Christelle Néant

Journaliste française travaillant pour l'agence DONi Press à Donetsk, je couvre le conflit du Donbass et la vie des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk sur le terrain.

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Christelle NEANT

Serres de Zougres - La République Populaire de Donetsk fait rimer autonomie alimentaire et agriculture écologique


Mercredi 12 avril 2017

Le vendredi 7 avril, le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Alexandre Zakhartchenko, est venu assister à la première récolte de tomates cultivées dans les serres de Zougres (à 30 km à l'Est de Donetsk) depuis le début de la guerre.

 

Une visite banale, me direz-vous. Eh bien pas tant que cela. Pour commencer, ces serres avaient été détruites à 40 % par des tirs de roquettes de Grad en 2014. Les serres ont donc du être réparées, et les cultures redémarrées depuis zéro.

Dans un contexte de blocus économique, et afin d'obtenir une autonomie alimentaire le plus rapidement possible, la RPD aurait pu opter pour la facilité, c'est-à-dire des cultures chimiques et des techniques dites « conventionnelles ». Mais au lieu de cela, et fidèle aux valeurs de la république, ces serres ont été remises en route en mode écologique.

Ainsi, les serres, qui sont chauffées directement grâce à l'eau chaude venant de la centrale électrique qui se trouve à côté (appliquant en cela un principe de permaculture qui veut que les déchets d'un système soient les matières premières d'un autre), sont des serres hydroponiques bio. Pas de pesticides ou autres produits chimiques dangereux.

Les plants de tomates poussent sur un substrat fait de fibres de noix de coco, et sont alimentées en nutriments par une solution délivrée séparément pour chaque plant. L'ensemble des paramètres comme l'humidité, la température, la ventilation, le taux de CO2, etc, sont contrôlés par ordinateur pour un résultat optimal.

 

Grâce à ces méthodes, dès cette saison, les 5 hectares de serres devraient produire 1 000 tonnes de tomates. Une autre serre, mais en culture sur sol, servira à faire pousser des choux. L'objectif est d'avoir 250 hectares de cultures sous serres et 26 000 à ciel ouvert (dont 100 hectares de vergers), afin de couvrir l'ensemble des besoins alimentaires de la république, de manière écologique et saine. Un projet ambitieux.

Et pour avoir pu goûter ces tomates, le moins que l'on puisse dire c'est qu'elles sont fermes et délicieuses, et pas acides et gorgées d'eau comme les tomates conventionnelles que l'on peut manger en Europe.

La réouverture de ces serres a aussi permis de fournir du travail à 80 personnes des environs. Et le développement de l'agriculture en RPD permettra de continuer sur cette lancée et d'offrir un salaire à de nombreux habitants de la république, tout en assurant son autonomie alimentaire.

De plus ces produits étant destinés au marché local, ils seront vendus via des circuits courts, et les fruits et légumes n'auront pas à parcourir des milliers de kilomètres pour parvenir jusqu'aux assiettes.

La seule partie un peu dommage est l'utilisation d'un substrat qui vient d'aussi loin (les noix de coco ne poussant pas dans la zone géographique proche). Mais nul ne doute que ce projet n'est qu'un début, et que la république va améliorer ses techniques agricoles pour les rendre de plus en plus écologiques au fur et à mesure.

Mais d'ores et déjà ces serres sont un bon exemple du fait qu'il est possible de marier autonomie alimentaire et alimentation saine, lorsqu'il y a la volonté politique et le soutien des autorités pour aller dans cette direction. Et l'on ne peut qu'encourager la RPD à poursuivre sur cette voie.

 

Après la visite, Alexandre Zakhartchenko a tenu une conférence de presse où il a répondu à toutes les questions des journalistes, y compris sur d'autres sujets que les serres de Zougres :

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 8 avril 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 8 avril 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
00’46 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et utilisation de munitions au phosphore blanc par l’armée ukrainienne
03’51 » – Armes lourdes absentes des zones de stockage enregistrées par l’OSCE
04’46 » – Pertes hors combat de l’armée ukrainienne
05’40 » – Problèmes d’approvisionnement en nourriture dans l’armée ukrainienne
06’04 » – Mobilisation de 30 000 réservistes de l’armée de la RPD

ACCORDS DE MINSK / OSCE
07’36 » – L’Ukraine avoue publiquement qu’elle ne compte pas appliquer les accords de Minsk
09’13 » – Voitures de l’OSCE : la guerre des clones

ÉCONOMIE
11’03 » – Relance de l’usine métallurgique de Yenakievo
11’37 » – Première récolte de tomates bio dans les serres de Zougres
13’58 » – L’industrie pharmaceutique russe réoriente ses produits vers la RPD et la RPL

DIVERS
15’28 » – Le MGB de la RPD donne le nom de l’organisateur des assassinats de Motorola et Guivi
16’35 » – Les habitants de la RPD célèbrent l’anniversaire de la proclamation de la république

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
17’23 » – L’UE valide le régime sans visas pour l’Ukraine
19’29 » – Les nazis ukrainiens continuent de s’en prendre à tout ce qui est russe en Ukraine
20’07 » – Les centrales électriques à charbon commencent à se mettre à l’arrêt
21’53 » – Huit ex-soldats du bataillon Tornado enfin condamnés

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
24’06 » – Une cour de justice de Poltava reconnaît la légitimité des documents délivrés par la RPD

 

25’23 » – Conclusion et parallèle avec la situation en Syrie

Environ 30 000 réservistes venant de toutes les villes de la RPD sont venus se rassembler afin de montrer leur volonté de défendre leur patrie et recevoir leur arme de service, qu'ils pourront garder à la maison, pour ceux bénéficiant déjà d'une expérience militaire.

En arrivant sur la plaine, les colonnes de réservistes qui convergent vers le point de rassemblement forment un ensemble impressionnant et surprenant. Je savais avant ce rassemblement que beaucoup d'hommes, de 18 à 55 ans, étaient réservistes, mais le nombre atteint dépasse largement mes estimations antérieures.

 

Comme le soulignera Zakhar Prilepine, présent sur place, ces réservistes forment une véritable deuxième armée de la république, qui permet de plus que doubler les forces déjà existantes (26 000 hommes).

Ce rassemblement, qui est une véritable démonstration de force, se veut être un avertissement envers Kiev. Zakhar Prilepine insistera d'ailleurs sur le côté tout à fait sérieux de ce rassemblement de ce qui est la deuxième ligne de défense de la République Populaire de Donetsk.

« Ce n'est pas une blague, ce n'est pas un rassemblement pour la galerie, c'est tout à fait sérieux. C'est une démonstration des capacités, de la force, du courage et des qualités humaines que possède le Donbass »

Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, a participé à ce rassemblement, aux côtés du ministre de la Défense, Vladimir Kononov, et est venu saluer et encourager les réservistes :

« Bonjour camarades réservistes,

C'est la troisième année que la guerre a lieu sur nos terres, la troisième année que l'ennemi essaye de nous tuer nous, nos enfants et nos parents.

Chaque jour les médias ukrainiens disent que l'armée ukrainienne doit nous tuer.

 

Je suis fier d'être né dans le Donbass. Fier de vous. Ensemble nous vaincrons. L'ennemi sera vaincu.  »

Ces forces de réserve sont constituées de représentants de différents ministères et administrations, des cadets et des employés de sociétés privées, venant de toutes les régions et villes de la république. À elle seule, la ville de Gorlovka avait envoyé 3 000 réservistes.

Les étudiantes des facultés de médecine avaient aussi répondu présentes à l'appel. Elles viendront prêter main forte au personnel médical militaire afin de soigner les soldats sur le front en cas d'escalade brutale de la situation.

Aujourd'hui, via ce rassemblement, la population civile du Donbass a tenu à adresser un message clair aux autorités ukrainiennes : « Nous sommes prêts à faire la guerre s'il le faut, et la population est prête à venir renforcer l'armée existante ou prendre la relève si nécessaire. Ne venez pas vous y frotter ».

 

Regarder la vidéo du rassemblement :

Christelle Néant

le Donbass pleure les victimes de l’attentat de Saint-Pétersbourg sous les bombardements - Ukraine et Occident montrent un cynisme abject


Mercredi 5 avril 2017

 

Alors qu'un peu partout des cérémonies d'hommage aux victimes de l'attentat de Saint-Pétersbourg ont lieux, y compris à Donetsk, l'Ukraine et l'Occident continuent de faire preuve du cynisme le plus ignoble.

Le bilan de l'attentat terroriste qui a frappé le métro de Saint-Pétersbourg continue de s'alourdir depuis hier, et est désormais de 14 morts et 62 blessés dont 49 sont toujours hospitalisés. L'auteur de l'attentat aurait été identifié comme étant Akbarjon Djalilov, 22 ans, citoyen russe d'origine kirghize, venant d'une région connue pour avoir fourni une grande quantité de djihadistes à l'État Islamique.

À Donetsk aussi, les autorités et la population ont tenu à rendre hommage aux victimes de cet attentat sordide. Après la minute de silence au parlement de la République Populaire de Donetsk (RPD), et les déclarations officielles, comme celle d'Alexandre Zakhartchenko, qui a exprimé ses condoléances les plus sincères aux proches des victimes, son soutien aux autorités russes et sa certitude sur le fait que cet acte ne fera que souder encore plus le peuple russe, une cérémonie d'hommage a eu lieu en fin d'après-midi sur la place Lénine.

 

Denis Pouchiline, le président du parlement de la RPD, Nikita Kiosev, le chef de l'organisation « Jeune République », et plusieurs membres du mouvement République de Donetsk, sont ainsi venus se recueillir et affirmer leur soutien à la Russie dans cette épreuve, devant le signe « J'aime la Russie » qui se trouve dans le parc :

« Nous condamnons tous les actes terroristes et tous les actes de nationalistes radicaux. Rien ne peut justifier cela. Quelque qu'ait été le but, personne n'a le droit de prendre la vie de civils innocents. Le terrorisme est un défi pour la communauté internationale. Pour le combattre nous devons travailler ensemble, conjointement, et il ne peut y avoir de compromis dans ce combat. Nous savons mieux que personne ce qu'est la douleur de la perte, et nous offrons nos sincères condoléances aux familles et aux amis des victimes. Nous sommes avec toi, Russie », a déclaré Pouchiline.

« Il est particulièrement frappant que des crimes aussi terribles aient lieu dans la ville pacifique de Saint-Pétersbourg. Dans de tels instants, vous comprenez que la guerre est là, la guerre est proche. Particulièrement nous, habitants du Donbass, nous comprenons et connaissons la douleur que ressentent nos frères en Russie, et nous partageons leur douleur et leur chagrin, » a déclaré Nikita Kiosev.

 

Les personnes qui s'étaient rassemblées ont déposé des fleurs et des bougies devant l'objet d'art.

En Ukraine, pendant ce temps-là, certains se réjouissent des morts qu'a fait cet attentat, et les agences d'information d'état comme Unian, ne trouvent rien de plus immonde et de plus abject à faire que de faire porter la responsabilité de l'attentat... au FSB et donc au gouvernement russe.

Unian part même dans un délire sur le fait que la Russie voudrait accuser l'Ukraine (ce qu'elle n'a absolument pas fait). Le Caliméro ukrainien se tenait déjà prêt à jouer son rôle de victime du méchant ours russe… Du délire complotiste paranoïaque dans toute sa splendeur, le tout dans un média officiel d'état. Ça laisse rêveur.

Et en Europe ce n'est guère mieux, car en dehors des condoléances de convenance des chefs de l'état, l'Allemagne et la France s'illustrent par une énième marque de russophobie immonde.

 

Ainsi, en Allemagne, alors que la porte de Brandebourg avait été illuminée aux couleurs des pays touchés par des attaques terroristes après les attentats de Paris, Bruxelles, Istanbul, ou Londres par exemple, pour la Russie par contre pas question d'illuminer la porte de Brandebourg sous le prétexte foireux que Saint-Pétersbourg n'est pas une ville jumelle de Berlin (Sic).

Et ce alors que d'autres villes touchées par des attentats avaient bénéficié de dérogations à cette règle, pour la Russie pas question… À un tel niveau d'ignominie, on a envie de vomir.

 

Et pareil en France, à Paris, où la tour Eiffel sera simplement éteinte ce soir, au lieu d'être éclairée aux couleurs de la Russie (ce qui n'est pas bien compliqué vu que c'est les mêmes que la France mais dans un autre ordre, à moins que l'anti-patriotisme français soit allé jusqu'à bazarder toutes les ampoules aux couleurs du drapeau français)…

Ces réactions d'une puérilité sans nom s'ajoutent au cynisme du soutien toujours renouvelé de l'Occident à Kiev, qui s'illustre, par exemple, par la tranche d'un milliard de dollars qui a été accordée à l'Ukraine par le FMI, alors même que Kiev continue de bombarder le Donbass malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 1er avril. Aucun recueillement, aucun respect des engagements pris et aucun honneur de la part d'un pays qui a soi-disant fait une « révolution de la dignité ».

Depuis le Maïdan, la dignité de l'Ukraine, comme celle de l'Occident avant elle, a pris le large et ne semble pas avoir l'intention de revenir.

Le monde russe, et le Donbass en fait partie, pour sa part, continue de montrer honneur, solidarité et dignité dans l'adversité. Comme Denis Pouchiline ou Nikita Kiosev, je tiens aujourd'hui à adresser mes plus sincères condoléances aux proches des victimes et au peuple russe tout entier, et à assurer ce dernier de mon soutien dans ces moments terribles que la France a connu aussi.

Tous les français ne sont pas amnésiques, et je tiens à assurer aux Russes qu'il y a encore des français qui se souviennent que lorsque la situation fut inversée, les Russes nous ont soutenus de manière indéfectible et digne, malgré les comportements déjà honteux de nos dirigeants.

 

Christelle Néant

Laisser-faire occidental dans le Donbass et en Syrie - La communauté internationale a les mains couvertes de sang

Mardi 4 avril 2017

Le nouveau cessez-le-feu entré en vigueur dans le Donbass le 1er avril n'est toujours pas respecté par la partie ukrainienne, avec encore 36 violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne en République Populaire de Donetsk (RPD). Des bombardements qui ont endommagé un immeuble à Dokouchaevsk et blessé un soldat de la RPD.

La routine pourraient dire certains… Sauf que ces dernières 24 h ont été marqués par deux annonces qui font un peu tâche dans le décor des « valeurs » brandies par la communauté internationale, et une tragédie issue de ces mêmes pseudos valeurs.

La première annonce vient de Kiev, où le procureur général d'Ukraine, Iouri Loutsenko, a avoué publiquement dans une interview accordée au Bild, que l'Ukraine n'a pas l'intention de respecter les accords de Minsk qu'elle a pourtant signés.

Entre autre le cinquième point de ces accords, qui concerne l'amnistie générale pour les personnes ayant participé aux événements qui ont eu lieu dans certaines zones des oblasts de Donetsk et Lougansk.

Commentant ce paragraphe des accords de Minsk, Loutsenko a déclaré qu'une amnistie ne peut être accordée en Ukraine que sur une base individuelle. Et que donc de son point de vue, les 40 000 « séparatistes » ukrainiens devraient admettre leur culpabilité et demander l'amnistie, qui sera examinée au cas par cas par une cour ukrainienne.

Si une personne n'a pas commis de crimes trop graves elle pourra être pardonnée, sinon, ben direction prison. Et ce y compris pour les chefs de la RPD et de la RPL.

Décidément à Kiev on a une conception fascinante du droit et surtout des contraintes légales du point de vue du droit international qu'entraîne la signature d'un accord soutenu par l'ONU. Si l'Ukraine peut s'asseoir de cette manière sur les accords qu'elle a signé, c'est que les autorités ukrainiennes savent que la « communauté internationale » ne leur en tiendra pas rigueur grâce au soutien des USA.

La preuve : aucune plainte de Merkel suite à cette interview pourtant parue dans un média allemand ! Une faute lourde de la part de l'un des garant des accords de Minsk, que la Russie ne manquera certainement pas de rappeler la prochaine fois que l'Europe hurlera au non-respect de ces accords par la Russie.

Et pour montrer à quel point Kiev prend les instances internationales pour des dindes, il suffit de voir la deuxième annonce du jour. Celle de l'OSCE qui a « découvert » ce que la RPD et la RPL clament depuis déjà un bon moment, à savoir que les soldats ukrainiens utilisent des voitures maquillées comme des véhicules de l'OSCE pour mener des opérations de reconnaissance dans la zone grise.

Ainsi, le rapport de l'OSCE du 31 mars, mentionne qu'un SUV blanc portant le logo de l'OSCE sur ses flancs, et transportant des hommes en uniforme militaire, a été vu par les caméras de surveillance de l'OSCE à Avdeyevka, et qu'il avait déjà été repéré le 4 mars (il est « amusant » de voir qu'il a fallu attendre la deuxième occurrence de cet incident pour que l'OSCE le mentionne dans son rapport, en effet l'incident du 4 mars n'apparaît aucunement auparavant, ce qui montre bien que les rapports de l'OSCE sont partiaux, et qu'ils omettent un paquet de faits dérangeants pour Kiev).

Dans le rapport de l'OSCE aucune plainte au sujet de cette violation flagrante de toutes les normes du droit international, alors que l'organisation est bien plus prompte à dénoncer les entraves à sa libre circulation. Le deux poids deux mesures occidental se montre ici dans toute sa splendeur, et illustre s'il en était besoin pourquoi Kiev finira par lancer une offensive, puisque personne ne dit jamais rien aux autorités ukrainiennes lorsqu'elles ne respectent pas leurs engagements. Impunité totale.

Ce laisser-aller des USA et de l'UE aura les mêmes conséquences tragiques que celui qui a prévalu en Syrie, où la « communauté internationale » a fermé les yeux sur le développement d'une flopée d'organisations terroristes au nom des intérêts géostratégiques américains.

Des organisations qui semblent avoir décidé de se venger aujourd'hui contre les succès militaires de la Russie en Syrie, en perpétrant un attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg. Cet attentat a fait 10 morts et des dizaines de blessés (auxquels je tiens à adresser tout mon soutien et mes condoléances aux familles des victimes).

Si c'est ainsi que les terroristes espèrent faire plier la Russie, c'est qu'ils n'ont décidément rien compris au peuple russe. Tout comme Kiev n'a toujours pas compris que ces mêmes méthodes terroristes employées dans le Donbass ne feront pas plier sa population.

En attendant, l'Occident souille son âme en se rendant complice du bain de sang.

Christelle Néant

Un nouveau cessez-le-feu dans le Donbass et une armée ukrainienne qui ressemblent à un mauvais poisson d’avril

Alors qu’un nouveau cessez-le-feu est entré en vigueur cette nuit à minuit, l’Ukraine a tenu à montrer à quel point elle se fiche de respecter ses engagements dès le premier jour de ce cessez-le-feu, malgré ses belles promesses à Angela Merkel.

Ainsi durant les dernières 24 heures, l’armée ukrainienne a violé 86 fois le cessez-le-feu en République Populaire de Donetsk (RPD) dont sept fois après minuit. Tout y est passé des armes de petit calibre jusqu’à l’artillerie lourde de 122 mm et 152 mm, et même semble-t-il des munitions au phosphore blanc.

 

 

En effet, la nuit dernière lors du bombardement du point de passage de Yassinovataya par l’armée ukrainienne, la vidéo qui a été prise sur place montre l’explosion de plusieurs munitions incendiaires qui semblent bien contenir du phosphore blanc :

Les cartouches de ces projectiles explosées et non explosées vont être analysées pour vérification. Mais si cela est confirmé cela serait un nouveau crime de guerre cynique de l’armée ukrainienne contre la population du Donbass, clôturant une semaine déjà bien chargée avec 5 417 obus de mortier, de char d’assaut ou d’artillerie tirés par l’armée ukrainienne sur la RPD, et alors qu’un nouveau cessez-le-feu vient tout juste d’entrer en vigueur.

 

Ces bombardements ont fait un mort et un blessé parmi les soldats de l’armée de la RPD, qui se sont ajoutés aux 6 morts et 20 blessés de la semaine (civils et soldats inclus), et détruit plusieurs habitations, comme dans le district de Petrovskyi à Donetsk, où Sébastien Hairon s’est rendu pour filmer les dégâts :

Au total ces dernières 24 h, trois maisons et une école ont été endommagées ou détruites en RPD, et cinq villages de la république ont été privés d’électricité suite à ces bombardements de l’armée ukrainienne.

En République Populaire de Lougansk (RPL), le cessez-le-feu a tenu à peine une heure… Dès 1 h 20 du matin, l’armée ukrainienne s’est mise à pilonner Kalinovka, puis d’autres localités de la ligne de front, là aussi avec toute la gamme allant des armes légères jusqu’à l’artillerie de 122 mm.

Des provocations dont on voit mal à quoi elles pourront mener de sérieux en terme d’offensive, tant l’état de l’armée ukrainienne se situe entre pitoyable et effarant.

En effet, le ministère de la défense ukrainien a annoncé à peine 28 morts et 175 blessés pour le mois de mars, alors que les chiffres réels sont d’environ 70 morts et plus de 350 blessés parmi les soldats ukrainiens (chiffres venant des hôpitaux et des organisations de volontaires ukrainiens). Il y a tellement de blessés que certains soldats sont envoyés à l’hôpital militaire de Kiev.

Ces mensonges constants démoralisent les soldats ukrainiens qui désertent en masse. Résultat à cause de ce manque de soldats les rotations prévues dans la zone de l’OAT sont suspendues sine-die. Mais cette stratégie augmente encore le mécontentement parmi les soldats qui veulent rentrer chez eux et se mettent en plus en plus à désobéir à leurs commandants. Toutes ces manifestations de mécontentement sont sévèrement réprimées par la division Alpha du SBU qui est arrivée dans la zone de l’OAT.

Le clergé de l’église orthodoxe ukrainienne (qui n’est reconnue par personne) s’est mis lui aussi à essayer de remotiver les hommes, en envoyant ses prêtres sur le front pour bénir les soldats ukrainiens qui tuent des civils en présentant cela comme un « salut spirituel » (Sic).

Mais malgré tout cela, le commandement de l’OAT est obligé d’imposer une restriction de mouvement à ses soldats de 22 h à 5 h du matin à Kramatorsk, Dzerzhinsk, Dmitrov et Konstantinovka, pour réduire le nombre de déserteurs qui partent pour rentrer chez eux.

Et ce ne sont pas les rumeurs d’offensive imminente de la part de la RPD, censées renforcer la combativité des soldats ukrainiens qui améliorent la situation. Au contraire, les habitants des localités proches du front signalent que les soldats ukrainiens achètent massivement des vêtements civils pour se fondre parmi les habitants en cas d’escalade de la situation et cacher le fait qu’ils sont des soldats.

Toute ressemblance avec les techniques des djihadistes pour s’enfuir d’Alep Est n’est pas une coïncidence fortuite… Avec une armée dans un tel état on voit mal comment le commandement ukrainien espère mener une offensive de grande envergure, qui s’avère malheureusement de plus en plus inévitable, tant l’Ukraine plonge sur tous les plans (60 % de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté d’après l’ONU).

L’horloge tourne, et l’Ukraine poursuit sa descente en enfer. La question désormais n’est pas « si » mais « quand l’Ukraine va-t-elle toucher le fond et attaquer le Donbass en espérant ainsi remonter à la surface ? »

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/un-nouveau-cessez-le-feu-dans-le-donbass-et-une-armee-ukrainienne-qui-ressemblent-a-un-mauvais-poisson-davril/

 

48 h avec les soldats de l’armée de la RPD à Zaïtsevo - Récit de la vie quotidienne des défenseurs de la république au milieu des tirs

Samedi 1er avril 2017

 

Pendant 48 h, j'ai pu partager le quotidien des soldats de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) stationnés à Zaïtsevo, ce petit village au Nord de Gorlovka qui n'a jamais vu le cessez-le-feu.

Le commandant de l'unité qui m'a invitée à venir filmer leur quotidien est surnommé « Cuba ». Un communiste pur et dur, jusqu'à la sonnerie très soviétique de son téléphone portable.

Je connais Cuba depuis plusieurs mois, j'ai déjà fait plusieurs reportages et interviews des soldats de son unité. Mais toujours de jour, car Zaïtsevo est un village soumis quotidiennement aux tirs de l'armée ukrainienne, qui se déchaîne particulièrement pendant la nuit. Et si Cuba a bien envie d'éviter une chose, c'est d'avoir la mort d'un journaliste sur sa conscience.

Lui et une majorité de ses soldats font partie de ce que l'on appelle ici « la vieille garde » : les plus anciens parmi les combattants. Ils ont participé à la bataille de Slavyansk, de l'aéroport, de Saur Mogila, et de Debaltsevo, entre autre.

Lorsque nous arrivons vendredi 24 mars, la journée s'annonce agitée. La veille l'armée ukrainienne a tiré sur les positions de l'armée de la RPD stationnées là à coup d'obus de 152 mm, d'obus de canon antichar Rapira de 100 mm, et de roquettes, sans compter les tirs de véhicules de combat d'infanterie et d'armes légères.

L'un des bâtiments où vivent les soldats a reçu plusieurs obus, qui ont endommagé le plafond et mis le feu à une partie du bâtiment. Dehors, à quelques mètres du bâtiment nous pouvons voir un superbe cratère laissé par un obus de 152 mm, mais des tirs se faisant entendre nous ne pouvons pas rester longtemps et devons le filmer à la va vite.

Nous allons ensuite un peu plus loin, sur une autre position, là où nous passerons les prochaines 48 h, à quelques centaines de mètres à peine des positions de l'armée ukrainienne. Cuba est là pour nous accueillir. Nous retrouvons aussi « Estonien » et « Vova », deux soldats que j'ai déjà interviewés.

Nous arrivons en pleine journée, alors que les soldats qui ne sont pas dans la tranchée vaquent à leurs occupations. L'après-midi sera relativement calme, à part quelques tirs à l'arme légère. Mais dès le soir venu, la position devient un vrai spectacle son et (un peu) lumière.

À 20 h, alors que nous dînons tous ensemble dans la cuisine à la lumière d'une vieille lampe à pétrole (qui me rappelle celles de ma grand-mère), une première explosion se fait entendre à quelques mètres de nous à peine, au niveau du bâtiment où dorment les soldats. Suivi d'une deuxième, moins de 30 minutes plus tard. Les oreilles font mal et sifflent. Les tirs sont sporadiques au début, et donc difficiles à enregistrer avec la caméra, s'arrêtant dès que nous l'allumons, comme un mauvais jeu du chat et de la souris.

Puis l'armée ukrainienne se lâche, et tire à tout va sur la position et sur celle où nous nous trouvions plus tôt dans la journée. Lance-roquettes, canons antichars Rapira, obus de mortier, armes légères, tout y passe. Parfois des balles traçantes ou des fusées éclairantes illuminent la nuit noire, parfois non. Et il ne reste que les sons pour deviner ce qui se passe, et si nous risquons de nous prendre une balle ou un obus sur la tête.

Malgré les tirs constants, les soldats qui sont de repos continuent de dormir paisiblement dans l'un des bâtiments. Rien ne semble pouvoir perturber leur sommeil. Une accoutumance dangereuse à ces bruits face auxquels l'instinct de survie devrait normalement provoquer un réveil brutal afin de se mettre à l'abri.

En fin de soirée la pluie se met à tomber, interrompant les tirs de l'armée ukrainienne. Les soldats se mettent à discuter politique et géopolitique, se lançant dans des débats enflammés pour savoir ce qu'il adviendra de la République Populaire de Donetsk, et de l'Ukraine. Une fois sûrs que les tirs se sont calmés de manière durable, nous nous accordons tous quelques heures de sommeil grâce à la météo qui a fait taire les armes jusqu'au petit matin.

 

Voir la vidéo de ces deux journées sur le front, 48 h résumées en 12 minutes de film en mode « brut » avec les tirs, certaines scène de leur vie quotidienne, les blagues, et les coups de stress :

À peine levés, nous partons à la recherche des stigmates et des restes des bombardements de la nuit passée. Nous découvrons qu'une des explosions de la soirée a frappé un arbre tout proche, et surtout la récolte des obus tombés se révèle intéressante. Nous découvrons ainsi plusieurs obus de mortier montés sur des tubes de lance-roquettes. L'un d'eux n'a pas explosé. Nous apprenons que l'autre position a aussi été lourdement touchée la nuit dernière, entre de nouveau avec des tirs de canon antichars Rapira de 100 mm (donc interdits par les accords de Minsk).

Pour le petit-déjeuner nous nous faisons réchauffer vite fait une assiette de bortsch sur le poêle de la cuisine. Le « four micro-ondes de Zaïtsevo » comme l'appelle Cuba. Les soldats blaguent avec moi, font semblant de parler français. L'atmosphère est détendue. Mon collègue Alyosha me filme parfois tant il trouve ces blagues et certaines de mes réactions hilarantes.

Le début de journée est calme alors les soldats s'occupent en coupant du bois pour le poêle, en discutant politique ou en nettoyant leur arme. Mais très vite les tirs reprennent, d'abord à la mitrailleuse puis de plus en plus lourds alors que l'après-midi avance.

Dans le bâtiment où se reposent plusieurs soldats qui ont assuré la garde de nuit, les murs tremblent et la poussière tombe du plafond à plusieurs reprises lorsque des obus tombent non loin. Mais rien de tout cela n'interrompt leur sommeil, qui semble totalement imperturbable. Même la sonnerie, à plusieurs reprises, d'un téléphone ne réveillera pas son propriétaire.

La soirée sera de nouveau agitée, puis les tirs se calmeront. La nuit sera rythmée par quelques tirs à l'armée légère avant de se faire silencieuse.

Au petit matin, nous repartons, malgré l'invitation des soldats à rester avec eux plus longtemps. Alors que nous partons, Cuba me dit que ces deux jours étaient « calmes ». Je le regarde, cherchant à deviner s'il dit cela pour rire. Mais il n'en est rien. Il est tout à fait sérieux.

Voilà ce que ces soldats appellent deux jours « calmes » : des tirs tantôt sporadiques tantôt groupés, aux armes légères comme aux armes lourdes, de jour comme de nuit. Je lui demande ce qu'est alors un jour « non calme ». Il me tape alors sur l'épaule, avec un petit sourire triste, en me disant : « C'est mieux que tu sois venue pendant deux jours calmes ».

Pendant que nous rentrons sur Donetsk, je ne peux m'empêcher de repenser aux soldats et à la population de Zaïtsevo qui vivent comme cela au quotidien, en espérant que les prochains jours seront aussi calmes sinon plus que les deux que j'ai passés avec eux.

 

Note : Avant d'être avec Cuba, ces hommes étaient avec le commandant « Arkhar », qui a été tué par un sniper de l'armée ukrainienne le 5 mai 2016 à Zaïtsevo. Aimé de ses hommes, comme de la population locale, l'école de Gorlovka où il a étudié a décidé récemment de lui rendre hommage en installant une plaque commémorative en son honneur :

Christelle Néant

Regain de tensions dans le Donbass à la veille d’un nouveau cessez-le-feu - L’Ukraine, acculée, jette de l’huile sur le feu

Après avoir fait une victime civile (une femme) dans la nuit de mardi à mercredi, lors du bombardement massif du district de Kievsky à Donetsk, ainsi qu'un mort et un blessé parmi les soldats de la République Populaire de Donetsk (RPD) lors du bombardement de leurs positions, l'armée ukrainienne a continué crescendo la nuit dernière.

Les bombardements qui ont frappé 20 localités de la république ont endommagés ou détruit 18 habitations et blessé une civile ainsi qu'un soldat. Artillerie lourde (122 mm et 152 mm), mortiers de 82 mm et 120 mm, chars d'assaut, mais aussi véhicules de combat d'infanterie, véhicules blindés, lance-grenades et armes légères étaient à l’œuvre.

 

Les tirs ont principalement visé le district de Petrovsky, au Sud-Ouest de Donetsk, où se sont concentrées l'essentiel des destructions des dernières 24 h avec 12 habitation détruites ou endommagées. Un grand nombre d'entre elles sont très loin de la ligne de front et donc des positions de l'armée de la RPD comme on peut le voir sur cette carte, rien ne justifie donc leur bombardement, à part le plaisir sadique de tirer sur des civils :

Quatre maisons ont totalement brûlé, et les dégâts laissent à penser que ce sont des obus incendiaires qui ont été utilisés par l'armée ukrainienne. Si cela avait été des obus conventionnels, la femme qui a été blessée serait morte, l'un des obus ayant touché directement sa chambre à coucher. Une école a aussi été touchée lors de ce bombardement.

Ces tirs ont aussi privé d'électricité la station d'épuration de Donetsk (stoppant son fonctionnement) et la mine de Tcheliouskintsev, et détruit plusieurs lignes électriques et gazoducs.

Et en fin de journée l'annonce de la mort de deux civils à Yassinovataya après des bombardements lourds de la localité par l'armée ukrainienne est tombée.

Des crimes de guerre qui ne sont pas près de s'arrêter alors que le régiment Azov va être redéployé près de Donetsk, en replacement du bataillon Aïdar. Un redéploiement qui va se faire aux dépens de la population locale. Les combattants néo-nazis exigeant d'être mieux logés que les soldats ordinaires, les autorités locales dressent en effet la liste des maisons vides qu'ils vont pouvoir occuper (et piller) à leur guise.

Et ils ont intérêt à en profiter tant qu'ils peuvent, tant l'Ukraine se précipite de plus en plus vite vers le fond du gouffre. Car niveau mauvaises nouvelles, aussi bien économiques qu'en terme d'image du pays, l'Ukraine est plus que servie.

Après les actes de vandalismes et les pressions dont elle a fait l'objet, la filiale ukrainienne de la banque russe Sberbank va être vendue. Et il ne fait aucun doute que d'autres banques russes vont sortir elles-aussi rapidement du bourbier ukrainien. Laissant les Ukrainiens entre eux, et surtout tarissant les sources d'investissement russes qui alimentaient encore l'Ukraine.

Le FMI quant à lui continue de repousser sine-die la réunion de discussion sur la prochaine tranche à accorder à l'Ukraine, déclarant que ce sera discuté lundi prochain, mais sans le mettre à l'ordre du jour. Résultat 1,5 milliards de dollars sont toujours bloqués sans que l'Ukraine soit sûre de pouvoir les obtenir.

Et cette procrastination financière est contagieuse, puisque la banque mondiale a elle aussi décidé de reporter (pour le moment au 2 mai) une réunion lors de laquelle doit être approuvé un crédit de 150 millions de dollars pour l'Ukraine.

Et vu le jugement rendu par la Haute Cour de Londres concernant la dette de 3 milliards de dollars que l'Ukraine a envers la Russie, la situation financière du pays n'est pas prête de s'arranger. En effet, la Haute Cour de Londres a jugé que les arguments des autorités ukrainiennes pour refuser de rembourser les 3 milliards de dollars que la Russie lui a prêtés en 2013 n'étaient pas valables.

En clair : Kiev doit payer les 3 milliards de dollars ainsi que les intérêts. Bien sûr l'Ukraine va faire appel de cette décision et a accepté une suspension des procédures jusqu'à fin avril, afin de gagner encore du temps. Mais il y a peu de chances pour que le jugement en appel soit différent vu le vide intersidéral des arguments de Kiev.

Et ce n'est pas avec l'exclusion de la candidate russe à l'Eurovision que l'Ukraine va redorer son image. Que du contraire. Sortant de sa passivité habituelle vis à vis des autorités de Kiev, la directrice générale de l'Union européenne de radio-télévision a en effet menacé de suspendre l'Ukraine des prochaines éditions de l'Eurovision suite à cette exclusion scandaleuse, qui n'est rien de moins qu'une instrumentalisation politique d'un événement qui, comme le sport, devrait être neutre et au-dessus de ce genre de conflits entre pays.

Et cette russophobie ne va faire que s'aggraver en Ukraine suite à la signature d'un manifeste nationaliste ukrainien complètement délirant, sorte de dystopie nationaliste pour fous furieux débiles.

Dans un manifeste de 20 points soulignant les objectifs communs des nationalistes ukrainiens, les sommités de ces mouvements comme Oleg Tiagnybok (Svoboda), Andriy Biletsky (Corps National), Andriy Tarasenko (Pravyi Sektor), Stepan Bratsioun (Congrès des Nationalistes Ukrainiens), Bogdan Chervak (OUN) et Sergueï Mazour (organisation C14), ont jeté sur papier toutes les propositions les plus délirantes et les plus destructrices pour leur pays qu'il était possible d'imaginer.

Au milieu de propositions visant à créer une église nationale unifiée basée à Kiev (alors que leur église orthodoxe n'est actuellement reconnue par aucune autre, ce qui reviendrait rien moins qu'à éradiquer les autres églises orthodoxes d'Ukraine, et serait donc une violation flagrante d'un paquet de conventions internationales), se trouvent des propositions visant à imposer la langue ukrainienne comme langue unique en Ukraine (détruisant non seulement le russe, mais aussi la langue des Tatars de Crimée, le hongrois, le ruthène ou le roumain), retrouver son statut de puissance nucléaire (je vous laisse imaginer le désastre quand on voit déjà ce qui est arrivé dans l'entrepôt de munitions conventionnelles près de Kharkov), faire cesser tout commerce de sociétés russes sur le territoire ukrainien (et empêcher aussi tout investissement russe), et ranimer ce vieux fantasme de l'Intermarium (une sorte de fédération allant de la Baltique à la Mer Noire)…

Le tout en se prétendant « neutres » (ni Ouest, ni Est), alors que manifestement leurs délires sont directement inspirés par l'OTAN. L'OTAN qui tout en prétendant ne pas avoir de velléités agressives contre la Russie, prouve chaque jour le contraire par ses actes. Ainsi cette offre d'emploi quelque peu surprenante qui est apparue en Allemagne, où l'OTAN offre comme job d'été de jouer des civils russes lors d'une simulation de guerre de l'OTAN. Sic.

