SPECIAL UKRAINE 

par Christelle NEANT

Journaliste française travaillant pour l'agence DONi Press à Donetsk, je couvre le conflit du Donbass et la vie des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk sur le terrain.

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Christelle NEANT

Les Russes ethniques d’Ukraine devraient être déportés ou au moins perdre le droit de vote - Porochenko TV


lundi 7 août 2017

 

Les pratiques en vigueur en Europe autorisent les autorités ukrainiennes à déporter des millions de détenteurs du passeport au trident [ndlr passeport ukrainien] qui « attendent Poutine ». Cela a été déclaré sur le plateau de la 5e chaîne ukrainienne par le présentateur Vitaly Gaïdoukevitch.

« Que faire des citoyens d'Ukraine qui ne méritent pas d'être citoyens de l'Ukraine  ? Ils détestent ce pays. Alors peut-être que nous devons, comme dans les états Baltes, les priver de la totalité des droits civiques, c'est-à-dire de les dégrader via les droits civiques [note de la traductrice : dans les pays Baltes les Russes ethniques n'ont le plus souvent même pas la citoyenneté du pays où ils sont nés et ont vécu toute leur vie] ? Ok, vous pouvez vivre, mais vous n'avez pas le droit de voter. Vous détestez l'Ukraine, vous attendez Poutine. Nous ne pouvons pas les priver de leur citoyenneté de par la constitution, bien qu'en Tchécoslovaquie dans les années 1945-1948, trois millions de personnes ont été expulsées du pays pour avoir facilité l'occupation. Ils ont amené la guerre dans ce pays, et c'est la bonne logique, » a-t-il ainsi déclaré.

Néanmoins, Gaïdoukevitch a ensuite immédiatement admis qu'actuellement la déportation de masse de Russes ethniques depuis l'Ukraine n'était pas encore mise en œuvre, mais qu'il fallait penser à intensifier la répression contre eux.

« Du point de vue politique, nous ne pouvons pas faire ça, mais d'une manière ou d'une autre nous devons réagir fortement envers ces personnes qui sont la cinquième colonne au cœur du pays, » a déclaré le présentateur (ou plutôt devrait-on dire propagandiste à ce stade) de la chaîne de télévision de Petro Porochenko.

Chaîne Porochenko TV : « Nous devons déporter des millions de Poutinistes »

https://youtu.be/CVK1mXDghzM

 

Commentaire de la traductrice : De tels propos sont tenus régulièrement sur les chaînes de télévision ukrainiennes. Sans engendrer la moindre critique ou remarque des ONG de défense des droits de l'homme, autrement plus promptes à réagir dans d'autres circonstances, ni des gouvernements européens.

Si de tels propos étaient tenus en Europe en remplaçant le mot Russes par Juifs ou Musulmans ce serait le scandale assuré, avec dépôt de plainte, démission du présentateur et j'en passe. Mais dans le cas de l'Ukraine, comme dans le cas des pays Baltes d'ailleurs (qui font partie de l'UE je le rappelle), de telles pratiques discriminatoires sont ouvertement tolérées et personne n'y trouve rien à redire.

Les propos de ce présentateur sont d'une similarité frappante avec les propos qui étaient tenus contre les Juifs en Allemagne avant que ne soit mis en place les lois de Nuremberg, puis le programme de déportation et d'élimination. À quand une étoile de couleur sur les vêtements des Russes ethniques d'Ukraine ? Et surtout jusqu'à quand l'UE va continuer de soutenir ce mauvais remake du nazisme sauce ukrainienne, tout en se drapant dans les droits de l'homme pour couvrir ses crimes ?

Source : Politnavigator

Traduction par Christelle Néant

 

 

L’Ukraine profite des discussions à Minsk pour intensifier les bombardements sur le Donbass et tenter de nouvelles attaques


vendredi 4 août 2017

 

 

Fidèle à ses mauvaises habitudes, l'Ukraine a de nouveau profité des discussions des groupes de contact à Minsk pour intensifier les bombardements sur la République Populaire de Donetsk (RPD), et même tenter de percer les lignes de défense de la république.

Alors que depuis près d'une semaine la hausse des bombardements est devenue perceptible malgré la fameuse trêve du pain qui est censée être toujours en vigueur, les dernières 24 h ont été marquées par une hausse brutale du nombre de violations du cessez-le-feu et du nombre d'obus d'un calibre interdit par les accords de Minsk tirés par l'armée ukrainienne sur la RPD.

 

Au cours des 77 violations du cessez-le-feu commises par l'armée ukrainienne durant les dernières 24 h, c'est 372 obus de mortier (82 mm et 120 mm) et de chars d'assaut qui ont été tiré par les FAU, dont 326 rien que pour la périphérie de Donetsk.

Sur les 46 obus de mortier qui ont frappé le Sud de la RPD, 38 l'ont été sur la seule localité de Leninskoye, lors d'un bombardement intensif qui a duré pas moins d'une heure et demie, hier soir.

À cause de ces bombardements et des tirs de snipers ukrainiens, deux soldats de la République Populaire de Donetsk ont été grièvement blessés, et trois maisons ont été endommagées ou détruites.

Hier soir, profitant de l'obscurité, deux groupes de subversion et de reconnaissance ukrainiens, regroupant 26 hommes au total, ont tenté de franchir les lignes de défense près de Vodyanoye et de pénétrer sur le territoire de la RPD.

Mais là aussi, fidèles à leurs mauvaises habitudes, les soldats ukrainiens ont tenté de traverser leur propre champ de mines sans savoir précisément où celles-ci se trouvaient (l'armée ukrainienne ne tenant pas à jour de cartes de leurs champs de mines).

Le résultat était bien sûr prévisible (ils ont marché sur des mines), et ce fut un véritable carnage dans les rangs de ces deux groupes avec trois morts et sept blessés. Bien entendu le bruit a compromis leur tentative d'infiltration discrète, et ils ont dû battre en retraite, sous des tirs de couverture nourris de la 59e brigade des FAU (tirs de véhicules de combat d'infanterie et d'armes légères).

Commentant cette énième attaque stupide qui s'est finie en désastre pour les soldats ukrainiens, Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, a estimé que de telles attaques étaient utiles à Kiev pour se débarrasser des combattants les plus radicaux.

« Les tentatives de percer nos lignes se répètent et ont lieu régulièrement. De cette façon, Kiev se débarrasse des nationalistes enragés. De telles opérations, dénuées de sens, entraînent toujours le même genre de pertes inutiles, » a ainsi déclaré le chef de l'état lors d'une conférence de presse aujourd'hui.

Et l'arrivée de nouvelles armes près de la ligne de front (six chars d'assaut à Dzerjinsk à 5 km de la ligne de front), ou leur redéploiement en cours (10 chars d'assaut en route pour Maryinka), n'est pas pour rassurer sur l'évolution à venir de la situation.

Il faut croire que l'Ukraine est galvanisée par l'éventualité de recevoir des armées létales de la part des États-Unis. Pourtant, comme l'ont montré ce genre d'initiatives par le passé et comme l'a si bien rappelé le chef de la RPD, ce genre d'idée fait plutôt partie des mauvaises idées que des bonnes.

« La proposition de fournir à l'Ukraine des armes létales peut être vue de plusieurs manières différentes. Du point de vue militaire, cette démarche n'aidera pas l'Ukraine - cela va plutôt lui faire du mal. Nous avons déjà été témoins à la fois de la mauvaise utilisation de l'équipement militaire et de sa revente, y compris même parfois à nous. Donc, cela ne nous dérange pas, » a déclaré Alexandre Zakhartchenko.

Néanmoins, une telle « aide » des États-Unis aura forcément des conséquences.

« Une telle démarche de la part des États-Unis peut avoir des conséquences plus sérieuses sur le plan politique. La fourniture par les États-Unis d'armes létales à la partie ukrainienne sera perçue par Kiev comme un encouragement à l'agression. En outre, Kiev s'est préparé à la reprise des hostilités militaires à grande échelle contre nous. Et seuls ses curateurs occidentaux retiennent Kiev.
Pour l'instant ils les retiennent. La situation s'aggrave du fait que Kiev n'avait simplement pas et n'a toujours pas de plan pacifique pour sortir de la crise. Kiev ne pense même pas à la paix. À nos propositions de sortie pacifique de la crise, Kiev répond en renforçant sa rhétorique agressive et en aggravant la situation sur la ligne de front.
Le seul plan qui hante les esprits enflammés des nationalistes ukrainiens c'est la « réintégration du Donbass », qui équivaut, très exactement, au génocide de la population du Donbass. Après tout, dans ce plan de « réintégration » il n'y a pas un mot concernant le dialogue ou la prise en considération des intérêts de ceux qui ont déclaré leur propre positions en 2014, qui ne coïncide pas avec les plans du Maïdan, » a ainsi déclaré le chef de l'état.

Et pendant que Washington réfléchit pour savoir s'ils vont encore rajouter une bonne dose d'huile sur le feu ukrainien, grâce au silence complice des médias et gouvernements occidentaux, les soldats ukrainiens peuvent continuer tranquillement de commettre des crimes près de la ligne de front.

Comme le commandant du 20e bataillon de la 93e brigade des Forces Armées Ukrainiennes, le capitaine Djouline, qui en état d'ébriété, a kidnappé et violé pendant plusieurs jours une jeune fille mineure, avant de la relâcher une fois qu'il avait décuvé, non sans avoir menacé de la tuer si elle allait se plaindre à la police.

Avec des « libérateurs » comme ce commandant et les stratégies militaires inefficaces qu'elle continue d'appliquer sans succès depuis trois ans, l'Ukraine n'est pas prête de « réintégrer le Donbass ».

Christelle Néant

 

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 29 juillet 2017

 

01 aout 2017  

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 29 juillet 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’48 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’09 » – L’OSCE note l’absence d’armes lourdes ukrainiennes dans les zones de stockage
04’54 » – Innovations de l’armée ukrainienne pour exterminer la population du Donbass
07’03 » – Des soldats ukrainiens débarquent saouls sur le territoire de la station d’épuration de Donetsk
10’57 » – Les soldats ukrainiens refusent d’aller se battre et sabotent les ordres

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK
12’41 » – Paris et Berlin veulent que l’échange des prisonniers ait lieu avant la fin de l’année

SITUATION EN RPD
14’26 » – Alexandre Zakhartchenko prend personnellement en main le problème des files d’attente aux postes frontières et aux points de passage de la ligne de front
18’34 » – L’Ukraine coupe l’approvisionnement en électricité de la RPD venant du territoire ukrainien

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
21’10 » – Porochenko retire sa nationalité ukrainienne à Saakachvili
28’29 » – Deux humoristes russes dévoilent l’étendue de la corruption en Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
31’58 » – Le seul navire ukrainien à avoir quitté la Crimée après sa réintégration au sein de la fédération de Russie est réparé aux frais de ses marins

34’20 » – Conclusion

 

Source:https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-29-juillet-2017/

Après avoir fait subir le même sort à la République Populaire de Lougansk (RPL) il y a quelques mois, l’Ukraine continue dans ses méthodes criminelles et stupides, en coupant depuis aujourd’hui minuit l’approvisionnement de la République Populaire de Donetsk (RPD) en électricité depuis le territoire contrôlé par Kiev.

Quand on revendique de manière hystérique la souveraineté sur un territoire, on ne lui coupe pas l’eau ni l’électricité. Sinon cela veut clairement dire qu’on n’en a rien à faire de la population qui habite là, sans compter qu’il s’agit d’un crime de guerre. C’est pourtant ce que vient de faire Kiev, privant désormais tout le Donbass, dont elle n’a pas le contrôle, d’électricité produite en Ukraine.

Heureusement, la RPD est dotée de deux centrales thermiques fonctionnant au charbon (du Donbass), qui lui permettent de couvrir ses besoins domestiques et ceux de la RPL voisine, et la Russie fournit le surplus en cas de besoin additionnel ponctuel.

Grâce aux structures assurant l’indépendance énergétique des deux républiques, cette coupure de l’approvisionnement venant de Kiev n’aura aucun impact sur les habitants.

« La situation concernant la coupure de l’approvisionnement venant de Kiev n’affectera pas du tout les consommateurs en RPD. La république est indépendant de l’Ukraine, car l’énergie électrique produite par les deux centrales thermiques fonctionnant grâce au charbon extrait de notre territoire, est amenée aux consommateurs par des réseaux à très haute tension situés sur le territoire de la république, » a ainsi déclaré le ministère du Charbon et de l’énergie de la RPD.

Sans cette indépendance énergétique, on ne peut qu’imaginer qu’elle aurait été la situation dans le Donbass après ce énième crime des autorités de Kiev.

Cette décision creuse encore un peu plus le fossé entre le Donbass et les autorités ukrainiennes actuelles, et ne va rien arranger dans les discussions en cours à Minsk, ou entre les dirigeants du format Normandie.

Avant de prétendre récupérer le Donbass avec sa « loi de réintégration », Porochenko ferait bien de commencer par ne pas élargir la fracture déjà existante entre l’Ukraine et les républiques populaires du Donbass, avec des décisions qui prouvent s’il en était besoin, que Kiev ne considère pas les habitants du Donbass comme faisant partie de sa population.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/kiev-coupe-l-approvisionnement-en-electricite-de-la-republique-populaire-de-donetsk-depuis-le-territoire-ukrainien/

 

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) –)

 

24 juillet 2017  

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 22 juillet 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’54 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’10 » – L’OSCE note l’absence d’armes lourdes ukrainiennes dans les zones de stockage
03’47 » – Pertes de l’armée ukrainienne
05’01 » – Préparation de nouveaux tirs sous faux drapeau côté ukrainien
06’46 » – L’armée ukrainienne tire en pleine visite de l’OSCE près de Yassinovataya, et l’OSCE perd ses privilèges de passage aux points de contrôle
11’14 » – Les bataillons néo-nazis quittent la zone de l’OAT et se regroupent près de Kiev
13’07 » – Les soldats ukrainiens se rackettent entre eux

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK
15’26 » – Alexandre Zakhartchenko annonce la création d’un nouvel état pour remplacer l’Ukraine : la Malorussie

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
31’14 » – L’Ukraine achète son charbon américain le triple du prix de l’an passé
32’28 » – La situation économique de l’Ukraine s’aggrave de plus en plus

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
33’19 » – Un député ukrainien assure que le Wi-Fi a été créé grâce à l’Ukraine

35’59 » – Conclusion

 

Source:https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-22-juillet-2017/

Pourquoi Zakhartchenko a-t-il décidé de créer la Malorussie ? Quelques pistes d’explication, et pourquoi l’idée n’est pas si farfelue que çà…

 

21 juillet 2017  

 

Le 18 juillet, Alexandre Zakhartchenko annonçait la création d’un nouvel état remplaçant l’Ukraine : la Malorussie (« Petite Russie » en traduction littérale). Depuis deux jours, les commentaires, réflexions, ou réponses officielles se succèdent et donnent lieu à des discussions enflammées aussi bien sur internet que dans la vie réelle, de l’Occident jusqu’au fin fond de la Russie, en passant par le Donbass.

Chacun et chacune y va de son commentaire, glosant sur la folie de cette déclaration, sur le fait que c’est une bonne idée, ou sur le fait qu’elle est loin d’entraîner l’adhésion de tous.

Arriver à se faire une idée claire au milieu de ces réactions et débats enflammés, souvent plus dictés par les sentiments personnels que par une réflexion froide et rationnelle, n’a rien de simple. Je vais donc essayer de prendre un peu de distance et de hauteur pour analyser cette initiative de la manière la plus pragmatique et stratégique possible.

Alexandre Zakhartchenko n’est pas un dirigeant fou, s’il peut être parfois passionné dans ses déclarations, il n’a rien d’un impulsif qui prendrait des décisions aussi importantes sur un coup de tête. C’est un commandant et un chef d’état responsable qui sait élaborer une stratégie aussi bien sur le plan militaire que civil.

Maintenant que l’on a exclu le coup de folie, passons aux raisons potentielles (et non exhaustives) de cette déclaration de création de la Malorussie :

1. Lancer un avertissement à Kiev, à l’UE, à l’OTAN et aux USA

Depuis des mois, l’application des accords de Minsk et même les discussions au sein des sous-groupes de contact à Minsk sont totalement enlisées par la faute de Kiev. Du cessez-le-feu aux mesures politiques en passant par l’échange de prisonniers, rien n’avance. Pas même d’un millimètre. Les représentants ukrainiens au sein de ces sous-groupes font tout pour saboter les discussions : changement de représentants tous les quatre matins, changement d’avis d’une session à l’autre, refus de signer quoi que ce soit, tentative de revenir sur certains points des accords de Minsk, etc.

Cette mise à l’arrêt, qui provoque un statu quo de la situation, arrange bien Kiev, qui se satisfait de cette guerre larvée, qui rapporte de l’argent au complexe militaro-industriel (dont les usines de Porochenko), occupe les bataillons néo-nazis sur le front, et permet à un paquet d’oligarques, de fonctionnaires, militaires et autres de se servir chacun au passage et de se remplir les poches, tout en pouvant contenir la contestation populaire intérieure grâce à la menace d’arrestation pour séparatisme. Pareil pour l’UE, l’OTAN et les USA, qui se satisfont de cette non application des accords de Minsk.

Mais en s’endormant sur ce statu quo tout ce petit monde oublie qu’une telle situation ne peut pas durer ad vitam æternam. Le premier but de cette déclaration de création d’un nouvel état est donc de taper un grand coup de pied dans la fourmilière pour réveiller tout ce petit monde. Et de rappeler deux-trois faits de la réalité, comme le fait que l’Ukraine est en faillite, au bord de la désintégration totale, et que cela entraînera un chaos monstre aux portes de l’UE. Cette déclaration vise donc à rappeler que l’UE risque de se retrouver avec une Somalie « bandérisée » à ses portes si elle ne réagit pas.

Que si le plan A que sont les accords de Minsk sont inapplicables, et si l’UE ne veut pas du plan B (la guerre civile totale en Ukraine), alors il faut penser en terme de plan C (la Malorussie).

2. Proposer une sortie de crise par le haut pour sortir de l’impasse

De par l’entretien et le soutien des forces bandéristes et néo-nazies en Ukraine, les USA, l’UE et les autorités de Kiev se retrouvent dans une impasse. Kiev ne peut pas appliquer les accords de Minsk (le plan A) sans risquer une Nuit des Longs Couteaux, et voir la tête de Porochenko fichée sur une pique au milieu de la place du Maïdan, avant que tout cela dégénère avec la balkanisation du conflit actuellement circonscrit au Donbass.

Le plan B (la guerre civile totale en Ukraine qui aura lieu si le plan A n’est pas appliqué) signifiera la fin du pays, et sa désintégration totale, comme l’indique la déclaration politique de création de la Malorussie. Or l’UE a besoin de tout sauf d’une Somalie néo-nazie à sa porte. Ce serait un désastre pour l’UE, avec le risque d’une vague d’immigration massive d’Ukrainiens fuyant le chaos dans leur pays.

Si on s’en tient aux deux plans envisagés jusqu’ici par tous, la situation est un cul de sac. L’idée de Zakhartchenko est d’envisager une autre solution.

« Nous offrons aux citoyens de l’Ukraine une manière pacifique de sortir de cette situation difficile, sans guerre. Ceci est notre dernière offre non seulement pour les Ukrainiens, mais aussi pour tous les pays qui soutiennent la guerre civile dans le Donbass. »

Puisqu’il y a des murs qui barrent la route de tous les côtés et qu’il est impossible de rebrousser chemin, il faut contourner l’obstacle par le haut. Pour cela il faut trouver une solution qui satisfasse peu ou prou les intérêts de la majorité des protagonistes. Et c’est exactement ce qu’est le plan Malorussie : une sortie par le haut, basée sur une vision pragmatique de la politique, respectant les intérêts de la majorité des protagonistes et qui permettrait de sauver de nombreuses vies. Je vais expliquer plus en détail pourquoi par après.

3. Marquer des points sur le plan tactique, provoquer Kiev et faire le buzz

Dans la foulée de la déclaration de Zakhartchenko, Sergueï Lavrov a de nouveau appelé Paris et Berlin à discuter et à faire pression sur Kiev pour appliquer les accords de Minsk, utilisant ainsi le projet Malorussie comme levier de pression sur les garants européens des accords de Minsk pour qu’ils fassent leur travail. L’idée en gros serait de mettre l’UE devant le fait accompli : « Poussez Kiev à respecter les accords de Minsk, ou assumez l’alternative (la Malorussie ou le chaos total à vos portes) ».

Le but est aussi de provoquer Kiev, et de faire réagir les autorités ukrainiennes, si possible de manière hystérique. De ce point de vue-là c’est une réussite, Kiev a réagi comme on pouvait s’y attendre en réaffirmant le fait que l’Ukraine reprendrait le contrôle du Donbass et de la Crimée (sous-entendu par les armes), tout en dénigrant le projet et celui qui le porte (Zakhartchenko).

ParisBerlin et Washington ont tous réagit à l’unisson pour dénoncer cette initiative et rappeler qu’il fallait avant tout appliquer les accords de Minsk. Le problème c’est que vu leur manque d’entrain à faire pression pour Kiev sur ce point, leur discours sonne creux et enlise un peu plus la situation dans une impasse, au lieu de chercher une porte de sortie. Ce qui montre que ces pays préfèrent suivre une ligne politique partisane plutôt que de chercher des vraies solutions. C’est là qu’on voit que ces pays sont loin d’être gouvernés par des gens pragmatiques et posés.

En répondant comme ils l’ont fait, Paris, Berlin et Washington ont commis une faute tactique, en repoussant une solution sensée et en s’enferrant dans un plan qui ne tient manifestement pas la route au regard de la réalité des faits. Cela pourra être utilisé contre eux par après, pour leur reprocher de n’avoir pas privilégié une solution pacifique et pragmatique, et d’avoir mené ainsi l’Ukraine à la guerre totale alors que cela pouvait être évité.

Mais leurs réactions, et les dissonances apparentes au niveau de Moscou et même de Lougansk alimentent un buzz médiatique, chacun y allant de son idée sur la question, et de ses spéculations personnelles. Et ce buzz est bien utile, non seulement pour refaire parler du Donbass, mais surtout pour faire connaître en Ukraine et ailleurs la vision du monde que défendent Zakhartchenko et le Donbass.

Car en regardant de plus près l’acte constituant de la Malorussie, cela sonne comme une déclaration de foi politique : refus des OGM, refus de la vente des terres agricoles, volonté de préserver le pouvoir d’achat et le bien-être de la population (refus d’augmenter l’âge de départ à la retraite, gel des tarifs communaux, etc.), volonté d’instaurer un système plus démocratique (utilisation du référendum, discussions locales et régionales sur la future constitution, introduction d’éléments de démocratie directe, etc.), lutte renforcée contre la corruption, renversement des oligarques, etc.

En hurlant de manière hystérique comme ils l’ont fait, Kiev, Paris, Berlin et Washington ont attiré l’attention des gens sur cette déclaration de création de la Malorussie, et donc sur l’acte constituant. Cela permet à Zakhartchenko et au Donbass de briser le blocus médiatique et de faire savoir quelles sont leurs intentions et les idées politiques qu’ils défendent, et donc de faire savoir la vérité sur ce qui se passe réellement dans le Donbass. Cela permet au Donbass de marquer des points dans le cœur des gens en Ukraine, comme en Occident.

4. Préparer le futur et tendre la main aux autres régions de l’Ukraine actuelle

Comme l’a très bien dit Alexandre Zakhartchenko lors de la déclaration de création de la Malorussie « ici, nous allons tous discuter du futur ». Avec la création de la Malorussie, le Donbass prépare déjà l’avenir, en anticipant sur la catastrophe inévitable qui se dessine par la faute de la réticence de Kiev, Paris, Berlin et Washington d’opter pour des solutions intelligentes plutôt que pour leurs plans sur la comète.

Alors pourquoi créer la Malorussie plutôt que de ressusciter la Novorussie (Nouvelle Russie) ? Parce que la Malorussie permet d’inclure plus de régions de l’actuelle Ukraine dans le projet. Et donc de sauver plus de monde. Car comme l’a si bien rappelé Vladislav Sourkov (un des assistants et conseillers proches de Vladimir Poutine) en commentant l’initiative de Zakhartchenko « le plus important ici, c’est que le Donbass ne lutte pas pour la séparation de l’Ukraine mais pour son intégralité. Pour toute l’Ukraine et pas seulement pour lui-même ».

C’est aussi une façon de tendre la main à toutes ces régions en leur montrant que le Donbass se soucie aussi de leur sort et pas seulement du sien, et donc de réveiller les gens qui ne se satisfont pas de la situation actuelle en Ukraine. Les pousser à réagir et à agir, en leur disant en substance « si tu veux que le Donbass te vienne en aide, commence par t’aider toi-même en agissant, voilà une alternative viable à l’Ukraine que tu peux défendre sans opter pour le séparatisme ». C’est un projet qui serait beaucoup plus fédérateur et pourrait emporter l’adhésion de gens qui n’auraient pas défendu la Novorussie à cause de l’idée de scission du pays.

Enfin, c’est surtout une façon de préparer à l’avance une solution qui permettrait de sauver ce qui peut l’être lorsque l’Ukraine se sera engagée irrémédiablement dans la voie de la guerre, et s’effondrera après sa défaite. En préparant un plan à l’avance, cela évitera d’élaborer dans l’urgence des plans bancals et mal ficelés.

Cette « utopie » comme l’a qualifiée Sourkov, fait partie du conflit en cours entre Kiev et le Donbass, et serait un processus normal.

« Cela veut dire qu’en Ukraine, il y a une guerre civile entre des citoyens qui voient l’avenir de leur pays d’une façon différente. […] Kiev a son idée d’euro-utopie. Donetsk répond par l’idée de la création de la Malorussie. Il y a toute une discussion à l’intérieur même de l’Ukraine où l’on voit le niveau d’organisation, des arguments et du QI des parties qui discutent. Mais, pour reprendre l’expression de la Malorussie : tel pays, tel QI. »

Pourquoi le plan Malorussie est-il une excellente idée ?

Tout d’abord, car comme indiqué plus haut c’est un plan de sortie de crise par le haut, qui concilie la plupart des exigences de la majorité des protagonistes de ce conflit (qu’ils soient directs ou indirects) :

1. Maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ante-Maïdan sauf pour la Crimée (car la Malorussie respecte le droit des peuples à l’autodétermination inclus dans la charte de l’ONU), évitant ainsi un éclatement total du pays, et le chaos qui s’ensuivrait. Cela permettrait aussi de calmer l’UE, l’OTAN et les USA en montrant que la Russie n’a pas de velléités d’invasion ou d’annexion de l’Ukraine, puisque le pays serait indépendant, souverain et non aligné. Ce dernier aspect satisferait la Russie, lui évitant d’avoir un membre de l’OTAN de plus à sa porte, et créant une zone tampon entre l’OTAN et la Russie. Les Ukrainiens qui veulent changer le système sans opter pour le séparatisme seraient aussi satisfaits par cette solution qui ménage la chèvre et le chou, en revenant aux fondements historiques du pays. La RPD et la RPL pourront continuer d’exister au sein de cette fédération, comme la république autonome de Crimée existe au sein de la fédération de Russie. Le pays resterait économiquement proche de la Russie en rétablissant son appartenance à la CEI, tout en ménageant de bonnes relations avec l’UE (en menant des discussions trilatérales Malorussie-Russie-UE entre autre sur le maintien du régime sans visa). Ainsi chacun serait satisfait, et cela permettrait de mettre en œuvre des principes de politique pragmatique basés sur la discussion et la négociation plutôt que sur l’utilisation des armes et de la force.

2. Appliquer la plus grosse partie des accords de Minsk. Après trois ans de guerre et le bain de sang qui a lieu dans le Donbass, la population du Donbass ne veut pas retourner sous le drapeau et le pays qui les a bombardé depuis plus de trois ans (ce qui se comprend parfaitement). En faisant table rase, en changeant le nom, la capitale, le drapeau, et l’hymne, et en faisant en sorte que ce soit le Donbass qui intègre le reste de l’Ukraine, dans une fédération respectant les spécificités régionales, au lieu de l’Ukraine qui réintégrerait le Donbass la réunification devient alors possible. En créant la Malorussie, cela mettrait fin à la guerre dans le Donbass, appliquerait les changements constitutionnels demandés, permettrait par après d’organiser des élections réellement libres dans l’ensemble du nouveau pays, permettrait de mettre en œuvre l’amnistie de fait, ainsi que la libération des prisonniers des deux côtés et le retour du contrôle des frontières à la nouvelle capitale. Le cessez-le-feu et les zones de désengagement seraient de facto obsolètes. Le programme économique visant à relancer l’économie non pas seulement du Donbass mais de tout le pays, est déjà inclut lui aussi dans le projet Malorussie. Que demander de plus ?

C’est d’ailleurs ce qu’a dit en substance Zakhar Prilepine lors d’une interview accordée à Komsomolskaya Pravda (traduction en anglais disponible ici) :

« L’acte constitutionnel que nous avons annoncé et unanimement adopté est, en fait absolument aligné avec les accords de Minsk. […] Tout d’abord nous allons, en fait, cesser d’être des séparatistes, et ils ne pourront plus nous appeler ainsi, puisque nous serons en faveur d’un état unifié. Et nous n’allons certainement plus être des « terroristes » non plus, puisque nous sommes en faveur d’une solution pacifique du problème, et que nous avons même proposé les documents nécessaires pour cela. »

3. Sauver un maximum de vies et éviter la guerre. Comme l’a si bien dit Alexandre Zakhartchenko dans une interview à Komsomolskaya Pravda (traduction française par Avic de Réseau International) : « Pour arrêter la guerre, afin de sauver l’état, il faut que l’état se réinvente dans le cadre de la fraternité russe, il est nécessaire de le faire. Sinon, nous allons vers une grande guerre, et il y aura beaucoup de victimes.» En appliquant le plan Malorussie, non seulement on sauverait des vies en Ukraine, mais dans le reste du monde, en évitant le risque d’une propagation du conflit par alliances interposées.

4. Sauver économiquement le pays, en refusant les dettes post-Maïdan, mais pas les autres, évitant ainsi la faillite totale du pays avec les conséquences inévitables que cela entraînerait, mais aussi en réindustrialisant le pays et en rétablissant les liens économiques avec la Russie.

5. Sauver idéologiquement le pays, en le dénazifiant et en instaurant un tribunal populaire pour juger les criminels de guerre, lui évitant la descente aux enfers qu’a connue l’Allemagne pendant et après sa période Nazie. En évitant d’infliger une défaite humiliante au pays et en préservant son intégrité, le plan Malorussie permettrait d’éviter de générer encore plus de rancœurs (souvent injustifiées) au sein de la population de l’actuelle Ukraine, pour casser cette dynamique néfaste qui crée continuellement de nouveaux adeptes du néo-nazisme.

6. Donner l’exemple à l’échelle globale. Comme on le voit sur le plan stratégique, c’est un coup de maître, permettant de contourner le blocage des accords de Minsk par les autorités ukrainiennes actuelles, et en permettant au Donbass de se poser en exemple de ce que devrait être la politique nationale et internationale. Une politique pragmatique, réaliste, basée sur le droit international et le respect des intérêts de chacun. C’est d’ailleurs clairement annoncé dans la déclaration politique du projet : « nous serons capables de construire une nouvelle société basée sur l’amitié et l’assistance mutuelle, et non sur la haine et l’envie. Le génie créatif de notre peuple sera en mesure d’amener la Malorussie à l’avant-garde de la civilisation mondiale et de jouer un rôle dans l’histoire. La parole du Bien et de la Vérité. »

Le Donbass avait déjà montré la voie à suivre en matière de liberté, et de combat du peuple pour défendre ses droits, il s’est engagé sur la voie d’un développement plus soutenable, en refusant les OGM et en développant une agriculture plus propre que celle que Monsanto promet au reste de l’Ukraine, et il s’apprête maintenant à montrer l’exemple en matière de politique générale, comme la Russie essaye de la faire à l’échelle internationale depuis plus de 10 ans.

Alors pourquoi la Russie ne soutient pas unanimement ce projet (Peskov jouant au « pas de commentaire », pendant que d’autres jouent au « oui il faut coller à Minsk, mais le projet Malorussie est une bonne idée à creuser ») ? Pour des raisons évidentes qui se reflètent dans deux articles contenant des citations du même homme publiées par Interfax et RIA Novosti : Leonid Kalachnikov, le président du comité de la CEI à la Douma russe. Je vais mettre ces citations toutes ensemble afin d’avoir une image globale du tableau :

« D’un côté, la Russie demandera de respecter les accords de Minsk, mais dans le même temps, nous ne pouvons pas oublier qu’ils ne sont pas mis en œuvre par l’Ukraine. D’un autre côté, je comprends Zakhartchenko sur le plan humain… En tant que chef du comité [de la CEI], je ne peux pas soutenir cela, mais en tant qu’être humain, en tant que communiste, que député, j’ai appelé depuis longtemps la Russie à reconnaître ces états. »

« La création d’un tel état est possible et probablement même inévitable, à en juger par ce qui se passe en Ukraine. Au lieu de résoudre le problème, le gouvernement [ukrainien] resserre de plus en plus le nœud et intensifie les actions militaires. Le peuple ne peut pas vivre en état de guerre pendant longtemps. Il faut faire quelque chose. Alors, la création d’un tel état souverain pourrait être une solution pour ces gens.[…] Je pense que les gens seront très positifs [à propos de cette idée]. Mais la communauté internationale sera contre. Certains pays fermeront les yeux dessus. La Russie sera positive sur cette idée. »

La Russie est obligée de manifester une retenue de prime abord pour éviter de se voir reprocher l’annulation des accords de Minsk, qu’elle a pourtant aidés à mettre sur pied et promus depuis leur signature. Comme la création de la RPD et de la RPL il y a trois ans, cette idée qui semble utopique de prime abord doit faire son chemin dans les esprits, pour finir par s’imposer comme la solution qui résoudra bien des problèmes.

La situation actuelle est un nœud gordien que la création de la Malorussie permettrait de trancher. Il est temps pour les dirigeants comme pour les peuples de réfléchir à quel genre de monde ils veulent bâtir, et quel exemple ils veulent suivre. Celui des fous qui veulent la guerre à tout prix, ou celui de ceux qui promeuvent le dialogue et la diplomatie avant tout ?

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/pourquoi-zakhartchenko-a-t-il-decide-de-creer-la-malorussie-quelques-pistes-dexplication-et-pourquoi-lidee-nest-pas-si-farfelue/

 

 

Donetsk : reportage sur une équipe cynophile de recherche d’engin explosif

 


20 juillet 2017

Aujourd'hui, mercredi 19 juillet, à Donetsk, avait lieu une rencontre entre la presse et une équipe cynophile spécialisée dans la recherche de bombes, d'engins explosifs et de mines.

Le rendez-vous fut fixé dans une école de Donetsk, dans le quartier de Kuybishevski, district situé dans le nord de la ville de Donetsk.

La symbiose semble parfaite entre les deux binômes composant cette équipe cynophile. La complicité et le professionnalisme se remarquent, dès les premières minutes de ma rencontre avec cette unité alliant l'homme et l'animal.

Une fois les présentations faîtes, l'exercice peut démarrer. L'équipe cynophile inspecte l'école 64 de Donetsk pour un exercice de routine à la recherche de bombes.

Après avoir inspecté le préau, l'équipe va s'atteler à sa tâche dans une salle de classe.

Une fois l'inspection de la salle de classe finie, nous nous dirigeons dans le district de Léninski, situé dans le sud de la ville de Donetsk. Cette fois, l'exercice porte sur la recherche de mines et d'engins explosifs en bordure de routes et qui peuvent s'avérer particulièrement meurtriers lors de leurs explosions.

 

L'actualité nous l'a rappelé cruellement, au mois d'avril de cette année, lors de l'explosion d'une mine tuant un observateur de l'OSCE dans la République populaire de Lugansk.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-voiture-de-l-osce-192385

Combien de vies sauvées hier, aujourd'hui et demain grâce à leur travail ? Mais, je tiens également à rendre hommage à cette équipe qui allie le flair animal au flegme et au professionnalisme de l'homme dans la recherche d'engins de la mort déposés...par d'autres hommes. Pour finir et pour souligner l'incroyable travail qu'effectue les équipes de recherche et les démineurs de la République populaire de Donetsk (DNR) : du samedi 08 au vendredi 14 juillet, ils ont neutralisé 723 engins explosifs (mines, bombes etc) !

https://dan-news.info/obschestvo/specialisty-mchs-dnr-za-nedelyu-obezvredili-723-vzryvoopasnyx-predmeta-zarubin.html

 

Une petite vidéo sur cette journée en compagnie de cette incroyable équipe

Sébastien Hairon, volontaire bénévole et indépendant à Donetsk (DNR) Mon blog traitant de l'Ukraine et du Donbass

https://peupleslibres-nouvelle-russie.blogspot.com/

 

Documents joints à cet article

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (d’habitude en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, mais exceptionnellement tourné seulement avec Christelle, pour des raisons de problèmes techniques), vous propose une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé à Donetsk le samedi 15 juillet 2017 :

SITUATION MILITAIRE
00’59 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’21 » – L’OSCE note l’absence d’armes lourdes ukrainiennes dans les zones de stockage
02’57 » – 
Deux attentats terroristes frappent Lougansk pendant le G20
04’31 » – Kiev essaye de se débarrasser des bataillons néo-nazis
07’06 » – Des soldats ukrainiens sabotent leurs munitions pour ne pas avoir à les tirer sur le Donbass
08’26 » – Quand certains commandants ukrainiens sacrifient leurs hommes pour leur gloire personnelle
09’24 » – Nouvelles menaces de tirs sous faux drapeau en territoire contrôlé par Kiev

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK
10’23 » – 
L’assemblée parlementaire de l’OSCE vote une résolution délirante sur le Donbass et la Crimée
14’38 » – Des représentants de la RPL reçus à Bruxelles lors d’une conférence au Parlement Européen

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
16’08 » – L’Ukraine veut imposer des mesures de plus en plus contraignantes pour les Russes vivant en Ukraine ou de passage dans le pays
17’23 » – 
Une deuxième ébauche de la loi sur la réintégration du Donbass qui sonne comme une déclaration de guerre contre la Russie

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
23’37 » – 
Porochenko se fend d’un panégyrique délirant sur l’armée ukrainienne

25’49 » – Conclusion

Christelle Néant

Source: https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-15-juillet-2017/

 

La Russie et la République Populaire de Donetsk continuent le combat juridique pour que les crimes de guerre de Kiev soient punis

Samedi 15 juillet 2017

 

 

Pendant que l'Ukraine délire sur l'agression et les crimes imaginaires de l'armée russe dans le Donbass, tout en essayant de ne pas avoir à endosser la responsabilité de ses crimes de guerre, la Russie, tout comme les deux républiques populaires ne restent pas inactives et travaillent pour prouver factuellement au monde entier les crimes, bien réels ceux-là, de l'armée et des forces de l'ordre ukrainiennes dans le Donbass.

