l’appui de Macron tout juste nommé ministre à Bercy ! Et sans surprise ils ont constaté que « la chaîne de NextRadioTV a diffusé au total autant de minutes de meetings du fondateur d’En Marche… que de l’ensemble de ses quatre principaux concurrents réunis ! »

On est ici loin des principes de neutralité ou même d’équité qui devraient prévaloir. Rappelons que bien que privées, les chaines de télé exploitent des canaux de diffusions qui sont eux la propriété des français. Mais privatisées, la dizaine de milliardaires qui possèdent le système médiatique s’en servent tous azimuts pour faire du bourrage de crâne et promouvoir les 4 candidats du système : Macron, Fillon, Hamon et Le Pen !

Les discours de Macron ont été retransmis pendant un total de 426 minutes ces quatre derniers mois, contre 440 pour ses adversaires principaux : 182 minutes de François Fillon, 135 de Jean-Luc Mélenchon, 63 minutes de Marine Le Pen et à peine 60 minutes de Benoît Hamon (ce qui correspond à son seul discours d’investiture, à La Mutualité, le 5 février).

JBC pour www.initiative-communiste.fr

 

Source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/melenchon-censure-les-medias-font-la-campagne-de-macron-fillon-hamon-le-pen-leschiffres/

«L’Iran veut détruire l’Etat juif», dit Netanyahou. «C’était au Ve siècle avant J-C», répond Poutine

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Moscou, le Premier ministre israélien a mis en garde contre la menace que représente l’Iran qui, selon lui, serait dans la continuité de la Perse dans sa volonté de «détruire le peuple juif».

Vladimir Poutine a invité jeudi 9 mars Benjamin Netanyahou à tourner la page après que le Premier ministre israélien a évoqué la volonté ancestrale des Perses et de leurs « héritiers » iraniens de « détruire le peuple juif ». Le président russe a estimé qu’il s’agissait d’histoire ancienne.

Reçu au Kremlin, le Premier ministre israélien avait violemment critiqué l’Iran, allié de la Russie au Proche-Orient. «Il y a 2 500 ans, il y a eu une tentative en Perse de détruire le peuple juif. Cette tentative a échoué et c’est ce que nous célébrons à travers la fête» de Pourim qui aura lieu dimanche et lundi [12 et 13 mars] en Israël, a précisé Benjamin Netanyahou au chef de l’Etat russe.

La fête de Pourim célèbre, selon la tradition juive, la victoire des juifs contre Hamann, un vizir de l’empire perse, au Ve siècle avant J-C.

«Voilà qu’aujourd’hui l’Iran, héritier de la Perse, poursuit cette tentative de détruire l’Etat juif. Ils le disent de la façon la plus claire, ils l’écrivent sur leurs missiles», a-t-il affirmé.

«Oui, enfin, c’était au Ve siècle avant notre ère», a répondu, ironique, le président russe. «Aujourd’hui, nous vivons dans un monde différent. Alors parlons-en», a-t-il ajouté.

L’Etat hébreu considère l’Iran comme son ennemi numéro un. La République islamique, elle, ne reconnaît pas l’existence d’Israël et n’a plus de relations diplomatiques avec les Etats-Unis depuis 1980, conséquence de la révolution islamique de 1979 et de l’attaque de l’ambassade américaine par des partisans de l’ayatollah Khomeini.

Benjamin Netanyahou dénonce régulièrement le soutien militaire de l’Iran à Bachar el-Assad dans son conflit face à la rébellion syrienne. Le 5 mars, Benjamin Netanyahou avait déclaré qu’il allait tenter de convaincre Vladimir Poutine d’empêcher l’installation d’une présence militaire iranienne permanente en Syrie.

La Russie et l’Iran, fidèles alliés de Bachar al-Assad, ainsi que la Turquie, qui soutient les rebelles syriens, sont garants du cessez-le-feu entré en vigueur en Syrie depuis la fin du mois de décembre 2 016 et parrains des négociations de paix d’Astana qui cherchent à trouver une solution politique à la crise syrienne.

Source: https://francais.rt.com/international/35075-netanyahou-menace-perse-histoire-ancienne-repond-poutine

 

La Chine publie un rapport sur les droits de l’homme aux Etats-Unis

BEIJING, (Xinhua) — La Chine a publié, jeudi, un rapport sur l’état des droits de l’homme aux Etats-Unis.

Le rapport, intitulé « L’Etat des droits de l’homme aux Etats-Unis en 2016″, a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’Etat, gouvernement chinois, en réponse aux « Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l’homme en 2016″ publiés le 3 mars par le Département d’Etat américain.

Selon le rapport chinois, les Etats-Unis se présentent encore une fois comme « les juges des droits de l’homme ».

« En brandissant le ‘bâton des droits de l’homme’, ils pointent du doigt et accusent la situation des droits de l’homme dans de nombreux pays, sans tenir compte de leurs graves problèmes en matière de droits de l’homme », indique le rapport chinois.

« Avec des fusillades entendues par la population ayant comme décor la Statue de la Liberté, la détérioration de la discrimination raciale et la farce des élections dominées par la politique de l’argent, le défenseur autoproclamé des droits de l’homme a présenté le ‘mythe’ de ses droits de l’homme avec ses propres actes », ajoute le rapport.

Des faits concrets montrent que les Etats-Unis ont connu l’année dernière une détérioration continue de certains aspects importants de leurs problèmes actuels en matière de droits de l’homme, selon le rapport.

Le taux d’incarcération des Etats-Unis est le deuxième plus élevé du monde, avec 693 prisonniers pour 100.000 habitants, indique le rapport.

Environ 2,2 millions de personnes ont été incarcérées aux Etats-Unis en 2014. Et le nombre d’Américains emprisonnés a atteint 70 millions, soit un tiers des adultes ayant une forme de casier judiciaire, précise le rapport en citant des informations de médias.

La fréquence des crimes liés aux armes à feu s’est également maintenue à un niveau élevé, selon le rapport.

En 2016, un total de 58.125 incidents violents liés à des armes à feu ont été signalés aux Etats-Unis, y compris 385 fusillades de masse, faisant 15.039 morts et 30.589 blessés, note le rapport, citant des chiffres d’un rapport de Gun Violence Archive.

L’année dernière, la polarisation sociale s’est aggravée aux Etats-Unis. La proportion des adultes possédant des emplois à temps plein a atteint son plus bas niveau depuis 1983, les écarts de revenus ont continué à se creuser, la taille de la classe moyenne a commencé à se réduire après avoir atteint un tournant, et les conditions de vie de la classe inférieure se sont détériorées, détaille le rapport.

Selon Gallup, une société de conseil, le pourcentage des Américains qui pensent être dans la classe moyenne ou dans la classe moyenne supérieure a baissé de 10 points de pourcentage à 51% en 2016, contre une moyenne de 61% pour la période 2000-2008.

« Cette baisse indique que 25 millions de personnes aux Etats-Unis se sont retrouvées dans une situation plus grave en termes économiques », analyse le rapport.

En outre, un Américain sur sept, soit au moins 45 millions de personnes, vivent dans la pauvreté, ajoute le rapport en citant le Daily Mail.

Les relations raciales aux Etats-Unis ont continué de se détériorer en 2016, indique le rapport.

Selon un article publié sur Internet par le Washington Post sur les tirs des policiers en 2015, les Noirs américains avaient 2,5 fois plus de chance de se faire tirer dessus et d’être abattus par la police que les Blancs. Les Noirs non armés avaient 5 fois plus de chance de se faire tirer dessus et d’être abattus que les Blancs non armés.

Les écarts de salaire entre les Noirs et les Blancs étaient les pires en quarante ans, selon le rapport.

La discrimination raciale est fermement condamnée par les Nations Unies.

Après avoir mené des enquêtes à travers les Etats-Unis du 9 au 29 janvier 2016, le Groupe d’experts sur les personnes d’ascendance africaine du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a indiqué que les problèmes raciaux aux Etats-Unis étaient graves, précisant que l’histoire coloniale, l’esclavage, la subordination et la ségrégation raciales, le terrorisme racial et les inégalités raciales restaient des défis sérieux.

« La situation en matière de protection des droits des femmes, enfants et personnes âgées aux Etats-Unis s’est avérée préoccupante en 2016″, indique le rapport.

Les femmes sont bien moins rémunérées que leurs collègues hommes faisant le même travail et sont souvent victimes d’agressions et de violences sexuelles. Le taux de pauvreté chez les enfants reste élevé, et des incidents de violence à l’encontre des personnes âgées surviennent de temps en temps, selon le rapport.

Une femme sur quatre déclare avoir été victime de harcèlement sur son lieu de travail, note le document, en citant des informations publiées sur le site Internet du quotidien USA Today.

Environ 6,8 millions de personnes âgées de 10 à 17 ans aux Etats-Unis souffrent d’insécurité alimentaire, précise le rapport.

En outre, « les Etats-Unis ont piétiné de manière répétée les droits de l’homme dans d’autres pays et délibérément massacré des innocents », indique le document.

Du 8 août 2014 au 19 décembre 2016, les Etats-Unis ont mené 7258 frappes aériennes en Irak et 5828 en Syrie, causant 733 incidents, avec pour conséquence un nombre de victimes civiles estimé entre 4568 et 6127, selon le rapport.

 

Source: http://french.xinhuanet.com/2017-03/09/c_136116354.htm

Migrants, Schengen,

terrorisme : comment le

complexe militaro-

industriel européen

prospère sur la peur

L’afflux de migrants ? Un terrain de jeu pour tester de nouvelles technologies, des barrières « intelligentes » aux chiens robots en passant par les drones douaniers. La montée des droites extrêmes en Europe ? Une aubaine pour bâtir murs et barbelés à trois millions d’euros le kilomètre. Les groupes islamistes extrémistes ? Une perspective de « forts taux de croissance ». Ainsi va le business de la sécurité aux frontières, en plein essor depuis une décennie. Enquête sur ce nouveau complexe militaro-industriel de plus en plus influent en Europe.

Île de Lesbos, Grèce. À une portée de fusil des côtes turques, les flots agités de la mer Égée charrient, ce matin, des dizaines de rafiots surchargés d’hommes, de femmes et d’enfants. Trois bonnes centaines rien qu’en une demi-journée. Cris, embrassades, pleurs… Une matinée habituelle sur cette île à l’extrémité est de l’Europe, depuis que les guerres, les régimes autoritaires et l’instabilité qui a suivi les printemps arabes ont jeté des millions d’errants sur les routes de l’exode.

Ces deux dernières années, les médias ont scrupuleusement relaté la plus grave crise migratoire que connaît notre continent depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Sous l’angle humain, bien sûr, en couvrant l’odyssée des réfugiés fuyant dictateurs et terroristes. Sous l’angle politique, ensuite, en exposant la difficulté des États de l’Union à agir de concert face à ces afflux massifs. Or, ce phénomène a rarement été traité sous l’angle économique : quel est le coût du renforcement des frontières de l’Union ? Quels industriels se sont révélé les grands gagnants de cette crise ? Les technologies de surveillance qu’ils commercialisent sont-elles même efficaces ?

L’Europe : un marché intérieur des technologies de sécurité

La crise migratoire européenne a révélé l’existence d’une gigantesque industrie de la sécurité des frontières. Elle représentait, en 2016, un marché annuel mondial de 18 milliards de dollars (16,9 milliards d’euros) et devrait totaliser, à l’horizon 2022, la bagatelle de 53 milliards de dollars (49,8 milliards d’euros). De la volonté de décourager l’immigration à la lutte contre les trafics, le terrorisme ou la piraterie, les « menaces » aux frontières sont multiples, et constituent autant de justifications à des dépenses supplémentaires. Une aubaine pour les industriels de la sécurité, américains et israéliens en tête.

La Commission européenne a admis son retard en 2012 dans un « Plan d’action » identifiant le secteur de la sécurité comme particulièrement porteur. Selon Bruxelles, « les entreprises américaines qui dominent le marché demeurent les plus avancées sur le plan technologique ». Il faut donc « établir un marché intérieur européen plus efficace pour les technologies de sécurité » en vue de tirer un meilleur parti, face à la concurrence étrangère, de ce marché en pleine expansion. Ce dernier constitue également, pour la Commission, un axe de relance de l’idéal européen. « Il faut à l’Europe une véritable Union de la sécurité », a martelé Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, devant le Parlement européen en avril 2016.

Le budget de Frontex multiplié par 38

Avec des coûts économiques immédiats pour les contribuables : en renforçant continuellement les moyens d’action de Frontex (l’agence européenne de garde-frontières et garde-côtes), la Commission a fait passer le budget annuel de cette police des frontières de 6,3 millions d’Euros en 2005 à 238,7 millions d’euros en 2016. Plus généralement, les États-membres ont injecté onze milliards d’euros depuis l’an 2000 aux fins de protéger les marges de l’Union [1]. Le résultat le plus flagrant, ce sont les centaines de kilomètres de murs et de barbelés déjà édifiés en bordure de l’espace de Schengen – et en particulier le long de la « Route des Balkans », la voie migratoire qui relie la Grèce à l’ouest de l’Europe.

Mais l’un des premiers murs à avoir été édifiés s’étend sur le versant méridional de l’Europe : la barrière qui materne l’enclave espagnole de Melilla, au Maroc. Depuis 2005, un barrage d’acier et de barbelés, surveillé par 650 agents de la Guardia Civil, serpente le long d’un tracé de onze kilomètres. « Il s’agit d’une triple barrière anti-intrusion. La troisième barrière mesure entre six et sept mètres, elle est inclinée à quinze degrés de façon à décourager quiconque de l’escalader !, explique le Colonel Juan Antonio Rivera, chargé de la visite. Je peux vous dire qu’il y a un “avant” et un “après”, ajoute-t-il. Seules 150 personnes sont passées cette année, contre plus de 2000 auparavant. » Le 17 février, près de 500 personnes ont cependant franchi les barrières qui encerclent l’enclave espagnole voisine de Ceuta.

Barrières anti-migrants : trois millions d’euros au kilomètre

Les autorités communiquent en revanche moins sur les coûts de modernisation de ce dispositif : 33 millions d’euros, soit trois millions d’euros au kilomètre ! Sans compter diverses dépenses de maintenance : un récent rapport du ministère de l’Intérieur espagnol les a évaluées à quatorze millions d’euros depuis 2005, soit 154 000 euros par an et par kilomètre !

Ces dépenses créent d’autant plus le malaise que les routes migratoires ne cessent d’évoluer, rendant souvent les murs obsolètes. Les migrants s’adaptent en effet en permanence au renforcement des contrôles frontaliers. Contrecoup de la fermeture de la route des Balkans suite à l’accord signé en mars 2016 entre l’Europe et la Turquie, l’Italie est ainsi redevenu une porte d’entrée majeure des réfugiés. « Vous ne pouvez pas arrêter les migrants !, confirme Wissam, un jeune réfugié syrien se préparant à traverser la mer Égée depuis la ville turque d’Izmir. Lorsque vous êtes en danger de mort, peu importe que vous empruntiez telle ou telle route, vous voulez simplement atteindre votre but – par tous les moyens. »

Fermer les frontières de l’Europe : 2000 milliards d’euros

Barricader l’Europe de murs ? La solution se révèle dès lors aussi extrême qu’absurde. Étendre l’enceinte de Melilla aux 7700 kilomètres de frontières terrestres de l’espace Schengen coûterait au moins deux mille milliards d’euros, soit l’équivalent du déficit de la dette publique française. Sans compter les 42 000 kilomètres de frontières maritimes et les coûts de maintenance. Un chiffrage sur lequel les partis populistes européens, à commencer par le Front National et sa présidente Marine Le Pen, se sont montrés étrangement silencieux.

Pour pallier les écueils des frontières terrestres, l’Europe a dès lors complété ces dispositifs de frontières d’un nouveau genre : les frontières électroniques. En 2002, l’Europe déployait un véritable « Big Brother des mers » : SIVE, pour « Système intégré de vigilance extérieure ». Le centre de commandement de SIVE se trouve dans la ville andalouse d’Algesiras, à l’ombre du rocher de Gibraltar. Avec ses caméras thermiques, ses capteurs, ses radars et ses satellites, SIVE est la première frontière virtuelle d’Europe, capable de détecter toute tentative d’intrusion à trente kilomètres. « Le dispositif s’étend de la ville de Tarragone, au sud de la Catalogne, jusqu’à la frontière portugaise, et inclut également les îles Canaries », explique Manuel Fuentes, un policier en charge de la surveillance des côtes, en couvant ses écrans de contrôle d’un œil alerte.

Des chiens-robots dotés d’un odorat artificiel

Des centaines de millions d’Euros ont été dépensés pour SIVE. Indra, le groupe d’électronique espagnol chargé d’équiper la Guardia Civil avec ses technologies de surveillance, s’est félicité de la chute de plus de 80% de l’immigration illégale empruntant le détroit de Gibraltar par rapport à l’année 2001 (en une décennie, des centaines de migrants ont également péri aux abords du détroit). Dans le sillage de SIVE, d’autres frontières virtuelles telles que Spationav, en France, le réseau de surveillance finno-suédois SUCFIS ou encore le « Sistema Integrado de Vigilância Comando e Controlo » (SIVICC), le long des côtes portugaises, ont vu le jour. Or, les statistiques compilées par le Conseil de l’Europe [2] démontrent que la majorité des migrants clandestins ont rejoint le continent par la voie aérienne, munis d’un visa, avant de passer dans l’illégalité à l’expiration de leur titre de séjour. À Algesiras, le policier Manuel Fuentes en convient lui-aussi : « Lorsque des gens fuient la famine ou la guerre, peu importent les obstacles que vous mettrez sur leur chemin, ils passeront... »

De nouvelles technologies se profilent pour corriger ces défaillances. L’étude des 321 projets financés, entre 2007 et 2013, sous l’égide du programme de recherche européen FP7-Sécurité est édifiante : ce dernier a promu le développement de chiens-robots dotés d’un odorat artificiel, d’outils d’analyse des comportements suspects, de capteurs de substances chimiques ou encore d’une architecture européenne intégrée de surveillance maritime...

Des drones pour remplacer les douaniers ?

Après les frontières terrestres et électroniques, l’Europe finance également des programmes de frontières aériennes. Ainsi, le programme de recherche Aeroceptor consiste à équiper des drones de surveillance aux frontières d’armes non létales, afin d’« immobiliser des véhicules non coopératifs ». Ses concepteurs n’ont pas souhaité s’exprimer sur la technologie envisagée pour neutraliser les cibles. De même n’ont-ils jamais évoqué les potentielles dérives auxquelles Aeroceptor ouvre la voie : le jour pourrait venir où de tels drones se verraient confiée une autonomie de décision au moment de diriger une arme contre des hommes.

Cette fuite en avant technologique a pourtant peu de chances d’être stoppée, tant les enjeux industriels qui se cristallisent autour des frontières européennes sont considérables. La sécurité des frontières s’affiche clairement comme un nouveau débouché pour les industriels de l’armement. Les budgets de défense des pays membres de l’Union européenne ont stagné voire baissé ces dernières années. En France, les fonds alloués à l’armée ont ainsi chuté de 20% en 25 ans. Or, dans le même temps, les dépenses publiques de sécurité intérieure ont connu un accroissement significatif : le budget hexagonal de sécurité intérieure a atteint plus de douze milliards d’euros en 2016 contre moins de dix milliards en 2003 – soit presque 25% d’augmentation en seulement quinze ans. À l’échelle européenne, le même poste de dépense a, quant à lui, triplé depuis 2010 pour atteindre plus de quatre milliards d’euros en 2016.

