Afghanistan: 9 morts dans un attentat contre la résidence du gouverneur de Kandahar
Au moins neuf personnes ont été tuées mardi 10 janvier au soir dans un attentat visant la résidence du gouverneur de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. En début de soirée, la résidence du gouverneur de Kandahar, la grande métropole du sud proche du Pakistan, a été visée par des explosions qui ont fait selon les bilans disponibles de neuf à douze morts et autant de blessés. « Neuf personnes ont été tuées », selon le porte-parole de la province, cité par la télévision locale Tolo News. De son côté, le puissant chef de la police provinciale, Abdul Raziq a avancé à l'AFP un bilan de « douze personnes blessées et autant de tuées ». Selon lui, le gouverneur et plusieurs de ses hôtes dont l'ambassadeur des Emirats Arabes Unis en Afghanistan "ont été légèrement blessés ». « Les explosifs avaient été placés dans les canapés et ont détonné pendant le diner » a-t-il précisé.  Le ministère émirati des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué que son représentant en Afghanistan « Juma al-Kaabi et d'autres diplomates émiratis (avaient) été blessés dans une attaque terroriste contre la résidence du gouverneur de Kandahar ».


Qui a tué les cinq diplomates émiratis morts en Afghanistan?

Le 10 janvier a été un mardi noir pour l’Afghanistan qui a vécu ce jour-là un double attentat à Kaboul, revendiqué par les talibans, et un autre à Kandahar que personne n’a revendiqué, les deux attaques ayant emporté plus de 50 vies, dont celles de cinq diplomates émiratis. Venus en Afghanistan pour réaliser des projets éducatifs et humanitaires, cinq diplomates émiratis ont été victimes d'un attentat, perpétré cette fois à Kandahar, dans le sud du pays. Un deuil national de trois jours a été décrété aux Émirats arabes unis.

Les talibans ont formellement nié toute implication dans l'attentat de Kandahar, bien qu'ils aient revendiqué sans hésiter celui de Kaboul qui avait tué ce jour même plus de 50 personnes. Selon les talibans, l'explosion à Kandahar est le résultat des rivalités intestines entre les autorités locales, et les experts ne l'excluent pas non plus, mais se perdent toutefois dans des conjectures. « Je pense que les talibans doivent nier en bloc toute implication dans cet attentat, le Pakistan n'admettant en aucun cas que les talibans revendiquent cette explosion. Il ne l'admettra pas pour ne pas provoquer la colère des Émirats qui pourrait déclarer les talibans leurs ennemis (…) Quoi qu'il en soit, le renseignement pakistanais et les talibans auraient pu par cette explosion mettre en garde les Émirats contre le refus de payer le tribut », a déclaré à Sputnik l'ancien vice-ministre afghan de l'Intérieur Abdoul Hadi Khaleed. Et de concéder toutefois que les talibans avaient des possibilités réduites pour enrôler des exécutants pour une opération aussi compliquée qu'une explosion dans la résidence du gouverneur de Kandahar. « La guerre se poursuit effectivement en Afghanistan, et des rivalités dans la lutte pour le pouvoir déchirent le pays (…) Dans le cas qui nous occupe, il y a eu sans doute des agents recrutés par des services secrets très professionnels, et je ne vois pas dans la région d'autres services spéciaux de ce niveau à part ceux du Pakistan », a estimé l'interlocuteur de l'agence. Selon le général, les autres services spéciaux présents dans la région n'ont ni le professionnalisme nécessaire ni même la cruauté requise pour perpétrer un crime aussi sordide. Mardi soir, une violente explosion dans la résidence du gouverneur de Kandahar a fait au moins 13 morts et à peu près autant de blessés, dont le gouverneur et l'ambassadeur émirati en Afghanistan. Cinq diplomates émiratis figurent parmi les victimes de l'attentat. Selon la police locale, les explosifs avaient été placés dans les canapés et ont détonné pendant le dîner, de sorte que certaines victimes, totalement brûlées, n'ont pu être identifiées.

Nouvelles victimes parmi les civils suite à des frappes US en Afghanistan
22.12.2016

Des frappes aériennes effectuées par les États-Unis et l’Afghanistan dans la province d’Orozgân ont coûté la vie à des civils. Un député de la chambre haute du parlement iranien l’a fait savoir dans une interview accordée à Sputnik.