La première annonce est venue de la République Populaire de Donetsk (RPD), dont la médiatrice aux droits de l'homme Daria Morozova a mené des discussions avec la présidente de la Mission de Surveillance des Droits de l'Homme de l'ONU en Ukraine, Fiona Frazer, à qui elle a remis des documents prouvant l'utilisation de la torture et de méthodes illégales par les représentants des forces de l'ordre ukrainiennes dans le Donbass.

« Les questions concernant les personnes portées disparues, tuées à cause des tortures commises par les forces ukrainiennes, et l'échange des prisonniers de guerre ont été discutées lors de cette réunion,  » a ainsi noté le service de presse de la médiatrice aux droits de l'homme.

Concernant la recherche des personnes portées disparues « l'accent a été mis sur le besoin de coopération et de travail conjoint avec la partie ukrainienne concernant l'échange d'une banque de données ADN pour identifier les corps  ».

Daria Morozova a profité de cette réunion pour signaler l'attitude destructrice des représentants ukrainiens lors des discussions du sous-groupe de contact humanitaire à Minsk. Comme le 6 juillet, lorsque ces derniers ont interrompu la discussion sur l'échange des prisonniers, en exprimant leur réticence à remplir leurs obligations, ce qui a poussé les représentants du Donbass à sortir de la réunion.

De son côté, la Russie n'est pas en reste, et continue le travail lancé depuis l'année dernière concernant les poursuites pénales pour crimes de guerre contre plusieurs officiels et commandants ukrainiens. La liste des crimes de l'armée ukrainienne continuant de s'allonger jour après jour, la commission d'enquête spéciale russe rajoute au fur et à mesure de nouvelles preuves, et de nouvelles charges pour chaque nouveau crime commis.

Ainsi, l'agence fédérale russe d'enquête sur les crimes très graves a ouvert un dossier pénal concernant le bombardement récent de zones résidentielles de Donetsk par l'armée ukrainienne qui a fait des victimes parmi les civils.

«  Un dossier a été ouvert sur base du crime décrit dans l'article 365 du code pénal russe - l'utilisation de méthodes de guerre interdites. Les enquêteurs suspectent que les soldats ukrainiens ont de nouveau violé l'accord de cessez-le-feu signé par le groupe de contact tripartite et qui ordonne le cessez-le-feu dans certaines zones des républiques de Donetsk et Lougansk, ainsi que le retrait des armes lourdes, » a déclaré la porte-parole du chef du comité d'enquête, Svetlana Petrenko, citée par RIA Novosti.

Svetlana Petrenko a souligné que les enquêteurs avaient de bonnes raisons de croire que le 10 juillet à 23 h, l'armée ukrainienne et la garde nationale ont utilisé de l'artillerie lourde pour tirer sur des infrastructures civiles situées dans le district de Petrovsky à Donetsk, faisant deux blessés parmi les civils et détruisant plusieurs habitations.

Comme on peut le voir, le dossier pour le tribunal pénal international qui devra se tenir pour juger les crimes de guerre commis lors du conflit dans le Donbass continue de se remplir et de s'alourdir contre Kiev. À l'allure à laquelle ces crimes s'accumulent, le poids et l'épaisseur des dossiers n'aura rien à envier à ceux du procès de Nuremberg.

Surtout quand on voit l'état de la justice ukrainienne concernant les jugements rendus contre les victimes mêmes des abus de l'armée et des forces de l'ordre ukrainiennes. Ainsi, une jeune fille d'Artemovsk, Nadiejda Kozlova, qui en 2014 avait dégoupillé une grenade d’un des soldats qui essayait de la violer pour se défendre, et avait été sévèrement mutilée lors de l'explosion, a été condamnée l'an passé à 14 ans de prison pour la mort de ce soldat !!! La jeune femme est désormais invalide, ayant perdu une partie du bras gauche et sa jambe gauche est sévèrement mutilée.

L'association des prisonniers de guerre et des prisonniers politiques du Donbass a demandé au représentant ukrainien au sous-groupe de contact humanitaire à Minsk, Viktor Medvedchouk, d'aider à obtenir la libération de la jeune femme qui a besoin de soins permanents.

Si ce représentant met autant d'acharnement à ne pas travailler sur ce dossier qu'il en met à ne pas traiter celui de l'échange des prisonniers, on ne peut malheureusement que craindre que Nadiejda reste en prison pour encore longtemps si la communauté internationale ne se mobilise pas pour la sauver.

Christelle Néant

Leçon du Donbass : Effacez l’histoire d’un peuple, et vous pourrez alors le contrôler et l’amener à sa perte


Vendredi 14 juillet 2017

 

Tout ce qui est arrivé en Ukraine avant le Maïdan et après peut se résumer à cette simple phrase prononcé par un volontaire russe qui se bat avec les volontaires du Donbass pour défendre leur terre : « Comme on dit, effacez l'histoire d'un peuple, et en 10 ans les gens se transformeront en troupeau de moutons, en 20 ans vous serez capable de les contrôler. »

Comme le dit si bien cette phrase célèbre « ceux qui ne connaissent pas leur histoire, sont condamnés à la répéter  ».

Alors que la « trêve du pain » n'a pas duré plus longtemps que les précédentes, et que le nombre de violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne augmente petit à petit chaque jour, les choix politiques de Kiev prouvent que cette phrase célèbre est malheureusement vraie.

Après qu'une première ébauche de la loi de réintégration du Donbass ait fuité, amenant une certaine perplexité parmi les lecteurs de ce chef d’œuvre d'acrobatie (qui était supposé déclarer que le Donbass est occupé, mais sans indiquer qui est l'agresseur et l'occupant), une seconde ébauche a été publiée par Unian (l'agence de presse ukrainienne officielle). Et le moins que l'on puisse dire c'est que la deuxième mouture est très différente de la première.

Cette fois, la Russie est clairement mentionnée comme étant l'état agresseur et l'occupant : « La fédération de Russie mène une agression militaire contre l'Ukraine, et a temporairement occupé des parties de son territoire avec l'aide des Forces Armées de la fédération de Russie ».

Le premier article de ce projet de loi, indique aussi clairement que la Russie occupe une partie de la région du Donbass « dans les limites de laquelle des unités des Forces Armées de la fédération de Russie, des groupes armés établis sous les auspices de, subordonnés à, gérés, contrôlés et financés par la fédération de Russie, et l'administration d'occupation de la fédération de Russie, ont mis en place des autorités et exercent leur pouvoir  ».

Le problème, comme souligné par la directrice de la société de consulting Parti au Pouvoir (Partiya Vlasti), Yelena Dyachenko, c'est que « les autorités du pays occupant doivent être installées dans les territoires occupés. Il n'y en a aucune dans le Donbass. Par conséquent, si nous reconnaissons ces territoires comme étant ceux occupés par la RPD et la RPL, alors nous allons perdre ces territoires définitivement. Il n'y a absolument ni les drapeaux, ni les autorités russes  ».

De plus, cette loi qui déclare qu'il est important d'appliquer les accords de Minsk pour récupérer les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL), mais qui parle dans le même temps d'utiliser l'armée ukrainienne pour atteindre cet objectif si nécessaire, viole purement et simplement ces mêmes accords, comme l'a commenté la ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova.

« L'adoption [par Kiev] de tout acte concernant le Donbass sans s'accorder dessus avec les républiques est une violation des accords de Minsk, » a-t-elle rappelé.

Les articles allant de 4 à 6 de ce projet de loi sont de loin les plus cyniques de cette ébauche. Ainsi, l'article 4 propose de «  protéger les droits et libertés des individus qui ont souffert de l'agression russe  ». Sauf qu'ici personne ne souffre d'une agression russe, qui est totalement imaginaire. La seule agression dont les gens du Donbass souffrent c'est celle de l'armée ukrainienne ! Une armée qui a été envoyée là pour mater par la force la population du Donbass lorsqu'elle a fait valoir ses droits.

L'article 5 quant à lui, déclare que « les autorités gouvernementales devraient utiliser les opportunités existantes pour protéger les droits et libertés des citoyens ukrainiens vivant dans les zones occupées  ». Qu'ils commencent déjà par arrêter de leur tirer délibérément dessus, de tirer sur les stations d'épuration, les stations de pompage de l'eau, les sous-stations électriques et j'en passe. Qu'ils arrêtent de leur renier tout droit fondamental comme les autorités ukrainiennes le font depuis plus de trois ans. À commencer par le droit à la liberté d'expression, et le droit à l'autodétermination des peuples.

L'article 6, est quant à lui le summum. Avec cet l'appel à protéger les droit et libertés des citoyens vivant en RPD et en RPL en promouvant leurs besoins sociaux et économiques et en rétablissant les liens humanitaires et culturels, alors que je le rappelle c'est l'Ukraine qui a instauré un blocus total du Donbass !

Mais surtout c'est la partie concernant la responsabilité de l'Ukraine dans ce conflit qui est un chef d’œuvre absolu de cynisme. Je cite : « L'Ukraine n'est pas responsable des actions illégales de la Russie en tant que pays agresseur et de ses groupes armés illégaux qu'elle contrôle dans certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk ».

Lorsqu’on lit cela et qu'on connaît la situation réelle dans le Donbass, on en vient à se demander s'il faut en rire ou en pleurer, devant un tel summum d'immoralité. Parce que le seul responsable de ce conflit c'est bien l'Ukraine, qui a envoyé l'armée mater par les armes des manifestations et occupations de bâtiments pacifiques, qui avaient eu lieu suite au coup d'état du Maïdan et aux décisions prises par le nouveau gouvernement.

Parce que le seul occupant dans le Donbass, c'est l'armée ukrainienne, qui reçoit ses ordres directement d'un gouvernement qui est issu d'un coup d'état, et est illégitime. Une armée qui tue des gens dont le seul tord est d'avoir exprimé leur refus d'accepter le résultat du coup d'état du Maïdan.

Ceux qui commettent des crimes de guerre ici à échelle industrielle, en bombardant ou tirant délibérément tous les jours sur des civils ou sur les infrastructures vitales, en empoisonnant l'eau (voir la vidéo ci-dessous), en torturant systématiquement leurs prisonniers (et les violant quasi systématiquement lorsqu'il s'agit de femmes), souvent arrêtés pour simple soupçon de séparatisme, et qui violent méthodiquement les droits des civils du Donbass (blocus économique et commercial total du Donbass, refus de délivrer des papiers aux personnes qui vivent ici, de payer normalement les retraites, coupure de l'eau et de l'électricité, etc), c'est l'armée ukrainienne, le SBU, la Garde Nationale, les bataillons néo-nazis et les autorités ukrainiennes.

Pas les armées et les autorités de la RPD et de la RPL. Et encore moins l'armée russe, qui n'est même pas présente dans le Donbass, comme l'a déclaré le ministre adjoint des Territoires occupées et des déplacés internes en Ukraine, Guéorgui Touka, dans une interview accordée au journal Apostrophe.

Tout ceci, ce sont des crimes commis par Kiev à l'encontre de la population dont elle prétend aujourd'hui défendre les droits et libertés. Ces mêmes droits et libertés que les autorités ukrainiennes ont niés au peuple du Donbass lorsqu'il s'est soulevé parce qu'il refusait le coup d'état du Maïdan.

En réalité, ces articles visent à abroger la responsabilité de l'Ukraine et éviter aux autorités de Kiev de devoir faire face un jour à la justice pour ses crimes dans le Donbass, comme l'a souligné Yelena Diachenko.

« Pourquoi cette responsabilité devrait-elle être abrogée  ? Pour éviter un tribunal militaire pour crimes de guerre, » a-t-elle expliqué.

Cette loi ressemble à ce qu'aurait pu donner une loi votée par les Nazis allemands, pour soi-disant protéger les droits et libertés des juifs, des tziganes et des opposants pendant qu'ils les exterminaient, pour éviter un jour d'être condamnés au tribunal de Nuremberg… Juste à vomir…

Et si je fais un tel parallèle, ce n'est pas juste pour choquer. C'est à cause du fait, qu'ayant oublié leur histoire, les autorités ukrainiennes répètent les mêmes erreurs que les Nazis et bien d'autres avant eux, et vont finir de la même manière.

En nommant explicitement la Russie comme étant l'agresseur et l'envahisseur, si ce projet de loi est voté tel quel, alors ce sera une déclaration de guerre officielle de l'Ukraine contre la Russie. Alors que la première ébauche semblait vouloir éviter une guerre directe avec la Russie, la deuxième est délibérément agressive envers cette dernière.

Faut-il y voir un lien avec les récentes déclarations d'officiels de l'OTAN, de l'OSCE et des USA, concernant la présence de l'armée russe imaginaire dans le Donbass ? Cette rhétorique guerrière est inquiétante à plus d'un titre, et indique que certains rêvent d'une escalade de la situation, et de provoquer une véritable guerre avec la Russie.

Et si l'Ukraine a oublié ce qui est arrivé à ceux qui ont déclaré la guerre et tenté d'envahir la Russie, les Russes, eux, n'ont pas oublié, comme le prouve cette déclaration d'un des soldats que nous avons interviewé.

« La victoire sera nôtre, parce que la vérité est toujours de notre côté, alors que le mensonge est avec eux. L'injustice n'a jamais gagné contre la vérité. Le bien gagnera », a ainsi déclaré le soldat surnommé Volga.

Regarder l'interview de deux volontaires russes qui sont venus combattre pour le Donbass :

 

Christelle Néant

Propagande massive sur la présence de troupes russes « invisibles » dans le Donbass et nouvelles sanctions contre la Russie

Mardi 11 juillet 2017

 

Alors que le G20, et que la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine ont eu lieu, le calme relatif qui continue de régner dans le Donbass est trompeur. Si la discussion entre les deux présidents semble avoir été cordiale, il est prématuré de s'en réjouir. Car dans le Donbass, l'artillerie ukrainienne continue doucement mais sûrement d'augmenter jour après jour le nombre de ses tirs sur les territoires des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL). Ici, la résolution pacifique du conflit ne semble toujours pas être à l'ordre du jour.

Alors qu'au début de la trêve instaurée le 24 juin, les tirs étaient redescendus en dessous des 20 violations par jour, celles-ci sont remontées aux niveaux antérieurs à la trêve depuis la semaine passée, et rien que durant les dernières 24 heures, l'armée ukrainienne a tiré à 39 reprises sur la RPDblessant deux civils hier soir à 23 h dans le quartier de Troudovskyi à Donetsk, lorsqu'un obus a frappé l'appartement où ils vivent.

Hier après-midi, c'est sur deux villages proches de Yassinovataya (Yakolevka et Mineralnoye) que l'armée ukrainienne s'est déchaînée, tirant à l'artillerie lourde (122 mm et 152 mm) puis au mortier lourd (120 mm) pendant plusieurs heures.

Comme l'a bien analysé Sébastien Hairon, derrière les discours de façade des États-Unis sur la volonté d'appliquer les accords de Minsk, il suffit de regarder qui a été nommé comme représentant américain en Ukraine sur ce sujet, et d'écouter ce que Rex Tillerson a déclaré lors de sa visite à Kiev pour comprendre que ce que veut le complexe militaro-industriel américain c'est tout sauf la paix dans le Donbass.

La crainte exprimée lors de l'élection de Trump s'avère juste : le président américain ne contrôle rien, il ne gouverne rien, il est juste là pour la décoration. C'est l'état profond qui dirige réellement le pays et ses vassaux. Et c'est vers le gouffre de la guerre qu'il veut diriger l'Europe.

Car de Tillerson à Stoltenberg, lui aussi en visite à Kiev ce week-end, ou même l'assemblée parlementaire de l'OSCE, tous nous ressortent encore et toujours l'antienne des troupes russes présentes dans le Donbass, afin de présenter la Russie comme l'agresseur dans ce conflit.

S'asseyant joyeusement sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (et sur les faits historiques concernant le fait que la Crimée ait été maintenue dans le giron ukrainien après la chute de l'URSS par la force), sur la réalité du terrain, et sur le risque de génocide que l'application d'une telle mesure ferait courir aux Criméens comme à la population du Donbass, cette assemblée a voté une résolution qui ressemble à une mauvaise blague.

Celle-ci appelle en effet la Russie à révoquer la décision de réintégrer la Crimée à la fédération de Russie, à retirer ses « troupes d'occupation » de la péninsule (je rappelle aux députés de cette assemblée que ces troupes n'occupent rien, elles étaient là de manière légale même avant le Maïdan puis le référendum de Crimée), et à cesser sa guerre hybride contre l'Ukraine dans le Donbass.

La résolution appelle aussi la Russie à garantir un accès total et sans délai à la Crimée aux organisations internationales, aux experts de l'OSCE, à l'ONU, au conseil de l'Europe, aux ONG de défense des droit de l'homme et aux médias. Ce qui prête à sourire quand on voit l'hystérie de Kiev et de ses soutiens occidentaux à chaque fois qu'un député comme Thierry Mariani vient en Crimée. Quand lui vient, il est sanctionné, et maintenant l'OSCE appelle la Russie à ouvrir grand les portes à tout le monde. Je rappelle aussi que lors du référendum de Crimée, l'OSCE a refusé de venir surveiller le référendum, pour pouvoir ensuite le déclarer illégitime. Il serait temps que tout ce petit monde accorde ses violons, parce que pour le moment niveau cohérence c'est du grand n'importe quoi.

Et puis surtout, depuis la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, un certain nombre de journalistes et blogueurs indépendants sont venus sur la péninsule et ont fait quantité de reportages sur la situation réelle là-bas. Ce que l'OSCE essaye de faire avec cette partie de la résolution c'est d'enfoncer des portes ouvertes...

La résolution exige aussi de la Russie qu'elle révoque la décision de reconnaître les passeports de la RPD et de la RPL, d'arrêter l'agression dans le Donbass, et d'arrêter toute forme de soutien aux groupes armés des deux républiques. En clair l'assemblée parlementaire de l'OSCE prend les désirs de Kiev pour la réalité et appelle la Russie à laisser faire un génocide à ses portes sans rien faire, même dans le cadre légal du droit humanitaire (qui est celui de la reconnaissance des passeports). Je laisse chacun de mes lecteurs apprécier ce que vaut une telle assemblée parlementaire, et ses décisions qui vont à l'encontre du droit international et du droit humanitaire.

Revenons maintenant sur cette accusation farfelue et mainte fois assénée concernant la soi-disant guerre de la Russie contre l'Ukraine et la soi-disant présence de troupes russes dans le Donbass. Car il ne suffit pas de répéter 500 fois la même bêtise pour qu'elle devienne une vérité. Dans une interview publiée hier par le journal Apostophe, le ministre adjoint des Territoires occupées et des déplacés internes en Ukraine, Guéorgui Touka finit par lâcher la vérité, rejoignant une déclaration similaire faite l'an passé par les autorités militaires ukrainiennes : l'Ukraine n'a aucune preuve de la présence de l'armée russe dans le Donbass.

« Malgré tous nos efforts, nous ne pouvons pas prouver pour l’instant de manière juridiquement claire la présence de l’armée régulière russe dans le Donbass  », a-t-il déclaré.

Pour appuyer ses dires il rappelle que la cour de la Haye a confirmé cette incapacité de l'Ukraine à prouver légalement la présence de soldats russes sur son territoire. Il a aussi contesté sur le plan juridique le fait de déclarer que la Russie occupe une partie du Donbass, car il n'y a pas d'organes de pouvoir russe au sein de la RPD et de la RPL.

Cette interview ne fait que confirmer ce que Dmitri Peskov, le porte parole du Kremlin a répondu à Jens Stoltenberg, à savoir que la Russie ne peut pas retirer du Donbass des troupes qui n'y sont pas…

 

Avec tous ses satellites, et ses services secrets, si les États-Unis et l'OTAN avaient la moindre preuve de la présence de l'armée russe dans le Donbass, celles-ci auraient fait les gros titres des journaux depuis longtemps. Alors pourquoi continuer ainsi d'accuser sans preuve la Russie ? C'est que les autorités ukrainiennes veulent que leur pays intègre l'OTAN, et cette organisation rêve de cela pour continuer d'encercler la Russie.

Et pour justifier cette décision, contraire à l'engagement qui avait donné par les États-Unis de ne pas étendre l'OTAN à l'Est, et aux belles paroles disant que l'OTAN n'a soi-disant pas de velléités belliqueuses contre la Russie, il faut présenter cette dernière comme étant un danger pour l'Ukraine, et pour l'Europe. Et quoi de mieux que de lui faire endosser le rôle de l'agresseur/envahisseur ?

Cette volonté d'intégrer l'Ukraine au sein de l'OTAN, préoccupe d'ailleurs grandement la Russie, qui voit bien à quel jeu stupide et dangereux l'alliance atlantique veut jouer. Les autorités russes, ont averti une fois de plus, que l'extension de l'alliance à l'Est n'allait avoir pour conséquence que de rendre la situation sur le continent européen de plus en plus instable. Les États-Unis veulent pousser l'Europe à la guerre contre la Russie (s'évitant ainsi une guerre sur son propre territoire), et pour cela il faut que l'OTAN soit au plus près de ses frontières.

Résultat, l'OTAN est prêt à continuer à jeter de l'argent dans le puits sans fonds qu'est l'Ukraine, afin de maintenir cette dernière plus ou moins à flot malgré le désastre économique post-Maïdan. Même en ajoutant les 40 millions de livres sterling promises par le Royaume-Uni à ces 40 millions de dollars, cela ne ne suffira pas à couvrir les 115 millions de dollars que Porochenko envisage d'investir en terme d'armement, alors que l'armée ukrainienne manque de tout, même de l'essentiel, et que le FMI a postposé la prochaine tranche d'aide à l'Ukraine.

Il faut y rajouter que les soutiens européens de l'Ukraine commencent de plus en plus à faire la grimace. Entre la Pologne qui refuse que l'Ukraine rentre dans l'UE tant qu'elle glorifie Stepan Bandera, et qui a vu son consulat à Lvov mis en état de siège, et l'Allemagne, qui digère mal les nouvelles sanctions américaines contre la Russie car celles-ci impacteront le projet Nord Stream 2 (dont l'Allemagne a un besoin vital pour continuer de recevoir du gaz russe par un circuit plus fiable que l'Ukraine), l'OTAN va avoir du mal à imposer à tous les pays de l'alliance de faire bloc derrière l'Ukraine pour aller faire la guerre à la Russie.

Surtout quand la Pologne s'oppose à l'Allemagne sur le dossier du Nord Stream 2, on voit bien que chacun essaye de tirer la couverture à soi, que l'Union Européenne n'a d'union que le nom, et que seuls les intérêts de chacun sous-tendent les décisions géopolitiques qui sont prises, donnant lieu à une cacophonie en terme de politique de l'UE. Une cacophonie qui reflète celle qui règne à Washington, entre les discours de Trump et ce que fait réellement son administration.

Les États-Unis s'effondrent comme l'empire romain avant eux, et pour les mêmes raisons, comme l'a bien analysé Chris Hedges. Et suivant la même course folle que la Rome antique vers la guerre sans fin, plus rien ni personne ne pourra les empêcher de s’autodétruire. Dans un parallèle historique frappant, les dissensions actuelles au sein de ce nouvel empire ne sont que les symptômes de son effondrement en cours. La seule question qui reste est : combien de pays et combien de morts cet effondrement va-t-il coûter ?

 

Christelle Néant

Craintes d’une nouvelle escalade de la situation 

dans le Donbass à l’approche du G20

Mercredi 5 juillet 2017

Alors que la réunion du G20 qui doit se tenir à Hambourg les 7 et 8 juillet approche à grand pas, les autorités de la République Populaire de Donetsk (RPD) ont exprimé leurs craintes de nouvelles provocations, voire d'une escalade de la situation avant ou juste après la rencontre qui doit avoir lieu entre Trump et Poutine.

Il faut se souvenir qu'au moment de leur première conversation téléphonique après l'investiture de Donald Trump, escalade suivie de plusieurs tentatives de percer les lignes de défense de la RPD, fin janvier 2017. Autant dire qu'il y a de bonnes chances pour que l'Ukraine tente de gâcher la rencontre entre les présidents américain et russe en faisant monter les tensions sur la ligne de front du Donbass.

Comme si le dossier Syrien n'était pas déjà suffisant en terme de tensions entre les deux pays, avec cette campagne délirante des médias dominants qui, tels madame Irma, nous annoncent une attaque chimique de la part de Damas pour justifier à l'avance une future intervention de la coalition menée par les États-Unis (et qui est en Syrie en violation totale du droit international et de la souveraineté de la Syrie je le rappelle).

En plus des 28 chars ukrainiens toujours stationnés à Peski, non loin de l'aéroport de Donetsk, les unités de reconnaissance de la RPD ont mis la main sur des documents transportés par un officier de la 128e brigade des Forces Armées Ukrainiennes concernant des bombardements de terreur qui doivent avoir lieu le 6 juillet, la veille du G20. Ces provocations impliqueraient des tirs contre le territoire de la RPD avec des armes lourdes interdites par les accords de Minsk de la part de la 72e brigade mécanisée, la 55e bridage d'artillerie et la 128e brigade d'infanterie de montagne.

Le risque d'attentat n'est pas non plus à exclure, alors qu'une attaque terroriste a été déjouée en RPD, après qu'un engin explosif ait été découvert à proximité d'une école et désamorcé, et que les autorités de la RPD ont reçu des informations sur de possibles attentats d'ici le 9 juillet.

La République Populaire de Lougansk (RPL) a fait part de craintes similaires après que ses services de sécurité (MGB) aient découvert une mine installée par un groupe de sabotage reconnaissance ukrainien sur une route empruntée par les observateurs de l'OSCE. Il semble que le meurtre d'un observateur américain il y a un peu plus de deux mois par la même méthode n'ait pas été jugé suffisant de la part des autorités ukrainiennes, qui sont prêtes à recommencer, et à assassiner de nouveau des observateurs internationaux pour servir leur agenda sanglant.

Et pour ceux qui pensent qu'accuser les autorités ukrainiennes d'un tel crime est un peu fort, je leur conseille d'aller écouter l'interview d'Anatoli Grytsenko sur la chaîne ukrainienne 112, où ce brave monsieur, ex-ministre de la Défense ukrainien quand même, appelle ouvertement à commettre des actes terroristes en Russie pour la punir de l'assassinat de deux officiers du renseignement ukrainien, dont la mort serait due aux « tentacules du Kremlin » pour reprendre l'expression de Porochenko (il n'y a pas l'ombre d'une preuve de l'implication de la Russie dans cette affaire, mais bon en Ukraine on ne s'embarrasse pas avec si peu).

«  Un de nos meilleurs officiers du contre-espionnage a été tué de manière éhontée à Marioupol. S'il s'agit réellement d'une guerre, et pas d'un simple jeu pour le président [ukrainien, Petro Porochenko], alors cela veut dire que pour chaque voiture qui explose à Kiev ou à Marioupol, deux voitures devraient exploser à Taganrog ou à Moscou », a-t-il déclaré le 2 juillet sur le plateau de la chaîne 112.

Comme en Syrie avec les attaques chimiques où il n'y a pas besoin de prouver que c'est Damas, si une voiture explose en Ukraine c'est forcément la faute de la Russie, donc faut aller faire exploser des voitures en Russie. Et c'est des gens comme çà, des psychotiques bons pour l'asile psychiatrique, que la France et l'UE soutiennent. Il faut le rappeler quand même…

Parce que des causes autres que la Russie pour expliquer ces crimes en série, il y en a un paquet, la corruption endémique de l'Ukraine en tête. Sans parler des pillages effectués par l'armée ukrainienne dans le Donbass, sur lesquels ces deux officiers semblaient enquêter pour y mettre le holà. Ou même les affrontements entre bataillons néo-nazis et armée régulière. Etc.

Au vu de l'augmentation des attaques terroristes de la part de l'Ukraine, la RPD a mis sur pied des unités spéciales au sein de l'armée, dispersées le long de la ligne de front, afin d'empêcher les groupes de sabotage reconnaissance ukrainiens (comme ceux situés à Ocheretino près d'Avdeyevka) de la franchir, et les empêcher ainsi de commettre de nouveaux attentats.

Il y a fort à parier que ces unités spéciales font avoir fort à faire jusqu'au 9 juillet, et qu'il faut s'attendre bientôt à une nouvelle escalade de la situation sur fond de tensions géopolitiques croissantes à l'échelle globale.

Christelle Néant

 

 

Tentative d’attaque et redéploiement de chars d’assaut ukrainiens près du front - La trêve du pain n’a pas tenu une semaine dans le Donbass


Dimanche 2 Juillet 2017

 

Le nouveau cessez-le-feu instauré le 24 juin à minuit, n'a même pas tenu une semaine. Tout juste a-t-il permis de faire baisser de presque 50 % le nombre de bombardements hebdomadaires de l'armée ukrainienne par rapport à la semaine précédente. Mais dès jeudi, les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) ont franchi la barre des 30 violations quotidiennes du cessez-le-feu, avant de tenter de percer les lignes de défense de la République Populaire de Donetsk (RPD) près de Vassilievka.

Image d’archive

 

Le 29 juin 2017, à environ 16 h 30, deux détachements de l'armée ukrainienne ont fait une nouvelle tentative infructueuse de prendre les positions de la RPD près de Vassilievka. L'attaque fut menée après une préparation d'artillerie et les soldats ukrainiens étaient soutenus par des véhicules blindés.

Les soldats de la RPD ont été obligés d'ouvrir le feu, et ont repoussé l'attaque, détruisant les véhicules de combat d'infanterie et les véhicules de transport de troupes blindés des FAU. L'armée ukrainienne a subi de lourdes pertes avec cinq soldats tués et onze blessés. L'armée de la RPD déplore quant à elle un mort et cinq blessés, qui constituent presque la totalité des pertes militaires de la semaine.

Durant la semaine écoulée, un autre soldat a été blessé, et malgré la baisse du nombre de bombardements, les civils continuent de payer le prix fort de cette guerre déguisée en « opération anti-terroriste », avec un mort et un blessé parmi les civils de la République Populaire de Donetsk.

Les bombardements de cette semaine ont endommagé 32 habitations et sept ont été totalement détruites en RPD. De plus, le gaz, l'eau et l'électricité ont été coupés dans les localités de Dokouchaevsk, Vassilievka, et Yasnoye. Et depuis ce matin la station d'épuration de Donetsk est privée de courant suite à des tirs de l'armée ukrainienne qui ont endommagé les lignes électriques qui l'alimentent.

Et bien que l'OSCE trouve de plus en plus d'excuses pour ne pas faire son travail (maintenant une route non asphaltée justifie de ne pas aller constater les résultats d'un bombardement, alors que la moitié des routes de la RPL et une bonne partie de celles de la RPD ne le sont pas), certains observateurs font toujours leur travail en allant inspecter les zones de stockages où les armes lourdes sont censées se trouver d'après les accords de Minsk.

Du côté ukrainien, la MSS de l'OSCE a ainsi noté l'absence de 12 obusiers D-20 de 152 mm, un obusier Gvozdika de 122 mm, 12 obusiers automoteurs Akatsia de 152 mm, et trois canons antichars Rapira de 100 mm.

Une liste qui a de quoi inquiéter les autorités de la République Populaire de Donetsk, quand on y rajoute les 28 chars d'assaut que l'armée ukrainienne a déployé à Peski (près de l'aéroport de Donetsk).

Ce redéploiement de blindés qui a eu lieu le lendemain à peine de l'attaque contre Vassilievka fait craindre une nouvelle provocation ou tentative d'attaque de l'armée ukrainienne dans les jours à venir.

D'ailleurs alors que ce convoi de chars d'assaut se dirigeait vers Peski, sa présence sur la route a obligé le commandant du 34e bataillon de la 57e brigade des FAU à refuser à Alexander Hug de se rendre dans la localité, car il n'avait pas le temps de déplacer les chars pour les cacher au chef adjoint de la MSS de l'OSCE.

Et le fait de tenter de cacher à l'OSCE des violations flagrantes des accords de Minsk n'est pas le seul problème que l'armée ukrainienne poste à l'institution chargée de contrôler l'application du cessez-le-feu. Le centre de presse des FAU continue son œuvre de propagande qui frise parfois au ridicule, obligeant hier l'OSCE à se fendre sur Facebook d'un communiqué pour démentir une information publiée par le centre de presse de l'armée ukrainienne, prétendant que la RPL aurait bombardé une patrouille à Popasnaya.

Par ailleurs, l'OSCE continue d'accumuler contre elle le mécontentement des habitants du Donbass. En plus de ne pas rapporter systématiquement la direction des tirs quand ceux-ci viennent de manière évidente de l'armée ukrainienne (y compris lors de tirs sous faux drapeau frappant les zones sous contrôle des FAU), voilà maintenant que leur mission s'est plainte d’avoir été menacée en République Populaire de Lougansk (RPL), à Veselaya Gora. Si la MSS explique le pourquoi dans son rapport, les chefs de la mission qui rédigent ses rapports ne semblent pas bien mesurer la gravité du problème.

Ainsi, comme l'ont confirmé les autorités de la RPL, ce conflit a éclaté après qu'un observateur de l'OSCE d'origine ukrainienne n'ait rien trouvé de plus intelligent à faire que de féliciter un habitant de Veselaya Gora pour le jour de la Constitution de l'Ukraine. Très vite d'autres habitants se sont joints à la discussion houleuse qui a littéralement dégénérée, les habitants étant légitimement irrités de ces félicitations mal venues. L'incident avec les miliciens de la RPL aurait eu lieu le lendemain, et serait lié à ce propos déplacé.

Il serait temps que l'OSCE prenne des mesures sérieuses pour éviter les comportements et paroles plus qu'inconvenants d'un certain nombre de ses observateurs. La mission de l'OSCE a déjà une très mauvaise réputation dans le Donbass, il serait bon que ses employés se comportent de manière exemplaire, et évitent de jeter ainsi de l'huile sur le feu.

Il y a bien assez à faire pour cette mission et pour les organisations de défense des droits de l'homme, comme les tortures que l'armée ukrainienne fait subir a ses prisonniers. Ainsi le 24 juin, un groupe de diversion des FAU qui avait infiltré le territoire de la RPL, dans la zone de l'autoroute Lougansk-Lisichansk appelée Bakhmouta, a attaqué un groupe de soldats d'une unité de logistique de la milice populaire de la RPL.

Suite à cet incident deux soldats de la RPL sont morts et quatre ont été capturés par l'armée ukrainienne. Le 26 juin, les corps des deux soldats décédés ont été examinés par un médecin légiste, et ses observations et conclusions font froid dans le dos.

L'un des corps présentait de nombreux hématomes et des abrasions au niveau de la tête, du tronc et des membres, des fractures des os du visage, une fracture de l'épaule gauche, trois blessures à la poitrine, et 12 blessures par balle au tronc et aux membres. L'autre soldat présentait de nombreux hématomes et des abrasions au niveau de la tête, du tronc et des membres, des fractures des côtes des deux côtés, une blessure par balle à l'abdomen et au thorax, et une dans la tête.

D'après le médecin légiste, toutes les blessures étaient ante-mortem, ce qui montre que ces soldats ont été horriblement torturés avant d'être exécutés. La RPL a demandé l'aide des organisations de défense des droits de l'homme pour obtenir la libération des soldats capturés, afin qu'ils ne subissent pas le même sort.

Et après l'OSCE se demande pourquoi les habitants de la RPD et de la RPL ne veulent plus rien à voir à faire avec l'Ukraine, et ne supportent pas de s'entendre être félicités pour le jour de la Constitution du pays qui commet de telles atrocités depuis trois ans dans le Donbass.

 

Christelle Néant

Kiev invente des lois « hybrides » pour faire face à un envahisseur sans nom, pendant que le pays et l’armée se disloquent totalement

Un n'importe quoi dont Porochenko ferait bien de s'occuper en priorité s'il ne veut pas voir le pays se disloquer totalement dans un avenir proche. Et ce n'est pas avec des lois farfelues comme celle dont il a accouché avec Tourtchynov qu'il va sauver son pays.

Car si on regarde le fameux projet de loi sur la réintégration du Donbass, il y a de quoi se gratter la tête et se demander si on est pas tombé au beau milieu d'un asile de fous. Après plusieurs semaines de spéculations sur son contenu et des déclarations contradictoires entre Tourtchynov qui se posait en partisan de la guerre, et Porochenko qui essayait de faire semblant de sauver le processus de Minsk, des éléments concrets de ce que va contenir ce projet de loi ont enfin fuité dans la presse ukrainienne.

Et ce contenu, laisse quelque peu pantois. Pour commencer les zones des oblasts de Donetsk et de Lougansk qui ne sont pas sous contrôle de Kiev (c'est-à-dire les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk - RPD et RPL) seront déclarées comme étant des « territoires occupés », MAIS le nom du pays envahisseur/occupant ne sera pas inscrit dans la loi.

Donc ces territoires sont soi-disant occupés mais par personne, ou par un pays qui n'existe pas, peut-être un pays imaginaire ou les extra-terrestres allez savoir avec Kiev… L'opération anti-terroriste ne serait alors plus une opération anti-terroriste mais une guerre, mais contre qui, mystère… Après la menace fantôme, l'occupant fantôme.

La loi contiendra aussi une mention aux accords de Minsk comme étant la solution privilégiée (pacifique donc) pour résoudre le conflit. Ce qui pose un premier problème puisque ces accords ne parlent aucunement d'une quelconque occupation par un pays envahisseur… Cela va donc entrer en conflit avec le premier point du projet de loi.

