Le féminisme, selon François Fillon...

Interrogé par des journalistes sur ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'affaire Pénélope", François Fillon a osé invoquer le féminisme pour justifier ce qui ressemble fort à un emploi fictif...
 
Il a osé déclarer, en faisant mine de s'interroger :
"Alors parce que c’est mon épouse, elle n’aurait pas le droit de travailler ? Imaginez un instant qu’un homme politique dise d’une femme, comme le fait cet article, qu’elle ne sait faire que des confitures, toutes les féministes hurleraient."
 
Bien évidemment, ce n'est pas le problème posé et on sent dans cette déclaration toute la gêne que provoque cette affaire...
 
Au lieu de répondre sur le fond, François Fillon esquive les coups, et se contente d'invoquer le féminisme et la prétendue misogynie de l'article du Canard enchaîné.
 
Une défense qui ne tient pas et qui montre que François Fillon n'a rien à opposer sur les accusations d'emploi fictif dont on le soupçonne. 
 
Les compétences de Mme Fillon ne sont pas remises en cause, ce qui est contesté, c'est la réalité de son travail de collaboratrice.
 
Effectivement, cette réalité n'est pas clairement établie, d'autant plus que Pénélope Fillon a souvent déclaré qu'elle ne souhaitait pas s'occuper des affaires politiques de son époux.
 
François Fillon dit que sa femme a le droit de travailler, mais encore faudrait-il qu'elle ait réellement travaillé....
 
Dans tous les cas, on peut se demander, aussi, pourquoi le salaire de Mme Fillon était si exorbitant, si en plus, son activité était fictive, on perçoit encore plus le scandale de cette rémunération.
 
Personne n'a mis en doute les compétences de Pénélope Fillon, personne n'a fait preuve de misogynie à son égard.
Personne n'a affirmé qu'elle ne savait faire que des confitures.
 
François Fillon, on le voit, se retranche derrière un féminisme outré pour se défendre, une stratégie pitoyable et malhonnête.
 
Le féminisme n'autorise pas les passe-droits, le féminisme ne défend pas un travail faussement rémunéré, le féminisme n'est pas une porte ouverte à tous les abus et tous les privilèges.
Le féminisme exige que l'on accorde un juste salaire aux femmes et aux hommes qui travaillent réellement.

"ll y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l'argent public...", avait déclaré François Fillon dans un tweet.
On est là au coeur du problème : les contradictions de François Fillon qui a fait de l'honnêteté et de la rigueur son principal argument de campagne...


Macron candidat du système : Drahi, Hermand, MEDEF… ses liens avec l’oligarchie capitaliste

 Faisant rigoler les travailleurs dans toute la France, avec ses égosillements ridicules dans ses meetings pour cacher le manque d’originalité absolu d’un programme politique dicté par le MEDEF, l’énarque Emmanuel Macron, ex banquier de la Banque Rothschild et ministre des finances de F. Hollande, ose se présenter comme un candidat hors du Système. Avec l’aide de l’appareil médiatique du système capitaliste. La machine à bourrer les crânes tournants à plein régime. Pourtant les éléments s’amoncellent qui prouvent que Macron est bien l’un des candidats de l’oligarchie capitaliste

On dit que l’on reconnait un arbre à ses fruits, et c’est instructif d’appliquer ce proverbe aux soutiens de Macron.

Les idéologues Attali, Alain Minc, Cohn Bendit, le patron de presse Baylet (la dépêche du midi), le richissime patron de la grande distribution Henry Hermand. Mais cela ne s’arrête pas là. www.initiative-communiste.fr vous révèle les dessous de la candidature Macron.

Macron : le candidat du MEDEF

De Macron – le candidat promu par le système médiatique comme le candidat hors du système, le patron des patrons Pierre Gattaz déclare :

 « J’aime bien l’initiative d’Emmanuel Macron, je trouve que c’est rafraîchissant » P Gattaz – 2016

Selon l’hebdomadaire MarianneBernard Arnault (LVMH), Alexandre Bompard (Darty et la Fnac), Marc Simoncini (Meetic) et Vincent Bolloré (Vivendi), parmi les plus gros oligarques français soutiennent le candidat Macron. Mais également l’ex PDG d’AXA Henri de Castries désormais dirigeant du groupe de pression patronal ultra libéral Institut Montaigne.

C’est d’ailleurs au domicile de l’un des dirigeants de cet Institut Montaigne, Laurent Bigorgne qu’est hébergé le parti de Macron, (En Marche) à son lancement en avril 2016.

Membre ‘un autre groupe de pression patronal, En Temps Réel, Macron fait ce dirige ce think tank au côté de Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext, la multinationale de la Bourse qui contrôle notamment les cotations de la Bourse de Paris ou de Bernad Spitz, l’influent président de la fédération française des sociétés d’assurance qui est également l’un des dirigeants du MEDEF. Mais également de Laurent Joffrin le directeur de la rédaction de Libération.

Patrick Drahi : oligarque des médias, et des télécommunications

Mais qui est Patrick Drahi ? Vous ne le connaisses sans doute pas, mais vous connaissez sans aucun doutes ses entreprises. Financier spécialisé dans le rachat financé par des banques, (la fameuse méthode des LBO) d’entreprises, ce polytechnicien vit en Suisse où il bénéficie d’un statut fiscal privilégié tandis que sa holding Altice a son siège aux Luxembourg, mais sa holding personnelle est-elle immatriculée à Guernesey, deux lieux généralement assimilés à des paradis fiscaux.

Milliardaire (on parle d’une fortune personnelle estimé à 14 milliards d’euros), Drahi est le propriétaire d’une multinationale des télécom Altice comprenant notamment les groupes SFR et Numericable en France. Et il s’est également acheté un joli portefeuille de médias. Jugez plutôt :

·         média audiovisuel Groupe Next Radio avec les chaines d’info en continue BFM TV et RMC info. BFM TV et RMC Info compte parmi les toutes premières chaines télé et radio d’info en France.

·         presse écrite : le quotidien Libération, les principaux magasines du groupe Roularta (L’ExpressL’Expansion…)

Auditionné en mai 2015 en tant que président-directeur général du groupe Altice par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale, Drahi milite pour réduire drastiquement les congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. « Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… », « C’est là, le problème pour nous… »

La « compétitivité » c’est justement le cheval de bataille de Macron, qui veut augmenter le temps de travail, supprimer les cotisations sociale etc.

Macron le candidat de Drahi ?

Mais quels sont les liens du ministre des finances Macron avec l’oligarque Drahi ?

 

En 2014 Drahi est en concurrence avec BOUYGUES TELECOM pour racheter SFR. En mars 2014 Montebourg alors Ministre de l’Economie et des Finance avant d’être débarqué du gouvernement s’oppose au rachat de SFR par Drahi estimant qu’il doit se mettre en règle fiscalement avec la France alors que sa Holding ALTICE est au Luxembourg , qu’il vit en Suisse et qu’il a la double nationalité israélienne. Une enquête est même lancée par Bercy. Mais au final, c’est bien Drahi avec l’accord de Bercy qui rachète SFR. Que s’est-il passé ?

Dès son arrivée à Bercy le 28 octobre 2014 Emmanuel MACRON nouveau ministre de l’Économie et des Finances, signe le décret en faveur de DRAHI l’autorisant à racheter SFR et déboute BOUYGUES Télécom. Ce feu vert était nécessaire suite au décret sur les investissements étrangers, signé le 14 mai 2014 par Arnaud Montebourg justement. Ce décret soumet à l’approbation de Bercy tout rachat dans les télécoms. En clair, Macron a provoqué un changement de pied complet du gouvernement en faveur de l’oligarque Drahi.

Cela expliquerait-il le fait que Macron bénéficie d’un puissant soutien médiatique de la part des influents médias du groupe Drahi ? En tout cas, le fait est que des proches de Drahi figure dans la garde rapprochée de la campagne de Macron.

Le directeur financier de la campagne de Macron : un proche de Drahi

En 2015, lors que Drahi rachète le groupe France Next Radio propriétaire de BFM TV à Weil, c’est un certain Bernard Mourad, ancien banquier d’affaire chez Morgan Stanley, qui l’aide. On retrouve ce Bernard Mourad dans l’organigramme de la campagne de Macron, en tant que Conseiller spécial chargé du financement de sa campagne.

Barbier, porte drapeau médiatique officieux de la campagne de Macron : un homme de Drahi

Christophe Barbier, l’homme à l’écharpe rouge qui écume les plateaux de télés est l’éditorialiste de l’Express dont il est le porte-parole sur les chaines de télé. Nommé directeur de l’Express par Drahi, il doit être écarté en octobre 2016 devant la fronde des syndicats alors qu’il vient de supprimer de plus 200 emplois. Il rejoint alors également la rédaction de BFM TV la chaine télé de Drahi. Devinez pour qui Barbier fait campagne sur les plateaux télé et dans son journal l’Express ? Macron…

Macron le candidat de Henry Hermand : le magnat des centres commerciaux

Du passage de Macron au gouvernement, les français retiendront six 49.3 pour faire passer en force les antis populaires Loi Macron et Loi Travail.

Ce que peut savent c’est que parmi les soutiens – notamment financier – de la première heure de Macron figure un richissime patron, le magnat des centres commerciaux Henry Hermand. Un hasard donc si Macron une fois à Bercy a fait des pieds et des mains pour étendre l’ouverture le dimanche des centres commerciaux…

En tout, cas le patron ne s’en cachait pas et ce jusqu’à son décès à l’automne dernier : il soutient et finance Macron, qu’il pousse en avant depuis sa sortie de l’ENA

JBC pour www.initiative-communiste.fr

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http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/macron-lhomme-de-loligarque-drahi/

Pénélope : boule puante sur la route de l’Élysée

 « Je vais porter plainte contre les journaux qui affirment que ma femme avait un emploi fictif. » (François Fillon, le 26 janvier 2017 sur TF1).

 

Malgré les sondages très bons de l’ancien ministre Emmanuel Macron, l’ancien Premier Ministre François Fillon reste le candidat favori à l’élection présidentielle de 2017, une position fort inconfortable puisque, depuis quelques mois, les favoris dans les primaires ou élections sont régulièrement battus. Ce n’est donc pas étonnant qu’on s’en prenne à François Fillon, ce sont les risques du "métier". Ce qu’a, en revanche, peu apprécié le député de Paris, c’est de voir mettre en cause son épouse Pénélope, à qui il a réaffirmé son amour devant les téléspectateurs du journal de 20 heures sur TF1 ce jeudi 26 janvier 2017.

Il y avait urgence à communiquer et ces dix minutes d’intervention télévisée, dans la plus grande tradition de la communication politique (hors des réseaux sociaux de l’Internet), avaient pour but d’éteindre un feu qui a commencé à prendre deux jours auparavant avec la publication d’un article du "Canard enchaîné" mettant en cause Pénélope Fillon. Elle aurait été recrutée comme collaboratrice parlementaire de son mari de 1997 à 2007 et de 2012 à 2013 (entre 2002 et 2007, collaboratrice du suppléant de son mari). Une information judiciaire a été immédiatement déclenchée par la justice le 25 janvier 2017 et l’avocat de François Fillon est venu déposer des pièces justificatives au tribunal.



Dans cette "affaire", il y a deux aspects. La légalité et la moralité.

Sur la légalité, cela ne fait guère de doute que les époux Fillon étaient dans la légalité. D’ailleurs, s’il a mis fin aux fonctions de sa femme en 2013, c’était parce qu’il y avait un climat nécessitant plus de transparence et moins d’ambiguïté dans les fonctions politiques après le déclenchement de l’affaire Cahuzac. Comme la justice vient d’intervenir, le candidat n’a plus qu’à espérer qu’elle ne traînera pas car il reste moins de trois mois avant l’élection présidentielle, ce qui est court pour une instruction judiciaire. François Fillon a d’ailleurs réaffirmé solennellement que s’il était mis en examen, il ne serait évidemment plus candidat, histoire de montrer non seulement sa détermination mais aussi sa certitude qu’il est dans la légalité.

Sur la moralité, c’est évidemment une autre affaire. On ne pourra pas lui reprocher son absence totale de moralité dans la mesure où il n’a pas attendu 2017 et cette "affaire" pour arrêter cette collusion familiale et parlementaire. François Fillon est d’ailleurs allé au-devant d’autres critiques qui n’avaient pourtant pas encore été exprimées en disant qu’à l’occasion, lorsqu’il était sénateur, il avait ponctuellement recruté ses enfants pour des missions de conseil juridique, correspondant à leurs compétences.

Dans cette affaire de moralité, il y a, à la fois, le fait qu’un parlementaire puisse recruter une personne de sa famille, et aussi le niveau de la rémunération qui, pour Pénélope Fillon, aurait été particulièrement élevée. Là encore, rien d’illégal puisque François Fillon a rappelé que le parlementaire a une enveloppe budgétaire pour rémunérer son équipe et qu’il est complètement libre de l’utiliser comme il l’entend (cette enveloppe était de 9 504 euros par mois au 1er janvier 2013).



Il n’a pas fait la proposition de mieux réglementer son utilisation, ce qui aurait été une contre-offensive assez percutante. Car il y a forcément des abus. François Fillon, lui, a justifié le recrutement de son épouse en 1997, à l’occasion du départ de son collaborateur parlementaire, en disant qu’elle l’avait beaucoup aidé dans sa vie politique depuis 1981, et pendant seize ans, donc, bénévolement. C’est probablement vrai car il n’est pas le seul responsable politique de premier plan pour qui l’épouse ou la conjointe a eu un rôle décisif dans son ascension politique.

Or, ce rôle d’épouse, de conjointe (je mets encore au féminin car il n’y a pas encore de femme à l’Élysée), est un rôle virtuel, un rôle non reconnu, un rôle sans statut, et on a pu se rendre compte à quel point être la femme du Président, officiellement ou officieusement, pouvait créer des problèmes même diplomatiques. François Fillon s’est donc défendu comme le patron d’une petite entreprise dont la conjointe l’a aidé à faire ses comptes, à faire de l’administratif, hors de tout statut, hors de toute couverture sociale.

C’est pour cela qu’il n’a pas voulu reconnaître que le niveau de rémunération aurait été trop élevé. Il a même ajouté que son épouse était aussi diplômée que lui, et qu’elle aurait pu être avocate mais a renoncé à une carrière professionnelle pour rester auprès de lui. 

La défense de François Fillon aurait pu être meilleure en sortant sa personne de cette "affaire" et en apportant des propositions plus générales pour mieux moraliser ces pratiques fréquentes chez les parlementaires. Il est resté sur le mode défensif personnel : il a évoqué le principe de la boule puante en demandant pourquoi cette "affaire", pourtant connue de tout le monde, même de ses opposants puisque Pénélope Fillon était collaboratrice durant le gouvernement de Lionel Jospin, n’est sortie publiquement que vingt ans plus tard et pas en 1997, comme par coïncidence, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle ?

Son équipe de campagne est inquiète car elle sait qu’une telle "affaire", aussi innocent soit-il, pollue complètement ses propos, les messages qu’il veut faire passer pendant sa campagne. Or, le 25 janvier 2017, François Fillon était venu visiter Alain Juppé à Bordeaux pour montrer l’unité de son camp derrière sa candidature, message qui est passé inaperçu avec le développement de cette "affaire".



François Fillon s’est donc pour l’instant contenté d’annoncer qu’il déposerait une plainte contre tout journal qui parlerait d’emploi fictif concernant le travail de son épouse.

Pourtant, comme je l’ai écrit plus haut, si cette "affaire" a pu prendre de l’ampleur, c’est qu’au-delà de la légalité, elle a choqué ceux qui n’ont même pas idée de ce niveau de rémunération. Il est indispensable qu’un parlementaire puisse avoir la liberté de recruter son équipe comme bon il lui semble et j’ai toujours noté que pour les députés, il n’y avait généralement pas beaucoup de problème car ils ont besoin d’avoir des contacts avec leur électorat pour être réélus, donc, ils ont besoin d’un collaborateur pour tenir des permanences dans leur circonscription, d’un autre à Paris pour l’épauler dans la rédaction de proposition de loi, d’intervention à l’Hémicycle etc.

Natacha Polony sur LCI le 26 janvier 2017 a plaidé pour que le Parlement français adopte la règle du Parlement Européen, à savoir d’interdire le recrutement des membres de la famille. Cela n’empêcherait ni suspicion ni collusion, car les parlementaires pourraient toujours "s’échanger" leurs membres de la famille, et les amis proches, voire compagnons au patronyme différent pourraient toujours être recrutés. Mais au moins, il y aurait interdiction de recruter un collaborateur qui serait au même foyer fiscal que le parlementaire.

René Dosière, député PS spécialiste du budget de l’Élysée, très pointilleux expert en droit fiscal, a déclaré sur France 5 le 26 janvier 2017 qu’il employait plusieurs collaborateurs qui coûtaient plus cher que l’enveloppe attribuée car il avait recruté des diplômés de haut niveau, et qu’il complétait leur salaire sur le compte de son indemnité de représentation. Il a plaidé pour augmenter l’enveloppe et le nombre de collaborateurs des parlementaires pour qu’ils puissent avoir les moyens d’un véritable contrôle de l’action gouvernementale.

La réflexion sur les collaborateurs politiques devrait s’élargir au-delà des parlementaires à ceux des collectivités territoriales où le népotisme serait encore plus répandu. Ce serait un "vivier" d’environ huit mille personnes qui n’ont généralement jamais travaillé dans une situation normale et qui ensuite obtiennent des mandats locaux puis nationaux. Remarquons ainsi que François Fillon, comme Benoît Hamon et Manuel Valls, ont commencé leur carrière politique comme collaborateurs parlementaires.

La moralisation des pratiques parlementaires et politiques n’est pas nouvelle et est déjà en cours depuis plusieurs années. Ainsi, la "réserve parlementaire" (comme on l’appelle), qui est en fait une somme d’argent attribuée à chaque parlementaire qui peut l’utiliser comme il le veut dans sa circonscription (pour participer au financement d’un gymnase, d’une école, aider une association, etc.), n’était pas un scandale en elle-même (beaucoup de projets locaux n’auraient jamais abouti sans cette aide financière providentielle), mais le scandale, c’était son opacité. Désormais, l’utilisation de cette enveloppe est mieux réglementée avec plus de transparence.

D’autres évolutions vers plus de transparence ont eu lieu, la suppression des "caisses noires" des ministères, décidée par le gouvernement de Lionel Jospin (peut-être que Claude Guéant, qui vient d’être condamné le 23 janvier 2017 en appel à deux ans de prison dont un ferme et à cinq ans d’interdiction d’emploi public, a cru qu’il était quinze ans en arrière…). Même le budget de l’Élysée est désormais réglementé, budgétisé même, et fait l’objet d’un rapport parlementaire spécial chaque année. Rappelons que De Gaulle (qui payait lui-même ses notes d’électricité à l’Élysée) gouvernait un pays où le secret était la religion de l’État, où l’argent en espèces était l’un des moyens les plus commodes de rémunérer des conseillers opaques de certains ministres.

Ce qui est regrettable, c’est que ce type d’évolution dans la transparence aurait dû se faire spontanément, sans être des réaction à de "faux" scandales comme c’est le cas, aujourd’hui, avec François Fillon. Lui qui avait mis un point d’honneur à se montrer "propre" et "intègre", d’autant plus que son programme tend à demander des efforts à ses concitoyens, a un besoin donc urgent que la justice puisse affirmer que tout ce qui concerne les relations entre sa femme et lui dans le cadre de cette collaboration a été complètement légale.

Mais ceux qui ont lâché cette boule puante se moquent un peu de la culpabilité ou de l’innocence : ils savent qu’il restera toujours un peu de fumée qui polluera la campagne de François Fillon. De là à dire que cela vient de l’Élysée serait un peu osé, même si la dernière boule puante dont a été victime ce même François Fillon provenait d’un de ses anciens sous-ministres, devenu, entre temps, le très influent Secrétaire Général de l’Élysée…


28 janvier 2017

 

Lavrov: Moscou ne se fait pas d’illusions au sujet des relations avec Washington

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, dit ne plus se faire d’illusions sur la normalisation rapide des relations entre Moscou et Washington, surtout depuis l’entrée en fonction du nouveau président américain Donald Trump.

Cette déception va à l’encontre de la réaction des autres autorités russes qui s’étaient réjouies de l’élection de Trump et avaient émis l’espoir d’une amélioration des relations russo-américaines.

Dans une allocution au Parlement, Lavrov a déclaré que Moscou ne s’attendait pas à ce que ses relations reprennent de sitôt avec Washington.

Les relations entre les deux pays sont tendues depuis que les États-Unis accusent la Russie d’avoir influencé le résultat de l’élection américaine de novembre dernier par le biais de cyberattaques, au détriment d’Hillary Clinton. Par la suite, la Maison Blanche a ordonné l’expulsion de 35 diplomates russes de Washington et San Francisco, la fermeture de deux bureaux des Renseignements russes à New York et à Maryland et la mise en vigueur de sanctions contre plusieurs organisations et personnalités russes.

 

Vladimir Poutine avait par la suite annoncé qu’aucun diplomate américain ne serait expulsé de Russie, dans l’attente de la mise en fonction du nouveau président Donald Trump.

Sergueï Lavrov (3G), ses homologues Mevlut Cavusoglu (5D) et Mohammad Javad Zarif (4D), à Astana, au Kazakhstan, le 23 janvier 2017. AFP

Renforcement de l’axe Russie-Iran-Turquie

Paradoxalement, la coopération entre la Russie, l’Iran, la Turquie et d’autres pays de la région est en plein essor. Selon la déclaration finale du Sommet d’Astana qui s’est tenu du 23 au 24 janvier, les trois pays se sont accordés sur une supervision tripartite du cessez-le-feu en Syrie. « Nous essayons de promouvoir notre coopération pour venir à bout du conflit en Syrie. Grâce aux coordinations effectuées par les instances militaires, nous avons réussi à délivrer Alep du joug des extrémistes et de mettre en application l’accord du 29 septembre dernier sur l’arrêt des combats », a affirmé M. Lavrov.

La Russie, l’Iran et la Turquie sont arrivés en décembre dernier à un accord sur les modalités de l’évacuation des rebelles et des groupes terroristes de l’Est d’Alep. Depuis le 30 décembre 2016, un cessez-le-feu général a été instauré en Syrie avec le soutien de l’ONU.

Le projet de Constitution pour la Syrie préparé par la Russie prend en considération les intérêts aussi bien du gouvernement de Damas que des groupes d’opposition et des acteurs régionaux.

La rencontre entre les représentants des groupes armés et des délégations de Damas dans la capitale du Kazakhstan a permis d’ouvrir une nouvelle étape des interactions pour arriver à une sortie de crise politique. Elle a eu lieu dans le cadre des négociations de paix en Syrie parrainées par l’Iran, la Russie et la Turquie.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/01/25/507763/Russie-EtatsUnis-Lavrov-Trump-Normalisation

 

Transition énergétique :

 

Présidentielles 2017, entre

 

intentions et réalité…

Par Daniel MARTIN 

 

 

Ramener la part du nucléaire de 75 à 50 % dans la production d’électricité en France d’ici 2025, comme l’avait promis François HOLLANDE, ainsi que la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 avec l’atteinte de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale à cette même date et la division par 2 de celle-ci à horizon 2050. Mais au-delà des intentions, quelle réalité ? Il est évident que passé les effets d’annonce cela n’impliquera pas automatiquement des fermetures de centrales nucléaires, notamment pour ne pas braquer EDF. Selon les auteurs de la loi 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/joe_20150818_0189_0001_1_-2.pdf ), la consommation ayant, selon EDF, tendance à se stabiliser, mais que ne confirme pas les statistiques, un développement important des autres sources d’énergie, surtout renouvelables, ferait mécaniquement baisser la part du nucléaire…Mais qu’en est-il réellement ?...

Qu’en est-il de la production et de la consommation actuelle d’électricité en France ? (extrait des bilans publiés par RTE).

PRODUCTION EN HAUSSE

A titre indicatif : 1 Térawatt = Mille Milliards de Watts - 1 Gigawatt = 1 Milliard de Watts - 1 Mégawatt = 1 Million de Watts - 1 Kilowatt = 1000 Watts

D’après RTE, la production d’électricité en France métropolitaine a atteint 546 TWh en 2015, soit 1,1% de plus qu’en 2014

Plus des trois quarts de cette production proviennent toujours du parc nucléaire de 58 réacteurs (416,8 TWh, 76,3% du mix). L'hydroélectricité (par les barrages) reste la deuxième source d’électricité (58,7 TWh, 10,8% du mix) malgré une forte baisse de sa production par rapport à 2014 (- 13,7%) en raison d’un niveau de pluviométrie bien plus faible. 

La part des énergies dites « renouvelables » dans la production nette d'électricité atteint 16,2 % en 2015 (hydroélectricité : 9,9 %éolien  : 3,9solaire : 1,4 %, bioénergies  : 0,9 %).

La production photovoltaïque a connu en 2015 une croissance légèrement supérieure à celle de l’éolien (+25,1%) mais sa part dans le mix électrique français reste limitée avec 1,4% de la production totale. Signalons la mise en service en septembre dernier du plus puissant parc photovoltaïque d’Europe (300 MWc) à Cestas en Gironde.

C’est la production électrique des centrales à gaz qui a connu la plus forte croissance en 2015 (+54,8%). Elle s’est élevée à 22,1 TWh, soit à près de 4% du mix national et à un niveau légèrement plus élevé que la production éolienne. Les centrales à gaz ont en effet a davantage sollicitées comme moyens d’appoint lors des périodes de forte demandeMalgré la fermeture des 6 dernières centrales à charbon de plus de 250 MW en France, la production des centrales à charbon et à fioul a quant à elle légèrement augmenté comptant au total pour 2,2% de la production électrique nationaleUNE ABERRATION, quand on se fixe pour objectif une réduction des rejets des gaz à effet de serre (GES)…

Lorsque RTE affirme que les émissions de CO2 du secteur de la production électrique française resteraient stables, il y a toutefois de quoi s’interroger quand on sait que pour 1KW/heure, le fioul rejette 300g de CO2, le Gaz naturel 234 g, le charbon 384g.

CONSOMMATION EN HAUSSE

D’après EDF, en 40 ans, la consommation Française d’électricité a augmenté de 280%. La consommation mondiale d'électricité en 2013 est de 21 538 TWh. Elle a augmenté de façon continue de 350% en 40 ans. ( https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/le-developpement-durable/la-consommation-d-electricite-en-chiffres)

Une hausse de la consommation d’électricité de 2,2% en 2015 

La consommation d’électricité en France métropolitaine s’est élevée à 475,4 TWh en 2015, soit 2,2% de plus qu’en 2014, (le double de l’augmentation de la production 1,1 %). Cette hausse est principalement liée aux températures en moyenne plus fraîches en début d’année (entraînant un recours accru au chauffage) et plus chaudes en été (augmentant les besoins de froid). En « corrigeant » cette consommation de l’aléa climatique, RTE indique que la consommation française a seulement augmenté de 0,5% en 2015 (475,4 TWh, niveau similaire à celui de 2013)… Selon EDF, la croissance de la demande d’électricité s’est fortement ralentie depuis plusieurs décennies, notamment en raison de la tertiarisation de l’activité économique, sans oublier les nombreuses fermetures d’entreprises et de l’impact des actions de maîtrise de la demande d’énergie. Elle reste toutefois très « thermosensible » : chaque degré Celsius en moins en hiver entraîne, selon RTE, un appel de puissance supplémentaire sur le réseau de 2 400 MW (soit l’équivalent de la capacité installée de 2 réacteurs nucléaires. Cette sensibilité est pourtant amenée à se réduire suite à l’entrée en vigueur de la RT 2012, une réglementation thermique qui a déjà entraîné une chute du chauffage électrique dans les logements neufs. Précisons que le secteur résidentiel compte en 2015 pour environ 35% de la consommation électrique en France métropolitaine.

Selon la formule de certains candidat(e)s aux Présidentielles « Cent pour cent d’énergie dite renouvelable » à l’horizon 2050 est-ce possible ?

Lors des primaires d’EELV « cent pour cent d’énergie renouvelable en 2030 » était une formule souvent reprise par Mme. DUFLOT et depuis par M. JADOT leur candidat à l’élection Présidentielle de 2017. A l’évidence ils ne font que reprendre les propositions dun rapport prospectif baptisé RE-thinking 2050 publié par le Conseil Européen, afin d’obtenir une énergie 100% renouvelable en 2050. Ses propositions nécessitent toutefois que la demande en énergie soit fortement revue à la baisse. Le rapport détaille ainsi les mesures qu’il serait nécessaire d’adopter pour atteindre cet objectif, ainsi que les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux d’une telle mesure espérés. (http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=803). Même en envisageant une très forte baisse de la consommation d’électricité, encore faut-il que cela soit possible, compte tenu de la croissance démographique, des besoins légitimes des pays pauvres et ceux de la quatrième révolution industrielle, dans laquelle nous entrons à marche forcée avec l’explosion des nouvelles technologies du numérique …

EOLIEN et PHOTOVOLTAÏQUE peuvent-ils être une alternative au Nucléaire dans la perspective « cent pour cent d’énergie renouvelable ?

Un réacteur nucléaire possède en moyenne une puissance d’environ 1 100 MWh et peut donc délivrer entre 7 000 000 MWh et 8 000 000 MWh par an.

Les éoliennes les plus puissantes d’aujourd’hui sont capables de développer une puissance de 5 MWh, dont les meilleures (off-shore) délivrent en moyenne 17 000 MWh par an
Le chiffre retenu pour l’éolien européen installé est de 2 000 MWh de production annuelle par MWh de puissance installé par éolienne.

Combien d’éoliennes pour remplacer un réacteur ?

Moyenne annuelle de la production d’électricité avec l’énergie d’un réacteur nucléaire :
7 000 0000 + 8 000 000 MWh / 2 = 7 500 000 MWh / an

Moyenne annuelle de la production d’électricité avec l’énergie éolienne de très grande capacité (5MWh) : 2 000 MWh X 5 MWh = 10 000 MWh / an

7 500 000 MWh / 10 000MWh = 750 éoliennes pour remplacer un réacteur Nucléaire (http://ethicologique.org/index.php/750-eoliennes-1-reacteur-nucleaire/)

Sachant qu’il y a 58 réacteur Nucléaire (le 59eme à Marcoule étant réservé à la recherche) il faudrait : 750 x 58 = 43 500 éoliennes d’une puissance de 5 MWh. Sachant que la puissance moyenne des futures éoliennes construite en France étant de 3MWh, avec une moyenne annuelle de production de 2000 MWh, il faudrait : 2000 x 3= 6 000 MWh soit : 7 500 000 MWh / 6 000 = 1250 éoliennes pour remplacer un seul réacteur Nucléaire x 58 = 72 500 éoliennes pour remplacer le parc Nucléaire Français.

Si on considère que la puissance d’une éolienne moyenne se situe actuellement aux environ de 1,8 à 2 MWh on peut estimer à plus de 100 000 éoliennes qui seraient nécessaire au remplacement du parc Nucléaire et ceci en supposant que l'on sache stocker l'énergie pour les heures de pointes...Ce qui est, actuellement, loin d'être le cas.

Le photovoltaïque, qu’en est-il ?

En 2015, l’Europe totalise une puissance cumulée en heure de 94,6 GW soit deux fois le résultat obtenu par la Chine. Notons que, même si l’Allemagne réalise une bonne partie du boulot, l’Italie prend la deuxième place avec une puissance cumulée de 18,9GW. Le troisième n’est autre que le Royaume-Uni avec 8,9GW. La France se positionne juste en-dessous avec 6,6GW soit deux places devant la Belgique (3,2GW).
En savoir plus sur 
http://www.consoglobe.com/production-photovoltaique-2015-annee-record-cg#zZxcqBGqgWor8Dd4.99 . Comparé à 10,32 GWh/jour en 2012, c’est une croissance annuelle de 17,8 %.

Par rapport à ses voisins, la France est un nain photovoltaïque : un parc installé d'un peu moins de 4,5 GW contre 37,5 GW pour l'Allemagne pourtant moins ensoleillée. 4,5 GW c'est à peu près ce que l'Allemagne a installé pendant la seule année 2013 alors que les installations se sont sérieusement ralenties outre-Rhin (plus de 7 000 MW en 2011, idem en 2012). En puissance installée par habitant la France dispose de 64 watts de solaire photovoltaïque, contre 400 pour l'Allemagne, 280 pour l'Italie, 250 pour la Belgique, et 110 pour l'Espagne où tout est fait pour décourager l'investissement dans le secteur malgré un ensoleillement très favorable.

A titre d’exemple : A Dunkerque, 1 kWc de photovoltaïque plein sud produit 1000 kWh, à Toulon 1430 kWh, soit 1215 kWh en moyenne pour la France. Il faut 6,64 m² de panneaux photovoltaïques pour 1 kWc. Donc 3 000 km², cela nous donne 450 millions de KWc et 548 TWh produits. Soit à peu près que ce que produit réellement le parc nucléaire français. En fait, 3 000 km², ça fait un carré de 55 km de côté, ou la superficie d’un département comme le Rhône. Est-ce vraiment si énorme ? En France, la surface bâtie représente plus de 20 000 km². Il suffirait donc d’équiper 15% des toitures pour produire autant d’énergie que l’ensemble des réacteurs nucléaires français... N'a-t-on pas au moins 15% des toitures qui sont bien orientées ? Mais au-delà des capacités de production, éolien-photovoltaïque qui peuvent théoriquement compenser en équivalence la production nucléaire actuelle se pose le problème et pas des moindres, celui du stockage. Malgré les efforts de la recherche et les résultats obtenus par exemple concernant les supers condensateurs,( https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00673218/documentil ne peut y avoir de transition énergétique qui réponde aux impératifs de baisse du Nucléaire et des réductions des gaz à effet de Serre (GES) sans décroissance drastique de la consommation d’énergie...

L’éolien et le solaire sont, par ailleurs très dépendants de métaux rares dont l’accès pourrait devenir de plus en plus incertain, a fortiori si ces formes d’énergie doivent être massivement développées. Exemple : le dysprosium et le néodyme, deux terres rares produites presque exclusivement par la Chine, laquelle a d’ores et déjà fait savoir que ses gisements actuels étaient en déclin. Il faut savoir qu’une voiture hybride contient un kilo de néodyme et Selon les études réalisées à ce jour, une éolienne utiliserait de 600 à 700 kg d’aimants par MW de capacité, dont 25 à 29% de néodyme et 4% de dysprosium dans l’aimant permanent de la génératrice (http://www.eolien.be/Terres%20rares) Il faudrait multiplier par 26 d’ici à 2035 les extractions de dysprosium pour faire face aux enjeux du changement climatique…

Je rappelle que les terres rares désignent 17 métaux : le scandium, l'yttrium, et les quinze lanthanides. (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium) Ces matières minérales aux propriétés exceptionnelles sont utilisées dans la fabrication de produits de haute technologie. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies " vertes ", aujourd'hui, à l'échelle de l'économie mondiale, les terres rares sont considérées comme des métaux stratégiques. On retrouve ainsi des terres rares, non seulement dans l’éolien ou le photovoltaïque, mais aussi dans les batteries de voitures électriques et hybrides, dans les LED, les puces de Smartphone, les écrans d'ordinateurs portables…L'industrie de la défense a elle aussi recourt aux terres rares dans la fabrication de capteurs de radars et sonars ou de systèmes d'armes et de ciblage. 

Selon les experts, pour sortir du nucléaire et du fossile, il faut accepter une décroissance minimum de 2% à 3% par an du PIBpendant 20 ans. L'autre alternative serait de continuer avec les énergies fossiles, comme outre-Rhin. Ce qui est inacceptable et à terme impossible, comme le recours croissant et démesuré aux terres rares, dont les réserves ne sont pas inépuisables.

Démographie - besoins - consommation, l’impossible équation

On ne peut faire également l’impasse sur la question de la bombe Démographique, dont les effets des explosions successives sur la planète, notamment par la dernière croissance décennale de près d’un milliard d’habitants, ont un impact particulièrement néfaste  pour le climat. Phénomène auquel la France n’échappe pas et qui impose d’urgence une décroissance du PIB. Un effort titanesque doit être fait pour économiser l'énergie et les ressources conduisant à la baisse du PIB, indicateur qui doit être dénoncé et repensé.

Quelques exemples de l’impact démographique sur la croissance de la consommation d’électricité pour des pays à population à peu près comparable : La France, 65 631 000 habitants, dont la consommation par habitant est passée de 2746 kwh en 1971 (50 millions d’habitants) à 7374 kwh en 2013, ou la Thaïlande, 67 091 000 habitants, (38 millions d’habitants en 1971) qui passe dans la même période de 120 kwh par habitant à 2471 kwh. Et que dire de la république démocratique du Congo67 510 000 habitants, (20 millions d’habitants en 1971) avec 56 kwh par habitants en 1971 et 234 kwh en 2013. Les exemples de ce type sont légion (http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EG.USE.ELEC.KH.PC )

Certes, il existe de grandes disparités dans l’accès à l’électricité selon les régions du monde. Si certains pays souffrent encore de graves pénuries électriques, la consommation électrique globale connaît pourtant une croissance constante depuis 1971 qui a été multipliée par 3,2, alors que la population mondiale a été multipliée par un peu moins de 2, ce qui est considérable et ne semble pas prêt de s’arrêter. Pas un pays n’a connu une stagnation de la consommation entre 1971 et 2013. Tous, sans exception, ont eu une consommation annuelle en progression constante par habitantsqui va s’amplifier à cause des besoins légitimes des populations du tiers monde, de la croissance démographique et les exigences des nouvelles applications de l’intelligence artificielle inhérent à la quatrième révolution industrielle. Il faut savoir qu’entre 2001 et 2010, la consommation de certains pays en développement a considérablement augmenté : elle a été multipliée par 2,8 pour la Chine, par 1,8 pour l’Inde et par 1.5 pour le Brésil. En France, la consommation totale d’électricité a presque été multipliée par 1,5 en 20 ans

Pour conclure

 

La démonstration est faite qu’au rythme actuel de notre consommation d’électricité qui suit l’accroissement de la population, la sortie du Nucléaire ne peut se faire en équivalence de production et consommation par l’éolien et photovoltaïque, essentiellement à cause des problèmes actuellement non résolus du stockage. La seule façon d’y parvenir consiste à ce que la fermeture d’un réacteur Nucléaire soit compensée par une énergie dite renouvelable (éolien, photovoltaïque, etc.) et dans une proportion plus importante par des économies d’énergie évaluées et chiffrées, au premier rang desquels le domestique par un changement radical de nos habitudes de consommation et du gaspillage qui en découle dans les pays riches, ainsi que l’abandon du chauffage électrique, mais également sur le plan professionnel. Il faut aussi éliminer tous les gaspillages de type urbain la nuit par un éclairage totalement repensé. Mais aussi sortir de la stupide politique de promotion de la voiture électrique. C’est une escroquerie intellectuelle, quand on connait le coût énergétique et polluant, sans compter le même espace qu’elle occupe qu’une voiture thermique... Aujourd’hui on sait produire des véhicules thermiques qui consomment deux litres de carburant au 100 km. Le leurre de la voiture électrique justifie des voitures de plus en plus énormes (4X4) à 10/ 15 litres de consommation d’essence ou pire encore de gasoil au cent km…

27 janvier 2017

Une vieille dame meurt de froid dans son appartement. Son électricité aurait été coupée

Par moderatus 

Ce drame qui paraît anecdotique, est en réalité le symptôme de maux Français qui se propagent, et s'amplifient. Égoïsme, Égocentrisme et Indifférence.

Le slogan, Là France, LIBERTE EGALITE FRATERNITE est-il encore de saison.

 

 

Le MOI, le JE à la place du NOUS.

Est-ce l'effet d’un état obèse qui déresponsabilise et règle notre quotidien, sont-ce les difficultés des crises, les problèmes du vivre ensemble ?

le résultat est là, on vit dans une société égoïste et nombriliste.

Cette dame de 89 ans n'est pas un cas isolé, combien de fois a-t-on appris par les faits divers qu'on avait retrouvé dans leur appartement les cadavres de personnes âgées, pour la plupart morts depuis plusieurs mois ou plusieurs années.

Où étaient les voisins ?

où était la famille ?

Ou étaient les amis ?

Où étaient les associations, les assistantes sociales ?

Personne ! indifférence générale.

 

L'indifférence que chante Bécaud qui tue a petit feu

https://www.youtube.com/watch?v=H5AL8hEVyaE

 

Puis silence complet des médias.

Les politiques donneurs de leçons de générosité, les associations dégoulinantes de charité chrétienne ou autre, qui défilent sur nos écrans,

Silence !

Pas de marche de protestation, pas de manifestation de colère, pas de mise en cause d'un système qui permet ces bavures sociales

Silence !

Nous souffrons d'indifférence chronique, nous communiquons soit disant avec le monde entier, mais pas avec notre prochain, celui que nous côtoyons tous les jours.

Une observation simple,

Prenez le métro ou le train, l'un lit, l'autre a son walkman qui le coupe du monde, les autres leur Ipad, un autre dort.

Pas un mot ne s'échange, pas la complicité d'un regard, pas l’aumône d'un sourire, pas un signe de chaleur humaine.

Bientôt les robots auront plus d'humanité que les humains.

 

Mais par contre nous souffrons de charité presbyte

Nous ne voyons pas ce qui se passe à notre porte, dans notre rue, mais certains se mobilisent pour des causes humanitaires lointaines.

On fait sa B.A sans investissement personnel pour l'essentiel, on parade dans des défilés, on signe des pétitions, on participe parfois au téléthon.

Pratiquer cette générosité, cette attention, cette bienveillance avec son voisin ou le SDF que l'on croise dans la rue, trop prenant trop d'investissement personnel.

