SPECIAL UKRAINE par Christelle NEANT

 

 

 

 

Christelle Néant

Journaliste française travaillant pour l'agence DONi Press à Donetsk, je couvre le conflit du Donbass et la vie des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk sur le terrain.

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Christelle NEANT

Un "fight spirit" ukrainien dans le coma

Samedi 7 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

 

Une armée ukrainienne en pleine décomposition

Lorsque l'armée ukrainienne arrive en 2014 dans le Donbass avec armes et bagages elle révèle un niveau opérationnel lamentable, lié à d'énormes problèmes d'organisation et de discipline, auxquels se rajoute un manque de motivation général des soldats engagés dans une guerre contre une partie de leur propre population. De nombreuses désertions vont être observées dès les premiers combats tandis qu'un manque de combativité et une incompétence du commandement participent activement aux défaites militaires successives que Kiev collectionne alors dans les "chaudrons". 

 

L'engagement des bataillons spéciaux formés à partir de paramilitaires des mouvements radicaux et néo-nazis, et de prisonniers libérés sous contrat d'engagement ne va pas arranger la situation générale. Même si ces bataillons spéciaux (Azov, Donbass, Dniepr, Tornado etc...) sont souvent utilisés comme image de propagande, leurs combattants vont défrayent plus la chronique par des faits divers crapuleux et criminels que par des faits d'armes où leur incompétence militaire est à la hauteur de leur motivations extrémistes... De nombreux officiers et soldats seront arrêtés et des unités seront même dissoutes (comme Tornado par exemple)...

 

Bref, une armée composée d'une minorité d'extrémistes motivés mais ne sachant pas se battre, et d'une majorité de soldats, certes entraînés et même expérimentés, mais ne voulant pas se battre...

 

Profitant de l'accalmie provoquée par les accords de Minsk, Kiev depuis 2 ans tente de réorganiser son armée et d'élever son niveau opérationnel qui avait été abandonnés depuis l'indépendance de l'Ukraine. Modernisation du matériel, formation aux nouvelles procédures de combat de la guerre moderne, Instruction de l'encadrement etc...  Le tout inscrit dans une volonté politique d'intégrer l'OTAN à moyen terme et dont les normes sont déjà définies comme modèles à suivre tandis que des exercices interalliés de l'Alliance avec l'Ukraine se multiplient chaque année. 

 

Sur le terrain, les bataillons spéciaux disséminés sur toute la ligne de front sont intégrés au commandement des brigades en charge de leurs secteurs mais restent souvent des "électrons libres" indisciplinés et responsables de forfaits et de crimes réguliers tant au sein de l'armée qu’à l'encontre de la population civile occupée. Quant au reste de l'armée ukrainienne, si son image s'est nettement améliorée en 2 ans (tenues équipements etc...) les dernières opérations offensives qu'elle a mené en 2016 (dans les secteurs de Shirokino et Debalsevo notamment) montre que son niveau opérationnel reste très faible et son niveau moral des plus bas...

 

Dans son rapport de fin d'année, le major Général Muzhenko, chef d'Etat-Major de l'armée ukrainienne déclaré que les pertes hors combat subies par l'armée déployée dans le Donbass étaient plus importantes que les pertes au combat (256 contre 211) Et ces chiffres sont encore à revoir à la hausse car, comme dans toutes les guerres en cours, depuis le début de l'Opération Spéciale lancée contre le Donbass en avril 2014, les pertes militaires subies (et des 2 côtés du front) sont systématiquement minimisées par le commandement politico-militaire à des fins de propagande logique. 

 

 

 

L'alcool entre tradition communautaire et suicide collectif

Un cocktail ukrainien quotidien d’imbécillité, drogues, médicaments, et alcool se révèle depuis le début de la guerre un des problèmes majeurs que le commandement ukrainien n'arrive pas à résoudre. 
Pour la première semaine de 2017 par exemple 18 soldats ont été tuées et 11 ont été hospitalisés à la suite de différents blessures et empoisonnement grave (alcool frelaté) , auxquels il faut rajouter 11 déserteurs (4 de la 54ème, 2 de la 93ème, 3 du 24ème, 2 de la 14ème) dont 8 qui sont partis avec leurs armes. Il faut rajouter à ce bilan pathétique de la semaine du réveillon 12 accidents de la circulation impliquant des soldats en état d'ébriété dont un qui a provoqué le décès d'une femme civile. 

 

Dire que l'alcool est un problème réservé à la seule armée ukrainienne serait un mensonge grossier, car il existe également du côté des unités républicaines, mais dans des proportions moindres, un contexte moral complètement différent, et surtout un encadrement qui vis à vis de ce problème qui est intransigeant et particulièrement sévère.

 

Dans le Donbass, 3 facteurs sont cependant primordiaux pour empêcher de fusionner les problèmes liés à l'alcool existant de chaque côté de la ligne de front et de mettre sur le même niveau de gravité leurs motivations et surtout leurs conséquences :

·                               Les soldats de Donetsk et Lugansk se battent pour leur liberté pour leur droit à vivre leur identité dans le respect de la culture et de des traditions héritées, tandis que les soldats ukrainiens se battent pour une propagande nihiliste et dont tous savent que les fondements comme l'invasion russe sont mensongers;

·                               Les soldats de Donetsk et Lugansk sont tous des volontaires combattant à la lisière de leurs villes et dans les forêts de leur enfance, tandis que la majorité des soldats ukrainiens sont des conscrits et des mobilisés déployés à plusieurs centaines de kilomètres de leurs foyers;

·                               Les soldats de Donetsk et Lugansk retrouvent leurs compagnes, leurs enfants et leurs parents à la moindre occasion, lors des permissions et même simples quartiers libres tandis que les soldats ukrainiens sont isolés et éloignés de leurs familles dont ils savent les difficultés économiques de plus en plus importantes.

Même si l'alcool est un dénominateur commun les proportions, les comportements et leurs conséquences sont très différents selon que l'on soit du côté ukrainien ou républicain, et sans tomber dans une caricature simpliste et généraliste le problème de l'alcool observé dans le Donbass est aussi lié à une convergence de plusieurs paramètres :

·                               C'est un pays slave où (comme les scandinaves), l'alcool fort est une tradition.

·                               C'est un pays de mines, au travail difficile avec une classe ouvrière plus vulnérable.

·                               C'est un pays en guerre, drame où l'alcool est un exutoire à la peur ou à la tristesse

·                               Sur le front l'éloignement, la camaraderie, le désœuvrement incitent à l'alcoolisme

·                               etc...

Prendre en considération cette réalité est déjà une garantie de mieux prévenir le problème et surtout d'en éviter les conséquences. Lorsque la professionnalisation de la milice est intervenue en 2015, ce problème a fortement diminué du côté républicain, par une stabilisation du front et une diminution des massacres ukrainiens, un encadrement rigoureux et une discipline stricte, et enfin la mise en oeuvre d'un programme d'instruction et d'entrainement militaires denses, améliorant les capacités morales et techniques des combattants et diminuant drastiquement le moments de désœuvrement.

Du côté ukrainien en revanche, les beaux uniformes ou les Hummers flambants neufs offerts par l'oncle Sam ne suffiront pas, et de beaucoup, à compenser le manque de motivation de la grande majorité des soldats déployés dans le Donbass et qui depuis plus de 2 ans (au moment du "chaudron" de Debalsevo) vivent un désarroi grandissant devenu aujourd'hui un traumatisme profond, qui touche également une société civile plongée dans une crise économique grave et qui désespère de voir chaque jours des cercueils revenir d'un front immobile...

 

 

Des défaites maquillées en victoires pour éviter le désert...

 

 

Soldat ukrainien tué le 18 décembre dans les combats de Svitlodarsk

 

Le commandement ukrainien sait très bien qu'aucune armée dans l'Histoire n'a pu rester loin de ses foyers, plantée sur une ligne de front statique, sans subir rapidement une désagrégation physique, morale, et sociale importante.

 

Cette situation, pourtant provoquée par Kiev se répète et se retourne aujourd'hui contre elle, car en dehors de l'érosion politico-économique du pouvoir que provoque la guerre dans le Donbass, cette "Opération Spéciale Antiterroriste" se transforme petit à petit en "Désert des tartares" où l'armée ukrainienne, si elle reste immobile va voir dans une décadence sans combats, ses tranchées devenir les tombes de ses soldats... 

 

Dans son roman l'italien Buzatti évoque parfaitement cette situation psychologique qui peut être pire que celle d'une défaite, cette "déception de la guerre manquée que personne n’eut jamais eu le courage d’avouer." 

 

Devant un ennemi russe qui n'existe que dans l'imagination d'une propagande désireuse de motiver sa population, l'armée ukrainienne, comme la garnison de fort Bastiani perdue dans le désert des tartares, lutte aujourd'hui elle aussi contre la fuite du temps, cette maladie mortelle qui ronge sa capacité et surtout sa volonté de combat. Le Commandement ukrainien, tout en exécutant le sabotage des accords de Minsk ordonné par le pouvoir de Kiev, en organisant des attaques de plus en plus fréquentes, cherche certainement autant à provoquer les forces républicaines qu'à réveiller le "fight spirit" de son armée comateuse qui depuis 2 ans est enlisée dans des tranchées tantôt boueuses tantôt gelées.

 

 

Ainsi, depuis juin 2016, l'armée ukrainienne s'est lancée à la conquête de la zone grise, cette bande normalement neutre qui est située entre les 2 lignes de front, engageant des actions limitées à la fois dans la durée, l'espace que les moyens mis en oeuvres et qui ne dépassent pas ceux qui sont à la portée d'un bataillon d'infanterie et de ses appuis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les quelques centaines de mètres de terrain que l'armée ukrainienne a réussi à "grignoter" ici et là au cours de ces attaques localisées ont eu un prix d'autant plus démesuré qu'il ne fait pas évoluer la ligne de front (on évoque par exemple une centaine de tués à Svitlodarsk entre le 18 et le 20 décembre 2016).  
Outre le fait que ces pressions ukrainiennes occupant la zone grise provoquent les forces républicaines et créent de nouvelles zones de contact au cessez le feu ingérable, elles ont aussi pour objectif de tenter de réveiller les unités de Kiev de leur léthargie qui elle aussi est mortelle.... 

 

Aussi vit-on une propagande de Kiev claironner à chaque fois une victoire héroïque sur des "unités russes" nombreuses et agressives (sinon comment justifier les pertes importantes ?) Mais le problème est que cette propagande simpliste et mensongère, si elle est efficace pendant un temps très court et à l'arrière du front, est en revanche complètement inefficace au sein des unités engagées et qui connaissent la réalité de ces opérations suicidaires, comme le montre d'ailleurs la vague de désertions observée sur le front de Svitlodarsk aux lendemains des combats. 

 

La seule solution pour que l'armée de Kiev ne sombre pas dans un coma irréversible serait qu'elle obtienne une vraie victoire sur le terrain (capture d'une ville ou d'un carrefour stratégique) et puisse surtout ensuite s'y maintenir pour capitaliser son avancée sur le plan militaire et politique. 

 

C'est certainement le rêve des chefs des états-majors politiques et militaires de Kiev qui, penchés sur leurs bilans ou leur cartes, élaborent un conquête militaire du Donbass...  mais ils savent également que, pour l'Ukraine qui est déjà mal en point, c'est un pari risqué, un quitte ou double perdant  qui risque de voir s'effondrer la colonne du Maïdan, car les 60 000 hommes de leur armée ne sont finalement qu'un vieux fusil à 1 coup et dont la poudre est mouillée par les larmes et la vodka...

 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

Extrait du "Désert des tartares" de Buzatti :

 

 

"Effectivement s’avançait contre Giovanni Drogo l’ultime ennemi. Non point des hommes semblables à lui, tourmentés comme lui par des déserts et des douleurs, des hommes d’une chair qu’on pouvait blesser, avec des visages que l’on pouvait regarder, mais un être tout puissant et méchant ; il n’était pas question de combattre sur le sommet des remparts, au milieu des coups de canon et des cris exaltants, sous un ciel printanier tout bleu, il n’y avait pas d’amis à coté de vous dont la vue vous redonne du courage, il n’y avait pas non plus l’acre odeur de la poudre, ni de fusillades, ni de promesses de gloire. Tout va se passer dans la chambre d’une auberge inconnue, à la lueur d’une chandelle, dans la solitude la plus totale. On ne combat pas pour repartir couronné de fleurs, par un matin de soleil, au milieu des sourires des jeunes femmes. Il n’y a personne qui regarde, personne ne vous dira bravo. Oh, c’est une bataille bien plus dure que celle qu’il souhaitait jadis."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soldat ukrainien qui s'est rendu aux forces républicaines

 

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Des manifestations anti-Maïdan à la guerre du Donbass - Parcours d’un mannequin devenu journaliste de guerre, et futur de sa patrie


Samedi 7 janvier 2017

 

Plusieurs personnes m'ont demandé qui est Katya, car je travaille souvent avec elle, et la mentionne fréquemment, lors de mes reportages et dans mes articles. J'ai donc décidé il y a deux mois de faire son interview, que je publie aujourd'hui. Je vous laisse découvrir son histoire, comment sa vie personnelle a été chamboulée par les événements du Maïdan, et comment elle voit le futur de sa patrie.

Bonjour Katya, peux-tu te présenter  ?
Bonjour, je m'appelle Katya Katina, je suis une citoyenne de la RPD (République Populaire de Donetsk), et je travaille désormais comme reporter, comme journaliste, pour News Front. C'est une agence d'information russe, et je travaille pour eux depuis plus de deux ans, depuis le tout début des actions militaires ici dans le Donbass.

Quel était ton travail avant la guerre  ?
Eh bien, avant la guerre j'avais une profession très pacifique et créative. Je travaillais comme mannequin. J'ai joué dans de petites vidéos musicales et même des films, mais rien en lien avec la guerre ou des actions militaires, rien du tout.

Comment peut-on passer de mannequin à journaliste de guerre  ? C'est un sacré changement de carrière professionnelle. Qu'est-ce qui t'a motivée à faire un tel changement  ?
Je considère que je n'avais pas d'autre choix, car la guerre, ce conflit militaire, est arrivé dans ma patrie, et bien sûr je ne pouvais pas rester en arrière et me cacher. Parce que c'est ma patrie, c'est ma ville natale. Je l'aime beaucoup et lorsque j'ai vu ces événements qui ont débuté sur le Maïdan, c'était en novembre 2013, je me souviens que j'ai eu le sentiment que ce désastre - je pensais que c'était un désastre - allait d'une façon ou d'une autre influencer ma vie. Et lorsque toutes ces actions ont commencé, ces manifestations contre les nazis, contre Bandera et tout çà, bien sûr j'y ai participé, à toutes ces actions, tous ces événements. Donc j'ai d'abord été une activiste, sur les barricades, dans toutes les réunions, je participais à tout. Et lorsque les bombardements ont commencé, j'ai décidé de changer de métier et de devenir journaliste. Et ça s'est fait accidentellement en fait. J'ai croisé un ami près de ce bâtiment administratif et il m'a demandé « Kate, peut-être que ça serait intéressant pour toi de devenir journaliste, parce qu'il nous en faut un  ». J'ai pensé « D'accord, peut-être, pourquoi pas », et en fait à partir du 1er juin 2014 je suis devenue journaliste. D'abord j'ai été pigiste, puis une correspondante et journaliste normale, et maintenant je suis aussi la directrice du bureau de News Front ici en RPD.

Tu as déclaré que tu avais participé aux manifestations qui ont eu lieu ici en 2014. Tu étais donc une activiste. Pourquoi as-tu participé à ces manifestations, aux barricades, et à l'occupation de ce bâtiment administratif, qui a été pris début avril 2014 ? Est-ce que tu étais une sorte d'agent du Kremlin payé par Poutine  ?
[Rire de Katya] Et bien, malheureusement non. Je ne suis pas un agent du Kremlin. Peut-être que certains pensent cela mais non. C'est juste que depuis mon enfance je n'étais pas indifférente. J'ai été élevée avec les idéaux de la Grande Guerre Patriotique. Mes deux grand-pères ont participé à cette guerre, ils étaient des héros, ils ont été décorés. Et j'ai été élevée dans cet amour de la patrie, ce sentiment patriotique. Et lorsque nous avons vu cette folie du Maïdan, tous ces bâtards masqués qui disaient que les Russes devaient être tués, que nous ne pouvions pas parler russe, et que nous devrions embrasser le cul de Bandera, etc, je me suis rebellée et j'ai pensé «  Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? ». Pourquoi est-ce que nous, les Russes qui vivent ici, parce que la partie Est de l'Ukraine a toujours été russe tu sais, ça faisait partie de l'empire russe avant la Révolution… Et j'ai considéré que c'était impossible pour nous, et des millions de personnes pensaient de la même manière. Tu sais il y a eu des manifestation à Kharkov, à Odessa, dans tous les coins de la Nouvelle Russie historique. Mais ici, dans le Donbass, à Donetsk et Lougansk, ces manifestations étaient vraiment énormes. Tout le monde manifestait, et nous avons décidé de commencer à nous battre pour nos droits. Tu sais ce que nous voulions au départ ? Nous voulions la fédéralisation du pays. Que chaque région ait son propre chef, son propre, budget, pour que ce soit équitable. Parce que ça a toujours été comme çà : le Donbass nourrissait presque toute l'Ukraine. Parce que c'est une région industrielle, il y a des usines, et des fabriques. Et je pense que 80 % du budget ukrainien était fourni par le Donbass.

Donc c'est le contraire de ce que la propagande ukrainienne raconte en disant que les gens du Donbass sont juste des fainéants, qu'ils coûtent de l'argent etc…
Comment pourrions-nous être des fainéants ? De nouveau, si nous prenons ce Maïdan, ils sautaient sur la place du Maïdan, à ne rien faire, pendant que nos mineurs travaillaient, que nos usines tournaient, tout le monde travaillait. Parce que les gens de chez nous n'ont pas participé au Maïdan et tout çà. On travaillait c'est tout. Mais quand nous avons vu cette alerte, que Secteur Droit, qui venait juste d'apparaître, pouvait venir ici et imposer ses règles, bien sûr nous ne pouvions pas nous cacher, nous ne pouvions rester indifférents. Nous devions nous battre pour nos droits, pour notre liberté. C'est pour cela que je suis devenue une activiste et plus tard une journaliste.

Combien de personnes ces manifestations rassemblaient-elles ici à Donetsk en mars et début avril, avant l'occupation de ces bâtiments administratifs  ?
Eh bien, des milliers de personnes. Je me souviens au tout début de ce mouvement de manifestations, lorsqu'il y avait juste quelques dizaines de personnes, peut-être une centaine, puis des milliers. Et peut-être nos lecteurs, notre public, a vu ces vidéos sur internet, où nous marchions avec des drapeaux, lors de manifestations pacifiques, et il y avait des milliers de personnes. Je ne sais pas combien, mais je pense que toute l'avenue centrale était pleine de monde [note : lorsque cette avenue est remplie cela veut dire habituellement au moins 30 000 à 50 000 personnes].

Quand la guerre est-elle arrivée ici à Donetsk en 2014 ? 
C'est arrivé plus tard à Donetsk. En avril, les premières actions militaires ont débuté à Slaviansk, et je pense que c'était à la fin du mois de mai que les premières attaques d'avions ukrainiens, les premiers combats à l'aéroport ont eu lieu. Donc le 20 mai 2014. Puis il y a eu de nouveau quelques bombardements sur la périphérie, de nouveau l'aéroport était le point le plus chaud à ce moment là, et à partir de juillet c'est devenu plus sérieux, en juillet l'armée ukrainienne a commencé à bombarder la ville même. Le district de Kievskyi, de Kouibyshevsky, de Troudovskyi, Petrovka, tous ces endroits ont été bombardés. Donc la guerre est arrivée à Donetsk en juillet 2014.

Donc quand tu as commencé comme journaliste, c'était vraiment des hostilités de grande envergure. Est-ce que tu allais sur le front à cette époque ou est-ce que tu travaillais plus en arrière  ?
Je me souviens que nous étions très près de l'aéroport en juillet 2014. C'était comme un point chaud mais pas trop chaud. Et bien sûr au tout départ nous n'avions pas de casques, ni de gilets [pare balles], rien du tout. On était juste là comme des touristes marchant avec des caméras. Sans aucun équipement de sécurité, sans rien. Puis, je me souviens, j'ai travaillé sur des zones bombardées et parfois nous venions sur place et les bombardements continuaient. Donc des moments assez dangereux. Et puis, je pense à partir de l'automne 2014, j'ai commencé à aller sur la ligne de front, lorsqu'une stratégie de coopération, de bonne coopération entre les combattants, les journalistes et le ministère de la Défense de la RPD a été mise en place et fonctionnait bien. Alors j'ai commencé à y aller. Parce qu'au tout départ, en juillet, plusieurs journalistes sont morts à cause de ce manque de coordination. Ils allaient quelque part, sans savoir exactement où ils allaient. Et plusieurs d'entre eux ont été capturés par les Ukrainiens [comme Graham Philipps], et plusieurs ont été tués, comme Sténine. Parce qu'ils allaient n'importe où sans savoir exactement où. Je me souviens de cette époque et c'était vraiment dur. Pas d'équipement de sécurité, pas de voiture, tu pouvais te rendre sur place en bus... En fait c'était quelque chose d'assez intéressant. Tu pouvais aller en bus sur la zone qui avait été bombardée. Donc, malgré les bombardements, les transports publics fonctionnaient. Tu pouvais facilement prendre un bus et aller à Troudovskyi. Maryinka est tout près, tu pouvais marcher jusque là-bas. Je me souviens de ces moments.

Et tu n'avais pas trop peur de travailler dans de telles conditions  ?
Pour moi c'était comme une sorte d'aventure au tout départ. Peut-être que je n'arrivais pas à croire que c'était réel. Personne ne peut croire que la guerre peut venir ici, dans un pays pacifique. Rien. Pas de menaces. Pas d'alertes avant. Et pour moi j'avais un tel pic d'adrénaline que peut-être je n'ai pas correctement évalué le danger à ce moment là. Et j'ai travaillé sur ce courage et cette adrénaline. Et ensuite, quelque jours, parfois quelques semaines après, je réalisais «  J'aurai pu facilement mourir lors de ce bombardement  ». Mais c'était après. Sur le moment tu n'y penses pas. Tu es juste là et tu te dis « Je crois en mon ange gardien, qui me protège, et tout ira bien. Je dois travailler, je dois partager cette information, partager la vérité avec les gens ».

Donc, lorsque tu faisais partie de ces manifestants, de ces activistes qui ont pris les bâtiments administratifs, tu ne pensais pas que Kiev attaquerait militairement la ville  ?
Je ne pouvais pas l'imaginer. Nous pensions qu'il y aurait une sorte de processus de négociation. Pour donner plus de liberté aux régions, pour faire un référendum, pour fédéraliser le pays. Mais ces assassins, je ne peux pas les appeler autrement, ce sont des assassins, des meurtriers, et ces personnes, ce gouvernement de Kiev, ce « président » de Kiev, etc, ils ont juste décidé de tuer les gens qui ne partageaient pas la même opinion qu'eux. C'était leur raison, leur motivation. Bien sûr pour nous c'était quelque chose d'incroyable. Quelque chose d'impossible. Comment est-il possible de ne pas écouter l'opinion d'une personne et juste d'essayer de la tuer ? Comment est-ce possible ? De tuer son propre peuple.

Maintenant, en tant que citoyenne de la RPD, et en tant que journaliste, tu as des contacts avec beaucoup de gens, combien de pourcents penses-tu souhaiteraient revenir en Ukraine ?
Revenir en Ukraine ? Je pense que très peu de personnes peuvent vouloir cela. Et ces personnes n'étaient pas là pendant ces actions militaire. Ils étaient quelque part en Ukraine, pour mettre leurs fesses à l'abri, ou peut-être en Russie. Et maintenant ils reviennent, disent que tout est de la merde, que tout va mal, et qu'ils veulent revenir en Ukraine. Mais de telles personnes sont ultra minoritaires je pense. Je pense qu'ils sont moins d'un pourcent. Parce que tous ceux qui ont été là lors de ces actions militaires de 2014, 2015, bien sûr qu'ils ne peuvent pas revenir en Ukraine. C'est impossible de revenir vers un peuple qui tue ta famille, détruit ta maison, gâche ta carrière, ta vie, tout. C'est impossible. Parce qu'aujourd'hui l'Ukraine est cinglée. C'est un état terroriste, qui tue le peuple. Comment pourrions-nous vivre… Si on compare ça à une famille, comment peux-tu vivre comme une famille avec un tel cinglé ? Parce que le cinglé, même s'il te sourit par devant, te plantera un couteau dans le dos un jour.

Parce qu'une partie de la propagande occidentale dit que les gens ici sont retenus en otages par les gouvernement terroristes de la RPD et de la RPL. Cela montre que c'est juste n'importe quoi.
Je pense que c'est une catastrophe de penser çà. Comment peut-on appeler les gens ici des terroristes ? Nous ne commettons aucun acte terroriste. Rien de tel. Pas d'enlèvement, de bombes, rien. Comment peut-on nous appeler des terroristes ? Vraiment, je ne comprends pas.

Pour le moment, les accords de Minsk sont plus ou moins « en vigueur » mais nous avons assisté récemment à une escalade de la situation, avec une augmentation des bombardements, des victimes, l'assassinat du commandant Motorola. Comment penses-tu que la situation va évoluer dans les prochaines semaines ou mois  ?
Et bien, je pense qu'il y aura une escalade. Parce que tous les signes sont là. Les bombardements même le matin, tôt le soir, et nous pouvons entendre l'utilisation de très gros calibres par la partie ukrainienne.

Même hier soir, (29 octobre) ils n'ont pas attendu la nuit tombée…
Ma maison tremblait. Et je vois bien que l'armée ukrainienne et tous ces mercenaires deviennent de plus en plus impudents. Ils agissent comme tel : « on peut faire tout ce qu'on veut, et vous suivrez vos accords de Minsk et vous ne répondrez pas  ». Et à cause de cela, ils deviennent de plus en plus agressifs. Et bien sûr il faut prendre en compte les élections américaines aussi. Et je pense que cela peut influencer d'une certaine manière l'escalade potentielle. De nouveau, ce régime de cessez-le-feu ne peut pas durer éternellement. Parce que ce n'est pas la paix, ce n'est pas la guerre, c'est quelque chose entre les deux. Et cette « paix » fragile, ce cessez-le-feu, peut tomber d'une minute à l'autre. Ça ne peut pas durer éternellement. Je pense que nous devons toujours être prêts pour la guerre. Comme disaient les Latins « Si vis pacem para bellum » [Si tu veux la paix, prépare la guerre], donc nous devons être prêts pour la guerre. Et je pense que c'est seulement par la guerre que nous pouvons libérer le reste du Donbass.

Ce qui est vraiment dommage car les accords de Minsk proposaient une solution politique… 
Mais tu sais, Porochenko, son entourage, ils ne mettront jamais en œuvre ces accords. Comment pourraient-ils donner sa liberté au Donbass ? Comment pourraient-ils accorder l’amnistie ? Mais de nouveau, l'amnistie... Pourquoi devraient-ils nous accorder l'amnistie ? Ce sont EUX les criminels. EUX qui tuent le peuple. Des milliers de personnes sont mortes à cause d'eux. Pour moi c'est vraiment une situation surréaliste.

Certaines personnes dans les pays occidentaux disent que les personnes qui sont mortes, y compris celles qui sont mortes jeudi soir à Makeyevka, ont été tuées par l'armée russe. Est-ce que l'armée russe est ici  ?
Tu sais, je vis ici depuis très longtemps et je n'ai jamais vu l'armée russe. Peut-être qu'ils sont transparents, je ne sais pas. Ils sont invisibles.

Comment penses-tu que cela se terminera sur le long terme  ? Penses-tu qu'un état de Nouvelle Russie verra le jour  ? Ou est-ce que la RPD et la RPL intégreront la fédération de Russie  ?
Je pense qu'il y a différentes possibilités. Bien sûr ce conflit va durer pendant longtemps. Ce n'est pas un conflit d'un, deux ou trois ans. Cela va durer longtemps. Parce qu'il faut du temps, bien sûr, c'est clair. Et je pense que ça sera la Nouvelle Russie, un jour ça sera la Nouvelle Russie. Peut-être comme la Tchétchénie, comme faisant partie de la fédération de Russie. Mais bien sûr ce ne sera plus l'Ukraine. Et pour parler franchement, je pense que comme dans l'hymne ukrainien, l'Ukraine mourra bientôt. Peux-tu imaginer un pays dont l'hymne commence par « L'Ukraine n'est pas encore morte » ? Donc je suis sûre que cela aura lieu. Ça aura lieu car tous ces processus sont déjà en cours. C'était corrompu de l'intérieur d'une certaine façon.

Le problème de l'Ukraine, c'est qu'il s'agit d'un état artificiel, créé par l'URSS, et s'ils veulent pousser la décommunisation jusqu'au bout, ils devraient dissoudre le pays. Car le pays a été créé de toutes pièces par l'URSS, par les communistes. Donc c'est une création artificielle, qui finira comme toute les créations artificielles  : elle disparaîtra.
C'est une nation totalement artificielle, avec une histoire fictive etc. On a lavé le cerveau du peuple russe et maintenant ils sautent sur la place Maïdan. Je n'ai pas de mots…

Qu'est-ce que tu voudrais dire à nos lecteurs occidentaux  ? Aux personnes d'Europe, de Grande-Bretagne, d'Amérique, qui vont voir cette interview  ? Qu'est-ce que tu voudrais leur dire à propos de la situation ici, et quelle recommandation tu voudrais leur donner  ?
Tout d'abord je voudrais dire ceci : S'il-vous-plaît, utilisez votre propre cerveau. Ne croyez pas ce que la télévision et les médias de masse essayent de vous raconter. Ne les croyez pas. Essayez d'utiliser votre propre logique. Essayez de penser par vous-même. Parce que lorsque vous pensez, vous pouvez comprendre un tas de choses. Juste, n'avalez pas cette merde que les médias de masse essayent de vous faire avaler. Je pense que c'est le message principal. Et une autre chose que j'aimerais souligner c'est que le gouvernement et le peuple sont deux choses différentes. Et je sais qu'il y a beaucoup de gens très bien en Amérique, dans les pays européens, et nous ne pouvons pas dire que nous devrions détruire l'Amérique ou quelque chose du genre… Non. Ce n'est pas bien du tout, parce que le gouvernement n'est pas le peuple. Les peuples ce sont des gens, et nous devrions tous être amis. Il devrait y avoir une grande amitié entre les nations et les peuples. Et seuls les gouvernements essayent de provoquer ces guerres et ces conflits dans leur propre intérêt. Pour l'argent, le pouvoir, etc.

Un discours plein de sagesse. Merci Katya.

Voir la vidéo complète de l'interview (en anglais) :

 

Interview faite par Christelle Néant

Joyeux Noël !

Vendredi 6 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

Ce feu sacré, au coeur de la force du Donbass

 


Cette nuit, les orthodoxes fêtent la naissance du Christ...

Denis Pouchiline animateur de la rébellion de Donetsk et sa fille déposant dans le sanctuaire ancestral le feu sacré de leur foi

Si personnellement je suis retourné aux racines païennes de l'Europe, je n'en reste pas moins sensible et profondément respectueux vis à vis de la Foi, ce dynamisme spirituel et caractère humain universel, qui pousse les hommes à élever leurs consciences et confier à travers les âges aux feux sacrés de leurs traditions, à la fois leurs craintes et leurs espérances.

 

Dans le Donbass que je suis venu soutenir depuis la lointaine Guyane, je côtoie depuis 2 ans un peuple à la fois humble et glorieux qui résiste à l'une des pire ignominies que l'Europe ait connu depuis la fin de le seconde guerre mondiale et qui a fait au minimum 10 à 20 000 morts en 3 ans de guerre insensée menée par un régime ethno-centré et russophobe installé à Kiev par les occidentaux.

 

Après avoir servi dans les rangs de l'armée républicaine pendant une année, j'ai décidé de poser mon sac à dos à quelques centaines de mètres de l'aéroport de Donetsk, dans ce quartier d'Oktyabrsky continuellement bombardé depuis le début de la guerre, et j'avoue que chaque jour y est pour moi une expérience de vie exceptionnelle. 

Par exemple, au début du mois de décembre, alors que je rentrais chez moi, des obus de mortier de 82mm tirés par l'armée ukrainienne sont tombés au bout de la rue, frappant encore au hasard ce quartier pourtant vide d'objectifs militaires (les premières positions sont à 600 mètres). A ce moment précis, tandis que ma tête rentrait instinctivement dans mes épaules courbées, je croisais ma voisine, une babouchka de 81 ans, qui tout en se signant et jetant un œil vers le ciel continua quant à elle son chemin tranquillement en me lançant même un grand sourire...  

 

Si je devais garder une seule image de la foi religieuse qui brûle dans le cœur des gens du Donbass, loin de la foule des icônes dorées capturant la lumière sous les frondaisons lumineuses des églises orthodoxes, ce serait certainement celle de cette vielle femme au corps vulnérable mais dont l'esprit est devenu invincible par des siècles de traditions préservées au sein des familles traversant les tempêtes de l'Histoire...

 

Il m'arrive souvent d'aller respirer cette Foi orthodoxe dans les ruines d'Iversky, ce monastère aux murs stigmatisés devenus silencieux mais où elle restée intacte, et qui incarne plus que jamais cet incipit de "La colline inspirée" ce roman historique que Maurice Barrès entame par « Il est des lieux où souffle l'esprit ». Je me glisse parfois aussi dans le silence des églises, admirant dans leur décoration comme dans leurs rituels la préservation intacte de la dimension magico-religieuse sans laquelle le sacré ne peut transcender et la religion est vide de sens...

 

Le polythéiste que je suis ira probablement demain se coller au mur de cette église qui miraculeusement à survécu aux bombardements quand autour d'elle brûlait le quartier de la gare de Donetsk. J'y écouterai sans les comprendre ces chants polyphoniques millénaires dont la seule mélodie élève ce que nous appelons l'âme au-dessus des souffrances et des craintes de la vie. 

Car je salue du fond du coeur ces femmes et ces hommes du Donbass en ce jour qui leur est sacré, conscient que cette foi qui est ancrée dans leurs coeurs rebelles, leur donne à chaque instant la force et l'espérance qui les conduiront à la victoire.

 

C'est dans cet esprit de communion volontaire et dénuée de toute soumission et curiosité, que je souhaite à tous les orthodoxes qui m'ont accueilli ici dans le Donbass un merveilleux jour de Noël illuminé par des voeux partagés de paix et de justice qu'ils défendent depuis 3 ans bientôt avec honneur et humilité dans les vents violents de l'Histoire.

 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

Joyeux Noël !

 

С Рождеством Христовым!