Le troisième point est tout aussi alambiqué, puisqu'il s'agit d'autoriser l'établissement de la loi martiale, MAIS seulement dans les territoires concernés jusqu'ici par l'opération anti-terroriste, permettant ainsi à l'armée ukrainienne d'agir comme dans une vraie guerre sans que cela soit appelé une guerre (cela sera appelé une agression).

J'aimerai savoir quelle sera la différence avec ce qu'ils ont fait jusqu'ici ? Le massacre de 10 000 civils par l'armée ukrainienne depuis trois ans c'est quoi ? Une bataille de polochons ?

Le fin du fin étant les déclarations de politiciens ukrainiens visant à justifier cette loi « hybride » (moi j'aurai dit bancale/racontant tout et son contraire) qui est censée permettre à l'Ukraine de faire face à la guerre « hybride » du Donbass (encore un terme fourre tout qui sert à se donner un genre).

« Vous comprenez que si nous écrivons que l'envahisseur est la Russie, et que nous déclarons alors la loi martiale là-bas, alors nous déclarerons de fait la guerre à la fédération de Russie. Et ce n'est absolument pas ce que nous voulons [ndlr si si c'est ce que veulent un certain nombre de députés et politiciens néo-nazis ukrainiens qui clament qu'ils seront à Moscou en un rien de temps, bizarre que d'autres députés semblent beaucoup moins chauds pour aller à l'affrontement direct avec l'armée russe, la vraie, celle que soit disant l'armée ukrainienne retient depuis trois ans d'après Porochenko]. Officiellement, il n'y a pas d'armée russe régulière, mais simplement des « envahisseurs » de qui nous devons être capables de libérer nos territoires, » a ainsi expliqué l'un des députés qui a pondu ce truc improbable appelé « loi hybride ».

Ce député finit par lâcher la véritable raison derrière ce remaniement de l'Opération Anti-Terroriste : l'Ukraine veut encore et toujours obtenir des USA des armes létales (elle en reçoit déjà, mais du petit calibre et l'Ukraine veut du lourd).

« Maintenant nous nous sommes mis d'accord avec les États-Unis, ils sont, en principe, prêts à nous fournir des armes létales. Mais ils disent  : « Écoutez, comment pouvons-nous vous fournir des Javelins, si vous menez une opération anti-terroriste  ? », a déclaré ce député issu du parti d'Arseni Iatseniouk.

Le côté ultra alambiqué de cette loi et le fait que la loi martiale ne sera déclarée que localement sont faits pour obtenir à la fois des armes létales des États-Unis, tout en ne compromettant pas le financement venant du FMI (puisque l'institution n'a pas le droit de financer en pays en guerre) et en n'offrant pas à la Russie un casus belli en or.

Ce qui montre bien quand on a un peu de jugeote, que l'invasion russe de l'Ukraine est une vaste fumisterie, puisque l'un des députés qui a aidé à pondre cette loi dit lui-même que l'armée russe n'est pas dans le Donbass, et qu'ils ne veulent pas lui offrir un prétexte légal pour y venir. Or si l'armée russe n'est pas dans le Donbass, qui est « l'envahisseur » ? Les miliciens qui à 99 % sont originaires du Donbass ? Sauf qu'ils sont nés ici, c'est leur terre, qu'ils défendent. Donc ils n'ont rien envahi du tout… On voit bien par cette démonstration le côté totalement farfelu voire loufoque de cette loi.

Et puis sincèrement quand on voit l'état actuel de l'armée ukrainienne, l'imagine lancer une véritable guerre (et pas seulement des provocations) dans le Donbass pour reconquérir ces territoires relève de l'utopie la plus complète. Les autorités ukrainiennes sont vraiment totalement déconnectées de la réalité pour pondre des lois pareilles.

Car en plus des suicides, des désertions de masse, des affrontements entre bataillons néo-nazis et armée régulière (comme ici avec des membres du bataillon Donbass arrêtés de manière violente) et des morts parmi des officiers de haut rang (comme ce colonel des services de renseignement militaire mort à Kiev dans l'explosion de sa voiture), l'armée ukrainienne manque de tout, même des choses les plus basiques.

C'est sur un site d'information ukrainien, tout ce qu'il y a de pro-ukrainien, censor.net.ua, qu'est paru un article qui a de quoi laisser baba. Il s'agit de l'appel d'un groupe de volontaires à aider les soldats de la zone de l'OAT en leur fournissant, entre autre (je ne vais pas mettre toute la liste) : des bâches, de la lessive, des chaussettes (1 000 paires), des t-shirts, des bandanas, des cafetières/théières, des lampes frontales pour les médecins (! !!), des bassines, des réservoirs d'eau, des casseroles, et même des légumes pour pouvoir faire du borchtch !!!!

 

Voilà dans quel état est l'armée (professionnelle je le rappelle) du pays. Ils en sont à mendier dans les journaux de quoi se nourrir et se vêtir correctement. Et c'est une armée dans cet état qui retient soi-disant depuis trois ans l'armée russe, l'empêchant ainsi d'envahir l'Europe d'après Porochenko.

Au lieu de désigner l'URSS comme responsable de la corruption endémique qui règne en Ukraine (décidément l'URSS a le dos large, surtout quand on sait que si l'Ukraine existe c'est justement grâce à l'URSS), Porochenko ferait mieux de surveiller ses arrières où Ioulia Tymochenko est prête à tout pour obtenir des élections anticipées (qu'elle se voit gagner bien sûr pour devenir ainsi calife à la place du calife, pardon présidente à la place de Porochenko), y compris à déclarer que si de telles élections ne sont pas organisées, le pays cessera d'exister d'ici 2019.

Une prédiction qui deviendra réalité bien plus vite que ne l'envisage la princesse du gaz si l'Ukraine continue dans sa folie, prenant ses fantasmes et délires divers pour la réalité.

 

Christelle Néant

Fin de la cécité collective et lent retour à la réalité pour les Ukrainiens et leurs soutiens occidentaux, alors que le pays sombre

 

 

Les faits sont têtus et à l’épreuve de tous les mensonges. Car si ces derniers prennent l’ascenseur, la vérité prend les escaliers, mais elle finit toujours par arriver à destination, en tout cas pour ceux qui sont prêts à l’écouter et à la voir.

Dès le Maïdan, ceux que l’occident a surnommé les « agents du Kremlin », les « propagandistes pro-russes » et autres fumisteries du même acabit, avaient tiré la sonnette d’alarme sur l’utilisation qui était faite par les États-Unis et l’UE des groupuscules néo-nazis ukrainiens pour renverser Ianoukovytch et mettre en place un nouveau gouvernement post coup d’état. Ils avaient aussi mis en garde sur les conséquences pour l’Ukraine de la coupure des liens économiques et historiques avec la Russie.

Les médias et gouvernements occidentaux avaient hurlé à la propagande russe. Certains jurant la main sur le cœur qu’il n’y avait pas de nazis en Ukraine, juste des nationalistes, des gens un peu « à droite ».

Après le Washington Post qui nous a gratifié d’un article ressemblant à un mauvais réveil après une soirée trop arrosée (vous savez ce moment où vous vous réveillez encore la tête en vrac dans les vapeurs d’alcool et que vous vous demandez « Oh mon Dieu c’est quoi ce nazi dans mon lit ? »), les médias français en bons suiveurs semblent eux-aussi découvrir soudainement que oui il y a des néo-nazis en Ukraine, que oui ils sont dangereux, et que oui, ils ont un pouvoir énorme malgré le fait qu’ils sont une minorité.

C’est le journal Le Monde qui nous offre ce morceau d’anthologie du grand écart sauce française, avec Benoît Vitkine dans le rôle du funambule. Car il faut être un sacré acrobate pour arriver à mixer des mensonges (il ne faut pas totalement renier la propagande antérieure sinon on se décrédibilise tout de suite et pour toujours) comme le fait que le conflit du Donbass serait un conflit entre l’Ukraine et la Russie (ce qui est totalement faux), avec la vérité, à savoir que les néo-nazis deviennent de plus en plus dangereux pour le gouvernement et le peuple ukrainien.

Déjà il faut renommer pudiquement les néo-nazis en ultranationalistes. Ça fait mieux et ça évite de passer pour un crétin alors qu’on prétend depuis plus de trois ans que non les néo-nazis ne sont pas au pouvoir en Ukraine. Il faut faire des aveux progressifs. Il ne faut admettre qu’un bout de faute à la fois. Même si après l’auteur décrit leurs actes et qu’on y retrouve clairement la marque de fabrique des groupes néo-nazis : « Attaques d’expositions artistiques ou littéraires, mises à sac de conseils régionaux en province, manifestations contre la Gay Pride kiévienne ».

La suite est tout aussi acrobatique lorsque Vitkine dit que « les ultranationalistes, qui se contentaient pendant des années de conduire de bruyantes marches aux flambeaux, entendent peser en profondeur sur le destin d’une Ukraine déstabilisée par trois années de guerre ». Comme s’ils n’avaient pas déjà pesé en profondeur sur le destin de l’Ukraine lors du Maïdan, lorsqu’ils ont aidé à commettre un coup d’état !!!

D’ailleurs lorsqu’il parle du fait que ces « ultranationalistes » avaient fini par faire céder le gouvernement ukrainien suite au blocus total du Donbass et aux attaques contre les banques russes, il ne peut s’empêcher (russophobie oblige) de dire que « cette victoire contre l’« oligarchie gouvernementale liée à la Russie », selon l’expression d’Oleksandr Alferov, l’un des cadres dirigeants du Corpus national, en rappelle une autre ».

Oh que oui cela en rappelle une autre. Cela rappelle les accusations qui avaient été portées contre Ianoukovytch pour justifier sa destitution, sous prétexte qu’il serait pro-russe (un crime atroce à en croire certains). Et cela montre bien que ces groupuscules n’ont pas soudainement acquis du pouvoir en Ukraine après trois ans de guerre comme le prétend Vitkine dans son article. Ils avaient déjà ce pouvoir en 2014, quand ils ont renversé Ianoukovytch.

L’article étant payant je ne peux accéder à la suite de ce dernier, mais le début est déjà édifiant et montre bien, que confronté aux faits qui sont diffusés en continu depuis trois ans par des diseurs de vérité, les médias occidentaux sont obligés de commencer à admettre, petit à petit, la réalité de l’Ukraine post-Maïdan.

Surtout quand cela leur permet de taper sur Donald Trump en lui conseillant de condamner l’antisémitisme en s’attaquant à l’Ukraine dont les autorités feraient la promotion du fascisme, dixit Reuters ! Là d’un seul coup finie la cécité collective sur ce qui se passe en Ukraine.

Reuters découvre par miracle tout ce que des médias qualifiés de pro-russes ont dénoncé depuis trois ans : les rues renommées en l’honneur de collaborateurs nazis, la loi rendant hommage à ces mêmes collaborateurs, les tentatives de blanchir de leurs crimes les collaborateurs de nazis, voire de glorifier les membres de la division SS Galicie, les actes de vandalisme commis sur les mémoriaux de l’holocauste et la hausse des actes antisémites, etc.

L’occasion pour le média OffGuardian de se moquer de Reuters :

« Donc, il n’y avait pas de néonazis en Ukraine, et maintenant ils apparaissent tout d’un coup. Trois ans après l’explosion du fascisme en Ukraine, on le considère aujourd’hui comme une réalité. »

On sent bien que les autorités ukrainiennes actuelles gênent. Il faut trouver un prétexte pour s’en débarrasser. Et quoi de mieux que de brandir les néo-nazis ukrainiens que les médias occidentaux avaient caché sous le tapis pendant trois ans.

Car Porochenko, empêtré dans les scandales et la situation catastrophique de l’Ukraine, est aussi dans la ligne de mire d’Ioulia Tymochenko, qui rêve pas moins que de devenir calife à la place du calife. Ses députés au conseil régional de Kiev ont exhorté la Rada à légiférer sur la destitution du président ukrainien. En plus d’une législation permettant de destituer plus facilement le président, c’est une véritable armada de commissions d’enquêtes temporaires (en clair des tribunaux d’exception) que le parti de Tymochenko veut mettre en place pour juger les présidents « criminels ».

Quand on rapproche cela des menaces de « Nuit des longs couteaux » que Iouri Bereza avait proférées à la télé ukrainienne, on sent que le gouvernement ukrainien actuel est sur la sellette et risque la purge pure et simple, pour mettre à la tête de l’Ukraine des éléments encore plus radicaux que ceux qui s’y trouvent actuellement.

 

Des éléments comme Ioulia Tymochenko, qui en mars 2014 parlait de tuer tous les Russes et leur dirigeant (Vladimir Poutine), et de vitrifier les 8 millions de Russes ethniques vivant en Ukraine à l’arme nucléaire :

Une conversation dont elle a confirmé l’authenticité sur son compte Twitter, tout en prétendant que la partie sur les 8 millions de Russes en Ukraine était éditée et qu’elle disait qu’ils sont Ukrainiens (quand on voit les discours russophobes et anti-Donbass de cette dame on a du mal à croire à cette affirmation).

Et la gueule de bois post-Maïdan ne frappe pas que les médias occidentaux, elle frappe aussi les politiciens ukrainiens. Ainsi l’ex-président ukrainien, Leonid Koutchma, a fini par déclarer que l’UE était en train de mettre l’Ukraine à genoux et ne lui viendrait pas en aide.

Quand d’autres ont expliqué le désastre qu’allait être l’accord d’association avec l’UE et ce qu’il allait en coûter à l’Ukraine, tous ont hurlé à la propagande pro-russe. Maintenant que c’est un ex-président ukrainien tout ce qu’il y a de plus russophobe qui le dit, d’un seul coup cela va devenir une vérité.

Leonid Koutchma dit sans ambages que l’Ukraine ne vend que du blé et du miel à l’Europe, et que les quotas annuels sont tellement ridicules que l’Ukraine les dévore en un trimestre à peine.

« Nous avons utilisé notre quota dès le premier trimestre, alors maintenant, les Européens nous mettent à genoux, nous demandent de couper du bois et de le leur apporter. Où est leur aide à l’Ukraine? Une fois que nous serons dans la misère, qui aura besoin de nous ? »

C’est seulement maintenant, alors que le Titanic s’enfonce dans l’eau que tout le monde commence juste à admettre que le bateau prend l’eau. Et alors que la situation est catastrophique, elle pourrait devenir encore bien pire si des gens comme Ioulia Tymochenko prenaient le pouvoir en Ukraine. Alors ce serait la guerre ouverte contre le Donbass et surtout la Russie. Dans ce cas, l’Ukraine, en plus d’exploser en plein vol, finirait de sombrer au milieu d’un bain de sang encore pire que celui que le Maïdan a déclenché il y a trois ans.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/fin-de-la-cecite-collective-et-lent-retour-a-la-realite-pour-les-ukrainiens-et-leurs-soutiens-occidentaux-alors-que-le-pays/

Ouverture d’un centre représentatif en France et « reconnaissance » officieuse en Crimée - Le statut de la RPD et de la RPL évolue


Mardi 27 juin 2017

 

Suite à l'ouverture de centre représentatifs en Italie, en République Tchèque, en Grèce et en Finlande, la France est désormais le cinquième pays européen à avoir ouvert un centre représentatif de la République Populaire de Donetsk (RPD).

L'annonce a été faite aujourd'hui par le ministère des Affaires étrangères de la RPD lors de la visite d'une délégation française à laquelle participent les personnes qui ont lancé cette initiative en France. Le centre ouvrira ses portes bientôt dans la ville de Marseille.

Cette annonce est tout un symbole de par le statut de garant des accords de Minsk qu'a la France. Le but de ce consulat officieux est de renforcer les liens informationnels, culturels et économiques entre les deux républiques.

Ce centre représentatif sera présidé par le conseiller municipal et président du centre national des entrepreneurs privés du département des Bouches-du-Rhône, Hubert Fayard.

«  La première étape était d'annoncer que notre centre a été officiellement enregistré le 18 juin, et une déclaration correspondante sera publiée au journal officiel. La deuxième est notre arrivée ici. La troisième étape aura lieu en France. Nous voulons que la voix de la RPD soit entendue en France  », a-t-il déclaré.

L'ouverture de ce centre et la venue de politiciens français est une très bonne nouvelle pour la République Populaire de Donetsk, lui permettant ainsi, comme la Crimée, de montrer directement aux décideurs politiques français la réalité du terrain, très éloignée de la propagande dont ils sont gavés par les grands médias.

Cela permettra aussi une meilleure circulation de l'information à destination du peuple français, et permet de donner une plus grande visibilité internationale à la république.

À cette première bonne nouvelle, est venue s'en ajouter une autre de la fédération de Russie, et plus particulièrement de la péninsule de Crimée.

Lors d'une cérémonie au centre international pour enfants Artek, à laquelle Vladimir Poutine a participé, des délégations étrangères ont défilé drapeau en main.

 

De manière surprenante, alors que la Russie ne reconnaît toujours pas officiellement la RPD et la RPL, deux délégations représentaient les républiques ont été appelées comme délégations venant de « pays étrangers » avec leurs drapeaux au même titre que l'Italie, la France, l'Australie ou l'Ukraine, mettant ainsi les deux républiques du Donbass au même niveau que des pays reconnus par la communauté internationale !!!

Si cela n'a rien d'une reconnaissance officielle, le fait que ces deux délégations aient été mises sur le même pied que des pays comme la France, en présence de Vladimir Poutine, est tout un symbole. C'est un signal clair que la Russie n'a pas l'intention d'abandonner le Donbass, et que si actuellement la Russie ne peut pas reconnaître officiellement les deux républiques populaires, ce statut n'a rien d'immuable.

Nul doute que cette pique de la république autonome de Crimée va déclencher l'ire de Kiev, qui est déjà en train de faire une crise d'hystérie concernant le projet Nord Stream 2.

Pourtant, comme l'a souligné récemment Denis Pouchiline, si la RPD et la RPL s'éloignent de l'Ukraine c'est avant tout de la faute des autorités ukrainiennes qui sabotent totalement la mise en œuvre des accords de Minsk, et qui appellent de plus en plus ouvertement à appliquer la solution Croate dans le Donbass (c'est-à-dire pratiquer une purification ethnique).

Irrémédiablement les deux républiques populaires se séparent de l'Ukraine et prennent leur envol. Ces événements des deux derniers jours montrent que rien n'est immuable, et que la reconnaissance officielle des deux républiques n'est pas si impossible qu'elle pouvait le paraître trois ans en arrière.

Il est temps que la communauté internationale arrête de se voiler la face et accepte de reconnaître l'état de fait issu de la volonté populaire, dans le Donbass comme en Crimée. Le seul moyen pour mettre fin au bain de sang qui ravage la RPD et la RPL depuis trois ans.

 

Christelle Néant

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) –

 

24 juin 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 24 juin 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’44 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’21 » – L’OSCE note l’absence d’armes lourdes ukrainiennes dans les zones de stockage
04’23 » – L’Ukraine essaye d’instrumentaliser l’OSCE
05’46 » – Kiev veut faire venir l’OTAN et l’armée américaine en Ukraine
07’27 » – Le SBU essaye de recruter de force des chauffeurs de bus comme espions
08’46 » – Nouveaux tirs sous faux drapeau de l’armée ukrainienne et affrontements entre FAU et néo-nazis
12’37 » – Les habitants de la zone occupée du Donbass se plaignent des combattants d’Aïdar
15’06 » – État psychologique désastreux des soldats ukrainiens revenus du front et victimes de ce désastre

ÉCONOMIE
17’47 » – Le nombre de sociétés enregistrées en RPL augmente de manière importante

DIVERS
19’10 » – L’Ukraine demande aux États-Unis de sanctionner les pays participant au projet Nord Stream 2

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
22’25 » – Porochenko menacé de destitution
25’45 » – L’Ukraine n’a pas fini de payer l’addition de l’Eurovision
27’38 » – Le propriétaire du site Strana.ua arrêté en Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
28’33 » – Porochenko fait des déclarations sur des discussions fantômes à Washington
30’46 » – Un ex-président ukrainien se réveille et réalise que l’UE met l’Ukraine à genoux

34’18 » – Conclusion

 

Source:https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-24-juin-2017/

Kiev rêve de faire venir l’armée américaine et l’OTAN dans le Donbass pendant que ses soutiens se prennent les pieds dans leur russophobie

Mercredi 21 juin 2017

 

Comme on pouvait le craindre, le projet de loi visant à la réintégration du Donbass par l'Ukraine n'a rien de pacifique, et il suffit de regarder les dernières élucubrations des autorités ukrainiennes pour s'en rendre compte.

Si les bombardements ont diminué de près de 50 % depuis les dernières 48 h à cause de la visite de Porochenko à Washington, il ne faut pas y voir une tendance à long terme, seulement le calme avant la tempête. D'ailleurs les services de renseignement de la RPD ont détecté le redéploiement de plusieurs pièces d'artillerie lourde par l'armée ukrainienne à proximité de Donetsk, faisant craindre une escalade brutale dès que la visite de Porochenko et la réunion à Minsk seront terminées.

Les dernières déclarations des officiels ukrainiens ne laissent aucun doute sur ce qu'ils veulent : faire venir l'OTAN et l'armée américaine en Ukraine, et surtout dans le Donbass. Ainsi, le président de la Rada, Andryi Paroubyi a parlé de la nécessité pour l'Ukraine de conclure un accord bilatéral de sécurité qui devrait inclure « l'organisation d'opérations spéciales, la création conjointe de projets scientifiques et technologiques et même le déploiement sur le territoire ukrainien de contingents militaires des États-Unis » (sic). Il demande aussi bien sûr la livraison d'armes létales à l'Ukraine (ce qui est déjà le cas en réalité, mais de manière officieuse). Difficile de faire plus clair.

Et alors qu'après sa rencontre avec Donald Trump, Porochenko a bien sûr fait des déclarations selon lesquelles le président américain veut élargir la coopération militaro-technique avec l'Ukraine, La Maison Blanche s'est de son côté fendu d'une déclaration laconique sur le fait que le président américain avait discuté avec son homologue ukrainien du « soutien à la résolution pacifique du conflit dans l'Est de l'Ukraine et de l'agenda de Porochenko concernant les réformes et les efforts contre la corruption  ».

La rencontre du Vice-Président américain avec Porochenko a fait l'objet d'une déclaration à peine plus étoffée, mais qui dit peu ou prou la même chose : soutien à la résolution pacifique du conflit et aux réunion au Format Normandie pour mettre en œuvre les accords de Minsk, et l'importance de poursuivre les réformes entre autre dans la lutte contre la corruption.

Aucune trace de la coopération militaro-technique dont parle Porochenko dans sa déclaration. À croire que les différents intervenants n'ont pas assisté aux mêmes réunions, ou que Porochenko prend ses désirs pour la réalité et fait des déclarations en espérant que cela va aider ses rêves à devenir vrais.

Ce n'est d'ailleurs pas faute d'essayer toutes les provocations possibles et inimaginables pour faire intervenir les États-Unis dans le Donbass. Comme la mort de cet observateur américain de l'OSCE en avril en République Populaire de Lougansk (RPL), lorsque la voiture de l'OSCE a sauté sur une mine, vraisemblablement installée par des saboteurs ukrainiens. De manière assez « étrange », l'ONU qui est en charge de l'enquête traîne des pieds depuis deux mois, alors que les preuves contre Kiev sont accablantes.

Deux anciens observateurs de l'OSCE, qui travaillaient pour l'OSCE quand leur collègue américain a été tué, ont témoigné que les experts de l'ONU, qui ont analysé l'engin explosif, et les photos et vidéos du site, en ont conclu que l'engin avait été activé à distance et avait été installé par la partie ukrainienne.

Après que leurs conclusions aient été remises au sous-secrétaire de l'ONU Jeffrey Feltman, l'accès au dossier a été restreint à un petit nombre d'employés qui ont reçu l'ordre de ne pas divulguer ce qui s'y trouve, ni à la presse, ni à d'autres organismes publics. Comme pour le MH17, l'enquête est mise au secret et sera enterrée.

La première tentative n'ayant pas marché, les services secrets ukrainiens ont tenté une nouvelle provocation hier à Yassinovataya, en envoyant des hommes habillés comme des militaires, terroriser une équipe d'observateurs de l'OSCE. La République Populaire de Donetsk (RPD) a alors lancé une opération d'interception qui a permis d'arrêter les hommes en question, dans un véhicule doté de plaques d'immatriculation ukrainiennes, qui se sont avérés n'être ni soldats, ni membres d'une structure de maintien de l'ordre de la RPD. Ils sont actuellement interrogés pour savoir de qui ils ont reçu l'ordre d'opérer cette provocation.

Dans la même ligne délirante que les déclarations sur des discussion fantômes, l'Ukraine a demandé aux États-Unis de sanctionner les pays qui participent au projet Nord Stream 2, sous prétexte que ce projet menace l'unité européenne (rien que çà...). Il faut dire que l'Ukraine a de quoi s'inquiéter en voyant avancer ce projet qui va la priver d'une manne financière importante, et d'un outil de chantage sur la Russie et l'Europe grâce au transit du gaz russe sur son territoire.

L'Ukraine, dans son délire russophobe, ne veut plus acheter directement du gaz à la Russie, mais en achète quand même, plus cher, aux pays européens et refuse que ce gaz (venant pourtant soi-disant du pays agresseur) transite par ailleurs que par son territoire. Si vous cherchez la logique et la cohérence dans ce bazar, bon courage.

Et cette incohérence totale ne règne pas qu'à Kiev, mais aussi chez beaucoup de soutiens de l'Ukraine post-Maïdan, comme le prix Nobel Svetlana Alexievitch, qui nous livre dans une interview accordée à Regnum, un morceau d'anthologie de l'incohérence la plus totale qui règne chez les russophobes patentés.

Le plus merveilleux exemple issu de cette interview étant le double standard appliqué aux assassinats de journalistes. Alors qu'elle exige que les Russes défilent par dizaines de milliers pour commémorer la mort d'Anna Politkovskaïa, de l'autre elle justifie le meurtre d'Oles Bouzina en Ukraine sous prétexte que ce qu'il disait «  appelait une réaction violente » (sic).

Je vous encourage à aller lire en entier cette interview traduite par Laurence Guillon, elle est édifiante à plus d'un titre. D'ailleurs au bout d'un moment, se rendant compte qu'elle se contredisait elle-même d'une question à l'autre, elle finira par exiger que l'interview ne soit pas publiée. Dommage pour elle et heureusement pour nous, Regnum ayant eu un accord préalable de sa part, le média a publié l'interview et tient son enregistrement à disposition pour ceux qui voudraient la vérifier. Si après avoir lu cette interview, vous avez l'impression d'être tombé dans la 4e dimension, c'est bien, ça veut dire que vous êtes une personne normale et saine d'esprit.

Et pendant que des prix Nobel déblatèrent des âneries sans fin pour justifier cette guerre, les civils du Donbass continuent de mourir sous les bombes. Ainsi, la vieille dame qui avait été gravement blessée à Yassinovataya lundi est décédée ce matin de ses blessures à l'hôpital, ajoutant un mort de plus au décompte macabre des victimes de ce conflit. Et ce alors que l'ONU s'inquiète de la hausse dramatique du nombre de victimes civiles depuis le début de l'année, avec 67 morts et et 308 blessés enregistrés du 1er janvier au 18 juin 2017.

Christelle Néant

 

Les civils du Donbass n’aspirent qu’à vivre en paix, et trouvent la mort sous les obus ou dans les pièges posés par l’armée ukrainienne


Mardi 20 juin 2017

 

Début juin, nous nous sommes rendus à Alexandrovka, un village à la périphérie Sud-Ouest de Donetsk, qui est régulièrement bombardé par l'armée ukrainienne.

Nous nous sommes longuement entretenus avec la directrice de l'école. Une école marquée par la guerre. Beaucoup de fenêtres sont brisées ou manquantes, le toit a été endommagé, et la façade Ouest reçoit encore parfois des éclats d'obus tirés par l'armée ukrainienne depuis Maryinka (alors que l'école est à 1,8 km de la ligne de front).

Malgré ces destructions, et la peur qu'un jour un de ses élèves soit victime de ces bombardements quasi quotidiens, la directrice reste une femme profondément pacifique. Tout au long de l'entretien que nous avons avec elle, ses paroles d'une grande sagesse prouvent qu'ici ne vivent pas des terroristes, ou des gens assoiffés de guerre et de sang, mais bien des gens normaux, qui n'aspirent qu'à la paix.

Elle a ironisé entre autre sur les disputes entre la Russie et l'Ukraine concernant leur histoire commune par un parallèle très juste : « La Princesse Anne, en France, est-elle russe ou bien ukrainienne ? […] C’était notre arrière-grand-mère, elle est Slave, c’est le Russe, le Biélorusse, c’est comme si mes deux petits-fils discutaient de qui suis-je la grand-mère, de l’un ou de l’autre. N’est-ce pas ? »

Voilà ce qui arrive quand on réécrit l'histoire, pour ériger en ennemis des peuples qui sont frères. Ni elle, ni les enfants de son école n'ont de haine envers le peuple ukrainien. Tous, jusqu'aux élèves de l'école de ce village, savent que c'est avant tout un problème issu des nouvelles autorités du pays.

Des autorités à qui elle tient à rappeler que leur place ne durera pas éternellement et qu'au lieu de semer la mort et la destruction, elles feraient bien d'occuper leur mandat de manière plus positive.

« Nous vivons une seule vie et comprenez-vous, comme on disait, si tu t’élèves de la boue vers la royauté, retiens bien que c’est la boue qui est éternelle et non le prince. Aujourd’hui tu es le Président, le chef et demain quelqu’un d’autre viendra à ta place. Comprenez-vous, tout change dans le monde et il faut laisser après soi une trace, quand on te remerciera et on ne se souviendra que du bien, » a-t-elle déclaré.

 

Visionner l'ensemble de l'interview :

Et pendant que tous ici aspirent à retrouver une vie paisible, les dernières 24 h ont été marquées par trois nouvelles tragédies qui ont frappé les civils des deux républiques populaires.

Hier, à 23 h, en République Populaire de Donetsk (RPD), l'armée ukrainienne a de nouveau bombardé le village de Kominternovo, dans le Sud de la république. L'un des obus a grièvement blessé à la tête une jeune femme de 19 ans, qui est morte sur place.

En République Populaire de Lougansk (RPL), c'est un piège posé par un groupe de saboteurs ukrainiens près du village de Jeltoye (à quelques kilomètres du village où une voiture de l'OSCE avait sauté sur une mine) qui a tué un civil de 48 ans sur un chemin menant à la rivière Seversky Donets.

Et cet après-midi, l'armée ukrainienne a bombardé Yassinovataya, blessant grièvement une femme de 81 ans. L'obus lui a arraché un bras et une jambe, et la femme a été emmenée à l'hôpital dans un état critique.

Et une nouvelle preuve que l'armée ukrainienne vise délibérément les infrastructures civiles est venue s'ajouter avant-hier lors du bombardement de l'internat sanatorium N°14 de Yassinovataya.

Après qu'un drone ait survolé la zone, l'école a été bombardée par l'armée ukrainienne. En temps normal 88 enfants se trouvent dans l'école, et 50 pendant le camp d'été. Heureusement, le bombardement ayant eu lieu le samedi, les enfants étaient sur la place Lénine pour participer aux festivités, évitant d'ajouter des enfants à la liste macabre des victimes civiles des dernières semaines.

Le survol par un drone et les 4 km qui séparent l'école des positions de l'armée de la RPD les plus proches excluent tout tir accidentel, prouvant s'il en était encore besoin, que l'armée ukrainienne tire délibérément sur les infrastructures civiles, comme les écoles et les hôpitaux.

Les stations de pompage et de filtration d'eau, et les conduites d'acheminement sont aussi des cibles de choix, comme l'ont prouvé les bombardements des FAU de la semaine passée sur la localité de Vassilievka. Depuis le début du conflit, la conduite de Yujnodonbassky qui passe par cette localité a déjà subi 56 bombardements, obligeant la station de pompage à cesser de fonctionner à 11 reprises.

Heureusement, lors des nombreux abandons de positions par l'armée ukrainienne la semaine dernière, celles qui se trouvent en face de Vassilievka ont fait partie des positions laissées à l'armée de la RPD. Cette dernière occupe donc désormais ces anciennes positions ukrainiennes, permettant ainsi de mettre plus de distance entre l'armée ukrainienne et la station de pompage de Vassilievka, et d'empêcher ainsi les bombardements de cette zone avec des armes légères.

 

Pendant ce temps-là, à Kiev, les autorités ukrainiennes prennent les gens pour des idiots avec cette proposition de loi visant à réintégrer le Donbass tout en fixant un cadre légal pour cela (plus vaseux comme formulation on ne trouve pas), mais sans annuler les opérations militaires qui ont lieu dans le Donbass pour autant. En clair Kiev veut faire croire qu'elle fait un pas vers la résolution pacifique du conflit, sans le faire réellement.

Ce projet de loi inclurait une procédure plus simple pour que les retraités du Donbass touchent leur retraite et rétablir le commerce avec certaines régions, mais dans le même temps interdirait la tenue d'élections locales avant « dé-occupation » du Donbass, alors que les élections en questions sont prévues dans les accords de Minsk-2 AVANT la restitution du contrôle des frontières à l'Ukraine. Et que de plus les accords de Minsk ne mentionnent aucune occupation ou dé-occupation du Donbass (et à juste titre puisque le Donbass n'est occupé par personne à part ses habitants).

De plus ce énième délire législatif made in Kiev ayant été fait sans concertation avec la RPD et la RPL, comme le prévoient pourtant les accords de Minsk, ces dernières l'ont bien sûr rejeté, puisqu'il va à l'encontre même du principe de ces accords. Sans parler du fait que pour que le Donbass réintègre l'Ukraine il faudrait rétablir la confiance entre les deux parties. Or Kiev ayant toujours trahi sa parole, les deux républiques populaires ne sont pas prêtes à faire confiance à Kiev, et voient cette annonce comme une énième tentative de piéger la RPD et la RPL.

Les civils du Donbass ont beau appeler la paix de leurs vœux, il semble malheureusement clair que cette dernière va se faire attendre encore longtemps faute de volonté politique aussi bien à Kiev, qu'à Paris, Berlin, Bruxelles et Washington.

 

Christelle Néant

Situation économique et politique, et lutte contre la corruption – Ou pourquoi le Donbass n’a plus rien à voir avec l’Ukraine

Démentant brutalement cette dernière assertion, l'arrestation en République Populaire de Donetsk du premier vice-ministre des recettes et des taxes, Alexandre Mikhaylov, a été l'occasion pour Alexandre Zakhartchenko, le chef de l'état, de rappeler à tous, que contrairement à l'Ukraine, en RPD il n'y avait aucune immunité qui tienne, et que même les gens les plus hauts placés peuvent être arrêtés s'ils enfreignent la loi :

« Je voudrais vous rappeler que beaucoup d'entre vous, qui sont présents ici, les milliers de personnes sur la ligne de front, nos compatriotes, ne protègent pas notre pays pour faire de quelqu'un un roi, ou un homme riche, pour laisser quelqu'un faire du profit pendant que les gens versent leur sang. Ce n'est pas ce pour quoi nous nous battons, pour quoi nous avons été blessés et avons souffert dans les hôpitaux, donc je l'ai déjà dit et je vais le répéter : il n'y a aucune immunité parlementaire dans notre pays. Aucune immunité parlementaire ! [...] Nous n'avons pas d'immunité, personne n'est intouchable dans notre pays et aucun bâtard ne va voler l'argent de l'état ou corrompre les entreprises,  » a déclaré le chef de l'état.

Alexandre Mikhaylov a été arrêté pour soupçons de corruption. Il est accusé d'avoir reçu d'importants pots-de-vin et d'avoir outrepassé les pouvoirs de son ministère.

Alors qu'en Ukraine les corrompus sont protégés jusqu'au sommet de l'état, en RPD la lutte contre la corruption n'est pas un vain mot, et le sommet de l'état exige de toutes les administrations, entreprises publiques et hommes politiques du pays qu'ils soient irréprochables.

On se souviendra d'ailleurs que lors des primaires d'octobre 2016 (cette répétition grandeur nature des futures élections locales qui doivent avoir lieu en RPD et en RPL), les candidats devaient présenter un casier judiciaire vierge pour pouvoir être élus.

Pendant qu'en Ukraine une bonne partie des députés de la Rada a rempli une déclaration de patrimoine qui aurait dû les envoyer en prison pour corruption, détournement de fonds, et j'en passe, et que l'Ukraine est incapable de mettre sur pied une commission de lutte contre la corruption qui soit efficace, obligeant l'UE à venir à sa rescousse, en RPD, cela fait déjà 18 mois qu'une telle commission existe et rapporte directement au chef de l'état.

« Si vous pensez que seuls les organismes officiels comme le ministère de l'Intérieur ou le ministère de la Sécurité d'état (MGB) sont surveillés et contrôlés, vous faites erreur. Il y a un an et demi j'ai créé un service spécial qui m'adresse directement ses rapports. Le groupe est assez fermé, peu de gens sont au courant, mais je surveillerai tout, des marchés aux administrations, » a martelé Alexandre Zakhartchenko.

Sur le plan économique, malgré le blocus et la guerre, la RPD montre aussi qu'elle est sur la voie du redressement. Après l'annonce du lancement d'une chaîne de production de bus et de machines agricoles cet été (dont 60 % des pièces seront produites en RPD, donc pas une simple chaîne d'assemblage de pièces détachées achetées en Russie), la RPD a relancé la semaine passée l'usine d'électrodes Arksel, qui va fournir des électrodes pour les usines métallurgiques de la république, mais va aussi conclure des contrats avec celles de la république voisine de Lougansk.

L'usine d'asphalte qui avait été relancée début 2016 tourne désormais à plein régime et fournit la matière première nécessaire pour les très nombreux chantiers routiers qui sont en cours à travers toute la RPD. Ponts et routes, qui étaient en mauvais état du fait de l'absence d'entretien à l'époque de l'Ukraine et des bombardements de la guerre actuelle, sont en pleine rénovation, comme prévu par le plan de réparations qui avait été annoncé fin de l'année dernière.

