28 juillet 2017

 

 

Emplois fictifs ? La farce

fait pschitt. Le FN avoue

qu’il a bien roulé dans la

farine les médias et la

justice.

 

Cette dame du FN dénonçait. Et quand ça ne donnait rien elle dénonçait encore : « dénonciation complémentaire », claironnaient les médias qui la relayaient ! À la suite des dénonciations, le juge plaçait au fur et à mesure les gens dénoncés en « enquête préliminaire » pour vérifier le bien-fondé ou non de la dénonciatrice. L’intitulé du motif de ces enquêtes préliminaires sentait bon cette flétrissure à peu de frais dont raffolent les corbeaux : « abus de confiance », etc. Aussitôt, les médias se jetaient sur la chair fraîche qui leur était ainsi offerte en pâture. Sans limite, sans vérification, sans pudeur, sans retenue, en toute hargne pure et nue.

Sorti de la liste des 20 « dénonciations complémentaires », mon nom et ceux de trois de mes assistants ont été jetés en pâture dans une finalité d’autant plus clairement ciblée politiquement que personne d’autres que moi n’était cité. Par exemple Yannick Jadot, dirigeant national d’EELV, pourtant suspecté lui aussi « d’abus de confiance » et placé en enquête préliminaire, a pu dormir tranquille. Pourtant il s’agit bien d’un important personnage, candidat à la présidentielle et bras droit de Benoît Hamon, autre personnage considérable, non ? Pourquoi n’intéressent-ils aucun média ? Bien sûr, aucun de ces grands esprits médiatiques ne pouvait ignorer qu’en agissant de la sorte, il ne faisait que relayer une accusation sur la seule base d’une action lancée par le FN. J’ai pris cher. « France 2 », évidemment, se précipita sur le steak, suivie de tous les autres médias qui nous haïssent. C’est-à-dire presque tous. Chacun recopiant l’autre, c’est une chaine de répétitions, discernable à l’œil nu, qui unit la « dénonciation complémentaire » venue du FN et les articles de « Médiapart » jusqu’à la une du « Parisien » en passant par « Marianne » et tous les médias en ligne de la fachosphère. En signature ? Des journalistes militants, particulièrement constants dans leur hostilité à mon égard depuis de longues années pour certains.

Dans l’enthousiasme de la haine qu’ils me portent, certains poussèrent très loin le trait. J’étais coupable alors même que je n’étais même pas mis en examen. J’étais « rattrapé » (alors que je m’enfuyais sans doute) par « l’affaire » des assistants parlementaires si l’on en croit « Le Parisien », organe il est vrai souvent proche des idées du Front national. Pour Plenel à « Médiapart » comme pour « Marianne », désormais, quiconque a une responsabilité jugée par eux « importante » dans une organisation est en réalité un emploi fictif s’il a un métier par ailleurs. Jamais, jamais on n’avait vu les militants ainsi montrés du doigt. Il faut espérer que cela n’inspire pas d’autres corbeaux. Beaucoup pourraient ainsi dénoncer des gens qui ont un métier en même temps qu’un engagement associatif, philosophique ou politique. Ceux qui me lisent et sont concernés comprendront le message, je l’espère. Rien ne doit étouffer la compréhension du danger que ces gens ont créé.

Mais à présent toute cette farce fait pschitt ! La scène s’effondre dans un éclat de rire final des frontistes. Le FN avoue s’être bien moqué des idiots médiatiques qui lui ont pourtant si bien servi la soupe. En effet, la dame du FN se rétracte. Ce qu’elle a fait, déclare-t-elle, si j’en crois « le Lab d’Europe1 », n’était pas une « dénonciation » mais juste un « signalement » et même « un pied de nez ». Ils sont contents les médias « d’investigation », d’avoir trouvé au FN plus « impertinent » qu’eux ? Quel effet ça leur fait de servir de « pied de nez » pour le Front national ? Ils jouent quel rôle dans cette comédie, les amis du pilori médiatique : le pied ou le nez du FN ? Et le juge qui reçoit les « dénonciations complémentaires » ? Il est content que ses « enquêtes préliminaires » servent de « pied de nez » au Front national ? A-t-on déjà vu aveu d’une telle utilisation des voies de la justice à des fins politiques ? Quelqu’un va-t-il faire une mise au point ou bien le corporatisme médiatique « tout sauf Mélenchon » restera-t-il le plus fort ? Un peu de courage !

Comment en est-on arrivé à cette rétractation de la dénonciatrice ? Parce que, comme je n’ai rien à me reprocher, j’ai annoncé que je déposerai une plainte pour « dénonciation calomnieuse ». Du coup la madame comprends que ça va être chaud pour elle. Il va lui falloir prouver que mes assistants avaient un emploi fictif d’assistant de député européen. Prouver que leurs tâches européennes n’existaient pas et prouver qu’ils travaillaient pour le parti de gauche ou le Front de gauche comme cela a été dit, écrit et répété. Cela lui est impossible. Pour une raison simple : ce n’est pas vrai. Elle a menti. Ceux qui l’ont suivi ont, comme elle, menti ! Ils ont voulu comme elle, de propos délibéré, instrumentaliser la justice pour atteindre leurs objectifs politiques. Voilà pourquoi elle se rétracte. Cette fois-ci elle est prise à son propre piège et le Front national avec elle ! Et tous ceux qui ont diffusé ses calomnies sans émettre de réserve sur la fiabilité de la dénonciation ont concouru à la calomnie. L’arroseur sera bientôt arrosé ! Car voilà le fin mot de l’histoire : la « dénonciation calomnieuse » est un délit dans notre pays. Le corbeau du FN s’en est rendu coupable. Et ceux qui l’ont aidé s’en sont rendus coupables. Je poursuivrai tous ceux qui ne m’auront pas donné acte de leur dénonciation calomnieuse. Car il s’agit là d’une responsabilité individuelle. Ça va saigner chez les corbeaux !

 

 

Trump est-il sur le point de larguer Israël en Syrie?

Va-t-il enfin sortir de son rêve sioniste ou israélien?

Par Jonas E. Alexis

« Tahrir al-Sham se compose de factions rebelles qui incluent Nour al-Din al-Zinki (bénéficiaires du financement américain jusqu’en 2015), qui avait capté l’attention mondiale quand ses membres avaient coupé la tête d’un enfant l’été dernier ».

Michael Scheuer, un ancien agent du renseignement de la CIA et maintenant professeur adjoint au Center for Peace and Security Studies de l’Université de Georgetown, a déclaré il y a quelques années que «  si cela ne dépendait que de moi, je larguerais les Israéliens demain ».

Trump connaît évidemment l’histoire des Israéliens et sait qu’ils manipulent les États-Unis depuis des décennies. Il sait que pour sauver l’Amérique, Washington doit «se débarrasser des Israéliens». Il connaît les forces puissantes qui alimentent les guerres perpétuelles au Moyen-Orient. Mais il s’est allié aux mêmes forces depuis qu’il a pris ses fonctions. C’était une des raisons pour lesquelles il a fini par bombarder la Syrie quelques semaines seulement après son entrée en fonction.

Mais il semble qu’une lueur apparait au bout du tunnel sioniste. Il a été rapporté que « Trump met fin au programme secret de la CIA qui armait les rebelles anti-Assad en Syrie ». [i]] Évidemment, les bellicistes et les défenseurs des terroristes aux États-Unis sont en colère. Charles Lister, un chercheur éminent au Middle East Institute, a déclaré:

« Nous tombons dans un piège russe. Nous rendons de plus en plus vulnérable la résistance modérée. . . . Nous leur coupons vraiment le cou « . [ii]]

Ilan Goldenberg, un ancien haut fonctionnaire de l’administration Obama et directeur du Programme de sécurité au Moyen-Orient au Centre pour une nouvelle sécurité américaine, a déclaré: « C’est une force que nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner complètement. S’ils mettent définitivement fin à l’aide aux rebelles, ce serait une énorme erreur stratégique. » [iii]]

Une énorme erreur stratégique? Comment Goldenberg explique-t-il que les soi-disant rebelles font partie des principaux problèmes dans la région? Écoutez ça:

« Tahrir al-Sham se compose de factions rebelles qui incluent Nour al-Din al-Zinki (destinataires du financement des États-Unis jusqu’en 2015), qui avait capté l’attention mondiale quand ses membres avaient coupé la tête d’un enfant l’été dernier; et le prétendu groupe rebelle modéré financé par les États-Unis, Fastaqim, qui s’est récemment allié avec Ahrar al-Sham, qui adhère lui-même à une idéologie salafiste extrême et fait partie intégrante de Tahrir al-Sham.

« Un rapport d’Amnesty International de juillet 2016 a condamné à la fois Nour al-Din al-Zinki et Ahrar al-Sham pour avoir commis des » violations graves du droit humanitaire international, dont des enlèvements, la torture et les exécutions sommaires « .

« D’une manière alarmante, selon un rapport publié le 8 février dans le Financial Times, les « commandants soutenus par le MOM [NDT : Centre des opérations interarmées] », c’est-à-dire les commandants rebelles soutenus par les États-Unis, « ont systématiquement gonflé les chiffres de leurs effectifs pour empocher des salaires supplémentaires et demander encore plus d’armes qu’ils pourront stocker ou vendre au marché noir. Comme il fallait s’y attendre, une grande partie de ces armes ont fini dans les mains de Daech.  » [[iv]]

Par exemple, un ancien commandant rebelle soutenu par les États-Unis a déclaré que « la CIA en avait connaissance, comme bien sûr tout le monde au MOM ». [v]]

Le fait que Goldenberg dise que c’est une énorme erreur de lâcher les rebelles est en soi-même une énorme erreur. Si Trump est vraiment sérieux dans sa volonté de stopper les soi-disant rebelles en Syrie, il doit le faire très vite. Ce serait aussi une attaque implicite contre le régime israélien, qui veut toujours éliminer Assad de la région.

Le Washington Post appelle toujours la cellule terroriste en Syrie «des rebelles syriens modérés», ignorant délibérément le fait que ces «rebelles» commettent des actes de terrorisme atroces depuis le début de la guerre en Syrie. En fait, les civils syriens eux-mêmes ont déclaré qu’il n’y avait «pas de rebelles modérés» en Syrie. [vi]] N’oublions pas ce qu’avait fait un «rebelle» il y a quelques années. Il a arraché le cœur d’un cadavre et en a mangé un morceau.

Si Trump lâche ces terroristes, les responsables israéliens seront également en colère. Trump s’accrochera-t-il à des principes moraux sérieux? Dira-t-il au régime à Tel Aviv que l’Amérique est fatiguée des guerres perpétuelles? Créera-t-il la véritable différence? Cessera-t-il complètement d’écouter le régime israélien ne serait-ce que par respect de tout ce qu’il dit ? Va-t-il arrêter de faire couler le sang des soldats américains au Moyen-Orient en n’écoutant pas une entité particulièrement diabolique ?

 Source : Veterans Today

Traduction : Avic – Réseau International

 [i] Greg Jaffe et Adam Entous, « Trump met fin au programme secret de la CIA pour armer les rebelles anti-Assad en Syrie, un mouvement recherché par Moscou », Washington Post , 19 juillet 2017.

 [ii] Ibid.

 [iii] Ibid.

 [iv] James Carden, « Pourquoi les États-Unis continuent-ils à armer les terroristes en Syrie? », The Nation , 3 mars 2017.

 [v] Ibid.

 [vi] « Il n’y a aucun rebelle modéré ici »: RT parle avec les civils d’Alep lors d’un nouvel accord de cessez-le-feu (VIDEO),  » Russia Today, 10 septembre 2016.

 

 

 

Des banques sauvées. Le patient (bientôt) mort !

Depuis la crise de la dette nationale grecque, qui est devenue publique en 2010 et qui jusqu’à présent n’est pas résolue, l’économie de la Grèce a baissé d’un quart. Cela malgré le troisième programme d’ajustement économique du « Mécanisme européen de stabilité » d’un montant de 248 milliards d’euros.

Selon l’expert financier Marc Friedrich 90% de ces disponibilités ne sont jamais arrivées, sinon le chômage des jeunes ne dépasserait pas comme actuellement les 50%. L’argent a reflué vers des instituts financiers à Francfort, à Paris et à Londres et a sauvé ces banques et l’euro de la faillite. Dans une interview Marc Friedrich a dit :

« … et c’est un scandale en soi que nous essayions en fait toujours de sauver le patient, en ce cas la Grèce, par les mêmes médicaments qui ont échoué, c’est-à-dire par le médicament « Sauver les banques ». Mais dans ce cas la Banque centrale européenne (BCE), la Troïka (c’est-à-dire la coopération de la Banque centrale européenne, du Fonds Monétaire international et de la Commission européenne) et les responsables à Bruxelles et à Berlin continuent à essayer de retaper le patient avec le même remède qui a échoué, et ce jusqu’à ce que le patient tombe vraiment raide mort. »

Dans cette situation les responsables devraient être à l’écoute du journaliste suisse Ernst Reinhardt, je cite : « Celui qui est grand, c’est celui qui commande mais qui se laisse quand même dire quelque chose. »

Liens : www.kla.tv/9747
www.youtube.com/watch?v=sfeDxbupg4M&t=0s
www.griechenland-blog.gr/2016/09/jugendarbeitslosigkeit-in-griechenland-bleibt-bei-50-prozent/2138

 Source: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

 

 

 

Ethereum : des pirates volent l’équivalent de 32 millions de dollars grâce à une énorme faille de sécurité

Des hackers ont réussi à subtiliser l’équivalent de 32 millions de dollars d’ethers, l’unité de la crypto-monnaie Ethereum. Ils ont exploité une importante faille dans une version du client Parity, une plateforme de gestion de portefeuilles Ethereum signatures. C’est la troisième opération de ce genre organisée en quelques jours.

Malgré la chute du cours de l’Ethereum qui pourrait faire baisser les prix de certaines cartes graphiques en occasion, la crypto-monnaie n’a jamais été aussi populaire. Du moins, auprès des hackers. Quelques jours après le vol de l’équivalent de 7 millions de dollars d’Ethereum, un autre pirate vient de s’arroger la bagatelle de 32 millions de dollars, sans arme, ni violence. Un record.

Ethereum : nouvelle opération de siphonage par des pirates

C’est la 3e attaque qui implique la monnaie cryptographique ces dernières semaines. Fin juin, Bithumb, l’une des plus importantes plate-formes d’échange de crypto-monnaies au monde avait elle aussi été piratée. Plus d’un million de dollars ont été frauduleusement extirpés des comptes de plusieurs usagers de la plateforme. Ce n’était que la première étape d’une série d’opérations organisées par des malandrins encore non identifiés.

Cette fois-ci, c’est la société britannique Parity Technologies qui affirme avoir été victime d’un vol de 32 millions de dollars sur sa plateforme Parity, dans un communiqué publié cette semaine. Parity est un client permettant à ses utilisateurs de gérer leurs portefeuilles Ethereum. Comme l’explique la société dans son communiqué, certaines versions du client présentent des vulnérabilités dont se sont servis un ou des pirates pour subtiliser l’équivalent de 32 millions de dollars d’ethers sur les comptes de 3 grosses entreprises.

Au final, l’aspect positif de cette histoire est que lorsque la vulnérabilité a été signalée, des hackers « White Hat », c’est à dire ceux situés du côté lumineux de la force ont pu sauver l’équivalent de près de 87 millions de dollars d’ethers (377.000) en les transférant des portefeuilles  affectés par la faille.


Voilà comment tout a commencé vers le 16 juillet 2017:

Un hacker a dérobé 7 millions de dollars lors d’une levée de fonds

 

Un hacker a dérobé l’équivalent de 7 millions de dollars d’Ether, l’unité de compte de la crypto-monnaie Ethereum. Cette opération éclair s’est déroulée en 3 minutes au cours d’une campagne de levée de fonds sur la plateforme Coindash. Pour le moment, impossible de retrouver les traces du pirate qui se trouve derrière ce forfait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fondateur d’Ethereum

 

Nous assistons à la montée fulgurante de l’Etherum, qui est solidement installé à la deuxième place du marché des monnaies cryptographiques, derrière le Bitcoin. Très énergivore, le minage de crypto-monnaies comme le Bitcoin et l’Ethereum consomme énormément d’électricité. Mais une autre pratique qui devient populaire est celle des levées de fonds en monnaie crypto-graphique. Une campagne qui s’est déroulée récemment a permis à un hacker de s’en tirer avec un gros paquet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le centre névralgique d’Ethereum…on dirait un bric-à-brac qui n’a rien à voir avec Microsoft!!!

 

De plus en plus d’entreprises se financent par le biais de levées de fonds en crypto-monnaie. La plateforme Coindash qui est consacrée à ce type d’opération, a été victime du vol de près de 7 millions de dollars par un pirate non identifié. Ce braquage incognito s’est déroulé en à peine 3 minutes lors d’une campagne de financement. Comment cela a pu se faire aussi facilement ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La courbe d’enrichissement de l’ethereum:on dirait la courbe de la dette américaine!

Comme l’explique l’entreprise à travers un communiqué,  le hacker a réussi à modifier un petit détail sur le site CoinDash alors que commençait une levée de fonds en crypto-monnaie. En effet, le pirate a changé l’adresse du portefeuille Ethereum du destinataire pour la remplacer par la sienne. C’est comme si on remplaçait vos coordonnées bancaires par celles d’une autre personne lors d’un virement.

Résultat, plutôt que les fonds aillent sur le compte de l’entreprise financée, ils sont directement allés dans les poches du hacker. Trois minutes, c’est le temps qu’il a fallu pour que les responsables de CoinDash découvrent et mettent fin à la duperie. Entre temps, un nombre important de contributeurs avaient déjà investi près de 7 millions de dollars.

 

Le pire pour ces derniers, c’est que l’adresse Ethereum utilisée par le hacker est intraçable. Impossible donc d’identifier le malandrin. De nombreux commentaires sont apparus  sur les réseaux sociaux, accusant Coindash d’être derrière ce coup, une allégation que l’entreprise réfute catégoriquement, bien entendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici ce qu’il est convenu d’appeler un « ethereum rig clone » permettant de faire des transactions dans ce milieu…donc pour faire cette arnaque, il faut connaître et posséder cette grosse bébelle!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre détail de la bébelle: 4 cartes graphiques!

 

La guerre semble enclenchée!

 

 

 

 

 

N’oubliez pas qu’Ethereum est associé à de grandes banques capitalistes comme JP Morgan…ce qui n’est pas un gage d’honnêteté!


La léthargie estivale des marchés a tendance à insuffler un sentiment de fausse sécurité. Les actions et l’immobilier approchent de leurs plus hauts historiques, les taux d’intérêt sont à un plus bas de 72 ans, et la plupart des investisseurs se sentent plus riches que jamais. Les banques centrales envoient les signaux d’économies fortes en annonçant des hausses de taux et une réduction de leurs bilans.

DIRECTEUR DE BANQUE CENTRALE DÉCAPITÉ

Comme j’en ai parlé dans mon article de la semaine dernière sur la Fed, il ne faut jamais se fier aux banques centrales, car elles se trompent régulièrement. La Riksbank de Suède est un autre exemple de banque centrale avec un historique épouvantable en matière de prévisions économiques. Ce n’est pas n’importe quelle banque, puisqu’il s’agit de la plus vieille banque centrale au monde – la Riksbank a été fondée en 1668. Mais l’âge ne veut clairement rien dire lorsqu’il est question de comprendre les marchés et l’économie. Ci-dessous l’historique des prévisions de la Riksbank pour le taux de ses prises en pension (repo rate). La performance est catastrophique : au cours des sept dernières années, ils ont eu tout faux. Plusieurs fois par an depuis 2011, la Riksbank a prévu des augmentations de taux de 1-2%, mais au final les taux ont baissé chaque année. Au total, ils ont effectué 25 prévisions incorrectes depuis 2011. J’espère que leur historique depuis 1668 a été meilleur.

 

Contrairement à ce qui était prévu, les taux ont constamment baissé depuis 2011 et, maintenant, ils ont des taux négatifs depuis 2015. Il est étonnant qu’une banque centrale qui effectue 25 prévisions de taux plus élevés, finisse finalement par baisser le repo rate à dix reprises. Les taux ont été manipulés à la baisse pour affaiblir la devise suédoise et stimuler les exportations. Ces bas taux ont causé une bulle massive dans l’immobilier en Suède. Les emprunts des consommateurs suédois, en incluant les hypothèques, sont parmi les plus élevés d’Europe, et toute augmentation significative des taux d’intérêt va créer des problèmes majeurs dans l’économie et le système financier suédois, bien pires qu’au début des années 1990. Comme évoqué auparavant, le cycle de 35 ans des taux d’intérêt s’est retourné et, que les banques centrales le veuillent ou non, les taux seront beaucoup plus élevés dans les prochaines années. Les ventes d’obligations à long terme par les investisseurs nerveux pousseront les taux à la hausse. Cela tirera aussi les obligations à court terme vers le haut.

Aux 17ème et 18ème siècles, la Riksbank s’est retrouvée à court d’argent métal à cause de dettes de guerre très élevées. La banque s’est alors tournée vers la monnaie-papier, ce qui échoua rapidement. Elle frappa alors des pièces de cuivre, mais les Suédois n’y ont pas fait confiance, et le directeur de la Riksbank fut décapité en 1719. Depuis la création de la Fed il y a 104 ans, la plupart des directeurs de banque centrale ont échoué lamentablement. Aucun directeur de banque centrale n’a été décapité au cours de l’époque moderne, mais lorsque le système financier fera défaut dans quelques années, plusieurs de ces banquiers se sentiront vulnérables.

NOUVELLES CRISES des Subprimes À L’HORIZON

Qu’une banque centrale soit la plus vieille au monde ou qu’elle n’ait qu’une centaine d’années comme la Fed, le problème est le même. Toutes les banques centrales se trompent dans leurs prévisions. Résultat, elles interfèrent avec les cycles économiques normaux qui contiennent des hauts et des bas naturels d’ampleur relativement faible. Ces cycles naturels sont complètement détruits par la manipulation des banques centrales. Malgré leur manque total de compréhension des lois de l’offre et de la demande, les banquiers centraux croient qu’ils jouissent de pouvoirs divins. Ils croient que de faibles taux d’intérêt et de la monnaie imprimée créent de la prospérité économique, alors que c’est le contraire. Les seules choses que ce type de manipulation amène sont des expansions/contractions massives qui ruinent le tissu de l’économie. Nous avons expérimenté un des plus longs booms artificiels de l’histoire… mais cela sera suivi par une contraction qui changera totalement le monde, et pour très longtemps. Cette fois, la répression financière qui a temporairement retardé le désastre inévitable durant la crise de 2006-2009 ne fonctionnera pas. L’impression monétaire créera de l’hyperinflation, et toutes les tentatives d’abaissement des taux, déjà bas, échoueront. Les banques centrales seront totalement impuissantes et ne pourront juguler la plus grande crise financière de l’histoire.

J’ai souvent parlé de la montagne de dettes mondiale, qui a crû de façon exponentielle ces dernières années pour atteindre 2,5 quadrillions$, en incluant les produits dérivés et les passifs non capitalisés.

 

La dette hypothécaire américaine, ou les subprimes, fut la cause majeure de la dernière crise. La Fed et le gouvernement américain n’en ont tiré aucune leçon. La crise des subprimes aux États-Unis nous a fait passer à un cheveu d’un effondrement financier mondial. Mais la dette des ménages américains vient de dépasser le pic de 2008, et elle s’élève maintenant à 12 700 milliards $.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque les taux d’intérêt augmenteront et que les prix des maisons s’effondreront, la prochaine crise du crédit hypothécaire sera bien plus sévère que celle de 2006-2009. Le prix des maisons pourrait décliner de 75-90% en termes réels. Les prêts étudiants et les prêts automobiles feront également partie de la future crise. Les étudiants, incapables de trouver un emploi, ne pourront rembourser leurs dettes, et plusieurs acheteurs de voitures qui perdront leur emploi vont faire défaut sur leurs prêts. L’effondrement des prix sur le marché des voitures d’occasions exacerbera le problème. Donc, c’est le temps de se retenir d’acheter une maison ou une voiture, car il y aura de belles affaires à réaliser dans les années à venir.

Alors que l’euphorie perdure sur les marchés financiers, les investisseurs craignent peu les bulles d’actifs créées ces dernières décennies et ne comprennent pas qu’elles n’ont rien à voir avec la prospérité réelle, mais ne sont basées que sur la dette, l’impression monétaire et les taux d’intérêt artificiellement bas.

LE COCKTAIL EXPLOSIF DE DETTES

C’est incroyable, mais la plupart des investisseurs ne voient aucun danger dans le fait que les actions, les obligations, l’immobilier et la dette soient à des sommets historiques. Il s’agit du cocktail de bulles le plus nocif de toute l’histoire. Bien sûr, les bulles peuvent encore gonfler avant d’imploser. Mais qui voudrait se trouver dans une bulle qui éclate et subir des pertes comprises entre 75% et 100% en termes réels ? C’est ce qu’il risque d’arriver aux actions, obligations et à l’immobilier dans la plupart des pays. Je sais bien que 99,99% des investisseurs considèrent ces projections comme du non-sens destiné à faire peur… mais même si l’histoire ne se répète pas, nous savons qu’elle rime, et que le sentiment haussier atteint un sommet tout juste avant que le cycle ne se retourne.

 

Étant donné que les investisseurs occidentaux ne sont pas inquiets, très peu d’entre eux achètent la forme d’assurance la moins coûteuse et la plus efficace pour se protéger. Encore plus important, la plupart des gens ne réalisent pas que cet investissement a mieux performé que toutes les classes d’actifs depuis le début de ce siècle. Je parle évidemment de l’or. Depuis 1999, par exemple, le Dow Jones a perdu 60% par rapport à l’or. L’or a effectué un énorme rallye, en passant de 250 $ en 1999, à 1 920 $ en 2011. Depuis, l’or recharge ses batteries pour la prochaine phase de hausse. Entre 2013 et 2017, l’or s’est échangé dans une fourchette de 290 $, ce qui est minime en comparaison à la hausse de 1 670 $ – de 250 $ à 1 920 $ – enregistrée entre 1999 et 2011.

LE PRIX DE L’OR EST UNE FAKE NEWS (fausse nouvelle)

Si l’on se fie au graphique ci-dessus, il semble y avoir peu d’intérêt à acheter de l’or. Le cours semble être en pleine léthargie, avec une tendance à baisser facilement. La plupart des investisseurs ne comprennent pas que le prix de l’or, tel que montré dans le graphique ci-dessus, n’a rien à voir avec le prix réel de l’or. Comme la plupart des marchés financiers aujourd’hui, le graphique ci-dessus est une fake news. Ce graphique de l’or nous montre les effets de la manipulation financière secrète réalisée aux plus hauts niveaux des gouvernements et banques centrales. Cette manipulation est effectuée sur le marché de l’or-papier, dont la taille est des centaines de fois supérieure au marché de l’or physique. Les vrais joueurs derrière cet obscur marché papier ne sont jamais identifiés. Toutes les enquêtes sont tuées dans l’œuf. Au mieux, un trader junior sans importance est mis à l’amende. Presque toutes les transactions effectuées en vue de déprimer le prix de l’or sont réalisées lorsque les principaux marchés de l’or sont fermés et qu’il n’y a pas d’acheteurs. Les quantités d’or-papier échangées sont énormes… Aucun vendeur commercial ne ferait des transactions si idiotes. Qui vendrait de l’or en grande quantité, lorsqu’il n’y a pas d’acheteurs, pas de marché ?

S’il s’agissait d’un vrai marché, avec de l’or physique sous-jacent, ce type d’opération serait impossible. Lorsqu’un vendeur inonde le marché avec des quantités équivalentes à plusieurs mois de production en quelques secondes, il n’y a, bien sûr, même pas une once d’or physique derrière. Si jamais l’acheteur exigeait livraison, le vendeur ferait défaut, ou il aurait à payer des centaines, voire des milliers de dollars au-dessus du prix du marché pour se procurer l’or physique. Mais, en vérité, cet or physique n’est pas disponible pour honorer le contrat.

IL N’Y A QU’UN SEUL VRAI MARCHÉ DE L’OR

Le vrai marché de l’or, c’est le marché physique, et sur ce marché, tout l’or produit est déjà prévenu. Sur le vrai marché de l’or, les contrats à long terme absorbent tout l’or extrait et raffiné. Mais l’Occident ne comprend pas ce marché, parce que l’Occident échange sur des marchés falsifiés, basés sur de fausses valeurs. La majorité des opérations de trading réalisées sur les marchés financiers mondiaux se font sous la forme de produits dérivés n’impliquant pas la livraison des actifs sous-jacents.

C’est la raison pour laquelle la plupart des gens qui transigent de l’or en Occident ne se préoccupent pas de la livraison. Ils considèrent l’or comme peu pratique et coûteux. Pourquoi, en effet, détenir de l’or physique quand tout ce dont vous avez besoin est une entrée électronique disant : x onces d’OR ? Presque personne ne réalise que ces entrées électroniques, à un moment donné, ne vaudront même pas l’électricité consommée pour les créer.

Tandis que très peu d’Occidentaux comprennent la valeur de l’or en tant que monnaie et assurance, la plupart des Orientaux, eux, voient les choses différemment. En effet, les particuliers et les gouvernements de l’Est continuent d’accumuler de l’or et ce, de plus en plus.

 

Regardez simplement les achats d’or des principaux pays de la Route de la soie dans le graphique ci-dessous. Depuis 1995, l’Inde, la Chine, la Russie et la Turquie ont acheté 34 000 tonnes d’or. Ces achats se sont accélérés depuis la crise financière, en 2007. De 2007 à mai 2017, ces quatre pays ont acheté 26 000 tonnes d’or physique. Cela signifie qu’ils ont absorbé plus que la production minière des dix dernières années. De plus, ces chiffres sous-estiment considérablement les achats de la Chine et de l’Inde. Les chiffres de l’Inde n’incluent pas l’or de contrebande qui peut parfois représenter de très grandes quantités. Les autorités chinoises préfèrent ne pas révéler le montant réel de leurs achats d’or. Rien qu’en mai, ces pays ont acheté 400 tonnes d’or. Il s’agit d’un taux annuel de 4 800 tonnes, 60% au-dessus de la production mondiale annuelle d’or.

Si nous jetons un coup d’œil sur la demande cumulative de la Route de la soie après les cinq premiers mois de 2017, on voit qu’elle est la deuxième plus élevée depuis 2013, à 1 552 tonnes.

Ces graphiques et ces données de l’Orient démontrent clairement que le marché de l’or physique est très solide, avec une demande qui atteint des niveaux record. Le faible prix de l’or est une illusion basée sur le marché, faussé et manipulé, de l’or-papier. Comme avec tous les marchés faussés, ce n’est qu’une question de temps avant que la vérité n’éclate. Cette vérité fera très mal à ceux qui détiennent de l’or-papier ou d’autres actifs papiers.

Lire la suite sur le site:http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-le-prix-de-l-or-est-une-fake-news-.aspx?article=11209496558H11690&redirect=false&contributor=Egon+von+Greyerz.

Egon von Greyerz

Source http://www.goldbroker.fr

via: https://lilianeheldkhawam.com/2017/07/23/le-prix-de-lor-est-manipule-egon-von-greyerz/

 

 

Pour quand la démission de Jean Yves Le Drian?

Le chouchou des années Hollande, l’ancien patron des armées Jean Yves Le Drian, doit avaler désormais couleuvre sur couleuvre à la tête du Quai d’Orsay.

La démission du général de Villiers a été un nouvel épisode du désenchantement de l’ancien ministre de la Défense du président Hollande. Si Jean-Yves Le Drian a salué le « grand soldat » qu’est l’ancien chef d’état-major des Armées, en revanche la nomination du général Lecointre l’a laissé de marbre.

Un Le Drian meurtri

Le Breton a peu apprécié le discours du président Macron à l’Hôtel de Brienne, le 13 juillet. Il a été meurtri par les discours contre les pratiques anciennes du ministère de la Défense vis-à-vis de Bercy et, notamment, les attaques contre son ancien directeur de cabinet, Éric Lewandowski. Le premier ministre, le ministre de l’Economie et des Finances et celui des comptes publics sont issus du parti Les Républicains et ne sont pas réputés pour être des amis de l’ancien ministre préféré du président Hollande. Les économies demandées au ministère des Armées, qui n’est plus chargé seul de la Défense, sont aussi une stratégie visant à mettre la lumière sur les faveurs du hollandisme envers les militaires et de leur ancien ministre. Bercy tient sa revanche. Les échanges entre Darmanin et Le Drian doivent être très différents de ceux qu’avaient jadis Jean-Yves Le Drian avec Michel Sapin.

 La revanche des diplomates

De même au Quai d’Orsay, Jean-Yves Le Drian mesure l’hyper présidence d’Emmanuel Macron. Les diplomates prennent aussi leur revanche sur les militaires. La politique étrangère est, plus que jamais, définie à l’Élysée avec Philippe Étienne, le conseiller diplomatique, et Franck Paris, le conseiller Afrique. Ces deux diplomates sont des spécialistes de l’Europe et de l’Afrique, aussi le ministre des Affaires étrangères se trouve souvent cantonné dans un rôle de porteur de messages.

Jean-Yves Drian est aussi sous la surveillance rapprochée de son dircab, Emmanuel Bonne, spécialiste du Proche et Moyen Orient qui vient du Liban où il était ambassadeur mais qui avait été aussi, jadis, un collègue apprécié d’Emmanuel Macron, à l’Élysée. Il n’est pas sûr que ce nouveau rôle ministériel convienne à l’ancien « duc de Bretagne ».

Entre deux

Sur ses terres bretonnes, Jean-Yves Le Drian a également beaucoup perdu de son aura. Son ralliement précoce au candidat Macron a déçu les socialistes bretons, légitimistes envers le président Hollande. Le Drian n’est plus des leurs, d’autant qu’il n’est plus le président du conseil régional.

Lâché par les socialistes, il n’est pas devenu pour autant un leader macroniste. La place est prise. Richard Ferrand tisse sa toile pour devenir le nouveau « duc de Bretagne », sans égards pour Jean-Yves Le Drian qui commence à s’interroger sur sa place dans un tel gouvernement.

Homme de caractère et en bon Breton, le Lorientais ne mangera pas son chapeau très longtemps..

Nicolas Beau

Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l’Institut Maghreb (Paris 8) et l’auteur de plusieurs livres, dont « Papa Hollande au Mali », « Le vilain petit Qatar », « La régente de Carthage » (La Découverte, avec Catherine Graciet) et « Notre ami Ben Ali » (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

Source: http://mondafrique.com/a-demission-de-jean-yves-drian/

 

Accord turco-russe sur les missiles : une escalade du conflit entre la Turquie et l’OTAN

Au milieu de l’escalade du conflit entre Ankara et ses alliés de l’Otan et à l’intérieur de la classe dirigeante turque, et coïncidant avec le premier anniversaire de la tentative échouée de coup d’État du 15 juillet l’année dernière, le ministre turc de la défense, Fikri Isik, a déclaré mardi que les négociations entre Ankara et Moscou avaient conclu un accord sur le déploiement par la Turquie du système de missiles S-400 de la Russie. Ce système de missiles ne serait pas intégré au réseau de défense aérienne de l’OTAN.

S’adressant aux journalistes à Ankara lundi, Isik a déclaré que les négociations entre les gouvernements turc et russe « sont sur le point d’aboutir avec succès ». Il n’a cependant pas donné de date pour la signature. Alexander Mikheyev, PDG de l’exportateur d’armes de l’État russe Rosoboronexport, a également confirmé le contrat d’achat.

Bloomberg News a rapporté la semaine dernière l’accord de la Turquie avec la Russie pour l’achat de l’un des systèmes de défense antimissile les plus sophistiqués au monde, d’un coût de 2,5 milliards de dollars. Selon les termes de l’accord, Ankara achètera deux batteries de missile en provenance de Russie dans un délai d’un an et en produira deux autres en Turquie.

Parallèlement à l’annonce de la conclusion imminente de l’accord de missiles turco-russe, Ankara a également signé un accord initial avec le consortium franco-italien Eurosam sur le développement d’un autre système de défense antimissile.

Lors d’une réception à l’ambassade de France à Ankara pour fêter le 14 juillet, le ministre turc de la défense a déclaré que les entreprises turques travailleraient avec le consortium franco-italien. Selon l’agence de presse publique turque Anadolu, il « a qualifié la démarche d’un des développements les plus concrets de l’alliance turque dans l’industrie de la défense. »

Actuellement, Ankara n’a pas ses propres systèmes de défense aérienne à longue portée. Il dépend des missiles espagnols Patriot Advanced Capability-2 et des missiles SAMP-T’italiens, stationnés en 2016 dans le sud-est de la Turquie, après que les États-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas ont décidé de retirer leurs batteries Patriot du pays. Cela a intensifié les efforts d’Ankara pour acquérir son propre système de défense antimissile.

S’il devait être signé, l’accord sur les systèmes S-400 compromettrait encore plus les relations d’Ankara avec l’OTAN, en particulier avec les États-Unis, comme cela s’est produit lorsque la Turquie a décidé d’acheter un système de défense aérienne à longue portée à une entreprise publique chinoise en 2013. Sous la pression des États-Unis, le gouvernement turc a été forcé d’en abandonner le programme à 3,4 milliards de dollars en novembre 2015.

Une fois le projet annulé, l’armée de l’air turque a abattu un bombardier russe le 24 novembre 2015, sapant les relations turco-russes, Ankara a exprimé son intention de développer indépendamment un système de défense antimissile. Ce but n’a cependant pas encore été atteint et Ankara s’est tourné vers Moscou pour acheter le système de défense aérienne et antimissile S-400.

Malgré les nombreuses déclarations des fonctionnaires turcs selon lesquelles l’accord avec la Russie ne devrait pas être considéré comme une recherche d’une alternative à l’OTAN ou à l’UE, l’accord S-400 est un coup de grâce pour ces deux alliances impérialistes secouées par des crises.

En obtenant son premier système de défense aérienne et antimissile à longue distance en provenance de Russie, il devient envisageable pour la Turquie de fermer ses cieux aux chasseurs de l’OTAN si nécessaire.

Parlant de l’accord S-400, le secrétaire américain à la défense, James Mattis, a déclaré aux journalistes vendredi dernier qu’ils devaient « voir » – est-ce qu’ils vont aller au bout ? Vont-ils vraiment l’utiliser ? Vont-ils ne l’utiliser que dans un seul secteur ? Tout ce genre de choses. Mais vous savez, nous devrons y faire attention. »

Le gouvernement turc, dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan, connaît également les risques encourus. En raison de son incapacité à se plier aux intérêts américains et aux stratégies de guerre en Syrie contraires aux intérêts propres d’Ankara, Erdogan est devenu la cible principale des alliés impérialistes de la Turquie, dans un conflit qui a atteint son point culminant dans la tentative du coup d’État le 15 juillet 2016.

Puisque la tentative du coup d’État a échoué grâce à l’opposition populaire de masse, Erdogan et son gouvernement ont ouvertement accusé les alliés occidentaux d’Ankara, en particulier les États-Unis et l’Allemagne, de soutenir les putchistes et a interdit aux parlementaires allemands de rendre visite à leurs troupes en Turquie.

En réponse, Berlin a décidé de redéployer ses troupes et équipements de la base d’Incirlik vers des positions ailleurs, peut-être la Jordanie, tandis que Berlin et ses alliés européens, notamment l’Autriche et les Pays-Bas, ont interdit aux représentants du gouvernement turc d’organiser des rassemblements lors de la campagne du référendum constitutionnel turc du 16 avril.

En utilisant comme prétexte, de manière hypocrite, la répression d’Erdogan contre l’opposition qui a suivi le coup d’État, le Parlement européen a voté contre la poursuite des négociations d’adhésion entre Ankara et l’UE. Pendant ce temps, le 7 juillet, plus de deux ans de négociations en Suisse entre les dirigeants des Chypriotes grecs et turcs pour réunifier l’île de Chypre divisée se sont effondrés.