« On assiste à un recyclage de toute l’industrie militaire vers le civil »

Les industriels de l’armement ont rapidement saisi les opportunités que représentait cette nouvelle destination des dépenses publiques. « Nos perspectives commerciales avec l’armée française s’avéraient limitées... Nous nous sommes dès lors tournés vers des clients du secteur civil, tels que la police, qui conduit des missions de sécurité similaires. Les projections de croissance y sont considérables, de l’ordre de dix pour cent par an ! », Admet un marchand d’armes exposant ses produits à Milipol, l’un des plus grands salons d’armement au monde qui se tient tous les deux ans en région parisienne.

Une lecture des rapports d’activité publiés par l’industriel britannique BAE Systems et l’italien Finmeccanica confirme ce glissement : il y est désormais question de commercialiser des « technologies duales » répondant tant aux besoins de l’armée que des forces de police, et de dégager davantage de « synergies » entre ces deux secteurs naguère cloisonnés. En clair, « on assiste à un recyclage de toute l’industrie militaire vers le civil », explique Claire Rodier, juriste au sein du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Les récentes attaques terroristes, survenues en France, en Allemagne et en Belgique, vont encore amplifier ce phénomène.

Quand les entreprises rédigent les appels d’offres qu’elles remportent

Pour parvenir à leurs fins, les industriels influencent fortement Bruxelles au moyen d’un lobbying aussi discret qu’efficace. Depuis une quinzaine d’années, le monde de l’armement a tout simplement « institutionnalisé » ses méthodes de lobbying. En poussant à la création d’organes officiels au sein de la Commission et en y faisant siéger ses représentants, l’industrie de défense a poursuivi une véritable stratégie de noyautage. Il en va ainsi de l’Agence de défense européenne (EDA), créée en 2004 pour bâtir une Europe de la défense : les principaux lobbies européens de défense, à commencer par la puissante European Organization for Security (EOS, qui regroupe une quarantaine d’entreprises, de l’armement à l’électronique en passant par la cyber-sécurité), se vantent en effet d’avoir été à l’origine de la naissance de cet organisme censé, selon les mots de l’ancien directeur de l’EDA Javier Solana, permettre de « dépenser davantage ensemble » en matière d’armements.

De même pour le FP7-Sécurité : ce programme européen de recherche, doté de 1,4 milliards d’Euros, a été créé en 2004 à l’initiative d’un « Groupe de personnalités » abondamment composé de représentants de l’industrie. Puis en siégeant au sein de des commissions du FP7 entre 2007 et 2013, les industriels ont pu collaborer à l’écriture des appels d’offres... avant d’y répondre.

Les groupes islamistes extrémistes, facteurs de « croissance »

On devine la suite : « Les industriels tels qu’EADS et Thales gagnaient les appels d’offres à l’écriture desquels ils avaient participé ! », dénonce le sociologue autrichien Reinhard Kreissl, qui siégeait alors au sein de l’un de ces groupes d’experts. Il ne faut dès lors pas s’étonner des conclusions d’un rapport sur le fonctionnement du FP7 publié en 2014 à la demande du parlement européen : « La recherche en matière de sécurité a avant tout servi les intérêts de l’industrie plutôt que ceux de la société », dénoncent ses auteurs.

La protection des frontières européennes et la sécurité des cinq cent millions de citoyens qu’elles entourent ne constituent pas, en priorité, un projet politique et sociétal. L’enjeu se révèle avant tout industriel, dans un contexte de compétition économique accrue avec les États-Unis et Israël. Et au-delà de notre continent, c’est le monde entier qui apparaît comme un vaste terrain de jeu. « Des menaces persistantes provenant de groupes islamistes extrémistes vont générer, au cours de la prochaine décennie, de forts taux de croissance sur les marchés du Moyen-Orient et de l’Afrique », prédit déjà le cabinet d’études Strategic Defence Intelligence. Sur ce marché planétaire, les industriels européens peuvent se tailler la part du lion.

Guillaume Pitron

Cette enquête a été réalisée dans le cadre d’un projet associant plusieurs journalistes d’investigation européens, Security for Sale, coordonné par le media néerlandais De Correspondent. Elle a été écrite avec le soutien du Journalism Fund. Voir ici une page en anglais présentant le projet et les articles qui le composent.

En photo : le « centre de situation » de Frontex, à Varsovie / © Frontex

Soupçon d'emploi fictif: Marine Le Pen avait été alertée

Des mails obtenus par Mediapart et Marianne démontrent que Marine Le Pen a été informée de la situation problématique de son ancien conseiller Gaël Nofri, soupçonné d'avoir été rémunéré pendant la campagne de 2012 par un contrat « fictif ». La justice a été saisie de ce cas le 3 mars, dans l'affaire des assistants parlementaires du FN.

Le cas de Gaël Nofri, ancien conseiller de Marine Le Pen, est désormais sur le bureau de la juge Claire Thépaut, chargée avec Renaud Van Ruymbeke de l'enquête sur les assistants parlementaires du Front national. Après les révélations de Mediapart et Marianne le 25 février, la magistrate a été saisie, le 3 mars, de ce nouveau soupçon d'emploi fictif. Il s'ajoute aux autres cas examinés dans le cadre de l'information judiciaire ouverte le 15 décembre dernier pour « abus de confiance »« escroquerie en bande organisée »« faux et usage de faux » et « travail dissimulé ». Sur la base des nouveaux éléments, Gaël Nofri a demandé à la justice d'être entendu.

Le cas de Gaël Nofri revêt une dimension particulière, puisqu'il se situe au carrefour de deux enquêtes judiciaires visant le Front national : celle du financement des campagnes frontistes de 2012, qui est renvoyée en correctionnelle, et celle, en cours, des assistants parlementaires européens du parti.

Au cœur de ce dossier, la rémunération de Gaël Nofri, un élu niçois de 31 ans, qui fut le conseiller de Marine Le Pen chargé des services publics pendant la campagne présidentielle en 2012. Ce souverainiste, qui a quitté en 2014 les rangs du Rassemblement bleu Marine pour rejoindre Debout la France, puis les Républicains, avait été embauché « pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen » entre septembre 2011 et fin avril 2012. Il explique avoir fourni ce travail, mais il assure que le Front national l'aurait fait rémunérer par des contrats d'assistant au Parlement européen puis de « chargé d'étude » au cabinet de l’expert-comptable du FN, Nicolas Crochet. Sauf qu'il dit n'avoir mis les pieds ni à l'un, ni à l'autre.

 

C'est le témoignage qu'il a livré en septembre 2014 à la brigade financière, à Paris, où il s'est rendu de sa propre initiative. Son contrat au cabinet comptable de Nicolas Crochet a attiré l'attention des enquêteurs dans l'affaire du financement des campagnes de 2012, qui l'ont considéré comme « fictif ». Vieil ami de Marine Le Pen, Nicolas Crochet est l’expert-comptable qui vérifie les comptes des candidats frontistes depuis 2011, avec son cabinet Amboise Audit, mais aussi le tiers-payant du parti au Parlement européen – c'est-à-dire qu'il établit les contrats et bulletins de paie des assistants locaux des eurodéputés, leur verse leurs salaires, ainsi que les cotisations sociales en France, sur les fonds européens qu’il reçoit. 

Gaël Nofri. © Twitter / Gaël Nofri

L'affaire des assistants parlementaires du FN amène aujourd'hui la justice à se pencher aussi sur la rémunération de Gaël Nofri par le Parlement européen. D'après nos informations, il existe bien un contrat d'assistant au nom du jeune Niçois à Strasbourg. Il y apparaît comme assistant local à temps partiel (17,5 heures par semaine) de Jean-Marie Le Pen, du 1er octobre au 31 décembre 2011, pour un salaire brut mensuel, charges comprises, de 8256 euros. Mais ce contrat n'aurait été transmis au Parlement que plusieurs mois plus tard, en 2012. 

 

Le problème : Gaël Nofri soutient n’avoir « jamais été assistant de Jean-Marie Le Pen, jamais, jamais ! » (Écoutez son témoignage ci-dessous). S'il a bien été son directeur de campagne aux européennes, en 2014, l'élu niçois réfute avoir été son collaborateur parlementaire deux ans plus tôt. « Je n’ai évidemment jamais été au Parlement européen, ajoute-t-il. Et d’ailleurs, je n’ai jamais signé de contrat en ce sens. » Gaël Nofri assure aussi à Mediapart ne pas avoir touché l'argent de ce contrat de 2011. Ce document a-t-il pu être établi à son insu ? La justice comme le Parlement européen s'interrogent.

De son côté, le fondateur du FN fait répondre par son conseiller en communication, Lorrain de Saint-Affrique, que c'est un « contrat local » « pour lequel Gaël Nofri a transmis des notes sur des questions locales et européennes ». « Nous pourrons produire les notes qui correspondent à cela ». Pour le reste, il renvoie la balle : « S’il y a autre chose, cela relève de la responsabilité de Nofri ou des autres, mais pour ce qui concerne Jean-Marie Le Pen, il a fait le travail », fait-il répondre par la voix de Lorrain de Saint-Affrique. Au Front national, le vice-président, Louis Aliot, à l'époque directeur de campagne opérationnel, livre à Mediapart une réponse énigmatique : « Je tiens le dossier Nofri avec des perles… et avec tout le travail, l'affection et l'admiration qu'il portait à Jean-Marie Le Pen, puisqu'il était mon lien avec Jean-Marie à un moment où je ne parlais plus à Jean-Marie (agissait-il comme son assistant ?)… telle est la question… »

 

Mais c'est le rôle de la présidente du FN qui intrigue aujourd'hui. Des mails que Mediapart s'est procurés démontrent que Marine Le Pen et son compagnon, Louis Aliot, ont été alertés personnellement par Gaël Nofri en 2012 sur sa situation.

Mail adressé par Gaël Nofri à Marine Le Pen © Mediapart et Marianne

Le 15 mai, alors que son contrat s'achève, le conseiller envoie un mail à la cheffe du FN, s'excusant de l'« ennuyer avec des affaires d'intendance ». Il lui expose le « problème » « Nous avions prévu que mon contrat s'arrête à la fin du mois et qu'ensuite j'obtienne mes indemnités [sic] puis le chômage. Or, Nicolas [Crochet – ndlr] ne m'a toujours pas fait les fiches de salaire et le contrat en cours est caduc donc je ne peux prétendre au chômage pour le moment. » « De plus il m'informe que les indemnités étaient mensualisées et que donc je ne toucherai rien. Vous comprendrez sans doute, étant donné ce que je vous avais déjà expliqué, que cette situation n'est en rien tenable pour moi… », poursuit le conseiller dans ce mail, qu'il conclut d'un encouragement à sa patronne pour les législatives : « Bonne chance à Hénin, on pense tous à vous. »

« Un montage pour le moins douteux »

Fin juin, changement de ton. Gaël Nofri va s'inscrire à Pôle Emploi et apprend par l'agence – selon son récit – qu'« il n’y a jamais eu aucune cotisation ». L’ex-conseiller assure avoir « appelé Marine [Le Pen – ndlr] trois jours avant les législatives pour lui demander ce que c’était que cette histoire. Elle [lui] a répondu : “Je suis dans les législatives, j’ai d’autres choses à faire que de m’occuper de ça.” » Il dit avoir envoyé au total trois SMS « assez salés » à sa patronne, les 19 et 25 juin, et le 2 juillet 2012, « en ruant dans les brancards »« Elle n’a jamais réponduElle m’a fait répondre par Louis Aliot et par Nicolas Crochet, qui s’en occupait. »

 

Écoutez son témoignage :

L'ex-conseiller va formuler noir sur blanc le problème à Louis Aliot. Dans un long mail daté du 17 août 2012 et intitulé « récapitulatif », Gaël Nofri détaille formellement au compagnon de Marine Le Pen les multiples péripéties autour de son contrat et évoque « un montage pour le moins douteux ».

L'élu niçois rappelle d'abord au vice-président du FN que la « révision de [son] contrat » a été « proposée à Malesherbes [le QG de campagne en 2012 – ndlr] par Marine Le Pen et Nicolas Crochet vers le 20 avril », et qu'elle prévoyait notamment « une modification rétroactive de [son] employeur au 31 décembre 2011 » et « une indemnité d'un mois de salaire pour la fin du contrat ».

 

« J'ai accepté cela dans l'intérêt de la campagne, justifie-t-il dans ce mail, puisqu'il semblait nécessaire de le faire en m'inquiétant tout de même des conséquences légalesrappelant que je n'étais pas un bourgeois, que j'avais des crédits et un loyer. » Il se plaint auprès de Louis Aliot de n'avoir finalement pas obtenu l'indemnité promise, ni reçu, pendant plusieurs mois, le « nouveau contrat » de la part de Nicolas Crochet. « Au lendemain des élections législatives, n'ayant toujours rien reçu, je me suis inquiété de la situation et de ses possibles conséquences demandant expressément quelques réponses pour moi, les créanciers et ma famille », rappelle-t-il au vice-président du FN.

Mail adressé par Gaël Nofri à Louis Aliot © Mediapart et Marianne

Ce n'est que le 22 juillet qu'il reçoit ses « fiches de salaire, contrat et feuille ASSEDIC », le tout accompagné d'un mot laconique de la collaboratrice de Nicolas Crochet : « désolé pour le retard ». Une semaine plus tard, il apprend par Pôle Emploi que son dossier est « rejeté », à cause de plusieurs anomalies. Parmi lesquelles le fait qu'« aucune attestation Pôle Emploi n'avait été faite pour le compte de Jean-Marie Le Pen », que « la fiche de Pôle emploi rédigée par Nicolas Crochet avait été mal remplie et des éléments obligatoires faisaient défaut » et que « le numéro de sécurité sociale mentionné sur toutes [ses] fiches de paie par Nicolas Crochet n'était pas le bon ».

L'ex-conseiller s'est alors tourné vers le vice-président du FN pour obtenir « une avance sur le salaire prévu au mois de septembre afin de [l']aider à continuer à assumer tout seul, après 4 mois sans salaire, [ses] dépenses ».

Dans son mail, Gaël Nofri rappelle à Louis Aliot qu'il n'a alors pas fait d'« esclandre »« ce qui aurait mis tout le monde dans l'embarras ». Mais il insiste sur le silence de Marine Le Pen dans cette affaire : « Mes multiples SMS et mails à Marine Le Pen sont restés lettre morte », écrit-il. « Durant ces 4 mois, mes demandes, mes insistances et mes explications sont toujours demeurés sans réponse. »

Aujourd'hui, Louis Aliot balaye ces alertes. « Vous savez, il racontait et écrivait tellement de choses plus ou moins contradictoires et quelquefois farfelues que je ne cherchais pas à savoir. Pour moi, il était un ami… du moins je croyais », explique-t-il à Mediapart.  « Mais dans tous les cas, juridiquement, je n'avais aucun lien avec lui… Il était le lien avec Jean-Marie et moi pendant un moment et avec le camp souverainiste pour le reste… Je croyais surtout que j'étais son ami… Maintenant je sais… » « Son attitude est étrange par rapport à beaucoup de choses de sa vie politique et professionnelle. Il a vraiment beaucoup écrit », tente-t-il de relativiser.

Par qui Gaël Nofri a-t-il été rémunéré pour sa mission de conseiller durant la campagne ? Sur cette question cruciale, Louis Aliot ne répond pas : « Vous verrez », dit-il. « Demandez-le-lui… », Botte-t-il en touche lorsqu'on insiste. 

Un autre élément accrédite le rôle qu'a pu jouer Marine Le Pen : un mail du 6 juillet 2012 adressé par Nicolas Crochet à Louis Aliot, où la présidente du FN figure en copie. Ce mail, versé à la procédure judiciaire, laisse penser que Marine Le Pen est intervenue en personne pour que son ancien conseiller signe rapidement le contrat chez Amboise Audit. « Marine lui avait envoyé un SMS pour qu’il le signe le jour où je lui ai envoyé son contrat par la poste », écrit l’expert-comptable, qui demande à Louis Aliot d’intervenir à son tour : « N’oublies [sic] pas de lui reparler de la signature des documents liés au CDD avec mon cabinet. »

 

Sollicités à plusieurs reprises sur le sujet par Mediapart, Marine Le Pen comme Nicolas Crochet sont toujours restés muets.

L’affaire Fillon, une honte française

Mediapart a sollicité une douzaine de journalistes étrangers (Angleterre, Italie, Allemagne, Israël, Roumanie, Norvège, Canada…) dans le but de recueillir leurs impressions sur l’affaire Fillon. Le constat ? Accablant.

Prendre les yeux d’un autre pour essayer de voir qui nous sommes. Mediapart a sollicité l’analyse d’une douzaine de journalistes étrangers dans le but de recueillir leurs impressions sur l’affaire Fillon. À toutes et tous, les trois mêmes courtes questions ont été posées : 1) qu’en pensent-ils ? ; 2) Une affaire similaire serait-elle possible dans leur pays ? ; 3) pourquoi ?

 

Le constat claque comme une porte de fer ; je n’ose dire de… prison. C’est un réquisitoire. L’affaire Fillon est une honte française. Les grilles d’analyse qui lui sont appliquées, cependant, divergent selon le pays d’où elle est regardée.

Rassemblement du Trocadéro, le 5 mars © Reuters

Pour certains, la plupart en fait, il s’agit d’une sorte d’OVNI culturel. Qu’un homme politique visé par la justice anti-corruption, qui a menti éhontément aux citoyens et à la presse, puisse continuer sa campagne pour la présidence de la République comme si de rien n’était, cela constitue un événement inconcevable à domicile. Au Canada, en Israël, en Norvège, en Angleterre ou en Allemagne, par exemple, personne n’imagine une farce à ce point grotesque se poursuivant si longtemps sans conséquences politiques majeures pour les personnes concernées.

Et quand certains ont été confrontés par le passé à des faits massifs de détournements de fonds publics au parlement, comme ce fut le cas en 2009 en Angleterre, des réformes institutionnelles profondes en ont découlé : des autorités de contrôle ont vu le jour, des députés ont démissionné, d’autres sont allés en prison – le plus souvent pour des sommes infiniment plus petites que celles évoquées dans l’affaire Fillon.

Dans d’autres pays – et ce n’est guère enthousiasmant pour l’orgueil français –, l’affaire Fillon est une consolation. C’est le cas, par exemple, en Espagne, où la classe politique (de droite comme de gauche) est minée par de multiples affaires d’atteinte à l’éthique, ou en Italie, qui a dû endurer pendant plusieurs décennies les aventures du satrape Silvio Berlusconi. Comme François Fillon, Berlusconi avait d’ailleurs cru pouvoir célébrer un « peuple » mythifié contre la justice pour se protéger. Cela a pris du temps, mais il a fini par perdre face aux juges son honneur et un peu, aussi, celui de son pays.

Il reste, dans notre panel, des journalistes originaires d’Algérie ou de Russie pour qui l’affaire Fillon pourrait être, au contraire, le thermomètre des lacunes démocratiques de leur propre pays, où une telle affaire ne verrait jamais le jour. Soit parce que la presse de masse y est cornaquée, soit parce que la justice est à la solde du pouvoir. Soit les deux.  

 

·         HENRY SAMUEL
Correspondant à Paris du quotidien Daily Telegraph (Angleterre)

Henry Samuel © DR

« Que François Fillon persiste ou se retire, j’ose croire que son cas s’avère salutaire pour la France. S’agissant de corruption politique, il n’y a pas d’exception française. Le Royaume-Uni n’a pas été épargné par les abus d’argent public venant de ses politiques ces dernières années. Souvenons-nous du terrible scandale des frais des députés britanniques de 2009 révélé par mon journal. 

Le public, effaré, a découvert que de nombreux parlementaires ont usé et abusé d’un système très flou de frais qui a vu un député payer la construction d’une jolie petite maison pour les canards de sa propriété avec l’argent du contribuable, ou d’autres s’acheter et vendre des résidences secondaires en exploitant les subtilités du système parlementaire.