Depuis la mise sous tutelle de l'état de plusieurs entreprises qui étaient encore sous juridiction ukrainienne jusqu'au blocus total imposé au Donbass par les néo-nazis ukrainiens, il ne se passe quasiment pas une semaine sans qu'une annonce de redémarrage ou de lancement d'usine soit faite. Cette tendance au redéveloppement de l'industrie a d'ailleurs permis au chef de l'état de déclarer que la situation économique du pays se stabilisait désormais, même si beaucoup reste à faire pour continuer d'améliorer la situation économique de la jeune république.

En Ukraine, par contre, la situation vire au cauchemar. Et pour ceux qui hurleraient à la propagande pro-russe, ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui le disent dans une étude provenant d'un organisme sociologique ukrainien, le groupe Rating.

Les chiffres donnés dans cette étude, concordent totalement avec les nombreux articles d'analyse que j'ai écrits sur la situation catastrophique de l'Ukraine. Contrairement à ce que certains voudraient faire croire en se voulant rassurants, non l'Ukraine ne va pas bien et n'est pas prête d'aller mieux.

Comment un pays pourrait-il avoir un futur quand 85 % de sa population est d'accord pour dire que l'Ukraine est en état de chaos et que 75 % disent que le pays est en plein effondrement !!! Plus de 60 % des personnes interrogées ont vu leur situation financière s'aggraver l'an passé, et ne peuvent plus payer leur loyer et/ou leurs charges communales, et 97 % confirment la hausse du prix des produits et des services pour l'année écoulée.

Une autre étude du même bureau sociologique indique aussi un gouffre entre les chiffres officiels du chômage en Ukraine (9,7 % de taux de chômage fin 2016) et la réalité (27 % de personnes en âge de travailler sont sans emploi hors retraités et femmes au foyer, dont 6 % qui ne cherchent même plus de travail). Plus d'un quart de la population active n'a pas d'emploi...

Parmi les raisons expliquant cette gabegie dans laquelle le pays a sombré, 65 % des Ukrainiens considèrent que c'est dû à la corruption et à l'incompétence du gouvernement actuel du pays, 54 % pensent que c'est dû au conflit dans le Donbass. Parmi les 28 % qui mettent ce désastre sur le dos de l'ancien gouvernement ukrainien, la plupart se trouvent sans surprise dans l'Ouest de l'Ukraine. Il est plus facile de taper sur un président en fuite, plutôt que de devoir admettre que la « révolution de la Dignité » est responsable du désastre actuel, vu que c'est cette partie de l'Ukraine qui est majoritairement à l'origine du Maïdan.

Celle qui tire les marrons du feu face à l'incompétence et à la corruption du gouvernement actuel, c'est Ioulia Tymochenko et son parti, qui en cas d'élections anticipées gagneraient d'une courte tête devant les autres candidats. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser avec à peine 13,2 % des gens qui voteraient pour son parti, 15,2 % qui voteraient pour elle et 30% qui s'abstiendraient d'aller voter en cas de duel Porochenko vs Tymochenko au second tour.

Mais malgré le fait que le gouvernement actuel est largement accusé d'être responsable de la situation, seulement 52 % des Ukrainiens supportent l'idée de dissoudre le parlement et d'organiser des élections législatives et présidentielles anticipées, et 40 % sont carrément contre cette idée.

Et si 70 % des sondés estiment que la situation actuelle est tellement grave qu'elle pourrait mener à des manifestations massives à l'échelle nationale comme celles des deux précédents Maïdan, seulement 41 % soutiennent l'idée de lancer de telles manifestations (et presque 40 % sont prêts à y participer) et 42 % sont contre cette idée. Il semble bien que les Ukrainiens sont quelque peu échaudés par le dernier Maïdan, et partent du principe qu'on sait ce que l'on perd mais pas ce que l'on gagne. Cela se reflète entre autre dans le fait que si 75 % des Ukrainiens sont contre le fait d'ouvrir la vente de terres agricoles en Ukraine, seulement 40 % iraient manifester contre une telle décision.

Les plus enclins à se lancer dans un Maïdan 3.0 sont de nouveau les Ukrainiens de l'Ouest, et ceux qui votent pour le parti Samopomich (un parti qui compte entre autre le député Semion Semiontchenko, chef du bataillon néo-nazi Donbass, et qui avait appelé à la libération des criminels du bataillon Tornado), le Parti Radical (qui a pour président Oleg Liachko dont les méthodes nazies ont même été dénoncées par Amnesty International), et le parti Pour la Vie (de Vadim Rabynovytch).

Et la catastrophe en Ukraine est telle, que même les médias occidentaux sont obligés de commencer à dire la vérité sur la situation dans le pays. Le tout en essayant de ne pas totalement détricoter leur précieuse propagande russophobe. Un exercice qui tient de plus en plus du numéro d'équilibriste, comme cet article d'hier du Washington post sur les néo-nazis en Ukraine. Ou comment dire tout et son contraire dans le même article.

Alors que l'article commence bien en parlant de la menace que font peser sur le gouvernement ukrainien actuel les « puissants groupes ultra nationalistes d'extrême droite » (appellation politiquement correcte des groupes néo-nazis et bandéristes ukrainiens), le journaliste se dédouane tout de suite de tout rapprochement avec ce que dénonce depuis trois ans la presse russe en disant je cite : « la propagande russe sur le fait que l'Ukraine est gouvernée par les nazis ou les fascistes est fausse. Les partis d'extrême droite [nazis NDLR] comme Svoboda ou Secteur Droit ont peu de soutien de la part des Ukrainiens ».

Ou comment manier la vérité et le mensonge pour essayer de faire croire qu'on a raison. Car si Svoboda et Secteur Droit ont effectivement peu d'électeurs, ils ont en revanche un pouvoir réel, que même le journaliste du Washington Post ne peut plus cacher sous le tapis.

Passage à tabac d'un activiste pacifiste de gauche le jour de l'anniversaire d'Hitler, très certainement perpétré par le groupe néo-nazi C14 (qui a célébré ce passage à tabac juste après qu'il ait eu lieu), coups et blessures sur un homme politique socialiste par le même groupe C14, descentes d'ultranationalistes pendant des conseils communaux à Kiev ou Lvov, perturbations lors d'expositions artistiques, de manifestations pour la paix, d'événements LGBT, de procès, sans même parler des affrontements lors du Jour de la Victoire avec ceux qui commémoraient la fin de la Seconde Guerre Mondiale. De tels actes des groupes néo-nazis ukrainiens sont devenus la norme dans l'Ukraine post-Maïdan.

Le journaliste ne peut qu'admettre que si de tels actes ont lieu c'est que leurs auteurs jouissent d'une impunité presque totale en Ukraine, le gouvernement ayant besoin d'eux pour mener sa guerre dans le Donbass et surtout parce que le gouvernement a peur que ces groupes se retournent contre lui. À raison d'ailleurs puisque l'un des députés ukrainiens, Iouri Bereza avait ouvertement menacé à la TV d'une Nuit des Longs Couteaux si ils sentaient que le pouvoir leur échappait :

Le journaliste est aussi obligé d'admettre que les membres de tels groupes se trouvent au sein du gouvernement ukrainien actuel, comme le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, qui a des liens fort avec le régiment Azov qui est placé sous le commandement de son ministère, dont le sigle est un symbole SS et donc Nazi (ce qu'admet le journaliste du WP), et qui a été dirigé par Andriy Biletsky qui a appelé à une croisade contre la « sous-humanité menée par les sémites » (sic).

Il y a aussi d'autres officiels du ministère de l'Intérieur, comme Ilya Kiva qui est un ancien membre de Secteur Droit, dont le profil Instagram est rempli d'images de Mussolini, et qui a appelé à mettre à mort les homosexuels. Et ce n'est là que quelques exemples d'une réalité bien plus vaste, comme Andryi Paroubyi, le président de la Rada qui est l'un des fondateurs de Svoboda (un autre parti néo-nazi ukrainien).

Dans un appel utopique, le journaliste dit qu'il n'est pas trop tard et demande aux autorités ukrainiennes de faire le ménage, en donnant l'ordre à la police, au SBU, à la Garde Nationale de ne plus laisser passer de tels actes des groupuscules néo-nazis. Le problème que ce journaliste ne voit pas ou ne veut pas admettre dans sa cécité russophobe, c'est que ces organes de maintien de l'ordre sont TOUS noyautés jusqu'au sommet par ces mêmes groupes.

Comment la police ukrainienne pourrait-elle faire son travail en sanctionnant les groupes néo-nazis quand le chef de la police ukrainienne est lui-même un néo-nazi issu du régiment Azov, et quand le ministre de l'Intérieur commande un bataillon néo-nazi ??? Sans parler de la Garde Nationale qui est constituée pour bonne partie de bataillons néo-nazis, comme l'admet Joshua Cohen dans un des paragraphes de son article.

À force de propagande pro-ukrainienne et anti-russe, ces journalistes sont en train de se prendre les pieds dans le tapis quand ils n'ont plus d'autre choix que de dire la vérité quand elle devient trop visible pour être cachée.

Comment ce journaliste peut-il se contredire à ce point d'un paragraphe à l'autre de son article, en prétendant que c'est de la propagande russe que de dire que l'Ukraine est gouvernée par des Nazis et des fascistes, tout en écrivant deux paragraphes plus loin que le ministre de l'Intérieur est proche des néo-nazis, et que les groupes néo-nazis ukrainiens peuvent commettre des crimes en tout impunité parce que le gouvernement a peur d'eux et a besoin d'eux, et est donc prêt à tout leur passer et à se plier à leur volonté pour ne pas qu'ils se retournent contre lui ?

Si ça ce n'est pas admettre que le pouvoir en Ukraine est détenu par les néo-nazis je ne sais pas ce que c'est…

Pendant que l'Ukraine poursuit sa descente aux Enfers, la presse occidentale joue aux funambules pour éviter de tomber dans le gouffre que sa propagande russophobe et pro-ukrainienne éhontée a creusé. La RPD et la RPL de leur côté continuent leur redressement économique et luttent efficacement contre la corruption, afin de ne surtout pas connaître le sort qui attend l'Ukraine.

Christelle Néant

 

Kiev : la moitié des habitants privés d’eau chaude !

Cette semaine aura été une fois de plus particulièrement éprouvante pour le courageux peuple du Donbass. Loin du cirque médiatique suite à « l’agression » de NKM, des civils continuent de souffrir, de mourir ou d’être blessés par les bombardements quotidiens perpétrés par l’armée du régime de Porochenko. L’indifférence des médias occidentaux liés aux mensonges diffusés par les états-majors otanesques sur la situation dans le Donbass, est servilement répétée par nos fidèles laquais de la pensée unique.

Modestement, avec d’autres volontaires, j’essaie de rapporter ce qui se passe dans cette partie du monde, malgré la cécité d’une majorité d’occidentaux, parfois aveuglé par une haine psychotique à l’encontre du peuple russe.
Malheureusement, cette semaine trois civils ont payé de leur vie la folie guerrière de la junte putschiste de Kiev, soutenue par les gouvernements occidentaux, cinq autres ont été blessés 
Voir ici et  les articles de Christelle Néant de l’agence 
DONI
Qu’est-ce qui peut se passer dans la tête d’un sniper pour ajuster une femme de 78 ans et lui mettre une balle dans la tête ? Pour moi c’est un mystère ?
Je ne vous cache pas, que depuis le temps que je lis ce genre de choses, un certain dégoût, une lassitude et un sentiment d’impuissance, qui ne fait que monter en moi une colère intérieure de plus en plus grande.

En Ukraine, la ploutocratie mise en place par Washington, au lieu de se préoccuper du bien-être de ses concitoyens, préfère entretenir une armée de 100 000 hommes dans le Donbass et continuer à martyriser une population qui ne demandait rien d’autre qu’une fédéralisation de sa région. En réponse, les putschistes fraîchement installés sur leur trône enverront l’armée tenter de mater une population avide de liberté dans une opération antiterroriste censée ne durer que 3 mois. Résultat de cette gestion de crise : l’Ukraine en ce printemps 2017 entre dans une quatrième année de guerre !

 

Mais, tout se paye dans ce monde purulent. La capitale, Kiev, se retrouve actuellement avec cinq de ses districts et ce pour au moins jusqu’à la mi-octobre sans eau chaude. Oup’s, pour ceux qui ont cru en la pseudo révolution de la « dignité » en 2013/2014, c’est la douche froide !  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d’un million et demi d’habitants sont concernés. C’est l’équivalent en nombre à presque deux fois la population d’une ville comme Marseille !
Marioupol, ville de 500 000 habitants occupée par l’armée ukrainienne, est une ville portuaire située dans le sud du Donbass, dans l’oblast de Donetsk, elle a subi  le même sort au mois d’avril de cette année 
RFI

 

La dette de la municipalité envers la société distributrice de l’eau se chiffre…à 28 millions d’euros ! Tout va bien…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre l’eau chaude, un article de la RTBF nous apprend que 750 000 enfants risquent de se retrouver sans eau potable dans le Donbass (des deux côtés de la ligne de front) suite aux bombardements que subissent les infrastructures permettant de purifier l’eau. C’est bien, il y a un média occidental qui en parle. Pourtant, depuis le temps que les autorités de la République de Donetsk sonnent le tocsin sur ce problème, il serait plus que temps que la communauté internationale agisse concrètement et impose une bonne fois pour toutes au régime de Kiev de faire cesser les tirs d’artillerie contre l’usine de filtration d’eau située dans la zone grise entre Avdeevka (occupée par l’armée ukrainienne) et Yacinovataya (DNR)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toute bonne dictature qui se respecte, le régime de Kiev ne pouvant pas subvenir au plus élémentaire besoin quotidien d’une partie de plus en plus grandissante de sa population, continue de sombrer un peu plus dans le tout répressif. Désirant se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, les ploutocrates veulent faire taire toute opposition en Ukraine. Après l’interdiction du parti communiste, l’interdiction de porter le ruban de St-George (symbole de la victoire contre le nazisme), discrimination linguistique contre la langue russe, arrestation arbitraire et détention dans les prisons de la police politique du SBU des opposants, meurtres de journaliste, blocage du réseau social VK et du moteur de recherche yandex, voilà que le chef du SBU, Basil Hrycak, demande carrément carte blanche pour réprimer ceux qu’il appelle la cinquième colonne. En clair, tous ceux qui s’opposent à la junte de Kiev sont automatiquement étiquetés Russe, et de ce fait doivent être  mis hors d’état de nuire ! C’est bien commode pour faire taire toute opposition aux oligarques qui sont au pouvoir depuis 2014. 

 

Voilà ça se passe comme ça en Ukraine post Maïdan ! Pas d’argent pour les besoins vitaux de la population, mais du pognon pour entretenir une armée de 100 000 soldats pour massacrer des civils dans le Donbass. Aujourd’hui, en Europe, un pays se meurt et une région, le Donbass, subit la hargne meurtrière d’un régime mortifère et cleptomane, avec le soutien des oligarques occidentaux et l’appui financier des institutions financières internationales (FMI et banque mondiale entre autres).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sébastien Hairon, volontaire bénévole et indépendant à Donetsk (DNR)

 

Source: http://peupleslibres-nouvelle-russie.blogspot.fr/2017/06/kiev-la-moitie-des-habitants-prives.html

Une femme de 78 ans assassinée par un sniper et 18 habitations endommagées - Nouveaux crimes de l’armée ukrainienne dans le Donbass

 


Jeudi 15 juin 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant que les médias ukrainiens chantent les « hauts faits » de l'armée ukrainienne dans le Donbass, la réalité des actions, et surtout des crimes, de cette armée, se rappellent cruellement chaque jour. La propagande ukrainienne a beau présenter son armée comme des libérateurs venus délivrer le Donbass de l'armée russe, la vérité est que cette armée génocide le peuple du Donbass, en toute connaissance de cause.

Car comment prétendre à une erreur, lorsqu'un sniper, appartenant très certainement à un bataillon de volontaires (soit islamique, soit l'un de ces groupes de femmes snipers), tire sur une grand-mère de 78 ans à Sakhanka, et la tue d'une balle dans la tête ? À 17 h, il fait encore jour en ce mois de juin, aucune méprise n'est possible. Sauf à être totalement ivre ou drogué, il est impossible de confondre une paisible grand-mère de 78 ans avec un soldat !!!

Le seul crime de cette femme aura été de vivre en République Populaire de Donetsk (RPD) et d'avoir voulu simplement aller dans son jardin. Nous nous étions rendus le mois dernier à Sakhanka, et dans d'autres villages du Sud de la RPD, pour aider plusieurs retraités avec une aide humanitaire fournie par l'association Ouest-Est. Depuis que la nouvelle est tombée ce matin, je prie pour que ce ne soit pas une des petites grand-mères à qui nous avions rendu visite, qui est tombée sous la balle de ce sniper.

La question, qui depuis ce matin trotte dans ma tête est : « Зачем ? » comme disent les Russes. Pourquoi ? Dans quel but ? Quel crime cette grand-mère avait-elle commis pour mériter un tel sort ?Et surtout : comment ? Comment quelqu'un qui se prétend un être humain peut faire une chose pareille ? Déjà que viser délibérément au mortier ou l'artillerie des quartiers purement civils demande une bonne dose d'inhumanité, mais on ne voit pas les victimes, alors c'est plus facile de ne pas y penser.

Mais un sniper… Il voit sa victime, son visage, dans sa lunette, assez précisément pour lui tirer une balle dans la tête. Comment peut-on viser une paisible grand-mère de 78 ans délibérément, lui tirer dessus, et la regarder mourir sous ses yeux sans l'ombre d'un scrupule ? Sans remords.

Certains défenseurs de la cause ukrainienne nous parlent de « légitime défense ». Quelle légitime défense y a-t-il lorsqu'on assassine gratuitement et délibérément une paisible grand-mère ?

Et pour ceux qui croient qu'il s'agit d'un incident isolé, que c'est l’œuvre d'un soldat qui aurait pété un plomb, il n'en est rien. À Troudovskyi, un autre sniper de l'armée ukrainienne avait tiré pendant 30 minutes autour d'une petite fille pour la terroriser sans la tuer, tout en empêchant sa mère de venir à sa rescousse. Un jeu purement sadique.

À Zaïtsevo aussi, un sniper ukrainien avait tiré à 22 reprises au-dessus de la tête d'un civil sur le chemin qui le ramenait du magasin où il avait été faire des courses. Là aussi le but était de le terroriser plus que de le tuer. Où est la légitime défense dans des actes aussi ignobles et qui sont loin d'être des exceptions ?

En plus des snipers, les mortiers, chars d'assaut et pièces d'artillerie de l'armée ukrainienne visent eux-aussi délibérément les quartiers résidentiels, comme à Kroutaya Balka où trois maisons ont été totalement détruites par les tirs de la nuit dernière (deux ont brûlé et une a été totalement détruite par un tir direct). Au total, sur l'ensemble du territoire de la RPD, ce sont 18 habitations qui ont été endommagées ou détruites par les tirs de l'armée ukrainienne.

Au total, l'armée ukrainienne a tiré 656 obus d'artillerie, de mortier ou de char d'assaut sur le territoire de la RPD pendant les 65 violations du cessez-le-feu qu'elle a commises ces dernières 24 h.

À Kroutaya Balka où nous nous sommes rendus, des tirs se faisaient encore entendre en journée. À cause de la proximité des positions ukrainiennes et de l'avancement du jour, nous n'avons pas pu aller filmer les maisons touchées cette nuit, mais nous avons pu voir plusieurs autres maisons touchées récemment, comme celle de cette grand-mère du 26 de la rue Shirokaya.

 

La maison a été éventrée par un obus la semaine dernière, un autre a arraché la moitié du toit la veille. La femme vit seule. Son fils essaye de réparer tant bien que mal la maison, mais il manque de moyens financiers et de bras pour çà. Si nous ne trouvons pas le moyen de poser au moins une bâche sur le toit, les prochaines pluies vont rendre la maison inhabitable.

Comme l'indiquent clairement les dégâts sur la façade Nord-Ouest de la maison, les tirs viennent de Kamenka. Le fils de la vieille dame nous a déclaré que les tirs viennent aussi souvent d'Avdeyevka. Deux villes sous contrôle ukrainien :

À Dokouchaevsk, ce matin, c'est la station de traitement de l'eau qui a été visée par l'armée ukrainienne, obligeant les employés à évacuer la station pour se mettre à l'abri.

Et pendant que l'OSCE a refusé hier de se rendre à Troudovskyi pour enregistrer la mort de deux civils, sous prétexte que la route menant à la maison touchée n'était pas asphaltée (non non ce n'est pas une blague, c'est ce que l'OSCE a sorti aux soldats du point de contrôle le plus proche !!!), l'armée ukrainienne continue d'amasser des armes lourdes interdites par les accords de Minsk près de la ligne de front.

Ainsi à Kodema, c'est six chars d'assaut que l'armée ukrainienne a approché à six kilomètres à peine de la ligne de front proche de Gorlovka.

L'escalade se poursuit dans le Donbass, et au vu de l'accumulation constante de nouvelles armes sur la ligne de front, on ne peut que craindre les prochains « faits d'armes » de l'armée ukrainienne dans le Donbass.

Christelle Néant

Deux civils sont morts à Troudovskyi suite au bombardement de la localité par l’armée ukrainienne

Mardi 13 juin 2017

 

 

Comme on pouvait le craindre au vu de la tendance des dernières semaines, l'escalade constante et l'augmentation des bombardements de la part de l'armée ukrainienne ont fini par faire de nouvelles victimes à la périphérie de Donetsk, à peine plus d'une semaine après qu'une femme soit morte et que son fils ait été grièvement blessé dans le même quartier.

Située à une rue à peine de l'endroit ou Tatiana Zaïchenko avait trouvé la mort, c'est une maison située au 25 de la rue Lougovskogo qui été prise pour cible par l'armée ukrainienne. Une habitation purement civile, éloignée de plus d'1,5 km des positions de l'armée de la RPD. Impossible de faire une erreur de tir pareille. L'obus qui est tombé dans la cour de la maison a tué sur le coup Lidia Artemieva, 80 ans, et son fils Viktor Artemiev, 54 ans.

Les proches, qui étaient déjà à l’œuvre pour nettoyer les dégâts n'ont pas voulu être filmés, mais on peut voir clairement que c'est la façade Sud de la maison (à droite sur la vidéo) qui a été touchée.

 

La trajectoire de l'obus est dès lors extrêmement facile à retracer, et mène directement aux positions ukrainiennes installées au Sud-Est de Maryinka :

Depuis plusieurs jours, le nombre de violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne va crescendo, et les dernières 24 h n'ont pas fait exception avec 70 violations du cessez-le-feu au cours desquelles l'armée ukrainienne a tiré 694 obus d'artillerie, de mortier ou de char d'assaut sur le territoire de la RPD.

Ce matin, à 6 h, l'armée ukrainienne a ouvert le feu sur le district de Kievskyi à Donetsk. Dix obus ont frappé l'usine de Tochmash, certains n'ont pas explosé à l'impact et doivent être désamorcés. Heureusement, vu l'heure matinale, personne ne se trouvait sur place, évitant ainsi de nouvelles victimes.

Mais les nombreuses mines qui sont encore présentes sur le territoire, ont alourdi ce bilan déjà sanglant. Ainsi deux civils ont été blessés au Nord-Est de Gorlovka lorsque leur véhicule a roulé sur une mine.

Cette recrudescence de tirs sur des habitations éloignées du front, qui font de nombreuses victimes parmi les civils est inquiétante à plus d'un titre, car elle rappelle l'escalade qui a eu lieu il y a quatre mois, et lors de laquelle les civils avaient payés un lourd tribut. Au vu du nombre de pièces d'équipement militaire qui sont amenées près de la ligne de front par l'armée ukrainienne, et qui ont été vues et enregistrées récemment par l'OSCE et par les civils vivant dans la zone de l'OAT, nous ne pouvons que craindre une nouvelle aggravation de la situation sur la ligne de front.

Surtout qu'il n'y a pas que les civils que l'armée ukrainienne vise délibérément. Les infrastructures vitales sont aussi des cibles de choix, l'armée ukrainienne ne reculant devant aucun crime de guerre. Ainsi les 10 et 11 juin, l'armée ukrainienne a lourdement bombardé la localité de Vasilievka, visant délibérément la station de pompage et la conduite d'eau qui y passe.

Les obus ont endommagé une sous-station électrique, privant la station de pompage de courant. Et ce alors que cette station fournit l'eau à cinq stations de filtrage, dont quatre situées côté ukrainien, qui fournissent de l'eau à plus de 40 localités et 1,8 millions de personnes. Des localités comme Dokouchaevsk, qui dépendent de cette station, sont passées en état d'urgence.

Une première tentative d'inspecter la conduite et de réparer la station de pompage le 11 juin avait échoué, l'équipe de réparation et les officiers du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) s'étant retrouvés sous les tirs de l'armée ukrainienne, qui cherchait ainsi délibérément à empêcher le rétablissement de l'approvisionnement en eau.

Ce n'est qu'aujourd'hui, et grâce au travail acharné du CCCC pour obtenir le cessez-le-feu nécessaire, que les travaux de réparation ont pu commencer. Sous la protection du CCCC et des observateurs de l'OSCE, l'équipe de réparation a pu accomplir une partie des travaux, mais ceux-ci ne sont pas encore terminés, et il faut espérer que ce cessez-le-feu tiendra encore demain et les jours suivants pour que l'équipe de réparation puisse terminer les travaux.

Cet incident illustre bien le cynisme de l'armée ukrainienne et des autorités de Kiev qui n'hésitent pas à priver 1,8 millions de personnes d'eau potable, y compris au sein de la population qui se trouve sur le territoire qui est sous leur contrôle, pourvu que cela permette d'exterminer les habitants de la RPD.

 

Et pendant que l'armée ukrainienne prétend avoir avancé vers les positions de l'armée de la RPD à Kominternovo et de la RPL à Jelobok, la réalité est complètement inverse. Comme le montre cette vidéo, prise par les soldats de l'armée de la RPD près de Shirokino, plusieurs unités de l'armée ukrainienne (dont la 36e brigade) ont bel et bien abandonné leurs positions comme nous l'avions annoncé il y a trois jours. Et l'armée de la RPD a donc investi ces positions qu'elle occupe désormais.

Résultat, les médias ukrainiens qui avaient relayé cette information sur les soi-disant succès de l'armée ukrainienne, en se référant au service de presse du quartier général de l'OAT viennent de de ridiculiser. Pour se dédouaner, le quartier général de l'OAT a déclaré que c'était le conseil national de sécurité qui avait exigé des médias ukrainiens qu'ils relayent ces rapports erronés en se faisant passer pour le quartier général de l'OAT. Si cela est vrai, la question est alors : comment les médias ukrainiens peuvent-ils ne pas faire la différence entre ce qui vient du quartier général de l'OAT et ce qui vient du conseil national de sécurité ?

En attendant que les médias ukrainiens et occidentaux fassent leur travail, le jeu de massacre de l'armée ukrainienne continue dans le Donbass, et comme toujours, ce sont les civils qui payent le prix le plus lourd.

 

Christelle Néant

Montée des tensions sur la ligne de front dans le Donbass, pendant que les autorités ukrainiennes continuent de couler le pays

Comme on pouvait le craindre, la légère baisse obtenue la semaine dernière grâce au nouveau cessez-le-feu instauré le 1er juin n'a pas tenue. Les bombardements de l'armée ukrainienne sont repartis à la hausse avec 395 violations du cessez-le-feu et 3 800 obus et roquettes d'un calibre interdit par les accords de Minsk (artillerie, mortier, char d'assaut et lance-roquettes multiples) tirés sur le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD) du 3 au 9 juin 2017. Il faut y ajouter les 70 violations et les 604 obus et roquettes de Grad tirés par l'armée ukrainienne durant les dernières 24 h. Soit une moyenne de 58 violations et 550 obus et roquettes de gros calibre par jour sur les huit derniers jours.

En huit jours, ces tirs ont fait cinq morts (dont une civile), et 12 blessés (dont 11 civils) en République Populaire de Donetsk, pendant qu'en République Populaire de Lougansk (RPL) les tirs ukrainiens de la semaine ont fait cinq blessés dont deux civils.

Et les destructions sont à l'avenant, avec 63 habitations endommagées ou détruites en RPD, et plus de 47 en RPL. Sans parler des lignes électriques, ou des conduites d'eau qui ont souffert des bombardements.

 

Sur la zone du centre Volvo à Donetsk et sur Spartak, l'armée ukrainienne a tiré 30 roquettes de lance-roquettes multiples Grad (122 mm). Les soldats ukrainiens ont aussi tiré des grenades thermobariques GTB-7S (fabriquée en Pologne) sur Staromikhaylovka le 4 juin à l'aide de lance-roquettes antichars, ainsi que des obus de mortier de 60 mm M73 qui sont des munitions aux standards de l'OTAN, fournies à l'Ukraine par la Pologne. Les éclats de ces munitions ont été présentés par Edouard Bassourine hier comme preuve.

Les tirs intensifs de la semaine semblent avoir eu entre autre pour but d'empêcher l'armée de la RPD d'occuper les positions abandonnées par les troupes ukrainiennes. Cet abandon de certaines positions est lié en partie à la baisse de moral et à l'état psychologique des soldats ukrainiens, couplés avec le manque de soutien technique et matériel, et les coupes budgétaires constantes.

Dans presque toutes les unités ukrainiennes qui ont été remplacées sur le front suite aux rotations effectuées cette semaine, le niveau de désertions avait atteint un niveau critique. Les services de renseignement de la RPD ont noté l'abandon de positions des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) par des unités entières près des villages de Kominternovo et Dokouchaevsk, entre autre.

Il faut noter que beaucoup d'officiers se trouvent parmi ces déserteurs. Ainsi rien que pour la 53e brigade on a six lieutenants, un capitaine et trois majors qui ont déserté. Si les officiers désertent dans de telles proportions, je vous laisse imaginer ce qu'il en est des simples soldats.

Ces désertions ont lieu sur fond d'affrontements entre l'armée ukrainienne régulière (et son commandement) d'un côté et les bataillons néo-nazis et la Garde Nationale de l'autre. Les échanges de tirs qui ont eu lieu cette semaine près de Peski, Marioupol et Avdeyevka, entre les FAU et la Garde Nationale, ont fait six morts parmi les soldats des FAU et deux blessés parmi ceux de la Garde Nationale.

Et ce n'est pas le seul problème auquel le commandement des FAU doit faire face. Les bataillons néo-nazis ayant pu laisser libre cours à tous leurs crimes depuis trois ans sans être inquiétés, ils en deviennent de plus en plus incontrôlables, jusqu'au point de devenir gênants. Ainsi, dans la nuit du 30 au 31 mai, une unité de Secteur Droit aurait bombardé un camp pour enfants dans le village de Zeleny Gai, à 20 km de la ligne de front. Difficile de faire passer ce bombardement pour un tir de la part de la RPD.

Le commandement ukrainien a alors tenté de reprendre le contrôle de l'unité récalcitrante afin de faire cesser ces bombardements qui montrent clairement que ces bataillons néo-nazis n'en ont rien à faire des civils du Donbass qu'ils viennent prétendument libérer. Le peloton en question refusant de rendre les armes, le commandement ukrainien a alors purement et simplement éliminé l'unité le 31 mai en lui tirant dessus depuis un hélicoptère.

L'information semblait tellement incroyable, que l'armée de la RPD s'est montrée extrêmement sceptique, et a refusé de croire et de relayer les premiers renseignements reçus en ce sens. Mais après confirmation depuis plusieurs sources indépendantes, l'information a été confirmée, et Edouard Bassourine a donc communiqué hier sur cet incident. Il a précisé que les survivants de Secteur Droit ont été emmenés à l'hôpital civil le plus proche, mais au bout de quelques heures ils ont été emmenés vers une destination inconnue.

Ces tensions au sein des forces armées ukrainiennes, se sont doublées de nouvelles craintes d'opération sous faux drapeau. Jeudi, l'armée de la RPD a annoncé avoir des informations indiquant qu'un nouveau tir des forces armées ukrainiennes sur la localité d'Avdeyevka était prévu entre le 8 et 12 juin.

Comme lors des précédentes opérations sous faux drapeau, les tirs viendraient de plusieurs directions différentes, et auraient lieu après des tirs de l'armée ukrainienne sur les positions de l'armée de la RPD afin de l'obliger à répliquer, et lui faire porter la responsabilité d'éventuelles victimes civiles.

Des équipes de journalistes ukrainiennes et étrangères étaient arrivées à Avdeyevka spécialement pour filmer toute cette mise en scène. Mais leur plan ayant été éventé par l'armée de la RPD, les FAU ont alors tiré sur Maryinka, blessant deux civils.

Comme on peut le voir l'Ukraine cherche désespérément à relancer les hostilités dans le Donbass. Et si on veut comprendre pourquoi, il faut regarder l'état du pays.

Alors que le premier ministre ukrainien, Volodymyr Groïsman, a admis cette semaine que le blocus total imposé au charbon du Donbass faisait perdre 1 % de PIB à l'Ukraine (autant dire qu'en vrai cela doit certainement être bien plus), le service des statistiques nationales ukrainien a révélé l'ampleur du désastre économique que les décisions russophobes et stupides du gouvernement ukrainien sont en train de provoquer.

Car il était prévisible que les sanctions prises contre les banques et sociétés russes en Ukraine allaient avoir un impact très négatif sur l'image du pays, surtout auprès des investisseurs étrangers. Et malheureusement pour l'Ukraine, la prédiction est devenue réalité.

Alors qu'entre janvier et mars 2016 1,036 milliards de dollars avaient été investis depuis l'étranger en Ukraine, cette année ces investissements étrangers directs n'ont été que de 392,9 millions de dollars. Soit 2,6 fois moins. Le service des statistiques nationales ukrainien a rappelé à l'occasion, que l'an passé le pays ayant investi le plus en Ukraine était le soi-disant pays agresseur, à savoir la Russie avec 1,667 milliards de dollars.

Et les décisions suicidaires des autorités ukrainiennes ont aussi un impact sur leur armée. L'Ukraine étant dotée principalement d'armes datant de l'époque soviétique, la décision de couper toute coopération militaro-technique avec la Russie a un impact tangible sur la capacité de l'armée ukrainienne à entretenir son matériel et son armement, vu que l'industrie ukrainienne ne peut fournir que 40 % des besoins de l'armée du pays.

Ne pouvant pas ouvertement acheter à la Russie, l'Ukraine passe donc par des pays tiers pour acheter, presque en contrebande, les pièces russes dont elle a besoin. Il n'y a pas besoin d'avoir fait St Cyr pour comprendre d'un tel montage implique des coûts d'achat supérieurs à un achat direct auprès de la Russie. Comme pour le charbon du Donbass, ou le gaz russe, l'Ukraine achète par des voies détournées au prix fort, ce que sa politique russophobe l'empêche d'acheter au prix normal directement au fournisseur.

Or quand on voit l'état de l'économie ukrainienne, les autorités de Kiev feraient mieux de se soucier un peu plus de l'intérêt du peuple ukrainien et des finances de l'état, plutôt que de vouloir à tout prix satisfaire les idées russophobes les plus stupides des groupes néo-nazis qui soutiennent actuellement le gouvernement.

C'est d'ailleurs ce qu'a déclaré Irina Loutsenko, députée de la Rada, suite à la énième idée « lumineuse » des autorités de Kiev : instaurer un régime de visas avec la Russie. Elle a rappelé qu'une telle mesure coûterait à l'Ukraine entre 1,5 et 2 milliards de hryvnias (soit 57,5 à 75 millions de dollars) et qu'une telle somme serait autrement plus utile pour gérer les multiples défis auxquels doit faire face l'Ukraine actuellement, plutôt que d'être engloutie par ce genre de mesure démagogue.

De son côté Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, a rappelé que 2 à 3 millions d'Ukrainiens vivent en Russie, et que cela leur porterait préjudice, vu que la Russie prendrait des mesures de rétorsions similaires en cas d'introduction d'un tel régime de visas. Il a ajouté que tout cela serait négatif pour la population ukrainienne qui ferait bien de se réveiller pour faire entendre ses intérêts, qui semblent être le cadet des soucis des autorités ukrainiennes actuelles.

L'Ukraine coule tel le Titanic, et relancer la guerre dans le Donbass est la solution idéale aux yeux des autorités de Kiev pour se maintenir encore un peu au pouvoir, tout en faisant oublier à la population que le pays est en train de sombrer. Dès lors il faut s'attendre à une escalade constante des bombardements, provocations et opérations sous faux drapeau, jusqu'à ce que Kiev obtienne l'excuse voulue pour justifier une grande offensive, ou qu'elle la lance sans, avant que son armée ne s'effondre totalement avec le reste du pays.

 

Christelle Néant

L’armée ukrainienne tente de percer les lignes de défense de la RPL en pleine réunion des groupes de contact à Minsk

 

08 juin 2017  

Alors que les bombardements s’intensifient de plus en plus sur les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne a décidé de tenter une nouvelle offensive en RPL en pleine réunion des groupes de contact à Minsk.

En RPD, les dernières 48 h ont été marquées par 71 violations du cessez-le-feu de lundi à mardi (au cours desquelles l’armée ukrainienne a tiré 935 obus d’artillerie, de mortier et de chars d’assaut) et 60 violations d’hier à aujourd’hui (au cours desquelles l’armée ukrainienne a tiré 334 obus d’artillerie, de mortier et de char d’assaut), au-dessus des moyennes des dernières semaines.

Ces bombardements lourds ont fait sept victimes parmi les civils en RPD dans la nuit de lundi à mardi, et ont endommagé 11 habitations lors des bombardements de Kroutaya Balka, de la périphérie de Yassinovataya, et de celle de Donetsk. Ceux des dernières 24 h ont fait un mort parmi les soldats de la RPD et ont endommagé trois maisons et un gazoduc.

Et alors que la situation en RPL est habituellement plus calme (avec « seulement » 11 violations du cessez-le-feu de la part de l’armée ukrainienne entre hier et aujourd’hui), ce sont les lignes de défense de la milice populaire de la RPL que l’armée ukrainienne a tenté de percer aujourd’hui, juste avant le début d’une réunion des groupes de contacts à Minsk.