Abdullah Barakzay, député de la chambre haute du parlement de l'Iran, a souligné que dimanche dernier, dans le quartier Nachin Voleh, à proximité de la ville de Tarinkot, qui se trouve dans la province d'Orozgân, des avions ont effectué des frappes aériennes sur un mariage. En pleine fête, les avions militaires ont bombardé la voiture de la fiancée. « Nous fêtions le mariage. Nous roulions lorsque des avions sont apparus et nous ont ciblés. Le conducteur de la voiture est décédé, mon fils et la fiancée ont été blessés », raconte un parent de victime cité par les médias afghans. Les parents des victimes exigent que le gouvernement trouve les assassins et les traduise en justice. « La veille, dans l'après-midi, vers 17 heures, on a reçu cinq blessés du quartier de Nachin qui a été frappé par les forces armées de l'Afghanistan », a déclaré Aminullah Touhi, directeur de l'hôpital du quartier de Hanka Voleh dans la ville de Tarinkot.

Le commandement des forces de sécurité d'Orozgân a refusé de commenter l'incident à Sputnik se justifiant par sa méconnaissance des faits. Depuis quelques jours, des opérations de combat sont en cours dans la province d'Orozgân, effectuées par les forces afghanes avec la participation de moyens aériens.

L’Afghanistan et l’Irak:

C’est la même guerre

Il y a quatre ans, les États-Unis et la Grande-Bretagne déclaraient la guerre à l’Irak, pays du tiers monde pratiquement sans défense, dont la superficie représente à peine la moitié de la Saskatchewan.

Pendant les douze années qui ont précédé l’invasion et l’occupation de son territoire, l’Irak avait été la cible de bombardements américains et britanniques quasi hebdomadaires et des sanctions économiques les plus sévères de l’histoire, dont les « premières victimes » avaient été, au dire du Secrétaire général de l’ONU, « les femmes et les enfants, les pauvres et les malades ». Selon l’UNICEF, un demi-million d’enfants sont morts de faim et de maladie à cause de ces sanctions.

En mars 2003, les États-Unis et la Grande-Bretagne – qui possèdent à eux deux encore plus d’armes de destruction massive que tous les autres pays réunis – ont attaqué l’Iraq sous toutes sortes de prétextes fallacieux, avec des missiles de croisière, des bombes au napalm et au phosphore blanc, des bombes à fragmentation et anti-blockhaus, et des munitions à uranium appauvri (armes UA).

Selon une étude publiée l’an dernier dans la revue médicale britannique The Lancet, la guerre en Irak aurait fait 655 000 victimes depuis 2003, chiffre époustouflant que les gouvernements américain et britannique sont prompts à réfuter alors que la méthodologie utilisée est validée par bon nombre de scientifiques (y compris le principal conseiller scientifique du gouvernement britannique).

Le 11 avril 2007, la Croix Rouge a publié un rapport intitulé : « Civils sans protection – Aggravation de la crise humanitaire en Irak », où les auteurs décrivent « d’incroyables souffrances » et lancent un appel « urgent » pour « que soit respecté le droit humanitaire international ». Andrew White, pasteur de l’Église anglicane à Bagdad, a même ajouté que « la réalité est cent fois pire que ce que l’on voit sur les écrans de télévision…».

Selon l’ONU, deux millions d’Irakiens auraient été « déplacés à l’intérieur du pays », et deux millions se seraient enfuis, notamment vers la Syrie et la Jordanie, créant une surcharge considérable pour les infrastructures des pays d’accueil.

Une attaque comme celle qui a été lancée contre l’Irak, qui n’était ni motivée par l’auto-défense ni autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, constitue, pour reprendre les termes employés par le Tribunal de Nuremberg qui a condamné les nazis, « le crime international suprême ». Selon Robert Jackson, procureur en chef du Tribunal et juge à la Cour suprême américaine, une telle guerre est tout simplement un massacre collectif.

La plupart des Canadiens sont fiers que le Canada ait refusé d’envahir l’Irak. Mais s’agissant de l’Afghanistan, on leur ressert les mêmes plaidoyers chauvinistes qu’à propos de l’Irak il y a quatre ans. Comme si l’Irak et l’Afghanistan étaient deux guerres distinctes, l’Afghanistan étant la « bonne » guerre, la guerre juste et légitime.

