Pourquoi Washington est terrifié par la Russie et la Chine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le partenariat stratégique russo-chinois, qui unit ceux que le Pentagone définit comme les deux « menaces N°1 » à l’Amérique, n’est pas consigné dans un traité formel signé en grande pompe – et un défilé militaire pour l’accompagner.

 

Il est enveloppé dans de subtiles couches de sophistication, et il n’y a aucun moyen d’apprendre les termes secrets sur lesquels Pékin et Moscou se sont accordés au cours des innombrables rencontres de haut niveau entre Poutine et Xi Jinping.

Les diplomates, officieusement, laissent occasionnellement échapper qu’il peut y avoir un message codé à l’intention de l’OTAN, selon lequel si l’un des deux membres stratégiques est sérieusement harcelé – en Ukraine, ou dans la Mer de Chine méridionale – l’OTAN devra se confronter aux deux.

Pour le moment, concentrons-nous sur deux exemples de la façon dont le partenariat marche en pratique, et pourquoi Washington n’a pas la moindre idée de la façon d’aborder le problème.

La pièce à conviction A est la visite imminente à Moscou du directeur du Bureau général du Parti communiste chinois (PCC), Li Zhanshu, à l’invitation du chef de l’administration présidentielle du Kremlin, Anton Vaino. Pékin a souligné que les discussions porteront sur – quoi d’autre – le partenariat stratégique russo-chinois, « comme convenu d’avance entre les leaders des deux pays ».

Cela se produit juste après la visite du premier vice-premier ministre Zhang Gaoli, un des sept plus hauts membres du bureau politique du PCC et l’un des concepteurs des politiques économiques chinoises, qui a été reçu à Moscou par le président Poutine. Ils ont discuté des investissements chinois en Russie et de l’angle-clé énergétique de leur partenariat.

Mais plus que tout autre chose, ils ont préparé la visite prochaine de Poutine à Pékin, qui sera particulièrement retentissante parce qu’elle s’inscrit dans le cadre du sommet piloté par Xi Jinping sur l’initiative One Belt, One Road (nouvelle Route de la soie), les 14 et 15 mai.

Le Bureau général du Parti communiste chinois – qui est directement subordonné à Xi – ne tient ce type de consultations annuelles de très haut niveau qu’avec Moscou et aucun autre pays. Inutile d’ajouter que Li Zhanshu ne rend de comptes qu’à Xi, tout comme Vaino ne rend de comptes qu’à Poutine. On ne peut pas faire plus stratégique.

Il se trouve aussi que cela se rattache directement à l’un des derniers épisodes mettant en vedette les Hommes Creux de Trump, dans ce cas le benêt/grandiloquent conseiller à la Sécurité nationale, le lieutenant-général HR McMaster.

Pour résumer, selon la narrative de McMaster dûment régurgitée par les médias institutionnels américains, Trump a développé une alchimie telle avec Xi, au cours de leur sommet des Tomahawks-avec-gâteau au chocolat de Mar-a-Lago, que Trump a réussi à briser l’entente russo-chinoise sur la Syrie et à isoler la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU.

Lire le communiqué commun des BRICS sur la Syrie n’aurait pris que quelques minutes du temps de McMaster. Il aurait appris que les BRICS soutiennent la Russie.

Rien d’étonnant à ce qu’un observateur expérimenté de la géopolitique indien se soit senti obligé de noter que « Trump et McMaster ressemblent à deux ploucs perdus dans une grande métropole. »

Suivez la piste de l’argent

La pièce à conviction B se centre sur l’avancée discrète des accords de la Russie et de la Chine pour le remplacement progressif du statut de monnaie de réserve du dollar par un système basé sur l’or.

Cela implique la participation-clé du Kazakhstan – qui est très intéressé par l’emploi de l’or comme monnaie sur la nouvelle Route de la soie. Le Kazakhstan ne peut pas être plus stratégiquement situé : c’est l’un des axes majeurs de l’initiative One Belt, One Road ; un membre-clé de l’Union Economique Eurasienne (UEE) ; un membre de l’Organisation de Coopération de Shanghai (SCO) ; et pas par accident, le principal fondeur de l’or de la Russie.

Parallèlement, la Russie et la Chine sont en train de perfectionner leurs propres systèmes de paiement. Peu après l’accès du yuan au statut de monnaie mondiale, la Chine a fait une habile promotion de son système de paiement, le CIPS, tout en prenant garde de ne pas froisser les USA, qui contrôlent le système internationalement établi SWIFT.

De son côté, la Russie a créé « une alternative », dans les mots de la directrice de la Banque centrale russe, Elvira Nabiullina, sous la forme du système de paiement Mir – une version russe de la carte Visa/MasterCard. Ce qui est impliqué est que, si Washington se sentait d’humeur à exclure la Russie du système SWIFT, même temporairement, au moins 90% des distributeurs de billets en Russie seraient capables de continuer à opérer avec le Mir.

Les cartes de paiement Union Pay chinoises sont déjà un dispositif bien établi partout en Asie – et adopté avec enthousiasme par HSBC, entre autres. Combinez systèmes de paiement « alternatifs » et développement d’un système basé sur l’or – et le mot « toxique » pour décrire la réaction de la Réserve fédérale des États-Unis n’est qu’un pâle euphémisme.

Et la Russie et la Chine ne sont pas les seuls problèmes ; il y a les BRICS.

Ce que le premier assistant du gouverneur de la Banque centrale russe Sergey Shvetsov a exposé ne représente qu’un début : « Les pays des BRICS sont des économies développées dotées de grandes réserves d’or et d’un volume impressionnant de production et de consommation de ce métal précieux. En Chine, le marché de l’or est conduit à Shanghai, en Russie à Moscou. Notre idée est de créer un lien entre les deux villes pour augmenter le volume des échanges entre les deux marchés. »

La Russie et la Chine ont déjà établi des systèmes pour faire du commerce international sans dollars américains. Ce que Washington a fait à l’Iran – couper leurs banques du système SWIFT – est dorénavant impensable en Russie et en Chine.

Nous sommes donc en chemin, lentement mais sûrement, vers une « place de marché de l’or » chez les BRICS. Une « nouvelle architecture financière » est en voie de construction. Pour la Réserve fédérale américaine, elle impliquera une incapacité future à exporter de l’inflation vers d’autres pays – particulièrement ceux des BRICS, de l’UEE et de l’Organisation de Coopération de Shanghai.

Les Hommes Creux

Les généraux de Trump, menés par « Mad Dog » Mattis, peuvent fantasmer tout leur soûl sur leur besoin de dominer la planète avec leurs commandements sophistiqués AirMerTerreEspaceCyber. Mais cela peut ne pas suffire à contrer la myriade d’axes de développement du partenariat stratégique Russie-Chine.

Ainsi, nous aurons encore droit à des Hommes Creux comme le vice-président Mike Pence, avec sa solennité empourprée, menaçant la Corée du Nord d’une phrase ronflante,  « Le bouclier monte la garde et les épées se tiennent prêtes ». Ne nous inquiétons pas de ces mots, qui ne valent même pas une mauvaise ligne de dialogue de remake de film de série B de Hollywood ; ce que nous avons ici, c’est le commandant-en-chef aspirant Pence avertissant les Russes de dures réalités nucléaires très près de leurs frontières, entre les USA et la Corée du Nord.

Cela ne va pas se produire. Trinquons au grand poète T. S. Eliot, qui l’avait vu des décennies à l’avance : « Nous sommes les hommes creux / Les hommes empaillés / Cherchant appui ensemble / La caboche pleine de bourre. Hélas! / Nos voix desséchées, quand / Nous chuchotons ensemble / Sont sourdes, sont inanes / Comme le souffle du vent parmi le chaume sec / Comme le trottis des rats sur les tessons brisés / Dans notre cave sèche. »

Pepe Escobar

Originellement paru sur Sputnik News sous le titre Why Washington is Terrified of Russia, China

Traduction Entelekheia
Traduction du poème 
Pierre Leyris
Photo Pixabay

Source: http://www.entelekheia.fr/washington-terrifie-russie-chine/

 

 

La Russie positionne des troupes à la frontière de Corée du Nord

Vladimir Poutine a ordonné le renforcement de la petite frontière entre la Russie et la Corée du Nord en y déployant des blindés et des moyens aériens dans l’hypothèse d’une attaque américaine contre la Corée, qui devrait entrainer un afflux de réfugiés tant vers la Russie que vers la Chine.

 

La Chine a d’ailleurs positionné 150 000 soldats à sa frontière la semaine dernière.

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/04/la-russie-positionne-des-troupes-a-la-frontiere-de-coree-du-nord/

 

Le conseiller de Trump à la Sécurité nationale feinté – Pas de désunion entre la Chine et la Russie

« Nous sommes un empire désormais, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. (…) Nous sommes les acteurs de l’histoire… et vous, vous tous, vous resterez cantonnés dans l’étude de ce que nous faisons. » — Karl Rove, consultant politique américain et ancien conseiller de George W. Bush

Une nouvelle démonstration fascinante de la déconnexion des USA, qui donnent vraiment l’impression d’habiter un univers parallèle où ils créent leur propre réalité et où leurs désirs deviennent des faits de terrain. A rapprocher de l’article de Justin Raimondo du 18 avril dernier.


Le Ministères des Affaires étrangères chinois a annoncé que le directeur du Bureau général du Parti communiste chinois, Li Zhanshu, se rendra en Russie du 25 ou 27 avril à l’invitation de son homologue, le chef de l’administration présidentielle du Kremlin Anton Vaino. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lu Kang, les discussions des deux officiels porteront sur les relations sino-russes, « comme prévu par les leaders des deux pays », et le côté chinois a pleine confiance dans cette visite pour cimenter les liens sino-russes. (TASS)

Li sera le deuxième officiel chinois de haut niveau à visiter Moscou en avril. Le président Vladimir Poutine a reçu le premier vice-premier ministre de la République populaire de Chine, Zhang Gaoli (qui est également membre du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois) au Kremlin le 13 avril dernier, incidemment le jour suivant la visite du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Moscou.

Zhang est l’un des tsars économiques du système chinois et ses réunions avec des officiels russes se sont concentrées sur les investissements chinois en Russie, et sur la coopération énergétique. Mais une part de ces discussions était dévolue à la « visite de travail » de Poutine à Pékin dans le cadre du sommet sur l’initiative One Belt, One Road (nouvelle Route de la soie) prévu pour le 14 et le 15 mai prochains. Le sommet sera inauguré par le président Xi Jinping.

Les discussions prévues au Kremlin seront d’une importance exceptionnelle. C’est seulement avec la Russie que le Comité central du Parti communiste chinois (qui est directement placé sous l’autorité du Secrétaire général Xi) a instauré un arrangement de consultations annuelles – bien que la Russie ne soit pas un pays communiste. Li est un des hommes-clé de Xi et son homologue Vaino ne rend de compte qu’à Poutine. Le symbolisme saute immédiatement aux yeux. A un niveau opérationnel, cet arrangement unique assure que la dynamique des relations sino-russes reçoive l’attention personnelle de Xi et Poutine. En résumé, il souligne que les deux pays attribuent une priorité absolue à leur relation.

La date de la visite de Li est particulièrement significative. L’administration Donald Trump s’est vantée, la semaine dernière, de l’alchimie spéciale qui s’est développée entre le président américain et Xi à la suite de leur rencontre en Floride du 7 et 8 avril derniers, et de l’aide active apportée par la Chine à la résolution du problème nord-coréen. De plus, Trump et son Conseiller en Sécurité nationale HR McMaster se sont ouvertement flattés de l’abstention de la Chine dans le dernier vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie, selon eux un résultat visible de la merveilleuse alchimie entre les deux présidents.

Incroyablement, McMaster est allé plastronner à la télévision, sur ABC, dimanche, à propos de la distance créée par Trump entre la Russie et la Chine sur le sujet de la Syrie. McMaster a déclaré que la Russie avait été gravement isolée dans le Conseil de sécurité. (Comme l’a démontré le Communiqué commun des BRICS en soutien à la position russe adopté à Visakhapatnam le 12 avril, c’est une déclaration absurde).

Il est probable que McMaster soit un novice en diplomatie internationale et que son inexpérience se soit manifestée dans cette interview d’ABC. Mais, il se trouve que c’est le Conseiller à la Sécurité nationale de Trump, et même si c’est un nigaud et un nourrisson en matière de politique mondiale, il détient une autorité. McMaster a dit :

« Ce que nous savons est que, pendant qu’il répondait au massacre de masse du régime syrien, le président Trump et la première dame ont été les hôtes d’une conférence, d’un sommet, extraordinairement positif avec le président Xi et son équipe. Et non seulement ils ont établi une relation très chaleureuse, mais… ils ont aussi travaillé ensemble dans le cadre de la réponse au massacre de masse de la part du régime Assad dans le cadre (sic) du vote de l’ONU. Je pense que le président Xi a eu du courage en prenant ses distances avec les Russes, en isolant les Russes et les Boliviens… et je pense que le monde a vu cela, et que (Xi) a vu, bien, à quel club voulez-vous appartenir ? Le club des Russes et des Boliviens ? Ou – entrer dans le club avec les États-Unis, pour travailler ensemble à nos intérêts mutuels et aux intérêts de la paix et de la sécurité. »

McMaster a probablement naïvement pensé qu’avec ces mots très directs, il allait assommer les Russes. Quels que soient les plans de Trump pour séparer la Chine et la Russie en exploitant les intérêts de Xi dans un « nouveau type de relations majeures » avec les USA, il est absurde d’imaginer que Pékin autorisera la moindre érosion de son entente avec la Russie. Le fait est que, pour la Chine et la Russie, la priorité N°1 consiste à contenir l’hégémonie des États-Unis, et qu’aucune distance entre les deux n’est envisageable dans un avenir prévisible. Pour le dire en termes simples, la relation a créé une ‘profondeur stratégique’ qui permet aux deux pays de sauvegarder leurs principaux intérêts, tout en facilitant la résolution de problèmes spécifiques vis-à-vis des USA, à n’importe quel moment.

Nous ne saurons jamais si la visite de Li n’est que de pure routine, ou si elle a été conçue en réponse aux tentatives de l’administration Trump pour semer la zizanie entre Russes et Chinois. Quoi qu’il en soit, Pékin semble souligner clairement l’aspect prioritaire que la Chine attribue à la préservation de ses liens de confiance mutuels avec la Russie. La visite de Li à Moscou et ses discussions au Kremlin sont vouées à faire ressembler Trump et McMaster à deux ploucs perdus dans une grande métropole.

M K Bhadrakumar
Paru dans 
Indian Punchline

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

Source: http://www.entelekheia.fr/conseiller-de-trump-a-securite-nationale-feinte-de-desunion-entre-chine-russie/

 

Leçons arabes pour la Corée du Nord

Pyongyang sait que l’Irak, la Libye et la Syrie ont été attaqués ou envahis seulement après avoir supprimé leur capacité de dissuasion.

 

En tant qu’Arabe et musulman, je me suis senti à la fois insulté et blessé lors de la lecture de commentaires dans la presse israélienne qui avertissaient les États-Unis contre l’attaque téméraire de la Corée du Nord [RDPC]. Les donneurs de leçon prévenaient que la RPDC n’était pas un pays arabe à quatre sous, comme la Syrie, qui pouvait être bombardé à tout moment en toute impunité, mais un adversaire sérieux qui possède de vrais moyens de représailles, impliquant des ogives nucléaires et des missiles à longue portée.

Nous, les Arabes, avons été transformés en sacs à main internationaux et terrains d’expérimentation. Nos terres ainsi que le sang et la vie de nos citoyens, sont devenus des cartes de jeu entre les mains de tous les invités. Un nombre toujours croissant de pays lorgnent sur notre territoire et nos ressources, alors que nous sommes déchirés par le sectarisme et que nos médias ont été réduits à des instruments d’incitation à la haine, sous diverses excuses et prétextes, à l’égard d’autres Arabes et musulmans.

Le plan concocté commence généralement par le lancement de campagnes de propagande bien coordonnées et orchestrées axées sur les prétendues armes de destruction massive arabes et le besoin vital pour le monde de les éliminer. Toute tentative de refuser peut alors fournir une base juridique et morale pour les sanctions et autres mesures punitives, y compris l’agression militaire, la dévastation pure et simple et le changement de régime forcé.

 

Ce n’est pas un hasard si tous les pays arabes qui ont été soumis à une agression dirigée par les États-Unis au cours des dernières années avaient auparavant cédé aux exigences des États-Unis et des Nations Unies en supprimant les «armes de destruction massive», en particulier des munitions chimiques, et en abandonnant toute idée d’acquérir des moyens de dissuasion nucléaire. Mais cette docilité n’a pas garanti leur sécurité. Ils ont ensuite été attaqués ou envahis, ou les deux à la fois.

Une fois les États-Unis assurés que ces pays ne possédaient pas d’armes suffisamment puissantes pour se défendre et infliger des pertes sévères à leurs troupes, l’agression et le bombardement pouvaient débuter.

L’Irak, la Libye et la Syrie en sont de clairs exemples. Tous ont abandonné leurs arsenaux chimiques et ont coopéré avec des inspecteurs internationaux des armements – que ce soit volontairement, sous la menace d’une action militaire, après avoir été soumis à des raids aériens dévastateurs ou sous la pression d’un embargo étouffant et inhumain.

L’administration de George Bush Jr. savait très bien que Saddam Hussein avait coopéré pleinement avec les équipes internationales d’inspection des armements envoyées en Irak pour enquêter sur tous ses programmes, matériels et équipements nucléaires et chimiques. Il a résisté à toutes les provocations des inspecteurs – dont la plupart étaient des espions – y compris leurs recherches dans ses palais et leurs chambres. Une fois Washington assuré que l’Irak avait été débarrassé de toute capacité nucléaire ou chimique, l’invasion pouvait être ordonnée sans délai.

Le colonel Muammar al-Kadhafi a été victime d’une grande tromperie inventée par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui l’a persuadé d’abandonner volontairement ses stocks d’armes chimiques et de matières nucléaires, en échange d’une garantie d’immunité personnelle et de réintégration de lui-même et son régime dans la communauté internationale. Une fois que Kadhafi ait renoncé aux armes, une révolution contre lui a été inventée de toutes pièces et une résolution du Conseil de sécurité a été promulguée pour protéger les dits révolutionnaires de massacres imminents.

La conspiration soigneusement scénarisée s’est terminée par le renversement du régime et la transformation de la Libye en un état défaillant dominé par une anarchie sanglante, gouverné par des milices en perpétuel conflit et maintenant au bord de la partition.

 

La Syrie fait face au même scénario. L’action militaire a été brandie et les forces aériennes mobilisées pour l’obliger à liquider ses stocks d’armes chimiques dans le cadre de l’accord conclu en 2013. Puis, il y a deux semaines, sa base militaire de Shueirat a été soumise à un bombardement de missiles de croisière américains suite à une effusion d’indignation internationale sur des accusations non vérifiées selon lesquelles le régime syrien aurait utilisé des armes chimiques à Khan Sheykhoun près d’Idlib.

Pourtant, le meurtre cynique de plus de 100 partisans civils syriens du régime, la moitié d’entre eux étant des enfants, alors qu’ils quittaient les villages de Foua et Kafraya dans le cadre d’un accord parrainé par les Nations Unies, n’a suscité aucune indignation. Seul a répondu un écrasant silence en Occident et dans le monde arabe, en particulier dans ces États arabes qui avaient participé à la négociation de l’accord d’évacuation et continuent de financer les auteurs de ce massacre.

Les dirigeants de la Corée du Nord auront sans doute pris note de ces expériences arabes sans gloire et de leurs conséquences désastreuses, et ils ont appris la leçon. C’est pourquoi ils n’ont pas mordu à l’hameçon américain et n’ont pas arrêté leurs tests de missiles nucléaires et balistiques. Ils savent très bien qu’ils ont besoin d’une force de dissuasion, et leur dangereuse menace de riposter à toute attaque américaine peut bien leur fournir une protection. Tout aussi important, ils ont des alliés fiables en Chine et en Russie qui ne poignardent pas leurs amis dans le dos, contrairement aux prétendus amis de l’Irak, de la Syrie et de la Libye dans le monde arabe et surtout dans certains états du Golfe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les États-Unis, quant à eux, frappent les Arabes (et les Afghans) pour envoyer des messages à d’autres. La frappe des missiles à Shueyrat et le lâchage de « la mère de toutes les bombes » en Afghanistan étaient dirigées contre la Corée du Nord et l’Iran.

C’est un état de choses lamentable, un sous-produit de la façon dont le leadership du monde arabe est passé aux mains des États périphériques riches en pétrole qui considèrent les États-Unis comme un allié digne de confiance. Ils risquent d’avoir des raisons d’y réfléchir à nouveau lorsque cet allié les aura réduits à la faillite, comme cela il le fera certainement.

Abdelbari Atwane/عبد الباري عطوان

Analyste politique et spécialiste en géopolitique du Moyen-Orient, ancien Rédacteur en Chef du journal londonien Al-Quds Al-Arabi, Rédacteur en Chef du journal indépendant Rai Al-Youm 
Lien source de cette traduction effectuée par 
Chronique de Palestinehttp://www.alterinfo.net/Lecons-arabes-pour-la-Coree-du-Nord_a130092.html#8Lq25s3EkhtLlLjC.99

Lien original (version Anglaise): ici

Source: https://strategika51.wordpress.com/2017/04/20/lecons-arabes-pour-la-coree-du-nord/

 

 

 

Les Kurdes «n’admettront pas d’invasion turque» sur leur territoire

Selon certains médias turcs, Ankara prépare une offensive sur la ville de Sinjar, en Irak, pour y démanteler les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée «terroriste» par la Turquie. Mihemed Xelil, le maire de cette ville peuplée essentiellement de Yézidis, commente la situation pour Sputnik.

Baptisée « Bouclier du Tigre », une opération pourrait être lancée « fin avril » dans le nord de l’Irak contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation qualifiée de «terroriste» par Ankara, information non confirmée que le maire de la ville irakienne de Sinjar, Mihemed Xelil, a évoquée dans un entretien avec Sputnik.

« Nous ne savons rien d’une telle opération en gestation, mais nous ne permettrons pas à Ankara de mener une offensive contre le PKK sur le territoire kurde. Le PKK est une formation kurde, et nous ne voulons pas que le sang des Kurdes soit versé à Sinjar », a déclaré M. Xelil.

Et d’ajouter que la présence du PKK à Sinjar ne regardait que les habitants de cette ville et du PKK lui-même, et que l’ingérence de la Turquie n’y était absolument pas de mise.

« Nous sommes déterminés à opposer une riposte ferme à toute tentative d’ingérence, tant de la part de la Turquie que de n’importe quelle autre force », a martelé l’interlocuteur de l’agence.

Quoi qu’il en soit, on apprend que l’administration régionale du Kurdistan irakien a déjà été informée d’une offensive que préparait Ankara dans la région de Sinjar, qui s’étend de Mossoul à la Syrie, au sud de la frontière turque. Il s’agirait, selon certains médias, d’une opération associant quelques 4 000 militaires des forces terrestres et aériennes turques et les 16 bases militaires turques qui se situent le long de la frontière avec le Kurdistan irakien.

Toujours selon les médias turcs, l’opération « Bouclier du Tigre » succéderait à l’opération « Bouclier de l’Euphrate », lancée le 24 août dans le nord de la Syrie contre les djihadistes de Daech et les milices kurdes, et qui a officiellement pris fin la semaine dernière.

Les autorités turques n’ont pas confirmé ces informations dans l’immédiat, mais le Président Recep Tayyip Erdogan a récemment affirmé que « Bouclier de l’Euphrate » aurait une « deuxième et une troisième étape », en Syrie et en Irak.

Ankara a plus d’une fois exprimé sa préoccupation devant la présence croissante du PKK à Xanesor, district de Sinjar, que les « séparatistes kurdes » utiliseraient pour dépêcher leurs combattants depuis l’Irak dans le nord de la Syrie. Recep Tayyip Erdogan a notamment déclaré qu’il « ne permettrait pas à Sinjar de se transformer en deuxième Kandil, région montagneuse dans le nord de l’Irak où se trouverait l’état-major du PKK.

Source:https://fr.sputniknews.com/international/201704191030985961-kurdistan-pkk-turquie-operation-bouclier-tigre/

 

Des armes secrètes arctiques russes dévoilées

Des photos de matériel militaire russe en camouflage arctique ont été publiées sur les réseaux sociaux. C’est la première fois que le ministère russe de la Défense montre son matériel destiné à réaliser des missions en Arctique.

Auparavant, les versions arctiques des complexes de défense antiaérienne Tor-M2DT et Pantsir-SA ont été cachées sous la bâche sur toutes les photos. Ces véhicules sont construits sur la base de Vityaz DT-30PM, véhicule blindé à chenilles produit en Bachkirie (est de la Russie européenne).

Le complexe de défense antimissile de courte portée 9K331 Tor-M2DT a été conçu en 2016. C’est une version arctique du système Tor-M2.

Le système antiaérien de courte à moyenne portée Pantsir-SA est une version de Pantsir-S adapté spécialement aux conditions arctiques. Pantsir-SA a été créé suite aux tests de sa version classique sur les îles de Nouvelle-Sibérie (océan Arctique).

Ce matériel est capable de protéger le territoire russe dans les conditions climatiques défavorables de l’Arctique en l’absence de routes et à une grande distance des bases d’approvisionnement.

Auparavant, Pravda.Ru a annoncé que la police militaire prendra part au défilé à l’occasion du 72e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie pour la première fois dans son histoire. C’est le plus jeune département de l’armée russe. Il est apparu en 2011. Outre les troupes, du matériel militaire russe participera au défilé du 9 mai. Selon le ministère russe de la Défense, des véhicules blindés Tigr, Tanfun-K et Taifun-U apparaîtront à la place Rouge.

Cependant, 72 avions militaires ont participé à la répétition de la partie aérienne de la parade du 9 mai. Le groupe de pilotage Russkiïe Vityazi équipé des nouveaux chasseurs Su-30SM ainsi que le groupe Strizhi prendront part au défilé. Les avions survoleront la place Rouge à une altitude de 150 mètres et à une vitesse de 200 km/h.


Source: 
http://www.pravdafrance.com/news/defense/19-04-2017/1304185-DEFENSE-0/

 

Les USA testent leur bouclier antimissile face aux missiles nord-coréens

Le Pentagone envisage d’effectuer des tests de leur système de défense antiaérienne afin de déterminer s’il est en mesure d’intercepter les missiles nord-coréens. Les tests se dérouleront dans le Pacifique, relate la chaîne américaine CNN.

Il s’agit d’une partie d’un programme universel antiaérien US visant à protéger les États-Unis contre les tirs éventuels nord-coréens et iraniens.

Le missile modernisé Standard Missile sera tiré depuis un navire américain lors du premier test. Cet engin n’a été utilisé qu’une fois.

Le Pentagone développe ce programme conjointement avec le Japon. Il vise à intercepter les missiles nord-coréens de moyenne portée qui constituent une menace pour l’allié américain. Les tests dans le Pacifique montreront si les militaires US sont prêts à abattre un missile balistique intercontinental conçu par Pyongyang qui pourrait menacer les États-Unis.

Les capacités de missiles intercepteurs US à long rayon d’action déployés en Alaska et en Californie seront testées pendant le deuxième exercice. Un missile intercepteur sera tiré depuis la base aérienne de Vanderberg (Californie) et tentera d’abattre une imitation d’un missile nord-coréen dans la région du Pacifique.

Cependant, le New York Times affirme que le tir nord-coréen du 16 avril aurait échoué à cause d’activités subversives de Washington.

« Après un tir nord-coréen raté, certains ont supposé qu’il s’agit d’attaques américaines dans le cadre d’un programme US visant à faire échouer de tels tests. Une telle possibilité n’est pas exclue car 85% des missiles nord-coréens se sont autodétruits dès le lancement de ce programme », lit-on dans un article du New York Times.

Auparavant, Pravda.Ru a rendu public que les autorités japonaises envisageaient de mettre ses forces d’autodéfenses en état d’alerte au cas où un missile nord-coréen tomberait dans les eaux territoriales du Japon. Cette décision pourrait être prise pour la première fois depuis longtemps.

Ces informations ont été distribuées par les médias japonais se référant à des sources gouvernementales. Le gouvernement envisage d’introduire « l’état d’attaque armée menaçante ».

Pyongyang envisage d’effectuer un nouveau tir le 25 avril, le jour du 85e anniversaire de l’Armée populaire de Corée.

Un conseiller en politique étrangère de la Maison-Blanche a auparavant annoncé que des options militaires étaient en train d’être étudiées en vue de dissuader La Corée du Nord de poursuivre son programme nucléaire.

Suite au lancement échoué d’un missile nord-coréen le 16 avril, le vice-président américain Mike Pence, en visite dans une base militaire US en Corée du Sud, a déclaré que Les États-Unis avaient mis fin à la politique de « patience stratégique » à l’égard de Pyongyang. À l’heure actuelle, un groupe aéronaval américain avec à sa tête le porte-avions USS Carl Vinson se dirige vers la péninsule coréenne.

Source: http://www.pravdafrance.com/news/international/19-04-2017/1304181-INTERNATIONAL-0/

 

Syrie: la Russie a mis en garde la France

Dans un entretien téléphonique avec son homologue français Jean-Marc Ayrault, le ministre russe des Affaires étrangères a estimé que les allégations selon lesquelles des armements chimiques auraient été utilisés dans la province syrienne d’Idlib sont une provocation manifeste.

« Évoquant la situation en Syrie, Sergueï Lavrov a tenu à souligner que la Russie considérait l’incident du 4 avril à Khan Cheikhoun comme une provocation fragrante destinée à saper le régime de cessez-le-feu et le processus politique en Syrie », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié à l’issue de l’entretien, cité par Sputnik.

Le communiqué ministériel ajoute que la Russie est profondément inquiétude par les actes agressifs et hâtifs des États-Unis qui ont tiré des missiles contre un État souverain membre des Nations Unies.

La Russie préconise toujours le respect par tous les pays du droit international et la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays indépendants. Elle insiste également sur des enquêtes réelles et indépendantes sur l’incident de Khan Cheikhoun.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a déclaré son pays disposé à coopérer avec la Russie dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

« La France est prête à coopérer avec la Russie en matière de lutte anti-terroriste et pour la reprise des négociations politiques sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il dit.

Le patron de la diplomatie française a également réitéré la nécessité d’une enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sur les détails de l’incident de Khan Cheikhoun.

Pour rappel, Paris avait déjà prétendu avoir à sa disposition des documents qui prouveraient une quelconque implication de Damas dans la présumée attaque chimique de Khan Cheikhoun.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/04/20/518720/Russie-France-Syrie-Khan-Cheikhoun-Idlib

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Sa hiérarchie la traite de "négresse", elle réplique : une inspectrice du travail en commission de discipline

Ayant affirmé "Je suis chez moi en Guyane" à sa supérieure hiérarchique qui la traitait de "négresse", Henriette Henry est entendue ce jeudi à Paris pour des propos "racistes".

L'audience aura lieu au Ministère du Travail, à Paris © Maxppp / Francois Lafite/Wostok Press

Se faire traiter de "négresse" et passer ensuite en commission de discipline pour des propos "racistes"... c'est ce qu'il arrive à Henriette Henry, convoquée ce jeudi pour une commission de discipline au ministère du Travail, à Paris.

"Cela faisait cinq ans que je ne répondais pas"

Après un poste à Créteil, cette inspectrice du travail originaire de Guyane est mutée à Cayenne en 2010. Un poste qu'elle désirait ardemment, pour vivre de nouveau sur sa terre natale. Mais dès son arrivée, ses rapports avec sa supérieure s'avèrent extrêmement compliqués. Un jour de 2016, elle l'entend la traiter de "négresse".

"Je passe devant le bureau de cette dame, la porte était ouverte, elle a commencé à rigoler et j'ai entendu quelque chose qui se terminait par négresse", raconte-t-elle. Elle explique que "cela faisait cinq ans que je ne répondais pas, et j'y suis retournée après pour lui dire que ce n'était plus possible". Sa réponse : "Je lui ai dit devant tout le monde que j'étais ici chez moi, que je n'en pouvais plus".

Plaintes "sans suite"

Henriette se se dit victime d'injures, de propos déplacés depuis plus de cinq ans. Et elle a des preuves, des écrits, des e-mails, et des témoins, assure son avocat"Elle a écrit à sa hiérarchie en Guyane, à la hiérarchie ministérielle, elle a déposé plainte, mais tout ça est resté sans suite", selon Me Anthony Thiers.

On cherche à la sanctionner pour un propos futile alors qu'elle est victime.

Elle risque aujourd'hui une rétrogradation et une suspension pouvant aller jusqu'à deux ans. La fonctionnaire est soutenue par la CGT et par le syndicat guyanais UTG, qui parlent de "scandale".

L'affaire est délicate au sein d'un organisme emblématique, l’inspection du Travail, d'ailleurs déjà mise en cause sur son inaction ou sa gestion d'affaires similaires. Du côté du ministère du Travail, on fait savoir que la collègue d'Henriette Henry ne passera pas, elle, en commission de discipline. Mais elle "pourrait" être sanctionnée, même si ses agissements sont jugés "moins graves" car pas tenus en public.

 

 

Conflit imminent? Des militaires et des diplomates US évacuent leurs familles de Séoul

Des militaires américains ont commencé à évacuer leurs familles et le personnel civil de bases à proximité de Séoul. En outre, les membres des familles de diplomates et du personnel de l’ambassade des États-Unis quittent également la capitale sud-coréenne. Des experts russes y voient le signe clair d’une menace de conflit.

Les membres des familles de militaires américains ont commencé à quitter précipitamment la capitale de la Corée du Sud. Bien que le Pentagone n’ait pas confirmé officiellement cette information, des rapports sur l’évacuation sont apparus sur les réseaux sociaux et les serveurs publics de la 2e Division d’infanterie et de la 8e Armée américaine stationnées en Corée du Sud. En outre, selon des informations non confirmées, des familles de diplomates américains quitteraient Séoul.

Selon Konstantin Asmolov, un expert russe de la Corée, cette évacuation témoigne de la menace de conflit.

« Le comportement des Américains signifie qu’ils n’espèrent pas détruire en toute impunité les installations nucléaires de la Corée du Nord. Ils comprennent que la Corée du Nord répliquera à ces attaques. En outre, au centre de Séoul il y a un quartier bondé de troupes américaines », a indiqué Konstantin Asmolov, dans une interview accordée à Izvestia.

Alors que des médias locaux exhortent à ne pas céder à la panique, précisant que la Corée du Sud est fermement opposée à toute action militaire contre Pyongyang, Tokyo envisage pour sa part des mesures d’urgence pour évacuer les 60 000 citoyens japonais résidant en Corée du Sud.

Formellement, les États-Unis et la Corée du Nord sont en état de guerre. En effet, le conflit de 1950-1953 en Corée ne s’était achevé que par la signature d’un armistice. Les États-Unis ont refusé de discuter les multiples propositions de Pyongyang de signer un accord de paix, gardant en Corée du Sud plus de 28 000 militaires américains sous prétexte de défendre le pays contre la « menace du Nord ».

Pour augmenter leur force de dissuasion face à la Corée du Nord, les États-Unis songent à déployer trois porte-avions au large de la péninsule coréenne: l’USS Carl Vinson, l’USS Ronald Reagan et l’USS Nimitz.

La Corée du Nord, pour sa part, invoque la menace américaine et développe un programme nucléaire et balistique, malgré l’interdiction du Conseil de sécurité de l’Onu.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201704181030956872-usa-coree-sud-evacuation/

 

Le pape François, sera-t-il bientôt destitué ?

Le conflit entre le pape et des cercles conservateurs au sein de l’Église catholique s’affiche désormais publiquement. La gestion autoritaire de François cristallise les tensions au sein du Saint-siège. Elle ne convient pas à l’opposition, relate la journaliste du Monde Cécile Chambraud dans son article intitulé « Au Vatican, la guerre est déclarée ».