Publié par Erwan Castel à 1/06/2017 09:37:00 PM 

Libellés : Erwan

Une armée qui attend le feu vert

Vendredi 6 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

 

Kiev, refuse d'abandonner son action offensive vers le Donbass

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré la trêve de Noël les ukrainiens continuent leurs bombardements sur le Donbass (ici un obusier de 122mm D30)

Le deuxième semestre 2016 a vu une escalade progressive des attaques ukrainiennes sur le front du Donbass, dans un total mépris des accords de paix signés à Minsk par Kiev en février 2015, avec des bombardements de plus en plus importants sur l'ensemble de la ligne de front, mais également des attaques ponctuelles réalisées principalement dans les secteurs de Shirokino (Au Sud de la DNR) Yasinovataya (Au Nord de Donetsk) et Svitlodarsk (entre DNR et LNR) lieu des derniers assauts importants lancés contre les positions républicaines.

 

 

 

Un bilan des bombardements subis a été réalisé par les autorités de la République de Donetsk, illustre bien cette escalade des violations du cessez le feu que Kiev a engagé depuis 6 mois :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce premier graphique, à part pour le mois de septembre on observe une progression 
exponentielle des bombardements ukrainiens, qui s'accélère à partir de novembre 2016.

Dans ce 2ème graphique la répartition des armes utilisées lors de ces violations du cessez le feu et dont la plupart sont interdites sur le ligne de front par les accords de Minsk:
en rouge, obusiers de 122 et 152mm; en vert, chars de combat; 
en violet, mortiers de 82 et 122 mm; 
en bleu, véhicules de combat BTR et BMP;
en orange, armes légères d'infanterie.

Malgré le cessez le feu de Minsk, qui est censé être renforcé par la trêve de Noël, les "ukrops" continuent leurs bombardements et reconnaissances offensives qui, bien que diminués depuis 2 semaines, maintiennent une pression dans les secteurs du front où ils ont investi la "zone grise" jusqu'au contact des tranchées républicaines.

 

 

 

Une propagande qui conditionne pour une guerre meurtrière

Le Président ukrainien tentant de remonter le moral des soldats déployés sur le front du Donbass

Du côté des responsables politiques et militaires, les discours politiques et les harangues bellicistes dont les contradictions fréquentes révélant l'incompétence cacophonique du pouvoir restent orientés vers une russophobie de plus en plus virulente et, visiblement en nette augmentation depuis plusieurs semaines, ils préparent le peuple ukrainien à subir de nouvelles saignées dans le Donbass.

 

 

Porochenko, le Président Ukrainien nous ressort à nouveau le mythe de l'invasion russe dans le Donbass, plat vide de tout ingrédient mais obstinément réchauffé depuis bientôt 3 ans par une propagande qui, en détournant le sentiment patriotique contre un ennemi extérieur, cherche à mobiliser l'opinion ukrainienne et a cacher la réalité d'une guerre fratricide insensée. Tout comme  son ministre de la Défense, Porochenko s'est plaint de l'occupation du Donbass par une force russe d'environ 600 chars, 1300 véhicules de combat, 760 véhicules d'artillerie, 300 multiples systèmes de lance-roquettes (vivement que les satellites occidentaux ou les observateurs de l'OSCE soient plus performants et puissent enfin les prendre en photo, lol...)

Poltorak, le Ministre de la Défense a donné fin décembre l'ordre à la défense anti-aérienne ukrainienne d'abattre tout aéronef qui survolerait l'espace aérien ukrainien, ce qui concrètement pose un sérieux problème compte tenu qu'officiellement Kiev continue de considérer la Crimée comme lui appartenant. De toute évidence il s'agit d'une nouvelle provocation lancée contre Moscou autour de sa péninsule, comme cette autre annonce de procéder à de nouveaux exercices de tirs de missiles au large des côtes de Simferopol (début décembre Kiev avait déjà provoqué Moscou en procédant à des tirs près de l'espace aérien de la Crimée)

 

 

Mark Andrusyak Major général  et représentant des forces armées ukrainiennes, lors d'un entretien a annoncé sur une radio ukrainienne une prochaine mobilisation massive d'officiers de réserve (environ 4000) De plus ce représentant des Forces armées ukrainiennes a précisé qu'une rupture de contrat militaire est désormais impossible tant que les opérations militaires dans le Donbass ne sont pas terminées en vertu de la "loi Porochenko" promulguée fin de 2016 et «portant modification de certains actes législatifs de l' Ukraine sur l'amélioration de l'ordre de service militaire». Ce rappel est destiné à prévenir l'hémorragie que provoquera au sein des soldats ukrainiens démoralisés qui sont engagés sur le front l'annonce d'une nouvelle offensive.

Au niveau de l'OTAN, Washington, faisant fi du prochain changement de pouvoir aux Etats Unis (d'ailleurs aura-t-il réellement lieu ?) continue à renforcer son dispositif militaire en Europe comme d'ailleurs ses représailles économiques contre Moscou, en invoquant de plus en plus ouvertement de l'évolution prévisible de la situation en Ukraine, comme par exemple l'ors de l'annonce récente du déploiement d'une nouvelle brigade blindée en Pologne et Allemagne. Selon Peter Cooette, l'attaché de presse du Ministère de la Défense des USA qui en a fait l'annonce cette unité de chars de combat qui appartient à la 4ème Division d'infanterie des Etats Unis est déployée en Europe dans le cadre de la situation en Ukraine.

 

 

 

Sur le front du Donbass

Les unités de chars ukrainiennes sans être encore engagées (à part quelques tirs de position) continuent à être déployées au plus près de la ligne de front, avec leurs appuis artillerie.

La nuit dernière les bombardements erratiques qui secouent à nouveau le front du Donbass ont connu un "pic" important vers 00h00 dans le secteur de Yasinovataya où depuis 2 jours les ukrainiens tentent de prendre le contrôle d'une station de pompage et traitement d'eau potable. Au total ce sont une centaine d'obus de mortiers et d'obusiers qui ont été tirés, au coeur de la trêve, sur la ligne de front républicaine entre Donetsk et Gorlovka (en plus des tirs de véhicules blindés et d'infanterie)

 

En plus de leurs attaques incessantes, les forces ukrainiennes profitent de la "trêve des confiseurs" pour déployer au plus près du front de nouvelles unités d'assaut et d'artillerie, comme par exemple sur le front Nord de Svitlodarsk, déjà très consolidé depuis les combats de décembre 2016, et qui vient d'être renforcé par de nouvelles unité blindées qui sont arrivées par convois ferroviaires à Konstantinovka, ville occupée par les forces ukrainiennes au Nord de Gorlovka.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une situation qui risque de devenir intenable 

 

Cette situation politico-militaire louvoyant entre une fausse paix et une vraie guerre risque de devenir pour Kiev rapidement intenable tant sur le plan politique, économique, moral et même militaire...

 

Le premier round (printemps 2014-2015), malgré une attaque initiale violente menée par Kiev et son occupation militaire de territoires importants du Donbass, a donné cependant l'avantage aux Républiques auto-proclamées de Donetsk et Lugansk qui ont su stopper l'avancée de l'armée ukrainienne en lui infligeant de lourdes pertes, et amorcer un projet politique de territoire ambitieux malgré la guerre qui continue aux portes des cités de Donetsk et Lugansk.

 

Le deuxième round (2015-2016) est plutôt un match nul a vu le front se stabiliser et la situation politique s'enliser notamment avec un processus de paix saboté quotidiennement et qui est aujourd'hui complètement paralysé, à l'exception de quelques rares échanges de prisonniers effectués. Durant cette période, tandis que les forces républicaines se sont professionnalisées, les forces ukrainiennes ont elles aussi réorganisé et restauré leurs capacités opérationnelles, tout en imposant une pression tactique sur l'ensemble des zones clés du front.

 

Au seuil de l'année 2017, un nouveau round, et probablement le dernier, s'amorce donc entre Kiev et les Républiques, avec une escalade militaire qui est accélérée par les changements géopolitiques internationaux (USA, Syrie...), l'effondrement définitif d'une Ukraine de plus en plus abandonnée par ses partenaires politiques européens, sans oublier son impopularité grandissante, qui risque de précipiter le pouvoir ukrainien dans un "quitte ou double" militaire dans le Donbass.

 

Les deux points principaux de rupture (et violations des accords de Minsk) sont les suivants :

·                               Sur le plan politique, la situation des territoires du Donbass occupés par l'armée ukrainienne et que Kiev refuse d'intégrer dans le processus de paix (élections statut spécial et démilitarisation) est, avec les revendications sur les frontières avec la Russie et Debalsevo, une entrave majeure au processus de paix.

·                               Sur le plan militaire, la création par Kiev de "zones de contact", consécutives à des pénétrations offensives de la zone neutre séparant les belligérants, à partir desquelles son armée exerce des attaques permanentes sur les positions républicaines menace des positions stratégiques vitales (comme Yasinovataya ou Debalsevo par exemple)

 

La semaine prochaine, au lendemain de la trêve du Noël orthodoxe l'armée ukrainienne risque donc fort de nous indiquer l'option vers laquelle Kiev a décidé de s'engager. 

 

Mais aujourd'hui, tant les paroles politiques, que les attaques militaires ou le renforcement continu de l'OTAN en Europe, laissent à penser que la stratégie du pire organisée par des va-t’en guerre de la ploutocratie mondialiste contrôlant Washington, Tel-Aviv, Bruxelles et Kiev, est toujours bien à l'ordre du jour, malgré ses dernières déconvenues en Syrie ou à la Maison Blanche. 

 

 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Sur le Front du Donbass les familles restent dans leurs caves sous les bombardements qui n'ont jamais cessé 

 

 

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Témoignage :

Saur-Mogila : le monument sera reconstruit avant mai 2017

Par Hairon 

 

05 janvier 2017

Saur-Mogila, ce mot résonne dans toutes les têtes dans habitants du Donbass, et même au-delà, jusqu'en Russie. Cette colline si stratégique en 1943, lors de la grande guerre patriotique contre l'envahisseur nazi, et de ses supplétifs Ukrainiens, est un symbole fort de la résistance et de l'âme du peuple du Donbass. Ce lieu immortalisé par cette bataille contre les forces de l'axe, a été rejoint en 2014, dans le cœur des habitants, par la lutte acharnée qu'auront menée les milices populaires pendant cet été si meurtrier pour un peuple qui a dit, une fois encore, non à la barbarie et oui à la liberté ! 

https://fr.news.yahoo.com/ukraine-rebelles-hant%C3%A9s-fant%C3%B4mes-1943-120123017.html

 

De 1943... Cette sanglante bataille entre les hordes nazies et les troupes Soviétiques se déroula du 17 juillet au 31 août 1943. Elle coûta la vie à 23 238 officiers et soldats de l'armée rouge. Lors de l'occupation des oblasts de Donetsk et de Lugansk par les troupes nazies, respectivement 279 000 et 45 649 civils ont été tués par la soldatesque de l'axe.

 

 

...à 2014. En 2014, suite à la "révolution colorée", des manifestations et des référendums d'initiative populaire ont eu lieu dans le Donbass pour réclamer une autonomie régionale. Contre la volonté populaire et les bulletins de vote des habitants des oblasts de Donetsk et Lugansk, le régime putschiste de Kiev répond par la violence en y envoyant son armée de soudards, réprimer dans le sang ces voix discordantes.

C'est bizarre, mais tous nos moralistes de pacotilles, nous ne les entendions pas (et nous ne les entendons toujours pas aujourd'hui), pour dénoncer les crimes commis par le régime de Kiev contre des civils, des écoles, des hôpitaux etc...
La bataille de 2014 pour la colline (277,9 mètres de hauteur) de Saur-Mogila entre l'armée ukrainienne et les milices du Donbass libre s'est déroulée du 5 juillet au 26 août. Il n'y a, à ma connaissance aucun bilan officiel des pertes subies, aussi bien des soudards du régime de Kiev, que du côté des milices. Mais sans vouloir exagérer, et au vu des combats et des dégâts liés à ceux-ci, les pertes de chaque camp peuvent aisément se chiffrer en plusieurs centaines de morts et de blessés. 71 ans après leurs illustres aînés, les miliciens par leur courage et leurs sacrifices, ont par 2 fois repris cette hauteur stratégique aux envahisseurs belliqueux sur cette terre riche d'histoire et de traditions de résistances.

Chaque année, les autorités de la République de Donetsk organisent une cérémonie pour honorer la mémoire de ses héros qui sont tombés au champ d'honneur par 2 fois à 71 années d'intervalle.

Ce qui ne tue pas rend plus fort !

Mercredi 4 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

Voici un nouvel article intéressant du site "The Unz review" traduit pour le Saker francophone et dans lequel la crise ukrainienne tient une large part...

Source de l'article, le lien ici : Saker francophone

 

L'année du triomphe de la Russie 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par le Saker – Le 28 décembre 2016 – Source The Saker

 

Exactement comme les cartes européennes placent l’Europe au centre de la planète, la plupart des commentateurs occidentaux considèrent l’année qui vient de s’écouler dans une perspective centrée sur les États-Unis et l’Europe. Ce qui est assez juste. De plus, l’Empire anglosioniste vient de subir deux catastrophes majeures, le Brexit et l’élection de Trump, donc il est vraiment très intéressant de se concentrer sur elles. Pourtant, ce que je veux faire aujourd’hui est de considérer l’année qui se termine depuis une perspective russe. Voici les défis principaux auxquels a été confrontée la Russie en 2016 :

 

·                               Le régime nazi à Kiev.

·                               La guerre civile au Donbass.

·                               Les tentatives ukrainiennes de bloquer la Crimée.

·                               L’hostilité frénétique de l’administration étasunienne.

·                               La politique de confrontation militaire de l’OTAN en Europe.

·                               Le front uni européen contre la Russie.

·                               Les sanctions occidentales, la baisse des investissements et du crédit qui s’en est suivie et les bas prix du pétrole.

·                               L’insatisfaction de la population russe avec la politique économique du gouvernement.

·                               La lutte contre la 5e colonne « libérale » à l’intérieur de la Russie.

·                               L’agression internationale en Syrie.

·                               La diabolisation de la Russie en général et de Vladimir Poutine en particulier.

·                               Les attentats terroristes contre la Russie.

 

Prenons-les un par un et donnons-leur une note :

 

 

L’Ukraine 5/5

 

L’Ukraine occupée par les nazis est en chute libre. En réalité, cela fait déjà un moment qu’elle l’est, mais exactement comme quelqu’un qui saute du 40e étage d’un immeuble passe bien devant le 20e étage, l’Ukraine avait toujours la possibilité de dire « jusqu’ici tout va bien » et passer pour à demi-crédible à celui qui est superficiellement informé. Maintenant, cependant, il devient assez évident que la prétendue « Révolution de la dignité » (c’est ainsi que les néonazis appellent le coup d’État contre Ianoukovitch) est un échec absolu et que « l’Ukraine indépendante » est tout simplement au-delà du sauvetage. La classe dirigeante qui était arrivée au pouvoir se délite aujourd’hui, tout le monde combat tout le monde et il n’y a pas d’autre politique discernable au-delà de l’enrichissement et de la survie personnels. Quant à la « Jeanne d’Arc d’Ukraine » – Nadejda Savchenko –, elle est maintenant dénoncée comme traître et agent du FSB. Forbes publie actuellement un article intitulé Corruption is killing Ukraine’s economy, tandis qu’un ancien avocat ukrainien a diffusé des enregistrements de Porochenko acceptant des pots de vin du FMI. Pour ce qui concerne l’armée ukrainienne, dont Porochenko a annoncé qu’elle était l’une des cinq meilleures au monde, elle a rassemblé seulement assez d’hommes pour envoyer une compagnie de la taille d’une force d’infanterie soutenue par deux pelotons de chars pour attaquer les positions novorusses près de Debaltsevo avant que tous se fassent tuer. La situation de l’armée ukrainienne est si mauvaise qu’elle est maintenant obligée d’utiliser des voitures privées pour rejoindre les lignes de front et évacuer les blessés. Oui, l’armée ukrainienne est immense sur le papier, mais en réalité c’est une force qui a du mal à survivre même avant d’aller à la bataille. Enfin, l’ensemble de l’élite dirigeante nazie a mis tout son poids politique derrière Hillary en déversant mépris et vitriol contre Trump. Dire qu’ils sont maintenant écrasés serait un euphémisme. D’où le vent de panique totale qui submerge actuellement Kiev.

 

 

Le Donbass 3/5

 

La politique russe au Donbass (non-occupation combinée à un soutien patent et secret) a été clairement la bonne : les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk se renforcent tandis que l’Ukraine occupée par les nazis est en train de s’effondrer, vide supra [voir ci-dessus], comme on dit.  Il y a eu cependant des échecs évidents, et les deux principaux sont l’incapacité des Russes à arrêter les bombardements et les attaques continuels des nazis contre les civils et à instaurer la sécurité dans les deux républiques. Si le premier échec peut être excusé (il n’y a pas de recette magique pour faire que cela se produise), le second est inexcusable vu l’assassinat de plusieurs personnalités novorusses importantes. En outre, la situation au Donbass reste très difficile et potentiellement dangereuse. Tout bien considéré, la Russie a très bien agi, mais dès que vous vous penchez plus en détail sur la situation, de nombreuses erreurs et de multiples échecs apparaissent. Pourtant, il est maintenant évident à toute personne correctement informée que le temps joue (et a toujours joué) en faveur des Novorusses, puisque chaque jour qui passe les rend plus forts et les Ukronazis plus faibles.

 

 

La Crimée 5/5

 

Les Ukronazis ont tout essayé, depuis bloquer la péninsule jusqu’à couper l’eau et l’électricité jusqu’à envoyer des terroristes infiltrés. Cela a donné l’occasion à la Russie de « sauver » la Crimée de l’Ukraine maintes et maintes fois. Il est tout à fait clair que les Ukronazis ont depuis longtemps abandonné l’idée de récupérer la Crimée et que tout ce qu’il leur reste sont des moyens souvent inefficaces pour essayer de rendre la population de Crimée misérable ce qui, bien sûr, ne fait que renforcer sa détermination. Au début, il y avait quelques personnes en Crimée qui n’étaient pas tout à fait convaincues que le cauchemar était vraiment terminé et que les Russes étaient vraiment sérieux (en particulier avec toutes les rumeurs sur « Poutine va nous laisser tomber »). Mais maintenant que les Russes doivent faire d’importants efforts pour protéger la Crimée contre les tentatives de la bloquer, ces doutes ont disparu. L’avenir de la Crimée paraît extrêmement brillant : non seulement l’État russe dépense des millions de roubles pour d’immenses progrès dans l’infrastructure et le déploiement d’une force armée très massive et très avancée, mais les perspectives sont également excellentes pour le tourisme et le commerce.

 

 

Les États-Unis 5/5

 

Le mérite pour l’élection de Donald Trump va d’abord et avant tout au peuple américain auquel, je le pense sincèrement, la planète entière doit un sincère et puissant MERCI! Je ne serai jamais capable de le prouver et, Dieu merci, nous ne saurons jamais si j’avais raison, mais jusqu’à la dernière minute, j’étais convaincu qu’il y avait une très forte probabilité qu’Hillary à la Maison Blanche aurait signifié la guerre, probablement nucléaire, avec la Russie. Je suis encore indécis à propos de Trump, mais je regarde son mandat à venir avec un optimisme prudent et, alors que jamais je ne dirais jamais, je ressens vraiment très fortement qu’avec Trump à la Maison Blanche, les risques de guerre avec la Russie sont tombés à un niveau extrêmement bas et qu’à moins d’une provocation ou d’un désastre stupéfiants, une guerre entre les États-Unis et la Russie est maintenant devenue extrêmement peu probable. Gloire à Dieu pour son immense miséricorde envers nous !

 

Cela dit, j’oserai spéculer que la Russie a joué un rôle dans l’élection de Trump. Non, pas en piratant des e-mails ou en recrutant Ron Paul (!!!) comme agent propagandiste russe, mais en affrontant ouvertement et fermement les États-Unis sur tous les fronts et en montrant que la Russie ne plierait pas le genou devant l’Empire anglosioniste. Comme je l’ai écrit à de nombreuses reprises, la Russie s’est préparée à la guerre depuis des années et, alors que les Russes avaient (et ont encore) peur de la guerre, ils sont également prêts et désireux de combattre s’ils sont contraints de le faire. Dans sa dernière conférence de presse, Poutine a spécifiquement évoqué la volonté du peuple russe comme élément essentiel dans la capacité de la Russie de vaincre n’importe quel agresseur, lorsqu’il a dit

 

« Nous sommes plus forts que n’importe quel agresseur potentiel. Je n’ai aucun problème à le répéter. J’ai aussi dit pourquoi nous sommes plus forts. Cela a à faire avec notre effort de modernisation des Forces armées russes, ainsi qu’avec l’histoire et la géographie de notre pays, et avec l’état actuel de la société russe. »

Il a absolument raison. C’est vrai, Hillary a été probablement assez stupide pour tenter d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, mais les quelque 200 généraux et amiraux qui ont exprimé leur soutien à Trump ont probablement compris ce que ce genre de folie provoquerait. En plus, il apparaît qu’un assez grand nombre d’Américains ont de la sympathie pour la Russie et pour Poutine lui-même. De nouveau, dans sa dernière conférence de presse, Poutine s’est référé à cela et a fait quelques commentaires très intéressants :

 

« Je ne prends pas le soutien au président russe chez une grande partie des électeurs républicains comme un soutien à moi personnellement, mais je vois plutôt dans ce cas une indication qu’une partie importante du peuple américain partage des vues semblables avec nous sur l’organisation du monde, ce que nous devrions faire, et les menaces et les défis communs auxquels nous sommes confrontés. C’est bien qu’il y ait des gens qui sympathisent avec nos vues sur les valeurs traditionnelles parce que cela constitue une bonne fondation sur laquelle construire des relations entre deux pays aussi puissants que la Russie et les États-Unis, les construire sur la base de la sympathie mutuelle de nos peuples. (…)  Il me semble que Reagan serait heureux de voir les gens de son parti gagner partout, et il accueillerait la victoire du président nouvellement élu si capable de saisir l’humeur du peuple, et qui a pris précisément cette direction et a été poussé en ce sens jusqu’à la fin, même si personne à part nous ne croyait qu’il pouvait gagner. »

 

Poutine a mis cela sur des valeurs, des valeurs communes, entre les peuples russe et américain.

 

Aparté personnel :

Quoi qu’il en soit, j’interagis régulièrement avec des Américains qui soutiennent Poutine sur la base du fait qu’« il défend les valeurs américaines contrairement aux fils de pute de Washington ».

 

Mais comment les Américains ont-ils pris conscience des valeurs que Poutine et la Russie défendent sinon par les efforts incessants de Poutine lui-même et des médias alternatifs pour transmettre ces valeurs au grand public ? Je pense qu’en dénonçant OUVERTEMENT la totale hypocrisie de l’Empire anglosioniste et en offrant OUVERTEMENT un modèle civilisationnel différent, Poutine et la Russie ont un impact sur l’opinion publique en Occident. Pour le dire simplement : la Russie a remporté une victoire idéologique sur les impérialistes anglosionistes. En d’autres mots, la politique russe de position ferme contre l’Empire tout en contestant ouvertement ses fondations idéologiques a été correcte et a probablement influé sur le résultat de l’élection aux États-Unis.

 

 

L'OTAN 4/5

 

La Russie a vaincu l’OTAN à deux niveaux : l’un purement militaire et l’autre politique. Au niveau militaire, la Russie a pris toutes les mesures asymétriques, elle a promis de neutraliser le système anti-missile américain en Europe et le déploiement d’une puissance militaire menaçante en Europe de l’Est : la Russie a déployé le missile Iskander, doublé la taille de ses forces aéroportées et entamé la création d’une armée de blindés dans la direction occidentale stratégique (pour en lire plus sur la manière dont la Russie s’est préparée à combattre et à vaincre l’OTAN, voir Comment la Russie se prépare à la Troisième Guerre mondiale et Le suicide par déni de réalité de l’UE). Au niveau politique, il y a peu de doute que tous les dirigeants européens qui privilégiaient la confrontation avec la Russie soient aujourd’hui impopulaires et plongés dans une crise politique, à l’exception peut-être de Merkel, mais l’Allemagne seule ne peut rien faire de significatif (du moins un effet secondaire « positif », pour ainsi dire, sur l’intégration européenne). Quant à l’élection de Trump, elle a provoqué une panique dans l’ensemble de l’OTAN, en particulier dans les pays qui s’étaient prostitués à l’Empire avec un enthousiasme et un zèle particuliers (la Pologne, les trois mini-États baltes, le Danemark, la Hollande et nos « frères orthodoxes » en Roumanie et en Bulgarie). Je ne vois pas Trump se débarrasser de l’OTAN, cela susciterait trop d’opposition, mais avec Trump à la Maison Blanche, tout le non-sens sur « l’ours russe est sur le point d’envahir la Lettonie ou la Pologne » va se fracasser et les pauvres gens en Europe de l’Est finiront par réaliser que ni la Russie ni les États-Unis ne s’intéressent à eux. Trump exercera probablement une pression financière sur l’OTAN et forcera ses États-membres à acheter encore plus de matériel américain, mais ce sera une opération purement financière et pas une tentative d’encercler la Russie avec des forces militaires. Le but ultime de la Russie, remplacer l’OTAN par un accord de défense commun à l’échelle européenne allant du Portugal à l’Oural, ne s’est pas réalisé, mais l’élection de Trump est un pas immense dans la bonne direction.

 

 

L’UE 5/5

 

Pauvres « Unioneuropéens » (mon propre mot pour les zombies européens qui croyaient dans l’Union européenne des Bilderbergers) : ils sont maintenant – comment le dire poliment ? – totalement « foutus ». Non seulement le peuple britannique a défié l’Empire et voté pour un Brexit, mais maintenant la Patrie impériale les a « poignardés » en élisant un patriote qui n’est pas intéressé à maintenir l’empire mondial (ou comme il dit, au moins pour le moment). En même temps, la soi-disant « crise des réfugiés » amène plusieurs pays importants de l’UE au bord d’une guerre civile (la France par exemple) tandis que tous les efforts des élites pour accuser la Russie de tout se terminent dans des échecs retentissants. Il suffit de consulter cet article hilarant dans le Sun britannique, qui accuse la Russie, je ne plaisante pas, d’« organiser des attentats sexuels en Allemagne » ! C’est vrai, nous avons déjà eu les « Tchetnicks serbes utilisant le viol comme arme de purification ethnique » et « Kadhafi distribuant du Viagra à ses soldats pour violer les partisans de l’opposition », mais Poutine qui ordonne aux réfugiés de violer des femmes en Allemagne, c’est la meilleure, si on peut dire. Et juste au cas où l’impensable se produirait en Allemagne, les Allemands ont déjà averti que des pirates informatiques russes pourraient y voler l’élection. Si ce n’était pas si profondément ignoble, ce serait comique. Et voici le résultat : tout le projet de l’UE est moralement en pleine faillite, chaque membre de l’UE est maintenant dans une crise politique profonde et les prétendues « élites » cherchent par tous les moyens à trouver une réponse à ce qui apparaît comme un effondrement inévitable de l’ordre européen sur l’Europe. Les armes européennes sont une plaisanterie, toutes, et quand les Suédois, disons, vont à la « chasse aux Russes », ils finissent toujours par être embarrassés. Si des extra-terrestres nous observent depuis l’espace, l’UE est indubitablement pour eux un objet de dérision. Quant aux Russes, loin d’avoir peur des Européens, ils ne les prennent même pas très au sérieux et ils les regardent avec pitié ou avec mépris pour leur manque apparemment infini de colonne vertébrale et de dignité. Certes, dès que des dirigeants sains d’esprit reviendront au pouvoir dans les divers pays de l’UE, la Russie sera plus qu’heureuse de commercer avec l’Union, d’envoyer et d’accueillir des touristes et, en général, d’avoir avec elle des relations amicales. Mais après plus de trois siècles à essayer d’imiter servilement les Européens et d’être acceptés eux-mêmes comme Européens, les Russes ont finalement perdu tout intérêt à copier l’Europe, du moins sur le plan culturel et politique. Bien sûr, les Russes aimeront toujours les voitures allemandes, les vins français ou la musique italienne, mais le mythe de la supériorité culturelle européenne est vraiment mort. Bon débarras !

 

 

L’économie russe 3/5

 

Les principaux facteurs externes qui influencent l’économie russe ont été les sanctions occidentales, la chute subséquente des investissements et du crédit et, en particulier, les prix bas du pétrole. Presque exactement comme Poutine l’avait prédit, il a fallu deux ans à la Russie pour surmonter l’effet combiné de ces facteurs, et ce n’est pas moi ou un porte-parole du Kremlin qui le dit, mais le FMI (voir ici). Ce qui importe ici, ce n’est pas ce chiffre du PIB ou de l’inflation, mais le fait que tous les indicateurs clé de l’économie russe pointent une reprise progressive et de bonnes perspectives de croissance. Personnellement, je pense que la politique du « bloc économique » du gouvernement Medvedev a rendu les effets de cette crise encore pires qu’ils devaient l’être, mais je dois admettre qu’en dépit des graves erreurs commises par le gouvernement russe, l’économie se restaure. Si je devais noter la performance des politiques du gouvernement russe, j’aurais donné un maximum de 2/5, mais puisque j’observe l’état de l’économie, je dois lui donner un 3/5 objectif. Je pense seulement qu’un 5/5 aurait été possible. Un petit point ici : certains ont fait beaucoup de bruit autour de la réduction projetée des dépenses de la Défense russe, mais ce qu’ils omettent est que la réduction a été rendue possible par les dépenses de ces deux dernières années et que le programme de Défense russe vers 2020 n’a été en aucune manière amendé et en aucun cas réduit. En d’autres termes, l’armée russe peut se permettre d’utiliser moins d’argent ces deux prochaines années et il n’y aura pas de coupe dans les programmes de défense, comme c’est prévu vers 2020.

 

 

L’opinion publique russe 4/5

 

En dépit de la poigne encore ferme que les « types du FMI » au gouvernement russe font encore peser sur les décisions économiques importantes en Russie, il y a quelques signes que les choses s’améliorent et que le public russe obtient quelques-unes des têtes qu’il voulait voir tomber : je me réfère ici, évidemment, à l’arrestation du ministre du Développement économique de la Fédération de Russie, Alexei Uliukaev.  Bien sûr, la liste des candidats à la révocation et à l’arrestation est beaucoup plus longue (voir ici), mais Uliukaev était définitivement l’un des membres les plus influents et toxiques des intégrationnistes atlantistes, et la réaction hystérique de la presse libérale russe montre clairement combien cette arrestation est pénible pour la 5e colonne. Pour le moment, l’arrestation d’Uliukaev n’a pas été suivie par plus de renvois et d’arrestations, mais il est tout à fait possible que Poutine ait fait avec Uliukaev ce qu’il avait déjà fait avec Berezovsky : frapper un « gros bonnet » et donc forcer le reste de sa bande à jouer le jeu et à renoncer à tout espoir de l’affronter. Seul le temps dira si le renvoi et l’arrestation d’Uliukaev sera suffisante pour rendre enfin la Russie de nouveau souveraine, mais c’est sûrement un très bon début.

 

 

Les russophobes russes 4/5

 

Ça sonne bizarre, n’est pas ? Les « russophobes russes ». Cela me rappelle la catégorie de la « haine de soi des juifs ». Et pourtant ils existent, du moins symboliquement. Je dis symboliquement, parce qu’être russe n’a jamais été une question de parler russe ou vivre en Russie ou même d’une définition de ce que c’est être russe. Elle a été donnée par le philosophe Vasilii Rozanov, qui a écrit ces mots prophétiques en 1913 : « Aimer une patrie heureuse et grande n’est réellement pas une grande chose. Nous devons l’aimer quand elle est faible, petite, humiliée, enfin, stupide, enfin, et même pleine de vices. C’est lorsque notre « mère » est ivre, à terre et tout engluée dans ses vices que nous ne devons pas nous écarter d’elle. Mais même cela ne suffit pas : lorsqu’elle finit par mourir, dévorée par les juifs, et lorsqu’il ne reste plus que ses os – sera véritablement « russe » celui qui pleurera sur son squelette inutile, abandonné de tous. Il le sera vraiment… » Inutile de dire que Rozanov est haï par les « libéraux » russes. Contrairement à Rozanov, ces « libéraux » russophobes se réjouissent de chaque échec russe et ils peuvent difficilement contenir leur joie lorsque quelque tragédie frappe le peuple russe qu’ils haïssent et méprisent de soutenir un « tyran » comme Poutine, au lieu de les choisir eux, eux qui se perçoivent comme « les élites intellectuelles » de la Russie.

 

Lorsque Poutine est arrivé au pouvoir, ces membres russophobes de la 5e colonne étaient littéralement partout puisque leurs familles étaient généralement membres des élites soviétiques et puisque pendant les infâmes années 1990, ils ont littéralement pris le contrôle de chaque levier du pouvoir en Russie, depuis les médias jusqu’au Kremlin. D’abord, Poutine s’est débarrassé des oligarques, en particulier les « Sept banquiers ». Ensuite, il a progressivement poussé la plupart d’entre eux hors des médias (c’est là que leurs collègues et patrons en Occident ont commencé à parler de l’absence d’une presse libre en Russie). Puis il a commencé le processus lent et extrêmement dangereux de se débarrasser d’eux, un par un, au sein du gouvernement russe, y compris au Kremlin. Mais la plus grande réussite de Poutine cette année doit être sa campagne très réussie pour délégitimer cette 5e colonne. Il l’a fait sans la « réprimer » ni n’a assassiné aucun journaliste ou figure d’opposition, et il n’a pas rempli le « nouveau goulag russe» avec des milliers de dissidents libéraux. Il (par « il », je veux dire non seulement Poutine lui-même mais aussi ses partisans) a fait exactement le contraire : il leur a donné une plate-forme et il a fait en sorte que leurs points de vue soient diffusés presque quotidiennement. Ceux qui s’intéressent à cela peuvent lire mon analyse Contre-propagande à la manière russe. C’était du pur génie. Au lieu de faire taire les russophobes, Poutine leur a donné un temps d’antenne totalement disproportionné (gardez à l’esprit que moins de 5% de la population russe soutient ces obsédés) et les a laissés se pendre eux-mêmes en se trompant sur absolument tout : ils se sont trompés sur la Crimée, sur l’Ukraine, sur l’économie, sur les droits civils et sociaux, sur la corruption, sur les soi-disant « droits de homosexuels », sur l’OTAN, sur l’UE, sur Clinton (ils l’aimaient), sur Trump (ils le haïssent), sur le terrorisme et sur la Syrie. Résultat, ces « libéraux » (au sens russe du terme) sont aujourd’hui universellement vus comme des traîtres, des russophobes, des snobs, des racistes, des membres de la 5e colonne, des marionnettes de la CIA, etc… Ils sont maintenant absolument haïs et désespérés. Résultat, au cours des récentes élections, nous avons vu le spectacle étonnant de « libéraux » russes, y compris juifs, s’alliant avec des nazis et organisant des manifestations communes contre Poutine. Inutile de dire que cela n’a servi qu’à les discréditer davantage.