En réalité, l’Irak et l’Afghanistan ne sont qu’une seule et même guerre.

Depuis le tout début, l’administration Bush considère la guerre en Afghanistan non pas comme une réponse défensive aux événements du 11 septembre 2001 mais comme l’occasion d’opérer un changement de régime en Irak (voir à ce propos l’ouvrage de Richard A. Clarke, Against all Enemies), et c’est pour cette raison que les résolutions du Conseil de sécurité de septembre 2001 ne mentionnent jamais l’Afghanistan, et autorisent encore moins une attaque contre ce pays. L’attaque contre l’Afghanistan constitue donc elle aussi le crime international suprême, en causant la mort de 20 000 civils innocents pendant les six premiers mois. L’administration Bush s’est servi des événements du 11 septembre comme prétexte pour se lancer dans ce qu’elle appelle une guerre tous azimuts contre la terreur, qui est en fait une guerre de terreur puiqu’elle tue des centaines de fois plus de civils que n’en tuent les terroristes.

Le fait que le gouvernement Karzai ait été par la suite mis en place sous les auspices de l’ONU n’absout pas les alliés de l’Amérique dans cette guerre, dont le Canada fait partie. Certes, le Canada y participe dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), autorisée par l’ONU, mais cela ne doit tromper personne. En effet, dès le début, la FIAS s’est mise au service de l’opération américaine, déclarant que « le Commandement central américain exercerait son autorité sur la Force internationale d’assistance à la sécurité » (document du CSNU S/2001/1217). Lorsque la FIAS est passée sous le contrôle de l’OTAN, cela n’a rien changé, et les forces de l’OTAN relèvent toujours, au bout du compte, du commandement américain. Le « Commandant suprême » est toujours un général américain, qui relève du président américain et non du président afghan.

Quant aux forces canadiennes en Afghanistan, non seulement elles sont commandées par des Américains, mais elles libèrent des soldats américains qui sont alors envoyés en Irak pour y poursuivre leur guerre sanglante.

Lorsque les États-Unis ont saccagé le Viet-Nam, le Laos et le Cambodge (1961 à 1975), laissant derrière eux six millions de morts et de blessés, le Canada a refusé de participer. Mais aujourd’hui, le Canada est partie prenante dans une guerre qui sévit non seulement en Irak et en Afghanistan, mais aussi dans tout un réseau de centres connus ou secrets où l’on pratique la torture physique et mentale, comme à Guantanamo Bay qui, faut-il le rappeler, est une enclave illégalement occupée du territoire cubain. Il faut bien comprendre que ce que le gouvernement américain appelle « terrorisme » est en grande partie une réaction à l’occupation étrangère, et que l’occupation américaine est le moyen par lequel les riches et puissants forcent les autres pays à leur céder leurs ressources.

Le général Rick Hillier a déclaré avec vantardise que le Canada allait éliminer toute « cette racaille » en Afghanistan. Il s’est bien gardé de rappeler que les Soviétiques, avec plus de 600 000 soldats et des milliards d’aide financière, n’ont jamais réussi à contrôler l’Afghanistan. La Grande-Bretagne, à l’apogée de son empire, a essayé deux fois, en vain. Aujourd’hui, le Canada aide un autre empire sur le déclin à imposer sa volonté à l’Afghanistan.

Les Canadiens ont toujours été respectés lorsqu’ils voyagent de par le monde. Et cette réputation, nous ne l’avons pas gagnée en faisant la guerre à des pays pauvres, mais plutôt en refusant de la faire.

Le Canada doit, de toute urgence, ouvrir ses portes aux Irakiens et aux Afghans qui veulent fuir les atrocités qui sont infligées à leur pays. C’est un minimum. Nous devons cesser de prétendre que nous ne sommes pour rien dans les souffrances qu’ils endurent sous les bombes et aux mains des escouades de la mort. Nous devons refuser d’offrir notre aide, nos ressources et le sang de nos enfants à cette guerre sans fin contre le Tiers monde.