Si ça c'est pas chercher la guerre et prendre les gens pour des cons, je ne sais pas ce que c'est… En attendant, l'OTAN, comme l'Ukraine devraient se méfier de ce qu'ils appellent tant de leurs vœux : un conflit avec la Russie. Car comme le dit le dicton populaire « il se pourraient bien qu'ils l'obtiennent », et si les Russes ne commencent jamais une guerre, ils la finissent toujours.

Christelle Néant

 

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 26 mars 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le dimanche 26 mars 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
01’38 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’41 » – Armes lourdes absentes des zones de stockage enregistrées par l’OSCE
05’05 » – Nouvelle tentative d’attaque de l’armée ukrainienne dans le Sud de la RPD
07’53 » – L’armée ukrainienne recrute de force pour remplir ses unités
08’29 » – Explosion d’un énorme stock de munitions près de Kharkov
12’30s » – Attaque terroriste ukrainienne contre le ministère de la Défense de la RPD
13’30 » – Racket organisé par les bataillons nazis au point de passage de Stanitsa Louganskaya

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK
14’54 » – La RPD et la RPL ont entamé leur processus d’intégration au sein de la fédération de Russie

ÉCONOMIE
19’03 » – Premier forum économique sur l’investissement en RPL

DIVERS
20’22 » – Un premier vétéran de la Grande Guerre Patriotique vivant en territoire occupé bénéficie du programme humanitaire de la RPD
21’44 » – Les demandes de passeport de la RPL explosent

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
23’12 » – L’économie ukrainienne plonge suite au blocus total du Donbass
25’08 » – Les banques russes veulent fuir le marché ukrainien
26’24 » – L’Ukraine vend son tchernoziom en sacs
27’54 » – L’Ouest de l’Ukraine au bord de la sécession à cause du trafic de l’ambre
29’09 » – Un petit chiffre qui en dit long sur ce que pensent les Ukrainiens

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
29’28 » – Les autorités ukrainiennes obligées d’admettre l’identité de l’assassin de Denis Voronenkov après avoir hurlé à la main du Kremlin

 

33’51 » – Conclusion

Alexandre Zakhartchenko - Il n’y a pas de place pour les traîtres comme Ianoukovytch dans le Donbass

« La négativité sur les réseaux sociaux, comme réponse des habitants de la République Populaire de Donetsk à cette nouvelle, est une réaction normale de personnes normales.

De fait, Ianoukovytch est le président actuel de l'Ukraine. Il n'a pas remis son pouvoir, il n'y a pas eu d'élections normales, et tout ce qui a eu lieu pendant son exil et sa fuite, est une prise illégale du pouvoir. Mais je voudrais éclaircir les choses une fois pour toutes : Ianoukovytch n'a aucun lien avec tout ce qui concerne la République Populaire de Donetsk.

Qu'il ait été le président ou qu'il le soit de nouveau à l'avenir, on s'en fiche. Où était le président le 26 mai 2014 ? Et lors de l'assaut sur Debaltsevo ? D'abord il était à Kharkov, puis il s'est enfui en Russie. Le président n'était pas avec son peuple ! Et cela s'applique à tous : Ianoukovytch, Azarov, Klimenko, Arbouzov, mon homonyme Zakhartchenko et d'autres. Je suggère d'ajouter ces personnes à la liste de ceux qui sont interdits d'entrée en République Populaire de Donetsk. Nous n'avons rien à faire avec les traîtres !

Si cela concernait le fait qu’Ianoukovytch apparaisse bientôt à Kiev, nous nous serions assis pour en discuter. Pour Ianoukovytch, Kiev est le point dont il s'est enfui et le point où il doit retourner. Qu'est-ce que cela a à voir avec Donetsk ? Le président n'a pas été renversé d'ici, sa voiture n'a pas été la cible de tirs à Donetsk, il n'y a pas eu de pneus brûlés près de ses fenêtres. Si Ianoukovytch avait agi avec sagesse en 2013-2014 : il n'aurait même pas été nécessaire de demander l'aide militaire de la fédération de Russie, il aurait simplement suffi de donner des armes aux gens du Donbass, et alors il n'y aurait pas eu de guerre.

Nous aurions dispersé le Maïdan en deux heures. Nous aurions réussi à éviter les dizaines de milliers de morts de ces trois dernières années. En tant que président normal il devait comprendre ce qu'il risquait, des milliers de vies de citoyens, la destruction de l'économie, et de manière générale le destin du pays. Au lieu d'agir, il s'est enfui en Russie comme un lâche, et maintenant il veut revenir  ? Pas chez nous. Il y a Kharkov, Kiev …. Nous pouvons faire une collecte pour lui acheter un ticket s'il n'a pas d'argent, » a déclaré le chef de la République Populaire de Donetsk.

Source : Site officiel du chef de la RPD Alexandre Zakhartchenko

Agence DONi News / Traduction officielle par Christelle Néant

 

Note de la traductrice : Cette déclaration fait suite à la publication par des médias ukrainiens d'un plan d'action de règlement du conflit dans l'est de l'Ukraine élaboré par Paul Manafort, l'ex-conseiller d’Ianoukovytch, prévoyant que ce dernier retournerait en Ukraine en tant que gouverneur de la RPD et de la RPL.

Le commandant de l’OTAN en Europe appelle à armer l’Ukraine jusqu’aux dents

Ainsi le commandant suprême des forces alliées en Europe, le Général Curtis Scaparrotti a déclaré, lors d'une audition du Comité des forces armées du Sénat des États-Unis, soutenir le fait de fournir des armes létales à l'Ukraine, histoire de continuer à faire monter les tensions, alors que le pays est ravagé par la guerre civile depuis bientôt trois ans.

Il a aussi déclaré que l'armée russe utilise les « séparatistes » comme intermédiaires pour tester de nouvelles méthodes de guerre et de nouvelles armes létales dans le Donbass.

«  Ils (l'armée ukrainienne) sont face aux soi-disant séparatistes, qui sont en réalité soutenus par la fédération de Russie, qui leur fourni des armes létales et teste aussi de nouvelles méthodes de guerre. Nous devons renforcer les capacités de défense des forces armées ukrainiennes autant que faire se peut, » a-t-il déclaré.

Comme si l'Ukraine ne génocidait pas suffisamment sa population dans le Donbass en l'état actuel des choses, avec les armes, équipement militaires et instructeurs déjà fournis par l'OTAN…

Je passerai sur la psychose concernant l'aide militaire soi-disant fournie par la Russie aux Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) qui est du délire à l'état pur quand on passe un peu de temps sur le front au contact des soldats de la RPD ou de la RPL, qui sont tout sauf équipés d'armements russes dernier cri.

L'OTAN poursuit donc sa rhétorique guerrière anti-russe, aidée par les médias de ses pays membres, qui pratiquent une propagande russophobe acharnée qui vire à l'absurde et au ridicule lorsqu'elle en vient à ressusciter l'URSS dans un lapsus révélateur des vieilles peurs sur lesquelles joue cette organisation militaire pour justifier son existence.

 

Et pendant qu'elle accuse la Russie d'être agressive, les troupes de l'OTAN se dirigent vers la Pologne afin soi-disant de « dissuader des actions offensives russes » :

Pourtant il suffit de regarder une carte pour bien se rendre compte de qui est agressif en tentant d'encercler l'autre, et qui est celui qui ne fait que se défendre :

Près de 140 000 tonnes de munitions parties en fumée dans le Donbass et le milliard du FMI qui se fait toujours attendre


Vendredi 24 mars 2017

 

La journée d'aujourd'hui fut marquée par cette explosion spectaculaire d'un énorme entrepôt de munitions de l'armée ukrainienne situé à 40 km de la ville de Kharkov suite à un incendie, vraisemblablement criminel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le feu s'est déclenché à environ 3 h ce matin (23 mars) dans le district de Balakleyevsky, et a touché plusieurs des zones de stockages de roquettes et d'obus (entre autre des obus de chars d'assaut et d'artillerie de 125 mm et 152 mm), dont il a provoqué l'explosion. Il n'y a eu aucune victime, les habitants des environs ont été évacués, et une zone de sécurité de 7 km a été définie.

Et alors que les autorités ukrainiennes parlent de sabotage de la part de partisans des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), le commandant en second de l'armée de la RPD, Édouard Bassourine, ainsi que des civils vivant dans la zone de Kharkov, accusent des soldats ukrainiens ou des membres de bataillons nazis d'avoir eux-mêmes mis le feu aux hangars afin de dissimuler l'absence d'un certain nombre de munitions.

Une absence qui serait due au vol (et certainement à la revente plus que lucrative) de ces mêmes munitions par les soldats ukrainiens. Une inspection de ces hangars par le ministre de la Défense ukrainien et le vice—ministre de la Défense en charge des armements, était en effet prévue le lendemain. Afin d'éviter la punition inévitable après que cette inspection ait révélé l'ampleur du détournement, les soldats auraient mis le feu aux différents hangars afin de détruire toute preuve de l'absence des munitions volées. Pas vu pas pris…

Et contrairement à ce que les autorités ukrainiennes clament haut et fort, cette destruction d'une grosse quantité de munitions pose un problème à Kiev, alors que le FMI traîne toujours à sortir l'argent promis. Avec quel argent l'Ukraine va-t-elle pouvoir remplacer toutes ces munitions détruites ?

Car il ne faut pas se leurrer, comme Alexandre Zakhartchenko l'a encore dit cette semaine, lors de sa ligne directe avec des habitants de la partie de la région de Donetsk occupée par l'armée ukrainienne, la probabilité d'une reprise de la guerre à grande échelle par l'Ukraine est extrêmement haute, car les autorités de Kiev sont acculées. En deux mois, l'armée ukrainienne a fait pas moins d'une trentaine d'attaques contre les lignes de défense de l'armée de la RPD.

Des attaques qui ont engendrées de lourdes pertes au sein de l'armée ukrainienne, que les autorités n'arrivent plus à combler correctement. Résultat l'armée ukrainienne recoure au recrutement forcé, y compris dans les zones du Donbass qu'elle occupe, en envoyant des soldats dans les maisons ou dans les entreprises afin de forcer les gens à signer un contrat avec l'armée. S'ils veulent y échapper les hommes doivent démissionner et se cacher. Les bataillons nazis quant à eux montent des camps pour faire la promotion de leurs unités auprès de la population.

L'Ukraine est devenue une gabegie géante, alors qu'à la suite de la Sberbank, d'autres banques russes ont déclaré se préparer à devoir partir rapidement avec le moins de pertes possibles du marché ukrainien. Le climat d'investissement en Ukraine a été totalement détruit par les actions stupides des néo-nazis ukrainiens et des autorités de Kiev. Désormais, non seulement les banques, mais aussi les investisseurs privés vont fuir cet ex-pays dans lequel les autorités peuvent prendre des décisions aberrantes et hautement destructrices pour l'économie du jour au lendemain.

Et ce n'est pas le pauvre milliard de dollars du FMI et les 600 millions d'euros de l'UE que Porochenko est désormais littéralement en train de mendier publiquement, en arguant que l'Ukraine en a besoin comme on a besoin d'air pour respirer, qui vont changer profondément la donne.

Les dégâts infligés à l'économie ukrainienne sont bien au-delà des quelques miettes que les oligarques et la guerre du Donbass laisseront sur ces 1,5 milliards d'euros que le FMI et l'UE doivent verser. L'heure tourne, et l'Ukraine appuie toujours plus sur l'accélérateur en direction du mur.

Christelle Néant

 

 

L’armée US intervient en Ukraine?

L’armée américaine a annoncé le déploiement de la 45e brigade d’infanterie en Ukraine. Un message intitulé « 45e brigade d’infanterie se prépare au déploiement en Ukraine » a été publié sur le site officiel de l’armée américaine army.mil. Plus tard, les responsables du site l’ont supprimé.

On ignore toujours pourquoi ce message a été publié et pourquoi les militaires américains ont décidé de le supprimer. L’armée US s’abstient de commentaires.

La 45e brigade d’infanterie de l’armée des États-Unis est basée dans la ville de Norman (Oklahoma). C’est une partie de la garde nationale de l’Oklahoma. La brigade entraînait des combattants afghans et a réalisé plusieurs missions en Arabie Saoudite, au Koweït et en Irak. La garde nationale de l’Oklahoma serait déployée en Ukraine dans le cadre des exercices militaires conjoints américano-ukrainiens.

Auparavant, Pravda.Ru a rendu public que les militaires ukrainiens avaient annoncé des tests de missiles produits en Ukraine.

« Aujourd’hui, les tirs d’essai de missiles ukrainiens produits avec la participation du consortium Ukroboronprom et l’Agence spatiale nationale ukrainienne ont été effectués », a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité et de défense nationale (SNBO) Alexandre Tourtchinov. Selon lui, lors des tests, les militaires ukrainiens ont vérifié les systèmes de contrôle de missiles et de la précision en distance.

« Tous les tirs ont été réussis. Toutes les cibles ont été atteintes », a déclaré le secrétaire du SNBO.

Les photos qui accompagnent ce message montrent les tirs effectués par lance-roquettes multiple Smertch.

Alexandre Tourtchinov a également ajouté que les forces armées ukrainiennes « recevaient des armes puissantes » depuis 2016.

Des saboteurs ukrainiens détenus dans la république populaire de Lougansk (LNR) ont raconté comment les militaires américains les avaient entraînés.

« D’abord, environ 20 personnes sont arrivées, maintenant il n’y en a plus que sept. Tous sont des militaires de l’armée américaine. Ils ont donné des cours de tir, de formation incendie, de sabotage et de reconnaissance, ainsi qu’une formation tactique. Ils formaient un groupe de diversion », a déclaré Sergueï Ivantchouk, un saboteur arrêté.

Selon lui, les soldats ukrainiens ont reçu des explosifs C-4.

Les instructeurs ont été enregistrés par les soldats ukrainiens. Sur un des enregistrements, ils ont raconté une « tactique russe ». Un des instructeurs a donné le descriptif suivant : « un ennemi recule en faisant savoir ne pas être prêt à combattre. Mais il ne faut pas le suivre pour ne pas être mitraillé ».

Le Pentagone accorde une aide militaire à l’Ukraine, mais d’après les déclarations officielles des États-Unis, il ne s’agit que de livraisons d’uniformes et d’équipements militaires et pas d’« armes létales ». Qui plus est, des instructeurs américains sont engagés dans la formation des troupes ukrainiennes.

Source: http://www.pravdafrance.com/news/international/22-03-2017/1304074-INTERNATIONAL-0/

 

Le Donbass mène pas à pas son intégration avec la Russie et s’éloigne d’une Ukraine en pleine désintégration


Mercredi 22 mars 2017

Comme je l'avais écrit dans un article précédent, la logique suicidaire des autorités de Kiev est en train de disloquer le pays. Et chaque jour qui passe rend cette dislocation de plus en plus visible.

 

Suite aux sanctions envisagées contre les banques russes, la Sberbank (7e banque du pays) a annoncé chercher à sortir le plus rapidement possible du marché ukrainien, c'est-à-dire du bourbier économique, financier mais aussi politique qu'est devenue l'Ukraine.

Cette annonce est un très mauvais signal pour l'Ukraine, car cela signifie clairement une fuite de capitaux, mais aussi une future perte de taxes, le chômage pour 2 000 personnes, et une perte d'investissements dont le pays a pourtant un besoin vital.

Sans parler de l'image du pays à l'international et des autres banques qui pourraient à minima arrêter d'investir dans un ex-pays tel que l'Ukraine, et à maxima imiter la Sberbank. Si la Sberbank sort du marché ukrainien, le secteur bancaire du pays risque fort un effondrement fatal par effet domino.

 

Et ce ne sont pas les nouvelles en provenance du FMI qui vont redonner le sourire aux Ukrainiens. Car suite à la légalisation par l'état ukrainien du blocus total du Donbass qui avait été lancé au départ par les groupuscules nazis, le FMI a retiré de son agenda les discussions qui devaient avoir lieu concernant la prochaine tranche à accorder à l'Ukraine.

Le milliard de dollars promis par le FMI est donc désormais mis en suspens, car pour l'institution, ce blocus change totalement les paramètres macroéconomiques ukrainiens, et pas en bien. Le FMI est bien conscient que ce blocus va plomber l'Ukraine et exige que le pays revoit sa copie concernant l'accord qui permettra d'obtenir le milliard.

En clair : pour obtenir son su-sucre, l'Ukraine va devoir se déshabiller un peu plus. Après la réforme des retraites et celle de la vente des terres agricoles, une députée européenne Lettonne a découvert par inadvertance, dans son propre pays, que du tchernoziom ukrainien était à vendre en sacs, comme on vend du compost.

Après avoir vendu ses terres aux entreprises de l'agro-business qui veulent y faire pousser des OGM, voilà que l'Ukraine vend sa précieuse terre, morceau par morceau, aux pays européens, pour que les habitants de l'UE puissent avoir de jolies tomates dans leur jardin.

Quand on lit cette nouvelle, on se demande si on n'a pas plongé en plein cauchemar ou dans la quatrième dimension. Quelle sera la prochaine étape de cette Ukraine post « révolution de la dignité » (on se demande d'ailleurs où est la dignité quand un pays en vient à vendre sa terre comme du vulgaire compost) ? Qu'est-ce que l'Ukraine vendra après morceau par morceau ? Ses habitants ?

Et au milieu de ce bourbier infâme, Porochenko, mis devant la gabegie accomplie face au FMI, essaye désormais de se défausser de sa responsabilité. Le soi-disant président ukrainien se réveille un peu tard lorsqu'il dénonce le fait que le blocus du Donbass était irresponsable au vu de la frontière que partagent les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) avec la Russie, et que la seule chose que ce blocus a réussi à faire c'est pousser encore plus les deux républiques dans le giron russe, et les éloigner de l'Ukraine.

Bravo Watson, mais tu te réveilles un peu trop tard, le mal est fait, c'était avant d'agir qu'il fallait réfléchir, pas l'inverse. Il est désormais trop tard pour dire que les groupes nazis ukrainiens qui ont organisé ce blocus devront répondre de leurs actes. Ils n'ont quasiment jamais eu à répondre de leurs crimes depuis le Maïdan, pourquoi cela changerait-il maintenant, alors que l'état ukrainien se décompose à vue d’œil et que le peu d'autorité qu'il avait fond comme neige au soleil ? L'Ukraine devient une entité néo-féodale, comme l'avait prédit Tetiana Montian.

La preuve en est sur le point de passage de Stanitsa Louganskaya, seul point de passage autorisé entre l'Ukraine et la RPL. Les bataillons nazis qui tiennent ce point de passage, créent artificiellement des files d'attente interminables depuis la mise en place du blocus total, et vendent ensuite les places dans la file d'attente. Prix de départ : 200 hryvnias. Résultat, certaines personnes attendent depuis des jours de pouvoir franchir le point de passage. Du cynisme à l'état pur que rien ni personne n'est plus en mesure de sanctionner.

Lancée dans son saut de l'ange, l'Ukraine continue ses provocations et tentatives d'attaques stupides. Ainsi, hier, deux pelotons de l'armée ukrainienne ont tenté de percer les lignes de défense de la RPD dans le Sud de la république (près de Kominternovo). Cette tentative a échoué lamentablement, après 12 morts et 14 blessés côté ukrainien. Deux véhicules de combat d'infanterie et un char d'assaut ont aussi été détruits. Côté RPD, l'armée a eu à déplorer trois morts et deux blessés pour la journée d'hier.

Et ces tentatives d'attaques ne promettent pas de diminuer alors que de plus en plus d'officiels en Ukraine disent ouvertement que le conflit du Donbass ne se réglera pas par la diplomatie mais par les armes, comme Iouri Bereza du front populaire, qui a appelé à créer une armée ukrainienne puissante pour vaincre le Donbass.

Un joli fantasme qui risque se heurter à la réalité : 78 % des Ukrainiens sont prêts à soutenir la séparation du Donbass si cela met fin à la guerre. Sans compter qu'au vu de l'intégration croissante du Donbass avec la Russie, une attaque de grande envergure de l'armée ukrainienne risquerait fort de se heurter à bien plus que la milice populaire.

 

Car suite aux réunions qui ont eu lieu en Crimée entre Alexandre Zakharchenko, Igor Plotnitsky et des officiels russes, lors desquelles le chef de la RPD avait annoncé ses certitudes sur une future intégration du Donbass au sein de la fédération de Russie, les jalons de cette future intégration commencent à être posés.

Ainsi dans la lignée des propositions de coopération économique et commerciale entre la Crimée et le Donbass, les deux régions non reconnues internationalement ont décidé de créer une entreprise commune qui permettra de faciliter les échanges commerciaux malgré les sanctions.

Cette Union Économique Crimée-Donbass travaillera dans la droite ligne du Comité d'Intégration Russie-Donbass qui a été créé lors de ces réunions en Crimée.

Un site internet a été lancé, afin de communiquer sur les actions de ce comité d'intégration. À l'issue de la première session de ce comité, le 17 mars, Alexandre Zakharchenko a détaillé les objectifs de ce comité et les actions déjà prévues.

« Aujourd'hui nous avons discuté des domaines culturel et éducatif. Plus de 500 événements dédiés à la culture et au sport sont prévus. À l'heure actuelle, l'économie de la RPD est en voie de croissance. Par conséquent, trouver des débouchés pour nos produits et obtenir des matières premières de la fédération de Russie sont nos objectifs principaux. Le processus est en cours, nous verrons les résultats de notre travail très bientôt et nous en informerons bien sûr le public,  » a déclaré Alexandre Zakharchenko.

Sans verser dans les espoirs insensés, la machine est belle et bien lancée pour une future intégration, pas à pas, du Donbass au sein de la fédération de Russie. L'intégration sera d'abord économique, sociale, culturelle et humanitaire. Puis étendue petit à petit jusqu'à ce que le Donbass arrive au bout du même processus que la Crimée il y a trois ans. Et comme les Criméens, la population du Donbass pourra certainement se féliciter d'avoir fait ce choix, et d'avoir quitté le radeau de la méduse qu'est devenue l'Ukraine.

Christelle Néant

 

 

Vers un nouveau Yalta : Création du Comité d’intégration Russie-Donbass

Le 17 mars 2017 a été fondé, en Crimée, le Comité d’intégration Russie-Donbass à l’occasion du 3e anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie. Va-t-on vers un nouveau Yalta?

Comité d’intégration Russie-Donbass

 

Dans le Palais de Livadia, à Yalta, comme en 1945, s’est tenue l’assemblée constitutive du Forum d’intégration Russie-Donbass, à laquelle ont pris part des députés russes, des membres du Conseil de la Fédération, des représentants des régions, des experts et les dirigeants de DNR et LNR. Si pour l’instant aucune décision politique officielle n’a été prise concernant l’intégration de ces républiques dans la Fédération de Russie, des mécanismes d’intégration sectorielle sont mis en place.

Le blocus mis en place par l’Ukraine a contraint le Donbass à renforcer ses liens avec la Russie et celle-ci est manifestement prête à assumer ses obligations. Ainsi, le député A. Kozenko a déposé un projet de loi visant, après la reconnaissance des passeports de DNR et LNR, à permettre à leurs titulaires de ne pas avoir besoin d’autorisation de travail en Russie et devant faciliter l’intégration des entreprises dans l’espace russe.

V. Konstantinov, premier ministre de Crimée, a insisté sur le fait que l’intégration politique ne devait pas trop tarder, car le retour vers l’Ukraine n’était plus possible. Il est vrai que la Crimée est particulièrement sensible à ces processus, les ayant elle-même vécus il n’y a que trois ans de cela. Et lancer le processus d’intégration du Donbass à l’occasion des cérémonies de commémoration du rattachement de la Crimée est fortement symbolique.

Les intervenants ont mis en avant le renforcement prévu de la coopération culturelle, mais aussi dans le domaine médical ou de l’enseignement, des processus d’intégration économique et sociale. A ce jour, la Russie a envoyé 62 convois humanitaires dans le Donbass, mais ce n’est plus suffisant. Pour le membre du Conseil de la Fédération S. Mamedov, si la Russie s’est toujours prononcée pour le respect et l’exécution des accords de Minsk 2, il faut être aveugle pour ne pas voir par la faute de qui ils ne sont pas exécutés et ne le seront pas. Il y a donc une reconnaissance de l’échec de ces accords.

Les dirigeants des Républiques de Donetsk et Lugansk ont largement soutenu ce processus qu’ils appellent de leurs voeux, estimant que trois années à verser leur sang pour garder le droit d’appartenir au monde russe légitime leur position.

I. Plotnitsky, le dirigeant de LNR, a déclaré que le Donbass était le coeur de la Russie. Il s’est retrouvé en Ukraine à la suite d’une erreur historique qu’il convient de corriger.

Quant à A. Zakharchenko, le dirigeant de DNR, le Donbass a toujours été intégré dans l’économie russe, que ce soit à la période impériale ou soviétique, et il réoriente son activité, à nouveau, vers la Russie. Quant à l’avenir, ils prennent pour exemple la Crimée.

A la fin de l’assemblée, les participants ont fondé le Comité d’intégration Russie-Donbass, ayant qualité d’association. Il a officiellement pour but de renforcer le processus d’intégration culturelle, humanitaire, économique et sociale. Officiellement, il ne s’agit pas encore d’intégration politique, mais le processus est lancé.

Le choix du lieu pour l’organisation de cet évènement est loin d’être anodin. C’est dans ce Palais qu’en 1945 un nouvel ordre mondial, malgré les résistances des “alliés”, fut institué. En lançant le processus d’intégration du Donbass, la Russie se prononce pour un nouvel ordre mondial, multipolaire, dans lequel les Etats sont responsables de leur politique et en assument les conséquences.

Il est évident que l’Occident ne va pas prendre la chose à la légère, car il n’est pas prêt de remettre en cause ni ses avantages, ni son impunité. Jusqu’à présent, depuis la chute de l’URSS, les Etats Unis, avec l’OTAN et l’UE, ont pris l’habitude de pouvoir écarter du pouvoir les dirigeants qui dérangent, de faire exploser les pays et les recomposer à leur guise et en fonction de leurs intérêts du moment, de mettre des territoires sous gouvernance internationale et l’Europe de l’Est et la Russie sous “contrôle démocratique”. Le tout en se fondant sur sa volonté souveraine et sans avoir à répondre des conséquences de ses politiques, lorsque les Etats sont détruits, la population livrée à elle-même mais les actifs “utilement” répartis entre les sociétés “démocratiques”.

La Russie a déjà lancé deux alertes. La première avec l’intégration de la Crimée suite au référendum populaire des habitants de la presqu’île, voulant fuire ce chaos fascisant en Ukraine. Ainsi, le message était le suivant: vous pouvez lancer des mouvements révolutionnaires et faire tomber les régimes, mais dans ce cas il y a risque de perte de l’intégrité territoriale, puisque l’Etat a été remis en cause. La seconde alerte a été lancée avec la Syrie. Depuis la chute de l’URSS, la Russie ne se mêlait pas des affaires de l’Occident à l’étranger, même dans son étranger proche. En Yougoslavie, elle a pu réagir diplomatiquement, mais elle était encore trop faible pour pouvoir mettre un frein aux appétits occidentaux. Or, le temps a passé et l’Etat a été rétabli. Elle a ainsi, à la surprise générale, répondu à l’appel du Gouvernement syrien pour l’aider à lutter contre les mouvements islamistes, dont certains, comme Al Quaïda, bénéficient d’un soutien ouvert des pays démocratiques. L’intervention militaire de la Russie en Syrie a permis de renverser le rapport de force, ce que la coalition américaine n’a pu ou voulu faire et de permettre de laisser au peuple syrien la liberté de choisir son avenir politique, la décision prise par la coalition américaine de renverser Assad ayant été reportée sine die. Ici aussi, le message est clair: la communauté internationale n’a pas le droit de retirer aux populations nationales le droit de décider de leurs dirigeants sous couvert d’intervention militaire presqu’humanitaire.

Pour autant, à chaque fois que la Russie ne fait montre de force, on la considère comme faible. Lorsqu’elle négocie les accords de Minsk, les “partenaires” la font passer du rôle de garant à celui de partie et justifient ainsi l’adoption de sanctions. Quant au discours, il atteint des sommets de violence – pour l’instant verbale. La guerre de l’information discrédite des médias ayant pourtant très longtemps bénéficié d’une excellente réputation, discrédite un système idéologique, le libéralisme, considéré comme libérant l’homme. Ces crises fondamentales de notre système entraînent une période d’hésitation, de vide. Car les médias ne peuvent être remplacés par d’autres plus sûrs et une sorte de guerre interne a commencé, chacun avaçant sa Vérité, la radicalisation devenant preuve d’objectivité, la partialité remplaçant l’investigation, la description biaisée l’analyse. Crise idéologique aussi suite à la radicalisation du libéralisme discréditant a priori toute contestation, devenant totalitaire en ce qu’il s’est donné pour mission de créer cet homme nouveau sans frontières et sans culture, cet homme mondialisé.  Mais aucune idéologique acceptable ne l’a remplacé et l’on tourne toujours dans une graduation variable autour du paradigme libéralisme/conservatisme. Les Etats étant classés non pas en fonction de leur politique réelle, mais en fonction de l’image que l’on veut donner d’eux, sachant que “libéralisme” est toujours synonyme de “Bien”.

L’Ukraine est, en ce sens, un bon pays, car elle a choisi la voie “européenne”. Elle est contre la Russie, donc elle est démocratique et libérale. Et l’on ne veut pas voir les groupes néonazis, l’on ne veut pas voir la répression de l’opposition, la destruction des mécanismes judiciaires, les dysfonctionnements du Parlement. Elle est du côté du bien. Et l’Occident ne peut réellement voir le blocus.

La Russie a envoyé son troisième signal. Dans ce cas, l’on ne laisse pas les populations souffrir parce que les “valeurs” européennes ne permettent plus de les protéger. Elle lance le processus d’intégration du Donbass.

Chaque étape de la radicalisation de la politique menée par ce monde unipolaire arquebouté sur une période révolue a entraîné une réaction asymétrique de la Russie. L’hystérie qui s’empare tant des médias que des politiques occidentaux est surtout le signe de leur faiblesse et de leur démission morale. Ils ne peuvent reconnaître ni leurs actes, ni leur échec et se drapent dans une dignité d’autant plus affichée qu’elle est maltraitée. 

Le temps n’est-il pas venu d’en tirer les conséquences? L’ère d’un nouveau Yalta est venue, elle se construira avec ou sans nous.

Karine Bechet-Golovko

Source: http://novorossia.today/vers-un-nouveau-yalta-creation-du-comite-dintegration-russie-donbass/

 

L’Ukraine a perdu le Donbass, reconnaît Porochenko

 

La dernière zone d’influence de Kiev dans le Donbass a été perdue suite au blocus de la région de la part des autorités ukrainiennes. Ce fait a été officiellement reconnu par le président ukrainien Piotr Porochenko lors d’une réunion du Conseil des régions ukrainiennes.

« L’Ukraine a perdu la dernière zone d’influence sur ses propres territoires. Dans le même temps, le secteur énergétique, le budget et la métallurgie du pays ont été touchés », a déclaré le président cité par la chaîne ukrainienne « 112 Ukraina ».

Auparavant, Pravda.Ru a rendu public que le 15 mars le Conseil de sécurité nationale (SNBO) a soutenu l’initiative du président Piotr Porochenko d’introduire le blocus des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

L’Ukraine pourrait perdre des milliards de dollars et un million d’emplois à cause de cette décision. Qui plus est, les autorités ukrainiennes ont montré à l’Occident qu’elles ne sont pas en mesure de mettre fin à la guerre dans le sud-est du pays et mettre à raison les nazis agressifs qui ont de facto introduit le blocus du Donbass fin 2016.

Piotr Porochenko promet la levée du blocus si les républiques populaires annulent leur décision de nationaliser les entreprises ukrainiennes et si les accords de Minsk, que Kiev n’envisage pas de respecter, seront réalisés.

Le président se perd dans ses raisonnements. Il a récemment refusé de reconnaître le territoire du Donbass comme occupé. Selon lui, une « telle reconnaissance pourrait provoquer l’isolement de la région qui sera clôturé et offert à Poutine ». Il a également souligné que dans ce cas-là, les organisations internationales ne pourraient plus être présentes dans le Donbass. Quelques jours plus tard, il a introduit cet « isolement ».

Depuis 2014, Kiev mène une opération militaire contre les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. D’après l’OSCE, le conflit a déjà coûté la vie à plus de 10 000 personnes. Les autorités ukrainiennes justifient cette opération par « une agression russe dans le Donbass », sans pour autant fournir aucune preuve.

Source: http://www.pravdafrance.com/news/international/20-03-2017/1304064-UKRAINE-0/

 

L’armée russe lance des exercices de grande envergure en Crimée

 

Moscou a lancé en Crimée des exercices impliquant plusieurs milliers de militaires pour assurer la sécurité de la péninsule.

Des exercices de grande envergure impliquant des unités des Troupes aéroportées, de la Flotte russe de la mer Noire et des Troupes aérospatiales ont commencé lundi sur le polygone d’Opouk en Crimée, a annoncé aux journalistes le commandant en chef des Troupes aéroportées, le général Andreï Serdioukov.

« Pour la première fois dans l’histoire de l’armée russe, trois unités des Troupes aéroportées ont été acheminées simultanément en Crimée, accompagnées de tout leur matériel de combat. Au total, les exercices impliqueront plus de 2 500 militaires et près de 600 véhicules de combat », a indiqué le général chargé d’assurer la direction générale des exercices.

Selon lui, des militaires des Troupes aéroportées, des Troupes aérospatiales et des marins de la Flotte de la mer Noire devront s’entraîner à lutter contre des terroristes et les troupes régulières d’un adversaire conventionnel.

« Lors des exercices, les militaires des Troupes aéroportées s’entraîneront, en commun avec les marins de la Flotte de la mer Noire, à parer des attaques de troupes débarquées d’un adversaire conventionnel. Ensuite, soutenus par les avions des Troupes aérospatiales, ils finiront par supprimer l’adversaire sur le territoire de la péninsule et prendre des positions pour assurer la défense de la Crimée », a précisé le responsable.

Andreï Serdioukov a expliqué qu’il était important de mener de tels exercices vu « la menace terroriste accrue et  les grandes possibilités de recourir aux Troupes aéroportées pour régler des crises dans différentes régions du monde .»

Source: Sputnik

 

via: http://french.almanar.com.lb/311643

Alexandre Zakharchenko en Crimée : « Je suis sûr que le Donbass fera bientôt partie de la Russie »


Samedi 18 mars 2017

 

Le 16 mars, le conseil d'état de la République de Crimée a organisé une réunion solennelle à l'occasion du troisième anniversaire de la réunification de la péninsule avec la fédération de Russie. Alexandre Zakharchenko, à la tête de la délégation officielle de la République Populaire de Donetsk a félicité les Criméens en cette date importante.

Des représentants de 15 régions et districts de la fédération de Russie, les plénipotentiaires du président russe dans le Caucase du Nord, Oleg Belavyentsev, et dans le district fédéral Sud, Kirill Stepanov, des politiciens de la République serbe de Bosnie, et les chefs des Républiques Populaires du Donbass, Alexandre Zakharchenko et Igor Plotnitsky, sont arrivés à Simféropol pour célébrer cet événement avec la Crimée.

« Le 16 mars 2014, est un jour important pour le peuple du Donbass. Nous nous sommes réjouis de votre victoire, et avons regardé avec fierté votre retour à la maison.

Nous avons aussi organisé un référendum. Certes, juridiquement nous n'avions pas les mêmes relations que celles que vous aviez avec l'Ukraine, mais nous avons aussi respecté le droit du peuple à l'auto-détermination. En réponse, le 26 mai 2014, les autorités de Kiev ont lancé des attaques aériennes contre la ville de Donetsk. Nous avons eu de lourdes pertes parmi les civils. Mais peu importe combien cela a été dur, nous sommes toujours fiers de vous. Nous voyons qu'en Crimée, l'économie se développe et les infrastructures sont réparées. Nous nous sommes réjoui de votre nouvelle centrale thermique et de votre indépendance énergétique, et nous seront heureux d'arriver via votre nouvel et bel aéroport. Je suis persuadé que la coopération entre la Crimée et la RPD ne pourra que s'étendre, car un certain nombre de projets mutuellement bénéfiques ont déjà été lancés.

Quelles que soient les sanctions imposées, quelle que soit la pression exercée par l'Occident, que la Crimée soit ou non reconnue comme faisant partie de la Russie, nous sommes Russes ! Aucun pays dans le monde n'a le droit de dicter quand et comment nous retournerons au sein de notre patrie. Ce n'est pas leur affaire ! Vous avez été les premiers à montrer à la communauté international que nous étions invincibles. Nous vous avons suivis. Je suis sûr que le Donbass fera bientôt partie de la Russie. Et nous irons voir nos frères en Crimée par la voie terrestre  », a déclaré le chef de la RPD lors de la réunion.