L’auteur de l’article rappelle que le 13 février, un groupe de neuf cardinaux a présenté une motion de confiance selon laquelle ils exprimaient « leur plein soutien au travail du pape » et « leur pleine adhésion et appui à sa personne et à son magistère ». Mais ce n’est pas par hasard qu’ils l’ont présentée. C’était « en relation avec des événements récents ».

De quels évènements s’agit-il ? Le 4 février, des affiches avec le visage du pape François ont été étalées sur les murs de la capitale italienne. Le pape y a été accusé de gouverner de manière autoritaire et brutale, en contradiction avec le message central de son pontificat qui se fonde sur la primauté de la miséricorde. Plus tard, ceux qui ont distribué ces affiches, ont diffusé une parodie du quotidien du Vatican l’Osservatore romano se moquant du pape. Qui plus est, le 1er mars, l’Irlandaise Marie Collins, victime d’agression sexuelle de la part d’un prêtre catholique a décidé de quitter la Commission pontificale pour la protection des mineurs. Elle a publié une lettre accusant une partie de curie. Selon Mme Collins, elle a « refusé de coopérer avec la commission contre ce mal (agressions sexuelles) qui porte préjudice à l’image de l’Église catholique dans un grand nombre de pays ».

Marie Collins accuse indirectement la Congrégation pour la doctrine de la foi qui est l’héritière de l’inquisition romaine. Selon elle, la congrégation empêche les enquêtes sur les agressions sexuelles.

Mais le cardinal Gerhard Ludwig Müller a rejeté les accusations de Marie Collins. « Il faut mettre fin au stéréotype selon lequel il y a deux parties au sein de l’Église : le pape qui aspire à la réformer et un groupe d’opposants qui tentent de l’en empêcher », a-t-il déclaré.

Le caractère paradoxal du départ de Marie Collins s’explique par le fait qu’il attire l’attention du public non seulement sur le conservatisme de la curie mais sur la critique à l’adresse du pape François. Certaines organisations anti pédophiles affirment qu’un certain nombre de décisions du souverain pontife les empêche de réaliser leurs programmes. On accuse également le pape d’avoir protégé l’évêque chilien Juan Barros qui avait fermé les yeux sur le révérend Fernando Kardima coupable d’abus sexuels dans les années 1980 et 1990.

Le style de gestion du pape ne fait pas plaisir à tout le monde. Il est sévèrement critiqué pour ignorer l’avis de la curie. Une partie considérable de cette dernière est plutôt hostile au souverain pontife. Ainsi, les tensions s’enveniment au sein de l’Église.

Stanislav Stremidlovsky, spécialiste du Vatican a expliqué dans une interview accordée à Pravda.Ru ce qui se passe aujourd’hui à l’Église catholique.

« C’est une vieille histoire qui dure depuis des années. Elle a été provoquée par une encyclique présentée par François au début de son mandat qui se fonde sur une approche plus humaniste de l’amour et de la famille. Un groupe de cardinaux conservateurs s’est formé en réponse à cette approche. Ils demandaient au pape de préciser certaines hypothèses de son encyclique. Mais leur demande a été passée sous silence du pape qui aurait pu être accusé d’hérésie s’il leur a répondu », a déclaré l’expert.

Il estime que les changements apportés par le pape ont un caractère plutôt positif. Les finances du Vatican sont devenues plus transparentes, le pape lutte contre la pédophilie, des enquêtes sont ouvertes. Mais il y a ceux qui veulent que ces enquêtes ne débouchent sur rien et empêchent le souverain pontife.

« Mais je ne pense pas que l’opposition puisse destituer François comme elle l’aurait fait avec Benoît XVI. Bien que cette version de retraite de ce dernier ne soit pas prouvée, elle n’est pas exclue », a-t-il déclaré.

Source: http://www.pravdafrance.com/news/europe/18-04-2017/1304178-RELIGION-0/

 

2 ans de prison pour celui qui révélera des informations sur le Boeing malaisien disparu

La direction de l’agence australienne de sécurité des transports (ATSB) a fermement interdit à ses employés de révéler des informations concernant les possibles causes de la disparition du Boeing malaisien 777 en 2014. La personne « prise en faute » sera punie de deux ans de prison.

Le personnel de l’agence australienne de sécurité des transports (ATSB) risque deux ans de prison pour des révélations quelconques concernant la disparition du Boeing malaisien 777 à destination de Pékin en 2014, selon les informations du journal Australian.

En février, l’agence a refusé de communiquer les matériaux sur les recherches de l’avion en question ayant déclaré que « cette information pourrait affecter les relations de la communauté internationale ».

Néanmoins, les familles des victimes ont renvoyé leur demande sur la révélation de ces données. Par la suite, Greg Hood, représentant de l’agence, a annoncé que cette information était protégée de la diffusion publique conformément à la loi sur l’investigation des accidents liés à la sécurité des transports.

De plus, il a expliqué que si un employé de l’agence, ancien ou actuel, « révélait une information à une personne physique ou à un tribunal » cela serait considéré comme une violation de la loi et aboutirait à une peine de prison d’un délai pouvant aller jusqu’à deux ans.

L’avion avait décollé le 8 mars 2014 de Kuala Lumpur (Malaisie) à destination de Pékin (Chine). C’est lors du transfert du contrôle du vol des opérateurs malaisiens à leurs confrères vietnamiens que le Boeing 777 a interrompu la transmission et a débranché tous ses équipements de reconnaissance. L’appareil a changé de cap et d’altitude à plusieurs reprises avant de se diriger vers l’océan Indien. On suppose que l’avion a percuté la surface de l’eau après avoir épuisé ses réserves de carburant. Ses 239 passagers ont disparu.

Les recherches organisées par l’Australie, la Chine et la Malaisie au sud de l’océan Indien ont été vaines, malgré plusieurs changements de zones.

En janvier 2015, les autorités malaisiennes ont officiellement reconnu tous les passagers du vol MH370 comme décédés suite à un « accident ».

Ce janvier, des représentants australiens, malaisiens et chinois ont publié un communiqué sur le site du centre de coordination des recherches (JACC) selon lequel les parties avaient suspendu les recherches de l’avion.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201704171030952097-boeing-malaisien-disparu-australie-prison/

 

La Russie négocie l’équipement des Mistral

Vous vous souvenez des Mistral, ces porte-hélicoptères que la France a refusé de livrer à la Russie, rompant ainsi unilatéralement son contrat en raison du lancement par Kiev de la guerre contre les populations du Donbass? La Russie mène des pourparlers avec l’Egypte pour les équiper. La diplomatie française est vraiment à la hauteur de tous les défis!

En 2011, la France signe un contrat avec la Russie pour la construction et la livraison de deux porte-hélicoptères classe Mistral. En 2014, la France, suite aux déclarations américaines, déclare ne pas vendre ces navires tant que la Russie n’aura pas changé de politique en Ukraine.

Toute cette agitation politique pour cacher la soumission totale de la France aux intérêts américains a couté cher aux contribuables, la France devant évidemment compenser le préjudice indûment causé.

L’effet positif, mais pour la Russie, est qu’elle a relancé sa construction navale militaire, plutôt avec succès.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Après la vente au rabais à l’Egypte de ces bateaux encombrants et inutiles, celle-ci s’est adressée à la Russie pour leur équipement. Puisque n’oublions pas qu’ils furent mis aux normes russes. Les négociations portent tant sur la livraison d’hélicoptères de combat que sur l’équipement des porte-hélicoptères.

Peut-être les prochaines élections présidentielles nous donneront la possibilité d’élire un Président qui défende les intérêts français, sans hypocrisie. Sait-on jamais …

Karine Bechet-Golovko

 

Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Alors que la presse internationale décrit le grand retournement de Donald Trump, Thierry Meyssan montre qu’il n’en est rien : loin d’avoir abandonné son idéal de paix, le président des États-Unis hurle et bombarde, tout en faisant attention à ne rien commettre d’irréversible.

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Le changement radical de rhétorique du président Trump sur l’ensemble de sa politique extérieure s’est accompagné du bombardement de la base syrienne de Cheyrat et de celui d’une montagne afghane.

Le monde a tremblé devant ce déploiement de force : 59 missiles Tomahawks en Syrie et une méga-bombe GBU-4/B3 en Afghanistan. Pourtant, la base de Cheyrat était à nouveau opérationnelle dès le lendemain, tandis que « la mère de toutes bombes » a certes provoqué l’effondrement de trois sorties d’un tunnel naturel, mais n’a pas détruit les kilomètres de passages souterrains creusés avec le temps par les rivières dans la montagne. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

Ces deux opérations étaient manifestement destinées à convaincre l’État profond US que la Maison-Blanche soutenait à nouveau la politique impériale. Elles ont eu l’effet escompté sur l’Allemagne et la France. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont applaudi leur suzerain et appelé à en finir avec la Syrie. La surprise est venue d’ailleurs.

Le Royaume-Uni ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a proposé de prendre des sanctions contre la Russie, complice selon lui des « crimes » syriens, et responsable d’une manière ou d’une autre de la résistance afghane et de bien d’autres choses.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, Johnson a annoncé l’annulation de son déplacement à Moscou et a invité tous ses partenaires à rompre leurs relations politiques et commerciales avec la Russie. Ces derniers, tout en approuvant l’initiative britannique, se sont prudemment tenus en retrait. Rex Tillerson, le secrétaire d’État états-unien, a quant à lui, clairement écarté cette folle proposition et a maintenu son voyage à Moscou. Avec aplomb, Johnson a alors déclaré que les Européens auraient mandaté Tillerson pour faire entendre raison aux Russes.

Alors que le protocole international prévoit la réception d’un ministre par son homologue et non par le chef d’État local, la presse atlantiste présentait l’accueil de Tillerson par Lavrov comme un refroidissement des relations américano-russes. Avant qu’il ait eu le temps de saluer son hôte, Sergey Lavrov fut interrompu par une journaliste de Washington qui le prit à partie. La rappelant à la politesse, le ministre russe refusa de lui répondre et écourta les présentations.

L’entretien, à huis clos, dura plus de quatre heures, ce qui paraît bien long pour des gens qui n’auraient rien à se dire. En définitive, les deux hommes demandèrent audience au président Poutine qui les reçut deux heures supplémentaires.

À l’issue de ces rencontres, les ministres délivrèrent une conférence de presse. Ils assurèrent sans rire avoir exclusivement pris note de leurs divergences. Sergey Lavrov mit en garde les journalistes devant le danger que cette rupture faisait courir au monde.

Cependant le lendemain, le même Lavrov, s’adressant à la presse russe, indiquait avoir conclu un accord avec son hôte. Washington se serait engagé à ne plus attaquer l’armée arabe syrienne et la coordination militaire entre le Pentagone et l’armée russe pour la circulation aérienne dans le ciel syrien aurait été rétablie.

En apparence, l’administration Trump hurle sa puissance et bombarde, mais en réalité, elle veille à ne rien commettre d’irréparable. Le pire et le meilleur sont donc possibles.

Thierry Meyssan

Source: Al-Watan (Syrie)

via: http://www.voltairenet.org/article196024.html

 

La Chine fait son shopping aux Etats-Unis

 Voici quelques données intéressantes sur le comportement des Chinois en matière d’investissements, notamment ceux qu’ils effectuent aux Etats-Unis.

De fait, les Etats-Unis sont la destination préférée des Chinois.

Ils y démarrent les investissements autour de 2004 pour atteindre presque 110 milliards de dollars en 2016. La répartition gouvernement-privés est de deux tiers pour un tiers.

Le premier visuel vous montre les montants investis par l’Etat américain. La couleur bleue signifie qu’il y a eu acquisition, le vert qu’il y a eu création de l’activité par les Chinois eux-mêmes. Quant à la couleur grise, elle représente à la fois des acquisitions et du développement.

Enfin la dernière partie représente la répartition par secteur d’activités. La couleur plus foncée à l’intérieur des cubes, montre la proportion que représente le lieu indiqué. Pour l’immobilier, vous voyez un cube plus foncé à l’intérieur qui indique la part qui concerne New York.

 

LHK

Source des images: https://www.investir.ch/2017/04/investissements-chinois-aux-usa/

 

via: https://lilianeheldkhawam.com/2017/04/18/la-chine-fait-son-shopping-aux-etats-unis-lhk/

 

 

Dernière frappe US en Afghanistan : Rappel des faits et conclusions

Général Dominique Delawarde – 16 avril 2017

Une semaine après sa frappe spectaculaire et illégale en Syrie, Trump continue sa démonstration de force en Afghanistan en utilisant pour la première fois la bombe «non nucléaire» la plus puissante de son arsenal surnommée MOAB (Mother oall Bombs).

 Par cette nouvelle initiative, il offre à chacun l’opportunité de se poser quelques questions sur les frappes US en général, sur celle-ci en particulier, et d’en tirer des conclusions.

*

I – Cadre général

L’analyse des sources officielles US énumérées dans l’article suivant et facilement consultables

http://blogs.cfr.org/zenko/2017/01/05/bombs-dropped-in-2016/

Ou 

http://www.afcent.af.mil/Portals/82/December%20Airpower%20Summary.pdf?ver=2017-01-04-094321-250

 

fait apparaître, qu’en stricte application du droit du plus fort, sans accord de l’ONU et le plus souvent sans accord de l’état concerné, les forces aériennes US auront bombardé 7 pays en 2016 et délivré un total de 26 172 bombes (au minimum).

Ce total impressionnant est en augmentation de plus de 3 000 bombes (12%) par rapport à 2015. A noter que l’US Air Force a effectué 67% des frappes de la coalition occidentale en Irak, avec l’accord du gouvernement et 96% des frappes de la coalition en Syrie sans accord  du  gouvernement légal. Cet écart de pourcentage semble montrer une réticence d’une majorité des pays de la coalition à intervenir en Syrie, sans feu vert de l’ONU et sans l’accord du gouvernement légal.

II- La frappe en Afghanistan.

 

Le Jeudi 13 avril à 19h32, heure locale, 17h02 heure française, l’US Air Force a largué d’un C130, le premier des 15 à 20 exemplaires en service, de sa «Méga bombe non nucléaire à effet de souffle» (GBU-43/B Massive Ordnance Air Blast Bomb: MOAB), sur un réseau de tunnels fortifiés qui servirait de base à Daesh. La frappe s’est faite avec l’accord du président afghan Ashraf Ghani.

Testée avant mise en service en 2003, cette bombe est la plus puissante bombe non nucléaire de l’arsenal militaire US. Pour cette raison elle est surnommée Mother oAll Bombs (MOAB). D’un poids de 10,3 tonnes elle développe un pouvoir explosif équivalent à 11 tonnes de TNT et coûte 16 millions de dollars l’unité (soit le prix de 16 à 25 missiles Tomahawks selon le modèle de ces derniers). Son rayon d’efficacité totale n’est que de 150 mètres.

Pour l’anecdote, selon le New York Times, le réseau de tunnels visé aurait été financé, dans les années 80, pour quelques dizaines de millions de dollars, par la CIA, pour soutenir les moudjahidines dans leur lutte contre l’ex URSS. (gaspillage évident d’argent public…..le contribuable US paie la construction, puis la destruction…)

Pour l’anecdote encore, la fameuse  MOAB est largement  dépassée en puissance  et en efficacité par l’ «Aviation Thermobaric Bomb of Increased Power». Cette bombe non nucléaire  russe, testée en 2007 avant mise en service, a été, par dérision pour la MOAB, surnommée FOAB (Father oall Bombs). Elle est 30% plus légère que la MOAB (7,1 tonnes) mais développe une puissance explosive équivalente à 44 tonnes de TNT (4 fois supérieure à celle de la MOAB US). Son rayon d’efficacité totale est de 300 mètres (2 fois celui de la MOAB).

S’agissant de l’efficacité de la frappe, deux versions s’affrontent dont aucune ne peut être considérée comme plus valable que l’autre. Le communiqué «US-gouvernement Afghan» évoque aujourd’hui 96 combattants de DAESH tués. Le communiqué de DAESH indique que cette frappe n’a fait aucune victime. On est entré dans la guerre de l’information et des communiqués (relire: la guerre de l’information)

 https://www.polemia.com/la-guerre-de-linformation/

*

En conclusion, harcelé quotidiennement par les médias et les néocons depuis son entrée en fonction, Trump semble se lancer dans une rhétorique guerrière pour trois raisons:

·         – désarmer les néocons et donner du grain à moudre aux médias pour qu’ «ils le lâchent un peu». Cette technique a été utilisée avec succès par Bill Clinton le 16 décembre 1998 à la veille de l’examen de sa destitution par la chambre des représentants pour ses mensonges dans l’affaire Lewinsky. Il a déclenché des frappes sur l’Irak (Opération Desert Fox). 415 missiles Tomahawks ont été tirés faisant de 600 à 2000 tués en 3 jours. L’attention des médias a été détournée de l’affaire Lewinsky, …..qui a été donc été oubliée. Bien sûr, les Irakiens en ont payé le prix……

·         – donner aux Américains lambda l’image d’un commandant en chef solide, déterminé, qui ne recule pas et tenter de rebâtir un minimum de cohésion et d’unité dans la population US: rien de tel qu’une bonne guerre pour refaire l’unité d’un pays.

·         – envoyer quelques messages subliminaux à ses adversaires (Syrie, Iran, Corée du Nord, Russie, Chine….): «Les USA sont forts, très forts. Ils peuvent agir de manière unilatérale, brutale et imprévisible, sans feu vert de l’ONU. Leur commandant en chef n’hésitera pas……»

Ces frappes relèvent donc moins de la recherche d’une efficacité militaire que du «cinéma» et de «la communication». La simple mathématique montre que les 26 172 bombes larguées en 2016 par l’US Air force représentent, sans faire autant de bruit, l’équivalent de 3 MOAB par jour.

  

 

Au sujet de l’échec d’un tir de missile balistique nord-coréen

Les médias dominants, ceux de la propagande de guerre de l’OTAN et auxiliaires inclus, ont diffusé au lendemain de la grande parade militaire nord-coréenne marquant le 105e anniversaire de Kim Il-Sung (15 avril 1912-08 juillet 1994), une information selon laquelle un tir d’essai d’un missile balistique nord-coréen se serait soldé par un échec.

Côté Pyongyang, aucune annonce, ni de confirmation ou d’infirmation et encore moins un commentaire sur cette information.

Que doit-on conclure?

On est là en face de deux probabilités:

·         Soit le tir a bien eu lieu et il aurait été mis en échec dès le site de lancement par un nouveau système d’interception dont la technologie est gardée secrète;

·         Soit le tir n’a jamais eu lieu et il s’agit dans ce cas de figure d’un élément classique de guerre psychologique;

Dans le premier cas, Pyongyang n’aura pas eu froid aux yeux et se serait montré insensible aussi bien aux menaces US qu’aux pressions chinoises et le moins que l’on puisse dire est que Kim Jong Un est téméraire. Il n’a pas reculé!

Dans le second cas, il s’agit d’un mensonge de guerre à valeur de menace mais dotée d’une composante visant plus à sauvegarder la face devant une opinion mondiale médusée qu’à exercer une nouvelle pression sur Pyongyang.

Il semble que Washington ignore totalement la dimension psychologique du Confucianisme coréen, lequel est encore aussi extrême que le code de l’honneur nippon.

Ne pas reculer, ne pas perdre la face et respecter les codes hiérarchiques sont autant de questions sur lesquelles l’ensemble du leadership nord-coréen ne transige jamais. Depuis la fin de la guerre de Corée en 1953 et jusqu’en 2005, il y a eu des centaines d’opérations commando menées par les forces armées des deux Corée l’une contre l’autre. Dans presque 95% des cas, les soldats nord-coréens préféraient se suicider collectivement que de se rendre, et, dans au moins une occasion, un commando nord-coréen pris au piège en plein Séoul a tenu tête avec une très rare ténacité aux forces américaines et sud-coréennes.

Il est à rappeler que les Etats-Unis menacent la Corée du Nord avec une guerre nucléaire depuis le général Douglas MacArthur, qui a tenté en 1951 d’utiliser l’ensemble des bombes du petit arsenal atomique US d’alors contre la Corée du Nord. Une idée refusée par le président Harry S. Truman car elle mettait en danger les forces US en Europe occidentale face à un Staline qui venait juste d’acquérir la bombe atomique.

Source: https://strategika51.wordpress.com/2017/04/17/au-sujet-de-lechec-dun-tir-de-missile-balistique-nord-coreen/

 

Corée du nord: Pékin et Moscou envoient des navires pour surveiller les agissements du groupe aéronaval américain

La Maison Blanche dit ne plus avoir dans l’immédiat l’intention d’attaquer la Corée du Nord. Pourquoi? L’axe sino-russe vient d’être reformé.

La Russie et la Chine ont dépêché des navires pour surveiller les agissements du porte-avions polyvalent américain à propulsion nucléaire, l’USS Carl Vinson, en route vers la péninsule coréenne. Cette information est publiée alors que les médias avaient fait part il y a quelques jours de l’intention de Pékin d’envoyer  » des milliers de soldats dans la péninsule coréenne pour intervenir militairement, le cas échéant ».

Le groupe aéronaval de guerre américain est entré, selon les informations, en mer de Chine et fait route vers la Corée du nord. Il y a deux semaines, le président américain a reçu son homologue chinois à la Maison Blanche et les deux parties ont évoqué « une entente » sur de nombreux dossiers dont celui du commerce. Les médias ont même évoqué une possible participation de Pékin dans une action militaire contre la Corée du Nord aux côtés des États-Unis. Or mercredi après-midi, le ministère chinois de la Défense a rejeté d’emblée tout recours à la force dans la péninsule coréenne qui ne ferait que « compliquer davantage la donne ». A présent Pékin est de retour aux côtés de la Russie pour éviter un embrasement dans la région.

Se disant pour la stabilité régionale, Pékin et Moscou  affichent désormais un front aux positions extrémistes des Etats-Unis de Trump contre Pyongyang.

La Chine s’est dite prête à « se coordonner étroitement avec la Russie afin d’apaiser la tension sur la péninsule coréenne et d’encourager les parties concernées à lancer un dialogue», aux dires du chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, lors d’une récente conversation téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Pour sa part Moscou exhorte les partis en conflit à revenir à la table des négociations et à faire recours à des moyens diplomatiques pour trouver un règlement pacifique à la crise.

Selon l’agence d’information Sputnik, l’envoi des sous-marins espions par la chine et la Russie dans la région, pourrait être un signal d’alarme aux Etats-Unis.

Source: http://parstoday.com/fr/news/world-i34368-corée_du_nord_pékin_rallie_moscou

 

 

Pourquoi la Corée du Nord a besoin de son arsenal nucléaire – et comment en finir avec cette menace

Cet article du 14 avril, mis à jour le 15 avril est paru sur Moon of Alabama sous le titre Why North Korea Needs Nukes – And How To End That

Les médias disent : Les USA peuvent ou non tuer des Nord-Coréens pour telle ou telle raison ou sans raison.
Mais ils appellent la Corée du Nord ‘le régime imprévisible et instable’.b.

Tournons-nous vers ce que les médias ne nous disent pas sur la Corée

«PÉKIN, le 8 mars (Xinhua) – La Chine propose une « double suspension » pour désamorcer la crise de la péninsule coréenne. Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a dit mercredi, « La République démocratique de Corée du Nord (RDCN) peut faire le premier pas en suspendant son programme nucléaire et de missiles en échange de la suspension des exercices militaires de masse menés par les USA et la Corée du Sud, » a dit Wang au cours d’une conférence de presse en marge de la séance annuelle de l’Assemblée nationale populaire.

Wang a dit que la querelle du nucléaire sur la péninsule de Corée se tient plutôt entre les USA et la Corée du Nord, mais en tant que voisine de palier et très proche alliée de la péninsule, la Chine est indispensable à la résolution de la question.

Le ministre Wang, en tant que ‘proche allié’, a sans aucun doute transmis un message autorisé par la Corée du Nord : « L’offre est encore valable et la Chine la soutient ».

La Corée du Nord avait fait la même offre en janvier 2015. L’administration Obama l’avait rejetée. La Corée du Nord avait réitéré l’offre en avril 2015 et l’administration Obama l’avait rejetée de nouveau. Ce mois de mars dernier, le gouvernement chinois a transmis et soutenu la même offre. Le gouvernement américain, aujourd’hui l’administration Trump, l’a immédiatement rejetée de nouveau. L’offre, répétée et rejetée depuis trois ans consécutifs, est raisonnable. Son rejet n’a mené qu’à un développement de l’arsenal nucléaire et à plus de missiles de plus longue portée qui un jour, seront capables d’atteindre les États-Unis.

La Corée du Nord est alarmée, de façon justifiée, chaque fois que les USA et les Coréens du Sud lancent leurs manoeuvres militaires géantes et s’entraînent ouvertement à l’invasion de la Corée du Nord et à tuer son gouvernement et son peuple. Les manoeuvres ont un impact très négatif sur l’économie de la Corée du Nord.

La Corée du Nord justifie son programme nucléaire comme la façon la plus cohérente, économiquement parlant, de répondre à la menace de ces manoeuvres.

Chaque fois que les USA et la Corée du Sud lancent ces grandes manoeuvres militaires, l’armée de conscrits de la Corée du Nord (1,2 millions de soldats) passe au niveau d’alerte maximum. Les grandes manoeuvres sont un point de départ classique d’attaques militaires. Les manoeuvres des USA et de la Corée du Sud ont lieu chaque année (intentionnellement) au moment des plantations (avril-mai) ou des récoltes (août) du riz, au moment où la Corée du Nord a besoin de tous ses bras dans ses quelques zones arables. Seuls 17% du territoire nord-coréen est utilisable pour l’agriculture et le climat n’est pas favorable. La saison des cultures est courte. Les semailles et la récolte demandent un pic de travail.

Les manoeuvres du Sud menacent directement l’autosuffisance alimentaire de la Corée du Nord. A la fin des années 1990, elles ont été l’une des causes majeures d’une famine sévère (le manque d’hydrocarbures et de fertilisants, ainsi qu’un système économique trop restrictif, ont été d’autres causes).

Sa force de dissuasion nucléaire autorise la Corée du Nord à réduire ses effectifs militaires, notamment pendant l’importante saison agricole. Les travailleurs auparavant retenus pour les besoins militaires peuvent retourner sur les rizières. Cette politique, aujourd’hui officielle, s’appelle ‘byungjin’. (Byungjin a débuté, de façon informelle, au milieu des années 2000, quand le président Bush a développé une politique d’hostilité ouverte envers la Corée du Nord – Chronologie de la diplomatie nord-coréenne-américaine sur le nucléaire et les missiles, en anglais.

Une garantie de fin des manoeuvres annuelles permettrait à la Corée du Nord d’abaisser son niveau d’alerte et de ne plus avoir à compter sur son arsenal nucléaire. Le lien entre les manoeuvres américaines et la dissuasion nucléaire nord-coréenne établi dans les offres répétées de la Corée du nord est direct et logique.

Le chef de l’État nord-coréen Kim Jung-un a officiellement annoncé une politique de non-usage de force nucléaire en attaque préventive.

« En tant qu’état doté d’armes nucléaires responsable, notre république n’utilisera pas d’armes nucléaires sauf si des forces agressives, hostiles dotées d’armes nucléaires empiètent sur sa souveraineté, » a déclaré Kim au Congrès du Parti du travail de Corée à Pyongyang. Kim a ajouté que le Nord « remplira loyalement son obligation de non-prolifération et luttera pour la dénucléarisation mondiale. »

Au cours du Congrès comme ailleurs, Kim Jong-un a également souligné la connexion décrite ci-dessus entre l’armement nucléaire et le développement économique. Pour résumer :

« Après des décennies de renforcement de la puissance militaire sous son père, la Corée du Nord développe le “Byongjin” de Kim – une approche double destinée à renforcer la puissance nucléaire tout en améliorant les conditions de vie. »

La stratégie Byongjin, méprisée par l’administration Obamaa réussi.

Quelles sont les sources du développement économique de la Corée du Nord ? Une des explications tient à la baisse des dépenses du secteur militaire, alors que le développement nucléaire, à cette étape, est moins cher – il peut se réduire à 2 à 3% du PNB, selon certaines estimations. Théoriquement, le byungjin est plus favorable à l’économie que le « Songun » précédent, à savoir la puissance fondée sur la concentration de ressources sur l’armée.

Pour comprendre pourquoi la Corée du Nord craint autant l’agressivité des USA, tournons-nous vers la destruction totale principalement causée par les USA au cours de la Guerre de Corée :

Le Japon impérial a occupé la Corée de 1905 à 1945, et a tenté de l’assimiler. Une petite force communiste, sous Kim Il-sung et d’autres, a combattu l’occupant japonais. Après la capitulation du Japon en 1945, les USA ont pris le contrôle des zones agricoles de la Corée sous le 38ème parallèle, une ligne de partage choisie arbitrairement. L’Union Soviétique alliée contrôlait la zone industrielle au-dessus de la ligne. Les deux puissances s’étaient mises d’accord sur une courte tutelle, puis sur une indépendance et une unification du pays. Dans la Guerre froide qui a suivi, les États-Unis sont revenus sur l’accord et en 1948, ils ont installé une dictature fantoche en Corée du Sud, avec Syngman Rhee. Cela établissait une frontière artificielle entre Coréens qu’ils n’avaient ni demandée, ni souhaitée. Les communistes menaient encore une résistance forte et expérimentée dans le Sud et espéraient réunifier le pays. La Guerre de Corée s’en est ensuivie. Elle a entièrement ravagé le pays. Toute la Corée a été sévèrement affectée, mais particulièrement le Nord industriel, qui a perdu un tiers de sa population et l’intégralité de ses infrastructures – les routes, les usines et presque toutes ses villes. [1]

Chaque famille coréenne a été touchée. Le culte des ancêtres est profondément inscrit dans la psyché coréenne et sa culture collectiviste. Personne n’a oublié le génocide et personne en Corée, au Nord pas plus qu’au Sud, ne veut revivre l’expérience. [2]

Le pays se réunifierait si la Chine et les USA pouvaient se mettre d’accord sur sa neutralité. Cela ne se produira pas de sitôt. Mais le danger perpétuel d’une guerre « accidentelle » en Corée diminuerait si les USA acceptaient l’offre de la Corée du Nord – un arrêt des manoeuvres militaires agressives et des comportements menaçants contre un arrêt des programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord. La Corée du Nord se doit d’insister sur ces points, qui sont fondamentaux pour ses besoins économiques de base.

Le gouvernement des USA et les médias occidentaux occultent la rationalité de l’offre nord-coréenne sous la fantaisie propagandiste du « régime imprévisible et instable » de Kim.

Mais ce n’est pas la Corée, ni le nord, ni le sud qui sont ici «  imprévisibles et instables ».

Mise à jour du 15 avril

Le défilé militaire du ‘Jour du soleil’ (105ème jour anniversaire de la naissance de Kim Il-sung) à Pyongyang s’est déroulé sans une seule anicroche et sans interférence des USA.

Plusieurs nouveaux types de véhicules tracteurs-érecteurs-lanceurs de missiles ont défilé pour la première fois. La retransmission de trois heures est visible ici. La démonstration d’équipements militaires commence vers 2h14mn. Les véhicules de transport d’armes nucléaires sont visibles à partir de 2h20mn.

Selon une première impression du Diplomat : Le défilé militaire de la Corée du Nord était une grande affaire. Ce qu’il faut en retenir :

Même si Pyongyang s’est retenu de procéder à de nouveaux tests ce week-end [3] à cause des rumeurs de riposte possible par les USA, la Corée du Nord cherche encore à améliorer son savoir-faire en matière de missiles. De plus, les redoutés missiles intercontinentaux ne sont peut-être plus si éloignés. Étant donné son nombre croissant de tracteurs-érecteurs-lanceurs de missiles, la Corée du Nord pourra posséder suffisamment d’armes nucléaires pour qu’aucune frappe préventive de la Corée du Sud ne puisse désarmer les capacités de riposte nucléaire de Pyongyang. Cela donnerait au régime nord-coréen ce qu’il recherche depuis des décennies avec son programme nucléaire et de missiles : une garantie absolue contre toute tentative d’usage de force à son encontre.

La « garantie absolue contre toute tentative d’usage de force à son encontre » autoriserait en conséquence la diminution des forces armées conventionnelles et des ressources allouées à l’armée. Cela stimulerait ensuite un développement économique plus rapide pour la population de la Corée du Nord. La stratégie Byongjin aurait accompli sa mission.

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay : Corée du Nord, défilé militaire

[1] NdT : Les bombardements de zones civiles, y compris de villes densément peuplées (paradoxalement appelés « bombardements stratégiques ») font partie de la doctrine militaire des USA.

[2] NdT : Le 9 mars dernier, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, fille du dictateur militaire soutenu par les USA et assassiné Park Chung-Hee, a été destituée à la suite d’accusations de corruption. Les prochaines élections, prévues pour le 9 mai prochain, porteront-elles au pouvoir un président moins accommodant envers les demandes américaines d’exercices militaires incessants sur le sol sud-coréen ?

[3] NdT : Update 2, la Corée du Nord a bien procédé à son essai nucléaire dimanche, un jour après l’update de Moon of Alabama. Selon les premiers rapports américains, qu’ils soient véridiques ou non, l’essai aurait échoué. Le symbole n’en reste pas moins le même : la Corée du Nord ne semble pas céder aux intimidations américaines.

Source: http://www.entelekheia.fr/coree-nord-a-besoin-de-arsenal-nucleaire-finir-cette-menace/

 

Vers une nouvelle guerre de Corée

 

Va-t-on assister à la énième agression Américaine d'un État souverain en dehors de tout cadre légal ? L'agitation diplomatique, pour ne pas dire frénétique des Américains et la relation à sens unique qui en est faite dans nos médias le donnent à penser.

Le 2 avril dernier, soit quatre jours avant la rencontre prévue entre le président Américain et son homologue chinois Xi Jinping, le Financial Times publiait une interview de Donald Trump dans laquelle celui-ci déclarait « Eh bien, si la Chine ne résoud pas le problème de la Corée du Nord, nous le ferons, voilà ce que je dis ». Dans la nuit du 6 au 7 avril, alors que le président chinois était toujours l'invité de Donald Trump dans sa résidence d'hiver de Mar-a-Lago, celui-ci ordonnait une frappe de missiles Tomahawk contre l'aéroport militaire d'Al-Chaayrate, au sud de Homs.

À peine une semaine plus tard, jeudi 13 avril, l'aviation américaine larguait une bombe GBU-43b, soit la plus grosse des bombes conventionnelles sur un réseau de tunnels à Nangarhâr [1], en Afghanistan. Cette munition thermobarique, par son effet de souffle, est supposée détruire au plus profond les galeries et leur contenu. Et nous, eh bien on va faire semblant de croire que de telles galeries aménagées auraient jamais existé, en dépit du fait qu'il a été prouvé depuis 15 ans, par les Américains eux-mêmes, qu'il n'y a là rien d'autre que des grottes naturelles qui servaient d'abris aux terroristes. Accessoirement on peut s'interroger sur les motifs stratégiques d'une telle intervention, sachant qu'on parle bien de combattants qui n'ont strictement aucun rapport avec l'État Islamique présent en Syrie et en Irak. Accessoirement, on peut aussi s'interroger sur la légitimité de cette action au regard du droit international.

On doit alors conclure qu'il s'agit là d'un message envoyé au régime de Kim Jong-un et à son puissant allié, la Chine.