 

Il est même qui font du tourisme humanitaire.

J'ai dans mes amis un dame qui va régulièrement dans les pays Africains.

L'autre jour elle vient me voir, elle me dit avec un sourire radieux et les yeux embués par l'intensité de sa générosité,

 -je pars au Niger, cette fois-ci j'ai fait une collecte, je vais leur apporter des montres »

un peu éberlué, je lui réponds

 -tu sais, je pense qu'ils savent quand c'est l'heure de manger, leur souci est ailleurs je crois.

Elle s'est renfrognée et m'a jeté un regard méprisant, persuadée de mon manque de charité.

 

Je pense que notre générosité devrait suivre le principe des cercles concentriques. Quand tu jettes un caillou dans l'eau, il se produit des cercles concentriques de plus en plus larges, quand tu plonges ton regard sur la misère environnante, tu devrais observer le même phénomène et concentrer tes capacités d'abord sur les cercles les plus rapprochés.

En premier, ta femme, tes enfants, ta famille, puis tes amis, tes voisins, et si il te reste du temps et de l'énergie, les associations de ta ville, de ton pays, puis la misère du monde.

Comment peut-on s'occuper de la misère du monde si on est aveugle sur celle qui nous entoure.

 

 

Des chiffres accablants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 millions de mal logés en France 

140.000 SDF augmentation de 44% en 11ans

Durée de vie moyenne 45 ans.

  

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/mal-logement-2016/

 

Plus de morts accidentés de la vie que de morts accidentés de la route.

On a de quoi faire non, de quoi exercer notre potentiel de générosité, de charité, de fraternité ?

 

Certains esprits chagrins vont trouver que j'exagère, que mon tableau est bien noir, que c'est faux, que nous sommes un peuple généreux.

Alors pour les sceptiques une étude récente faite sur la générosité des peuples,

la France se classe 91ème sur 153. Pas de quoi pavoiser.

 

 

L'organisation britannique Charities Aid Foundation a récemment publié le « World Giving Index », un rapport sur la générosité dans le monde qui se fonde sur les résultats d'un sondage mené auprès de 195.000 personnes dans 153 pays. Il en ressort qu'au classement des pays les plus généreux, la France arrive seulement en 91e position.

http://www.slate.fr/lien/27025/les-francais-ces-egoistes

Autre constat, les peuples heureux, pas les plus riches forcément sont les plus généreux. Des pays en voie de développement sont mieux classés que nous.

 

 

Sommes-nous un peuple si malheureux pour être si indifférents ?

Les États-Unis pourraient-ils sortir un jour de l’Organisation des Nations Unies ?

Les médias américains ont fait état d’un projet remis à la Chambre des représentants qui prévoirait une sortie des États-Unis des Nations Unies.

Auparavant, les médias avaient annoncé que les députés du Congrès américain exerçaient des pressions sur l’ONU, suite au vote de la résolution condamnant la colonisation illégale des territoires palestiniens par Israël.

Ce nouveau projet de sortie des États-Unis de l’ONU a été proposé par Mike Rogers, élu à la Chambre des représentants de l’Alabama.

Les autres mesures abordées dans le projet sont la fermeture du bureau des Nations Unies à New York et la suspension de tous les accords entre l’ONU et Washington.

Autre point de controverse, l’interdiction du déblocage des aides financières américaines à l’ONU ou toute autre organisation qui lui est affiliée, dont les aides pour les missions de maintien de la paix. « L’ONU a gaspillé l’argent du contribuable et attaqué ainsi les libertés du peuple américain que garantit la Constitution des États-Unis », a ajouté Mike Rogers.

Photo: Mike Rogers, élu à la Chambre des représentants de l’Alabama. ©C-SPAN

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/01/22/507318/USA-EtatsUnis-ONU-Mike-Rogers

 

 

Comment la politique disparaît au profit d’autre chose

C’est un sujet qui hante (presque) tous les observateurs de la chose politique : comment est-il possible que plus rien ne soit sous contrôle au point que l’on ne puisse absolument plus savoir qui va remporter un scrutin ? Il y eut le vote du Brexit, qui a saisi tous ceux qui militaient pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE — et ils étaient nombreux — puis l’élection de Trump. A suivi en France la montée de Fillon et son écrasante victoire dès le premier tour de la primaire de la droite et du centre, jamais envisagée. Dans ces 3 cas de figure, personne n’a pu prévoir le résultat des scrutins. Des théories diverses et variées circulent pour expliquer ce phénomène, la principale étant celle des bulles de filtre Facebook. Mais au fond, l’influence en ligne, l’enfermement des citoyens dans des croyances fermées, le relais de rumeurs mensongères ne seraient-ils pas la partie immergée de l’iceberg, la conséquence d’autre chose ?

Les mille et une France

Les populations des pays industriels sont très peu homogènes, et plus les inégalités progressent en leur sein, plus des couches différentes de population apparaissent, éloignées les unes des autres. Les inégalités discutées ne sont pas seulement basées sur des écarts de revenus, elles sont de plus en plus diverses et touchent tous les pans de la vie en société : accès à l’éducation, aux soins, aux transports en commun, au logement, à une nourriture de qualité, à une information pluraliste, au travail, à la culture, à Internet…

Vivre dans une petite ville d’un département du sud-est de la France ou dans une autre de Normandie ou du Centre peut être une expérience fortement différente. De nombreux autres facteurs vont modifier votre capacité à intégrer plus ou moins bien l’espace social et économique dans lequel vous êtes implanté : fonction de si vous êtes jeune, ou plus âgé, d’origine maghrébine ou non, issu d’une famille locale ou extérieure au territoire, avec des diplômes ou sans. Sachant que ces critères personnels vont accentuer vos possibilités liées au territoire et ses particularités. Mais Ils seront démultipliés par les inégalités du territoire où vous vous trouverez.

Il y a des dizaines, voire des centaines de France qui ne se connaissant pas, ne se parlent pas, expérimentent au quotidien des vies sans grande commune mesure. Un habitant d’un village du Gard n’a quasiment rien en commun avec un habitant du centre de Paris. Et encore, faut-il déterminer quel quartier de Paris, puisqu’a l’échelle de la seule capitale française, le panel des inégalités et des modes de vie est déjà fortement présent.

Création de classes invisibles

Il est possible de payer 300€ pour un appartement décent de 60 m2 dans une ville moyenne, quand on paye 900€ un studio minuscule et miteux à Paris. 600€ pour un grand appartement ou une maison individuelle dans une zone rurale peut donner 1500€ et plus, ailleurs. Les salaires sont aussi variés qu’il y a de régions, de spécificités locales liées au développement des territoires, comme l’attente et le montant à payer pour voir un médecin spécialiste. Ou même un généraliste, puisque des déserts médicaux s’installent silencieusement dans des zones de plus en plus importantes de l’Hexagone. Certains territoires français sont emplis de populations sans diplômes, des territoires sinistrés économiquement, quand à quelques centaines de kilomètres des grandes zones urbaines concentrent toute l’activité et toute la richesse.

La France est un véritable patchwork social, un gruyère économique, et la gestion de la décentralisation a beaucoup joué dans ce phénomène. Vivre dans une région riche n’a rien à voir avec vivre dans une région pauvre. Sans parler des départements au sein même des régions. Ces inégalités territoriales se sont vues amplifiées par le désengagement massif de l’Etat depuis presque une décennie par les diminutions des dotations d’Etat. Des populations sont à l’abandon sur des vastes portions de territoire. Un abandon qui n’est pas toujours le même, ne touche pas les mêmes catégories socio-économiques de personnes, ou les mêmes phénomènes.

C’est dans ce vaste fractionnement d’un pays à plusieurs vitesses que ses habitants ont commencé à partager des conditions très variées, basées sur leur appartenance de départ à un milieu social devenu classe ou condition, centrées sur des difficultés aussi variées qu’il y a de traitements différents sur l’ensemble, avec autant d’inégalités et de différences qu’il y a de spécificités locales. Tout en subissant de nouvelles règles nationales imposées depuis Paris ou Bruxelles, pas toujours adaptées au fonctionnement de chaque territoire, souvent créatrices de frustrations, voire de colère.

La progression du « mille-feuille socio-économique français » a été accélérée par la crise financière de 2008, pour se trouver à son apogée en 2016 : les différents gouvernements de la présidence Hollande ont gravé dans le marbre le désengagement de l’Etat, avec au final la création des super-régions censées gérer des territoires immenses. Politiques de santé anti-sociales, lois sur le travail inique, immobilisme sur le respect des constructions de logements sociaux, austérité budgétaire : tout a été fait pour conforter la fracture en cours, qui accentue des strates immenses de populations dans un inconfort structurel, pour des raisons les plus diverses — en fonction de chaque classe invisible ainsi constituée.

Politique du néant et néant politique

Ces strates de populations, ces classes invisibles qui se sont constituées dans la population française se retrouvent sur les réseaux sociaux. Facebook, au premier chef, l’outil le plus plébiscité, qui permet justement de réunir des personnes en accord les unes avec les autres sur des sujets… très larges, donc unificateurs. Si l’on parle de la fachosphère sur Facebook qui alimente des débats et attise (ou fabrique de toute pièce) des problèmes pour distiller ses idées racistes et nationalistes, il faut aussi envisager que d’autres « groupes » de classes invisibles échangent et créent autant de bulles idéologiques. Elles peuvent, de manière un peu caricaturale être cataloguées, ce qui a été fait par les médias : Cathosphère, djihadosphère, droitosphère libérale ou conservatrice, gauchosphère plus ou moins poussée à gauche, souverainosphère, etc…

Le carburant des grognes populaires est donc multiple, comme le sont ceux qui les relayent : leurs situations sont autant de problématiques diverses sur des territoires différents. Mais les « citoyens en colère de Facebook » ont en commun une même hargne, un même constat : la politique les a abandonnés. Au fur et à mesure que leurs difficultés se sont accentuées, des politiques du néant se sont affichées. Pour arriver en 2016 au néant politique dans le cadre de la campagne présidentielle.

Accumuler une politique du néant qui ne prend jamais en compte les difficultés structurelles des territoires, des inégalités insupportables qui se créent pour des pans entiers de population, avec un néant politique en terme d’offre ne peut que mener à une catastrophe. Elle est en phase de survenir.

Les sociétés humaines ont horreur du vide

Ce qui commence à se dévoiler est une nouvelle donne tout à fait inédite, qui a pris par surprise tant la classe politique que médiatique. Cette nouvelle donne est basée sur une autonomisation des individus vis-à-vis des discours officiels et les analyses qui s’y attachent. Cette autonomisation générée par un rejet du politique en général, et de ses relais médiatiques, a porté les classes invisibles vers une catharsis en ligne. Cette catharsis ne pouvant se suffire à elle-même — les humains comme la nature ayant horreur du vide — des formes claniques et idéologiques d’échanges se sont constituées. Les algorithmes marketing de Facebook aidant, doublés des « like » des fermes à clic effectués par le quart-monde numérique, l’amplification des idées, des fabrications de problèmes, des solutions politiques extrêmes, du nombre de ceux qui les partagent, les repartagent, les diffusent, et au final les font exister, ont commencé à créer un écosystème. Le même qu’aux Etats-Unis. Cet écosystème est celui, de façon simplifiée, qui décrit le monde dans toute son injustice, qui dénonce les mensonges, la main-mise du pouvoir et des richesses par une fraction infime d’individus dans chaque société au détriment du plus grand nombre. Un écosystème qui  ne ment pas sur les constats, mais peut fabriquer des problèmes, des complots ou autres intentions cachées et relayer des solutions les plus inquiétantes.


Antonio Casilli Faut-il brûler Facebook ? Par Mediapart

Les sociétés modernes industrielles se sont toutes calquées sur le modèle nord-américain et son « rêve » fallacieux de la réussite individuelle, dans une société qui donnerait « sa chance » au plus grand nombre. Les politiques économiques débutées dans les années 80 par les gouvernements de Thatcher et Reagan, reprises ensuite à travers toute la planète via le FMI et de nombreux gouvernements sociaux-démocrates, ont créé une mondialisation qui désormais, a prouvé — dans ce cadre précis — ses effets délétères sur les populations. Cette réalité est désormais partagée par la quasi-totalité des citoyens. Et ne reste qu’un effroyable vide : celui d’un monde hyper-industriel, ultra connecté, froid et dangereux, morne, sans projet, inquiet, et politiquement tenu en laisse par une classe d’individus définitivement considérés comme « vendus » aux puissances de l’argent.

C’est sur ce terrain-là que des formes de fascisme variées peuvent se constituer. Ce qui est appelé « populisme », n’est en réalité qu’une nouvelle forme, plus moderne mais parallèle, des programmes de Mussolini. Restauration de l’autorité, orientation sécuritaire, policière, exaltation de la nation, du patriotisme, haine des étrangers quasi institutionnalisée, solutions économiques radicales et simplistes, promotion du peuple comme entité unifiée et souveraine…

« Propagande » des médias et silence des opposants

La possibilité — pour les classes invisibles en accord  avec le rejet des politiques effectuées depuis 30 ans — de se raccorder à une « autre politique », les convainquant qu’il est possible de sortir de l’ornière de l’injustice dans laquelle ils sont plongés, est réduite. Le problème vient de deux phénomènes : la pauvreté de l’offre politique et la défiance absolue du plus grand nombre envers un personnel politique qui ne s’est pas renouvelé depuis 30 ans, et a de plus, renié ses engagements après chaque élection. Sans aucune vergogne.

Il ne reste donc pour une grosse masse de citoyens choisissant de vivre dans la bulle Facebook (et autres systèmes de partages en ligne ou analogiques) — effarée par les affaires de corruption qui noient leurs écrans de télévision en quasi permanence — que deux solutions. La première est de se retirer du « système », en refusant de participer aux prochaines élections, la deuxième est de voter « populiste », donc pour un candidat néo-fasciste. Ce qui a été fait aux Etats-Unis. Ce qui devrait survenir en France.

La propagande médiatique qui veut, avant tout, empêcher qu’une telle configuration ne survienne, puisque ses intérêts risqueraient d’être lésés — tandis que le système actuel ne lui pose pas de grands problèmes, en fin de compte — se met en place, comme à chaque échéance électorale menaçante. Comme en 2005 pour le traité constitutionnel européen. Cette stratégie, étrangement toujours en place, produit des effets contraires. Le vote du Brexit — selon les médias et la quasi-totalité de la classe politique — devait plonger directement le Royaume-Uni dans un gouffre économique sans commune-mesure : il n’en a rien été, et la propagande pour voter non à la sortie de l’UE a produit un effet inverse, puisque les Britanniques ont voté oui. La victoire de Donald Trump est en partie due au martèlement des médias traditionnels et officiels en faveur d’Hillary Clinton. Le remède médiatique d’influence cause la mort du patient, devenant un poison.

Toute la difficulté de cette époque est donc contenue dans le silence de ceux qui devraient proposer une véritable alternative politique, progressiste, ouverte, positive et axée sur des véritables projets de société en accord avec les idéaux français inscrits sur le fronton des mairies : Liberté, égalité, fraternité. En ajoutant : lutte réelle contre les inégalités, contre les intérêts privés, pour le bien public, l’accueil et la coopération, etc…

Si certains essayent plus ou moins de porter ce type de politiques (les aficionados des quelques dernier politiques se voulant progressistes ne manqueront pas de venir vendre leur candidat), leur problème est qu’ils ne sont pas crédibles : ils grenouillent tous dans le « système » en question depuis bien trop longtemps.

Au final, la politique disparaît, ou a déjà disparu, au profit de l’empoignade populaire et de ses emballements, toujours imprévisibles. Et c’est ainsi que ce pays aura ce qu’il mérite en mai 2017. Ou pas…?

Drapher

Photo: Si vous n’êtes pas certain de bien comprendre ce qu’il se passe politiquement en France, vous pouvez écouter les analyses de ce journaliste. Ou bien aller chercher ailleurs…

 

Source: https://reflets.info/comment-la-politique-disparait-au-profit-dautre-chose/

26 janvier 2017

 

 

 

Les nouveaux riches et les

nouveaux pauvres...

Les riches, autrefois, étaient souvent représentés dans une certaine rondeur, dans un embonpoint qui était un signe d'aisance : on songe aux portraits parallèles du riche et du pauvre peints par La Bruyère dans Les Caractères : Giton, le riche déborde de santé, il empiète sur les autres avec son corps. "Giton a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l'oeil fixe et assuré, les épaules larges, l'estomac haut", écrit La Bruyère...
 
Phédon, le pauvre, à l'inverse, n'a pas d'épaisseur : il s'efface.... "Phédon a les yeux creux, le corps sec et le visage maigre."
 
On se rend compte que, dans nos sociétés d'abondance, ces images du riche et du pauvre se sont, désormais, inversées.
 
Le pauvre est devenu le gros, mal nourri, voué à une nourriture grasse, peu chère, bourrée de sucre et de sel : le pauvre n'a pas accès à l'alimentation bio, trop chère.... Le pauvre se fournit dans les magasins discount, à bas prix et n'a pas la possibilité de diversifier son alimentation.
 
Le riche, seul, accède à une minceur de bon aloi, il accède à l'élégance car il peut se nourrir d'une alimentation choisie, de qualité, il fréquente les magasins bio et peut acheter des produits diététiques pour préserver sa santé et sa ligne.
 
D'ailleurs, on peut remarquer, de plus en plus, une sorte de ségrégation qui s'instaure entre les riches et les pauvres : il existe même des magasins ou des rayons dans les supermarchés réservés aux pauvres...
 
Les magasins bios, eux, ne sont accessibles qu'aux riches : pratiquant des prix exorbitants, ces petits commerces s'adressent à un public sélectionné de gens aisés.
Des habitudes s'instaurent : dans les supermarchés, certains rayons sont consacrés à la pauvreté et d'autres s'adressent aux riches.


 
Bien sûr, on peut constater que la situation est pire encore dans certaines régions du globe : les pays du sud, les pays en voie de développement, comme l'on dit pudiquement, connaissent encore la famine : des enfants, des adultes, squelettes faméliques n'ont même pas de quoi se nourrir et meurent de faim.
 
On perçoit, ainsi, un monde complètement cloisonné, compartimenté : les pauvres réduits à l'obésité ou à une mort précoce, les pauvres réduits à la famine restent dans un monde à part.


 
Nos sociétés favorisent ces cloisonnements en créant des magasins distincts, en accélérant la consommation et en incitant aux gaspillages puisque la nourriture est parfois jetée, avant même d'être consommée...
 
On vit bien dans un univers complètement déséquilibré, où tout est fait pour assurer les gens riches d'une bonne santé et sacrifier les pauvres à la société de consommation.
 
Ces fractures perdurent, malgré les progrès importants que connaissent nos sociétés : elles s'aggravent même, creusant un fossé de plus en plus grand entre les plus riches et les plus pauvres...


25 janvier 2017

 

Trump à Poutine: « Je ne passerai peut-être pas la semaine »

Vladimir Poutine aurait, le 18 janvier 2017, reçu un message de Donald Trump disant en substance qu’il n’est pas certain de survivre à la semaine prochaine. Ce message aurait été transmis à Davos par Anthony Scaramucc, assistant de Donald Trump, à Kirill Dmitriev, directeur général du Fonds Russe d’Investissement Direct, qui l’aurait donc fait suivre au Kremlin.

« I can not live to see next week, » […] « if I can, I get even with those bastards. « 

Donald Trump aurait recopié de sa main 2 déclarations:

« We will have a world government whether we like it or not! The only question is whether such a government established the consent or conquest. « – Déclaration du banquier américain James Warburg devant le Sénat le 17 février 1950.

et

« Today the path to total dictatorship in the United States can be traced strictly legal means […] within our government and our political system […] The well-organized group of political action firmly tuned to destroy our Constitution and establish a one-party state […] It acts in secret, in the quiet, constantly transforming our power […] This juggernaut, it is a disease of our century […] This group does not obey neither the President nor Congress nor the courts. It almost can not be eliminated  » –  Déclaration du Sénateur américain William Jenner 1954.

Il est ensuite indiqué que le « Deep State », association de dirigeants menés par la CIA, s’est donné pour tâche de détruire le Président Trump. La diffusion récente massive de faux rapports par les médias US est une partie de ce projet, ainsi que l’organisation de nombreuses manifestations dans le pays.

Le rapport conclut en disant que le peuple américain reste majoritairement sous l’influence mentale de ces fausses nouvelles et fait un parallèle avec la situation actuelle et l’assassinat de J.F. Kennedy.

http://topnewsrussia.ru/tramp-otpravlyaet-ekstrennoe-soobshhenie-putinu-do-sleduyushhej-nedeli-ya-mogu-ne-dozhit.html

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/01/trump-a-poutine-je-ne-passerai-peut-etre-pas-la-semaine/

 

Toujours plus de profits pour les multinationales… Qui paient toujours moins d’impôts

Par Laurent Herblay 

« Préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous », Tocqueville

 

Au début des années 1980, le taux d’impôt sur les sociétés était de 50% en France et aux Etats-Unis (après avoir été plus haut, héritage de Roosevelt). Les profits des entreprises ne représentaient alors que quelques pourcents du PIB. Aujourd’hui, leur part a explosé, au point d’inquiéter le très pro-business The Economistqui s’en est inquiété en 2012 et en 2016. Non seulement les grandes entreprises n’ont jamais extrait autant de profits des sociétés qui les font vivre, mais en outre, elles paient moins d’impôts (en France, 33%, 39,6% aux Etats-Unis, sans compter les niches), en réclament toujours moins, et sont sur le point de l’obtenir ! Pourtant, comme le rappelle Marianne, l’année 2016 a été très rentable pour les actionnaires du CAC40, avec 55,7 milliards distribués, proche du record de 2007 (57,1 milliards).

 

Mais en France, un comité vient de recommander d’aller plus loin que le gouvernement a prévu de faire dans la baisse du taux d’IS : 25% au lieu de 28%, les chiffres qu’évoquaient les candidats du parti dit socialiste lors des débats des primaires, qui ressemblait alors à une université d’été du Medef ! Et aux Etats-Unis, Donald Trump est parti pour fortement baisse le taux d’IS. Bref, notre époque est devenue complètement folle : non seulement rien n’est fait pour agir contre la constitution de rentes juteuses qui accentuent les inégalités (bien illustrées par le fait que huit personnes ont autant que la moitié de la planète), mais nos dirigeants, y compris quand ils se disent de gauche, suivent le vent ultralibéral et accentuent un phénomène qu’ils devraient au contraire compenser par plus d’impôts  !

 

 

Tout ceci révèle deux choses. Un, les actionnaires des grandes multinationales sont en train de réaliser un véritable Hold up économique, au détriment de 99% au moins de la population. Deux, la passivité, pour ne pas dire, la complaisance de nos dirigeants, de droite, comme de gauche, qui amplifient le mouvement au lieu de le combattre, nécessite un profond changement de personnel politique.

24 janvier 2017

 

Russie – Tremplins et frontières

Les principales tâches assignées aux forces armées au début des opérations en Syrie ont été accomplies

L’année 2016 a été témoin de nombreux événements majeurs qui touchent à la sécurité de notre pays. La portée géographique et la nature des défis ont été amplifiées. La puissance militaire a joué un rôle plus important dans les relations internationales. L’OTAN plutôt que se concentrer sur la lutte anti-terroriste, a déclaré la Russie comme menace principale.

Le budget militaire des pays de l’OTAN est passé de $26 milliards à $918 milliards. Les dirigeants de ce bloc ont décidé de déployer dans les pays baltes et en Pologne quatre groupes de bataillons tactiques renforcés et les États-Unis stationneront et maintiendront une brigade blindée de troupes terrestres dans les pays d’Europe de l’Est.

L’OTAN a intensifié son activité de renseignement le long du périmètre russe. En dix ans, le nombre total de vols effectués par des avions de reconnaissance de l’OTAN près de la frontière russe, a presque triplé alors que dans le sud-ouest du pays, il a été multiplié par huit. À titre de comparaison : dans les années 1990, on avait enregistré 107 vols ; dans les années 2000 – 298 et en 2016 – 852. Cela nous a obligés à augmenter le nombre de sorties d’avions de chasse de 61% afin d’empêcher les violations de notre espace aérien dans la mer Baltique, la mer Noire et l’Arctique.

L’OTAN a intensifié ses exercices d’entraînement, dont la plupart sont dirigés contre la Russie. Sur le terrain d’entraînement militaire de Salisbury au Royaume Uni, les forces armées britanniques ont commencé à désigner l’ennemi en utilisant des chars et des uniformes de notre armée. Le dernier pays à faire usage de cette méthode de formation a été l’Allemagne fasciste.

Le niveau d’alerte de défense antimissile des États-Unis en Europe a été élevé au niveau de disponibilité opérationnelle initiale. Des éléments de la défense antimissile sont déployés au Japon et, à partir de 2017, en Corée du Sud. La polyvalence des lanceurs de missiles Mk-41 est telle qu’après leur installation ils sont susceptibles d’être subrepticement remplacés par des missiles de croisière « Tomahawk ». Il y en a 150 à 300 d’entre eux à nos frontières. Leur portée opérationnelle est de 2400 km. Le temps de traversé des missiles, depuis la frontière occidentale de la Russie, est inférieur à dix minutes. Il a été décidé que cette menace serait neutralisée.

Il y a un programme qui est en cours aux États-Unis pour moderniser les ogives nucléaires et les sites de leur stockage en Europe. Environ 200 armes étasuniennes mises à jour sont déployées en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie.

De telles actions créent pour la Russie des risques supplémentaires, auxquels nous ne pouvons manquer de répondre. Il est important de noter que les forces armées russes ne sont pas leurrées dans cette course aux armements, mais réalisent systématiquement le programme de mise à jour de l’Armée et de la Marine adopté en 2012.

L’épreuve moyen-orientale

Dans le combat en Syrie ont été testés et améliorées 162 types d’armes modernes. Ces tests se sont révélés très efficaces. Parmi ces tests il y a eu ceux des derniers complexes d’aviation Su-30SM et Su-34 et les hélicoptères MI-28n et Ka-52. C’était la première utilisation de munitions et de missiles de croisière avec guidage de précision lancés depuis la mer dans des conditions de combat. Leurs caractéristiques tactiques ont été confirmées.

 

Il est important de noter qu’un certain nombre de défauts qui n’avaient pas été constatés ont été identifiés lors des essais au sol des nouvelles armes. L’achat de dix unités a été suspendu jusqu’à ce que ces lacunes soient éliminées. En conséquence, nous avons considérablement amélioré la technologie et confirmé sa fiabilité.

Les principales tâches assignées aux forces armées avant l’opération en Syrie ont été accomplies. Les Forces aériennes russes ont changé le cours de la guerre antiterroriste dans ce pays. Elles ont vaincu les principales bandes dans les régions de Homs et de Hama ; ont chassé les militants de Latakieh et des territoires au sud et au nord de Damas ; ont débloqué la principale artère de transport reliant la capitale au nord du pays ; ont libéré Alep et al-Kar’jatejn – ce qui était d’une importance capitale. Ensemble, tous les combattants en Syrie ont libéré 12.360 km² de territoire et 499 colonies. Depuis le début des opérations, l’armée de l’air russe a effectué 18.800 sorties et réalisé 71.000 frappes contre les infrastructures terroristes. Elle a liquidé 725 camps d’entraînement, 405 usines de munitions et ateliers, 1500 pièces d’équipement militaire et 35.000 combattants, dont 204 commandants sur le terrain.

Des spécialistes du Centre international anti-mines – des Forces armées russes – ont désamorcé 26853 engins explosifs sur une superficie de 1420 hectares. Seulement à Alep, après sa libération, 66000 tonnes d’explosifs ont été découverts et détruits. Les Nations Unies, l’Arménie, la Biélorussie, la Serbie, l’Inde, la Chine et le Kazakhstan ont contribué à l’aide humanitaire de la Russie. Juste pour Deir ez-Zor assiégé, depuis des plateformes russes, environ 2500 tonnes d’aide humanitaire ont été parachutées, dont celle de l’ONU.

Centre de contrôle de la Défense

Compte tenu de l’expérience en Syrie, nous avons modifié les systèmes unifiés de commandement et de contrôle pour les troupes et les armes au niveau tactique, ce qui a réduit le temps nécessaire pour la prise de décisions et la planification des commandants et du personnel combattant.

Le travail du Centre de contrôle de la Défense nationale a été élevé à un niveau supérieur. Une surveillance 24 heures sur 24 a été mise en œuvre, ainsi que la coordination de 6.500 événements sur les plans d’action des forces armées. L’efficacité de la prise de décisions sur les questions critiques a été triplée.

La plate-forme d’information regroupe dans un système unifié les interactions de 73 départements fédéraux, la direction des 85 entités constituantes de la Fédération, de 1320 sociétés d’État et d’entreprises de l’industrie de défense.

À titre de comparaison avec le Centre de contrôle combiné français « Balard » [Regroupement des états-majors de forces armées françaises] le Centre de contrôle de la défense Nationale (CCDN) russe dispose de 19 fois plus en volume total de données en stockage et une puissance de calcul trois fois supérieure. Soit dit en passant, le ministère russe de la Défense a construit son complexe de bâtiments trois fois plus vite et pour un coût 2,6 fois inférieur à celui de son équivalent français.

Les forces armées accomplissent avec succès leur mission d’assurer notre présence militaire dans des régions stratégiquement importantes dans le monde. Nos avions à longue portée ont effectué dix-sept vols lors de patrouilles aériennes au-dessus des eaux des mers Norvégienne, du Nord, des mers Noire, Jaune, du Japon, du Pacifique occidental, de l’Atlantique nord-est et de la zone Arctique.

Il y a eu une augmentation de l’activité des vaisseaux et des navires de la marine russe. Notre drapeau était présent dans l’Arctique, l’Atlantique du Centre et du Nord et dans les Caraïbes : un total de 121 circuits. Nos navires ont fourni un service de combat régulier dans le golfe d’Aden, une zone où les pirates sont une menace.

Pendant quatre ans, les forces de commandement stratégiques ont accompli leur mission de protection des intérêts nationaux de la Russie et de ses alliés dans les zones maritimes de la région méditerranéenne, avec en moyenne 15 vaisseaux de surface et de divers types.

Le rouble est protégé

L’optimisation du Système d’Etat pour le contrôle budgétaire de la défense nous a permis en 2016 d’atteindre nos objectifs. L’équipement des unités en attente des Forces armées, avec des armes et du matériel modernes, est passé à 58,3% et la capacité de service atteint 94%. L’atteinte de ces objectifs a été facilitée par le Système d’État pour le contrôle budgétaire de la défense en matière d’achats. Aujourd’hui, en accédant en temps réel aux données des banques autorisées, le ministère de la Défense peut suivre chaque rouble dépensé à travers tous les maillons des chaînes d’approvisionnement.
Avec l’introduction de ce système nous ne sommes plus, au sens figuré, aveugles. Il a rendu possible une politique financière plus efficace, nous permettant d’avancer trimestriellement dans l’exécution des ordres de défense de l’Etat en fonction des cycles de production et de technologie. En conséquence, le risque est diminué par un facteur de trois, les ordres en souffrance, sont passés de 363 milliards de roubles en début d’année à 120 milliards pour la période en cours.

Un entrainement massif

Cinq inspections de préparation au combat exhaustives ont contribué à l’amélioration de la formation du personnel et de la coordination des formations militaires. Y ont participé tous les districts militaires et tous les divers types de militaires. Y ont aussi participé activement les autorités centrales et les gouvernements des unités administratives de la Fédération.

Le plus ambitieux exercice de commandement stratégique et du personnel était « Kavkaz-2016 ». Les unités militaires de quatre armées ont été regroupées sur une distance de 2.500 km. Le déploiement complet des systèmes de gestion des troupes dans le nouveau théâtre a été réalisé. Finalement, cela a confirmé la capacité des dirigeants militaires à gérer efficacement les groupes nouvellement formés en cas de menace à la sécurité nationale dans le Sud.

Les activités de formation opérationnelle et de combat ont également été intensifiées. Au total, 3.630 exercices ont été menés, dont 1.250 pour des forces combinées. Ensemble les jeux de guerre internationaux et l’expérience acquise en Syrie, ont permis l’amélioration de la formation des troupes sur le terrain. Le taux annuel des vols a augmenté de 21%. Les équipages des navires de surface et des sous-marins ont accru leur expérience de navigation par un facteur 1,7. De cette façon, le nombre de groupes tactiques navals homogènes et bien préparés a été augmenté de 27%. Le nombre de sauts en parachute effectués par les troupes aéroportées a augmenté de 5%.

Le programme de jeux internationaux de l’armée s’est élargi pour inclure 23 spécialités militaires. Quelques 82.000 militaires ont pris part aux compétitions, dont 3.500 provenant d’autres pays.

Le développement continu du système de formation militaire a contribué à l’amélioration du professionnalisme. Cette année, le personnel enseignant des universités du ministère de la Défense a été renforcé par des officiers ayant une expérience de combat. Depuis le 1er septembre, la formation des élèves et des cadets a été consignée dans des manuels électroniques unifiés. Toutes les universités du ministère de la Défense sont liées aux principales ressources d’information du pays.

Le réseau de l’enseignement préuniversitaire continue à s’étendre. L’Ecole militaire Souvorov à Toula a été inaugurée. Une chaîne de commandement a été créée au VMU de Nakhimov, comprenant la réorganisation de ses branches aux écoles présidentielles de cadets de Sébastopol et de Vladivostok. En 2017, le système sera complété avec une section à Mourmansk. Petrozavodsk ouvrira une école présidentielle de cadets.

Avec le soutien du ministère de la Défense, le mouvement populaire militaire-patriotique de toute la Russie « YunArmia » [Armée de Jeunesse] a été créé. Aujourd’hui, il est présent dans presque toutes les parties de la Fédération et gagne en popularité parmi les jeunes.

Notre offensive sociale

Une des priorités en 2016 était la résolution de certains problèmes des services sociaux pour les militaires.

 • Nous avons adopté un plan de logement permanent. Nous avons maintenu un plus grand nombre d’appartements pour les militaires. En un an, 28500 personnes ont reçu un logement. En outre, un fonds spécial du ministère de la Défense comprend 12100 logements. Ensemble avec la décision d’augmenter les compensations pour les sous-locations au niveau réel a éliminé le problème.

 • Le développement du système hypothécaire continue. En 2016, 21000 soldats y ont participé. La taille moyenne des appartements achetés était de 60 mètres carrés, soit 20% de plus que ce qui était anticipé.

 • L’accessibilité et la qualité des soins de santé ont été améliorés de manière importante. La fourniture d’équipements modernes rendra disponibles 83 types de soins médicaux de haute technologie et rendra possibles des opérations uniques.

 • La capacité des sanatoriums et des établissements de santé a été augmentée ce qui a permis l’accroissement par trois du nombre de militaires qui ont reçu un traitement de réadaptation médicale ou psychologique. Pratiquement tous ceux qui en ont eu besoin ont bénéficié des traitements.

 • Les mesures pour le développement du complexe des constructions-militaires ont permis la synchronisation de l’infrastructure avec la réception d’armes et du matériel militaire. Aujourd’hui, les besoins totaux pour les installations de l’armée, tenant compte de la diminution des fonds, s’élève à 30 millions de mètres carrés. En une année, 2550 bâtiments et structures d’une superficie totale de 2,7 millions de mètres carrés ont été construits, soit 18% de plus que la période précédente. À titre de comparaison : en 2010-2012, 210 structures ont été construites.
L’utilisation des technologies modernes a réduit de moitié le temps requis pour construire des abris de machines et de logements/casernes. Ce qui fait que le coût de construction pour les projets du ministère de la Défense a été porté à moins de 30 000 roubles par mètre carré, ce qui est inférieur à celui du pays dans son ensemble.

 • Nous avons porté une réforme majeure dans l’ensemble du complexe. La Spetsstroy [Agence fédérale pour des constructions spécifiques] de la Russie a été abolie. Les forces armées ont huit sociétés d’Etat fédérales qui ne construisent que des structures spécifiques pour le ministère de la Défense. Cela a supprimé les intermédiaires, et le personnel administratif a été réduit de moitié.

 • Nous développons en profondeur le territoire de l’Arctique. Les travaux ont été achevés aux Iles nouvelles de Sibérie, aux terres Franz Josef et à Novaya Zemlya. Des travaux sont en cours pour la construction de stations techniques de radar et d’orientation de l’aviation sur les îles Alexandra, Wrangel et dans le village du Cap Schmidt.

 • En Arctique le nettoyage de l’environnement a été achevé dans une zone entourant le terminal aérien d’Alykel (Pevek), aux îles Novaya Zemlya, Kotelny et Wrangel. Au total, 165 hectares ont été nettoyés et 6500 tonnes de ferraille enlevées.

 • Les troupes ferroviaires achèvent la construction de la route Zhuravka—Millerovo en contournant l’Ukraine. Le lit de la route est prêt. La portée des travaux était de neuf millions de mètres cubes. Sur 84 km de pistes, 23 km ont déjà été terminés. Les travaux seront achevés d’ici septembre 2017.

 • Sur la base du parc « Patriote », le ministère de la Défense en 2016 a organisé 14 événements (conventions et expositions). Le plus important a été celui du forum militaire et technique international « Armée 2016 », où des délégations de 70 pays et plus de mille entreprises ont participé, ce qui a permis de dissiper le mythe que la Russie souffre d’isolement international et démontré la capacité de son armement national.

Plans pour 2017

En 2017, le ministère de la Défense devra s’attaquer à plusieurs priorités. D’abord et avant tout, il doit :

 • Continuer à rehausser les capacités de combat des forces armées.

 • Prendre des mesures pour renforcer les forces armées dans les régions stratégiques de l’Ouest, du Sud-Ouest et de l’Arctique.

 • Assurer la disponibilité ponctuelle et l’exécution stricte des Procédures de Défense-2017 et obtenir que 60% des unités en attente soient équipées d’armes et d’équipements militaires modernes.

 • Mettre en service auprès des Forces de missiles stratégiques (RVSN) trois régiments de missiles stratégiques, équipés de systèmes de pointe.

 • Mettre en service cinq systèmes d’aviation stratégiques modernes.

 • Doter l’armée de deux complexes de missiles « Iskander-m » et réarmer trois divisions PVO [Forces de défense antiaériennes] tactiques avec des missiles de défense aérienne Zenit Tor-M2.

 • Assurer la livraison de 905 chars et véhicules blindés de combat modernes.

 • Fournir au VCS et à l’aviation navale 170 avions neufs et modernisés.

 • Réarmer quatre régiments antiaériens avec des missiles S-400.

 • Fournir huit navires de surface et neuf vaisseaux de combat à la Marine.

 • Fournir aux troupes côtières quatre complexes balistiques « Bal » et « Bastion ».

 • Assurer la mise en service et en état de combat de trois radars préfabriqués à Yeniseisk, Barnaul et Orsk.

 • Lancer le deuxième vaisseau Système spatial unifié.

 • Promouvoir le travail patriotique-militaire chez les jeunes.

 • Tenir un Congrès du mouvement populaire patriotique-militaire de toute la Russie « YunArmia ».

Sergueï CHOÏGOU
Ministre russe de la Défense
[Traduction Alexandre MOUMBARIS  relecture Marie José MOUMBARIS pour le Comité Valmy]

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8147

 

Après l’Amérique, le cirque électoral s’invite en France, solutions bidon garanties !

 

Par Robert Bibeau 

Le problème du capitalisme contemporain est le même dans tous les pays industrialisés avancés. Le capital ne parvient plus à se valoriser suite aux hausses de productivité qui plafonnent et à la composition organique du capital qui détonne, jusqu’au point de non-profitabilité.

 

Imprimer de l’argent et le distribuer à la volée.

 Le problème du capitalisme contemporain est le même dans tous les pays industrialisés avancés. Le capital ne parvient plus à se valoriser suite aux hausses de productivité qui plafonnent et à la composition organique du capital qui détonne, jusqu’au point de non-profitabilité. La production industrielle en est au point où l’investisseur achète des robots dispendieux pour des profits désastreux. Et plus il en achète pour réduire le cout de sa main-d’œuvre, et plus il voit réduire son taux de profit. Le travail vivant-salarié – générateur de plus-value – n’est plus nécessaire pour produire, alors qu’il est toujours requis pour le profit. Mais voici que sous le capitalisme financier le banquier a trouvé la pierre philosophale – la monnaie de crédit – l’argent qui produit de l’argent sans passer par le cycle de valorisation de la production et du travail salarié !

 Justement, « l’État providence » dont les revenus diminuent, à cause de la crise, et dont les dépenses augmentent, à cause de la crise, débourse énormément, mais n’arrive plus à boucler son budget déficitaire. L’État bourgeois, toujours à l’affut des « innovations », a eu vent du secret des banquiers (via monsieur Hammon en France, via la Chambre de commerce au Canada et via monsieur Trump aux États-Unis) et chaque État aimerait faire comme les banquiers. Le pouvoir d’achat est à plat – trop de chômeurs en godasse, trop de pauvres sur la paillasse – qu’à cela ne tienne, l’État émettra de la monnaie de crédit, le distribuera à la populace qui consommera, réalisant ainsi un profit fugace.

 En France ce programme s’appelle le « Revenu universel », au Canada le « Revenu minimum garanti », en Suisse le « Revenu de base », aux États-Unis le programme d’infrastructure et d’armement (pragmatique les Américains). Le président Trump et la candidate Clinton avaient tous deux leur plan, mais pas un plan « d’État providence mur à mur », ce pays retarde dans la mise ne place de ce type de mesure. Clinton souhaitait simplement imprimer de l’argent pour accroitre la charité publique sous différents programmes moins articulés que le « revenu universel », mais où il était prévu que les pauvres retournent l’argent reçu, « valorisé » (sic), aux amis milliardaires de sa Fondation. La charité pour les riches comme ils disent en Amérique.