C’est malheureusement devenu une habitude, à la veille des réunions des groupes de contacts à Minsk, d’assister à une recrudescence des bombardements effectués par l’armée ukrainienne afin de faire pression sur les groupes de contact.

Mais cette fois, l’armée ukrainienne a décidé de ne pas se contenter de bombarder, elle a décidé de passer le cran au-dessus et de tenter par trois fois de percer les lignes de défense de la RPL à Jelobok.

L’armée ukrainienne a mené des tirs d’artillerie lourde (122 mm et 152 mm) non seulement sur Jelobok mais aussi sur plusieurs localités proches, entre autre Frunze, Donetskyi, Stakhanov et Kirovsk, endommageant de nombreuses habitations (27 endommagées à Kirovsk et plus de 20 à Donetskyi), et blessant un civil à Kirovsk.

 

Alors qu’ils étaient venus évaluer les dégâts après ces bombardements, le maire de Kirovsk, des journalistes et les représentants officiels de la milice populaire de la RPL se sont retrouvé pris sous de nouveau tirs de l’armée ukrainienne. Les obus sont tombés à seulement 150 m d’eux, sans faire de nouvelles victimes, heureusement.

Puis une seconde fois, les journalistes et le commandant de la milice populaire de la RPL se sont retrouvés pris sous les tirs à Frunze.

Lors de ces trois attaques, repoussées avec succès par la milice populaire, trois soldats de la RPL ont été blessés, l’armée ukrainienne quant à elle aurait perdu 10 soldats d’après les données préliminaires venant de la milice populaire de la RPL.

Le plus incroyable a été que les médias ukrainiens avaient vanté dès hier le fait que l’armée ukrainienne avançait vers Frunze et Jelobok, et qu’elle avait pris le contrôle d’une partie de la route allant à Bakhmout. Ce cafouillage de la propagande ukrainienne montre clairement que les médias sont informés des plans de bataille par le quartier général ukrainien lui-même et qu’il ne s’agit en rien d’une initiative isolée d’un commandant en mal de victoire.

Cette bévue montre aussi clairement que l’armée ukrainienne veut relancer une offensive, et n’est pas du tout dans l’idée de rester sur ses positions actuelles, où elle se trouve pourtant toujours malgré ses grandes déclarations de victoires imaginaires.

Profitant de la réunion du groupe de contact à Minsk, les représentants de la RPD et de la RPL ont exigé de l’OSCE qu’elle réagisse plus rapidement aux provocations et offensives de l’armée ukrainienne comme celle d’aujourd’hui.

Car à l’allure où les bombardements et les attaques augmentent, il ne faudra plus très longtemps avant que la situation ne dégénère avec le silence complice de la France et de l’Allemagne pourtant garants des accords de Minsk.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/larmee-ukrainienne-tente-de-percer-les-lignes-de-defense-de-la-rpl-en-pleine-reunion-des-groupes-de-contact-a-minsk/

 

 

Une femme est morte et un enfant a été grièvement blessé lors du bombardement du quartier de Troudovskyi par l’armée ukrainienne (Vidéo)

Hier, 4 juin 2017 à 21 h, en plein dimanche de la Pentecôte du calendrier orthodoxe, la 92e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) a tiré au mortier sur le quartier de Troudovskyi situé à la périphérie de Donetsk.

L’un des obus de mortier de 82 mm a tué une civile, Tatiana Zaïchenko, âgée de 37 ans, et a grièvement blessé son fils de huit ans, Vladislav. L’enfant, transporté en état de choc à l’hôpital a dû subir une longue opération afin de réparer les multiples blessures infligées par les shrapnels de l’obus : hémorragie interne, blessures graves au foie qui a été en partie déchiqueté, blessures aux deux intestins, et blessure à la cuisse et à la main droite.

Six heures après l’opération, les médecins refusaient toujours de donner un pronostic et son état est toujours considéré comme préoccupant.

Suite à ce bombardement qui l’a privé de sa mère, Vladislav se retrouve orphelin, car son père est mort au combat alors qu’il défendait la population du Donbass contre l’armée ukrainienne.

 

La rue qui a été touchée par ces tirs, la rue Amoudaryinskaya, se trouve à environ 1,7 km des positions de l’armée de la RPD. Difficile de faire une erreur de tir pareille avec du mortier de 82 mm. Au vu de la distance par rapport au front et de la portée maximum du mortier de 82 mm (environ 4 km), les tirs ont très certainement été effectués depuis les positions ukrainiennes situées à Maryinka.

Lors des dernières 24 h, l’armée ukrainienne a tiré au total 213 obus d’artillerie, de mortier ou de char d’assaut d’un calibre interdit par les accords de Minsk sur la République Populaire de Donetsk (RPD). Ces tirs ont endommagé sept habitations.

Et ces bombardements sont loin de s’interrompre durant la journée. Ainsi cet après-midi, de nouveaux tirs ont frappé cette fois la localité de Yassinovataya, faisant trois blessés de plus parmi les civils. Ces bombardements délibérés de quartiers résidentiels des dernières 24 h ont lourdement alourdi le bilan des victimes civiles depuis le début de l’année qui s’élevaient déjà le 2 juin à 14 morts et 147 blessés en République Populaire de Donetsk.

 

Comme nous pouvons le constater il n’y a ni cessez-le-feu, ni jour saint qui tienne pour l’armée ukrainienne. Et pendant ces violations répétées des accords de Minsk et la poursuite du bain de sang infligé au Donbass par l’armée ukrainienne, la France et l’Allemagne sont étrangement silencieuses.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/une-femme-est-morte-et-un-enfant-a-ete-grievement-blesse-lors-du-bombardement-du-quartier-de-troudovskyi-par-larmee-ukrainienne/

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 4 juin 2017

 

06 juin 2017  

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le dimanche 4 juin 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
01’03 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et nombre de victimes en hausse
04’35 » – Escalade des bombardements sous faux drapeau de la part de l’armée ukrainienne
09’12 » – Augmentation des désertions au sein de l’armée ukrainienne
11’31 » – Le procureur militaire ukrainien veut poursuivre les criminels des bataillons néo-nazis

DIVERS
12’45 » – Donetsk a célébré la Journée Internationale des Enfants

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
15’03 » – L’Ukraine veut légaliser les prisons secrètes du SBU
16’50 » – Suspension des audiences concernant la tragédie du 2 mai 2014 à Odessa
17’28 » – L’UE veut aider l’Ukraine à lutter contre la corruption

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
18’48 » – Porochenko terrifié par les tentacules du Kremlin
21’02 » – Quand le conseil municipal de Kiev tourne au Fight Club

22’58 » – Conclusion

Source: https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-4-juin-2017/

Malgré un nouveau cessez-le-feu, les bombardements de l’armée ukrainienne sur le Donbass continuent

Le 1er juin 2017 à minuit, un nouveau cessez-le-feu est entré en vigueur dans le Donbass. Il y en a eu tellement, rien que depuis le début de cette année, qu’on en perd le compte, et qu’on en vient à douter de son utilité.

Ce jour-là, plus de 10 000 personnes se sont rassemblées en République Populaire de Donetsk (RPD), pour rendre hommage de manière pacifique aux enfants morts sous les bombardements de l’armée ukrainienne depuis le début de la guerre dans le Donbass à l’occasion de la Journée internationale des Enfants. Cette campagne intitulée « Les Anges » a eu lieu aussi en République Populaire de Lougansk (RPL) et en Russie.

 

Des commémorations ont aussi été organisées en Allemagne à Berlin, Hambourg, Munich et Quakenbrück, en Italie, et en Grèce au sein des bureaux représentatifs de la RPD, en Serbie et en Ossétie du Sud, mais aussi en France à Lyon grâce à l’association Ouest-Est de Nikola Mirkovic.

À Donetsk, des centaines de lampions chinois ont été lancés par les gens qui s’étaient rassemblés. Malgré le nouveau cessez-le-feu entré en vigueur le jour même et le fait que l’armée ukrainienne avait été avertie de ce lancer de lampions, les soldats ukrainiens n’ont rien trouvé de mieux à faire que de tirer à la mitrailleuse sur les lampions près du Centre Volvo… Un cynisme ignoble. Après avoir assassiné ces enfants, l’armée ukrainienne assassine l’hommage qui leur est rendu.

Le même jour dans la partie du Donbass occupée par l’armée ukrainienne, une jeune fille de 14 ans a été violée puis assassinée à Andreyevka, alors que la localité est occupée par des soldats ukrainiens.

Et après les 389 violations du cessez-le-feu et les 3 632 obus d’un calibre interdit par les accords de Minsk que l’armée ukrainienne a tirés cette semaine, le nouveau cessez-le-feu n’a rien changé à la donne, puisque les dernières 24 heures ont été marquées par 60 nouvelles violations du cessez-le-feu, et plus de 911 obus tirés sur le territoire de la république par l’armée ukrainienne (soit un quart du nombre d’obus de l’ensemble de la semaine tirés en seulement 24 h). Ce crescendo du nombre de bombardements se reflète aussi dans le nombre de destructions, puisque aux 23 habitations endommagées durant la semaine écoulée, les bombardements des dernières 24 h sont venus y ajouter 15 habitations de plus.

Le seul point « positif » de la semaine fut la baisse du nombre de victimes aussi bien parmi les civils que les soldats avec un mort parmi ces derniers et deux blessés parmi les civils.

Du côté contrôlé par l’armée ukrainienne par contre, la dernière provocation a fait des victimes parmi les civils. Comme craint et annoncé par Edouard Bassourine, l’armée ukrainienne a de nouveau tiré sur Avdeyevka pour faire porter le chapeau à la RPD.

Le 30 mai, à 19 h 30, la 72e brigade a tiré sur la ville, y compris la zone résidentielle près de la cokerie. Trois civils ont été blessés par des shrapnels de mortier. Il faut rappeler qu’à cet endroit du front, suite au plan de désescalade élaboré en début d’année, l’armée de la RPD a reculé ses mortiers de plus de 4 km de la ligne de contact, et que les mortiers utilisés ont une portée maximum de 3 km. Donc seule l’armée ukrainienne pouvait mener ces tirs.

Et il n’y a pas que les provocations et les bombardements qui vont crescendo dans l’armée ukrainienne, les désertions aussi. D’après des documents du quartier général de l’OAT obtenus par l’armée de la RPD, depuis le début de la guerre 10 230 soldats ukrainiens au total ont déserté de la zone de l’OAT (soit 1 700 de plus par rapport au mois d’avril). Rien que durant la période du 11 au 17 mai 2017, 67 soldats ukrainiens ont déserté, du 18 au 25 mai 81 soldats ont déserté, et durant la semaine écoulée c’est 127 soldats ukrainiens de plus qui sont venus grossir les rangs des déserteurs.

Comme on peut le voir c’est une tendance clairement à la hausse, et la plus grande partie des déserteurs vient des 72e et 92e brigades impliquées dans les bombardements sous faux drapeau qui ont frappé Avdeyevka et Krasnogorovka.

La Garde Nationale et le SBU sont arrivés sur zone pour mener les recherches, mais aussi pour empêcher de nouvelles désertions en jouant le rôle d’unités de barrage, tout en servant à boucher les trous sur le front laissés par ces désertions massives.

D’ailleurs l’ancien ministre de la Défense ukrainien, Anatoly Gritsenko, a avoué à la télé, sur la chaîne 112 que si Kiev veut absolument enrôler les officiers de réserve c’est pour combler les manques de personnel flagrants dans l’armée ukrainienne. Dans certaines brigades comme la 501e, le taux de remplissage réel des effectifs n’est que de 55 % au lieu des 88 % officiellement annoncés.

Devant cette décomposition accélérée de l’armée ukrainienne, on comprend l’empressement de Kiev à vouloir provoquer une offensive dont elle a tant besoin, tant qu’il lui reste un semblant d’armée pour la mener. Les deux républiques populaires s’attendent donc à une multiplication des provocations mais aussi des attentats menés par les groupes de diversion ukrainiens, afin de pouvoir justifier cette offensive, voire même demander à l’OTAN de renforcer son aide militaire à l’Ukraine.

Christelle Néant

 

Source:https://dnipress.com/fr/posts/malgre-un-nouveau-cessez-le-feu-les-bombardements-de-larmee-ukrainienne-sur-le-donbass-continuent/

L’Ukraine multiplie les provocations sanglantes et les opérations sous faux drapeau dans le Donbass

Depuis plus d’une semaine, l’armée ukrainienne multiplie les provocations sur la ligne de front, tirant tantôt sur la République Populaire de Donetsk (RPD) pour pousser son armée à tirer en retour, tantôt sur les villes qui se trouvent sous son contrôle afin d’en faire porter la responsabilité à la RPD.

Après les tirs sur Spartak et Troudovskyi la semaine dernière sous prétexte d’attaques fantômes de l’armée de la RPD, et essayant de rééditer l’opération sous faux drapeau menée contre Avdeyevka du 13 mai qui avait fait quatre morts parmi les civils (immédiatement imputés à la RPD alors que la direction des tirs indique clairement des positions qui étaient tenues par Secteur Droit à Vodyanoye), l’armée ukrainienne a tiré sur Krasnogorovka et s’apprête à recommencer.

Le 28 mai, des tirs venant de deux directions différentes ont frappé Krasnogorovka, qui se trouve en territoire occupé par l’armée ukrainienne. Des tirs qui ont blessé une civile, et endommagé plusieurs bâtiments dont l’hôpital. Immédiatement les médias ukrainiens ont hurlé au bombardement de la part de l’armée de la RPD.

Sauf qu’après enquête en analysant les photos et vidéos prises sur place et les témoignages il s’avère que, comme pour Avdeyevka, le bombardement venait bien de l’armée ukrainienne, et plus précisément des positions de la 92e brigade situés à Maryinka et Kourakhovo. Et ce n’est pas du mortier et des armes antiaériennes qui ont été utilisés comme clamés par la propagande ukrainienne mais de l’artillerie lourde et des lance-roquettes multiples Grad (tirés depuis Kourakhovo). Sur les 23 tirs ayant touché la localité, neuf seulement venaient de Maryinka, le reste venant de Kourakhovo.

D’ailleurs, fait troublant, les officiers russes du Centre Conjoint de Coordination et de Contrôle du cessez-le-feu (CCCC) n’ont pas été autorisés à aller inspecter les zones bombardées. Comme les observateurs de l’OSCE, les membres du CCCC doivent pouvoir accéder aux zones bombardées pour analyse. Le fait que les officiers russes de cette institution n’aient pas été autorisés à inspecter les lieux indiquent clairement que l’Ukraine à quelque chose à cacher.

Et si on rajoute le fait que les observateurs de l’OSCE n’ont rapporté que les dégâts liés aux tirs venant de Maryinka, et pas ceux liés aux tirs de Grad venant de Kourakhovo (soit ils se sont laissés trompés par le commandement ukrainien, soit ils sont décidément très complaisants avec les crimes de l’armée ukrainienne), là il n’y a plus beaucoup de questions à se poser.

 

Car en regardant la carte, l’évidence saute aux yeux, si les tirs venant de Maryinka peuvent facilement être attribués à l’armée de la RPD en bidouillant l’angle de tir mesuré sur le terrain de quelques degrés, pour les tirs venant de Kourakhovo, c’est bien plus problématique :

Il faut d’ailleurs souligner que ce bombardement sous faux drapeau a aussi fait des victimes parmi les soldats du régiment Azov, dont les positions temporaires se sont retrouvées sous le feu de leurs camarades de la 92e brigade. Le régiment aurait subi des pertes lourdes avec environ 10 morts et 15 blessés, et sept pièces d’armement endommagées.

Suite à ce bombardement, huit soldats de la 92e brigade ont déserté. Il semble que ce genre de méthode ignoble pour faire porter le chapeau à la RPD ne soit pas du goût de tous les soldats ukrainiens. Ils sont actuellement activement recherchés par le SBU et le régiment Azov avec l’aide du 22e bataillon « Kharkov ».

Mais vu l’augmentation constante du nombre de déserteurs, ces unités risquent bien de se retrouver quelque peu dépassées par l’ampleur de la tâche à accomplir. Car ce mois-ci, le nombre de déserteurs recherchés par l’armée ukrainienne a atteint les 10 000, soit 1 700 de plus que le mois précédent. Une véritable hémorragie, qui affaibli les forces armées ukrainiennes présentes sur le front.

Et si le procureur militaire ukrainien, Anatoly Matios tient parole et décide de poursuivre les soldats des bataillons néo-nazis qui ont commis des crimes dans le Donbass, les forces armées ukrainiennes sur le front vont fondre comme neige au soleil (ces bataillons représentant 25 % des forces ukrainiennes sur le front du Donbass) pendant que les tribunaux vont se remplir en Ukraine.

En effet, dans la droite ligne du procès des membres du bataillon Tornado, Matios semble décidé à nettoyer (ne serait-ce qu’un peu) les écuries d’Augias que sont les bataillons néo-nazis. Ainsi, le procureur militaire ukrainien a déclaré avoir lancé des procédures pénales contre plusieurs soldats du régiment Azov qui sont accusés de meurtre, et d’autres contre des soldats de Secteur Droit accusés de viols, enlèvements et trafics d’armes. Il faut dire que leurs crimes atteignent de tels sommets qu’il devient urgent de punir les pires criminels au sein de ces bataillons pour éviter que cela ne fasse trop tâche. Le tout sur fond de conflits de plus en plus violents entre les unités régulières de l’armée ukrainienne et ces bataillons néo-nazis.

Et au vu des nouvelles opérations sous faux drapeau que prépare le commandement ukrainien, la liste des crimes de guerre des bataillons néo-nazis va continuer à s’allonger. Les services de reconnaissance de la RPD ont en effet découvert la préparation d’un nouveau tir sous faux drapeau contre la ville d’Avdeyevka prévu entre le 30 mai et le 2 juin.

Ce sont cette fois des unités du régiment Secteur Droit, installées dans la zone de la responsabilité de la 72e brigade, qui doivent effectuer le tir. Les unités ont même reçu 174 munitions dédiées pour cette provocation : 20 obus de 152 mm et 122 mm, un panier complet de Grad, 30 obus pour chars d’assaut, et le reste en mortiers de 82 mm et 120 mm. Sur ce total, 48 munitions ont été transférées aux unités stationnées à proximité de la zone industrielle d’Avdeyevka. Comme pour Krasnogorovka, il est prévu de tirer depuis deux directions différentes : une au Nord-Est (compatible avec une direction de tir venant de l’armée de la RPD pour accréditer cette thèse) et une au Sud de la ville (incompatible avec un tir venant de la RPD).

Et si cette provocation ne suffit pas à obtenir l’effet désiré, rien n’exclut un nouveau tir sur Krasnogorovka un ou deux jours après ce tir sur Avdeyevka. D’ailleurs il faut souligner que de manière tout sauf fortuite, plusieurs équipes de journalistes ukrainiens sont arrivées dans la zone de responsabilité des 72e et 92e brigade, sans parler des correspondants militaires du centre de presse du quartier général de l’OAT.

En espérant que ces « journalistes » ne nous gratifieront pas d’un nouveau délire, comme celui du « génocide de porcs » qui a été attribué à la RPD récemment. En effet suite aux bombardements de deux anciennes porcheries dans lesquelles sont déployées des unités des forces armées ukrainiennes, l’armée de la RPD a été accusée d’avoir génocidé les cochons qui s’y trouvaient soi-disant.

En plus d’ironiser sur le fait qu’une porcherie était le meilleur endroit pour installer les unités de l’armée ukrainienne, Edouard Bassourine a tenu à rappeler que ces fermes ne fonctionnent plus, et qu’il n’y a donc plus de cochons là-dedans depuis 2014. C’est-à-dire depuis que l’armée ukrainienne utilise ces porcheries comme position.

Comme on peut le voir les provocations et opérations sous faux drapeau, couplées à une propagande ukrainienne de plus en plus délirante, visent à obtenir l’excuse dont l’armée ukrainienne a besoin pour relancer les opérations militaires dans le Donbass. L’escalade est en cours, et ce sont les civils innocents des deux côtés de la ligne de front qui en font les frais.

Christelle Néant

 

Source:https://dnipress.com/fr/posts/lukraine-multiplie-les-provocations-sanglantes-et-les-operations-sous-faux-drapeau-dans-le-donbass/

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 28 mai 2017

 

01 juin 2017  

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 28 mai 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’52 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et nombre de victimes en hausse
03’38 » – Armes lourdes absentes des zones de stockage enregistrées par l’OSCE
04’49 » – Recrudescence des provocations de la part de l’armée ukrainienne
06’48 » – Atterrissage d’un drone de fabrication américaine sur les positions de la RPD
08’20 » – Le mortier Molot fait de nouvelles victimes parmi les soldats ukrainiens
09’47 » – Les business très rentables de l’armée ukrainienne et des bataillons néo-nazis
13’10 » – Rebondissement dans l’affaire du MH17

ACCORDS DE MINSK
17’52 » – L’Ukraine sabote totalement le processus de Minsk

DIVERS
21’06 » – Donetsk devient la ville aux deux millions de roses

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
22’24 » – L’Ukraine s’enfonce de plus en plus dans la dictature et le nazisme

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
24’44 » – Une société canadienne veut lancer un réseau social dédié aux Ukrainiens

26’40 » – Conclusion

 

Source:https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-28-mai-2017/

La guerre du Donbass – Les origines historiques profondes du conflit (I)

La Rus' de Kiev

Au 9e siècle, les Scandinaves s'installent un peu partout le long de leurs routes commerciales, colonisent de nouvelles terres et fondent de nouvelles villes. À l'Est, ils s'installeront et créeront ainsi les villes de Novgorod puis la future Kiev. Si les deux villes forment des principautés séparées au départ, elles seront unies à la toute fin du 9e siècle, et la capitale passera de Novgorod à Kiev.

 

Cet état, qui au maximum de son expansion couvre les territoires allant du Nord-Ouest de l'actuelle Russie au Centre et à l'Ouest de l'Ukraine actuelle en passant par la Biélorussie et une partie de la Pologne, de la Lituanie et de la Hongrie, sera nommé la Rus' de Kiev (le mot Rus' vient du surnom qui était donné aux Scandinaves à l'Est : les Rus ou Ros). Cet état existera pendant un peu plus de trois siècles, mais sera presque toujours instable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au départ peuplée majoritairement de différents peuples slaves et de scandinaves, tous païens, la Rus' de Kiev sera christianisée à partir de la fin du Xe siècle, et son église sera issue et inféodée à celle de Constantinople. C'est donc naturellement, qu'après le schisme de 1054, la Rus' de Kiev resta fidèle au rite byzantin et devint donc un état Orthodoxe. Cette question religieuse aura une importance non négligeable pour la suite de l'histoire de la future Ukraine.

La Rus' de Kiev était une fédération féodale, c'est-à-dire un système de principautés inféodées à celle de Kiev. Le Grand Prince contrôlait la principauté de Kiev, et ses parents et vassaux, placés dans les autres grandes villes de la Rus', lui payaient un tribut. Un tel système, de par le jeu des successions, ne pouvait mener qu'à un état instable, chaque principauté étant dirigée par un membre de la famille princière qui pouvait revendiquer un droit à la succession au trône de Kiev.

Et très logiquement, c'est exactement ce qui s'est passé. Au XIIe siècle, ces luttes intestines entre principautés entraînèrent le déclin de la Rus' et Kiev perdit son statut de capitale. La ville fut alors saccagée par de nombreuses tribus, et en 1240, les Mongols prennent Kiev. C'est la fin de la Rus' de Kiev, et il faudra attendre le XXe siècle, avant que Kiev ne redevienne une capitale.

Divisions et intégrations des différents territoires de la Rus' entre les états voisins

Pendant plus de sept siècles, les territoires actuels de l'Ukraine et leurs habitants seront divisés et passeront alternativement sous domination mongole, lituanienne, polono-lituanienne (en 1569 la Pologne et la Lituanie sont rassemblées au sein de la République des Deux Nations), autrichienne et enfin russe à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle.

La domination polono-lituanienne sera marquée par des problèmes d'ordre religieux, car la République des Deux Nations est catholique, alors que les territoires de l'ancienne principauté de Kiev sont Orthodoxes. Pour échapper aux discriminations, beaucoup acceptent alors d'être rattachés à l'église de Rome, et en 1596 est signé le traité d'Union de Brest.

Si l'Ouest de l'Ukraine actuelle et ses élites se convertissent sans difficulté, c'est une toute autre histoire pour les cosaques qui vivent dans la zone autour de Zaporojié. Supportant mal la domination polono-lituanienne, les cosaques sous les ordres de l'Hetman Bogdan Khmelnitski se soulèvent au début du XVIIe siècle.

Culturellement et religieusement proches des Russes, les cosaques se rallient de manière naturelle aux Russes, et le 8 juin 1648, Bogdan Khmelnitski envoie une lettre au tsar où il dit vouloir rejoindre la Russie. Cette intégration de la Zaporoguie au sein de la Russie sera actée par le traité de Pereïaslav de 1654, et déclenchera la guerre russo-polonaise (1654-1667), à l'issue de laquelle la Pologne doit céder à la Russie la rive gauche du Dniepr dont Kiev. Le reste des territoires de l'actuelle Ukraine restera sous contrôle polono-lituanien. Ces territoires seront conquis par l'empire russe au XVIIIe siècle.

 

Contrairement aux mythes véhiculés par les historiens ukrainiens, il n'y a pas eu de persécution linguistique de ces territoires, la preuve en est qu'au XVIIe siècle, lors de la formalisation de la langue russe, des intellectuels de toute l'ancienne Rus' sont appelés, y compris ceux de Kiev ou de Galicie pour perfectionner la langue russe. Certains seront même des promoteurs du concept de trinité du peuple russe qui serait réparti entre la Vélikorussie (la Grande Russie), la Malorussie (la Petite Russie) et la Biélorussie (la Russie Blanche).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À l'époque, le mot Ukraine servait à désigner une zone de bordure, la frontière de l'état auquel cette zone appartenait (en russe Kraï veut dire extrémité). On voit donc bien que ce terme ne désignait pas une nation ou un peuple en particulier. Ce sont les élites polonaises qui vont utiliser ce mot pour créer un nouveau concept et une nouvelle idéologie nationaliste, et forger de toutes pièces le mythe ukrainien.

Le but pour la Pologne était d'essayer de récupérer ses possessions que s'étaient partagées la Russie, l'Autriche et la Prusse en provoquant des soulèvements contre les « occupants ». Pour cela il fallait convaincre ces populations malorusses qu'elles étaient plus proches des Polonais que des Russes (si cela vous rappelle les arguments et slogans pro-UE du Maïdan, c'est normal, maintenant vous savez d'où ça vient).

Grâce à leurs hautes fonctions au sein de l'empire russe, certains de ces nationalistes polonais vont ainsi noyauter totalement le système éducatif de la Malorussie, et y implantent durablement le mythe ukrainien. C'est ce mouvement qui amènera à la formalisation de la langue « ukrainienne », qui est vu au départ comme sans conséquence pour l'empire russe. Et pour donner une idée de l'importance de cette langue, en 1861, le journal en ukrainien Osnova ferme, faute de lecteurs, ce qui montre bien que peu de gens lisaient l'ukrainien au XIXe siècle.

Mais après le soulèvement polonais de 1863-1864, les autorités russes comprennent enfin le danger de ce projet ukrainien, et font interdire l'impression d'ouvrages en langue ukrainienne, à cause de la collaboration qui s'était établie entre certains Malorussiens et la rébellion polonaise. C'est de là que vient le mythe de la répression de la langue ukrainienne.

L'Autriche n'est pas en reste en ce qui concerne le soutien à des mouvements nationalistes locaux. Cette fois c'est justement pour empêcher la Pologne de récupérer certains territoires comme la Galicie, que l'Autriche va soutenir la création d'une identité galicienne basée sur le peuple ruthène qui ne soit ni polonaise, ni russe. Cette opposition entre l'identité ruthène et l'identité russe (alors qu'en réalité ce sont deux branches d'un même peuple) va se retrouver plus tard dans le nationalisme ukrainien. La langue ukrainienne sera promue, et même imposée en Galicie, mais cela ne marche pas bien. Le Russe reste la langue majeure en Galicie.

Fidèles à l'Autriche lors de plusieurs soulèvements, les Galiciens recevront en cadeau l'étendard bleu et jaune qui deviendra le drapeau de l'Ukraine en 1991. En 1914, les Galiciens qui se considèrent comme Ukrainiens aideront l'Autriche-Hongrie à massacrer les Galiciens soupçonnés d'être pro-Russes (quand je dis que l'histoire bégaye souvent).

L'Ukraine sous l'URSS

Il faudra attendre 1917 et la révolution bolchevique pour changer la donne, avec l'apparition de la République Populaire d'Ukraine, crée par Mykhaïlo Hrouchevsky. C'est aussi à cette époque qu'est créée la Rada (le parlement ukrainien). Les bolcheviques puis les Allemands en 1918 briseront ce premier essai d'un état ukrainien. L'Allemagne met en place un gouvernement d'occupation, et si dans un premier temps l'armée allemande va jusqu'à Rostov et la Crimée, elle se retire, et restitue Donetsk aux bolcheviques afin ménager de bonnes relations avec eux (il faut rappeler que l'Allemagne a financé les bolcheviques jusqu'à la fin de la guerre).

Une fois vaincus, en novembre 1918, les Allemands se retirent en pillant Kiev, qui sera ensuite occupée par Simon Petlioura, les bolcheviques, le général russe blanc Anton Denikine, puis de nouveau les bolcheviques en 1920. Pendant ce temps, la Pologne essaye de profiter du chaos qui règne pour recréer une grande Pologne, ce sera la guerre russo-polonaise qui se terminera par le traité de Riga de 1921. La Pologne prend possession de la Galicie (ancienne possession autrichienne) et la République Socialiste Soviétique de Russie récupère le reste de ce qui formera la RSS d'Ukraine. Cet état correspond à l'Ukraine ante-Maïdan, moins la Galicie et la Crimée.

Comme on peut le voir ce sont les soviétiques qui ont créé l'Ukraine en tant qu'état, avec des frontières clairement définies, et qui ont donné vie au peuple ukrainien des mythes nationalistes en collant l'étiquette « Ukrainiens » à tous les Russes et Malorusses qui vivaient sur le territoire nouvellement créé. Le pays a d'ailleurs dû passer par une phase d'ukrainisation forcée pour essayer de faire prendre corps au mythe ukrainien, avec enseignement de l'ukrainien obligatoire à l'école, impression de livres et d'articles en ukrainien, etc. Mais la partie Est-Sud Est du pays restera profondément russophone.

Si l'Ukraine existe c'est grâce aux soviétiques. Il est donc assez paradoxal aujourd'hui de voir ces mêmes Ukrainiens vouloir décommuniser leur pays et détricoter tout ce que l'URSS a fait dans leur pays. Car si on pousse cette logique jusqu'au bout il faudrait purement et simplement faire disparaître le pays.

L'Holodomor, présenté par les historiens ukrainiens comme un génocide de la Russie contre l'Ukraine, est l'une de ces falsifications de l'histoire dont ils sont coutumiers. Il faut se rappeler que cette tragédie a non seulement touché les Ukrainiens, mais aussi les Russes et les Kazakhs (voir l'article paru sur Réseau International dans les sources). Il faut rappeler aussi que la Galicie, appartenant alors à la Pologne, n'a pas subi de famine. La Galicie n'a donc aucune raison objective de reprocher aux Russes une famine qu'elle n'a pas subie.

Puis la Seconde Guerre Mondiale éclate, la Galicie est rattachée à l'Ukraine lors du partage de la Pologne de 1939, et le nationalisme ukrainien (dont le berceau est dans l'Ouest du pays), créé par le nationalisme polonais et l'empire Austro-hongrois, va engendrer un monstre qui va se retourner entre autre contre ses créateurs. Le fanatisme qui était responsable des massacres de Galicie en 1914, va pouvoir se déchaîner à plus grande échelle.

Des organisations comme l'OUN (organisation des nationalistes ukrainiens) et son bras armé, l'UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) vont collaborer activement avec les Nazis en espérant ainsi se débarrasser des soviétiques et pouvoir fonder une Ukraine indépendante. Plusieurs dizaines de milliers d'Ukrainiens s'engageront aussi dans la Waffen SS Galicie. Les nationalistes ukrainiens, et les sbires de Stepan Bandera et Roman Choukhevytch, massacreront des centaines de milliers de Polonais, de juifs, de tziganes, et de Russes pour le compte des Nazis. Ils se comporteront en serviteurs zélés de ceux qui les considèrent comme des sous-hommes, de simples esclaves.

Après la victoire des alliés sur l'Allemagne nazie, ces mouvements entrent dans la clandestinité en Ukraine et continuent la lutte armée contre les soviétiques. Le dernier membre de l'OUN est arrêté en 1958. Mais dès 1953, la CIA va soutenir et financer ces mouvements nationalistes ukrainiens, espérant pouvoir les utiliser comme 5e colonne en cas de guerre contre l'URSS. Que leur idéologie soit la même que celle des Nazis, peu importe, c'était la guerre froide et la fin justifiait les moyens pour les États-Unis.

Entre temps, la Galicie et des territoires peuplés de Roumains et de Hongrois ont été ajoutés définitivement au territoire ukrainien par Staline en 1945 (pour avoir des frontières communes avec la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Roumanie), et la Crimée par Khrouchtchev en 1954 (en violation des lois de l'URSS).

L'Ukraine indépendante

En 1991, c'est la chute de l'URSS. La RSS d'Ukraine devient l'Ukraine indépendante que l'on connaît, mais pas sans heurts. Car pendant toute la durée de l'URSS, l'Ukraine ne faisait qu'appliquer les directives de Moscou, résultat les dirigeants ukrainiens étaient de simples administrateurs, et ce mode de fonctionnement va perdurer après la chute de l'URSS. Seule l'origine des ordres changera, on passera de Moscou à Washington et Bruxelles.

Les relations avec la Crimée seront d'ailleurs assez houleuses. Alors que les mouvements ultra-nationalistes ukrainiens refont surface à la chute de l'URSS, un référendum a lieu en Crimée le 20 janvier 1991 qui consacre avec 94,3 % des votants, le rétablissement de la République socialiste soviétique autonome de Crimée. L'Ukraine ne deviendra indépendante que six mois après la péninsule, et va s'asseoir sur les résultats du référendum criméen, accordant juste un statut d'autonomie à la Crimée.

Un deuxième référendum aura lieu le 27 mars 1994, et portait sur trois questions : l'élargissement de l'autonomie de la République de Crimée, la possibilité de la double nationalité pour les habitants de la Crimée (russe et ukrainienne) et l'élargissement des pouvoirs du Président de Crimée. Le oui étant majoritaire pour chacune des trois questions, les mesures furent adoptées. Mais cela ne fut pas du goût de Kiev, qui le 17 mars 1995 envoya des unités spéciales pour destituer le président de la république de Crimée, Iouri Mechkov et reprit le contrôle de la Crimée.

Pendant ce temps, les États-Unis rêvaient de pouvoir mettre en œuvre les plans de l'ex-conseiller du président américain, Zbigniew Brzezinski, visant à séparer l'Ukraine de la Russie pour affaiblir cette dernière et pouvoir à terme la dépecer. La CIA, devenue experte en renversements de régimes grâce à son expérience acquise en Amérique du Sud va être mise à contribution, pour mettre en place en Ukraine un gouvernement favorable à Washington.

Ce sera la fameuse révolution orange de 2004. Les manifestants contestent l'élection de Viktor Ianoukovytch jugé plus pro-russe, face à Viktor Iouchtchenko. Résultat, la cour Suprême ukrainienne annule le résultat du vote, et un nouveau vote donne Iouchtchenko gagnant. Ce sera la première tentative de rapprocher de manière importante l'Ukraine de l'UE et de l'OTAN. C'est d'ailleurs pendant la présidence de Iouchtchenko que Stepan Bandera, le collaborateur nazi sera décrété Héros de l'Ukraine. Mais cela va tourner au fiasco.

L'alliance du nouveau président avec Ioulia Tymochenko ne va tenir que quelques mois, elle sera remplacée comme premier Ministre, Viktor Ianoukovytch, le candidat évincé occupera même ce poste, avant le retour de Tymochenko de 2007 à 2010. Ces querelles intestines au sein du gouvernement, et les conflits gaziers successifs avec la Russie vont précipiter la chute du mouvement issu de la révolution orange, et en 2010, Viktor Ianoukovytch est élu président de l'Ukraine. C'est lui qui va devoir faire face, trois ans plus tard à la seconde tentative de prise de contrôle du pays par les États-Unis : la révolution du Maïdan.

Comme on le voit, l'Ukraine est un état artificiel et fragile, parcouru de nombreuses lignes de fractures ethniques, linguistiques, religieuses, et culturelles. Pour rester unie, il lui faut maintenir un équilibre qui a été mis à mal par les États-Unis qui ont financé et soutenu les mouvements nationalistes fanatiques, dont l'idéologie doit clairement être décrite comme néo-nazie. Ces « nationalistes ukrainiens » étant contre tout ce qui n'est pas eux dans un pays profondément divisé, l'implosion du pays était inévitable. Et c'est malheureusement ce qui est arrivé en 2014 (la suite dans un prochain article).

Christelle Néant

Sources : 

Ukraine - Pourquoi la France s'est trompée, de Xavier Moreau

Les Vikings, de Régis Boyer

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rus'_de_Kiev

https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9paration_des_%C3%89glises_d%27Orient_et_d%27Occident

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Pere%C3%AFaslav_(1654)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_paix_%C3%A9ternelle_de_1686

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_Deux_Nations

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_sovi%C3%A9to-polonaise

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_socialiste_sovi%C3%A9tique_d%27Ukraine

http://reseauinternational.net/qui-a-organise-la-famine-de-1932-1933-en-urss/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Collaboration_en_Ukraine_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_insurrectionnelle_ukrainienne

https://fr.wikipedia.org/wiki/14._Waffen-Grenadier-Division_der_SS_Galizien

http://reseauinternational.net/la-cia-travaille-a-destabiliser-et-a-nazifier-lukraine-depuis-1953/

http://stoprussophobie.info/index.php/top-actu-menu/item/95-qui-a-annexe-la-crimee

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_de_1991_en_Crim%C3%A9e

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_de_1994_en_Crim%C3%A9e

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_orange

 

 

Trois ans après l’arrivée de la guerre à Donetsk, l’Ukraine poursuit l’escalade dans le Donbass et enlise totalement le processus diplomatique

 

Samedi 27 mai 2017

 

En ce triste anniversaire du 26 mai, les nouvelles du Donbass sur le front militaire comme sur le front diplomatique, sont loin d'être positives. Trois ans après l'arrivée de la guerre à Donetsk (le 26 mai 2014 avaient lieu les premiers combats touchant la capitale), l'Ukraine poursuit dans sa logique de résoudre le conflit avec la population du Donbass par la force.

