12  septembre 2017

 

 

Désarmement nucléaire ? La Corée du Nord propose à la France de montrer l’exemple

Réagissant aux récentes déclarations de l’exécutif français, appelant à la fermeté contre Pyongyang, un dignitaire nord-coréen a proposé à la France de renoncer à son propre arsenal nucléaire, puisqu’elle n’est pas menacée.

Alors que les dirigeants français se sont positionnés, à plusieurs reprises, pour la fermeté envers la Corée du Nord, Pyongyang n’est pas resté silencieux.

 

Réagissant aux propos du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui avait estimé que la Corée du Nord serait en capacité de frapper l’Europe «en quelques mois», Ri Tok-Son, directeur adjoint du département européen du ministère des Affaires étrangères nord-coréen, a opté pour le sarcasme lors d’un entretien accordé à l’AFP.

Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d’abord abandonner ses armes nucléaires puisqu’elle n’est sous la menace nucléaire de personne

«Il est ridicule de dire que les armes nucléaires de la Corée du Nord, la force dissuasive contre le chantage et la menace nucléaire américaine, puissent viser l’Europe», a ainsi expliqué le dignitaire nord-coréen, le 8 septembre. Et d’ajouter : «Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d’abord abandonner ses armes nucléaires puisqu’elle n’est sous la menace nucléaire de personne».

Des propos qui semble-t-il n’ont pas obtenu un grand succès auprès de l’exécutif français. Le 9 septembre, l’Elysée a fait savoir qu’Emmanuel Macron s’était entretenu avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sur cette question et s’était prononcé en faveur de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Assurant au chef du gouvernement japonais le soutien de la France, l’Elysée a qualifié les «provocations» de la Corée du Nord de «menace pour la paix et la sécurité internationale». «La priorité [est] d’accentuer la pression sur Pyongyang par le renforcement des sanctions», a précisé la présidence française.

Depuis le récent essai nucléaire nord-coréen, présenté par Pyongyang comme un test de bombe H, les Etats-Unis réclament de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Ils veulent que le Conseil de sécurité des Nations unies vote un texte en ce sens le 11 septembre, malgré l’opposition de Pékin et Moscou – qui appellent au dialogue entre les parties.

Source:https://francais.rt.com/international/42990-responsable-nord-coreen-propose-que-france-renonce-armes-nucleaires

 

 

La Grande Vadrouille de Daech dans le désert syrien

Les Daeshois évacués du Liban continuent de tourner en rond avec leurs bus dans le désert syrien. L’aviation américaine les empêchent d’atteindre Deir Ez-Zor et avancent un justificatif tiré par les cheveux.

Le but des Américains et des caisses de résonance qui leur font écho en Irak relève de l’Action psychologique. Pour les Américains il s’agit de ridiculiser et de minimiser la médiation du Hezbollah dans l’évacuation sans combats des Daeshois.

Les Américains espèrent aussi que dorénavant les troupes daeshoises continueront à se battre au lieu de négocier leur reddition. Cette opération de guerre psychologique américaine comporte cependant un défaut professionnel.

En effet, cette opération couve un effet boomerang évident que le Hezbollah a vite fait de déceler et d’exploiter.

Le Hezbollah dit qu’il a tenu sa parole vis-à-vis des djihadistes, mais que les Américains veulent faire échouer l’opération. Le Hezbollah va plus loin dans l’exploitation de cette bévue US en alertant la communauté internationale sur le calvaire des Daeshois

Les bus en vadrouille dans le désert syrien transportent outre des combattants, mais aussi leurs femmes et leurs enfants. Le Hezbollah dit aussi qu’il y a des femmes enceintes dans les bus.

 

Il faut être un pro de l’Action psychologique pour comprendre toute l’ampleur de la gaffe des Américains dans cette affaire.

Exclusif. Des vols diplomatiques envoient des armes aux terroristes (Trud.bg)

En exclusivité, voici l’article traduit en intégralité de la journaliste d’investigation Dilyana Gaytandzhieva publié dans Trud.bg qui a fait scandale après sa reprise dans un média mainstream, Al Jazeera. Suite à sa diffusion dans un media mainstream, Dilyana Gaytandzhieva, aurait été interrogée pour connaître ses sources puis licenciée. Dilyana révélait dans Trud.bg, documents à l’appui, l’utilisation de vols diplomatiques par l’Occident, les pays du Golfe, la Turquie et Israël pour transporter massivement des armes à destination des djihadistes en Syrie et en Irak.

La compagnie aérienne azerbaïdjanaise Silk Way Airlines transporte des armes avec autorisation diplomatique pour l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, le Congo et la Syrie.

Au moins 350 vols diplomatiques de Silk Way Airlines (une compagnie d’État azerbaïdjanaise) ont transporté des armes pour alimenter des conflits de guerre à travers le monde au cours des trois dernières années. Les avions de l’État azerbaïdjanais transportaient à bord des dizaines de tonnes d’armes lourdes et de munitions destinées à des terroristes sous couvert de vols diplomatiques.

 

Des documents impliquant Silk Way Airlines dans des livraisons d’armes m’ont été envoyés par un compte Twitter anonyme – Anonymous Bulgaria.

Les dossiers divulgués comprennent de la correspondance entre le ministère bulgare des Affaires étrangères et l’ambassade de l’Azerbaïdjan en Bulgarie avec les documents ci-joints pour les accords d’armement et l’autorisation diplomatique de survol et/ou d’atterrissage en Bulgarie et de nombreux autres pays européens, notamment les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie.

 

Selon ces documents, Silk Way Airlines offrait des vols diplomatiques à des compagnies privées et des fabricants d’armes des États-Unis, des Balkans et d’Israël, ainsi qu’aux militaires de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (USSOCOM), et aux forces militaires de l’Allemagne et du Danemark en Afghanistan et de la Suède en Irak. Les vols diplomatiques sont exemptés de contrôles, de factures aériennes et de taxes, ce qui signifie que les avions de Silk Way transportent librement des centaines de tonnes d’armes à différents endroits dans le monde sans aucune réglementation. Ils ont effectué des atterrissages techniques avec des séjours variant de quelques heures à une journée dans des emplacements intermédiaires sans aucune raison logique comme le ravitaillement en carburant des avions.


Selon le Règlement sur les marchandises dangereuses de l’Association du transport aérien international (IATA), les exploitants qui transportent des marchandises dangereuses interdites  par des aéronefs civils doivent demander une exemption pour le transport aérien de marchandises dangereuses.

Selon les documents, le ministère des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan a envoyé des instructions à ses ambassades en Bulgarie et dans de nombreux autres pays européens pour demander l’autorisation diplomatique des vols de Silk Way Airlines. Les ambassades ont envoyé des notes diplomatiques au ministère des Affaires étrangères du pays concerné pour demander cette exemption. Le ministère des Affaires étrangères a renvoyé une note signée par les autorités locales de l’aviation civile accordant une exemption pour le transport de marchandises dangereuses.

Les demandes d’habilitation diplomatique comprenaient des informations sur le type et la quantité de marchandises dangereuses – armes lourdes et munitions. Cependant, les autorités responsables de nombreux pays (Bulgarie, Serbie, Roumanie, République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Pologne, Turquie, Allemagne, Royaume-Uni, Grèce, etc. ont fermé les yeux et autorisé des vols diplomatiques pour le transport de tonnes d’armes, effectués par des avions civils pour des besoins militaires. En vertu de la réglementation de l’IATA, le transport de marchandises militaires par des aéronefs civils n’est pas autorisé. Pour contourner cette légalité, Silk Way Airlines a demandé une exemption diplomatique par l’intermédiaire d’agences locales.

Les États-Unis envoient pour 1 milliard de dollars d’armes

Parmi les principaux clients du service de « vols diplomatiques d’armes » de Silk Way Airlines figurent les compagnies étatsuniennes, qui fournissent des armes à l’armée étatsunienne et à l’US Special Operations Command. L’élément commun dans ces cas est qu’ils fournissent tous des armes standard non étatsuniennes; par conséquent, les armes ne sont pas utilisées par les forces étatsuniennes.

 

Selon le registre des contrats fédéraux, au cours des trois dernières années, les entreprises étatsuniennes ont obtenu au total 1 milliard de dollars dans le cadre d’un programme spécial du gouvernement étatsunien pour des fournitures d’armes standard non étatsuniennes. Ils ont tous utilisé Silk Way Airlines pour le transport d’armes. Dans certains cas, lorsque Silk Way manquait d’avions en raison d’un emploi du temps chargé, les avions de l’Armée de l’air azerbaïdjanaise transportaient le fret militaire, bien que les armes n’aient jamais atteint l’Azerbaïdjan.

 Les documents qui ont fuité de l’ambassade comprennent des exemples choquants de transport d’armes. Un exemple concret: le 12 mai 2015, un avion des forces aériennes azerbaïdjanaises a transporté 7,9 tonnes de PG-7V et 10 tonnes de PG-9V vers la destination supposée via la route Bde urgas (Bulgarie)-Incirlik (Turquie)-Burgas-Nasosny (Azerbaïdjan). L’expéditeur était la compagnie américaine Purple Shovel, et le destinataire – le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan. Selon les documents, cependant, la cargaison militaire a été déchargée à la base militaire d’Incirlik et n’a jamais atteint le destinataire. Les armes ont été vendues à Purple Shovel par Alguns, en Bulgarie, et fabriquées par l’usine militaire bulgare VMZ.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon le registre fédéral des contrats, l’USSOCOM a signé en décembre 2014 un contrat de 26,7 millions de dollars avec Purple Shovel. La Bulgarie a été désignée comme pays d’origine des armes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 6 juin 2015, Francis Norvello, un employé de Purple Shovel, âgé de 41 ans, a été tué dans une explosion par une grenade propulsée par fusée alors qu’il était employé de Purple Shovel. Deux autres Etatsuniens et deux Bulgares ont également été blessés. L’ambassade des États-Unis en Bulgarie a alors publié une déclaration annonçant que les entrepreneurs du gouvernement étatsunien travaillaient sur un programme militaire US pour former et équiper les rebelles modérés en Syrie. Ce qui a eu pour conséquence que l’ambassadrice des États-Unis à Sofia sera immédiatement retiré de son poste. Les armes fournies par Purple Shovel n’ont pas été utilisées par les rebelles modérés en Syrie. En décembre de l’année dernière, alors que je faisais un reportage sur la bataille d’Alep en tant que correspondant pour les médias bulgares, j’ai trouvé et filmé 9 entrepôts souterrains remplis d’armes lourdes, dont le pays d’origine était la Bulgarie. Ils ont été utilisés par e Front Al Nosra, affilié à Al-Qaïda en Syrie, désigné comme organisation terroriste par l’ONU.

Un autre entrepreneur étatsunien qui participe au même programme pour les fournitures militaires non standard Etatsunienne est Orbital ATK. Cette entreprise a reçu 250 millions de dollars au cours des deux dernières années. Les informations concernant le type d’armes et les personnes auxquelles ces armes ont été fournies sont classifiées.

Selon les documents, Orbital ATK a transporté des armes sur 6 vols diplomatiques de la Silk Way Airlines en juillet et août 2015 sur la route Bakou (Azerbaïdjan)-Tuzla (Bosnie-Herzégovine)-Baku-Kabul (Afghanistan). Les armes ont été exportées par IGMAN j. j. Konjic, (Bosnie-Herzégovine) à la demande d’Orbital ATK. Le destinataire était la Police nationale afghane. Il est intéressant de noter que tous ces vols diplomatiques avec des armes ont eu des atterrissages techniques et un arrêt de 7 h 30 min à Bakou avant leur destination finale – l’Afghanistan.

Des avions militaires azerbaïdjanais ont transporté 282 tonnes de fret (PG-7VL et autres grenades) sur 10 vols diplomatiques en avril et mai 2017 à destination de Bakou-Rijeka (Croatie)-Bakou. L’expéditeur était le Ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan, et le destinataire – Culmen International LLC, USA. Cette même société a remporté deux contrats (47 millions de dollars chacun) avec d’autres entrepreneurs pour des fournitures d’armes non étatsuniennes le 18 février 2016 et le 19 avril 2017, respectivement. Culmen International LLC a également signé un contrat de 26,7 millions de dollars avec le Département de la défense pour des armes étrangères et un contrat de 3,9 millions de dollars pour des armes nouvellement fabriquées non étatsuniennes.

 

Chemring Military Products est un autre fournisseur principal du programme de fournitures d’armes standard non étatsuniennes à l’armée étatsunienne par le biais de vols diplomatiques de Silk Way Airlines. Ce fournisseur militaire a quatre contrats pour un total de 302,8 millions de dollars. Les armes ont été achetées à des fabricants locaux en Serbie, en Bulgarie et en Roumanie et selon les documents transportés en Irak et en Afghanistan par des vols diplomatiques.

L’un de ces vols, en particulier, du 18 octobre 2016, transportant 15,5 tonnes de roquettes de 122 mm achetées par Chemring à Belgrade (Serbie), a été détourné de sa destination – Kaboul – et a atterri à Lahore (Pakistan). Après un arrêt de 2 heures, l’avion a décollé vers l’Afghanistan. La seule explication possible pour l’extension du vol de mille kilomètres est le déchargement au Pakistan, même si les documents indiquaient que la cargaison était destinée à l’Afghanistan.

Le plus grand fournisseur d’armes standard non étatsuniennes de l’armée Etatsunienne est Alliant Techsystems Operations-USA, avec des contrats d’un montant total de 490,4 millions de dollars.

L’Arabie Saoudite – sponsor et distributeur d’armes

 

Outre les États-Unis, l’Arabie saoudite est un autre pays qui a acheté d’énormes quantités d’armes en Europe de l’Est et les a exportées sur les vols diplomatiques de Silk Way Airlines. En 2016 et 2017, 23 vols diplomatiques ont été effectués entre la Bulgarie, la Serbie et l’Azerbaïdjan à destination de Djeddah et Riyad.

Le Royaume n’achète pas ces armes pour lui-même, car l’armée saoudienne n’utilise que des armes occidentales et ces armes ne sont pas compatibles avec ses normes militaires. Par conséquent, les armes transportées sur les vols diplomatiques aboutissent entre les mains des militants terroristes en Syrie et au Yémen, que l’Arabie saoudite admet officiellement soutenir.

Le Royaume arabe distribue également des cargaisons militaires à l’Afrique du Sud, une région ravagée par les guerres pour le contrôle des richesses en or et en diamants des pays africains.

 

Les 28 avril et 12 mai de cette année, Silk Way a effectué deux vols diplomatiques entre Bakou et Burgas-Jeddah-Brazzaville (République du Congo). Le fret militaire à bord des deux vols a été payé par l’Arabie saoudite, selon les documents qui ont été divulgués de l’ambassade d’Azerbaïdjan à des sources bulgares. L’avion a fait un atterrissage technique à l’aéroport de Jeddah avec un arrêt de 12 h 30 min pour le premier vol et de 14 h pour le second.


L’avion était chargé de mortiers et de grenades antichars, y compris SPG-9 et GP-25. Ces mêmes armes ont été découvertes par l’armée irakienne il y a un mois dans un entrepôt de l’Etat islamique à Mossoul. Les djihadistes islamiques ont été également vus en train d’utiliser ces armes lourdes dans des vidéos de propagande mises en ligne par le groupe terroriste. Il est intéressant de noter que le destinataire des documents de transport est la Garde républicaine du Congo.

Une mitrailleuse Coyote 12,7×108 mm est apparue dans des vidéos et des photos postées en ligne par des groupes militants à Idlib et dans la province de Hama en Syrie. Le même type d’arme avait été transporté sur un vol diplomatique via la Turquie et l’Arabie Saoudite quelques mois plus tôt.