Halil Celik

 

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/jul2017/turu-j22.shtml

 

La désertion fiscale : un sport de riches

 

Dans la doxa ultralibérale, ce sont les pauvres qui trichent, qui fraudent les allocations. Sauf que dans la réalité, on constate que la fraude aux prestations sociales (estimées à quelques milliards) n’est qu’une fraction de la désertion fiscale des multinationales, estimée à 60 milliards en France, ou probablement des plus riches, comme le révèle un papier de The Economist.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fraude, accélérateur d’inégalités

 

On ne pas soupçonner The Economist de démagogie anti-élites, mais son papier sur l’étude de trois économistes sur l’ampleur de la désertion fiscale dans les pays scandinaves est accablant. Les économistes ont utilisé les Swiss leaks et les Panama papers pour mesurer précisément le montant de la désertion fiscale par niveau de richesse. En moyenne, les ménages ont payé 3% de taxes de moins qu’ils devraient, et moins de 5% pour 99% de la population. Mais le 1% le plus riche, qui possède en moyenne près de 2 millions de dollars a payé environ 10% de moins qu’ils devraient. Et les 0,01% les plus riches, qui possèdent plus de 40 millions, ont payé plus de 30% qu’ils devraient à la collectivité.

 

Même le très peu progressiste The Economist soutient que « cela signifie que les estimations passées des inégalités de richesse, en général basées sur les données fiscales, ont sous-estimé le problème  », d’autant plus que les ménages des pays scandinaves placent deux fois moins leur richesse en dehors de leur pays. Il conclut également que « la globalisation a profité de manière disproportionnée aux riches en partie en récompensant bien mieux le capital que le travail. Mais la globalisation permet aussi aux plus riches de cacher plus facilement leur richesse  ». Triste constat qui n’appelle pourtant pas la moindre demande d’action spécifique de la part de la bible des élites globalisées.

 

Comment ne pas penser à la belle phrase de Tocqueville qui disait que : « préoccupés du seul soin de faire fortunes, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous  ». Avec la globalisation, non seulement les élites ne perçoivent pas pleinement l’envolée des inégalités qu’une partie n’a même plus honte de tricher.

 

 

UN CAMEROUNAIS REPOND A MACRON 

UN CAMEROUNAIS ANCIEN CAMARADE DE MACRON LUI REPOND.

Le camerounais Joël Teubissi Noutsa, ancien élève de l’ENA, cette école de laquelle est issu le président français, vient de lui répondre, suite à ses déclarations polémiques lors du récent sommet du G20. Une réponse magistrale qui revient sur des détails qu’a tendance à oublier le jeune chef de l’état français.

Habib Hassan

LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON.

Mon cher Emmanuel, J’ai appris avec consternation dans les médias les propos désobligeants, empreints de mépris, de sarcasme et de racisme, que tu as prononcés à l’égard de mon continent. Dois-je te rappeler que lorsque tu sollicitais le suffrage de ton peuple, tu as qualifié le colonialisme de « crime contre l’humanité » lors d’un séjour en Algérie. Certainement dans l’objectif de rallier l’électorat français d’origine maghrébine et africaine. Quoique, entre les deux tours, sachant pertinemment que tu serais élu, tu t’es ravisé en parlant de « crime contre l’humain ». Il me souvient également que tu mettais en avant le choix de l’Ambassade de France au Nigeria comme lieu de stage lors de tes études à l’ENA, comme pour faire croire à cet électorat que tu souhaitais le connaitre, bien avant d’aspirer à la Magistrature suprême.

Cependant, à peine élu, et surtout depuis que tu dînes régulièrement avec le nabot qui nous avait insultés à Dakar, tu es devenu moqueur et véhément à notre égard. Il y a encore quelques semaines tu te moquais de nos frères comoriens, dont la Présidence de la République a qualifié ton écart de langage sur les Kwassa-kwassa « d’inconsidéré (…) et à mettre sur le compte de (ta) jeunesse ». Tes excuses sont d’ailleurs toujours attendues. Aujourd’hui tu expliques à la face du monde, en plein sommet du G20, que le sous-développement de l’Afrique est « civilisationnel ». Que c’est parce que nous sommes « des cultivateurs de chanvre indien ; des guerriers belliqueux, corrompus, incompétents et inaptes à la démocratie … des trafiquants d’êtres humains et de biens culturels … et des fornicateurs invétérés, au point d’avoir entre 7 et 9 enfants par femme… » Mais tu as oublié de te poser les bonnes questions, comme celles de savoir qui sont les plus grands consommateurs de chanvre indien, fabricants d’armes, trafiquants en tout genre, esclavagistes, corrupteurs et exploiteurs ? Mon cher Emmanuel, si le cannabis a d’abord été qualifié de chanvre « indien » et pas « africain », c’est bien qu’il a commencé à être cultivé quelque part, là-bas en Asie. Etant donné que mes ancêtres n’étaient pas de grands navigateurs, on peut subodorer que ce sont les tiens qui l’ont importé sur notre continent. L’histoire nous raconte même que l’opium, son cousin germain, a été implanté en Chine par ta cousine la Grande Bretagne pour fragiliser ce peuple. Tu as bien dit « guerriers belliqueux, corrompus, incompétents et inaptes à la démocratie », dois-je te rappeler que tes aïeux ont instrumentalisé et armé les guerres les plus sanglantes sur mon continent et favorisé la plupart des coups d’état violents.

Qui finance les groupes terroristes, dont AQMI, BOKO HARAM et le MUJAO ? Qui a tué Khadafi, qui était l’ultime rempart de notre sécurité et le moteur de notre développement ? Qui a ourdi l’assassinat des héros de la lutte pour l’indépendance (Um et consorts) et des présidents en exercice (Olympio, Boganda, Tombalbaye, Ngouabi, Sankara, Ntaryamira, Habyarimana, etc.), qui souhaitaient simplement s’affranchir de l’hégémonie de l’Etat français ? Qui a fait partir certains chefs d’Etat du pouvoir, à l’instar des présidents Gbagbo et Lissouba, qui gênaient les intérêts de l’Etat français ? Qui soutient les régimes africains les plus incompétents et dictatoriaux, depuis les années d’indépendance ? Qui, par des accords de défense léonins, a fait main basse sur nos matières premières ? Qui nous rendra les mallettes d’argent qui ont circulé dans les réseaux françafricain ? Pourtant, pour avoir été scolarisé avec des africains, qui sont d’ailleurs membres de ton mouvement En marche, tu es censé connaitre la qualité des hommes de ce continent. Tu nous as qualifiés de « trafiquant d’êtres humains et de biens culturels », j’aimerai que tu me dises le fonds de ta pensée, concernant l’esclavage du peuple noir pendant plus de trois siècles, la colonisation qui a duré près d’un siècle et le néocolonialisme et le paternalisme qui perdurent.

Mes ancêtres n’ont aucun mémorial en France, pas même une stèle ! Alors qu’ils se sont battus pour les idéaux d’égalité et de fraternité que tu foules au pied par tes propos. D’où proviennent les reliques africaines précieusement conservées au Musée du Louvre et dans les musées français, qui en font le rayonnement ? Le comble, c’est quand je t’ai entendu dire que les milliards d’euros que vous déversez chez nous ne changerons rien à notre condition, tant que nos femmes continueront d’avoir entre 7 et 9 Enfants. Cher Emmanuel, pour le coup tes statisticiens se sont fourvoyés car, le taux de fécondité en Afrique s’élevait à 4,7 enfants par femme en 2016. Même en 1950, il était de 6,5 enfants par femme. Ce rappel étant fait, permets-moi de faire deux commentaires à ce sujet. Le premier sur le volume de l’aide internationale et ensuite sur la démographie. Tes prédécesseurs avaient arrêté le seuil annuel de l’aide internationale des pays riches, en faveur des pays pauvres, à 0,7% du Produit national brut (PNB), parce qu’ils estimaient à raison que vous deviez payer pour le tort que vous nous aviez fait subir, en spoliant nos richesses et en nous volant nos valeureux guerriers pendant 400 ans. Que ce soit la France, ou sa cousine la Grande Bretagne, puissances colonisatrices, vous n’avez jamais atteint 0,4% de votre PNB. Et que dire de votre aide, quand elle nous parvient ? Lorsqu’elle est sous la forme d’infrastructures, ce sont vos entreprises qui gagnent les marchés à des prix trois fois supérieurs au coût nécessaire pour les réaliser. Ce sont vos compatriotes qui sont recrutés à des niveaux supérieurs, avec des salaires exorbitants. C’est votre matériel qui est utilisé. Lorsqu’elle est sous la forme de bourses, c’est dans votre économie que les étudiants dépensent l’argent reçu, etc. Je t’aurai bien conseillé quelques études qui mettent en exergue les effets négatifs de l’aide sur nos économies, mais je ne doute pas que tu les ais en ta possession.

Sur le nombre d’enfants, comme je l’ai dit plus haut, tes chiffres sont faux et ton analyse fragile. Tu devrais pourtant savoir, et c’est inscrit dans le séminaire de Géopolitique que tu as dû suivre à l’ENA ou à Sciences po, que la population est un facteur de richesses et fait partie des cinq attributs de la puissance, cf la Chine, l’Inde, le Nigeria, etc. Tu as dû certainement zapper ce cours, trop occupé à faire mumuse avec Brigitte.

Tiens, justement, Brigitte, parlons-en. Personne en Afrique ne te fait le reproche d’avoir cocufié un homme qui avait l’âge d’être ton père qui t’a d’ailleurs aimablement accueilli sous son toit avec une femme qui a l’âge d’être ta mère ? Certains diront que c’est indécent ou te qualifieront de traitre, mais c’est ton choix et je le respecte ! Des mauvaises langues affirment même qu’elle te servirait de paravent pour, comme Philippot, exprimer tes orientations sexuelles. Certains diront que tu es pervers, ou que cette orientation sexuelle est « civilisationnelle », mais je m’en garderai bien. Que dire donc de ton libre choix de ne pas procréer ? Là encore, je me garderai bien de fouiner dans tes sous-vêtements, mais de grâce, laisses ceux de nos mères tranquilles !!! Le plus drôle dans cette histoire c’est de voir la frénésie avec laquelle certains compatriotes et frères africains se délectent de tes propos condescendants et paternalistes, cherchant à noyer le poisson ou à en minimiser la portée. Certains le faisant naïvement, dans le but de ne pas égratigner leurs amis français, ou le souvenir de leur séjour en France ; tandis que d’autres, plus pervers, réagissent de la sorte de manière à préserver leurs « intérêts ». J’ai des amis français, de très bons amis d’ailleurs et j’ai un souvenir ému de mon court séjour dans ce pays. Donc, je n’ai aucunement de problème ni de haine vis-à-vis des Français, mais plutôt avec l’Etat français dont nous ne supportons plus le mépris et l’inculture de ses dirigeants, notamment en ce qui concerne l’histoire de l’humanité.

Très cher Emmanuel, tu devrais savoir que la pauvreté comme la richesse à l’échelle individuelle, nationale ou continentale sont cycliques ! L’Afrique a un jour régné sur le monde, souviens-toi, et son tour reviendra. Aussi, en toute fraternité, je t’invite à te repentir de tes propos et à nous présenter tes excuses afin que cette génération ne grandisse pas avec pareille humiliation.

En effet, quand notre tour adviendra, il ne plairait à personne que la même graine de revanche, qui a animé tes cousins germains allemands suite à l’humiliation de Nuremberg, n’ait germé dans les consciences de 2 milliards de noirs. Te voilà prévenu !

Bonne fête nationale. Ton condisciple africain

Teubissi Noutsa Joël,

Ancien élève de l’ENA

 

Source:http://afrik-inform.com/index.php/fr/politiques/812-france-natalite-en-afrique-explosif-un-camerounais-ancien-camarade-de-macron-lui-repond

 

 

Nous avons vécu au-dessus de nos moyens !

Toutes les conneries qu’ils nous ont fait gober … et payer ! (2) 

Les entretiens du Professeur VaZlin’. vazlin@laposte.net Le 17 Juillet 2017  N° 259 

« Nous avons vécu au-dessus de nos moyens ! » Ne nous l’a-t-on pas assez rabâché ce prêche ? Maintenant vient le châtiment : il faut se la serrer pour payer la dette :“ L’homme envieux est pressé de s’enrichir, mais la misère viendra sur lui. ”([i])

Merde, je n’ai dépensé que mon salaire et voilà que j’ai vécu au-dessus de mes moyens ! Seigneur prend pitié !

Mea culpa, mea maxima culpa, mais voyons voir si je n’aurais pas des excuses ?

Avant 1974, la France n’avait pas de dette, c’est donc à partir de cette date que « nous avons vécu au-dessus de nos moyens ».

Nous fûmes abreuvés de mots redoutables ; inflation : l’horreur ! la planche à billets : mauvais ! le monopole d’Etat : caca !

Aujourd’hui, nous n’avons que des monopoles privés ; la planche à billet est entre les mains de l’Europe, nous sommes en déflation, et ça va pas non plus !

Merde !

Mais au fait, pourquoi la planche à billet bien française, bien de chez nous, a-t-elle disparue alors que nous n’avions pas de dette !?

Et bien voilà : jusqu’en 1973, quand l’Etat avait besoin de financer un projet -par exemple construire des HLM ou des hôpitaux- le gouvernement demandait à la Banque de France de « créer » l’argent nécessaire en faisant marcher la planche à billet.

Par exemple si l’Etat prévoyait un projet de 100 milliards de Francs, la Banque de France imprimait 100 milliards de francs pour payer les divers entrepreneurs. Puis, le projet terminé, quand l’argent des loyers rentait, cet argent était retourné à la Banque de France pour « destruction ». C’était un prêt à taux 0. La banque de France, banque d’Etat, ne faisait pas le moindre bénef !

Le problème était que les gouvernements français ne rendaient … pas tout ! Contrairement aux Allemands, qui, traumatisés par la terrible inflation qui avait porté Hitler au pouvoir, remboursaient scrupuleusement tout à la Deutsche Bank. Cet argent retourné était détruit, et la masse monétaire restait stable.

C’est pour cela que le Mark était une monnaie forte et le Franc une monnaie faible et que l’inflation était assez importante en France. ([ii])

Donc, en 1973, nos gouvernants : Filochardpidou, Giscarquignol et Mesmerbouldingue dirent  : « pas de ça ! il faut obliger le gouvernement à rembourser 100 % des emprunts ! »Comment ? En obligeant l’Etat à emprunter aux banques privées. C’est que ça ne rigole pas dans le privé, il faudra bien tout rembourser ! 

Nos trois pieds nickelés concoctèrent une loi dite « loi Rothschild » ([iii]) afin de, détail amusant, contraindre le gouvernement, donc eux, à respecter ses engagements.

C’est comme s’ils avaient avoué aux Français : « nous sommes trop cons, si nous n’avons pas de père fouettard pour nous taper dessus, nous allons nous laisser aller »

Le malheur, c’est que ce père fouettard a tapé non sur eux, mais sur les Français ! Si la banque de France ne prenait aucun intérêt, les banques privées, elles, se sont gavées.

Voyons les comptes : (voir tableau référence [vi] que je n'ai pas su inclure)

Avec la gestion catastrophique de nos pieds nickelés (entre autres emprunt Giscard : 6.5 milliards de Fr empruntés, 90 milliards remboursés ! ([iv])) la dette est passée de 0 en 1973 à 239 milliards 6 ans après et a atteint 1489 milliards d’€ en 2009 ! ([v]) (

Bravo et merci à ces 3 zèbres !

Mais il y a quelque chose de bien plus ahurissant ! De 1979 à 2009, en 30 ans, la dette est passée de 239 milliards à 1489 milliards d’€ soit 1250 milliards empruntés par nos gouvernements.

Combien avons-nous remboursé comme intérêt de la dette pendant ces 30 ans ? je dis bien intérêt seuls  : 1340 milliards ; le capital restant toujours dû !!

Attendez ! y vois-je clair ou m’abusai-je ?

Faisons les comptes : pendant ces 30 ans,

La France a emprunté 1250 milliards que l’on doit toujours,

Et les Français ont remboursé comme intérêts seuls : 1340 milliards !

Soit 90 milliards de plus !

Je m’étrangle ! Nous avons remboursé 90 milliards de plus en seuls intérêts que ce que nous avons emprunté !!!

C’est à dire que si la banque de France avait continué à nous financer à taux 0, non seulement nous n’aurions aucune dette mais il nous resterait 90 milliards à dépenser !

Et les rigolos du gouvernement me disent que j’ai vécu au-dessus de mes moyens !!!

On se foutrait pas de ma gueule par hasard ?

Quelle est la vérité ? : « nous avons vécu au-dessus de nos moyens » ou

Ils nous ont pompés au-dessus de nos moyens !

 

Achtung !

Après Pompidou, Macron est aussi l’homme de la banque.

Elu par seulement 18 % des Français ([vii]), il ne faudrait pas que les 82 % « pas d’accord » soient la proie de la même voracité !

 


[i] La Bible : Proverbes 28:22Segond 21.

[ii] En effet, la masse monétaire augmentant plus vite que les investissements productifs, tout devient plus cher, d’où inflation en France et dévaluation vis-à-vis des monnaies fortes.

[iii] D’où venait Pompidou

[iv] Emprunt Giscard http://fr.wikipedia.org/wiki/Emprunt_Giscard

[v] Après 2009, es deux fous de sarko et hollande on fait exploser la dette dans des buts électoralistes, sans aucun retour sur investissement, dont nous pourrons parler un jour !

[vi] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-derive-de-la-dette-les-193230

 

[vii] 8 657 326 voix sur 47 581 118 inscrits = 18 %

17  juillet 2017

Pas de « droit à l’erreur » pour les allocataires de la Caf, soumis à des contrôles toujours plus invasifs

Déclaration de revenus tous les trois mois, croisements de données avec les impôts, contrôle des relevés bancaires, visites à domicile… Il ne s’agit pas des nouvelles mesures concernant la transparence de la vie publique mais celles auxquelles se soumettent les bénéficiaires de minimas sociaux, en contrepartie d’un revenu de quelque 530 euros par mois. La Caf prévoit même, bientôt, de récupérer « à la source » les données personnelles des allocataires, auprès du Pôle emploi ou des services du fisc. En cas de contrôle, sans même une fraude avérée, les versements peuvent être suspendus. Et pas de « droit à l’erreur ». Parfois prompts à s’offusquer des nouvelles règles de transparence qui encadrent leur activité, nos élus se montrent pourtant moins choqués lorsqu’elles virent à l’abus de pouvoir contre les citoyens les plus précaires.

La transparence de la vie publique, appliquée aux élus, fait grincer des dents. Depuis quatre ans, les parlementaires français sont soumis à des obligations de transparence sur leurs revenus perçus en plus de leur salaire d’élu, ainsi que sur leur patrimoine. Plusieurs s’en sont plaints, y décelant une forme de populisme anti-parlementaire ou d’intrusion malsaine, d’autres s’y refusent en remplissant des déclarations plus qu’évasives. Certains gagnent pourtant des centaines de milliers d’euros annuels en plus de leurs indemnités en exerçant des activités parallèlement à leurs mandats. Outre le fait qu’ils doivent se tenir à l’écart de potentiels conflits d’intérêts, les élus de la République touchent pourtant de l’argent public : plus de 7200 euros bruts par mois pour les parlementaires, soit plus de 5700 euros nets. Quant à l’usage des frais de mandat – plus de 5000 euros nets par mois et par député – il n’est à ce jour soumis à aucun contrôle, pas même sur justificatifs.

A l’inverse, les personnes qui sont arrivées en fin de droits au chômage et reçoivent les minimas sociaux comme le Revenu de solidarité active (RSA) sont, elles, soumises à des obligations et contrôles draconiens, parfois jusqu’à leur domicile [1]. Elles doivent justifier de toutes rentrées d’argent, même des plus minimes, répondre à des questions sur la nature de leur relation avec leur éventuel colocataire… Et souvent, selon les témoignages que nous avons recueillis, les allocataires voient toutes leurs aides – RSA, aides au logement, prestations familiales – suspendues tant que le contrôle n’est pas terminé. Soit jusqu’à plusieurs semaines, voire plusieurs mois, passés sans aucun revenu.

Pendant les contrôles, la Caf coupe les vivres

« En mai, le RSA m’a été amputé de 50% de son montant, témoigne par exemple Dominique. Il m’a donc fallu passer le mois de juin avec 235 euros en poche. Tout cela parce que je n’ai pas reçu le courrier me demandant de prendre contact avec un travailleur social, pour signer le contrat d’insertion qui conditionne le versement du RSA. » Il y a aussi cette jeune mère qui, après le lancement d’une procédure de contrôle, a vu ses allocations suspendues pendant quatre mois, sans aucunes ressources, sans pouvoir s’acquitter de ses factures de fioul, de son loyer, des frais à régler pour l’école.

Ou Christine, mère de deux enfants dans l’Est de la France, dont le RSA, les prestations familiales et les aides au logement, ont été gelées pendant deux mois au printemps dernier, au cours d’un contrôle de situation : « Je me suis séparée de mon mari en novembre. Fin décembre, j’ai déposé une demande de RSA, qui a été acceptée début janvier. Mais début février, ma propriétaire m’a dit que le Caf lui avait signalé que les aides au logement, qu’elle recevait directement, n’allaient plus lui être versées. C’est mon assistante sociale qui s’est renseignée et a appris que j’étais sous le coup d’un contrôle de situation. En conséquence, la Caf avait coupé toutes les aides ! J’ai dû refaire un dossier. Les prestations n’ont été rétablies que deux mois plus tard. »

Pour faire une demande de RSA, il faut indiquer non seulement les revenus perçus au cours des trois derniers mois, mais aussi les économies détenues, les aides financières perçues, comme les allocations familiales, si l’on est propriétaire, locataire, ou logé à titre gratuit. Le formulaire de demande précise même que les parents isolés doivent faire une démarche de demande de pension alimentaire, et que les préfets peuvent enjoindre, « à titre exceptionnel » certes, les demandeurs de faire valoir leurs droits à une pension alimentaire vis-vis de leurs propres parents. C’est ce qui a été demandé à Margot, allocataire du RSA en Normandie depuis avril 2017. « J’ai reçu un courrier mi-juin où je devais préciser les ressources financières de mes parents, en vue de leur demander une pension alimentaire », rapporte-t-elle. Ayant retrouvé un emploi, je viens de me retirer par moi-même du dispositif de la Caf, donc je ne vais pas donner suite à cette demande du préfet. » Tout le monde n’a pas autant de chance.

Chasse à l’euro

Le RSA, c’est au maximum 535 euros pour une personne seule sans enfants, 802 euros pour un couple sans enfant. Tous les revenus du foyer en sont déduits. De même que, pour partie, les aides au logement. Concrètement, les allocataires doivent garder tous leurs relevés de compte pour pouvoir justifier de leurs revenus en cas de contrôle. Et faire une déclaration de revenus tous les trimestres, comprenant également les revenus non imposables. Les cadeaux en espèces de la famille, les indemnités de stage des enfants, le produit de la vente d’un meuble, d’une voiture, d’un vêtement lors d’un vide-grenier ou site de vente en ligne, tout cela est considéré comme faisant partie des revenus.

« J’ai subi un contrôle en février, raconte Sabine, une ancienne institutrice et libraire en Bretagne. Ce que je trouve normal, puisque cela fait deux ans que je perçois le RSA. Une contrôleuse est venue chez moi avec une collègue. J’avais préparé mes relevés de comptes en prévision. » À la vue de ses relevés, les contrôleurs ont jugé que Sabine avait omis de déclarer des revenus. La femme est présidente bénévole d’association, et est séparée du père de ses enfants. « En tant que présidente d’asso, j’avance parfois des achats que je me fais rembourser ensuite. Pour mes enfants, je ne touche pas de pension alimentaire mais je paie des vêtements, des choses dont ils ont besoin et que leur père me rembourse ensuite. Mais pour la Caf, ce sont des rentrées d’argent, alors que ce sont en fait des dépenses qu’on me rembourse, pas des revenus ! »

« Présumée coupable »

Résultat du contrôle : « J’ai été présumée fraudeuse », estime Sabine. La Caf lui a demandée de justifier des rentrées d’argent de quelques dizaines d’euros venant du père de ses enfants, et datant d’un an et demi. La mère célibataire a retrouvé les mails dans lesquels le père indiquait qu’il allait rembourser les sommes en question. Mais dans un premier temps, la Caf n’a pas considéré ces preuves comme suffisantes : « Il ne s’agit que d’échanges de mails que vous faites suivre et non une explication concernant tous les chèques ou virements perçus sur votre compte bancaire », lui a répondu la contrôleuse. La situation de Sabine a finalement été régularisée, mais ses aides ont été suspendues pendant plusieurs semaines.

Interrogé sur ces pratiques, le service de presse de la Caf assure qu’il n’y a que deux cas dans lesquels les droits peuvent être suspendus lors des contrôles : premièrement, lorsqu’un allocataire ne peut répondre aux questions qui lui sont posées (des demandes de justificatifs). Ses prestations peuvent alors être suspendues après un délai censé lui permettre d’apporter des clarifications. Deuxième cas : lorsqu’un allocataire « refuse de coopérer ».

Mais pour la Caf, en tout état de cause, « la suspension des prestations n’a lieu que si l’allocataire ne se soumet pas au contrôle. » Ce n’est pourtant pas l’expérience qu’a vécu Sabine : « En cas de contrôle, ils coupent tout en attendant les vérifications ! On est présumé coupable de fraude avant même que le contrôle soit terminé. J’ai la chance d’avoir des gens autour de moi qui peuvent m’aider, et assez d’assurance pour me rendre à la Caf et expliquer ma situation. Mais comment font les autres ? Avec ces pratiques, ils mettent les gens dans la panade. »

La moitié des allocataires contrôlés, moins de 1% de fraude

« Ils vont jusqu’à reprocher à des personnes d’avoir perçu une aide du Conseil départemental pour les aider à payer leur facture d’électricité, s’indigne aussi Joëlle Moreau, porte-parole de l’association AC ! (Agir ensemble contre le chômage). On leur demande alors de rembourser cette aide, car la Caf considère cela comme une fraude. Ils en sont là ! » « La Caf dispose d’un pouvoir de contrôle pour garantir la bonne utilisation des fonds publics », précise l’organisme sur son site. « Vous devez communiquer les informations et les pièces justificatives demandées, et dans les délais fixés », prévient-il. « Vous devez vous rendre disponible pour le contrôle selon les modalités proposées par le contrôleur. » À notre demande de précisions sur les contrôles pratiqués auprès des personnes au RSA, la Caf nous a envoyé ses « documents de presse » concernant sa politique de contrôle.

On y apprend qu’en 2016, sur 12,8 millions d’allocataires de la Caf (toutes prestations incluses), 7,2 millions ont été contrôlés, soit plus d’un allocataire sur deux. Mais qu’au final, les cas de « fraude » détectés par la Caf représentent seulement 0,36 % de la population des allocataires. En 2016, le montant moyen des fraudes détectées par la Caf s’élèverait à 6412 euros par fraude. Il s’agit cependant d’une moyenne, dont le chiffre peut être fortement amplifié par un nombre réduit de fraudes portant sur des montants importants.

Alors pourquoi contrôler plus de 50 % des allocataires pour 0,36 % de fraudeurs ? « Toutes les erreurs ne sont pas volontaires et elles ne profitent pas toujours à l’allocataire », reconnaît le directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales, Daniel Lenoir, dans une newsletter de février 2017. Reste que la Caf, et les conseils départementaux qui sont chargés du paiement du RSA, ne lésinent pas sur les moyens.

En fait dans 90 % des cas, les allocataires ne savent pas qu’ils ont été contrôlés, assure la Caf. Car la plus grande partie de ces contrôles passent aujourd’hui par des échanges directs de données avec Pôle emploi ou les impôts, par exemple. « Les contrôleurs peuvent accéder aux informations et données des organismes privés tels que les employeurs, les fournisseurs d’énergie, les banques… », précise aussi la Caf. Qui dit même prévoir « accroitre les partenariats pour permettre la récupération à la source des données des allocataires. Des accords avec Pôle Emploi, l’Assurance maladie sont en cours. »

« Ils jettent les gens à la rue »

Les contrôles des bénéficiaires du RSA se font aussi à domicile. « Vivant en colocation depuis quelques années, d’abord avec une femme, puis avec un homme, j’ai subi un contrôle lors de ma seconde colocation afin de vérifier que nous n’étions pas un couple, témoigne Roland, qui habite dans le sud-ouest de la France. Après m’avoir d’abord coupé le versement du RSA et envoyé à plusieurs reprises un courrier d’avertissement, j’ai dû recevoir au bout de plusieurs mois un contrôleur à mon domicile. Et seulement après cette visite et de longs mois d’interruption des versements, ayant eu des conséquences financières graves, j’ai pu récupérer une vie normale », rapporte-t-il.

« Les contrôles les plus visibles, ce sont évidemment les contrôles à domicile, pour vérifier si le logement correspond à ce qui est déclaré, si la personne vit bien là, avec qui elle vit, si elle est en relation avec quelqu’un… Il faut justifier de tout, absolument tout déclarer, résume Christophe, de la Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France. Le contrôle fait intrinsèquement partie du système RSA. En effet le montant est tellement bas qu’on ne peut en fait pas vivre avec, surtout à Paris. Du coup, à la limite, si l’on est pas mort, cela devient déjà suspect ! », ironise le conseiller bénévole.

Le RSA étant versé par les départements, l’ampleur des contrôles dépend aussi de leurs différentes politiques. L’an dernier, dans le Nord, le département a lancé une véritable traque en annonçant que 45 000 bénéficiaires du RSA, n’étant pas inscrits au Pôle emploi, allaient être contrôlés. 15 000 auraient déjà été sanctionnés. Or, en cas de RSA suspendu, les recours sont difficiles. « Le recours, c’est auprès du conseil départemental, mais c’est aussi lui qui abrite la commission disciplinaire des allocataires du RSA. Ensuite, le seul recours, c’est le tribunal administratif, mais peu de gens y vont, constate Joëlle Moreau. Ils se permettent de couper les minimas sociaux en sachant qu’en faisant cela, ils jettent les gens à la rue. Ces obligations de transparence, c’est en fait un moyen de couper les moyens de subsistance aux gens, pour faire des économies ». Des économies, mais à quel prix humain, social et collectif ?

Une loi accordant un « droit à l’erreur » face à l’administration sera présentée dans les prochaines semaines. Ce « droit à l’erreur » concernera les contribuables – particuliers ou employeurs – face au risque de sanction administrative en cas de déclaration fiscale ou Urssaf erronée. Sauf surprise, ce « droit à l’erreur » ne sera pas accordé aux allocataires de prestations familiales et aux bénéficiaires du RSA.

Rachel Knaebel

Dessins : Rodho

CDI cassé, licenciements facilités, droits syndicaux rognés : des avocats expliquent les projets du gouvernement

Des accords d’entreprise qui auront quasiment force de loi, un démantèlement du CDI, la limitation des moyens des instances représentatives du personnel... Les projets d’ordonnance de réforme du code du travail, en cours de préparation, feraient presque passer la loi El-Khomri pour une réforme anecdotique. Pour décrypter ces mesures, le Syndicat des avocats de France publie une série de vidéos. Objectif : donner aux militants comme à tous les citoyens des arguments juridiques sur les conséquences des ordonnances, et les aider à répondre aux éléments de langage du gouvernement.

Les vidéos ci-dessous sont une sélection tirée de la chaîne du Syndicat des avocats de France (SAF). Pour voir l’ensemble des vidéos et thématiques traitées sur les ordonnances travail, cliquer ici.

Ce 28 juin, le projet de loi d’habilitation devant autoriser le gouvernement à prendre des « mesures pour la rénovation sociale » sera présenté en conseil des ministres. Transmis depuis le 14 juin au Conseil d’État, il a été passé au peigne fin par le syndicat des avocats de France (SAF) : « Six pages, neuf articles, donnant plus de détails sur le programme de campagne d’Emmanuel Macron, et y ajoutant encore de mauvaises surprises, au détriment des salariés et des représentants du personnel. »

La fin du CDI ?

 

Jusqu’à présent, le CDI restait la norme légale, et le recours aux CDD dans une entreprise était assez précisément encadré par la loi. Mais les projets d’ordonnance pourraient donner la possibilité aux employeurs, par simple accord d’entreprise, de remettre en question toutes ces règles : motifs de recours aux CDD définis entreprise par entreprise, durée maximale des contrats et délai de carence entre deux contrats assouplis... Dans les faits, le CDI pourrait bien connaitre ses dernières heures, et le CDD se généraliser.

Licenciement économique facilité dans les filiales des groupes internationaux

 

Non content de casser le CDI, le gouvernement pourrait également faciliter encore un peu plus les licenciements. Retirée du projet de loi El-Khomri, en 2016, la réduction du périmètre d’appréciation du motif économique dans les groupes internationaux pourrait faire son retour, afin de faciliter les licenciements dans les filiales situées en France. Cela, y compris lorsque les « maisons mères » réalisent des bénéfices confortables…

Plafonnement des indemnités prud’homales

 

Sauf en cas de licenciement intervenu dans un contexte de harcèlement ou de discrimination, les juges devront peut-être bientôt respecter un plafond à ne pas dépasser pour indemniser le préjudice subi par les salariés licenciés de manière abusive. Une manière, pour les « cost killers », d’anticiper le coût d’un licenciement non justifié, quel que soit les conséquences néfastes de la procédure abusive sur les salariés concernés.

Réduction des délais de recours des salariés

 

Déjà réduit à un an il y a quelques années, il est question de diminuer de nouveau drastiquement le délai laissé aux salariés pour saisir le conseil des prud’hommes pour contester leur licenciement… et mettre ainsi plus vite les employeurs à l’abri du contrôle des juges.

Élargissement du pouvoir des accords d’entreprise

 

Dans l’exact prolongement de la Loi El-Khomri, il est prévu d’étendre encore la « place centrale » de la négociation collective d’entreprise dans le champ des relations individuelles et collectives de travail. Ces accords d’entreprise primeront, pour l’essentiel, sur les accords de branche, sur la loi, et même sur les contrats de travail, laissant la main aux employeurs pour forger leur propre droit du travail au service de leurs intérêts. Bref, ce n’est plus la loi qui fixe les règles, mais le secteur privé.

Fusion des instances représentatives du personnel

Les trois instances de représentation du personnel élues – délégués du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – pourront être fusionnées en une seule. Cette réforme satisfait, là encore, une ancienne revendication patronale. Elle aura pour conséquence de réduire drastiquement le nombre de représentants du personnel, en ignorant la spécificité et l’importance des missions de chacune de ces instances qui n’auront plus les moyens de travailler au service des salariés.

 

 Retrouvez plus de vidéos sur la chaîne L’Arme du Droit.

16  juillet 2017

 

Vendetta américaine à Mossoul ?

La vengeance américaine tombe : à peine 72 heures après l’annonce officielle de la libération de Mossoul, un attentat-suicide frappe de plein fouet un camp des forces de Mobilisation populaire, les Hachd al-Chaabi à al-Anbar, province qui abrite le gros du contingent américain déployé en Irak. Un dernier bilan fait état de trois morts et de six blessés à Karama, localité située à 35 kilomètres de l’est de Ramadi.

Une source sûre, qui a souhaité garder l’anonymat, a confirmé, ce jeudi 13 juillet, l’évacuation des blessés et des morts dans l’un des hôpitaux les plus proches de la base militaire où se trouve le siège des Hachd al-Achaeri (composante sunnite des Hachd al-Chaabi, NDLR).

Une escalade de la violence à al-Anbar, où les forces armées et volontaires ont déjà vaincu les terroristes de Daech, avait été prévue par les analystes dans la foulée de l’annonce de la libération de Mossoul. L’expert iranien des questions internationales, Hassan Hanizadeh, estime que cette libération constitue « un pas important franchi dans le sens d’un retour à la stabilité et à la sécurité en Irak, si évidemment les Américains l’acceptent tels quels. Le nettoyage des villes stratégiques de Tel Afar et de Qaem (sur les frontières avec la Syrie, NDLR) permettra la sécurisation totale des frontières et bloquera de facto toute infiltration des terroristes depuis la Syrie. Or cette perspective n’ira pas sans provoquer des remous au sein de l’état-major de l’armée américaine qui veut tout sauf un retour à la normale en Irak et en Syrie ».

Selon Hanizadeh, « la présence des forces spéciales et des marines US dans le triangle frontalier Irak/Syrie/Jordanie ne cesse de se renforcer et les Américains travaillent avec Israël et la Jordanie à la création d’une ceinture sécuritaire qui s’étendrait de Quneitra à Deraa. C’est là que les Américains chercheront à ressusciter Daech et à l’envoyer à nouveau à l’assaut du territoire irakien d’où la nécessité pour les forces politiques en Iran, toutes obédiences confondues, d’être vigilantes et en alerte. Washington veut à tout prix avoir une base permanente sur les frontières syro-irakiennes.

D’après Hanizadeh, les marines US ont pour mission d’empêcher la connexion entre les Hachd al-Chaabi d’Irak d’une part et l’armée syrienne et le Hezbollah de l’autre avec, en toile de fond, l’annexion définitive du Golan par Israël qui compte poursuivre ses manœuvres par terroristes interposés à Quneitra. Viendra ensuite la situation à proprement parler à Deir ez-Zor, cette ville de l’est de la Syrie et limitrophe de l’Irak où se positionnent désormais les cadres les plus expérimentés de Daech. Alors que les Hachd progressaient à Mossoul, les hélicoptères US auraient évacué de cette ville un groupe de chefs terroristes vers Deir ez-Zor. Il existe donc une réelle volonté de la part de Riyad, d’Israël, d’Amman et de Washington de continuer à semer le trouble et l’insécurité en Irak et en Syrie. Les prochaines semaines seront donc riches en événements et peut-être même une résurgence de Daech si les Irakiens n’agissent pas à temps.

Source: http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i40848-vendetta_américaine_à_mossoul

 

Israël paiera le prix fort de la stratégie de chaos US

Depuis la malencontreuse naissance d’Israël au Moyen-Orient, les États-Unis ont tout fait pour éviter à Tel-Aviv une implication directe dans les conflits qu’ils déclenchent dans la région. Les plans de paix Israël/Palestine n’ont jamais visé à offrir la paix aux Palestiniens, mais à dépouiller ces derniers de ce qui faisait leur force, leurs capacités à combattre militairement Israël.

Or, ce stratagème n’a pas fonctionné au Liban où le Hezbollah a réussi en 2006 à abattre militairement Israël. Mais les évolutions, telles qu’elles se produisent au Moyen-Orient, vont-elles assurer la sécurité israélienne ? Le « chaos constructif » que prônait en son temps l’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, au Moyen-Orient et qui consistait à monter les pays de la région les uns contre les autres, a-t-il réellement renforcé la sécurité du régime israélien ? Certes les six ans de guerre totale menée contre Damas, ont laissé, ainsi que le souhaitait l’Amérique, une Syrie en ruines, mais est-ce une vraie victoire pour Israël ?

1. La guerre en Syrie a aidé à l’émergence de « forces paramilitaires », capables dans certains cas de servir de noyau à des « armées régulières » dans leurs pays respectifs. Cette perspective est ce qui terrorise le plus Israël, régime qui se nourrit du militarisme, mais refuse à tout État le droit de se défendre.

2. Mais ce n’est pas tout : les guerres parrainées par Washington au Moyen-Orient ont fini par transférer à de multiples « corps paramilitaires » la technologie de fabrication de missiles de toute gamme : de moyenne portée, non balistique, et même balistique. Il s’agit de dizaines de milliers de combattants, spécialisés dans les combats asymétriques, qui seraient désormais aptes à manier ces engins.

3. Pis encore, on assiste à la naissance d’une nouvelle génération de commandants, eux aussi spécialistes des combats asymétriques et capables de commander des troupes dans toute nouvelle confrontation militaire à venir.

4. En facilitant le trafic de terroristes, en faisant tout pour qu’ils arrivent armés et équipés en Syrie pour y combattre l’armée et la population, les États-Unis ont mis sur place un véritable mécanisme. Washington a eu recours à ce transit pour grossir les rangs de Daech de milliers de terroristes venus d’Asie centrale, d’Asie de l’Est, de Turquie, d’Arabie saoudite et d’Europe. D’autres pays pourront lui emboîter le pas cette fois, pour faire face à Israël.