 

Il y a encore beaucoup de membres de la 5e colonne en Russie, mais ils font pour la plupart le dos rond, espérant des temps meilleurs et tentant de rester autant que possible hors des regards du public. Le principal centre de pouvoir qui leur reste est la Banque centrale de Russie et le « bloc économique » du gouvernement Medvedev, mais depuis que Koudrine et Uliukaev ont été jetés dehors, ceux qui restent sont très prudents dans leurs actes et leurs déclarations.

 

Dans l’ensemble, 2016 a été une année absolument catastrophique pour la 5e colonne russophobe qui est maintenant dans le désespoir total et qui semble ne plus avoir aucun avenir.

 

 

La Syrie 5/5

 

Le succès de la Russie en Syrie est tout simplement incroyable. Non seulement une force armée russe extrêmement modeste a réussi à retourner le cours de la guerre, mais elle a tenu une position fondamentalement indéfendable suffisamment longtemps pour dissuader la Turquie, l’Arabie saoudite, les États du Golfe et les États-Unis d’attaquer ouvertement l’armée ou le gouvernement syriens. Les Russes y sont parvenus malgré des provocations nombreuses, atroces et sanglantes et malgré l’obligation d’intervenir dans un environnement extrêmement hostile (la région « appartient » à l’OTAN et au CENTCOM). L’un des succès les plus extraordinaires a été la manière dont les Russes ont réussi à sauver Erdogan in extremis d’un coup d’État soutenu par les États-Unis et à le convaincre de travailler avec la Russie et l’Iran pour résoudre la crise syrienne. La libération d’Alep n’aurait pas pu se produire si la Turquie avait continué à soutenir al-Nusra & Co à tout prix.  À tout le moins, cela aurait pris beaucoup plus de temps. À la fin de 2016, les Russes détiennent la mer Noire, ils contrôlent, au moins pour le moment, la Méditerranée orientale et ils travaillent avec les trois plus grandes puissances sur le terrain : les Syriens, bien sûr, mais aussi l’Iran et la Turquie. Quant aux États-Unis, ils semblent avoir perdu l’ensemble de la région et leur unique « réussite », pour ainsi dire, a été de s’aliéner à la fois les Israéliens et les Saoudiens. Pour ce qui concerne le président élu Trump, il a clairement indiqué que sa priorité numéro un sera d’écraser Daech & Co. Ce qui se trouve être exactement ce que veulent aussi la Russie, l’Iran et la Syrie. Si Trump parvient vraiment à virer les fous néocons de la cave remplie de cafards à laquelle ils appartiennent, nous pourrions voir quelque chose de tout à fait étonnant se produire : un effort russo-américain conjoint pour détruire Daech. Le grand problème ici sera la rhétorique anti-iranienne totalement contre-productive et franchement idiote de la campagne de Trump. Il doit cependant y avoir suffisamment de bons esprits autour de Trump pour lui faire comprendre que rien ne peut se passer dans la région sans l’approbation de l’Iran, et que les États-Unis et l’Iran n’ont pas besoin de s’aimer pour se mettre d’accord sur un objectif commun. Trump me paraît plus un réaliste qu’un idéologue. Espérons qu’il apprendra comment séparer l’agréable rhétorique de l’AIPAC d’une politique étrangère sérieuse (l’effondrement de l’administration Obama devrait lui enseigner cette leçon).

 

Ce qui est certain c’est que la Russie mène actuellement le bal en Syrie et que sans soutien étasunien ou turc, Daech affrontera une crise existentielle. Bien sûr, la situation reste fluide, complexe et dangereuse. Et je ne voudrais jamais exclure que les États-Unis ou la Turquie opèrent un nouveau virage à 180 degrés et reprennent leur soutien à Daech. Le facteur kurde, la politique d’Israël et l’imprévisibilité fondamentale d’Erdogan, tout cela assure que la crise syrienne se poursuivra au cours de 2017. Je pense cependant que le déchaînement fou des néocons a atteint son apogée et que les choses pourraient commencer à s’améliorer à partir de maintenant. La Russie seule ne pouvait pas sauver la Syrie, et pourtant elle apparaît comme ayant fait exactement cela.

 

 

L’hystérie russophobe en Occident 3/5

 

Il n’y avait tout simplement aucun moyen que les Anglosionistes soient vaincus sur tous les fronts sans crier « oy vaï ! » [une expression yiddish signifiant à peu près « quel malheur ! », NdT] vers le ciel, et ils l’ont fait. Toute l’année. Leurs allégations allaient de la Russie qui veut envahir la Lettonie aux pirates informatiques russes volant l’élection américaine. Et pour s’assurer absolument qu’il n’y avait aucun doute sur l’identité de ces pirates, les Anglosionistes nous ont informés que ceux-ci s’appelaient eux-mêmes « ours en peluche » et « nounours », qu’ils utilisaient le pseudonyme « Felix Edmundovich »  (le prénom et le patronyme de Félix Dzerjinski, le fondateur des services secrets soviétiques) et qu’ils travaillaient pendant les heures de bureau à Moscou et prenaient congé pendant les vacances russes. Et si vous pensez que ce genre d’absurdité a été conçu dans une institution psychiatrique ou un jardin d’enfants, voici le lien vers l’article du New York Times citant des « experts en sécurité ». Extraordinaire, non ? Mais de nouveau, lorsque je vois les néocons traiter sérieusement Ron Paul d’agent russe, je réalise qu’il n’y a rien, peu importe à quel point c’est idiot, que ces gars n’oseraient pas dire. La chutzpah en action, je suppose. Et tandis que la courbe en cloche semble avoir totalement intégré le message, une partie croissante de la population réalise à quel point ces accusations sont stupides.

 

Aparté personnel

Alors que je suis sûr qu’il y a des Américains qui croient que les Russkofs sont un ennemi dangereux des États-Unis, je n’en ai pas encore rencontré un seul. Dans mes interactions quotidiennes, je ne vois aucune hostilité à l’égard des Russes, même lorsque je parle ouvertement russe avec ma famille dans des magasins ou des restaurants, ou lorsque je dis que je suis russe. Peut-être est-ce parce que je suis en Floride et pas à New York, mais n’ai pas encore vu un seul exemple d’hostilité anti-russe.

 

Le traitement infligé aux Russes aux Jeux olympiques de Rio par l’Agence mondiale antidopage (AMA) contrôlée par l’Occident a été un outrage absolu, à la fois une farce et un crime.  Et la Russie est très à blâmer pour avoir laissé les organisations mondiales essentielles être tellement contrôlées par l’Occident. Cependant, nous voyons que les États-Unis ont échoué à faire totalement interdire la Russie à Rio et que les pirates informatiques russes (oui, ils existent) ont découvert des preuves convaincantes qui discréditent l’AMA et l’ensemble du système derrière elle. J’appellerais cela les « douleurs de croissance » du sport post-soviétique : la Russie doit maintenant « nettoyer la maison » dans les véritables cas de dopage tout en combattant en même temps le contrôle des organisations internationales clé par l’Occident. Une tâche difficile, assurément, mais la Russie a un allié extrêmement puissant dans cette bataille (et dans beaucoup d’autres) : la Chine. Mais oui, dans l’ensemble, l’interdiction partiale et la campagne de dénigrement de la Russie qui en a découlé est un œil au beurre noir pour la Russie.

 

Dans le cas de l’Europe, la russophobie a toujours été une affaire nord-européenne. Les pays méditerranéens ont seulement été entraînés dans l’imposition de sanctions sous une forte pression du Nord. Il apparaît maintenant que la France sera bientôt gouvernée par l’un ou l’autre des partis généralement pro-russes qui sont en compétition pour la présidence. Le Brexit a probablement sorti le pays le plus anti-russe de l’UE et maintenant, l’Allemagne et la Pologne sont plus ou moins les seules à essayer désespérément de revitaliser le front anti-russe. Le problème pour elles est qu’elles sont toutes deux des colonies serviles des États-Unis et que tandis qu’elles peuvent s’imaginer être les prochaines en lice pour défendre la civilisation occidentale contre les hordes mongoles revanchardes venues de l’Est, la réalité est qu’elles feront tout ce qu’Oncle Sam leur dira de faire.

 

À partir de maintenant, l’unique bastion de véritable russophobie enragée restera dans le segment le plus profondément « sionisé » de la société : les médias, les soi-disant « intellectuels », les « interventionnistes progressistes » et toute les « tribus de minoritaires » qui ont une dent contre la Russie à cause du modèle civilisationnel différent qu’elle représente (des parents de genres différents, la religion, le patriotisme – mais pas le nationalisme ! – etc…). Ces gens continueront à déverser un flot constant d’ordures contre la Russie en général et contre Poutine en particulier. Poutine ne sera pas leur unique cible, cependant, et Donald Trump sera le destinataire de tout ce qui reste de haine après Poutine. Franchement, s’en prendre à Poutine ET à Trump en même temps est une entreprise futile et éventuellement risquée, indépendamment de qui vous êtes dans la jet set anglosioniste, surtout si vous aussi avez peu d’appuis dans le public que vous avez régulièrement insulté, bafoué et rejeté.

 

Un gigantesque retour de balancier pourrait se passer sous vos yeux contre ceux qui ont produit la part du lion de la propagande de haine en Occident : ces types pourraient bien finir par récolter ce qu’ils ont semé et devenir eux-mêmes des objets de haine.

 

 

Le Terrorisme 4/5

 

Cette année a été difficile pour la Russie. Un commentaire anonyme récemment posté sur ce blog a fait une bonne liste de l’assassinat tragique de Russes cette année, y compris le tir contre l’avion civil russe au-dessus de l’Égypte, le SU-24 abattu avec des AWACS étasuniens, le meurtre des médecins russes dans une frappe de précision, l’assassinat de l’ambassadeur russe et le probable assassinat du Chœur de l’Armée rouge (les dernières informations venues de Russie semblent pointer un dysfonctionnement des volets des ailes de l’avion, pas un attentat terroriste). J’ajouterais à cette liste les commandants novorusses assassinés au Donbass. Cela fait beaucoup de victimes innocentes. Mais comparé au nombre de Syriens ou de Turcs innocents, ce chiffre est relativement modeste. Il est carrément minuscule comparé au genre d’horreurs massives que les wahhabites avaient coutume d’organiser en Tchétchénie. Souvenons-nous que la Russie est un pays en guerre avec du terrorisme transnational soutenu par des États et qu’un grand nombre de millions de dollars d’« aide » vont aux diverses organisations nazies et wahhabites qui ont pour premier objectif l’assassinat de Russes. Je dirais « jusqu’ici, tout va bien », mais je ne peux pas le faire parce que je crois que la Russie n’est pas encore prête à faire face au genre de terrorisme susceptible de la frapper l’an prochain. Il y a un type de cible spécifique qui est actuellement complètement sans défense et que les terroristes peuvent frapper presque en toute impunité : les églises orthodoxes russes hors de Russie.

 

Les Russes doivent réexaminer le genre de campagnes de terreur que les Palestiniens ont menées dans les années 1970 contre les Israéliens, lorsqu’ils attaquaient non seulement les centres culturels israéliens, mais aussi des garderies juives, des écoles et des synagogues. Les églises orthodoxes russes sont aujourd’hui confrontées au même risque, qui inclut les bombardements et les prises d’otages. En tant que personne qui s’est occupée des églises orthodoxes russes toute sa vie et partout sur la planète, je sais que le nombre de cibles potentielles se chiffre par centaines et qu’elles sont toutes sans aucune protection.

 

L’exemple israélien est crucial ici parce que les Israéliens ont rapidement réalisé qu’ils ne pouvaient tout simplement pas compter sur la police locale pour les protéger. C’est pourquoi ils ont réuni diverses organisations locales directement rattachées à une synagogue ou à une école, composées de volontaires qui pouvaient faire beaucoup de choses utiles et totalement légales pour protéger les cibles israéliennes/juives, comme par exemple commencer à occuper tous les espaces de stationnement autour d’une synagogue 48 heures avant un jour férié religieux pour s’assurer qu’aucun VBIED (c’est-à-dire des voitures piégées) ne puisse être placé à proximité de la synagogue. Il y a beaucoup de choses qu’un groupe de volontaires formés peut faire pour protéger légalement une cible civile exposée. Ils peuvent même faire mieux lorsqu’ils travaillent avec les flics locaux et les spécialistes en sécurité de l’ambassade. Les Russes ont urgemment besoin d’étudier l’expérience israélienne pour faire face à un genre de menaces qu’ils devront bientôt affronter. Souvenez-vous, les Palestiniens ont aussi commencé à attaquer des diplomates, des personnalités officielles et des avions, mais sitôt que ces cibles ont été « durcies », ils se sont tournés vers les garderies, les écoles et les synagogues.

 

Je crois qu’en Russie même le FSB a un bon contrôle de la situation. Mais à l’extérieur, le nombre de personnes spécialisées entièrement vouées à la sécurité est nettement insuffisant et doit être massivement augmenté. À l’ère soviétique, peu de gouvernements osaient attaquer ouvertement des cibles soviétiques, la réputation redoutable (et très exagérée !) du KGB aidait probablement, alors que pendant les années Eltsine, il ne servait vraiment à rien d’attaquer la Russie puisqu’elle s’effondrait de l’intérieur. Mais aujourd’hui que la Russie est très forte à l’intérieur et que les soldats russes sont difficiles à avoir, les enfants et le clergé sont probablement en train de devenir les prochaines cibles des wahhabites.

 

L’une des bonnes nouvelles à ce propos est que les Soviétiques/Russes ont combattu les wahhabites depuis les années 1970 et qu’ils sont parfaitement conscients qu’il n’existe pas quelque chose comme un terrorisme non soutenu par un État. Les Russes savent d’où proviennent l’argent, la formation et les armes et ils savent que le terrorisme ne peut être vaincu que par un puissant contre-renseignement et des opérations de renseignement, en particulier humain. La branche des renseignements extérieurs du KGB, la Guépéou ou Première direction générale, avait une réputation (très méritée) d’être capable d’infiltrer des agents à peu près n’importe où, y compris aux plus hauts échelons de la CIA et de la NSA, et nous pouvons être confiants qu’aujourd’hui le SVR [Service des renseignements extérieurs] est en train de reconstruire lentement ses capacités dans le monde entier et, en particulier, dans les pays qui soutiennent le terrorisme wahhabite. Rien que la façon dont les services spéciaux russes ont sauvé Erdogan et ont ainsi « retourné » la Turquie – l’un des pires soutiens du terrorisme wahhabite – est déjà un immense succès. Si Dieu le veut, les Saoudiens seront les prochains.

 

 

Conclusion

 

Bref, 2016 a été une année fantastique pour la Russie. La politique de Poutine d’actions et de réactions, lente, discrète et délibérée, a prouvé son extrême efficacité. Alors qu’il semblait à certains « patriotes hourrah » que Poutine avait été passif et n’avait rien fait, le résultat de cette année a été une victoire de Poutine sur tous les fronts, y compris les plus dangereux et les plus difficiles. Vous souvenez-vous de toutes les absurdités que ces gens qui haïssent Poutine ont écrit sur « Poutine brade le Donbass », « Poutine incapable de répliquer au tir contre le SU-24 », « Poutine désarme la Syrie » ou « Poutine trahit Assad » ? Ces « patriotes hourrah » ont été des prophètes de malheur et il est apparu qu’ils se trompaient à chaque fois. Cela les a-t-il fait taire ? Un peu. Je note que la plupart des blogs « Poutine brade le Donbass » publient très peu et que lorsqu’ils le font, c’est surtout des trucs sans relation avec leur campagne précédente de dénigrement de Poutine. Il en va de même pour les commentateurs ukronazis sur les sites qui leur permettent de publier : ils semblent avoir jeté l’éponge et renoncé à persuader le monde à quel point la junte de Kiev est démocratique, comment il y a des centaines de chars russes à Donetsk et comment l’Ukraine rejoindra l’UE et deviendra comme l’Allemagne en une nuit. Les seuls qui persistent dans la campagne anti-Poutine sont les presstitués occidentaux, mais ils font ça pour de l’argent et pour garder leurs emplois. D’ailleurs, c’est tout ce qu’ils savent faire de toute façon. Mais dans l’ensemble, il y a un manque général d’énergie et d’enthousiasme dans le camp qui hait Poutine, et voir cela me met en joie.

 

2017 pourrait être une année extraordinaire pour le monde, ou alors une grande déception. En ce moment, cela dépend principalement de ce que Trump fera après son entrée en fonction officielle. Pour moi, le seul fait le plus important restera qu’avec Hillary à la Maison Blanche notre planète risquait une guerre thermonucléaire majeure. Il n’y a plus de raison de penser que cela va arriver. Quant à la liste de toutes les bonnes choses qui pourraient se produire en 2017 si Trump fait les bonnes choses pour son pays, ce sera le sujet d’une analyse future.

 

The Saker

 

Article original publié sur The Unz Review

 

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

Publié par Erwan Castel à 1/04/2017 11:04:00 PM 

 

Libellés : Europe-RussieOTANRussieRussophobieSakerSanctionsSyrieTerrorismeUkraineUSA,Vladimir Poutine

 

Une trêve de Noël bafouée par Kiev

Mercredi 4 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

Au rythme où est respecté le cessez le feu, 

 

Qu’est-ce que cela va être après la "trêve des confiseurs" !?

Dernière minute : 

Reconnaissance offensive ukrainienne et explosion au Nord de Donetsk !

 

 

Cette journée, le Nord de Donetsk a été marqué par 2 actes hostiles importants :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au Nord-Est de Donetsk le front de Yasinovataya est particulièrement sous une pression ukrainienne qui, depuis mars 2016 a investi la zone industrielle d'Avdeevka à l'Ouest de l'axe Donetsk-Gorlovka

 

En premier lieu, sur le front militaire de Yasinovataya, un groupe de reconnaissance de la 72ème Brigade ukrainienne a réalisé une mission offensive dans ce qui reste de la zone grise en direction des lignes de défense républicaines. Après avoir été freinée par un champ de mines (où ils ont eu des pertes) leurs attaques se sont poursuivies jusqu'aux abords de ce qui semble être leur objectif final : l'Usine de traitement des eaux (le rectangle noir sur la carte). Les combats sont toujours en cours... 

Mises à jour 21h30 : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'aéroport de Donetsk avec à l'Ouest Peski et la zone de front dite de "Volvo Center"

 

- 20h00, les combats continuent et gagnent même en intensité. Tirs nourris d'armes légères d'infanterie, mitrailleuses, véhicules blindés d'infanterie mais aussi mortiers. Les échanges de tir ont également recommencé du côté de l'aéroport et du quartier d'Oktyabrsky qui ont subi également des tirs de mortier et des mitraillages de véhicules blindés positionnés à Peski, en face de Volvo Center

- 21h00, dans le secteur de Yasinovataya, engagement des chars de combat ukrainiens pour bombarder les positions républicaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En milieu d'après-midi, vers 15h50, une très forte explosion a retenti dans le secteur de la gare de Donetsk, souffla deux véhicules dont une fourgonnette de type Mercedes. Selon certains témoins c'est un engin explosif disposé dans une poubelle qui aurait explosé. L'enquête est en cours et l'origine criminelle n'est pas confirmée et le bilan n'est pas encore connu à 20h00.

Selon moi 3 hypothèses sont possible dans un ordre décroissant de probabilité :

- Explosion accidentelle d'explosifs transportés dans un véhicule (hypothèse la plus probable)
- Explosion prématuré d'un engin d'explosif prévu pour une attaque terroriste 
- Attentat contre le(s) passager(s) du véhicule

Dans cette explosion le facteur chance a été énorme, car même si on ne connait pas encore s'il y a des victimes l'événement a eu lieu dans un endroit peu fréquenté et après la fermeture du marché. 3 heures plus tôt et 300 mètres plus loin, il y aurait certainement eu un carnage, en plein marché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A suivre l'évolution de ces 2 événements...

Un front gangrené par une nouvelle escalade militaire 

 

Depuis la visite du sénateur Mac Cain et ses fanfaronnades bellicistes du Réveillon, les ukrainiens ont engagé une nouvelle escalade des hostilités sur la ligne de front du Donbass pour arriver dans la journée d'hier 3 janvier 2016 à commettre plus de 1000 violations du cessez le feu décrété à Minsk et actuellement renforcé par la traditionnelle "trêve de Noël" qui concerne la période allant du Noël julien (25 décembre) au Noël orthodoxe (7 janvier).

 

Ainsi par exemple pour le seul secteur de l'aéroport où je réside et où n'ont jamais cessé vraiment des tirs sporadiques quotidiens, les bombardements ukrainiens dans la soirée d'hier se sont intensifiés dès 18h00 et sont allés crescendo jusqu'aux environs de 00h00, entre le secteur de Volvo Center (près de Peski à l'Ouest de la zone aéroportuaire) jusqu'à Yasinovataya (au Nord Est de la même zone). 

Les échauffourées qui ont commencé avec des tirs d'AGS (lance grenades automatiques) et de mitrailleuses ont été renforcé au milieu de la soirée par des tirs de mortiers de 82mm et mêmes quelques tirs de chars de combat.

 

D'autres secteurs ont été la cible de bombardements ukrainiens accrus comme la périphérie de Gorlovka ou le secteur de Shirokino (Sud DNR) par exemple, où comme dans de nombreux autres secteurs,  suite aux pressions incessantes exercées par l'armée ukrainienne depuis Minsk 2 (février 2015), la largeur de la ligne de front a été réduite sur de nombreux secteurs devenus des "zone de contact" où le cessez le feu est quasi impossible a observer, comme ici sur le front de Kominternovo :

 

 

Echange de tirs dans le secteur de Kominternovo le 1er janvier 2016

Le renseignement de la DNR continue d'observer également l'arrivée de nouvelles unités d'assaut ukrainiennes au sud de Donetsk, en face au secteur de Telmanovo, ce qui confirme la possibilité de voir apparaître un couloir offensif ukrainien Ouest-Est dans ce secteur propice à un assaut blindé et qui en atteignant la frontière russe (60-80 km) couperait en deux les forces armées républicaines, dont les réserves seraient alors fixées par des pressions offensives importantes sur les "zones de contact" récemment créées (voir les articles suivant : "Axe Sud")

 

 

Et toujours le secteur de Debalsevo !

 

La fin de l'année 2016 aura été marquée par de violents combats au Nord de Debalsevo, suite à une offensive ukrainienne lancée dans le secteur du village de Kalinovka, où malgré de lourdes pertes (environ 100 tués et plus de 200 blessés) et un repli devant les contre-attaques républicaines les forces ukrainiennes ont réussi à occuper de nouvelles positions principalement conquises dans cette "zone grise" située entre les 2 lignes des belligérants et qui normalement doit rester neutre. 

 

 

Même si l'offensive initiale ukrainienne a été stoppée le 20 décembre au bout de 2 jours d'attaque, la situation sur ce front est resté très tendue principalement à cause de la proximité des nouvelles lignes de front créées (à portée de tir des armes légères) mais aussi parce que Kiev continue à y exercer une pression offensive avec des bombardements, des reconnaissances offensives et une arrivée continuelle de renforts d'assaut.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'Est, le carrefour stratégique de Debalsevo entre Donetsk et Lugansk, à  l'Ouest, le village "neutre" de Novoluganskoe récupéré par Kiev et entre les deux, la zone de Kalinovka où se déroulent des combats depuis le 18 décembre 2016.

A l'issue de l'offensive du 18 décembre, les forces ukrainiennes ont violé la neutralité de la "zone grise" en prenant position dans le village de Novoluganskoe situé à l'Ouest de Svitlodarsk. Depuis ces dix derniers jours Kiev n'a cessé de renforcer cette nouvelle position et d'y positionner des unités d'assaut blindées et leur artillerie d'appui.

 

Ainsi a-t-on pu observer sur cette ligne de front ukrainienne l'arrivée d'unités de chars de combat, d'artillerie et aussi de 2 unités spéciales articulées autour d'équipes de tireurs d'élites..

La politique de l'OSCE, entre l'autruche et l'Autriche...

 

Devant la détérioration de la situation dans ce secteur particulièrement important du front, il faut relever aussi la "politique de l'autruche" choisie par les observateurs de l'OSCE qui refusent d'entrer en contact ou de répondre aux autorités de la République de Lugansk lorsque cette dernière les alerte des violations répétées des accords de Minsk par la partie ukrainienne.

 

Ce comportement insensé de l'OSCE (mais pas surprenant) et surtout contraire à la mission qui lui est confiée, a été dénoncé par Vladislav Danego, le représentant danois désigné pour observer les négociations du Groupe de contact, qui est le groupe de travail chargé de mettre en oeuvre le processus de paix défini par le "quartet Normandie" (France - Allemagne - Russie Ukraine). les autorités républicaines sont aujourd'hui obligées d'avoir recours à des intermédiaires du STSKK (groupe de coordination et de contrôle du cessez le feu) pour contacter l'OSCE !

Il faut espérer que le nouveau président de L'OSCE, le jeune ministre autrichien des affaires étrangères Sebastian Kurz, puisse imposer à nouveau à ses observateurs déployés sur le front du Donbass la neutralité et les moyens nécessaires pour assurer correctement et honnêtement leurs missions d'observation et de médiation.

Kurz réalise d'ailleurs, ces 3 et 4 janvier, une visite en Ukraine et sur la ligne de front du Donbass.

 

Malgré certains discours qui se veulent optimistes, tant au niveau des forces militaires que des négociations de paix, il faut savoir rester prudent et comme le disait Gramsci "allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté", car si la paix un vœu pieu que beaucoup de personnes, au seuil de cette nouvelle année, portent dans leurs coeurs, la réalité du terrain nous invite en revanche chaque jour un peu plus à nous préparer au pire pour mieux garantir notre victoire inéluctable contre l'ennemi kiévien !

 

 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mortier de 82mm en action

 

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Xavier Moreau : « L’UE voulait éloigner l’Ukraine de la Russie, pas l’intégrer »


Mercredi 4 janvier 2017

 

Kiev accuse la France de retarder la mise en œuvre du régime sans visa pour les citoyens ukrainiens. Sputnik a discuté de cette question avec Xavier Moreau, un expert militaire français et membre fondateur de Stratpol, un groupe de réflexion indépendant basé en Slovaquie, qui analyse principalement les relations internationales et les politiques de sécurité.

«  Il y a beaucoup de pays au sein de l'UE qui veulent que le régime des visas reste. Ils craignent que la levée du régime des visas puisse entraîner un afflux de migrants, y compris de nombreux jeunes Ukrainiens qui échappent à la conscription chez eux. La France ne le veut pas, pas plus que beaucoup d'autres pays [de l'UE],  » a-t-il déclaré.

Xavier Moreau a rappelé le récent vote aux Pays-Bas contre l'accord d'association proposé entre l'Ukraine et l'Union Européenne, et a déclaré que la Pologne et de nombreux autres pays de l'UE ne souhaitaient pas voir arriver des migrants ukrainiens, rapporte Sputnik.

« Nous savons parfaitement qu'une fois les visas supprimés, les Ukrainiens ne se rendront pas en Roumanie, ils iront en Allemagne et en France et cela créera assurément beaucoup de problèmes pour ces deux pays s'ils acceptent de les laisser entrer,  » a-t-il souligné.

Interrogé sur l'apparente réticence de l'UE à devenir trop amicale avec l'Ukraine et la Géorgie, Xavier Moreau a cité [le président de la Commission européenne] Jean-Claude Juncker en disant que l'UE n'accepterait aucun nouveau membre au cours des cinq prochaines années.

« L'UE ne peut plus accueillir de gens, et encore moins de nouveaux membres. Seulement huit des 27 pays de l'UE paient actuellement [pour l'admission de migrants et de nouveaux membres] et ils n'ont plus d'argent pour accepter quelqu'un d'autre. L'UE a été utilisée pour faire croire à ces pauvres Ukrainiens que cela leur ouvrirait de grandes perspectives. En fait, l'idée était d'éloigner l'Ukraine de la Russie, pas de l'intégrer dans l'UE. L'offre d'association avec l'UE faite pendant le Maïdan [coup d'état] ne mentionne rien de tel. Cela ne leur offre pas non plus de voyager sans visa vers l'UE. Ce que les diplomates de l'UE ont promis était un mensonge, » a déclaré Xavier Moreau en conclusion.

Le président du Parlement Européen, Martin Schulz, a précisé que la France, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique et certains autres pays de l'UE n'étaient pas prêts à mettre en place la libéralisation du régime des visas pour les citoyens ukrainiens.

Source : Sputnik
Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

 

L’Ukraine commence l’année 2017 entre naufrage économique et idéologique, et velléités bellicistes suicidaires

 
Mardi 3 janvier 2017

 

En ce début d'année 2017, l'Ukraine s'enfonce aussi bien économiquement qu'idéologiquement. Les médias mainstream occidentaux ont beau essayer de présenter cela sous un jour favorable, la chute de consommation du gaz en Ukraine de 32,7 % en 2016 est un indicateur clé de l'état de l'économie ukrainienne.

Un pays dont la consommation énergétique se contracte d'un tiers n'est pas un pays qui va bien, contrairement à ce que racontent les autorités ukrainiennes qui essayent de faire croire qu'en 2016 l'économie du pays se serait stabilisée après deux années d'effondrement.

Même l'article de Romandie met un sérieux conditionnel à cette affirmation des autorités ukrainiennes : « Après un effondrement de 6,6% en 2014, puis de 9,9% en 2015, le PIB de l'Ukraine devrait avoir progressé de 1,1% l'an dernier  ». Il faut dire qu'on voit mal comment l'économie du pays irait mieux alors que l'industrie ukrainienne est détruite, et que les gens ont vu doubler leur facture de gaz, sans parler des autres charges.

 

Et ce n'est pas le défilé de nationalistes (pour ne pas dire nazis) ukrainiens qui a eu lieu le 1er janvier, jour de l'anniversaire de Stepan Bandera (qui dirigeait l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et coopérait plus qu'activement avec les nazis) qui a de quoi rassurer sur la politique ukrainienne à venir pour 2017.

D'ailleurs les autorités des Kiev ne devaient pas être très rassurées non plus par ce défilé pour y avoir alloué quasiment autant de forces de sécurité pour encadrer le défilé (700 hommes dont 250 de la Garde Nationale) que de personnes qui y défilaient (plus de 1 000).

Il faut dire que les slogans brandis lors de cette marche aux flambeaux (toute ressemblance avec des faits historiques n'est pas une coïncidence) ont de quoi faire frémir : « Le nationalisme est notre religion. Stepan Bandera est notre prophète.  » (Sic)

Le « nationalisme » ukrainien qui était déjà décomplexé depuis que ses idoles étaient devenues des « héros de l'Ukraine », prend maintenant le même chemin totalement fanatique et digne d'une secte que le nazisme avait adopté il y a 80 ans. Et quand on voit jusqu'où ce chemin a mené le nazisme allemand, on a de quoi s'inquiéter pour l'avenir de l'Ukraine et pour le Donbass.

Une inquiétude justifiée par le non-respect du cessez-le-feu du Nouvel An par les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) et le redéploiement de soldats et d'armes lourdes tout près de la ligne du front.

Ainsi, après avoir tiré à 30 reprises au mortier le soir du Nouvel An sur le village de Sakhanka, dans le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD), et intensifié ses tirs dans toute la zone Sud en pleine visite de John McCain à Marioupol (qui a de nouveau plaidé pour la livraison d'armes létales à l'Ukraine par les USA), l'armée ukrainienne a continué à intensifier ses provocations dans la zone et y a redéployé des canons automoteurs de 152 mm, alors qu'a été annoncée la visite du ministre des Affaires étrangères autrichien dans la même ville que le sénateur américain va-t’en guerre.

Et le Sud de la RPD n'est pas le seul endroit du front à voir une escalade. Car en plus des 542 violations du cessez-le-feu des dernières 24 h, et de l'arrivée d'artillerie lourde à plusieurs endroits près du front, l'armée ukrainienne a redéployé 200 snipers à 2 km de la ligne de contact, près de Debaltsevo, semblant confirmer que l'armée ukrainienne n'a pas l'intention d'en rester là avec cette zone du front, malgré ses échecs cuisants fin décembre, qui lui ont valu des pertes estimées à au moins 50 morts et plus de 100 blessés.

Si les accords de Minsk ont été reconduits pour 2017 de manière automatique, le fait qu'il n'y ai eu aucune annonce officielle concernant cette prolongation sur fond d'escalade des provocations ukrainiennes, après un mois de décembre 2016 catastrophique en termes de bombardements, a de quoi poser question.

Et à l'échelle plus globale, l'hystérie des patrons occidentaux de l'Ukraine est plus que palpable après la libération totale d'Alep qui a dévoilé leurs mensonges. Après qu'Obama n'ai rien trouvé de mieux à faire que d'expulser des USA 35 diplomates russes (et le chef cuistot) sur base d'accusations fumeuses, ce sont les médias qui se sont pris les pieds dans le tapis de la désinformation concernant des piratages soi-disant russes d'un fournisseur d'électricité américain. La machine de propagande occidentale tourne à plein régime pour justifier un conflit avec la Russie, et quoi de mieux après l'échec en Syrie que de tenter de mettre le feu pour de bon en Ukraine...

Il semble donc bien que 2017 sera l'année qui décidera de la façon dont se réglera la guerre du Donbass, et je crains comme beaucoup ici, et comme l'a envisagé Alexandre Zakhartchenko dans sa dernière ligne directe de l'année 2016, que ce ne soit par la voie des armes. Un chemin que l'Ukraine semble bien décidée à emprunter, pour l'amour de ses sponsors occidentaux, même si ce dernier la mènera à coup-sûr vers la désintégration pure et simple du pays et vers une potentielle troisième guerre mondiale.

Christelle Néant

 

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 31 décembre 2016

 

02 janvier 2017  

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Eveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire de l’année effectué le samedi 31 décembre 2016 via Skype :

SITUATION MILITAIRE
02’34 » – Bilan des bombardements et des attaques de l’armée ukrainienne sur l’ensemble de l’année 2016
09’19 » – Porochenko essaye d’acheter la loyauté de la Garde Nationale et est prêt à sacrifier son armée pour une offensive suicidaire
12’33 » – Forces ukrainiennes en présence sur le front

SITUATION POLITIQUE
13’30 » – Kiev libère 15 prisonniers de guerre
14’05 » – Une cour de Moscou reconnaît les événements de 2014 à Kiev comme un coup d’état
14’46 » – Alexandre Zakhartchenko parle de l’évolution des accords de Minsk et du futur de la RPD

DIVERS
17’57 » – Bilan de l’aide humanitaire reçue et des reportages sur le front pour l’année 2016
22’06 » – La Russie envoie du matériel pour réparer les lignes électriques

ÉCONOMIE
22’58 » – Évolution globale de la situation économique en RPD

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
24’40 » – Un projet de loi visant à protéger le russe et les autres langues de minorités ethniques soumis à la Rada
25’25 » – L’Ukraine se vautre dans l’ignominie suite au crash du TU-154…
28’39 » – Et accuse la France d’être responsable du blocage pour la levée des visas…
29’16 » – Pendant que Porochenko s’engraisse grâce à la guerre

PENDANT CE TEMPS LA À KIEV
30’10 » – Après les bagarres à la Rada c’est lors des soirées de fin d’année de Porochenko que les politiques ukrainiens se battent

 

31’44 » – Conclusion et vœux pour la nouvelle année

Un 1er janvier en Ukraine...