En février et mars 2017, l’Arabie saoudite a reçu 350 tonnes d’armes sur des vols diplomatiques de la Route de la soie à destination de la route Bakou-Belgrade – Prince Sultan-Baku. La cargaison comprenait 27 350 pièces de roquettes Plamen-a de 128 mm et 10 000 pièces. Des roquettes Grad de 122 mm. L’expéditeur était Tehnoremont Temerin, en Serbie commandé par Famway Investment LTD, Chypre.

 

Le 5 mars 2016, un avion de l’Armée de l’air azerbaïdjanaise a transporté 1700 pièces de RPG-7 (transporteur: Ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan) et 2500 pièces PG-7VM (transporteur : Trans mobil Ltd., Bulgarie) pour le Ministère de la Défense de l’Arabie Saoudite. Les vols diplomatiques entre l’aéroport de Burgas et l’aéroport de Prince Sultan les 18 et 28 février 2017 ont transporté chacun 5080 pièces supplémentaires de 40 mm PG-7V pour RPG-7 et 24 978 pièces de RGD-5. Les armes ont été exportées par Trans mobile, de Bulgarie, au Ministère de la Défense d’Arabie Saoudite. Ces munitions et RPG-7 originaires de Bulgarie peuvent souvent être visionnées dans des vidéos filmées et affichées par l’État islamique sur leurs chaînes de propagande.

Les Émirats Arabes Unis sont un autre pays arabe qui a acheté des armes d’Europe de l’Est qui ne sont pas compatibles avec ses normes militaires et qui ont apparemment été adressées à un tiers. Sur trois vols à destination de Burgas-Abu Dhabi-Swaihan en mars et avril 2017, Silk Way a transporté 10.8 tonnes de PG7VM HEAT pour 40 mm RPG-7 sur chaque vol avec atterrissage technique et un arrêt de 2 heures à Abu Dhabi. L’exportateur est Samel-90, Bulgarie, l’importateur – Al Tuff International Company LLC. Cette dernière est associée à Orbital ATK LLC, qui est la filiale au Moyen-Orient de la société militaire étatsunienne Orbital ATK. Bien que le destinataire final soit l’armée des Émirats Arabes Unis, les documents du vol révèlent que le commanditaire est l’Arabie Saoudite.

 

Paiements en espèces

Le 26 février 2016, un avion de la Force aérienne azerbaïdjanaise a décollé de Bakou et s’est posé aux Émirats arabes unis, où il a chargé deux véhicules blindés et une voiture Lexus. La demande d’autorisation diplomatique indiquait que le paiement était en espèces – dollars américains. L’appareil a atterri dans le nord du Soudan et, le lendemain, en République du Congo. L’exportateur était Safe Cage Armour Works FZ LLC, EAU et la partie destinataire était les gardes républicains du Congo. Le parti qui a parrainé le projet était cependant l’Arabie saoudite.

 

Les vols diplomatiques transportent du phosphore blanc mortel

Le phosphore blanc est une arme incendiaire dont l’utilisation est très controversée en raison des dommages mortels qu’elle peut causer.  Le 22 mars, 100 autres tonnes de phosphore blanc ont été exportées de l’aéroport de Belgrade à Kaboul. Aucun contrat n’est joint aux documents de ces vols.

Le 2 mai 2015, un avion de la Route de la Soie a chargé 17 tonnes de munitions, dont du phosphore blanc, à l’aéroport de Burgas. L’exportateur était Dunarit, en Bulgarie. L’avion a fait un atterrissage technique et une escale de 4 heures à Bakou avant d’atteindre sa destination finale – Kaboul. Le destinataire était la police afghane. Aucun contrat n’est joint comme preuve.

Bakou – centre international d’armement

 

Le Ministère de la défense de l’Azerbaïdjan a été à plusieurs reprises le destinataire d’armes qu’il n’ a pas reçues. Le 6 mai 2015, un avion militaire azerbaïdjanais s’est envolé pour Burgas (Bulgarie)-Incirlik (Turquie)-Burgas. Il a transporté du matériel d’aviation de Bulgarie à la Turquie avec l’expéditeur: EMCO LTD, Sofia, et le destinataire -qui était le Ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan. Cependant, la cargaison a été déchargée en Turquie et n’ a jamais atteint l’Azerbaïdjan.

Certaines des armes que l’Azerbaïdjan transporte sur les vols diplomatiques ont été utilisées par ses militaires dans le Haut-Karabakh contre l’Arménie. En 2016, l’Azerbaïdjan a accusé l’Arménie d’utiliser du phosphore blanc. L’Arménie a nié ces allégations et a accusé l’Azerbaïdjan d’en fabriquer, car la seule preuve était basée sur une seule grenade non explosée trouvée par les soldats azerbaïdjanais. Selon les documents de l’ambassade d’Azerbaïdjan à Sofia, des munitions au phosphore blanc ont été transportées l’année précédente par avion diplomatique via Bakou.

Bakou joue le rôle d’un centre international pour les armes. De nombreux vols effectuent des atterrissages techniques avec des escales de quelques heures à l’aéroport de Bakou ou à d’autres aéroports intermédiaires en route vers leur destination finale. En outre, ces types d’aéronefs qui volent vers les mêmes destinations ne font généralement pas d’atterrissages techniques. Par conséquent, un atterrissage pour le ravitaillement en carburant n’est pas vraiment nécessaire. Malgré cela, les avions de la route de la Soie effectuaient constamment des atterrissages techniques. Un exemple concret: en décembre 2015, Silk Way a effectué 14 vols avec 40 tonnes d’armes sur chaque vol à destination d’Ostrava (République tchèque)-Ovda (Israël)-Nososny (Azerbaïdjan). L’exportateur n’est pas mentionné dans les documents alors que le destinataire est systématiquement le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan. Curieusement, l’avion a été dérouté et a atterri à l’aéroport d’Ovda (une base militaire dans le sud d’Israël), où il est resté pendant 2 heures.

En 2017, il y a eu 5 vols de Nish (Serbie) à Nasosny (Azerbaïdjan) via Ovda (Israël) en passant par Ovda (Israël). Chaque vol transportait 44 tonnes de fret – SPG Howitzer, RM-70/85. L’expéditeur était MSM Martin, Serbie, le destinataire : Elbit Systems, en Israël, et le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan. Tous les avions ont atterri en Israël et sont restés pendant 2 heures en route vers l’Azerbaïdjan.

 

La même compagnie israélienne Elbit Systems effectue un vol entre Barno (République tchèque), via Tel Aviv (Israël) et Bratislava (Slovaquie), à bord de véhicules blindés réexportés (TATRA T-815 VP31, TATRA T-815 VPR9). Ils ont été envoyés par Real Trade, Prague, à Elbit Systems. Le destinataire final, cependant, était le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan. L’appareil a atterri à Tel Aviv puis à Bratislava, où le fret a été importé par une autre compagnie, MSM Martin, en Slovaquie. On ne sait pas très bien pourquoi l’avion a volé de l’Europe vers l’Asie, puis est retourné en Europe avec le même chargement à bord. En fin de compte, il n’ a pas atteint sa destination finale – l’Azerbaïdjan. Ce type d’avion, l’IL 76TD, peut transporter jusqu’ à 50 tonnes de fret. Celui-ci ne transportait que 30 tonnes selon la documentation fournie. Il pourrait donc transporter une cargaison supplémentaire de 20 tonnes. Comme le vol était diplomatique, il n’ a pas été inspecté.

Un coup d’Etat militaire après un vol diplomatique au Burkina Faso

 

Certains vols diplomatiques transportent des armes pour différentes zones de conflit à travers l’Europe, l’Asie et l’Afrique. C’est le cas de deux vols des Forces aériennes azerbaïdjanaises à destination de Bakou-Belgrade-Jeddah-Brazzaville-Burkina Faso, les 30 août et 5 septembre 2015. Les expéditeurs étaient la CIHAZ, en Azerbaïdjan, et en Serbie. Le destinataire était le Ministère de la Défense de la République du Congo. L’avion a effectué deux atterrissages techniques – en Turquie et en Arabie Saoudite

La cargaison de 41,2 tonnes en provenance de Bakou et Belgrade comprend : des cartouches de 7,62 mm, 12 pièces fusils de sniper, 25 pièces 12 « Black Spear » calibre 12,7×108 mm, 25 pièces RBG 40×46 mm/6M11, et 25 pièces de mitraillettes coyote 12,7×108 mm avec trépieds. La même mitrailleuse lourde est apparue dans des vidéos et des photos mises en ligne par des groupes militants à Idlib et dans la province de Hama en Syrie quelques mois plus tard. L’avion transportait aussi : 1999 pièces M70B1 7,62×39 mm et 25 pièces M69A 82mm. Le 26 février 2016, une vidéo présentant les mêmes armes M69A 82mm a été postée sur Youtube par un groupe militant se faisant appeler Division 13 et combattant au nord d’Alep.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est intéressant de noter que l’avion qui transportait le même type d’armes a atterri à Diyarbakir (Turquie), à 235 km de la frontière syrienne. Un autre type d’arme, le RBG 40 mm/6M11, qui venait du même vol et qui était censé être aussi destiné au Congo, est apparu dans une vidéo de la brigade islamique d’Al Safwa dans le nord d’Alep.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la Turquie, l’avion a atterri en Arabie Saoudite et y est resté une journée. Il a ensuite atterri au Congo et au Burkina Faso. Une semaine plus tard, il y a eu une tentative de coup d’État militaire au Burkina Faso.

300 tonnes de RPG-s, mitrailleuses et munitions pour les Kurdes

En mars 2017, plus de 300 tonnes d’armes auraient été envoyées aux unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie. Six vols diplomatiques ont transporté 43 tonnes de grenades sur chaque vol de VMZ Military Plant, Bulgarie, au Ministère de la Défense irakien. Il n’y a cependant pas de contrats appliqués. Le 28 mars, 82 tonnes de cargaison (AKM 7,62×39 mm et AG-7) ont été expédiées d’Otopeni (Roumanie) à Erbil (Kurdistan irakien). L’expéditeur était Romtechnica S. A., le destinataire – encore une fois le ministère de la Défense à Bagdad. Aucun contrat n’est prévu pour ce vol non plus.

Le 16 mars 2016, un autre vol diplomatique de la Route de la Soie a transporté 40 tonnes de marchandises militaires de Slovénie à Erbil : l’exportateur était ELDON S. R. O., la Slovaquie, l’importateur – Wide City Ltd Co, Erbil, le destinataire final – le gouvernement du Kurdistan.

Wide City Ltd dispose de trois bureaux à Limassol (Chypre), Sofia (Bulgarie) et Erbil. Le bureau de la société bulgare Techno Defence Ltd se trouve à Sofia. Sur le site web de la société, le propriétaire de Techno Defense Ltd Hair Al Ahmed Saleh affirme qu’il a un bureau à Erbil et que sa société fabrique des armes Zagros en Azerbaïdjan (K15 Zagros, 9×19 mm et automatique K16 Zagros). Ces armes Zagros sont apparues dans des images de propagande diffusées par l’aile militaire du parti kurde du PKK, désigné comme organisation terroriste par la Turquie. Le président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliev est également un Kurde ethnique.

J’ai contacté toutes les parties concernées dans le cadre de mon enquête. Toutefois, je n’ai reçu aucun commentaire.

Dilyana Gaytandzhieva

Article originel : Diplomatic Flights Carry Weapons For Terrorists
Trud.bg

Traduction SLT

 

Source:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2017/09/exclusif-des-vols-diplomatiques-convoient-des-armes-aux-terroristes-trud-bg.html

27 aout 2017

 

 

L’Afghanistan est fin prête pour une guerre par procuration

Par MK Bhadrakumar

La Russie a laissé entendre par le passé que les États-Unis parrainaient secrètement l’Etat islamique en Afghanistan. Jeudi, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a été encore plus loin en alléguant que des «combattants étrangers» qui avaient été transférés par des «hélicoptères inconnus» ont perpétré un massacre à Hazara Shias dans la province de Sar-e-Pol dans le nord de l’Afghanistan. La porte-parole a déclaré:

·         On peut voir des tentatives visant à raviver les conflits ethniques dans le pays … Des cas de vols d’hélicoptères non identifiés en direction de territoires contrôlés par des extrémistes dans d’autres provinces du nord de l’Afghanistan ont également été enregistrés. Par exemple, il y a des preuves que le 8 août, quatre hélicoptères ont fait des vols depuis la base aérienne du 209ème corps de l’armée afghane à Mazar-i-Sharif vers une zone capturée par des milices dans le district d’Aqcha de la province de Jowzjan. Il est à noter que les témoins de ces vols ont commencé à sortir des radars des organismes chargés d’appliquer la loi. Il semble que le commandement des forces de l’OTAN qui contrôlent le ciel afghan refuse obstinément de constater ces incidents.

De ce qui précède, il semble que des sections des forces armées afghanes et le commandement de l’OTAN (qui contrôle l’espace aérien afghan) soient de connivence dans ces opérations secrètes. C’est, en effet, une allégation très sérieuse. L’attaque contre les chiites Hazara doit être considérée comme un message destiné à Téhéran. Historiquement et culturellement, l’Iran a des affinités avec la communauté chiite Hazara d’Afghanistan. Peut-être que l’administration Trump, qui a juré de renverser le régime iranien, est en train d’ouvrir un «deuxième front» contre l’Iran à l’est avec l’EI.

Fait intéressant, le ministère russe des Affaires étrangères a également publié vendredi une déclaration sur la situation alarmante en matière de drogues en Afghanistan. Il a souligné que:

·         Une forte augmentation de la production de drogues est prévue en Afghanistan cette année et un tiers de la population du pays est actuellement impliqué dans la culture du pavot à opium.

·         La géographie du trafic de drogue afghan s’est élargie et atteint maintenant le continent africain.

·         Des tonnes de produits chimiques pour le traitement des stupéfiants sont importées illégalement en Afghanistan – avec l’Italie, la France et les Pays-Bas  » qui en sont les principaux fournisseurs ».

·         Les États-Unis et l’OTAN ne sont pas disposés ou sont incapables de freiner cette activité illégale.

La Russie et l’Iran ne peuvent pas fermer les yeux sur les activités hostiles des États-Unis (et de l’OTAN) dans leur arrière-cour, transformant la guerre anti-Talibans en une guerre par procuration contre eux. Ils ne peuvent voir le conflit afghan autrement qu’à travers le prisme de leurs tensions de plus en plus fortes avec les États-Unis.

Quelles sont les options de la Russie? Le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, a déclaré lors d’une réunion avec les hauts gradés à Moscou, le 18 août, que le conflit afghan constituait une menace pour la stabilité de l’Asie centrale. Il a déclaré que la Russie envisageait d’organiser des exercices militaires conjoints plus tard cette année avec le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. La Russie a des bases militaires au Tadjikistan et au Kirghizistan.

De plus, l’ambassadeur Zamir Kabulov, envoyé présidentiel russe en Afghanistan, a récemment déclaré que si le gouvernement afghan et les États-Unis ne pouvaient pas contrer la menace de l’EI, la Russie recourrait à la force militaire. Kabulov a révélé que la Russie avait soulevé au Conseil de sécurité de l’ONU le problème des parachutages de fournitures pour les combattants de l’EI dans au moins trois provinces du nord de l’Afghanistan par des aéronefs non identifiés.