Ce fut un “benchmark” au Royaume-Uni. Le Speaker du Parlement, qui a dû démissionner par la suite, a bien résumé la chose en disant que les politiques ne peuvent plus se contenter de se jouer des règles mais qu’ils se doivent d’agir “dans l’esprit de ce qui est juste”.

Mais hors de question de laisser le parlement s’auto-juger et d’en rester là. Une autorité parlementaire indépendante a été créée et des enquêtes criminelles ont été lancées.

Plusieurs députés ont fait de la prison, dont l’ancien ministre des affaires européennes pour un montant de frais non justifié de l’ordre de £12 000 – une somme infime par rapport aux montants cités dans l’affaire Fillon. Huit ministres, y compris ceux des finances, de l'emploi et du transport, ont démissionné.

Depuis, il y a zéro tolérance à l’égard de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un establishment cupide. Dans un sens, le Brexit était l’expression même de ce rejet, car des personnalités telles que David Cameron ou George Osborne ont été considérées par beaucoup d’électeurs comme représentant une élite totalement déconnectée des gens ordinaires et de leurs inquiétudes face aux inégalités et à la mondialisation.

Et si le scandale Fillon était le même type de “benchmark” pour la France ? La vraie nouveauté aujourd’hui n’est pas la découverte de pratiques moralement douteuses, où un homme qui concourt à la magistrature suprême a visiblement trait le système des assistants parlementaires comme une vache à cash. Son ex-directeur de campagne [Patrick Stefanini – ndlr] parle même d’un “complément de salaire”. Les électeurs sont en droit de demander où est leur propre complément de salaire, surtout à quelqu’un qui promet du sang et des larmes. 

Non, la vraie évolution pour nous – à en croire la chute actuelle de Fillon dans les sondages –, c’est que l’électorat français, qui donnait jusque-là l’impression de ne se soucier guère des peccadilles de ces politiques, pourvu qu’ils “fassent le job”, a décidé de dire “stop”.

Comme indiquait Alain Juppé cette semaine, lors d’un moment de lucidité salutaire, ceux qui ne suivent pas le mouvement appartiennent au passé. Et la politique est surtout un métier d’avenir. »

 

·         ANASTASIA KIRILENKO 
Collaboratrice de The Insider (Russie)

Anastasia Kirilenko © DR

« Je pense que cette affaire est ubuesque. L’élection présidentielle semblait être gagnée d’avance et les experts de la Russie au Quai d’Orsay se préparaient à être balayés par un nouveau chef d’État qui ne cachait pas son indulgence envers Poutine. Mais rien ne s’est passé comme prévu : Fillon, catholique irréprochable qui jouait les oies blanches, est en fin de compte fortement soupçonné d’avoir mis en place des emplois fictifs pour sa femme et ses enfants. Je suis admirative de la réaction de la société française, pour laquelle les institutions de la démocratie, telles que la presse indépendante et la justice, sont plus importantes que des personnalités concrètes. À cause des faits révélés, quelqu’un qu’on admirait hier peut chuter dans les sondages. Une réaction difficilement envisageable en Russie.

Une affaire similaire pourrait arriver en Russie, mais seulement en ce qui concerne la méthode de détournement, pas sur le résultat final. Récemment, l’opposant Alexey Navalny, connu pour ses enquêtes anti-corruption, a diffusé un film sur les biens immobiliers de luxe du premier ministre Dimitri Medvedev, qui sont cachés en Russie et en Toscane et dont la valeur ne correspond pas à son salaire officiel. Une minorité de Moscovite est choquée, mais personne ne s’attend sérieusement à ce que la justice s’y intéresse. Certains réseaux sociaux russes expliquent même que de telles révélations vont profiter à Medvedev, car les oligarques vont davantage le “respecter”, en sa qualité de milliardaire caché et donc d’homme fort. Pour sa part, la porte-parole du premier ministre dit qu’il y a rien à commenter. Elle a répliqué que même l’idée que son chef soit corrompu est inimaginable.

En Russie, les derniers médias libres sont la cible d’attaques par des moyens légaux et illégaux, et ils sont de plus en plus faibles. C’est un fait. Par contre, la quantité de blogs consacrés à des enquêtes, qu’ils soient anonymes ou signés, s’accroît et leur popularité est en hausse. “En Russie tout est secret et rien n’est un mystère”, se moque-t-on. Le gouvernement, qui contrôle la télévision, manipule l’opinion publique et les élections, ne se sent pas obligé de réagir à des blogs. “Ce sont juste des moustiques qui nous piquent”, m’a un jour dit une députée, sur un ton nonchalant, alors que je la confrontais à des accusations de corruption. On ne sait pas comment la situation va évoluer, mais pour l’instant ils se sentent inébranlables. »

 

·         GIGI RIVA 
Rédacteur en chef de l’hebdomadaire L’Espresso (Italie)

Gigi Riva © DR

« L’“affaire Penelope” est la preuve que la France, pays des Lumières, a vu l’émotion détrôner la raison. La droite française a adopté la logique selon laquelle “même le pire des nôtres est mieux que le meilleur des leurs”. Aucun citoyen de bon sens ne peut douter, face aux preuves accablantes démontrant que François Fillon a accordé de magnifiques sinécures à sa femme et à ses enfants, sans travail de leur part. Aucun ne peut non plus douter qu’il a menti quand il a promis de se retirer de la course présidentielle en cas de mise en examen.

Son parti n’a pas eu le courage de changer de candidat, craignant de désavouer le verdict populaire des primaires. Une nouvelle preuve que les élites ont abdiqué leur rôle au nom d'une “volonté du peuple” pourtant mal comprise. En fait, les élites aujourd’hui, en France comme ailleurs, ont peur du peuple. Quant à Fillon, fort de son investiture, il prétend convaincre uniquement parce qu’il parle. En se mettant hors et au-dessus de la loi, il se considère comme un souverain qui aurait reçu un mandat populaire. Cela me fait penser à une catastrophe de type biblique : comme Samson, il décide de mourir avec tous les Philistins.

Avec Silvio Berlusconi, nous avons bien connu le syndrome du chef politique qui se croit imperméable à tout contrôle judiciaire. C’est une attitude qui a gangréné la relation entre les pouvoirs de l’État. Nous y sommes encore, avec ces scandales innombrables qui engloutissent presque tous les mois la classe dirigeante. Quand cela arrive en France, finalement, cela nous rassure. Nous ne sommes pas seuls. Même la France, pays des Lumières, est comme nous. » 

 

·         DOV ALFON 
Correspondant à Paris et ancien rédacteur en chef du quotidien Haaretz (Israël)

Dov Alfon © Geraldine Arestanu

« “Alors, en résumé, il est comme Bibi ?”, me demande le jeunot de service ce weekend, au desk du journal, à Tel-Aviv. Ils sont de plus en plus jeunes, mais tout aussi désemparés que leurs aînés : comment diable expliquer aux lecteurs israéliens le dernier épisode de l’affaire Fillon ?    

Eh bien oui, il est comme Bibi, le surnom de l’actuel premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a été entendu par la police comme témoin assisté dans deux affaires de corruption et est soupçonné dans deux autres, dont une concerne l’argent que sa femme et lui auraient reçu du sulfureux Arnaud Mimran, comme l’ont révélé Mediapart et Haaretz. Mais voilà – et la nuance n’est pas moindre – Bibi n’aurait pas pu se présenter aux élections si ces affaires avaient été révélées avant le scrutin : il remplace Ehud Olmert, l’ancien premier ministre actuellement en prison, forcé de démissionner après que la justice l’eut mis en examen pour avoir reçu un “cadeau” de 15 000 euros d’un homme d’affaires américain. Olmert a été condamné fin 2015 à 18 mois de prison, avec un mois supplémentaire pour entraves à la justice. 

Alors, il n’est pas tout à fait comme Bibi, François Fillon, puisqu’il pourrait, selon la loi française, être élu même mis en examen, situation impossible en Israël. Mais il a raison quand même, le jeunot, à l’autre bout du fil : comme Bibi, Fillon semble être investi d’une mission divine, et ces petits détails mesquins d’enquêtes de petits juges – pour Netanyahu, il s’agit, entre autres, de livraisons incessantes de cigares pour lui et de champagne rosé pour sa femme – risquent de le distraire de choses bien plus importantes, l’avenir de la nation. 

“Revenons aux thèmes de la campagne”, soupire Fillon face aux questions sur Penelope ; “Mais laissez-moi m'occuper de la menace nucléaire iranienne”, maugrée Netanyahu face aux questions sur Sarah. Allez, mes lecteurs comprendront assez facilement. »

 

·         ÉMILIE DUBREUIL 
Journaliste à Radio Canada et chroniqueuse au mensuel Voir (Canada).

Émilie Dubreuil © DR

« Au spectacle de l’affaire Fillon, le premier mot qui me vient à l’esprit est “étonnant” – le deuxième serait peut-être “pittoresque”… –, dans la mesure où l’article 62 du Code de règlements des parlementaires canadiens interdit rigoureusement aux élus d’engager un membre de leur famille, de près ou de loin (pas le moindre cousin !).

Au Québec, le Code d’éthique des députés stipule aussi qu’aucun membre de la famille d’un élu ne peut retirer un avantage du fait de l’élection de quelque proche. Un député ayant engagé la femme d’un collègue, pourtant capée et sans doute compétente, a ainsi dû s’en séparer. Cela ne saurait faire partie de nos mœurs politiques. En France, au contraire, le nombre d’emplois familiaux, parmi les élus, impressionne, de part et d’autre de votre échiquier politique.

Le Canada a certes connu des scandales de corruption, beaucoup même, particulièrement au Québec, où la corruption dans le domaine de la construction et de l’octroi des contrats publics a mené à la tenue d’une commission d’enquête publique. Des élus, dont l’ex-vice première ministre Nathalie Normandeau et des membres de son cabinet politique, ont été arrêtés et accusés l’an dernier de corruption, fraude et abus de confiance. Il en résulte un profond, réel et durable ras-le-bol de l’opinion publique. Celle-ci est devenue très sensible au sujet et ne tolère plus la moindre trace de prévarication. Des enquêtes sont menées et les coupables doivent payer.

La lieutenante gouverneure du Québec de 1997 à 2007, Lise Thibault, dont les notes de frais s’avéraient somptuaires, a tenté de faire jouer en vain l’immunité royale (elle était officiellement représentante de la reine Elisabeth II) : Lise Thibault a été condamnée en 2015 à 18 mois de prison. Elle n’en fit que 3 en 2016 mais fut bel et bien incarcérée. Et elle a dû rembourser 200 000 dollars de dépenses excessives.

Idem pour Gilles Vaillancourt, ancien maire de Laval, la deuxième ville du Québec, condamné en décembre 2016 à près de 6 ans de prison et au remboursement des 8,5 millions de dollars qu’il avait placés en Suisse. D’ailleurs, au Québec, beaucoup de maires se sont éternisés au sommet et plusieurs d’entre eux ont été accusés et/ou condamnés  pour corruption au cours des dernières années. Il existe au Québec, depuis 2011, une Unité permanente anticorruption (UPAC), dont la mission est de “prévenir, vérifier, enquêter” dans le secteur public. En plus, s’impose la vigilance civique. Chez nous, que ce soit face à l’affaire du garde du corps de Marine Le Pen ou à celle de l’emploi abusif voire fictif de Penelope Fillon, il me semble que la sonnette d’alarme aurait été tirée beaucoup plus tôt et sans hésitation. 

Au Canada, je crois qu’un homme comme François Fillon aurait été immédiatement largué par son parti. Il aurait quitté la compétition couvert de honte. L’an dernier, le Président du conseil du Trésor a été exclu du cabinet du gouvernement de Philippe Couillard (Québec), à peine quelques jours après qu’un reportage d’enquête eut révélé qu’il aurait pu favoriser l’obtention de subventions pour une compagnie “amie” du parti. 

Or, je trouve les Français incroyablement désabusés, indifférents, relativistes (“tout le monde le fait”, “c’est de l’acharnement contre Fillon, ainsi détourné de la mission de redressement qu’il s’était fixée”, etc.) : chez nous, les gens hurleraient et réclameraient sans doute son départ. »

 

·          JÜRGEN DAHLKAMP
Chef des enquêtes de l’hebdomadaire Der Spiegel (Allemagne)

Jürgen Dahlkamp © DR

« Une affaire Fillon pourrait-elle advenir en Allemagne aussi ? C’est arrivé, en Bavière. Depuis 2000, les parlementaires de l’assemblée de Bavière ne sont pas autorisés à employer des parents proches, époux ou enfants par exemple. Mais il y avait une échappatoire : celui qui était déjà employé avant pouvait rester. En 2013, on a découvert que de nombreux parlementaires avaient utilisé cette astuce pour recruter des parents peu de temps avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi – et certains l’ont même fait après cette date limite.

Le chef de la CSU, le plus grand parti, a dû démissionner de son poste. Il avait payé sa femme sur une période de 22 ans et a dû faire face à un acte d’accusation judiciaire. Le ministre de l’éducation, ancien parlementaire, a dû rembourser quant à lui 37 000 euros. Mais sa femme avait gagné beaucoup plus comme assistante à son service – 600 000 euros au total depuis 1997…

Donc, pour la faire courte : la cupidité est humaine. Ce n’est pas une spécificité française ou allemande, ou une sorte de maladie africaine ou asiatique. Nier l’avidité, quand elle vient à la lumière, est un comportement normal aussi. Mais je ne pense pas qu’en Allemagne un candidat au poste le plus puissant du pays puisse rester comme Fillon aussi longtemps dans la course s’il y avait une accusation aussi lourde de malhonnêteté. »

 

·         VIBEKE KNOOP RACHLINE
Collaboratrice du quotidien Aftenposten (Norvège)

Vibeke Knoop Rachline © DR

« “Assassinat politique ? Non, plutôt un suicide.” Tel est le titre du dernier commentaire du journal norvégien Dagbladet sur l’affaire Fillon. Un titre que le Norvégien lambda a du mal à comprendre. Dans ce pays du Nord si imprégné de l’éthique protestante, aucun homme, aucune femme politique n’aurait pu se comporter comme le candidat LR à la présidence de la République. La plus haute fonction du pays ! Déjà, on a du mal à comprendre l’infraction, et encore moins l’obstination.

En outre, ce langage guerrier fait peur. On l’a déjà entendu de l’autre côté de l’Atlantique. La France serait-elle donc atteinte du même virus ? La Norvège ne s’intéresse pas souvent à la politique française. Cette fois, c’est une mauvaise série. Lamentable, atterrant.

Certes, aucune loi n’empêche un parlementaire norvégien d’employer un membre de sa famille, mais plutôt comme secrétaire de groupe, tout sauf un emploi fictif. En revanche, l’obstination d’un leader politique comme Fillon est inimaginable. En Norvège, des ministres ont démissionné pour bien moins que cela. Ici, on ne pardonne aucun faux pas, surtout en matière d’éthique, de mensonge ou de corruption. »

 

·         JESUS MARANA
Directeur éditorial du site InfoLibre (Espagne)

Jesus Marana © DR

« L’éclatement du scandale de Fillon a été dès le début étonnant pour la plupart des médias espagnols. Mais pas en raison du fait lui-même (l’utilisation privée de l’argent public), mais parce qu’il est un candidat à la présidence… de la France. Je m’explique : depuis de nombreuses années, la politique espagnole souffre de la corruption et il y a eu tant de confusion entre les intérêts publics et privés que les citoyens, dans toutes les enquêtes, confient leur impression que ces scandales ne se produisent qu’en Espagne, pas dans les autres pays.    

L’affaire Fillon est devenue une sorte de consolation pour le parti conservateur espagnol. Il faut noter que le président du gouvernement et du Parti populaire, Mariano Rajo, a été surpris envoyant des messages personnels de soutien à un ex-chef de parti quand tout le monde savait qu'il avait détourné plus de 40 millions d’euros vers des comptes suisses. Rajoy a fini par reconnaître que ces messages étaient “une erreur”, mais il n’y a jamais eu de conséquences politiques, et il existe de nombreux autres cas de corruption et de financement irréguliers qui affectent des dizaines de collègues PP, ainsi que le parti en tant que tel.     

Tant le président du gouvernement que le personnel du groupe conservateur ont évité de reconnaître leurs responsabilités dans les affaires de corruption, au motif que ce qu’il s’est passé “peut se produire dans n’importe quel parti et dans n’importe quel pays”, et personne ne devrait changer de position, à moins qu’il n’y ait une condamnation devant les tribunaux. Que Fillon s’accroche à sa candidature, quelles que soient les enquêtes ou les témoignages recueillis par la presse, est probablement une “heureuse nouvelle” pour de nombreux dirigeants du PP. Et une déception parmi les citoyens indignés qui aspirent à la démocratie et réclament des contrôles suffisants pour expulser de la politique toute personne qui utilise des ressources publiques pour son propre bénéfice ou celui de sa famille ou de ses amis. » 

 

·         AKRAM BELKAÏD
Chroniqueur au Quotidien d’Oran (Algérie)

Akram Belkaïd © DR

« Pour un Algérien qui vit en France, l’affaire Fillon provoque au moins deux réflexions majeures. La première consiste à se dire que ce pays va bien mal et que l’heure est à l’inquiétude face à ce climat délétère où nombre d’élites, et pas seulement politiques, semblent gagnées par le cynisme et l’absence de morale. La liste des scandales qui s’égrènent au fil du temps est impressionnante. Elle montre qu’il y a un problème profond de prévarication et de corruption au sein d’un personnel sensé défendre l’intérêt général. On se dit alors que la France ne vaut guère mieux que certaines républiques bananières.

Mais on se dit aussi, et c’est la seconde réflexion, que dans ce pays, il y a encore un État de droit, des institutions et des contre-pouvoirs qui fonctionnent. En Algérie, pays plongé dans une impasse politique totale, l’équivalent d’une affaire Fillon n’étonnerait personne. Encore faudrait-il que la presse algérienne puisse la révéler et que la justice puisse l’instruire en toute indépendance. Autrement dit, la France, avec tous ses scandales, a encore du chemin à dévaler avant de se perdre. On peut s’en réjouir ou se dire que ce pays doit vite se reprendre avant que sa chute ne devienne irrémédiable. »

 

·         HENRI GOLDMAN
Rédacteur en chef de la revue Politique (Belgique)

Henri Goldman © DR

« “Dans quelques semaines, tout un pays sera suspendu aux résultats électoraux du pays d’à côté, comme si son propre avenir en dépendait.” Ainsi commençait mon éditorial dans le numéro de Politique – co-produit avec le soutien de Mediapart – consacré à la France vue de Belgique. En effet. Le jeudi 2 mars, Le Soir titrait à la une : “Une défense aux accents populistes” et La Libre Belgique “La justice s’acharne-t-elle sur François Fillon ?”. Le lundi 6 mars, Le Soir citait : “Personne ne peut m’empêcher d’être candidat”, et le mardi 7 mars, La Libre éditorialisait sur “François Fillon et la fin de la droite”. Au spectacle de la France, les Belges sont toujours aux premières loges.

Ici, Fillon, on ne l’aime pas. Trop thatchérien, trop catho. La Belgique se gouverne toujours au centre par la grâce du système proportionnel. Au moment de la primaire, on avait interrogé une douzaine de responsables du Mouvement réformateur, proche des Républicains, sur leurs préférences. Ils avaient plébiscité Juppé.