 

La Corée du Nord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La République populaire démocratique de Corée (RPDC), d'une superficie de 120.540 Km2, recouvre toute la partie Nord de la péninsule coréenne, au-dessus du 38ème parallèle. 

la Corée du Nord est un État à parti unique avec un « Front uni » mené par le Parti du travail de Corée (KWP). L'idéologie officielle du pays est le Juche, doctrine basée sur l'autosuffisance développée par Kim Il-sung, fondateur du régime. Après la mort de ce dernier en 1994, Kim Jong-Il, son fils, lui a succédé à la tête de l’État mais non en tant que Président de la République, cette fonction étant restée « éternellement » rattachée à la personne de Kim Il-sung. Après la dislocation de l'URSS et une série de catastrophes naturelles, la Corée du Nord a subi une famine faisant de 900 000 à 2 millions de morts. Kim Jong-Il adopte alors la politique du Songun ou « l'armée d'abord » afin de renforcer le pays et le gouvernement. Source Wikipedia

Le pays, qu'on peut qualifier de régime communiste de type stalinien, est actuellement dirigé par Kim Jong-un, le fils cadet de Kim Jong-il. Le pays, qui s'est retiré du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2003 a procédé à son premier test de détonation d'un engin nucléaire en octobre 2006, devenant ainsi le neuvième État à posséder l'arme atomique.

La Corée du Nord, qui sur le papier reste en état de guerre avec son voisin du Sud, a par ailleurs un sérieux contentieux avec le Japon, puissance occupante de 1905 jusqu'à 1945. En pratique, le seul allié de la Corée du Nord est la Chine, pour une raison toute simple : elle voit la Corée du Nord comme un État-tampon entre ses propres frontières et la Corée du Sud, notoirement alliée des Américains, pour ne pas dire inféodée.

Ainsi, croire que les Chinois pourraient renoncer à soutenir économiquement et militairement la Corée du Nord relève de la bêtise crasse, ou du wishful thinking d'un président américain qui n'est pas fichu de faire la différence entre la Syrie et l'Irak. Un véritable monument d'ignorance de l'histoire et des réalités géopolitiques.

Frappes préemptives et risque d'escalade

L'idée de frappes sur la Corée du Nord n'est pas neuve. En 1994 déjà, les Américains, qui suspectaient le régime de vouloir acquérir l'arme nucléaire, avaient envisagé très sérieusement le scénario et la guerre avait été évitée in extremis par des négociations dans lesquelles le gouvernement s'engageait à ne pas fabriquer de telles armes en l'échange d'un programme d'aide d'un milliard de dollars.

Les préparatifs américains, et notamment l'envoi d'un groupe aéronaval constitué du porte-avions USS Carl Vinson, de trois navires lance-missiles et de sous-marins nucléaires semblent indiquer que les États-Unis n'excluent pas l'option d'une frappe militaire sur les infrastructures de lancement de missiles, ainsi que sur les installations souterraines où sont testées les armes nucléaires.

Est-il nécessaire de rappeler qu'au cas où les Américains attaqueraient la Corée du Nord, ne serait-ce qu'avec des armes conventionnelles dans le but de renverser le pouvoir et de prendre le contrôle des armes nucléaires coréennes, non seulement ceux-ci ne se laisseraient pas faire, mais il est très improbable que les Chinois restent au balcon en attendant l'issue des événements. La Corée du Nord est au coeur de la zone d'influence de Pékin qui n'entend pas la voir basculer dans le giron américain. Ils sont parfaitement capables de comprendre la stratégie d'encerclement et d'étouffement auxquelles sont en train de se livrer les États-Unis d'Amérique en Asie, et tôt ou tard, les frictions se transformeront en confrontation. Les Chinois se retrouveraient dans la même situation que JFK lorsqu'il avait été informé que les Russes avaient installé des missiles nucléaires à Cuba, à moins de 400 Km de Miami.

Propagande de guerre

Mais finalement, ce qui devrait nous inquiéter le plus dans cette affaire est la propagande de guerre qui nous est obligeamment servie dans les médias, qui présentent la Corée du Nord comme un pays « agresseur », membre de l' « axe du mal », et les États-Unis comme le bon gendarme qui, au nom de la « communauté internationale », exercerait ni plus ni moins que son droit de police, que dis-je, son devoir civilisateur. Amen.

Morceaux choisis

Corée du Nord : l'arsenal de Pyongyang

Le pays a déjà effectué 5 essais nucléaires, malgré l’interdiction de la communauté internationale. Aujourd’hui, l’arsenal nord-coréen serait opérationnel d’après le régime, qui assure être en mesure de frapper ses voisins de Corée du Sud, du Japon, ainsi que la base militaire de Guam, propriété des États-Unis.

L’arme nucléaire serait prête

Pour François Heisbourg, expert de la Corée du Nord, l’arme nucléaire est prête, et les tirs à très longue portée le seront dans peu de temps. « Les étapes qu’ils vont franchir, c’est avoir des charges nucléaires à mettre en haut de leurs fusées. Ensuite, ils vont se préparer à avoir des fusées prêtes à être tirées de n’importe où, n’importe quand », explique-t-il. Source : FranceTV

Corée du Nord : pour les États-Unis, la situation « ne peut durer »

Les USA ont vivement réagi au lendemain d'un tir de missile raté du régime nord-coréen.

La Corée du Nord a échoué dimanche à mener un nouveau tir de missile au lendemain d'une vaste parade militaire, un essai qualifié de « provocation » par le vice-président américain Mike Pence, en visite à Séoul. Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a lui affirmé dimanche que les dirigeants chinois travaillaient étroitement avec les Etats-Unis pour résoudre la question du nucléaire nord-coréen. Source : Europe1

Corée du Nord : Les Etats-Unis menacés d'une « guerre totale »

Jusqu'où ira cette escalade des tensions ? Après l'envoi, par le président américain Donald Trump, d'un groupe aéronaval articulé autour du porte-avions Carl Vinson vers la péninsule coréenne, le temps des répliques est annoncé. Elles sont en tout cas brandies, par le régime nord-coréen, comme des menaces. S'exprimant avant une gigantesque parade militaire organisée à Pyongyang à l'occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, le fondateur de la République populaire de Corée, le numéro 2 du régime, Choe Ryong-Hae a averti et a promis que son pays était « prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale ». [...]

Selon plusieurs observateurs, la Corée du Nord, dont le programme nucléaire est à l'origine de tensions internationales grandissantes, pourrait procéder prochainement à un nouveau tir de missile balistique, voire à son sixième essai nucléaire, en dépit des interdits de la communauté internationale. Source : La Dépêche

La première chose qui frappe dans cette rhétorique guerrière, c'est l'inversion accusatoire. On présente la Corée du Nord comme l'agresseur (Les Etats-Unis menacés d'une « guerre totale »).

On évoque des programmes d'armement « interdits par la communauté internationale ». Pourtant, la Corée du Nord ne faisait plus partie du TNP depuis 2003. Ils sont un peu dans la même situation que l'État d'Israël, qui n'étant pas partie au traité possède bel et bien l'arme nucléaire, ainsi que les vecteurs pour les lancer, et notamment des sous-marins. Mais étrangement, la « communauté internationale » n'y trouve rien à redire. Deux poids, deux mesures ?

Justification et légalité d'une intervention

En l'absence de toute agression militaire par le régime de Pyongyang, une intervention militaire unilatérale constituerait une agression caractérisée d'un État souverain. Et non, il ne suffit pas de dire, comme le poivrot accusé d'avoir trucidé sa femme :

C'était de la légitime défense, Monsieur le Juge ! Elle m'avait dit " Si tu me rate, je ne te raterai pas "

Ainsi, en l'absence d'un casus belli avéré, une action militaire américaine dans la péninsule serait parfaitement illégale au regard du droit international. Par ailleurs, la probabilité que les États-Unis puissent faire voter une résolution contraignante par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans le cadre du Chapitre VII est hautement improbable, parce qu'elle susciterait inévitablement un veto chinois qui pourrait bien être doublé par un veto russe.

Quelles seraient les conséquences d'un conflit ?

En cas de frappes limitées à de l'armement conventionnel, et en l'absence d'une véritable invasion (boots on the ground), les conséquences resteraient insignifiantes et appelleraient une riposte nord-coréenne, voire l'intervention de son grand allié chinois. Au contraire, une invasion au sol nécessiterait des moyens tout à fait considérables dont l'armada dépêchée sur place est dépourvue. Mais alors, quel est exactement l'objectif poursuivi ? Provoquer jusqu'à l'incident nucléaire pour justifier une riposte de même nature ? Pense-t-on sincèrement que les Chinois laisseraient atomiser leur voisin sans broncher ? 

Les armes nucléaires sont une abomination, soit. Force est de constater qu'un seul pays en a fait usage, par deux fois, au Japon, alors que par ailleurs les Américains savaient de source sûre[2] que la marine et l'aviation impériales ne représentaient plus aucune menace pour eux. Depuis, ces armes ont principalement servi de dissuasion, et jusqu'à plus ample informé, il n'y a aucune raison de penser que les Coréens y voient autre chose que cela.

On nous présente la Corée du Nord comme un pays agressif, mais eux se voient en pays agressé, et pour le coup, ils n'ont pas tort : les Américains sont décidément bien loin de chez eux pour invoquer sérieusement la légitime défense, alors que ce sont eux qui ont dépêché sur place une armada capable de vitrifier entièrement le nord de la péninsule coréenne.

Je terminerai en citant le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi : quiconque sera à l'origine d'un conflit « devra assumer une responsabilité historique et en payer le prix ».

Article original : Le Vilain Petit Canard

Page Facebook : https://www.facebook.com/LVPC.be

Notes

[1] Nangarhâr est une province frontalière du Pakistan, dont la capitale est Jalalabad. Il est amusant de noter que dans Le Parisien, il est fait mention d'un « réseau de tunnels utilisés par Daech ». Ah bon, parce qu'ils sont là aussi  ? À deux milles kilomètres de Raqqa, la « capitale » de l'État Islamique ? Lapsus révélateur ou éléments de langage post-vérité ?

Vérification faite, les journaux anglo-saxons font eux aussi référence à des combattants de ISIS :

More than 90 Islamic State militants were killed when the US military dropped an 11-ton bomb on eastern Afghanistan, according to the Afghan government.

The US military has not released a casualty toll and declined to comment on the Afghan numbers. “We are still conducting our assessment,” it said.

The US deployed the largest conventional bomb it has ever used in combat on 13 April, striking a complex of tunnels and bunkers used by Isis militants in Achin district in Nangarhar province. Source : The Guardian

Étrange, quand on sait que l'acronyme ISIS signifie Islamic State in Iraq and Syria. Est-il permis de penser qu'ils sont un peu loin de leurs bases ?

[2] CBS Reports - The hot and cold war of Allan Dulles (26.04.1962), pages 5 et 6.

Référence : 

Le Parisien (14.04.17) - Afghanistan : la « mère de toutes les bombes » a tué a...

FranceTV (16.03.17) - Corée du Nord : l'arsenal de Pyongyang

Europe1 (16.03.17) - Corée du Nord : pour les États-Unis, la situation "ne pe...

 

LaDépêche (16.03.17) - Corée du Nord : Les Etats-Unis menacés d'une « guerre to...

 

 

Le trésorier de Marine Le Pen se déchaîne sur Facebook

Derrière sa page Facebook officielle et lisse, le trésorier du microparti de Marine Le Pen étale ses idées radicales sur plusieurs comptes anonymes. Mediapart et Marianne ont retrouvé les multiples pages Facebook d'Axel Loustau, bien loin de la fameuse « dédiabolisation » de la candidate du FN.

Depuis plusieurs années, il officie sous différents comptes anonymes, passant de l'un à l'autre. Une demi-douzaine de profils sur Facebook, un peu moins sur Twitter. Des pages où l'on retrouve les mêmes « amis », tous issus de la nébuleuse d'extrême droite, et sur lesquelles Axel Loustau déverse ses idées radicales. Jusqu'à des allusions implicites au IIIe Reich ou à la Shoah.

Ce proche de Marine Le Pen possède pourtant une page officielle sur les réseaux sociaux (ici sur Facebook,  sur Twitter). Depuis qu'il a entamé une carrière politique, l'élu FN s'efforce en effet de faire oublier sa radicalité. De son passé sulfureux dans les rangs du Groupe Union Défense – un groupuscule étudiant d'extrême droite violent – et de son goût pour la castagne, aucune trace dans la vitrine officielle. C'est sous des comptes pseudonymes (Edmond Dantes) ou anagrammes de son nom (Alex Talusou, Alex Soulatu, Alex Saloutu ou encore Ax EL) qu'il s'exprime sans complexe. Mediapart et Marianne ont retrouvé ces multiples pages Facebook où l'argentier de Marine Le Pen étale des idées bien loin de la fameuse « dédiabolisation » du Front national. 

Fondateur d'un groupe de sociétés de sécurité qui a travaillé pour le FN, Axel Loustau s'est reconverti dans la politique. En 2012, il est devenu trésorier de Jeanne, le microparti de Marine Le Pen. Trois ans plus tard, il a été élu conseiller régional des Hauts-de-Seine, et s'est vu confier, dans la foulée, la tête de la fédération du département. Aujourd'hui aux commandes de la cellule financière de la campagne présidentielle frontiste, il a déjà annoncé qu'il serait candidat aux législatives. C'est peu dire qu'il est un maillon important du dispositif de Marine Le Pen. Mais depuis quelques semaines, il est aussi devenu un personnage très encombrant pour la candidate frontiste.

Il y a quelques jours encore, Axel Loustau paradait sous le pseudonyme d'« Edmond Dantes » sur Facebook, où il défendait bec et ongles le clan du GUD qui entoure la candidate du FN. À commencer par son acolyte Frédéric Chatillon, autre vieil ami de Marine Le Pen reconverti dans la communication, et lui aussi au cœur du réacteur de la campagne présidentielle (dont il est salarié). Lorsque celui-ci est mis en cause dans les Panama Papers, en avril 2016, pour son montage offshore, Edmond Dantes monte au créneau pour défendre « un chef d'entreprise honnête qui a investi en Asie ».

 

Sur cette page, Axel Loustau affiche fièrement une photo souvenir de leurs grandes années, sur laquelle il apparaît en smoking et cocard à l'œil gauche, en 1992, au mariage de son ami. Les deux jeunes hommes militaient alors ensemble au GUD, que dirigeait Chatillon, et multipliaient les bagarres.

Frédéric Chatillon et Axel Loustau, en 1992. Photo postée en mars 2017.

 

Le trésorier du microparti de Marine Le Pen continue d'ailleurs de commémorer le 9 mai, jour anniversaire pour l'extrême droite radicale, qui rend hommage à l'un de ses militants, Sébastien Deyzieu, mort en 1994 en marge d'une manifestation du GUD.

© Document Mediapart

 

Sur ce compte, le conseiller régional dialogue avec une partie des ultras d'extrême droite, ancienne et nouvelle génération. À l'instar de Logan Djian, jeune chef du GUD à Paris mis en examen pour « violences aggravées » fin 2015. Axel Loustau plaisante aussi avec son ami Jean-Lin Lacapelle, promu secrétaire national aux fédérations du FN par Marine Le Pen, et avec qui il siège au conseil régional :

Axel Loustau lors de sa campagne régionale, en novembre 2015. © Document Mediapart.

 

Pêle-mêle, « Edmond Dantes » relaye les publications du Front national, fait la promotion du travail de sa femme, poste une photo de son fils avec Jean-Marie Le Pen, en décembre 2016, au manoir de Montretout, livre ses analyses de l'affaire Fillon ou des problèmes de santé de Jacques Chirac :

Croix gammée et références implicites à la Shoah

© Document Mediapart

Mais on y trouve aussi des propos bien moins anodins. Sur cette page, l'ancien Waffen-SS Léon Degrelle semble une référence pour certains de ses amis. Axel Loustau a rencontré en 1992 ce collaborationniste belge, qui voyait en Hitler« le génie foudroyant, le plus grand homme de notre siècle ». Adepte des thèses révisionnistes, Degrelle a toujours nié la mort de six millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, « une légende criminelle qu'on continue à répandre à travers le monde », selon lui. 

Le 24 mars, après nos révélations – dans le livre Marine est au courant de tout…, décliné dans un documentaire d’« Envoyé spécial » –, Axel Loustau a agité dans un communiqué la menace de poursuites judiciaires et assuré n'avoir « jamais tenu le moindre propos raciste ou antisémite »« J'avais vingt ans quand j'ai serré la main de Léon Degrelle. Je l'ai fait comme j'aurais serré celle d'un général de l'armée soviétique qui a libéré Berlin », a-t-il ensuite réagi dans le Journal du dimanche, lui qui avait jusqu'à présent toujours refusé de s'exprimer sur le sujet. « J'ai du respect pour les gens qui se battent pour leurs idées », a-t-il reconnu, en ajoutant : « Mais je ne suis ni nazi, ni antisémite... » 

 

D'autres messages issus de Facebook montrent pourtant que les références au IIIe Reich ou aux juifs sont permanentes dans ce groupe animé par le tandem Chatillon-Loustau. Sur la page Facebook d'un certain « Alex Soulatu », anagramme d'Axel Loustau, c'est une photo d'une croix gammée dessinée dans une assiette de riz qui est postée, en 2012. La femme d'Axel Loustau elle-même commente la photo. Il y est aussi question de « L'Affiche », un restaurant installé en face des sociétés du conseiller régional, que le groupe fréquentait alors assidûment.

© Document Thierry Vincent

 

Autre exemple le 22 janvier 2013, dans un échange ponctué de références implicites à la Shoah. Alors que le prix du gaz vient d’augmenter, il y est question de « six millions de Franciliens inquiétés par du gaz », de « four », de fabrication de « savons » :

© Document Mediapart

 

Le 11 septembre 2011, « Alex Soulatu » célèbre les dix ans des attentats de New York d'un « Happy Birthday Tonton Sam », avec une photo des tours du World Trade Center en feu. Frédéric Chatillon renchérit en signalant que « c’est l’anniv de Bachar [al-Assad, le président syrien – ndlr] ! », dont ils sont de fervents soutiens. 

© Document Mediapart

Un autre profil, plus récent encore, au nom d'« Alex Saloutu », multiplie lui aussi les allusions. L'auteur – qui ne compte parmi ses abonnés que Frédéric Chatillon et une vingtaine d’amis communs – dit avoir étudié à « Tel Aviv University ». Le 20 avril 2015, il reçoit un « Joyeux anniversaire » en allemand de la part d'Olivier Duguet, son prédécesseur au poste de trésorier du microparti de Marine Le Pen et ancien du GUD lui aussi. Un ami s’amuse : « Une sacrée date pour un excellent anniversaire. » Le 20 avril n’est autre que le jour de naissance d’Hitler.

© Document Mediapart.

 

À une amie, qui s'interroge sur ce « bin'z »« Alex Saloutu » ne cache pas qu'il « essaye d’échapper à [ses] ennemis » :

© Document Mediapart

 

Le groupe aime bien jouer avec les dates. Comme ce 1er mai 2009, lorsque Frédéric Chatillon écrit qu’il a « encore déroulé avec la fine équipe », « celle du 30 avril », jour du suicide d’Adolf Hitler. « Il fallait nous remonter le moral ; ça a bien marché », ajoute ce vieil ami de Marine Le Pen. Un autre ancien du GUD embraye : « Oui en effet quelle triste journée… il nous manque beaucoup !!! »

© Document Mediapart

 

Même échange la veille. « Axel » est mentionné à trois reprises :

© Document Mediapart

© Document Mediapart

Sollicités, Axel Loustau comme Frédéric Chatillon n'ont pas répondu à nos questions.

« Ça va objectivement recommencer ? »

 

Après nos révélations – dans le livre Marine est au courant de tout..., décliné dans un documentaire d’« Envoyé spécial » –, les dirigeants du Front national ont été interrogés sur l'idéologie d'Axel Loustau. Et notamment sur des photos, exhumées par Mediapart et notre confrère Thierry Vincent, fin 2014. On y voit le trésorier de Marine Le Pen bras tendu bien haut, devant son gâteau d'anniversaire, à ses 40 ans, en 2011, sur une péniche parisienne. Ces deux clichés, pris par l'un des convives, ont été postés par l'intéressé lui-même à l'époque, sur l'un de ses comptes Facebook. Ils ont été appuyés par nos témoignages recueillis auprès de proches du groupe d'Axel Loustau, relatant de l'intérieur les « soirées nazies » de ce cercle et les commémorations de l'anniversaire d'Hitler (voir ici, ou encore ).

Axel Loustau lors de son 40e anniversaire, en février 2011, sur une péniche, à Paris. © Thierry Vincent / Mediapart

Interrogée en direct sur France 2, le 28 mars, par David Pujadas, la présidente du FN a été contrainte de réagir. Marine Le Pen est apparue pour le moins déstabilisée en voyant s'afficher l'une des photos derrière le présentateur. « Frédéric Chatillon et son alter ego Axel Loustau ne sont-ils pas l'exemple du côté sulfureux qu'on peut encore trouver au FN, sous le vernis ? Vous avez vu cette photo où l'on voit Axel Loustau faire un salut nazi ? Regardez. C'était en 2011, ce n'était pas sa jeunesse », souligne David Pujadas en montrant le cliché. « Ça va objectivement recommencer ? », le coupe Marine Le Pen, manifestement énervée. « Mais vous plaisantez ou quoi ?! », répète-t-elle, en dénonçant le traitement du service public, qu'elle accuse de rouler pour le candidat Emmanuel Macron. Des « méthodes de voyous », accuse-t-elle.

Sur le fond, la cheffe du FN assure que son trésorier voulait « dire bonjour à ses amis » sur cette photo. « Et il a contesté vivement évidemment cela », a-t-elle ajouté. « Moi j'ai eu plusieurs photos comme ça, en général c'est la presse britannique, qui n'est pas particulièrement respectueuse de la déontologie, qui dans les meetings, m'a mise exactement dans cette situation, sur la tribune, en train de saluer les gens », a-t-elle expliqué. 

C'est aussi l'argument qu'a avancé Florian Philippot après que Laurent Ruquier a diffusé ces images, le 1er avril. Le vice-président du FN avait anticipé, en se rendant à l'émission de France 2 avec des photos sur lesquelles on voit David Pujadas, Christiane Taubira, Manuel Valls le bras levé (voir la séquence à 42'25). Axel Loustau a usé de la même rhétorique sur Twitter :

 

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Axel Loustau @AxelLoustau

Monsieur @davidpujadas !! Pouvez-vous vous expliquer sur ce geste ignoble ?!! Allez ! Expliquez vous !!

22:39 - 28 Mar 2017

 

Le 25 mars, après la suppression soudaine du compte d'« Edmond Dantes », une autre page a vu le jour, baptisée « Ax EL », et affichant deux photos du trésorier de Marine Le Pen. Sur Facebook, Axel Loustau ne disparaît jamais vraiment.

A LCL, ces suicides que la direction ne veut pas voir

Entre septembre 2016 et mars 2017, quatre salariés de la banque LCL (ex-Crédit lyonnais) se sont suicidés ou ont tenté de le faire. Dans cette filiale du groupe Crédit Agricole qui vit au rythme des restructurations massives, les risques psychosociaux sont préoccupants. Face aux alarmes lancées depuis plusieurs années par les syndicats et les médecins du travail, la direction pratique l’omerta.

Éric Demory, directeur régional adjoint Île-de-France Nord de la banque LCL (ex-Crédit lyonnais), s’est pendu dans l’une de ses agences, le 3 septembre 2016, à Argenteuil (Val-d’Oise). C’est un collègue qui, alerté par la conjointe, a découvert le corps de son supérieur après avoir attendu plus d’une heure et demie l’arrivée de la sécurité. « Normalement, personne n’est censé rester seul dans l’agence, mais il avait trop de travail, alors il restait quand même », témoigne-t-il.

D’après la famille d’Éric Demory, celui-ci devait fermer deux des six agences qu’il avait en charge dans le cadre du dernier plan de restructuration de l’entreprise, et il supportait de moins en moins les pressions de sa hiérarchie. « Rien n’avait encore été décidé localement », assure la direction des ressources humaines, contactée par Médiapart (lire l’intégralité de nos questions, et les réponses de LCL. « Ils veulent que je sois inhumain », se serait-il pourtant plaint à ses proches, qui assurent avoir constaté un changement d’attitude quelques semaines avant son geste : « On s’est fâchés cet été : il ne lâchait pas son téléphone et ses mails, rapporte un ami de la famille. Ça ne lui arrivait jamais avant ! »

L’homme de 52 ans, dont trente-trois passés à la banque, laisse cinq enfants derrière lui. Après de longues hésitations, la famille d'Eric Demory a décidé de déposer plainte contre LCL pour «mise en danger de la vie d'autrui et non-respect de l'obligation de sécurité» et saisi la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) pour «faute inexcusable de l'employeur».

Un mois après, c’est une conseillère d’une agence bancaire qui tente de se suicider sur son lieu de travail après un entretien avec son supérieur à propos de sa notation annuelle. « L’une de nos collaboratrices a été prise en charge par les secours, après avoir déclaré faire un malaise. Le lendemain matin, elle était de retour à l’agence », explique la direction. Sur le bulletin de prise en charge, les pompiers précisent pourtant clairement que la prise excessive de cachets fait bien « suite à l'entretien avec son patron ».

« La direction a d’abord tenté de minorer le problème, se souvient un collègue  qui a demandé l'anonymat, comme tous les salariés (voir boîte noire)Mais les gens ont été choqués, même le supérieur, lui aussi dans une grande souffrance psychologique. C’est comme une chaîne infernale ! La direction a bien été obligée de reconnaître le minimum. » Une enquête de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) a conclu à un accident du travail. Le « malaise » était véritablement une tentative de suicide liée au travail.

Début décembre, un employé de la plate-forme de relation client LCL de Noisy-le-Grand se défenestre à son domicile, en dehors de son temps de travail – ce qui interdit le déclenchement automatique d’une enquête officielle. La famille de l’employé estime que le drame relève d’un problème personnel, mais en interne, on rapporte qu’« il avait du mal à gérer les remontrances de ses subordonnés ». La part du travail dans la souffrance psychique de cet homme reste donc une inconnue.

La semaine du 13 mars 2017, enfin, un autre salarié d’une agence de Niort a avalé du Lexomil en grande quantité sur son lieu de travail. D’après ses collègues, cet homme avait déjà fait état de sa souffrance au travail et ne supportait pas son transfert sur un poste de logisticien depuis à peu près six mois. Il était issu du back-office de Poitiers, la « DSBA » : centre administratif traitant les opérations des clients, qui a fermé ses portes après restructurations...

D’après plusieurs sources concordantes, le salarié a prévenu son épouse et rédigé un courrier pour lui dire adieu avant de tenter de se suicider à son bureau. Pour la direction, il s’agit d’un « incident regrettable ». La victime, pourtant encore hospitalisée, aurait « demandé, ainsi que sa famille, que l’on respecte la plus grande discrétion sur cet événement », tout en ajoutant qu’« il ne mettait absolument pas en cause son entreprise ou son manager ». Plusieurs représentants syndicaux s’indignent de cette position, faisant part de l'existence d’une véritable « chape de plomb » sur les questions de risques psychosociaux : « Le salarié se sent coupable vis-à-vis de la direction qui lui a fait confiance en lui “aménageant” ce poste. La direction exploite ce sentiment de culpabilité », accuse un représentant syndical de Force Ouvrière. La CPAM a ouvert une enquête.

Quatre suicides ou tentatives en six mois, affectant des salariés sous pression. Face à ces événements, l’entreprise évoque une série de « coïncidences » de la part de salariés submergés par leurs problèmes personnels. Pourtant, chez LCL, qui compte quelque 20 000 salariés, la situation est mauvaise. Dans l’entreprise, qui accumule les résultats négatifs, les plans de restructuration s’enchaînent et les risques psychosociaux augmentent gravement.

La banque a affiché un résultat annuel de 535 millions d'euros, en baisse de 9, 9 % en 2016. D’après Les Échos, « elle a annoncé mi-décembre aux syndicats son intention de supprimer entre 750 et 850 emplois en équivalent temps plein d'ici à la fin de 2018 ». Début 2017, le groupe Crédit Agricole – qui a racheté l’entreprise bancaire en 2003 – a même déprécié la valeur de sa filiale LCL de 491 millions d’euros dans ses comptes 2016.

L’ancien directeur général adjoint du groupe Crédit Agricole, Michel Mathieu, a repris les rênes de la direction générale de LCL en février 2016, avec pour mission de « redresser la barre ». Dès son arrivée, il a intensifié la mise en place du plan de restructuration « Centricité clients 2018 » qui doit aboutir à la suppression de 1 600 postes, dont plus de 1 300 dans le réseau commercial, soit 10 % de l’effectif. La fermeture de 240 à 250 points de vente est prévue, LCL adoptant la même politique de fermeture des guichets que ses concurrents Société générale,  BPCE  ou BNP.

Alerte sur « une augmentation des risques psychosociaux »

Déjà, entre 2007 et 2010, 3 519 postes avaient été supprimés, soit 15  % des effectifs, avant qu'un plan « Centricité clients 2013 » ne soit mis en place en 2011, visant à augmenter la présence de LCL en milieu urbain et à délaisser le back-office et les agences en milieu rural. La logique managériale s'appuyait sur une pression commerciale pour favoriser la « conquête de clients ». Entre avril 2012 et février 2013, trois suicides de salariés LCL sont déjà répertoriés sur le territoire français, dont Laurent Thévenin, retrouvé pendu dans le centre de vacances de son entreprise en avril 2012. Ce directeur de groupe d’agences avait vu ses résultats chuter en moins d’un an et venait de se faire « monitorer », c’est-à-dire placer sous une sorte de tutelle hiérarchique. À la même époque, un salarié « à bout » s’étonnait par courrier d’une « recrudescence d’arrêts maladie pour “dépression” », fustigeant une hiérarchie « obnubilée par le “combien” (…) » et la « vénération du dieu IPC [indice de performance commerciale – ndlr] ».

Malgré cette pression sur les salariés, les résultats commerciaux ne sont toujours pas suffisants et le nouveau plan « Centricité clients 2018 » est mis en place pour parachever l’adaptation de LCL aux métamorphoses que connaît le monde bancaire depuis quelques années, en raison, notamment, de l’arrivée du numérique. Les salariés cumulent les pressions et enchaînent les burn-out. « Entre la mobilité géographique, les exigences de résultat et de polyvalence, les changements de méthode et de tâches… les dépressions pleuvent et l’ambiance est désastreuse », déplore une déléguée syndicale nationaleDans une lettre ouverte, le syndicat Force Ouvrière vient de s’alarmer de la multiplication par deux, en un an, du nombre de démissions qui serait « le reflet visible et quantifiable du climat social ambiant ».

« On nous a imposé de faire comme la concurrence, en peu de temps, témoigne un conseiller clientèle francilien, en arrêt maladie pour burn-out, qui a requis l’anonymat. Il faut gérer la colère des clients à qui on retire le retrait express à l’accueil et la pression de la hiérarchie : tous les jours, on reçoit un bilan quotidien par mail qui nous rappelle où on est en retard. Franchement, au bout d’un moment, je ne les regardais même plus. Déjà on court partout, mais si en plus chaque jour on se rend compte que c’est rouge, c’est horrible. Les dossiers se sont accumulés, j’ai été dépassé et j’ai craqué. »

« Certaines pratiques managériales sont à la limite de la déontologie, s’alarme un délégué national CGT. On a des cas répétés de manageurs qui font payer les résultats de l'entreprise à leurs salariés : il y a clairement une spirale et nos dirigeants ne s’en rendent pas compte. Il y a un tabou sur l’aspect psychologique et pourtant, on a eu plusieurs suicides, des décompensations et AVC, sans compter les dépressions… »

À de nombreuses reprises et de tous côtés, la direction a été alertée de la situation. Dès 2014, le cabinet d’expertise Syndex, mandaté par le CHSCT, a rendu un avis édifiant sur les risques psychosociaux à la veille de la mise en place du nouveau plan de restructuration. Selon cet audit, que Mediapart s’est procuré, 57 % des salariés de LCL sont tendus dans leur travail, dont 35 % « en situation d’“isostrain”, c’est-à-dire qu’ils ne bénéficient pas d’un soutien de l’entourage professionnel suffisant pour compenser collectivement, par l’entraide technique et relationnelle, les difficultés qu’ils rencontrent dans leur travail. Cette population est certainement la population la plus à risque en matière de troubles psychosociaux », peut-on lire dans le rapport. La direction évoque la mise en place d’un vague « dispositif de veille et de prévention de ces risques », sans plus de détails. Une « coquille vide », selon les syndicats, qui pour la plupart refusent de participer à ce qu’ils appellent « une mascarade ».

Le plus édifiant, c’est que l’ensemble des médecins du travail de l’entreprise, pourtant eux-mêmes salariés, tirent la sonnette d’alarme en des termes préoccupants, et ce depuis plusieurs années. Dans les rapports annuels nationaux des services de santé au travail de 2014 et 2015, que Mediapart s’est procurés, ils font déjà état de : «rythme de travail accéléré, une pression forte, des conditions de travail qui se dégradent », menant à « une augmentation des risques psychosociaux ».

En 2015, un médecin cité dans le rapport allait jusqu’à dire que « le risque de stress dépasse parfois les limites acceptables », précisant avoir été obligé de prévenir le responsable des ressources humaines de son secteur tellement était fort le « risque de retentissement sur la santé et la vie professionnelle » : « La fatigue s’installe, les arrêts maladie se multiplient, aggravant la pénurie de personnel. Certaines agences se sont retrouvées “sinistrées”.  Les incivilités, les réclamations clients, les reproches sur la conformité augmentent. C’est un cercle vicieux. »

Pour toute réponse, la direction de LCL a abaissé de 47 % les investissements pour l’amélioration des conditions de travail entre 2013 et 2015 inclus, et projette de réduire de 25 à 16 salariés le service d’assistanat social. Pire, dans les bilans sociaux annuels, l’entreprise opère un calcul qui lui permet de rendre invisibles les arrêts maladie de longue durée de plus d’un an et donc, potentiellement, ceux liés à des dépressions ou « burn-out ». En effet, la ventilation salariale effectuée par la direction des ressources humaines ne prend en compte que « l’effectif payé », n’incluant pas les salariés indemnisés par la sécurité sociale. Déjà, en 2012, l’agence d’audit Apex alertait l’entreprise sur cette pratique non prévue par le code du travail.

Dans le bilan social de 2016, distribué en interne en mars 2017, l’entreprise a consenti à ventiler les âges et catégories de l’effectif « inscrit » (et non plus seulement « payé ») sauf… pour l’absentéisme. Aucune information n’est disponible concernant les arrêts longs maladie et leurs raisons d’être. On ne sait donc pas ce que sont devenus les 938 salariés en « congé sans traitement » pour l’année 2016, l’entreprise se contentant d’affirmer que tout est « conforme à la réglementation ».

L'achat du silence

Cette politique de « mise sous le tapis » est encore plus implacable lorsqu’il s’agit de faire face directement à des événements tragiques. La direction met tout en œuvre pour nier et se dédouaner. La première des préoccupations est donc de maintenir le silence. Pour la famille d’Éric Demory, qui s’est pendu en septembre, c’est d’abord la personne issue d’une agence externe, mandatée par la DRH pour l’accompagner dans ses démarches administratives, qui lui aurait intimé de ne faire « entrer personne dans la boucle ». Puis, à l’occasion de l’enterrement, Renaud Chaumier, directeur des ressources humaines de LCL, aurait explicitement demandé que la presse ne soit pas avertie. « En nous disant qu’ils allaient payer l’enterrement et qu’ils régleraient rapidement les histoires de capital décès, ils ont un peu acheté notre silence », indique un proche. La direction dément et renvoie l’accusation à la famille. Quoi qu’il en soit, aucun média, pas même local, ne se fera l’écho du suicide.

Dans le compte-rendu de la réunion d’urgence organisée par le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) Île-de-France Nord, le directeur régional (supérieur direct de M. Demory) affirme aux syndicats désireux de connaître les suites de l’enquête que « la famille du défunt a souhaité que nous restions discrets sur les causes du décès ». « C’est faux ! S’étouffent les proches de la victime, c’est l’entreprise qui voulait rester discrète ! »

Pour LCL, l’enjeu est surtout d’empêcher par tous les moyens que l’enquête de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ne débouche sur une reconnaissance en accident du travail (AT), coûteuse pour l’entreprise. Si une première déclaration en AT est obligatoire lorsque l’« accident » se déroule sur le lieu de travail, une enquête est ensuite menée par la CPAM pour définir si réellement les conditions de travail sont en cause et, donc, si l’entreprise doit s’acquitter d’une redevance auprès de la famille. Dans ce processus, la direction des ressources humaines peut émettre des « réserves motivées », sorte d’argumentaire pour prouver que l’accident n’est pas lié au travail, transmis après enquête interne à la CPAM.