Bien sûr, il est inconcevable que la Russie envoie des hommes sur le terrain en Afghanistan. Mais si l’EI franchit les frontières des États d’Asie centrale, cela devient la «ligne rouge», la Russie ripostera. La Russie renforce ses bases au Kirghizistan et au Tadjikistan. De manière significative, lors d’un exercice militaire conjoint avec le Tadjikistan en juillet, la Russie avait testé ses missiles balistiques de courte portée Iskander-M, l’une des armes les plus avancées de l’arsenal russe, avec une portée de 500 kilomètres et une charge utile de 700 kg. Iskander est équipé de systèmes de guidage terminal avec la capacité de contourner les défenses antimissiles. La précision d’Iskander pourrait être de moins de 10 mètres. (La Russie a déployé cette arme mortelle en Syrie).

Avec le départ du stratège de la Maison Blanche Steve Bannon, un idéologue anti-guerre invétéré de l’administration Trump qui voulait en finir avec la guerre afghane, les généraux prennent désormais le dessus dans le contrôle de la politique américaine. Le secrétaire à la Défense, James Mattis, et le conseiller à la sécurité nationale, HR McMaster, sont en faveur du déploiement de troupes supplémentaires en Afghanistan. ‘L’inconnu connu’ est John Kelly, que Trump a récemment nommé en tant que chef d’état-major. Mais il y a assez d’éléments qui indiquent que Kelly (général du Corps de marine à la retraite et père d’un Marine décédé, le lieutenant Robert Kelly, qui a été tué en Afghanistan en 2010) partage presque certainement l’opinion de Mattis et McMaster.

Si l’on y regarde de plus près, on se rend compte que le véritable problème du président Donald Trump n’est pas de gagner la guerre contre les talibans, mais le risque élevé qu’il courra en écoutant les conseils de ses généraux et mettre sa signature sur une guerre par procuration à part entière en Afghanistan contre la Russie, l’Iran et la Chine.

 Source : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/08/20/afghanistan-is-ripe-for-proxy-war/

Traduction : Avic – Réseau International

 

 

L’Iran sera un ennemi irréductible pour Trump

Le compte rendu de la Maison Blanche de l’appel téléphonique du président américain Donald Trump au Premier ministre Narendra Modi a souligné mercredi que ce dernier « a remercié » Trump pour son « leadership fort qui unit le monde contre la menace nord-coréenne ». Modi doit être le seul leader mondial à avoir fait de telles louanges à Trump pour son comportement vis-à-vis de la Corée du Nord. Et, Trump en a été naturellement ravi.

En réalité, cependant, il n’était pas particulièrement difficile pour Modi de dire une chose si étrange, parce que l’Inde ne joue aucun rôle dans la résolution du problème nord-coréen. Ce que trahit ce compte rendu, c’est la volonté de Washington d’être approuvée par la communauté mondiale pour son approche incohérente du problème nord-coréen. Cependant, Modi a pris un risque ici en suscitant de nouvelles attentes dans l’esprit de Trump. Le problème est que Trump est en train d’entrer en collision avec l’Iran.

Trump a essayé de jouer au plus fin avec Téhéran, non pas en déchirant l’accord nucléaire, mais sapant celui-ci systématiquement. Mais Téhéran a décidé de tracer la «ligne rouge» et a averti Trump de ne pas la traverser. Mardi, le président iranien Hassan Rouhani a menacé Trump en disant que, si son administration imposait d’autres sanctions à l’Iran, Téhéran reprendrait son programme nucléaire. Point. Pour donner plus de sens à son discours, Rouhani a émis son avertissement abrupt à Trump en s’adressant au Majlis iranien:

·         Les nouveaux responsables américains devraient savoir que l’expérience des sanctions et de la coercition qui n’avait donné aucun résultat avait obligé leurs gouvernements précédents à venir finalement à la table de négociation. S’ils veulent tenter de refaire ces expériences à nouveau, l’Iran va résolument revenir à une situation beaucoup plus avancée qu’il ne l’était avant les négociations, pas en quelques semaines ou quelques mois, mais en quelques jours ou quelques heures.

De nombreux fonctionnaires iraniens ont également émis récemment une demande selon laquelle l’Iran devrait recommencer l’enrichissement de l’uranium à l’échelle industrielle. Notamment, Ali Akbar Salehi, président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique et une voix modérée dans l’establishment qui a régulièrement soutenu l’accord nucléaire avec les États-Unis, a déclaré récemment que le pays pourrait augmenter l’enrichissement jusqu’à 20% pour «surprendre les Américains et leurs partisans « . Bien sûr, si l’Iran commence à enrichir l’uranium jusqu’à un niveau de 20 pour cent, ce sera une étape vers la construction d’une arme nucléaire.

En fin de compte, une confrontation militaire avec l’Iran aurait des conséquences catastrophiques non seulement pour les intérêts américains dans toute la région, mais aussi pour Israël. Les propos de Rouhani ont été tenus deux jours seulement après que le chef suprême de l’Iran, Ali Khamenei, ait directement attaqué Trump. Dans un langage qui rappelle l’hostilité passée entre l’Iran et les États-Unis, Khamenei a déclaré:

·         Ceux qui sont au pouvoir aux États-Unis, avec leur espérance naïve, souffrent toujours de l’illusion qu’ils gouvernent le monde. Ils parlent comme s’ils étaient des dictateurs pour la terre entière ! Et il y en a qui obéissent par crainte et une piètre estime d’eux-mêmes. Aujourd’hui, la République islamique est en pleine puissance face aux États-Unis et dit à ceux qui y sont au pouvoir : qui croyez-vous être ? Si vous êtes un État puissant, allez gérer votre propre pays ! Si vous vous inquiétez vraiment, faites face aux insécurités et à la violence dans les rues de Washington DC, New York City et Los Angeles! Si vous vous inquiétez vraiment, réparez la discrimination raciale et les violations désastreuses des droits de l’homme à la fois pour les Blancs et les Noirs dans votre propre pays ! Occupez-vous de vos affaires, plutôt que de vous mêler des affaires des autres pays !

Trump n’est pas habitué à ce qu’on lui parle de cette manière. Même les leaders mondiaux qui ont une piètre idée de Trump – comme l’Allemande Angela Merkel ou le Turc Recep Erdogan – parlent par insinuations. Bien sûr, cela pourrait devenir un imbroglio dans lequel Trump irait s’emmêler – comme ce fut le cas pour Jimmy Carter. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’acceptera jamais une décision de l’administration Trump contre l’Iran.

La crédibilité de Trump est abyssalement basse, y compris parmi ceux qui le flattent – comme Modi. Les États-Unis n’obtiendront même pas d’alliés régionaux pour faire leur guerre contre l’Iran. Comme en témoigne la visite de trois jours du chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Mohammad Hossein Bagheri en Turquie (un événement sans précédent, cela dit en passant), les États-Unis sont pratiquement isolés au Moyen-Orient.

Pendant ce temps, l’alignement régional impliquant la Russie, l’Iran et la Turquie a, enfin pris forme, et il lie les mains de Trump. Les trois pays viennent de signer un méga accord de 7 milliards de dollars pour forer du pétrole et du gaz en Iran .

Source : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/08/17/iran-will-be-trumps-nemesis/

Traduction : Avic – Réseau International

 

Les Libyens accusent la France et le Qatar d’avoir directement ordonné l’assassinat de Gaddafi

Pour la première fois depuis la chute du régime de Mouammar Gaddafi, la Commission libyenne des droits humains a explicitement accusé la France et le Qatar d’avoir directement commandité son assassinat. Dans le texte publié in extenso par l’agence libyenne d’information, la Commission accuse nommément l’ex-président français Nicolas Sarkozy et l’ancien émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al-Thani, d’avoir ordonné le meurtre du colonel Mouamar Gaddafi et son fils Mouatassim peu après leur capture par des mercenaires français, allemands et turcs, suite au bombardement du convoi libyen près de Sirte par les bombardiers et les drones de l’OTAN.

Après sa capture, le commando de tueurs a remis Gaddafi à une milice de Misrata pour un lynchage filmé donnant l’impression au monde que c’est la rébellion qui est responsable de son assassinat. Un mauvais remake calculé de l’exécution du Duce Benito Mussolini à Guilino di Mezzegra (Italie) en avril 1945.

Tous les rebelles apparus dans la vidéo du lynchage de Gaddafi ont été éliminés entre 2011 et 2015 par la vendetta tribale déclenchée par les Warfalla et leurs alliés dont leurs opposants en guise de représailles.

L’Allemagne a joué un rôle majeur dans la localisation de Gaddafi, ouvrant ainsi la voie au bombardement de son convoi par les avions de l’OTAN.

Plus de six ans après, la Libye est toujours en proie au chaos avec deux gouvernements rivaux et des dizaines de villes libres se battant pour le partage des ressources du pays.

Depuis 2011, la Libye est devenue l’un des principaux ports de départ pour des millions de migrants africains vers l’Europe, une activité fort lucrative dont les bénéfices alimentent de très grosses fortunes locales dont celles des chefs de milices et des hommes forts tentant de s’accaparer le pouvoir.

Les partisans de l’ancien régime ne se cachent plus et détiennent le pouvoir sur une dizaine de localités situées autour de Banou Walid, bastion de la puissante confédération tribale des Warfalla, dont les chefs soutiennent le maréchal Haftar contre le gouvernement de Tripoli et la république de Misrata.

Photo: Maréchal Haftar et des représentants Warfalla

Source:https://strategika51.wordpress.com/2017/08/17/les-libyens-accusent-la-france-et-le-qatar-davoir-directement-ordonne-lassassinat-de-gaddafi/

 

«C’est la fin de l’empire US» : la Bolivie prend position contre une intervention au Venezuela

De passage à Moscou, le ministre des Affaires étrangères bolivien a rejeté l’idée d’une éventuelle intervention armée des Etats-Unis au Venezuela, envisagée par Donald Trump. Il a plaidé pour le droit de Caracas à l’autodétermination.

A l’occasion d’une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov le 16 août, le ministre des Affaires étrangères bolivien Fernando Huanacuni Mamani a jugé inacceptable l’idée d’une médiation étrangère dans les affaires du Venezuela.

«Nos pays, la Russie et la Bolivie, […] rejetons fermement toute forme de médiation empiétant sur la souveraineté du Venezuela. Si nous voulons aider, nous pourrions respecter le processus démocratique lancé au Venezuela. Il est très important de préserver l’harmonie dans la région», a ainsi déclaré le ministre bolivien qui a par ailleurs déclaré à RT : «L’hégémonie du monde occidental et de l’empire [américain] est arrivé à sa fin».

Sergueï Lavrov a de son côté plaidé pour que les «désaccords» entre le Venezuela et d’autres pays dont les Etats-Unis soient surmontés «par des moyens pacifiques, par le dialogue». Il a par ailleurs lui aussi rejeté l’idée de toute «pression extérieure, sans même parler de la menace inacceptable d’une intervention militaire».

 

Le Venezuela connait une profonde crise politique qui s’est traduite notamment par une série de manifestations violentes de l’opposition depuis le mois d’avril 2017. Plus d’une centaine de personnes, partisans du gouvernement et opposants, ont perdu la vie dans ces affrontements. L’élection d’une assemblée constituante de 545 membres a envenimé encore la situation. Le scrutin avait en effet été boycotté par l’opposition et son résultat non reconnu par un certain nombre de pays, dont l’Union Européenne et les Etats-Unis.

Donald Trump a évoqué le 11 août une possible «option militaire» dans le pays pour résoudre la crise après avoir refusé une proposition de dialogue téléphonique faite par le président vénézuélien Nicolas Maduro.

Plusieurs puissances régionales dont le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Chili, le Mexique, l’Equateur, le Nicaragua et désormais la Bolivie ont fait part de leur refus de toute option militaire.

Fernando Huanacuni Mamani a évoqué les interventions militaires américaines en Libye, en Irak ou en Afghanistan, estimant qu’elles avaient entraîné «l’effondrement de ces pays». Qualifiant d’inefficaces les interventions étrangères, le ministre bolivien a appelé Washington à abandonner ses ambitions hégémoniques et à reconnaître l’existence d’un monde multipolaire.

Photo: Fernando Huanacuni Mamani, ministre des Affaires étrangères de Bolivie  

Source:https://francais.rt.com/international/42120-empire-arrive-fin-bolivie-positionne-contre-intervention-americaine-venezuela

 

Sous la présidence de Raul Castro, Cuba a fait sa mue

Aujourd’hui, les Cubains peuvent voyager à l’étranger, créer leur propre entreprise et même voir flotter le drapeau des États-Unis dans les rues de La Havane. Depuis qu’il a succédé à son frère Fidel il y a onze ans, Raul Castro a silencieusement réformé Cuba.

La plus grande île des Caraïbes n’est plus la même depuis que ce discret général de l’armée a succédé à son aîné, qui a quitté le pouvoir en 2006 à cause de graves problèmes de santé avant de décéder en novembre dernier.

Aujourd’hui, le cadet des Castro préside pour la dernière fois à 86 ans la cérémonie du 26 juillet, «jour de la rébellion nationale» qui commémore l’acte de naissance de la révolution castriste. Il doit quitter la présidence en février 2018.

L’événement le plus marquant de l’ère Raul a eu lieu le 17 décembre 2014 lorsqu’il annonce à la télévision un rapprochement inattendu avec l’ancien ennemi de la guerre froide. Le 20 juin 2015, les deux pays renouent leurs relations diplomatiques et en mars 2016, le président cubain reçoit Barack Obama à La Havane. Le processus de normalisation est freiné depuis l’arrivée à la Maison-blanche du républicain Donald Trump, défenseur d’une ligne plus dure envers Cuba.

La Havane a également consolidé la normalisation de ses relations avec l’Union Européenne en signant un accord de dialogue politique en 2016 avec les 28.

En 2013, Raul Castro a mis fin aux restrictions draconiennes qui empêchaient les Cubains de voyager à l’étranger. Ils sont désormais autorisés à sortir du territoire pour une période allant jusqu’à deux ans. Ils ne perdent plus leurs biens ni leurs logements tant qu’ils sont partis en toute légalité. Cette réforme a facilité les visites et le rapatriement des Cubains émigrés. De janvier 2013 à décembre 2016, plus de 670 000 Cubains ont réalisé plus d’un million de voyages vers d’autres pays, et pour la seule année 2016, 14 000 Cubains vivant à l’étranger se sont réinstallés dans le pays.

Avec Raul Castro, l’économie cubaine a opéré une ouverture à l’initiative privée. Aujourd’hui, Cuba compte environ un demi-million de travailleurs privés, ou «cuentapropistas», soit 10% de la population active. Après plus de six décennies de pouvoir des frères Castro, le président cubain parie sur le renouvellement générationnel. Il a fixé une limite de deux mandats de cinq ans pour tous les postes dirigeants du pays. Officiellement président depuis 2008, Raul Castro doit quitter son poste l’année prochaine.

A partir de 2014, Raul Castro a fait évoluer la loi pour encourager l’investissement étranger et a inauguré le mégaport de Mariel, à 45 kilomètres à l’est de La Havane, une zone destinée à devenir le plus grand pôle industriel de Cuba. Mais pour l’heure, du fait de l’embargo américain et des contraintes imposées par le gouvernement cubain, la moyenne des investissements étrangers dans l’ensemble du pays est limitée à 418 millions de dollars annuels, bien en deçà des objectifs du gouvernement.

Fin 2015, Cuba a réussi à renégocier sa dette – gelée depuis les années 1980 – auprès de 14 pays membres du Club de Paris, obtenant l’annulation de 8,5 milliards de dollars d’intérêts. Ses obligations envers la Russie, la Chine et le Mexique ont aussi été renégociées. Le rétablissement de sa crédibilité sur les marchés doit lui permettre de capter de nouveaux financements.