Lundi 2 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

 

La descente aux enfers continue...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défilé des néo-nazis de Svoboda (ex "parti social-nationaliste") dans les rues de Kiev le 1er janvier 2016

 

 

Au lendemain de la visite du Sénateur US Mac Cain et du Président ukrainien Porochenko sur le front de Mariupol, le Donbass a enregistré une augmentation sensible des attaques de l'armée ukrainiennes dont les violations du cessez le feu, bombardements et échanges de tirs au niveau des "zones de contact" ainsi que de nouvelles attaques au Nord de Debalsevo.

Vidéo ukrainienne du 30 décembre 2016 

Enregistrée dans le secteur de Gorlovka

 

Pour la journée du 1er janvier, alors que nous sommes sous le régime des accords de Minsk renforcé par la trêve de Noël, l'armée ukrainienne a tiré plus de 500 fois sur le seul territoire de la République de Donetsk. Ces violations ont concerné l'ensemble de la ligne de front, depuis Shirokino jusqu'à Gorlovka, et les services de renseignement prévoient une poursuite de l'escalade observée depuis 4 jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais c'est l'armée ukrainienne qui durant cette période du réveillon, a enregistré de nombreuses pertes confirmant l'état de délabrement moral dans lequel elle se trouve :

 

Dans le secteur de Svitlodarsk, une beuverie avec de l'alcool trafiqué s'est terminée avec 5 soldats tués et 3 grièvement blessés ont perdu la vie, pendant que 15 autres soldats ukrainiens dont 8 avec leurs armes désertaient de leurs positions. Ailleurs ce sont 2 soldats qui ont été tués lors de manipulation d'engins explosifs et 5 autres blessés...

 

Et ceci pour ne citer que les premiers compte rendus qu’ ont échappés aux tentatives par le commandement de camoufler ces pertes hors combat qui déshonorent leurs unités.

 

 

Du côté de Kiev...

 

 

Le 1er janvier a été une nouvelle fois l'occasion de célébrer la naissance du nationaliste Stepan Bandera qui collabora avec le nazisme en fournissant miliciens et soldats pour combattre contre l'armée Rouge et commettre des massacres à l'arrière du front.

Cette année cette commémoration, en plus des traditionnels défilés aux flambeaux réalisés par les paramilitaires néo-nazis, une campagne d'affichage a été lancée depuis le mois de décembre pour célébrer cet extrémiste nationaliste ukrainien, et le thème choisie pour illustrer ce collaborateur au nazisme est on ne peut plus l'expression de la russophobie psychotique qui agite Kiev depuis 3 ans :

 

 

"Rien ne peut arrêter une idée dont l'heure est arrivée"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur fond de Kremlin en feu, un éloge à Bandera le collaborateur ukrainien au nazisme

 

Bandera est un personnage controversé de l'histoire du nazisme, il est le chef de qui a dirigé l'armée nationaliste ukrainienne (OUN) et a collaboré avec les nazis. Puis il sera arrêté par ses alliés allemands avant d'être libéré pour à nouveau collaboré avec eux à la tête de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), créé en 1942 et qui va lutter aux côtés des nazis et a lutté contre l'Armia Krajowa polonaise et l'Armée rouge en Ukraine occidentale, jusqu’après la fin de la guerre, ce qui lui vaudra d'être exécuté par un agent soviétique en 1959. 
En 2010, le Président ukrainien Iouchtchenko avait déjà tenté de réhabiliter Bandera mais cela avait été rejeté par la justice. Après le Maïdan, tandis que l'Ukraine s'oppose à la proposition présentée à l'ONU d'interdire la glorification du nazisme, Porochenko accorde à Bandera le statut de "héros national" malgré les protestations de la Russie mais aussi d'autres pays comme la Pologne où l'APU a commis plusieurs massacres au sein de la communauté juive. 


"Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je précise qu'il s'agit ici d'une photo montage destinée à superposer une mentalité totalitaire à un responsable la mettant en oeuvre 

 

Et pendant qu'il mène une guerre à caractère génocidaire dans le Donbass et glorifie le nazisme à travers sa collaboration ukrainienne, ce même gouvernement de pantins étasuniens renforce sa guerre culturelle contre la Russie en interdisant les livres qui en font l'éloge prétextant qu'ils défendent des "opinions totalitaires".

Cette interdiction n'est qu'un nouvel épisode du délire russophobe qui dirige le nouveau pouvoir issu du Maïdan et dont le volet linguistique est certainement celui qui a le plus contribué à mobiliser la contestation des populations russophones de Novorossiya au lendemain du Maïdan.

Depuis l'arrivée d'une pensée totalitaire pro-occidentale et ethno-centrée en Ukraine, la langue russe est devenue la cible privilégiée du régime de Kiev : abandon de la co-officialité avec l'ukrainien, interdiction et expulsion de journalistes russes en 2014, interdiction de 40 auteurs russes et d'émissions télévisées ou spectacles culturels russes en 2015, à quoi il faut rajouter la rebaptisation des noms de villes et de rues russophones, le retrait des statues soviétiques etc... Autant de mesures permanentes qui participent à entretenir une haine russophobe et une ostracisassion d'une immense partie de la population...

Malgré avoir été dénoncées comme des violations à la liberté d'expression, ces interdictions continuent et se renforcent même d'année en année, comme le montre cette nouvelle loi promulguée le 30 décembre 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le front de Shirokino le 31 décembre 2016, Porochenko offrant à Mac Cain un fusil d'assaut ukrainien  (c'est un Fort 221, copie du Tar 21 israélien)

 

Mac Cain et Porochenko, dans un discours à 2 voix aussi lénifiant que haineux, se sont promis de maintenir ensemble le cap de la guerre, malgré les changements annoncés du côté de la Maison Blanche. "Votre combat est le nôtre" a assuré le vieux faucon de guerre étasunien à sa marionnette kiévienne et "2017 verra la reconquête et la réunification de l'Ukraine" ! Amen... ou plutôt "Sieg Heil" !!!

Et pour finir sur une note plus joyeuse, fêtes de fin d'année obligent, voici le dernier dérapage verbal d'un "Piètre" Porochenko, à l'haleine visiblement chargée de vodka, promettant au coeur de la zone occupée que 
« L’occupation ukrainienne est temporaire » ! ... 

Il ne croit pas si bien dire ce gouverneur de la colonie étasunienne "Ukraine", et il est temps que lui et ses soudards commencent à faire leurs valises...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 


Sources de l'article :


Russia Today et 
Le blog d'Olivier Pons
Novorossiya Today

 


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Les assassins reviennent toujours...

Dimanche 1 janvier 2017

 

Par Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

" Si vous ne voulez pas entendre les tambours de la guerre, 

il vous faut être sourd. "

 

Henri Kissinger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Porochenko et Mac Cain au milieu des soldats ukrainiens sur le front de Shirokino le 30 décembre 2016

Pour cette fin d'année 2016, le Président Porochenko a invité un de ses soutien étasuniens les plus virulents, le sénateur John Mac Cain, a venir passé le réveillon sur le front du Donbass, près de Shirokino (au Sud de la DNR, près de la mer d'Azov). 

 

Ce sénateur appartient à la bande des vieillards incendiaires (avec Brejzinski, Kissinger, Soros, Rockefeller, Albright etc... ) qui animent le parti néoconservateur étasunien, celui qui veut imposer par le chaos un Nouvel Ordre Mondial à tous les pays non alignés...

 

Mac Cain, ce vétéran de la guerre du Vietnam (où il pilotait un bombardier A4 Skyhawk avant d’être abattu et fait prisonnier) est ce qu'on appelle un "dur à cuire" et surtout un faucon de guerre étasunien virulent qui prône la guerre pour soumettre les peuples à l'impérialisme mondialiste qu'il s'est juré de servir fanatiquement. Il soutient par exemple inconditionnellement le terrorisme djihadiste en Syrie, comme la guerre en Ukraine pour laquelle il est animé par une russophobie délirante..

 

Car Mac Cain s’intéresse depuis longtemps à l'Ukraine, ce "pivot stratégique européen" comme l'a définit son ami Brzeziński et qui depuis la fin du XIXème siècle est la convoitise des thalassocraties occidentales (Angleterre puis USA) qui dans une "stratégie de containment", veulent obstinément encercler la Russie et lui interdire l'accès aux routes économiques de la Méditerranée orientale (laquelle stratégie lie aujourd'hui les conflits syrien et ukrainien entre eux).

 

Dès 2004, John Mac Cain supervise la "Révolution orange" qui tente une nouvelle fois de faire basculer l'Ukraine vers l'Ouest européen. Il va continuer malgré l'échec de cette révolution colorée à entretenir des liens privilégiés avec les opposants pro-occidentaux de Kiev que subventionnent grassement des ONG "droitdel'hommistes". Lorsqu'en 2013 la "révolution de la dignité" enflamme le Maïdan, ce vieux faucon de guerre étasunien reprend alors son envol vers le Dniepr pour, avec Ashton, Brennan (directeur de la CIA), Biden et d'autres laquais et bouffons de l'Union Européenne comme BHL, couver les crânes rasés aux croix gammées tatouées, qui renverseront le président Ianoukovitch en février 2014. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John Mac Cain au-dessus de la place du Maïdan en décembre 2013

Depuis le déclenchement de l' "Opération Spéciale Anti-terroriste" dans le Donbass (le lendemain de la visite du Directeur de la CIA à Kiev le 16 avril 2014) John Mac Cain est un ardent défenseur de l'aide militaire étasunienne dans cette guerre menée contre les populations séparatistes de Donetsk et Lugansk (mais "officiellement" contre une invasion russe) 

En 2015, le débat fait rage au Congrès américain et Mac Cain défend tous azimuts l'idée de livrer des armes à Kiev, vitupérant un jour que "refuser de livrer des armes létales à l'Ukraine est une honte pour les USA" ou insultant un autre jour la chancelière allemande Merkel lorsqu'elle s'oppose à une telle aide militaire létale...  

 

Donc 3 ans plus tard Mac Cain revient en Ukraine et pousse la provocation jusqu'à venir, accompagné du "gouverneur de la colonie Ukraine" Porochenko, visiter une base avancée de la 36e brigade ukrainienne d’infanterie de marine qui est déployée sur le front de Shirokino à l'Est de Mariupol. Lors de cette visite John Mac Cain, en tant que président de la Commission des Forces armées des USA, était accompagné des sénateurs Ariz, Minn et Graham qui est le président de la Commission en financement du Département d’Etat US. Autant dire que l'aide militaire à l'armée ukrainienne était au centre des discussions...

 

Dans le cadre de leur visite en Ukraine les 4 représentants étasuniens ont lancé tour à tour des déclarations agressives dirigées autant vers Moscou que vers les promesses de campagnes du futur Président étasunien Trump, à l'exemple de Mac Cain qui déclare ouvertement que envisager un quelconque accord avec Poutine "serait interférer et porter atteinte à la liberté et les démocraties qui existent aujourd'hui." Quand à Graham, il crache sa haine aussi fort que le vieux pilote du Vietnam quand il déclare "Nous allons faire deux choses: Nous allons rendre la vie plus difficile à Poutine et son entourage avec des sanctions plus sévères et nous allons être plus utile à nos amis, comme ici en Ukraine"...

Comme pour le Maïdan, cette visite diplomatique ne représente que la partie émergée d'une présence étasunienne plus importante et qui a pour objectif de soutenir et d'encadrer les actions des laquais que Washington a installé à Kiev et qui mène une guerre depuis 2 ans et demi contre les populations du Sud Est qui refusent leur dictature ethnocentrée.

 

Je ne reviendrai pas ici sur les aides occidentales délivrées depuis 2 an à l'armée ukrainienne en subventions, équipements militaires, véhicules, instructeurs, et formations diverses... mais je m'attacherai à deux événements particuliers qui illustrent l'implication de plus en plus directe de l'OTAN sur le front du Donbass. 

 

 

 

Une ingérence militaire US de plus en plus importante et offensive

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le Front du Donbass le Général US Scaparotti, SACEUR OTAN avec le général Muzhenko Commandant l'armée ukrainienne

Alors que les experts cherchent toujours désespérément les preuves d'une mythique intervention russe dans le Donbass, en revanche les photos de soldats US ne manquent pas, du sergent instructeur au Commandant en chef des Forces américaines en Europe !

 

Le 15 décembre dernier, le Général 4 étoiles Curtiss Scaparotti visitait aussi le front du Donbass. Il s'agit du SACEUR, le Commandant en chef des Forces étasuniennes en Europe et qui est surtout le chef du Commandement allié Opérations (ACO) soit de l’ensemble des opérations de l’Alliance Militaire. Avant lui, le Lieutenant Général US Ben Hodges étaient venu également en tournée d'inspection sur le même secteur du front que Mac Cain.

 

Au cours de son inspection du front la délégation militaire étasunienne emmenée par le Général Scaparotti «a visité la zone d'opération anti-terroriste, a pris connaissance de la politique de sécurité sur le territoire des régions Luhansk et Donetsk et a vu l'efficacité de l'utilisation du matériel fourni par les Etats-Unis"

 

Mais ce qui pourrait être considéré comme un droit de regard de l'Etat-major de l'OTAN, malgré que l'Ukraine ne fasse pas partie officiellement de l'alliance, va plus loin encore et jusque dans les rouages du pouvoir politico-militaire ukrainien et démontrant qu'il s'agit bien d'une véritable ingérence de l'OTAN mettant sous tutelle le gouvernement Porochenko :

·                               En mai 2016, l'ancien secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen est nommé au poste de conseiller spécial du président Porochenko

 

·                               En Septembre 2016, John Abizaid, l'ancien commandant du Commandement des forces US au Moyen Orient et Asie Centrale devient conseiller du ministre ukrainien de la Défense, Stepan Poltorak.

Sur le terrain, la présence d'unités militaires de l'OTAN est de plus en plus forte via non seulement les multiples manœuvres et exercices interalliés exécutés sur terre comme en mer Noire (Rapid-Trident, See-Breeze...) mais aussi par des missions de reconnaissances stratégiques réalisées par les bâtiments de l'OTAN déployés en Mer Noire, les avions de l'US air force mais aussi les drones stratégiques dont les missions survolent fréquemment le territoire de l'Ukraine et se rapprochent de plus en plus de la ligne de front du Donbass (tout en restant hors de portée de la défense sol air des républiques)

 

 

Dans ce blog j'avais déjà évoqué par 2 fois des missions de reconnaissances stratégiques réalisées par l'OTAN en Ukraine avec l'aide de drone US décollant de la base aérienne de Sigonella en Sicile (le 14 octobre et le 2 décembre). Une nouvelle mission de reconnaissance réalisée à partir d'un drone RQ-4A Global Hawk, a été repérée au cours du mois de décembre, très précisément le 16 décembre, c'est à dire juste avant le lancement d'une offensive ukrainienne à Svitlodarsk... !

 

Ce drone, capable de scanner un terrain à 300 km de distance a donc tout simplement survolé en parallèle plusieurs fois la ligne de front entre Donetsk et Lugansk (Svitlodarsk se trouve entre les 2). Sa mission a duré environ 10 heures et son vol repéré car l'appareil avait laissé son transpondeur allumé (certainement pour ne pas se faire abattre par la DCA ukrainienne)

 

 

Perso j'ai du mal à croire au hasard... Einstein disait : "le hasard c'est Dieu qui se balade incognito" à moins que dans ce cas là ce ne soit le Diable ! 

Plan de vol réalisé par un drone US le 16 décembre 2016 en parallèle de la ligne de front entre Donetsk et Lugansk

 

Le sénateur Mac Cain n'est donc bien que la gesticulation politique extérieure d'un théâtre dont les coulisses sont infestées par ses hommes de main, en costumes noirs ou tenues camouflées et qui actionnent de plus en plus fort les rouages d'une machine de guerre inquiète qu'une nouvelle Maison Blanche la prive d'essence et qui veut finir la course vers les frontières russes qu'elle a démarré il y a 3 ans sur la place du Maïdan.

 

Les prochaines semaines vont être décisives et dangereuses, tant du côté du Donbass que du côté de la Maison Blanche, car sur ces 2 fronts bouillants, les cuisiniers du chaos n'ont pas encore rendu leur tablier...

 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2013, Mac Cain sur le Maïdan aux cotés du nazi Oleg Tyahnybok

 

le fondateur du "Parti Social Nationaliste ukrainien" devenu "Svoboda"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2016, Porochenko décore Mac Cain de l'Ordre de la Liberté. (fallait oser !)

 

Sources de l'article 

 

Dans ce blog, sur les drones US : Le retour des vautours et les vautours yankees et 

Blog Chervonets : la reconnaissance de Sviltodarsk

Novorossiya Today : "Porochenko amène le sénateur Mac Cain dans le Donbass"

 

Combattre et agir (Blog de Sébastien Hairon) : "le général en chef de l'OTAN sur le front du Donbass"

Autres articles sur le sujet 

SouthFront

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le yankee et son kamikaze" 


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Alexandre Zakhartchenko : Le futur des négociations de Minsk est le retour de l’intégrité territoriale de la RPD

Vendredi 30 décembre 2016

 

Le 28 décembre, le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Alexandre Zakhartchenko, a tenu une ligne directe avec les résidents de la République et des journalistes.

Répondant à une question sur le futur du processus de Minsk et sur les objectifs fixés par les dirigeants dans les domaines gouvernementaux et politiques, Zakhartchenko a souligné qu'il voyait le futur de la RPD uniquement avec le retour des territoires temporairement occupés par les Forces Armées Ukrainiennes (FAU).

« Vous avez raison. Le futur de notre république n'est pas inscrit dans le protocole de Minsk. Au départ, Minsk était nécessaire pour arrêter le bain de sang. Je le répète- nous n'avions pas envahi l'Ukraine, aucun de nos obus n'est tombé sur Kiev, aucun enfant de Lvov n'est mort, aucune personne âgée n'est morte de faim à Zaporojié ou Kherson. Tout ceci a eu lieu sur notre territoire. Nos enfants mourraient, nos maisons étaient détruites, nos personnes âgées et handicapées gelaient et mourraient de faim et de froid. Et pour nous, l'objectif prioritaire était de forcer, pas tant Kiev, mais l'Europe et l'Amérique, à réaliser que nous sommes des êtres humaines et que nous avons des droits. Nous avons donc signé Minsk. Nous avons essayé ainsi d'arrêter le bain de sang et d'amener le processus de négociation dans une autre direction.

Et maintenant, souvenons-nous qu'en 2014 nous avons organisé un référendum. Et vous savez tous parfaitement quelles questions ont été soumises au vote lors de ce référendum. Le référendum a eu lieu sur l'ensemble du territoire de la République Populaire de Donetsk, qui se trouve sur la totalité du territoire de l'ancien oblast de Donetsk en Ukraine. Et si l'espoir de voir Minsk évoluer vers une autre phase se réalise, nous envisagerons la reconnaissance des résultats du référendum sur la totalité du territoire de la République Populaire de Donetsk. C'est-à-dire Marioupol, Slaviansk, Kramatorsk, Konstantinovka, Krasnoarmeysk, Selidovo… Et l'objectif principal de Minsk est d'amener à ces négociations. Le futur des accords de Minsk est le retour de l'intégrité territoriale de la RPD. De faire en sorte que les punisseurs ukrainiens quittent nos villes, nos terres, et nous laissent l'opportunité de concrétiser les résultats du référendum.

La question de savoir s'ils partiront de manière pacifique ou si nous devrons les jeter dehors - la deuxième partie des négociations nous le dira. Nous ne considérons pas ce territoire comme un territoire lointain. Il est temporairement (le mot-clé est "temporairement") occupé par l'ennemi. Pendant la Grande Guerre patriotique, nous avons tout repris, mais pas en une fois. Nous avons atteint les frontières de l'URSS au prix d'efforts et de pertes énormes. Mais nous y sommes parvenus. Et je voudrais rappeler aux autorités ukrainiennes qu'à la fin, le résultat a été que Berlin a été prise. Ils ne le comprennent pas. Mais s'ils ne veulent pas le comprendre ... Nous sommes, bien sûr, des gens pacifiques, mais « nous avons un train blindé sur la voie de secours  » [paroles de la chanson « nous sommes sûrs du succès »]. Par conséquent, je vais le répéter une fois de plus. Le référendum a eu lieu dans toutes les villes et villages de l'ancien oblast de Donetsk. Et si toutes nos tentatives pour retrouver pacifiquement nos frontières ne sont pas couronnées de succès, alors nous les reprendrons comme il nous convient. Et ce sera mauvais pour l'Ukraine.  »

Le texte complet en russe de la ligne de directe devrait être publié bientôt sur le site officiel du chef de la RPD.

Source : Site officiel en russe du chef de la RPD Alexandre Zakhartchenko

Traduction officielle depuis l'anglais par Christelle Néant pour l'agence DONi News

 

Dans le Donbass la trêve du Nouvel An a du plomb dans l’aile - Malgré le nouveau cessez-le-feu, les bombardements continuent (Vidéos)

mardi 27 décembre 2016

 

Sur la ligne de front du Donbass, les jours se suivent et se ressemblent plus ou moins, malgré les annonces publiques de cessez-le-feu, la situation change peu au final sur les zones les plus chaudes du front.

Et il suffit de comparer la situation à l'aéroport de Donetsk une dizaine de jours avant le cessez-le-feu de Noël (instauré le 24 décembre à minuit) et celle des positions de Yasinovataya juste après ce dernier pour voir qu'au jeu des sept différences il sera difficile de trouver ces dernières.

 

Reportage fait à l'aéroport de Donetsk le 13 décembre 2016 :

Reportage fait près des positions situées entre Yasinovataya et Avdeyevka le 24 décembre :

Les données sur le terrain confirment les chiffres qui sont donnés par le ministère de la Défense de la République Populaire de Donetsk (RPD), comme par celui de la République Populaire de Lougansk (RPL).

 

Ainsi après le chiffre hallucinant de 3 002 violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne contre la RPD donné le 24 décembre même, si les chiffres ont bien baissé depuis la mise en place de ce nouveau cessez-le-feu, ils restent néanmoins bien loin de zéro. Ainsi la nuit dernière, rien qu'entre 18 h et 2 h du matin, l'armée ukrainienne a tiré 86 obus de mortier sur la périphérie de Donetsk, Yasinovataya, Debaltsevo et les villages du Sud de la RPD. Et ce alors que durant les 24 h précédentes, l'armée ukrainienne avait encore bombardé la RPD 189 fois.

Hier après-midi c'est le point de passage d'Alexandrovka qui était bombardé à coup d'obus de mortier de 120 mm alors que des civils franchissaient le point de passage. Un bombardement qui n'a heureusement pas fait de victimes.

Et en RPL, les bombardements continuent aussi, toujours près de la zone de Debaltsevo, mais aussi plus au Nord, près de Kirovsk. Des bombardements menés à coup de mortiers, de lance-grenades antichars et de véhicules de combat d'infanterie, sans compter les tirs aux armes légères.

 

Deux jours avant l'entrée en vigueur du nouveau cessez-le-feu, Patrick Lancaster a pu filmer sur les positions de la RPL les tirs de l'armée ukrainienne près de Debaltsevo :

La version complète, non coupée de la vidéo, prouve que ce ne sont pas les soldats de la RPL qui attaquent mais bien l'armée ukrainienne, démontant ainsi toute la propagande aussi bien ukrainienne qu'occidentale qui a été faite autour des attaques répétées menées contre les positions de la RPL, mais aussi contre le centre de Debaltsevo, qui a été bombardé le 23 décembre, alors qu'il se trouve à des kilomètres de la ligne de front.

À quelques jours du réveillon du Nouvel An, il semble donc que ce soit au son des canons que le Donbass fêtera l'arrivée de l'année 2017.

Christelle Néant

Cadeaux de St Nicolas pour les enfants du village de Zaïtsevo grâce aux donateurs francophones

 
mercredi 21 décembre 2016

 

Il y a quelques semaines, un de mes contacts vivant en France, Nidzo, me propose de lancer une collecte de fonds pour les enfants du Donbass, afin de leur offrir une vraie St Nicolas. Le projet remporte l'adhésion de nombreux donateurs (dont un canadien), qui chacun avec ses moyens, nous ont permis de rassembler 11 100 roubles (environ 172 euros).

Après discussion avec nos collègues de В Месте, nous décidons de cibler le village de Zaïtsevo où vivent encore une soixantaine d'enfants malgré les bombardements quotidiens. Nous décidons d'acheter pour chacun une boîte de bonbons, gâteaux et chocolats. Afin de faire les choses comme il faut, Oleg de В Месте et notre collègue Katya de News Front, acceptent de jouer les rôles de Ded Moroz (Grand-père Gel) et de sa fille, Sniegourotchka (Fille des neiges), pour distribuer les cadeaux.

Ici la St Nicolas tombe le 19 décembre, mais pour que les enfants soient disponibles nous venons la veille, le dimanche 18 décembre afin de faire la distribution au centre de ce village coupé en deux par la ligne de front.

Oleg et Katya ont mis leurs costumes, et sont reconnus immédiatement par les enfants avant même de sortir de la voiture. Plusieurs enfants réciteront spontanément des textes de Noël avant de recevoir leur boîte de douceurs. Malgré le froid mordant, les enfants attendent patiemment chacun leur tour pour recevoir leur cadeau.

Une fois la distribution finie il nous reste plusieurs boîtes à apporter aux enfants des maisons les plus éloignées du centre, mais surtout les plus proches du front. Trois familles que nous connaissons bien et à qui nous avons déjà apporté de l'aide humanitaire se trouvent à 100-150 m des positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD).

 

Dont la famille de la petite Rita, petite fille blonde espiègle de quatre ans devenue célèbre suite à plusieurs photos d'elle qui ont été publiées dont celle-ci :

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré la guerre, Rita garde le sourire et reste une petite fille comme les autres qui joue, court partout, et rit souvent.

Les trois familles se sont regroupées dans la maison la plus proche du front, et les enfants sont sur leur 31. Rita et les autres petites filles sont même habillées en princesses pour recevoir leurs cadeaux. Textes et chants de Noël et même une danse autour du sapin émailleront cette distribution de cadeaux au plus près du front.

Les parents et grands-parents sont aussi heureux de nous revoir et nous accueillent à bras ouverts. Je suis heureuse et rassurée de les revoir, en bonne santé. À chaque information de bombardements lourds sur le village de Zaïtsevo j'ai peur pour les enfants et les familles de Zaïtsevo que je connais bien maintenant, et qui sont maintenant devenus comme ma propre famille.

Pendant ce temps-là, Alyosha de В Месте est reparti chercher du carburant pour les trois générateurs qui fournissent l'électricité à ces familles. À cause des bombardements incessants et de leur trop grande proximité du front, il est impossible de réparer les lignes électriques dans cette zone du village, alors В Месте leur a offert des générateurs, et ce jour-là nous apportons vingt litres de carburant par famille pour que les générateurs puissent tourner. Nous avons aussi ajouté un détendeur pour que l'une des familles puisse cuisiner avec des bonbonnes de gaz.

Ces cadeaux sont fournis par d'autres fonds reçus de donateurs français. Ce jour-là nous avons donc fourni :

- 60 cadeaux pour les enfants : 11 100 roubles

- 60 litres de carburant : 2 700 roubles

- un détendeur pour le gaz : 2 200 roubles
Total : 16 000 roubles (environ 250 euros)

Nous repartons pour Donetsk au son des tirs ukrainiens qui se font de plus en plus insistants. Nous quittons à regret ces familles et promettons de revenir bientôt, tout en priant pour qu'il ne leur arrive rien.

Regarder le reportage vidéo :

Encore une fois, merci à tous les donateurs qui ont permis d'offrir les cadeaux pour les enfants, ainsi qu'à ceux qui ont permis d'acheter le détendeur et les 60 litres de carburant pour les familles. Si vous souhaitez faire un don, contactez moi par e-mail : ulfdis@dnipress.com

Christelle Néant

Les FAU se regroupent près de Debaltsevo et se préparent pour l’offensive - L’OSCE confirme l’agression ukrainienne

 
mardi 20 décembre 2016

 

 

L'armée ukrainienne bombarde les positions de la République Populaire de Donetsk (RPL) et se prépare à reprendre l'offensive près de Debaltsevo, a déclaré le porte-parole officiel de la milice populaire de la RPL Andreï Marochko.

Image d’archive

« Les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) continuent de se regrouper et de déplacer les armes vers la ligne de contact le long de la zone de désengagement près de Debaltsevo, se préparant ainsi à une nouvelle offensive, » a déclaré Marochko.

De violents combats ont éclaté le 18 décembre dans la région de Debaltsevo après que des unités de la 54e brigade des FAU aient attaqué les positions de la RPL près du village de Kalinovka. Ces combats ont fait 10 morts et des dizaines de blessés côté ukrainien, ainsi que deux blessés et deux disparus parmi les soldats de la RPL.

D'après Marochko, les forces ukrainiennes bombardent les positions de la milice populaire depuis lundi 20 h. Il a ajouté qu'ils utilisent pour cela de l'artillerie de 152 mm, des mortiers et des armes légères.

Pendant la nuit du 18 au 19 décembre, les FAU ont bombardé le village de Logvinovo avec de l'artillerie lourde et des mortiers qui ont été sortis des zones de stockage où les armes lourdes retirées du front sont censées être stockées conformément aux accords de Minsk, a rapporté le centre de presse de Lougansk.

Marochko a déclaré que l'armée ukrainienne avait demandé un cessez-le-feu au CCCC afin de pouvoir récupérer les corps des soldats morts ainsi que les blessés du champ de bataille, mais aussi pour pouvoir se regrouper.

« La partie ukrainienne a demandé au CCCC un cessez-le-feu pour récupérer les corps des soldats morts ainsi que les blessés du champ de bataille ».

« Hier soir, la partie ukrainienne a aussi demandé un cessez-le-feu et l'a utilisé pour redéployer ses forces et se tenir prête à des tirs d'artillerie ciblés. Après cela, une offensive vers Debaltsevo a commencé, » a-t-il ajouté.

Le 19 décembre, l'armée ukrainienne a continué à bombarder massivement la zone et les combats se sont étendus tout le long de la ligne de contact de la région de Debaltsevo.

La MSS de l'OSCE a confirmé que les forces de Kiev présentes près de Svetlodarsk avaient lancé une attaque massive contre les positions de la RPL le 18 décembre. Le centre de presse de Lougansk a rapporté que la MSS avait indiqué cela dans son rapport du jour, basé sur les informations reçues le 18 décembre à 19 h 30 :

«  Sur une période de six heures le 18 décembre (alors que nous étions dans la zone contrôlée par le gouvernement de Svetlodarsk), la MSS a entendu 700 explosions évaluées comme étant 680 tirs d'artillerie sortants (122mm) à 5-6 km et 8-10 km Nord-Ouest  ; et 20 tirs de chars d'assaut sortants à 3-10 km Sud-Ouest, » indique le document.

« Le 18 décembre, la MSS était en contact constant avec les Forces Armées Ukrainiennes et les représentants des Forces Armées de la fédération de Russie au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) afin de faire cesser les combats. Le CCCC a déclaré que la MSS et eux-mêmes avaient été en contact avec les forces armées et les unités, ainsi que l'un avec l'autre, et avaient transmis que les deux parties étaient crispées  », indique aussi le document.

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

L’attaque ukrainienne continue dans la zone de Debaltsevo - La RPL appelle à une intervention de l’OSCE

mardi 20 décembre 2016

 

 

La République Populaire de Lougansk (RPL) a demandé à l'OSCE d'intervenir pour faire cesser la situation qui a lieu aux alentours de Debaltsevo, où les punisseurs de Kiev font pour le deuxième jour consécutif des tentatives de percée, a rapporté le représentant de la République à Minsk, Vladislav Deynego.

Image d’archive

« Le représentant de la RPL a adressé au représentant spécial de l'OSCE aux groupes de contact à Minsk, le coordinateur des groupes de contact, Martin Sajdik une requête officielle afin qu'il intervienne personnellement et qu'il obtienne l'intervention de la MSS de l'OSCE pour faire cesser la situation qui s'est créée sur la ligne de contact près de Debaltsevo depuis le 18 décembre, » a-t-il déclaré.

Le commandement ukrainien a ignoré les requêtes envoyées par les représentants du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) demandant de faire taire les armes sur le site proche de Debaltsevo où les punisseurs de Kiev font des tentatives de percée pour le deuxième jour consécutif, a rapporté le représentant officiel de la milice populaire de la RPL, le major Andreï Marochko.

« Les FAU ignorent totalement toutes les requêtes du CCCC demandant de rétablir le cessez-le-feu sur la ligne de contact », a-t-il déclaré.

Marochko a souligné que « durant la journée écoulée, le CCCC a envoyé à plusieurs reprises des requêtes aux Forces Armées Ukrainiennes (FAU), néanmoins les FAU n'ont réagi à aucune d'entre elles.  »

Plus tôt, les représentants de la RPL avaient rapporté que les combats se poursuivent tout le long de la ligne de contact près de la zone de Debaltsevo.

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

 

 

Attaques à répétition des troupes ukrainiennes contre les positions de la RPL près de Kalinovka (RPL)

lundi 19 décembre 2016

 

 

 

L'armée ukrainienne a tenté hier vers 13 h de percer les lignes de défense situées près de Kalinovka (région de Debaltsevo en République Populaire de Lougansk - RPL) avec une unité de reconnaissance de 40 hommes. Dix soldats ukrainiens ont été tués lors de l'attaque, 30 blessés. Du côté de la milice populaire, deux soldats de la RPL ont été blessés et trois soldats auraient été capturés par l'armée ukrainienne.

Image d’archive

« Le 18 décembre, à 13 h, l'ennemi a tenté de percer les lignes de défense de la RPD situées près du village de Kalinovka depuis la direction de la localité de Louganskoye. Ils ont intensifié les bombardements, essayant de provoquer notre attaque. Un groupe de reconnaissance s'est avancé soutenu par les tirs d'artillerie. Grâce aux actions coordonnées de la milice populaire de la RPL et aux compétences des commandants, la milice populaire de la RPL a réussi a stopper l'avancée ennemie et à les repousser vers leurs positions initiales, » a déclaré le service de presse de la milice populaire de la RPL.