 Pour Trump, donner des sous à un pèquenot qui vend du crack dans son auto sous l’œil des vidéos – pas question ! – Alors Donald a imaginé imprimer de l’argent pour le donner directement à ses agents milliardaires afin qu’ils construisent des routes, des viaducs, des ponts, des sous-marins, des navires de guerre, des avions furtifs, des bases militaires, des drones et ainsi le redistribue en salaire à des prolétaires heureux de la bonne affaire. J’entends les gauchistes crier, mais Trump est un fasciste… autant que Hamon, Fillon, Hollande, Clinton et Trudeau.

 

Le flutiste de Hamelin.

 Le problème avec toute et chacune de ces solutions bidon, y compris le « revenu universel » c’est qu’imprimer et distribuer de l’argent ne peut en aucun temps constituer une valorisation du capital ni une création de richesse (valeur d’échange). Tout ce que ces flutistes de Hamelin provoqueront par leurs largesses monétaires débonnaires c’est une énorme inflation, une forte dévaluation et une terrible dépression dont le prolétariat fera les frais. Il n’y a qu’une réponse à offrir à ces saltimbanques électoraux « retourner dans vos Parlements et vos Assemblées et laisser le prolétariat en paix avec votre mascarade électorale universelle et vos solutions bidon garanties ».

 

 

NOTES

 

Les7duquebec ont mené un débat en ligne sur le sujet du revenu universel dont voici le verbatim :

http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/revenu-universel-salaire-gratuit-revenu-minimum-garanti-et-autres-fariboles/

 

L’évasion fiscale nous

coûte à chacun 136,24 € par

mois

 

136,24 € par mois. C’est le résultat du calcul qu’a fait l’équipe d’Osons Causer pour rendre concret le coût des 60 milliards d’euros annuels de l’évasion fiscale.

Dans cette vidéo, les vidéastes d’Osons Causer comparent évasion fiscale et fraude sociale (RSA, allocations familiales, etc.) et interrogent le peu de visibilité de la première au regard de l’attention que reçoit la seconde dans les dénonciations lancinantes de “l’assistanat”. De quoi prendre du recul sur leur importance relative.

23 janvier 2017

 

Le Renouveau dans la continuité !!

 

Par Libertad14 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est spectaculaire comme les politiciens utilisent ces mots : renouveau, politique progressiste, rassemblement, patriotes, mobilisation, plus de gauche plus de droite, etc... Utilisation de termes pompeux qui tentent d’être éloquents quand ces derniers sont vidés de leurs sens et qui n’abusent que les GO-GO qui se laissent encore prendre au piège. 

Depuis toujours à chaque élection, on revoit fleurir ces mêmes slogans et ça fatigue.

 Après, tout le monde s’étonne, ou fait semblant de croire, que les français se détournent de la politique. En réalité ce n’est pas de la politique que les français se détournent, mais de ces politiciens menteurs attachés à un système qui est responsable des inégalités et des injustices. Le peuple en a assez d’être pris pour des imbéciles à qui l’ont ment et abuse de sa confiance.

 Les véritables questions qui doivent être posées ce sont : l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité, la santé, les conditions de vie et de travail.

Que ferez-vous demain si vous êtes élus ?? Protégerez-vous ce système ?? Continuerez-vous de faire des cadeaux aux banques et aux entreprises multinationales, au grand patronat ?? Voterez-vous des lois protégeant la sécurité de l’emploi et les conditions d’exploitation ?? Prendrez-vous en considération nos retraités, nos étudiants qui ont bien du mal pour certains à clore leur fin de mois en ayant de quoi manger ou se loger ??

 Le bilan de ces politiciens est catastrophique. De la droite conservatrice en passant par les socialistes réformistes ils ont pressuré le monde qui travaille, ils lui ont fait subir beaucoup d’agressions que ce soit les délocalisations, la refonte du code du travail les cadeaux somptueux accordés au patronat.

 Les associations caritatives n‘ont jamais eu autant de succès ces dernières années. Que ce soit la lutte contre le cancer, le téléthon, le sida thon ou autres laboratoires privés, tous font appel au peuple et réclament des dons. Pendant ce temps, les professionnels de la santé pratiquent des dépassements d’honoraires pénalisant financièrement les plus démunis.

 Pourtant ces politiciens, anciens ministres, premiers ministres ne doutent de rien, ils osent parler de renouveau et de politique progressiste ?? Seraient-ils devenus révolutionnaires ? NON là encore c’est de l’attrape nigauds ! Un langage électoral plein de fausses solutions. Ils osent promettre des remèdes pire encore que la mal. S’ils détiennent les solutions pourquoi ne les ont-ils pas appliquées quand ils étaient aux commandes ??

. Nous savons tous que derrière cette pantomime politicarde se cache le grand patronat et son système capitaliste. Nous savons tous qu’il n’y aura aucun changement sans une rupture nette avec les prétentions de cette bourgeoisie financière.

 Le renouveau passera obligatoirement par des candidats qui montreront leur opposition au Capital tant dans leurs discours, leurs écrits que dans leurs actes. 

 

La démocratie sans

frontières

 

Olivier Foreau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une vibrillonnante tribune intitulée « En France, les femmes sont libres » (Huffington Post, 05/09/2016) Manuel Valls s’est fixé dernièrement un nouveau challenge pédagogique : faire entrer dans le crâne d’une journaliste étrangère les concepts de principes républicains et de laïcité à la française. A lire ses explications pour le moins embrouillées, on devine que la tâche est rude. D’ailleurs il concède, bon prince, à propos de la laïcité : « Je sais combien cette singularité française a du mal à être comprise à l’étranger ». Car il faut bien le reconnaître, la laïcité « à la française » n’a pas grand-chose à voir avec celle des autres. Il en va de même pour les « principes républicains », inconnus dans le reste du monde, ce qui explique le fait qu’en France les femmes soient libres, contrairement à celles qui vivent ailleurs.

Difficile de lui donner tort : nos principes ne manquent pas de susciter la perplexité hors de l’hexagone, notamment à l’ONU – cf. le commentaire de son représentant à propos des arrêtés anti-burkini : « Ces décrets n’améliorent pas la situation sécuritaire ; ils tendent au contraire à alimenter l’intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes » (Le Monde 30/08/16). Certains ont du mal à comprendre qu’au pays autoproclamé de la liberté et de la tolérance, celles-ci doivent s’exercer sous contrainte policière, à coups de procès-verbaux et d’humiliations publiques. Prompts à s’imaginer les Français comme autre chose que des animaux, ils continuent à ne pas voir ce qui fait notre singularité  : la passion de l’obéissance.

La France étant aussi le pays de l’égalité (c’est écrit sur la boîte), on serait bien en peine d’y dénicher la moindre trace de rapports de force, d’antagonismes de classes ou autres vieilleries de ce genre. Il y a bien quelques inégalités  ici ou là (14 % de la population sous le seuil de pauvreté), qu’on s’emploie naturellement à « réduire », sans le moindre résultat car les inégalités c’est un peu comme le terrorisme ou la sclérose en plaques, un phénomène quasiment impossible à expliquer, et contre lequel on lutte avec les moyens du bord, c’est-à-dire en commençant par relativiser les choses. D’autant que les prêcheurs de la « gauche libérale » nous mettent régulièrement en garde : à trop vouloir prendre ces questions au premier degré, on a vite fait de basculer dans l’extrémisme, quitte à se retrouver à la lisière du fascisme… Est-ce bien raisonnable ?

Pour rester fréquentables nous avons donc mis le social de côté au profit des valeurs, notion suffisamment protéiforme pour que tout le monde s’y retrouve, et auréolée d’une noblesse indéfinissable. Nous avons pris de la hauteur vis-à-vis des sempiternels clivages partisans, et pour réaliser ce bond qualitatif il a suffi de déterrer pour la énième fois l’imagerie des années trente, avec ses démocraties, ses dictateurs, son Bien et son Mal absolus. Désormais c’est pour la démocratie et elle seule que nous roulons, à l’image de nos aïeux unis dans la résistance contre la dictature et la barbarie. A présent que les idéologies ont prouvé leurs dangers, comme on dit, s’avouer de droite ou de gauche n’émeut de toute façon plus grand-monde. On peut même être des deux à la fois, ce qui n’est pas un mince progrès, et exercer sa liberté d’opinion sans se sentir obligé d’en avoir une.

 

Notre ennemi ce n’est plus la finance mais l’oppressionla hainele sexisme, etc. Le langage des valeurs c’est comme une lessive à laquelle aucune tache ne résiste : sa vertu essentielle est de pouvoir légitimer à peu près tout, à commencer par les décisions du gouvernement, qui en ont souvent bien besoin. C’est la certitude, inestimable, de ne plus jamais se tromper de camp. « L’occident est allé au secours de population qui luttaient contre des régimes dictatoriaux et oppresseurs.[…] La France ne se déshonorera pas à soutenir des dictatures ou à fermer les yeux sur leurs agissements » s’auto congratule Franck C, membre zélé de la normalosphère, à propos du désastre syrien. Il est clair que l’appartenance à la démocratie, jointe à une notre foi servile en ses représentants, confère à chacun d’entre nous une autorité morale sur le restant de l’espèce humaine. Résolument optimistes, nous ne sommes pas à court de munitions pour rendre le monde meilleur, et ne désespérons pas qu’il finisse un jour par trouver grâce à nos yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pacifistes, forcément pacifistes

L’actuelle incarnation du Mal, l’ennemi public numéro un du monde libre, c’est bien sûr et plus que jamais le président syrien, « dictateur sanguinaire qui tue son propre peuple » depuis plus de cinq ans, alors que tout le monde pensait que ce serait l’inverse. Dès le 9 mai 2011, l’Union européenne « condamne notamment les tirs à balles réelles lors des manifestations pacifistes ». Inutile de rappeler qu’à cette nouvelle, le sang et les valeurs  de François Hollande n’ont fait qu’un tour, au point qu’à peine élu président il s’est empressé de larguer en douce aux pacifistes en question tout ce qu’il fallait pour étriper en bonne et due forme les forces de l’ordre syriennes. Plus tard (bien plus tard même), il s’en est expliqué : « On ne pouvait pas laisser les seuls Syriens, qui préparaient la démocratie (…), être sans armes », car « les rebelles syriens méritent tout notre soutien » (Le Parisien, 21/08/14).

Aussi elliptique que faire se peut, le chef de l’État ne juge pas utile de préciser qui sont les rebelles en question, ni ce qu’ils ont fait au juste pour mériter  tout notre soutien, ni en quoi ils préparent une démocratie quelconque. Il lui a suffi de mentionner qu’ils « faisaient face […] aux armées du dictateur Bachar al-Assad » pour que nous les parions automatiquement de toutes les vertus. Dans notre imaginaire préformaté ils sont devenus autant de résistants  en puissance, et ce n’est pas parce que nous passons volontiers l’éponge sur les bavures de la police française que nous sommes disposés à tolérer celles des autres… En mars 2011, avant qu’on ait eu le temps de se demander pourquoi les premiers tirs avaient eu lieu, la réponse avait déjà atterri dans nos assiettes, prête à être avalée : si les forces de sécurité syriennes ont tiré sur des manifestants, c’est parce qu’elles sont au service d’un dictateur, autrement dit c’est dans leur nature  de le faire. Quoi de plus logique ? Penser qu’elles aient pu le faire pour une autre raison ne serait-il pas, d’une certaine manière, un début de complaisance envers la barbarie ?

Passablement différente est la version du père Frans van der Lugt, prêtre hollandais résidant en Syrie et témoin direct des événements : « Dès le début il y a eu le problème des groupes armés, qui font aussi partie de l’opposition... L’opposition de la rue […] est armée et emploie fréquemment la violence brutale, dans le seul but d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement […] Dès le début, les mouvements de protestation n’étaient pas purement pacifiques. Dès le début j’ai vu des manifestants armés qui défilaient dans les manifestations tirer les premiers sur la police. Très souvent la violence des forces de sécurité était une réaction contre la violence brutale des rebelles armés ».

« Il y a aussi des sunnites pro-Bachar al-Assad, et les rebelles n’ont pas le soutien de la majorité » (cath.ch). Il faut avouer qu’en France, c’est un peu pareil : les auteurs d’attentats et les tueurs de flics ne jouissent pas non plus d’un franc soutien de la population, et nous avons sûrement des progrès à faire de ce côté-là. « Pour le Père Frans, l’opinion publique internationale est mal informée sur ce qui se passe vraiment en Syrie. […] Les chrétiens, comme d’autres minorités […] préfèrent cependant dans leur majorité le système actuel, garantissant la laïcité, craignant l’arrivée au pouvoir d’un régime islamiste qui les marginaliserait ». Cette bienveillance à peine voilée envers le « boucher de Damas » ne pouvait pas durer éternellement, et le père van der Lugt a été liquidé de deux balles dans la tête le 7 avril 2014, semble-t-il par les amis de Laurent Fabius, à savoir les rebelles modérés du front al-Nosra (source Wikipedia).

Toujours est-il que sa version des faits est corroborée par Le Parisien du 20 mars 2011, soit au tout début du « soulèvement pacifique » : « Des centaines de manifestants ont mis le feu dimanche au Palais de justice et à d’autres bâtiments et voitures à Deraa au sud de Damas, après des heurts avec les forces de l’ordre qui ont fait un mort et 100 blessés, selon des témoins. […] Les protestataires ont également incendié des locaux des sociétés de téléphonie mobile MTN et Syriatel. […] Des bandes de malfaiteurs ont attaqué des hôpitaux à Deraa et mis le feu à des biens publics et privés, semant la terreur parmi les habitants. Elles ont tiré sur la police qui n’a pas riposté » (confirmé également par Libération le 24 mars 2011). On comprend mieux ce que François Hollande appelle « préparer la démocratie ».

Quant au Monde, il a fait ce qu’il sait faire le mieux, c’est-à-dire ne pas informer du tout, histoire de continuer à nous vendre le plus longtemps possible ses « manifestants pacifistes ». C’est ainsi que le 19.03.12, on y découvre « [qu’]un an après le début du soulèvement, le terrorisme et la lutte armée sont en train de prendre le pas sur la protestation populaire ». Si la foule avait mis le feu au Palais de justice de Paris, Le Monde aurait-il mis là aussi un an à s’en apercevoir ?

« L’engrenage infernal »

Pour embobiner convenablement l’opinion, il faut souvent se résoudre à inverser la chronologie des causes et des effets, quitte à sombrer dans l’invraisemblance la plus caricaturale, qui est devenue la marque de fabrique du Monde (exemple parmi bien d’autres, mais qui reste quand même un modèle du genre). Dans le cas syrien, l’enchaînement des événements est présenté selon un ordre immuable, destiné à valider en continu le radotage présidentiel, en vertu duquel « Bachar Al-Assad est à l’origine du problème » (Le Monde, 28/09/15).

La caractérisation du régime comme une machine à réprimer permet de lui coller sur le dos toutes les atrocités du conflit, selon le principe de la propagande guerrière qui veut qu’il y ait deux camps en présence, l’un qui fait la guerre (celui de la dictature), et l’autre qui ne la fait pas (celui des pacifistes). Même si elle a le mérite d’être à la portée du public français, cette logique de cour de récré a du mal à rester plausible sur la durée. Et les choses se compliquent avec l’entrée en scène de l’Etat islamique (Daech pour les intimes), dont les vidéos, qui font un tabac sur Youtube, ne brillent pas vraiment par leur pacifisme. A partir de 2014 les puissances occidentales se retrouvent contraintes d’échafauder cahin-caha, dans le ciel syrien, une « coalition antiterroriste » pour faire mine de bombarder cette organisation.

C’est un véritable déchirement pour François Hollande, qui « s’était toujours refusé à frapper l’Etat islamique en Syrie » car ce n’est jamais très loyal de bombarder ses amis, et en l’occurrence « qui frappe Daech conforte Bachar », analyse Le Monde du 02/11/15. Qu’à cela ne tienne, notre champion de la synthèse par le bas lutte désormais contre « l’alliance du terrorisme et de la dictature » (Le Monde, 28/09/15), expression qui suppose que non content d’être un tyran, Assad est par-dessus le marché un parrain de l’Etat islamique, c’est-à-dire l’allié de ceux qui ont juré sa perte. Le paradoxe n’est qu’apparent, si on en croit l’argumentaire pour le moins expéditif d’Atlantico (10.09.15) : « Assad est cynique au dernier degré. Il a contribué très directement à la montée en puissance de l’EI, jouant comme tous les dictateurs la politique du pire » [1]. Bref, c’est en quelque sorte le dictateur idéal, père de toutes les calamités, y compris de ses propres déboires et de l’internationalisation du conflit.

Chercher à remettre cette chronologie à l’endroit, en s’interrogeant par exemple sur le rôle des puissances occidentales et de leurs alliés du Golfe dans le déclenchement de la « rébellion », est typiquement le genre de comportement à éviter, surtout si on travaille dans « l’information » et qu’on tient à garder sa place [2]. Année après année, qu’il pleuve ou qu’il vente, la presse ressert inlassablement le même pitch : la Syrie n’a jamais eu d’autre ennemi que son président, ni celui-ci d’autres ennemis que ses concitoyens. Nous devons nous figurer ce pays comme l’auberge des Thénardier, paumée au fond des bois jusqu’à ce que Barack Obama et François Hollande, Jeans Valjeans post-modernes, aient soudain eu vent de son existence.

Ce décalage permanent entre la description du conflit et son ampleur réelle permet aux sauveurs  occidentaux d’apparaître à chaque fois en spectateurs effarés face à l’horreur, ce qui les exonère implicitement de toute responsabilité antérieure. Ce n’est qu’au moment où ces responsabilités commencent à devenir difficiles à occulter (notamment à cause d’une « révolution » qui dure plus longtemps que prévu) qu’ils passent du statut de spectateurs impuissants à celui d’acteurs malgré eux. A ce même moment, quelques critiques (démocratie oblige) se font discrètement entendre : Jean-Pierre Chevènement se hasarde à parler sur Europe 1 « d’erreur gravissime », de « grosse bêtise ». D’autres parlent d’irréalisme, ou encore d’aveuglement. La thèse de l’aveuglement, procédé vieux comme le monde pour planquer les exactions les plus néfastes sous le tapis des intentions vertueuses, vise surtout entretenir l’aveuglement de l’opinion, qui du reste ne demande que ça. Autant dire qu’ici la « critique » vaut absolution, car comment blâmer sérieusement quelqu’un qui a été aveuglé par son envie de bien faire ? On blâmera tout au plus son incompétence, ce qui est clairement un moindre mal pour des individus comme François Hollande ou Laurent Fabius, vu la quantité incalculable de destructions et d’homicides dans lesquels ils sont impliqués.

Elizabeth Hoff, représentante de l’Organisation mondiale de la santé en Syrie, s’adresse au Conseil de sécurité de l’ONU le 21/11/16 : « Avant le début du conflit, la Syrie avait l’un des systèmes de soins de santé les plus avancés du Moyen-Orient. Tandis que le pays atteignait la catégorie des pays à revenu intermédiaire, […] les taux nationaux de couverture vaccinale étaient de 95 %. Le secteur pharmaceutique syrien prospérait, produisait plus de 90 % des médicaments nécessaires au pays et exportait ses produits dans 53 pays. À présent, près de six ans plus tard, le tableau est tout à l’opposé. D’après l’Organisation des Nations Unies, plus de 300 000 personnes ont été tuées ». Que s’est-il passé ? Explication d’Alain Juppé [3] (Le Monde, 18/10/16) : « Assad […] est responsable de la mort d’au moins 300 000 de ses compatriotes » – ce qui revient à dire que pour Alain Juppé, Daech et Al Qaïda n’ont jamais fait de mal à une mouche. Les « décodeurs » du Monde ne sont pas en reste pour vanter le caractère plutôt inoffensif de l’Etat islamique : « 80 % des victimes [de la guerre en Syrie, ndlr] ont été tuées par les forces gouvernementales (armée régulière, milices locales et milices chiites étrangères alliées du régime), et 10 % par l’EI ». Inutile de préciser que lorsque le même Etat islamique frappe sur le sol français, Le Monde et Alain Juppé sont les premiers à nous abreuver de leur épouvante et de leur indignation.

Liberté et dignité, des slogans porteurs

Certains pourraient se demander comment le chef de l’État, obsédé par la liberté d’expression au point de livrer des missiles antichars à des marcheurs pacifistes, a pu oublier de distribuer des tasers, des Flash-Ball et des fusils à pompe aux manifestants français contre la loi travail, de façon à ce qu’ils puissent faire jeu égal avec la police qui leur balançait des grenades à tout va, quand elle ne leur fonçait pas dessus en camion. Mais comment mettre dans le même sac un peuple entier (22 millions d’habitants) aux prises avec un despote, et une poignée de « casseurs » de la CGT qui se prélassent au pays de la liberté et de l’égalité ? Car toutes les revendications ne se valent pas. Examinons, par exemple, celles des Syriens : « Durant les premières semaines de manifestations, les seules revendications des protestataires concernaient la liberté et la dignité dont ils avaient été trop longtemps spoliés. […] Les Syriens avides de liberté et de dignité […] restent dans leur immense majorité pacifique. » Lisait-on le 07/09/11 dans l’instructif et ô combien impartial blog du Monde Un oeil sur la Syrie« Le régime ne semble pas avoir beaucoup à craindre d’une opposition émiettée, peu organisée et sans programme », note le 05/02/2011 Libération, qui mentionne un « appel lancé sur Internet à des manifestations […] contre la ‘monocratie, la corruption et la tyrannie' ».

Ce n’est pas sans autosatisfaction que nous apprenons que l’opposition syrienne est favorable à la liberté et à la dignité, et qu’en revanche elle désapprouve la corruption et la tyrannie. Quoi de plus transpartisan, quoi de plus semblable à nous ? Le fait qu’elle n’ait pas de programme confirme à quel point elle partage nos valeurs. Et nous ne pouvons que souscrire à des slogans comme « liberté » et « dignité », qui concernent à peu près tout le monde, alors que ceux des manifestants contre la loi travail ne concernaient au fond que deux catégories de personnes, celles qui ont un travail et celles qui n’en ont pas. Politisés à l’extrême, les militants antis El Khomri n’ont pas seulement fait preuve de misogynie en contredisant cette ministre, ils ont voulu mettre leur grain de sel dans la tambouille législative alors que personne ne leur avait demandé leur avis, ce qui montre assez leur absence de respect pour le débat démocratique. « Une partie de ces casseurs, chauffés à blanc par la haine et encouragés par l’impunité judiciaire, pourra être tentée de basculer dans le terrorisme. Nous devons nous inquiéter de leur jonction éventuelle avec les fous de Dieu », prophétisait Pascal Bruckner dans Le Figaro du 20/05/16« Faudra-t-il alors classer ces radicaux dans la catégorie des terroristes ? La question reste ouverte ». Même son de cloche chez Pierre Gattaz, patron du MEDEF et maître à penser du parti socialiste, à propos des grèves de de la CGT : « Faire respecter l’Etat de droit, c’est faire en sorte que les minorités qui se comportent […] comme des terroristes, ne bloquent pas tout le pays. » (Le Monde, 30/05/16).

En Syrie, « l’insurrection armée a été précédée par le soulèvement d’une partie croissante de la population, qui, en 2011 et 2012, ne demandait rien d’autre que […] des réformes assurant plus de liberté, de dignité et de justice », continue à rabâcher Le Monde du 19.10.16. De quelles réformes s’agissait-il concrètement, peu importe car le fait de vouloir des réformes est en soi un signe de positivité, qu’il serait malvenu de ne pas saluer. Et le problème avec la CGT c’est justement son refus des réformesattitude typique de ceux qui sont « arc-boutés sur leurs acquis », pour reprendre la formule choc  de François Fillon. Tout comme le gouvernement d’Assad, la CGT incarne le conservatisme, c’est-à-dire ce qui nous horrifie au-delà de tout.

 

« Nous ne pouvons plus avoir dans les semaines qui viennent de telles manifestations sur Paris, […] avec l’hôpital Necker qui a été dévasté, c’est insupportable », s’alarmait Manuel Valls sur France Inter le 15/06/16 à propos d’un bris de glace, événement impensable dans un pays comme le nôtre. « Les casseurs voulaient tuer des policiers »tweetait-il fébrilement dans la foulée.

Quand des hôpitaux sont attaqués à Deraa et que la police se fait tirer dessus réellement, personne ne parle de casseurs  car sous un régime qualifié par nous de dictature, on estime que chacun a le droit de faire ce qu’il veut – meurtres, pillages, etc. – en vertu du principe que la démocratie n’a pas de prix. En France, « pays des Lumières et des libertés » dont se gargarise Manuel Valls, ce n’est évidemment pas la même chose, et il est bien naturel que les manifestations soient considérées comme une atteinte à l’État de droit, les grèves comme des prises d’otages, et les militants de gauche comme des terroristes. Il n’est pas moins naturel que le gouvernement impose à coups de 49.3 une loi rejetée pendant des mois par les deux tiers de l’opinion. Un pays comme le nôtre, soumis à un état d’urgence permanent, à une propagande hystérique et à une surveillance de masse sans précédent, correspond en tous points à ce que nous avons l’habitude de nommer une démocratie moderne.

L’art de rester soi-même

 

« ‘La période de transition doit débuter avec la chute ou la mort de Bachar al-Assad’, a déclaré à deux agences de presse, dont l’AFP, le négociateur en chef de l’opposition syrienne, le chef rebelle salafiste Mohammed Allouche. » (L’Obs, 13/03/16). Le « négociateur » en question « dirige Jaïch Al-Islam, un groupe rebelle syrien d’obédience salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, un des plus influents mouvements rebelles en Syrie »nous apprend Le Monde, sans toutefois s’appesantir sur les activités de ce sympathique groupe. C’est dommage, car elles ne manquent pas de pittoresque : « Les atrocités que Jaïch al-Islam […] a perpétrées ont été soigneusement ignorées, mais rivalisent avec celles commises par l’EI. Il est vrai que les deux milices, ainsi qu’Al-Qaïda ont de commun leur appartenance au wahhabisme, connu pour ses pratiques féroces […] Selon l’OSDH, […] le groupe « utilise les prisonniers et les captifs comme boucliers humains ». « Parmi eux se trouvent des familles entières » […] Une vidéo publiée sur internet montre trois camions transportant des cages en fer dans laquelle ont été enfermés hommes et femmes séparés, circulant dans une rue dévastée au milieu d’immeubles en ruine » (IHS NEWS, 02/11/2015).

Un défenseur aussi ardent de la liberté et de la laïcité ne pouvait qu’être bombardé (c’est bien le cas de le dire) négociateur en chef de l’opposition syrienne, même si la négociation n’a pas l’air d’être son fort : « Les négociations sans fin portent atteinte au sort du peuple », assène-t-il avant de démissionner de son poste, le 29 mai dernier, pour protester contre l’échec des discussions de paix de Genève, autrement dit contre le fait qu’Assad soit toujours en vie [4].

Si Le Monde présente avec autant de décontraction le chef d’un groupe de tortionnaires salafistes comme le négociateur attitré de l’opposition syrienne, c’est qu’il ne juge même plus nécessaire de dissimuler le véritable visage de cette opposition. Il compte désormais sur nous (et il a bien raison) pour nous le dissimuler à nous-mêmes, et pour continuer à recracher sans faiblir le catéchisme qui nous a été déversé dessus cinq ans durant. Nous avons capté l’essentiel, à savoir que toute critique envers l’opposition syrienne peut nous rendre suspects de fascisme, de complotisme  et de révisionnisme. Est-ce réellement cela que nous voulons ? [5]

L’opinion publique, obstacle à la libération des peuples

La démocratie telle que nous l’entendons, c’est donc un combat quotidien : contre soi-même d’abord, mais aussi contre certains préjugés qui ont la vie dure, comme par exemple celui qui voudrait que la démocratie ait quoi que ce soit à voir avec le peuple, la souveraineté ou le pouvoir du peuple. Spécialiste de l’initiative citoyenne, Daniel Cohn-Bendit est catégorique : « Je suis contre le peuple », s’égosille-t-il. « Il faut arrêter de dire que le peuple a toujours raison ». En effet, le problème avec les peuples c’est que leur notion de la démocratie ne coïncide à peu près jamais avec la nôtre, ce qui nous force en général à intervenir militairement. C’est notamment le cas dans nos anciennes colonies (dont la Syrie), pour des raisons culturelles évidentes, puisqu’elles ont cru bon de s’émanciper avant que nous ayons eu le temps d’achever leur éducation. Mais ce qui dépasse l’entendement, c’est que nos propres opinions publiques puissent faire preuve de réticence lorsque nous agressons des pays qui ne nous ont rien fait, et ne nous menacent en rien : comment ne voient-elles pas que si un pays ne représente aucune menace pour nous, cela augmente justement nos chances de pouvoir l’anéantir en toute impunité ?

« Des frappes aériennes furent envisagées contre des cibles militaires en Syrie. Ce n’étaient […] que des gesticulations, sauf peut-être pour Paris. A Londres, en effet, David Cameron suspendait sa décision à un vote positif aux Communes […]. A Washington, Barack Obama prétendait indispensable l’accord du Congrès », accuse « Le Libé des Syriens » [sic] (10/03/16) qui déplore au passage « l’opposition des opinions publiques […] à des interventions militaires forcément coûteuses, financièrement et humainement ». Même amertume chez John Kerry, le supérieur direct de Jean-Marc Ayrault, dans Le Monde du 01/10/16 : « Beaucoup d’Américains ne pensent pas que nous devrions nous battre et envoyer de jeunes Américains mourir à l’autre bout du monde ». « M. Kerry a expliqué […] que les Etats-Unis n’avaient pas les justifications nécessaires, en droit, pour attaquer le régime de Bachar Al-Assad. » […] « Nous n’avons pas la base qu’il faut (…). A moins d’une résolution votée par le Conseil de sécurité de l’ONU (…) ou à moins d’être directement attaqués, ou à moins d’être invités à prendre part au conflit. Les Russes y ont été invités par le régime ». « Nous essayons de suivre la voie diplomatique, et je comprends que cela soit frustrant. Personne n’est plus frustré que nous » . En effet quoi de plus frustrant, pour un représentant de la démocratie, que le dialogue ? Visiblement au bout du rouleau, le secrétaire d’Etat américain a donc fini par le reconnaître : notre présence en Syrie n’a pas plus de légitimité que celle de l’Etat islamique.

Si l’opinion publique n’arrive pas forcément à comprendre comment une coalition dite « antiterroriste » peut afficher les mêmes objectifs que les groupes djihadistes qu’elle prétend combattre, c’est parce que le peuple – à cause de sa nature  prosaïque – a l’habitude de penser les conflits en termes d’intérêts : l’un veut ceci, et l’autre cela. Tandis qu’une approche éthique  comme la nôtre puise sa source dans des principes universels, désintéressés et transpartisans, qui permettent notamment de violer sans vergogne le droit international. La grandeur de l’éthique, c’est qu’elle ne recule devant rien.

Le vote, un danger majeur pour la démocratie

Bashar Ja’afari, représentant permanent de la République arabe syrienne aux Nations unies, trouve notre éthique un peu envahissante : « Vous n’avez pas à décider qui doit diriger la Syrie. C’est aux Syriens d’en décider. Les Syriens ne décideront pas qui sera le successeur d’Obama aux USA. Donc c’est nous (les Syriens) qui décideront. C’est ça la démocratie. » (Interview devant les Nations Unies, 25/09/16).

Qui pourrait croire à l’impartialité de ce monsieur au sujet de la Syrie, quand on sait qu’il est lui-même syrien ? Comment ne pas voir qu’il se soucie essentiellement de l’avenir de son pays, et assez peu de celui des autres ? Eh bien non, M. Ja’afari, la démocratie c’est quand tout le monde décide, pas seulement les Syriens : quid de nos amis américains, quid de nos amis saoudiens, quid de la « communauté internationale » ? Quid du monde libre ? En soi nous ne voyons pas d’inconvénient à ce qu’un peuple choisisse qui va le diriger, à condition tout de même que ce soit quelqu’un qui nous plaise, autrement dit quelqu’un que nous puissions diriger à notre tour, pour le plus grand bien des Syriens et de leurs ressources naturelles.

Mais peut-on vraiment compter sur eux pour faire le bon choix ? En mai 2012, l’idée d’un scrutin n’effleurait même pas François Hollande, qui pataugeait en pleine rêvasserie néocoloniale : « Le chef de l’Etat a confirmé que Paris accueillerait début juillet une nouvelle conférence […] pour organiser l’opposition à Assad, car « il ne faut pas non plus mettre n’importe qui à la place » [sic] ». (Le Parisien 30/05/12). Il s’agissait de savoir, en gros, à qui on allait confier les enfants, une fois qu’on aurait lynché les parents. Comme chacun peut le voir quatre ans et demi plus tard, ce projet émouvant s’est soldé par un fiasco absolu (tant sur le volet « garde des enfants » que sur le volet « lynchage »), et au final François Hollande n’a pu mettre personne à la place de personne.

Il faut dire qu’en juin 2014 Bachar El-Assad n’a rien trouvé de mieux que d’organiser une élection présidentielle et de la gagner – typiquement le genre de provocation qui passe mal auprès du président français, tellement carbonisé dans l’opinion qu’il a dû renoncer à se représenter en 2017, et de ses camarades spécialistes de la guérilla urbaine. Sans surprise, leur rejet a été aussi unanime que le vote des Syriens en faveur d’Assad : « Pour le secrétaire d’Etat américain […] il s’agit d’une « non-élection ». « C’est un zéro pointé », a déclaré John Kerry. » (Le Monde 04.06.14). « Laurent Fabius a déploré une ‘farce tragique' ». « Le plébiscite du 3 juin sera vite oublié »conclut Le Monde, résolu à ne pas perdre espoir en la démocratie.

« Cette présidentielle que Bachar El-Assad a tenu à organiser n’est qu’une farce électorale, alors que plus de la moitié du pays échappe au régime et que 9 millions de Syriens sont réfugiés ou déplacés », argumente le journal saoudien Al-Hayat le 03/06/2014 – en oubliant de mentionner qu’au Liban les réfugiés ont pu voter, et ne se sont pas privés pour le faire en masse : « Ils ont fui leur pays mais veulent voter pour leur président »fulmine Europe 1 le 28/05/14« En voiture ou en autobus, à mobylette ou à pied, des milliers de Syriens, bourgeois, ouvriers ou réfugiés, ont pris d’assaut mercredi leurs ambassades au Liban et en Jordanie pour réélire le président Bachar al-Assad »« Réel ou pas [sic], cet « enthousiasme » a semé le chaos à Beyrouth et ses environs »se lamente pour sa part France 24, désemparé face à cette « vague humaine ».

Mais en Europe, bastion de la liberté d’expression, il ne s’est rien produit de semblable : « La France et l’Allemagne interdisent aux Syriens de voter dans leurs ambassades […] Le Quai d’Orsay argue que Bachar al-Assad, dont la réélection est attendue à la prochaine présidentielle, ‘ne saurait représenter l’avenir du peuple syrien' » (Libération 12/05/14) [6]. En Europe, nous avons compris depuis belle lurette que le meilleur moyen d'empêcher les peuples de compromettre leur propre avenir, c’est de leur arracher la langue.

https://normalosphere.wordpress.com/2016/12/18/la-democratie-sans-frontieres/


Notes

 

  1. N’en déplaise à Atlantico, certains esprits forts persistent à voir dans l’essor de l’Etat islamique autre chose qu’un effet du cynisme de Bachar El-Assad : « Un mot sur Daech, d’abord. […] Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les Etats-Unis. […] L’Irak et le Moyen-Orient « appartiennent » aux Etats-Unis, comme les conflits régionaux, en cascade, que cette agression [de l’Irak, ndlr] a engendrés, tout comme l’Etat Islamique, « appartiennent » aux Etats-Unis. » Général Vincent Desportes – Sénat, comptes rendus de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, 17 décembre 2014.
  2. Toutefois la reprise d’Alep par le gouvernement syrien commence à faire, dans la presse, l’effet d’un transfert psychanalytique. La vérité remonte à la surface, par bribes, après cinq ans de refoulement continu : « On ne peut nier que ces mouvements populaires aient été relayés voire organisés par des milices armées par des puissances régionales telles que l’Arabie saoudite ou la Turquie », lit-on par exemple dans Le Parisien du 10/12/16. Il y a seulement quelques semaines, de telles réminiscences n’étaient même pas imaginables.
  3. Deux fois – deux de trop – ministre des Affaires étrangères : après des débuts prometteurs lors du génocide rwandais en 1994, dix-sept ans plus tard il prouve qu’il a toujours « la pêche » avec la démolition de la Libye, suivie par l’entreprise de dévastation de la Syrie.
  4. Attitude partagée par ses compagnons de lutte pour la liberté et la dignité : « Le chef d’Al-Qaïda en Syrie offre 3 millions d’euros pour tuer Assad » (Le Point, 13/10/2015). « Le chef djihadiste a précisé qu’il verserait cette récompense même si Assad était tué par un membre de sa famille et a affirmé qu’Al-Nosra protégerait le meurtrier et sa famille ». De quoi réjouir un autre adepte de l’appel au meurtre, Laurent Fabius, selon qui « Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre » (Francetv info 17/08/12), et qui n’est certainement pas à 3 millions d’euros près lorsqu’il s’agit de faire avancer la démocratie.
  5. Dans la partie d’Alep contrôlée jusque récemment par la rébellion syrienne démocratique, les gens commençaient enfin à vivre comme nous : « Beaucoup des civils sous contrôle des groupes armés d’opposition […] vivent dans la peur constante d’être enlevés s’ils critiquent le comportement des groupes armés en place », rapporte Amnesty International le 04/07/16. « Ils contrôlent ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire. Soit vous êtes d’accord avec leurs règles sociales et leurs politiques, soit vous disparaissez ».
  6. « Obama a dit très clairement que l’avenir de la Syrie ne passe pas par Bachar Al-Assad »martelait encore l’an dernier le président français, exégète en chef de la parole divine. Les Syriens, quant à eux, semblent considérer que leur avenir ne passe pas par le dépeçage de leur pays, sous la houlette des gangs intégristes que nous leur avons envoyés pour les « libérer ».

22 janvier 2017

Les gentils automobilistes

français

 

Par Michel DROUET

Ils sont gentils les automobilistes ! On leur dit qu’ils polluent (et c’est vrai !) et ils acceptent d’emblée la circulation alternée. Par contre ils s’opposent à une taxation supplémentaire de deux centimes sur le carburant

La manipulation des esprits

Demander à tous les français s’ils sont d’accord ou non pour des mesures qui ne concernent qu’une partie de la population relève d’une première manipulation parce que toutes les personnes interrogées (sondage Odoxa pour « Le Parisien) n’habitent pas dans les métropoles concernées par la circulation alternée (Paris, Lyon, Grenoble,…).

Finalement, tant qu’on peut trouver une mesure qui s’applique aux autres, ça ne mange pas de pain et de toutes les façons, on ne voit pas en quoi une taxation supplémentaire, qui serait par ailleurs discriminatoire, résoudrait la question de la pollution.

Un bon sondage ne serait rien sans un micro trottoir dans les médias et là, la palme de du commentaire indigent revient à cette cycliste casquée déclarant qu’ « il faudrait une pénurie d’essence pour que les automobilistes comprennent » oubliant sans doute que son magasin bio ne pourrait plus être livré de concombres bio en provenance d’Espagne.

Tout et n’importe quoi, donc…

Les médias se livrent goulument à ce genre de manipulation qui accrédite la thèse que les automobilistes seraient les seuls responsables de la pollution, ce qui est faux puisque la circulation automobile représente 28% du total !

Encore faudrait-il déduire de ces 28 % la pollution des camions, celle des autobus urbains, celle des cars interurbains, sans oublier celle des cars « Macron ».

Mais alors me direz-vous d’où proviennent les 72 % de pollution dont on parle peu ? On en parle peu parce qu’il ne faut pas froisser quelques lobbies bruyants, ou influents dans les médias, qui pourraient être vexés d’être montrés du doigt alors qu’ils œuvrent pour l’intérêt général et l’économie : je veux parler des industriels et des agriculteurs qui représentent environ les deux tiers des 72 % de cette pollution.

Ajoutons pour être complet que le derniers tiers des 72 % provient du chauffage (individuel et chaufferies collectives) et là également, sont montrés du doigt les seuls « pollueurs » qui se chauffent au bois avec une cheminée ouverte.

Donc, les automobilistes sont priés de se convertir aux « déplacements doux » et les adeptes du feu de cheminée d’acheter des inserts.

L’écran de fumée des politiques publiques

Il pollue l’espace démocratique aussi sûrement que la pollution aux particules fines le fait pour l’air que nous respirons. Déclinées, les politiques mises en œuvre pour limiter la pollution sont un mélange de laisser-faire (pour les industriels et les agriculteurs) de coercition pour les automobilistes et d’abandon des mesures alternatives au « tout voiture et au tout camion ».

Pour les automobilistes dont c’est souvent le seul moyen de déplacement, la sanction est évidente, d’autant que les politiques en faveur des transports collectifs semblent figées. On se souviendra à cet effet que l’écotaxe destinée à financer des projets de transports collectifs a été abandonnée sous la pression des lobbies cités plus haut. Ne restent donc que les mesures d’interdiction de la circulation, la fermeture d’axes, les plans de circulation, les limitations de vitesse, les obstacles sur les chaussées (ilots, ralentisseurs,…), dont on cherche encore les effets sur la pollution.

On peut parler également du cadeau « Royal » fait aux concessionnaires d’autoroutes qui se traduira par 500 millions d’euros supplémentaires collectés sur le dos des automobilistes pour le plus grand bien des actionnaires de ces sociétés dont les dividendes ont plus que doublé en 2015 pour atteindre 3.3 Milliards.