Michael Mandel est professeur de droit international à Osgoode Hall, York University, à Toronto et l’auteur de How America Gets Away With Murder: Illegal Wars, Collateral Damage and Crimes Against Humanity. On peut le joindre au (416) 736-5039 ou à Mmandel@osgoode.yorku.ca  David Orchard s’est présenté deux fois à la direction du Parti progressiste conservateur du Canada et est l’auteur de Hors des griffes de l’aigle : quatre siècles de résistance canadienne à l’expansionnisme américain. Il exploite une ferme à Borden, Saskatchewan. On peut le joindre au (306) 652-7095, ou à davidorchard@sasktel.net  www.davidorchard.com

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © David Orchard et Michael Mandel, Mondialisation.ca, 2007

 

 

 

La CPI soupçonne l'armée américaine de crimes de guerre en Afghanistan

© Shah Marai, AFP | Un soldat américain sur une base américiane en Afghanistan en septembre 2007.

Dernière modification : 15/11/2016

Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a annoncé disposer d'indices laissant penser que des crimes de guerre ont été commis par les forces américaines en Afghanistan et dans des prisons secrètes en 2003 et 2004.

Les forces armées américaines sont dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. La procureure de la CPI estime, en effet, que les forces armées américaines et la CIA pourraient avoir commis des crimes de guerre en Afghanistan en torturant des détenus, particulièrement en 2003 et 2004. La magistrate doit décider "de façon imminente" si elle demande ou non l'ouverture d'une enquête.

 

Dévoilant lundi soir les résultats d'un long examen préliminaire sur les atrocités commises dans le pays depuis mai 2003, la procureure Fatou Bensouda affirme "avoir une base raisonnable permettant de croire" que les forces armées américaines, l'agence de renseignement CIA, auraient commis des crimes de guerre.

Pour la première fois, la procureure de la CPI a détaillé les accusations de "tortures et mauvais traitements apparentés, commis par les forces armées américaines déployées en Afghanistan et dans des centres de détention secrets de la CIA, principalement en 2003-2004".

"Pas des cas isolés"

Dans son rapport annuel sur ses examens préliminaires, l'étape préalable à l'ouverture d'une enquête, la procureure affirme que des membres des forces armées américaines auraient infligé "à au moins 61 détenus des actes de torture, traitements cruels, des atteintes à la dignité de la personne sur le territoire afghan".

"Au moins 27 détenus" auraient subi les mêmes traitements, infligés par des membres de la CIA en Afghanistan, mais aussi sur les territoires d'autres pays, comme la Pologne, la Roumanie et la Lituanie. Le bureau estime disposer de "motif raisonnable pour croire" que les forces américaines ont torturé des prisonniers en Afghanistan mais aussi dans des lieux de détention de la CIA en Pologne, en Lituanie et en Roumanie, où auraient été transférés des suspects capturés en Afghanistan.

La procureure assure que ces allégations "ne concernent pas seulement quelques cas isolés". Elle estime qu'il existe des motifs raisonnables pour croire que ces crimes "ont été commis en application d'une ou plusieurs politiques visant à obtenir des renseignements au travers de techniques d'interrogatoire s'appuyant sur des méthodes cruelles ou violentes destinées à servir les objectifs américains dans le conflit en Afghanistan".

Le rapport signale également des violations des droits de l'homme imputées aux insurgés taliban et aux forces gouvernementales afghanes.

Des soldats américains un jour sur le banc des accusés ? Très peu probable

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la CIA avait reçu l'autorisation de l'administration du président George W. Bush d'utiliser les méthodes d'interrogations dites "améliorées", dont la technique du "waterboarding", qui consiste à simuler une noyade. La CIA n'a pas utilisé ces méthodes depuis décembre 2007 et le président Barack Obama les a interdites en janvier 2009. Le président élu Donald Trump a néanmoins affirmé avant sa victoire électorale être favorable au recours à de telles techniques.

La procureure affirme qu'elle statuera très vite sur une demande d'autorisation d'ouverture d'enquête sur ces crimes présumés commis par les forces armées et la CIA, mais aussi par les talibans et les forces gouvernementales afghanes.

Si elle est autorisée à le faire, il s'agira de l'une des enquêtes les plus complexes et les plus controversées de l'histoire de la Cour, fondée en 2002 pour juger les pires crimes de l'humanité. Mais Washington n'ayant pas ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, il est très peu probable que des soldats américains se trouvent un jour sur le banc des accusés.