La tentative principale a été faite près de Kalinovka par une unité de la 54e brigade des Forces Armées Ukrainienne constituée d'environ 40 hommes. L'attaque a été menée avec le soutien de tirs de mortiers et d'artillerie, avec plus de 150 obus tirés sur les positions de la milice populaire, d'après les informations transmises par un officiel à LuganskInformCenter

Malgré l'échec de cette tentative, l'armée ukrainienne a continué de bombarder pendant la nuit la région de Logvinovo avec de l'artillerie de 152 mm et des mortiers. Notre collègue Vittorio Nicola Rangeloni, qui a passé la nuit sur les positions de la milice populaire de la RPL près de Debaltsevo, a confirmé que des bombardements ont eu lieu presque toute la nuit et ne se sont arrêtés qu'à 6 heures du matin.

Et alors qu'il nous indiquait que la milice populaire de la RPL craignait une nouvelle attaque, les nouvelles parvenues depuis Lougansk ont confirmé cette intuition.

Malgré les pertes subies, l'armée ukrainienne persiste et tente de nouveau aujourd'hui de percer la ligne de front au même endroit, d'après la déclaration du porte-parole de la milice populaire de Lougansk. Pendant ce temps les officiels ukrainiens minimisent les pertes en annonçant à peine cinq morts et six blessés.

Avec ces attaques, l'espoir d'une éventuelle trêve de Noël semble bel et bien s'envoler.

Christelle Néant

Zakhartchenko : « Nous avons survécu, nous nous sommes renforcés, et maintenant notre état est une force avec laquelle il faut compter »

samedi 17 décembre 2016

 

S'adressant vendredi aux législateurs du pays, le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Alexandre Zakhartchenko, a rappelé que l'objectif principal des citoyens de la RPD est la formation d'un état basé sur les principes de liberté, de conscience, de justice et d'égalité.

Alexandre Zakhartchenko a souligné que le vecteur principal de la politique intérieure de la RPD est la consolidation de la communauté.

« Nous sommes différents et c'est là que réside notre force. Nous avons des approches différentes sur un certain nombre de questions concernant la politique, l'économie, la législation et le système fiscal - tout ce qui constitue un état viable et fort. Mais nous sommes d'accord sur une chose : La République Populaire de Donetsk est un fait accompli. Nous avons survécu, nous nous sommes renforcés, et maintenant notre état est une force avec laquelle il faut compter, » a-t-il souligné.

Le chef de la République a appelé les parlementaires à porter plus d'attention à la résolution des problèmes sociaux aigus, et à se concentrer sur le développement des domaines de l'éducation, de la santé, de l'agriculture et de l'industrie.

D'après lui, les actions les plus importantes pour aller dans cette direction sont les réformes à venir des systèmes d'éducation et de santé du pays. Afin d'y parvenir, il est nécessaire d'après lui, de retenir aussi efficacement que possible les leçons de l'expérience de l'Union Soviétique, et de prendre en compte les dernières techniques et développements ainsi que l'expérience existante à l'échelle mondiale.

Alexandre Zakhartchenko a aussi apporté une attention particulière à la lutte contre la corruption.

« Notre devoir est de couper ses têtes, et de la renvoyer dans le marécage d'où elle est venue vers nous en rampant. Ou de la renvoyer de l'autre côté de la ligne de front, » a-t-il déclaré en s'adressant aux membres du conseil populaire.

Il a souligné que les députés populaires devaient être directement impliqués dans cette lutte, puisque l'efficacité de la lutte contre les schémas de corruption dépend totalement de l'existence de lois efficaces, transparentes et honnêtes.

Le chef de l'état a appelé les membres du parlement à intensifier le travail législatif visant à créer un climat favorable à l'investissement.

« Il est très important de se souvenir que nous allons gagner cette guerre tôt ou tard. La République Populaire de Donetsk obtiendra une reconnaissance internationale et alors le nombre d’investissements augmentera exponentiellement d'année en année, » a-t-il souligné.

Parmi les domaines prioritaires pour les investissements, le chef de l'état a mentionné les secteurs d'industrie lourde traditionnels de la RPD - le charbon, la métallurgie, et la fabrication de machines. Il a attiré l'attention de l'audience sur le haut niveau de développement de l'industrie agricole de la RPD.

« Nous lançons de nouvelles fermes d'élevage, reconstruisons des fermes avicoles. Un projet de serres républicaines a été lancé, nous développons le maraîchage. Dans la perspective du développement de l'agriculture nous assurerons une pleine sécurité alimentaire de notre pays et augmenterons les rentrées du budget par l'exportation de nos produits,  » a-t-il déclaré.

Parlant des directions prioritaires pour l'année à venir, Alexandre Zakhartchenko a souligné que la tâche principale pour l'avenir proche était l'intégration économique avec la fédération de Russie.

« Ce n'est un secret pour personne que grâce au soutien constant de la nation fraternelle russe, la République Populaire de Donetsk a traversé les jours les plus difficiles. Et au nom de tous nos citoyens, je tiens à remercier les citoyens russes pour leur aide dans notre lutte pour la liberté,  » a-t-il ajouté.

À la fin de son discours, le chef de la république a appelé les députés populaires à ne pas oublier que la République Populaire de Donetsk était au tout début d'un long et difficile chemin vers la liberté et la victoire.

« Je crois en notre victoire, » a résumé Alexandre Zakhartchenko.

Source originale : https://av-zakharchenko.su/inner-article/Glavnaya-novost/Glava-Respubliki-obratilsya-k-deputatam-Narodnogo-Soveta/

Agence DONi News / Traduction officielle depuis l'anglais par Christelle Néant

Les crimes contre les civils du Donbass par l’armée ukrainienne continuent - Aucune condamnation de l’OSCE

 
vendredi 16 décembre 2016

 

 

Après les tirs d'un soldat ukrainien hier dans une foule de civils au point de passage de Mayorsk, qui ont fait deux morts et deux blessés, la communauté internationale et surtout l'OSCE dont c'est pourtant la mission, se font remarquer par leur silence, alors qu'ils sont bien prolixes concernant les crimes de guerre commis contre les civils d'Alep Est (ceux d'Alep Ouest semblent moins intéressants pour la communauté internationale).

Malgré la présence d'Alexander Hug à Donetsk, en dehors des photos et rapports de ses visites sur divers points chaud de la ligne de front, comme la station d'épuration de Yasinovataya, l'OSCE se fait remarquer par l'absence à la fois d'un rapport mais aussi d'une condamnation officielle de l'incident de Mayorsk, tout comme il n'a émis aucune condamnation pour le bombardement le 11 décembre de l'école et des habitations civiles de Sakhanka.

Lors du point presse d'Alexander Hug le 14 décembre 2016, après un laïus sur les souffrances des civils vivant sur le front, dont on sent à ses expressions faciales que cela n'affecte guère M. Hug, celui-ci sort de son chapeau la question des organisations humanitaires internationales qui doivent je cite « être autorisées par la république à venir apporter de l'aide à ceux qui en ont besoin ».

Cette sortie serait drôle si elle n'était pas aussi grave, après que plusieurs organisations humanitaires étrangères se soient vues retirées leurs accréditations pour violation des règles régissant leur travail (stockage de grandes quantités de psychotropes non déclarées, espionnage concernant les positions et unités militaires présentes sur le front, conduite en état d'ivresse récemment pour un employé de la Croix-Rouge à Lougansk, etc).

M. Hug se croit permis de donner son avis sur qui devrait ou non être autorisé à venir faire n'importe quoi dans les deux républiques populaires. On croit rêver.

Il continue en déclarant qu'en plus du cessez-le-feu, les civils ont besoin d'aide. Merci Monsieur de La Palice on ne s'en serait pas doutés sans vous. Le problème c'est que le cessez-le-feu que l'OSCE est censé aider à maintenir, ne tient pas, justement à cause du fait que l'OSCE ne fait pas son travail correctement. Ou pour dire çà autrement, quand l'hôpital se moque de la charité…

Hug parle ensuite de l'incident qui a eu lieu le matin même, confirmant qu'un civil a reçu une balle en pleine tête, et que les observateurs de l'OSCE écumaient les hôpitaux de la région pour retrouver les personnes blessées lors de cet incident. Il indique ensuite que tout sera dans le rapport publié le lendemain vers midi (soit aujourd'hui), mais qui en fin d'après-midi n'est toujours pas disponible sur leur site…

Le meilleur vient après. Au lieu de blâmer la partie ukrainienne pour ce crime de guerre, M. Hug renvoie les deux parties dos à dos en indiquant que cela montrait la nécessité pour les « deux parties du conflit de prendre des mesures pour réellement protéger les civils  ». Sic. Oui oui vous avez bien lu, un soldat ukrainien assassine un civil pour rien, et au lieu de reprocher ce crime à l'Ukraine on dit que les deux républiques populaires doivent comme l'Ukraine prendre des mesures pour protéger les civils, en retirant les armes des zones où ils passent. On croit rêver.

En sachant la propension de l'Ukraine à ne respecter aucun de ses engagements, cela reviendrait à désarmer totalement les points de passages républicains de manière unilatérale, et donc à en faire des zones de faiblesse de la ligne de front, et ce alors que l'armée ukrainienne tire régulièrement sur ces points de passage (comme la nuit dernière celui de Mayorsk justement et celui d'Alexandrovka).

Je passerai sur son discours lénifiant sur la nécessité des zones de désengagement et surtout sur le fait que les rapports de l'OSCE sont censés refléter réellement la situation sur le terrain (pour cela il faudrait que leurs observateurs viennent sur le terrain et passent plus que 5 minutes sur chaque maison bombardée).

M. Hug passe ensuite à sa visite d'écoles proches du front, sans faire aucune condamnation ne ferme envers l'Ukraine pour ce qui s'est passé le matin même. Il poursuit en essayant de culpabiliser les deux parties sur la poursuite du conflit qui empêche les enfants de ces écoles de mener une vie normale, en oubliant que les deux parties ne sont pas responsables à égalité concernant ce conflit et sa poursuite. En prétendant être neutre, M. Hug en réalité couvre les crimes de guerre de Kiev en mettant les deux parties dos à dos pour des tords qui relèvent de la responsabilité de Kiev.

Des crimes qui ont repris de plus belle une fois M. Hug parti pour Lougansk. En effet si pendant les deux jours de sa présence en République Populaire de Donetsk (RPD) les bombardements de l'armée ukrainienne étaient tombés sous les 1 000 bombardements par jour, ces dernières 24 heures ont été marquées par plus de 1 200 violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne (dont 320 effectuées avec des armes lourdes pourtant interdites par les accords de Minsk).

Une situation qui a peu de chances d'évoluer dans le bon sens, alors qu'une filière de recrutement de néo-nazis pour le régiment Azov a été découverte au Brésil.

Le policier brésilien Paulo César Jardim, confirme que cette filière recrute pour l'Ukraine :
«  Il y a dix mois, nous avons été informés sur des gens en provenance d'Ukraine et d'autres pays d'Europe de l'Est qui sont arrivés pour recruter des membres de groupes néonazis pour l'unité Azov, pour les envoyer après en Ukraine. Plusieurs ont été arrêtés et ont témoigné. »

De telles 
filières avaient aussi été découvertes en France. De quoi alimenter les bataillons nazis pour remplacer les pertes de l'armée ukrainienne et poursuivre ainsi la guerre dans le Donbass, ainsi que les crimes contre les civils en toute tranquillité, grâce à la bienveillance de l'OSCE et de la communauté internationale qui ferment les yeux sur les atrocités qu'ils commettent (à Mayorsk c'est Secteur Droit/Pravyi Sektor qui tiendrait les positions ukrainiennes et le point de passage où a eu lieu l'incident).

Christelle Néant

 

 

Un soldat ukrainien tire sur des civils au point de passage de Mayorsk - Deux morts, deux blessés

jeudi 15 décembre 2016

 

Le 14 décembre 2016 au matin, un soldat ukrainien a ouvert le feu (avec une AK-74 semble-t-il) vers un groupe de civils qui attendaient de franchir la ligne de front entre l'Ukraine et la République Populaire de Donetsk (RPD), par le point de passe de Mayorsk, près de Gorlovka.

Suite à cet incident, un homme âgé est mort d'une blessure à la tête, deux autres personnes ont été blessées et une femme est morte plus tard, dans l'ambulance, d'une crise cardiaque.

Le chef par intérim de l'administration de Gorlovka, Ivan Prikhodko, a déclaré que d'après les récits des témoins, les voitures n'ont pas été autorisées à passer du côté ukrainien pendant trois heures, ce qui a créé une longue file d'attente à la frontière.

« Ils ont déclaré que cela avait provoqué du ressentiment dans la foule, ressentiment auquel un soldat ukrainien a répondu en grimpant sur un abri de tranchée et, apparemment en tentant de faire un tir de semonce, aurait tiré vers un groupe de personnes. »

Sa déclaration a été confirmée par un témoin oculaire, un homme de 59 ans, habitant de Gorlovka, qui a déclaré que « Les gens se tenaient en face du point de passage afin de monter dans le bus, le point de passage a été ouvert tard, il y avait beaucoup de monde, et il faisait froid.  »

« Le témoin oculaire a déclaré que le soldat ukrainien a tiré un premier coup de semonce avant de tirer à plusieurs reprises en direction des gens qui attendaient sur la route près des arbres. Une balle a ricoché sur un arbre et a touché la tête d'un homme et une autre le bras d'une femme.  »

D'après son témoignage, une aide médicale a été fournie par des personnes portant un uniforme inconnu, le corps de l'homme tué a été couvert, et ils ont attendu quelqu'un, peut-être des employés du bureau du procureur. D'après un autre témoins que nous avons interrogé par téléphone, le SBU est venu sur place ainsi que la Croix-Rouge.

 

Regardez la vidéo de la déclaration du représentant du ministère de la défense de la RPD ainsi que le témoignage par téléphone d'une femme qui a assisté à la scène :

La réaction des soldats ukrainiens croyant à une "blague" lorsque la foule leur reproche d'avoir tué des gens est proprement surréaliste et on se demande si les soldats en question étaient à jeun, ou s'ils ont un tel mépris pour la vie des civils du Donbass que cela ressemble à un jeu.

Cet incident n'est pas le premier sur les points de passage ukrainiens, et Darya Morozova, la médiatrice de la République Populaire de Donetsk (RPD), a déclaré que le tir sur les passagers de ce bus au point de passage de Mayorsk par les gardes-frontières ukrainiens, montre l'absence de volonté des autorités de Kiev de respecter le droit à la vie et à la sécurité des habitants du Donbass :

« La tragédie d'aujourd'hui, qui a emporté la vie de plusieurs civils, a démontré que la partie ukrainienne ne respecte pas les standards du droit humanitaire international. En tirant sur les passagers du bus, qui franchissaient le point de passage de Mayorsk, la partie ukrainienne montre son absence de volonté de respecter les droits inaliénables des habitants du Donbass  : le droit à la vie et à la sécurité physique qui sont garantis par les conventions internationales.  »

La médiatrice a aussi rappelé le bombardement au printemps du point de passage de Yelenovka, qui avait emporté la vie de cinq civils, et en avait blessé dix.

« Nous exprimons nos sincères condoléances à tous ceux qui ont perdu des proches dans cette tragédie. Et je voudrais rappeler à la partie ukrainienne que chaque violation des droits de l'homme dans le Donbass se transformera en dossier qui sera soumis à la Cour Européenne des Droits de l'Homme et à la Cour Pénale Internationale. »

Les officiers russes du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) ont lancé une enquête sur le tir qui a eu lieu au point de passage de Mayorsk. La Mission de Surveillance Spéciale de l'OSCE se trouvait aussi sur place.

 

Vue depuis le point de contrôle de la RPD vers le point de passage de Mayorsk du côté ukrainien aujourd'hui :

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Photos : Patrick Lancaster

 

Escalade des tensions dans le Donbass et en Ukraine - La panique gagne les faiseurs de chaos alors que la vérité éclate

lundi 12 décembre 2016

 

 

Alors que sur un autre théâtre d'opérations, en Syrie, Alep-Est est sur le point d'être totalement libérée (93 % d'Alep-Est ont déjà été repris par l'armée Syrienne), que la coalition internationale permet aux djihadistes de Daech de quitter Mossoul pendant que les ces derniers essayent une attaque de diversion sur Palmyre au milieu des gesticulations hystériques des patrons occidentaux à l'ONU, en Ukraine et dans le Donbass, la panique des autorités ukrainiennes et de leurs patrons occidentaux se fait aussi sentir.

Image d’archive

Il faut dire que si les mensonges prennent l'ascenseur, la vérité prend les escaliers, et lorsqu'elle arrive enfin, certains se retrouvent bien embêtés.

Ainsi après la révélation de ses magouilles, schémas de corruption, et de l'utilisation réelle qui a été faite des fonds du FMI par l'Ukraine, le soi-disant président ukrainien, Piotr Porochenko, dans sa panique, a menacé de poursuites judiciaires les journaux britanniques qui publient ces révélations.

Des menaces qui n'ont pas effrayé le moins du monde ces médias qui ont décidé de poursuivre le plan prévu par le chef de toute cette gabegie : les USA. Car il ne faut pas s'y tromper ce revirement de situation n'a rien d'un miracle grâce auquel ces journalistes auraient retrouvé la vue. Porochenko encombre plus qu'il ne sert, alors on s'en débarrasse pour en prendre un qui fera mieux ce qu'on lui demande.

 

Les institutions comme la Cour des comptes européenne ont eu beau tenter de cacher sous le tapis la plus grosse partie des compromissions qui les éclaboussent, essayant de sauver ce qui peut l'être de leur propagande pro-ukrainienne, l'intervention de Tetiana Montian (avocate ukrainienne qui a entre autre défendu le journaliste Rouslan Kotsaba qui était là avec elle) devant le parlement européen à Bruxelles le 5 décembre a été une véritable bombe lâchée dans l'océan de mensonges de l'UE sur la situation en Ukraine depuis le Maïdan.

Commençant chronologiquement par le Maïdan lui-même, Montian dénonce clairement l'implication des USA dans ce coup d'état, et le chaos qui s'en est suivi. Mettant les pieds dans le plat sur la situation actuelle de l'Ukraine, elle souligne la faillite du pays (qu'elle compare à un mélange entre Haïti et la Somalie, sic), la condition déplorable des droits de l'homme, les opposants politiques emprisonnés, et le pillage opéré par les élites du pays.

Elle dénonce aussi les mensonges concernant la volonté d'annexion de l'Ukraine par la Russie, démontant ainsi toute la propagande occidentale sur l'agression russe. Si son discours semble susciter peu de réactions dans l'hémicycle, le fait même qu'il ai eu lieu et qu'il soit diffusé en ligne est déjà une première victoire pour le camp de la vérité.

Et l'un des points intéressants de son intervention est sans nul doute l'avenir qu'elle envisage pour l'Ukraine et que j'ai déjà longuement abordé dans plusieurs articles : la partition inéluctable du pays, dépecé par ses voisins.

Elle finira par poser aux commanditaires du coup d'état du Maïdan (dont certains sont à chercher en Europe) une question coup de poing : « Ceux qui ont fomenté ce coup d'état se rendaient-ils compte des conséquences que cela allait engendrer ? Ou dit autrement, était-ce délibérément malveillant ou bien est-ce de l'idiotie ordinaire ? » Pour elle, comme pour beaucoup d'analystes la réponse s'oriente plutôt vers la première option que vers la deuxième.

Et alors que ce genre de révélations se multiplient (comme dans le documentaire « Ukraine on fire » d'Oliver Stone), les autorités ukrainiennes en panique ont décidé de rallumer le feu de la guerre dans le Donbass histoire d'occuper les groupuscules nazis et la population sur autre chose que sur la déliquescence et le pillage de leur pays.

Alors que le mois de novembre a été le pire mois de l'année en terme de nombre de bombardements, le nombre quotidien de ces derniers ne diminue plus guère, et atteint désormais des scores que l'on peut difficilement qualifier de « cessez-le-feu ».

 

Ainsi hier, le commandant en second de l'armée de la République Populaire de Donetsk, Edouard Bassourine, a annoncé qu'en 24 heures, l'armée ukrainienne avait bombardé 2903 le territoire de la république, soit plus du double de la veille. Et la nuit dernière ne fut pas meilleure avec 220 obus de mortiers, d'artillerie et de chars d'assaut tirés entre 18 h et 1 h 30 du matin. Des tirs qui ont résonné lourdement dans le centre-ville de Donetsk, et endommagé plusieurs habitations sur l'ensemble de la ligne de front.

Des provocations redoublées qui ont eu lieu au moment même où le régiment Azov a fait une véritable démonstration de force dans la ville de Kharkov (située dans la zone du Donbass occupé), en faisant défiler aux flambeaux environ 2 000 de ses membres. Quand on voit un tel défilé et des gens nous dire que ces combattants ne sont pas des nazis mais de simples patriotes, on se demande si, à l'instar de la panique qui se répand parmi les autorités ukrainiennes et leurs commanditaires, la cécité de l'OSCE serait, elle aussi, contagieuse.

Photo prise par Patrick Lancaster

Et ceux qui pensaient que les USA se désengageaient de l'Ukraine risquent bien de devoir abandonner leurs illusions, après que ces derniers aient annoncé vouloir patrouiller en Mer Noire pendant des périodes allant jusqu'à quatre mois.

Et ce en violation totale de la Convention de Montreux qui n'autorise la présence des navires de la marine américaine que pendant 21 jours au maximum. Décidément les USA et le respect du droit international ce n’est toujours pas demain la veille…

En attendant, le chaos qu'ils ont semé en Ukraine se répand comme une gangrène, et devient incontrôlable, alors qu'ils jettent toujours plus d'huile sur le feu pour déclencher un conflit qu'ils appellent de leurs vœux, en croyant que cela leur évitera d'avoir un jour à payer pour leurs crimes sur le banc des accusés d'un procès de Nuremberg II.

Christelle Néant

Les FAU bombardent délibérément les civils de la périphérie de Donetsk, pendant que la solidarité s’organise pour les aider à survivre

 
samedi 10 décembre 2016

 

Hier matin, nous sommes allés à Spartak, ce village de la République Populaire de Donetsk (RPD) qui est constamment bombardé par l'armée ukrainienne. Malgré les bombardements quotidiens, plusieurs dizaines de personnes vivent toujours dans ce village, certaines dans les caves de leur immeuble, soit parce qu'elles refusent de partir soit parce qu'elles n'ont nul part ailleurs où aller.

Nous allons sur place avec Alyosha et Oleg qui travaillent pour un fond humanitaire, pour apporter aux habitant des bougies (240 unités pour un total de 3120 roubles) que nous avons achetées, et un énorme sac rempli de boîtes d'allumettes fournies par le fond humanitaire. Les personnes survivent ici sans gaz, sans eau courante, ni électricité, et doivent faire leur cuisine dans une cabane bricolée, installée dans la cour de leur immeuble. Dans de telles conditions de survie, les allumettes et les bougies sont des biens vitaux.

Alors que nous sommes sur la route de Spartak nous recevons des informations sur les zones touchées lors des bombardements de la nuit, entre autre le district de Kouibyshevsky, qui se trouve non loin de Spartak. Nous décidons de nous y rendre pour constater les dégâts et voir si certaines personnes n'auraient pas besoin d'aide.

Lorsque nous arrivons, les dégâts dus aux bombardements sautent aux yeux : il y a des cratères d'impacts un peu partout le long de la route, des câbles électriques coupés par terre, des gazoducs endommagés, des maisons éventrées ou sans toit, et de nombreuses fenêtres brisées.

D'après les autorités de la RPD, 13 maisons ont été endommagées lors des bombardements et trois civils ont été blessés. Aujourd'hui, le commandant en second de l'armée de la RPD, le commandant Bassourine a précisé que c'était de l'artillerie de 152 mm qui avait été utilisée lors de ce bombardement et non du 122 mm comme estimé au départ. Des pièces d'artillerie lourde qui sont censées être retirées du front d'après les accords de Minsk.

Découvrant de nouvelles maisons détruites à chaque nouvelle rue où nous avançons, nous arrivons chez une vieille dame dans le jardin de laquelle un obus a laissé un cratère géant, qui a totalement détruit le dit jardin, endommagé la façade et soufflé toutes ses fenêtres situées de ce côté.

Comme l'a déclaré cette vieille dame, qui vit là sa deuxième guerre, les soldats ukrainiens sont « des destructeurs… Les gens construisent et réparent, et ils sont venus et et ont bombardé, détruit. Ils tirent délibérément sur les localités, maintenant il fait froid et comment allons-nous vivre ? C'est bien que mes fenêtres soient au moins un peu réparées, mais cette maison est complètement détruite… »

Les travaux de réparation avaient déjà commencé pour sa maison mais nous avons décidé de l'aider en retournant rapidement en ville acheter des bâches plastiques transparentes qui permettront de remplacer temporairement certaines des fenêtres brisées. Nous laisserons aussi deux autres bâches plastiques à l'une des maisons touchées que nous avions visitée précédemment.

Partout où nous demandons, l'OSCE semble aux abonnés absents. Alors que ce quartier a été le plus sévèrement touché lors des bombardements de la veille, les observateurs de l'OSCE ne viendront royalement qu'à 13 h 30 passées, alors que nous quittons le quartier.

Malheureusement, comme l'a rapporté Patrick Lancaster, ils ne sont restés que 5 minutes par maison, prenant à peine quelques photos avec leurs smartphones avant de repartir, sans avoir mené d'enquête sérieuse, ni pris de mesures pour évaluer le calibre des armes utilisées et l'origine des bombardements.

Dès lors rien d'étonnant à ce que le rapport de l'OSCE concernant ce bombardement soit d'une nullité affligeante, osant sortir que l'énorme cratère laissé dans le jardin de la vieille dame aurait été causé par un mortier d'au moins 82 mm. Sic.

 

Ne pouvant compter sur l'OSCE pour déterminer l'origine des tirs, Patrick Lancaster et nous-mêmes avons mené notre propre évaluation basée sur ce cratère dans le jardin de la vieille dame. Nos conclusions rejoignent celles de l'armée de la RPD indiquant la localité de Peski (près de l'aéroport de Donetsk), où est stationnée l'armée ukrainienne, comme point d'origine de ces bombardements.

Le district de Kouibyshevsky est à plus de 5 km de la ligne de front et des positions les plus proches de l'armée de la RPD. Il est dès lors évident que l'armée ukrainienne a bombardé délibérément une zone civile, éloignée de toute position militaire, commettant une fois de plus un crime de guerre en plein hiver.

 

Un nouveau crime de guerre sur lequel les pays occidentaux gardent bizarrement le silence...

Christelle Néant et Jarmo Ekman

Le district de Kouibyshevsky à Donetsk dévasté la nuit dernière par les bombardements ukrainiens

vendredi 9 décembre 2016

 

Après une visite humanitaire à Spartak pour y apporter des chandelles et des allumettes aux habitants qui vivent dans les caves de leurs immeubles, nous nous sommes rendus aujourd'hui, mon collègue Jarmo et moi-même dans le district de Kouibyshevsky, situé à peine à 6 km du centre de Donetsk, et qui a été soumis, comme la zone de l'aéroport et celle de Yasinovataya, à un bombardement intensif de la part de l'armée ukrainienne la nuit dernière. Hier soir, ces tirs se sont fait entendre jusqu'à plus de minuit, résonnant lourdement dans le centre de Donetsk.

Les marques de ces bombardements nocturnes sont visibles un peu partout dans le quartier : cratères, maisons éventrées, vitres brisées, gazoducs coupés, et câbles électriques arrachés. L'étendue des dégâts à certains endroits est telle que l'utilisation de l'artillerie lourde par l'armée ukrainienne, en violation des accords de Minsk, est évidente. Une des maisons touchée a perdu plusieurs murs ainsi que son toit.

Les autorités de la République Populaire de Donetsk (RPD) ont rapporté que 13 maisons avaient été endommagées et deux civils blessés lors de ces bombardements. Plusieurs gazoducs et lignes électriques ont été endommagés, et nous avons pu voir sur place que les 20 employés des trois équipes de réparation, à pied d’œuvre dès 9 h du matin, n'ont pas chômée, faisant tout leur possible pour rétablir au plus vite ces services vitaux pour la population.

« Nous avons trouvé plusieurs fragments d'obus de 122 mm. Plusieurs cratères et éclats d'obus montrent que l'artillerie a été utilisée pour bombarder le quartier, » a déclaré un représentant du commandement de l'armée de la RPD à l'agence DAN.

Pour rappel, d'après les accords de Minsk-2, signé par l'Ukraine, les pièces d'artillerie lourde sont censées avoir été retirées à 25 km de la ligne de front, empêchant normalement celles-ci d'atteindre les localités de la RPD. Mais comme nous pouvons le voir encore une fois, l'Ukraine ne respecte aucun des points des accords de Minsk, dans le silence assourdissant de l'OSCE, de la France et de l'Allemagne. L'OSCE qui s'est d'ailleurs faite remarquée aujourd'hui par son arrivée plus que tardive (13 h30) sur les lieux bombardés.

À notre arrivée, beaucoup de lignes électriques et de gazoducs avaient déjà été réparés, et les fenêtres remplacées à la va vite avec des toiles plastiques ou des panneaux en bois. Ici la vie reprend vite ses droits au petit matin, après chaque nuit de bombardements.

Des réparations qui pourraient bien être détruites à leur tour lors d'une prochaine nuit de terreur imposée par l'armée ukrainienne à la population civile du Donbass. Voilà à quoi ressemble la vie au milieu d'un cessez-le-feu qui n'existe que dans les chancelleries et sur le papier où il a été signé.

 

Le reportage vidéo sera publié sous peu.

Christelle Néant et Jarmo Ekman

Fuites opportunes sur la corruption de Porochenko et de l’Ukraine alors que la libération d’Alep-Est se profile à l’horizon


mercredi 7 décembre 2016

 

Alors que depuis quelques jours, les progrès de l'armée syrienne à Alep-Est signent le glas imminent des terroristes qui se trouvent dans ces quartiers, avec désormais 85 % d'Alep-Est qui serait sous le contrôle de l'armée Syrienne, et des terroristes qui s'enfuient par milliers de Damas, l'Occident panique.


Après avoir tenté une nouvelle fois d'instaurer un cessez-le-feu à Alep via une résolution de l'ONU qui a été cette fois bloquée à la fois par la Russie mais aussi par la Chine, et avoir très certainement transmis aux terroristes les coordonnées de l'hôpital de campagne russe qui a été bombardé avant-hier, l'Occident et surtout les USA sentent bien qu'en Syrie l'évolution de la situation n'est pas vraiment en leur faveur, et en viennent à des déclarations et des menaces de plus en plus absurdes. La Turquie, quant à elle, semble finalement se calmer après ses déclarations belliqueuses, déclarant que ses relations avec la Russie sont au beau fixe. Autant dire que le plan américain pour provoquer le conflit dont les néo-conservateurs ont besoin a du plomb dans l'aile. En tout cas en Syrie.

Si l'incendie ne prend pas en Syrie, alors reste le Donbass. Alors que le mois de novembre a été le pire de l'année 2016 avec 28 845 bombardements, décembre s'annonce comme pire encore avec des bombardements quotidiens qui ne passent plus sous la barre des 1 000 et dépassent régulièrement les 2 000, comme durant les dernières 24 heures, où l'armée ukrainienne a bombardé 2 453 fois le territoire de la République Populaire de Donetsk.

Mais les armées des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk respectant les accords de Minsk et refusant de se lancer tête baissée dans le piège tendu par Kiev (tout comme la Russie n'est pas tombé dans le piège des provocations ukrainiennes en Crimée), Washington a besoin de provocations encore plus violentes pour arriver à ses fins.

Mais pour de telles provocations il faut des radicaux, les plus extrémistes qui soient. Pas un homme d'affaires essayant de ménager la chèvre et le chou comme Porochenko. Alors les révélations sur le patrimoine des élus ukrainiens et les manifestations pour l'anniversaire du Maïdan n'ayant pas suffi à agiter l'Ukraine, le marionnettiste en chef a décidé de sacrifier le lampiste « Porochenko » afin de placer les groupuscules nazis ukrainiens directement à la tête de l'état.

Et quoi de mieux pour cela que d'utiliser la bonne vieille recette de la dénonciation pour corruption qui a si bien marché contre Ianoukovitch ? Et ce quitte à brûler le FMI et l'Union Européenne au passage…

Ainsi, un ancien député ukrainien réfugié à Londres, qui a travaillé avec Porochenko, a été sorti du chapeau pour dénoncer soudainement publiquement ce que beaucoup de personnes soutenant le Donbass avaient déclaré depuis longtemps tout en se faisant traiter de complotistes : Porochenko se sert dans la caisse, soudoie les députés ou les menace de poursuites judiciaires pour les faire plier et l'argent du FMI a servi à financer la guerre dans le Donbass.

Ainsi, lors d'une interview accordée à la chaîne RT, l’ancien député ukrainien Alexandre Onichtchenko a déclaré que Porochenko « réglait avec de l'argent toutes les questions importantes mises au vote, telles que la nomination du procureur général, les remaniements aux postes clés des services de renseignement et la nomination des juges » et que «  la majeure partie de l'argent (du FMI) est allé à la guerre, une guerre que Piotr Porochenko a tout intérêt à poursuivre. Tous les contrats relatifs à la guerre sont remplis par des entreprises proches du président. Pour eux (le président et son-entourage, ndlr), ce n'est qu'un business.  »

Sic. Alors que beaucoup de personnes avaient condamné le fait que le FMI, bafouant ses propres règles, avait accordé des aides financières à un pays en proie à une guerre civile, voilà maintenant que cette transgression éclabousse la vénérable institution. Si cette règle avait été mise en place c'était pour une bonne raison : pour éviter justement ce qui s'est passé en Ukraine.

Et alors que l'ex-député ukrainien a saisi la justice américaine afin de faire traduire en justice le soi-disant président ukrainien et a appelé l'Europe a cesser de financer l'Ukraine pour arrêter de nourrir la corruption endémique qui y règne, un clou supplémentaire dans le cercueil de la respectabilité de l'Ukraine a été ajouté par nul autre que la Cour des comptes européenne.

Ainsi, alors que la propagande pro-OTAN et pro-UE nous avait vendu les grandes réformes et la démocratie qu'était soi-disant devenue l'Ukraine post-Maïdan, voilà que le conte d'Alice au pays des merveilles se transforme brutalement en bad trip. En effet, la Cour des comptes européenne vient de classer l’Ukraine comme étant le pays européen le plus corrompu. Oups. Mais, pour ne pas totalement torpiller la machine de propagande pro-ukrainienne, l'institution n’a pas jugé bon d'expliquer comment Kiev avait dépensé les milliards d’euros fournis par l’Union Européenne pour soutenir le budget du pays.