Localement, cela donne quelques effets cocasses

Lors des enquêtes publiques pour la mise en œuvre des Plans Locaux d’Urbanisme dans les grandes agglomérations, la langue de bois technocratique est de rigueur et pour densifier l’habitat (et donc la population) dans les communes périphériques, sans mesures nouvelles en matière de transports collectifs. On semble se satisfaire de l’accroissement de la circulation avec la ville centre et les bouchons qui vont avec. C’est ce qu’on appelle « la politique du chien crevé au fil de l’eau ». Dès lors, on mise sur la lassitude des automobilistes qui finiront bien par se convertir au vélo : un coup de peinture sur la chaussée, ça ne coûte pas cher !

Second effet en matière d’habitat : la densification et la construction en hauteur dans des zones pavillonnaires et le bourrage urbain : là également on mise sur la lassitude des habitants qui finiront bien par partir (ou mourir) pour continuer à densifier au risque d’avoir à terme une population « exfiltrée de la ville centre » assignée à résidence faute de moyens de transports.

Pourquoi, cette densification me direz-vous ? Et c’est là qu’on boucle avec la protection du lobby agricole puisque la préservation des terres agricoles dicte la politique d’urbanisme et est érigée en dogme « incontournable » par les élus. Ils ne soucient à aucun moment du fait que la pollution agricole est certainement aussi importante que la pollution des véhicules particuliers.

Enfin, pour être complet, soulignons l’hypocrisie d’élus locaux qui font tout pour limiter l’usage de la voiture individuelle avec les mesures évoquées plus haut, tout en donnant des subventions financières directes ou déguisées à un constructeur automobile situé dans leur aire géographique afin qu’il alimente les chaînes de production avec un nouveau véhicule. Le court-termisme électoral est ici à l’œuvre. Le chantage à l’emploi des industriels également.

Le message est clair

Continuez à acheter des voitures, mais surtout ne les utilisez pas !

Laissez l’agriculture productiviste pourrir les terres agricoles !

Continuez à manger du bio, même si votre concombre fait mille Kms en camion pour arriver dans votre assiette !

Acceptez d’habiter loin de votre lieu de travail et allez-y en vélo : de toutes façons, il n’y a plus d’argent pour les transports collectifs !

Continuez à croire ce que les médias vous disent !

 

 

Dissolution de l’OTAN et alliance militaire avec la Russie

Sahra Wagenknecht, au nom de la gauche allemande, prend M. Trump au mot

Un système de sécurité militaire incluant la Russie devrait être mis sur pied pour remplacer l’OTAN, a déclaré dans une interview Sahra Wagenknecht, figure de proue du parti allemand Die Linke (« La Gauche »), en écho aux récentes déclarations de Trump sur l’OTAN.

« L’OTAN doit être dissoute et remplacée par un système collectif de sécurité incluant la Russie » a déclaré ce mardi Mme Wagenknecht au groupe de médias Funke.

Il faut dire que l’OTAN vient d’essuyer un certain nombre de critiques de la part des médias allemands, suite aux déclarations faites par le président élu dans une interview récemment accordée au Bild, au cours de laquelle il a qualifié l’OTAN d’« obsolète ».

« Je dis depuis longtemps que l’OTAN a des problèmes. En particulier, celui d’être obsolète, parce que cette organisation a été conçue il y a beaucoup, beaucoup d’années », a-t-il déclaré dimanche.

« Nous sommes censés protéger des pays, mais un tas de ces pays ne paient rien alors qu’ils devraient le faire, ce que je trouve très abusif à l’égard des États-Unis ».

Ces mots ont reçu le soutien de Wagenknecht, qui a ajouté que les commentaires de M. Trump « révèlent impitoyablement les erreurs et les échecs du gouvernement fédéral ».

L’interview [du président, NdT] n’a pas échappé à celui-ci. Un porte-parole de la chancelière Angela Merkel a dit qu’elle avait été « lue avec intérêt » par le bureau de la Chancellerie.

De leur côté, les officiels de l’OTAN se sont montrés « irrités » par les déclarations de M. Trump, selon le ministre des Affaires étrangères allemand Fred-Walter Steinmeier, qui a parlé à des reporters à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Steinmeier a ajouté cependant qu’à l’OTAN on ne doute pas que l’administration US maintiendra les engagements de son pays envers l’alliance.

Alexander Graf Lambsdorff, vice-président du Parlement européen et membre du parti allemand FDP a dit aux gens de Funke que les déclarations de Trump « restent vagues et pas trop sensées ».

Die Linke est le groupe d’opposition le plus important au Parlement allemand et avait déjà appelé auparavant à des relations plus étroites avec la Russie.

Ces commentaires se font jour en pleine escalade d’une concentration de troupes, de tanks et d’équipements militaires US en Europe, aux frontières de la Russie, dans le cadre d’une opération de l’OTAN intitulée « Résolution Atlantique ». Après les manoeuvres militaires effectuées dans le cadre de cette opération, les troupes seront stationnées en Pologne, en Bulgarie, en Roumanie et dans les pays baltes, dépendant d’un Quartier Général qui se trouvera en Allemagne.

Source : https://www.rt.com/news/373974-nato-dissolution-alliance-…

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

source:http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2017/01/19/naissance-croissance-et-agonie-de-l-europe-americaine-8692018.html

21 janvier 2017

 

Haftar parie sur la Russie

En courtisant la Russie, Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen et bête noire des islamistes, espère un soutien indéfectible de Moscou pour pouvoir étendre son influence sur toute la Libye, estiment des experts.

Ce rapprochement avec Moscou a été illustré par la visite, le 11 janvier, du maréchal libyen sur le porte-avions russe Amiral Kouznetsov croisant au large de la Libye. Il y a été reçu avec les honneurs avant de s’entretenir par vidéoconférence avec le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Une implication en Libye permettrait à Moscou d’élargir son influence dans le monde arabe et méditerranéen, où les Russes sont revenus en force en intervenant en Syrie, souligne Ethan Chorin, un ancien diplomate américain en poste à Tripoli, aujourd’hui consultant. Même si elle est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Maâmar El Gueddafi en 2011, la Libye est potentiellement un eldorado attractif grâce à ses immenses ressources pétrolières et gazières.

Moscou semble avoir choisi son camp dans la lutte qui oppose le gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et appuyé par l’ONU, l’Occident et certains pays africains, aux autorités rivales de l’est dont l’homme fort est le maréchal Haftar. Ce militaire septuagénaire, originaire de Cyrénaïque, s’est imposé comme un interlocuteur indispensable après s’être emparé de quatre terminaux pétroliers dans l’Est, d’où s’exporte la majorité du pétrole libyen. Il bénéficie du soutien de pays arabes comme l’Egypte, qui possède une longue frontière avec l’est de la Libye, et les Emirats arabes unis. Il s’est aussi rendu à Moscou à deux reprises en 2016. En novembre, il y avait sollicité l’aide de la Russie pour lever l’embargo sur les armes imposé par l’ONU depuis 2011.

«Il n’est pas clair si Moscou acceptera de fournir des armes (aux forces de Haftar) tant que l’embargo est en vigueur», a déclaré Mattia Toaldo, expert au Conseil européen des relations extérieures. Mais pour lui, «il semble que les étoiles commencent à s’aligner en faveur de Haftar».

Autoproclamé chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), cet ancien dignitaire du régime El Gueddafi qui a aussi vécu aux Etats-Unis est accusé par ses rivaux, en particulier les puissantes milices de Misrata (ouest), de vouloir instaurer un régime militaire en Libye. Ses ennemis mettent aussi en doute ses capacités militaires.

L’ANL peine en effet à en finir avec des groupes jihadistes dans l’Est, même si elle a réussi à reconquérir une grande partie de la ville de Benghazi, berceau de la révolution de 2011.

Mais, parallèlement, le gouvernement d’union du Premier ministre al-Sarraj, en poste depuis mars 2016, n’arrive pas à imposer son autorité. Il est même contesté à Tripoli, où la situation reste très confuse comme l’a montré l’entrée d’hommes armés liés à des milices locales dans plusieurs ministères la semaine dernière.

Dans un tel contexte, «Moscou est clairement en train d’évaluer s’il serait ou pas dans son intérêt de faire pencher la balance politique et militaire en faveur de l’est libyen», indique M. Chorin.

L’entrée en fonction du nouveau président américain Donald Trump pourrait également changer la donne. M. Toaldo n’exclut pas que le maréchal Haftar soit soutenu à la fois par la Russie, l’Egypte et les Etats-Unis. «Surtout dans le contexte des déclarations de membres de l’équipe Trump sur les Frères Musulmans -ennemis jurés de Haftar et du président égyptien Abdelfattah al-Sissi- qu’ils considèrent comme équivalent à Al Qaïda et au groupe jihadiste Etat islamique», explique l’expert.

De son côté, M.Chorin estime qu’une implication de la Russie pourrait conduire l’Occident à oeuvrer à une révision de l’Accord politique ayant débouché à l’installation du GNA. Une telle politique pourrait «pousser l’est et l’ouest vers un conflit ouvert», avertit l’expert.

Des diplomates occidentaux ont d’ailleurs mis en garde contre la menace d’un conflit généralisé, notamment après une montée brutale de la tension en décembre entre l’ANL et les groupes armés de Misrata, les deux principales forces militaires du pays.

«Les partisans internationaux d’Haftar semblent croire que l’administration Trump pourrait accepter que (…) Haftar s’engage dans une confrontation militaire avec les milices dans l’ouest de la Libye», indique Jason Pack, spécialiste de la Libye.

La Russie, qui entretenait de bonnes relations avec El Gueddafi, pourrait alors jouer «un rôle principal dans l’avenir de la Libye» qui deviendrait pour elle «un autre avant-poste sur la Méditerranée» après la Syrie, selon cet expert.

Source: http://www.lexpressiondz.com/internationale/258543-haftar-parie-sur-la-russie.html

 

Les gros sabots de la CIA,

ou la stratégie du

bourrin

Par Jeussey de Sourcesûre

 

 

Quand le New York Times relaie des « révélations » selon lesquelles Vladimir Poutine aurait "personnellement" dirigé la façon dont les e-mails piratés de la campagne de Clinton devraient être utilisés, on voit la CIA arriver avec leurs gros sabots.

Ce qui semblait avoir choqué Killary quand elle a été mise K.O., c’était les commentaires des partisans de Trump, jugés « déplorables », et surtout la lettre de Comey, le directeur du FBI qui sortait un joker inattendu avec de nouvelles découvertes d’e-mails compromettants pour le camp démocrate. Tout cela n’avait aucun rapport avec la Russie. D’ailleurs, ces derniers e-mails n'avaient pas été « piratés » : c’était le résultat d’un hameçonnage classique auquel le destinataire avait répondu par erreur en cliquant bêtement sur le lien du courrier électronique reçu (alors que tout le monde sait qu’il ne faut jamais faire ça).

Quoi qu’il en soit, personne ne peut dire si ces fuites d’e-mail passant pas des tuyaux percés ont eu un réel effet sur l'élection, et il n'y a aucune raison d’accuser la Russie d’avoir faussé les élections. Or la CIA explique maintenant comment Poutine aurait lui-même pris le contrôle de l'opération, en raison d'une vieille rancune qu’il aurait ruminée de longue date et qui concernait justement Mme Clinton.

Aucun élément nouveau n’est apparu pour justifier une telle allégation de l'implication personnelle du président russe, mais peu importe, cette vision fabriquée d’un Poutine intervenant personnellement dans une élection américaine a un objectif clair : viser le cœur. C'est visiblement une forme de propagande, qui utilise les vieilles ficelles léguées par le maccarthysme, et qui consiste à personnifier le « méchant » de l’histoire pour lui donner de la consistance et diriger sur lui la vindicte de la foule en colère.

George W. Bush était un utilisateur chevronné de cette technique simple (et donc à sa portée). Il l’avait ressortie dans le discours où il assénait avec vigueur qu'il avait eu raison de débarrasser l’Irak de Saddam Hussein, même si ce pays ne détenait aucune des armes de « destruction massive » qui avaient justifié l’intervention américaine. Pourquoi ? Parce que Saddam Hussein était « mauvais ». Il était l’un des pivots de l’ »axe du mal » dont l Kim Jong-un constituaient l’autre pôle satanique, en Corée du nord.

La « méchanceté » d'un adversaire de la politique américaine est métaphysique et peut servir à justifier presque n'importe quoi.

En 1953, le premier ministre iranien Mohammad Mosaddegh avait osé réclamer à la compagnie pétrolière BP une part équitable des profits réalisés sur la vente du pétrole de son pays. L'administration d'Eisenhower relayée par une presse américaine complaisante (pour ne pas dire « à la botte ») a alors mené une virulente campagne de diffamation personnelle contre le premier ministre en personne, l’accusant d’être un communiste et une marionnette de l'Union Soviétique, alors que Mosaddegh était un aristocrate nationaliste. Faire de lui le Lucifer oriental était le préalable utilisé par la CIA pour renverser le premier ministre élu d'un grand pays parlementaire qui n'a toujours pas retrouvé son régime « démocratique » d’alors.

Plus récemment, au Vénézuela, Hugo Chavez a subi un traitement comparable, tout comme Yasser Arafat en Palestine ou Salvador Allende au Chili en avaient été les victimes.

 

Chaque fois que les agences de renseignement des États-Unis collaborent avec les médias pour salir un dirigeant étranger, pour l’affubler des cornes du diable et colorier en rouge son visage éclairé par les flammes de l'enfer, il faut comprendre cette projection comme le signe d’un projet visant le pays concerné.

Des chars d’assaut déployés en Pologne

Tandis que le président états-unien élu, Donald Trump, critique l’existence même de l’Otan, l’Alliance atlantique poursuit son déploiement impérial en Europe. Planifiée après la révolte du Donbass contre les putschistes nazis installés par l’Alliance à Kiev, elle vise à faire accroire en une menace russe pour justifier l’occupation militaire de l’Europe de l’Est. Une occupation soutenue par les élites politiques est-européennes, qui doivent toutes leur pouvoir aux seuls États-Unis.

Le 12 janvier 2017, deux jours après son discours d’adieu, le président Barack Obama a lancé le plus grand déploiement de forces terrestres en Europe orientale depuis la fin de la Guerre froide : un long convoi de chars d’assaut et autres véhicules blindés états-uniens, provenant d’Allemagne, est entré en Pologne. C’est la 3ème Brigade blindée, transférée en Europe de Fort Carson dans le Colorado : composée d’environ 4 000 militaires, 87 chars d’assaut, 18 obusiers automoteurs, 144 véhicules de combat Bradley et des centaines de Humvee. L’ensemble de l’armement est transporté en Pologne soit par route, soit par 900 wagons ferroviaires.

 

À la cérémonie de bienvenue qui s’est déroulée dans la ville polonaise de Zagan, l’ambassadeur US Paul W. Jones a dit qu’« au fur et à mesure que croît la menace, croît le déploiement militaire US en Europe ». Ce qu’est « la menace » a été clarifié par le général Curtis Scaparrotti, chef du Commandement européen des États-Unis (EuCom) et en même temps Suprême commandeur allié en Europe (SaCeur) : « Nos forces sont prêtes et positionnées dans le cas où il y en aurait besoin pour contrecarrer l’agression russe ». La 3ème Brigade blindée restera dans une base près de Zagan pendant neuf mois, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par une autre unité transférée des USA.

À travers cette rotation, des forces blindées états-uniennes seront en permanence déployées en territoire polonais. De là, leurs détachements seront transférés, pour entraînement et exercices, dans d’autres pays de l’Est, surtout en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Bulgarie, en Roumanie et probablement aussi en Ukraine : c’est-à-dire qu’ils seront continuellement déployés au bord de la Russie.

Un second contingent états-unien sera positionné en avril prochain en Pologne orientale, dans le dit « Suwalki Gap », une étendue de terre plate longue d’une centaine de kilomètres qui, prévient l’Otan, « serait un parfait passage pour les chars d’assaut russes ».

 

Ainsi se trouve ré-exhumé l’arsenal propagandiste des USA et de l’Otan de la vieille Guerre froide : celui des chars d’assaut russes prêts à envahir l’Europe. En agitant le spectre d’une inexistante menace de l’Est, ce sont au contraire les chars d’assaut états-uniens qui arrivent en Europe. La 3ème Brigade blindée s’ajoute aux forces aériennes et navales déjà déployées par les USA en Europe dans l’opération « Atlantic Resolve », pour « rassurer les alliés membres de l’Otan et les partenaires face à l’agression russe ». Opération que Washington a lancée en 2014, après avoir volontairement provoqué par le putsch de Place Maïdan une nouvelle confrontation avec la Russie. Stratégie dont Hillary Clinton a été la principale artisane dans l’administration Obama, visant à briser les rapports économiques et politiques de la Russie avec l’Union européenne dommageables pour les intérêts états-uniens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’escalade anti-russe, la Pologne joue un rôle central. À cet effet elle recevra sous peu des USA des missiles de croisière à longue portée, avec capacités pénétrantes anti-bunker, armables aussi de têtes nucléaires. Et en Pologne est déjà en construction une installation terrestre du système de missiles Aegis des États-Unis, analogue à celle déjà en fonction à Deveselu en Roumanie. Elle aussi dotée du système Mk-41 de Lockheed Martin, en mesure de lancer non seulement des missiles anti-missiles, mais aussi des missiles de croisière armables avec des têtes nucléaires.

À Varsovie et dans les autres capitales de l’Est —écrit le New York Times— il y a cependant « une forte préoccupation » à propos d’un possible accord du républicain Trump avec Moscou qui « minerait la totalité de l’effort ».

Un cauchemar tourmente les gouvernants de l’Est qui fondent leurs fortunes sur l’hostilité avec la Russie : celui que s’en retournent à la maison les chars d’assaut envoyés par le démocrate Obama.

Manlio Dinucci

Traduction: Marie-Ange Patrizio

Source: Il Manifesto (Italie)

Photo: Discours de Paul W. Jones, ambassadeur des États-Unis en Pologne © Army photo by Sgt. Paige Behringer, 10th Press Camp Headquarters

via: http://www.voltairenet.org/article194955.html

 

 


Pourquoi croire en Fillon, ou les vertus miraculeuses de l’inexpérience ?

Par Politic Angel 

Dans quelques mois le peuple Français aura la parole, quelques instants, pour désigner un nouveau meneur. Politiciens, partis et medias s’activent sans compter pour cette échéance. Stars de cette mise en scène, les candidats font feu de tout bois pour sécuriser leurs avantages ou créer la surprise.

F. Fillon, après avoir pris de court opposants et sondeurs, aimerait garder l’avantage, en s’appuyant sur ses multiples atouts ; l’appui d’un grand parti rompu aux combats politiciens, les faveurs de la presse, une équipe rapprochée influente et puissante, une très longue pratique du pouvoir, et bien sûr un programme apparemment solide et raisonné.

Mais le peuple est changeant, F. Fillon en sait quelque chose, il veut à la fois du crédible, du plaisant, et du neuf. Alors, l’absence de neuf, le talon d’Achille de F. Fillon ?

Eh bien non, paradoxalement il y a du neuf dans ce candidat : toutes les bonnes recettes de gestion qu’il propose pour redresser le pays. De toutes ces bonnes idées on ne trouve pas trace dans les actes récents du gouvernant Fillon, dans sa Sarthe natale.

F. Fillon, dirigeant de grande expérience, et grande inexpérience, ce qu’il faut à la France ? 

La présidentielle se profile, et l’arène politique bruisse de nombreux combats : celui des candidats qui ont une vraie chance, ceux qui veulent à tout prix dire une différence qui n’aura pas de poids, ceux qui visent en fait autre chose comme la tête d’un parti en cas de défaite. Les medias jouent leur jeu habituel aussi, caisse de résonance pour idées et petites phrases, mais aussi filtres actifs par le choix silencieux de ce qu’ils ne disent pas. Dernière pièce du puzzle des professionnels de l’élection, les sondeurs se préparent à de nouvelles vagues de prophéties prudentes, après les prédictions erronées des dernières échéances.

 

Mais, pour les aspirants à l’Elysée, l’exercice n’est pas aussi simple que jouer contre les autres et avec les médias officiels. Car le peuple, insaisissable, semble, en France comme ailleurs (Angleterre, Italie ou Etats-Unis) vouloir déjouer les manœuvres et exiger du nouveau. Preuve de cette envie de neuf plutôt que d’expérience, MM Sarkozy et Hollande, qui rêvaient chacun d’un remake de 2012, ont été brutalement mis à la retraite.

 

Et, dans ce contexte, la victoire de F. Fillon à la primaire de droite est déjà une surprise.

Car, plus qu’un homme nouveau, l’ancien premier ministre est un politicien professionnel de très longue date. En 34 ans de carrière, il a pratiqué toutes les fonctions électorales de notre République (commune, département et assemblée nationale surtout, mais aussi communauté de communes, région et Sénat), et diverses fonctions ministérielles, avant d’être premier ministre. Au total, cent ans de carrière électorale ou ministérielle. En un mot, pas du tout un homme neuf et un champion du cumul.  

Malgré cela, il a passé la barre, sans même la tutoyer.

 

Peut-être est-ce son retrait des affaires depuis 5 ans, et la durée de mémoire des médias et des électeurs qui lui donnent le visage d’un nouveau revenu. Mais on prête également à son programme solide, à son courage de dire que « cela ne peut plus durer », d’avoir su séduire et ayant l’air nouveau.

 

Et c’est ce fond des choses qui nous a intrigué, incrédules que nous sommes après une carrière d’électeur de 34 ans aussi, 34 ans de promesses non tenues, de folies normatives qui ligotent le pays, de gaspillage public jamais examiné. F. Fillon, député pendant 18 ans, moi citoyen, dépité pendant 30 ans.

 

Mais la carrière de F. Fillon nous offre une opportunité de voir si l’on peut trouver dans ses fonctions récentes une trace convaincante que son programme de gestion rigoureuse pour « redresser le pays » est une idée crédible.

Or F. Fillon, de 2007 à 2012, a été certes premier ministre, mais aussi et surtout, pour ce qui nous intéresse, président de la communauté de communes de Sablé sur Sarthe, un territoire d’environ 30.000 habitants. Un territoire aussi où F. Fillon a exercé d’autres mandats : maire de Sablé sur Sarthe de 1983 à 2001, puis conseiller municipal de Solesmes, une autre commune du groupement, de 2001 à 2014.

 

Voici donc ce que révèle, à partir des données officielles du portail des collectivités, l’analyse de la gestion de la communauté de communes de Sablé sur Sarthe de 2007 à 2012 : 

·         les dépenses (et les revenus) de fonctionnement des communes et du groupement ensemble (que nous appellerons ci-dessous « Communes+CC ») ont augmenté continument pendant la période 2007 à 2015, de 2,4% en moyenne par an, tirées par les dépenses de la communauté de communes (+7% par an) et une croissance bien plus faible des dépenses des communes (0,6% par an). Il y a donc là un ensemble de communes continuant de faire croître leurs dépenses à bon rythme, sans économie visible, avec une concentration de l’activité au niveau central de la communauté de communes (planche 1 ci-dessous). Il est à noter toutefois que cette croissance est bien plus réduite depuis 2013 (l’après F. Fillon), certainement du fait de la réduction des dotations de l’Etat (planche 2 ci-dessous), qui a enfin contrainte toutes les collectivités à examiner leurs dépenses de plus près.

·         Au sein des dépenses de fonctionnement, les dépenses de personnel ont suivi exactement le même schéma global. Réduction de 1,3% par an pour les communes, croissance de 11% par an pour la CC, pour une croissance totale de 1,9% par an pour Communes+CC (planche 2 ci-dessous). Pas trace là non plus de réduction des effectifs, qui pourtant est aujourd’hui un des points frappants du programme du candidat à la présidence.

·         Troisième poste de gestion ; les impôts locaux. Ils ont augmenté au total de 2,7% par an pour Communes+CC, avec une hausse de 19% au niveau de CC et une baisse annuelle de 4,5% pour les communes (planche 2 ci-dessous). Ceci traduit clairement une concentration du pouvoir et des décisions au niveau de la CC et de F. Fillon, même si les reversements d’impôts collectés vers les communes, une sorte de bonneteau municipal, peut brouiller l’image pour les citoyens.

·         Ces impôts contenant de multiples postes, une analyses plus fine est présentée en planche 3, séparant d’un côté l’évolution des taxes d’habitation et foncière (qui pèsent majoritairement sur les citoyens) et de l’autre des taxes spécifiques aux entreprises (taxe professionnelle puis, à partir de 2010, cotisation foncière des entreprises). Le bilan est lumineux : +7% par an pour les particuliers, -7% par an pour les entreprises. L’effet sur les entreprises est difficile à lire, brouillé qu’il est par le changement majeur qu’a été la disparition de la taxe professionnelle en milieu de période. Il y a en tout cas une évolution qui semble favorable aux entreprises (mais je suis entrepreneur depuis 2013, et ai vu l’avalanche de nouvelles taxes). Par contre, faute d’avoir maîtrisé les dépenses, la CC et les communes ont sérieusement vidé les poches des citoyens.

·         Il est aussi intéressant d’analyser les situations particulières de chacune des 16 communes de la CC. Cette situation est examinée en donnant à chaque commune, pour une année donnée, une note de dépenses et une note de santé financières, toutes deux entre 0 (très mauvais) et 30 (très bon). Ces notes comparent les dépenses ou les ratios de gestion (planche 4 ci-dessous) d’une commune avec l’ensemble des communes de même taille. Comme le montre la planche 5, en 2013, les communes de la CC de Sablé sur Sarthe sont plutôt moins dépensières que leurs comparables. Sablé sur Sarthe fait toutefois figure de notable exception, avec sa note de dépenses de 0/20/ Solesmes, ville dont F. Fillon a été conseiller municipal jusque 2012, tire mieux son épingle du jeu avec 11/20. La santé financière, plus contrastée entre communes, est toutefois globalement bonne, notamment grâce à un endettement maîtrisé, et qui a connu une évolution de faible croissance, 0,2% par an, sur la période 2007-2015 (planche 6)

 

Au terme de ces analyses, nous nous sommes livrés à une expérience de démocratie par interpellation. Nous les avons adressées à plusieurs candidats pour leur demander ce qu’ils en pensaient :

·         F. Fillon en direct n’étant pas accessible nous les avons adressées à B. Accoyer, son bras droit devenu secrétaire général des Républicains. Aucun retour. Pas étonnant, comme les grands partis « de pouvoir », Les Républicains n’est pas à l’écoute des citoyens qui l’interpellent librement.

·         Le PS, difficile à joindre aussi. Pas de moyen d’adresser ces pièces jointes aux messages laissés sur le site, et notre demande d’avoir une adresse mail pour ce faire est restée sans réponse. Même syndrome que les Républicains.

·         Le FN, plus facile à aborder, donne des adresses courriel pour ses principaux dirigeants. Alors Marine le Pen et Floriant Philippot ont été contactés. Là encore, aucun accusé de réception. Nous avons connu un FN bien plus réactif au citoyen anonyme qui les interpelle, c’était il y a vingt ans avant une élection législative. Bon, peut-être se sont-ils « systématisés », et sont-ils encombrés dans des luttes intestines.

 

Alors le citoyen factuel est très dubitatif. Pourquoi ne pas avoir mis en œuvre toutes les belles intentions de gestion rigoureuse annoncées pour demain dans ce petit laboratoire où F. Fillon avait certainement la main ?

Comment ne pas ajouter à cette incohérence un doute quand on entend des voix dire à quel point 500.000 fonctionnaires de moins en 5 ans cela n’est pas possible, compte tenu des statuts et rigidités.

Et comment, si on fait partie des victimes du « ras le bol fiscal », ne pas anticiper que ces promesses non tenues demain se traduiront encore par de nouvelles ponctions ? Soit des ponctions d’Etat soit, plus hypocrite, une nouvelle vague de massacre par les collectivités, auxquelles l’Etat transfèrerait de nouvelles charges sans transférer les ressources, ou en coupant les dotations globales de fonctionnement sans les moduler en fonction de la baisse des dépenses.

 

Là s’arrêtent les faits, là s’arrêtent les questions. Chacun pourra ici apporter sa propre réponse, en choisissant peut-être parmi trois options pour le cas F. Fillon : 

·         « Ah d’accord, rien à faire face aux faits, ce programme c’est, une nouvelle fois, du flan ». Candidat suivant.

·         « Moi j’y crois, quoi qu’il en soit, et c’est de toute façon le moins mauvais choix ? »

·         "Et moi je crois au changement profond d’un homme parti à la rencontre du peuple depuis 5 ans. Au fond, peut-être a-t-il vraiment changé."

A vous de choisir.

 

Mais avant tout, citoyens, le neuf, le vrai, c’est d’apporter les faits sur la table de cuisine électorale, pour voir qui sont vraiment les chefs dignes de confiance. Et moi, modeste citoyen mirliton libre et indépendant, j’espère que mes épices vous donneront envie de propager ces analyses.

Bon appétit.

 

 

F. Lainée, fondateur des Politic Angels

Les médias cadenassés

Par kssard

 

En 1840, Balzac affirmait « La presse est en France un quatrième pouvoir (en référence pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire) dans l'État : elle attaque tout et personne ne l'attaque.  L'essor de la presse a souvent été accompagné de grands combats comme l’affaire Dreyfus (1896/1899) avec le célèbre J’accuse d’Emile Zola, qui marqua alors l’importance de l’information.

 

Ces préambules sont enseignés dans les écoles de journalisme mais aujourd'hui la réalité est toute autre. Le quatrième pouvoir est depuis longtemps digéré et asservi par le politique au service du libéralisme. Il est cadenassé à la fois par les grandes agences de presse, par les multinationales ou les banques qui détiennent le capital des médias, plus spécifiquement pour la presse écrite par les subventions publiques. Comme si cela ne suffisait pas, le parlement européen a émis le 23 novembre une résolution contre les médias russes. 

Le grand public n'a souvent pas connaissance de l'existence des grandes agences de presse.

Elles constituent pourtant l'ossature de tout le système médiatique dans le monde atlantiste. La majorité des nouvelles internationales proviennent de quatre agences de presse basées à New York, Paris, Londres et Berlin.

Elles donnent le LA à l'ensemble des médias. Qu'il s'agisse de l'élection américaine, de la Russie, de l'Ukraine, de la Syrie ou des institutions européenne, c'est une ligne éditoriale parfaitement calibrée et sans surprise. Autant dire qu'il s'agit d'agences patentées de l'OTAN qui se nourrissent notamment, de la guerre froide, de l'ennemi russe alors que le pacte de Varsovie est pourtant dissous depuis 1991 et qui protègent l'establishment financier Wall Street, la City, la BCE, le quantitative easing, la commission européenne, etc, etc....

 

Ces agences sont principalement au nombre de quatre

• L’agence américaine Associated Press (AP), avec plus de 4 000 employés dans le monde entier, AP appartient aux entreprises de médias des États-Unis et à sa rédaction principale à New York. Les informations de l’AP sont utilisées par environ 12 000 médias et atteignent ainsi chaque jour plus de la moitié de la population mondiale.

• L’Agence France Presse (AFP), qui est quasiment publique, a son siège à Paris et emploie également environ 4 000 personnes. Chaque jour, l’AFP expédie plus de 3 000 informations et 2 500 photos à des médias dans le monde entier.

• L’agence britannique Reuters à Londres, est une agence privée, et emploie un peu plus de 3 000 personnes. En 2008, Reuters a été acheté par Thomson le patron canadien des médias – une des 25 personnes les plus riches du monde – et a fusionné en Thomson Reuters dont le siège est à New York.

• L’agence de presse allemande (DPA) emploie environ 1 000 journalistes dans environ 100 pays. La DPA possède des maisons d’édition de médias allemands et des stations de radiodiffusion. Sa rédaction principale est depuis 2010 dans l’Axel-Springer-Hochhaus à Berlin. La DPA collabore étroitement avec l’AP américaine et possède la licence pour la commercialisation des services de l’AP dans l’espace germanophone. Si on regarde de plus près, on constate que les sujets traités par ces quatre agences de presse ainsi que les angles d’attaques sont le plus souvent les mêmes.

 

Appartenance des grands médias aux entreprises multinationales ou aux banques.

Qu''il s'agisse de la presse écrite ou des chaînes de télévision, elles appartiennent maintenant soit aux banques soit aux entreprises multinationales. Dans les années 90, les médias s'interrogeaient sur ce qui pouvait bien pousser les banques ou les grandes entreprises à procéder à ces acquisitions, en invoquant le mécénat, l'image de l'entreprise qui en sortait grandie. A ce sujet, lire l'excellent livre de Laurent Mauduit aux éditions Don Quichotte, 442 pages, 19 euros.

Il évoque de manière explicite un certain nombre d'exemples :

- Bolloré – Canal+

- Patrick Drahi, le propriétaire de SFR, détient aussi LibérationL’Express, BFM et RMC.

- Un trio d’hommes d’affaires qui possède le Monde ainsi que l’ex-Nouvel Observateur : entre Xavier Niel, le patron de l’opérateur Free qui a fait fortune dans le Minitel rose, Mathieu Pigasse, qualifié d’« Alain Minc en plus jeune », et Pierre Bergé « vieil oligarque ombrageux et arrogant »

 

Depuis qu’une poignée d’hommes d’affaires se sont accaparés les principaux médias, on assiste à la multiplication de procédés tels que « censures, autocensures, normalisations éditoriales, information low cost, javellisée ou aseptisée ». Pire encore, tout cela se déroule sous les yeux des pouvoirs publics qui, dans le meilleur des cas, laissent faire voire soutiennent ou participent à cette prise en main.

 

Troisième pathologie du système médiatique touchant la presse écrite, son subventionnement.

La Cour de Comptes en 2014 avait dressé un rapport accablant. Ces aides sont de l'ordre de 280 millions d'euros. Sur les période 2009-2011, voici les trois titres les plus grâcement dotés

- Le Monde 18 465 277 €

- Le Figaro 17 217154 €

- Ouest France 15 784 440 €

 

Ces aides qui sont censées garantir la pluralité de la presse amènent naturellement les rédactions à produire des lignes éditoriales censées ne pas déplaire à nos gouvernants pour se donner le maximum de chances de voir la-dite subvention reconduite chaque année par la nouvelle loi de finances. C'est le type même de mesure qui procède de la bonne intention mais qui produit l'effet inverse à celui recherché.

 

Cerise sur le gâteau : la résolution le 23 novembre du parlement européen contre la presse russe.

Cette résolution s'appuie sur le préambule suivant : « La pression en matière de propagande subie par l'UE de la part de la Russie et des groupes terroristes islamistes est grandissante,...... La désinformation cherche à dénaturer la vérité, à inciter à la peur, à provoquer le doute et à diviser l'Union. ….Un plus grand investissement dans les médias en ligne et locaux, le journalisme d'investigation et la maîtrise de l'information sont également des pistes suggérées par les députés.  »

On croit rêver, « un plus grand investissement dans les médias en ligne, le journalisme d'investigation et la maîtrise de l'information ». Je pense que l'on est ici en présence « du mal absolu », de la quintessence de ce que la ploutocratie européenne est capable de produire. Ceux qui comme moi craignent maintenant d'allumer leur télé ou leur radio du fait de la couverture médiatique malhonnête sur la Russie, l'Ukraine, la Crimée, le Kosovo, la Syrie vont être servis.....

 

Messieurs les journalistes qui évoquez si souvent l'amour de votre métier et votre déontologie vous ne devez pas être très à l'aise en ce moment. En d'autres termes le temps est peut-être venu de changer de métiers pour certains. Pour ma part, il y a longtemps que je suis obligé d'aller chercher mon information ailleurs que dans les médias mainstream pour lesquels j'ai perdu toute confiance du fait des raisons évoquées dans cet article.

 

 

En savoir plus : 

https://fr.sputniknews.com/international/201612071029057249-medias-invisibles-propagande/

http://www.force-ouvriere.fr/laurent-mauduit-lance-un-avis-de-tempete-sur-la-liberte-de-la

https://www.contrepoints.org/2015/01/17/194753-stop-aux-subventions-a-la-presse

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/FONTENELLE/50945

 

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20161118IPR51718/les-propagandes-anti-ue-russe-et-des-groupes-terroristes-islamistes-alarmantes

19 janvier 2017

Cadence ; c’est pire que

vous ne pensez

Par alinea

 

Il est toujours question de garder les cadences, au travail, informations, faits-divers, mauvaises nouvelles, jusqu'à les rendre infernales, jusqu'à déchoir : la décadence.

La chute, de la pensée, accompagner nos actes de notre intelligence et de notre conscience, a laissé la place au désir du nouveau inculqué depuis déjà longtemps par le consumérisme, et peu importe si ce nouveau est laid, si ce nouveau n'apporte rien de plus, même ôte parfois de l'aise, on retrouvera dans un autre différent, avatars pourtant tous du même vide, de quoi se distraire cinq minutes. Qu'il s'agisse de loisirs ou de destinations, d'hommes politiques ou de logis, le neuf convient qu'il sera temps de rénover demain.

Attention. Nous sommes dans les cadences infernales qui nous mènent à la chute, à la décadence. Une introspection est vitale, que l'on soit politisé actif, que l'on soit bouchon sur les flots, ne laissant pas faire le cours de l'histoire par-dessus nos têtes. Si la lutte n'est plus à notre portée, désobéissons.

Étudier les mouvements de foule, étudier les mouvements de l'histoire ne sert à rien si on n'en tire pas leçons.

Pourquoi le fric fait l'élection ? Parce que les gens moulés, formatés à la pub, marchent à la pub.

Ah, quand allons-nous introduire l'esprit de contradiction comme épreuve déterminante au baccalauréat ? L'esprit de contradiction se dépasse, chacun pour soi, mais il est l'élément indispensable à la créativité.

Bon, je pourrais continuer des heures ; je suis tombée sur cet article de Chris Hedges, qui parle certes des États-Unis, mais qui est un avertissement général.

Je vous le propose en vous le recommandant !

 

 

C’est pire que vous ne le

pensez, par Chris Hedges

 

 

Par Chris Hedges

Des policiers de New York gardent la Trump Tower, la résidence du président élu Donald Trump à Manhattan. (Richard Drew / AP)

Il y aura énormément d’agitation sociale quand la base de Donald Trump se rendra compte qu’elle a été trahie. Je ne sais pas quand cela arrivera. Mais il est certain que cela arrivera. Les investissements dans les actions de l’industrie de l’armement, de la sécurité intérieure et des complexes de prisons privées sont montés en flèche depuis l’élection de Trump. Quelle meilleure source de profits qu’un État policier militarisé ?

Notre démocratie capitaliste a cessé de fonctionner il y a plus de vingt ans. Nous avons été victimes d’un coup d’État du monde des affaires mené à bien par les Partis démocrate et républicain. Il ne reste pas d’institutions qu’on puisse légitimement qualifié de démocratiques. Dans une vraie démocratie, Trump et Hillary Clinton n’auraient jamais été nommés candidats à la présidence. La longue et impitoyable attaque du monde des affaires contre la classe ouvrière, le système législatif, la politique électorale, les médias de masse, les services sociaux, l’écosystème, l’éducation et les libertés civiles ont, au nom du néolibéralisme, éviscéré le pays, qui est devenu une épave en décomposition. Nous vantons les mérites de l’ignorance. Nous avons remplacé les discussions politiques, l’information, la culture et les efforts intellectuels par un respect religieux pour la célébrité et le spectacle.

Comme l’a fait remarquer l’historien Gaetano Salvemini, « l’abandon des institutions démocratiques » constitue la base du fascisme, qui est le produit d’une démocratie qui a cessé de fonctionner. L’apparence de démocratie va demeurer, comme lors des dictatures de la seconde partie de l’Empire romain, mais sa réalité, c’est le despotisme ou, dans notre cas, le despotisme du monde des affaires. Le citoyen ne participe pas vraiment au gouvernement.

« Cette situation ressemble beaucoup à celle de la fin de la république de Weimar en Allemagne, m’a dit Noam Chomsky avec une perspicacité troublante quand je l’ai rencontré il y a six ans. Les parallèles sont frappants. Il y avait aussi, à l’époque, un terrible désenchantement au sujet du système parlementaire. Le fait le plus frappant à propos de Weimar, c’était non pas que les Nazis aient réussi à anéantir les sociaux-démocrates et les communistes, mais que les partis traditionnels, les conservateurs et les libéraux, détestés, aient disparu, ce qui laissa un vide dans lequel les Nazis, avec beaucoup d’astuce et d’intelligence, s’engouffrèrent.

Les États-Unis ont beaucoup de chance qu’aucun personnage honnête et charismatique ne soit apparu, continua Chomsky. Tous les personnages charismatiques sont si évidemment des escrocs qu’ils se détruisent eux-mêmes, comme Joseph McCarthy, Richard Nixon ou les prêcheurs évangélistes. Si quelqu’un de charismatique et d’honnête apparaît, ce pays va avoir des problèmes à cause de la frustration, du désenchantement, de la colère légitime et de l’absence de réactions cohérentes. Qu’est-on censé faire si quelqu’un dit : “J’ai une réponse : Nous avons un ennemi” ? Il y a eu les juifs. Ici il y aura les immigrants illégaux et les noirs. On nous dira que les hommes blancs sont une minorité persécutée. On nous dira que nous devons nous défendre et défendre l’honneur de notre pays. La force armée sera exaltée. Il y aura beaucoup de violence, de passages à tabac. Tout cela pourrait prendre une importance colossale. Et si cela arrive, le danger sera plus grand qu’en Allemagne. Les États-Unis sont une puissance mondiale. L’Allemagne était puissante mais elle avait des ennemis plus puissants. Je ne pense pas que ces évènements soient si éloignés. Si les sondages ne se trompent pas, ce ne sont pas les Républicains, mais les Républicains de droite, les cinglés, qui vont remporter la prochaine élection avec une majorité écrasante. »

La répression des opposants ne va pas tarder à ressembler à la répression sous les anciens régimes totalitaires du passé. La sécurité d’État va devenir une présence envahissante et palpable. On va traiter les formes d’opposition les plus modérées comme si elles constituaient une menace pour la sécurité nationale. Beaucoup, dans l’espoir d’éviter le courroux de l’État, vont devenir dociles et passifs. Nous, cependant, nous devons riposter. Nous devons nous lancer dans des actions durables de désobéissance civile, comme beaucoup l’ont fait dans les rues depuis l’élection. Cependant nous devons aussi être conscients que l’espace démocratique dont nous disposons dans notre système de totalitarisme inversé s’est beaucoup rétréci.