Aves AFP et Reuters

Première publication : 15/11/2016

 

 

L’invasion américaine de l’Afghanistan a déclenché une guerre mondiale
Il y a 15 ans, le 7 octobre 2001, les États-Unis lançaient une intervention militaire en Afghanistan et une opération contre les talibans.

Wahid Muzhdah, un ancien taliban, estime que ce jour-là les Américains ont déclenché une guerre mondiale qui a commencé en Afghanistan et se poursuit, aujourd'hui, dans différentes régions.

Sputnik reproduit ci-dessous son interview exclusive.

Ce jour, il y a 15 ans, l'Amérique envahissait l'Afghanistan, en représailles aux attaques d'Al-Qaïda contre les tours jumelles de New York. Les détails de l'invasion demeurent obscurs. Le thème a fait couler bien de l'encre, mais les réponses à la plupart des questions n'ont pas encore été trouvées. Une chose est claire : l'Afghanistan a été soupçonné et est devenu la cible de l'attaque américaine.

 Il y a 15 ans, l'Amérique a plongé le monde dans une période de guerres ininterrompues. Des guerres qui ont commencé par l'intervention américaine en Afghanistan et qui se poursuivent en Irak, Syrie et Libye. Les peuples de ces pays ont subi de lourdes pertes, la guerre y a fait d'innombrables morts, blessés et délogés. Quels étaient les objectifs des États-Unis en Afghanistan ? Zalmay Khalilzad (diplomate américain, ambassadeur en Afghanistan, ndlr) m'a raconté que les Américains auraient trouvé un prétexte pour envahir l'Afghanistan, même s'il n'y avait pas eu d'attentats du 11 septembre. Le président Clinton ne l'envisageait pas, mais dès son entrée en fonction, George Bush a dit qu'il était grand temps de prendre une décision à ce sujet. D'abord, les Américains ont lancé la chasse à Oussama Ben Laden pour le trouver, l'éliminer et, ce faisant, « affranchir l'Afghanistan des terroristes ». Un autre objectif consistait à créer en Afghanistan un gouvernement à même de servir d'exemple pour d'autres pays islamiques. Ensuite, ils se sont fixés pour but de redresser l'économie et l'infrastructure industrielle de l'Afghanistan afin que le pays atteigne une prospérité économique.

Enfin, il fallait détruire les plantations de pavot à opium et en finir avec le trafic de drogue en tant que source vitale de financement du terrorisme. 15 ans se sont écoulés depuis, aucune des promesses données par les États-Unis n'a été tenue et les Afghans continuent de subir des privations. Des dizaines de milliers de militaires afghans ont été tués par les Américains. Au nom de quoi ? D'autant plus paradoxal est le fait que Ben Laden a été éliminé au Pakistan et non pas en Afghanistan. Pour ce qui est de « l'importation de la démocratie » en Afghanistan, elle n'y a pas été importée. Mais les Américains faisaient bonne mine à mauvais jeu et déclaraient que la démocratie avait triomphé en Afghanistan. Les dernières élections ont démontré que le président en place avait été élu par le chef du département d'État et non par le peuple afghan. En ce qui concerne le redressement de l'économie afghane par les Américains, personne n'a rendu de comptes pour les milliards de dollars investis par les États-Unis dans le règlement de ce problème. Il ne s'agit pas seulement des finances, mais aussi des armes. Où sont-elles ? Dans quelles mains ? Il n'y a pas de réponses.

Un seul exemple. Les Américains se sont présentés comme garants de l'achat par l'Afghanistan de 20 bombardiers italiens qui n'ont pas été utilisés dans des opérations antiterroristes et qui, en fin de compte, ont été vendus à la ferraille. Le sujet le plus douloureux pour l'Afghanistan d'aujourd'hui est le trafic de drogue. En 2001, le mollah Omar (chefs des talibans à l'époque) a interdit la culture du pavot. Sa production en 2001, selon les statistiques de 2002, a atteint 30 400 tonnes, mais elle ne cesse de croître depuis : 30 600 tonnes en 2003, 40 000 tonnes en 2004, 40 100 tonnes en 2005, et ainsi de suite. La tactique des États-Unis en matière de politique extérieure conduira un jour le monde à une troisième guerre mondiale. Nous constatons, à l'exemple de l'Afghanistan, quel système ils ont introduit. Ce système qui est contraire à la paix.