Dans la lettre envoyée par LCL, que Mediapart s’est procurée, le DRH n’a pas hésité à exhumer du téléphone portable professionnel d’Éric Demory sa vie intime, citant « 70 appels et 1 143 SMS » envoyés au même numéro, précisant qu’« il a été porté à notre connaissance que monsieur E. Demory aurait entretenu une relation personnelle avec une collaboratrice de LCL depuis plusieurs années ». Et d’achever la correspondance : « en espérant que ces informations vous permettent de conclure à l’absence de caractère professionnel de l’accident survenu ». Sur ce sujet, la DRH se refuse à tout commentaire.

Le risque de sous-déclaration, mais aussi d'absence de reconnaissance, s’accroît alors que les possibilités d’argumentation sont élargies, d’autant plus lors d'accidents aussi complexes que les tentatives de suicide, dépressions ou burn-out. Si ces derniers ont souvent des facteurs multiples, cela n’entame en rien la part de responsabilité du management de l’entreprise et du monde du travail.

« Les salariés rapportent dans leur vie privée des éléments de leur vie professionnelle. Quoi qu’il arrive, les problèmes professionnels créent des problèmes personnels, c’est inévitablement lié, insiste Isabelle Linhard, sociologue française, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l'évolution du travail et de l'emploi. L’arrivée d’événements tragiques à répétition dans une entreprise est un symptôme d’une forme de management qui atteint à la sérénité psychique, renchérit-elle. Le travail devrait être réparateur et socialisateur, or ce n’est pas le cas aujourd’hui, et les personnes en charge du management ont souvent beaucoup de difficultés à admettre qu’indirectement elles peuvent entraîner la mort. »

Malgré les diverses tentatives d’exhumer ces problématiques, et le décret de juin 2016 tendant à ouvrir les possibilités de reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, il est encore particulièrement difficile aujourd’hui pour les salariés de faire valoir des droits en cas de dépression liée aux pressions professionnelles et aux conditions de travail. « Les gens qui craquent ont du mal à aller jusqu’au bout de leur démarche, ils n’apparaissent donc pas dans les chiffres, d’autant plus qu’ils sont déjà très affaiblis par leur situation. Leur demander d’entrer en confrontation avec la direction est franchement compliqué », note un représentant syndical chez LCL. Alors que 315 cas d'affections psychiques en lien avec une maladie professionnelle ont été reconnus en France en 2015, l'estimation du nombre de salariés par an en souffrances psychiques liées au travail serait d’environ 480 000…

Le burn-out n’étant pas reconnu comme une pathologie à part entière par l’OMS, et donc pas inscrit au tableau des maladies professionnelles en France , sa reconnaissance reste un véritable parcours du combattant pour le salarié ou ses ayants droit. Ils doivent prouver que la dépression est exclusivement liée au travail et non pas à des fragilités individuelles ou des difficultés d'ordre privé. De plus, l’élément déclencheur de la dépression ou du geste suicidaire doit être circonstancié et générer une « action violente et soudaine d'une cause extérieure provoquant une lésion de l'organisme humain ».

« Je ne supporte plus cette pression commerciale »

 

C’est d’ailleurs ce qui a permis au Crédit Agricole d’échapper à une enquête en juin 2015. Non loin de Lyon, Éric Chapelin, directeur d’agence depuis vingt-cinq ans, s’est donné la mort quelques jours après avoir été transféré au poste d’animateur commercial, à la suite de plusieurs dépressions que, dans un premier temps, personne n’a reconnues comme liées aux conditions de travail. Le jour de son suicide, le salarié laisse pourtant derrière lui un courrier édifiant sur les raisons de son geste : « Je ne me sens pas capable d’assumer ce nouveau poste avec tous ces déplacements quotidiens. C’est surtout que ces trois derniers jours m’ont confirmé que je ne supporte plus cette pression commerciale avec des messages de l’entreprise que je dois transmettre à des collègues et collaborateurs des agences très souvent en grande souffrance. Au-delà du travail, je ne me retrouve plus dans cette société et le monde actuel, la perte de valeur, la déshumanisation, je me sens perdu avec plus aucun repère, je n’en peux plus. »

Le mot laissé par Eric Chapelin avant sa mort, en juin 2015. © DR

À l’enterrement, la famille a lu le courrier devant tous les collègues. « Il y avait clairement un malaise », se souvient le fils. Devant la CHSCT, la DRH a affirmé que ce suicide ne s'inscrivait pas « dans un cas d’accident du travail » : le salarié, consciencieux, avait averti son supérieur hiérarchique par SMS qu’il allait voir son médecin et se mettait en arrêt maladie. L’heure n’étant plus considérée comme travaillée, l’entreprise n’avait pas à déclarer ce suicide. Seule la famille peut alors enclencher le processus. Encore faut-il qu’elle le sache et qu’elle en ait conscience.

Le fils d’Éric Chapelin se souvient très bien d’un appel de la responsable des ressources humaines de la banque : « Elle voulait connaître mon point de vue et m’a évoqué les conséquences qui pourraient être désastreuses pour l’entreprise. Je n’ai pas très bien compris ce qu’elle voulait et je n’ai pas trop apprécié la teneur de cette discussion, alors j’ai coupé court. » La RH lui aurait affirmé qu’une enquête serait faite et que la problématique de la souffrance au travail traitée. La famille n’a donc pas cherché à aller plus loin.

En réalité, ni la MSA [assurance maladie du régime agricole, dont dépend le Crédit Agricole – ndlr] ni l'inspection du travail n’ont enquêté sur le cas de M. Chapelin. Et pas même le CHSCT : la direction et les syndicats ont signé un accord sur la tenue d’un audit externe, non contraignant, portant sur les risques psychosociaux. Plus d’un an après, les problématiques de souffrance au travail sont toujours d’actualité dans cette caisse régionale. « Il n’y a eu aucun changement après cet audit », affirme un salarié, fustigeant le nouveau système de primes variables calculées sur l’objectif par agence, et non plus par individu. « Maintenant, les plus faibles se font mettre la pression par leurs collègues et culpabilisent de faire baisser les autres…. Les burn-out ? Je ne les compte même plus ! » Contacté, le groupe Crédit Agricole n’a pas répondu à nos demandes.

 

Les méthodes et les plaintes sont les mêmes au sein de la filiale LCL. D’autant que les pratiques d'occultation et d'oubli sont bien ancrées, même dans les syndicats. Le CHSCT Île-de-France Nord de LCL n’a, par exemple, pas trouvé pertinent d’ouvrir une enquête après les deux suicides qui se sont produits, en septembre et décembre 2016, sur son territoire. Le premier argument avancé est « le doute » du lien avec le travail, quand bien même le suicide d’Éric Demory a été finalement reconnu comme un accident du travail par la CPAM. Le second argument est la peur et la culpabilité. « On nous fait comprendre que si on en parle trop, si on retourne voir les témoins, poser des questions, on risque de provoquer d’autres suicides, explique un délégué syndical local qui préfère rester anonyme. C’est vrai que ça peut paraître absurde, mais personne ne veut prendre cette responsabilité. »

L’affaire du père Peignot

© SVT1

Cette vidéo démontre une nouvelle fois l’impunité qui règne dans l'affaire du père Peignot. Ce prêtre fait partie des trente-deux cas d’agresseurs couverts par leur hiérarchie, que nous avons recensés dans le livre Église, la mécanique du silence (lire la boîte noire de cet article). Son ancien supérieur, Mgr Bernard Fellay, leader de la fraternité Saint-Pie-X, figure parmi les vingt-cinq évêques n’ayant pas dénoncé des faits d’abus sexuels à la justice.

Plusieurs affaires mettent particulièrement en cause la loi du silence qui règne au sein de la fraternité Saint-Pie-X (FSSPX). Depuis plus de trente ans, cette société de prêtres intégristes se développe en marge de l’Église catholique. Fondée en Suisse en 1970, en réaction à l’ouverture prônée par le concile Vatican II, la fraternité est en état de schisme avec Rome depuis 1988. Cette année-là, Mgr Lefebvre, son fondateur, ordonne quatre évêques sans l’autorisation de Rome, entraînant leur excommunication.

Dans cette société traditionaliste, aujourd’hui en voie de réconciliation avec le Vatican, la discrétion est de mise. Malgré ses aveux pour des faits commis à la fin des années 1980, l’abbé Philippe Peignot a seulement fait l’objet d’une sentence canonique tardive. En 2014, la fraternité lui a en effet interdit d’exercer tout ministère auprès de mineurs. En réaction, l’homme a rejoint le mouvement dissident de la FSSPX, surnommé la « Résistance », informé aussi des interdictions à appliquer à l’égard de ce prêtre. Des interdits manifestement peu respectés.

Contactée par Mediapart, la fraternité Saint-Pie-X rappelle que l’abbé Peignot ne fait plus partie de la société de prêtres. « Il est certainement scandaleux que ce prêtre puisse continuer à exercer un apostolat normal, si c’est le cas. Les supérieurs actuels de l’abbé Peignot qui lui confient cet apostolat ont pourtant été prévenus par nos soins », affirme Christian Thouvenot, secrétaire général de la fraternité.

Pourtant, bien avant le départ du père Peignot, dès 1991, les supérieurs successifs de la fraternité Saint-Pie-X ont été avertis des agressions commises par cet abbé sur au moins trois garçons mineurs en Belgique et en France à la fin des années 1980, sans jamais en avertir la justice. La fraternité s'est contentée de déplacer le prêtre entre la France et la Belgique. Il faudra attendre la fin 2009 pour qu’une procédure interne soit déclenchée.

La fraternité Saint-Pie-X se défend par la voix de l’abbé Thouvenot : « Dans les années quatre-vingt, et bien que cela soit plus que regrettable, tant Rome que notre société de vie apostolique étaient dépourvues de procédure canonique définie et aucun protocole n’était en place pour faire face à de telles situations. » Pour autant, en 2000, Mgr Fellay, supérieur de la fraternité depuis 1994, au courant de la dangerosité du père Peignot, casse une première mesure interdisant tout apostolat du prêtre auprès des jeunes. « Plutôt que de parler de “mesure cassée”, il serait plus conforme à la réalité de parler d’une mesure aménagée, cantonnant ce prêtre au rôle de simple aumônier, sans aucune activité avec les enfants », tente de convaincre la fraternité. Des mesures non respectées par le père Peignot. Le prêtre restera en fonction auprès d’une meute de scouts à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) jusqu’en 2002, selon la victime qui a mené son enquête.

Ce n’est qu’en 2009 que Mgr Fellay évoque un éventuel suivi psychiatrique pour l’abbé Peignot. Insuffisant pour l’une des victimes, qui décide de déposer plainte auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), le gendarme des mœurs du Vatican. S’ensuit un procès canonique en 2010, où l’abbé Peignot est condamné en première instance. À l’été 2014, le verdict tombe, confirmé par la CDF : le prêtre est interdit d’exercer au contact de mineurs. 

Sans nouvelle de la procédure canonique, une victime, que nous surnommerons André, tente de porter plainte auprès de la justice française en 2012, après avoir constaté que l’abbé Peignot est resté longtemps en activité auprès de jeunes. Lors de son audition en 2012, le prêtre avouera certaines agressions sur mineurs. La  plainte sera toutefois classée sans suite. Fin 2016, la victime fait une nouvelle tentative qui s’avère fructueuse. Sa plainte pour tentative de viol et agression sexuelle sur mineur de quinze ans déposée à La Roche-sur-Yon a permis l’ouverture d’une instruction. Plus de vingt ans après les premières alertes.

« C’est un lieu de pénitence »...

 

Trente ans plus tard, André n’a rien oublié. « Cela me mobilise tous les jours. Moi je veux qu’il  affronte la justice. J’ai du mal à penser qu’il soit resté tranquille chez les scouts pendant neuf ans, sans faire d’autres victimes », explique André. Après de nombreuses démarches, il peut enfin aller en justice. « Je suis soulagé. Ce procès va être une épreuve mais c’est une première étape et j’entends bien prouver sa culpabilité », lance-t-il, d’un ton déterminé. « Ce qui est choquant, c’est de voir les négligences envers les victimes, qui ont été piétinées, et les négligences par rapport au risque de récidive, renchérit son avocate, Me Souron-Laporte. Les supérieurs savaient que ce n’était pas un cas isolé, il y a eu d’autres victimes. Ils se sont contentés de le muter. Il a été interdit d’exercer auprès de la jeunesse pendant un moment mais il a vite été rétabli. Je ne vois pas comment on pourrait ne pas être choqué.  »

Une messe célébrée par l’abbé Peignot, dans une chapelle près de Bordeaux, en novembre 2016. © DR

Selon nos informations, la mécanique du silence à l’œuvre au sein de la fraternité était encore plus élaborée. L’abbé Peignot n’a pas seulement été déplacé entre la France et la Belgique, mais il s’est aussi vu proposer un lieu de pénitence. À l’été 2014, le prêtre est condamné par Rome, à l’issue d’une procédure canonique s’étalant sur plusieurs années. Il lui est interdit tout apostolat au contact d’enfants. La fraternité Saint-Pie-X décide alors de l’envoyer à la maison Notre-Dame de Montgardin, près de Gap, dans les Hautes-Alpes. L'abbé Peignot s’obstine toutefois, et refuse cette « assignation à résidence ». Le supérieur, Mgr Bernard Fellay, n’en démord pas. Dans un courrier interne que Mediapart a pu consulter, le secrétaire général de la fraternité indique que Mgr Fellay a précisé à l’abbé Peignot que « le refus d’accepter son lieu de résidence tel que fixé par le jugement mettrait en péril son appartenance à notre société ».

Quel est donc ce « lieu de résidence », qui oblige un prêtre condamné pour agressions sexuelles sur mineurs à faire pénitence dans les Alpes du Sud, loin de tous les regards ? Officiellement, Notre-Dame de Montgardin est une « maison de repos », dédiée à un temps plus contemplatif, pour prier et étudier. « La première maison du genre pour la fraternité Saint-Pie-X dans le monde ! », s’est félicité l’abbé Radier, prieur de Marseille, auprès du Dauphiné Libéré, lors du rachat de la propriété par la fraternité Saint-Pie-X en 2011. Une installation discrète, « sans tambour ni trompette », précisait à l’époque le journal régional. Tellement feutrée que même l’évêché de Gap n’en avait pas été informé.

 

En réalité, Notre-Dame de Montgardin n’est pas une maison de repos comme les autres. Au sein de la fraternité Saint-Pie X, on évoque même « une prison dorée »« C’est un lieu de “pénitence”, qui accueille entre autres des prédateurs sexuels », nous révèle une source proche de la fraternité. « Montgardin, c’est probablement une prison privée », ajoute André, victime de l’abbé Peignot.

Vue aérienne de Notre-Dame de Montgardin, une résidence de la fraternité Saint-Pie-X dans les Hautes-Alpes, en 2016. © SVT1

Nos confrères suédois de la chaîne SVT1, qui se sont rendus sur place, au cœur de ce village isolé des Hautes-Alpes, ont pu confirmer ces témoignages. La maison de Montgardin servirait de lieu de repli pour tous les prêtres à problèmes de la fraternité Saint-Pie-X, sexuels ou non. C’est le cas du père M., un prêtre français rapatrié d’Australie pour des comportements « immatures » avec des enfants, selon les propres mots des responsables de la fraternité. Joint au téléphone, le père M. confirme être passé par Montgardin, « de 2013 à 2015 », précise le prêtre. Plusieurs années après que les supérieurs de la fraternité, au courant de son comportement avec les enfants, ont déplacé le prêtre, d’Australie jusqu’en Irlande, puis de nouveau vers la France. « Nous allons où nos supérieurs nous disent d’aller. Vous savez, la société fonctionne comme ça », explique le père M. au téléphone.

Le rôle de la maison de Montgardin est d’ailleurs confirmé par Christian Thouvenot, le secrétaire général de la fraternité. « Il arrive que certains prêtres y soient envoyés en pénitence. C’est une chose commune dans l’Église », écrit-il. Et de convoquer sans sourciller l’une des figures de proue du nationalisme français. « Si vous avez lu La Colline inspirée de Barrès, vous vous souvenez que l’histoire commence dans un monastère, où deux prêtres effectuent un séjour à la suite d’une mesure disciplinaire imposée par leur évêque. »

L’affaire d’un autre prêtre confirme le caractère punitif de Notre-Dame de Montgardin. En 2013, après des désaccords profonds avec les supérieurs de la fraternité, un prêtre français, le père P., est formellement incité à rejoindre la résidence des Alpes. Comme l’abbé Peignot, lui aussi refuse d’obtempérer. Dans un courrier officiel à son attention, récupéré par SVT1, le supérieur de Saint-Pie-X, Mgr Bernard Fellay, lui oppose alors un ultimatum. « Sous peine de renvoi de la fraternité sacerdotale Saint-Pie-X », le père P. devra se « rendre, dans les 48 heures, à Montgardin » et « s’abstenir de tout nouvel acte de rébellion contre les autorités de la Fraternité Saint-Pie-X ». Le message est clair. Direction la « prison dorée » de Montgardin, sous peine d’exclusion définitive de la fraternité.

Pour les récalcitrants, une nouvelle porte de sortie existe cependant. Elle prend la forme d’un mouvement rebelle : la « Résistance ». Ainsi, ceux qui ne partent pas à Montgardin rejoignent souvent ce groupe dissident de la fraternité, créé en 2012 par Richard Williamson, l’évêque connu pour ses propos négationnistes sur l’Holocauste. C’est le cas de l’abbé Peignot et du père P., l’abbé « en rébellion contre les autorités ». Mais aussi, selon l’enquête de nos confrères suédois, d’un prêtre anglais, le père S., accusé en 2006 d’abus sexuels en France, avant qu'il ne soit déplacé au Royaume-Uni par les supérieurs de Saint-Pie-X. Joint par SVT1, Mgr Fellay assure avoir dénoncé les faits au tribunal de grande instance de Mulhouse, sans fournir de document aux journalistes suédois. Contactée par Mediapart, la greffière du tribunal atteste pourtant n’avoir dans ses archives aucun signalement, enquête ou jugement pour des faits à caractère sexuel concernant le père S. 

Exfiltré en Angleterre, le père S. rejoint la Résistance en 2014, pour faire table rase de son passé au sein de la fraternité Saint-Pie-X. Selon l’association de lutte contre les dérives sectaires, l’Avref [Aide aux victimes de mouvements religieux en Europe et familles], le mouvement rebelle compterait aujourd’hui une centaine de prêtres à travers le monde. Les disciples de Richard Williamson seraient plus radicaux et plus conservateurs encore que les membres de la fraternité Saint-Pie-X. Quant aux clercs qui ont été accusés d’abus sexuels sur mineurs, comme l’abbé Peignot ou le père S., plusieurs clichés en notre possession révèlent qu’ils continuent aujourd’hui à donner des messes, parfois au contact d’enfants, en France ou au Royaume-Uni. En toute impunité.

Le pape soutient de longue date les intégristes de Saint-Pie-X

Alors qu’il était encore archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio a défendu la fraternité auprès de l’État argentin. Pour la première fois, Mediapart, en partenariat avec la chaîne suédoise SVT1, publie des lettres signées de la main du pape François, qui attestent la proximité entre le pape progressiste et la société intégriste.

C’est à un jeu ambigu que se livre le pape François. Tour à tour progressiste et conservateur. Visage d’une Église ouverte et tolérante le jour, artisan d’une réhabilitation de la frange intégriste catholique la nuit. Un double discours particulièrement flagrant dans le dossier de la fraternité Saint-Pie-X.

 

D’après nos informations, publiées avec le magazine d’investigation suédois Uppdrag granskning de la chaîne SVT1, le pape François, alors encore archevêque de Buenos Aires, a personnellement œuvré en faveur de la reconnaissance de la fraternité en Argentine. Plusieurs courriers inédits montrent que le souverain pontife entretenait de bonnes relations avec l’organisation intégriste avant même son élection comme pape, malgré l’opposition d’une partie du Vatican, hostile à sa réhabilitation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pape François, Jorge Mario Bergoglio, le 7 juin 2015

Ce n’est plus un secret pour personne, le rapprochement entre la fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) et Rome est en bonne voie. Depuis plus de trente ans, cette société de prêtres, réputée intégriste, vit pourtant à la marge de l’Église catholique. Fondée en Suisse en 1970 en réaction à l’ouverture prônée par le concile Vatican II, la fraternité est en état de schisme avec Rome depuis 1988. Cette année-là, Mgr Lefebvre, son fondateur, ordonne quatre évêques sans l’autorisation de Rome, entraînant leur excommunication. Aux yeux de Rome, ces prêtres dissidents sont dans l’illégalité et leurs sacrements illicites. La dispute dogmatique n’a jamais cessé depuis.

Aujourd’hui, la congrégation, dont le siège est à Menzingen, en Suisse, revendique 170 prêtres en France et des centaines de milliers de fidèles dans le monde. Une force avec laquelle l’Église doit compter. De fait, les discussions avec Rome ont repris depuis une dizaine d’années. En 2009 déjà, les excommunications frappant les évêques du mouvement ont été levées par Benoît XVI, ouvrant la voie à une réconciliation. 

Depuis son arrivée en 2013, le pape François multiplie les gages de bonne volonté à destination de la fraternité. En 2015, il ouvre la voie à une réconciliation, reconnaissant l’absolution donnée en confession par les prêtres de Saint-Pie-X. L’année suivante, en novembre 2016, il rencontre en tête à tête son supérieur, Mgr Bernard Fellay. Enfin, début 2017, la commission pontificale Ecclesia Dei, le « ministère » chargé à Rome des relations avec la FSSPX, affirmait que les discussions étaient sur le point d’aboutir à un accord. La fraternité pourrait réintégrer l’Église sous la forme d’une « prélature personnelle », un statut permettant une grande autonomie, jusqu’ici accordé uniquement à l’Opus Dei.

Quel a été le rôle du pape François dans ce réchauffement des relations entre Rome et la FSSPX ? Pour la première fois, nous publions plusieurs courriers prouvant que le cardinal Bergoglio, futur pape François, est venu en aide à la fraternité, à l’encontre de la position officielle de Rome à l’époque.

Nous sommes en Argentine, en 2011. La fraternité Saint-Pie-X est alors dans une impasse administrative. Selon le concordat argentin, une congrégation religieuse ne peut exercer dans le pays que si elle est inscrite au registre des Instituts de vie consacrée, tenu par le ministère des relations extérieures et du culte, après avis de l’autorité ecclésiastique. Problème : la FSSPX n’est pas reconnue par le Vatican, ni par les évêques locaux argentins, et elle risque donc une interdiction administrative. 

Le cardinal Bergoglio prend alors sa plume. Le 17 mai, puis le 7 juillet 2011, l’archevêque de Buenos Aires adresse deux lettres au secrétaire du culte, Guillermo Oliveri. « Par la présente, j’atteste que la fraternité des apôtres de Jésus et Marie, ou (selon le titre public) la fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, est une congrégation de catholiques en voie d’atteindre la communion totale », écrit le futur pape dans le premier courrier. « Je souscris la présente aux fins de sa présentation au secrétariat du culte pour y être inscrite au registre des Instituts de vie consacrée », poursuit-ilDeux mois plus tard, le primat argentin écrit un second courrier, dans lequel il atteste que la fraternité « bénéficie de l’autorisation religieuse pour s’établir à Buenos Aires ».

Page 1 : lettre du 17 mai 2011 du cardinal Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, au secrétaire du culte Guillermo Oliveri : « Par la présente, j’atteste que la fraternité des apôtres de Jésus et Marie, ou (selon le titre public) la fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, est une congrégation de catholiques en voie d’atteindre la communion totale. » Page 2 : lettre du 7 juillet 2011 du cardinal Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, au secrétaire du culte Guillermo Oliveri, attestant que la fraternité « bénéficie de l’autorisation religieuse pour s’établir à Buenos Aires ». Page 3 : lettre du 28 septembre 2011 de l’ambassadeur du Vatican auprès du gouvernement, Adriano Bernardini, au secrétaire du culte de Buenos Aires, Guillermo Oliveri. « J’ai consulté Rome au sujet de l’information que vous sollicitez, et la réponse reçue confirme que jusqu’à présent cette entité n’appartient pas à l’Église catholique apostolique romaine. » © DR

L’intervention du cardinal Bergoglio a-t-elle été validée par Rome au préalable ? Peu probable. Car ces échanges correspondent à une période de crispation des tensions entre la FSSPX et le Vatican. En juillet 2011, entre les deux courriers envoyés par l’archevêque de Buenos Aires, la fraternité s’est attiré les foudres de Rome en ordonnant vingt nouveaux prêtres. Immédiatement, le Saint-Siège a rappelé que ces ordinations étaient « illégitimes ». En septembre de la même année, les discussions de fond sur la doctrine religieuse demeurent au point mort.

C’est dans ce contexte que le nonce apostolique argentin, l’ambassadeur de Rome auprès du gouvernement, écrit à son tour au secrétaire du culte le 28 septembre 2011. « J’ai consulté Rome au sujet de l’information que vous sollicitez, et la réponse reçue confirme que jusqu’à présent cette entité n’appartient pas à l’Église catholique apostolique romaine », écrit Adriano Bernardini, dans une lettre que nous nous sommes également procurée. Traduction : le Saint-Siège refuse de soutenir la fraternité auprès de l’État argentin.

« C’est le pape qui l’a fait, personnellement »

Il faudra attendre 2015 pour que la FSSPX obtienne finalement la reconnaissance des autorités argentines, grâce à l’appui du nouvel archevêque de Buenos Aires. Mais aux yeux de tous, le successeur du cardinal Bergoglio n’a pas pu agir sans l’aval du pape François. L’implication du souverain pontife est d’ailleurs confirmée par le supérieur général de la fraternité Saint-Pie-X lui-même, Mgr Bernard Fellay. Lors d’une conférence donnée le 21 janvier 2016 à Washington, ce dernier décrit la position du pape vis-à-vis de la fraternité. « Nous avons le pape de notre côté », assure-t-il. Dans la discussion, Mgr Fellay revient sur l’épisode argentin. « À l’époque, le supérieur du district [de la fraternité en Argentine – ndlr] est allé voir le cardinal Bergoglio pour lui expliquer le problème. Et Bergoglio lui a dit : “Non, vous êtes catholiques, vous n’êtes pas schismatiques (…) je vais vous aider.” Et il l’a fait. Il a pris contact avec Rome et écrit une lettre au gouvernement en notre faveur. »

En Argentine, puis une fois devenu pape, François « a pris les choses en main personnellement », poursuit Mgr Fellay. Au point que, quand la fraternité Saint-Pie-X est finalement reconnue par l’État argentin, « le Vatican nous a dit qu’ils n’avaient rien à voir avec ça », assure le supérieur de la FSSPX. « Et c’était vrai : ce n’était pas le Vatican, c’est le pape qui l’a fait, personnellement. »

Au sein du Vatican, l’attitude du pape vis-à-vis de la fraternité Saint-Pie-X est loin de faire l’unanimité. « À Rome, certains veulent notre mort », admet Mgr Fellay. En se rapprochant à ce point de la congrégation, le pape court ainsi le risque de se mettre un peu plus à dos une partie de la Curie, le gouvernement de l’Église. Car la FSSPX fait l’objet de vives critiques dans plusieurs dossiers.

Depuis près d’un an, Mediapart a révélé plusieurs affaires de pédophilie au sein de la fraternité (lire Le livre noir des traditionalistes et Abus sexuels: les dossiers cachés des intégristes de Saint-Pie-X). Comme le cas de l’abbé Peignot, actuellement visé par une information judiciaire pour tentative de viol et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans. Ou encore l’abbé Roisnel, qui doit être jugé en assises du 2 au 5 mai prochain pour « viols » et « actes de barbarie ». La justice le suspecte d’avoir violé trois enseignantes en 2010 et 2011, au sein de l’école Notre-Dame de la Sablonnière (Yvelines), dont il était alors le directeur. Informée, la fraternité ne le dénoncera pas à la justice et l'enverra dans un couvent du Beaujolais. « Les chefs d’accusation que vous évoquez (viols, tortures et actes de barbarie), qui visent la procédure pénale en cours, ne sont pas de même nature que ceux qui avaient été portés à la connaissance de la fraternité », se défend le secrétaire général Christian Thouvenot dans une réponse à Mediapart. Le pape François peut-il ignorer que ces deux prêtres ont été couverts par leur supérieur hiérarchique ? Mgr Fellay fait ainsi partie des cinq évêques encore en poste n’ayant pas dénoncé des faits d’agressions sexuelles à la justice, comme Mediapart l’a révélé il y a deux semaines.

En œuvrant pour une réhabilitation de la fraternité Saint-Pie-X dans l’Église, le pape François rompt avec son image progressiste. Une étiquette qui colle mal avec l’intégrisme affiché par la FSSPX, adepte des messes en latin et des pamphlets contre le « modernisme » et le « libéralisme » de Rome. Une organisation connue pour sa proximité avec l’extrême droite, notamment dans le milieu scolaire.

Depuis sa fondation en 1970, la fraternité Saint-Pie-X a en effet soigneusement quadrillé le territoire français, en investissant le secteur de l’éducation. Aujourd’hui, une trentaine d’écoles hors contrat gravitent autour de la fraternité. Des établissements où l’on prône une éducation « à l’ancienne », où le rite traditionaliste côtoie une certaine idée de la France, nationaliste, chrétienne et contre-révolutionnaire, comme l’école Notre-Dame de la Sablonnière, dirigée par l’abbé Roisnel avant sa mise en examen. Récemment, une note d’analyse d’une inspectrice de l’académie de Versailles pointait le « conditionnement » à l’œuvre dans certains établissements hors contrat, dont ceux gérés par la FSSPX. Le texte évoquait pêle-mêle une réécriture pétainiste de la Seconde Guerre mondiale ou l’absence de discussions sur la contraception dans les cours.  

Enfin, le pape fait le choix d’occulter les dérives antisémites de la FSSPX. En janvier 2009, quelques jours avant que Benoît XVI ne prononce la levée des excommunications des évêques de la fraternité, l’un d’entre eux, Mgr Williamson, remettait en cause l’existence de la Shoah dans une interview avec nos confrères de la chaîne suédoise SVT1. « Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...). Je pense que 200 000 à 300 000 juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz », lançait le prélat britannique.

Condamné en Allemagne en 2014, Mgr Williamson a été exclu de la FSSPX en 2012, officiellement pour « refus d’obéissance à ses supérieurs ». La même année, l’homme a fondé la « Résistance », un groupuscule issu de la frange la plus traditionaliste de la fraternité, hostile à un rapprochement avec Rome. Selon l’association de lutte contre les dérives sectaires, l’Avref, l’organisation rassemble seulement une centaine de membres dans le monde. Sur son site, elle affirme vouloir « lutter pour la reconquête du monde (…), non plus seulement cette fois contre les Maures, mais contre le libéralisme, l'esprit du monde, le modernisme et les autres erreurs qui infestent notre monde moderne ».

Relativement tolérant envers la fraternité Saint-Pie-X, le Vatican entre rapidement en conflit avec cette « Résistance » groupusculaire. En 2015, Mgr Williamson est à nouveau excommunié, après avoir ordonné un nouvel évêque intégriste sans l’aval de Rome, le Français Jean-Michel Faure.

Mais en 2011, quand il écrit au gouvernement argentin pour défendre la fraternité Saint-Pie-X, le pape François n’ignore pas que Mgr Williamson fait toujours partie de la fraternité. À peine quelques mois après la diffusion des propos négationnistes tenus par un cadre de l’organisation, l’archevêque de Buenos Aires choisit de venir en aide à la FSSPX, en s’opposant à la ligne officielle de Benoît XVI.

 

En creux, ce rapprochement dessine un pape à la personnalité plus complexe qu’il n'y paraît. Un Saint-Père progressiste défendant une société de prêtres intégristes. Une proximité inattendue. Y compris pour Mgr Bernard Fellay, supérieur de la fraternité Saint-Pie-X, qui s’en réjouissait lors de sa conférence donnée à Washington le 21 janvier 2016. « Si vous prenez toutes les facettes de sa personnalité, vous ne pouvez en déduire qu’une chose : n’essayez pas de le mettre dans une catégorie ou une autre. Vous auriez tort. Il est imprévisible. »

La Chine met en alerte ses submersibles nucléaires

Sans trop de bruit, les submersibles nucléaires chinois viennent de recevoir le mandat de l’État. En d’autres termes, assurer une seconde frappe de riposte nucléaire en cas d’attaque nucléaire adverse visant les centres vitaux chinois.

La force de dissuasion nucléaire chinoise n’est pas la seule à avoir reçu le mandat de l’État ; les forces aérospatiales dont les très mystérieuses unités de lutte contre les objets en orbite auraient déjà reçu cet ordre après l’entrevue du président chinois avec son homologue américain en Floride. À Pékin, on a très peu apprécié les propos insultants de Trump à l’égard du président Xi Jinping, notamment l’allusion au fameux dessert en chocolat.

La base de données des cibles visées par la triade chinoise est en train d’être actualisée pour inclure plus de 1355 nouveaux objectifs stratégiques dans le Pacifique et en Amérique du Nord.

De son côté, la Russie affirme que 90 % de ses capacités de frappes nucléaires sont opérationnelles.

De toute évidence, Trump joue avec le feu, a souligné une source autorisée anonyme au sein de l’armée chinoise, avant d’affirmer que Washington ne craint pas la guerre mais n’y est jamais prêt tandis que Moscou a une sainte terreur de la guerre mais est toujours prêt. À une question sur la Chine, il s’est contenté d’une sorte de sourire énigmatique (mais en étais-ce vraiment un?) avant de conclure que c’est une erreur fort regrettable que de sous-estimer une civilisation ininterrompue depuis des millénaires.

Source: https://strategika51.wordpress.com/2017/04/14/la-chine-met-en-alerte-ses-submersibles-nucleaires/

 

C’est du gâteau : La nouvelle norme de la politique étrangère de Trump

Par Pepe Escobar
Source : Sputnik News

[NdT : Vidéo d’une interview de Trump par Fox News en date du 12 avril 2017. Transcription :

Trump : « J’étais assis à la table. Nous avions fini de dîner. Nous en sommes au dessert. Et nous avions la plus belle part de gâteau au chocolat que vous avez jamais vue, et le président Xi la mangeait avec plaisir. Et j’ai reçu le message des généraux, que les navires sont chargés et prêts à tirer, que feriez-vous ? Et nous avions pris la décision de le faire, alors les missiles étaient sur leur trajectoire. Et j’ai dit, ‘Monsieur le Président, laissez-moi vous expliquer’. C’était pendant le dessert. ‘Nous venons de tirer 59 missiles’, qui ont tous frappé leur cible, incroyable, à partir de, vous savez, des centaines de kilomètres, et qui ont tous atteint leur cible, formidable ». [1]

La journaliste : « Sans pilotes ? »

Trump : « Si incroyable. C’est fantastique. C’est du génie. Notre technologie, notre équipement sont cinq fois meilleurs que ceux de n’importe qui d’autre… Ce que nous avons en termes de technologie, personne ne peut nous faire de concurrence… Donc, ce qui s’est passé, c’est que j’ai dit, ‘Nous venons de lancer 59 missiles dans la direction de l’Irak ».