Trump, sans institutions démocratiques pour le contenir, va précipiter les attaques du monde des affaires. Le système de pensions de vieillesse et d’invalidité sera privatisé, et les forces de police militarisées seront mises hors de cause quand elles tueront, sans discernement, des citoyens désarmés, tandis que le président laissera se déchaîner l’industrie de l’énergie fossile qui va dégrader la vie sur Terre et très probablement y mettre fin. Dans son administration vont siéger les extrémistes du Parti républicain, des hommes et des femmes profondément dénués d’intelligence, de moralité, et dotés de la faculté étonnante de faire peu de cas de la réalité. Ces idéologues ne parlent que le langage de l’intimidation et de la violence.

La moitié du pays vit dans la pauvreté. Nos anciens centres industriels sont des friches, des ruines. Un simple décret judiciaire nous a dépouillés de nos droits constitutionnels, y compris du respect des droits de la défense et de l’habeas corpus. Les entreprises et la classe des milliardaires boycottent légalement les impôts. La police abat des citoyens désarmés dans la rue. Les forces armées, aux termes de l’article 1021 du National Defense Authorization Act, ont le pouvoir de transférer des citoyens étatsuniens dans tout le pays, de leur enlever tout droit à un procès équitable et de les retenir indéfiniment sur nos sites clandestins. Nous sommes le peuple le plus espionné, surveillé, écouté, photographié et contrôlé de l’histoire. Quand le gouvernement vous surveille 24 heures sur 24, vous ne pouvez pas employer le mot « liberté ». C’est la relation d’un maître et de ses esclaves. Et les gouvernements qui exercent ce type de surveillance deviennent vite totalitaires. Les élites faillies ont donné à Trump et à ses copains les outils légaux et physiques capables de transformer instantanément l’Amérique en un État policier brutal.

Rudy Giuliani ; Newt Gingrich, qui préconise de déchoir de leur citoyenneté les citoyens étatsuniens soupçonnés d’être peut-être des terroristes ; le général en retraite Michael Flynn et John Bolton, eh bien ces hommes ne vont faire preuve d’aucune modération ni légale ni morale. Ils voient le monde à travers les lunettes manichéennes du bien et du mal, en noir ou blanc, et pour eux, on est ou un patriote ou un traître. La politique est devenue, comme le philosophe Walter Benjamin l’a dit du fascisme, une esthétique. Et l’expérience suprême pour les fascistes, comme Benjamin nous en a avertis, c’est la guerre.

La terreur d’État et la violence d’État, que connaissent bien les gens de couleur pauvres de nos colonies intérieures, nous allons nous aussi bien les connaître. Le racisme, le nationalisme, la misogynie, l’islamophobie, l’antisémitisme, l’intolérance, la suprématie blanche, le fanatisme religieux, les crimes haineux et la vénération des valeurs hyper masculines de la culture militaire vont définir le discours politique et culturel. Les élites au pouvoir vont essayer de détourner la frustration et la rage croissantes en direction des éléments vulnérables de la société, les travailleurs sans-papiers, les musulmans, les afro-américains, les latinos, les homosexuels, les féministes et autres. Nos guerres sans fin au Moyen-Orient vont s’étendre, peut-être jusqu’à une confrontation avec la Russie.

Certains, comme Ralph Nader, ont vu venir cette dystopie. Ils ont, de toutes leurs forces, essayé de fonder un troisième parti viable et de donner aux mouvements citoyens le pouvoir d’offrir à la classe ouvrière déshéritée un idéal, de l’espoir. Ils savaient que plus longtemps le monde des affaires étranglait le système économique et politique, plus on semait les germes d’un fascisme américain.

Les élites ont dressé de nombreux obstacles, en refusant de laisser Ralph Nader ou ensuite Jill Stein participer aux débats, en rendant le vote difficile ou impossible, en transformant les campagnes électorales en longs spectacles qui coûtent des milliards de dollars, et en utilisant habilement la politique pour intimider les électeurs. Cependant, la classe libérale faillie a aidé les élites, élection présidentielle après élection présidentielle, surtout d’ailleurs après le succès de Nader en 2000, les prétendus progressistes ont succombé au maître mot stupide, « le moindre mal ». Ceux qui auraient dû être les alliés naturels des troisièmes partis et des mouvements d’opposition ont honteusement capitulé devant le Parti démocrate qui, comme le Parti républicain, est au service de la bête immonde de l’impérialisme et fait la guerre aux pauvres, à la classe ouvrière et à la classe moyenne. La lâcheté de la classe libérale lui a fait perdre toute crédibilité, comme Bernie Sanders quand il a vendu son âme à la campagne Clinton. La classe libérale a prouvé qu’elle n’avait pas le courage de se battre pour quoi que ce soit. Elle a dit des mots et évoqué des idées auxquels elle ne croyait pas vraiment. Elle est, en grande partie, responsable du mouvement qui a créé Trump. Elle aurait dû, après que le président Bill Clinton eut fait voter en 1994 le NAFTA, avoir la prescience d’abandonner le Parti démocrate pour fonder des partis et des institutions qui défendent vraiment les intérêts de la classe ouvrière. Si elle avait défendu les membres de cette classe, cela aurait sans doute empêché ceux-ci d’être séduits par des protofascistes.

La pourriture de notre démocratie faillie a régurgité un escroc, créé par les médias, qui a d’abord joué le rôle de maître de l’univers de fiction dans une émission de téléréalité et ensuite celui d’homme politique dans un vaudeville. Trump a attiré les dollars et augmenté les taux d’audience. La vérité et la réalité ne jouaient aucun rôle ici. Ce n’est qu’après sa nomination comme candidat que les médias ont vu leur Frankenstein comme une menace, mais alors c’était trop tard. S’il y a un autre groupe borné aussi haï, et même plus, que la classe libérale, c’est la presse subordonnée au monde des affaires. Plus elle attaquait Trump, plus Trump séduisait.

Trump est emblématique de ce que les anthropologues appellent « les cultes de crises ». Une société en phase terminale se réfugie souvent dans la pensée magique. La réalité est trop difficile à supporter, alors cette société se met à croire aux promesses extraordinaires et impossibles d’un démagogue ou d’un charlatan qui promet le retour d’un Âge d’or perdu. Les bons boulots vont revenir. Le pays va redevenir prospère. Les villes délabrées vont être reconstruites. L’Amérique va être grande, de nouveau. Ces promesses, impossibles à tenir, ne diffèrent pas de celles qu’a faites aux Amérindiens, dans les années 1880, le prétendu prophète religieux Wovoka. Il demandait à ses disciples de faire des cérémonies de danse de cinq jours, appelées la Ghost Dance. Les Amérindiens portaient des chemises qui, leur avait-on dit, les protégeraient des balles. On leur avait assuré que les troupeaux de buffles reviendraient, que les chefs et les guerriers morts surgiraient de la terre et que les hommes blancs disparaîtraient. Aucune des promesses du prophète ne se réalisa. Beaucoup de ses disciples furent abattus comme des moutons par l’armée des États-Unis.

Nous sommes face à la crise la plus profonde de l’histoire de l’humanité. Et en réponse, nous élisons comme président un homme qui ne croit pas au changement climatique. Une fois que les sociétés ont coupé le contact avec la réalité, ceux qui disent la vérité deviennent des parias et des ennemis de l’État. Ils sont en butte à une forte répression étatique. Ceux qui sont perdus dans les rêveries du culte de la crise applaudissent à l’élimination de ces Cassandre. Les mythes si séduisants de la pensée magique sont d’agréables opiacés. Mais cette drogue, comme toutes les drogues, mène à la dégradation et à la mort.

Source : Truthdig,

 

(Lu sur Les Crises)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marine Le Pen à la Trump Tower, mercredi 11 janvier 2017. Photo : Samuel Levine/AFP.com

La candidate du Front national à l’élection présidentielle a réitéré sa proposition de couper l’accès aux aides aux immigrés de fraîche date, pour la scolarité notamment. A demi-mots, elle évoque également le rétablissement d’aides pour les Français les plus aisés installés à l’étranger.

Marine Le Pen a réaffirmé ce matin sur RTL sa volonté d’instaurer un délai de carence pour l’accès aux aides pour les étrangers installés en France. Estimé « par exemple » à deux ans, a-t-elle acquiescé à la question de la journaliste, il concernerait les remboursements de frais médicaux, mais aussi l’éducation, en établissement public ou hors contrat. La présidente du Front national met non seulement en avant la « préférence nationale » mais invoque la réciprocité : « Il y a des tas de Français qui vont travailler aux Etats-Unis, en Allemagne, en Australie et personne ne leur paye ni les soins ni l'école. » Oubliée la France terre d’accueil « mieux-disante » socialement… Fidèle à son habitude, la chef de file de l’extrême droite française veut réduire les droits des derniers immigrés arrivés sur le sol national, souvent les plus faibles. 

Mais Marine Le Pen fait pire. Car comme souvent avec le FN, une mesure cache d’autres préoccupations. « Les Français qui sont par exemple aux Etats-Unis paient la scolarisation de leurs enfants depuis cinq ans. Avant c’était gratuit dans les écoles françaises, maintenant c’est payant.  Et ça n’a l’air de scandaliser personne. Pourtant ils sont Français et à ce titre ils devraient quand même bénéficier de la gratuité de l’école française. » Certes – et c’est l’argument sur lequel s’appuie Le Pen - on peut se demander pourquoi les enfants Français installés à l’autre bout du monde paieraient l’école quand elle est gratuite sur le territoire national. Demandons-nous plutôt pourquoi les Français qui vivent en France et y scolarisent leurs enfants paieraient sur leurs impôts les frais de scolarité pour les 125 000 enfants de Français expatriés (1) qui le plus souvent paient leurs impôts dans leur pays de résidence. En sous-entendant une rupture dans l’égalité, c’est en fait à une flagrante inégalité de classe que la candidate du Front national voudrait revenir. Une inégalité  - elle se gardera bien de le dire - mise en place par Nicolas Sarkozy.

Les Etats-Unis, le pays « exemplaire » pour Marine le Pen

L’ancien président de la République, sous couvert d’aide au réseau international d’établissements français (500 établissements situés dans 137 pays), dont « les financements publics ne (permettaient) plus de couvrir les frais », expliquait Le Monde en janvier 2013, avait décrété « le remboursement intégral des frais de scolarité des lycéens », conformément à ses promesses de campagne de 2007. Pour l’anecdote, cette décision avait été appliquée alors que son fils Louis fréquentait le lycée français de New York, à 20 000 euros l’année… La mesure avait été levée par le gouvernement Ayrault en 2013, car outre la prise en charge totale de 33 millions d’euros, c’est en tout 110 millions d’euros qui étaient inscrits au budget pour financer la scolarité des Français à l’étranger, avec des critères qui selon la ministre déléguée aux Français de l’étranger « privilégiaient trop les familles au train de vie le plus élevé ». Le Monde citait à l’époque des comptes 2011 qui mentionnaient une famille installée à Londres et « gagnant 170 000 euros annuels » remboursée à hauteur de « 41% des 16 000 euros de frais de scolarité qu'elle déboursait pour ses deux enfants inscrits dans l'école bilingue », une autre expatriée à Houston « aidée à hauteur de 76 % pour ses 26 000 euros annuels de facture scolaire en dépit de ses 120 000 euros de revenus annuels ».

C’est d’ailleurs aux Etats-Unis, le pays « exemplaire » que cite Marine le Pen, que cette injustice sociale était la plus flagrante : en tout, relevait le ministère, « 776 familles françaises installées aux Etats-Unis se sont partagées en 2011 une enveloppe de 12 millions d'euros au titre de l'aide à étudier dans un établissement français ». Est-ce vers ce modèle que la présidente du Front national, qui prétend parler « au nom du peuple », veut faire revenir en France ?

(1) Sur les 336 000 élèves scolarisés dans les établissements français dans le monde, 211 000 sont étrangers, estimait en septembre 2016 le ministère des Affaires étrangères.

 

 

POLITIQUE

FRANÇOIS FILLON

« Autorité », « discipline » et « fierté nationale», le mantra de Fillon

 

PIERRE DUQUESNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AFP

Serrez les rangs ! Tel a été le message envoyé ce week-end par le candidat LR à ses troupes, depuis la salle de la Mutualité. Les débuts poussifs de sa campagne ne s’expliquent pas simplement par les erreurs de ses équipes en matière de santé, mais aussi par les turbulences que le Sarthois a dû affronter au sein même de son camp

« J’attends de mon parti de la responsabilité et de la discipline. » François Fillon a redoublé d’autorité, samedi, à l’occasion de la Conseil national du parti Les Républicains, organisé à la Mutualité devant près de 2500 personnes. Le but du candidat de la droite, officiellement investi par son parti,  était évidemment de faire en sorte que ceux qui sont « en première ligne », les militants de terrain, redoublent « d’ardeur » après ce coup d’envoi solennel de la campagne.

François Fillon avait surtout une autre préoccupation : « l’unité » de ses troupes. Car le début de sa campagne n’a pas été uniquement plombé par les réactions populaires à son projet pour la sécurité sociale. Le Sarthois a aussi dû faire face à de nombreuses turbulences provenant de son propre camp. Les anciens Sarkozystes ont été les plus véhéments. « Tu n’as pas besoin de clones », a lancé Laurent Wauquiez à François Fillon, depuis la tribune, samedi. Plus tôt dans la semaine, il avait plaidé pour le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires, mise en place par le gouvernement Fillon et supprimées sous François Hollande. « Il faut un signal pour la France qui travaille », avait prévenu le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes sur les ondes d’une radio nationale. Et d’ajouter : « Un projet présidentiel en 2017, ça ne peut pas être que du sang et des larmes.»  

Des mots très mal pris par le nouveau leader de la droite. « Il m’arrive d’entendre certains à droite utiliser les mêmes mots que la gauche… Que ma victoire ait pu décevoir certains je puis le concevoir, mais j’attends de mon parti de la responsabilité et de la discipline », a répliqué François Fillon. Il a répondu longuement sur le fond. Réintroduire la défiscalisation des heures supplémentaires viderait de tout son sens une autre mesure chère au Thatcher de la Sarthe : le rallongement de la durée du travail. « Pour les salariés et même les entreprises, il vaudra bien mieux rester aux 35 heures et bénéficier des avantages fiscaux et sociaux dès la 36e heure… » Or, François Fillon ne veut plus seulement « aménagé le symbole », comme en 2007. « Moi, prévient-il, je veux en sortir vraiment pour imprimer une autre culture, celle de la négociation.»

 

Ce n’est pas le seul motif de zizanie à droite. De nombreux élus ont remis en cause sa volonté de ne pas revenir sur le non-cumul des mandats. Là encore, la réponse de l’ex-premier ministre fut cinglante. «Comment nos concitoyens pourraient-ils comprendre que nous nous occupions de nous-mêmes au lieu de nous occuper d’eux », a déclaré celui qui ne cesse d’invoquer la figure du Général de Gaulle.

Ces divergences, auxquelles s’ajoute l’impair commis par son porte-parole Gérald Darmanin sur le temps de travail, sont quelque peu sur-jouées. Pourquoi ? La désignation des investitures aux législatives ne sont toujours pas achevées. Près de 466 candidats ont été pour l’instant désigné le conclave chargé de les examiner, piloté par Jean-François Lamour. Près d’une centaine de circonscriptions, attendent encore leur candidat de la droite et du centre. Si 78 d’entre elles ont pour l’instant été attribuées aux centristes de l’UDI, il faudra attendre un accord définitif, toujours âprement négocié.

53 circonscriptions font toujours l’objet de négociations ouvertes. C’est le cas notamment de celle du député Fillon. La deuxième circonscription de Paris, située dans le très chic VIIe arrondissement était convoitée par Nathalie Kosciusko-Morizet, ralliée à Alain Juppé pendant les primaires, ainsi que par Rachida Dati, proche de Nicolas Sarkozy. Si la première hérite de la 11e circonscription parisienne, tenue par le socialiste Pascal Cherki, la deuxième, maire du VIIe arrondissement, n’est pas pour autant certaine de rafler la mise. La généticienne Dominique Stoppa-Lyonnet, suppléante de François Fillon et conseillère du candidat en matière de santé, souhaite aussi mettre la main sur ce bastion. La circonscription d’Henri Guaino, lui aussi proche de Nicolas Sarkozy, est toujours en balance.

On comprend mieux les grandes déclarations Laurent Wauquiez qui en profite pour se poser en gardien du temple de la Sarkozie en vue d’échéances futures. Nul doute qu’une fois que le travail de la commission nationale d’investiture achevé, et l’accord avec les centristes définitivement signé, la droite saura, comme souvent, serrer les rangs derrière son chef.

Le discours de la Mutualité, véritable coup d’envoi de la campagne à droite, délivre toutefois un autre enseignement : François Fillon ne veut pas lâcher sa ligne droitière. Il restera « droit dans ses bottes ». Cette promesse, faite lors de ses vœux à la presse, a été une renouvelée samedi dans un discours ponctué des mots appartenant au champ lexical du chef de guerre, du commandant militaire et du combattant.

« Les balles sifflent de partout. Visiblement, je gène et visiblement on cherche à vous intimider », a déclaré celui qui a toujours rêvé de devenir ministre de la Défense pour mieux appeler ses militants au « sang-froid ». « La victoire récompensera le camp le plus décidé », a-t-il promis, motivé à l’idée de menée frontalement la bataille idéologique. « Je ne vais pas changer ce que je crois et ce que je veux en fonction des vapeurs des uns et des injonctions du microcosme. Il y a deux mois, je n’étais pas son candidat favori ; je n’ai pas l’intention de le devenir.» Un pari risqué. Mais le candidat de la droite estime pouvoir s’appuyer sur une base suffisamment solide à droite pour assurer sa présence au second tour.

S’il a bien fait part cette semaine un regrets sur la Sécurité sociale, c’est d’abord et surtout d’avoir commis une erreur stratégique et d’avoir été « mal compris ». Car sur le fond, François Fillon veut apparaître comme inamovible. « Ce projet, je vais l’expliquer, je vais le préciser, l’enrichir de vos meilleures idées, mais pas de zigzags, pas de camomille. Je m’appelle François Fillon, pas François Hollande ! » Après un long complet sur la « nécessité de l’ordre » face aux « menaces » terroristes, le patron de la droite a appelé ses troupes à s’engager sans réserve dans une « bataille franche».

 

 

 

Europe et banquiers associés dans la plus grande arnaque de tous les temps

Par Verdi 

 

Perte de souveraineté des Etats : grâce à la complicité de l’Union Européenne, 90% de la monnaie est émise par les banques, sous forme de dettes et emprunts -l’argent scripturaire-, dont les intérêts engraissent comme jamais la finance mondiale. Tout aussi préoccupant, en 2014, la Commission européenne a décidé de limiter la garantie des dépôts bancaires.

Contraints d’emprunter sur le marché privé, les Etats, dépossédés de leur droit régalien de frapper monnaie, appelée la monnaie fiduciaire (pièces et billets), sont emprisonnés dans un système suicidaire, otages des agences de notation, officines au service exclusif des fonds d’investissement et autres fonds de pensions (principalement anglo-saxons), hautement spéculatifs. En favorisant le profit facile et la cupidité des banquiers, l’Europe a ouvert la boîte de Pandore.

Résultat : la croissance de l’économie réelle européenne est en berne, depuis le traité de Lisbonne, en 2007 (merci Messieurs Sarkozy et Fillon qui ont bafoué le référendum du 29 mai 2005), faute, pour les investisseurs et entrepreneurs, de pouvoir de trouver les capitaux suffisants, nécessaires au financement de leur développement.

Autre conséquence : les particuliers se retrouvent, comme les Etats, couverts de dettes, sans savoir que les banques qui leur ont prêté l’argent, n’ont en fait débloqué qu’un montant « virtuel », en quelque sorte une monnaie « fantôme », qui n’est un jeu d’écriture comptable. L’argent des épargnants n’abonde plus les crédits. Ce ne sont pas les dépôts qui font les crédits, mais l’argent scripturaire, créé d’un simple clic sur un clavier d’ordinateur.

Même le FMI préconise le contrôle étatique de la monnaie

En abandonnant leur souveraineté monétaire, les Etats de la zone euro ont transféré leur pouvoir à la Banque Centrale européenne, laquelle est elle-même tenue de respecter l’article 104 du traité de Maastricht, confirmé par l’article 123 du traité de Lisbonne, qui lui interdisent de financer directement les Etats.

Inconscients, ou complices des banquiers, les dirigeants européens n’ont cessé d’accorder des privilèges aux banques, depuis le traité de Maastricht. Résultat : le système financier, au bénéfice d’une poignée de profiteurs, étouffe les sociétés humaines, sans que l’individu lambda ne comprenne grand-chose aux problèmes financiers qui le minent, alors qu’il n’est que la victime d’un système mafieux.

Sortir de ce système infernal, dans lequel 90% de la monnaie est en réalité « fausse », en tout cas, non garantie en valeur, impose que la création monétaire redevienne le monopole des Etats, par le biais de leur Banque Centrale. Avec comme mesure corollaire l’indispensable nationalisation des banques et des établissements financiers. En 2012, même le très libéral FMI préconisait le contrôle étatique de la création monétaire

Baisse des réserves obligatoires et limitation de la garantie des dépôts

Mis en place, en 1999, dans la zone euro, le pourcentage des réserves obligatoires que les banques sont tenues de déposer à la Banque Centrale, a été baissé de 2 à 1% en janvier 2012. Un cadeau colossal fait aux banques par l’U.E., soi-disant, pour leur permettre de dégager des marges. Résultat, la garantie des dépôts des particuliers s’est trouvée amputée.

Au lieu d’exiger des banques de maintenir une garantie intégrale -équivalente à la valeur de l’argent présent en compte- la Commission Européenne a, au contraire, sous couvert de renforcer leur protection, décidé de la limiter, en faisant payer en partie les déposants, en cas de défaillance de leur banque, pour les comptes supérieurs à 100 000 € (1). Une arnaque scandaleuse. 

« On ne gouverne pas à la corbeille »

Conscient du danger que représentait la mainmise de la finance sur l’économie réelle, pendant dix ans de présence à l’Elysée, le Général de Gaulle, qui clamait « on ne gouverne pas à la corbeille », a favorisé la croissance par une politique industrielle active (les plans), avec de grands projets monétisés par l’Etat. Une période pendant laquelle la bourse et les spéculateurs ont été au régime sec, tandis que le taux de croissance moyen annuel dépassait les 5%.

Les Suisses veulent retirer aux banques le pouvoir de créer la monnaie

A la suite d’une votation, qui a recueilli plus de 100 000 signatures, les Suisses voteront pour retirer aux banques le pouvoir de créer la monnaie. Au-delà du symbole, une prise de conscience qui devrait éclairer quelques prétendants avisés au trône républicain français, en cette année d’élection présidentielle, à haut risque pour d’autres.

En 1922, Henri Ford déclarait :

« Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. »

 

Verdi

 

(1) Directive « DGSD2 » adoptée le 16 avril 2014 (2014/49/UE) transposée dans le droit français depuis fin 2015

A lire : « La dette publique, une affaire rentable », A-J Holbecq et P Derudder, Editions Yves Michel, texte publié en août 2011

Pour une monnaie à l’abri des crises : émission monétaire uniquement par la banque centrale

Loi de 1973 : ne pas tomber dans le panneau du complot

 

La laïcité n’est plus ce

qu’elle était

 

Par Orélien Péréol

Nous avons inversé le sens de la laïcité par la loi sur l’interdiction pour les élèves de manifester leur religion dans l’école primaire et secondaire en 2004. La laïcité était une compétence exclusive de l’Etat, au sens d’un champ de compétence. Il n’y avait que l’Etat qui pouvait être laïque, qui pouvait éventuellement manquer à sa laïcité dans des actes distraits ou coupables. La laïcité de l’Etat consistait à réguler les relations des religions avec l’Etat, les relations des religions entre elles, et d’assurer une liberté de religion pour les citoyens.

La loi de 2004 sur les signes religieux à l’école a changé cela. Elle a créé la laïcité comme compétence des citoyens (et de groupes de citoyens du coup) : il y a des comportements laïques et subséquemment, des citoyens contrevenants à la laïcité. La nouvelle laïcité a des commandements : les citoyens doivent réserver la religion à l’entre soi et à l’espace privé et faire semblant d’être athée dans l’espace public. Nous avons accepté cette inversion du champ d’application de la laïcité et cette inversion a maintenant l’air d’être définitivement actée. En édictant des commandements au nom de la laïcité, l’Etat « laïque » français se place, non en arbitre, mais en concurrent des religions. Tout comme elles, il demande une confiance, (une foi), une adhésion à la laïcité, elle ne vient plus vers vous, c’est fini, vous devez aller vers elle ; et certains comportements sont interdits. L’idée de la supériorité de la loi sur la société amenait l’idée que les religions allaient s’y faire et c’est le contraire qui s’est passé. Les religions se rendent le plus visibles possible, se mêlent de tout et occupent la plus grande part du débat public. Ce résultat était prévisible : augmentation des tensions, en intensité et en nombre d’objets (de pommes de discorde) concernant la « laïcité ». Les menus des cantines se sont mis à faire problème. Les crèches de Noël sont entrées dans ce débat en 2014. Les prêtres vont remettre des soutanes, nous allons le voir bientôt...

L’autre résultat est la confusion intellectuelle : on ne sait plus de quoi on parle et on passe son temps à définir et redéfinir cette fameuse laïcité. Le Conseil d’Etat a considéré qu’une crèche de Noël pouvait être installée si elle a « un caractère culturel, artistique ou festif ». Les catégories de culture, art et fête ne sont pas d’une précision propre à diminuer la « surface » du débat, mais plutôt à l’étendre. De solution, la laïcité est devenue problème, et on continue à la revendiquer comme solution !

L’évolution de la situation internationale majore le problème et le rend extrêmement critique : nous nous sommes démunis nous-mêmes du concept suffisamment clair et compréhensible, opératoire, de laïcité, et ce défaussement nous appartient. Le renversement de ce concept nous prive d’un outil puissant d’analyse et d’action. Nous nous épuisons à discuter à l’infini, de ce qu’est la laïcité, nous disputer plutôt sans trouver de terrain où l’entente serait possible. Ce n’est pas la situation internationale qui a créé cela. C’est la loi de 2004.

Nous en sommes arrivés à ce que l’Etat crée un observatoire de la laïcité (des citoyens) : le monde à l‘envers. Le Ministère de l’Education a dû éditer une charte de la laïcité (2013). Une journée de la laïcité a été instituée en 2015. Elle sert, entre autres, à remettre un prix de laïcité ! Les gens sont plus ou moins laïques, plus moins méritants dans la laïcité ! Le journal Le Monde fait un questionnaire pour que chacun évalue la connaissance qu’il a de la laïcité ; en fait la connaissance des conséquences actuelles (elles vont augmenter et se durcir) de la laïcité-athéisme–du-citoyen. Les efforts pour protéger et promouvoir (je reprends les mots de cet observatoire) cette laïcité inversée vont devoir grandir sans cesse, et le succès n’y sera pas. Parce que nous sommes à l’envers.

 

Reprendre la laïcité en son domaine initial d’exclusivité étatique est une nécessité, aussi dur que cela soit étant donné le point où nous sommes rendus, pour ne pas continuer à voir les problèmes du vivre ensemble croître jusqu’à éclater la société comme tout le monde peut voir que ce chemin de séparation des associés de la société est bien entamé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo Orélien Péréol

 

17 janvier 2017

Dans la Drôme, La Poste 

 

demande à une factrice

 

décédée pourquoi elle

 

 

ne vient plus travailler

La bourde passe mal. Selon "Le Dauphiné" et France-Bleu Drôme Ardèche, La Poste a adressé au mois de décembre une lettre à une factrice pour lui demander la raison de la cessation de son contrat de travail. En ouvrant le courrier, la surprise a été amère pour le compagnon de celle-ci, veuf depuis deux mois après le décès brutal de la jeune femme, mère de deux enfants.

Les syndicats se sont vivement émus de cette erreur informatique survenue à la direction opérationnelle "paye et personnel" basée à Grenoble, qui demandait également à l'employée décédée de fournir les pièces nécessaires pour toucher les indemnités chômage. 

Une erreur symptomatique selon les représentants du personnel, de la "déshumanisation de la Poste", notamment par l'informatisation des ressources humaines.

 

 

Ces magasins discount qui

anéantissent les salariés...

Vous connaissez, sans doute, Primark, cette chaîne de magasins irlandais qui s'implante un peu partout dans nos villes ?

Ces supermarchés qui vendent des vêtements à bas prix, d'une qualité très ordinaire, rencontrent un vif succès auprès des jeunes...

"Jette, achète", c'est la devise de nos sociétés de consommation et les magasins Primark s'engouffrent dans ces bonheurs de l'achat compulsif.

Il suffit d'entrer dans un magasin Primark pour voir tout le clinquant et la médiocrité des articles vendus : j'y suis allée une fois et je n'y suis plus retournée.

Les rayons débordent de vêtements à la mode : chaussures roses, sacs à pompons, tee-shirts chamarrés, tout le "bon goût" à petits prix...

Du clinquant, du doré, des paillettes, des couleurs vives, des imprimés en forme d'étoiles, pour attirer tous les regards.... "Des looks qui déchirent"... annonce élégamment la publicité...

Bien sûr, de nombreux clients se laissent prendre à ces prix attrayants, mais ne regardent pas la qualité des produits qu'ils achètent... ils se laissent happer par ces supermarchés de la vente facile.

Ils ne voient pas, non plus, les coulisses de ce système de vente : des salariés épuisés par les tâches qui leur sont imposées... des salariés soumis à des cadences folles.

Evidemment, les produits vendus viennent de l'Asie du sud-est, du Bangladesh ou du Cambodge...

Et, dans le système de distribution, les salariés connaissent, aussi, un enfer : cadences infernales, surveillance, mépris des instances dirigeantes. Les témoignages affluent pour dénoncer un système inique et profondément régressif.

Les salariés deviennent des robots au service d'une société de consommation débridée : répétition des tâches, travail à la chaine, management directif, maltraitance de la main d’œuvre.

Beaucoup de salariés dénoncent un travail déshumanisant et indigne.

Tout cela pour vendre à outrance des produits de mauvaise qualité.

Ainsi, notre système de production capitaliste favorise de plus en plus ces débordements et ces dérives : jusqu'où ira-t-on dans la casse des prix et des travailleurs ?

Jusqu'où ira-t-on dans l'exploitation des salariés ?

Ces chaînes de magasins à bas prix se multiplient, elles connaissent un succès inégalé, elles attirent une clientèle démunie, facile à séduire...

Ainsi, la pauvreté alimente la pauvreté et ce cycle infernal se perpétue...

 

Source : 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/social/20161209.OBS2420/primark-des-salaries-denoncent-des-conditions-de-travail-cauchemardesques.html

Le blog :

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/12/primark-le-discount-qui-aneantit-les-salaries.html

16 janvier 2017

 

 

La Turquie peut-elle basculer dans le camp russe ?

Même si la Russie a historiquement un lourd passé avec la Turquie, et même si elle se souvient du rôle personnel de l’actuel président Erdoğan contre elle, lors de la première guerre de Tchétchénie, elle ne peut qu’être intéressée par une éventuelle sortie d’Ankara de l’Otan. À l’inverse, l’État profond US, qui poursuit son ambition impériale malgré l’élection de Donald Trump, est prêt à tout pour maintenir la Turquie dans l’Alliance atlantique.

Pour garantir sa survie personnelle, le président Recep Tayyip Erdoğan a lancé une vaste purge de tous les éléments pro-US de son pays ; une purge qui s’ajoute au combat qu’il mène déjà contre la Syrie, contre le PKK, et désormais contre ses anciens mercenaires de Daesh.

La destruction de l’influence états-unienne est d’abord passée par l’éradication du Hizmet de Fethullah Gülen, le prédicateur islamiste qui travaille pour la CIA depuis la Pennsylvanie. Elle se poursuit aujourd’hui avec le limogeage et souvent l’arrestation non seulement de tous les militaires liés aux États-Unis, mais des militaires laïques en général. On n’est jamais trop prudent.

450 des 600 officiers supérieurs turcs en poste à l’Otan ont été rappelés en Turquie. Plus de 100 d’entre eux et leurs familles ont demandé l’asile politique à la Belgique, siège de l’Alliance atlantique.

Première conséquence de cette purge anti-laïque, l’armée turque est décapitée pour longtemps. En cinq mois 44 % des généraux ont été remerciés. Et ceci alors que, lors du scandale Ergenekon 70 % des officiers supérieurs de l’époque avaient été limogés, arrêtés et emprisonnés. Privée de son commandement, l’opération « Bouclier de l’Euphrate » piétine.

Erdoğan est donc contraint de revoir à la baisse ses ambitions militaires pour les prochaines années ; que ce soit en Syrie, en Irak ou à Chypre —trois États qu’il occupe partiellement—. Il a donc laissé tomber Alep-Est (Syrie) —mais pas Idleb— et s’apprête à se retirer de Bachiqa (Irak).

Vu de Washington, une possible sortie de la Turquie hors de l’Otan, ou tout au moins hors du Commandement intégré de l’Alliance atlantique, provoque des sueurs froides à la faction impérialiste du pouvoir. En nombre d’hommes, l’armée turque est en effet la seconde de l’Otan après celle des États-Unis. Au contraire, une possible sortie de l’Alliance suscite plutôt du soulagement à la faction de Donald Trump pour qui la Turquie est un pays à la dérive.

D’où le forcing des néo-conservateurs pour ramener la Turquie dans le « sens de l’Histoire » (celui du « Nouveau siècle américain »). Ainsi, l’assistante du secrétaire d’État, Victoria Nuland, tente d’offrir Chypre à Recep Tayyip Erdoğan ; un projet qu’elle avait conçu suite aux élections de novembre 2015, lorsque le président Barack Obama a ordonné d’éliminer le président turc.

Exerçant un chantage sur le président chypriote Níkos Anastasiádis, Madame Nuland l’a prié d’accepter son « plan de paix » pour Chypre : l’île serait réunifiée et démilitarisée —c’est-à-dire privée de son armée— tandis que l’Otan —concrètement les troupes turques— s’y déploierait. Ainsi, l’armée turque pourrait achever sa conquête de l’île sans combattre. Dans le cas où il refuserait ce marché de dupes, le président Anastasiádis pourrait être poursuivi en justice à New York au motif de son implication en tant qu’avocat dans les affaires de la société Imperium de son ami russe Leonid Lebedev ; une affaire à 2 milliards de dollars.

Ainsi, la rupture avec l’Otan coûterait à la Turquie le Nord-Est de Chypre qu’elle occupe, tandis que son maintien dans l’Alliance atlantique lui offrirait la totalité de l’île.

Certes, dans quelques semaines Victoria Nuland devrait être remerciée par le nouveau secrétaire d’État, Rex Tillerson, mais le groupe qu’elle représente ne devrait pas perdre pour autant tout pouvoir. Madame Nuland est membre de la famille des fondateurs du « Projet pour un nouveau siècle américain », qui participa à la planification des événements du 11-Septembre. Son beau-père, Donald Kagan du Hudson Institute, a formé les néo-conservateurs et les disciples de Leo Strauss à l’histoire militaire de Sparte. Son beau-frère, Frederick Kagan de l’American Entreprise Institute, a assuré les relations publiques des généraux David Petraeus et John R. Allen. Sa belle-sœur, Kimberly Kagan, a créé l’Institute for the Study of War. Son époux, Robert Kagan est aujourd’hui rémunéré par l’ancien émir du Qatar à la Brookings Institution. Quatre figures, cinq think tanks, mais une seule idéologie.

Victoria, quant à elle, fut successivement ambassadrice à l’Otan, porte-parole d’Hillary Clinton, et organisatrice du coup d’État de Kiev, en février 2014. Elle a aidé les présidents Petro Porochenko et Erdoğan a créer officiellement la « Brigade internationale islamique » qui a organisé de vastes sabotages en Russie. Son action sera poursuivie par l’État profond US contre l’administration Trump.

C’est le groupe qui se tient derrière les Kagan qui poursuit la guerre en Syrie, sans autre objectif que de se maintenir au Pouvoir. Non seulement le président Barack Obama n’a pas été en mesure de les chasser de son administration, mais une personnalité comme Victoria Nuland qui était considérée comme une figure de proue de l’administration Bush n’a pas eu de difficulté à monter en grade dans l’administration démocrate et à organiser une vague de russophobie. Si elle travaillait en bonne intelligence avec Hillary Clinton, elle n’a pas cessé, avec son ami Jeffrey Feltman, le véritable patron de l’Onu, de saboter la diplomatie du secrétaire d’État, John Kerry.

Connaissant la capacité de Erdoğan à changer brusquement de stratégie, Moscou va devoir soit calmer les angoisses de Anastasiádis, soit proposer quelque chose de plus alléchant à Ankara pour le garder au milieu du gué, entre les États-Unis et la Russie.

Thierry Meyssan

Source: Al-Watan (Syrie)

Photo: Ce que John Kerry fait le jour, Victoria Nuland le défait la nuit.

via: http://www.voltairenet.org/article194878.html

 

Attentat de Nice: le terroriste a pu procéder à onze repérages

Les polémiques nées après l’attentat du 14 juillet à Nice ont masqué les ratés de la politique sécuritaire de Christian Estrosi. Ainsi le terroriste a-t-il pu circuler à de multiples reprises. Nous révélons qu'il a même conduit, à trois occasions et durant une trentaine de minutes, son 19 tonnes sur le trottoir de la promenade des Anglais, pour calculer ses trajectoires le soir de son crime. La scène était à chaque fois filmée, mais la police municipale n’a pas réagi.

 

Ce matin-là, nous sommes le 13 juillet, une lumière en surplomb inonde le cadre, se réfléchit dans ce qu’on devine être de la buée. Il est 6 h 55 et le soleil se lève sur la promenade des Anglais. Située à l'angle du boulevard Gambetta, la caméra 173 – une des 1 257 qui surveillent Nice – enregistre les lueurs de l’aube, les trois badauds profitant de la Prom’ déserte et ce camion blanc qui s'invite sur la vidéo.

La caméra de vidéosurveillance n° 173 enregistre le camion se présentant face à la pergola, sur la promenade des Anglais, lors de repérages effectués le 13 juillet, à 6 h 56 du matin. © DR

Un poids lourd de 19 tonnes roule sur la chaussée, malgré l'arrêté municipal interdisant la circulation des véhicules six fois moins gros dans cette partie de la ville. Ses onze mètres de long et ses deux mètres cinquante de large passent difficilement inaperçus. D’autant plus lorsque le véhicule de marque Renault se hisse sur le trottoir, y avance à vitesse réduite et finit par se garer le long des barrières du bord de mer, sa cabine faisant face à une pergola, située à hauteur de l’hôtel Negresco.

Il est 6 heures et 56 minutes. La portière conducteur s’ouvre, le chauffeur descend, se dirige vers l’arrière de son camion, ouvre un des deux vantaux. Sur un procès-verbal en date du 20 juillet, l’officier de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire qui décortique les enregistrements vidéo reconnaîtra à propos du conducteur qu’à ce moment-là, « la distance de la caméra ne nous permet pas de voir ce que fait ce dernier ».

Au bout de trois minutes, l’homme remonte dans sa cabine, redémarre, effectue une manœuvre dans le but de mieux s’aligner face à la pergola. Il essaie alors de passer en dessous. En vain : son camion est trop haut. Il est maintenant 7 heures. Le 19 tonnes entame une marche arrière, descend du trottoir. Une fois sur la chaussée, il poursuit sa route sans plus s’arrêter. La caméra 173 qui a immortalisé la scène le perd de vue alors qu’il emprunte le quai des États-Unis.

 

Un poids lourd a circulé sur la promenade des Anglais fermée à la circulation des camions, est monté sur un trottoir réservé aux piétons, s'est approché dangereusement de la pergola sous laquelle les touristes ont le loisir de se reposer, assis sur des bancs. Le chauffeur a pris son temps pour estimer ses trajectoires. Durant cinq minutes, de façon manifeste, l’individu n’effectue aucune livraison aux hôtels et restaurants situés sur la plage en contrebas. Il ne fait rien à part enfreindre la loi municipale. La scène est immortalisée par une caméra vidéo. Mais au centre de supervision urbain (CSU) de la ville de Nice, personne ne réagit.

Quelques heures avant l'attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel réalise un “selfie” sur les lieux de son futur crime. © DR

Le lendemain, jour de la fête nationale, 30 000 personnes sont attendues sur la promenade des Anglais pour profiter du feu d’artifice. En fin de journée, alors que la nuit n’est pas encore tombée, l’endroit grouille déjà de passants. Parmi eux, un certain Mohamed Lahouaiej Bouhlel se prend en photo sous une pergola.

Il est 19 h 25.