Raul Castro a autorisé les particuliers à acheter et vendre leurs voitures et logements. Depuis 2014, 80 000 véhicules et 40 000 logements ont ainsi été échangés, selon les autorités.

Depuis 2013, le gouvernement a ouvert, sous restriction, l’accès à internet. Il existe aujourd’hui 370 zones de wifi public à travers le pays ainsi que 630 cybercafés. A titre expérimental, 38 000 lignes Internet haut débit ont également été installées chez des particuliers, mais le pays fait toujours partie des mauvais élèves en la matière dans le monde.

source: http://www.lexpressiondz.com/internationale/272106-cuba-a-fait-sa-mue.html

 

 

Syrie: un gigantesque plan de reconstruction chinois

Pékin est en train de conclure une série de méga-contrats avec Damas portant sur la reconstruction des infrastructures de base de la République Arabe de Syrie.

Outre les aérodromes, les ports, les centrales électriques, la grille énergétique, la Chine reconstruira l’ensemble du réseau routier, autoroutier et ferroviaire de la Syrie selon ses propres standards.

L’armée syrienne et ses alliés ont pu reprendre d’importants gisements d’hydrocarbures à l’est du pays et les techniciens chinois, escortés par des troupes spéciales, n’ont pas attendu la fin des combats pour y débarquer. La Chine compte prendre la majeure partie des contrats relatifs à la prospection dans le domaine des hydrocarbures.

La guerre imposée à la Syrie par ses adversaires traditionnels a causé plus de 226 milliards de dollars US de pertes à ce pays du Levant, le seul à être techniquement en guerre avec l’Etat d’Israël.

L’armée syrienne a tenu le choc initial tant bien que mal du 15 mars 2011 jusqu’en septembre 2015, date à laquelle les unités régulières, laminées et manquant d’équipement,  se trouvaient dans l’impossibilité de repousser les myriades d’armées rebelles mises sur pied par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, Israël et leurs alliés. Damas fait alors appel à l’aide militaire russe. Le 30 septembre 2015, la Russie intervient en Syrie et parvient avec peu de moyens à repousser l’ensemble des vagues rebelles et à garantir la survie de la structure de l’Etat syrien. Entre temps, la Chine a commencé dès 2014 à investir en Syrie avec l’Iran pour contrer la guerre économique et financière particulièrement féroce engagée par les ennemis de la Syrie et visant la destruction de son économie.

Pour Pékin, qui suit avec la plus grande minutie l’évolution en temps réel de la situation en Syrie (plus d’une douzaine de satellites-espions chinois sont braqués en permanence sur les zones où opèrent les Américains au Nord et au Sud de la Syrie), la guerre en Syrie est presque terminée.

A terme, la Chine aura un port d’attache en Syrie dans le cadre de son gigantesque projet de la « Nouvelle Route de la Soie. » L’un des projets économiques les plus ambitieux du siècle.

Tandis que les commanditaires de la guerre en Syrie cherchent encore, hébétés, à comprendre comment le ciel leur est tombé sur la tête dans cette affaire en s’accrochant à des futilités, la Chine est en train de gagner les contrats du siècle, bien plus intéressants que ce que toutes les compagnies ont pu décrocher dans l’Irak post-Saddam.

Photo: La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie

source: https://strategika51.wordpress.com/2017/07/24/syrie-un-gigantesque-plan-de-reconstruction-chinois/

 

 

Les options US visant à

réduire l’influence

iranienne sont limitées

Deux ans après la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015, l’Iran a étendu son influence dans tout le Moyen-Orient, se montrant capable de développer sa zone d’influence même après l’avancée lente de ses capacités en matière de nucléaire. Entre temps, l’administration américaine a décidé de maintenir l’accord scellé avec l’Iran, a écrit l’institut de recherches Soufan (The Soufan Group). 

Les États-Unis disposent d’options limitées devant eux pour restreindre l’influence iranienne dans la région, d’autant plus que le président américain cherche à réduire l’intervention militaire américaine dans la région.

Le respect par l’Iran de l’accord nucléaire et sa diplomatie active aussi bien dans la région que dans le monde ont mis au défi le gouvernement américain. Et ce alors que la Maison Blanche a critiqué que le Plan global d’action conjoint (PGAC) a seulement « retardé la formation d’un Iran doté d’armes nucléaires » au lieu d’y mettre fin.

Cependant, le gouvernement US fait face à une opposition importante de ses partenaires européens et asiatiques pour démanteler cet accord. Même les plus farouches opposants à l’accord, à savoir Israël et les États du Conseil de coopération du golfe Persique (CCGP), ont fini par accepter que cet accord puisse favoriser la baisse des tensions à l’échelle régionale.

Pour l’instant, l’administration Trump est arrivée à cette conclusion que l’abrogation de l’accord nucléaire enflammerait davantage la région, voilà pourquoi elle a décidé de le respecter encore. À deux reprises, une fois en avril et la deuxième fois le 17 juillet, le président américain Donald Trump a confirmé que l’Iran avait respecté ses engagements envers le PGAC, a écrit The Sofan Group.

Dans le même temps, les opposants régionaux de l’Iran ont trouvé dans l’administration Trump un partenaire désireux de réduire l’influence régionale iranienne.

 

Washington considère l’Iran comme une sérieuse menace pour sa sécurité nationale, ayant entrepris une politique destinée à réduire l’influence de ce pays au Moyen-Orient.  Pourtant, il n’est pas facile de faire baisser l’influence de l’Iran dans la région.

La Marine iranienne teste avec succès le missile de croisière Noor dans le détroit d’Hormuz. (Archives)

L’Iran exerce une influence considérable au Liban, en Syrie, en Irak, au Yémen, dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas et, dans une moindre mesure, à Bahreïn. Il soutient également ses alliés chiites en Arabie Saoudite et en Afghanistan. La réduction de l’influence régionale de l’Iran nécessiterait donc une participation considérable des États-Unis à plusieurs conflits régionaux, en particulier en Syrie et au Yémen.

En Syrie et au Yémen, deux pays où les États-Unis pourraient potentiellement résister face à leurs gouvernements ou aux factions pro-iraniennes, l’administration Trump préfère travailler avec la Russie pour le rétablissement d’une trêve en Syrie et ne pas soutenir la coalition pro-Riyad dans sa guerre avec les Houthis.

Les efforts directs de l’administration US contre l’Iran, à ce jour, ont été largement limités à des sanctions des entreprises internationales qui fournissent de la technologie ou investissent dans les programmes de missiles iraniens ou du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).  Les mesures anti-iraniennes des États-Unis risquent de rester étroitement limitées à l’avenir.

Photo: Téhéran, capitale de la République islamique d’Iran. ©Sputnik

 

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/07/24/529568/Iran-USA-influence-accord-nuclaire

23 aout 2017

 

Les choix économiques expliquent les difficultés politiques de Macron

En choisissant de donner la priorité à la consolidation budgétaire, Emmanuel Macron a modifié la logique de son programme économique et s’est aliéné une partie de l’opinion. Les efforts pour tenter de sauver la face d’une politique de « l’en même temps » et du « ni droite, ni gauche » ont achevé d’affaiblir sa position. 

Plus de 100 jours après son entrée à l’Élysée, la politique économique d’Emmanuel Macron commence à prendre forme… Et le président de la République rencontre ses premiers problèmes, financiers, économiques et politiques. Dans les jours qui ont suivi le second tour des élections législatives, le 18 juin, un tournant de rupture avec le programme du candidat Macron a été engagé. Il s’est achevé vers le 10 juillet avec trois priorités : la consolidation budgétaire, les baisses d’impôts et les « réformes structurelles ». Cette redéfinition s’est accompagnée d'un affaiblissement inédit et prononcé du sentiment positif qui entourait le début du quinquennat.

Certes, ces trois éléments étaient présents dans le programme très vaste du candidat d’En Marche!. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, peut avec raison, dans une interview à La Provence du 17 août, affirmer que le budget « répondra aux promesses du président de la République ». Mais la logique programmatique choisie depuis début juillet est très différente. Soucieux de bâtir une offre « ni de droite, ni de gauche », le futur président entendait mener une politique plus équilibrée que celle proposée par le candidat Les Républicains, François Fillon, qui, lui, annonçait faire de la baisse des dépenses sa priorité.

Si, en effet, la baisse des dépenses publiques figurait dans le programme d’Emmanuel Macron, à hauteur de 60 milliards d’euros, la priorité était alors donnée aux réformes (censées, dans la logique du fondateur d’En Marche!, dynamiser la croissance) et au plan d’investissement de 50 milliards d’euros. Bref, on renforçait d’abord le potentiel de croissance du pays avant de réduire les dépenses publiques. Cette position construite par l’économiste Jean Pisani-Ferry prenait ainsi en compte l’échec du concept « d’austérité expansive », autrement dit d’une croissance dopée par la contraction des dépenses publiques.

 

Ce concept, développé dans les années 1990 et 2000, avait conduit au désastre de la gestion de la crise de la dette européenne en 2010. Or, plusieurs économistes soutiens d’Emmanuel Macron, dont Jean Pisani-Ferry, Olivier Blanchard ou Charles Wyplosz, avaient fortement critiqué ce concept, tout en défendant les vertus des « réformes ». Leur position, reprise par le programme d’Emmanuel Macron, était de se libérer de la logique comptable pour renforcer l’attractivité et le potentiel productif du pays, ces deux éléments permettant de réduire le déficit et de donner, ensuite, de la marge de manœuvre pour la baisse des dépenses. Cette vision pouvait séduire une partie de l’électorat de centre gauche favorable aux réformes mais non à l’austérité.

Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics

Mais dès les premiers jours de la nouvelle majorité, cette logique a été abandonnée, provoquant un inévitable basculement à droite de la politique gouvernementale. La priorité a été inversée et donnée à la baisse des dépenses. Le discours gouvernemental a, dès lors, rejoint celui de « l’austérité expansive ». « En retrouvant la maîtrise de nos finances, nous pourrons enfin réduire les impôts et les charges qui grèvent le pouvoir d’achat des Français et la compétitivité de nos entreprises », affirmait Gérald Darmanin le 6 juillet, lors du lancement des États généraux des comptes de la Nation. Et d’ajouter deux jours plus tard dans le JDD : « Moins de dépenses publiques, c’est donc moins de déficit et donc moins d’impôts. » Un discours qui n’est pas sans rappeler celui de Jean-Claude Trichet, le 24 juin 2010, lorsqu’il affirmait que « l’idée que des mesures d’austérité peuvent déclencher la stagnation est incorrecte ». L’ancien président de la Banque centrale européenne s’est lourdement trompé. L’actuel gouvernement n’hésite pas à mettre ses pas dans les siens.

Dès lors, une partie de l’opinion jusqu’ici favorable à Emmanuel Macron s’est sentie trahie par le nouvel exécutif. Charles Wyplosz s’est ainsi mis à douter de la politique du nouveau président. D’autant que la justification de ce premier vrai tournant a été très peu convaincante. La Cour des comptes et le premier ministre, Édouard Philippe, ont en effet joué un numéro de duettistes, alternant alarmisme et feinte surprise devant un supposé « dérapage » budgétaire qui obligerait à ce tournant politique. Alors que les calculs de la Cour des comptes (qui ne prend pas en compte l’accélération de la croissance nominale) tablaient sur une baisse de 0,2 point à 3,2 % du PIB du déficit, le gouvernement a poussé des cris d’orfraie, parlé de « dérapage alarmant » des comptes publics et joué sur la corde sensible de la dette « léguée à nos enfants ». Gérald Darmanin fustige alors « l’insincérité » du budget précédent et se proclame « ministre de la défense budgétaire » dans l’interview accordée au JDD déjà citée. Le budget devient la « mère de toutes les batailles », affirme-t-il, en confirmant le changement de logique de la politique économique.

 

Cet alarmisme a bien du mal à passer. D’abord parce que, parallèlement, le gouvernement annonçait une nouvelle inflexion à droite de ses choix. Devant la grogne d’un patronat qui refuse de payer sa part de la consolidation budgétaire et donc de voir les baisses d’impôts, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital et la fin de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) repoussés à plus tard, comme l’avait suggéré Édouard Philippe dans son discours de politique générale le 3 juillet, Emmanuel Macron arbitre en faveur de la ligne de Bruno Le Maire. Les baisses d’impôts auront bien lieu dès 2018, alors même que l’objectif budgétaire ne changera pas.

Effet redistribution sur les classes de revenus des mesures fiscales du gouvernement © OFCE

Dès lors, la politique choisie devient clairement d’inspiration néolibérale. Elle oblige à des ajustements budgétaires encore plus violents, portant exclusivement sur les dépenses publiques qui, désormais, doivent être coupées à hauteur de 80 milliards d’euros sur le quinquennat, dont 20 milliards d’euros sur le seul exercice 2018. Parallèlement, ces coupes ne visent plus seulement à rester dans les clous de Maastricht, elles visent à financer un transfert de richesse vers les plus fortunés, notamment par la suppression de l’ISF, la baisse de l’impôt sur les sociétés et le PFU sur les revenus du capital, comme l’a montré une étude détaillée de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

À la théorie contestée de « l’austérité expansive », le gouvernement rajoute donc désormais son ralliement à celle, encore moins crédible, du « ruissellement ». On sait en effet que cette théorie qui veut que le surplus de richesse des plus fortunés renforce la prospérité globale d’une société n’est plus justifiée, comme l’a rappelé récemment un article de l’économiste en chef de l’Agence française du développement, Gaël Giraud.

Cette double évolution dessine donc une politique très différente de celle promise par le candidat Macron. Et, naturellement, elle a contribué à éloigner une partie de l’opinion du nouveau président. La partie investissement et relance de l’économie est laissée dans le plus grand flou, au pire repoussée à plus tard, au mieux réduite à quelques artifices et fonds de tiroir. Ainsi, le financement des investissements d’avenir serait assuré par des privatisations à hauteur de 10 milliards d’euros, mais une telle opération est loin de faire l’unanimité. Et l’on est encore très loin des 50 milliards d’euros promis. Incontestablement, l’accent n’est pas mis sur ces investissements, mais bien sur la baisse de trois points de PIB sur le quinquennat du ratio de dépenses publiques sur la richesse nationale.

L’exécutif a sous-estimé la fatigue d’une partie de la population face aux restrictions budgétaires qui ont été mises en place en France depuis 2011 et qui touchent notamment des secteurs comme la défense, la santé, l’éducation, la justice ou les collectivités locales. Cet aveuglement n’a rien d’étonnant dans la mesure où, depuis plusieurs années, les milieux libéraux français nient tout effort budgétaire français, au prétexte que la baisse du déficit est plus faible en France qu’ailleurs. Et, souvent, la conséquence du discours est d’appeler à une « vraie austérité ».

L’État a pourtant bel et bien serré les dépenses dans plusieurs secteurs clés depuis plusieurs années (selon la Cour des comptes, la baisse des dépenses s’élève à 27 milliards d’euros entre 2015 et 2017), entraînant une dégradation de la qualité des services publics et des conditions de travail des fonctionnaires. Le point d’indice des fonctionnaires a été gelé pendant de nombreuses années, les hôpitaux regroupés, les dépenses de la justice comprimées.