Une affaire Fillon en Belgique ? Des tas, mais en miniature. Il paraît que “le poisson pourrit par la tête”. Mais ici, le système politique n’a pas de tête. Écheveau de pouvoirs et de contre-pouvoirs enchevêtrés, la Belgique est le contraire d’une autocratie présidentielle. Du coup, faute de premiers rôles, nos scandales sont nettement moins sexy. Cela va du Kazakhgate, où un ancien président du Sénat a touché le pactole pour favoriser la naturalisation de trois milliardaires kazakhs, à l’affaire Publifin, où des dizaines de mandataires liégeois appartenant aux trois partis traditionnels qui se tenaient par la barbichette ont touché des rémunérations indécentes pour des réunions qui ne servaient à rien et auxquelles ils n’ont pas assisté. On parle pour la énième fois de réformer la gouvernance pour empêcher ces “dérives”. Mais des grosses prises comme Fillon, nous n’avons pas.

 

·         RICHARD WERLY
Correspondant à Paris du quotidien Le Temps (Suisse)

Richard Werly © DR

« Mais que s’est-il passé dans la tête de François Fillon ? Vu de Suisse, sa trajectoire paraissait calée. Enfin un candidat de droite qui, en France, promettait noir sur blanc de faire le boulot… de la droite. À savoir mettre enfin en œuvre des réformes libérales, destinées à dégraisser le “mammouth” étatique hexagonal et à redonner de l'oxygène aux entreprises. Oublié, l’attentisme “à la Chirac”. Refermée, la parenthèse du velléitaire Sarkozy. Fillon serait le candidat des patrons, du profit réhabilité, et d’une pression fiscale abaissée. La droite helvétique exultait. 

Puis la machine a déraillé. La rage d’être, lui “l’irréprochable”, mis en cause par les juges ; la crainte de voir ses amis politiques contester sa victoire à la primaire et cette peur viscérale des médias… Fillon le résistant, l’amateur de courses en montagne et de ski en Helvétie, est devenu Fillon l’accusateur. Isolé. Assiégé. Engagé dans une dangereuse surenchère populiste.

La morale de l’histoire ? Une affaire très française. Beaucoup d’incantations à la transparence, mais des arrangements douteux révélés presque chaque semaine. Un candidat de la “morale” devenu soudain accusateur à tous crins. Une droite “républicaine” plus préoccupée par ses circonscriptions législatives et ses guerres de chefs que par la mise en œuvre de la “rupture” promise. Et si le seul changement possible, en France, outre Marine Le Pen et ses refrains souvent semblables à ceux de l’UDC suisse, était générationnel ? »

 

·         STEFAN CANDEA
Journaliste indépendant, fondateur du Romanian Centre for Investigative Journalism (Roumanie)

Stefan Candea © DR

« En tant que journaliste d’investigation d’Europe de l’Est, les actes de Fillon m’amusent et me remplissent d’espoir. Ils m’amusent parce que le transfert de près d’un million d'euros d’argent public au profit de sa femme et ses enfants pour des emplois apparemment fictifs doit inciter les politiciens à rentrer chez eux en Roumanie. J’imagine mes élites politiques regarder ces versements et être vraiment envieux des élites politiques françaises. Pas à cause de la quantité d’argent, mais parce que tous, y compris l’ex-nomenklatura nationaliste-communiste ou toute émanation de ce système politique effondré, ont été forcés par les démocraties occidentales, au cours des 25 dernières années, de trouver des moyens très compliqués pour continuer à faire ce qu’ils faisaient le mieux : s’enrichir sur les deniers publics. 

En rejoignant l’UE, ils ont été forcés de criminaliser officiellement la corruption, le népotisme et les abus, et de jouer à cache-cache avec des règlements de transparence et un pouvoir judiciaire et des services secrets puissants et indépendants. Récemment, lorsqu’ils ont essayé de modifier cette législation imposée et de retrouver le plein contrôle de l’argent public et de la magistrature, ils ont dû faire face à d’énormes protestations dans les rues. Alors, ils doivent se tourmenter : n’est-ce pas injuste de voir un ancien premier ministre français employer si facilement sa femme et ses enfants et leur verser autant d’argent ?  

 

D’un autre côté, je suis plein d’espoir quand je vois qu’un politicien conservateur de droite d’une démocratie occidentale, qui veut que tout le monde travaille longtemps, dur et ne réclame rien gratuitement, a été secrètement volontaire avec sa propre famille pour tester un programme courageux de versements en espèces, sans bureaucratie, sans contraintes et sans conditions préalables. Lorsqu’il sera en fonction, j’espère seulement qu’il en fera profiter tous ceux qui vivent en France, ainsi que leurs frères et sœurs européens. Mettre l’accent sur ce généreux partage de l’argent public avec tout le monde est vraiment révolutionnaire. »

Géopolitique des Balkans : Pourquoi le Monténégro est-il devenu membre de l’OTAN ?

Tous les jours, le sénateur John McCain de l’Arizona promet que le Sénat américain votera pour approuver l’incorporation du Monténégro en tant que 29e membre de l’alliance atlantique. Bien que peu d’Américains sachent situer cette petite nation des Balkans sur une carte, le Monténégro est devenu un autre point de convergence douteux de la nouvelle confrontation de l’Occident avec la Russie.

À première vue, les arguments en faveur de l’extension du parapluie de l’OTAN sur un pays comptant moins de 2 000 soldats ne sont pas évidents. Il est peu probable que ses sept hélicoptères rendent l’Amérique plus sûre. L’administration Obama, qui a défendu cette adhésion après une longue lignée d’ajouts récents à l’Alliance, l’a justifié en disant que le Monténégro avait fait don de mortiers à la coalition anti-ISIS en Irak et donné 1,2 million de dollars aux opérations de l’OTAN en Afghanistan, sur trois ans.

Cette somme représente moins d’un tiers de ce que les contribuables américains dépensent en Afghanistan, par heure. « Si la survie de l’Occident dépend de l’inclusion du Monténégro dans l’OTAN, nous devrions tous nous planquer dans les bunkers », a déclaré un critique de cette adhésion.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle les faucons de Washington citent simplement l’opposition prévisible de la Russie comme raison première pour soutenir l’adhésion du Monténégro. « Le soutien de l’adhésion du Monténégro n’est pas seulement la bonne chose à faire pour le Sénat, cela envoie aussi un signal clair qu’aucun tiers n’a de droit de veto sur les décisions d’élargissement de l’OTAN », soutient la Heritage Foundation.

Et deux avocats de la School of Advanced International Studies de John Hopkins, dans un texte publié par  Foreign Affairs, ont déclaré récemment que le Monténégro sera un test montrant si le président Trump et le secrétaire d’État Rex Tillerson « continuent de faire des courbettes à leur ami le président russe Vladimir Poutine » et à « s’engager . . . dans un autre Yalta » ou vont plutôt à chercher à défendre « les intérêts fondamentaux des États-Unis ».

Agiter l’épouvantail de Poutine et de Yalta ne fait que détourner l’attention des questions embarrassantes sur la pertinence politique du Monténégro en tant que partenaire – et si ce pays a quelque avantage militaire à offrir.

L’OTAN conditionne ostensiblement l’adhésion de nouveaux membres à des critères stricts, dont « montrer son engagement envers l’État de droit et les droits de l’homme ; établir le contrôle démocratique des forces armées ; et promouvoir la stabilité et le bien-être par la liberté économique, la justice sociale et la responsabilité environnementale ».

Le sous-secrétaire adjoint à la Défense, Michael Carpenter, a assuré au Comité sur les relations extérieures du Sénat, en septembre dernier, que le Monténégro soutenait les « valeurs démocratique, la liberté individuelle et l’État de droit » de l’OTAN. Il a dû louper le rapport de Freedom House, qui note le pays comme étant « partiellement libre » au niveau des droits politiques et des libertés civiles.

L’organisation a cité « des restrictions à la liberté de réunion pacifique » et « des années de harcèlement et de discrimination à l’égard des personnes LGBT ». Elle remarque aussi « des sujets d’inquiétude . . . au niveau de l’indépendance du pouvoir judiciaire et de la radio publique, ainsi que de nombreux cas d’attaques contre les journalistes non traités par la justice. » Le pays souffre d’un « manque de confiance des électeurs dans le processus électoral », a-t-elle ajouté.

Un bastion de la corruption.

En ce qui concerne la « primauté du droit », considérez que le dirigeant du Monténégro depuis près de trente ans, Milo Djukanović, a reçu le prix de la « Personnalité de l’année »du crime organisé et de la corruption par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) [Projet de dénonciation du crime organisé et de la corruption], en 2015, organisation dont les membres comptent plusieurs centaines de journalistes d’investigation qui enquêtent sur la corruption en Europe et en Asie centrale (et qui est en partie financée par l’USAID).

Citant son succès à « créer une atmosphère politique oppressive et une économie étranglée par la corruption et le blanchiment d’argent », l’OCCRP a déclaré que Djukanovic « a construit l’un des paradis les plus accueillants pour le crime organisé au monde, une véritable kleptocratie ».

L’organisation a souligné son rôle allégué dans la contrebande de cigarettes avec les plus réputés des syndicats du crime italiens ; dans le rachat par sa famille d’une ancienne banque d’État qui devint une blanchisserie pour le crime organisé ; dans sa vente controversée de grandes étendues du littoral du pays à de discrets oligarques étrangers ; et son offre de citoyenneté à l’un des plus grands trafiquant de drogue de la région.

Djukanovic sait que l’argent est plus vert à l’ouest du Monténégro qu’à l’est. C’est pourquoi c’est un ardent défenseur de l’adhésion à l’OTAN. (Moins de 40% des Monténégrins la veulent selon un sondage récent – en partie parce que les avions de l’alliance ont bombardé le pays pendant la campagne de l’OTAN contre la Serbie en 1999.) Le président Obama a félicité Djukanovic pour sa volonté de rejoindre l’OTAN lors d’une réception officielle en septembre.

Après les élections nationales d’octobre, Djukanovic a finalement démissionné en tant que premier ministre, mais il reste à la tête du parti au pouvoir. Il a choisi son adjoint, Dusko Markovic, pour le remplacer en tant que Premier ministre du pays.

« Markovic, un ancien chef de la sécurité de l’État, est considéré comme l’un des plus proches confidents de Djukanovi, a rapporté l’OCCRP. L’année dernière, il a été accusé publiquement par l’ancien chef de la police anti-crime organisé du pays d’être impliqué dans la contrebande de cigarettes, mais il n’a jamais été inculpé. »

 Markovic a également été accusé par le responsable d’une commission d’enquête du gouvernement d’obstruer une enquête judiciaire sur le meurtre d’un éminent éditeur de journaux et critique de Djukanovic.

Les médias occidentaux ont largement ignoré ces faits troublants. Au lieu de cela, le peu de couverture qui existe sur le Monténégro se concentre sur la déclaration sensationnelle faite par le gouvernement disant que les Russes ont comploté pour assassiner Djukanovic, au moment des élections d’octobre.

Markovic a récemment déclaré au magazine Time que ses services de sécurité ont, à la dernière minute, découvert une « organisation criminelle » formée par deux agents de renseignement militaires russes, qui avaient prévu le jour des élections « de provoquer des incidents . . . et peut-être aussi un conflit armé » comme prétexte pour prendre le pouvoir.

Le procureur chargé de l’affaire affirme que « les autorités de l’État russe » ont soutenu le complot pour « empêcher le Monténégro de rejoindre l’OTAN ». Il s’engage à inculper les deux prétendus comploteurs russes et 22 autres personnes, dont un groupe de nationalistes serbes. Le ministère des Affaires étrangères russe a qualifié ces allégations de « sans fondement », mais refuse d’extrader tout suspect. Un expert indépendant, citant de nombreuses anomalies dans l’histoire officielle, soutient que l’intrigue était une « opération criminelle » lancée par des nationalistes serbes et russes.

La Russie, qui considère depuis longtemps les Balkans comme étant dans sa sphère d’influence, a des antécédents d’intrusion dans les affaires intérieures du Monténégro. Mais, en l’absence de preuves convaincantes à l’appui du dossier du gouvernement, les étrangers devraient tenir compte de l’observation prudente de Freedom House selon laquelle « le service de renseignement [du Monténégro] a fait l’objet de critiques soutenues de la part d’observateurs internationaux pour son manque de professionnalisme ».

Pourtant, cela ne devrait surprendre personne que les faucons anti-russes n’aient pas laissé des preuves ambiguës les dissuader de demander l’expansion de l’OTAN.

Un éditorial de Wall Street Journal a déclaré que la prétendue tentative de coup d’État « a donné un avant-goût des ambitions et des méthodes de la Russie en Europe centrale et orientale » et a conclu avec un appel à accepter la candidature du Monténégro dans l’OTAN : « La sécurité occidentale est mieux assurée lorsque des gouvernements de toute taille sont soutenus face à la pression d’intimidateurs régionaux. L’alternative est de livrer un autre pays à l’emprise de Moscou, et d’aiguiser son appétit pour en prendre encore un autre. »

Le Time a commenté avec encore plus de toupet que « Le coup avorté était un rappel qu’une nouvelle bataille pour l’Europe a commencé. De la Baltique aux Balkans et de la mer Noire à la Grande-Bretagne, Vladimir Poutine cherche à reconstruire l’empire russe plus de 25 ans après la chute de l’Union soviétique. » Les vieilles critiques de Trump envers l’OTAN, avertit le journal, « montrent le risque que les États-Unis puissent accepter l’emprise territoriale de la Russie ».

Ces commentaires incendiaires alimentent l’incendie politique qui ravage l’entourage de Trump, y compris les enquêtes sur les contacts avec les Russes pendant sa campagne électorale, les allégations d’ingérence dans les élections de la part de Moscou et les questions sur les relations d’affaires ou les indiscrétions personnelles qui le rendent vulnérable à Poutine. L’opinion de Trump sur le Monténégro – qui reste encore à déterminer – indiquera s’il reste un critique de l’OTAN ou s’il s’est incliné devant les guerriers de la nouvelle guerre froide.

Jonathan Marshall

Article en anglais :Geopolitics of the Balkans: NATO’s Strange Addition of Montenegro

Traduit par Wayan, relu par M pour le Saker Francophone

La source originale de cet article est Consortiumnews

via:http://www.mondialisation.ca/geopolitique-des-balkans-pourquoi-le-montenegro-est-il-devenu-membre-de-lotan/5578372

 

Les Alligator russes seront embarqués sur les Mistral égyptiens

Cette année, la Russie commence à exporter l’hélicoptère Kamov Ka-52 Alligator, qui s’est montré très efficace au cours des opérations militaires en Syrie. C’est l’Égypte qui va bénéficier en premier de ces appareils, lesquels vont équiper ses navires Mistral.

« Cette année, outre les livraisons dans le cadre de commandes d’État (pour la défense), l’usine aéronautique Progress effectuera ses premières exportations d’hélicoptères Ka-52 Alligator », a annoncé mardi Iouri Borissov, le vice-ministre russe de la Défense, cité par le service de presse du groupe Hélicoptères de Russie.

La veille, Alexandre Mikheïev, directeur général de l’agence d’exportation d’armements Rosoboronexport, avait annoncé que les Ka-52 seraient livrés à l’Égypte, dans le cadre d’un contrat portant sur la vente de 46 hélicoptères et signé en décembre 2015.

La version navalisée du Ka-52, le Ka-52K Katran, est dotée de pales et d’ailes repliables, ce qui permet de le loger plus aisément dans les soutes du Mistral. L’hélicoptère militaire polyvalent Ka-52 Alligator, dont l’indicatif Otan est Hokum B, est une version biplace de l’hélicoptère de frappe Ka-50 Requin noir, capable d’effectuer des missions par tout temps, de jour comme de nuit. Aussi puissant que le Ka-50 et l’hélicoptère américain Apache, il dépasse les autres hélicoptères de combat existants. La principale différence réside dans l’aménagement du cockpit deux places et dans des équipements plus perfectionnés.

Le Ka-52 est destiné à détruire des blindés, des ouvrages et des forces ennemies, ainsi que des aéronefs se déplaçant à une vitesse réduite, à effectuer des missions de reconnaissance et de soutien au sol. Il peut également servir de poste de commandement d’un groupe d’hélicoptères.

Le commandant du porte-avions lourd Amiral Kouznetsov, lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, a déclaré que le navire attendait l’adoption de l’hélicoptère Ka-52, qui s’était montré très efficace au cours des opérations militaires en Syrie.

Le contrat de 1,2 milliard d’euros prévoyant la livraison de deux porte-hélicoptères de classe Mistral a été conclu entre la France et la Russie en 2011. Cependant, les événements en Ukraine et les pressions exercées sur François Hollande par ses alliés de l’Otan ont contraint le président de la République à résilier le contrat avec Moscou pour revendre les bâtiments de guerre au Caire.

 

Source: http://french.almanar.com.lb/286889

Fillon s’entête, Juppé jette l’éponge, reste le projet « gaullien » de Mélenchon

 

Sévère contre « l’obstiné » Fillon, Juppé a renoncé « une fois pour toute » à la présidentielle. Le psychodrame du Penelopegate va se poursuivre, grâce à l’entêtement de Fillon, jusqu’au dernier acte : sa très probable défaite, dès le premier tour. Un mal pour un bien : place aux vrais projets politiques, celui de Mélenchon, entre autres. 

Fillon le sait et n’en a cure : être candidat pour uniquement sauver sa peau, sous la menace d’une mise en examen, ça ne passe plus aux yeux des Français, qui sont 70% à rejeter sa candidature. Lui demeure sourd à cet avertissement. Il s’est enfermé dans sa tour d’ivoire, pétri de certitudes confites, convaincu de sa bonne foi, alors qu’il apparaît, surtout aux yeux de son propre camp, totalement déconnecté des réalités d’une situation d’échec, que lui seul a créée. Fillon n’a visiblement pas tiré la leçon des causes du rejet de Sarkozy, pour des raisons comparables, par 80% des Français. Des Français qui n’entendent plus laisser passer le manque de probité, d’honnêteté intellectuelle et morale chez les prétendants aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Mais, Fillon, l’orgueilleux, en a fait une affaire personnelle. Il n’admet manifestement pas d’être mis en cause, se croyant, par on ne sait quelle onction divine, au-dessus de toutes les contingences morales et judiciaires, dont naguère il s’était pourtant fait le chantre. Peu lui importe, en vérité, l’avenir de son parti, le sort de la France et celui des Français, que son programme socialement immonde vise à contraindre plutôt qu’à libérer.

Peu lui chaut son propre camp politique, qui se voit embarqué sur le Titanic Fillon, promis à un naufrage certain. Ils étaient pourtant partis pour une traversée paisible, sur une mer d’huile, juste bercés par la houle de la certitude d’une victoire, une fois arrivés au port. Ils sont aujourd’hui plongés dans le chaos, face à l’obstination d’un Fillon, dont les ressorts psychologiques et psychiques l’enferment, chaque jour davantage, dans une attitude défensive suicidaire. Son criant manque de lucidité explique, avec le recul, l’anachronisme dévastateur de ses idées politiques rétrogrades pour la France.

Le choix restreint du citoyen lambda

La campagne présidentielle, habituellement théâtre d’un débat d’idées et cadre de la confrontation des programmes des candidats, sert en fait de décor quasi exclusif à l’affaire des emplois fictifs reprochés à Fillon, depuis plus d’un mois. L’offre présidentielle à droite n’a plus rien de programmatique. Il est juste demandé aux Français d’absoudre de ses péchés le pécheur Fillon, qui a cristallisé autour de lui le ban et l’arrière-ban des cathos intégristes et cette France frileuse, peureuse, des petits possédants, qui craint toujours pour ses privilèges et autres avantages.

Partagé entre exaspération, lassitude et dégoût, le citoyen lambda, dont les soucis quotidiens se situent aux antipodes de cette lamentable affaire Fillon, -laquelle, au passage, ne fait que révéler l’étendue de la corruption de la classe politique française (pourtant très donneuse de leçons)-, n’a en réalité plus beaucoup d’options. Il a le choix entre deux émules du hollandisme : l’agitation convulsive de Macron, le candidat des riches, et le profil bas de l’ex-frondeur Hamon, assis le cul entre deux chaises.