5. Ce mécanisme nous renvoie d’ailleurs à l’un des plus récents discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a affirmé qu’il se ferait aider dans « toute confrontation militaire à venir avec Israël » par une armée composée de dizaines de milliers de « résistants » palestiniens, irakiens, syriens ou yéménites.

6. Le « chaos contrôlé » des Américains a certes mis en branle les fondements de plusieurs États de la région, mais il n’empêche que ces États-là sont loin d’être des proies faciles pour le Pentagone. Les forces paramilitaires nées sur les ruines de l’Irak, de la Syrie, de l’Afghanistan et du Yémen sont prêtes à en découdre avec Washington, d’où d’ailleurs la réticence désormais très palpable de ce dernier à « occuper » des régions entières des pays agressés. Qu’elle semble loin cette année 2003 où les troupes américaines ont débarqué en Irak en forces « libératrices » pour ne plus le quitter !

7. 14 ans après l’invasion de l’Irak, et alors que 6 ans sont écoulés depuis le début de la guerre en Syrie et que l’agression yéménite entre dans sa troisième année et que la bataille de Mossoul a mis près d’un an à aboutir, le Moyen-Orient est témoin de l’émergence de « forces » dotées d’une grande capacité de combat. Ce sont des forces qui ont vaincu Daech et qui n’hésiteront pas le moment venu à affronter leurs « mentors américains et israéliens ». Ces soldats aguerris ont même fait face aux Américains sur les frontières syro-irakiennes il n’y a pas plus de deux mois, quand ils avançaient en plein désert de Syrie depuis le point de passage d’al-Tanf sur les frontières avec l’Irak. Les chasseurs américains les ont bombardés, mais ils ont poursuivi leur avancée comme si de rien était. Qu’ils fassent partie des Hachd al-Chaabi d’Irak, des forces populaires syriennes, du mouvement yéménite Ansarallah ou encore du Hezbollah libanais, ces guerriers partagent une chose : la ferme conviction que la survie des populations du Moyen-Orient passe par la résistance à l’agression des grandes puissances.

Dans ce contexte, la prochaine guerre qu’Israël voudra lancer contre le Hezbollah, aura toute autre allure : Israël est bien conscient de la supériorité de l’axe de la Résistance en termes de combats au sol, une supériorité qui s’imposera dans tout combat à venir et ce ne sera pas les relations privilégiées de Tel-Aviv avec Moscou qui pourra empêcher la Résistance de riposter à toute offensive israélienne. Le Moyen-Orient de 2017 n’est plus le Moyen-Orient des années 70 ni même le Moyen-Orient de 2006. Toute volonté de nuire aux États de la région engendrera une riposte. Il est grand temps donc que les États-Unis revisitent leur stratégie au Moyen-Orient, sous peine de voir cette stratégie porter « fatalement » atteinte à Israël.

Photo: Les forces américaines déployées à Ramadi, dans la province d’al-Anbar. (Photo d’illustration)

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/07/13/528340/Les-USA-ontil-creus-la-tombe-dIsral

 

  

 

Sergueï Lavrov : «Moscou et Washington ont décidé d’un cessez-le-feu pour la Syrie»

Après la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump au sommet du G20, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé qu’un cessez le feu avait été décidé pour le Sud-Ouest de la Syrie. Il rentrera en vigueur le 9 juillet.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré aux journalistes, que Vladimir Poutine et Donald Trump avaient abordé les questions de la Syrie, de l’Ukraine et de la cyber sécurité dans une discussion «très dense et fructueuse», lors de leur première rencontre, en marge du G20 à Hambourg.

 

Il y a très clairement une alchimie positive entre eux

Les images de la première poignée de main entre #Trump et #Poutine à l'occasion du #G20

 «La rencontre a été très constructive, la connexion entre les deux dirigeants s’est faite très rapidement […] Il y a très clairement une alchimie positive entre eux», a de son côté fait savoir le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à l’issue de la rencontre.

Sur la Syrie

«Le 7 juillet, à Oman en Jordanie, des experts russes, américains et jordaniens ont convenu de la création d’une zone de désescalade dans le sud-ouest de la Syrie», a ajouté Sergueï Lavrov. Dans cette zone, un cessez-le-feu sera mis en place de 0h à 12h (heure de Damas). Il rentrera en vigueur à partir du 9 juillet, a fait savoir le chef de la diplomatie russe.

 

Moscou et Washington se sont engagés à ce que ce cessez-le-feu soit pleinement respecté par toutes les parties au conflit syrien et à ce que l’aide humanitaire puisse être acheminée dans la zone. Un dialogue entre l’opposition syrienne présente sur place et le centre de renseignement qui se trouve en Jordanie devra également être établi.

Les #EtatsUnis et la #Russie bientôt à l’origine de zones d'exclusion aérienne en #Syrie ?

 

Sergueï Lavrov a expliqué que les forces de sécurité russes, en coordination avec les forces américaines et jordaniennes, assureront le bon fonctionnement de ce cessez-le-feu. Il a en outre précisé que tous avaient convenu que la mise en place du cessez-le-feu devrait se faire dans le respect total de la souveraineté de la république arabe syrienne.

Sur l’Ukraine

 

La discussion entre Vladimir Poutine et Donald Trump a également porté sur le conflit ukrainien. Concernant ce dossier, Sergueï Lavrov a fait savoir que Washington avait désigné un représentant pour le règlement de la crise en Ukraine dans le respect des accords de Minsk.

#Ukraine : #Washington durcit les sanctions contre la #Russie#Moscou déclare poursuivre son cheminhttps://francais.rt.com/international/40036-washington-durcit-sanctions-contre-russie-ukraine 

Le représentant américain travaillera en coordination avec un homologue russe sur la question, afin de poursuivre le travail sur la recherche d’une pacification de la situation, tel que cela est prévu dans le cadre du format Normandie. Les représentants américain et russe pour la question ukrainienne devraient se rencontrer à Moscou dans les plus brefs délais, selon Sergueï Lavrov.

Sur la cyber-sécurité et «l’ingérence russe» 

Les présidents russe et américain ont également discuté de la question de la cyber-sécurité, «un thème extrêmement important et risqué», selon Sergueï Lavrov. Il inclut en effet des sphères telles que la menace terroriste, le crime organisé et les délits de société sur internet, tels que la pédopornographie et les sites incitant au suicide.

Aussi, pour lutter contre tous ces aspects de la cybersécurité, un groupe de travail bilatéral devra être mis en place, d’après le chef de la diplomatie russe.

Le feuilleton de la supposée ingérence russe dans les élections américaines a également été abordé par les deux chefs d’Etat. L’échange entre Poutine et Trump à ce sujet a été «très long et très vigoureux», a fait remarquer Rex Tillerson à la presse, estimant que les interférences russes constituaient «un obstacle significatif» dans les relations entre les deux pays.

De son côté, Sergueï Lavrov a assuré que le président américain Donald Trump «accept[ait]» les dénégations de la Russie sur ces ingérences présumées. Le chef de la diplomatie russe a en outre assuré que Vladimir Poutine avait dit à son homologue américain que son pays ne s’était pas immiscé dans les élections présidentielles des Etats-Unis.

Sur la péninsule coréenne

 

Enfin, les deux dirigeants ont affiché des opinions différentes sur la manière de traiter les questions du programme nucléaire de la Corée du Nord et de ses tests de missiles balistiques. Washington continuera ainsi de faire pression sur Moscou pour que la Russie freine les activités de Pyongyang, selon le secrétaire d’Etat Rex Tillerson.

Selon #Washington, le missile balistique testé récemment par la #CoreeDuNord était inconnu jusque-là

«Les Russes voient la situation d’une manière différente de la nôtre. Aussi, nous allons continuer les discussions et exiger plus d’actions de Moscou. Car la Russie entretient des liens économiques et commerciaux avec la Corée du Nord», a précisé Rex Tillerson devant les journalistes.

Source: https://francais.rt.com/international/40701-poutine-trump-g20-hambourg

 

 

Ce que trafiquent en ce moment les USA en Afghanistan

Tout récemment, Jeff Davis, porte-parole du Pentagone, a fait savoir à Reuters que les USA étudient l’option d’envoyer 4000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

Au même moment, l’ancien vice-chef d’état-major de l’US Army et un général quatre étoiles à la retraite, Jack Keane, traitaient la campagne militaire de 16 ans en Afghanistan de « honte », et constataient qu’une troupe de quatre mille hommes de plus ne changera rien à la situation là-bas. Le quatre étoiles retraité est convaincu qu’il est insensé de faire un truc qui ne fera pas pencher la balance en faveur de Washington, et que le Pentagone doit envoyer au moins 10 à 20 000 hommes s’il veut s’attaquer à la situation.

On peut se rappeler que l’agression militaire US a débuté le 7 octobre 2001, et qu’elle était prétendue répondre aux attentats terroristes du 11 septembre à l’époque. Au plus fort de la campagne militaire en Afghanistan, 100 000 hommes de troupes US étaient déployés là-bas. C’était une force armée mixte, composée de 20 brigades tout armées et équipées – une armée considérable.

Il était prévu au départ que les forces US et de l’OTAN règlent rapidement le sort des extrémistes afghans, tout en restaurant l’ordre dans le pays. Seize ans se sont écoulés depuis le jour où ce plan a été annoncé, mais pas grand chose n’a changé en Afghanistan. Les Talibans, même s’ils ont perdu le pouvoir, ont réussi à conserver leur potentiel combatif, et ils sont passés à la guérilla. Pour empirer les choses, il y a quelques années, l’État Islamique a lancé ses propres opérations là-bas.

Il n’est guère secret que l’invasion de l’Afghanistan par les USA a fichu le chaos et la destruction dans le paradigme de la sécurité régionale.

Mais qu’a gagné Washington en lançant une guerre qui se traîne depuis tant d’années ?

Les USA ont dépensé près de mille milliards de dollars dans le bombardement de régions désertiques et d’alpages et, ils ont perdu près de 3500 hommes. Dans l’affaire 20 000 civils au total ont été tués. Mais, selon des rapports officiels, qui sont, il faut bien le dire, plutôt imprécis, plus de 670 000 Afghans ont quitté le pays en 2016. Les drones US attaquent tout ce qui bouge. Quant au personnel militaire US et ses alliés, ils se déplacent d’un abri à l’autre exclusivement à bord de véhicules blindés formant de longs convois. Les bases militaires US ressemblent de l’extérieur à des forteresses assiégées du Moyen Âge.

En mai dernier, l’Inspecteur général spécial désigné pour la reconstruction de l’Afghanistan, John F. Sopko, a ébranlé le Capitole en fournissant au Congrès un rapport sur la situation dans le pays. Ce rapport montre en particulier que toute les mesures prises par les USA pour l’Afghanistan, celles qui tourne autour de l’idée que Washington doit former une administration et une armée nationales compétentes, ont fait fiasco. Il est toutefois peu probable que cela étonne quiconque en dehors du cercle washingtonien, puisque la plupart d’entre nous avons à l’esprit des échecs similaires, comme la tentative de Washington de former un État irakien abouti et une opposition syrienne compétente.

Mais l’ampleur du fiasco afghan a même choqué les membres du Congrès et les sénateurs, qui semblent pourtant habitués à toutes sortes d’échecs. Après seize ans de guerre ininterrompue, l’Afghanistan reste plongé dans un conflit sanglant, avec des pertes étonnamment élevées dans les forces de sécurité et la population civile

L’US Army subit aussi des pertes, mais ce n’est pas de la faute des Talibans. Les soldats US sont plutôt tués par l’analphabétisme et l’incompétence de la fameuse armée afghane, qui a été formée par des instructeurs US. Parmi les cas récents, il y a deux agents des forces spéciales US morts et un autre blessé, et ce n’est que l’exemple d’une affaire de tir fratricide que le Pentagone doit reconnaître officiellement.

En avril dernier, l’armée de l’air US a lâché une monstrueuse bombe, Massive Ordnance Air Blast, connue aussi  [aux USA, pas en Russie, NdT] sous le nom de « mère de toutes les bombes », qui a détruit une petite installation dans la province de Nangarhar.

Étant donné que ni le Pentagone, ni les Taliban, ni Kaboul, ni l’État Islamique n’ont commenté de quelque manière que ce soit le déploiement d’une des charges non nucléaires les plus puissantes, on peut qualifier cet événement de test de routine d’équipement militaire, bien que la campagne de propagande qui a suivi à travers les USA, visait à persuader la partie la plus ignare de la population, que Washington remportait des succès majeurs dans sa fameuse guerre au terrorisme [personnelle, NdT].

L’Afghanistan reste le plus grand producteur mondial de drogues. En fait, c’est un monopole qui produit environ 80% de l’héroïne du marché noir. La production d’héroïne afghane a été multipliée par cinquante depuis l’invasion ! Devant cela, la production des cartels de drogue colombiens et mexicains ne sont que des décors en carton-pâte coloré pour films hollywoodiens où de courageux policiers luttent contre la criminalité. Il est singulier qu’à l’époque où les Talibans sont arrivés au pouvoir, il y a plus de vingt ans, ils ont réussi, grâce à des mesures cruelles, à éliminer la grande majorité des producteurs de drogues du pays. Or, après l’invasion, en soudoyant les responsables corrompus embauchés par Washington, les narcotrafiquants sont revenus en grâce. Selon l’Office contre la drogue et le crime des Nations Unies (UNODC), la valeur brute potentielle du commerce de l’opium atteint 1,56 milliard de dollars, soit 7,4% du PIB de l’Afghanistan.

Après de dures palabres à l’intérieur du bureau de la sécurité nationale US, les représentants de la Maison Blanche ont annoncé officieusement que le temps d’appliquer une nouvelle stratégie dans la guerre afghane est venu. Et bien que pendant sa campagne électorale, Trump en personne préconisait le renvoi là-bas de troupes, l’héroïne afghane est toujours un problème US.

Selon les représentants de l’administration Trump, la « nouvelle stratégie proposée en Afghanistan » alliera les objectifs US avec le plan ambitieux réussi du Président Ashraf Ghani Ahmadzai, qui prévoit la refonte du gouvernement et ce qui en résultera : la récupération des territoires contrôlés par les Talibans. En même temps, la stratégie vise à obtenir un accord de paix avec les Talibans, mais en situation de force et sous pression militaire, afin d’imposer la négociation.

Et devinez quoi, selon des proches de Trump, la nouvelle stratégie n’est pas bon marché. Washington prévoit de dépenser au moins 23 milliards par an pour sponsoriser diverses initiatives en Afghanistan, en particulier pour l’entretien de la police et de l’armée afghanes, et des services policiers et forces spéciales chargées de lutter contre la corruption.

Il est très important que la nouvelle stratégie diverge complètement de celle de l’ancien président Barack Obama, qui voulait le retrait des troupes. Au lieu de cela, d’autres militaires US seront encore envoyés au combat.

Dans ces conditions, on dirait que la campagne militaire la plus longue de l’histoire US en est tout bonnement à ses débuts, car l’héroïne est chère et sa commercialisation juteuse, non seulement pour les narcotrafiquants afghans, mais aussi pour certains « dealers » étasuniens.

Quant au financement de la « nouvelle stratégie » en Afghanistan, il va sans dire que le contribuable sera l’obligé de Washington.

NEOJean Périer

Jean Périer est chercheur indépendant, analyste et expert renommé sur le Proche et Moyen Orient, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

 

Original: journal-neo.org/2017/07/04/what-the-united-states-is-actually-doing-in-syria/
Traduction 
Petrus Lombard

 13  juillet 2017

La CGT dénonce une «criminalisation de l’action syndicale» chez PSA

Un comité de défense des libertés ouvrières et syndicales à PSA vient d’être créé. Il dénonce notamment une avalanche de sanctions et de procédures judiciaires à l'encontre de plusieurs militants du syndicat. De son côté, la direction évoque des plaintes individuelles.

Le jugement qui s’abat sur Farid Borsali, secrétaire depuis 17 ans du syndicat CGT sur le site Peugeot Citroën Automobile de Poissy, est sévère. Six mois de prison avec sursis et 2 000 € de dommages et intérêts pour avoir « tordu l’index et la main gauches »d’un de ses chefs, ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de 15 jours. Dans la salle d’audience du tribunal de Versailles, la juge met en avant les « constatations médicales » du médecin de l’usine et du médecin légiste pour justifier son délibéré. Le cadre en question, lui, n’est pas présent à l'audience.

Quelques militants de la CGT entourent Farid Borsali et son avocate après son jugement. © C.A.

Une fois ces conclusions rendues, la trentaine de collègues venus soutenir le délégué CGT de l’usine de Poissy sort avec lui. Devant le tribunal, les tenues d’atelier et autres tee-shirts siglés PSA Peugeot Citroën côtoient les chasubles du syndicat. « Il ne faut pas se décourager, c’est le but de la manœuvre », répète Farid Borsali face aux militants désabusés par cette « justice à deux vitesses ». Plusieurs d’entre eux dénoncent la pression mise sur les salariés reconnus travailleurs handicapés, ou encore les conditions de travail qui se dégradent jusqu'à en devenir dangereuses.

C’est justement lors d’une « opération sécurité », une action syndicale, que serait intervenue la bousculade entre Farid Borsali et son chef. Le 27 septembre 2016, il mène cette opération avec d’autres militants dans l’usine, afin d’alerter la direction sur des matériels défectueux pouvant mettre en danger les salariés. Concrètement, les délégués disposent au milieu des allées des « praticables », sortes de grosses caisses contenant jusqu’à 100 kilos d’outils et obstruent les allées avec de grands chariots métalliques. Un accrochage aurait alors eu lieu.

« Ils avaient déjà organisé une action similaire une quinzaine de jours auparavant, ça s’était bien passé, la direction avait ensuite mis aux normes le matériel », rappelle Me Marie-Laure Dufresne-Castets, l’avocate de Farid Borsali. Ce jour-là, pourtant, la direction fait appel à un huissier. Dans son constat, que nous avons pu consulter, nulle mention n’est faite de violences de la part de M. Borsali. Le professionnel est effectivement arrivé sur les lieux à 7 h 35, alors que le délégué CGT est accusé d’avoir insulté et tordu la main de son chef entre 7 h 30 et 7 h 32. « Imaginez, un syndicaliste qui frappe un cadre et un huissier qui ne note rien, ce serait surprenant », pointe Me Dufresne-Castets. « Le chef, le lendemain, il a repris le travail, avec ses dix doigts », souffle un des collègues présents en soutien.

« On veut faire passer les militants pour des voyous », lance l'avocate. Elle dresse notamment un parallèle à ce qu’elle a pu constater à Aulnay – où près de 1 200 salariés ont été licenciés en 2013. « Depuis octobre 2016, on fait face à une avalanche de sanctions disciplinaires », affirme Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du groupe PSA Peugeot Citroën. Le syndicat dénombre 14 militants sanctionnés, pour un total de 61 jours de mise à pied. « Mais ça, c’est nouveau. » Ça ? « L’acharnement judiciaire sur les militants. »

Car Farid Borsali n’est pas le seul délégué de Poissy à être poursuivi en justice. Neuf autres militants devront comparaître en correctionnelle, en novembre prochain, pour séquestration. Me Dufresne-Castets, qui les défend également, explique : « Un salarié rentrait d’opération, avec un avis d’aptitude avec restriction. En clair, il pouvait travailler, mais avec restriction. Son chef lui a demandé de se rendre seul sur une machine qui normalement nécessite deux salariés. L’ouvrier a refusé et est allé à l’infirmerie. Son responsable l’ayant tout de même menacé d’un rapport d’incident, il est allé chercher les délégués CGT pour monter dans le bureau du chef. Ils y sont restés 17 minutes. » À la suite de cet entretien, le chef aurait craqué et fondu en larmes. 

Du côté de la direction, on évoque des « affirmations infondées qui ne reflètent pas la politique de dialogue social et syndical de l’entreprise ». Elle a invité les journalistes ce vendredi après-midi à une conférence de presse au pied levé, après avoir appris qu’une autre conférence de presse était prévue pour demain à 11 heures devant le siège du groupe par un collectif de défense des militants. « La CGT est une organisation que j’estime et que je respecte », assure Bruno Bertin, directeur des relations sociales du groupe. Il récuse l’accusation selon laquelle la direction de PSA tenterait de faire passer les syndicalistes pour des voyous. Surtout, il appelle à ne « pas faire d’amalgame entre des dossiers individuels et la politique des ressources humaines de l’entreprise ». En effet, toutes les procédures judiciaires ont été lancées par des salariés à titre privé et « PSA n’a pas été à l’initiative ». « Ce n’est pas le groupe qui porte plainte, c’est vrai, reconnaît l’avocate des militants de Poissy. Sauf que toutes les pièces du dossier contre M. Borsali venaient de la direction : le constat d’huissier, des attestations produites dans le cadre d’une procédure de sanction… »

Mis en examen pour un tract

Il n’y a qu’à Mulhouse que le groupe PSA a lui-même intenté une action en justice. Dans l’Est, c’est un tract distribué par la CGT qui a mis le feu aux poudres. Diffusé en mars 2016 et sobrement intitulé « Quelle bande de baltringues », il dénonce la souffrance dont sont victimes de nombreux salariés de la fonderie. Problème : il met nommément en cause trois chefs. Et les attaque de manière frontale. Une des responsables y est notamment qualifiée de lanceuse de marteau d’Allemagne de l’Est. Les trois cadres ont déposé plainte, ainsi que la direction du groupe, estimant que le tract était également diffamatoire vis-à-vis de l’entreprise.

 « Il y a deux ans, un tract comme celui-là aurait simplement fait l’objet d’un courrier de la direction pour nous dire que le contenu ne lui plaisait pas », avance Julien Wostyn, responsable CGT de PSA à Mulhouse. Ce n’est pas exactement ce qui va se passer cette fois-ci. Les délégués du syndicat sont d’abord convoqués une première fois au commissariat en septembre 2016. Puis la brigade anticriminalité inspecte le local syndical, sur commission rogatoire. « Ils voulaient savoir comment on faisait les tracts, qui les rédigeait. Ils cherchaient un nom. » Une dizaine de membres du syndicat seront ensuite convoqués de nouveau à l’hôtel de police.

Finalement, six délégués ont été mis en examen le 21 juin dernier pour propos diffamatoires. Ce que conteste leur avocat, Me André Chaumy. D’abord parce que les auteurs ne sont pas formellement identifiés. « Ils ont cherché parmi tous les militants CGT qu’ils connaissaient et en ont trouvé six qui auraient été dans l’atelier au moment de la distribution du tract ou qui se seraient chargés de la distribution », affirme Me Chaumy. Surtout, l’avocat fait valoir qu’il ne peut y avoir de propos diffamatoires dans le cadre de la polémique syndicale, « ce qui a été reconnu par la jurisprudence de la Cour de Cassation ». Effectivement, le syndicat, en tant que personne morale, ne peut être poursuivi pour diffamation ou injure. Les personnes physiques, en revanche, peuvent faire l’objet de poursuites. Reste à les identifier. En attendant, les six sont convoqués le 10 août prochain au tribunal. « La direction ne nous a jamais déroulé le tapis rouge, décrit Julien Wostyn, mais là, dans plusieurs usines du groupe, on constate un véritable tournant répressif. »

 

Non, la France n'est pas “malade” de la dépense publique

57 % ! Ce chiffre du ratio de la dépense publique française rapportée au PIB en 2013 et 2014 est devenu un mantra qui expliquerait les maux de la France et son incapacité à croître. Pourtant, en y regardant de plus près, cette critique est superficielle et fortement teintée d'idéologie. 

La France est-elle « malade de la dépense publique » ? Ce “marronnier” semble avoir été repris à son compte par le gouvernement qui, ce 6 juillet, a lancé des « états généraux de la dépense publique ». Une initiative qui vise clairement, dans la foulée du discours de politique générale du premier ministre Édouard Philippe, à abaisser cette dépense publique de trois points de PIB durant le quinquennat.

 

Dans « l’état d’urgence budgétaire » qui a été déclaré par le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin après la publication, jeudi 29 juin, de l’audit de la Cour des comptes, réduire la dépense publique a été élevé au rang de cause nationale, notamment pour trancher avec la stratégie du gouvernement Ayrault en 2012-2014, qui s’était appuyé sur la hausse des impôts pour assurer la consolidation budgétaire. Cette ligne a été confirmée par ce même Gérald Darmanin lors de l'inauguration de ces états généraux, où il a confirmé l'objectif de gel en volume des dépenses publiques pour 2018. 

Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics. © Reuters

Toute cette pensée est fondée sur une donnée et un a priori. L’a priori est celui selon lequel la baisse de la dépense publique est une bonne chose pour l’économie, d’après le vieux principe de l’économie classique qui veut que la dépense publique obère la dépense privée et bloque les initiatives de la sphère privée. Selon cette idée, le public crée moins de richesse que le privé. Réduire la part du secteur public permet donc de renforcer la croissance, notamment par des baisses d'impôts. Là aussi, Gérald Darmanin a confirmé cette idée le 6 juillet en voyant dans la baisse de la dépense publique un préalable à des baisses d'impôts. « Sans rétablissement des comptes publics, pas de baisses d'impôts possibles », a-t-il proclamé.

La petite vidéo distribuée par Bercy en marge des états généraux est, du reste, entièrement centrée sur cette obsession de la dépense publique. Cette idée est un des piliers de la « révolution néolibérale » des années 1980. Elle a été gravée dans le marbre théorique par plusieurs économistes, notamment par Alberto Alesina, de l’université Bocconi de Milan, qui a prétendu dans ses travaux que la baisse de la dépense publique dynamisait l’économie et la croissance. L’influence de cette pensée a été si forte qu’une de ces études a été explicitement citée en avril 2010 par l’Eurogroupe pour justifier la politique ayant aggravé la crise de la dette européenne.

Un temps passée de mode, cette pensée revient en force et un des collaborateurs d’Alberto Alesina, Francesco Giavazzi, a participé à la rédaction de la note du Conseil d’analyse économique (CAE) sur la baisse de la dépense publique, publiée le 6 juillet, où les travaux d’Alberto Alesina sont à nouveau cités. Certes, l’hypothèse d’un effet négatif de cette réduction des finances publiques sur la croissance est envisagée, mais cette concession est rapidement écartée, soit comme « temporaire » (mais limitée tout de même à cinq longues années), soit comme largement compensée par les effets d’anticipation, réminiscence de la théorie des « anticipations rationnelles » du libéral Robert Lucas, prix Nobel d’économie 1995, et de la « neutralité » ricardienne. Toutes ces hypothèses sont cependant des positions contestables et, très souvent, contestées. Les travaux d’Alberto Alesina avaient ainsi été longuement déconstruits par l’économiste britannique Mark Blyth dans son ouvrage de 2013, Austerity: The History of a Dangerous Idea, parues aux presses universitaires d’Oxford et qui attend toujours sa traduction française. Mais le débat suffit à prouver que la position de l’urgence et de l’exigence de la réduction de la dépense publique pour elle-même demeure contestable.

 

Mais cette doctrine s’appuie aussi, concernant la France, sur une donnée, un chiffre répété comme un mantra : celui des « 57 % du PIB de dépenses publiques », qui serait un « record mondial » et mènerait, comme l’a assuré le premier ministre dans son discours devant l’Assemblée nationale, la France dans le mur. Le « courage » de « faire face au réel » exigerait donc de faire baisser ce ratio. Mais est-ce aussi simple ? En réalité, ce chiffre apparaît comme un raccourci commode. Certes, les données d’Eurostat sont a priori sans ambiguïtés : les dépenses publiques représentaient en 2016 56,2 % du PIB, contre 47,7 % dans la zone euro et 44,3 % en Allemagne. C’est en effet le taux le plus important de l’Union européenne devant la Finlande (56,1 %). 

Dépenses publiques sur PIB dans différents pays européens, d'après France stratégie

En dix ans, les dépenses publiques ont progressé de 3,7 points de PIB en France, contre 1,6 point en zone euro. Elles ont reculé de 0,4 point de PIB en Allemagne. Cependant, contrairement à ce qu’a prétendu le premier ministre, la France n’est pas le « seul pays européen à ne pas avoir baissé ses dépenses publiques ». D'abord, parce que ce ratio a reculé depuis 2012. De plus, sur dix ans l’évolution française est dépassée par de nombreux pays en points de PIB : + 4,9 points pour la Belgique, + 3,9 points pour le Danemark et la Grèce, + 6,8 points pour l’Estonie (par ailleurs modèle du premier ministre sur la numérisation de l’administration) et + 7,7 points pour la Finlande…

Il est évidemment impossible de nier, pour autant, que la dépense publique est très importante en France au regard des autres pays européens. Mais avant d’en explorer les causes, il convient de s’interroger sur le lien entre cette dépense publique et la croissance. L’argument des partisans de l’austérité est souvent de dire que ce haut niveau de dépense publique n’assure pas à la France un haut niveau de croissance. Certes, mais notons que le lien entre dépense publique et croissance est très problématique. Comme le signale l’étude du CAE elle-même, « la théorie économique ne donne pas d’indication claire sur le “bon” niveau de dépenses publiques ».

Dès lors, s’alarmer uniquement de ce ratio et en faire le centre de la politique économique semble peu raisonnable. Sur dix ans, la France a ainsi connu une croissance de son PIB réel de 7,81 %, supérieure à celle de la zone euro, qui est de 6,35 %. Il est donc faux de dire que les dépenses publiques élevées obèrent la croissance par essence. On constate que des pays avec un ratio de dépenses publiques stable ont eu une croissance forte sur la période (Allemagne), tandis que d’autres ont eu une croissance nulle (Portugal). Et la Finlande, avec une forte hausse de ce ratio et des dépenses publiques comparables à la France en 2016 n’affiche sur dix ans d’une croissance de 1,5 %. Aucune conclusion ne semble donc possible sur ce lien avec la croissance, si l’on prend un peu de recul.

Les raisons d'un écart

Reste cependant à expliquer l’écart statistique entre la France et ses partenaires, et ces fameux « 57 % ». Avant toute chose, il convient de rappeler que la dépense publique ne comble pas l’ensemble des tâches des services d’intérêt général. Du point de vue de l’utilisateur de ces services, ce qui n’est pas pris en charge par la dépense publique doit souvent l’être par la dépense privée. Si l’on dérembourse, par exemple, des médicaments indispensables, on peut espérer faire baisser la dépense publique, mais on transfère de fait cette dépense sur les revenus privés des ménages.

 

Aussi doit-on toujours réfléchir de manière globale : un niveau faible de dette publique est souvent associé à un niveau élevé de dette privée, notamment des ménages. La réduction des aides aux logements associée à une déréglementation des permis de construire, comme l’a laissé entendre le premier ministre, revient ainsi à réduire la dépense publique et à favoriser l’endettement immobilier privé. Une stratégie utilisée en Suède ou aux Pays-Bas, où l’endettement brut des ménages est, respectivement, de 157 % et 219 % du PIB, contre 88,3 % en France. Lorsque l’on fustige telle ou telle dépense, il convient donc de se rappeler qu’une dépense de santé ou de logement devra bien être effectuée.

Endettement des ménages en 2016 dans les pays de l'OCDE. © OCDE

Dans ce cas, la question est issue d’un choix politique davantage que d’un choix de pertinence économique. En se cachant derrière un prétendu « dérapage » des comptes publics ou une dépense « record », le gouvernement cherche donc surtout à imposer ce choix politique. C’est le sens de ce qu’a dit Christophe Castaner ce jeudi, indiquant qu’il fallait laisser la place au privé « partout où il faisait aussi bien le travail » – pas même « mieux ». Mais c’est évidemment une illusion de croire que ce travail ne sera pas payé par les citoyens parce qu’il est fait par le privé. D’ailleurs, il est souvent plus cher… Certains pays préfèrent ne pas mutualiser certaines dépenses comme la santé, la retraite ou le logement, d’autres entendent davantage les socialiser.

Le résultat en termes de coût total pour le citoyen n’est pas forcément à l’avantage des partisans du privé. Olivier Passet, directeur des synthèses chez Xerfi, avait ainsi « recalculé » en septembre dernier les dépenses publiques en y incluant les dépenses « privées » d’intérêt public payées par le citoyen. Son calcul faisait certes apparaître encore la France en tête avec 59,3 % du PIB, mais l’écart était plus faible avec les autres pays (Allemagne exclue), notamment avec les États-Unis ou la Suède où l’avance française passait respectivement dans le cas étasunien de 18,7 points de PIB à 4,4 points et dans le cas suédois de 5,8 points à 0,4. Ces choix politiques différents conduisent à des divergences en termes de statistiques de finances publiques, dont le sens est à prendre avec beaucoup de précaution – ce que ne fait pas le gouvernement.

Du reste, ces calculs sont également peu représentatifs compte tenu de modes d’organisation très différents. L’exemple le plus connu est celui de l’Allemagne, où une grande partie des services de santé et des services sociaux sont assurés par les Églises qui rémunèrent, forment et gèrent ceux-ci sous une forme spécifique de délégation de service public. Ce système permet d’exclure une grande partie des dépenses sociales des dépenses publiques. À l’inverse, le système français est très fortement étatisé, mais il est aussi fortement financé par l’État. Une organisation similaire au système allemand est inenvisageable en France, du fait de la séparation des Églises et de l’État comme de la culture associative.

 

Dès lors, il existe un « écart structurel » entre la France et l’Allemagne en termes de dépenses sociales. Olivier Passet avait relevé que cet écart, proche de 5 points de PIB (et qui existait avant la crise), s’expliquait à 70 % par la rémunération dans la fonction publique hospitalière, alors même que les personnels français sont moins bien rémunérés et ne sont pas pléthoriques. La réponse tient à cette organisation propre à la République fédérale.

Dépenses publiques redressées par les crédits d'impôts et la dépense privée. © Xerfi

D’autres éléments expliquent la « surcharge » française en termes de dépenses publiques. La défense en est une. Seule puissance militaire de poids de la zone euro et bientôt de l’UE, la France participe à la défense commune du continent comme nul autre pays. La menace terroriste a accru le besoin d’investissement et de dépense dans ce secteur. Étrangement, on a oublié à ce sujet les promesses de la Commission européenne après le 13 novembre 2015, de ne pas prendre en compte certaines dépenses liées à cette lutte dans le calcul du déficit. Une promesse qui faisait suite à la proclamation solennelle de François Hollande devant le Congrès, le 16 novembre, selon laquelle la France était « en guerre ». Mais un pays en guerre compte-t-il ? Se soucie-t-il des exigences de déficit et de la croissance de sa dépense publique ? L’Histoire répond par la négative.

Mais l’engagement de la Commission a disparu rapidement derrière l’habituel discours obsessionnel sur les 3 % et un refus de l’amnésique Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, qui nie toute possibilité de dépassement de la France. Comme si le risque terroriste avait disparu lui aussi et que la France n’était plus engagée sur des terrains extérieurs. C’est assez ennuyeux, parce que ces risques persistent et que le pays a pris l’habitude de faire de la « grande muette » une variable d’ajustement. Malgré cela, selon la Cour des comptes, la défense explique 1,5 point de PIB de décalage de la dépense publique par rapport à la moyenne de la zone euro, c’est même la deuxième cause de ce décalage avec les retraites. Plus largement, la lutte contre le terrorisme, comme l’a dit Emmanuel Macron lui-même devant le Congrès, implique la culture et l’éducation. Est-ce le moment de faire des économies pour faire reculer un ratio qui ne signifie pas grand-chose et respecter des règles qu’on avait promis de mettre en sommeil dans l’émotion de l’après-13-Novembre ? Le gouvernement a choisi de répondre par la positive. Mais ce choix est, là aussi, un choix plus politique qu’économique.

Enfin, élément étrangement oublié par la Cour des comptes dans la description des écarts avec le reste de la zone euro, les « mesures économiques » comprenant l’ensemble des subventions aux entreprises offertes sous forme de crédits d’impôt (CIR et CICE, notamment) pèsent pour plus d’un point de PIB d’écart avec la moyenne de la zone euro, et plus de deux points de PIB avec l’Allemagne. Ces subventions aux entreprises sont décomptées comme « dépenses fiscales » et alourdissent donc le ratio. D’où l’idée du gouvernement de transformer le CICE en baisses de cotisations, pour les sortir du calcul du ratio de dépenses publiques.

Mais n’oublions pas que ces mesures, qui devaient soutenir l’activité, ont manqué leur cible : la croissance de ces dernières années est restée faible et la hausse du PIB n’a pas permis d’absorber la hausse des dépenses liées à ces mesures. Les pérenniser baissera certes les dépenses publiques, mais ne réglera pas le coût pour l’État, d’autant que l’année de la transition sera « double ». C’est la raison pour laquelle la mesure a été repoussée au 1er janvier 2019, afin de ne pas pénaliser le déficit 2018.

Une politique sans équilibre

 

On le voit, les raisons de « dramatiser » le ratio de dépense publique français sont nombreuses pour les partisans de l'austérité. Elles le sont d’autant plus que, comme l’indique le CAE, la première cause du « décalage » entre la France et la zone euro, ce sont les dépenses sociales, pour les deux tiers (5,5 points de PIB). Mais ces dépenses sont-elles inutiles ? Ce n’est pas si sûr. En octobre 2016, l’OCDE soulignait combien les inégalités se creusaient pendant la reprise elle-même en raison de l’austérité et des réformes du marché du travail. L’organisation soulignait que les coefficients de Gini, qui reflète l’écart des revenus, étaient dans l’OCDE le plus élevé depuis 1980. La France avait été l’un des rares pays à voir ce coefficient reculer depuis 2007, à la différence de l’Allemagne par exemple. Autrement dit, il y a des vertus à la dépense sociale. Et si le taux de pauvreté s’est dégradé entre 2007 et 2012 de 0,2 point à 8 %, il reste 1,1 point sous le niveau allemand. Cette divergence est très sensible pour les retraités, comme le dit la Cour des comptes elle-même. Le taux de pauvreté des personnes âgées est ainsi de 8 % en France, contre 14 % dans la zone euro et 16,5 % en Allemagne. On constate également que l’espérance de vie en bonne santé est supérieure en France à la moyenne de l’UE et, singulièrement, à celle de l’Allemagne. Pour les femmes, l’écart atteint près de 8 ans en 2014 (64,2 ans en France, contre 56,8 ans en Allemagne et 61,8 ans dans l’UE) ; pour les hommes, il est de plus de 7 ans.

Évolution des coefficients de Gini dans l'OCDE de 2007 à 2014 © OCDE

Réduire les dépenses publiques est sans doute possible et, dans certains cas, souhaitable. Mais en faire l’alpha et l’oméga de toute politique économique n’a guère de sens. Officiellement, le gouvernement, comme l'a précisé Gérald Darmanin le jeudi 6 juillet, souhaite réduire les dépenses publiques de façon ciblée afin de dégager des moyens pour l'investissement public. « Non aux dépenses incontrôlées, non à l'inefficience des politiques publiques, mais oui à l'investissement qui permet de préparer la société de demain », proclamé le ministre. Cette méthode est celle prônée par le CAE, dont les analystes préconisent d’abandonner la méthode du « rabot », pour mieux cibler les coupes afin de réduire le nombre de « perdants ». Il recommande aussi d’avancer progressivement et d’accompagner l’évolution de la dépense publique « d’une phase de transition » associée à un « programme d’investissement ». Bref, ce serait un changement structurel, qui ferait des perdants quoi qu’il arrive, qui fragiliserait ainsi les structures économiques françaises et qui devrait donc être suivi d’une politique amortissant ces choix.

Sauf qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Comment le gouvernement financera-t-il ce programme d'investissement ? Peut-on croire à une telle stratégie, alors que la priorité est clairement d'afficher un déficit public conforme aux exigences du pacte de stabilité et de croissance ? Et ce plan d'investissement permettra-t-il vraiment de compenser la réduction des transferts sociaux et préserver le niveau d'inégalités sociales ? Autant de questions qui restent en suspens. Mais une chose semble certaine : la méthode ne plaide pas en faveur d'une politique prudente. Le gouvernement ne cesse de dire que tous les ministères, même les plus prioritaires comme la défense ou l'éducation nationale, seront mis à contribution dès cette année pour revenir aux 3 % de PIB de déficit public. Ceci ressemble donc à un vrai coup de rabot et l'investissement public, variable habituelle de l'ajustement budgétaire, ne sera sans doute pas relancée avant longtemps. Contrairement à ce que préconise le CAE, la logique devrait être d'abord de réduire les dépenses, ensuite d'investir. Ce qui ouvre la voie aux effets négatifs de cette consolidation sur la conjoncture et la société, sans compensation immédiate. Et c'est une voie dangereuse. 