C'est qu'il ne faudrait pas que l'UE se retrouve trop facilement sur le banc des accusés comme complice des crimes de Kiev dans le Donbass. Alors la Cour des comptes européenne élude la question, en prétendant ne pas avoir réussi à déterminer où étaient allés les fonds européens, pour ne pas devoir admettre que comme l'argent du FMI, celui de l'UE a fini dans les mêmes poches et pour l'achat des mêmes obus, roquettes, armes et munitions, qui tuent chaque semaine des citoyens du Donbass.

Jusqu'à l'investiture de Trump le 20 janvier, la situation va devenir de plus en plus tendue, alors que les néo-conservateurs américains craqueront chaque allumette à leur disposition pour essayer d'allumer le grand incendie dont ils ont besoin.

Christelle Néant

 

Interview - Lorsque des gens entrent chez vous armés et commencent à frapper votre mère, vous n’avez pas d’autre choix que de les combattre

mardi 6 décembre 2016

 

Le 30 novembre 2016, nous sommes allés sur les positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) près de Mikhaylovka, au Sud de Gorlovka. Une unité de Razvedka (unité de reconnaissance) tenait ces positions, et l'un des soldats a accepté de nous accorder une interview. Son nom de code : « Estonien ».

Pour des raisons de sécurité nous ne pouvons montrer ni son visage ni la position où cette interview a eu lieu. Mais l'enregistrement audio de l'interview en russe est disponible sur SoundCloud.

 

Pourriez-vous nous dire s'il-vous-plaît quelle est la situation ici  ?
Ici ?

Oui. 
Eh bien, maintenant c'est calme.

Vraiment ? Pas de bombardements ?
Non, ils bombardent. Ils le font. En général les bombardements ont lieu chaque nuit.

Chaque nuit ?
Ils commencent à 7 heures du soir et durent jusqu'à 5 heures du matin.

Mais ça a lieu chaque nuit ou ?
Chaque nuit.

D'accord… 
Ça a lieu chaque nuit. Lorsque Dniepr-1 était déployé ici, ça arrivait à la fois le matin, en journée et la nuit. Maintenant, je ne sais pas, les FAU (Forces Armées Ukrainiennes) doivent être déployées là, c'est pour cela que c'est plus calme.

Est-ce que ce sont les FAU ou des bataillons comme Secteur Droit  ? 
Très probablement, ce sont des soldats des FAU qui sont stationnés là.

Je vois. 
En journée, il n'y a pas plus de six personnes de garde. Sur toute la longueur des tranchées. Et leurs tranchées font au moins 2 km de long. Il y en a six au maximum, et le soir ils sont déjà rassemblés. À 7 heures du soir ils viennent ici.

Depuis combien de temps êtes-vous soldat ? 
Depuis le tout début, j'en suis à ma troisième année.

Et pourquoi êtes-vous devenu soldat ?
Comment vous appelez-vous ?

Christelle.
Christina (tous les gens ici transforment mon prénom en Christina), regardez. Que feriez-vous si quelqu'un entrait chez vous en armes ? S'ils commençaient à frapper votre mère, comme ils ont battu la mienne jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse, vous prendriez les armes ? Mon grand-père a libéré l'Ukraine de l'Ouest, il les a écrasé à coup de chars d'assaut, mais manifestement le temps lui a manqué, certains se sont infiltrés. Qui excepté moi, le petit-fils d'un soldat de l'Armée Rouge, un commandant, un officier, qui d'autre pouvait continuer tout cela, et gérer cette affaire ? Pour que les fascistes ne foulent pas notre terre. Pour que les familles ne souffrent pas, pour que les maisons ne soient pas détruites, pour que les enfants, les femmes, ne soient pas tués. En trois ans, vous savez, j'en ai beaucoup vu, à la fois ici et à Lougansk. J'ai bien vu toutes les merdes que ces bâtards ont faites. Ce qu'ils allaient faire à Saur Mogila. Ce qu'ils faisaient à Debaltsevo. J'en ai vu assez. Je peux vous décrire des faits terrifiants, mais je vais avoir pitié de vos nerfs. Quelles saloperies ils ont commises dans le village de Saurovka, à Debaltsevo. Je peux vous en raconter beaucoup. C'était totalement atroce à l'aéroport. J'ai participé à la fois au premier et au deuxième assaut sur l'aéroport. C'est la raison pour laquelle je sais parfaitement les atrocités qu'ils ont commises dans la rue Stratonavtov, quelles merdes ils ont faites là-bas. Vous savez, je pense que chacun a les valeurs de sa terre, de l'endroit où il vit, où il est né, où ses parents ont grandi, où ses ancêtres sont enterrés. Tout le monde a pitié. Et toutes ces destructions, toutes ces atrocités qu'ils commettent, tous ces excès flagrants… Je ne sais pas comment un être humain peut ne pas prendre les armes, ne pas les renvoyer d'où ils viennent. Il n'y a juste pas d'autre choix. Toutes leurs tentatives d'arriver à un accord à Minsk sont un pur non-sens. Ils ne peuvent pas être ramenés à la raison par des mots, ils s'en foutent de Minsk, ils s'en foutent simplement. Tous ces bombardements quotidiens de Yasinovataya, on les observe chaque nuit. Et vous savez, ces calibres sont loin d'être du 82 mm. Ici tirent à la fois des chars d'assaut et des canons d'artillerie automoteurs qui auraient dû être retirés conformément aux accords de Minsk. Et ils ne tirent pas depuis chez nous, mais depuis chez eux. Voilà ce que nous avons, regardez juste nos positions. Pouvez-vous voir un char d'assaut quelque part ici ?

Non.
Exact, ici il n'y en a aucun. Sur la droite sont stationnés leurs mortiers. Ils bombardent quotidiennement nos gars à l'aide de mortiers. Parfois nous sommes touchés aussi, comme vous pouvez le voir. Là-bas, sous le banc. Voilà ce qu'on « reçoit ». Ces choses sont monnaie courante. Juste en dessous. Et, en passant, la marque de service. Voilà, c'est leur marque de service. Vous pouvez la voir. Du 86. Et de telles choses nous frappent presque chaque fois. Nous avons plein d'embouts de lance-roquettes antichars et de missiles sol-air d'un calibre de 30 par 165.

 

Merci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview par Christelle Néant

Poutine : « Les tentatives visant à créer un monde unipolaire ont échoué »

dimanche 4 décembre 2016

Le Président russe Vladimir Poutine a déclaré que l'équilibre du monde se rétablit alors que les tentatives de créer un monde unipolaire ont échoué. « Les tentatives visant à créer un monde unipolaire ont échoué, » a déclaré le président. « Nous vivons maintenant des temps différents.  » 


« La situation est en train de changer, » a-t-il déclaré. «  Je pense que ce n'est pas un secret maintenant, chacun peut voir que beaucoup de nos homologues préfèrent utiliser les normes du droit international, alors que l'équilibre dans le monde se rétablit progressivement, » a déclaré Poutine lors d'un entretien avec un programme hebdomadaire de la chaîne NTV.

« C'était inévitable. Les tentatives de créer un monde unipolaire ont échoué. Nous vivons maintenant des temps différents. La Russie a toujours été attachée au fait que nous devions respecter les intérêts des autres tout en défendant les nôtres. C'est de cette façon que nous allons bâtir nos relations avec nos collègues," a déclaré Poutine.

Lors du Forum de Munich sur les politiques de défense en 2007, Poutine avait critiqué l'unipolarité des affaires internationales, créée par les États-Unis, et accusé Washington de provoquer une nouvelle course aux armes nucléaires, en étendant l'OTAN en Europe, en utilisant unilatéralement la force sans mandat de l'ONU, et en rendant le Moyen-Orient plus vulnérable, avec le risque d'assister à une montée de l'extrémisme.

L'unipolarité en géopolitique globale est une distribution des forces dans laquelle un état (un gouvernement dans le monde) exerce la plus grande partie de l'influence politique, culturelle, économique et militaire. La demande géopolitique pour une hégémonie mondiale, un monde unipolaire a été perçue comme un programme globaliste occidental, dont le but ultime est de créer un gouvernement mondial. Ce but a aussi été perçu globalement comme un « Nouvel Ordre Mondial » totalitaire.

L'idée ambitieuse portée par les Russes, qui se sont levés contre les objectifs mondiaux occidentaux, est de créer justement le contraire : un monde multipolaire. La multipolarité est une répartition du pouvoir dans laquelle plus de quatre états-nations ont des proportions presque égales d'influence politique, militaire, culturelle et économique. Dans un monde multipolaire, l'autodétermination et l'indépendance de toutes les nations souveraines sont respectées.

Même si Poutine a été perçu comme le chef de file du concept de multipolarité dans le monde, le père de la multipolarité moderne est l'ancien Premier ministre russe Ievgeni Primakov, célèbre défenseur du « 
multilatéralisme » comme alternative à l'hégémonie mondiale américaine, à la suite de l'effondrement de l'URSS et de la fin de la guerre froide.

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Discussion à cœur ouvert entre Alexander Zakharchenko et les étudiants de la République Populaire de Donetsk

vendredi 2 décembre 2016

 

Le 30 novembre, Alexander Zakharchenko a rencontré les étudiants et maître de conférences de toutes les institutions d'enseignement supérieur d'état à Donetsk. Les étudiants ont pu poser toutes sortes de questions et discuter des problèmes qu'ils rencontrent, comme les recherches pour trouver un emploi, l'avenir de l'état et le rôle du patriotisme. La réunion a eu lieu dans l'un des bâtiments de l'Université Nationale Technique de Donetsk (DonNTU).

Les étudiants ont déclaré que la vie d'un simple étudiant de la République n'est pas facile : ils voudraient avoir de plus grandes bourses d'études, des logements pour les jeunes familles, et une stabilité professionnelle. Ils voudraient aussi avoir des bâtiments réparés, des infrastructures communales et scolaires, un meilleur salaire pour les étudiants qui travaillent et bien sûr, selon les lois du maximalisme propre à la jeunesse, ici et maintenant.

« Croyez-moi, je vous comprends parfaitement, vous voulez vivre tant que vous êtes jeunes. Si je devais poser des questions au chef de l'état, les questions seraient plus sévères : l'étudiant Zakharchenko mettrait le chef de l'état Zakharchenko au coin  ! Mais si vous pensez que je ne veux pas faire réparer le dortoir N°3 de Gorlovka, ou que je ne veux pas augmenter vos bourses d'études, ou réparer ce qui n'a pas été réparé durant les 25 dernières années – la majorité de cela je le veux  ! Mais nous avons une guerre ici et nous avons pour tâche d'assurer la sécurité alimentaire et de relancer l'industrie. Ces tâches sont prioritaires. Et un jour après la fin de la guerre nous dresserons une table de l'aéroport jusqu'au parc Sherbakova et célébrerons notre victoire et nous améliorerons alors notre République », a déclaré Alexander Zakharchenko.

Les questions les plus fréquentes concernaient les besoins en personnel des professions dans lesquelles les étudiants se spécialisaient. Les futurs maîtres de conférences, ingénieurs, travailleurs des transports, et historiens ont reçu une réponse positive du chef de l'état.

« Vous vivez dans une période de grandes opportunités - notre état grandit en même temps que votre professionnalisme. Aujourd'hui, nous manquons de personnel hautement qualifié dans presque tous les domaines  : des managers aux ingénieurs radio. Nous n'avons pas besoins de fainéants et d'ignorants et un vrai professionnel trouvera toujours un travail », a déclaré le chef de l'état.

Alexander Aleksander Zakharchenko et les étudiants ont aussi partagé leurs impressions sur l'avenir de l'état, l'idéologie et le rôle du patriotisme.

« Je vais vous raconter une histoire. Récemment j'ai eu une discussion avec une personne, un citoyen de la République Populaire de Donetsk (RPD), nous discutions de problèmes d'organisation, nous n'arrivions pas à trouver un terrain d'entente et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Je lui ai alors posé une simple question : Quelle est ton attitude générale envers la République  ? Et la réponse fut : çà m'est égal… Je n'ai rien dit, grinçant des dents. Ce « çà m'est égal » est la chose la plus horrible qui soit. Je souhaite que vous ne traitiez jamais la vie, le pays, les gens qui vous entoure comme si c'était égal. Vous savez, avant la guerre je riais de la notion de patriotisme. Je pensais que je ne devais rien à personne et je continuais ma vie. Mais en 2014 ce mot a cessé d'être vide pour moi. Lors que votre ville, vos rues préférées, les personnes que vous aimez sont en danger, vous réalisez que cela ne peut pas vous être égal  », a exprimé Alexander Zakharchenko.

« C'est pour cela que je veux vous poser une questions très importante - quel est l'avenir de la République du point de vue de votre génération, pour laquelle nous nous battons et construisons notre propre état  ? Je suis très intéressé par votre point de vue sur cette question », a demandé le chef de l'état à l'audience.

« Seulement comme faisant partie de la fédération de Russie  », ont répondu presque tous les étudiants à l'unisson.

La réunion avec le chef de l'état a été bénéfique pour beaucoup d'étudiants. Sur base de leurs requêtes, Alexander Zakharchenko a donné un certain nombre d'ordres aux administrations correspondantes. Ainsi, ceux ayant fait preuve du plus d'initiative ont obtenu des possibilités de stages et un étudiant en sciences politiques a obtenu l'opportunité de présenter un projet de loi élaboré au Conseil Populaire, et l'Université Nationale de Donetsk a reçu comme cadeau en avant pour l'université la reconstruction d'une piscine. Alexander Zakharchenko a aussi informé les étudiants que bientôt des bourses d'études seraient introduites pour les étudiants ayant fait leurs preuves dans leurs études, en sport ou dans la vie publique, et en 2017 il est prévu d'augmenter les bourses d'études pour tous les étudiants.

Le chef de l'état s'est aussi remémoré ses années d'études.

« Je n'étais pas un bon étudiant, même si je n'avait qu'une seule mauvaise note, en langue ukrainienne. Mais je savais déjà que le prestige de l'institution est et a toujours défendu son honneur. Comme tout jeune je n'écoutais pas les maîtres de conférence qui me disaient : étudie, étudie, étudie. Maintenant je le regrette vraiment. Et après tant d'années je vous donne le même conseil  : étudiez. La connaissance que vous acquérez à l'université est le bien le plus précieux dans la vie  », a déclaré Alexander Zakharchenko.

La discussion a duré environ deux heures. À la fin tous se sont mis d'accord sur le fait que cette tradition ne devait pas se perdre et qu'ils devaient continuer à organiser de telles discussions à cœur ouvert.

Source : Site officiel d'Alexander Zakharchenko

Agence DONi News / Traduction officielle depuis l'anglais par Christelle Néant

Alors que la machine de guerre ukrainienne s’emballe, l’Allemagne veut armer l’OSCE et fait des cadeaux malvenus à ses observateurs

mercredi 30 novembre 2016

 

 

Alors que le nombre des bombardements de l'armée ukrainienne sur la République Populaire de Donetsk (RPD) s'est envolé jusqu'à plus de 2 000 bombardements par jour entre le 27 et le 28 novembre, et presque 1 900 entre hier et aujourd'hui, l'OSCE continue placidement d'annoncer sur sa page Facebook jour après jour que le nombre de bombardements diminue ou augmente, sans même s'émouvoir le moins du monde des niveaux stratosphériques que ces derniers ont atteint alors qu'un cessez-le-feu est censé être en vigueur.

Pour se plaindre du manque d'accès aux zones de désengagement l'OSCE fait des déclarations publiques, mais pour rappeler à l'ordre l'armée ukrainienne qui bombarde désormais en plein jour les zones civiles de la RPD, et tire désormais 2 000 fois par jour sur le territoire de la République, là silence radio. L'OSCE qui est censée être là pour aider à faire respecter le cessez-le-feu semble n'avoir cure du fait que ce cessez-le-feu n'existe plus que sur papier…

Il faut dire que malgré la qualité déplorable de leur travail, l'Allemagne, qui préside actuellement l'OSCE, vient de leur offrir des paires de gants en cuir et des GPS, ce qui peut être vu comme une récompense pour du travail mal fait. Oui oui, vous avez bien lu, alors que ces observateurs sont payés une fortune, l'Allemagne vient de leur offrir 1195 paires de gants et 30 GPS.

Peut-être ces derniers vont-ils permettre aux observateurs de l'OSCE de ne plus se perdre et d'atteindre enfin plus régulièrement les zones bombardées qu'ils sont censés venir observer pour évaluer le type d'arme et l'origine des tirs ?

Mais surtout ces « cadeaux » posent question alors que ces observateurs ne brillent pas par la qualité de leur travail, et surtout au regard de ce qu'ils sont payés pour ce même travail mal fait (pour rester polie). Étant curieuse de nature j'ai décidé de voir précisément combien ces observateurs touchaient. Et après une petite recherche en ligne je n'ai pas été déçue.

Un site norvégien donne non seulement la grille moyenne de salaire, mais aussi les bonus risques et allocations de logement et de nourriture des officiers de la Mission de Surveillance Spéciale (MSS) de l'OSCE. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec un tel salaire, ces observateurs n'ont pas besoin de l'Allemagne pour leur fournir des gants ou des GPS. Jugez plutôt :

- Salaire mensuel d'un observateur de l'OSCE : 5 000 € (60 k€ par an comme indiqué sur le site) 

- Indemnité de logement et de nourriture : 3 750 € par mois pour 30 jours (125 €/jour)

- Indemnité de prise de risque pour ceux qui sont dans le Donbass : 900 € par mois pour 30 jours (30 € par jour)

Total : 9650 € pour un mois de 30 jours

 

Non, vous ne rêvez pas. Ces observateurs sont payés presque 10 000 € par mois !!! Mais attendez, le meilleur est pour la fin. Pour ceux qui officient dans la zone dangereuse (c'est le cas pour ceux travaillant dans les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk), l'hôtel est payé par l'OSCE !!! Comme l'indique ce document norvégien.

En clair les observateurs de l'OSCE qui officient en RPD et RPL n'ont même pas besoin d'utiliser leur indemnité de logement et de nourriture pour se loger dans leur hôtel tout confort en plein centre-ville.

Quand on sait dans quelles conditions, et avec quels moyens financiers dérisoires survivent la plupart des civils qui habitent sur le front, et que contrairement à la Russie, l'Allemagne ne s'illustre pas par son aide humanitaire à la population du Donbass, ces cadeaux de la part d'un des garants des accords de Minsk qui ne brille pas par ses déclarations chocs contre les violations répétées de ces mêmes accords par l'Ukraine, donnent au minimum la nausée.

Et quand on apprend que le ministère allemand des Affaires étrangères insiste pour armer cette même MSS de l'OSCE alors qu'il sait que les deux Républiques Populaires s'y opposent, on se demande vraiment à quel jeu joue l'Allemagne. Avant de vouloir armer cette mission et lui offrir des cadeaux déplacés, il serait peut-être bon que l'Allemagne se penche sérieusement sur la qualité du travail de cette mission, et pousse l'OSCE à améliorer ce point qui leur vaut d'être détestée par la population du Donbass.

Sans même parler d'obliger Kiev à appliquer les accords de Minsk. Car sans progrès sur ces deux points, je vois mal ce qui justifierait d'autoriser les observateurs de l'OSCE à être armés.

De même, nous attendons toujours une réaction officielle de l'Allemagne à la déclaration de Kiev annonçant vouloir procéder à des exercices de tirs de fusées dans les couloirs aériens civils criméens et 1er et 2 décembre. Des tirs qui pourraient mettre en danger les vols commerciaux circulant dans les couloirs aériens de Simféropol. Comme si le précédent du MH-17 n'avait pas suffi. Et surtout cet acte prouve le cynisme dont les autorités ukrainiennes font preuve.

 

Au lieu de jouer les pompiers pyromanes en voulant armer et en récompensant des observateurs de l'OSCE peu efficaces et surpayés, l'Allemagne ferait mieux de consacrer son argent à aider ceux qui en ont réellement besoin dans le Donbass et de jouer efficacement son rôle de garant des accords de Minsk, faute de quoi les autorités allemandes devront être considérées comme coresponsables des crimes de guerre de Kiev.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christelle Néant

Points chauds de la ligne de front - Reportage vidéo sur les positions de l’armée de la RPD à Dokouchaevsk


mardi 29 novembre 2016

 

 

À peine quatre jours après que les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) aient bombardé la périphérie de Dokouchaevsk à coups de lance-roquettes multiples Grad, en violation complète des accords de Minsk, endommageant trois maisons, nous sommes venus sur les positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) qui protègent la ville, afin de voir par nous-mêmes la situation sur le terrain.

Comme d'autres points chauds de la ligne de front, Dokouchaevsk et les localités alentour sont désormais fréquemment bombardées. Chaque semaine, le nom de la localité apparaît dans les rapports de situation du ministère de la Défense de la RPD. Les soldats qui défendent cette zone nous ont confirmé qu'ils sont bombardés presque chaque jour, avec toute la panoplie d'armes possibles, allant du lance-grenades automatique aux mortiers et à l'artillerie lourde, en passant par les mitrailleuses lourdes et les véhicules de combat d'infanterie.

Les soldats voient la différence lorsque les positions ukrainiennes sont occupées par des unités régulières des FAU ou lorsqu'elles sont occupées par des bataillons spéciaux (nazis). Si les unités régulières ne bombardent qu'un peu, les bataillons spéciaux, quant à eux, ne respectent absolument pas les accords de Minsk et bombardent ouvertement les positions de l'armée de la RPD ainsi que les quartiers résidentiels civils. Jour et nuit.

« Cela ne change rien, ils agissent comme ils veulent, de plus on sait que les bataillons spéciaux sont arrivés, donc ils s'en fichent tout simplement. Les FAU ne bombardent pas aussi intensivement, mais les bataillons spéciaux... », nous dira le soldat surnommé « Politik ».

Alors que nous étions sur place nous pouvions entendre des bombardements, en plein milieu de la journée. Et l'une des positions sur laquelle nous sommes allés a été bombardée juste après que nous en soyons repartis. Il semble que notre présence (même en petit nombre) a attiré l'attention des troupes ukrainiennes sur cette position. Heureusement, ce bombardement n'a fait aucune victime parmi les soldats qui la tiennent. Ces bombardements aléatoires se poursuivent jour après jour, parfois ponctués de petites attaques et de tentatives de briser les lignes de défense, mais aucune attaque de grande envergure.

Le commandant de l'unité, « Maxime », pense que les FAU ne peuvent pas lancer une attaque d'une telle envergure contre l'armée de la RPD :

« Pas encore, je pense que l'adversaire n'est pas prêt pour une attaque. Ils vont tirer de loin subrepticement, provoquer de petits dégâts, bombarder les positions, mais sans grand effet, c'est la raison pour laquelle ils ne sont pas encore en capacité d'attaquer. »

Une stratégie assez étrange que le commandant commente comme étant des tentatives de provoquer ses troupes afin qu'elles tirent en retour et faire croire que l'armée de la RPD bombarde ses propres positions et les civils de la RPD. Pour lui, ils bombardent délibérément les villes et les villages : « Ils provoquent ainsi comme si nous bombardions nous-mêmes, il y a eu des déclarations disant que nous bombardions nous-mêmes et ensuite tout cela est apparu sur les réseaux sociaux en Ukraine, que nous, les séparatistes, les terroristes, nous relançons la guerre nous-mêmes. En réalité, ce n'est pas vrai. Nous contrôlons nos tirs, donc les bombardements sont strictement interdits. Bien sûr en cas de tentative de l'adversaire pour briser nos défenses, ou en cas d'attaque nous réagissons et tenons le fort. »

 

Suivez-nous sur les positions de l'armée de la RPD à Dokouchaevsk. Vidéo par Jarmo Ekman et Christelle Néant pour l'agence DONi News :

Christelle Néant

Groupe de visiteurs français - « C’est ici dans le Donbass qu’on se bat pour la liberté, et en Occident on les traite de terroristes »

vendredi 25 novembre 2016

 

 

Le programme du troisième jour de visite du groupe français fut totalement bouleversé par l'actualité toujours mouvante du Donbass. Ce jour-là avaient lieu les funérailles du commandant Motorola, assassiné trois jours plus tôt lors d'un attentat à la bombe dans l'ascenseur de son immeuble.

Les visiteurs ont participé à nos côtés à cette cérémonie émouvante, déposant des fleurs près de son cercueil, et se recueillant avec la population rassemblée dans le centre de Donetsk pour dire adieu à l'un des commandants les plus emblématiques et les plus connus de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD).

Ils ont pu constater de leurs yeux le nombre incroyable de simples citoyens qui sont venus rendre hommage à ce héros de la république. Les premiers chiffres approximatifs de 30 000 personnes seront ajustés plus tard à 50 000 personnes au moins qui étaient là pour faire leurs adieux et montrer leur attachement à ce commandant qui était venu pour aider le peuple du Donbass à défendre sa liberté.

Des panneaux avaient été installés en hâte dans le centre-ville avec la photo du commandant Motorola et cette phrase « Les héros ne meurent pas ». C'est justement sur un haut lieu de commémoration des héros tombés pour la défense de la liberté que nous nous rendons immédiatement après les funérailles : la colline de Saur Mogila.

Quel meilleur endroit que cette hauteur, par deux fois l'objet d'intenses combats, et par deux fois reprise au prix fort par des soldats défendant la liberté, pour repenser à tous ceux qui ont, comme le commandant Motorola, sacrifié leur vie pour cet idéal ?

Le mémorial n'est plus qu'un champ de ruines, et pourtant plusieurs fois par an, les gens viennent ici par milliers pour célébrer par exemple la Libération du Donbass en 1943 ou pour les cérémonies de la Victoire de 1945. Les tombes présentes au pied et en haut de la colline sont là pour rappeler que lors de la guerre actuelle, de nouveau, les défenseurs du Donbass ont payé un lourd tribut pour cette liberté qu'ils chérissent tant.

 

« C'est ici dans le Donbass qu'on se bat pour la liberté, et en Occident on les traite de terroristes  », commentera Roxane.

Autant de héros dont les noms et les actes de bravoure resteront à jamais vivants dans les mémoires. Car ici l'histoire n'est pas oubliée ou effacée.

Le peuple du Donbass, comme celui de Russie, cultive et entretient sa mémoire et son histoire, afin que les erreurs du passé ne puissent plus se reproduire.

 

Suivez-nous pour l'interview d'Antoine et de Roxane à l'issue de cette journée riche en émotions, avec leurs commentaires sur l'âme du Donbass, qui sont les véritables terroristes dans cette guerre, le soutien de la population du Donbass envers son armée, et ce que leur voyage leur a apporté déjà au bout des ces trois journées :

Christelle Néant

L’Ukraine saute à pieds joints dans le gouffre : terrorisme d’état contre la Russie et chaos à Kiev pour l’anniversaire du Maïdan

mardi 22 novembre 2016

 

 

La nouvelle qui est tombée hier soir alors que les manifestations des groupuscules nazis ukrainiens dans le centre de Kiev étaient diffusées en direct, semble surréaliste : le SBU (Service de Sécurité Ukrainien) a enlevé deux soldats russes en Crimée avant de leur faire illégalement passer la frontière vers l'Ukraine.

À l'incrédulité première, succède la colère et l'incompréhension devant une provocation aussi débile que suicidaire. Les multiples tentatives infructueuses d'attentats en Crimée par les forces de sécurité ukrainiennes ne semblent plus suffire à Kiev. La volonté russe de ne pas jeter de l'huile sur le feu, et de régler ces tentatives de manière légale en poursuivant simplement les exécutants, ont été prises pour de la faiblesse, et le SBU a donc décider d'aller plus loin dans la bêtise la plus crasse.

«  Le 20 novembre aux environs de 13h00, heure de Moscou, des agents du SBU ont illégalement interpellé et emmené de Crimée en Ukraine, dans l'oblast de Nikolaïev, deux militaires russes : l'adjudant Maxime Odintsov et le sergent Alexandre Baranov  », a déclaré le ministère russe de la Défense.

Les autorités ukrainiennes essayent semble-t-il de fabriquer de toutes pièces une procédure pénale contre ces deux soldats en leur collant sur le dos des crimes imaginaires contre l'Ukraine. Pour ce faire, le ministère russe de la Défense n'exclut pas que le SBU puisse avoir recours à la torture :

«  Il n'est pas exclu, qu'afin d'obtenir les aveux nécessaires, une pression psychologique et physique soit exercée sur les militaires russes. Nous considérons les actions des services de sécurité ukrainiens envers les ressortissants russes comme une brutale provocation et exigeons leur retour immédiat sur le territoire russe  », a déclaré le ministère de la défense.

La patience des autorités russes est grande, mais elle a ses limites. Et à jouer avec cette limite, les autorités ukrainiennes, qui cherchent ainsi à obtenir une intervention armée de la Russie sur son territoire, pourrait bien ne pas aimer du tout la réponse forcément asymétrique que le président russe Vladimir Poutine va leur concocter.

Interrogé sur cet enlèvement, le SBU s'est contenté de commenter l'incident en déclarant que les deux soldats en question étaient auparavant des soldats ukrainiens :

« Il s'agit de deux anciens soldats ukrainiens, qui ont changé d'allégeance  », a déclaré le SBU, sans donné aucun autre détail.

Une excuse bien faible pour justifier un crime pareil, qui s'inscrit dans la droite ligne de la politique de terrorisme d'état pratiqué par les autorités de Kiev mises en place suite au coup d'état du Maïdan.

Un coup d'état qui avait commencé il y a trois ans. Un anniversaire marqué par plusieurs centaines de manifestations dans le centre de Kiev, dont celles des groupuscules nazis comme Azov et Secteur Droit (Pravyi Sektor). Une « Journée de la dignité et de la liberté » qui s'est transformée en affrontements violents entre les manifestants et la police, lors de plusieurs interpellations d'activistes radicaux qui voulaient faire brûler des pneus.

Des violences qui ne se sont pas limitées aux policiers, les manifestants ayant attaqué plusieurs bâtiments du centre-ville dont une succursale de la banque russe Sberbank. Des dégradations pour lesquelles personne n'a été arrêté (tiens donc, pourquoi ?), et qui n'ont heureusement pas fait de victimes.

 

La Russie n'interviendra pas militairement en Ukraine, elle n'offrira pas à l'OTAN le prétexte qu'elle cherche pour déclarer une guerre de grande envergure. Mais la Russie va très certainement laisser l'Ukraine s'enfoncer dans le chaos sans rien faire pour l'arrêter, ou lui donner un coup de pouce pour accélérer le processus, afin de laisser l'Union Européenne goûter aux joies du terrorisme « made in Ukraine » quand celui-ci commencera à sortir de ses frontières pour se répandre sur le continent européen.

À tous les contribuables européens et américains qui payent par leurs impôts ce terrorisme d'état : réveillez-vous avant qu'il ne soit trop tard. Après il ne sera plus temps de crier au loup, lorsque l'Ukraine se comportera avec l'Europe comme elle le fait avec le Donbass ou la Russie.

Christelle Néant

Pluie d’obus ukrainiens sur le Donbass à la veille d’un anniversaire de la révolution du Maïdan à haut risque

dimanche 20 novembre 2016

 

 

Alors que l'anniversaire des deux ans du début de la révolution du Maïdan approche, le nombre de bombardements quotidiens de l'armée ukrainienne sur les deux républiques populaires du Donbass ne cesse d'augmenter. En deux semaines, le nombre de bombardements a doublé, pour atteindre 6467 bombardements en une semaine entre le 12 et le 18 novembre. Des bombardements auxquels il faut ajouter les 1510 bombardements enregistrés entre le 18 et le 19 novembre.

Image d’archive

Et avec 308 obus de mortier ou d'artillerie tirés la nuit dernière entre 18 h et 2 h du matin, les chiffres que le commandant en second de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD), Edouard Bassourine, communiquera en début d'après-midi promettent d'être aussi catastrophiques que les précédents. À cette allure, le mois de novembre sera le pire mois de l'année 2016 en terme de nombre de violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne, dépassant bientôt le triste record du mois d'août de 15 269 bombardements en un mois.

Depuis plusieurs semaines désormais, l'armée ukrainienne ouvre le feu en plein jour, comme le 17 novembre où ils ont tiré au mortier sur l'hôpital N°21 du quartier d'Oktyabrsky à Donetsk, ou hier, où ils ont tiré dès 16 h au mortier sur le petit village de Zaïtsevo, au Nord de Gorlovka, tuant un civil.

L'armée ukrainienne vise aussi délibérément les infrastructures, en violation totale des conventions internationales : hôpitaux, lignes électriques, gazoducs et stations d'épuration. Ainsi cette nuit, les soldats ukrainiens ont détruit les lignes électriques qui alimentaient la station d'épuration située près de Yasinovataya, mettant cette dernière hors service.

Ceux qui espéraient que l'élection de Trump amènerait un changement positif de la situation voient leurs espoirs s'évanouir. Le départ des enquêteurs du FBI et de la CIA de Kiev, s'il annonce peut être un retrait des USA du bourbier ukrainien, semble surtout indiquer que les USA s'attendent à un dérapage incontrôlé de la situation à Kiev et préfèrent mettre leurs agents en sécurité.

Car la dernière rencontre entre Obama, Hollande et Merkel a été claire sur le fait que le président sortant cherche toujours la confrontation avec la Russie, puisque les trois dirigeants se sont mis d'accord pour poursuivre les sanctions contre la Russie. Il semble donc que les néo-conservateurs aient décidé de mettre de l'huile sur le feu pour mettre Trump devant le fait accompli, et empêcher tout rapprochement avec la Russie en faisant dégénérer la situation jusqu'au point de non-retour.

Et quoi de mieux que de rendre la situation en Ukraine totalement incontrôlable, en priant pour que la Russie se décide enfin à intervenir, pour justifier la confrontation tant voulue ? Dans cette optique, l'annonce de la tenue demain de manifestation du Secteur Droit et de l'OUN à Kiev à l'occasion de l'anniversaire de la révolution du Maïdan, et les manifestations de plus en plus fréquentes de la population qui ponctuent la vie quotidienne du centre de la capitale, mais aussi d'autres villes du pays, sont des indices clairs que le gouvernement ukrainien actuel est en train de perdre le contrôle de la situation.

L'ex-gouverneur d'Odessa, Mikhaïl Saakachvili ne s'y est pas trompé lorsqu'il a donné sa démission en sentant le vent tourner. La population ukrainienne se paupérise à vitesse grand V, entre ceux qui reçoivent leur salaire une fois tous les 36 du mois, ceux qui ont été floués lors de la faillite de leur banque, perdant tout ce qu'ils y avaient déposé, et surtout tous ceux pour qui la hausse vertigineuse des prix du gaz, de l'électricité, de l'eau et du chauffage ne leur laisse plus rien pour vivre une fois qu'ils ont payé les factures. Des gens qui ont pu voir à quel point par contre leurs élus s'étaient engraissés depuis qu'ils sont en poste.