L’appel à « l’austérité expansive » de l’actuel gouvernement n’avait donc que peu de chances d’être entendu et accepté par une large partie de l'opinion. Ce n’est pas là un défaut de « pédagogie », comme le prétendent certains, mais bien un rejet d’une politique qui a déjà été menée et qui est une des raisons de l’échec politique du quinquennat de François Hollande. En choisissant l’austérité renforcée et en pratiquant de vieilles recettes comme la baisse du budget de la défense et le gel du point d’indice des fonctionnaires, le gouvernement a donné le sentiment non seulement de faire comme son prédécesseur, mais même de faire « pire ». Et tout cela pour une politique considérée comme injuste socialement. L’opinion ne pouvait que le sanctionner. La très maladroite décision de réduire au 1er octobre de 5 euros les aides personnalisées au logement pour un bénéfice budgétaire mineur (100 millions d’euros en 2017) a été considérée comme l’exemple même de cette injustice.

Tenter de sauver la synthèse politique en coupant les budgets partout

Le gouvernement a renoncé à une loi de finances rectificative pour 2017 qui lui aurait permis de remettre à plat ses choix budgétaires et de présenter ses nouvelles priorités. Cette décision a été lourde de conséquences. D’abord, elle a affaibli le discours alarmiste sur les comptes publics. Si, effectivement, la France est au bord du gouffre en raison de 0,2 point de PIB de déficit de trop, si le gouvernement précédent a laissé un budget « insincère », si, enfin, les 3 % du PIB de déficit public sont « la mère de toutes les batailles », pourquoi continuer à fonctionner dans le cadre du budget 2017 ? Ce refus d’un collectif budgétaire jetait d’emblée le doute sur la volonté d’inflexion du gouvernement et sur la réalité de l’urgence. Elle discréditait, en regard, le tournant de politique économique engagé.

 

Ensuite, et surtout, elle obligeait le gouvernement à s’engager dans une politique budgétaire de « bouts de chandelle », où il fallait trouver, dans le cadre des règles actuelles, des économies de 4,5 milliards d’euros sur 2017. Tout en affirmant vouloir éviter les habituels « coups de rabot », autrement dit des baisses uniformes de crédits, le gouvernement a promis de faire participer « tous les ministères » à l’effort budgétaire. Mais, en agissant ainsi, il donnait l’impression de poursuivre la politique du « coup de rabot », tout en pointant du doigt des domaines d’action de l’État comme non prioritaires. Une telle politique ne pouvait faire que des mécontents.

Donald Trump et Emmanuel Macron aux Invalides © Reuters/Charles Platiau

D’où les nombreuses valses hésitations du mois de juillet, où le gouvernement a tenté de manier le rabot tout en ne s’aliénant pas l’opinion. La baisse annoncée du budget de l’aide au développement s’accompagne d’un maintien de l’objectif à long terme de ce budget. La réduction du budget du secrétariat d'État de l’égalité entre femmes et hommes est dissimulée derrière une « priorité gouvernementale ».

Dans le domaine de la défense, la grogne a été si vive que le chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, a démissionné le 15 juillet. Il est vrai que, fidèle aux vieilles habitudes, le gouvernement avait décidé de mettre fortement à contribution ce budget, avec une annulation de 850 millions d’euros de crédits. Mais, tout en faisant montre de fermeté, Emmanuel Macron annonce une hausse du budget des armées en 2018 (qui devra donc être compensée par des coupes ailleurs) et le maintien d’un objectif de 2 % du PIB pour les dépenses militaires d’ici à 2025. Enfin, les collectivités territoriales, déjà fortement mises à contribution, devront baisser leurs dépenses de 13 milliards d’euros durant le quinquennat, alors même que le président de la République annonçait une série d’investissements pour les territoires.

Partout, donc, le gouvernement tente de dissimuler ses choix budgétaires ou de les faire passer par des promesses futures. Au risque de brouiller entièrement son message et de faire perdre de la crédibilité aux engagements futurs. Les partisans de la consolidation budgétaire ont le sentiment d’une hésitation du gouvernement qui nuit à ce que, dans la logique décrite par l’économiste David Ricardo, doit apporter la baisse du déficit : un « choc de confiance » incitant à l’investissement.

 

Quant à ceux qui s’opposent à cette politique d’austérité, ils n’ont pas de raison de se réjouir de coupes budgétaires qui sont bel et bien une réalité, quand bien même on leur promettrait des lendemains qui chantent. Bref, une telle méthode est une machine à détruire l’unité construite pendant la campagne par le candidat Macron entre sociaux-libéraux et libéraux classiques favorables à l’orthodoxie budgétaire. C’est une machine à perdre de la popularité.

Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, à Saint-Nazaire, le 31 mai 2017 © Reuters

En choisissant la voie de l’austérité budgétaire et en décidant de l’appliquer par la « petite porte » d’une multitude de petites économies, le gouvernement s’est aliéné tout le monde, lui qui cherchait à ménager chacun. D’autant que, inquiets de la perte de soutien dans l’opinion, mais toujours contraints au grand écart en raison du positionnement politique choisi, Emmanuel Macron et son gouvernement ont alors envoyé des messages contradictoires, comme la nationalisation « temporaire » de STX France à Saint-Nazaire ou le remplacement de la taxe sur les dividendes pour plaire à gauche et la remise en cause des contrats aidés pour satisfaire à droite.

Tous ces signaux n’ont pas atteint leur but, mais ont encore contribué à brouiller l’image de l’exécutif. Pour preuve, le patronat, pourtant grand bénéficiaire de la politique fiscale du gouvernement, s’étrangle à l’idée de devoir continuer à verser les 2 milliards de taxe sur les dividendes sous une autre forme…

La préparation du budget 2018 s’ouvre ainsi dans des conditions difficiles. La tâche du gouvernement sera de donner du sens à cette première loi de finance du quinquennat et d’insister moins sur les coupes budgétaires que sur les « changements de priorités » en termes de dépenses. Mais comment faire lorsque l’on a pour objectif le gel en volume des dépenses publiques et, donc, 20 milliards d’euros (soit un point de PIB) d’économies à réaliser ?

L’insistance sur les baisses d’impôts, elle, peut être politiquement risquée, car si elles profitent aussi aux classes moyennes, elles profiteront surtout aux plus fortunés et à ceux qui détiennent du patrimoine non immobilier. Elles laisseront aussi de côté une partie de la population : retraités, fonctionnaires ou chômeurs. Et surtout, elles seront payées au prix fort d’une austérité qui risque de rendre les gains de pouvoir d’achat bien amers pour beaucoup.

Le gouvernement est pris au piège de ses premiers choix : celui d’une priorité donnée à la consolidation budgétaire qui, en réalité, modifie l’ensemble de la logique économique du quinquennat et lui aliène une grande partie de l’opinion, mais aussi qui fait prendre des risques économiques au pays. Le gouvernement semble agir comme si sa politique ne pouvait avoir d’effet négatif sur la croissance. Mais les études, y compris celles du FMI, montrent que la consolidation budgétaire, alliée aux réformes du marché du travail, a quasiment toujours un effet récessif. De plus, la chute de popularité de l’exécutif traduit économiquement une réalité plus préoccupante : celle de l’absence de confiance dans sa politique économique. Dans un contexte de risque de remontée des taux, ces choix sont plus que préoccupants.

 

 

EPR de Flamanville et acier de Creusot Forge : l’abcès ne va pas tarder à crever

L'abcès Creusot Forge était en phase de collection depuis quelques mois, plus précisément depuis la publication de l'article de France Inter du 31 mars 2017 de Sylvain Tronchet annonçant l'émission « Secrets d'Info » diffusée le lendemain. Depuis cette date l'abcès s'est progressivement collecté, et est finalement devenu très tendu, douloureux à l'excès pour l'actionnaire quasi-exclusif d'Areva : l’État français. Un abcès bien chaud prêt à s'évacuer, et vrillant de douleur les neurones des dirigeants de l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), le soi-disant gendarme du nucléaire, dont l'impéritie la condamne désormais à la honte, et taraudant probablement aussi les nerfs de l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) chargé de fournir des expertises techniques à cette même ASN. Mais l'abcès tardait à percer, une dernière pirouette de l'ASN l'ayant refroidi le 28 juin dernier. Et c'est finalement l'ancien PDG de l'UIGM, devenu Creusot Mécanique en 2003, Jean-François Victor, qui, tel un chirurgien compatissant et prenant à la lettre l'invitation de l'ASN aux citoyens français de donner leur avis sur l'homologation de la cuve de l'EPR de Flamanville, vient le 14 août dernier de porter le coup de bistouri qui devrait accélérer le processus. Le pus devrait très bientôt s'écouler, et la France pouvoir enfin trouver un soulagement.

Sylvain Tronchet, dont vous lirez et écouterez avec un grand intérêt les hallucinants articles et interview, a révélé le pot aux roses grâce à une enquête fouillée et particulièrement bien documentée. En réalité l'ASN connaissait depuis 2005 les graves dysfonctionnements de la forge du Creusot, et non pas seulement à partir de 2014 comme elle a bien voulu le dire, soi-disant informée seulement à cette date par Areva des graves anomalies de l'acier constituant le fond et le couvercle de la cuve de l'EPR de Flamanville. Elle en avait en fait informé EDF dès cette année 2005, et donc Areva, mais s'était tout simplement couchée, comme le gendarme du même nom qu'elle est en réalité, devant le coup de force des deux industriels. Habitués désormais de longue date du fait de leur toute-puissance oligarchique à la politique du fait accompli et ne tenant donc aucun compte de l'avis de l'ASN, EDF et AREVA avaient débuté la fabrication de ces pièces sensibles de la cuve de l'EPR dès 2006. Que s'était-il donc passé entre temps, dans ce court laps de temps séparant la mise en garde de l'ASN du début de la fabrication des volumineuses pièces ?

 Un événement d'une "banalité" incroyable dont nous fait part Sylvain Tronchet et que vient confirmer, luxe de détails et graves accusations à l'appui, l'article tout récemment publié dans le Club de Médiapart par Jean-François Victor : en octobre 2006 Areva rachetait pour 170 millions d'€ à Michel Yves Bolloré, le frère de Vincent, les deux ateliers Creusot Mécanique et Creusot Forge dont il était propriétaire. Il avait acheté Creusot Mécanique 3 ans plus tôt pour... 800 000 € ! « Un goodwill de près de 100 millions d'€ » selon JF Victor. Une sacrée belle culbute de plus de 100 fois le prix d'achat de Creusot Mécanique en l'espace de 3 ans !

 Le scandale de la cuve de l'EPR de Flamanville et de l'acier de Creusot Forge serait donc en fait au départ, en sus de l'incroyable incompétence technique en jeu et de l'ignoble exploitation d'ouvriers étrangers, tout autant un énorme scandale financier. Peut-être tout à fait légal comme l'était l'emploi de Pénélope par son amoureux de mari, mais apparemment pas très moral... Un scandale dont l'ASN a voulu se laver les mains au détriment total de la sécurité des habitants du Cotentin, de la France, de l'Europe et finalement du monde entier, qu'elle est pourtant censée garantir.

 Et là est un autre scandale. Celui d'un véritable comportement de maffieux endossé par l'ASN, EDF, AREVA et finalement l’État français. On ne s'étonne plus que Sarkozy, Valls et Macron ait tenu à visiter l'usine Creusot Forge de Saône-et-Loire...

Reste à interroger l'attitude de nos médias hexagonaux. Aviez-vous entendu parlé de l'enquête de Sylvain Tronchet pourtant bien inouïe ? Et pourquoi Médiapart met-il autant de temps à publier en « une » un article aussi explosif que celui de Jean-François Victor qu'il détient depuis quelques jours dans un blog de son Club ?

 Quelles que soient les réponses qui seront données à ces questions, il apparaît néanmoins avec force indignation un temps déjà bien dépassé à l'exigence selon laquelle la folie nucléaire française devrait trouver un terme impatient à son incroyable potentialité de contamination corruptrice et déshumanisante.

 

 

18 aout 2017

 

 

Macron aurait ordonné la fermeture de l’ambassade de l’opposition syrienne à Paris

Le président français aurait ordonné la fermeture de l’ambassade du Conseil national syrien à Paris.

Au même moment où le président français Emmanuel Macron aurait ordonné la fermeture de l’ambassade du Conseil national syrien à Paris, le soi-disant « gouvernement de transition » a arrêté de payer les salaires de ses employés.

Il va de soi que les pays ayant soutenu dès le début les terroristes actifs en Syrie sous couvert de l’opposition se sont finalement décidés à mettre fin à leur soutien dû au revirement qu’on vient de constater dans leurs politiques.

À titre d’exemple, la position d’Ankara envers la Syrie a commencé à montrer des signes de changement, à l’issue d’une rencontre, en 2016, entre les présidents russe et turc Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

Idem pour l’Arabie Saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Joubeir a demandé aux dirigeants du Conseil national syrien de changer de cap en acceptant le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir.

Quant à la France, le nouveau président Emmanuel Macron a opté pour une nouvelle approche vis-à-vis de la crise en Syrie. Dans la foulée, il a proposé la formation d’un groupe de contact, d’autant plus que cette initiative diplomatique passera par Moscou et Téhéran.

Citant les médias de l’opposition syrienne, le quotidien El-Watan a annoncé que l’ambassade du Conseil national syrien à Paris, dirigée par Monzer Makhous, porte-parole du Haut Comité des négociations, sera fermée.

Selon les sources bien informées, l’ambassade pourrait connaître une fermeture surprise en raison de la mauvaise gestion de Monzer Makhous et du gel des aides financières de l’Arabie Saoudite et de la Turquie.

Imad Eddine al-Khatib, secrétaire général du parti d’opposition al-Tadamon, a déclaré que le non-versement des salaires des employés de l’ambassade relevait des divergences entre les monarchies arabes du golfe Persique, dont certaines ont décidé de suspendre leurs aides financières. Il a rappelé que la Turquie et le Qatar se serraient les coudes pour se dresser devant l’Arabie Saoudite et ses alliés.

« Le gouvernement de transition n’a obtenu aucun résultat concret et le fait qu’il ait décidé de ne plus payer ses fonctionnaires pourrait constituer le premier pas vers sa disparition et pourrait même aboutir à la disparition du Conseil national syrien », a expliqué Imad Eddine al-Khatib.

Certains médias ont annoncé que la fermeture de l’ambassade du Conseil national syrien aurait été ordonnée par Emmanuel Macron, dont le gouvernement se prépare à rouvrir l’ambassade de France à Damas, dans un proche avenir.

Des contacts diplomatiques se sont multipliés, pendant ces derniers mois, entre Paris et Damas, signe d’un revirement concret des autorités françaises face aux évolutions en Syrie.

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8882

 

La France développe ses liens commerciaux avec l’Iran malgré les menaces de sanctions américaines

En dépit des sanctions américaines récemment imposées à l’Iran, la France renforce ses liens commerciaux avec Téhéran après l’accord nucléaire 2015 imposé à l’Iran pour freiner son programme d’enrichissement d’uranium. Depuis l’accord nucléaire, la presse française a commencé à désigner l’Iran comme un « El Dorado » pour les entreprises françaises d’automobiles, d’énergie et de haute technologie.

Ces marchés commerciaux soulignent les vifs conflits économiques objectifs entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, qui sous-tendent les tensions stratégiques et militaires croissantes entre les deux blocs. Washington a menacé d’abandonner l’accord nucléaire iranien, en entreprenant un examen de 90 jours de ses politiques à l’égard de Téhéran. Il y a deux semaines, le Congrès des États-Unis a largement adopté un projet de loi visant la Russie, la Corée du Nord et l’Iran, accusant l’Iran de terrorisme et d’implication dans les guerres régionales.

Les sanctions américaines visent non seulement l’Iran, mais aussi d’autres puissances, y compris la Chine et l’UE, qui développent des liens commerciaux avec Téhéran. Les sanctions américaines contre Moscou, Pyongyang et Téhéran ont été fortement critiquées par les puissances européennes, l’Allemagne et la France ont menacé de prendre des mesures de rétorsion contre les États-Unis.