 

Le problème est donc celui des priorités du gouvernement données uniquement à la vision comptable du budget. Une vision qui s'accompagne de décisions peu rentables, mais permettant une certaine démagogie. Ainsi en va-t-il des mesures annoncées sur les fonctionnaires : gel du point d'indice et rétablissement du délai de carence, mais aussi réduction du nombre de fonctionnaires, annoncée par Édouard Philippe dans son discours de politique générale comme une mesure capable de redresser les comptes publics. Or, comme le souligne le CAE : « L’emploi public dans son ensemble ne semble pas être à l’origine de ce supplément de dépense publique en France. » L’emploi public est inférieur à celui de la Suède, de la Belgique ou du Royaume-Uni. Cibler les fonctionnaires et l’emploi public n’a donc d’autre fonction que démagogique, nullement économique. Le rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires et ses 170 millions d'euros de bénéfices escomptés (contestable dans la mesure où les arrêts maladie pourraient s'allonger) n'est donc qu'une mesure politique, bien loin des 5 milliards d'euros d'économies recherchées par le gouvernement pour 2017. Mais, comme souvent, frapper les fonctionnaires donne une impression de « bonne gestion », quand bien même ce serait d'abord une mesure d'affichage.  

La part de l'emploi public dans plusieurs pays, selon le CAE © CAE

De même, imaginer que l’on peut réaliser des économies par le numérique en prenant l'exemple (que l'on a vu, du reste, peu productif) de l'Estonie, pays d'un million d'habitants, sous-entend que la France dépenserait beaucoup plus que les autres pays pour les dépenses générales de son administration. Or, ce n’est pas le cas : ces dépenses représentaient en 2014 6,7 % du PIB, contre 6,3 % en Allemagne, 7,8 % en Suède ou 5,4 % au Royaume-Uni. Peut-être y a-t-il quelques économies à réaliser, mais les écarts ne sont pas suffisants pour changer la donne en profondeur et atteindre l’objectif du gouvernement.

Cet objectif de réduction du ratio de dépenses publiques de 3 points de PIB, ciblé par le gouvernement dans la foulée de la Cour des comptes, suppose une remise en cause du modèle social français qui passera nécessairement par une moindre mutualisation des risques au sein de la société et par une individualisation accrue de la prise en charge de ces risques.

 

Dans un contexte où la flexibilité accrue du marché du travail risque, comme en Allemagne, de fragiliser une partie des ménages, la question de l’impact sur la croissance de cette politique se pose avec acuité. Dès lors, le danger d’une spirale austéritaire est plus que jamais d’actualité. Les travaux d'Alberto Alesina de 2009 et 2010 fustigeaient en effet cette dépense publique et leur impact a débouché sur une nouvelle crise européenne. Le contexte est évidemment très différent, mais il semble difficile de défendre l'idée qu'une telle stratégie est capable, in fine, de renforcer réellement le pays, comme le prétend le gouvernement.

10 juillet 2017

 

 

 

Affaire Pénicaud: le Quai d'Orsay et Bercy n'ont cessé d'alerter sur un contrat passé avec Havas

Alors que la ministre du travail est fragilisée par l'ouverture d'une information judiciaire sur la « French Tech Night » de Las Vegas, Mediapart révèle qu'une vaste campagne, « Créative France », confiée à Havas pour 8 millions d'euros, est aussi suspectée de multiples dérapages. Durant des mois, les autorités de tutelle ont réclamé plus de transparence sur les comptes et alerté sur les possibles dérives financières de cette opération conduite par Business France, que dirigeait l'actuelle ministre du travail.

 « Je ne peux pas laisser écrire que Business France ne serait pas professionnel et gaspillerait l’argent public. C’est pour moi un fait nouveau et grave. Si tel est le jugement des tutelles [ministérielles – ndlr], il faut me le dire immédiatement pour que je procède à l’arrêt de cette campagne. » Le 30 mars 2016, l'actuelle ministre du travail, Muriel Pénicaud, est alors directrice générale de Business France (BF), l’agence publique de promotion des entreprises françaises à l’étranger. Et elle choisit l’affrontement pour répondre, par mail, aux questions posées par le Quai d'Orsay sur la campagne « Créative France » confiée à Havas.

Cette campagne, obtenue en juin 2015 par l’agence que préside Yannick Bolloré – fils de Vincent –, vise à promouvoir « l’excellence » française à l’étranger et, concrètement, à accompagner des visites des ministres français dans cinq pays cibles. Un gros contrat, qui s'élève à 8 millions d’euros sur deux ans.

C’est, du point de vue d’Havas, le cadre dans lequel s’est inscrite la soirée « French Tech Night » autour d’Emmanuel Macron, organisée le 6 janvier 2016 à Las Vegas, objet d'une enquête préliminaire depuis le mois de mars. Le parquet de Paris a annoncé vendredi 7 juillet l'ouverture d'une information judiciaire contre « x » pour « favoritisme et recel » sur les prestations de cette soirée, en présence d'Emmanuel Macron, organisée à la gloire des start-up du numérique français. Flairant des irrégularités, la direction financière de Business France avait bloqué le paiement d'Havas – un montant initial de 315 000 euros – en février 2016.

 

Mais concomitamment, les autorités de tutelle – Finances et Quai d’Orsay – se sont inquiétées par écrit de l’absence de justificatifs des prestations d’Havas pour la campagne « Créative France ». Ce bras de fer entre la future ministre du travail et ses tutelles va durer presque huit mois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Muriel Pénicaud à l'Élysée, le 28 juin 2017 © Reuters

Le coût des honoraires facturés, en « supervision stratégique » et en« accompagnement », la mobilisation d’équipes locales dans les pays où Business France dispose déjà de structures, font l’objet de plusieurs notes du Quai d’Orsay, en janvier et février 2016. À cet égard, le budget de « conseil » – 650 000 euros environ – déboursé pour le voyage de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron à Tokyo en octobre 2015 est souligné. Selon Havas, contacté par Mediapart, ce déplacement a même coûté 695 000 euros, dont 536 000 euros d'achat d'espaces publicitaires...

 

La sélection des dix « égéries » françaises, personnalités et entreprises, choisies pour servir d’emblèmes à « Créative France », conduit aussi, en juillet 2015, les ministères à interroger Muriel Pénicaud sur la situation de « conflit d’intérêts » de l’agence avec les entreprises choisies. Airbus – et Airbus Fan – ainsi que Safran sont effectivement des clients d’Havas. Il y a aussi, pure coïncidence, un solide soutien de Macron, Xavier Niel, avec son école d’informatique 42, et enfin Cédric Villani, mathématicien primé, devenu récemment député LREM (La République en marche) de l'Essonne. Un coup d’œil sur le compte Twitter de Fabrice Conrad, le patron d’Havas Paris chargé de la campagne Créative France, montre son assiduité à tweeter les prestations de Muriel Pénicaud et d’Emmanuel Macron. Une partie des événements colle en tout cas d’assez près au dispositif et au calendrier du futur candidat à la présidentielle.

Sur le compte Twitter de Fabrice Conrad, une photo de Cédric Villani et d'un robot, postée par Muriel Pénicaud © Twitter

Mais les questions posées sont d’abord financières. Dès l’hiver 2015, les tutelles s’inquiètent du manque d’information financière et de « reporting » attendus. Une lettre est adressée en ce sens par les directeurs de cabinet des ministres à Muriel Pénicaud.

Le 30 mars 2016, lorsqu’elle répond à de nouvelles objections et menace de procéder à« l’arrêt de cette campagne », la directrice générale de Business France se dit victime d’un « harcèlement continu » des tutelles. « Le ton et la mise en cause de mes équipes me choquent, écrit-elle, dans un mail du 30 mars 2016 obtenu par Mediapart. Le harcèlement continu sur ce sujet malgré tous les échanges, documents et précisions apportés à de multiples reprises depuis des mois à nos tutelles et au comité de promotion de l’attractivité est incompréhensible. »

Ce mail agacé est adressé au directeur du cabinet du commerce extérieur, à la directrice des entreprises et de l'économie internationale au Quai d’Orsay, au directeur adjoint du Trésor… Tous ont été tenus dans l’ignorance des soucis juridiques posés par la « French Tech Night » de Las Vegas : les tutelles ne seront informées de l’affaire, et de l’audit qui s’est ensuivi, qu’en décembre 2016, lors du conseil d’administration de Business France. Pourtant, dès le début de l'année 2016, la gestion de la campagne « Créative France » a fait l’objet de nombreux échanges de mails entre les cotutelles de Business France ainsi que de notes de la directrice des entreprises et de l'économie internationale du Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espagne.

« La campagne “Créative France” ne peut se résumer à une série de “lancements” ponctuels et sans lendemains, explique ainsi Cyrille Pierre, le directeur de cabinet de Matthias Fekl, à Muriel Pénicaud le 30 mars 2016, provoquant la réponse explosive de la future ministre du travail. Nous demandons par ailleurs à BF [Business France – ndlr] de faire preuve d’une attention spécifique à l’emploi des fonds publics (…). Cela implique que ce qui peut être fait sans coût additionnel directement par l’État et son opérateur ne doit pas être sous-traité, à partir du moment où les outils de communication (clips vidéo, visuels, etc.) par ailleurs déjà facturés par le prestataire existent déjà. »

Le cabinet Fekl se manifeste avant le lancement de « Créative France » à Singapour, où le secrétaire d’État doit se rendre les 7 et 8 avril 2016. « Nous annoncer 70 000 euros de frais pour un lancement ne répond pas à ce cahier des charges, critique le cabinet. Les éventuels frais additionnels exposés (en particulier les honoraires) doivent être précisément justifiés, ce qui implique de démontrer que la sphère publique ne dispose pas des compétences correspondantes ou qu’un surcroît de travail est nécessaire. »

En réponse au chantage à l’arrêt de la campagne, le cabinet du secrétaire d’État explicite, le 31 mars 2016, ses demandes « simples et raisonnables », notamment « une organisation formalisée et écrite du dispositif permettant de répartir clairement les rôles entre État, Business France, antennes BF, prestataires, sous-traitants (cadrage stratégique initial, validation/ engagement des crédits, contrôle des factures, contrôle de gestion) » et « un reporting budgétaire sous un format agréé par les tutelles, consolidé, régulier et par nature de dépenses ». Toutes choses que les tutelles n’obtiendront pas.

Le bras de fer entre la future ministre du travail et ses tutelles va durer presque huit mois

 

À Bercy, l’inquiétude est également de mise. « Le ministère des finances n’était pas satisfait de la manière dont Business France rendait compte de ses actions », commente une source proche du dossier.

Emmanuel Macron à Las Vegas, le 6 janvier 2016 © DR

Au Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espagne rédige elle aussi deux notes officielles les 13 janvier et 11 février 2016. Elles résonnent comme des alertes. « À la fin de l’année [2015 – ndlr], sur les 3,5 millions dépensés, un tiers correspondrait à des rémunérations et plus du tiers à de l’achat d’espaces », note-t-elle le 13 janvier, en communiquant un premier tableau de dépenses. Mais ce tableau, qui inclut les premiers événements, n’est qu’un état estimatif. Les vrais chiffres sont communiqués dans un deuxième temps par Business France.

Les coûts réels 2015 sont revus à la baisse à hauteur de 1 372 443 euros. La préparation de la visite de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron au Japon, le 5 octobre 2015, représente en revanche « plus de la moitié des dépenses engagées en 2015 » à elle seule, pointe la responsable du Quai d’Orsay, le 11 février. « Le principal poste de dépenses est consacré aux honoraires conseils stratégique pour un total de 353 275 euros tous pays confondus, soit près de 25 % des dépenses totales de la campagne pour 2015 », note-t-elle également.

Ces deux synthèses du Quai d’Orsay obtenues par Mediapart ne mentionnent pas l’opération de la soirée « French Tech Night » du 6 janvier 2016 à Las Vegas, ce qui corrobore le sentiment qu’il s’agit d’une opération conduite à l’initiative du cabinet Macron, qui a choisi dans la précipitation d’en faire un événement autour du ministre en partenariat avec le Medef.

 

Dans sa note du 11 février, Agnès Romatet-Espagne s’interroge par ailleurs sur les frais techniques de la campagne « Créative France ». « S’agissant des frais techniques, on observe de grandes différences selon les pays (58 000 euros aux Émirats arabes unis contre 7 000 euros en Allemagne) qui ne peuvent pas uniquement s’expliquer par l’état d’avancement du déploiement de la campagne, note-t-elle. Dans chacun des pays ciblés, les honoraires de conseil sont élevés, y compris dans des pays qui n’ont bénéficié à ce stade d’aucune publicité pour la campagne. »

Xavier Niel, proche d'Emmanuel Macron, faisait partie des « égéries » de la campagne « Créative France ». De même que plusieurs clients d'Havas. © DR

Soulevée dès le début de la campagne, « la question des marques commerciales associées » à « Créative France » a, elle aussi, été balayée par Muriel Pénicaud, alors qu’il lui était conseillé de « bien s’assurer que l’agence avec laquelle Business France travaille n’est pas en situation de conflit d’intérêts sur la plupart des entreprises choisies ».

L’ancienne DRH de Danone répond aux tutelles, par un mail du 3 août 2015, qu’« à quelques jours du BAT [bon à tirer – ndlr] et alors que Laurent Fabius a demandé que le kit de la campagne soit remis aux ambassadeurs fin août (…), ce qui est indispensable afin de préparer le lancement officiel à l’international début octobre, il ne me paraît pas possible de modifier le concept validé par Laurent Fabius et Emmanuel Macron eux-mêmes, sans remettre en cause toute la campagne et son calendrier ». En outre, explique-t-elle, « tous les exemples pris ne sont pas des clients d’Havas ».

Questionnée sur ces objections financières des tutelles, l’agence Havas a indiqué à Mediapart que Business France était son « client » et qu’elle ne maîtrisait pas le reporting du client à ses tutelles. Perquisitionné en juin dans l’affaire, ainsi que Business France, Havas Paris souligne que lorsque la prestation de Las Vegas lui est demandée, c’est à ses yeux « dans le cadre du contrat “Créative France” » et non pas dans celui d’un marché spécifique, contrairement à ce qu’indique un mail, récemment dévoilé par le JDD, de l’ex-directrice de la communication de Business France, qui évoque une mise en concurrence spécifique pour cette prestation. La mise en concurrence a été, il est vrai, finalement abandonnée. Havas produit une note d’intention – du 4 décembre 2015 – qui précise en outre que la soirée organisée à Las Vegas l'est en « partenariat avec le MEDEF ». Une prise de parole de Pierre Gattaz est d’ailleurs « à définir ».

C’est après avoir eu tardivement connaissance de l’audit Ernst & Young sur la soirée de La Vegas, six mois après sa remise à Business France, que Michel Sapin demande, en décembre 2016, une enquête à l’inspection générale des finances (IGF), qui constate les irrégularités de ce marché : prestations effectuées « sans bon de commande, ni devis validé, ni contrat signé, ni constatation du service fait ». L’IGF fait un signalement au parquet à l’origine de l’enquête pour des faits de « favoritisme » présumés. Les mails de la directrice de la communication de Business France à ses collaborateurs soulignent que Muriel Pénicaud, bien que « briefée », prendrait le risque de s’exposer aux contrôles.

Ce n’est que le 28 février 2017 que le conseil d’administration de Business France valide le protocole transactionnel avec Havas Paris. L’agence accepte de diminuer sa prestation de 315 007 euros à « une indemnité » de 289 019 euros (hors taxes). Initialement de 118 054 euros, les frais de conseil sont ramenés à 105 461 euros. Les frais techniques et la facture due à l’hôtel Linq de Las Vegas pour la mise à disposition de salles et autres équipements ont également été rabotés – de 49 735 euros à 42 680 pour les premiers et de 147 217 à 140 877 euros pour la seconde. La prestation d’Havas France n’inclut pas de frais d’hébergement autres que ceux de son équipe. Le premier devis demandé à ce sujet par Business France se serait élevé à 50 000 euros.

Sollicitée par Mediapart, l’attachée de presse de Business France fait savoir que « le marché public de “Créative France” est nickel » : « Il n’y a pas de problème, mais on ne va pas s’exprimer là-dessus pendant l’instruction », indique-t-elle.

 

Contacté par Mediapart, le service de communication du ministère du travail explique que Muriel Pénicaud ne s'exprimera pas. Dans un communiqué, la ministre a seulement réagi à l'ouverture d'une information judiciaire : « Je prends acte de l'ouverture d'une information judiciaire contre X par le parquet de Paris. Je maintiens avec la plus grande fermeté que je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai pas l'intention de me laisser détourner de la mission qui est la mienne. J'ai confiance dans le travail de la justice. »

Extrait de l’interview du président syrien Bachar al-Asad par la chaîne de télévision indienne Wion le 3 juin 2017 (traduction E&R).

Extrait de l’interview du président syrien Bachar al-Asad par la chaîne de Extrait de l’interview du président syrien Bachar al-Asad par la chaîne de télévision indienne Wion le 3 juin 2017 (traduction E&R).

 

 

Lavrov: Pourquoi la Russie s’est impliquée dans le Donbass et en Syrie.

Sur le site du Ministère des Affaires Etrangères de Russie, le ministre russe des Affaires étrangères Serguey Lavrov a expliqué pourquoi la Russie s’est impliquée dans les conflits dans le Donbass et en Syrie.

Répondant à une question de savoir si la Russie « ne joue pas dans la même équipe » sur un certain nombre de questions internationales, le ministre a proposé une approche globale des différentes nations et peuples.

«J’ai lu et entends encore des critiques comme quoi nous sommes impliqués en vain dans le conflit dans le Donbass et dans le conflit syrien. Peut-être que l’on a besoin d’une approche globale de ce que représentent dans les 2 cas, la nation et le peuple. Il y a des gens qui ne veulent que « du pain et des jeux » sans se soucier de comment ils sont perçus sur la scène internationale – sérieux, responsabilité, indépendance, dignité – ou ceux qui, heureux du « pain et des jeux du cirque » sont prêts à soutenir toute hégémonie», a t’il dit.

Lavrov a rappelé qu’un récent sondage en Russie avait été fait sur la question de savoir si Leningrad aurait dû capituler face aux envahisseurs fachistes allemands. Le ministre Russe des Affaires étrangères a souligné que pour lui une telle question n’a pas lieu d’être et a demandé si la Russie aurait dû abandonner les Russes d’Ukraine après la série d’actes discriminatoires des nouvelles autorités [ukrainiennes] arrivées illégalement au pouvoir.

« Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions trahi notre civilisation que nos ancêtres ont mis des centaines d’années à créer. La même chose se passe en Syrie. Certains des principaux membres de la communauté internationale se sont mis en tête d’éliminer à tout prix le président syrien Assad, comme cela a été fait avec Kadhafi, en traitant directement avec les terroristes dans l’espoir qu’ils pourraient ramener ensuite ces terroristes «à la raison». Inutile de dire que ce n’est pas notre équipe, et nous qui avons souffert plus que quiconque du terrorisme dans notre histoire post-soviétique ne faisons pas de telles transactions sordides avec des criminels violant tous les fondements du droit international. »

Enfin, M. Lavrov a déclaré que la Russie est déterminée à défendre «ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord après la Victoire de 1945» et termine ainsi: « Je n’ai pas d’autre réponse à cette question. Encore une fois, c’est une question de goût, d’éducation et d’opinions politiques. J’ai essayé d’exprimer les miens. »

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/07/lavrov-pourquoi-la-russie-sest-impliquee-dans-le-donbass-et-en-syrie/

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Crise du Golfe : L’Arabie Saoudite et ses alliés piégés par le Qatar comme des bleus !

Le Qatar a répondu aux 13 points de l’ultimatum qui lui a été adressé par l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn et l’Egypte. Cette réponse n’a pas encore été rendue publique, mais une copie a été officieusement communiquée à Al Mayadeen TV.

Les réponses qataries ne manquent pas de subtilité et de machiavélisme et vont mettre leurs adversaires dans l’embarras. C’est ce qui explique les déclarations gênées et hésitantes de ce champion de la langue de bois qu’est le Ministre des Affaires Etrangères saoudien.

C’est ce qui explique aussi le tweet Sibyllin de Trump de ce matin concernant sa discussion téléphonique avec le Roi Salmane. C’est ce qui explique aussi que l’Arabie Saoudite ait accordé « généreusement » un délai supplémentaire de 48h à Doha pour répondre.

Sûrs d’eux, les Qataris n’ont pas daigné profiter de ce délai, ce qui a déstabilisé la ponctuation chez le Ministre des Affaires Etrangères Jubeir. Tout se passe comme si, aussi bien à Washington (côté Trump et Jared), qu’à Riad et Abou Dhabi, l’heure est au bilan.

Quelles sont ces fameuses réponses que Doha a laissé filtrer pour mieux faire monter la tension artérielle de Mohamed Ben Salmane et Mohamed Ben Zayed ?

1-Doha se dit prête à baisser les relations diplomatiques avec l’Iran si tous les autres pays du Conseil font de même. Par cette réponse Doha vise les Emirats Arabes Unis, le Koweït, et Oman.

2- Doha ne voit aucun inconvénient à rompre les relations diplomatiques avec l’Iran aux mêmes conditions précédentes.

3- Doha se dit prête à fermer la base turque à condition que les autres fassent la même chose chez eux. Notons que l’Arabie Saoudite abrite 7 bases américaines, les Emirats Arabes Unis en ont 1 américaine et 1 française, Bahreïn loge le commandement de la 5ème Flotte.

Concernant les autres accusations lancées contre Doha, celle-ci nie tout simplement leur bien fondé.

Ainsi donc, les réponses de Doha vont plus ridiculiser les adversaires d’en face que la mettre échec et mat. Mohamed Ben Zayed qui est le concepteur initial du scénario d’origine est dans une situation pour le moins inconfortable.

Inspirés par les « génies » de Herzilya, Mohamed Ben Zayed a filé le bébé à Jared qui l’a refilé à son beau-papa qui l’a refilé à Mohamed Ben Salmane.

On va donc voir comment cette impressionnante chaine de commandement va réagir aux défis que lui pose le petit Qatar !

Photo: Le cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, ministre des Affaires étrangères qatari

 

 Source : Le Dessous des cartes

02 juillet 2017

Des milliers à Paris pour stopper la casse du #codedutravail par les euro #ordonnances Macron #loitravail #loitravailxxl

 

C’est par milliers que pour l’ouverture de la session parlementaire les travailleurs s’étaient rassemblés à l’appel des syndicats (CGTFO…) devant l’assemblée nationale ce 27 juin. Pour refuser la casse du code du travail que veut conduire de la façon la plus brutale, totalitaire et antidémocratique au cours de l’été. En effet, le président veut effacer d’un trait de plume, par ordonnances, sans même un débat au parlement, le Code du Travail, et plus particulièrement le CDI, le contrat de travail, les conventions collectives et l’ensemble des droits protégeant les travailleurs contre les licenciements abusifs. Ces ordonnances, pour lesquels le pouvoir fait mine de mener une concertation, sont en fait déjà écrites. C’est que leur contenu est dicté par le MEDEF et imposé par l’Union Européenne : de fait les ordonnances qui sont la poursuite de la Loi Travail, une loi Travail XXL comme le dénonce la CGT, sont la traduction des GOPE, le programme réel du gouvernement écrit et imposé par la Commission Européenne.

Ce 28 juillet, le gouvernement va déposer en conseil des ministres la loi d’habilitation pour les ordonnances. Chacun peut ainsi constater – quoi qu’en disent certains états-majors syndicaux attentistes – qu’il n’y a en réalité pas de concertation sociale, encore moins de négociation. Dans la foulée, le projet de loi serait validé avant la moitié du mois de juillet par des députés godillots de LREM avec le soutien sans doute des députés de droites (PS / LR) pour une ratification parlementaire le 20 septembre. Le coup de force prémédité pour écraser les travailleurs.

Le but du gouvernement – et on peut s’étonner par exemple que la direction de FO, Jean Claude Mailly dont on sait qu’il est encarté au PS en tête face mine de l’ignorer – est clair : c’est de finir de mettre les accords d’entreprises au-dessus des accords de branches et du Code du travail. C’est de faire sauter le contrat de travail et en premier lieu le CID et les droits collectifs des travailleurs en intégrant les salaires, les contrats de travail et les motifs de licenciement qui seront sortis du périmètre de la loi et soumis à la dictature directe du patron. C’est également fixer un plafond pour les indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, assouplir les règles en matière de licenciements pour les grands groupes et leurs filiales ou encore faire sauter le CDI… Permettant ainsi au patronat de renforcer le dumping social du tous contre tous, tout en assurant aux patrons voyous la possibilité de virer sans difficulté, rapidement et à moindre frais les salariés qui oseraient se défendre. Par exemple les syndicalistes. C’est une véritable guerre anti sociale qui est déclarée.

Force est de constater que devant les évidences, le front syndical est en train de se former, A la dernière minute, FO a rejoint le rassemblement du 27 juin devant l’Assemblée nationale. Gageons que les travailleurs sans attendre leurs états-majors syndicaux sauront prendre leurs responsabilités et faire un vrai front populaire, un front social tous ensemble et en même temps, pour lancer la résistance.

 

27 juin 2017 : Des milliers à Paris pour stopper la casse du #codedutravail

“Arrêtons Toutanmacron”, ” c’est pas au patronat, c’est pas au MEDEF, c’est pas à l’UE, de faire la loi, la vraie démocratie elle est ici” voici quelques-uns des slogans entendus au sein d’un rassemblement dynamique et motivé réunissant plusieurs milliers de travailleurs devant l’Assemblée Nationale ce 27 juin. A noter la présence remarquée de militants du PRCF, dont les drapeaux ont pu être vu dans les reportages diffusés par BFM TV.

Tandis que plus de 5000 manifestants étaient mobilisés à Paris, des manifestations avaient également lieux dans plusieurs villes de France. Car la résistance aux euros ordonnances et à la loi travail XXL de Macron monte dans tout le pays. Il est vrai que les sondages le démontrent, une large majorité des Français, rejettent les ordonnances et la casse du code du travail, une nette majorité déclare également soutenir tous mouvement social qui se lèveraient pour barrer la route à Macron, à l’UE et au MEDEF et défendre les droits des travailleurs.

 

 

 

Amplifier la mobilisation, préparer la rentrée sociale : 12 septembre 2017, grève générale

Ce 27 juin, la CGT appelle à amplifier la mobilisation, et à préparer une résistance totale à la rentrée. La préparation d’une grève générale au plus tard le 12 septembre 2017 est déjà annoncée

la mobilisation doit s’amplifier, s’ancrer sur tous les lieux de travail : 12 septembre, une journée d’action et de grève dans toutes les entreprises et services

Réforme du droit du travail : le double jeu du gouvernement

mardi 27 juin 2017

Le gouvernement a engagé des rencontres avec les organisations syndicales et patronales sur la réforme du droit du travail. Chaque organisation est reçue individuellement, en tout et pour tout six fois une heure, pour 120 ans d’histoire sociale ! La CGT a décidé de participer à ces réunions avec un double objectif :
 avoir une législation du travail renforçant les droits de l’ensemble du monde du travail (salariés et non-salariés) ;
 dénoncer l’idée selon laquelle les droits collectifs seraient responsables du chômage.
Sur la base d’un document de 15 pages, la CGT a mis sur la table des propositions allant dans ce sens. Personne ne peut donc évoquer la désertion et le refus de discuter de la CGT dans ce processus.
Où en est-on à ce jour ?
D’un côté, les syndicats sont reçus sans que le ministère ne dévoile précisément ses intentions. De l’autre, il faut lire la presse pour découvrir les principales mesures du futur projet de loi.
On y apprend, par exemple, qu’un CDI de « projet », dans la droite ligne du CPE (Contrat Première Embauche) rejeté par la rue en 2006, serait créé pour allonger dans le temps la précarité et pour supprimer toutes contraintes financières pour les employeurs. Ce n’est ni plus ni moins qu’une vieille revendication du Medef.
On y apprend également qu’il serait laissé la possibilité de licencier des salariés qui refuseraient d’adapter leur contrat de travail à un accord d’entreprise, même minoritaire. Dès lors, un salarié refusant une baisse de son salaire prévu dans un accord serait licencié sans possibilité de recours.
Et la liste est longue…
Alors que 70% de l’opinion publique et une majorité de syndicats ont rejeté la loi dite El Khomri, ce gouvernement veut écrire une loi pire que la précédente !
La CGT refuse de servir d’alibi ou de faire-valoir dans le cadre d’un dialogue social pipé d’avance.
Nous refusons d’ores et déjà d’entendre dire fin septembre que les ordonnances, présentées par le gouvernement, auraient été co-élaborées avec les syndicats. C’est pourquoi notre organisation a lancé une campagne d’information, de débat mais aussi de mobilisation dans les services, les entreprises et les territoires, dans le public comme dans le privé. Ces initiatives se prolongeront tout l’été car il n’est pas question d’accepter ce marché de dupes.
La CGT considère que la mobilisation doit s’amplifier, s’ancrer sur tous les lieux de travail, dans un cadre unitaire le plus large possible. La rentrée de septembre doit être la traduction des résistances, du mécontentement et d’une volonté de changement en matière économique et sociale.
C’est pourquoi elle propose de faire du 12 septembre, une journée d’action et de grève dans toutes les entreprises et services.

Montreuil, le 27 juin 2017

https://www.initiative-communiste.fr/articles/milliers-a-paris-stopper-casse-codedutravail-euro-ordonnances-macron-loitravail-loitravailxxl/&nbsp ;

 

 

Costco débarque en France...

Un géant de la distribution s'installe en France : venue des Etats-Unis, cette chaîne de magasins a bâti sa réputation sur la vente en gros et les prix cassés...
 
Son nom : Costco, son argument de vente : le supermarché devient un grand entrepôt, ce qui permet de réduire la décoration, les emballages, le personnel, donc les coûts.
 
Mais pour acheter des produits alimentaires chez Costco, il faut accepter de consommer de grosses quantités : tartes au citron géantes, produits vendus par lots, 4 kilos de pâtes, six pots de sauce tomate, etc.
 
Ainsi, ces magasins poussent les clients à la consommation. Quant à la qualité des produits vendus, il n'est pas sûr du tout qu'elle soit assurée.
Les clients sont appâtés par les prix bas, ils en oublieraient presque de vérifier le contenu de ce qu'ils achètent.
 
Ce système tend aussi à supprimer des emplois puisque ces magasins fonctionnent avec un minimum d'employés. 
 
Un reportage diffusé lors du journal de 20 heures de France 2, le jeudi 22 juin, nous montre l'enthousiasme des clients pour l'ouverture de cette enseigne : des prix étonnants, des pots géants...
Ces magasins deviennent, ainsi, des usines à consommation, des univers impersonnels, où règnent le gigantisme, l'anonymat.
 
Si certains prix sont incontestablement avantageux, d'autres produits affichent des prix plus élevés ou à peine plus bas.
On flaire là une façon de leurrer le client, en l'incitant à consommer de grosses quantités.
 
Ces magasins-entrepôts font dans la démesure et le gigantisme : pour ma part, ce genre de lieu me rebute.
 
De plus, pour accéder à ces nouveaux temples de la consommation, il faut acquitter des droits d'entrée : 36 euros pour une année.
 
Ce concept venu des Etats-Unis saura-t-il séduire les Français ?
Pour ma part, j'en doute, mais apparemment, déjà de nombreux clients se précipitent, se laissant attirer par l'envie de faire de bonnes affaires.
 
La grande distribution utilise, ainsi, toutes sortes de stratagèmes pour attirer les consommateurs : publicités, prix qui semblent attractifs, créations de besoins nouveaux...

 

  
Le reportage sur France 2 :

Idris Deby se lâche : « l’Occident finance des groupuscules pour déranger les gouvernements africains, surtout les francophones ».

Entre Paris et N’Djamena, l’ambiance relationnelle est depuis quelques temps à la « je t’aime, moi non plus ». Lors d’un entretien avec des journalistes de RFI, Le Monde et TV 5, le président tchadien, Idriss Deby Itno adresse des piques bien senties à l’Occident en général, et surtout à la France qu’il ne porterait plus dans son coeur, même s’il n’échappe pas à l’observateur que ce dernier pays est à l’origine de son arrivée au pouvoir il y a 27 ans, et surtout, qu’il doit d’avoir conservé le pouvoir en 2006 et 2008 à deux interventions françaises au temps de Chirac puis de Sarkozy, alors qu’il était à la merci d’une rébellion qui avait déjà, à chaque fois, assiégé le « Palais Rose », et se trouvait à deux doigts de cueillir son locataire.

Mais derrière cet Occident, qui, on le voit bien, n’est plus qu’une entité générique, on voit d’autant plus bien la France que l’Hexagone est engagée au premier chef, quand elle n’y est pas le seul pays d’Occident,  sur tous ou presque tous les théâtres où  est indexée l’implication négative de « l’Occident ». C’est le cas de l’intervention française en Libye avec un prétendu mandat de l’Onu. « Je savais très bien ce qu’allait devenir ce pays sans Kadhafi. J’étais un des rares chefs d’Etat à protester – contre l’intervention de l’OTAN – et à annoncer que les conséquences seraient dramatiques. Les Occidentaux sont totalement responsables. C’est le manque de vision de l’Occident qui a créé cette situation ».

C’est encore le cas des violations des droits de l’homme en Centrafrique où, semble-t-il, la France et le Tchad se livreraient à une lutte d’influence : « Je ne peux pas croire que l’armée tchadienne soit bonne au Mali et mauvaise en RCA. Quoi qu’il en soit, puisque ce rapport a été rendu public, la justice a été saisie et une enquête ouverte pour savoir ce qui s’est réellement passé. (…) Mais vous savez, il y a des pays dont les soldats ont fait des bêtises et qui jugent mal le rôle du Tchad alors que celui-ci était neutre… Qui a armé les anti-balaka avec des grenades, des kalachnikov ? Qui a créé les affrontements entre chrétiens et musulmans ? Ce n’est pas le Tchad. Il faut demander à la France de faire une enquête. On a étiqueté le Tchad pour ne pas être accusé seul. C’est malhonnête…», affirme-t-il, avant  d’alluder aux mœurs de la France : « L’homosexualité, la pédophilie, ça n’existe pas dans nos traditions. Si l’on s’en prend au Tchad, c’est parce qu’il existe une haine contre notre armée qui a fait des sacrifices énormes pour protéger les intérêts des Occidentaux dans tous ses pays. Il y a des gens, des pays, des organisations qui nourrissent une haine contre le président Déby et contre l’armée tchadienne et c’est pour eux un moyen de se faire payer ». Pour ne pas arrêter en si bon chemin sa démarche visant à mettre le doigt où cela fait mal, Idriss Deby voit dans la résurgence des conflits sociaux dans son pays, la main noire de « l’Occident » (en fait de la France) : « l’Occident finance des groupuscules pour déranger les gouvernements africains, surtout les francophones. (…) Quand le Tchad arrête, juge, emprisonne une personne, il ne fait qu’appliquer ses lois ».

La question de la souveraineté monétaire est également évoquée par le chef de l’Etat tchadien qui pense, comme son homologue guinéen, Alpha Condé, qu’il faut rompre le cordon qui lie –de manière asservissante pour l’Afrique- le pays des Gaulois et le continent « berceau de l’humanité ». En témoignent les deux questions suivantes et les réponses qui s’en suivent :

– Comment envisagez-vous vos relations avec la France après l’élection d’Emmanuel Macron ?

Le Tchad a toujours eu des relations excellentes avec Paris, même si nous estimons que les questions de « pré carré », de « Françafrique » doivent être arrêtées. Les Français n’en veulent pas, les Africains non plus. Le président de la Guinée, Alpha Condé, a dit qu’il faut couper ce cordon. Je suis du même avis et que nous ayons désormais des relations amicales, basées sur les intérêts réciproques. (…) Nous ne pouvons plus avoir des relations de maître à élève ou de maître à sujet.

– Faut-il mettre un terme au franc CFA ?

Il y a une convention entre la France et les pays africains qui a été faite au lendemain des indépendances. Le président Hollande était ouvert à une renégociation. Il appartient maintenant aux chefs d’Etat africains, comme je le pense, de renégocier cette convention qui nous lie à une monnaie qui n’est pas la nôtre avec une parité fixe. Le seul intérêt du franc CFA, c’est d’avoir 14 pays avec une monnaie commune. Il faut que les 14 pays restent regroupés et qu’ils renégocient pour que le Trésor français ne nous gère plus. C’est à nous de gérer notre monnaie avec notre banque centrale. Au niveau du conseil d’administration de notre banque centrale, nous avons trois Français qui siègent avec le droit de véto. Où est alors la souveraineté monétaire ? Comment voulez-vous que l’Afrique se construise ? D’ailleurs nos collègues d’Afrique anglophone, lusophone, arabophone nous disent que si nous connaissons aujourd’hui des malheurs, c’est à cause de vous, francophones.

Il faut rappeler qu’en janvier dernier, Idriss Deby affirmait déjà que  » Le moment était venu de revoir en profondeur les accords monétaires »avec Paris.

Ajoutons à cela le fait qu’il y a quelques années, le ministre de la Communication tchadien, en visite à Yaoundé au Cameroun, déclarait lors d’une conférence de presse que 40% des armes saisis chez les terroristes de Boko Haram par les forces armées camerounaises et tchadiennes étaient de fabrication française. Une déclaration qui valait bien son pesant d’insinuation, et qui n’avait rien à voir avec un propos innocent.

Le moins qu’on puisse dire est que le Tchad, à travers ses dirigeants n’est plus à court de révélations sur ses relations avec la France (ou « l’Occident » pour les amateurs de périphrases). C’est par exemple le cas quand l’ancien maquisard devenu président depuis 1990 révèle que l’alternance à la tête du Tchad dont on lui rebat tant les oreilles aurait pu avoir lieu depuis 2006, mais que c’est la France  qui a tout traficoté pour l’empêcher de réaliser cette action qui aurait pu être historique. « J’aurais souhaité m’arrêter en 2006 après mon second mandat. J’aurais alors cédé le pouvoir. Mais la guerre a éclaté. Des mercenaires ont attaqué N’Djamena. Et alors que je ne le voulais pas, la France est intervenue pour changer la Constitution. Il y a un constitutionnaliste dont je ne connais même pas le nom qui est venu ici. J’ai dit que je ne voulais pas changer la Constitution mais ils sont passés par leurs arcanes et ont changé la Constitution ». 

 

Source: http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-30148.html

28  juin 2017

 

Sénégal-Libye: La grave révélation de l’ancien ministre des Affaires étrangères Gadio sur l’assassinat de Kadhafi

Dimanche 25 Juin 2017- Selon l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise, il aurait fallu d’une phrase, une seule, et Mouammar Kadhafi serait encore en vie. Cheikh Tidiane Gadio  est revenu sur les coulisses diplomatiques de la guerre en Libye qui a coûté la vie au guide de la révolution libyenne.

En effet invité à l’émission Opinion de la télévision (Walf Tv), celui qui fut ministre des Affaires étrangères sous Wade pendant onze ans, en 2011, alors que la guerre en Libye fait rage et que son régime est au bord du chaos, Kadhafi  accepte de se retirer. Pour s’exiler. « Il était d’accord de quitter la Libye avec des conditions », révèle l’ancien ministre.

Poursuivant Gadio rempile qu’ « il fallait d’abord convaincre les Américains qui, à leur tour, pourraient freiner le Président français Nicolas Sarkozy et l’Otan, qui étaient engagés à fond dans la bataille.

C’est ainsi que celui qui se réclame militant du panafricanisme a fait ses valises et traverse l’Atlantique : « Je suis allé aux États-Unis et j’ai négocié difficilement. Ils m’ont dit qu’ils sont d’accords, mais à condition de l’envoyer (Kadhafi) au Venezuela. Je leur ai dit qu’il n’ira pas au Venezuela ni nulle part, il va rester et mourir en Afrique. »

Pendant ce temps, les chefs d’État africains tenaient une réunion à Addis-Abeba, en Éthiopie, sur la Libye. Les États-Unis saisissent l’occasion pour faire une demande bien étrange.