Sergueï Aksionov, le chef de la République de Crimée a présenté des faits et des chiffres confirmant que le choix fait par le peuple de Crimée en 2014 était le bon. Il est sûr qu'en 2014, ils ont quitté la pauvreté et la dévastation de l'Ukraine. D'après le chef de la République, le budget de la péninsule a doublé durant les trois années au sein de la fédération de Russie, même sans inclure l'assistance fédérale, et le taux de chômage en Crimée est deux fois plus bas que la moyenne russe. La sphère sociale se transforme de manière active dans la République, et de nouvelles infrastructures stratégiques de grande envergure sont construites. Durant l'année écoulée, 47 délégations étrangères ont visité la Crimée. Il est prévu de signer des contrats pour 140 projets d'investissement pour un total de 144 milliards de roubles.

En outre, Sergueï Aksionov a exprimé sa confiance dans le fait que la Crimée pourrait bientôt féliciter le peuple du Donbass pour sa victoire.

« L'hystérie russophobe sera bientôt remplacée par une politique pragmatique. Vous, nos frères, devez tenir encore un peu. Aujourd'hui, vous êtes en première ligne du combat. Vous êtes le front principal. Mais je crois que la vérité triomphera. Nous vous souhaitons de tout cœur d'avoir la paix, » a déclaré Sergueï Aksionov.

Les invités de la réunion ont été félicités lors de ce jour de fête par des groupes artistiques criméens, et le concert s'est terminé par une performance du Cœur des Cosaques du Kouban.

Source : Site internet officiel du chef de la RPD Alexandre Zakharchenko

 

Traduction officielle depuis l'anglais par Christelle Néant / Agence DONi News

Les journalistes de DONi Press sous les bombardements de l’armée ukrainienne à Kominternovo pendant une distribution d’aide humanitaire


Vendredi 17 mars 2017

 

Alors que nous distribuions des couches pour les personnes âgées invalides qui vivent dans le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD), nous nous sommes retrouvés pris sous les bombardements lourds de l'armée ukrainienne sur la localité de Kominternovo.

Les tirs ont commencé à se faire entendre après 11 h 30, d'abord isolés, puis de plus en plus fréquents et lourds alors que nous approchions de Kominternovo. Pendant que nous nous trouvions là-bas nous avons entendu de nombreux obus tomber non loin de nous ou voler au-dessus de nos têtes.

À cause de ces bombardements incessants, nous avons dû interrompre la distribution d'aide humanitaire, et donner les paquets de couches restants à l'assistante sociale de Kominternovo.

Un des obus a frappé la route par laquelle nous sommes arrivés à Kominternovo à peine 10 minutes après notre passage à cet endroit. Au retour, nous avons pu constater un énorme trou sur le bord de la route, alors que nous passions à pleine vitesse pour des raisons de sécurité.

Dans chaque habitation que nous avons visitée, nous pouvions voir des trous faits par des obus de mortier ou d'artillerie, des balles d'AK-74, des restes de projectiles de BMP-1 et des shrapnels, qui étaient tombés le matin même ou la veille.

Toutes ces maisons sont loin des positions de l'armée de la RPD, par conséquent rien ne justifie leur bombardement par l'armée ukrainienne. De nouveaux crimes de guerre commis par des soldats ukrainiens qui n'en ont rien à faire des gens sur qui ils envoient des obus, mais qu'ils prétendent venir « libérer ».

Durant les dernières 24 h, l'armée ukrainienne a bombardé plus de 500 fois la République Populaire de Donetsk, dont les points de passage de Mayorsk et Oktyabr alors que des civils s'y trouvaient, heureusement sans faire de victimes. Ailleurs des tirs à l'arme légère ont fait un mort parmi les soldats de l'armée de la RPD.

 

À Kominternovo, tous les habitants nous ont déclaré que les bombardements de l'armée ukrainienne ont lieu quotidiennement, de jour comme de nuit. Depuis bientôt trois ans, l'armée ukrainienne ne laisse aucun répit aux gens qui vivent là.

Christelle Néant

 

Hystérie russophobe 3.0 - L’Ukraine se lance dans une surenchère suicidaire contre la Russie et le Donbass


Jeudi 16 mars 2017

 

 

Suite aux déclarations de plusieurs banques russes, dont la Sberbank, d'accepter d'ouvrir des comptes pour les personnes présentant un passeport de la République Populaire de Donetsk (RPD) ou de la République Populaire de Lougansk (RPL), les groupuscules ultra-nationalistes et nazis ukrainiens ont réagi violemment et appelé à faire fermer ces banques implantées en Ukraine.

Ces groupuscules (principalement Azov et Secteur Droit) ont alors attaqué plusieurs banques et endommagé plusieurs distributeurs de billets, allant jusqu'à murer l'entrée d'une agence de la Sberbank à Kiev, avant d'en barrer l'accès avec du fil de fer barbelé et des bûches enflammées. Ils ont aussi collé des affiches appelant les gens à retirer leurs fonds en arguant que ces banques allaient fermer : « Attention ! La banque du pays-agresseur va bientôt fermer. Retirez votre argent dès que possible  ».

Ces attaques ont aussi visé la banque russe Alfabank, qui a vu une de ses succursales à Kiev être caillassée par des radicaux ukrainiens qui manifestaient sur la place du Maïdan pour soutenir le blocus du Donbass. Bien sûr la police ukrainienne n'a arrêté personne pour tous ces actes de vandalisme.

Ne pouvant rien faire contre ces groupes nazis qui détiennent le réel pouvoir en Ukraine actuellement, les autorités ukrainiennes ont décidé de suivre le mouvement pour ne pas se faire renverser, et d'imposer des sanctions aux banques d'état russes implantées en Ukraine. La Banque centrale ukrainienne est actuellement en train de travailler sur ce dossier avec l'aide du SBU (services secrets ukrainiens) afin de déterminer quel type de sanctions seront appliquées contre les filiales de certaines banques russes (dont Sberbank, VTB et Prominvestbank).

Les propositions de la banque centrale ukrainienne qui ont été publiées suggèrent d'interdire à ces banques les virements vers l'étranger. Dans le passé, la filiale ukrainienne de Sberbank avait déjà dû baisser le plafond de retrait de ses clients suite à des pressions venant des autorités de Kiev.

Ce genre d'annonce et d'actions vont provoquer un monstrueux « bank run » dans ces banques. En clair, les clients vont tous retirer leur argent pour aller le mettre ailleurs. Ce qui provoquerait la faillite de ces filiales ukrainiennes.

Mais ce que tous ces « génies » n'ont pas compris, c'est que ces banques sont aussi un vecteur d'investissement et que les banques sont toutes reliées entre elles par des créances ou des partages de capital. La Sberbank est la 7e banque d'Ukraine, avec plus de 805 millions de dollars de dépôt, et elle emploie 2 000 personnes. Une position qui a poussé sa direction à appeler les autorités ukrainiennes à faire cesser les actes de vandalisme et les attaques contre ses agences, et à garantir la sécurité de ses employés.

Une situation qui préoccupe la Russie, comme l'a indiqué Dimitri Peskov, le secrétaire de presse du président russe Vladimir Poutine. Refusant de spéculer sur la façon dont la situation pourrait évoluer (ou dégénérer plutôt), il a déclaré que le Kremlin suivait de près ce qui se passe à Kiev, et a rappelé que ce genre d'action ne serait pas sans conséquences pour l'économie ukrainienne.

« Nous considérons bien sûr que cette situation (avec les banques russes) détruit totalement le climat d'investissement en Ukraine, cela montre au monde entier qu'il est maintenant très dangereux et à peu économiquement opportun de travailler sur le territoire ukrainien, » a déclaré Peskov.

On n'aurait su dire mieux. Pour résumer, ce genre d'action va non seulement plomber l'économie ukrainienne en décourageant quiconque de venir investir dans le pays, mais en plus la chute brutale de la Sberbank et d'autres banques russes pourrait précipiter la chute de tout le système bancaire ukrainien par effet domino. Car ce n'est pas une petite banque qui ferait faillite, mais la 7e banque du pays, qui a des liens financiers avec d'autres grosses banques ukrainiennes.

Et comme si cela n'était pas suffisant en terme de destruction de l'image du pays, les autorités ukrainiennes ont décidé d'en rajouter une couche niveau bêtise russophobe, en déclarant que la candidate russe à l'Eurovision pourrait se voir refuser l'entrée sur le territoire ukrainien à cause du fait qu'elle est allée chanter en Crimée en 2015. Ou comment finir de torpiller la réputation du pays dans le monde entier en refusant une chanteuse handicapée…

Concernant le Donbass, comme pour les actions contre les banques russes, les autorités ukrainiennes ont décidé finalement de soutenir le blocus de la région, faute de pouvoir l'arrêter, en bloquant, depuis cet après-midi à 14 h, tout transport de fret par la route ou le rail vers la RPD et la RPL jusqu'à ce que les entreprises mises sous tutelle soient rendues.

Un blocus stupide, qui ne fera pas changer la politique des deux républiques populaires, qui ont commencé à exporter leurs produits vers la Russie, comme l'a indiqué Alexandre Zakharchenko lors d'une conférence de presse. Pire, ce blocus contrevient totalement aux accords de Minsk-2, mais aussi au bon sens et à la conscience humaine comme l'ont déclaré Denis Pouchiline et Sergueï Lavrov.

Même le représentant spécial de l'OSCE au sein des groupes de contact, Martin Sajdik, s'est dit préoccupé par ce blocus et a déclaré que cette évolution dangereuse de la situation devait être arrêtée.

«  Je tiens à exprimer ma déception personnelle et ma préoccupation face à cette situation qui ne contribue pas au succès du processus de Minsk, mais exacerbe plutôt les tension entre les parties et a un effet négatif sur le processus de rapprochement mutuel et de coopération. Cette évolution dangereuse doit être arrêtée », a-t-il déclaré après une réunion du groupe de contact.

Car M. Sajdik, comme d'autres personnes sensées, comprend bien vers quel scénario se dirige actuellement l'Ukraine, mais surtout quelles en seraient les conséquences pour ses voisins. Si les experts les plus optimistes considèrent que ce soutien au blocus du Donbass (qui vise à le déradicaliser pour empêcher son instrumentalisation par les groupuscules nazis) va accélérer l'organisation d’élections anticipées en Ukraine, d'autres experts un peu plus réalistes parlent ouvertement de futur effondrement du pays.

Ainsi, Evgueny Satanovsky, président de l'institut du Moyen Orient, considère que les autorités ukrainiennes sont désormais incapables de garder la situation dans le pays sous contrôle, à cause de leur incapacité à gérer les bandes armées et les subordonnés des gouverneurs.

« En ce qui concerne l'Ukraine, je pense qu'elle s'est déjà effondrée mais elle n'a pas encore pris conscience du fait qu'elle s'est désagrégée. Le gouvernement est incapable de faire respecter la loi et de maintenir l'ordre, même dans la capitale. Quel genre de pays est-ce là ? C'est un ex-pays », a-t-il déclaré.

Or lorsqu'un pays s'effondre, la tentation est forte pour des autorités aux abois d'utiliser la guerre comme solution miracle. À vouloir faire monter les enchères et les tensions avec la Russie, mais aussi avec les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk, l'Ukraine s'est acculée elle-même dans une voie sans issue.

Une fois qu'elle aura pleinement réalisé qu'elle est acculée, alors elle lancera l'attaque dans un ultime baroud d'honneur avant de s'effondrer comme un château de cartes. Lors de la mise sous tutelle des entreprises ukrainiennes par la RPD et la RPL, Alexandre Zakharchenko avait donné tout au plus 60 jours à vivre à l'Ukraine. Il semble que les autorités ukrainiennes aient décidé, dans leur hystérie russophobe, de tout faire pour réaliser cette sombre prédiction.

Christelle Néant

 

 

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L’armée ukrainienne se déchaîne de nouveau sur la périphérie de Donetsk

 

 

Artillerie, chars d'assaut et mortiers ont été utilisés pour bombarder les quartiers résidentiels de la ville. Des bombardements qui ont endommagé ou détruit 13 habitations et fait cinq blessés parmi les civils de la République Populaire de Donetsk (RPD).

 

Comme ici dans le quartier d'Oktiabrsky (district de Kouibyshevsky), où une maison située tout près d'une école, dans la rue Krasnoznamennaya, a été touchée de plein fouet par un obus de char d'assaut qui a fait voler en éclats une bonne partie du toit :

Un homme qui habite là nous dira hors caméra que c'est la deuxième fois que l'immeuble est touché depuis le début de la guerre. La première fois c'était un obus d'artillerie de 122 mm.

 

Il n'y a aucune position, ni aucun soldat à des kilomètres à la ronde, comme on peut le voir sur les cartes ci-dessous, qui indiquent sans l'ombre d'un doute l'origine du tir qui a détruit le toit de l'immeuble :

Le coté du toit qui a été touché se trouve directement en face du village de Peski, occupé par l'armée ukrainienne, qui a ajouté cette nuit de nouveaux crimes de guerre à la liste déjà trop longue qu'elle a accumulée dans le Donbass en presque trois ans de guerre.

 

Et si certains croient encore que l'armée ukrainienne se soucie des civils qui sont dans les zones qu'elle occupe, cette vidéo (sous-titrée en anglais), leur montrera que non seulement l'armée ukrainienne utilise les civils comme bouclier humain, mais en plus elle leur tire dessus :

Les résidents d'Avdeyevka ont ainsi déclaré devant les journalistes d'une chaîne télévisée ukrainienne que c'était l'armée ukrainienne elle-même qui bombardent la ville, mettant à mal la propagande d'état qui essaye de coller sur le dos de l'armée de la RPD les bombardements de zones civiles dans la zone occupée.

Christelle Néant

 

 

« Le Donbass se sépare finalement de l’Ukraine »

Le chef de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) Alexandre Zakhartchenko a signé un décret qui transforme la ligne de contact en frontière nationale. Ceux qui veulent traverser la frontière doivent désormais être enregistrés. Le franchissement illégal de la ligne de contrôle sera considéré comme « le franchissement illégal de la frontière d’État ».

Le fait que la DNR instaure la frontière n’est pas surprenant. Les responsables ukrainiens prononcent de plus en plus des discours insultants concernant les habitants du Donbass. Par exemple, le ministre ukrainien de la Culture Yevgueniï Nistchouk a déclaré que « les facultés mentales des habitants des régions du sud et de l’est de l’Ukraine sont remises en question ». C’est pourquoi la population de ces régions n’est pas en mesure de percevoir la culture ukrainienne, a-t-il souligné. Plus tard, il a déclaré ne pas vouloir dire cela ce qui a beaucoup surpris même les journalistes ukrainiens qui l’avaient cité mot pour mot.

Oleg Livantchouk, maire de la ville de Krasbnogorovka, qui occupe le territoire du Donbass contrôlé par les militaires ukrainiens, a expliqué pourquoi les habitants du Donbass ne partagent pas l’avis des autres Ukrainiens. Il s’est trouvé que cela dépend de leur « culture intellectuelle ». Il n’a pas présenté ses excuses.

L’ex-président ukrainien Léonide Kravtchouk a fait une déclaration controversée selon laquelle Kiev n’avait besoin que du territoire du Donbass, ses habitants ne l’intéressaient pas.

Mikhaïl Pogrebinski, politologue du Centre des recherches politiques et de la conflictologie de Kiev a déclaré dans une interview accordée à Pravda.Ru que cette démarche du chef de la DNR était un pas vers la séparation définitive du territoire de la République populaire de Donetsk de l’Ukraine.

« Ce sont des pas précis vers la séparation définitive de ce territoire de l’Ukraine. Je ne sais pas comment on peut l’interpréter autrement. Comme la république n’est pas reconnue et il est prématuré de parler de sa reconnaissance, ce décret pourrait être qualifié d’une base de reconnaissance future », a-t-il déclaré.

 « À mon avis, cette mesure vise à mieux contrôler la ligne de contact. Dès qu’elle deviendra la frontière, les militaires du Donbass pourront officiellement fermer tous les sentiers, souvent utilisés par les agents de diversions (ce qui a été confirmé par les services de sécurité des deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk (LNR). Je pense que l’armée de la DNR craint ces agents de diversion. C’est pourquoi les autorités de la république ont pris la décision d’instaurer la frontière », a précisé l’expert.

À la question de savoir pourquoi M. Zakhartchenko « offre » à Kiev le reste du Donbass, M. Pogrebinski a déclaré que les territoires des républiques autoproclamées ne pourraient être élargis.

« Son initiative est logique car il reconnaît que les autorités de la république n’ont pas besoin d’élargissement du territoire de la DNR. Je ne peux pas m’imaginer comment le territoire des républiques pourrait être élargi. Cela contredirait les accords de Minsk. La DNR, la LNR et Moscou qui les observe ne peuvent pas inscrire cette question à l’ordre du jour car cela pourrait être utilisé comme un prétexte permettant d’accuser la Russie de violation des accords de Minsk.

« Je ne pense pas que quelqu’un tente de franchir la frontière. Il ne faut pas attendre une opération d’envergure car cela signifierait que l’Ukraine assume « la sortie du processus de Minsk ». Comme la position du président américain Donald Trump n’est pas encore précisée, il n’y aura pas d’actions énergiques dans le Donbass », a-t-il conclu.

 

Source: http://www.pravdafrance.com/news/international/13-03-2017/1304039-INTERNATIONAL-0/

L’OTAN mène l’Ukraine dans le mur – Effondrement, dépeçage en règle du pays et violation de toutes les normes du droit international

Au milieu des plus de 13 000 bombardements qu’elle a infligés à la République Populaire de Donetsk (RPD) et des plus de 3 000 bombardements qu’elle a infligés à la République Populaire de Lougansk (RPL) cette semaine, l’Ukraine continue de s’enfoncer dans le grand n’importe quoi et le suicide collectif avec l’OTAN en guise de guide pour s’assurer que le pays finira bien dans le mur.

Alors qu’en Russie après la reconnaissance des passeports de la RPD et de la RPL, les banques avaient un peu traîné avant de mettre en place les procédures d’acceptation de ces nouvelles pièces d’identité, ces dernières se sont rattrapées cette semaine. La Sberbank fut la première, mardi, à annoncer qu’elle acceptait désormais d’ouvrir un compte aux détenteurs de passeport de l’une des deux républiques, suivie de près par des filiales de banques européennes comme Unicredit.

Et alors que l’annonce par la Sberbank a déclenché de véritables crises d’hystérie à Kiev, où les autorités ukrainiennes l’ont menacée de sanctions, et que certains officiels ont appelé à fermer les filiales de la Sberbank (et d’autres banques russes) en Ukraine, assez bizarrement il n’en fut rien pour Unicredit. Ce qui donne l’impression qu’il ne s’agit que d’une simple manifestation de l’hystérie russophobe chronique dont souffre l’Ukraine depuis quelques années. Et ce d’autant plus que si les autorités de Kiev mettaient leur menace à exécution elles risqueraient de détruire totalement leur secteur bancaire, mais aussi l’économie ukrainienne toute entière.

Une économie qui ne va pas aller en s’arrangeant si on regarde les dernières déclarations des groupuscules nazis ukrainiens qui, après avoir déjà bien torpillé le pays avec le blocus du Donbass, ont décidé d’en remettre une couche niveau bêtise, en menaçant cette fois d’instaurer un blocus ferroviaire contre la Russie à partir du 2 avril si l’Ukraine ne cesse pas ses relations commerciales avec le pays voisin.

Déjà privée du charbon du Donbass, et en état d’urgence énergétique, l’Ukraine pourrait donc se voir aussi privée du charbon russe, qui constitue 70 % des importations de charbon de l’Ukraine. Puis du reste des marchandises importées depuis le pays voisin. Autant dire qu’à cette allure d’ici quelques semaines, les Ukrainiens seront bons pour s’éclairer à la bougie, et les risques de surchauffe des réacteurs nucléaires du pays déjà surmenés pourraient provoquer une nouvelle catastrophe digne de Tchernobyl.

Car niveau finance, les dernières augmentations de tarifs de l’électricité, du gaz, de l’eau et du chauffage ont déjà rendu les factures de charges communales insurmontables pour bien des ménages ukrainiens. Et acheter du charbon en Afrique du Sud, en Pologne, ou ailleurs coûte très très cher, et ferait augmenter encore plus les prix de l’électricité et de l’eau chaude.

Et cela va mécontenter encore plus une population ukrainienne déjà bien remontée, surtout lorsqu’elle sert de bouclier humain. Ainsi sur une chaîne télévisée ukrainienne, le président de l’administration régionale militaire et civile de Donetsk (de la zone occupée par l’Ukraine) a admis qu’ils n’ont pas évacué la population civile d’Avdeyevka lors de l’escalade récente parce que sinon les soldats ukrainiens stationnés dans la zone industrielle auraient été « exposés », et la zone industrielle capturée par les « mercenaires russes ». En clair les responsables ukrainiens annoncent publiquement que :

1. L’armée de la RPD ne tire pas sur les civils, puisque si l’armée ukrainienne les avaient évacués, les soldats ukrainiens auraient été exposés aux tirs ennemis, ce qui veut dire que quand les civils sont là, l’armée de la RPD ne tire pas, confirmant ainsi ce que nous disons depuis longtemps à savoir que l’armée de la RPD ne vise jamais délibérément des civils.

2. L’armée de « libérateurs » ukrainiens n’a aucun scrupule à utiliser la population qu’elle prétend venir « libérer » comme bouclier pour se protéger des tirs de réponse de l’armée de la RPD. En clair, ils n’en ont strictement rien à faire de la population civile, et le disent de façon cynique à la télé.

D’ailleurs Kiev s’assoit tout aussi cyniquement sur les accords de Minsk-2 en retirant la question des élections de l’agenda des négociations (le tout avec le silence complice de l’OSCE qui refuse de commenter cette violation grossière des accords de Minsk et de la formule Steinmeier), mais aussi en préparant une loi prévoyant de retirer leurs droits civiques aux habitants de la RPD et de la RPL le jour où l’Ukraine reprendrait ces territoires (en violation de l’article sur l’amnistie prévu lui aussi dans les accords de Minsk).

L’Ukraine semble grisée par les marques de soutien occidentales et se croit au-dessus des lois (là-dessus les autorités ukrainiennes devraient méditer ce qui est arrivé à la Géorgie en 2008). En plus des 150 millions de dollars d’aide militaire que les USA accordent à l’Ukraine cette année, le Canada a décidé d’augmenter son aide militaire, en entraînant les soldats ukrainiens mais aussi en fournissant entre autre des munitions qui vont très certainement se retrouver dans le Donbass. Le Canada se rend donc ainsi ouvertement et directement complice des crimes de guerre que Kiev commet.

Un soutien qui s’explique quand on regarde la généalogie de certains officiels canadiens, car il ne faut pas oublier qu’une forte diaspora ukrainienne se trouve au Canada, beaucoup de bandéristes ayant fui l’Ukraine lors de la défaite des nazis. Ainsi il s’est découvert que la ministre des Affaires étrangères canadienne, Chrystia Freeland, a un grand-père ukrainien qui avait collaboré avec les nazis, et fuit devant l’avancée de l’armée soviétique pendant la seconde guerre mondiale. CQFD.

Et quand on voit ce que les instructeurs de l’OTAN enseignent aux soldats ukrainiens, on se dit qu’il va y avoir du monde sur le banc des accusés le jour où les crimes de guerre de Kiev seront jugés. Ainsi suite à l’arrestation en RPL des assassins présumés du colonel Anachenko, il s’est découvert que ces soldats étaient tous membres des forces spéciales de l’armée ukrainienne, qui ont été entraînées par ces fameux instructeurs de l’OTAN.

Ces instructeurs ont formé les saboteurs ukrainiens du 8e régiment des forces spéciales ukrainiennes à poser des bombes pour assassiner les commandants des Républiques Populaires. Voilà quels genres de « cours » l’OTAN dispense à l’armée ukrainienne. Toute ressemblance avec des méthodes utilisées en Syrie et en Irak par des groupes terroristes n’est pas fortuite et n’est surtout pas une coïncidence. Surtout quand on sait que beaucoup de ces groupes ont eux aussi reçu des « formations » de divers pays de l’OTAN.

Et en plus de toute cette aide militaire, le FMI a décidé de débloquer la tranche d’un milliard de dollars promise à l’Ukraine en échange d’une énième réforme des retraites (en clair les retraités ukrainiens ne verront jamais leur retraite), et le déblocage de la vente de terre agricoles (en clair Monsanto et ses concurrents vont pouvoir acheter à bas prix la terre fertile qui se trouve en Ukraine, pour y faire pousser des OGM).

L’Ukraine se transforme en Somalie aux portes de l’Europe pour le plus grand plaisir des vautours (oligarques et grandes multinationales) qui salivent d’avance devant le festin qui les attend. Le pays sera vendu morceau par morceau pour une bouchée de pain jusqu’à ce qu’il s’effondre totalement à cause d’un conflit ouvert avec la Russie, ou sous le poids de tous ceux qui vivent sur la bête et de ceux dont l’idéologie stupide mène le pays au suicide collectif.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/lotan-mene-lukraine-dans-le-mur-effondrement-depecage-en-regle-du-pays-et-violation-de-toutes-les-normes-du-droit-international/

 

 

L’Ukraine donne à la Russie les armes juridiques pour siffler la fin de partie dans le Donbass grâce à sa plainte devant la CIJ

 Plusieurs articles, y compris en français ont déjà souligné l'inanité et la bêtise de la plainte que l'Ukraine a déposé contre la Russie auprès de la Cour Internationale de Justice (CIJ) de la Haye. Mais je tiens ici à aller plus loin dans l'analyse de cette nouvelle gabegie à venir « made in Ukraine ».

Pour ceux qui n'auraient pas suivi le dossier, je vais résumer ici en bref. L'Ukraine, qui menaçait la Russie depuis presque trois ans de poursuites judiciaires est enfin passée à l'acte et a porté plainte non pour agression militaire, non pour annexion de territoire, mais pour violation de la convention internationale pour la répression du financement du terrorisme (en arguant que la Russie finance et soutient les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk, que Kiev considère comme des organisation terroristes, j'y reviendrai après) et de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (en arguant du fait que les Tatars de Crimée seraient persécutés sur la péninsule, et que les Mejlis des Tatars de Crimée ont été interdits).

Le fait que l'Ukraine n'ait pas poursuivi la Russie pour ce dont elle l'accuse depuis presque trois ans, devrait déjà faire tiquer n'importe qui de sensé. Quand on accuse quelqu'un il faut des preuves, sinon cela s'appelle de la diffamation, ce qui est un délit. Et si on a des preuves, et bien on va porter plainte, ce qui permet de prouver par une décision de justice qu'on a eu raison d'accuser la personne ou l'état concerné. Or là en ne portant pas plainte pour annexion de territoire ou agression armée, l'Ukraine montre qu'elle n'a rien de sérieux à apporter en terme de preuves concernant ces deux accusations récurrentes. Mais j'y reviendrai après.

Regardons de plus près ce qu'est la CIJ : « Elle a pour principales fonctions de régler des conflits juridiques soumis par les États, et de donner un avis sur des questions juridiques présentées par des organes et agences internationaux agréés par l'Assemblée générale des Nations unies. »

La CIJ est le seul organe judiciaire de l'ONU, et tous les membres de l'organisation sont soumis à sa compétence. MAIS les états n'ayant pas voulu limiter leur souveraineté, la CIJ n'est compétente que lorsque les parties se soumettent à sa juridiction. Il existe trois options pour cela :

- les deux parties concluent un compromis, et soumettent leur différend à la Cour. Ce mode de saisine se rapproche assez du compromis d'arbitrage.

- certains traités ou conventions comportent des clauses compromissoires énonçant que les litiges concernant l'interprétation ou l'application du traité devront être soumis à la CIJ.

- un état peut souscrire à une déclaration facultative de juridiction obligatoire (c'est-à-dire reconnaître que les jugements de la CIJ le concernant sont contraignant). Fin 2015, seuls 72 États sur 185 ont souscrit à une telle déclaration.

 

Carte des états ayant signé une déclaration facultative de juridiction obligatoire

Commençons par la troisième option, car elle est la plus rapide à exclure. Comme on peut le voir sur cette carte la Russie n'a pas souscrit de déclaration de juridiction obligatoire. En clair les jugements de la CIJ sont non contraignants pour la Russie s'ils ne relèvent pas des options 1 ou 2. Déjà de ce point de vue là ça part plutôt mal.

L'option 1 est aussi à exclure car il n'y a aucun compromis entre l'Ukraine et la Russie, donc aucun arbitrage demandé. L'option choisie par Kiev est donc l'option 2 : utiliser les clauses compromissoires de deux conventions internationales pour soumettre le litige à la CIJ.

Le problème, c'est que pour que la CIJ soit compétente, il faut que son arbitrage porte sur des faits concrets. Par ex il faut que l'Ukraine ait porté plainte contre un citoyen russe qui aurait financé ou aidé à financé la RPD et la RPL, et que la Russie l'ait déboutée d'une demande d'extradition de ce citoyen russe, et que l'Ukraine ne soit pas d'accord avec les arguments avancés pour refuser cette extradition.

Ou que l'Ukraine ait porté plainte contre un responsable politique concernant les discriminations contre les Tatars de Crimée, ou l'interdiction des Mejlis des Tatars de Crimée, et que là encore la Russie ait débouté l'Ukraine, et que celle-ci estime que cela viole la convention ad-hoc. En clair la CIJ ne peut statuer que comme une cour d'arbitrage concernant des différents juridiques sur l'interprétation des conventions internationales, elle n'a aucunement vocation à être une Cour Pénale Internationale.

Or là, en accusant la Russie de violer ces conventions internationales sans amener de cas concrets sur la table, l'Ukraine essaye de transformer la CIJ en CPI, ce qu'elle n'est pas et ne sera jamais. Résultat au mieux la CIJ se déclarera incompétente, au pire elle rendra un jugement qui sera non contraignant car ne rentrant pas dans le cadre où ses décisions sont juridiquement contraignantes.

Creusons un peu plus loin encore, et étudions les éléments apportés par l'Ukraine. Concernant l'accusation de soutien à une organisation terroriste, l'Ukraine amène sur la table que la RPD et la RPL sont des organisations terroristes, que la Russie les finance et leur fournit des armes, et qu'elle a participé au drame du Boeing MH-17 qui a été abattu dans le ciel du Donbass.

Premier problème, en dehors de l'Ukraine, personne, pas même l'ONU, ne reconnaît la RPD et la RPL comme étant des organisations terroristes, de plus, les deux républiques ne rentrent pas dans la définition de telles organisations qui commettent des actes destinés « à tuer ou blesser grièvement un civil, ou toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte vise à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte quelconque ». La RPD et la RPL ne cherchent à intimider ou terroriser personne, et leurs armées ne visent jamais délibérément les civils (contrairement à l'armée ukrainienne).

Ensuite, les preuves amenées pour les livraisons d'armes et le reste sont des photos et vidéos trouvées sur les réseaux sociaux. En clair des éléments faciles à fabriquer, contrefaire, détourner ou interpréter à sa sauce comme on veut. Rien de plus solide que çà.

Si on regarde ensuite l'inclusion du drame du MH-17 dans cette soupe juridique, l'enquête est toujours en cours, et les rapports intermédiaires successifs du comité d'enquête sont contestables juridiquement à bien des égards, et contestés. En clair, aucun coupable n'a été désigné et les preuves avancées dans les rapports du comité d'enquête sont plus que boiteuses et ne tiendraient pas devant une cour de justice même la plus partiale.

Donc sur le plan du droit international, cette accusation délirante tombe à l'eau comme un parpaing d'une tonne lancé depuis un hélicoptère, et risque bien d'éclabousser le plaignant. Car la Russie, par contre, n'est pas venue les mains vides à la barre.

En plus de contester la compétence de la cour pour les raisons évoquées ci-dessus, les représentants de la fédération de Russie à la cour ont amené près de 600 pages de preuves, qui non seulement démontent les accusations ukrainiennes, mais en viennent en fait à accuser l'Ukraine elle-même.

Dans ce document, figure entre autre le discours de Porochenko à Odessa en novembre 2014 dans lequel il annonce fièrement que les enfants ukrainiens iront à l'école et au jardin d'enfants alors que ceux du Donbass seront obligés de se cacher dans les caves, et que c'est ainsi que l'Ukraine gagnerait la guerre (sic).

Y figurent aussi des photos d'écoles bombardées volontairement par l'armée ukrainienne, ainsi que les preuves de l'utilisation de bombes au phosphore par cette même armée, comme lors du bombardement de Semenivka le 12 juin 2014. Il me semble bien que cela entre pleinement dans la définition du terrorisme, et cela prouve bien que l'Ukraine est un état terroriste.

La Russie a aussi expliqué l'approvisionnement en armes des deux républiques populaires par les énormes caches d'armes datant de l'époque soviétique qui se trouvaient sur leur territoire, plusieurs se trouvaient d'ailleurs dans des mines. Or qui mieux que les mineurs locaux pouvaient savoir où se trouvaient ces armes. Le reste est venu des trophées gagnés à chaque fuite ou défaite de l'armée ukrainienne (rien qu'à Debaltsevo, les deux républiques populaires ont pu récupérer plus de 400 véhicules blindés, y compris des chars d'assaut).

Concernant le drame du MH-17, la Russie est venue à la cour avec les preuves de la présence de 17 systèmes BUK du 156e régiment de défense anti-aérienne des Forces Armées Ukrainiennes dans le Donbass pendant l'été 2014 (je rappelle que juste après le crash l'Ukraine avait prétendu ne plus avoir de systèmes BUK). Des BUK du même modèle que celui qui aurait frappé le MH-17 d'après les rapports du comité d'enquête.

En plus l'Ukraine dans cette partie de l'accusation ne parle que du fait que le système BUK aurait été fourni par la Russie, et non de l'intention derrière le fait d'abattre le MH-17. Or pour que l'accusation de terrorisme ou de complicité de terrorisme tienne la route, il faut prouver l'intention d'intimider/terroriser un peuple ou un état. Or, même le comité international d'enquête, qui est plus que complaisant envers l'Ukraine, n'a jamais conclu à un acte délibéré visant le MH-17. Le pire qui a été reproché a été que les rebelles auraient cherché à abattre un avion militaire ukrainien et qu'ils auraient touché le MH-17 par accident. Donc l'accusation de terrorisme tombe à l'eau.

Concernant les accusations de discrimination contre les Tatars de Crimée, la Russie n'aura aucun mal à prouver le caractère terroriste des Mejlis des Tatars de Crimée, qui ont participé au blocus économique et énergétique de la péninsule en vue d'intimider la population afin qu'elle renie son vote du référendum de 2014 (je rappelle qu'ils ont fait partie de ceux qui, dans l'oblast de Kherson, en décembre 2015, ont abattu les pylônes électriques qui approvisionnaient la Crimée). Et donc le caractère parfaitement légal de leur interdiction en Russie, justement afin de respecter les conventions internationales de lutte contre le terrorisme.

Je ne parlerai même pas des conditions de vie des Tatars de Crimée qui se sont grandement améliorées depuis la réintégration de la péninsule au sein de la fédération de Russie, qui montreront sans ambiguïté qu'il n'y a aucune discrimination envers cette population.

Au vu du vide intersidéral en terme de preuves des deux pauvres plaintes que les juristes de Kiev ont réussi à pondre, on comprend mieux pourquoi l'Ukraine n'a pas porté plainte pour ce dont elle accuse gratuitement la Russie depuis près de trois ans. À savoir agression armée et annexion de territoire. Parce qu'avec un tel manque flagrant de preuves solides étayant ses accusations, l'Ukraine serait assurée non seulement de se voir déboutée, mais de voir la Russie gagner devant une instance juridique de l'ONU, ce qui aurait affaibli encore plus l'Ukraine et renforcé d'autant la Russie sur le plan international.

Devant ce manque de preuves, les demandes de l'Ukraine pour que la Russie paye intégralement les compensations pour les victimes du MH-17 et celles des bombardements de la population civile du Donbass sont à vomir, puisque l'Ukraine exige ni plus ni moins que la Russie paye pour ses propres crimes (concernant le MH-17 je rappelle que l'avion était sous la responsabilité de l'état dans le ciel duquel il volait, à savoir l'Ukraine, qui est donc au mieux coupable de négligence grave, et responsable du crash, pour avoir laissé l'avion voler dans une zone de guerre où plusieurs avions militaires avaient été abattus les semaines précédentes). On croit rêver devant autant de cynisme.

Mais quand on jette un œil au cabinet de juristes qui représente l'Ukraine, on comprend mieux certaines choses. Le Saker a fait un article très complet là-dessus (en anglais pour l'instant), qui montre clairement l'implication d'éléments de l'ancienne administration Obama et de cette chère Hillary Clinton dans ce bloubiboulga juridique.

Entre autre Harold Hongju Koh, qui fut conseiller juridique du département d'état américain sous la présidence Obama. Un homme qui a justifié juridiquement entre autres choses l'usage de la torture et les assassinats par drones de cette même présidence. Cela en dit long sur la conception que ce monsieur a du droit international. De plus le fait que ce soit un conseiller de l'administration américaine sortante qui représente l'Ukraine devant la cour, en dit long aussi sur le degré d'ingérence des USA dans les affaires ukrainiennes. L'Ukraine n'est plus qu'une colonie américaine.

La représentante ukrainienne n'est pas en reste puisque Elena Zerkal, a déclaré sur le plateau de France 24, que les gens du Donbass étaient des gens (voire des zombies) sous éduqués et stupides qui n'ont pas assez d'esprit critique pour comprendre que la « propagande russe » qui dit que l'armée ukrainienne tue des enfants est fausse (sic). Comme si les gens d'ici n'étaient pas au premières loges pour savoir qui les bombes ukrainiennes tuent, sans avoir besoin de le regarder à la télévision…

Mais cette opinion exprimée librement sur une chaîne française en dit long sur la conception que cette dame a des gens du Donbass : des sous-hommes débiles. Si cela vous rappelle ce qu'Hitler et d'autres idéologues Nazis pensait des Russes, ce n'est pas une coïncidence.