Image d’archive

Le bilan de la semaine énoncé par Edouard Bassourine, le commandant en second du commandement opérationnel de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD), n'est pas pour rassurer sur l'évolution du conflit dans un futur proche.

Si le nombre de violations totales du cessez-le-feu hebdomadaires a augmenté de seulement 16 % pour atteindre 374 violations (dont 58 durant les dernières 24 heures), le nombre de bombardements quant à lui a plus que doublé par rapport à la semaine précédente avec 4 456 obus d'artillerie, de mortier, de char d'assaut, et de roquettes de lance-roquettes multiples tirés par l'armée ukrainienne sur le territoire de la RPD. Ce chiffre n'inclut pas toutes les roquettes de petit calibre, les munitions de lance-grenade, et autres tirs d'armes légères, dont le nombre est au moins équivalent à celui des armes lourdes (et plus souvent égal au double du nombre de tirs lourds).

Ces chiffres atteignent le même niveau que les pics qui avaient été observés en décembre 2016, un mois à peine avant l'escalade brutale qui avait eu lieu entre fin janvier et début février 2017, et qui avait vu le nombre de bombardements lourds hebdomadaire dépasser les 8 000 tirs.

Ces bombardements qui ont touché 31 localités de la république ont tué quatre soldats et blessé 12 personnes dont huit civils et endommagé 61 habitations dont 16 rien que durant les dernières 24 heures. Des tirs corrigés à l'aide de drones (pourtant interdits par les accords de Minsk), dont certains de fabrication américaine, qui sont venus s'écraser sur les positions de l'armée de la RPD.

Les provocations se multiplient aussi, après le tir du 13 mai 2017 dirigé contre Avdeyevka et mené de manière évidente depuis la localité de Vodyanoye aux mains de Secteur Droit, d'autres tirs semblables ont frappé Avdeyevka, toujours dans le même but : accuser la RPD d'avoir tiré délibérément sur des civils innocents.

Et pendant que l'OTAN conditionne l'amélioration des relations avec la Russie à l'arrêt de son soutien au Donbass (autant dire qu'il gèlera en enfer avant que ça arrive), Kiev continue de saboter la mise en œuvre des accords de Minsk tout en clamant sur tous les toits (surtout ceux des médias occidentaux) vouloir que ces accords soient appliqués.

Car à regarder la liste des dernières exigences en date côté ukrainien pour que ces accords soient appliqués, il faut vraiment être stupide ou de mauvaise foi pour croire qu'ils vont l'être : 

- la révocation du décret du président russe sur la reconnaissance des documents d'identité produits par les républiques de Donetsk et Lougansk (cette mesure étant valable jusqu'à la résolution pacifique du conflit pour des raisons humanitaires il n'y a aucune chance ou presque pour que cela arrive),

- la révocation des décisions sur l'établissement des frontières d'état par les deux républiques (ça aussi l'Ukraine peut toujours rêver),

- l'abolition de la mise sous tutelle d'état des usines qui étaient sous juridiction ukrainienne (tant que le blocus commercial total du Donbass est appliqué, l'Ukraine peut faire une croix dessus),

- la renonciation de l'utilisation du rouble russe comme monnaie légale (là aussi tant que le blocus économique total du Donbass est appliqué, cela n'arrivera pas, car il n'y a plus assez de hryvnias en circulation ici),

- le retour du contrôle des portions de frontières commune entre les républiques et la fédération de Russie à l'Ukraine (ce point est prévu à la fin des accords de Minsk quand TOUT LE RESTE aura été mis en œuvre).

Rien qu'en regardant le dernier point on se rend bien compte que cette histoire c'est le serpent qui se mord la queue, l'Ukraine demandant d'appliquer avant tout le reste un point qui est prévu à la fin du processus de Minsk quand tout le reste aura été mis en œuvre… Autant dire que cela ne sera jamais mis en œuvre.

Pendant ce temps, un des points des accords de Minsk, l'échange des prisonniers au format « tous contre tous » piétine lui aussi. Sur ce point-là aussi l'Ukraine traîne des pieds et sabote le processus, essayant de ne pas rendre certains prisonniers sous des prétextes plus ou moins bidons. Et surtout, ce qui inquiète les autorités de la RPD, c'est qu'aucune information n'est disponible pour 77 des noms que la RPD a réclamés. Daria Morozova, la médiatrice aux droits de l'homme de la RPD s'inquiète de leur sort et craint qu'ils ne soient tout simplement morts.

Une crainte justifiée, quand on regarde la dérive continue de l'Ukraine vers une dictature sauce néo-nazie. Pendant que les activistes anti-Maïdan sont condamnés à six ans de prison fermes pour avoir simplement participé à des manifestations contre les nouvelles autorités ukrainiennes, comme Iouri Apoukhtine, certains députés ukrainiens proposent de s'inspirer de la politique linguistique de l'Allemagne Nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale (on a les références qu'on peut hein), alors que d'autres proposent très sérieusement de frapper les élèves qui parleraient russe à l'école

Les accords de Minsk sont cliniquement morts, le Donbass ne pourra jamais retourner sous le giron d'un état ukrainien où ce genre de dérives graves n'est pas l'exception mais la règle. Trois ans après que la guerre soit arrivée à Donetsk, il est temps que les dirigeants américains et européens cessent la ventilation artificielle qui maintient l'Ukraine en vie sur le papier, et lui permet de continuer à faire des morts dans le Donbass...

Christelle Néant

 

 

 

Ukraine : des renforts arabes: des mercenaires arrivent sur la ligne de contact dans le Donbass

La république populaire autoproclamée de Lougansk a annoncé l’arrivée de plus de 40 mercenaires en provenance de pays arabes sur la ligne de contact dans le Donbass, venus soutenir les troupes ukrainiennes.

Une quarantaine de mercenaires arabes ont débarqué sur la ligne de contact dans le Donbass, près d’un checkpoint, pour combattre aux côtés des forces de Kiev, a annoncé mercredi le porte-parole de la Police populaire de la République de Lougansk (RPL), Andreï Marotchko.

« Nous avons enregistré la venue de quelques 45 mercenaires arabes dans le village de Stanitsa Louganskaya », a-t-il affirmé aux journalistes.

Selon lui, les mercenaires étrangers sont venus afin de lancer une opération d’insurrection et de subversion sur le territoire de la république.

« L’ambiance dans la zone contrôlée par la Police populaire de la RPL n’a pas considérablement changé et reste tendue », a poursuivi le porte-parole, soulignant que la police se focalisait sur la sécurité en premier lieu. « Nous respectons le régime du silence et les accords de Minsk. »

Les autorités ukrainiennes ont lancé en avril 2014 une opération militaire contre les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. Selon le dernier bilan de l’Onu, le conflit a déjà fait près de 10 000 victimes.

Le règlement du conflit a été étudié notamment à Minsk, en Biélorussie. Depuis septembre 2014, trois documents pour la désescalade du conflit ont été adoptés. En vertu des accords de Minsk, Kiev devait mettre en place une réforme constitutionnelle avant la fin de l’année 2015 ainsi que procéder à une décentralisation et adopter une loi accordant aux régions de Donetsk et de Lougansk un statut spécial. Cependant, les engagements n’ont pas été remplis par les autorités ukrainiennes et les échanges de tirs se poursuivent dans la zone.

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201705241031514705-lougansk-mercenaires-arabes/

 

 

Une voie ferrée pour un cheval de Troie

La France s’apprête à piloter la mise aux normes européennes du réseau ferroviaire ukrainien, mais quel type de wagon se cache derrière cette locomotive apparemment commerciale et inoffensive ?

Apparu au début du XIXème siècle le train va révolutionner les transports humains pour de longues décennies et reste toujours aujourd’hui un vecteur logistique majeur pour les activités de déplacement humain, le transit économique mais aussi la logistique militaire.

Dans ce dernier domaine militaire, la voie ferrée lorsque son utilisation est maîtrisée, apparaît vitale car elle est un moyen sûr, contrôlable et peu coûteux permettant de déplacer rapidement des ravitaillements de combat mais aussi des unités d’assaut blindées sur de longues distances (et sans les user). Cette considération opérationnelle a d’ailleurs pesé dans le choix des écartements des voies ferrées qu’il fallait adapter aux matériels militaires à transporter.

A l’issue de la guerre de 1870, constat avait été fait en France que la défaite avait été due en partie à cause de la désorganisation du système ferroviaire qui n’avait pas permis de réaliser les déplacements stratégiques et logistiques nécessaires et vitaux pour mener une guerre moderne. Depuis la loi du 28 décembre 1888 sur le transport ferroviaire, la définition et l’organisation du réseau ferroviaire sont réalisées à l’aune des besoins militaires.

Les Etats et les empires vont alors moderniser leurs réseaux ferroviaires respectifs en les adaptant à leurs visions stratégiques territoriales, ce qui donnent des nuances entre les voies ferrées dont la principale est l’écartement des rails qui diffère entre l’Est et l’Ouest.

Les différents écartements de rails dans le monde

Ainsi nous donc aujourd’hui 2 principaux écartements de rails existant en Europe :

·         un écartement de 1435 mm dans la plupart des pays de l’Union Européenne

·         un écartement de 1520 mm pour la Russie, les pays baltes, Finlande, Belarus…

Lorsque les conflits mondiaux européens éclatent et provoquent des mouvements transeuropéens, l’incompatibilité des réseaux Est et Ouest apparaît alors crucial aux états-majors militaires qui recherchent, afin de garantir l’effet de surprise conditionnant toute stratégie offensive à contourner le ralentissement des convois freinés par la rupture de charge qu’impose ce changement de rails. Ainsi par exemple les forces allemandes, lorsqu’elles avancent vers l’Est en 1941, réajustent immédiatement l’écartement des voies ferrées des pays envahis.

Aujourd’hui dans le cadre de l’extension militaire de l’OTAN et d’une nouvelle période de tensions vives avec la Russie, cette question de la normalisation des réseaux ferroviaires des anciennes républiques socialistes soviétiques redevient importante. Même en s’approchant au maximum des frontières russes les unités d’assaut de l’OTAN doivent toujours rechercher l’effet de surprise qui est conditionné par la capacité à déployer discrètement et rapidement de grosses concentrations de forces et de logistique.

Lors des exercices de l’OTAN réalisés dans l’Ouest ukrainien les déploiements des unités d’assaut et de leur logistique ont été considérablement ralentis par cette problématique ferroviaire créant des ralentissements repérables et des concentrations vulnérables de matériels… Si demain ou après-demain le pion ukrainien est joué sur l’échiquier d’une guerre contre Moscou, il faudra que les déploiements des forces et leur cordon ombilical logistique soient fluides.

Bien sûr, cet objectif logistique comme tous les autres objectifs de l’OTAN ne sera jamais explicitement avoué mais il apparaîtra à la remorque de considérations d’échanges économiques et commerciaux anodins, tout comme la militarisation de l’Ukraine s’est embarquée il y a 3 ans dans le cheval de Troie de l’Union Européenne…

Voilà pourquoi une stratégie de développement des chemins de fer ukrainiens a été mise en oeuvre avec un budget prévisionnel de 150 milliards d’euros d’investissement européen que les experts français appelés doivent mobiliser auprès des fonds d’investissement de l’Union Européenne.

Excusez-moi mais dans le cadre du redressement économique de l’Ukraine qui est certes une priorité absolue, la normalisation des voies ferrées ne me parait pas une urgence, les échanges commerciaux s’arrangeant depuis plus d’un siècle de ces ruptures de charges ferroviaires, SAUF si on la met en perspective d’une militarisation atlantiste du pays organisé pour devenir prochainement un bélier lancé contre la Russie !

Renouant avec une mentalité de collaboration à l’hégémonie militaro-industrielle du moment la France des Sarkozy Hollande ou Macron, sous couvert de développement économique civil, s’apprête donc demain à participer directement à l’organisation logistique d’une militarisation de l’Ukraine, car je parie qu’il y aura plus de convois militaires Ouest-Est que de trains de marchandises Est-Ouest qui inaugureront les nouvelles voies ferrées Berlin-Dnepropetrovsk ou Paris-Kharkov…

Erwan Castel, pour Novorossiya Today

Source de l’article : 
– Ykrinform : 
La France aidera l’Ukraine à changer la largeur des voies ferrées
– Wikipédia : 
Les écartements des rails

Sur la logistique ferroviaire militaire :

– Strates
– 
Revue d’Histoire

via: http://novorossia.today/voie-ferree-cheval-de-troie/

 

Dernières révélations sur le crash de l’avion MH17

Un journal russe a obtenu les copies de documents secrets du Bureau de sécurité de l’Ukraine (SBU), concernant des opérations spéciales visant à effacer les indices du carnage dans le ciel au-dessus du Donbass, le 17 juillet 2014. Le journal Sovayshenno Secretno (traduisible par « Top Secret ») mène une enquête sur l’affaire du Boeing de ligne malais abattu au-dessus de l’Ukraine.

Le journal a obtenu les copies – ordres, télégrammes et plans codés – de documents à en-têtes officiels du SBU. Selon le journal, le Président ukrainien Poroshenko et ses généraux devraient être jugés à La Haye pour crime de guerre.

L’informateur qui a remis les documents au journal, a dit qu’ils représentaient une partie de son très long et épuisant travail. « En Ukraine, certains de mes amis en ont marre que d’autres s’essuient les pieds sur eux. Ce sont des hypocrites : ils veulent que ces bâtards soient tenus responsables de ce qu’ils ont fait, mais voulant en même temps se protéger, ils ont proposé d’acheter ces documents, » a dit l’informateur anonyme.

« Croyez-moi, je veux juste que ces bâtards du SBU aient ce qu’ils méritent, » a-t-il ajouté.

Le journal a publié les copies de quatre ordres criminels du SBU. Les informations contenues dans ces documents laissent entendre ceci :

– les nouvelles autorités de Kiev, le Président Poroshenko et ses généraux, portent l’entière responsabilité d’avoir abattu l’avion malais ;

– l’armée de l’air ukrainienne a été impliquée dans l’opération contre l’avion ;

– à partir de fin juillet 2014, afin de dissimuler les traces de ce crime monstrueux, le SBU a mené des opérations spéciales visant à effacer les preuves indiquant la présence de l’avion de chasse lors des missions de combat du 17 juillet 2014.

Pravda.Ru a demandé son avis d’expert sur le sujet au rédacteur en chef du journal Top Secret, Sergei Sokolov.

« Pouvez-vous affirmer que l’information obtenue par votre journal est authentique et digne de confiance ? »

Nous avons rencontré plusieurs fois la source de cette information. Nous avons aussi vérifié les documents avec l’aide de vétérans des services spéciaux, qui connaissent tout sur la bureaucratie de ces services. Elle est très similaire à celle de Russie, car le SBU est un produit du KGB de l’URSS. La facture des documents obtenus est celle du service de sécurité. De plus, l’informateur nous a dit avoir reçu les documents du plus profond du SBU.

La personne qui a remis les documents à notre informateur n’aime pas le gouvernement ukrainien, et il nous a fallu acheter ces documents. Toutes les circonstances de l’affaire nous convainquent de l’authenticité des documents. Bien entendu, le Comité d’enquête russe devra examiner tout cela.

« Qu’en est-il de la Cour pénale internationale de La Haye, de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, du Conseil de l’Europe ? Avez-vous l’intention de soumettre ces documents à ces organisations internationales ? »

Je ne crois pas qu’elles puissent faire quelque chose, car, comme nous le voyons, les organisations internationales croient à l’histoire du Boeing abattu par un missile Buk russe. Elles ne veulent pas écouter ce que les Russes ont à dire sur le sujet, elles sont aveugles.

« Pensez-vous contacter les Malais et les Néerlandais ? Ces gens sont très intéressés par l’enquête. »

Certes, mais seules les familles des victimes s’intéressent à la vérité sur ce qui s’est passé. Tous les autres veulent faire porter la responsabilité de tout à la Russie. Nous enverrons d’abord les documents au Comité d’enquête russe.

Pravda.Ru

 


Original : 
www.pravdareport.com/world/ussr/ukraine/22-05-2017/137799-mh17_plane_crash-0/
Traduction 
Petrus Lombard

L’escalade se poursuit dans le Donbass, et les civils en paient le prix – Une femme blessée à Spartak (Vidéo)

 

23 mai 2017  

Durant la journée écoulée, l’armée ukrainienne a violé 63 fois le cessez-le-feu, et bombardé 22 localités de la République Populaire de Donetsk (RPD). Les bombardements les plus intensifs ont été menés contre les localités de Yassinovataya, Spartak, Dokouchaevsk, ainsi que les districts de Kouibyshevsky et Petrovsky à Donetsk.

Parmi les 711 obus qui ont été tirés sur le territoire de la république par l’armée ukrainienne, sept obus de mortier sont tombés sur le petit village de Spartak. L’un d’eux a sérieusement détruit un petit magasin d’alimentation, d’autres ont juste endommagé des barrières ou le bitume de la route, et un autre a blessé une femme, Valentina.

 

Je connais bien Valentina, nous l’avons aidée ainsi que sa petite fille à plusieurs reprises grâce à plusieurs associations humanitaires actives dans le Donbass. Comme quelques autres habitants de Spartak, elle a refusé de quitter sa maison malgré les bombardements constants de l’armée ukrainienne.

Heureusement les shrapnels ne l’ont que légèrement blessée à la poitrine et à l’abdomen, lui évitant la nécessité d’une hospitalisation. Sur un autre point de la ligne de front, un soldat de l’armée de la RPD a été blessé lui aussi par les bombardements de l’armée ukrainienne.

En plus du magasin de Spartak, les bombardements de l’armée ukrainienne durant les dernières 24 h ont endommagé huit maisons en RPD.

Petit à petit, nous pouvons voir une tendance claire à l’escalade et à l’aggravation de la situation sur l’ensemble de la ligne de front. Le nombre de bombardements augmente continuellement, et les destructions et victimes, particulièrement chez les civils, aussi.

 

Regarder le reportage fait à Spartak:

L’armée ukrainienne en pleine déliquescence à cause de la corruption endémique qui frappe le pays de la base jusqu’au sommet de l’état

Le manque de soldats et de matériel dans les unités de l'armée ukrainienne se fait d'ailleurs de plus en plus sentir. Une commission d'enquête ukrainienne a ainsi révélé que le niveau de remplissage en terme d'effectifs est de 69 % dans la 36e brigade et de 59 % dans la 30e.

Il manque aussi dans ces unités plus de 24 tonnes de diesel, environ 37 tonnes de fuel, et 3 tonnes d'huile pour moteur. Plus de 2 tonnes de beurre et 6 tonnes de viande sont manquants, ainsi de 900 uniformes d'hiver et 800 d'été. Concernant les armes, presque 2 500 obus de 152 mm, plus de 2 000 de 122 mm, 1 500 gilets pare balles et environ 1 000 casques sont manquants. Et il faut y rajouter plus de 1 000 seringues anti-douleur pour les kits de premiers soins… La somme totale du matériel manquant est évaluée à plus de 70 millions de hryvnias (2,365 millions d'euros).

La commission d'enquête a recommandé de renvoyer les officiers de l'unité le temps d'une enquête complète qui sera transmise au procureur militaire pour poursuites pénales. Et on parle là entre autre de la 36e brigade qui est l'une des meilleures unités présentes dans la zone l'OAT d'après les déclarations du quartier général. Je vous laisse imagine ce que ça donne dans les autres unités de l'armée ukrainienne….

Il faut rajouter à cela que les soldats ukrainiens sont vraiment traités comme de la viande. Ainsi, récemment Edouard Bassourine, le commandant en second du commandement opérationnel de l'armée de la RPD, avait donné les noms de soldats ukrainiens de la 72e brigade qui avaient été déclarés portés disparus et secrètement enterrés près de Krasnogorovka.

La sœur d'un de ces soldats s'est adressée au commandant de la 72e brigade pour demander le lieu exact où avait été enterré son frère. Le commandant a refusé de l'aider, niant même le fait qu'il ait été enterré.

Mais des personnes du quartier général de la même unité lui ont proposé de l'aider à résoudre ce problème en échange... de 10 000 hryvnias (337 euros). Cette manière de profiter du malheur des familles de soldats n'a rien d'un cas isolé et il s'est découvert que chaque unité a sa liste de prix.

Ainsi au quartier général de la 72e brigade les prix vont de 5 000 à 15 000 hryvnias, dans la 36e brigade jusqu'à 10 000 hryvnias, et dans le fameux régiment Azov (unité néo-nazie pour rappel), on est à un prix minimum de 20 000 hryvnias.

Et ce n'est pas avec le nouveau procureur militaire de la zone de l'OAT, le colonel Senyouk, qui est corrompu jusqu'à la moelle, que cette situation va s'arranger… À ce stade on ne sait plus si on doit vomir ou en pleurer, ou peut-être les deux.

Résultat, avec tout ça le recrutement de nouveaux officiers pose quelques problèmes. Alors les autorités comptent sur les futurs diplômés des écoles militaires ukrainiennes pour remplir les vides. Officiellement ils n'iront dans la zone de l'OAT que s'ils le souhaitent. D'après les documents obtenu par les services de reconnaissance de la RPD 1 435 officiers de réserve seront appelés à servir.

Le commandement de l'armée ukrainienne prévoit de faire vivre l'enfer aux officiers qui voudraient servir ailleurs que dans le Donbass pour les pousser à signer un contrat et venir servir dans la zone de la soi-disant opération anti-terroriste. Sauf que ce n'est pas une opération anti-terroriste, c'est un marché où tout se vole et se vend, et les gens ne sont que des « biens marchands » qui servent à générer des profits pour quelques-uns.

Et ce, même si ces profits mettent à mal la capacité militaire du pays, et même lorsque le profiteur n'est autre que le soi-disant président ukrainien, Petro Porochenko.

Ainsi un scandale a éclaté au sujet des réparations du vaisseau amiral de la flotte ukrainienne. À peine réparé à grand frais, la propulsion diesel du Hetman Sahaydachniy, seule frégate, et vaisseau amiral de la flotte ukrainienne, est tombée en panne à peine le vaisseau remis à l'eau. Les réparations avaient été effectuées par la société Leninskaya Kuznitsa Shipyard.

Il semble que l'argent des réparations ait été volé, et que l'entreprise sous-traitante a bricolé quelque chose avec trois bouts de ficelle. La réparation n'a bien sûr pas tenu, et les procureurs militaires ukrainiens ont lancé des poursuites contre une des sociétés contractantes du port de Mikolaiev.

Mais quand on voit le montant de l'amende réclamée (25 000 dollars) face au montant qui avait été versé pour les réparations (550 000 dollars), ce détournement de fonds reste plus que rentable. Il semble aussi qu'il n'y ait eu aucun test de vérification des réparations avant remise du bateau à l'armée. Ce qui est une violation totale de toutes les normes en matière de procédures de réparation d'un vaisseau militaire.

Une gabegie totale qui vire à l'absurde, quand on sait qui est le propriétaire de la société chargée des réparations : le soi-disant président ukrainien et chef suprême de l'armée, Petro Porochenko. Qui préfère semble-t-il s'en mettre plein les poches plutôt que de s'assurer que son armée est en état de combattre. Parce que si le vaisseau amiral est dans cet état, on imagine le reste de la flotte ukrainienne…

Comme le pays, l'armée ukrainienne coule tel le Titanic, sous le poids d'une corruption endémique qu'il semble impossible d'éradiquer.

 

Christelle Néant

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 13 mai 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 13 mai 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’48 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et utilisation de munitions au phosphore blanc par l’armée ukrainienne
03’25 » – Armes lourdes absentes des zones de stockage enregistrées par l’OSCE
04’28 » – Les célébrations en RPD assombries par les actes terroristes de Kiev
10’19 » – Utilisations de munitions prohibées venant de l’OTAN
12’15 » – Le régiment Azov utilise les prisonniers comme esclaves pour creuser les tranchées sur le front

ACCORDS DE MINSK
13’59 » – Une députée européenne italienne veut obtenir la reconnaissance officielle de la RPD et de la RPL
17’55 » – Deuxième réunion du comité d’intégration Russie-Donbass

DIVERS
21’21 » – L’UE valide le régime sans visa pour l’Ukraine
22’12 » – L’Ukraine coupe l’eau à la RPL

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
22’52 » – Nouvelle prolongation de l’état d’urgence énergétique
23’41 » – Klimkine débourse 400 000 dollars pour pouvoir rencontrer Trump
25’08 » – Malgré la russophobie des autorités les Ukrainiens défilent pour le 9 mai

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
28’23 » – L’Eurovision continue dans le grand n’importe quoi
31’02 » – Porochenko croit que le régime sans visa aidera à faire revenir la Crimée et le Donbass
34’19 » – Un chercheur ukrainien déclare que le Bouddha a des origines ukrainiennes
35’37 » – Les militaires ukrainiens croient que la RPD utilise des armes secrètes

37’52 » – Conclusion

 

Source: https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-13-mai-2017/

Le Donbass entre indépendance et intégration, entre répétition du passé et espoir pour l’avenir - L’Ukraine plonge dans le n’importe quoi

Dimanche 14 Mai 2017

 

Le 11 mai a vu la République Populaire de Donetsk (RPD) célébrer son troisième anniversaire avec un défilé du Jour de la République, suivi de concerts à destination des habitants. Le défilé a rassemblé plus de 50 000 participants qui ont défilé pendant plus d'une heure dans le centre de la capitale.

Le défilé a été ouvert par une centaine de motard des Loups de la Nuit, suivi de la fanfare et de la délégation de la ville de Donetsk, puis des districts et villes de la république. Cette année fut marquée par deux changements majeurs par rapport à l'an passé :

- Tout d'abord la présence bien plus massive des drapeaux russes en plus de ceux de la RPD. Si l'an passé quelques drapeaux russes s'affichaient ils étaient minoritaires, alors que cette année il y en avait presque autant que de drapeaux de la RPD à l'avant de certaines délégations ;

 

- La présence de délégations des villes du Donbass occupées par l'armée ukrainienne comme Slavyansk, Marioupol ou Kramatorsk, pour rappeler que ces villes font parties de la RPD, qu'elles avaient voté elles aussi pour l'indépendance il y a trois ans, et que la réunification du Donbass aura lieu tôt ou tard.

Le chef de la RPD, Alexandre Zakhartchenko, a tenu à rappeler dans ses vœux à la population le chemin accompli en trois ans, et surtout celui accompli durant l'année écoulée. La constitution d'un état qui fonctionne, le travail intensif pour l'indépendance alimentaire et économique de la république, et pour venir en aide aux territoires occupés par l'armée ukrainienne.

La présence massive des drapeaux russes indique clairement l'objectif des deux républiques populaires du Donbass : l'intégration avec la Russie. Et il n'est pas fortuit que la deuxième réunion du comité d'intégration Russie-Donbass ait eu lieu à Donetsk le lendemain de ces célébrations.

Lors de la session plénière (à laquelle participaient le chef de la RPD Alexandre Zakhartchenko, le vice-président du conseil des ministres de la RPD Alexandre Drobot, le député de la Douma russe Andreï Kozenko, le membre du conseil de la fédération Sergueï Tsekov, d'autres politiciens, russes, des personnalités publiques, ainsi que des experts et journalistes de 10 pays), quatre plate-formes de discussion ont été organisées autour des sujets suivants :

1. Restaurer les liens économiques entre le Donbass et la Russie 
2. Intégration humanitaire et culturelle entre le Donbass et la Russie
3. Meilleures pratiques d'intégration et d'interaction entre le Donbass et la communauté russe
4. Soutien international du Donbass

Concernant ce dernier point, c'est l'Italie qui montre en Europe le chemin de la sagesse en ce qui concerne le Donbass, grâce à une députée italienne du parlement européen, Eleonora Forenza qui a l'intention de soumettre au parlement italien et au parlement européen la question de la reconnaissance de la RPD et de la RPL, et d'organiser une visite des représentants des deux républiques à Bruxelles.

« Il est honteux que l'UE soutienne le régime de Kiev. C'est pourquoi j'ai déjà signé une pétition pour exiger du gouvernement italien qu'il reconnaisse officiellement les républiques autoproclamées. J'évoquerai la pétition qui appelle à cesser de soutenir le gouvernement de Porochenko et à reconnaître la RPD et la RPL au Parlement européen. Prochainement, nous y organiserons une réunion où seront conviés les représentants de Donetsk et de Lougansk. Le but étant d'examiner ce problème au niveau international et de montrer comment les habitants se battent courageusement pour leur liberté en luttant contre le fascisme d'aujourd'hui. J'ai pris des responsabilités devant de nombreuses personnes du Donbass. Et j'ai l'intention de tenir parole", a déclaré Eleonora Forenza.

Ce projet fait suite à la visite d'une délégation internationale à Donetsk et à Lougansk, au moment des célébrations du 9 mai, et des forums dédiés à la lutte contre le fascisme et le nazisme.

Les visiteurs ont été assez perturbés par l'incohérence flagrante entre la situation réelle sur le terrain et la façon dont elle est présentée dans les médias occidentaux. Ils ont compris sur place que c'est bien l'Ukraine qui bloque le processus de paix, que le gouvernement à sa tête est un régime fasciste noyauté par les mouvements néo-nazis. Un sujet que l'UE ne devrait pas prendre à la légère.

Car la Russie, elle, ne prend pas ce problème à la légère et comme l'indique l'existence même du comité, le processus d'intégration est en cours. Les déclarations et documents signés à l'issue de cette première réunion dans le Donbass ne laissent d'ailleurs pas de doute sur l'objectif de ce comité.

« Aujourd'hui, nous nous tournons vers un travail particulier. Nous voulons réussi à atteindre l'objectif dont j'ai rêvé, de rentrer à la maison [au sein de la Russie]. L'ensemble du processus qui a lieu et qui aura lieu vise cet objectif,  » a ainsi déclaré Alexandre Zakhartchenko.

Le coordinateur du comité d'intégration, le député de la Douma de la fédération de Russie, Andreï Kozenko, a fait une déclaration similaire. Et pour confirmer ces déclarations, un accord de jumelage entre Donetsk et la ville de Soudak en Crimée et un autre la ville de Nijnegorski en Crimée et la ville Perevalsk en République Populaire de Lougansk (RPL) ont été signés.

Ces accords de jumelage viennent s'ajouter à plus grande coopération économique entre la Crimée et le Donbass. Des entreprises basées en Crimée sont venues avec des propositions concrètes, et la RPD et la RPL vont pouvoir par exemple désormais exporter les produits ménagers et les confiseries qu'elles fabriquent vers la péninsule, s'ouvrant ainsi de nouveaux débouchés en dehors du marché intérieur. Et un accord concernant l'usine de câbles en acier Silur devrait être signé dans les jours qui suivent.

Mais ces notes positives sont contrastées par les nouvelles de la semaine, qui ont vu se mêler célébrations et victimes des bombardements, espoirs d'un meilleur avenir et destructions. Après la tentative d'attentat du 8 mai, et le bombardement de la parade de la Victoire à Bezymennoye le 9 mai, et celui du district de Kouibyshevsky le matin du 10 mai, l'armée ukrainienne a poursuivi sur sa lancée, tirant en tout 2 122 obus d'un calibre interdit par les accords de Minsk (auxquels il faut rajouter tout ce qui est d'un calibre inférieur : lance-grenades, lance-roquettes, mortiers, véhicules de combat d'infanterie, etc) au cours de à 331 violations du cessez-le-feu en une semaine.

Les dernières 24 heures furent marquées par 59 nouvelles violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne en RPD, au cours desquelles les soldats ukrainiens ont lourdement bombardé le district de Petrovsky à Donetsk, Dokouchaevsk et le Sud de la RPD, provoquant de très nombreux dégâts et destructions d'habitations civiles, et privant de gaz près de 300 habitations de Dokouchaevsk.

Suite à tous ces bombardements, en huit jours, la RPD en est à neuf blessés parmi les civils (dont deux rien que les dernières 24 heures), ainsi que quatre morts et quatre blessés parmi les soldats (dont un mort et un blessé durant les dernières 24 heures).

En Ukraine, pendant ce temps-là, le pays et les autorités partent dans un grand n'importe quoi. Entre un de leurs chercheurs, Alexandre Rybine, qui n'a pas hésité à sortir à des journalistes venus visiter son exposition sur les trésors du Tibet que le Bouddha avait des origines ukrainiennes, l'Eurovision qui est qualifié de théâtre de l'absurde par le président du jury ukrainien, et Porochenko qui rêve tout debout suite à la validation du régime sans visa pour l'Ukraine, on ne sait plus si on doit rire ou pleurer sur la tragi-comédie qu'est devenue l'Ukraine.

Pour croire aux délires du soi-disant président ukrainien sur le fait que ce régime sans visa va aider à récupérer la Crimée et le Donbass en donnant envie à ses habitants d'avoir un passeport ukrainien, il faut tout de même faire preuve d'une stupidité crasse.

Car à choisir entre :

·         Option 1 : un régime sans visa avec l'UE en faisant partie d'un pays en ruines, en état de faillite, bourré de néo-nazis qui ne rêvent que de tuer du russophone, qui avaient même rempli un train pour aller mater les Criméens par la violence, et d'autorités qui avaient donné des ordres pour tirer sur la foule qui encerclait les casernes ukrainiennes lors des événements de Crimée, qui ont laissé faire le massacre de Khorsun, qui bombardent le Donbass depuis trois ans, le soumettent à un blocus économique, récompensent des criminels de guerre, érigent en héros nationaux des collaborateurs de nazis, et coupent l'eau et l'électricité des deux régions. Sans parler de l'abandon des Tatars et des infrastructures de Crimée et du Donbass pendant 25 ans à l'époque ukrainienne.

·         Option 2 : pas de régime sans visa avec l'UE, en faisant partie ou en étroite intégration avec un pays relativement prospère qui a construit une centrale thermique en Crimée et tiré en urgence des câbles électriques via le détroit de Kertsch pour alimenter la péninsule, qui construit un pont pour la désenclaver, qui a réparé les routes et infrastructures vitales, a donné officiellement des terres aux Tatars, leur permet de recevoir un enseignement dans leur langue, a construit même de nouvelles mosquées sur la péninsule, permet aux trois langues de coexister de manière officielle (russe, ukrainien, tatar), fournit de l'aide humanitaire au Donbass, et a reconnu les documents de la RPD et de la RPL afin que les habitants puissent voyager et commercer avec la Russie.

Toute personne dotée de jugeote et de bon sens choisira l'option 2. C'est le choix qu'on fait la Crimée et le Donbass en 2014 lors de leurs référendums respectifs. L'espoir d'un meilleur avenir exprimé par la volonté populaire, qu'elles entendent bien réaliser.

 

Christelle Néant

 Les FAU bombardent le

 

district de Kouibyshevsky

 

pendant la nuit - Une

 

maison totalement

 

détruite, une petite fille et

 

sa mère sont blessées

 

Mercredi 10 mai 2017

 

À 3 h 30 la nuit dernière, comme une vengeance pour les célébrations du Jour de la Victoire, l'armée ukrainienne a lourdement bombardé avec des chars d'assaut le district de Kouibyshevsky à Donetsk. Suite à ce bombardement, une maison a été endommagée, une autre complètement détruite, et la moitié de la famille qui y vivait a été blessée.

Lorsque nous arrivons dans la rue Spartaka, le père de famille, Sergueï, est encore sous le choc, essayant avec son fils de nettoyer ce qui reste de leur maison, pour trouver ce qui peut encore servir. Sa fille de huit ans est toujours à l'hôpital, accompagnée de sa maman qui a été blessée elle aussi.

L'obus de char d'assaut qui a frappé leur maison a traversé le toit et touché le sol où il a explosé, détruisant totalement la maison. C'est un véritable miracle que les quatre membres de la famille soient encore en vie. Mais tout ce qui se trouvait dans la maison a été totalement détruit. La famille a tout perdu, leur maison, leurs biens. Il ne leur reste que ce qu'ils avaient sur eux quand le bombardement a eu lieu.

 

« Le fait est qu'à 3 h 30 ce matin, d'un seul coup, nous avons perdu tout ce que nous avions. Maintenant, nous n'avons vraiment plus rien, tout a été touché par des shrapnels, brisé et détruit. »

Un autre obus de char d'assaut est tombé dans le jardin juste derrière la maison, laissant un cratère dans le sol. La trajectoire de l'obus est facile à déterminer : il a été tiré depuis le Nord, depuis les positions ukrainiennes situées juste après l'aéroport.

Comme on peut le voir sur la carte, la maison touchée est loin de la ligne de front, et de toute position de l'armée de la RPD. Excluant toute erreur de tir, en guise de justification pour ce qui est clairement un crime de guerre.

Les observateurs de l'OSCE sont venus pour examiner les dégâts. Nous vérifierons si toutes les informations, y compris celles sur l'origine des bombardements seront mises dans leur rapport quotidien.

Depuis une semaine maintenant, nous pouvons voir une tendance claire à l'aggravation et à l'escalade tout le long de la ligne de front, avec des provocations (il y a eu 61 violations du cessez-le-feu durant les dernières 24 heures), des destructions et des victimes de plus en plus nombreuses. Ravivant les craintes d'une reprise des hostilités à grande échelle.

La famille ayant tout perdu, notre organisation SaveDonbassPeople en coopération avec В Месте, va fournir des vêtements, des chaussures et des fournitures scolaires aux enfants.