Deux heures plus tard, il monte à bord du camion blanc, garé dans un quartier périphérique. À 22 h 32, son poids lourd s’engage sur la Prom’. Il prend de la vitesse. À 22 h 33, alors que les voitures sont immobilisées dans un embouteillage sur la chaussée, le 19 tonnes roule sur le trottoir, ses feux de circulation éteints. Il renverse ses premiers piétons. Le véhicule entre alors dans le champ de la caméra 173, effectue plusieurs embardées de droite à gauche afin de faucher un maximum de personnes. C’est un carnage. Les corps sont happés sous les roues.

À 22 h 34, l’opérateur vidéo au CSU fait zoomer la caméra 173 sur le camion qui se dirige sur la pergola. Sauf que, devant l’obstacle, il bifurque sur la chaussée et, une fois la structure dépassée, fait une embardée pour retourner sur le trottoir rouler sur des adultes et des enfants. Après quelques derniers slaloms, les plus meurtriers, le camion cale et Mohamed Lahouaiej Bouhlel est abattu par des policiers. Son acte terroriste a causé la mort de 86 personnes. Alors qu’un attentat sur un mode opératoire identique, très prisé des djihadistes, a fait 12 morts à Berlin lundi 19 décembre, Mediapart détaille la facilité déconcertante avec laquelle le terroriste niçois a réussi à préparer son crime.

Les séances de repérage de Mohamed Lahouaiej Bouhlel avaient démarré deux jours avant la séquence devant la pergola au petit matin. Ce 11 juillet, le même véhicule, immatriculé 7794 XN 94, roule sur la promenade des Anglais, feux de détresse allumés, de manière à faire croire cette fois qu’il s’apprête à livrer des marchandises. Déjà, à cette occasion, il monte sur le trottoir bordant la mer, fait mine de se garer puis repart.

Le poids lourd se paye le luxe d’effectuer un demi-tour, toujours sur le trottoir, et de repartir en sens inverse. Il s’immobilise quelques instants devant l’entrée du casino Rühl, manœuvre de nouveau et finit par rejoindre la chaussée, au bout d’un quart d’heure durant lequel il n’aurait jamais dû rouler sur cette partie uniquement piétonnière. La scène se déroule le 11 juillet, peu avant dix heures du matin. Le même jour, à midi, à 14 h 30, 22 h 30 et à 23 heures, le camion repassera à quatre reprises sur la promenade des Anglais mais, ces fois-là, il n’enfreindra qu’une seule loi : l’interdiction faite aux véhicules utilitaires de circuler sur la chaussée. Au moins, il n’est pas remonté sur le trottoir.

 

Le 12 juillet, après un premier passage sur la chaussée de la Prom’, le poids lourd s’aventure sur la voie de bus puis de nouveau sur le trottoir. Là, feux de détresse allumés, il roule aux côtés de joggeurs matinaux, passant un quart d’heure sur cette zone réservée aux piétons, toujours sous l’œil des caméras, mais sans jamais alarmer la sécurité. Dans le téléphone du chauffeur, les policiers retrouveront une photo horodatée de ce jour et de cette heure – il est 6 h 44 – de la fameuse pergola prise depuis l’intérieur de la cabine du véhicule.

Photo de repérage sous la pergola, réalisée par Mohamed Lahouaiej Bouhlel le 12 juillet 2016, à 6 heures 44. © DR

Le 13 juillet, jour où le chauffeur vérifie au petit matin s’il est possible de passer sous la structure en fer forgé, le 19 tonnes refait un passage sur la chaussée, dans le courant de la soirée. « En tout et pour tout, il est constaté que le camion a circulé à onze reprises sur la promenade des Anglais entre le 11 juillet 2016, moment où le véhicule apparaît pour la première fois dans le champ de vision des caméras de la ville de Nice, et le 14 juillet 2016, avant de servir comme arme par destination lors de l'attentat commis ce même jour en soirée », comptabilise l’enquêteur de la Sdat dans son PV précité.

Le policier constate que le terroriste a « effectué des essais sur le trottoir bordant la mer de la promenade des Anglais, notamment en repérant les accès pour monter dessus, Il s'est même présenté devant une pergola fixe avec son camion afin de vérifier si celui-ci peut passer en dessous »Interrogé par Nice-Matin sur les repérages du terroriste dès le 20 juillet, Christian Estrosi, président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), ancien maire de Nice, devenu premier adjoint en charge notamment de la sécurité, avait éludé le sujet : « Si tous ceux qui passent deux fois sur la promenade des Anglais étaient des criminels… On ne peut pas supposer le pire à chaque fois. »

Le théorème Pasqua

 

Christian Estrosi a toujours évité d’évoquer la scène de la pergola, longue de cinq minutes et enfreignant toutes les règles qu’il a lui-même édictées. Une séquence difficile à défendre pour celui qui cherche volontiers à endosser le costume d’un monsieur Sécurité. Et qui, au lendemain des attentats de Charlie-Hebdos’était étonné que la préfecture de police n’ait pas réussi à appréhender les tueurs : « Je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipé du même réseau [de vidéosurveillance] que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés », avait-il déclaré à l’époque, lors d’un conseil municipal.

Christian Estrosi au centre de supervision urbain (CSU). © Reuters

Alors, dans la semaine qui a suivi l’attentat du 14-Juillet, l’ancien édile a multiplié les contre-feux. Distillant dans la presse les éléments matériels et langagiers qui appuyaient sa version des faits, le président de la région Paca a appliqué le « théorème Pasqua », selon lequel « quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien ». Dès la nuit du drame, il a remis en cause les effectifs de police nationale, accusant le gouvernement d’avoir failli. Puis, pendant plusieurs jours, ont filtré dans la presse une série de documents, dont une lettre rédigée par ses soins et datée du 13 juillet, dans laquelle il réclamait à François Hollande « un grand plan d’urgence pour protéger les policiers et leur donner les moyens d'agir »

Mais ce sont évidemment les photos publiées par Libération le jeudi 21 juillet qui ont précipité les événements. On y voit des policiers municipaux, et non nationaux, assurer la circulation, les premiers venant de relever les seconds. Avec ces images issues de la vidéosurveillance de la ville, et profitant d’une communication hasardeuse du ministère de l’intérieur qui affirmait le contraire, Christian Estrosi a eu beau jeu de crier au « mensonge d’État » et de se draper dans le costume de « l’élu local révolté ». Pas une fois l’ancien ministre n’a jugé bon de mentionner le fait que le dispositif visible sur ces images était très exactement celui prévu lors des réunions préparatoires auxquelles lui-même, premier adjoint en charge de la sécurité de Nice, n’a pas assisté.

Selon la patronne de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), Marie-France Monéger-Guyomarc’h, auditionnée le 6 septembre par la commission des lois de l’Assemblée nationale, « il était normal qu’à partir de 21 heures l’on trouve à l’angle du boulevard Gambetta et de la promenade des Anglais deux policiers municipaux devant un barrage qui déviait la circulation ».

Expliquant que le dispositif mis en place le soir du 14-Juillet répondait ni plus ni moins à une convention signée en 2013 entre le préfet des Alpes-Maritimes et le maire de Nice d'alors, un certain monsieur Estrosi, la cheffe de « la police des polices » en détaillait longuement les contours, dans le but de faire taire une polémique construite de toutes pièces : « La clé de répartition normale étant que la police municipale assure la circulation et la police nationale la surveillance générale, avec une exception cependant, précisément pour le 14 juillet, puisque, à Nice, la police municipale participe traditionnellement au défilé de l’après-midi et que les défilants sont ensuite invités à la garden-party du maire. »

 

En clair, il était normal de trouver des policiers municipaux à l’angle du boulevard Gambetta et de la promenade des Anglais à partir de 21 heures, les policiers nationaux n’ayant relevé les municipaux dans l’après-midi que pour leur permettre de participer à la garden-party. Une dérogation accordée, en son temps, pour faire plaisir au maire Estrosi… Pour conclure, la patronne de l’IGPN estimait que les polémiques étaient « le fruit d’une mauvaise compréhension et interprétation des informations ».

Le camion utilisé par le tueur de Nice, après l'attentat. © DR

Christian Estrosi ne s’est pourtant pas arrêté là. Jugeant que le rapport de l’IGPN n’était pas « de nature à répondre aux questions qui restent en suspens et à notre volonté d’obtenir la manifestation de la vérité », l’ancien maire de Nice continue, cinq mois plus tard, à pointer la responsabilité du gouvernement en évitant soigneusement de répondre aux questions soulevées par les repérages du terroriste. Comment un camion de 19 tonnes, interdit sur la promenade des Anglais, a-t-il pu y circuler à onze reprises sans jamais être inquiété ? Comment expliquer que, par trois fois, il soit monté pendant de longues minutes sur l’esplanade, sans jamais que sa police municipale ne tire les conséquences de ce qu’elle voyait sur les images de vidéosurveillance ?

Ces questions ont pourtant été posées à plusieurs reprises au nouveau maire de Nice, Philippe Pradal. Le 13 octobre dernier, en conseil municipal, l’ancien premier adjoint de Christian Estrosi, Benoît Kandel, passé à l’opposition divers droite, interpellait de nouveau l’édile à ce sujet. « Le groupe “Mon Parti c’est Nice” vous a demandé par écrit en juillet d’installer une commission d’enquête municipale pour faire toute la lumière sur la préparation et sur les mesures prises par la ville de Nice pour sécuriser cet événement, rappelait-il. Évidemment, vous avez balayé de la main cette requête. » 

Dans un long courrier adressé à Olivier Bettati, lui aussi membre du groupe “Mon Parti c’est Nice” et élu Front national à la région PACA, Philippe Pradal répondait point par point aux accusations de l’opposition locale, affirmant notamment considérer « qu’il ne peut exister de commission d’enquête municipale dans la mesure où des enquêtes judiciaires sont ouvertes ».

Dans la même missive, le maire de Nice saluait « le rôle stratégique » joué selon lui par le centre de supervision urbain. « C’est grâce aux caméras de la ville que des informations précises ont pu être données aux équipages présents sur place, que des levées de doutes ont permis de mettre fin aux rumeurs de fusillade et de prise d’otage et de s’assurer que l’auteur n’avait pas de complice direct le soir du drame », écrivait-il.

Pour Benoît Kandel, ce ne sont pas les 1 257 caméras réparties dans toute la ville qui doivent être mises en cause, mais bien l’usage qui en est fait. « Quand vous avez une belle Ferrari, mais aucun pilote pour la conduire, ça ne sert à rien », dit-il. Lancé en 2010, le centre de supervision urbain de Nice est la fierté du président de la région PACA qui n’a cessé de communiquer sur son efficacité. Selon le budget primitif de la ville de Nice pour 2016, 4,18 millions d’euros étaient encore consacrés l’an passé au développement de la vidéosurveillance.

En dépit de ce déploiement de moyens exorbitants et alors que les caméras du CSU sont censées être contrôlées 24 heures sur 24 par les agents de la police municipale de Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a manœuvré son camion sur le trottoir de la promenade des Anglais pendant une trentaine de minutes cumulées, à trois reprises, en toute impunité.

Le rendez-vous avec « Christian »

Dans un premier temps, le flot de contre-feux agités par le président de la région PACA a été efficace. Acculé, le ministère de l’intérieur a réagi à plusieurs reprises à l’emporte-pièce, répondant avec des bouts d’information, sans mettre en perspective. Clairement, il a tendu le bâton pour se faire battre. Mais une fois la frénésie médiatique passée, les enquêtes judiciaires suivent leur cours. Et certaines pourraient s’avérer ennuyeuses pour Christian Estrosi.

 

Le témoignage de Sandra Bertin par exemple, qu’il a brandi en preuve de ce qu’il continue de qualifier de « mensonge d’État », risque de se retourner contre lui. Une semaine après le drame, cette policière municipale, responsable du centre de supervision urbain de Nice, avait accusé dans Le Journal du dimanche le ministère de l’intérieur d’avoir exercé des pressions sur elle afin qu’elle modifie son rapport sur le déploiement des forces de l’ordre le soir du 14 Juillet.

Sandra Bertin et son avocat Me Verrier. © Capture d’écran iTélé

« Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l'Intérieur a envoyé un commissaire au CSU qui m'a mise en ligne avec la Place Beauvau, déclarait-elle à l’hebdomadaire. J'ai alors eu affaire à une personne pressée qui m'a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l'on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n'écrirais que ce que j'avais vu. [...] J'ai été harcelée pendant une heure [...]. À tel point que j'ai dû physiquement renvoyer du CSU l'émissaire du ministère ! »

Une mise en cause qu’elle réitérait lors d’une conférence de presse spectaculaire. À la suite d’une plainte déposée conjointement par la policière municipale, le maire de Nice et son premier adjoint, une enquête était ouverte par l’IGPN. Elle est désormais close. Selon nos informations, l’« abus d’autorité » que dénonçait Sandra Bertin n’a pas été avéré.

Bernard Cazeneuve, encore ministre de l’intérieur à l’époque, a porté plainte pour diffamation contre la jeune femme. Elle doit comparaître le 4 janvier devant la 17echambre du tribunal de grande instance de Paris, où elle sera jugée en citation directe. Fin juillet, Le Monde s’est fait l’écho d’attestations transmises à la justice corroborant la version de Sandra Bertin. « Je l’ai entendue dire “je ne mettrai pas ce que je n’ai pas vu aux écrans” », affirme ainsi un témoin de la scène. « J’ai rapidement compris qu’il y avait divergence d’opinion sur la façon de rédiger le document », assure un employé municipal cité par le quotidien.

L’Obs avait, lui, relevé les contradictions dans la version de la jeune femme, soulignant que les policiers venus la voir étaient envoyés par le directeur de la sécurité publique et non par la place Beauvau. Son avocat, MeAdrien Verrier, expliquait alors que les interlocuteurs de sa cliente s’étaient présentés à elle comme travaillant pour le ministère de l'intérieur… Joint par L'Obs, il confirmait que Sandra Bertin avait bien été victime de pression de la part de ces deux personnes. « Il n'arrêtait pas de lui demander de modifier le rapport, d'ajouter des informations, expliquait-il. À un moment elle a voulu sortir fumer une cigarette et ils ne l'ont même pas laissée. »

L’enquête de Mediapart permet de reconstituer la scène qui s’est jouée le 15 juillet et infirme une partie des déclarations de la policière municipale. Comme l’a déjà précisé Marie-France Monéger-Guyomarc’h, la patronne de l’IGPN, lors de son audition du 6 septembre à l’Assemblée nationale, « la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) […] a sollicité le centre de supervision urbain pour trouver des informations qui lui permettraient de répondre à une rumeur qui commençait à se répandre sur les réseaux sociaux. […] c’est dans ce cadre que la DCSP a demandé à la police municipale de visionner certaines images. »

La rumeur prétend que la police aurait laissé passer le camion meurtrier, pensant qu’il allait livrer des glaces. Mais face au commissaire de Menton envoyé par sa direction départementale, Sandra Bertin, éprouvée par une nuit blanche de travail et les horreurs vues à l’écran, ne comprend pas le but de cette mission. La policière municipale s’étonne, croit déceler « une manœuvre », dit que le fait de regarder les images de vidéosurveillance n’est « pas sain » car « cela pouvait nuire à monsieur Estrosi ». Sait-elle déjà que le camion a commis les jours précédents plusieurs infractions sur la promenade des Anglais ?

Toujours est-il que la jeune femme insiste pour rédiger un rapport, histoire de laisser une trace. Le visionnage des bandes prend d’autant plus de temps qu’il faut alors tout retranscrire. La Direction centrale de la sécurité publique s’impatiente, téléphone pour savoir s’il y a du neuf. Au bout d’une heure, le commissaire de Menton devant assister à une réunion, il est remplacé par un commandant niçois.

En tout, la scène s’étale de 16 heures à 18 heures. Durant ce laps de temps, la Direction centrale de la sécurité publique téléphone à six reprises, mais toujours au commissaire de Menton ou au commandant de Nice, jamais à Sandra Bertin. Tous les témoins évoquent une scène qui se déroule dans le calme. Voilà pour le harcèlement évoqué par la policière municipale. « Elle est dépassée, elle se fait un film », estime une source proche du dossier, qui ne l’accable pas.

Lorsque Bernard Cazeneuve avait vertement réagi aux accusations de Sandra Bertin, celle-ci avait reçu le soutien de Christian Estrosi qui s’était écrié dans un communiqué cosigné avec le maire de Nice : « Nous rejetons les accusations scandaleuses du ministre d'instrumentalisation des propos d'un agent dans un contexte aussi terrible. »

 

La proximité de la responsable du CSU – par ailleurs secrétaire générale du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de Nice et candidate au poste de cheffe de la police municipale – avec les édiles niçois est indéniable. Alors que, ce fameux 15 juillet, ils sont en train de regarder les images de vidéosurveillance, Sandra Bertin fait sortir le commandant de police du bureau. Elle doit changer de robe. Elle a « rendez-vous » après son travail « avec Christian », lui dit-elle, avant de se reprendre : « Avec monsieur Estrosi. » Il s’agirait d’une visite de l’homme politique aux différents responsables municipaux.

Photo de repérage réalisée par Mohamed Lahouaiej Bouhlel le 15 août 2015. © DR

Le 4 janvier, Sandra Bertin sera seule à se défendre de la diffamation que lui reproche Bernard Cazeneuve, aujourd’hui premier ministre. Pendant ce temps, « Christian » poursuit sa campagne. Invité dimanche 11 décembre sur BFM-TV, le président de la région PACA invoquait de nouveau l’argument du système de reconnaissance faciale, refusé selon lui par le gouvernement, alors qu’il « aurait pu peut-être éviter un certain nombre de drames ». Pourtant, le système de reconnaissance faciale n’aurait en aucun cas permis d’éviter l’attentat du 14-Juillet, le terroriste étant inconnu des services de renseignement. Qu’importe, le président de la région PACA réitère de plus belle ses propos après la tragédie de Berlin.

 

Un argument à manier avec prudence. Dans l’ordinateur de Mohamed Lahouaiej Bouhlel figure un lot de photos prises sur la promenade des Anglais le 15 août 2015. Pour ce qui ressemble à un premier repérage, l’apprenti terroriste se désintéresse des célébrations pour photographier la foule de dos sur la Prom’ en train de regarder le feu d’artifice ou encore les infrastructures temporaires disposées sur le trottoir. Parmi ces images, Mediapart a déniché un selfie du futur tueur aux côtés d’un homme tous sourires dans son costume noir et sa chemise blanche immaculée. La photo, prise de nuit, est floue, mais un système de reconnaissance faciale n’aurait eu aucun mal à identifier l’individu aux côtés de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Il a exercé comme maire de Nice.

Le futur tueur de Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, alors inconnu des services se fait photographier en compagnie de Christian Estrosi, le soir des festivités du 15 août 2015. © DR

Entre nouveauté, vide, artifice et favoritisme

 

Le nouveau sondage des Echos est assez stupéfiant, donnant 23 à 24% à l’ancien ministre de l’économie, en absence de François Bayrou et si Manuel Valls, au coude à coude pour Marine Le Pen pour affronter un François Fillon, estimé entre 26 et 28%. Cependant, il convient d’avoir la plus grande prudence à l’égard de tels chiffres, non seulement du fait des erreurs de 2016, mais aussi du fait que le champion de l’hiver dans les sondages l’est rarement au final. Ségolène Royal, Lionel Jospin, Edouard Balladur ou Raymond Barre semblaient bien partis à un même stade des campagnes 2007, 2002, 95 ou 88. Début 95, certains se demandaient si Balladur pouvait l’emporter dès le premier tour  !

 

En outre, Macron bénéficie de plusieurs atouts non négligeables. D’abord, le champ de ses concurrents principaux n’est pas forcément engageant, ayant tous un passif non négligeable, surtout pour sa première cible, les classes supérieures et moyennes supérieures urbaines. Ensuite, son positionnement très central en fait le réceptacle de beaucoup de Français déçus par la politique, un peu comme Bayrou en 2007. Mieux, ce positionnement lui garantit le soutien effarant d’une grande partie des média, qui couvrent de manière bien complaisante sa campagne et lui accordent une attention telle qu’elle doit expliquer en partie ses sondages, à un stade encore très précoce de la campagne.

 

Enfin, sa rupture avec Hollande le place dans une situation proche de celle de Sarkozy en 2007, en étant issu d’une majorité impopulaire, tout en s’en différenciant suffisamment pour paraître nouveau. La réduction de la politique à des commentaires dérisoires est aussi une opportunité pour ce candidat au programme bien léger, et dont une des percées conceptuelles pour lutter contre le chômage est la baisse du coût du travail, que la majorité a suivie… Mais quel espace pour Macron s’il affronte Valls et Bayrou et quelle légitimité à se présenter sans passer par les primaires  ? Et on peut douter que les Français, dans l’isoloir, choisissent un tel profil, avec de telles idées, ce chouchou des élites.

 

Même si on ne peut pas totalement exclure que Macron, s’il parvient à avoir les 500 signatures, soit la surprise de l’élection, justifiant les craintes que semblent avoir ses adversaires, je continue à ne pas y croire, mais mon léger parti-pris à son sujet pourrait brouiller quelque peu l’objectivité de mon jugement. Mais ce qui me semble apparaître dans ses sondages, c’est le caractère plus ouvert qu’on ne le croit de l’élection. Après tout, cinq candidats semblent pouvoir atteindre le second tour, entre Fillon, Le Pen, Mélenchon, Macron et le candidat du PS, surtout si c’est Valls. Il est aussi frappant de constater l’effritement des scores de Fillon et Le Pen, qui montre que le choix des Français n’est pas fait.

 

 

Malgré tout, je persiste à penser que Macron n’est qu’une bulle élitaire superficielle gonflant du fait des faveurs effarantes des médias, et qui explosera, comme d’autres avant lui, quand les Français se rapprocheront de leur véritable choix. Même si les limites de ses adversaires semblent lui créer un espace, je ne peux pas croire que l’impasse superficielle qu’il propose ne soit pas démasquée.

 

L’Euro est en train de tuer l’Europe.

L’Euro est littéralement en train de détruire les nations et les économies de l’UE. Depuis que le régime des devises fixes est entré en vigueur dans les transactions en 2002, en remplacement des monnaies nationales, le régime des taux de change fixes a dévasté l’industrie dans les Etats périphériques au sein des 19 membres de l’Euro, en donnant un avantage disproportionné à l’Allemagne. La conséquence peu remarquée a été une contraction de l’activité industrielle et l’impossibilité de résoudre les crises bancaires qui en résultèrent. L’Euro est un désastre monétariste, et la dissolution de l’UE est désormais pré-programmée, qui n’en sera qu’une conséquence.

Ceux d’entre vous qui sont habitués à mes réflexions sur l’économie savent déjà ce que je pense du concept tout entier de mondialisation : un terme qui fut popularisé sous la présidence de Bill Clinton afin de rendre “glamour“ l’agenda des multinationales qui venait juste d’émerger avec la création de l’Organisation Mondiale du Commerce en 1994, qui n’est en faite qu’un jeu de dupes destructeur au profit de quelques centaines « d’acteurs mondiaux » géants. La mondialisation détruit les nations pour faire progresser l’agenda de quelques centaines de multinationales géantes échappant à toute règlementation.

Elle se base sur une théorie réfutée qui fut promue par le partisan anglais du libre-échange au 18ème siècle, David Ricardo, connue sous le nom de Théorie de l’Avantage Comparatif, et utilisée depuis par Washington pour justifier l’élimination de toutes les barrières commerciales protectionnistes au bénéfice des « Acteurs Mondiaux [Global Players] » les plus puissants, pour la plupart basés aux Etats-Unis.

Le projet américain en voie de capoter, connu sous le nom de Partenariat Trans-Pacifique (PTP) ou Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI), n’est quasiment que du Mussolini sous stéroïdes. Les quelques centaines de multinationales les plus puissantes vont se trouver formellement au-dessus des lois nationales, si nous sommes assez fous pour élire des politiciens corrompus pour soutenir une telle absurdité. Cependant rares sont ceux qui ont étudié de près les conséquences du renoncement à la souveraineté monétaire de leur pays au profit de l’Euro.

Effondrement de l’industrie

Les nations composant ce qui est appelé par de manière trompeuse l’“Union Européenne“, suivent un concept qui fut ratifié par un nombre d’Etats-Membres européens alors beaucoup plus réduit à l’époque (douze contre vingt-huit aujourd’hui), qui composaient la Communauté Economique Européenne (CEE). Une version Européenne de la folie des grandeurs qui s’est emparée de la Commission de la CEE sous la présidence du politicien mondialiste français Jacques Delors, lorsqu’il a dévoilé ce qui allait s’appeler L’Acte Unique Européen, signé en février 1986 par 12 états.

Delors a alors renversé le principe instauré par la France du Général de Gaulle, ce que De Gaulle appelait « l’Europe des Patries ». La conception qu’avait De Gaulle de la Communauté Economique Européenne (à l’époque six nations incluant la France, l’Allemagne, l’Italie et les trois du Benelux) était d’avoir des réunions périodiques des dirigeants des six nations du Marché Commun. De là, des chefs d’état élus auraient élaboré des politiques et pris des décisions. Une assemblée élue parmi les membres des parlements nationaux contrôlerait les agissements des ministres. De Gaulle considérait la bureaucratie Bruxelloise de la CEE comme un corps purement technique, subordonné aux gouvernements nationaux. La coopération devait être fondée sur la « réalité » qu’est la souveraineté nationale[i]. L’acquisition de pouvoirs supranationaux sur les nations individuelles de la CEE était un objet d’anathème pour De Gaulle, et à bon droit. Il en va des personnes comme des nations : l’autonomie est la base, et les frontières ont une réelle importance.

L’Acte Unique de Delors proposait de renverser cette Europe des Patries par le moyen de réformes radicales de la CEE, aboutissant à l’idée destructrice que les diverses nations, ayant des histoires, des cultures différentes et des langues différentes, pouvaient dissoudre leurs frontières et devenir une sorte d’ersatz des Etats-Unis d’Europe, dirigés de haut en bas par des bureaucrates non-élus depuis Bruxelles. C’est par essence une vision corporatiste dans le style fasciste mussolinien : une bureaucratie européenne non-démocratique, non-responsable contrôlant arbitrairement les peuples, soumise à l’influence, à la pression et à la corruption des opérateurs privés.

C’est un projet qui a été conçu par les plus grandes multinationales basées en Europe, dont l’organisation, le lobby était la Table Ronde Européenne des Industriels [European Roundtable of Industrialistes (ERT)]: un groupe de pression influent des principales multinationales européennes (fonctionnant par cooptation, sur invitation expresse uniquement) telles que le suisse Nestlé, la Royal Dutch Shell, British Petroleum, Vodafone, BASF, Deutsche Telekom, Thyssen-Krupp, Siemens et bien d’autres multinationales géantes Européennes[1] . L’ERT, ce n’est pas surprenant, est le principal lobby de Bruxelles incitant à l’adoption de l’accord commercial PTIC avec Washington [ii].

L’ERT était en 1986 le principal moteur de l’Acte Unique de M. Delors, qui a conduit au Monstre de Frankenstein appelé l’Union Européenne. L’idée initiale de l’UE a bien été la création d’une autorité politique centralisée non-élue, décidant de haut en bas du futur de l’Europe, sans contre-pouvoirs démocratiques : il s’agit au fond d’une notion véritablement féodale.

Le concept d’un ensemble d’Etats-Unis d’Europe, dissolvant les identités nationales qui remontaient à mille ans ou plus, trouve son origine dans les années 1950 lorsque la réunion du Bilderberg de 1955 à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne de l’Ouest, discuta pour la première fois de la création à partir des six Etats-membres de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), d’une « monnaie commune, et […] cela impliquait nécessairement  la création d’une autorité politique centralisée »[iii]. De Gaulle n’était pas présent.

Le Projet de créer une Union monétaire fut dévoilé en 1992 lors d’une conférence de la CEE à Maastricht, aux Pays-Bas, suite à la réunification des deux Allemagne. La France et l’Italie, soutenues par la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, l’ont imposé à l’Allemagne malgré ses réticences afin de « contenir la puissance d’une Allemagne réunifiée ». La presse conservatrice Britannique se déchaînait contre l’Allemagne en la présentant comme un « Quatrième Reich » en puissance, en passe de conquérir économiquement et non militairement l’Europe. De façon ironique, c’est exactement ce qui a émergé de fait, à partir des structures de la zone Euro d’aujourd’hui : du fait de l’Euro, l’Allemagne domine économiquement tous les 19 pays de la Zone euro.

Le problème avec cette création de l‘Union Economique et Monétaire (UEM, renommée ensuite « Union Monétaire Européenne », UME) prescrite dans le Traité de Maastricht, est que la Monnaie Unique et la Banque Centrale Européenne « indépendante » ont été lancées sans être liée à une entité politique légale unique, avec de véritables États-Unis d’Europe. L’Euro et la Banque Centrale Européenne sont une création supranationale, responsable devant personne. Elle a été mise en place en l’absence d’une véritable union politique organique, comparable à celle qui s’était créée lorsque 13 Etats, liés par la même langue anglaise, à la suite d’une guerre menée pour obtenir l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, créèrent et adoptèrent la Constitution des Etats-Unis d’Amérique. En 1788, les délégués des 13 Etats se sont mis d’accord pour établir une forme républicaine de gouvernement, destinée à représenter le peuple des Etats, avec une séparation des pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif. Rien de tel n’existe avec l’Union Monétaire Européenne.

Les bureaucrates de l’UE ont un terme mignon pour qualifier cette déconnexion entre les officiels non-élus de la BCE, contrôlant la destinée économique des 19 pays membres et des 340 millions de citoyens constituant ce qu’on appelle la zone Euro. Ils appellent cela le « déficit démocratique ». Ce déficit est devenu gargantuesque depuis la crise bancaire et financière mondiale de 2008 et l’émergence d’une Banque Centrale Européenne non-souveraine.

L’effondrement de l’industrie.

La création de l’Euro en tant que monnaie unique depuis 1992, a enserré les pays membres de l’Euro dans une camisole de force économique. La valeur de la monnaie ne peut pas être changée [dévaluée] afin de doper les exportations nationales durant les périodes de dépression économique telles que celle que nous connaissons depuis 2008. Le résultat a été que la plus grande puissance industrielle de l’Eurozone, l’Allemagne, a bénéficié de la stabilité de l’euro, pendant que les économies les plus faibles de la périphérie de l’UE, y compris et surtout la France, ont subi les conséquences catastrophiques du taux fixe de l’Euro.

Dans un rapport récent, le centre de réflexion Néerlandais Gefira Foundation, souligne que l’industrie française s’est contractée depuis l’adoption de l’euro. « Elle n’a pu se remettre des crises de 2001 et 2008 parce que l’euro, une monnaie plus forte que le franc français ne l’aurait été alors, est devenu un fardeau pour l’économie française. Les taux de change flottants jouent le rôle d’indicateur de la puissance de l’économie et de stabilisateur automatique. Une monnaie plus faible sert à regagner de la compétitivité pendant une crise, alors qu’une monnaie plus forte soutient la consommation de produits manufacturés étrangers »[iv].

L’étude remarque qu’en raison de cette camisole de force monétaire, la politique de la BCE a créé un euro trop fort par rapport aux autres devises principales, pour permettre à la France de maintenir ses exportations depuis le retournement économique de 2001. L’Euro a entraîné un accroissement des importations en France, et parce que la France n’avait aucune flexibilité de change, son industrie « n’a pas pu retrouver sa compétitivité sur les marchés mondiaux après la crise de 2001, si bien que son industrie n’a cessé de décliner lentement depuis ». Les français ont perdu l’outil de stabilisation économique du taux de change flottant[v].

Aujourd’hui d’après Eurostat, l’industrie ne représente plus que 14,1 % de la valeur ajoutée brute totale française. En 1995, c’était 19,2 %. En Allemagne il est de 25,9 %. Le plus frappant a été l’effondrement de l’industrie automobile française jadis florissante. Malgré le fait que la production automobile mondiale ait pratiquement doublé entre 1997 et 2015 (de 53 millions à 90 millions de véhicules annuels), et alors que l’Allemagne a augmenté sa production automobile de 20 % (de 5 à 6 millions), à partir du moment où la France a adopté l’Euro, la production automobile française a presque été divisée par deux, de presque 4 millions de véhicules à moins de 2 millions.

Les lois de renflouement interne [bail-in], conséquences de l’Euro.

La même camisole de force de l’Euro empêche toute restructuration sérieuse des banques de la zone Euro ébranlées depuis la crise de 2008. La création de la Banque Centrale Européenne supranationale et non-souveraine a rendu impossible pour les Etats-membres de la zone Euro, de résoudre leurs problèmes bancaires créés durant les excès de la période antérieure à 2008. Le cas de l’Italie avec sa requête de faire renflouer [bail-out] par l’Etat sa troisième banque la plus importante, la Monte dei Paschi, est exemplaire à ce titre.

Malgré des licenciements draconiens et des fermetures d’agence qui ont pour le moment enrayé la panique, Bruxelles refuse d’autoriser l’Etat italien à secourir la banque à hauteur de 5 milliards de $, et exige que la banque fasse appel à une nouvelle disposition législative bancaire de l’UE appelée « renflouement interne » (bail-in) à la place[2]. Bien qu’ils n’oseront sans doute pas encore mettre en œuvre ce renflouement interne ailleurs qu’en Italie, elle fait à présent parti du droit de l’UE, et elle va certainement être un instrument de choix pour l’Eurogroupe non-élu quand surviendra la prochaine crise bancaire.

Le renflouement interne, expression qui sonne mieux à l’oreille que le plan de sauvegarde des banques par l’argent des contribuables, requiert en fait que les déposants de la banque soient volés sur leurs propres dépôts bancaire, afin de « sauver » une banque au bord de la faillite, si d’aventure Bruxelles ou l’Eurogroupe non-élu décide une telle mesure de renflouement interne des dépôts est nécessaire, après que les détenteurs d’actions et autres créanciers obligataires se soient révélés incapables de couvrir les pertes. Cette station par le renflouement interne, fut déjà appliquée par l’UE aux banques chypriotes en 2013 : les déposants ayant individuellement plus de 100 000 € de dépôts ont perdu 40% de leur argent [vi].

Si vous êtes un déposant, disons, à la Deutsche Bank, et que les actions en bourse vacillent, comme cela a été le cas, et que des procédures légales menacent son existence même, et que le gouvernement Allemand refuse d’envisager le plan de sauvegarde, mais expose la banque à un renflouement administratif, vous pouvez être sûr que chaque déposant qui a un compte supérieur à 100 000 € va commencer à rechercher d’autres banques, ce qui ne fera qu’accentuer la crise pour la Deutsche Bank. Alors tous les autres déposants restants seraient vulnérables à un renflouement administratif comme il a été initialement proposé par l’Eurogroupe pour les banques chypriotes.

L’abdication de la souveraineté monétaire

Sous l’égide de l’Euro via les règles édictées par l’Eurogroupe et la BCE, les décisions ne sont plus souveraines mais centralisées : elles sont prises par des bureaucrates sans visage non-élus démocratiquement, comme le Ministre des Finances Néerlandais Jeroen Djisselbloem, le Président de l’Eurogroupe.

Au cours de la crise bancaire Chypriote, Djisselbloem avait proposé de saisir tout l’argent des dépôts, petits ou grands, afin de recapitaliser les banques. Il a été contraint de reculer à la dernière minute, mais cela montre bien ce qui peut arriver lors de la prochaine crise bancaire de l’UE, qui est pré-programmée par l’institution défaillante qu’est l’Euro et sa BCE fatalement viciée [vii].

Sous l’empire des règlementations de la zone Euro en vigueur depuis janvier 2016, les gouvernements nationaux des pays de l’UE ont interdiction de renflouer leurs banques avec l’argent des contribuables, empêchant ainsi toute résolution de problèmes de liquidité bancaire jusqu’à ce qu’il soit trop tard. L’Allemagne a adopté une loi de renflouement interne des banques comme d’autres gouvernements de l’UE [viii]. Les nouvelles règles de renflouement interne résultent d’une directive bureaucratique concoctée par les bureaucrates sans visages non-élus de la Commission européenne, connue sous le nom de Directive sur le Redressement des Banques et la Résolution de leurs Défaillances (RBRD)[ix].

En 1992, lorsque les banques Suédoises devinrent insolvables suite à l’éclatement d’une bulle immobilière, l’Etat est intervenu par l’intermédiaire de Securum, une structure de défaisance permettant d’assainir les banques endettées (“bad-bank/good bank“). Les banques en banqueroute furent temporairement nationalisées. Des prêts immobiliers non performants se comptant en milliards, furent versés dans cette structure de défaisance d’état, Securum. Les directeurs de banques s’étant faits remarquer pour leur addiction aux risques financiers furent démis de leurs fonctions. Les banques nationalisées, déchargées de leurs prêts toxiques, furent ensuite autorisées sous la tutelle de l’Etat, à reprendre l’allocation de prêts et purent ainsi redevenir profitables, avant d’être à nouveau privatisées lorsque la situation économique s’améliora. L’immobilier non-rentable l’était redevenu lorsque l’économie se redressa au cours des années suivantes, et au bout de cinq ans l’Etat put vendre les actifs avec un profit total net et liquider Securum[x]. Ainsi, les contribuables ne furent pas mis à contribution.

La BCE empêche de résoudre le problème bancaire

Mais à présent que l’UE fait face à un nouveau cycle de crises d’insolvabilité bancaire, des banques comme la Deutsche Bank, la Commerzbank et d’autres banques majeures de la zone Euro risquent de nouvelles crises des capitaux, parce que l’UE ne dispose pas d’un pouvoir fiscal central, aucune flexible de nationalisation des banques par l’argent du contribuable n’est possible. Les mesures visant à donner du temps aux banques en difficulté, comme par exemple l’octroi d’un moratoire temporaire sur les saisies et reprise de possession en cas de retard de paiement, ou bien la sous-traitance de systèmes de paiements électroniques à des banques commerciales, ne sont plus possibles.

La zone Euro ne possède pas d’autorité fiscale centralisée, donc ce genre de solution ne peut plus être mis en œuvre. Les problèmes du système bancaire ne peuvent être résolus que par les autorités monétaires, par la politique malsaine des intérêts négatifs de la BCE, le soi-disant « assouplissement quantitatif » consistant pour la BCE à acheter des milliards et des milliards d’Euros de dettes privées et publiques douteuses sans fin, ce qui rend du même coup les compagnies d’assurance et les fonds de retraite insolvables.

La réponse n’est définitivement pas celle qui est proposée par le kleptocrate George Soros et d’autres, à savoir de donner au “super-Etat“ de Bruxelles non élu le pouvoir fiscal central lui permettant d’émettre des obligations européennes [“Euro bonds“]. La seule solution possible, sauf à détruire les économies de toute la zone Euro lors de la prochaine crise d’insolvabilité bancaire, consiste à démanteler le Monstre de Frankenstein appelé l’Union Monétaire Européenne avec sa BCE et sa monnaie commune.

Les 19 pays différents de l’Eurozone ne constituent pas ce que les économistes appellent une « zone monétaire optimale », et ne l’ont jamais constitué. Les problèmes économiques de la Grèce ou de l’Italie ou même de la France sont extrêmement différents de ceux de l’Allemagne, du Portugal ou de l’Espagne.

En 1997, avant sa mort, un des économistes que j’apprécie le moins, Milton Friedman, avait déclaré : « l’Europe est l’exemple même d’une situation défavorable à une monnaie commune. Elle est composée de nations distinctes, parlant différentes langues, avec différentes coutumes, et des habitants qui ressentent une bien plus grande loyauté et un attachement à leur propre pays plutôt qu’à un marché commun ou une vision de l’Europe ». En ce sens, je dois dire qu’il avait raison. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. L’Euro et la Banque Centrale Européenne détruisent l’Europe aussi efficacement qu’a pu le faire la Seconde Guerre Mondiale, mais ils le font sans les bombes et les ruines.

William F. Engdahl

William F. Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, titulaire d’un diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur le pétrole, la géopolitique et les OGM.

Traduction par Jean-Maxime Corneille, pour Réseau International, article original paru dans New Eastern Outlook.

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[1] NDT : mais également surtout américaines (voir notamment Florence Autret : « l’Amérique à Bruxelles », Seuil, 2007 ; « La Grande Dissimulation : L’Histoire secrète de l’UE révélée par les anglais », Christopher Booker et Richard North, Editions du Toucan/L’Artilleur, 2016). Il faut comprendre ici une rivalité anglo-américaine, notamment racontée par l’auteur dans « Pétrole, une guerre d’un siècle » : les Britanniques ayant beau jeu de dénoncer volontiers les États-Unis tout en minimisant leur propre influence… mais le contexte de la création de l’union européenne (1957, juste après l’affaire de Suez, 1956), était en effet celui d’une domination américaine et d’un suivisme anglais.

[2] Directive 2014/59/UE du Parlement Européen et du Conseil de l’Union Européenne, sur le Redressement des Banques et la Résolution de leurs Défaillances (RBRD [Bank Recovery and Resolution Directive -BRRD]), entrée en vigueur au 1er janvier 2016, dans les pays membres de la zone euro. Cette directive est considérée comme un pas essentiel vers la création d’une Union bancaire européenne : le « renflouement interne » (bail-in), permet à une banque de la zone euro risquent en de faire faillite, de faire appel tout d’abord à ses actionnaires, puis à ses créanciers obligataires et enfin à ses déposants détenant plus de 100 000 euros dans ses comptes, avant de se tourner vers le Mécanisme de Résolution Unique (MRU) abondé par le secteur bancaire Européen (sur le MRU, voir : « Redressement des banques et résolution de leurs défaillances », et « Prochaines étapes de l’union bancaire: réduction des risques et protection des dépôts » (Site officiel du Conseil de l’UE).