La journaliste : « de la Syrie, non ? »

Trump : « Oui, de la Syrie. Et je veux que vous le sachiez, parce que je ne voulais pas qu’il rentre à la maison. Nous avions presque fini. C’était une journée remplie à Palm Beach. Nous avons presque fini, et je — que fait-il, finir son dessert et rentrer à la maison et ensuite, ils disent ‘Vous savez, le gars avec qui vous venez de dîner vient juste d’attaquer un pays ? »

La journaliste : « Comment a-t-il réagi ? »

Trump: « Il n’a pas bougé pendant 10 secondes, puis il a demandé à l’interprète de bien vouloir répéter. Et je n’ai pas pensé que c’était un bon signe. Et il m’a dit, « tout ceux qui usent de gaz… Tous ceux qui sont assez brutaux et usent de gaz sur des jeunes enfants et des bébés, c’est OK. Il était OK avec ça. Il était OK ».]

Et voici la déclaration suivante du Commandant-en-chef de l’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat sur la question de sa prochaine action contre la Corée du Nord.

« Nous envoyons une armada. Très puissante. Nous avons des sous-marins. Très puissants. Beaucoup plus puissants que des porte-avions. Ça, je peux vous le dire. »

Comme si bombarder la Corée du Nord, qui possède des armes nucléaires, c’était autant du gâteau que lancer des missiles sur une base militaire semi-déserte en Syrie. Mais, ça, c’est la beauté d’une politique étrangère en forme de boîte de chocolats ; vous ne savez pas ce que vous allez y trouver.

L’OTAN était « obsolète ». Ensuite, elle « n’était plus obsolète ». La Chine manipulait les monnaies. Puis elle ne manipulait plus les monnaies. Il n’allait plus y avoir d’aventurisme militaire au Moyen-Orient. Puis, retour aux politiques d’Hillary et bombardement de la Syrie. La Russie était censée devenir une partenaire – à la base pour des accords gaziers et pétroliers, pendant qu’un remix de la devise « diviser pour régner » signé Kissinger se chargerait de tenter de séparer la Russie de sa partenaire stratégique, la Chine. Aujourd’hui, la Russie est mauvaise parce qu’elle soutient « l’animal » Assad (sic).

D’autres choses ne changent jamais. L’Iran continuera à être diabolisé. Le combo OTAN-Conseil de coopération du Golfe continuera d’être soutenu. La Maison des Saoud, qui terrorise le Yémen, restera une proche alliée dans la Guerre Globale contre la Terreur.

C’est comme si toute la machine dysfonctionnelle de l’administration Trump était devenue prisonnière de la nécessité de justifier les retournements de veste et les mensonges flagrants de son Commandant-en-chef des parts de gâteau au chocolat assaisonnées aux Tomahawks, alors qu’avant, Trump tirait sa force de ses dénonciations de l’hypocrisie et des mensonges inhérents aux élites américaines et à l’État profond.

Xi est au téléphone

Les services de renseignement russes ont probablement – et correctement – conclu que le but principal de la visite à Moscou du Secrétaire d’État « T-Rex » Tillerson était de calmer le jeu autant que possible, alors que Trump se tourne vers une confrontation avec Pyongyang. Washington ne peut tout simplement pas gérer des crises multiples, simultanées en Syrie, en Ukraine, en Corée du Nord, en Mer de Chine méridionale et en Afghanistan. La date-butoir est le 9 mai ; les élections présidentielles en Corée du Sud pourraient bloquer toute possibilité d’attaque des USA contre la Corée du Nord.

Les médias sud-coréens et japonais ont rapporté, sur le ton de l’hystérie, que la République Populaire de Chine a déployé 150 000 soldats des 16ème, 23ème, 39ème, et 40ème divisions à la frontière de la Chine et de la Corée du Nord. Ces forces ne sont pas agressives ; elles sont plutôt là pour coordonner les efforts de soulagement d’une crise éventuelle de réfugiés dans le cas – consternant – d’une seconde guerre de Corée.

Le ministère chinois de la défense a publié un déni de non-déni sur le déploiement. Mais l’élément crucial a été l’appel subséquent de Xi Jinping à Trump. Sa première priorité était de réfuter les rumeurs grandissantes des médias américains selon lesquelles Pékin approuverait des frappes américaines contre la Corée du Nord (au contraire, Pékin est sérieusement inquiet). Les médias chinois ont souligné que selon les propos de Xi à l’impulsif Trump, la seule sortie possible de cette crise est de travailler à une dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne.

Sa deuxième priorité était de réfuter les rumeurs de type « fake news » selon lesquelles Xi, au cours de son gâteau au chocolat assaisonné de Tomahawks à Mar-a-Lago, aurait approuvé les frappes américaines en Syrie. Dans son appel téléphonique, Xi a réaffirmé sa position : la seule solution pour la Syrie réside dans la diplomatie.

Avec l’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat comme nouvelle norme, personne n’a plus la moindre idée de la politique de Washington en Syrie, ou de qui en tient les commandes (c’était l’information-clé que Lavrov tentait de soutirer à Tillerson.)

La politique précédente était claire ; une balkanisation light, avec une enclave kurde dans le désert de l’est vouée à être dirigée par des pantins des USA tels que le Parti de l’union démocratique kurde ; l’absorption d’une autre zone du plateau du Golan par Israël ; une zone au nord pour la Turquie ; et assez de territoire immobilier pour les sunnites et tout un assortiment de djihadistes.

Même avant le spectacle des Tomahawks, les officiels des services de renseignements militaires des USA émettaient de sérieux doutes sur ce qui allait devenir la narrative officielle de la Maison-Blanche sur l’attaque chimique d’Idlib. Des experts à la retraite, y compris Ray McGovern (ex-analyste de la CIA), Phil Giraldi et Bill Binney, ont écrit un mémo à Trump pour demander une enquête honnête, indépendante – Lavrov a fait la même demande au cours de sa conférence de presse avec Tillerson. La narrative officielle a également été dénoncée par un professeur du MIT comme « totalement fausse ».

Indépendamment du fait de savoir si Trump a vu la lumière via une vidéo postée par les Casques blancs sur Youtube ou si l’axe néocon/libéralcon l’a poussé dans la voie des Tomahawks, les faits de terrain restent les mêmes.

Moscou ne va tout simplement pas céder sa sphère d’influence en Syrie à Donald Trump ou à l’État profond. La Russie a quasiment gagné la Guerre de Syrie en empêchant la formation d’un Émirat du Takfiristan, et en désamorçant la possibilité d’un regroupement de djihadistes russes/tchétchènes/ouzbèkes alliés au Front al-Nosra et/ou Daech revenant semer la pagaille dans le Caucase. Sans oublier que plus de 75% de la population syrienne est désormais regroupée dans les zones du pays contrôlées par Damas.

Dans le doute, semez le chaos

Le Parti de la Guerre/complexe militaro-industriel-renseignements-médias veut des guerres, n’importe quelles guerres ; c’est bon pour le business et les cotations. Les néocons veulent une guerre pour contenir l’Iran. Le professeur Stephen Cohen est alarmé, à juste titre. Personne ne sait si Trump n’est pas aujourd’hui un simple otage de James « Mad Dog » Mattis, HR McMaster et compagnie qui croit naïvement tenir les commandes, ou s’il a perfectionné une prise de jiu-jitsu géopolitique de génie impossible à décrire sur Twitter. [2]

Un analyste américain de renseignements dissident basé au Moyen-Orient dépeint un tableau beaucoup plus sombre : « Les USA ne vont pas tolérer qu’une alliance Russie-Chine fasse basculer l’équilibre des forces en leur faveur. La Corée du Nord et la Syrie ne sont que des pions dans ce combat, qui n’a presque aucune signification pour eux. Les Russes pensent que les USA veulent leur faire la guerre, même s’ils ne sont pas sûrs des performances réelles des boucliers antimissiles russes S-500. Les Russes disent qu’il faut s’attendre à d’autres attentats sous faux drapeau en Syrie, alors que dans le même temps, les Chinois révisent les engagements des USA à leur égard en se fondant sur ce qu’ils ont vu en Syrie. »

Le président Poutine a presque carrément dit, face aux caméras, que Moscou ne peut pas faire confiance à Washington. La Russie a patiemment bâti sa capacité de défense antimissile – à tel point que son espace aérien pourrait bien être impénétrable avant la fin de la décennie.

Dans le passé, Lavrov a fait de multiples allusions au « chaos maîtrisé » – une méthode de « renforcement de l’influence américaine » qui exhibe des « projets » destinés à être « lancés loin des USA, dans des régions cruciales pour le développement économique et financier mondialiste. » L’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat peut avoir forcé tout le monde à se perdre dans une mascarade. Mais Moscou – et Pékin – semblent la voir pour ce qu’elle est ; encore une autre facette du chaos impossible à maîtriser.

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

[1] NdT : Trump ment ou est très mal informé. Seuls 23 des missiles ont atteint leur cible. De plus, 60 missiles ont été tirés et non 59. Le 60ème aurait mal fonctionné et serait tombé dans la mer juste devant le vaisseau qui venait de le lancer.

[2] NdT : Rappelons que Trump, tant qu’il était plus ou moins blacklisté par les médias institutionnels, communiquait principalement via Twitter. Ses relations avec la presse se sont considérablement améliorées depuis ses frappes en Syrie.

Source: http://www.entelekheia.fr/cest-gateau-nouvelle-norme-de-politique-etrangere-de-trump/

 

Corée du Nord : l’angoisse d’un conflit imminent et la réalité des risques

Facile comme un Tweet. « Le problème de la Corée du Nord sera résolu », a assuré un Donald Trump à double face ces derniers jours : à la fois bombant le torse et reconnaissant que la situation sur la péninsule coréenne est plus « compliquée » qu’il ne l’imaginait. Une légèreté qui ne rassure pas les Chinois pour qui « un conflit peut éclater à tout moment ». En effet, les navires de guerre envoyés ce week-end par les Américains sont positionnés pour frapper la Corée du Nord, qui se prépare à un 6ème essai nucléaire ce samedi 15 avril. Mais sera-t-il aussi facile à Washington d’assumer les conséquences de frappes comme en Syrie ou en Afghanistan ? Pas sûr.

« Après avoir écouté pendant 10 minutes, je me suis rendu compte que ce n’est pas si simple. » Ainsi parlait benoîtement Donald Trump dans une interview au Wall Street Journal ce mercredi 12 avril. 10 minutes, c’est le temps que le président américain a écouté son homologue chinois Xi Jinping lui expliquer l’histoire des relations entre la Chine et la Corée du Nord, lors de leur rencontre à Mar-a-Lago le week-end dernier. Une fois n’est pas coutume, Trump a témoigné d’une soudaine humilité en prenant conscience que le problème du nucléaire nord-coréen ne pourrait pas être résolu sans Pékin, mais que Xi Jinping ne tenait pas non plus Kim Jong-un dans sa main comme une marionnette. Une attitude plus compréhensive, qui illustre le revirement du président américain à l’égard de la Chine.

Mais cette volte-face ne parvient pas à dissiper l’inquiétude grandissante dans toute l’Asie du Nord-Est. Pour Pékin, il est urgent de tirer la sonnette d’alarme : « Un conflit peut éclater à tout moment », a déclaré ce vendredi 14 avril Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, cité par le Straits Times« Si une guerre a lieu, il en résultera une situation où tout le monde perdra », a soutenu Wang Yi lors d’une conférence de presse à Pékin avec son homologue français Jean-Marc Ayrault. Quel que soit le pays agresseur, a renchéri le chef de la diplomatie chinoise, « il devra en assumer la responsabilité historique et en payer le prix. » A Pyongyang, le gouvernement fait déjà porter la responsabilité de la situation à Donald Trump. Les Américains ont plongé la péninsule dans un « cercle vicieux », a dénoncé Han Song-ryol, le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères dans une interview à l’agence Associated Press, rapportée par le Korea Times« Nous procèderons à des essais nucléaires chaque fois que le pouvoir suprême le jugera bon », a martelé le haut diplomate.

Comment jauger la situation ? Certes, Le déploiement militaire américain autour de la péninsule coréenne se précise. Après l’envoi du porte-avion USS Carl Vinson ce samedi 8 avril, Washington a placé deux destroyers à moins de 300 mètres des centrales nucléaires nord-coréennes, et des bombardiers sont postés près de l’île de Guam « en vue d’une provocation de Pyongyang », selon un haut responsable du Pentagone cité par le Korea Times. Objectif : pouvoir lancer des attaques préemptives (preemptive strikes), qui se distingue des frappes préventives, parce qu’elles répondent à un danger imminent. Côté nord-coréen, des « activités intenses » se poursuivent pour préparer un 6ème essai nucléaire ce samedi, pour le 105ème anniversaire de Kim Il-sung. L’information issue d’images satellites émane du think tank américain CSIS, dont un rapport prédit « à 58 % » l’imminence d’un test dans les deux semaines à venir.

Cependant, malgré les grandes approximations de Trump, ses conseillers à la Maison-Blanche savent qu’il ne sera pas aussi évident de frapper la Corée du Nord que la Syrie ou l’Afghanistan avec « la mère des bombes ». Dans le cas de représailles militaires américaines à un essai nucléaire nord-coréen, le régime de Kim Jong-un riposterait en visant directement la Corée du Sud et le Japon. Dès lors, Washington verraient ses alliés en Asie demander une protection immédiate. « À l’exception de l’Indonésie, les États-Unis ont une obligation conventionnelle de venir défendre tous ces pays », rappelle le Korea Herald. Le régime de Pyongyang est déjà freiné par des sanctions onusiennes, une résolution diplomatique et économique serait plus efficace, selon le quotidien sud-coréen.

Sarah Suong Mazelier

Photo: Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d’une conférence de presse à Pékin le 14 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / Fred DUFOUR)  

Source: https://asialyst.com/fr/2017/04/14/coree-du-nord-angoisse-conflt-imminent-realite-risquessur/

 

Peter Ford, ex-ambassadeur UK en Syrie : Trump a donné 1000 raisons à Daech de lancer des attaques chimiques

Interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie

BBC Breakfast, 7 avril 2017

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 https://youtu.be/926LaN1ZZgc

 

 

Transcription : 

Journaliste  : C'était la première déclaration du Président Trump immédiatement après ce lancement de missiles. L'ancien ambassadeur britannique en Syrie Peter Ford est maintenant avec moi. Bonjour à vous !

Peter Ford  : Bonjour.

Journaliste  : Puis-je d'abord seulement attirer votre attention. Voici le début de ce discours du Président Trump : « Mes chers concitoyens. Mardi, le dictateur syrien Bachar al-Assad a lancé une horrible attaque chimique contre des civils innocents. » C'est un fait (n'est-ce pas) ?

Peter Ford : C'est une déclaration... une fausse déclaration sur un fait non avéré. Nous ne savons pas. Ce qui est nécessaire, c'est une enquête, car il y a deux possibilités pour ce qui s'est passé. L'une est la version américaine, qu'Assad a lancé des armes chimiques sur cette ville. L'autre version est qu'une bombe ordinaire a été lâchée et qu'elle a frappé un dépôt de munitions où les djihadistes entreposaient des armes chimiques. Nous ne savons pas laquelle de ces deux possibilités est la bonne.

Souvenez-vous des événements qui ont précédé (la guerre en) Irak : les experts, les services de renseignement, les politiciens étaient convaincus que Saddam avait des armes de destruction massive.

Ils ont présenté des tombereaux de preuves : des photographies, des diagrammes, etc. Tout était faux.

Tout était faux. Il est possible qu'ils se trompent (encore) cette fois-ci également, mais ils ne recherchent qu'un prétexte pour attaquer la Syrie.

Et ne nous racontons pas d'histoires. Ce qui s'est passé rend l'usage des armes chimiques plus probable, et non pas moins.

Journaliste  : Eh bien, l'impression que vous évoquez se rapproche surtout, parmi la réaction internationale aux attaques chimiques, de la position de la Russie. Vous vous accordez largement avec eux. Nous avons entendu Michael Fallon, le Secrétaire d'Etat à la Défense [britannique], qu'il est convaincu par les preuves et soutient les frappes. Pourquoi êtes-vous donc, en quelque sorte, une voix assez isolée ?

Peter Ford  : Je ne laisse pas mon cerveau à la porte lorsque j'examine une situation de manière analytique. J'essaie d'être objectif et me base sur les expériences précédentes, notamment l'Irak. Nous voyons que nous ne pouvons pas prendre pour argent comptant ce que les soi-disant "experts du renseignement" nous disent, [surtout] pas lorsqu'ils ont un agenda.

Mais je reviens au point principal : ça ne va pas s'arrêter ici, et nous sommes probablement destinés à y être entraînés, car Trump vient de donner aux djihadistes 1000 raisons d'organiser des opérations sous faux drapeau, voyant à quel point il est efficace et facile, avec des médias crédules, de pousser l'Occident à des réactions outrancières. En toute probabilité, ils vont mettre en scène une opération semblable à celle qu'ils ont montée, et cela a été prouvé par l'ONU en août dernier, ils ont monté une attaque au gaz de chlorine contre des civils et ont essayé de faire en sorte qu'elle ait l'air d'une opération du régime.

Souvenez-vous bien de ce que je vous dis ici, car cela se produira (infailliblement), et on aura tous les va-t-en guerre qui viendront nous dire qu'Assad nous défie et que nous devons intervenir encore plus lourdement en Syrie. Ce sera des attaques sous faux drapeau.

Journaliste  : Si je peux juste vous demander d'après votre expertise, vous êtes l'ancien ambassadeur britannique en Syrie, avec votre connaissance de Bachar al-Assad et de son régime, de ce pays, comment pensez-vous qu'il réagira à cela ?

Peter Ford : Il est peut-être cruel et brutal, mais il n'est pas fou. La perspective qu'il s'expose à une confrontation directe [par une riposte contre les USA] sans objectif militaire dépasse l'entendement. Le site qui a été frappé n'avait pas d'importance militaire [majeure]. Cette frappe n'avait absolument aucun sens [d'un point de vue militaire]. Et il aurait fâché les Russes [en ripostant]. 

Ma question portait sur ce qui va se passer maintenant.

Peter Ford : Sans aucune raison, c'est tout simplement invraisemblable. Mais en quoi son attitude va-t-elle changer ? Maintenant, il sait que Trump est prêt à lancer des attaques avec des missiles de croisière. Mais il est probablement innocent [de l'attaque chimique] de toute façon. Ca ne peut donc pas changer son attitude si il n'a pas commis [cette attaque chimique] avant les frappes. Mais nous en paierons tous les conséquences.

La situation [le prix à payer] va se corser. En toute probabilité, il y aura plus de recours, et non pas moins, aux armes chimiques en conséquence. Et, ce qui est également important, les Russes et les Syriens vont moins coopérer [avec les USA] dans la lutte contre Daech. 

Journaliste  : Ok. Peter Ford, merci beaucoup d'être venu pour nous ce matin.

Peter Ford : Merci à vous.

Journaliste  : Peter Ford est l'ancien ambassadeur britannique en Syrie.

 

 

« Ne t’avise pas à offenser la Russie à nouveau ». Le ton monte au Conseil de Sécurité de l’ONU

Face aux mensonges éhontés et aux accusations sans fondement de la bande des trois (Etats-Unis, Royaume Uni, France), la Fédération de Russie a décidé de changer de ton, c’est le moins que l’on puisse dire.

Vladimir Safronkov, l’ambassadeur par intérim de la Russie à l’ONU, n’y est pas allé par quatre chemins, en s’en prenant à son homologue britannique Matthew Rycroft, avant de mettre hier soir son veto à une résolution de l’ONU.

 

Quand Tillerson prend une leçon de diplomatie

La première visite officielle de R. Tillerson en Russie s’est passée comme attendue, l’on pourrait dire comme l’espérait le clan néoconservateur: les parties sont tombées d’accord sur le fait qu’il allait être particulièrement difficile de trouver un accord, mais il faut continuer à discuter. La Russie est restée ferme sur ses positions et a répondu de manière asymétrique au « bazar » organisé par la délégation américaine.

Le contexte politico-médiatique de la visite de R. Tillerson en Russie, dont nous avons parlé hier, a pesé sur la rencontre entre les deux ministres des affaires étrangères russe et américain.

Tout d’abord, la veille de son arrivée, la rencontre de Tillerson avec des experts et des représentants de la société civile a été annulée, ce qui est surprenant puisque, en général, la visite du Secrétaire d’Etat américain en Russie est l’occasion pour l’opposition radicale de discuter avec son plus grand soutien.

 

L’on notera également le spectacle déplorable organisé par le groupe de journalistes américains, jouant parfaitement leur rôle, lors de la première conférence de presse avant le début des discussions, qui a forcé S. Lavrov à réagir avec cette force calme naturelle qui le caractérise, demandant tout d’abord sèchement à la journaliste américaine si elle a été éduquée de cette manière et qui l’a éduquée? La gifle, suivie d’un sourire calmant tout ce petit monde. Une main d’acier dans un gant de velours. Très efficace.

La porte-parole du Ministère des affaires étrangères, Maria Zakharova, déclare n’avoir jamais entendu parlé d’un tel « bazar » dans ce lieu habitué à d’autres mœurs. Et pour cause, c’est la preuve d’une arrogance sans nom et totalement volontaire, visant semble-t-il, dans la tactique américaine, à vouloir dégrader la diplomatie russe, particulièrement forte aujourd’hui. Dans cette catégorie, l’on classera également la sortie cavalière de R. Tillerson disant globalement qu’il ne voit pas l’intérêt de danser  le tango avec Lavrov, puisque « l’autorité » est ailleurs. Et cette autorité, jusqu’au dernier moment, n’a justement pas invité Tillerson, dont le rendez-vous n’a pas été inscrit dans l’agenda présidentiel, évitant ainsi toute officialisation et baissant d’autant le niveau de la rencontre.

Des premiers pourparlers ont lieu avec Lavrov, puis Tillerson retourne à l’hôtel. A 18h, V. Poutine se libère et reçoit les deux ministres des affaires étrangères pendant près de deux heures, ensuite Tillerson et Lavrov ont repris leur discussion quelques temps avant la conférence de presse commune.

 

Dès le début de la conférence de presse, l’on comprend que l’entretien ne s’est pas passé comme les Etats Unis le voulaient.

La première chose qui saute aux yeux est ce qui n’a pas été dit. Alors que l’administration américaine exigeait de la Russie, sur la Syrie, qu’elle fasse un choix clair – pas un mot, le ton est très conciliant. Alors qu’il était exigé que la Russie « rende » la Crimée à l’Ukraine après son « annexion » – ces termes ne furent pas employés, Tillerson leur a préféré une formule vague « les évènements » et aucun mot sur la fameuse restitution.

C’est ici que l’on voit la fin de la politique de communication avec ses effets de manches et ses grandes déclarations pour se retrouver plongé dans toute la force et la finesse de la diplomatie. Sur ce terrain, la Russie a un avantage incontestable avec la personnalité et l’expérience de Lavrov, face à Tillerson qui fait ses débuts, seuls, sans conseillers sur la Russie. L’amateurisme se sent.

Les déclarations de part et d’autres font comprendre qu’aucun accord sérieux sur le fond n’a été trouvé. La coopération dans le ciel syrien est restaurée, ce qui est plutôt une bonne chose pour éviter les incidents. Le canal de discussion directe et non médiatisé russo-américain sur l’Ukraine va être rétabli pour parvenir à la mythique application de ces accords de Minsk.

Mais plusieurs fois, Lavrov rappelle les intérêts nationaux de la Russie et l’histoire. La position des Etats Unis est de vouloir faire table rase du passé, comme si le changement de Président entrainait une rupture de l’Etat et les dégageait de toute responsabilité. Lavrov rappelle à son homologue l’importance de connaître le passé pour ne pas répéter les mêmes erreurs (Yougoslavie, Irak, Libye …), lui donnant au passage une leçon de diplomatie appliquée. Lorsque Tillerson lance l’idée selon laquelle l’ère de Assad arrive à son terme, Lavrov intervient rapidement rappelant que la Russie soutient l’étaticité en Syrie, qu’elle est contre les renversements de régime et que c’est au peuple syrien de décider qui doit être son Président, mais pour l’instant c’est contre le terrorisme qu’il faut lutter.

Alors que, ici, les choses sont dites de manière diplomatique, dans les formes sans pour autant en perdre leur puissance, un tout autre registre de langage est employé au Conseil de sécurité de l’ONU par le représentant temporaire de la Russie, Vladimir Safronkov, après l’arrogance du représentant britannique, Matthew Rycroft, accusant la Russie « d’abuser de son droit de veto« . Il est vrai que la Grande Bretagne, avec l’Ukraine, militait pour la restriction du droit de veto, idée qui a trouvé un refus ferme et de la part des Etats Unis et de la part de la Russie.

 

Concrètement, la Russie a opposé un veto à la résolution proposée par les Etats Unis, l’Angleterre et la France sur la Syrie conduisant à faire peser sur Assad la responsabilité de l’attaque chimique avant toute enquête indépendante. La réaction du représentant russe mérite une analyse particulière, tant sur le fond, que sur la forme, sans oublier l’importance du moment choisi. Mais avant toute chose, voici la vidéo en russe:

Ici une traduction en français, l’on y perd beaucoup, mais cela peut aider à comprendre la suite:

Sur le fond, l’intervention de V. Safronkov remet les choses à leur place. Il accuse l’Angleterre de soutenir les groupes terroristes, intime à la France et à l’Angleterre de ne pas penser à bombarder l’ambassade russe à Damas, accuse les Etats Unis de ne penser qu’à une chose, faire tomber les régimes. Il semblerait que ce soit la priorité pour les Occidentaux: faire tomber les régimes et non lutter contre le terrorisme. Il met l’Occident face à ses obligations: puisqu’il y a un lien avec les groupes terroristes, il faut faire pression sur eux pour qu’ils cessent le combat armé et passent sur le plan politique. Il accuse ici ces pays d’hypocrisie et d’arrogance, de déstabiliser la situation, d’avoir une vision très sélective de l’aide humanitaire – qui étrangement n’est pas délivrée dans les zones libérées par l’armée syrienne, mais uniquement dans les zones tenues par les groupes terroristes.

En quelque sorte, V. Safronkov a dit tout haut ce que beaucoup pense tout bas. Le problème est comment il l’a dit. En tutoyant, en interpellant. En faisant une diplomatie de moujik. Il est vrai que Churkin nous avait habitué à autre chose et qu’il est difficile de tenir un tel niveau. Mais, là, le niveau est tombé très bas. Le problème de V. Safronkov est qu’il est un très mauvais acteur, il n’est manifestement pas à l’aise dans le rôle. Le résultat est contre-productif et particulièrement mauvais pour l’image de la Russie, notamment à l’ONU. Surtout que le tutoiement ne choquera pas les Anglais ou les Américains, auxquels il s’adresse principalement, le you absorbant les nuances, mais les Européens apprécieront.

En fait, il est dommage que la prestation ait été de piètre qualité, car l’effet aurait pu en être décuplé avec un bon orateur. Même avec ces sorties. Mais ici, au contraire, nous sommes dans la situation où la forme handicape le fond. Encore faut-il savoir insulter avec de la hauteur, pour non seulement garder la face, mais en imposer.

Ceci est d’autant plus regrettable que le timing était parfait. Faire un tel scandale à l’ONU, alors que la visite officielle de Tillerson avait été médiatiquement préparée avec une arrogance sans nom, Tillerson, le preux chevalier portant au bout de son bras cet ultimatum qui va faire poser le genou à terre à la Russie. Et pendant ce temps-là, une réponse asymétrique a été apportée. La Russie a supporté le comportement des journalistes américains, a organisé une rencontre avec V. Poutine. Tillerson a été reçu froidement, mais correctement. Fermement. Le scandale a été déplacé dans l’espace sinon dans le temps. La technique est intéressante, mais assez dangereuse pour, espérons-le, ne pas être répétée trop souvent. S’il pouvait être utile de rabaisser ainsi le niveau des représentants de la coalition US à l’ONU en dressant leur portrait sans retouche, les implications peuvent dépasser les attentes et toucher aussi tant l’image de la Russie – souvent présentée comme mal dégrossie – que celle du Conseil de sécurité – déjà largement mise à mal.

En tout cas, le message est passé. D. Trump déclare que finalement il n’est pas si attaché que ça au départ immédiat de Assad qui partira bien tôt ou tard et d’ailleurs il n’a pas l’intention de s’intéresser plus avant à la Syrie: il a d’autres priorités à l’intérieur. Même le New York Times note l’impasse de la rencontre entre Tillerson et Poutine, leur désaccord ne venant pas de divergences de vues ponctuelles, mais d’une vision du monde différente et d’une appréciation des faits diamétralement opposée:

Dangling meetings is an old technique for Mr. Putin, used to keep other leaders off balance and demonstrate his control. But when Mr. Putin and Mr. Tillerson did meet, it was clear that they not only have different world views, but that they have different views of the facts. And that made it difficult to achieve anything other than cosmetic accords on the issues over which the two nations, in a revival of Cold War rhetoric, have charged each other with lying about.

Le principal intérêt de cette visite a été pour chacun de tester les forces réelles de l’autre. L’administration Trump a été confrontée à la réalité de la diplomatie, sans y être préparée, ce qui a fortement affaibli sa position. Sans vouloir entrer en conflit direct, la Russie a déporté sa réponse dans le cadre plus impersonnel du Conseil de sécurité. Laissant ainsi Lavrov dans le rôle qu’il maîtrise à merveille: celui de la diplomatie de haut vol. Rôle que bien peu de diplomates aujourd’hui peuvent assumer. Et manifestement Tillerson n’en fait pas partie, le business ne prépare pas à tout. Ce combat de Titans ne va pas se calmer, chaque concession sera interprétée comme une faiblesse. Le New York Times l’a parfaitement perçu. Si la Russie veut jouer un rôle indépendant sur la scène internationale, elle ne peut le faire que, au mieux, sans les Etats Unis, au pire contre les Etats Unis. Une position conciliante ne ferait, malheureusement, que durcir le rapport de force en sa défaveur.

Source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/04/quand-tillerson-prend-une-lecon-de.html

 

Les morts des bombardements américains triplent en Syrie et en Irak

Pendant que les médias américains poussent à la guerre en reprenant les accusations de la CIA sur l’usage d’armes chimiques

Un rapport du groupe britannique de surveillance Airwars a révélé que le nombre de morts provoquées par les attaques aériennes américaines en Irak et en Syrie a presque quadruplé au mois de mars par rapport au dernier mois complet avant que Donald Trump entre à la Maison Blanche. Les décès de civils déclarés ont bondi de 465 en décembre 2016 à 1 754 en mars 2017, soit une hausse de 277 pour cent.

Le rapport a été publié sur fond d’hystérie médiatique sur les accusations fabriquées d’attaque au gaz neurotoxique par le régime syrien de Bashar al-Assad, prétexte aux frappes de missiles la semaine dernière commandées par le président Trump. Cela démontre que les bombardements américains ont tué beaucoup plus de civils innocents en Irak, y compris des enfants, que ceux qui seraient tués dans la prétendue attaque chimique de la semaine dernière en Syrie. Pour cette raison, l’étude n’est quasiment pas mentionnée dans les médias américains.

L’organisation Airwars, qui recense les morts causés par les frappes aériennes dans la zone de guerre Irak-Syrie et évalue la force des preuves qui étayent les rapports, a constaté que plus de civils ont été tués au cours des trois premiers mois de 2017, soit un total de 2826, que durant toute l’année 2016. Les hausses ont effectivement commencé en l’automne de 2016, lorsque l’armée irakienne et ses « conseillers militaires » américains ont commencé leur attaque sur la ville de Mossoul, occupée par le groupe fondamentalisme sunnite État islamique (ÉI) depuis deux ans et demi.

Amnesty International a enquêté sur une série de massacres causés par des frappes aériennes américaines dans la moitié orientale de Mossoul, qui a été reconquise lors de la première phase de l’assaut, d’octobre à décembre 2016. Un rapport publié la semaine dernière a révélé « un schéma alarmant de frappes aériennes de la coalition dirigée par Washington qui ont détruit des maisons entières avec des familles entières à l’intérieur. »

L’enquêtrice principale d’Amnesty International à Mossoul, Donatella Rovera, a déclaré : « Le nombre élevé de morts civils suggère que les forces de la coalition menant l’offensive à Mossoul n’ont pas pris les précautions adéquates pour les éviter, en violation flagrante du droit international humanitaire. » En particulier elle a cité le fait que les autorités irakiennes ont conseillé aux civils de rester dans leurs maisons au lieu de fuir, et qu’après il y a eu des bombardements qui ont visé des habitations complètement occupées.

La situation est encore pire dans l’ouest de Mossoul, où la deuxième étape de l’offensive américano-irakienne a commencé plus tôt cette année. Elle comprend l’ancien cœur de cette ville de deux millions d’habitants, la zone la plus densément peuplée, où les frappes aériennes ont été systématiquement demandées afin de détruire les immeubles d’appartements où se trouvaient des tireurs d’élite sur les toits, ce faisant elles ont tué la plupart des occupants des étages en dessous. Un de ces bombardements américains a tué 300 personnes le 17 mars.

Trois fois plus de personnes innocentes ont été tuées par des bombes américaines le 17 mars que le nombre de morts de la prétendue attaque syrienne aux armes chimiques sur la ville de Khan Sheikhoun, prétexte pour les frappes de missiles commandées par le président américain Trump sur une base aérienne syrienne. Le nombre total de morts civils causées par les bombardements américains en mars est 20 fois plus important.

Mais il n’y a presque pas eu de mention dans les médias américains des atrocités commises par les bombardements américains. En tout cas, rien de comparable au barrage de propagande constante qui a fourni une couverture politique pour le bombardement par missiles de croisière Tomahawk sur la Syrie ordonné par Trump.

Aucun des politiciens démocrates qui se sont précipités pour saluer la première action majeure de Trump en tant que « commandant en chef » des États-Unis, de Charles Schumer à Nancy Pelosi à Elizabeth Warren, n’a exprimé des objections au massacre de civils en cours à Mossoul.

Les défenseurs des médias de l’impérialisme des « droits de l’Homme », comme le trio de politologues guerriers de salon pour le New York Times – Nicolás Kristof, Roger Cohen et Thomas Friedman – n’ont pas écrit ne serait-ce qu’une ligne pour condamner le bain de sang à Mossoul, ni sur l’un des autres massacres effectués par les forces militaires américaines. Leur seule préoccupation est de diaboliser les gouvernements et les forces ciblés par la CIA et le Pentagone, et ainsi de rendre l’intervention impérialiste américaine plus acceptable pour leur public des classes moyennes supérieures.

Un obstacle majeur pour la campagne médiatique sur la supposée attaque au gaz neurotoxique syrien contre Khan Sheikhoun tient aux accusations totalement invraisemblables du point de vue du motif. Assad dirige un régime impitoyable et est responsable de nombreux crimes contre son propre peuple. Mais il n’avait tout simplement aucune raison de s’engager dans une telle attaque dans des conditions où ses forces ont repris le contrôle de toutes les grandes villes de la Syrie et où les principaux responsables de l’administration Trump venaient de reconnaître que Assad était susceptible de survivre à la guerre civile et que le but des États-Unis en Syrie était de détruire l’ÉI, et non de renverser le leader syrien.

Il n’y a, par contre, aucune difficulté à déterminer un motif pour le nombre croissant de personnes tuées par des bombes et des missiles américains en Irak et en Syrie. C’est une partie indispensable de la volonté de l’impérialisme américain de maintenir sa position dominante dans l’ensemble du Moyen-Orient, un effort qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes et a plongé l’Irak, la Syrie, le Yémen, la Libye, la Somalie et d’autres pays dans un chaos sanglant.

L’escalade du bain de sang représente à la fois une continuation de la politique de l’administration Obama et une intensification de ses pires caractéristiques. Selon un calcul effectué par Micah Zenko du Conseil des affaires étrangères, les frappes de missiles par drone ont triplé en fréquence depuis que Trump est à la Maison-Blanche, allant d’une moyenne d’un tous les 5,4 jours à un tous les 1,8 jours.

Les règles d’engagement qui encadrent les bombardements et les frappes de missiles américains ont été considérablement atténuées au Yémen et en Somalie, dans les deux cas par des décisions directes du président Trump. Au moins une tuerie de masse, de 30 personnes au Yémen, a immédiatement fait suite au changement de gouvernement, et des centaines d’agents des forces spéciales des États-Unis ont été déployés en Somalie dans un changement de politique lancé par le Pentagone sous Obama et confirmé sous Trump.