Il a encore le choix entre le porte-drapeau de la vraie gauche, Mélenchon, et Marine, l’héritière de la dynastie Le Pen à l’extrême-droite. Ces deux derniers candidats défendant des idéaux opposés en termes de liberté pour les êtres humains. Etiquetés populistes, avec la connotation négative attachée à ce mot (on se demande bien pourquoi), par la cohorte des plumitifs ou journaleux sans talent de la presse aux ordres, l’un et l’autre ne font en fait que refléter les aspirations d’une population prise pour une conne, depuis des décennies, par le système politique vérolé par les énarques et la finance.

Le projet « gaullien » de Mélenchon

Finalement, le seul projet qui fasse sens, parce que réellement politique au sens noble du terme, est celui de Jean-Luc Mélenchon. Fruit, depuis des années, d’un travail de réflexion en profondeur, le programme de la France Insoumise est le seul à répondre, au-delà même des considérations politiciennes, aux questionnements, parfois douloureux, souvent urgents, qui secouent la société française, dans toutes ses composantes. Son côté rebelle a quelque chose de gaullien. Son sens des vraies réalités et de l’humain le distingue de tous les autres projets. Sa dimension historique, avec le passage à la 6ème république, provoquera un électrochoc bénéfique à la France, comparable au projet de De Gaulle, en 1958. Une secousse positive pour remettre le train France sur les rails des Français, pas sur ceux des rapaces de la finance et des corrompus de l’Europe et du Nouvel Ordre Mondial étatsunien.

Les autres « principaux » candidats, en tout cas ceux auxquels le système accorde une visibilité suffisante, via les médias inféodés, ne représentent que leur ambition personnelle d’atteindre le seul pouvoir qui vaille, à leurs yeux : la présidence de la République. Ou l’ambition de leurs fortunés soutiens de contrôler ce pouvoir. De Fillon, le psychorigide entêté, qui veut, grâce à l’immunité présidentielle, se mettre à l’abri des poursuites judiciaires pendant cinq ans, à Marine Le Pen, la vraie fausse aimable, en passant par Macron, la mystique marionnette des riches, sans oublier Hamon, le socialiste écartelé.

Hamon, le frondeur qui a perdu sa fronde

Hamon, tiraillé au sein d’un parti socialiste hollando-vallsien, -majoritairement acquis au libéralisme des possédants-, n’y représente que la bonne conscience de gauche. Cette prétention à appartenir à la gauche authentique aurait dû le pousser naturellement à s’allier ou se rallier à Mélenchon, dont la démarche, depuis la présidentielle de 2012, n’a pas varié et reste ancrée dans une cohérence de vue et repose sur deux partis militants, aux convictions solides : le PC et le Parti de Gauche. Hamon n’en a rien fait. Il a rangé sa fronde, pour ne pas déplaire aux libéraux de son camp qui hésitent à le soutenir ou désertent carrément pour l’étoile filante du moment, un certain Macron.

Quand bien même aurait-il envisagé un rapprochement avec les Insoumis que ses « amis » socialistes, qui détestent Mélenchon, lui auraient aussitôt signifié sa disqualification, et auraient remis en selle Valls, le vaincu de la primaire. Ainsi, le pâle frondeur, se trouve-t-il piégé dans un rôle circonscrit, dont il peine à écrire les répliques, ses chers amis Solfériniens le tenant fermement en laisse en le coinçant dans la posture peu crédible du candidat obligé de défendre les idées libérales qu’hier il combattait.

Macron, la baudruche, qui se prend pour le messie

Macron, le candidat auto-révélé, le messie des puissances financières et médiatiques, dont ils assurent, comme un produit de consommation, la promotion au quotidien, avec un déploiement de moyens à faire pâlir d’envie les publicitaires, ne cesse d’enfumer les esprits crédules, avec ses grands écarts, son pseudo mysticisme, ses contradictions, sa façon de vouloir marier à tout prix l’eau et le feu.

Seule certitude, son aura passagère, surfaite, repose sur un sol instable : soit sur des appréciations d’une génération immature formatée au tout virtuel, artificiellement exaltée, soit sur des vieux briscards revanchards, en mal de reconnaissance, voire de renaissance, qui rêvent d’atteindre le sommet, qu’ils ont échoué à approcher, en quarante ou cinquante ans de carrière politique. Du vent, rien que des courants d’air qui pourtant font encore illusion, grâce aux déboires de Fillon qui a poussé une partie des électeurs de la droite modérée chez le lisse Macron.

Bien malin qui pourrait, à ce stade d’une campagne totalement atypique, prédire l’issue de l’élection présidentielle. Plus que jamais les sondages doivent être pris avec des pincettes. La plupart tenteront d’orienter les derniers hésitants, pour faire basculer les intentions de vote en faveur des candidats du système : Macron et Fillon, si monsieur propre est toujours en course, après le 15 mars.

 

 

La Chine pourrait remplacer les forces de l’Amérique et de l’OTAN en Afghanistan

De sérieux indices font penser qu’en cas de sortie des forces américaines et de l’OTAN de l’Afghanistan, les forces chinoises prendraient le relais.

En effet, selon l’agence de presse iranienne Tasnim citant le Military Times, il y a des indices qui montrent que ces derniers mois, le nombre des militaires chinois à la frontière afghane a augmenté.

Les médias chinois avaient déclaré aussi il y a peu que leur pays avait aidé en janvier les forces américaines dans un conflit. Il a par ailleurs été rapporté que ce conflit a eu lieu au nord-est de l’Afghanistan.

Les autorités chinoises et afghanes n’ont pour autant pas encore fait d’annonce sur la question.

Mais selon des témoignages, le Département américain à la Défense aurait reconnu implicitement cette présence militaire chinoise sur le sol afghan.

Les relations entre la Chine et l’Afghanistan sont en train de se développer davantage qu’avant. Il s’agit essentiellement des secteurs relatifs à l’investissement, à l’exportation et aux échanges politiques.

Les experts sont convaincus que compte tenu des politiques chinois proches des politiques pakistanaises et des frictions existant entre le Pakistan et l’Inde, la présence militaire chinoise en Afghanistan pourrait être source de nouvelles tensions dans la région.

Pour autant, la Chine aurait besoin d’avoir une présence influente en Afghanistan, pour assurer ses propres intérêts en Asie Mineure et en Afghanistan.

Il va sans dire que la crainte chinoise de voir les Ouïgours se faire embrigader par Daech n’est pas sans lien avec une présence militaire chinoise forte sur le sol afghan.

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/06/513264/Prsence-militaire-chinoise-en-Afghanistan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a une bonne dizaine d’années qu’il était dans les tuyaux ce texte d’infamie dont la finalité est de permettre aux délinquants en col blanc d’échapper à la justice. Sans surprise, ce sont les sénateurs qui l’avaient introduit, mais ce sont les députés qui l’ont fait passer, subrepticement, bien planqué dans une loi plus générale portant réforme de la prescription en matière pénale.

Depuis 1935, la Cour de cassation avait décidé de faire démarrer ce délai de prescription non pas à la date de l’infraction, mais à la date de la découverte des faits par la justice. Ceci parce que les délits en question – magouilles fiscales, fausses facturations, emplois fictifs, etc. - sont forcément dissimulés, difficiles à découvrir et s'étalent dans le temps.

Eva Joly qui a été magistrate chargée de plusieurs dossiers politico-financiers (affaire Elfaffaire Tapie) estime que « Beaucoup d’abus de biens sociaux dans les mairies ou les grandes entreprises ne sont généralement découverts qu’en cas d’alternance politique ou de changement d’actionnaire – ce qui n’intervient pas tous les quatre matins. » De même précise-t-elle « Certains abus de faiblesse sur des personnes âgées ne sont découverts par les héritiers que longtemps après les faits. » Enfin « Et si on découvrait aujourd’hui d’énormes malversations sur des rétrocommisssions en marge d’un contrat de vente d’armes en 2004, ou des flux libyens, pourquoi se priverait-on de les poursuivre ? » 

La prescription fixe un délai au-delà duquel les infractions sont considérées comme trop anciennes pour pouvoir être poursuivies par la justice. La date butoir introduite par le Sénat et voté par l’Assemblée nationale raccourcit le délai maximal à douze ans « après les faits ». Autrement dit en 2017, sont considérés comme prescrits les délits antérieurs à 2005. Ainsi, avec ce texte, l’affaire des frégates de Taïwan (500 000 millions de pots-de-vin dont une partie est revenue dans les poches de politicards véreux sous forme de rétrocommisssions), l’affaire de Karachi (rétrocommisssions sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite dans les années 1990, soupçonnées d’avoir alimenté la campagne de Balladur et ayant occasionné un attentat ayant fait quinze morts, dont onze ouvriers français), l’affaire de la banque UBS (plus de 12 milliards d’euros d’avoir qui ont échappé au fisc français) ne pourraient pas être poursuivis.

On voit dès lors à qui profitera cette loi scélérate à l’avenir…

Un qui voyait arriver cette loi sans déplaisir, c’est le ci-devant Fillon François puisqu’une partie des faits litigieux concernant sa femme sont antérieurs à 2005. Avec cette loi, ces faits étaient prescrits !

L’article 4 de la loi prévoit que la réforme ne pourra pas s’appliquer rétroactivement à des affaires qui ont déjà donné lieu à « la mise en mouvement ou l’exercice de l’action publique » au moment de son entrée en vigueur. Le Parquet financier ne s’est pas fait avoir et a « mis en mouvement l’action publique » en confiant l’affaire à trois juges d’instruction empêchant ainsi que les faits antérieurs à 2005 ne passent à l’as.

Et c’est sous une législature de gauche, en fin de mandature, qu’une telle loi a été votée. On s’étonnera ensuite du rejet maintenant viscéral de tout le personnel politique, les bons payant pour les mauvais. Quant à Marine, elle doit tangenter l’orgasme.

Lamentable.

 

Illustrations X - Droits réservés

 

 

Afghanistan: le pouvoir de Kaboul et son armée perdent le contrôle du pays

Face à la progression continue des talibans, le gouvernement de Kaboul ne contrôle plus que la moitié des quatre cents districts du pays. Ses forces de sécurité, qui ont pris le relais des troupes américaines et de l'Otan il y a deux ans, subissent une hécatombe : près de sept mille tués l'an dernier. En plus des talibans, de nouveaux mouvements d'insurrection se développent dans le pays.

Mauvaises nouvelles pour le gouvernement afghan. Il vient de perdre au profit des talibans deux nouveaux districts, celui de Tala Wa Barfak, dans le nord-est du pays, et celui de Shorabak, dans le Sud. Ces deux territoires sont peu peuplés mais ils sont stratégiques. Le premier permet aux insurgés de menacer la ville de Pul-i-Khumri. Le second, tout au fond de la province de Kandahar, jouxte la frontière avec le Baloutchistan pakistanais, principal territoire de repli des insurgés talibans.

 

Avec cette conquête, ce sont quatre des seize districts de cette province qui sont désormais entre les mains des « étudiants en religion », tandis que plusieurs autres sont âprement disputés. Selon l’Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR, son anagramme en anglais), qui dépend du gouvernement américain, Kaboul ne contrôle ou ne domine plus que la moitié (52 %) des 402 districts afghans. Il en contrôlait les trois quarts en novembre 2015. Ces six derniers mois, le gouvernement du président Ashraf Ghani a perdu 15 % des districts.

Les villes afghanes, dont la grande cité Kandahar, cœur historique du pays et du régime des talibans lorsqu’ils étaient au pouvoir (1996-2001), ne sont pas directement menacées si ce n’est par la multiplication des attentats-suicides. Mais la plupart d’entre elles sont désormais encerclées. D’où la crainte, si l’une d’elles était gagnée par les insurgés, d’un effet domino qui emporterait les autres.

Autant que la progression des talibans dans le pays, ce qui inquiète aujourd’hui Washington et les pays occidentaux encore impliqués dans le pays (Allemagne, Pays-Bas, Australie – Paris semble indifférent à la dégradation de la situation), ce sont les pertes record des forces de sécurité afghanes. Elles ont augmenté de 35 % en 2016 par rapport à l'année précédente. Toujours selon le SIGAR, 6 785 soldats et policiers ont été tués entre le 1er janvier et le 12 novembre dernier, soit trois fois le nombre des pertes américaines en quinze ans de guerre. 11 777 autres ont été blessés. Les forces de sécurité afghanes comptent au total près de 316 000 hommes.

Ces forces ont pris en charge la sécurité du pays le 1er janvier 2015, avec la fin de la mission de combat de l'Otan face aux talibans. Environ 5 000 hommes avaient été tués en 2015, comme en 2014. À l'époque, un général américain avait jugé ce niveau de pertes « insoutenable ». 

 

Mal entraînées, peu motivées et assez mal payées (environ 200 dollars par mois pour un policier), les forces de sécurité afghanes connaissent une hécatombe. Le New York Times a rapporté l’histoire de Shaima, une mère de Kaboul ayant perdu le même jour trois de ses six enfants qui s’étaient engagés dans la police ou l'armée pour échapper à la misère. Le quotidien mettait en parallèle celle d’une autre femme, cette fois dans la province du Helmand, qui avait aussi perdu trois fils, en six mois cette fois, dans les rangs des talibans. Eux non plus n’avaient pas vraiment eu le choix, les recrutements étant forcés ou semi-forcés. Quand un fils est tué, le commandant local des talibans vient présenter ses condoléances à la famille et repart avec un des frères, qui n’a d’alternative que de le suivre.

En juillet 2016, un attentat à Kaboul fait au moins 80 morts et est revendiqué par l'État islamique. © Reuters

La progression régulière des talibans signe aussi le retour d’Al-Qaïda dans les districts « libérés », contrairement aux affirmations du gouvernement Obama qui estimait que le groupe n’avait plus qu’entre 50 et 100 combattants dans l’ensemble du pays. En septembre 2016, le commandement américain avait déjà exprimé un autre avis. Le général John Nicholson, commandant en chef de l’armée américaine en Afghanistan, reconnaissait que l’organisation de feu Oussama ben Laden était traquée par ses hommes dans sept des quarante-trois provinces afghanes…

Depuis 1996, date de l’installation de ben Laden en Afghanistan, la proximité entre les talibans et Al-Qaïda a toujours été forte. Mais c’était essentiellement une alliance militaire, cette collaboration ne signifiant pas pour autant l’adhésion du mollah Omar au djihad global professé par ben Laden, puis par son successeur Ayman al-Zawahiri. L’idéologie des talibans est plutôt d’inspiration déobandie, nom du grand courant fondamentaliste qui traverse le sous-continent indien. Elle diffère sur certains points du wahhabisme : même obsession de la pureté, d’un retour à l’islam des origines, de la réclusion des femmes, mais elle ne rejette pas complètement le culte des saints.

Un triumvirat à la tête du mouvement taliban

 

Après les disparitions du mollah Omar, sans doute en 2013, puis de son successeur, le mollah Akhtar Mansour, tué le 21 mai 2016 par un drone américain, c’est un triumvirat très proche idéologiquement d’Al-Qaïda qui a pris le dessus. Ces trois « émirs », Haibatullah Akhunzadeh, Sirajuddin Haqqani et un certain mollah Yacoub, ont des itinéraires bien différents.

Haibatullah Akhunzadeh, chef des talibans depuis mai 2016. © Reuters

 

Haibatullah Akhunzadeh. À la différence de ses prédécesseurs, le chef suprême des talibans désigné en mai 2016 n’est pas lié à leur commandement militaire. C’est un maulawi (un religieux d’un rang supérieur), grand spécialiste des hadiths (les « dires » du Prophète) qui, avec le Coran, fondent la loi islamique. Il a une légitimité religieuse que ne possédaient ni le mollah Omar ni le mollah Mansour. Il doit sa montée au pouvoir au fait qu’il était responsable de la justice dans les territoires « libérés ». Dans un pays en voie de désintégration, la paysannerie afghane a une exigence de justice pour trancher d’innombrables problèmes familiaux, de dettes, de dotes, de terres, d’irrigation… Les talibans ont parfaitement compris cette préoccupation. Dès qu’ils contrôlent un nouveau territoire, des juges islamiques s’y installent pour régler les différends.

Sirajuddin Haqqani.

Sirajuddin Haqqani. Il est le fils de Jallal ud-Din Haqqani, l’un des grands chefs de la guérilla afghane contre l’armée soviétique. Il devint l’un des « enfants chéris » de la CIA avant que celle-ci ne le voie basculer dans le djihad global. Sirajuddin dirige les « réseaux Haqqani », responsables depuis des années des attentats les plus meurtriers à Kaboul, comme celui, en 2008, contre l’ambassade des Indes (60 morts) et dans l’est du pays. Mais il est en même temps l’homme de l’Inter-Intelligence Services (ISI) pakistanais dans le conflit afghan, comme l’était auparavant son père, d’autant plus que l’aire de leur tribu, les Zadran, est à cheval sur la frontière afghano-pakistanaise.

Enfin, et c’est toute l’ambiguïté de l’establishment militaire d’Islamabad, il sert de contact avec le mouvement des talibans pakistanais (Tehrik-e-Taliban Pakistan ou TTP) qui, eux, sont idéologiquement proches d’Al-Qaïda, excepté la branche la plus radicale qui a fait allégeance à l’État.

Sirajuddin Haqqani est donc l’homme clé du conflit afghan. Il est à ce jour le responsable le plus traqué par l’US Army et la CIA. En décembre 2011, une frappe de drone américain a tué sa femme et ses enfants. Cela ne l’empêche nullement de rester le protégé de l’état-major pakistanais. Comme lui et son père n’ont jamais été des talibans « historiques », la choura (grand conseil) n’a pas voulu le voir à la tête du mouvement, ce qu’aurait sans doute souhaité Islamabad.

Mollah Yacoub. Il est le fils du mollah Omar. Âgé de moins de 30 ans, la choura l’a considéré trop jeune pour succéder à son père. Il représente néanmoins la légitimité familiale.

Cette nouvelle direction talibane est fortement « Al-Qaïdisée ». D’ailleurs, sitôt ce trio désigné par la choura, Zayman al-Zawahiri lui a fait allégeance. Il semblerait aussi que Haibatullah Akhunzadeh se soit rallié publiquement au « djihad global ». Dès lors, il n’a plus été question de négociations avec le gouvernement de Kaboul ni avec Washington, ce que Barack Obama avait vivement souhaité tout au long de ses mandats. C’est d’ailleurs parce que le mollah Ahktar Mansour, le successeur du mollah Omar, s’opposait à de telles discussions qu’il avait été éliminé par une frappe américaine, l’an passé. « Il rejetait les efforts du gouvernement afghan visant à lancer sérieusement des pourparlers de paix et à mettre fin à la violence », avait expliqué le président américain pour justifier sa mort.

Désormais, plusieurs forces insurrectionnelles opèrent en Afghanistan :

Les talibans, sous le nom d’Émirat islamique d’Afghanistan, forment de très loin le contingent le plus important, environ 35 000 hommes. Ils comptent désormais dans leurs rangs des combattants qui ne sont pas pachtounes – la direction du mouvement l’est à 100 % –, comme les Tadjiks. De même que les forces gouvernementales, ils subissent des pertes considérables.

Les « réseaux Haqqani ». Si les talibans cherchent à investir les campagnes, les « réseaux Haqqani » s’emploient à terroriser les villes à coups d’attentats-suicides. Le dernier en date a frappé le 1er octobre dernier les services de sécurité et la police de Kaboul (16 morts et 44 blessés).