En poussant sa logique stupide jusqu'au bout, l'Ukraine a en réalité offert à la Russie une tribune internationale de premier choix pour que soient exposés ses propres crimes. Non seulement la CIJ a de bonnes chances de ne pas satisfaire les demandes de l'Ukraine faute de compétence et de preuves, mais en plus l'Ukraine voit ses propres accusations lui revenir publiquement dans la figure comme un boomerang. Et avec près de 600 pages de preuves, la Russie n'a pas fait çà à moitié.

Comme avec les sanctions ou le blocus du Donbass, la Russie poursuit dans sa tactique de retournement des attaques de l'adversaire contre lui. La Russie continue de préparer via cette affaire les bases juridiques qui lui permettront d'intervenir légalement dans le Donbass, puisque les crimes de Kiev y sont exposés publiquement et les preuves seront enregistrées par rien de moins que la cour de justice de l'ONU.

En clair, l'Ukraine vient de fournir à la Russie le moyen d'exposer publiquement devant la communauté internationale toutes les preuves des crimes de guerre de l'armée ukrainienne dans le Donbass, recueillis avec patience depuis presque trois ans. Les pièces se sont mises en place avec patience et précision sur l'échiquier, et l'heure de l'échec et mat a bientôt sonné.

 

Christelle Néant

Le Donbass se sépare d’une Ukraine à l’agonie

Des mouvements tectoniques continuent à se produire dans le paysage politique de l’Ukraine. La semaine dernière, à la suite de l’imposition d’un blocus total contre la Novorossia par les Ukronazis, la Russie a déclaré qu’elle reconnaîtra désormais les documents officiels émis par les autorités de la DNR et de la DLR. Cette semaine, les autorités novorossiennes ont nationalisé toutes les usines importantes du Donbass. En outre, les Novorossiens ont maintenant déclaré que puisque les autorités ukrainiennes ne veulent pas acheter leur charbon et leur anthracite, elles les exporteront désormais vers la Russie. Et juste pour s’assurer qu’ils contrôlent tous leurs arrières, les Novorossiens ont également déclaré qu’à partir de maintenant, seul le rouble russe circulera dans les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk.

Pour ne pas être défaits, les Ukronazis ont aussi franchi une étape hautement significative : le Premier ministre ukrainien a déclaré qu’il pense que les forces irrégulières qui font aujourd’hui obstacle au blocus devraient être considérées comme des gardes-frontières officiels (comme pour ceux qui seront bientôt « gardes-frontières », ils ont expliqué que leur poste principal serait nommé « Nachtigall » [rossignol en français, NdT] en l’honneur du bataillon Nachtigall de l’Abwehr nazie).

Résumons tout cela :

1.    Les Ukronazis ferment complètement la frontière non officielle avec la Novorossia.

2.    La Russie reconnaît les documents officiels novorossiens.

3.    La DNR et la LNR nationalisent toute l’industrie ukrainienne dans le Donbass.

4.    Les Ukronazis déclarent que la ligne de contact est maintenant considérée comme une frontière.

5.    Les Novorossiens déclarent que le rouble russe est la seule monnaie légale en Novorossia.

6.    Les Novorossiens exporteront maintenant l’ensemble de leur production de charbon/anthracite en Russie.

7.    Aucune usine en Novorossia ne paiera plus d’impôts à Kiev.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cela ressemble assurément à ce que la DNR et la LNR coupent leurs derniers liens avec l’Ukraine et que la junte de Kiev semble accepter ce plan.

En réalité, tout cela est beaucoup plus compliqué. Il y a une guerre secrète entre les oligarques ukrainiens Rinat Akhmetov, Igor Kolomoisky et le président Porochenko, et il y a également une guerre pas si secrète que ça entre l’opposition ukrainienne et Porochenko. Il y a aussi beaucoup de questions qui restent sans réponse, y compris comment et si les Novorossiens vendront leur production de charbon et d’anthracite à la Russie (qui n’en a pas vraiment besoin) ou à travers la Russie (éventuellement en dissimulant sa véritable origine). Cette situation pose aussi la question de savoir ce que les banques russes seront en mesure de faire, et voudront faire, pour aider les Novorossiens. Les sommes d’argent impliquées sont immenses et il y a beaucoup d’intérêts, qui souvent s’excluent mutuellement, en concurrence les uns avec les autres. Mais je ne m’intéresse pas à ce niveau en ce moment – ce qui est le plus important à mes yeux est le tableau d’ensemble, et celui-ci dit « Ukraine, au revoir ».

On peut juger de la gravité de ces développements aux efforts carrément herculéens accomplis par les médias grand public occidentaux pour ne pas en faire mention. Même le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Boris Johnson, qui était à Kiev hier, s’est concentré exclusivement sur le concours Eurovision à venir, et pas sur les importants développements qui se déroulent dans le sud-est.

Dans le contexte ukrainien, l’expression « ne jamais dire jamais » est probablement encore plus importante que d’habitude, mais je dirai que si ce que je pense qu’il se passe se produit, c’est-à-dire si le Donbass coupe actuellement de facto ses derniers liens avec l’Ukraine et s’intègre politiquement et économiquement à la Russie, et si la junte de Kiev semble avoir été incapable d’empêcher les volontaires nazis de déclencher la crise avec leur blocus, alors cela signifie potentiellement des choses très importantes :

1.    Les Ukronazis ont renoncé à l’idée de reconquérir la Novorossia.

2.    L’effondrement de l’Ukraine-croupion a commencé.

Le blocus du Donbass a été décidé par un groupe relativement restreint de dirigeants nationalistes qui n’ont jamais demandé ni reçu d’autorisation pour leurs actions de la part de la junte de Kiev. En plus, la junte n’a jamais officiellement approuvé ou soutenu ce mouvement. Mais, et c’est le plus étrange, la junte n’a jamais envoyé aucune sorte de force officielle de police/militaire/de sécurité pour reprendre le contrôle de la situation. Il y avait un groupe d’hommes, armés de bâtons et de battes de baseball, qui ont essayé de faire sortir les cinglés ukronazis de la piste, mais ils ont été rapidement vaincus. Gardez à l’esprit qu’il y a des dizaines de milliers de soldats et de policiers déployés dans le voisinage immédiat de ces unités de volontaires, mais personne, absolument personne n’a fait un geste pour rétablir l’ordre public.

Évidemment, l’idée même d’« ordre public » est largement dépourvue de sens dans un pays occupé par un régime lui-même totalement illégal. En plus, l’« ordre public » n’a aucun sens dans un pays où la force – habituellement sous la forme d’une bande de voyous armés de kalachnikovs – fait loi. Oubliez l’« Europe centrale », pensez « Somalie » et vous serez beaucoup plus près de la vérité.

L’Ukraine est un État failli, politiquement et économiquement. Et, en tant qu’État défaillant, l’Ukraine a un tas de bandes armées et même des forces armées officielles, mais rien qui ressemblerait à l’armée moderne et civilisée dont on a besoin pour l’emporter sur les Novorossiens qui, loin d’être défaillants, constituent un jeune État qui n’a fait que compléter la modernisation de son armée. La différence entre les forces armées ukrainiennes et novorossiennes n’est pas seulement le résultat de l’aide russe, bien qu’elle ait clairement joué un rôle important, mais le fait qu’avoir une force combattante capable a été pour les Novorossiens une question de survie depuis le premier jour, alors que pour la junte cela n’a jamais été une priorité simplement parce qu’il n’y a jamais eu de menace militaire pour son pouvoir. Les comptables à la petite semaine me diront que les forces ukrainiennes sont à peu près deux ou trois fois plus nombreuses, ce qui est tout à fait vrai. C’est également non pertinent. Ce qui compte est de savoir si elles peuvent monter des opérations interarmes modernes et que c’est quelque chose dont l’armée ukrainienne ne semble pas capable.

Ce que nous voyons aujourd’hui, ce n’est pas seulement une armée ukrainienne qui semble avoir renoncé à l’idée de reconquérir la Novorossia, c’est aussi une armée qui semble renoncer à l’idée de maintenir l’unité du pays. En ce moment, cela ne touche que le Donbass, mais très bientôt d’autres régions pourraient le suivre, en particulier le sud (Odessa, Nikolaev, Marioupol) qui, en soi, pourrait être riche et prospère et qui n’a aucunement besoin de dirigeants néo-nazis. Il y a même quelques mouvements séparatistes en Ukraine occidentale qui veulent se débarrasser de tout le « poids » pseudo-ukrainien et construire un État ukrainien « pur » au seul endroit où un tel État a de véritables racines historiques : à la frontière avec la Pologne.

Tout cela pose la question de l’avenir de Porochenko et, ici, votre supposition est aussi bonne que la mienne. La seule chose qui l’a maintenu au pouvoir aussi longtemps est le soutien des États-Unis et de l’Union européenne, mais avec les crises (au pluriel) entourant l’administration Trump et l’incertitude politique en Europe, ce n’est qu’ainsi que Porochenko peut utiliser ses mentors occidentaux comme base de son pouvoir. Tôt ou tard, quelqu’un quelque part en Ukraine (je parie pour Odessa) comprendra que la forme locale du pouvoir est beaucoup plus importante pour lui/elle que ce que les politiciens occidentaux ont à dire. De nouveau, la Somalie est l’exemple à garder à l’esprit : pendant un temps, les puissances occidentales ont aussi eu beaucoup d’influence là-bas, mais seulement jusqu’à ce que le pouvoir soit contesté avec succès, ensuite tout le monde a proclamé la victoire et s’est enfui.

Inutile de le dire, les Accords de Minsk sont plus loin que jamais de leur mise en œuvre. Pour les Anglosionistes, c’est suffisant pour justifier de continuer à accuser la Russie de tout cela. Cela continuera jusqu’à ce que l’Ukraine finisse par imploser jusqu’au point où la véritable négociation portera sur « Qui va payer les dégâts ? ». À ce moment-là, la Russie déclarera probablement qu’elle est prioritairement responsable pour le Donbass, laissant le reste des dégâts aux Européens qui, contrairement aux Américains, n’auront d’autre choix que de payer. Mais c’est encore loin dans le futur. En ce moment, la question est de savoir combien de temps peut durer l’agonie du régime nazi ukrainien.

Alexander Zakharchenko a prédit hier que l’État ukrainien s’effondrerait dans ces 60 prochains jours. Peut-être. Mon sentiment personnel est que cela pourrait prendre un peu plus de temps, en particulier si on considère la dynamique d’un si grand pays. Nous ne devrions jamais non plus écarter une éventuelle attaque ukronazie de grande envergure contre la Novorossia, en raison seulement de l’expression d’une haine aveugle et imbécile. Si cela devait arriver, le but des Novorossiens sera de libérer les parties des régions de Lugansk et de Donetsk encore sous occupation nazie. Cela pourrait être difficile – les Ukrainiens ont fortifié leurs défenses pendant de nombreux mois – mais je m’attends à ce qu’ils réussissent finalement. À ce moment-là, l’Occident accusera de nouveau la Russie (quoi de nouveau ?).

Indépendamment de combien de temps durera cette agonie, il n’y a aucun doute dans mon esprit qu’elle a commencé et qu’elle est irréversible. Il est en effet tout à fait remarquable que cela ait pris tant de temps pour arriver à cette dernière phase. Il y a de nombreux mois déjà, nous avions beaucoup de petits indices et de signes que les choses ne se passaient pas bien, mais avec la séparation de-facto du Donbass et son intégration progressive dans l’économie russe, nous assistons à une phase qualitativement nouvelle dans le processus de désintégration de l’Ukraine.

P.-S. : Alexander Zakharchenko a annoncé aujourd’hui un blocus total de l’Ukraine par le Donbass. Le résultat pratique sera que la Novorossia cessera totalement de payer des impôts à l’Ukraine occupée par les nazis.

The Saker

L’article original est paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Julie, relu par Michèle pour le Saker francophone

Source: http://lesakerfrancophone.fr/le-donbass-se-separe-dune-ukraine-a-lagonie

 

 

Nouvelle escalade des tensions dans le Donbass et redistribution des cartes géostratégiques - L’Ukraine plonge vers le chaos

Mardi 7 Mars 2017

 

 

Les chiffres de bombardements qui continuent à augmenter depuis plusieurs semaines, ont atteint un nouveau pic durant les dernières 24 h avec pas moins de 2 927 bombardements menés par l'armée ukrainienne contre la République Populaire de Donetsk (RPD), dont 20 tirs de lance-roquettes multiples Grad sur le village de Spartak.

La réutilisation de ces armes de destruction de grandes surfaces par l'armée ukrainienne est inquiétante, car il faut se rappeler qu'elles avaient été massivement utilisées lors de l'escalade récente qui avait eu lieu fin janvier-début février.

 

Ces bombardements ont fait deux blessés parmi les civils et ont détruit ou endommagé 13 maisons. Des bombardements qui frappent désormais de plus en plus en plein jour, comme nous avons pu le constater lors d'une visite à Zaïtsevo, où les obus de l'armée ukrainienne volaient au-dessus de nos têtes vers les positions de l'armée de la RPD qui se trouvaient derrière nous (vers la fin de la vidéo) :

Mon collègue Vittorio qui se trouvait quelques jours plus tard dans le Sud de la RPD, à Kominternovo, l'a échappé de peu, alors que l'armée ukrainienne a tiré à plusieurs reprises sur la route où circulait la voiture dans laquelle il se trouvait :

Des bombardements qui empêchent les travaux de réparation des lignes électriques de la station d'épuration de Donetsk d'avoir lieu, bloquant ainsi le redémarrage de la station, qui avait dû de nouveau stopper son fonctionnement suite à de nouveaux tirs de l'armée ukrainienne.

Des tirs qui ont eu lieu, alors que la direction de la station d'épuration a demandé à l'OSCE d'assurer la sécurité de ses employés en venant superviser les changements d'équipes. Une demande à laquelle l'OSCE n'a pas daigné répondre, alors que cela relève de son mandat, tout comme la protection des équipes de réparation.

L'OSCE dont le travail laisse de plus en plus à désirer et qui s'assoit joyeusement sur ses obligations. Ainsi Vladislav Deneigo, le représentant de la République Populaire de Lougansk (RPL) à Minsk à souligné que les rapports de la mission de l'OSCE contiennent des faits inventés. Il a ainsi relevé que des observateurs de l'OSCE donnaient des détails sur les explosions entendues qu'ils sont en réalité incapables de savoir au vu de leur manque d'expérience militaire.

Et c'est en RPL aussi, que l'OSCE s'est « illustrée » une fois de plus, en quittant Stanitsa Louganskaya, 30 minutes à peine avant le désengagement des armes qui devait avoir lieu aujourd'hui. Un désengagement qui devait se faire sous la supervision des observateurs de l'OSCE, qui doivent pouvoir attester que celui-ci a bien lieu, cela faisant clairement partie de leurs obligations. Quelle excuse vont-ils trouver pour justifier ce énième manquement à leur devoir ? Ils avaient piscine, fitness ou fini leurs heures ?

Plus le temps passe et plus cette organisation donne toutes les raisons pour se faire haïr de la population et des autorités locales, et pour discréditer totalement son travail en tant qu'aide au maintien de la paix.

Une paix et un arrêt du génocide dans le Donbass que de plus en plus de gens à travers le monde appellent de leurs vœux. Ainsi, une campagne internationale intitulée « Stoppez le génocide des habitants du Donbass » a été lancée, et marquée par des manifestations dans plusieurs grandes villes, près des ambassades ukrainiennes, des administrations présidentielles, et des bureaux de l'OSCE ou de l'ONU.

Les participants à ces manifestations demandent à l'ONU de reconnaître ce qui se passe dans le Donbass comme un génocide, de poursuivre Porochenko pour crimes de guerre et de déclarer comme organisations terroristes les groupes et bataillons nazis et ultra-nationalistes ukrainiens.

Des manifestations ont déjà eu lieu à Rostov, New York, Prague et dans plusieurs villes italiennes et d'autres sont prévues un peu partout, de Moscou à La Hague. Même en Ukraine, des manifestations ont eu lieu pour protester contre le blocus du Donbass, comme à Kramatorsk, où plus de 500 personnes s'étaient réunies pour demander la levée du blocus.

Des Ukrainiens qui ont bien compris vers quoi les mène ce blocus, comme l'indiquaient certains des panneaux qu'ils portaient : « Le blocus est la route qui mène à l'obscurité  » « En bloquant le charbon de l'Est de l'Ukraine, vous détruisez le pays ». Et ils ont raison, puisque même les médias ukrainiens comme la chaîne 112 admettent que ce blocus va coûter 3,5 milliards de dollars et 75 000 emplois à l'Ukraine.

Même Tetiana Tchonovol, députée de la Rada aux idées politiques nationalistes radicales (elle a été la porte-parole du parti d'extrême-droite UNA-UNSO, et une activiste assidue du Maïdan, sans parler de son défunt mari qui faisait partie du bataillon Azov), a compris que ce blocus est un non-sens, et a essayé d'aller parler aux combattants qui organisent le blocus.

Après avoir accusé les combattants de faire le jeu de la Russie (ce qui n'est pas faux, la Russie, la RPD et la RPL utilisant les âneries des ultra-nationalistes ukrainiens pour les retourner contre l'Ukraine), et que Poutine était leur patron, Tetiana Tchonovol a été giflée par une femme présente sur place et s'est prise plusieurs jets d’œufs sur la tête. Les mouvements nationalistes ukrainiens semblent souffrir d'un phénomène de scission qui s'étend à tout le reste du pays.

Ainsi, sur la place du Maïdan, des nationalistes ont manifesté contre la gouverneure de la banque nationale ukrainienne, Valeria Gontareva, en apportant un cercueil contenant une poupée gonflable à son effigie en tenue de prisonnier rayée. Les manifestants l'ont accusée de complaisance envers des entreprises et institutions russes en Ukraine, et lui ont reproché l'état du cours de la Hryvnia et de l'économie ukrainienne.

Et de son côté, le député et chef du parti radical Oleg Liachko s'est plaint de l'ingérence américaine dans les affaires ukrainiennes. Comme Nadiejda Savtchenko et Tetiana Tchonovol, il semble que certains nationalistes ukrainiens commencent à comprendre vers quel chemin les mène la politique américaine et se rebiffent.

D'autres, grassement payés par des oligarques comme Kolomoïsky, veulent pousser encore plus loin leur logique destructrice, en bloquant aussi les trains venant de Russie. Alors que l'Ukraine s'effondre, les forces qui ont été soutenues lors du Maïdan par les occidentaux sont en train d'accélérer sa désintégration.

Une désintégration qui devient de plus en plus visible, avec l'effondrement de ce pont à Kiev, l'explosion à la cokerie d'Avdeyevka à cause des manquements aux règles de sécurité, ou certains indicateurs comme la mortalité et le taux d'émigration de la population, qui battent de tels records en Ukraine (2e pays dans le monde en terme de taux de mortalité et de taux d'émigration), que le pays fait pire que les pays africains (sic). L'Ukraine est en pleine « somalisation » accélérée.

Quand on voit tout cela, on comprend mieux pourquoi il y a quelques jours, Alexandre Zakharchenko annonçait que l'Ukraine disparaîtrait d'ici 60 jours maximum. Une opinion partagée par la population, et les soldats de la RPD sur le front (voir la première vidéo de l'article). Le tout sur fond de rumeurs de plus en plus persistantes sur le fait que Porochenko aurait envoyé un certain nombre de ses avoirs tangibles (argent et biens culturels) en Espagne où il possède une résidence, préparant ainsi sa future fuite.

Et ce n'est pas la plainte bidon déposée devant la Cour Pénale Internationale contre la Russie qui va arranger le cas de l'Ukraine, puisque celle-ci est venu avec des accusations floues, et qui n'ont rien à voir avec le mandat de la CPI, qui ne pourra donc rien faire concernant ces plaintes. L'Ukraine va se ridiculiser totalement sur la scène internationale avec cette plainte mal ficelée, et dont on se demande quels genre d'avocats les autorités ukrainiennes ont engagés pour arriver à un résultat aussi désastreux.

De son côté, la Russie continue de redistribuer les cartes et prend les devants, en publiant par exemple la lettre que Viktor Yanoukovytch, le président légitime de l'Ukraine, a écrit à Donald Trump, à plusieurs chefs d'état européens dont ceux de la France, de l'Allemagne et de la Pologne, ainsi qu'au Conseil de l'Europe et au Parlement Européen, afin non seulement d'exposer en détail les faits qui se sont déroulés lors du Maïdan (le but étant je pense surtout d'informer Trump de la réalité de ce qui s'est passé lors du coup d'état), mais aussi de leur demander d'agir.

S'adressant plus particulièrement à Trump, Ianoukovytch lui demande en effet, pour rétablir la démocratie et la loi en Ukraine :

- d'envoyer des observateurs internationaux pour superviser le processus d'enquête concernant les meurtres commis lors des manifestations de masse qui ont eu lieu à Kiev lors du Maïdan ;

- de demander aux autorités ukrainiennes d'autoriser les observateurs internationaux et les représentants de ce qui est actuellement l'opposition ukrainienne à surveiller l'enquête concernant les crimes commis en Ukraine de 2014 jusqu'à maintenant ;

- de donner une évaluation politique et juridique objective des actions des représentants des États-Unis pendant la crise ukrainienne ;
- d'inclure dans les négociations au format Normandie les représentants des parties rebelles (comprendre la RPD et la RPL), qui représentent le peuple du Donbass ;
- en cas d'échec des autorités ukrainiennes actuelle à appliquer les accords de Minsk - d'initier un référendum sur le statut du Donbass.

Cette lettre est importante, car dans celle-ci, Ianoukovytch non seulement reconnaît les autorités de la RPD et de la RPD comme étant les représentants du peuple du Donbass, légitimant ainsi ces mêmes autorités, mais il avalise aussi l'idée d'un référendum sur le statut du Donbass.

Comme indiqué dans mon article sur le fait que l'Ukraine s'est mise elle-même échec et mat, quand l'Ukraine lancera sa dernière offensive, la Russie va pouvoir utiliser Ianoukovytch pour obtenir le droit de venir légalement rétablir la paix dans le Donbass, et organiser de manière totalement sécurisée et officielle ce référendum qui ne fera que confirmer le résultat du premier fait en 2014.

En clair, la Russie pourrait bien rééditer ce qu'elle a fait en Crimée, en bénéficiant du cadre légal du droit international grâce au fait que Ianoukovytch est toujours légalement président de l'Ukraine, et grâce à toutes les erreurs commises non seulement par les autorités ukrainiennes mais aussi par des organisations comme l'OSCE, qui se sont ainsi totalement discréditées.

 

Pendant que l'Ukraine s'apprête à plonger dans les ténèbres, le Donbass marche doucement mais sûrement vers la lumière, comme l'a symbolisée la première illumination du Donbass Arena depuis le début de la guerre, le 28 février au soir.

Christelle Néant

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 4 mars 2017

 

07 mars 2017  

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 4 mars 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
01’03 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’19 » – Armes lourdes déployées sur le front par l’armée ukrainienne
04’54 » – Évolution de la situation autour de la station d’épuration de Donetsk
06’44 » – Possible future intervention de la Russie dans le Donbass

ÉCONOMIE
13’30 » – Mise sous tutelle d’état des entreprises ukrainiennes situées en RPD et RPL et parenthèse sur les relations entre Igor Kolomoïsky et les groupuscules nazis en Ukraine

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK
23’03 » – La Russie va-t-elle reconnaître la RPD et la RPL ?

DIVERS
24’26 » – Réorganisation de l’aide humanitaire en RPD suite au blocus du Donbass

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
26’32 » – Rapport d’Amnesty international concernant la liberté d’expression en Ukraine
27’47 » – Zakharchenko donne à l’Ukraine au maximum 60 jours à vivre
31’01 » – Les USA divisent leur aide militaire à l’Ukraine par deux
32’19 » – La situation sur le Maïdan s’aggrave
33’11 » – Rumeurs sur une éventuelle fuite de Porochenko en Espagne

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
35’40 » – Bagarre au conseil municipal de Kiev, le maire obligé d’utiliser ses talents de boxeur professionnel

 

38’08 » – Conclusion

L’Ukraine s’est mise elle-même échec et mat face à la Russie et a donné à cette dernière les moyens d’intervenir légalement dans le Donbass


Jeudi 2 mars 2017

 

Après s'être tiré une balle dans chaque pied avec le blocus du Donbass, que les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) ont retourné contre elle, l'Ukraine est en train de presser la détente du pistolet qu'elle a elle-même mis sur sa tempe lors du Maïdan de 2014.

Au fur et à mesure que les derniers jours et les dernières semaines passent, le plan de Vladimir Poutine concernant l'Ukraine, que beaucoup avaient jugé « mou » dans ses réactions face au massacre de la population du Donbass, commence à se dévoiler.

Mais reprenons l'histoire depuis le début. Lors du Maïdan, en février 2014, Viktor Ianoukovytch, président légitimement élu de l'Ukraine est renversé par un coup d'état, que toutes les chancelleries occidentales ont cautionné comme légitime. Le gros problème, c'est qu'il ne l'était pas, même au regard de la constitution ukrainienne.

Vladimir Oleïnik, qui était jusqu'en 2014, député de la Rada, a écrit un dossier complet sur ces événements (qui a été traduit en français), où il démontre factuellement que le coup d'état de février 2014 était totalement inconstitutionnel.

Pour résumer : une fois Ianoukovytch parti, les pro-Maïdan via la Rada ont changé la constitution ukrainienne, revenant à une version antérieure de cette dernière, afin de légitimer leur coup. Ces changements ont été signés et publiés par Tourtchynov, qui assurait l'intérim de la présidence en tant que président de la Rada. Le problème c'est que jusqu'à la publication de cette nouvelle constitution de manière officielle, Tourtchynov n'est pas en droit de la valider par sa signature. C'était au premier ministre d’Ianoukovytch, Mykola Azarov, de la valider.

De plus, la Rada a adopté ces changements constitutionnels avec une résolution, et non une loi, ce qui est là aussi contraire à ce que prévoit la constitution ukrainienne. Et les députés ne pourront même pas prétendre qu'ils ne savaient pas que ce qu'ils faisaient était illicite puisqu'ils ont mis dans cette résolution « … que le respect de la procédure de la révision de la Constitution de l’Ukraine établie par la Constitution de l’Ukraine et déterminée par le Titre XIII de la Constitution de l’Ukraine, est une des conditions de base de la légitimité de l’ordre constitutionnel en Ukraine  ».

De plus ces amendements étaient basés sur une loi de 2004 que la cour constitutionnelle ukrainienne avait invalidée. Or l’exécution des décisions de la Cour Constitutionnelle de l’Ukraine est obligatoire sur le territoire de l’Ukraine et ces décisions sont définitives et sans appel. Donc non seulement les nouvelles autorités ukrainiennes se sont assises sur la constitution, mais en plus, elles se sont assises sur une décision de la cour constitutionnelle qui est seule habilitée à décider de ce qui est constitutionnel ou non.

Et si on regarde de près la destitution de Viktor Ianoukovytch, là on décroche le jackpot. L’article 108 de la Constitution ukrainienne énonce clairement qu'il n'y a que quatre raisons pouvant mettre fin par anticipation aux fonctions du Président de l’Ukraine :
1. la démission ;
2. l’incapacité d’exercer ses fonctions pour raison de santé ;
3. la destitution par la procédure de l’empêchement ;
4. la mort.

Or Ianoukovytch n'a pas démissionné, n'était pas en mauvaise santé, et n'est pas mort (on comprend mieux d'ailleurs pourquoi Ianoukovytch a été poursuivi dans l'Est de l'Ukraine après le renversement du pouvoir afin d'être assassiné, cela aurait résolu le problème de la légalité de sa destitution ; en le sauvant, la Russie a laissé une énorme épine dans le pied des autorités ukrainiennes actuelles).

La seule voie légale pour les putschistes était la procédure d'empêchement. L'article 111 de la constitution ukrainienne est très claire sur les motifs qui peuvent justifier une telle procédure : « Le président de l’Ukraine peut être destitué par la Rada suprême par la procédure de l’empêchement dans le cas où il est coupable de haute trahison ou d’autres crimes. »

Or ce n'est pas cette raison qui a été invoquée pour le destituer. Le décret précise « que le Président ukrainien V. Ianoukovytch s’est désisté d’une manière anticonstitutionnelle de l’exécution de ses responsabilités constitutionnelles et il n’accomplit pas ses devoirs ». Or un tel point n'existe pas et n'est pas prévu dans la constitution ukrainienne pour démettre un président de ses fonctions. Le décret de destitution de Ianoukovytch est donc lui aussi totalement anticonstitutionnel.

En clair, les autorités ukrainiennes actuelles sont totalement et indubitablement illégitimes au regard de la constitution et du droit ukrainiens, et Viktor Ianoukovytch est donc toujours le président ukrainien légitime.

Et là vous me direz que vu que les autorités actuelles sont soutenues par la communauté internationale, cela fait une belle jambe à l'Ukraine et au Donbass. Jusqu'ici oui. Mais plus maintenant.

 

Car dans leur folie russophobe, et essayant de prouver que Ianoukovytch a commis un crime de haute trahison pour justifier à posteriori leur coup-d ‘état, les autorités ukrainiennes actuelles viennent elles-mêmes de se poser le pistolet sur la tempe et s'apprêtent à appuyer sur la détente.

En effet mi-janvier, certains médias pro-Maïdan comme Radio Svoboda, ont publié une information connue depuis 2014, mais remise en lumière suite à la demande par la partie Ukrainienne à l'ONU de fournir une copie certifiée de la lettre que Vitaly Tchourkine, le représentant russe, avait brandie lors d'une réunion du conseil de sécurité de l'ONU, le 4 mars 2014.

Le 6 janvier 2017, l'ONU a répondu favorablement à la demande, et a fourni la copie de la lettre, qui contient ce qui suit :

« En ma qualité de Président de l’Ukraine légalement élu, je déclare par la présente ce qui suit.
Les événements qui se sont déroulés sur la place Maïdan et la prise illégale du pouvoir à Kiev ont mené l’Ukraine au bord de la guerre civile. Le chaos et l’anarchie règnent dans le pays et les vies, la sécurité et les droits du peuple – en particulier dans le sud-est du pays et en Crimée – sont menacés. Sous l’influence des pays occidentaux, des actes de terreur et de violence sont commis et des personnes sont persécutées pour des motifs politiques et linguistiques.
Je demande par conséquent au Président de la Fédération de Russie, V. V. Poutine, de faire intervenir les forces armées russes pour rétablir l’ordre public, la paix et la stabilité et pour protéger le peuple ukrainien.
 »

Oui, vous avez bien lu. Dès mars 2014, Viktor Ianoukovytch demandait, comme Bachar el-Assad le fera plus tard, en septembre 2015, d'intervenir militairement dans son pays pour y rétablir l'ordre.

Alors vous demanderez-vous, pourquoi la Russie ne l'a-t-elle pas fait ? Il faut se souvenir, qu'à ce moment-là, la Russie doit déjà gérer le dossier Criméen. La Crimée, refusant le coup d'état, a lancé l'organisation du référendum visant à demander si les habitants veulent revenir au sein de la Russie. Prévu initialement en mai, le référendum est avancé au 30 mars le jour même où Ianoukovytch écrit cette lettre, puis la date sera avancée de nouveau au 16 mars cinq jours plus tard.

Au moment où Tchourkine brandit cette lettre devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, les événements en Crimée s'accélèrent déjà d'une façon assez difficile à contrôler, et l'intervention russe pour protéger les habitants de la péninsule des menaces des groupuscules néo-nazis ukrainiens permet déjà aux USA et à leurs valets de hurler à l'invasion russe.

Si la Russie accédait à la demande de Ianoukovytch, cela voulait dire prendre la responsabilité de l'Ukraine, qui est un gouffre financier (sans parler du bordel politique), alors la Russie ne veut pas jouer le rôle de gendarme du monde, les USA et l'OTAN tenaient le prétexte parfait pour déclencher une guerre, et la Russie devait déjà gérer le dossier Criméen. Ensuite ce sera l'emballement, le retour de la Crimée est validé par le référendum et la situation dégénère dans le Donbass. Et en Syrie cela n'était guère mieux. Il y avait trop de fronts à gérer, et trop de risques sur le plan intérieur et international, la Russie a donc temporisé.

Le plus urgent était de gérer la Crimée. Un point hautement stratégique que la Russie ne pouvait pas se permettre de perdre. Et puis fidèles à la tradition russe, les autorités du pays préfèrent essayer de négocier, de discuter plutôt que de devoir en venir aux armes. C'est l'essence même de Minsk-1, puis de Minsk-2. Les russes, se souvenant de ce que leur a coûté la deuxième guerre mondiale, préfèrent un mauvais accord à une bonne guerre.

Et ce, même s'ils savent que l'Ukraine ne respectera jamais ces accords, comme l'a ouvertement déclaré le député ukrainien Anton Geraschenko, sur le plateau de la chaîne télévisée 112 :

« Disons tout de suite que les accords de Minsk n’ont pas été mis en œuvre depuis le jour même où ils ont été signés en février 2015. Vu du côté ukrainien, ce fut une mesure temporaire et, je vais être honnête, une tromperie délibérée. Rappelez-vous que le premier accord de Minsk a été signé suite à la catastrophe militaire près de Ilovaïsk quand nous n’avions plus aucune force pour défendre le front de Donetsk à Marioupol. Le deuxième accord de Minsk a été signé suite à la perfide agression russe sur Debaltsevo et la formation du « Chaudron de Debaltsevo ». Ces accords ne sont pas des accords internationaux ou quoi que ce soit de ce genre.  » (Traduction depuis l'article du Saker)

Malheureusement pour Geraschenko, depuis la résolution de l'ONU sur ces accords, ceux-ci sont bien un accord international contraignant, que les autorités ukrainiennes avouent ne pas respecter, de manière ouverte.

Alors quel pourrait-être le plan de Poutine ? Je vais vous livrer ici mon intuition, sans promettre que cela reflète exactement ce qu'il pense (ce serait prétentieux de ma part), ni ce qu'il a fait, mais qui me semble hautement plausible.

Devant gérer plusieurs crises graves, Poutine a choisi de temporiser, de jouer la patience et la négociation afin de repousser le moment d'en venir aux armes, tout en laissant l'adversaire dévoiler son jeu, révéler son véritable visage et ses intentions, et offrir sur un plateau d'argent le bâton pour se faire battre.

Devant l'échec actuel de Trump a faire barrage aux forces néo-conservatrices, Poutine a considéré que la patience avait assez duré, et que la bagarre étant inévitable, il fallait désormais se donner les moyens de la gagner. Et pour cela, en excellent juriste et judoka qu'il est, toute la préparation préliminaire du terrain opérée par la Russie va désormais pouvoir être utilisée. Y compris le sauvetage d’Ianoukovytch.

Cela a commencé par les mises en garde de plus en plus fermes envers l'Ukraine sur toute tentative de briser les accords de Minsk. Puis face à la nouvelle escalade sur le front fin janvier, début février, et du blocus du Donbass, ce fut la reconnaissance des documents officiels de la RPD et de la RPL afin de désenclaver les deux républiques sur le plan humanitaire et économique, tout en reconnaissant par la tangente la légitimité des autorités qui délivrent ces documents (ce qui s’avérera très utile pour la suite du plan).

Cette manœuvre a pour but aussi d'être un ultime avertissement envers l'Ukraine afin d'éviter le bain de sang. Si elle persiste à vouloir régler le conflit du Donbass par la force comme le scandent de plus en plus d'officiels ukrainiens, alors la Russie pourrait bien sortir son atout majeur : Ianoukovytch et le fait que légalement, il est toujours président de l'Ukraine. Quoi qu'en disent les chancelleries occidentales.

Mais pourquoi est-ce alors l'Ukraine qui a ressorti cette vieille histoire de lettre à l'ONU, et pas la Russie ? Je pense que cela fait aussi partie du plan de Poutine. Si c'était la Russie qui avait ressorti cette affaire, les occidentaux pouvaient l'accuser de tenter de justifier par avance sa future invasion de l'Ukraine. Mais si c'est l'Ukraine qui ressort ce vieux serpent de mer, alors personne ne peut y trouver à redire si cela est ensuite utilisé par la Russie (et je pense que la Russie a fait en sorte que l'Ukraine sorte çà des cartons par une information habilement glissée auprès des forces les plus russophobes du pays).

Si l'Ukraine lance une nouvelle offensive, et que l'intervention de la Russie s'avère inévitable, alors comme el-Assad en septembre 2015, Ianoukovytch pourrait réitérer sa demande d'intervention militaire de la Russie en Ukraine, en circonvenant cette-dernière au Donbass, afin de stopper le bain de sang tout en n'imposant pas une responsabilité et une charge financière trop lourde à la Russie. Une demande qui serait acceptée cette fois par la Russie, qui aurait alors la base juridique légale pour intervenir au regard du droit international, et la base morale pour le faire après avoir laissé plus de deux ans à l'Ukraine pour appliquer les accords de paix qu'elle avait signés, et qu'elle n'a jamais respectés.

Les chancelleries occidentales hurleront, comme lors de la guerre en Ossétie du Sud en 2008, mais dans les faits, sur le plan légal, elles ne pourront rien faire contre cela, et la Russie pourra les confronter à leur inaction à faire appliquer les accords de Minsk pour faire taire les plus réticents.