Pour les forces américaines beaucoup plus importantes engagées en Irak et en Syrie, l’administration Trump est en phase finale d’examen des règles d’engagement afin de les assouplir ou de les supprimer complètement. Déjà, la prise de décision a été poussée vers le bas de la chaîne de commandement afin que les officiers de terrain, et non le quartier général, appellent des frappes aériennes. Le nombre croissant de morts des derniers mois va encore monter en flèche, car le Pentagone suit la consigne de Trump de « retirer les gants ».

Le Pentagone a commencé cette semaine une enquête officielle sur le massacre du 17 mars à Mossoul et sur plusieurs autres catastrophes provoquées par les bombardements américains. Le porte-parole du Pentagone, le colonel Joseph Scrocca, a reconnu que ces événements « ont un effet négatif sur notre image au moins dans toute la région et dans le monde ». Mais il a suggéré que « c’est exactement le but de l’ÉI en ce moment. » En d’autres termes, ceux qui exposent les crimes de l’impérialisme américain font le travail des terroristes !

Les rapports d’Airwars et d’Amnesty International soulignent le caractère complètement criminel de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient. Ils démasquent tous ceux qui sont impliqués dans l’hystérie anti-Assad et anti-russe comme des propagandistes pour l’impérialisme.

Source: https://www.legrandsoir.info/les-morts-des-bombardements-americains-triplent-en-syrie-et-en-irak.html

 

Menaces de mort contre des juges et des journalistes et nouveau soupçon d’emploi fictif

 

Journalistes agressés (1) dans les meetings de Fillon. Journalistes et enquêteurs judiciaires menacés de mort (2). Nouvel emploi fictif susceptible d’être reproché au candidat Les Républicains (3). La tension monte à droite, à dix jours du premier tour.

Au cours des réunions publiques de Fillon, l’énervement est palpable, entre les diverses factions (sarkozystes, juppéistes, fillonistes). L’agressivité vis-à-vis des journalistes, rendus responsables du désastre qui frappe la campagne Fillon, reflète la tension qui règne dans le camp Les Républicains. Les attaques répétées du candidat LR, contre les juges et la presse, attisent l’hostilité virulente de ses fanatiques, lesquels n’acceptent pas la perspective d’une défaite de leur timonier. Pour preuve, l’agression dont ont été victimes les journalistes de « Quotidien » et du « Petit Journal », sévèrement malmenés, au meeting LR, le 9 avril, à Paris.

Autre preuve de ce climat empesté (source AFP) : les menaces à l’encontre des journalistes et enquêteurs qui travaillent sur les affaires visant certains candidats à la présidentielle. Quatre courriers, contenant des balles, ont été envoyés à des magistrats du pôle financier, le lundi 3 avril. Deux courriers similaires ont été expédiés aux rédactions de Mediapart et du Canard enchaîné, le mercredi 5 avril.

« Juges et journalistes dans le même sac »

Le directeur de Mediapart a reçu un premier courrier comparable, daté du 30 mars et posté à Marseille. Sur le courrier, signé « Collectif d'épuration 2J », figure un cercueil et une tête de mort, avec le texte : « juges et journalistes dans le même sac ». Ayant jugé la menace sérieuse, Edwy Plenel a porté plainte. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "menaces de mort", confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Qui se cache derrière ces envois de courriers ? Une chose est claire, ces menaces interviennent, alors que ces deux journaux se font l’écho, depuis des semaines, des charges judiciaires qui pèsent sur Fillon, mais aussi sur Marine Le Pen, à propos d’emplois fictifs d’assistants parlementaires. Charges qui ont valu au candidat Les Républicains, ainsi qu’à sa femme et à son ex-suppléant Marc Joulaud, d’être mis en examen.

Maël Renouard ne se souvient pas d’avoir été assistant parlementaire de Fillon, pourtant…

Maël Renouard a-t-il bénéficié, comme Penelope Fillon, d’un emploi fictif ? Celui qui est présenté comme la plume de Fillon figure sur la fiche déposée, auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Sauf que l’intéressé semble avoir quelques difficultés à se souvenir du contenu du travail d’assistant parlementaire. Au point de s’embrouiller dans ses explications. Ainsi, prétend-il avoir été conseiller de Fillon à Matignon, entre novembre 2013 et septembre 2015, période pendant laquelle Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls occupaient les lieux.

Comme le rapporte BuzzFeed News, apparemment personne dans l’entourage de Maël Renouard n’est au courant de son emploi d’assistant parlementaire : « Un directeur de revue, qui préfère rester anonyme, affirme qu’à sa connaissance, Maël Renouard n’a « jamais » travaillé à l’Assemblée. Même son de cloche chez l’une de ses amies proches qui déclare auprès : « Non, sûr que non, il a jamais fait ça. »

Les jours se suivent et se ressemblent pour Fillon, l’obstiné. La droite n’aura jamais été aussi mal barrée, à dix jours du verdict des urnes, qui pourrait lui infliger l'une de ses défaites les plus cuisantes.

Ce qui ne serait que justice pour la morale.

 

 

(1) Des journalistes de Canal+ et TMC portent plainte après des violences au meeting de Fillon

 

(2) Menaces de mort contre des magistrats financiers et des médias

 

 

(3) Assistants parlementaires de Fillon : soupçons sur un nouvel emploi fictif

L’odeur de la défaite rend les fillonistes nerveux

 

Les fillonistes du socle dur, soit 13% des 17% d’intentions de vote, se montrent de plus en plus vindicatifs, voire agressifs. L’idée de voir une victoire, qui leur était promise, leur échapper au fil des jours, les rend nerveux. Pour leur part, les gaullistes authentiques sont écœurés par les turpitudes de Fillon. Ils auraient préféré un autre candidat et appellent à voter Mélenchon (1).

Mentir sans vergogne est apparemment normal chez Fillon et ses supporters catho intégristes. Ils vont finir par fâcher le pape François ! Les gens élisent des présidents à leur image. Or, après la révélation des affaires, Fillon est désormais perçu comme un escroc, y compris dans son propre camp, qu’il a pris en otage, afin qu’il l’aide –merci Baroin et consorts…- à échapper aux poursuites judiciaires, pendant cinq ans. A imaginer, ce qu’à Dieu ne plaise (s’il existe ?), qu’il soit élu, cela signifiera que plus de la moitié des Français le sont aussi (escrocs). Pour le moins perturbant pour un citoyen sain d’esprit !

Certains fillonistes jusqu’au boutistes se déchaînent pour sauver leur idole. Seraient-ils à court d’arguments pour promouvoir un programme socialement et humainement odieux ? Ou bien sont-ils égarés par un fanatisme aveugle pour défendre, à en perdre la raison, un homme indéfendable, soupçonné par les juges de malhonnêteté grave ? Un Fillon qui avait, il y a quelques mois encore, le culot de se la jouer « grave » dans le registre « moi je lave plus blanc que blanc ».

Confondu par les fins limiers du Canard Enchaîné (merci à la presse libre), le masque est tombé, dévoilant un homme cupide, enfermé dans un déni complet, pour qui la morale se résume à « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Jésus Christ, la référence de Monsieur Fillon, lui a-t-il conseillé de tromper les gens ? Lui a-t-il ordonné de pondre une panoplie de mesures ignobles pour les asservir davantage encore et les plonger un peu plus dans la désespérance ?

La morale : ils s’en foutent les fillonistes du noyau dur

S’il est élu, il martèle qu’il va lancer un arsenal de projets iniques contre le peuple, pour protéger les marchands du temple ultralibéral, dont il est devenu un laudateur zélé, sur les traces de Sarkozy, le fossoyeur de la France, son funeste dernier maître à penser. Qui se ressemble s’assemble. Ce triste sire, à l’allure irrémédiablement coincée, séduit les petits commerçants, artisans, entrepreneurs, et les chefaillons qui se prennent tous pour des aigles, renvoyant, à tout propos, les écorchés de la vie dans la catégorie des bons à rien. Comme lui, ils se contrefoutent de la morale… Ils sont les 13% du socle en béton, sur les 17% d’intentions de vote (dernier sondage).

Comme leur idole, leur seule religion, c’est le fric. Leur seule boussole, dans cette élection, c’est Fillon. Qu’il soit mis en examen ne leur fait ni chaud ni froid. Au contraire, à leurs yeux, il est le modèle à suivre. La fin justifie les moyens. D’où cette violence qui se déchaîne de plus en plus souvent à l’encontre de ceux qui osent entraver la marche vers l’Elysée, -un temps promise triomphale-, de celui qu’ils veulent (après l’ère Sarkozy) comme nouveau timonier, pour protéger leur petit confort bourgeois, leur petit ou gros magot, au sein d’un système politique totalement vérolé, qu’il faut maintenir coûte que coûte.

Sur le terrain, la fébrilité des fillonistes, confrontés au rejet constant de leur maître –voir l’épisode, entre autres, de l’enfarinage, le 6 avril, à Strasbourg-, alimente une tension permanente, à presque chacun de ses déplacements. Au cours de réunions publiques, il n’est pas rare que des incidents surviennent avec la presse, comme en témoigne ce qui est arrivé, au meeting du 9 avril, à Paris, à des journalistes de « Quotidien » et du « Petit Journal », sévèrement malmenés (2).

La haine transpire dans les interventions des fillonistes, avec une violence inouïe, notamment sur AgoraVox, contre ceux qui ont le front de s’opposer à leur guide. Injures, insultes gratuites, insinuations, menaces déferlent sur les forums de la toile.

Et dire que Fillon se prétend encore gaulliste !

L’élection n’est jouée pour personne, à quinze jours du scrutin. En revanche, elle est d’ores été déjà pliée, sur le plan de la sympathie et de l’image pour Fillon, dont la cote de popularité est au plus bas, après avoir tutoyé les sommets, après son élection à la primaire de la droite. Il est battu à plates coutures, sur ce terrain-là aussi, par Mélenchon.

Négliger à ce point ce critère de jugement révèle la véritable nature égotique du psychorigide Fillon qui, loin de se battre pour l’intérêt général et le bonheur de chacun, s’est engagé dans un combat personnel d’une indécence désolante, pour son camp, qui le fera se fracasser contre le mur de la honte.

Et dire que cet homme prétend encore se réclamer du gaullisme ! Une injure à De Gaulle et à l’histoire qu’il a écrite, pour restituer à la France sa grandeur.

 (1) A lire : Moi, gaulliste de gauche, je vote Jean-Luc Mélenchon

(2) Des journalistes de « Quotidien » et du « Petit Journal » disent avoir été agressés pendant un meeting de Fillon.

 

La Chine amasse ses troupes avec la Corée du Nord

Dans un mouvement significatif, la Chine est en train de déployer deux corps d’armée en renfort au niveau de ses frontières avec la Corée du Nord.

Près de 150 000 soldats chinois sont en train de se déployer en renfort tout le long de la frontière de la Chine et la Corée du Nord.

Ces renforts font suite à la décision US de dépêcher au Pacifique Occidental un groupe aéronaval destiné à menacer Pyongyang. Une mesure irritant au plus point le leadership Nord-coréen, qui n’a pas fait mystère de son intention de faire face à toute forme de guerre avec les États-Unis.

Avec les renforts en cours, Pékin amasse plus de 1 100 000 soldats avec la Corée du Nord.

Une source anonyme au sein de l’armée populaire de libération de Chine, désignation officielle des forces armées chinoises, estime que si Washington s’aventure à une nouvelle guerre en péninsule coréenne, Pékin pourrait mobiliser en un temps record un peu plus de 12 millions de soldats dans un premier temps, puis près de 55 millions à terme moyen.

Les Chinois redoutent une frappe subite US sur la Corée du Nord, ce qui aurait pour conséquence une guerre bien plus dévastatrice que la terrible première guerre de Corée (1950-1952).

Source: https://strategika51.wordpress.com/2017/04/11/la-chine-amasse-ses-troupes-avec-la-coree-du-nord/

 

L’opération Tomahawk sur la Syrie n’était-elle qu’un préliminaire ?

Poutine vient de déclarer lors d’une conférence de presse à Moscou que les jihado-terroristes se préparent à utiliser les armes chimiques. Poutine a fait état de renseignements disant que des attaques chimiques auront lieu contre des villes y compris Damas.

Réagissant à ces déclarations le triumvirat occidental repose un projet de résolution auprès du Conseil de Sécurité a/s la fable de Khan Chaykhoune

Dans sa conférence de presse Poutine n’est pas allé par 4 chemins et a accusé Washington de préparer des attaques chimiques en Syrie.

De son côté l’ex-ambassadeur US à Damas Ford vient de dire à Al Mayadeen TV que son pays cherche un alibi pour attaquer la Syrie.

Les Ministres des Affaires Etrangères russe, iranien et syrien se rencontrent demain à Moscou. Cet axe prend au sérieux les intentions de Washington d’aller de l’avant dans la déstabilisation de la région.

Trump qui a reçu une promesse d’investissements dans l’économie américaine de 200 milliards de $ de Mohamed Ben Salman veut tenir promesse.

Plus grave ! Des renseignements disent que l’Arabie Saoudite a promis de donner 30 % des réserves pétrolières du Royaume existantes aux USA. Ce deal fabuleux aura en contrepartie le renouvellement du contrat de protection du régime conclu du temps du fondateur Abdelaziz.

Le nouveau président semble s’aligner de plus en plus sur les néocons du parti républicain. Il semble que Russes, Iraniens, Syriens et Hezbollah ont adopté cette lecture et se préparent au choc à venir.

Cet aventurisme des néocons est en train de hâter le déclin de l’Empire.

Des troupes jordano-américaines se dirigent vers la frontière jordano-syrienne. L’alibi officiel : lutter contre Daesh. L’objectif réel : Créer une zone de sécurité pour Israël qui va du Golan à Deraa.

On se demande combien d’Humains vont continuer à mourir pour assurer la sécurité d’Israël ?

Un Holocauste bis est en train de se passer sous nos yeux, sans que nous en prenions conscience.

Et pendant ce temps dans la péninsule coréenne, autre chose se prépare… (Voir ici)

 

Vladimir Poutine sur la Syrie : les Etats-Unis rejouent la même comédie insipide qu’en Irak

Déclaration de Vladimir Poutine à la presse après une rencontre avec le Président italien Sergio Mattarella

Kremlin

 

Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/54267

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcription : 

[…] 

 

Journaliste : Puis-je vous poser une question sur la Syrie ? Comment considérez-vous ce qui s’est passé ? Y a-t-il un risque d’autres frappes militaires des Etats-Unis contre des cibles en Syrie ?

Vladimir Poutine : Nous en avons parlé avec le Président [italien]. J’ai dit que ça me rappelait beaucoup 2003, lorsque les représentants des Etats-Unis au Conseil de sécurité ont montré des prétendues armes chimiques découvertes en Irak. Après quoi, une campagne militaire a été lancée contre l’Irak. Elle a entraîné la destruction du pays, la montée de la menace terroriste, et l’apparition de Daech sur la scène internationale, ni plus, ni moins.

La même chose se produit actuellement, et leurs partenaires acquiescent encore une fois de la tête. A cet égard, nos admirables écrivains [de comédies] Ilf et Petrov viennent à l’esprit, avec leur fameuse réplique « Qu’est-ce qu’on s’ennuie, Mesdames ! » On a déjà vu tout ça.

Quant à savoir pourquoi tout cela se produit… Tout le monde veut restaurer les relations au sein de la communauté occidentale, après que – grâce à l’ancienne administration US – beaucoup d’entre eux aient adopté une position anti-Trump durant les élections. La Syrie et la Russie, en tant qu’ennemi commun, fournissent une merveilleuse plateforme pour la consolidation. Nous sommes prêts à supporter tout cela pour une certaine durée, dans l’espoir que cela finira par nous mener à quelque tendance positive basée sur l’interaction.

Pour la consommation interne des Etats-Unis, il y a également des raisons à tout cela. Pour le dire simplement, les adversaires politiques de la nouvelle administration [Trump] sont toujours actifs, et si quelque chose (de grave) devait se produire, c’est à lui qu’ils en feront porter le chapeau. Je n’ai aucun doute à ce sujet.

Quant à savoir si d’autres frappes en Syrie sont possibles, nous avons des informations venant de plusieurs sources selon lesquelles d’autres provocations – je ne saurais les caractériser autrement – de ce genre se préparent, notamment dans les banlieues sud de Damas, où ils prévoient d’utiliser quelque produit chimique, et d’en accuser les autorités syriennes.

Nous estimons que tout incident de ce genre doit faire l’objet d’une enquête rigoureuse. Nous en appellerons officiellement à l’instance de l’ONU à La Haye et à la communauté internationale pour qu’une enquête exhaustive soit menée sur ce qui s’est passé. Des mesures appropriées pourront ensuite être prises en fonction de ce que révèlera l’investigation.

Ce sera tout.

Source: http://sayed7asan.blogspot.fr/

 

La deuxième guerre de Corée aura-t-elle lieu ?

Et si la péninsule coréenne était à l’aube d’un engrenage conduisant à une deuxième guerre après celle de 1950 ? C’est la peur qui a soudain saisi les médias sud-coréens. Nous sommes « prêts à la guerre » avec les États-Unis, a répondu Pyongyang ce mardi 11 avril après le déploiement américain d’une flotte de guerre depuis ce week-end près de la péninsule coréenne. A l’approche du 105ème anniversaire de la fondation de la Corée du Nord le 15 avril prochain, un 6ème essai nucléaire est fort probable. Quelles seraient alors les représailles de l’administration Trump ? Un bombardement des sites nucléaires nord-coréens ? Le scénario noir hante plus que jamais les observateurs.

« Prête à réagir à n’importe quel genre de guerre voulue par les États-Unis. » Voilà la réponse de la Corée du Nord à Donald Trump, dans un communiqué de l’agence de presse KCNA à Pyongyang. Les familiers du langage officiel du régime nord-coréen ne s’étonneront pas. Mais cette déclaration prend un relief nouveau alors que Washington a envoyé ce week-end le porte-avion USS Carl Vinson accompagné d’un groupe de croiseurs, quelques jours après ses frappes surprises en Syrie. « Nous tiendrons les États-Unis totalement responsables des conséquences catastrophiques provoquées par ses actions scandaleuses », prévient le communiqué nord-coréen. Concrètement, que peut-il se produire ? L’anniversaire de la fondation de la république démocratique populaire de Corée serait une occasion rêvée pour Kim Jong-un de réaliser le 6ème test nucléaire attendu officieusement depuis quelques semaines, rapporte le Straits Times. D’après les dernières images satellites américaines, un tel test serait en préparation et, selon le site 38 North, sa charge explosive serait 14 fois plus forte que le 5ème test nucléaire (15 à 20 000 tonnes). D’une manière générale, si Pyongyang persiste dans son programme nucléaire, c’est pour mettre sur pied d’ici deux ans un arsenal opérationnel de missiles balistiques intercontinentaux à longue portés (ICBM), capables d’atteindre la Corée du Sud et surtout les États-Unis, rappelle le journal singapourien.

Toujours est-il que la situation de ces derniers jours ne laisse pas d’inquiéter à Séoul. « La deuxième guerre de Corée est-elle imminente ? » se demande le Korea Times. Pour tenter de répondre, le site sud-coréen a interrogé quatre spécialistes sud-coréens. Pour le docteur Kim Dong-yub de l’Institut d’Etudes de l’Extrême-Orient, le tir d’un missile balistique nord-coréen est plus probable qu’un test nucléaire. Dans le cas où les Etats-Unis attaqueraient frontalement la Corée du Nord, celle-ci répliquerait en visant sa voisine du Sud, pour « nuire gravement » aux relations entre Séoul et Washington. Ce scénario n’est pas exclu mais les risques sont minimes, nuance l’expert. Si l’administration de Trump ne veut pas « être accusée de crime contre l’humanité », souligne Kim Dong-yub, elle devra avoir une raison valable pour frapper le régime de Kim Jong-un. Peu enclin à prédire un test nucléaire, le professeur Chung Sung-Yoon de l’Institut coréen pour l’Unification nationale, croit pour sûr à une « provocation militaire » d’ici « un mois ou deux ». La Corée du Nord « doit démontrer sa capacité à contrôler les bombes à hydrogène, et non les bombes atomiques », précise Kim Jae-chun de l’Université de Sogang. Selon lui, Pyongyang a « les compétences pour miniaturiser et normaliser ses armes nucléaires ». Le chercheur ne cache son pessimisme : dans l’éventualité d’une provocation nucléaire du régime de Kim Jong-un, les États-Unis frapperaient le centre de recherche scientifique nucléaire de Yongbyon. Les deux Corées seraient donc précipitées dans une guerre nucléaire.

Pas question d’envisager un tel scénario à Pékin. « Toutes les parties concernées devraient faire preuve de retenue et éviter les activités susceptibles d’aggraver les tensions », a déclaré ce lundi 10 avril Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères cité par le Global Times. Pour tenter d’apaiser les tensions et montrer son initiative diplomatique, la Chine a envoyé à Séoul ce lundi son émissaire spécial pour les affaires coréennes, Wu Dawei, afin de s’entendre avec Kim Hong Kyun, l’émissaire sud-coréen des pourparlers à six. Selon l’agence Yonhap cité par le Straits Times, les deux hommes ont convenue d’adopter de « nouvelles mesures conformément aux résolutions de l’ONU si la Corée du Nord effectue de nouveaux essais nucléaires et balistiques ». Mais ni le Chinois ni le Sud-Coréen n’ont évoqué l’option militaire. Pas un mot non plus sur l’hypothèse d’une frappe américaine sur la péninsule coréenne.

 Sarah Suong Mazelier

Photo: Wu Dawei, l’émissaire spécial de la Chine pour les affaires coréennes, et Kim Hong-kyun, le représentant de la Corée du Sud aux pourparlers à six lors de leur rencontre à Séoul le 10 Avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / POOL / JUNG Yeon-Je)  

Source: https://asialyst.com/fr/2017/04/11/deuxieme-guerre-coree-aura-t-elle-lieu/

 

Depuis l’Italie, l’attaque contre la Syrie

Manlio Dinucci observe l’unanimisme des dirigeants occidentaux et des élites progressistes pour soutenir la guerre contre la Syrie. Toute l’armada de l’Otan est prête à violer le droit international et à semer la mort au nom d’un Bien imaginaire : sauver les populations civiles des armes chimiques d’el-Assad. Alors même que les seules preuves établies attestent la responsabilité des jihadistes, justement soutenus par des membres de l’Otan.

Après l’attaque de missiles des États-Unis contre la Syrie, le ministre des Affaires étrangères, Angelino Alfano, a déclaré que l’Italie est préoccupée par la « sécurité et stabilité de la région méditerranéenne ». La façon dont elle y contribue est attestée par les faits.

Les deux navires de guerre états-uniens, le USS Porter et le USS Ross, qui ont attaqué la base syrienne de Chayrat, font partie de la Sixième Flotte dont la base principale est à Gaète dans le Latium. Elle dépend du Commandement des forces navales US en Europe, dont le quartier général est à Naples-Capodichino. Le Commandement, qui a dirigé depuis Naples l’attaque décidée par le président Trump, est placé sous les ordres de l’amirale Michelle Howard, laquelle commande en même temps la Force conjointe de l’Otan dont le quartier général est à Lago Patria (Naples). L’opération guerrière a été soutenue par les bases états-uniennes en Sicile : la base aéronavale de Sigonella et la station de Niscemi du système Muos de transmissions navales, flanquées par la base d’Augusta où les navires de la Sixième Flotte et ceux de l’Otan sont approvisionnés en carburant et munitions, y compris missiles de croisière Tomahawk, ceux-là même utilisés contre la Syrie.

L’USS Porter et l’USS Ross sont dotés de lanceurs verticaux Aegis avec missiles intercepteurs, installés aussi dans la base terrestre de Deveselu en Roumanie et dans une autre en construction en Pologne. Ils font partie du soi-disant « bouclier anti-missiles » déployé par les USA en Europe en fonction anti-Russie. Mais les lanceurs Aegis —documente leur propre constructeur Lockheed Martin— peuvent lancer des « missiles pour toutes les missions, dont des missiles de croisière Tomahawk ». Ceux-ci peuvent être armés aussi de têtes nucléaires. Les quatre navires lance-missiles Aegis, déployés dans la base espagnole de Rota sur l’Atlantique, sont envoyés, par roulement, par le Commandement de Naples en Baltique et Mer Noire, dans les zones adossées à la Russie. L’USS Porter avait participé à un exercice en mer Noire, avant l’attaque contre la Syrie. Le ministre Alfano l’a qualifiée d’ « action militaire proportionnée dans ses délais et son mode d’action, comme dissuasion d’ultérieures utilisations d’armes chimiques par Assad ».

Il a ainsi convoqué aujourd’hui à Lucques, de façon collatérale au G7 affaires étrangères, « une réunion spéciale pour relancer le processus politique sur la Syrie, élargie aux ministres des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes, du Qatar, de la Turquie et de la Jordanie » : c’est-à-dire ces pays qui, dans le cadre d’un réseau international organisé par la CIA, ont fourni des milliards de dollars, des armes, des bases d’entraînement et des voies de transit aux groupes terroristes, y compris Daesh, qui depuis des années attaquent la Syrie de l’intérieur.

Juste au moment où était en train d’échouer cette opération, à laquelle l’Italie participe via les « Amis de la Syrie », et où était sur le point de s’ouvrir une négociation pour mettre fin à la guerre, le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, a été accusé d’avoir massacré des civils, dont de nombreux enfants, par une attaque chimique délibérée.

Une ample documentation —rapportée par le Professeur Michel Chossudovsky dans le site Global Research [1]— démontre au contraire que c’est le Pentagone, à partir de 2012, qui a fourni par l’intermédiaire de contractants des armes chimiques et l’entraînement y afférent à des groupes terroristes en Syrie. Ceux-ci les ont utilisées, comme l’a prouvé en 2013 la Commission d’enquête de l’ONU conduite par Carla Del Ponte.

Preuves ignorées par l’Italie qui, pour « relancer le processus politique sur la Syrie », convoque ceux qui sont le plus impliqués dans la démolition de l’État syrien en l’attaquant de l’intérieur. Pendant que l’amirale Michelle Howard, après avoir dirigé depuis le quartier général de Naples —pont de commandement du porte-avions Italie— l’attaque de missiles contre la Syrie, la définit comme « exemple de notre force et capacité à projeter de la puissance dans le monde entier ».

Manlio Dinucci

Traduction: Marie-Ange Patrizio

Source: Il Manifesto (Italie)         

[1] “When America’s “Progressives” Pay Lip Service to Imperialism. The Anti-War Movement is Dead. Trump’s Punitive Airstrikes against Syria. Noam Chomsky Favors « Regime Change »”, Michel Chossudovsky, Global Research, April 9, 2017.

Photo: L’amirale Michelle Howard

Source: http://www.voltairenet.org/article195938.html

 

 

Trump humilié : 34 missiles de croisière sur 59 ont été neutralisés

Le système électronique de contre-mesures (ECM) russe a fait s’abîmer dans la Méditerranée quelques Tomahawks, d’autres ont été abattus.

Note de l’auteur : Il est bon de se sentir bien, même exalté, quand le mal « fait en notre nom » échoue.

 

Dernière nouvelle : Puisque cette affaire est sortie, les responsables syriens ont accepté de nous en parler. La raison pour laquelle cela a été différée est expliquée ci-dessous, mais comme nous ne prenons pas de gants, nous allons la rendre publique. Ne pas avoir remis à niveau les missiles de croisière US, pour les blinder contre l’ECM moderne, et supposer que la Syrie était sans défense, n’est qu’une partie de l’histoire. Nous pourrions aussi rappeler aux lecteurs l’affaire de l’USS Donald Cook. Les USA ont eu la chance de ne pas avoir à remorquer leurs deux destroyers au port, après tout, c’est déjà arrivé.

Exemple parmi d’autres

 

La dernière fois que les USA se sont heurtés à l’ECM russe, 27 membres d’équipage de l’USS Donald Cook ont demandé à être relevés. Se sont mutinés est plus précis. Et puis, il y a cet échec épique du drone RQ 170 de Lockheed au-dessus de l’Iran, que l’ECM a forcé à atterrir :

Ci-dessous, présentée par le Centre d’études Feril FCFS russe, une photo du système servant à neutraliser les missiles de croisière US :

Le fait est confirmé par mes informateurs personnels des services de sécurité syriens. Les contre-mesures électroniques et les interceptions de missiles ont été utilisées. Les missiles de croisière ont été tirés par-dessus le Liban pour contourner le système S400 russe et éviter la destruction des navires US par d’éventuels missiles installés au sol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tombés dans les villages environnants, cinq missiles ont tué 5 civils et en ont blessé 20. D’autres missiles se sont abîmés en Méditerranée, où ils ont pu être vus depuis les ponts des navires qui les ont lancés.

Atterrissage humide pour l’amoureux orange pipi

Puisque le président Trump a ordonné des représailles contre Veterans Today et son personnel, en partie à cause de notre article qui accusait les Casques blancs, qui a eu une grande audience internationale, et en partie pour nous mettre en garde sur une question de chantage avec un enregistrement, il y a eu des changements. Veterans Today est « le dernier homme debout ». Nous gardons au chaud plusieurs histoires, mais il y a une différence entre histoire et chose fondée. Ce qui suit est fondé et confirmé à présent par nos propres sources en Syrie.

Veterans Today a contacté le ministère syrien de l’information à propos de la bizarre disparition de 34 missiles de croisière Tomahawk. Veterans Today a supposé que certains ont pu être envoyés contre d’autres objectifs, et est même allé jusqu’à suspecter un éventuel complot pour frapper Palmyre, afin d’aider l’attaque d’ISIS là-bas.

 

Une confirmation possible serait tout simplement le nombre de tirs, 59, qui serait nécessaire pour submerger le système antiaérien russe, selon le nombre de lanceurs S300 et S400 et des autres systèmes capables d’abattre les missiles présents là-bas. Les Russes auraient gardé le meilleur « sous le coude », au cas où les missiles de croisière serviraient à vider les tubes antiaériens pour permettre un éventuel raid de B52 ou un « spectacle grandiose » similaire.

En mai 2013, la Syrie a coulé un sous-marin israélien. En 2015, l’Irak a capturé un général israélien. Certains prétendaient qu’il était colonel, et ils nous ont envoyé une copie de sa carte d’identité lorsque j’ai suggéré qu’elle était fausse.

La vraie guerre, ce qui se passe, est très différente de ce qui est rapporté. La Syrie, l’Irak, l’Iran et même la Russie minimisent les faits qui pourraient embarrasser les USA ou Israël au point de les humilier. Tous deux ont subi de graves échecs qui sont gardés secrets par les autres [médias], et de nombreuses affaires publiées par Veterans Today ne sont pas de ce niveau chez les autres.

Veterans Today était autrefois une « zone franche » permettant de publier des informations confidentielles, une sorte de soupape de sécurité. Trump a mis un terme à cela en s’en prenant à nous, et, ce faisant, il a utilisé des moyens militaires directement contre une tribune médiatique qui ne transmet aucune « nouvelle bidonnée ». La nouvelle « loi du pays selon Trump ».

 

Avant de commencer à expliquer la vidéo, j’aurais un mot ou deux à dire. Les morts des photographies de l’attaque au gaz auraient reçu de l’argent. Cela montre que les morts se rétablissent puis vont voir ailleurs. Nous ne pouvons pas le vérifier, mais je mentionnerai que c’est le cas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-delà de cela, on nous a dit que le Japon possède la copie d’une bande enregistrée permettant de faire chanter Trump sur la confrontation avec la Corée du Nord. Si la bande existe, et on nous a donné le nom du responsable du Parti républicain qui a l’autre copie, un qui n’est pas bien connu du public, alors l’idée d’« État profond » et de chantage doivent être pris en considération.

« Trump attack » dessiné par des Russes

S’il s’agit d’une théorie du complot, et ce pourrait bien être le cas, alors Trump a tout planifié depuis le début, c’est mon sentiment. La bande implique le meurtre d’un mineur. Il se pourrait bien qu’elle n’existe pas, sauf que depuis qu’elle nous a été proposée, à un prix dépassant nos possibilités, Veterans Today est espionné sur ordre présidentiel.

Press TV/Téhéran : Depuis le lancement des 59 missiles Tomahawk vendredi, contre un aérodrome de Homs, une question ne cesse de revenir dans toutes les analyses : 23 des 59 missiles de croisière US ont touché leur objectif. Et les autres engins ? Qu’est-il arrivé aux autres Tomahawks tirés par deux navires de guerre US déployés en Méditerranée ? La réponse est montrée par la vidéo qu’Al-Alam a envoyé ce samedi : La DCA syrienne a intercepté et détruit 34 missiles Tomahawk avant qu’ils n’atteignent la base aérienne de Shayrat.

Cette information met en évidence que la décision d’intercepter et de détruire en vol les missiles US, a été prise par la direction syrienne dans la minute même du lancement de l’attaque. D’autres analystes notent le rôle des radars russes qui seraient entrés en fonctions immédiatement après le premier tir de missile. Était-ce les S-300 syriens ou les S-400 russes déployés en Syrie ? Pourquoi avoir caché cette riposte cinglante et n’en avoir parlé que deux jours après l’attaque ?

Publiée par des sources militaires syriennes, la vidéo prouve une chose : Si la Syrie et son allié russe ont évité de la publier dans les heures suivant les frappes US, c’était pour éviter l’escalade. Mais compte tenu de la campagne intense de menaces contre la Syrie et la Russie, il n’y a aucune raison de ne pas divulguer les faiblesses des missiles US et les capacités de la DCA syrienne.

Par la voix du porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, les USA ont annoncé ce dimanche ne pas avoir prévenu les Russes avant l’attaque qu’ils s’apprêtaient à lancer sur le territoire syrien. Interrogé par Fox News, le porte-parole a dit : « nous n’avons eu aucun contact avec les dirigeants politiques russes. » Cela signifie que les USA ont en réalité voulu prendre de court les Russes. Mais la surprise semble ne pas avoir bien marché !

Les analystes disent aussi que la Russie, dont des navires de guerre viennent de revenir en Méditerranée, a fait preuve de retenue pour éviter une « guerre balistique » pouvant entraîner un conflit nucléaire.

Origine de la vidéo : Al-Alam

Veterans TodayGordon Duff & Dr Bassam Barakat

Original : www.veteranstoday.com/2017/04/09/trump-humilated-syria-shoots-down-34-of-59-cruise-missiles-russia-to-upgrade-system-soon/
Traduction 
Petrus Lombard

 

 

POUR LA SYRIE, une question urgente : d’où proviennent les gaz mortels ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le prétendu "retournement" de la politique de Trump arrive étrangement en même temps que la visite du chef d’État chinois, et à un moment où les USA ont besoin de moyens de pression plus forts pour rétablir le rapport de force qui tourne à leur désavantage en Syrie, soutenue concrètement par la Russie, mais aussi, même si plus discrètement, par la Chine…

On se rappellera que Trump a d’abord été élu dans l’objectif de rabaisser la puissance de la Chine et de ses alliés.

Quand on connait le machiavélisme traditionnel des USA pour monter des plans de manipulations guerrières partout à travers le monde, on comprendra également pourquoi la version russe des évènements est probablement la plus véridique. En effet, cet article nous rappelle, entre autres, que les infos sur les raids aériens sont échangées à l’avance entre russes et américains, pour des raisons diplomatiques évidentes, et donc la possibilité que la Russie ait été piégée dans ce cas est bien réelle.

Ce que semble confirmer cet article émanant d’une source US…

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Ancien colonel de la DIA nord-américaine :

"Les attaques américaines contre la Syrie sont fondées sur un mensonge"

 

Publié le 7 avril 2017 par Intel Today

 

"Dans les jours à venir, les Américains apprendront que la Communauté d’Intelligence [US] savait que la Syrie n’avait pas bombardé avec des armes chimiques militaires des civils innocents à Idlib."