L’État islamique. Il est constitué de combattants pakistanais de la frange la plus extrême du TTP qui a fait sécession. Fuyant une offensive de l’armée pakistanaise dans les districts tribaux de la frontière, ils se sont réfugiés en Afghanistan, en particulier dans un district de la province de Nangarhar. Il a fait allégeance, à partir de janvier 2015, au « calife » de Mossoul, Abou Baqr al-Baghdadi, avec l’ambition commune de bâtir un califat mondial et pris le nom d’État islamique du Khorasan. Devenu l’ennemi numéro un des talibans, il rencontre beaucoup de difficultés pour se développer, d’autant qu’il n’a pas reçu la caution d’al-Baghdadi. On lui attribue l’assassinat de six membres du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en février 2016.  

Le mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO). Implanté en Afghanistan depuis la fin des années 1990, il y a prospéré. Ses hommes ont souvent épousé des Afghanes. Il a été renforcé par des volontaires venus d’Asie centrale – Tadjikistan, Kirghizstan, Kazakhstan et des Ouïghours. Du fait de sa férocité, le MIO est la hantise de l’armée afghane. C’est grâce à son appui aux talibans que la grande ville de Kunduz (300 000 habitants), dans le nord-est du pays, a pu être prise pendant quelques jours en septembre 2015. Ses moudjahidines seraient en partie responsables des atrocités commises, meurtres de masse, assassinats, viols collectifs de femmes et de filles de policiers ou suspectées d’être instruites… Le MIO a toujours prêté allégeance à Al-Qaïda, mais une partie de ses combattants a fait scission en 2015 pour rejoindre l’État islamique.

Face à ces forces, plus personne dans la région n’imagine que l’armée afghane ait les moyens de reconquérir les territoires perdus. Surtout que les 13 000 hommes que maintiennent les États-Unis et l’ISAF (les forces internationales pilotées par l’Otan) ne participent plus, en principe, aux opérations militaires en première ligne.

 

Dès lors, la Chine – très intéressée par les matières premières afghanes comme le lithium ou le cuivre et qu’inquiète aussi la présence de rebelles ouïghours – et la Russie ont déjà ouvert des canaux de discussion avec les talibans. Même Téhéran, si hostile aux « étudiants en religion », en particulier depuis qu’ils ont massacré, en août 1998, onze de ses diplomates dans le consulat de Mazar-i-Sharif, l’a fait secrètement depuis des années. Il reste enfin une inconnue : quelle va être la politique de Donald Trump ? Le président afghan Ashraf Ghani doit s’en inquiéter.

Baisse de la tension entre Israéliens et Libanais : chercher les Russes ?

Il y a près de deux semaines, le Liban semblait à la veille d’une nouvelle agression israélienne. Le président de la République et le secrétaire général du Hezbollah ont d’ailleurs tour à tour, chacun à sa manière et selon sa fonction, haussé le ton pour transmettre aux Israéliens le message suivant: toute nouvelle agression contre le Liban aura de graves conséquences sur l’intérieur israélien. En expliquant à une chaîne égyptienne que les armes du Hezbollah s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie de défense nationale, le chef de l’État a aussi voulu montrer aux Israéliens que toute attaque contre cette formation est une agression contre tout le Liban et sera donc considérée comme un acte de guerre. De même, Hassan Nasrallah a expliqué que si le Liban était attaqué, le Hezbollah pourrait envoyer des missiles non seulement à Haïfa où se trouvent les dépôts d’ammonium, mais aussi à Dimona (au sud d’Israël) où se trouvent les installations nucléaires israéliennes. Immédiatement, le ton israélien est descendu d’un cran et les risques d’une attaque semblent soudain moins grands.

Selon une source militaire, les déclarations musclées du chef de l’État et du secrétaire général du Hezbollah ont donc largement contribué à calmer les velléités belliqueuses des dirigeants israéliens. Mais ces derniers n’ont pas renoncé, pour autant, à toute idée de porter un coup au parti chiite. La possibilité qui est le plus souvent évoquée parle de raids aériens contre des positions du Hezbollah le long de la frontière libano-syrienne, ou alors dans la région syrienne limitrophe du Liban, où le Hezbollah est présent.

La source militaire précitée rappelle à cet égard que depuis la victoire enregistrée par le Hezbollah et les forces du régime syrien à Qousseir et dans le Qalamoun syrien, cette région est devenue un véritable bastion des forces alliées de l’armée arabe syrienne. La géographie montagneuse des lieux est favorable à l’installation par le Hezbollah de nombreuses rampes de missiles de moyenne et longue portée dans les grottes naturelles qui pullulent dans cette région. Il semble ainsi que le Hezbollah ait profité du retrait des combattants de l’opposition syrienne de la plus grande partie du Qalamoun syrien pour installer plusieurs bases militaires dans cette région qui surplombe la Syrie, le Liban, et même la Palestine occupée et un bout de la Jordanie. Il s’agit donc d’une zone stratégique dont le Hezbollah essaie de tirer profit au maximum.

Les Israéliens ne sont pas sans savoir que le Hezbollah a largement renforcé sa présence dans cette zone et ils songeraient à y effectuer quelques raids, en guise d’avertissement, à défaut de pouvoir mener une large offensive contre cette formation au Liban. La possibilité est d’autant plus évoquée qu’il existe encore des poches entre les mains des combattants de l’opposition dans le Qalamoun syrien et dans l’environnement proche de Zabadani et Madaya, ainsi que dans la zone limitrophe du jurd de Ersal. Ces poches pourraient donc être utilisées ou même servir de prétexte pour justifier une opération aérienne israélienne dans ce secteur. Il faut préciser, dans ce contexte, qu’il a été à plusieurs reprises question pour l’armée arabe syrienne et ses alliés d’en finir avec ces poches, mais la décision n’a jamais été clairement annoncée. Il en est question dans les médias, mais l’exécution est sans cesse reportée. Selon la même source militaire, la raison du maintien de ces poches, alors qu’en raison du rapport des forces dans cette zone, elles pourraient être fermées, serait la crainte de représailles des forces de l’opposition syrienne contre les deux villes encerclées Kfaria et Fouha dans le rif nord d’Alep. À plusieurs reprises, l’armée arabe syrienne et ses alliés ont tenté de lever le blocus imposé à ces deux localités qui comptent encore près de 30 000 habitants sans y parvenir. L’armée arabe syrienne et ses alliés se heurtent donc à chaque fois à l’équation suivante: toute action militaire contre Zabadani, Madaya ou le Qalamoun déclencherait une attaque systématique contre les deux localités de Kfaria et Fouha. Pour cette raison, il n’y a donc eu, depuis la reprise de cette région par l’armée arabe syrienne et ses alliés, aucune tentative véritable d’en finir avec les poches des différentes factions de l’opposition syrienne dans le Qalamoun.

C’est dire qu’en dépit de la victoire de l’armée arabe syrienne et de ses alliés dans cette région, celle-ci continue à être à hauts risques. Mais un nouveau développement est survenu récemment qui est susceptible de changer la donne. Loin du nord de la Syrie où se déroulent actuellement les plus importants combats et loin de la base de Tartous, les Russes auraient décidé d’installer des postes fixes dans cette région montagneuse. Pour certains, il s’agit de simples observateurs, mais pour d’autres, ce sont de véritables positions militaires. Quelle que soit la version retenue, cette décision russe ne serait pas le fait du hasard. Selon la source militaire précitée, il s’agirait d’un message adressé par les Russes aux Israéliens pour qu’ils ne songent pas à attaquer cette région, car ce serait provoquer une riposte à partir de leurs positions militaires. Le message est visiblement parvenu à destination et globalement, après des menaces précises, la tension a baissé entre les Israéliens et les Libanais…

Source : L’Orient-Le Jour

https://www.lorientlejour.com/article/1038146/baisse-de-la-tension-entre-israeliens-et-libanais-chercher-les-russes-.html

Photo: Hassan Nasrallah a expliqué que si le Liban était attaqué, le Hezbollah pourrait envoyer des missiles non seulement à Haïfa où se trouvent les dépôts d’ammonium, mais aussi à Dimona où se trouvent les installations nucléaires israéliennes 

via: http://www.france-irak-actualite.com/2017/03/baisse-de-la-tension-entre-israeliens-et-libanais-chercher-les-russes.html

 

L’Iran et le Hezbollah capables de tirer des missiles sur Israël (source israélienne)

Le site d’information DEBKAfile s’est penché dans un rapport sur les forces de l’Iran et du Hezbollah, qui sont capables de tirer depuis la Syrie des missiles sur Israël.

Ce site a examiné les menaces auxquelles est confronté le régime d’Israël, comme la construction de tunnels et les opérations de drones.

Ce site a prétendu dans ce rapport que le gouvernement syrien avait récemment déclaré à l’Iran qu’il était prêt à mettre le sol de la Syrie à la disposition des forces de l’Iran et du Hezbollah pour qu’elles puissent tirer leurs missiles sur les forces israéliennes en Palestine occupée.

La politique d’Israël, qui est de ne pas intervenir directement dans la guerre en Syrie, a eu un résultat inverse, est-il écrit dans ce rapport : « Cette politique a permis au Hezbollah, qui s’était fourni en armes sophistiquées auprès de l’Iran et qui s’était formé en Syrie aux nouvelles techniques de guerre, d’installer son système balistique sur les hauteurs du Qalamoun en Syrie. Ce groupe a appris les différents types de tactiques aux côtés de la grande armée russe. Il n’est donc pas surprenant que Seyyed Hassan Nasrallah affirme en toute confiance que le Hezbollah est capable d’anéantir le régime israélien. »

DEBKAfile écrit : « Quelles mesures a prises le régime d’Israël contre cette menace ? Les actions n’étaient pas nombreuses. L’armée israélienne pilonne de temps à autre des entrepôts de missiles en Syrie. Mais cela ne suffira pas pour faire face à une menace qui est en train de prendre forme en Syrie. »

DEBKAfile poursuit : « Comment a-t-on autorisé le Hezbollah libanais à tirer chaque jour des milliers de roquettes depuis le sol syrien sur Israël ? Pourquoi, alors que des raids aériens du régime israélien ont lieu en Syrie, les entrepôts de missiles du Hezbollah au Liban ne sont-ils pas pris pour cible par l’armée de ce régime ? On a beaucoup écrit sur les tunnels du Hamas sans parler de ceux du Hezbollah, dont le commencement se trouve au Liban. »

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/02/512734/Isral–porte-de-missiles-iraniens

Le Parlement européen a demandé l’obligation de visa pour les Américains

Le Parlement européen a demandé à l’instance exécutive de l’UE d’imposer à nouveau une obligation de visa aux citoyens des États-Unis.

La Commission européenne a affirmé qu’elle était en train de trouver une solution politique à ce problème. Les parlementaires européens ont adopté une résolution non contraignante en ce sens, demandant à l’exécutif européen d’agir d’ici deux mois, une décision qui pourrait affecter le tourisme européen, précise l’AFP.

Cette action est intervenue après le refus des États-Unis de permettre l’accès à leur territoire sans visa aux ressortissants de cinq pays de l’UE. Actuellement, 23 des 28 pays de cette union peuvent entrer aux États-Unis sans visa.

Le Parlement européen veut une réciprocité totale entre l’UE et les États-Unis.

Dans le même temps, les autorités de la Commission européenne ont assuré qu’ils trouveraient une solution diplomatique à ce problème lors de la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE et le secrétaire d’État des États-Unis qui aura lieu le 15 juin. Et ce, alors qu’environ un an plus tôt, la Commission européenne avait fixé un délai pour résoudre cette question, mais n’a rien fait depuis.

Le porte-parole de la Commission européenne a promis de faire part avant juin de tout progrès dans les négociations et que les coopérations étroites entre le Parlement européen et le Conseil de l’Europe se poursuivraient.

Les contacts avec l’administration américaine, a affirmé une autorité de la Commission européenne, se poursuivent pour trouver une réciprocité.

La Pologne, la Croatie, la Bulgarie, la Roumanie et Chypre ont demandé à Bruxelles de mettre fin au comportement discriminatoire envers les citoyens de leurs pays.

La plupart des pays de l’UE font partie de l’espace Schengen et peuvent donc voyager à travers le continent européen sans visa.

Pour rappel, le gouvernement canadien a imposé l’obligation de visa aux citoyens de la Bulgarie et de la Roumanie, mais il a précisé qu’elle serait annulée à la fin de 2017.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/03/03/512836/Obligation-de-visa-pour-les-Amricains

 

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Gideon Levy : « Israël aime les guerres »

Il n’y a pas d’autre façon de lire le rapport de la Cour des comptes de l’État sur la guerre de Gaza en 2014 et il n’y a pas de conclusion plus importante à en tirer.

Israël aime les guerres. Il en a besoin. Il ne fait rien pour les empêcher et, parfois, il les provoque. Il n’y a pas d’autre façon de lire le rapport de la Cour des comptes de l’État sur la guerre de Gaza en 2014 et il n’y a pas de conclusion plus importante à en tirer.

Tout le reste – les tunnels, le Conseil national de la sécurité, le cabinet et les services de renseignement –, ce sont des foutaises, rien de plus que des efforts pour nous distraire du principal. Le principal, c’est qu’Israël veut la guerre. Il a rejeté toutes les alternatives, sans même en discuter, sans leur manifester le moindre intérêt, afin de satisfaire sa volonté.

Israël voulait également des guerres, dans le passé. Depuis la guerre de 1948, toutes ses guerres auraient pu être évitées. Elles étaient manifestement des guerres voulues, bien que la plupart n’aient eu aucune utilité et que certaines d’entre elles aient même causé des dégâts irréparables. Tout simplement, Israël les a déclenchées. Parfois, des guerres lui ont été imposées mais, même dans ce cas, elles auraient pu être évitées, comme celle de 1973. Certaines de ces guerres ont mis un terme à la carrière de ceux qui les avaient déclenchées et, pourtant, coup après coup, Israël choisit invariablement la guerre en tant que première option de prédilection. On doute qu’il soit possible de dénicher une explication rationnelle du phénomène, mais le fait est que, chaque fois qu’Israël s’en va en guerre, il reçoit le soutien large, automatique et aveugle de l’opinion publique et des médias. Il n’y a donc pas que le gouvernement et l’armée, qui aiment la guerre. Tout Israël aime la guerre.

La chose est prouvée par le fait que les commissions d’enquête publient des rapports quasi identiques après chaque guerre – le rapport sur la guerre de Gaza est presque un plagiat du rapport de la Commission de Winograd après la deuxième guerre du Liban, en 2006. (« La guerre a été déclenchée à la hâte et de façon irresponsable. ») Une fois qu’on a tout appris et tout oublié, il est clair que quelque chose de fort pousse Israël vers la guerre.

C’est presque de cette façon aussi que cela s’est passé durant l’été de l’opération « Bordure protectrice », alors qu’il n’y avait absolument aucune raison de déclencher cette guerre. Et c’est de cette façon que cela se passera lors de la prochaine guerre qui guette à l’horizon. Quel dommage que l’« alerte rouge » de mardi, dans le sud, ait été une fausse alerte. C’était presque l’occasion de frapper un coup disproportionné sur Gaza, de la façon qu’apprécient tellement le ministre de la Défense Avigdor Liemerman et Israël ; c’était le genre d’incident idéal pour attirer Israël dans une nouvelle guerre.

Son scénario est déjà affiché, ses partisans enthousiastes ne loupent aucune occasion d’y inciter et son histoire est semblable à celle des guerres couvertes par les rapports de la Cour des comptes de l’État. La prochaine guerre fera elle aussi l’objet d’un rapport. Vous et moi et la prochaine guerre, et le prochain rapport.

Il est raisonnable de présumer que la prochaine guerre va éclater à Gaza. Sa justification est déjà toute prête. L’horreur à propos des tunnels, qui a été gonflée dans les proportions grotesques d’une guerre nucléaire mondiale, a été créée dans ce but. Des engins primitifs de combat suffisent pour créer une parfaite justification de la guerre. Et, comme lors de la précédente opération, « Bordure protectrice », personne ne prend le temps de poser la question : Quid de Gaza qui, dans trois ans d’ici, ne sera même plus habitable pour des humains ? Quelle est la réponse que nous attendons de sa part au vu du danger existentiel que courent ses habitants ? Pourquoi se presser ? On a le temps. En attendant, on peut détruire Gaza d’un moment à l’autre.

Gaza gâte Israël avec des guerres de luxe. Israël n’aime rien plus qu’une guerre contre une armée inexistante, contre des gens qui n’ont pas la moindre couverture de zone, pas de blindés, par d’artillerie, rien qu’une armée de gens sans chaussures et de tunnels, ce qui permet à Israël de se lancer dans des histoires grandioses d’héroïsme et de deuil. Des bombardements israéliens contre des gens désarmés, ce que, pour l’une ou l’autre raison, on appelle la guerre, avec un minimum de pertes pour Israël et un maximum pour les Palestiniens – c’est ainsi que nous aimons nos guerres.

La Cour des comptes de l’État a constaté que le cabinet ne discutait pas d’alternatives à la guerre. Il aurait dû y avoir un cri retentissant d’un bout à l’autre du pays, mais il a été englouti dans l’absurdité de l’histoire des tunnels. Tout enfant de Gaza sait qu’une telle alternative existe, que, si Gaza s’ouvre au monde, ce sera différent. Toutefois, pour cela, de courageux dirigeants israéliens sont nécessaires, mais il n’y en a pas. Des masses entières d’Israéliens sont nécessaires pour dire un « non » sans équivoque aux guerres – mais il n’y en a pas non plus. Pourquoi ? Parce qu’Israël aime les guerres.

Traduction : Jean-Marie Flémal

 

Source: http://www.pourlapalestine.be/gideon-levy-israel-aime-les-guerres/

Compteurs Linky : risque économique, risques sanitaires, dérive démocratique

 

ERDF, filiale à 100% d’EDF, devenue « Enedis », réalise actuellement la pose des compteurs électriques Linky, qui se substituent à vos anciens compteurs. Ces compteurs sont en fait des objets communicants, où les données passent par le courant domestique, qui symbolisent l’entrée de la galaxie ERDF/Enedis-EDF sur le marché des données numériques. Leur pose est « obligatoire » selon un certain nombre de brochures diffusées par Enedis aux abonnés, tandis que son Président finissait en février 2017, sous la pression, par avouer que ce n’était pas le cas (voir hyper lien en conclusion). Or, ces compteurs posent un triple problème : économique, sanitaire et démocratique. Explications.

Vers un échec économique

Linky, c’est 5 milliards d’euros, et certainement 7 ou 8. La Cour des Comptes écrit (Rapport annuel 2015, www.comptes.fr, Courdescomptes2015-ouverture-marché-electricite-concurrence.pdf) : …le succès du compteur Linky reste suspendu à des perspectives financières fragiles (la valeur actuelle nette du projet à l’échéance de 2034 ne serait que de 0,2 milliards d’euros pour un investissement de 5 milliards). Même appréciation de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies, qui pointe un dérapage vraisemblable des coûts de 2 à 3 milliards d’euros, aux impacts évidents sur la facture individuelle. La France n’a d’ailleurs jamais guère réussi ses grands projets industriels informatiques : échec du Plan calcul, du Minitel, par exemple. Pourquoi ? Difficulté pour un monopole de planifier une vision économique dans un environnement très mouvant, vision trop centralisée des réseaux héritée d’un autre temps, direction planificatrice, où domine l’ingénieur mais capable, par sa capacité de lobbying et les liens haute-administration/sociétés d’origine publique, d’inspirer la réglementation et d’en retarder l’adaptation. Par ailleurs, sur le marché général des données numériques, si le consommateur est déjà à la fibre ou au haut-débit hertzien, quel avantage retirerait-il d’un nouveau lien filaire ? L’industrie du transport des données est entrée dans l’ère des rendements décroissants. Ainsi, le Directeur général de la Fédération française des télécoms pointait dans le rapport annuel 2013 l’érosion des bénéfices de l’industrie des services mobiles donc, au-delà, de l’industrie des données auquel appartient tout objet connecté, donc Linky. Le risque d’échec économique est donc avéré, et ce dans une perspective globale ou EDF est déjà fragilisée et possède 100 % d’ERDF-Enedis.