 « Accord conclu sur la directive « renflouement interne des banques » » (Communiqué de presse du Parlement Européen, Affaires économiques et monétaires, 12-12-2013) ; « BRRD et bail-in, vous connaissez ? » (S&P, 12 janvier 2016) ; « Les banques en faillite pourront désormais ponctionner les comptes des déposants » (Figaro, 22/12/2015) ; « La Directive sur le redressement et la résolution des crises bancaires (BRRD) : révolution ou spoliation ? » (Déniz BOZKURT, Agoravox, 12 novembre 2015) ; « Hold-up sur votre épargne en 2016 ! » (Nexus Magazine, 29 octobre 2015, repris par le Blog Mediapart : « 2016 : Une confiscation sur votre compte à hauteur de 8 % des pertes de la banque », 30 oct. 2015) ; « Bail-in : les paradoxes du renflouement interne » (Revue-Banque.fr, 26/02/2016) ; « « Bail-in » : le confort illusoire du renflouement interne des banques ? » (Le Nouvel Economiste.fr) ; « Est-il vrai qu’à partir du 01/01/2016, les comptes clients de plus de 100 000 € de dépôts pourront être prélevés pour contribuer au sauvetage de leur banque ? » (Le Revenu.fr, 10-1-16) ; voir aussi : « Renflouement interne des banques et directive européenne » (Question écrite n° 19595 de M. Alain Chatillon (Haute-Garonne – Les Républicains), JO Sénat du 14/01/2016).

[i] Dan White, De Gaulle’s Europe of the Fatherlands, The Stanford Daily, Volume 138, Issue 11, 7 October 1960, http://stanforddailyarchive.com/cgi-bin/stanford?a=d&d=stanford19601007-01.2.19&e=——-en-20–1–txt-txIN——-

[ii] Website, European Roundtable of Industrialists, Members, http://www.ert.eu/members

[iii] Bilderberg Group, Garmisch-Partenkirchen Conference, 23-25 September, 1955, https://file.wikileaks.org/file/bilderberg-meetings-report-1955.pdf

[iv] GEFIRA, The End Of A Great Industrial Power French Car Production Has Collapse Since Joining The Euro, https://gefira.org/en/2016/11/03/the-end-of-the-great-industrial-power-frances-car-production-halved-from-nearly-4-mln-down-to-2-mln/

[v]  Ibid.

[vi] Phoenix Capital,  We’ve All Been Warned (the Cyprus « Bail-In » Model is coming to a Country Near You), http://www.zerohedge.com/news/2015-10-28/weve-all-been-warned-cyprus-bail-model-coming-country-near-you NDT : 47%, voir : « BRRD et bail-in, vous connaissez ? » (S&P, 12 janvier 2016, précité)

[vii] NDT : bien des initiés et connaisseurs du sérail bruxellois avaient alerté en leur temps, sur le fait que l’euro représentait un risque de destruction pour l’Europe. Par exemple Daniel Guéguen, l’un des lobbyistes français les plus en vue de Bruxelles, dès 2004 (« L’Euro: outil de la construction européenne ou Instrument pour sa destruction ? », Juan Carlos Gonzalez Alvarez & Daniel Guéguen, Collection Grands Débats Européens, Eis Europe Information Service).

[viii] Hugo Dixon , EU enters brave new world of bank bail-ins,

January 4, 2016, Reuters,  http://blogs.reuters.com/hugo-dixon/2016/01/04/eu-enters-brave-new-world-of-bank-bail-ins/

[ix] European Commission,   EU Bank Recovery and Resolution Directive (BRRD), 15 April, 2014,  http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-14-297_de.htm

Précité : Directive 2014/59/UE du Parlement Européen et du Conseil de l’Union Européenne, sur le Redressement des Banques et la Résolution de leurs Défaillances (RBRD [Bank Recovery and Resolution Directive -BRRD]).

[x] Wikipedia, Securum, https://en.wikipedia.org/wiki/Securum

 

Et si les Russes étaient plus

intelligents ?

 

Par Bruno Guigue

Barack Obama vient de déclarer que la Russie est « un petit pays qui ne produit rien, qui exporte du pétrole, du gaz et des armes... Un pays qui n'innove pas ». La Russie ne prétend pas à l'hégémonie sur le plan économique, en effet. Elle connaît parfaitement ses limites. Mais elle ne vole pas le pétrole et le gaz des autres pays en y fomentant la guerre civile, comme les Occidentaux l'ont fait en Libye. Elle ne sème pas le chaos à l'étranger sous le prétexte hypocrite des droits de l'homme. Elle n'envahit ou ne déstabilise aucun Etat souverain, elle ne finance aucune organisation chargée d'y semer le trouble. Elle intervient en Syrie à la demande du gouvernement légal, et elle affronte les terroristes au lieu de leur livrer des armes tout en prétendant les combattre.

Les Russes ne sont pas les plus forts sur le plan militaire. Ils ne détiennent pas le dixième de la capacité de projection extérieure des forces dont disposent les USA. En pleine modernisation depuis une décennie, leur appareil militaire sert à protéger l'immense territoire de la Fédération. Leur stratégie est défensive, non offensive. Ils ont deux bases militaires à l'étranger, tandis que les USA en ont 725. Les Russes ne se laissent pas marcher sur les pieds, mais ils ont le sens de la mesure. C'est l'OTAN qui a relancé la course aux armements en déployant un bouclier antimissiles, et non la Russie. On l'accuse de menacer la paix, mais son budget militaire (48 milliards) est inférieur à celui du Royaume-Uni (53 milliards) et il représente 8% de celui des USA (622 milliards).

Mais si les Russes ont des moyens modestes, ils savent les utiliser. Inutile d'employer des forces colossales pour parvenir à ses fins, il suffit de le faire à bon escient. En un mois, sans un coup de feu, la Crimée est revenue au giron de la Mère-Patrie. Les Occidentaux vont devoir s'y faire. C'est définitif. Les Russes ont aussi gagné la partie sur le théâtre syrien. En un an, l'intervention russe a enrayé l'offensive des mercenaires sponsorisés par les puissances occidentales et les pétromonarchies corrompues. Au terme d'une féroce bataille de 30 jours, la libération d'Alep, deuxième ville de Syrie, ouvre la voie à la restauration intégrale de la souveraineté syrienne.

Avec 5 000 hommes et 70 avions, Moscou a fait basculer le rapport de forces. Il a déjoué les plans du « changement de régime » conçu par Washington et déclenché en 2011 à la faveur des « printemps arabes ». Avec la déroute des bandes armées d'obédience wahhabite, les apprenti-sorciers occidentaux viennent de recevoir une dérouillée. Elle explique sans doute l'amertume d'un président américain en train de faire ses valises pour laisser la place à un successeur qui veut reprendre le dialogue avec Moscou. Quelle claque ! A croire qu'il ne suffit pas d'aligner des porte-avions sur les océans pour peser sur le cours des choses. Les Occidentaux n'ont rien compris, ou rien voulu comprendre à ce qui se passait en Syrie. Ces prédateurs arrogants ont perdu la partie.

Ce « petit pays qui ne produit rien » aura administré une leçon d'humilité à des yankees qui se prennent pour des génies de la géopolitique. Adossé à une Chine qui est la puissance montante, il aura donné ses chances à l'instauration d'un monde multipolaire. Les Américains croyaient mener le bal, et ils sont condamnés à faire tapisserie. Il va falloir l'admettre. Si les Russes dament le pion aux Occidentaux, ce n'est pas parce qu'ils sont plus forts. C'est surtout parce qu'ils sont plus intelligents. Ils comprennent le monde qui les entoure avec davantage de finesse. Ils captent mieux les inflexions du réel. Ils ont cette acuité du regard qui repère le point de bascule, l'endroit et le moment où il faut agir pour influer sur les événements. La supériorité russe n'est pas quantitative, elle est qualitative. il en coûte de sous-estimer le pays de Tolstoï et Dostoïevski. Une culture millénaire lui a appris la patience. Une histoire tragique lui a donné le sens des réalités.

 

C'est ce qui manque le plus aux Américains. Barack Obama peut-il seulement comprendre ce qui se passe ? Les USA, ce sont les moyens de la civilisation pris pour la civilisation. Leur expérience historique montre qu'un PIB colossal ne se monnaye pas toujours en perspicacité. Aucune loi physique ne fait transfuser la puissance matérielle, comme par enchantement, en intelligence stratégique. Les yankees se croient supérieurs, et ce sentiment de supériorité les aveugle. Ils s'imaginent que l'attrait de leur modèle culturel vaut approbation universelle. Ils pensent que leur croyance en eux-mêmes est partagée par les autres. Quelle illusion ! Le « moment unipolaire » inauguré par la chute de l'URSS n'est pas la « fin de l'histoire », mais une parenthèse aujourd'hui refermée. Un petit pays qui ne produit rien s'est chargé de cette fermeture à double tour.

14 janvier 2017

La Russie, peuple frère de

l’Europe, pas ennemi

Par VICTOR

 

 

Obama a traité la Russie de "petit pays"...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiens, le grand méchant ours ne va pas mettre son véto à une proposition française visant à sécuriser l’évacuation des civils et des terroristes d’un petit quartier d’Alep écrasé sous les bombes. C’est bien. C’est même très bien. Gargarise-toi François. Plus fort qu’Obama, t’as réussi à te faire entendre sinon écouter par Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Assad, suppôt de l’enfer !

Au fait, ce Poutine, élu en 2000, il va prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaqués par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2000 à 2010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbatchev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis… Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

Les Russes sont nos frères, pas nos ennemis.

 

 

Illustration X - Droits réservés

13 janvier

 

 

Macron-Bayrou : vers un couplé gagnant ?

Par Fergus 

 

Si l’on en croit certains éditorialistes, il se murmure ici et là dans le microcosme médiatico-politique que François Bayrou, coincé entre François Fillon et Emmanuel Macron, pourrait soutenir ce dernier dans la conquête de la présidence. Une hypothèse à laquelle le récent sondage Elabe donne incontestablement du crédit...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François Bayrou et Emmanuel Macron (photo Le Monde)

En décembre dernier, je faisais le constat que, dans un centre « orphelin de candidat », l’OPA opérée sur cet espace politique par Emmanuel Macron dès l’annonce de sa candidature à la présidence de la République le 16 novembre avait de bonnes chances de réussir. À condition toutefois que François Bayrou ne s’aligne pas pour une 4e fois consécutive* dans la compétition électorale.

Il est en effet évident que, présents tous les deux sur la ligne de départ, Macron et Bayrou se neutraliseraient. Avec pour conséquence un plafonnement des voix de l’un comme de l’autre, et tout particulièrement du second nommé. À la clé, la certitude qu’aucun candidat « ni de gauche, ni de droite », comme se plaît à se positionner lui-même l’ex-collaborateur de la banque Rothschild, ne soit en mesure de disputer l’accession au 2e tour de la présidentielle aux deux favoris actuels Fillon et Le Pen.

Or, faisais-je remarquer, si ces deux-là étaient un peu moins égotiques – mais quel responsable politique de premier plan ne l’est pas ? –, le bon sens leur commanderait d’unir leurs forces. Soit en proposant un « ticket commun  », Macron postulant à la présidence, Bayrou à un poste de Premier ministre ou au maroquin d’un grand ministère d’État ; soit, plus probablement, en scellant une alliance objective de nature à faire gagner le centre en brisant le bipartisme gouvernemental qui prévaut depuis des décennies.

Une telle alliance pourrait permettre au candidat Macron de rafler la mise en mobilisant un électorat allant des sympathisants sociaux-démocrates du PS – majoritairement hollandais –jusqu’à l’aile modérée – principalement juppéiste – de LR en passant par les différentes sensibilités du centre qui rejettent le ralliement à Fillon. À cet égard, les difficultés rencontrées par Valls sont du pain béni pour Macron qui, n’en doutons pas, doit croiser les doigts pour que le « TSV » (Tout sauf Valls) qui semble se dessiner débouche sur une victoire de Hamon ou Montebourg au 2e tour de la primaire de cette « Belle alliance » si mal baptisée**.

Le combat de trop

Valls absent, une large part de l’électorat du PS devrait effectivement se reporter très logiquement sur Macron. C’est d’ailleurs ce que confirme le sondage Elabe publié le jeudi 5 janvier par le quotidien économique Les ÉchosSans Valls mais avec Bayrou sur la ligne de départ, l’institut de sondage crédite Macron de... 20 à 22 % selon l’identité du candidat socialiste. Sans Valls et sans Bayrou, Elabe crédite Macron de 23 à 24 %, tout près de Fillon et grosso modo à égalité avec Le Pen (1 point derrière ou 1 point devant selon l’adversaire socialiste).

Certes, il s’agit là de données éphémères, mesurées avec toute la réserve que l’on doit accorder à un sondage réalisé si loin du scrutin. Elles n’en confortent pas moins la confiance de Macron et contribuent sans aucun doute à faire réfléchir le maire de Pau. Et cela d’autant plus que Fillon, qui lui avait récemment fait des propositions, vient de fermer la porte à un rapprochement présumé plus nuisible que bénéfique avec le Béarnais. Reste Macron qui, dès le 27 novembre, lui tendait la perche en ces termes : « J'appelle François Bayrou, s'il n'est pas à l'aise avec le programme de François Fillon, à nous rejoindre, car il y a beaucoup de convergences. »

Un appel de Macron auquel Bayrou aurait, si l’on en croit Le Parisien, répliqué trois jours plus tard devant ses amis : « Jamais je ne laisserai le centre à Macron  !  » La porte est-elle fermée pour autant ? Peut-être, car le Béarnais est accro à la présidentielle et n’a pas encore renoncé à une 4e candidature. Mais si la dynamique qui porte actuellement Macron venait à être confirmée dans les prochaines semaines, alors cette candidature risquerait de se transformer pour Bayrou en pathétique combat de trop.

Nul ne peut dire, à l’heure actuelle, ce que fera Bayrou. Apparemment, il n’est plus question qu’il se vende pour une poignée de lentilles estampillées Modem à ce Fillon par trop réactionnaire dont il condamne le positionnement thatchérien et dont il critique vertement un affichage chrétien inapproprié dans une république laïque. Mais tentera-t-il une 4eaventure présidentielle potentiellement porteuse d’un échec cuisant, eu égard à la préemption du centre par un Macron plus jeune et plus séduisant aux yeux des électeurs ? Ou bien fera-t-il le choix de cette alliance de l’Ancien et du Moderne capable, hors du traditionnel schéma bipartisan, de faire triompher le centre en ringardisant tout à la fois le PS et LR ?

Une bulle qui tarde à éclater

La décision appartient au maire de Pau. Mais quoi qu’il en soit, il est évident que, avec ou sans Bayrou, Macron va continuer d’aller de l’avant. « En marche », l’espère-t-il, vers un destin élyséen. Et force est de constater que l’ex-ministre de l’Économie suscite un réel intérêt de la part des électeurs en rejet du PS et de LR comme l’a montré l’énorme affluence à son grand meeting de la Porte de Versailles le 10 décembre : plus de 10 000 participants sans le soutien logistique d’un parti ni le relais de militants chevronnés !

Et ce ne sont pas ses derniers meetings qui ont démenti l’incontestable engouement que suscite Macron dans la population. À Nevers, le vendredi 6 janvier, c’est dans une salle bondée de 1000 places que s’est produit le candidat ; à tel point que Denis Thuriot, le maire « sans étiquette », a affirmé n’avoir pas vu une telle affluence pour un meeting politique dans sa ville depuis... Mitterrand ! Quant à la Grande Halle de Clermont-Ferrand elle a été insuffisante à recevoir les 3000 personnes venues écouter Macron le samedi 7 janvier.

Beaucoup de public, certes, mais pas de troupes structurées et peu de soutiens de premier plan, tempèrent les sceptiques. Un argument que balaie Macron : il sait qu’en politique, nombreux sont ceux qui volent au secours de la victoire en amenant avec eux militants et logistique. Dès lors, il mise sur la dynamique dont il bénéficie pour susciter des allégeances tant de la gauche socialiste que du centre et de la droite juppéiste. Présomption ou réalisme ?

La question se pose en effet. Et ce n’est pas un hasard si, depuis l’entrée en campagne de Macron, nombre d’éditorialistes et de commentateurs ont parlé, les uns de « bulle » appelée à éclater, les autres de « soufflé » destiné à retomber. Or, à l’instar de Trump aux États-Unis, rien de tel ne s’est passé jusque-là. Au contraire, Macron ne cesse de progresser. Au point que l’on commence à s’inquiéter très sérieusement dans les états-majors de LR et du FN d’un possible match à trois pour la qualification au 2e tour de la présidentielle. Un scénario catastrophe pour ces deux partis car il pourrait laisser sur le tapis Fillon ou Le Pen.

Un scénario qui, à n’en pas douter, ne manque pas de susciter une « tempête sous un crâne », selon la formule de Victor Hugo. En l’occurrence, celui de Bayrou qui, en 2017, peut trouver une occasion de relancer sa carrière en soutenant Macron, ou a contrario courir le risque d’être définitivement affublé d’une étiquette de « Has been » s’il concourt pour un score étique. En spécialiste hippique, Bayrou devra opter, soit pour une course en solo, au risque de se noyer dans la rivière des tribunes, soit pour un couplé qui pourrait se révéler gagnant au PMU électoral !

Le Béarnais avait été candidat en 2002 (4e du 1er tour avec 6,84 %), en 2007 (3e du 1er tour avec 18,57 %) et en 2012 (5e du 1er tour avec 9,13 %)

Cette bien curieuse appellation rappelle en effet le nom d’un lieudit emblématique de la bataille de... Waterloo. Faut-il y voir un présage ?

Note : Que l’on ne s’y trompe pas, cet article – rédigé comme observateur et non comme militant – n’a, en aucune manière, pour objet de soutenir la candidature de Macron. Celui-ci n’est en effet à mes yeux qu’un libéral parmi d’autres, porteur d’une politique antisociale entièrement ancrée dans le système qu’il prétend dénoncer. Électeur de Mélenchon en 2012, je le serai encore en 2017, en espérant qu’il pourra cristalliser sur son nom le vote des électeurs de gauche.

 

Le combat contre l’opacité financière des entreprises multinationales

Par Eliane Jacquot 

 

Afin de mettre un terme à l’évasion fiscale à grande échelle des multinationales, on assiste depuis peu à une prise de conscience des États membres de l'OCDE et du G20 visant à récupérer des sommes colossales qui échappent à l’impôt. Ce sont les grandes entreprises qui tirent le plus parti d'une course effrénée à la concurrence fiscale des pays du monde entier et parmi les plus importantes d'entre elles, neuf sur dix sont présentes dans un paradis fiscal.

Les pays qualifiés de Paradis fiscaux sont bâtis sur deux piliers

 L'usage dévoyé de la notion juridique de personne morale :

L'opacité fiscale y est organisée au sein d'entités juridico-financières que sont les fiducies, les trusts et autres sociétés écrans permettant de rendre anonymes les détenteurs de capitaux, les opérations y étant réalisées pour le compte de personnes non résidentes. Les règles fiscales, issues du début du 20ème siècle, sont devenues obsolètes.

 La vitesse et le volume de déplacement des capitaux d'origine frauduleuse en circulation dans le monde, favorisée par les NTCI (nouvelles technologies de la communication et de l’information) et le développement de l'économie numérique.

Les flux financiers illicites qui transitent par les Paradis fiscaux sont considérables et révèlent une faille dans l'économie mondiale à un moment de notre histoire où les gouvernements manquent cruellement de ressources de par la situation préoccupante de leurs finances publiques. Ceci prive les États de milliards d'Euros de ressources essentielles pour d'une part réaliser des investissements et d'autre part combattre les inégalités. Selon une étude réalisée par le FMI, l'évasion fiscale des multinationales représente pour les États des pays développés une perte équivalente à 1% de leur PIB, et pour les États des Pays en développement pour lesquels l’impôt sur les Sociétés représente une part très importante des recettes fiscales, 100 Milliards de dollars par an. D'où la taille de l'enjeu pour les gouvernements engagés à garantir de nouvelles règles du jeu fiscales plus équitables.

 

Le rôle moteur de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques)

Face à ces préoccupations, le projet BEPS, d'une grande technicité, mené très activement depuis l'année 2013 par l'OCDE est destiné à réformer en profondeur les règles de la fiscalité des entreprises internationales réalisant au moins 750 milliards d'Euros de chiffre d'affaires et à promouvoir des politiques fiscales favorisant investissements et emplois. L'OCDE estime que le manque à gagner mondial dû au transfert de bénéfices vers des pays à fiscalité très faible ou nulle se situe entre 100 et 240 milliards de dollars chaque année, soit l'équivalent de 4 à 10% des recettes tirées de l'IS dans le monde. Pour Pascal Saint Amans, directeur et architecte du projet, « Son principal but, c'est de faire en sorte que les entreprises payent leurs impôts là où elles ont des activités. », et non pas là où les profits ont été transférés pour y échapper. Ce plan d'action, ébauche d'une véritable révolution fiscale réunit à ce jour plus de 85 pays et juridictions au travers de groupes de travail. La prochaine réunion plénière aura lieu à Paris les 26 et 27 Janvier 2017.

Les pays membres de l'OCDE en relation avec le G20 ont identifié de nombreux stratagèmes utilisés par les entreprises pour échapper au fisc. Parmi ceux-ci, le transfert des bénéfices vers des juridictions à faible fiscalité ( Pays-Bas, Irlande, Luxembourg...) ou à fiscalité nulle ( Bahamas, Bermudes, Jersey...) L'application de « prix de transfert » artificiels ou transactions fictives entre filiales d'un même groupe de sociétés, l'utilisation abusive des conventions fiscales de non double imposition au travers de la création d'établissements stables, ou succursales, leur permettant d’échapper à l’impôt à l'encontre des règles fiscales internationales.

 

Mais la lutte contre les paradis fiscaux ne dépend pas des seules bonnes intentions portées par l'OCDE.

Elle requiert une action qui conduirait à mettre fin en amont à des pratiques du droit des affaires relayées par de grandes banques, conseillées par les cabinets d'avocats fiscalistes, permettant à des mandataires à agir sans que jamais ne puisse être dévoilée l'identité de leurs mandants. Et l'ingéniosité des avocats à multiplier les cascades de sociétés écrans et de prête-noms est sans fin.

Elle requiert aussi de véritables sanctions juridiques et financières à l'encontre des pays pouvant être qualifiés d’États pirates. 

Face à la multiplication de récents scandales d'évasion fiscale largement relayés par les médias (Luxleaks, Panama papers), la Commission européenne a lancé un signal fort en infligeant une amende de 13 Milliards d'Euros au géant américain Apple, décision déjà contestée par la firme à la pomme. Cette dernière est accusée d'avoir bénéficié d'aides d’État illégales de la part de l'Irlande. Au mois de Décembre 2016, le ministère des finances irlandais a estimé que la commission a outrepassé ses pouvoirs et violé la souveraineté du pays en matière de politique fiscale. Nous développerons cette argumentation, dans le cadre de l'espace européen, dans un second volet.

 

La société civile, par l'intermédiaire des ONG, des journalistes d'investigation, des lanceurs d'alertes, entre dans un processus de dénonciation et constitue peu à peu un contre-pouvoir de plus en plus nécessaire. Mais elle ne peut pas se substituer à l'incertaine volonté de la plupart des Etats et des institutions internationales à mettre en place de nouvelles normes comptables et fiscales. Et seule une application stricte de sanctions commerciales, financières et même pénales des firmes des pays et des juridictions concernées permettraient de sortir d'un climat d'opacité et d'impunité en vigueur depuis la création des groupes de sociétés internationaux. C'est encore l'avènement des "Euros dollars "à l'issue de la nationalisation du Canal de Suez en 1956 qui a donné une impulsion considérable aux activités et aux centres offshores.  

L’Islande envoie ses banquiers en prison et fait un bras d’honneur à la finance

Par Verdi 

 

Contrairement à l’incroyable servilité des peuples et des gouvernants d’Europe, face à la dictature de la finance, un pays a repris fermement son destin en main : l’Islande. Il a refusé de payer sa dette et renoncer à l’Europe. Aujourd’hui, les Islandais ne s’en portent que mieux. Quel pays, quel dirigeant, montrera la même volonté que les Viking ?

Alors que l’Europe corrompue continue de protéger ses banquiers véreux, un pays a pris son destin en main, et décider de s’attaquer aux racines du mal : la finance. Ce petit pays, qui s’est fait remarquer par l’enthousiasme de ses supporters vikings, pendant l’Euro de foot 2016, en France, et la bravoure de son équipe nationale, fait aujourd’hui figure de modèle, pour ne pas dire figure de proue, dans la lutte contre le mondialisme étouffant, imposé par les capitalistes ultra-libéraux, favorables à une loi de la jungle sans merci entre les êtres humains. Au passage, un modèle socio-économique, ardemment préconisé par Fillon, le candidat chrétien de droite extrême à la présidentielle de 2017.

Que s’est-il passé dans cette île septentrionale, perdue dans l’Atlantique Nord, entre la Norvège et Groenland ? Qu’est-ce qui a fait se révolter ses 330 000 habitants, au point de faire vaciller les politiciens en place, et, fait rare et peut-être unique au sein du monde occidental, d’envoyer les neufs principaux banquiers du pays en prison ? La crise des subprimes de 2007 et le tsunami financier qui a suivi en 2008 ! Là où, partout ailleurs, en Europe et dans le monde, politiciens corrompus et banquiers se sont entendus pour faire payer les centaines de milliards de pertes aux citoyens des pays, comme ce fut le cas en France, avec Sarkozy, l’Islande, elle, a tout bonnement refusé de faire payer les victimes et, à l’inverse, a choisi de s’en prendre aux responsables indélicats : ses propres banquiers.

L’Islande relève la tête, la Grèce s’agenouille

En Europe, les banques ont été sauvées par les contribuables des Etats, grâce aux décisions désastreuses des gouvernements de les renflouer. Non contente d’asphyxier l’économie et les peuples, une directive européenne, prise à cette époque, autorise de surcroît les banques à se payer sur leurs clients en cas de difficultés ou de faillite. Qui était président de la Commission Européenne à l'époque ? Un certain Barroso, qui a rejoint depuis Goldman Sachs. Qui lui a succédé à ce poste ? Un certain Juncker, ancien Premier ministre de l’un des plus importants paradis fiscaux de la planète : le Luxembourg.

Une directive retranscrite, sans sourciller, dans le droit français, en 2015, par Valls, sous la présidence de Hollande. La même année, la Grèce -confrontée aux mêmes difficultés que l’Islande- cédait à la pression de la troïka, et capitulait en rase campagne, au moment où le monde attendait qu’elle prenne la tête de la résistance à l’oppression de la finance mondiale. Un cuisant revers, en dépit de l’arrivée au pouvoir de Syriza et Tsipras, qui promettaient de renverser le système !

Contrairement à la Grèce, de son côté, l’Islande décidait de s’affranchir de la tutelle des banques et renonçait à intégrer l’Union européenne, avec laquelle elle était en négociation depuis quelques années. Après la faillite des trois principales banques, Kaupthing, Landsbanki et Glitnir, le secteur bancaire a été nationalisé. Il a été décidé de ne pas payer la dette contractée par ces dernières auprès de banques de Grande-Bretagne et des Pays-Bas, dettes générées par leurs mauvaises politiques financières.

93% des Islandais refusent de payer la dette

Une assemblée populaire a été créée pour réécrire la Constitution. Une nouvelle constitution est élaborée par une assemblée constituante à partir de 2011, qui instaure, notamment, le recours direct au peuple souverain. Mais celle-ci ne verra finalement pas le jour.

En 2008, après la nationalisation de la principale banque du pays, la monnaie (couronne islandaise) s’est effondrée, la bourse a cessé son activité, le pays s’est trouvé en banqueroute.

En 2009, la protestation citoyenne a provoqué des élections anticipées. S’en est suivi la démission du Premier ministre et de son gouvernement. La situation économique désastreuse du pays a persisté à cause d’une loi qui contraignait les citoyens à rembourser mensuellement les 3500 millions d’euros de dette sur 15 ans, moyennant un intérêt de 5%.

En 2010, le peuple descend dans la rue et demande l’abrogation de cette loi par referendum. Le NON au paiement de la dette l’emporte avec 93% des voix. Ce qui pousse le gouvernement (social-démocrate et vert) à examiner les responsabilités juridiques à l’origine de la crise. S’appuyant sur une enquête d’Interpol, plusieurs banquiers et cadres supérieurs sont placés en détention.

Les banquiers envoyés en prison, le pays respire à nouveau

En octobre 2016, neufs grand banquiers écopent de 46 ans de prison cumulés, par la Cour suprême de Reykjavik. Même si tout n’est pas rose, l’activité économique, à travers le tourisme notamment, a repris de belles couleurs. Les Islandais ont vu leurs salaires progresser, ils ne sont plus surendettés et ils ne consomment plus à crédit.

 

Affranchis des puissances financières, l’Islande a montré la voie. Qui veut suivre son exemple, parmi les candidats à l'élection présidentielle de 2017 ?

12 janvier

Fillon, moitié Laval, moitié Sarkozy ?

Par Laurent Herblay 

 

Si sa très large victoire surprise aux primaires avait fait de lui le favori incontestable, au point de sembler être inarrêtable, les dernières semaines semblent avoir fragilisé le candidat des Républicains, entre polémiques et rétropédalage sur ses propos de campagne et pilonnage par certains, comme Henri Guaino. Que penser de l’avenir de ce séguino-thatchérienqui a répondu cette semaine ?

Homme de conviction ou fétu de paille politicien ?

 

François Fillon a sans doute gagné la primaire du fait de son positionnement plus central par rapport à ses concurrents, et apparemment moins gesticulant que ses deux principaux adversaires. Il y avait une vraie cohérence entre son discours sur un Etat en « faillite  », aussi malheureux et absurde cela soit-il, les plans de rigueur de la fin du mandat Sarkozy, et son programme pour 2017. Pourtant, déjà, on ne peut pas dire que la politique menée de 2007 à 2010 était cohérente avec un tel constat. Mais surtout, pour qui prend un peu de recul sur le parcours de Fillonil est difficile de ne pas être pris par un vertige tant il semble avoir défendu des idées totalement contradictoires, dans bien des domaines.

 

Comment, en effet, passer de Séguin à un megamix de Thatcher et d’euro béatitude la plus conformiste  ? Ce candidat trouve le moyen de s’être opposé à Maastricht en 1992, tout en ayant soutenu le honteux traité de Lisbonne et fait tout ce qui était demandé pour sauver la monnaie unique ! Il faut rappeler qu’il avait soutenu Balladur en 1995, sans doute un bon indicateur de la cohérence idéologique du personnage… Sa cohérence est également mise à mal par ses allers-retours sur les questions de santé et la disparition de ses propositions de campagne devant la polémique, ou le rétropédalage sur la question de l’annonce du nom de ses ministres quatre mois avant l’élection, évidemment non tenue.

 

En revanche, sur TF1, il a tenu bon sur la suppression d’un demi-million de postes de fonctionnaires, une proposition qui est totalement effarante alors que nous manquons de professeurs, de forces de sécurité et qu’il ne semble pas non plus que nous ayons trop de personnel de santé… La situation étant déjà très dure aujourd’hui, il est bien évident que cela serait extrêmement brutal. Henri Guaino, que son parcours à l’Elysée n’aide pas, n’est pas le moins sévère sur le sujet, évoquant « une purge jamais proposée depuis la seconde guerre mondiale  » et demandant si « la droite n’aurait-elle rien de plus sérieux à proposer qu’une politique obéissant à la même inspiration que celle de Laval en 1935  ».

 

Mais ce qui était frappant sur TF1, c’était à quel point Fillon ressemble à Sarkozy et Hollande, avec le même culot et la capacité à noyer le poisson, évoquant sa religion et son pseudo-gaullisme pour évacuer le sujet de la brutalité. Nuage de fumée grossier, la dignité humaine n’ayant pas toujours été respectée par ceux qui se réclamaient de l’un ou de l’autre… En fait, Fillon, comme les candidats du PS, Macron ou Bayrou, ce serait très largement la continuité, avec des postures communicantes et aucun travail de fond  : pas étonnant qu’il s’inspire de celui qui a été son président quand il était à Matignon pour ses axes de campagne, en parlant de « France forte », avant de suivre l’air du temps à Las Vegas.

 

 

Bref, ce qui est navrant pour l’élection de cette année, c’est que l’ensemble des candidats qui sont en haut des sondages sont plus repoussants les uns que les autres. Et François Fillon n’échappe pas à la règle, entre un programme absolument délirant économiquement, et un caractère qui semble démontrer qu’il est de la même veine que les précédentes erreurs de casting logées à l’Elysée.

 

Campagne présidentielle : Mélenchon flamboyant à Tourcoing !

Par VICTOR Ayoli 

 

« Vous êtes 13 millions ! Vous êtes la classe la plus puissante de notre pays. Alors ne vous abstenez pas. N’abandonnez pas votre bulletin de vote ! Ne vous éliminez pas de la décision ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il avait du gaz Mélenchon dimanche après-midi à Tourcoing ! Salle trop pleine, et un millier de personnes qui bravaient le froid et la brume dehors. C’est d’ailleurs dehors que le premier de « La France insoumise » a prononcé l’essentiel de son discours de plus d’une heure et demie, essentiellement axé sur le volet Travail de son programme.

Il a soulevé l’enthousiasme de la foule en s’en prenant sans fioritures à Auchan, l’entreprise où une caissière a fait récemment une fausse couche à cause de conditions de travail déplorables. « Cette jeune femme a perdu son enfant uniquement du fait du mépris de ceux qui en avaient la responsabilité, qui n’ont pas écouté ce qu’elle avait à dire…/… « Le patron de ce groupe qui est responsable du malheur de cette jeune vendeuse, M. Mulliez n’habite pas très loin d’ici, mais en Belgique ! Eh bien quand je serais président, il paiera les impôts qu’il doit où qu’il soit, même en enfer ! »

Et Mélenchon s’appuie sur ce fait divers pour préciser ses idées sut la question : « Quand je serais président, l’impôt sera universel, basé sur la nationalité du cotisant quand il n’est plus en France. Les citoyens français devront déclarer partout dans le monde ce qu’ils paient comme impôt à la nation qui les accueille. Il est bien normal qu’ils en paient là où ils se trouvent, car nous pratiquons de même chez nous, mais ils devront déclarer ce montant au fisc, et celui-ci regardera si, après avoir payé cette somme, en France, ils ne devraient pas encore d’argent. »

« N’écoutez pas les bonimenteurs. Le problème ce n’est pas le coût du travail ni celui des chômeurs le problème, ce sont les banquiers ! Le problème ce sont les Mulliez !…/… Chaque mois la BCE (Banque centrale européenne) donne 85 milliards aux banques, ce qui équivaut à six millions de SMIC ! Où sont ces milliards ? Que devient cet argent ? Il sert à soutenir l’activité ? Pas du tout, pour l’essentiel ces milliards repartent immédiatement dans la sphère spéculatrice financière ».

« Savez-vous ce qui est arrivé le 3 janvier, à 18 heures ? Non, vous ne savez pas ? Eh bien en deux jours et demi, les cent vingt patrons les mieux payés de France ont gagné autant que tous les salariés ! Nous avons le record d’Europe des dividendes ! »

Il fustige le gouffre du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui est un cadeau de 20 milliards par an aux entreprises. « Chaque emploi créé grâce au CICE coûte 200.000 euro à l’État ! Et l’État, c’est nous ! Voilà pourquoi le CAC 40 est la plus grande association d’assistés de France ! »

« Le système capitaliste fonctionne sur la quasi-gratuité du travail qu’implique la mondialisation. Voilà pourquoi ils délocalisent, voilà pourquoi ils font appel aux travailleurs détachés…./… Nous sommes tous riches des 2 000 milliards qui sont le fruit de notre travail. Mais vous êtes spoliés d’une partie de votre part. En quelques années dix % des bénéfices générés par ce travail sont passés de la poche des salariés dans celle des actionnaires. »

Jean-Luc Mélenchon s’en prend à la Loi El Khomry : « Elle est là pour détruire. Détruire la hiérarchie des normes sociales. Désormais, un accord d’entreprise peut s’imposer même si un accord de branche ou la loi sont plus favorables aux salariés. C’est la porte ouverte au dumping à l’intérieur d’une même branche entre entreprises et à la régression de tous les droits des salariés. L’accord d’entreprise ne doit prier que s’il est plus favorable aux salariés. Il en va de l’égalité des salariés et de la justice entre les entreprises. La Loi El Khomry, c’est le temps de travail légal à 48 heures, comme le veut l’Europe. Et les heures supplémentaires payées à 10 % et non plus à 25 % comme aujourd’hui. Cette loi sera supprimée. »

Il prône le retour aux 35 heures, le renchérissement des heures supplémentaires, la semaine de 5 jours avec 2 jours de congé consécutifs, fustigeant au passage Fillon « Avec Fillon, plus de durée légale du travail ! » Il s’élève contre la généralisation du travail du dimanche qui désorganise la vie. « C’est une stratégie à long terme dont le but est que les femmes restent à la maison et abandonnent leurs carrières professionnelles. C’est leur façon de résoudre le chômage et éliminant les femmes du monde du travail ! »

L’orateur propose le SMIC à 1700 euro brut immédiatement, net plus tard. « Savez-vous que ceux qui sont payés au SMIC touchent 100 euro de plus seulement que le seuil de pauvreté ! ? ! ? » Mais pour ne pas écraser les TPE et PME, Mélenchon propose de faire une caisse commune de cotisations sociales entre entreprises, grosses et petites.

Il illustre ses propos concernant la défense des PME avec l’histoire des Ecopla, cette entreprise de fabrication de récipients jetables en aluminium pour l’agroalimentaire, entreprise mise en faillite par une succession de magouilles entre fonds d’investissement voyous et que le tribunal de commerce à refuser de vendre à une Scoop créée par les salariés. « Il faudra réformer les tribunaux de commerce pour lesquels la priorité n’est pas de défendre l’emploi mais l’intérêt des créanciers. » Ce qui l’amène à envisager un « droit de remontrance » pour les salariés si les patrons font des erreurs manifestes.

Très en verve, Mélenchon exhorte ses auditeurs à ne pas se résigner : « Avec leur indifférence au sort des autres, les puissants veulent toujours avoir le dernier mot et c’est avec ça qu’ils impressionnent, qu’ils font peur et que les gens ont peur et c’est de cette peur que nous voulons délivrer le monde du travail », puis le candidat invite les salariés, les ouvriers et les chômeurs a « relever la tête » avec la France insoumise.

Enfin, l’orateur, très applaudi, cite Jaurès : « La révolution de 1789 a fait les Français rois dans la cité, mais ils restent serfs dans l’entreprise. »


Photo X - Droits réservés

 

 

La nouvelle route de la soie va protéger l’Iran des sanctions occidentales

En janvier 2016, nous avons assisté au retrait partiel des sanctions imposées à la République islamique d’Iran. Il est à noter que leur mise en place était liée au programme nucléaire iranien qui inquiétait les États-Unis et leurs alliés. Les pays occidentaux ont donc été les maîtres d’œuvre de ces sanctions visant à exercer des pressions sur l’Iran, depuis les années 1970. En juillet 2015, après de longues négociations, un compromis a été atteint: l’Iran et le groupe des six (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie, les États-Unis et la France) ont signé un accord établissant un retrait progressif de toutes les sanctions. Dans le cadre de cet accord, l’Iran autoriserait l’accès à ses installations nucléaires aux experts de l’AIEA, afin qu’ils puissent s’assurer que l’énergie nucléaire n’est utilisée qu’à des fins pacifiques. L’accord a été rapidement qualifié de percée diplomatique et on a cru que cela mettrait fin à la tension croissante dans la région. Toutefois, à la fin de 2016, la situation a recommencé à se détériorer.

Tout d’abord, tout s’est déroulé comme prévu. En janvier 2016, les Nations Unies et l’Union Européenne ont levé le régime de sanctions contre l’Iran, alors que l’embargo commercial américain et les restrictions imposées aux citoyens américains voyageant à Téhéran sont restés en place. Néanmoins, l’Iran a commencé à rapidement rétablir ses anciens liens politiques et économiques.

En août 2016, les États-Unis ont accusé Téhéran de soutenir secrètement les rebelles au Yémen, en leur fournissant des systèmes de missiles modernes. Selon Washington, cette action menace la stabilité d’une région entière. À ce moment-là, la Maison Blanche a annoncé qu’elle envisageait la possibilité d’introduire de nouvelles sanctions contre l’Iran.

Puis, le 3 septembre, un nouveau scandale a éclaté, quand il a été établi que Washington avait envoyé 400 millions de dollars à Téhéran, en espèces, le jour même où un certain nombre de prisonniers américains étaient libérés des prisons iraniennes. À ce moment-là, Washington fut accusé de violer le principe américain de ne jamais payer de rançon pour les otages. En retour, le président Barack Obama a déclaré que cette somme avait été transférée à l’Iran dans le cadre de la dette que les États-Unis ont été forcés de payer en raison de la décision du Tribunal de La Haye. Néanmoins, le 23 septembre 2016, le Congrès des États-Unis a adopté un projet de loi interdisant au gouvernement des États-Unis d’effectuer des transferts en espèces aux États soupçonnés de parrainer le terrorisme.

Le 3 novembre 2016, les États-Unis ont prolongé pour une autre année le régime de sanctions contre l’Iran adopté en 1979. Selon le président américain Barack Obama, la décision a été prise parce que les tensions dans les relations entre les États-Unis et l’Iran n’avaient pas été complètement éliminées. Alors qu’il n’y a pas de restrictions supplémentaires imposées à l’Iran par les États-Unis, l’Iran semble assez préoccupé par cette évolution. Le 10 novembre 2016, le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Mohammad Zarif, a annoncé que Téhéran s’attendait à ce que toutes les parties signataires de l’accord de 2015 s’acquittent de leurs obligations. Sinon, a-t-il averti, l’Iran utilisera d’autres voies.