Un terreau fertile sur lequel les groupuscules les plus radicaux et les opportunistes comme Ioulia Timochenko peuvent désormais lancer ouvertement leurs appels à renverser Porochenko et son gouvernement.

Une raison qui explique sûrement le regain de tensions sur le front, Porochenko essayant à la fois de distraire la population ukrainienne en relançant la guerre, tout en occupant les groupuscules nazis sur le front afin de les empêcher de rallier massivement Kiev pour exiger sa tête. Mais cette solution n'en est pas une, car à force de jeter de l'huile sur le feu, ce dernier pourrait bien finir par brûler Porochenko et son gouvernement illégitime, qui ne récolte qu'un maigre 1 % de soutien de la part de la population ukrainienne, quand Vladimir Poutine en obtient 84 %.

Si les armées des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk décident de contre attaquer lorsque la coupe sera pleine, une fois l'armée ukrainienne défaite, le gouvernement de Porochenko s'effondrera comme un château de cartes. Ouvrant alors la voie à une solution qui est de plus en plus ouvertement mentionnée, y compris par des officiels occidentaux : la scission de l'Ukraine.

Ainsi, avant-hier, l'ex commandant de l'armée Finlandaise, Gustav Hägglund, a ouvertement déclaré dans une interview à un média finlandais, que pour lui la solution du conflit du Donbass passait par une partition de l'Ukraine. Cette option qui n'était jusqu'ici formulée que par des analystes russes, russophiles, ou ukrainiens, a désormais fait son chemin chez certains officiels occidentaux qui ne veulent pas prendre part à l'hystérie anti-russe ambiante.

La situation dans le Donbass et en Ukraine est désormais entrée dans une phase d'incertitude totale, alors que deux mois nous séparent de l'investiture de Donald Trump. En deux mois beaucoup de choses peuvent arriver, et ces quelques semaines risquent bien d'être à haut risque.

Christelle Néant

Le Sud de la République Populaire de Donetsk toujours sous les bombardements

Vendredi 18 novembre 2016

Le dimanche 13 novembre 2016, nous partons pour le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD) afin de constater par nous-même la situation aux alentours des localités de Bezymennoye et Leninskoye, qui sont régulièrement bombardées par l'armée ukrainienne.


 

Le matin même de notre arrivée, l'armée ukrainienne a bombardé la zone, touchant même le bord de la route principale qui mène à Bezymennoye, et ce alors que la localité se trouve à près de 6 km du front.

Lorsque nous arrivons là-bas en début d'après-midi, aucun observateur de l'OSCE n'est venu constater cette violation flagrante du cessez-le-feu. Nous trouvons donc sur place un grand nombre de fragments de l'obus, qui permettent de l'identifier comme étant un obus d'artillerie de 122 mm ou 152 mm. Des calibres interdits par les accords de Minsk. La plupart de ces éclats sont tranchants comme des lames de rasoir. Imaginez ce que de tels éclats font comme dégâts lorsqu'ils sont projetés sur un corps humain. Une chance que personne ne se trouvait sur cette route au moment où elle a été touchée.

À cause de ces tirs intensifs qui ont eu lieu quelques heures avant notre arrivée, nous ne pourrons pas nous rendre sur la première ligne de défense. Les soldats de l'unité stationnée dans cette zone estiment que ce serait bien trop dangereux.

Nous nous rendons néanmoins dans le village de Leninskoye et dans les villages proches comme Dzerzhynskoye, constater la situation de la population civile dans ces zones quotidiennement bombardées par l'armée ukrainienne. Dans un village, une femme a été tuée et une autre blessée lors du bombardement de la localité, deux jours auparavant.

La femme qui a été blessée ne souhaite pas parler face à la caméra, mais un de ses voisins nous parle de ce qui s'est passé, et rappelle qu'ici vivent principalement des personnes âgées. Il n'y a pas de soldats, pas de positions dans ce petit village du bord de côte. Rien qui justifie les bombardements de l'armée ukrainienne. Des bombardements terroristes dont le but est de faire fuir la population civile.

Le jour de notre venue plusieurs villages de la zone étaient toujours sans électricité, l'armée ukrainienne empêchant par ses bombardements continus les travaux de réparation. À l'heure où j'écris ces lignes, l'électricité a enfin pu être rétablie partout dans la région.

Nous allons ensuite à la rencontre des soldats qui protègent cette zone contre l'armée ukrainienne, sur la deuxième ligne de défense et dans leur caserne. Ils nous confirment, ainsi que leur commandant, que la situation s'est aggravée depuis un mois, et que l'armée ukrainienne a tenté de percer, sans succès, les défenses de l'armée de la RPD.

 

Depuis plus d'un mois, la zone est désormais bombardée quotidiennement aux mortiers et à l'artillerie lourde. Et la nuit dernière n'a pas échappé à la règle. L'extrême Sud de la RPD est devenu comme Yasinovataya et Zaïtsevo, l'un de ces points chaud du front où les tirs ne cessent jamais.

Christelle Néant

L’armée ukrainienne bombarde en plein jour l’hôpital N°21 du quartier d’Oktyabrsky à Donetsk

Jeudi 17 novembre 2016

 

En tout début d'après-midi, l'armée ukrainienne a tiré au mortier sur l'hôpital N°21 du quartier d'Oktyabrsky, situé dans le district de Kouibyshevsky à Donetsk, endommageant la façade et les fenêtres, mais sans faire de victimes d'après les informations préliminaires recueillies sur place.

« À environ 12 h 30, deux obus de mortier ont frappé l'hôpital N°21 du district de Kouibyshevsky à Donetsk, endommageant la façade de l'hôpital et brisant plusieurs vitres, » a déclaré le commandement opérationnel de l'armée de la RPD.

Les autorités de la RPD enquêtent sur l'incident, mais la trajectoire indiquée par le trou laissé par l'un des obus suggère un tir venant du Nord de l'aéroport de Donetsk, où sont stationnées les troupes ukrainiennes.L'hôpital N°21 est proche du front et a été bombardé à plusieurs reprises par l'armée ukrainienne. Ces bombardements avaient entre autre endommagé le toit et les fenêtres. Malgré ces bombardements, l'hôpital continue de fonctionner et aujourd'hui lors de ce bombardement, 80 patients se trouvaient à l'intérieur, y compris des enfants.

 

À l'été 2015, le commissaire européen aux droits de l'homme, Nils Muižnieks, avait visité l'hôpital lors d'une tournée d'inspection spéciale.

Christelle Néant

L’Ukraine poursuit sa fuite en avant suicidaire dans le Donbass alors que la situation internationale se retourne contre elle

 
Mardi 15 novembre 2016

 

 

Avec 5118 bombardements effectués contre la République Populaire de Donetsk (RPD) la semaine passée, un blocage complet de la mise en œuvre des accords de Minsk et une tendance toujours à la hausse de ses bombardements, l'Ukraine semble donc bien avoir décider de jeter la résolution pacifique du conflit à la poubelle.

Dans ce contexte, les entraînements d'avions de combats ukrainiens près de la ligne de front du côté de la République Populaire de Lougansk (RPL), en violation totale des accords de Minsk, et l'accumulation de nouvelles armes lourdes sur l'ensemble du front, font craindre le pire.

 

Les rares baisses du nombre de bombardements sont suivies immédiatement après d'une hausse vertigineuse (l'avant-dernière a été marquée par une hausse de 200 % des bombardements le jour d'après, faisant craindre de nouveaux chiffres en hausse pour demain) :

Et alors que ces bombardements avaient fait deux morts et sept blessés la semaine passée en République Populaire de Donetsk, et un mort et un blessé en République Populaire de Lougansk, deux soldats de la RPD sont morts ces dernières 24 heures, alourdissant le bilan humain. Il faut aussi y ajouter ce jeune Ukrainien de 16 ans, qui est mort, tué par l'armée ukrainienne alors qu'il essayait d'entrer en République Populaire de Donetsk hors des points de passage autorisés.

Des crimes qui se rajoutent à la liste interminable des crimes de l'armée ukrainienne, pour lesquels quatre nouveaux commandants d'unités des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) sont désormais poursuivis par le comité d'enquête russe sur les crimes de guerre de l'armée ukrainienne dans le Donbass, portant actuellement à 14 le nombre de commandants poursuivis, auxquels il faut rajouter plusieurs officiels ukrainiens comme le ministre de la Défense actuel et son prédécesseur.

En parallèle, en République Populaire de Donetsk, Alexander Zakharchenko, a donné les noms de trois des organisateurs de l'assassinat du commandant Motorola, parmi lesquels les chefs du SBU des régions de Donetsk et Lougansk. Une annonce faite quelques jours avant l'arrestation par les services de sécurité de la RPD de six membres du groupe Misanthropic Division à Donetsk. Ce groupe, ouvertement nazi, avait revendiqué l'assassinat de Motorola.

Des crimes contre la population de la RPD auxquels il faut ajouter ceux commis dans la partie du Donbass occupée par l'armée ukrainienne. Ainsi, les résidents de Shirokino se plaignent du maraudage et des vols commis par les soldats de la 36e brigade de marine des FAU dans leurs maisons. Dans la localité d'Orlovskoye, les soldats de la 56e brigade mécanisée ont tué un civil.

Et le commandant de la 92e brigade mécanisée n'a pas réussi à cacher au public le fait qu'un de ses soldats avait violé une mineure dans la localité de Novotroitsk, ce qui a obligé les autorités à lancer des poursuites pénales contre ce soldat (sans cela cette affaire aurait purement et simplement été étouffée comme les nombreuses autres qui ont eu lieu régulièrement dans le Donbass occupé depuis le début du conflit).

À cause de tous les crimes, tortures, viols, vols, arrestations arbitraires et intimidations diverses opérées par les soldats de l'armée ukrainienne venue prétendument libérer le Donbass, il n'y a rien d'étonnant à ce que la population soit de plus en plus remontée contre cette même armée. Un ressentiment qui va jusqu'à la haine, et donne à certains le courage de défier de plus en plus ouvertement les autorités de Kiev.

Ainsi, les résidents de la région de Kherson, près de la frontière avec la Crimée, ont exprimé leurs remerciements à la Russie et à Vladimir Poutine, malgré les menaces reçues par les nationalistes et le SBU, pour le gaz fourni à une localité privée de chauffage et à qui Kiev avait interdit de demander du gaz à la Russie. Refusant de laisser la population mourir de froid cet hiver, la Russie a promis de faire passer du gaz via la péninsule de Crimée jusqu'en mars. C'est déjà la deuxième fois que la Russie vient à la rescousse de cette localité ukrainienne, dont le problème d'approvisionnement en gaz n'a pas été réglé par les autorités ukrainiennes, qui sont prêtes à laisser leur population mourir de froid juste pour rester dans leur posture anti-Russe.

Une posture qui va devenir de plus en plus compliquée à tenir, alors qu'après l'élection de Trump, c'est la Moldavie et la Bulgarie qui viennent d'élire des présidents pro-Russes, qui se sont tous les deux positionnés pour la reconnaissance de la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, et pour la levée des sanctions en ce qui concerne le président bulgare.

Une situation qui n'arrange pas du tout l'Ukraine empêtrée dans une situation interne de plus en plus difficile, et des manifestations à répétition. Ainsi, demain, une manifestation des déposants floués par des banques insolvables est prévue à Kiev. Les autorités ont décidé de fermer une des artères principales et la police et la garde nationale ont été mises en état d'alerte dès aujourd'hui pour assurer la sécurité dans le centre de la capitale. Et le 17 novembre ce sont les syndicats qui comptent défiler avec 50 000 personnes vers la Verkhovna Rada pour demander des hausses de salaire et la baisse des charges communales.

Alors que la hausse des tarifs de chauffage risque de provoquer encore plus de manifestations, les autorités de Kiev ont mis sur pied un comité spécial chargé de gérer ce risque de nouveau Maïdan. Ainsi en cas de manifestations importantes il est prévu d'empêcher les transports de manifestants d'entrer à Kiev, d'empêcher toute installation de tentes dans la ville, et de faire appel si nécessaire à des unités de volontaires (en clair des unités du même genre que les bataillons nazis présents dans le Donbass) pour maintenir l'ordre.

Une situation qui amène de plus en plus de personnes à se dire que l'Ukraine risque bien de sombrer totalement à l'instar de Saakashvili, l'ex-gouverneur d'Odessa, qui a déclaré que le pays était désormais le plus pauvre d'Europe et que s'il continuait sur sa lancée, le pays disparaîtrait bientôt.

Quant au Donbass, de plus en plus de voix se font entendre pour une intégration de ce dernier à la fédération de Russie, comme l'a fait la Crimée il y a deux ans. Ainsi, il y eu cette discussion que Sergeï Chargounov a eu avec le chef de la RPD, Alexander Zakharchenko, durant laquelle ce dernier a exprimé l'attachement du peuple du Donbass à la Russie et son souhait de rentrer à la maison :

« Nous, Russes, nous battons ici pour la troisième année. Ce sont des Russes qui vivent ici et nous voulons retourner à la mère patrie, nous voulons retourner en Russie. »

Suite à cette discussion, Sergueï Chargounov, qui est écrivain et député de la Douma russe, a décidé de proposer une loi permettant aux résident des deux républiques populaire du Donbass de pouvoir recevoir des passeports russes. Si cette loi était votée, cela changerait radicalement la situation des habitants de la RPD et de la RPL, et permettrait de mettre fin au blocus administratif imposé au Donbass par Kiev. Mais ce serait aussi signer la fin de l'Ukraine telle qu'elle existe actuellement, en menant de fait petit à petit à la scission inévitable du pays.

Une scission dont les autorités de Kiev porteront la responsabilité, pour avoir mis en place un blocus de la région, ainsi que pour avoir refusé de négocier et de mettre en œuvre une solution pacifique au conflit dans le Donbass. Décidée manifestement à résoudre ce conflit par la violence, l'Ukraine vient de signer sa mort en tant qu'état.

Christelle Néant

Guerre du Donbass - Entre espoir d’une solution politique et désabusement

Jeudi 10 novembre 2016

 

 

Le 25 octobre 2016, nous étions sur les positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) à Zaïtsevo, ce petit village au Nord de Gorlovka, qui n'a jamais entendu le silence du cessez-le-feu, pourtant promis par les accords de Minsk.

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle américaine était encore en cours, et l'identité du futur président des États-Unis toujours incertaine, nous avons interrogé l'un des soldats de l'unité, surnommé « Rocker », ainsi que le commandant Jelezny, sur la situation quotidienne sur place, mais aussi sur la façon dont ils voient l'évolution future du conflit. Et le moins que l'on puisse dire c'est que ces deux visions sont diamétralement opposées.

 

« Rocker », pense que le conflit se réglera par des moyens politiques, comptant peut-être sur l'élection de Trump pour amener à un rapprochement entre les États-Unis et la Russie, et un apaisement des tensions via une baisse du soutien américain au gouvernement ukrainien actuel. Il parle aussi dans cette interview de la situation quotidienne, des raisons de son engagement et de l'évolution de la compréhension des événements en Ukraine :

Mais malgré cette élection, le blocage complet de la mise en œuvre des accords de Minsk par l'Ukraine est de plus en plus évident. Les bombardements aux armes lourdes se poursuivent à un rythme effréné chaque jour et chaque nuit (encore 224 obus d'artillerie et de mortier lourds ont été tirés la nuit dernière par l'armée ukrainienne et 891 bombardements ont été effectués en tout ces dernières 24 heures).

 

Depuis six jours, le nombre de bombardements quotidien se maintient à des niveaux dangereux, avec en moyenne 800 bombardements par jour :

Et du côté de la résolution politique du conflit, la situation n'est guère meilleure. À Minsk, après avoir essayé de retarder les discussions concernant l'application de la formule Steinmeier (du nom du ministre allemand des Affaires étrangères qui avait proposé cette formule pour faire avancer la mise en œuvre des accords de Minsk), la représentante ukrainienne a fini par avouer que l'Ukraine n'était pas d'accord avec cette formule et refusait de l'appliquer car elle aurait été imposée à l'Ukraine. Une formule pourtant approuvée par Porochenko lors de la réunion au format Normandie.

Cette nouvelle tentative d'échapper à ses obligations de la part de l'Ukraine commence à lasser les représentants des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk à Minsk, mais aussi l'OSCE, qui a décidé d'évaluer le niveau de mise en œuvre des accords de Minsk concernant la sécurité (retrait des armes lourdes et désengagement des forces armées).

 

Ce blocage n'augure rien de bon pour la résolution pacifique du conflit, et habitué de ces sabotages à répétition par l'Ukraine des accords qu'elle a pourtant signés, le commandant Jelezny nous a livré une vision plus sombre de l'avenir de ce conflit, considérant que la résolution pacifique ne marchait pas et que les discussions politiques n'amenaient aucun changement :

Une vision des choses qui ne risque pas d'être améliorée par la façon dont l'Ukraine met en œuvre la démobilisation de ses soldats. En effet malgré la signature du décret de démobilisation de la 6e vague de conscription par Porochenko, les commandants d'unités de l'armée ukrainienne n'en font qu'à leur tête, avec parfois des conséquences désastreuses.

Ainsi dans la 10e brigade d'assaut de montagne, un soldat qui devait être démobilisé s'est adressé à son supérieur afin de quitter l'armée. Le refus brutal de l'officier a dégénéré en bagarre avec le soldat concerné, sur qui il a fini par tirer. Réalisant les conséquences de cet incident, l'officier s'est suicidé.

Et ce ne sont pas les nouvelles venant de Crimée, avec l'arrestation d'un nouveau groupe de saboteurs ukrainiens par le FSB, ni les appels de Savtchenko à Donald Trump, à peine élu, afin que ce dernier renforce les sanctions anti-russes et augmente le soutien militaire à l'Ukraine, qui vont donner l'espoir d'une amélioration des relations entre l'Ukraine et la Russie.

Christelle Néant

L’armée ukrainienne bombarde lourdement la RPD depuis plus de 36 h sur fond d’élections américaines


Mercredi 9 novembre 2016

 

Alors qu'hier les Américains votaient pour choisir leur prochain président, l'armée ukrainienne continuait sa fuite en avant sanglante. Après les 1072 bombardements annoncés hier par Edouard Bassourine pour les 24 heures écoulées, l'armée ukrainienne a poursuivi sur sa lancée en bombardant intensivement la République Populaire de Donetsk (RPD) cette nuit.

 

Rien que pour la période allant de 18 h à 3 h du matin, les soldats ukrainiens ont tiré pas moins de 550 obus d'artillerie et de mortiers, auxquels sont venus s'ajouter des tirs de lance-grenades, de véhicules de combat d'infanterie et d'armes légères. Des tirs qui ont principalement concerné la périphérie de Donetsk, Dokouchaevsk, Gorlovka, Yasinovataya et le district de Telmanovo.

À Zaïtsevo, les tirs n'avaient même pas cessé depuis la veille au soir à 18 h. Ce village située au Nord de Gorlovka et qui n'a jamais connu de véritable trêve, a été pris sous un feu ennemi constant pendant plus de 24 heures. Des tirs qui ont touché au moins trois maisons, dont une a brûlé.

L'armée ukrainienne a ouvert le bal hier après-midi en bombardant à l'artillerie et au mortier de 120 mm le point de passage de Yelenovka alors qu'une file de voitures s'y trouvait pour passer la ligne de front. Heureusement, contrairement à ce qui s'était passé au mois d'avril, il n'y a pas eu de victimes cette fois-ci.

Les automobilistes qui se trouvaient en attente ont été amenés en urgence du côté de la RPD afin de les mettre à l'abri, et la circulation à travers le point de passage a été fermée. Au moins 52 obus de mortier et 10 obus d'artillerie ont été tirés par l'armée ukrainienne sur le point de passage. Un bombardement qui est un crime de guerre supplémentaire qui vient s'ajouter à la liste déjà longue des crimes ukrainiens.

L'armée ukrainienne a ensuite concentré ses tirs sur le Sud de la République Populaire de Donetsk, tirant au mortier et aux véhicules de combat d'infanterie sur les localités de Sakhanka, Leninskoye, Dzerzhinsk et Kominternovo. Des localités qui sont la cible de bombardements intensifs de la part de l'armée ukrainienne depuis plusieurs jours, empêchant la réparation des lignes électriques alimentant plusieurs villages de la zone.

Ces bombardements ont endommagé deux maisons ainsi que des lignes électriques et blessé un civil dans la périphérie Ouest de Donetsk, et endommagé deux immeubles d'habitation à Dokouchaevsk.

Les tirs ont repris ce matin dès 8 h à Yasinovataya, avec au moins 15 obus d'artillerie de 122 mm et de mortier de 120 mm tirés par l'armée ukrainienne. Une zone où les forces spéciales ukrainiennes utilisent des systèmes de brouillage radio pour empêcher les communications téléphoniques mobiles, et donc les appels aux services d'urgence et de lutte contre les incendies. Des méthodes cyniques qui en disent long sur les valeurs défendues par cette armée ukrainienne.

Et ce matin, en pleine visite de la mission de l'OSCE, l'armée ukrainienne a tiré sur le village d'Oktyabr dans le Sud de la RPD avec de l'artillerie de 122 mm et 152 mm. Ces tirs en présence des observateurs de l'OSCE en dit long sur le sentiment d'impunité de l'armée ukrainienne. Nous verrons si l'OSCE va faire son travail et en fera mention dans son rapport publié demain.

Ce regain de violations du cessez-le-feu a lieu alors que débute ce matin une réunion du sous-groupe de contact concernant les questions de sécurité à Minsk. Une réunion qui sera consacrée à la tragédie de Makeyevka du 27 octobre. En prévision de cette réunion, la République Populaire de Donetsk a déjà fourni hier les éléments de preuves incriminant l'armée ukrainienne, démontant l'argument récurrent selon lequel l'armée de la RPD bombarde elle-même sa population.

En tirant ainsi activement sur la ligne de front, l'armée ukrainienne espère des tirs en retour de la part de l'armée de la RPD pour pouvoir l'incriminer ensuite lors de cette réunion, et se défausser ainsi de sa responsabilité dans la tragédie du 27 octobre.

Et de cacher aussi la mort de trois civils dans la zone occupée par l'armée ukrainienne à cause de l'alcoolisme grandissant au sein de ses troupes. Ainsi, dans la nuit du 6 novembre, plusieurs soldats, en état d'ébriété avancée, ont volé un char d'assaut de leur unité, et sont partis avec en direction de la localité de Zarya pour aller faire du shopping nocturne. En route ils ont renversé une voiture civile, dans laquelle se trouvait trois personnes, qui ont toutes succombé à leurs blessures.

L'élection de Trump aux États-Unis, après avoir affolé les bourses mondiales, pourrait bien affoler aussi Kiev. Car contrairement à sa rivale, le nouveau président américain a dit à plusieurs reprises vouloir de bonnes relations avec la Russie. Reste à attendre son investiture le 20 janvier et s'il tiendra ses promesses.

Christelle Néant

Groupe de visiteurs français - La guerre du Donbass

Mercredi 9 novembre 2016

 

Après une première journée passée dans le centre-ville de Donetsk, le groupe de visiteurs français a été visiter la périphérie Ouest de la capitale de la République Populaire de Donetsk (RPD). Une zone soumise chaque jour à de nouveaux bombardements de l'armée ukrainienne.

Nous commençons la visite par le quartier de la gare ferroviaire de Donetsk qui porte encore les stigmates des bombardements qu'elle a subi et qui ont fait plusieurs victimes, entre autre lorsque le marché qui la borde a été touché en pleine journée.

 

Nous poursuivons ensuite vers le quartier de Kievskyi puis celui d'Oktiabrisky près de l'aéroport de Donetsk à présent totalement détruit. Les stigmates des bombardements, dont certains sont récents sont visibles partout : bâtiments détruits ou criblés d'impacts de shrapnels, trous dans les murs, stèles commémorant les nombreuses victimes civiles de ces mêmes bombardements, maisons plus ou moins rasées.

Près de l'aéroport, nous croiserons des habitants survivant au milieu des ruines grâce à quelques poules et chèvres qui paissent au milieu des gravats. Alors que nous sommes en plein journée, des tirs se font entendre au loin.

 

Nous continuons ensuite vers la gare routière, comme l'aéroport elle était flambant neuve, refaite totalement pour l'Euro 2012. La gare a été totalement détruite par des tirs de roquettes Grad. Une gare routière où un grand nombre de gens attendaient leur bus au moment où elle a été frappée par les bombardements. Ce qui reste de ce décor apocalyptique révèle, malgré le temps qui est passé, la panique des passagers essayant de s'enfuir.

« La gare routière ! Si je réalisais un film sur la guerre j’aurais créé ce décor. Regardez les photos et imaginez une seconde qu’elle était bourrée de monde attendant leurs bus ! […] La valise recroquevillée m’a fait beaucoup de mal, j’ai vu trop de films sur la deuxième guerre mondiale », déclarera Vladimir après sa visite.

 

Après une pause rapide dont je profite pour les interroger sur leurs impressions, nous poursuivons notre visite par le district de Petrovskyi, au Sud-Ouest de Donetsk, lui aussi régulièrement bombardé par l'armée ukrainienne. Entre autre le quartier de Troudovskyi, dont les magasins qui sont face à la gare routière ont été totalement détruits par les bombardements, et où un certain nombre de personnes survivent depuis plus de deux ans dans l'abri anti-atomique de la mine, qui a subi elle aussi des milliers de bombardement depuis 2014.

 

L'association des vétérans d'Afghanistan nous guide dans ce district, nous montrant plusieurs monuments commémoratifs de la Seconde Guerre Mondiale, de celle d'Afghanistan, et cette sculpture géante en acier recyclé faite avec des armes venant d'une usine de munitions locale qui attend toujours d'être installée sur son socle du monument dédié aux soldats du district tombés en Afghanistan.

Nous finissons par une visite du musée de la guerre situé dans l'une des écoles du district de Petrovskyi. Un petit musée qui contient des pièces originales de la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi de la guerre d'Afghanistan et du Haut-Karabagh.

À voir ce musée et ce que nous avons visité pendant le reste de cette journée, on a l'impression terrible que l'histoire se répète. Une répétition permise par le silence des médias occidentaux sur la véritable nature du régime ukrainien actuel. Un silence que nos visiteurs ont brisé en venant sur place et qu'ils continueront à combattre maintenant qu'ils sont rentrés en France.

 

Suivez le groupe français lors de sa deuxième journée à Donetsk, et découvrez ses impressions :

Christelle Néant

Ligne directe avec Zakharchenko : Accords de Minsk, escalade du conflit, primaires, format Normandie et bilan des deux ans de sa présidence

Lundi 7 novembre 2016

Le 4 novembre, lors du jour de l'Unité Nationale, qui était aussi l'anniversaire des deux ans de la prise de fonction d'Alexander Zakharchenko en tant que président de la République Populaire de Donetsk (RPD), ce dernier a participé à une ligne directe avec ses concitoyens, répondant aux questions des habitants de la république.


Plusieurs centaines de personnes, ministres, représentants d'administrations et simples citoyens se sont massés dans l'une des salles de conférences de l'hôtel Shakhtar Plaza pour assister à cette ligne directe. Certains citoyens ont quant à eux adressé leurs questions via vidéo conférence.

Le président a répondu ainsi pendant près de deux heures à plus d'une vingtaines de questions allant des accords de Minsk, à la situation sur le front et aux primaires, en passant par des questions concernant de nouveaux logements ou le fonctionnement de certaines lignes de bus.

Plusieurs familles privées de logement suite aux bombardements qui se sont adressées au président se sont vu offrir un appartement afin d'être rapidement relogées. Le président a aussi promis qu'en 2017, la réparation de l'ensemble des routes de la République serait lancée, dans la continuité de la réfection partielle (1 500 km) de cette année.

Concernant la situation sur le front et les accords de Minsk, le président a tenu à rappeler que les accords de Minsk devaient être mis en œuvre :

« Le processus de Minsk est en cours. Un certain nombre de décisions ont été adoptées et qui doivent être mises en œuvre par l'Ukraine et par nous. Le fait que Kiev ne le fasse pas, cela restera sur sa conscience. Nous devons mettre en œuvre ces solutions, sinon nous serons accusés d'avoir brisé les accords de Minsk.  »

C'est d'ailleurs pour respecter ces accords, que les élections ont été reportées à plusieurs reprises :

« Kiev n'ayant pas adopté un certain nombre de lois et de conditions nécessaires pour ces élections, nous avons patienté. Mais cela ne peut pas continuer indéfiniment. En 2017, nous organiserons les élections, soit dans le cadre des accords de Minsk, soit par nous-mêmes. »

Dans ce cadre, les primaires qui ont été organisées le 2 octobre étaient une étape nécessaire afin de contrer certaines accusations récurrentes concernant l'indépendance politique de la république et prouver qu'elle était capable d'organiser de telles élections en toute sécurité :

« Pourquoi les primaires ont-elles eu lieu  ? Comme vous le savez lors des réunions à Minsk nous sommes constamment accusés de ne pas être capables d'organiser des élections par nous-mêmes, de ne pas pouvoir en assurer la sécurité (condition nécessaire pour pouvoir organiser les élections locales dans le cadre des accords de Minsk). Mais nous avons montré que nous sommes capables d'assurer la sécurité par nous-mêmes, sans forces de sécurité extérieures, pour organiser ces élections. Donc les primaires étaient une réponse à ces accusations. »

Mais la mise en œuvre des accords de Minsk ne signifie pas que la RPD va rester les bras croisés pendant que l'Ukraine bombarde son territoire. Rien que lors des quatre premiers jours de novembre, plus de 1000 obus d'artillerie et 600 obus de mortier ont été tirés par l'armée ukrainienne. Zakharchenko a donc averti les commandants et les soldats ukrainiens des inévitables représailles :

« Nous allons réagir. Chaque balle tirée vers nous ne restera pas impunie. Vous devez comprendre que l'armée de la RPD est pleinement capable non seulement de défendre son territoire mais de passer à l'offensive. »

Des tirs intensifs qui n'ont pour but que de maintenir Porochenko à la tête de l'état ukrainien d'après Zakharchenko :

« Poroshenko et la junte de Kiev ne veulent pas la paix. La guerre est leur seul moyen de garder le pouvoir. [...] Poroshenko ne contrôle pas les « bataillons spéciaux » et il ne sait pas quoi en faire : s'ils reviennent à Kiev ils le chasseront. Il a donc besoin de la guerre dans le Donbass. »

Par opposition, le président a aussi tenu à rappeler pour quoi les citoyens de la RPD se battent :

« Certains se battent pour le pétrole, d'autres pour les dollars, d'autres pour le pouvoir, d'autres pour des frontières. Nous nous battons pour l'amour. Parce que nous aimons notre patrie, nos enfants et nos femmes, notre langue et notre histoire.  »

Le président de la République Populaire de Donetsk a aussi évoqué les problèmes posés par la composition actuelle des réunions au format Normandie :

« J'ai déjà dit pendant l'été que le format Normandie actuel est illogique. Par exemple, en Syrie, les deux parties du conflit sont assises à la table des négociations - les représentants du gouvernement et deux des forces d'opposition. L'Ukraine est aussi l'une des parties du conflit, et une partie majeure de ce dernier, puisque c'est l'agresseur, et elle participe au format Normandie pour essayer de régler les problèmes concernant nos terres par elle-même. De manière générale ce n'est pas logique. Nous avons proposé la chose suivante. Soit d'exclure l'Ukraine du format Normandie et ce sera juste un groupe d'intermédiaires – Russie, France, et Allemagne, ou de nous y faire entrer, il y aura alors les deux parties prenantes du conflit et trois intermédiaires. J'ai été très satisfait en entendant le discours de Vladimir Poutine au club de discussion Valdaï, qui a confirmé que j'étais dans le vrai. Je pense que ce problème va devenir particulièrement épineux dans un futur proche et que nous verrons le résultat de cette demande d'ici la fin de l'année. »

À la fin de la réunion, le président a résumé cette dernière ainsi :

« Nous avons enduré beaucoup de choses en deux ans à vos côtés  : les bombardements, les privations, le manque d'eau et de nourriture, d'électricité et de gaz. Mais croyez-moi, en deux ans nous avons fait des choses uniques. Nous avons pris beaucoup de responsabilités, qui ont été remplies depuis deux ans et nous continuons à le faire. Je tiens donc à remercier chacun d'entre vous. »

Note : Ces lignes directes avec le président sont organisées plusieurs fois par an, soit à destination des citoyens de la République Populaire de Donetsk, soit à destination de différentes régions de l'Ukraine, comme celle d'Odessa, de Kramatorsk, de Zaporojié, ou même de Kiev. Les gens peuvent poser leurs questions sur place, via internet ou par téléphone.

Christelle Néant

L’armée ukrainienne se déchaîne contre la RPD et lance une chasse aux sorcières dans le Donbass occupé

Vendredi 4 novembre 2016

 

L'Ukraine semble bien décidée à ne plus calmer le jeu, entre demandes délirantes lors des discussions des groupes de contact à Minsk (comme celle de récupérer Debaltsevo, et cette fameuse mission armée de l'OSCE), et augmentation continue des bombardements à l'artillerie lourde sur les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL).

Soldats de Pravyi Sektor

Ainsi rien que durant la nuit écoulée, l'armée ukrainienne a tiré à l'armement lourd une centaine d'obus de plus que durant les 24 heures précédentes, avec 388 obus d'artillerie de 122 mm et 152 mm et de mortier de 82 mm et 120 mm. Auxquels sont venus s'ajouter des tirs de véhicule de combat d'infanterie, de lance-grenades et d'armes légères.

Bon nombre de ces tirs étaient audibles dans le centre-ville de Donetsk jusqu'à plus de minuit. Ces tirs ont concerné principalement Troudovskyi, Alexandrovka, l'Ouest de Donetsk, la zone industrielle proche de Yasinovataya, le village Spartak au Nord de Donetsk, l'aéroport, Leninskoye, Sakhanka (visé par des tirs de l'armée ukrainienne dès le milieu d'après-midi), et Kominternovo dans le Sud de la République.

En République Populaire de Lougansk, les tirs menés par l'armée ukrainienne depuis la localité de Stanitsa Louganskaya avec des missiles antichars et des lance-grenades, ont fait un blessé parmi les soldats de la RPL.

Pendant ce temps à, dans la partie occupée du Donbass, à Pravdovka, les soldats de Secteur Droit se sont lancés dans une véritable chasse au sorcières parmi la population de la ville constituée à 60-70 % de femmes. La centaine de soldats de cette unité nazie, arrivés le 30 octobre dans la localité, se sont lancés dans des intimidations, menaces armées et mêmes tortures sur la population locale afin de trouver ceux qui soutiennent la République Populaire de Donetsk.

Le genre de méthodes qui ne risque pas d'améliorer la côte de popularité de ces unités, et des autorités ukrainiennes qui les laissent faire, auprès de la population civile.