 

Des risques sanitaires avérés

L’ANSES (https://www.anses.fr/fr) dans son avis de 2016 sur le compteur Linky ne conclut pas à sa non-dangerosité. C’est pire encore : elle, l’experte, conclut qu’elle ne sait pas. Le rayonnement des compteurs Linky, c’est-à-dire les fréquences qui s’ajouteront aux fréquences du courant domestique, entre dans le domaine des rayonnements électromagnétiques en général, à la différence qu’on ne peut pas éteindre Linky qui rayonnera dans toute la maison à des hyper-fréquences, alors qu’on peut éteindre son téléphone portable ou ne pas travailler sur son ordinateur.

Il faut donc voir comment les normes sanitaires ont été établies, puisque Enedis dit partout que le compteur est « dans la norme ». Il n'est guère facile de comprendre les normes de précaution de l'usage du téléphone mobile, et donc de tout objet connecté, donc de Linky. Pouvons-nous trouver, en ce qui concerne les téléphones portables, et donc les compteurs Linky, une analogie historique ? Dans le domaine de la chimie appliquée à l'alimentation (colorants, pesticides, conservateurs, emballages, etc.), nous connaissons ce que l'on appelle la Dose Journalière Acceptable, ou « DJA », c'est-à-dire la dose… de produits chimiques toxiques que nous pouvons ingérer chaque jour sans pour autant tomber malades, parce qu’il y aurait une quantité à partir de laquelle ils deviendraient des poisons. L’idée générale, c’est que « la dose fait le poison » : sous une limite, on peut consommer les toxiques. Vrai et faux. Marie-Dominique Robin, dans son film Notre poison quotidien, souligne que les perturbateurs endocriniens n'obéissent pas à cette règle de la DJA : ces perturbateurs, présents par exemple dans les plastiques de certains revêtements internes de boîtes de conserves, certains biberons, bouteilles en plastique, etc., agissent aussitôt qu'ils sont présents dans nos organismes en mimant l'effet de certaines hormones… En matière de téléphonie, ce qui pourrait s'apparenter à la Dose Journalière Quotidienne est le « Débit d'Absorption Spécifique, ou « DAS ». Le doute doit être de absolu si l'on sait que les DAS ne sont pas les mêmes aux Etats-Unis et en Europe : si, aux Etats-Unis, le DAS est de 1,6 W/kg sur le premier gramme de tissus humain exposé, il est à 2 W/kg en Europe sur les dix premiers grammes. Or, si l'énergie transmise par le rayonnement atteint 2,5 sur le premier gramme et 0,9 sur le dixième gramme, la moyenne n'est peut-être que de 1 W/g pour la norme européenne, ce qui n'empêchera nullement le premier gramme d'être sur-exposé à un rayonnement. En chiffrant le DAS à 1,6 W/kg sur le premier gramme seulement, les Etats-Unis (et le Canada) sont plus exigeants que l'Union Européenne. Linky est donc un cas emblématique ou un opérateur installe chez vous un objet, dans l’indifférence quant à ses conséquences sanitaires.

J’ajoute que le CIRC, Centre international de recherche sur le cancer, agence intergouvernementale créée par l’OMS siégeant à Lyon, classe Linky comme cancérogène problème, soit en catégorie 2B (catégorie 1 : cancérogène pour l'homme ; catégorie 2A : cancérogène probable pour l'homme ; catégorie 2B : cancérogène possible pour l'homme ; catégorie 3 : inclassable quant à sa cancérogénicité pour l'homme ; catégorie 4 : probablement non cancérogène pour l'homme). Monde où le probable est possible, le possible certain, enfin on ne sait plus.

Dans les milliers d’études qui existent sur le sujet, le rapport Bio-Initiatives est fondamental (http://www.bioinitiative.org/). Il est issu d’un collectif de scientifiques internationaux, un peu à l’image du climat. En 2007 (il a été republié en 2012), il passe en revue près de 2 000 études scientifiques, ce qui est considérable. Au moment du premier rapport Bio-initiative, le Parlement européen émet, le 4 septembre 2008, une résolution fondamentale sur l'évaluation à mi-parcours du plan d'action européen en matière d'environnement et santé 2004-2010 (www.europarl.europa.eu). Alinéa 21 de cette résolution : « [le Parlement est] vivement interpellé par le rapport de la commission internationale Bio-Initiative sur les champs électromagnétique, qui fait la synthèse de plus de 1 500 cas […] et relève dans ses conclusions les dangers sur la santé des émissions de type téléphonie mobile comme le téléphone portable, les émissions UMTS-WIFI-Wimax-Bluetooth et le téléphone à base fixe DECT [votre téléphone sans fil de la maison] » Alinéa 22, il constate « que les limites d'exposition aux champs électriques fixées pour le public sont obsolètes […] que ces limites ne tiennent évidemment pas compte de l'évolution des technologies de l'information et de la communication », et demande dans l'alinéa 23 au Conseil européen [instance de décision composée des ministres des Etats-membres de l'Union européenne, dont bien sûr du ministre français] de « fixer des valeurs limites d'exposition plus exigeantes ».

Et, naturellement, Linky qui n’existait que dans les limbes à l’époque est concerné au premier chef. Donc, d’un point de vue tant économique que sanitaire, la messe est dite : le compteur Linky est doublement néfaste. Troubles liés au Linky : problèmes de sommeil, effets sur la mémoire et l'apprentissage, effets sur l'ADN et les gènes, augmentation des cancers (ou accélération de cette augmentation) et pathologies cérébrales type Alzheimer. Effets sur l'autisme, sur le développement cérébral des fœtus ; altération de l'ADN des spermatozoïdes.

 

Le problème démocratique

Dans notre pays, l’architecture des pouvoirs est chargée d’histoire. Quand la France s’est électrifiée, ce sont des syndicats de communes au niveau cantonal qui ont pris les investissements en charge, créant les syndicats d’électrification. Chaque maire y était présent, et chaque syndicat comportait son président et ses vice-présidents, indemnisés. Dans la pratique, c’était un ou deux fonctionnaires territoriaux qui se chargeaient du travail, consistant souvent à commander à un prestataire principal, sans mise en concurrence, ERDF-Enedis (et EDF avant), d’entretenir le réseau. Ensuite, le gouvernement conscient de la difficulté de gérer la chose au niveau cantonal et des surcoûts que cela représentait, a fondu ces syndicats en syndicats départementaux, lesquels ont longtemps prolongé ou prolongent encore des relations un peu coupables avec ERDF-Enedis, consistant toujours à ne pas avoir très envie de mettre les marchés proposés en vraie concurrence (comme cela a été parfois souligné par les Cours des comptes régionales et nationale). Il y a en outre deux autres problèmes :

– la méconnaissance fréquente des élus responsables des enjeux techniques et leurs liens anciens avec EDF puis ERDF-Enedis… et leur absentéisme (on se contente de toucher les indemnités) ;

– la difficulté, pour les abonnés, de faire valoir leurs préoccupations sanitaires. Les élus censés les représenter ne viennent qu’épisodiquement, surchargés qu’ils sont par le nombre de mandats qu’ils cumulent et le nombre d’organismes divers où leur présence est tout aussi souhaitée. Pour se débarrasser du problème Linky, le maire répond donc qu’il faut demander au syndicat départemental, lequel répond qu’il n’est pas propriétaire du réseau, renvoyant au maire lequel… dit que la commune n’est pas propriétaire du réseau, donc des compteurs. Bref, c’est ce qu’on appelle vulgairement le jeu de la patate chaude. Et, quand une commune refuse Linky, devinez un peu ce que fait Enedis : elle attaque la commune aux tribunaux. Enfin, épisodiquement, un préfet par ci et par là met en avant le fait qu’il a obligé Enedis a désinstaller un Linky (voir le communiqué de Next Up en Ille-et-Vilaine (Vwww.next-up.org), communiquant là-dessus tout en soutenant l’opérateur.

C’est pourquoi, à mon sens, Linky est emblématique d’un industriel monopolistique qui fait passer une innovation dans les nombreux trous d’un tissu très déchiré, celui de la démocratie nationale et locale, au mépris des risques sanitaires de l’usager considéré comme un sujet et non un citoyen.

 

En conclusion…

Vous pouvez refuser le compteur, le Président d’Enedis le dit lui-même (https://www.onsaitcequonveutquonsache.com/bonne-nouvelle-le-president-derdf-avoue-que-linky-nest-pas-obligatoire/?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=email_this&utm_source=email 
<cid :
part1.D36CCBA8.AA4CD513@free.fr> ).

Si on tente de vous l’imposer néanmoins, procurez-vous le kit de refus du compteur Linky incluant la lettre de refus avec signification par huissier : https://stoplinkynonmerci.org. Pour télécharger le document, comprenant les procédures de refus avec lettres prêtes à l’envoi : http://doc.stoplinkynonmerci.org (Document n°100). Et voici trois adresses précieuses avec les liens : Priartem, 5 cours de la Ferme-Saint-Lazare, 75 010 Paris, tél. : 01 42 47 81 54, contact@priartem.fr ; Robin des toits 33 rue d’Amsterdam, 75008 Paris, tél. : 01 47 00 96 33 contact@robindestoits.org ; Next-Up.org, 13, rue Sadi-Carnot 26 400 Crest, http://www.next-up.org ; contact@next-up.org

Pour couvrir le bruit des défections et des casseroles, Fillon surexcite les militants

Alors que les défections et les appels au retrait se multiplient à droite, François Fillon mobilise la base de son parti. Il veut multiplier les démonstrations de force d’ici à ce week-end. Tout se jouera dans les trois jours.

 

Nîmes (Gard), de notre envoyée spéciale. – Être au plus proche du candidat LR pour la présidentielle et se sentir si loin de ceux qui préparent l’avenir de la droite. C’est le sentiment partagé par la plupart de ceux qui ont suivi François Fillon, ce jeudi 2 mars, lors de son déplacement dans la région nîmoise, d’abord à travers un vignoble (4 minutes), ensuite devant des associations de harkis (65 minutes), et enfin lors de son meeting dans la salle du Parnasse (70 minutes). Pendant tout ce temps, à Paris, les téléphones et les esprits s’échauffaient. Depuis que l’ancien premier ministre a annoncé qu’il se maintiendrait malgré sa convocation chez les juges en vue d’une mise en examen, sa campagne enregistre défection sur défection.

François Fillon en meeting à Nîmes, le 2 mars. © Reuters

Après Bruno Le Maire et plusieurs de ses soutiens mercredi après-midi, après les deux directeurs adjoints de campagne jeudi matin, ce sont quelques-unes des figures juppéistes les plus emblématiques qui ont à leur tour annoncé qu’elles se retiraient. Parmi elles, des piliers logistiques de l’équipe, tels Marie Guévenoux, la directrice financière, et Gilles Boyer, ancien directeur de campagne du maire de Bordeaux, devenu trésorier de François Fillon l’espace de quelques semaines. Mais aussi une poignée d’élus de la nouvelle génération, dont le sénateur et maire d’Angers Christophe Béchu, le député et maire du Havre Édouard Philippe et son collègue de la Marne Benoist Apparu. « La tournure que prend aujourd’hui la campagne nous paraît incompatible avec notre façon d’envisager l’engagement », ont-ils écrit dans un communiqué commun.

Dans la foulée, c’est une autre figure de cette nouvelle génération de la droite, l’élu des Hauts-de-France Gérald Darmanin, ancien coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy, qui tweetait : « Jusqu’à présent ce sont les socialistes qui faisaient monter le Front national, maintenant c’est nous. J’ai honte de ma droite. » Si l’on ne sait pas bien à qui s’adresse ce message, une chose est sûre : il traduit la crise profonde que traverse depuis plusieurs semaines, mais surtout depuis 24 heures, le parti de la rue de Vaugirard. En tout, ce sont quelque 60 élus, LR et UDI mêlés, qui ont annoncé qu’ils ne mèneraient plus campagne aux côtés de l’ancien premier ministre. Une poignée d’entre eux ont déjà fait savoir qu’ils parrainaient Alain Juppé. « Il est encore temps de sauver l’alternance ! Alain Juppé peut nous faire gagner », a écrit le député de Seine-et-Marne Franck Riester, proche de Bruno Le Maire, sur le réseau social.

Le député du Rhône Georges Fenech, ancien soutien de Nicolas Sarkozy, a quant à lui diffusé un communiqué dans lequel il invite les élus LR « à faire parvenir sans délai, au Conseil constitutionnel, leur parrainage en faveur » du maire de Bordeaux, « seul homme d’État et d’expérience en capacité d’éviter les dangers du populisme et de l’aventure, et de faire triompher le projet de redressement du pays attendu par les Français ». Dans le même temps, une vingtaine de maires ont lancé un appel pour demander à François Fillon de retirer sa candidature. Cette initiative, pilotée par l’édile de Mulhouse Jean Rottner, a été signée par des élus issus de toutes les sensibilités de la droite et du centre : Arnaud Robinet, Brigitte Barèges, Gaël Perdriau, Laurent Hénart…

À en croire les principaux intéressés, les décisions prises par des dizaines d’élus de droite ce jeudi ont été tout sauf simples. « Je suis au clair avec mon choix, mais ça n’a pas été évident, assure un député à Mediapart. C’est un gros risque, ce qu’on est en train de faire. Pas seulement pour nous, ça on s’en fout à la limite, mais pour toute la droite et plus largement pour la démocratie. Parce que derrière, on ne sait pas comment ça peut se passer… »

Dans ce capharnaüm, il y a également un grand absent : Thierry Solère. L’organisateur de la primaire de novembre, devenu porte-parole du candidat LR, ne s’est pas exprimé depuis mercredi midi. Pour beaucoup, l’élu des Hauts-de-Seine aurait déjà raccroché les gants. « Il va parler avant la manif de dimanche », promet l’un de ses proches. Pour dire quoi ? Ce qu’il faut pour rendre inéluctable le départ de Fillon, assure la même source. Car la foire aux plans B est de retour. Les rumeurs qui l’accompagnent aussi. Certains poussent la candidature de Juppé, d’autres assurent que le veto initialement posé par Sarkozy contre cette option ne serait plus aussi franc, d’autres encore sont plus catégoriques : « On le vire », tranche un ténor du parti. En vrai, tout le monde suppute, mais personne n’en sait trop rien.

 

 « Je suis comme ces combattants balafrés »

 

Pendant ce temps, à Nîmes, l’ancien premier ministre a poursuivi sa campagne comme si de rien n’était, entouré des quelques fidèles qui lui restent : Valérie Boyer, Damien Abad, Luc Chatel, Caroline Cayeux ou encore Éric Ciotti. « Fillon, il est seul, disent-ils à Paris, a-t-il lancé lors de son meeting, salle Parnasse. Fillon, il est avec le peuple de France à Nîmes ! » Dénonçant les « petites opérations politiques » des uns et des autres, l’ancien premier ministre a fustigé le « microcosme » qui l’« attaque depuis des semaines avec une violence sans commune mesure avec les faits qui [lui] sont reprochés et sur lesquels [il a] répondu point par point ».

Au meeting nîmois de François Fillon, le 2 mars. © ES

« 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, la machine à broyer, la machine à scoops, la machine à rumeurs a été mise en marche », s’est-il encore plaint, persuadé – ou du moins, faisant mine de – qu’« il y a dans [sa] candidature [...] quelque chose qui crispe le politiquement correct ». Devant une salle surchauffée, huant et sifflant les journalistes – certains militants se levaient même pour nous adresser des doigts d’honneur, avant de porter les mêmes doigts à la bouche pour mimer un vomissement –, le candidat LR a fait du Sarkozy dans le texte. Et répété qu’il ne céderait pas. « Je viens de loin, a-t-il encore indiqué à la tribune. Je suis un patriote qui a donné le meilleur de lui-même, je suis comme ces combattants balafrés qui n’ont pas appris la vie dans les livres. »

Un peu plus tôt, à la sortie de sa rencontre avec les associations de harkis, François Fillon, qui fuit la presse comme la peste, a tout de même cédé un « Je m’appuie sur les Français, c’est les Français qui se prononceront » au nuage de caméras et de micros qui l’entourait. Interrogé par Le Monde sur la fuite des élus LR, il a glissé : « Bah on fera sans eux ! » avant de s’engouffrer dans cette voiture qu’il ne semble plus quitter depuis qu’il a renoncé aux déplacements en train et qu’il cherche à éviter les orchestres de casseroles qui parsèment sa route.

Au même moment, à son QG parisien, ses équipes préparaient consciencieusement la manifestation de dimanche après-midi, au Trocadéro. Elles étaient même renforcées pour l’occasion. « Les postes de campagne sont doublés avec des responsables de Sens commun », confiait un membre de l’équipe à Mediapart dans la soirée. Ce rassemblement, destiné à « soutenir » le candidat contre « l’action de déstabilisation » dont il se dit victime, a fait grincer de nombreuses dents parmi les rangs de la droite. Même le patron du Parti chrétien démocrate (PCD, fondé par Christine Boutin), Jean-Frédéric Poisson, pourtant très proche de La Manif pour tous, l’a qualifié de « maladresse ». « Je ne fais pas campagne contre les juges », a-t-il indiqué sur Sud Radio.

Depuis 24 heures, les très proches de François Fillon balaient de formules méprisantes l’amenuisement des troupes : Bruno Le Maire ? « Monsieur 3 % ? Ahah. On s’en fout. » Les juppéiste ? « Qui ? Ahah. Il vaut mieux les avoir en dehors de la campagne. Toutes les fuites venaient d’eux. » C’est un véritable bras de fer qui est désormais engagé entre les deux droites. De l’avis de chacun, tout se jouera dans les trois jours qui viennent.

Fort du noyau dur de LR, hérité de Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre veut surmobiliser, voire surexciter, sa base à la manière de l’ancien chef de l’État. Sa dernière chance : faire de la manifestation du Trocadéro une démonstration de force, comme l’avait été le rassemblement sarkozyste du 1er mai 2012 au même endroit. Soit cinq jours avant son échec à la présidentielle.

 

 

Justice: ce qui attend François Fillon

François Fillon est convoqué pour être mis en examen le 15 mars. Une mesure qui ne l’empêcherait pas de se présenter à l’élection présidentielle, ni d’être élu. Il pourra en revanche attaquer la procédure à partir de cette date.

François Fillon l’a confirmé ce mercredi 1er mars, il est convoqué le 15 mars par les juges d’instruction en vue d’une mise en examen dans l’affaire des salaires versés à son épouse et à deux de ses enfants. Le candidat LR à la présidentielle a déclaré qu’il se rendrait à cette convocation, tout en maintenant sa candidature à l’élection suprême. Son épouse, Penelope Fillon, serait quant à elle convoquée le 18 mars, également pour une mise en examen.

Selon toute vraisemblance, c’est donc un candidat mis en examen pour des faits graves qui se présentera aux suffrages des électeurs, une première sous la Ve République. Le 24 février, une information judiciaire contre X pour « détournements de fonds publics et recel, abus de biens sociaux et recel, trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique » a été ouverte par le parquet national financier (PNF). Trois juges d’instruction du pôle financier, Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau, ont été désignés pour cette affaire, lundi 27 février, par la présidence du tribunal de grande instance de Paris.

 

Il paraît très improbable que les juges renoncent à une mise en examen et se contentent de placer François Fillon sous le statut de témoin assisté. Selon des sources concordantes, l’enquête bouclée en quatre semaines par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) est en effet accablante. 