Cette évolution a abouti à ce que le Congrès des États-Unis adopte, le 17 novembre, un projet de loi sur l’extension de certaines sanctions contre l’Iran pour encore 10 ans. Selon les accords précédents, ces sanctions devaient cesser d’être appliquées d’ici fin 2016. Cet événement peut être qualifié de menace sérieuse pour tout l’accord nucléaire de 2015 et c’est peut-être la raison pour laquelle le président américain Barack Obama a critiqué ce projet de loi, qui n’entrera en vigueur que s’il est approuvé au Sénat. Si c’est le cas, il y a encore une possibilité que le président en exercice exerce son droit de veto.

Ces développements révèlent la lutte, à Washington, entre les forces qui soutiennent la coopération avec l’Iran et celles qui veulent introduire de nouvelles sanctions. Une chose peut être affirmée avec certitude : l’avenir de la relation entre l’Iran et les États-Unis reste flou et incertain. Dans ces conditions, il serait préférable pour l’Iran d’obtenir une sorte d’assurance qui lui permette de protéger son économie, si Washington décide de continuer à s’en prendre à Téhéran.

L’un des moyens pour les autorités iraniennes de se sentir plus en sécurité est l’expansion de la coopération avec les pays qui rejettent les sanctions américaines. Parmi ces États, on peut trouver la Chine, un partenaire fiable et de longue date de l’Iran.

Comme vous le savez, l’Iran a d’énormes réserves de pétrole et de gaz, et il est vital pour Téhéran d’assurer ses exportations pour soutenir son économie, alors que les importations d’hydrocarbures sont cruciales pour la croissance économique de la Chine. Parallèlement, la Chine est en désaccord avec les États-Unis depuis une longue période et l’économie chinoise est maintenant assez puissante pour ne pas être soumise aux possibles pressions américaines.

Pendant des décennies, les sanctions contre l’Iran ont porté atteinte à ses exportations d’hydrocarbures vers la région Asie-Pacifique, puisque des États comme l’Inde, la Corée du Sud et le Japon ne pouvaient pas ignorer le régime des sanctions. Par contre, Pékin a continué à honorer ses contrats commerciaux avec Téhéran, en dépit des pressions que les acteurs occidentaux ont essayé de lui faire subir. La Chine a été la raison pour laquelle l’économie iranienne a pu survivre à ces temps difficiles.

Donc la visite, en janvier 2016, du président chinois Xi Jinping à l’Iran ne fut pas une surprise. Au cours de son séjour, les deux pays ont signé un total de 18 accords de coopération, portant le chiffre d’affaires du commerce entre l’Iran et la Chine à 40 milliards de dollars par an. Il est prévu que les 25 prochaines années de coopération sino-iranienne hissent le chiffre d’affaires du commerce entre les deux États au stupéfiant niveau de 600 milliards de dollars. Il est tout à fait naturel que les deux États portent une attention spéciale au développement du commerce pétrolier et gazier. Aujourd’hui, la Chine est le premier importateur de pétrole iranien.

Un autre élément important de la coopération Iran-Chine est la mise en œuvre du projet de Nouvelle Route de la Soie qui reliera la Chine, le Moyen-Orient et l’Europe, transformant finalement tout le territoire en une immense zone commerciale eurasienne. Si le projet est pleinement mis en œuvre, l’influence économique des États-Unis dans la région sera totalement négligeable, et des États comme l’Iran pourront tout simplement ignorer les sanctions imposées par l’Occident à son encontre. En février 2016, Beijing a lancé la construction de la route ferroviaire Chine–Kazakhstan–Turkménistan–Iran, permettant à l’Iran d’établir une route commerciale ininterrompue avec la Chine, mais elle pourra aussi tirer profit de l’expédition de marchandises vers l’Arménie.

Ainsi, nous pouvons supposer que peu importe la décision de Washington au sujet des sanctions contre l’Iran, elles n’auront plus de conséquences graves pour ce pays.

Dmitry Bokarev

Traduit par Wayan, relu par Nadine pour le Saker Francophone

Source: http://lesakerfrancophone.fr/la-nouvelle-route-de-la-soie-va-proteger-liran-des-sanctions-occidentales

 

L’argent suisse au secours du Trésor américain.

Au moment où les créanciers craignent le défaut de paiement du gouvernement américain, l’argent des Suisses vient en soutien des dettes publiques… Sans contrepartie bien sûr…. LHK

C’est un fait : les investisseurs internationaux (au premier rang desquels la Banque populaire de Chine) se débarrassent à une cadence record de la dette d’État américaine.

http://money.cnn.com/2016/05/16/news/economy/us-debt-dump-treasury/

 

Un phénomène qui était déjà relevé par CNN au mois de mai dernier et qui s’est, depuis, considérablement accéléré (cf. Annexe ci-dessous).

Pendant ce temps, la Suisse maintient ses positions. Mieux : elle continue à augmenter son soutien financier à cet État désespérément surendetté – et à l’attitude pas toujours très amicale.

 

On se souviendra que l’administration Obama n’avait pas hésité à recourir à la menace pour arracher à la Suisse la ratification des « accords » FATCA, adoptés par le Parlement en septembre 2013. Or, trois ans plus tard précisément, la valeur des bons du Trésor US détenus par les « investisseurs » helvétiques atteignait un record historique de 240,7 milliards de dollars !

(Source : U.S. Department of the Treasury, TIC Data)
http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfh.txt

Un cadeau mirobolant offert – sans aucune contrepartie – à une puissance qui, depuis le milieu des années 1990, aura multiplié les pressions légales, médiatiques et politiques contre la place financière suisse.

Force est toutefois de constater que l’approche agressive des États-Unis aura porté ses fruits : abandon du secret bancaire suisse (alors que le leur reste intact !), domination écrasante des fonds US sur la bourse helvétique, rôle de « conseiller » auprès de la Banque nationale du fonds Black Rock, auquel le Fonds AVS a également octroyé son plus important mandat de gestion de fortune…

Et absorption massive par la Suisse d’une dette dont chacun sait qu’elle fera, un jour ou l’autre, l’objet d’un défaut de paiement.

http://www.nzz.ch/finanzen/aktien/wem-gehoert-der-schweizer-aktienmarkt-ld.1519

Voici donc les Suisses fortement exposés – bien malgré eux ! – à ce gouffre financier qu’est l’État fédéral américain.

Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la responsabilité de cette situation n’incombe pas uniquement à la Banque nationale…

Les gigantesques « avoirs auprès de banques centrales » d’UBS et Crédit Suisse

 

De fait, à la fin septembre 2016, la BNS détenait en tout et pour tout, pour 220 milliards de francs d’avoirs en dollars. Dont des placements en actions d’une valeur de 63,7 milliards de dollars, d’après le site Internet du Nasdaq.

Au cours des dernières années, des « investisseurs » helvétiques ont ainsi acheté pour des dizaines de milliards de dollars de dette américaine, indépendamment de la politique d’investissement notoirement dangereuse de la BNS.

https://lilianeheldkhawam.com/2016/10/09/le-dangereux-bilan-de-la-bns-le-tabou-commence-a-tomber-vincent-held/

Se pose dès lors la question : qui d’autre, en Suisse, aurait bien pu contribuer à ce renflouement massif de l’État américain ?

 

La réponse se trouve peut-être à la page 108 (en version anglaise) du rapport annuel 2015 du Crédit Suisse. L’établissement y indique détenir pour 27,6 milliards de francs d’avoirs auprès de banques centrales (« cash held at central banks ») libellés… en dollars !

Or, si le Crédit Suisse dépose des liquidités en dollars auprès d’une banque centrale, pourquoi celle-ci ne les utiliserait-elle pas pour acheter des bons du Trésor américain ? Surtout s’il s’agit de la Réserve fédérale américaine, qui a déjà absorbé pour plusieurs centaines de milliards de dollars de dette fédérale à travers ses programmes de quantitative easing…

Quoiqu’il en soit, UBS affiche, dans ce domaine comme dans d’autres, une situation très similaire à celle de sa sœur jumelle.

 

Car à la fin 2015, cette rescapée de la crise des subprimes détenait pour 25,5 milliards de francs de liquidités et avoirs auprès de banques centrales (« cash and balances with central banks »)… en Amérique du Nord !

(cf. page 659 [!] du rapport annuel 2015 d’UBS en anglais)

En clair : au 31 décembre 2015, les seules UBS et Credit Suisse détenaient potentiellement pour plus de 53 milliards de francs d’avoir auprès de la Réserve fédérale américaine.

Peut-on dès lors affirmer que ces fonds n’ont pas été utilisés par la Fed pour financer ses coûteux programmes d’achats de bons du Trésor (les fameux QE2 et QE3, lancés dès 2010) ?

Par ailleurs, que dire des quelques 23 milliards de francs déposés par ces deux too-big-to-fail « dans le reste de l’Europe » et « en euros » – auprès de « banques centrales », là encore ! Ne pourrait-il pas s’agir là d’un financement direct de la Banque centrale européenne ?

Et les plus de 90 milliards de francs détenus auprès de la BNS ? N’est-ce pas précisément avec de tels fonds que sont financées les faramineuses « opérations sur le marché des changes » de notre institut monétaire ?

Il pourrait être temps de regarder tout cela d’un peu plus près !

 ***

 

ANNEXE : le monde est-il en train de larguer la dette US ?

A l’heure ou ces lignes sont écrites, les dernières données disponibles indiquent une nette accélération du mouvement de désinvestissement au niveau mondial vis-à-vis de la dette américaine. Reste à voir si cette tendance se poursuivra… et si la Suisse s’obstinera dans son soutien aveugle à un État qui malmène sa place financière (et sa réputation !) depuis plus de vingt ans.

(Source : U.S. Department of the Treasury, TIC Data)

Vincent Held

http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfh.txt

 

Source:https://lilianeheldkhawam.com/2017/01/09/largent-suisse-au-secours-du-tresor-americain-vincent-held/

11 janvier 2017

 

Central Inintelligence Agency: la Cia expliquée aux moins nuls

Parlons de la CIA, cette Central Inintelligence Agency créée par le président Truman, qui a déstabilisé le monde depuis trois quarts de siècle, quand le boy décida que pour se faire réélire il devait inventer un péril rouge.

Ce n’est pas moi qui l’écris, c’est Ralph Raico. Découvrez son somptueux A Libertarian Rebuttal, où cet universitaire libertarien explique comment le général Lucius Clay inventa sur ordre une menace russe pour décrocher plus de soldats. Et Harry Truman, déconsidéré en Amérique (même son anticommunisme était inefficient, puisqu’il laissa filer la Chine), se grima alors en héros du monde libre et se fit réélire.

Clay a expliqué son geste:

« General Chamberlin… told me that the Army was having trouble getting the draft reinstituted and they needed a strong message from me that they could use in congressional testimony. So I wrote this cable. »

Voici le contenu du câble:

« There are aggressive forces in the world coming from the Soviet Union which are just as destructive as Hitler was, and I think are a greater menace than Hitler was. »

C’est toujours Hitler. Poutine c’est Hitler. La Chine c’est Hitler. L’Iran c’est Hitler. Les arabes c’est Hitler (sauf le Qatar). Il ne faut surtout pas innover. Le monde n’est qu’une vaste et immense confrérie hitlérienne avec un petit monde libre, occidental bravement dressé devant.

Ce télégramme nous avertissait de l’imminente éternelle invasion russe. Or comme dit Murray Rothbard, en 1945 la Russie n’avait fait que reprendre son territoire, celui qui lui avait été volé par les traités puis par la Pologne. De Gaulle rappelle dans ses mémoires que l’armée polonaise a occupé deux fois Moscou.

 « Jusqu’à cette guerre, la Pologne et la Russie vivaient en état de conflit. Les Polonais ont, au cours des siècles, occupé deux fois Moscou ».

De Gaulle rappelle surtout que la Pologne sert aussi de corridor pour les invasions de la Russie. Aujourd’hui on prépare à Varsovie pour attaquer la Russie. Alors ça va.

En tout cas on sait une chose. On a créé la guerre froide pour avoir plus de soldats US en Europe.

Passons à la CIA.

Il y a deux dimensions dans la Central Inintelligence Agency: la dimension terroriste et impérialiste, et la dimension comique qui invente que notre Trump est un candidat sibérien élu par les hackers russes. Voyez le film Red.

Le citoyen étasunien peut être intoxiqué neuf heures par jour par ses médias (neuf heures de connexion quotidienne), même lui n’y croit plus. 71% des américains ne croient pas que Trump fut élu par la Russie et qu’il gouvernera en pion de Moscou.

Voici ce que Raico explique sur la CIA:

« In the following decades, the CIA was to play a sinister, extremely expensive, and often comically inept role-especially in its continually absurd overestimations of Soviet strength. »

Comme pour l’armée irakienne qui en 1990 allait envahir le reste du monde.

Ceux qui veulent en savoir plus sur Obama liront avec intérêt l’opuscule de Wayne Madsen sur la famille Obama d’où il ressort qu’avant Barack toute la famille via les banques et les fondations comme Ford travaillait avec la noble agence. Ce calamiteux président américain était un petit poisson entre les mains de la vieille maison. Le ridicule et l’incompétence de la présidence Obama portent en effet une marque de fabrique qui ne peut que faire sourire les connaisseurs.

Et maintenant notre espérance: la CIA comme l’Otan sont des associations de fonctionnaires coûteux et inutiles qui inventent les raisons des folles dépenses qu’ils occasionnent. Nous verrons si le Joker Trump saura drainer the swamp comme il dit, purifier le marigot. Mais cela n’est hélas pas joué d’avance.

Nicolas Bonnal

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Bibliographie

Général de Gaulle — Mémoires de guerre, Plon, tome trois, p. 371

Wayne Madsen — All in the company

Raico — Great wars and great leaders, a libertarian rebuttal (sur Mises.org)

Rothbard (Murray) — A libertarian manifesto (sur Mises.org) Filmographie Red (avec Bruce Willis)

Source: https://fr.sputniknews.com/blogs/201612291029353215-central-intelligence-agency-expliquee/

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

Haro sur le franc CFA

Par La centrale à idées 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En réponse à l'appel lancé le 26 décembre par le militant pan-africaniste Kémi Séba et son organisation Urgence Pan-Africaniste1, de nombreux Africains ont manifesté dans plusieurs capitales contre le franc CFA samedi dernier. Pour ces manifestants, le franc CFA est un instrument d'asservissement à l'ex-pays colon et empêche toute souveraineté économique réelle2 dans les pays où il a cours.

 

Le franc CFA a été créé en 1945 par l’État français dans ce qui était alors l'Afrique Occidentale et Équatoriale Française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après les indépendances, les nouveaux États africains - à l'exception de la Guinée, de la Mauritanie et de Madagascar - ont conservé cette monnaie, selon Kako Nubukpo, actuel directeur de la francophonie économique et numérique à l'OIF, dans un esprit de « servitude volontaire »3.

Le franc CFA assure à l’État français et aux grandes banques françaises une rente confortable : contre la garantie de la convertibilité du franc CFA dans tout autre devise, les pays membres de la zone CFA doivent placer 50% de leur réserve monétaire à la Banque de France, autrement dit le casse du siècle pour la BF et un budget fantôme insaisissable pour les pays africains. !

Arrimé au franc puis à l'euro depuis 1999, dans une parité fixe (1euro = 655,957 francs CFA), le franc CFA est censé assurer la stabilité monétaire de la zone, cette sacro-sainte stabilité monétaire qui avait aussi présidé à l'instauration de ...l'euro, pour les résultats économiques mirifiques que l'on sait ! Comme pour l'euro, le franc CFA freine le recours à des politiques de relance expansionniste (investissements massifs dans les infrastructures, les services publics...) car ces politiques généreraient immanquablement de l'inflation. Le taux de change fixe interdit également à ces pays de procéder à des dévaluations4 pour relancer leur économie, et notamment leurs exportations... Avec une monnaie forte surévaluée, il est plus rentable dans l'absolu pour les pays de la zone CFA d'importer des marchandises en provenance de pays à monnaie plus faible, comme par exemple la Chine.

Pour parachever l'affaire, les transferts de capitaux dans la zone CFA doivent rester totalement libres et gratuits, ce qui facilite bien le business aux entreprises étrangères ! Décidément, ça ne vous rappelle rien ?

La cohérence et la justesse voudraient que nous Français cessions d'entretenir dans d'autres pays, l'absence de souveraineté monétaire dont nous pâtissons nous-mêmes. Nous avons tout à gagner à « jouer le jeu » du développement économique de l'Afrique francophone5, et la fin du franc CFA en fait partie. Espérons donc que ces mobilisations fassent florès...

 

1http://senego.com/la-plus-grande-mobilisation-de-lhistoire-contre-le-fcfa-ce-07-janvier-2017_421616.html

2https://www.youtube.com/watch?v=OHg4YgccmPg

3https://www.youtube.com/watch?v=y3Z6PZFJCA4

4https://www.mataf.net/fr/edu/glossaire/devaluation

5http://la-centrale-a-idees.over-blog.com/2016/09/la-francophonie-un-tresor-delaisse.html

 

 

Europe : Ça y est, nous sommes sauvés, l’armée américaine arrive

L’armée américaine et la Bundeswehr allemande envoient des milliers de soldats en Europe de l’Est

Un déploiement massif de troupes américaines et de l’OTAN en Pologne et dans les pays baltes est en cours. Selon une déclaration du Centre de presse et d’information de la Bundeswehr (les forces armées allemandes) le 30 décembre : « dans le cadre de l’opération OTAN “Atlantic Resolve”, trois navires de transport américains sont attendus à Bremerhaven la première semaine de janvier ».

La déclaration a noté qu’au début de novembre : « les soldats de la 3e Brigade de la 4e Division d’infanterie américaine ont commencé à charger les navires avec des véhicules et des conteneurs ». Dans l’ensemble, « plus de 2500 pièces de cargaison (des camions, des véhicules de combat, remorques, et conteneurs) [ont été] initialement expédiées vers l’Allemagne, puis transportées vers la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale et orientale ». Le matériel doit « arriver dans la période du 6 au 8 janvier par transport maritime à Bremerhaven et sera ensuite transporté vers la Pologne par rail et des convois militaires d’ici le 20 janvier ».

Plus tôt ce mois-ci, le quotidien allemand Kieler Nachrichten a qualifié l’accumulation des armes d’« opération la plus importante de redéploiement de l’armée américaine en Allemagne depuis 1990 ». Plus de 2000 chars, obusiers, jeeps et camions sont déployés dans le cadre des exercices de l’OTAN en Europe de l’Est qui vont continuer pendant neuf mois.

Selon les déclarations faites par les forces armées américaines en Europe, 4000 soldats supplémentaires et 2000 chars d’assaut vont « contribuer à renforcer la défense et la dissuasion de l’alliance ». Le colonel Todd Bertulis, directeur adjoint de la logistique du Commandement américain en Europe (EUCOM) à Stuttgart, a déclaré que l’opération veillera à ce que « la puissance de combat nécessaire soit apportée au bon endroit en Europe au bon moment ».

Le lieutenant-général Frédéric « Ben » Hodges, commandant des forces américaines en Europe, a déclaré : « Trois ans après que les derniers chars américains aient quitté le continent, nous devons les y remettre ». Il a fait la déclaration lors d’une visite à l’école de logistique de la Bundeswehr à Garlstedt, en Basse-Saxe. Il a déclaré aux journalistes que ces mesures étaient une « réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à l’annexion illégale de la Crimée ».

La Russie se prépare à la guerre, a affirmé le général. Tous les ministères russes, a-t-il déclaré : « se prépareront en conséquence, mobilisez-vous, si vous voulez ». Il a continué : « Cela ne signifie pas nécessairement qu’il doit y avoir une guerre, rien de tout cela n’est inévitable, mais Moscou se prépare à cette possibilité ».

Cette présentation tourne la réalité à l’envers. Le déploiement de troupes de combat américaines fait partie des préparatifs de l’OTAN en vue de la guerre contre la Russie, culminant d’une expansion continue vers l’est de l’OTAN depuis la dissolution de l’Union Soviétique il y a 25 ans.

En Ukraine, ce n’est pas la Russie qui est l’agresseur, mais les États-Unis et l’OTAN. Washington et Berlin, en étroite collaboration avec les forces fascistes, ont organisé un coup d’État contre le président pro-russe, Viktor Ianoukovitch, au début de 2014, en installant un régime nationaliste et férocement anti-russe à Kiev. Ce mouvement a déclenché une rébellion séparatiste par les régions russophones de l’est du pays, que Moscou a soutenu et que le gouvernement de Kiev, soutenu par les armes et l’argent des occidentaux, a cherché, sans succès, à supprimer violemment.

Les événements en Ukraine ont été saisis par les États-Unis, l’Union européenne et l’OTAN pour imposer des sanctions économiques et diplomatiques et étendre considérablement les forces militaires de l’OTAN le long de la frontière occidentale de la Russie.

Avant l’inauguration de Donald Trump, le président élu des États-Unis le 20 janvier qui a appelé à une réduction des tensions avec la Russie afin de concentrer plus directement l’agression américaine sur la Chine, les forces opposées au sein de l’establishment militaire-renseignements et politique des États-Unis cherchent à intensifier la confrontation avec Moscou.

Cette semaine, le sénateur républicain John McCain a visité les États baltes pour leur assurer le soutien continu des États-Unis. Dans une interview diffusée par la radio estonienne, McCain a appelé à un renforcement des forces de l’OTAN contre la Russie et a déclaré que chaque « membre crédible » du Congrès américain voyait le président russe, Vladimir Poutine, « pour ce qu’il est : un voyou et un tyran et un agent du KGB ».

Dans cette escalade dangereuse contre une Russie dotée d’armes nucléaires, qui fait courir le danger d’une troisième guerre mondiale, la Bundeswehr joue un rôle central. « Sans le soutien de l’armée [allemande], nous ne pouvons aller nulle part », a déclaré le lieutenant général Hodges lors d’une comparution devant le Service commun de soutien de la Bundeswehr.

Le lieutenant-général Peter Bohrer, chef adjoint du Service interarmées de soutien, marquait son accord : « Dans le passé », a-t-il dit, « l’Allemagne était un État de première ligne. Aujourd’hui, nous sommes une zone de transit, et l’une de nos tâches principales est d’entreprendre un soutien commun […] Nous sommes ouverts à l’exécution de ces tâches avec nos partenaires américains ».

Après être arrivés en Allemagne, les soldats américains et leurs équipements lourds seront déplacés de Bremerhaven par le rail à travers le nord de l’Allemagne jusqu’à l’Europe de l’Est. Le bureau de presse de la Bundeswehr a annoncé : « Quelques 900 wagons avec du matériel militaire seront transportés en train de Bremerhaven vers la Pologne. Il y a également environ 600 pièces de fret qui seront transportées par train en Pologne à partir du terrain d’entraînement militaire à Bergen-Hohne. Près de 40 véhicules circuleront directement de Bremerhaven vers la Pologne ».

L’Allemagne, qui a écrasé l’Europe de l’Est dans sa guerre d’extermination il y a 75 ans, se prépare à envoyer des troupes de combat dans les pays baltes. En janvier, 26 chars, 100 autres véhicules et 120 conteneurs seront transportés en train vers la Lituanie.

Lors d’un entretien accordé au journal militaire allemand « Bundeswehr aktuell », le général Volker Wieker a confirmé que l’Allemagne s’était entendue avec les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni lors du sommet de l’OTAN à Varsovie « pour que chacun prenne la tête d’un groupement tactique ». L’Allemagne enverra son 122e Bataillon d’infanterie. Il a ajouté que d’autres envois suivraient, « afin que nous atteignions une capacité dite opérationnelle complète d’ici le milieu de l’année ».

Ce que l’on entend par « pleine capacité opérationnelle » a été souligné par un exercice public de la Bundeswehr à Grafenwöhr, où le bataillon allemand s’est préparé au déploiement. Selon un rapport vidéo du Frankfurter Allgemeine Zeitung, les manœuvres impliquaient « une attaque ennemie sur la frontière russo-lituanienne ».

Le futur commandant du groupement tactique de l’OTAN en Lituanie, le lieutenant-colonel Christoph Huber, a expliqué le « but tactique » des manœuvres comme suit : « Les camarades de la Deuxième Compagnie ont mené avec succès la bataille ici […] gagnant du temps pour leurs camarades et ainsi détruisant les forces ennemies. C’est une formation de combat de haute intensité ».

Source: http://www.finalscape.com/europe-ca-y-est-nous-sommes-sauves-larmee-americaine-arrive/

Les assertions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur

 

 

Me Goldnadel voit des « colonies de peuplement » partout, sauf en Palestine.

Le 31 décembre dernier, l’avocat « sans frontières, ni limites dans le racisme », dénonçait « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones ».

En Palestine ? En Cisjordanie, à Jérusalem-Est, sur le plateau du Golan annexé ?

 

Non, évidemment ! L’avocat bien connu pour constituer son association comme partie civile dès qu’il s’agit de poursuivre toute critique d’Israël, automatiquement qualifiée d’antisémite et en particulier les partisans du boycott, comme à Mulhouse, par exemple, ne s’est pas soudainement converti en défenseur du peuple palestinien.

Les « colonies de peuplement » que ce défenseur du colonialisme israélien dénonce c’est en Seine-Saint-Denis, le fameux 9-3, qu’il les voit.

A l’en croire, ce département, le plus pauvre de France, serait le laboratoire du « grand remplacement » que son ami Renaud Camus et quelques autres, comme Zemmour, Finkielkraut et Morano ne cessent de cibler.

Goldnadel cible donc ces populations dont les politiciens et les médias s’obstinent à parler comme issues de l’immigration alors même que beaucoup d’entre elles sont depuis des générations nées en France. Mais probablement n’ont-elles pas la bonne couleur de peau ?

Si on comprend bien Goldnadel, ces populations « coloniseraient » les Français de souche et menaceraient à terme de les remplacer.

Mais le délire de Goldnadel ne s’arrête pas là, puisque dans le même tweet, il ajoute qu’« un Juif est moins étranger en Judée ». Précisons d’abord que ce que Goldnadel nomme, comme le gouvernement israélien et ses plus de 500 000 colons, « Judée » (et il oublie la « Samarie ») s’appelle, en droit international, la Cisjordanie, occupée et colonisée depuis 1967 par l’État d’Israël en dépit de multiples résolutions de l’ONU toutes inappliquée à ce jour.

Il y aurait donc colonisation et colonisation, celle, imaginaire, qu’il dénonce, dans le 9-3 et celle, israélienne, menée en Palestine, qui du coup ne serait plus l’occupation d’une terre étrangère, mais le retour supposé au pays de ceux qui chassent le peuple autochtone palestinien.

Il faudrait donc, selon l’avocat sans frontières, ni limites dans le racisme, que chacun retourne d’où il est prétendument venu. Les descendants de Maghrébins et d’Africains au Maghreb et en Afrique et … les Juifs en Palestine ! CQFD (Ce Qu’il Faut Délirer !).

M. Goldnadel est donc un apôtre de l’apartheid, de la séparation, de l’épuration ethnique. Chacun chez soi et les vaches seraient gardées ? Et surtout pas de mélange, impur, ni de métissage. Les Gaulois de souche, si on en trouve, en Gaule. Les non-Gaulois seront recensés, regroupés, fichés pour réexpédition dans leur pays d’origine en attendant, s’ils résistent, qu’ils soient exterminés. Ça ne lui rappelle rien ça à M. Goldnadel ? Commençons par le 9-3 ?

Où l’on voit que dans son zèle, M. Goldnadel n’a aucune leçon à recevoir des antisémites dont il partage, en hyper-sioniste qu’il est, l’objectif de rendre la France, et tout autre pays, sauf un, Judenrein (pur de tout Juif). Même Marine le Pen qui ne fait que le rêver n’ose plus prôner ouvertement cette politique.

Goldnadel persiste, insulte et signe dans un second tweet :

Avis aux racistes du genre Goldnadel. Soyez assurés que vous nous trouverez toujours face à vous pour combattre votre racisme, ici et là-bas.

Le Bureau national de l’UJFP

 

Source: http://www.ujfp.org/spip.php?article5322

10 janvier 2017

 

 

La Halle, André… grande braderie d’un géant de l’habillement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi, des salariés se sont rassemblés devant le ministère des Finances pour protester contre les « restructurations ». En novembre, le PDG du groupe annonçait, entre autres, la fermeture de 55 magasins de l’enseigne André. Photo : Julien Jaulin/Hanslucas

Les salariés du géant de l’habillement Vivarte, employant 17 000 personnes en France, manifestaient jeudi devant Bercy pour exiger une intervention de l’État dans la gestion du groupe. Aux mains de fonds d’investissement agressifs, les syndicats dénoncent une vente à la découpe méthodique.

« Actionnaires parasites ! » Une cinquantaine d’employés de Vivarte, rassemblés à l’appel de l’intersyndicale CFE-CGC, CFTC, CGT, FO et SUD, avaient déplié cette banderole explicite, jeudi, à deux pas du ministère des Finances à Paris. À l’intérieur du bâtiment, se déroulait une réunion en présence du cabinet de Christophe Sirugue, secrétaire d’État à l’Industrie, sur l’avenir du numéro un français de l’habillement, menacé d’implosion à cause de sa dette phénoménale de 1,5 milliard (contre 800 euros en 2014). C’est depuis son rachat par endettement en 2007 sur le principe d’un leveraged buy-out (LBO), que le paquebot employant 17 000 personnes en France prend l’eau de toutes parts. En 2014, les fonds d’investissement vautours Oaktree, Alcentra, Babson et GLG Partners entrent en scène, plombant encore plus le groupe en siphonnant ses bénéfices et en lui appliquant des taux d’intérêt exorbitants de 11 % sur les sommes prêtées.

 

 

Flexibilité, primes et travailleurs détachés, l'ordinaire d'une petite entreprise agricole

PAR LUCIE TOURETTE

Dans la Drôme, un ancien salarié modèle attaque l'entreprise d'herbes aromatiques qui l'employait pour licenciement abusif. Il supervisait un système mis en place par son patron et reposant sur les heures supplémentaires et la flexibilité de travailleurs détachés. Enquête dans l'ordinaire d'une petite entreprise agricole.

Drôme, envoyée spéciale. – Man Gurung est chef d'équipe, originaire du Bhoutan. Il commande à des ouvriers guatémaltèques détachés par une société d'intérim espagnole. Tous travaillent dans une entreprise agricole de la Drôme, tenue par une famille de protestants rigoristes. L'affaire pourrait être classique, celle d’un chef d’équipe qui conteste son licenciement et réclame le paiement d'heures supplémentaires. Mais, examiné par les prud’hommes, le conflit a permis de faire surgir la réalité des conditions de travail des salariés de l’agriculture.

Man Gurung s’est présenté devant le conseil des prud'hommes de Valence, jeudi 23 novembre, pour démontrer que son licenciement était dépourvu de faute grave et de cause sérieuse. Il demande à son ancien patron, Ruben Deaux, le paiement de ses indemnités de rupture et la réparation du préjudice subi. Il réclame également le règlement de centaines d'heures supplémentaires effectuées entre 2011 et 2015 et qui ne lui ont pas été payées.

Face aux conseillers prud'homaux, Jean-François Coppere, l'avocat de l'employeur, met les heures non payées sur le compte de « quelques problèmes de formalisme ». Il s'agit d'un « loupé » dû à « l'externalisation de la comptabilité »« Il manque peut-être l'intitulé “manageur” sur la fiche de paie, concède-t-il, mais la réalité, c'est qu'il est manageur. »

Man Gurung était le bras droit du patron. Il arrivait en même temps que lui, à 6 heures, et éteignait la lumière en partant le soir. Située à Livron-sur-Drôme, dans la campagne au sud de Valence, l'entreprise Les Herbes de Chenevière vend de la menthe, de l'aneth, de la coriandre et d’autres herbes aromatiques fraîches. À sa tête, Ruben Deaux, 34 ans, est protestant, membre d'une communauté rigoriste. Il ne mange jamais avec une personne extérieure à sa communauté. C'est lui qui a fait de l'exploitation agricole familiale une entreprise florissante, optant pour la culture des plantes aromatiques car les marges sont intéressantes. Aujourd'hui, l'entreprise expédie à Lyon, Bordeaux, Paris et à l'étranger des plantes à ses clients restaurateurs.

Man Gurung, 38 ans, originaire du Bhoutan, a passé son adolescence en Inde. Après un diplôme de manageur dans l'hôtellerie, il part pour la France, obtient l'asile en 2005, la nationalité française en 2009. Il commence à travailler aux Herbes de Chenevière en 2008, comme ouvrier agricole, et se retrouve rapidement manageur. Payé au Smic les premiers temps, il est augmenté de manière régulière : 11 euros de l'heure en juin 2010, 12 euros en 2011, 14,36 euros en 2015. Il organise le travail de dix à vingt personnes suivant les saisons, de la récolte des herbes à leur emballage.

 

Sur son site internet, l'entreprise met en avant sa réactivité : « Possibilité de livrer le lendemain pour toute commande passée avant 8 heures du matin. » Alors Man Gurung rallonge souvent ses journées et celles des autres. Il travaille 10 ou 11 heures par jour, ne prend qu'une semaine de congés par an. Son patron part au temple vers 17 heures. Il lui confie l'entreprise lorsqu'il voyage à l'étranger.

La maison de Man Gurung. Originaire du Bhoutan, il s'est installé dans la Drôme en 2008. © Lucie Tourette

Man Gurung pilote cinq équipes. La plupart des responsables d'équipe ont un statut administratif précaire. Plusieurs sont réfugiés, l'un a une carte de séjour temporaire. Les patrons se méfient des salariés français : « Pour eux, assure Man Gurung, la plupart des Français sont des syndicalistes. Il y a plein de Français qui viennent pour chercher du travail mais ils ont toujours dit non. » Un discours qu'il fait d’ailleurs sien lorsqu’il raconte les tensions qui peuvent survenir avec des ouvriers. Il dit d'eux qu'ils « commencent à faire les syndicalistes ».

Malgré ses responsabilités dans l'entreprise, Man Gurung garde un statut d'ouvrier agricole jusqu'en 2014. Et seulement une partie de ses heures lui sont payées. Se fondant sur les relevés d'heures établis par l'employeur lui-même entre 2011 et 2013 et sur des calendriers qu'il annotait entre 2014 et 2015, Man Gurung a comptabilisé 1 419 heures supplémentaires. Une petite partie seulement lui ont été payées. Au vu des relevés d'heures et des bulletins de salaire que nous avons pu consulter, ce sont entre 20 et 30 heures par mois qui n'apparaissent pas sur ses bulletins de paie.

Il n'est pas seul dans son cas. Yvan Jarnias, aujourd’hui agriculteur à son compte, a travaillé pour l'entreprise en 2014-2015. En tant que responsable des cultures, il faisait pousser les plantes que les équipes de Man Gurung coupaient et emballaient. Il se souvient : « Sur mon contrat, j'avais un bon tarif à l'heure, 14 euros de l'heure, c'est pour ça que j'y suis allé. Mais je faisais beaucoup plus d'heures. » En mars 2016, un contrôle de l'inspection du travail confirme la pratique des heures supplémentaires non payées dans l'entreprise. Des régularisations suivront.

Mais avant cela, des primes apparaissent sur les fiches de paie, au bon vouloir de l'employeur. En 2011, par exemple, en face de la mention « net à payer », le bulletin de Man Gurung affiche un mois 1 895 euros, l'autre 2 643,23 euros. En 2014, il est un temps payé au forfait, sans pour autant avoir signé d'avenant. Les primes « qualité » peuvent être fréquentes, oscillant entre 200 et 1 000 euros. Mais en 2014, il n'en est plus fait mention. Les primes « exceptionnelles » des bulletins dont nous avons eu connaissance varient entre 770 et 2 000 euros.

Le recours à une entreprise d'intérim espagnole

 

Ruben Deaux coupe court à chaque demande d'explications de ses salariés, leur disant : « Je paie bien. » Mais, rappelle Enchouroi Kari, l'avocate de Man Gurung devant les prud’hommes, « le versement de primes exceptionnelles ne peut pas tenir lieu de règlement des heures supplémentaires ». Puisqu'une part importante de la rémunération dépend des faveurs de l'employeur, Man Gurung s'efforce de tout faire pour le contenter.

Ce papillon accompagnait un bulletin de salaire de Man Gurung : toutes ses heures ne lui étaient pas payées, mais son employeur lui octroyait parfois des primes. © (LT)

Yvan Jarnias décrit lui aussi une ambiance d'entreprise « très tendue. Ruben Deaux fait faire beaucoup d'heures sciemment. Il me l'a expliqué 25 fois : “Il faut qu'il y ait une pression pour que les gars soient rentables.” ». Pressé, Man Gurung presse lui-même ses subordonnés. À partir de 2013, Les Herbes de Chenevière ont recours aux services d'une entreprise d'intérim espagnole, qui détache des travailleurs venus d'Amérique du Sud et pourvus de titres de séjour temporaires espagnols.

Le cadre légal du détachement stipule que le salarié doit être payé suivant les tarifs en vigueur dans le pays d'accueil, que la durée de travail locale doit être respectée, mais les cotisations sociales sont celles de son pays d'origine. Passer par ce type de société d’intérim peut coûter cher, plus cher que de prendre un ouvrier en contrat saisonnier pour lequel l'employeur bénéficie d'exonérations importantes. Cependant, les abus fréquents (dépassements d'horaires, hébergement dans des locaux dégradés) peuvent aboutir en pratique à rendre cette main-d'œuvre plus rentable.

« Dans le seul département de la Drôme, le recours au détachement a augmenté de 135 % entre 2014 et 2015 pour atteindre plus de 600 salariés l’an passé », explique Coline Faugerolle, qui a réalisé pour la Confédération paysanne une étude sur les travailleurs saisonniers migrants dans l'agriculture. L'agriculture est l'un des secteurs les plus gourmands en main-d'œuvre détachée, avec le bâtiment.

Pour Les Herbes de Chenevière, c’est la société espagnole Safor Temporis, l'une des deux principales entreprises qui se partagent le marché du détachement agricole en France, qui fournit la main-d’œuvre. Tout se passe par téléphone : un coup de fil et les ouvriers arrivent, un autre coup de fil et ils repartent.

Lors du court entretien qu’il nous a accordé, Ruben Deaux ne justifie pas ce choix par une question de coût mais nous explique que « c'est une qualité de main-d'œuvre qu'on a du mal à trouver localement ». L'argument est souvent donné par les agriculteurs, observe Coline Faugerolle, qui ajoute : « Ces considérations sur le manque de motivation des saisonniers français tirent parfois vers un discours ethnicisé. Une tâche ou une caractéristique sont associées à une nationalité : les Équatoriens bosseurs, les chômeurs français fainéants, etc. »  

Qu'entendre par « qualité de main-d'œuvre » ? Quand nous posons cette question à Ruben Deaux, son avocat lui conseille de ne pas nous répondre. Ses salariés répondent pour lui. Il en a souvent parlé à Yvan Jarnias, qui a travaillé pour lui en 2014-2015 : « Il me le démontrait ainsi : “Avec l'agence d'intérim espagnole, tu fais ce dont tu as envie : tu peux prendre des gars pendant trois jours, les virer, les reprendre.” Cette entreprise-là lui permettait d'avoir dix ou douze mecs permanents et après des Guatémaltèques. S'ils finissaient trois jours de suite à 17 heures, il enlevait une personne. Pour que la charge de travail reste permanente et forte. »

 

Les plantes aromatiques sont destinées aux restaurants. © (LT)

« C'est faux de dire que la main-d'œuvre n'existe pas localement, complète Christophe Morantin, de la Confédération paysanne. Quand il y a une bonne ambiance, que le patron paie le café à la pause, prend en considération le travail de ses saisonniers, les équipes reviennent. Oui, c'est pénible de planter de l'ail en décembre dans le froid. Comme les salaires sont bas, si en plus on ne te prend pas du tout en considération, tu pars. » 

Dans les champs de l'entreprise, les ouvriers ramassent les plantes à genoux, en bottes et habits de pluie. Car pour rester fraîches, les plantes sont arrosées deux minutes avant d'être cueillies. Ces ouvriers n'ont pas les mêmes contrats. Des Français et des étrangers vivant en France sont en CDD ou en CDI. Man Gurung les appelle « les Français ». Quant aux travailleurs détachés de l'entreprise espagnole, il les surnomme « les Espagnols ». Ces deux groupes d'ouvriers se retrouvent concurrents.

Man Gurung doit transmettre à son patron l'heure de début et de fin du travail de coupe ainsi que le nombre de caisses ramassées par chacun. Ceux qui totalisent le plus de caisses sont récompensés. Mais ces résultats n'ont pas les mêmes conséquences, car les enjeux diffèrent en fonction des contrats.  

Des « détachés » renvoyés chez eux du jour au lendemain

« Les Espagnols travaillent comme des robots », résume Man Gurung. S'ils sont les moins performants, ils risquent le retour en Espagne. Alors, souvent, ils enregistrent les meilleures performances. Le montant des primes baisse alors pour les travailleurs en CDD et CDI mais les travailleurs détachés n'en touchent pas pour autant, assure Man Gurung : « Pour eux, la prime, c'est de garder le travail. » Le couperet de la fin de mission suffit à discipliner les ouvriers. « Les statuts différents font pression sur les acquis sociaux », commente Coline Faugerolle.

 

Des travailleurs détachés sont renvoyés chez eux du jour au lendemain. Man Gurung s'agace de devoir sans cesse former de nouveaux venus. En 2014, il est absent deux mois, commence à boire certains soirs après le travail, a des différends avec des membres de ses équipes. En 2015, des caméras sont installées pour surveiller les salariés, tendant encore un peu le climat de l'entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'audience des prud'hommes, tenue à Valence, a fait surgir les conditions de travail des « détachés ». © (LT)

Début 2016, ses patrons décident finalement de licencier Man Gurung p