Et si l'armée ukrainienne n'a pas réussi en bientôt trois ans à vaincre une milice populaire, je vous laisse imaginer dans quel état elle finira face à l'armée russe. Ensuite la Russie pourra au choix reconnaître ouvertement la RPD et la RPL, ou les intégrer au sein de la fédération de Russie selon le choix de la population, grâce à la première pierre de légitimation posée par la reconnaissance des documents et donc des autorités des deux républiques (si les autorités sont légitimes, leurs actes le sont aussi, y compris d'organiser un référendum).

Voilà comment, avec patience et détermination, la Russie vient de mettre les autorités ukrainiennes actuelles « échec et mat » avec leur participation active. Comme le dit le proverbe viking « C'est en faisant des lois qu'on bâtit un pays, et c'est en les violant qu'on le détruit ». Les nouvelles autorités ukrainiennes, et les néo-conservateurs auraient dû méditer sur ce proverbe.

Christelle Néant

 

L’armée ukrainienne a bombardé Yasnoye, près de Dokouchaevsk, la nuit dernière - Plusieurs maisons endommagées


Jeudi 2 mars 2017

 

Parmi les 1 774 violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne durant les dernières 24 heures, plusieurs ont frappé la zone autour de Dokouchaevsk, au Sud de Donetsk. À cet endroit, les positions de l'armée ukrainiennes sont très proches.

Alors que nous nous rendons sur les lieux à plusieurs reprises nous devrons presser le pas en zone découverte, car comme nous l'indique un soldat nous sommes à portée de tir des snipers ukrainiens.

À environ 22 h 30, l'armée ukrainienne a bombardé à coup de mortiers et de lance-roquettes antichars les zones résidentielles de Yasnoye, endommageant plusieurs maisons. Et juste après l'arrivée des pompiers, c'est leur camion qui est devenu la cible des bombardements ukrainiens, semant la panique parmi les habitants.

Comme cette femme qui nous explique ce qui s'est passé :

« Une roquette anti-char a touché le rebord de ma fenêtre. Elle a traversé le plancher jusqu'au 1er étage et elle est restée en dessous. Le camion de pompiers est arrivé, et les punisseurs de Kiev ont tout de suite commencé à le bombarder. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'était terrible. Ça a eu lieu à 22 h 30. C'était la panique et les gens se sont enfuis en courant. C'était vraiment très, très difficile pour moi. Je n'ai plus rien maintenant. »

En larmes, elle nous explique qu'elle n'a plus que les vêtements et les pantoufles qu'elle portait à ce moment-là. Tout le reste a été détruit lors du bombardement.

 

Des bombardements qui continuaient alors que nous étions sur place, au beau milieu de la journée, laissant augurer une nouvelle nuit mouvementée. Les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk ont dit adieu à l'Ukraine cette nuit, et il semble que cette dernière est bien décidée à se venger et à faire payer cet affront au prix fort.

Christelle Néant

 

 

Les Républiques larguent les dernières amarres avec Kiev

On connaissait déjà “le bras de fer”, on vit désormais dans le Donbass un “blocus de fer” entre Kiev qui est pris en otage par un “Maïdan du rail” du parti de la guerre et ses idiots utiles (radicaux nationalistes mais aussi Avakov,  Kolomoisky, Timochenko, Turtchinov etc… qui soutiennent le principe d’un blocus). Ainsi, les vétérans des bataillons spéciaux, de voie ferrée en voie ferrée, de route en route veulent bloquer progressivement depuis janvier 2017 tous les échanges économiques entre les Républiques de Donetsk et Lugansk et l’Ukraine.

Dans cette logique de guerre, les radicaux ukrainiens veulent avec ce blocus “faire d’une pierre 2 coups”, en cherchant d’une part à étouffer les populations russophones du Donbass et continuer l’escalade sabotant les accords de Minsk et d’autre part déstabiliser également le pouvoir oligarchique de Kiev (Porochenko, Akhmetov etc..)  Pour l’affaiblir et lui  faire porter la responsabilité de l’effet boomerang de ce blocus sur l’Ukraine. En effet, de nombreuses entreprises privées possèdent encore de nombreux actifs économiques dans les régions de Donetsk et Lugansk et la consommation énergétique ukrainienne dépend encore en grande partie des livraisons d’anthracite du Donbass.

Jusqu’à présent le régime de Kiev,  tout en émettant des protestations véhémentes contre les barrages illégaux des vétérans de l’ATO, laisse de facto le blocus s’organiser tranquillement autour du Donbass. Parce que, empêtré dans ses échecs multiples et pris en otage par ses radicaux nationalistes il leur a donné certainement une procuration secrète…Ce blocus commence à faire ses effets surtout du côté de Kiev avec la fermeture progressive d’entreprises et l’état d’urgence énergétique décrété le 15 février par Igor Nasalyk, le Ministre ukrainien de l’énergie.

Dire que le blocus ne grève pas l’économie des Républiques du Donbass serait un mensonge car en plus de la vente du charbon, de nombreuses entreprises privées dépendent aussi de produits importés d’Ukraine (comme par exemple l’usine métallurgique de Donetsk qui reçoit des fournitures du port de Mariupol). MAIS,  solidement adossées à la Fédération de Russie qui les soutient, les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, dans une convergence économique et politique ont organisé rapidement adaptation et riposte intelligentes, transformant ce blocus des “ukrops” en  coup d’épée dans l’eau…. sauf peut-être pour l’économie ukrainienne !

 

Donetsk, Lugansk mais aussi Moscou, en ripostant reprennent l’initiative 

En réaction au blocus les Présidents des Républiques du Donbass Igor Plotnitsky (Lugansk) et Alexander Zakharchenko (Donetsk) le 27 février 2017, lancent un ultimatum à Kiev.

Devant la duplicité perverse du gouvernement de Kiev qui d’un côté condamne officiellement le blocus (le 1er ministre ukrainien, Groysman, l’a même qualifié de «crime») mais n’engage aucun moyen coercitif adéquat pour obtenir sa levée, les Républiques du Donbass ont décidé, après avoir patienté plus d’un mois en observant l’évolution croissante des barrages (hier c’était la route Donetsk-Mariupol) de lancer un ultimatum et dès le 1er mars d’amorcer une nationalisation des actifs ukrainiens ainsi que d’autres mesures, pour certaines déjà engagées :

·         transfert des sociétés ukrainiennes dans le Donbass sous la juridiction de gestion des Républiques.

·         réorientation de tous les échanges économiques avec Kiev vers la Fédération de Russie.

·         officialisation du rouble (déjà factuelle) comme monnaie nationale faite déjà par la LNR et bientôt la DNR etc…

A ces mesures on doit rajouter aussi la récente reconnaissance administrative des Républiques du Donbass réalisée par la Fédération de Russie (via la validation temporaire des passeports DNR et LNR) et qui n’est pas sans rapport avec la reprise des bombardements violents sur leurs populations, mais aussi le maintien et la radicalisation de ce blocus.

Alors qu’un “blocus” par définition cherche à affaiblir celui qui le subit, on ne peut que constater que celui du Donbass, bricolé par le parti de la guerre ukrainien et ses ultras nationalistes décérébrés, n’a fait que renforcer la cohésion des Républiques populaires et accélérer leur séparation totale et définitive de l’Ukraine.

La seule victime de ce siège économique est donc aujourd’hui ce pouvoir oligarque ethno-centré de Kiev, assis sur un siège éjectable et qui doit maintenant, dans un effondrement global du pays, faire face à une nouvelle crise économique et un nouveau séisme politique. Ainsi ce 28 février, à la ”Verkhona Rada, parlement ukrainien, un débat houleux a été lancé entre les députés pro-oligarques qui réclamaient le levée immédiate du blocus tout en cachant leurs motivations cupides derrière le prétexte fallacieux des accords de Minsk, les radicaux qui réclamaient son maintien en dénonçant la nationalisation républicaine des entreprises comme un “casus belli” etc…  De son côté, le Ministre ukrainien de l’intérieur Avakov,  ménageant le chèvre et le chou propose quant à lui le maintien du siège économique des Républiques… sauf bien sûr pour le charbon qui est vital à l’Ukraine, tandis que Iulia Timochenko (qui est favorable et certainement co-initiatrice du blocus), tel un vautour observant une agonie, attend patiemment le moment d’entrer en scène…

Car si le blocus est levé le gouvernement Porochenko sera accusé de trahison, et s’il est maintenu il sera accusé de faiblesse…, et dans les 2 cas cela accélérera son renversement via un coup d’état ou plus vraisemblablement un vote pour des législatives anticipées qui déclencheront à leur tour des présidentielles anticipées.

Il reste cependant à Porochenko une marge très étroite de manœuvre, hasardeuse et dangereuse, qui est de se lancer dans une fuite en avant politique par une offensive militaire majeure contre le Donbass et pour laquelle son armée est prête et n’attend que le feu vert. C’est vraisemblablement ce que veulent tous les fanatiques du Chaos, des néoconservateurs étasuniens en mal de revanche contre Trump au dernier volontaire du régiment Azov lui aussi en mal de revanche contre l’armée rouge.

D’ailleurs, l’Ukraine s’est déjà engagée dans cette voie belliciste comme le montrent les récentes réactions du gouvernement au projet de nationalisation des Républiques et qui n’hésitent pas à étaler une nouvelle fois une mauvaise foi cynique coutumière vis à vis des accords de Minsk. En effet, alors que le blocus du Donbass réalisé par les ultra nationalistes avec la complicité passive du pouvoir ukrainien constitue vraiment une violation flagrante des accords de Minsk (point n°8 : “Mettre fin au blocus économique du Donbass”), la réaction légitime des Républiques de Donetsk et Lugansk nationalisant les entreprises ukrainiennes pour éviter leur fermeture est dénoncée avec des cris d’orfraie par Kiev comme une violation de ces mêmes accords de paix, alors qu’elle n’existe ici que dans leur imagination.

Hier, les ultra nationalistes, appuyés par les membres du parti de la guerre et la sympathie d’une partie des unités engagées dans le Donbass, ont  refusé de lever leurs barrages et de négocier avec le gouvernement, poussant ainsi ce dernier à réagir et s’exposer dangereusement. De leur côté, les Républiques,  soutenues par des rassemblements importants de citoyens dans plusieurs villes ont achevé tous les préparatifs pour exécuter, dès le 1er mars 2017, les nationalisations des sociétés et entreprises ukrainiennes.

Alors que les combats et les bombardements reprennent crescendo sur la ligne de front depuis le début de l’année, ce blocus, qu’il soit logique de guerre ou folie suicidaire, risque fort d’être le détonateur qui provoquera une nouvelle explosion dans cette crise ukrainienne, et dont on ne sait pas encore si elle aura lieu à Kiev ou dans le Donbass et quelles en seront les répercussions nationales et internationales.

 

Erwan Castel pour Novorossiya Today

Le 19 février les mêmes mouvements ultra-nationalistes ukrainiens qui font le siège économique du Donbass ont provoqué des émeutes devant les bureaux de l’oligarque Akhmetov le magnat du Donbass et de l’administration Porochenko, montrant bien le double objectif (Donbass et pouvoir) de leur blocus.

Source: http://novorossia.today/republiques-recuperent-blocus-a-avantage/

 

 

Le 1er mars, future journée d’adieu à l’Ukraine - Le Donbass retourne le blocus contre l’Ukraine en proie aux luttes entre oligarques

Mardi 28 Février 2017

 

Suite à la déclaration d'hier concernant l'ultimatum des autorités des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) à propos du blocus total qui frappe désormais le Donbass, le chef de la RPD, Alexandre Zakharchenko, a tenu à préciser ce qu'impliquait cet ultimatum.

« Notre déclaration commune avec le chef de la RPL, contenant l'exigence de lever le blocus, a été publiée plus tôt. Je voudrais souligner qu'il ne s'agit pas que de débloquer les voies de transport, mais aussi du ré-enregistrements de toutes les sociétés ukrainiennes travaillant sur notre territoire au sein du cadre juridique de la République Populaire de Donetsk. La date butoir est le 1er mars à minuit. Si cela n'est pas fait par les propriétaires, alors toutes ces entreprises passeront sous notre contrôle, » a déclaré Alexandre Zakharchenko.

Cette nationalisation de force, à laquelle les autorités ne voulaient pas se résoudre jusqu'ici a été rendue obligatoire par la fermeture de l'usine métallurgique de Yenakievo et d'autres suite au blocus.

« Nous ne pouvons pas laisser des milliers de personnes sans travail et moyens d'existence, les usines doivent être relancées. C'est pourquoi cette décision a été prise. Cela concerne toutes les sociétés qui n'ont pas été enregistrées au sein du cadre juridique de la RPD  : des stades aux hôtels, etc, » a souligné le chef de l'état.

Réuni en session plénière d'urgence, le parlement de la RPD a voté à l'unanimité les amendements à la loi fiscale exigeant que les sociétés, dont les propriétaires ne résident pas en RPD, concluent un accord avec les agents fiscaux de la République avant le 1er mars.

Devant les craintes de manques de débouchés, le chef de l'état a indiqué que les différents ministères concernés se chargeraient d'en trouver, et qu'une entité distincte sera créé afin de coordonner le travail des sociétés ainsi nationalisées, et réorganiser les cycles de production afin de les harmoniser avec les besoins du marché russe.

« Cette décision mûrissait depuis longtemps. Plus d'une fois, on m'a demandé comment on pouvait laisser les propriétaires de certaines entreprises payer des impôts en Ukraine tout en opérant sur notre territoire. J'ai toujours dit que nous ferions tout en temps voulu. Maintenant le temps de l'action est venu. Il y a énormément de travail à faire. À court terme, nous devrons reconstruire l'économie de toute la région, remplacer complètement les débouchés des géants industriels. À l'heure actuelle, notre principal objectif est de fournir aux travailleurs de ces entreprises un emploi et un salaire respectable. Un centre spécial a été créé à cet effet sur mon ordre. Il est constitué entre autre des organisations syndicales œuvrant à la protection des droits des travailleurs. Je pense que nous allons alimenter environ 70% du budget grâce à l'exploitation régulière de ces installations industrielles. Bien sûr, cela n'aura pas lieu demain, il faut du temps. Toutefois, une telle mesure constituera un soutien financier sérieux pour notre budget  », a déclaré le chef de l'état. Selon lui, il faudra jusqu'à deux mois pour relancer les entreprises sous la juridiction républicaine, en tenant compte de l'aide de la Russie.

Bien sûr, le chef de la RPD s'attend à une réaction violente de la part de l'Ukraine suite à cette nationalisation forcée (car il ne s'attend pas à ce que les sociétés ukrainiennes obtempèrent volontairement), et comme la Russie a retourné les sanctions économiques contre l'UE, la RPD a retourné le blocus contre l'Ukraine.

« Je pense que ça va commencer à être la panique à Kiev. Le 1er mars pourrait être appelé le jour de « L'adieu à l'Ukraine ». Les autorités ukrainiennes espéraient qu'après avoir mis en place le blocus ils nous feraient souffrir. Mais ils se sont lourdement trompés  : ce n'est pas nous qui avons besoin de charbon ukrainien, nous n'avons pas besoin de ferraille, c'est eux qui ont besoin de tout cela. Et lorsqu'ils déclarent qu'ils vont aussi bloquer le transport par la route, ils oublient que nous aussi nous pouvons décréter un blocus. Nous pouvons non seulement rejeter leurs produits, mais le point le plus important est que nous ne laisserons plus leurs camions venir ici. Nous n'avons pas besoin de l'Ukraine, mais l'Ukraine a besoin de nous. Le blocus est une énorme erreur de Porochenko. Il finit mal  ! L'Ukraine a « formé » notre économie avec les épreuves les plus difficiles depuis 2014 ; maintenant notre économie est plus force que l'économie ukrainienne. Qu'ils réussissent à enlever les radicaux des rails ou non, cela nous est égal. Si vous ne voulez pas de charbon, vous allez geler, nous trouverons à qui le vendre. Nous n'avons déjà plus aucun intérêt à commercer avec l'Ukraine, par conséquent ils ne peuvent pas dicter leurs conditions. Et ils ne recevront plus notre charbon. La situation a fondamentalement changé - maintenant l'Ukraine est soumise au blocus imposé par la RPD et la RPL, » a-t-il déclaré.

 

Sur la responsabilité du blocus, certains comme Oleg Tsariov (que je rejoins sur ce point), imputent ce dernier aux luttes intestines pour le pouvoir entre Igor Kolomoïsky, Petro Porochenko et Rinat Akhmetov, le premier essayant de détruire économiquement les deux autres afin d'accéder au pouvoir, à la tête de l'Ukraine :

Cette guerre des oligarques où chacun cherche à tirer à lui la couverture, est en train littéralement de faire imploser l'Ukraine. La politique américaine en Ukraine, qui a consisté pendant des années à utiliser ces oligarques afin de choisir les dirigeants du pays, et modeler sa politique, vient de montrer une fois de plus quels germes de chaos elle porte en son sein.

En ne sélectionnant et promouvant que les plus corrompus et les plus vénaux, les USA ont créé un véritable nid de crotales, où chacun est prêt à tout, même à détruire le pays, pour quelques billets de plus et un peu de pouvoir. Voilà où en est actuellement l'Ukraine, pas encore morte, comme le chante son hymne national, mais elle n'est désormais plus en vie que sur le papier, et dans l'attente du coup de grâce que ses « élites » ne manqueront pas de lui porter pour quelques pièces d'argent.

 

La République de Lugansk adopte le rouble en monnaie officielle

La République de Lugansk adopte le rouble Russe comme monnaie officielle au 1-er mars 2017. Après la reconnaissance par la Russie des documents émis par l’administration de la Republique, c’est un pas de plus dans l’irréversibilité de sa séparation de l’Ukraine. Une démarche similaire est attendue en République de Donetsk.

À vouloir obliger le Donbass et la Crimée à revenir par la force, l’Ukraine accélère son processus d’auto-destruction


Lundi 27 Février 2017

 

Empêtrée dans ses contradictions internes, l'Ukraine est en train de plonger tête la première dans le gouffre, tout en prenant soin avant de se lester les pieds avec des blocs de béton.

Alors que le blocus du Donbass continue, plombant l'économie ukrainienne, et mettant le pays en état d'urgence énergétique, et que les radicaux ukrainiens menacent de durcir ce dernier en coupant les routes qui relient le Donbass au reste de l'Ukraine, le fossé entre l'Ukraine et le Donbass s'agrandit.

Après avoir perturbé les réseaux mobiles comme Life et ceux de plusieurs fournisseurs d'internet ukrainiens, au risque de voir les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) passer sur des réseaux russes, le blocus imposé par les ultra nationalistes ukrainiens risque bien d'avoir des conséquences encore plus graves.

Ce blocus perturbant le fonctionnement de plusieurs usines appartenant à des hommes d'affaires ukrainiens (dont Rinat Akhmetov), et provoquant la fermeture pure et simple de plusieurs d'entre elles dont l'usine métallurgique d'Enakievo, les autorités de la RPD et de la RPL ont posé ensemble un ultimatum fort aux autorités ukrainiennes.

Dans une déclaration commune, Alexandre Zakharchenko et Igor Plotnitsky ont en effet annoncé que si le blocus n'était pas levé d'ici le 1er mars à minuit, ils installeront leur propres directions à la tête de toutes les entreprises sous juridiction ukrainienne qui travaillent en RPD et RPL, cesseront définitivement de fournir du charbon à l'Ukraine, et restructureront tous les processus de production pour les orienter vers le marché russe et vers d'autres pays, réalisant ainsi l'une des premières promesses qui avaient été faites lors de la proclamation des deux républiques.

À vouloir forcer les gens du Donbass à vivre sous leurs règles par la force, les actions des autorités ukrainiennes agissent comme un repoussoir. L'Ukraine semble n'avoir rien appris de ce qui s'est passé en Crimée, alors que les preuves que cette dernière se passe très bien de l'Ukraine et ne souhaite pas y retourner s'accumulent.

Ainsi une étude faite par l'Agence Fédérale des Affaires Ethniques russe révèle qu'aucun des Tatars vivant en Crimée n'a envie d'aller vivre en Ukraine. Et quand on dit aucun, c'est aucun… À la question « Si vous pouviez déménager vers une autre région de Crimée, de Russie, en Ukraine ou dans un autre pays, où iriez-vous ? » les réponses furent de 82 % qui voulaient rester là où ils sont, 10 % voudraient bouger dans une autre région de Crimée, 2 % voudraient aller vivre dans une autre région de Russie, et 0 % voudraient aller vivre en Ukraine (sic).

Comme en écho à ces résultats, et après que Porochenko ait fait des déclarations où il promettait que l'Ukraine continuerait à « soutenir » les habitants de Crimée, un des députés de la péninsule, Rousslane Balbek, a répondu de manière assez directe que vu le type de « soutien » que Kiev a fourni à la Crimée jusqu'ici, les habitants de la péninsule s'en passeront volontiers.

« Les Criméens seront reconnaissants si Porochenko les laisse tranquilles, sans […] son attention intrusive », a déclaré le député.

Il faut dire que sauf à être masochiste, on ne voit pas bien ce qui attirerait les habitants vers un pays qui a successivement coupé l'approvisionnement en eau du canal de Crimée du Nord, installé un blocus alimentaire, puis fin 2015 privé la péninsule d'électricité en plein hiver.

« C'est pourquoi les habitants de la Crimée préfèrent que M. Porochenko laisse la péninsule sans ses inquiétudes et soins paternels », a conclu l'homme politique.

La propagande ukrainienne et occidentale qui exige à cors et à cris la restitution de la Crimée par la Russie en hurlant aux violations des droits de l'homme, et à la soi disant détérioration de la situation des Tatars de Crimée vient donc de se prendre un grand coup dans la tête. Personne en Crimée, pas même les Tatars ne veut revenir en Ukraine, et personne ne veut de l'attention et du soutien de ce pays terroriste.

D'ailleurs lors d'une émission de la chaîne Rossia 24, Alexandre Zakharchenko a confirmé officiellement ce que beaucoup disent depuis longtemps ici : le Donbass ne retournera pas en Ukraine, même fédéralisée.

« En 2014 nous étions prêts à discuter de la fédéralisation de l'Ukraine, mais en 2015-2016 et en 2017, trop de sang a été versé pour que nous puissions même juste penser à revenir en Ukraine. Nous pouvons discuter de la vie commune dans le cadre de deux état indépendants. Des relations de bon voisinage etc. Mais ni mes compatriotes, ni moi ne voulons retourner en Ukraine. Nous avons trop de doléances. Nous nous battons pour l'indépendance,  » a-t-il déclaré.

Une déclaration qui rejoint ce sondage informel fait par un Ukrainien de l'Ouest, qui en interrogeant les personnes qu'il connaît à Donetsk a découvert que 75 % se considèrent comme Russes, et que personne ne veut revenir en Ukraine.

D'ailleurs en RPD, même certains prisonniers de guerre ukrainiens ne veulent pas retourner dans leur pays, comme l'a révélé la visite de Roubane et Savtchenko la semaine dernière. Cela en dit long sur l'amour que certains vouent à leur « patrie ».

Alors ce n'est pas en déclarant que les habitants du Donbass n'intéressent pas l'Ukraine, qui ne veut que la terre comme l'a fait Leonid Kravtchouk (premier président ukrainien) à la télé, ni en bombardant la station d'épuration de Donetsk, et en envahissant son territoire après l'évacuation du personnel pour tirer sur Yassinovataya et Spartak comme l'ont fait les radicaux ukrainiens ce week-end, que la population du Donbass va vouloir revenir en Ukraine. Le syndrome de Stockholm a des limites quand même.

Les radicaux ukrainiens ont quitté le territoire de la station d'épuration, mais sont en train de fortifier une position à 100 m à peine de cette dernière, pour pouvoir continuer de jouer avec les nerfs de l'armée et des autorités de la RPD, afin de les pousser à la faute.

Car il ne faut pas se leurrer, les provocations ukrainiennes contre la population civile vont se poursuivre jusqu'à franchir la ligne rouge et obtenir la réaction désirée : la violation des accords de Minsk par l'armée de la RPD.

C'est cette volonté suicidaire de pousser cette logique folle jusqu'au bout qui fait craindre le pire alors que l'armée ukrainienne amasse de nouveaux lance-roquettes multiples Grad à Marioupol.

Christelle Néant

 

 

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La République Populaire de Donetsk célèbre ses défenseurs sur fond de tensions sur la ligne de front et en Ukraine

Vendredi 24 février 2017

 

Aujourd'hui, 23 février 2017, la République Populaire de Donetsk (RPD) célèbre le Jour des Défenseurs. Pour marquer l'événement, plusieurs députés ont été rendre visite aux soldats sur la ligne de front, afin de les soutenir en ce jour qui leur est dédié.

Nous avons suivi Alexandre Kostenko, qui fut soldat de la milice populaire avant de devenir député de la RPD, près du centre Volvo, en face de Peski. Un des points les plus dangereux de la ligne de front, qui fut d'ailleurs bombardé la nuit dernière après minuit.

En plus du soutien moral et de la visite des quartiers où vivent les soldats lorsqu'ils ne sont pas sur position, le député a apporté des conserves et des gâteaux aux défenseurs de la patrie, afin d'améliorer leur ordinaire en ce jour spécial.

 

« Aujourd'hui est un jour important pour nous tous. Je voudrais féliciter nos soldats en ce Jour des défenseurs de la patrie. Merci beaucoup pour votre courage, votre patience et votre force. Comme le disait le camarade Staline  : seulement en avant, aucun pas en arrière  ! », a déclaré Kostenko à l'intention des soldats.

Alors que nous visitons les lieux, un tir lourd se fait entendre au loin, histoire de rappeler que même en ce jour, il n'y a pas de cessez-le-feu qui tienne. D'ailleurs sur les dernières 24 heures, l'armée ukrainienne a tiré à 706 reprises sur le territoire de la RPD. Si le mauvais temps et le redoux, qui transforment bon nombre de zones en marécages, empêchent l'armée ukrainienne de lancer toute opération d'envergure, il ne l’empêche pas de continuer à tirer.

Et entre autre, encore une fois, sur la station d'épuration de Donetsk, touchant et endommageant cette fois le bâtiment de filtration de l'eau. La station continue de fonctionner, mais le personnel a dû se réfugier dans les abris.

En République Populaire de Lougansk, la situation n'est guère meilleure, avec 391 tirs de mortiers et de lance-grenades durant les dernières 24 h.

De son côté, Alexandre Zakharchenko, le chef de la RPD, a tenu non seulement à féliciter les soldats qui défendent la république, mais aussi tous ceux qui travaillent au quotidien sur le front, risquant leur vie pour que certains services vitaux puissent continuer de fonctionner :

« Aujourd'hui, je veux vous féliciter et vous remercier pour votre service, pas seulement les soldats qui protègent nos frontières. Merci aux habitants du Donbass, aux patriotes du monde russe qui sont restés attachés à leur terre, leur patrie et leur histoire. La République Populaire de Donetsk apprécie le travail de ceux qui sont sur le front, enseignants, docteurs, employés des services publics et du logement - tous ceux qui ne se sont pas rendus au régime nazi qui est arrivé au pouvoir à Kiev. Aujourd'hui, chacun d'entre nous, chacun à sa place, nous défendons des idéaux de justice, de liberté et d'égalité », a déclaré le chef de l'état.

Il a aussi tenu à féliciter les femmes qui sont actuellement dans l'armée, et qui défendent ou aident à défendre la patrie :

« Le 23 février, il est d'usage de féliciter les hommes. Mais en ce jour, nous ne devons pas oublier nos femmes héroïques qui se sont levées comme les hommes pour défendre notre patrie. Des centaines de femmes servent dans les rangs des Forces Armées de la République Populaire de Donetsk. Risquant quotidiennement leur vie, nos sœurs, femmes, et mères, font preuve d'un dévouement et d'un courage remarquables. Par exemple, l'an passé, une femme fut décorée de l'étoile de héros de la République Populaire de Donetsk pour la première fois dans notre pays - Yekaterina Panfilova qui a porté des centaines de soldats blessés depuis les champs de bataille sur ses frêles épaules », a déclaré Alexandre Zakharchenko.

Le chef de l'état a terminé sur une note plus triste, rappelant que beaucoup de défenseurs de la patrie avaient payé leur courage de leur vie :

« Malheureusement, la guerre prend les meilleurs. Nos amis, nos camarades sont morts. En ce jour, je tiens à rendre hommage à la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour l'avenir de la République Populaire de Donetsk. Nous nous inclinons devant vous. Votre héroïsme, vos sacrifices ne seront pas oubliés par vos descendants… » A-t-il conclu.

Pendant ce temps-là, en Ukraine, à Odessa, des activistes de Secteur Droit ont tout fait pour empêcher les gens de venir déposer des fleurs en l'honneur des soldats soviétiques tombés pour la défense de la patrie. Appels anonymes disant que le mémorial avait été miné, insultes envers les gens venus avec des fleurs (y compris les vétérans qui se sont fait traités de séparatistes et d'occupants), et affrontements ont émaillé ce qui aurait dû être une cérémonie de recueillement.

Et des rapports indiquent que les groupuscules nazis ukrainiens semblent se préparer à purger Kharkov des « activistes pro-russes », faisant craindre un bain de sang dans cette ville qui s'était révoltée contre le Maïdan, mais qui n'avait pas résisté à la répression du SBU en 2014 comme Donetsk et Lougansk l'avaient fait. Le but serait de préparer le 3e Maïdan que Biletsky et d'autres leaders ultra-nationalistes appellent de leurs vœux (et sur les réseaux sociaux) afin de renverser Porochenko.

L'évolution de la situation semble d'ailleurs effrayer le soi-disant président ukrainien, qui dans son délire entre paranoïa et hystérie, n'a rien trouvé de mieux à faire que de rejeter la faute d'un éventuel Maïdan 3.0 sur… la 5e colonne qui travaillerait pour la Russie.

Pourtant, la population ukrainienne n'a pas besoin de la main du Kremlin pour avoir des raisons objectives de détester Porochenko : le pays se rapproche à vitesse grand V du niveau de vie des pays africains les plus pauvres, le PIB a été divisé par deux, la dette ukrainienne est désormais de 60 milliards de dollars, l'eau chaude et le chauffage ont presque doublé, l'électricité a augmenté de 60 %, le gaz de plus de 40 %, les enlèvements ont été plus que multipliés par trois, les vols de véhicules ont doublé, et les meurtres ont augmenté de 67 % par rapport à 2013. Avec un tel bilan, nul besoin de Moscou pour déclencher un 3e Maïdan.

Jusqu'ici Porochenko a réussi à empêcher cette nouvelle révolution en prenant des mesures pour étouffer les manifestations dans l’œuf (en empêchant d'amener des matériaux de construction ou des armes sur les lieux des manifestations par exemple), et a l'air d'être décidé à continuer sur cette lancée, si on en croit la liste des achats récents de la police ukrainienne : 20 portiques de sécurité, 3 000 menottes, 1 680 tasers, 15 000 sprays incapacitants, et un stock impressionnant de boucliers anti-émeutes, et protections de mains et de jambes.

Mais avec le blocus du Donbass qui plombe l'économie ukrainienne et qu'il ne peut réprimer violemment sans se mettre les nationalistes à dos, Porochenko va bientôt se retrouver face au mur. Ce qui arrangerait bien celui qui finance ces groupuscules nazis : Igor Kolomoïsky. Cet oligarque semble bien être le bénéficiaire de cette manœuvre qui affaiblit à la fois Porochenko, mais aussi un autre de ses rivaux, Rinat Akhmetov, en détruisant la capacité de production de ses usines.

D'après Oleg Tsariov, ancien député de la Rada, l'armée ukrainienne aurait massé 150 000 soldats sur le front dans le Donbass, et tout serait prêt pour déclencher l'offensive. Il ne manque que l'ordre de la lancer. Un ordre qui pourrait venir en même temps que celui de briser par la force le blocus du Donbass, provoquant un bain de sang et la chute de Porochenko, voire de l'Ukraine.

Alors que j'écris cet article, l'armée ukrainienne bombarde à l'artillerie lourde la zone de Spartak et de l'aéroport de Donetsk. Ce soir, les défenseurs de la RPD n'auront guère de repos, alors que le son des canons ukrainiens résonne dans le centre de la capitale.

Christelle Néant

 

 

Les survivants du massacre de la maison de syndicat d’Odessa croupissent depuis plus de deux ans en prison !

Les survivants – militants anti fascistes victimes du massacre du 2 mai 2014 à Odessa, quand les nationalistes – contrôlés par la junte de Kiev – ont brulés vivants des dizaines de personnes assiégées dans la maison des syndicats de la ville, croupissent en prison depuis plus de deux ans et demis.

Un « tribunal », sans examiné aucun des éléments de l’affaire, ne cesse de prolonger les détentions provisoires. C’est ce qui s’est à nouveau passé le lundi 13 février 2017, quand le tribunal a reconduit sa décision habituelle sans autre forme de procès.

 

Il convient d’ajouter que les investigations menées jusqu’à présent ne concernent pas réellement la partie principale du massacre, lorsque des dizaines de militants antifascistes, syndicalistes et jeunes communistes, ont été assassinés et brulés vifs dans l’incendie de la Maison des Syndicats d’Odessa, mais des événements se déroulant auparavant.

Il faut surtout souligner que dans le procès du massacre du 2 mai, s’il n’y a aucun des militants antifascistes d’Antimaidan qui sont directement suspectés de meurtres, ce n’est pas le cas des militants fascistes et nazis de Maidan, mais ces derniers eux ne sont pas en prison. Au contraire, ils sont libres et sont même armés par la junte d’oligarques mise en place à Kiev avec le soutien diplomatique, financier et militaire de l’Axe Union Européenne / Etats Unis.

Odessa, nous n’oublions pas !

 

Pour l’ex député du conseil régional d’Odessa, Alexey Albu, qui a été témoin direct de ce qui s’est passé le 2 mai 2014 place Koulikovo à Odessa :

« Le fait est que le tribunal ne fera jamais aucun progrès tant qu’en Ukraine les gens qui ont organisé ces massacres de masses demeureront aux pouvoirs. Tant que nous ne changerons pas de gouvernement, ou qu’ils s’exterminent entre eux, cela ne changera pas. Il devient évident que les armées de la RPL et de la RPD, ne peuvent pas atteindre Odessa, même si on peut espérer qu’un jour cela sera le cas. Pour qu’il y ait un espoir pour que ce massacre soit jugé il faudrait qu’il y ai un changement de gouvernement »

 

« Si nous pouvions les faire libérer aux travers d’un échange de prisonniers, ce serait une très bonne option. Mais la partie ukrainienne sabote le processus d’échange. Et il est très difficile de prévoir quoi que ce soit à ce sujet ».

Dans le même temps en Ukraine occidentale, sous la férule de la junte euro fasciste, la chasse aux communistes se poursuit : le parti communiste ukrainien est interdit, ses militants criminalisés. Et tandis que le gouvernement de Kiev réhabilite les divisions des collaborateurs ukrainiens nazis (UPA, OUN, division Galicie…) qui ont directement participé au génocide durant la seconde guerre mondiale, il détruit les monuments et débaptise les lieux à la mémoire des résistants et soldats soviétiques vainqueurs des troupes fascistes de l’Axe, à qui l’ensemble de l’Europe doit d’avoir été libéré du joug nazi.

D’après informations d’agence

http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/survivants-massacre-de-maison-de-syndicat-dodessa-croupissent-plus-de-deux-ans-prison/&nbsp ;

 

 

Indignité de l’Ukraine – Violation de l’accord de désescalade dans le Donbass et blocage de l’hommage en mémoire de Tchourkine

Hier, tout d'abord, qui devait être le premier jour d'un nouveau cessez-le-feu. Comme beaucoup de gens dans le Donbass, et parmi les autorités des deux républiques populaires, s'y attendaient, l'Ukraine n'a ni respecté le nouveau cessez-le-feu, ni procédé au retrait des armes lourdes de la ligne de front, comme prévu par le nouvel accord que les représentants ukrainiens ont pourtant signé.

Après l'annonce hier par Edouard Bassourine de 882 bombardements durant la journée écoulée, l'armée ukrainienne a continué sur sa lancée, en tirant cette nuit à coup de missiles antichars guidés et de mortiers sur plusieurs localités de la République populaire de Donetsk (RPD). Des tirs qui ont endommagé huit maisons à Dokouchaevsk et Yelenovka. En République Populaire de Lougansk (RPL), l'armée ukrainienne a aussi violé le cessez-le feu à plusieurs reprises durant les dernières 24 heures.

Mais surtout, hier après-midi, le retrait des armes lourdes de la ligne de front était prévu, conformément à l'accord de désescalade signé par l'Ukraine, la RPD et la RPL. Comme on pouvait s'y attendre, l'Ukraine n'a pas respecté ses engagements, et comme annoncé par le chef de la RPD Alexandre Zakharchenko ce week-end, la RPD a refusé de retirer en premier ses armes du front si l'Ukraine refusait de le faire. L'attente a duré plusieurs heures avant que le verdict tombe : nouvelle tentative demain soir (soit aujourd'hui). Mais il va sans dire que peu de gens y croient sincèrement ici.

Alors qu'en RPD, 162 000 personnes ont déjà signé la pétition demandant à la communauté internationale de faire respecter les accords de Minsk et d'arrêter le génocide perpétré par Kiev dans le Donbass, et que plus de 20 000 personnes ont défilé samedi afin de marquer leur soutien à cette pétition, les autorités ukrainiennes montrent, plus que jamais, leur véritable visage, et leur but : la guerre.