François Fillon © Reuters

Les policiers de l’OCLCIFF n’ont pas trouvé de traces tangibles ou de témoignages convaincants d’un travail effectué par Penelope Fillon, que ce soit comme assistante parlementaire de son époux (de 1988 à 1990, puis de 1998 à 2000 et de 2012 à 2013) ou de son ancien suppléant, Marc Joulaud (de 2002 à 2007) – ses salaires représentent un montant total de 831 440 euros, selon Le Canard enchaîné –, ni à la Revue des Deux Mondes, où Penelope Fillon aurait perçu 100 000 euros de 2012 à 2013. Même chose pour les deux enfants du couple qui avaient, eux aussi, été payés comme assistants parlementaires lorsqu’ils étaient étudiants. Les policiers de l’OCLCIFF, qui ont procédé à des perquisitions et à de nombreuses auditions, ont également reçu des témoignages spontanés. En l’état, l’enquête ne confirme pas les déclarations de François Fillon, et les enquêteurs auraient fait quelques découvertes surprenantes.

Il existe donc des « indices graves ou concordants » que François Fillon a usé de son pouvoir et de son influence pour avoir versé et fait verser des salaires de complaisance à son épouse, dont une bonne partie en argent public, d'où sa convocation en vue d'une mise en examen.

En droit, rien n’empêche François Fillon de se présenter à l’élection présidentielle s’il est effectivement mis en examen. Seule une peine d’inéligibilité définitive prononcée par une juridiction de jugement peut empêcher un candidat de concourir à une élection, et on en est très loin en l’occurrence. Selon les délais habituels dans ce type d’affaires, l’instruction qui démarre pourrait durer deux ans environ, un éventuel procès ne pouvant se tenir qu’environ un an plus tard, sans même parler de délais d’appel et de cassation.

Il convient de noter que, contrairement à ce qu’il a déclaré lors de sa conférence de presse ce 1er mars, ce n’est qu’une fois mis en examen (ou témoin assisté) que François Fillon sera partie au dossier, et qu’il pourra contester la régularité de la procédure devant la chambre de l’instruction.

Enfin, il n’est nul besoin pour les juges de solliciter une levée de l’immunité parlementaire de François Fillon pour le mettre en examen : ce type de demande ne concerne que les mesures restrictives de liberté (détention provisoire, semi-liberté, contrôle judiciaire, etc.), qui ne sont pas envisagées dans ce dossier.

Si François Fillon était élu président de la République, le volet de l’instruction qui le concerne serait disjoint et mis entre parenthèses pendant la durée de son mandat, en vertu de l’immunité accordée au chef de l’État, dont a bénéficié Jacques Chirac. En revanche, ni l’épouse ni les enfants de François Fillon, pas plus que Marc Ladreit de Lacharrière, ne seraient à l’abri des juges. C’est ce qui est arrivé dans l’affaire des emplois fictifs du RPR et de la mairie de Paris, dans laquelle Alain Juppé et d’autres personnalités avaient été condamnés en 2004, avant que le cas de Jacques Chirac puisse être examiné par le tribunal correctionnel de Paris en 2011.

Les attaques répétées de François Fillon contre la justice – il a notamment dénoncé un « assassinat » en parlant de sa convocation – ont par ailleurs suscité un communiqué du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, ce 1er mars : « L’indépendance de la justice est un principe à valeur constitutionnelle. Les magistrats ne reçoivent aucune instruction individuelle, de qui que ce soit. Ils prennent leurs décisions en leur âme et conscience et statuent en droit. Ces décisions peuvent toutes être contestées par les voies de recours légales, comme le font des milliers de Français chaque année. Le travail en cours des magistrats n’a pas à être commenté. Les juges d’instruction conduisent leurs enquêtes en toute indépendance, de manière collégiale, dans le respect du contradictoire et de la présomption d’innocence. »

Même François Hollande y est allé de son communiqué, « en tant que garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ». Le président pour encore quelques semaines a tenu à s’« élever solennellement contre toute mise en cause des magistrats dans les enquêtes et les instructions qu’ils mènent dans le respect de l’État de droit ». Selon le chef de l'État, « une candidature à l’élection présidentielle n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges, à créer un climat de défiance incompatible avec l’esprit de responsabilité et, pire encore, à lancer des accusations extrêmement graves contre la Justice et plus largement nos institutions ». Et de rappeler que si « le peuple français est souverain », comme l'a déclaré François Fillon, « la Justice est également rendue en son nom et que nul ne peut s’y soustraire ».

 

La paranoïa nord-coréenne est fondée

La Corée du Nord est dépeinte par les médias étasuniens et européens comme un pays arriéré, gouverné par un dirigeant despotique et délirant entouré de conseillers souffrant de paranoïa irrationnelle et militante. Le pays est aussi décrit comme une menace importante pour la sécurité dans l’Asie-Pacifique, bien que la Corée du Nord ne mène pas de guerre dans la région depuis qu’un armistice en 1953 a effectivement mis fin à la guerre de Corée.

Une direction despotique et délirante, toutefois, ne posséderait très probablement pas d’armes nucléaires, de missiles balistiques et d’une importante armée conventionnelle, tout en restreignant pourtant leur utilisation, malgré des décennies de provocations organisées le long de ses frontières par les États-Unis et leurs alliés au sein du gouvernement sud-coréen. De même, un pays gouverné par une irrationalité totale serait incapable de maintenir, et même de développer, des liens avec des États voisins comme la Chine.

Et pourtant, dans la réalité, la Corée du Nord a fait tout cela.

La plus grande partie des accusations des États-Unis et de l’Europe reposent sur le développement continu des programmes défensifs de la Corée du Nord, qui comprennent des progrès dans les ogives nucléaires et les missiles balistiques. Stratégiquement omises par la rhétorique étasunienne et européenne, les provocations dont l’Occident est coupable stimulent la militarisation accrue de la Corée du Nord.

Et si, alors, la paranoïa prétendument irrationnelle de la Corée du Nord était fondée ?

Lorsque la santé de l’ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-il se dégradait, les États-Unis et leurs alliés dans la région ont commencé à planifier tout à fait ouvertement une occasion de renverser l’État nord-coréen. Un groupe de réflexion basé aux États-Unis, le Council on Foreign Relations (CFR dans son sigle anglais) publiera en 2009 un rapport de 60 pages intitulé Preparing for Sudden Change in North Korea [Se préparer à un changement subit en Corée du Nord], dans lequel des scénarios pour une invasion à large échelle, une occupation et un assujettissement de la Corée du Nord étaient décrits.

Le rapport comprenait des recommandations pour une armée d’invasion et d’occupation, qu’il appelait une « force de stabilisation », de plus de 460 000 troupes étasuniennes et alliées.

Considérant qu’en 2009 les États-Unis avaient déjà réussi à envahir, occuper et détruire l’Irak et l’Afghanistan, il n’était pas « irrationnel » du tout que la paranoïa nord-coréenne atteigne de nouveaux sommets.

Les éléments qui manquaient à l’Irak et à l’Afghanistan pour faire face à l’invasion des États-Unis étaient des programmes de défense conséquents, qui puissent dissuader cette invasion. La possession par la Corée du Nord d’ogives nucléaires et de missiles balistiques de plus en plus sophistiqués signifie que le prix augmente chaque année, pour toute tentative de mise en œuvre des plans inclus dans le rapport du CFR de 2009.

Pour la Corée du Nord et ses liens avec Beijing, ce n’est qu’une question de temps avant qu’un certain seuil ne soit atteint, où l’invasion et l’occupation par les États-Unis deviendra impossible. Une fois ce seuil atteint, il est probable que la géopolitique pan-asiatique délogera presque totalement, sinon entièrement, les États-Unis de l’Asie-Pacifique.

Dans ce contexte, le récent lancement du missile balistique de portée intermédiaire Pukguksong-2 par la Corée du Nord n’est pas aussi « irrationnel » ou « provocateur » que les médias américains et européens essaient de le décrire. C’est une tentative de dissuader le conflit, pas de le provoquer.

Aux dires de tous, y compris des États-Unis eux-mêmes (et notamment dans le rapport du CFR de 2009), la Corée du Nord n’a pas les moyens de dépasser les forces sud-coréennes ou de menacer significativement ses voisins de l’Asie-Pacifique. Le faire serait très déstabilisant pour ses plus proches alliés à Beijing et nuirait à la préservation de la Corée du Nord elle-même.

Le lancement de missiles et les essais d’armes nucléaires ne sont pas les actes d’un dirigeant dérangé mentalement cherchant un conflit mondial, mais une stratégie tout à fait rationnelle de dissuasion destinée à arrêter la pendule au moment où le soleil se couche sur l’hégémonie des États-Unis en Asie-Pacifique.

Ulson Gunnar

Ulson Gunnar est un analyste en géopolitique basé à New York et un auteur écrivant spécialement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/la-paranoia-nord-coreenne-est-fondee

PénélopeGate : la justice poursuivra Fillon, non pour 3 chefs d’inculpation, mais pour 5 ! Décryptage

"Tout se passe bien !" semblaient dire, le 24 février dernier, les avocats des Fillon. En résumé, c'était la preuve que le Parquet national financier (PNF) n'avait pas suffisamment d'éléments, pour "démontrer la réalité des infractions" et mettre en examen : madame Fillon, monsieur Fillon et leurs 2 enfants, Marie et Charles.

À les écouter, ces 2 splendides avocats, surtout le jeune, je m'attendais à entendre : "On a gagné ! On a gagné !". De qui se moquent-ils ? Sont-ils bien cérébrés pour dire de tels enfantillages ? Pour ça, oui ! Le doute subsiste, sans aucun doute en leur défaveur !

Alors, effectivement, aucun des Fillon n'ira, tout de suite, en prison ! Ce n'est d'ailleurs pas le rôle du PNF. Il n'est, effectivement, pas compétent pour mettre les menottes aux délinquants financiers. Les avocats des Fillon, n'ont cessé de le répéter.

Mais, et cependant, la décision du PNF est beaucoup plus grave que ce que disent, bêtement et de manière totalement ridicule, les avocats des Fillon.

En effet, le dossier des présumés délinquants est tellement lourd et grave, judiciairement, que le PNF ne le confie non pas un 1 juge d'instruction, ni à 2, mais à 3 juges. Et ce, pour désormais, non plus 3 chefs d'inculpation, comme cela était susceptible d'être le cas, il y a 15 jours, mais, pour les 5 suivants :

Détournement de fonds publics. En synthèse : il s'agit, ici pour la ou le délinquant(e), de mettre sa main dans la poche du contribuable (dont Fillon n'est peut-être pas ?), de lui prendre (c'est-à-dire lui voler) son argent, à son insu, et de l'utiliser pour augmenter son train de vie, présent et futur. Ce chef d'inculpation vise Pénélope Fillon, Marie Fillon, François Fillon et Charles Fillon.

Abus de biens sociaux. En synthèse : il s'agit, ici pour la ou le délinquant(e), de prendre (c'est-à-dire de voler) l'argent d'une entreprise, en l'espèce, La Revue des deux mondes. Et, mettre cet argent, volé, dans sa poche pour augmenter son train de vie, présent et futur. Cet acte serait celui de Pénélope Fillon. Mais, ce vol ne peut pas se faire à l'insu de l'entreprise (du président, du comptable, etc.), car il a fallu quelqu'un pour ouvrir la caisse (le compte courant) de l'entreprise et remettre l'argent, par virement ou chèque, à la femme Fillon. Marc Ladreit De Lacharrière, semble être la personne qui a ouvert la caisse de l'entreprise. De plus, Fillon l'a même décoré de la prestigieuse Légion d'honneur. Cela serait qualifié de trafic d'influence !

Complicité et recel de fonds publics et de bien sociaux.

 Complicité, soyons clairs : les 4 Fillon (mère, fille, père et fils) ne pouvaient pas ignorer, à moins d'être handicapés mentaux profonds, que l'argent détourné (c'est-à-dire volé au contribuable et à l'entreprise La Revue des deux mondes), allait directement dans leur propre poche, sur leur compte bancaire.

 Recel, en résumé : détenir une chose, de l'argent par exemple, que nous savons pertinemment, à moins d'être handicapé mental profond, ne pas être la nôtre. Ce chef d'inculpation vise les 4 Fillon.

Trafic d'influence. En résumé : user du fait, qu'étant dépositaire d'une autorité publique, on obtient, d'autrui, quelque chose qui ne nous est pas due. Et cela, en échange d'une récompense (passe-droit, nomination, décoration, etc.), qu'autrui n'aurait pas eue sans notre intervention. Ce chef d'inculpation viserait, essentiellement, François Fillon, futur probable Président de notre pays, le 7 mai 2017 ! Il commencerait bien sa présidence, le bougre !

 On dit souvent, qu'un délinquant qui rentre en prison sans diplôme, en ressort souvent avec une licence ou un doctorat en délinquance ! Si Fillon est élu, il inaugurera un nouvel adage : "La meilleure façon d'être élu, en France, s'est d'être poursuit par la justice !" et, d'y échapper grâce à la fonction nouvellement obtenue, d'un corps électoral peut regardant sur les délits financiers de ses élites politiques.

 Marine Le Pen, pourrait aussi être celle qui inaugurera ce nouveau dicton. La bougresse !

 Fillon et Le Pen  : même combat, pour obtenir, le 7 mai 2017, la si précieuse, et très scandaleuse, immunité présidentielle.

Manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité sur la transparence de la vie publique (HATVP). En résumé, soyons clairs : Fillon aurait sciemment laissé entendre à la HATVP, que la personne de sa famille qui était salariée de La Revue des deux mondes, était l'un de ses fils. Avait-il déjà honte de l'emploi de Pénélope ? En effet, comme je le signalais dans mon papier du 6 février, Fillon emploie le masculin pour désigner cette personne.

Fillon, comme Le Pen, deux grands délinquants financiers potentiels. Encore innocente, car pas encore jugée coupable, l'une de ces deux personnes, sera probablement celle qui nous gouvernera, dès le 7 mai 2017. Cette personne, finalement élue, nous imposera, durant 5 et peut-être 10 ans, de respecter scrupuleusement la loi. Loi qu'elle aura bafouée, et, selon toute vraisemblance, continuera à le faire, comme le renard autorisé à être, enfin, dans le poulailler.

Où allons-nous ? Pauvre France ! Devenue, en quatre décennies, démocratiques, une vraie République bananière. Mais, avant, ce n'était pas mieux. C'était celle des barbouzes, du SAC. L'argent liquide, donc sans odeur et donc sans trace, y circulait à flots, chez "nos" politiques, dans des valises noires. Période, peu ou pas connue des électrices et des électeurs âgés de moins de 50 ans. Ils n'ont, semble-t-il, rien perdu au change.

Aujourd'hui, la honte et la colère couvent dans le pays ! Fillon ou Le Pen ? La peste ou le choléra !

 

 

Crédit Photo : Le Figaro.fr

Seul moyen de contrer Macron : une Union de la Gauche de Progrès

 

En politique, il convient de ne jamais sous-estimer les qualités d’un adversaire, et encore moins sa capacité de mobilisation. Le sondage Odoxa publié le dimanche 26 février montre clairement que Macron bénéficie d’une dynamique, contrairement aux affirmations de nombreux intervenants qui, sur ce site comme sur d’autres, ont tendance à prendre leurs désirs pour des réalités, et un candidat qui monte en puissance pour une « baudruche  ». Or, ce n’est pas de cette manière que l’on peut combattre efficacement un adversaire politique...

Macron, Hamon et Mélenchon (Photo Europe 1)

Il y a quelques jours, deux habitués d’AgoraVox, soutiens déterminés du candidat de l’UPR, affirmaient n’avoir « jamais rencontré de personnes soutenant Macron ». Je leur avais répondu qu’« ils n’avaient pas bien cherché » car j’en connaissais personnellement deux dans mon propre voisinage, l’un étant un ex-militant de l’UMP résolument opposé à Fillon, et l’autre un électeur socialiste pro-Valls n’ayant pas digéré la victoire de Hamon lors de la primaire du PS.

Depuis ce jour, ce sont plusieurs autres personnes de ma connaissance – mais pas de mes amis politiques – qui ont annoncé leur ralliement à Macron. Rien d’étonnant à cela : les comités En Marche ! sont en train de se multiplier dans la région, et le nombre de leurs adhérents ne cesse d’augmenter comme en témoigne cet article de Ouest-France qui fait état du comité de ma propre ville de Dinan (déjà une centaine d’adhérents) et mentionne ceux, tout proches, de Broons et de la vallée de l’Arguenon. Il s’agit là de faits facilement vérifiables, et d’un phénomène qui n’est évidemment pas propre à Dinan et ses environs : d’après les échos qui parviennent à mes oreilles, de tels comités voient le jour un peu partout en Bretagne, et cela vaut sans doute également pour de nombreuses autres régions françaises.

À cela vient s’ajouter la tentation du vote utile pro-Macron auquel appelait d’ailleurs dimanche midi Cohn-Bendit dans l’émission « Questions Politiques » de France-Inter, au motif que Hamon ne sera pas en situation de se qualifier pour le 2e tour de la présidentielle. Or, l’ex-député européen écologiste n’est pas le seul à penser ainsi. Il suffit, pour s’en convaincre, de surfer sur le net et sur les réseaux sociaux où l’on peut lire des commentaires comme celui-ci, glané sur le site CentPapiers : « Si ça continue comme ça, je pense que je finirai par voter à contrecœur Macron au 1er tour, par pure stratégie, la stratégie du moins pire, afin d'éviter Fillon et/ou Le Pen. »

Des citoyens qui pensent ainsi et s’apprêtent d’ores et déjà à un vote utile en faveur de Macron, sans doute y en a-t-il de plus en plus. À cet égard, le sondage Odoxa-Dentsu consulting publié dimanche pour le compte de France 2 marque peut-être un tournant décisif dans la campagne. Les estimations de vote (à ce jour) montrent en effet une évolution spectaculaire avec une Le Pen à 27 % devant un Macron à 25 % et un Fillon, plus que jamais englué dans son marécage nauséabond, à... 19 %. Nul ne sait si cette tendance sera confirmée dans les prochaines enquêtes, mais la dynamique est incontestablement du côté du candidat de En Marche !

Dans de telles conditions, il est plus que jamais illusoire de penser qu’un candidat de gauche puisse accéder au 2e tour de la présidentielle. Seule une alliance entre l’aile gauche du Parti Socialiste, désormais soutenue par EELV, et la France Insoumise peut faire échec à la victoire annoncée d’un candidat de droite. C’est le principe d’une telle alliance, basée sur les très nombreux points de convergence entre les programmes de Hamon et de Mélenchon, que je défendais dans un article publié le mercredi 22 février : Hamon et Mélenchon sont-ils des irresponsables ?

Une telle alliance ne pourrait évidemment être en aucun cas un ralliement de la France Insoumise au Parti Socialiste, mais le résultat d’une négociation paritaire équitable engagée dans le seul but de servir les intérêts des classes populaires en se donnant les moyens d’une victoire à la présidentielle. Avec à la clé un candidat unique et un « programme commun » renaissant qui, hors étiquettes du PS et de la FI, pourrait voir le jour dans le cadre d’une « Union de la Gauche de Progrès (UGP) ».

Dans le sondage Odoxa, le total des intentions de vote de Hamon (13 %), de Mélenchon (12 %) et de Jadot (2 %) culmine à 27 %. En admettant qu’une telle alliance suscite une inévitable déperdition de voix, ce total n’en permettrait pas moins de concurrencer Macron et de donner une chance réelle d’accession au 2e tour à la gauche de progrès. Dès lors, la question qui se pose est simple : faut-il coaliser toutes les énergies pour mettre en œuvre cette UGP et avoir une chance d’éviter aux classes populaires de nouvelles régressions de leurs droits sociaux ? ou a contrario s’enfermer dans un corpus idéologique, certes respectable, mais appelé à rester lettre morte ?

 

À chacun de juger, en son âme et conscience.