Ils (les américains) font savoir à Gadio que si les homologues de Kadhafi soutiennent sa démarche et acceptent de mettre dans une résolution la phrase suivante : « Nous exigeons l’arrêt de la guerre et l’ouverture de négociations », ils valideront la solution de sortie de crise.
Pourtant à la grande surprise de l’ancien ministre cet élément de langage ne figurera pas dans la résolution des chefs d’État africains. Pour des raisons que l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise n’a pas dévoilées.

« La guerre a continué et Kadhafi a été assassiné », regrette Gadio, qui se remémore cet épisode des relations internationales le cœur gros, avec la forte conviction que certains présidents africains sont en partie responsables de la mort de l’ancien guide libyen.

Donc si les chefs d’Etat africains avaient décidé de mettre cette petite phrase dans la résolution, Mouhamar Kadhafi serait peut-être aujourd’hui en vie. Et il aurait peut-être fêté ses 65 ans le 19 juin passé. Mais hélas !

 

Sidy Djimby Ndao, Dakar

26  juin 2017

 

Emmanuel Macron prend une déculottée au sommet européen

Premier sommet européen pour Emmanuel Macron : les demandes françaises ont été réduites à néant.

Emmanuel Macron a été repris en main par Angela Merkel à l’occasion de son premier sommet européen. Mais… la presse subventionnée s’emploie à dissimuler le malaise.

Il y a deux façons d’aborder le sommet européen qui s’est tenu en fin de semaine. Une première voie consiste à lire les conclusions du sommet et à compter les points. Une seconde consiste à lire la presse subventionnée. Entre les deux, on trouve très peu de points communs.

Ce que le Conseil européen a réellement décidé

Dans la pratique, le Conseil des 22 et 23 juin n’a repris aucune des demandes françaises annoncées de longue date par le président de la République. En particulier, il n’a ouvert aucun débat sur les travailleurs détachés, sujet sur lequel la France avait bandé les muscles en demandant un durcissement de la réglementation.

Rien que par ce silence, la France subit donc une défaite en rase campagne qui montre le peu de cas que l’Europe fait d’une France engluée dans un huis clos gagnant-perdant avec l’Allemagne, même avec un Président nouvellement élu qui pense pouvoir défier Donald Trump.

S’agissant de l’emploi, on notera d’ailleurs ce que le sommet a conclu :

S’appuyant sur les conclusions du Conseil de mai 2017, qui préconisent une stratégie pour l’avenir de la politique industrielle, le Conseil européen insiste sur le rôle essentiel de l’industrie, qui constitue un moteur important pour la croissance, l’emploi et l’innovation en Europe. Dans le prolongement de ses propres conclusions antérieures, il demande que des mesures concrètes soient prises pour que le marché unique dispose d’une base industrielle solide et compétitive.

Les conclusions du Conseil ne visent pas à redire que le travail détaché est échevelé, mais que la prospérité viendra de la défense de l’industrie. Cette vision au demeurant très allemande met des mots sur un vide français : quelle est la politique industrielle d’Emmanuel Macron ? On l’ignore jusqu’ici et curieusement le Conseil européen s’est préoccupé de sujets qui n’ont aucun impact en France.

Macron battu sur les mesures anti-chinoises

Quant à l’idée d’empêcher les Chinois de prendre le contrôle à vil prix de nos pépites technologiques, Emmanuel Macron a fait un superbe bide. Voici en effet comment le Conseil a retranscrit la demande française :

Le Conseil européen est convaincu que le commerce et les investissements ne peuvent être libres que s’ils sont également équitables et mutuellement bénéfiques. Il invite par conséquent les co-législateurs à parvenir rapidement à un accord sur des instruments de défense commerciale modernes et compatibles avec l’OMC, qui renforceront la capacité de l’UE à lutter efficacement contre les pratiques commerciales déloyales et discriminatoires et les distorsions de marché. Le Conseil européen demande à la Commission de veiller à leur application rapide et effective par des mesures d’exécution non législatives visant à rendre les pratiques commerciales et les instruments de défense commerciale de l’UE plus réactifs et plus efficaces et de proposer, le cas échéant, des mesures complémentaires. Il demande en outre à la Commission et au Conseil d’approfondir et de faire avancer le débat sur la manière d’améliorer la réciprocité dans le domaine des marchés publics et des investissements. Dans ce contexte, il salue l’initiative de la Commission visant à maîtriser la mondialisation et, entre autres, à analyser les investissements réalisés par des pays tiers dans des secteurs stratégiques, dans le plein respect des compétences des États membres.

Traduction : pour faire plaisir à Macron, on aborde le point. Mais on annonce déjà qu’aucune directive, aucune mesure réglementaire ne sera prise sur le sujet, et qu’en aucun cas, on ne tordra les règles de l’OMC. On notera aussi que le sujet sera repris en main par la Commission et sera discuté ultérieurement.

Pour Macron, même traitement que pour Hollande ?

Pour finir cet exercice où les demandes françaises ont été réduites à néant, Angela Merkel a pris son petit protégé par la main et lui a infligé l’une des fessées dont elle a le secret. Celle-ci prend d’ordinaire la forme d’une conférence de presse conjointe, où le Président français annonce qu’il ne fera plus rien à l’avenir sans l’autorisation et le consentement d’Angela Merkel.

Macron n’a pas échappé à la punition.

Je veux dire ici combien à la fois le fait que nous ayons très étroitement préparé ensemble nos remarques à ce Conseil, que nos interventions aient été constamment en ligne et que nous puissions en rendre compte en commun est à mes yeux important. C’est en tout cas ce que je m’attacherai à faire, dans les années à venir, parce que je pense que quand l’Allemagne et la France parlent de la même voix, l’Europe peut avancer ; ce n’est parfois pas la condition suffisante mais c’est en tout cas la condition nécessaire.

Dans la droite ligne de cet exercice où l’on apprend que les positions françaises au Conseil sont préparées avec l’Allemagne en amont, Macron a respecté les passages obligés de la déculottée. Sur les migrants, il s’est senti obligé de déclarer :

Nous devons accueillir des réfugiés car c’est notre tradition et notre honneur. Et je le redis ici, les réfugiés ne sont pas n’importe quels migrants. Ce ne sont pas les migrants économiques, ce sont des femmes et des hommes qui fuient leur pays pour leur liberté ou parce qu’ils sont en guerre ou pour leurs choix politiques. Nous devons ainsi faire preuve de solidarité quand un de nos voisins fait face à des arrivées massives de réfugiés ou de migrants.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour que, dans les cinq ans à venir, Macron conserve intacte la doctrine européenne développée sous Hollande d’un alignement systématique sur les positions allemandes sans contrepartie en faveur de la France.

Le silence gêné de la presse subventionnée

On lira en contrepartie les gros titres gênés de la presse française subventionnée, qui veut dissimuler le ratage macronien. En dehors du Point, qui titre « Macron au sommet de l’UE : premiers échanges, premier revers », le reste de la presse se montre d’une flagornerie extravagante.

Ainsi, Les Échos, qui ne cachent plus leur soutien complet et acquis au Président, font croire à une victoire française. Plus complaisant encore, Le Monde se fend d’un titre ahurissant « Conseil européen : avec Macron, l’Europe met en scène son sursaut ». Ils doivent avoir vraiment besoin d’un gros coup de pouce, dans ce canard, pour sortir de pareilles analyses.

La tonalité est un peu moins obséquieuse au Figaro, qui fait le choix de reprendre une dépêche AFP et de centrer son papier sur les questions de défense. Sur le sujet, le quotidien de Serge Dassault en fait beaucoup avec un titre excessif « Macron salue une avancée historique pour l’Europe de la défense », mais il évite quand même de sombrer dans l’asservissement de ses grands concurrents.

Toute la question est évidemment de savoir combien de temps la presse subventionnée acceptera de compromettre sa crédibilité en soutenant de façon aussi grossière le président de la République.

Éric Verhaeghe

Source: https://www.contrepoints.org/2017/06/25/293023-emmanuel-macron-deculottee-sommet-europeen

 

Que vont faire les Etats-Unis après l’ère Daech ?

Les nombreux rapports des champs de bataille, nous parlant de victoires cruciales de l’armée arabe syrienne sur les groupes terroristes dans tous les secteurs du front, et les étapes décisives de diplomates tant à Astana qu’à Genève qui contribuent beaucoup à une solution rapide de la crise syrienne, nous aident à conclure que la guerre civile qui a duré plus de sept ans s’approche de sa fin.

Cependant, plus tôt aura lieu le traité, meilleurs seront les dividendes de paix à partager entre les parties. En premier lieu le peuple syrien retournera à la vie pacifique et s’engagera dans la formation des générations futures. Le principal défi pour les autorités syriennes sera d’établir un contrôle total du gouvernement sur le territoire du pays, et expulser les terroristes hors des frontières de la Syrie.

Indubitablement, d’autres participants de la crise ne resteront pas à l’écart. L’Iran et la Russie en tant que garants du régime de cessez-le-feu syrien, renforceront leurs positions sur la scène mondiale. De plus, la partie russe avec l’autorisation du gouvernement syrien maintiendra sa base aérienne Hmeymim et en mettra en place une autre à Tartous pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région. En même temps, ce sera le retour de la Russie au Moyen-Orient.

Pour l’essentiel, il y a des parties incluant l’opposition syrienne et d’autres pays occidentaux comme les Etats-Unis qui seront insatisfaits de ces résultats, puisqu’ils ont leur propre scénario. Les États-Unis ne vont pas quitter la Syrie étant donné qu’ils ont gaspillé des sommes et des ressources énormes pour s’établir dans la région. Il convient de mentionner que depuis le début de l’opération militaire en Syrie, la Coalition internationale menée par les USA a réalisé plus de 9500 frappes. Cela revenait évidemment très cher. Mais en dehors des nombreuses victimes parmi les civils et la destruction des infrastructures urbaines clé, cela n’a rien donné.

Les plans américains ont été confirmés par des preuves irréfutables. En juin, plusieurs médias ont rapporté que Washington avait conclu un accord avec les Kurdes pour mettre en place une nouvelle base militaire à Tabqa, qui est situé à l’est de Raqqa.

Il est rapporté que la nouvelle base sera située dans la zone de logement militaire, l’école Mohammed Fares, et dans les bâtiments militaires et de sécurité dans le troisième arrondissement de la ville. Les forces américaines auraient l’intention de construire un centre de commandement et des bâtiments résidentiels pour les troupes.

Ce sera la troisième base américaine, qui a été illégalement établie sur le territoire de la Syrie. Les deux premières ont été créées précédemment en avril et mai dans les agglomérations d’Al-Tanf et Al-Zakf. Ces mesures américaines violent la souveraineté de la Syrie et sont en contradiction avec la Charte des Nations Unies et du droit international.

Selon Global Research, un accord de principe a récemment été conclu entre le Pentagone et les Kurdes. L’accord permettrait soi-disant à l’armée américaine de rester dans les zones tenues par YPG depuis 10 ans. En échange, les Etats-Unis continuent à fournir une aide militaire et des armes à YPG.

Cette combinaison de circonstances peut indiquer que Washington se prépare pour la nouvelle étape de la guerre. Peut-être qu’après la défaite de Daech, avec le soutien du puissant partenaire, la milice kurde continuerait la lutte, non pas contre les terroristes, mais contre le gouvernement légitime syrien, qui ne convient pas à Washington.

Il est important de noter qu’il n’y a pas si longtemps l’actuelle administration américaine était sur le point de cesser sa participation dans le conflit syrien et de retirer complètement son contingent militaire du pays. Cependant, ce n’est pas la première fois que Washington viole ses propres promesses vis à vis non seulement de la communauté mondiale, mais aussi de son peuple. Préférant une solution militaire plutôt que politique, les États-Unis n’obtiennent d’autre résultat que des millions dépensés et la condamnation de la communauté internationale.

 Source : AhlulBayt News Agency

Traduction : Avic – Réseau International

 

 

 

 

POLITICO : Veterans Today et SouthFront transforment les soldats US et les anciens combattants en Ve colonne

Politico, le plus lu des sites en ligne de « Capitol Hill », vient de publier une enquête dont l’argument est que Veterans Today et SouthFront font trembler les piliers de la société américaine, en s’attaquant d’abord à ceux de l’armée.

De notre point de vue, l’article écrit par Ben Schreckinger apporte une preuve supplémentaire de la haute opinion qu’ont de nos efforts collaboratifs les medias mainstream et les think-tanks subventionnés par les grosses boîtes et le gouvernement. Il explique pourquoi de plus en plus de gens se désintéressent de ce que racontent les medias mainstream.

Voici le texte complet du rapport d’enquête de POLITICO :

 « Comment la Russie s’en prend à l’armée US – Avec des hacks, des trolls pro-Poutine et des fake news, le Kremlin met le grand braquet pour faire des soldats US sous les armes et des anciens combattants une Ve colonne.

À l’automne de 2013, Veterans Today, un site d’information marginal US qui aide aussi les anciens combattants à trouver du travail et à payer leurs frais médicaux, s’est trouvé un nouveau partenaire. Il a commencé à poster des choses publiées par New Eastern Outlook [Nouvelles perspectives orientales], un journal de géopolitique publié par l’Institut d’études orientales de l’académie des sciences de Russie, soutenu par le gouvernement de ce pays, où on peut lire des gros titres tels que « Le Ku-Klux-Klan ukrainien, nouvel allié de l’OTAN ». Alors que les États-Unis se trouvaient aux prises avec l’allié de la Russie, Bachar al-Asad, qui avait usé d’armes chimiques au printemps contre des enfants syriens, le site a annoncé à sons de trompe : « La preuve : la Turquie est coupable de l’attaque de 2013 au gaz sarin et elle l’est de celle-ci aussi », et encore : « Exclusivité : Trump fait des excuses à la Russie pour l’attaque de la Syrie ».

Au cours des dernières années, selon les experts du renseignement, la Russie a accru de manière dramatique ses “mesures actives” – une forme de guerre politique qui comprend la désinformation, la propagande et la compromission de dirigeants politiques par la corruption et le chantage – à l’encontre des États-Unis. Au stade actuel, les commissions du Congrès, les enquêtes judiciaires et l’attention de la presse se sont focalisées sur les efforts couronnés de succès du dirigeant du Kremlin, Vladimir Poutine, pour perturber le processus politique américain. Mais une étude attentive des preuves disponibles et les comptes rendus des observateurs du Kremlin révèlent clairement que le gouvernement russe utilise le même scénario contre d’autres piliers de la société américaine, au premier rang desquels se trouve l’armée. Les experts mettent en garde contre cette opération, qui a reçu beaucoup moins d’attention que le reste mais peut empêcher les forces armées d’évaluer avec exactitude les intentions de Poutine et de résister efficacement à une future agression russe.

En plus de la propagande, dont le but est d’influencer les militaires en service et les anciens combattants, les acteurs étatiques russes prennent aussi pour cibles les comptes Twitter du Département de la Défense [Ministère des Guerres US, ndt] au moyen d’attaques à l’« hameconnage » très sophistiquées. Le même groupe de pirates militaires russes qui a réussi à s’introduire dans le système de la Commission Démocrate Nationale – « Fancy Bear » [« Ours imaginaire »] – a aussi posté publiquement, en ligne, des données volées à l’Armée, tout en posant au supporter de l’État Islamique en 2015. Ceci a été découvert par une des firmes de cyber sécurité [qui travaillent pour le gouvernement US]. Et la cible préférée de ce groupe pirate, dans ses attaques à l’hameçon contre l’Occident, est le personnel de l’Armée, dont les épouses de militaires d’active représentent une cible démographique de choix, selon une autre firme de cyber sécurité.

Tandis que l’Armée et ses fournisseurs [contractors = fournisseurs en hommes et en armes, ndt] sont depuis longtemps les cibles de cyberattaques de la part de puissances étrangères, la campagne russe se distingue par sa très haute intensité, surtout depuis que des sanctions économiques ont été infligées à ce pays par l’Occident, à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014, et pour les nouvelles tactiques qu’il utilise en ligne. Tout cela finit par créer nouvelle forme de « guerre hybride de basse intensité que les gouvernements occidentaux s’efforcent de contenir aussi efficacement que possible.

 

“Nous nous focalisons sur des buissons d’azalées au bord d’une forêt de séquoias ” a dit le général Philip Breedlove, parti à la retraite en juin dernier après avoir été pendant trois ans commandant suprême des forces alliées de l’OTAN, où il a pu observer une poussée des “mesures actives” russes contre les états baltes et les efforts faits pour répandre de la désinformation négative parmi les soldats de l’Alliance stationnés en Europe.

La campagne de “mesures actives” a suivi Breedlove jusque chez lui, au cœur de sa retraite. En juillet, des e-mails piratés de son compte G-mail ont été publiés sur le site DC leaks qui sert de façade aux pirates d’État russes, et Breedlobve a révélé qu’il avait été récemment la cible de plus d’une douzaine de mail hameçonneur sophistiqué prétendant venir de sa banque. Breedlove a refusé de nommer sa banque, il a juste dit qu’elle était celle de la majorité de ses camarades officiers, ce qui l’a conduit à penser que les motifs de cette campagne d’attaques à l’hameçon étaient politiques plutôt que financiers. “Ce que fait la Russie, sur toute la gamme de nos publics civils et militaires”, a-t-il dit, “est absolument astronomique”.

***

Au XXe siècle, les agences de renseignement qui essayaient d’établir des liens avec des soldats d’armées étrangères se donnaient parfois la peine d’envoyer des agents dans les abreuvoirs préférés des soldats, à proximité de leurs bases, pour y guetter leurs proies et leur payer à boire un verre à la fois.

À présent, les réseaux sociaux rendent bien plus facile et moins cher le racolage de militaires sans méfiance, pour leur soutirer des informations et les soumettre à influence.

John Bambenek, un directeur de threat intelligence [renseignement sur les menaces] pour la firme cyber sécuritaire Fidelis, dont le travail a consisté à enquêter sur la cyberattaque dont a été victime la Commission Démocrate Nationale, dit que la Russie est une de plusieurs puissances qui se servent des réseaux sociaux pour collecter des renseignements sur l’armée américaine. “Certaines [de ces attaques] ne sont pas sophistiquées du tout (de jolies femmes en quête d’amis), mais certaines sont plus compliquées”, écrit-il dans un mail : “Les espions comprennent qu’on peut découvrir beaucoup de choses sur ce que projette une armée rien qu’en observant le comportement non secret de ses soldats”.

Établir des contacts sur les médias sociaux peut aider des états étrangers à communiquer directement avec des groupes de soldats américains, tactique employée dans les récents conflits par la Russie et par les USA. Pendant les premiers jours de l’annexion de la Crimée, les soldats ukrainiens ont été bombardés de messages démoralisateurs du genre “Soldat, tu n’es que de la chair à canon pour tes chefs ”. En préparation de l’invasion de l’Irak en 2003, l’armée US a envoyé des e-mails en masse aux soldats irakiens pour les encourager à se rendre, s’il faut en croire le livre de Richard Clarke : Cyber War, de 2010.

Il est clair que le Pentagone se fait du souci. La porte-parole du Département de la Défense, Linda Rojas, a refusé de commenter des activités spécifiques, mais elle dit que les nouvelles technologies rendent l’armée plus vulnérable dans l’espace virtuel. “La prolifération des communications via internet et leurs applications aux réseaux sociaux a élevé le potentiel de nuisance susceptibles d’affecter nos troupes” a-t-elle écrit dans un e-mail. Rojas dit encore que l’armée s’efforce de faire face à l’accroissement des menaces posées par le piratage et par les opérations d’influence en ligne : “Nous faisons tous nos efforts pour éduquer et informer le personnel du département de la Défense sur ces menaces, tout en renforçant la compétence de notre réseau de défense pour protéger l’infrastructure informatique des intrusions étrangères” écrit-elle.

Devenir des “amis” Facebook de soldats américains donne aux agents étrangers la possibilité de poster de la propagande qui apparaîtra sur leur fil de nouvelles.

Serena Moring, ex-contractor venue d’une famille de militaires, dit qu’elle s’est pour la première fois inquiétée d’un sentiment pro-russe des soldats sur les réseaux sociaux au printemps dernier, quand une information non vérifiée, relatant l’histoire d’un soldat russe mort héroïquement au combat en combattant l’ISIS en Syrie, a commencé à circuler sur les comptes de militaires américains d’active dans les réseaux sociaux.

Moring dit encore qu’elle a été d’autant plus alarmée que des amis à elle, dans l’armée, y compris des membres des services secrets, sont devenus des admirateurs déclarés de Poutine, ajoutant qu’elle déploie aujourd’hui des efforts considérables à débattre de la Russie sur les canaux Instagram et Facebook destinés aux militaires.

 

Dans le Far-West sauvage que sont les médias sociaux, il est difficile de démêler quels sont les sentiments pro-russes organiques – la cote de popularité de Poutine a grimpé en flèche chez les Républicains U.S. depuis 2015 et il fait souvent l’objet de reportages favorables dans des organes de droite tels que Fox News – de ceux qui sont fabriqués de toutes pièces. Mais Breedlove assure qu’une grande part de ce sentiment favorable est générée par les campagnes d’influence du Kremlin. “Ces gens qui débarquent sur des sites d’anciens combattants pour chanter les louanges de Poutine, vous pouvez être sûrs que ce sont des trolls et qu’ils font partie de l’armée qui, de là-bas, nous attaque tous les jours” dit-il.

Poutine a présidé à la création d’un “éco-système de médias alternatifs” capable, comme il dit, de briser le monopole anglo-saxon du flux de l’information, une des priorités absolues de sa politique étrangère. Une branche importante de ces opérations vise la communauté militaire américaine, et l’activité russe a augmenté ces dernières années, à mesure qu’augmentaient les tensions causées par les sanctions, l’annexion de la Crimée et l’expansion de l’OTAN.

 

Veterans Today est un site américain, qui a été fondé en 2003 en opposition à l’invasion de l’Irak, et qui s’est mis assez vite à publier les plus délirantes théories du complot. Avant de devenir le partenaire de N.E.O. [New Eastern Outlook] il avait tissé des liens avec PressTV, qui est subventionné par l’État iranien, et comptait au nombre des membres directeurs de son comité de rédaction un ancien chef des services secrets pakistanais, qui publiait des articles intitulés “Les escadrons de la mort israéliens impliqués dans le bain de sang de Sandy Hook ” et “Terrorisme aquatique de l’Inde pour intimider le Pakistan” .

New Eastern Outlook “a choisi de travailler avec Veterans Today après avoir suivi quelque temps ce que nous faisions et compris quelle plateforme unique nous représentions” a expliqué le rédacteur en chef de Veterans Today, Jim Dean, dans un article qu’il a consacré à ce partenariat. Il l’a qualifié de “mariage fait au ciel”.

Une bio de Dean sur Veterans Today énumère ceux de ses parents et de ses ancêtres qui ont servi dans l’armée et le désigne lui-même comme faisant partie de plusieurs groupes à thème militaire, mais ne dit pas s’il a vraiment servi sous les drapeaux. Le président du site, Gordon Duff, a servi dans le corps des marines au Vietnam et a commencé à collaborer au site en 2008. Dans une interview de 2012, il a déclaré “À peu près 30% de ce qui est écrit sur Veterans Today est manifestement faux. À peu près 40% de ce que j’écris est délibérément, au moins partiellement, faux, parce que si je ne publiais pas des informations fausses, je ne serais pas en vie”.

 

Veterans Today est le navire amiral du “Réseau Veterans Today” qui comprend un comité pour l’emploi, une fondation contre le cancer et une filiale, Veterans News Now, qui se décrit comme “un journal indépendant en ligne représentant les positions des soldats d’active et des anciens combattants et leur fournissant des informations”. Le réseau est également affilié à la Fondation pour le Logement et l’Éducation des anciens combattants, qui s’est donné pour but de récolter 500 millions de $ en cinq ans.

Une annonce, sur www.veteranstodaycancerfoundation.org, en suspens pour maintenance au moment où nous publions ceci, invitait les anciens combattants dans le besoin à introduire une demande d’aide en remplissant un formulaire qui leur réclamait des détails personnels tels que les codes d’accès à leurs comptes médiatiques.

Un administrateur du Réseau Veterans Today, qui a demandé que son nom ne soit pas révélé, dit que le Comité Emplois www.hireveterans.com/ a, en ce moment, au moins 35.000 C.V. actifs dans son système et qu’il travaille en partenariat avec “d’importantes sociétés U.S., en les aidant à recruter des anciens combattants qui cherchent du travail”. Le Comité Emploi affiche une liste de douzaines d’employeurs – y compris la Bank of America, Merck, Gelco et Westinghouse – qui, selon lui, ont souscrit des adhésions annuelles de “membres Premium”. Un article de 2011 de Fox Business recommande le Comité Emplois aux employeurs.

Cet administrateur dit encore que, bien que Veterans Today et le Comité Emplois soient la propriété de Success Spear, il n’y a aucun moyen, pour une puissance étrangère, de se procurer l’accès aux données personnelles des anciens combattants liés à Veterans Today. Il précise d’autre part que la fondation contre le cancer n’est pas encore complètement opérationnelle.

En octobre 2013, en même temps que Veterans Today commençait à publier les articles de New Eastern Outlook, sa filiale, Veterans News Now, a commencé à publier des articles de Strategic Culture Foundationun site de réflexion moscovite [cf.https://www.strategic-culture.org/ ] dirigé par Yuri Prokofiev [pour nous, c’est Vladimir Maximenko, ndt] un ancien dirigeant du Parti Communiste de l’URSS et membre du Politburo soviétique.

En octobre 2015, Veterans Today a aussi établi un partenariat avec un site web d’affaires militaires habilement conçu et dont les auteurs sont anonymes intitulé SouthFrontenregistré à Moscou au mois d’avril, juste au moment où la Russie lançait ses opérations d’influence en réponse aux sanctions occidentales.

Depuis lors, ce site a publié systématiquement des articles favorables à la ligne politique du Kremlin, tant en provenance de ses partenaires que de ses propres collaborateurs. Maintenant, en plus de lire Virage vers un fascisme cosmique, les lecteurs qui se rendent sur Veterans Today – qui a 45.000 sympathisants facebook et compte plus de 900.000 visiteurs individuels par mois – pour y chercher des informations ou s’enquérir des services gratuits offerts aux anciens combattants, peuvent y découvrir des titres comme “Pravda : l’Ukraine s’indigne de ce qu’il y ait 80% de juifs au pouvoir”, et Trump humilié : la Syrie abat 34 des 59 missiles Cruise. Et la Russie va moderniser le système.”. De récentes contributions de SouthFront comprennent  Les USA encaissent des revers, tandis que la Russie se rend compte du plan de Trump pour aider les terroristes et Utilisation politique de la russophobie. Et des contributions récentes de New Eastern Outlook comprennent Si l’OTAN veut la paix et la stabilité, qu’elle reste chez elle et encore Bruxelles, l’OTAN et les mondialistes en plein désarroi.

Fin 2014, Duff et Dean ont assisté à une conférence contre-terroriste à Damas, où Duff a proclamé à des délégués de Russie, de Syrie, d’Irak et du Liban sa théorie selon laquelle “le gouvernement US est sous la coupe d’une organisation criminelle planétaire ”. En mars dernier, le président de Veterans Today a donné une “Réception Veterans Today” à Damas, dont les participants ont prononcé des discours sous des portraits surdimensionnés d’Assad et de Poutine, comme on peut le voir sur la vidéo qu’il a publiée sur Youtube. Duff n’a pas répondu à la question de savoir si une entité étrangère avait financé son voyage en Syrie.

Un expert du Département d’État en matière de campagnes d’influence russes, qui n’a pas été autorisé à révéler son nom, a dit qu’il avait pris note du partenariat de Veterans Today avec New Eastern Outlook et du fait que SouthFront semble être la façade d’une organisation russe qui reste délibérément dans le flou sur ses origines. L’expert a aussi décrit Strategic Culture Foundation comme faisant partie de l’appareil d’influence du Kremlin, et qu’il avait noté que la Russie essaie depuis longtemps de se faire l’écho des théoriciens du complot occidentaux.

Kate Starbird, qui est professeur à l’Université de Washington et qui a étudié le rôle de Veterans Today dans l’écosystème de médias alternatifs alignés sur la Russie, a décrit ce site web comme un “partenaire actif” dans la dissémination de la “propagande russe”.

Malgré les affirmations souvent tirées par les cheveux et la balourdise de Veterans Today et d’autres organes utilisés par les propagandistes russes, Starbird dit qu’elle en est venue à les considérer comme des véhicules de désinformation potentiellement puissants. “Je pensais qu’eux et d’autres du même genre étaient tout à fait marginaux” dit-elle. “Mais la prise pour cible intentionnelle de l’Armée US d’active ou à la retraite semble être une stratégie de guerre de l’information. J’ai des anecdotes d’amis, de membres de ma famille, et maintenant d’étrangers, qui me disent que des membres de leurs familles sont profondément embringués dans cet écosystème de l’information”.

Joel Harding, un ex-officier des renseignements, qui travaille maintenant comme chercheur indépendant, décrit Veterans TodayVeterans News Now et SouthFront comme des agents russes par procuration. Il dit que, combinés à d’autres composantes des efforts d’ingérence russes, ces sites pourraient réussir à influencer la communauté militaire à la longue. « Veterans Today et Veterans News Now ne réussiront pas à pousser des soldats, des Marines, des aviateurs ou des marins à déserter ou à devenir eux-mêmes pro-russes. Mais si un individu X les considère comme des sources d’information fiables, sans s’apercevoir qu’elles soutiennent la propagande russe ou véhiculent de l’information dans une perspective pro-russe, avec le temps, il changera”.

Dans un e-mail, des représentants de SouthFront qui ne donnent pas leurs noms disent qu’ils n’ont pas de liens avec le gouvernement russe. Ils estiment qu’assimiler SouthFront à l’appareil d’influence du Kremlin est contraire aux principes de la liberté de parole et discriminatoire à l’égard des Russes (une tactique habituelle des opérations d’influence russes est de s’approprier les valeurs occidentales pour miner les sociétés occidentales). La Strategic Culture Foundation n’a pas répondu aux messages lui demandant ssi elle avait des commentaires à faire, et des e-mails envoyés à l’adresse de contact de New Eastern Outlook ont été rejetés par le serveur web du journal.

Dean dit qu’il ne savait pas que les chercheurs avaient identifié Veterans Today comme un véhicule de la propagande russe. “Nous leur sommes reconnaissants de la publicité qu’ils nous font” a-t-il écrit dans un e-mail. “S’il vous plaît, dites-leur de continuer”. Il n’a pas réagi à une question lui demandant s’il recevait des fonds de l’étranger. Debbie Menon, jusqu’à récemment la rédactrice en chef, maintenant basée à Dubaï, de Veterans News Now, n’a pas répondu à un e-mail lui demandant de commenter.

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Outre être soumis à des opérations d’influence, les anciens combattants et les militaires d’active ont aussi été en butte à un nombre disproportionné de tentatives de piratages émanant de la campagne de mesures actives de la Russie contre les États-Unis.

En fait, les pirates militaires russes qui se sont introduits dans le système électronique de la Commission Démocrate semblent déployer autant d’efforts pour cambrioler les comptes des militaires retraités ou d’active que ceux des cibles politiques. Une inspection sécuritaire du groupe pirate connu sous le nom de “Fancy Bear” (Ours imaginaire) a ouvert aux chercheurs une fenêtre publique sur des milliers de cibles ayant subi des tentatives d’hameçonnage entre mars et septembre 2015. De tous ceux qui ont été ciblés par Ours imaginaire en dehors de l’ex-Union Soviétique, 41% étaient des militaires actifs ou à la retraite, selon un rapport de la firme de cyber sécurité Secure Works. 22 autres % des cibles d’Ours imaginaire étaient des auteurs et des journalistes. Les ONG représentaient 10%, les activistes politiques 4% et le personnel gouvernemental 8%. Des journalistes et auteurs cités, plus d’un cinquième étaient des épouses de militaires, qui bloguent sur la vie des soldats.

La mise en ligne de données piratées, tactique nouvelle utilisée par l’agression russe contre le système politique américain, a aussi fait partie des mesures actives de ce pays contre l’armée américaine. L’été dernier, des pirates russes ont divulgué des e-mails volés à Breedlove, pour essayer de mettre l’OTAN dans l’embarras. Et, en 2015, un groupe s’intitulant Cyber Califat a détourné le compte Twitter du Haut commandement U.S. et en a dirigé les suiveurs vers un site où le groupe avait posté des données volées aux militaires. Cyber Califat se prétendait supporter d’ISIS, mais il s’agissait d’un “false flag” destiné à camoufler l’identité du coupable, qui était Ours imaginaire selon un rapport de la firme de cyber sécurité Trend Micro, qui a dit que les autorités françaises avaient confirmé son analyse identifiant le groupe pirate russe.

Pendant que Washington prend en compte l’envergure des mesures actives russes, la campagne de piratage contre l’armée américaine continue. Le mois dernier, Time rapporté que les officiers du contre-espionnage U.S. étaient arrivés, en mars, à la conclusion que les pirates russes ne visaient rien moins que 10 000 employés du Département de la Défense, en leur envoyant sur Twitter des messages qui les incitaient à télécharger des logiciels dangereux susceptibles de compromettre leurs comptes Twitter, leurs ordinateurs et leurs i-phones.

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Bien qu’on ne s’attende pas à une invasion russe des États-Unis du style “Aube Rouge”, la campagne de mesures actives du Kremlin est capable d’émousser le potentiel de l’armée U.S. et d’affaiblir sa détermination à s’opposer aux agressions militaires russes ailleurs dans le monde.

Les mesures actives ne ciblent pas les seuls systèmes militaire et politique mais font partie d’une tentative plus vaste de subvertir les institutions occidentales, y compris les médias, les marchés financiers et les agences de renseignement. À cause de la nature multidimensionnelle de l’attaque et de son utilisation de tactiques si peu conventionnelles, le gouvernement U.S. a dû se donner beaucoup de mal pour la combattre efficacement “C’est à l’évidence un défi terriblement difficile à relever, et beaucoup de gens s’inquiètent de ce que notre réponse à ce jour n’ait pas été assez efficace” a déclaré un expert qui a récemment rendu compte de ces mesures devant le Congrès.

Et plutôt que de se calmer après l’élection présidentielle, ces campagnes sont devenues de plus en plus audacieuses, affirme le PDG de Strategic Cyber Ventures, Tom Kellermann, qui les suit de près.

En mai et juin 2015, Kellermann, qui était alors le chef du département sécurité de Trend Micro, a dit que la firme avait averti le FBI et le bureau du directeur du Renseignement National (DNI) que les pirates du Kremlin avaient établi une liste de 2.300 personnes, dont les leaders les plus puissants de Washington et de New York ainsi que leurs épouses, amants ou maîtresses, à cibler dans une campagne de piratage concertée. Kellermann dit qu’il ne sait pas si le gouvernement a pris des mesures, suite à ce tuyau, qui le prévenait de ce que les pirates avaient la possibilité d’activer des micros et des caméras sur les appareils de ces cibles pour obtenir des informations sensibles sur leurs vies personnelles. Mais il croit que la campagne a réussi à compromettre des dirigeants américains, et que cela a encore enhardi davantage le Kremlin. “Quand vous vous demandez pourquoi certaines personnes agissent d’une certaine façon” dit-il, “vous devez vous rappeler que ces gens ont été avertis de ce que leur linge sale pouvait être étalé en public”. (Les porte-paroles du bureau du directeur du Renseignement National et du FBI n’ont pas souhaité commenter.)

Kellermann a cité les activités des Shadow Brokers [Courtiers fantômes] un groupe de piratage qu’on croit soutenu par le Kremlin, qui a commencé à publier des données volées à la NSA l’été dernier et publié une autre divulgation en avril. L’augmentation des attaques en ligne est le signe avant-coureur d’une agression armée, dit Kellermann, qui prédit qu’un conflit entre les États-Unis et la Russie a de grandes chances d’éclater dans les pays baltes. “Je suis très très préoccupé” dit-il, “le cyberespace est toujours le précurseur d’une réalité kinétique”.

Shawn Musgrave et Andrew Hanna ont contribué à ce rapport.

 

Avant tout, nous tenons à remercier Politico pour ce que, journalistes, ils ont estimé nécessaire de nous contacter lorsqu’ils préparaient cet article. Naturellement, leur texte définitif soit omet soit falsifie les réponses qu’ils ont reçues. Mais ce sont là des détails mineurs, l’habituel double-standard des médias mainstream (MSM)

 Question 1

Réponse 1 – 1

Réponse 1 – 2

Question 2

Question 3

Réponse 2 – 1

Réponse 2 – 2

Nous sommes cependant étonnés par quelque chose d’autre. Est-il réellement vrai que des experts U.S. de haut niveau et des journalistes croient de bonne foi que SouthFront et Veterans Today constituent une menace significative pour les États-Unis ? Pour leur moral ? Et simplement parce que ces sites publient des informations qui mettent mal à l’aise le Département d’État, le Pentagone ou la CIA ?

1) La société U.S. et son système de gouvernement se sont détériorés à un point tel que toute évaluation alternative des activités militaires et politiques, toute description neutre d’opérations de combat est perçue comme une bouffée d’air frais dans le smog des mensonges MSM. Les principes démocratiques ont été discrédités et les double-standards apparaissent de façon éclatante à tous les yeux. Les gens cessent de plus en plus rapidement de croire à la mission mondiale de l’Amérique. Aux efforts de leur gouvernement pour protéger la liberté et la justice plutôt que les intérêts de certains clans de l’élite financière. S’il en est bien ainsi, ce sont les anciens combattants et les militaires d’active qui sont les plus vulnérables. Ce sont eux qu’on a envoyé dans les zones de combat. Au-delà des mers, ils ont vu, de leurs propres yeux, les résultats de la politique U.S. et à présent ils la voient au pays. Ils sont plus susceptibles que d’autres d’être devenus résistants aux efforts que fait la Matrix pour les absorber dans sa réalité MSM virtuelle. De plus, ce sont des hommes et des femmes d’action. Dans ces circonstances, même la faible voix de SouthFront doit forcément semer la panique dans l’establishment politique U.S.

2)  L’autre possibilité ne vaut pas mieux. La communauté des experts mainstream n’est plus capable de discerner les tendances sociétales. Elle se conduit comme une autruche apeurée qui plonge la tête dans – qu’on nous pardonne l’expression – le tas de purin le plus proche. Elle en est venue à se persuader que les sociétés ont arrêté de se développer, qu’à partir de maintenant les Américains satisfaits ne feront jamais rien de plus que regarder le spectacle politique représenté par des acteurs professionnels. Mais ce n’est pas vrai.

Nous croyons, nous, que c’est précisément cette perception de la réalité qui représente la plus grande des menaces pour les États-Unis Ceux qui se qualifient eux-mêmes d’élite se sont séparés du peuple et ont cessé de le respecter. Mais si un tel état de choses peut se poursuivre pendant plus ou moins longtemps dans des pays qui ont une courte histoire démocratique, aux États-Unis, il ne peut que finir par provoquer des protestations, à la fois au-dedans et au-dehors.

C’est sans doute la raison pour laquelle les positions alternatives adoptées par SouthFront et Veterans Today provoquent tant d’intérêt dans le public. Le projet SouthFront est une forme de société civile, en gros : de nature volontaire. Ceux qui y participent sont les citoyens les plus ordinaires des USA, des états membres de l’Union Européenne, de la Fédération de Russie et d’autres pays.

Les experts de Politico se trompent, au sens où SouthFront n’essaie pas de créer des problèmes dans l’armée U.S. ou dans la société, mais jette un peu de lumière sur les problèmes qui existent. Nous nous intéressons à et nous voulons la stabilité mondiale, qui est impossible sans stabilité aux États-Unis.