En même temps que l’Iran conclut des marchés à plusieurs milliards de dollars avec des entreprises européennes, y compris l’allemand Volkswagen et l’italien Ferrovie dello Stato, le capital français se rue sur l’Iran. Notamment les entreprises automobiles françaises, qui sont désespérées de stimuler les ventes au milieu de la crise économique en Europe.

Lundi, l’Iran et le constructeur automobile français Renault ont signé un marché de 660 millions d’euros pour produire 150 000 voitures par an. Renault vise à doubler sa part de marché à 20 pour cent de l’automobile iranien d’ici 2020. L’Iran produit environ 1,35 millions de véhicules par an et espère en produire 3 millions par an en 2025. Avec ce nouvel accord, Renault prévoit d’augmenter de150 000 véhicules par an ses ventes sur le marché iranien, sa capacité actuelle est de 200 000 véhicules par an en Iran.

L’accord avec Renault intervient après celui avec un autre constructeur automobile français, PSA Peugeot Citroën, qui représente 35 pour cent du marché iranien. Ce dernier a signé un accord l’année dernière pour ouvrir une usine produisant 200 000 véhicules chaque année. PSA était un constructeur majeur en Iran avant que les sanctions ne soient imposées. PSA n’a pu éviter une chute globale de ses ventes mondiales l’année dernière qu’en raison de l’augmentation des ventes en Iran.

Le mois dernier, la société française pétrolière et gazière Total et la société China National Petroleum Corporation (CNPC) ont signé un contrat à 4,9 milliards de dollars sur 20 ans avec l’iranien Petropars pour investir dans le gisement du gaz de South Pars, réparti entre les eaux iraniennes et qataries. Avec un investissement initial de 1 milliard de dollars, Total aura une participation de 50,1 pour cent ; CNPC et Petropars détiendront respectivement 30 et 19,9 pour cent.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a qualifié l’occasion « d’historique » et a encouragé d’autres entreprises à investir en Iran. « Nous ne sommes pas une organisation politique, mais j’espère que cet accord encouragera d’autres entreprises à venir en Iran parce que le développement économique est aussi un moyen de construire la paix », a-t-il déclaré à l’AFP. « Nous sommes là pour construire des ponts, pas des murs. »

Total s’efforce de contourner les sanctions américaines, en nommant un responsable de la conformité (aux sanctions) pour s’assurer qu’elle n’est pas ciblée par Washington – comme en 2014, lorsque les États-Unis ont imposé une amende de 9 milliards de dollars sur la plus grande banque française, BNP-Paribas, pour violation de l’embargo. Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namadar Zanganeh, a déclaré que l’industrie pétrolière iranienne a besoin d’un investissement de 200 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.

Les calculs de Total, la compagnie pétrolière à travers laquelle l’impérialisme français a depuis longtemps traité ses politiques néocoloniales en Afrique, parlent au nom du capital européen dans son ensemble. Elle ne cherche pas à construire la paix, mais à prendre le contrôle des profits et des marchés que le régime théocratique iranien préfère offrir aux entreprises européennes plutôt qu’à un gouvernement américain hostile. En particulier, elles anticipent d’énormes profits tirés des politiques de libéralisation économique, d’austérité et de suppression d’emplois que le Président Hassan Rouhani prépare contre les travailleurs en Iran.

Les puissances européennes ont longtemps bénéficié d’un accès spécial aux marchés iraniens, à mesure que Washington a réduit les liens avec le régime qui a émergé de la révolution de 1979 contre le Shah de l’Iran soutenu par la CIA. En particulier, après la dissolution de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne en 1991, les rivalités américano-union européennes se sont intensifiées dans le golfe Persique. Les entreprises françaises ont raflé des parts de marché iraniennes dans les années 1990, tandis que ses diplomates ont soutenu que l’influence européenne dans le golfe Persique était nécessaire pour construire un monde « multipolaire ». Ces tensions ont abouti à l’invasion illégale et unilatérale de l’Irak par les États-Unis en 2003.

En 2006, cependant, Washington et les puissances européennes ont voté conjointement pour imposer des sanctions contre l’Iran par rapport à son programme d’enrichissement d’uranium, qui n’avait que des fins pacifiques pour le gouvernement iranien. Au cours de la décennie dernière, la Chine a de plus en plus développé son commerce avec l’Iran, qui a rejoint la Banque asiatique d’ investissement dans les infrastructures (AIIB) dirigée par la Chine, et le pays est devenu un point névralgique des projets de la Chine pour un réseau de transports, de routes d’échanges commerciaux et d’énergie à travers l’Eurasie.

Les sanctions de l’ONU soutenues par les États-Unis avaient dévasté les liens économiques franco-iraniens. Les échanges commerciaux en 2014 n’ont atteint que 514 millions d’euros, contre 4 milliards d’euros en 2004. La part de marché de la France en Iran est passée de 7 pour cent à 1 pour cent.

Depuis l’accord nucléaire de 2015, les milieux dirigeants européens cherchent désespérément à rétablir leur présence en Iran, qui compte les deuxièmes réserves mondiales de gaz et les quatrièmes réserves de pétrole, et un marché intérieur de près de 80 millions d’habitants. L’UE est susceptible d’affronter Washington, si ce dernier cherche à réimposer des sanctions à l’Iran dans un avenir proche. Après que l’accord nucléaire a été initialement ratifié, le Conseil européen des relations extérieures a publié une analyse le 26 août 2015, intitulé « L’Europe ne s’inclinera pas devant un congrès américain opposé à l’accord avec l’Iran ».

Ce rapport affirmait : « Les Européens regardent maintenant au-delà d’une vision centrée sur le nucléaire de l’Iran pour se concentrer sur la façon dont ils peuvent utiliser l’ouverture pour collaborer avec le gouvernement du président iranien Hassan Rohani. L’Iran et l’Europe sont tous deux désireux de relancer leurs relations commerciales autrefois prospères et les Européens voudraient également travailler avec l’Iran pour réduire de manière plus constructive les conflits au Moyen-Orient. Ce genre de progrès ne peut pas être facilement renversé, et si c’est le cas, les décideurs politiques européens peuvent reprocher à Washington plutôt qu’à Téhéran d’avoir fait avorter prématurément un accord qui avait reçu une acceptation mondiale presque unanime. »

Maintenant, les entreprises européennes espèrent que la réélection du président iranien Hassan Rohani, favorable aux affaires, aidera leurs intérêts commerciaux. Téhéran a signé plusieurs contrats d’une valeur d’environ 30 milliards d’euros, rien que pendant la visite de Rouhani en France l’année dernière.

À mesure que Washington menace ou impose effectivement des sanctions contre l’Iran, la Russie, la Chine et la Corée du Nord – qui est dans le collimateur du Pentagone pour une attaque militaire – les entreprises européennes entrent en conflit stratégique avec leurs « alliés » et rivaux aux États-Unis.

Kumaran Ira

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/aou2017/fira-a14.shtml

 

 

 

 

Venezuela : Lettre de Raul Castro au président Nicolas Maduro

La Havane, le 6 août 2017

 « Année 59 de la Révolution »

 Nicolas Maduro Moros

 Président de la République  Bolivarienne du Venezuela

 Cher Nicolas,

C’est avec une immense joie révolutionnaire que j’ai pris connaissance des résultats des élections et de l’installation de l’Assemblée nationale constituante. Il ne faut aucun doute que cette démarche représente une précieuse leçon qui fait du Venezuela un symbole pour tout notre continent, comme l’avait signalé Fidel, avec sa clarté exemplaire. La démonstration de soutien populaire a été claire et catégorique, fidèle à l’héritage du Libertador Simon Bolivar et du président Hugo Chavez Frías.

 Cette expérience prouve que chaque acte de terreur relève le moral du peuple, chaque agression le rend plus fort, chaque coup renforce l’unité.

 Viendront certainement des jours de lutte intense, de harcèlement, de blocus et de pénuries, mais ce seront aussi des jours de création et de travail pour les révolutionnaires et pour tout le peuple vénézuélien qui, comme jusqu’à aujourd’hui, ne sera pas seul et pourra compter sur nous, les Cubains, qui serons au premier rang de la solidarité militante la plus engagée envers sa cause.

 Une forte accolade

 Raul Castro Ruz

http://fr.granma.cu/cuba/2017-08-10/lettre-de-raul-au-president-nicolas-maduro

Source:http://bolivarinfos.over-blog.com/2017/08/venezuela-lettre-de-raul-castro-au-president-nicolas-maduro.html

 

 

La Russie accuse les États-Unis d’essayer de fomenter une guerre en Transnistrie

Un conflit qui était dormant depuis 1992 pourrait être réactivé par les États-Unis, vient de faire savoir le Vice-Premier ministre de Russie.

Le Vice-Premier ministre de Russie, Dmitry Rogozin vient d’accuser les États-Unis d’essayer de rallumer un conflit en Transnistrie, une région enclavée auto-gouvernée, prise en sandwich entre les frontières actuelles de la Moldavie et de l’Ukraine.

Depuis 1990, la Transnistrie s’est considérée comme indépendante de la Moldavie.

La position de la Transnistrie a toujours été précaire. Avant l’effondrement de l’URSS et avant que la Moldavie devienne un état indépendant, la Transnistrie s’était proclamée république soviétique souveraine en 1990, sous le nom de République Socialiste Soviétique moldave du Dniestr.

Quand la Moldavie est devenue indépendante en 1991, elle a réclamé la souveraineté sur la Transnistrie.

Une guerre s’en est suivie, qui s’est conclue sur un fragile cessez le feu en 1992. La question est restée largement irrésolue.

Entre 1924 et 1940, la Transnistrie a fait partie de la République Socialiste Soviétique Autonome de Moldavie, à l’intérieur de l’Ukraine soviétique. La Moldavie, incluant la Transnistrie, est devenue une République Socialiste Soviétique proprement dite en 1940, bien qu’une grande partie du pays ait été brutalement occupé par le Reich, pendant les premières années de la Grande Guerre Patriotique.

Aujourd’hui, le Vice-Premier ministre russe Dimitry Rogozin a fait savoir ce qui suit :

 « Les Américains sont occupés à entraîner des forces d’opérations spéciales de la République de Moldavie, en prévision d’un conflit armé avec la Transnistrie».

La Moldavie fait actuellement face à une situation politique bloquée, avec une Assemblée législative contrôlée par des partis généralement pro-occidentaux et le Président du pays, Igor Dodon, qui est au contraire en faveur de bonnes relations avec la Russie. Si les États-Unis décident de provoquer un regain de violence en Transnistrie, cela sera infiniment préjudiciable à la sécurité dans la région.

La Russie vient donc de prendre une initiative proactive, en avertissant le reste du monde des conséquences prévisibles de ce développement.

Adam Garrie – The Duran

Source: http://theduran.com/russia-accuses-us-trying-foment-war-t…

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

via:http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2017/08/09/en-direct-du-bac-asable-sous-lsd-8754745.html

 

 

Les Russes disposent de sanctions qui tuent

La Russie contrôle plus de 45% des capacités mondiales dans l’enrichissement de l’uranium. Les USA importent 90% de leur combustible nucléaire. Faites le calcul.

Perdue au milieu de toute la parlote autour du rajout de sanctions contre la Russie par le Congrès US, il y a la place unique dans le monde du secteur de l’uranium russe. Se focaliser tant sur la place du secteur des hydrocarbures russes (et plus précisément sur la part des exportations russes), égare l’analyse sur la force de la position de la Russie dans le secteur mondial de l’énergie nucléaire.

Et, ainsi, John McCain peut faire le mariole et raconter que la Russie n’est rien de plus qu’une « station-service essayant de se faire passer pour un pays. » Ce qu’il ne veut pas accepter en lui-même ou pour le monde, c’est que la Russie est plus capitale dans le marché mondial du combustible nucléaire que l’Arabie Saoudite ne l’a jamais été dans le marché du pétrole brut.

 

La maîtrise de la Russie dans ce secteur ne vient pas de sa production d’oxyde d’uranium (U3O8 ou yellowcake), elle vient du fait qu’elle détient 45% des capacités mondiales d’enrichissement de ce minerai en combustible nucléaire utilisable. La Russie ne produit par an qu’environ 3000 tonnes d’U3O8.

Production en tonnes des mines d’uranium du monde
World Nuclear Association

Possédant les plus grandes réserves du monde, le Kazakhstan est le plus grand producteur mondial de yellowcake. Pensez-vous sérieusement que le Kazakhstan, l’un des plus forts alliés de la Russie, fera cavalier seul dans l’une de ses industries majeures, si la nouvelle guerre froide entre USA et Russie s’intensifie encore ?

J’ai deux mots pour vous : Diantre non !

Ces dernières années, le bassin canadien Athcabasca, dans la province du Saskatchewan, a joué un rôle déterminant dans l’expansion de l’offre mondiale de yellowcake. Mais cela n’a pas modifié la dynamique du secteur, les prix de l’uranium restant bas.

Le problème n’est pas la production de minerai, mais la transformation de ce minerai en combustible utilisable, appelé Separative Work Units (SWU). Or, du fait de leur politique environnementale, USA et Canada ne sont pas intéressés par l’enrichissement de l’uranium. N’ayant rien entendu à ce sujet de la part de  l’administration Trump, rien ne changera de manière à affecter les circonstances actuelles ou celles à craindre dans le futur.

Rosatom, l’organisme fédéral de l’énergie atomique de l’État russe, dispose d’un effet levier considérable. La fausse indignation à propos de Hillary Clinton, au sujet de la vente de 20% des réserves d’uranium US aux Russes, est hors de propos.

Je la paraphraserai pour une fois dans ma vie, « Quelle différence cela fait-il » de développer la production de minerai quand les Russes ont le contrôle effectif de son enrichissement ?

Du fait des changements de politique au cours des vingt dernières années, les USA n’ont pas la compétence de produire leur propre combustible nucléaire. Ainsi, la plus grande production de minerai canadien doit toujours être expédiée en Russie ou en Europe pour y être traitée.

 

Oui, en Russie et en Europe.

En outre, voyez d’où viendront les capacités d’enrichissement dans le futur… de Chine. Et tout cela ne fera qu’aider la Chine à alimenter elle-même les centrales électriques construites actuellement pour elle par Rosatom, ainsi que celles de l’Inde, de Turquie, d’Iran et d’à peu près tout le reste du monde qui veut l’énergie nucléaire.

19,5% de notre électricité vient de l’énergie nucléaire. Oui les gars, la puissance du réseau électrique US est fournie par les SWU russes. Sans relations avec la Russie, il n’y a pas d’air conditionné.

Utilisant plus de 32% du total mondial, nous sommes les plus grands consommateurs de SWU du monde. Cela tourne autour de 15,1 millions de SWU. La France est seconde avec 14%. Plus de 90% de notre consommation d’uranium est importée. Voici la répartition des importations :

Origines et parts d’achats de l’uranium produit à l’étranger en 2016

·         Canada – 25%

·         Kazakhstan – 24%

·         Australie – 20%

·         Russie – 14%

·         Ouzbékistan – 4%

·         Malawi, Namibie, Niger et Afrique du Sud – 10%

·         Brésil, Bulgarie, Chine, République tchèque, Allemagne et Ukraine – 2%

C’est là que le minerai est acheté, pas là où il est enrichi. Les puits de pétrole brut ne sont pas l’infrastructure énergétique. Le raffinage et la distribution le sont. Nous pouvons acheter le minerai au Kazakhstan, mais il doit encore être enrichi par l’un des pays cités ci-dessus. Je simplifie les explications, mais vous devriez saisir le tableau.