Un visage hideux, que l'Ukraine a révélé au monde entier aujourd'hui. Ne respectant rien, pas même les morts, l'Ukraine a en effet bloqué à l'ONU l'adoption de l'hommage du président du Conseil de sécurité des Nations Unies consacré à Vitali Tchourkine. Une démarche ignoble, qui a valu à l'Ukraine des commentaires acerbes mais mérités de la part de plusieurs officiels russes :

«  L'Ukraine a bloqué l'adoption de la déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à Vitali Tchourkine. Voilà ce qu'est le "pouvoir" ukrainien actuel : ils ne peuvent rien faire de bon, ils ne font que tout gâcher, y compris eux-mêmes  », a ainsi écrit Maria Zakharova sur son compte Facebook.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a été encore plus dur envers ce comportement indigne :

«  Dans le contexte de cette perte, un tel comportement venant de nos collègues ukrainiens… Et puis que Dieu les juge ! », a déclaré Dmitri Peskov.

Pendant ce temps-là, à Kiev, le troisième anniversaire du Maïdan est loin d'être fêté de manière paisible, et les événements rappellent ceux qu'ils sont censé fêter.

Ainsi, hier plus de 1 500 personnes se sont réunies à Kiev sur la place du Maïdan pour participer aux célébrations, mais vers 14h, quelques centaines de membres de l'OUN et de Secteur Droit, habillés en tenue de camouflage et portant des drapeaux de leurs organisations se sont dirigés vers la place. Des affrontements ont éclaté entre les radicaux et la police. Il faut dire que certains manifestants, dont le député du parlement ukrainien Semen Semenchenko, appellaient carrément à renverser Porochenko.

 

Aujourd'hui des radicaux de l'OUN, du parti Ukrops, et des bataillons spéciaux, prônant la légalisation du blocus total du Donbass défilent de nouveau à Kiev, pendant que sur le front, les flyers circulent parmi les soldats ukrainiens les appelant à aller à Kiev demain soutenir les manifestations anti-gouvernemental qui y ont lieu.


L'Ukraine s'est totalement effondrée sur le plan moral, et il semble que le reste de son effondrement va bientôt suivre.

 

Christelle Néant

Escalade du conflit dans le Donbass - La patience de la Russie et des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk arrive à bout


Dimanche 19 février 2017

 

Alors que durant la semaine écoulée, l'armée ukrainienne a violé plus de 6 200 fois le cessez-le-feu, et que les dernières 24 h ont été marquées par 1 980 tirs des FAU contre le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD), l'horloge tourne, et la course des événements s'accélère brutalement.

Acculée par sa situation d'urgence énergétique, la pression croissante des groupuscules ultra nationalistes qui menacent les autorités ukrainiennes d'un nouveau Maïdan à partir du 20 février, les critiques de plus en plus virulentes par l'UE de la corruption qui règne dans le pays, et les dissensions politiques qui règnent à Kiev, avec Ioulia Timochenko qui essaye désormais de faire démissionner le premier ministre et le menace d'une plainte en justice, l'Ukraine est littéralement en train d'imploser.

Face à cette gabegie, les autorités ukrainiennes semblent décidées à faire le choix de la guerre d'ici les prochains jours, afin non seulement de bloquer sur le front les unités nationalistes pour qu'elles ne viennent pas soutenir les manifestations anti-gouvernementales, mais aussi de détourner l'attention de la population de la situation catastrophique du pays.

Dans sa fuite en avant, Kiev semble prête à toutes les ignominies, de la destruction des infrastructures vitales, jusqu'au fait de priver les deux républiques populaires d'eau courante en mettant la main militairement, entre autre, sur la station d'épuration de Donetsk qui se trouve dans la zone grise.

Et cette fuite en avant, les autorités ukrainiennes espèrent la lancer avec une armée qui part littéralement en lambeaux : soldats qui désertent en masse, alcoolisme généralisé, manque de commandants d'unité remplacés à la va vite par des soldats à peine formés, etc.

Le résultat ne s'est pas fait attendre, et hier, suite au déchargement de munitions par des soldats ukrainiens saouls près d'Opitnoe, une munition a explosé, faisant sauter tout le stock. Pour cacher ce désastre, les nationalistes ukrainiens présents non loin de là ont tiré contre la ville d'Avdeyevka toute proche afin d'en accuser la RPD. Mais faute de coordination entre les différents acteurs impliqués, c'est la cacophonie la plus totale qui a régné dans la communication sur cet incident côté ukrainien. Un accident qui a fait cinq morts et sept blessés parmi les soldats ukrainiens.

Et sur le plan politique, le temps de la patience semble bien terminé, aussi bien du côté de la Russie que du côté des deux républiques populaires.

Lors d'une visite à Lougansk, Alexandre Zakharchenko s'est réuni avec Igor Plotnitsky et Alexander Hug, le chef adjoint de la mission de l'OSCE. Une réunion qui fut loin d'être fructueuse, le chef de la RPD ayant fustigé l'organisation à la sortie de cette rencontre.

Les deux chefs d'état ont soumis un certain nombre de doléances sur la qualité de la mission de surveillance de l'OSCE. Comme par exemple le fait que l'OSCE ferme les yeux sur les violations grossières des accords de Minsk commises par l'armée ukrainienne, les violations du cessez-le-feu, l'occupation des localités de la zone grise, le redéploiement de l'équipement militaire interdit sur la ligne de contact, etc. Fidèle à son habitude, Alexander Hug a répondu avec des phrases toutes faites et à appelé à respecter les accords de Minsk.

Des réponses qui sont loin d'avoir satisfait Alexandre Zakharchenko qui a souligné que la RPD observait les accords de Minsk, contrairement à l'Ukraine, et que c'était à cause de cela que le retrait unilatéral des armes par l'armée de la RPD était impossible.

« Je déclare officiellement, en tant que chef de la République Populaire de Donetsk, et je le dit en toute responsabilité, que je ne donnerai pas l'ordre de retirer un seul char, un seul mortier de la ligne de front jusqu'à ce que nous soyons sûrs que les troupes ukrainiennes ont retiré leur équipement en signe de bonne volonté », a-t-il déclaré, rompant avec l'attitude habituelle de la RPD et la RPL, de faire le premier pas en terme de retrait des armes.

Zakharchenko a aussi souligné que les républiques continuaient de vouloir résoudre pacifiquement le conflit, mais que la position ukrainienne reste extrêmement agressive et pouvait mener à une nouvelle escalade des hostilités.

« La mission de l'OSCE a refusé d'écouter nos arguments. La situation est très difficile. L'Ukraine ne renonce pas à son désir de résoudre le conflit par la force. De notre côté, nous faisons tous les efforts possibles pour éviter cela. Mais toute patience a ses limites. En 2015 nous avons montré que nous pouvions appliquer avec succès des méthodes militaires. Mais ces dernières signifient des victimes, des destruction, et un bain de sang. Par conséquent, nous continuerons de tenter de résoudre pacifiquement le conflit. Mais si cela ne marche pas - nous le résoudrons d'une autre manière  », a-t-il conclu de manière très calme mais ferme.

Un changement de ton, qui se rapproche de celui de la Russie, qui semble aussi lassée de faire des efforts sans fin pour se conformer aux exigences occidentales sans en recevoir le moindre retour positif.

Ainsi, deux nouvelles choc sont venus aujourd'hui, 18 février 2017, de Russie. La première vient de Vladimir Poutine en personne, qui a signé cet après-midi un décret officialisant la reconnaissance jusqu'ici informelle des documents officiels, et plaques d'immatriculation de la RPD et de la RPL, par la Russie. Le décret indique que cette mesure est prise pour des raisons humanitaires, et est guidée par les normes du droit international. Cette reconnaissance des documents de la RPD et de la RPL sera valable « jusqu'à ce qu'un règlement politique de la situation dans certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine sur la base des accords de Minsk ait lieu ». Autant dire jusqu'à la fin des temps, puisque l'Ukraine n'appliquera jamais les accords de Minsk.

Cette reconnaissance concerne les documents d'identité et d'état civil (certificat de naissance, décès, mariage, divorce, changement de nom), mais aussi les diplômes et documents de qualifications, ainsi que les certificats et plaques d'immatriculation. Les personnes disposant d'un passeport de la RPD ou de la RPL qu'elles soient de nationalité ukrainienne ou apatrides pourront entrer et sortir de Russie sans visa.

Ce décret a été un véritable coup de massue pour les autorités ukrainiennes et les médias occidentaux qui hurlent à l'outrage et à la violation des accords de Minsk par la Russie (alors que je rappelle que la Russie n'est que garante de ces accords et non signataire).

Mais ce décret est surtout un énorme coin enfoncé, qui permettra par après à la Russie de reconnaître les républiques populaires et/ou de délivrer à ses habitants des passeports russes sur base de la possession du passeport de la RPD ou de la RPL, puisque ces derniers sont désormais officiellement reconnus comme des papiers d'identité valides.

Et ce n'est pas la déclaration de Sergueï Lavrov à Munich qui va calmer les « élites » européennes. Prenant le contre-pied des déclarations incessantes des chancelleries européennes sur le fait que les sanctions européennes contre la Russie ne seront levées que suite à l'application des accords de Minsk, la Russie a décidé de retourner l'argument contre l'UE.

Le ministre des Affaires étrangères russe a en effet déclaré que la Russie ne lèvera pas ses contre-sanctions, c'est-à-dire l'embargo alimentaire introduit en août 2014, tant que les accords de Minsk ne seront pas mis en œuvre.

« Nous voulons nous aussi que les accords de Minsk soient appliqués et nous ne lèverons pas les sanctions que nous avons introduites à l'encontre de l'Union européenne tant que les accords de Minsk ne seront pas appliqués. Il faut le comprendre aussi  », a déclaré Sergueï Lavrov.

Voilà l'arroseur européen arrosé. Et ces changements de rhétorique ne sont pas à prendre à la légère. La patience de la Russie et des républiques populaire a désormais atteint ses limites et le retour de flammes risque de faire très mal. Devant les luttes intestines qui semblent régner à Washington et la détermination de Kiev à poursuivre sa fuite en avant guerrière, la RPD, la RPL et la Russie semblent avoir décidé de taper du poing sur la table. Un ultime avertissement.

Et alors que la reprise des hostilité semble désormais inéluctable, les habitants de la République Populaire de Donetsk, ont tenu à manifester dans le centre de Donetsk en masse (20 000 personnes) pour demander la mise en œuvre des accords de Minsk, et rappeler qu'ils ont toujours souhaité la paix.

 

Certains ont aussi tenu à s'adresser en vidéo aux soldats ukrainiens afin qu'ils fassent cesser cette guerre inutile :

Il ne nous reste plus qu'à espérer que les soldats ukrainiens finissent par retrouver la raison et refusent d'être utilisés comme chair à canon par les oligarques ukrainiens. Et à espérer qu’ils la retrouvent vite...

 

Christelle Néant

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 18 février 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 18 février 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
01’30 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’01 » – Armes lourdes déployées sur le front par l’armée ukrainienne
06’10 » – Nouvelle attaque de l’armée ukrainienne
07’02 » – Négligence alcoolisée des soldats ukrainiens et conséquences
09’13 » – Déliquescence complète de l’armée ukrainienne
10’42 » – Kiev rêve de priver le Donbass d’eau potable
11’45 » – La guerre comme dérivatif à la colère du peuple et des mouvements nationalistes

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK / OSCE
13’20 » – Nouvelle parade des représentants ukrainiens à Minsk pour ne pas discuter de la formule Steinmeier
14’55 » – Réunion et conférence de presse d’Alexandre Zakharchenko, Igor Plotnitsky et Alexander Hug à Lougansk. Déclarations importantes de Zakharchenko.
19’21 » – Vladimir Poutine signe un décret reconnaissant la validité des passeports, plaques d’immatriculation et documents émis par la RPD et la RPL

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
26’15 » – Blocus du Donbass et crise énergétique en Ukraine
28’24 » – L’UE lâche Porochenko pendant que les politiciens ukrainiens s’entre-dévorent

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
30’24 » – Timochenko veut porter plainte contre le gouvernement ukrainien
32’27 » – Les organisateurs de l’Eurovision 2017 en Ukraine jettent l’éponge

 

37’00 » – Conclusion

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts - Blocus, autonomie et développement de l’économie locale du Donbass


Samedi 18 février 2017

 

Depuis plusieurs semaines, des néo-nazis et autres radicaux ukrainiens bloquent les rails qui amènent le charbon du Donbass en Ukraine. Un charbon nécessaire aux centrales thermiques ukrainiennes qui fournissent environ 40 % de l'électricité du pays. Le Donbass fournit en effet à lui seul 37,5 % du charbon qu'utilisent ces centrales.

Le blocus étant total depuis cinq jours, les stocks des centrales ukrainiennes ne couvrent plus désormais que de 14 à 45 jours de consommation, obligeant les autorités ukrainiennes à déclarer l'état d'urgence énergétique, et à envisager des coupures d'électricité tournantes pour faire face à la pénurie.

La situation est tellement catastrophique, que l'UE vient de se réveiller brutalement, et a demandé de faire cesser le blocus commercial du Donbass. Faut-il rire ou pleurer devant le réveil bien tardif des « élites européennes » devant une situation qui perdure en réalité depuis bientôt trois ans, et dont la radicalisation vient juste d'en révéler tout le danger, et pas que pour l'Ukraine ?

Car il ne faut pas s'y tromper. Si l'UE réagit ce n'est pas pour les beaux yeux des Ukrainiens, dont ils se fichent comme d'une guigne. Non, si l'UE réagit c'est que le risque d'effondrement du réseau électrique ukrainien aurait des conséquences terribles pour les pays voisins, qui eux, font partie de l'UE, et se retrouveraient à payer les pots cassés d'une politique russophobe qui confine au débilisme le plus profond.

 

Face à cette situation, la réponse du chef de la RPD, Alexandre Zakharchenko, ne manque pas de piquant :

Il a tenu à rappeler que le charbon produit dans les deux républiques populaires a toujours un débouché sûr : le marché local. Puisque les deux républiques sont dotées de centrales thermiques à charbon qui leur fournissent l'électricité. Des centrales qui consomment le charbon produit localement.

Devant l'inquiétude des journalistes sur les conséquences de ce blocus, le chef de l'état a tenu à rappeler que la RPD vit déjà en état de blocus depuis deux ans et demi, qu'elle y survit, et que cela ne changera donc rien à la situation actuelle. C'est pour l'Ukraine que les conséquences de cette nouvelle idiotie russophobe seront terribles, et surtout pour le peuple ukrainien, qui va goûter aux joies de maisons encore plus mal chauffées et éclairées que maintenant.

Comme la Russie face aux sanctions qui la frappent depuis la réintégration de la Crimée en son sein, les deux républiques populaires ont utilisé le blocus imposé par Kiev depuis plus de deux ans comme un outil pour développer leur autonomie. Les trois pays ont en commun d'avoir su transformer ce qui aurait pu être un obstacle insurmontable en opportunité de développement économique interne.

C'est grâce à cette stratégie de développement, que l'économie des deux républiques (pourtant en guerre) se redresse (+52 % pour la RPD en 2016 par rapport à 2015), dépassant même dans certains domaines comme l'agriculture, les quantités produites avant-guerre. De nouvelles usines ouvrent (24 ont ouvert en 2016) continuellement, entre autre pour couvrir les besoins des deux républiques qui ne le sont pas encore (entre autre en termes de matériaux de construction, de haute technologie, de chimie, etc).

Ainsi, en 2016, les 20 usines chimiques de la RPD fabriquant des produits ménagers ont mis sur le marché 40 nouveaux produits pour le marché local, dont des produits d'hygiène de base comme la lessive, le gel douche, le dentifrice, l'adoucissant etc.

Et cette dynamique se poursuit, avec une coopération toujours plus grande entre le ministère du Développement économique et les entrepreneurs afin de couvrir les besoins locaux qui ne le sont pas encore avec des produits de haute qualité. Le but de cette coopération étroite entre les administrations et les industriels, est de lister tous les besoins encore à couvrir et les opportunités de développement de nouveaux produits, et de nouvelles usines, afin non seulement de remplir, les rayons des magasins locaux, mais aussi, à terme, d'exporter une partie de la production.

Afin d'encourager les gens à consommer local, le ministère de l'Industrie et du commerce a lancé au début du mois de février un logo unique, facile à repérer dans les magasins pour indiquer clairement quels sont les produits qui sont fabriqués en RPD. La RPL avait déjà adopté un système similaire dès l'an passé. Plus les gens consommeront local, meilleur ce sera pour l'économie des deux républiques, mais aussi pour l'environnement.

Car actuellement, beaucoup de produits sont désormais importés depuis la Russie, et doivent parcourir des centaines voire des milliers de kilomètres pour arriver sur les rayons. Comme je l'avais indiqué dans mon article de juin 2016 sur l'intégration de la permaculture dans le projet de développement des républiques populaires du Donbass, en rejetant la RPD et la RPL hors du système, l'Ukraine les pousse à développer un système alternatif, dont elles pourraient bien devenir les pionnières.

La relocalisation et l'autonomie alimentaire, énergétique et industrielle n'est que le premier pas. Et j'espère que la RPD et la RPL, en partenariat avec la Russie, seront les premiers pays à tracer la voie de ce nouveau modèle sociétal.

Christelle Néant

 

 

L’Ukraine bientôt sans électricité ? Forcément c’est à cause de la Russie !

Le Figaro http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/02/15/97001-20170215FILWWW00374-ukraine-la-russie-accuse-de-raffiner-ses-cyberattaques.php relaie cette dépêche de Reuters http://www.reuters.com/article/us-ukraine-crisis-cyber-idUSKBN15U2CN qui nous apprend que la Russie via ses hackers piraterait son réseau électrique ! Rien que ça !
Sauf qu'en l’occurrence il s'agit une fois de plus pour le régime de Kiev, d'accuser la Russie pour des problèmes internes que l'Ukraine traverse depuis l'arrivée au pouvoir de la junte putschiste pro-occidentale. Effectivement, des anciens combattants de l'armée avec la complicité de bande néonazie, ont décidé d'organiser le blocus du Donbass le 25 janvier en bloquant en particulier les voies ferrées sur lesquelles circulent les convois livrant du charbon essentiel au bon fonctionnement des centrales électriques d'Ukraine 
http://www.pravda.com.ua/rus/news/2017/02/15/7135478/ 

 

L'état d'urgence énergétique a été instauré par le gouvernement ukrainien suite à cette crise interne. Il ne resterait plus que 14 à 100 jours de charbon pour permettre leurs activités suivant les centrales.
Le figaro et Reuters (ils ne sont pas les seuls), en relayant cette vulgaire propagande digne d'une mauvaise série Z, absout par avance l'incurie dans laquelle est tombé l'Ukraine depuis le putsch de 2014 à Kiev. Car, si par malheur certaines centrales devaient arrêter de fonctionner suite à ce blocus, tous les regards seront fatalement dirigés contre les vilains hackers russes plutôt que contre le régime de Kiev. Ils sont bien pratiques les hackers russes depuis quelques mois : ils ont élu Trump, enfin si l'on en croit la presse mainstream. Ils piratent les centrales en Ukraine. Ils piratent le site de Macron ! Si si, c'est la dernière blague à la mode ! Ils menaceraient même les élections en France et en Allemagne, c'est vous dire comme ils sont forts ces Russes !
Pour en revenir à ce blocus : qui va me faire croire que la police et l'armée ukrainienne ne peuvent pas virer 3 pelés et 3 tondus sur une voie ferrée ??? 
http://www.rfi.fr/europe/20170213-ukraine-est-le-plan-reintegration-plait-pas-nationalistes. Kiev se sert de ces idiots utiles pour une fois encore aller au clash avec la Russie et accentuer la pression internationale contre Vladimir Poutine. Ce n'est plus un président, mais un Caliméro !

https://youtu.be/jDGEckA6Xmc

 

Sébastien Hairon, volontaire bénévole à Donetsk (DNR)

 

Changement possible dans la position russe sur la Novorussie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lieutenant-colonel Mikhail Sergueïevitch Tolstych, alias « Givi »

Il se passe quelque chose d’intéressant en Russie. Le récent assassinat de Givi y attire BEAUCOUP l’attention des principaux organes de presse, beaucoup plus que tous les autres assassinats de commandants novorusses. En outre, une majorité des personnes importantes invitées à exprimer leur opinion semble en général être d’accord sur un certain nombre de conclusions.

1.    Porochenko est quasiment parti et il est fini.

2.    Les Ukronazis ont pratiquement déclaré officiellement que Minsk-2 était mort.

3.    Les Ukronazis ont pratiquement déclaré officiellement qu’ils sont en guerre avec la Russie.

4.    Les Ukronazis ne veulent aucune solution négociée.

5.    Les Ukronazis ont maintenant décidé qu’une attaque militaire contre la Novorussie est la seule solution.

Il est intéressant d’observer que la quantité effective des tirs d’artillerie ukronazis a en fait énormément diminué au cours des dernières 48 heures, et que pourtant, selon tous les rapports, les Novorusses restent dans une situation d’avant la guerre. Si le but de l’assassinat de « Givi » était de démoraliser les Novorusses, alors il a atteint l’effet exactement opposé : les Novorusses bouillonnent de colère.

Aparté :

Ceux qui m’ont critiqué pour avoir écrit que l’assassinat de « Motorola » était le symptôme d’un important problème novorusse et qu’un tel meurtre n’aurait pas pu se produire sans des complices locaux, font profil bas cette fois-ci. Ce n’est pas tant dû à quelque sentiment de culpabilité d’avoir été si aveugles, mais au fait qu’en Russie et en Novorussie, la question des complices sur place est maintenant mentionnée ouvertement. Bien – mieux vaut tard que jamais. Si la reconnaissance du fait que les services de sécurité et de contre-espionnage novorusses ont un besoin urgent de l’aide du FSB peut sauver même une seule vie, disons celle de Zakharchenio (qui est aujourd’hui ouvertement menacé par les Ukronazis comme étant le « prochain »), alors il vaut la peine de faire un aveu aussi douloureux.

Fait intéressant, les Novorusses aussi semblent suprêmement confiants. C’est plutôt surprenant, si l’on considère que les forces ukronazies les dépassent largement en nombre (de 2 contre 1 à 4 contre 1, cela dépend de comment vous comptez). Dans des interviews, les commandants et les combattants en première ligne novorusses disent tous qu’alors que les Ukronazis ont utilisé les derniers mois pour se rééquiper et se reformer, ce ne sera pas suffisant pour faire une différence.

Des membres de la Douma russe ont publiquement déclaré qu’ils en ont assez de Kiev et que si les Ukronazis attaquent le Voentorg et le Vent du Nord, le robinet sera totalement ouvert. Au moins une source a rapporté qu’un grand nombre de Cosaques avait déjà franchi la frontière et était déployé à l’intérieur des Républiques de Donetsk et Lougansk.

Enfin, encore une autre théorie régulièrement citée est que la raison pour laquelle Trump ne dit pas aux Ukronazis de se calmer et de reculer (supposant que c’est la raison pour laquelle Trump leur parle, ce qui reste à prouver) est qu’il veut qu’ils attaquent et échouent, pour ensuite les blâmer de refuser l’Accord de Minsk-2. C’est une théorie intéressante. D’un côté, je ne suis pas si sûr que les Américains n’aient pas dit aux Ukies de se calmer – après tout, les bombardements ont considérablement diminué. Cela pourrait aussi être un cas de projection de la logique de la junte de Kiev sur les Américains. Il est bien connu que Porochenko aime envoyer les escadrons de la mort nazis (connus comme les « Dobrobats » ou les bataillons de volontaires) sur les lignes de front, pour que les Russes les tuent au lieu de devoir le faire lui-même. Selon cette théorie, c’est une stratégie gagnant-gagnant pour Porochenko : il envoie les « Dobrobats » au front – soit ils gagnent et le crédit lui revient, soit ils perdent (jusqu’à présent, c’est ce qu’ils ont fait) et ses plus dangereux ennemis politiques sont tués par les Novorusses. Cela fait d’eux des martyrs des « cent héros célestes ». Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros, etc., etc., et Porochenko peut mobiliser là autour. Peut-être. Cela me semble une théorie plausible.

Ce qui est sûr, c’est que l’opposition à Porochenko (Liatchko, Timotchenko, Sementchenko, etc.) est totalement déprimée et qu’elle pousse à une escalade, en déclarant un état de guerre en Ukraine ou en soutenant d’autres attaques ukronazies contre les Novorusses. Quant à l’assassinat de Givi, il a été bienvenu pour l’ensemble de la scène politique ukrainienne, qui s’est réjouie du meurtre et a même organisé des sondages d’opinion, pour voir qui les gens voulaient voir assassiné ensuite. La seule exception était, croyez-le ou non, Nadejda Savtchenko (oui, oui, la « Jeanne d’Arc ukrainienne » et « l’espoir de la nation ukrainienne »), qui a accusé Porochenko d’essayer de déclencher un massacre dans le Donbass. Les Ukronazis sont scandalisés et les Russes sont stupéfaits par le virage politique à 180 degrés de Savtchenko. Quant aux Novorusses, leur position est hyper-pragmatique : « Elle est une meurtrière et nous la méprisons, mais nous travaillerons avec elle si elle veut travailler à la paix et même à des échanges de prisonniers. »

J’écoutais hier un politicien ukronazi dire que les médias russes préparent le peuple à une intervention russe dans le Donbass. Eh bien, je ne le formulerais pas exactement comme il l’a fait, mais je suis globalement d’accord avec ce sentiment. Alors que ce n’est pas « le Kremlin » qui dirige qui que ce soit, l’humeur générale en Russie semble être un dégoût profond, de l’irritation et de la frustration avec la junte de Kiev. Et alors que j’exclus catégoriquement toute intervention ouverte à large échelle dans le Donbass, je vois aussi que la théorie d’une opération russe de maintien de la paix est ouvertement envisagée à Moscou et fréquemment débattue. Cela, cependant, exigerait que l’une de ces deux choses se produise d’abord :

1.    Une attaque ukrainienne sur des forces russes, par opposition aux forces novorusses, quelque part,

2.    Une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant une telle opération de maintien de la paix.

Avec Trump à la Maison Blanche, il y a au moins une possibilité théorique que le Conseil de sécurité des Nations Unies autorise une telle opération, en particulier si cela fait porter ensuite à la Russie la charge de reconstruire la Novorussie. Cela, en fait, est quelque chose que ne veulent ni Poutine, ni la plupart des Russes. Ils ont peur d’être pris au piège de devoir prendre du territoire ukrainien sous contrôle russe seulement pour découvrir, comme le droit international le stipule clairement, que toute force d’occupation est responsable de l’administration du territoire sous son contrôle. Les Russes estiment que ce n’est pas eux qui ont créé ce désordre sanglant et que par conséquent ils ne devraient pas être ceux qui paient pour le réparer. Ils savent aussi que l’économie russe, relativement petite, ne peut tout simplement pas supporter une telle charge financière.

Il y a une nette possibilité que 2017 voie une transformation fondamentale et cruciale de la guerre en Ukraine. D’une part, que l’attaque ukronazie finale se matérialise ou non, si elle le fait ce sera le dernier « hourrah » d’une Ukraine en décomposition et à l’agonie. Avec ou sans l’aide directe de la Russie, je prédis que les Ukronazis seront totalement vaincus. Une fois éliminée la composante militaire, d’une manière ou d’une autre, la question centrale deviendra : « Qui paie pour le gâchis », avec les États-Unis et la Russie pointant le doigt sur l’Europe en général et sur l’Allemagne en particulier. Si la dernière attaque ukronazie ne se concrétise jamais, le régime implosera très probablement, au point que tous les acteurs importants devront intervenir et s’accorder sur un plan pour reconstruire au moins la base même de la société ukrainienne. L’Europe n’aura pas d’autre choix que d’accepter encore une nouvelle immense vague de réfugiés.

Quant aux Russes, il apparaît que leur position aujourd’hui est la suivante : la seule option pour le régime de Kiev est de se soumettre à l’Accord de Minsk-2. Cela, bien sûr, signifierait un « suicide en douceur » pour le régime ukronazi. Sinon, alors un « suicide dur » incluant une éventuelle intervention russe limitée ou la reconnaissance des Républiques de Donetsk et de Lougansk par Moscou devient une possibilité réelle. Dans tous les cas, la patience russe/novorusse semble avoir atteint sa limite.

The Saker

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Nadine pour le Saker francophone

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/changement-possible-dans-la-position-russe-sur-la-novorussie

L’Ukraine continue sur la voie suicidaire de la guerre dans le Donbass et de la réhabilitation des organisations terroristes nazies du pays


Jeudi 16 février 2017

 

 

Comme nous le pressentions depuis plusieurs jours, l'accalmie récente n'aura été que de courte durée. Sûrement galvanisée par les luttes intestines qui ont lieu à Washington, et qui montrent pour le moment un avantage net des néo-conservateurs va-t-en-guerre, et pressées par la situation intérieure qui se dégrade de plus en plus, les autorités ukrainiennes ont décidé hier soir de remettre de l'huile sur le feu.

De 18 h à 1 h 30 du matin, l'armée ukrainienne a ainsi tiré à 595 reprises à l'artillerie lourde, aux lance-roquettes multiples Grad, mortiers, chars d'assaut, mais aussi lance-grenades, véhicules de combat d'infanterie et autres armes (non inclus dans le décompte) sur diverses localités de la République Populaire de Donetsk (RPD), dont la périphérie du centre Volvo Centre et de l'aéroport de Donetsk, la périphérie de Yassinovataya, Spartak, Jabichevo, Kroutaya Balka, Yakovlevka, Vasilyevka, Sakhanka, et Leninskoye.

Au total sur les dernières 24 heures, l'armée ukrainienne a tiré 1 048 fois contre la RPD, dont une vingtaine de fois avec des lance-roquettes multiples Grad contre la périphérie de Yassinovataya, où se concentre l'escalade des tensions depuis la fin du mois de janvier, et leur réutilisation régulière indique le risque d'une reprise de l'escalade qui avait été freinée début février. L'artillerie lourde a aussi été massivement utilisée avec 321 tirs d'obus de 122 mm et 152 mm. Et de nouvelles armes (canons de 152 mm et 122 mm entre autres) sont amenées par l'armée ukrainienne près du front. Les tirs de la journée écoulée ont fait deux morts parmi les soldats de la RPD.

En République Populaire de Lougansk (RPL), c'est 630 obus de mortier de 82 mm et 120 mm qui sont tombés durant les dernières 24 h sur le territoire de la république, et entre autre sur les zones résidentielles de la localité de Kalinovo. Un chiffre qui ne prend pas en compte les tirs de véhicules de combat d'infanterie, de lance-grenades et d'autres armes légères.

Et au vu des efforts démesurés de Kiev pour enliser les négociations à Minsk, ce n'est pas du côté diplomatique que la solution semble pouvoir venir.

Après avoir refusé de discuter de la formule Steinmeier, les représentants ukrainiens du groupe de contact à Minsk ont inventé une nouvelle parade pour bloquer les négociations : vouloir y apporter des changements à soumettre à la prochaine réunion au Format Normandie, puis rediscuter de la nouvelle mouture à Minsk, où ils apporteront de nouveaux amendements, qui devront de nouveau être discutés au Format Normandie etc. Un cercle vicieux sans fin qui permettra de bloquer indéfiniment la solution diplomatique.

« Selon Kiev, si les négociateurs à Minsk ne sont pas d'accord avec la rédaction de la formule proposée par les dirigeants des pays-garants, elle sera soumise au peaufinage des groupes à Minsk. Par la suite, les résultats de leur travail seront renvoyés au format Normandie. Cette prise de position de l'Ukraine crée une sorte de cercle vicieux, de sorte que la discussion dans tous les formats puisse prendre des années », a indiqué Mme Nikonorova, la ministre des Affaires étrangères de la RPD.

Alors que la population des deux républiques populaire se mobilise pour demander à la Russie, les États-Unis et l'Allemagne (on notera l'absence de la France dans cet appel) de faire cesser le génocide dans le Donbass, avec près de 130 000 signatures déjà récoltées, les autorités ukrainiennes semblent donc être bien décidées à poursuivre sur le sentier de la guerre.

Il faut dire qu'un pays qui essaye de redonner une virginité à des milices qui ont collaboré avec les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, alors que même la CIA qui les finançait après-guerre les qualifiait d'organisations terroristes, a peu de chances d'être un pays hautement pacifique.

« Les pseudo-historiens ukrainiens essayent de se convaincre d'abord eux-mêmes que l'UPA (l'armée insurrectionnelle ukrainienne) avait combattu avec la même ténacité les envahisseurs nazis et « les autorités d'occupation soviétiques ». Tout cela alors que des documents ont été récemment déclassifiés sur leur coopération avec les Nazis. Et après la guerre - avec les agences de renseignement américaines. Soit dit en passant, les documents de la CIA décrivent l'UPA comme une organisation terroriste, » a déclaré Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe.

D'ailleurs la dernière idée lumineuse en date des autorités militaires ukrainiennes est de provoquer un incident sur la ligne de front avec des journalistes occidentaux, entre autre des journalistes finlandais, qui se verraient blessés ou tués lors d'une attaque qui serait attribuée à l'armée de la RPD.

Pendant ce temps, dans la zone de l'OAT, Secteur Droit et l'OUN essayent de recruter des habitants du Donbass pour les envoyer manifester à Kiev pour soutenir l'embargo commercial du Donbass, contre 200 hryvnias. Les organisateurs de la manifestation qui est censée avoir lieu le 21 février, espèrent recruter ainsi 8 000 personnes, pour faire pression sur les autorités de Kiev.

Voilà quel genre de pays et d'autorités, l'Occident soutient et finance. Un pays qui a d'ailleurs la même notion de « justice » que ses héros bandéristes : depuis plus de deux ans, les survivants du massacre d'Odessa croupissent en prison sans jugement. Leur garde à vue est prolongée indéfiniment sans que rien n'avance au niveau de l'enquête, et Kiev empêche qu'ils soient échangés contre des prisonniers ukrainiens détenus par la RPD et la RPL. Les assassins, par contre, tous adeptes des méthodes de l'UPA et de l'OUN, courent toujours dans la nature.

Christelle Néant

 

Les élites occidentales prennent leurs rêves pour la réalité et s’apprêtent à plonger le monde dans le pire des cauchemars

Mercredi 15 février 2017

 

Après plusieurs semaines de valse-hésitation entre déclarations contradictoires et attaques médiatiques permanentes, Donald Trump a plié face aux néo-conservateurs et à l'état profond. En acceptant la démission du général Flynn, et en exigeant de la Russie qu'elle rende la Crimée, Donald Trump vient de faire le pire des choix.

Ces va-t’en guerre vont donc pouvoir poursuivre leurs plans de guerre contre la Russie et ses alliés, en entraînant le monde avec eux. La révolution de couleur aux USA a fonctionné, et ses conséquences seront mondiales. Chacun de ceux qui y ont participé de près ou de loin (et j'inclus dedans les « journalistes » qui se sont fait complices de toute cette gabegie) devront un jour rendre des compte pour « crime contre la paix ». Enfin s'ils survivent à ce que nous préparent les néo-conservateurs.

Car dans leur délire de course après l'argent et le pouvoir ces gens-là prennent leurs rêves pour la réalité. Et leur hallucination collective est contagieuse.

À commencer par leurs marionnettes ukrainiennes, qui, alors que le pays s'enfonce de plus en plus économiquement et énergétiquement, ont finalement décidé de mettre 33 millions d'euros pour l'organisation de l'Eurovision 2017. Je sais bien que certains croient que le pain et les jeux achètent tout, mais sans pain, et avec les jeux seuls çà va devenir de plus en plus dur à faire passer. Surtout quand les ukrainiens se gèleront dans leurs appartements et maisons, et seront rationnés en électricité, au nom d'une invasion russe imaginaire qui convainc de moins en moins de monde.

Et ce n'est pas les tentatives des autorités ukrainiennes de blanchir les collaborateurs nazis ukrainiens de la seconde guerre mondiale pour les ériger en héros de la nation qui vont arranger les choses. C'est comme si en France on passait sous le tapis tout ce qui gêne pour réhabiliter Pétain, Laval, et toute la clique des collaborateurs français. La fracture entre l'Ouest de l'Ukraine qui vénère ces collaborateurs nazis comme des héros et l'Est du pays ne va faire que s'agrandir, accélérant encore plus l'explosion inévitable du pays.

Sur ce point aussi, les hallucinations des élites occidentales ne sont pas prêtes d'arranger les choses. Puisque la Directrice générale d'une organisation européenne travaillant sur la médiation pour résoudre les conflits, n'a rien trouvé de mieux à proposer qu'un scénario à la « Kosovo » avec une administration internationale et des élections organisées seulement d'ici 10 ans au moins (le temps de laisser la colère des gens du Donbass retomber, c'est vrai que çà serait dommage que la colère légitime des gens qui se font bombarder tous les jours influence leurs choix).

On croit rêver quand on lit cette proposition, surtout quand on connaît la situation actuelle du Kosovo, état mafieux créé par ces organisations internationales qui en ont assuré l'administration avant d'organiser le référendum qui a scellé l'indépendance de cette région, qui ne survit que grâce aux trafics en tout genre et à l'argent de la communauté internationale. Voilà de quoi rêvent les élites occidentales pour le Donbass.