Ancien Colonel DIA Patrick Lang

 

Patrick Lang - un ancien colonel de la DIA - ne mâche pas ses mots pour parler des attentats américains contre la Syrie. Lang affirme que la décision de Donald Trump de lancer des frappes de missiles de croisière sur une base aérienne syrienne était basée sur un mensonge.

Suivez-nous sur Twitter : @INTEL_TODAY

Patrick Lang est vraiment un expert de premier plan sur le Moyen-Orient. L’ancien colonel DIA est très respecté pour sa connaissance approfondie et son honnêteté absolue.

 

( NDLR : voir sa notice Wikipédia 

https://en.wikipedia.org/wiki/W._Patrick_Lang )

 

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[NOTE (sur le blog US) : Il y a plusieurs années, Lang m’a aidé à comprendre un dossier très « obscur » concernant la Libye. Je me fie à son analyse à 100%. La semaine dernière - sachant très bien que « ça allait être le chaos » - je lui ai demandé la permission de reproduire ses articles sur mon blog. Le colonel Lang a accepté avec gentillesse.]

 

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ANALYSE par le colonel retraité Patrick LANG

La décision de Donald Trump de lancer des missiles de croisière sur une base aérienne syrienne était basée sur un mensonge. Dans les jours à venir, le peuple américain apprendra ce que la communauté du renseignement savait. C’est-à-dire que la Syrie n’avait pas bombardé avec des armes chimiques militaires des civils innocents à Idlib.

Voici ce qui s’est passé.

Les Russes ont informé les États-Unis de l’objectif proposé. Il s’agit d’un processus qui a démarré il y a plus de deux mois. Il existe une ligne téléphonique dédiée qui est utilisée pour coordonner et « déconflictualiser » l’opération à venir (c.-à-d., empêcher les moyens aériens américains et russes de se tirer dessus entre eux).

Les États-Unis ont été pleinement informés du fait qu’il y avait une cible dans Idlib que les Russes croyaient être un dépôt d’armes / explosifs des rebelles islamiques.

La Force aérienne syrienne a frappé la cible avec des armes conventionnelles. Toutes les parties impliquées s’attendaient à voir une explosion secondaire massive. Cela n’a pas eu lieu. Au lieu de cela, de la fumée, de la fumée chimique, a commencé à s'échapper du site. Il s’avéra que les rebelles islamiques ont utilisé ce site pour stocker des produits chimiques, qui étaient mortels, mais pas du gaz sarin. Les produits chimiques comprenaient des phosphates organiques et du chlore et ils ont été emportés par le vent et ont tué des civils.

Il y avait un fort vent soufflant ce jour-là et le nuage a été conduit dans un village voisin et il a provoqué des pertes.

Nous savons que ce n’était pas du sarin. Comment ? Très simple. Les soi-disant « premiers intervenants » ont traité les victimes sans gants. Si cela avait été du sarin, ils seraient morts. Le sarin sur la peau vous tue. Comment puis-je savoir ? Je suis passé par la formation "Live Agent" à Fort McClellan, en Alabama.

Il y a des membres de l’armée américaine qui étaient conscients que cette attaque se produirait et cela a été enregistré. Il y a un film d'enregistrement. Au moins, l’Agence de renseignement de la Défense [NDLR : la DIA] sait que ce n’était pas une attaque d’armes chimiques. En fait, les armes chimiques militaires syriennes ont été détruites avec l’aide de la Russie.

C’est "Golf du Tonkin 2". Quelle ironie. Donald Trump a correctement fustigé George W. Bush pour avoir lancé une attaque injustifiée et non provoquée contre l’Irak en 2003. Maintenant, nous avons le président Donald Trump faisant la même chose. Pire encore. Car la communauté du renseignement avait des informations montrant qu’il n’y avait aucune arme chimique lancée par la Force aérienne syrienne.

Voici les bonnes nouvelles. Les Russes et les Syriens ont été informés, ou, pour moins, étaient au courant que l’attaque arrivait. Ils ont pu enlever un grand nombre de leurs actifs. La base que les États-Unis ont frappée était une coquille vide. Donald Trump prétend qu’il est un dur. Il ne l’est pas. C’est un imbécile.

Cette attaque a été une violation du droit international. Donald Trump a autorisé une attaque injustifiée contre un pays souverain. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que des gens comme le secrétaire de la Défense, Jim Mattis, le directeur de la CIA, Mike Pompeo, et le directeur général de la NSA (National Security Agency), McMaster, ont accepté cette charade. Les troupes de première ligne connaissent la vérité. Ces faits apparaîtront à la lumière, inévitablement. Donald Trump ne terminera probablement pas son mandat de président. Il sera mis en accusation, je crois, une fois que sera présentée devant le Congrès la preuve irréfutable qu’il a ignoré et rejeté des renseignements qui ne soutenaient pas le mythe que la Syrie avait attaqué avec des armes chimiques.

Cela devrait aussi alarmer les contribuables américains car nous avons lancé 100 millions de dollars de missiles pour faire sauter du sable et des crottes de chameau. Les Russes étaient conscients qu’une attaque arrivait. J’espère qu’eux et les Syriens ont retiré leurs forces et leurs avions de la base. Quel que soit l’espoir que j’ai eu, que Donald Trump serait un nouveau type de président, cet espoir est éteint. C’est un enfant et un imbécile. Il a commis un acte de guerre sans justification. Mais sa faute n’est pas uniquement la sienne. Ceux qui siègent au sommet de la NSA, du DOD, de la CIA, du Département d’État devraient avoir démissionné en signe de protestation. Ils ne l’ont pas fait. Ils sont complices d’un crime de guerre.

 

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À propos de Patrick Lang

https://en.wikipedia.org/wiki/W._Patrick_Lang

Walter Patrick "Pat" Lang, Jr. (né le 31 mai 1940) est un commentateur sur le Moyen-Orient, un officier de l’armée américaine à la retraite et un analyste privé du renseignement, et un auteur. Après avoir quitté le service militaire comme colonel , il a tenu les plus hauts postes en intelligence militaire en tant que civil.

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(Source de l’article original :

https://gosint.wordpress.com/2017/04/07/former-dia-colonel-us-strikes-on-a-syria-based-on-a-lie/ )

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LA PREMIERE TRADUCTION PUBLIEE EN FRANCAIS

SUR TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/08/pour-la-syrie-une-question-urgente-dou-proviennent-les-gaz-mortels/

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Et l’usage de l’arme chimique à Mossoul, c’est aussi Assad ?

Silence de l’Occident face à l’usage de l’arme chimique par les terroristes à Mossoul

Les civils de la ville irakienne de Mossoul ont subi ce vendredi une attaque aux armes chimiques de la part des terroristes de Daech, a déclaré Abdul Sattar Al Habu, maire de la ville, lors d’une interview avec l’agence russe Sputnik.

« Daech a utilisé aujourd’hui des obus contenant des gaz et du chlore contre les civils et les militaires de l’armée gouvernementale se trouvant dans les régions déjà libérées de Yarmouk et de Matachin », a-t-il confirmé.

Selon lui, pour l’instant, le nombre exact de victimes de cette attaque terroriste n’a pas encore été communiqué.

Ce n’est pas la première fois que Daech utilise des armes chimiques en Syrie et en Irak. Les pays occidentaux restent très largement silencieux face à cette réalité, malgré les preuves présentées par les deux États moyen-orientaux et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Le ministère russe des Affaires étrangères a fustigé, le 8 avril, l’usage de gaz chimique en Syrie par les terroristes et le mutisme des pays occidentaux, notamment des États-Unis. « Moscou ne peut tolérer l’attitude de l’Occident ni la falsification de la réalité », a-t-il déclaré.

Le communiqué du ministère russe évoque l’attaque chimique contre Khan Assal, en banlieue d’Alep, qui avait fait 28 morts parmi les civils et 200 asphyxiés.

Face à l’inertie de l’Occident, Moscou avait insisté auprès du Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’une enquête soit ouverte, mettant en garde, à maintes reprises, contre la menace chimique en Syrie et en Irak. Mais cela n’a pas suffi pour casser bras et jambes aux terroristes.

Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a indiqué que les experts onusiens et les observateurs de l’OIAC avaient tout à fait connaissance de l’usage d’armes chimiques par les groupes terroristes contre la population civile. « Leur silence et leur obstination à ne pas condamner cet acte criminel contre la population civile de Mossoul sont inacceptables », a-t-il ajouté.

Le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, avait eu une réaction identique.

Source:http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/04/09/517385/Silence-de-lOccident-face–lusage-de-larme-chimique-par-les-terroristes–Mossoul

 

Trump va-t-il attaquer la Corée du Nord ? – Un porte-avions US en route vers la péninsule coréenne

Moins de 48 heures après avoir frappé une base aérienne syrienne, pour «punir» le régime syrien d’une attaque chimique présumée, les Etats-Unis ont décidé samedi de montrer leurs muscles sur un autre dossier, le nucléaire nord-coréen.

Un porte-avions américain et sa flotte font route vers la péninsule coréenne, a ainsi révélé samedi le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, en mentionnant clairement la menace nucléaire nord-coréenne.

«Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d’être à disposition et présent dans l’ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution», a déclaré son porte-parole, le commandant Dave Benham, cité par l’AFP. Il a précisé que «la menace numéro un dans la région reste la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles irresponsable, déstabilisateur et imprudent, et de la poursuite (de ses recherches) en vue de disposer d’armes nucléaires».

Ce groupe comporte le porte-avions Carl Vinson, de la classe des porte-avions Nimitz, son escadron aérien, deux destroyers lanceurs de missiles et un croiseur lanceur de missiles. Alors qu’il devait initialement aller faire escale en Australie, il a pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour.

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites décortiquées par les experts de «38 North» suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai. Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d’un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d’ici moins de deux ans.

Jeudi et vendredi, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont longuement discuté en Floride (Etats-Unis), à Mar-a-Lago, dans la résidence privée du nouvel hôte de la Maison-Blanche, et Donald Trump aurait demandé à son visiteur de faire pression sur Kim Jong-Un pour que celui-ci cesse son programme d’armement nucléaire. Le président américain a cependant d’ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d’une action unilatérale, et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée jeudi soir sur la base aérienne syrienne d’où auraient décollé les avions syriens supposés responsables de l’attaque chimique présumée contre le village de Khan Cheikhoun mardi.

Samedi la Corée du Nord a d’ailleurs qualifié cette attaque américaine en Syrie d’«acte d’agression intolérable».

«La réalité d’aujourd’hui montre que nous devons exercer pouvoir contre-pouvoir, et cela prouve plus d’un million de fois que notre décision de renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix», a ajouté un porte-parole non identifié du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle Kcna.

Selon plusieurs analystes, ces frappes américaines en Syrie constituaient en fait aussi un message clair à destination de Pyongyang. Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avait prévenu dès vendredi que les Etats-Unis étaient prêts à «agir seuls» si nécessaire contre la Corée du Nord:

«Nous (…) sommes prêts à agir seuls si la Chine n’est pas capable de se coordonner avec nous» pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le droit international, avait déclaré M.Tillerson, depuis Mar-a-Lago.

Les experts jugent qu’une frappe en Corée du Nord pourrait être une bonne stratégie du point de vue militaire, mais préviennent que cela risque de mettre en danger la population civile sud-coréenne.

Pyongyang a tiré mercredi un missile balistique qui s’est abîmé en mer du Japon, à la veille de la première rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. En février, la Corée du Nord avait tiré simultanément quatre autres missiles, dont trois avaient fini leur course dangereusement près du Japon. Elle avait expliqué qu’il s’agissait d’un exercice en vue d’une attaque contre les bases américaines dans l’archipel.

Fin août 2016, la Corée du Nord avait également tiré depuis un sous-marin un missile qui avait parcouru un demi-millier de kilomètres en direction du Japon, ce qui constituait pour les experts une nette avancée dans les programmes de Pyongyang. Une véritable capacité de missiles stratégiques mer-sol (Msbs) ferait monter d’un cran la menace nucléaire, car Pyongyang pourrait ainsi porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule et disposerait d’une capacité de «seconde frappe» en cas d’attaque. S’ils soulignent les progrès nord-coréens, les experts estiment cependant que la Corée du Nord est encore loin de maîtriser la technologie Msbs.

 

 Source:http://www.lexpressiondz.com/internationale/264331-un-porte-avions-us-en-route-vers-la-peninsule-coreenne.html

Accaparement des terres: l’interminable bras de fer avec le groupe Bolloré

Samedi, des opposants à la politique africaine de Bolloré se réunissent à Paris. Au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou en Sierra Leone, les riverains des plantations d’hévéas et de palmiers à huile du groupe luttent toujours pour vivre mieux. Deux de leurs représentants étaient récemment en Europe.

Tous contre Bolloré. Ce samedi 8 avril, un collectif d’associations de la société civile française et africaine appelle à manifester « contre la nouvelle Françafrique », et notamment contre le groupe Bolloré, très actif sur le continent africain. Il sera largement question de l’accident, en octobre 2016, d’un train de la société camerounaise Camrail (dont Bolloré est l’actionnaire majoritaire), dû à « une accumulation de fautes graves et de négligences », selon un rapport d’expert. Mais pas seulement. Des villageois devraient aussi intervenir, par vidéo, pour raconter leur lutte contre les plantations de Socfin et l’accaparement de leurs terres.

Socfin est une holding luxembourgeoise dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire (38,7 % des parts), qui détient des plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues et les surfaces de ses plantations africaines ont augmenté d’un quart entre 2011 et 2014, selon l’Alliance des riverains desdites plantations, qui ont décidé en 2013 de se coordonner, avec l’aide active de l’ONG française ReAct.

« Ces expansions provoquent de graves conflits avec les populations riveraines qui sont privées de terres et voient leurs conditions de vie sans cesse se dégrader », résume l’association. Les militants dénoncent les conditions de vie et de travail au sein ou à proximité des immenses plantations et sont porteurs de revendications et d’accusations anciennes, que le groupe connaît bien. Elles étaient notamment énumérées dans une lettre ouverte qui avait été remise en mains propres, en juin 2013, à Vincent Bolloré.

Mediapart a déjà rendu compte de ces conflits, et des actions menées pour tenter de les résoudre, en 2013 et en 2015. Nous avons aussi raconté que des villageois cambodgiens ont décidé d’attaquer Bolloré en justice, directement en France. Mais sur place, près des diverses plantations, la situation évolue peu. Pour ReAct, les négociations et multiples tentatives de discussion depuis 2008 ont « trop souvent mené à une impasse ». En Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, indique l’ONG, aucune discussion n’a pu être menée, tandis qu’au Cameroun, au Liberia ou au Cambodge, des rencontres ont bien eu lieu, mais sans aboutir à des mesures concrètes.

 

Lassée par ces tergiversations, l’Alliance des riverains a récemment mandaté deux de ses membres sierra-léonais, Shiaka Sama et Joseph Rahall, pour passer dix jours en Europe et tenter de faire avancer les choses. Les deux hommes sont des figures de la protestation contre les plantations de Socfin. Le premier, comme nous l’avions raconté, a fait de la prison en octobre 2014, accusé avec d’autres membres de Maloa, l’association dont il est le porte-parole, d’avoir détruit des plants de palmiers à huile, ce qu’ils ont toujours contesté. En février dernier, Shiaka Sama a été condamné à une forte amende (environ 13 000 euros), et les autres militants à la moitié de cette somme. Leur sort, ainsi que celui d’autres activistes locaux, a déclenché les protestations officielles de la Fédération internationale des droits de l’homme.

Shiaka Sama, à gauche, le 20 mars devant le siège de Socfin. © DR

Joseph Rahall dirige quant à lui une autre association sierra-léonaise, Green Scenery. En mai 2011, il avait publié un rapport très critique sur l’implantation de Socfin dans son pays, qui lui avait valu une plainte en diffamation, retirée depuis. Début juin 2013, de nombreuses ONG internationales avaient protesté contre cette plainte, soulignant que « le rapport de Green Scenery est en cohérence avec les plaintes officielles déposées par les communautés locales, opposées à l’appropriation de leurs terres et à la destruction de leurs cultures et forêts ». Deux autres rapports partageant ces critiques ont été publiés. L’un, produit en avril 2012, est signé par The Oakland Institute, célèbre think tank américain qui observe de près les activités des grandes entreprises dans les pays en développement. Cette étude, très sévère, faisait suite à une tribune sans concession de son directeur politique, le Français Frédéric Mousseau, parue dans Le Monde en mai 2012. En octobre 2012, c’est l’association allemande Welthungerhilfe qui signait, elle aussi, un rapport assez négatif sur le même sujet.

Du 13 au 22 mars, Sama et Rahall se sont donc rendus en France et en Belgique, où ils ont rencontré des associatifs, des journalistes, mais aussi des responsables de l’OCDE et du ministère des affaires étrangères belge. Lundi 20 mars au matin, ils étaient à Bruxelles, devant le siège de Socfin, pour essayer de rencontrer des représentants de l’entreprise. Une petite mise en scène – une table, de nombreuses chaises – leur a servi à dénoncer la politique de la chaise vide menée par l’entreprise dans le conflit l’opposant aux communautés locales. Cinq jours plus tard, des activistes belges ont pris le relais.

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« Nous demandons un dialogue de l’entreprise avec les collectifs de riverains, mais nous souhaitons aussi qu’il soit équitable, c’est pourquoi nous réclamons la participation d’observateurs extérieurs », précise Joseph Rahall. « 75 % de mon district, Malen, est concerné par les plantations Socfin, 57 villages sur 64 sont touchés, et les autres vivent dans la peur de l’être à leur tour, témoigne Shiaka Sama. L’accord de départ entre le gouvernement et l’entreprise, en 2011, portait sur la location de 12 000 hectares de terres. Nous en sommes aujourd’hui à 18 400 hectares… »

Bien sûr, l’entreprise indemnise les propriétaires des terrains qu’elle utilise, mais selon le militant, les tarifs sont dérisoires : « 200 dollars par acre, versés une fois pour toutes, et 12,5 dollars par hectare, qui représente 2,5 acres, tous les ans pendant 50 ans. Et cette dernière somme est taxée presque à 50 % par les autorités. En quelques mois, tout l’argent a disparu, et les gens n’ont plus rien… » D’autant que les villageois n’ont souvent pas de titre de propriété en bonne et due forme, ce qui les empêche de toucher toutes les sommes qu’ils pourraient réclamer.

Par ailleurs, assure le militant, certains terrains auraient été annexés aux plantations, malgré le refus de villageois. Il dénonce aussi la complicité des autorités locales et du gouvernement sierra-léonais, qui voient d’un bon œil le développement des plantations. « On peut être menacé et arrêté par la police simplement pour avoir protesté ou pour tenter d’organiser une résistance à la situation », décrit-il. « Les gens vivent dans la peur », abonde Joseph Rahall.

« Le choix du villageois est toujours libre »

Que répond Socfin à ces lourdes accusations ? Rien. Interrogée par Mediapart, l’entreprise s’est refusée à tout commentaire. Il est vrai qu’elle nous poursuit en diffamation pour avoir relayé les actions de l’Alliance des riverains en 2015. Et plus précisément pour avoir repris les termes exacts de la lettre ouverte confiée en mains propres à Vincent Bolloré. Le procès est fixé pour janvier 2018. Selon le site Arrêt sur images, L’Obs et L’Express sont également poursuivis. L’ONG ReAct est, elle, poursuivie pour un article publié sur son site (repris sur le site du Grain).

Jusqu’à présent, c’est le groupe Bolloré qui avait engagé de multiples actions judiciaires au sujet des plantations. Il a récemment perdu en première et en deuxième instance contre Bastamag, Rue89 et de petits blogueurs. Désormais, Socfin a semble-t-il pris le relais. Et à nos questions, la réponse de l’entreprise a été on ne peut plus sèche : « Vos précédents écrits concernant Socfin vous valent des poursuites devant le tribunal correctionnel de Paris, vous comprendrez donc aisément que nous ne souhaitons pas un quelconque entretien. »

Pour connaître son argumentaire, on peut néanmoins se référer au droit de réponse qu’elle nous avait fait parvenir en 2015, arguant notamment que « depuis sa création il y a plus de cent ans, la Socfin et ses filiales locales ont toujours agi dans le respect des lois des pays où elles s’implantent et en harmonie avec les communautés qui voisinent ses installations », et que « toutes ses concessions ont été acquises légalement et chaque transaction est parfaitement documentée ». Sur son site internet, l’entreprise affirme par ailleurs que « le groupe Socfin n’“accapare” pas les terres des villageois », et que « le choix du villageois est toujours libre, et basé sur une information préalable, complète et conforme à la réalité ».

Toujours est-il qu’en allant manifester directement devant le siège de Socfin, les associations qui protestent contre la situation des riverains ont changé de stratégie : jusqu’à présent, elles ciblaient plus volontiers le groupe Bolloré lui-même. Depuis 2013, ce dernier avait une excuse toute prête : officiellement, il n’est « ni gestionnaire ni actionnaire majoritaire » de la société Socfin, et n'est en rien mêlé à sa conduite effective. Sur le papier, c’est en effet Hubert Fabri qui a la main sur les hévéas et les palmiers à huile, depuis qu’il s’est partagé avec Vincent Bolloré les restes (considérables) de l’ex-groupe colonial Rivaud, dont le Français a pris le contrôle en septembre 1996 (lire ici notre récit détaillé).

La Socfin, « depuis plus de 70 ans, est contrôlée majoritairement et dirigée par la famille belge Fabri », rappelle régulièrement le groupe. Mais en vérité, les deux hommes entretiennent toujours des rapports étroits : Fabri, aujourd’hui poursuivi en Belgique pour évasion fiscale, siège dans différentes instances du groupe Bolloré depuis 1987 et, comme l’a raconté Mediapart dans son enquête sur la face cachée du groupe, Bolloré demeure très actif dans les choix stratégiques de Socfin : aux côtés d’un second représentant de son groupe, il est (ou l’était au moins jusqu’en 2015) l’un des six membres de son conseil d’administration, qui comprend aussi Hubert Fabri et son fils.

Saisi en 2010 par plusieurs ONG dont Sherpa à propos des conditions de travail et de vie autour de la plantation de palmiers de la Socfin au Cameroun, le point de contact national (PCN) français de l’OCDE, chargé de faire respecter des règles minimales de bonne conduite aux entreprises, avait conclu que Bolloré était le destinataire pertinent des revendications et des protestations des cultivateurs. Et c’est à ce titre qu’en 2013, Vincent Bolloré lui-même s’était engagé à apporter des réponses aux riverains qui l’avaient sollicité. Son groupe avait ensuite accepté de lancer un processus de négociation à Paris, en octobre 2014. Marie-Annick Darmaillac, sa secrétaire générale adjointe, s’était même engagée sur plusieurs points pour tenter de résoudre les conflits provoqués par les activités de Socfin… dont aucun représentant n’avait pourtant accepté d’être présent.

Ce processus a finalement capoté. Officiellement, le groupe Bolloré n’est pas parvenu à convaincre la famille Fabri de participer aux discussions. Lors d’une réunion, le 5 juin 2015, avec des représentants du collectif de riverains, Marie-Annick Darmaillac a reconnu que Socfin « avait repris la main » et voulait être « en première ligne ». Un an plus tard, le PCN français aboutissait au même constat, passant le dossier à son homologue belge, charge à lui de se rapprocher avec Socfin.

Aux dernières nouvelles, l’entreprise a fini par accepter d’engager des discussions, et selon nos informations, les recommandations de l’instance officielle sont quasiment prêtes.

 

 

 

Comment déterrer la hache de guerre avec un Tomahawk

On se souvient du film provo Des hommes d’influence avec Dustin Hoffmann et Bob de Niro… Un président aux abois pour des tripotages sexuels se fait inventer une guerre en Albanie afin de remonter dans les sondages. Comme dit Céline, on va vous mijoter aux petits obus ! All’s the world a stage, le monde est une scène de théâtre, disait le bon Shakespeare ! Hollywood intervient, crée ses fausses images et ses hymnes transnationaux et tout le public bonne poire gobe le coup. Malgré ce film tourné pendant les années Clinton, le public continue en France comme en Amérique de tout avaler.

Il est clair que l’attaque US n’a pas fait de dégâts. Et il est clair selon les spécialistes que les armes US ne sont plus ce qu’elles étaient. J’en parlais dans un texte. Je vais donc me citer (et les auteurs qui vont avec, dont le légendaire Saker… du printemps) :

« L’article évoqué citait les Afghans : « Et comme je l’ai déjà dit, dans toutes les interviews que j’ai vues, les Afghans sont unanimes : les Soviétiques étaient des ennemis beaucoup plus coriaces que les Américains. »

On soulignait la déclaration inattendue de Vladimir Poutine :

« Poutine lui-même l’a dit récemment lorsqu’il a déclaré que « nous pouvons le dire avec certitude : nous sommes maintenant plus forts que tout agresseur potentiel, quel qu’il soit ! » Je réalise que pour la plus grande partie du public américain, cela sonne comme le baratin typique que tout officier ou politicien étasunien doit dire à chaque occasion publique, mais dans le contexte russe, c’est assez nouveau : Poutine n’avait jamais dit quelque chose de semblable auparavant ».

Le Saker rajoutait à propos des gadgets US :

« Le MiG-29 russe (1982) n’avait pas de « commande de vol électrique » comme le F-16 américain (1978) mais pratiquait de « vieux » contrôles mécaniques du vol pour de bonnes raisons. J’ajouterai qu’un fuselage plus sophistiqué et deux moteurs au lieu d’un pour le F-16 ont donné au MiG-29 un domaine de vol supérieur. En cas de besoin, cependant, les Russes ont utilisé des commandes de vol électrique, par exemple sur le Su-27 (1985).

Enfin, les forces nucléaires russes sont actuellement plus modernes et beaucoup plus performantes que la triade nucléaire américaine, vieillissante en comparaison. Même les Américains l’admettent. »

 

Il y a trente ans les coups des bushmen faisaient mal et peur. Aujourd’hui Trump fait rire et penser à un Leslie Nielsen président. Il propose à la Russie de lever les sanctions en échange d’une reddition. C’est ce qu’il appelle des deals. Pour le reste on sait que l’Amérique est le pays qui dépense le plus mal pour son armée, sa santé, son obésité, son éducation, son système social nécrosé. Maurizio Blondet a rappelé sur son blog que les missiles Sunburn russes en possession des Iraniens couleraient n’importe quel porte-avions américain dans le golfe persique. Et Marx signalait que l’histoire se répète, mais souvent aussi sous une forme comique.

 

 

Scoop. Attaque chimique en Syrie: Le médecin qui a annoncé l’attaque de Khan Sheikhoun s’appelle Shajul Islam. Il a été poursuivi pour terrorisme en Grande Bretagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le médecin qui a annoncé l’attaque chimique de Khan Sheikhoun s’appelle Shajul Islam. Il a été poursuivi pour terrorisme en Grande Bretagne.

Nous parlions déjà de cet individu ici.

Sommes-nous devant une grave manipulation de masse dont les médias sont les courroies de transmission?

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Un médecin, formé au Royaume-Uni et salué comme un héros pour avoir traité les victimes d’attaque au gaz en Syrie, a été jugé pour terrorisme « et appartenance au groupe qui a kidnappé le journaliste britannique John Cantlie »

A noter que les médias, tel Le Parisien, loin de remettre en question cet individu, le cite comme… une source:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site d’information Le peuple.be

Communiqué de la Présidence syrienne suite à l’agression américaine

C’est à visage découvert et par une agression inique que les États-Unis ont ciblé, à l’aube de ce jour, l’aéroport d’Al-Chaayrate dans le rif de Homs [*].

La Présidence de la République arabe syrienne affirme que cette dernière action du régime américain n’est rien d’autre qu’un comportement irrationnel et irresponsable, lequel ne témoigne que d’une courte vue, d’un horizon rétréci, d’une cécité politique et militaire face à la réalité, à la remorque d’une frénétique campagne de propagande hallucinatoire et mensongère ayant alimenté son arrogance, afin de le pousser à une telle débauche irréfléchie politique et militaire.

Que les États-Unis d’Amérique aient commis un tel acte odieux ciblant l’aéroport d’un État souverain éclaire, une fois de plus avec preuve concluante à l’appui, ce que la Syrie disait par le passé, et continue de dire, quant au fait que les administrations américaines successives ne modifient pas les politiques profondes de ce régime, lesquelles consistent à viser les États, soumettre les peuples et tenter de dominer le monde.

Et si le régime américain pense que par cette agression il a réussi à conforter ses agents parmi les gangs et organisations terroristes sur le terrain, la République arabe syrienne affirme, très franchement, que cette agression rend la Syrie encore plus déterminée à frapper ces suppôts terroristes et à continuer de les écraser à un rythme encore plus élevé, où qu’ils se trouvent sur l’ensemble du territoire syrien.

Damas, le 7 avril 2017

Source : Site de la Présidence

https://www.facebook.com/SyrianPresidency

[*] Vidéo : Les premières images de l’agression…

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1390998880923127/

 Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

 

 

Attaques chimiques en Syrie : la Bolivie dénonce les mensonges des Etats-Unis

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après les frappes américaines contre la Syrie, 7 avril 2017 

Intervention de la Bolivie

 

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcription :

 

Ambassadrice américaine aux Nations Unies, Nikky Haley  [Qui, durant son intervention, avait brandi des photos de l’attaque chimique attribuée au régime syrien]  : Nous allons maintenant écouter les déclarations des membres du Conseil [de sécurité] et nous commençons avec le représentant de la Bolivie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ambassadeur bolivien aux Nations Unies, Sacha Llorenti : Mme la Présidente, merci de me donner la parole et d'avoir convoqué cette rencontre publique du Conseil de Sécurité. Il est vital que non seulement les membres de notre organisation mais également le monde entier puissent voir (quelles sont) les positions des membres du Conseil de sécurité de manière totalement transparente, étant donnés les événements récents en Syrie.

La Bolivie a appelé à la convocation de cette réunion, préoccupée par les événements des dernières heures. Tandis que le Conseil de sécurité débattait les propositions quant à ce que serait le mécanisme d'enquête sur les horribles attaques chimiques dont toute l'humanité a pu témoigner, tandis que nous discutions des termes qui pourraient être utilisés dans la résolution, et tandis que les membres permanents et non-permanents avançaient des propositions pour le texte d'une telle résolution, les Etats-Unis, encore une fois, préparaient et lançaient une attaque unilatérale.

 Les attaques de missile, bien sûr, sont une action unilatérale. Elles représentent une grave menace pour la paix et la sécurité internationales. Pourquoi ? Parce que durant les 70 dernières années, l'humanité a érigé une structure non seulement physique et institutionnelle mais également une structure légale. Ils ont établi des instruments de droit international justement pour empêcher des situations où le plus puissant attaque le plus faible en toute impunité, afin d'assurer un équilibre dans le monde, et bien sûr pour éviter des violations très graves de la paix et de la sécurité internationales.

Nous considérons que c'est le devoir du Conseil de sécurité mais pas seulement, de l'ONU dans tous ses organismes, que de défendre le multilatéralisme. Nous sommes ici pour défendre le multilatéralisme.

 Nous avons reconnu que cette Charte des Nations Unies doit être respectée. Et cette Charte interdit les actions unilatérales. Toute action doit être autorisée par le Conseil de sécurité, en accord avec la Charte. Permettez-moi d'en lire quelques articles afin que nous puissions nous le remémorer.

Le chapitre 24 déclare qu'afin de garantir une action prompte et effective de l'ONU, ses membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité primordiale du maintien de la paix et de la sécurité internationale et reconnaissent que dans l'exécution de ces tâches, sous cette responsabilité, le Conseil de sécurité agit en leur nom. Ce Conseil de sécurité, pas seulement les 15 membres qui sont assis à cette table, nous représentons les 193 pays de cette organisation, et à travers eux, nous représentons le peuple du monde. Et nous avons convenu que les actions unilatérales violent le droit international.

Tandis que nous débattions hier des projets de résolution, tandis que nous nous efforcions de trouver des alternatives et de parvenir à un consensus au sein du Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont non seulement unilatéralement attaqué, mais tandis que nous débattions ici, exigeant la nécessité d'une enquête indépendante et impartiale, une enquête complète sur ces attaques, les Etats-Unis se sont érigés eux-mêmes en enquêteurs, en procureurs, en juges et en jury. Où est donc l'enquête qui nous permettrait d'établir de manière objective qui est responsable de l'attaque ? C'est une violation extrêmement sérieuse, extrêmement sérieuse du droit international.

Ce n'est pas la première fois dans l'histoire que cela se produit. Nous pourrions rappeler bien des occurrences dans lesquelles diverses puissances, et pas seulement les Etats-Unis, ont agi unilatéralement et violé la Charte des Nations Unies. Mais le fait que cela se produise encore une fois ne signifie pas que l'ONU et ses membres doivent l'accepter.

En septembre 2013, les Etats-Unis ont également lancé des attaques contre la Syrie. Je peux rappeler ce qui a été dit par le Secrétaire Général de l'ONU d'alors, Ban-Ki Moon, à cette occasion. Permettez-moi de lire cette citation en anglais, ce que le Secrétaire Général a dit, je cite : « Le Conseil de Sécurité a la responsabilité primordiale (du maintien) de la paix et de la sécurité. J'appelle à ce que tout soit géré dans le cadre de la Charte de l'ONU : l'usage de la force est légal seulement en cas d'auto-défense, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations Unies, et lorsque le Conseil de sécurité approuve une telle action. » Fin de citation.

Ce fut la position du Secrétaire Général d'alors qui contribua à éviter une action unilatérale dans une situation très semblable à celle d'aujourd'hui.

Cette attaque représente une menace pour la paix et la sécurité internationales car elle constitue une menace pour les processus politiques à Genève et à Astana. [Le sous-secrétaire] M. Feltman l'a très bien dit dans le message du Secrétariat Général, il est vital d'éviter une escalade des tensions qui rompe avec les progrès réalisés dernièrement à Astana.

 

Ce n'est pas la première fois que cela se produit. J'aimerais rappeler ce qui s'est passé dans ce Conseil de sécurité même il y a quelques années, précisément le 5 février 2003 lorsque le Secrétaire d'Etat américain d'alors est venu dans cette salle pour nous présenter, selon ses propres mots, des preuves concluantes de l'existence d'armes de destruction massive en Irak. [Il brandit la photo de Colin Powell et de sa prétendue fiole d’anthrax] Je crois qu'il faut absolument qu'on se rappelle ces images qui viennent précisément de cette salle où nous sommes : on nous a assuré qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak, et que c'était le motif de l'invasion. Et cette invasion a causé 1 million de morts. Et elle a entrainé toute une série d'atrocités dans cette région. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourrions-nous parler de Daech si cette invasion n'avait pas eu lieu ? Pourrions-nous parler de cette série d'horribles attaques (terroristes) dans divers endroits du monde si cette invasion illégale n'avait pas eu lieu ? Je crois qu'il est vital pour nous de se rappeler ce que l'histoire nous enseigne.

Pour l'Irak, les Etats-Unis avaient longuement enquêté et détenaient (prétendument) toutes les preuves nécessaires pour démontrer que l'Irak avait des armes de destruction massive. Mais elles n'ont jamais été trouvées. Elles n'ont jamais été trouvées.

Je souhaiterais répéter ce qu'a dit le Président Evo Morales ce matin, et je cite : « Je crois et je sens - et j'espère que je ne me trompe pas - que les armes chimiques en Syrie ne sont qu'une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les Etats-Unis se moquent bien du droit international. Ils l'ignorent lorsque cela les arrange. Les problèmes internationaux entre Etats doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements. C'est une menace contre la paix et la sécurité internationales. » Fin de citation.

 

 

 

Syrie: Réaction officielle russe

Une fois n’est pas coutume, c’est du Premier Ministre Dmitry Medvedev que vient la réaction officielle du gouvernement russe. Alors que le Président Poutine avait simplement constaté que les Etats-Unis avaient violé la souveraineté d’un pays indépendant, le Premier Ministre va plus loin: C’est l’ensemble des relations américano-russes qui est remis en question, et Donald Trump n’aura mis que 2 mois à renier ses promesses. Voici le texte intégral de sa déclaration, la traduction en français plus bas.