Toute discussion sur la sécurité énergétique des USA n’a aucun sens tant que l’on ne parle pas de l’uranium. Tant qu’il n’en parle pas, le Congrès US peut faire autant de bruit qu’il veut, jusqu’à ce que Poutine en ait assez.

Vous remarquerez que Poutine n’en parle jamais. Personne ne le fait. Tous les jeux de mots étant intentionnels, il s’agit vraiment de l’option nucléaire de la géopolitique. C’est la masse qui pourra s’abattre dès que le monde sera en déficit de SWU, moment qui se rapproche rapidement.

La réponse aux sanctions

Les annonces d’expulsion de quelques diplomates US et de saisie de biens servant officiellement à ces diplomates, sont en réalité le signe de l’avantage des Russes. C’est Poutine qui fait le spectacle avant que les choses ne deviennent sérieuses.

Le nouveau projet de loi de sanctions ne dit rien à propos du secteur nucléaire russe. Il ne parle pas de sanctionner les entreprises allemandes ou françaises qui font des affaires avec les exportations nucléaires russes ou transforment le yellowcake russe en combustible nucléaire.

Il ne peut rien dire à ce sujet, et John McCain le sait bien. Autrement, la réponse russe sera de se tourner vers le Kazakhstan et de suspendre les exportations de SWU vers les USA.

Et cela mettra fin au discours vantant la polyvalence de l’industrie des USA. Notre réseau électrique est déjà surchargé. Du point de vue économique, la production électrique de nos centrales nucléaires est un avantage relatif.

Elle s’érodera au cours de la prochaine décennie, au moment où la Chine et même la Russie intensifieront le recours aux centrales nucléaires. Encore une fois, l’adoption par la Chine de l’énergie solaire est tout un travail keynésien d’aide financière visant à lancer la création d’emploi. Ce n’est pas une solution à ses problèmes énergétiques. Le pétrole, le gaz et l’uranium russes le sont.

Si les choses se gâtent vraiment avec le gazoduc Nordstream-2 et l’Allemagne, vous pourrez alors parier qu’il y aura aussi un problème avec l’Allemagne. C’est pourquoi les sanctions sont si aberrantes. Elles poussent encore plus vite l’Allemagne dans les bras de la Russie. Elles poussent les Russes à approfondir leurs liens avec la Chine.

Les USA sont en train de s’aliéner ces mêmes peuples qui leur fournissent l’énergie dont dépend leur industrie lourde.

Leurs centrales nucléaires étant arrêtées, les Allemands n’utilisent plus les SWU qu’ils produisent, et je suis sûr qu’ils les vendent en ce moment aux USA. Or, ces SWU sont un atout de réserve assez fort pour l’avenir de la politique énergétique mondiale.

L’Allemagne étant territoire occupé, ses réactions sont contenues. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’Union Européenne veut avoir sa propre armée permanente ?

Merkel, avec Poutine, tiennent un frein puissant à la capacité des USA à pousser les choses beaucoup plus loin.

Gold Goats ‘n GunsTom Luongo

Original : tomluongo.me/2017/07/28/the-russians-have-the-sanctions-hammer/
Traduction 
Petrus Lombard

 

Une coalition Bagdad-Téhéran-Moscou est en train de se mettre en place

À l’approche de la défaite complète de Daech dans la région, Bagdad se rapproche de la coalition Téhéran-Moscou.

Il faut dire que Bagdad coopère déjà avec Moscou et Téhéran conformément à un accord datant de 2015 auquel n’était pas partie prenante Washington. En effet, c’est en vertu de cet accord que Bagdad a ouvert son espace aérien aux chasseurs russes, ce que la Bulgarie n’a pas voulu faire suite aux pressions imposées par les Américains.

L’agence de presse Reuters a écrit le 23 juillet : « L’Iran et l’Irak ont signé dimanche un accord visant à renforcer leur coopération militaire et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. »

L’agence de presse IRNA a écrit aussi à la suite de la signature de cet accord : « Le ministre iranien de la Défense, Hossein Dehghan, et son homologue irakien, Erfan al-Hiyali, ont signé un protocole d’accord comprenant des dispositifs sur la sécurité aux frontières, la logistique et l’entraînement. »

Le vice-président irakien s’est rendu le 24 juillet à Moscou où il a plaidé pour une plus grande coopération militaire entre les deux pays.

Exprimant des inquiétudes sur le futur de l’Irak après la défaite complète de Daech et craignant un éventuel démantèlement du territoire irakien à l’initiative de Washington, al-Maliki a demandé aux Russes et Iraniens de coopérer davantage avec Bagdad.

Le vice-président irakien a en effet affirmé : « Il se peut qu’avec les intrusions dans notre région, l’Irak soit confronté à de nouveaux événements politiques. »

Il a ainsi rappelé qu’il était opposé au référendum de l’indépendance du Kurdistan qui doit être organisé à la fin de cette année et qui est selon lui une atteinte à l’unité du peuple irakien.

Source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i42122-une_coalition_bagdad_téhéran_moscou_est_en_train_de_se_mettre_en_place

 

 

 

5 hauts gradés de l’armée appellent Emmanuel Macron à faire preuve d’«humilité»

Pas moins de 15 hauts gradés dont cinq généraux ont signé une lettre ouverte au président de la République, dans laquelle ils expriment leur indignation face à sa gestion de l’affaire de Villiers. Ils appellent Emmanuel Macron à plus d’«humilité».

 

Dans une lettre ouverte au président de la République publiée par Capital le 27 juillet, 15 officiers supérieurs à la retraite dont cinq généraux et six colonels, haussent le ton à l’égard d’Emmanuel Macron, l’informant que «l’Armée est peut-être muette, mais elle n’est ni sourde ni aveugle, ni amnésique».

Les militaires accusent le chef de l’Etat d’avoir laissé les députés de la majorité confier à la presse les propos du chef d’état-major des armées (Cema), puis d’avoir recadré brutalement ce dernier devant ses subordonnés. Les officiers dénoncent, à ce sujet, un comportement «qui restera longtemps dans les mémoires».

Selon eux, Emmanuel Macron a fait preuve d’un comportement humiliant et inapproprié envers un officier ayant servi la France durant 40 ans. «Vous avez senti la différence entre être le chef légal, et être le chef véritable : celui qui, connaissant le métier des armes, respecte ses hommes et en retour se fait aimer d’eux ; celui qui, parce qu’il a d’abord commencé par obéir, a appris à commander. Si votre jeunesse est une excellente chose, elle ne vous a pas apporté l’expérience du Service sous les armes», peut-on lire sous leur plume.

Si votre jeunesse est une excellente chose, elle ne vous a pas apporté l’expérience du Service sous les armes

Dans les lignes des gradés, on peut lire la formule choc «commander n’est pas « manager »», puis plus loin : «Vos paroles publiques visant le général de Villiers n’ont pas seulement atteint ce grand serviteur de la France et de nos armées mais aussi un grand nombre de militaires qui, comme nous, se sentent humiliés.»

Commander n’est pas « manager »

A l’instar de plusieurs de leurs collègues s’étant exprimés sur le sujet, les militaires estiment en outre qu’il est du ressort du Cema d’informer les politiques sur la situation réelle de l’armée, sans user de langue de bois.

Concernant les déclarations du président à propos du plan budgétaire gouvernemental, les officiers assurent qu’ils ne sont pas dupes, n’hésitant pas à parler de «manipulation» lorsqu’il laisse entendre que les coupes dans le budget de l’armée en 2017 n’auront pas d’incidence sur le fonctionnement des armées.

Les officiers accusent encore Emmanuel Macron de mettre ses armées dans une situation «encore plus tendue» que celle dans laquelle ses prédécesseurs les avaient laissées.

Assumant comme un devoir de s’adresser au chef des armées «avec le cœur», les cadres de l’armée concluent cette missive acide par un appel au président à devenir un chef «respectueux» de ses soldats, au lieu de se contenter de jouir des pouvoirs que lui garantit la Constitution.

Source:https://francais.rt.com/france/41477-15-hauts-grades-armee-demandent-macron-faire-preuve-humilite

 

 

 

Des sources diplomatiques américaines n’écartent pas un coup d’Etat au Qatar

Des diplomates occidentaux évoquent la possibilité d’un renversement de l’émir Tamim. Les Américains, notamment, semblent renvoyer les Al-Saoud et les Al-Hamad dos à dos et veulent pousser vers la porte de sortie les deux monarques actuels qui menacent de faire basculer le Moyen-Orient dans le chaos.

Des informations relayées par la presse arabe du Golfe évoquent avec insistance un projet de reversement de l’émir Tamim Ben Hamad Al-Thani. Ce projet de putsch serait soutenu par les familles les plus influentes du Qatar, qui se montrent ouvertement irritées par la politique régionale aventureuse suivie par le fils de Hamad, Ben Khalifa Al-Thani. Ces familles pensent, en effet, que Doha n’a rien à gagner à engager un bras de fer avec l’Arabie Saoudite pour les beaux yeux de l’Iran et des Frères musulmans. Selon les médias arabes qui rapportent l’information, les opposants à Tamim Ben Hamad Al-Thani s’inquiètent aussi pour leur business. Ils craignent que l’embargo qui frappe leur pays conduise à leur ruine.

Les mêmes sources indiquent que les Américains ne seraient pas du tout contre l’idée d’un changement de régime dans la mesure où il pourrait apporter la sérénité dans la région et replacer le Qatar dans le giron de l’Arabie Saoudite. Le scénario, dit-on, s’imposerait de lui-même puisque Tamim Ben Hamad Al-Thani refuse toujours d’obtempérer aux tirs de sommation de Riyad et de ses alliés.

Lors d’une intervention devant le centre de réflexion Chatham House, le 18 juillet dernier, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash avait d’ailleurs souligné que son pays et ses alliés ne cherchaient pas un «changement de régime» mais d’«attitude». «Nous avons envoyé un message au Qatar, nous avons dit que nous ne voulions pas une escalade, nous ne cherchons pas un changement de régime, nous cherchons un changement d’attitude, pas de votre politique, dans votre soutien à l’extrémisme et au terrorisme», avait déclaré Anwar Gargash. A l’évidence, la situation n’a pas évolué d’un iota depuis.

Sadek Sahraoui

Source: https://www.algeriepatriotique.com/2017/07/27/diplomates-americains-necartent-coup-detat-qatar/

 

Les choses se corsent dans le grand jeu de l’après-Daech en Irak et en Syrie

Par M K Bhadrakumar

L’avenir post-Etat Islamique de l’Irak et de la Syrie a fait l’objet d’une discussion animée au sein des Think Tanks américains, l’hypothèse étant que les États-Unis sont en train d’organiser leur retour militaire en Irak et sont sur le point de s’établir durablement en Syrie. Mais les vents politiques soufflent dans une direction contraire.

La «visite de travail» du vice-président irakien Nouri Maliki à Moscou cette semaine signale la reprise du rôle historique de la Russie en tant que partenaire clé de l’Irak. Les propos de Maliki à Moscou sont très révélateurs:

·         « Il est bien connu que la Russie a des relations historiquement fortes avec l’Irak, nous souhaitons donc que la Russie ait une présence substantielle dans notre pays, tant sur le plan politique que militaire. De cette façon, un équilibre serait établi et profiterait à la région, à ses peuples et à ses états « .

·         Bagdad croit « dans le rôle de la Russie dans la résolution de la plupart des principaux enjeux internationaux, ainsi que dans l’amélioration de la stabilité et l’équilibre dans notre région et dans le monde entier ».

·         Une présence russe en Irak apportera l’indispensable équilibre qui ne pourra être « sapé politiquement au profit d’une partie extérieure ».

·         « Aujourd’hui, nous avons besoin d’une plus grande participation de la Russie dans les affaires irakiennes, en particulier dans le domaine de l’énergie. Maintenant, lorsque nous en aurons fini avec l’Etat islamique, l’Irak aura besoin d’investissements dans l’énergie et le commerce « .

·         Moscou et Bagdad « devraient renforcer … la coopération dans la lutte contre le terrorisme dans la région. Nous croyons que nos deux pays sont les cibles des terroristes et de ceux qui sont derrière eux. « 

Les propos de Maliki ont trouvé une résonance positive du côté russe. En recevant Maliki, le président Vladimir Poutine a mis l’accent sur la coopération militaro-technique et un rôle «proactif» dans ce domaine. Poutine a placé la relation russo-irakienne dans le cadre plus large de « la situation dans la région en général ». Cette dernière remarque pend en compte l’axe régional Irak-Syrie-Iran comme un rempart contre le terrorisme.

L’unité de l’Irak et de la Syrie est un problème essentiel pour la Russie. Maliki a déclaré à Poutine que le régime politique segmentaire de l’Irak où le pouvoir politique «continue d’être divisé selon des principes religieux ou ethniques entre les sunnites, les chiites, les arabes, les Kurdes, les chrétiens et les musulmans» devient un terreau pour le terrorisme et que, par conséquent, Bagdad a préparé un «projet spécial» pour remédier à ce problème systémique. Le porte-parole du Kremlin cite Maliki :

·         « L’idée est de restaurer la démocratie réelle, dans laquelle le pouvoir est basé sur la victoire d’une majorité politique plutôt que sur l’attribution de quotas à divers mouvements ».

En somme, Bagdad espère passer à un système politique fondé sur le principe représentatif de « un homme une voix », comme en Syrie ou en Iran. De toute évidence, l’objectif est de bloquer les tentatives de puissances étrangères de manipuler les minorités contre la majorité de la communauté chiite. Ce sera sans aucun doute une réforme majeure non seulement en termes politico-économiques, mais aussi du point de vue géopolitique. Fondamentalement, Bagdad a l’intention de résister à toute tentative américano-israélienne de créer un Kurdistan indépendant.

La «visite de travail» de Maliki en Russie coïncide avec la signature d’un accord de défense entre l’Irak et l’Iran. Maliki avait signé un accord sur les armes avec la Russie en 2012, estimé à 4,2 milliards de dollars (qui ne pouvait être mis en œuvre en raison de la pression de l’administration Obama). En somme, nous assistons à un effort commun de l’Iran et de la Russie pour repousser les États-Unis.

Fondamentalement, le calcul du pouvoir irakien repart sur de nouvelles bases. Les dizaines de milliers de milices chiites irakiennes formées et équipées par l’Iran, qui ont joué un rôle décisif dans la lutte contre Daech, seront probablement intégrées aux forces de sécurité irakiennes. Ces milices aguerries par les combats, connues sous le nom de Forces de mobilisation populaire (Hashed al-Shaabi en arabe) se sont installées dans les zones désertiques détenues par Daech à l’ouest de Mossoul, se sont regroupées autour de la ville de Tal Afar et ont pris un passage frontalier entre l’Irak et la Syrie.

Ils contrôlent les routes traversant le cœur de la zone sunnite dans l’ouest de l’Irak, qui servent de lignes d’approvisionnement militaires et civiles vitales reliant l’Iran à la Syrie. Selon les chiffres officiels irakiens, les forces de mobilisation populaire comptent actuellement environ 122 000 combattants. De toute évidence, l’équilibre militaire dans la région se déplace radicalement contre les États-Unis (et Israël). Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a averti récemment que des centaines de milliers de combattants chiites dans la région résisteront conjointement à toute future invasion israélienne.

En termes géopolitiques, la Russie et l’Iran ont un intérêt commun pour l’unité et la stabilité de l’ère post-Daech en Irak et en Syrie. Sans surprise, la Chine n’est pas loin derrière, non plus.