Le problème c'est qu'ici ces « organisations internationales » comme l'OSCE, qui seraient censées administrer la région sont loin d'être vues de manière bienveillante par la population locale. Comme l'a prouvée la manifestation qui a eu lieu dans le centre de Donetsk pour protester contre la partialité et le manque d'objectivité des observateurs de l'OSCE, qui ne rapportent pas correctement les crimes de l'armée ukrainienne.

Les gens n'ont pas hésité à traiter Alexander Hug, le chef adjoint de la mission de l'OSCE, d'agent de Kiev (sic), et ont obligé des observateurs à venir visiter des lieux bombardés fin janvier à Troudovskyi, que les observateurs avaient négligé de venir voir (pratique pour ne rien mettre de gênant contre Kiev dans le rapport, il suffit de ne pas faire son travail, pas vu pas pris).

C'est cette inutilité manifeste de l'OSCE qui avait déjà fait refuser toute mission armée de cette organisation par la population du Donbass. Alors imaginer que les gens d'ici accepteraient une administration de la région par ce genre d'organisation, relève du rêve éveillé.

Le problème est que les élites occidentales qui décident du sort du monde, prennent leurs rêves pour la réalité. Et à force d'être à ce point déconnecté de cette dernière, ils s'apprêtent à faire vivre un cauchemar au monde, en lançant l'Occident dans une guerre absurde contre la Russie et ses alliés, pour sauver le système capitaliste qui est désormais dans un cul de sac. Une guerre qui ne pourra que dégénérer en conflit global.

Comme le Saker l'a si bien dit à la fin de son article « Je vois des nuages très noirs à l’horizon ».

Christelle Néant

 

 

Les tambours de la guerre se font entendre de nouveau dans le Donbass alors que l’aide humanitaire est amenée tant que cela est possible

Mardi 14 février 2017

 

Ce matin, Donetsk a commencé la journée au son des canons et des explosions. Peu avant 10 h, l'armée ukrainienne a en effet bombardé à l'artillerie de 152 mm une usine de produits chimiques située dans le district de Kouibyshevsky, non loin du centre Volvo. L'explosion a retenti dans toute la ville, et a tué au moins un civil. Comme on peut le voir, l'accalmie des derniers jours n'aura été que de courte durée.

Lors de son rapport quotidien, Edouard Bassourine a indiqué que les bombardements de l'armée ukrainienne avaient de nouveau dépassé les 1 000 sur les dernières 24 h, dont 41 tirs d'artillerie lourde et 43 tirs de chars d'assaut. Des tirs qui ont de nouveau fait un mort parmi les soldats de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD).

En plus d'accumuler de nouvelles armes (entre autre de nombreux canons automoteurs et chars d'assaut) et troupes sur le front, y compris un grand nombre de soldats de la Garde Nationale et des mercenaires venant de pays arabes, des soldats ukrainiens (manifestement drogués au vu de leur comportement) ont tenté d'attaquer hier après-midi une position de l'armée de la RPD près de Kominternovo. L'attaque a bien sûr été repoussée, infligeant des pertes se montant à cinq morts et trois blessés à l'armée ukrainienne.

Comme indiqué dans un précédent article, l'accalmie récente n'est que le calme avant la tempête. Même le Saker, pourtant habituellement très prudent a annoncé dans un article la semaine dernière ce qui évident pour beaucoup dans le Donbass depuis un bon moment. L'Ukraine est acculée.

Tout d'abord énergétiquement. Suite au blocus ferroviaire imposé depuis trois semaines par les nationalistes dans la zone de l'OAT, le charbon du Donbass ne parvient plus jusqu'aux centrales thermiques ukrainiennes, poussant le premier ministre ukrainien à appeler à lever le blocus.

Car désormais il ne reste en moyenne que 40 jours de stock de charbon aux centrales électriques thermiques ukrainiennes. Mais selon les centrales cela varie de 14 à 100 jours. Ensuite il faudra couper l'électricité par moments, puisque plus de 40% de l'électricité en Ukraine est fournie par les centrales à charbon. Même les médias ukrainiens aux ordres de la junte sont obligés d'admettre cette gabegie « made in nazis ».

Des coupures qui vont faire monter le mécontentement populaire, alors qu'à Rivne (Nord-Ouest de l'Ukraine), 200 personnes ont manifesté pour se plaindre qu'il fait déjà à peine 8°C dans les appartements, les hôpitaux, et les maisons pour enfants. L'eau à la sortie de la chaufferie est à peine à 24°C. Alors imaginez quand il y aura des coupures d'électricité, empêchant les gens de compenser correctement avec des radiateurs électriques.

Et ce n'est pas avec ses plans sur la comète, visant à construire six centrales hydroélectriques sur le Dniestr (dont le débit est déjà fortement affaibli et inquiète des écologistes), au risque de se fâcher avec la Moldavie, que l'Ukraine va arranger rapidement sa situation catastrophique.

Ni en assassinant les commandants des armées de la RPD et de la RPL, comme la semaine dernière avec l'attentat qui a tué le commandant Guivi. Comme le dit si bien la chanson des partisans « ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place  ».

C'est ainsi qu'il faut comprendre l'annonce publique, d'un état de fait qui existe depuis plusieurs mois, à savoir la prise de fonction militaire de l'auteur Zakhar Prilepine, qui devient un nouveau visage, une nouvelle figure symbolique de la lutte du Donbass, pour remplacer les héros tombés récemment. Mais aussi le symbole d'un changement de rhétorique des républiques populaire du Donbass, moins conciliante.

Car malgré le fait que Kiev continue de compter sur la désinformation chronique pratiquée par les médias mainstream occidentaux pour influencer la politique de Donald Trump, la situation internationale de Kiev continue de se dégrader.

Après avoir mis en accusation plusieurs officiels et commandants ukrainiens, la commission d'enquête russe sur les crimes de guerre commis dans le Donbass, a conclu en effet de manière avérée, que Kiev avait utilisé des armes de destruction massive contre les civils du Donbass, en violation de toutes les normes internationales.

D'ailleurs sur le plan diplomatique, le ton de la Russie se fait de plus en plus dur envers l'Ukraine, et de moins en moins diplomate et patient.

Ainsi le ministre des Affaires étrangères russe a déclaré qu'en appeler à la conscience de son homologue ukrainien était une perte de temps (sic), et que les déclarations quotidiennes des autorités ukrainiennes montraient qu'elles souhaitent se mettre elles-mêmes dans une situation de russophobie telle qu'il leur sera impossible d'en sortir. On a connu M. Lavrov plus diplomate.

Dans ce contexte, l'annonce par Sergueï Lavrov de futures discussions avec le secrétaire d'état américain Rex Tillerson, afin entre autre de discuter de la situation en Ukraine, a de quoi donner des sueurs froides à Porochenko, qui voit en même temps la date butoir du 20 février (à partir de laquelle les nazis ukrainiens menacent de manifester en masse) s'approcher à grands pas.

Alors que l'aiguille tourne et que la guerre se rapproche à grands pas, l'aide humanitaire profite de cette pause pour être amenée là où elle est nécessaire.

 

Fin janvier nous nous sommes rendus à Gorlovka et Khartzysk pour apporter des cadeaux aux enfants, mais aussi pour faire un état des lieux des besoins, entre autre pour l'école-internat N°24 qui a besoin de manuels scolaires en langue russe :

Et hier, nous avons accompagné Patrick Lancaster lors de sa distribution d'aide humanitaire à Veseloe :

À l'heure où j'écris ces lignes de violents combats ont éclaté à Avdeyevka, Spartak et l'aéroport de Donetsk. Semble-t-il avec l'utilisation par l'armée ukrainienne de lance-roquettes multiples Grad.

Les tambours de la guerre résonnent de nouveau sur Donetsk, faisant planer la menace de nouveaux désastres humanitaires sur la population civile du Donbass.

Si vous souhaitez aider la population du Donbass, contactez-moi par e-mail : ulfdis@dnipress.com pour obtenir les modalités d'action.

Christelle Néant

 

 

 

Escalade de la terreur du

 

régime de Kiev dans le

 

Donbass

Il ne fait aucun doute que la responsabilité de l'escalade actuelle dans le Donbass, en violation des accords de Minsk 2 du 11 février 2015, incombe au régime qui s'est mis en place à Kiev après le putsch militaire du 22 février 2014, voici trois ans, et particulièrement au président Porochenko.

Il ne fait aucun doute que la responsabilité de l'escalade actuelle dans le Donbass, en violation des accords de Minsk 2 du 11 février 2015, incombe au régime qui s'est mis en place à Kiev après le putsch militaire du 22 février 2014, voici trois ans, et particulièrement au président Porochenko. Il s'était pourtant fait élire, dans des conditions contestables, en mai 2014 sur des promesses de paix dans le Donbass dans un délai de trois semaines, alors que l'opération "anti-terroriste" avait été déclenchée par les putschistes quelques semaines auparavant. Porochenko pense ainsi pouvoir trouver une solution à une situation intérieure catastrophique causée par un échec sur le plan économique, suite à l'accord d'association avec l'UE et la rupture des liens structurels avec la Russie, et par l'échec de la lutte contre la corruption, dont il est le premier bénéficiaire, alors qu'il est devenu minoritaire à la Rada après la défection de ses alliés des partis radical et Samopomotch ainsi que celle du parti Baktivchina de Timochenko. Ainsi le régime de Kiev à bout de souffle cherche à trouver un regain de légitimité en jouant la carte de la terreur dans le Donbass, au moment où les cartes de la politique internationale sont rebattues après l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis et avec une Union européenne qui s'enfonce toujours davantage dans la crise après le Brexit et dans la perspective des élections générales prochaines en France et en Allemagne.

La responsabilité du régime de Kiev dans l'escalade actuelle est en effet fixée par l'observation sur le terrain de la réalisation des accords de Minsk. A la réunion extraordinaire du Conseil de l'OSCE le 31 janvier dernier, le représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l'OSCE, Alexandre Loukachevitch, a révélé que "dans la nuit du 27 au 28 janvier, la caméra CMM (de l'OSCE, ndlr) de la mine Oktobrskaïa a enregistré qu'un échange de tirs intensifs avait été précédé d'un tir en provenance du nord-ouest en direction du sud-est (c'est-à-dire en provenance des positions des Forces armées ukrainiennes) (1). Dans la nuit du 28 au 29 janvier 15 tirs en provenance du nord-ouest en direction du sud-est, à nouveau à partir des positions des Forces armées ukrainiennes, enregistrés par caméras CMM, ont précédé un combat de plusieurs heures dans la zone industrielle d'Avdeevka (2). Le 30 janvier les structures de force ukrainiennes ont entrepris une nouvelle attaque massive et ont occupé une portion de terrain supplémentaire à proximité d'Avdeevka" (3). Après avoir également fait état de violations du cessez-le-feu imposé par Minsk 2 de la part de Kiev au sud la ligne de Front, sur le littoral de la mer d'Azov entre Marioupol contrôlé par Kiev et Novoazovsk contrôlé par la RPD, Loukachevitch a précisé que "les statistiques d'enregistrement des caméras CMM montrent que la majorité des occurrences des tirs de tanks ou de pièces d'artillerie - quand il a été possible aux observateurs d'enregistrer la direction des tirs - incombent aux structures de forces ukrainiennes (200 infractions (4) de la part des Forces armées ukrainiennes, 80 de la part de la milice du Donbass)" (3).

Porochenko se trouvait à ce moment-là Berlin, pour y plaider notamment une reconduction des sanctions contre la Russie alors que le commanditaire américain fait défaut depuis l'élection de Donald Trump, lequel n'a pas caché vouloir les lever et entreprendre des relations constructives avec la Russie après la très néocon période Clinton-Bush-Obama. Dans une mise en scène pitoyable et perverse, comme le régime de Kiev nous y a habitués depuis trois ans, il décide alors soudain d'écourter sa visite pour rentrer coordonner les opérations d'évacuation d'Avdeevka, menacée de catastrophe humanitaire du fait de la destruction des services de distribution de gaz et d'électricité, que la propagande ukrainienne voudrait faire passer pour un "Alep 2". Le montage plutôt grossier est rapidement éventé, comme sur une vidéo montrant une habitante d'Avdeevka faussement éplorée entre un militaire qui a du mal à prendre un air compatissant et un personnage tournant le dos pour ostensiblement présenter à la caméra son sigle humanitaire Caritas, sur fond de tentes pour réfugiés qui ne se bousculent pas au portillon (5). La pleureuse d'occasion s'avère en fait une fonctionnaire de Marioupol en service commandé.

Le fait est que les combats, qui ont fait de nombreuses victimes notamment du côté des forces ukrainiennes engagées inconsidérément et du fait des tirs de barrage des détachements néo-nazis du Pravy sektor (6), se sont déroulés en milieu urbain et ont touchés les infrastructures civiles, notamment la station de filtrage de l'eau de Donetsk, privant d'eau toute une partie de la ville. Ce qui prouve le caractère irresponsable des stratèges de Kiev, et leur volonté de semer la terreur dans la population du Donbass, de mener une guerre contre elle pour la faire plier. Rappelons que le Donbass s'est insurgé après le coup d'Etat du 22 février 2014, mené par la petite minorité bandériste et galicienne de l'ouest de l'Ukraine, appuyée par l'Amérique néocon et une UE sous influence polonaise, qui a menacé les droits des russophones. Après avoir dans un premier temps réclamé une décentralisation et une fédéralisation, contre quoi les putschistes leur ont envoyé les tanks, l'aviation ainsi que les bataillons néo-nazis, la population du Donbass n'a pas eu d'autre solution que de prendre les armes et d'instaurer les Républiques populaires de Lougansk et Donetsk alors que la Crimée, République autonome et très majoritairement russophone, décidait par referendum son rattachement à la Fédération de Russie.

Suite aux différentes phases des combats qui ont mené à la stabilisation du front, les accords de Minsk 2 en février 2015 ont prévu un cessez le feu, le retrait des armes lourdes, l'échange des prisonniers et surtout une modification de la constitution promouvant une large décentralisation, en accord avec les intéressés sur le plan local, en clair des discussions entre Kiev d'une part, et Donetsk et Lougansk d'autre part, préalable à la tenue d'élections locales. Or Kiev ne s'est jamais résolue à effectuer cette révision constitutionnelle dans le cadre de discussions directes avec Lougansk et Donetsk, qui seule permettrait de maintenir l'unité de la population ukrainienne dans sa diversité ethnique, religieuse, culturelle et linguistique. En clair, une fédéralisation de l'Ukraine. Au lieu de cela, violant les accords de Minsk en en faisant porter de façon puérile la responsabilité aux Républiques populaires qui se sont constituée en réaction à sa politique, elle aggrave la politique de terreur constitutive du pouvoir qui s'est installé à Kiev en février 2014 par la violence et le déni du droit.

Les 30 et 31 janvier, les services de renseignement du ministère de la Défense de RPD note la concentration de systèmes de lance-roquettes multiples Grad du côté ukrainien, interdits par Minsk 2. Outre les nombreuses victimes militaires, les bombardements sur les infrastructures civiles et les habitations font six morts et 13 blessés dans la population. Selon les chiffres du commandement opérationnel de la RPD, les 2411 tirs observés viennent des positions occupées par les néo-nazis du Pravy sektor. Dans un crescendo terroriste, les forces de Kiev lancent un raid d'artillerie sur Donetsk et jusqu'au centre de la ville dans la nuit du 2 au 3 février : "deux civils sont tués et 13 sont blessés par des tirs de systèmes lance-roquettes multiples Grad et Uragan. On a observé jusqu'à 3500 tirs sur 28 localités" (7). Les habitants ont d'ailleurs remarqué la fuite de Donetsk des observateurs de l'OSCE au matin du 2 février, qu'ils ont fixée par vidéo (8), un hasard ? Après la nuit de bombardements, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, déclarait lors d'un point presse : "Ce raid barbare ne peut aucunement être justifié. Avec de telles actions, Kiev a violé de manière flagrante la Convention de Genève du 12 août 1949 sur la protection des populations civiles en temps de guerre, mais également toutes les normes de la morale. Seuls des vandales peuvent bombarder une ville endormie et des gens innocents. Nous n’avons pas d’autre définition pour les gens qui ont commis ce raid ". Après une accalmie, les tirs ont depuis régulièrement repris sur Donetsk et le front sud.

Mais le climat de terreur imposé par le régime de Kiev concerne aussi la population sous son contrôle. Les bandes néo-nazies y font régner leur loi comme dans la presse où les assassinats de journalistes, comme ceux restés impunis d'Oles Bouzina ou de Pavel Cheremet, s'accompagnent d'occupations violentes et de mise à sac de rédactions, comme celle de la chaîne de télé Inter qualifiée de pro-russe en septembre dernier. Les massacres du Maïdan, prétexte au coup d'Etat, et d'Odessa, dont le responsable présumé, Andreï Parouby, trône sur le perchoir de la Rada, n'ont toujours pas été instruits, de même que le l'abattage du Boeing de la Malaysia airlines, vraisemblablement une autre provocation criminelle du régime de Kiev. L'alignement sur les prix européens du gaz et de l'électricité, ainsi que ceux de la téléphonie, frappe directement une population harassée, à qui l'on avait fait miroiter le rêve européen. C'est dans ce contexte qu'un projet de loi a été porté à la Rada le 21 janvier dernier par un groupe de députés, sur l'exclusivité de la langue ukrainienne "dans l'ensemble des organes d'État et des institutions scolaires et universitaires du pays, ainsi que dans les médias, maisons d'éditions, activités culturelles et dans le secteur des services dans son intégralité" (10). Récemment, le chef du parti polonais nationaliste au pouvoir actuellement Jaroslav Kaczynski, à lui-même souligné : "qu'il était question "d'un certain choix de l'Ukraine", rappelant que même s'il était difficile de surpasser la cruauté dont avaient fait preuve les dirigeants allemands pendant la Seconde guerre mondiale, l'OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens) et l'UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) avaient réussi à le faire", précisant : ""J'ai dit clairement au président Porochenko qu'ils n'entreraient pas dans l'Europe avec Bandera. C'est parfaitement clair pour moi. Nous avons fait preuve d'une immense patience mais tout a des limites" (11). Le même très euro-sceptiques Kaczynski avait pourtant triomphalement défilé à Kiev en présence de ceux-là mêmes qui aujourd'hui réhabilitent l'OUN-UPA et leurs dirigeants Bandera et Choukevitch.
La redistribution des cartes dans les relations internationales, avec le probable retrait des Etats-Unis des affaires du continent européen suite à l'élection du président Trump, place les dirigeants de l'Ouest européen devant leurs responsabilités. L'Union européenne en tant que telle ne constitue pas une puissance diplomatique et militaire capable de résister aux chocs de l'histoire au Moyen-Orient et au coeur de l'Europe, alors qu'ils sont provoqués par la politique irresponsable de certains de ses Etats membres, à commencer par la France, en Ukraine, en Libye et en Syrie, avec pour conséquence une crise migratoire qui vient aggraver le défaut d'intégration des population immigrées musulmanes et le terrorisme islamiste. Il n'est pas possible dans ce contexte de laisser Kiev continuer à diviser le continent et à y installer durablement en son centre un foyer de tensions et de conflits, que les populations paient durement. Des sanctions doivent être prises : contre les dirigeants de l'Ouest européen qui nous ont menés là, en dépit du bon sens et de la raison qui était de négocier avec la Russie des accords de partenariat avec l'Ukraine si tant est qu'ils n'aient pas eu pour objet de créer une fracture au coeur du continent. Et surtout des sanctions contre Porochenko et consorts, qui depuis deux ans ont apporté la preuve de leur entêtement à ne pas respecter ce à quoi les engageaient les accords de Minsk 2.

Frédéric Saillot,

(1) Voir la reproduction du plan sur la page d'accueil : la caméra d'observation de l'OSCE se trouve à mi-distance entre Orlovka, contrôlée par Kiev et d'où provenaient les tirs, et Donetsk, en face d'Avdeevka, contrôlée en majeure partie par Kiev.
(2) Zone tampon entre Avdeevka, dont le centre est contrôlé par Kiev, et Yasinovataïa, agglomération au nord de Donetsk, contrôlée par la République populaire de Donetsk (RPD).
(3) 1131st Special Meeting of the Permanent Council (of the OSCE) PC.DEL/119/17, 1 February 2017. Rapport transmis par Pavel Goubarev, lors de l'interview disponible sur la chaîne Youtube d'Eurasie Express : 
https://www.youtube.com/watch?v=EqdoY8voi9o
(4) i. e. aux accords de Minsk.
(5) Même pour ceux qui ne comprennent pas le russe, la vidéo est parlante : 
https://ria.ru/world/20170202/1487032451.html
(6) 
http://novorossia.today/video-le-debut-descalades-ukrainienne-dans-le-donbass-en-images-du-terrain/
(7) Donetsk 3/02 - Ria Novosti.
(8) 
https://m.lenta.ru/news/2017/02/03/tam_ne_strelyaet_vsu/
(9) Sputnik 3/02.
(10) Sputnik 23/01.
(11) 
https://fr.sputniknews.com/presse/201702071029976947-ukraine-europe-bandera-kaczynski/

 

 

Alcool et défection: le quotidien des militaires ukrainiens dans le Donbass

Les forces armées ukrainiennes, qui pilonnent le Donbass en violation des accords de Minsk, font face à une vague de défections. En outre, les soldats pillent les commerces, dopant ainsi l’animosité à leur égard au sein de la population locale.

L’armée ukrainienne est démoralisée et le nombre de défections et de cas d’abus d’alcool dans ses rangs ne fait qu’en témoigner, a fait savoir Edouard Bassourine, porte-parole du commandement militaire de la République populaire autoproclamée de Donetsk.

Selon les informations fournies par les renseignements, rien qu’en quatre jours, 27 soldats ont quitté les rangs de la 72e brigade de l’armée ukrainienne. Seize d’entre eux ont été rattrapés par les Forces ukrainiennes de sécurité (SBU).

En outre, les militaires du bataillon Donbass-Ukraine s’invitent dans les commerces pour vider les rayons d’alcool, bien évidemment sans se soucier de payer. « Ce fait renforce considérablement l’attitude négative des habitants et des commerçants locaux à l’encontre des Forces armées ukrainiennes », a souligné M. Bassourine, cité par la télévision russe.

La veille, les médias ukrainiens avaient déclaré, se référant au ministère de la Défense du pays, qu’un groupe de sabotage-reconnaissance avait soudainement disparu dans la région de la République populaire autoproclamée de Lougansk (LNR) et n’était pas joignable depuis 24h. Cependant, les militaires de la LNR ne confirment aucun combat survenu dans la zone. Dans le Donbass, on estime que les soldats auraient tout simplement rendu les armes et pris la fuite.

En dépits des accords de Minsk, au cours de ces dernières 24h, les forces armées ukrainiennes ont pilonné le Donbass à plus de 1 300 reprises. Le feu a été en outre ouvert sur la LNR, contre les positions des milices populaires.

Suite au coup d’État perpétré en Ukraine en février 2014, deux régions du sud-est du pays ont refusé de reconnaitre les nouvelles autorités et ont proclamé leur indépendance vis-à-vis de Kiev.

En avril 2014, les autorités ukrainiennes ont lancé une opération militaire contre les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. Le conflit a déjà coûté la vie à plus de 10 000 personnes, selon l’OSCE.

Depuis le 29 janvier, la situation sur la ligne de front dans le Donbass s’est aggravée.

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201702121030053912-ukraine-donbass-offensive/

Près de 55 000 personnes assistent aux funérailles du commandant Givi - « Il est impossible de vaincre quelqu’un qui ne se rend pas »

Samedi 11 février 2017

 

Ce matin, 10 février, malgré les températures proches des -10°C, plus d'une demi-heure avant l'ouverture des portes, les gens se massaient déjà devant l'opéra de ballet où se trouvait le cercueil du commandant Givi. Pendant plus de deux heures, la file d'attente s'étire sur toute l'avenue Artema. Les gens viennent se recueillir, déposer des fleurs, ou des icônes, beaucoup pleurent.

Au total environ 55 000 personnes sont venues rendre hommage au héros de la République Populaire Donetsk (RPD), le colonel Mikhail Tolstykh (surnommé Givi), qui est mort lors d'une attaque terroriste le 8 février au matin.

« Aujourd'hui la république a fait ses adieux au héros de la RPD le colonel Mikhail Tolstykh, qui a été tué lors d'un attentat terroriste. Environ 55 000 personnes sont venues faire leurs adieux au commandant du bataillon Somali, » a déclaré le représentant du service de presse du chef de la RPD.

L'émotion était palpable, beaucoup de gens pleuraient, certains criaient leur colère contre les autorités ukrainiennes, et ceux qui ont tué Givi.

Le chef de la république est venu se recueillir au début de la cérémonie d'hommage :

« Aujourd'hui nous rendons les derniers honneurs à notre frère, le héros de la République Populaire de Donetsk, le colonel Mikhail Tolstykh. Le monde entier se souviendra de lui comme le légendaire commandant Givi. On se souviendra de lui comme un guerre invaincu, le véritable fils de sa nation, le défenseur du Donbass, » a souligné le chef de la RPD.

Denis Pouchiline a aussi rappelé les hauts faits du commandant, et a souligné que sa mort était une tragédie pour toute la république.

Un peu après midi, le cercueil a été sorti du hall, et porté jusqu'au canon sur l'affût duquel il a été transporté jusqu’au cimetière de Donetsk, où il a été enterré à côté de son ami et frère d'armes, Arsen Pavlov, alias Motorola, lui aussi assassiné lors d'un attentat terroriste. Comme pour le commandant Motorola, la sortie du cercueil sera accueillie par des cris de la foule : « Givi est un héros », « Merci », « Gloire au héros ».

Tout au long de la procession, des panneaux géants avec son portrait ornent le centre-ville de Donetsk, et sous certains on peut lire ce qui aurait pu être la devise de Givi : « Il est impossible de vaincre quelqu'un qui ne se rend pas  ».

 

Voir la vidéo-hommage de ses funérailles :

Christelle Néant

 

Kiev déploie 90 000 soldats sur le front de la Novorossya

Déploiement massif des forces militaires de Kiev sur la ligne de front de Novorossya dans une configuration que les experts décrivent comme étant le prélude à une offensive majeure.

Ces derniers jours ont vu une intensification des bombardements ukrainiens sur les territoires de Novorossya. Par ailleurs l’Ukraine a indiqué mener dans les jours qui viennent des manoeuvres militaires importantes aux frontières de la Crimée, provocation évidente envers la Russie.

Dans le même temps Vladimir Poutine a ordonné des « mises en état de combat » de plusieurs unités russes et le déploiement de bombardiers stratégiques russes depuis leurs bases jusqu’à des « points tactiques » pour être opérationnels rapidement. Dans un entretien télévisé Vladimir Poutine a indiqué au sujet de la situation en Novorossya, que sa « patience a des limites ».

Le principal sponsor de Kiev – les Etats-Unis – semble jouer un jeu trouble: d’une part Donald Trump déclare ne pas « savoir grand-chose de la situation » en Ukraine, d’autre part les renforts militaires américains et l’OTAN affluent aux frontières européennes de la Russie. Poroshenko tente-t-il de forcer la main à Trump en déclenchant une intervention russe, ou a-t-il l’accord des Etats-Unis pour attaquer la Novorossya, comptant sur la volonté russe de ne pas gâcher des – hypothétiques – chances de réchauffement des relations avec Washington? On ne peut que douter très sérieusement que Vladimir Poutine reste passif si Kiev attaque massivement les forces et les populations civiles pro-Russes de Novorossya!

Les jours qui viennent vont être cruciaux.

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/02/kiev-deploie-90-000-soldats-sur-le-front-de-la-novorossya/

 

 

Trump confirme: Ukraine: Trump-Russie, un mauvais début

Nous informions ici de l’intervention du délégué américain nommé par Donald Trump aux Nations Unies, qui déclarait en substance que la Crimée devait « retourner » à l’Ukraine. Suite à cet article ainsi qu’à celui sur la politique américaine en Syrie (Lire ici) de nombreux lecteurs nous ont écrit en disant que Trump « sans doute » ne confirmerait pas ces déclarations.

Las… La Maison Blanche a confirmé aujourd’hui les déclarations concernant la Crimée: “Until Russia leaves Crimea, those sanctions are a non-starter.” Les sanctions contre la Russie ne seront pas levées tant que la Russie ne « quittera » pas la Crimée. (Article complet sur le site de la Maison Blanche)

La position de Trump est donc exactement la même que celle d’Obama: Ignorer les faits historiques, ignorer la volonté populaire des citoyens ayant voté à une immense majorité le retour de la Crimée en Russie, et bien entendu ignorer les déclarations de la Russie et en particulier celles de Vladimir Poutine « L’affaire de la Crimée est close ». Ceci confirme une fois encore que, comme nous le faisions remarquer à de nombreuses reprises durant la campagne électorale américaine, les positions de Trump vont être / sont loin de ses déclarations de candidat.

Les optimistes répondront que « Trump a les mains liées et ne peut pas faire ce qu’il veut ». Peut-être mais l’important n’est pas là, mais dans le fait que ses actes en politique internationale sont bien loins, voire totalement éloignés, d’actes allant dans un sens positif pour les relations avec la Russie, que ce soit dans les dossiers des « sanctions », de la Syrie, et du renforcement massif de l’OTAN aux frontières de la Russie avec des troupes et des blindés américains.

Concernant la situation explosive en Ukraine où les forces de Kiev ont repris leurs bombardements massifs sur les zones civiles des territoires de Novorossya, il est pour nous évident – et quoiqu’en disent certains media voulant rester optimistes – que les Etats-Unis ont sinon donné leur accord express à l’Ukraine pour relancer les hostilités, du moins assuré les autorités de Kiev de leur soutien matériel: Poroshenko ne peut se permettre de se mettre à la fois la Russie et les Etats-Unis à dos.

Il est donc de plus en plus clair au fil des jours qui passent, que la politique internationale des Etats-Unis sous Donald Trump envers la Russie sera sensiblement la même que sous Obama, avec les mêmes conséquences à terme: La guerre. L’élection de Trump n’aura donné qu’un court sursis.

Source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/02/trump-confirme-ukraine-trump-russie-un-mauvais-debut/

 

Risque imminent de larges opérations militaires dans le Donbass

La plupart d’entre vous doivent maintenant avoir entendu divers rapports sur la détérioration rapide de la situation en Ukraine. Beaucoup, cependant, ont pu les rejeter parce que, soyons honnêtes ici, nous avons eu tant de faux avertissements au sujet d’une attaque ukronazie imminente, que nous nous sommes habitués. En fait, il y a eu de nombreux incidents précédemment, mais cette fois-ci, je vois assez d’indicateurs et d’avertissements pour justifier un autre avertissement. Voici les nouveaux éléments :

1. Au cours des derniers mois, les Ukrainiens ont progressivement amassé une force très importante, estimée par la plupart des observateurs à 120 000 soldats. Certaines unités ont été déplacées loin de la frontière de Crimée et de la ville de Marioupol et déployées tout au long de la ligne de contact dans le Donbass.

2. Les Ukronazis ont officiellement admis qu’ils mettent en œuvre ce qu’ils appellent une tactique de « saut de grenouille » dans le Donbass qui consiste à prendre lentement mais constamment le contrôle de la zone grise censée séparer les deux côtés et ils ne font pas de rapport sur les territoires qu’ils ont « libérés ».

3. Porochenko n’a, de toute évidence, aucune idée sur la façon de procéder. Cette faiblesse est ressentie par les principaux politiciens ukrainiens, qui ont récemment fait des déclarations fortes à l’appui d’une « solution » militaire. Ces politiciens comprennent Yulia Timochenko et Dmitry Iaroch. Si Porochenko ne fait rien, ils l’appellent un lâche, s’il ordonne une attaque sur le Donbass, ils vont le traiter de perdant. Pour les nazis, c’est une situation gagnant-gagnant.

4. Les experts s’accordent à penser que la junte d’Ukronazis est horrifiée par l’élection de Donald Trump et qu’ils ne voient qu’une option pour lui forcer la main : obliger la Russie à intervenir ouvertement pour défendre les républiques de Novorussie, ce qui aboutira à une défaite militaire pour l’Ukraine, mais aussi à une victoire politique, car les États-Unis et l’UE ne peuvent pas permettre aux Russes de vaincre ouvertement les Ukrainiens sans réagir.

5. Les Ukrainiens ont avancé des systèmes d’artillerie lourde, y compris des missiles balistiques et des lanceurs de fusées à longue portée, qui peuvent frapper le centre-ville de Donetsk. Des chars MBT ukrainiens et des véhicules blindés APC / IFV sont également vus en grand nombre, tout au long de la ligne de contact. Le déploiement de tels systèmes est une violation directe de l’Accord de Minsk-2, mais les Ukronazis ne semblent pas s’en soucier.

6. De plus en plus de politiciens ukrainiens déclarent ouvertement que les Accords de Minsk sont morts et que seule une solution militaire est possible. Certains membres du parlement, la Rada, veulent déclarer la guerre à la Russie.

7. Les Américains surveillent de près la situation, des drones américains ont été détectés tout au long de la ligne de contact, mais Donald Trump semble avoir décidé qu’il n’a aucun intérêt à arrêter les Ukrainiens. Les mauvaises langues diront qu’il n’a pas la sagesse ou la volonté politique pour agir. Ceux qui ont encore espoir en Trump disent qu’il veut laisser les Ukronazis attaquer, uniquement pour placer le blâme sur eux et les diminuer politiquement.

8. Très intéressant, pour la première fois, la plupart des experts russes qui participent aux émissions de débat à la télévision russe disent ouvertement que si les Ukronazis reviennent officiellement sur l’Accord de Minsk et attaquent le Donbass, la Russie devrait unilatéralement lancer une opération de pacification et imposer la fin des hostilités dans le Donbass et ensuite s’occuper des plaintes venant des États-Unis et l’Europe. Ils soulignent que les États-Unis et la Turquie ont de grandes forces déployées en Syrie dans l’illégalité totale et qu’ils ne sont pas en mesure de critiquer la Russie pour avoir imposé une fin à l’opération de combat juste à la frontière russe.

9. Il y a des rapports constants que les forces de Novorussie sont en état d’alerte maximum et qu’elles attendent impatiemment un feu vert pour enfin lancer une contre-offensive contre les Ukronazis. Les forces de Novorussie sont beaucoup plus petites, dans la fourchette de 30 000 à 40 000, mais elles sont beaucoup mieux formées, commandées et équipées, et elles sont sur la défensive. Leur moral est très élevé, en contraste net avec les forces ordinaires ukrainiennes (le moral des bataillons de volontaires nazis est, selon les informations, aussi élevé).

10. Il y a également des rapports que le Vent du Nord et le Voentorg [livraison de matériel par les Russes, NdT] ont beaucoup augmenté. Si tel est effectivement le cas, et je crois que ça l’est, cela me conduit à conclure que les services de renseignements russes anticipent une attaque inévitable.

11. Le ton politique officiel venant de Poutine et de Lavrov est très dédaigneux envers Porochenko, qui est présenté comme un politicien stupide, incompétent, immoral et fondamentalement fini, qui est à la fois réticent et incapable de travailler à une résolution pacifique du conflit. Je suis tout à fait d’accord avec cette caractérisation. Il semble que le Kremlin ait essentiellement renoncé à Porochenko.

12. Les politiciens russophobes de l’UE, qui sont également horrifiés par l’élection de Trump, encouragent les Ukronazis à déclencher une guerre, qu’ils considèrent comme leur dernière chance de créer l’hystérie russophobe en Occident, tout en étant leur dernière chance de rester encore marginalement pertinents sur la scène internationale. Les Allemands et les Britanniques, en particulier, semblent en rajouter sur leur politique consistant à « blâmer la Russie pour n’importe quoi ».

Pour toutes ces raisons, j’estime qu’il y a une forte probabilité qu’une opération de combat à grande échelle entre les Ukronazis et la Novorussie reprendra dans les prochains jours. À ce stade, je ne vois qu’une chose qui pourrait l’empêcher : un ordre fort et déterminé du Président Trump disant aux Ukrainiens de s’arrêter, de se retirer et de revenir à la table des négociations. Hélas, je vois une telle action du président Trump comme très improbable.

Le printemps a toujours été le meilleur moment pour les opérations de combat offensives en Ukraine. Les routes s’améliorent, le feuillage revient aux arbres et aux buissons et les températures commencent très lentement à remonter. Je soupçonne que la junte aurait préféré attaquer plus tard, en avril-mai, mais l’élection de Donald Trump a clairement créé une panique à Kiev et, puisque les Ukronazis n’ont aucune chance de gagner (leur seul objectif est de forcer une intervention russe), une attaque en février pourrait être une option acceptable pour eux.

The Saker

Traduit et édité par jj, relu par Nadine pour le Saker Francophone

 

Source: http://lesakerfrancophone.fr/risque-imminent-de-larges-operations-militaires-dans-le-donbass

Trump envoie trois messages clairs à Porochenko

Kiev n’est plus en odeur de sainteté à Washington: alors que les autorités ukrainiennes répètent qu’elles subissent une « agression russe » permanente, le Pentagone montre qu’il ne croit plus ces mensonges.

Indéniablement, le nouveau commandement militaire américain analyse la situation dans le Donbass de manière bien plus lucide que l’équipe de Barack Obama, qui passait son temps à brasser de l’eau en Ukraine.