Mais revenons à l’interprétation qui veut que le contenu de SouthFront menace les intérêts U.S., puisque c’est celle de Politico, du Washington Post et des porte-paroles du Département de la Défense et du Département d’État. Nous voudrions attirer l’attention de nos estimés opposants sur le fait que SouthFront essaie de couvrir objectivement les activités militaires. S’il y a, en Irak ou en Syrie, des succès des forces U.S., de la Coalition ou des forces-par-procuration contrôlées par les USA, nous en informons toujours le public, tout comme nous l’informons de leurs revers. C’est là, nous en sommes sûrs, la différence principale entre SouthFront et les médias mainstream, occidentaux ou russes. Ceux-là couvrent les événements de manière biaisée : d’un seul point de vue ; Certains membres de notre équipe croient d’ailleurs que c’est là la raison pour laquelle notre projet est entièrement passé sous silence par les médias mainstream russes.

Quant aux analyses militaires et politiques, nous avons déjà dit (ci-dessus) que notre point de vue ne coïncide pas avec le point de vue officiel de Washington, de Moscou, d’Ankara et d’autres.

Et puisque Politico semble se formaliser du fait que notre site est enregistré à Moscou, nous profitons de cette occasion pour expliquer à nos chers amis de cet estimable organe certaines particularités de la société digitale contemporaine. Oui, il est vrai que le domaine de SouthFront a été obtenu (et enregistré) via l’enregistreur de domaines officiel russe Reg.ru, dans le but de faciliter les choses aux membres de notre équipe qui avaient enregistré un nouveau domaine il y a deux ans. Par conséquent, le site contient les informations de contact du bureau Reg.ru à Moscou, pas celles de SouthFront. Comme tout le monde le sait, Internet permet d’obtenir le domaine que l’on veut dans à peu près n’importe quel coin du monde, en utilisant à peu près n’importe quel enregistreur disponible. SouthFront utilise une assez grande variété de services pour son travail. Certains sont aux États-Unis, d’autres en Russie et aussi dans d’autres pays. Nous vivons, après tout, à l’ère informatique. Et, oui, en effet, l’équipe de SouthFront compte des citoyens U.S. et des citoyens russes.

Pour finir, nous sommes quand même assez stupéfaits des affirmations de Politico sur l’anonymat : dans notre échange de correspondance avec eux, nous avons reçu cette question et nous y avons répondu de façon détaillée. On peut trouver les noms de beaucoup de nos collaborateurs sur le site de SouthFront. Quand ce que nous publions n’a pas de nom d’auteur, cela signifie qu’il s’agit d’une simple information ou que cet éditorial exprime l’opinion de toute la rédaction. Autant que nous le sachions, c’est une pratique courante dans le journalisme.

Quoi qu’il en soit, nous tenons à remercier une fois de plus Politico, au moins pour leur désir de comprendre une équipe d’opposition.

 Source : https://thesaker.is/politico-veterans-today-and-southfron…

via The Saker

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

  Notre avis.

M. Schreckinger, qui a un nom juif, ne peut ignorer que la règle n°1 du nazisme est :

« Toujours accuser l’autre de ce qu’on a l’intention de lui faire… de ce qu’on est en train de lui faire… ou de ce qu’on lui a déjà fait ».

Ne fût-ce que par respect pour la mémoire de ceux qui en ont été victimes en si grand nombre, il aurait dû s’interdire de l’appliquer. À qui que ce soit au monde.

Ce que son enquête si détaillée ne dit pas, c’est que les deux sites auxquels il s’attaque sont ouvertement et très énergiquement anti-sioniste. Cela ne saurait en aucun cas l’excuser du procédé.

 

Source: http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/

24  juin 2017

Le bloc de quatre pays arabes menés par l’Arabie Saoudite, qui a imposé un embargo contre le Qatar le 5 Juin, a finalement présenté sa liste d’exigences. Une dépêche d’AP, ici, énumère les 13 demandes. Parmi les demandes les plus frappantes il y a celles qui exigent de Doha de réduire ses liens avec l’Iran, d’interrompre les relations avec le Hezbollah et les Frères musulmans, la fermeture d’une base militaire turque dans le pays, et la fermeture de la chaîne d’état d’Al Jazeera et de plusieurs agences de presse.

Fait intéressant, le Qatar devrait également « consentir à des inspections mensuelles pour la première année après avoir accepté les demandes, puis une fois par trimestre au cours de la deuxième année. Pour les 10 années suivantes, le Qatar serait contrôlé chaque année pour vérifier qu’il reste conforme. « Tout cela signifie que la capitulation abjecte et sans conditions du Qatar ne satisfera que ses « grands frères » -. Rien de moins. Soit dit en passant, il y a aussi un calendrier à respecter – dans les 10 prochains jours – sinon les demandes s’intensifieront.

À mon avis, le Qatar n’aura aucune difficulté à voir que tout ceci n’est rien de moins qu’une poussée à peine voilée pour un « changement de régime ». La réponse du régime ne peut être que celle-ci : ces gros bonnets arabes peuvent aller se faire pendre.

Que va-t-il se passer ensuite? En termes simples, le Moyen-Orient musulman est sur le point de se diviser et le schisme historique aura des conséquences profondes pour la sécurité régionale et internationale.

Ne vous méprenez pas, ce dernier développement signifie aussi une gifle pour l’administration Trump. Déjà mardi dernier, le département d’Etat américain avait mis en garde l’Arabie Saoudite de résoudre sans délais le bras de fer de peur qu’une intervention directe des États-Unis ne devienne nécessaire, mettant ainsi en doute la position adoptée par Riyad (qui est largement considérée comme portant l’empreinte du nouveau prince héritier Mohammed bin Salman) et montrant également une large empathie pour le Qatar (où le commandement central américain a son siège.) Chose curieuse, le porte-parole américain a également fait allusion à l’implication passée de l’Arabie Saoudite dans le terrorisme « que ce soit par le financement du terrorisme ou par d’autres moyens ».

De toute évidence, la fierté saoudienne a été touchée au vif et Riyad a ignoré la censure des États-Unis. Sans aucun doute, ces exigences sont aussi un geste de défi à Washington. Selon toute vraisemblance, tout cela va maintenant devenir une crise prolongée, ce qui détériorera sérieusement les stratégies régionales  des États-Unis – à moins bien sûr que le Qatar ne se traîne à genoux – et affaiblira sa guerre contre l’Etat Islamique.

Certes, la Turquie n’aura cure de la demande saoudienne de fermer immédiatement sa présumée base militaire à Doha. Le président Recep Erdogan verra cette demande comme une atteinte intolérable à l’héritage ottoman. VOA a rapporté jeudi que la Turquie avait fourni des vivres et déplacé des troupes au Qatar de manière importante.

Bien évidemment, le point crucial de la question est que le virus du printemps arabe hiberne au Qatar et il menace encore une fois de devenir un jour une épidémie, menaçant les régimes autocratiques du Moyen-Orient. Seule la Turquie, l’Iran et Israël sont immunisés contre le virus de l’émancipation démocratique. De toute évidence, Al Jazeera et les Frères musulmans dirigent les cheikhs fous en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis, au Bahreïn et menacent la dictature militaire en Egypte.

La crédibilité des Etats-Unis dans la « rue arabe » est maintenant irrémédiablement endommagée. Pour le président Donald Trump tout cela devient un grand embarras politique au niveau national. (Bloomberg) Il reste à voir jusqu’à quand les Etats-Unis pourront se permettre de soutenir leurs gesticulations belliqueuses en Syrie et en Irak sans alliés régionaux du monde arabe.

La stratégie de confinement de l’administration Trump contre l’Iran semble destinée à s’effondrer avant même son lancement et le projet des marionnettes de Trump pour l’OTAN arabe semble être une blague macabre. Les Etats-Unis pourront-ils jamais restaurer leur hégémonie au Moyen-Orient musulman? On peut en douter. Un grand pan de l’histoire moderne de l’hégémonie occidentale sur les Arabes est en train de se détacher et de partir à la dérive. Ce qui est sûr, c’est que les Russes arrivent!

Source : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/06/23/us-faces-historic-setback-in-the-middle-east/

 

Traduction : Avic – Réseau International

22  juin 2017

 

Macron prépare la guerre contre la Syrie, voici des preuves

Par Chantal Dupille dite eva R-sistons

François Hollande gouverne-t-il encore à travers celui qu’il a tout fait pour installer en France, Emmanuel Macron ?  Ce qui est sûr, c’est qu’il a légué au nouveau Président son obsession de la Syrie – surtout, d’éliminer Bachar el-Assad. Et tout indique que le Chef de Guerre Macron prépare sa guerre contre la Syrie, au risque d’un affrontement avec la Russie, et donc au risque de la guerre mondiale.

 

Or le Président Macron vient de recevoir le Roi de Jordanie. Pourquoi ? On peut légitimement s’interroger sur ses projets. INEDIT : « Abdallah II est prêt à intervenir en Syrie, directement ou par procuration. Le roi de Jordanie, Abdallah II, peaufine actuellement les derniers détails de son intervention militaire sur le dossier syrien ». Source :

Macron, comme Hollande, veut la tête de Assad. Le plus vite possible. Avant que le Président syrien ne finisse de libérer son pays. En effet, plus Bachar El-Assad se rapproche du but, plus la situation est tendue :  http://reseauinternational.net/front-syro-irakien-daech-sous-le-feu-des-missiles-balistiques-iraniens/

On sait aussi que le Président français a parlé de LIGNE ROUGE au Président Poutine, comme si Bachar El-Assad serait assez fou pour, soudain, utiliser des armes chimiques qu’il n’a plus !  Bref, cela sent le false flag, le prétexte pour pouvoir attaquer « légitimement » la Syrie : L’arrogant Macron défie le Président Poutine, mais la partie n’est pas terminée, et la suite sera cinglante..

 

Jusqu’ici, Macron semblait prêt à attaquer la Syrie même sans mandat de l’ONU, pour « neutraliser les capacités chimiques du Régime ».

Non seulement le Président Macron reçoit le Roi de Jordanie au moment où celui-ci est prêt à intervenir, mais soudain, la Presse s’acharne sur la Syrie. Pour préparer l’opinion publique à une guerre de la France ? Ce 20 juin, par exemple, je vois un document de LCP, « Syrie, la révolution confisquée » (sur Droit de Suite). Voici deux extraits significatifs, d’abord un immense mensonge pour rappeler la Shoah et émouvoir : « Des fours crématoires pour cacher les massacres du Régime ». Ensuite cette conclusion pour pousser les Français à accepter les plans du chef de guerre Macron : « Assad et Daesh, DEUX BARBARIES se complétant » !

 

 Oui, la France soutient les terroristes en Syrie !

Avant la diffusion du document de LCP, le 8 juin dernier, la journaliste Elise Lucet s’est muée en journaleuse de propagande de guerre, sur Envoyé Spécial, avec son « Bachar un ami encombrant ». En effet, les faits sont complètement déformés, avec elle la télévision devient un instrument de guerre, de mensonge et de mort. Et il m’apparaît clairement que Mme Lucet vise la vidéo sur, en fait, le VRAI Assad, vidéo Arte que j’ai eu du mal à dénicher et que j’ai diffusée, puis relayée dans de dures conditions. Circulant désormais beaucoup, elle gênait certainement le pouvoir et il fallait la réfuter !  Ce document exceptionnel est ici : http://eva-coups-de-coeur.eklablog.com/assad-n-est-pas-un-dictateur-la-video-bombe-qui-derange-arte-et-qui-pe-a128011256

Diffusion massive de documentaires contre le Président Assad, rencontre avec le Roi de Jordanie… est-ce tout ? Non ! Je me suis interrogée sur la présence du Général Puga à la dernière réunion Bilderberg qui on le sait, programme le pire pour le monde. Ce militaire a-t-il été là-bas pour défendre le projet de Macron, et devra-t-il ensuite soumettre l’Armée française aux plans d’attaque de la Syrie ? Le Général Benoît Puga est un ancien légionnaire. On comprend mieux son parcours, si différent de tant de nos généraux servant la France ! http://www.lefigaro.fr/international/2016/09/28/01003-20160928ARTFIG00317-le-general-puga-sort-de-son-silence.php

 

La femme du Président Assad comme son mari, au service des Syriens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et ce 21 juin, j’apprends le revirement soudain de Macron. Que cache-t-il ? Au moment où il rencontre le Roi de Jordanie, c’est bizarre… Le Président Poutine aurait-t-il ramené Macron à la raison ? Ou le Président français veut-il détourner l’attention, notamment suite à CETTE parution très relayée ? Donner le change ? En tous cas, voilà des revirements à la Donald Trump ne présageant rien de sérieux, mais plutôt beaucoup d’incertitudes ! https://francais.rt.com/international/40094-pour-emmanuel-macron-il-n-a-pas-successeur-legitime-bachar-el-assad

Si vous voulez découvrir mon petit dossier « Guerre de Macron en Syrie », que j’ai résumé ici, voici le lien : http://eva-r-sistons.eklablog.com/macron-prepare-l-abominable-guerre-contre-la-syrie-voici-des-preuves-a130530838

Le Président Macron n’est pas seulement le futur fossoyeur de la France, mais celui qui, peut-être, conduira notre pays vers une confrontation avec la Russie. L’obsession de changement de Régime en Syrie peut conduire à tout, surtout au pire !

 Chantal Dupille dite eva R-sistons

Les opinions exprimées ici n’engagent que leur auteur

 

 

« Un jour, je parlerai », promet François Fillon

Mais que devient le candidat LR déchu à la présidentielle française ? Sanctionné dès le premier tour (il avait obtenu 20,01% des suffrages), François Fillon a disparu de la sphère médiatique et se fait, depuis le 23 avril, très discret.

Ses premiers mots, il les a donnés au Journal du dimanche, ce 18 juin. S’il se dit « tourné vers l’avenir », une question reste en travers de la gorge de l’ancien bras-droit de Nicolas Sarkozy : qui a vendu la mèche concernant les accusations d’emplois fictifs qui ont miné sa campagne ? « J’ai envie de savoir d’où cela est venu et comment ça s’est passé », dit-il.

Il a bien quelques pistes, même trois hypothèses : « Le pouvoir ; quelqu’un de mon camp ; ou un autre personnage extérieur à la politique [dont il ne veut pas dire le nom]. » Fillon le promet : « Un jour, je parlerai, mais c’est trop tôt. »

Regrette-t-il d’avoir mené campagne ? Sa réponse est alors plus sibylline : « Honnêtement, je ne suis pas là-dessus. Je suis tourné vers l’avenir. Et puis seul le résultat compte : si j’avais gagné, on aurait dit que j’avais tout bien géré ; comme j’ai perdu, on dit qu’on a tout mal fait. »

Retenterait-il le coup, aujourd’hui ? « C’est tellement difficile de répondre à cette question », souffle-t-il. Une chose est sûre : le silence relatif de François Fillon ne durera pas éternellement.

Source:http://www.lalibre.be/actu/france/un-jour-je-parlerai-promet-francois-fillon-59467483cd70d27800b1daf1

 

Economie. «La crise financière, inévitable et imprévisible»

 «Le monde n’a pas connu de crise financière depuis cinq ans. Inutile d’espérer pour autant que nous ayons appris de nos erreurs. Les crises financières viennent de notre refus d’envisager des risques pourtant bien réels.» Voici l’introduction d’un éditorialiste de renom du quotidien économique Les Echos, en date du 16 juin 2017. Un point de vue réaliste, quelles que soient les différences en termes d’explications causales que nous pouvons avoir. (Réd. A l’Encontre)

Nous vivons un moment incroyablement calme de notre histoire. Depuis cinq ans, le monde n’a connu aucune crise financière majeure. Cette accalmie peu visible en ces temps de secousses géopolitiques profondes et de tsunamis numériques n’en est pas moins exceptionnelle. Il faut remonter aux années 1970 pour retrouver pareil moment.

Depuis, krachs petits et grands se sont enchaînés à un rythme infernal. La crise latino-américaine qui a commencé en 1982 au Mexique et au Chili avant de toucher l’Argentine, le Brésil, la Colombie, entraînant la «Década perdida» (la décennie perdue). Le krach d’octobre 1987, avec une chute vertigineuse de Wall Street de 22,6% en une seule journée. L’effondrement des «junk bonds» (obligations pourries), deux ans plus tard, et la faillite de plus de 1500 caisses d’épargne américaines. Puis l’explosion de la bulle boursière au Japon en 1990, qui a plongé le pays dans la déflation. La chute des prix immobiliers en Irlande, en France, au Royaume-Uni au début des années 1990 avec son cortège de faillites bancaires. L’«effet tequila» du Mexique en 1994 qui provoqua l’effondrement du système financier. La grande crise asiatique de 1997-1998 qui poussa les pays d’Asie à accumuler ensuite des réserves de change pour s’assurer que le FMI ne viendrait plus leur dicter des politiques ineptes. Par ricochet, la tempête du rouble russe, qui plomba le fonds new-yorkais LTCM sauvé en catastrophe par la Fed. L’éclatement de la bulle Internet aux Etats-Unis en l’an 2000. La crise du peso en Argentine en 2001 et celle du real au Brésil l’année suivante. Puis l’épisode américain des «subprimes», qui s’amorce en 2006, touche la finance européenne à l’été 2007 et connaît son paroxysme avec la somptueuse faillite de Lehman Brothers en 2008. Et enfin la crise de l’euro qui débute en 2009 et culmine en 2011-2012, jusqu’au moment où le patron de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, promet de faire «tout ce qu’il faudra» pour préserver la monnaie unique. N’en jetez plus!

D’où vient donc cette quiétude financière? Il serait possible de soutenir que nous avons appris de nos erreurs. Et c’est vrai que des milliers de pages de réglementation financière ont été écrites ces dernières années, que des instances ont été créées comme le Conseil de la stabilité financière lancé par le G20, que certaines zones d’opacité financière sont désormais mieux connues, que les banques doivent avoir plus d’argent en réserve et subir régulièrement des tests de résistance.

Inquiétude sur la dette des entreprises

Mais il y a au moins trois raisons de douter de cette courbe d’apprentissage. D’abord, c’est dans la nature humaine que de chercher à éviter la dernière crise et non à empêcher la prochaine. Ensuite, l’argent a coulé à flots des robinets des banques centrales pour éviter un problème de liquidités, ce qui a masqué des faiblesses et aussi sans doute engendré de nouveaux déséquilibres (la politique accommodante menée par la Réserve fédérale américaine après l’explosion de la bulle Internet avait ainsi contribué à la formation de la bulle du «subprime»). Enfin, toutes les crises passées sont venues d’un excès de dette, et le monde n’a jamais été aussi endetté qu’aujourd’hui. D’après les pointages de la Banque des règlements internationaux, l’endettement public et privé dans 44 pays, dont tous les plus grands, atteint 160’000 milliards de dollars, soit 235% du PIB (sans compter les dettes entre institutions financières). Il était inférieur à 200% du PIB à la chute de la maison Lehman Frères. Et le ralentissement mondial de la productivité freine la création de richesse qui permet d’honorer ces dettes. Le directeur général de la BRI,  Jaime Caruana, a décortiqué en février le mécanisme qui rend si difficile la prédiction des crises financières: «Chaque crise a été permise par une incompréhension collective qui a créé un angle mort sur le risque.» Walter Wriston, patron de la banque américaine Citibank, est ainsi resté célèbre pour avoir proclamé au début des années 1980 que «les pays ne font pas faillite». Ce qui a empêché de voir la dégradation des comptes des pays latino-américains, pourtant visible dans les statistiques de crédit. «La sécurité ne découle pas automatiquement d’une meilleure information», expliquait dès 1976 Alexandre Lamfalussy, un conseiller de la BRI qui en prendra plus tard la direction.

La tempête asiatique des années 1990 vient d’un autre modèle erroné, formulé par Nigel Lawson. Cet ancien ministre britannique des Finances expliquait qu’il ne faut pas s’inquiéter du déficit courant d’un pays s’il ne se reflète pas dans un déficit public. Inutile, donc, de se méfier des milliards de dollars investis à court terme pour financer les déficits courants des pays d’Asie aux finances publiques saines… même si leur départ massif à la première inquiétude a plongé ces pays dans une crise aiguë. Un même aveuglement a provoqué la crise des «subprimes» («les produits structurés notés AAA ne peuvent pas faire faillite») et celle de la zone euro («un pays avancé ne peut pas faire défaut»). Les experts ne cessent de chercher la source de la prochaine crise. Ils s’inquiètent actuellement de la dette des entreprises des Etats-Unis et des pays émergents, des prêts énormes des banques secondaires en Chine où le crédit aux entreprises a augmenté de 66 points de PIB en une décennie, de la soutenabilité de la dette publique au sud de l’Europe, des encours de crédit aux étudiants en Amérique aussi élevés que ceux du «subprime» en 2007. Au fond, c’est plus facile que de traquer les fausses représentations du réel. (16 juin 2017)

Jean Marc Vittori

Source: http://alencontre.org/economie/economie-la-crise-financiere-inevitable-et-imprevisible.html

 

Les peuples ne participent plus au jeu de « diviser pour régner »

Plus les temps sont durs, plus deviennent évidents les efforts des services secrets, des gouvernements et des élites du pouvoir pour qu’arrive une confrontation mondiale. Ce principe de dresser les gens les uns contre les autres et de créer de nouveaux personnages ennemis a engendré infiniment de guerres, de destruction et d’effusion de sang. Mais de plus en plus un tout autre vent venant de la base, c’est-à-dire des peuples, commence à souffler. Comme un printemps qui fait jaillir les bourgeons des arbres, il y a des signes annonciateurs tout nouveaux, qui disent que les peuples sont désireux d’en finir avec la tragédie de l’expression « diviser pour régner » qui dure depuis des millénaires. Comme un signe du ciel, le printemps mondial a surgi et a fait jaillir en même temps trois bourgeons considérables et encourageants le dernier week-end de mai de cette année :

Le 27 mai plus de 3 000 personnes se sont réunies en Suisse lors de la « Journée de l’amitié internationale », où des représentants de contraires extrêmes se sont manifesté leur amour et leur estime. Des chrétiens envers les musulmans et envers les juifs, des Américains envers des Russes, des Russes envers des Ukrainiens, des Turcs envers des Kurdes, des noirs envers des blancs, des personnes âgées envers des jeunes et beaucoup plus ! Des liens d’hostilité qui durent depuis des décennies ont été brisés, et des religions et nations ennemies se sont rendu compte que leurs compléments mutuels étaient dans leur vis-à-vis. Toute la journée a été traduite simultanément en dix langues et retransmise en direct dans le monde entier.

Le même jour exactement, des milliers d’Israéliens ont fait une manifestation à Tel-Aviv pour une solution pacifique du conflit avec les Palestiniens. De façon significative la manifestation a été organisée par l’organisation « La Paix Maintenant », qui critique la construction des colonies juives dans les territoires palestiniens. La manifestation était « … contre le désespoir que suscite chez nous un gouvernement qui continue l’occupation, l’emploi de la force et le racisme », a dit Avi Buskila, le chef de « La Paix Maintenant ». Pendant la manifestation un message du Président palestinien Mahmut Abbas a été lu : « C’est l’heure où nous vivrons ensemble en paix, en harmonie, en sécurité et en stabilité. »

Le dernier week-end de mai une vidéo arabe a aussi été publiée sur Youtube, qui compte 6,5 millions de vues jusqu’à ce jour. Dans ce clip le peuple musulman s’oppose à un kamikaze bardé d’une ceinture d’explosifs et l’interpelle : Toi qui viens au nom de la mort. Lui (Dieu) est le créateur de la vie. (…) Adore ton Dieu avec amour – avec l’amour, pas avec la terreur. Confronte ton ennemi avec la paix, pas avec la guerre. Convaincs les autres avec l’indulgence, pas avec la contrainte. Bombardons la force avec la grâce. Bombardons la tromperie avec la vérité. Bombardons la haine avec l’amour.

Quand dans le monde entier de telles choses se mettent en mouvement, on perçoit que des pouvoirs célestes provoquent chez les hommes une nouvelle conscience d’unité et de réconciliation qui dépasse toutes les frontières. Une seule et même chose a lieu en même temps parmi des chrétiens, des juifs et des musulmans. Reprenez vous-mêmes courage et reprenez des forces au moyen de la compilation suivante de la « Journée de l’amitié internationale » et du clip arabe émouvant. Partagez les liens avec des personnes dans le monde entier. Maintenant c’est le temps où la force de l’amour domine la haine et où les hommes s’aperçoivent qu’ils ont besoin les uns des autres.

Liens : http://www.n-tv.de/politik/Tausende-Israelis-demonstrieren-fuer-Frieden-article19862663.html
http://orf.at/stories/2393268
https://www.youtube.com/watch?v=U49nOBFv508

 

Source: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

18  juin 2017

 

 

Trump veut renverser « le régime iranien » ?

 « Notre politique envers l’Iran est de soutenir les éléments à l’intérieur du pays qui aideront au changement pacifique du régime », a déclaré le secrétaire d’État américain Rex Tillerson devant la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants des États-Unis.

« La politique envers l’Iran est en cours de rédaction, elle n’a pas été encore présentée au président. Mais je peux vous dire que nous sommes persuadés du rôle déstabilisateur de l’Iran dans la région, du financement des rebelles étrangers, du déploiement de miliciens en Irak, en Syrie et au Yémen, ainsi que de son soutien au Hezbollah. Nous contiendrons son désir d’hégémonie ; de nouvelles sanctions ont été décidées contre des personnalités iraniennes » a menacé Rex Tillerson dont l’administration apporte un appui ferme et clair au régime saoudien qui est le parrain mondialement connu du terrorisme.

« Nous examinons toujours les répercussions diplomatiques et internationales de la qualification terroriste du Sepah iranien [Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran] », a-t-il ajouté.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a en ligne de mire le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, présent sur tous les fronts de combat contre Daech et d’autres groupes terroristes.

« Nous devons nous dresser devant l’hégémonie de l’Iran, ses capacités à fabriquer l’arme nucléaire et soutenir l’opposition interne qui conduira au changement pacifique de son régime politique », a-t-il poursuivi sans évoquer des décennies de domination et de pillage des richesses de la région par les États-Unis.

Source: Avec PressTV

via: http://french.almanar.com.lb/451955

 

«La main» des Saoudiens et des Etats-Unis dans les attentats de Téhéran pousse à une guerre totale

Donald Trump, accordant un soutien militaire croissant à l’Arabie saoudite, risque de provoquer une escalade des tensions au Moyen-Orient. Le journaliste Finian Cunningham évoque les potentiels développements à venir dans la région.

L’Iran a accusé l’Arabie Saoudite et par extension les Etats-Unis d’être impliqués dans les attentats meurtriers qui ont frappé au cœur de la capitale iranienne. Désormais, Téhéran menaçant de se venger, le Moyen-Orient est au bord d’une guerre totale.

Véritable poudrière, le Moyen-Orient est déjà au bord de l’explosion à cause de ses longues guerres par procuration dans nombre de pays, guerres qui se manifestent désormais en prenant la forme d’une crise entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ce dernier est accusé de ne pas faire assez d’allégeance aux dirigeants saoudiens et d’entretenir des relations d’amitié «déloyales» avec l’Iran.

L’attentat à la bombe et l’attaque armée qui ont fait 17 morts ont été un vrai choc. Une véritable frappe au cœur même de la République islamique. La fusillade au Parlement et l’attentat au mausolée de l’Ayatollah Ruhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique d’Iran, ont été perpétrés par des groupes kamikazes et revendiqués par l’Etat islamique.

L’attentat du mausolée est une frappe audacieuse contre le fondement même de la République islamique

Quelques jours plus tôt, l’ayatollah Ali Khamenei, l’actuel guide suprême de l’Iran, s’était rendu au mausolée pour commémorer le 28ème anniversaire de la mort du père fondateur de l’Iran moderne. L’attentat du mausolée est une frappe audacieuse contre le fondement même de la République Islamique.

Les services de renseignement ont accusé les Etats-Unis aussi bien que l’Arabie Saoudite d’être «impliqués». Le Corps des Gardiens de la révolution islamique – le corps militaire d’élite de l’Iran – a juré vengeance. L’Arabie saoudite nie son implication.

La réaction du président américain Donald Trump a immédiatement provoqué la colère de l’Iran. Au lieu de condamner les attentats, Donald Trump a laissé entendre que ces atrocités servaient de leçon à l’Iran pour avoir parrainé le terrorisme dans la région. Mohammed Javad Zarif, ministre iranien des affaires étrangères, a qualifié les paroles de Donald Trump de «répugnantes».

Alors que d’autres pays, dont la Russie et la France, ont condamné sans équivoque le carnage de Téhéran, promettant d’apporter une réponse commune pour combattre le terrorisme, la réaction ambiguë de l’administration de Trump et de l’Arabie Saoudite a alimenté la colère de l’Iran et sa conviction que tous deux ont joué un rôle dans ce complot meurtrier.

Le mois dernier, Mohammed ben Salmane Al Saoud, vice-prince héritier d’Arabie Saoudite, considéré de fait comme le dirigeant du royaume à la place de son père malade, le roi Salmane, a proféré des menaces extraordinaires envers l’Iran. Dans un entretien télévisé accordé à une chaine nationale, l’héritier saoudien a prévenu que son pays «porterait le combat» sur le territoire de l’Iran.

Mohammed ben Salmane, qui est aussi le ministre de la Défense, a répété des accusations de longue date selon lesquelles l’Iran essayerait de déstabiliser l’Arabie Saoudite et ses voisins sunnites. L’Iran a systématiquement nié ces accusations.

«Nous savons que nous sommes l’objectif principal pour le régime iranien», a-t-il indiqué. «Nous n’attendrons pas que la bataille arrive en Arabie Saoudite, mais ferons en sorte que des combats aient lieu en Iran plutôt qu’en Arabie Saoudite.»

Le prince saoudien n’a pas caché la haine de la Maison des Saoud envers l’Iran chiite, considéré par les wahhabites saoudiens qui pratiquent un sunnisme extrémiste comme un ennemi hérétique. Selon lui, son pays «ne parlera jamais à l’Iran».

L’attentat de Téhéran est considéré par l’Iran comme l’exécution de cette «menace explicite» saoudienne de porter le combat au cœur de la République islamique

L’Iran a répondu furieusement. Hossein Dehghan, ministre iranien de la Défense a riposté, disant que si l’Arabie Saoudite devait faire quelque chose de «stupide», l’Iran régirait en «ne laissant intact aucun recoin d’Arabie Saoudite à l’exception de la Mecque et de Médine» – deux lieux saints de l’Islam.

Gholamali Khoshroo, représentant permanent de l’Iran aux Nations Unies a officiellement protesté auprès du Conseil de sécurité contre ce qu’il a qualifié de «menace explicite» de la part de l’Arabie Saoudite.

L’attentat à Téhéran est considéré par l’Iran comme l’exécution de cette «menace explicite» saoudienne de porter le combat au cœur de la République islamique.

Il semble évident que l’attentat a été perpétré par Daesh. En plus d’avoir revendiqué les attentats sur le site web de son agence de propagande, Amaq, et diffusé les vidéos de ces attentats, le groupe terroriste avait récemment appelé à mener des opérations en Iran. L’attentat meurtrier de Téhéran est la première opération de ce type organisée par Daesh en Iran. Toutefois, d’autres groupes militants liés aux wahhabites mènent depuis longtemps une politique de terreur dans des régions éloignées d’Iran.

Malgré les démentis officiels de Riyad, nombre de preuves montrent que l’Arabie Saoudite est le parrain clé des réseaux terroristes wahhabites, y compris Daesh et une myriade de ses branches

En avril, dix gardes-frontières iraniens ont été tués par des militants liés au groupe Joundallah, dans le sud-est du pays, près de l’Afghanistan et du Pakistan. L’Iran avait déjà accusé l’Arabie Saoudite de «complicité» dans cet attentat. Joundallah et d’autres groupes terroristes anti-gouvernementaux, tels qu’Ansar al Furqan, sont soupçonnés d’être financés par l’Arabie Saoudite.

Téhéran avait considéré les assassinats d’au moins quatre scientifiques nucléaires iraniens comme commis par un autre groupe terroriste – le MeK – lié à la CIA.

Malgré les démentis officiels de Riyad, nombre de preuves montrent que l’Arabie saoudite est le parrain clé des réseaux terroristes wahhabites, y compris Daesh et une myriade de ses branches. Ces réseaux ont joué un rôle essentiel dans le changement de régime en Syrie, clandestinement organisé par la CIA et ses alliés régionaux.

Le président Trump s’est montré imprudemment favorable aux régimes du Golfe loyaux à l’Arabie Saoudite lors de sa tournée régionale pendant laquelle il a signé des contrats records de vente d’armements (jusqu’à 350 milliards de dollars). Pendant sa première visite à l’étranger en tant que président, Donald Trump a été reçu honorablement en Arabie Saoudite, sa première escale. Il s’est servi de cette visite historique pour mobiliser l’Arabie Saoudite et ses alliés contre l’Iran, «le premier parrain du terrorisme».

Les faveurs déplacées de Donald Trump envers les dirigeants saoudiens sont plutôt insensées qu’ironiques.

Le président américain partage ouvertement cette obsession saoudienne de représenter l’Iran comme «le mal». Lors de sa campagne électorale, Donald Trump a promis de rompre l’accord sur le nucléaire iranien approuvé par l’ONU – accord négocié par son prédécesseur Barack Obama et cinq autres puissances mondiales : la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

L’administration de Trump et le Congrès américain avaient attisé leur rhétorique hostile envers l’Iran dès l’investiture du nouveau président en janvier. Récemment, Donald Trump a nommé un intransigeant ancien agent de la CIA, Michael D’Andrea, à la tête des opérations offensives clandestines contre l’Iran.

Les dirigeants saoudiens considèrent que le Qatar est «trop doux» envers l’Iran – leur ennemi juré chiite

Avec un contexte de soutien militaire croissant accordé par Donald Trump à l’Arabie Saoudite et sa manière d’attiser la rhétorique anti-iranienne, main dans la main avec Riyad, les attentats à Téhéran constituent une énième imprudente incitation.

Cette crise diplomatique entre le Qatar et les autres Etats du Golfe, Arabie saoudite en tête, est liée à tout ce qui précède : formellement alignée sur l’Arabie Saoudite, cette monarchie sunnite a fait preuve d’ambivalence face à l’initiative de Donald Trump et de la Maison des Saoud d’intensifier l’hostilité dirigée contre l’Iran.

L’Emir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, a fait un geste «impardonnable» en félicitant le président iranien Hassan Rohani à l’occasion de sa réélection le mois passé, au moment même où Donald Trump, en visite à Riyad, battait le tambour anti-iranien.

Les dirigeants saoudiens considèrent que le Qatar est «trop doux» envers l’Iran – leur ennemi juré chiite. N’ont pas tardé à fuser les absurdes accusations portées cette semaine par l’Arabie Saoudite, selon lesquelles le Qatar, Etat sunnite, complote avec l’Iran, Etat chiite, afin de déstabiliser la région.

La veille de l’attentat à Téhéran, Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, a accusé la «Trumpisation» (en particulier les importantes livraisons d’armes dans cette région par le président américain), de provoquer une escalade des tensions. Mais désormais, avec du sang dans les rues de la capitale iranienne, les actions de Donald Trump engendrent bien plus que des tensions. Elles engendrent une guerre totale.

Finian Cunningham

Finian Cunningham a beaucoup écrit sur les relations internationales. Ses articles ont été publiés en plusieurs langues. Originaire de Belfast, en Irlande du Nord, il est titulaire d’un Master en chimie agricole et a travaillé en tant que rédacteur scientifique pour la Royal Society of Chemistry, à Cambridge, en Angleterre, avant de poursuivre une carrière en tant que journaliste de presse écrite. Depuis plus de 20 ans, il travaille en tant que rédacteur et écrivain dans les principaux médias britanniques et irlandais, dont The MirrorThe Irish Times et The Independent. Journaliste freelance basé en Afrique de l’Est, ses chroniques sont publiées par RT, Sputnik, Strategic Culture Foundation et Press TV.

Photo: Le président Hassan Rouhani participe aux funérailles après les attentats à Téhéran  

Source: https://francais.rt.com/opinions/39732-main-saoudiens-etats-unis-dans-attentats-teheran-pousse-guerre-totale

 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

 En cas de guerre, l’Iran

 

peut frapper toutes les

 

bases US dans la région

 

dans un rayon de 2000 km

 

Le haut-conseiller du commandant en chef des forces armées iraniennes, le général Yahya Rahim Safawi a mis en garde les Etats-Unis que s’ils déclenchent une guerre contre l’Iran, « toutes leurs bases militaires dans la région seront menacées » ajoutant que « l’Iran est capable de frapper des cibles à plus de 2000 km » a rapporté l’agence d’informations iraniennes Farsnews.

Il a indiqué : « selon les analyses et des études précises, en dépit de ses prétentions d’être une superpuissance, sans compter ses capacités à couvrir le monde entier avec ses navires et ses bases militaires, la puissance des USA  est condamnée à disparaître »

Preuve en est selon lui « son incapacité à mettre fin à la crise syrienne et à imposer leurs objectifs dans ce pays ».

Le général Safawia conclut : »Daesh est salafiste et wahhabite en termes idéologiques, ils considèrent  les musulmans chiites  comme des infidèles et des mécréants, et leurs femmes méritant d’être réduites à l’esclavage ».

 

Source: http://french.almanar.com.lb/450595

La Turquie examine l’envoi de troupes turques au Qatar : « Riyad est une marionnette de Washington », selon Erdogan

Ce mercredi 7 juin, les parlementaires turcs se sont penchés sur un projet de loi prévoyant le transfert de militaires vers une base turque au Qatar.

Les députés du Parti de la justice et du développement, au pouvoir en Turquie, ont affirmé que l’examen dudit projet constituait une priorité à l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement.

Cet effort déployé par les parlementaires turcs semble être une tentative de la Turquie pour protéger le Qatar contre la rupture des relations avec Doha qui a été décidée par l’Arabie Saoudite et d’autres pays arabes.

Le gouvernement du Qatar mène actuellement des concertations avec les responsables iraniens et turcs concernant la fourniture d’aides alimentaires et d’eau au Qatar, a déclaré ce mercredi 7 juin une autorité officielle qatarie, considérant ces pourparlers comme une mesure préventive contre toute pénurie, rapporte l’agence de presse Reuters.

Cela étant, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, qui sont les principaux fournisseurs en produits agroalimentaires et en eau vers le Qatar, ont coupé tout lien avec ce pays.

La source précitée, qui a préféré garder l’anonymat, a fait savoir que l’acheminement des cargaisons contenant les aides serait assuré par la compagnie aérienne Qatar Airways. Elle s’est cependant voulue rassurante en précisant que Doha disposait encore de stocks importants d’aliments de première nécessité.

Par ailleurs, selon ce responsable qatari, l’Arabie Saoudite et les pays arabes qui lui ont emboîté le pas ont décidé, au mépris de toutes les lois internationales, d’expulser de leur territoire tous les ressortissants qataris.

Ali ben Samikh al-Marri, directeur du Comité national des droits de l’homme (CNDH) du Qatar, pense que le délai de deux semaines accordé aux ressortissants qataris pour quitter l’Arabie Saoudite et les autres pays arabes ayant rompu leurs relations diplomatiques avec Doha constitue une transgression des lois internationales. Il a sollicité l’intervention de l’ONU en cette affaire.

 Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/06/07/524504/Turquie-enverratelle-ses-troupes-au-Qatar

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Erdogan veut « développer » les relations avec le Qatar, « Riyad est une marionnette de Washington »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué mardi les sanctions « pas bonnes » prises par l’Arabie Saoudite et ses alliés contre le Qatar, pays avec lequel Ankara compte, a-t-il dit, « développer » ses relations.

« Permettez-moi de dire d’emblée que nous ne trouvons pas bonnes les sanctions prises contre le Qatar », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours devant des ambassadeurs à Ankara, selon l’AFP.

« En tant que Turquie, nous allons poursuivre et développer nos relations avec le Qatar, comme avec tous nos amis qui nous ont soutenus dans les moments les plus difficiles, notamment le putsch du 15 juillet », a ajouté le président turc qui s’exprimait pour la première fois sur ce sujet en public.

L’Arabie Saoudite et cinq de ses alliés, dont l’Egypte, ont rompu lundi avec le Qatar, accusé de soutenir le « terrorisme », provoquant une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient.