Все. Остатки предвыборного тумана рассеялись. Вместо растиражированного тезиса о совместной борьбе с главным врагом – ИГИЛ («Исламским государством») администрация Трампа доказала, что будет яростно вести борьбу с законным правительством Сирии. В жестком противоречии с нормами международного права, без одобрения ООН. С нарушением собственных процедур, устанавливающих необходимость предварительного уведомления Конгресса о военной операции, которая не связана с нападением на США. На грани боевых столкновений с Россией.

Никто не преувеличивает ценности предвыборных обещаний, но все же есть пределы приличия. За ними – абсолютное недоверие. Что совсем печально для наших вконец испорченных отношений. И конечно, отрадно для террористов.
И ещё. Своей военной акцией администрация президента США доказала и свою несамостоятельность, свою крайнюю зависимость от мнения вашингтонского истеблишмента, который резко критиковал в инаугурационной речи новый президент. Сразу после его избрания я заметил, что все будет зависеть от того, как быстро сломает предвыборные установки Трампа существующая машина власти. Ей понадобилось два с половиной месяца …

Traduction en français

Et voilà! Les dernières brumes électorales se sont dissipées. Au lieu de chercher à travailler avec nous contre notre principal ennemi l’Etat Islamique, l’administration Trump montre qu’elle va avant tout combattre le gouvernement légitime syrien, en pleine contradiction avec la Loi internationale et sans mandat des Nations Unies, en violation de ses propres règlements qui stipulent que le Congrès doit être notifié préalablement à toute opération militaire n’étant pas menée en réponse à une agression contre les Etats-Unis. Au bord d’un affrontement militaire avec la Russie.

Personne ne surestime la valeur des promesses électorales mais il devrait y avoir des limites dans l’indécence.

L’incrédulité est totale. Ceci est réellement dommage pour nos relations, entièrement dévastées. Et c’est excellent pour les terroristes.
Une chose encore. Cette opération militaire montre parfaitement l’extrême dépendance du Président américain vis à vis de l’ « establishment » de Washington, celui-là même que le Président critiquait vertement dans son discours inaugural. Très vite après son élection, j’avais indiqué que tout dépendrait du temps qu’il faudrait à Trump pour renier ses promesses électorales face à la machine en place. Cela n’aura pris que 2 mois et demi.

La Russie a annoncé que la ligne directe entre le Pentagone et le Ministère Russe de la Défense sera coupée dès aujourd’hui 8 avril.

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/04/syrie-reaction-officielle-russe/

 

La Russie se réserve désormais le droit de réagir à des frappes US en Syrie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon un vice-président de la commission de la défense du parlement russe, la suspension du mémorandum avec les États-Unis sur la prévention d’incidents aériens en Syrie permettra à la Russie de réagir opportunément à des menaces américaines, à l’instar de leur frappe sur une base syrienne.

En réponse à l’attaque contre une base aérienne en Syrie, Moscou a suspendu le mémorandum russo-américain sur la prévention des incidents et la garantie de la sécurité des vols au cours de l’opération en Syrie. en réponse à l’attaque contre une base aérienne en Syrie.

«  Cette décision est absolument logique : à présent, beaucoup se posent la question de savoir pourquoi les missiles sol-air n’ont pas été utilisés. La réponse est que la Russie agissait dans le cadre du mémorandum. La sortie de ce mémorandum permettra de réagir opportunément à des menaces différentes, concernant notamment nos aérodromes et nos unités se trouvant dans ce pays  », a déclaré à Sputnik Iouri Chvytkine, vice-président de la commission de la défense de la Douma (chambre basse du parlement russe).

«  Je pense que les États-Unis, conscients de la puissance de l’armée de Assad et de la Russie, ont ainsi essayé d’inverser la situation et de montrer qu’ils n’étaient pas à négliger  », a ajouté le député.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les États-Unis ont tiré des missiles de croisière sur une base gouvernementale syrienne. Selon le Pentagone, 59   missiles ont été lancés depuis des navires de la marine américaine, tuant sept personnes, dont deux civils. La frappe a visé l’aérodrome de Shayrat qui serait « directement lié »  à l’attaque chimique sur Khan Cheikhoun, selon l’administration américaine.

Source:https://fr.sputniknews.com/russie/201704071030786353-memorandum-russie-usa-suspension/

 

La frégate russe dotée de missiles de croisière Kalibr en route vers la Méditerranée

Le navire russe furtif Amiral Grigorovitch doté de missiles de croisière Kalibr a passé vendredi les détroits de la mer Noire et se dirige vers la Méditerranée pour rejoindre le groupe naval russe déployé non loin des destroyers américains qui viennent de frapper la base aérienne syrienne.

Un navire de guerre russe est entré dans la Méditerranée orientale le vendredi 7 avril et se dirige vers la zone où deux destroyers de la marine américaine ont lancé des attaques de missiles sur la base aérienne syrienne, a déclaré la chaîne de télévision américaine Fox News.

La frégate russe Amiral Grigorovich, armée de missiles de croisière Kalibr, a traversé le détroit du Bosphore depuis la mer Moire « il y a quelques heures », a déclaré un responsable militaire américain à la chaîne.

Toujours selon la chaîne américaine, le même jour, l’un des destroyers américains qui a lancé des missiles en Syrie a quitté la zone vers un endroit non divulgué pour être réarmé.

Plus tôt, on avait appris que le navire russe en question retournait vers le groupe naval de la marine russe dans la mer Méditerranée après les manœuvres russo-turques conjointes dans la mer Noire, qui ont eu lieu le 5 avril après la visite de l’escadre de la marine turque dans la ville russe de Novorossiisk.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, 59 missiles américains Tomahawk ont été tirés depuis des destroyers de l’US Navy dans l’est de la Méditerranée, touchant plusieurs cibles sur la base aérienne de Shayrat, dans la région d’Homs (ouest de la Syrie). Neuf personnes auraient été tuées, dont quatre enfants, selon Damas, et d’importantes destructions ont été constatées. Selon le ministère russe de la Défense, quatre militaires syriens ont été tués et deux sont portés disparus.

Source: https://fr.sputniknews.com/defense/201704071030798907-fregate-russie-mediterranee/

 

Bombardement américain en Syrie : en route vers une 3ème guerre mondiale ?

La diplomatie américaine au Proche-Orient vient de connaître, en une semaine seulement, deux revirements spectaculaires, majeurs, vis-à-vis de la Syrie. Retour sur les événements très inquiétants de ces derniers jours.

Jeudi 30 mars 2017 : « Le départ de Bachar Al-Assad n’est plus une priorité »

Alors que l’Amérique d’Obama présentait le départ de Bachar Al-Assad comme un élément non négociable d’une solution politique pour sortir du conflit en Syrie, l’administration Trump a quant-à-elle annoncé le jeudi 30 mars, par l’intermédiaire de Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, que « le départ de Bachar Al-Assad n’était plus une priorité ». Auparavant, ce point était probablement le point névralgique du désaccord entre la Russie et les États-Unis dans la recherche d’une solution politique au conflit en Syrie, la Russie refusant d’abandonner son allié Bachar Al-Assad.

Certains observateurs (dont moi, je l’avoue) ont alors pu penser que ce revirement américain était enfin le prélude à une issue au conflit en Syrie. Malheureusement, leurs espoirs ont été de courte durée. La terrible déception est venue en deux temps.

Mardi 4 avril 2017 : des Syriens sont victimes de gaz chimiques ; l’occident accuse Bachar Al-Assad

Tout d’abord, tôt dans la matinée du mardi 4 avril, un raid aérien syrien frappe la localité de Khan Cheikhoun, dans le nord du pays. Plus de 80 civils décèdent d’émanation de gaz chimique. L’occident, et en premier lieu les Etats-Unis et la France, accusent immédiatement l’armée syrienne d’avoir employé des armes chimiques interdites lors de leur raid aérien. La Syrie et la Russie démentent, expliquant de leur côté que ce bombardement était « conventionnel », et qu’il aurait accidentellement touché un stock d’armes chimiques détenu par les rebelles, provoquant ainsi les émanations de gaz mortel.

Vendredi 7 avril 2017 : Trump ordonne le bombardement d’une base aérienne de l’armée syrienne

En représailles à l’attaque chimique présumée, le président américain ordonne le lancement d’une soixantaine de missiles Tomahawk pour détruire la base aérienne d’où seraient partis les avions syriens. Ce bombardement américain a tué six soldats syriens selon l’armée syrienne. Les Etats-Unis ont expliqué avoir prévenu à la dernière minute la Russie, afin que les soldats russes présents puissent évacuer le site à temps. On peut imaginer que les russes en aient fait autant vis-à-vis de leurs homologues syriens.

Qui a raison ? Qui a tort ?

Qui est à l’origine de ces morts par inhalation de gaz chimiques ? De France, il est bien difficile de pouvoir trancher avec certitude. Mais il est tout de même nécessaire de faire un petit retour en arrière, afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble du tableau.

Et une première précision : c’est en août 2013 que Barack Obama trace la fameuse ligne rouge concernant l’utilisation d’armes chimiques, ligne rouge que Bachar Al-Assad ne doit pas franchir, sous peine de subir une intervention militaire américaine.

21 août 2013 : L’attaque chimique de la Ghouta

Un précédent incident meurtrier avait failli servir de motif ou de prétexte au lancement d’une offensive militaire occidentale contre la Syrie. Il s’agit du massacre de la Ghouta : un bombardement à l’arme chimique au gaz sarin qui s’est produit le 21 août 2013 et qui a frappé la banlieue de Damas, dans l’ancienne oasis de la Ghouta, tenue par l’Armée syrienne libre.

L’Occident, et en premier lieu le journal Le Monde, avait immédiatement accusé Bachar Al-Assad d’être à l’origine de cette attaque chimique, mais comme le relate le journal Le Point, un rapport du MIT (Massachusetts Institute of Technology) aboutie à des conclusions contraires, après enquête scientifique donc.

Octobre 2013 : la Syrie démantèle ses armes chimiques, sous contrôle onusien

En septembre 2013, l’ONU annonce avoir reçu la demande d’adhésion de la Syrie à la convention internationale sur les armes chimiques. En octobre 2013, la Syrie procède au démantèlement de ses armes chimiques sous supervision onusienne. Des membres de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) viennent en Syrie pour observer et contrôler ce démantèlement.

Premières conclusions sur l’utilisation d’armes chimiques à Khan Cheikhoun

Est-il raisonnable de penser que Bachar Al-Assad aurait caché une partie de ces stocks, pour ensuite les utiliser quatre ans plus tard, et ce une semaine seulement après l’annonce selon laquelle les Etats-Unis (et la France) ne demandaient plus son départ du pouvoir ? Sur un plan strictement militaire, l’avantage à utiliser en l’occurrence des armes chimiques est minime, voire contestable ; sur le diplomatique en revanche, c’est tout-à-fait suicidaire…

L’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Syrie, Peter Ford, a estimé dans une interview accordée à Sky News qu’il était « hautement improbable que la Syrie ou la Russie soient derrière cette attaque chimique ».

Et ensuite ?

Actuellement, le monde est extrêmement polarisé, entre d’un côté des gouvernements comme celui de François Hollande, ou celui de Benjamin Netanyahou, qui soutiennent Donald Trump, et de l’autre des gouvernements comme celui de Vladimir Poutine qui considèrent que ce bombardement américain constitue une « agression contre un Etat souverain ». Une réunion de crise internationale se déroule actuellement à l’ONU à New-York.

Une question est aujourd’hui dans toutes les têtes : « Et maintenant ? Que compte faire Donald Trump ? ». Sa stratégie actuelle est tout sauf claire. La coopération russo-américaine dans la lutte contre DAECH est interrompue. L’armée russe ne signale plus ses plans de vols à l’armée américaine. Les diplomates russes semblent désemparés (ce qui est très rare), voire désespérés face à l’attitude de l’actuelle administration américaine.

Le monde semble très proche d’un conflit mondial, dans un contexte de tensions très vives entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, mais aussi entre l’administration Trump (encore elle) et l’Iran, le candidat ayant expliqué avant son élection qu’il souhaite « déchirer l’accord sur le nucléaire iranien ».

On peut remarquer qu’Israël a testé le 17 mars dernier et avec un certain succès, son système de défense sol-air « Dôme de Fer », à la suite d’un bombardement aérien réalisé par son armée en territoire syrien.

Les deux grandes questions qui demeurent en suspens sont : jusqu’où va aller Donald Trump dans son escalade vers une 3ème guerre mondiale (1), et comment vont réagir la Chine et la Russie ? Vont-elles encore une fois devoir manger leur chapeau, comme pour le désastre libyen, et ainsi assister impuissants à la mort définitive de toute notion de « Droit international », ou bien vont-elles résister aux ambitions guerrières des Etats-Unis et de leurs alliés, comme elles l’ont fait pour la Syrie depuis le début du conflit, au risque de constituer un deuxième camp dans cette 3ème guerre mondiale qu’à l’évidence elles ne veulent pas ?

Raphaël Berland


(1) : À noter qu’il ne s’agit pas uniquement de la 3ème guerre mondiale de Donald Trump, mais également de Georges W. Bush, de Benjamin Netanyahou, de Nicolas Sarkozy, et de plusieurs autres présidents. Ce contexte de « Choc des Civilisations » imposé au monde arabo-musulman, avec l’aide de gouvernements complices comme ceux du Qatar, de l’Arabie Saoudite et la Turquie, a été largement documenté, et fera l’objet d’un article ultérieur.

Source:http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/04/07/bombardement-americain-syrie-route-vers-3eme-guerre-mondiale/

Une guerre accidentelle contre l’Iran coûterait cher à l’armée américaine

Beyrouth – Après des semaines d’intimidation envers l’Iran désigné comme « l’État terroriste numéro 1 » dans le monde, l’administration Trump semble avoir baissé son discours d’un ton.

Mais ici, au Moyen-Orient, où le moindre bruit émis par Washington est analysé en détail, les parties concernées ne cessent de spéculer sur un conflit entre les États-Unis et l’Iran. Cinquante jours après son investiture, la voie suivie par Trump en matière de politique étrangère reste une énigme. Il jure que « toutes les options » restent possibles avec l’Iran – mais le sont-elles ? Les quelques mesures qui ont déjà été prises, laissent entrevoir les grandes lignes – et les limites – de sa politique au Moyen-Orient. Sur les trois théâtres militaires majeurs où les forces américaines sont actuellement engagées, quelques tournants  significatifs ont été amorcés.

·         Au nord de la Syrie, les alliés kurdes de l’Amérique viennent de céder volontairement la place à l’Armée syrienne et aux forces militaires russes, pour éviter de se retrouver directement aux prises avec la Turquie, autre allié des États-Unis et membre de l’OTAN. Washington a empêché la Turquie de jouer un rôle dans la libération de Raqqa, tout en sachant pertinemment qu’Ankara ne tolérerait pas que la capitale de l’EI tombe dans les mains des Kurdes. Il apparaît de plus en plus probable que la formule qui va l’emporter verra la ville et ses alentours céder, sous parapluie russe, à une autorité amie avec le gouvernement syrien.

·         Au nord de l’Irak, le combat pour la reprise de Mossoul s’est accéléré, l’armée irakienne ayant libéré la moitié de la partie occidentale de la ville en seulement vingt jours. Agissant sous le commandement du gouvernement de Bagdad, cette armée est essentiellement composée de miliciens chiites, dont la plupart ont été formés et équipés par l’armée iranienne.

·         Au Yémen, où, selon les gros titres alarmants des journaux occidentaux, l’armée américaine commet bavures et excès, un fait beaucoup plus grave est occulté par les médias. Il est maintenant avéré – et plus seulement hypothétique comme ce l’était auparavant – que les frappes aériennes américaines touchent des terroristes d’al-Qaïda, travaillant côte à côte avec les forces des Émirats arabes unis (EAU), pour cibler des milices islamistes qui sont, comme chacun sait, alliées de fait aux Saoudiens sur le terrain. D’après certaines informations, les EAU ont fait monter les enchères la semaine dernière, en demandant aux Saoudiens de laisser tomber le président marionnette Abdrabbuh Mansour Hadi – alors que ce dernier est notoirement l’autorité yéménite que la coalition saoudienne soutenue par les Occidentaux cherchait à rétablir par la force.

En quelques semaines, Trump a démoli la stratégie louvoyante de Obama dans les différents points névralgiques du Moyen-Orient – soit en passant directement à l’action, soit en n’empêchant plus les autres de le faire. Ce qui est remarquable, c’est que, prises au pied de la lettre, toutes ces actions servent  les intérêts de l’Iran dans la région et sapent ceux de la Turquie et de l’Arabie saoudite, alliés des États-Unis.

Mais ne vous y trompez pas. Ceci n’est que la salve d’ouverture de Trump. Ses ambitions sont bien plus grandes et ténébreuses et ces récents changements ne signifient pas forcément qu’il n’ait plus l’Iran en ligne de mire. La République islamique, ses alliés et ses adversaires restent inclus dans une partie de poker géostratégique à plus large visée du Président. Il peut les utiliser pour impliquer ou punir des cibles plus cruciales, telles que la Russie et la Chine, deux grandes puissances qui se sont aménagé des relations stratégiques avec Téhéran. L’Iran peut également lui servir d’instrument utile pour provoquer ou cajoler les alliés traditionnels de l’Amérique que sont Israël, la Turquie et différentes monarchies arabes, les amenant ainsi à adopter ses propres positions.

Les États-Unis ont d’ores et déjà adopté plusieurs postures politiques menaçantes – dont le but ultime reste à définir – ciblant principalement l’Iran. Une coalition « Émirats Arabes – OTAN » menée par l’Arabie saoudite, qui pourrait s’allier avec Israël contre l’Iran, est évoquée à demi-mot. On parle aussi de demandes émises par différentes capitales occidentales et orientales alliées, pour que Damas et la Russie excluent l’Iran de leur coalition.

Les voies maritimes : une confrontation « accidentelle »

En dépit de ce rôle de croque-mitaine attribué à l’Iran, il est improbable que Trump s’aventure dans un conflit militaire direct contre ce pays. N’est-il pas le Président qui a clamé haut et fort à quel point il désapprouvait les 6 milliards de dollars investis dans les guerres et les interventions au Moyen-Orient ? Le prolongement du conflit dans la région serait coûteux et le mettrait en porte-à-faux vis-à-vis de grands États avec lesquels il préfère faire des affaires.

En réalité, et malgré son insistance quand il affirme que « toutes les options » restent possibles au sujet de l’Iran, Trump  dispose d’un éventail de choix limité. Les sanctions sont toujours restées inopérantes et l’accord avec l’Iran sur le nucléaire a été bouclé de façon à ce que les autres grandes puissances concernées par cet enjeu soient exclues d’accords ultérieurs. Sous la pression de ses alliés, Trump a baissé d’un cran sa menace de saborder cet accord, qui, vient-il de réaliser, ne servirait qu’à isoler les États-Unis et non l’Iran. Des activités subversives – telles que complots de révolutions « de couleur », propagande ou cyber-conflits – se sont révélées inutiles, au vu de la vigilance historique de l’Iran sur ces différents points à l’intérieur de ses frontières. Une guerre conventionnelle exigerait comme préalable une provocation significative de la part de  l’Iran et serait sans doute sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Mais il reste un théâtre où un conflit États-Unis – Iran pourrait être facilement déclenché : les différentes voies maritimes qui entourent la République islamique et ses voisins. Les deux pays y disposent d’une flotte militaire et commerciale, dont les navires se croisent quotidiennement. Les tensions y sont élevées, la rhétorique susceptible de s’envenimer à tout instant et les adversaires de l’Iran dans le Golfe, tout comme Washington, sont bien placés pour y provoquer un incident et jeter ensuite de l’huile sur le feu. Comme cela a été rapporté entre les lignes par le New York Times, le Secrétaire à la Défense James Mattis, un faucon investi dans la question iranienne, a fait peu ou prou un pas en ce sens, il y a quelques semaines, en envisageant de laisser des militaires américains monter à bord d’un navire iranien dans les eaux internationales de la mer d’Arabie. Mais le site Intercept a, lui, compris et traduit la portée de cette rencontre rapprochée, par le titre suivant : Le « modéré » Secrétaire à la Défense de Trump vient de nous amener à deux doigts de la guerre.

La guerre est donc une claire éventualité, en cas de geste agressif commis par les États-Unis. L’Iran n’est pas une république bananière. Le pays a enduré une guerre de huit années avec l’Irak, guerre qui a été encouragée, financée et armée par les grandes puissances et des États de la région. La République Islamique s’est remarquablement redressée de cet assaut et continue de développer des moyens conventionnels et asymétriques, pour décourager de futures attaques.

Aussi, lorsque Trump a décidé comme bon lui semblait, d’infliger des sanctions à l’Iran à la suite d’un essai de missiles balistiques le 29 janvier dernier, les Iraniens se sont empressés de surenchérir, le lendemain de l’annonce des sanctions. Et les réactions iraniennes se poursuivent, comme un rappel à l’ordre de la haute improbabilité d’un conflit militaire avec l’Iran. La République islamique fait en sorte de nous signifier qu’elle dispose de moyens visibles et cachés, faisant état de ses essais réguliers de missiles, de ses démonstrations de défense aérienne avancée et de ses entraînements militaires, comme l’ont prouvé les dernières simulations de Velayat 95 effectuées dans le détroit d’Ormuz, dans la mer d’Oman et l’océan Indien.

Les  tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont intensifiées à mesure qu’augmentait le nombre de golfes, de détroits, de mers et d’océans dans lesquels les flottes militaires et commerciales des deux nations opèrent. Le Pentagone justifie avec insistance sa présence navale sur tant de lointaines voies maritimes au large de l’Asie occidentale, en rappelant qu’elle est indispensable pour faire échec au terrorisme et au piratage. Mais cette région est l’arrière-cour de l’Iran et ce dernier n’a pas besoin de justification pour y faire la police contre ces mêmes menaces, et y protéger ses eaux territoriales et ses frontières maritimes.

Au cours d’une visite que j’ai faite en novembre à Téhéran, j’ai interrogé sur ces questions le Dr Sadollah Zarein, directeur du think tank The  Andisheh Sazan Noor Institute et expert sur les questions du MENA (Middle East and North Africa), proche de l’IRGC (Islamic Revolutinary Guard Corps, Gardiens de la Révolution). « Les agissements américains nous fournissent un précédent dans l’ajustement de notre portée navale » m’a-t-il expliqué. La présence navale américaine dans les eaux territoriales iraniennes « renforce notre droit d’intervention dans le golfe Persique, le golfe d’Aden et dans d’autres secteurs maritimes ». Il en résulte « que nous sommes maintenant présents dans le Golfe du Bengale et dans l’océan Indien ».

À la question de savoir s’il trouvait inquiétant qu’un État ennemi déploie sa puissance militaire à deux pas de son pays, Zarein a souri et posément répondu : « Quand les États-Unis sont dans les parages, le mieux pour l’Iran est de rester vigilant et discipliné. Dans cette mesure, leurs agissements nous servent. Ils nous rassemblent, et encouragent l’adhésion aux forces de sécurité du pays, à notre armée et à nos frontières. »

Dans le camp adverse, Washington continue d’alimenter cette discipline et cette cohésion iraniennes en élevant ces récents « incidents » – dont l’Iran est pour une grande part non responsable – au rang d’une campagne médiatique hystérique contre ce pays.

Le reporter d’investigation Gareth Porter a cherché à démêler le vrai du faux, dans les allégations américaines selon lesquelles l’Iran utilise certaines de ces voies maritimes pour acheminer des armes destinées aux rebelles yéménites Houthi. Sa recherche lui a permis d’établir, preuves à l’appui, que la plupart de ces allégations étaient fausses. Et grâce à la divulgation des câbles du Département d’État par WikiLeaks en 2010, nous savons maintenant que – en privé tout au moins – des fonctionnaires américains doutent également de ces accusations portées publiquement.

L’imprévisibilité d’une guerre au sujet des voies maritimes

En janvier 2016, deux navires de la Marine nationale américaine ont pénétré dans les eaux territoriales iraniennes – délibérément ou non, cela reste fumeux – et ont été appréhendés par des Gardiens de la Révolution. Les Américains ont pu suivre le reportage de la capture des marins américains, genoux à terre, mains repliées derrière la tête, tel qu’il a été diffusé par la télévision iranienne. Conformément aux règles de la navigation maritime et au droit international, la  République islamique a relâché les officiers peu de temps après. Mais la retransmission américaine en technicolor de l’incident a mis en évidence l’imprévisibilité des opérations maritimes contre cet ennemi retors des États-Unis. Depuis plusieurs décennies, le Pentagone s’entraîne à un jeu de guerre simulée contre l’Iran, pour tester ses hypothèses et affiner ses réactions. Mais une personne que je connais et qui a participé à ces exercices du CENTCOM (Commandement militaire américain), m’a confié l’an dernier que « les États-Unis ne l’emportaient sur l’Iran dans des parties asymétriques, qu’au prix de trucs ou de tricheries ».

Intriguée, j’ai été amenée à creuser l’information et je suis tombée sur « Millennium challenge », un jeu de guerre de 2002 de l’armée américaine, ayant pour cadre le golfe Persique et opposant les États-Unis (équipe bleue) à un adversaire non identifié du Moyen-Orient et supposé être l’Iran (équipe rouge).

Selon le Lt Gen. Paul Van Riper, officier retraité des Marine Corps, qui a géré la réaction asymétrique de l’équipe rouge – et a déclaré forfait, car les règles avaient été modifiées au milieu de la partie, pour resserrer les marges de  manœuvre de son équipe – les Rouges ont contourné le système de surveillance électronique de haute technologie des Bleus, en envoyant des messagers en moto en première ligne et en utilisant des méthodes de signalement datant de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont ensuite anéanti 16 navires de guerre américains et une grande partie de la flotte navale. La partie, prévue pour s’étaler sur trois semaines, s’est terminée dès le deuxième jour.

Dans un article intitulé War games Rigged ? (Jeux de guerre truqués ?) et publié sur les sites de NavyMarine et Army Time (il semblerait qu’il ait été supprimé depuis et nous le mettons en ligne ici), Van Riper discrédite ce jeu de guerre qui a coûté 250 millions de dollars :  « C’était en réalité un exercice entièrement conçu pour que les Bleus ‘l’emportent’. »

Van Riper explique « On nous a donné l’ordre […] de déplacer notre défense aérienne de façon à ce que les unités d’infanterie et de marine puissent réussir leur atterrissage. Le seul ordre donné était soit de désactiver les systèmes de défense aérienne, soit de les déplacer […] Le scénario prévu consistait donc à être partout où le Commandement aéronaval (Marine Air Control Group) l’exigeait»

Il semble qu’au lieu de tirer des enseignements de cet exercice, l’Armée américaine se soit davantage attachée à confirmer sa doctrine existante et soigner sa façade d’invincibilité. Une attitude dangereuse qui, dans les scénarios de guerre réels, peut amener les chefs militaires à commettre des erreurs de jugement et des imprudences. Et cela, l’Iran le sait.

Ce que coûte la suprématie

Pourquoi les forces armées américaines stationnent-elles dans le golfe Persique coûte que coûte ? Roger Stern, de l’Université de Princeton a établi qu’entre 1976 et 2010, Washington a dépensé la somme impressionnante de 8 milliards de dollars pour surveiller la circulation des pétroliers. À partir de 2010, les États-Unis n’ont réceptionné que 10% de ces transports pétroliers. Les plus grands bénéficiaires étaient le Japon (20%), suivis par la Chine, l’Inde et la Corée du Sud.

Trump devrait en prendre note : si l’accès au pétrole était le véritable objectif de la présence américaine dans le Golfe, Washington pourrait s’en acquitter à moindre coût en installant des oléoducs qui contourneraient la voie maritime.

Au lieu de cela, la politique américaine s’est enlisée dans une dérive de ses missions dans le golfe Persique, au gré d’une ligne de conduite dont peu de présidents américains ont osé s’écarter. Parmi les huit États côtiers du Golfe, l’Iran dispose de la plus longue bande côtière, équivalant à presque le double de celles de ses sept voisins réunis.

Puisque  les faucons de Washington s’entêtent à empêcher l’Iran de concurrencer l’hégémonie américaine dans le golfe Persique, ils doivent  être les premiers à réfléchir sur les conséquences éventuelles d’une autre guerre, encore évitable – avant qu’une catastrophe ne leur rabaisse le caquet.

Sharmine Narwani

Traduit par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur Info

Photo: L’USS McCampbell et le porte-avions USS Ronald Reagan dans le Golfe persique. (Wikimedia Commons)

Source: http://lesakerfrancophone.fr/une-guerre-accidentelle-contre-liran-couterait-cher-a-larmee-americaine

 

 

 

Israël le chien fou de l’Amérique en Syrie

Israël a joué un rôle provocateur croissant dans le conflit destructeur se déroulant dans les frontières et autour de la Syrie depuis 2011. A bien des observateurs, il apparaît que la politique d’Israël se situe entre l’agression opportuniste et l’agression unilatérale. En réalité, le rôle d’Israël dans le conflit syrien épouse un bien plus long schéma figurant les plans anglo-américains non seulement pour la Syrie mais pour la région entière.

Une anicroche supplémentaire récente entre Israël et la Syrie fut l’incursion rapportée d’avions de combat israéliens dans l’espace aérien syrien, incluant des attaques près de la ville orientale de Palmyre. Cette ville est le lieu d’une bataille entre les forces du gouvernement syrien et l’organisation terroriste auto-proclamée “Etat Islamique” (EIIL). Les frappes aériennes israéliennes contre les forces régulières syriennes auront donc favorisé les opérations de l’EIIL dans la région.

Israël est un état sponsor de la terreur et du terrorisme et non pas un champion contre celui-ci

Israël a existé en tant que base d’opérations à l’échelle d’une nation pour les intérêts anglo-américains depuis sa création au XXème siècle. Il a poursuivi des politiques régionales agressives qui ont intentionnellement dressé ses voisins contre elle et ce comme moyen de maintenir un pied-à-terre occidental et un point de levier en Afrique du Nord et au Moyen-Orient depuis des décennies.

 

Des conflits incessants entre Israël et la Palestine sont attisés par une stratégie de la tension orchestrée entre une population israélienne manipulée et une opposition contrôlée, le Hamas, soutenu, armé, financé par les collaborateurs régionaux d’Israël que sont l’Arabie Saoudite (NdT: ARAMCO c’est à dire: Exxon-Mobil, Royal Dutch Shell, Texaco, même si la famille royale saoudienne possède toujours la majorité des parts pour sauver les apparences) et le Qatar (NdT: petit état du Golfe propriété d’Exxon-Mobil, intérêts Rockefeller…)

Lorsque des opérations militaires par procuration ont commencé contre la Syrie en 2011 sous le couvert du “printemps arabe” créé et généré par les Etats-Unis, Israël et la Jordanie ainsi que la Turquie, ont joué un rôle direct en soutenant les militants de l’intérieur et affaiblissant ainsi Damas.

Tandis que la Jordanie joua un rôle plus passif et la Turquie un rôle plus direct en protégeant les forces militantes par procurations, Israël a joué le rôle de “provocateur unilatéral”. Tandis que les forces américaines, turques et autres de la “coalition” ne peuvent pas attaquer directement les forces syriennes, Israël, posant en joueur régional unilatéral, le peut et l’a fait de manière régulière depuis 2012.

CNN dans son article « Israeli jets strike inside Syria; military site near Palmyra reportedly targeted, » noterait:

“En novembre 2012, Israël a tiré des coups de semonce vers la Syrie après qu’un obus de mortier ait touché un poste militaire israélien. La première fois qu’Israël a tiré sur la Syrie depuis les plateaux du Golan et la guerre du Yom Kippour de 1973.”

“Les avions israéliens ont aussi attaqué des cibles en Syrie depuis au moins 2013, lorsque des hauts-fonctionnaires américains ont dit à CNN qu’ils pensaient que l’aviation de la FDI avaient touché des cibles en Syrie.”

CNN rapporterait aussi:

Les frappes israéliennes ont pu se faire aussi loin en territoire syrien qu’à Damas. En 2014, le gouvernement syrien et un groupe d’opposition ont tous deux dit que la FDI avait touché la banlieue de Damas et l’aéroport.

Et tandis que les officiels israéliens, militaires et civils, affirment que leur agression ne vise qu’à arrêter les transferts d’armes à des organisations terroristes (NdT: pour Israël: le Hezbollah), alors que les seules organisations qu’ils appellent “terroristes” sont en fait les seules forces en Syrie combattant des organisations terroristes internationales comme par exemple Al Qaïda, ses succursales variées, tout comme l’EIIL.

Paradoxalement, ces organisations terroristes bien réelles, elles, ont existé le long des frontières israéliennes, bénéficiant de surcroit d’une protection des forces armées israéliennes contre les opérations militaires syriennes.

Le rôle d’Israël comme le “chien fou” des Etats-Unis n’est pas un secret

 

Le rôle géopolitique d’Israël comme “chien fou unilatéral” est une affaire déclarée de la politique états-unienne depuis au moins les années 1980 et en référence spécifique aux tentatives répétées des Etats-Unis de renverser le régime baathiste et l’état syrien parmi d’autres objectifs visant à terme l’Iran et la région dans sa totalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un document datant de 1983, faisant partie du déluge de documents récemment déclassifiés et rendus public, signé de l’ancien officier de la CIA Graham Fuller et intitulé: « Bringing Real Muscle to Bear Against Syria » (PDF) déclare:

La Syrie en ce moment verrouille les intérêts américains à la fois au Liban et dans le Golfe, au travers de la fermeture de l’oléoduc irakien menaçant ainsi l’internationalisation irakienne de la guerre Iran-Irak. Les Etats-Unis devraient considérer augmenter les pressions contre Assad (père), en orchestrant secrètement des menaces militaires contre la Syrie depuis les trois états voisins qui lui sont hostiles: l’Irak, Israël et la Turquie.

Le rapport déclare également:

“Si Israël augmentait les tensions contre la Syrie simultanément avec une initiative irakienne, les pressions sur Assad monteraient très rapidement. Une action turque le presserait psychologiquement plus loin.

En 2009, un think-tank politique financé par les banquiers, la Brookings Institution, publiait un long article: « Which Path to Persia?: Options for a New American Strategy toward Iran » (PDF), dans lequel une fois de plus, il est fait état de l’utilisation d’Israël comme d’un apparent “agresseur unilatéral” dont l’action fut détaillée.

 

Bien entendu, un article de politique américaine décrivant une agression planifiée israélienne comme faisant partie d’une plus grande conspiration offensive américaine, pour affaiblir puis ultimement renverser l’état iranien, révèle qu’il n’y a rien d’”unilatéral” du tout au sujet de la politique régionale d’Israël ou de ses opérations militaires.

En 2012, la Brookings Institution publierait un autre papier intitulé: «  »Saving Syria: Assessing Options for Regime Change » (PDF), dans lequel il est dit:

“Certaines voix à Washington et à Jérusalem explorent le fait de savoir si Israël pourrait contribuer à forcer les élites syriennes à virer Assad.

Le rapport continue expliquant:

“Israël pourrait poster des forces sur ou près des plateaux du Golan, ce faisant, pourrait créer une diversion envers les forces du régime de Damas de supprimer l’opposition. Ce positionnement pourrait induire la peur dans le régime Assad d’une guerre sur des fronts multiples, et ce particulièrement si la Turquie veut faire la même chose à ses frontières et aussi si l’opposition est nourrie de toujours plus d’armes et d’entrainement. Une telle mobilisation pourrait peut-être persuader le leadership militaire syrien de virer Assad afin de se préserver.”

Une fois de plus, l’utilisation d’Israël comme l’un de plusieurs provocateurs régionaux exécutant une politique d’une conspiration américaine bien plus large y est ouvertement discuté.