Ce n’est pas tout: le Pentagone a souligné être particulièrement préoccupé par la hausse des tensions dans l’est de l’Ukraine mais refuse néanmoins de lâcher tous les chiens sur Moscou sans preuves. De plus, les Américains ont commencé à partager leurs renseignements avec le public et il s’est avéré que Washington n’enregistrait aucune activité côté russe. « Je peux vous dire que nous n’avons vu aucun déplacement important de forces russes qui pourrait indiquer qu’il s’agit d’une partie de quelque chose de plus grand », souligne notamment le porte-parole du Pentagone Jeff Davis, cité par l’agence de presse EFE.

 

Le Pentagone a noté également que, selon lui, le conflit dans l’est de l’Ukraine pouvait et devait être réglé uniquement par la voie pacifique. « Les Accords de Minsk sont l’unique moyen de régler le conflit pacifiquement », a souligné Jeff Davis.

Éventuelle rencontre entre le nouveau président américain et son homologue ukrainien

Cela faisait longtemps que Kiev n’avait pas reçu autant de nouveaux messages de la part de Washington. Premièrement, la nouvelle administration de Trump a clairement suggéré aux autorités ukrainiennes de faire attention à ce qu’elles disent. Autrement dit, si l’équipe de Petro Porochenko a l’intention d’accuser qui que ce soit: qu’elle fournisse des preuves. Deuxièmement, le Pentagone a expliqué calmement qu’il suivait de près les activités des belligérants dans l’est de l’Ukraine — armée ukrainienne y compris. Et enfin, troisièmement, Washington a clairement fait comprendre à Kiev qu’il n’avait plus besoin d’une guerre civile dans le Donbass. Il ne reste plus qu’à savoir deux choses: Kiev feindra-t-il ne pas comprendre les messages des USA, et que dira Trump aux « moins réceptifs »?

 

Source:https://fr.sputniknews.com/presse/201702081029993701-trump-porochenko-messages-usa-ukraine/

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

 

Mise en alerte de l’armée russe !

Moscou lance un avertissement clair à Kiev et un message fort à l’Occident.

 

Dans cette escalade des opérations militaires du Donbass et que Kiev ne semble pas vouloir arrêter, la Russie vient de “marquer” avec force sa zone d’influence dans laquelle se trouve légitimement les territoires russes bordant sa frontière avec l’Ukraine

Les forces aérospatiales russes qui ont été réorganisées en 2015 sont la force la plus puissante de l’armée russe, elles comprennent les forces aériennes tactiques, stratégiques, les forces de missiles antiaériens, le programme spatial de le Russie etc…

Leur “inspection inopinée” annoncée mardi par le ministre Choïgou de la Défense signifie que le maillage de défense anti-missiles et d’avions de combats déployé le long des frontières de la Fédération de Russie et autour des centres névralgiques du pays vient d’être mis en “alerte maximale”
Cette mise en alerte maximale intervient au moment de l’explosion de la situation dans le Donbass et surtout du retour sur le front d’une ville de Donetsk à nouveau bombardée d’armes de destructions massives ukrainiennes. La veille, les forces armées de la République de Donetsk avaient également élevé au plus haut niveau leur alerte opérationnelle.

La Russie, sans intervenir directement dans le conflit (contrairement au fantasme propagandiste occidental) a toujours “marqué” (et légitimement) ce territoire du Donbass comme appartenant à sa zone d’influence, tant historiquement (le territoire était encore dans l’empire russe au début du XXème siècle), culturellement (sa population, issue d’une migration minière est très majoritairement russe), économiquement (le Donbass appartient au bassin économique du Don), etc….

Aujourd’hui, le retour d’une guerre ouverte dans le Donbass excitée par un pouvoir ukrainien qui prétend se battre contre l’armée russe, a toute les raisons d’inquiéter Moscou, tant pour la sécurité de la population civile du Donbass qui appartient au Monde Russe, que l’intégrité de ses propres frontières, menacée par un régime qui veut ouvrir son territoire aux bases de l’OTAN.

Depuis le conflit syrien, les forces aérospatiales russes ont perfectionné leur préparation au combat et leurs matériels et procédures, et leur niveau opérationnel n’est plus à prouver. Donc, cette mise en alerte de leurs unités (terrestres et embarquées) au moment où Porochenko est tenté par une fuite en avant vers la guerre totale ne peut être qu’un avertissement fort lancé contre Kiev.

Erwan Castel, volontaire en Novoriossiya

Sources: chaines de TV fédérales russe, Gazeta.ru

 

via: http://novorossia.today/mise-en-alerte-de-larmee-russe/?_utl_t=tw

Le commandant du bataillon Somali, Mikhail Tolstykh (Givi), a été assassiné à Donetsk


Mercredi 8 février 2017

 

 

Quelques mois après le commandant Motorola, et quelques jours à peine après l'assassinat du commandant de la milice populaire de Lougansk dans l'explosion de sa voiture, l'Ukraine poursuit sa logique terroriste.

Ce matin, c'est le commandant du bataillon Somali des forces armées de la République Populaire de Donetsk (RPD), Mikhail Tolstykh (surnommé Givi), qui a été assassiné à Donetsk suite un attentat terroriste qui a eu lieu à son bureau. Un homme a tiré au lance-roquettes Shmel sur le bâtiment, avant de prendre la fuite. L'homme est actuellement recherché par les forces de sécurité de la république. Cela a été rapporté par le commandement opérationnel de la RPD.

« Aujourd'hui, à 06 h 12, suite à un attentat terroriste, le commandant du bataillon Somali, le colonel Mikhail Tolstykh, plus connu sous le surnom de Givi, a été tué. Ceci est la poursuite de la guerre terroriste menée par la junte de Kiev contre le Donbass », a déclaré le commandement de la RPD.

Le commandant Givi avait participé à la guerre dès les premiers jours, et avait participé à la bataille d'Ilovaïsk, sa ville de naissance. Il avait aussi participé à la bataille de Slavyansk, et à celle de l'aéroport de Donetsk. Il était devenu mondialement célèbre après la publication en octobre 2014 d'une vidéo le montrant continuer à fumer paisiblement dehors alors que des roquettes de Grad tombaient non loin de sa position, et que des éclats tombaient même à ses pieds, sans susciter plus de réaction de sa part.

La sécurité a été renforcée dans toute la République Populaire de Donetsk, et la population a été encouragée à signaler au MGB ou à la police toute personne ou objet suspect.

Avant l'offensive ukrainienne qui s'annonce, il semble bien que les services de sécurité ukrainiens aient décidé de décapiter les forces armées des deux républiques populaires, espérant ainsi obtenir la victoire.

Christelle Néant

 

Le Maïdan 3.0 et l’offensive ukrainienne contre le Donbass dans les starting blocks - L’Ukraine court vers sa désintégration

 

Alors que les dernières 24 h ont été marquées par « seulement » 607 bombardements de l'armée ukrainienne contre la République Populaire de Donetsk (RPD), les nouvelles qui tombent depuis ce matin n'ont pas de quoi rassurer sur l'évolution future de la situation.

Après l'annonce par l'armée de la RPD de la volonté du commandement ukrainien de lancer un bombardement sous faux drapeau contre Marioupol avec 160 roquettes de Grad, afin d'en faire porter la responsabilité à la RPD et à la Russie (mais après la divulgation de l'information l'opération a été annulée), l'armée ukrainienne continue de se renforcer tout le long de la ligne de front.

 

À Marioupol, d'importants convois militaires ont été vus allant vers l'Est de la ville, comme sur cette vidéo :

Les unités de reconnaissance de la RPD ont aussi détecté le long du front les armes suivantes :

- Près d'Ivanopolye (à 16 km de la ligne de contact) ont été détectés six obusiers automoteurs ;

- Près de Maryinka (à 1 km de la ligne de contact) ont été détectés 13 chars d'assaut ;

- Près de Novomikhailovka (à 5,5 km de la ligne de contact) ont été détectés deux obusiers automoteurs Akatsia de 152 mm ; 

- Près Novokalinovo (à 16 km de la ligne de contact) ont été détectés trois lance-roquettes multiples Grad ;

- Près de Primorskoye (Sartana) (à 7 km de la ligne de contact) ont été détectés deux lance-roquettes multiples Grad ;

- Près d'Ivanovka (à 37 km de la ligne de contact) ont été détectés huit lance-roquettes multiples Grad.

La découverte de l'arrivée de 28 pontons mobiles dans la région de Lougansk contrôlée par l'armée ukrainienne en dit aussi long sur sa volonté d'offensive contre la deuxième république populaire. Il faut se rappeler qu'en République Populaire de Lougansk (RPL), une bonne partie de la ligne de front se trouve sur la rivière Seversky Donets, et que l'armée ukrainienne a besoin de ces pontons pour franchir cet obstacle naturel afin de mener une offensive contre la RPL. Un déploiement qui en dit long sur la volonté de « paix » des autorités ukrainiennes.

Comme annoncé dans un article précédent, la mobilisation générale a aussi commencé en Ukraine, puisqu'à Kramatorsk, les bureaux d'enregistrement et d'enrôlement militaires de la ville et de ses environs ont envoyé des avis d'enrôlement aux hommes en âge d'entrer dans l'armée, y compris les étudiants.

L'évolution de la situation a poussé Vladimir Poutine à s'entretenir par téléphone avec Angela Merkel à propos de l'escalade qui a lieu dans le Donbass, prévenant la chancelière allemande que Kiev a l'intention de saboter les accords de Minsk dont elle est l'un des garants.

« Vladimir Poutine a attiré l'attention d’Angela Merkel sur les données de la Mission spéciale d'observation de l'OSCE ainsi que sur les déclarations des représentants officiels de Kiev qui attestent des tentatives des militaires ukrainiens de changer la situation sur la ligne de contact à leur profit par des moyens militaires. Il y a une volonté claire des autorités de Kiev de perturber la mise en œuvre des Accords de Minsk, ainsi que l’envie d’utiliser le Format Normandie comme une couverture de ses démarches destructrices  », a indiqué le service de presse du Kremlin.

Une mise en garde qui intervient après que le délégué permanent russe auprès de l’OSCE, Alexandre Loukachevitch, ait déclaré que la décision du Groupe de contact à Minsk de retirer les armes et d'instaurer un nouveau cessez-le-feu dans le Donbass aux alentours du 5 février n'avait pas été pu être mise en œuvre à cause des provocations des militaires ukrainiens.

Et la communication officielle de Kiev a beau nier que l'armée ukrainienne soit à l'offensive, il suffit de lire la déclaration du vice-ministre ukrainien de la Défense, Igor Pavlovski, annonçant que « mètre par mètre, pas par pas, saisissant l'occasion, les gars ont héroïquement avancé », pour bien se rendre compte que l'armée ukrainienne ne se défend pas mais attaque bel et bien.

Si on rajoute à tout cela le survol pendant 10 h de la ligne de front du Donbass par un drone de reconnaissance américain, on comprend mieux la raison de l'évaluation surprise imposée à 9 h ce matin aux forces aérospatiales russes sur décision de Vladimir Poutine. Histoire de rappeler que la Russie ne restera pas les bras croisés si l'Ukraine franchit la ligne rouge.

Ces tests de préparation au combat ont porté une « attention particulière à l'alerte au combat, au déploiement de systèmes de défense anti-aériens en temps de guerre et la préparation des groupes aériens à repousser l'agression, » a déclaré Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense.

De son côté, le président américain ne semble pas aussi pressé que sa représentante à l'ONU d'accuser la Russie de ce qui se passe. Ainsi, interrogé par un journaliste de Fox News sur la situation dans le Donbass, Donald Trump a déclaré « nous ne savons pas exactement ce qui se passe là-bas ». Les USA semblent jouer à un drôle de jeu avec l'Ukraine, soufflant le chaud et le froid selon les interlocuteurs et le moment, alors que la Pologne ferme toute possibilité à l'Ukraine d'entrer au sein de l'Union Européenne tant qu'elle vénérera Bandera comme un héros national.

Le problème est que l'Ukraine d'aujourd'hui ne tient plus que grâce à ces mythes nationalistes, qui sont en train de miner la base même du pays. Car comme on pouvait le craindre, les mouvements nationalistes radicaux ukrainiens (pour ne pas dire nazis) sont en train de cristalliser et de rassembler les différents mécontentements populaires et appellent désormais ouvertement à un troisième Maïdan.

Dans ce qui ressemble à un mauvais remake du Maïdan précédent, des représentants des groupuscules radicaux, appellent à des législatives anticipées faut de quoi le 20 février ils lanceront des actions de protestation dans toute l'Ukraine.

« Le gouvernement actuel est le plus dégoûtant de toute l'histoire de l'Ukraine. Si les autorités n'acceptent pas des élections législatives anticipées pour le 20 février, il y aura des actions résolues  », a annoncé un représentant de la droite nationaliste, qui dénie toute légitimité à l'actuelle coalition au sein de la Rada.

Un mouvement qui semble être suivi par la Fédération des syndicats ukrainiens, qui a promis que ses représentants participeraient aux protestations.

Un groupe de radicaux qui se surnomme lui-même « les vétérans du front de l'Est » a appelé à manifester, après que des affrontements aient eu lieu entre des forces de police spéciales dépendant du ministère de l'Intérieur et des membres de groupuscules radicaux organisant le blocus du Donbass.

Profitant de cette gabegie, Vlodomir Parasiouk, député de la Rada et ancien commandant du bataillon Dniepr-1, a exhorté les meneurs du blocus à utiliser leurs armes à feu contre la police, afin de rejouer sans doute le massacre des Berkouts sur la place du Maïdan :

« Si la force est utilisé contre les vétérans de l'OAT, les volontaires, les activistes et que des tentatives de libérer les rails ont lieu, ce sera le début de la fin. La fin de l'empire oligarchique du chocolatier. Cela amènera à une résistance plus intensive qu'en 2013, quand des étudiants ont été brisés par la force. À tous ceux qui participent au blocus  : chers frères, vous avez des armes légalement enregistrées et vous êtes totalement autorisés à les utiliser si votre vie est en danger. Vous avez survécu à l'aéroport de Donetsk, à Ilovaïsk et Debaltsevo. Vous n'avez rien à craindre. Je demande aux unités actives des FAU et aux bataillons de volontaires de soutenir leurs frères autant que faire se peut  », a exhorté Parasiouk sur les réseaux sociaux.

Le pays est désormais au bord de l'éclatement, et les autorités actuelles espèrent sauver leur tête pendant un temps en déclenchant une offensive qui occupera la population et les bataillons nazis, mais qui signera la mort définitive de l'Ukraine dans la honte de la défaite et le sang de ses soldats.

 

Christelle Néant

Après l’appel de Trump, Poroshenko se prépare à la guerre totale

Le commandant adjoint de la République populaire de Donetsk, Eduard Basurin, a déclaré lors d’un briefing d’urgence à Donetsk la nuit dernière que Poroshenko se prépare à déclencher une guerre à grande échelle et à rejeter les Accords de Minsk.

Basurin a annoncé : « Suite à la conversation entre Poroshenko et Trump, dans un avenir proche l’Ukraine cessera de recevoir un soutien financier et militaire pour son opération terroriste dans le Donbass. Dans ce contexte, le président ukrainien est tombé dans un profond désespoir et s’apprête à s’engager dans l’action la plus téméraire qui est de déclencher une guerre sanglante, à grande échelle en Europe de l’Est“.

« Ceci est nécessaire pour attribuer la responsabilité de leurs crimes aux Républiques non reconnues et à la Fédération de Russie et d’escroquer à l’Occident de nouveaux fonds afin de développer leurs affaires construites sur le sang du peuple ordinaire ukrainien », a poursuivi Basurin.

« Le commandement militaire et politique de l’Ukraine a refusé de mettre en œuvre l’accord de Minsk sur le retrait de l’artillerie lourde de la ligne de contact. Au contraire, il a réalisé un rassemblement de troupes“.

« Notre intelligence a confirmé l’activité de l’ennemi. En particulier, nous avons enregistré la concentration des forces et des moyens ennemis sur la ligne de front afin de créer un groupe d’attaque.

Deux complexes de missiles tactiques Tochka-U ont été déplacés de Kramatorsk vers le territoire de l’usine de coke d’Avdeevka. Six autres Tochka-U ont été déchargés à la gare de Novobakhmutovka … Deux compagnies de nationalistes dirigées par l’ex-commandant du Secteur Droit, D. Yarosh, sont arrivées dans la zone de la 72e brigade mécanisée séparée. Des unités de la garde nationale de l’Ukraine sont arrivés dans la région de Volnovakha. « 

Le commandant adjoint du DPR a ajouté : « Sous le couvert de la nuit, tout en allumant le front de Crimée pour tenter de dissimuler leurs autres activités, le transfert d’une division d’artillerie antichars de la 57e brigade mécanisée est en cours pour renforcer les brigades mécanisées de l’UAF sur les fronts Donetsk et Mariupol. En outre, a été établi le redéploiement en force de la 92e brigade mécanisée distincte depuis la région de Kharkov jusqu’à la zone de l’opération terroriste de Poroshenko contre la population civile de Donbass. Trois bataillons de la force nationaliste Azov venant d’Urzuf sont arrivés à Mariupol.

Eduard Basurin a conclu : « Cette information nous permet de conclure que le commandement de l’UAF, sur ordre de la direction militaire et politique de l’Ukraine, prépare des opérations de combat offensives sur toute la ligne de contact ainsi que des sabotages contre l’infrastructure civile, imitant les nazis de 1941 ».

« À leur tour, nos troupes sont prêtes à donner, à repousser dignement l’ennemi et à le mettre en déroute comme auparavant les troupes terroristes de Kiev. »

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8218

 

Le Donbass dans l’œil du cyclone – L’accalmie des derniers jours n’est que le calme avant la tempête qui s’annonce

Au vu de la décroissance brutale du nombre de bombardements qui ont frappé la République Populaire de Donetsk (RPD) ces derniers jours (avec « seulement » 524 bombardements entre avant-hier et hier), certains se disaient que Kiev renonçait à poursuivre sa fuite en avant au vu de l’échec de ses tentatives d’attaques de la semaine écoulée. Mais cette vision optimiste des choses n’est pas conforme à la réalité.

Les chiffres des bombardements des dernières 24 h, ne laissent pas de doute sur la future reprise de l’escalade, avec 1 229 bombardements menés par l’armée ukrainienne contre la RPD, soit plus du double des 24 h précédentes. Sans compter les informations qui ont été transmises en urgence hier soir par Edouard Bassourine et qui n’ont pas de quoi rassurer sur ce que l’Ukraine réserve à la république populaire.

En effet, hier à 13 h 35, des snipers de l’armée ukrainienne ont tiré sur les soldats qui assuraient la sécurité des équipes de réparation qui travaillent sur les lignes électriques alimentant la station d’épuration de Donetsk. Suite à ces tirs, un soldat a été tué, les travaux ont dû être interrompus, et les équipes évacuées. Un autre soldat est mort durant les dernières 24 h.

Les soldats ukrainiens ont ensuite tiré de nouveau à l’artillerie lourde sur les zones résidentielles de Donetsk. Vers 16 h 10, les soldats ukrainiens ont tiré plus de 50 obus sur la ville, malgré l’application stricte du cessez-le-feu du côté de l’armée de la RPD.

Vers 17 h hier, c’est Zaïtsevo, qui a ensuite été prise pour cible par l’armée ukrainienne, qui a tiré sur la localité au mortier de 120 mm, y compris sur le centre du village.

Et dès 22 h, c’est toute la partie Sud du front de la RPD qui s’est embrasée, avec des tirs quasi continus jusqu’à ce matin sur les localités de Sakhanka, Kominternovo et Leninskoye, qui ont empêché les autorités de pouvoir se rendre sur place pour évaluer les dégâts et le nombre de victimes éventuelles.

En plus de ces tirs, l’armée ukrainienne renforce ses moyens et ses unités près de la ligne de front. Ainsi, sur le territoire de la cokerie d’Avdeyevka, deux systèmes de missiles Tochka-U ont été déployés, et à Novobakhmoutovka, six de ces systèmes ont été déchargés à la gare ferroviaire. Les dégâts que le tir d’un seul de ces missiles balistiques de deux tonnes pourrait faire sur une des agglomération de la RPD a de quoi donner des cauchemars (la version à sous-munition a un rayon d’action létale de 200m).

Et ce n’est pas le seul armement lourd qui a été amené près de la ligne de front. Trois obusiers automoteurs Gvozdika de 122 mm ont été déployés près d’Alexandropol (à 11 km de la ligne de contact), et deux autres ont été déployés à Krasnogorovka (à 3 km de la ligne de front). L’armée de la RPD a prévenu qu’en cas de nouvelle offensive de l’armée ukrainienne, ces obusiers seront détruits. Des munitions pour lance-roquettes multiples Grad ont aussi été livrées à la 72e brigade, faisant craindre une nouvelle utilisation de ces armes contre les quartiers résidentiels de la RPD.

En plus de l’arrivée de ces armements lourds, deux compagnies de nationalistes menées par Dmitry Yarosh (ancien chef de Secteur Droit) sont arrivées pour renforcer la 72e brigade qui a souffert de lourdes pertes à Avdeyevka. Des unités de la Garde Nationale sont arrivées près de Volnovaha, la 57e brigade d’artillerie antichar a été redéployée en direction de Donetsk et Marioupol, et la 92e brigade a aussi été amenée depuis Kharkov vers la zone de l’OAT. Enfin trois bataillons du régiment Azov sont arrivés à Ourzouf, près de Marioupol.

Deux députés nationalistes Parasiouk et Semenchenko sont même venus dans la zone de responsabilité de la 72e brigade afin de stimuler la combativité des soldats de cette unité décimée.

Ces informations amènent à la conclusion que le commandement des FAU se prépare à lancer une offensive tout le long de la ligne de contact.

L’évolution des événements a poussé Alexandre Zakharchenko à aller inspecter un des points chauds de la ligne de front situé à côté de ce qui fut l’aéroport de Donetsk. Une visite qui fut ponctuée de deux tirs d’obus de mortiers lancées depuis les positions de l’armée ukrainienne.

Ces informations montrent que loin de renoncer, l’Ukraine est bien décidée à poursuivre dans sa logique suicidaire, alors qu’il semble que les autorités ukrainiennes vont bientôt voir la fin du soutien militaire et financier qui leur ont permis de mener leur soi-disant « opération anti-terroriste » dans le Donbass.

De quoi les pousser à commettre des actes désespérés et à lancer une guerre de grande envergure qui pourrait s’étendre au reste de l’Europe. Le but étant de blâmer la Russie et les républiques populaire des crimes et échecs de ces autorités, et d’obtenir de nouveaux fonds de l’Occident pour continuer encore un temps leur business lucratif fait sur le génocide du peuple du Donbass et les morts inutiles des soldats des forces armées ukrainiennes.

Christelle Néant

Source:https://dnipress.com/fr/posts/le-donbass-dans-l-il-du-cyclone-laccalmie-des-derniers-jours-nest-que-le-calme-avant-la-tempete-qui-sannonce/

 

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 4 février 2017

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire de l’année effectué le samedi 4 février 2017 par vidéo conférence :

SITUATION MILITAIRE
01’52 » – Bilan des bombardements et attaques de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée et coup de gueule contre la couverture médiatique occidentale de l’escalade
13’58 » – Création d’un groupe de choc près d’Avdeyevka par l’armée ukrainienne
15’00 » – Armes lourdes déployées sur le front par l’armée ukrainienne
15’33 » – Pertes de l’armée ukrainienne lors des attaques de la semaine
18’30 » – Tirs contre la station d’épuration de Donetsk
20’48 » – L’armée ukrainienne tire sur Donetsk à coup de lance-roquettes multiples Ouragan
24’22 » – Mise en garde de l’armée de la RPD en cas de grande offensive de la part de l’armée ukrainienne
25’57 » – L’armée ukrainienne assassine un chef de la milice populaire de la RPL

SITUATION POLITIQUE / ACCORDS DE MINSK / OSCE
27’14 » – Les autorités de la RPD appellent la communauté internationale à réagir
28’11 » – L’OSCE totalement discréditée

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
32’03 » – Les autorités militaires ukrainiennes s’apprêtent à lancer une mobilisation générale et veulent utiliser les volontaires étrangers comme chair à canon

 

35’35 » – Conclusion et appel à la révolte des peuples européens pour éviter que le conflit du Donbass ne s’étende à tout le continent

Source: https://dnipress.com/fr/posts/rapport-de-situation-hebdomadaire-du-donbass-video-4-fevrier-2017/

 

 

Des soldats ukrainiens se sentent largués dans le Donbass: témoignages

 «On a, à ce qu’il paraît, les accords de Minsk; on nous ordonne pourtant d’attaquer.» Des militaires ukrainiens ne veulent plus risquer leur vie à cause des «projets politiques sournois» de Kiev et révèlent, main sur le cœur, la vérité sur les compétences de leur commandement.

Ces militaires des Forces armées de l’Ukraine sont persuadés que l’une des causes majeures des grandes pertes humaines dans leurs rangs est le résultat d’un manque de professionnalisme de la part de leurs chefs militaires.

Par exemple, les soldats évoquent la tactique du « saut de grenouille », qui prévoit la capture de zones grises qui ne sont contrôlées ni par les milices ni par les combattants. C’est notamment grâce à cette méthode que l’armée ukrainienne aurait regagné la route Donetsk-Gorlovka, ce qui a à son tour entraîné des combats acharnés dans la localité d’Avdeïevka, près de Donetsk.

Andreï, soldat de la 72e brigade des Forces armées de l’Ukraine, raconte que les militaires ne sont pas souvent d’accord avec les choix stratégiques des chefs de guerre, qui selon eux n’évaluent pas la situation de manière adéquate.

« Trop de pertes à cause d’une centaine de mètres de territoire inutile. Certains combattants commencent à « tomber malades » avant l’offensive. Bref, ils trouvent de nombreux prétextes rien que pour ne pas aller sous le feu à cause des plans napoléoniens des responsables », confie-t-il cité par le portail informatique ukrainien Strana.ua.

Youri, un autre soldat de la 72e brigade, déplore quant à lui que parfois des militaires ne comprennent pas le but des opérations dans le contexte des accords de Minsk et des appels internationaux à cesser les hostilités.

« On a, à ce qu’il paraît, les accords de Minsk; on nous ordonne pourtant d’attaquer. Bon ben, d’accord. Dans ce cas, veuillez soutenir l’attaque comme il se doit: avec de l’artillerie, des chars, de l’appui aérien. Au lieu de cela, seule l’infanterie attaque. On la lance comme une unité de partisans et de sabotage qui essuie également des pertes », témoigne-t-il.

Youri souligne également que de telles actions laissent soupçonner qu’au détriment des militaires Kiev mette en œuvre des « projets politiques sournois ».

Le 1er février, le chef de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a annoncé que depuis l’aggravation de la situation dans le Donbass, le nombre des blessés et des victimes dans les rangs de l’armée ukrainienne s’élevait à 200 personnes.

Auparavant, des miliciens et les militaires ukrainiens avaient annoncé une aggravation de la situation dans le Donbass. Les parties en conflit s’accusent mutuellement d’intensifier le pilonnage et de tentative d’effectuer une offensive sur la ligne de front à proximité de Donetsk. Dans la localité d’Avdeïevka, près de Donetsk, les habitants sont privés d’électricité, de chauffage et de lumière.

Selon la mission de l’OSCE, une situation très complexe règne également près de la localité d’Iassinovataïa, située également à proximité de Donetsk.
Le ministère ukrainien de la Défense a déclaré que ses militaires « avançaient héroïquement mètre à mètre, pas à pas ».

Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov estime que cette déclaration confirme de facto le fait que l’armée ukrainienne mène une offensive qui sape le régime des accords de Minsk.

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201702041029938606-donbass-ukraine-soldats/

Le vieux prétexte de la Crimée qui justifierait tout

 

Alors que Kiev se relance depuis quelques semaines dans une offensive au Donbass, l'aveuglement médiatique délibéré en Europe et aux USA se prolonge, se justifiant toujours au moyen de la même vieille et pitoyable recette : « L'annexion » de la Crimée rendrait impossible toute attitude conciliante envers la Russie et, par association primaire, envers la population du Donbass...

Un prétexte à toute épreuve !

Alors que Kiev se relance depuis quelques semaines dans une offensive au Donbass [1], son but est atteint : Les hostilités reprennent massivement. L'aveuglement médiatique délibéré en Europe et aux USA (si ce n'est la transformation des faits) se prolonge, se justifiant toujours au moyen de la même vieille et pitoyable recette : « L'annexion » de la Crimée rendrait impossible toute attitude conciliante envers la Russie et, par association primaire, envers la population du Donbass trop "pro-russe". L'arrivée de Trump semble d'ailleurs ne rien changer de ce côté là de la part des USA, si on en croit la toute récente déclaration de la nouvelle représentante des Etats-Unis à l'ONU [2] alors que Kiev bombarde de plus belle, se plaignant des ripostes. Il reste donc bien au moins un sujet sur lequel la furieuse Union Européenne approuve encore la politique des Etats-Unis dont elle feignait soudainement de s'indigner à coups de grandes pleurnicheries : Passer sous silence les crimes du gouvernement de Kiev et de ses soudards volontaires plus ou moins officiels, c'est toujours bon à prendre. Nous avions déjà constaté que nos « démocrates » finissaient toujours par s'entendre avec ceux qu'ils qualifiaient parfois eux-mêmes de fascistes, pourvu que ce soit pour casser du russe. Dans ce cas il n'y a pas de cas de conscience, pas de conditions inacceptables et autres ! Qu'on ne s'étonne donc pas si les mêmes objections pro-Kiev usées reviennent sur le tapis, périodiquement depuis 2014, et parfois chez des interlocuteurs fraichement débarqués qui croient être originaux et argumenter comme des génies : « C'est la faute de l'annexion de la Crimée ! Vous ne comprenez donc pas ! »

Il faut cependant reconnaître qu'après les quelques mois qui avaient suivi le putsch de Kiev, l'intoxication massive des cerveaux pratiquée par « Euromaïdan France » avait fini par perdre discrètement sa crédibilité, de sorte à ce que la plupart des français préoccupés par le sujet avaient réappris que :

·         La Crimée avait été déjà russe bien avant l'URSS, ainsi que le Donbass

·         La Crimée avait été rattachée administrativement à l'Ukraine par l'URSS sur un caprice de Kroutchev. Il s'agissait donc d'une décision soviétique, n'en déplaise aux « patriotes » du Maïdan. Chose que tout le monde avait auparavant oubliée.

Ceci étant enfin plus ou moins reconnu, les accusations de persécutions envers les « minorités » de la population de Crimée étaient alors restées pendant un moment le principal angle d'attaque. Toutefois, aujourd'hui elles ont pris aussi du plomb dans l'aile [3]. Ne rêvons pas trop pour autant : Le droit à l'autodétermination des peuples n'est plus assez à la mode pour les défenseurs du « monde libre ». Ce n'est donc pas là-dessus que nous nous appuierons car ça leur ferait trop plaisir. Nous aurions droit à une suite de comparaisons rocambolesques et le débat serait sans fin. (Et peu leur importe de savoir ce qui arriverait aux habitants de Crimée si les bataillons Azov, Parvy Sektor et autres faisaient de la presqu'île leur terrain de chasse).

Vient donc le moment d'aborder la théorie de l'embrasement de l'Ukraine suite à la réintégration de la Crimée, rendant ainsi la Russie responsable de la guerre civile ukrainienne. A cette occasion, soyons bons joueurs : Si nous faisons durant dix secondes l'effort de nous mettre à la place de ceux qui comparent fallacieusement la réintégration de la Crimée à des exemples comme l'annexion de la Corse par un pays tiers, nous pourrons observer qu'il y aurait peu de chances que cela provoque une insurrection de la région lyonnaise contre Paris. Chercher l'erreur : Il n'y a pas eu de putsch en France, bien que ce « détail » puisse paraître secondaire à ces spécialistes de la gestion de la paix. Là aussi, si le débat se prolonge, l'interlocuteur risque de se prendre les pieds dans le tapis en avouant le caractère hétérogène de l'Ukraine, pays artificiellement constitué par des territoires arbitrairement rassemblés et dont une partie de la population veut imposer sa vision à tous les autres, tendresse exclue [4].

Il ne reste donc qu'une seule et unique chance pour ceux qui se donnent la peine de chercher des arguments plutôt que d'annoncer les vieilles rengaines périmées : L'aspect juridique de la chose, souvent présenté au moyen de comparaisons très discutables comme le cas de l'Alsace-Lorraine qui pourrait bien se retourner contre les accusateurs, comme nous allons le voir. Car même ceux qui défendent la position de la Russie ont oublié d'insister sur une chose : L'indépendance de la Crimée vis-à-vis de l'Ukraine n'est pas moins juridiquement acceptable que celle de l'Ukraine vis-à-vis de la Russie. Nous allons voir pourquoi.

Qui a vraiment annexé la Crimée ?

Lors de la dislocation de l'URSS, et en partie en réaction face à la résurgence déjà perceptible du mouvement ultranationaliste en Ukraine, la république autonome de Crimée fut rétablie le 12 février 1991, seule, et suite à un référendum. Ce fut seulement six mois plus tard que l'Ukraine devint à son tour indépendante, tout aussi arbitrairement. Peu sont ceux qui savent que la Crimée fut alors momentanément indépendante avant de redevenir ukrainienne par la force. Il semble en effet que l'Ukraine attacha beaucoup moins d'importance à cette indépendance qu'à la sienne, tant applaudie par les occidentaux :

Le 5 mai 1992, la République de Crimée fraîchement indépendante s'était dotée d'une constitution. Conformément à l'article 1, la dite république était un état autonome et l'abolition de cette constitution était possible exclusivement par la décision du Parlement de Crimée. Un nouveau référendum avait été organisé le 27 mars 1994, portant sur trois questions : l'élargissement de l'autonomie de la République de Crimée, la possibilité de la double nationalité pour les habitants de la Crimée (russe et ukrainienne) et l'élargissement des pouvoirs du Président de Crimée. Les trois mesures furent adoptées à la suite d'un « oui » majoritaire pour chacune des trois questions.

Un an plus tard, le 17 mars 1995, dans le but d'une reprise en main, Kiev eut recours à l'intervention d'unités spéciales ukrainiennes envoyées en Crimée, destituant le président Iouri Mechkov et ainsi, si on se conforme au vocabulaire employé aujourd'hui, annexant la Crimée. Inutile de dire qu'à cette époque l'Europe ne voyait pas cet événement comme digne d'intérêt alors que le Russie avait la tête sous l'eau, sa position de faiblesse lui empêchant toute réaction. Surtout si on tient compte de la docilité de celui qui était au pouvoir à l'époque !

Il y a donc encore deux raisons pour lesquelles la prétendue souveraineté légitime de l'Ukraine sur la Crimée est un non-sens auquel la Russie avait jusqu'alors généreusement consenti pour arrondir les angles et éviter les conflits. Premièrement, la reconnaissance de l'indépendance apparaît, comme on le voit, à géométrie variable. Deuxièmement, il est judicieux de se rappeler que la signature du Mémorandum de Budapest, abondamment cité pour rappeler les engagements des signataires à « protéger l'intégrité territoriale de l'Ukraine », date du 5 décembre 1994 alors qu'à ce moment là la Crimée ne faisait plus partie de l'Ukraine et n'avait pas encore été reprise. L'application des principes du Mémorandum de Budapest serait donc à géométrie variable ? Ou ce mémorandum tant loué ne serait-il finalement pas purement et simplement obsolète ?

Allez, messieurs les défenseurs du droit international selon l'OTAN, cherchez encore un peu. Et à force de détours multiples et variées tels que l'argument de non recevabilité des accords signés avec la défunte URSS (comme par exemple celui de la non-extension de l'OTAN à l'Est [4]), vous finirez peut-être un jour par nous démontrer, sans le faire exprès, que l'Ukraine doit être coupée en deux !

Ce serait drôle si en ce moment des gens ne mouraient pas dans le Donbass, avec l'approbation de cette autoproclamée « communauté internationale » pleurant sur le sort des bourreaux, comme à son habitude, en se satisfaisant de ce vieux prétexte de la Crimée pour se donner bonne conscience. Ou tout au moins donner cette impression car conscience il n'y a guère !

 

Liste des renvois :

[1] L'offensive dans le Donbass, violation répétée des accords de Minsk :
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l-escalade-monte-d-un-cran-dans-le-189322
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l-armee-ukrainienne-continue-son-189260
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l-armee-ukrainienne-continue-de-189294
http://www.youtube.com/watch?v=OCeVWCNoosI

[2] Déclaration de la nouvelle représentante des USA à l'ONU :
 (à la grande joie des européistes aussitôt ralliés)
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/02/02/97001-20170202FILWWW00327-onu-les-etats-unis-condamnent-les-actions-agressives-de-la-russie-en-ukraine.php
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/les-etats-unis-condamnent-les-actions-agressives-de-la-russie-en-ukraine-02-02-2017-6650409.php
http://fr.euronews.com/2017/02/03/les-etats-unis-condamnent-la-russie-pour-les-violences-en-ukraine

[3] L'opinion publique en Crimée et la réaction à Kiev :
http://www.youtube.com/watch?v=IdzBfD0kfW4
http://www.youtube.com/watch?v=bnwTKRqvLZk
http://www.youtube.com/watch?v=UkoNjzUg63Q

[4] Le Donbass vu par un journaliste pro-maïdan en 2014, puis par Porochenko lui-même :
http://www.youtube.com/watch?v=fGCNKNFy5Do
http://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8

 

[5] Les grandes promesses de l'OTAN :
http://www.youtube.com/watch?v=ZMHhKVRMxWg .

Lancement d’un missile tactique “Tochka U”