Christelle Néant

Plus de 60 000 personnes assistent à la parade de la Victoire 2017 à Donetsk - L’armée ukrainienne tire sur Bezymennoye

Mardi 9 mai 2017

 

Aujourd'hui, 9 mai 2017, dans la plus pure tradition soviétique, la République Populaire de Donetsk (RPD) a célébré le jour de la Victoire avec une parade militaire, suivie du défilé du régiment immortel.

Malgré la pluie et les risques d'attentats ou de bombardements ukrainiens contre la parade, plus de 60 000 personnes sont venues assister ou participer à ces célébrations, sur la place centrale de la capitale.

Ce 72e anniversaire de la Victoire sur le nazisme et le fascisme a été marqué par la présence d'un char T-34 (le fameux char soviétique de la Seconde Guerre Mondiale, qui a été un atout pour l'armée soviétique face à l'armée allemande, et est donc un symbole de la victoire contre le nazisme), plus de 50 pièces d'armement, et 17 escouades à pied qui ont défilé dans l'artère principale de Donetsk.

Pour la première fois depuis la naissance de la RPD, un avion d'entraînement Aero L-29 était aussi présent sur la place Lénine.

La parade était dirigée par le Major-Général Denis Sinenkov, le chef du commandement opérationnel de la RPD, et inspectée par le Lieutenant-Général Vladimir Kononov, le ministre de la Défense de la république.

Des places d'honneur ont été données aux héros de la journée, les vétérans de la Grande Guerre Patriotique, qui ont pu ainsi assister au spectacle aux premières loges.

Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, et Denis Pouchiline, le président du conseil populaire étaient bien sûrs présents. Le chef de l'état a d'ailleurs mené le défilé du régiment immortel, qui a compté pas moins de 30 000 participants et s'étirait sur plus d'un kilomètre. Beaucoup de personnes étaient en larmes, tant l'émotion était forte.

Les innombrables photos sépia des pères, mères, frères ou sœurs tués lors de la Seconde Guerre Mondiale, ont vu leur nombre augmenté par les portraits en couleur de ceux qui sont morts lors de la guerre actuelle qui fait toujours rage.

Cette dernière, s'est d'ailleurs rappelée à tous, lorsque l'armée ukrainienne a tiré à 70 reprises sur la localité de Bezymennoye (dans le Sud de la RPD), de 9 h 35 à 10 h 25. En plein pendant la parade qui y avait lieu. Artillerie de 152 mm, chars d'assaut et mortiers de 120 mm étaient de la partie, et ont fait trois blessés parmi la population civile. Cinq habitations ont aussi été endommagées.

Malgré ces provocations ukrainiennes qui vont crescendo, la population a tenu à honorer ses héros, et à montrer que la détermination du peuple du Donbass est aussi forte aujourd'hui, qu'elle l'était il y a 72 ans. Le Donbass ne se tiendra jamais à genou, et il est sûr de sa Victoire.

 

Voir la vidéo de la parade et du défilé des immortels :

Christelle Néant

 

Malgré le danger, 15 000 citoyens de la RPD se sont rendus à Saour Moguila pour les célébrations du Jour de la Victoire

Mardi 9 mai 2017

 

Comme chaque année depuis sa création, la République Populaire de Donetsk (RPD) a organisé à Saour Moguila des célébrations en l'honneur des vétérans de la Seconde Guerre Mondiale à la veille du défilé de la Victoire, qui se tiendra le 9 mai au matin.

Malgré la pluie et le danger, c'est environ 15 000 personnes qui se sont rendues sur la colline pour rendre hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie pour reprendre cette hauteur à l'armée allemande en 1943, et à ceux qui l'ont reprise à l'armée ukrainienne en 2014.

Un concert et un spectacle ont été donnés en l'honneur des vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, avant une cérémonie religieuse pour ceux qui sont morts à Saour Moguila lors des terribles combats qui ont frappé cette colline par deux fois à 71 ans de distance.

Le chef de la RPD, Alexandre Zakhartchenko, a participé à la cérémonie religieuse, puis est allé se recueillir devant la liste de deux qui sont tombés pour reprendre cette colline en 1943, suivi par Denis Pouchiline, le président du parlement de la RPD, et d'autres officiels.

 

Malgré une nouvelle tentative d'attentat menée par des groupes de sabotages ukrainiens sur la route qui mène à Saour Moguila, le chef de l'état a tenu à venir participer aux célébrations, et partager un repas avec les vétérans.

Un premier rapport faisait état de deux explosions sur la route, qui a été immédiatement fermée par les forces de l'ordre par sécurité. Après inspection de cette dernière, les démineurs de la RPD ont trouvé cinq autres mines disposées près de la route. Par chance celle qui a explosé n'a fait aucune victime.

D'après les premières constatations, les engins explosifs n'étaient pas radiocommandés mais à retardement. La question de savoir s’ils étaient destinés à tuer le chef de l'état qui devait passer sur cette route, ou seulement effrayer la population pour la décourager d'aller à Saour Moguila, reste posé.

Alexandre Zakhartchenko a tenu à montrer aux journalistes présents sur place un morceau d'un des engins explosifs. Il en a profité pour répondre à quelques questions, dont certaines ont reçues une réponse pour le moins humoristique, à la sauce ironie russe.

Ainsi à la question d'un journaliste sur des discussions qui ont lieu sur Facebook à propos du fait qu'une arme inconnue aurait été utilisée contre l'armée ukrainienne à Gorlovka, le chef de l'état a répondu avec une mine semi sérieuse (se retenant d'éclater de rire) :

« Eh bien, vous savez que nous avons rencontré des extraterrestres en 2014 et ils nous ont donné leur technologie. Laissez Facebook discuter, c'est ridicule. »

Dans le même temps, un autre groupe de sabotage ukrainien a endommagé le câble de fibre optique du réseau téléphonique MTS entre Gorlovka et Yenakievo. Ces nouveaux actes terroristes de l'Ukraine en disent long sur la moralité des autorités du pays.

En tout cas, si le but de l'attentat de ce matin était d'effrayer les gens et de les pousser à rebrousser chemin, ce fut un échec total. Les gens sont venus en masse, et après la cérémonie religieuse sont aller déposer des gerbes de fleur près des restes de l'ancien monument commémoratif au sommet de la colline, avant d'aller se recueillir sur les tombes des soldats de la RPD qui sont morts en 2014 pour reprendre ce point stratégique à l'armée ukrainienne.

Comme l'a si bien dit une petite fille qui a déclamé un très beau texte juste après le discours du chef de l'état, et comme le prouvent ses habitants depuis trois ans, le Donbass ne se mettra pas à genoux et continuera de vivre debout.

 

Christelle Néant et Sébastien Hairon

La RPD célèbre ses médias et ses journalistes en plein regain de tensions sur la ligne de front

Samedi 6 mai 2017

 

Aujourd'hui, 5 mai 2017, la République Populaire de Donetsk (RPD) a célébré la Journée des médias et des imprimeurs lors d'une cérémonie qui a eu lieu au Shakhtar Plaza. Une date qui n'a pas été choisie au hasard.

Le 5 mai 1912, paraissait le premier numéro du journal bolchevique Pravda, et le 5 mai 2014, un peu plus d'un siècle plus tard, paraissait en RPD le premier numéro du journal Golos Naroda (La voix du peuple), dédié au référendum d'auto-détermination du Donbass.

Suite à ce référendum, à la naissance de la République Populaire de Donetsk, et à la guerre qui s'en est suivie, plusieurs journaux, radios et chaînes télévisées sont nés pour remplacer les médias ukrainiens qui avaient déserté la région, et pour briser le blocus médiatique imposé par Kiev. Le chef de l'état a tenu à rappeler que le développement du secteur de l'information était un indicateur du niveau de démocratie et de liberté d'un pays.

« Les médias de la république ont grandi et se sont développés en même temps que l'état. Nous sommes tous partis de zéro, avançant petit à petit, et aujourd'hui, nous pouvons être fiers du résultat », a déclaré Alexandre Zakhartchenko

Le chef de la RPD, a tenu à féliciter les médias et journalistes des principaux journaux, radios et chaînes télévisées de la république pour leur courageux travail effectué depuis maintenant trois ans. Il a rappelé aussi dans quel contexte tous ces médias étaient nés et avaient dû apprendre leur travail sur le tas, au beau milieu des combats qui frappaient la république. Il a comparé leur travail de 2014 à celui d'aujourd'hui, les félicitant pour les progrès accomplis, et leur professionnalisme.

« Je me souviens de la première diffusion, je me souviens et je vois votre travail. Aujourd'hui, en comparaison avec l'année 2014, vous êtes devenus de véritables professionnels », a déclaré Zakhartchenko.

« Grâce à vous, le monde entier sait ce qui se passe ici. À chaque minute, vous brisez le blocus de l'information. Merci pour votre travail », a poursuivi le chef de l'état.

Alexandre Zakhartchenko a remis des diplômes aux journalistes, rédacteurs en chef, et autres employés les plus méritants des médias de la république destinés à l'audience locale. Oplot TV, TK Union, DAN, Novorossia TV, Pervyi Kanal, ont fait partie des nominés, récompensés pour la qualité de leur travail, accompli parfois dans les conditions les plus dangereuses.

Le chef de l'état a aussi souligné sur le ton de l'humour que même durant la journée et la cérémonie de célébration qui leur sont dédiées, les journalistes devaient continuer à travailler afin de couvrir l'événement.

Les plus anciens journalistes de la république étaient là, témoignant de l'importance de la guerre de l'information lors d'un conflit. Le chef de l'état a tenu à les récompenser aussi pour le travail qu'ils ont accompli du temps de l'URSS.

Deux films ont été diffusés pour rendre hommage d'abord aux médias de la république, puis aux correspondants de guerre et aux journalistes morts en Ukraine et dans le Donbass depuis le Maïdan. Une cérémonie dédiée à ces derniers ainsi qu'aux journalistes morts pendant la Seconde Guerre Mondiale avait été organisée hier afin de leur rendre hommage (une cérémonie intitulée « À ceux qui ne sont jamais revenus à la rédaction »). Onze noms qui nous rappellent à tous que les journalistes savent quel est le prix à payer pour la vérité.

Le plus vieux journaliste de la RPD, Vsevolod Kozorez, était présent pour les deux événements et a tenu à commenter le professionnalisme des journalistes de la république.

« Je peux dire avec certitude que les journalistes de la RPD sont les plus honnêtes, personne ne défend la vérité comme ils le font, risquant leurs vies, décrivant la réalité, et non des fausses nouvelles comme les scribouillards d'Ukraine. »

Le chef de l'état a lui aussi souligné l'importance de la vérité pour gagner la guerre de l'information.

« La vérité, l'objectivité et l'honnêteté sont les armes principales des journalistes de la république. Et croyez-moi, avec elles nous serons les gagnants de la guerre de l'information », a déclaré Alexandre Zakhartchenko.

Et en parlant de médias, la vidéo publiée par Radio Svoboda récemment, concernant l'explosion d'une voiture de l'OSCE sur une mine en République Populaire de Lougansk(RPL), a de quoi soulever quelques questions. Ce média pro-Maïdan, financé par les USA, a en effet publié une vidéo où on assiste en direct à l'explosion du véhicule !

La vidéo aurait été tournée depuis la zone contrôlée par Kiev (le chemin emprunté étant très près de la ligne de front). Ce que révèle cette vidéo, dont le but est de faire du sensationnel, c'est que la patrouille de l'OSCE était belle et bien suivie de très près par l'Ukraine, puisque quelqu'un côté ukrainien savait qu'ils seraient là, et a filmé la scène.

En voulant faire du sensationnel, Radio Svoboda vient de confirmer les soupçons qui pèsent sur Kiev depuis l'incident. Si ce « cameraman » savait que les véhicules de l'OSCE seraient là, et était posté là pour les filmer, alors l'armée ukrainienne le savait aussi, accréditant la thèse d'un attentat perpétré par un groupe de sabotage ukrainien qui était parfaitement au courant du passage de la patrouille de l'OSCE a cet endroit précis.

Et en ce jour de célébration des médias de la république nés de la guerre, cette dernière a tenu à se rappeler à ceux qui risquent régulièrement leur vie pour informer les gens de ce qui se passe ici. La semaine écoulée a été marquée par une aggravation de la situation sur le front, avec une augmentation du nombre de violations du cessez le feu (339 en une semaine) et du nombre d'obus de mortier, d'artillerie et de chars d'assaut, avec 1 788 projectiles tirés par l'armée ukrainienne sur le territoire de la RPD. Des tirs qui frappent toute la ligne de front au Nord au Sud de la RPD.

Ces bombardements ont fait un mort et cinq blessés parmi les civils et un mort et trois blessés parmi les soldats de la république. Ils ont aussi endommagé, ou détruit 38 habitations (soit plus du double comparé à la semaine passée).

Et vu la quantité d'armement lourd sortie par l'armée ukrainienne des zones de stockage prévues (153 pièces notées par l'OSCE dont 30 chars d'assaut, 12 lance-roquettes multiples Ouragan de 220 mm, et 80 pièces d'artillerie de 152 mm), et la réapparition dans le ciel de drones (certains de fabrication américaine, comme celui qui a été abattu récemment dans le Sud de la RPD) pour corriger les tirs, il y a peu de chance que la situation aille vers une amélioration.

Surtout que l'armée ukrainienne fond à vue d’œil, entre pertes hors combat dues à l'alcoolisme et celles dues aux épidémies en tout genre qui sévissent parmi les soldats ukrainiens à cause de la chaleur, du manque de matériel pour laver correctement le linge, et de la contamination de l'eau par les enterrements sauvages de soldats ukrainiens (déclarés comme portés disparus).

Et si Kiev espère remplacer ces pertes avec les 14 000 conscrits qu'elle envisage d’enrôler de force ce printemps, la répétition quasi certaine des désastres des dernières conscriptions risque bien de précipiter la situation en obligeant les autorités ukrainiennes à lancer une offensive tant qu'il leur reste un semblant d'armée et un semblant de pays, avant que l'ensemble ne s'effondre.

Christelle Néant

 

De la Tchétchénie au Donbass, en passant par le massacre d’Odessa (2 mai 2014) - Quand la justice est à géométrie variable

 
Mercredi 3 mai 2017

 

 

Aujourd'hui marque la date anniversaire d'un massacre sanglant qui a frappé la ville d'Odessa le 2 mai 2014. Il y a trois ans, jour pour jour, les milices néo-nazies ukrainiennes ont massacré en toute impunité au moins 48 personnes (les chiffres varient selon les sources) : six dans les rues et 42 au moins dans l'incendie du bâtiment de la maison des syndicats. Sans compter les plus de 250 blessés.

Et trois ans après, malgré la multitude de vidéos sur Youtube montrant le visage des assassins, ces derniers courent toujours. Aucun n'a été ne serait-ce que mis en examen. Les seuls que la junte de Kiev a mis en examen, et arrêtés, ce sont les survivants du massacre. Oui vous avez bien lu, les seuls qui croupissent en prison depuis trois ans sans procès, ce sont les victimes de ce pogrom anti-russe.

Alors que des manifestations ont eu lieu déjà hier à Londres et à La Hague pour commémorer les victimes de ce massacre, exiger une véritable enquête et briser le blocus médiatique qui entoure ce pogrom, en Ukraine, les gens n'ont même pas pu se recueillir correctement.

À Odessa, les gens n'ont pas pu rendre hommage aux victimes, les policiers ayant dispersé les manifestants sous prétexte d'alerte à la bombe, ou les empêchant d'approcher de la maison des syndicats. Après avoir tué ces personnes physiquement, les autorités ukrainiennes, dans leur souci constant de réécriture de l'histoire du pays, essayent d'effacer jusqu'au souvenir de leur assassinat.

Et tout a été fait pour saboter l'enquête qui a traîné en longueur au point de n'être toujours pas terminée trois ans après : violations de procédure, pression politiques directes et indirectes, disparition de preuves, auditions au tribunal reportées sine die, restructuration complète de l'équipe d'enquête en 2015. Même le chef de la police en charge de ce dossier à Odessa, Dmitri Golovine a reconnu que la plupart des pièces à convictions ont purement et simplement disparu.

 

Et malgré les appels de l'ONU en juillet 2016 à mener une enquête complète et en urgence, rien n'a bougé. Les survivants qui sont en prisons depuis trois ans, voient leur détention provisoire prolongée indéfiniment sans que rien ne vienne étayer cette prolongation. La dernière prolongation date du 13 février 2017. Et ils ne sont là que pour les affrontements qui ont eu lieu entre les manifestants anti-fascistes et les manifestants néo-nazis. Aucun de ceux suspectés d'avoir tué ceux qui se trouvaient dans la maison des syndicats n'est en prison. Ils sont tous libres comme l'air.

L’ex député du conseil régional d’Odessa, Alexey Albou, qui a vu sur place ce qui s’est passé le 2 mai 2014 à Odessa a parfaitement résumé la situation concernant l'action de la justice vis à vis de ce massacre.

« Le fait est que le tribunal ne fera jamais aucun progrès tant qu’en Ukraine les gens qui ont organisé ces massacres de masse demeureront au pouvoir. Tant que nous ne changerons pas de gouvernement, ou qu’ils s’exterminent entre eux, cela ne changera pas. Il devient évident que les armées de la RPL et de la RPD, ne peuvent pas atteindre Odessa, même si on peut espérer qu’un jour cela sera le cas. Pour qu’il y ait un espoir pour que ce massacre soit jugé il faudrait qu’il y ai un changement de gouvernement. »

De son côté, Donetsk a commémoré aujourd'hui les victimes du massacre d'Odessa, et Denis Pouchiline, le président du parlement de la République Populaire de Donetsk, a insisté lors de son discours sur l'importance d'enseigner l'histoire aux enfants, de ne surtout pas l'effacer, la réécrire ou l'oublier, pour que de tels massacres ne puissent pas se reproduire à l'avenir.

Pendant ce temps-là, la justice russe avance, doucement mais sûrement. En plus de la commission d'enquête sur les crimes de guerre dans le Donbass, qui a déjà lancé des poursuites contre plusieurs officiels et commandants d'unités de l'armée ukrainienne pour leurs crimes commis contre la population du Donbass, une autre guerre un peu oubliée après toutes ces années, vient de refaire surface dans l'espace médiatique.

Celle de Tchétchénie. Depuis des mois le comité d'enquête russe chargé d'enquêter sur les crimes commis contre des soldats russes pendant la première guerre de Tchétchénie accusait Arseni Iatseniouk d'avoir commis des crimes de guerre là-bas au sein d'un groupe de nationalistes ukrainiens qui combattait aux côtés des islamistes tchétchènes de 1994 à 1995.

« Selon les enquêteurs, Arseni Iatseniouk a participé à au moins deux affrontements armés qui ont eu lieu le 31 décembre 1994 sur la place Minoutka à Grozny et en février 1995 près de l'hôpital numéro 9 », a assuré le président du Comité d'enquête russe, Alexandre Bastrykine, lors d'un entretien accordé à Rossiïskaïa Gazeta .

D'après le comité d'enquête, Iatseniouk combattait en Tchétchénie au sein des bataillons Argo et Viking, qui était dirigés par Olexandre Mouzitchko, un responsable régional du mouvement néo-nazi ukrainien Secteur Droit (Pravyi Sektor). Il aurait torturé et exécuté des soldats de l'armée russe à Grozny le 7 janvier 1995, avant de quitter la Tchétchénie début 1995 pour retourner en Ukraine via la Géorgie.

Suite au lancement d'un mandat d'arrêt international à son encontre le 21 février 2017, une cour russe l'a arrêté par contumace fin mars 2017, prélude à la demande par la Russie à Interpol de le mettre sur la liste des personnes recherchées.

Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a d'ailleurs marqué comme confidentielle la lettre de ce jugement qui a été transmis aux autorités ukrainiennes pour demander l'extradition d'Arseni Iatseniouk. Extradition à laquelle ces mêmes autorités se sont bien sûr opposées.

La confidentialité imposée à ce dossier empêche quiconque d'obtenir les documents qui, d'après les autorités ukrainiennes, pourraient potentiellement porter préjudice aux intérêts nationaux et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine. C'est sûr qu'avoir eu un criminel de guerre, adepte de la torture et des exécutions sommaires comme soi-disant premier ministre, ça risque de ne pas faire du bien à la réputation déjà bien salie de l'Ukraine post-Maïdan.

Maintenant, le bureau du procureur général de Russie met la pression sur Interpol afin que l'institution ajoute Arseni Iatseniouk à la liste des personnes internationalement recherchées. Pour l'instant il semble qu'Interpol traîne des pieds pour satisfaire cette demande. Il faut dire que le soi-disant ex-premier ministre ukrainien était le chouchou des États-Unis lors du Maîdan. Ceci expliquant sans doute cela…

Dans ce contexte, l'arrestation récente à la frontière polono-ukrainienne d'un Autrichien qui aurait combattu du côté des forces armées ukrainiennes dans le Donbass, pour crimes de guerre (il aurait tué des civils et/ou des soldats qui s'étaient rendus), a de quoi surprendre.

Il faut rappeler que la justice estonienne, espagnole, puis britannique, entre autres, ont arrêté plusieurs de leurs ressortissants qui avaient été volontaires dans la milice populaire défendant le Donbass. Certains, comme en Espagne, ont été relâchés par la suite faute de pouvoir les accuser de quoi que ce soit de répréhensible, d'autres comme Ben Stimson, sont en prison.

Pendant ce temps-là, les volontaires qui ont combattu côté ukrainien (souvent dans les bataillons néo-nazis), et qui se vantent d'avoir commis des crimes de guerre, comme Chris Garrett au Royaume-Uni, ou certains volontaires français comme Thibault Dupire, courent toujours dans la nature et ne sont pas inquiétés par la justice de leur pays.

La justice autrichienne serait-elle plus impartiale que la justice internationale en matière de crimes de guerre, alors que jusqu'ici la justice européenne reste bien silencieuse et se rend complice des mercenaires étrangers qui ont commis des crimes de guerre dans le Donbass aux côtés de l'armée ukrainienne ?

Il y a plusieurs siècles, Jean de la Fontaine écrivait une phrase célèbre sur la partialité de la justice. Aujourd'hui sa phrase pourrait être adaptée de la façon suivante : « Selon que vous servez ou non les intérêts géostratégiques des États-Unis, - Les jugements des cours internationales vous rendront blanc ou noir.  »

 

Christelle Néant

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 29 avril 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 29 avril 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’40 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et utilisation de munitions au phosphore blanc par l’armée ukrainienne
04’15 » – L’OSCE ne peut plus accéder aux zones de stockage des armes lourdes ukrainiennes
04’44 » – Déclarations belliqueuses des autorités ukrainiennes
05’28 » – Pertes hors combat et crimes commis par les soldats ukrainiens pendant leurs « entraînements »
06’02 » – Le régiment Azov terrorise les civils dans la zone de Marioupol
06’41 » – Arrivée d’armes et d’instructeurs de l’OTAN sur la ligne de front, incompétence des soldats ukrainiens
08’24 » – Disparition massive d’armes lourdes et légères au sein des unités de l’armée ukrainienne
09’43 » – Manque de nourriture pour plusieurs unités des FAU sur le front
10’35 » – Démissions de masse au sein des troupes aéroportées ukrainiennes

OSCE
11’20 » – Une voiture de l’OSCE saute sur une mine – Un mort, deux blessés, et beaucoup de questions en suspens

DIVERS
19’20 » – L’Ukraine prive la RPL d’eau et d’électricité et envisage de faire subir le même sort à la RPD

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
21’47 » – La ville de Kiev veut se débarrasser de ses sans abris pour l’Eurovision et problèmes de sécurité
25’13 » – L’Ukraine se retrouve 3e du classement mondial des pays où les gens sont les plus malheureux
26’11 » – 2017, année nazie à Kiev
27’12 » – Les autorités ukrainiennes poursuivent un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale
27’52 » – Kiev veut museler les chaînes de radio et de TV qui ne vont pas dans son sens

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
28’35 » – Porochenko délire sur l’armement russe présent dans le Donbass

29’46 » – Conclusion

 

Source: https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-29-avril-2017/

La situation se tend sur le front du Donbass à 10 jours des célébrations de la Victoire de 1945

 
Samedi 29 Avril 2017

 

Alors que les préparatifs pour les célébrations du jour de la Victoire et du jour de la République battent leur plein à Donetsk, sur le front, depuis trois jours maintenant, les bombardements se font de plus en plus nombreux et de plus en plus meurtriers.

Après une relative accalmie lors des vacances de Pâques, le nombre de violations quotidiennes du cessez-le-feu est reparti à la hausse depuis trois jours menant le total à 280 violations sur la semaine écoulée (dont 53 rien que les dernières 24 h), et les destructions et victimes avec.

Les 1097 obus de mortier, d'artillerie et de chars d'assaut qui ont été tirés cette semaine, ainsi que les nombreux pièges et mines installés par les groupes de sabotage ukrainiens, ont fait trois morts et 15 blessés (dont neuf civils, y compris quatre juste ces dernières 24 h) parmi les citoyens de la République Populaire de Donetsk (RPD), et détruit ou endommagé 17 habitations.

Ce matin même, à 6 h, l'armée ukrainienne a utilisé les chars d'assaut qu'elle a installé à Avdeyevka, pour tirer sur le quartier Nord-Ouest de Makeyevka, à 9 km de la ligne de front, endommageant sévèrement un immeuble de deux étages, dans lequel 26 personnes dont 4 enfants se trouvaient. Par chance aucun n'a été tué ou blessé. Près de Khartsyzk, c'est une bombe constituée de deux obus de 152 mm à radiocommandé qui a été désamorcée sur une route, avant qu'elle ne fasse des victimes parmi les civils ou les observateurs de l'OSCE(cette route étant souvent empruntée par leurs patrouilles).

 

Voir la vidéo prise par Patrick Lancaster (en anglais) :

Et hier c'est le personnel d'une station de pompage située près de Kroutaya Balka qui ont été pris pour cibles par les tirs de l'armée ukrainienne. Les employés se rendaient en voiture sur leur lieu de travail, lorsque les véhicules ont été pris sous les tirs des soldats ukrainiens. Une des voitures a été sévèrement touchée, et une balle a frôlé de très près l'un des employés.

Malgré les belles déclarations du côté ukrainien concernant la mise en œuvre des accords de Minsk suite à la mort d'un observateur de l'OSCE, la MSS de l'OSCE n'arrive plus à travailler correctement côté ukrainien, se voyant refuser systématiquement l'accès aux sites de l'armée ukrainienne, ce qui se ressent dans les rapports, où désormais seules les armes présentes sur les terrains d'entraînement sont mentionnés. Les observateurs russes de l'OSCE sont d'ailleurs devenus les cibles privilégiées de ce genre de blocage, et de menaces de la part des soldats ukrainiens.

Cela indique clairement que Kiev tient à cacher le nombre de canons, de chars, etc, qui se trouvent en dehors des zones de stockage où ils devraient se trouver. Et si on veut savoir pourquoi, il suffit d'écouter le vice-ministre de la Défense ukrainien, Igor Pavlovsky, qui a déclaré hier que les accords de Minsk sont utilisés par l'Ukraine pour préparer ses troupes à une escalade, et entre autre les forces spéciales, il a aussi déclaré que l'armée ukrainienne était prête à faire appliquer la loi martiale si elle était déclarée. Quant au président de l'administration régionale de la zone de l'oblast de Donetsk sous contrôle ukrainien, il dit clairement que l'Ukraine devrait non seulement récupérer le Donbass, mais aussi la région de Rostov-sur-le-Don en Russie. Je pense qu'il est difficile d'être plus clair.

Sauf que la préparation que le vice-ministre vante, est très loin d'être au niveau que la propagande ukrainienne lui prête. Entre le manque d'essence, l'alcoolisme, et les manquements aux règles de sécurité, les soi-disant entraînements de l'armée ukrainienne relèvent souvent du camping en plein champ, durant lequel les soldats picolent, et finissent par s'entre-tuer ou par commettre des crimes dans les localités voisines. Ainsi durant la semaine écoulée, deux soldats de l'armée ukrainienne sont morts pendant de tels entraînements, et six sont poursuivis en justice pour viol, vol ou hooliganisme. Elle est belle l'armée ukrainienne y a pas à dire…

Et sur le front ce n'est guère mieux, certaines unités comme la 72e brigade ne sont même plus fournies correctement en nourriture, soi-disant à cause d'un problème de contrat avec la compagnie de chemin de fer qui doit l'acheminer. Résultat les soldats n'ont plus droit qu'à un repas par jour… Pour éviter les désertions, émeutes et mutineries inévitables, le SBU et la garde nationale servent de chiens de garde aux autorités ukrainiennes (eux sont très bien nourris par contre).

Malgré cela les désertions et démissions se multiplient dans l'armée ukrainienne. Ainsi rien qu'au sein des unités aéroportées, 1 000 soldats dont 170 officiers ont donné leur démission, refusant d'aller tuer des civils et de devenir ainsi des assassins.

En Ukraine pendant ce temps-là, le fascisme se cache de moins en moins. Comme le conseil de la ville de Kiev qui a voté une motion pour faire de l'année 2017 à Kiev l'année de l’UPA (l'armée insurrectionnelle ukrainienne). Le mouvement qui a tué des centaines de milliers de Polonais, de juifs, de Russes, et de tziganes pendant la seconde guerre mondiale aux côtés des nazis. En clair 2017 à Kiev pourrait être l'année des nazis. Et l'UE soutient les autorités ukrainiennes, et donc çà par extension. L'argent des contribuables européens sert à soutenir financièrement un état fasciste et nazi. Tout va bien…

Et si vous avez besoin encore d'une preuve de la réécriture complète de l'histoire qui est faite en Ukraine, voilà que les autorités ont décidé de poursuivre en justice un vétéran de la seconde guerre mondiale de 94 ans, pour avoir liquidé en 1952 un membre de l'OUN (mouvement dont découle l'UPA sus-mentionné). C'est comme si chez nous on poursuivait des soldats français qui avaient traqué des nazis après la seconde guerre mondiale.

Qui dit état fasciste dit museler la presse, et les chaînes et radios délivrant autre chose que la propagande officielle font clairement partie de celles que les autorités actuelles de Kiev ne veulent pas voir être écoutées par les Ukrainiens (des fois que cela leur montrerait la vérité, et que cela démonterait leur propagande délirante). Ainsi, Tourtchinov a déclaré que bloquer les chaînes et radios « anti-ukrainiennes » (en clair les chaînes russes et celles de la RPD et de la RPL) était sa priorité. Si ça c'est de la démocratie, alors Hitler, Pinochet et Mussolini étaient de grands démocrates…

L'horloge tourne et l'Ukraine s'enfonce de plus en plus dans les ténèbres, et elle est prête à tout pour entraîner ses voisins avec elle. Si personne en Europe ne bouge, elle finira par y arriver, et chacun en paiera les conséquences. Même ceux qui pensaient que le Donbass c'est loin, et que tout cela ne les concernait pas.

 

Christelle Néant

L’Ukraine accélère sa somalisation et la sécession du Donbass avec l’aide de ses patrons américains – Démence, guerre et rock’n’roll

Lancée depuis son saut de l’ange post Maïdan, l’Ukraine continue sa chute de manière de plus en plus accélérée, et en profite pour donner toujours plus de raisons au Donbass de ne surtout pas vouloir retourner sous le giron ukrainien.

Car les autorités ukrainiennes ont beau essayer de cacher la merde sous le tapis, il y en a tellement, qu’à la fin il n’y a plus assez de place sous le dit tapis pour y ajouter quoi que ce soit. Ainsi, à l’approche de la date de l’Eurovision, les autorités de la ville de Kiev se sont soudainement rendues compte qu’elles avaient un problème de taille à régler : celui des sans-abris. Qu’à cela ne tienne, on n’a qu’à les cacher !

Ça vous semble trop gros pour être vrai ? Eh bien non. De manière tout à fait officielle, les autorités de Kiev ont décidé de déloger du centre-ville les 20 000 sans-abris qui s’y trouvent, afin de ne pas incommoder les visiteurs étrangers. C’est vrai que ça serait dommage que les étrangers voient la véritable situation de l’Ukraine et de la ville. Cela pourrait ruiner quelque peu les efforts de l’énorme machine de propagande qui tourne à plein régime depuis trois ans.

Et là, toute personne un tant soit peu humaine se demande ce que les autorités ukrainiennes vont en faire, surtout quand on sait qu’il n’y a plus qu’un seul refuge de 152 lits pour accueillir les sans-abris à Kiev. Eh bien, là c’est le silence radio le plus total… Oui, personne parmi les officiels à Kiev n’est capable de dire ce que l’on va faire de ces 20 000 personnes que l’on va déloger de la capitale.

Les autorités assurent réfléchir actuellement à la destination de ces 20 000 personnes, alors que le concours commence à peine dans deux semaines. Comment les autorités comptent-elles élaborer une solution d’hébergement digne et convenable pour 20 000 personnes en si peu de temps ? Interrogé par le journal Vesti, un policier qui patrouille à la gare centrale de Kiev envisage même possible que les autorités les larguent dans un terrain vague en dehors de Kiev… Sans commentaire.

Le guide de sécurité à l’attention des étrangers venant à Kiev pour assister à l’Eurovision 2017, laisse lui aussi sans voix. Ainsi les visiteurs se voient conseiller de ne dormir que dans les hôtels officiels, de changer leur argent uniquement dans les établissements bancaires, de ne pas jouer et de ne pas boire d’alcool dans les endroits publics en compagnie d’inconnus (en clair de locaux).

Pas vraiment de quoi tranquilliser les éventuels touristes (en même temps il y a de quoi ne pas être rassuré quand on voit que l’Ukraine est classé comme 10e pays le plus dangereux au monde). Sans parler du risque que le métro de Kiev puisse ne pas fonctionner pour cause de factures impayées. Ça donne envie de venir à Kiev tout çà…

Il faut dire que l’Ukraine bat de plus en plus de records ces derniers temps, et pas vraiment pour le meilleur. Ainsi, en plus d’être le pays le plus corrompu et le plus pauvre d’Europe, l’Ukraine se retrouve troisième au classement mondial des pays où les gens sont les plus malheureux, juste après le Soudan du Sud et Haïti…

Le sondage qui a permis d’établir ce classement a ainsi révélé que 57 % des Ukrainiens estiment que leur niveau de vie baisse, 41 % sont dans une situation lamentable et 46 % ont manqué d’argent l’an passé pour acheter de la nourriture (c’est à dire des biens de première nécessité). C’est le pire score de tous les pays de l’ex-URSS. À peine 9 % de la population est en situation de bien-être, soit moins d’une personne sur 10. Même au Cambodge les gens sont plus riches qu’en Ukraine. C’est pour dire…

Dans le même temps, les États-Unis soufflent le chaud puis le froid sur l’Ukraine, jusqu’à donner le tournis. Ainsi alors que le projet américain de budget 2018 annonce une baisse de 69 % de l’aide financière accordée à l’Ukraine (passant de 570 millions initialement à 177 millions de dollars pour raisons d’économies nécessaires), l’aide militaire, quant à elle, se poursuit activement, comme le montre l’arrivée de nouveaux instructeurs américains dans le Donbass (le même genre que ceux qui ont formé les fameuses unités de sabotage ukrainiennes qui ont tué le colonel Anachenko à Lougansk, et qui sont soupçonnées d’avoir posé la mine antichar qui a tué un observateur de l’OSCE dimanche).

Ingérence américaine sur un continent dont les affaires ne les concernent pas, et dans une guerre qui ne les regarde pas vous avez dit ? Non voyons vous êtes juste un horrible complotiste de suggérer cela, d’après les médias dominants en Occident.

Par contre Porochenko peut déballer aux médias occidentaux ses délires (alcooliques ou narcotiques ?) concernant l’armée russe dans le Donbass, sans l’ombre d’une preuve, sans être étiqueté complotiste ou auteur de « fake news ».

Un exemple ? Cette interview accordée à Sky News, et reprise sur le site du soi-disant président ukrainien, où ce dernier déclare sans rougir qu’il y aurait 700 chars d’assaut, plus de 1250 pièces d’artillerie et plus de 300 lance-roquettes multiples russes dans le Donbass. Avec une armada pareille, si l’armée russe avait réellement envahi l’Ukraine, le drapeau russe flotterait depuis longtemps sur Kiev.

Des médias qui délivrent une information et une indignation à géométrie plus que variable et surtout très sélective (comme la mémoire de certains de leurs journalistes). Ainsi, si ces journaux ont révélé la mort de l’observateur de l’OSCE, les morts et blessés civils du Donbass, eux, sont passés à la trappe.

Selon que vous soyez observateur américain ou simple habitant du Donbass, si vous sautez sur une mine, vous êtes respectivement intéressant ou pas pour les médias occidentaux. Pareil, si vous êtes tué lors d’un bombardement ukrainien, comme l’un des soldats de la République Populaire de Donetsk (RPD) ces dernières 24 h, ou même simplement blessé, comme ces quatre civils habitant en périphérie de Donetsk, vous n’aurez pas droit à une ligne. Comme à Alep, selon de quel côté de la ligne de front vous êtes, votre souffrance est intéressante, car exploitable, ou pas.

Alors que les médias occidentaux avaient poussé des cris d’orfraie quand Avdeyevka (sous contrôle ukrainien) avait été privée d’eau et d’électricité (à cause des actions de l’armée ukrainienne qui occupe la localité), étonnamment, personne ne s’émeut du fait que l’Ukraine n’a toujours pas rétabli la fourniture d’eau potable à la République Populaire de Lougansk (RPL), mais qu’en plus depuis le 25 avril à minuit, elle a aussi coupé l’approvisionnement en électricité de la république, commettant de ce fait des crimes de guerre.

Heureusement que la RPL a deux centrales thermiques qui suffisent à couvrir ses besoins, mais malgré cela plusieurs localités restent privées d’électricité à cause de la façon dont le réseau a été conçu. Résultat, la Russie, encore une fois, a pris la décision de prendre le relais et de fournir de l’électricité à la RPL, à des fins humanitaires.

À chacune de ces actions débiles, les autorités ukrainiennes enfoncent un peu plus le coin qui sépare la RPD et la RPL de l’Ukraine et les rapprochent de la Russie. Et le fait que Kiev envisage de faire subir la même chose à la RPD dès que le réseau sera adapté en ce sens à Avdeyevka, n’est pas franchement un signal de bonne volonté quant au règlement pacifique du conflit.