La Turquie entretient des rapports privilégiés avec le Qatar, mais a aussi de bonnes relations avec les autres monarchies du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite.

De fait, s’il a pris la défense de Doha, M. Erdogan s’est bien gardé d’émettre la moindre critique envers Ryad, appelant les pays membres du Conseil de coopération du Golfe à « résoudre leurs différends par la voie du dialogue ».

« Les efforts en vue d’isoler le Qatar (…) ne permettront de résoudre aucun problème de quelque manière que ce soit », a déclaré M. Erdogan, qui a loué le « sang-froid » et l’ »approche constructive » de Doha.

L’Arabie Saoudite et ses alliés ont justifié leurs sanctions contre le Qatar en accusant ce riche Etat gazier de « soutenir le terrorisme », une accusation également portée par le président américain Donald Trump.

« Présenter le Qatar comme un soutien du terrorisme, je vois cela comme une accusation grave », a déclaré M. Erdogan. « Je les connais bien (les dirigeants du Qatar), et si cela avait été le cas, j’aurais été le premier chef d’Etat à leur faire face », a-t-il ajouté.

« Dans cette affaire, certains sont en train de manigancer quelque chose, mais nous n’avons pas encore réussi à identifier qui est derrière ce jeu », a énigmatiquement ajouté le chef de l’Etat turc.

« Riyad est une marionnette de Washington »

Entre-temps, le journal turc Yeni Akit, proche du parti au pouvoir de la justice et du développement (AKP), a critiqué, dans son édition du mardi 6 juin, les récentes démarches anti-qataries de l’Arabie Saoudite, qualifiant cette dernière de « marionnette » des États-Unis, rapporte PressTV.

La Turquie voit dans le Qatar un partenaire, d’autant plus qu’Ankara et Doha partagent les mêmes points de vue vis-à-vis des Frères musulmans et du dossier syrien.

Du fait de ses relations amicales avec Doha et cordiales avec Ryad, M. Erdogan a entamé depuis lundi une « diplomatie téléphonique » active, s’entretenant avec une dizaine de dirigeants, dont ceux du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Russie et de la France.

« Nous sommes prêts à assumer toutes nos responsabilités afin de permettre qu’une solution aux problèmes que connaissent le Qatar et les autres pays soit trouvée », a déclaré M. Erdogan.

 

 Source: http://french.almanar.com.lb/438513

L’attaque idiote de la CIA, par l’intermédiaire d’EI, contre Duterte

Le seul mot que je trouve pour qualifier cette attaque est « idiote ». Je me réfère à la dernière tentative de changement de régime, par la CIA, contre le président philippin Rodrigo Duterte. La soi-disant attaque terroriste d’EI dans l’île méridionale de Mindanao, une île essentiellement musulmane dans un archipel de 100 millions de personnes essentiellement chrétiennes, a débuté littéralement en plein milieu de la rencontre entre le président Duterte et le président russe Vladimir Poutine à Moscou. Cette rencontre s’est tenue dans la foulée de la participation de Duterte au premier forum de la nouvelle Route de la soie qui s’est déroulé à Pékin, le 15 mai dernier. La colonie étasunienne, depuis 1898, s’éloigne visiblement du maitre Washington.

Le siège terroriste de la ville de Marawi est manifestement une tentative désespérée de la part de Washington pour renverser le très populaire (80% de popularité dans les sondages) Duterte, qui a gagné avec succès la présidence en juin dernier contre Mar Roxas, le candidat soutenu par les États-Unis, un ancien banquier de Wall Street, éduqué aux États-Unis. Depuis son entrée en fonction, Duterte a pris des mesures audacieuses et courageuses pour rediriger l’ancienne colonie américaine vers une alliance eurasienne, avec la Chine et la Russie comme principaux partenaires. À Pékin, en octobre de l’année dernière, Duterte avait déjà rencontré Xi Jinping et signé de nombreux accords commerciaux. En n’hésitant pas à suivre une politique en complète opposition avec celle de son prédécesseur pro américain Benigno Aquino III, Duterte a accepté de résoudre le conflit de la mer de Chine méridionale, entre les Philippines et la Chine, par le biais de discussions diplomatiques pacifiques, et, comme il l’a dit« chercher à se séparer des États-Unis ».

Depuis lors, Duterte a également cherché des liens plus étroits avec la Russie, dans un effort supplémentaire pour sortir de facto son pays du joug américain. Cela n’est pas bien vu par une strate du soi-disant État profond de Washington, la CIA et leurs sinistres amis. Si les États-Unis perdaient les Philippines, cela constituerait une perte géopolitique dévastatrice pour la stratégie de confinement militaire étasunienne contre la Chine et la Russie dans le Pacifique. Dévastateur.

Les attaques et le siège récents à Mindanao ont été réalisés par le groupe terroriste Maute et les organisations terroristes criminelles d’Abu Sayyaf, tous deux liés nominalement à la fausse opération islamique EI créée par les États-Unis, un projet terroriste de la CIA mis sur pied avec des fonds saoudiens, remontant à Oussama Ben Laden, al-Qaïda et l’Opération Cyclone, dans les années 1980, contre les Soviétiques en Afghanistan.

Le pivot eurasien de Duterte

Il n’est pas surprenant pour quiconque suit de près l’évolution des dialogues entre Duterte et les dirigeants chinois, et maintenant russes, que la CIA cherche à déstabiliser Duterte à ce moment critique. Elle se cache simplement derrière les jupes noires de leur drogués psychopathes, Maute et Abu Sayyaf, tous deux liés à EI, créés par la CIA et le Mossad et financés par l’Arabie Saoudite.

À Moscou, en dépit d’avoir interrompu ses entretiens avec Poutine pour rentrer à la maison et faire face à la crise terroriste à Mindanao, le chef philippin et ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères ont réussi à signer un certain nombre d’accords importants avec la Russie. Il s’agissait notamment de 10 accords majeurs visant à approfondir les relations bilatérales de défense, stratégiques et économiques. Les deux pays ont signé un accord sur la coopération en matière de défense, un cadre juridique pour les échanges militaires, la formation, le partage des renseignements. Les Philippines et la Russie ont également signé un accord d’échange de renseignements pour renforcer la coopération antiterroriste. Cela ne plaît pas du tout à Washington.

Certainement pas un manant

Les médias traditionnels occidentaux sont ravis de décrire le politicien vétéran Duterte, âgé de 71 ans, comme un manant de la campagne, un « pire que paysan » tout juste capable de déclarations vulgaires, comme lorsque, après sa prise de fonction, il a traité l’ambassadeur des États-Unis à Manille de « fils de pute homosexuel » pour avoir critiqué sa guerre contre les gros trafiquants de drogue qui affligent le pays. Que Duterte ait été correct ou pas, il a clairement gagné la sympathie de millions de ses compatriotes pour avoir le courage de s’opposer au pouvoir américain.

Après avoir observé attentivement Duterte et son choix de conseillers proches, depuis maintenant près d’un an, j’en suis arrivé à la conclusion que Duterte n’est certainement pas un manant. Au contraire, c’est un acteur politique judicieux qui est déterminé à sortir son pays du statut de servitude coloniale qu’il subit depuis la première colonisation espagnole, en 1565.

Duterte est le premier habitant de Mindanao à occuper le poste présidentiel. Éthiquement, il est de descendance Visayan. Ce fait n’est pas sans pertinence. Les Visayans de Mindanao et d’autres îles des Philippines ont mené une guerre pour l’indépendance, contre l’occupation espagnole, en 1896.

Les États-Unis, qui se présentaient comme partisans de la guerre d’indépendance menée par les Visayans contre l’Espagne, ont trahi la confiance des Philippins en signant un traité avec l’Espagne − le traité de Paris de 1898 − dans lequel l’Espagne cédait Cuba et Les Philippines aux États-Unis. Les États-Unis ont refusé de reconnaître l’indépendance de leur ancien allié, les Philippines, et ont soumis le pays par la force militaire, la première véritable prise de force impériale de l’Amérique. La première République philippine naissante a déclaré officiellement la guerre aux États-Unis en 1899, sans succès. Elle a été placée sous contrôle militaire américain. Il a fallu attendre 1946 avant que le pays ne soit reconnu comme un État souverain indépendant, au moins de nom.

Cet héritage culturel de Duterte, en tant que Visayan, est clairement un point central. Il est diplômé de l’Université des Philippines et a obtenu un diplôme de droit en 1972. En tant qu’avocat, il a été procureur de la ville de Davao à Mindanao et plus tard maire, pour devenir l’un des plus anciens des Philippines avec sept mandats sur 22 ans. En tant que maire, Duterte a adopté le Code de développement des femmes de la ville, le seul de ce genre dans tout le pays. Son objectif est de « défendre les droits des femmes et la conviction de leur valeur et de leur dignité en tant qu’êtres humains ». Il a soutenu la Magna Carta for Women à Davao, une loi portant sur les droits des femmes qui vise à éliminer la discrimination à leur égard. En tant que président, il se concentre sur la réduction de la pauvreté.

Il y a clairement beaucoup plus dans cet homme que ce que les articles médiatiques occidentaux révèlent. Maintenant, ce président très populaire est déterminé à faire de son pays une nation souveraine capable de choisir avec qui elle s’allie et pour quel intérêt national, et comment son économie se développera. C’est la raison pour laquelle la CIA et ses faux réseaux djihadistes sont prêts à essayer de se débarrasser de Rodrigo Duterte.

EI : une bavure sanglante de la CIA et du Mossad.

 

Les réseaux de l’État profond étasunien, principalement la CIA, ont choisi leur couverture préférée, la ridicule tromperie de coupeurs de tête qui se fait appeler État islamique ou ISIS ou ISIL ou DAECH (le casting central de la CIA semble avoir du mal à se mettre d’accord sur un nom). EI ou les groupes qui apparaissent en Syrie, en Irak, en Tchétchénie, partout où la CIA décide qu’elle a besoin d’une équipe de terroristes, sont en fait des tueurs mercenaires formés et entraînés par la CIA ou les Forces spéciales du Pentagone ; par l’ISI, le renseignement pakistanais, au moins autrefois ; ou par le Mossad, également connu sous le nom de Service de renseignements secrets israéliens ; ou par le MI-6. Aux Philippines, les affiliés présumés d’EI, en particulier le groupe Maute qui a assiégé la ville de Marawi, ne sont rien d’autre que des groupes criminels qui se financent par la terreur, décapitant occasionnellement pour demander une rançon dans un racket de protection, et recrutent des enfants combattants. Récemment, les réseaux de la CIA ont transporté leurs mercenaires étrangers, venant de Syrie, de Libye et d’autres endroits pour renforcer le gang de Maute et se préparer à l’attaque contre Duterte, en la dépeignant comme une « lutte de libération » religieuse.

ISIS est le rejeton de la franchise al-Qaïda, appelée al-Qaïda en Irak. En 2010, son nom a été changé en EI. Puis, alors que les journalistes israéliens soulignaient le fait embarrassant que l’acronyme anglais du mot hébreu Mossad était ISIS (Israeli Secret Intelligence Services), ils ont abruptement décidé d’appeler leur bande de mercenaires à drapeaux noirs et fusils d’assaut américains M16, EI pour État islamique. De manière pratique, en Syrie, ils contrôlent le territoire même que les pipelines concurrents du Qatar et d’Iran, vers la Méditerranée, comptent traverser. Curieusement, en dépit du fait qu’ils sont actifs sur les hauteurs du Golan, où Israël voudrait voler une énorme quantité de pétrole syrien récemment découverte, ils n’ont jamais attaqué ce pays. Une seule fois, un coup accidentel sur une cible israélienne est parti, EI s’est excusé… De vrais coupeurs de tête s’excusent-ils ainsi ?

Lorsque la fausse attaque au gaz de la CIA à Ghouta, en 2013, a échoué à obtenir un mandat de l’ONU pour une guerre totale afin de renverser Bachar al-Assad – la fameuse « ligne rouge » d’Obama – les réseaux liés à l’OTAN ont créé en 2014 le monstre qu’ils appellent maintenant EI.

Aujourd’hui, la CIA utilise EI comme couverture pour justifier le maintien des forces américaines en Irak après que le gouvernement leur a demandé de partir ; et pour justifier une couverture pour bombarder la Syrie afin de renverser Assad, entreprise que la présence russe a rendue extrêmement difficile depuis septembre 2015. Ils l’utilisent aussi pour recruter des milliers de jeunes psychotiques dans le monde musulman, les former et les envoyer dans des endroits comme la Tchétchénie en Russie, au Xinjiang en Chine ou dans la province du Baloutchistan au Pakistan, où les Chinois ont construit un nouveau port en eau profonde à Gwadar, sur la mer d’Arabie près de l’Iran, le cœur du corridor économique sino-pakistanais (CPEC), un segment stratégique de la nouvelle Route de la soie chinoise.

Maintenant, les mercenaires terroristes préférés de l’Occident sont invités à faire chuter Duterte, aux Philippines. Ils sont probablement trop en retard et ont gravement sous-estimé leurs adversaires. Ou alors, avec la détérioration au cours des dernières décennies de la qualité de l’enseignement universitaire américain, la génération actuelle de stratèges de Langley a probablement manqué le cours de base dans l’art de la guerre de Sun Tzu, en particulier la partie qui avertit les généraux qui souhaitent être victorieux « de se connaître soi-même et de connaître son ennemi », conseil que Duterte semble avoir médité. Comment la tentative de déstabilisation de l’EI qui se développera dans les prochaines semaines pourrait bien déterminer un tournant majeur dans la naissance du siècle eurasien, centré sur la Chine et la Russie.

William Engdahl

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

Source: http://lesakerfrancophone.fr/lattaque-idiote-de-la-cia-par-lintermediaire-dei-contre-duterte

 

Affrontement au Bilderberg 2017

Alors que le président Trump semble avoir plus ou moins réglé ses problèmes d’autorité intérieure, le conflit se déplace au sein de l’Otan : Washington plaide contre la manipulation du terrorisme, tandis que Londres n’entend pas abandonner un outil si efficace pour son influence. Le Groupe de Bilderberg, initialement organisé comme une caisse de résonance de l’Alliance, vient d’être le théâtre d’un difficile débat entre partisans et adversaires de l’impérialisme au Moyen-Orient.

Cet article a été rédigé le 4 juin 2017. Il ne mentionne donc pas l’actuelle crise diplomatique au Moyen-Orient même si celle-ci en confirme les hypothèses. Deux camps commencent à se former : d’un côté le Qatar et le Royaume-Uni, déjà officiellement soutenus par l’Iran, la Turquie et le Hamas ; de l’autre l’Arabie Saoudite et les États-Unis déjà soutenus par le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats Arabes Unis, Israël, la Libye (gouvernement de Baïda), les Maldives, Maurice et le Yémen (gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi).

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Le Groupe de Bilderberg a été créé, en 1954, par la CIA et le MI6 pour soutenir l’Alliance atlantique. Il s’agissait de réunir des personnalités du monde économique et médiatique avec des responsables politiques et militaires de manière à sensibiliser la société civile face au « péril rouge ». Loin d’être un lieu de décision, ce club très fermé a historiquement été un forum où les anciens devaient rivaliser de fidélité à Londres et Washington et les plus jeunes montrer que l’on pouvait avoir confiance en eux contre les Soviétiques [1].

C’est lors de la réunion annuelle de 1979 que Bernard Lewis révéla aux présents le rôle des Frères musulmans contre le gouvernement communiste afghan. L’islamologue britanno-israélo-états-unien y avait alors proposé d’étendre la « guerre pour la Liberté » (sic) à toute l’Asie centrale.

C’est en 2008, c’est-à-dire deux ans et demi à l’avance, que Basma Kodmani (la future porte-parole de l’opposition syrienne) et Volker Perthes (le futur conseiller de Jeffrey Feltman pour la capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [2]) y expliquèrent tout l’intérêt de soutenir les Frères musulmans pour dominer le Moyen-Orient. Ils soulignèrent la « modération » de la Confrérie face à l’Occident et le contraste offert par le souverainisme « extrémiste » de l’Iran et de la Syrie [3].

Et c’est en 2013 que le leader du patronat allemand, Ulrich Grillo, y plaida pour l’organisation d’une migration massive de 800 000 travailleurs syriens vers les usines allemandes [4].

Le Bilderberg 2017

Le Groupe de Bilderberg vient de tenir son meeting 2017, du 1er au 4 juin, aux États-Unis. Contrairement à l’habitude, les 130 participants n’ont pas tous défendu le même projet. Au contraire, suite aux interventions de Donald Trump au sommet arabo-islamo-US et à l’Otan [5], la CIA et le MI6 ont organisé le premier jour un débat opposant les partisans de la lutte contre l’islamisme à ses soutiens. Il s’agissait bien entendu soit de trouver un compromis entre les deux camps, soit de prendre acte des dissensions et de ne pas les laisser détruire l’objectif initial de l’Alliance : la lutte contre la Russie [6].

Côté anti-islamisme (c’est-à-dire opposé non pas à la religion musulmane, mais à l’islam politique façon Sayyid Qutb), on relevait la présence du général H. R. McMaster (conseiller national de sécurité du président Trump) et de son experte Nadia Schadlow. McMaster est un stratège reconnu dont les théories ont été vérifiées sur le champ de bataille. Schadlow a surtout travaillé sur la manière de transformer les victoires militaires en réussites politiques. Elle s’est beaucoup intéressée à la restructuration des mouvements politiques dans les pays vaincus. Elle devrait prochainement publier un nouveau livre sur la lutte contre le radicalisme islamique.

Côtés pro-islamisme, on notait pour les États-Unis la présence de John Brenan (ancien directeur de la CIA) et de ses ex-subordonnés Avril Haines et David Cohen (financement du terrorisme). Pour le Royaume-Uni, Sir John Sawers (ancien directeur du MI6 et protecteur de longue date de la Confrérie) et le général Nicholas Houghton (ancien chef d’état-major qui prépara le plan d’invasion terrestre de la Syrie). Pour la France, le général Benoît Puga (ancien chef de l’état-major de l’Élysée et commandant des Forces spéciales en Syrie) et Bruno Tertrais (stratège néo-conservateur du ministère de la Défense). Enfin, pour le secteur privé, Henry Kravis (directeur du fonds de placement KKR et trésorier officieux de Daesh) et le général David Petraeus (co-fondateur de Daesh).

Et comme si ce déséquilibre n’était pas suffisant, les organisateurs avaient prévu la présence d’experts capables de justifier l’injustifiable comme celle du professeur Niell Fergusson (historien du colonialisme britannique).

Le possible renversement des alliances

Il faudra un peu de temps avant de savoir ce qui s’est dit au cours de cette réunion et pour comprendre les conclusions que les uns et les autres en auront tirées. Cependant nous pouvons d’ores et déjà constater que Londres pousse à un changement de paradigme au Moyen-Orient. Si le modèle du « printemps arabe » (reproduction de la « révolte arabe de 1916 » organisée par Lawrence d’Arabie pour remplacer l’empire ottoman par l’empire britannique) est abandonné, le MI6 espère créer une nouvelle entente sur la base de l’islamisme politique.

De fait, alors que Washington a renouvelé son alliance avec l’Arabie saoudite et l’a convaincue de rompre avec la Confrérie en échange de 110 milliards de dollars d’armement [7], Londres pousse à une entente entre l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Frères musulmans. Si ce projet devait être poursuivi, on assisterait à l’abandon du conflit sunnite/chiite et à la création d’un « croissant de l’islam politique » allant de Téhéran, à Doha, Ankara, Idleb, Beyrouth et Gaza. Cette nouvelle donne permettrait au Royaume-Uni de maintenir son influence dans la région.

La seule chose qui semble faire consensus entre les Alliés est la nécessité d’abandonner le principe d’un État jihadiste. Tous admettent qu’il faut faire rentrer le diable dans sa boîte. C’est-à-dire d’en finir avec Daesh, quitte à ce que certains continuent avec Al-Qaïda. C’est pourquoi, inquiet pour sa survie, le Calife auto-proclamé a fait secrètement parvenir un ultimatum à Downing Street et à l’Élysée.

Choisir son camp

On verra dans les prochains mois si le retournement de l’Arabie saoudite est bien réel. Ce serait une bonne nouvelle pour les Syriens, mais une mauvaise pour les Yéménites (que le monde occidental ignorerait alors). Il offre la possibilité au roi Salman de faire évoluer le wahhabisme d’une secte fanatique en une religion normale. D’ores et déjà le soudain conflit qui oppose Riyad à Doha à propos de l’Iran se double d’une polémique sur la possible parenté entre le fondateur de la secte, Mohammed ben Abdelwahhab, et la dynastie qatarie des Al-Thani ; une prétention qui a enragé les Séoud.

Le projet de l’« islam politique » consiste à unir les Frères musulmans aux Khomeynistes. Il implique que l’Iran, voire le Hezbollah, substitue cette problématique à la lutte anti-impérialiste. S’il devait voir le jour, il conduirait certainement l’Iran à se retirer de Syrie. La Maison-Blanche le prend très au sérieux et s’y prépare avec effroi. Donald Trump a déjà désigné Téhéran comme son nouvel ennemi dans son discours de Riyad et il vient de nommer Michaël D’Andrea (qui organisa l’assassinat d’Imad Mougniyeh à Damas, en 2008) comme responsable de la section iranienne de la CIA [8].

La Russie s’était préparée à une éventuelle nouvelle donne au Moyen-Orient. Elle a ainsi poursuivi son ambition d’accéder aux « eaux chaudes » en soutenant la Syrie et de pouvoir circuler à travers les détroits des Dardanelles et du Bosphore (indispensables pour entrer en Méditerranée) en se rapprochant de son adversaire héréditaire, la Turquie. Toutefois, à terme, l’islam politique ne pourra que lui causer des problèmes dans le Caucase.

Comme toujours lorsque les joueurs battent leurs cartes, chacun doit se positionner. Le Royaume-Uni défend son Empire, la France sa classe dirigeante et les États-Unis son peuple. Au Moyen-Orient certains se battront pour leur communauté, d’autres pour leurs idées. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi, l’Iran pourrait suivre l’idéal de l’imam Khomeiny en confondant la fin et les moyens. Ce qui était au départ une révolution anti-impérialiste menée avec la force de l’islam pourrait se muer en une simple affirmation de l’usage politique de cette religion.

Les conséquences dans le reste du monde

Le MI6 et la CIA ont pris un grand risque en invitant un non-atlantiste à la réunion du Bilderberg 2017. L’ambassadeur de Chine, Cui Tiankai, qui ne devait intervenir que le quatrième jour du séminaire, a donc pu évaluer dès le premier jour les positions de chaque membre de l’Otan.

D’un côté Pékin mise sur la collaboration de Donald Trump, l’ouverture des États-Unis à sa Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), et le développement de toutes ses routes commerciales. De l’autre, il espère que le Brexit se traduira par une alliance économique et financière avec Londres [9].

L’ambassadeur Cui, qui fut le directeur du Centre de recherche politique du ministère chinois des Affaires étrangères, pourrait donc apparemment se satisfaire d’une simple destruction de Daesh. Mais il n’est pas sans ignorer que ceux qui ont organisé le Califat pour couper la « route de la soie » en Irak et en Syrie, puis la guerre en Ukraine pour couper la « nouvelle route de la soie », se préparent préventivement à ouvrir un troisième front aux Philippines et un quatrième au Venezuela pour couper d’autres projets de communication..

De ce point de vue, la Chine, qui comme la Russie a intérêt à soutenir Donald Trump ne serait-ce que pour prévenir le terrorisme dans son propre pays, s’interrogera sur les possibles conséquences à long terme d’une hégémonie britannique dans le « croissant de l’islam politique ».

Thierry Meyssan          

[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda/Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[2] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[3Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Editions Demi-lune, 2017.

[4] « Comment l’Union européenne manipule les réfugiés syriens », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mai 2016.

[5] « Trump avance ses pions », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 30 mai 2017.

[6] « La réunion 2017 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2017.

[7] « Donald Trump contre le jihadisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 mai 2017.

[8] « La CIA prépare des opérations secrètes dures contre l’Iran », Réseau Voltaire, 3 juin 2017.

[9] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

Photo: Il n’existe aucune photographie de la réunion du Groupe de Bilderberg dont les travaux sont confidentiels. La sécurité de la rencontre n’est pas assurée par le FBI, ni par la police de Virginie, mais par une milice privée et directement par l’Otan.

Source: http://www.voltairenet.org/article196593.html

 

Le Qatar a mis ses forces armées en état d’alerte dans le golfe Persique

Ce mardi 6 juin à midi, l’émir du Qatar a promulgué un décret mettant les forces armées qataries en état d’alerte pour faire face à toute agression éventuelle contre ce pays.

Le Premier ministre de ce pays, Abdallah ben Nasser ben Khalifa Al Thani, a déclaré qu’une fois qu’il aurait mené les coordinations nécessaires avec l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, il ordonnerait aux forces armées de se tenir en état d’alerte dans les eaux du golfe Persique pour intervenir en cas d’agression commise par des forces étrangères, est-il écrit dans ce décret diffusé immédiatement par les médias qataris.

Le Premier ministre qatari a de même ordonné aux gardes-frontières et aux gardes-côtes de se joindre aux forces armées pour les épauler.

« Tout bateau civil ou militaire qui entrera sans autorisation depuis l’ouest ou l’est dans les eaux territoriales qataries sera pris pour cible », a-t-il ajouté, en exceptant ceux de la République islamique d’Iran venus des frontières communes.

Des déclarations attribuées au cheikh Tamim ben Ahmed Al Thani, l’émir du Qatar, et critiquant la politique régionale de l’Arabie Saoudite, ont suscité de vives réactions chez les médias et les autorités de Riyad et d’Abou Dhabi.

Ces déclarations qui ont été faites un jour après la visite à Riyad du président américain, Donald Trump, et qui témoignent d’une profonde divergence entre le Qatar et l’Arabie Saoudite, ont affecté les acquis que les Saoud avaient obtenus grâce à des manœuvres politiques lors du sommet de Riyad.

Dans la foulée, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, Bahreïn, l’Égypte, le gouvernement de l’est de la Libye, les Maldives et le président démissionnaire yéménite ont rompu leurs relations avec le Qatar.

L’Arabie est même allée jusqu’à rejeter toute médiation entre Doha et Riyad.

Photo: L’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, à Riyad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. ©AFP

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/06/06/524389/Qatar-tat-durgence-Tamim-Ben-Ahmed-Ale-Thani-mir

 

A la recherche des micro-financiers du djihad

Les locaux de l’ONG BarakaCity ont été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête préliminaire sur le « financement du terrorisme ». Au-delà du cas de cette association humanitaire à laquelle rien n’a pu être reproché, cet épisode judiciaire témoigne de la volonté des autorités de traquer les donateurs et collecteurs de fonds qui financent les djihadistes en Syrie.

Cette fois, l’information a fuité non pas d’un magistrat, d’un ministre ou d’un policier trop bavard. C’est le principal « suspect » qui l’a annoncé sur son compte Twitter. À 12 h 54, le mardi 30 mai, Idriss Sihamedi, le fondateur de BarakaCity, a écrit : « Ce matin perquisition chez moi par la brigade financière de Paris concernant une enquête suspectant des montages à ‘‘des fins terroristes’’. »

Renseignements pris, les locaux de l’ONG musulmane BarakaCity et de son président ont bien été perquisitionnés mardi 30 mai au matin, mais par les policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Et non par ceux de la Brigade financière. Ces perquisitions étaient menées dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 30 mars 2016 par le parquet de Paris pour « financement du terrorisme » et « association de malfaiteurs terroriste », ciblant cette association humanitaire. Les investigations portent sur des transferts de dons à l’étranger, notamment en Syrie.

Dans un communiqué publié sur le réseau social Twitter, l’association islamique BarakaCity est revenue, dans la nuit de mardi à mercredi, sur ce qu’elle qualifie d’« acharnement » : « Bien que les agents n’aient fait preuve d’aucune agressivité ou de comportements dégradants, nous dénonçons fermement une politique qui n’a que trop duré et qui ne dépend pas uniquement de la Brigade financière. » Dans le communiqué, on apprend notamment que les enquêteurs ont saisi « du matériel de communication, des rapports confidentiels sur des personnes ayant témoigné de bavures policières lors de l’état d’urgence, la liste des donateurs ainsi que des documents concernant l’acquisition de bureaux et différentes transactions ». L’association conclut : « Nous sommes convoqués la semaine prochaineNous nous rendrons à cette convocation et nous serons prêts à répondre aux suspicions. »

Une communication, pour le moins, d’une grande transparence, ce qui n’est pas souvent la règle dans ce type de dossiers. Une volonté de transparence qui peut trouver sa source dans deux explications, l’une n’étant pas exclusive de l’autre : 1) BarakaCity n’aurait rien à se reprocher ; 2) l’association humanitaire islamique ayant l’habitude de défrayer la chronique a déjà une certaine expérience de la communication de crise. 

L’ONG, fondée il y a sept ans et dont le compte Facebook est suivi par plus de 750 000 personnes, organise des campagnes de dons qui drainent plusieurs millions d’euros pour financer des projets humanitaires dans une vingtaine de pays. En janvier 2016, sur le plateau de Canal +, son fondateur et président Idriss Sihamedi avait déclenché une polémique en refusant de condamner sans ambiguïté les attentats commis sur le sol français par le groupe État islamique (EI). Sihamedi se justifiera dans une enquête de France TV Info : « Je n’ai pas condamné fermement leurs violences parce que je ne voulais pas mettre en danger les équipes de BarakaCity en Syrie. » Interrogé à l’époque par Mediapart, un officier de renseignement expliquait que « en interne, dans les services, on trouve qu’il n’a pas si mal répondu que ça ». Mais, à peine deux mois après le massacre du 13-Novembre, les propos de Sihamedi ne sont pas audibles pour le grand public, ni même pour les politiques, qui s’en offusquent.

Et BarakaCity a déjà fait l’objet de trois perquisitions, la première après les attentats de janvier 2015, alors qu’un drone de l’ONG filmait un départ d’ambulances pour la Syrie, les deux autres dans le cadre de l’état d’urgence, au lendemain des attentats de novembre. Sans jamais donner lieu à des poursuites judiciaires. Depuis son origine, l’association humanitaire est dans le collimateur de Tracfin, comme l’avait raconté Libération. En 2014, la cellule anti blanchiment de Bercy s’était notamment étonnée de l’achat, pour 200 000 euros, de veaux en Palestine, ainsi que de deux transactions de 500 000 euros « vers des filiales à l’étranger ». Là encore, cela n’avait pas donné lieu à des poursuites judiciaires.

Mais le fait que BarakaCity opère en Syrie avec des masses d’argent liquide, une obligation sur ce territoire aux infrastructures dévastées, continue de susciter le fantasme d’une couverture humanitaire visant, en réalité, à financer les mouvements terroristes. Le nom de l’ONG apparaît dans de nombreux dossiers judiciaires de filières d’acheminement de djihadistes en Syrie ou dans ceux concernant les attentats ayant frappé la France. Le beau-frère de Chérif Kouachi, l’un des deux assassins de Charlie Hebdo, fait des dons à l’association. Tout comme l’épouse religieuse d’un membre du réseau dit de Cannes-Torcy, actuellement en procès. « C’est une association qui vient en aide à des pays en Afrique, afin que la population puisse obtenir de l’eau, de la nourriture », justifiera cette dernière lors de sa garde à vue à la DGSI, avant d’être elle-même mise en examen pour « financement du terrorisme ». Et, dans une note de renseignement dédiée au futur kamikaze du Bataclan, Foued Mohamed-Aggad, son auteur prend soin de préciser qu’une amie du terroriste, cherchant à lui envoyer de l’argent, a déjà fait des dons à BarakaCity.

L’ONG récolte de l’argent de proches de criminels – ce qui n’est en aucun cas un crime, du moins tant que cet argent n’atterrit pas dans les poches desdits criminels. Le seul exemple éventuellement ennuyeux, dont Mediapart a eu connaissance, est le témoignage d’un djihadiste caennais de retour de Syrie, qui déclarera, sans plus détailler, s’être radicalisé en fréquentant l’association. L’officier de renseignement interrogé l’an dernier par Mediapart confiait que « rien ne permettait d’accréditer l’hypothèse d’une pompe à finances djihadiste ». « Pour lever cette hypothèse, il faudrait que les services turcs nous aident, poursuivait-il. De notre côté, nous voyons l’argent partir mais n’avons pas de capteurs pour savoir comment il est utilisé une fois là-bas. » Dans son communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi, l’association assure « communiquer ses feuilles de route au Département général de la sécurité intérieure et au ministère des affaires étrangères », lors de missions dans des pays à risques.

Il faudra attendre les avancées de l’enquête actuelle pour déterminer si BarakaCity joue un jeu trouble ou si, plus simplement, elle est victime de son objet social : lancer des programmes humanitaires dans des zones à risque. Mais, au-delà du cas de l’ONG et sans préjuger de son avenir judiciaire, l’enquête préliminaire en cours est significative, en ce qu’elle témoigne d’une volonté des autorités de traquer ceux qui financent, d’une manière ou d’une autre, le terrorisme.

Il n’existe pas de statistique proprement dite sur le sujet mais, selon une source judiciaire, une cinquantaine de dossiers judiciaires ayant trait en tout ou en partie au financement du terrorisme seraient en cours d’examen au tribunal de grande instance de Paris. Et, parfois, ce sont les signalements Tracfin de flux suspects à destination de la Syrie qui informent magistrats et policiers que tel ou tel individu, jusque-là inconnu de leurs services, a rejoint les rangs des djihadistes.

Le courtier de l’État islamique

À l’automne 2016, le chercheur Romain Caillet révélait sur son blog, Jihadologie, que la fondatrice de l’ONG Perle d’espoir avait fui la France. Son association était sous le coup d’une procédure judiciaire, accusée d’avoir profité de ses convois humanitaires « pour financer des groupes de combattants syriens » au cours de l’été 2013. Selon nos informations, cette enquête est toujours en cours.

Interrogé à propos de Perle d’espoir au cours de l’été 2015, un patron de la lutte antiterroriste avait expliqué à Mediapart qu’avaient été retrouvées en perquisition des photos de femmes de l’association, voilées, en train de s’entraîner au tir à la kalachnikov en Palestine. Surtout, comme l’avait raconté Le Monde« le responsable opérationnel » de l’association avait basculé, au cours de ses voyages en Syrie, de l’aide humanitaire dans un militantisme les armes à la main. Et plusieurs milliers d’euros avaient été détournés de leur objectif initial pour être remis à des combattants. 

Surtout, des enquêtes portent désormais sur des individus basés au Proche-Orient et moins visibles qu’une association. Le mode opératoire est relativement simple mais les faibles sommes qui transitent à chaque fois le rendent difficile à détecter. Le proche adresse un mandat à un courtier du djihad installé dans un pays limitrophe de la Syrie, qui est chargé, moyennant rémunération, de remettre l’argent au djihadiste concerné. L’expéditeur ignore tout du courtier. « Je ne sais pas qui c’est, avoue le frère d’un membre de la filière Cannes-Torcy. On me donne le nom et j’envoie [l’argent] à cette personne. Je pense que c’est un commerçant. Il doit prendre une sorte de commission au passage. »

Des conversations interceptées au cours de l’été 2014 sur Skype entre « Abou Safya », un membre de l’État islamique, et « Abou Doujana », son frère resté dans la région lyonnaise, précisent le scénario. Le 26 juillet 2014, Abou Safya sollicite son frère pour obtenir un transfert d’argent qui transiterait par la Turquie. Il précise qu’il va lui transmettre le nom d’un individu, le collecteur, et demande à son frère de trouver un prête-nom pour transférer l’argent : « Pas à ton blase ! Trouve un petit con, y en a partout… »

Le 4 août, Abou Doujana fait savoir à son aîné qu’il a réussi à réunir la somme de 1 800 euros. En réponse, Abou Safya lui transmet l’identité du collecteur d’argent : « Prénom : Mohamad. Nom de famille : Alsaied Alhmidan. » Il s’agit d’un individu qui prélève une commission de 4 % sur la somme envoyée. Quelques heures plus tard, l’aîné, en Syrie, prévient le cadet, en France, que le collecteur de fonds a pris le bus mais n’est pas encore arrivé « au Kebab », leur nom de code pour désigner la Turquie. 

Le Mohamad Alsaied Alhmidan mentionné par l’un des deux frères lyonnais a fait l’objet le 15 février 2016 d’un signalement par Tracfin. Cet individu est identifié comme étant un collecteur de fonds au profit de l’État islamique. Basé en Turquie, utilisant comme adresse deux hôtels situés sur la rive européenne d’Istanbul et distants de deux kilomètres, cet individu se disant d’origine syrienne est « le point focal de nombreux transferts d’espèces provenant du territoire national », écrit le gendarme de Bercy. « Les expéditeurs sont pour la majorité des membres des familles de djihadistes français présents sur la zone de conflit ou des membres de leur entourage proche. »

Parmi sa clientèle, on dénombre un proche d’Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur du commando du 13-Novembre, un francophone apparu dans une vidéo de propagande intitulée « Paris s’est effondré » se félicitant de ces mêmes attentats et en promettant d’autres, ou encore le membre de la filière Cannes-Torcy précité.

Selon le décompte de Tracfin, Alsaied Alhmidan aurait été, entre le 5 juin 2014 et le 13 avril 2015, destinataire de 41 envois d’espèces, émis par 24 expéditeurs différents, pour un montant total de 36 681 euros. Une estimation minimale. D’après nos informations, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique ont eux aussi ouvert des enquêtes sur ce monsieur supposément né le 20 février 1976 en Syrie. Un mandat d’arrêt international est même émis à son encontre par les autorités espagnoles.

Son rôle diminuerait à partir du mois d’avril 2015, « pour être remplacé par un autre individu agissant au profit des mêmes personnes et selon un mode opératoire similaire », constatera Tracfin. Deux collecteurs qui peuvent être une seule et même personne. Les enquêtes en cours le visant ont d’ores et déjà permis d’établir que Mohamad Alsaied Alhmidan utilisait plusieurs alias. En septembre 2016, le Trésor américain l’a inscrit sur sa liste noire des terroristes pour son aide financière apportée à l’État islamique.

À quoi sert ce micro-financement du djihad ? A priori pas à financer les attentats. Comme le rappelle une étude du Centre d’analyse du terrorisme (CAT), le budget opérationnel des attentats du 13-Novembre, estimé à 82 000 euros, a été financé, sans difficulté, par l’État islamique, l’organisation terroriste la plus riche du monde (un précédent rapport du CAT évaluait son revenu en 2015 à 2,4 milliards d’euros). Et, d’après les témoignages de membres du commando n’ayant pas pu participer à l’attentat, ils s’étaient vu remettre chacun entre 2 et 3 000 euros avant leur départ de Syrie pour financer leur voyage à travers l’Europe.

Les dons, transitant par des associations ou des collecteurs de fonds, servent principalement à améliorer l’ordinaire des djihadistes et de leurs familles. Selon le témoignage d’une femme mariée à trois djihadistes successifs, l’État islamique verse des salaires à ses combattants, 100 dollars mensuels, et à leurs femmes, 50 dollars. L’organisation terroriste ajouterait même 1 500 dollars à la corbeille de jeunes mariés, dès lors que l’époux peut se prévaloir de six mois d’ancienneté au front… Selon une note de la DGSI datant du 28 octobre 2016, les enfants combattants « âgés de 7 à 17 ans », intégrés dans les katibas « Achbal al-Khilafat » (« Les lionceaux du califat »), où on leur dispense une formation militaire « intensive », reçoivent également un salaire de l’ordre de 50 dollars par mois.

Mais, d’après le témoignage de l’ex-femme de djihadistes, il y aurait « des restrictions budgétaires » depuis septembre 2015 et le salaire des combattants aurait été baissé de moitié. Si la vie dans les territoires contrôlés par l’État islamique est relativement peu chère – un poulet coûterait l’équivalent de 3 euros –, les prix flamberaient sur le moindre produit d’importation. Et il y a les impondérables. 