Ainsi, l’Envoyé spécial de la Chine en Syrie Xie Xiaoyan est actuellement en tournée régionale. Alors qu’à Téhéran mardi, il a souligné que la position de la Chine vis-à-vis du jeu final syrien est similaire à celle de la Russie et de l’Iran, Xie a annoncé  » que la Chine est prête à se charger de la responsabilité de reconstruire la Syrie et nous sommes prêts à y parvenir » ( ici et ici ).

Par ailleurs, mardi, la Banque chinoise Exim a signé un accord à Téhéran pour un paquet financier de 1,5 milliard de dollars US pour la mise à niveau du tronc de ligne de chemin de fer iranien reliant Téhéran à Mashaad (près de la frontière du Turkménistan). Nul doute que la visite de Xie à Téhéran est un signal que la Chine a jeté son dévolu sur l’Iran comme porte d’entrée vers l’Irak et la Syrie.

Depuis mars 2016, un «train de la route de la soie» Chine-Iran fonctionne une fois par mois depuis Yiwu, dans la province orientale du Zhejiang, vers Téhéran. Sa fréquence devrait augmenter une fois que le commerce aura pris son envol. Le «train de la route de la soie» réduit le temps de trajet de 45 jours par voie maritime à moins de 14 jours. De toute évidence, la Chine est en train de se positionner pour jouer un rôle majeur dans la reconstruction de l’Irak et de la Syrie et sera sur la même longueur d’onde que la Russie et l’Iran.

 Source : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/07/26/plot-thickens-in-great-game-over-post-isis-iraq-and-syria/

Traduction : Avic – Réseau International

 

 

Les Belges parlent aux Français: «Mes enfin, de quoi vous plaignez-vous bon sang ?»

Vous avez l’OTAN pour vous protéger ! Quel besoin avez-vous d’une « armée nationale » en plus ? Pour quoi faire ? Filez votre pognon comme on vous l’a dit à qui saura quoi en faire et envoyez vos militaires à Pôle Emploi, avec les pékins. S’ils tiennent ab-so-lu-ment à travailler, qu’ils aillent au vrai Q.G. de Bruxelles essayer de se faire embaucher. Aux conditions patronales, of course. C’est tendance, non ?

***

Certains antimilitaristes auraient-ils jamais cru qu’ils en arriveraient un jour à souhaiter un coup d’État militaire, quoi qu’il en coûte ? On est sûrs, pourtant, qu’il y en a.

 

Comment dit-on « vendre son pays à l’étranger » en français non post-moderne ? Crime de haute trahison ? Bof…

Le vrai chef des armées.

Source:http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2017/07/20/mesenfin-8749780.html

 

 

Téhéran recommande aux USA d’éloigner leurs bases militaires à 1000km de l’Iran

Le commandant du corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI), Mohammad Ali Jafari, a déclaré mercredi qu’il serait mieux pour Washington de déplacer ses bases militaires à au moins 1000 kilomètres des frontières de l’Iran, si la partie américaine envisageait de poursuivre sa politique de sanctions contre le secteur militaire du pays.

Les États-Unis devraient éloigner leurs bases militaires à au moins 1000 kilomètres des frontières iraniennes s’ils entendent conserver leur politique de sanctions contre l’Iran, a indiqué mercredi lors d’une réunion des chefs des forces terrestres des GRI à Mechhed, le commandant des Pasdaran, Mohammad Ali Jafari, cité par l’agence Tasnim. Il a également souligné que la puissance des missiles du pays dans les airs, en mer et sur terre «augmentait rapidement» et ne pouvait pas être l’«objet d’accords ou de négociations».

Selon, M. Jafari, l’Iran est devenu la puissance régionale la plus forte, et même internationale, grâce à la «puissance spirituelle de la révolution islamique, la puissance des armements des forces armées et le rugissement des missiles des GRI».

Auparavant, Washington a inscrit 18 personnes physiques et morales iraniennes sur sa liste des sanctions liée au programme iranien de missiles. Dans le même temps, Washington a confirmé que, selon lui, Téhéran respectait le Plan d’action conjoint sur son programme nucléaire. L’accord historique sur le programme nucléaire iranien avait été conclu par Téhéran et six médiateurs internationaux en juillet 2015. Le Plan d’action conjoint avait été adopté. Il est entré en vigueur en janvier 2016.

Face à la décision de la Maison-Blanche d’imposer à Téhéran de nouvelles sanctions, l’Iran a voté un projet de loi visant à résister au «terrorisme américain» au Moyen-Orient, en renforçant le programme balistique du pays.

Source:https://fr.sputniknews.com/international/201707191032292775-teheran-recommande-usa-eloigner-bases-militaires/

 

 

Total dans le champ de mines de la politique iranienne

Que signifie le contrat signé par la compagnie française ?

La « supermajor » pétrolière française Total vient de signer avec le gouvernement iranien un contrat de 4,8 milliards de dollars, le premier de ce type conclu par une entreprise occidentale depuis la levée (partielle) des sanctions internationales en janvier 2016. La stratégie économique de Téhéran qui consiste à encourager les investissements étrangers dans le secteur pétrolier et gazier mécontente les partisans d’une « économie de résistance », qui prônent la méfiance envers les compagnies étrangères et voient d’un mauvais œil l’influence grandissante du président Hassan Rohani.

Une hirondelle — aussi grosse soit-elle — ne fait pas le printemps. Il en est aussi ainsi du gigantesque contrat récemment signé par Total et au terme duquel la compagnie française développera la phase 11 du champ gazier Pars-Sud. Ce contrat de 4,8 milliards de dollars met Total à la tête d’un consortium international incluant le chinois China National Petroleum Corporation International (CNPCI) et la société iranienne Petropars et lui permet de devenir la première compagnie pétrolière occidentale à revenir en Iran.

Les gains potentiels sont colossaux, mais l’aventure pourrait s’avérer risquée pour Total. L’entreprise qui emploie actuellement 6 000 personnes aux États-Unis a annoncé en mars dernier 1,7 milliard de dollars d’investissements supplémentaires pour étendre ses activités dans le secteur pétrochimique local. La décision d’investir en Iran place donc Total sous la menace de nouvelles sanctions que l’administration Trump souhaite imposer à l’Iran et qui sont actuellement examinées par la Chambre des représentants. C’est peut-être ce risque qui donne à ce contrat toute sa portée, car malgré « l’incertitude Trump », Total a considéré qu’il lui était impossible de rester en dehors du marché iranien, recevant ainsi la reconnaissance du gouvernement iranien dont le ministre du pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a annoncé : « Nous n’oublierons jamais que Total a été le précurseur ».

Tensions entre gouvernement et opposition

La signature de ce contrat est importante à plus d’un titre pour les modérés iraniens menés par le président Hassan Rohani. Il est, en effet, le premier accord à suivre les modalités établies par le nouveau contrat pétrolier iranien, un contrat-cadre que le gouvernement a fermement défendu contre l’opposition conservatrice. Cette dernière critiquait certaines mesures limitant la souveraineté iranienne sur l’extraction de ressources énergétiques — sujet délicat en Iran où le rôle de certaines compagnies étrangères a été historiquement vécu comme une humiliation — telle que la possible renégociation du prix en cas d’importantes fluctuations et le contrôle majoritaire des sociétés étrangères sur les joint-ventures.

La question est tellement sensible qu’elle a poussé quelques parlementaires à demander la révision d’un contrat qui, selon eux « pourrait mettre en question, voire en danger » les intérêts nationaux iraniens. Bien que leurs protestations soient purement symboliques compte tenu des pouvoirs limités du Parlement, elles traduisent la réalité de tensions croissantes entre le président Rohani et l’opposition conservatrice. Celles-ci avaient été mises en sourdine suite au double attentat commis le 7 juin dernier par l’organisation de l’État islamique (OEI) à Téhéran contre le mausolée de l’ayatollah Khomeiny et le siège du Parlement, deux des puissants symboles du pouvoir politique. Elles sont réapparues avec force lorsque Rohani a critiqué le rôle des Gardiens de la révolution islamique dans l’économie, allant même jusqu’à les accuser de constituer un « gouvernement armé » et de nuire au retour des investisseurs étrangers.

C’est la récente annonce de la signature de ce gigantesque contrat qui a ravivé les tensions. D’un côté les partisans d’une « économie de résistance » chère au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui prônent la méfiance envers les compagnies étrangères et le développement d’une demande interne appuyée sur des entreprises publiques ou parapubliques proches du pouvoir ; de l’autre, les forces modérées et réformistes pour lesquelles le redémarrage de l’économie ne pourra se faire sans l’afflux massif de capitaux étrangers. Toutefois, cette ligne de fracture transcende la division classique entre modérés et conservateurs. Une partie des Gardiens de la révolution islamique et une partie du clergé soutiennent, en effet, la politique d’ouverture gouvernementale dans la mesure où elle leur a permis d’augmenter revenus et influence.

Seule la multiplication des contrats pétroliers et gaziers pourrait réduire le nombre et la violence des critiques contre Rohani. Or, le marché de l’énergie (notamment celui du pétrole) est saturé ; la révolution du fracking — technique qui permet d’extraire plus efficacement le pétrole des roches de schiste — a détourné les investisseurs du Proche-Orient et de sa relative instabilité et relancé l’industrie de l’extraction nord-américaine.

Quelles retombées pour la population ?

Ce contrat est donc, à bien des égards, unique et la probabilité de voir la signature d’un autre contrat de cette importance dans de brefs délais est très faible. Total a pu conclure cet accord aussi rapidement après la fin des sanctions internationales contre le programme nucléaire iranien parce que la compagnie française avait une relation historique avec Téhéran. Déjà en 20041, l’entreprise avait signé après plusieurs années de négociations un contrat qui concernait le champ gazier Pars-Sud. La compagnie avait dû interrompre ses investissements suite à la participation du gouvernement français au renforcement des sanctions internationales contre l’Iran en 2012.

Le succès de Total est à mettre au crédit de sa connaissance de l’Iran, des acteurs politiques et commerciaux, des rouages de l’administration, et de l’art de la négociation à l’iranienne. C’est aussi le succès des « réseaux Total » au sein de la République islamique et de l’investissement des services de l’État français, jusqu’au président Emmanuel Macron qui a reçu le ministre des affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif lors de sa visite en Europe quelques jours seulement avant la signature officielle du contrat. Toutefois, aussi colossal soit-il, ce contrat n’est qu’une goutte d’eau dans un océan d’investissements nécessaires au renouveau de l’économie iranienne. Selon le ministre du pétrole, le secteur de l’extraction nécessite à lui seul 200 milliards de dollars d’investissement sur les cinq prochaines années afin de puiser notamment dans les 33 800 milliards de mètres cubes de réserves prouvées de gaz.

La population a perçu cette signature de contrat comme un signe positif démontrant que la politique gouvernementale portait enfin ses premiers fruits. Toutefois, il s’étale sur vingt ans et ne porte que sur le développement d’un gisement gazier offshore. Les Iraniens ne sentiront donc ses bénéfices que très indirectement et seulement si le gouvernement décide d’investir une partie des 72 milliards de dollarsde revenus du gaz qu’il devrait percevoir dans d’autres secteurs de l’économie ou les services publics. Ses bénéfices ne seront pas immédits, car le gaz produit n’« alimentera le marché domestique iranien [qu’]à compter de 2021 », selon un porte-parole de Total.

Ce contrat participe à la stratégie de Téhéran de concentrer les investissements directs à l’étranger reçus vers les secteurs de l’extraction des ressources premières et celui de l’industrie. À eux deux, ces secteurs ont monopolisé 42 % des 12,5 milliards d’investissements reçus au cours de l’année 2016. Bien que cette politique soit compréhensible compte tenu de l’importance de ces secteurs dans la composition du produit intérieur brut, les investissements sur le long terme n’auront que peu d’impact sur la population et notamment sur le taux de chômage. Les Iraniens pourraient dès lors réclamer davantage et augmenter la pression sur le gouvernement.

Une menace pour les conservateurs

La rapide détérioration des relations entre le président et les élites conservatrices tant religieuses que militaires va au-delà du contrat pétrolier iranien. Il s’agit pour partie d’une tradition voulant que les présidents iraniens soient toujours réélus pour un second mandat, obligatoirement marqué par une recrudescence des tensions entre le président et le Guide suprême. Le pouvoir impose ainsi une stabilité institutionnelle et limite dans le même temps l’émergence d’hommes forts, respectés et capables de tenir tête au Guide suprême en cristallisant autour d’eux un mouvement d’opposition. Parce que le président a été réélu avec 57 % des voix — une augmentation de 7 % par rapport à sa première élection — avec une participation de 73 %, le pouvoir perçoit désormais Hassan Rohani comme une menace. Malgré une campagne anti-Rohani agressive, cette élection s’est transformée en un plébiscite pour l’action gouvernementale menée depuis la signature de l’accord nucléaire entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, plus l’Allemagne en 2015. C’est aussi un mandat explicite pour accélérer le rythme et la profondeur des réformes sociales.

Hassan Rohani est ainsi devenu une menace pour les conservateurs, car le soutien populaire grandissant dont il bénéficie pourrait faire de lui un personnage-clé lors du choix du prochain Guide suprême, à la mort de l’ayatollah Khamenei (qui a fêté ses 78 ans le 17 juillet dernier). Si certains prêtent au président un plus grand destin compte tenu de sa relative jeunesse (68 ans), de son caractère consensuel et de ses excellents rapports avec la communauté internationale, il est difficilement envisageable qu’il puisse devenir Guide suprême. Il pourrait toutefois exercer une influence déterminante sur le choix du futur homme fort. Contrairement à l’ancien président Hachémi Rafsanjani, il ne poussera pas pour la fin du velayat-e faqih2, doctrine qui a permis de justifier religieusement la mainmise d’un seul homme sur l’État, et pour la mise en place d’une gouvernance collégiale. Mais Rohani pourrait réussir l’exploit d’imposer un religieux modéré.

Cette nomination n’apaiserait pas les partisans d’un changement de régime qui, comme le très controversé Conseil national de la résistance iranienne (dominé par les Moudjahidin du peule), cherchent à influencer l’administration américaine à travers certains faucons républicains tels que le sénateur John Mc Cain et l’ancien maire de New York Rudolph Giuliani. Cependant l’arrivée au poste de Guide suprême d’un religieux modéré aurait pour mérite de renforcer la stabilité des institutions en assurant la pérennité de cette si complexe protodémocratie. Elle permettrait de contrôler les forces centrifuges ethnoséparatistes, de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme sunnites, mais aussi contre le trafic de drogue venu d’Afghanistan.

Marc Martinez

Responsable du bureau Iran au sein de l’Institut Delma, un centre de recherche privé et indépendant basé à Abu Dhabi.

Site : Institut Delma

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1NDLR. Et non 2009 comme indiqué dans une précédente version  ; changement effectué le 25 juillet 2017.

2NDLR. Le velayat-e faqih ou «  gouvernement du docte  » est défendu par une partie seulement de la hiérarchie chiite. Selon la doctrine du chiisme duodécimain, après la mort du prophète Mohammed et des douze imams qui lui ont succédé, le dernier d’entre eux s’est «  retiré  » tout en restant en vie. En attendant la fin des temps et le retour de l’«  imam caché  », durant la période de la «  Grande Occultation  », qui doit guider la communauté des croyants  ? Selon l’ayatollah Khomeini et les partisans du velayat-e faqih, ce rôle revient au faqih, au docte, vicaire de l’«  imam caché  » et délégataire de la souveraineté divine.

Photo:Vue du champ gazier de Pars-Sud.DR

 

source: http://orientxxi.info/magazine/total-dans-le-champ-de-mines-de-la-politique-iranienne,1951