Christelle Néant

L’Ukraine au bord de l’abîme - Maïdan 3.0 et nouveau bain de sang dans le Donbass en vue


Jeudi 3 novembre 2016

 

Suite aux déclarations publiques de patrimoine des hommes politiques ukrainiens qui ont déclenché l'ire de la population ukrainienne (et à juste titre), des rumeurs de Maïdan 3.0 commencent à circuler sur internet.

 

Alors que l'ensemble de la population ukrainienne se paupérise à vitesse grand V depuis deux ans, les artisans du Maidan s'en sont mis plein les poches. Collections de peintures, antiquités, des flottes gigantesques, de nombreux appartements, maisons de luxe, lingots d'or, bijoux, pierres précieuses, reliques de saints, et grosses quantités de cash, font quelque peu désordre chez ceux qui ont réclamé la tête de Yanoukovitch à cause de sa corruption.

Surtout que parmi ces nouveaux hommes politiques, un certain nombre étaient commandants de bataillons spéciaux, et d'autres tout sauf des millionnaires et des hommes d'affaires comme Porochenko. Ce qui amène obligatoirement les Ukrainiens à se demander d'où leur vient leur soudaine richesse, car ce n'est pas avec leur salaire de député qu'ils pourraient se payer ce qu'ils ont mis dans leur déclaration de patrimoine.

Une déclaration qui a été rendue obligatoire par le FMI pour autoriser les prêts consentis à l'Ukraine. Le FMI ne pouvait pourtant pas ignorer que cela risquait de mettre le feu aux poudres en Ukraine après la hausse vertigineuse des tarifs de l'eau, du gaz et de l'électricité de cette année. Ce qui m'amène à penser que le FMI fait tout pour déboulonner Porochenko et son gouvernement en faisant monter la pression dans la population ukrainienne.

Mais pourquoi ? Porochenko n'est-il pas une bonne marionnette ? Et bien pas assez au goût de Washington semble-t-il, ou en tout cas pas assez au goût des néo-conservateurs américains, qui lui préféraient Iatseniouk, et veulent désormais un prétexte pour déclencher une guerre contre la Russie.

Une fois le décor posé on comprend bien que les tentatives de Porochenko de ménager la chèvre et le chou (et surtout de sauver sa tête) ne cadrent pas avec le plan établi. La guerre dans le Donbass s'est enlisée, rien ne s'est déroulé comme prévu, et maintenant l'heure tourne et les néo-conservateurs ont besoin d'une guerre, et vite.

Et pour çà, quoi de mieux que de provoquer un Maïdan 3.0 à la sauce encore plus nazie que le précédent, avec IatsenioukParoubyi et Avakov à sa tête et Savtchenko comme égérie. Savtchenko qui n'a eu de cesse de critiquer et saper la position de Porochenko depuis sa libération.

Et l'hiver promet d'amener son lot de mécontentement en Ukraine, avec un déficit de stocks de gaz, mais aussi de charbon pour passer l'hiver. Après l'annonce des deux milliards de mètres cubes de gaz manquants, l'Ukraine découvre à présent qu'il va aussi lui manquer un tiers de la quantité de charbon dont elle a besoin pour se chauffer. Alors que le pays a besoin de 3,5 millions de tonnes de charbon, il n'y a que deux millions de tonnes en stock. Et plus assez de temps pour rattraper le retard.

Et après les retraités d'Avdeyevka qui avaient manifesté leur mécontentement contre l'Ukraine, c'est désormais Konstantinovka, une autre ville du Donbass occupé par l'armée ukrainienne, qui donne des signes de rébellion. Des drapeaux ukrainiens et européens y ont été arrachés à plusieurs reprises, montrant que parmi la population il y a des gens qui ne veulent plus rester en Ukraine.

Et ce n'est pas le redéploiement de 
2 000 mercenaires étrangers et d'une centaine de soldats de Pravyi Sektor dans le district de Stanichno-Lougansky, dans la zone occupée de la région de Lougansk, et de mercenaires géorgiens et polonais près de Gorlovka, qui va améliorer l'humeur de la population locale.

Dans ces conditions, l'appel qui a été lancé sur les réseaux sociaux, d'aller manifester le 4 novembre à midi devant la Rada pour protester contre le vote de l'augmentation du salaire des députés, risque vite de rassembler une énorme foule. Une participation importante à laquelle les autorités de Kiev s'attendent, puisque pas moins de 1 300 policiers et soldats de la Garde Nationale ont été mobilisés pour y faire face.

Si ce nouveau coup d'état réussit, la guerre dans le Donbass reprendra immédiatement à grande échelle, semant de nouveau la mort et la destruction dans la région, jusqu'à l’annihilation totale de l'armée ukrainienne et de l'Ukraine elle-même.

Christelle Néant

L’hiver est arrivé et il risque d’être « chaud » dans le Donbass comme en Ukraine


Mercredi 2 novembre 2016

 

Avec 755 violations du cessez-le-feu durant les dernières 24 heures, et 722 le jour d'avant, l'armée ukrainienne continue sur sa lancée sanglante de la semaine dernière. Depuis plusieurs jours, les soldats ukrainiens n'attendent même plus la nuit tombée pour commettre leurs crimes, et bombardent désormais jour et nuit.

 

Ces bombardements à l'artillerie lourde (26 obus de 122 mm et 31 obus de 152 mm), aux mortiers de gros calibre (207 obus de 82 mm et 196 obus de 120 mm), et avec des chars d'assaut (25 tirs) ont encore fait un blessé parmi les civils hier en pleine journée, dans le district de Petrovskyi.

Et la situation ne promet pas de s'arranger avec l'arrivée de nouveaux armements près de la ligne de front. Ainsi près de Gorlovka, les services de renseignement de la République Populaire de Donetsk ont détecté l'arrivée et le déchargement d'un train transportant des pièces d'artillerie automotrices de 122 mm et 152 mm et 20 chars d'assaut.

Du côté de la République Populaire de Lougansk, un autre train d'armement a été détecté, avec là aussi une quarantaine de chars d'assaut et de pièces d'artillerie automotrices, et neuf chars d'assaut sont arrivés dans la zone de responsabilité de la 93e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU).

Des pièces d'armement qui vont permettre à l'armée ukrainienne de continuer ses tirs délibérés contre des cibles civiles. Des crimes de guerre, que la Russie n'entend pas laisser passer sans rien dire ni faire. Après avoir lancé des poursuites pénales contre une première liste de six commandants de l'armée ukrainienne il y a moins d'une semaine, la Russie vient de compléter la liste des accusés avec quatre nouveaux noms.

Ainsi, sont venus s'ajouter cette semaine, le commandant de la 72e brigade motorisée des FAU, le colonel Andrei Sokolov, le commandant de la 93e brigade motorisée, le colonel Vladislav Klochkov, le commandant de la 30e brigade motorisée, Vitaly Yakoubov et le commandant du 1er bataillon de la 14e brigade motorisée, Mikhail Prokopiv.

Ces unités sont connues pour bombarder régulièrement et délibérément des cibles civiles dans les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk.

Et si la justice russe fait son devoir, la justice ukrainienne devrait prendre exemple sur le pays voisin. Car après la publication des déclarations de revenus des hommes politiques ukrainiens, certaines pièces déclarées ont laissé Kirill Koulikov plus que perplexe. L'ancien directeur du bureau ukrainien d'Interpol, a ainsi remarqué dans plusieurs déclarations de députés qui sont aussi d'anciens chefs de bataillons spéciaux des biens matériels hors de prix, qu'il soupçonne avoir été purement et simplement volés dans de riches maisons de la région de Donetsk pendant la soi-disant opération anti-terroriste.

Mr Koulikov a alors publiquement exhorté Mr Matios, le procureur militaire ukrainien, à enquêter sur ces vols potentiels. Des vols qui n'ont rien de nouveau, les bataillons ultra-nationalistes et nazis présents dans le Donbass ont été dénoncés à de multiples reprises pour les pillages systématiques qu'ils pratiquent dans la zone occupée par l'armée ukrainienne. Voitures, téléviseurs, bijoux, mais aussi douches, baignoires, et bien d'autres choses incroyables ont été volées depuis deux ans et demi par ces bataillons spéciaux, sans parler de l'extorsion de fonds pure et simple souvent pratiquée sur les points de passage de la ligne de front contrôlés par ces bataillons.

Et ces bataillons spéciaux ne se limitent pas aux vols et aux extorsions de fonds. Ainsi, après avoir violemment battu des enfants russophones à Kharkov, les soldats de Secteur Droit ont frappé trois civils à Tryokhizbenka, lors d'une manifestation de la population contre la présence de leur bataillon dans cette localité, et la façon dont ils traitent les habitants.

À Avdeyevka, même les pensionnaires de la maison de retraite n'aiment pas les soldats de l'armée ukrainienne, ni l'hymne national ukrainien, et l'ont fait savoir publiquement après la visite d'une violoniste allemande qui a joué l'hymne devant des enfants, qui n'en connaissaient même pas les paroles. Les braves retraités se sont même fendus d'un commentaire courageux sur le fait que « L'Ukraine fait partie de la Russie » (sic).

Et cette exaspération semble gagner de plus en plus l'ensemble de la population ukrainienne. En effet la députée de la Douma russe et ancienne procureure de Crimée, Natalya Poklonskaya, a déclaré récemment qu'elle recevait des courriers d'habitants ukrainiens demandant de les sauver de leur pseudo dirigeant.

L'hiver promet d'être dur pour l'Ukraine, et la population risque bien de se retourner contre Porochenko et sa clique. Les soubresauts à venir décideront du sort du pays, et de celui de la guerre par procuration qui se joue dans le Donbass, entre les États-Unis et la Russie.

Christelle Néant

Un autre mensonge ukrainien démystifié : Le commandant Givi est à Donetsk, en train de défendre sa patrie

Lundi 31 octobre 2016

Il y a quelques jours, les grands médias ukrainiens se sont mis à diffuser des mensonges sur le fait que « l'un des commandants de la République Populaire de Donetsk (RPD), connu sous le surnom de Givi, s'était enfui en Transnistrie. Mikhail Tolstykh avait promis de détruire les villes ukrainiennes et de tuer « un million d'ennemis » pour venger l'assassinat de son ami Motorola, mais maintenant il est en Transnistrie ».

Dans le même temps, les grands médias moldaves ont rapporté que le terroriste de la RPD connu sous le surnom de Givi se cachait en Transnistrie.

Mais la réalité c'est que Givi est actuellement à Donetsk, en train de défendre sa patrie. Vous pouvez vous en assurer en regardant les images faites hier sur la ligne de front. Mikhail Tolstykh et son bataillon Somalie ont reçu la visite du président de la RPD, Alexander Zakharchenko.

Une autre tentative pathétique des menteurs et assassins ukrainiens a échoué.

 

Quoi que les grands médias ukrainiens déclarent, sachez juste que c'est un mensonge. Nos ennemis essayent de discréditer et de diaboliser notre pays, et nos défenseurs depuis le début de la guerre. Mais à chaque fois ils échouent, car l'Ukraine est un pays défaillant. Le soi-disant pays, soutenu par les États-Unis, est utilisé comme un outil dans la lutte contre la Russie. Et il est utilisé comme un consommable dans les mains américaines. L'Ukraine peut tuer, torturer, détruire, mentir et lentement disparaître. Un pays sans avenir. C'est exactement çà.

 

Michael Chin

Images fournies par RenTV http://ren.tv/blog/137732

Note de la traductrice : Le commandant Givi, est originaire d'Illovaïsk et participe au conflit du Donbass du côté de la République Populaire de Donetsk depuis le début de la guerre. Il a participé entre autres aux batailles de Slaviansk, du chaudron d'Illovaïsk, et à la bataille de l'aéroport de Donetsk. Il est devenu célèbre après une vidéo le montrant totalement impassible alors que des éclats de missiles Grad tombent juste à côté de lui. Il est à la tête du bataillon "Somalie", qui est un bataillon tactique blindé.

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Groupe de visiteurs français - Découverte de Donetsk et de son histoire, et visite de l’Université Nationale Technique


Samedi 29 octobre 2016

 

Pour son premier jour en République Populaire de Donetsk, le groupe de visiteurs français a arpenté le centre-ville de Donetsk, découvert l'histoire de la ville, et celle du début du conflit qui a lieu actuellement dans le Donbass, avant de visiter le département français de l'Université Nationale Technique de Donetsk.

Donetsk a beau être une ville relativement jeune, l'histoire de la capitale du Donbass est déjà riche. La ville est fondée en 1869, suite à l'installation d'un centre métallurgique détenu par un homme d'affaires gallois, John James Hughes, qui reçoit l'autorisation d'exploiter les mines de charbon alentours. La ville prend alors le nom de son fondateur et s'appelle Iouzovka. La ville se développera alors au fur et à mesure de l'installation de nouvelles aciéries et mines, et son histoire est donc profondément liée au développement industriel de la région.

 

L'un des symboles les plus connus de la région, la palme de Mertsalov, taillée dans un seul rail de chemin de fer, est d'ailleurs un chef d’œuvre artistique issu du savoir-faire métallurgique de la ville.

En 1924, la ville prend le nom de Stalino. Lors de l'occupation de la ville pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands la rebaptiseront Jusowka. À la libération, la ville reprendra son nom de Stalino, un nom qu'elle abandonnera seulement en 1961 pour prendre le nom qu'on lui connaît aujourd'hui : Donetsk.

Notre guide nous raconte aussi par le menu les événements de 2014. Comment juste après le Maidan, tout est resté calme pendant un mois et demi, seulement marqué par des manifestations pacifiques sur la place Lénine. Puis l'emballement début avril 2014, avec le déplacement des manifestations vers le bâtiment de l'administration régionale, devant lequel les manifestants exigent du gouvernement local d'être entendus. Leur demande, adressée le samedi 5 avril 2014 ne reçoit pas de réponse à cause du week-end.

Exaspérés de n'être entendus ni de Kiev, ni du gouvernement régional, les manifestants investissent alors le bâtiment le 6 avril 2014 sans rencontrer de résistance. Le lundi 7 avril 2014, l'indépendance de la République Populaire de Donetsk est proclamée depuis le balcon de ce bâtiment, scellant définitivement le destin de la région. Des barricades sont dressées à la va vite avec des sacs de sable, des pneus et toute sorte de matériaux trouvés pour se défendre contre la réaction attendue de Kiev, alors que la population lance la préparation du référendum pour l'indépendance qui aura lieu le 11 mai 2014.

Une réaction armée ukrainienne qui sera sans commune mesure comparée à ces barricades improvisées, et qui déclenchera la guerre du Donbass qui dure désormais depuis plus de deux ans et a déjà fait des dizaines de milliers de morts.

 

Les bombardements du centre-ville de Donetsk ont laissé des traces encore visibles à certains endroits près de l'Avenue Pouchkine, et sur le campus de l'Université Nationale Technique de Donetsk, qui a été touché à une dizaine de reprises. Des bombardements qui ont fait des victimes parmi le personnel, et ont failli coûter la vie à l'un des recteurs. Un crime de guerre de plus sur le tableau de Kiev qui ne pouvait ignorer que ce campus était une zone purement civile, où aucune installation militaire ne se trouvait.

Malgré la guerre, l'université continue de fonctionner, et le département français arrive à maintenir des contacts avec les universités françaises avec lesquelles il collaborait avant la guerre. Grâce à ce département, les étudiants de certaines des spécialités de l'Université Nationale Technique, suivent des cours en français et peuvent participer à des programmes d'échanges d'étudiants avec des universités françaises. Malgré la guerre, et la non reconnaissance de la République Populaire de Donetsk, 18 étudiants de l'université de Donetsk ont encore réussi à aller faire leurs stages de fin d'étude en France durant l'année écoulée, dont trois doctorants.

L'un des professeurs de ce département, dans un français presque parfait, dit espérer que la situation s'arrangera afin que plus d'étudiants puissent participer à nouveau à ces échanges. En attendant que cet espoir se réalise, l'université continue sans relâche de former les futurs ingénieurs de la république.

 

Suivez le groupe français lors de sa première journée à Donetsk :

Christelle Néant

Deux civils tués et sept blessés à Makeyevka lors d’un nouveau bombardement criminel de l’armée ukrainienne

 
Vendredi 28 octobre 2016

La nuit était à peine tombée sur Donetsk que l'armée ukrainienne a commencé ses bombardements quotidiens à l'armement lourd. Des tirs audibles depuis le centre-ville de Donetsk.

 

En pleine soirée la nouvelle tombe : l'armée ukrainienne vient de bombarder les quartiers résidentiels Nord de Makeyevka, faisant plusieurs victimes. Le premier bilan de un mort et un blessé, s'alourdit très rapidement à deux morts et sept blessés. Sept habitations ont aussi été endommagées.

Deux immeubles voisins ont été touchés par un tir direct qui a éventré les appartements, détruisant aussi la cage d'escalier de l'un des bâtiments. Devant l'un des immeubles, des personnes âgées en état de choc et furieuses contre Porochenko et le gouvernement ukrainien. L'une d'elle n'a pas de mots assez durs contre le soi-disant président ukrainien, et exprime violemment sa colère contre lui, demandant pourquoi l'armée ukrainienne leur fait subir cela.

Devant l'autre immeuble, une flaque de sang indique où l'une des deux victimes des bombardements aveugles de cette nuit est tombée.

Les tirs ont aussi touché l'alimentation électrique d'une mine voisine, obligeant les mineurs à remonter en urgence.

Les impacts sur les façades des immeubles laissent peu de doute sur l'origine des bombardements et semblent indiquer des tirs venant de la localité de Berkhnetoretskoe, à 13 km de là, où se trouve l'armée ukrainienne. Une telle distance implique nécessairement l'utilisation d'armement lourd, très certainement de l'artillerie de 122 mm ou 152 mm.

 

 

Cette zone est une zone purement résidentielle, les positions de l'armée de la RPD les plus proches sont à 11 km. Il s'agit donc bien d'un crime de guerre délibéré de la part de l'armée ukrainienne contre la population civile du Donbass.

 

Suite à ces bombardements, la RPD a convoqué une réunion extraordinaire du groupe de contact à Minsk via vidéo conférence.

Christelle Néant

La Russie lance des poursuites pénales contre six commandants de l’armée ukrainienne pour le bombardement des civils du Donbass

 
Mercredi 26 octobre 2016

 

Début septembre, la Russie avait annoncé avoir lancé des procédures judiciaires concernant les crimes commis dans le Donbass par l'armée et le gouvernement ukrainiens. L'ONU, la CEDH, et l'OSCE ne faisant pas leur travail correctement pour punir les responsables des crimes de guerre et du génocide en cours dans le Donbass, les autorités russes avaient donc lancé leurs propres enquêtes et procédures judiciaires contre les responsables de ce massacre, sous les charges de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, entre autres.

 

Cette procédure judiciaire avait déjà établi en septembre une génocide contre les habitants du Donbass, y compris des enfants. Cette liste comprenait les responsables passés et actuels du ministère de la Défense et de la garde nationale de l'Ukraine, y compris le ministre de la Défense Stepan Poltorak, le chef de l'état-major ukrainien Viktor Muzhenko, l'ancien commandant des forces terrestres Anatoly Poushnyakov, l'actuel commandant des forces terrestres Serguei Popko, et le commandant de la garde nationale Youri Allerov.

D'après les enquêteurs, « De janvier à août 2016, tous ont donné des ordres criminels à leurs subordonnés au sein des forces armées ukrainiennes et de la garde nationale ukrainienne d'utiliser de l'armement lourd, très dévastateur, pour détruire les infrastructures et les quartiers résidentiels de la République Populaire de Donetsk, ainsi que pour liquider totalement ou partiellement les russophones, y compris les enfants. »

L'enquête avançant, le comité d'enquête russe a ouvert de nouvelles poursuites contre six commandants des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) complices de bombardements de civils dans le Donbass.

« Le département principal d'enquête sur les crimes liés à l'utilisation de méthodes et de moyens de guerre interdits du comité d'enquête russe a identifié les commandants d'unités des forces armées ukrainiennes qui ont soumis les infrastructures et les civils du Sud-Est de l'Ukraine à des tirs d'artillerie, » a déclaré à TASS la porte-parole par intérim du comité d'enquête, Svetlana Petrenko.

Suite à cela, des poursuites pénales ont été lancées contre le commandant de la 57e brigade motorisée des FAU, le colonel Sergei Sirchenko, le commandant du 17e bataillon de la 57ebrigade motorisée des FAU, le lieutenant-colonel Alexander Shcherbinine, le commandant de la 10e brigade d'assaut de montagne des FAU, le lieutenant-colonel Vasily Zoubanich, le commandant de la 55e brigade d'artillerie des FAU, le colonel Sergei Brousov, le commandant de la 30e brigade mécanisée des FAU, le lieutenant-colonel Ivan Garaz, le commandant du bataillon d'artillerie de la 30e brigade mécanisée, le major Sergei Martsenyouk, ainsi que contre des personnes non identifiées dans ces unités, a déclaré la porte-parole.

Ces commandants sont poursuivis pour avoir commis des crimes, tel que stipulé dans la partie 1 de l'article 356 du code pénal russe, sur l'utilisation de méthodes et de moyens de guerre interdits.

« L'enquête estime que dans tous les cas les soldats ukrainiens ont agi en violation des dispositions du droit international, qui garantissent le respect et la protection des droits de la population civile lors des conflits armés ne présentant pas un caractère international », - a déclaré la porte-parole.

Actuellement, l'enquête et les recherches visent à établir toutes les circonstances des crimes commis. Et nul ne doute que d'autres noms viendront s'ajouter au fil des semaines et des mois.

Ces poursuites pénales ne peuvent bien sûr pas aboutir tant que l'Ukraine est soutenue par les États-Unis et l'Union Européenne. Mais rien n'est immuable, et la situation pourrait totalement changer bien plus vite que ces criminels, actuellement impunis, ne le pensent.

Dans leur vision à long terme de l'évolution du monde, les Russes préparent déjà via cette enquête, un futur procès pénal international, dans la droite ligne du procès de Nuremberg. Un procès qui mettra tous les responsables du génocide du Donbass face à leurs crimes, et qui fera justice pour toutes les victimes civiles innocentes de cette guerre.

Christelle Néant

Le député de la Rada et créateur du site Mirotvorets confirme l’ordre de tuer Graham Phillips

Mardi 25 octobre 2016

 

Le créateur et soutien du site Mirotvorets, Anton Geraschenko, a confirmé le message cryptique posté sur les réseaux sociaux, dans lequel une récompense est offerte pour le meurtre du journaliste Graham Phillips.

 

Le député de la Verkhovna Rada ukrainienne, Anton Geraschenko, qui supervise les activités du fameux site scandaleux Mirotvorets, a confirmé l'information selon laquelle sur la page du projet sur les réseaux sociaux, une demande a été postée pour le meurtre ou la capture du fameux journaliste britannique Graham Phillips.

 

Sur Facebook, Geraschenko a exprimé sa satisfaction concernant le fait que l'équipe de Mirotvorets continue de traquer les journalistes étrangers qui « font des reportages sur la situation dans les territoires du Donbass temporairement occupés par la Russie ».

« Cette fois, leur cible (de Mirotvorets) est connu pour son « objectivité » et son « impartialité » – le journaliste britto-russe Graham Phillips,  » a écrit le député de la Verkhovna Rada.

StalkerZone / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Escalade dans le Donbass - Les accords de Minsk sont en phase terminale

Lundi 24 octobre 2016

 

Avec 3161 violations du cessez-le-feu durant la semaine écoulée, dont 2477 avec des armes lourdes, et l'assassinat du commandant Motorola dimanche dernier, l'Ukraine semble bien décidée à poursuivre sur sa logique guerrière pour résoudre le conflit dans le Donbass au lieu d'appliquer les accords de Minsk.

 

Cette escalade continue de la situation, qui a vu le nombre de bombardements augmenter de 133 % en deux semaines, a fait 12 morts et 14 blessés (dont cinq civils) dans la République Populaire de Donetsk (RPD) rien que durant la semaine écoulée.

Côté ukrainien, les chiffres sont encore pires. En 10 jours, l'armée ukrainienne a eu au moins 40 morts et 100 blessés, rien que dans la partie Sud du front, lors d'attaques contre les positions de l'armée de la RPD.

À ces pertes il faut ajouter les 45 pertes hors combat de la semaine écoulée, dont 14 morts, principalement dus à une mauvaise manipulation des armes et des tirs amis, et les 25 pertes du régiment Azov qui cherche de nouveaux volontaires pour les remplacer.

Dans le même temps, Kiev a envoyé 80 mercenaires français et italiens à Kramatorsk, et ils seront certainement bientôt sur le front pour remplacer les soldats ukrainiens morts récemment. Faute d'arriver à mobiliser sa population, de gré ou de force, l'Ukraine en est réduite à faire venir des mercenaires étrangers, en violation totale des accords de Minsk.

À Kiev, Vitaly Koupry, député de la Rada, a appelé à faire du Donbass un enfer afin d'en faire fuir les habitants à l'antenne de la chaîne 1+1 (je rappelle à ce monsieur que ceci n'est ni plus ni moins qu'un appel à commettre un génocide et un crime de guerre), montrant une fois de plus le véritable visage du pouvoir à Kiev.

Un pouvoir qui s'appuie toujours grandement sur les groupuscules et bataillons nazis, comme Secteur Droit qui a violemment battu des enfants à Kharkov, pour le seul fait de parler russe. Certains ont eu des côtes ou la mâchoire cassée. La police n'a bien sûr fait aucun commentaire et ne semble pas très pressée de faire son travail pour retrouver et punir les auteurs de cette attaque.

Il faut dire que lorsque le site Mirotvorets, ouvertement soutenu par le SBU et un député ukrainien (Anton Gerashenko), appelle de manière à peine déguisée à tuer, capturer ou blesser le journaliste Graham Phillips pour le simple fait d'être du côté du Donbass, le tout contre rémunération (2000 $ mort, 1000 $ blessé), sans qu'aucune sanction ne soit prise par les autorités, on comprend qu'en Ukraine la loi n'est plus qu'un vain mot.

Car après que plusieurs journalistes aient été tués en Ukraine, appeler ainsi publiquement en assassiner un, montre l'impunité qui règne en Ukraine pour ceux qui font taire les dissidents. L'occasion pour la communauté internationale de se couvrir un peu plus de honte en gardant le silence.

Et ce n'est pas la réunion au format Normandie qui a eu lieu à Berlin le 19 octobre qui va améliorer la situation. En effet cette rencontre a accouché d'un pis-aller.

Les différentes parties n'ayant réussi à se mettre d'accord sur rien, ou presque, une feuille de route a été brandie comme « résultat » de cette réunion afin de sauver la face. Car les accords de Minsk étaient déjà une feuille de route pour la résolution pacifique du conflit dans le Donbass, alors créer une feuille de route pour mettre en œuvre la feuille de route qui n'a toujours pas été appliquée, c'est le serpent qui se mord la queue. Sans volonté réelle de Kiev de mettre en œuvre ce qui a été signé, cette feuille de route restera aussi inutile que les accords de Minsk qu'elle est censée aider à mettre en œuvre.

Depuis cette réunion, l'escalade se poursuit avec 446 violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne, et deux blessés de plus parmi les civils durant les dernières 24 heures. Et dans les discours de la Russie comme de la République Populaire de Donetsk, l'exaspération et la colère se font sentir de plus en plus.

Leur patience a atteint ses limites, malgré tous leurs efforts pour ne pas envenimer la situation, et c'est bien là que se situe le danger non seulement pour l'Ukraine mais aussi pour le reste du monde.

Christelle Néant

Député ukrainien : Rendons la vie insupportable dans le Donbass, et faisons de Donetsk un désert

Dimanche 23 octobre 2016

 

L'Ukraine devrait utiliser l'expérience du blocus de la Transnistrie et essayer de créer des conditions de vie intolérables dans le Donbass, afin de forcer la population de Donetsk et de Lougansk à quitter progressivement ces villes, a déclaré le député de la Verkhovna Rada, Vitaly Koupry, à l'antenne lors de l'émission télévisée « Temps pour le pouvoir ».

Survie dans les abris anti-bombardement

Photo d’archive

D'après lui, les autorités ukrainiennes devraient totalement bloquer le Donbass, afin que la vie y soit insupportable et que la population locale quitte la région.

« Souvenez-vous de la Transnistrie, combien de personnes vivaient là ? 800 000, et seulement 200 000 sont restées- la population a été divisée par quatre. La population active, pro-russe, a quitté [le pays]. Vous comprenez ce que je veux dire ? Si nous le faisons bien, en prenant des mesures efficaces, en cessant le commerce et en introduisant un blocus, il ne restera pas deux millions de personnes ici. En Ukraine, nous soutiendrons tout ceux qui en ont besoin, et il restera seulement les écervelés,  » a déclaré Koupry.

Note de la traductrice : Ce genre de méthode porte un nom - tentative de génocide et crime de guerre. Il est effarant de constater que ce genre d'idée puisse être évoquée publiquement à la télévision ukrainienne sans que cela ne déclenche un torrent de protestations aussi bien internationales que nationales. Le terrorisme d'état a encore de beaux jours devant lui en Ukraine.

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Plus de 50 000 habitants du Donbass sont venus à Donetsk faire leurs adieux à Motorola

Jeudi 20 octobre 2016

 

 

Ce matin, plus de 50 000 personnes se sont rassemblées au centre de Donetsk pour faire leurs adieux au héros de la République Populaire de Donetsk (RPD), Arsen Pavlov, plus connu sous le surnom de Motorola, qui a été assassiné le 16 octobre 2016.

La cérémonie d'adieu a commencé à 10 h dans le théâtre académique d'opéra et de ballet de Donetsk. Pendant près de deux heures les habitants se sont massés pour venir déposer des fleurs près du cercueil placé dans le hall du théâtre. Le président de la RPD, Alexander Zakharchenko et la ministre des affaires étrangères par intérim, Natalya Nikonorova, ont fait leurs adieux avant la cérémonie officielle.

Afin que la foule immense puisse dire adieu au héros de la République, la police avait fermé totalement la rue Artioma à la circulation.

« La tragédie a uni les gens. Si Kiev voulait nous briser, ils ont échoué. Les gens se sont rassemblés, le grand nombre de personnes qui sont venus aujourd'hui le prouve, » a déclaré le commandant en second du commandement opérationnel de la RPD, Édouard Bassourine, lors de la cérémonie.

La procession funéraire en mémoire du colonel des forces armées républicaines et héros de la RPD, Arsen Pavlov constituée d'environ 50 000 personnes s'étirait sur plusieurs kilomètres, remplissant la place Lénine et les rues adjacentes.

Lors de la sortie du cercueil, la foule a crié « Gloire au héros ! » puis a tenu à remercier le commandant Motorola pour son sacrifice avant de crier « Nous n'oublierons pas ! Nous ne pardonnerons pas !  ». Les habitants, très touchés par la mort de leur héros ont spontanément recouvert le camion et le canon portant le cercueil de fleurs, faisant passer les bouquets de main en main jusqu'à ce dernier.

« Aujourd'hui nous avons dit adieu à notre ami et soldat, l'un des commandants les plus charismatiques, Arsen Pavlov. Des dizaines de milliers d'habitants de la RPD de toutes les villes et villages de notre pays sont venus témoigner de leur respect au héros de la RPD. La mort du commandant Motorola est devenue notre douleur collective,  » a déclaré Bassourine.

La colonne était menée par les soldats des forces armées de la République Populaire de Donetsk portant le portrait de Motorola, ses médailles et une croix orthodoxe, suivis du camion tractant le canon sur l'affût duquel le cercueil du commandant avait été placé.

 

Le commandant Motorola dirigeait le bataillon Sparta, et était devenu célèbre suite à la bataille de l'aéroport de Donetsk qui s'est soldée par une victoire de l'armée de la RPD. Sa bravoure et son courage au combat n'étaient plus à prouver, et lui avaient valu d'être décoré du titre de « Héros de la République Populaire de Donetsk  ». Il était marié et avait deux enfants, dont le dernier a à peine quelques semaines.

Christelle Néant

Le commandant « Motorola », assassiné à Donetsk

Mardi 18 octobre 2016

Arsen Pavlov, commandant du bataillon Sparta, est mort des suites d'une explosion qui a eu lieu dans l'ascenseur de son immeuble.

 

L'un des commandants des défenseurs du Donbass, Arsen Pavlov, devenu célèbre sous le nom de code "Motorola", a été assassiné à Donetsk. Cette information a été confirmée par les autorités de la République Populaire de Donetsk.

Une explosion a eu lieu dans l'ascenseur de l'immeuble où Motorola vivait, très probablement un attentat. La RPD a déclaré qu'un groupe de diversion et de sabotage ukrainien pourrait en être à l'origine.

Le lieu de l'explosion a été immédiatement bouclé. Les enquêteurs sont déjà au travail, et les assassins présumés ont été mis sur la liste des personnes recherchées.

Précédemment, une explosion avait été rapportée au mois de juillet comme étant potentiellement un autre attentat visant à liquider Motorola. L'explosion avait eu lieu près de l'hôpital où le commandant de l'armée de la RPD était soigné. Néanmoins, à l'époque, Motorola avait déclaré qu'il y avait peu de chances qu'il ait été la cible principale des criminels.

Agence DONi News / Traduction depuis l'anglais par Christelle Néant

Quand France 24 bidonne totalement un reportage sur le Donbass - Falsifications et mauvaise foi au menu

Dimanche 16 octobre 2016

 

 

Après la chaîne allemande ZDF qui s'était faite attraper les deux mains dans le pot de confiture après avoir monté de toute pièce, nous pensions tous que ce genre de méthodes seraient remisées au placard après que la réputation de la chaîne de télévision ait souffert de ce manquement grave aux règles déontologiques journalistiques de base.

Eh bien non. Toujours plus loin, toujours plus haut, surtout dans la bêtise, la chaîne française France 24, via sa « journaliste » Elena Volochine, a réussi à se hisser au même niveau de désinformation que son homologue allemande, avec son reportage intitulé « Donetsk, une "république" sous perfusion  », diffusé hier.

J'ai croisé Elena Volochine à Zaïtsevo lors d'un reportage sur les positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk, le 8 juillet 2016. Trois mois. Il lui a fallu tout ce temps pour sortir son reportage, et quand on regarde ce dernier en ayant toutes les informations en main, on comprend pourquoi.

Conversation créée de toute pièce en trafiquant le matériel audio enregistré ce jour-là, mensonges éhontés et omissions en tout genre émaillent cette vidéo de désinformation digne des plus grands propagandistes.

Le tout en mêlant notre agence de presse DONi, à ces mensonges, en essayant de nous faire passer pour des contrefacteurs et des metteurs en scène de reportages bidons.

 

J'ai donc décidé de montrer via quelques scènes les plus emblématiques pourquoi cette vidéo est un tissu de mensonges. Suivez-moi pour une démystification en règle :