Le frère du membre de la filière Cannes-Torcy s’est mis à lui envoyer de l’argent – « des petites sommes » – après « sa première grosse blessure » au fémur et au tibia des deux jambes, à la suite d’un bombardement, afin de l’aider à payer ses soins. La famille du djihadiste ne lui enverrait plus rien depuis le courant 2014. Désormais, explique son frère entendu en garde à vue, « il est dans une hiérarchie [de l’État islamique], ce qui fait qu’il a de moins en moins besoin d’argent ».

Dans une série de documents que Mediapart a pu consulter, le parquet de Paris considère que « le fait de transférer des fonds à un intermédiaire dont le rôle est de faire parvenir cet argent à un combattant djihadiste permet de soutenir financièrement un membre d’une organisation terroriste se livrant à des combats meurtriers et des exactions dans le but d’instaurer un régime reposant sur la charia » et est, par conséquent, estiment les magistrats, « constitutif de l’infraction de financement de terrorisme ». À ce titre, les personnes qui s’y risquent encourent une peine de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

 

 

Pourquoi veut-on tuer le ministre qatari de la Défense ?

Certaines sources d’information qataries ont annoncé que le ministre qatari de la Défense avait échappé à un attentat au cours des dernières heures.

Le site d’information Youm7, citant certaines sources qataries, a rapporté que le ministre qatari de la Défense, Khaled al-Attiyah, avait fait l’objet d’un attentat il y a quelques heures, mais qu’il en avait réchappé.

Cet attentat a eu lieu après qu’al-Attiyah eut été soumis à un interrogatoire dans les locaux du gouvernement qatari sur la façon dont avaient filtré les récentes déclarations attribuées à l’émir du Qatar.

Toujours selon les mêmes sources, depuis l’éclatement des tensions dans les relations entre le Qatar et les pays du bassin du golfe Persique, les pressions s’intensifient sur Khaled al-Attiyah de la part du clan au pouvoir, car on le tient responsable de la diffusion des propos attribués à l’émir qatari, Tamim ben Hamad Al Thani.

L’émir du Qatar s’y était félicité des relations qu’entretiennent Doha et Téhéran et avait souligné que le Hamas et le Hezbollah libanais faisaient partie des mouvements de la Résistance. Il avait aussi parlé des relations entre le Qatar et le régime de Tel-Aviv.

Ces propos de l’émir qatari furent à l’origine des tensions qui gangrènent depuis les relations du Qatar avec l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et un certain nombre de pays arabes.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/06/03/524096/Le-ministre-qatari-de-la-Dfense-vis

 

La CIA prépare des opérations secrètes dures contre l’Iran

La CIA prépare des opérations secrètes particulièrement dures contre l’Iran. Pour cela, son directeur, Mike Pompeo, a nommé comme chef de la section ad hoc, Michael D’Andrea, dit le « Prince sombre » ou l’« Ayatollah Mike » (photo).

M. D’Andrea s’est converti à l’islam. Il a mis en place le programme de conditionnement par la torture et a notamment créé la prison secrète de Salt Pit (Afghanistan) où il a supervisé les expériences sur Abu Zubaydah, Abd al-Rahim al-Nashiri et Khalid Shaikh Mohammed. Ce psychopathe, réputé extrêmement intelligent et violent, a été mis en scène dans un film inspiré par l’Agence, Zero Dark Thirty, sous le nom de code du « Loup ». En 2008, il a organisé l’assassinat à Damas du chef militaire du Hezbollah, Imad Mugniyah, et a dirigé le programme des drones tueurs jusqu’en 2015.

 

Source: http://www.voltairenet.org/article196590.html

Islamabad entend réviser sa politique vis-à-vis de Riyad

Le conseiller des Affaires étrangères du Premier ministre pakistanais, Sartaj Aziz, a déclaré qu’Islamabad n’expédierait ses effectifs, bien que membres de la coalition pro-Riyad, dans aucun autre pays.

Le conseiller des Affaires étrangères du Premier ministre pakistanais, Sartaj Aziz. ©AFP

« Être membre de la coalition dirigée par Riyad ne veut pas dire lancer une campagne militaire contre d’autres pays », a-t-il assuré.

« L’objectif de la mise sur pied de la coalition pro-Riyad consistait à combattre le terrorisme et non pas à lancer une offensive contre d’autres pays comme l’Iran. Par conséquent, il revient à tous les membres de cette coalition d’être fidèles à ce principe », a-t-il poursuivi.

« Islamabad juge inacceptable la réunion de Riyad, car on y sentait l’odeur de la division sectaire », a-t-il ajouté.

Le président du Sénat pakistanais, Reza Rabbani, a protesté contre la poursuite de la présence d’Islamabad au sein de la coalition pro-Riyad avant d’appeler le ministère des Affaires étrangères à relever toute ambiguïté en cette matière.

 

Mécontent de l’influence très accrue des États-Unis sur l’Arabie, le général Raheel Sharif, ancien chef de l’armée du Pakistan, qui assume le commandement de la coalition militaire dirigée par Riyad, cherche à démissionner et à regagner son pays. Ce militaire pakistanais imagine que cette coalition militaire ne pourra pas remplir la mission qu’on lui a assignée.

Le général Raheel Sharif (G), ancien chef de l’armée du Pakistan, est parti pour l’Arabie saoudite pour prendre le commandement de la coalition militaire dirigée par ce pays. (Archives)

Récemment, Sartaj Aziz a déclaré que les efforts diplomatiques en vue de maintenir et de donner de l’essor aux relations amicales avec l’Iran faisaient partie de la priorité de la politique étrangère d’Islamabad.

« Nous souhaitons ne jamais irriter l’Iran et nous réviserons nos relations avec l’Arabie », a-t-il réaffirmé.

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/06/03/524085/Le-Pakistan-ne-veut-jamais-vexer-lIran

 

L’Afghanistan glisse vers l’anarchie

Il n’y a plus personne aujourd’hui pour croire que c’est le réseau Haqqani qui a procédé à l’explosion qui a frappé le quartier des ambassades de Kaboul mercredi et tué plus de 90 personnes et en blessant plus de 450 autres – je veux dire, à part les services secrets afghans ( ici ). Le président américain, le Département d’Etat américain, le Président du Congrès des États-Unis, le Secrétaire général de l’ONU, aucun d’entre eux ne semblait sûr de l’identité des auteurs.

Dans le même temps, les habitants de Kaboul ont dirigé leur colère contre l’échec colossal en matière de sécurité de la part des agences de sécurité, ce qui évidemment est étonnant, dans la mesure où un attentat terroriste d’une telle ampleur pourrait avoir été mis en scène en plein cœur de la capitale afghane à une heure de pointe. Il y a eu une grande manifestation à Kaboul vendredi pour demander la démission du président Ashraf Ghani et le chef de l’exécutif Abdullah Abdullah. « Au moins » quatre manifestants ont été tués. Le gouvernement Ghani a fait couler le sang des habitants de Kaboul pendant le mois sacré du Ramadan. Les choses peuvent mal tourner.

Est-ce la fin du voyage pour ce que l’on appelle gouvernement d’unité nationale de Ghani ? Ni Ghani, ni Abdullah ne quitteront volontairement le pouvoir. Ghani a prouvé qu’il était un incapable non seulement comme gouvernant, mais aussi comme homme politique. Mais les Américains sont coincés avec lui pour le meilleur et pour le pire et les pays de la région ne demandent pas une transition à Kaboul. Quant à Abdullah, il n’est plus le représentant des « Panjshiris » (partisans d’Ahmad Shah Massoud) qui sont aujourd’hui divisés en différentes factions.

Une façon de sortir de l’impasse politique est de convoquer une Jirgha Jirga pour tenir le flambeau permettant de sortir du tunnel, mais alors, le jirgha pourrait faire appel à l’ancien président Hamid Karzai pour intervenir en tant que chef intérimaire – et cela est bien sûr tout à fait inacceptable pour les Américains. Il est devenu extrêmement difficile pour les Américains d’installer un autre régime marionnette à Kaboul.

En effet, l’explosion de mercredi aura un impact sur la stratégie afghane du président Donald Trump. Dans son appel téléphonique à Ghani après l’explosion de mercredi, Trump a caché son jeu. (Ici ) Il y a beaucoup de débat parmi ses conseillers en stratégie, ce qui apparemment est le style de fonctionnement de Trump jusqu’à ce qu’il se fasse enfin son idée. De plus en plus d’analystes américains demandent à quoi cela servira d’envoyer quelques milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan. Voici une évaluation franche faite par un colonel américain qui a servi en Afghanistan – Time for a (different kind of) change in Afghanistan. Nick Robertson de CNN a une vue presque identique de la futilité de la guerre. (Ici )

Fait intéressant, un commentaire chinois sur l’explosion de mercredi à Kaboul a également conseillé que « plus d’efforts devraient être faits pour promouvoir des pourparlers à quatre pays (impliquant l’Afghanistan, le Pakistan, la Chine et des États-Unis) sur le processus de paix en Afghanistan et accélérer la réconciliation politique du pays ». Il souligne que « l’initiative de ceinture et de la route de Pékin pourrait donner un fort soutien économique à l’Afghanistan, un pays situé sur cette route, et cela aidera à atténuer la crise sécuritaire de l’Afghanistan. »

En effet, en marge du cœur de la Conférence Asiatique à Islamabad en Décembre dernier, les quatre pays ont convenu en principe de relancer les pourparlers de paix, mais rien n’est venu. Aujourd’hui, la position russe est également favorable pour proposer de nouveaux pourparlers de paix. Sans surprise, la Russie favorise un format inclusif élargi. À la suite de l’explosion de mercredi à Kaboul, le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov a souligné la nécessité de « mettre en place une coordination à part entière avec la participation de toutes les parties prenantes externes sans exception » en évitant les « jeux géopolitiques ».

De toute évidence, l’Inde a aussi un rôle responsable à jouer. Que gagnerions-nous à exacerber les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan? Bien sûr, le genre de chose incroyablement stupide qu’a fait Ram Madhav, le responsable de la politique étrangère de RSS doit être évitée à tout prix – se précipiter vers le service de renseignement afghan. ( Indian Express ) Madhav devrait compulsivement lire au moins deux ou trois fois une pièce d’opinion écrite sur l’état des lieux par un distingué et érudit ancien diplomate pakistanais très connu à Delhi comme un penseur rationnel et une voix rare dans la sobriété et la modération, Ashraf Jehangir Qazi – Opportunity out of tragedy.

Il est clair que le temps des invectives et du cynisme est derrière nous, comme en témoigne l’attentat de Kaboul. S’il y a encore d’autres événements de ce genre dans les semaines à venir, cela peut pousser Kaboul dans l’anarchie totale, et un conflit comme celui qu’il y a en Syrie peut en résulter. L’essentiel est qu’un effort coordonné américano-russe est nécessaire de toute urgence, sur des lignes similaires à ce qui se passe enfin, en Syrie. Seul Trump peut couper le nœud gordien.

M K Bhadrakumar

Source : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/06/03/agghanistan-is-sliding-into-anarchy/

Traduction : Avic – Réseau International

 

Emmanuel Macron ou la confirmation que l’habit ne fait pas le moine.

Le nouveau président français, coqueluche de la plupart des médias, vient de se tromper à trois reprises en quelques jours dans ses prises de position à l’international.

Une première fois, à la sortie du sommet du G7 de Taormina, à propos des hésitations du président américain Donald Trump sur l’Accord climatique de Paris, déclarant qu’il y avait des progrès par rapport aux positions antérieures de la présidence américaine. Et ajoutant : « Le président américain est pragmatique, et j’ai bon espoir qu’il confirmera son engagement [à l’accord de Paris], à son rythme ».

Ce constat du jeune président, contrastait étrangement avec celui de la chancelière allemande beaucoup plus critique à l’égard du président Trump.

On connaît le dénouement, c’est l’expérience d’Angela Merkel qui l’emporte.

La deuxième erreur de l’inexpérimenté président Macron est d’avoir déclaré lors de la visite de Vladimir Poutine à Versailles, que « la Russie avait envahi l’Ukraine », ce qui est une absurdité au regard des faits. Si la Russie soutient les provinces séparatistes, rien ne permet d’affirmer qu’elle a « envahi » le pays. Et il serait utile de regarder d’un peu plus près ceux qui sont au pouvoir à Kiev pour s’assurer qu’il n’y traîne pas quelques relents fascistes…

Doté d’un vrai savoir-faire et d’une expérience de longue date, Poutine n’a pas cru nécessaire de réagir et a écouté avec détachement les certitudes du jeune cadre dynamique qui oubliait sans doute qu’il n’était pas en réunion d’un Conseil d’Administration mais bien à la tête d’un Etat.

La troisième erreur d’Emmanuel Macron est l’autre déclaration toujours lors de la visite de Vladimir Poutine, affirmant : « Toute utilisation d’armes chimiques, par qui que ce soit, fera l’objet de représailles et d’une riposte immédiate de la part des Français ». Affirmation qu’a soutenue le président russe, sachant – contrairement à ce qui est affirmé par la majorité des médias occidentaux et particulièrement français – que l’explosion de Khan Cheikhoun n’est pas imputable à l’Etat syrien, mais fort probablement aux mercenaires qui dévastent le pays et avaient stocké des produits chimiques dans un entrepôt bombardé par l’armée officielle syrienne. Il y a-là une sacrée nuance ! Quant au rapport des services français sur la question, il est loin de faire la lumière sur la responsabilité du régime de Bachar el Assad. Et pas grand monde ne semble y avoir accordé un intérêt. Par ailleurs, n’est-il pas étrange que les demandes répétées d’une enquête internationale sur ce qui s’est vraiment passé lors de ce bombardement, soient toujours refusées par les parties engagées dans le conflit auprès des mercenaires (EU, G-B, France,…)

D’autres sources indiquent que les armements chimiques stockés à Khan Cheikhoun dans ces entrepôts gérés par l’EI proviendraient de Turquie… La France du jeune fougueux Macron va-t-elle engager « des représailles et une riposte immédiate » à l’encontre de ce pays… ?

L’art de la diplomatie ne s’improvise et ne se résume ni par poignées de mains viriles ni par ordonnances. Elle est le fruit d’une connaissance approfondie des dossiers, d’une culture étendue et de la détermination à convaincre ses pairs dans le seul souci qu’émergent la vérité et la justice pour l’ensemble des peuples dans un rapport de forces équilibré.

Au vu de l’agitation qui semble tarauder le nouveau président français et son impatience à vouloir imprimer son entrée en fonction de signes forts, nul ne doute qu’il aimerait faire briller la France de tous ses feux. Pour l’heure – et sans même aborder les soucis intérieurs dont la probité de certains de ses proches – c’est plutôt mal parti !

Peut-être faudrait-il conseiller à Emmanuel Macron qui prône la « formation continue » un peu plus de réserve et de temps d’apprentissage. Et un temps d’écolage auprès de la chancelière allemande par exemple. Qui à la suite de certaines décisions du président des États-Unis n’a pas tardé à réagir pour se tourner vers l’Est plutôt que de rester arrimée à l’Ouest. Ce qui permettrait – entre autres – de régler une fois pour toutes les traités du CETA et du TAFTA et de les renvoyer aux oubliettes pour le bien des populations européennes, avant de réduire les dépenses militaires réclamées par l’OTAN dont on pourra aussi se défaire progressivement.

Il est temps de comprendre ce que la géographie nous montre sous les yeux depuis des siècles : l’Europe est un appendice de l’Asie… et le continent dont il est question s’appelle bien l’Eurasie. Retenons qu’en fin de compte, c’est toujours la géographie qui a raison de l’histoire. Détournons-nous donc de cet arrimage artificiel et mortifère à l’autre rive de l’Atlantique et concentrons-nous sur l’immense opportunité de renouer avec la Russie dont nous partageons tant de valeurs morales et culturelles, et dans la foulée, avec la Chine… cet « Empire du milieu » millénaire dont nous avons sans doute beaucoup plus à apprendre que celui des EU qui n’a qu’un peu plus de deux cents ans, et dont on voit déjà les signes d’épuisement sans même parler de décadence …

Daniel VANHOVE

 

Source:https://www.legrandsoir.info/emmanuel-macron-ou-la-confirmation-que-l-habit-ne-fait-pas-le-moine.html

Renault, PSA et Auchan ont éludé 141 millions d’impôts à Malte

Les documents Malta Files montrent que Renault, PSA Peugeot Citroën et Auchan ont économisé 141 millions d'euros d'impôts en localisant leurs activités d'assurance à Malte, asséchant d'autant les recettes fiscales de la France. Une pratique légale, mais d'autant plus choquante que Renault et PSA ont l'État à leur capital.

 

Le salarié le plus productif du groupe Renault ne travaille pas au siège de Boulogne-Billancourt, mais à Malte. Ce collaborateur injustement méconnu réalise, à lui tout seul, 108 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Mais ce n’est, en réalité, pas un génie des affaires. C’est seulement l’unique employé de RCI Insurance Limited, l’une des deux sociétés d’assurances maltaises du constructeur automobile. Des boîtes à fric, dont l’unique objectif est d’échapper à l’impôt et de priver la France de recettes fiscales, dont elle a pourtant grand besoin.

Les sommes en jeu sont considérables. Grâce aux documents Malta Files, analysés par Mediapart et ses partenaires de l’EIC, nous avons pu établir que Renault a économisé 62 millions d’euros d’impôts en quatre ans en localisant ses activités d’assurances à Malte. Pour son concurrent PSA Peugeot Citroën, ce sont 57 millions en cinq ans. Tandis que le groupe Auchan a réduit sa facture fiscale de 22 millions en trois ans. Soit un total de 141 millions d’euros d'impôts éludés, dont les services publics français ne verront jamais la couleur. Et la somme ne cesse de gonfler, année après année.

 

Cette optimisation fiscale est a priori légale. Elle n’en est pas moins choquante. En particulier pour Renault et PSA, qui ont l’État à leur capital. La France reste, avec 19,7 % des actions, le premier actionnaire de l’ex-régie Renault. Chez PSA, l’État a pris 13 % du capital en 2014 pour 800 millions d’euros, afin de sauver le constructeur de la faillite. Guère reconnaissant, PSA n’en continue pas moins à réduire ses impôts en France grâce au paradis fiscal maltais. 

Carlos Ghosn, PDG de Renault. © Reuters

Le montage concerne les « captives d’assurances », qu’on appelle ainsi parce qu’elles travaillent exclusivement pour les grands groupes qui les ont créées. Chez Renault (RCI Banque) et PSA (Banque PSA Finance), elles vendent bien sûr des assurances auto. Oney, la banque des supermarchés Auchan, assure les voitures, mais aussi les habitations. Toutes font également dans l’assurance vie, pour couvrir les crédits qu’elles accordent. Par exemple, lorsqu’un client emprunte 10 000 euros chez RCI Banque pour acheter le dernier Renault Kadjar, il doit souscrire une assurance qui remboursera Renault en cas de décès. Idem lorsque qu’un client puise 100 euros dans le crédit revolving de sa carte Auchan pour payer ses courses du samedi.

Ce que les clients ignorent, c’est que leurs primes d’assurance atterrissent à Malte. Dès 2013, un rapport parlementaire sonnait l’alarme sur l’usage des captives d’assurances comme outil d’optimisation fiscale à grande échelle : « Il est ainsi particulièrement aisé de localiser une captive dans un État fiscalement accueillant. […] L’activité de la captive étant par nature immatérielle (il s’agit de simples flux intragroupe), la société dédiée à l’assurance peut être implantée n’importe où sur le globe. »

Traditionnellement, les multinationales européennes installaient leurs assureurs en Irlande et au Luxembourg. Mais Malte a fait de gros efforts pour les attirer sur son sol, avec ses deux armes maîtresses : une législation souple et des avantages fiscaux massifs.

 

Le plus important, déjà décrit dans nos précédentes enquêtes Malta Files, est un remboursement d’impôt sur les sociétés (IS) pour les entreprises étrangères qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires. Les sociétés commencent par payer l’IS au taux officiel de 35 %. Mais après remboursement, le taux réel tombe à 5 %, contre 33,3 % en France (lire ici).

© EIC

 

Renault, PSA et Auchan ont mis en place des montages identiques pour profiter de l’aubaine. En bas, deux sociétés maltaises : une pour l’assurance vie et l'autre pour l’assurance classique (cette séparation est imposée par la loi). Au-dessus, une holding qui encaisse les dividendes. Mais nos trois géants tricolores sont des cachottiers. Leurs holdings maltaises publient dans leurs comptes le paiement de l’impôt officiel, à 35 %. Mais le montant remboursé par le fisc n’est jamais indiqué clairement.

Régis Degelcke, patron d'Auchan depuis mars 2017. © D.R.

Nous sommes tout de même parvenus à dénicher ces ristournes grâce aux documents comptables maltais de la banque Oney. Filiale d’Auchan, cette captive travaille pour l’ensemble des magasins de la richissime famille nordiste Mulliez (Decathlon, Leroy-Merlin, etc.), mais aussi pour d’autres distributeurs comme la Fnac et Darty, soit 50 enseignes au total (la liste est ici)

 

Dans les comptes 2016 de Oney Holding Limited, on voit que la holding a touché l’an dernier 23,8 millions d’euros de dividendes des deux assureurs qu’elle contrôle, et 7 millions d’« autres revenus ». Lesquels ? La réponse figure dans une courte note publiée en annexe : il s’agit des « remboursements reçus au titre des articles 48(4)(a) et 48(4A)(a) » du code général des impôts maltais (notre document ci-dessous). Ceux qui détaillent la fameuse ristourne sur l’impôt sur les sociétés.

Cette note dans les comptes de la holding maltaise du groupe Auchan prouve que les recettes pudiquement qualifiées d' "autres revenus" correspondent bien aux remboursements d'impôts du fisc maltais. © Mediapart

En 2016, l’assureur du groupe Auchan a donc réalisé 23,7 millions de profits, a payé 8,3 millions au fisc maltais et s’en est fait rembourser 7. Résultat : Oney Holdings a payé seulement 1,3 million d’euros d’impôt sur les sociétés. Soit un taux ridicule de 5,5 %, six fois moins élevé qu’en France. Au total, entre 2014 et 2016, Auchan a ainsi économisé 21 millions d’euros d’impôts.

On retrouve les mêmes « autres revenus » chez PSA Services Limited, la holding maltaise qui détient les sociétés d'assurances PSA. Curieusement, il n’y en a pas eu en 2014 et 2015 (derniers comptes publiés). Mais au cours des cinq années précédentes, le constructeur s’est fait rembourser la bagatelle de 57 millions d’euros. Ces « autres revenus » correspondent bien au « cumul d’impôt sur les sociétés remboursé par l'État maltais depuis 2009 », nous a confirmé par mail un porte-parole de PSA.

Mais le champion de l’optimisation fiscale à la sauce maltaise est l’ex-entreprise publique Renault. Ses sociétés d’assurances ont bénéficié de 62 millions d’euros de remboursement d’impôts entre 2012 et 2015. On ignore le montant pour 2016, les comptes n’étant pas encore publiés. Mais la ristourne n’a cessé de croître, passant de 3,4 millions en 2013 à 21,3 millions par an à partir de 2014.

Les deux captives d’assurances de Renault sont en effet d’incroyables machines à cash. L’une d’entre elles, RCI Insurance Limited, a encaissé 108 millions de primes en 2015, et n’en a reversé que 10 millions à ses clients pour couvrir les sinistres. Soit une marge brute hallucinante de 90 %. « C’est complètement hors norme. Dans notre métier, 20 % c’est déjà beaucoup », commente le directeur financier d’un assureur, à qui nous avons soumis nos documents comptables.

 

Au bout du compte, RCI Insurance et RCI Life, les deux sociétés d’assurances maltaises de Renault, ont réalisé en 2015 un profit cumulé avant impôts de 86 millions d’euros avec seulement 17 salariés. Dont un seul chez RCI Insurance, celui-là même qui explose tous les ratios de productivité financière.

Carlos Tavares, patron du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën © Reuters

Renault, qui a refusé de nous répondre, semble donc avoir logé juste assez d’employés à Malte pour que ses compagnies d’assurances ne soient pas considérées comme fictives par le fisc français. PSA, qui emploie 31 personnes à Malte, assure pour sa part qu’il s’agit de la totalité de ses salariés dans les assurances. « Il n’y a pas d’effectif travaillant sur l’activité assurance en France, ni d’ailleurs dans d’autres pays que Malte (hors fonctions commerciales). Le nombre assez réduit de collaborateurs est lié au fait que la palette des produits vendus est en réalité assez simple (deux) », nous a écrit un porte-parole.

Pour le reste, PSA assure que ses structures maltaises ont été « examinées et validées par les services fiscaux européens des différents États membres, et n’ont jamais fait l’objet d’une remise en cause ». Idem chez Oney/Auchan, qui indique que « ces opérations sont effectuées dans le strict respect des conventions internationales signées entre les pays avec lesquels cette filiale opère, et l'État de Malte »

En réalité, Renault, PSA et Auchan sont très embarrassés que leurs manœuvres d’évitement fiscal à Malte soient mises au jour. Aucun dirigeant de ces trois groupes n’a accepté de parler à Mediapart. Pour toute réponse, nous n’avons obtenu que de brefs courriels, avec des éléments de langage gravés dans la langue de bois. Une ligne de défense qu’on peut résumer ainsi : puisque c’est légal, on aurait tort de s’en priver.

·         DISCRIMINATIONS

La SNCF encore condamnée pour des actes racistes

Carrière et salaire bloqués, propos racistes, saluts nazis : voilà ce qu’a subi Jamal au sein de la SNCF, une nouvelle fois condamnée pour discrimination raciale. L’entreprise publique trouvait, elle, que le problème, c’était Jamal : « sa présence, ses silences, ses regards »

Encore une condamnation de la SNCF pour discrimination raciale. Et encore une fois l’entreprise, alertée, a laissé faire et cautionné. Jamal a vu son évolution de carrière bloquée pendant des années. Il en a toutes les preuves. Il a dû encaisser des propos racistes, un harcèlement lié à ses origines, des dessins de salut nazi. Deux de ses collègues l’ont même physiquement agressé. La SNCF a préféré blanchir les fautifs. Le conseil des prud’hommes de Bobigny a condamné l’entreprise publique. 

 

Jamal a été embauché en 2002 au technicentre de la gare Saint-Lazare, chargé de déplacer les trains. Bloqué dans son évolution de carrière, il a demandé des explications à partir de 2012 et s’est plaint d’un harcèlement. Le panel de comparaison qu’il a fait (même poste, même ancienneté, mêmes diplômes) ne laisse aucun doute sur la discrimination, comme l’a confirmé le Défenseur des droits Jacques Toubon, saisi du dossier. Le dire n’a fait qu’empirer sa situation. La rétorsion a été cruelle.

© DR

Début 2012, après ses demandes de mutation, deux de ses collègues refusent en effet de travailler avec lui. Le dirigeant opérationnel le constate et l’atteste auprès de sa hiérarchie. Choqué, il rapporte aussi les propos proférés contre son collègue : « Tu n’y peux rien, la fainéantise c’est génétique » (référence au père de Jamal, qui était aussi agent à la SNCF). Les insulteurs ne sont ni sanctionnés, ni rappelés à l’ordre.

Le 29 mai 2012, une affiche avec une inscription manuscrite, « Zig Aïe », est découverte au technicentre. L’inspection du travail, saisie par le réclamant, alerte la directrice du technicentre. Jamal dépose une main courante. Une enquête est enfin diligentée par la direction de l’éthique de la SNCF, qui conclut… à une absence de harcèlement et de discrimination. Le problème selon la direction de l’éthique ? C’est Jamal lui-même. « Sa présence, ses silences, ses regards, ses interventions agaçantes et, selon la directrice du technicentre, son “approche bizarre”. »

En décembre 2013, Jamal rapporte à la direction des ressources humaines les « blagues » de ses collègues :

« Pourquoi les musulmans ne font jamais de mots croisés ? Parce qu’il y a trop de mots à mettre. »

« Tu sais qu’il y a eu une centaine de morts à la mosquée d’Argenteuil la semaine dernière ? Ils ont été touchés par le Coran alternatif. »

« Quel est le point commun entre un Arabe et un melon ? Seul 1 sur 10 est bon. »

Prière de rire. Au même moment, un syndicat fait état de « croix gammées, propos racistes sur les portes des toilettes, photos de personnalités d’extrême droite ». Un an plus tard, en décembre 2014, de nouvelles croix gammées sont découvertes sur le site. Ce qui donne enfin lieu à une note de service… particulièrement ambiguë, puisqu’elle évoque « des inscriptions à caractère religieux – actes inadmissibles et contraires aux règles déontologiques ». Dans ses conclusions, le Défenseur des droits évoque « un climat particulièrement offensant et humiliant tant à l’égard des agents issus des groupes stigmatisés par ces agissements qu’à l’égard des agents qui les réprouvent » et pointe la responsabilité de la SNCF, qui n’a pas protégé ses employés, n’a pas suffisamment réagi au regard de la gravité des faits, n’a pas sanctionné.

Dans ce type de dossier, la SNCF apporte toujours la même réponse : circulez, il n'y a rien à voir. Elle se prévaut « d'accords collectifs, d'alertes, d'actions de formation aux managers, de médiations internes ». L'entreprise explique aussi qu’elle a mis en place une « politique diversité depuis des années ». Encore faudrait-il que ces politiques « aient une efficacité concrète sur les situations individuelles ou collectives », comme le rappelle le Défenseur des droits.

La plupart du temps, pour éviter de perdre des procès, la SNCF procède par transaction, en dédommageant après négociations ses employés freinés puis brisés. Parfois, l'affaire se solde quand même par un procès, comme dans le cas de Jamal : le conseil des prud’hommes de Bobigny a ainsi constaté qu’en dépit de ses nombreuses candidatures pour accéder au statut d’agent de maîtrise, ce salarié d'origine maghrébine a été le seul parmi 16 personnes au profil comparable à ne pas l'obtenir. En outre, il a eu l'immense tort de le dire : les représailles ont lourdement impacté sa santé.

Dans son jugement du 23 mai, le conseil des prud’hommes a donc condamné l’entreprise à verser plus de 40 000 euros de dommages et intérêts à cet agent « au titre du préjudice moral qu’il a subi et du fait de la discrimination dont il a été victime », des dommages et intérêts « en réparation des préjudices moral et physique subis en raison de l’agression dont il a été victime, ainsi que des rappels de salaires ».

 

La condamnation survient en attendant l’arrêt concernant les chibanis, ces quelque 800 cheminots discriminés dans leur évolution de carrière, mais dont la discrimination ne se résumait pas à la nationalité marocaine. Les enfants et petits-enfants de ces chibanis pâtissent encore aujourd’hui de préjugés bien ancrés.

Un plan sans précédent pour moraliser la vie publique

PARIS (Reuters) - Le ministre de la Justice, François Bayrou, a présenté jeudi un plan d'attaque sans précédent en France contre des décennies de mauvaises habitudes du monde politique, qui ont nourri le sentiment du "tous pourris" dans l'opinion publique française.

Ce projet de moralisation de la vie publique, promesse d'Emmanuel Macron, passera par une révision constitutionnelle, une loi organique et une loi ordinaire, et s'articulera autour d'une vingtaine de mesures.

François Bayrou l'a rebaptisé projet "pour la confiance dans notre vie démocratique", car "il ne s'agit pas de laisser penser qu'on va régler les problèmes de morale individuelle".

Il s'agit d'éviter que les "faiblesses humaines contaminent le corps social" en mettant en place des pratiques et des règles qui "préservent les citoyens des abus", a-t-il expliqué.

"Le véritable enjeu est d'adopter une démarche globale de nature à restaurer la confiance des citoyens dans l'action publique", a ajouté François Bayrou.

Un des objectifs est de faire en sorte qu'élus et ministres ne soient plus traités différemment des autres citoyens, par exemple en supprimant la Cour de justice de la République.

Cet ensemble de mesures vise aussi à prévenir les conflits d'intérêts, à mettre fin à des pratiques incompatibles avec la vie démocratique et à refondre le mode de financement des partis et de la vie politique, a fait valoir François Bayrou.

Il prévoit l'interdiction des recrutements de collaborateurs familiaux par les parlementaires, l'exercice de plus de trois mandats identiques et successifs de député, sénateur ou responsable d'exécutif local, sauf dans les petites communes.

Quant à la réserve parlementaire, système de subventions très contesté à la discrétion des députés et sénateurs, elle sera transformée en fonds d'action pour les territoires et les projets d'intérêt général, soumis à des critères précis.

Les trois textes législatifs, actuellement examinés par le Conseil d'Etat et qui seront présentés en conseil des ministres le 14 juin, ont vocation à être complétés ou modifiés pendant le débat parlementaire, a précisé le ministre.

A PRIORI FAVORABLE

Mais le gouvernement veut aller vite : les lois organique et ordinaire seront soumises au Parlement cet été et la loi constitutionnelle, qui comprendra d'autres révisions de la Constitution, à la rentrée.

Ce vaste projet intervient après une campagne présidentielle marquée par les affaires politico-judiciaires, comme la mise en examen du candidat de la droite, François Fillon, soupçonné d'avoir fait profiter sa famille d'emplois fictifs.

Sa nécessité a de nouveau été illustrée par la polémique sur les activités passées du ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, à la tête des Mutuelles de Bretagne et à l'Assemblée nationale.

François Bayrou a cependant soigneusement éludé toutes les questions sur ce qui est devenu une "affaire" avec l'ouverture d'une enquête préliminaire, sortant même le code de procédure pénale pour justifier son refus de la commenter.

Le projet présenté par le ministre de la Justice est considéré avec un a priori favorable par les forces politiques et les associations anticorruption.

Le Parti socialiste, dont une délégation a été reçue par François Bayrou, a dit s’inscrire "totalement dans cette démarche rendue nécessaire et urgente".

Le Front national a bien déploré des "manques regrettables" mais a également salué "un certain nombre d'aspects positifs", comme la création d'une "banque de la démocratie" pour assurer un financement équitable des partis et de leurs candidats.

"C'est un projet assez ambitieux", a pour sa part déclaré à Reuters le vice-président de l'association Anticor, Eric Alt, qui a regretté l'absence de dispositions sur le lobbying.

"Il reste à écrire un texte sur l'indépendance de la justice. Car nous aurons là de bonnes lois mais de bonnes lois ne valent rien si on n'a pas des institutions efficaces pour les appliquer", a-t-il ajouté.

 

François Bayrou a rappelé que l'indépendance des parquets et la réforme du Conseil supérieur de la magistrature faisaient partie des promesses du chef de l'Etat et il a promis qu'elles seraient traitées en même temps que la moralisation.

Un «top 50 des arrêts maladies» à La Poste fait polémique

 

POLEMIQUE Il classe de 1 à 50 et par ordre décroissant les agents de la plateforme logistique de Bonneuil (Val-de-Marne) qui ont le plus d'arrêts maladie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une enseigne de La Poste. — GILE MICHEL

SUD PTT voit rouge. Le syndicat a annoncé vendredi avoir saisi la Cnil, l'Inspection du travail et le Conseil national de l'ordre des médecins après la découverte d'un fichier interne à La Poste dressant un «scandaleux Top 50» des agents ayant le plus grand nombre de jours d'arrêt maladie.

Ce fichier, que l'AFP a consulté, se présente sous forme de tableau Excel et répertorie nommément, par service et référent, 168 agents de la plateforme logistique de Bonneuil (Val-de-Marne) en pointant le nombre de journées d'arrêt de travail pour chacun. Il a été réalisé depuis l'ouverture de la plateforme en janvier 2016. Un recensement que SUD PTT juge «normal, ne serait-ce que pour établir un bilan social en fin d'année».

 «Top 50 de la honte»

Cependant, lorsqu'on clique sur le dernier onglet de ce fichier Excel, apparaît un document appelé «Top 50 des arrêts maladie», qui classe de 1 à 50 et par ordre décroissant les agents qui ont le plus d'arrêts maladie (arrêts de travail, accidents du travail et maladie professionnelle confondus), s'indigne le syndicat qui parle du «Top 50 de la honte», dans un communiqué.

Dans ce classement figure même «le nom d'une personne aujourd'hui décédée», relève SUD PTT, qui s'interroge sur le «but» de ce classement et ses commanditaires, et réclame la destruction du fichier. «Face à ce fichier proprement scandaleux qui stigmatise une bonne partie du personnel», le syndicat a saisi la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (Cnil), l'Inspection du travail et le Conseil de l'ordre national des médecins.

Intitulé maladroit, reconnaît la direction de La Poste

Interrogée par l'AFP, la direction de La Poste précise que «la plate-forme logistique de Bonneuil a mis en place un dispositif d'accompagnement des collaborateurs éloignés du service pour des raisons de santé» qui «s'appuie sur l'extrait d'un fichier RH contenant des informations administratives factuelles (jour d'arrêt, service de rattachement....)». Il «permet d'identifier des situations de fragilité ou des anomalies qui n'auraient pas été décelées et d'accompagner au mieux les périodes d'absences».

«Ce fichier est réservé aux managers et aux RH. Un de ses onglets est très maladroitement intitulé, cela doit être corrigé mais ne doit pas masquer l'utilité de la démarche qui vise à accompagner individuellement les collaborateurs en longue absence. Pour autant, les modalités concrètes de la tenue de ce fichier vont être examinées avec la plus grande attention pour s'assurer de leur entière conformité», ajoute-t-elle.

 

 

 

« Amazon vaut 25 fois Carrefour. Derrière ce chiffre, une révolution terrible en cours !! »

Vous ne le savez peut-être pas, parce que finalement nous sommes pris dans un flot quotidien d’informations qui nous empêche de voir le grand tableau d’ensemble, mais pourtant il faut rapprocher entre eux certains phénomènes pour que l’essentiel apparaisse enfin.

Aujourd’hui, et cela est visible pour tous nos concitoyens qui vivent dans des villes de petite ou de moyenne taille (jusqu’à 50 000 habitants en gros), il y a une véritable crise commerciale pour les commerces de centre-ville qui souffrent terriblement.

De quoi souffrent-ils ?

D’une révolution que l’on ne nomme pas. Une révolution que l’on ne désigne pas.

La révolution Amazon !

Faisons un tout petit peu d’histoire économique !

Le site de vente Amazon a été fondé en 1994 par Jeff Bezos.

Amazon était à l’origine une librairie en ligne.

Alors que les plus grandes librairies physiques et catalogues de vente par correspondance pouvaient offrir jusqu’à 200 000 titres, une librairie en ligne pouvait aller beaucoup plus loin.

Bezos voulait que le nom de son entreprise commence par un A pour apparaître tôt dans l’ordre alphabétique. Il a commencé à regarder dans le dictionnaire et s’est arrêté sur Amazon (Amazone) parce que c’était un lieu « exotique et différent » et que le fleuve était considéré comme le plus grand du monde, destinée qu’il souhaitait à son entreprise.

Depuis 2000, le logo d’Amazon fait figurer une flèche allant du A au Z, formant un sourire qui symbolise la satisfaction du client et indique également qu’ils peuvent vendre tout, de A à Z…

La création d’Amazon est une belle histoire d’ambition de domination.

Jeff Bezos ne crée pas Amazon pour « participer » parce que c’est l’essentiel (maxime destinée uniquement à rassurer les perdants), non, Jeff Bezos joue pour gagner. Et dans son esprit, gagner c’est dominer le monde entier. De A à Z, du début à la fin et dans tous les pays.

Amazon c’est une volonté hégémonique dans la distribution et, disons-le pour le moment, personne ne s’oppose à cette toute-puissance.

L’émergence en 20 ans de ce géant bouleverse des équilibres et menace même directement la grande distribution actuelle, pourtant des géants, des colosses !

Des chiffres impressionnants !

1 000 dollars l’action, une valorisation de 430 milliards d’euros, soit une valeur de 25 fois celle représentée par Carrefour, un chiffre d’affaires qui dépasse les 110 milliards annuels et en augmentation constante, sans oublier qu’enfin, Amazon est devenu une entreprise largement rentable alors que ses investissements sont colossaux partout dans le monde.

Avec Amazon Premium, Amazon incite ses clients à « rentabiliser » cette option qui est tout de même extraordinaire, puisque c’est un défi logistique impressionnant qui est relevé chaque jour car si vous commandez aujourd’hui, vous serez livré demain matin !

Extraordinaire donc vous dis-je.

Extraordinaire… sauf que cette révolution est un massacre fiscal ET… social !