Car le fait que Kiev n’applique absolument pas les accords de Minsk, les journaux occidentaux n’en parlent pas, et continuent leur antienne stupide sur le fait que la Russie ne les appliquerait pas, d’où les sanctions qu’elle subit.

De une il serait temps que mes « confrères » apprennent à lire et à faire la distinction entre un pays qui doit appliquer un accord et un pays garant d’un accord (la Russie étant dans la deuxième catégorie, comme l’Allemagne et la France, elle n’a RIEN à appliquer du tout, les accords sont signés entre la RPD, la RPL et l’Ukraine, sous la supervision de la France, l’Allemagne, la Russie et l’OSCE).

Et de deux, comme l’a souligné Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, à ce jeux-là, l’UE devrait donc aussi imposer des sanctions à l’Ukraine pour son non-respect total des accords qu’elle a pourtant signés (et sur lesquels elle s’assoit publiquement, même dans des interviews accordées à des journaux occidentaux).

Sergueï Lavrov a d’ailleurs appelé encore une fois les autres pays garants des accords de Minsk et qui font partie du Format Normandie à faire pression sur Kiev pour faire cesser les provocations et violations des accords que l’Ukraine a signés.

Cette complicité active de l’UE, a même été dénoncée par le chef de l’armée russe, Valery Gerasimov, qui a déclaré que si la guerre peut se poursuivre ici, c’est bien grâce au soutien que l’UE fournit à l’Ukraine.

Ce haussement de ton côté russe a lieu alors que la situation sur le front se détériore à nouveau, avec 54 violations du cessez-le-feu, plus de 806 tirs de mortiers, chars d’assaut et lance-grenades, ainsi qu’un mort et six blessés pour les dernières 24 h en RPD. Alors que les festivités de mai approchent, la situation se tend dans le Donbass, et on risque d’assister à nouvelle escalade de la situation sur fond de dégradation continue de la situation en Ukraine.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/lukraine-accelere-sa-somalisation-et-la-secession-du-donbass-avec-laide-de-ses-patrons-americains-demence-guerre-et-rocknroll/

 

 

Explosion d’une voiture de l’OSCE sur une mine en RPL – Tentatives de récupération, enquête et questions en suspens

Comme on pouvait s’y attendre (et comme je l’avais anticipé dans l’article de dimanche), après la mort d’un observateur américain de l’OSCE, Kiev a tout de suite rejeté la faute sur la République Populaire de Lougansk (RPL) et la Russie (à travers une nouvelle déclaration fantaisiste de Tourtchinov qui a même mêlé les officiers russes du CCCC à son délire), tout en appelant dans la foulée les États-Unis à faire venir une mission armée dans le Donbass.

Le scénario déjà écrit par Kiev, avant même que l’incident ait eu lieu, était tellement prévisible, qu’il n’était pas bien difficile d’en deviner la suite. Le corps de l’observateur tué, n’était même pas encore remis à l’OSCE (ce qui a été fait dès lundi) que Kiev a utilisé sa mort pour essayer d’obtenir une aide militaire sans laquelle l’Ukraine ne peut espérer vaincre dans le Donbass. D’ailleurs le ministre des Finances ukrainien n’a pas caché que l’Ukraine a bien plus besoin de l’aide militaire des États-Unis et du maintien des sanctions contre la Russie que de leur aide financière. C’est difficile de dire les choses plus clairement.

Et si on cherche à qui profite ce crime, il n’est pas bien difficile de trouver vers qui les soupçons sur la partie à l’origine de cette provocation devraient se tourner en premier.

Des accusations que la RPL, mais aussi la république Populaire de Donetsk (RPD), à travers son chef de l’état, ont exprimé depuis dimanche. Ainsi Alexandre Zakhartchenko a fait la déclaration suivante dès hier :

« Nous avons toujours dit que la sécurité du personnel de la mission était l’une de nos priorités. Néanmoins, il n’est pas en notre pouvoir d’empêcher toutes les actions agressives de la partie ukrainienne.

J’ai dit à plusieurs reprises que, suite à la défaite de la première campagne militaire, Kiev a tout fait pour attirer une troisième force dans notre conflit, à savoir, des étrangers. Que ce soit des soldats de maintien de la paix, ou une force de police internationale. Kiev avait besoin d’attirer une troisième force dans le conflit, non en vue d’y mettre fin, mais pour pouvoir mener des provocations à une échelle internationale. Depuis le tout début, le plan de Kiev envisageait l’option d’attaques terroristes contre des étrangers présents sur notre territoire ou sur la zone de la ligne de contact.

Ayant échoué dans l’idée d’attirer une troisième force ici, Kiev a frappé les étrangers de la mission de l’OSCE. Malheureusement, la partie ukrainienne a réussi à commettre sa provocation.

Le fait que cette provocation a été commise spécifiquement par Kiev a été confirmé par le bombardement auquel la partie ukrainienne a soumis le site de l’explosion de la voiture de la mission de l’OSCE. Comme dans le cas du Boeing, abattu par la partie ukrainienne, Kiev essaye de rendre le lieu de son crime inaccessible en le bombardant.

Néanmoins, je suis sûr que nos collègues de Lougansk, avec le soutien de la mission de l’OSCE, vont mener une enquête objective, malgré l’opposition de la part de l’Ukraine, et prouveront au monde entier que Kiev est à blâmer pour la mort d’un employé de l’OSCE.

Pour ma part, je peux ajouter qu’en aucune circonstance il n’est avantageux pour nous de causer du tort à la mission de l’OSCE, qui restreint, même si ce n’est qu’un peu, l’agression de Kiev contre le Donbass.

Nous sommes prêts à prendre des mesures supplémentaires pour assurer la sécurité de la mission de l’OSCE et espérons que la communauté internationale en général et les membres du Format Normandie en particulier, vont mettre la pression sur Kiev et faire cesser ses provocations à la fois contre la mission de l’OSCE et contre le Donbass. »

La Russie a appelé, via son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à une enquête impartiale et rapide sur ce qui est arrivé à ce véhicule de l’OSCE qui a manifestement sauté sur une mine antichar. Et alors que la Russie a appelé l’OSCE, le groupe de contact à Minsk, et le CCCC à coopérer avec les autorités de la RPL afin de mener cette enquête à bien, l’UE quant à elle a préféré se désister, et a refusé de participer à l’enquête.

Comme pour le référendum de Crimée, plutôt que de participer et de devoir admettre que les choses sont faites correctement, il est plus simple de refuser d’y aller et ensuite pouvoir critiquer en disant que ce n’est pas une enquête impartiale, et pouvoir continuer à accuser la Russie et les républiques populaires de tous les maux (comme l’a fait Kiev).

Les États-Unis quant à eux continuent sur la lancée des déclarations à côté de la plaque, cette fois-ci à travers le porte-parole par intérim du département d’État américain Mark Toner.

« Les États-Unis appellent une nouvelle fois la Russie à utiliser son influence sur les séparatistes pour faire le premier pas vers la paix en Ukraine de l’Est et assurer une amélioration tangible, vérifiable et irréversible de la situation liée à la sécurité », a-t-il annoncé.

Comme si la paix dans le Donbass ne dépendait pas avant tout de Kiev qui est l’agresseur, et qui continue de bombarder les populations civiles jour et nuit… On se pince pour vérifier qu’on est bien réveillé en lisant des bêtises pareilles. D’ailleurs la Russie a répondu de manière diplomatique que la RPL n’avait pas eu besoin d’être poussée par la Russie, qui n’avait adressé que des recommandations, et que les autorités de la république avaient fait ce qu’il fallait.

Suite à la énième suggestion de l’Ukraine d’armer l’OSCE dans le Donbass, le chef adjoint de la mission de l’OSCE dans la région de Lougansk, Arne Dalhaug, a déclaré qu’il n’y avait aucune justification pour cela, et qu’armer les observateurs ne les sauverait pas d’un tir de mortier ou de l’explosion d’une mine. Enfin un peu de bon sens.

Et pour ce qui est d’une mission de maintien de la paix de l’ONU, comme suggéré par Porochenko à Rex Tillerson, la Russie a tenu à rappeler que cela ne pourrait se faire sans l’approbation de la RPD et de la RPL, qui se sont toujours déclarées opposées à une telle mission (les deux républiques n’ayant pas oublié ce qui s’est passé en Yougoslavie et dans certains pays d’Afrique où de telles missions ont été déployées).

En ce qui concerne l’enquête les éléments qui s’accumulent depuis dimanche semblent confirmer les soupçons que la milice populaire de la RPL avait émis le jour même de l’incident. Ainsi après avoir inspecté minutieusement la zone où la voiture de l’OSCE a explosé, la milice populaire a découvert un poste d’observation d’une unité de sabotage-reconnaissance ukrainienne, et les démineurs de la RPL ont découvert deux autres mines antichar TM-62 sur la route ainsi qu’un piège à grenade RGD-5 (grenade à fragmentation).

 

Les deux mines ont été neutralisées comme on peut le voir ici :

Et lundi, un groupe de sabotage-reconnaissance ukrainien a été détecté et chassé de la zone de Sokolniki, un village situé à moins de trois kilomètres de l’endroit où l’explosion a eu lieu. Après avoir été détectée dans une maison abandonnée, et refusant de se rendre, l’unité ukrainienne s’est repliée vers le village de Krymskoe (en zone occupée par l’armée ukrainienne) sous un tir de couverture nourri, à coup de lance-grenades automatique et de mitrailleuse lourde, qui n’a pas empêché un des soldats ukrainiens d’être blessés lors de cette fuite.

 

Une question qui reste toujours en suspens est : pourquoi la mission de l’OSCE s’est aventurée sur cette route secondaire non asphaltée, alors que l’itinéraire convenu avec la milice populaire de la RPL passait sur une route asphaltée et sécurisée ?

Cette route secondaire était proche des positions de la milice populaire, et d’après les propos mêmes de M. Hug dimanche soir, ce n’était pas la première fois qu’une patrouille de l’OSCE empruntait ce chemin, qui est pourtant bien moins sûr que la route principale reliant Slavyanoserbsk à Sokolniki.

Si l’OSCE doit s’accorder avec la milice populaire sur ses itinéraires, c’est justement pour la sécurité des observateurs, en permettant aux soldats de la milice d’aller inspecter avant leur passage les routes qu’ils vont emprunter pour s’assurer qu’il n’y a pas de mines, ou de pièges.

Pourquoi s’être mis ainsi en danger ? Qu’est-ce qui justifiait de quitter la route principale asphaltée et sûre pour aller se perdre sur un chemin de terre potentiellement dangereux (l’OSCE ayant été avertie par la milice populaire de la présence et des actes de groupes subversifs ukrainiens dans cette zone) ?

Alors que beaucoup ici soupçonnent ouvertement l’OSCE d’espionner pour le compte de Kiev, cet incident met en lumière les méthodes de travail quelque peu étranges de ces soi-disant « observateurs neutres et impartiaux ».

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/explosion-dune-voiture-de-losce-sur-une-mine-en-rpl-tentatives-de-recuperation-enquete-et-questions-en-suspens/

 

Une voiture de l’OSCE explose près de la ligne de front en République Populaire de Lougansk - Un mort, deux blessés

Lundi 24 avril 2017

 

Aujourd'hui, 23 avril 2017, en fin de matinée, une voiture de la Mission Spéciale de Surveillance (MSS) de l'OSCE a sauté sur une mine près de la localité de Prichib en République Populaire de Lougansk (RPL).

Un observateur américain est mort et deux sont blessés d'après les données de l'OSCE(un Allemand et un Tchèque). Leurs blessures sont de gravité modérée et leur état est stable, d'après le ministère de la Santé de la RPL.

D'après les informations dont nous disposons à cette heure, deux véhicules de l'OSCE étaient en patrouille dans cette zone toute proche de la ligne de front entre Slavyanoserbsk et Sokolniki, lorsqu'une des deux voitures aurait sauté sur une mine.

Le ministère de la défense et le MGB de la RPL ont annoncé avoir mis en garde les observateurs de l'OSCE sur les risques de provocations des groupes de sabotage-reconnaissance ukrainiens qui opèrent dans la zone et surveillent les déplacements des patrouilles de l'OSCE. Il a aussi rappelé qu'en janvier, une de leurs patrouilles s'était retrouvée prise sous le tir d'un missile antichar de l'armée ukrainienne dans une zone voisine. Cette fois-ci il n'y avait eu aucune victime. Mais aujourd'hui, les observateurs de l'OSCE n'ont pas eu cette chance.

 

D'après le ministère de la défense de la RPL, les observateurs de l'OSCE n'ont pas respecté les règles de leur mandat, en quittant la route principale pour s'engager sur une route secondaire. En sortant ainsi de l'itinéraire qui avait été fourni aux autorités de la RPL, et qui avait donc été vérifié par les services de sécurité, les observateurs se sont exposé de manière inconsidérée au risque de sabotage ukrainien.

D'après la milice populaire de la RPL ce sabotage serait l’œuvre du 8e régiment d'opérations spéciales des forces armées ukrainiennes, sous les ordres du colonel Oleg Nechaev.

« La mission de l'OSCE a utilisé à plusieurs reprises cette route secondaire, qui est située à deux kilomètres de la ligne de contact et qui n'est pas utilisée par les habitants locaux », a expliqué Andrey Marotchko (contredisant sur ce dernier point Alexander Hug qui s'est exprimé ce soir depuis Kiev).

Peu après que l'information soit devenue publique, l'armée ukrainienne s'est mise à bombarder la zone autour de l'endroit où a eu lieu l'explosion, espérant peut-être ainsi empêcher l'enquête d'avoir lieu, ou détruire les indices. Une preuve claire de l'implication de l'armée ukrainienne dans ce meurtre.

Le chef de la RPL, Igor Plotnitsky, le représentant de la milice populaire de la RPL, le colonel Andrey Marotchko, et la ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova, ont immédiatement présenté leurs condoléances aux proches de l'observateur de l'OSCE qui est décédé, et souhaité un prompt rétablissement aux observateurs blessés.

L'OSCE via le chef adjoint de la mission, Alexander Hug, s'est contenté d'une déclaration générique, sur la nécessité du déminage total de la région du Donbass, et sur le fait que cette mine (si ça en est bien une) n'aurait pas dû se trouver là.

Les autorités de la RPL ont appelé l'OSCE a évaluer l'incident de manière objective, et souligné à qui profitait le crime : Kiev. Car il ne faut pas se leurrer, le but de cette provocation sanglante de l'armée ukrainienne est de jeter le blâme sur la RPL, pousser les observateurs internationaux à partir de la zone de conflit pour avoir les mains libres, et surtout essayer d'obtenir la venue d'une mission internationale armée dans le Donbass (la question a d'ailleurs été soulevée par un journaliste lors de la conférence de presse de M. Hug à Kiev).

Ce meurtre d'un observateur de l'OSCE (américain en plus) est une provocation sanglante qui pourrait avoir de très lourdes conséquences et provoquer une reprise brutale du conflit à grande échelle, ou l'implication plus ouverte de l'OTAN dans le conflit. La réaction de l'OSCE, et de la communauté internationale décidera des conséquences de cette étincelle jetée sur la flaque d'essence qu'est le Donbass.

Voir la vidéo de nos collègues de News Front (âmes sensibles, et moins de 18 ans s'abstenir) :

Christelle Néant

 

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 22 avril 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 22 avril 2017 par vidéo conférence :

PARTIE 1

SITUATION MILITAIRE
01’06 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et utilisation de munitions au phosphore blanc par l’armée ukrainienne
04’00 » – Armes lourdes absentes des zones de stockage enregistrées par l’OSCE
06’29 » – Nouvelle tentative de percer les lignes de la RPD par l’armée ukrainienne
08’24 » – Crainte de provocation de grande ampleur dans la région de Lougansk
09’34 » – Messages envoyés par les soldats ukrainiens sur des obus à l’occasion de Pâques
10’55 » – Arrivée de 300 experts militaires étrangers sur le front
12’58 » – Problèmes de remplissage des unités de l’armée ukrainienne
15’12 » – Pertes de l’armée ukrainienne depuis le 1er janvier 2017

OSCE
16’25 » – L’OSCE dément les allégations ukrainiennes concernant des bombardements imaginaires
17’24 » – Remise en cause des compétences des observateurs de l’OSCE
19’17 » – L’OSCE n’enregistre que ce qu’elle veut

DIVERS
20’56 » – La Biélorussie acceptera les étudiants venant de RPD et RPL
22’00 » – La RPD va renforcer ses relations avec l’Ossétie du Sud

 

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
26’46 » – Marioupol privée d’eau chaude pour six mois
29’50 » – L’Ukraine déboutée par la CIJ

PARTIE 2

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

00’17 » – Porochenko mendie pendant que le pays frôle la catastrophe nucléaire
02’28 » – Tourtchinov déballe ses crimes d’ex-président par intérim de l’Ukraine à la BBC

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
11’23 » – Porochenko déclare que l’armée ukrainienne contient l’invasion russe qui vise l’Europe

 

14’06 » – Conclusion

Nouvelle escalade dans le Sud de la RPD pendant que Kiev voit les nuages s’amonceler au dessus de sa tête

L’armée ukrainienne s’est lancée depuis 24 h dans un bombardement intensif du Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD) alors que la situation devient de plus en plus intenable pour l’Ukraine sur tous les plans.

Rien que durant la nuit dernière, l’armée ukrainienne a tiré pas moins de 200 projectiles de lance-grenades de différents calibres sur les localités de Sakhanka et Leninskoye, depuis les positions situées près de Shirokino. Un bombardement visant surtout à terroriser la population, et qui n’a fait heureusement ni victimes ni destructions.

Plus au Nord, durant les dernières 24 h, l’armée ukrainienne a tiré à 79 reprises à coup de mortier de 82 mm et 120 mm sur les localités de Yassinovataya, Yakolevka et Belaya Kamenka, 30 fois sur Spartak et la zone de l’aéroport, et 12 fois sur Zaïtsevo entre autre. Des tirs qui ont fait un mort parmi les soldats de l’armée de la RPD.

Une équipe de sabotage reconnaissance ukrainienne a aussi tenté de pénétrer sur le territoire de la RPD près de Shirokaya Balka durant la journée écoulée. Ayant fait exploser une mine le groupe s’est enfui après avoir lâché ses armes sur place, comprenant entre autre un lance-roquettes incendiaire Shmel, des grenades offensives, ainsi que des mines terrestres et anti-personnel. Bref tout l’arsenal pour mener des actes terroristes sur le territoire de la RPD.

Et la veille, des unités de l’armée ukrainienne ont été déployées sur le territoire de la cokerie d’Avdeyevka, une usine contenant de nombreux produits chimiques toxiques. Un cocktail parfait pour un désastre écologique et humanitaire.

Cette escalade dans le Sud de la république est recoupée par des informations venant de sources au sein du commandement ukrainien et qui font état de plans visant à lancer des actions offensives dans cette zone d’ici la fin du mois d’avril. D’après cette source, citée par le commandant en second de l’armée de la RPD, Edouard Bassourine, deux groupes subversifs ukrainiens devraient être déployés d’ici les 23-24 avril dans la zone de Shirokino en vue de lancer une offensive à la veille des congés du mois de mai.

Une offensive qui paraît inévitable tant le contexte politique, économique et social en Ukraine devient explosif.

Entre Porochenko, le soi-disant président ukrainien, qui dit que le conflit du Donbass n’a rien d’un conflit gelé et est une « guerre chaude », Andryi Paroubyi, le président de la Rada, qui continue à repousser sine die le vote par le parlement ukrainien de la loi permettant d’organiser les élections dans le Donbass, et autres provocations des représentants ukrainiens dans certains sous-groupes de contact à Minsk visant à semer le chaos, on ne voit guère de volonté de rétablir la paix dans la région. Sans même parler de cette interview des plus belliqueuses de Tourtchinov à la BBC.

L’armée ukrainienne invente même des bombardements qui n’existent pas et ne sont enregistrés par personne, pas même l’OSCE ni le CCCC, pour se défausser de ses obligations de retrait des armes lourdes, comme à Stanitsa Louganskaya, ou de mise en œuvre du volet politique des accords de Minsk.

Une escalade des tensions politiques et militaires qui concorde avec l’accumulation des problèmes de l’Ukraine.

Car en plus de sa défaite juridique devant la haute cour de Londres concernant la dette de 3 milliards de dollars qu’elle doit à la Russie (et l’Ukraine a beau vouloir faire appel vu le verdict de la Cour ses chances de gagner en appel sont proches du zéro absolu), l’Ukraine vient d’en subir une deuxième devant la CIJ pour ses plaintes infondées concernant le Donbass et la Crimée. Là aussi, comme à Londres, la cour a clairement dénoncé le manque de preuves de la partie ukrainienne, et a même dénoncé un procès purement politique.

« Le principal – sinon le seul – objectif de l’Ukraine n’est pas le règlement de quelque litige politique, mais la recherche d’une raison pour attaquer la Russie devant la Cour », a ainsi souligné la CIJ dans sa décision.

Je crois qu’il est difficile de dire plus clairement les choses de façon diplomatique.

Et au vu de la situation financière de plus en plus bancale de l’Ukraine, Porochenko a beau mendier de l’argent et essayer d’attirer les investisseurs anglais (mais qui aurait envie d’investir dans le pays le plus corrompu au monde ?), avec la bande de fous échappés de l’asile qui servent de ministres en Ukraine, le pays n’est pas prêt de se relever. Ainsi le soi-disant ministre de l’Énergie et du Charbon n’a rien trouvé de plus intelligent à proposer que d’interdire à l’Ukraine d’importer du charbon russe, alors que ce dernier sert actuellement de substitut (mais en moindre quantité) pour celui que l’Ukraine ne reçoit plus du Donbass.

Et qu’avec quatre centrales thermiques sur cinq fermées faute de charbon, l’Ukraine tire de plus en plus sur ses centrales nucléaires, alors que le combustible fournit par Westinghouse pose toujours des problèmes de compatibilité. Résultat, avant hier soir (18 avril à 19 h 52), un des six réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporojié s’est brutalement déconnecté du réseau électrique. Une coupure due semble-t-il à un mécanisme automatique de sécurité.

Si ces déconnexions se multiplient, les coupures tournantes de courant en Ukraine vont devenir inévitables. Et la question majeure est : jusqu’à quand les mécanismes de sécurité vont-ils fonctionner correctement si ces problèmes persistent à cause d’un combustible non adapté ?

L’Europe va-t-elle attendre un nouveau Tchernobyl avant de réagir et se rendre compte de la situation réelle en Ukraine ? Et surtout jusqu’à quand le peuple ukrainien va tolérer cette gabegie avant de réagir ? Faut-il que l’on en arrive à une catastrophe nucléaire ou jusqu’à cette ultime offensive, avec tous les risques de dérapage incontrôlable que cela comporte, pour que les gens en Ukraine comme en Europe sortent de leur aveuglement collectif ?

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/nouvelle-escalade-dans-le-sud-de-la-rpd-pendant-que-kiev-voit-les-nuages-samonceler-au-dessus-de-sa-tete/

 

 

« Les Russes doivent être pendus » – Bombardements et messages de « trêve » de l’armée ukrainienne pendant le cessez-le-feu de Pâques

Alors que nous suivions une distribution de gâteaux de Pâques sur la ligne de front lundi, nous avons pu voir comment le nouveau cessez-le-feu (qui a débuté le 12 avril à 10 h du matin) était respecté par l’armée ukrainienne.

À Zaïtsevo, les soldats nous ont confirmé qu’il n’y avait pas de cessez-le-feu, et que l’armée ukrainienne avait bombardé leurs positions la veille avec des mortiers (y compris du 120 mm). Parmi les restes d’obus de mortiers, ils en ont trouvé un avec un « charmant » message :

« Les Russes doivent être pendus. Ni la gloire ni la liberté de l’Ukraine ne sont mortes. La chance nous sourira encore, jeunes frères. L’Ukraine vaincra. »

Sur une autre position se trouvait une énorme pile de restes de roquettes et d’obus, tombés récemment sur cette zone du village. Comme nous pouvons le constater, la résolution pacifique du conflit ne semble pas être à l’ordre du jour des autorités ukrainiennes.

Après la distribution des gâteaux à Zaïtsevo et Gorlovka, nous avons terminé à Yassinovataya, avant de revenir à Donetsk. Juste après que nous ayons quitté Yassinovataya, nous avons entendu et vu derrière nous des bombardements lourds de l’armée ukrainienne sur les positions de l’armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) situées entre Avdeyevka et Yassinovataya, puis sur Yassinovataya elle-même et la zone près de Spartak.

 

Regarder le reportage vidéo :

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/les-russes-doivent-etre-pendus-bombardements-et-messages-de-treve-de-larmee-ukrainienne-pendant-le-cessez-le-feu-de-paques/

 

Effacement et réécriture de l’histoire de l’Ukraine - La junte de Kiev mène le pays à la destruction territoriale et morale

Lundi 17 Avril 2017

J'ai dit plusieurs fois au cours des derniers mois, que la politique de décommunisation, lancée par les autorités ukrainiennes post-Maïdan, poussée jusqu'au bout de sa logique suicidaire, provoquerait la dissolution pure et simple du pays.

 

Eh bien on y est arrivés. Après s'être tiré une balle dans chaque pied avec son attitude belliqueuse envers toute revendication en Crimée et dans le Donbass, puis le blocus de ces régions, cette fois l'Ukraine semble bien décidée à se tirer directement une balle dans la tête.

Le soi-disant conseil des ministres ukrainiens n'a en effet rien trouvé de mieux à faire que d'élaborer un projet de loi visant à abolir graduellement TOUTES les lois et TOUS les actes des autorités d'état de l'URSS et de la République Socialiste Soviétique (RSS) d'Ukraine. Vous la sentez venir la catastrophe ?

Je sais bien qu'en Ukraine la mode actuelle est à la réécriture de l'histoire, mais malheureusement les faits sont têtus. Et cette loi va se confronter à quelques réalités tout ce qu'il y a de plus tangibles historiquement. Car l'Ukraine en tant qu'état, tel qu'il était jusqu'au Maïdan et ce qui en a découlé, n'existait QUE et uniquement QUE grâce aux actes et lois de l'URSS et de la RSS d'Ukraine, et de l'héritage qui en découle.

Tout d'abord d'un point de vue territorial. Si cette loi est appliquée alors tous les actes et lois qui ont raccroché des territoires à la RSS d'Ukraine sont nuls et non avenus.

Et donc l'Ukraine actuelle n'a plus aucune légitimité pour revendiquer ces territoires, à savoir entre autre la Crimée, la zone de la république de Donetsk-Krivoï Rog (qui couvre entre autres les actuelles Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk, ainsi que la région autour de Kharkov, l'oblast de Kherson et celui de Zaporojié), la République d'Odessa (qui couvre l'oblast d'Odessa et celui de Mykolaiev), la Transcarpatie, la Galicie et d'autres territoires de l'Ouest du pays.

 

En clair ce qui resterait du pays c'est les zones jaune et orange de cette carte :

Ben oui, si on annule tous les actes de l'URSS cela inclut la décision de Lénine de donner à l'Ukraine la Nouvelle Russie (en liquidant la République de Donetsk-Krivoï Rog et celle d'Odessa pour rattacher ces territoires légalement à la RSS d'Ukraine), la décision de Staline de donner la Galicie et d'autres territoires de l'Ouest à l'Ukraine après la victoire de 1945, et celle de Kroutchev de donner la Crimée à l'Ukraine en 1954.

Une bonne partie de la Nouvelle Russie, tout comme la Crimée seraient donc libérées légalement de toute revendication territoriale des autorités ukrainiennes, grâce à la folie anti-communiste des autorités ukrainiennes.

L'autre point des plus comiques, est que l'Ukraine détient actuellement un siège à l'ONU grâce au fait qu'elle a hérité de celui de la RSS d'Ukraine. Donc si elle rejette cet héritage elle perd aussi son siège à l'ONU, en plus d'une bonne partie de son territoire…

Hélie de Saint Marc a dit : « Un pays sans histoire ne serait pas un pays sans malheurs, mais un pays sans valeurs ». Et c'est bien ce qui ressort de l'interview qu'Alexandre Tourtchinov a accordé à la BBC : l'Ukraine est devenue un pays sans valeurs et sans morale.

De cette interview fleuve de sept pages de celui qui fut le soi-disant président par intérim de l'Ukraine après le renversement de Ianoukovytch, je retiens quelques morceaux choisis qui en disent long sur la moralité du pays post-Maïdan.

Commentant le déclenchement de la guerre dans le Donbass (la fameuse « opération anti-terroriste »), Tourtchinov donne dans cette interview de quoi le faire condamner devant un tribunal pénal international. Car il a beau essayer de se dédouaner en parlant d'invasion russe et de militaires envoyés par la Russie, pour qualifier les civils du Donbass qui ont pris d'assaut les bâtiments administratifs, les faits sont têtus encore une fois.

Voilà ce qu'il déclare à ce sujet et au sujet des ordres qu'il a donné à l'époque (mes commentaires sur certains points clés sont après chaque paragraphe) :

« Dans les régions orientales sont venus plein de garçons et d'hommes dans des bus des associations cosaques et des organisations sportives, qui étaient en fait des agents des autorités russes. »

À ce stade de délire psychotique il faut appeler un psy de toute urgence, parce que prendre des membres d'associations sportives pour des agents de Poutine faut en tenir une bonne couche.

« Ils ont pris les points frontières, et ouvert un passage incontrôlable pour tout le monde. J'ai donné aux gardes l'ordre de tirer et de défendre la frontière, et ils ont répondu qu'ils ne pouvaient pas tirer sur des civils. »

Malgré ses excuses foireuses, les soldats sur place ont bien vu que ces soi-disant agents de Poutine étaient de simples civils et ont refusé d'appliquer un ordre inhumain.

« Et là, le 6 avril, ces « civils » ont simultanément attaqué les bâtiments des administrations régionales à Kharkov et Donetsk, et ont pris celui du SBU dans la région de Lougansk »

Pour avoir interviewé l'une de ces civils, Katya, qui est actuellement journaliste chez News Front, je peux confirmer que ceux qui ont pris les bâtiments à Donetsk étaient tout sauf des militaires russes ou des agents du FSB, mais bien des civils du Donbass.

« Et à Lougansk, le SBU leur a en fait donné sans combattre la totalité de notre arsenal - non seulement les armes de services, mais aussi des armes qui étaient stockées là en cas de besoin pour des actions spéciales : explosifs, mitrailleuses lourdes, lance-grenades. »

Ce point est intéressant, car il confirme l'origine des armes que les citoyens du Donbass qui se sont soulevés ont utilisés pour se défendre. Cela contredit totalement les histoires farfelues d'armement par la Russie.

« À Kharkov, nous avons pu reprendre l'administration par les armes. À Donetsk et Lougansk, on m'a répondu que c'était impossible, qu'il y aurait des victimes parmi la population locale, que l'on devrait mener des négociations. J'ai insisté pour qu'il y ait un assaut, mais il ne s'est pas produit. »

Il dit encore une fois que malgré l'information que l'application d'un tel ordre ferait des victimes parmi des civils, c'est-à-dire contre leur propre, population, il a insisté pour qu'un assaut armé soit mené à Donetsk et Lougansk (il a insisté pour commettre un crime contre l'humanité donc). Si ses soldats n'avaient pas refusé d'appliquer cet ordre, on aurait eu droit à des scènes semblables à celles qui ont eu lieu à Odessa le 2 mai 2014. Un bain de sang parmi les civils.

Cette réticence de l'armée et le fait que c'était bien des civils qui se sont révoltés est confirmé par un autre passage un peu plus loin dans l'interview :

« Lorsque j'ai commencé l'opération anti-terroriste, le problème principal était d'amener les soldats ukrainiens à se battre. Les forces armées avaient peur de tirer. […] À Kramatorsk, on a eu une situation où la foule de civils a capturé à mains nues plusieurs véhicules de transports de troupes blindés de la brigade aéroportée. C'était un choc. Personne n'était prêt à combattre. Ils devaient franchir une barrière psychologique. »

En clair il fallait faire de ses soldats des monstres, capables de tirer sur des civils désarmés. Voilà qui en dit long sur les valeurs et la morale de ce soi-disant ex-président par intérim de l'Ukraine, et celles qu'il entendait imprimer à l'armée et au pays. Alors pour franchir cette barrière psychologique, il n'a eu d'autre choix selon ses dires que d'utiliser les fameux bataillons spéciaux (les bataillons nazis, qui n'auraient aucun état d'âme à tirer sur des civils désarmés).

« Dans cette situation, je n'ai eu d'autre choix que de me tourner vers les patriotes en appelant à former des bataillons de volontaires. Ils n'avaient pas de telles barrières  : peut - ne peut pas, ils prenaient la mitrailleuse et allaient se battre. »

À ce stade de l'interview, le journaliste de la BBC essaye de sauver sa réputation de journaliste (parce que jusqu'ici il ne critique pas sérieusement les paroles de Tourtchinov, il met tout juste quelques notes de commentaires dans l'interview écrite pour dire que la Russie a contesté tel ou tel point) en posant une question qui fâche concernant le contrôle de la diffusion des armes à ces bataillons spéciaux eut égard à la condamnation récente de huit membres du bataillon Tornado. La réponse de Tourtchinov vaut son pesant d'or :

« Je me souviens d'une réunion sur le front avec les volontaires où un homme, couvert de tatouages, a dit, « Chef, et il y aura ou pas une amnistie  ? Nous avons des gars ici que çà intéresserait ». Je demandais pour quoi les gars  ? « Et bien, il y a… meurtre, vol  ». Oui, il y en avait. Mais c'était rare, des cas individuels. Je me souviens quand j'ai ouvert les dépôts d'armes pour les donner à ces bataillons, les officiers refusaient de le faire. On me demandait  : « Alexandre V., et qui sera responsable ? » J'ai répondu «  J'en répondrai », et j'ai personnellement signé les ordres de sortie des armes. […] Effectivement, nous n'avons vérifié personne. N'importe qui - poursuivi ou condamné - qui a déclaré qu'il était prêt à défendre le pays, j'ai signé, il a obtenu une arme et est allé à l'Est. »

Voilà quel genre de tarés ont été envoyés sur le front du Donbass par les autorités ukrainiennes illégitimes issues du Maïdan… Des nazis et des criminels, pour qui tirer sur des civils innocents ne poserait pas de problèmes de conscience. Ce que Tourtchinov a fait s'appelle crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Et il a lui-même revendiqué la responsabilité de ces crimes dans cette interview. Je pense qu'il sera bon de la montrer de nouveau à ce monsieur le jour où il se retrouvera sur le banc des accusés du tribunal pénal international pour la guerre du Donbass.

Et concernant la façon dont ce conflit se terminera et ce qu'il en est des accords de Minsk, que les autorités ukrainiennes actuelles ont signé, il a aussi tenu à préciser ce qu'il en est :

« Nous n'avons pas d'autre alternative que de gagner. L'année dernière a été la première année ou nous n'avons pas cédé un mètre de terrain, et même le contraire - nous avons gagné des dizaines de kilomètres. Par conséquent, je crois que notre devoir est, mètre après mètre, kilomètre après kilomètre, tout en minimisant les pertes, d'avancer vers l'Est.L'essentiel étant de ne pas franchir la frontière [russe] (rires). »

Quelqu'un a-t-il besoin d'une explication de texte pour comprendre que les autorités ukrainiennes s'assoient joyeusement sur les accords de Minsk, et ont bien l'intention de reprendre militairement le Donbass en violation de ces accords qu'elles ont signés et qui ont été entérinés par une résolution de l'ONU ?

Sans parler de l'aveu clair du fait que la zone grise, qui était censée rester démilitarisée d'après ces mêmes accords, a été violée par l'armée ukrainienne. Parce que c'est çà qu'il appelle des victoires militaires qui leur ont permis de gagner du terrain : vaincre des chèvres, des poules, et des civils, vu que l'armée des la RPD et celle de la RPL s'étaient retirées de cette zone, respectant ainsi les accords de Minsk.

Je rappelle aussi que l'OSCE n'a jamais protesté face à cette violation flagrante de Minsk-2, alors qu'elle était garante du fait que cette zone resterait totalement démilitarisée.

Quant à sa tentative foireuse de faire de l'humour concernant la frontière russe à ne pas franchir, il ferait surtout mieux de faire attention à la ligne rouge que l'Ukraine ferait bien de ne pas franchir, si elle ne veut pas voir son armée subir un deuxième Debaltsevo, ou s'enfuir en courant, les jambes à son cou, vers l'Ouest, ou tout du moins, vers ce qui restera du pays après l'application de la dernière loi débile que ses autorités ont pondu…

 

Christelle Néant

Le cessez-le-feu est mort, vive le cessez-le-feu - Nouvelles destructions dans le village de Zaïtsevo suite aux bombardements des FAU

Vendredi 14 avril 2017

 

Hier, 13 avril 2017, nous nous sommes rendus à Zaïtsevo, après avoir reçu un coup de téléphone des grand-parents de la petite Rita. Leur rue avait été bombardée le main même par l'armée ukrainienne, juste avant l'entrée en vigueur du nouveau cessez le feu, qui prenait effet à 10 h ce matin là, à peine 12 jours après le précédent.

En trois mois, les cessez-le-feu se sont multipliés pour essayer d'endiguer l'escalade permanente à laquelle nous assistons. En vain…

Sur les dernières 24 heures écoulées, le niveau de violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne en République Populaire de Donetsk est resté très élevé, avec 58 violations qui ont touché 19 localités.

Pendant ce temps-là, l'Ukraine poursuit sa « somalisation » accélérée, avec un doublement de la proportion de familles pauvres dans le pays. Ainsi, en cinq ans, le nombre de familles pauvres avec enfant est passée de 35 % à 70 %. En clair, plus des deux tiers des familles avec enfants du pays rentrent dans cette catégorie.

 

Une situation intenable pour l'Ukraine à moyen terme, et qui risque d'entraîner une accélération de l'escalade sur le front du Donbass, comme dérivatif à la colère populaire et pour que les autorités de Kiev puissent se maintenir en place encore un peu tout en se remplissant les poches.